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 Neuvaine pour la France : neuf mois de prières

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Lumen
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 12 Déc - 21:24

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L’importance de la prière d’intercession



«Mais priez mes enfants,
Dieu vous exaucera en peu de temps,
Mon Fils se laisse toucher.»


Nous nous sommes engagés à intercéder pour notre pays. En quoi la prière d’intercession est-elle au cœur de la vie chrétienne? Réponse du Bienheureux John Newman:  

« Le Seigneur est mort pour obtenir à l’homme ce privilège (le rendre participant de la nature divine) qui implique ou comprend tous les autres et lui donne la plus étroite ressemblance avec lui-même, le privilège d’intercession. Telle est, dis-je, la prérogative spéciale du chrétien et, s’il ne l’exerce pas, c’est que certainement il ne s’est pas élevé jusqu’à la conception de sa place réelle parmi les êtres créés. (…)

Pourquoi s’attarderait-il sur le seuil, priant pour son pardon, lui à qui il a été permis de partager la grâce de la passion du Seigneur, de mourir avec lui et de ressusciter ? Il est désormais capable de plus grandes choses. Sa prière prend, dès lors, une portée plus élevée ; il ne se considère plus simplement lui-même, mais les autres aussi. (…)

Quelqu’un pour conclure, demande-t-il comment savoir s’il est assez avancé en sainteté pour intercéder ? C’est qu’il se méprend complètement sur la doctrine que nous venons de considérer. Le privilège de l’intercession est un don confié à tous les chrétiens qui ont une conscience claire et sont en pleine communion avec l’Eglise.

A Dieu le secret des choses, c’est-à-dire la fait de savoir jusqu’à quel point chacun de nous est réellement avancé dans la sainteté et quel est son pouvoir réel sur le monde invisible . Deux choses nous regardent simplement : c’est d’exercer notre privilège et de nous en rendre de plus en plus dignes. Le serviteur paresseux et inutile cacha le talent de son maître dans un mouchoir. Que ce péché ne soit pas le nôtre pour ce qui est du plus grand de tous les privilèges.

Alors que, par les paroles et par les œuvres, nous pouvons seulement instruire et influencer le petit nombre, par nos prières nous pouvons apporter un bénéfice au monde entier et à chaque individu en faisant partie, haut ou bas de condition, ami, étranger et ennemi. N’est-il pas redoutable dès lors de faire un retour sur notre passé, même à ce point de vue ?

Ne pouvons-nous pas dire que notre roi, notre pays, notre Eglise, nos institutions, nos milieux sociaux respectifs se seraient trouvés en bien meilleure situation, si nous avions prié habituellement pour eux d’une manière plus fervente et plus grave ? Comment est-il juste de nous plaindre de difficultés nationales ou personnelles, dans quelle mesure blâmer et dénoncer les gens mal intentionnés et puissants, si nous n’avons usé que faiblement de l’intercession qui nous était offerte dans la litanie, les psaumes et la sainte communion ? »


Bienheureux John Newman, Sermon paroissial sur la prière d’intercession, Le secret de la prière, trad. Denys Gorce, Paris, Téqui, 2012, p. 50-53












Le récit des Apparition de pontmain en 1970 par le Prieur du Pélerinage qui connut tous les voyants au début du 20ème.
Ce récit boulversant est susceptible de donner la Vraie Dévotion à la Vierge Marie. C'est un vrai Apôtre de Marie et un saint qui nous fait goûter les trésors du Ciel tant est que nous n'écoutions pas ce récit par curiosité mais avec le respect qui lui est dû.

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 14 Déc - 21:02

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La prière, apprentissage de l’espérance



Du bonheur dans toutes les familles !


« Un premier lieu essentiel d’apprentissage de l’espérance est la prière. Si personne ne m’écoute plus, Dieu m’écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S’il n’y a plus personne qui peut m’aider – là où il s’agit d’une nécessité ou d’une attente qui dépasse la capacité humaine d’espérer, Lui peut m’aider.

Si je suis relégué dans une extrême solitude…; celui qui prie n’est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l’inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre: Prières d’espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l’écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d’espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l’espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude.

De façon très belle, Augustin a illustré la relation profonde entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L’homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C’est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir; en faisant désirer, il élargit l’âme; en l’élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ».

Augustin renvoie à saint Paul qui dit lui-même qu’il vit tendu vers les choses qui doivent venir (cf. Ph 3, 13). Puis il utilise une très belle image pour décrire ce processus d’élargissement et de préparation du cœur humain. « Suppose que Dieu veut te remplir de miel [symbole de la tendresse de Dieu et de sa bonté]: si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel? »

Le vase, c’est-à-dire le cœur, doit d’abord être élargi et ensuite nettoyé: libéré du vinaigre et de sa saveur. Cela requiert de l’effort, coûte de la souffrance, mais c’est seulement ainsi que se réalise l’adaptation à ce à quoi nous sommes destinés.

Même si Augustin ne parle directement que de la réceptivité pour Dieu, il semble toutefois clair que dans cet effort, par lequel il se libère du vinaigre et de la saveur du vinaigre, l’homme ne devient pas libre seulement pour Dieu, mais il s’ouvre aussi aux autres. En effet, c’est uniquement en devenant fils de Dieu, que nous pouvons être avec notre Père commun. Prier ne signifie pas sortir de l’histoire et se retirer dans l’espace privé de son propre bonheur. La façon juste de prier est un processus de purification intérieure qui nous rend capables de Dieu et de la sorte capables aussi des hommes.

Dans la prière, l’homme doit apprendre ce qu’il peut vraiment demander à Dieu – ce qui est aussi digne de Dieu. Il doit apprendre qu’on ne peut pas prier contre autrui. Il doit apprendre qu’on ne peut pas demander des choses superficielles et commodes que l’on désire dans l’instant – la fausse petite espérance qui le conduit loin de Dieu. Il doit purifier ses désirs et ses espérances. Il doit se libérer des mensonges secrets par lesquels il se trompe lui-même: Dieu les scrute, et la confrontation avec Dieu oblige l’homme à les reconnaître lui aussi. « Qui peut discerner ses erreurs? Purifie-moi de celles qui m’échappent », prie le Psalmiste (18 [19], 13).

La non-reconnaissance de la faute, l’illusion d’innocence ne me justifient pas et ne me sauvent pas, parce que l’engourdissement de la conscience, l’incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute. S’il n’y a pas de Dieu, je dois peut-être me réfugier dans de tels mensonges, parce qu’il n’y a personne qui puisse me pardonner, personne qui soit la mesure véritable. Au contraire, la rencontre avec Dieu réveille ma conscience parce qu’elle ne me fournit plus d’auto-justification, qu’elle n’est plus une influence de moi-même et de mes contemporains qui me conditionnent, mais qu’elle devient capacité d’écoute du Bien lui-même. »





Benoit XVI, Encyclique Spe salvi sur l’espérance chrétienne, 2007, §32-33






10 Apparitions de la Ste Vierge Marie à l'Île-Bouchard (1947) - reconnues par l'Église

Témoignage de Mme Jacqueline Aubry, l'une des enfants qui virent, en décembre 1947, la Sainte Vierge dans l'église de l'Île-Bouchard.

Les archives soviétiques ont montré qu'au même moment, l'URSS fomentait un coup d'État contre la France... ce que les Français, bien entendu, ignoraient, et plus encore dans les campagnes.

Quelques heures auparavant, Marthe Robin avait prédit que la Sainte Vierge allait apparaître à des enfants pour sauver la France...

Invocation (déjà révélée à Ste Catherine Labouré, lors de l'apparition de la rue du Bac, en 1830) : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

IMPORTANT : En la Fête de l'Immaculée Conception, par décret du 8 décembre 2001, « après avoir soigneusement étudié les faits et pris conseil des personnes compétentes », Monseigneur André Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, « autorise les pèlerinages et le culte public célébré en l'église paroissiale Saint-Gilles de L'Île-Bouchard pour invoquer Notre-Dame de la Prière »



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 14 Déc - 21:19


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 15 Déc - 18:53


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Avons-nous été fidèles à la promesse?





Le baptême de Clovis, dessin de Ludovic Mouchot

Le baptême de Clovis:
 

Ernest Psichari (1883-1914), petit-fils de Renan,  après des études de philosophie il devient soldat; il se convertit au Christ sous l’influence du Père Clérissac et de Maritain.

Il meurt en Belgique au début de la guerre, quelques semaines avant son ami Péguy.

Est publié à titre posthume un roman auto-biographique dans lequel il raconte la traversée spirituelle dans le désert et le retour à Dieu d’un officier agnostique. Notre extrait est dans les dernières pages du roman :

 
Et la voix intérieure jaillit en Maxence avec les larmes :

«  Ah ! Oui, j’ai compassion de ceux-là qui sont abandonnés et qui sont tristes… mais nous, qu’avons-nous fait, nous les bénis du Père, nous, les enfants de l’élection ? Et que répondrons-nous, quand le Juge nous dira : « Je vous avais donné la plus douce terre et vous avez été mes préférés. Je vous avais donné ma France bien-aimée et je vous avait faits héritiers de ma parole. C’est à vous que je pensais, dans la sueur de Géthsémani et c’est vous que j’ai nommés les premiers. Il n’est rien que je n’aie fait pour vous, parce qu’il n’en est pas que j’aie désirés plus que vous. Et c’est vous que j’avais choisis entre beaucoup… »

Hélas ! Qu’avons-nous fait ? Quel désir nous a saisis ? Quelle lèpre est donc venue nous ronger ?

C’est vrai, Seigneur, nous n’avons pas été fidèles à la promesse, nous ne vous avons pas veillé pendant que Vous entriez dans l’agonie. Mais voyez : nous gémissons dans la honte et dans la contrition, et nous venons à Vous tels que nous sommes, pleins de larmes et de souillures.

Nous avons tout perdu, nous n’avons rien, mais tout ce qui reste, ô mon Dieu, nous vous le donnons ; tout ce qui reste, c’est-à-dire notre cœur brisé et humilié. Vous êtes plus forts que nous, Seigneur, nous nous rendons. Nous Vous prions humblement, comme nos pères vous ont prié. Nous vous mendions très misérablement votre grâce, parce que nous ne pouvons Vous tenir que de Vous seul… »





Ernest Psichari, Le voyage du centurion, Paris,
Louis Conard, 1922, p. 238-240



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 16 Déc - 18:39


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Relecture de l’histoire nationale dans la grâce de la réconciliation




Texte du cardinal Lustiger invitant les fidèles à une messe à l’occasion du bicentenaire de la Révolution.

« Le 20 juin prochain, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Cardinal Decourtray, président de la Conférence des évêques de France, et plus de trente évêques concélébreront, aux intentions de la France, la messe « pour la justice et pour la paix ».

La date et le lieu de cette liturgie eucharistique en indiquent la portée. Il ne s’agit pas de « célébrer » des événements, mais d’inviter les catholiques de notre pays à commémorer dans la prière les deux derniers siècles de notre histoire. Nous demanderons à Dieu, pour la communauté nationale, la grâce de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Ce 20 juin 1989 sera le deuxième centenaire du Serment du jeu de Paume. Ce jour-là une majorité des députés du Clergé se sont joints à ceux du Tiers-Etat : ils ont ouvert ensemble une ère nouvelle de l’histoire de France. Dans les acquis de ces journées d’enthousiasme et d’espérance, l’Eglise peut reconnaître des valeurs évangéliques. Jean-Paul II nous l’a vigoureusement rappelé dans son homélie au Bourget, il y a neuf ans : « Liberté, Egalité, Fraternité… Au fond, ce sont là des idées chrétiennes ». Nous sommes, chacun suivant notre vocation, responsable devant Dieu, notre Créateur, du respect des droits de l’homme, sa créature.

Les événements de 1789 ont ouvert une période de convulsions terribles. Nous ne voulons pas oublier les chrétiens, prêtres, évêques, engagés passionnément dans les combats pour la liberté et l’égalité. Ils n’ont pas cru être infidèles à l’Eglise en prêtant le serment constitutionnel. Ils se trompaient sur ce point ; mais pour certains, l’intégrité de leur vie, la fidélité à leurs engagements de baptisés et de prêtres, le témoignage courageux qu’ils surent donner aux jours sombres du terrorisme anti-chrétien disent assez leur loyauté à l’Eglise.
Des persécutions, notamment contre les prêtres et les évêques fidèles au Pape, la Terreur, les exécutions massives ont fait d’innombrables victimes. Lors de cette messe du 20 juin, nous prierons pour tous ceux qui sont tombés dans la tourmente révolutionnaire. Nous nous souviendrons des affrontements qui, depuis cette date et jusqu’à nos jours, ont divisé les Français. Nous avons à demander la grâce du pardon pour des fautes qui grèvent notre histoire et hypothèquent notre avenir.

Parmi les victimes de la Révolution nous voulons rappeler ceux qui sont morts par fidélité à la foi catholique. L’Eglise a officiellement reconnu en certains d’entre eux des martyrs, des bienheureux et des saints. Nous pouvons, nous devons invoquer leur mémoire et demander leur intercession. Les circonstances pouvaient être troubles. Ils ne sont pas morts en vain, car ils ont donné leur vie pour la foi, dans le pardon et non la haine. A l’exemple du Sacrifice du Seigneur dont cette messe sera le mémorial, leur martyre nous montre les exigences de l’amour fraternel et de la fidélité à Dieu.

C’est dans ses souvenirs et dans cette fidélité que les catholiques sont invités à s’unir aux évêques réunis à Notre-Dame le 20 juin. Pour faire mémoire de deux siècles de notre histoire, rendre grâce à Dieu des dons reçus et prier pour la réconciliation. Puisse cette assemblée témoigner -pour tous nos concitoyens- de notre foi en Dieu, source de toute concorde et de toute justice. Cette Eucharistie atteste aussi notre espérance et notre prière pour notre pays et pour « toute la famille humaine », à l’aube du troisième millénaire. »






Cardinal Lustiger, « Les exigences de l’amour fraternel et de la fidélité à Dieu », Dieu merci, les droits de l’homme, Paris, Critérion, 1990

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 17 Déc - 23:29


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Relecture de l’histoire nationale dans la grâce de la réconciliation



Marie accueille avec Foi la parole de Dieu,
cette parole qui crée la vie !

« Elle se laisse pénétrer, par la parole de l’Ange et docile à la parole qui vient,
de Dieu, elle se rend digne de porter Dieu, "de concevoir et d’enfanter le Verbe de Dieu. "
Elle le conçoit par sa foi avant de le concevoir en sa chair. »


Saint Irénée


Nous voilà à huit jours de Noël. Entrons davantage dans cette disponibilité dont la Vierge Marie nous ouvre le chemin; pour que notre prière soit toujours plus nourrie de son oui.
 
« Pareille à une gerbe liée en son milieu et qui se déploie à ses extrémités, le consentement de Marie embrasse toute sa vie ; elle en reçoit son sens et sa forme, s’épanouit en arrière et en avant. Ce oui prononcé une fois, et qui embrasse tout, accompagne aussi chaque instant de sa vie, illumine chaque tournant de son existence, confère à chaque circonstance son sens particulier et lui dispense de façon toujours nouvelle et dans n’importe quelle situation la grâce de comprendre. Ce oui donne tout son sens à chaque souffle, à chaque mouvement, à chaque prière de la Mère de Dieu. Car la nature du oui, c’est de lier celui qui le prononce en lui laissant la plus totale liberté de réalisation. Il remplit son oui de sa personnalité, lui donne son poids et sa coloration unique, mais est lui-même modelé, libéré, réalisé par ce oui. Toute liberté s’épanouit dans l’abandon et le renoncement à la liberté. Et toute fécondité naît de cette liberté dans la dépendance…

Avant tout, son consentement est grâce. Il n’est pas simplement sa réponse humaine à l’offre divine, mais il est tellement grâce qu’il est en même temps la réponse de Dieu à toute sa vie. C’est dans son âme la réponse de la grâce à la grâce déposée dans sa vie dès l’origine. Mais en ne négligeant pas l’appel du Seigneur, Marie donne aussi la réponse attendue par la grâce ; ne pas négliger l’appel signifie pour elle se mettre à disposition dans un abandon total. Elle le fait de tout son pouvoir, de toute la profondeur de son être et de ses facultés ; elle s’abandonne donc dans la force et la faiblesse : la force de celle qui se tient prête à toute injonction de Dieu et la faiblesse de celle dont on a déjà disposé, qui est assez faible pour reconnaître la puissance du requérant et pourtant assez forte pour lui offrir sa propre vie.

En tant que parole de grâce, son consentement est éminemment une action de l’Esprit-Saint, sous l’effet duquel elle donne à Dieu son corps et son âme. L’Esprit qui l’ombragera est déjà en elle et lui permet de prononcer son oui avec lui. En l’ombrageant, l’Esprit qui inonde va rencontrer l’Esprit qui l’habite déjà, et le oui de Marie sera comme enfermé dans un oui de l’Esprit. Ainsi enveloppé dans le Saint-Esprit, son consentement n’en est pas moins une parole authentique, libre et autonome de son propre esprit. Ce sera d’abord une parôle de son âme, sans qu’elle pressente encore combien il est dans les vues de Dieu qu’elle devienne parole de son corps. Et ce sera le Saint-Esprit qui prolongera le oui de son âme pour en faire un oui de son corps. Il le peut parce que ce oui est sans limites, matière souple dont Dieu peut faire tout ce qu’il veut. »


Adrienne von Speyr, La servante du Seigneur, 1947




Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est Son Nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.

Amen.





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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Jeu 18 Déc - 12:53


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Suspendus à la réponse de la Vierge




Ô Vierge hâte-toi de répondre (St Bernard)

Tu as appris, Vierge, l'événement et aussi la manière dont il doit s'accomplir: double merveille et double joie. Réjouis-toi, fille de Sion ! exulte à plein cœur, fille de Jérusalem ! Et puisque ce que tu viens d'entendre fut pour toi joie et allégresse, à nous maintenant d'entendre de ta bouche l'heureuse réponse que nous désirons, pour que tressaillent enfin de joie nos corps humiliés (Ps 50, 10). Tu as appris, dis-je, l'événement et tu as cru, crois aussi la manière dont il s'accomplira. Tu as entendu : tu concevras et enfanteras un fils ; tu as entendu : ce n'est pas d'un homme, mais de l'Esprit Saint. L'ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé.

Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié, nous misérables, écrasés par une sentence de damnation ! Voici qu'on vient t'offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie.

Cette réponse, ô bonne Vierge, Adam, pitoyable exilé du paradis avec sa postérité de misère, la réclame de toi; Abraham, David t'en supplient, tous les autres saints ancêtres sollicitent cette réponse ; tes pères par conséquent. qui eux aussi habitent le sombre pays de la mort ; le monde entier dans l'attente se tient prosterné à tes genoux. Et ce n'est pas sans raison, puisque du mot que ta bouche va prononcer dépendent la consolation des malheureux, le rachat des captifs, la libération des condamnés, en un mot : le salut de l'universelle filiation d'Adam, c'est-à-dire le salut de toute ta propre race.

Donne ta réponse, ô Vierge, hâte-toi, ô Souveraine, donne cette réponse que la terre, que les enfers, que les cieux aussi attendent. Le Roi lui-même, Seigneur de tous, est en suspens. Autant il a convoité ta beauté, autant il désire à cette heure le oui de ta réponse, ce oui par lequel il a résolu de sauver le monde. Tu lui as plu par ton silence, tu lui plairas bien davantage maintenant par ta parole. Écoute-le : il te crie du haut du ciel : « O belle entre toutes les femmes, fais-moi entendre ta voix ! » Si tu lui fais entendre ta voix, il te fera, lui, contempler notre libération.

N'est-ce pas ce que tu cherchais en gémissant, ce vers quoi tu soupirais nuit et jour dans tes prières? Eh bien ! c'est toi à qui cette promesse fut faite, ou devons-nous en attendre une autre ? C'est toi, dis-je, la femme promise, attendue, désirée, toi enfin, en qui ton saint ancêtre Jacob, proche déjà de la mort, espérait la vie éternelle quand il disait: J'attendrai de toi ma délivrance, Seigneur ! (Gen 49, 18). C'est toi en qui et par qui Dieu lui-même, notre Roi, a depuis toujours préparé l'œuvre du salut au milieu du monde. Pourquoi espères-tu d'une autre femme ce qu'on vient t'offrir Pourquoi attends-tu d'une autre ce qui va bientôt se réaliser par toi, pourvu que tu donnes ton consentement, que tu répondes cette parole ?

Réponds donc vite à l'ange ! que dis-je ? réponds par l'ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole. Profère la tienne et reçois la divine : émets une parole éphémère et embrasse l'éternelle ! Pourquoi tarder? pourquoi trembler'? Crois, parle et reçois ! Que l'humilité s'arme d'audace et la timidité d'assurance ! Il ne convient plus à présent que la modestie virginale renonce à la prudence. En cette conjoncture unique, prudente Vierge, ne redoute pas de te montrer présomptueuse, car si la modestie est agréable dans son silence, une parole de charité est en ce moment beaucoup plus nécessaire. Ouvre ton cœur, Vierge bienheureuse, ouvre-le à la foi, ouvre tes lèvres à l'acceptation, ouvre ton sein au Créateur. Voici le Désiré de toutes les nations qui frappe à la porte. Ah ! si pendant que tu tardes il allait passer son chemin et que tu doives dans les larmes courir à la recherche de l'ami de ton âme ! Lève-toi, cours, ouvre ! lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement.





Saint Bernard, Quatrième homélie "Super Missus", § 8.
Texte français dans : Saint Bernard de Clairvaux, Ecrits sur la Vierge Marie,
Mediaspaul, Paris 1995, p. 96-98.







Memorare, o piissima Virgo Maria,
non esse auditum a saeculo,
quemquam ad tua currentem praesidia,
tua implorantem auxilia,
tua petentem suffragia,
esse derelictum.
Ego, tali animatus confidentia,
ad te, Virgo virginum, Mater curro,
ad te venio, coram te gemens peccator assisto.
Noli, Mater Verbi, verba mea despicere,
sed audi, propitia, et exaudi.
Amen.



Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie,
qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection,
imploré votre assistance ou réclamé votre secours, ait été abandonné.
Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère,
je cours vers vous, je viens à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés,
je me prosterne à vos pieds.
Ô Mère du Verbe ne rejetez pas mes prières,
mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.






Prier Marie de saint Bernard de Clairvaux

La Vierge Marie portant la couronne d'épines de Jésus
Ô toi, qui que tu sois,
qui te sais vacillant sur les flots de ce monde
parmi les bourrasques et les tempêtes,
plutôt que faisant route sur la terre ferme,
ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre
si tu ne veux pas te noyer durant les bourrasques.

Si surgissent en toi les vents des tentations,
si tu navigues parmi les écueils des épreuves
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si tu es ballotté sur les vagues de l’insolence et de l’ambition,
du dénigrement ou de la jalousie,
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si la colère, l’avarice ou les désirs de la chair
secouent l’esquif de ton âme,
regarde vers Marie.

Si, troublé par la démesure de tes crimes,
confus par l’infection de ta conscience,
terrifié par l’horreur du jugement,
tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, l’abîme du désespoir,
pense à Marie.
Dans les dangers, les angoisses, les incertitudes,
pense à Marie, appelle Marie.
Qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur.

Et pour être sûr d’obtenir le suffrage de ses prières,
ne néglige pas l’exemple de sa vie.
En la suivant, tu ne t’égares pas ;
en la priant tu ne désespères pas ;
elle te tient, tu ne t’écroules pas ;
elle te protège, tu ne crains pas ;
elle te guide, tu ne te lasses pas ;
elle te favorise, tu aboutis.

Ainsi par ta propre expérience tu sais à quel point se justifie la parole :
“Et le nom de la Vierge était Marie”.



© 2e Homélie, 17, Œuvres complètes. XX, A la louange de la Vierge Mère, Bernard de Clairvaux, introd., trad., notes et index par Marie-Imelda Huille, O.c.s.o., Joël Regnard, O.c.s.o. Editions du Cerf, 2009.
source:
http://www.vienaissante.fr/Priere-a-Marie-de-Saint-Bernard-de.html


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 19 Déc - 14:34


Méditation du Père Patrick de Laubier


Neuvaine de prières pour la France



La Vierge Marie, patronne principale de la France est l’objet d’une prière collective et nationale  pour obtenir  un secours exceptionnel qui n’est pas sans rappeler  le vœu de Louis XIII  du 15août 1638. Cette fois ce n’est plus le chef du Royaume qui s’engage, mais des membres du pays qui est menacé par  un changement de civilisation ou plutôt d’un effondrement de civilisation.
Nous invoquons la Vierge en l’appelant à notre secours au cours d’une neuvaine de 9 mois, du 15 novembre 2014 au 15 août 2015.

Vierge Immaculée, Fille du Père, Mère du Fils, Epouse non épousée de l’Esprit Saint, vous avez montré au cours  des siècles  une attention  toute spéciale pour la France, Fille aînée de l’Eglise. Depuis  deux siècles  des révolutions  et vos apparitions se sont  multipliées et nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement d’un drame annoncé dès  la Salette(1846) à savoir  l’apostasie de ce pays.

Il y a eu au cours de son histoire des moments tragiques et  nul pays n’a connu une délivrance comparable à celle de Jeanne d’Arc dont l’intervention spirituelle et politique n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’Eglise. La sainteté  a donné des  fruits  bien remarquables et continue à le faire, mais la Foi n’est plus vécue par le grand nombre .L’athéisme  est devenu une croyance généralisée autorisant des législations opposées non seulement à la vérité évangélique mais aussi à la loi naturelle. On assiste à des mouvements de protestation mais une sorte de paralysie  a gagné la vie politique.

La raison profonde de cette léthargie est une désuétude de la pratique de la  prière devenue habituelle chez les croyants malgré tant de rappels de votre part et l’enseignement de l’Eglise. Les églises  de pierres encore si nombreuses sont vides et la vie paroissiale a perdu ce qui faisait sa force sans  que les chrétiens  ne réagissent à cette mort lente de la vie spirituelle .Au moment même où les musulmans, de plus en plus nombreux, montrent l’exemple d’une dévotion oubliée par les baptisés. Un grand nombre de chrétiens n’a gardé du christianisme  que  des coutumes sans rencontrer dans la prière la Personne du Christ qui est le Cœur même de la dévotion et de l’Amour.

Vierge très sainte vous savez tout cela, mais le dire et le redire  indique où est le mal et quelle est la guérison attendue. Il faut prier, c’est-à-dire  s’adresser  à notre Sauveur en sollicitant votre aide secourable. Les sacrements et en premiers lieux l’Eucharistie et la réconciliation qui la prépare  deviennent vite des routines sans âme lorsque la prière ne fait plus vivre en nous ces trésors surnaturels.

Marie très sainte, Mère de Dieu et notre Mère, notre Sœur aussi (Paul VI) écoutez notre supplication. Tout est possible à Dieu mais la Grâce  sollicite notre liberté de créature  à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’Amour de Dieu attend l’amour de l’homme  et la prière en est l’expression nécessaire .Face à une «  civilisation de la mort », nous chrétiens de France nous voulons préparer une civilisation de l’amour qui est l’orientation de la doctrine sociale  de l’Eglise.


Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous.






Père Patrick de Laubier
Patrick de Laubier (1935), français, professeur émérite de l’université de Genève, docteur honoris causa de l’université des sciences humaines de Russie (Moscou), ordonné prêtre le 13 mai 2001 par Jean Paul II. Derniers ouvrages Les mendiants de Dieu (; Charles Journet , Maritain Gilson) Parole et Silence , 2013; Anthropologie chrétienne Harmattan 2012; Conditions d’une paix prophétisée 2013 Parole et silence



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 20 Déc - 17:05


Ressources spirituelles


Habiter en Marie comme dans un monde de sainteté




« Le Verbe, venant au monde, a trouvé dans le sein de la bienheureuse Vierge, un séjour de sainteté, semblable, autant qu’il pouvait l’être par l’opération du Saint-Esprit, à celui de son Père. Là il vit dans un état de plus parfaite sainteté que dans tout autre mystère de sa vie mortelle. Tandis que sur la terre il vivra au milieu des créatures maudites à cause du péché, au milieu des pécheurs, dont les vices lui causeront des peines intolérables ; dans Marie, qui est, après Dieu, ce qu’il y a de plus saint, il est comme dans un monde de sainteté.

Cette  demeure tient le milieu entre son séjour dans la gloire, dans la sainteté du ciel, et le séjour qu’il fera sur la terre, couverte des horreurs abominables du péché. Sa demeure au sein de Marie tempère cette immense opposition, il y vit séparé de tout usage des créatures, ou plutôt il n’use d’aucune d’elles que par Marie. Par elle, il use de la lumière ; par elle, il use des aliments : en un mot, tout se convertit en Marie pour Jésus. Elle lui est toutes choses : elle est sa lumière, sa force, sa nourriture, sa demeure, son temple.

Là il bénit et loue la Majesté divine ; là il sanctifie sa Mère et la remercie de lui aider à servir Dieu, et de lui être un moyen de le glorifier. Aussi y demeure-t-il tout le temps qu’il peut y faire sa résidence sans en perdre un seul moment ; et, pour en partir, attend-il jusqu’au dernier instant marqué par son Père. (…) Le Fils de Dieu n’avait que la ressemblance du péché, et si sa Mère eût souffert pour sa naissance, il eût paru être pécheur comme nous. Pour cette raison donc, elle le met au monde sans douleur ; et Dieu remet à l’heure de la mort de Jésus-Christ la peine que Marie aurait dû souffrir à sa naissance.

Ainsi Bethléem est pour elle un paradis de délices, parce qu’elle y est mère de celui qui est saint essentiellement. Elle l’avait conçu la nuit du 25 mars, dans la ferveur de la prière ; elle le met au monde le 25 décembre, dans un transport de la gloire de Dieu. L’ayant conçu par la pensée, comme dans l’éternité le Père éternel le conçoit, comme lui, elle ne souffre point de déchet en sa pureté en l’engendrant. Elle l’avait conçu, et elle l’enfante, comme le verre conçoit et renvoie hors de lui les rayons du soleil, qui, au lieu de le rompre et de le ternir, l’éclairent, l’embellissent et le rendent semblable à cet astre. »




Jean-Jacques Olier (1608- 1657), Vie intérieure de la très sainte Vierge, Perpignan, Artège, 2013, p.125-127.

Jean-Jacques Olier  est sans doute plus connu comme fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice (1641-1645) et praticien averti de la formation des séminaristes, selon le modèle imposé par la réforme catholique, que comme auteur mystique. Il a pourtant beaucoup écrit, « avec une facilité et une rapidité extraordinaire » constate son premier biographe (p. 21), mais il le fait tardivement. Ses principaux ouvrages datent en effet de la fin de sa vie : Journée chrétienne (1655), Catéchisme chrétien pour la vie intérieure (1656), L’Esprit des cérémonies de la messe (1657) et l’Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes qui paraîtront quelques mois après sa mort, sans oublier les Lettres spirituelles et le Traité des saints ordres publiés successivement en 1672 et 1676.





« Le temps de l’Avent est le temps de l’attente. Vous ressentez, au plus profond de vous-mêmes le sentiment de douleur d’une humanité qui se comporte scandaleusement, où tout se désacralise et où le mal de vivre s’étend, en particulier auprès d’une certaine jeunesse sans repères.

A chacun de vous, qui appartenez au camp des chrétiens, d’agir rapidement afin que la richesse de l’Avent fasse grandir les cœurs et élargisse les horizons de vie de ceux qui se trouvent sur votre route. En vous doit respirer l’envie de toutes vos bonnes aspirations, de vos projets, des travaux entamés que vous n’avez pas terminés dans votre vie, dans la vie de votre famille, de votre société, afin d’être les porteurs de la Bonne Nouvelle !

En partant en voyage, en s’absentant, le Seigneur a confié à chacun de vous un travail, une tâche, une responsabilité. Quels que soient votre âge, vos talents, votre état de santé, vous devez agir car vous avez un rôle à remplir dans la préparation de la naissance de Dieu parmi les hommes, ainsi qu’à son retour en pleine gloire... Vous avez à veiller.

Veillez, parce que la nuit n’est pas toujours calme, douce et étoilée.
Beaucoup vivent des nuits terribles, des nuits d’angoisse et d’insomnie, des nuits de brutalité, des nuits qui s’achèvent par des trahisons comme au chant du coq au jardin de Gethsémani...
 Pensez aux nuits si longues des malades sur leurs lits de souffrance qui attendent avec impatience les clartés du jour...
N’oubliez pas non plus les nuits d’hiver interminables des sans-abri qui meurent de froid dans des abris de carton....
Il est inconcevable de dormir durant ces nuits où certains de vos semblables agonisent ...

Alors priez, oui priez avec toute votre ferveur.
La société de consommation en tous genres domine : confort, nourriture, sexe, etc. Elle ne se préoccupe guère de l’espérance des pauvres. Et plutôt que de s’intéresser aux exclus, elle cherche au contraire à sauvegarder les droits acquis.
Dieu est évincé de votre vie. Voilà la vraie raison de la morosité de vos sociétés.

Réveillez-vous !
Comment ? Ranimez votre espérance et remettez-vous en état de veille !
Sur terre vous vivez le temps de l’Avent.
De l’Éternité, vous en êtes au commencement ... Ce n’est qu’une première image et promesse d’un au-delà. Même dans les si belles matinées printanières où la nature se couvre de magnifiques fleurs et qu’elle vous fait découvrir tous ses trésors de la manière la plus attirante, vous ne pouvez vous représenter ce qu’est le Ciel.
Il y a tant de choses qui restent cachées à vos sens : un monde de saints et d’anges, un monde glorieux, le palais de Dieu, la Jérusalem céleste, toutes les merveilles éternelles, très précieuses, mystérieuses ... Fixez votre Foi sur l’enveloppe extérieure du Royaume Éternel.
Si vous saviez tous les délices qui vous attendent !


Jean, messager de l'Espérance »
http://trinite-sainte-et-mariemamere.over-blog.com/article-jean-messager-de-l-esperance---l-avent-121702041.html

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 22 Déc - 15:58


Ressources spirituelles


Quel est le sens de la naissance miraculeuse de Jésus?




« L’Ancien Testament connaît toute une série de naissances miraculeuses, toujours aux tournants décisifs de l’histoire du salut : Sara, la mère d’Isaac (Gn18), la mère de Samuel (1S 1,3) et la mère anonyme de Samson ( Jg13) sont stériles ; tout espoir humain de fécondité est exclu. Chez toutes les trois, la naissance de l’enfant, appelé à être sauveur d’Israël, est l’effet d’une action miséricordieuse de Dieu, qui rend possible l’impossible (Gn18,14 ; Lc1,37), qui élève les humbles (Is2,7 ; 1,11 ; Lc 1,52 ; 1,48), et qui renverse les puissants de leur trône (Lc 1,52).

Chez Elisabeth, la mère de Jean-Baptiste, la même ligne continue (Lc1, 7-25.36), pour atteindre en Marie son point culminant et son but. Le sens de l’événement est chaque fois le même : le salut du monde ne vient pas de l’homme et de sa propre force ; il faut que l’homme se le laisse offrir, il ne peut le recevoir que comme don gratuit. La naissance virginale ne représente pas un chapitre d’ascétisme, et elle n’appartient pas non plus directement à la doctrine de la filiation divine de Jésus ; elle est avant tout et en dernière analyse théologie de la grâce, message sur la manière dont le salut vient à nous : dans la simplicité de l’accueil, comme don absolument gratuit de l’amour qui rachète le monde.

Dans le livre d’Isaïe, cette idée du salut qui ne peut venir que de la puissance de Dieu est admirablement exprimée : « Crie de joie et d’allégresse, toi qui n’a pas eu les douleurs ! Car plus nombreux sont les fils de l’abandonnée que les fils de l’épouse, dit Yahvé » (Is 54,1 ; cf. Ga 4,27 ; Rm 4, 17-22). En Jésus, Dieu a posé, au milieu de l’humanité stérile et désespérée, un nouveau commencement, qui n’est pas produit par l’histoire de cette humanité, mais don d’en-haut. Si chaque homme déjà constitue une nouveauté ineffable, s’il représente plus que la somme des chromosomes et plus que le produit d’un environnement déterminé : une créature de Dieu unique dans l’histoire, Jésus, lui, est la nouveauté véritable ; il ne procède pas du propre fonds de l’humanité, mais de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi il est Nouvel Adam (1 Co 15,47), une nouvelle humanité commence en lui. A l’encontre de tous les élus de Dieu avant lui, Jésus ne reçoit pas seulement l’Esprit de Dieu, il est, dans son existence humaine aussi, uniquement grâce à l’Esprit, et à cause de cela il est l’accomplissement de tous les prophètes : le vrai Prophète. »



Cardinal Joseph Ratzinger, La Foi chrétienne hier et aujourd’hui, (1968) Paris, Le Cerf, 2005, p. 194-195



Ce que nous enseigne la crèche




« Voici la nouvelle dimension que Saint François d’Assise, avec sa foi qui touche le cœur et la sensibilité, offrit à la fête chrétienne de Noël : la découverte de la révélation de Dieu (qui se trouve précisément là où est l’Enfant Jésus). C’est ainsi, justement, que Dieu est vraiment devenu « Emmanuel », Dieu avec nous, dont ne nous sépare aucune barrière de souveraineté ni de distance. Il s’est fait si proche de nous sous les traits d’un enfant que nous avons l’audace de le tutoyer et pouvons lui dire « tu » en nous adressant directement au cœur de l’enfant.


L’Enfant Jésus, l’Amour désarmé de Dieu est manifesté : Dieu vient à nous désarmé parce qu’il ne veut pas conquérir de l’extérieur mais gagner les cœurs et les transformer de l’intérieur. S’il est quelque chose qui puisse vaincre l’Homme, sa superbe, sa violence, son avidité, c’est bien la vulnérabilité de l’enfant. Dieu s’en est revêtu pour nous gagner à Lui et nous conduire à nous-mêmes.

N’oublions pas que le plus haut titre de dignité de Jésus-Christ est « le Fils », Fils de Dieu. La dignité divine s’exprime par un moi qui désigne Jésus comme l’Enfant éternel. Sa nature d’enfant est en correspondance unique avec sa divinité, qui est celle du « Fils ». Ainsi, son humanité sous les traits d’un enfant nous indique la manière dont nous pouvons venir à Dieu, à la divinisation. Et sa Parole se comprend à partir de là : « Si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3)

Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël n’a pas compris l’essentiel de la vie chrétienne. Qui ne l’a pas accueilli ne peut entrer au Royaume des Cieux. Voilà ce que François voulut rappeler d’une manière nouvelle aux chrétiens de son temps et de toutes les générations à venir. »



Cardinal Joseph Ratzinger, La grâce de Noël, Paris, parole et silence, 2005, p.58-59



Histoire de la Crèche de Noël: Saint François d'Assise invente la crèche de Noël !




C'est en effet François d'Assise qui créa la première crèche que tu retrouves souvent sous l'arbre de Noël. Voici donc cette belle histoire...

Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne: "Je veux célébrer Noël avec toi, cette année, dans la grotte. Tu y installeras une mangeoire pleine de foin. Fais venir un bœuf et un âne. Il faut que cela ressemble à la crèche où est né Jésus".

Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel.

La légende raconte que tout à coup, l'ami de saint François vit un petit enfant étendu dans la mangeoire. Il avait l'air endormi...Et François s'approcha, prit l'enfant tendrement dans ses bras. Puis le petit bébé s'éveilla, sourit à François, caressa ses joues et saisit sa barbe dans ses petites mains !

Et cet ami comprit que Jésus avait semblé endormi dans le cœur des humains et que c'est François qui l'avait réveillé par sa parole et par ses exemples.

François, qui assistait le prêtre à l'autel en qualité de diacre, parla si bien à la foule de la naissance de Jésus et de ce que veut dire Noël que tous furent remplis d'une grande joie.

L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus.

Et c'est pourquoi maintenant, nous avons partout des crèches à Noël; on dit même que le mot vient du nom de la ville de Greccio.

Alors, avec François d'Assise, nous te souhaitons beaucoup de paix et de joie. Et surtout découvre le vrai sens de la fête de Noël, tu en seras plus heureux et rempli de bonheur !



(Texte de l'Abbé Jean Pihan, "Saint François d'Assise", éd. Fleurus, 1952, adapté par Richard Chartier, ofs, du Service d'animation franciscaine en milieu scolaire (SAFMS), Les Franciscains du Québec, décembre 2000).

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 29 Déc - 20:07


Méditation du Père Daniel-Ange


France rebelle, reçois ton enfance nouvelle




Voici juste 1516 ans, à Reims, Clovis et ses 3000 Francs sont immergés dans les eaux du baptême par les mains de Saint Rémi. Quel jour exactement ? Noël !

Et Claudel dans son chef-d’œuvre, si profondément, théologique – l’Annonce faite à Marie- situe le sacre de Charles VII, grâce à la Pucelle de Domrémy, à Reims encore, encore la nuit même de Noël.

Mais voici que notre peuple ainsi marqué au fer rouge, jusque dans ses gênes par ce mystère adorable entre tous, régresse de plus de 2000 ans dans le paganisme celte ou greco-romain, devenant ainsi anachronique : essayant de vivre comme si le Sauveur n’était encore jamais venu. Voici qu’une innocente crèche soulève un tolé, qu’un bébé en plastique fait trembler la République.

Pour quel crime ? Elle représente – ô horreur !- une famille ! Et voilà que cette famille – déjà expatriée – est à nouveau extradée, visa refusé. Et quand on ne sait plus qui est ce Bébé, on ne sait plus ce qu’est un enfant (sinon un objet commercialisable), ni ce qu’est un homme ou une femme (sinon des sortes de clones interchangeables), ni ce qu’est une famille (sinon une relation à géométrie variable). Bref, qui n’accueille pas l’Enfant de Noël, se rebelle contre le réel.

Alors, nous, en cette nuit sainte entre toutes, pour essuyer les pleurs de la Mère de Dieu devant son enfant éjecté par un Etat reniant ses sources, laissons-nous éblouir et attendrir par la pure splendeur du plus beau des enfants jamais né d’une femme. Soyons ce ravi des santons de Provence, avec les enfants aux yeux extasiés devant nos merveilleuses crèches aux mille facettes.

Accueillons l’Enfant en qui chaque enfant se reconnaît, par qui est guérie ma gestation, transfigurée ma naissance, et grâce à qui m’est donné mon enfance nouvelle, éternelle, car divine : la sienne !

Je veux recevoir de ses petites mains son Père et me laisser engendrer par Lui. Je lui ai donné une maman : il me donne son Papa.

Car uniquement parce que Dieu a pu dire en toute vérité maman à une jeune fille, qu’aujourd’hui je puis dire en toute certitude : papa à Dieu.

Admirable échange ! Je lui donne mon humanité : il m’offre sa divinité. Je lui donne ma misère, il m’offre sa lumière. Il épouse mes souffrances : il me fait épouser la petite fille Espérance. Je lui refile ma mort : il me communique sa vie1. Oui, il épouse toute de mon existence, de l’état de zygote à celui de cadavre, pour m’ouvrir le Ciel et me rendre im-mortel. Dis-moi quel Dieu a jamais été jusque-là dans l’amour ?

Il se glisse, se faufile, s’insinue chez nous, passager d’abord clandestin, puis incognito, peur de me faire peur. Qui donc tremble devant un nourrisson ? Ce bébé ne révèle-t-il l’éternelle enfance -innocence de Dieu- (ce fut le coup de foudre du jeune paumé qu’était un certain Paul Claudel, à Notre Dame de Paris, aux premières Vêpres de Noël près du second pilier.

Dans le profond silence de cette nuit, les Anges sidérés se taisent, en écoutant résonner le cri primordial de la Parole faite enfant.

Et ces premiers vagissements déjà murmurent : « qui ne devient comme moi n’entrera pas dans le Royaume ». Et encore : «  Tout ce que tu fais à un seul de mes frères de chair, c’est à Moi que tu le fais ». Et encore : «  Tu me vois, tu vois ton Père  » .

Dans nos épaisses ténèbres, à travers la fente de ses petits yeux qui s’entrouvrent déjà filtrent, la flamme qu’aucune tempête ne pourra jamais souffler, les premiers rayons de cette clarté d’éternité qu’aucune nuit ne pourra jamais ensevelir. Lumière qui ne cessera d’irradier le monde jusqu’au Soleil éternellement levant de sa Venue en Gloire.

En cette nuit, reçois donc des mains de Marie, cet Enfant qu’Elle te confie, cet Enfant qui dans tes bras s’abandonne à toi, pour qu’avec lui, tu t’abandonnes dans les bras de son Père et de sa Mère. Le voilà livré à moi, totalement dépendant de mon cœur.
Ah ! Mon Créateur à qui j’ose dire comme une maman : «  mon Petit ! » Ce Dieu que je puis adopter, caresser, réjouir, consoler ! Mais à une condition : le protéger, comme Joseph protégeant la Vie-faite-chair contre ces Hérodes qui ne sont pas encore morts. Ils se déchaînent, ils en veulent toujours à l’Enfant. Leur fureur sur nos enfants violent leur conscience, souillent leur innocence, pervertit leur bon sens, falsifie leur intelligence.

Qu’il me donne son courage pour prendre sa défense en chaque tout petit. Jean-Paul II s’écrie en pleine nuit de Noël : «  En chaque petit, il y a certainement Jésus ! »

Mendions le regard ébloui de sa Maman, pour que je reconnaisse, accueille protège son Enfant, au-dedans de chaque Enfant encore à naître, à peine né, ou la personne «  retombée en enfance ». Car «  sur le visage de chacun resplendit le visage de Jésus » (Pape François aux gynécologues). Mais « n’ayons pas peur, l’Enfant Jésus est avec nous. » (dernier mot griffonné par Edith Stein).

Alors, ce sera Noël. Et quand tous les Français tomberont à genoux devant cet Enfant-Roi, alors ce sera le Nouveau Noël de notre peuple. L’aube d’un nouvel avenir irradiant le monde de la Vérité qui est Lumière.


1 Cet Enfant est «  un tabernacle de Gloire où le divin et l’humain se rencontrent dans une étreinte qui ne pourra jamais être brisée. Il verse la divinité dans le cœur malade de l’humanité et en lui insufflant l’Esprit du Père la rend capable de devenir Dieu par la grâce. » Jean-Paul II,  Orientale Lumen, 15



Père Daniel-Ange

Le père Daniel-Ange est un prêtre catholique et écrivain français né le 17 octobre 1932 à Bruxelles. Il est, entre autres, le fondateur de l’école de prière et d’évangélisation Jeunesse-Lumière, créée en 1984, en réponse à la phrase « Vous, les jeunes, vous êtes les premiers apôtres et évangélisateurs du monde de la jeunesse » du pape Jean-Paul II. Il a réalisé 220 tournées d’évangélisation dans 42 pays.

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 2 Jan - 19:24


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La force missionnaire de l’intercession




« Il y a une forme de prière qui nous stimule particulièrement au don de nous-mêmes pour l’évangélisation et nous motive à chercher le bien des autres : c’est l’intercession. Regardons un instant l’être intérieur d’un grand évangélisateur comme saint Paul, pour comprendre comment était sa prière. Sa prière était remplie de personnes : « En tout temps dans toutes mes prières pour vous tous […] car je vous porte dans mon cœur » (Ph 1, 4.7). Nous découvrons alors que la prière d’intercession ne nous éloigne pas de la véritable contemplation, car la contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge.

Cette attitude se transforme aussi en remerciement à Dieu pour les autres : « Et d’abord je remercie mon Dieu par Jésus Christ à votre sujet à tous » (Rm 1, 8.). C’est un remerciement constant : « Je rends grâce à Dieu sans cesse à votre sujet pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée dans le Christ Jésus » (1 Co 1, 4) ; « Je rends grâce à Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous » (Ph 1, 3). Ce n’est pas un regard incrédule, négatif et privé d’espérance, mais bien un regard spirituel, de foi profonde, qui reconnaît ce que Dieu même fait en eux. En même temps, c’est la gratitude qui vient d’un cœur vraiment attentif aux autres. De cette manière, quand un évangélisateur sort de sa prière, son cœur est devenu plus généreux, il s’est libéré de l’isolement et il désire faire le bien et partager la vie avec les autres.

Les grands hommes et femmes de Dieu furent de grands intercesseurs. L’intercession est comme « du levain » au sein de la Trinité. C’est pénétrer dans le Père et y découvrir de nouvelles dimensions qui illuminent les situations concrètes et les changent. Nous pouvons dire que l’intercession émeut le cœur de Dieu, mais, en réalité, c’est lui qui nous précède toujours, et ce que nous sommes capables d’obtenir par notre intercession c’est la manifestation, avec une plus grande clarté, de sa puissance, de son amour et de sa loyauté au sein de son peuple.





Pape François,
Exhortation apostolique Evangelii gaudium
sur l’annonce de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui,
(2013), § 281-283



Pourquoi prier ?




« Pourquoi Dieu agit-il ainsi, puisqu’il connaît ce qui nous est nécessaire, avant même que nous le lui demandions ? Nous pourrions nous en inquiéter, si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’a certes pas besoin que nous lui fassions connaître notre volonté car il ne peut l’ignorer, mais qu’il veut par la prière exciter et enflammer nos désirs, pour nous rendre capables de recevoir ce qu’il nous prépare. Or ce qu’il nous prépare est chose fort grande, et nous sommes bien petits et bien étroits pour le recevoir.

C’est pourquoi il est dit :« Dilatez-vous ; ne portez pas un même joug avec les infidèles » (2 Co 6,14). Oui, c’est chose bien grande, que l’œil n’a jamais vue parce qu’elle n’a pas de couleur, que l’oreille n’a jamais entendue parce qu’elle n’a pas de son ; qui n’est pas venue dans le cœur de l’homme, parce que c’est vers elle que le cœur de l’homme doit monter (1 Co 2,9). Nous serons d’autant plus capables de la recevoir que notre foi en elle sera plus grande, notre espérance plus ferme, notre désir plus ardent.

Un désir continuel formé dans la foi même, dans l’espérance et la charité, est donc une continuelle prière. Cependant nous prions aussi Dieu verbalement à certaines heures et à certains temps fixés, pour nous avertir par ces signes concrets, pour nous révéler à nous-mêmes les progrès que nous avons faits dans le désir et nous exciter à le rendre plus ardent encore.

Car l’effet de notre prière sera d’autant plus précieux que plus fervente aura été l’affection qui le précède. Lorsque l’Apôtre nous dit : « Priez sans cesse » (1 Th 5,16), n’est-ce pas comme s’il disait : Désirez sans cesse recevoir de celui qui seul peut la donner, cette vie bienheureuse qui n’est autre que la vie éternelle ? Désirons-la donc toujours du Seigneur et nous prierons toujours.

Mais comme d’autres soins, d’autres affaires peuvent attiédir notre désir, nous rappelons à certaines heures notre esprit à la prière. Les paroles que nous prononçons en priant, dirigent et élèvent notre esprit vers l’objet de notre désir, et l’empêchent de se refroidir complètement quand il commence à s’attiédir ; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment. Quand le même Apôtre nous dit : « Que vos demandes se manifestent devant Dieu » (Ph 4,6), cela ne signifie pas que nous puissions les faire connaître à Dieu qui en avait connaissance avant qu’elles fussent formulées, mais que nous devons nous les manifester à nous-mêmes devant Dieu avec patience et non devant les hommes avec une vaine jactance. »






Saint Augustin, « Lettre 130 à Proba »,
trad. de Martin Steiner, dans La prière en Afrique chrétienne,
Paris, 1982, Desclée de Brouwer, p. 116-139.



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 3 Jan - 20:29


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Malgré l’incrédulité, sainte Geneviève exhorte à la prière et au jeûne




Aujourd’hui, nous fêtons sainte Geneviève (423 – 512), modèle de courage et de persévérance dans la prière et le jeûne, confions-lui notre pays.  

«  Or le bruit s’étant répandu qu’Attila, roi des Huns, venait pour piller et ravager la Gaule, les bourgeois de Paris en prirent une telle épouvante, qu’ils voulaient transporter leurs biens et leurs richesses en d’autres villes qu’ils croyaient plus sûres et moins exposées que la leur aux incursions de ces barbares.

Cependant Geneviève ayant assemblé les dames de la ville, leur persuada de passer quelques jours en la nef, et à l’entrée de l’église où sont les fonts baptismaux, et de veiller, de jeûner, et de beaucoup prier pendant ce temps-là, afin qu’imitant Judith et Esther, elles méritassent de détourner les malheurs dont Paris été menacé. Pour les hommes, elle tâchait aussi de leur persuader, de ne point faire porter leurs biens hors de la ville, en les assurant que, par une particulière protection de Jésus-Christ, elle serait délivrée du pillage, pendant que les autres, où ils voulaient se retirer, seraient ruinées par cette nation ennemie et furieuse.

Mais ce discours ne servit qu’à irriter encore davantage contre elle les Parisiens. Ils disaient qu’il s’était élevé en leurs jours une fausse prophétesse, appelant ainsi Geneviève, parce qu’elle prédisait la conservation de leur ville ; et ils délibéraient déjà entre eux s’ils la feraient mourir à coup de pierres, ou s’ils la traîneraient dans la Seine.

C’est la disposition où était ce peuple, et le danger où était cette sainte fille, lorsque l’archidiacre d’Auxerre arriva à Paris ; et apprenant aussitôt la cause de ce tumulte : « Donnez-vous bien de garde, leur dit-il, de commettre une si horrible action ; celle que vous voulez punir comme une criminelle a été élue de Dieu dès le ventre de sa mère, comme nous l’avons souvent ouïe dire à Germain, notre bienheureux évêque, et voici des présents sacrés et bénis que je lui apporte de sa part. »

A ces paroles, cette multitude se tut et s’arrêta, et comme les Parisiens avaient une vénération toute particulière pour ce saint prélat d’Auxerre, ils firent réflexion à ce témoignage avantageux qu’il avait rendu en faveur de Geneviève, et aux présents qu’il lui envoyait : ils eurent crainte d’offenser Dieu en maltraitant sa très-fidèle servante, et, passant tout d’un coup de la rage à l’admiration, ils se condamnèrent eux-mêmes, et se désistèrent de leur pernicieux dessein. »


Pierre Lallemant, La vie de saint Geneviève, Paris, Périsse Frères, 1859, p. 12-13




ANTIENNE

" La vierge Geneviève, lorsqu'elle était encore jeune, ne fit cependant rien paraître de puéril dans ses actions ; mais, pour trouver la solitude, elle fuyait la compagnie des hommes.

Le Seigneur la prit pour lui dès l'enfance, et il parla à son cœur.

Au dehors, elle paissait les brebis de son père ; mais au dedans, le Seigneur était son pasteur.

Elle trouva un grand repos dans la garde de son troupeau ; et la solitude de son cœur était comme un jardin de délices devant Dieu.

Félicitez-moi, vous tous qui aimez le Seigneur, de ce qu'étant petite, j'ai plu au Très-Haut.

Depuis que le saint Pontife m'a donné une pierre céleste, je me suis délectée en Jésus-Christ seul, comme en la plénitude des richesses.

J'ai servi le Seigneur dans la simplicité de mon cœur, lorsque je gardais les brebis du pâturage de mon père.

Ô heureuse servante de Dieu ! Déchargez-nous du poids qui nous accable, et dépouillez-nous de ces fautes mortelles qui nous fatiguent, afin que, par vos supplications, la porte du ciel nous soit ouverte.

Ô miséricordieuse Epouse de Dieu ! Qui êtes l'aurore du jour pour les cœurs tristes : vierge fille de France, vierge pleine de douceur, écoutez ceux qui crient vers vous, ne méprisez point leurs prières.

Geneviève, vierge clémente, regardez ceux qui vous implorent, enlevez le fardeau de nos fautes, repoussez nos ennemis, rendez la santé à notre corps malade et à notre cœur gémissant.

Ô Geneviève ! Regardez-nous d'un œil de bonté ; vous qui participez à la lumière angélique, qui brillez d'un titre céleste, qui êtes en présence du souverain Roi, réconciliez-nous avec lui ; donnez-nous de jouir de votre Epoux, vous qui êtes l'Epouse et la fille de l'Epoux."





SEQUENCE

" De Geneviève la fête solennelle nous amène une solennelle joie.

Que la pureté du cœur éclate en un sacrifice de louange.

Heureuse fut la naissance de cette enfant, témoin le Pontife Germain.

Ce qu'il prévit en esprit est justifié par l'événement.

Sur la poitrine de la vierge, pour indice de pudeur,

Il suspend une médaille d'airain marquée du signe de la croix.

A Geneviève, il offre une dot venue de la main de Dieu,

La consacrant comme un temple du Saint-Esprit, sous l'alliance du Christ.

La mère de cette innocente enfant ose la frapper : elle est privée de la lumière.

Compatissant à sa mère, la vierge lui rend l'usage de la vue.

Geneviève au grand cœur, mortifie sa chair par le jeûne ; elle arrose la terre de ses larmes, et se réjouit dans un continuel martyre.

Sur les pas du céleste guide, elle parcourt les cieux et les enfers ; par l'ardeur de ses prières, elle sauve sa ville de l'invasion d'un peuple barbare.

Par un prodige divin, elle apaise longtemps la soif des travailleurs. Elle rend à une mère désolée son fils unique, qu'une chute a brisé.

A peine la vierge a-t-elle prié, les démons frémissent, la paix est rendue aux énergumènes, l'espoir aux infirmes, le pardon aux coupables.

En sa main, des flambeaux se rallument d'une manière céleste ; par elle, un fleuve au vaste lit rentre docilement dans ses rives.

Après sa mort, vivant encore par ses mérites, elle calme les ardeurs du feu sacré ;

Elle qui, dans ce monde, avait vaincu en elle-même les feux de la concupiscence.

La mort, les maladies, les démons, les éléments, obéissent à ses ordres.

Ainsi Geneviève, par ses prières, domine les lois de la nature.

Ainsi la vertu du Christ opère de grandes choses dans les plus petites.

Au Christ donc pour tant de merveilles, louange assidue, gloire éternelle !

Amen."





" Vierge fidèle, Ô Geneviève ! Nous vous rendons gloire pour les mérites que le divin Enfant s'est plu à réunir en vous. Vous avez apparu sur notre patrie comme un Ange tutélaire ; vos prières ont été longtemps l'objet de la confiance des Français ; et vous vous êtes fait gloire, au ciel et sur la terre, de protéger la capitale du royaume de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis. Des temps dignes d'exécration sont venus, durant lesquels votre culte a été sacrilègement abrogé, vos temples fermés, vos précieuses reliques profanées. Cependant, vous ne nous avez pas abandonnés ; vous avez imploré pour nous des jours meilleurs ; et nous pouvons reprendre quelque confiance, quand nous voyons votre culte refleurir parmi nous, malgré des profanations plus récentes ajoutées aux anciennes.

En cette époque de l'année qu'embellit et consacre votre nom, bénissez le peuple chrétien. Ouvrez nos cœurs à l'intelligence du mystère de la Crèche. Retrempez cette nation qui vous est toujours chère aux pures sources de la foi, et obtenez de l'Emmanuel que sa Naissance, renouvelée chaque année, devienne enfin une époque de salut et de vraie régénération. Nous sommes malades, nous périssons, parce que les vérités sont diminuées chez nous, selon la parole de David ; et la vérité s'est obscurcie, parce que l'orgueil a pris la place de la foi, l'indifférence celle de l'amour. Jésus connu et aimé dans le mystère de son ineffable Incarnation peut seul nous rendre la vie et la lumière. Vous qui l'avez reçu, qui l'avez aimé, durant votre longue vie si pure, menez-nous à son berceau.

Veillez, Ô puissante bergère, sur la ville qui vous est confiée. Gardez-la des excès qui semblent quelquefois la rendre semblable à une grande cité païenne. Dissipez les tempêtes qui se forment dans son sein ; d'apôtre de l'erreur, qu'elle consente enfin à devenir disciple de la vérité. Nourrissez encore son peuple qui meurt de faim ; mais soulagez surtout ses misères morales. Calmez ces fièvres ardentes qui brûlent les âmes, et sont plus terribles encore que ce mal dévorant qui ne brûlait que les corps.

Près de votre sépulcre vide, du haut de la Montagne que domine le vaste temple qui s'élève sous votre nom et reste vôtre de par l'Eglise et nos pères, en dépit des entreprises répétées de la force brutale, veillez sur cette jeunesse de France qui se presse autour des chaires de la science humaine, jeunesse si souvent trahie par les enseignements mêmes qui devraient la diriger, et assurer à la patrie des générations chrétiennes. La croix brille toujours, malgré l'enfer, sur la coupole de votre sanctuaire profané ; ne permettez pas qu'elle en soit descendue. Que bientôt cette croix immortelle règne de nouveau pleinement sur nous ; qu'elle plane du sommet de votre temple sur toutes les habitations de la cité maîtresse, rendue à son antique foi, à votre culte, à votre ancienne protection."






Adam de Saint-Victor
http://hodiemecum.hautetfort.com


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 5 Jan - 23:59

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France rebelle, reçois ton enfance nouvelle




Un bon chrétien participe activement à la vie politique et prie afin que les politiciens aiment leur peuple et le servent avec humilité. Telle est la réflexion proposée par le Pape François lundi 16 septembre dans son homélie.

En commentant le passage de l’Évangile de Luc (7, 1-10) où est racontée la guérison, par l’œuvre de Jésus, du serviteur du centurion à Capharnaüm, le Pape a souligné «deux attitudes du gouvernant» . Il doit tout d’abord «aimer son peuple. Les juifs âgés disent à Jésus : il mérite ce qu’il demande parce qu’il aime notre peuple. Un gouvernant qui n’aime pas ne peut pas gouverner. Au mieux, il peut mettre un peu d’ordre, mais il ne peut pas gouverner ».

Pour le Pape François, le gouvernant doit aussi être humble comme le centurion de l’Évangile, qui aurait pu se vanter de son pouvoir si Jésus avait demandé à aller chez lui, mais «c’était un homme humble et il a dit au Seigneur : ne te dérange pas, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Et avec humilité : dis un mot et mon serviteur sera guéri. Telles sont les deux vertus d’un gouvernant, comme nous le fait penser la parole de Dieu : amour pour les personnes et humilité».

Donc, « chaque homme et chaque femme qui assume une responsabilité de gouvernement doit se poser ces deux questions : est-ce que j’aime mon peuple pour mieux le servir ? Est-ce que je suis humble au point d’écouter les opinions des autres pour choisir la meilleure voie ? Si ces derniers, a souligné le Pape, ne se posent pas ces questions, leur gouvernement ne sera pas bon».

Les gouvernés doivent cependant eux aussi effectuer leur choix à accomplir. Que faut-il donc faire ? «Aucun de nous ne peut dire : cela ne me concerne pas, ce sont eux qui gouvernent. Non, moi je suis responsable de leur gouvernement et je dois faire de mon mieux pour qu’ils gouvernent bien, en participant à la politique comme je peux. La politique, dit la doctrine sociale de l’Église, est l’une des formes les plus élevées de la charité, car cela signifie servir le bien commun. Et je ne peux pas m’en laver les mains : chacun de nous doit faire quelque chose. Mais nous avons désormais l’habitude de penser que l’on doit seulement parler des gouvernants, parler mal d’eux et des choses qui ne vont pas bien».

À ce propos, le Pape a remarqué qu’à la télévision et dans les journaux reviennent surtout des «coups de bâton» pour les hommes politiques : on trouve difficilement des observations comme «ce gouvernant a bien agi sur ce point ; ce gouvernant a cette vertu. Il s’est trompé sur cela, en ceci et en cela, mais en cela il a bien agi». En revanche, des hommes politiques on parle «toujours mal et on est toujours contre. Peut-être le gouvernant est-il un pécheur, comme l’était le roi David. Mais je dois collaborer, avec mon opinion, avec ma parole, également avec mon comportement correct: je ne suis pas d’accord pour cela, pour ceci. Nous devons participer au bien commun. Nous avons parfois entendu dire: un bon catholique ne s’intéresse pas à la politique. Mais ce n’est pas vrai : un bon catholique se mêle de politique, en offrant le meilleur de lui-même, pour que le gouvernant puisse gouverner».

Quelle est alors «la meilleure chose que nous pouvons offrir» aux gouvernants ? «C’est la prière», a répondu le Pape, en expliquant : «C’est ce que dit Paul : prière pour le roi et pour tous ceux qui ont le pouvoir». Mais « on dira : c’est une mauvaise personne, il doit aller en enfer. Non, prie pour lui, prie pour elle, pour qu’il puisse bien gouverner, pour qu’il aime son peuple, pour qu’il soit humble. Un chrétien qui ne prie pas pour les gouvernants n’est pas un bon chrétien. Il faut prier. Et cela, a-t-il précisé, ce n’est pas moi qui le dit. C’est saint Paul qui le dit. Les gouvernants sont humbles et aiment leur peuple. Telle est la condition. Nous, les gouvernés, donnons le meilleur. Surtout la prière».






Pape François, Homélie du 16 septembre 2013




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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 11 Jan - 5:34

Méditation de l’abbé Loiseau


Pour en finir avec la rupture de la transmission :
la joie d’évangéliser




La fête de l’Épiphanie célèbre la mission. Notre Dieu est à peine apparu que les Mages, les rois de peuples lointains viennent le reconnaître comme Dieu, Roi et Sauveur. Il est la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn, 1, 9).

Dès l’Incarnation, le mystère du Salut est révélé aux périphéries. Le feu de la Pentecôte se diffusant sur la terre, sera l’accomplissement du geste prophétique des rois mages. L’histoire de l’Église est identifiée à l’histoire de la mission. L’évangélisation est inhérente à la vie de l’Église, l’histoire du peuple de Dieu devient la diffusion de cet Amour Divin par la proclamation des merveilles de Dieu. Ainsi, le chrétien ne saurait oublier l’ordre du Christ : «Allez évangéliser toutes les nations et baptisez-les ». Le propre de l’Amour Divin est donc de se communiquer par l’évangélisation. Les tentations vis-à-vis de l’annonce explicite de la Foi ont été nombreuses au cours de l’histoire, soit par une attitude spirituelle frileuse voulant réduire le Salut aux petits nombres d’élus d’une nation ou d’une communauté, soit par une conception théologique erronée où le Seigneur se contenterait de la sincérité des hommes sans les inviter à la vérité et à la communion de l’Église.

La transmission de la Foi par la catéchèse a souvent subi des conséquences de ces attitudes et de ces conceptions désordonnées. Je crois que la Foi de notre pays a été profondément bouleversée ces dernières années par ces lacunes dans la catéchèse. La diminution régulière du taux de pratique religieuse en France, réduite à 5%, ne semble pas suffisamment inquiéter les catholiques. Les statistiques de l’année 2013, sur le site de la Conférence épiscopale, nous révèlent pourtant une diminution préoccupante des baptêmes d’enfants, des mariages, des vocations. Les chiffres d’enfants catéchisés en paroisse ne sont plus donnés depuis des années. Les prêtres avouent pourtant que les inscriptions sont en baisse constantes. Au  risque d’apparaître comme pessimiste, ce qui n’est  pas religieusement correct, n’oublions pas que l’Espérance, toujours présente au cœur du chrétien, est la Foi dans la victoire du Christ sur le péché et le monde. Il serait malvenu de s’appuyer sur l’Espérance pour éviter toute prise de conscience de ce phénomène. Notre inertie, notre paresse spirituelle, nos erreurs théologiques, ne sauraient trouver une justification dans un providentialisme énoncé dans ces termes : « le Christ préfère la qualité à la quantité, le Seigneur n’abandonnera pas notre Nation, la Foi consiste à traverser les épreuves  et la victoire nous sera donnée. ». En effet, si les paroles du Seigneur nous annoncent bien que les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre son Église et annoncent son retour dans la Gloire, il s’agit bien de l’indéfectibilité de l’Église mais non d’une promesse de pérennité pour une Nation.

Les causes de la déchristianisation de notre pays sont bien sûr multiples, la sécularisation est en effet un phénomène complexe. Mais reconnaissons notre difficulté à évangéliser et à transmettre la Foi dans une société libérale, pluriconfessionnelle et laïque, alors que la progression de l’Islam devient inquiétante. Ne soyons pas comme les Chrétiens de Constantinople au XVe siècle qui se rassuraient continuellement  en se perdant dans des querelles théologiques ou liturgiques avant l’effondrement fatal. L’Espérance, c’est l’humilité devant la réalité de nos faiblesses et vivre dès maintenant de la grâce afin d’être un témoin du mystère du Christ rédempteur. Si les papes modernes : Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François, nous ont appelés avec autant d’énergie à l’évangélisation explicite, c’est que cette question est cruciale pour la survie de l’Église dans les nations. L’annonce explicite de la Foi a été trop souvent comprise comme une attitude idéologique ou intolérante. La seule transmission autorisée serait un éveil à une expérience spirituelle ou caritative. La catéchèse est encore trop souvent imprégnée de cette conception. Le cri d’alarme du cardinal Ratzinger à Notre-Dame de Paris en 1983, l’exhortation apostolique de Jean-Paul II Catechesi tradende ou le directoire sur la catéchèse de 1997 ne semblent pas avoir été suffisamment entendus. Notre Église de France continue de vivre une vraie crise de la transmission de la Foi. Des paroisses, des écoles libres, des communautés, des familles, malgré un certain renouveau, se trouvent souvent démunies, avec des parcours catéchétiques ou avec des équipes pastorales pleines de bonne volonté mais en difficulté pour transmettre l’essentiel de la Foi. Peu de catéchismes ou de groupes de formation ont un réel souci d’adapter le Catéchisme de l’Église catholique aux jeunes générations, et pourtant la première mission est bien là.

Prenons-nous suffisamment au sérieux ceux qui mettent en place des parcours de formation biblique en lien avec le Catéchisme de l’Église catholique, présentant ainsi la cohérence et l’unité de la Révélation ? Il est bien vrai, comme le rappelait le cardinal Ratzinger, que « la Foi sans expérience ne peut être que verbiages de formules creuses », il est inversement tout aussi évident, ajoutait-il, que « réduire la Foi à l’expérience ne peut que la priver de son noyau ». Ainsi, la transmission de la Foi par l’Église ne peut faire l’impasse d’une présentation claire de la doctrine, de la révélation biblique, et de la vie liturgique. La Foi n’est donc pas seulement un face à face avec Dieu et le Christ, elle est aussi ce contact qui ouvre l’homme à la communion de l’Église. M’en remettre au magistère de l’Église, c’est accepter que ma Foi dépasse les frontières de ma subjectivité. Ainsi, nous attendons une catéchèse (où la mémorisation aura sa place selon le souhait de Jean-Paul II) qui présente clairement ce que nous devons croire (le Credo), ce que nous recevons par l’Église (la liturgie, la grâce, les sacrements), ce que nous devons faire (la charité, les béatitudes, les commandements), et ce que nous devons espérer (les demandes du Pater).

Après des années de catéchèses dans des paroisses ou des écoles, les enfants ressortent – hélas – avec trop souvent de confusion et d’ignorance. Une grande partie de ces parcours ne disent rien sur la grâce, l’importance de la confession régulière, la messe comme actualisation du mystère pascal, le péché originel, les fins dernières, le plan du Salut, le mystère de l’Église. Le christianisme est ainsi trop souvent réduit à une éthique ou à une expérience, nous sommes en plein pélagianisme moderne dénoncé par Benoît XVI. Le temps n’est-il pas venu d’annoncer explicitement à tous les hommes la richesse de la Miséricorde divine ? Si l’Église est bien le sacrement du Salut comme le rappelle le concile Vatican II, sa mission n’est-elle pas d’enseigner tout au long de la vie ce mystère du Salut à nos contemporains ? Le premier devoir de l’évangélisateur dans notre pays est de veiller à un enseignement complet du catéchisme. Bien sûr, les échecs rencontrés sont dus aussi, comme je le rappelai  à des causes externes comme la crise de la famille ou la société sécularisée. C’est une raison de plus pour être attentif à une transmission authentique. Renier une partie du Credo ou des commandements de la Catéchèse, c’est alors toucher la structure fondamentale de celle-ci. Il n’y a plus alors d’introduction réelle à la Foi de l’Église.

En cette fête de l’évangélisation des nations, que les catholiques de notre pays qui ont su montrer du courage et un esprit de résistance, demandent à Notre-Dame de l’Épiphanie, la force et l’intelligence pour la transmission de la Foi de l’Église. L’enjeu est vital : soit nous aurons la transmission de la vie divine, soit la mort de la France chrétienne. Avec Marie, tout est possible.




Abbé Loiseau

Fondateur et supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon.

« En étant témoin de la mission directe qui se vivait dans le diocèse de Toulon, j’ai souhaité fonder une communauté qui vivrait particulièrement de la miséricorde divine, de la liturgie dans sa forme extraordinaire et de l’évangélisation directe, particulièrement auprès des musulmans ».



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 11 Jan - 6:39

Edito 


Que 2015 soit l’année de la foi et de l’espérance en France !




Chers amis,

Les événements tragiques que nous venons de vivre donnent un relief tout particulier à cet engagement discret mais essentiel. Face à la haine, au mépris, au nihilisme sceptique et au désespoir, la prière est le creuset véritable de la paix et de l’espérance. Parfois découragés et éprouvant notre impuissance, nous nous demandons: « que faire? ». Commençons par ce qu’il y a de plus simple et de plus essentiel: prier! En tant que catholiques, voilà notre première responsabilité envers la communauté nationale!

« 9 mois, c’est long ! « , « Comment prier pour la France ? », « La prière est-elle vraiment pertinente ? N’est-il pas plus efficace d’agir ? « , »Prier pour la France, oui ! Mais comment ? Nous aurions tant de choses à demander », « J’ai peur de ne pas tenir, de ne pas pouvoir respecter le jeûne, ma neuvaine sera-t-elle valide ? »

Vos questions ont été nombreuses, mais l’enthousiasme certain : près de 2 mois après, La Neuvaine rassemble plus de 25 000 personnes qui ont manifesté leur volonté de vivre cette aventure spirituelle… !

La Neuvaine, et tous les pasteurs qui la portent, vous adressent leurs meilleurs vœux : que 2015 soit pour tous une sainte année, emplie de foi, d’espérance et de charité. Cette nouvelle année, plaçons-la résolument sous le signe de la conversion des cœurs qui seule peut renverser le monde, et à fortiori la France.

Foi en Dieu Amour, Espérance en Dieu miséricordieux, Charité spécifique pour nos dirigeants…

La charité ne se concevant pas sans la vérité, que 2015 nous donne aussi à tous la soif de nous former. Nous former pour mieux connaître le Christ, pour mieux comprendre les exigences de Son amour, pour apprendre à vivre chaque chose en Lui et pour Lui.

Dans une société gouvernée par la culpabilisation, le subjectivisme ou l’affect, la vérité n’est pas toujours facile à discerner ou à suivre : que l’Esprit Saint nous donne la raison et la force de lui être fidèles.

Prier ou agir, la vocation de la France chrétienne, le réveil d’une génération en marche, l’importance de la prière des enfants pour leur pays, la force du jeûne pour sa patrie, la demande d’un secours exceptionnel à la Sainte Vierge, les dons de Dieu fait homme, l’amour de Dieu à l’image de Marie comme guide de notre vie… que de belles méditations nous avons reçues ! Que d’enseignement nous pouvons en tirer !

L’année 2015 s’annonce aussi menacée dans bien des domaines : les enjeux économiques et politiques ne sont pas à négliger. Ils relèvent cependant tous d’un mal plus profond : celui de la perte de repères et de la course au pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer. La Neuvaine invite chacun à revenir aux sources de la Création, à retrouver l’humilité qui fait entrevoir ce qui est don et qui doit de ce fait, plus que tout, être protégé car sacré. La défense de la vie de son stade embryonnaire à ses dernières heures, de la famille, de l’éducation des enfants, le respect de la loi naturelle à l’exclusion de toute dérive transhumaniste, l’accompagnement des malades ou handicapés dans le respect de leur dignité, sont autant de fers de lance que nous devons porter intérieurement pour mieux les défendre extérieurement car ils représentent les valeurs fondamentales de notre existence, sans lesquelles nous sombreront dans une folie destructrice.

A nous de nous montrer lucides sur les enjeux que nous traversons, mais en gardant le cœur vaillant et plein d’espérance ! L’aigreur n’a jamais porté de fruit, l’amertume non plus… La prière nous aide chaque jour à remettre dans les mains du Seigneur notre vie, à puiser la force de Lui rendre gloire, à trouver en son sein la confiance dont nous avons besoin pour avancer.

La Neuvaine relaie chaque jour sur son site et les réseaux sociaux des textes qui peuvent vous aider dans vos méditations quotidiennes. Certains nous ont écrit pour nous demander s’il était possible de les avoir sous d’autres formats : pour des raisons pratiques, cela ne nous est pas possible.

Mais la Neuvaine c’est vous !!! Vous êtes plus de 25 000 personnes à pouvoir relayer les méditations ou les textes quotidiens, et nous comptons sur vous !

Ce rêve en apparence le plus fou de la France en prière marche déjà en rangs serrés : à nous tous de l’étendre… Proposer de faire la neuvaine en paroisse, imprimer les méditations et les déposer au fond de votre église pour ceux qui n’ont pas internet, tracter lors de rassemblements, relayer sur les réseaux les textes quotidiens, organiser des célébrations, des pèlerinages, des veillées d’enfants : en ce début d’année et au lendemain de la fête de l’Epiphanie qui nous rappelle que nous sommes pour la plupart des païens convertis, rappelons-nous que l’Eglise est apostolique et qu’elle nous demande d’évangéliser !

Pour tous ceux qui découvriraient la Neuvaine, soyez rassurés : vous pouvez la rejoindre à tout moment ! Un chapelet ou une dizaine de chapelet quotidien accompagné de la prière de la Neuvaine, un jeûne le premier vendredi de chaque mois, et une vive recommandation de confession régulière : la force de l’union de prière et les méditations de nos prêtres sont là pour vous guider…

Que 2015 soit l’année de la foi  et de l’espérance en France ! Que nos prières renversent les montagnes de notre beau pays et l’aident à se redresser ! Préparons nos cœurs à notre vraie fête nationale : celle du 15 Août, celle de la Sainte Vierge !




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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 12 Jan - 19:21


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Sur quoi fonde-t-on un régime: le dévouement ou la dérision ?




« La seule valeur, la seule force du royalisme, la seule force d’une monarchie traditionnelle, c’est que le roi est plus ou moins aimé.

La seule force de la République, c’est que la République est plus ou moins aimée. La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout, c’est d’être aimé. Que tant d’hommes aient tant vécu et tant souffert pour la République, qu’ils aient tant cru en elle, qu’ils soient tant morts pour elle, que pour elle ils aient supporté tant d’épreuves, souvent extrêmes, voilà ce qui compte, voilà ce qui m’intéresse, voilà ce qui existe. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité d’un régime.

Quand je trouve dans l’Action française tant de dérisions et tant de sarcasmes, souvent tant d’injures, j’en suis peiné, car il s’agit d’hommes qui veulent restaurer, restituer les plus anciennes dignités de notre race et on ne fonde, on ne refonde aucune culture sur la dérision et la dérision et le sarcasme et l’injure sont des barbaries. Ils sont même des barbarismes. On ne fonde, on ne refonde, on ne restaure, on ne restitue rien sur la dérision. Des calembours ne font pas une restitution de culture. »


Charles Péguy, Notre jeunesse (1910)





La faillite politique et spirituelle d’une liberté irresponsable




«  A elle seule, la liberté dénudée ne saurait en aucune façon résoudre tous les problèmes de l’existence humaine et elle en pose une foule de nouveaux. Mais, tout de même, dans les premières démocraties, y compris l’américaine à sa naissance, tous les droits n’étaient reconnus à la personne humaine qu’en tant qu’oeuvre de Dieu ; autrement dit, la liberté n’était confiée à la personne que sous condition, en supposant une permanente responsabilité religieuse : tel était l’héritage du millénaire précédent.

Il y a encore deux cents ans, en Amérique il y a même cinquante ans de cela, il eût semblé impossible d’accorder à l’homme une liberté sans freins, comme ça, pour l’assouvissement de ses passions. Depuis lors, toutefois, dans tous les pays occidentaux, cette liberté s’est érodée, on s’est définitivement libéré de l’héritage des siècles chrétiens avec leurs immenses réserves de pitié et de sacrifice, et les systèmes étatiques n’ont cessé de prendre l’aspect d’un matérialisme de plus en plus achevé. En fin de compte, l’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société.

Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, Cosmos compris, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXe siècle et qu’il eût été impossible d’imaginer, fût-ce à partir du XIXe. »






Alexandre Soljénitsyne, Le déclin du courage, Discours de Harvard le 8 juin 1978, Paris, Les Belles lettres, 2014, p.55-57



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 13 Jan - 19:33

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Transmettre l’amour de la France ?




« Un enjeu , et peut-être résultat, de la prière est l’amour que ces jeunes élèves musulmans peuvent porter à la France. Cet amour est au départ bien faible, tant on ne leur a pas transmis cela dans leur famille. Les jeunes Algériens (et pas seulement eux) sont ainsi remplis de schémas manichéens sur la colonisation et la guerre d’Algérie.

Tous les élèves opposent « les Arabes » (c’est-à-dire les musulmans) aux « Français » supposés tous chrétiens. Dans leur esprit, les premiers sont censés être toujours victimes des seconds et attendent de prendre leur légitime revanche. Le lendemain de l’élection de François Hollande, un élève m’a dit : « C’est nous qui avons gagné cette élection : désormais la France n’est plus le pays des Français, c’est le nôtre, on va pouvoir faire tout ce qu’on voudra ! »

Ce sentiment est aggravé par le discours idéologique véhiculé par l’Education nationale, où les auteurs de programmes entendent désormais « déconstruire le roman national » (perçu comme trop positif vis-à-vis de la France) pour faire droit aux revendications mémorielles de trois groupes de descendants : ceux des esclaves noirs, ceux des colonisés, ceux des victimes de la Shoah. La haine, le mépris de la France font partie des programmes scolaires, et viennent nourrir les sentiments négatifs entretenus par les jeunes issus de l’immigration. (…)

Il en faudrait vraiment peu pour que cette jeunesse aime la France, il suffirait que leurs éducateurs aient envie de la leur faire aimer. Cela aussi me paraît être du ressort de la prière pour la France.

Je vais encore plus loin, en constatant que ce qui « accroche » les élèves, c’est souvent cette France à la fois charnelle et spirituelle à laquelle nous sommes, nous, si attachés. Un cours de quatrième sur les « religions dans la mondialisation » (parfait exemple de sujet théorique, conceptuel, aride, cérébral, comme on les aime dans l’Education nationale) avait totalement dérapé en profession de foi islamique de la part de nombreux élèves.

Débordé, je jetai l’éponge et saisis ce que j’avais sous la main : un honnête film canadien sur Jeanne d’Arc, dont je venais de passer un extrait à des cinquièmes. Lorsque la sonnerie retentit, la Pucelle était devant la muraille d’Orléans, cheval cabré, oriflamme brandie : « En avant, mes frères, pour Dieu et pour la France ! ».

D’habitude, à ce moment les élèves ont déjà bondi hors de la salle, cartable sur le dos et veste fermée, mais là personne ne bougeait. « S’il vous plaît, m’sieur, vous ne pouvez pas nous faire ça, c’est le meilleur moment ! » Cette jeunesse, croyante, a soif de France croyante. La prière pour la France ne la choquerait pas. »






 Jean-François Chemain,
« Témoignage d’un enseignant dans les banlieues »,
Pourquoi prier pour la France? sous la dir. de Mgr H.
Brincard et du P. B. Peyrous, Paris, Editions d el’Emmanuel,
2014, p. 183-185



Dans mon environnement tant personnel que professionnel, j'ai pu faire les mêmes constatations que ce professeur de collège. Cependant dans ce court extrait monsieur Chemain ne parle pas de la dernière guerre de la France en Algérie ou plutôt trop brièvement à mon goût. Paradoxalement d'ailleurs lorsque les français parlent de la dernière guerre ils font référence à celle de 39 - 45, et omettent celle d'Algérie, sans doute parce qu'elle s'est passée en Algérie.

De ce conflit, il en ressort et j'ai pu le constater un certain "racisme latent" envers les nord-africains et tous ceux qui leur "ressemblent" de prêt ou de loin et  réciproquement.
Quant à moi étant née en Indochine, d'origine indienne, de nationalité française je n'avais aucun à priori envers les uns et les autres, prête à les aimer tous.

Bien entendu j'ai eu droit au racisme de certains mais aussi beaucoup d'amour d'autres. Ce sont ces derniers qui m'ont appris à aimer la France et les français toutes origines et religions confondues.

D'où je conclus que c'est l'Amour de Dieu en chacun de nous, si nous le laissons agir, qui sauvera la France et... le monde ! J'en suis sûre et certaine.
En entendant prions de tout notre coeur et d'un même coeur comme nous l'a appris Notre Seigneur. N'oublions pas de louer et remercier DIEU pour tous ses bienfaits comme Maman Marie dans son Magnificat.






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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 14 Jan - 16:10

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Intercéder pour les autres avec Jésus




« La force de la prière s’exprime dans l’intercession. L’Esprit-Saint -est-il écrit- « intercède » pour nous. Le moyen le plus sûr de s’accorder à la prière de l’esprit est donc d’intercéder nous aussi pour nos frères, pour le peuple. Faire une prière d’intercession veut dire s’unir, dans la foi, au Christ ressuscité qui vit en état permanent d’intercession pour le monde (cf. Rm 8,34 ; He 7,25 ; 1 jn 2,1). Jésus, dans la grande prière par laquelle s’achève sa vie terrestre, nous offre l’exemple le plus sublime de l’intercession. « Je prie pour eux – dit-il – pour ceux que tu m’as donnés… Garde-les en mon nom. Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. Sanctifie-les dans la vérité… Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi » (cf. Jn 17, 9 s.). Jésus consacre relativement peu de temps à prier pour lui (« Père, glorifie ton Fils ! ») et beaucoup plus à prier pour les autres, c’est-à-dire à intercéder. A travers l’Esprit-Saint qui intercède pour nous, c’est Jésus lui-même qui continue sa prière d’intercession pour nous.

L’efficacité de la prière d’intercession ne dépend pas de la « multiplication des paroles » (cf. Mt 6,7), mais du degré d’union aux dispositions filiales du Christ que l’on a pu atteindre. Plus que les paroles d’intercession, il est utile, plutôt, de multiplier les intercesseurs, c’est-à-dire d’invoquer l’aide de Marie et des saints, comme le fait l’Eglise en la fête de tous les saints, lorsqu’elle demande à Dieu d’être exaucée « puisqu’une telle multitude intercède pour nous » (« multiplicatis intercessoribus »). On multiplie également les intercesseurs lorsqu’on prie les uns pour les autres. « Si tu pries pour toi – dit saint Ambroise -, tu seras seul à prier pour toi. Et si chacun prie seulement pour soi, la grâce obtenue par celui qui prier est moindre que pour celui qui intercède pour les autres. Mais si chacun prie pour tous, tous alors prient pour chacun. En conclusion, si tu demandes pour toi seulement, tu seras seul. Mais si tu demandes pour tous, tous demanderont pour toi. Et en effet, toi-même tu est en tous. » (Saint Ambroise, De Caïn et Abel I,39 (CSEL 32, 1 p. 372)





Raniero Cantalamessa, La vie dans la Seigneurie 
du Christ, Paris, Le Cerf, 2008, p. 144-145







Comment l’Église prie-t-elle Marie?

Depuis le consentement apporté dans la foi à l’Annonciation et maintenu sans hésitation sous la croix, Marie, Mère de Dieu, est aussi devenue notre mère, mère de ceux  « qui sont encore des pèlerins, en butte aux dangers et aux misères  » (LG 62). Jésus, l’unique Médiateur, est le Chemin de notre prière ; Marie, sa Mère et notre Mère, lui est toute transparente : elle  « montre le Chemin », « elle en est le Signe », selon l’iconographie traditionnelle en Orient et en Occident.

La prière à la sainte Mère de Dieu est donc centrée sur la Personne du Christ manifestée dans ses mystères. Dans les innombrables hymnes et antiennes qui expriment cette prière, deux mouvements alternent habituellement : l’un  « magnifie  » le Seigneur pour les  « grandes choses  » qu’il a faites pour son humble servante, et par elle, pour tous les humains (cf. Lc 1, 46-55) ; l’autre confie à la Mère de Jésus les supplications et les louanges des enfants de Dieu, puisqu’elle connaît maintenant l’humanité qui en elle est épousée par le Fils de Dieu.

Prier le « Je vous salue Marie »
Ce double mouvement de la prière à Marie
a trouvé une expression privilégiée dans la prière de l’ « Ave Maria » :


Je vous salue Marie, pleine de grâce;
le Seigneur est avec vous;
vous êtes bénie entre toutes les femmes;
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen


 Ave, María, grátia plena,
Dóminus tecum.
Benedícta tu in muliéribus,
et benedíctus fructus ventris tui, Iesus.
Sancta María, Mater Dei,
ora pro nobis peccatóribus,
nunc et in hora mortis nostræ.
Amen.


« Je vous salue, Marie (Réjouis-toi, Marie) » :

La salutation de l’Ange Gabriel ouvre la prière de l’Ave.

C’est Dieu lui-même qui, par l’entremise de son ange, salue Marie. Notre prière ose reprendre la salutation de Marie avec le regard que Dieu a jeté sur son humble servante (cf. Lc 1, 48) et à nous réjouir de la joie qu’Il trouve en elle (cf. So 3, 17b).


« Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » : 

Les deux paroles de la salutation de l’ange s’éclairent mutuellement.
Marie est pleine de grâce parce que le Seigneur est avec elle.
La grâce dont elle est comblée, c’est la présence de Celui qui est la source de toute grâce.
« Pleine de grâce », elle est toute donnée à celui qui vient habiter en elle et qu’elle va donner au monde.


« Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni » :

Après la salutation de l’ange, nous faisons nôtre celle d’Elisabeth. qui est la première dans la longue suite des générations qui déclarent Marie bienheureuse (cf. Lc 1, 48) :  « Bienheureuse celle qui a cru…  » (Lc 1, 45) ; Marie est  « bénie entre toutes les femmes  » parce qu’elle a cru en l’accomplissement de la parole du Seigneur. Abraham, par sa foi, est devenu une bénédiction pour  « toutes les nations de la terre  » (Gn 12, 3). Par sa foi, Marie est devenue la mère des croyants grâce à laquelle toutes les nations de la terre reçoivent Celui qui est la bénédiction même de Dieu : Jésus, le fruit bénit de tes entrailles » .

« Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous… » :

Parce qu’elle nous donne Jésus son fils, Marie est la mère de Dieu et notre mère ; nous pouvons lui confier tous nos soucis et nos demandes : elle prie pour nous comme elle a prié pour elle-même :  « Qu’il me soit fait selon ta parole  » (Lc 1, 38). En nous confiant à sa prière nous nous abandonnons avec elle à la volonté de Dieu :  « Que ta volonté soit faite » .

« Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ».

En demandant à Marie de prier pour nous, nous nous reconnaissons pauvres pécheurs et nous nous adressons à la  « Mère de la miséricorde » , à la Toute Sainte. Nous nous remettons à elle  « maintenant » , dans l’aujourd’hui de nos vies. Et notre confiance s’élargit pour lui abandonner dès maintenant,  « l’heure de notre mort » . Qu’elle y soit présente comme à la mort en Croix de son Fils et qu’à l’heure de notre passage elle nous accueille comme notre mère (cf. Jn 19, 27) pour nous conduire à son Fils Jésus, en Paradis.


D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 2676 à 2682)




Le Pape Jean-Paul II nous y introduit dans sa lettre apostolique sur le Rosaire (16 octobre 2002)
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae_fr.html

ainsi que dans son message aux jeunes pour les JMJ de 2003 :
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/messages/youth/documents/hf_jp-ii_mes_20030311_xviii-world-youth-day_fr.html

« J’ai invité tous les fils de l’Eglise à faire de cette antique prière mariale (le rosaire) un exercice simple et profond de contemplation du visage du Christ. Réciter le chapelet signifie, en effet, apprendre à regarder Jésus avec les yeux de sa Mère, aimer Jésus avec le cœur de sa Mère. Je remets symboliquement aujourd’hui, à vous aussi, chers jeunes, le chapelet. A travers la prière et la méditation des mystères, que Marie vous guide avec assurance vers son Fils! N’ayez pas honte de réciter le chapelet seuls, sur le chemin de l’école, de l’université ou de votre travail, dans la rue et dans les transports publics. Prenez l’habitude de le prier entre vous, dans vos groupes, mouvements et associations. N’hésitez pas à proposer à vos parents et à vos frères et sœurs de prier le chapelet à la maison, car il ravive et renforce les liens entre les membres de la famille. Cette prière vous aidera à être forts dans la foi, constants dans la charité, joyeux et persévérants dans l’espérance.

Avec Marie, servante du Seigneur, vous découvrirez la joie et la fécondité de la vie cachée. Avec elle, disciple du Maître, vous suivrez Jésus sur les routes de Palestine, devenant des témoins de sa prédication et de ses miracles. Avec elle, Mère souffrante, vous accompagnerez Jésus dans sa passion et dans sa mort. Avec elle, Vierge de l’espérance, vous accueillerez l’annonce joyeuse de Pâques et le don inestimable de l’Esprit Saint.

Jésus seul connaît votre cœur, vos désirs les plus profonds. Lui seul, qui vous a aimés jusqu’à la mort (cf. Jn 13, 1), est capable de combler vos aspirations. Ses paroles sont des paroles de vie, des paroles qui donnent un sens à la vie. Personne d’autre que le Christ pourra vous donner le vrai bonheur. A l’exemple de Marie, sachez Lui dire un “oui” inconditionnel. Il ne doit pas y avoir de place pour l’égoïsme et pour la paresse dans votre existence. Plus que jamais, il est urgent que vous soyez les “sentinelles du matin”, les guetteurs qui annoncent à l’humanité les premiers feux de l’aurore et le nouveau printemps de l’Evangile que l’on voit déjà poindre. L’humanité a un impérieux besoin du témoignage de jeunes libres et courageux qui osent aller à contre-courant et proclamer avec force et enthousiasme leur foi en Dieu, Seigneur et Sauveur. »






"J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'Etat et tous ceux qui ont des responsabilités afin que  nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité." (1Tm 2, 1-2)

Saint Paul ne nous cache pas la responsabilité qui nous incombe de prier, certes pour tout homme, mais particulièrement pour ceux qui nous gouvernent. Il ne dit pas pour ceux qui répondent à notre attente, mais pour ceux qui sont en poste de responsabilité.

Le choix démocratique des responsables de notre nation repose sur de multiples facteurs, parmi lesquels pèse la voix du chrétien. "Il est donc essentiel de prendre part au vote de la manière la plus sérieuse possible", rappelait le conseil permanent de la Conférence des évêques de France au mois d'octobre dernier. Mais, une fois les responsables désignés, il nous incombe de ne pas les abandonner à l'exercice de l'Etat, mais de les porter dans notre prière instante. Notre vie dans le calme et la sécurité en dépend.

Comme toujours, l'Eglise, prévenante, nous donne les mots de la prière :

"Dieu à qui tout homme doit obéissance,

Aide celui qui est à la tête de notre pays

A remplir sa mission dans le respect de ta Loi.

Qu'il travaille à ton oeuvre dans ce monde

Et puisse garantir au peuple dont il a la charge, la liberté et la paix."

(Prière d'ouverture de la messe pour le chef de l'Etat)



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 16 Jan - 21:21

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J'ai pris l'initiative de vous mettre le texte complet du Pape émérite Benoît XVI.
je soulignerai la partie qui a été déposée sur le site de la neuvaine.
Je le trouve trop beau et très intéressant pour ne pas vous mettre tout le contexte.
Je souhaite vous partager le plaisir et l'�motion que j'ai éprouvés dans sa lecture "méditée"





Benoit XVI, Audience du 26 janvier 2011


La justice et la charité de Jeanne d'Arc




Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Jeanne d'Arc , une jeune Sainte de la fin du Moyen Age, morte à 19 ans, en 1431.
Cette sainte française, citée plusieurs fois dans le Catéchisme de l'Eglise catholique , est particulièrement proche de sainte Catherine de Sienne , patronne de l'Italie et l'Europe, dont j'ai parlé dans une récente catéchèse.
Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées par la virginité; deux mystiques engagées, non pas dans le cloïtre, mais au milieu des réalités les plus dramatiques de l'Eglise et le monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces "femmes fortes" qui, à la fin du Moyen Age, portèrent sans crainte la lumière de l'Evangile dans les évènements complexes de l'histoire. On pourrait les rapprocher des saintes femmes qui sont restés près du Calvaire, auprès de Jésus crucifié, et de Marie, sa Mère, tandis que les apôtres avaient fui, et que Pierre lui-même l'avait renié à trois reprises.

L'Eglise à cette époque, vivait la crise profonde du Grand Schisme dOccident, qui a duré près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne est morte en 1380, il y avait un pape et un antipape; quand Jeanne est née en 1412, il y a deux papes et un antipape. Avec cette déchirure au sein de l'Eglise, il y avait des guerres fratricides continuelles entre les peuples chrétiens d'Europe, dont la plus dramatique fut l'interminables "Guerre de cent ans" entre la France et l'Angleterre.





Jeanne d'Arc ne savait ni lire ni �crire, mais on peut la connaïtre au plus profond de son âme grâce à deux sources de grande valeur historique: les deux procès qui la concernent.

Le premier, le procès de condamnation, contient la transcription des interrogatoires longs et nombreux de Jeanne pendant les derniers mois de sa vie (Février-mai 1431) et rapporte les paroles elles-mêmes de la Sainte. Le second, le procès de nullité de la sentence, ou de réhabilitation�, contient les dépositions de 120 témoins oculaires de toutes les périodes de sa vie.

Jeanne est née à Domrémy, un petit village situé sur la frontière entre la France et la Lorraine. Ses parents étaient des paysans aisés, connus de tous comme d'excellents chrétiens. Elle reçut d'eux une bonne éducation religieuse, avec une influence notable de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne et diffusée en Europe par les Franciscains. Au nom de Jésus est toujours uni le nom de Marie, et ainsi, sur un fond de religiosité populaire, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Dès l'enfance, elle montre beaucoup d'amour et de compassion pour les pauvres, les malades et tous ceux qui souffrent, dans le contexte dramatique de la guerre.





Selon ses propres paroles, nous savons que la vie religieuse de Jeanne mûrit comme expérience mystique dès l'âge de 13 ans. Par la voix de l'archange saint Michel, Jeanne se sent appelée par Dieu à renforcer sa vie chrétienne et à s'engager en personne pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son «oui» est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement à la vie sacramentelle et dans la prière: participation quotidienne à la messe, confession et communion fréquentes, longs moments de prière silencieuse devant le crucifié ou une image de la Sainte Vierge. La compassion et l'engagement de la jeune paysanne française face aux souffrances de son peuple sont rendus plus intenses par son rapport mystique avec Dieu. Un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune femme est justement ce lien entre l'expérience mystique et la mission politique. A ces années de vie cachée et de maturation intérieure succèdent les deux brèves mais intenses années de sa vie publique: une année d'action et une année de passion.




Au début de l'année 1429, Jeanne commence son œuvre de libération. Les nombreux témoignages nous montrent cette jeune femme de seulement 17 ans comme une persoone très forte et décidé, capable de convaincre ses hommes peu sûrs, et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui à Poitiers la soumet à un examen de plusieurs théologiens de l'université. Leur jugement est positif: en elle, ils ne voient rien de mal, seulement une bonne chrétienne.

Le 22 Mars 1429, Jeanne dicte une lettre importante pour le roi d'Angleterre et ses hommes qui assiégent la ville d'Orléans. Il s'agit d'une proposition pour une paix véritable dans la justice, entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des noms de Jésus et Marie, mais cette proposition est repoussée, et Jeanne doit s'engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui aura lieu le 8 mai.





L'autre point fort de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, 17 Juillet 1429. Pendant une année entière, Jeanne vit avec les soldats, portant parmi eux une véritable mission d'évangélisation. Nombreux sont leurs témoignages sur sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous, et se définit elle-même comme "la pucelle", c'est-à-dire la vierge.




La Passion de Jeanne commence le 23 mai 1430, quand elle tombe prisonnière entre les mains de ses ennemis. Le 23 Décembre, elle st menée dans la ville de Rouen. Là, se tient le long et dramatique Procès de Condamnation, qui débute en Février 1431 et se termine le 30 mai sur le bûcher.

C'est un grand et solennel procès, présidé par deux juges ecclésiastiques, l'évêque Pierre Cauchon, et l'inquisiteur Jean Le Maistre, mais en réalité entièrement mené par un groupe nombreux de théologiens de renom de la célèbre Université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Ce sont des ecclésiastiques français qui, ayant fait le choix politique opposé à celui de Jeanne, ont a priori un jugement négatif sur sa personne et sur sa mission. Ce procès est une page bouleversante de l'histoire de la sainteté et aussi une page éclairante du mystère de l'Église qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est "à la fois sainte et a toujours besoin de purification". C'est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont membres du clergé. Jeanne est accusée par eux et jugée, jusqu'à être condamné comme hérétique et envoyé à la mort terrible du bûcher.

A la différence des saints théologiens qui avaient illuminé l'université de Paris, comme saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin et le bienheureux Duns Scot, dont j'ai parlé dans plusieurs catéchèses, ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l'humilité pour voir chez cette jeune l'action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l'esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu'ils restent cachés aux sages et aux savants qui n'ont pas d'humilité (cf. Lc 10, 21). Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu'ils condamnaient une sainte.





L'appel de Jeanne au jugement du Pape, le 24 mai, est rejeté par le tribunal. Le matin du 30 mai, elle reçoit pour la dernière fois la Communion en prison, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du vieux marché. Elle demande à l'un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C'est ainsi qu'elle meurt en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus (PNul, I, p. 457 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 435). Environ vingt-cinq ans plus tard, le Procès de nullité, ouvert sous l'autorité du Pape Calixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456 ; PNul, II p. 604-610). Ce long procès, qui recueillit les dépositions des témoins et les jugements de nombreux théologiens, tous favorables à Jeanne, met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l'Église. Jeanne d'Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920.




Citation :
Chers frères et sœurs, le Nom de Jésus invoqué par notre sainte jusqu'aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Le « Mystère de la charité de Jeanne d'Arc », qui avait tant fasciné le poète Charles Péguy, est cet amour total pour Jésus, et pour son prochain en Jésus et pour Jésus. Cette sainte avait compris que l'Amour embrasse toute la réalité de Dieu et de l'homme, du ciel et de la terre, de l'Église et du monde. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression : « Notre Seigneur premier servi » (PCon, I, p. 228 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 223). L'aimer signifie toujours obéir à sa volonté. Elle affirme avec une totale confiance et abandon : « Je m'en remets à Dieu mon créateur, je l'aime de tout mon cœur » (ibid., p. 337). Avec le vœu de virginité, Jeanne consacre de manière exclusive toute sa personne à l'unique Amour de Jésus : c'est « la promesse qu'elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d'âme » (ibid., p. 149-150). La virginité de l'âme est l'état de grâce, valeur suprême, pour elle plus précieuse que la vie : c'est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance. L'un des textes les plus connus du premier Procès concerne précisément cela : « Interrogée si elle sait d'être en la grâce de Dieu, elle répond : “Si je n'y suis, Dieu m'y veuille mettre ; et si j'y suis, Dieu m'y veuille tenir” » (ibid., p. 62 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 2005).




Citation :
Notre sainte vit la prière sous la forme d'un dialogue permanent avec le Seigneur, qui illumine également son dialogue avec les juges et lui apporte la paix et la sécurité. Elle demande avec confiance : « Très doux Dieu, en l'honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m'aimez, que vous me révélez comment je dois répondre à ces gens d'Église » (ibid., p. 252). Jésus est contemplé par Jeanne comme le « Roi du Ciel et de la Terre ». Ainsi, sur son étendard, Jeanne fait peindre l'image de « Notre Seigneur tenant le monde » (ibid., p. 172) : icône de sa mission politique. La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles. La foi est la lumière qui guide chaque choix, comme témoignera, un siècle plus tard, un autre grand saint, l'anglais Thomas More. En Jésus, Jeanne contemple également toute la réalité de l'Église, l' « Église triomphante » du Ciel, comme l' « Église militante » de la terre. Selon ses paroles, « c'est tout un de Notre Seigneur et de l'Église » (ibid., p. 166). Cette affirmation, citée dans le Catéchisme de l'Église catholique (n. 795), possède un caractère vraiment héroïque dans le contexte du Procès de condamnation, face à ses juges, hommes d'Église, qui la persécutèrent et la condamnèrent. Dans l'Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d'aimer l'Église jusqu'à la fin, même au moment de sa condamnation.




Citation :
J'ai plaisir à rappeler que sainte Jeanne d'Arc a eu une profonde influence sur une jeune sainte de l'époque moderne : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Dans une vie complètement différente, passée dans la clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l'Église et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L'Église les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie. Sainte Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus (Manuscrit B, 3r), et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.



Citation :
Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d'Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées ; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit ; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l'Amour de Jésus un profond amour pour l'Église.



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 17 Jan - 5:33

Méditation de Dom Courau
 

Ce que nous dit la Vierge à Pontmain






Le surnaturel se manifeste en France lorsqu’elle se trouve au bord du précipice, mettant en cela notre pays un peu à part des autres. Mais honor onus, disent les anciens, plus grand honneur entraîne davantage de responsabilité. Clovis ou Jeanne d’Arc, les apparitions mariales depuis 1830 (Rue du Bac), tout cela c’est le Ciel qui se penche sur notre histoire à bout de souffle, l’obligeant au sursum corda duquel elle a failli. En cette période de l’année, le 17 janvier 1871, Marie apparut à Pontmain, à 40 km d’une armée française en déroute vers Laval, humiliée et désespérée après la défaite du Mans devant les Prussiens. La Bretagne est alors menacée, dernière carte pour négocier un armistice pas trop indigne : mutineries, épidémies, épuisement généralisé, que faire ?

À une encablure de là donc, un trou perdu, Pontmain, hameau de moins de cent habitants y compris les nouveau-nés et une marmaille nombreuse, souffre du drame de façon un peu assourdie. Ce jour-là, l’angoisse n’empêche pas le train-train quotidien : piler des ajoncs pour le bétail, préparer les repas… À partir de 18h et jusqu’à 21h, dans un va-et-vient sur la grand’ place de l’église, deux enfants, puis d’autres voient au-dessus d’une grange, une douceur qui sourit au milieu d’un ciel très dégagé, constellé d’étoiles. De quart d’heure en quart d’heure, les enfants s’assemblent, les adultes aussi (qui ne voient pas), jusqu’à un nouveau-né qui crie en pointant du doigt, « Zésus », le seul mot qu’il sache. Deux religieuses et le curé qui tient bien sa paroisse se mêlent à la grosse cinquantaine de témoins (les 3/4 du village).

En ces heures graves, tous jouent le jeu presque d’emblée. Un épisode mérite d’être souligné, car il éclaire l’actualité d’aujourd’hui et ses tristesses. Alors que Marie souriait et attirait les sourires des enfants, jouant parfois même de ses mains comme pour cajoler de loin (au-dessus du toit de la grange), Vlà qu’elle tombe en humilité, disent-ils à un moment : en humilité, c’est-à-dire en tristesse, état de l’homme humilié, tombé à terre. Dans le brouhaha, le curé demande alors le silence. On lui propose de s’adresser à Notre Dame. Hélas, je ne la vois pas, que pourrais-je lui dire… Prions : mot-clé, celui de cette neuvaine de mois pour la France.

Au cours de la liturgie improvisée alors dans le froid piquant (chapelet, litanies, hymnes mariales, cantiques…), Notre-Dame, silencieuse, dévoile quelques symboles (croix, cierges) et surtout déroule un message tout simple sous ses pieds, à chaque intonation de ces diverses prières : MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER. Le premier mot (mais), le manque de ponctuation, le gros point, ce qui est souligné, tout cela intrigue le Français qui aime les idées claires. À Pontmain, Marie s’est moquée finement de nos désirs d’investigation exhaustive, qui nous poussent à vouloir tout savoir, tout de suite. Toujours est-il que trois jours après ce 17 janvier, contre toute attente, les Prussiens rebroussaient chemin et l’armistice était signé le 28. Conclusion : Pontmain est un trou perdu (et resté tel) ; la vraie France se joue là où elle échappe aux médias, ayant en elle l’avenir de Dieu dans sa fidélité aux gestes de la vie quotidienne, au court terme « tout bête » mais bien ordonné, laissant le long terme à la Providence qui voit plus loin que nos prudences, surtout quand elles sont affolées. Un évêque me disait récemment de S. Joseph : Plus il se cache, plus il rayonne. La vocation de la France doit lui ressembler, rayonnant dans l’humilité cachée, dans l’effort patient qui ne paie pas de mine. « Jeunesse nouvelle, jeunesse rebelle » à l’avilissement des âmes, écoute bien Marie qui te dit comment prier.






Dom Hervé Courau
Né en 1943, le Père Hervé Courau, abbé de Notre Dame de Triors est entré en 1964 à l’abbaye de Fontgombault où, après son ordination sacerdotale en 1974, il a été hôtelier, puis maître des novices. En 1984, il a été nommé à la tête de la fondation faite par Fontgombault à Triors, dans la Drôme, à 20 km de la ferme de Marthe Robin. Il en a été béni premier abbé en 1994.

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 18 Jan - 0:32


Guido Dettoni della Grazia réalise pendant 2008 la représentation numérique de l'icone de Notre-Dame de Pontmain. De suite il conçoit et dirige cette vidéo animation pour illustrer le récit de son apparition du 17 janvier 1871.




Notre-Dame de Pontmain



PRIÈRES À NOTRE DAME DE PONTMAIN  Très sainte Vierge Marie, ô Notre-Dame de Pontmain, qui avez daigné apparaître en nous présentant à deux mains la croix sanglante de Jésus, gravez pour toujours en mon âme l’Amour de votre Fils. Vous savez, ô Marie, combien je voudrais être à Lui, sans réserve d’aucune sorte, mais hélas, je crains tout de mon inconstance et de ma faiblesse. Venez donc, bonne Mère, me fortifier et me secourir. Lorsque vous me voyez aux prises avec les tentations et le découragement, avec la tiédeur et le mauvais vouloir, avec la tristesse et les souffrances, ô Notre-Dame de Pontmain, soyez près de moi avec Jésus crucifié, montrez-moi ses plaies, parlez-moi de son amour, aidez-moi, je vous en supplie à lui rester fidèle malgré les assauts du mal. Mes pensées, mes désirs, mes affections, mes paroles et mes actes, mon esprit et mon cœur, mon âme et mon corps, je vous livre tout, je vous abandonne tout, pour que, par vos mains bénies, tout soit offert à Jésus. Obtenez-moi, ô Notre-Dame de Pontmain, de le connaître, votre Jésus et le mien, chaque jour plus pleinement, de l’aimer plus ardemment et de le servir plus parfaitement. Faites, ô Marie, que je sois entièrement à lui, là-haut, dans l’éternel bonheur. Ainsi soit-il.
 
Notre Père. En ce jour avec Notre Dame de Pontmain, nous voulons louer et chanter ta bonté, ton immense tendresse et ton amour qui ne connaît pas de limite. Avec Marie nous nous exclamons « le Seigneur fit pour moi des merveilles ». Merci Père de nous avoir donner Jésus, merci de nous avoir offert une telle Mère, ta miséricorde est ineffable. Nous te consacrons ce lieu à toi Notre Père qui est aux cieux pour que ton Nom y soit sanctifié dans les cœurs et que ton règne y grandisse. Qu’en cette chapelle tes enfants accueillent la grâce du pardon et de la réconciliation, et y trouvent la délivrance de leur maux. En te consacrant cette humble demeure, nous t’y offrons l’encens de nos prières pour que des milliers redécouvrent la Joie d’être fils et filles dès cette terre et pour l’éternité.
 
Prière des enfants à ND de Pontmain Sainte Vierge Marie, douce maman du ciel tu as souri aux enfants de Pontmain. Tu leur as présenté sur la croix ton Fils, Jésus Notre Seigneur, le plus beau cadeau du Père des cieux. Veux-tu nous apprendre à l’accueillir, à l’aimer, à le prier, à lui faire plaisir ? Veux-tu nous aider à répandre la joie autour de nous ? Tu es belle, ô Marie, au milieu des étoiles ! Nous t’aimons. Dans notre cœur nous te prions et nous te chantons.
 
ND de Pontmain dans la prière de l’Eglise Vraiment, il est juste de te rendre grâce, il est juste et bon de te glorifier, Père très saint, en célébrant la bienheureuse Vierge Marie. Pure de tout péché, elle a conçu ton Fils unique, par la puissance de l’Esprit Saint, et elle a donné au monde le Prince de la paix, le Christ, notre Seigneur. Debout près de la croix, elle s’est associée à la mort du Fils bien-aimé, reconnaissant ainsi l’unique signe du salut, comme source de pardon, de réconciliation et de paix. Mère et modèle d’espérance, elle compatit aux souffrances de ses enfants, s’unissant à son fils, dont le cœur se laisse toucher. Etoile lumineuse, brillant de la clarté de l’Esprit, elle manifeste envers nous son amour maternel, nous conviant à nous rassembler près de toi, pour l’adoration, la supplication et la louange. Voilà pourquoi, Seigneur, avec la foule innombrable des anges, pleins de joie, nous chantons Saint ! Saint ! Saint ! Préface approuvée par Mgr Louis-Marie Bille, évêque de Laval, le 25 février 1993.

Prière des enfants à ND de Pontmain Marie, Servante du Seigneur, douce Dame, humble Reine, nous te saluons. Mère de Jésus, notre sauveur et notre frère, nous t’aimons. Nous sommes tes enfants. Apprends-nous à prier, viens préparer en nous une demeure agréable à Dieu, notre créateur, Maître des univers, qui fait danser les astres et voler des étoiles sur ta belle robe.

Mère, tendre et pure, attentive à nos besoins comme aux désirs de Saint-Esprit, garde-nous dans l’amour.
Permis d’imprimer le 3 avril 1991 – Mgr Louis-Marie Billé, évêque de Laval





Mère de l'Espérance - Notre Dame de Pontmain

Mère de l'espérance

R./ Mère de l'Espérance
Dont le nom est si doux,
Madone de l'enfance,
Demeure auprès de nous! (bis)

Tu es bien notre Mère,
Toi qui as visité
sur leur lointaine terre
les enfants extasiés.

Apparaît ton sourire
Dans la nuit étoilée,
Il fait toujours revivre
Les cœurs désemparés.

Apprends-nous la prière,
Icône de beauté ;
Dieu n'est-il pas le Père,
Tout Amour et Bonté?

Mère de toute grâce,
A l'univers troublé,
Fais resplendir la face
De ton fils Bien-Aimé.

Ta douleur nous oppresse
Devant le Crucifié,
Tu mets nos cœurs en liesse:
Christ est ressuscité!

Messagère joyeuse
De la Sainte Cité,
Guide-nous, Bienheureuse,
Aux chemins de la Paix!

* * * * *

Cantique "Mère de l'Espérance" avec les paroles originales:

R./ Mère de l'Espérance,
Dont le nom est si doux
Protégez notre France.
Priez, priez pour nous! (bis)

Souvenez-vous, Marie,
Qu'un de nos Souverains
Remit notre Patrie
En vos augustes mains.

La crainte et la tristesse
Ont gagné notre cœur.
Rendez-nous l'allégresse,
La paix et le bonheur.

Vous calmez les orages,
Vous commandez aux flots,
Vous guidez au rivage
Les pauvres matelots.

De la rive éternelle,
Secondez nos efforts;
Guidez notre nacelle
Vers les célestes ports.

En ces jours de souffrances
Sauvez-nous du danger;
Épargnez à la France
Le joug de l'étranger.

Des mères en alarmes
Raffermissez les cœurs;
Venez sécher leurs larmes,
ô Mère des douleurs!

Au chemin de la gloire,
Conduisez nos soldats
Donnez leur la victoire
Au jour des saints combats.

Et si, pour la Patrie,
Bravant les coups du sort
Ils vont donner leur vie,
Ah ! couronnez leur mort !

Le cantique fut adopté dans la paroisse de Pontmain. C'est à ce chant, écrira plus tard Joseph Barbedette, que « la Très sainte Vierge devait réserver son plus beau sourire de toute l'apparition (17 janvier 1871 à Pontmain) ».

Élevant les mains à hauteur des épaules, elle se mit à remuer les doigts, paraissant accompagner le chant avec une extrême délicatesse. Elle était radieuse. Aussi la joie des enfants devint-elle à ce moment-là exubérante : « Voilà qu'Elle rit, voilà qu'Elle rit ! » disaient-ils, « Oh ! qu'elle est belle ! Oh ! qu'elle est belle ! »

* * * * *

Prière à Notre-Dame de Pontmain
MÈRE DE L'ESPÉRANCE ET REINE DE LA PAIX


Très douce Vierge Marie,
Tu as dans ton apparition à Pontmain,
rappelé l'importance de la prière,
fortifié en nos cœurs l'Espérance
et apporté la Paix.

Daigne accueillir favorablement aujourd'hui
la prière ardente que nous t'adressons
pour que s'établisse dans nos cœurs, nos familles,
notre Nation et toutes les Nations,
la PAIX, fruit de la justice, de la vérité, de la charité.

Augmente en nos âmes le désir de vivre pleinement notre foi,
sans aucune compromission, dans toutes les circonstances de notre vie.

Aide-nous à toujours comprendre les autres
et à les aimer profondément en Dieu. Amen.

* * * * *



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 19 Jan - 23:40


Ressources spirituelles 


Prions-nous pour que les musulmans rencontrent le Christ?




« Habituellement chaque mission comprend plusieurs prêtres, au moins deux ou trois ; ils se partagent le travail qui consiste surtout en relations avec les indigènes (les visiter et recevoir leurs visites) ; œuvres de bienfaisance (aumônes, dispensaires) ; œuvres d’éducation (écoles d’enfants, écoles du soir pour les adultes, ateliers pour les adolescents) ; ministère paroissial (pour les convertis et ceux qui veulent s’instruire dans la religion chrétienne). Je ne suis pas en état de vous décrire cette vie qui, dans ma solitude au milieu de populations très disséminées et encore très éloignées d’esprit et de cœur, n’est pas la mienne… Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. Vous avez en partie décrit leurs devoirs dans votre article : « Le plus grand service » (Écho de Paris, 22 janvier 1916). Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l’ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l’affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n’est que quand on est arrivé là qu’on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de notre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de notre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d’âmes qu’on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c’est notre premier devoir : ce n’est qu’après l’avoir bien rempli, assez longtemps, qu’on peut faire du bien.

Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m’entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l’intimité s’établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu’il peut porter, fuite du péché, acte d’amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment.

Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu’il y en eût beaucoup : tout curé d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l’exemple de Priscille et d’Aquila), pourrait l’être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s’agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d’indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s’efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l’amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi… »



 Télécharger cette biographie


Bienheureux Charles de Foucauld, Lettre à René Bazin
du 29 juillet 1916



Voici un film sur Charles de Foucauld, je n'en ai pas trouvé de meilleur qualité et vous prie de m'en excuser,chers forumeurs et visiteurs de ce fil !













Mon Père je m'abandonne à toi - Charles de Foucauld - by Mil Mougenot - Répertoire chrétien





Mon pere je m'abandonne à toi - Chant de la communauté de l' Emmanuel

Mon Père
je me remets entre Vos mains ;
je m'abandonne à Vous, je me confie à Vous.
Faites de moi tout ce qu'il Vous plaira ;
quoi que Vous fassiez de moi,
Je Vous remercie.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que Votre volonté se fasse en moi,
pourvu que Votre volonté se fasse en toutes vos créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre Vos mains ;
je Vous la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon coeur,
parce que je Vous aime,
et que ce m'est un besoin d'amour de me donner.
Je me remets entre Vos mains avec une infinie confiance,
car Vous êtes mon Père.



Confions nous au bienheureux Charles de Foucauld et confions aussi à son intercession notre Chère France !


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 20 Jan - 1:16


Le message très actuel des martyrs d'Otrante




Pape François : Les Martyrs d’Otrante, un symbole pour le monde contemporain

Dans son homélie de Canonisation le Pape souligne l'héroïque fidélité des Chrétiens persécutés dans le monde.
Retour sur le « vrai témoignage » auquel tout Baptisé est appelé.

« Où trouvèrent-ils la force de demeurer fidèles ? » s’est interrogé le Pape François en Canonisant hier, Dimanche 12 Mai 2013, devant de milliers de fidèles, le Père italien Antonio Primaldo et quelque 800 citoyens de la ville d’Otrante (région des Pouilles en Italie) passés au fil de l'épée par des Musulmans.

L’histoire de leur décapitation par les ottomans, survenue en 1480, pour avoir refusé de renier leur Foi et de se convertir à l’islam, fait aujourd’hui de ces bienheureux martyrs des Saints et un symbole pour tous les Chrétiens persécutés aujourd’hui.

« Chers amis, dans le sillage des martyrs d'Orante, conservons la Foi que nous avons reçue et qui est notre vrai trésor, renouvelons notre fidélité au Seigneur, même au milieu des obstacles et des incompréhensions », a exhorté le Pape, ajoutant : « et demandons à Dieu de soutenir tous ces Chrétiens qui, encore à notre époque et dans tant de parties du monde, souffrent encore de violences, qu'il leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien ».

Les 14 et 15 Avril dernier, le Pape François avait assuré que l’Église d’aujourd’hui comptait plus de martyrs qu’aux premiers siècles du Christianisme.
Dimanche 12 Mai, en Canonisant des martyrs du XVème siècle, et fait inhabituel un groupe de plusieurs centaines de personnes,  il relance le discours du « vrai témoignage » auquel tout Chrétien est appelé mais sans avoir toujours la force de le vivre, alors que d’autres, dans des conditions de souffrance inouïe, y consentent jusqu’au sacrifice de leur propre vie.

« Le temps des Martyrs n'est pas fini.
Nous pouvons même dire que l'Église a plus de martyrs que dans ses premiers siècles », relevait-il lors d’une de ses Messe du matin dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le mois dernier,  « L'Église a tant d'hommes et de femmes qui sont calomniés, qui sont persécutés, qui sont massacrés par Haine de Jésus : l'un est assassiné parce qu'il enseigne le catéchisme, un autre parce qu'il porte la Croix.
Dans tant de pays, on les calomnie, on les persécute, ce sont nos frères et sœurs qui souffrent en ce temps des martyrs »
, avait-t-il insisté.

Lors de la Prière du Regina Coeli du 14 Avril, devant 80.000 personnes, le Pape avait lancé un appel à prier pour tous ces Chrétiens persécutés et les soutenir dans leur détresse, insistant sur la force et le courage de leur témoignage et sur l’importance de leur faire sentir la solidarité du reste du monde.

Toute cette attention particulière du Pape pour les Martyrs d’aujourd’hui est résumée  dans ce tweet :
« Prions pour les nombreux Chrétiens souffrant de persécution et de violence dans le monde. Que Dieu leur donne le courage de la fidélité », publié sur son compte @Pontifex_fr, en écho au passage de l’homélie de la Messe de Canonisation  d’hier.

La Canonisation d’Antonio Primaldo et de ses compagnons martyrs (dont l’annonce est passée pratiquement inaperçue parce qu'elle avait été décidée par Benoît XVI et que la publication avait coïncidé avec l'annonce de sa renonciation), prend une résonnance particulière à un moment où les souffrances subies par tant de minorités Chrétiennes dans le monde semblent à leur paroxysme.

Insultes, calomnies, vexations, églises saccagées ou détruites, enlèvements, fuites en masses : c’est ce que nous lisons dans la presse au quotidien, en particulier en Syrie, à feu et à sang, où le conflit, après deux ans, ne semble pas vouloir baisser d’un cran, et aurait déjà fait près de 80.000 morts.

Actuellement est en cours un grand effort international et œcuménique visant à sauver la vie et à libérer les deux Métropolites syro- Orthodoxe et grec-Orthodoxe d’Alep enlevés dans le pays voici trois semaines, Gregorios Yohannna Ibrahim et Boulos al-Yazigi.

Ces Chrétiens qui sont souvent des « victimes oubliées » comme le père Michael Kayal, un jeune Prêtre de 27 ans, vivant à Alep, en Syrie, enlevé par des rebelles extrémistes Musulmans. Deux mois après sa disparition, on est sans nouvelles de lui, mais le monde n’en parle pas.

« La communauté Chrétienne n’a aucune issue, elle est encerclée », soulignait Mgr Georges Dankaye, recteur du Collège arménien de Rome et procureur de l’Église arménienne Catholique près le Saint-Siège, en commentant la situation sur place, ajoutant : « Elle se prépare pour le Martyre... nous ne le voulons pas, nous ne l’espérons pas; nous le craignons mais c’est comme ça ».

Selon plusieurs études publiées ces derniers mois (AED, Portes Ouvertes … ), les Chrétiens de toutes confessions sont les fidèles les plus persécutés dans le monde.
C'est notamment vrai dans le monde Musulman. Mais d'autres types de discriminations et de violences existent, par exemple d'extrémistes hindouistes à l'égard de la minorité Chrétienne en Inde. (cf. Aleteia 15 Avril 2013).

Dimanche, le Pape François a également Canonisé deux Saintes latino-américaines : la deuxième Sainte mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala (1878-1963) et la toute première Sainte colombienne,Laura Montoya (1874-1949), saluant en cette dernière « un instrument d’évangélisation d’abord comme enseignante, puis comme mère spirituelle des indigènes ».

Interrogé sur le fil commun qui relie ces Canonisations, le Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des Saints déclare : «  Il faut tout d’abord dire que ces 800 Martyrs ont sauvé l’Italie dans son identité Catholique et Chrétienne.
Il faut également souligner que les deux Sœurs sont latino-américaines (…) Canonisées par le Pape François, premier Pape latino-américain, signe supplémentaire d’encouragement à l’Église de ce continent, qui est appelée à exceller dans le témoignage Chrétien et dans l’expansion du Royaume de Dieu sur toute la Terre. »
(Osservatore Romano).





Sources:

Le Point : http://www.lepoint.fr/societe/francois-plus-de-martyrs-chretiens-que-dans-les-premiers-siecles-16-04-2013-1655501_23.php
Radio Vatican :http://fr.radiovaticana.va/news/2013/05/12/le_pape_fran%C3%A7ois_proclame_de_nouveaux_saints/fr1-691349
La Croix : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-a-canonise-ses-premiers-saints-2013-05-12-958850
L'Osservatore Romano : http://www.osservatoreromano.va/portal/dt?


Les martyrs d'Otrante nous interrogent
Danilo Quinto
23/12/2012

http://www.lanuovabq.it
--------------

Il a été annoncé ces jours-ci qu'avec l'autorisation du Saint-Père, la Congrégation pour les Causes des Saints publiera un décret relatif au miracle attribué à l'intercession du Bienheureux Antonio Primaldo et ses compagnons, martyrs, tués le 14 août 1480 à Otrante.

A plus de 500 ans de distance, l'histoire de ces martyrs contient une grande leçon pour notre réalité actuelle.
Comme le rapporte Mgr Horace Gianfreda , dans son livre «Otrante dans l'histoire», en Juin 1480, Mehmed II lève le siège de Rhodes et dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Dans la matinée du vendredi 29 Juillet 1480, depuis les créneaux des murs d'Otrante, on peut voir à l'horizon «l'armée du Croissant», forte de 90 galères, 15 barges, 48 galiotes (sorte de navire à rames, connu aussi sous le nom de demi-galère, puis, à partir du xviie siècle, un voilier. La galiote porte 2 mâts avec voiles latines et 16 rangs de rames, environ. Elle est utilisée par Venise comme par les barbaresques., avec 18000 soldats à bord)
Cf. fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d'Otrante.

Otrante avait été l'une des premiers ville des Pouilles à se convertir au christianisme. Les premiers groupes de moines à s'y installer subirent l'influence de saint Athanase, qui était peut-être passé par là au milieu du quatrième siècle, suivant les règles du monachisme oriental, Saint-Basile en particulier. Ils comprirent l'importance de la préservation et de la transmission des connaissances et à la fin du Xe siècle, ils créèrent une école, dans le monastère de San Nicola in Casole: quiconque voulait apprendre le grec ou le latin, pouvait rester dans l'abbaye et avait à sa disposition, et sans frais, le gîte, le couvert et un maître. La culture et la foi chrétienne, qui se répandirent ainsi dans la population, trouvèrent leur expression dans deux grands chefs-d'œuvre: la cathédrale d'Otrante, construite en seulement huit ans, entre 1080 et 1088 et, à l'intérieur de celle-ci, le grandiose sol en mosaïque. En 1095, précisément devant la cathédrale, l'évêque donna sa bénédiction aux 12 000 croisés d'Otrante, sous le commandement de Bohémond, partis libérer le Saint-Sépulcre aux mains des infidèles.

Près de 400 ans plus tard, la ville, avec la complicité de l'inertie des princes et des rois chrétiens, est assiégée par l'armée turque de Mehmed II. Ainsi s'accomplit la prophétie d'un grand saint, François de Paule , l'ermite de Paterno qui avait dit: «Ah, malheureuse ville, de combien de cadavres je te vois remplie! combien de sang chrétien doit être répandu au-dessus de toi».

Les Musulmans débarquent à quelques kilomètres de la ville, près de Roca et envoient à Otrante un interprète, qui propose une reddition avantageuse pour les citoyens: s'ils ne résistent pas, ils seront laissés libres, soit de rester sans subir de dommages, soit de s'en aller. L'un des anciens de la ville, le vieux Ladislas De Marco dit à l'interprète: «Si le pacha veut Otrante, il lui faudre le prendre par la force, parce que derrière les murs, il y a les poitrines des citoyens». Ce sont les citoyens qui devaient défendre leur ville, tout seuls, parce que la plupart des soldats pendant la nuit, avaient pris leurs jambes à leur cou.
Le siège dure 15 jours. Les Musulmans ouvrent une brèche dans l'un des points les plus faibles des murs, et entrent dans la ville. Ils massacrent tous ceux qu'ils rencontrent. Beaucoup se réfugient dans la cathédrale, mais celle-ci est attaquée et prise. Les Musulmans entrent dans le Temple.

Nous lisons dans la traduction italienne du «De Situ Japigia» de De Ferraris-Galateo (cf. it.wikipedia.org/wiki/Antonio_De_Ferrariis ) , dont la première édition a été publiée à Bâle en 1558: «Pendant la nuit précédent ce jour malheureux, l'archevêque Etienne [...] avait raffermi tout le peuple avec le sacrement de l'Eucharistie divine pour la bataille le lendemain matin, qu'il avait prévue. Les Turcs, «ayant rejoint l'archevêque qui était assis sur son trône vêtu des habits pontificaux et tenant la croix, lui demandèrent qui il était, et il répondit courageusement: «Je suis le recteur de ce peuple et indignement en charge des brebis du troupeau du Christ». Et l'un d'eux lui ayant dit: «cesse de désigner le Christ, Mehmed est celui qui règne à présent, pas le Christ», il dit, s'adressant à tous: «O misérable et malheureux, pourquoi vous fourvoyez-vous en vain? Puisque Mehmed, votre législateur, pour son impiété souffre en enfer avec Lucifer et les autres démons, vous lui valez un châtiment éternel; et vous aussi, si vous ne vous convertissez pas au Christ et n'obéisssez pas à ses commandements, vous serez de la même façon bannis avec lui, pour toujours». Il venait à peine de prononcer ces mots, que l'un d'eux saisit son cimeterre et, d'un seul coup lui trancha la tête; et ainsi décapité sur son trône, il est devenu un martyr pour le Christ en l'an du Seigneur 1480, le 11 Août».

Le 13 Août, le pillage accompli, le pacha demanda que lui soit présenté une liste de toutes les personnes faites esclaves, à l'exclusion des femmes et des enfants de moins de 15 ans: «Environ huit cents ont été présentés au Pacha, qui avait à ses côtés un misérable prêtre, originaire de Calabre, nommé Jean, apostat de la foi. Celui-ci employa toute son éloquence satanique afin de persuader nos saints qu'ils devaient abandonner le Christ, embrasser le mahométisme, certains des bonnes grâces d'Achmet, qui leur accorderait la vie, les biens et tous les avantages dont ils jouissaient dans leur patrie; sinon ils seraient tous tués. Parmi ces héros, il y avait un homme du nom d'Antonio Primaldo, un tailleur, d'un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur. Au nom de tous, il déclara «croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui». Et se tournant vers les Chrétiens, il dit ces mots: «Mes frères, jusqu'à aujourd'hui, nous avons combattu pour la défense de la patrie, pour sauver nos vies et pour nos seigneurs terrestres, à présent il est temps de se battre pour sauver nos âmes, pour le Seigneur, lequel étant mort pour nous sur la Croix, il convient que nous mourions pour lui, restant fermes et constants dans la foi, et avec cette mort temporelle, nous gagnerons la vie éternelle et la couronne du martyre».
À ces mots, tous se mirent à crier d'une seule voix et avec ferveur: «plutôt mourir mille fois, et de n'importe quelle mort que de renier le Christ».

A ces mots, le pacha, furieux, les condamne tous à mort. Le lendemain matin, «ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et lses mains attachées derrière le dos, sont emmenés au col de Minerve tout proche. Avec l'humble attitude, avec l'air pieux et serein et la fréquente invocation les noms de Jésus et de Marie, ils faisaient d'eux-mêmes un glorieux spectacle à Dieu, et agréable aux Anges. Durant tout le trajet qui mème de l'antique port de mer au haut de la colline, résonnaient les saintes prières, avec lesquelles ces grandes âmes imploraient la grâce de consommer le sacrifice de leur vie. Ils se réconfortaient mutuellement en attendant patiemment le martyre, et c'était le père au fils, et le fils à son père, le frère à son frère, l'ami à l'ami, le camarade au camarade, avec une grande ferveur et avec une grande joie. Un turc importun tournait autour des chrétiens, avec à la main une table gravée de caractères arabes. L'interprète apostat la présentait à chacun et l'expliquait, en disant: Celui qui veut croire à cela aura la vie sauve, sinon il sera tué. Ils reprirent ensemble la profession de foi et la réponse généreuse donnée plus haut: ainsi le tyran ordonna qu'on leur tranchât la tête; le premier à avoir la tête coupé fut le vieux Primaldo, haï de lui car il n'en finissait pas de faire des disciples. En effet, dans ces derniers moments, avant de courber la tête sur la pierre, il disait encore à ses camarades qu'il voyait le ciel ouvert et les anges le réconforter; qu'ils soient fermes dans la foi, et regardent le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Il pencha le front, sa tête fut coupée, mais son buste se dressa, et malgré les efforts des bourreaux, resta immobile, jusqu'à ce que tous aient été décapités. L'événement merveilleux et étonnant aurait été une leçon de salut pour ces infidèles, s'ils n'avaient été rebelles à la lumière qui éclaire chaque homme qui vit dans le monde. Un seul bourreau, un nommé Berlabei, profita du miracle, et, se proclamant bruyamment chrétien, il fut condamné à la peine du pal».
Le 14 Août, veille de l'Assomption de Marie au Ciel, les corps de huit cents martyrs, torturés, sont étendus sur la colline de Minerve. Leurs restes sont conservés et vénérés dans la cathédrale d'Otrante.

Cette terrible et en même temps merveilleuse page de l'histoire de la foi fait partie de notre identité chrétienne. Elle indique avant tout une caractéristique essentielle de la condition de croyants: celle du témoignage, qui peut aller jusqu'au martyre. Un martyre «inhabituel» car il n'implique pas une ou plusieurs personnes, comme cela s'est produit en deux mille ans d'histoire des catholiques; c'est une ville entière qui s'est sacrifiée, à l'instar du vieux Primaldo, rassurant ses concitoyens et les invitant à être fermes dans la foi et à regarder vers le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Les huit cents martyrs deviennent un seul corps, et il est remarquable que nous ne connaissons que le nom de Primaldo, comme pour dire qu'il s'agit d'un peuple entier, uni pour affronter l'épreuve. Ces martyrs - avec leur évêque, citant Lucifer, cela se faisait alors dans les églises (!!) - étaient conscients de leurs racines et de leur identité chrétienne. Ils sacrifient leur vie pour cette raison. Pour les défendre.
Ils ne sont pas attirés par la nouveauté de la «modernité» de cette époque, qui allait supplanter les principes et les valeurs antiques, ces principes mêmes qu'ils avaient appris à travers la culture et la foi des moines. Leur existence ne faisait qu'une avec leur foi et constituait leur identité. Ils auraient pu l'abjurer, mais cela serait devenu une vie dénuée de sens, parce que privée de son élément essentiel: l'amour pour leur Dieu, le Dieu des chrétiens.

Tous ceux qui aujourd'hui sont attirés par cet œcuménisme d'emprunt, ceux qui, a travers le leitmotiv du dialogue, et privés de la conscience de leur identité, parlent d'accueil et d'intégration, et - en chaire - demandent la construction de mosquées pour les musulmans, devraient lire et relire cette page d'histoire. Le thème est lié à celui de l'immigration, qui représente une question d'une portée formidable pour l'ensemble du monde occidental et de l'Europe en particulier, soumise ainsi au risque de son islamisation. Dans «Caritas in Veritate» (§ 62) Benoît XVI l'affirme: «C'est un phénomène qui impressionne par le nombre de personnes impliquées, les problèmes sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux qu'il soulève, et les défis dramatiques qu'il pose aux communautés nationales et internationale (...) Il faut savoir conjuguer la solidarité et le respect de la loi, afin que ne soit pas bouleversée l'harmonie sociale et que l'on tienne compte des principes du droit et de la tradition culturelle et religieuse dont la nation italienne tire son origine».

L'exhortation du Pape est constamment ignorée dans notre pays et nous devons prendre acte de cette réalité. Nous avons tendance à respecter les cultures des autres, comme si cela voulait dire qu'il existe des droits et des obligations distincts pour les Italiens et pour ceux qui viennent d'autres pays, qui, selon certaines sentences de magistrats «créatifs», de plus en plus nombreux, auraient le droit de faire valoir, dans notre pays, leurs traditions, même si elles comportent le meurtre de leur fille quand elle est amoureuse d'un Occidental (allusion à un fait divers récent).

Seule une Europe consciente de son identité, peute réaliser un accueil et une intégration réels des femmes et des hommes qui sont de plus en plus nombreux à migrer sur son territoire, faisant respecter à ces personnes - comme c'est leur premier devoir - les lois des territoires choisis pour leur nouvelle vie. Si cette prise de conscience fait défaut, on risque de succomber, d'être submergé, d'effacer des milliers d'années d'histoire et de civilisation. D'anéantir notre mémoire, même de ceux qui sont morts pour affirmer cette identité, par exemple les 800 martyrs «anonymes» d'Otrante, ce matin en Août 1480.


http://benoit-et-moi.fr/2012(III)/articles/le-message-tres-actuel-des-martyrs-dotrante.php

OUI PRIONS POUR LA FRANCE ET NOS FRÈRES ET SŒURS DE TOUTES CONFESSIONS DANS LE MONDE POUR QUE LA PAIX VIENNE Y FAIRE SA DEMEURE. QUE DIEU NOUS BÉNISSE ET SOUTIENNE NOS EFFORTS DE SA GRÂCE INFINIE !
PÈRE, Ô PERE NOUS NOUS ABANDONNONS A TA SAINTE VOLONTÉ, NE PERMET PAS QUE TES ENFANTS AIENT LE CŒUR ET L'ESPRIT DIVISES PAR LA HAINE ET DES DÉSIRS DE VENGEANCE ; QUE TON AMOUR ET TA MISÉRICORDE EN NOUS AGISSENT POUR LE BIEN DE CHACUN. AMEN. ALLÉLUIA !



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 21 Jan - 18:13


Méditation de Dom Courau
 

Le testament d’un roi




Cette année comme toujours depuis lors,
de nombreuses messes de requiem sont dites en France (et à l’étranger).

La tradition est d’y lire le testament du roi, texte magnifique empreint d’une profonde piété et d’un amour jamais mis en défaut pour la France et les Français.

Ce texte fut distribué par les révolutionnaires pour montrer « la superstition du citoyen Capet ». Quelques jours plus tard, ils devaient arrêter chaque Français en sa possession, car le texte eut l’effet inverse de celui escompté… il devenait une relique !



En ce jour anniversaire de la mort de Louis XVI, prions pour notre pays afin qu’il puisse puiser dans les flots de la miséricorde divine de quoi se réconcilier avec Dieu et avec lui-même.




Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit.
Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze.

Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser.

Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

« Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

« Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

« Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique.
Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de coeur.

Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
« Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

« Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

« Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
« Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité.

Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

« Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

« Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

« Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

« Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

« Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

« Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

« Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur coeur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

« Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

« Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple le 25 décembre 1792.
Louis XVI






Louis XVI, testament rédigé le jour de Noël 1792
à la prison du Temple

Illustration: peinture par Joseph-Siffrein Duplessis (1776)




Louis XVII, Roi de France, enfant et martyr.

Le 27 mars 1785, la reine Marie-Antoinette donne à Louis XVI un troisième enfant, un fils que le roi prénomme Louis-Charles. Le petit prince portera également le titre de duc de Normandie. Sa naissance est fort attendue pour assurer l’avenir de la dynastie. Bien que Louis-Charles n’est que le second fils du couple royal, son aîné le dauphin Louis-Joseph est de santé fragile et depuis ses 4 ans, il grandit mal. Couramment appelé Charles, le duc de Normandie est également surnommé « Chou d’amour » par sa mère, Marie-Antoinette, qui adore ses enfants. Le jeune prince lui rend bien son amour en cultivant des roses pour elle. Le 4 juin 1789, après une longue agonie, son frère aîné s’éteint, victime de la tuberculose. Le duc de Normandie devient dés lors dauphin de France. L’année 1789 est une période qui vient bouleverser la vie tranquille de Louis-Charles à Versailles : dans la nuit du 5 au 6 octobre, des insurgés franchissent les grilles du palais et Marie-Antoinette manque d’être assassinée. La famille royale doit quitter Versailles pour Paris où elle s’établit –de force- au palais des Tuileries. Malgré son jeune âge, le dauphin est conscient de la situation. C’est un enfant intelligent qui voit son monde s’écrouler, sa mère pleurer, son père se refermer sur lui-même. La première réaction de Louis-Charles en arrivant au Tuileries sera « Maman, comme tout est laid ici ! ». Il faut dire que le palais n’a pas été préparé à recevoir des occupants et que les meubles les plus nécessaires manquent. Le lendemain, l’enfant demandera à Marie-Antoinette « Maman, est-ce qu’aujourd’hui sera encore comme hier ? ». Aux Tuileries, le dauphin et sa sœur aînée Madame Royale sont la consolation de la reine qui ne semble plus vivre que pour ses enfants. La reine écrivit à la duchesse de Polignac « Si je pouvais être heureuse, je le serais par ces deux petits êtres. Le Chou d’Amour est charmant et je l’aime à la folie… ».

Le 20 juin 1791, la famille royale s’enfuit pour gagner Montmédy et rejoindre le général de Bouillé. Le dauphin, déguisé en fille, pense qu’il s’agit là d’un « comédie ». On connaît la suite, Louis XVI et les siens sont reconnus et arrêtés à Varennes. Avant de repartir pour la capitale, Louis-Charles et sa sœur Marie-Thérèse dorment un peu dans une auberge. Là, une vieille femme née sous le règne de Louis XIV s’agenouillera devant le lit du dauphin pour embrasser sa petite main et pleurer devant ce qu’elle considère comme un crime de lèse-majesté. Le lendemain, c’est un loin et pénible retour vers Paris. La foule gronde autour du carrosse, la reine est insultée, le peuple crache à la figure du roi et certains n’hésitent pas à clamer que le petit Louis-Charles n’est pas le fils « du gros Louis » mais celui de Fersen, prétendu amant de Marie-Antoinette. La situation est traumatisante pour le petit prince. Le 10 août 1792, les sans-culottes envahissent les Tuileries. La famille royale est transférée « pour leur sécurité » au Temple dans un donjon de quatre étages le 13 août. Tandis que la reine, Madame Royale et Madame Elisabeth –sœur de Louis XVI- s’établissent au troisième étage, le dauphin et le roi s’installent au deuxième. Louis-Charles passe d’une vie de luxe à une vie plutôt bourgeoise en famille. Son père lui enseigne le latin, le français, les mathématiques et la géographie. Il distrait également son jeune fils de son mieux. Le 11 décembre, alors que Louis XVI joue au siam avec le dauphin, ce dernier ne parvient pas à dépasser le chiffre seize et déclare « je chiffre seize ne me porte pas chance »…pauvre roi ! C’est ce jour là que commence le procès de Louis XVI. Louis-Charles quitte alors son père pour vivre désormais auprès de sa mère, sa sœur et sa tante.

Le 20 janvier, le roi qui vient d’être condamné à mort, fait des adieux déchirants à sa famille. Prenant son fils sur ses genoux, Louis XVI lui fait jurer de ne jamais chercher à venger sa mort. Le dauphin promet, les larmes aux yeux. Il se jettera ensuite aux pieds des municipaux en les suppliant de lui permettre d’aller demander pardon « aux messieurs des sections de Paris pour obtenir que son papa ne meure pas ». Le lendemain matin, Louis-Charles refuse de manger. A 10h20, les bruits de tambours et les « vive la République » annoncent la mort de Louis XVI. Au Temple, Marie-Antoinette salue alors son fils du titre de roi. Pour les royalistes, Louis-Charles est désormais le roi Louis XVII. Les cours étrangères reconnaissent également l’enfant comme le roi de France : la Grande-Bretagne, la Sardaigne, l'Espagne, l'Autriche, la Prusse et même les États-Unis d'Amérique. En Russie, Catherine II ordonne que tous les français se trouvant dans son pays reconnaissent Louis XVII comme leur roi sans quoi ils seront expulsés. A l’étranger, le comte de Provence –futur Louis XVIII- reconnaît également son neveu comme le roi de France. Désormais au Temple, Louis XVII a la préséance sur les dames de sa famille qui par exemple, le servent en premier aux repas. Cette situation inquiète les républicains. Ils conviennent qu’il faut faire de l’enfant un « citoyen » et le 3 juillet, à 10 heures du soir, on arrache Louis XVII à sa famille. Pendant une heure, Marie-Antoinette va s’interposer entre son fils et les municipaux. Ces derniers menacent alors de tuer les deux enfants de la reine. Marie-Antoinette embrasse Louis qui ne cesse de pleurer et le laisse partir. L’enfant est confié au cordonnier Antoine Simon et à son épouse. Pendant deux jours, Madame Royale entendra son petit frère pleurer. Puis, Louis-Charles se console grâce notamment aux attentions de Marie-Jeanne Simon qui s’occupe fort bien de l’enfant. Marie-Antoinette pourra apercevoir son fils à travers une petite ouverture lorsque celui-ci se promène dehors. Elle guette parfois des heures pour le voir quelques instants.

Sur la demande du révolutionnaire et homme politique Jacques-René Hébert, Simon s’applique à faire du « louveteau » un parfait sans-culotte. Il lui enseigne des chants révolutionnaires et un jour qu’il entendait du bruit dans la tour du Temple, Louis-Charles dira même « est-ce que ces putains-là ne sont pas encore guillotinées ? »…il parlait de sa mère, sa sœur et sa tante ! Un jour que Simon surprend Louis-Charles à faire un geste « nuisible à sa santé », Hébert se saisi de l’occasion pour parler d’inceste entre Marie-Antoinette et son fils. L’enfant doit signer une déclaration dont il ne comprend probablement pas un mot. Il signe « Louis-Charles Capet » d’une écriture tremblante. Soit l’enfant a hésité, soit on l’a faire boire. Le 7 octobre, le jeune garçon est confronté à sa tante puis à sa sœur. Il confirmera, néanmoins de façon peu sûr de lui, que sa mère et sa tante ont commis l’inceste avec lui, le faisant dormir entre elles deux. Devant ces déclarations, Madame Elisabeth est effondrée. Louis-Charles signe ensuite le documents relatant l’entrevue d’une écriture maladroite, hésitante, oubliant jusqu’au « p » de « Capet ». Sans le savoir, il vient de participer à la condamnation à mort de sa mère, donnant là des arguments de forces aux accusateurs. Le 16 octobre, alors que Marie-Antoinette monte sur l’échafaud, on sait que Louis-Charles « riait aux éclats avec les municipaux ». Il ne saura jamais que sa mère est morte. Brutalement, le 19 janvier 1794, le fils de Louis XVI est retiré à Simon qui doit quitter son poste de « précepteur du fils Capet ». Du 30 janvier au 27 juillet ( 9 Thermidor) plus personne n’entrera dans la chambre de Louis-Charles qui est totalement isolé du monde. Madame Elisabeth et Madame Royale qui n’entendent plus l’enfant sont même persuadées qu’il a quitté le Temple.

Louis XVII est véritablement emmuré dans une pièce sans fenêtres où on lui passe de maigres repas à travers une petite ouverture. Il n’a aucun contact avec l’extérieur. Enfin, après la chute de Robespierre, six mois après le début de ce terrible enfermement, Barras pénètre dans la chambre de l’enfant. Louis-Charles est recroquevillé dans un lit trop petit pour lui, il est conscient mais ne parle pas. Il est visiblement très mal en point et semble avoir des douleurs à la tête et aux genoux. Ces vêtements sont également trop petits. Dans toute la pièce, des ordures se sont accumulées depuis des mois rendant l’air irrespirable. On tente de mettre l’enfant debout pour qu’il marche, il hurle de douleur et on doit le recoucher. Dans ces conditions de vie plus que déplorable, inhumaine, Louis XVII ne dormait et ni mangeait beaucoup. Dés lors, le régime que subissait l’enfant s’améliore un peu : les repas sont meilleurs, la chambre est munis de carreaux, un médecin vient voir le malade. Deux gardiens s’occupent de lui : Laurent –qui sera remplacé plus tard par un certain Lasne - et Gomin. En revanche, on refuse de le faire sortir même pour aller dans le jardin et pourtant on a diagnostiqué que l’air ferait du bien au petit Louis XVII. Si sa tante a été guillotinée en mai, sa sœur Marie-Thérèse est toujours au Temple. Là encore pas question que la jeune fille voit son frère ; on la laisse dans une ignorance totale du sort de Louis-Charles. Au début du mois de juin, Louis XVII est souffrant et son état s’empire brusquement le 8 juin 1795 vers 2 heures du matin. On envoie chercher le médecin Pelletan qui a vu l’enfant quelques jours auparavant. Louis-Charles souffre de sueurs froides et de coliques violentes. Il décède à 3 heures du matin dans les bras de Lasne probablement d’une péritonite tuberculeuse. Ainsi s’achève la vie de Louis XVII qui commença comme un conte de fée à Versailles et qui a bien vite déchanté pour se terminer dans un véritable enfer. Les révolutionnaires se servirent de cet enfant contre sa propre mère pour ensuite l’oublier, l’abandonner, le laisser mourir ne sachant pas très bien quoi en faire. Il ne leur était plus d’aucune utilité et constituait plutôt une gêne qu’autre chose. Le comité a fait donner à Louis XVII une mort bien pire que celles de ses parents : une mort lente et misérable dans l’ombre de tous.


Source http://www.histoire-et-secrets.com




LYS

Symbole de royauté,la fleur de lys est généralement associée à la royauté française. Pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près on la retrouve aussi ailleurs.

Contrairement à ce que l'on pense généralement, la fleur de lys n'a pas pris son origine en France, mais plutôt en Égypte, où elle ornait plusieurs monuments et objets d'art égyptien. Dans ce pays, cet emblème floral distinguait les dieux et les souverains, car il représentait le double pouvoir spirituel et royal. Osiris, Isis et Horus en étaient couronnés et cet emblème se retrouvait souvent sur le front des statues et des sphinx.

Mais, ce qui est curieux c'est que lorsqu'on regarde son utilisation sur les divers blasons, drapeaux et étendards des diverses royautés, on remarque une certaine progression.

C'est le symbole utilisé dans le scoutisme et longtemps j'ai porté épinglé à la poche de ma chemise un badge avec ce symbole, tel que celui-ci :





Mon âme de scoute me donne la nostalgie de servir "le Royaume de France" et non une République. Cependant j'obéis aux circonstances présentes et je respecte le choix de "la majorité". Comme nous le dit Notre Seigneur : Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" !

Que Dieu bénisse la France, la République française donc mais aussi la famille royal de France qui est la descendance de ce Roi si touchant qu'était Louis XVI !



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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