À Toi PÈRE ÉTERNEL par les Saints Cœurs de JÉSUS , MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et aux Dogmes et Doctrines de l'Eglise...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Prêtres Prophètes et Rois 2 - Père Georges Henri Pérès - 1er Octobre 2015
Aujourd'hui à 12:55 par Lumen

» Jésus nous parle de l'indissolubilité du mariage.
Aujourd'hui à 12:45 par Lumen

» Mot du jour : Les enfants
Aujourd'hui à 12:36 par Lumen

» 22 Août, Fête de Marie Reine immaculée de l'Univers
Aujourd'hui à 12:00 par Lumen

» David épargne Saül
Aujourd'hui à 11:43 par Lumen

» Un mois pour vivre plus intensément avec Marie
Aujourd'hui à 11:26 par Lumen

» Pensée du jour: Une seule chose importe: Me faire plus confiance dans ta vie, Me laisser agir davantage
Aujourd'hui à 10:03 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» Fatima complète Paray-le-Monial
Aujourd'hui à 9:43 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» 18 août Notre-Dame de Liesse
Hier à 23:43 par ami de la Miséricorde

» Le Mois avec Sainte Claire
Hier à 23:41 par Lumen

» 18 août Sainte Hélène
Hier à 23:10 par ami de la Miséricorde

» Donne-nous notre Pain de ce jour (Vie) : Parole de DIEU*
Hier à 23:06 par Lumen

» Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More
Hier à 22:55 par ami de la Miséricorde

» Procession eucharistique du 17 août 2017 à Lourdes
Hier à 20:14 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» Chapelet du 17 août 2017 à Lourdes
Hier à 20:07 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» Au Vietnam, le représentant du Saint-Siège appelle à la liberté religieuse
Hier à 20:06 par Lumen

» Introduction Ancien Testament - Prêtres Prophètes Rois -- Père Georges Henri Pérès 17/09/2015
Hier à 19:29 par Lumen

» L’Eucharistie à l’école de Marie
Hier à 18:31 par Lumen

» Les trois blancheurs : Le Songe de Don Bosco
Hier à 18:10 par Lumen

»  Prier pour la France
Hier à 17:37 par Lumen

» ROSAIRE PERPÉTUEL
Hier à 17:16 par Lumen

» Lectio Divina : Dimanche XX du Temps Ordinaire - Année A
Hier à 13:00 par Lumen

» Lectio Divina : Dimanche XIX du Temps Ordinaire - Année A (Retard)
Hier à 12:43 par Lumen

» Prions 9 jours avec Edith Stein
Hier à 11:56 par Lumen

» Mot du jour : Mes jours sages
Hier à 11:15 par Lumen

» La parabole du grand arbre
Hier à 10:50 par Lumen

» Pensée du jour: Accueille et accepte tout comme venant de l'Amour, afin que tu deviennes 'Amour'
Hier à 9:06 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» A Knock, la Vierge avec saint Joseph et saint Jean…
Hier à 8:52 par Raphaël de l'Enfant Jésus

» Prières
Hier à 6:30 par Mea culpa

» 17 août Sainte Jeanne Delanoue
Hier à 0:48 par ami de la Miséricorde

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 25 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 25 Invités :: 1 Moteur de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 264 le Jeu 27 Mar 2014 - 20:02

Partagez | 
 

  Une minute avec Marie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Lun 6 Juin 2016 - 17:14




À Paray-le-Monial, le Sacré-Cœur
vient ranimer la flamme de notre amour refroidi.


Le Christ « passionné d’amour pour les hommes » constate avec douleur que « l’amour n’est pas aimé » et il se confie à Marguerite-Marie : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes et qui n’en reçoit que des ingratitudes. » La demande de réparation publique par la fête solennelle du Sacré-Cœur sera exaucée au XIXe siècle, mais Jésus continue d’appeler tous les hommes à entrer en son intimité profonde pour devenir eux aussi les témoins et les apôtres de son amour.




Dans la première apparition du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), en juin 1675,

En reposant longuement sur le Cœur de Jésus, comme saint Jean à la Cène, Marguerite-Marie comprend qu’elle n’est pas seulement servante, mais disciple bien aimée du Seigneur. Elle prend conscience qu’elle n’avait pas encore tout compris et qu’elle est invitée par l’amour du Christ à transformer la relation qu’elle avait avec le Seigneur, parce qu’elle réalise qu’il l’aime passionnément et qu’il veut faire d’elle, comme de chacun de nous, la disciple bien aimée de son Sacré-Cœur. Jésus choisit Marguerite-Marie et il lui dit : « Je t’ai choisie comme un abîme d’indignité et d’ignorance. » Il y a pour elle comme pour nous une infinie distance avec le Christ, mais cela n’empêche rien, car il est tout amour.

Dans la deuxième grande apparition, Marguerite-Marie veut répondre à cette initiative du Christ : « J’aimerai Jésus et je veux lui rendre amour pour amour. » Elle veut entrer pleinement dans cette intimité, alors Jésus lui ouvre son Cœur et lui dit sa plainte et sa douleur, car « l’amour n’est pas aimé ». Il lui révèle comment il a été jusqu’au bout, comment il a donné sa vie, son corps, et la grandeur de sa douleur devant les refus et les indifférences des hommes. Il invite Marguerite-Marie et chacun de nous à suppléer à l’ingratitude des hommes. Et toi, le veux-tu ? J’ai fait un cadeau à tous les hommes pour les combler du Ciel, je leur ai tout donné, mais ce cadeau n’est pas accueilli. C’est un message centré sur l’Eucharistie. Marguerite-Marie dit oui : « Moi je veux bien accueillir ton amour. » C’est la fresque qui est dans la chapelle du couvent, connue sous le nom de chapelle des apparitions : le Christ en Croix avec ses plaies rayonnantes se donne à Marguerite-Marie, qui est au pied de la Croix, à la place de Jean.

Dans ce deuxième temps, Jésus lui fait trois demandes : 
1°/ recevoir l’Eucharistie autant qu’elle le peut, 2°/ la dévotion du 1er vendredi du mois qui n’est pas seulement un rite à faire, mais surtout un feu, un cœur à cœur, une joie de passer du temps avec Jésus, et 3°/ l’Heure sainte, ce temps de prière de 23h à minuit le jeudi soir, au pied de son lit ou n’importe où, pour accompagner Jésus dans son agonie au jardin des Oliviers.


Lors de la troisième et dernière grande apparition, Jésus demande l’institution de la fête du Sacré-Cœur : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes. » Comme il n’en reçoit que des ingratitudes, le Seigneur demande une réparation publique, une fête pour honorer son Cœur, pour montrer à tous les hommes qu’il est « passionné d’amour pour les hommes » comme il l’est pour Marguerite-Marie, qui doit à son tour répandre les flammes de son amour. Comme Jean aide ses frères à reconnaître le Seigneur lors de son apparition au bord du Lac de Tibériade, au chapitre 21 de l’Évangile de Jean, les disciples bien aimés du Sacré-Cœur doivent répandre et annoncer l’amour de Dieu.[/size]

Cette fête du Sacré-Cœur sera instituée à la fin du XIXe siècle par Léon XIII, après qu’il ait déjà consacré le monde au Sacré-Cœur de Jésus. Pie XI en instituera la fête du Christ Roi au début du XXe siècle comme un rappel de cette consécration. Auparavant, cette dévotion s’était doucement répandue, à partir du couvent des Sœurs de la Visitation d’abord, puis dans quelques villes comme Marseille, et quelques pays comme la Pologne, en 1765, mais il ne s’agit pas d’une innovation sans racines, puisque saint Jean Eudes avait déjà dans le passé dédié des messes au Sacré-Cœur en se fondant sur la source de l’Évangile, sur l’expérience du cœur de saint Jean et sur l’enseignement de saint Paul qui dès les premiers temps proclamait : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? »

De sainte Marguerite-Marie à sainte Faustine, nous découvrons le déploiement de ce message du Sacré-Cœur de Jésus : du Cœur ouvert de Jésus jaillissent des fleuves d’eaux vives, sources de la miséricorde. Combien de communautés trouvent leur fondement dans le Cœur de Jésus ? Entrons nous aussi dans cette amitié avec le Christ et soyons avec lui témoins de son amour passionné pour tous les hommes.




Père Benoit Guedas,
recteur de Paray-le-Monial

Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mer 8 Juin 2016 - 21:29

Notre Dame de La-​vang : origine du Pèlerinage


La-​vang est situé au milieu de la jungle viet­na­mienne, à quelques kilo­mètres de la cita­delle
de Quang-​tri et de la flo­ris­sante chré­tienté de Co-​vuu.





La tra­di­tion rap­porte que, il y a envi­ron cent ans 1, des chré­tiens de Co-​vuu, fuyant la per­sé­cu­tion, vinrent se réfu­gier en ce lieu alors entouré d’une grande forêt ; ces braves gens étaient très pieux. Tous les soirs, ils se réunis­saient dans la pauvre chau­mière qui leur ser­vait d’oratoire, et là, devant une gros­sière image de la sainte Vierge, ils priaient avec fer­veur. Demandaient-​ils à la mère de Dieu la ces­sa­tion de la peste, du cho­léra, fléaux si fré­quents en Annam ? La suppliaient-​ils de les pré­ser­ver des tigres si nom­breux dans la forêt ? Ou plu­tôt de faire jouir leur pays de la paix reli­gieuse ?

Un soir, au moment où ils se reti­raient, une dame d’une beauté ravis­sante leur appa­rut ; elle était vêtue de blanc et entou­rée de lumière ; deux char­mants enfants, por­tant cha­cun un flam­beau, se tenaient près d’elle. La dame passa et repassa plu­sieurs fois devant les chré­tiens ravis, ses pieds tou­chant le sol comme pour en prendre pos­ses­sion puis elle s’arrêta, et d’une voix très douce, pro­nonça ces paroles que tout le monde enten­dit et que la tra­di­tion a pieu­se­ment gar­dées :

« Mes enfants, ce que vous m’avez demandé, je vous l’accorde, et désor­mais tous ceux qui vien­dront ici me prier, je les exau­ce­rai. »

Ayant ainsi parlé, elle dis­pa­rut, et après elle la lumière qui l’entourait.



Grâces

Ce que la sainte Vierge avait pro­mis, elle l’accomplit. Au récit des grâces nom­breuses qu’elle répan­dait dans son humble sanc­tuaire de La-​vang, les pèle­rins accou­rurent, des envi­rons d’abord, puis de contrées plus éloi­gnées, et le culte de Notre Dame de La-​vang n’a cessé de gran­dir. Parmi les grâces qu’elle répand, il en est une qu’elle se plaît à accor­der plus fré­quem­ment que toute autre : celle d’avoir des enfants.

En Annam, comme autre­fois en Judée, une union sté­rile est consi­dé­rée comme un vrai mal­heur. Les époux anna­mites se parent avec fierté d’une nom­breuse famille. Parmi les faits nom­breux que l’on pour­rait rap­por­ter dans cet ordre d’idées, nous en choi­sis­sons un seul, mais il est bien tou­chant :

Il y a quatre ans, quelques familles d’un vil­lage païen, voi­sin de La-​vang, deman­dèrent le bap­tême.





Parmi les nou­veaux chré­tiens se trou­vaient deux époux sans enfant. Ayant entendu par­ler de Notre Dame de La-​vang 2, ils étaient accou­rus à son sanc­tuaire, lui offrant de modestes pré­sents, et lui consa­crant d’avance l’enfant qu’ils lui deman­daient. L’année sui­vante la jeune épouse mit au monde un beau gar­çon plein de vie. Deux années s’écoulèrent pen­dant les­quelles les heu­reux parents ne ces­sèrent de remer­cier la sainte Vierge.

Puis la per­sé­cu­tion sur­vint. Dans toute la pro­vince de Quang-​tri des chré­tiens furent arrê­tés, frap­pés du rotin, exi­lés. Ceux qui étaient encore jeunes dans la foi sen­tirent leurs cœurs défaillir, et un cer­tain nombre apos­ta­sièrent.

Dans le jeune ménage dont nous par­lons, la lutte fut vive. Le mari dit son inten­tion d’apostasier de bouche seule­ment, la femme résiste et dis­cute ; le mari insiste, puis menace ; la femme prend alors leur enfant dans les bras et le ten­dant à son mari, lui dit avec un accent indi­gné :

« Puisque tu n’as de cœur que pour renier Dieu, apos­ta­sie, lâche, j’y consens, mais aupa­ra­vant, rap­porte cet enfant à La-​vang. La sainte Vierge l’a mis en dépôt chez nous, parce que nous lui avons pro­mis de vivre et de mou­rir en bons chré­tiens. Puisque tu ne veux pas tenir tes enga­ge­ments, rends l’enfant. »

Le mari rou­git, baissa la tête et demeura fidèle à sa foi.






La sainte Vierge accorde encore d’autres grâces.


Dans le ter­ri­toire de La-​vang, le tigre non seule­ment n’a jamais péné­tré depuis l’apparition de la belle Dame, mais encore n’a fait aucune vic­time parmi les chré­tiens ou les dévots de La-​vang. Cepen­dant les envi­rons en sont infes­tés, et il n’est pas rare de ren­con­trer le ter­rible ani­mal en tra­ver­sant la forêt : une seule invo­ca­tion à Notre Dame de La-​vang le met en fuite. On cite des faits nom­breux à l’appui de cette affir­ma­tion géné­rale.

Nous ne devons donc point nous éton­ner que les chré­tiens de La-​vang soient demeu­rés fidèles à la sainte Vierge, mal­gré les per­sé­cu­tions, mal­gré la ruine de leur cher sanc­tuaire, détruit par les païens en 1885. Après la tour­mente, les PP. Bon­nand et Pati­nier firent un appel au cœur des chré­tiens échap­pés à la per­sé­cu­tion, et la jolie cha­pelle que l’on bénis­sait le 8 août témoigne que les enfants répon­dirent géné­reu­se­ment à leurs Pères.






Pèlerinage du 8 août 3


Dès la veille du grand jour, de nom­breuses cara­vanes de pèle­rins rem­plis­saient Co-​vuu d’animation et de pit­to­resque ; les mai­sons étaient prises d’assaut ; le fleuve qui baigne la cita­delle de Quang-​tri offrait l’aspect d’une ville flot­tante, tant était grand le nombre des embar­ca­tions qui y étaient ran­gées. A la nuit, les fêtes com­men­cèrent par des réjouis­sances : explo­sions de pétards, illu­mi­na­tions, danses. Ne vous scan­da­li­sez pas ; les dan­seurs étaient des enfants vêtus de blanc, por­tant un flam­beau dans chaque main, chan­tant des can­tiques, et décri­vant avec un ordre et une pré­ci­sion admi­rables : croix, mono­grammes de Jésus et de Marie, figures géo­mé­triques et carac­tères chi­nois. Quelle pres­tesse, quelle légè­reté dans leurs mou­ve­ments ! Au milieu de la nuit le coup d’œil était ravis­sant et volon­tiers on aurait pro­longé le spec­tacle ; mais il fal­lait son­ger au repos.

Bien avant l’aube on sonna le réveil, afin d’organiser la pro­ces­sion. Il y avait là cent chré­tien­tés avec leurs dra­peaux et leurs ori­flammes : cha­cune d’elles devait prendre sa place mar­quée dans le cor­tège. Quand le soleil se leva, la pro­ces­sion était en marche sur une éten­due de près d’une lieue, et vrai­ment mer­veilleuse à contem­pler. Un mur­mure très har­mo­nieux rem­plis­sait l’atmosphère ; c’était le chant des prières, car en Annam toute prière est un chant.

Mgr Cas­par est venu de Huê ; il est entouré d’un clergé nom­breux, pré­cédé des sémi­na­ristes de la mis­sion. Et c’est au milieu des prêtres qu’est por­tée la sta­tue de la sainte Vierge.

Nous voici à La-​vang ; mis­sion­naires, prêtres indi­gènes, sémi­na­ristes acclament trois fois Marie : Lau­date Mariam ! Puis Mon­sei­gneur bénit l’église. Les pèle­rins suivent la céré­mo­nie dans la langue uni­ver­selle de l’Église, le latin, avec une émo­tion visible.





Notre Dame prend enfin pos­ses­sion de sa nou­velle demeure. Au chant du Te Deum elle est pla­cée sur son trône, der­rière l’autel. Les Anna­mites mêlent leurs prières au chant des prêtres ; ils sont dans le plus grand enthou­siasme, ce qui ne les empêche pas d’écouter avec recueille­ment, quelques ins­tants après, l’éloquent ser­mon du P. Pati­nier.

Après le dis­cours, nous eûmes grand’messe une mer­veille chan­tée par plus de cent exé­cu­tants diri­gés par le P. Izarn, supé­rieur du grand sémi­naire. La béné­dic­tion pon­ti­fi­cale acheva cette belle fête. Néan­moins, avant le départ, on se réunit encore une fois dans le nou­veau sanc­tuaire, et dans le chant du Salve Regina on dit à Marie adieu et au revoir.

Les Livres saints nous montrent un lion rugis­sant tour­nant autour des âmes pour les dévo­rer. En Annam, le lion doit être un tigre. La Vierge qui pro­tège ses enfants contre le tigre des forêts saura bien les gar­der aussi de l’autre tigre, autre­ment redou­table, si nous lui disons avec grande foi et amour :


Citation :
Notre Dame de La-​vang, donnez-​nous beau­coup d’âmes pour Jésus-​Christ.
Notre Dame de La-​vang, priez pour nous.




Source : Mis­sions étran­gères de Paris


Note : Ce texte date de 1901. Les appa­ri­tions dont il est ques­tion ici ont eu lieu vers 1798 ↩
Notre Dame de La-​vang, Đức Mẹ La Vang en viet­na­mien ↩
en 1901 ↩


Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Ven 10 Juin 2016 - 16:47




A Longpont comme à Chartres, on priait déjà « la Vierge qui doit enfanter »
avant même de connaître le Christ.



Comme la Cathédrale de Chartres, la Basilique de Longpont-sur-Orge (Essonne) a été
élevée sur un ancien lieu de culte druidique : on y a prié très tôt « la Vierge qui doit
enfanter » en écho au grand signe annoncé par la prophétie d’Isaïe (Is 7,14) mais ce
lieu très antique est toujours bien actuel et il abrite aujourd’hui un des plus grands
reliquaires connus.





On raconte qu’un jour, il y a très longtemps, des bûcherons gaulois auraient découvert, dans le creux d’un chêne à Longpont, près de Montlhéry (91), à 25 km au sud-ouest de Paris, une statue de bois représentant une femme avec un enfant dans les bras. L’effigie était accompagnée d’une inscription latine mystérieuse pour les païens : Virgini pariturae « À la Vierge qui va enfanter ».
Les druides auraient alors commencé à vénérer cette image de la déesse mère.

Plus tard saint Denis (+ 272) et son compagnon saint Yon, seraient passés par Longpont.
Ils expliquèrent alors aux druides comment la prophétie sur la Vierge s’était enfin réalisée avec la naissance du Christ. Celle que les Gaulois du bord de l’Orge vénéraient sans la connaître était bien la Vierge Marie, mère du Sauveur. Saint Yon serait resté sur place, où il aurait annoncé l’Évangile. Il aurait été décapité vers 290. Avant de partir pour Paris, saint Denis aurait laissé à Longpont une précieuse relique : un morceau du voile de la Sainte Vierge.

Une statue et une relique seraient donc à l’origine du sanctuaire de Notre Dame de Longpont.
Depuis ces origines, présence chrétienne et dévotion mariale n’ont jamais été démenties en ce haut lieu. Le sanctuaire est même devenu une grande étape sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle (via Turonensis, ou chemin de Tours).

Au tournant du XIe siècle, Longpont connaît un essor prodigieux.
Guy Ier, comte de Montlhéry, (+ vers 1095) et son épouse Hodierne entreprend la construction d’une église en lieu et place de la chapelle originelle. La première pierre est posée en 1031 en la fête de l’Annonciation (25 mars), en présence du roi Robert le Pieux et de l’évêque de Paris, Humbert de Vergy. Le chantier va durer 150 ans.Dès 1040, Geoffroy, nouvel évêque de Paris, confirme que le sanctuaire est « bâti et dédié en l’honneur de la Mère de Dieu ». En 1061, Guy Ier et son épouse, Hodierne de Gometz, obtiennent du puissant abbé de Cluny, saint Hugues, l’implantation d’un prieuré à Longpont. Vingt-deux moines s’y installent.

Hodierne est une figure marquante de la sainteté féminine au Moyen Âge.
L’Église ne l’a pas canonisée, mais ce fut une sainte femme qui prêta assistance aux personnes démunies et aux ouvriers du chantier de l’église, en transportant eau et ciment. Un jour, un forgeron, mal inspiré par son épouse, lui donne une tige de métal brûlant en guise d’instrument servant à porter les récipients d’eau. Mais un miracle se produit : elle ne sent rien. Depuis 1931, la « Croix rouge feu » est conservée au fond de la basilique.
En 1142, le roi Louis VII inaugure à Longpont une foire commerciale, fixée en septembre.
En 1155, le pape Eugène III confie au prieuré le service religieux de paroisses avoisinantes.
Le nombre des pèlerins croît. Les dons affluent. En 1200, un chroniqueur parle d’un « lieu de grande dévotion ». Un siècle plus tard, Longpont est devenu un centre spirituel majeur.

Au XIIe siècle, le clergé fonde une confrérie : les Frères de Notre-Dame de Longpont.
Leurs prérogatives et leurs devoirs sont étendus : secours aux pauvres, obsèques, etc. Au fil du temps, cette infrastructure devient une archiconfrérie et dépasse un millier de membres en 1747. Mise en sommeil en 1793, elle décline au XIXe siècle avant de ressusciter en 1851 sous le vocable de Confrérie de Notre-Dame de Bonne-Garde.
Le Saint-Siège et l’épiscopat portent aussi un bel intérêt au site. En 1665, l’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, obtient du pape une bulle d’indulgence pour les pèlerins de Longpont. Le pape Alexandre VII accorde aussi la rémission des péchés aux fidèles qui entrent dans la confrérie après s’être confessés et avoir communié. Grégoire XVI puis Pie IX confirmeront toutes les indulgences antérieures.

Les XIIIe, XIVe et XVe siècles constituent l’époque glorieuse de Longpont.
Rois, princes, dignitaires de l’Église ou commun des mortels, tous s’y rendent en pèlerinage. Le futur saint Louis, sa sœur Isabelle de France, et leur mère Blanche de Castille, apprécient l’endroit. Les rois Louis VI, Louis VII, Philippe le Bel (1304 et 1308), Philippe VI, Charles VIII, François Ier s’y rendent aussi… Le fils de Philippe le Hardi, Louis de France, y effectue un séjour pieux. Saint Bernard y vient en 1131. Plus tard, Anne de Bretagne finance le chantier du portail de l’église. Quant à sainte Jeanne de Valois, fondatrice des Annonciades, elle place Longpont parmi les lieux spirituels majeurs. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, deux périodes de déclin sont suivies de deux restaurations de l’abbaye. Au XIXe siècle, le curé d’Ars n’eut pas le loisir de s’y rendre mais adhéra à la confrérie de Longpont. La princesse Eugénie de son côté offrit au sanctuaire une belle pièce d’étoffe.

Pendant la Révolution, les moines devront se disperser et les reliques seront cachées.
Le portail, déjà mutilé durant les guerres de religion, sera encore saccagé et la flèche de la croisée du transept abattue. Privée d’entretien, l’église de Longpont s’abîme terriblement dans les années qui suivent. Elle sera finalement amputée. Le chœur et le transept seront démolis en 1819. Seule la nef est laissée à la disposition des paroissiens.

A partir de 1843, un jeune et dynamique curé, l’abbé Auguste Arthaud, va réussir à relever l’église de ses ruines.
L’abside et le transept seront totalement reconstruits entre 1875 et 1878. L’église de Longpont redeviendra alors un des plus grands lieux de pèlerinage marial de l’Ile-de-France (40 000 personnes par an avant 1914).

L’église sera érigée au rang de basilique le 6 avril 1913 par le pape Saint Pie X
En 1969, Notre Dame de Bonne Garde est proclamée patronne du nouveau diocèse de Corbeil-Essonnes par Mgr Malbois, son premier évêque. Mgr Herbulot, son successeur veillera au rayonnement de Notre Dame de Longpont. La basilique est depuis le lieu de nombreux rassemblements diocésains et son reliquaire continue de se remplir.






Père Frédéric Gatineau, recteur
de la Basilique de Longpont-sur-Orge (91)






Une des plus grandes collections de reliques en France.
Plus de 1.400 reliques sont réparties en des dizaines de chasses, bustes-reliquaires, monstrances, cadres et dans des centaines de médaillons. La nouvelle présentation du reliquaire de Longpont inaugurée en 2012 après agencement, nettoyage, classement, étiquetage a permis de constater que la collection s’est récemment enrichie de plusieurs dizaines de pièces. En nombre, c’est donc la plus importante collection de reliques conservées en France. Le fameux reliquaire de Saint Sernin que l’on présente souvent comme le « premier reliquaire de France » est, en fait, bien loin derrière quant au nombre de reliques même si la basilique toulousaine conserve de très belles châsses anciennes que nous ne trouvons pas à Longpont. Tous les chrétiens ne sont pas des inconditionnels des reliques, mais les reliques sont d’abord des restes humains et, à ce titre, elles méritent le respect. Ces restes sont, comme nos corps, mystérieusement promis à la résurrection. Les reliques nous mettent en relation avec ces frères et sœurs du Ciel. La simple évocation de leur nom est déjà un appel à mieux connaître leur vie. On visite le reliquaire comme on parcourt un album de famille. Ces pauvres ossements nous parlent du corps. La sainteté est passée par leur corps. Pour nous autres humains, le corps est toujours l’instrument de la relation. C’est par leur corps que ces saints ont parlé, prêché, aimé et fait le bien. C’est aussi leur corps qui a souffert, parfois jusqu’au martyre. Ces corps saints se sont nourris du Corps du Christ. Ils sont saints de la sainteté du Christ qui les a rendus, chacun à leur façon, semblables à Lui. Les Longipontains peuvent donc être fiers de ce trésor. A la basilique, on célèbre l’eucharistie, le corps du Christ, entre Marie et les saints du reliquaire. Ici, plus qu’ailleurs, la foi doit prendre corps. Le reliquaire est ouverte le dimanche de 14 h 30 à 17 h 45 et sur demande pour les groupes.

Parmi les reliques illustres de Longpont, la coupe de Saint-Macaire (moine égyptien du IVe siècle), offerte à l’église vers 1090, soulève un intérêt énorme. Au milieu du XIIe siècle, deux reliques exceptionnelles, sont mentionnées : un fragment de la ceinture de saint Pierre et surtout les « phylactères de la Vierge » : des fioles de verre contenant des petits morceaux du voile de Marie, qu’un récit légendaire place entre les mains de saint Denis au IIIe siècle. Des parties des corps de saint Côme, Damien, Eustache, Geneviève (patronne de Paris), Marcel, donnent à l’ensemble un attrait spirituel incomparable.L’abbé Auguste Arthaud a agrandi le dépôt des reliques. Un tube de cristal fermé par un sceau épiscopal sert de reliquaire aux fragments du voile et de la ceinture de la Vierge au sujet de laquelle un texte oriental, sur la Dormition, explique que saint Marc aurait reçu cet objet des mains de Dieu.
L'abbé Arthaud acquiert les reliques de saint Denis, Niçaise, Julien de Brioude (martyr du IIIe siècle), Ursule, etc. En 1865, un morceau de la Vraie Croix, accompagné d’un certificat d’authenticité, complète la collection. Parmi les pièces exceptionnelles, outre des reliques de saint Marc et de saint Luc, signalons deux parcelles de l’éponge et du roseau de Jésus préservées de la Passion. Tous ces reliquaires sont aujourd'hui classés parmi les Monuments historiques.

Les similitudes de Longpont et Chartres.
En 1609, une polémique naît au sujet de la Virgo Pariturae, suite à l’ouvrage de Sébastien Rouillard : La Parthénie ou l’histoire de la très auguste et dévote Église de Chartres dédiée par les vieux druides en l’honneur de la Vierge qui enfanterait...
Longpont et Chartres ne partageraient-ils pas une même origine ?
Effectivement, les deux lieux deviennent des endroits incontournables de la spiritualité chrétienne avant l’an mil, pour des raisons quasi-identiques :

- une dévotion mariale exceptionnelle ;

- un culte des reliques grandissant ; en 876, l’empereur Charles le Chauve cède un morceau de la chemise de la Vierge aux religieux de Chartres ;

- la présence de statues miraculeuses de la Vierge : celle de Notre-Dame-sous-Terre a certains traits des déesses-mères gauloises, Virgo Pariturae ;

- une proximité culturelle : l’évangélisation des druides est un tournant dans l’histoire des deux sanctuaires. Selon des chanoines de Chartres, la charpente de la cathédrale a été bâtie grâce à l’emploi de chênes de la forêt de Longpont. L’autel de la basilique dédiée à Notre-Dame de Bonne-Garde a été érigé à l’emplacement d’un ancien autel druidique ; une source d’eau, dite sacrée, était visible jusqu’en 1792.

- des récits de fondation communs : selon un récit invérifiable, Priscus, chef des Carnutes, serait devenu le fondateur de Chartres en y transportant la statue miraculeuse découverte dans le chêne...




*****************************************************************


Sources documentaires :
- Le Pèlerinage de Longpont, Versailles, Beau, 1869.
- Marius Ciboulet, Notre-Dame de Longpont. Architecture et ornementation, Etampes, Soleil natal, 1988.
- Sylvie Fainzang, « Suppliques à Notre-Dame de Bonne-Garde. Construire l’efficacité des prières de guérison », Archives des Sciences Sociales des Religions, 1991, n°73 (janvier-mars), p. 63-79.
- Jean-Jacques-Auguste Nicolas, Notre-Dame de Longpont. Le monastère, la basilique, les pèlerinages, l’archiconfrérie, les reliques, Paris, Imprimerie de P. Féron-Vrau, 1914.
- Marcel Reale, Histoire de la basilique de Notre-Dame de Bonne Garde, plus ancien sanctuaire marial de la région parisienne, Étampes, Soleil natal, 1988.
- Id., Reliquaire de la basilique de Longpont, Étampes Soleil natal, 1989.


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Oct 2016 - 15:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Sam 11 Juin 2016 - 16:43




Encouragé par Jésus et sainte Thérèse de Lisieux,
un jeune religieux Vietnamien prie pour la France.



En 1945, Jésus apparaît à un jeune Vietnamien pour lui confier combien il aime la
France et lui révéler qu’il attend de ses habitants suffisamment de prières pour
répandre son amour dans le monde à partir de notre pays.




En novembre 1945, quelques mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jésus exhorte un jeune religieux vietnamien, Marcel Van, à prier pour la France :
« C’est en France que mon amour s’est tout d’abord manifesté. Hélas ! Mon enfant, pendant que le flot de cet amour coulait par la France et l’univers, la France, sacrilègement, l’a fait dériver dans l’amour du monde de sorte qu’il va diminuant peu à peu… C’est pourquoi la France est malheureuse. Mais, mon enfant, la France est toujours le pays que j’aime et chéris particulièrement… J’y rétablirai mon amour… Le châtiment que je lui ai envoyé est maintenant fini. Pour commencer à répandre sur elle mon amour, je n’attends désormais qu’une chose : que l’on m’adresse assez de prières. Alors, mon enfant, de la France mon amour s’étendra dans le monde. Je me servirai de la France pour étendre partout le règne de mon amour. » (Colloques 75-76)

Marcel Van est né le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo, non loin d’Hanoï, au Vietnam, qui est alors une colonie française. Après six années de bonheur dans sa famille, profondément chrétienne, il accepte d’abandonner les siens afin de se préparer à devenir prêtre. Il a sept ans lorsque sa mère le confie à l’abbé Nhã, curé de Hữu-Bằng. Ce prêtre reçoit dans son presbytère de jeunes garçons pour les préparer au sacerdoce. Mais dans cette cure, Van se heurte à la méchanceté de catéchistes aigris qui le maltraitent. Très vite, il devient le souffre-douleur des grands : « J’étais devenu sans m’en rendre compte, une lampe qui forçait tout le monde à regarder la lumière… La lampe de mon cœur brillait sans discontinuer. Voyant cela le démon, fou de rage, était bien décidé à déclarer une bonne fois la guerre à l’enfant béni de la Sainte Vierge… »

Non seulement on lui inflige des coups de rotin, mais on le fait passer devant un « tribunal populaire » où on l’humilie. On en vient à le culpabiliser de communier chaque jour, comme il en avait reçu la permission de son curé. « J’étais troublé et je souffrais terriblement de penser que, sans être digne comme les saints, j’avais eu la témérité de communier tous les jours. Plus j’essayais de démêler cette question, plus elle s’embrouillait et plus la blessure de mon cœur s’aggravait. Je ne savais à qui ouvrir ma conscience... et j’en vins à ne plus communier tous les jours... Je vis alors réapparaître les défauts de ma première enfance ; je commençais à être de nouveau entêté et désobéissant. »

Van désemparé projette de s’enfuir mais finalement il choisit de s’abandonner à Dieu et de souffrir en silence. Lui qui a tout quitté pour suivre Jésus ne comprend pas pourquoi il devrait être coupé de celui qu’il aime… et de Marie dont il voulait être l’enfant « à un titre spécial » (il aimait dire : « Grâce à elle, le démon n’a jamais réussi à me vaincre. »). La tyrannie des catéchistes va très loin : on lui confisque non seulement son chapelet mais aussi les moyens de substitution que Van a inventés en faisant dix nœuds à sa ceinture ou en passant dix fèves d’une poche à l’autre.

La nuit de Noël 1940, Van comprend que sa mission consiste à changer la souffrance en bonheur. En 1942, il est admis avec ses deux meilleurs amis au petit séminaire Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Lang Son (au Nord du Vietnam). Mais la guerre l’oblige à continuer ses études à Quảng Uyên. C'est là qu'il découvre Histoire d’une âme. Envahi par une grande joie, il découvre qu’il peut lui aussi devenir saint, ce qui lui semblait impossible en raison de sa faiblesse. Quelques semaines plus tard, dans la montagne où il est parti gambader, après avoir choisi sainte Thérèse de Lisieux comme sœur spirituelle, il a la surprise d’un extraordinaire entretien avec elle, premier d’une longue série.

Sainte Thérèse va l'exhorter à prier pour la France, or Van n'aime pas ce pays. S'il a une grande admiration pour les religieux français qui se mettent vraiment au service de la population, il a été aussi marqué par la propagande nationaliste vietnamienne dénonçant les excès de certains colons français. Plus tard, alors qu’il est devenu religieux rédemptoriste (le noviciat de Van débute le 17 octobre 1944), Jésus lui parle à plusieurs reprises de la France, et lui demande avec insistance d’avoir « une prière de compassion » pour elle. Le 12 novembre 1945, Jésus parle aux Français : « Voyez-vous mes larmes qui se mêlent à celles d’un étranger occupé à écrire les paroles que je lui dicte ici pour vous ? » (Col 94) Il lui dit aussi combien il souhaite l'union de la France et du Vietnam : « Je me servirai de l’union de ces deux petites fleurs comme témoignage que j’unirai ensemble ces deux pays dans mon amour. » (Col 108)

En octobre 1945, il est admis chez les Rédemptoristes de Hanoï. Le père Antonio Boucher, son directeur spirituel, l’encourage à écrire sa vie ainsi que les dialogues qu’il a avec ses interlocuteurs célestes. Confident de Van tout au long de sa vie, le Père Boucher le guide sur le chemin où Jésus l’a engagé.

Après la séparation du Vietnam en deux par les accords de Genève (juillet 1954), Van retourne au Nord devenu communiste pour « qu’il y ait au moins une âme pour aimer le Bon Dieu », alors que de nombreux chrétiens fuient vers le Sud. Arrêté quelques mois plus tard, il est jugé et condamné à 15 ans de travaux forcés, puis meurt dans le camp de Yên Binh le 10 juillet 1959 à l’âge de 31 ans, consumé par l’amour, cet amour plus fort que la mort (Ct 8, 6). Dès sa première communion, il affirmait : « Maintenant, il ne reste que Jésus, et moi, je ne suis que le rien de Jésus. » Son procès de béatification s’est ouvert le 26 mars 1997 au diocèse de Belley-Ars.





Père Olivier de Roulhac, m.b.
Abbaye de Saint-Wandrille, Postulateur pour la cause de béatification de Marcel Van.



Sainte Thérèse demande à Van de prier pour la France (extraits de l’Autobiographie de Marcel Van, p. 614-619)
Une autre fois, Thérèse me demanda de prier pour la France et pour le Vietnam. J’eus aussitôt une forte réaction et je lui dis : « Prier pour le Vietnam, passe, mais prier pour ces diables de Français colonialistes, c’est peine perdue. Excuse-moi, ma sœur, si je manque de politesse envers toi ; mais je pense qu’il ne faut jamais prier pour cette bande de diables blancs, et j’ai seulement envie de demander à Dieu que la terre s’entrouvre pour engloutir toute leur race en enfer, comme cela est arrivé autrefois pour les Israélites révoltés contre Moïse. Je demanderais cependant une exception pour les Pères et les Sœurs missionnaires, car je les considère et les aime comme les pères et mères du peuple vietnamien. Quant aux autres Français colonialistes, qu’on les précipite en enfer pour leur apprendre qui nous sommes. Ils sont d’une cruauté diabolique, et considèrent les Vietnamiens comme une race méprisable, digne d’être écrasée sous leurs talons. Dans leur arrogance, combien de cruautés n’ont-ils pas commises ! Tous sont nés du démon de l’impureté… » Arrivé à ces mots, j’étais tellement indigné, que je me mis à pleurer. Ce n’est qu’après que j’ajoutai : « Malheur à vous, Français colonialistes, Dieu, dans sa justice, vous punira très sévèrement pour vos péchés… Thérèse, ma sainte et bien-aimée sœur, tu sais sans doute que je suis de la race vietnamienne !… Je suis très irrité !… Si j’avais entre les mains ne fut-ce qu’un revolver, j’oserais quand même lever l’étendard de la révolte pour me battre contre les Français ; et même si je n’arrivais à tuer qu’un seul d’entre eux, cela suffirait pour me contenter. Dans un esprit patriotique, j’ai soif du sang français comme le cerf a soif de l’eau. À partir du jour où je me suis rendu compte de la vraie situation de mon pays enseveli dans les ténèbres par la faute des colonialistes français, jamais je n’ai eu l’idée de prier pour aucun Français ; jamais non plus je ne consentirai à prier pour cette bande de diables colonialistes d’une cupidité éhontée. »

Durant cette colère où je me laissais aller à des paroles et à des gestes violents, Thérèse gardait le silence, et endurait tout avec patience. Son exemple m’a amené dans la suite à me repentir et à lui demander pardon. J’ai même versé des larmes en voyant chez elle une telle patience et une si généreuse condescendance. Dès que j’eus fini de parler, je sentis la honte et la chaleur me monter au visage, et je n’entendais plus la voix de ma sœur sainte Thérèse. Ce n’est qu’un instant après, quand j’eus recouvré mon calme, qu’elle me dit doucement : « Un revolver, qu’est-ce que cela vaut ? J’ai encore ici une tactique capable de tuer des milliers et des milliers de Français sans qu’il soit nécessaire de lever l’étendard de la révolte au prix de nombreux soldats et d’une grande quantité de munitions. »
Je lui répondis en riant :
– Ma sœur, dis-moi quelle est cette tactique, et protège-moi.
– Petit frère, me promets-tu de faire usage de cette tactique-là ?
– Oui, ma sœur, je te le promets.
Petit frère, il s’agit de la tactique de la « prière ». En réalité, je n’approuve pas du tout les Français dans leur comportement répréhensible à l’égard du peuple vietnamien. Je sais aussi qu’ils mériteraient d’être mis à mort, parce qu’ils sont les ennemis du peuple. Mais à quoi servirait-il d’accumuler un monceau de cadavres, si la cupidité, les plaisirs sensuels et toutes les autres formes de l’égoïsme continuaient de subsister chez les survivants ? Par conséquent, à mon avis, la tactique de la prière est celle qui peut tuer le plus grand nombre de Français. Et pour en arriver là, il suffit de dire une courte formule du genre de celle-ci : « Ô Jésus, chasse l’homme pécheur du cœur des Français. Je t’en supplie, viens au secours du Vietnam ma chère patrie qui ploie sous le joug de la domination de ces hommes pécheurs. » Sache bien ceci : une fois que l’homme pécheur (les Français colonialistes) aura été expulsé par la grâce divine du cœur des Français, ils ne seront plus remplis de ruses comme maintenant, mais ils sauront aimer le peuple vietnamien comme eux-mêmes. Pour en arriver là, petit frère, il faudra beaucoup de sacrifices et beaucoup de prières.

À partir de ce jour-là, chaque fois que ma sainte sœur me demandait de prier pour les pécheurs, elle me rappelait également les péchés du peuple français et me disait :
– Petit frère, venge-toi des Français selon l’esprit du Divin Rédempteur ; c’est-à-dire laisse de côté tout ressentiment et offre tes prières devant le trône de Dieu pour leur obtenir des grâces de pardon et de sainteté.

Une fois, ma sœur me parla de la guerre à venir entre Français et Vietnamiens. Puis elle conclut en ces termes :
– Aucune force ne parviendra à chasser les colonialistes français du sol vietnamien, si ce n’est la prière. Oui, la prière. Prie donc, mon cher petit frère, prie beaucoup pour le peuple français. Plus tard, il ne sera plus l’ennemi du Vietnam ta patrie. Grâce à la prière et aux sacrifices, il deviendra son ami intime ; plus encore, il considérera le Vietnam comme son petit frère le plus cher. Mais avant d’en arriver à cette rencontre amicale, le démon suscitera de nombreux obstacles dans le but de semer la division entre les deux pays, car il sait bien que lorsque les deux seront étroitement unis, lui-même subira de lourdes pertes dans sa marche en avant… Il est nécessaire qu’une âme s’offre pour servir d’intermédiaire dans cette rencontre amicale, c’est-à-dire qui s’offre à se sacrifier et à prier dans l’ombre pour arrêter l’élan des puissances infernales.

– Ah ! ma sœur bien-aimée, si j’avais l’honneur d’être cette âme, comme je serais heureux ! [619] Mais je ne sais si le bon Dieu y consentira.
– Pourquoi n’y consentirait-il pas ? C’est précisément là tout ce qu’il désire. Désormais, petit frère, laisse de côté toute rancune à l’égard des Français ; impose-toi de souffrir et de prier pour eux, afin que se réalise, comme le désire l’Amour, l’amicale rencontre entre la France et le Vietnam. Prie pour que des deux côtés il y ait compréhension et confiance mutuelle, de sorte qu’ensemble, les deux pays en arrivent à la paix par les liens de l’amitié. La paix est le signe de l’amour. Quand les deux pays jouiront de la paix, portant ensemble dans la joie le joug de l’amour, alors le règne de Jésus, Roi d’Amour, se propagera rapidement, et toi, petit frère, tu porteras le nom d’Apôtre de l’Amour.





Jésus à Van, le 12 novembre 1945, (Colloques 92-96).
Jésus : Ô petit apôtre de mon amour, partout en France, mon amour appelle au secours. Et quel secours demande-t-il ? L’unique secours de la prière qui, en ravivant la flamme de l’amour, rendra plus malléable le cœur des ennemis de mon amour. Ô petit ami de mon amour, si tu m’aimes, comment pourrais-tu rester indifférent et n’être pas anxieux devant la situation faite à mon amour ?… Pour bien faire, partout où il y a des Français on devrait, comme je le désire, faire monter vers mon amour l’encens de la prière… Ô petit apôtre de mon amour, écris les paroles que je t’adresse au sujet de la France. Oui, je veux que tu me serves d’intermédiaire, même pour la France… Ne crains rien. Je te le dis encore une fois : « Rien de plus beau que de faire la volonté de celui qu’on aime. » Si tu m’aimes, fais ma volonté… Hélas ! Ô France, pays que j’aime particulièrement… Ton devoir envers moi n’est pas un devoir ordinaire. Ô France, je t’aime ; et vous, Français, savez-vous bien quels sont envers vous les sentiments de mon cœur ? Voyez-vous mes larmes qui se mêlent à celles d’un étranger occupé à écrire les paroles que je lui dicte ici pour vous ?

Ô France, je te presse dans mes bras, je te donne un baiser. Il n’est pas possible que tu profites de cette marque de tendresse pour me frapper en plein visage. Ô Français, mes enfants, avez-vous bien compris maintenant tout l’amour que je vous porte ? Ô vous qui êtes les enfants de mon amour, sachez que mon amour anxieux, en compagnie d’une petite âme étrangère, se désole au sujet de votre pays que j’aime. Hélas ! Vous, les enfants du pays que j’aime particulièrement, comment vous comporterez-vous à l’égard de mon amour ? Irez-vous délibérément le rejeter hors de chez vous ?

Ô prêtres du pays que j’aime particulièrement, je suis un fugitif qui demande asile chez vous. Quel accueil voulez-vous réserver à mon amour ? Serai-je chassé ou accueilli avec zèle ? Ô mes enfants, soyez zélés pour mon amour. Je ne veux pas permettre que mon amour s’éloigne de la France. Hélas !!! Ô France !… Pays que j’aime plus que les autres… Entends l’appel de mon amour. Pour aucune raison, mon amour ne voudrait s’éloigner de toi, mais si tu repousses au loin cet amour, alors que pourrais-je faire ?… Ô France, pays que j’aime tout particulièrement, considère les paroles d’amour que je t’adresse ici… Français, mes enfants, si vous repoussez loin de vous mon amour, de quel autre amour pourriez-vous bien vous servir pour relever la France ? S’il n’y a aucun amour pour relever la France, alors la France se verra couverte d’épaisses fumées montant de l’enfer et, dans ce cas, elle deviendra un pays opposé à mon amour et elle finira par être détruite. Mais, mon enfant, humble enfant de mon amour, si l’on fait monter vers moi des prières provenant de cœurs confiants, simples et purs, plus tard, tu me verras sourire joyeusement au pays que j’aime.




Sainte Thérèse à Van, le 26 décembre 1945 (Colloques 187-188).
Thérèse : Mon cher petit frère, est-ce que tu es content, est-ce que tu es joyeux ? Combien de baisers le petit Jésus t’a-t-il donnés déjà ? Comme il est beau, le petit Jésus. Est-ce que tu l’aimes, cher petit frère ? De te voir joyeux, c’est aussi une grande joie pour moi ; mais ce qui me réjouit encore davantage, c’est d’entendre le petit Jésus m’appeler ta sœur aînée. Petit frère, quand je te vois joyeux, mon cœur partage aussi ta joie ; en voyant ton sourire s’épanouir comme une jolie fleur, je voudrais le cueillir, je voudrais le photographier et te le montrer ensuite, quand revient la souffrance, pour te faire au moins esquisser un sourire.

Cher petit frère, souviens-toi de la France. Je te donne un baiser et je te dicte la prière à réciter durant le mois de janvier. En ce premier mois de l’année, tu devras prier pour les prêtres de France :
« Ô Jésus, nous t’en prions, règne dans le cœur des prêtres de France ; qu’ils soient livrés tout entiers à ton amour. Donne aux prêtres du pays que tu aimes tant, un zèle ardent pour l’expansion du règne de ton amour dans le monde entier. » Petit frère, après la communion spirituelle, récite avec moi cette prière jusqu’aux mots «… à ton amour ». Mais quand tu feras la communion sacramentelle, récite avec moi la même formule en entier. Cher petit frère, donne-toi la peine de prier pour la France.

Comme prière à la Sainte Vierge, tu réciteras : « Ô Marie, protège ceux dont tu es la Mère, les prêtres de France. Aide-les à vaincre tous les obstacles qu’il leur faudra surmonter pour étendre dans le monde le règne de l’amour de Jésus. » Cette formule, tu pourras la réciter à n’importe quel moment mais toujours en français. Que les Carmélites et les prêtres la récitent aussi avec toi.
Petit frère, Jésus aime beaucoup la France et il ne craint pas de te faire connaître cet amour. Oui, il faut que tu le saches, Jésus aime tellement la France qu’il sent le besoin de le manifester à l’âme d’un étranger comme toi. Tu peux comprendre par là jusqu’où va cet amour… Je te donne un baiser, petit frère, l’heure est passée. Oh ! Cher petit frère, je te donne un baiser, je te donne un baiser.




La prière pour la France, une exigence pour Van (Autobiographie 625).
Je reconnais moi-même que mes sentiments de haine contre les Français ne provenaient pas d’une mauvaise intention ni de mauvais traitements dont j’aurais été victime, puisque j’étais encore petit. Je les haïssais avec sincérité, comme je hais tout ce qui est injuste. Comme j’étais un enfant au cœur très sensible, j’avais une grande compassion pour ceux qui souffrent ; alors comment aurais-je pu ne pas en vouloir à celui qui abusait de sa force pour opprimer quelqu’un de ma race ? Une de mes grandes souffrances, était mon impuissance à venger mes compatriotes, comme l’avait fait autrefois Moïse. Dans mes colères contre les Français, je demandais à Dieu d’envoyer l’Archange Michel pour chasser du Vietnam cette bande diabolique. Je considérais alors la mort comme n’étant rien et, s’il m’avait été donné de mourir en renversant les Français, j’aurais considéré cette mort comme un bonheur comparable à celui du martyre.C’est à ce moment-là que Dieu m’a envoyé une sainte pour m’apprendre à suivre la méthode révolutionnaire de l’Évangile. Cependant, je ne sais pourquoi, chaque fois que je dois prier pour la France, je sens un malaise et je souffre comme si je déposais un baiser sur une branche couverte d’épines.

Aujourd’hui, la prière pour la France est devenue un point de mon programme quotidien ; et ce malaise persiste, je dois donc chaque fois me faire violence pour prier. Pourtant mon cœur reste sincère, Dieu le sait bien. Mais pourquoi, tout en détestant les Français, j’aimais les missionnaires français ? C’est que, de fait, j’ai constaté que les missionnaires, tout en appartenant à une nation colonialiste, ne sont pas du tout des colonialistes. Ils sont Français, mais entièrement donnés au Vietnam, si bien qu’on peut les appeler les pères et les maîtres du peuple vietnamien. Leurs sacrifices sont vraiment grands, et seule la vie éternelle d’un prix infini peut leur apporter une digne récompense.




Le contexte.
Lorsque l’Église décide de la sainteté d’un fidèle, elle prend en compte sa vie quotidienne, ses vertus, sa spiritualité, ses écrits et le contexte historique dans lequel le fidèle a vécu. Pour Marcel Van, « l’apôtre de l’amour », les réalités de son époque ont été très dures, marquées, en particulier, par les déchirements politiques et militaires du Vietnam et les tensions entre autorités locales et communautés catholiques.

Sa vie terrestre (1928-1959) correspond à la montée en puissance des troubles contre la présence française (dont le point d’orgue sera la chute de Dien Bien Phû le 7 mai 1954) et à la prise en main du pouvoir par les troupes communistes, avec ses excès divers à l’encontre des croyants. Marcel est de ce monde quand éclate la guerre franco-vietnamienne en 1946 dirigée par Ho Chi Minh. Le bienheureux ne rejoint pas l’État du Vietnam créé par la France en 1949 mais la République Démocratique du Vietnam (Nord), violemment opposée à toute présence occidentale et au catholicisme.

Humainement, c’est la cause de sa mort. Enfin, Marcel devient religieux en 1945, après une vision du fondateur, saint Alphonse de Liguori, non dans une institution ancienne mais chez les Rédemptoristes d’Hanoï dont la fondation remonte seulement à décembre 1928. Lorsqu’il rend son âme à Dieu, les catholiques d’Hanoï comptent environ 40 000 âmes. Mais il faut attendre 1995 pour que les rédemptoristes de la région se réinstallent après 40 ans d’absence. Et encore ! Le 10 décembre 2010, leur supérieur provincial est convoqué par les autorités de Saïgon. Le premier postulateur de la cause de béatification de Marcel, le cardinal Nguyen Van Thuan (1928-2002), a été détenu par les autorités communistes vietnamiennes dans les conditions les plus dures.





****************************************************

Sources documentaires :

- Van Marcel, Autobiographie, Amis de Van Éditions, 2014.
- Van Marcel, Colloques, Amis de Van Éditions, 2014.
- Van Marcel, Correspondances, Amis de Van Éditions, 2014.
- Van Marcel, Autres Ecrits, Amis de Van Éditions, 2014.
- Père Berceville Gilles, Marcel Van ou l’infinie pauvreté de l’amour, Éditions de l’Emmanuel, 2009.
- Pécout Christelle, Levier Gwendolyn, Van, la force de l’amour (Bande dessinée), Amis de Van Éditions, 2015.
- Id., Colloques, préface du cardinal Christoph Schönborn, Amis de Van Éditions, 2001.
- Id., Autres écrits, préface du cardinal Ouellet, Amis de Van Éditions, 2014.
- Auger Jean-Philippe, Prier 15 jours avec Marcel Van, Nouvelle-Cité, 2012.
- Berceville Gilles OP, Marcel Van, ou l’infini pauvreté de l’amour, Éditions de l’Emmanuel/Amis de Van Éditions, 2009.
- Boucher Antonio, Petite histoire de Van, Amis de Van Éditions, 2001.
- Ledigarcher Camille et Llic Alexandre, Les Voyages de Van. Carnet de voyage, Amis de Van Éditions, 2014.


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Oct 2016 - 15:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 16 Juin 2016 - 18:35




Les apparitions de la Mère de Dieu au Puy-en-Velay fondent
le plus grand sanctuaire marial de la Chrétienté médiévale



L’origine du sanctuaire Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute Loire) remonte à l’an 430,
date de l’apparition de la Mère du Christ à « une noble matrone », percluse de fièvre
et qui en sera guérie. Il s’agit de la première apparition de la Vierge Marie
l’histoire de l’Église, confirmée par l’évêque local, un an avant le grand Concile d’Éphèse,
qui proclamera Marie Theotokos, « Mère de Dieu ».






La date très symbolique accrédite l’importance de l’événement.
L’apparition de la Vierge intervient une année avant le Concile d’Éphèse, pendant lequel se précisera la foi de l’Église en ce qui concerne le mystère de l’Incarnation. Comme elle le fera souvent dans l’histoire, la Vierge Marie prépare les cœurs car beaucoup de ses manifestations correspondent à un événement ecclésial : c’est à la fin de ce concile qu’elle sera proclamée « Theotokos », Mère de Dieu.

Dès lors, l’évêque installe son siège épiscopal dans ce nouveau lieu.
C’est un signe de plus de la dimension extraordinaire de cet événement. Peu à peu, Le Puy devient le plus grand sanctuaire marial de toute la chrétienté occidentale. Il est « le Lourdes » du Moyen-âge. C’est en tant qu’évêque de ce haut lieu marial en 950 que Godescalc entreprend le pèlerinage vers le tombeau de l’apôtre saint Jacques à Compostelle, manifestant ainsi le lien très fort qui existe entre la Vierge Marie et les apôtres, entre la Vierge Marie et l’Église. Le Puy devient ainsi l’un des principaux points de départ du pèlerinage à Compostelle.

La grande prière du Salve Regina a été composée au Puy-en-Velay.
C’est ici en effet que l’évêque Adhémar de Monteil écrit au tout début du second millénaire « l’antienne du Puy », le Salve Regina, complété plus tard, selon la tradition par saint Bernard qui y ajoute la dernière phrase. Pendant tout le Moyen-âge, des papes, des rois (dont saint Louis) effectuent leur pèlerinage, mais aussi de simples fidèles parmi lesquels Isabelle Romée, la mère de Jeanne d’Arc, invitée par sa fille à faire le grand Jubilé de 1429 pour demander à la Vierge du Puy de soutenir son action pour la France.

Au Puy : les fidèles aiment prier pour la France, fidèles au vœu de Jeanne d’Arc.
C’est encore plus vrai depuis que Monseigneur de Molhon, soutenu par tous les évêques de France, a décidé de faire construire la grande statue « Notre Dame de France » en 1860. Elle est à cette époque la plus grande statue au monde. Aujourd’hui, 500 000 fidèles viennent chaque année dans la cathédrale pour se confier à la Vierge Noire ou pour effectuer le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils peuvent gravir l’imposante volée de marches pour entrer par l’escalier « du ventre » (102 marches) dans le sanctuaire, vivre une nouvelle naissance et renouveler ainsi les promesses de leur baptême.

Le grand Jubilé du Puy sera célébré cette année et le suivant en… 2157 !
Cette année est donc votre seule chance de participer à cet événement qui, depuis le début du second millénaire, est institué lorsque le 25 mars, jour de l’Annonciation, coïncide avec le Vendredi Saint. Cette coïncidence de date unit l’Incarnation avec la Rédemption, le « oui » de Marie à l’Annonciation et le « oui » de Marie à la Croix.




Père Emmanuel Gobilliard,
Recteur de la cathédrale Notre-Dame du Puy (43)

Il vient d'être nommé évêque par le Pape François



Le chantier de la première église est daté de la fin du Vème siècle.
C’est l’œuvre conjointe de l’architecte Scutaire et de l’évêque Evodius. À cette époque, on mentionne la guérison d’une « noble matrone » à qui la Vierge apparaît à son tour : un fait authentifié par l’évêque du temps.
Voici le récit fondateur retenu pour l’événement :
« À cette époque, j’étais dans les tourments de la souffrance, durement éprouvée par la maladie, alitée, paralysée. Les soins de la médecine ne pouvaient rien pour moi et je n’attendais que la mort. Alors que je m’endormais, je vis un homme debout près de moi qui paraissait s’intéresser à ma santé. Le messager m’engagea à me lever et à monter bien vite sur la montagne appelée « Podium » : le Puy. Sur cette montagne, ajouta l’homme qui se tenait près de moi, j’aurais une vision telle que si j’avais la foi, elle me rendrait la santé. À mon réveil, aidée par les miens, j’entrepris la montée du Rocher. Avec bien des peines et des difficultés, je progressais peu à peu vers le haut de la montagne. Là se trouvait une pierre, près de laquelle, épuisée par l’effort et la maladie, je me laissais tomber. Soudain autour de la pierre, je vis une multitude de saints esprits répandus en forme de couronne et au milieu siégeait une reine, sur qui rayonnait un diadème d’un éclat divin. Et je demeurais stupéfaite me demandant qui était cette reine. Comme je continuais à m’interroger sur la vision, quelqu’un de son entourage me dit : « Elle est la reine, la dame du ciel et de la terre. Choisissant ce lieu pour en faire sa demeure, elle y établira d’une façon spéciale la gloire de son nom », et la voix ajouta : « À toi en témoignage de cette vision, la reine t’accordera la guérison que tu sollicites. »

Six siècles avant le Mont-Saint-Michel, le sanctuaire du Puy devient un centre spirituel d’importance.
Charlemagne (+ 814), reçu par l’évêque Rorice II, son fils, Louis-le-Débonnaire (+ 840), roi des Francs, puis son petit-fils, Charles le Chauve (+ 877), accompagné de son épouse Richilde, seraient les premiers pèlerins « politiques » du Puy. Ils sont suivis par Eudes (+ 898), roi de France. Charlemagne érige le Puy en métropole régionale de son empire, où il collecte le denier de saint Pierre.
À cette époque, les premiers travaux d’agrandissement de l’église primitive sont en voie d’achèvement. En 919, Adalard, évêque du diocèse, enrichit l’église par le don d’un livre enluminé. En 923, Guillaume, comte du Velay, offre des terrains sur lesquels est érigé le cloître primitif. En 950, Godescalc, évêque du Puy, se rend à Saint-Jacques-de-Compostelle, devenant le premier pèlerin de Saint-Jacques non-hispanique, créant un lien fort entre les deux sanctuaires (Via Podensis). En 993, des moines Bénédictins s’installent à demeure. En l’an mil, le duc de Guyenne donne métairies et étangs aux moines. En 1062, le comte d’Armagnac s’engage à verser une redevance annuelle au Puy. Le Saint-Siège approuve cet essor. En 1030, une bulle du pape Léon IX (+ 1054) soustrait l’évêque du lieu à toute juridiction métropolitaine (mesure réitérée en 1105 et en 1145). En 1041, Rome accorde le « pallium », ornement liturgique réservé aux archevêques, à l’évêque du Puy « par respect pour la Bienheureuse Glorieuse Vierge Marie », faisant de ce prélat un personnage puissant et respecté. Le pape Léon IX parle de l’endroit comme le « plus illustre qui soit en France ».

Un pèlerinage universel.
On vient au Puy de partout. On affirme parfois que ce pèlerinage concerne les « grands de ce monde ». C’est faux. Des croyants issus de tous les milieux s’y rendent au fil des siècles. Certes, les sources historiques décrivent avant tout les cérémonies organisées en l’honneur de dignitaires de l’Église et des souverains.
Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : à l’occasion du Jubilé de 1407, on dénombre plusieurs victimes parmi la foule de pèlerins. Jean Juvénal des Ursins parlera de 200 morts dans son Histoire de Charles VI. En 1418, 33 personnes meurent piétinées dans une foule de 200 000 pèlerins réunis au Puy pour le rétablissement de la paix en France. En 1502, 4000 prêtres confessent nuit et jour. En 1513, des mesures de sécurité sont adoptées ; une seule victime est à déplorer. Les jubilés de 1633 et de 1644 rassemblent des dizaines de milliers de croyants. En 1701, « l’affluence fut plus grande que jamais », explique Armand de Béthune, évêque du Puy. En 1712, 30 000 personnes se pressent aux cérémonies du nouveau jubilé. En 1785, le jubilé attire 80 000 personnes. C’est au XIXe siècle, plus de 1200 ans après la fondation du premier sanctuaire, que les records sont battus : 150 000 pèlerins en 1842 et près du double en 1853 !

Quatre facteurs au moins expliquent la pérennité du lieu.
1. L’extraordinaire ferveur mariale transmise de génération en génération dans la région ;
2. L’occupation puis la gestion du pèlerinage par les familles religieuses : les Dominicains en 1221 (avec, à leur tête, leur fondateur ! En 1447, les Frères prêcheurs sont 1800), les Carmes (1286), les Clarisses (140), les Jésuites (1588), les Dominicaines (1605), les Capucins (1607), les Visitandines (1630)...
3. Le soutien sans faille des autorités politiques : depuis Charlemagne, Le Puy est considéré comme un espace de prière incontournable. Des générations d’empereurs, de rois et de reines ont honoré les lieux de leur présence et offert de précieux cadeaux : en 1558, la municipalité de Toulouse y expédie par le biais de députés des cierges frappés aux armes du Puy ; en 1825, le roi de France Charles X offre deux magnifiques épistoliers ; en 1832, la ville de Saint-Étienne fabrique une robe magnifique servant à vêtir la statue de Notre-Dame ; en 1839, Louis-Philippe, y expédie 24 pièces ornementales pour la décoration de l’église ; en 1840, Mgr de Bonald, alors évêque du Puy, offre à ses ouailles un reliquaire gothique et deux candélabres ; en 1842, la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, passe commande d’une décoration d’autel d’un prix élevé. En 2010, une statue de Saint Jacques de Compostelle,réalisée par Dominique Kaeppelin, est installée au sommet des escaliers de la cathédrale, pour marquer le début de la Via Podiensis vers Compostelle.
Mais les biens matériels ne sont pas tout. Le clergé contribue aussi à la prospérité religieuse du sanctuaire. Le 15 août 1095, le pape Urbain II (+ 1099) annonce la première croisade et charge Adhémar de Monteil (+ 1098), évêque du Puy, principal auteur du Salve Regina, d’en organiser les préparatifs, puis le nomme légat pontifical. En 1148, son successeur, Elie de Lestrange, indique aux évêques réunis au concile de Clermont que les pèlerins du Puy bénéficient depuis longtemps d’une indulgence pontificale, chaque fois que l’Annonciation coïncidait avec le Vendredi saint. En 1817, après la tourmente révolutionnaire, le Saint-Siège accorde pour la seconde fois le pallium à l’évêque du Puy. En 1862, Napoléon III inscrit les lieux aux Monuments historiques. En 1998, l’UNESCO éleva le site au patrimoine mondial de l’humanité.
4. La présence séculaire de plusieurs confréries au service des fidèles : vers 1280, par exemple, la confrérie des Pénitents blancs voit le jour afin de mettre hors d’état de nuire les « routiers », bandits agressant les pèlerins depuis le milieu du XIIe siècle. Meilleure sécurité, aide alimentaire et spirituelle, organisation des obsèques, accompagnement des pèlerins, les confréries du Puy exercent un rôle important dans l’histoire du site.
Les grands noms qui se sont rendus au Puy.
Outre Charlemagne et ses successeurs, rares sont les rois de France au Moyen-âge à ne pas être pèlerins du Puy : Philippe Auguste (+1223), saint Louis (+ 1270) s’y rend deux fois avec son épouse, la reine Marguerite de Provence, et sa mère, Blanche de Castille où, en 1254, il lègue un morceau de la couronne d’épines de la Passion, Philippe III le Hardi (+ 1285) en 1282 (il offre aux fidèles une parcelle de la Vraie Croix), Philippe le Bel (+ 1314), Charles VI (+ 1422) en 1393, pour y guérir de sa folie, Charles VII (+ 1461, à plusieurs reprises). Louis XI (+ 1483) s’y rend trois fois (en 1470, avec son épouse Charlotte de Savoie, puis en 1475 et 1476). Charles VIII (+ 1498), François Ier (+ 1547), avec, à ses côtés, Eléonore d’Autriche, le nonce Léon de Médicis, le maréchal de Montmorency, etc. Bertrand Du Guesclin (+1380), connétable de France, repose dans l’église des Dominicains, au pied du mont Anis.
Les princes étrangers sont du voyage. En 1182, Alphonse VI d’Aragon et Raymond de Toulouse font la paix sur l’autel de l’église. En 1294, Louis II, roi de Naples, y accompagne sa mère, Yolande d’Aragon. En 1516, Jean Stuart, régent d’Écosse, y remercie la Vierge de sa guérison inattendue...
Des religieux célèbres comptent dans les rangs des pèlerins. Des papes : en 1095, Urbain II est le premier successeur de saint Pierre à venir au Puy ; suivent Calixte II et Gélase II dans la première moitié du XIIe siècle ; puis Innocent II en 1130, Alexandre III en 1162...
Ajoutons-y saints et fondateurs d’ordres : saint Odon (+ 942), puissant abbé de Cluny ; saint Dominique (+ 1221) ; saint Étienne de Muret (+ 1124), fondateur de la congrégation de Grandmont ; saint Antoine de Padoue (+ 1231), ami de saint François d’Assise ; saint Hugues de Grenoble (+ 1132), évêque et compagnon de saint Bruno ; saint Pierre le Vénérable (+ 1156), abbé pendant 34 ans. Au XVe siècle, saint Vincent Ferrier (+ 1419), prédicateur catalan, et conseiller du pape, prend la route du Velay, précédé d’une centaine de religieux pénitents… Plus tard, sainte Agnès de Langeac (+ 1634), saint François Régis (martyre en 1820), et tant d’autres honorent le site de leur présence. Quant à Jean-Jacques Olier, grande figure du XVIIe siècle, il se rend au Puy en 1652 et 1655 où il y déclare : « Je suis dans un lieu où je finirais ma vie avec joie, au pied de Notre-Dame du Puy, à laquelle je suis redevable de toutes sortes de grâces. »
Les processions de la statue de Notre-Dame du Puy, destinées à faire cesser les épidémies, les guerres, les calamités en tous genres, sont courantes : citons celles de 1374, 1404 et 1420, pendant la guerre de Cent Ans ; 1468 pour ramener la paix dans le royaume de Louis XI ; 1469 pour obtenir un héritier du trône ; 1480 et 1503, pour stopper la peste ; 1512, pour mettre fin aux guerres d’Italie ; 1525, pour la libération de François Ier ; 1575 pendant les guerres de Religion, pour mettre un terme aux conflits entre catholiques et protestants ; 1630, 1723, pour remercier Dieu et Marie de la baisse de la mortalité, puis 1757 pour la santé de Louis XV...Enfin, les jubilés rythment la vie locale : 1407, 1418, 1429, 1440, 1502, 1524 (on y dénombre des pèlerins italiens, grecs et espagnols), 1622, 1633, 1644, 1701, 1785, 1842, 1853, 1864, 1910, 1921, 1932, 2005.

La Cathédrale du Puy en Velay.
Haute de 132 mètres, la cathédrale aurait été érigée sur l’emplacement d’un lieu de culte gaulois. Sur le plan étymologique, le mont Anis, lieu des apparitions et des guérisons, évoque la déesse païenne Ana. Les archéologues ont retrouvé un menhir vénéré par les Gaulois, enchâssé dans les bâtiments du grand séminaire. Derrière l’abside de la cathédrale, on a découvert une arrivée d’eau actuellement tarie : une « fontaine » pré chrétienne jadis vénérée ; une inscription latine du XIe siècle est visible sur un mur de la cathédrale : « Eau soulageant les malades quand l’art d’Hippocrate est vain ! »
En fait, l’abside et le carré du transept de la future cathédrale sortent de terre dès le début du XIe siècle. Le chantier est poursuivi au siècle suivant, mêlant avec grâce architecture romane et influences byzantines, avec l’achèvement de six coupoles et du cloître, restauré entre 1850 et 1857 par le célèbre architecte Viollet-le-Duc.
Malgré quelques travaux de rénovation entrepris au XVIIIe siècle, cet édifice a traversé l’histoire jusqu’au XIXe siècle. De 1844 à 1870, on en démolit une partie, reconstruite à l’identique.




La statue miraculeuse de Notre-Dame du Puy.
Ses origines donnent lieu à des débats. Certains affirment qu’elle est vénérée par les fidèles dès 980/990. On en détecterait la présence vers 1096 lorsque Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, fit une vaste donation à la cathédrale. Selon d’autres, cette œuvre « immémoriale » aurait été remplacée par une représentation offerte par saint Louis en 1254, à l’occasion de son pèlerinage au Puy. L’objet serait d’autant plus précieux qu’il s’agirait d’une œuvre provenant d’Orient, rapportée lors de la septième croisade. Une telle origine n’est pas confirmée par la documentation. Aucun chroniqueur du temps ne mentionne une quelconque statue palestinienne.
Plus sérieusement, la confrérie locale des Pénitents blancs frappe une médaille à l’effigie de Notre-Dame du Puy en 1182 : la ressemblance avec la première statue est frappante. De toute évidence, c’est une œuvre médiévale, vraisemblablement du XIe siècle.
Mais les notes les plus intéressantes proviennent de Faujas de Saint-Fons, géologue, voyageant en Auvergne en 1778. Il indique que la statue est une Vierge à l’enfant de 72 cm de hauteur, taillée en ronde bosse dans un bois dur, recouverte d’une toile marouflée, vêtue d’un « grand manteau d’étoffe d’or ». Selon lui, Marie porte l’enfant sur ses genoux, tourné vers les fidèles, sans bénir ni porter un évangile. Une couronne dorée, ornée de camées et de gemmes et surmontée d’une colombe, ceint la tête de la Vierge, habillée d’une tunique rouge. L’ensemble évoque la statue de Sainte-Foy-de-Conques (Rouergue), exprimant la grande influence de Notre-Dame du Puy à travers la France médiévale. Cette statue dite en forme de « cloche » a largement influencé celle de Notre-Dame du Port à Clermont.
Cette Vierge noire fut présente sur le maître-autel jusqu’au 8 juin 1794, date à laquelle elle fut détruite par les révolutionnaires.
La statue actuelle de Notre-Dame du Puy qui est vénérée depuis le XIXe siècle date du XVIIe et provenait de l’église Saint-Maurice du Refuge. Elle est portée en procession dans la ville du Puy chaque 15 août. Nous n’avons donc aucune trace de l’image de Marie vénérée avant la fin du Xe siècle.



**************************************************************************************


Sources documentaires :

Le gros ouvrage de référence est la somme qui a été éditée sous la direction de Xavier BARRAL ALTET, La Cathédrale du Puy en Velay, ed.skira, Seuil, du patrimoine, Paris, 2000.

Autres références utiles :
Gilles GRANDJEAN et Emmanuel MAGNE, Regard du XIXe siècle sur les peintures murales de la Cathédrale du Puy-en-Velay, ed. Jeanne d’Arc, Le Puy-en-Velay, 2005.
Louis COMTE, Le Puy-en-Velay, ville aux huit merveilles, Le Puy-en-Velay, 1986.
Bernard GALLAND et Martin de Framond, Le Puy-en-Velay, l’ensemble cathédrale Notre-Dame, Monum, ed. du Patrimoine, Paris, 2005.
Ahmad FIKRY, L’art roman du Puy et les influences islamiques, études d’art et d’archéologie, Paris, 1934.
Frédérique VIALET et Brigitte GOURTAY, Iconographie de la Vierge Noire du Puy, Le Puy-en-Velay, 1983.
Abbé ANDRAS, Le Velay, Le Puy, une cité ancienne au cœur de la France, Paris, 1981.
Jean-Pierre BAYARD, Déesses mères et Vierges noires. Répertoire des Vierges noires par département, Éd. du Rocher, 2001, p. 211-214.
Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Vierges noires, regard et fascination, Éd. du Rouergue, 2000.
Louis COMTE, Le Puy, la cathédrale, Colmar, 1985.
Id., Notre-Dame du Puy. Notre-Dame de France, Lyon, Lesayer, 1988.
G. GEORGES et P. PAUL, Notre-Dame du Puy, essai historique et archéologique, Le Puy, 1950.
Louis REAU et Gustave COHEN, L’Art du Moyen-Âge, Paris, Albin Michel, 1951.
Dom Angelino SURCHAMP, Vierges romanes, Éd. Zodiaque, 1968.

Articles :
Christian CORVISIER, Trois siècles de chantier en la Cathédrale du Puy : doctrines et réalisations, In. Cahiers de la Haute-Loire, revue d’études locales, publications de l’association des CHL, archives départementales de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 1993.
Martin de FRAMOND, Notre-Dame des Armagnacs. Le trésor de la Cathédrale du Puy, In. Cahiers de la Haute-Loire, revue d’études locales, publications de l’association des CHL, archives départementales de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 1993.
Pierre CUBIZOLLES, Début du pèlerinage à Notre-Dame du Puy, In. Cahiers de la Haute-Loire, revue d’études locales, publications de l’association des CHL, archives départementales de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 1995.
Philippe KAEPPELIN, A propos d’une reconstitution de Notre-Dame du Puy, In. Cahiers de la Haute-Loire, revue d’études locales, publications de l’association des CHL, archives départementales de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 1993.
Philippe MALGOUYRES, Dévotion mariale et faveur pontificale à propos des colonnes de porphyre du portail occidental de la Cathédrale du Puy-en-Velay, In. Cahiers de la Haute-Loire, revue d’études locales, publications de l’association des CHL, archives départementales de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 2006.




Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mar 28 Juin 2016 - 18:12




Itapiranga et les trois Sacrés Cœurs de Jésus, Marie et Joseph




Depuis le 2 mai 1994, la Vierge Marie apparaît ainsi que Jésus et saint-Joseph (et parfois l'archange saint Michel) à Maria do Carmo et à son fils Edson Glauber.
Edson est né le 27 octobre 1972, et au moment des premières apparitions, il était étudiant en sciences économiques à l'université amazonienne. Tout son être reflète une modestie et un rayonnement de paix, un sourire humain et spirituel, très impressionnant pour qui sait voir[1].
Les apparitions ont commencé à Manaus puis ont continuées à Itapiranga, ville natale du père d'Edson.
Elles ont été reconnues le 31 mai 2009, en la solennité de la Pentecôte par l'évêque du diocèse d'Itapiranga, monseigneur Carillo Gritti.
Au jour où nous écrivons, les apparitions continuent.

L'évêque a prononcé la reconnaissance de l'origine surnaturelle des apparitions et autorisé la construction d'un sanctuaire[2].
L'Evêque du diocèse d'Itapiranga, Monseigneur Carillo Gritti, a très tôt ouvert une enquête officielle qui s'est étalée sur 15 années, pour aboutir, le 31 mai 2009, en la solennité de la Pentecôte, à la reconnaissance de l'origine surnaturelle des apparitions et à l'autorisation du culte et de la dévotion aux trois Sacrés Cœurs de Jésus, Marie et Joseph.
L'Evêque, lors de la reconnaissance des apparitions, a couronné la statue de la Vierge Marie ; chaque premier samedi du moi, il se rend sur les lieux pour célébrer la sainte messe en présence de nombreux prêtres et de milliers de pèlerins.


Fêtes et Jours particuliers [3]

- Anniversaire des apparitions : le 2 mai.
- De plus, le 2 de chaque mois est un jour particulier de prière.
- L'Apparition a invité à aller à la "fontaine dela Miséricorde et de la grâce", principalement le 9 novembre de chaque année, afin de prier pour la guérison de l'âme et du corps, pour chaque personne et pour le monde entier.
- Ajoutons que le 6 juin 1997, Jésus apparaît à Edson et lui délivre un message destiné au pape Jean-Paul II :
« Je veux que, le premier mercredi après les fêtes du Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Ma Mère, soit instituée la fête en l'honneur du Cœur très Chaste de Saint Joseph. »





Edson décrit les apparitions [4]

C'est ma mère, Maria do Carmo, qui a eu les toutes premières apparitions. C'était le 2 mai 1994, il était 4 heures du matin environ. Ma mère a ressenti que quelqu'un l'appelait pour aller prier. Elle s'est rendue dans le séjour, où se trouvait déjà un petit oratoire dédié à la Sainte Vierge. Ma mère a alors commencé à prier un Rosaire complet : mystères joyeux, douloureux et glorieux. Il lui restait encore à dire 3 Ave Maria pour le cinquième mystère glorieux, le Couronnement de Marie, lorsque toute la pièce s'est éclairée et une jeune femme habillée de blanc, qui lui montrait Son chapelet, lui est apparue. [...]

Lorsque j'ai ensuite vu la Sainte Vierge pour la première fois, je me trouvais en train de prier dans la chambre de mon frère. Elle m'est apparue dans une grande lumière, comme une très belle jeune femme d'environ 16 ans, mesurant entre 1,60 et 1,65 mètre. Sa couleur de peau est à peu près semblable à la nôtre mais elle est si jolie ! Ses yeux sont bleus, Ses cheveux foncés. Elle porte une robe blanche, un voile blanc sur la tête, et un manteau lui aussi blanc qui descend jusqu'à Ses pieds. Au cours de cette première apparition, elle portait trois roses : une blanche, une rouge et une jaune. Elle avait tout d'abord les mains jointes puis Elle les a ouvertes. L'apparition a duré 5 ou 6 secondes. Si elle avait duré plus longtemps, je pense que je serais mort d'émotion, tant ce moment était fort ! Les jours suivants, Marie est revenue un peu plus longtemps, toujours habillée en blanc, mais sans les roses.  Elle avait 12 étoiles autour du visage. [...]

Jésus vient soit comme adulte, soit comme enfant dans les bras de Marie ou de Saint Joseph. Lorsqu'Il apparait adulte, Jésus est très grand. Il porte un grand manteau blanc. Ses yeux sont bleu-vert et Ses cheveux, qui descendent sur Ses épaules, sont de couleur châtain. Sa voix est très belle et puissante, elle emplit tout l'espace lorsqu'Il parle. Elle est forte et vous apporte aussi une grande paix.

Saint Joseph n’apparaît pas comme un homme âgé. Il semble avoir un peu plus de 25 ans, Ses yeux sont verts et Ses cheveux châtains. Il porte une courte barbe et mesure environ  1,85  mètre.

Lorsque Jésus, Marie et Joseph apparaissent ensemble, chacun montre Son Cœur. Ce sont vraiment 3 Cœurs vivants, qui battent. A chaque battement, on voit des rayons de lumière qui émanent des 3 Cœurs.





Edson commente les apparitions[5] :

En statuant publiquement sur l'authenticité des apparitions, Monseigneur Gritti va permettre à cette ville de la forêt amazonienne de rayonner dans le monde entier, comme d'autres lieux de présence mariale (Lourdes, Fatima...).
Marie veut nous accorder tant de grâces et, si saint Joseph apparaît à Itapiranga, c'est aussi pour nous apprendre à aimer Marie et Jésus comme il Les a tant aimés et comme Il Les aime toujours.
Jésus a confirmé à de multiples reprises au cours de Ses apparitions que la dévotion à Saint Joseph était puissante et importante.
Les apparitions d'Itapiranga servent aussi à préparer l'Eglise à reconnaître un jour que saint Joseph est monté au Ciel corps et âme.
En tant qu'époux de la Vierge Marie, saint Joseph s'est parfaitement uni à elle, dans son âme et dans son Cœur. Ils sont un exemple parfait pour les époux, un exemple d'amour, de fidélité.
L'amour a uni le Cœur de saint Joseph à celui de Marie. Il s'agit d'une union sainte, d'un lien sacré d'amour. Et le Cœur de Marie est également uni au Cœur de Jésus, le Fils de Dieu qu'elle a porté en elle. C'est ainsi que les 3 Saints Cœurs sont unis. Dieu demande cette dévotion aux 3 Cœurs.
Quand arrivera le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie, les 3 Cœurs unis apparaîtront dans le ciel d'Itapiranga. Il y aura aussi un signe visible avec la Croix qui se trouve à côté du lieu des apparitions.

Mais,  avant  que  cela  n'arrive,  il  nous appartient à tous de changer.  Marie a commencé à apparaître à Itapiranga 50 ans après Ses apparitions à Ghiaie di Bonate, en Italie, où Elle est honorée comme Reine de la famille. La Mère de Dieu m'a dit que, si l'on avait davantage cru à ses apparitions en Italie en 1944, de nombreux divorces et crises familiales auraient pu être évités. Marie est donc revenue à partir de 1994 à Itapiranga pour donner de nombreux messages pour les familles. Et la Sainte Famille, qui était apparue à Ghiaie di Bonate en 1944, apparaît régulièrement à ma mère et à moi. Chaque apparition de Marie dans le monde forme un ensemble ; ses différentes apparitions font partie du plan de Dieu pour nous aider à nous préparer pour les derniers temps.

Marie a ajouté qu'avant que ces évènements n'arrivent, nous allons voir se réaliser ces paroles du Magnificat : Le Seigneur renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles."


------------------------------------------------------------------------------------------------------------


[1] René Laurentin, « ITAPIRANGA », dans : René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge., Fayard, Paris 2007, annexes.
[2]http://www.appel-du-ciel.org/wordpress/wp-content/uploads/reconnaissance-et-culte-autorise-par-Mgr-Gritti-Bresil.pdf
[3] Olivier Alberici et Fabrice Kedinger, Les Apparitions de la Reine du Rosaire et de la Paix à Itapiranga (Brésil), L'Appel du Ciel Editions, 2012, p. 17 et p. 31 (le message du 6 juin 1997).
[4] Témoignages d'Edson en France, sur les apparitions de la Reine du Rosaire et de la Paix d'Itapiranga. Le 1er juin 2012 à Lyon, Dans « L'appel du Ciel », septembre 2012, p. 26
[5] Témoignages d'Edson en France  sur les apparitions  de la Reine du Rosaire  et de la Paix d'Itapiranga. Le 3 juin 2012 à Marseille, Dans l'Appel du Ciel, Novembre 2012, p. 29
Autre bibliographie :
http://itapiranga0205.blogspot.fr/2011/02/message-de-notre-dame-itapiranga-bresil.html
Olivier Alberici et Fabrice Kedinger, Les Apparitions de la Reine du Rosaire et de la Paix à Itapiranga (Brésil), L'Appel du Ciel Editions, mai 2012 (réimpr. mars 2013), 64 p.
Olivier Alberici et Fabrice Kedinger, Itapiranga un appel à une conversion authentique - Messages de Jésus, Marie et Joseph de 1994 à 2013, L'Appel du Ciel Editions, mai 2013, 64 p.
L'APPEL DU CIEL - 29, Chemin de la Colline - 13750 PLAN D'ORGON - France. Tél : 09 63 43 94 61 • Fax : 04 42 86 19 08 • E-mail : appelduciel@orange.fr • Site : www.appel-du-ciel.org
D'autres revues spécialisées dans les apparitions en parlent épisodiquement : Stella Maris n° 501 d'avril 2013, p. 31 et n° 502 de mai 2013, p. 33.



Synthèse F. Breynaert


Itapiranga et les trois Sacrés Cœurs de Jésus, Marie et Joseph












Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 28 Juil 2016 - 20:52




Nouvelle vidéo : Jean absent de Jean, l'hypothèse impossible.


Saint Jean, fils de Zébédée est-il le "disciple bien aimé" évoqué dans 4 moments clés de l’Évangile selon Saint Jean ?
Toute la tradition l'a toujours pensé mais les exégètes modernes sont majoritairement d'un autre avis.
Pourtant la thèse classique semble vraiment fondée.






Déroulement :

◦ 00:00 : comment se pose la question du disciple bien aimé (DBA) ?

◦ 00:50 : La tradition classique identifie Jean de Zébédée et le DBA. La Majorité des exégètes est aujourd'hui d'un avis contraire, mais la tradition classique reste très solide à cause de deux arguments clés :

◦ 01:11 : 1er argument : si le DBA qui est un personnage clé de l’Évangile de Jean (4 situations majeures) n'est pas Jean de Zébédée, il est totalement absent du reste du NT et de la Tradition et on ne comprend pas comment cela pourrait être possible

◦ 04:31 : 2ème argument : l'apôtre Jean, fils de Zébédée est lui aussi un personnage considérable dans tout le NT, mais s'il n'est pas le DBA, il n'est quasiment pas présent dans l'Evangile qui porte son nom (sauf une mention furtive des fils de Zébédée au chapitre 21) et c'est là aussi très incompréhensible

◦ 06:14 : pourquoi saint Jean a-t-il voulu créer cette énigme ? La réponse classique est que c'est parce que nous sommes tous appelés à devenir des "disciples bien aimés" en vivant ce qu'a vécu le DBA, à la Cène, à la Croix, à la Résurrection et à Tibériade

◦ 07:48 : comment expliquer cette exégèse nouvelle ? On doit malheureusement constater que les a priori idéologiques des exégètes protestants du XIXème siècle ont été suivi sans beaucoup de discussions dans le monde de l'exégèse catholique

◦ 09:30 : Il y a deux autres mentions d'un "disciple" dans l’Évangile de Jean : au commencement avec Jean-Baptiste et au moment de l'arrestation de Jésus pour entrer chez le Grand Prêtre

◦ 10:37 : Pourquoi un pécheur de Galilée ne pourrait-il pas devenir le plus grand théologien ? Surtout s'il a été formé par Jean-Baptiste, puis Jésus, puis Marie ...

◦ 11:20 : Parenthèse sur l'enseignement étonnant dispensé parfois actuellement dans les grandes institutions catholiques

◦ 12:30 : la grande parenté de style, de thèmes et de vocabulaire des écrits johanniques : Évangile, Épîtres et Apocalypse sont seuls à utiliser certains thèmes (Verbe, Agneau, Au commencement, Femme, Je Suis, Fils unique, Vie éternelle, etc)

◦ 14:41 : Jean ou une "communauté johannique" ? Les deux forcément car il y a toujours 1 auteur et 1 contexte

◦ 15:48 : le parti pris de vérité des Évangélistes : c'est un témoin qui parle et il insiste sur le fait d'avoir vu, entendu, touché ...

◦ 16:40 : comment expliquer cette attitude des exégètes modernes promus par les médias ? Il faut réaliser que les médias sont par nature progressistes et qu'il faut faire de la nouveauté pour faire la "Une" des journaux

◦ 18:17 : extrait d'une homélie de Jean-Paul II à Fatima



Ecrivez-nous à : 30videosapologetiques@gmail.com



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mar 23 Aoû 2016 - 16:24




Une intercession de Marie, dans l’islam ?





Le Coran parle de Marie en termes respectueux, voire admiratifs, et invite fréquemment à "se souvenir" d’elle : oui, "mentionne Marie" (Coran 19, 76). La présence fréquente de musulmans et de musulmanes dans les sanctuaires mariaux invite à se poser la question : l’islam enseigne-t-il quelque chose au sujet de l’intercession de Marie comme l’enseigne la foi catholique (Vatican II, Lumen gentium 62 ou 69) ?




Un exemple vécu à Alger

En Algérie, à Alger, la basilique Notre Dame d’Afrique n'a pas été islamisée au moment de la récente poussée islamiste, elle est restée un lieu de pèlerinage. Dans l’abside de ce sanctuaire, est écrit :
« Notre Dame d’Afrique, prie pour nous et pour les musulmans ! »
Il s’agit là d’une phrase écrite par des chrétiens, et acceptée, tolérée par les musulmans.





Un exemple vécu au Mozambique


Au Mozambique, en 1948, à Nampula, durant une procession de Notre Dame de Fatima, une délégation musulmane interrompit le cortège et son président, Galamussen R. Bangy, s’adressa à la Vierge en lisant à haute voix le passage suivant :
« La communauté islamique de S. A.Aga Khan, de la province de Niassa, unie dans la vénération de Notre Dame de Fatima, ne peut pas ne pas présenter ses plus sincères hommages à la vénérable statue Pèlerine, qui depuis la Cova d’Iria est portée dans le monde entier, et qui, en ce moment historique, nous fait le grand honneur et privilège de venir au milieu de nous.

O Notre Dame de Fatima, bénis notre cité.
O Notre Dame de Fatima, bénis toute l’humanité, afin qu’elle chemine sur les chemins de la paix, de la fraternité humaine et de l’élévation spirituelle.
O Notre Dame de Fatima, donne la concorde à tous les hommes sur cette terre.
O Notre Dame de Fatima, permets que nous t’offrions cet hommage, bien qu’il soit insignifiant, qui vient directement de nos cœurs pleins de vénération et d’amour vrai. » [1]

Il s’agit là d’un discours qui pourrait être en partie de circonstance, dans le but d’entretenir la convivialité locale. Il ne faut pas non plus écarter la confusion possible pour les auditeurs musulmans entre « notre Dame de Fatima » et « Fatima, la fille du prophète ». Toujours est-il qu’il est bien question ici d’une expression de la confiance populaire musulmane en l’intercession de Marie. Cette prière musulmane est une bénédiction pour la paix, ce qui pourrait s’enraciner – quoique de manière indirecte avec la sourate de Marie, où le fils de Marie est décrit comme un être non violent sur lequel repose la paix. (Coran 19, 33)


]b]L'enseignement musulman[/b]

Le Coran enseigne parfois qu’il y a la possibilité d’une intercession, mais il ne précise pas qui peut intercéder. Certains versets du Coran préviennent qu’au jugement dernier, plus personne ne pourra intercéder auprès de Allah qui sera seul patron (sourates 2, 48 ou sourate 6, 51). (Voir ce qui a été dit sur le déterminisme ).
De manière particulière, il n’y aura aucune intercession possible en faveur de ceux qui n’ont pas reconnu en Mahomet le messager de Allah (Sourate 9, 80).
La foi populaire attend une certaine intercession de la part de Mahomet.

Mahomet est même le seul à pouvoir intercéder car tous les autres ont péché :
Adam a mangé du fruit de l’arbre,
Noé parce qu’il n’a pas pris soin de ceux qui allaient à leur perdition,
Abraham parce qu’il a discuté sur la religion agréable à Dieu,
Moïse car il a tué un homme,
Jésus et sa mère parce qu’ils sont adorés comme s’ils étaient des dieux. [2]
Dans un tel contexte, parler objectivement d’une intercession de Marie, que ce soit en faveur des musulmans ou en faveur des non-musulmans, n’a pas beaucoup de sens dans l’islam.






L'exemple vécu en Jordanie

C’est ce qui explique notre troisième exemple.

Un moine de l'Abbaye de Latroun en Israël a communiqué un témoignage qu'il a recueilli de la bouche même du Père Joseph, curé d'Anjara :
Nasser, jeune musulman, parachutiste de l'armée jordanienne à Amman, fait lors d'un saut une chute qui lui déplace une vertèbre et l'oblige à garder le lit. On ne peut le guérir. Il est fiancé à une jeune musulmane, élève chez les Soeurs du Rosaire. Grande est la tristesse des fiancés. On envoie Nasser à Londres où, après une piqûre malheureuse, il se trouve paralysé à vie. Il revient à l'hôpital militaire d'Amman. Les parents de la fiancée pensent à rompre les fiançailles et Nasser lui-même est de cet avis.
Or, une amie de la fiancée, Soeur L. du Rosaire, en visite mue par le Saint Esprit, donne à Nasser une Médaille Miraculeuse. Il la baise et la porte. Soeur L. lui dit : "Ce que les médecins ne peuvent faire, Dieu le fera et te guérira."

Cette nuit-là, Nasser entend une voix en lui : "Nasser tu es guéri, lève-toi."
Il répond : "Impossible je suis paralysé à vie."
Une deuxième fois, la voix lui dit : "Nasser lève-toi, tu es guéri".
Même réponse.

Une troisième fois, la voix lui dit : "Je suis la Mère de Jésus, en son Nom, je te guéris, lève-toi." Et en même temps, il sent deux mains vigoureuses qui le mettent debout. Il est guéri. Exultant de joie, vraiment guéri, il réveille tout l'hôpital. Médecins et infirmières n'en croient pas leurs yeux.

Le lendemain, il demande un certificat reconnaissant que sa guérison est miraculeuse. On ne lui fait qu'un certificat comme quoi sa guérison est humainement inexplicable. Qu'importe, Nasser se fait l'apôtre de Marie et clame partout que « Sittna Mariam », Notre-Dame Marie, l'a guéri. Il prend part avec sa fiancée à une messe d'action de grâce. Rien ne s'oppose plus à leur union. Et Mgr Sinnaan, évêque d'Amman est informé du fait soumis à son appréciation, ainsi que du désir de Nasser de devenir chrétien. [3]

Soeur L. a confié le paralysé à l'intercession de Marie. C'est la signification de son geste quand elle donne à Naser une médaille miraculeuse. Seulement voilà, comme l'expliquent les articles "excursus, le déterminisme... " et "Une intercession de Marie ?", la foi musulmane n'enseigne pas l'intercession de Marie.
C'est là qu'intervient pour ce jeune musulman une autre révélation, qui se produit ici de manière privée, par une voix qu'il entend (peu importe ici comment il l'entend, intérieurement ou extérieurement).

Rester simplement musulman ne serait pas pour Nasser cohérent et harmonieux avec cette nouvelle conscience de l'intercession de Marie, il désire alors devenir chrétien.



________________________________________

[1] P. Demoutiez – M. T. Pereira da Cunha, Nossa Senhora de Fatima, Peregrina do Mundo, Lisboa 1953,- cité da E. Oggé, La Madonna Missionaria, Edizioni Missioni Consolata, 2° editino, Turin 1968, p. 333.
[2] (SMITH J. AND HADDAD Y., The Islamic understanding of death and resurrection, Albany 1981, p. 80)
[3] Article de « Message et Messagers » n° 163, déc. 1984, - rapporté dans le Recueil marial 1986 du Frère Albert Pfleger, mariste

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Oct 2016 - 15:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mer 14 Déc 2016 - 14:40






Il est temps de faire une synthèse.

Nous l'avons dit, E. Urbach explique que la diversité des idées juives sur la rédemption "ne se limite pas à des nuances de détail mais atteint une opposition".
Les pensées juives exprimées dans les premiers siècles de notre ère avaient déjà leurs adeptes au temps de Jésus et se sont transmises oralement jusque après 70, c'est pourquoi il est possible de faire quelques conjectures et de schématiser l'existence de (deux) types de raisonnements qui ont pu coexister au temps de Jésus.
Les raisonnements sur la "Torah est déjà complète"
Pour les courants « officiels », Dieu ne crée pas à partir de rien, mais à partir du tohu bohu, le chaos ; et Il crée l'homme avec l'esprit mauvais et l'esprit bon.
Le verset du Siracide, (Si 15, 14) est traduit : « l'homme est dans la main de son conseil. » Ainsi, l'Esprit Saint est dans le peuple et dans la majorité du sanhédrin.
Il n'y a plus besoin de prophètes et les miracles, même si on reconnaît leur existence, ne sont pas importants, car tout est donné dans la Torah. C'est ce courant de pensée qui va dominer le judaïsme après la chute du Temple en l'an 70, mais cette tradition a déjà commencé bien avant (et au procès de Jésus).
La Torah étant complète, immuable, donnée toute entière à Moïse au Sinaï, le salut vient de sa pratique. Les patriarches l'ont pratiquée.
Puisque Dieu a donné sa Torah à Israël, Rien ne peut vraiment le séparer de Dieu. Si Israël pèche, il a le pardon dans le Temple où Dieu maintient sa Shekinah, sa présence. La Shekinah ne quitte pas Israël et celui-ci a tout ce qu'il faut pour interpréter la Torah.
Nous lisons par exemple :
« Shemaya dit : Elle a suffi la foi dont Abraham leur père a cru en moi pour que je leur fende la mer. Comme il est dit (Gn 15, 6) : "Il crut en YHWH et il le lui compta comme justice". Abtalion dit : Elle a suffi la foi par laquelle ils (les Israélites) ont cru en moi pour que je leur fende la mer. Comme il est dit (Ex 4, 31) : "Le peuple crut et ils entendirent". »
Mekhilta de rabbi Ismael sur Exode 14, 15, édition Horowitz, p. 99 ligne 1-4 ;
cf. Ibid. sur Exode 14, 31, édition Horowitz, p. 115 ligne 11.

On attend un nouveau pardon (par le Temple céleste, « non fait de main d'homme ») et on attend un dévoilement (ou « accomplissement ») de la Torah céleste. Le salut ne peut venir que de «        l'ouverture du ciel ».

L'Incarnation dans ce contexte
Telles sont les deux grandes tendances théologiques et spirituelles au temps de Jésus. La venue de Jésus, dès lors qu’il est le messie attendu et le Fils de Dieu incarné, sera alors comprise comme l’acte de miséricorde de Dieu, son grand pardon, la guérison de la mort comme « divorce » entre Dieu et les hommes.
L’Incarnation est une miséricorde, c’est la réconciliation des hommes avec Dieu. Mais la blessure dans le cœur des hommes demeure puisqu’ils continuent de pécher, et la mort est toujours là ! Il faut donc passer par le baptême comme passage par la croix. Ceci jusqu’au retour glorieux du Christ ; alors, « nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ». (1 Jn 3,2)

La mère de Jésus
La foi de Marie au moment de l'Annonciation se situe dans un contexte pluraliste et implique un choix, décisif, de la Vierge Marie, la rendant apte à accueillir le rédempteur, le Fils de Dieu incarné, et devenant ainsi nouvelle arche d'Alliance, nouvelle tente de la rencontre, nouveau temple.

Ce contexte historique d'opposition théologique explique aussi le ton tragique de la prophétie de Syméon :

« Vois, ton fils, qui est là, provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. » (Lc 2, 34-35)
Ce ton tragique s'explique aussi parce que les hommes continuent de pécher après l'Incarnation : "les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'endura le divin Rédempteur" (CEC 598).

Marie manifeste une ouverture intérieure :

En effet, Marie accueille un ange, une parole venue du Ciel, elle adhère à l'annonce de la naissance d'un messie personnel, elle croit au miracle qui confirme cette parole (Elisabeth malgré son âge attend un enfant, et Marie elle-même concevra dans la virginité).
Le saint Père, sans entrer dans les détails de l'attente messianique, semble aller en ce sens et il en tire une conséquence sur la coopération de Marie au Christ Rédempteur :

« Ce fait fondamental d'être la Mère du Fils de Dieu est, depuis le début, une ouverture totale à la personne du Christ, à toute son œuvre, à toute sa mission.
Les mots "Je suis la servante du Seigneur" témoignent de cette ouverture d'esprit de Marie, qui unit en elle de façon parfaite l'amour propre à la virginité et l'amour caractéristique de la maternité, réunis et pour ainsi dire fusionnés. C'est pourquoi non seulement Marie est devenue la mère du Fils de l'homme, celle qui l'a nourri, mais elle a été aussi "généreusement ssociée, à un titre absolument unique" (Lumen Gentium 61) au Messie, au Rédempteur.»

Jean Paul II, Lettre encyclique Redemptoris Mater n° 39


Nous voyons mieux que le mystère de l'Incarnation a en lui-même une portée rédemptrice, il constitue une réconciliation des hommes avec Dieu, réconciliation où le Fils de Dieu nous aimera jusqu'à la fin (Jn 13,1).

Marie coopère à cette Rédemption par sa foi en tant que sa foi se situe dans les « courants ouverts » de l'attente messianique. Cette ouverture totale à la personne du Christ est un amour vierge car il attend le salut d'une ouverture du Ciel, c'est à dire d'un don de Dieu. Que la foi d'un être humain puisse coopérer à Dieu, cela se comprend justement très bien dans la perspective du courant « ouvert » où Dieu est sensible à l'accueil et à l'adhésion humaine, capables de l'attirer.
La coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice du Fils de Dieu qui s'incarne est une coopération tout à fait unique car elle seule est Vierge et mère d'une manière charnelle et spirituelle tout à fait sublime.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 15 Déc 2016 - 18:47




La Sibylle de Cumes : « Voici venir la Vierge »  



La sibylle de Cumes (Michel-Ange, chapelle Sixtine).


lafoichretienne.com a écrit:
Au temps de la Vierge Marie, l’attente des Romains pouvait aussi venir du grand oracle rapporté par le grand poète latin Virgile (70 - 19 av JC) dans la 4ème  Eglogue de ses « Buccoliques » :

« Voici les derniers temps marqués par l’oracle de la Sibylle de Cumes : la longue série des siècles recommence. Voici venir la Vierge, et le règne de Saturne. Voici descendre du ciel une race nouvelle. Un enfant nouveau-né sous le règne de l’Empereur Auguste éliminera la génération de fer et suscitera par tout le monde une génération d’or ».

La Vierge Marie en qui descendra le Fils de Dieu ne devait certainement pas connaître cet oracle, mais Jésus, qui est bien né sous le règne de l’Empereur Auguste a effectivement transformé le fer de l’oppression, dans l’amour que l’or symbolise.

Et en plusieurs sanctuaires du monde (comme Longpont, Nogent sous Coucy, Chartres, pour ne citer que des sanctuaires en France), on vénérait de manière très étonnante, dès avant le Christ, la « Virgini Pariturae » : « la  Vierge qui doit enfanter ».


Dans la mythologie grecque, la sibylle est une prêtresse d'Apollon qui personnalise la divination2 et prophétise. Elles le faisaient dans un langage énigmatique permettant de nombreuses interprétations, ce qui les mettait à l'abri de toute contestation ultérieure. Fameuse est sa prophétie orale pour un soldat « Ibis redibis non morieris in bello ». Si une virgule est placée avant le « non », la phrase devient « Tu iras, tu reviendras, tu ne mourras pas en guerre », mais si la virgule était placée après le « non », la phrase est « Tu iras, tu ne reviendras pas, tu mourras en guerre ».


Les Virgo Pariturae




Les statues païennes ne seront pas uniquement sauvées en les cachant mais aussi par le fait qu’elles sont reprises telles quelles par la religion chrétienne. Elles deviendront une authentique statue de la Vierge Marie, le plus bel exemple est celui de la Virgo Pariturae de Chartres. Mais cette Virgo Pariturae « Vierge qui doit enfanter » est lié à un culte bien particulier que le peuple gaulois ancêtres pratiquait bien avant la Vierge Marie.

La prédiction de la naissance d’un Dieu au sein d’une Vierge se retrouve dans de nombreuses théologies. En voici à titre d’exemple : en Egypte, c’est Horus né de la vierge Isis ; pour la Perse, c’est Mithra le dieu soleil ; même Bouddha naquit de la vierge immaculée Mâyâ.

Désiré Monnier dans son livre « Les traditions populaires comparées » rapporte aussi que le culte de la Vierge existait déjà chez les Germains. Selon P.Grimal les gaulois croyaient en une déesse-mère des hommes, de la faune et de la flore, symbole de la fertilité et de fécondité. Jean Christophe Layral dans son livre consacré à Notre-Dame de Roc-Amadour écrit que pour le peuple de la Gaule si bien préparé par cette tradition, l’esprit put s’ouvrir aisément aux lumières de l’Evangile. En effet, les druides gardaient à l’intérieur du sanctuaire la statue d’Isis, Vierge du libérateur futur, souvent représentée assise, tenant son enfant sur les genoux de manière semblable que seront les statues des Vierges en Majesté du Moyen Âge. Son culte sera d’ailleurs encore présent jusqu’au XI et XIIème siècle.

A l’origine le rayonnement extraordinaire de Chartres est du au sanctuaire païen du peuple gaulois des Carnutes (IVème siècle), dont la capitale est Chartres (Autricum). Ce fait est attesté par César dans son ouvrage « De bello gallico VI,16 » dans lequel il évoque la religion des gaulois et leurs druides. Il décrit qu’ils se réunissaient chaque année dans un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour se trouver au centre de la Gaule. Cette affirmation est reprise par Guibert de Nogent. Jean-Paul Migne rapporte que Guibert parle alors de temples gaulois consacrés aux Vierges attendant un Homme-Dieu : inibi Virgini decum Pariturae sacratum fanum, puis il évoque un temple consacré situé dans la forêt des Carnutes.

On suppose que ce lieu est celui de Chartres (dans d’autres textes on trouve noté à la proximité d’Orléans). Cette réunion appelée Walpurgis dans les pays nordiques avait lieu le 30 avril et se prolongeait le lendemain le premier mai. La religion va dédier ce mois de mai à la Vierge Marie mais ne pourra empêcher certaines coutumes païennes de perdurer telles la pause du Mai pour les jeunes filles à marier et le Chari vari qui se pratiquent la nuit précédant la journée du premier Mai.

Mais le fait le plus intéressant est que la tradition affirme que ces druides honoraient alors dans une chapelle souterraine une Vierge qui devait enfanter (ce dont ne parle pas César). Dans plusieurs villes des Gaules des autels sont élevés à la Vierge qui devait enfanter (Virgo Pariturae). Mais, peu à peu, ses sanctuaires comme ceux consacrés aux déesses-mères vont être remplacés par des sanctuaires voués à la Vierge Marie.




La Vierge Noire de Chartres


A Chartres, la religion catholique va s’approprier cette statue et la ville va devenir l’un des plus réputés pèlerinages chrétien voué à la sainte Vierge Marie. La cathédrale de Chartres est une sorte d’hymne à la Vierge. Les reliques abondent, en particulier elle reçoit en 876 le voile (la chemise) de la sainte Vierge (donné par l’empereur Charles le Chauve), on peut y admirer 175 représentations de la Vierge, et la chapelle de la Vierge noire, Notre-Dame sous terre, l’ancienne Virgo Pariturae (une copie datant de 1857, l’original étant brûlée en 1793) C’est l’un des sanctuaires le plus connu et vénéré au monde. Mais comment expliquer aux pèlerins la transposition de la déesse païenne à celle chrétienne ?

Il existe de nombreux textes anciens affirmant que l’église de Chartres a été fondée en l’honneur de la Vierge Marie. En particulier celui trouvé dans « Les vieilles chroniques », manuscrit 1027 de la bibliothèque de Chartres datant de 1389 où l’on apprend que cette église lui aurait été dédiée depuis fort longtemps. Les habitants de Chartres firent sculpter une statue d’une Vierge portant un enfant dans son giron, laquelle fut vénérée dans un lieu à ses cotés des idoles. Un texte ajouté au XVIème siècle indique que ce sont des druides qui auraient fait sculpter cette statue et ils auraient même envoyé des députés à Jérusalem pour savoir si la Vierge prophétisée par Isaie était née (chapitre 7, verset 14). Cette statue a donc été sculptée par prémonition et même si c’était par des païens, en aucun doute il s ‘agit bien d’une représentation de la Vierge Marie. Cette statue aurait été sculptée d’après une Virgo Pariturae qui était vénérée à Longpont-sur-Orge.

Cette ville fut un ancien lieu de culte à Isis tenu par les druides. L’endroit fut évangélisé par les disciples de saint Denis, saint Sulpice et saint Ion (ou Yvon) et les druides se convertirent au christianisme croyant que la prophétie de la Vierge qui doit enfanter s’était réalisée. La source celtique située derrière le maître autel de la basilique a été murée et la Vierge noire est devenue blanche et a pris le nom de Notre-Dame de bonne garde. Dans l’ouvrage consacré à son histoire on trouve écrit :

Longtemps après, les bûcherons de l’endroit abattant un chêne séculaire, découvrirent en son creux une antique statue de bois noire ou polychrome (..) elle portait sur son socle l’inscription Virginia Pariturae (on peut être étonné d’une inscription latine pour une statue d’origine celte !) Ce fut une célébrité dont on parla bientôt partout et qui incita les Carnutes habitants de Chartres) à venir quémander une copie.

Il est aussi indiqué que le chef de la peuplade gauloise des Carnutes, Priscus, aurait demandé la statue du sanctuaire païen ou sa réplique qui fut transportée à Chartres dans un sanctuaire où sera plus tard bâtie la cathédrale. Notre-Dame de Chartres et Notre-Dame de Longpont auraitent donc la même origine spirituelle.

Gollut évoque cette dévotion particuilère de nos ancêtres en rappelant que « les anciens druydes, havoient faict les déclarations aux disciples et aux peuples de Gaule, que de père en fils, les enfants de Noel, qui peuplèrent les Gaules leur havoient révélés) et havoient sceu que cette glorieuse Vierge seroit mère, demeurant toutefois en son intégrité virginale avant et après la miraculeuse conception, voire après le divin enfantement. Et pource, ces anciens sacrificateurs, firent dresser dedans Chartres (ville gauloise de la Béausse) une chapelle souterraine de laquelle l’autel ( dédié à la Vierge immaculée) havoit cette inscription : Virgini pariturae, Ce que ie pense havoir esté en la première ecclise de Chartres qui est ceinte de deux autres plus grandes, toutes trois dédiées à la dicte sainte Vierge mère de Dieu pour estre montré à tous les fidèls Chrestiens, que méritoirement nous luy debvons dresser des temples, chapelles, autels, portraicts et images, puisque ces paoures gentils la vouloient bien honorer comme personne chérie et préférée par l’omnipotent créateur ».

Mais la réalité de la Virgo Pariturae est controversée par de nombreux auteurs affirmant qu’elle ne serait en fait qu’une légende qui prit naissance entre le 11ème et 14ème siècle et se développa surtout au 17ème siècle par l’ouvrage de Sébastien Rouillard : La Parthenie ou l’histoire de la très auguste et dévote Eglise de Chartres dédiée par les vieux druides en l’honneur de la Vierge qui enfanteroit, ouvrage paru en 1609 à Paris.



Source : http://institut-symbiosis.com/2012/07/deesse-mere-et-virgo-pariturae/



Vitrail de la cathédrale de Chartres


Chartres : "Virgini Pariturae"
(La Vierge qui devait enfanter), dans la crypte.



« Ô reine voici donc après la longue route,
Avant de repartir par ce même chemin,
Le seul asile ouvert au creux de votre main,
Et le jardin secret où l’âme s’ouvre toute.

Voici le lourd pilier et la montante voûte ;
Et l’oubli pour hier, et l’oubli pour demain ;
Et l’inutilité de tout calcul humain ;
Et plus que le péché, la sagesse en déroute.

Voici le lieu du monde où tout devient facile,
Le regret, le départ, même l’événement,
Et l’adieu temporaire et le détournement,
Le seul coin de la terre où tout devient docile,

Et même ce vieux cœur qui faisait le rebelle ;
Et cette vieille tête et ses raisonnements ;
Et ces deux bras raidis dans les casernements ;
Et cette jeune enfant qui faisait trop la belle.

Voici le lieu du monde où tout est reconnu,
Et cette vieille tête et la source des larmes ;
Et ces deux bras raidis dans le métier des armes ;
Le seul coin de la terre où tout soit contenu.

Voici le lieu du monde où tout est revenu
Après tant de départs, après tant d’arrivées.
Voici le lieu du monde où tout est pauvre et nu
Après tant de hasards, après tant de corvées.

Voici le lieu du monde et la seule retraite,
Et l’unique retour et le recueillement,
Et la feuille et le fruit et le défeuillement,
Et les rameaux cueillis pour cette unique fête.

Voici le lieu du monde où tout rentre et se tait,
Et le silence et l’ombre et la charnelle absence,
Et le commencement d’éternelle présence,
Le seul réduit où l’âme est tout ce qu’elle était.

Voici le lieu du monde où la tentation
Se retourne elle-même et se met à l’envers.
Car ce qui tente ici c’est la soumission ;
Et c’est l’aveuglement dans l’immense univers.

Et le déposement est ici ce qui tente,
Et ce qui vient tout seul est l’abdication,
Et ce qui vient soi-même et ce qui se présente
N’est ici que grandesse et présentation.

C’est la révolte ici qui devient impossible,
Et ce qui se présente est la démission.
Et c’est l’effacement qui devient invincible.
Et tout n’est que bonjour et salutation.

Ce qui partout ailleurs est une accession
N’est ici qu’un total et sourd abrasement.
Ce qui partout ailleurs est un entassement
N’est ici que bassesse et que dépression.

Ce qui partout ailleurs est une oppression
N’est ici que l’effet d’un noble écrasement.
Ce qui partout ailleurs est un empressement
N’est ici qu’héritage et que succession.

Ce qui partout ailleurs est une rude guerre
N’est ici que la paix d’un long délaissement.
Ce qui partout ailleurs est un affaissement
Est ici la loi même et la norme vulgaire.

Ce qui partout ailleurs est une âpre bataille
Et sur le cou tendu le couteau du boucher,
Ce qui partout ailleurs est la greffe et la taille
N’est ici que la fleur et le fruit du pêcher.

Ce qui partout ailleurs est la rude montée
N’est ici que descente et qu’aboutissement.
Ce qui partout ailleurs est la mer démontée
N’est ici que bonace et qu’établissement.

Ce qui partout ailleurs est une dure loi
N’est ici qu’un beau pli sous vos commandements.
Et dans la liberté de nos amendements
Une fidélité plus tendre que la foi.

Ce qui partout ailleurs est une obsession
N’est ici sous vos lois qu’une place rendue.
Ce qui partout ailleurs est une âme vendue
N’est ici que prière et qu’intercession.

Ce qui partout ailleurs est une lassitude
N’est ici que des clefs sur un humble plateau.
Ce qui partout ailleurs est la vicissitude
N’est ici qu’une vigne à même le coteau.

Ce qui partout ailleurs est la longue habitude
Assise au coin du feu les poings sous le menton,
Ce qui partout ailleurs est une solitude
N’est ici qu’un vivace et ferme rejeton.

Ce qui partout ailleurs est la décrépitude
Assise au coin du feu les poings sur les genoux
N’est ici que tendresse et que sollicitude
Et deux bras maternels qui se tournent vers nous.

Nous nous sommes lavés d’une telle amertume,
Étoile de la mer et des récifs salés,
Nous nous sommes lavés d’une si basse écume,
Étoile de la barque et des souples filets.

Nous avons délavé nos malheureuses têtes
D’un tel fatras d’ordure et de raisonnement,
Nous voici désormais, ô reine des prophètes,
Plus clairs que l’eau du puits de l’ancien testament.

Nous avons gouverné de si modestes arches,
Voile du seul vaisseau qui ne périra pas,
Nous avons consulté de si pauvres compas,
Arche du seul salut, reine des patriarches.

Nous avons consommé de si lointains voyages,
Nous n’avons plus de goût pour les pays étranges.
Reine des confesseurs, des vierges et des anges,
Nous voici retournés dans nos premiers villages.

On nous en a tant dit, ô reine des apôtres,
Nous n’avons plus de goût pour la péroraison.
Nous n’avons plus d’autels que ceux qui sont les vôtres,
Nous ne savons plus rien qu’une simple oraison.

Nous avons essuyé de si vastes naufrages,
Nous n’avons plus de goût pour le transbordement,
Nous voici revenus, au déclin de nos âges,
Étoile du seul Nord dans votre bâtiment.

Ce qui partout ailleurs est de dispersion
N’est ici que l’effet d’un beau rassemblement.
Ce qui partout ailleurs est un démembrement
N’est ici que cortège et que procession.

Ce qui partout ailleurs demande un examen
N’est ici que l’effet d’une pauvre jeunesse.
Ce qui partout ailleurs demande un lendemain
N’est ici que l’effet de soudaine faiblesse.

Ce qui partout ailleurs demande un parchemin
N’est ici que l’effet d’une pauvre tendresse.
Ce qui partout ailleurs demande un tour de main
N’est ici que l’effet d’une humble maladresse.

Ce qui partout ailleurs est un détraquement
N’est ici que justesse et que déclinaison.
Ce qui partout ailleurs est un baraquement
N’est ici qu’une épaisse et durable maison.

Ce qui partout ailleurs est la guerre et la paix
N’est ici que défaite et que reddition.
Ce qui partout ailleurs est de sédition
N’est ici qu’un beau peuple et des épis épais.

Ce qui partout ailleurs est une immense armée
Avec ses trains de vivre et ses encombrements,
Et ses trains de bagage et ses retardements,
N’est ici que décence et bonne renommée.

Ce qui partout ailleurs est un effondrement
N’est ici qu’une lente et courbe inclinaison.
Ce qui partout ailleurs est de comparaison
Est ici sans pareil et sans redoublement.

Ce qui partout ailleurs est un accablement
N’est ici que l’effet de pauvre obéissance.
Ce qui partout ailleurs est un grand parlement
N’est ici que l’effet de la seule audience.

Ce qui partout ailleurs est un encadrement
N’est ici qu’un candide et calme reposoir.
Ce qui partout ailleurs est un ajournement
N’est ici que l’oubli du matin et du soir.

Les matins sont partis vers les temps révolus,
Et les soirs partiront vers le soir éternel,
Et les jours entreront dans un jour solennel,
Et les fils deviendront des hommes résolus.

Les âges rentreront dans un âge absolu,
Les fils retourneront vers le seuil paternel
Et raviront de force et l’amour fraternel
Et l’antique héritage et le bien dévolu.

Voici le lieu du monde où tout devient enfant,
Et surtout ce vieil homme avec sa barbe grise,
Et ses cheveux mêlés au souffle de la brise,
Et son regard modeste et jadis triomphant.

Voici le lieu du monde où tout devient novice,
Et cette vieille tête et ses lanternements,
Et ces deux bras raidis dans les gouvernements,
Le seul coin de la terre où tout devient complice,

Et même ce grand sot qui faisait le malin,
(C’est votre serviteur, ô première servante),
Et qui tournait en rond dans une orbe savante,
Et qui portait de l’eau dans le bief du moulin.

Ce qui partout ailleurs est un arrachement
N’est ici que la fleur de la jeune saison.
Ce qui partout ailleurs est un retranchement
N’est ici qu’un soleil au ras de l’horizon.

Ce qui partout ailleurs est un dur labourage
N’est ici que récolte et dessaisissement.
Ce qui partout ailleurs est le déclin d’un âge
N’est ici qu’un candide et cher vieillissement.

Ce qui partout ailleurs est une résistance
N’est ici que de suite et d’accompagnement ;
Ce qui partout ailleurs est un prosternement
N’est ici qu’une douce et longue obéissance.

Ce qui partout ailleurs est règle de contrainte
N’est ici que déclenche et qu’abandonnement ;
Ce qui partout ailleurs est une dure astreinte
N’est ici que faiblesse et que soulèvement.

Ce qui partout ailleurs est règle de conduite
N’est ici que bonheur et que renforcement ;
Ce qui partout ailleurs est épargne produite
N’est ici qu’un honneur et qu’un grave serment.

Ce qui partout ailleurs est une courbature
N’est ici que la fleur de la jeune oraison ;
Ce qui partout ailleurs est la lourde armature
N’est ici que la laine et la blanche toison.

Ce qui partout ailleurs serait un tour de force
N’est ici que simplesse et que délassement ;
Ce qui partout ailleurs est la rugueuse écorce
N’est ici que la sève et les pleurs du sarment.

Ce qui partout ailleurs est une longue usure
N’est ici que renfort et que recroissement ;
Ce qui partout ailleurs est bouleversement
N’est ici que le jour de la bonne aventure.

Ce qui partout ailleurs se tient sur la réserve
N’est ici qu’abondance et que dépassement ;
Ce qui partout ailleurs se gagne et se conserve
N’est ici que dépense et que désistement.

Ce qui partout ailleurs se tient sur la défense
N’est ici que liesse et démantèlement ;
Et l’oubli de l’injure et l’oubli de l’offense
N’est ici que paresse et que bannissement.

Ce qui partout ailleurs est une liaison
N’est ici qu’un fidèle et noble attachement ;
Ce qui partout ailleurs est un encerclement
N’est ici qu’un passant dedans votre maison.

Ce qui partout ailleurs est une obédience
N’est ici qu’une gerbe au temps de fauchaison ;
Ce qui partout ailleurs se fait par surveillance
N’est ici qu’un beau foin au temps de fenaison.

Ce qui partout ailleurs est une forcerie
N’est ici que la plante à même le jardin ;
Ce qui partout ailleurs est une gagerie
N’est ici que le seuil à même le gradin.

Ce qui partout ailleurs est une rétorsion
N’est ici que détente et que désarmement ;
Ce qui partout ailleurs est une contraction
N’est ici qu’un muet et calme engagement.

Ce qui partout ailleurs est un bien périssable
N’est ici qu’un tranquille et bref dégagement ;
Ce qui partout ailleurs est un rengorgement
N’est ici qu’une rose et des pas sur le sable.

Ce qui partout ailleurs est un efforcement
N’est ici que la fleur de la jeune raison ;
Ce qui partout ailleurs est un redressement
N’est ici que la pente et le pli du gazon.

Ce qui partout ailleurs est une écorcherie
N’est ici qu’un modeste et beau dévêtement ;
Ce qui partout ailleurs est une affouillerie
N’est ici qu’un durable et sûr dépouillement.

Ce qui partout ailleurs est un raidissement
N’est ici qu’une souple et candide fontaine ;
Ce qui partout ailleurs est une illustre peine
N’est ici qu’un profond et pur jaillissement.

Ce qui partout ailleurs se querelle et se prend
N’est ici qu’un beau fleuve aux confins de sa source,
Ô reine et c’est ici que toute âme se rend
Comme un jeune guerrier retombé dans sa course.

Ce qui partout ailleurs est la route gravie,
Ô reine qui régnez dans votre illustre cour,
Étoile du matin, reine du dernier jour,
Ce qui partout ailleurs est la table servie,

Ce qui partout ailleurs est la route suivie
N’est ici qu’un paisible et fort détachement,
Et dans un calme temple et loin d’un plat tourment
L’attente d’une mort plus vivante que vie. »


Charles Péguy (1873-1914), Les Cinq Prières dans la cathédrale de Chartres (I. Prière de résidence).

Les "Cinq Prières dans la cathédrale de Chartres" ont été écrites par Charles Péguy à la suite du pèlerinage qu’il fit pour rendre grâce à la Sainte Vierge de la guérison d’un de ses fils (mai 1913).

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mar 20 Déc 2016 - 18:50




Humilité (kénose), vérité, vision de Dieu




L'humilité est une disposition vraie : être humble, c'est se situer à sa place devant l'autre quel qu'il soit, ni trop haut (ce serait l'orgueil), ni trop bas (le complexe d'infériorité est la caricature de l'humilité).

L'humilité permet l'amitié, l'amour spirituel. L'amitié est impossible si quelqu'un veut dominer l'autre. Etre humble dans les relations, découvrir à la fois sa propre grandeur et l'absolu dépassement du « mystère de l'autre ».

Ainsi, l'humilité permet à la fois la connaissance (donc la vision de Dieu), et l'amour (donc l'entrée en relation avec Dieu). L'humilité ouvre donc à la gloire du Paradis.

Ceci est d'autant plus vrai que Dieu lui-même est humble. Jésus nous a révélé que Dieu est Père, Fils, Esprit Saint. Un Père ne peut pas être Père sans le Fils. Ni le Fils sans le Père. Ainsi, le Père et le Fils sont « humbles » l'un devant l'autre, l'un pour l'autre...

Nous connaissons Dieu à mesure que nous lui ressemblons par l'humilité !

Tout ceci explique l'importance que nous devons accorder aux enseignements de Jésus :
"Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur"[1].

Jésus proclame :
"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre car le Royaume de Dieu est à eux"[2].

Saint Pierre confirme ces paroles:
"Revêtez-vous d'humilité dans vos rapports mutuels car Dieu résiste aux orgueilleux"[3].

Marie est humble.
Elle a dit : « il s'est penché sur son humble servante »[4].
La Vierge Marie choisit le service de Dieu quelque soit ce que les gens pensent, pour ou contre. Elle n'a pas voulu être comme x ou y, elle a voulu correspondre au don qui était le sien. C'est cela l'humilité.


[1] Matthieu 11, 29.
[2] Matthieu 5, 3.
[3] 1 Pierre 5, 5.
[4] Luc 1, 48





L'humilité consiste à se situer à sa juste place.
L'humilité ne suffit pas pour parler de Dieu, pour connaître Dieu. Car, Dieu s'abaisse au-dessous de sa juste place ! Saint Paul dit du Christ :

« Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix ! »[1]

Ce n'est plus de l'humilité, c'est de la "kénose" !

L'humilité acquise par la souffrance est incomparablement plus profonde que toute forme d'humilité.
Remarquons que la souffrance est un mal, mais son effet peut donc être un bien.
Jésus, en son humanité, nous a montré le chemin :

« Tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel.»[2]

Nous sommes appelés non seulement à l'humilité (être vrai, être à sa juste place), mais à la kénose (l'abaissement par amour).
Et le soir de la dernière Cène, Jésus dit aux disciples :

« Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous. »[3]

En effet, puisque Dieu est "kénose", un ange ou un homme non conformés intérieurement à cette "kénose" ne peuvent rien saisir de l'essence de Dieu.

La mère de Jésus est la première à voir la kénose de Dieu puisque c'est par Marie que Dieu s'est abaissé en se faisant homme.
Ensuite, en suivant son fils Jésus jusqu'à la Croix, Marie s'est associée à la kénose extrême de Jésus.
Au moment de la mort, Marie a pu être emmenée par Jésus immédiatement dans la gloire du ciel : en effet, Marie avait sans cesse été conformée à la kénose de Dieu, elle était conformée intérieurement à Dieu.


[1] Philippiens 2, 6.
[2] Hébreux 5, 8-9
[3] Jean 13, 15.



Françoise Breynaert


(A SUIVRE)

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mer 21 Déc 2016 - 20:46




L’humilité (Nouveau Testament)




Puisque c'est dans l'évangile de Luc (Lc 1, 48) que Marie a le titre d'humble servante il convient de chercher comment saint Luc (évangile et livre des Actes) comprend l'humilité.

L'humilité, c'est une position seconde devant Dieu :
La Vierge Marie exprime sa propre humilité en disant :
« Il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante ».
(Luc 1, 48)

Il s'agit d'être conscient d'occuper une position seconde. C'est Dieu qui est en premier.
Se reconnaître en position seconde n'est pas la source d'une aliénation, la Vierge Marie témoigne en effet aussi :
« Le Puissant fit pour moi des merveilles »
(Lc 1, 49)





L'humilité, c'est l'esprit filial :
« Une pensée vint à l'esprit [des disciples] : qui pouvait bien être le plus grand d'entre eux ? Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, et leur dit: Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille, et quiconque m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand. »
(Luc 9, 46-48)

L'enfant exprime l'esprit filial.
Le Père est le grand secret de Jésus.
La prière du Notre Père est enseignée au chapitre 11 de saint Luc. Et le chapitre suivant développe encore ce secret de vie.
Nous avons besoin de sécurité, de pain, de maison, et d'honneur, et "votre Père sait que vous en avez besoin". (Luc 12, 30) C'est la relation confiante à Dieu le Père qui nous donne non seulement de vivre le partage, mais aussi de vivre l'humilité.





L'humilité, c'est de ne pas rechercher l'honneur :
« Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire: Cède-lui la place. Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place.
Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise: Mon ami, monte plus haut. »

(Luc 14, 8-10)

Dans cette parabole, la recherche de la place d'honneur (« le premier divan ») conduit à la honte. Le mépris des honneurs (prendre la dernière place) conduit au contraire à trouver sa juste place (mon ami monte plus haut).

Le roi Hérode était honoré et pourtant sa vie était vaine et sans poids, il n'a rien laissé après lui. La mort de Jésus en croix en dehors des murs de Jérusalem est une mort déshonorante, mais elle est glorieuse et féconde. L'honneur ne mesure pas le réel. L'humilité nous enseigne à rejoindre le réel, comme pourrions nous dire, d'avoir les pieds sur terre, sur l'humus.





L'humilité, c'est le service :
« Il s'éleva aussi entre eux une contestation: lequel d'entre eux pouvait être tenu pour le plus grand? Il leur dit: "Les rois des nations dominent sur eux, et ceux qui exercent le pouvoir sur eux se font appeler Bienfaiteurs. Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.  Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! »
(Luc 22, 24-27)

Nous retrouvons ici les précédentes dimensions de l'humilité :
Le service nous situe en position seconde : nous servons Dieu, nous servons Dieu en nos frères, nous dépendons de Dieu et de nos frères.
Le service n'est pas une apparence, un honneur, c'est un travail réel, humble (cf. humus).
A tout cela, le service ajoute une dimension constructive, donc un sens.





L'humilité n'est pas la molle mais courageuse :
Dans le livre des Actes, quand saint Paul fait ses adieux aux anciens d'Ephèse, il dit avoir agi « en toute humilité » (Actes 20, 19). Le mot grec utilisé est tapeinophronusès, et signifie avoir le sens de sa petitesse, modestie.

Cette humilité n'est pas la mollesse :
«  Je n'ai cessé de reprendre avec larmes chacun d'entre vous. »  (Actes 20, 31).

Comme pour le Christ et sa mère, cette humilité est associée aux épreuves supportées pour la vérité :
« Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j'ai mis le pied en Asie, je n'ai cessé de me comporter avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves. »  (Actes 20, 18-19)





L'humilité, à travers le mystère pascal, est principe de salut.
« [Jésus-Christ] tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel » (Hébreux  5, 8-9)





L'humilité c'est reconnaître que l'on est pécheur et que Jésus est le roi, le Rédempteur :
Par exemple, un des deux malfaiteurs en croix dit à l'autre :
"Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." 41 Et il disait: "Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." (Luc 23, 40-41)
Et Jésus lui ouvre les portes du Paradis.



Françoise Breynaert


(A SUIVRE)

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 22 Déc 2016 - 20:20




L’Incarnation (St François d’Assise)




« Cette Parole du Père, si digne, si sainte et si glorieuse, le Père très haut l'envoya du ciel par saint Gabriel, son ange, dans le ventre de la sainte et glorieuse Vierge Marie ; c'est de son ventre que la Parole reçut la vraie chair de notre humanité et de notre fragilité. »
(St François, Lettre aux fidèles II, 4)[1]

« Lui qui fut riche par-dessus tout, il voulut lui-même dans le monde, avec la très bienheureuse Vierge, sa mère, choisir la pauvreté. »
(St François, Lettre aux fidèles II, 5)[2]



Résumé de la pensée de saint François sur le projet de Dieu accompli par l'Incarnation :

L'amour de Dieu se communiquerait à tout l'univers.
Dieu, très haut bien[3], dans sa plénitude d'amour, ne peut se contenir et crée l'univers pour que son amour puisse me répandre à toutes les créatures[4], "le célèbre big bang" n'est autre que cette explosion d'amour qui crée le monde visible à qui communique sa vie. Pour que cet amour puisse se répandre à toutes les créatures, Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance, car dans l'homme devait s'incarner le Fils de Dieu, l'homme devait devenir le point de conjonction entre la création et l'incréé. Et à travers l'homme, l'amour de Dieu se serait communiqué à tout l'univers.

Dans l'incarnation du Verbe, se réalise le projet d'amour de la Trinité, en faisant du Christ le centre de l'univers, parce que "toutes choses ont été créées par lui et pour lui. Il est le premier de toutes créatures et elles toutes existent en lui." [5]

L'homme serait élevé à la dignité de fils de Dieu.
Alors le cœur de Dieu commença à battre dans un cœur humain et toute la divinité prit possession de l'humanité. Dieu devint homme, non pas pour être comme l'homme, mais pour élever l'homme à la dignité de fils de Dieu.

Et pour réaliser cela, Dieu choisit Marie dont l'humilité rejoint celle du Fils de Dieu qui se fait homme.
Et pour réaliser cela, Dieu choisit parmi les hommes la plus petite, la "plus humble" parmi les fils et les filles de l'Israël. Si Marie avait été une fille de roi, ou la plus riche de la Palestine de cette époque, Dieu ne l'aurait pas remarqué, mais "il a regardé l'humilité de sa servante" (Lc 1, 48).

C'est alors que saint François comprit que l'humilité à suivre est celle de Marie, qui se joignit parfaitement à celle du Fils de Dieu qui se faisait homme.

L'humilité du Très-haut rencontre l'humilité de la jeune fille de Nazareth et à ce moment-là des deux "oui" s'unissent dans les noces mystiques entre la nature divine et la nature humaine, dans l'assentiment commun à la volonté du Père.

Saint François a devant lui les deux modèles de la vie chrétienne parfaite, qu'il veut suivre en imitant leur attitude de vie et leur pauvreté [6].


[1] Dans François d'Assise, Ecrits, sources chrétiennes 285, Cerf, Paris 1981, p. 229
[2] François d'Assise, lettre aux fidèles II, 5 ; François d'Assise, Ecrits, sources chrétiennes 285, Cerf, Paris 1981, p. 232
[3] Cf. Id., Chartula frati Leoni data, Laudes Dei altissimi, 3.
[4] Cf. Prefazio della IV Preghiera Eucaristica.
[5] Col 1,16-17.
[6] Cf. Francesco, Ultima voluntas sanctae Clarae scripta, 1.


Lire plus sur saint François d'Assise...
Cf. S. CECCHIN,
Maria Signora Santa e Immacolata nel pensiero francescano,
PAMI, città del Vaticano, 2001, p. 53- 54



(A SUIVRE)

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mar 27 Déc 2016 - 17:28




Saint Jean l’Évangéliste, apôtre et "Théologien" : un géant trop méconnu




Présentation du destin unique d'un simple pêcheur de Galilée, disciple de Jean-Baptiste à l’adolescence, apôtre bien aimé du Christ Jésus pendant 3 ans, fils de la Vierge Marie après la Croix pendant 20 ans, enseignant à Ephèse pendant 40 ans, qui va devenir après la vision de l'Apocalypse à Patmos le plus grand « Théologien », écrivant en son vieil âge les trois Épîtres qui révèlent que « Dieu est amour » et l’Évangile qui expose en plénitude le mystère de l'Incarnation et qui clôt définitivement la Révélation.





00:47 : un apôtre très atypique
03:20 : naissance et enfance à Bethsaïde
06:00 : disciple de Jean-Baptiste à l’adolescence
07:20 : apôtre bien-aimé du Christ pendant 3 ans
08:25 : fils de Marie pendant 20 ans
10:30 : exil à Éphèse en 36 après JC
13:50 : création de la vie contemplative et religieuse à Éphèse
16:18 : méditation du mystère de l’Annonciation
23:33 : enseignant à Éphèse pendant 40 ans
25:30 : martyr à Rome sous Domitien
28:25 : exil à Patmos et révélation de l’Apocalypse
31:31 : rédaction des Épîtres et de l’Évangile à Éphèse
33:00 : tombeau vide et apparitions dans l’Eglise

Questions :

35:50 : Y a -t-il d’autres écrits ou traditions sur Saint Jean ?
40:40 : Comment expliquer que Jean ait des connaissances au Temple ?
44:00 : Pourquoi beaucoup croient-ils qu’il y a plusieurs Jean ?

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 29 Déc 2016 - 20:12




Maria Valtorta, un don de Dieu validé par la science



Inscription pour la seconde journée des amis de Maria Valtorta


Les extraordinaires visions de Maria Valtorta (15.000 pages écrites à la main, d'une traite, sans ratures) proposent notamment plusieurs centaines de visions de l’Évangile avec une multitude de détails (70 groupes ethniques, 750 personnages, 220 villages, 110 sites géographiques, 150 plantes, 200 espèces animales, 50 espèces minérales, etc.) qui ont pu être validés par la science (10.000 cas sans erreur et sans aucun anachronisme, étudiés par Jean-François Lavère). On a aussi pu reconstituer à partir de 5.000 indications spatio-temporelles contenues dans ces visions un "calendrier de Jésus au jour le jour" (Jean Aulagnier) qui précise la date de chaque scène de l’Évangile dans notre calendrier actuel et ce calendrier est parfaitement cohérent avec le calendrier des phases lunaires (indépendant) sur plus d'une centaine de visions qui décrivent la position et les phases de la lune. Nous avons là parmi bien d'autres faits sidérants, "une preuve à la Saint Thomas" du caractère surnaturel de cette oeuvre unique au monde qui mérite d'être bien plus largement connue ! ...

NB : Si vous avez peu de temps allez directement à 09:17







◦ 00:00 : un don de Dieu ou la création d'une femme ?
◦ 00:30 : 1ère précision : le nom originel en italien était "le poème de l'homme-Dieu" mais les traducteurs en français ont choisi : "L’Évangile tel qu'il m'a été révélé" ce qui est valable si on est bien conscient qu'il s'agit d'une révélation qu'on ne peut comparer à celle de l’Évangile
◦ 01:25 : 2ème précision : l'Eglise met toujours du temps à discerner les grandes œuvres de Dieu et c'est normal
◦ 03:05 : le conseil de Saint Paul : "n'éteignez pas l'Esprit Saint, ne dépréciez pas le don de prophétie, mais vérifiez tout et ce qui est bon, gardez-le" (1 Th 5,20)
◦ 03:25 : qui était Maria Valtorta ? quelques dates de sa vie
◦ 05:28 : quelle fut son oeuvre ? 15.000 pages manuscrites
◦ 06:45 : après sa mort : diffusion, réactions & les 3 grandes études
◦ 09:17 : Les études de Jean Aulagnier et le calendrier de Jésus au jour le jour
◦ 10:44 : la vérification par la Lune : "preuve à la Saint Thomas"
◦ 13:44 : un exemple extraordinaire
◦ 16:40 : les études de Jean-François Lavère : 10.000 détails analysés
◦ 19:45 : d'innombrables domaines scientifiques concernés
◦ 20:20 : en résumé : "une preuve à la Saint Thomas"
◦ 23:17 : quelques exemples ... parmi 10.000 !
◦ 24:15 : localisation de Corozaïn, Capharnaum et Bethsaïde
◦ 25:03 : le lieu des Béatitudes aux Cornes d'Hattin
◦ 25:30 : le lieu d'élection des Douze aux Grottes d'Arbel
◦ 25:43 : le lieu de la fuite en Egypte à Mataréa
◦ 26:07 : le lieu du Palais de Lazare retrouvé à Jérusalem
◦ 26:14 : la description parfaite de Jérusalem dans tous ses détails
◦ 26:18 : la description de la vie courante : charrue, feu, vendanges, vin, etc.




Maria Valtorta : Le don extraordinaire pour notre temps


Conférence de Francois-Michel Debroise à l'église d'Auteuil lors de le 1ère journée nationale des amis de Maria Valtorta à Paris le 28 mai 2016 . http://www.maria-valtorta.org - www.associationmariavaltorta.fr - - Pour se procurer les livres de Maria Valtorta : http://www.asonimage.fr/search.aspx?q...

Livres de François-Michel Debroise :

- "Maria Valtorta, visionnaire et mystique pour notre temps" http://www.asonimage.fr/A-3407-maria-...
- "Maria Valtorta et l'Eglise"
http://www.asonimage.fr/A-3152-maria-...
- "Dictionnaire des personnages de l'Evangile selon Maria Valtorta" avec René Laurentin et Jean-François Lavère http://www.asonimage.fr/A-1969-dictio...
- "La vierge des derniers temps" avec René Laurentin
http://www.asonimage.fr/A-3420-la-vie...




◦ 00:15 : Maria Valtorta : Le don extraordinaire pour notre époque
◦ 00:52 : Le siècle de Satan
◦ 02:17 : Un don extraordinaire
◦ 04:03 : Teneur eschatologique de l’œuvre
◦ 05:38 : Le signe des temps
◦ 07:13 : La Bonne Nouvelle ré-évangélisée
◦ 08:19 : Pourquoi et pour quoi ?
◦ 11:42 : Le visage de Jésus restitué
◦ 13:54 : Le traumatisme de la mise à l’index
◦ 17:24 : La surprenante argumentation
◦ 22:51 : Le Ciel s’en mêle
◦ 24:39 : Une décision périmée
◦ 25:33 : Une position officielle
◦ 26:33 : L’imprimatur conditionnel
◦ 28:44 : Des cautions morales inattaquables
◦ 32:28 : Valeur doctrinale de l’œuvre
◦ 36:43 : Maria Valtorta est une âme victime
◦ 40:10 : Eclairage sur les corédempteurs
◦ 41:57 : « Mon style est unique »
◦ 47:10 : Le don prophétique
◦ 48:20 : La nouvelle Pentecôte



La position de l'Eglise sur Maria Valtorta - Par François-Michel DEBROISE



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Ven 30 Déc 2016 - 21:00




Pourquoi suis-je sauvé par la mort d'un homme il y a 2000 ans ?



Portrait de Jésus à partir du Saint suaire de Turin


La Rédemption est le plan d’amour de Dieu, qui est Justice et Miséricorde : Dieu s’est révélé à Moïse et a donné la Loi qui donne la Vie (Dt 30,16), mais « tous ont péché » (Rm 3,9) et personne ne réussit à se sauver par la Loi.

Jésus est le Dieu fait homme qui peut pardonner les péchés et accomplir la Loi parfaitement pour lui-même et pour les multitudes à qui il s’est uni à la Cène, le soir du Jeudi saint.

Par ce Pacte d’alliance avec nous, Jésus scelle son destin au nôtre : il prend sur lui nos péchés et « devient » le Rédempteur.
Le Christ devient « malédiction » (Ga 3,13) pour nous et c’est comme si Dieu, qui n’a rien de commun avec le péché (2 Co 6,15), se retirait, le laissant seul. C’est l’heure des ténèbres (Lc 22,35).

La victoire du Christ sur la Croix est que son amour a infiniment dépassé le poids de tous les péchés du monde. En son corps, il a tué la haine (Eph 2,15) et il nous a rachetés au prix de son sang.

Après la mort du Christ, Dieu juge en toute justice, que le Christ total mérite la Résurrection.

Nous ne sommes sauvés que sous son manteau, en « revêtant le Christ » (Ga 3,27) par le Baptême. Si nous choisissons la circoncision, le Christ ne nous sert plus à rien (Ga 5,2) et il faut respecter toute la Loi.

Il n’y a pas d’autre Chemin (Jn 14,6) et ceux qu’il a rachetés doivent maintenant vivre avec Lui, en hommes nouveaux (2 Co 5,17).

La Messe est le rappel et la ratification de cette Alliance qui nous unit au Christ (Mt 26,26) et qui nous sauve en son sang pour la vie éternelle (Jn 6,54).







00:00 : Pourquoi la mort du Christ est-elle si différente de celle de tout autre homme ?
00:40 : Au Sinaï, Dieu fait Alliance avec Moïse et lui offre la Loi qui donne la vie
01:04 : Mais Saint Paul constate qu'en pratique personne n'arrive à vivre cette Loi
01:21 : Le Nouveau Testament est la proposition d'une Alliance Nouvelle en Jésus, qui est scellée à la Cène
02:21 : Par cette Alliance, Jésus prend sur lui tout le péché du monde et il entre en agonie avant que quiconque ne le touche
03:10 : Le Linceul de Turin témoigne de cette agonie du Christ (cf. http://www.netforgod.tv)
04:01 : Le Christ accomplit toute la Loi, pour lui-même et pour nous
04:45 : Après la Passion, Dieu juge que le Christ total, tête et corps réunis, mérite la Résurrection
05:20 : Il n'y a qu'un seul Ressuscité : le Christ, et nous n'entrons au ciel qu'en lui, sous son manteau
05:36 : C'est par le Baptême seulement qu'on est incorporé au Christ
05:58 : il n'y a que 2 voies : soit la Loi, soit le Christ, qui a accompli la Loi pour nous.
06:45 : La Messe rend présent le moment de la Cène et nous invite à vivre de l'Alliance
07:29 :
Heureux les invités au festin des noces de l'Agneau !


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Lun 2 Jan 2017 - 21:34




Données générales sur l’icône





L'atelier :

De tout temps les iconographes se sont regroupés en "ateliers", tout comme les Compagnons du Moyen-Âge, non seulement pour recevoir un enseignement ou pouvoir mieux « pratiquer » l'abnégation de soi, par humilité et véritable anonymat, mais surtout afin que le peintre d'icônes isolé ne puisse commettre des erreurs dogmatiques. Le regroupement permet une certaine vérification et obéissance à la Tradition, c'est-à-dire à ceux qui nous ont précédés dans la Vérité. L'iconographe ne peut faire cavalier seul : c'est pourquoi, également, l'iconographe reçoit son « ministère » de l'Église. C'est au sein de la communauté ecclésiale qu'il remplit pleinement sa fonction. Le peintre d'icônes n'est ni artiste, ni artisan indépendant ; il exerce un ministère de l'Église.

La matérialité de l'icône :

Tous les matériaux proviennent du monde minéral, végétal ou animal. Ils sont appelés à participer à la transfiguration du cosmos.
La planche est recouverte d'un fond toilée et d'une enduit appelé levka en russe et formé de colle mélangé à une poudre de pierre blanche (albâtre ou chaux).
Le procédé de peinture de l'antiquité, la peinture à l'encaustique, a été abandonnée remplacée à partir du VIII° siècle par la détrempe à l'œuf, dite tempera.
En général, l'or couvre les fonds (de fines feuilles d'or pur) et souligne le volume des vêtements (de fines hachures : l'assiste).
Avant d'être exposée à la poussière et aux bougies, l'icône est recouverte d'un enduit appelé olifa, et préparé à partir d'huile de lin.

L'icône est le signe d'une présence invisible :

L'icône reçoit toujours un nom qui l'investit d'une présence.
Les formes architecturales, les montagnes et la végétation qui forment l'arrière plan sont toujours subordonnées aux personnes occupant l'avant-scène.
Loin d'exprimer le mouvement physique, les plis des vêtements dévoilent le rythme spirituel de l'être.
Les personnages ruissellent de la lumière. L'icône ignore les ombres.

L'icône est le signe d'une présence invisible. Elle sait être figurative lorsqu'elle représente les traits d'un saint, mais la dimension spirituelle domine. Le corps n'a rien de charnel, et donc rien de putrescible. Evacuée, la chair fait place à un corps transfiguré, rempli des énergies divines.

Si l'icône annonce la joie au monde, l'ascétisme ambiant imprime une touche de tristesse. La joie de Pâques est inconcevable sans la Passion au terme de laquelle le Christ ressuscite.

Le fond de l'icône s'appelle « lumière », on recours en général à l'ocre ou aux feuilles d'or.
L'or n'existe pas dans la nature et symbolise donc la lumière incréée, qui investi la créature, la transfigure et lui permet déjà de goûter au Paradis.

Le fond doré forme une barrière opaque que l'œil ne pourra pénétrer, la présence de Dieu est ainsi manifestée dans sa dimension mystérieuse.
L'or symbolise le feu de la prière.
Parfois, les les icônes ont un fond rouge. Le rouge représente le feu ardent qui contient les énergies divines, qui anime les créatures et leur insuffle la vie. C'est aussi une allusion au sang du Christ versé pour sauver l'humanité.

Le visage domine tout :

Les Grecs de l'Antiquité nomment l'esclave aprosôpos, c'est-à-dire celui qui n'a pas de visage. Or, en prenant visage humain, Dieu nous restitue, un visage à son image, enchaînés (aprosôpos) que nous étions par le péché.



Temps et lieu :

Tous les temps et tous les lieux peuvent se rejoindre dans le même point. Le temps-prison et l'espace-prison n'ont pas cours ici. L'icône de la Nativité en offre un parfait exemple. La scène dépeinte se joue devant la grotte, jamais à l'intérieur. L'iconographe souligne de cette façon que l'événement déborde le lieu historique et le moment de sa réalisation.

L'icône, image purificatrice :

« La lampe du corps, c'est ton oeil. Lorsque ton oeil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. » (Lc 11, 34)

L'icône purifie et enseigne à développer le regard intérieur.

L'icône est l'image d'un monde non pas désincarné, (dans le sens qu'il refuserait la création) mais transformé, transfiguré, rendu transparent par une spiritualisation qui englobe le cosmos entier.
L'icône du Christ, sa Face, "non faite de main d'homme", se trouve à la base de toutes les représentations du visage humain.

Ce visage de Dieu fait homme sacralise les autres visages.
En tant que représentation de la Réalité transcendante, l'icône emplit notre vision d'un univers de beauté.



Source :
Michel Quenot, L'icône, fenêtre ouverte sur le Royaume, Cerf, Paris 2001, p. 99-118, et 171-172.
Olga Popola, Engelina Smirnova, Paola Cortesi, Les icônes, Solar, Paris 1996, p. 53.61.

http://www.pagesorthodoxes.net/eikona/damasc.htm#silence


Les icônes de la Mère de Dieu


Introduction[1]

Les icônes de la Mère de Dieu sont très nombreuses car la place de la Vierge est éminente dans la théologie est la liturgie de l'Eglise.
Elle est toute entière vouée au dessein de salut de la Trinité, étant parmi les créatures celles qui y a le mieux correspondu.
Elle est la Mère de Dieu par sa prière, engendrant toujours de nouveaux fils à la vie divine.
Paul Evdokimov a pu écrire : « Marie n'est pas une femme parmi les femmes, mais l'avènement de la Femme restituée dans sa virginité maternelle. »
Elle est toute relative au Christ et aux hommes qu'elle conduit à Lui.
Dans la plupart des icônes, elle se tourne vers les hommes, cherchant à répondre aux besoins spirituels des fidèles.





Icônes de la Mère de Dieu :

- La Vierge "Kyriotissa" ("Celle qui règne en majesté"). La Théotokos siège sur un trône en présentant l'enfant Jésus.
Moscou, Kolomenskoïe, "l'icône rouge"







- La Vierge "Hodiguitria" ("Celle qui montre le chemin"). La Theotokos porte Jésus et le désigne.
Explications et divers exemples  
Exemple : La vierge de Kazan, une histoire nationale





- Les variantes de la Vierge de tendresse se dénomment "Eléousa" (la miséricordieuse) "Oumilénie" (attendrissement) "Glykophilousa" (La douce Aimante), "Amolyntos" (L'Immaculée).
Explications et exemples  





- "La Vierge de la Passion".
Proche des modèles Hodoghitria et Oumilénie, ce type en diffère cependant. En effet, deux anges présentent à Jésus les instruments de la passion et l'enfant dans un mouvement d'angoisse, se tient à sa mère. La sandale de l'enfant qui se détache est surtout une coutume juive signifiant l'acquiescement à un achat, la Rédemption.
Exemple : Icône de Notre Dame du perpétuel secours.





- "La Vierge "Orante". La Vierge, les mains levées, avec ou sans l'Enfant, est parfois appelée « Platytera » (« Celle qui est plus vaste » que les cieux) car elle contient en son sein celle que l'univers ne peut contenir, Dieu le créateur lui-même.
Exemple : La Vierge orante, Grande Panaghia de Yaroslavl, XII°.
- Les icônes de la "Déisis". La Vierge, saint Jean Baptiste, (et d'autres personnages) sont dans une attitude de supplication, orientés vers le Christ.
Exemple : Théophane le Grec, La Mère de Dieu dans la Deisis, début XV°, cathédrale de l'Annonciation du Kremlin .






- Les modèles rares.
Mère de Dieu Pélagonitissa : Une Vierge de tendresse à lire en lien avec la Passion ?

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Ven 6 Jan 2017 - 23:52




Peut-on croire en l’Évangile et refuser la divinité du Christ ?




Plusieurs groupes dans l'Histoire ont dit accepter l’Évangile sans croire en la divinité du Christ en prétendant notamment que quelques parties du texte auraient été mal traduites ou falsifiées. Mais en réalité, ce ne sont pas seulement quelques versets qui témoignent en faveur de la divinité du Christ : c'est l'ensemble du Nouveau Testament dans toutes ses parties qui révèle son mystère de manière constante et forte.

Dieu s'est révélé dans la Première Alliance avec Israël pendant des siècles et le Nouveau Testament va utiliser cette grammaire pour expliciter le mystère du Christ, qui est le cœur de l’Évangile : en définitive, tout ce qui était réservé à Dieu dans l'Ancien Testament sera systématiquement attribué au Christ par le Nouveau Testament et dès l'origine, les premières communautés chrétiennes ont rendu au Christ le culte d'adoration qui était réservé à Dieu seul.

Dès lors, comment on pourrait accepter globalement l’Évangile et nier la divinité du Christ ?







00:03 : plusieurs groupes dans l’Histoire ont accepté l:Évangile en niant la divinité du Christ
01:00 [/b]: 1. Qui est vraiment Jésus ?
01:24 : 1er problème : impossibilité pour Jésus de se présenter comme Dieu
01:47 : 2ème problème : Jésus a lui-même présenté cette question comme un mystère à découvrir
02:09 : 3ème problème : qui est Dieu ? Il faut d’abord éclaircir son concept
02:20 : 2. Dieu s’est révélé, progressivement, sur plusieurs siècles dans l’Ancien Testament
03:23 : 3. Jésus se révèle ensuite et le Nouveau Testament lui attribue tout ce qui était réservé à Dieu
03:33 : Tous les titres de Dieu lui sont attribués
04:00 : On doit à Jésus tout ce qu’on doit à Dieu
04:30 : Jésus accepte toutes les formes de culte
04:44 : Rien n’est excessif pour Lui
05:10 : Il a été condamné pour blasphème et crucifié pour cela
05:35 : Plusieurs passages le désignent comme Dieu
06:00 : Jésus déploie un autorité stupéfiante, reconnue d’emblée par les premiers chrétiens
06:40 : Jésus révèle l’ensemble de la Trinité
07:00 : Conclusion

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 12 Jan 2017 - 22:11




Jean Paul II nous révèle Marie Mère de Miséricorde




C'est à Marie, Mère de Dieu et Mère de Miséricorde, que nous confions nos personnes, les épreuves et les joies de notre existence, la vie morale des croyants et des hommes de bonne volonté, ainsi que les recherches des moralistes.

Le pape Jean Paul II nous explique que Marie est Mère de Miséricorde parce que Jésus Christ, son Fils, est envoyé par le Père pour être la révélation de la Miséricorde de Dieu (cf. Jn 3, 16-18). Il est venu non pour condamner, mais pour pardonner, pour faire usage de la miséricorde (cf. Mt 9, 13). Et la plus grande miséricorde, c'est, pour lui, d'être au milieu de nous et de nous adresser son appel à venir à Lui et à Le reconnaître, en union avec Pierre, comme « le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Il n'est aucun péché de l'homme qui puisse annuler la Miséricorde de Dieu, l'empêcher d'exercer toute sa puissance victorieuse aussitôt que nous y avons recours. Au contraire, la faute elle-même fait resplendir encore davantage l'amour du Père qui, pour racheter l'esclave, a sacrifié son Fils: 181 sa miséricorde envers nous, c'est la Rédemption. Cette miséricorde atteint sa plénitude par le don de l'Esprit, qui engendre la vie nouvelle et l'appelle. Si nombreux et si grands que soient les obstacles semés par la faiblesse et le péché de l'homme, l'Esprit, qui renouvelle la face de la terre (cf. PS 104/103, 30), rend possible le miracle du parfait accomplissement du bien. Un tel renouvellement, qui donne la capacité de faire ce qui est bon, noble, beau, agréable à Dieu et conforme à sa volonté, est en quelque sorte l'épanouissement du don de miséricorde, qui délivre de l'esclavage du mal et donne la force de ne plus pécher. Par le don de la vie nouvelle, Jésus nous rend participants de son amour et nous conduit au Père dans l'Esprit.

Voilà la certitude réconfortante de la foi chrétienne - nous confie Jean Paul II - qui lui vaut d'être profondément humaine et d'une extraordinaire simplicité. Parfois, dans les discussions sur les problèmes nouveaux et complexes en matière morale, il peut sembler que la morale chrétienne soit en elle-même trop difficile, trop ardue à comprendre et presque impossible à mettre en pratique. C'est faux, car, pour l'exprimer avec la simplicité du langage évangélique, elle consiste à suivre le Christ, à s'abandonner à Lui, à se laisser transformer et renouveler par sa grâce et par sa miséricorde qui nous rejoignent dans la vie de communion de son Église. « Qui veut vivre, nous rappelle saint Augustin, sait où vivre, sait sur quoi fonder sa vie. Qu'il approche, qu'il croie, qu'il se laisse incorporer pour être vivifié! Qu'il ne craigne pas la compagnie de ses frères ! ». 182  Avec la lumière de l'Esprit, tout homme, même le moins savant, et surtout celui qui sait garder un « cœur simple » (Ps 86/85, 11), peut donc saisir la substance vitale de la morale chrétienne. D'autre part, cette simplicité évangélique ne dispense pas d'affronter la complexité du réel - ajoute Jean Paul II - mais elle peut amener à la comprendre avec plus de vérité, parce que marcher à la suite du Christ mettra progressivement en lumière les traits de l'authentique morale chrétienne et donnera en même temps le ressort vital pour la pratiquer. C'est le devoir du Magistère de l'Église de veiller à ce que le dynamisme de la réponse à l'appel du Christ se développe de manière organique, sans que soient falsifiées ou occultées les exigences morales, avec toutes leurs conséquences. Celui qui aime le Christ observe ses commandements (cf. Jn 14, 15).

Marie est Mère de Miséricorde également parce que c'est à elle que Jésus confie son Église et l'humanité entière. Au pied de la Croix, lorsqu'elle accueille Jean comme son fils, lorsqu'elle demande, avec le Christ, le pardon du Père pour ceux qui ne savent pas ce qu'ils font (cf. Le 23, 34), Marie, en parfaite docilité à l'Esprit, fait l'expérience de la richesse et de l'universalité de l'amour de Dieu, qui dilate son cœur et la rend capable d'embrasser le genre humain tout entier. Elle devient ainsi la Mère de tous et de chacun d'entre nous, Mère qui nous obtient la Miséricorde divine.

Marie est un signe lumineux et un exemple attirant de vie morale: « Sa vie seule est un enseignement pour tous », écrit saint Ambroise 183 qui, s'adressant particulièrement aux vierges, mais dans une perspective ouverte à tous, déclare : « Le premier et ardent désir d'apprendre, la noblesse du maître vous le donne. Et qui est plus noble que la Mère de Dieu? Qui est plus splendide que celle qui fut élue par la Splendeur elle-même? »184 Marie vit et met en œuvre sa liberté en se donnant elle-même à Dieu et en accueillant en elle le don de Dieu. Elle garde en son sein virginal le Fils de Dieu fait homme jusqu'au moment de sa naissance, elle l'élève, elle le fait grandir et elle l'accompagne dans ce geste suprême de liberté qu'est le sacrifice total de sa vie. Par le don d'elle-même - analyse Jean Paul II - Marie entre pleinement dans le dessein de Dieu qui se donne au monde. En accueillant et en méditant dans son cœur des événements qu'elle ne comprend pas toujours (cf. Lc 2, 19), elle devient le modèle de tous ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent (cf. Lc 11, 28) et elle mérite le titre de « Trône de la Sagesse ». Cette Sagesse, c'est Jésus Christ lui-même, le Verbe éternel de Dieu, qui révèle et accomplit parfaitement la volonté du Père (cf. He 10, 5-10). Marie invite tout homme à accueillir cette Sagesse. C'est à nous aussi qu'elle adresse l'ordre donné aux serviteurs, à Cana de Galilée, durant le repas de noces: « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2, 5).

Marie partage notre condition humaine, mais dans une transparence totale à la grâce de Dieu. N'ayant pas connu le péché, elle est en mesure de compatir à toute faiblesse. Elle comprend l'homme pécheur et elle l'aime d'un amour maternel. Voilà pourquoi elle est du côté de la vérité et partage le fardeau de l'Église dans son rappel des exigences morales à tous et en tout temps. Pour la même raison, elle n'accepte pas que l'homme pécheur soit trompé par quiconque prétendrait l'aimer en justifiant son péché, car elle sait qu'ainsi le sacrifice du Christ, son Fils, serait rendu inutile. Aucun acquittement, fût-il prononcé par des doctrines philosophiques ou théologiques complaisantes, ne peut rendre l'homme véritablement heureux, affirma le pape Jean Paul II : seules la Croix et la gloire du Christ ressuscité peuvent pacifier sa conscience et sauver sa vie.


O Marie,
Mère de Miséricorde,
veille sur tous,
afin que la Croix du Christ
ne soit pas rendue vaine,
que l'homme ne s'égare pas
hors du sentier du bien,
qu'il ne perde pas la conscience du péché,
qu'il grandisse dans l'espérance en Dieu,
« riche en miséricorde » (Ep 2, 4),
qu'il accomplisse librement les œuvres bonnes
préparées d'avance par Dieu (cf. Ep 2, 10)
et qu'il soit ainsi, par toute sa vie,
« à la louange de sa gloire » (Ep 1, 12).


Notes:

181 « O insestimabilis dilectio caritatis: ut servum redimeres, Filium tradidisti! »: Missale Ramanum, In Resurrectione Domini, Prxconium paschale.
182 In lohannis Evanglium Tractatus, 26, 13: CCL, 36, 266.
183 De Virgnibus, ïï, 2, 15: PL 16, 222.
184 Ibid., II, 2, 7: PL 16, 220.



*****


Marie, Reine et Mère de miséricorde

« Ô Reine et Mère de miséricorde, qui dispensez les grâces à tous ceux qui recourent à vous, avec la libéralité d'une Reine, et l'amour de la plus tendre mère ; je me recommande à vous, dénué que je suis de mérites et de vertus, et insolvable envers la justice divine. Ô Marie, vous tenez la clé des célestes miséricordes ; ne vous souvenez pas de mes péchés, et ne me laissez pas dans cet affreux dénuement. Vous êtes si libérale avec tous, accordant toujours plus qu'on ne vous demande, montrez-vous de même à mon égard. Ma souveraine, protégez-moi ; là se bornent mes voeux. Je ne crains pas les démons, car vous êtes plus puissante que l'enfer ; je ne redoute point mes péchés, car un mot que vous adresserez à Dieu suffira pour obtenir un pardon général ; je ne tremble pas devant l'indignation du Seigneur, que j'ai offensé, car il s'apaise à une seule de vos prières. En un mot, si vous me protégez, j'espère tout, parce que vous pouvez tout. Ô Mère de miséricorde, je sais que vous trouvez du plaisir et de la gloire à soulager les plus misérables, et que, dès qu'ils ne s'obstinent pas dans le mal, vous pouvez les secourir. Je suis pécheur, mais, loin de m'obstiner, je veux changer de vie ; ainsi vous pouvez venir à mon aide ; secourez-moi et sauvez-moi. Je me remets aujourd'hui entièrement dans vos mains. Dites-moi ce que je dois faire pour plaire à Dieu, et je le ferai ; j'espère le faire avec votre secours, ô Marie, ma Mère, ma lumière, ma consolation, mon refuge, mon espérance. Ainsi soit-il. »

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Les gloires de Marie, Tome I (Ch. V, prière), Traduction nouvelle conforme au texte italien, A Paris, Chez Gaume Frères, Libraires, 1832.


*****




O Mère bien-aimée, vous qui connaissez si bien les voies de la sainteté et de l'amour, apprenez-nous à élever souvent notre esprit et notre coeur vers la Trinité, à fixer sur Elle notre respectueuse et affectueuse attention.
Et puisque vous cheminez avec nous sur le chemin de la vie éternelle, ne demeurez pas étrangère aux faibles pèlerins que votre charité veut bien recueillir; tournez vers nous vos regards miséricordieux, attirez-nous dans vos clartés, inondez-nous de vos douceurs, emportez-nous dans la lumière et dans l'amour, emportez-nous toujours plus loin et très haut dans les splendeurs des cieux.
Que rien ne puisse jamais troubler notre paix, ni nous faire sortir de la pensée de Dieu; mais que chaque minute nous emporte plus avant dans les profondeurs de l'auguste Mystère, jusqu'au jour où notre âme, pleinement épanouie aux illuminations de l'union divine, verra toutes choses dans l'éternel amour et dans l'unité. Amen


Marthe Robin (1902-1981)
Raymond Peyret, Marthe Robin, la Croix et la Joie. Editions Peuple Libre.11 octobre 1981, p. 153

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mer 18 Jan 2017 - 10:54




Marie, modèle des mères des prêtres





« Causa nostrae Letitiae - Cause de notre joie » !


Le peuple chrétien a toujours vénéré, avec une profonde gratitude, la Bienheureuse Vierge Marie, contemplant en elle la cause de toute vraie joie. En effet, en accueillant la Parole éternelle en son sein immaculé, la Très sainte Vierge Marie a mis au monde le grand prêtre éternel, Jésus-Christ, unique Sauveur du monde. En lui, Dieu lui-même est venu à la rencontre de l'homme, il l'a libéré du péché et lui a donné la vie éternelle, c'est-à-dire sa propre vie. En adhérant à la volonté de Dieu, Marie a donc participé, de manière unique et inimitable, au mystère de notre rédemption, devenant ainsi Mère de Dieu, Porte du ciel et Cause de notre joie.

De la même manière, l'Eglise toute entière regarde avec admiration et profonde gratitude toutes les mamans des prêtres et de ceux qui, ayant reçu cette très haute vocation, ont entrepris un chemin de formation, et c'est avec une joie profonde que je m'adresse à elles.

Les fils qu'elles ont accueillis et éduqués, en effet, ont été choisis par le Christ de toute éternité, pour devenir ses « amis bien-aimés » et être ainsi l'instrument vivant et indispensable de sa présence dans le monde. Par le moyen du sacrement de l'Ordre, la vie des prêtres est définitivement prise par Jésus et immergée en lui de telle sorte que c'est Jésus lui-même qui, en eux, passe et œuvre parmi les hommes. [...]

La vocation sacerdotale, normalement, trouve dans la famille, dans l'amour des parents et dans une première éducation à la foi, ce terrain fertile dans lequel la disponibilité à la volonté de Dieu peut s'enraciner et puiser la nourriture indispensable. En même temps, toute vocation représente, y compris pour la famille au sein de laquelle elle naît, une nouveauté particulière qui échappe aux paramètres humains et appelle toujours chacun à la conversion. [...]

La nouvelle « paternité » à laquelle le séminariste se prépare, qui est donnée au prêtre et dont bénéficie tout le peuple saint de Dieu, a besoin d'être accompagnée par la prière assidue et par le sacrifice personnel, pour que sa liberté d'adhésion à la volonté de Dieu soit continuellement renouvelée et fortifiée ; elle en a aussi besoin pour que les prêtres ne se lassent jamais, dans le combat quotidien de la foi et qu'ils unissent toujours plus totalement leur propre vie au sacrifice du Christ et Seigneur.

Une telle mission de soutien authentique, toujours nécessaire dans la vie de l'Eglise, apparaît aujourd'hui plus urgente que jamais, surtout dans notre Occident sécularisé, qui attend et demande une annonce du Christ nouvelle et radicale, et les mamans des prêtres et des séminaristes représentent une véritable « armée » qui, de la terre, élève vers le ciel prières et offrandes et qui, du ciel où elle est encore plus nombreuse, intercède pour que chaque grâce soit reversée sur la vie des pasteurs sacrés.

C'est pour cela que je désire de tout mon cœur encourager toutes les mamans des prêtres et séminaristes et leur adresser des remerciements tout particuliers, et avec elles, je m'adresse à toutes les femmes, consacrées et laïques, qui ont accueilli, parfois suite à l'invitation qui leur a été lancée pendant l'Année sacerdotale, le don de la maternité spirituelle envers ceux qui sont appelés au ministère sacerdotal. Elles offrent leur vie, leur prière, leurs souffrances et leurs fatigues, ainsi que leurs joies, pour la fidélité et la sanctification des ministres de Dieu, devenant ainsi participantes, à titre spécial, de la maternité de la sainte Eglise, qui a pour modèle et pour accomplissement la divine maternité de la Très sainte Vierge Marie.

Enfin, mes remerciements montent vers le ciel, vers ces mères qui, déjà rappelées de cette terre, contemplent désormais pleinement la splendeur du sacerdoce du Christ, dont leur fils sont devenus participants, et qui intercèdent pour eux, de façon unique et, mystérieusement, beaucoup plus efficace.

Vous adressant mes vœux les plus chers pour une nouvelle Année de grâce, de tout cœur, je vous accorde à toutes et à chacune ma bénédiction la plus affectueuse, implorant pour vous, auprès de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère des prêtres, le don de lui ressembler, elle qui est la parfaite disciple et "Fille de son Fils".



Cardinal Piacenza, préfet de la Congrégation pour le clergé, Lettre « aux mères des prêtres et des séminaristes et à toutes celles qui exercent envers eux le don de la maternité spirituelle, en la solennité de la Très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu », le 1er janvier 2013




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Ven 20 Jan 2017 - 16:57




« La Vierge Marie ne m’a pas parlé, mais j’ai tout compris »




« Elle ne m’a pas parlé, mais j’ai tout compris » : le jeune Alphonse Ratisbonne racontera en ces termes l’expérience spirituelle qu’il a vécue à Rome, en l’église Sant’Andrea delle Fratte, le 20 janvier 1842. C’est aujourd’hui l’anniversaire de cette « rencontre » avec la Vierge Marie qui a bouleversé sa vie.

L’église, située à deux pas de la place d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte Thérèse de Lisieux (lors de son voyage à Rome, son père, elle et sa sœur étaient logés dans un hôtel voisin) et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau représentant la Vierge Marie, comme sur la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris.

Cette médaille avait été offerte à Rome par les jeunes filles d’un proche de sa famille, M. Théodore de Bussière, au jeune Alphonse Ratisbonne, juif non pratiquant de Strasbourg, alors fiancé, et en voyage en Italie. M. de Bussière lui avait aussi communiqué sur un papier la prière du « Memorare », mais en lui demandant de bien vouloir la recopier pour lui rendre l’original. Ratisbonne avouera avoir été saisi par la force de cette prière alors qu’il la recopiait.

Monsieur de Bussière, qui devait faire des démarches pour les funérailles d’un autre ami, l’ambassadeur de France à Rome, le comte de la Ferronnays – qui avait décidé de prier spécialement pour le jeune homme –, a proposé à Ratisbonne, en visite de congé, de l’accompagner. Au sortir de la sacristie, il a trouvé Ratisbonne à genoux et en larmes. Il réussit à dire : « Oh ! Monsieur de La Ferronnays a tant prié pour moi », et puis : « Que Dieu est bon ! »

Il fera plus tard ce récit : « J’étais depuis un instant dans l’église lorsque tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille ; elle m’a fait signe de la main de m’agenouiller, une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris. »

Le 31 janvier, il fut baptisé en l’église du « Gesù », et, lui qui détestait l’Eglise et le clergé, devint prêtre, à l’instar de son frère aîné Théodore, et il fonda, avec celui-ci, la congrégation (masculine et féminine) de Notre-Dame de Sion. Il repose non loin de Jérusalem, à Aïn Karim.

La congrégation de Notre-Dame de Sion est engagée dans le dialogue avec le judaïsme et promeut l’étude de l’hébreu et la connaissance de la tradition juive, contribuant ainsi à la lutte contre l’antisémitisme. Plusieurs membres ont reçu le titre de « Justes parmi les Nations » de la part du gouvernement d’Israël pour leur engagement pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver des Juifs.

Des familles ont été cachées notamment chez les religieuses de Rome, sur le Janicule : les femmes sous l’habit religieux, les hommes étant logés dans la serre. Les supérieures de l’époque ont reçu le titre de « Justes » à titre posthume.

En 2008, le pape émérite Benoît XVI a évoqué l’anniversaire de l’apparition. Ce 20 janvier 2008 était un dimanche et le pape émérite avait dit ceci à l’angélus, confiant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens à la Vierge Marie : « Que la Mère de Dieu dont on rappelle aujourd’hui l’apparition à Alphonse Ratisbonne, en l’église Sant’Andrea delle Fratte, obtienne du Seigneur pour tous ses disciples l’abondance de l’Esprit Saint, de façon à ce qu’ensemble nous puissions atteindre l’unité parfaite, et offrir ainsi le témoignage de foi et de vie dont le monde a un besoin urgent. »





L’apparition a été reconnue après l’enquête canonique de l’église.
L’image a été peinte par Natale Carta en tenant compte des indications d’Alphonse Ratisbonne. Et un petit sanctuaire marial est constitué, à l’intérieur de cette église dédiée à saint André.




« Souvenez-vous, Ô très pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais ouï dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours et demandé votre suffrage, ait été abandonné. Plein d’une pareille confiance, je viens, Ô vierge des Vierges, me jeter entre vos bras, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô Mère du Verbe, ne dédaignez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. »



ANITA BOURDIN "VISITATIONS" DE MARIE POUR ZENITH

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Lun 23 Jan 2017 - 7:12







Les fiançailles de la Sainte Vierge avec Saint Joseph, par la Mystique et Vénérable Maria d’Agreda


« A l'âge de treize ans et demi […], elle avait fait vœu de virginité perpétuelle en présence de Dieu et des saints anges, et elle n'avait rien de plus à cœur que de conserver toujours ce beau lys de pureté. Mais le Seigneur lui commanda de prendre l'état du mariage, sans lui découvrir encore qu'elle fut choisie pour être la Mère de Dieu. A cet ordre inattendu elle resta très affligée, mais elle suspendit son jugement, et croyant plus fermement qu'Abraham lui-même, elle espéra contre l'espérance, et se résigna à la divine volonté.

Dieu dit en songe à Syméon de chercher un époux pour la fille de Joachim et de rassembler tous les prêtres et les docteurs pour leur exposer que cette enfant était orpheline et qu'elle n'avait aucune volonté de s'engager dans le mariage ; mais que la coutume étant qu'aucune fille ne sortit du temple sans s'établir, il était convenable de lui trouver un mari.
Le saint vieillard obéit aux ordres divins. Il exposa la chose aux prêtres, qui furent d'avis qu'il fallait prier le Seigneur de leur faire connaître quel était celui qu'il avait choisi pour son époux à cette enfant. Ils fixèrent donc un jour auquel tous les jeunes hommes de la famille de David, qui étaient présents à Jérusalem devaient se rassembler dans le temple ; ils choisirent celui où Marie achevait, la quatorzième année de son âge.
Syméon voulut alors donner connaissance à la sainte enfant de leur résolution et l'engager à recommander cette affaire au Seigneur. A cette nouvelle elle ressentit une si vive affliction qu'elle serai morte si Dieu ne l'eut fortifiée de sa divine vertu. Il lui donna cet avis neuf jours avant celui qui avait été fixé ; en ce temps là, tandis que la Sainte Vierge redoublait ses prières afin que la divine volonté s'accomplit sur elle, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Mon épouse et ma colombe, apaisez votre Cœur affligé ; je suis attentif à vos désirs et à vos prières, le prêtre sera conduit par ma lumière ; je vous donnerai un époux qui ne s'opposera pas à vos désirs, et je vous viendrai en aide avec ma grâce.

Je chercherai un homme parfait et selon mon cœur et je le choisirai parmi mes serviteurs ; mon pouvoir est infini et il sera toujours avec vous pour votre protection »
. Ces paroles du Seigneur apaisèrent le cœur de la pure vierge et elle pria de nouveau le Très-Haut de lui conserver la pureté. Elle s'adressa aussi à ses anges qui la consolèrent par les raisons tirées de la puissance de Dieu et de son amour infini envers elle.

Le jour fixé arriva, tous les jeunes hommes de la famille de David s'assemblèrent et Joseph originaire de Nazareth, mais alors habitant à Jérusalem se trouva avec eux. Il était âgé de trente-trois ans, était bien fait de corps, d'un visage agréable et d'une modestie et d'une grâce incomparable. Dès sa douzième année il avait fait vœu de chasteté. Il était parent au troisième degré de la Sainte Vierge.
Les prêtres se mirent en prières afin de régler avec l'assistance divine ce qu'il fallait faire.
Le Seigneur inspira à Syméon de faire prendre une baguette sèche à chaque prétendant et il leur dit que chacun demandât à Dieu de manifester sa divine volonté. Lorsqu'ils étaient tous en prière, on vit fleurir la baguette que tenait Saint Joseph et voler au-dessus de sa tête une blanche colombe entourée d'une splendeur admirable.
En outre Saint Joseph entendit une voix qui lui dit intérieurement : « Joseph mon serviteur, Marie doit être votre épouse, recevez-la avec soin et respect, car elle est agréable à mes yeux, juste, très pure de corps et d'esprit et vous ferez ce qu'elle vous dira ».

Sur la déclaration du ciel les prêtres donnèrent la Très Sainte Vierge pour épouse à Saint Joseph, comme choisi de Dieu. Marie baisa la main à Syméon et à Anne sa maîtresse et sortit du Temple avec son époux et quelques serviteurs du saint lieu et ils allèrent ensemble à Nazareth. Arrivés là, les saints époux visitèrent leurs parents et leurs amis ainsi qu'on la pratique dans ces sortes d'occasions et ils se retirèrent enfin à leur maison.
Alors la Très Pure Vierge pria les anges de l'assister dans ce premier entretien qu'elle devait avoir seule à seule avec un homme. Ils furent tous présents en forme visible ; ils donnèrent une grande force à ses paroles et enflammèrent de charité le cœur de Saint Joseph.
Elle fit alors connaître à son époux le vœu de perpétuelle chasteté qu'elle avait fait, le suppliant de l'aider à l'accomplir ; Saint Joseph lui découvrit de son côté celui qu'il avait fait à l'âge de douze ans. Le cœur des deux chastes époux fut rempli de consolation en voyant l'œuvre du Seigneur dans la conformité de leurs sentiments ; ils renouvelèrent leurs vœux, promirent d'y être fidèles et de s'entraider pour leur perfection.
Après ces promesses, ils partagèrent, l'héritage que Saint Joachim et Sainte Anne leur avait laissé, ils en offrirent une part au Temple, l'autre fut réservée pour les pauvres ; ils gardèrent la troisième pour leur entretien.

Saint Joseph avait appris dans sa jeunesse le métier de charpentier comme un emploi honnête, dans le dessein de gagner sa vie. Il demanda à la Sainte Vierge son épouse, s'il lui serait agréable qu'il exerçât ce métier. La Sainte Vierge y consentit, en l'avertissant que le Seigneur voulait qu'ils fussent pauvres et qu'ils secourussent les pauvres. Elle lui demanda la permission de distribuer des aumônes, ce que le saint époux lui accorda volontiers. Dieu pour augmenter dans Saint Joseph le respect et la vénération qu'il devait à son épouse, voulut qu'elle répandît dans son époux par sa vue et sa présence une crainte respectueuse qui ne peut s'exprimer en paroles. Ces effets résultaient d'une rayonnante splendeur de la divine lumière, unie à une majesté ineffable dont Saint Joseph était pénétré.
Le saint mariage fut célébré le huit septembre, Marie ayant quatorze ans accomplis et Saint Joseph trente-trois ».





Source : Notre Dame des Neiges


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mar 24 Jan 2017 - 9:48







La prière du "Je vous salue Marie" est toute puissante !


"Quand je récite l'Ave Maria, les cieux sourient, les anges se réjouissent, l'univers est dans la jubilation…", disait saint François d’Assise.


Des millions de catholiques récitent quotidiennement la prière du Je vous salue Marie. Parfois à la va-vite, sans penser à ce qu’ils disent. Voici un texte qui pourra nous aider à le faire avec plus de ferveur, en étant davantage conscients de sa profondeur.

Un Je vous salue Marie bien récité comble de joie le cœur de la Sainte Vierge et nous attire de grandes grâces. Plus de grâces que mille dits sans réfléchir.

Cette prière est une mine d’or à laquelle on peut puiser sans que jamais elle ne s’épuise. Est-il difficile de réciter un Je vous salue Marie ? La seule chose que nous avons à faire est de connaître sa valeur et de comprendre sa signification.


Citation :
« Aucune prière que tu pourrais composer ne me donnerait autant de joie que l’Ave Maria »

Saint Jérôme disait que « les vérités contenues dans l’Ave Maria sont tellement sublimes, tellement merveilleuses, qu’aucun homme, aucun ange ne pourrait les comprendre entièrement ».

Saint Thomas d’Aquin, le prince des théologiens – « le plus sage des saints et le plus saint des sages », disait Léon XIII – a prêché sur cette prière mariale durant quarante jours à Rome, comblant les cœurs d’extase.

Le père Suárez, jésuite érudit, déclara qu’à l’heure de sa mort, il échangerait volontiers tous les livres qu’il avait écrits, toutes les œuvres qu’il avait réalisées, contre le mérite d’un seul Ave Maria récité avec dévotion.

Un jour, sainte Mathilde, qui aimait beaucoup la Vierge Marie, s’efforçait à composer une belle prière en son honneur. Notre Dame lui apparut portant sur son sein la salutation angélique écrite en lettres d’or : « Ave, Maria, gratia plena ».
Et elle lui dit : « Ma fille, aucune prière que tu pourrais composer ne me donnerait autant de joie que l’Ave Maria ».


Citation :
Marie n’a jamais refusé d’entendre les prières de ses enfants sur Terre

Un jour, le Seigneur demanda à saint François qu’il Lui donne quelque chose. Le saint répondit : « Seigneur, je ne puis rien te donner que je ne t’ai donné : tout mon amour ».
Jésus sourit et dit : « François, donne-moi tout de nouveau, et de nouveau tu me donneras la même joie ».
De la même manière, notre Mère chérie accueille chaque Je vous salue Marie que nous lui offrons avec la même joie que celle avec laquelle elle entendit la salutation de la bouche de l’ange Gabriel le jour de l’Annonciation, quand elle devint la Mère du Fils de Dieu.

Saint Bernard et de nombreux autres saints ont souligné que Marie n’a jamais refusé d’entendre les prières de ses enfants sur Terre. Pourquoi nous arrive-t-il de ne pas adopter ces vérités réconfortantes ? Pourquoi refusons-nous l’amour et la consolation que la douce Mère de Dieu nous offre ?

Hugh Lammer était un protestant convaincu qui prêchait avec violence contre L’Église catholique. Un jour, il tomba sur une explication de l’Ave Maria qui l’enchanta, et il commença à le réciter tous les jours. Et c’est alors que toute son animosité anticatholique disparut comme par enchantement. Il ne se convertit pas seulement, il devint prêtre et professeur de théologie catholique à Breslau.

Il existe mille histoires semblables, diverses et variées : un prêtre se trouve près du lit d’un homme en train de mourir dans le désespoir en raison de ses péchés et de son manque de foi. L’homme refuse de se confesser. En dernier ressort, le prêtre l’aide à prier au moins un Ave Maria. Peu après, le malheureux fait une confession sincère et meurt dans la grâce de Dieu.

Dans son livre Révélations, sainte Gertrude nous dit que, lorsque nous remercions Dieu pour les grâces qu’Il accorde à un saint, nous devenons participants de ces mêmes grâces. Alors quelles grâces recevons-nous quand nous prions un Je vous salue Marie en remerciant Dieu pour toutes les grâces extraordinaires qu’Il a accordées à Sa Sainte Mère ?

« Un Ave Maria dit sans ferveur sensible, mais avec un désir authentique dans un moment d’aridité, a beaucoup plus de valeur, pour moi, qu’un rosaire entier récité au milieu des consolations », a confié Notre-Dame à Sœur Benigna Consolata Ferrero (1885-1916).









_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Mer 25 Jan 2017 - 10:57




Pourquoi vient-elle nous avertir ?





La Mère ne peut pas garder le silence ! (Jean Paul II)


« Le salut éternel de l'homme se trouve en Dieu seul. Si le refus de Dieu de la part de l'homme devient définitif, il mène logiquement au refus de l'homme de la part de Dieu (cf. Mt 7,23 ; 10,33), à la damnation.

Alors que la Mère, avec toute la puissance de l'amour qu'elle nourrit dans l'Esprit Saint, désire le salut de tout homme, peut-elle garder le silence sur ce qui menace les bases mêmes de ce salut ?

Non, elle ne le peut pas !

C'est pourquoi le message si maternel de la Dame de Fatima est en même temps si ferme et si déterminé. Il semble sévère. C'est comme si Jean Baptiste parlait sur les rives du Jourdain. Il invite à la pénitence. Il avertit. Il appelle à la prière. Il recommande le rosaire »



(Jean Paul II, Homélie à Fatima, le 13 mai 1982, §7)





Marie, modèle d'audace dans la foi, et de tendresse


1. Marie nous a précédés sur la voie de la foi : en croyant au message de l'ange.

Elle est la première à accueillir de façon parfaite le mystère de l'Incarnation (cf. Redemptoris Mater, n. 13). Son itinéraire de croyante commence bien avant le début de la maternité divine, se développe et s'approfondit durant toute son expérience terrestre.

Sa foi est une foi audacieuse qui, au moment de l'Annonciation, croit à ce qui est humainement impossible, et à Cana, pousse Jésus à accomplir son premier miracle, provoquant la manifestation de ses pouvoirs messianiques (cf. Jn 2, 1-5). Marie éduque les chrétiens à vivre la foi comme un chemin d'engagement et de participation, qui, à tous les âges et dans toutes les situations de la vie, exige une audace et une persévérance constantes.



2. A la foi de Marie est liée sa docilité à la volonté divine.

En croyant à la Parole de Dieu, elle a pu l'accueillir pleinement dans sa vie, et, en se montrant disponible au dessein divin et souverain, elle a accepté tout ce qui lui était demandé d'En-Haut.

La présence de la Vierge dans l'Église encourage ainsi les chrétiens à se mettre chaque jour à l'écoute de la Parole du Seigneur, pour en saisir dans les diverses expériences quotidiennes, le dessein d'amour, en contribuant fidèlement à sa réalisation.



3. Marie éduque ainsi la communauté des croyants à regarder vers l'avenir en s'abandonnant pleinement à Dieu.

Dans l'expérience personnelle de la Vierge, l'espérance s'enrichit de motivations toujours nouvelles. Depuis l'Annonciation, Marie concentre dans le Fils de Dieu incarné dans son sein virginal, les attentes de l'antique Israël. Son espérance se renforce au cours des étapes successives de la vie cachée de Nazareth et du ministère public de Jésus. Sa grande foi dans la parole du Christ, qui avait annoncé sa Résurrection le troisième jour, ne l'a pas fait vaciller, même devant le drame de la Croix : elle a conservé l'espérance dans l'accomplissement de l'œuvre messianique, en attendant avec confiance, au-delà des ténèbres du Vendredi Saint, le matin de la Résurrection.

Dans sa marche difficile à travers l'histoire, entre le « déjà » du salut reçu et le « pas encore » de sa pleine réalisation, la communauté des croyants sait qu'elle peut compter sur l'aide de la « Mère de l'espérance » qui, ayant vécu l'expérience de la victoire du Christ sur les puissances de la mort, leur communique une capacité toujours nouvelle d'attente de l'avenir de Dieu et d'abandon aux promesses du Seigneur.



3. L'exemple de Marie fait mieux apprécier à l'Église la valeur du silence.

Le silence de Marie n'est pas seulement une sobriété de langage, mais surtout la capacité mêlée de sagesse de se rappeler et de saisir dans un regard de foi le mystère du Verbe fait homme et les événements de son existence terrestre. C'est ce silence-accueil de la Parole, cette capacité à méditer sur le mystère du Christ, que Marie transmet au peuple croyant. Dans un monde empli d'agitation et de messages de tout genre, son témoignage fait apprécier un silence spirituellement riche et encourage l'esprit contemplatif.


4. Marie témoigne de la valeur d'une existence humble et cachée.

Tous exigent normalement, et prétendent parfois pouvoir valoriser pleinement leur propre personne et leurs propres qualités. Tout le monde est sensible à l'estime et à l'honneur. Les Evangiles rapportent à plusieurs reprises que les Apôtres aspiraient aux premières places dans le Royaume, et discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand, et que Jésus dut leur donner des leçons à ce sujet sur la nécessité de l'humilité et du service (cf. Mt 18, 1-5; 20, 20-28; Mc 9, 33-37; 10, 35-45; Lc 9, 46-48; 22, 24-27). Marie, en revanche, n'a jamais désiré les honneurs et les avantages d'une position privilégiée, elle a toujours essayé d'accomplir la volonté divine en menant une existence selon le plan salvifique du Père.

A ceux qui souvent ressentent le poids d'une existence apparemment insignifiante, Marie dévoile combien la vie peut être précieuse, si elle est vécue dans l'amour pour le Christ et ses frères.



5. En outre, Marie témoigne de la valeur d'une vie pure et pleine de tendresse pour tous les hommes.

La beauté de son âme, totalement donnée au Seigneur, est l'objet d'admiration pour le peuple chrétien. En Marie, la communauté chrétienne a toujours vu un idéal de femme, pleine d'amour et de tendresse, parce qu'elle a vécu dans la pureté du cœur et de la chair. Face au cynisme d'une certaine culture contemporaine, qui, trop souvent, semble méconnaître la valeur de la chasteté et banalise la sexualité en la parant de la dignité de la personne et du projet de Dieu, la Vierge Marie propose le témoignage d'une pureté qui illumine la conscience et conduit à un amour plus grand pour les créatures et pour le Seigneur.




Jean-Paul II,

Audience du 22 novembre 1995, § 1-5


mariedenazareth.com



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 3539
Date d'inscription : 18/10/2014

MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   Jeu 26 Jan 2017 - 10:57




Brève histoire de la mariologie




Dans le Nouveau Testament, l'annonce du Christ inclut Marie. La « mariologie » est écrite dans la perspective de la connaissance du Christ, la vie de l'Eglise, et le salut.

Dans certains récits apocryphes, notamment le Protévangile de Jacques et les Transitus, la « mariologie » est écrite dans un style narratif, et Marie est la protagoniste du récit.

Chez les Pères de l'Eglise, la « mariologie » développe la doctrine de Marie nouvelle Eve et Marie Théotokos. Les pères de l'Eglise parlent de Marie en s'appuyant sur l'Ecriture qui demeure leur unique source de façon générale. Les pères mettent en valeur le mystère de Dieu dont Marie est le signe. Ils sont orientés vers la louange (apophatisme).
Les pères ne font pas un discours marial systématique mais les homélies mariales sont très nombreuses. A partir de la seconde moitié du IV° siècle apparaissent des monographie sur un point de doctrine, par exemple Epiphane, dans le Panarion développe une monographie sur la virginité de Marie et une autre sur le culte de Marie.

A l'époque médiévale, chaque réalité est considérée à la lumière de Dieu ; la culture féodale infuse l'idée de la hiérarchie, avec ses soumissions et ses protections (la Vierge est la souveraine à laquelle on se soumet et qui nous protège) ; l'individu libre émerge (St Bernard souligne l'importance du Oui de Marie) et l'individualité se développe avec les communes autonomes en Italie et ailleurs ; de là vient l'attention à la sensibilité personnelle (Giotto peint des sentiments). Le genre littéraire des « Miracula » se développe dans le milieu clunisien et alimente la confiance en la Vierge Marie.

Dans le cadre monastique, contemplatif s'opère un approfondissement doctrinal où la théologie est marquée par la louange et la prière.
Les sentences de Pierre Lombart († 1160) deviennent l'œuvre de référence.

Saint Thomas d'Aquin (†1274), accepte la philosophie d'Aristote et fait apparaître une grande unité, une grande harmonie entre foi et raison. La doctrine mariale de la Somme théologique est centrée sur le mystère de l'Incarnation, mais elle n'est pas complète, elle ne développe pas les éléments bibliques où Marie est présente, ni les liens qui l'unissent à nous. La scolastique issue de saint Thomas d'Aquin connaîtra ensuite une décadence par un excès d'abstraction.

La découverte de l'Amérique élargit l'horizon et on éprouve le besoin de nouvelles formes de pensée, on entre dans l'âge baroque.
En Italie, puis ailleurs, la Madone quitte les absides byzantines et devient une femme élégante, vêtue à la mode de la Renaissance.

Luther (†1546) entre en contestation non seulement contre les excès de la dévotion de l'époque baroque, mais aussi contre la logique des écoles théologiques : Dieu ne se révèle pas selon la raison, mais en opposition avec la raison humaine. Il ne se révèle pas « de face » mais « de dos ». Il se concentre sur la « Theologia crucis », la théologie de la croix ; Marie est la servante du Seigneur qui participe à son abaissement, sa kénose. Le Magnificat est une des meilleures illustration de la théologie de la croix, de la logique paradoxale de Dieu qui regarde le rien de Marie pour accomplir de grandes choses, chemine incognito dans l'histoire pour renverser les puissants et élever les humbles.

Chez les catholiques, avec une sensibilité moderne, M. Cano († 1560) renouvelle la présentation de la doctrine mariale. Plus tard, V. Contenson († 1674) distille dans la théologie un esprit de piété, c'est une théologie de l'esprit et du cœur (« mentis et cordis »), il est le premier à utiliser le mot « mariologie »[1]. F. Suarez (†1617) ouvre la voie d'une mariologie systématique.

En Orient, le XIX° et XX° siècle sont marqués par la renaissance moderne de la théologie orthodoxe (diaspora russe ; théologiens grecs). De manière générale, ces théologiens orthodoxes préfèrent les symboles de la poésie liturgique à une présentation conceptuelle. Les dogmes catholiques de l'Immaculée Conception et de l'Assomption sont critiqués.

En Occident, au XIX° et XX° siècle la mariologie a un caractère d'apologie, il s'agit de défendre ce qui concerne Marie. En outre, on est frappé de voir la petite place accordée à Marie dans les manuels de théologie.

Cependant, A. Nicolas, appelé le chef de file de la mariologie française, publie en 1856 son livre « La Vierge Marie et le plan divin » : « Une apologie de la Sainte Vierge ne doit plis être aujourd'hui une œuvre détachée du fond chrétien. Elle doit emporter avec elle la démonstration de la Religion tout entière. C'est une fleur qui veut être montrée en pleine terre. Contrairement au préjugé qui ne veut dans ce grand sujet qu'un rapetissement du christianisme, ce doit être une nouvelle et lumineuse manière de manifester Jésus-Christ et de glorifier Dieu. »[2] Sur ses traces, on trouve l'œuvre de L. di Castelplanio[3], où Marie est présentée dans le vaste dessein de Dieu, et où elle est intimement liée au Christ et à l'Eglise.

Un souffle nouveau parcourt le domaine mariologique quand R. Laurentin publie son « Court traité de théologie mariale »[4]. Il s'éloigne d'un ordre logique où s'enchaîne les privilèges de Marie manière rationnelle ; il prend résolu une méthode narrative, intégrant les lois du temps et de la durée : Marie n'a pas la logique d'un théorème, les intentions divines demeurent inconnues, et Marie est dotée de liberté.

C'est ainsi qu'est préparé le changement de cap du concile Vatican II, où Marie est insérée dans l'histoire du salut et le vaste dessein du Créateur, et où Marie et insérée dans le mystère du Christ et de l'Eglise. Le renouveau biblique, patristique et œcuménique porte ses fruits. Marie de Nazareth est présentée comme une personne concrète : sa foi, sa charité, son espérance et son obéissance, sa tendresse et sa compassion permettent de la recevoir comme modèle de chaque chrétien, et comme mère de l'Eglise.



_______________________________________________


[1] « mariologie » est le titre de V. Contenson, Dissertatio VI du livre X (De Oeconomia...).
[2] A. Nicolas, La Vierge Marie et le Plan divin, édition A.Vaton, Paris 1856, p. XIII.
[3] L. di Castelplanio, Maria nel consiglio dell'eterno ovvero la Vergine predestinata alla missione medesima con Gesù Cristo, Napoli, 1872-1873.
[4] R. Laurentin, Court traité de théologie mariale, Paris, Lethielleux, 1953.


----------------------------------------------------------------------------------------
Résumé par
Une histoire de la mariologie,
dans : Aa Vv, Marie, l'Eglise et la théologie, dirigé par D. de Boissieu, P. Bordeyne, S. Maggioni,
Desclée, Paris 2007, p. 67-117

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une minute avec Marie   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une minute avec Marie
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
À Toi PÈRE ÉTERNEL par les Saints Cœurs de JÉSUS , MARIE et JOSEPH.. :: MARIE, MERE IMMACULEE, REINE DE L'UNIVERS :: Une Minute avec Marie-
Sauter vers: