À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

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 Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur

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Lumen
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MessageSujet: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 24 Déc 2016 - 20:22



Le Mois de l'Enfant Jésus

Elévations à Dieu sur les Mystères de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ


Approbation de Mgr l'Evêque de Soissons et de Laon

La dévotion aux mystères de la sainte enfance de notre Sauveur ne peut être qu'une source abondante de grâces, et produire que des fruits salutaires. Ces méditations, destinées à en faire connaître l'objet et la fin, sont remplies des considérations les plus touchantes. La clarté et l'agrément du style s'y unissent à la solidité des pensées t et les maximes de la morale la plus sublime et la plus pure y sont justifiées et rendues aimables par les exemples d'un Dieu enfant, en qui tout est grâce et tout est bonté. Nous approuvons donc ces méditations, et nous souhaitons qu'elles rencontrent un grand nombre d'âmes capables de les goûter, et de s'en rendre propres les pratiques.

Donné à Soissons, le 10 octobre 1830
+ Jul.-Fr. Ev. de Soiss. et Laon.



Préface


« La dévotion à la divine Enfance de notre Seigneur Jésus-Christ, n'est pas une dévotion nouvelle, mais la plus ancienne de toutes celles de notre sainte religion. Elle est fondée dans les saints Evangiles; les Saints Pères l'ont insinuée dans leurs écrits et dans leurs sermons; l'Eglise en a publiquement autorisé la pratique, et les fidèles, qui l'ont embrassée solidement, en ont tiré de merveilleux fruits. » Ainsi parle le P. Avrillon, religieux Minime, dans un petit recueil de sentiments et de pratiques, divisé en douze réflexions, selon les douze mystères de la Sainte Enfance, et dont le but est de la faire honorer le vingt-cinquième jour de chaque mois.

Plus d'un siècle avant lui, le pieux cardinal de Bérulle, premier général de l'Oratoire en France, non content d'avoir voué sa congrégation à la sainte Enfance de Jésus-Christ, avait composé sur cette dévotion un traité plein d'onction, et le R. P. Amelotte son digne successeur, des pratiques, des réflexions et des prières bien propres à attirer les fidèles à l'imitation et à l'amour de l'enfant Jésus.

Cette dévotion, si féconde en consolations et en lumières, n'a jamais cessé d'être chère à la piété.
Les plus grands docteurs de l'Eglise en ont été les zélés défenseurs, et se sont efforcés de l'inspirer aux chrétiens :
Saint Jean Chrvsostome voulut qu'on célébrât dans l'Eglise de Constantinople la fête de la Nativité du Verbe Enfant. Il rencontra des contradictions: on taxait de nouveauté l'établissement de cette solennité. « Je sais bien, dit-il dans l'un de ses sermons, que les sages du siècle s'élèvent contre cette dévotion; mais n'a-t-elle donc pas été enfantée par les Patriarches, annoncée par les Prophètes, désirée par les Justes, observée depuis longtemps par l'Eglise romaine ? N'est-ce pas par elle que la connaissance nous en a été transmise? Les infidèles, ajoute-t-il, font des railleries sur un Dieu Enfant, et troublent les simples par leur impiété; mais les choses dont ils se moquent n'en sont pas moins dignes d'une  religieuse frayeur et d'une sainte admiration ».
Saint Léon, pape appelle la sainte Enfance « une déclaration authentique de la divinité du Sauveur ».
Saint Augustin dans le transport de sa joie et de sa reconnaissance s'écrie: « O bienheureuse enfance par laquelle a été réparée la vie de tous les hommes! »
C'était afin que ce mystère se renouvelât sans cesse pour elle et fût comme vivant à ses yeux que sainte Paule s'était retirée auprès des lieux sacrés où il s'est opéré, et que Saint Jérôme invitait en son nom Marcelle à venir la rejoindre. Quels discours, lui écrivait-il quelles paroles pourraient vous représenter dignement la grotte du Sauveur du monde ?
De siècle en siècle cette touchante dévotion a fait la consolation et le ravissement des saints.
Quelles larmes d'attendrissement, quels brûlants soupirs n'a-t-elle pas arrachés à Saint François, à Saint Bernard, à Saint Thomas !
Saint Antoine de Padoue et sainte Thérèse y trouvaient une source abondante de grâces et de dons spirituels : enfin le zèle de M. le cardinal de Bérulle lui donna plus d'éclat et la répandit dans toutes les parties de la France, et jusqu'à l'époque des malheurs de la religion elle était suivie avec une grande édification non seulement dans les communautés, mais encore par les personnes du monde.

Il en est encore, nous n'en doutons pas, un grand nombre qui se feraient un bonheur dé s'y attacher si on leur en faisait connaître l'importance et les avantages, et surtout si on leur en facilitait la pratique.
C'est le désir d'atteindre un but si louable qui a donné l'idée d'un Mois de la sainte Enfance du Sauveur sur le modèle du Mois de Marie, c'est à dire d'une suite de réflexions, de sentiments et de prières pour chaque jour du mois dans lequel on vénère spécialement les premiers mystères de la vie du Verbe fait chair. On possède déjà il est vrai un petit ouvrage bien digne de l'accueil que lui ont fait les amis de la religion , et qui a pour titre le Mois de Jésus.
Mais quoique l'on s'y propose de consacrer au Sauveur les prémices de l'année en l'honorant particulièrement pendant le mois de janvier, ce ne sont pas uniquement les mystères de sa divine Enfance qu'on y révère, mais tous les mystères de sa vie depuis son Incarnation jusqu'à son Ascension triomphante.

Le Mois de la sainte Enfance que nous présentons aux Fidèles n'est destiné qu'à leur retracer les premières années de la vie de Jésus-Christ et à ranimer, en leur rappelant le prodigieux abaissement auquel le Dieu de majesté a daigné se réduire pour eux, leur reconnaissance et leur foi. La dévotion à la sainte Enfance doit être celle de tous les chrétiens, puisque c'est pour eux qu'en ont été accomplis tous les mystères, et qu'ils semblent avoir été représentés par les personnages de tout âge, de tout sexe et de toute condition qui s'y sont rencontrés.

Mais ne doit-elle pas être par excellence la dévotion des pères et des mères ? quel intérêt n'ont-ils pas à placer leurs enfants sous la protection de la divine Enfance du Sauveur, et pour ainsi dire à l'ombre de sa crèche, pour les garantir des dangers d'une persécution bien plus funeste que celle d'Hérode ?
Et les enfants, quel charme ne doit-elle pas avoir pour eux ! Ne semble-t-il pas que ce soit pour les sanctifier et les instruire que le Fils unique de Dieu ait voulu passer par toutes les douleurs et les assujettissements du premier âge ?
Naturellement les enfants aiment les enfants : comment donc n'aimeraient-ils pas l'enfant Jésus ?
Naturellement ils sont portés à imiter: comment ne seraient-ils pas attirés à l'imitation de ses exemples par son aimable douceur et sa ravissante miséricorde ? Quelle dévotion plus attrayante que celle qui présente à la piété le plus digne objet de ses hommages, et pour la pratique, ses modèles les plus accomplis.

Marie et Joseph , Saint Jean, sainte Elisabeth et Saint Zacharie, Saint Syméon et sainte Anne la prophétesse, les Bergers et les Mages ont été les premiers adorateurs de la sainte Enfance.
C'est sur ces glorieuses traces qu'on invite les âmes fidèles à s'avancer vers Jésus enfant pour adorer l'incompréhensible abaissement de la majesté divine, comme s'exprime Saint Augustin.

Est-il de plus saintes pratiques que celles qui nous portent à aimer et à imiter les vertus dont un Dieu Enfant nous offre le modèle, qui nous conduisent à retracer en nous cette bienheureuse Enfance qu'il a toujours aimée, et qu'il nous fait envisager comme la marque la plus assurée de la prédestination quand il dit: « Si vous ne devenez comme de petits en
ans, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux »
.



Avertissement

Pratiques pour le Mois de la sainte Enfance


Comme c'est la première fois qu'on présente aux fidèles la dévotion à la sainte Enfance sous la forme qu'elle a dans ce petit ouvrage, il est peut-être nécessaire d'indiquer la manière d'employer utilement ce Mois, et les pratiques les plus propres à en assurer les fruits. On doit donc :

Dès la veille de Noël s'offrir à l'Enfant Jésus pour honorer profondément l'état d'enfance par lequel il a daigné passer, et tous les mystères qu'il y a accomplis pour notre amour; unir ses hommages à ceux qu'il a reçus dans cet état de sa bienheureuse mère, de Saint Joseph, des Anges, des Pasteurs, des Rois Mages et de tous les Justes qui ont eu les premiers le bonheur de l'adorer.

Se proposer d'obtenir quelque grâce particulière pour soi-même ou pour le prochain dans l'ordre du temps ou de l'éternité; mais surtout une abondante participation à l'esprit, aux dons et aux vertus que la sainte Enfance a apportés aux hommes.

Lire attentivement l'Elévation marquée pour chaque jour, et terminer chaque exercice par quelque bonne résolution relative à la vertu proposée à pratiquer.

Réciter soit les Litanies de la sainte Enfance, soit celles des saints consacrés à l'enfance du Fils de Dieu, ou qui ont souffert le martyre dans l'enfance; s'il se peut, le petit chapelet ou la couronne de l'Enfant Jésus, ou enfin quelques unes des prières qui se trouvent à la fin du volume.

Comme il est d'usage dans les communautés d'exposer pendant le mois de janvier quelque image de la crèche, c'est devant elle qu'il convient de se réunir pour les exercices du Mois de la sainte Enfance. Les personnes du monde pourront placer ou dans leur chambre ou dans leur livre même quelque petit emblème propre à réveiller leur piété.

En l'honneur des services que la sainte Vierge a rendus à l'enfant Jésus, chacun devra s'appliquer à le servir en ses membres, qui sont les pauvres, et à cette intention faire quelque aumône, visiter les hôpitaux ou les prisons, les malades ou les affligés pour les consoler et les secourir, et pour honorer le Fils de Dieu en leur personne.

On assistera tous les jours, si on en a la liberté, au saint sacrifice de la messe, ou l'on viendra dans la journée adorer le très saint Sacrement, considérant l'Eglise comme la véritable Bethléem, l'autel et le tabernacle comme la crèche où le Dieu caché repose pour notre amour.

Enfin quand même on aurait eu le bonheur de communier à Noël, il faudrait se mettre en état d'obtenir la même faveur encore une fois pendant le cours du mois en l'honneur de la sainte Enfance, puisque c'est surtout par notre union avec Jésus Christ dans son sacrement que nous pouvons entrer dans l'esprit de sa divine Enfance, et, comme des enfants nouvellement nés, conserver la simplicité, la pureté et l'innocence.




Le 24 décembre

Élévation pour la veille de Noël


« Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont point reçu ». ( Jean 1) « Il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie ». (Luc 2)
Mettez-vous aujourd'hui et pour tout le mois à la suite delà sainte Famille; entrez avec elle dans Bethléem, vous efforçant de vous bien pénétrer des sentiments dont elle est animée ; et à la vue des rebuts et des humiliations qu'elle essuie, de la douceur et de la patience qu'elle y oppose, faites un retour sur vous-même.

Puisque vous voulez pendant ce mois attirer en vous le saint Enfant Jésus, examinez soigneusement s'il n'y a pas au fond de votre cœur quelque disposition propre à affaiblir ou à rendre inutile ce désir si légitime et si avantageux pour vous. Trois choses le repoussent de l'hôtellerie où il demandait un asile : 1° la dissipation, 2° l'avarice, 3° le plaisir. Voyez donc si l'un de ces obstacles ne se rencontre pas en votre âme.



La dissipation


Quel tumulte dans ces hôtelleries ! Les repas, les amusements, les affaires, ce mouvement continuel, cette agitation des esprits et des cœurs laissent-ils à ceux qui les fréquentent la liberté de rentrer en eux-mêmes, de s'entretenir avec Dieu, de s'occuper de la grande affaire du salut ?

Oh! qu'il est vrai qu'il n'y a pas de place pour Jésus dans ces bruyantes demeures ! et que le Verbe fait chair ne saurait y prendre naissance ! O mon âme! n'est-ce pas là ton image? N'es-tu pas habituellement comme ouverte à toutes les illusions du monde, à tous les vains fantômes de la terre ? Qu'est-ce qui t'occupe pour l'ordinaire ? les craintes, les désirs, les regrets, les espérances, toujours de nouveaux projets, de nouvelles chimères. Ne sont-ce pas là les hôtes que tu accueilles et que tu nourris ?
Mais les vues de la foi, le regret de tes péchés, le désir des biens immortels, le soin de ta perfection, ah ! il n'y a pas de place pour eux. La dissipation leur ferme la porte et les met en fuite.

O Sauveur près de naître, ce n'est ni dans le trouble qu'on peut vous trouver, ni dans une âme agitée que vous voulez établir votre demeure. Qu'à votre approche les images de la vanité s'effacent, que le silence se fasse dans mon âme; donnez-moi la paix dont vous êtes l'auteur, le médiateur et le gage, pour que je puisse profiter du bienfait de votre naissance, recueillir vos inspirations, et commencer enfin à me reposer en vous.



L'avarice


La foule et les riches avaient rempli les hôtelleries. C'est surtout en ces lieux que la richesse fait le mérite, et que la cupidité assigne les égards et les préférences. Un brillant équipage, un grand train assurent un accueil favorable; et il n'y a de rebuts et d'exclusion que pour la pauvreté.

Jésus n'y sera donc pas reçu: il s'annonce trop obscurément; tout ce qui l'environne a trop peu d'éclat. Qu'est-ce que ces cœurs durs et intéressés pourraient estimer dans Marie et Joseph ? Que gagneraient-ils avec de pareils hôtes ?
O célestes époux ! que ne leur dites-vous que vous êtes les descendants des rois, que Marie porte dans son sein l'espérance et le salut du monde ? Non, non; l'humilité Vous fait une loi du silence; vous vous unissez en souffrant de ses humiliations aux dispositions du Verbe incarné.

Il faut qu'à la lettre, dès le premier moment de son entrée dans le monde, le Fils de l'homme n'ait pas oh reposer sa tête, et que la sainte famille nous offre la plus sublime leçon de patience, de douceur et d'humilité au milieu des privations les plus pénibles.
A quel point elle m'était nécessaire ! combien l'estime des richesses est profondément enracinée dans mon cœur! Désirer ce que je n'ai pas, posséder avec attache, perdre avec des regrets démesurés, n'est-ce pas là la source de toutes mes inquiétudes, le principe de mon peu de progrès dans la vertu, de ma froideur pour Dieu, de mon indifférence pour les biens invisibles !

O adorable Rédempteur! Comment pourrais-je espérer d'avoir part aux dons célestes que vous apportez aux hommes, si mon cœur est toujours aussi attaché aux biens de la terre ? Et cependant je ne puis le méconnaître, elles vivent en moi ces attaches funestes; et quoi que je puisse dire loin de l'occasion, quand elle se présente, mes murmures ou mes alarmes ne révèlent que trop clairement la profonde misère de mon âme.
Mais qui pourra donc la guérir, ô mon Dieu! faire mourir en elle la racine de toutes les cupidités ?
Ce seront vos divins exemples, ô Sauveur naissant, et les grâces que nous ont méritées les rebuts que vous avez voulu essuyer à Bethléem.


le plaisir

Rappelez-vous ce qui se passe ordinairement dans les hôtelleries : A quoi les jours y sont-ils employés ?
La bonne chère, le jeu, les conversations oiseuses et quelquefois des passe-temps encore plus coupables n'y sont-ils pas l'occupation habituelle de ceux qui les fréquentent ? Comment donc ceux-ci pourraient-ils s'accommoder du Dieu caché qui vient condamner par ses exemples les rires insensés et les amusements criminels des enfants du siècle, et marquer ses disciples du sceau de la mortification et de la pénitence ?

Ah ! il n'y a vraiment pas de place pour lui. Hélas! en trouvera-t-il une aujourd'hui dans mon âme ?
Est-elle insensible aux attraits du plaisir ? Mes yeux ne se laissent-ils pas bien facilement éblouir par le trompeur éclat du monde, par les pompes et les illusions de la vanité ? Si je rejette ce qui blesse ouvertement la conscience, ce qui serait évidemment péché, suis-je attentif à me défendre de tout ce qui peut y conduire et m'y a trop souvent entraîné ?
La sensualité, le luxe, la recherche de tout ce qui me flatte, l'éloignement de tout ce qui me gêne ou me déplaît, une vie toute naturelle, toute mondaine, toute terrestre peut-être et toute sensuelle ne forment-ils pas en moi une habitude de conduite entièrement étrangère et même opposée au crucifiement de la chair et de l'esprit prescrit par l’Évangile.

Cependant, ô Enfant-Dieu ! ne vous éloignez pas de moi ! ne dédaignez pas de naître dans mon cœur.
Il me tarde de vous en établir le maître et l'unique maître; mais pour qu'il soit moins indigne de votre sainteté purifiez-le, bannissez-en les affections coupables et les désirs déréglés : mettez-y vos vertus; qu'il n'aime que ce que vous avez aimé; qu'il ne recherche que ce qui peut le rapprocher de vos adorables exemples ! Que mon bonheur pendant tout ce mois soit de vous contempler, de vous bénir et de vous invoquer, afin que par votre infinie miséricorde, daignant vous reposer dans mon âme, la purifier et,la nourrir, elle. puisse s'établir solidement et croître dans votre amour; c'est la grâce que je vous demande par l'entremise de Marie et de Joseph. Ainsi soit-il.





A SUIVRE...

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Ven 3 Fév 2017 - 0:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 24 Déc 2016 - 20:23

SUITE





Litanies de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Jésus, qui avez été enfant, ayez pitié de nous.
Enfant, qui êtes fils du Dieu vivant,
Enfant qui êtes fils de la vierge Marie,
Enfant né avant l'aurore,
Enfant qui êtes le Verbe fait chair,
Enfant qui êtes la sagesse de votre Père,
Enfant qui avez consacré la virginité de votre Mère,
Enfant fils unique de votre Père,
Enfant premier né de votre Mère,
Enfant qui êtes l'image 3 de votre Père,
Enfant qui êtes le principe de votre Mère,
Enfant qui êtes la splendeur du père,
Enfant qui êtes l'honneur de votre Mère,
Enfant égal à votre Père,
Enfant soumis à votre Mère,
Enfant qui êtes les délices de votre Père,
Enfant qui êtes les richesses de votre mère,
Enfant qui êtes le don du Père,
Enfant qui êtes le présent de votre Mère,
Enfant le fruit d'une Vierge,
Enfant créateur de l'homme,
Enfant qui êtes la vertu de Dieu ,
Enfant qui êtes notre Dieu,
Enfant qui êtes notre frère,
Enfant qui êtes voyageur dans la gloire,
Enfant qui êtes glorieux dans la voie,
Enfant qui avez la maturité d'un homme parfait dés le ventre de votre Mère,
Enfant qui avez la sagesse d'un vieillard dès votre enfance,
Enfant qui êtes le père des siècles,
Enfant né depuis peu de jours,
Enfant qui étant la vie êtes nourri de lait,
Enfant qui étant le Verbe demeurez dans le silence,
Enfant qui jetez des cris enfantins dans le berceau,
Enfant qui tonnez du haut du ciel,
Enfant la terreur de l'enfer,
Enfant la joie du Paradis,
Enfant qui êtes terrible aux tyrans,
Enfant qui êtes le désir des Mages,
Enfant qui êtes exilé du milieu de votre peuple,
Enfant qui êtes roi dans votre exil,
Enfant destructeur des idoles,
Enfant jaloux de la gloire de votre Père,
Enfant qui êtes fort dans la faiblesse,
Enfant qui êtes puissant dans la petitesse,
Enfant qui êtes le trésor de la grâce,
Enfant qui êtes la source du bon amour,
Enfant qui rétablissez tout dans le ciel,
Enfant qui réparez tout sur la terre,
Enfant qui êtes le chef des anges,
Enfant qui êtes la tige des patriarches,
Enfant la parole des prophètes,
Enfant le désir des nations,
Enfant la joie des pasteurs,
Enfant la lumière des mages,
Enfant le salut des enfants,
Enfant l'attente des justes,
Enfant le maître des sages,
Enfant qui êtes les prémices de tous les saints,

Soyez-nous favorable, pardonnez-nous, Jésus enfant,
Soyez-nous favorable, exaucez-nous, Jésus enfant.

Du joug de la servitude des enfants d'Adam délivrez-nous, Jésus enfant.
De la captivité du démon,
De la malignité du siècle,
De la concupiscence de la chair,
De l'orgueil de la vie,
Du désir déréglé de savoir,
De l'aveuglement de l'esprit,
De la mauvaise volonté,
De nos péchés,
Par votre Conception très pure,
Par votre naissance très humble,
Par vos larmes,
Par votre Circoncision très douloureuse,
Par votre manifestation très glorieuse,
Par votre Présentation où vous vous êtes consacré à Dieu,
Par votre conversation très sainte,
Par votre vie toute divine,
Par votre pauvreté,
Par vos souffrances,
Par vos voyages
Par vos travaux,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, délivrez-nous, Jésus enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Jésus enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, délivrez-nous, Jésus enfant.

Esprits célestes, adorez-Le,
Sion l'a entendu et a tressailli de joie.


Prions

Jésus notre Seigneur, qui avez daigné anéantir pour l'amour de nous la grandeur de votre divinité incarnée et votre humanité toute divine jusqu'à l'état et à la condition très basse de la naissance et de l'enfance, faites, s'il vous plaît, qu'en reconnaissant votre sagesse divine dans l'enfance, votre puissance dans la faiblesse, votre majesté dans la petitesse, nous vous adorions très petit sur la terre, et que nous vous contemplions tout grand que vous êtes dans le ciel, vous qui étant Dieu, Vivez et régnez avec Dieu le père, en l'unité du Saint-Esprit , durant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.





Prières à Jésus Naissant

Acte d'adoration


Mon Sauveur Jésus, vrai Dieu et vrai homme, je vous reconnais comme le créateur du monde qui vous êtes voulu faire créature; comme le maître souverain du ciel, qui avez pris la forme de serviteur en la terre; comme engendré de Dieu le Père dans l'éternité, qui avez voulu naître d'une mère vierge dans le temps.

Quoique vous paraissiez petit à mes yeux, la foi me découvre votre infinité, et sous les voiles de votre faiblesse je contemple votre toute-puissance; j'adore en vous tout ensemble la grandeur et la petitesse, les richesses et la pauvreté, le silence et la parole infinie, l'éternité et l'enfance; et parce qu'en vos deux natures vous n'êtes que la seule personne du fils de Dieu, j'adore également votre bassesse et votre majesté, vos souffrances et votre impassibilité, votre béatitude et vos larmes.

Soit que vous commandiez aux anges, soit que vous dépendiez d'une vierge, je vous reconnais toujours pour le souverain Seigneur, comme gouvernant l'univers dans le ciel, vous êtes mon Dieu, mon créateur, mon principe et ma fin; et comme tremblant dans la crèche, vous êtes mon rédempteur, mon avocat, ma victime et mon libérateur. Je vous rends en mon cœur le plus grand de tous les respects, autant dans la captivité de vos langes que dans l'empire de votre gloire; et soit petit ou grand je vous honore de toute l'étendue de mon âme, pardessus tout honneur, je vous loue pardessus toute louange, je vous aime pardessus tout amour, et c'est à votre enfance même, parce qu'elle est l'enfance de mon Dieu, que je veux rendre toute ma vie un culte, un hommage et un service parfait et accompli.



Acte d'oblation


Mon Dieu et mon Sauveur, vrai fils de Dieu et vrai fils de l'homme, c'est à vous, comme à mon Créateur, que je dois tout mon être et tous les fruits qui en peuvent provenir; et comme à mon Rédempteur, je vous dois le nouvel être et toutes les richesses de la grâce que j'ai déjà reçues et de la gloire dont vous me donnez l'espérance ; quoique vous soyez petit enfant, c'est vous néanmoins qui m'avez formé l'âme et le corps, et qui me devez créer une seconde fois par l'effusion de votre sang et par l'infusion de votre esprit. Je ne puis jamais ni rien être, ni rien avoir, ni rien faire qui ne vous soit parfaitement acquis, en quelque état que vous soyez; et que je ne sois obligé de vous rendre comme à mon Dieu et à mon Sauveur.

J'offre mon être à votre être infini, qui en est le principe; j'offre ma vie à votre vie éternelle, d'où elle est procédée, et à votre vie temporelle, qui commence pour me la mériter, qui cessera pour me la redonner et qui se rétablira elle même pour me l'assurer à jamais.

J'offre tout ce que j'ai et aurai de pouvoir aux saintes et divines affections de votre esprit, par lesquelles vous demandez pour moi à Dieu votre père ce même pouvoir, qu'il ne m'accorde que pour l'amour de vous, et par lesquelles vous apaisez sa colère contre moi et contre l'univers. Vous offrez à la souveraine Majesté un sacrifice de parfaite louange, et lui rendez pour moi et pour tous les hommes les devoirs de reconnaissance, d'amour et de soumission que nous sommes obligés de lui rendre.

Je m'offre tout entier à cette incomparable humilité , par laquelle vous vous anéantissez jusqu'à l'indigence de toutes choses, à l'extrême faiblesse, au silence, aux langes, à la crèche ; et ce qui surpasse tout abaissement, vous vous chargez de toutes mes offenses. Qu'il n'y ait aucun jour ni aucun moment de ma vie, aucune intention, œuvre, parole, ni aucun état qui ne soient consacrés en l'honneur de cette infinie humilité. Qu'en tout temps je dépende de la vertu qui découle de cette « divine enfance » que j'en porte l'impression partout, et que pour y être attaché par un lien de perpétuelle servitude je n'agisse jamais que dans l'esprit de votre soumission, simplicité et innocence.






Acte d'union et d'amour


Divin enfant, qui n'ouvrant votre bouche adorable que pour y former des soupirs et des gémissements pour mes péchés, avez l'esprit toujours occupé dans l'entretien avec Dieu votre père; qui sous l'humble et profond silence mettez en usage tous les trésors de la science et de la sagesse de Dieu, qui sont cachés en vous, et qui plus vous êtes dans les liens et dans l'infirmité de l'enfance, plus vous donnez de liberté et d'étendue à vos vertus, j'unis mon cœur et mon esprit à tout ce que vous êtes et dans l'une et l'autre de vos natures et dans l'infinité de votre personne qui, les soutenant toutes deux également, fait qu'elles s'entre communiquent leurs propriétés sans aucune confusion.

J'ose vous dire que par votre sainte humanité je me joins à tout ce que vous êtes dans votre incompréhensible divinité, comme par la faveur de votre divine nature j'espère avoir part à tout ce qui appartient à l'humanité.
Je me donne à votre sainteté, à votre pureté, à votre vérité; je me conforme à toutes vos saintes volontés, à votre sage providence, à tous vos ordres sur ma vie, sur ma mort et sur mon éternité.

J'adhère à votre amour, à votre miséricorde, à votre justice, et en un mot à toutes vos divines perfections; et je les adore et les aime de toute l'étendue de mon cœur. Je me donne aussi à votre sainte humanité subsistante en votre divine personne, et formée par le Saint Esprit de votre très chaste et très pure Mère. Je m'unis à la pureté et à la sainteté de tous vos sens, à la justice qui les conduit et à la soumission qu'ils rendent à la divinité, qui habite en eux corporellement.

Je me joins d'esprit aux devoirs que dès votre entrée dans le monde votre âme n'a cessé de rendre à Dieu votre père, à vos adorations, à votre obéissance, à votre sacrifice, à vos actions de grâces, à votre amour, à votre contrition pour nos péchés, à tous vos désirs, à toutes vos prières, à votre joie, à vos souffrances et à toutes les richesses de votre esprit, qui surpassent ma connaissance.

Je me donne à tout par la foi, j'aime et adore tous ces trésors divins et humains, et c'est en vous qu'avec Dieu votre père je mets tout mon plaisir et toute ma joie, et avec tous les Saints mon espérance et ma félicité éternelle. Que toutes les affections de la terre soient bannies de mon cœur, je n'en veux avoir que pour vous, et s'il m'était possible de rappeler toutes mes pensées inutiles, toutes mes passions déréglées, et tous mes attachements aux créatures, je les voudrais toutes convertir en votre seul amour. Que toute ma curiosité soit de vous connaître, que tous mes désirs soient de vous plaire, que toute mon ambition soit de vous posséder, que toute ma joie soit de vous aimer et de vous obéir, et que toute ma vie ne tende qu'à imiter les exemples de votre sainteté, simplicité et innocence.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 25 Déc 2016 - 20:02

Le Mois de l'Enfant Jésus





Premier jour

Jour de Noël

Naissance de Jésus Christ


« Aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) A la pensée du Fils unique du Très Haut, de son Verbe éternel, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, conversant avec les hommes, revêtu de leur nature, se montrant sous la forme d'un enfant,
ô mon âme ! abîme-toi, livre-toi aux transports de l'admiration, de l'attendrissement et de la reconnaissance; adore, loue, bénis, chante avec les esprits célestes, et répète comme eux:
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
c 'est aujourd'hui qu'est né le Sauveur du monde, qui est le Christ, le Seigneur, et après l'avoir quelques moments contemplé en silence, élève-toi aux considérations que ce prodige d'amour te présente.
Quel est celui qui vient au monde ?
Comment y vient-il ?
Pourquoi y vient-il ?



Quel est ce petit enfant qui vient au monde ?


Celui que vous voyez couché dans une crèche, qui pleure, qui tremble de froid, qui demande du lait, qui ne paraît en rien différent des autres enfants, est néanmoins le fils du Dieu vivant, l'héritier de toutes choses, l'admirable, le fort, le tout-puissant, le réparateur du monde et le sauveur de tous les hommes.

Qui a donc pu opérer un tel prodige, et réduire la souveraine grandeur à cet incompréhensible abaissement ?
Ah! c'est l'amour que vous avez pour moi, ô mon Jésus !
oui, c'est pour moi que vous êtes descendu du ciel, pour moi que vous vous êtes fait homme, pour moi que vous vous êtes fait enfant et que vous avez voulu naître dans une étable. Et moi, qu'ai-je fait, qu'ai-je souffert pour vous ?
quel mépris, quelle incommodité, quelle peine ai-je endurés pour vous et pour mon salut ?
Hélas ! le luxe, la vanité, l'amour de mes aises, peut-être les délices et la sensualité, voilà l'objet constant de mes désirs, de mes recherches et de mes soins. Est-il donc vrai que je vous reconnaisse pour mon maître, ô enfant de douleur ! oserai-je me dire votre disciple ?



Comment Jésus vient-il au monde ?


Il y vient pauvre, il y vient petit, il y vient humble, il y vient comme un étranger qui n'est ni connu ni appuyé de personne; c'est volontairement qu'il choisit ce que le monde dédaigne, ce qui révolte la sensualité, ce que l'orgueil abhorre; il manque de tout, il souffre de tout, il est dans un dénuement et un abandon absolus, et pourtant il ne se plaint pas; il pleure, il est vrai, mais ce sont nos infidélités qui font couler ses larmes; c'est l'offense de Dieu qui cause sa douleur :
le dénuement, l'oubli, l'abjection, il s'y est dévoué pour réparer le crime de l'orgueil et l'injustice des affections du cœur humain. Par cette raison, il s'y plaît, il les aime, il s'en réjouit, il en fait ses délices.
Après cela pourrai-je encore rechercher la gloire, l'estime des hommes, leurs fausses louanges; serai je encore aussi délicat sur les préférences, l'oubli, l'abandon ?
Ah! si je n'ai pas le courage d'embrasser l'excessive pauvreté de votre naissance, ô divin enfant !
donnez-moi du moins de supporter les privations, de me soumettre aux épreuves que m'a ménagées votre miséricordieuse providence; que je commence à sentir enfin la nécessité de la mortification et de la pénitence !



Pourquoi Jésus-Christ vient-il au monde ?


Cette étable où il s'est réfugié pour naître, cette crèche dans laquelle il est étendu ne vous le disent-elles pas ? comment en le voyant couché sur cette paille, couvert de ces pauvres langes, versant des pleurs, comment ne pas reconnaître le nouvel Adam portant les caractères et subissant la peine du péché ?

c'est la victime qui vient et qui prélude à son grand sacrifice; elle s'étend sur cette crèche comme sur un autel, s'offre déjà en esprit d'immolation. Et que n'immole-t-il pas en effet dans cet état d'enfance ?
Grandeur, sagesse, prudence, tout est éclipsé, tout disparaît sous les dehors insignifiants du premier âge; car il fallait qu'il fut en tout semblable à ses frères. Il est engendré dans les splendeurs des saints avant l'aurore, et il naît dans un réduit obscur, la lumière est comme son vêtement, et il est couvert de pauvres langes; il est le Verbe de Dieu, qui soutient tout, et il faut que sa mère le porte entre ses bras.

O grandeur ainsi abaissée ! que vous êtes aimable, ô éternel ! devenu un enfant d'un jour, que vous êtes adorable ! ô toute-puissante faiblesse, soyez ma force ! ravissante obscurité, soyez ma lumière !
pauvreté de Jésus, soyez mon trésor et toute ma richesse !
Humblement prosterné au pied de votre crèche, je vous adore, ô divin enfant ! j'adore ce cœur si tendre, qui s'efforce de me donner des marques de son amour infini; j'adore cet esprit en qui sont renfermés tous les trésors de la science et de la sagesse, et qui se couvre si miséricordieusement des voiles de l'enfance; j'adore ces larmes précieuses qui coulent de vos yeux pour purifier mon âme et apaiser la colère de votre Père céleste allumée par mes péchés; j'adore ces mains puissantes, captives aujourd'hui dans les langes, comme elles le seront un jour si douloureusement, lorsque les Juifs les auront chargées de chaînes et clouées à la croix.

« Doux amour, ô mon adorable Jésus ! vous dirai-je avec Saint Bernard, faites sentir à mon cœur combien vous m'avez aimé, combien vous m'aimez encore.
Ah  je voudrais bien vous aimer, mais je ne le puis sans vous. Jésus, mon amour et ma vie,  faites-moi la grâce de mourir pour votre amour ».



Vertu à obtenir : L'Amour de Jésus.





Aspirations et résolutions


Honorez, bénissez le Père éternel, qui a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique.  
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.
Glorifiez le Fils, qui ne veut naître dans le temps que pour vous donner la naissance spirituelle.
Gloire à vous, ô Jésus ! qui êtes né d'une vierge, que tous les anges de Dieu vous adorent.
Je me prosterne, je m'abîme devant vous avec Marie et Joseph, et vous adore comme Dieu au-dessus de tous les siècles des siècles.

Proposez-vous de souffrir aujourd'hui quelque chose pour commencer à l'imiter;
pratiquez quelque acte d'humilité dont Jésus seul, s'il est possible, soit le confident et le témoin, et dites-lui avec Saint Augustin :
« Eloignez de moi l'esprit d'orgueil, ô mon Sauveur, et donnez-moi le trésor de votre humilité ! »



Prière


O Dieu! qui dans votre naissance portez l'ignominie de notre origine criminelle, et qui, l'unique Fils de Dieu, cher et précieux à votre Père, souffrez les rebuts et les peines qui sont dus aux enfants de colère; qui, sans dire un seul mot, nous instruisez par la virginité de votre très sainte mère, de la régénération pure que vous nous méritez en naissant, de notre rédemption, par le bois de la crèche, image de celui de la croix, de la céleste nourriture que vous nous destinez par la crèche même où vous reposez, faites-nous comprendre les secrets de votre admirable silence, et rendez-nous de telle sorte enfants en vous que nous puissions avec vous être les héritiers du Père éternel avec lequel vous vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 26 Déc 2016 - 21:12

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 26 décembre

Joie de la sainte Vierge à la naissance de Jésus


« Heureuses les entrailles qui ont porté le fils de Dieu! heureuses les mamelles qui l'ont allaité! » (Luc 2: 27)
Le moment heureux annoncé pendant quatre mille ans par tant d'oracles, appelé par tant de vœux et de soupirs étant arrivé, Jésus sort du sein virginal de Marie comme le rayon du soleil sort d'une nuée éclatante; brûlante d'amour, saintement impatiente de contempler le désiré des nations, sa mère l'a enfanté sans douleur comme sans souillure : qui pourrait dire avec quels sentiments de respect et de tendresse elle l'adore comme son Dieu, l'embrasse comme son fils, l'enveloppe de langes, le pose dans la crèche, ne pouvant rassasier ni ses yeux ni son cœur de la vue de ce cher et adorable objet.

O mon âme! demande à cette bienheureuse mère d'avoir part à la consolation, au respect et à la ferveur dont la remplit la naissance de son fils bien-aimé. Elle le contemple, elle l'adore, elle le sert.



Marie contemple l'enfant Jésus

C'était sans doute un bonheur ineffable de posséder pour ainsi dire à elle seule le trésor du ciel et de la terre, le Verbe divin incarné dans ses chastes entrailles, de sentir à tout moment son cœur tout embrasé de ses ardeurs, de son incomparable charité, son esprit éclairé des lumières même de la sagesse incréée; le Dieu caché remplissant de l'abondance de sa grâce toute la capacité de son âme, et en échange de l'être naturel qu'elle lui avait donné, lui rendant avec usure la participation de son être surnaturel et divin.

Mais enfin la gloire du Père, le salut des hommes, les bienheureux effets qui devaient résulter de l'incarnation du Verbe l'avaient fait soupirer plus vivement que les Patriarches après l'heure fortunée qui le montrerait à la terre.
Elle le voit enfin, pensez avec quelle joie : rassasiée de bonheur parce quelle a vu sa gloire, elle le contemple, elle le présente aux adorations des anges et des hommes avec des transports qui ne pouvaient naître que dans le cœur de la mère d'un Dieu.

O mon âme! sont-ce là tes désirs et tes sujets de joie ?
Tu ne devrais aspirer ici bas qu'à deux choses, à posséder habituellement Jésus-Christ par la grâce et fréquemment par l'eucharistie, et à le voir un jour dans sa gloire. La première est l'unique consolation et le vrai bonheur de la terre; la seconde toute la joie, toute la félicité du ciel.
Que te revient-il de tous ces désirs qui t'agitent et font ton tourment ?
Qu'as-tu trouvé jusqu'à présent dans les créatures qui t'ait pleinement contentée ; rentre enfin en toi-même, laisse aux hommes vains les choses vaines ; ferme sur toi la porte et appelle à toi Jésus, ton bien-aimé.

O Dieu naissant! je ne veux plus demander, je ne désirerai plus qu'une seule chose, c'est d'habiter en vous, de vivre avec vous tous les jours de ma vie; montrez-moi votre visage, et que je ne cesse plus de le contempler.



Elle l'adore

Heureuse de contempler l'enfant Jésus et de l'embrasser avec un« tendresse toute maternelle, avec quels sentiments de respect, dans quel anéantissement profond de tout son être ne l'adore-t-elle pas !
Elle voit le fils du Très-Haut abaissé jusqu'à devenir son fils, celui qui donne la vie à tout ce qui respire lui demandant du lait, le Roi de gloire relégué dans cette masure abandonnée, faisant entendre des gémissement plaintifs, celui dont le tonnerre n'est pas une digne vois, et dès le premier moment de son apparition sur la terre accomplissant par ses douleurs et ses humiliations prodigieuses son office de Sauveur et de Rédempteur; et comparant sa génération éternelle avec sa naissance temporelle, elle le voit dans la première nécessairement infini, tout puissant, indépendant, possédant toute sagesse et toute grandeur, et dans la seconde volontairement faible, indigent, soumis à ses créatures, sujet à toutes sortes de souffrances et même à la mort.

Elle l'adore avec toutes ses dignités divines et humaines, comme le vrai Dieu et la vie éternelle et en même temps comme le Rédempteur, le prêtre et la victime du genre Humain, et elle s'offre, se consacre et s'immole avec lui, pour lui et en lui.

Loin, loin de toi ô mon âme! les pensées des enfants du siècle. Plus ton Dieu s'est abaissé, plus il doit t'être cher; il ne pouvait appartenir qu'au Tout-Puissant de descendre par miséricorde à cet excès, et par cet excessif abaissement de te relever et de guérir l'orgueil de l'esprit et du cœur humain.

Vous êtes vraiment le Dieu caché, Dieu Sauveur d'Israël. Mais votre charité vous révèle à ma foi; cette étable est à mes yeux un palais, c'est un temple, c'est la digne demeure d'un Dieu, qui n'a pas eu horreur du sein d'une Vierge. Je veux m'y cacher avec vous, y vivre et y mourir; cachez-moi, ô mon Sauveur! dans le secret de votre face, afin que je ne me laisse plus séduire par la vanité.



Elle le sert

Ce n'est pas une parole sans effet que Marie a proférée quand elle a dit à l'Ange: « Voici la servante du Seigneur », c'est un sentiment vrai et profond qu'elle exprimait; elle veut être réellement l'humble fidèle servante de son Dieu, non seulement quand il lui demande l'obéissance du haut du trône de sa gloire, mais plus encore, s'il est possible, lorsqu'ayant pris lui-même la forme d'esclave il lui demande ses services.

Elle est heureuse de servir Jésus comme son fils et comme son Dieu : comme son fils elle lui prodigue tous les soins d'une bonne et tendre mère, comme son Dieu tous les respects, toutes les soumissions de la plus humble servante; elle lui consacre tous les moments de sa vie, tous les mouvements de son cœur sans partage et sans réserve ; elle s'offre à lui avec une sainte ferveur pour lui rendre tous les devoirs de mère, de nourrice, d'esclave, pour accomplir toutes ses volontés, s'assujettir à tout son pouvoir.

Avec quel inexprimable ravissement elle le garde, elle l'allaite, épiant ses mouvement les plus imperceptibles,  prévenant ses moindres désirs, écartant tout ce qui pourrait lui nuire ou lui déplaire ! ah ! le sommeil même n'interrompt pas cette bienheureuse occupation ; c'est bien elle qui peut dire : « Je dors, mais mon cœur veille ».

Est-ce ainsi que je vous sers, ô mon Dieu ? Non non, quelques jours de soins, d'exactitude et de fidélité suffisent pour épuiser mes forces et pousser à bout ma constance. Comme si vous n'étiez pas le plus grand, le plus indulgent et le plus généreux des maîtres, je languis à votre service, je compte avec vous, qui m'avez donné sans mesurer, et qui me réservez une récompense infinie, qu'on est trop heureux de servir, puisque vous servir, Seigneur, c'est régner.
Je veux commencer enfin par l'accomplissement de votre volonté à pouvoir dire avec vérité: « Je suis votre serviteur et le fils de votre servante ».

O Marie! offrez ce désir à votre divin fils pour qu'il le rende efficace, et qu'à l'avenir je le serve fidèlement.



Vertu à obtenir : La joie spirituelle au service de Dieu.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui la bienheureuse Vierge.

Réjouissez-vous avec moi, vous dit-elle, parce que toute petite que je suis j'ai été agréable au Très Haut, et que l'Homme-Dieu est sorti de mes entrailles ; répondez-lui : Oui, vous êtes bienheureuse, ô vierge Marie ! parce que vous avez porté dans votre sein le Seigneur et le créateur du monde; vous avez engendré celui qui vous a créée, et vous demeurez éternellement vierge.

O Marie! vierge sacrée, vous êtes bienheureuse et digne de toute louange, parce que le soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est sorti de vous.



Prière

O très sainte et très heureuse Mère de Dieu ! souffrez que je prenne part à votre joie, puisque vous êtes ma souveraine et que je vous appartiens à tant de titres ; permettez que j'adore votre divin fils avec vous, que je lui rende mes hommages, que je me donne à lui pour accomplir toutes ses volontés, que je m'humilie devant lui et que je m'engage irrévocablement à son service; offrez-lui vous-même tous mes vœux, offrez-lui tout ce que je suis, tout ce que je puis; priez-le qu'il soit mon Sauveur, et que je trouve accès auprès de lui pour jouir des fruits de sa naissance, le servir sur la terre, le contempler, l'adorer et l'aimer à jamais dans le ciel. Ainsi soit-il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 27 Déc 2016 - 20:10

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 27 décembre

Jésus attire les neuf chœurs des Anges


« En même temps une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'Ange, et ils se mirent à louer Dieu ». (Luc 2)
Jésus-Christ est le chef de toute principauté et de toute puissance, Dieu a mis toute chose sous ses pieds. Quel fut donc l'étonnement des esprits célestes lorsqu'ils virent ce fils unique du Père abaissé jusqu'à la nature humaine, devenu un enfant d'un jour !

mais en même temps avec quels transports de joie ils saluèrent le lever de ce soleil de justice, qui venait dissiper les ténèbres du monde et redonner aux hommes la vie de la grâce et de la gloire ! Etonnés et ravis de voir un Dieu réduit à l'état d'enfant et couché dans la crèche, et cependant cet Enfant-Dieu plus glorieux, incomparablement plus ardent en amour que les Séraphins, plus éclairé que les Chérubins, plus puissant que les Dominations, plus pur, plus parfait et plus heureux que les plus sublimes intelligences, ils louent, ils bénissent Dieu.

O mon âme! unis-toi aux transports de joie et d'admiration qu'excite en eux la vue de ce mystère qui s'est opéré; recueille les leçons que te donnent 1° leur joie, 2° leur charité, 3° leur zèle.



Leur joie

Comme les mauvais anges sont animés d'une horrible haine contre Dieu et d'une envie infernale de sa gloire, les bons anges sont heureux de tout ce qui peut la procurer ou l'accroître.
Pendant quatre mille ans, ils avaient vu le vrai Dieu comme banni du milieu de ses créatures, et les vapeurs d'un encens profane s'élever des autels consacrés aux démons : efforts, inspirations, menaces, prières ils avaient tout mis en usage pour maintenir la sainteté de son culte au milieu d'Israël ou pour amener à sa connaissance les Gentils.

Mais les temps de la grâce n'étaient point encore arrivés; et ils n'avaient pu dissiper la nuit de l'idolâtrie répandue sur la terre. Quelle joie pour eux de voir la lumière s'élever de la crèche de l'enfant Jésus, de reconnaître en lui le Médiateur promis aux hommes, qui doit abolir le règne du péché, former à son Père un peuple nouveau d'adorateurs en esprit et en vérité, et marquer les justes attirés vers lui de toutes les parties de l'univers d'un caractère de sainteté dont il sera le parfait modèle et d'une charité dont il est la source intarissable; à la vue de cet incomparable adorateur ils glorifient par lui le Père miséricordieux, qui l'a donné au monde, et célèbrent sa gloire, dont la majesté remplit la terre et les cieux.

Chante avec eux, ô mon âme ! Chante le cantique du Seigneur. Cette terre n'est plus tout à fait une terre étrangère, puisque Jésus l'a visitée. Il peut en éclairer les ténèbres et en adoucir toutes les amertumes. Jamais les concerts du ciel n'y avaient été entendus; mais vous apparaissez, ô enfant divin ! et la louange que donnent à votre divin Père vos gémissements et vos pleurs, vos saints anges la répètent au plus haut des cieux, ils en descendent avec une allégresse inexprimable pour vous adorer, pour reconnaître votre infinie grandeur, votre puissance, votre sagesse cachée sous le voile d'une si prodigieuse humilité.

Souffrez que, malgré mes ténèbres et ma misère, je m'unisse à leur céleste harmonie pour vous souhaiter tout honneur, toute gloire, toute louange et toute bénédiction dans le temps et dans l'éternité.



Leur charité

Ce n'est pas seulement au Père et à son Verbe incarné que s'adressent les félicitations et les joyeux cantiques des anges, c'est aussi à nous, enfants d'Eve, à nous dont le Saint des saints a adopté et réellement pris la nature.

Ainsi quoiqu'il l'ait préférée à la leur, cette préférence ni n'excite leur envie , ni ne refroidit leur charité pour les hommes; et ils se réjouissent de la dignité sublime à laquelle le fils de Dieu nous a élevés en la prenant : ils regardent avec autant de respect que de consolation la gloire de l'union hypostatique communiquée à la nature humaine, et ils en bénissent l'auteur de tout don parfait avec autant de reconnaissance que s'il les avait élevés eux-mêmes à ce comble à honneur.

Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme! Les succès ou les avantages du prochain sont-ils pour toi un sujet de joie et d'actions de grâce, ou bien le poison mortel de l'envie ne t'a-t-il pas trop souvent pénétrée comme à ton insu ? Sonde en présence des humiliations prodigieuses de ton Sauveur la plaie honteuse que jusqu'ici tu t'es dissimulée à toi-même; examine si cette froideur, cette antipathie, ce malaise que tu éprouves à l'approche de telle personne n'ont pas leur principe dans une supériorité d'esprit, de talent, de vertus, peut-être même, hélas ! de quelque frivole avantage que tu n'oses pas l'avouer ?

O anges saints! obtenez-moi une charité vraie fondée sur l'humilité.
O mon Dieu! je prends part au bonheur de tous ceux qui vous craignent.
Je vous offre tous les talents que vous m'avez donnés et toutes les grâces que vous m'avez faites; je consens à en être dépouillé pour en revêtir un autre qui en use mieux que moi, si vous le jugez ainsi. Que si vous avez la bonté de me les conserver, je vous prie de gratifier, mes frères encore plus que moi, afin que plus de personnes vous glorifient, que votre nom soit mieux connu, et que ceux que vous honorerez de vos faveurs suppléent au mauvais usage que j'ai fait de celles dont vous m'avez prévenu.



Leur zèle

Comme la joie des anges est pure et sincère, leur charité est active et efficace, ils sont empressés de procurer à Dieu toute la gloire et aux hommes tout le bonheur qui peut dépendre de leur ministère ; à peine ils ont entendu la bonne nouvelle que l'un d'eux avait été chargé de porter aux bergers, que tout à coup cette milice céleste fait éclater ses transports. C'est comme une seule voix qui s'élève du sein de cette innombrable multitude ! parce que c'est le même feu qui l'échauffe, c'est un seul et même désir qui l'anime.

Annoncer aux hommes la naissance de Jésus Christ, les attirer à sa grâce, porter la lumière dans les esprits, éveiller la piété dans les cœurs, réparer parles hommages de la plus vive reconnaissance l'ingratitude des hommes envers ce Dieu fait homme, leurs rebuts et leurs outrages par la promptitude de leur obéissance et la profondeur de leurs adorations, voilà les ministères que se partagent ces esprits bienheureux.

Ils environnent, en les félicitant de leur bonheur, la divine Mère qu'il s'est choisie, le glorieux père qu'il a adopté ; ils vont au fond de l'Orient appeler les prémices de la gentilité ; ils descendent dans les limbes pour annoncer aux Justes de l'ancienne alliance que leur rédemption est proche, que le Désiré des nations, qu'ils ont salué de loin, dont leurs soupirs ont appelé l'avènement béni, a paru enfin, qu'ils l'ont vu et l'ont adoré plein de grâce et de vérité.

Est-ce là le besoin de votre cœur, l'occupation habituelle de votre esprit,l'emploi de votre temps dans les moments dont vous pouvez disposer ? Vous consumez tant et de si longues heures en conversations, en visites, en rapports plus ou moins inutiles que vous appelez des devoirs et des bienséances; quelle place y tiennent la gloire de Dieu, l'intérêt des âmes, les vues de la foi ?

Songez bien que les dispositions et les habitudes de ceux avec qui vous conversez ne sauraient vous servir d'excuse, parce que, comme les anges, vous devez brûler de zèle et profiter de toutes les occasions pour faire glorifier Dieu.
Mais vous-même entretenez-vous un commerce habituel avec eux ?
implorez-vous leurs lumières, leurs conseils, leur puissant appui ?
avez-vous soin d'invoquer ceux de vos amis, de vos proches, des pauvres pécheurs ?
êtes-vous docile à leurs inspirations?
n'avez-vous pas quelquefois le malheur d'étouffer leur voix, leurs invitations aimables ou leurs reproches ?



Vertu à obtenir : L'esprit de zèle.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par les anges;
remerciez-les de l'honneur qu'ils ont rendu à cet aimable Sauveur;
priez-les de vous aider à bénir le Père céleste de vous avoir donné son fils, et de vous obtenir la grâce de recueillir le fruit de sa naissance;
efforcez-vous d'imiter le zèle dont ils sont animés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Ne vous contentez pas de connaître et aimer Jésus, désirez qu'il soit connu et aimé de tous les hommes :
inspirez en toute occasion sa crainte et son amour, et que tout votre bonheur soit de le voir servi et honoré.



Prière

Je vous adore, ô très doux enfant de la bienheureuse vierge Marie !
je vous adore, parce que la plénitude de la divinité habite en vous, parce que le trésor incompréhensible de la sagesse divine est caché en vous, parce que toute la douceur de l'amour du Saint-Esprit s'est écoulée en vous.

O très doux Jésus! opérez et achevez dans mon âme ce que vous vous êtes propose de toute éternité.
Que votre toute-puissance me régisse; que votre sagesse me remplisse de ses lumières; que votre douceur m'attire, et que votre bonté infinie m'attache à vous éternellement. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 28 Déc 2016 - 22:34

Le Mois de l'Enfant Jésus






Le 28 décembre

Jésus rend gloire à son Père


« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». (Luc 2)
Le monde célèbre la gloire du monde. Les enfants de la terre chantent les joies de la terre, ce qu'ils appellent leurs plaisirs, ce qu'ils croient la félicité.

Quels chants doivent donc faire entendre les anges de Dieu, sinon les joies du ciel et la gloire de Dieu,qu'ils contemplent sans cesse et dont la vue ravissante éveille sans cesse en eux de nouveaux transports d'admiration et de reconnaissance ?

Dès que l'homme fut créé, les cieux la lui racontèrent, cette gloire de son Dieu ; mais bientôt il n'entendit plus leur voix ; le magnifique spectacle de la nature ne lui dit plus rien ; il en contempla les merveilles avec un cœur glacé : il est devenu d'une insensibilité monstrueuse pour celui qui l'a créé par amour, qui à tout moment le comble de ses biens.

Du moins sois reconnaissante, bénis le Seigneur, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi rende hommage à son saint nom !
Pour comprendre comment tu dois le glorifier considère quelle est la gloire que lui rendent 1° les anges dans le ciel, 2° l'enfant Jésus dans la crèche, 3° les fidèles dans l'église.



Les anges dans le ciel

Louer Dieu, le bénir sans cesse c'est l'occupation bienheureuse des célestes intelligences.
La majesté divine, qui se dévoile à leurs regards, les pénètre de sa lumière, les ravit par ses charmes, les enivre de ses chastes délices. Cette plénitude de contentement, ce rassasiement de bonheur a besoin de s'épancher au dehors ; et la louange est intarissable en eux comme la félicité. Le grand mystère de piété qui leur est manifesté la rend plus vive encore et plus animée au milieu de leurs chœurs.

Le Verbe divinement jaloux de la gloire du Père outragée par le péché, qui pour la venger et la rétablir se précipite dans le néant de la nature humaine, leur révèle la grandeur infinie de celui à qui il fallait une si prodigieuse réparation ; ils s'embrasent d'une nouvelle ardeur et s'excitent mutuellement à des adorations plus profondes.

Tantôt dans l'extase de l'admiration, c'est parle silence qu'ils le louent, tantôt c'est sans se reposer qu'ils répètent saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui sera. Vous êtes digne, Seigneur, de toute gloire, honneur et puissance.

Élève-toi, ô mon âme ! par la foi et la charité au milieu des anges de Dieu , aux lieux les plus hauts, à la plus grande hauteur du trône éternel ! mêle ta faible voix à leur ravissante harmonie pour célébrer le Seigneur, parce qu'il est bon de le chanter !
Ce ne sera, il est vrai, que dans ce bienheureux séjour que tu pourras dignement chanter sa gloire, parce que là seulement tu en découvriras les splendeurs. Ici bas tes louanges sont trop souvent interrompues par tes gémissements ; tes misères, tes ténèbres, tes vaines attaches, les importunes images de la vanité, ce poids de la corruption qui t'entraîne viennent bientôt troubler tes célestes entretiens.

Néanmoins élève tes regards vers cette gloire à laquelle tu dois avoir part un jour, et qui te sera clairement manifestée;
élève ta voix pour glorifier Dieu en lui-même, et n'aime ce qu'il fait en toi que par rapport à lui.



L'enfant Jésus dans sa crèche

Quelque sublimes que soient les cantiques des anges, peuvent-ils jamais louer clignement celui qui est au-dessus de toute louange ! Quelque profondes que soient leurs adorations, comment pourraient-elles jamais glorifier parfaitement celui à qui appartient toute gloire ! O terre ! ô cieux! reconnaissez votre impuissance, faites silence :
le dominateur que vous cherchez, l'ange de l'alliance qu'appellent vos vœux, l'unique, le véritable adorateur, a paru : « Voici que je viens, dit-il lui-même dès son entrée dans le monde, pour accomplir votre volonté, ô mon Dieu ! »

Le reconnaissez-vous dans l'enfant Jésus ? retrouvez-vous en lui le chantre divin dont les louanges égalent la grandeur du Tout-Puissant, l'holocauste vivant qui honore souverainement son incompréhensible majesté ?
Et quel est donc ce cantique nouveau que Dieu a mis dans sa bouche, cet hymne de louange à sa gloire ?
Ah! n'entendez-vous pas ses soupirs et ses gémissements ? Quels hommages pourraient égaler ceux du unique du Père réduit à cet abaissement ?
Cette inaction, ce silence, cette dépendance universelle, cette impuissance totale dans lesquels il se tient ne sont-ils pas une réparation solennelle de la désobéissance de l'homme, et en voilant sous les dehors insignifiants du premier âge jusqu'à l'apparence de son intelligence divine, ne venge-t-il pas pleinement son Père de cette raison superbe qui avait osé s'élever contre lui ?
Mais quoi de plus glorieux pour ce céleste père que le sacrifice que lui fait de sa propre gloire ce fils qui lui est égal en sainteté, en sagesse et en puissance ?

Quelle surabondante réparation dans les hommages de ce Verbe adorable qui, s'étant approprié la nature humaine, présente dans sa personne les satisfactions de tous les hommes, et, par l'union de son corps mystique avec lui, dans chacun de ses membres, les satisfaction d'un Dieu !  
Tu appartiens, ô mon âme! À ce divin Chef : tu peux par lui offrir au Père les plus sublimes louanges et des hommages dignes de sa grandeur, puisqu'il t'a adoptée, et par cette adoption t'a rendue participante de toutes les grâces qu'il communique aux membres de son corps mystique. Mais souvient toi qu'elle te serait un jour un sujet de condamnation si tu ne t'appliquais pas dès aujourd'hui à appartenir et à participer à son esprit, et à en suivre avec docilité l'impression et le mouvement. C'est par l'abnégation, l'humilité, le crucifiement des désirs de la chair que tu l'attireras en toi.

O Dieu humilié, souffrant, abandonné, donnez-moi vos saintes dispositions, remplissez-moi de votre esprit !



Les fidèles dans l'Eglise

Si la naissance de l'Enfant-Dieu excite au milieu des anges de si vifs transports d'admiration et de reconnaissance, si ce Verbe divin , par l'anéantissement de sa grandeur et de sa puissance, s'efforce de rendre à son Père la gloire que lui avaient t, ravie l'orgueil et la désobéissance de l'homme, que ne doit pas faire l'homme lui-même pour coopérer à une réparation si nécessaire, et pour s'unir aux expiations toutes puissantes de l'innocente victime de ses péchés.

Il est vrai qu'il était par lui-même dans l'impuissance absolue de satisfaire à Dieu : toute la postérité d'Adam se fût offerte en holocauste, la réparation n'avait nulle proportion avec l'attentat ; mais l'Incarnation du Verbe non seulement le répare pleinement, elle donne de plus aux hommes qu'elle fait enfants de Dieu par adoption le moyen de lui rendre plus de gloire que ne lui en a ravi le péché.
C'est la notre ressource, notre consolation, notre espérance. Par Jésus Christ nous pouvons tout, nous demandons à Dieu une oblation égale non seulement à ses bienfaits, mais encore a ses grandeurs en lui présentant un autre lui-même. Par nous-mêmes nous ne pouvons ni le bénir, ni le glorifier, ni rien lui offrir qui lui soit agréable, mais nous le bénissons en Jésus Christ en qui il nous a premièrement comblé de toutes sortes de bénédictions spirituelles.

Quel bonheur pour toi, ô mon âme! De pouvoir glorifier ton Dieu tout grand, tout puissant qu'il est, quoique tu ne sois qu'infirmité et misère, de préluder au milieu des douleurs de la terre aux saintes joies du ciel, et dans la captivité de la chair à la bienheureuse occupation des anges !

oh ! si je pouvais ne m'occuper que de vos louanges, ô mon Dieu ! si toute ma vie n'était qu'un cantique de glorification continuelle ! mais comment vous louer et vous glorifier, si vous détournez de moi votre visage ; éclairez mes yeux pour que je découvre ce qui vous déplaît dans mon cœur, afin de vous l'immoler, ce qui peut vous plaire, afin que je m'y attache.



Vertu à obtenir : Ne se proposer en tout que la gloire de Dieu.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus, par qui seul le Père céleste pouvait être dignement loué, adoré et glorifié ; unissez-vous aux dispositions de son cœur adorable, au désir ardent qu'il a de procurer la gloire de Dieu aux dépens de la sienne avant tout.

Oh! qu'il aura bien droit de dire un jour : Pour moi je ne cherche point ma propre gloire, après l'avoir ainsi enfouie dans l'abjection de sa naissance. Vous plairez-vous encore à recevoir la gloire les uns des autres ?

Ah ! s'il faut vous glorifier, que ce soit de vos misères, qui font éclater l'infinie miséricorde de Dieu à votre égard ;
ou plutôt encore dites avec le même sentiment que l'apôtre : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Jésus-Christ.



Prière

Divin enfant, qui êtes la joie des anges, quoique dans votre crèche vous ne fassiez entendre que des soupirs et des gémissements, par qui vos fidèles rendent gloire à votre père, quoique vous vous y teniez dans un humble et profond silence, je m'unis à tous les devoirs que dès votre entrée dans le monde votre âme n'a cessé de rendre à Dieu votre père, à vos adorations, à votre obéissance, à votre sacrifice, à vos actions de grâces, à votre amour, à votre contrition pour mes péchés, à votre esprit et à votre cœur :

c'est en vous que je mets tout mon espoir et toute ma joie, et avec tous les saints mon espérance et ma félicité éternelle. Ainsi soit-il.




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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 29 Déc 2016 - 21:24

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 29 décembre

Jésus donne la paix aux hommes


« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». (Luc 2)

Quelle est donc cette paix que les anges annoncent si solennellement du haut des cieux ?
Ce n'est pas la paix que le monde souhaite à ses amateurs, et qui n'est que la jouissance paisible des biens frivoles et périssables, c'est à dire le contentement des passions; non, non, ce n'est point cette paix fausse et trompeuse, c'est la paix de Dieu, qui surpasse tout sentiment, c'est la paix avec Dieu que le péché avait rompue, que Jésus-Christ a traitée avec son Père, et qui est enfin conclue par ses mérites.

Il est vrai qu'il faudra que le traité soit signé du sang même du divin médiateur et scellé du sceau de la croix.
Mais il est accepté dès sa naissance et publié par les anges.

Le père les a chargés d'annoncer cette paix à tous les hommes de bonne volonté, à ceux à qui il veut du bien et à ceux qui ont eux-mêmes une bonne volonté. Ces deux sens s'accordent parfaitement, puisque le premier effet de la bonne volonté que Dieu a pour nous est de nous inspirer une bonne volonté envers lui.

Réjouis-toi de cette heureuse nouvelle, ô mon âme! la guerre est terminée. Apprends quelle est cette paix qui est annoncée à l'univers; c'est 1° 1a paix de 1'homme avec Dieu, 2° la paix des hommes entre eux, 3° la paix de l'homme avec lui-même.



La paix de l'homme avec Dieu par la rémission des péchés

Quels malheurs n'entraîne pas après elle la guerre même la plus légitime de peuple à peuple et de souverain à souverain ! Les pleurs, le sang, le carnage, les dévastations et la ruine en sont toujours la suite inévitable.
Que sera-ce donc que la guerre la plus injuste, la plus inégale, la plus coupable, la guerre de l'homme contre Dieu ! ce n'est pas seulement la faiblesse qui ose s'attaquer à la force, c'est le néant qui veut s'égaler à l'être, se mesurer avec lui, et peut-être se flatte d'en triompher.

O folie ! ô criminelle audace ! ô révoltante ingratitude ! Que le châtiment d'un tel attentat est juste, mais qu'il est terrible !
Adam et Eve dépouillés de tous les dons que leur créateur s'était plu à leur prodiguer, chassés ignominieusement et pour toujours du paradis de délices, condamnes à mort eux et toute leur postérité, et en attendant, sans en connaître le moment, l'exécution de cet arrêt fatal, réduits à recueillir au milieu des épines un pain de larmes, en proie aux craintes, aux remords, à l'ignorance et à la concupiscence, fuyant devant la face de Dieu, n'osant élever leurs regards vers le ciel.

O Dieu! Qui pourra donc vous réconcilier avec nous ? Toute la Cour Céleste s'offrirait en holocauste, votre gloire et votre justice n'en seraient point satisfaites ; toute la terre nagerait dans le sang des victimes, votre colère ne serait point apaisée.
Le Verbe Divin a vu toute l'impuissance de ces oblations, l'inefficacité de toutes ces hosties et de tous ces sacrifices et il a dit : « Voici que je viens ». Il est venu, il a désarmé le Père, et il a apporté la paix ; il l'a annoncée à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient proche, car c'est par lui que nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même esprit.

Refuseras-tu cette paix, ô mon âme ! ou plutôt ne l'imploreras-tu pas, ne t'efforceras-tu pas d'en conserver les fruits ?
Voudras-tu la rompre par le péché ? car c'est par le péché que l'homme se met en guerre avec Dieu.
Qui est-ce qui lui a résisté et a été en paix ? Quel affreux malheur que d'être en guerre avec Dieu !
Etre armé contre son Créateur, avoir pour ennemi le Tout-Puissant, ne plus oser le prier, penser à lui, l'appeler son père ; ne voir en lui qu'un juge redoutable et un implacable vengeur !

J'ai péché ! Que ferai je pour vous apaiser, ô Créateur des hommes ! pourquoi m'avez-vous ainsi placé en butte à vos traits ! pourquoi ne pas effacer mon péché ?

O enfant Jésus ! Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la paix.



La paix des hommes entre eux

D'où naissent les guerres et les discordes ? demande l'apôtre Saint Jacques.
N'est-ce pas, répond-il, de vos passions qui combattent dans votre chair ? C'est en effet des passions que sortent comme d'une source intarissable les dissensions, les animosités, les haines et les vengeances.

La guerre de l'homme contre Dieu fut comme le signal de la guerre de l'homme contre son semblable.
Depuis le jour où Caïn rougit la terre du sang de son frère les hommes demeurèrent pour ainsi dire sans cesse armés les uns contre les autres, et les inimitiés se multipliant de toutes parts couvrirent la terre de crimes et de malheurs.
Il est vrai que la Loi mettait quelque frein à la violence ; mais si elle tendait à restreindre la vengeance ou à prévenir l'injuste agression , elle n'en détruisait pas le principe. Qu'il y a loin de cette maxime: « OEil pour œil et dent pour dent », à ce précepte de l'Evangile : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ». « C'est que la Loi qui donnait le précepte ne donnait pas la force de l'accomplir » ;  c'est qu'il fallait que celui par qui tout devait être pacifié au ciel et sur la terre vînt en personne réconcilier les hommes en allumant dans leur cœur le feu de la charité, leur offrît, pour le conserver, le triple secours de son exemple, de ses enseignements et de sa grâce.

Aussi comme la division avait été le premier effet du péché, l'union des cœurs devait être le premier fruit de la réconciliation opérée par Jésus-Christ. C'est là la marque à laquelle devaient être reconnus ses disciples, c'est à l'amour qu'ils auraient les uns pour les autres. C'est là le commandement nouveau qu'il leur fait ; c'est comme son testament si fidèlement exécuté, que bientôt la multitude des fidèles n'est plus qu'un cœur et qu'une âme, que les infidèles, ravis de la paix céleste qui règne au milieu d'elle, s'écrient: « Voyez comme ils s'aiment ! »

Reconnais aujourd'hui, ô mon âme ! et comprends bien que ce qui peut te donner la paix avec le prochain c'est une humilité véritable et une sincère charité. Commence par établir la paix au milieu de toi, et tu l'auras bientôt avec les autres : traite-les avec bonté, excuse-les avec indulgence, supporte leurs faiblesses avec douceur, souffre leurs défauts avec patience, et couvre-les du manteau de la charité.

Mais pour cela il faut être véritablement humble, étudier soigneusement ses misères et fermer les yeux sur celles d'autrui ; chercher à s'effacer pour laisser paraître le prochain, à l'élever et à s'abaisser soi-même ; être dans la disposition habituelle de faire céder son droit, son opinion, son jugement et de perdre même ce qui est le plus précieux, pour ne pas perdre la paix et la charité, se souvenant de cette parole : « Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés enfant de Dieu ».



La paix de l'homme avec lui-même

Est-il donc possible d'éviter cette guerre intestine dont le foyer est au milieu de nous, ce perpétuel combat de la chair contre l'esprit, de la raison contre la foi, de la nature contre la grâce, de la cupidité contre la charité, qui a fait gémir tous les saints ? Non sans doute ; mais au milieu même de cette guerre et de ces combats non seulement nous pouvons être en paix, mais nous ne pouvons même posséder la paix qu'en combattant et en faisant la guerre.

Ainsi les hommes charnels obéissent à leurs penchants, suivent les inclinations de la nature, se laissent entraîner par leurs passions ; mais ils ont beau dire : la paix, la paix ! la paix n'est pas pour eux.
Les remords, les chagrins, les revers, les craintes, les dégoûts, les désespoirs, tout les agite, les alarme et les tient dans des anxiétés insupportables. Mais lorsque le fort armé garde l'entrée de sa maison, tout ce qu'il possède est en paix.

Ainsi le chrétien qui a sans cesse les armes à la main goûte une paix profonde, au milieu même des assauts que lui livre l'ennemi du salut, et surabonde de joie au milieu de ses tribulations : il captive son esprit sous le joug de la foi ; mais il s'affranchit du doute de l'incertitude et de l'erreur : il contraint sa chair à porter la mortification du Sauveur ; mais il fait triompher son âme de ses humiliations et de ses révoltes ; il crucifie les affections déréglées ; mais la charité le dédommage de ses sacrifices par l'abondance des plus pures consolations.

Voilà pourquoi la paix annoncées à toute la terre n'est promise qu'aux hommes de bonne volonté, c'est à dire à ceux qui feront concourir tous leurs désirs à vouloir ce que Dieu veut, à ceux qui le glorifieront par leur foi, par leur amour et par leurs œuvres, qui inclineront leur cœur à croire, à obéir et à aimer.

O mon âme ! peux-tu aspirer à cette paix divine ? as-tu tenté quelques efforts, fait quelque sacrifice pour en obtenir le don ou t'en assurer les fruits ? As-tu du moins commencé à correspondre aux desseins de Dieu, à la bonne volonté qu'il a pour toi, aux vues de son infinie miséricorde ? ce n'est que par la guerre qu'on obtient la paix.
Attaque donc généreusement telle inclination mauvaise qui domine en toi, et qui s'oppose aux effets de la grâce et à l'établissement du règne de Dieu au milieu de toi.

Aidez-moi, protégez-moi, soutenez, affermissez ma volonté, ô mon Sauveur ! vous le voyez, je suis à vous, je n'ai point d'autre maître. Dominez enfin dans mon cœur au milieu des ennemis (i) qui osent vous en disputer la possession et l'empire.



Vertu à obtenir : La paix intérieure.





Résolutions et aspirations


Honorez souvent dans cette journée le Père Eternel, qui vous a donné son Fils, et par lui la paix. A sa naissance, elle a été célébrée par les anges et annoncée à la terre.

Quand il prendra une vie nouvelle dans le tombeau et qu'il apparaîtra à ses disciples, sa première parole et son premier souhait sera encore la paix. La paix soit avec vous ! c'est moi, ne craignez point. Je vous ai réconciliés par mon sang; je vous soutiendrai par ma grâce, je vous couronnerai dans ma gloire. Encore une fois la paix soit avec vous !

Ah! mon Sauveur, quand vous la souhaitez vous la donnez en effet. Mais afin que je la reçoive et que j'en recueille les fruits, donnez-moi la bonne volonté à qui elle est promise.

Toutes les fois qu'on entonne ce cantique angélique, entrez dans le concert des anges par l'accord de tous vos désirs ; souvenez-vous de la naissance du Sauveur, qui a inspiré ce chant ; et lorsque le prêtre souhaite la paix de notre Seigneur, demandez-la pour vous et pour l'Eglise.



Prière

Divin Jésus, qui en naissant nous apportez la paix, et qui au milieu des souffrances et des privations vous montrez si résigné et si tranquille, donnez-nous dans tous les événements de cette vie, et les agitations de la terre, ce calme divin dont vous nous offrez un si parfait modèle dans votre crèche ; mais surtout daignez nous accorder cette paix que le monde est incapable de nous procurer, la paix de la bonne conscience, qui est l'effet de votre grâce et le fruit de la fidélité et de la générosité à votre service, afin que m'abandonnant pleinement à la conduite de votre adorable Providence, malgré les menaces des ennemis intérieurs et extérieurs de mon salut, j'aie le bonheur de vous imiter sur la terre, et de vous posséder dans le ciel. Ainsi soit-il.



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 30 Déc 2016 - 22:24

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 30 décembre

Jésus attire les bergers à sa crèche


« Ne craignez point, car je viens vous annoncer une nouvelle qui sera pour tout le peuple un grand sujet de joie, c'est qu'aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) Les anges étaient descendus du ciel pour adorer le Verbe fait chair. Le divin Enfant députe l'un d'entre eux vers des bergers qui dans les champs voisins veillaient à la garde de leurs troupeaux.

Ce n'était pas la première fois que ces Esprits célestes se montraient aux hommes sous une forme humaine. Ils avaient autrefois conversé avec Abraham, Isaac et Jacob; c'était peut-être aux mêmes lieux que cet ancien berger, père des douze Patriarches, avait aussi fait paître ses troupeaux et reçu leur visite. Quoi qu'il en soit, l'Ange du Seigneur se présente tout à coup à eux: une lumière extraordinaire les environne, ce qui leur cause une extrême frayeur.

Mais à l'instant même, il les rassure. « Ne craignez point, leur dit-il, je vous annonce une grande joie: dans la ville de David (remarquez bien ce lieu qui dès longtemps a été désigné par la prophétie), aujourd'hui vous est né le Sauveur du monde, le Christ, le Seigneur, et voici le signe que je vous donne pour le reconnaître: vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. »

Est-ce à de telles marques que les sages du siècle s'attendaient à reconnaître l'admirable, le Dieu fort, le Père de l’Éternité, le Prince de la Paix ? Non sans doute, mais c'est à ces marques qu'il veut être reconnu.

Ne perdons pas le temps en vains raisonnements; hâtons-nous ô mon âme! passons jusqu'à Bethléem, allons chercher Jésus : voyons ce qui est arrivé, et ce que le Seigneur nous a fait connaître.

Envoyez-moi votre lumière, ô enfant Dieu ! dissipez mes illusions et mes ténèbres, guidez-moi dans la contemplation de ce mystère d'humilité, de foi et de simplicité, afin que je découvre aujourd'hui :
qui sont ceux à qui vous envoyez votre ange;
quelle est la nouvelle que vous leur faites annoncer;
à quelle marque vous voulez qu'ils vous reconnaissent.





Qui sont ceux à qui l'ange est envoyé

Ce sont des bergers, des hommes simples, pauvres, petits par leur condition et leurs emplois ; ne vous étonnez pas : un Dieu humble, simple et pauvre devait avoir une prédilection marquée et réserver ses préférences pour les pauvres.

N'y avait-il donc pas dans Israël des docteurs, des sages, des hommes habiles dans la science des écritures et par là plus convenables et plus propres à cette révélation ? Oui sans doute ; mais ces docteurs étaient des hommes superbes, enflés de la science de la loi, et qui auraient rejeté les prodiges de son humilité, de son silence, de son infirmité, puisqu'ils sont scandalisés de la sainteté de sa doctrine et des merveilles de sa puissance.

Ah! Il révèle aujourd'hui sa venue à de pauvres pasteurs, et il en fait les évangélistes de sa naissance, comme il découvrira un jour à de pauvres pécheurs ses autres mystères et en fera des apôtres. Il les choisit parce qu'ils sont pauvres et que l'estime des richesses ne les soulèvera pas contre sa pauvreté, parce qu'ils sont simples, et que l'orgueil du savoir ne les armera pas contre l'humilité de l'esprit, parce qu'ils sont vigilants, et que la mollesse et la sensualité ne les révolteront pas contre la sainteté, la mortification et la pénitence.

O mon âme! que penses-tu de ce choix ? De pauvres bergers, des hommes sans lettres, sans culture, sans appui dans le monde, voilà ceux que le Fils de Dieu choisit pour ses favoris, à qui il envoie ses ambassadeurs.
Estimeras-tu encore les richesses, les grandeurs périssables, les talents qui enfantent presque toujours une secrète et dangereuse estime de soi-même ?

Je vous rends grâce, ô divin enfant! de ce que dès votre apparition en ce monde vous corrigez ainsi l'erreur de mon esprit et le dérèglement de mon cœur. Je vous bénis, mon Dieu et mon Père, roi du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux savons, et que vous les avez révélées aux petits ! oui, mon père, car il vous a plu que cela fut ainsi.

Mais quand vous m'enseignez par le choix que vous faites de ces bergers les dispositions que vous voulez trouver en nous pour nous communiquer vos mystères, donnez-moi l'esprit d'humilité, de détachement £t de vigilance afin que vous daigniez m'attirer à vous, que je reçoive avec joie vos inspirations et vos lumières, et que je réponde avec docilité et avec zèle à l'attrait de votre grâce.





Quelle est la nouvelle annoncée aux bergers

C'est la plus importante et la plus heureuse qu'ils pussent apprendre, c'est qu'il leur est né un Roi, un Roi berger, qui est le fils de David, qui a voulu honorer leur pauvreté en en portant les livrées, et leur condition en les appelant les premiers à sa crèche ; c'est qu'il est né pour eux, pour les consoler et les sanctifier ; toutefois cette joie dont les anges leur apportent les prémices a été bientôt partagée par tout le peuple.

C'est l'univers que Jésus Christ vient sauver, ce sont tous les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir ; quelle plus heureuse nouvelle ! Vous étiez tous comme des brebis égarées; mais vous allez revenir au pasteur et à l'évêque de vos âmes.
Voilà le grand sujet de joie qu'Isaïe avait publié d'avance. L'esprit du Seigneur est sur moi ; c'est pourquoi il m'a consacré par son onction : il m'a envoyé annoncer l’Évangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance ; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé ; pour annoncer aux captifs qu'ils vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue.
L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers : la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir; quelle heureuse nouvelle !

Vous étiez tous comme des brebis égarées ; mais vous allez revenir du pasteur et à l'évêque de vos âmes. Voilà le grand sujet qu'Isaïe avait publié d'avance. « L'Esprit du Seigneur est sur moi; c'est pourquoi il m'avait consacré par son onction, il m'a envoyé annoncer l'évangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé; annoncer aux captifs qu'il vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue ».
L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers: la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les remplit du plus vif désir de voir ce petit enfant, ce Jésus qui leur apporte la paix.

Mais quoi donc, ô mon âme ! cette nouvelle ne doit-elle pas exciter en toi les mêmes transports que dans les bergers ; n'est-ce pas ta réconciliation, ton affranchissement et ta délivrance que l'ange a annoncés ! Peut-il y avoir pour toi un plus grand sujet de se réjouir et de remercier Dieu. Toutes les fois qu'il te pardonne, qu'il t'envoie une bonne pensée, une crainte salutaire, un sentiment d'amour, n'est-ce pas comme une apparition de son ange ? et quand tu entends publier son Évangile, lorsqu'avant de te donner son corps le prêtre dit à haute voix: « Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde », n'est-ce pas la bonne nouvelle qui t'est communiquée ? ne doit-elle pas exciter en toi une religieuse frayeur et un contentement spirituel ? Ah! pourquoi te préoccuper, te passionner pour tant de nouvelles qui te troublent, te désolent, t'irritent, te font perdre la paix et l'union avec Dieu ? demande plutôt aux anges de Dieu des nouvelles de ce bienheureux séjour qu'ils habitent et que tu dois habiter toi-même.

O très doux enfant, mettez en moi ce désir puisque tout le reste n'est que vanité, amertume et profonde misère.





A quelles marques les bergers doivent reconnaître le Sauveur

Vous trouverez, leur dit l'ange, un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche.  Considérez attentivement chacune de ces marques, elle renferme une instruction dont l'homme avait un besoin bien extrême.
L'enfance du Sauveur marque son humilité et sa petitesse : les langes marquent sa pauvreté, sa crèche marqué la mortification de son corps : c'est donc clans  l'anéantissement, dans la petitesse, dans la pauvreté et )a pénitence que consiste la vraie marque de Jésus-Christ.

Vous avez beau inventer les interprétations et les prétextes, il est toujours certain que le fils de Dieu a jugé tout ce faux éclat, toute cette gloire empruntée indignes de lui et des siens ;  ainsi en la refusant il l'a méprisée, en la méprisant il l'a proscrite, en la proscrivant il l'a rangée parmi les pompes du démon et du siècle.

Juge maintenant, ô mon âme! si Jésus Christ est né en toi : vois si tu portes ces trois marques auxquelles il veut être reconnu, l'humilité, la pauvreté, la mortification. Ce sont là les livrées du Roi Jésus ; tu connais celles du prince de ce monde, qui fait régner dans son empire la convoitise de la chair, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie.  

Ah ! tu ne les as que trop longtemps portées ces odieuses livrées de l'implacable ennemi de l'enfant Jésus ! II faut y renoncer enfin, car nul ne peut servir deux maîtres. Apporte-les aujourd'hui au pied de la crèche pour en faire le trophée de la victoire du Sauveur ; cherche dans tes affections, dans tes habitudes, dans les objets de tes attaches ce que tu dois dès ce moment même lui immoler pour l'honorer, lui plaire et commencer à devenir semblable à lui.



Vertu à obtenir : L'amour des pauvres





Résolutions et aspirations


Honorez pendant ce jour l'enfant Jésus couché dans la crèche ;
figurez-vous que les anges vous invitent à aller l'adorer dans le saint Sacrement, où il renouvelle sans cesse les fruits merveilleux de sa bienheureuse naissance ;
allez le visiter extraordinairement une fois, et dites en y allant :

Lève-toi, ô mon âme, hâte-toi d'aller au devant du Seigneur ton Dieu. Enfin celui qui a été si long-temps désiré et attendu de tous les peuples, le fils du Dieu vivant est venu; réjouis-toi, fais éclater ton allégresse, viens à ses pieds pleurer tes péchés, lui demander l'innocence, l'humilité, l'amour, et lui jurer une inviolable fidélité.



Prière

Fidèles et saints pasteurs, premiers favoris du Verbe incarné que Jésus Christ a choisis préférablement aux Rois de Juda, aux princes des prêtres et aux docteurs de la loi, pour être ses premiers adorateurs, offrez-moi à l'enfant divin, qui vous a prévenus des bénédictions de sa douceur.

Présentez aussi à Marie et à Joseph mes félicitations et mon amour ; à la voix de l'ange vous avez tout quitté pour venir adorer le Messie, votre Sauveur et le mien ; obtenez-moi donc de cet adorable enfant la même docilité, la même foi, la même simplicité, la même ardeur, afin que j'aie le bonheur de le voir, de le posséder et de l'aimer avec vous dans le ciel pendant l'éternité. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 31 Déc 2016 - 20:46

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 31 décembre

Jésus attire Marie à la contemplation de ses mystères


« Marie conservait le souvenir de toutes ces choses, et elle les méditait dans le fond de son cœur ». (Luc 2)

Vous avez vu les bergers adorer l'enfant Jésus, s'en retourner glorifiant Dieu et le faisant glorifier à tous ceux qui les écoutaient.
Mais voici quelque chose encore de plus merveilleux et de plus édifiant.
Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur ; car, qu'y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annoncé par l'ange, après ce qui s'est passé en elle-même, que d'écouter parler tout le monde et de demeurer cependant la bouche fermée ?
Elle a porté dans son sein le fils du Très Haut ; elle l'en a vu sortir comme un rayon de soleil, pour ainsi dire, d'une nuée pure et lumineuse. Que n'a-t-elle pas senti à sa présence ! quelle paix ! quelle joie divine !
Que ne pourrait-elle donc pas dire elle-même de son cher fils ! Cependant elle le laisse louer par tout le monde, et non-seulement elle garde le silence, mais elle recueille avec respect ce que chacun dit de l'enfant Jésus, tout jusqu'aux paroles des bergers, et elle en fait le sujet de ses méditations.

Sont-ce là vos dispositions quand vous entendez la parole de Dieu, quand vous sortez de l'église après un sermon ?
Quelle importante leçon vous offre ce respect et ce recueillement de Marie !
Pensez-y dans ces jours où vous célébrez le souvenir de ces touchants mystères. Hélas ! dans cette fin d'année, après tant d'instructions, de lectures de piété, de saintes inspirations, quelle terrible matière d'examen ! Pour vous y préparer considérez aujourd'hui, 1° Quel est l'objet des contemplations de Marie ; 2° quelle est la manière dont elle s'y applique ; 3° quels sont les fruits qu'elle en retire.



Quel est l'objet des contemplations de Marie ?

C'est sans doute toujours et avant tout son fils bien-aimé ; c'est tout ce qui a rapport à lui, ce qui se dit, ce qui se passe à son sujet. C'est sur ce cher objet que se concentrent toutes ses pensées, toutes ses affections, tous ses vœux. C'est pour lui, par lui et en lui qu'elle pense, qu'elle aime, qu'elle souffre, qu'elle se réjouit. Cette céleste occupation de son âme, elle voudrait la communiquer à tous ceux qu'elle voit, qui approchent de l'Enfant-Dieu.

Cette disposition n'est pas seulement chez elle l'effet de la tendresse maternelle, c'est un sentiment de foi, d'amour pour Dieu, de charité pour les hommes. Aussi toutes les paroles qui viennent de la part de Dieu, toutes les merveilles dont elle est témoin, tous les mystères qui se passent sous ses yeux, elle les remarque avec une application extrême ; elle en considère attentivement toutes les circonstances particulières. Elle n'a porté que neuf mois le Verbe divin dans ses entrailles, mais toute sa vie elle l'a porté dans son cœur, conservant en elle-même avec un respect inexprimable non-seulement toutes ses paroles et toutes ses actions, mais toutes les réflexions auxquelles elles ont donné lieu, les mouvements de foi, de piété, dont elles ont été l'occasion, les vertus et les œuvres surnaturelles dont elles sont devenues le principe. Elle médite continuellement sur tout cela ; elle le repasse dans son esprit; son cœur s'échauffe et s'embrase dans cette ravissante contemplation.

Est-ce là ton occupation, ô mon âme ?  Jésus est-il l'objet continuel de tes affections, de tes désirs, de ton espérance, de ton amour ? est-il le sujet ordinaire de tes pensées et de tes réflexions ? est-ce à lui que tu rapportes ce que tu vois, ce que tu entends ? est-ce à diriger vers lui les esprits et les cœurs que tu mets tes soins ? et les vains discours, les vains projets, les funestes illusions des enfants du siècle te ramènent-ils à lui ? te font-ils sentir quelle grâce il t'a faite en t'appelant à la lumière de son Évangile, en mettant en toi le goût de sa sainte vérité ? Au lieu de ces précieux souvenirs, de ces utiles retours sur les égarements, les folies et les malheurs qu'enfantent l'irréligion et l'indifférence, que de temps perdu en pensées ;  vagues, oiseuses, en imaginations chimériques et déraisonnables.

O mon Dieu ! quel vide dans ma vie tout entière ! quel déplorable, quel criminel usage de mon intelligence !
Est-ce pour une telle fin que vous aviez marqué sur nous la lumière de votre visage ?

O mon Dieu! pardonnez à mon ingratitude et à ma folie !



Quelle est la manière dont Marie s'occupe de ce quelle entend dire de l'enfant Jésus

Ce n'est pas un coup d'œil superficiel qu'elle jette à la bâte sur tous ces sujets qui intéressent sa foi, sa piété et son amour. C'est par une sérieuse et attentive méditation qu'elle les grave dans son cœur, de sorte que rien ne peut les en effacer, et que leur image toujours vivante réveille toujours en elle des sentiments plus vifs et plus profonds.
Ce n'est pas en elle une idée fugitive, un léger aperçu : non, non. Elle repasse fréquemment par la pensée sur ces paroles qu'elle a entendues, que l'enfant divin a mises dans la bouche des hommes simples dont il a éclairé l'âme ; elle s'en occupe dans son esprit, elle s'y complaît, elle y trouve sa joie et son bonheur, parce que la gloire de Jésus en est le sujet, et que son amour en est le fruit.

Ce n'est pas assez encore, elle compare entre elles celles que l'ange lui a adressées au moment de l'incarnation, et celles par lesquelles il a annoncé aux pasteurs le moment de la naissance du Fils de Dieu ; la pauvreté et l'humilité de ce petit enfant avec la majesté et les richesses incomparables de sa divinité ; l'étable avec le ciel, la crèche avec son trône, les animaux qui l'environnent avec les séraphins qui l'adorent. Qui pourrait dire quels ravissements, quels transports ces rapprochements faisaient naître en elle ; avec quelle tendresse son cœur s'écoulait dans le cœur de son fils ; avec quelle dévotion elle le prenait entre ses bras pour l'offrir au Père !

Ah! voilà l'exemple qu'il me faut imiter. Venez, toutes les puissances de mon âme ; venez à la source de la lumière, de la sagesse, de la charité, de la grâce, de toutes les consolations célestes ; venez apprendre de Marie à étudier le cœur de Jésus, à entrer dans l'esprit de ses mystères, à découvrir la manne cachée dans sa parole, dans ses sacrements, dans les prières et les cérémonies de l'Eglise.

Ne gémis plus, ô mon âme ! de tes ennuis, de tes dégoûts, de tes ténèbres; efface les importunes images de la vanité ; conserve le recueillement et la paix ; apporte aux pieds de l'enfant Jésus de saints désirs ; médite ses enseignements et la conduite de ses serviteurs et de ses vrais disciples, et tu te trouveras bientôt toute changée, transformée et comme animée d'une vie nouvelle.



Quels sont les fruits que retire Marie de ce saint exercice

Ah! qu'ils sont précieux , qu'ils sont abondants ! Elle anticipe sur la vie que les élus mèneront dans le ciel pendant toute l'éternité, puisqu'elle se nourrit de la vérité, qu'elle contemple la souveraine beauté, s'échauffe et s'embrase des feux de la divine charité. Par cette occupation toute spirituelle elle se dégage de plus en plus des sens et des objets sensibles, elle s'élève à chaque moment, et pour ainsi dire par le vol le plus rapide au dessus de la terre et de ce monde visible, et dans un corps mortel, elle vit réellement comme si elle était déjà ressuscitée. C'est qu'elle anime toutes ses actions extérieures de l'esprit intérieur qu'elle puise dans ses contemplations, sublimes. C'est qu'attirant à tout moment en elle par l'humilité de sa foi et la soif brûlante de sa charité, les eaux vives des fontaines du Sauveur, elle ne cesse de croître dans la connaissance et dans l'amour de Jésus-Christ.

C'est qu'enfin, introduite à toute heure dans le sanctuaire du Dieu caché, dans l’âme de son fils adorable, elle y puise les plus hautes connaissances ; tous les trésors de la science et de la sagesse, renfermés en lui, sont ouverts à sa mère bien-aimée, qui en est enrichie sans mesure.

O cœur de Marie ! arche du testament, qui conservez tout ce qu'il y a de précieux sur la terre et dans le ciel, apprenez-nous à méditer les paroles et les actions de votre fils, et à les graver si avant dans notre cœur qu'elles ne s'en échappent plus, et qu'elles y produisent des fruits abondants de grâce et de salut. Oh si, comme vous, j'avais recueilli toutes les leçons et toutes les lumières que les saintes lectures, les exhortations chrétiennes, des avis pieux et charitables devaient répandre dans mon âme, si je les avais mises à profit pour mon avancement spirituel !

O Marie ! que par votre puissante intercession je travaille dès aujourd'hui à réparer tant de pertes que tout ce que je lirai, tout ce que j'entendrai, tout ce que votre divin enfant daignera communiquer à mon esprit et à mon cœur anime toutes mes actions et me fasse croître en sainteté.



Vertu à obtenir : L'amour de l'oraison





Résolutions et aspirations


Honorez souvent aujourd'hui la bienheureuse Marie tenant son fils entre ses bras, et s'occupant des merveilles de sa naissance. Pensez à la douceur, à la patience du fils et de la mère, et comparant vos défauts avec leurs vertus, entrez dans de véritables sentiments de componction, et dites, avec une confusion sincère : O Jésus ! que je suis éloigné de vos exemples ! O mère de miséricorde ! que j'ai sujet de rougir en me voyant si dénué de vertus !

Ecoutez votre ange gardien vous reprocher la négligence dans laquelle vous avez vécu cette,année. Prenez un moment dans la journée pour passer en revue les bienfaits que vous avez reçus de Dieu, et pour l'en remercier ; mettez-vous aux pieds de votre crucifix, si vous ne pouvez aller devant le saint-sacrement ; et avec le même recueillement que vous auriez porté près de la crèche, considérez :
1° les bienfaits spirituels, les bonnes pensées, les saintes affections, l'éloignement des dangers et des occasions du péché, la force pour agir, la patience pour souffrir, le courage pour vaincre les difficultés, etc. ;
2° les biens temporels, la conservation, la santé, l'affection de vos amis et de vos proches, la jouissance des choses nécessaires à la vie, etc. ;
3° les bienfaits que Dieu a répandus sur ceux qui vous sont unis par la nature ou par l'amitié ;
4° les bienfaits qui vous sont communs avec tous les hommes, la création, la rédemption, votre adoption par le baptême, etc. ;
5° les bienfaits extraordinaires et plus signalés que vous avez reçus dans le cours de celte année, etc., etc. ;
6° enfin les bienfaits innombrables que Dieu vous a accordés et que vous ne connaissez pas.

Etonnez-vous de cette prodigieuse multitude de dons et de grâces, et pour mieux en sentir le prix rappelez-vous la grandeur de celui qui en est l'auteur, l'indignité de celui qui les reçoit, le mérite et la valeur de chacun de ces bienfaits, la manière dont ils vous sont donnés, gratuitement, sans nulle obligation, par un excès infini d'amour.

Entrez ici dans un profond sentiment de reconnaissance, et priez la bienheureuse Vierge d'en remercier son Fils, et le Fils d'en rendre grâce pour vous au Père éternel.

Considérez ensuite le mauvais usage de tous ces bienfaits, regrettez la perte que vous en avez faite ; le peu de service que vous avez rendu à votre bienfaiteur ; concevez un désir sincère d'être désormais plus fidèle, et pour cela, reconnaissez votre passion dominante, vos défauts habituels, les fautes et les péchés qui vous ont été plus nuisibles ; prenez des résolutions et des moyens efficaces pour les combattre et les éviter ; offrez ensuite ces saintes résolutions par la sainte Vierge, par Saint Joseph à Jésus-Christ dans la crèche, le priant de vous donner sa bénédiction et la grâce de les accomplir fidèlement



Prière

O bienheureuse Marie ! qu'il est vrai de dire que vous avez choisi la meilleure part, contemplant dans le recueillement du plus profond silence aux pieds de votre cher Fils les choses merveilleuses qui accompagnent sa venue dans le monde.

O ma divine mère ! faites que je demeure toujours avec vous pour le contempler, le servir et l'aimer.

O mon très doux Jésus ! donnez-moi un ardent amour pour votre tendre enfance, un amour filial pour votre bien-aimée mère.

O mère de miséricorde ! mère de Jésus, qui est mon Dieu et ma miséricorde, obtenez-moi cette grâce, que je la mette comme un cachet sur mon cœur et sur mes affections, afin que je ne l'oublie jamais ; soyez béni des biens sans nombre que vous m'avez accordés pendant le cours de cette année ; pardonnez-moi miséricordieusement mes innombrables infidélités, que je regarde celle où je vais entrer comme la veille de l'éternité ; elle est peut-être la dernière de ma vie.
Je vous demande par votre adorable enfance de l'employer tout entière pour votre gloire et pour mon salut. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 1 Jan 2017 - 21:54

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 1er janvier

Jésus est circoncis


« Huit jours s'étant écoulés depuis la naissance de Jésus, il fut circoncis ».. (Luc 2)

Lorsque Abraham fut appelé de Dieu pour être le père d'une race choisie et fidèle qui ne devait jamais finir il reçut l'ordre de faire observer par tous ses descendants la loi de la circoncision. C'était comme un signe de l'alliance que Dieu daignait contracter avec eux et de la protection qu'il leur promettait ; c'était la marque distinctive de cette nation, qu'il daignait appeler son peuple ; mais la circoncision était destinée surtout à imprimer dans la chair de l'homme le sceau du péché, et à lui rappeler par le sang qu'elle faisait couler qu'il avait mérité la mort.

L'enfant Jésus ne pouvait être obligé à cette humiliante et douloureuse cérémonie puisqu'il était le maître de la Loi et le saint des saints, et que de plus il était né d'une mère vierge. Toutefois quoiqu'il en fût manifestement dispensé il a voulu s'y soumettre, l'accomplir et selon la lettre et selon l'esprit par humilité, par obéissance et par amour. Huit jours après sa naissance il fut présenté à la circoncision.

Entre, ô mon âme! dans l'esprit qui anime l'enfant Jésus en cette démarche, et demande-lui la grâce de bien comprendre pourquoi il veut aujourd'hui porter en lui-même 1° la marque du péché, 2° la honte du péché, 3° le châtiment du péché.



La marque du péché

« Jésus souffre d'être mis au rang des pécheurs ; il va comme un vil esclave porter sur sa chair un caractère servile et la marque de notre péché d'origine. Le voilà donc en apparence fils d'Adam comme les autres ; pécheur et banni par sa naissance il fallait qu'il portât la marque du péché, comme il en devait porter la peine. Cependant, au lieu d'être impur comme nous par son origine; par son origine, il était saint, conçu du saint Esprit qui sanctifie tout, et uni en personne au Fils de Dieu, qui est le saint des saints par essence. L'esprit qui nous sanctifie clans notre régénération est celui dont Jésus-Christ est conçu, dont sa sainte chair a été formée, et qui est infus naturellement dans son âme sainte, de sorte qu'il n'a pas besoin d'être circoncis; et il ne se soumet à cette loi que pour accomplir toute justice en donnant au monde l'exemple de la plus parfaite obéissance et de l'humilité la plus profonde ».

O Sauveur naissant! faut-il donc que je trouve en moi une opposition si absolue et si constante à toutes vos affections comme à votre conduite. Rien, ne vous oblige à la loi de la circoncision, et vous vous faites un devoir de vous y soumettre ; et moi, lorsque je ne viole pas ouvertement vos commandements divins, je trouve toujours des raisons pour m'en dispenser et en adoucir la rigueur.
Vous êtes innocent, et vous voulez porter la marque des pécheurs ; et moi, qui suis pécheur,je veux paraître innocent :
je ne me contente point de ne pas me montrer tel que je suis en réalité, plein de défauts, d'imperfections et de misères, je veux qu'on m'estime tout différent de ce que je suis en effet, qu'on me croie des talents, des qualités, des vertus que je n'ai pas ; et si même une main charitable vient me présenter le miroir, m'obliger à reconnaître un travers, une faiblesse sur lesquels je m'étais trop long-temps abusé, l'humeur, ou au moins la tristesse, s'empare de moi, je récrimine, je me plains, et peut-être je paie par un injuste et amer ressentiment un service digne de toute ma reconnaissance.

O Sauveur plein de justice et d'innocence ! guérissez par ce signe d'humiliation que vous avez voulu imprimer sur votre chair virginale la plaie profonde de mon orgueil ; que je me considère enfin tel que je suis à vos yeux, et que je ne veuille pas paraître tout autre aux yeux du prochain.



La honte du péché

Le corps que le Verbe a pris dans les chastes entrailles de Marie n'est-il donc pas le chef d'œuvre de l'Esprit saint, un temple de gloire ?

Cette chair dont l'attouchement béni guérira les âmes, qui les nourrira, les fera croître, les gardera pour la vie éternelle, n'est-elle donc pas digne de tout honneur et de toute la vénération des anges et des hommes ? Oh! oui sans doute, et bien plus que nous ne le pouvons comprendre.

Sa dignité ne demande-t-elle donc pas qu'on lui épargne l'humiliation de porter l'empreinte du crime d'Adam ? n'est-ce pas assez que le Verbe ait été fait chair, sans qu'il soit fait encore chair de péché ?

O sagesse éternelle ! vos pensées ne sont pas nos pensées, et vos voies ne sont pas nos voies :
je pense en homme, et vous agissez en Dieu. Vous la voyez dans toute sa vérité cette offense de Dieu que je ne connais que par la foi, et que même malgré le secours de cette divine lumière je ne sais ni bien sentir, ni bien comprendre.
Vous en pénétrez l'étendue immense et la profonde malice, et dès les premiers jours de votre vie vous vous offrez à votre divin Père pour en porter le châtiment et en subir l'ignominie. Comme ces criminels que la justice humaine flétrit par une marque infamante avant de les frapper de mort, dès votre naissance, ô Agneau sans tache ! vous voulez recevoir dans ce corps que vous immolerez un jour sur la croix la flétrissure de nos péchés.

O mon âme! voilà ce que le péché coûte à ton Rédempteur dès son entrée dans la carrière ; il découvre à fond toute l'indignité et toute l'horreur de cette prodigieuse maladie dont tous les hommes naissent infectés ; il en prend pour ainsi dire dans sa circoncision le venin mortel, et en veut porter la marque et la plaie ; et pourquoi ?

pour effacer ta honte, ô mon âme ! pour l'anéantir dans sa propre chair. O bonté infinie de ton aimable Sauveur ! Il se dévoue à recevoir un sacrement d'ignominie, et il te prépare un sacrement de gloire. Par sa circoncision il adopte et s'approprie l'opprobre de l'homme :
par le baptême il rend l'homme participant de sa nature divine.

Renonce, ô mon âme! renonce au vieil Adam, prends aujourd'hui l'engagement de te dépouiller du vieil homme et de ses œuvres, de renoncer pour toujours au péché. Ne sois pas assez malheureuse pour faire revivre en toi, en le commettant, la honte que Jésus-Christ a subie pour le détruire.



Le châtiment du péché

La circoncision n'était pas seulement humiliante, elle était encore douloureuse ; et il en devait être ainsi puisqu'elle avait été ordonnée comme la marque des pécheurs, et comme le châtiment et une sorte d'expiation du péché.
Mais si elle était douloureuse pour tous ceux qui en subissaient l'opération, combien plus ne le fut-elle pas pour l'Enfant Jésus !
Les autres enfants en souffraient les douleurs sans les connaître ; Jésus Christ, en avait une pleine connaissance, et avec un sentiment d'autant plus vif que son corps adorable, par sa parfaite constitution, était plus sensible à la souffrance. Ainsi il connaissait parfaitement et sentait jusque dans le fond de son être tout ce qui se faisait à son égard ; et dans cette opération sanglante il voyait le prélude et comme l'essai des supplices par lesquels devait se terminer sa vie ; et en répandant quelques gouttes de son sang il savait bien qu'il s'engageait tout entier à la mort.

Ainsi sa circoncision fut le commencement de sa passion; dans cette première blessure qu'il endura il ressentit tous les déchirements du Calvaire, et comme le poids de la justice divine commençant à s'appesantir sur lui.

O mon âme! tel a été pour toi l'amour du Verbe fait chair qu'il a voulu exposer son corps tout saint, tout vénérable, tout parfait qu'il était à l'humiliation et à la douleur, à la rigueur de la justice de Dieu et à la cruauté des hommes.
Tout faible, tout délicat qu'il est aujourd'hui il se livre au couteau de la circoncision, sans plainte, sans murmure, avec un courage et une patience qui ne peuvent appartenir qu'à lui.

Jusqu'à quand traiteras-tu ton corps avec tant de délicatesse, ne lui refusant rien, cédant à ses appétits et à ses exigences !
Oublies-tu donc qu'il est ton esclave, et que pour conserver l'empire sur lui tu as besoin de le tenir sous le joug de la mortification ?
Ne sais-tu pas que celui qui nourrit délicatement son esclave ne tarde pas à essuyer ses insolences ?
Et si enfin tu veux sincèrement appartenir à Jésus-Christ ne dois-tu pas crucifier ta chair avec ses désirs déréglés, c'est à dire résister vivement à la concupiscence, la combattre sans relâche, lui refuser tout ce qui peut la réveiller ou lui servir d'aliments.
C'est là la circoncision véritable qui n'est pas faite de la main des hommes, la circoncision de Jésus Christ.






Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée le Fils de Dieu comme le premier principe et la dernière fin de votre vie ; offrez-lui souvent son précieux sang, et le priez de l'appliquer comme un divin baume aux plaies de votre âme.

Excitez-vous à bien commencer l'année, et à mener réellement une vie nouvelle. Dites à Jésus-Christ :
ô mon Sauveur ! que vous allez de bonne heure à la croix et aux souffrances ! que vous êtes prompt à donner votre sang ! c'est dès le huitième jour que vous commencez à le répandre.

Hélas! depuis tant d'années je n'ai pas encore commencé à vous aimer.
Il faut que je commence enfin avec le secours de votre grâce à porter en moi la marque de votre circoncision et de votre sang, et que je la renouvelle sans cesse, puisque la concupiscence produit sans cesse de nouveaux rejetons, et que, quoi que je fasse, je trouverai toujours en moi quelque chose à retrancher.



Prière

O divin enfant ! souverain amateur des âmes, pour rendre hommage aux souffrances et aux plaies de votre chair innocente je vous offre ma santé, mes forces, ma vie pour être consommées à votre service dans les exercices d'une sainte pénitence et d'une mortification continuelle.

Faites-moi cette grâce, qu'au lieu de flatter mon corps, comme je l'ai fait jusqu'à ce jour, j'en devienne l'ennemi; que je refuse à mes sens tout ce qui vous déplaît et tout ce que vous n'avez pas aimé ; donnez-moi cette mortification intérieure qui vivifie l'âme et y fait croître les vertus ; arrosez-moi de ce sang précieux que vous répandez aujourd'hui, afin qu'il me purifie, me fortifie, me dégoûte et me délivre de l'empire des sens, et que je trouve ma gloire et mon plaisir à vous aimer et à souffrir pour votre amour. Ainsi soit il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 2 Jan 2017 - 22:57

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 2 janvier

Jésus attire les âmes à la pénitence


« La vraie circoncision est celle du cœur, qui se fait par l'esprit ».. ((Romains 2) )

L'Enfant Jésus a été circoncis ; mais ses souffrances ne se terminent point avec l'opération qui les a occasionnées; c'était même au troisième jour que la douleur de la blessure était plus cuisante, comme nous l'apprenons au vingt-quatrième chapitre de la Genèse. Cette plaie, qui lui représentait et lui faisait sentir d'avance les cruels déchirements de celles dont il serait un jour tout couvert depuis la plante des pieds, jusqu'au sommet de sa tête, demeure donc ouverte pendant plusieurs jours, et devient pour lui un rigoureux supplice.

Ah ! qu'il est bien vrai qu'il a été blessé à cause de nos iniquités ; qu'il a été brisé pour nos crimes ; que le châtiment qui devait nous donner la paix est tombé sur lui, et que nous avons été guéris par ses meurtrissures, O Marie ! comme cette plaie saigne dans votre cœur ! avec quelle émotion de piété et de tendresse vous vous appliquez à l'adoucir et à la cicatriser ! que ne conjurez-vous ce médecin tout puissant de laisser agir sur lui-même cette vertu guérissante qu'il répandra si miséricordieusement pour soulager des maux qui ne pourront jamais être comparés avec ce qu'il endure !
mais non, il veut dès les premiers moments de sa vie nous enseigner 1° la nécessité de la pénitence, 2° la continuité de la pénitence, 3° la sévérité de la pénitence.



La nécessité de la pénitence

Le Sauveur pendant sa vie évangélique l'annonce souvent aux hommes ; il la leur rappellera au milieu des déchirements de sa passion, et même quand il sera sur le point de les quitter pour retourner à la droite de son père.
Il y a plus, parce que la pénitence devait préparer les hommes à son avènement, il la fait prêcher par son précurseur, Saint Jean-Baptiste en fait retentir les bords du Jourdain : Faites pénitence, s'écrie-t-il, car le royaume des deux approche.

Mais il faut que dès sa naissance Jésus la prêche plus haut encore par ses œuvres, et qu'il montre dans sa personne que le temps est venu où il faut se faire violence pour arriver au ciel, et que ceux-là seuls peuvent le conquérir et l'emporter qui combattent contre eux-mêmes et contre les ennemis du salut.

Regarde, ô mon âme ! contemple l'auteur et le consommateur de notre foi ; car avant de nous instruire par ses paroles il nous a donné la leçon si frappante de ses exemples. Quand même tu n'aurais pas apporté en entrant au monde le crime de ton origine, quand les tristes suites qu'elle a laissées en toi, même après que tu as été régénérée sur les fonts sacrés, ne te rappelleraient pas sans cesse la nécessité du baptême laborieux de la pénitence, ah ! L'exemple du saint des saints t'en ferait une rigoureuse obligation. Mais que de péchés n'es-tu pas à déplorer et à expier ! Que de mauvaises habitudes à vaincre et à déraciner ! Quel ascendant tes négligences et tes infidélités n'ont-elles pas donné à tes passions ! Et comment te défendre contre leur attaque et te prémunir contre les chutes dans un véritable esprit de pénitence, sans la pratique intérieure et extérieure ?

Interroge l'Evangile, parcours la vie des Saints, partout tu trouveras le précepte et la pratique de la pénitence. Pas un seul juste qui ait cru pouvoir s'en dispenser ; et on dirai que les plus grands serviteurs de Dieu se sont cru d'autant plus redevables à sa justice qu'ils étaient éminents en sainteté. C'est qu'ils avaient sans cesse devant les yeux l'exemple du juste par excellence qui a voulu faire pénitence pour nos péchés dès les premiers moments de sa vie, et qui à peine s'est volontairement chargé des iniquités des hommes qu'il se soumet à en porter le châtiment et la confusion.



La continuité de la pénitence

Comme sa constance est 1'écueil de la faiblesse humaine, et l'instabilité notre partage, lors surtout qu'il est question pour nous de combattre nos penchants corrompus et de soutenir la lutte contre nos passions.

Jésus a voulu par les premiers mystères douloureux de son enfance nous offrir l'exemple de la persévérance, et nous mériter par la durée de ses souffrances la grâce de le suivre. Hélas ! depuis le premier moment de son incarnation elle n'a pas été interrompue. Dans le sein de sa mère, captivité, dépendance, douleurs, impuissance absolue ; quelle pénitence pour ce Verbe de vie, de sagesse, de gloire et de majesté ! A peine il en est sorti, nouvelles souffrances qui se succèdent, rebuts, mépris, pauvreté, abandon, privations de toute espèce, inhumanité des hommes, rigueur de la saison, joug de l'ancienne loi dont il vient nous affranchir, mais dont il veut porter tout le poids, mortification continuelle de l'esprit, du cœur et du corps ; voilà ses premiers pas dans la carrière de la pénitence ; car il ne faut jamais perdre de vue que ce qui, pour les enfants ordinaires, est l'effet de la nécessité et de la contrainte, est dans l'enfant Jésus l'effet du choix et de la volonté.

Te contenteras-tu, ô mon âme ! d'effleurer pour ainsi dire la pénitence, d'essayer la croix et bientôt de t'en décharger, de marcher pendant quelques jours dans la voie étroite et puis de t'arrêter tout court, croyant faire beaucoup en ne retournant pas en arrière ! Mais ignores-tu donc la maxime des saints, que ne pas avancer c'est reculer ?
Mais n'as-tu donc pas lu cette effrayante parole, trop peu méditée, trop peu sentie :
Quiconque ayant mis la main à la charrue regarde derrière soi n'est point propre au royaume de Dieu.

Ainsi c'est peu de faire une fois la circoncision du cœur, il faut la faire souvent, et s'il est possible la faire toujours. Croyez-moi, dit Saint-Bernard, vous avez coupé les rejetons du péché, ils repoussent ; vous l'avez chassé, il revient ; vous l'avez éteint, il se rallume ; il n'est qu'endormi, bientôt il se réveille.

Ainsi il faut incessamment retrancher, poursuivre, combattre, éteindre, parce que la racine et le foyer du mal sont au milieu de nous, que l'ennemi de notre salut trouve un appui dans nos penchants corrompus, et qu'il a des intelligences jusque dans notre cœur.



La sévérité de la pénitence

Pour commencer à comprendre ce qu'elle est pour l'enfant Jésus dès les premiers moments de sa vie prosternez-vous en esprit au pied de sa crèche dans laquelle il est étendu comme sur un autel, puisqu'en effet dans sa circoncision commence son immolation sanglante ; et à la vue de cette blessure que lui ont faite et vos péchés et son amour adressez-lui avec un profond sentiment de reconnaissance et de repentir ces questions si propres à réveiller en vous de saints désirs de pénitence :

« Qu'avez-vous donc fait, ô très-doux enfant! peur être condamné à de telles souffrances ? quel forfait avez-vous commis, ô aimable fils de Marie ! pour être traité avec cette rigueur ? quel est votre crime ? par quel noir attentat avez-vous attiré sur vous une si terrible vengeance ?

Ah! c'est moi, c'est moi qui suis la plaie de votre douleur, la meurtrissure qui vous fait souffrir.
O mystère ineffable de charité! le coupable pèche, et le juste est puni ; ce que mérite le méchant c'est le bon qui l'endure ; les dettes des serviteurs sont payées par le maître, et le crime de l'homme est expié par un Dieu.
Que vous rendrai-je, à mou Seigneur et mon Roi ! pour tous les biens que vous m'avez faits ? Ah! le cœur de l'homme n'est pas assez riche pour acquitter la dette de sa reconnaissance.

Toutefois, ô Fils de Dieu ! si vous daignez visiter mon âme et la remplir d'une componction salutaire, elle crucifiera sa chair avec ses passions déréglées, et par là du moins s'associera à vos douleurs et à votre pénitence.
Après cela qui pourrait m'arrêter, ô mon Sauveur ! ce ne peut plus être la sécurité de l'innocence conservée ; serait-ce celle de l'innocence réparée ?

Mais elle ne peut être réparée que par la pénitence; et connais-je la mesure de celle que vous avez assignée à mes innombrables offenses ?
Mais ne m'avertissez-vous pas de n'être point sans crainte même sur les péchés pardonnés, parce que nul dans cette vie ne sait s'il est digne d'amour ou de haine ? Et quand votre apôtre châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres il ne tombe lui-même dans la réprobation, oserais-je assigner un terme à la durée ou à la rigueur de mes expiations ? Ainsi je suis certain que j'ai offensé Dieu , et je ne le suis pas de mon pardon. J'ai renoncé au péché ; mais le Seigneur ne m'a pas dit : Le mal n'approchera pas de toi.

J'ai recouvré par la grâce des sacrements la santé de l'âme ; mais la faiblesse que le péché a laissée en moi ne m'expose-t-elle pas à de continuelles rechutes, ne m'oblige-t-elle pas à de continuelles précautions ? Puis-je me tranquilliser sur le passé et me précautionner contre l'avenir autrement que par la pénitence, et par une pénitence durable et aussi rigoureuse que mon état peut me permettre et que l'exige la multitude et la grièveté de mes offenses.



Vertu à obtenir : L'esprit de pénitence.





Résolutions et aspirations

Adorez aujourd'hui l'enfant Jésus blessé pour vos iniquités et vous offrant son sang pour vous servir de rançon ; remerciez-le humblement d'une si grande miséricorde ; offrez ce sang adorable au Père, en le priant de vous pardonner ; joignez dès aujourd'hui à cette oblation quelque acte de mortification intérieure et extérieure ; examinez devant Dieu quelle vie vous avez menée depuis votre baptême, surtout à telle ou telle époque ; tenez-vous quelque temps en sa présence dans les sentiments d'humiliation, de confusion et de douleur que doit vous inspirer le souvenir de vos péchés.

Demandez au Père éternel, par la circoncision douloureuse de Jésus-Christ, quelque part à son esprit de pénitence. Prenez la résolution,
de conserver toute votre vie l'esprit de pénitence, en réitérant souvent les actes d'humilité et de contrition, surtout lorsque vous devez approcher du saint tribunal ;
de souffrir en cet esprit les afflictions, maladies, pertes de biens et autres peines qu'il plaira à Dieu de vous envoyer ;
de vous imposer de vous-même et par votre choix avec le consentement de votre confesseur quelques pénitences particulières, comme jeûnes, aumônes, visites des pauvres, des malades, et autres mortifications intérieures ou extérieures.



Prière

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui dans la tendresse de votre enfance avez souffert dans votre chair innocente les douleurs de nos crimes, et qui dans l'image de la mort du vieil homme avez fait reluire les marques de la vie de vos enfants, faites-nous la grâce de nous dépouiller en esprit de la corruption d'Adam, et d'aimer votre sainte enfance, dans laquelle de cœur et par amour vous mourez et revivez pour nous.

Donnez-nous de mourir tous les jours, par la pénitence, afin que nous puissions vivre éternellement dans la gloire où vous régnez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.




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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 3 Jan 2017 - 21:52

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 3 janvier

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ».. ((Psaume 20) )

Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire.

Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères.

Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes : aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. L'humilité ; la pauvreté ; l'abnégation.



L'humilité

Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation ! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit ; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent ?

Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde ; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets ; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde.

Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille.

Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme ! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même ; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition ! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère.
Pourquoi ne pas quitter cet atelier ? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu ? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier ? quelles sublimes révélations il pourrait faire !

Ah ! divin Jésus ! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons ; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise ; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur ! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence.

O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.



La pauvreté

Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir ! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus ! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille ! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale !

Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté ; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter.

O mon aimable Sauveur ! révélez-moi ce secret ; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre.
O ciel ! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis ! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Évangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne ; elle me fait peur ; je ne puis souffrir que rien me manque.
J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit ; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal ; je ne me contente pas du nécessaire ; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux ; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu...
Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse !

O Jésus naissant ! ô Dieu pauvre ! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.



L'abnégation

Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même ?
Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard.

O Saint Joseph ! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation ! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut ; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi ! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger.
Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère.

O Sauveur du monde ! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints ! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre ; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères ! on veut bien les admirer dans l’Évangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier.

Cependant, ô Jésus ! vous n'avez pas deux Évangiles : l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Évangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites :
Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive.

O divin enfant ! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes ! je n'ai donc pas encore été votre disciple ; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant ; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.



Vertu à obtenir : L'esprit intérieur.





Résolutions et aspirations

Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph ; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante ; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître : c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité : ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche : recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté ; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière

O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur ; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu.

Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint ! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 4 Jan 2017 - 21:33

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 4 janvier

Le Saint Nom de Jésus


« Il sera appelé Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». ((Matthieu 1))

Toutes les souveraines perfections du Sauveur sont renfermées dans son nom adorable ; la sagesse, la sainteté, la force, la miséricorde et l'amour de Dieu, car c'est par elles qu'il nous a sauvés. Ce nom divin comprend toutes les grâces, les vertus et les dons du Saint-Esprit qui servent à la sanctification des hommes, car c'est de la plénitude de Jésus-Christ, comme d'une source inépuisable que nous les devons tous recevoir.

Il signifie en effet tous les offices divers de maître, de médecin, de père, de pasteur, de juge, d'avocat, de protecteur, qui conviennent au Fils de Dieu en qualité de Sauveur. Quelle dévotion doit donc exciter en nous ce nom de Jésus que l'ange lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère, qui exprime si divinement ses titres, ses qualités, ses vertus, ses bienfaits, les abaissements et les souffrances auxquels il s'est condamné pour nous arracher au péché et à la mort éternelle; ne commande-t-il pas souverainement 1° la vénération, 2° l'amour, 3° la confiance.



La vénération

Quoi de plus vénérable que ce nom que le Père céleste a donné à son divin Fils, et qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ! Nom admirable aux anges, aimable à l'Eglise, redoutable aux démons, nom que personne ne peut prononcer dignement sans la grâce de l'Esprit-Saint, nom qui, renferme tous les biens, puisqu'il comprend Dieu dans sa bonté, et l'Homme Dieu dans sa Charité et son unité avec nous.

Ainsi le nom de Jésus est sa gloire, il lui a coûté son sang ; il exprime le plus beau de ses titres, le salut qu'il a opéré au milieu de la terre, la délivrance du genre humain, la fin du règne du péché, la rédemption des enfants de Dieu.
Aussi d'un pôle du monde à l'autre, dans tous les temps comme dans toutes les situations, les enfants de l'Eglise, lorsqu'ils l'entendent, s'inclinent et se prosternent en signe de respect ; et cet hommage extérieur n'est que l'expression de l'adoration intérieure qu'ils lui rendent.

Quel hommage plus légitime, ô mon âme ! que tu dois être empressée de le rendre à celui qui s'y est acquis des droits si sacrés; soit que tu considères ce divin nom en lui-même, soit que tu l'envisages par rapport à toi.
En lui-même c'est un nom donné par le Père céleste, porté par le Fils du Très-Haut, et qui ne peut appartenir qu'à lui, parce qu'en nous délivrant du plus grand de tous les malheurs il a été le Sauveur véritable, l'unique libérateur, le Jésus par honneur et par excellence.

Par rapport à toi, oh, que ce nom est vraiment adorable ! Indépendamment des avantages précieux qu'il a procurés aux hommes, et que tu partages avec eux, l'affranchissement du démon, la réconciliation avec Dieu, tous les obstacles au salut levés, toutes les grâces, tous les secours qui doivent y conduire assurés, toutes les dettes exigées parla divine justice acquittées, combien de bienfaits qui te sont propres et personnels ne te rappelle-t-il pas ? Toutes les fois que tu as été rétablie dans la grâce, c'est à dire rendue à la vie véritable, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ ? si tu t'éloignes du mal, si tu pratiques quelque bien, si tu conserves la lumière de la foi, le désir de voir Dieu, de l'aimer, de le posséder, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que tu es redevable de ce bonheur, puisque c'est par lui que tout est demandé et obtenu dans l'Eglise, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre, ni aucun autre nom sous le ciel donné aux hommes , par lequel nous devions être sauvés.



L'amour

Qu'il est aimable le nom de Jésus ! qu'il est vraiment un parfum répandu ! il dilate les cœurs, il réjouit l'âme, il la rassure, la console et l'attire par une inexprimable douceur.
Ce n'est pas un nom de domination et de majesté qui inspire l'effroi et fasse trembler les coupables; il ne rappelle que la puissance de secourir et le charmant empire de la bonté : il annonce un conquérant et un vainqueur, mais qui ne veut triompher que des cœurs, ne conquérir que l'amour, qui vient délivrer des captifs, affranchir des esclaves, les attacher à sa personne sacrée par les plus aimables de tous les liens, par les bienfaits.

Ce nom de Jésus, cette qualité de Sauveur, n'exclut personne, n'excepte aucun des malheureux qui veulent l'invoquer ; il exprime la grâce et la miséricorde, et promet le salut à tous ceux qui mettront en lui leur espérance.
Qu'est-ce qu'un Sauveur, sinon un père qui rend la vie, un bienfaiteur puissant et secourable ?
Mais comment appeler un Sauveur descendu du ciel, un Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes, un Jésus qui donne son sang pour les racheter de !a mort et du péché ?

Ô Nom digne de toute bénédiction et de tout amour ! soyez béni et aimé dans tous les siècles.

Commence par l'aimer et le bénir, ô mon âme ! et que tout ce qui est en moi bénisse ce saint nom ; bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses bienfaits. C'est lui qui fait grâce à toutes tes fautes et qui guérit toutes tes infirmités, lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de ses miséricordes.  

Le Père céleste n'a renfermé tant et de si précieux souvenirs dans ce nom qu'il a donné à son Fils qu'afin qu'en l'honorant et en l'invoquant souvent nous fussions comme obligés de l'aimer, de le révérer et d'exprimer dans nos sentiments et nos œuvres toutes les perfections qu'il représente.

Donnez-moi donc, ô divin Sauveur ! de m'y attacher, de le chérir, de le prononcer souvent avec amour, de sentir profondément toutes les vertus qu'il signifie, toute la sainteté à laquelle il m'oblige. Je ne puis ni le lire ni l'entendre sans me rappeler tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous voulez faire, tout ce que vous voulez être pour moi. Donnez-moi une joie toute spirituelle et une vénération profonde toutes les fois qu'il vient frapper mes oreilles ou mes yeux; et puisque je ne puis même vous nommer d'une manière utile pour moi et glorieuse pour vous, ô Seigneur Jésus ! que par la grâce de votre Saint Esprit, accordez-moi de le répéter souvent avec foi et avec piété, afin qu'il excite en moi le regret de mes péchés, la reconnaissance et la charité.



La confiance

Qu'il est puissant le nom de Jésus ! C'est dans sa circoncision que le Verbe incarné en la recevant a commencé à en remplir les obligations et à en exercer la puissance ; car c'est dès ce moment qu'il est déclaré le Sauveur de ceux qui étaient perdus, et que. par l'effusion de son sang il opère le salut des pécheurs.
Il le portera à la croix écrit au-dessus de sa tète, parce que c'est sur ce bois ensanglanté qu'il en consommera l'œuvre. C'est le nom glorieux que les apôtres porteront devant les gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël ; c'est par lui qu'ils seront victorieux du démon et du monde, et opéreront les miracles multipliés et éclatants auxquels rien ne pourra résister. C'est lui qui donnera la force aux martyrs, la constance aux confesseurs, la chasteté aux vierges, les larmes de componction et la persévérance aux pénitents. C'est par le nom de Jésus que l'Eglise priera, se défendra, se multipliera, se gardera, se conservera jusqu'à la fin des siècles, que dans tous les temps les saints et les vrais disciples de Jésus-Christ triompheront des passions, des tentations, de toutes les suggestions de la nature corrompue pour s'élever à toute la perfection des vertus chrétiennes.

Quelle confiance il doit t'inspirer, ô mon âme! avec quelle ferveur tu dois l'invoquer, puisqu'il est vraiment ta force, ta lumière! Cette tour invincible, inexpugnable dans laquelle tu dois te réfugier dans le danger! Quand le nom salutaire de Jésus se présente à mon esprit, dit Saint Bernard, et qu'il éclaire mon âme de ses rayons, aussitôt mes passions se refroidissent, et mes tentations s'évanouissent ; car en prononçant ce doux nom, je me représente un homme doux et humble de cœur, affable, sobre, chaste, miséricordieux, orné de toutes les vertus, et en même temps je me souviens que cet homme est Dieu tout puissant, gui me donne d'une part l'exemple de sa vie pour que je m'applique à l'imiter, et de l'autre sa grâce et son secours pour agir. Il me semble en un mot que toutes sortes de biens retentissent à mon cœur lorsque le nom de Jésus retentit à mes oreilles.  

Ah! je ne veux plus cesser de l'invoquer, de le célébrer, de le bénir, et de conjurer le Sauveur d'opérer en moi ce que ce nom adorable signifie, en lui disant avec Saint Augustin : Ô Jésus ! soyez-moi Jésus, c'est à dire délivrez-moi de mes péchés, sanctifiez-moi, sauvez-moi.



Vertu à obtenir : La dévotion au Saint Nom de Jésus.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée avec le psalmiste :
Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et dans tous les siècles !
Faites souvent réparation au Sauveur pour les irrévérences, les outrages et les profanations de son nom adorable. Dédommagez-le par de pieuses et fréquentes invocations de l'oubli et de la négligence de tant de chrétiens, et gémissez surtout des vôtres.
Commencez toutes vos actions en le prononçant, en le baisant avec respect, et soyez fidèle à les rapporter toutes par une intention actuelle à la gloire de Jésus-Christ.

Oh ! quelle grâce, ô mon Sauveur ! si je pouvais contribuer en quelque manière à la gloire de votre nom !
Oh ! s'il pouvait m'être donné de le faire connaître, aimer, adorer, bénir, de porter les hommes à lui rendre hommage !

Je vous le demande, ô mon Sauveur ! Par votre Miséricorde et par Votre Amour. Ainsi soit-il.



Prière

Gravez dans mon cœur en traits de flamme votre nom adorable, ô mon Sauveur ! afin que rien ne soit jamais capable de l'en effacer ; qu'il soit ma force, mon appui, mon espérance ; que dans mes tentations il me défende ; que dans les dangers il me garde ; que dans mes chagrins et les épreuves de cette vie il me soutienne et me console ; que je le prononce toujours avec l'accent du respect, de l'amour et de la confiance, et qu'il me rappelle toujours par qui j'ai été sauvé, à qui je suis consacré, pour qui je dois vivre, qui je dois posséder éternellement; que je le porte dans mon âme ici bas comme un signe de sainteté et de combat, afin de le porter sur mon front au milieu des élus comme un signe de triomphe et de gloire. Ainsi soit-il.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 5 Jan 2017 - 22:15

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 5 janvier

Les effets du Nom de Jésus


Pour profiter de la contemplation des objets de la foi il faudrait s'y arrêter à loisir avec un esprit libre et dégagé des pensées vaines, dans le parfait silence de l'âme, les considérer sous toutes leurs faces, revenir sur les impressions qu'ils ont produites, pour les rendre plus profondes et plus durables, et ne jamais s'en détacher sans avoir pris quelque résolution efficace, et commencé à pratiquer quelque acte de la vertu qui en doit être le fruit.

Autrement les bonnes pensées, les bons mouvements inspirés par l'Esprit saint demeurant sans effet, laissent les âmes qui les ont éprouvés dans les mêmes faiblesses et les mêmes ténèbres, et ne servent souvent qu'à nourrir en elles des illusions qui peuvent mettre leur salut en danger.

Commencez donc aujourd'hui à revenir sur la considération du nom de Jésus; et en remerciant cet adorable Sauveur des sentiments et des vues que vous en avez recueillis, conjurez-le de vous apprendre par quels moyens vous pouvez rendre efficace et permanent en vous le souvenir de son divin nom, de manière à ce qu'il agisse constamment 1° sur vos pensées, 2° sur vos sentiments, 3° sur vos actions.



Sur vos pensées

Il faut avant tout graver profondément dans votre esprit le nom de Jésus, afin qu'il l'éclaire de de ses lumières divines, et en faire fréquemment le sujet de vos réflexions, pour découvrir ce qu'il signifie, et vous pénétrer de ce qu'il nous révèle ; car entre tous les noms du Verbe incarné qui expriment ses miséricordes ou ses grandeurs c'est le nom de Jésus qui renferme plus parfaitement tous ses divins attributs, toutes ses qualités, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, et qui par conséquent nous donne de, plus belles, de plus douces, de plus excellentes idées du Fils de Dieu.

Jugez de là combien est sainte et utile la pensée du nom de Jésus puisqu'elle suffit pour vous représenter et vous faire admirer et chérir votre aimable Rédempteur ; mais de plus ce nom de Jésus sanctifie la mémoire ; il en efface les honteuses images du péché ; à leur place il reproduit les chastes attraits de la vertu, les joies des bienheureux, les touchants souvenirs des mystères de sa naissance, de sa vie et de sa mort, et éveille tour à tour dans l'âme qui en nourrit la pensée, la joie, la crainte, la confiance, l'espérance et l'amour.

Ainsi si votre intelligence conserve avec soin et fidélité l'empreinte du nom de Jésus, si vous rentrez de temps en temps en vous-même pour le contempler, vos vues habituelles seront plus pures, plus droites, plus élevées ?
les fantômes des plaisirs séducteurs moins attrayants, les représentations tumultueuses du monde moins importunes ; et les saintes vérités de la foi vous dégoûteront peu à peu de la vanité et du mensonge.

Mais pour que ce nom béni produise en toi ces salutaires effets, ô mon âme! il faut que tu deviennes un vase d'élection pour le porter, comme le portait Saint Paul dont il était la lumière et le guide ; que tu le portes comme les saints de la Jérusalem céleste, sur le front desquels il est un signe de gloire, c'est à dire avec courage pour n'en point rougir, et avec un saint respect pour ne pas le profaner ; que tu le portes par proportion comme Jésus-Christ lui-même, par conséquent avec un esprit de foi, de piété, de sacrifice.
Comprends bien que tu ne le peux honorer  qu'en t'unissant à toutes les saintes dispositions de l'esprit de Jésus-Christ, et en entretenant en toi le plus vif désir de ton salut, puisque ceux qui le négligent anéantissent à leur égard son titre de sauveur.

Ô nom tout puissant et tout aimable ! opérez en moi votre bienheureuse signification, sauvez-moi, brillez en moi de tout votre éclat, dissipez mes ténèbres, préservez-moi des erreurs et des illusions des enfants du siècle : que toutes mes pensées soient pour mon salut, qu'il soit toujours la fin de tous mes projets et de tous mes desseins, et que je sacrifie généreusement tous les avantages qui le mettraient en danger.



Sur vos sentiments

Il faut graver encore le nom de Jésus dans votre cœur, afin qu'il l'échauffe de ses divines flammes, car il n'est rien de plus puissant pour exciter en notre volonté toutes sortes d'affections saintes, et nous porter à glorifier toutes les perfections du Fils de Dieu, à lui rendre grâces de ses bienfaits, à imiter ses vertus, à fuir tout ce qui lui déplaît, et à faire avec amour tout ce qui peut plaire à ce tout aimable et tout désirable Sauveur.

Ce nom divin sera aussi comme un sceau apposé sur vos affections pour que rien n'en altère la sainteté et n'en soit détourné au profit du monde et des passions ; comment en effet pourriez-vous aimer ce nom, qui exprime l'abnégation, la pénitence, l'humilité, la pauvreté, la croix, l'obéissance jusqu'à la mort, et demeurer affectionné aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs, aux faux biens et aux perfides délices de la terre ?
Non, nul ne peut servir deux maîtres qui se contredisent, se combattent et se repoussent.
Le nom de Jésus et celui de Belial ne peuvent jamais s'accorder.
Vous êtes en nous, Seigneur, et votre nom a été invoqué sur nous ; ne nous abandonnez pas.

Porte le donc avec respect, conserve-le avec amour, invoque-le avec confiance, ô mon âme ! fais ton bonheur de le contempler, de le méditer, de le redire sans cesse ; c'est le nom de ton ami : il doit être plus doux pour toi que le lait et le miel :
c'est le nom de ton père, de ton frère, de ton sauveur ; il porte avec lui la paix, la joie, l'espérance et tous les biens ; il bannit toutes les craintes, il charme toutes les douleurs, il change en consolation les plus rudes épreuves, en douceur joutes les amertumes. Les apôtres battus de verges étaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus.

Ô mon Sauveur ! que je suis éloigné de cette disposition ! Ils étaient joyeux de souffrir, glorieux des opprobres, et moi je ne sais pas être patient, résigné, soumis dans l'épreuve, abandonné et confiant entre vos mains.

Ô nom adorable de mon Sauveur ! changez mon cœur en vous y imprimant en caractères d'amour! Votre nom, c'est le signe de votre puissance, de votre possession ; je suis à vous comme votre conquête.
Je veux vous appartenir par une donation libre et volontaire de tout mon être ; acceptez-moi, ô miséricordieux Sauveur ! et gardez-moi comme vôtre à tous les titres ; sauvé par vous, racheté par votre sang, marqué de votre nom, et je ne craindrai plus que personne ose m'arracher à un si bon et si puissant maître.



Sur vos œuvres

Si le nom de Jésus est profondément gravé dans votre. esprit et votre cœur, ses effets divins se manifesteront nécessairement dans vos paroles, dans vos actions, dans toute votre conduite, puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, et que les œuvres sont la preuve et comme la production de L'amour. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou en agissant, dit l'Apôtre, faites tout au nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens sanctifiaient en y obéissant toutes leurs démarches ; le travail, le repos, la prière, les repas, les visites, les voyages, les affaires les plus importantes comme les occupations les plus indifférentes, tout était consacré par ce nom divin. En sortant de leurs maisons et en y rentrant, lorsqu'ils se quittaient ou se retrouvaient, ils le prononçaient comme le signe auquel ils devaient se reconnaître, comme le symbole de leur mutuelle charité, comme le lien qui unissait tous leurs cœurs.

Les lettres des apôtres peuvent vous faire juger quelle place le nom de Jésus occupait dans leurs correspondances, dans leurs entretiens, dans leurs agapes, dans leurs réunions religieuses, et même dans les relations et les devoirs de la vie civile ; de là cette sainteté de leurs mœurs, cette angélique perfection de leur céleste société.
Comment en effet parler et agir au nom de Jésus-Christ et blesser la vérité ou la charité ? Comment lui offrir et lui consacrer en détail des discours ou des œuvres qui seraient contraires à sa morale et à son esprit ?

Ô ciel ! que les temps sont changés ! quelle prodigieuse différence entre les mœurs, les habitudes et le langage des premiers disciples de Jésus-Christ et nous, qui osons en prendre le titre et la qualité !

Qui est-ce, ô mon Sauveur ! qui met votre adorable nom à la tête de ses entreprises, qui place sous son invocation la conduite de ses affaires,  sa famille, ses desseins, ses espérances, ou ses craintes ?
Le pourrait-on d'ailleurs quand presque habituellement la terre occupe toutes les pensées, quand les sollicitudes du siècle remplissent l'âme, et que toutes les affections, tous les attachements sont pour les biens périssables ?

O mon âme! est-ce au nom de Jésus que tu agis, que tu parles, que tu t'occupes ? Ne lui appartiens-tu donc pas ? ne lui dois-tu pas tout ce que tu es, tout ce que tu possèdes ?
La terre ne doit-elle donc pas fructifier pour son maître !
Il est vrai, ô mon Sauveur ! mais comment aurais-je pu vous offrir des pensées vaines, inutiles, trop souvent coupables, des désirs et des œuvres si indignes de votre grandeur et de votre sainteté ?

Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut ! délivrez-nous pour votre gloire ; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre nom.



Vertu à obtenir : Invocation habituelle du nom de Jésus.





Résolutions et aspirations


Commencez dès aujourd'hui à invoquer avant vos principales actions le nom adorable de Jésus ; examinez-vous pendant un certain temps sur voire fidélité à cette pratique.
Pour peu que vous y mettiez de persévérance elle vous deviendra habituelle et comme naturelle, et sera pour vous la source d'une infinité de grâces. Quand vous serez sur le point de faire quelque démarche un peu importante, dites-vous : Puis-je offrir à Jésus-Christ cette visite, cet entretien, cette occupation, ce plaisir ?
puis-je faire cette action au nom de Jésus ?
Ai-je agi, parlé, travaillé d'une manière utile ou préjudiciable à mon salut ?
ai-je glorifié ou déshonoré mon Sauveur ?

Que le nom de Jésus soit comme votre pierre de touche pour juger vos pensées, vos sentiments et vos œuvres.



Prière

Ô Saint Nom de Jésus, astre lumineux, étoile favorable, c'est de vous que dépend le bonheur de ma vie, de mes desseins, de ma mort et de tout ce qui me regarde !
Quoi que je fasse, j'agirai désormais sous votre divine influence.
Si je veille Jésus sera toujours devant mes yeux ; si je repose Jésus occupera mes pensées ; si je marche ce sera dans la compagnie de Jésus ; si je suis assis Jésus sera à mes côtés ; si j'étudie Jésus sera mon maître ; si j'écris Jésus guidera ma main ; si je prie Jésus formera et animera ma prière ; si je suis fatigué Jésus sera mon délassement ; si j'ai faim Jésus me nourrira ; si j'ai soif Jésus me désaltérera ; si je suis malade Jésus sera mon médecin ; si je meurs je mourrai en Jésus, qui est ma vie.

Jésus scellera mes lèvres mourantes, Jésus fermera mes yeux, Jésus sera mon tombeau.

Ô Jésus ! que mon salut vous a coûté cher ! à quel prix et par combien de sang vous avez acheté le titre de mon Sauveur !
Sauvez-moi donc du péché et de la mort éternelle, puisque c'est pour cela que vous avez reçu le nom de Jésus, et que je puisse répéter pendant toute l'éternité :

Jésus, ma vie, mon bonheur, mon amour, mon tout ! soyez loué, aimé et adoré pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 6 Jan 2017 - 21:46

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 6 janvier

Jésus attire les Rois Mages


« Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer » (Matthieu 2)
Ce ne sont plus seulement des pauvres et des ignorants que l'enfant Jésus attire à sa crèche, ce sont des savants et des rois ; ce n'est plus seulement ceux qui sont près qu'il appelle, mais ceux qui sont loin.
Il a montré sa prédilection pour les petits en les invitant les premiers ; il manifeste sa miséricorde sur les grands par l'astre miraculeux qu'il leur fait luire, et par l'attrait puissant qu'il met dans leurs cœurs.

Ainsi annonce-t-il dès sa naissance qu'il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, Mais quelle bonté de la part de Dieu à l'égard de ces Mages, qu'il va chercher et éclairer au milieu des ténèbres du paganisme ! quelle condescendance dans le moyen choisi par la grâce pour leur révéler la naissance du Rédempteur !
La contemplation des astres était leur étude et leur occupation habituelles ; et c'est par l'apparition d'un astre inconnu qu'ils en sont instruits.

Il est vrai qu'une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable de les attirer au Roi nouveau-né ; il fallait que l'étoile de Jacob, que la lumière du Christ se fût levée dans leur cœur, qu'à la présence du signe que Dieu leur donnait au dehors il ajoutât au dedans le doux attrait et la puissance victorieuse de sa grâce.
Entrez aujourd'hui dans l'esprit de ce mystère, et pour en recueillir le fruit considérez, 1° la force et la douceur de la grâce ; 2° les obstacles à la grâce ; 3° la fidélité à la grâce.



Force et douceur de la grâce

Les Mages, soit qu'ils fussent des rois, des princes ou des sages, aperçoivent dans le ciel une étoile extraordinaire, ou par sa forme, ou par son éclat ou par sa distance. Peut-être avaient-ils quelque connaissance de cette prophétie de Balaam, qui annonçait qu'une étoile se lèverait de Jacob Quoi qu'il en soit, en même temps que cet astre inconnu frappe leurs yeux, un rayon de grâce éclaire leurs cœurs, et ils se sentent excités à le suivre. Elle est si douce cette clarté qui luit à leur âme, et leur découvre comme un nouveau ciel et de nouveaux astres, que son attrait est comme irrésistible.

Ô divin Enfant ! vous êtes aussi puissant dans l'étable que dans le ciel ! Aussi ils ne questionnent point, ils n'hésitent point, ils ne calculent point :
Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorer.
Ne l'as-tu donc pas vue aussi, ô mon âme ! cette étoile du Roi des rois ?
le même Dieu qui a commandé que la lumière sortit des ténèbres n'a-t-il pas fait luire sa clarté dans nos cœurs ?
N'a-t-elle pas lui en toi cette clarté divine ?
la foi n'est-elle pas donnée de Dieu pour éclairer et guider ses enfants, et les conduire sûrement à lui, s'ils veulent s'attacher à son infaillible lumière ?

Depuis qu'elle s'est levée sur le monde, rien n'a pu ni l'affaiblir, ni l'obscurcir, ni l'éteindre. Elle a triomphé des efforts du monde et des enfers conjurés pour l'anéantir. Tous ceux dont elle a été le flambeau sont arrivés par les sentiers de la sagesse et de la vertu au vrai bonheur ; ceux qui l'ont repoussée l'ont justifiée par leur folie, leurs désordres et leurs infortunes. Suis-la donc toujours, ô mon âme! ne la perds pas de vue un seul moment cette divine étoile !
Mais combien de fois n'as-tu pas ressenti son influence salutaire ? Quand en certains moments la vanité des plaisirs, le vide des affections périssables, le néant des biens de la terre se montraient à toi comme en plein jour, c'était l'étoile qui t'était envoyée ; quand la vertu te dévoilait ses chastes attraits, la piété ses charmes, l'amour divin ses consolations et ses délices, c'était une apparition de l'étoile ; quand enfin tu te sentais attirée à servir Dieu, à l'aimer, à désirer de le voir, de le posséder à jamais sans partage, c'était elle qui t'appelait ; oui, tu l'as eue, ton étoile, comme l'ont eue les Mages, mais tu n'as pas encore commencé à la suivre.

Ô divin Enfant ! quand est-ce donc que j'obéirai à vos célestes inspirations ? quand me laisserai-je conduire par le mouvement de votre esprit ! Aujourd'hui, ô mon Sauveur ! ô divine étoile ! conduisez-moi à Jésus ; s'il faut aller à l'étable de Bethléem ou à la croix du Calvaire, conduisez-moi partout où il vous plaira, pourvu que je le trouve.



Les obstacles à la grâce

Les Mages ont vu l'étoile et ils ont pris le parti de la suivre.
Il leur faut donc quitter leurs demeures, leurs habitudes commodes, leurs affaires, leurs plaisirs, leurs amis, leurs parents. Il leur faut donc entreprendre un long voyage, à travers un pays qu'ils ne connaissent pas et des Etats dont les dispositions ne leur seront peut-être pas favorables, s'exposer à mille fatigues et à toutes sortes de dangers.
Quelle route doivent-ils tenir ? ils l'ignorent.
Où doit aboutir leur voyage ? ils ne le savent pas.
Sont-ils donc les seuls que cette étoile ait éclairés de sa lumière ?
Pourquoi se hasarderaient-ils plutôt que les autres ?
Que dira-t-on d'une telle démarche entreprise sur la foi d'un astre incertain ?
Ne serait-il pas plus sage de s'informer, d'attendre, de différer ?

Ô mon Sauveur! voilà les raisons, la prudence, la fausse sagesse du monde.
Ô Rois prévenus de la grâce ! elle est perdue pour vous, si vous les écoutez. Ce commencement de foi qui est en vous ne se développera pas, vous ne rendrez pas gloire à Dieu, vous n'arriverez pas à Jésus-Christ.
Ah! ne balancez pas. Vous avez vu son étoile ; partez, suivez-la où elle doit vous guider.

Ô mon âme ! ne reconnais-tu pas ici les obstacles qui t'ont depuis si longtemps arrêtée, les fatales barrières qui t'ont empêchée d'entrer généreusement dans la carrière et de répondre à la grâce?
Tantôt c'était une injuste défiance de la bonté de Dieu, tantôt une trompeuse confiance en toi-même, toujours la pusillanimité, l'opposition au recueillement, à la mortification des sens, à la pénitence et à la croix.
Qu'as-tu retiré de tes ménagements pour la chair, de tes complaisances pour le monde, de la satisfaction de tes désirs ?
Et toi aussi, quand tu entendais cette voix intérieure qui t'appelait si doucement, mais d'une manière si pressante, à la prière, à la fréquentation des sacrements, aux bonnes œuvres, à la perfection, tu disais comme Saint Augustin :
Demain, demain ; et le lendemain ressemblait toujours à la veille.

Ô mon Dieu! si j'avais répondu à votre appel, si à la première, à la seconde et à la troisième fois, je vous avais dit comme Samuel :
Seigneur, me voici. Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute ; si à la lumière de votre grâce, j'avais marché dans la voie de vos commandements, la paix aurait habité dans mon âme.
Je vous aurais trouvé, ô Jésus ! mais j'ai recherché mon contentement,mes satisfactions et mes aises. Je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé, c'est-à-dire que j'ai trouvé les chagrins et les tribulations. Rendez-moi la lumière et le courage, ô mon Dieu ! envoyez-moi votre lumière et votre vérité, et fortifiez mon cœur pour qu'il s'y attache.



La fidélité à la grâce

Que Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui ont le cœur droit ! car c'est par la droiture du cœur qu'on attire sa grâce et qu'on est conduit à lui. Il ne la leur demande que pour les combler de ses biens ; et chaque fois qu'il exige un sacrifice, il récompense l'obéissance par toutes les bénédictions de son amour.
Dociles à l'impulsion de l'Esprit divin, les Mages ont fait taire toutes les vaines considérations qui pouvaient arrêter leur religieux dessein ; ils disent joyeusement adieu à ceux qui les blâment ou les plaignent, comme à ceux qui en secret se rient de leur simplicité ; ils quittent tout sans regret, parce que quelque chose dit confusément à leurs cœurs qu'ils trouveront tout : ils partent précédés de leur céleste conducteur, heureux de ce qu'ils ont fait déjà pour celui qui les appelle, portant les magnifiques présents, emblèmes de leur foi et de leur amour.

Songez avec quelle consolation ils contemplent cette étoile que jamais ils ne perdent de vue, et avec quelle sainte ardeur ils la suivent. Qui pourrait exprimer leurs pieux entretiens, la ferveur de leurs prières, leurs brûlants soupirs, les transports de leur admiration et de leur reconnaissance pour la miséricorde qui les a appelés et qui daigne encore les protéger et les conduire avec une attention et des soins si prodigieux.

Ô mon âme ! voilà tes modèles, voilà l'exemple qu'il faut suivre. Novices dans la foi, ils sont déjà tes maîtres. Ils n'ont vu que l'étoile du Messie, et ils quittent tout pour le voir et l'adorer ; que feront-ils donc quand ils l'auront vu lui-même, et quand le contemplant ils seront inondés de lumière ?

Ô quel sujet de confusion pour moi ! Après tant d'années passées à votre service, ô mon Sauveur ! après tant de merveilles dont j'ai été le témoin et souvent l'objet, porter dans mon cœur une foi si languissante, une charité si stérile ! Allons, allons, à Jésus, ô mon âme ! allons à notre centre ; et quelque difficulté qui se présente, fions-nous à sa bonté, abandonnons-nous à son amoureuse Providence. Désirs terrestres, vains discours des hommes, trompeuses joies, ne m'arrêtez plus, ne retardez plus ma course. Je vais à mon Dieu, je veux le voir, l'adorer, lui offrir tout ce que je suis, tout ce que j'ai.

Ô Sauveur Jésus ! donnez-moi la constance et la fidélité.



Vertu à obtenir : La fidélité à suivre l'attrait intérieur.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'Enfant Jésus comme le divin Roi des cœurs.

Remerciez-le souvent de la grâce qu'il a faite aux Mages, et de toutes les grâces qu'il vous a accordées pour vous attirer à lui.

Demandez-lui son Esprit afin qu'il règle vos désirs et tous les mouvements de votre volonté.

Dites avec simplicité et ferveur : Esprit de Jésus, guidez ma volonté, et faites qu'elle marche dans vos lumières.
Seigneur, augmentez ma Foi et éclairez mes ténèbres.

Père juste, le monde ne vous connaît pas.

Oh ! si les hommes vous connaissaient ! Faites-vous connaître au monde.



Prière

Glorieuses prémices de la gentilité, premiers apôtres de l'Enfant Jésus, qui nous avez frayé le chemin de la crèche en foulant pus pieds la fausse sagesse pour arriver à lui, demandez-lui qu'il daigne conserver au milieu de nous le divin flambeau de la foi, et qu'il rende nos cœurs dociles aux impressions de sa grâce, afin qu'évitant les pièges et les erreurs du monde, et guidés par sa céleste doctrine, nous courions avec la même ardeur que vous, dans la voie de ses commandements, et que nous ayons comme vous le bonheur d'arriver à lui, de l'adorer et de le bénir pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 7 Jan 2017 - 22:34

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 7 janvier

Arrivée des Mages à Jérusalem


« Voici que des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, demandant où est le roi des Juifs, qui vient de naître ». (Matthieu 2)
Les Mages, avertis par l'astre miraculeux qui leur annonçait la venue du Messie, et pour obéir à la voix intérieure qui les pressait d'aller le reconnaître et l'adorer, avaient quitté leur patrie et bravé les dangers et les fatigues d'un long et pénible voyage. Pour récompenser leur obéissance et encourager leur fidélité, Dieu avait renouvelé la merveille opérée autrefois en faveur d'Israël, lorsqu'il sortit de l'Égypte ; il s'était chargé de diriger lui-même leur marche, et leur avait donné pour guide l'astre même dont l'apparition leur avait révélé la naissance du Rédempteur. Celte miraculeuse étoile, en effet, les précédait constamment, et, le jour comme la nuit, leur montrant le chemin qu'ils devaient suivre, animait à chaque pas leur joie, leur reconnaissance et leur zèle.

Mais parce que la volonté de l'homme est sujette à l'inconstance et ne s'affermit solidement que par l'épreuve, il fallait que leur fidélité comme celle d'Abraham fût éprouvée, et qu'en triomphant de la tentation ils glorifiassent celui qui les appelait les premiers à son admirable lumière ; et voici la triple tentation qu'ils eurent à surmonter en arrivant à Jérusalem : 1° l'abandon apparent du ciel ; 2° la crainte d'Hérode ; 3° l'indifférence des Juifs.



L'abandon apparent du Ciel

En quel lieu, en effet, et en quelle circonstance la lumière céleste pouvait-elle être plus nécessaire aux Mages que dans la ville de Jérusalem, dont ils ne connaissent ni le roi, ni le peuple, ni les usages, ni la langue ? Et c'est précisément à leur arrivée en cette capitale de la Judée qu'elle les abandonne, et les livre à toutes les anxiétés et à toutes les incertitudes.

Se seraient-ils donc abusés ? auraient-ils pris pour un avertissement miraculeux un météore vulgaire, un simple jeu de la nature ? leur cœur en aurait-il imposé à leur raison, et transformé un aveugle pressentiment en une révélation divine ? Non, non, ô saints Rois ! vous ne vous êtes pas trompés. Soit que Dieu veuille faire connaître qu'il va punir les Juifs ingrats par la soustraction de ses lumières, soit que l'étoile qui conduit au Roi pauvre, et l'Ange qui la guide, ne veuillent point se montrer où parait la pompe d'une cour maligne et dépravée, il veut avant tout vous accoutumer, et par vous nous apprendre à marcher par foi et non pas par vue, à compter sur son secours et à voir son action quand il se cache comme quand il se montre.

Il veut que vous sachiez qu'il est le maître de ses grâces,et qu'il en dispose comme il lui plaît, que ce n'est qu'en persévérant qu'on trouve Jésus ; il veut enfin, par les questions et les démarches que vous serez obligés de faire, rendre plus éclatante la naissance du Sauveur du monde. Car en demandant le lieu, vous la ferez connaître. Allez donc avec confiance, accomplissez voire mission; demandez hardiment où est le roi des Juifs qui vient de naître, et bientôt vous l'apprendrez.

Te plaindras-tu encore, ô mon âme ! quand il plaira à Dieu de te laisser dans les ténèbres, ta froideur et ton aridité, de te retirer le sentiment si doux de sa présence ? Quel droit peux-tu prétendre à ses faveurs, toi qui n'as mérité que ses châtiments et sa colère ? Sa lumière, ses consolations, ses grâces ne sont-elles pas un don de son divin Esprit ? Ne pourra-t-il en disposer comme il lui plaît ? Pourquoi donc es-tu triste, ô mon âme ! et pourquoi te troubles-tu ? espère en Dieu. Il sait ce qui est le plus avantageux à ton bien et à sa gloire ; il sait tout ; il peut mieux faire et réussir que toi, car il peut tout ; il le veut plus que toi, car il t'aime plus que tu ne t'aimes toi-même. Il est vrai que souvent c'est par ta faute que tu perds la lumière céleste.
Mais ton trouble ne la ramène pas. Humilie-toi, adore, bénis, répands-toi en sa présence.

Ô Sauveur ! éclairez mes ténèbres, de peur que je ne m'endorme un jour dans la mort.
Donnez-moi, au milieu des embarras., du tumulte et de la dissipation des affaires et du monde, le recueillement, la paix, le regard éclairé du cœur, afin que je ne vous perde pas de vue, que je vous cherche et que j'aille constamment à vous.



La Crainte d'Hérode

Quand bien même ce prince n'eût pas été naturellement soupçonneux et jaloux, n'est-ce pas, de la part des Mages, une grande témérité que de s'enquérir dans sa capitale et aux portes de son palais dans quel lieu ils pourraient trouver le roi des Juifs, qui venait de naître ?

Des étrangers qui font publiquement cette question ne doivent-ils pas éveiller de graves soupçons, ne s'exposent-ils pas aux plus grands dangers pour leur liberté ou même pour leur vie ?
N'ont-ils donc pas d'autres moyens de parvenir à leur but ?
Pourquoi tant d'éclat ? Ne peuvent-ils s'informer en secret, avec plus de précautions, de ménagements et de prudence ? Ils n'allumeraient point la jalousie d'Hérode, et ne troubleraient pas Jérusalem. Voilà les vains raisonnements de la sagesse réprouvée du siècle, et les faux prétextes de la pusillanimité et du respect humain.

Si les Mages les eussent écoutés, ni le Sauveur n'eût été connu, ni sa naissance proclamée, ni la prophétie constatée, ni Dieu glorifié. Jamais ils n'eussent recouvré leur céleste guide. Jamais peut-être ils ne seraient arrivés à Jésus-Christ. Mais parce qu'ils marchent avec simplicité, ils marchent avec confiance. C'est lui qu'ils cherchent, c'est lui qu'ils demandent sans détour ; et par l'une de ces dispositions merveilleuses de la Providence, c'est à la poursuite d'Hérode que la synagogue leur apprendra le lieu de sa naissance, et leur en fera la déclaration authentique.

Quelle consolation, ô mon âme ! de trouver notre miséricordieux Sauveur si fidèle dans ses promesses, si bon pour ceux qui le cherchent dans la simplicité de leurs cœurs ! Ne te laisse donc jamais arrêter par des considérations humaines, quand il est question des intérêts de la foi, ni par la crainte des jugements du monde, quand il s'agit de la gloire de Dieu. N'écoute ni tes doutes, ni les incertitudes qui viennent t'ébranler tantôt sur un point de la religion et tantôt sur un autre. Quand l'étoile semble disparaître à tes yeux, souviens-toi que Dieu a établi dans son Église des pasteurs et des docteurs, et que, dans les temps d'obscurité surtout, il n'y a de sûreté que dans la docilité aux guides spirituels, à ceux que Dieu a placés sur le chandelier pour nous conduire. Mais aussi, quand on t'interroge sur la religion, réponds avec candeur, quelque insidieuses que soient les questions, dis hautement que Jésus-Christ est le divin Roi à qui nous appartenons ; raconte comment il t'a appelée, par quelles voies il t'a ramenée à lui ; publie ses miséricordes, la paix, la joie, le bonheur qu'on goûte à son service. Peut-être seras-tu assez heureuse pour le faire connaître à ceux qui l'ignorent ; au moins auras-tu rendu gloire à Dieu.



L'indifférence des Juifs

C'était sans doute une tentation bien délicate pour ces hommes pleins de zèle, que la foi amenait de si loin aux pieds du roi des Juifs, que l'ignorance où ils trouvaient ses propres sujets par rapport à sa naissance. Quand un signe miraculeux est venu l'annoncer à des étrangers, comment n'est-elle pas connue de son peuple ? Au lieu de s'arrêter à d'inutiles questions, ils font la seule qu'ils eussent à faire :
Dites-nous où doit naître le Christ, car nous savons qu'il est né. Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. L'émotion que cette nouvelle produit dans la ville et à la cour d'Hérode ne les déconcerte pas plus que l'insouciance et l'ignorance absolue où ils les avaient d'abord trouvées sur cet important événement.

Ils laissent à Dieu la science de ses conseils et les causes de ses jugements, et ne songent qu'à profiter de la grâce qui leur est donnée. Ils n'hésitent point, ne délibèrent point ; c'est toujours la même docilité et la même droiture : Ils ont vu et ils sont venus. L'étoile a été pour eux comme la voix de Dieu et la langue du ciel. Les saintes Écritures, interprétées par les docteurs, les remplaceront ; elles leur indiqueront Bethléem, terre de Juda ; et dès qu'ils auront entendu la réponse à leur question, ils partiront sans différer.

O mon Sauveur! quelle leçon ! quelle instruction pour moi dans cette conduite des Mages ! mes pieds ont presque été ébranlés, mes pas ont chancelé quand j'ai vu la paix des pécheurs ! Quelle effroyable défection ! quel abandon de votre loi ! Vous êtes descendu du ciel, vous vous êtes fait homme, vous êtes né pour eux ! Ils ne le savent pas, ils ne le croient pas, ils ne s'en souviennent pas ! Vous avez marqué sur eux la lumière de votre visage ; l'incrédulité l'a effacée.
Vous avez mis votre sainte joie dans leurs cœurs ; les coupables satisfactions l'y ont étouffée. Ce n'est pas seulement dans les saintes Lettres qu'ils peuvent lire votre divin nom annoncé et reconnu ; vous l'avez écrit sur leurs fronts en caractères ineffaçables dans le saint baptême, et ils s'efforcent de l'anéantir, et ils vous délaissent, et vos divins oracles les troublent, mais ne les convertissent pas ! Ne permettez pas, ô mon Sauveur ! que ce scandale ébranle ma foi.

Vous étiez hier, vous êtes aujourd'hui, vous serez dans les siècles des siècles. Il est bon pour moi de m'attacher à Dieu, de mettre toute mon espérance dans le Seigneur mon Dieu.



Vertu à obtenir : La résistance aux tentations.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses Saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour ; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur ! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle ; que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer ; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Prière

Divin Jésus qui pour éprouver la foi des Mages leur avez momentanément soustrait la lumière par laquelle vous les aviez si miséricordieusement attirés, apprenez-nous à supporter à leur exemple les privations par lesquelles il vous plaira de nous faire passer, et toutes les épreuves que vous nous avez réservées dans votre sagesse ; et puisque vous avez établi votre Eglise pour être la colonne et le soutien de la vérité, donnez-nous un attachement tout filial envers elle, et une docilité d'enfants envers les pasteurs chargés de nous enseigner et de nous conduire, afin que préservés des erreurs du siècle et de la contagion de ses exemples, nous arrivions au bienheureux séjour où nous vous posséderons sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 8 Jan 2017 - 22:14

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 8 janvier

Les Mages quittent Jérusalem


« Après avoir entendu les paroles du Roi ils partirent ». (Matthieu 2)
Au nom du Roi qui était venu, et à qui il croyait déjà voir occuper le trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, Hérode ne s'emporta ni contre les pontifes qui avaient annoncé ce Roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande : en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau Roi.
Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé faites-le-moi savoir, afin que faille aussi l'adorer. Le cruel il ne songeait qu'à lui plonger un poignard dans le sein ; mais il feint une adoration pour couvrir son crime.

Voyez. comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport. Mais Dieu souffle sur les desseins des politiques et les renverse. Les mages ont rempli leur mission dans la capitale de la Judée ; ils lui ont annoncé la naissance du roi Jésus ; ils l'ont fait constater par les princes des prêtres et les docteurs de la loi ; ils ne se sont point laissés arrêter par la crainte, ils ne se laisseront pas non plus retenir par de vains amusements et des plaisirs.
Ils partent sans délai, et Dieu récompense bientôt leur fidélité : 1° l'étoile reparaît ; 2° elle les comble de joie ; 3° elle les conduit à Jésus.



L'étoile reparaît

Dieu veut-il nous faire comprendre que dans les villes, dans les cours, dans les tumultueuses réunions d'affaires d'intérêt, de plaisir, on le perd aisément de vue, que la sainte vérité s'y affaiblit, que les lumières s'y obscurcissent, et que loin de ce vain bruit, dans le silence et la paix, lame le goûte mieux et le découvre plus clairement ?

Ce qui est certain, c'est que l'étoile disparut au milieu de cette Jérusalem qui tue les prophètes, et qui n'a pas connu le jour où Dieu vint la visiter. Ce n'est que lorsqu'ils en sont sortis que les mages recouvrent sa lumière.
Quelle consolation pour eux lorsque ce céleste flambeau qui les avait guidés si sûrement jusqu'à Jérusalem reparaît à leurs yeux, et reprend sa marche pour éclairer et diriger leurs pas ! quel bonheur de retrouver dans le retour de sa lumière un nouveau gage d'espérance et de sécurité, de reconnaître que leurs désirs ne les ont point trompés, que le ciel continue de les approuver et de protéger leur entreprise, et que jusqu'au terme de leur voyage il ne cessera pas de se déclarer pour eux !

Sors donc, ô mon âme ! pars promptement, âme chrétienne, non pas de la terre et de la prison du corps, ta journée n'est pas finie, tu n'as pas gagné ton salaire ; mais sors de cette vie des sens, de ce fracas du monde qui t'étourdit et t'empêche d'entendre la voix de Dieu !
Sors de cette société où on ne l'aime pas, où l'on s'efforce avec plus ou moins d'hypocrisie de le faire mourir dans les cœurs !
Sors de cette habitude de dissipation qui ne permet pas à la divine lumière de se réfléchir en toi, qui ne te laisse pas le loisir de la contempler, d'étudier la marche qu'elle te trace, le sentier par lequel tu dois arriver à ton terme !
Sors d'un monde où tout est piège et séduction pour toi : peut-être ne peux-tu trouver le salut que dans la solitude ! sors du moins de cette routine de pratiques, de cette langueur de foi, de ces accommodements avec l'esprit du siècle, avec ses maximes et ses usages ! la foi n'admet pas ces condescendances et ces partages !
Tu ne reverras sa lumière et ne goûteras ses consolations que lorsque tu te seras franchement séparée de tout ce qui lui est contraire.



L'étoile comble de joie les mages

Les épreuves temporelles, la perte des parents, des amis, de la santé, des richesses ne sont jamais équivoques : elles portent comme un cachet de miséricorde et de grâce auquel on peut facilement reconnaître le dessein paternel de celui qui veut nous donner quelque participation à son calice.

Il n'en est pas ainsi des épreuves spirituelles. Infidèles que nous sommes, nous avons toujours sujet de craindre qu'elles ne soient une punition et un châtiment ; et lors même que Dieu ne veut qu'éprouver une âme en lui retirant son appui sensible il la laisse dans un état plus ou moins pénible d'incertitude, de crainte et d'obscurité, afin de l'épurer par le vif sentiment de sa faiblesse et de rendre méritoire sa résignation et sa patience.
Ainsi les mages privés tout à coup de leur guide fidèle au milieu d'un peuple si étranger à un événement qui cependant le touche de si près, et de ces docteurs de la loi, qui répondent si clairement, mais avec une si scandaleuse indifférence à leurs questions, durent être comblés de joie en le voyant reparaître.

L'évangéliste en effet pour nous en donner une idée nous les représente comme remplis d'un inexprimable bonheur, c'est qu'au moment où le signe céleste réjouissait leurs yeux, ce rayon de grâce, qui avait d'abord éclairé leurs coeurs, les remplissait d'une lumière plus vive encore et les inondait des plus pures délices.
Les chrétiens ont donc aussi leurs joies. Dieu permet donc à l'âme fatiguée de ses combats, de ses agitations et de ses épreuves de se reposer à l'ombre de ses ailes.

Ô quelle douceur comparable à celle que fait goûter la fidélité, la constance à son service !
Dans cette région de ténèbres être guidé par une infaillible lumière. Au milieu des secousses qui ébranlent la terre, être en paix parce qu'on voit en tout l'action de cette miséricordieuse Providence qui gouverne tout, qui a tout préparé pour les élus, et qu'on s'appuie pour ainsi dire sur cette main puissante et souveraine, qui dirige et maîtrise tous les événements.

Réjouis toi, ô mon âme ! Dieu veut qu'on le serve avec joie, parce qu'en effet on est trop heureux de servir un si bon et un si puissant maître. Rends-lui grâce de ce qu'il t'a donné pour te conduire l'étoile par excellence, la foi. Conjure-le de ne pas permettre que sa lumière t'abandonne : Seigneur, dirigez-moi dans votre vérité, et instruisez-moi, parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur.



L'étoile conduit les rois à Jésus

Elle allait devant eux ; mais combien ils la devançaient par les vifs désirs que Saint Augustin appelle les pas du cœur. Sans doute qu'à mesure qu'ils approchaient du terme de leur saint voyage la foi, la piété, la charité remplissaient leurs âmes des sentiments les plus doux.
Mais quel bonheur pour eux d'avoir été dociles à l'impression de la grâce, d'avoir généreusement sacrifié tout ce qui pouvait arrêter leur obéissance, d'être restés fidèles dans l'épreuve !
Que sont pour eux les sacrifices, les fatigues, les privations qu'ils se sont imposés, comparés à ce contentement pur, à la paix si douce qui en seraient déjà une récompense si abondante et qui ne sont pourtant encore que le prélude et l'avant-goût des célestes consolations qui vont bientôt couronner leur zèle, leur constance et leur amour.
L'étoile en effet après les avoir constamment précédés depuis leur départ de Jérusalem s'arrêta tout à coup, et par une lumière plus abondante et plus vive sembla leur dire : Voici le lieu où est né le Roi que vous cherchez.

Arrête-toi un moment, ô mon âme! et étudie dans la conduite des mages la règle et le modèle de la tienne. Et toi aussi tu as été appelée à la foi, à la grâce, à la sainteté du christianisme.
Que de lumières ! que de bons mouvements! que de salutaires inspirations ! sous combien de formes diverses l'étoile divine ne s'est-elle pas offerte à tes regards. Tu l'as suivie,mais avec quelle lenteur, quelle inconstance ! combien de fois ne l'as-tu pas perdue de vue par ta faute, par la négligence, par la dissipation, par ces éternels délais qui sont un outrage à la grâce ! Tu l'as recouvrée par miséricorde ; tu marches aujourd'hui à sa clarté : ne la perds donc plus.
Oh! si comme les mages tu avais été obéissante, généreuse et fidèle !

Que te reste-t-il, ô mon âme ! de toutes ces vanités, ces illusions, tous ces faux plaisirs auxquels tu immolais tes vrais biens, l'innocence des désirs, le calme de la conscience, l'espérance chrétienne ?
Rends grâce à Dieu, bénis sa clémence infinie, qui daigne t'appeler et t'éclairer encore.
Approche-toi de lui par l'humilité, la ferveur, un vrai désir d'être à lui.
Dis-lui comme David : Oubliez, Seigneur mes infidélités, ne vous souvenez que de vos éternelles miséricordes : envoyez-moi votre lumière et  votre vérité, ce sont elles qui me conduiront votre montagne sainte et à vos tabernacles.



Vertu à obtenir : La fidélité à la grâce.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui Jésus-Christ comme la fin de votre vie et le centre de votre cœur.
Offrez-lui votre imagination, afin qu'il y imprime son image et qu'il en efface toutes les images de la terre.
Pressez souvent votre volonté par ces paroles : Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent.
N'éteignez pas par les péchés, par les inquiétudes de la vanité, par l'esprit du monde l'esprit de foi, de sainteté et de charité qui vous a été donné.
Souvenez-vous que quels que soient votre âge, votre rang, votre situation, vous devez édifier le prochain et devenir pour lui par vos vertus ce que l'étoile fut pour les mages, l'attirer à la piété, ou l'affermir dans ses bons desseins.
Quand vous sortez de votre maison pour aller à l'église, surtout lorsque vous y devez communier, demandez à Jésus-Christ quelque part aux saintes dispositions des mages.
Du reste hâtez-vous de vous réformer et d'entrer dans la voie de la sainteté.
Le temps est court, et le chemin qui vous reste à faire bien long : cherchez le Seigneur tandis que vous pouvez le trouver.



Prière

Divin Jésus, qui avez si miséricordieusement attiré les mages à votre crèche, qui les avez conduits si miraculeusement pendant leur voyage et les avez fait triompher par votre grâce de toutes les tentations et de tous les dangers, oubliez ma faiblesse, mon inconstance et mes infidélités.

Vous m'avez aussi attiré à vous, ô mon Dieu ! vous m'avez appelé.
Oh ! que j'ai tardé à répondre ! que je me suis aisément lassé dans la voie ! Par quelles vanités, par quelles bagatelles ne me suis-je pas laissé arrêter !

Désormais je chercherai votre présence. Mais ne détournez pas de moi votre visage ; que votre colère ne vous détourne pas de votre serviteur !
Soyez mon aide et ne me délaissez pas, ô Dieu de mon salut !
Donnez-moi de marcher avec fermeté et constance dans la voie qui conduit à vous et d'y persévérer jusqu'au terme. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 9 Jan 2017 - 18:39

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 9 janvier

Jésus adoré par les Mages


« Etant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ». (Matthieu 2)
Fut-ce à l'étable ou à la crèche que l'étoile conduisit les Mages ? Joseph et Marie y laissèrent-ils l'Enfant ? Ne songèrent-ils pas à pourvoir à un logement plus commode, ou ne le purent-ils pas ?
Contentons-nous des paroles de l'Evangile : L'étoile s'arrêta où était l'Enfant, sans doute dans le lieu de sa naissance ou auprès, puisque c'était là qu'on les avait adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l'accomplissement de la prophétie qui leur avait été enseignée.

Quoi qu'il en soit, voyez combien leur foi est admirable ! Qu'elle avait été prompte dans son obéissance, lorsque, avertis par le signe céleste de la naissance du Messie, et intérieurement pressés par la grâce d'aller le reconnaître, ils avaient sans balancer quitté leur pays ! Sa constance avait éclaté d'une manière bien héroïque, lorsque, tout à coup privés de leur astre tutélaire, sans se décourager ni se refroidir, ils avaient généreusement persévéré dans leur religieuse entreprise. Elle s'élève à toute sa perfection au terme de leur voyage, lorsque, loin d'être déconcertée par l'aspect de l'étable et d'un pauvre enfant enveloppé dé langes, elle découvre et reconnaît en lui le monarque et le Dieu de l'univers.

O divin Enfant ! daignez m'envoyer un rayon de cette admirable lumière qui éclaire aujourd'hui l'âme des Mages, afin que je vous adore comme eux, et que dans ces présents qu'ils vous offrent je reconnaisse ce que vous êtes et ce que je vous dois : 1° comme Roi, 2° comme Dieu, 3° comme Homme.



Comme Roi

C'était sans doute en cette qualité que le Sauveur du monde leur avait été annoncé, puisque c'est comme roi des Juifs qu'ils le font connaître et publient sa naissance.
Il est vrai qu'il n'est pas seulement roi du peuple juif, mais de tous les peuples, ni d'un seul royaume, mais de tous les royaumes de la terre et du ciel même. C'est l'univers entier que le Père a soumis à son sceptre.
Demandez-moi, lui dit-il par la bouche de David, et je vous donnerai les nations pour votre héritage et la terre pour votre domaine. Il est roi par nature et par conquête, par la donation que le Père céleste lui a faite et par le salut qu'il a lui-même opéré au milieu de la terre, c'est-à-dire par tous les titres que peuvent donner la puissance et les bienfaits.

C'était sans doute cet empire universel qu'ils voulaient déclarer par leurs présents ; c'était comme à leur roi que ces rois venaient faire hommage par l'or qu'ils lui offraient. Mais avec quelle ardeur et quelle générosité, en lui payant ce tribut, ils mettaient à ses pieds leurs biens, leurs possessions, leurs personnes, leur amour, tout leur être, et se donnaient sans réserve à lui pour être ses vassaux, ses serviteurs et ses sujets !

Voilà tes modèles, ô mon âme ! voilà ce que t'enseigne ce mystère, voilà les obligations qu'il t'impose.
Tu te dois tout entière à Jésus-Christ. Il t'a créée, il te conserve, il t'a rachetée par son sang précieux, il te réserve une félicité sans mesure.
Oh ! qu'il est vraiment ton Roi ! qu'il est juste qu'il règne sur toi, qu'il te possède absolument sans réserve, sans partage, puisque c'est de lui que tu tiens l'être, et qu'il te l'a donné comme une seconde fois, en t'arrachant à la mort et à la damnation éternelle !
Que lui rendras-tu donc pour reconnaître son souverain domaine ? Les rois de la terre imposent des tribut à leurs peuples ; les Mages ont offert leurs présents au roi Jésus. Il n'a pas besoin de ton or, mais il le réclame pour ses membres souffrants ; verse-le dans le sein des pauvres.
L'or qu'il te demande et qu'il se réserve, c'est ton amour c'est une charité sincère, c'est une prompte et constante obéissance non-seulement à ses commandements et aux préceptes de son Évangile, mais à ses inspirations, aux mouvements de sa grâce, à l'attrait de son divin Esprit.

Ô mon Dieu ! Ô mon Sauveur ! qu'ai-je fait jusqu'à se jour ? que je vous ai peu traité en Roi.
je n'ai été qu'un sujet ingrat, révolté, rebelle ; je n'ai mis en votre divine main qu'un roseau, et sur votre tête qu'une couronne d'épines. Ne me brisez pas dans votre colère, ne me châtiez pas comme le méritent mon ingratitude et mon audace. Triomphez de moi d'une manière qui ne peut appartenir qu'au roi Sauveur, en mettant en moi votre crainte et votre amour.



Comme Dieu

L'encens ne s'offre qu'à la divinité : il est le symbole de l'adoration ; aussi les saints docteurs ont-ils reconnu dans ce présent que les Mages font à Jésus l'emblème de leurs sentiments et un témoignage de leur foi au Verbe incarné. Ils crurent, dit l'un d'eux, que tout était divin, là où manquaient les apparences humaines. Cette pauvreté, cette humilité prodigieuses, loin d'affaiblir leur vénération, ne faisaient qu'ajouter à leur admiration et à leur reconnaissance ; et leurs yeux étaient ravis de contempler ce faible Enfant, dit saint Chrysostôme, parce que le Saint Esprit faisait éclater sa majesté souveraine au fond de leurs cœurs. Qu'ils sont heureux en effet de voir ce qu'ils voient, de jouir à leur aise de la vue de celui qui fait la joie et la félicité des anges ; d'être les premiers à proclamer non-seulement sa royauté, mais sa divinité, à lui offrir l'hommage d'une adoration pure, de cette adoration en esprit si agréable au père, et sans laquelle le culte extérieur n'est ni glorieux à Dieu ni utile aux hommes.

Ô mon âme, ne le vois-tu donc pas tous les jours sur l'autel, comme les Mages le virent dans la crèche, ce Verbe divin, couvert des voiles du Sacrement, comme il l'était alors des langes de l'enfance ! mais le vois-tu des mêmes yeux qu'ils le virent, avec une foi aussi éclairée, avec le même respect, la même humilité, le même amour ?
Sais-tu comme eux traverser par ce regard éclairé du cœur, ces ombres qui le cachent, et dans ce mystère de foi reconnaître l'abrégé de ses merveilles? Ils ouvrent leurs trésors : ouvres-tu ton cœur? c'est de là que doit monter vers lui l'encens de ta prière, de ta charité, d'une dévotion tendre, d'une piété qui à toute heure, la nuit comme le jour, s'exhale en soupirs brûlants et en aspirations affectueuses.

Mais surtout quand il daigne t'admettre à la participation de son divin corps, ô mon âme ! c'est alors que tu dois lui offrir tout ce que tu es et tout ce que tu as, le prier de prendre dans ton âme tout ce qui lui plait, et s'il n'y a rien qui lui plaise, le prier d'y prendre tout ce qui lui déplaît. Avec quelle ferveur ne dois-tu pas t'écrier comme saint Thomas :
Mon Seigneur et mon Dieu ! vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloire ; vous êtes mon Dieu, et je célébrerai votre nom.



Comme Homme

C'est en tout point que la foi des Mages se montre éclairée.
Ils ont reconnu Jésus comme Roi, et lui ont fait hommage de leur puissance ; ils l'ont reconnu comme Dieu, et ils l'ont adoré ; ils le reconnaissent comme homme passible et volontairement assujetti à la mort ; et en lui offrant de la myrrhe, ils honorent d'avance sa sépulture et sa résurrection glorieuse.
Dès lors aussi ils embrassent les douleurs et les humiliations de la pénitence, offrent à ce Dieu naissant que sa charité doit immoler un jour, leur propre vie en sacrifice.

Les grandeurs du monde, les plaisirs de la terre, les biens périssables ne peuvent plus toucher ces cœurs dont l'unique besoin est désormais de vivre pour celui qui les a assez aimés pour s'assujettir à la mort, dont la seule passion est de mourir pour le faire connaître et vivre dans tous les cœurs.

Quand est-ce donc enfin, ô mon âme ! que tu offriras à Jésus-Christ la myrrhe de la pénitence, ces gémissements et ces soupirs, que le souvenir de tes infidélités devrait l'arracher sans cesse, ces larmes que le danger continuel auquel tu es exposée de perdre ton Dieu, de te perdre pour l'éternité, suffirait pour faire couler ? N'est-il pas temps d'embrasser cette croix qui te poursuit, ce semble, à mesure que tu la fuis? Ah! tous les saints ont constamment porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, afin, disaient-ils, que sa vie se fît voir dans leur chair mortelle! Et j'oserais espérer la gloire qu'ils ont achetée au prix d'une immolation perpétuelle et par le crucifiement de tous les désirs, je me flatterais de l'obtenir par là satisfaction dés miens! Non, non, ce serait folie de le penser, impiété de le croire.

Mais, mon Dieu, l'amour de la pénitence est une grâce ; ne me le refusez pas, mettez-le dans mon coeur ; tranchez au vif dans ce cœur que je n'ai pas le courage d'immoler ; brûlez, coupez, renouvelez-le par la plus douloureuse opération, pourvu que vous l'épargniez dans l'éternité.



Vertu à obtenir : La générosité envers Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui le Fils de Dieu comme Dieu et homme tout ensemble, Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge Marie.
Offrez-lui tous les moments de votre vie, et tous les biens spirituels et temporels que vous avez reçus de lui ; priez-le qu'il vous donne la grâce de les employer à sa gloire ; souhaitez que tous les rois l'adorent, et que tous les peuples du monde le reconnaissent pour leur souverain Seigneur ; offrez aujourd'hui à ces intentions, par les mains de Marie, quelque aumône, quelque prière, quelque pénitence. Songez que quoi que vous donniez à Jésus pour sa gloire et pour son amour, vous donnerez toujours bien peu, et que pour égaler autant qu'il est cri vous la reconnaissance aux bienfaits, vous ne lui pouvez donner rien moins que tout vous-même, comme il s'est donné tout entier pour tous.



Prière

Après mes adorations profondes, je n'ai point d'autres présents à vous faire, ô divin Enfant ! que celui de mon cœur: il est à vous, puisque vous l'avez formé.

S'il s'est injustement prêté à la créature, je vous le restitue, ô mon Sauveur ! attirez-le, purifiez-le, embrasez-le, pour le rendre plus digne de vous être présenté.

Je vous offre avec ce cœur tout ce que je possède et tout ce que je suis.

Faites, ô divin Enfant ! que votre attrait soit toujours victorieux en moi des faux attraits d'un monde imposteur qui ne s'efforce de m'attirer que pour me perdre, et ne me fait des promesses que pour me tromper.

Que votre étable, votre crèche, votre amour soient désormais toute ma richesse, tout mon désir, tout mon empressement et tout mon attrait.




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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 10 Jan 2017 - 22:08

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 10 janvier

Le retour des Mages dans leur pays


« Ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin ». (Matthieu 2)
Que l’Évangile est instructif ! qu'il est consolant ! que d'inquiétudes, que de douleurs nous nous épargnerions, si nous étions attentifs à méditer les leçons qu'il nous donne ! Nous en trouverions pour toutes les circonstances, tous les événements et toutes les situations de la vie, parce qu'il est la lumière qui doit diriger nos pas.

Partout nous y apprendrions que Dieu demande le sacrifice de notre volonté et le renoncement à notre trompeuse sagesse, et qu'en échange il nous envoie protection et lumière au milieu de toutes les épreuves, tandis qu'il se plaît à aveugler les superbes et à surprendre les sages par leurs propres artifices. De quoi sert à Hérode sa politique ? à quoi plus tard aboutira sa cruauté ? A travers les flots du sang de mille enfants il poursuivra l'Enfant Jésus, et c'est le seul qui échappera à ses coups. C'est qu'il n'y a contre Dieu ni sagesse, ni prudence, ni conseil.

Apprenez donc aujourd'hui à obéir à sa voix, à vous abandonner à sa Providence, en considérant 1° l'avertissement donné aux Mages, 2° leur obéissance à suivre un autre chemin, 3° leur retour dans leur patrie.



L'avertissement qui leur est donné

Ce dut être pour les Mages une forte tentation que celle de s'établir, ou du moins de prolonger leur séjour à Bethléem, et de s'attacher irrévocablement à l'Enfant Jésus et à sa sainte Mère. Ils devaient trouver tant de douceurs dans cette céleste compagnie, de si hautes instructions dans le silence de ce Verbe incarné, de si pures consolations dans leurs entretiens avec Marie ! que peuvent-ils souhaiter de voir après avoir vu Jésus ? quels entretiens pourraient les charmer, après qu'ils ont conversé avec la Reine des anges ? Il est vrai, mais ce n'est pas pour eux seuls qu'ils ont été appelés,éclairés, instruits de la venue du Rédempteur promis au monde.

Il faut qu'ils reportent dans leur patrie une lumière plus vive que celle qui les en a tirés, qu'ils rendent témoignage à Jésus-Christ, et deviennent ses prédicateurs et ses apôtres. Le même mouvement de grâce qui les a portés vers la crèche les presse de la quitter ; ils en reçoivent l'ordre pendant leur sommeil, et avec une humble docilité ils se disposent à l'instant même à l'accomplir.

Admire, ô mon âme ! les soins attentifs et miséricordieux de la Providence sur ceux qui sont fidèles à suivre la voie qu'elle leur trace, et qui mettent en elle leur confiance et leur appui. Elle les éprouve, et par intervalles semble les délaisser; et c'est alors qu'elle est, pour ainsi dire, plus près d'eux, et les guide d'une manière plus lumineuse et plus sûre. Ainsi, parce que les Mages se sont aveuglément abandonnés à Sa conduite, elle ne les perd pas un moment de vue et veille partout à leur sûreté. Quand est-ce donc qu'enfin tu imiteras ce généreux et Si sage abandon ? Parce qu'ils ont été conduits par les désirs les plus purs et lés vues les plus saintes, ils remportent, de leur visite au Sauveur du monde, la joie, la lumière et la paix.

Ah ! si tu portais à l'oraison et à la communion, ô mon âme ! cette vivacité de foi et cette ardeur de charité, tu en sortirais éclairée, disposée au sacrifice de toi-même, et tout enflammée.
Car il est écrit : Approchez de Lui vous serez éclairés, et encore : Mon cœur s'est embrasé élans ta Méditation.
Si lorsque tu possèdes ton Jésus, ou que tu te trouves à ses pieds, tu te reposais pleinement en lui comme dans ton centre;; si tu écoutais attentivement ses leçons, ses reproches, ses instructions divines ! Mais hélas ! ô mon Dieu ! que je suis éloigné de ces dispositions ! que l'heure de là prière me dure ! que le temps de la communion me parait long, surtout à certains jours !
J'y viens avec froideur, j'y demeure sans respect, sans affection, sans profit, j'en sors avec empressement.



Leur obéissance à suivre un autre chemin pour leur retour

C'est presque toujours par la simplicité des moyens que la Sagesse éternelle se plaît à confondre les desseins les mieux concertés de la malice et de la perversité.
Si nous nous attachions à étudier sa marche, nous reconnaîtrions combien sont vains les efforts de la puissance ou de la ruse.
Pensez avec quelle tranquillité cruelle Hérode, se reposant sur sa dissimulation, attendait le retour des Mages ; considérez d'ailleurs combien il lui eût été facile d'envoyer sur leur trace quelqu'un de ces hommes toujours prêts à exécuter les ordres les plus barbares.

Mais celui qui a dit à la mer : Tu viendras jusqu'ici et tu briseras contre ce sable l'orgueil de tes flots, arrête quand il lui plaît, aveugle et enchaîne la fureur du méchant, et, au grand étonnement des enfants du siècle, il ne fait plus alors tout le mal qu'il veut et qu'il peut faire.
Ainsi, au lieu de revenir à Jérusalem, les Mages, d'après l'avertissement qu'ils reçoivent du ciel, prennent une autre roule, Hérode perd en conjectures le temps nécessaire à l'exécution de son crime, et quand il tentera de le consommer, l'Enfant Jésus sera en sûreté.

Encore une fois, ô mon âme ! docilité, confiance et abandon à la conduite paternelle et toute miséricordieuse de la Providence : voilà la sagesse, la sûreté et la paix du chrétien. Hors de là tout est faute, tout est danger, tout est alarme. Mais ce changement de chemin, qui sauve et l'Enfant divin et ses premiers adorateurs, vous offre une autre leçon qui n'est pas moins importante.
Après des égarements plus ou moins longs, une infidélité ou une résistance plus ou moins coupable, avez-vous enfin été amené à Jésus, l'avez-vous trouvé, lui avez-vous fait vos présents, le don et la consécration de tout votre être ?

Examinez attentivement quel chemin désormais vous vous proposez de suivre ; songez qu'il n'est plus question de marcher par celte voie large que vous avez suivie jusqu'à ce jour, et qui aboutit à la damnation et à la mort éternelles.
Si vous y êtes engagé encore, il faut la quitter aujourd'hui et entrer dans la voie étroite, la seule qui mène à la vie et à la félicité. Prends garde, ô mon âme ! te voilà avertie. Si tu retournes par ces routes où tu as été en danger de périr, tu périras, parce que tu auras toi-même cherché le péril, et que la grâce méprisée par toi ne fera pas un nouveau prodige en ta faveur.

O grâce de Dieu ! soyez ma lumière, mon guide, ma force et mon appui. Conduisez-moi par tel chemin qu'il vous plaira, pourvu que vous me rameniez dans ma patrie.



Leur retour dans leur Patrie

Les Mages avaient vu l'étoile du Messie dans l'Orient, et ils étaient venus pour l'adorer ; ils l'ont trouvé, et ils l'ont vu lui-même, et ils retournent dans leur patrie pour le faire connaître, pour annoncer la venue de ce Roi pasteur si longtemps promis, attendu depuis tant de siècles. Mais qu'ont-ils donc à dire d'un pauvre enfant qu'ils ont aperçu environné de tout l'appareil de la pauvreté, de la faiblesse, de la misère même ? Ah! la lumière qui les a éclairés à la crèche leur a révélé le secret de ces humbles apparences.

Dans cet Enfant d'un jour si dénué, si faible, ils ont reconnu et adoré le Roi immortel des siècles, le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, le Vainqueur du monde et du péché. Ils laissent à ses pieds leurs présents, ils déposent dans son cœur leur reconnaissance, leurs vœux et leur amour, et saintement impatients de le glorifier, ils s'arrachent généreusement à la consolation pure de le contempler, de baiser ses pieds sacrés, d'interroger ses regards, et d'entendre sa bienheureuse Mère, et ils quittent Bethléem.

Nous avons comme les Mages à retourner dans notre patrie, ô mon âme ! Notre patrie comme la leur est en Orient. C'est vers l'Orient que Dieu avait planté son paradis. Il nous faut y retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avait-il été créé ! Nous sommes malheureusement sortis du paradis par le péché, il faut y retourner par un autre chemin. Nous nous sommes égarés par les plaisirs du monde, il faut revenir par les pleurs et les regrets de la pénitence.
Rêveries, enfants d'Israël, à votre cœur, nous dit le Sauveur naissant, connaissez votre égarement, changez votre voie.

Je vous entends, ô Enfant divin ! Vous m'appelez à vous, vous qui êtes ma fin, mon centre, mon unique bien ; vous voulez me conduire à votre royaume par le sentier étroit que vous avez suivi vous-même, par la croix, les larmes, les privations volontaires, le retranchement de mes aises, des vaines Satisfactions, des attachements qui peuvent partager mon cœur.
Ah ! souverain Maître ! vous serez obéi, je reviens à vous, je m'abandonne à votre conduite. Ne me laissez pas à mes ténèbres et à ma faiblesse; et puisque vous m'avez rendu à votre joug aimable, dirigez-moi et soutenez-moi jusqu'au terme.



Vertu à obtenir : Le désir du ciel.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée Jésus-Christ comme le plus doux et le meilleur de tous les maîtres. Si jusqu'ici vous lui avez été infidèle, prenez et la résolution et les moyens de réparer vos infidélités.

Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutumez-vous peu à peu à goûter dans les maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d'incommodités, l'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu.

Offrez à l'Enfant Jésus tous vos desseins, toutes vos entreprises, toutes vos démarches, toutes vos espérances et toute la conduite de votre vie.

Dites avec David : Seigneur, conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.



Prière

Divin Jésus, qui avez daigné m'attirer à Tous du fond de mes ténèbres et du sein de la corruption et du péché, veillez sur moi, et soutenez-moi dans la voie nouvelle où je suis entré par votre grâce, car ma faiblesse est extrême ; et si vous détournez un moment de moi les regards de votre miséricorde, je retournerai à mes anciennes misères.

Tantôt c'est une imagination déréglée qui m'en représente les honteux fantômes, tantôt c'est mon cœur qui les rappelle. Tout à coup je me sens défaillir, sans goût pour le bien, sans force contre le mal.

Ayez pitié de moi parce que je suis faible, guérissez-moi parce que le trouble a pénétré mon âme, et confirmez en elle le bien que votre amour a commencé à y opérer. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 11 Jan 2017 - 21:00

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 11 janvier

L'Enfant Jésus fuit en Egypte


« Après que les Mages furent partis, l'ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil et lui dit: « Levez-vous, prenez l'Enfant et sa mère, fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir, car Hérode cherchera l'Enfant pour le faire mourir ». (Matthieu 2)
Commencez par adorer l'Enfant Jésus qui à peine né est déjà en butte à la persécution, réduit à fuir dans une terre étrangère. Peu de mystères vous offriront un ensemble aussi frappant d'instructions, de consolations et de prodiges de charité, d'humilité, d'obéissance, d'abandon à la Providence.

Si vous avez été ou si vous êtes obligé de fuir votre pays, votre famille, le monde, pour obéir à la voix de Dieu, pour mettre votre salut en assurance, pour échapper aux dangers qui menacent votre innocence, votre foi, votre vie ; si enfin vous êtes condamné à voir s'éloigner de vous un enfant, un ami, un père ou une mère, oh ! que la fuite de l'Enfant Jésus vous offrira de touchantes leçons, de puissants motifs de vous résigner, de vous calmer, d'adorer la conduite de Dieu sur vous et d'y soumettre respectueusement et affectueusement voire cœur!  Et quand même votre situation serait étrangère à toutes ces épreuves, souvenez-vous que vous êtes fugitif du ciel, et que c'est pour réparer, par une fuite innocente et méritoire, votre fuite criminelle, que Jésus-Christ se fait aujourd'hui fugitif avec vous, pour vous sauver et vous ramener à son Père.

Entre tant d'enseignements vraiment divins recueillez aujourd'hui ceux que vous donnent 1° l'humiliation de la fuite de Jésus ; 2° la précipitation de la fuite de Jésus ; 3° le dénuement de la fuite de Jésus.



L'humiliation de la fuite de Jésus

N'y avait-il donc pas d'autre moyen de le sauver que la fuite ? Qui le peut dire sans impiété ? Mais Dieu ne veut pas tout faire par miracle, et il est de sa Providence de suivre souvent le cours ordinaire qui est de lui, comme les voies extraordinaires.
Le Fils de Dieu est venu en infirmité, dit l'Apôtre. Pour se conformer à cet état il s'assujettit volontairement aux rencontres communes de la vie humaine, et par la même dispensation qui a fait que durant le temps de son ministère il s'est retiré, il s'est caché pour prévenir les secrètes embûches de ses ennemis, il a été aussi obligé de chercher un asile dan» l'Égypte.

Mais que cette disposition de la Sagesse éternelle est prodigieuse ! Il faut donc que dans toutes les circonstances de sa vie incarnée le Dieu fait homme épuise la coupe des humiliations. Le Tout-Puissant réduit à fuir, et à fuir devant sa créature pour se soustraire à sa fureur, pour sauver sa vie, lui qui est l'auteur de la vie, qui la donne et la conserve à tout ce qui respire, pour se sauver de l'injuste haine d'un homme, lui qui est le Sauveur  de tous les hommes.

Ô divin banni ! miséricordieux exilé, ayez pitié de moi. C'est pour toi en effet, ô mon âme ! C'est pour t'instruire, te consoler et te diriger dans ton exil qu'il fuit du milieu de son peuple. Tu oublies que la terre est un lien d'exil, et tu t'y plais, tu t'y attaches.
Transfuge du ciel, tu ne pourrais jamais y retourner, ni même en retrouver le chemin, si Jésus ne se fut associé à ta fuite !

Ô mon Sauveur, vous fuyez le monde, et je le cherche ; vous me cherchez par un excès de miséricorde, et je vous fuis par un excès d'ingratitude. Vous ne craignez pas de ravaler votre grandeur par une fuite honteuse, parce qu'elle doit contribuer à mon salut ; et moi je crains la confusion lorsqu'il s'agit de votre service. Une raillerie, un regard, un sourire suffisent pour ébranler ma fidélité.
Malheureux que je suis, j'ai mieux aimé vous fuir avec le monde que de fuir le monde avec vous !

Il faut changer et de sentiment et de conduite, ô mon âme ! il faut prendre une forte résolution de chercher Jésus-Christ en toutes choses, et de fuir le monde avec lui. Fuis-le quand il te flatte, quand il te tente, quand il te persécute. Garde-toi de suivre ses lois, ses exemples, ses maximes ; ils sont contraires à l'Évangile.
Combats, veille et prie, quand tu ne peux éviter l'occasion ou le danger, et Jésus te donnera d'en triompher; mais si tu t'y exposes volontairement, tu seras vaincue. Il n'y a de salut que dans la fuite.



La précipitation de la fuite de Jésus

Est-il donc nécessaire de fuir en toute hâte, au milieu des ténèbres de la nuit ; sans prendre le temps de pourvoir aux plus indispensables nécessités ? Le Tout-Puissant, qui a enlacé l'ennemi cruel de son divin Fils dans les filets de son astucieuse politique, ne peut-il le rendre encore le jouet de ses propres précautions ?
Oui sans doute ; mais comment alors s'accompliraient les prophéties ?
Comment sa vie nous donnerait-elle ces sublimes leçons que nous ne pouvions recevoir que de lui ?
C'est de lui que nous devions apprendre à obéir sans murmure, sans raisonnements, sans délai ; et la précipitation de sa fuite devait nous présenter le modèle le plus accompli de cette prompte obéissance.

Chacune des paroles de l'Ange est destinée, ce semble, à nous en faire sentir les difficultés et à en relever le mérite: c'est au milieu de la nuit qu'il s'adresse au chef de la Sainte Famille, parce qu'il faut en tout temps se tenir prêt ; dans la paix de son sommeil, parce que le cœur fidèle doit toujours veiller :
Levez-vous sur-le-champ, sans délibérer, la grâce ne connaît ni les délais ni les lenteurs.
Prenez l'Enfant et sa Mère, chargez-vous de ce fardeau si léger, veillez sur ce précieux dépôt commis à votre garde : on ne possède pas Jésus-Christ sans qu'il en coûte, il faut prendre part à ses croix, le conserver dans son cœur à travers tous les dangers.
Fuyez en Égypte; ne demandez pas pourquoi en ce pays infidèle.
Ce que je fais maintenant vous ne le comprenez pas ; mais vous le comprendrez dans la suite.

Ne commences-tu pas à le comprendre, ô mon âme ! le dessein miséricordieux du Père, dans l'ordre rigoureux qu'il donne à Joseph ?
Ne vois-tu pas qu'il veut faire éclater la profonde soumission de cet homme juste et de sa céleste épouse, qui, sans écouter ni les craintes, ni la délicatesse, ni la défiance, n'ont qu'une même pensée et un même sentiment, la volonté, le besoin, le bonheur d'obéir ? Ne lis-tu pas dans le cœur de l'Enfant-Dieu, qui leur communique ces dispositions saintes, ces paroles sublimes qu'il devait faire entendre un jour : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé.

Mais que te sert-il de le comprendre, si tu contredis par tes révoltes secrètes ou par la lenteur et l'imperfection de ton obéissance les enseignements et la conduite du Sauveur ? Lève-toi donc enfin, ô mon âme ! renonce au repos, à la mollesse, à l'amour de tes aises, ne te laisse plus assoupir par les sens, subjuguer par les désirs de la chair ; attache-toi enfin à Jésus et à Marie.
Sauve-toi, fuis avec eux aujourd'hui, à l'heure même ; demain peut-être il ne sera plus temps ; renonce à celte société, à ces amusements, à cette secrète affection, à cet attachement qui n'est connu que de Dieu et de toi. Le temps presse, l'heure est venue de nous réveiller de notre assoupissement.



Le dénuement de la fuite de Jésus

N'est-il donc pas question d'un long voyage ? L'Ange n'a-t-il pas annoncé un séjour en Egypte dont il n'a point assigné le terme ? La prudence ne demande-t-elle pas que Joseph cherche à se pourvoir de quelques ressources qui puissent, sinon suffire, du moins aider aux premiers besoins ?

Ô prudence! ô prévision! ô précautions toujours si fautives, vous révélez notre défiance de la Providence et notre attachement aux biens sensibles, beaucoup plus qu'une véritable sagesse!  Vous ne pouviez occuper un seul moment la Sainte Famille ; vous n'étiez pas capable d'arrêter un instant la promptitude de son obéissance. Elle part à l'heure même où la volonté de Dieu lui est manifestée ; elle quitte le pays  de ses pères pour aller dans une terre étrangère et idolâtre, pendant la nuit ; mais Marie et Joseph ne portent-ils pas tour à tour entre leurs bras la vraie lumière ? Ils sont sans escorte; mais n'ont-ils pas les anges pour défenseurs, puisqu'ils ont avec eux le Roi des anges ?

Ils sont dépourvus de tout ce qui est nécessaire pour un grand voyage ; mais n'ont-ils pas en Jésus la source de tous les trésors ? Songent-ils même à s'inquiéter des provisions qui leur manquent quand ils possèdent celui qui donne la nourriture aux petits oiseaux, celui qui est le pain vivant descendu du ciel, la source d'eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Voilà les vues de foi qui dirigent la Sainte Famille.

Ne doivent-elles donc pas te diriger aussi, ô mon âme ! La Providence n'a-t-elle pas pourvu à la vie et à la conservation de tous les hommes ? N'a-t-elle pas dans tous les temps fait éclater sa miséricorde sur ceux qui se confiaient en elle ? À quoi aboutissent les défiances, les précautions, les inquiétudes de la plupart des chrétiens eux-mêmes ? A les rendre aussi malheureux que coupables.
Avec toutes leurs combinaisons peuvent-ils changer la couleur d'un seul des cheveux de leur tête ? Pourquoi, dans les épreuves et les moments pénibles de cette triste vie, prendre l'alarme ? pourquoi m'inquiéter, puisque Dieu et ses anges veillent à ma garde ?

C'est au milieu de la nuit que Joseph reçoit l'avertissement céleste ; n'est-ce pas nous rappeler que Dieu veille sur nous en tout temps, et que celui qu'il garde doit dormir en assurance ?
Ô la bonne parole que celle qu'il entend ! Prenez l'Enfant et sa Mère. Qui a Jésus et Marie peut-il manquer de quelque chose ?

Ô mon Sauveur ! que puis-je désirer après vous, et qu'est-ce qui peut me suffire sans vous ? Si je puis obtenir votre grâce et votre amour, je suis riche, je n'ai plus rien à souhaiter.



Vertu à obtenir : La fuite du monde.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, l'Enfant Jésus fuyant pendant la nuit, se réduisant à cette humiliation pour expier votre fuite criminelle de la maison paternelle.

Voyez quels moyens vous avez à prendre pour fuir les occasions du péché, ce qui vous porte an relâchement, à la tiédeur, au dégoût des pratiques de la piété.

Dites avec David : Qui me donnera des ailes comme à la colombe ? et je m'envolerai, et je me reposerai.

Faites si vous le pouvez une retraite de quelques jours; si vous ne le pouvez pas, vivez pendant quelques jours plus recueilli, plus vigilant sur votre cœur.

Promettez à Dieu de ne plus résister à sa grâce ; levez-vous, commencez à marcher avec Jésus et Marie.

Dans la souffrance, dans les privations, abandonnez-vous à la Providence, confiez-vous en son secours ; et quoi qu'il vous arrive, cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, assuré que le reste vous sera donné comme par surcroît.



Prière

Dieu tout-puissant et faible tout ensemble pour mon amour, Enfant redoutable et humilié, qui faites trembler les plus grands rois de la terre sans sortir de votre crèche, j'admire votre grandeur infinie, et à travers votre faiblesse et votre enfance je révère votre force invincible, et j'adore votre souveraine majesté.

Vous fuyez un prince cruel qui veut vous donner la mort, quoique vous soyez venu pour lui donner la vie ; hélas ! combien de fois ne vous ai-je pas contraint de vous éloigner de moi !

Je vous ai exilé, je vous ai chassé honteusement de mon cœur pour mettre la créature à votre place.

Voilà, ô divin Enfant ! les outrages cruels que je vous ai faits, voilà les humiliations que je vous ai causées par mes désordres, et que j'ai ajoutées à celles que vous avez endurées pour mon amour.

Je veux désormais les haïr, les pleurer et les réparer, en vous obéissant, en vous aimant, en vous adorant, et en souffrant pour mes péchés, pour votre gloire et pour votre amour tous les mépris, toutes les humiliations, toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer dans cette vie passagère pour m'assurer la vie éternelle. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 12 Jan 2017 - 23:23

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 12 janvier

Voyage de l'Enfant Jésus en Egypte


« Joseph s'étant levé prit cette nuit- là même l'enfant et la mère, et se retira en Egypte ». (Matthieu 2)
Adam pécheur avait été banni, honteusement chassé du séjour délicieux où il avait reçu avec l'être et la vie la possession de tous les biens. Il lui avait fallu fuir le paradis avec celle qui lui avait été donnée pour aide et pour société, mais qui n'était plus que la complice de sa révolte et la compagne de son infortune.

Avec quelle douleur amère ils devaient s'éloigner de ce lieu de félicité que leur miséricordieux Créateur s'était plu à embellir ! Ils pouvaient y mener une vie si douce ! Le commandement qui leur était fait était si facile à accomplir ! Ils pouvaient si aisément rester fidèles ! Ils ont tout perdu par leur faute !

Ah! le nouvel Adam qui vient la réparer est obligé aussi de fuir sa terre natale. Mais sa fuite volontaire n'est pas un effet de la crainte, dit un père, c'est un mystère. Ce n'est pas un danger pour le Créateur, c'est sa délivrance ; ce n'est pas une marque de la faiblesse humaine, mais de la vertu divine ; il ne fuit pas pour éviter la mort, mais pour nous donner la vie.  
Aussi quelle différence dans cette fuite de la sainte famille et au milieu d'une si rigoureuse épreuve ! Considérez donc 1° la paix, 2° la consolation, 3° la puissance de cette fuite.



La paix

Voyez-vous l'enfant Jésus s'éloigner du pays qu'il a daigné choisir pour patrie ? Songez que ce n'est pas un voyage ordinaire qu'il entreprend ; non, c'est une fuite à laquelle il se condamne, c'est un bannissement, c'est un exil, c'est à dire ce qui après la mort est regardé comme la plus grande peine et la plus douloureuse épreuve.

Aussi pour l'ordinaire que de trouble ! quels déchirements! que d'angoisses pour ceux qui y sont soumis !
Les dispositions du saint enfant Jésus sont bien différentes : heureux de sacrifier son repos et sa volonté à l'obéissance, il sait que sa fuite glorifie son Père, expie le crime des hommes, les ramène à leur Créateur et leur rend, la patrie immortelle qu'ils avaient perdue. Il goûte cette paix profonde qui est le fruit d'une soumission sans réserve et d'une conformité si parfaite à tous les desseins et à toutes les vues de la souveraine sagesse que les plus grandes amertumes sont toujours mêlées d'une inexprimable consolation. Celui qui aime son pays et qui s'y plaît, dit Hugues de Saint-Victor, est encore tendre et délicat ; celui qui regarde tout le monde comme son propre pays est déjà fort et généreux : mais celui-là est parfait à qui tout le monde est un exil.

Le premier a attaché son affection au monde ; le second l'a répandue et dégagée ; le troisième l'a tout à fait éteinte.
A quel rang puis-je me placer, ô mon âme ! ne tiens-tu pas encore à la terre ? ne soupires-tu qu'après le ciel, qui est la terre des saints ? t'accoutumes-tu à trouver Dieu partout ? es-tu assez pénétrée du véritable esprit du christianisme pour que tout le monde soit ton pays ou que tout le monde te soit un lieu d'exil !

Oh! non ; je le sens, ô mon Dieu ! elle m'attache encore cette terre qui dévore ses habitants : ses innombrables misères m'arrachent souvent de profonds soupirs, et je l'appelle alors de son vrai nom, une vallée de larmes.
Mais pour peu que quelques futiles satisfactions viennent en suspendre le cours, j'oublie les joies pures, l'inaltérable félicité de cette patrie céleste où l'on n'entendra plus ni gémissements ni soupirs.

Ô Dieu ! retirez-moi de la fange afin que je n'y demeure pas enfoncé.



La consolation de la fuite de Jésus

A ne regarder la fuite du Sauveur que des yeux de la chair et avec un sentiment tout naturel, quel triste spectacle ! Deux pauvres époux qui cheminent à pied, dépourvus de tout ce qui est commode, peut-être du nécessaire, chargés d'un petit enfant qui partage leurs périls et leur détresse : voilà la croix que voient les hommes, mais ils ne voient pas l'onction qui l'adoucit.

Cet enfant si dénué et si faible c'est le Fils bien-aimé du Très-Haut, le cher objet de ses complaisances, qui bénit son Père de toutes les dispositions de sa Providence : Oui, dit-il au fond de son cœur, oui, mon Père, car il vous a plu que cela fut ainsi.
Mais avec quel contentement et quelle douceur Marie et Joseph ne contemplent-ils pas Jésus-Christ ! quelle source de joie que sa présence visible ! qu'elle supplée abondamment au défaut de tout ce qui pourrait leur manquer ! Lorsque Jésus est présent tout nous semble bon, rien ne nous paraît difficile ; dès qu'il est absent tout est dur et fâcheux.

Etre sans Jésus c'est un enfer, être avec Jésus c'est un paradis. Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme ! Hélas ! tu n'es pas dans cette sainte société des bienheureux au milieu de laquelle Jésus règne, et dont sa divine présence fait la félicité ! N'es-tu pas en danger de n'y être jamais admise ? Mais est-ce là le sujet habituel de tes soupirs et de tes alarmes ? Tu n'es pas avec Jésus, parce que infidèle à la grâce, négligente à la nourrir et à la faire valoir, tu le forces trop souvent à s'éloigner et à te priver du sentiment de sa présence et de son amour. Sens-tu toujours aussi vivement que tu le devrais ce que cette privation a de douloureux et de funeste, quand elle est un effet de notre négligence et de notre infidélité ? Cet état te paraît-il un rigoureux martyre ?

Ah! tandis que la perte ou seulement l'absence prolongée d'une personne chère te préoccupe, te bouleverse et t'empêche de goûter aucune satisfaction, l'affaiblissement de la grâce en toi, le danger continuel où tu es de perdre ici bas Jésus par le péché et d'être à jamais séparée de lui ne te causent guère qu'une frayeur passagère, mais ne te pénètre jamais profondément.

Cependant, ô Jésus ! être avec vous, être uni à vous, vous posséder par la pureté des désirs, par la sainteté des affections, par l'amour qui seul peut vous attirer et vous fixer dans mon âme, c'est là le seul bien, l'unique bonheur ; c'est le seul aussi que je vous demande.
Ô mon Sauveur ne me le refusez pas.



La puissance de cette fuite

Admirez ici un grand mystère, et accoutumez-vous à reconnaître la conduite de Dieu dans tous les événements, leur enchaînement et leurs rapports dans l'ordre de sa sagesse.
Moïse avait autrefois frappé de plaies et couvert de ténèbres la terre d'Egypte ; Jésus-Christ vient la guérir et lui rendre la lumière. Moïse avait tiré les enfants d'Israël de la servitude d'Egypte pour les conduire dans la terre sainte ; Jésus vient pour tirer ses élus de la captivité du Démon et les conduire dans le ciel.
Enfin Moïse avait noyé les Égyptiens dans la mer Rouge ; Jésus vient pour noyer leurs crimes dans son sang, et du plus superstitieux de tous les peuples faire le plus religieux, le plus fidèle et le plus saint. Un jour il sentira l'effet de la présence et du séjour du Sauveur.

Dès à présent, à son arrivée, les idoles sont ébranlées, les démons tremblent et s'enfuient.
Ô Jésus ! si vous êtes si puissant et si redoutable dans la faiblesse de votre fuite, qui pourra soutenir votre présence quand vous viendrez pour juger la terre ? Ne te scandalise donc plus, ô mon âme ! de la faiblesse à laquelle Jésus a daigné se réduire pour ton amour ; ne te trouble donc plus des épreuves de son Eglise, des triomphes passagers de l'impiété.
Tout a été prévu, tout est réglé dans les conseils éternels de la divine Providence sur les particuliers comme sur les peuples, sur les familles comme sur les empires.

Malheur à ceux qui mettent Jésus en fuite, qui le forcent à se cacher, à se bannir et à s'exiler. Prie pour eux, conjure le Sauveur de ne les pas abandonner sans retour. Mais que cet abandon te rende plus fidèle ; car il est toujours l'effet d'une suite plus ou moins longue d'infidélités, et le dernier châtiment de l'abus des grâces, puisque Dieu n'abandonne jamais une âme qu'il n'en ait été le premier abandonné.
Ah ! mon Sauveur ! ne me punissez pas de mes longues résistances, et de mes coupables négligences, en vous retirant de moi.
Que deviendrais-je loin de vous ? qui me soutiendra, si votre main me délaisse et me livre à ma faiblesse et à ma misère ?

Ô divin Enfant qui fuyez dans les ténèbres pour échapper à la mort, vous n'en êtes pas moins la force, la lumière et la vie, et partout où vous passez, vous répandez des semences de bénédictions, de salut et de grâce, qui germeront au temps marqué par votre sagesse et votre amour.



Vertu à obtenir : L'union habituelle avec Jésus.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant ce jour l'enfant Jésus quittant la Judée et entrant dans l'Egypte.

Contemplez la paix profonde qu'il conserve dans cette fuite précipitée et parmi tant de sujets d'alarmes.

Bénissez-le mille fois de ce qu'il la fait régner si pleine et si abondante dans le cœur de Marie et de Joseph.

Entendez-le vous dire en ce moment : Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

Répondez-lui : J'ai espéré en vous, Seigneur : je ne serai jamais confondu.  

Pourquoi es-tu triste, ô mon âme ! soutiens cette épreuve, la consolation viendra en son temps. Jésus est aussi puissant quand il se cache que quand il se découvre, quand il fuit en Egypte que quand il s'élève triomphant dans le ciel.

Seigneur, vous êtes mon Dieu, et mon sort est entre vos mains.



Prière

O divin Sauveur ! qui avez banni l'idolâtrie de l'Egypte, quand bannirez-vous de mon cœur toutes les affections déréglées qui y dominent et en sont comme la divinité.

Venez, Seigneur, venez briser ces faux dieux, faites-les tomber par terre, afin de rétablir en moi l'empire de votre amour.

Vierge sainte, nuée divine, qui avez porté cet Enfant dans une terre étrangère, pour qu'il la sanctifiât par sa présence, hâtez-vous de nous visiter et de le porter avec vous, afin qu'il règne dans nos cœurs, qu'il en fasse sortir tous les vices, et que toutes les vertus prennent leur place. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 13 Jan 2017 - 20:08

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 13 janvier

Demeure de l'Enfant Jésus en Egypte


« Il se retira en Egypte, où il demeura jusqu'à la mort d'Hérode ». (Matthieu 2)
L'ange avait dit à Joseph : Fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous avez à faire. Cet avertissement fournissait matière à bien des questions. Comment, pouvait répondre le chef de !a sainte famille justement ému d'un ordre si soudain, et dont l'exécution présentait tant de périls , par quels chemins dois-je m'avancer ? quelles ressources trouverai-je dans les pays qu'il me faudra traverser, et ensuite au terme du voyage quelle assistance puis-je attendre d'un peuple infidèle ? quelle couleur donner à mon séjour ? combien de temps doit-il se prolonger ?

Vous l'avez reconnu déjà : Saint Joseph ne songe pas même à une seule de ces questions qui vous eussent semblé si importantes. Il ne s'informe point ; il ne demande nul éclaircissement, nulle explication ; il lui a été dit : Levez-vous, et il se lève ; fuyez en Egypte, et il se met en marche pour l'Egypte ; demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous devez faire, et il y reste jusqu'à ce que l'ange revienne l'avertir.

Ô Jésus ! c'est vous qui lui inspiriez cette docilité si ponctuelle, si aveugle, et toutefois si sage et si sûre pour la conduite. C'est votre propre obéissance qui éclate en cette circonstance, et voilà pourquoi elle est si parfaite. Permettez-moi de vous contempler dans cette terre étrangère où elle vous conduit, et d'étudier les importantes leçons que me donnent 1° votre obscurité, 2° votre patience, 3° votre inaction.



L'obscurité de l'Enfant Jésus en Egypte

Si lorsqu'il est venu chez lui les siens ne l'ont pas reçu ; si leur dureté l'a réduit à naître dans une masure abandonnée, que peut-il attendre dans une terre d'exil et au milieu d'un peuple barbare ? Ah ! il y trouve ce qu'il vient y chercher, l'obscurité, le mépris, l'oubli des hommes. Ce n'est plus seulement le fils du charpentier, qui du moins au milieu de sa tribu peut se réclamer de ses proches, c'est l'enfant d'un pauvre étranger qui à force de travail pourvoit bien péniblement à la subsistance de sa pauvre famille. A la pitié qu'elle inspire se mêle parfois un sentiment de défiance. Elle a quitté la Judée, et pourquoi ? Si on savait qu'elle la fuit !

Oh ! qu'elle s'accomplit rigoureusement cette parole prophétique de Jérémie ! que son étonnement était raisonnable lorsque voyant les courses fugitives du Messie il s'écriait : Ô unique attente d'Israël et son Sauveur au temps de la tribulation ! comment êtes-vous dans votre terre comme un étranger, comme un homme errant et vagabondant qui n'a pas de demeure fixe, ou comme un homme fort qui ne peut sauver ceux qu'il veut ?

Ajoute avec le prophète, ô mon âme ! Ô Seigneur, vous êtes dans nous comme dans votre héritage ; nous portons votre nom comme vous appartenant ; ne nous abandonnez pas ; vous êtes tout puissant pour nous sauver.
Parce que souvent ses disciples seront obligés pour la cause de la foi de fuir, de se cacher, manquant de tout, exposés à tous les dangers, il veut dès les premiers jours de sa vie être obscur, banni, fugitif.
Cette fuite charitable, cette miséricordieuse obscurité, sanctifiaient d'avance leurs épreuves, leur méritaient les grâces nécessaires pour en profiter, en même temps qu'elles en devaient être l'adoucissement et la consolation.

Ô mon Sauveur ! c'est sous toutes les formes que vous me montrez l'humilité, que vous m'enseignez l'amour des abaissements, l'éloignement. de ce qui brille, éblouit, attire les regards !
Oh ! que j'ai de peine à vous entendre, à embrasser la petitesse, à aimer à être ignoré, à n'être compté pour rien ! oh ! que l'amour-propre est vivant en moi ! quelles profondes racines il a jetées dans mon cœur! ô vanité ! ô fatale estime de moi-même ! ô orgueil de la vie ! ne me séduisez donc plus. Ou plutôt, ô mon Jésus ! guérissez cette plaie humiliante de mon cœur, en me cachant dans le secret de votre face, et en me donnant de mourir une bonne fois à moi-même pour ne plus vivre que pour vous.



La patience de l'Enfant Jésus

Vous ne sauriez trop souvent rappeler à votre esprit deux vérités importantes et bien propres à vous pénétrer de reconnaissance pour le Sauveur ; la première, c'est que sa passion n'a pas commencé seulement au jour où les Juifs ont porté sur lui leurs mains sacrilèges, mais au premier instant de son incarnation, puisque dès lors il a embrassé par une claire vue et avec la plus entière soumission toutes les souffrances de sa vie mortelle ; la seconde c'est que son état d'enfance en l'exposant aux impressions de la douleur, ne lui en dérobait pas le sentiment, mais que par la lumière divine dont était remplie son âme il découvrait et ressentait plus profondément que nous ne pouvons le comprendre les rigueurs et les humiliations par lesquelles il commençait l'œuvre de notre rédemption, et les supplices ignominieux par lesquels il la devait consommer.

Ainsi toutes les fatigues de ce long et pénible voyage, il en avait souffert dans son corps ; toute la honte de ce bannissement et de cette fuite, il la ressentait très vivement dans son âme ; tout ce qu'a d'amer et de déchirant l'éloignement des lieux qui nous ont vus naître, la séparation de nos amis et de nos proches, il l'endurait dans son cœur ; toutes les privations auxquelles la gêne, et même l'indigence condamnait la sainte famille lui étaient très sensibles, non seulement pour lui-même, mais pour Marie et Joseph.

Ô mon âme ! quelle privation pourrait donc te coûter désormais ? quelle épreuve pourrait exciter ton impatience ou tes murmures quand Jésus s'est réduit à de telles extrémités pour t'enseigner le détachement et la résignation ? Il veut nous sauver par ses exemples, nous apprendre à souffrir en paix la gêne, la détresse, la perte des biens temporels, et nous convaincre qu'il ne nous enrichira des trésors de la grâce dont il est le maître et le dispensateur qu'à proportion que nous dégagerons notre cœur de toute affection déréglée aux richesses de la terre.

Choisis, ô mon âme ! il t'est permis de consulter ton intérêt ; prends pour toi les biens les plus précieux, les plus solides et les plus durables. Ce sont incontestablement ceux de la grâce, puisqu'ils conduisent à ceux de la gloire.



L'inaction apparente de l'Enfant Jésus

Que fait-il en effet ce Sauveur dans la terre de son exil ? A ne juger que par les dehors il ne fait rien pour l'avancement de l'œuvre prodigieuse qu'il est venu entreprendre. Il croît, il se fortifie ! mais rien d'extraordinaire n'éclate en sa personne ; et si ce Verbe de vie commence à se faire entendre, c'est pour la consolation de Marie et de Joseph ; peut-être leur révèle-t-il de sublimes secrets, mais il ne se manifeste point au monde.
Il voit ce peuple au milieu duquel il est établi courir aux idoles, leur offrir un coupable encens et des sacrifices abominables, et il se tait. Il pourrait éclairer ses ténèbres, en laissant échapper un rayon de la lumière dont il est la source, et il les laisse dans la nuit !
Ô Jésus ! n'êtes-vous pas venu pour sauver les hommes ? Le zèle de la gloire de votre céleste père ne brûle-t-il pas dans votre cœur ? comment en douter ?

Mais il attend l'heure marquée dans les décrets éternels, et en l'attendant il compatit à l'aveuglement et à la folie de ces infidèles ; il déplore leurs crimes, il s'offre à son père pour les expier ; il féconde en l'arrosant de ses larmes cette terre qui produira un jour des fruits si abondants de justice et de sainteté ; et pendant son séjour dans l'Egypte comme dans l'inaction de sa crèche, comme lorsqu'il était dans le sein de sa mère, Dieu est en lui se réconciliant le monde.
Transporte-toi, ô mon âme! dans cette terre d'Egypte qui a donné asile à Jésus, et que pour récompense de son hospitalité il a changée en un paradis de délices. Rends-lui grâce des bénédictions dont il l'a comblée.

Ô divin Enfant ! venez donc habiter dans mon cœur ; sanctifiez-le par votre adorable présence, et le rendez fertile en toutes sortes de bonnes pensées, de bons désirs et de bonnes œuvres. Au milieu de l'impuissance et de l'inaction apparentes de votre enfance, vous prépariez la sanctification de l'Egypte. N'userez-vous pas envers moi de la même miséricorde ? Il est vrai que c'est ma volonté perverse qui a privé votre bienheureuse présence en moi de ses effets et de ses fruits.
Mais je vous en conjure par les larmes, par les brûlants soupirs de votre bannissement, pardonnez-moi, changez-moi ; et dans mon cœur aussi, comme dans cette terre bénie par votre bienheureux séjour au milieu d'elle, retentira l'action de grâces et le cantique de la louange.



Vertu à obtenir : Le désir de la communion.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus résidant au milieu de nous dans nos saints tabernacles. Hélas ! n'y est-il pas comme banni et exilé, tant il y est solitaire et abandonné ?

Prenez la résolution de venir plus fréquemment l'y visiter. Commencez dès aujourd'hui à la mettre en pratique ; demandez-lui la grâce de rechercher à son exemple et d'aimer l'obscurité. Vous êtes morts au monde et à la vanité par le baptême, et votre vie a été cachée en Dieu avec Jésus-Christ.

Comment pourriez-vous vivre dans le luxe et dans l'abondance, quand Jésus a voulu manquer même du nécessaire ? Videz aujourd'hui votre cœur de l'affection aux richesses. Quand Jésus-Christ vous visitera en personne dans l'eucharistie, conjurez-le de vouloir bien faire son œuvre en vous, d'y détruire les derniers vestiges de votre ancienne idolâtrie, l'avarice, la sensualité, les profanes attaches, et à leur place d'y faire naître l'humilité, l'abnégation, la pénitence et la charité.



Prière

Je vous adore, ô Dieu enfant ! et je veux partager avec vous la disgrâce de votre exil, puisque c'est pour mon amour que vous l'endurez et pour me procurer un établissement éternel dans le ciel, ma véritable patrie.

Je trouverai dans cet heureux bannissement plus de gloire, plus de richesses et plus de charmes que dans le pays même où j'ai reçu le jour, parce que j'y trouverai mon Dieu et mon Sauveur, qui vaut mieux lui seul que tous les amis, que tous les honneurs, que tous les trésors et tous les plaisirs du monde.

Ô mon Jésus ! détachez mon cœur de la terre, faites-moi la grâce de la voir telle qu'elle est en effet, comme un véritable exil, afin que je m'attache uniquement à la recherche de cette terre des vivons où je vous verrai, je vous louerai, je vous aimerai, où je vous posséderai sans partage et sans fin. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 14 Jan 2017 - 19:36

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 14 janvier

Retour de l'Enfant Jésus en Judée


« Joseph s'étant levé prit l'enfant et sa mère, et retourna dans le pays d'Israël. » (Matthieu 2)
Jésus sort de l'Egypte par l'ordre de son Père et dans le même esprit qui l'y avait conduit : Demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir. Avec quelle ponctuelle exactitude ce commandement du messager céleste a été exécuté !
La sainte famille n'a pas devancé même par un désir le terme de son exil ; toutes les privations, les fatigues,les souffrances attachées à ce pénible état, elle les a endurées avec résignation et avec amour, et pendant cette suite d'années dont nous ne saurions exactement déterminer le nombre, l'enfant Jésus commençait à offrir au ciel et à la terre le prodigieux spectacle de cette soumission et de cet anéantissement auxquels il s'est condamné pendant trente ans.

C'est une terre d'exil qui en est le premier théâtre, mais c'est à Nazareth que se continuera cette vie cachée, le plus impénétrable peut-être de ses mystères. Revenez donc dans le pays d'Israël, ô Enfant divin! et puisque toutes vos démarches renferment des instructions si salutaires pour nous, accordez-nous de bien entendre celles que nous offrent 1° votre sortie de la terre d'Egypte, 2° la mort d'Hérode votre persécuteur, 3° votre retraite à Nazareth..



La sortie de la terre d'Egypte

Israël et toute sa famille était la figure du Fils de Dieu. L'Egypte, durant la famine, devait lui servir de refuge ; après, elle en devait être la persécutrice, et Dieu la devait retirer de ce lieu de captivité pour la transporter dans la terre promise à ses pères en laquelle seule elle devait trouver du repos. Tout cela leur arrivait en figure.
La terre d'Egypte qui devait être durant ce temps le refuge du peuple d'Israel devait aussi servir de refuge à Jésus-Christ, et Dieu l'en devait tirer en son temps, ce que le prophète avait annoncé par ces paroles : J'ai appelé mon Fils de l'Egypte.

Ainsi les diverses circonstances de la vie et des épreuves du Sauveur ont été annoncées par les prophéties et les figures, son départ pour l'Egypte aussi bien que son retour dans sa patrie. Quand bien même rien n'aurait été prédit à son sujet nous n'aurions aucune raison de nous scandaliser de ses humiliations. Mais lorsque tant d'années auparavant, Dieu les a annoncées en tant de manières, comment n'affermiraient-elles pas notre foi et notre espérance ?
Comprends-le donc bien, ô mon âme ! non seulement pour ne pas te scandaliser des souffrances et des humiliations du Sauveur qui ont été prédites, mais aussi pour ne point te laisser abattre par les épreuves qui te sont envoyées par la Sagesse suprême. Si elles n'ont pas été prophétisées elles ont été prévues par elle ; de toute éternité le Père céleste a préparé les grâces dont tu as besoin pour les supporter. Aie donc patience jusqu'à la fin.

Et pourquoi donc, mon Dieu, voudrais-je me soulever contre l'ordre de votre aimable Providence ? Quand même je ne serais pas coupable de tant d'offenses et par conséquent digne de toute la rigueur de vos châtiments, ne suis-je pas votre créature ? ne suis-je pas l'ouvrage de vos mains ? Un vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'avez-vous fait ainsi ?  Suis-je vraiment à vous si je ne me dépouille de ma propre volonté ? Dans cette maladie, dans ce revers de fortune, dans cette affliction si sensible vous médisiez, ô souverain Maître ! Reste là jusqu'à ce que je t'ordonne. Qu'ai-je gagné à me livrer à l'impatience, à la plainte et aux murmures.

J'ai enfoncé plus avant dans mon cœur l'épine qui le déchirait, et j'ai fait d'une matière de mérites un instrument de péché et un sujet de condamnation. O Dieu ! ayez pitié de ma misère ! Pardonnez  miséricordieusement à mon injustice et à ma folie.
Je veux désormais vous bénir en tout temps; vos louanges seront toujours dans ma bouche.



La mort d'Hérode

Retournez dans la terre d'Israël, dit l'ange à Joseph, car ceux qui voulaient faire périr l'enfant sont morts. Jésus annonçait dans sa personne tout ce qui devait un jour arriver dans son Eglise, les persécutions, les exils, la protection divine qui lui serait accordée, sa délivrance enfin. Il montrait d'avance à ses disciples que la Providence ne cesserait pas de veiller sur eux ; que lors même que la fureur de ses ennemis se déchaînerait contre l'Eglise avec plus de violence, elle s'arrêterait au point marqué par la sagesse éternelle, et que ces rois de la terre et ces princes qui se ligueraient contre le Seigneur et contre son Christ passeraient ; que leurs successeurs et leurs descendants pourraient hériter de leur haine et de leur puissance, mais que la main qui avait déjoué les barbares desseins des pères saurait bien rompre les trames ourdies par leurs descendants.

Que crains-tu donc, ô mon âme, pourquoi te laisser aller au trouble ? Parce que les nations ont frémi de courroux, parce que les peuples ont formé de vains complots. Brisons, ont-ils dit, le joug du Seigneur et de son Christ ; rejetons ce joug loin de nous. Mais celui qui habite dans les Cieux se rira d'eux, et le Seigneur se moquera de leurs pensées. Un jour il leur parlera dans sa colère, et il les détruira dans sa fureur.

Tremble, ô mon âme ! non pour cette église immortelle contre laquelle les portes de l'Enfer ne prévaudront point, mais pour toi que menacent d'un continuel danger tes infidélités encore plus que ta faiblesse.
Crains que Jésus ne veuille pas établir en toi sa demeure, parce ce que tu ne veux pas détruire ces passions secrètes ennemies de son Evangile et contraires à son esprit.

O Enfant divin ! je ne le sens que trop, lorsque je veux agir pour vous, sortir avec vous de la terre d'Egypte et entreprendre la réforme de mon cœur, quoique votre grâce ait opéré en moi un commencement de conversion, les funestes rejetons du péché, la paresse, la sensualité, l'attachement aux créatures et à moi-même renaissent de toutes parts.

Ne vous éloignez pas de moi, ô adorable Sauveur! ne me retirez pas votre secours. O Marie ! ô Joseph ! donnez moi Jésus ; obtenez de sa miséricorde qu'il daigne habiter dans mon cœur et y fixer son séjour.



La retraite de Jésus à Nazareth

Comme il pensait à s'établir dans la Judée il apprit qu' Archèlaüs, fils d'Hérode, y régnait à la place de son père ; il fut averti en songe de s'établir à Nazareth pour accomplir ce qui avait été dit de lui par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. Le mot de Nazaréen contenait un grand mystère, puisqu'il exprimait la sainteté du Sauveur. On l'appelait ordinairement Jésus Nazaréen, comme il paraît par le titre de sa croix.
Saint Pierre l'appelle encore dans sa prédication à  Corneille, Jésus de Nazareth, pour nous montrer qu'il allait du dessein de Dieu que le nom de Nazaréen, qui avait été donné à plusieurs en figure de Jésus-Christ, lui fût appliqué en témoignage de sa sainteté.
Et c'est une de ces prophéties que Dieu fait connaître par son Saint-Esprit aux évangélistes pour marquer en Jésus-Christ le Saint des Saints.

C'était en effet dans cette obscure retraite de Nazareth qu'inconnu aux hommes, mais continuel objet de l'admiration des anges, il allait ouvrir cette carrière de vertus dans laquelle ses plus chers disciples s'efforceront de le suivre, mener cette vie d'humilité, de pauvreté, de travail dans laquelle il anéantit pendant trente années sa majesté, sa sagesse et sa puissance.

Vous m'appelez, ô sainte maison de Nazareth ! je le sens, votre paix, votre douce obscurité attirent mon cœur. Mais, hélas ! la vanité, l'indolence, l'amour de mes aises combattent en moi ce bienheureux attrait. Cependant, ô mon âme ! qu'il fait bon de demeurer avec Jésus ! quelle sublime instruction dans le silence de ce Verbe fait chair ! quelle gloire dans ces ténèbres dont il se couvre ! Quelle inexprimable douceur au milieu de toutes les privations auxquelles il se condamne !
Ah! cette vie tout intérieure, toute spirituelle est l'apprentissage et comme un essai de la félicité qui m'attend, lorsque délivré des nécessités du corps et des misères du temps, converser avec Jésus, le contempler, le posséder, me perdre en lui sera mon partage. Qui m'empêche donc de la mener dès aujourd'hui cette vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ ? Ah! ce n'est pas mon état, ce ne sont point mes devoirs, mais mes passions, mais ma lâcheté.

Ô mon Sauveur ! donnez-moi d'en triompher. Allons donc à Nazareth, ô mon âme ! accoutume-toi à vivre habituellement avec la sainte famille, et la terre redeviendra pour toi un paradis.



Vertu à obtenir : L'amour de la solitude et du silence.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée Jésus de Nazareth.

Rappelez-vous que ce titre vous représentant sa sainteté incomparable vous oblige à vivre saintement.

Cherchez dans votre cœur ce qui pourrait empêcher sa grâce d'y habiter, d'y régner, de s'en rendre maîtresse ; songez que l'enfant Jésus quittant l'Egypte pour retourner dans le pays d'Israël est l'image de l'âme chrétienne s'éloignant de la vie des sens et de l'esprit du siècle pour vivre de l'esprit de Dieu et pour pratiquer l’Évangile.

Demandez que cette figure se réalise en vous ; soupirez plus ardemment après le terme de votre exil, et concevez de plus vifs désirs du ciel pour lequel vous avez été créé.



Prière


Quand viendra, ô mon Sauveur! la fin de mes misères ? quand serai-je enfin délivré de la malheureuse servitude des vices ? quand ne me souviendrai-je plus, ô mon Dieu ! que de vous seul ? quand apparaîtrai-je devant vous pour vous voir ? quand serai je dans ce royaume que vous avez préparé de toute éternité à ceux qui vous aiment ?

Hélas! je suis abandonné ici-bas comme un pauvre et un banni.

Consolez mon exil, adoucissez ma douleur puisque tous mes désirs tendent vers vous.

C'est mille fois, c'est à tout moment que je soupire après vous, ô mon Dieu!  

Quand viendrez-vous, Seigneur, pour me tirer de ma prison , pour me mettre en liberté ?
Venez, Seigneur Jésus, venez et ne tardez pas.




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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 15 Jan 2017 - 23:32

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 15 janvier

L'Enfant Jésus croît et se fortifie


« L'enfant croissait et se fortifiait rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui ». (Luc 2, 40)
Il y en a qui voudraient que tout se fît en Jésus-Christ par des coups extraordinaires et miraculeux.
Mais par là Dieu aurait détruit son propre ouvrage ; et, comme dit Saint Augustin, s'il faisait tout par miracle, il effacerait ce qu'il a fait par miséricorde.

Ainsi il fallait que, comme les autres enfants, Jésus sentît les progrès de l'âge, et que la sagesse dont il était plein se déclarât par degrés. Tous les trésors de science et de sagesse étaient en lui, mais cachés pour se déclarer en leur temps. Et la grâce de Dieu était en lui. Qui en doute puisqu'il était si étroitement uni à la source de sainteté et de la grâce ?

Mais le saint Evangéliste veut dire qu'à mesure que l'Enfant croissait et commençait à agir par lui-même cette grâce et cette sainteté se manifestaient d'une manière plus sensible. Commence-t-il du moins à croître et à se fortifier en vous cet Enfant divin ? et pour cela commencez-vous à croître et à vous fortifier, 1° dans la connaissance, 2° dans l'amour, 3° dans l'imitation de Jésus Christ ?





Dans la connaissance de Jésus-Christ

Il croissait et se fortifiait ce Sauveur du monde, c'est-à-dire qu'il déployait successivement aux yeux des hommes tout ce qu'une enfance si accomplie devait présenter de charmes, et qu'il laissait éclater par degrés, suivant la mesure de son âge, quelques traits de cette sagesse éternelle à laquelle sa sainte âme avait été unie dès sa conception en unité de personne. Dans les enfants ordinaires, c'est par les soins et la culture, par les leçons des parents et des maîtres que le corps et l'esprit se développent et se fortifient ; dans l'Enfant Jésus le don de sagesse éminent au-dessus de tout, qui lui avait été fait dès le sein de sa Mère, se manifestait par degrés, et le corps, chef-d'œuvre de l'Esprit saint, atteignait graduellement toute sa perfection.

Voilà l'accroissement de l'Enfant Jésus, ô mon âme ! et le tien consiste, selon le conseil de saint Pierre, à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
Commence-t-il à se faire en toi ce salutaire accroissement ?
Depuis que tu t'appliques à la contemplation des mystères de son Enfance, en as-tu ressenti la grâce ?
s'est-elle fortifiée en toi ? comprends-tu du moins que la vie éternelle est de le connaître, lui qui est le seul vrai Dieu ; que nous ne pouvons approcher de son Père que par lui, parce qu'il est la voie, la vérité et la vie ; que ce n'est que par sa doctrine, par ses exemples et par sa grâce que nous pouvons arriver au salut, puisque lui seul a les paroles de la vie éternelle, et que c'est lui seul qui par un effet de sa bonne volonté produit en nous le vouloir et l'action ? Non, mon Sauveur, non, je le confesse, je ne vous connais pas, parce que je ne suis pas encore entré par l'affection et par la pratique dans l'esprit de vos mystères ; parce que cette science divine est un don de votre miséricorde, et que je l'ai plutôt éloignée par mes infidélités qu'attirée par mes humbles gémissements. Cependant je désire ardemment de vous connaître, ô lumière ! ô sagesse ! ô beauté ! ô bonté infinie ! et je ne le puis sans votre grâce : ne me la refusez pas; je ne désire de vous connaître que pour vous aimer.





Dans l'amour de Jésus-Christ

L'entant Jésus était inséparablement uni à son Père, et rien n'était capable de le distraire de la pensée et du sentiment de son amour. C'était pour son amour qu'il embrassait toutes les humiliations, toutes les fatigues et toutes les souffrances, qu'il accomplissait péniblement l'engagement qu'il avait pris de réparer et d'expier nos crimes ; c'était aussi pour manifester aux hommes tout l'amour dont il était animé pour ce Père céleste qu'il était si fidèle observateur des commandements qu'il en avait reçus, et qu'au moment de se remettre entre les mains de ceux qui allaient le livrer à la mort, il disait à ses disciples : Afin que le monde sache que j'aime mon Père et que je fais ce que mon Père m'a ordonné, levez-vous, sortons d'ici.  

Hélas, ô mon âme ! ce n'est pas une preuve aussi terrible que Jésus te demande ; il n'exige pas que le témoignage d'un amour auquel il a tant de droits te coûte si cher. Ce qu'il réclame de ta reconnaissance et de ta fidélité c'est que le feu de la sainte charité ne s'affaiblisse pas, ne languisse pas en toi, mais que sans cesse il se renouvelle et se ranime, c'est que ton amour pour lui soit plus ardent et plus généreux aujourd'hui qu'il n'était hier, parce que ce jour qui te luit est un nouveau bienfait ; et que demain il le soit plus qu'aujourd'hui, parce que chaque grâce reçue impose une nouvelle obligation, parce que le propre de l'amour véritable est de croître sans cesse, et que sa mesure est de n'en point avoir ; mais surtout il ne veut plus trouver en toi un amour qui se démente à la plus légère épreuve, toujours prêt à changer d'objet et à le partager.
Comme il donne tout, il demande tout et ne souffre ni réserve ni partage, et comme il répand ses dons avec une générosité immense il impose aux êtres si impuissants à les reconnaître l'obligation de croître toujours en amour, et de compenser, du moins en quelque sorte, leur impuissance par la constance et l'étendue de leur charité.





Dans l'imitation de Jésus

L'amour véritable tend sans cesse à se rapprocher par l'imitation de l'objet aimé ; et parce qu'il n'y en eut jamais et qu'il n'en peut même exister de plus sincère et de plus ardent que celui de Jésus pour son Père, le désir, le besoin de conformer non seulement sa volonté, mais même son action et ses opérations à celles de ce divin Père et d'offrir dans toutes ses œuvres une fidèle imitation et comme une copie des œuvres et des opérations paternelles était tout le soin et toute l'occupation de son cœur.
En vérité, en vérité je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, et il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; car tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi comme lui, parce que le Père aime le Fils et qu'il lui montre tout ce qu'il fait lui-même.
Ainsi, une des marques de l'amour du Père éternel pour son Fils c'est de lui montrer ses opérations et le témoignage de l'amour de ce Fils unique pour son Père c'est d'imiter en tout point ce qu'il lui voit faire.

Ah, mon âme ! quel sujet de reconnaissance ! quel nouveau, quel puissant motif d'aimer Jésus-Christ !
Il en use à notre égard comme en a usé envers lui son divin Père, avec cette différence toutefois que ce Fils unique étant dans le sein du Père, et en tout égal au Père, le Père sans nul abaissement, sans aucun sacrifice de sa grandeur lui montre tout ce qu'il fait, tandis que l'homme ne pouvant s'élever jusqu'à Dieu, il a fallu que, par un incompréhensible excès de charité, le Verbe s'abaissât jusqu'à l'homme pour lui montrer dans sa personne adorable le modèle de toute perfection.

Voilà l'objet de ton imitation, ô mon âme ! c'est à le copier fidèlement que doivent tendre tous tes efforts ; c'est à reproduire, à exprimer ses pensées, ses affections et ses œuvres que doivent s'exercer toutes tes puissances, aimant ce qu'il a aimé, la pauvreté, l'obscurité, les souffrances ; fuyant ce qu'il a rejeté, méprisé, condamné, les plaisirs, les grandeurs, les richesses.
Ô mon Sauveur ! c'est bien à moi plus qu'à Saint Jean-Baptiste qu'il convient de dire : Il faut que Jésus croisse, et moi que je diminue ; qu'il croisse en moi, que son esprit s'y établisse, que son amour s'y fortifie, et que ce misérable amour de moi-même s'y affaiblisse, s'y éteigne s'il se peut, et qu'il y meure.



Vertu à obtenir : Le désir de la perfection.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus croissant et se fortifiant, réjouissant les yeux de Marie et Joseph par le spectacle ravissant de ses divins attraits, et leur communiquant les dons de la grâce qui était en lui.

Félicitez-les de leur bonheur, et priez-les de vous obtenir la connaissance pratique de Jésus-Christ.

Ô mon Sauveur ! le monde ne vous connaît pas ; et voilà pourquoi vous êtes si peu aimé. Vous ne vous êtes fait homme que pour les gagner, les attirer à cet amour divin qui seul peut les rendre heureux; et ils ne se mettent point en peine de vous connaître, et ils sont insensibles aux témoignages de votre charité immense.

Préservez-moi de cet aveuglement, de cette folie, de cette noire ingratitude.



Prière


Je veux suivre, ô Jésus ! le chemin que vous avez pris ; je veux vous imiter ; je ne le puis que par votre grâce, ô Sauveur abject et humilié !

Donnez-moi la science des véritables chrétiens, la connaissance qui surpasse toute connaissance, la connaissance de votre amour.
C'est uniquement pour vous aimer que je veux vous connaître ; et c'est pour m'attacher à faire votre volonté que je veux vous connaître et vous aimer.

C'est pour arriver à cette bienheureuse fin, ô mon cher Sauveur ! que je vous contemple dans tous les mystères de votre adorable enfance. Il me semble qu'en certains moments j'en suis touché et attendri. Soyez-en béni, ô Enfant divin ! car je me reconnais indigne de vos moindres faveurs !

Mais achevez votre ouvrage, et donnez-moi de les méditer, d'y conformer tout mon être, de devenir pour vous, s'il est possible, ce que vous êtes devenu pour moi, afin de vous être inséparablement uni dans cette vie et dans l'autre. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 16 Jan 2017 - 23:13

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 16 janvier

Jésus suit ses parents à Jérusalem


« Lorsqu'il fut âgé de douze ans, ils y allèrent, selon la coutume qui s'observait à cette fête ». (Luc 3)
Jésus-Christ, en venant au monde, sans se mettre en peine de naître dans une maison opulente, ni de se choisir des parents illustres par leurs richesses ou par leur savoir, se contente de leur piété pour nous apprendre, non à nous réjouir de l'éclat de notre famille, ni non plus à nous attrister de son obscurité, mais à nous féliciter d'y avoir trouvé l'édification et les bons exemples, d'y avoir été formé par de saintes habitudes à servir Dieu et à vivre dans sa crainte.

Joseph et Marie, selon le précepte de la loi, ne manquaient pas tous les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem; ils y menaient leur cher Fils.

Efforcez-vous aujourd'hui de pénétrer les dispositions adorables dans lesquelles il y vient, et qui doivent être le modèle des vôtres, quand vous venez dans l'église. Il y vient 1° pour obéir à la loi, 2° pour édifier le prochain, 3° pour s'offrir à son Père.



Pour obéir à la Loi

Elle prescrivait à tous les enfants d'Israël de se rendre tous les ans à Jérusalem afin d'y célébrer la Pâque. Jésus se laissa mener comme un enfant ordinaire, peut être même instruire par ses parents des motifs de cette observance et du mystère de cette fête. Ce n'était pas sans doute la première fois qu'on l'y conduisait ; mais c'était l'époque à laquelle il devait se manifester, entrer dans sa carrière évangélique, et, comme il le dira lui-même, s'employer à ce qui regarde le service de son Père. Il a passé dans le plus profond silence tout le temps de son enfance ; mais au terme de ce premier âge, quand il a atteint sa douzième année, il se révèle. Il est divinement impatient de s'employer à ce service de son Père, de le faire connaître aux hommes, et de répandre dans leurs cœurs son saint amour.
Toutefois il ne précipite rien, pour ne point paraître vouloir forcer la nature, mais plutôt en suivre le cours et le progrès ; il attend qu'il ait atteint cet âge de douze ans, où l'on commence à être capable de raisonnements et de réflexions plus solides, consacrant sa démarche par la triple obéissance qu'il y rend à son Père céleste, à la loi et à ses parents.

Quelle admirable perfection dans toute votre conduite, ô mon Sauveur ! mais surtout quelle entière, quelle ponctuelle obéissance ! Vous n'êtes pas moins admirable quand vous captivez votre science et votre zèle que quand vous les manifestez.
Vous montrez que vous agissez en toutes choses avec nombre, poids et mesure.

Hélas! ô mon âme ! est-ce avec cette ponctualité que tu obéis aux divins commandements ?
est-ce une pieuse coutume, est-ce une véritable obéissance à la loi qui te conduit dans le saint temple, ou une misérable routine ?
En t'y rendant, t'occupes-tu de ce qui regarde le service de ton Père, la gloire de ton Dieu, le salut éternel ?
est-ce dans la compagnie de Marie et de Joseph, de ton Ange gardien, des Saints tes protecteurs, que lu marches ?
est-ce l'Esprit de Jésus-Christ qui t'amène à la maison de prière, près de l'autel du sacrifice.

Ô divin Enfant ! que la comparaison de mes démarches avec les vôtres est propre à m'humilier et à me faire trembler ! que j'ai sujet de craindre même pour ce que j'appelle mes bonnes œuvres ! que dirai-je donc, ou plutôt que direz-vous, quel terrible jugement porterez-vous des inutilités et des désordres de ma vie?





Pour édifier

La première pensée de l'Enfant Jésus dans toutes ses démarches était la gloire de son Père, la seconde le salut des hommes. Il vient donc au temple pour y adorer Dieu, comme le prescrit la loi, mais aussi pour y sanctifier par ses vœux et ses hommages les prières, les oblations et les sacrifices du peuple.
Mais quelle ardeur! quelle sublimité d'oraison ! quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste !
Entrez en esprit dans ce temple de Jérusalem, qui renferme le temple vivant où le vrai Dieu réside ; formez-vous l'idée de ce divin Enfant en posture de suppliant et d'adorateur. Quelle humilité, quelle modestie ! quel respect ! quel recueillement ! Faites y attention, gravez-en le portrait dans votre cœur ; et si vous priez par Jésus-Christ parce qu'il est votre médiateur, priez comme lui parce qu'il est votre modèle.

L'est-il véritablement, ô mon âme ! Songes-tu sérieusement à l'imiter, lorsque les solennités t'appellent dans le temple saint qu'il daigne habiter ? t'appliques-tu à retracer son humilité, son recueillement,sa ferveur ?
Que d'évagations ! quels airs mondains, vaniteux, superbes aux pieds mêmes du Dieu si profondément anéanti dans le mystère de son amour !
Est-ce bien lui qui occupe tes pensées? sont-ce ses grandeurs, ses bienfaits son immense miséricorde que tu médites ? ou plutôt ne laisses-tu pas errer tes souvenirs sur mille vains objets indignes de son adorable présence ?

Ah! Seigneur ! j'ai mérité mille fois ce reproche du prophète : Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi, et au lieu d'inspirer par la vivacité de ma foi et par la profondeur de mes adorations l'amour et la crainte de votre suprême majesté, que j'ai sujet de redouter d'en avoir affaibli le sentiment par ma froideur et ma dissipation ! Je sais cependant que vous êtes présent dans nos divins tabernacles, ô Dieu des vertus ! je le crois même fermement ; mais la légèreté m'entraîne et en présence de vos autels mon extérieur dément ma foi.

Pardonnez à ma misère; convertissez-moi, ô Jésus ! mon modèle, et donnez-moi cette religieuse frayeur que vous m'ordonnez de porter aux pieds de votre sanctuaire.





Pour s'immoler

« Marie et Joseph ne manquaient pas tons les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem. Ils y menaient leur cher Fils ; il y était avant que d'y être, il en faisait le fond, puisqu'il était le vrai Agneau qui devait être immolé et mangé en mémoire de notre passage à la vie future. »
Il veut d'avance s'offrir à son Père, s'immoler spirituellement dans le temple et préluder à l'immolation sanglante du Calvaire.
Pensez dans quel esprit de sacrifice il s'appliquait toutes les cérémonies figuratives de l'ancienne loi, avec quelle générosité il s'étendait sur l'autel de la croix, embrassait par anticipation toutes les ignominies et toutes les douleurs de cette vraie Pâque dans laquelle il devait passer du monde à son Père.
Mais pourriez-vous oublier le sacrifice non sanglant et perpétuel que préparait sa charité, son immolation mystique dans son Église et la manducation de sa chair sacrée par les fidèles ? Ah ! tous ces prodiges de sa sagesse, toutes ces admirables inventions de son amour sont présents à sa pensée, remplissent tout son cœur.

En es-tu occupée, pénétrée, transportée de reconnaissance, ô mon âme ! C'est cependant pour toi que Jésus a fait cet abrégé de ses merveilles ; c'est toi qui recueilles le fruit de tous ces mystères qu'il a accomplis pendant tout le cours de sa vie mortelle. Ah ! si ce précieux souvenir t'accompagnait du moins pendant le redoutable sacrifice ! si ta foi, à travers ces voiles obscurs dont il se couvre par miséricorde, reconnaissait l'Agneau immolé depuis le commencement du monde, et qui tous les jours veut renaître entre les mains du prêtre et mourir dans le cœur de ses fidèles, avec quelle piété, quel attendrissement, quelles larmes ne t'approcherais-tu pas du sanctuaire où s'opèrent sans interruption tant de prodiges, et avec quelle avidité ne courrais-tu pas à la table eucharistique pour manger la victime du passage du Seigneur, te couvrir de son sang et échapper aux coups de la divine colère !

O mon Dieu! donnez-moi donc ce regard éclairé du cœur sans lequel avant des yeux on ne voit pas, et ayant un cœur on ne sent rien. Apprenez-moi tout ce que vous avez fait, tout ce que vous êtes, tout ce que vous voulez être pour moi : que je vous connaisse pour vous aimer, et que je me connaisse pour me haïr évangéliquement et me mépriser pardessus tout.



Vertu à obtenir : Le respect de la maison de Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se rendant au temple de Jérusalem ; admirez la modestie, l'humilité de sa démarche, le profond recueillement de son esprit, l'occupation divine de son cœur.

Bénissez-le de la charité incomparable qui l'a porté à vous donner des leçons et à vous offrir un parfait modèle pour toute la conduite et toutes les circonstances de votre vie.

Comprenez que les motifs surnaturels qui animent l'Enfant-Dieu et les fins sublimes qu'il se propose en venant dans le saint temple doivent par proportion être les vôtres.

Dites-vous donc souvent avec le patriarche Jacob : Que ce lieu est donc terrible ! c'est vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Le Seigneur est vraiment dans ce lieu, et je ne le savais pas. C'est l'ignorer en effet que de l'oublier.



Prière


Que vos tabernacles me sont chers, ô Dieu, des vertus ! Mon âme est consumée du désir ardent de voir les parvis du Seigneur, mon coeur et ma chair ont tressailli de joie en pensant au Dieu vivant.

Le passereau trouve sa demeure, et la tourterelle se fait un nid pour y déposer ses petits. Vos autels, Dieu des vertus ! vos autels, ô mon Roi et mon Dieu ! c'est l'asile que je vous demande.

Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront dans tous les siècles.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 17 Jan 2017 - 19:26

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 17 janvier

L'Enfant Jésus demeure dans Jérusalem


« Les jours de la fête étant passés, l'Enfant Jésus demeura dans Jérusalem sans que son père ni sa mère s'en aperçussent » (Luc 2)
Jésus, toujours soumis à ses parents mortels durant son enfance, fit connaître un jour que sa soumission ne venait pas de l'infirmité et de l'incapacité d'un âge ignorant, mais d'un ordre plus profond. Pendant le cours de sa prédication, il s'échappa plusieurs fois des mains de ses ennemis. Son esprit va et vient, et l'on ne sait ni d'où il vient ni où il va ; il passe, quand il lui plaît, au milieu de ceux qui le cherchent sans qu'ils l'aperçoivent.

Apparemment il n'a pas besoin de cette puissance pour échapper à Marie et à Joseph. Quoi qu'il en soit, le saint Enfant disparut ; et les voilà premièrement dans l'inquiétude et ensuite dans la douleur, parce qu'ils ne le trouvèrent point parmi leurs parents et leurs amis avec lesquels ils le crurent. La soustraction de Jésus, qui échappe à sa sainte Mère et à saint Joseph, n'est pas une punition, mais une épreuve. On ne lit point qu'ils soient accusés de l'avoir perdu par négligence ou par quelque faute. C'est donc une humiliation et un exercice.

Demandez au Père céleste qu'il daigne vous découvrir quelque chose des instructions importantes cachées dans ce mystère de la perte de l'Enfant Jésus par Marie et Joseph, et considérez 1° qu'on le perd aisément, 2° qu'on peut le perdre innocemment, 3° qu'on le perd par châtiment.



On perd aisément Jésus

Les charmes de ce saint Enfant étaient merveilleux, et il est à croire que tout le monde le voulait avoir ; et ni Marie ni Joseph n'eurent peine à penser qu'il fût dans quelque troupe de voyageurs ; car les personnes d'une même contrée allant à Jérusalem dans les jours de fête faisaient des troupes pour aller de compagnie. Ainsi Jésus s'échappa facilement ; et ses parents marchèrent un jour sans s'apercevoir de leur perte.

Au lieu de vous livrer à des réflexions et à des recherches inutiles et indiscrètes peut-être sur ce qu'il a plu à l'Esprit saint de nous laisser ignorer, recueillez avec respect les premières leçons que vous présente le récit de l'Évangéliste sur la malheureuse facilité que nous avons de nous séparer de Jésus, sur l'aveuglement et la dissipation de notre esprit, qui nous empêchent de nous apercevoir de sou éloignement, sur la nécessité de nous arracher à nos amis et à nos proches, lorsque le service de Dieu et l'intérêt de notre salut nous en font une loi ; car c'est pour nous instruire que Jésus-Christ a voulu que nous connussions les particularités les plus importantes de sa vie divine, et, dans l'économie de sa sagesse adorable, la perfection de sainteté qu'il devait un jour enseigner dans ses discours, il voulait d'abord la manifester dans ses œuvres.

N'as-tu pas trop souvent, ô mon âme ! occasion de reconnaître avec quelle déplorable facilité on peut perdre Jésus ? Que faut-il pour le mettre en fuite ? une affection déréglée, une attache trop vive, trop naturelle, même pour un objet légitime, une négligence, une infidélité. Les saints, ceux qui veillent soigneusement sur leur intérieur s'en aperçoivent presque à l'instant : le sentiment de la présence de Dieu moins habituel, la ferveur moins vive, la componction presque éteinte, l'impression de la grâce plus faible et plus inefficace les ont bientôt avertis de leurs dangers ou de leurs pertes. Mais les tièdes, les imparfaits, ceux qui n'ont point leur salut à cœur ne reconnaissent qu'à leurs chutes leur triste délaissement ; et tandis que les premiers ont bientôt rappelé par leurs gémissements, leur repentir et leurs larmes le Dieu de leur salut, les autres languissent misérablement dans la froideur et les ténèbres, et finissent quelquefois par l'insensibilité et l'impénitence.

Ô mon Sauveur! ne détournez pas de moi votre visage ; que votre colère ne vous éloigne pas de votre serviteur.
Soyez mon aide et ne me délaissez pas; ne me rejetez pas, ô Dieu de mon salut !



On peut perdre Jésus innocemment

Comme le jour viendra où cet adorable Sauveur sera en quelque sorte délaissé par son Père, et réduit à s'écrier dans l'amertume de son âme : Dieu ! mon Dieu! jetez vos regards sur moi. Pourquoi m'avez-vous abandonné ! Marie, sa vivante image, Marie, destinée à participer si abondamment à l'amertume de son calice, devait ressentir quelque chose de ce délaissement dans la perte de son bien-aimé Fils.
Cet Enfant divin n'ignorait pas a quelles inquiétudes et à quelles alarmes son éloignement allait livrer Marie et Joseph ; mais il voulait par cette épreuve épurer leur amour, affermir leur foi et leur fournir l'occasion de glorifier son Père par leur humilité et leur patience ; il était éloigné d'eux, mais il était avec eux ; et par sa grâce il les soutenait dans leur douleur.

Il voulait offrir à tous ceux qui marcheraient à sa suite un puissant motif de patience et de résignation dans leurs peines, en leur montrant, dans la créature la plus sainte et la plus chère à son amour, la plus éprouvée et la plus affligée de toutes ; enfin par ces trois jours d'absence il semblait vouloir la préparer à la séparation bien autrement déchirante du Calvaire.

Ne te laisse donc point aller à la tristesse et à l'abattement, ô mon âme ! lorsqu'il plaît à Dieu d'éprouver ta constance et ta fidélité par ces peines intérieures qu'ont endurées ses serviteurs et ses amis, et qui n'ont pas été épargnées à sa sainte Mère.
Perdre la dévotion sensible et porter la privation des consolations célestes sans y avoir donné lieu par sa faute, c'est perdre Dieu comme les saints, qui souvent sont tombés dans un état de dégoût, de délaissement et de ténèbres fort pénibles, sans perdre néanmoins la paix de l'âme et la plus parfaite soumission à la volonté divine. L'Enfant Jésus disparaît, dit Saint Bernard, la joie d'Israël s'éloigne ; le Verbe s'envole, mais il n'est pas irrévocable ; il va et revient suivant son bon plaisir, nous visitant le matin et nous éprouvant bientôt après.

Donnez-moi, ô mon Sauveur ! de sentir les avantages incomparables de ces épreuves qui affermissent l'âme dans le bien et rendent la vertu plus solide, qui lui donnent l'occasion d'accroître ses mérites par la patience et la résignation, et la tiennent constamment dans l'humilité. C'est pour mon bien, Seigneur, que vous m'avez humilié ; c'est afin que j'apprenne à vous servir avec plus d'exactitude et de ferveur.



On Perd Jésus par châtiment et en punition du péché

N'oubliez pas que la soustraction de Jésus qui échappe à son père et à sa mère n'est pas une punition, mais une épreuve, et que l'affliction que l'un et l'autre ressentirent, et que Marie exprima d'une manière si vive à l'Enfant divin lui-même, quand elle l'eut retrouvé, s'explique naturellement et par la grandeur de la perte, et par la disposition où sont les Saints de se reprocher et de s'imputer même les torts dont ils sont innocents ; mais en même temps comprenez bien que la perte de Jésus est trop souvent un effet et un châtiment du péché; c'est lui-même qui nous l'apprend par ces redoutables paroles : Je m'en vais, et vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché ; vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pourrez venir où je suis. Cette menace, qu'il avait faite au peuple au milieu duquel il avait daigné naître, il l'a exécutée d'une manière terrible : il était au milieu d'eux, et ils ne le connaissaient pas ; il leur révélait ses mystères, et ils ne l'entendaient pas ; il opérait sur eux des prodiges que nul autre avant lui n'avait opérés, et ils n'ouvraient pas les yeux.
Repoussé et comme contraint par leur malice et leur perversité à s'éloigner d'eux, il se retirait à l'écart, dans le désert, sur la montagne et sur les rivages, et après sa résurrection il ne se montra pas une seule fois à leurs regards.

Quel effroyable châtiment, ô mon âme ! quel épouvantable anathème ! perdre Jésus, l'unique ami, le vrai consolateur, son rédempteur, son sauveur, son père ! perdre Jésus, c'est-à-dire perdre la voie, la vérité et la vie ! Comment ne pas s'égarer, ne pas tomber à chaque pas, ne pas aboutir aux abîmes et à la mort ?

O mon âme! voilà donc le triste et malheureux effet du péché : perdre la crainte de Dieu, les lumières de la foi, la paix de la conscience, les consolations et la douceur de l'espérance chrétienne ! perdre Jésus, ne plus l'aimer, ne plus l'invoquer, n'oser plus contempler sa croix, finir peut-être par ne plus croire en lui, par le persécuter dans son cœur et dans les autres ! perdre Jésus, être livré à tous les supplices de l'incrédulité, aux remords, aux vaines terreurs, à la honteuse servitude des passions et des vices ! mon Sauveur ! le souvenir de mes péchés me glace d'épouvante. Dites à mon âme : Je suis ton salut je ne t'abandonnerai pas, je ne te délaisserai pas.



Vertu à obtenir : Le respect de la maison de Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, le saint Enfant Jésus échappant à sa sainte Mère et à Saint Joseph pour exercer leur foi, leur humilité, leur amour, et pour offrir à nos méditations des leçons dignes de sa sagesse et de sa miséricorde infinies.

Compatissez à l'affliction de la plus tendre des mères et du fidèle gardien de l'Enfant Dieu ; promettez-vous de veiller attentivement à la garde de votre cœur, pour que la grâce ne s'en échappe pas, pour que l'esprit impur ne réussisse jamais à rentrer dans celte maison qu'il ose encore peut-être appeler la sienne.

O Sauveur! si je vous mets en fuite, si j'avais le malheur de vous perdre, où me réfugier ? quel ami pourrait me tenir lieu de mon Jésus ?

Ôtez-moi, si vous le voulez, les biens, la santé, toute consolation et même la vie, mais demeurez en moi et ne retirez pas de moi votre Esprit saint.



Prière


Divin Sauveur, qui pour des fins toujours dignes de votre infinie sagesse, tantôt communiquez aux âmes les lumières de votre grâce et le feu de votre charité, et tantôt les laissez à leurs ténèbres et à leur faiblesse, j'adore humblement toutes les dispositions de votre Providence sur moi ; je m'y soumets pleinement et de toute la force de ma volonté.

Si vous voulez que je sois dans la paix et les consolations, soyez béni ; si vous voulez que je sois dans l'obscurité et les alarmes, soyez encore béni ; j'accepte de votre main le calice qu'il vous plaira de m'envoyer.

Seulement donnez-moi la force nécessaire pour triompher de mes répugnances, pour le recevoir comme vous l'avez vous-même reçu et pour le boire jusqu'à la lie, s'il le faut, pour votre amour, mais que jamais je n'aie le malheur de vous éloigner de moi par le péché. Plutôt mourir, ô mon Sauveur ! que d'en être séparé dans le temps ou dans l'éternité!




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 18 Jan 2017 - 20:57

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 18 janvier

Jésus cherché par Marie et Joseph


« Ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance, et ne l'ayant point trouvé ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher ». (Luc 2)
Combien de fois, s'il est permis de conjecturer, combien de fois le saint vieillard se reprocha-t-il lui-même le peu de soin qu'il avait eu du dépôt céleste. Cependant il est nécessaire de le rappeler: rien dans l’Évangile ne donne lieu au plus léger soupçon sur sa vigilance, et on ne pourrait sans impiété former un doute sur celle de Marie. Néanmoins quelque irréprochable qu'ait été leur conduite, c'est à elle qu'ils imputent leur malheur.
Mais tout immense qu'il est, il ne les abat pas, il ne les décourage pas. Ils s'humilient, ils affligent leurs âmes, ils prient, ils implorent, et joignant l'action et le travail au sentiment douloureux dont ils sont pénétrés, ils se mettent à la recherche du divin Enfant avec un zèle égal à leur affliction et avec une constance qui leur mérita le bonheur de le retrouver.

Jésus en leur échappant voulait nous montrer comment on peut le perdre.
Marie et Joseph nous apprennent parleur conduite qu'on doit, quand on a eu le malheur de le perdre, le chercher 1° avec affliction, 2° avec ardeur, 3° avec persévérance.



Avec affliction

Lorsque le retard du jeune Tobie causait de si vives alarmes à ses parents, malgré les sages précautions qu'ils avaient prises pour la sûreté de son voyage : Hélas ! s'écriait sa mère, en versant un torrent de pleurs, hélas ! mon fils, pourquoi avons-nous consenti à vous laisser partir pour ce pays lointain, vous qui êtes la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, le soutien de notre vie, l'espérance de notre postérité. Vous nous teniez lieu de toutes choses : devions-nous ainsi vous éloigner de nous Imparfaite image de l'affliction de Marie et de Joseph !
Mais si la mère de Tobie, dans l'agitation de sa douleur, se portait successivement à l'entrée des divers chemins par lesquels elle présumait que son cher fils devait revenir, les parents de Jésus parcourent sans se reposer les maisons de leurs connaissances et de leurs proches, et désolés de ne l'y point trouver, ils se hâtent de retourner à Jérusalem.

La perte de Jésus est-elle ainsi le sujet de ton affliction , ô mon âme ! lorsque pour obéir à tes caprices, aux aveugles désirs de la nature corrompue, tu as étouffé les inspirations de la grâce et les reproches de son amour, et que par une longue suite de secrètes résistances, tu l'as forcé à s'éloigner ?
Hélas ! loin de t'en effrayer ne t'es-tu pas quelquefois applaudie d'avoir rompu avec toutes ces gênes et ces terreurs qui contrariaient tes penchants, et t'empêchaient de t'y livrer en liberté ? Afflige-toi du moins de tes infidélités passées ; car quand on a eu le malheur de perdre Jésus par le péché on ne peut le chercher comme il faut que par la pénitence et les larmes : larmes précieuses qui purifient le cœur de l'homme, éteignent la colère de Dieu, nourrissent la componction et rappellent Jésus-Christ.

Ô mon Sauveur! que de larmes inutiles j'ai versées sur ce que j'appelais des pertes et des malheurs !
Pardonnez-les-moi dans votre miséricorde, et donnez-m'en de salutaires pour déplorer mes innombrables offenses.



Avec zèle

Une affliction profonde ne permet pas le repos, et une véritable charité n'est point oisive.
Accablé d'un poids qu'aucune consolation humaine ne pouvait alléger Marie et Joseph vont de maison en maison chez les personnes de leur parenté et de leur connaissance demander leur trésor, leur bonheur et leur vie.
N'avez-vous point rencontré celui que chérit mon âme? s'écria la mère de douleur. La nuit ne fait qu'ajouter à son tourment ; le sommeil a fui ses paupières.

Je me lèverai, et je parcourrai la ville; je chercherai mon bien-aimé à travers les rues et les places publiques... Hélas ! je l'ai cherché, et je ne n'ai pas trouvé. Quoique épuisés de chagrin et de fatigue les deux époux reprennent la route de Jérusalem, et avec une ardeur qu'aucune expression ne saurait rendre, ils franchissent rapidement le chemin. Quel feu sacré les brûle ! quel saint transport les anime ! que ne donneraient-ils pas ? quel sacrifice leur paraîtrait pénible pour retrouver leur saint enfant Jésus ?

Ô honte ! ô douleur ! ô aveuglement fatal ! ô prodigieuse insensibilité du cœur humain ! Je vous ai perdu mille fois, ô mon adorable Sauveur ! par le péché, par mes négligences, par mes infidélités sans nombre ! Hélas ! vous ai-je retrouvé, m'avez-vous été rendu, qu'ai-je fait pour obtenir cette faveur ? quand ai-je marché par les voies laborieuses de la pénitence ? quels travaux, quelles fatigues ai-je endurés pour rappeler en moi l'esprit de ferveur et de piété, l'onction de la grâce, le sentiment de la charité ?

Aussi je ne l'éprouve que trop sensiblement, ô mon Dieu ! le regret de mes fautes, les désirs du salut, l'espérance d'une félicité sans fin, en un mot les vues et les affections de la foi languissent dans mon âme, n'y produisent jamais cette vivacité de lumière, cette générosité d'action qui détachent de la terre, qui ravissent le cœur et qui font les saints.

Ô vous qui êtes un feu consumant, mon Créateur et mon Sauveur ! dilatez mon cœur afin que je coure sans cesse après vous.



Avec persévérance

Marie et Joseph n'en ont-ils donc pas fait assez pour retrouver l'Enfant-Jésus, en le cherchant parmi leurs amis et leurs proches ? Et quand leurs démarches ont été si infructueuses dans le pays où ils ont leurs liaisons et leurs habitudes, que peuvent-ils raisonnablement espérer de nouvelles recherches ? D'ailleurs d'après la prudence et la sagesse surnaturelles de cet incomparable enfant ne leur est-il pas permis de penser que son retour en sera l'effet, comme l'a certainement été sa fuite ? Non, non, ce n'est pas ainsi que raisonne, surtout ce n'est pas ainsi qu'agit l'amour : la perte de l'objet aimé est le plus grand de tous les maux, son absence, un insupportable supplice ; le chercher sans repos, sans relâche est un besoin pour le cœur, parce que le retrouver c'est la vie.

Ô mon âme ! est-ce ainsi que tu cherches Jésus quand tu as perdu sa présence et sa faveur? Que tu te laisses aisément abattre! que ta constance est promptement à bout ! Tu abandonnes tes pieuses pratiques, tu abrèges tes prières, tu te refroidis pour la communion, tu t'éloignes du tribunal de la miséricorde, et tu te flattes qu'en attendant dans une inaction produite par le découragement et le dépit le retour de la grâce, la grâce reviendra d'elle-même à toi ?

Hélas ! cette triste illusion ne t'a-t-elle pas déjà occasionné assez de pertes ? Ah ! Que l'éloignement de Jésus soit une punition ou une épreuve, qu'il soit le fruit amer de ton infidélité ou l'effet d'une miséricorde qui veut exercer ton humilité, ta patience et ton amour, ta conduite est toujours tracée dans ces paroles du psaume : Cherchez le Seigneur et fortifiez-vous ; cherchez toujours sa présence.

Eh bien, ô Jésus! c'est celle aussi que je veux suivre désormais. Mon cœur vous le dit, mes yeux vous ont cherché ; je ne me lasserai pas de chercher et de rappeler votre présence.



Vertu à obtenir : Le désir de voir Jésus-Christ.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'enfant Jésus cherché par Marie et par Joseph ; unissez-vous à leur affliction, à leur zèle et à leur persévérance à le chercher.

Conjurez-les de lui offrir les vertus admirables qu'ils pratiquèrent dans cette circonstance, en réparation de votre insensibilité, de vos négligences et de vos découragements quand vous avez eu le malheur de perdre Jésus.

Souvenez-vous que les bienheureux dans le ciel ne peuvent plus perdre Dieu, que les réprouvés dans l'enfer ne peuvent plus le trouver, que tant que vous serez sur la terre vous êtes malheureusement exposé à le perdre, mais aussi que vous le pouvez trouver.

Cherchez-le donc dès aujourd'hui, demain peut-être il sera trop tard. Vous me chercherez, vous dit-il, et vous me trouverez lorsque vous me chercherez de tout votre cœur.



Prière


C'est de tout mon cœur, ô mon Dieu ! que dès ce moment je veux avec le secours de votre grâce commencer à vous chercher, c'est à dire avec un cœur tout embrasé d'amour, avec un cœur qui ne sera plus partagé, qui ne désirera plus que vous.

C'est vous, ô divin enfant Jésus ! qui m'inspirez cette résolution ; donnez-moi la force d'y demeurer fidèle.
Tant de fois je vous ai fui pour suivre la vanité et le mensonge que je crains d'être encore entraîné par ma faiblesse.

Attirez-moi donc à vous, ô mon Sauveur ! fixez-moi dans votre service par des liens que nulle puissance ne soit capable de briser !
Que je vous cherche partout et en toutes choses, et que je ne cesse de vous chercher que lorsque je vous aurai trouvé sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.




_________________

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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 19 Jan 2017 - 21:47

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 19 janvier

Jésus retrouvé dans le Temple


« Trois jours après ils le trouvèrent dans le temple ». (Luc 2)
Retournez à Jérusalem, ce n'est pas dans la parenté ni parmi les hommes que Marie et Joseph doivent trouver Jésus-Christ :
c'est dans la sainte cité, c'est dans le temple qu'on le trouvera occupé des affaires de son Père.
En effet, après trois jours de recherches laborieuses, quand il eut été assez pleuré, assez recherché, le saint Enfant se laissa enfin trouver dans le temple.

Que fîtes-vous donc, ô divin Enfant ! pendant ces trois jours et ces trois nuits que vous demeurâtes à Jérusalem ?
Est-ce avec les hommes que vous daignâtes converser ou bien avec les anges ?
Qui est-ce qui prit soin de vous nourrir ? Est-ce par un jeûne et une prière non interrompus que vous commençâtes l'oeuvre de votre Père, ou bien, pour pratiquer la pauvreté, voulûtes-vous recourir à la charité des fidèles ?

Ô mon âme ! quelle abondante matière de réflexions ! quelles considérations touchantes se présentent à toi ? Appliques-y toutes tes facultés, si un rayon de lumière t'est envoyé d'en haut. Mais avant, recueille l'importante instruction que te donne ce mystère, et apprends que pour trouver Jésus, il faut s'éloigner 1° des attachements du monde, 2° des engagements du monde, 3° des divertissements du monde.



Des attachements du monde

On cherche l'Enfant Jésus parmi ses parents et ses voisins, et on ne le trouve pas. Tout se tient, tout est parfaitement d'accord dans sa morale et dans sa conduite. Il commence par montrer dans ses œuvres ce qu'il enseignera un jour dans sa prédication. Son Évangile annoncera cette crucifiante maxime : Si quelqu'un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
Et pour mettre d'abord en action ces sévères enseignements, il s'éloigne de son père et de sa mère, il se cache à leurs amis et à leurs proches ; plus tard il semblera les méconnaître : Votre mère et vos frères sont là dehors qui vous demandent, lui dit la foule à qui il adressait ses instructions divines. Qui est ma mère et qui sont mes frères ? leur répondit-il; et regardant ceux qui étaient assis autour de lui, Voici, dit-il, ma mère et mes frères : car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

Cette parole est bien dure, es-tu tentée de t'écrier, ô mon âme ! et qui peut l'écouter ?
Il faut l'écouter pourtant, si tu veux te sauver ; car celui qui l'a proférée a les paroles de la vie éternelle, et ce n'est même pas assez de l'écouter, il faut la conserver avec respect, et dans l'occasion la mettre en pratique.
Tu n'es pas libre de faire un choix dans l’Évangile de Jésus Christ, d'adopter ce qui te plaît et de rejeter ce qui te blesse.
Tout ce qu'il renferme est saint, vénérable, divin ; c'est la Sagesse éternelle révélée aux hommes ; ainsi, quelque pénible que te paraisse ce langage, il faut commencer par l'adorer ; et quelque rigueur que tu trouves dans ce commandement, t'y soumettre ; comprends donc que haïr ses proches n'est pas leur vouloir du mal, mais détester leurs maximes et leur conduite, quand elles sont opposées à l’Évangile, mais être dans la disposition de perdre leur amitié plutôt que celle de Dieu, mais les fuir comme des ennemis qui veulent nous ôter la vie de l'âme par leurs discours séduisants et leurs pernicieux exemples.

Ô mon Sauveur! qui ne consent pas haïr ainsi ses proches n'a pas même un commencement d'amour pour vous, et ne mérite pas de vous trouver.



Des engagements du monde

C'est dans la foule que Jésus disparait et qu'on le perd de vue.
Il est aisé de comprendre qu'il s'éloignait avec soin du voisinage et de la conversation de ceux que l'usage, la bienséance et un respect tout extérieur pour la loi amenaient à Jérusalem pour la solennité de Pâques, mais qui, n'en ayant point l'esprit, y cherchaient avant tout une occasion favorable à leurs intérêts et à leurs affaires. Et si plus tard il s'armait d'une indignation si vive contre ceux qui profanaient le lieu saint par un indigne trafic, et faisaient de la maison de prière une caverne de voleurs, il est bien naturel de croire que dans la grande solennité où ces désordres devaient être plus scandaleux qu'aux jours ordinaires, il s'était dérobé à ce spectacle si déchirant pour son cœur, et avait été offrir à son divin Père, dans le lieu le plus secret du temple, ses adorations, ses expiations et ses larmes.

C'est là, ô mon âme ! c'est là qu'il faut chercher, là seulement que tu peux trouver Jésus, dans le temple et dans le lieu le plus secret, le plus retiré, le plus silencieux du temple ; et ne l'oublie pas : c'est toi-même qui es ce temple.
C'est là que Jésus veut habiter, se faire entendre, répandre ses lumières ; c'est là que tu peux le trouver.
Le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Mais la tourmente de l'ambition, la soif des richesses, les désirs de la vanité, l'attachement à la terre ne permettent pas à cette bienheureuse domination de s'affermir dans une âme que quelqu'une de ces passions agite, et parce qu'il en est peu qui en soient exemptes, il en est aussi bien peu qui trouvent Jésus Christ.

Mais faut-il donc pour vous trouver, ô mon Sauveur ! que je m'arrache à mon état, à ma famille, que j'aille m'ensevelir dans la solitude ? Non, me dites-vous, le règne de Dieu est au dedans de vous-même.
Je vous entends, ô Maître adorable ! ce n'est pas une sage et nécessaire application aux affaires que vous condamnez, mais les soucis et les inquiétudes ; ce n'est pas l'accomplissement des devoirs, mais la satisfaction des vains désirs ; ce n'est pas la distraction inséparable du commerce des créatures qui vous éloigne d'une âme, mais la dissipation qu'y entretiennent la cupidité et les affections trompeuses.
Vous êtes un Dieu de paix, et vous ne pouvez habiter au milieu de cette foule tumultueuse de désirs, de regrets, d'espérances qui si souvent me bouleversent.

Ô mon Sauveur ! parlez ; et cette tempête, qui est presque continuelle dans mon âme, s'apaisera ; et votre règne s'établira en moi, ce règne bienheureux qui est paix et joie dans l'Esprit saint.



Des divertissements du monde

Ce n'est pas pour se soustraire à la pauvreté et à la vie sérieuse de Nazareth, que l'Enfant Jésus prolonge son séjour à Jérusalem. Ce n'est pas pour y goûter les douceurs et l'aisance de quelque maison opulente qui eût été trop heureuse de le recevoir.
Non, non : La sagesse ne se trouve pas dans la demeure de ceux qui passent leur vie dans les plaisirs et les délices.
Jérusalem est la ville sainte, voilà ce qui la lui rend chère ; le temple reçoit les vœux et les adorations des hommes, voilà ce qui l'y attire ; on y offre sans cesse des sacrifices, voilà pourquoi il s'y plaît ; il s'unit à toutes ces offrandes impuissantes, sanctifie par l'oblation de sa propre personne et l'immolation anticipée de sa vie, ces figures de son immortel sacrifice.
Les veilles, les jeûnes, la prière, les larmes, voilà son occupation et sa nourriture, ses plaisirs et ses délices.

Puis-je dire, ô mon Dieu ! que cette vie est le modèle de la mienne, et que je ne chéris les lieux que j'habite que parce qu'ils me rappellent le souvenir de vos grandeurs ou de vos miséricordes ?
Hélas ! lors même que les jours saints m'appellent au pied de vos autels, est-ce toujours la foi qui m'y accompagne et la piété qui m'y anime ? La foule qui m'environne m'est-elle étrangère ? n'occupe-t-elle pas mes pensées, mon attention et mes yeux ?
Hélas! des affections indignes de la sainteté de votre présence n'y ont-elles jamais profané mon cœur ? Je me plaignais que la vue de votre tabernacle ne lui disait rien ; j'étais presque tenté d'accuser d'illusion et de crédulité l'émotion et l'attendrissement des vrais fidèles.

Je le confesse humblement devant vous, ô mon Sauveur ! je ne puis accuser que moi-même.
Mon insensibilité pour vous est le triste mais inévitable effet de ma sensibilité pour les créatures.
Quand fatigué de l'agitation du monde, et l'âme toute troublée encore des images de la vanité, j'ose me présenter devant vous, comment votre image divine pourrait-elle s'y réfléchir ?
Et après avoir usé sur les objets périssables tout ce qui est en moi capable de sentir et d'aimer, quel goût, quel amour pouvais-je conserver pour les objets de la foi et la félicité de la vie future?

O bon Jésus! si votre Mère eut peine à vous trouver, quoiqu'elle fût abimée dans la douleur ; comment pourrais-je vous trouver au milieu des joies et des plaisirs de la terre ? Consolation, plaisirs, sécurité, repos, je vous renonce, je ne veux point de vous, si le pardon de mes péchés ne vous ramène.



Vertu à obtenir : Le désir de posséder Jésus-Christ.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'Enfant Jésus retrouvé enfin par Marie et Joseph.
Rendez-lui grâce pour le bonheur qu'il a procuré à sa tendre Mère en reparaissant à ses yeux.

Conjurez la enfin, en la félicitant de la joie qu'elle goûta en ce bienheureux moment, de vous obtenir la même faveur à l'heure de votre mort.

Appliquez-vous à vous pénétrer de la nécessité de conserver soigneusement Jésus-Christ, puisqu'il est si difficile de le retrouver quand on a eu le malheur de le perdre.

N'aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde ; si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui.
Laissez-le donc ce misérable monde, son esprit, ses maximes, ses œuvres, et vous trouverez Jésus-Christ et avec lui tous les biens.



Prière


Mon Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez été cherché par votre Mère pendant trois jours, et qui avez enfin été trouvé dans le temple, faites-moi la grâce de vous désirer ardemment, de vous chercher en vous désirant, de vous trouver en vous cherchant, de vous aimer en vous trouvant, de racheter mes péchés en vous aimant, et de ne les plus commettre après les avoir rachetés.

Ah ! Seigneur, qui donnez à ceux qui demandent, qui vous laissez trouver à ceux qui vous cherchent, et qui ouvrez à celui qui frappe, ne me refusez pas ce que vous promettez à tous.

Que je vous trouve, que je vous possède, que je vous sois si intimement, si indissolublement uni, que rien ne puisse m'arracher à votre amour. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 20 Jan 2017 - 21:04

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 20 janvier

Jésus parmi les Docteurs


« Jésus était assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'écoutaient étaient étonnés de sa prudence et de ses réponses ». (Luc 2)

Le voilà donc d'un côté assis avec les docteurs comme étant docteur lui-même, et né pour les enseigner, et de l'autre nous ne voyons pas qu'il fasse comme dans la suite des leçons expresses. Il écoutait, il interrogeait ceux qui étaient reconnus pour maîtres en Israël ; il interrogeait, si on osait le dire, en enfant, et comme s'il eût voulu être instruit. C'est pour cela qu'il est dit : Qu'il écoutait et répondait à son tour aux docteurs qui l'interrogeaient, et on admirait ses réponses, comme d'un enfant modeste, doux et bien instruit, en ressentant pourtant, comme il était juste, quelque chose de supérieur, en sorte qu'on lui laissait prendre sa place parmi les maîtres. 

Admirez comme Jésus par une sage économie sait ménager toutes choses, comme il laisse éclater quelque chose de ce qu'il était, sans vouloir perdre entièrement le caractère de l'enfance. 
Admirez aussi avec les autres la prudence de Jésus, une prudence non seulement au-dessus de son âge, mais encore tout à fait au-dessus de l'homme, et pour entrer dans l'esprit de ce mystère, considérez attentivement 1° la discrétion de son silence2° la modestie de ses questions3° la sagesse de ses réponses.



La discrétion de son silence

Jésus se met au rang des disciples, lui qui était le maître des docteurs, lui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science. Il écoute avec un respect religieux les interprètes de la loi, lui à qui Moïse et Elie viendront bientôt rendre hommage, lui qui du haut du ciel sera proclamé l'unique maître, le seul docteur qui tienne de lui-même le droit d'enseigner aux hommes la vérité, et de commander l'obéissance à ses divins enseignements avec une souveraine autorité : 
Ecoutez-le ! Que peut-il donc apprendre en écoutant ? Que diront-ils ces docteurs de la loi qu'il ne sache avant eux et bien plus parfaitement qu'eux ? 
Rien sans doute pour lui qui est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Mais son silence et son attention à les écouter nous disent beaucoup, et nous donnent une bien importante leçon. 

Maintenant donc, ô mon âme ! t'en coûtera-t-il, te trouveras-tu humiliée d'être enseignée, dirigée, redressée surtout dans ce qui a rapport à la foi et au salut ? Rougiras-tu de te placer au rang des disciples et d'écouter avec docilité ? Que sont donc tes lumières ? où est la sagesse ? Et quand même ta sagesse et tes lumières effaceraient celles des docteurs à qui ont été confiées les clefs de la science, la conduite de Jésus te rappelle à ce grand principe trop souvent méconnu, que dans l'Eglise ce n'est pas l'habileté de celui qui enseigne qui détermine la soumission, mais l'autorité dont il est revêtu. 

Et maintenant oserai-je m'élever contre les enseignements des pasteurs et les décisions de leurs saintes assemblées ? Ah! mon Sauveur ! je n'ai jamais senti aussi vivement qu'à cette heure la force de celte parole : Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, et qui vous méprise méprise celui qui m'a envoyé.



La modestie de ses questions

Ce n'est pas assez pour l'Enfant divin d'écouter dans un humble et respectueux silence, il interroge non avec autorité ni de cette manière authentique dont il usa lorsqu'il disait : De qui est cette image et cette inscription ? 
Ou : De qui était le baptême de Jean ? Ou : Si David est le père du Christ, comment s'appelle-t-il son Seigneur ? Non, ce n'est point en cette manière qu'il interroge, c'est avec l'accent de la simplicité et le ton modeste d'un enfant qui veut être instruit. 
Il demande ce qu'il n'ignore pas, afin de nous apprendre ce que nous ne saurons jamais assez, à nous humilier, à placer dans notre estime notre jugement au-dessous de celui des autres, et par l'abnégation et la charité à attirer et gagner nos frères à la vérité. 
Et en effet, cette réserve avec laquelle il faisait ses questions, relevée par la grâce qui était en lui, disposait favorablement ceux à qui il les adressait à écouter ses réponses, et par conséquent à en profiter. 

Est-ce ainsi, ô mon âme ! que l'intérêt de la gloire de Dieu ou l'utilité spirituelle du prochain te fait oublier dans l'occasion tes droits et tes propres avantages ? Sais-tu à propos sacrifier à la charité un triomphe de vanité ? 
Ecouter avec bienveillance ceux qui nous entretiennent d'objets peu intéressants pour nous, est quelquefois un moyen si facile de leur faire entendre d'utiles vérités ; adresser à un inférieur une question obligeante, fournir à une personne timide on peu appréciée l'occasion de faire tomber d'injustes préventions, pieux artifices qui peuvent préparer pour une circonstance décisive des ressources de salut et de grâce. 

Mais, mon Dieu ! que je suis éloigné, dans l'habitude de ma vie, d'une conduite si chrétienne ! Hélas ! je ne sais pas même demander ce que j'ignore ; et quoique souvent ma conscience m'avertisse des dangers d'une détermination ou d'une démarche, je n'ai pas la sagesse de consulter et d'exposer mes doutes. La présomption, une mauvaise honte m'arrêtent ; et malgré cet oracle de l'Esprit saint : 
Ne vous appuyez pas sur votre prudence je me livre entre les mains de mon conseil, et je marche sans guide. 

O mon Dieu ! donnez-moi l'humilité, la docilité, la simplicité du cœur.



La sagesse de ses réponses

La ravissante modestie du saint Enfant avait disposé les cœurs à l'entendre ; les questions importantes qu'avec une si étonnante discrétion il avait adressées aux docteurs de la loi avaient attiré l'attention et fixé sur lui tous les regards. 
Sans s'éloigner de la réserve qu'il s'est imposée, et pour ainsi dire, de ce demi-jour sous lequel il se cache et se révèle, il commence cette haute fonction de docteur de la justice, qui devait être un des caractères du Messie ; et comme dans les questions qu'il a faites, sans parler en maître, il annonçait quelque chose de plus qu'un enfant ordinaire, ses réponses sont dans la même mesure, et tellement remarquables par un mélange de candeur et de sublimité, de simplicité et de profondeur, que ses auditeurs ne peuvent se défendre de je ne sais quelle impression qu'ils ne savent pas s'expliquer : Et ils étaient étonnés de la sagesse de ses questions et de ses réponses. 

Ô adorable Enfant ! que votre conduite eu effet est digne d'admiration, soit que vous cachiez, dans le silence de l'humilité, l'excellence et la dignité de voire personne, soit que le zèle de la gloire de votre Père vous oblige à répandre au dehors votre céleste doctrine ! 
Ah! si je n'étais trop habituellement aveugle et sourd, tout m'éclairerait dans la sainte obscurité de vos mystères, tout parlerait à mon cœur dans votre divin temple, le tabernacle où vous demeurez nuit et jour en silence, la chaire de vérité où vous nous enseignez par vos ministres, les fonts sacrés où vous nous donnez la vie, les tribunaux de miséricorde où vous nous la rendez, quand nous avons eu le malheur de la perdre, et l'autel où vous vous immolez pour nos crimes, et la table où vous daignez nous nourrir du pain des anges. 

Oh ! que tous ces objets précieux ont un langage touchant pour une âme vraiment chrétienne ! qu'ils lui révèlent de douces et consolantes vérités! mais pour cela il faut écouter en silence, interroger avec humilité, prier avec persévérance. 
Ô Jésus ! éclairez mes ténèbres !



Vertu à obtenir : La docilité de l'esprit et du cœur.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus au milieu des docteurs : admirez son humilité, se modestie, sa prudence et sa sagesse. 

Priez-le de venir dans votre cœur pour y répandre sa lumière divine. Pour cela, faites régner un profond silence dans votre intérieur. J'écouterai ce que le Seigneur mon Dieu dira en moi, parce qu'il me fera entendre des paroles de paix. 

Prenez la résolution de parler peu et avec une grande circonspection au milieu du monde, et d'épancher plus fréquemment votre âme aux pieds de votre Crucifix et en présence du tabernacle. 

Dans les circonstances difficiles consultez les personnes de piété, le père de votre âme ; et si vous êtes consulté vous-même, élevez votre cœur vers Dieu, et répondez avec droiture et simplicité.



Prière


Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. 
Je suis votre serviteur. Donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages : 
inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche, afin qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. 

Seigneur mon Dieu, éternelle vérité, parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si averti seulement au dehors je ne suis point intérieurement embrasé, de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée ; parlez-moi, pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie ; parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 21 Jan 2017 - 20:19

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 21 janvier

Jésus occupé du service de son Père


« Pourquoi me cherchiez-vous ? ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé des affaires de mon Père ? » (Luc 2)
Jésus préparait la voie dans l'esprit des Juifs à la sagesse dont il devait être le docteur ; il posait de loin les fondements de ce qu'il devait prêcher ; et il accoutumait le monde à lui entendre dire qu'il avait un Père dont les ordres le réglaient, et dont les affaires étaient son emploi. Quelles étaient en particulier ces affaires ? il ne le dit pas, et il nous le faut ignorer, jusqu'à ce qu'il nous le révèle selon la dispensation dont il use, dans la distribution des vérités éternelles et des secrets du ciel.

Toutefois, en adorant humblement ce que nous ignorons, il nous est permis de penser que cette œuvre qu'il fit alors était l'œuvre du salut des hommes. N'est-ce pas aussi la vôtre ? ne faut-il pas aussi que vous travailliez à l'œuvre que Dieu votre Père vous a confiée ?
C'est donc votre salut qui doit partout et en tout temps vous occuper; mais c'est surtout dans le temple saint que vous en avancerez l'œuvre, 1° par votre assiduité, 2° par votre ferveur, 3° par votre recueillement.



Par votre assiduité

Jésus, après avoir rempli dans le temple de Jérusalem le devoir de religion qui l'y avait amené, et célébré la Pâque avec ses parents, avait satisfait au précepte de la loi, et pouvait immédiatement revenir à Nazareth, soit avec Marie et Joseph, soit avec leurs amis ou leurs proches. Mais chacune de ses actions et de ses démarches devait nous offrir une instruction profonde ; et il fallait que nous apprissions de lui que, pour avoir part aux bénédictions et aux grâces attachées à la sainte maison de Dieu, ce n'est pas assez d'y apparaître avec la foule aux grandes solennités, par bienséance, par coutume, pour satisfaire à la rigueur du précepte, mais qu'il faut s'y arrêter, s'y complaire, comme des enfants dans la maison de leur père.

C'est lui en effet qui devait nous révéler que les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité ; et son séjour prolongé dans le temple commençait par en montrer le plus parfait modèle.
Est-ce le copier fidèlement, ô mon âme ! que de te conduire à l'égard du lieu saint comme tu le fais ? Est-ce l'amour de Dieu qui t'y amène ? Est-ce le bonheur de l'y adorer qui t'y retient ? n'y trouves-tu pas habituellement les heures bien longues, bien dépourvu d'intérêt le spectacle qu'il te présente ? et n'es-tu pas bien plus disposée à abréger qu'à y prolonger tout séjour ?

Cependant, ô mon âme ! ce temple matériel, l'assemblée visible des fidèles est la figure de leur invisible réunion avec Dieu dans l'éternité. C'est là vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel,. Et si celui de Jérusalem était si cher à l'Enfant Jésus, s'il y était si puissamment attiré, parce que c'était là que son divin Père était honoré par les hommages de son peuple et par les sacrifices, que dirons-nous de nos saintes Eglises dans lesquelles Jésus-Christ réside nuit et jour en état de victime, pour glorifier son Père et le fléchir, où il renouvelle incessamment son immortel sacrifice ? Comment toutes nos pensées, toutes nos affections, tout notre être n'habitent-ils pas, ne sont-ils pas enfermés dans nos divins tabernacles ? Comment peuvent-ils s'arracher à ce lieu de délices, à ce véritable paradis de la terre ?



Par votre ferveur

Figurez-vous les ardeurs séraphiques de sainte Thérèse, de sainte Claire, de sainte Madeleine de Pazzi, au pied du saint-sacrement ; élevez-vous jusqu'au pied du trône de Dieu, et contemplez les Chérubins embrasés d'une ardeur qui ne languit jamais, célébrant à l'envi les louanges du Très-Haut, et s'excitant mutuellement à l'aimer, vous n'aurez encore qu'une idée imparfaite de ce qui se passait dans le cœur du Verbe incarné, de cet Adorateur suprême prosterné devant la Majesté divine et baignant de ses larmes brûlantes le pavé du saint temple.
Il voit dans la lumière même de ce glorieux Père tout ce qu'il mérite d'adoration, de reconnaissance et d'amour de la part des hommes, et au milieu de cette multitude qui environne l'autel, avec un cœur glacé et un esprit occupé de pensées profanes, à peine découvre-t-il quelques grâces de ce culte intérieur qui peut seul l'honorer. A cette vue, un feu dévorant s'allume dans son âme :
pressé d'un immense désir d'expier, de réparer, de satisfaire :
Ô Père ! s'écrie-t-il, les sacrifices et les offrandes ne sauraient plus vous plaire ; mais vous m'avez formé un corps ; alors j'ai dit : Voici que je viens.

Est-ce avec cette vivacité de foi, ô mon Dieu ! que j'accours à vos autels ? Qu'ai-je dit ! suis-je même capable de comprendre quelque chose à ces saints transports que réveillait dans vos saints la seule présence de vos tabernacles et dans le Saint des saints le lieu où les enfants d'Israël s'assemblaient pour vous honorer ?
Un regard jeté sur l'arche d'alliance faisait tressaillir de joie l'âme de David : il lui semblait voir le Dieu vivant ; et l'aspect des plus attendrissants mystères ne peut même légèrement émouvoir mon cœur.

Tous les objets créés me trouvent sensible; je ne suis de bronze et de marbre que pour vous, ô mon Dieu ! et la source de mes larmes si abondantes, quand la perte de quelque bien frivole les fait couler, tarit et se dessèche au souvenir de mes ingratitudes et de vos bienfaits sans nombre ! Seigneur, n'entrez pas en jugement avec votre serviteur ; car nul homme vivant ne sera justifié devant vous ; ne détournez pas de moi votre visage, ayez pitié de moi, parce que je suis faible :
guérissez-moi, parce que le trouble a pénétré mon âme.



Par votre recueillement

Est-ce donc que Marie et Joseph pouvaient être un obstacle au recueillement de l'Enfant divin, qu'il se soustrait à leur compagnie, qu'il les laisse partir et demeure seul dans Jérusalem ? S'il leur eût communiqué son pieux dessein, n'eût-il pas trouvé en eux une fidèle correspondance ? oui, sans doute. Mais il fallait qu'il s'occupât du service de son Père !
De plus, il voulait nous apprendre qu'il faut se séparer de la chair et du sang et de toute attache sensible, quelque innocente qu'elle soit, quand on veut s'unir étroitement à Dieu, se soustraire avec prudence, mais aussi sans respect humain, aux empressements de ses amis et de ses proches, et même de temps en temps aux occupations extérieures et aux affaires, quand on veut connaître, prier, adorer et goûter Dieu avec un cœur plus libre et plus pur.
Jugez de là quelle sublimité d'oraison et quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste ! Adorez humblement ces communications ineffables du Père des lumières et du Fils qu'il engendre de toute éternité dans la splendeur des saints.

Ô mon âme ! tu gémis souvent de la stérilité de tes prières, des images importunes qui viennent t'assaillir dès que tu essaies de t'appliquer à Dieu. Tu ne cesses de te plaindre de tes distractions au milieu des plus saintes pratiques, tu t'en accuses même.
Mais que fais-tu pour en tarir la source ? C'est la mortification du cœur, c'est le retranchement des affections déréglées qui établit la paix intérieure, attire l'Esprit de Dieu, nourrit et entretient la dévotion.
Mais la vanité des désirs, l'attachement aux biens de la terre, le goût du monde, en un mot, une vie toute naturelle et toute terrestre ne laissent ni l'esprit assez libre, ni le cœur assez pur pour demeurer habituellement uni au souverain bien ; et alors même qu'on s'approche du sanctuaire et du trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde on y porte nécessairement des sentiments et des souvenirs dont on est constamment préoccupé, et qui ne manquent jamais de troubler le recueillement et de refroidir la piété.

Ô mon Sauveur ! que ma misère est grande ! Quelle ressource peut donc me rester, si je ne sais pas même vous exposer mes besoins, et si j'ai lieu de craindre de vous irriter, lors même que j'ose vous invoquer ?



Vertu à obtenir : L'assiduité aux offices publics.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se dérobant à tous les regards, pour ne chercher que les regards de Dieu dans son temple.

Gémissez d'y avoir si souvent porté la froideur et la dissipation.

Ne désirez plus désormais ni d'y rien voir ni d'y être vu.

Prenez les moyens que vous indiquent vos fautes passées pour vous préserver, du moins autant qu'il pourra dépendre de vous, des distractions. Dans l'habitude de votre vie, ce sera par une grande pureté de cœur. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu.

Quand vous vous disposerez à prier, recueillez-vous, bannissez les pensées étrangères, implorez les lumières du Saint Esprit, puisque c'est lui qui aide à notre faiblesse et qui prie pour nous par des gémissements ineffables.

Quand vous venez à l'église, gardez, autant que possible, le silence à l'intérieur comme à l'extérieur :
regardez-vous comme un pauvre qui manque de tout, et qui est admis auprès d'un riche généreux et bienfaisant qui veut subvenir à toutes ses nécessités.

Ne vous occupez que de l'objet qui vous amène dans le lieu saint ; veillez attentivement sur tous vos sens pour ne point perdre le recueillement.



Prière


Je vous rendrai, Seigneur, mes actions de grâces dans toute la plénitude de mon cœur, parce que vous avez daigné entendre les paroles de ma bouche. Je vous adresserai mes cantiques en présence des anges ; je vous adorerai dans votre saint temple ; je rendrai témoignage à votre nom, à votre miséricorde, à votre vérité, parce que vous avez fait éclater au-dessus de tout la sainteté de votre nom.

Dans quelque moment que je vous invoque, exaucez-moi, Seigneur :
c'est ainsi que vous multiplierez les forces de mon âme.
Si je marche au milieu des tribulations vous me donnerez la vie.

Seigneur, votre miséricorde est éternelle, n'abandonnez pas l'ouvrage de vos mains. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 22 Jan 2017 - 18:54

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 22 janvier

Jésus part de Jérusalem avec ses parents


« Etant parti avec eux il alla à Nazareth ». (Luc 2)

Ne perdez rien de la sainte lecture. Le mot de l'évangéliste est qu'il descendit avec eux à Nazareth. Après s'être un peu échappé pour faire l'ouvrage et le service de son Père, il rentre dans sa conduite ordinaire comme dans celle de ses parents, dans l'obéissance.

C'est peut-être mystiquement que l'évangéliste dit : Il descendit. Et en effet une fois entré par son incarnation dans la carrière des humiliations, quelque démarche qu'il fît, il descendait toujours plus ou moins, d'une manière plus ou moins sensible. Ainsi en cette circonstance, après avoir un moment percé la nuée, il y rentre, et n'offre plus à l'admiration de ses parents d'autre prodige que celui de son humiliation.

Comprenez qu'après nous avoir offert à nous-mêmes le modèle de notre conduite dans le temple, il nous enseigne quelles dispositions nous en devons rapporter, 1° d'humilité, 2° de charité, 3° de sainteté.



D'humilité

Les parents de Jésus furent étonnés de le trouver parmi les docteurs, dont il faisait l'admiration ; ce qui marque qu'ils ne voyaient rien en lui d'extraordinaire dans le commun de la vie ; car tout était comme enveloppé sous le voile de l'enfance. La sagesse dont il était plein se déclarait par degrés comme dans les enfants ordinaires.
Seulement il reluisait en tout son extérieur je ne sais quoi qui faisait rentrer en soi-même et attirait les âmes à Dieu, tant tout était simple, mesuré, réglé dans ses actions et dans ses paroles. Sans doute qu'à travers les questions et les réponses qu'il avait adressées aux docteurs dans le temple ce haut caractère de sagesse et cette grâce divine qui était en lui s'étaient manifestés d'une manière plus éclatante.
C'est cet éclat et ce reflet de majesté qui avait brillé sur son front qu'il s'empresse d'effacer ; il a obéi à son Père en paraissant comme maître des docteurs ; il instruit ses disciples en paraissant au sortir du temple le plus modeste, le plus doux, le plus docile des enfants.

Est-ce dans cette heureuse disposition que je sors de votre sainte demeure, ô mon Dieu ? si vous avez daigné m'y accorder quelque grâce particulière, si votre crainte ou votre amour ont parlé comme de plus près à mon cœur, vos bienfaits et vos dons en me pénétrant de reconnaissance me laissent-ils rempli d'un véritable mépris de moi-même ?
Sais-je bien comprendre que vous les accordez à ma faiblesse et non à mes mérites, qu'ils sont bien plus l'effet de votre miséricorde que la récompense de mes vertus ?

Hélas ! et trop souvent au lieu de recueillir et de conserver dans un humble silence les impressions de vérité et de sainteté que la présence des divins mystères, la piété des fidèles, la prédication évangélique ont faites dans mon âme, la dissipation, l'esprit de critique, des observations malignes, des jugements peu charitables ne les ont-ils pas ou effacées ou affaiblies ? et comme le pharisien de l’Évangile ne suis-je pas souvent sorti du temple plus coupable que justifié ?



De charité

Malgré la rigueur apparente de la réponse de Jésus aux plaintes que la douleur arrache à sa divine mère, il est juste de croire qu'il était touché, et que témoin invisible de l'affliction que l'amour causait à son cœur maternel , il adoucissait en la sanctifiant l'amertume de cette affliction et ajoutait en le rendant plus vif à la perfection de cet amour.
Est-ce qu'en effet il pouvait blâmer Marie et Joseph de l'avoir cherché ou de s'être affligés de sa perte ?
Non sans doute. Pourquoi en effet se retirait-il, si ce n'est pour se faire chercher ?
Et pourquoi les éprouver par cet éloignement passager, si non pour leur faire mieux apprécier le bonheur de sa présence ?
Aussi rendu à leurs vœux et à leurs larmes il leur fait goûter tout ce que la possession de sa personne adorable peut avoir de plus doux ;
ses paroles pleines de bonté ont surabondamment compensé leurs alarmes ; et bien mieux que les disciples d'Emmaüs ils purent bien souvent se dire l'un à l'autre :
N'est-il pas vrai que notre cœur était tout embrasé lorsqu'il nous parlait en chemin.

Ô mon âme ! quand tu as visité le saint temple, l'amour de Dieu est-il plus vif en toi ? Éprouves-tu un besoin plus impérieux de le retrouver ? Te sens-tu portée plus habituellement à le faire connaître, à publier sa bonté, à lui gagner, s'il se pouvait, tous les cœurs ? As-tu quelquefois du moins éprouvé cette affectueuse reconnaissance dont était pénétré David quand il s'écriait :
Célébrez avec moi le Seigneur : exaltons ensemble son nom.
J'ai cherché le Seigneur et il m'a exaucé, et il m'a délivré de toutes mes tribulations.
Approchez de lui et vous serez éclairés, et la honte ne sera point sur votre visage.
Éprouvez et goûtez combien le Seigneur est doux, combien est heureux celui qui espère en lui  !
Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints, parce que rien ne manque à ceux qui le craignent.

Comme un bon pauvre qui a reçu à la porte d'un riche une abondante aumône la partage avec ses compagnons d'infortune, ainsi lorsque je sors de votre saint temple, ô mon Dieu, je dois répandre au milieu de mes frères la paix, la componction, la charité.
Que je suis éloigné pour l'ordinaire de cette louable et salutaire disposition !
Trop souvent, hélas ! n'en ai-je pas rapporté l'impatience, l'humeur et la susceptibilité ?



De sainteté

Est-ce donc que l'enfant Jésus avant sa retraite dans le temple ne manifestait pas dans sa conduite la grâce et la sagesse qui étaient en lui ? Ah! elles éclataient dans toutes ses démarches : elles étaient inséparables de sa personne.
Comment toutes les actions du Saint des saints n'auraient-elles pas été empreintes d'un ineffable caractère de sainteté ?
Ainsi, dès les premiers moments de sa naissance son sourire et ses pleurs, son silence - et ses cris enfantins, le repos et l'action, tout en lui était plein de grâce et de vérité ; et lorsque plus tard, soutenu par la main de Joseph, il essayait ses premiers pas, ou lorsque s'unissant à la prière de Marie il bégayait les louanges de Dieu, au milieu des plus simples occupations et de ses délassements innocents, tout était toujours digne du Verbe, tout était infiniment agréable au Père et méritoire pour nous.
Mais depuis que dans le temple il s'est spécialement occupé du service de ce Père céleste, ce caractère de sainteté éclata dans toutes ses œuvres d'une manière plus vive et plus sensible. La moindre parole, un seul de ses regards, sa seule vue laissaient dans les cœurs une impression ineffable de grâce, de piété, de vertu, un ardent désir d'aimer Dieu.

Ô adorable Enfant ! après avoir si souvent contemplé vos traits dans votre évangile, entendu votre voix dans la chaire de vérité, dans les livres de piété, dans la prière, au tribunal de la pénitence et surtout à la table eucharistique, comment ai-je si peu de conformité avec vous ? Tout dans votre saint temple me parle de sainteté, me rappelle l'obligation où je suis d'être saint, parce que vous êtes saint ; et j'en sors toujours aussi profane que j'y suis entré. Ou si votre grâce a réveillé en moi quelque désir de sainteté, la dissipation, l'entraînement de l'habitude, la crainte des sacrifices et des efforts qu'exige une vie sincèrement chrétienne l'ont bientôt étouffé ; et ces bons mouvements que le Saint-Esprit excite en moi n'ont presque d'autre effet que de me plonger plus avant dans une routine de pratiques et une léthargie spirituelle, qui amènera enfin la mort, si votre miséricorde ne vient m'y arracher.

Puisque mon bonheur est de me trouver au pied de vos tabernacles, ô mon Sauveur ! ne permettez pas que je m'en approche sans fruit.
Tant de fidèles en remportent des grâces abondantes ! N'avez-cous donc qu'une bénédiction ?
Je vous en conjure, daignez aussi me bénir. J'ai aimé la beauté de votre maison et la demeure ou réside votre gloire. Seigneur, ne perdez pas mon âme avec les impies.



Vertu à obtenir : L'attention à édifier le prochain.




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée le saint enfant Jésus descendant du temple de Jérusalem entre Marie et Joseph qu'il console, qu'il éclaire, qu'il remplit de sa divine charité.

Admirez la douce gravité de son visage, la modestie et la simplicité de son maintien.

Pénétrez humblement dans son cœur adorable, et priez-le de vous éclairer sur ce qui s'y passait pendant ce voyage de Jérusalem à Nazareth. Après avoir fait dans le temple l'œuvre de son père, il songe à la continuer au dehors.

Demandez-lui la grâce de faire ainsi succéder une bonne pensée à une bonne pensée, et de ne faire de toute votre vie qu'une suite d'actions saintes.

Ô mon Dieu ! que je n'aie pas le malheur de déshonorer la piété en démentant par ma conduite dans le monde celle que je m'efforce de tenir dans votre sainte maison.

Que je fasse aussi votre œuvre parmi les personnes auxquelles m'a associé l'ordre de votre providence, en répandant au milieu d'elles la bonne odeur des vertus chrétiennes.



Prière


Ô Sauveur du monde ! si heureusement retrouvé, si fidèlement conservé par Marie, puisque enfin vous m'êtes rendu, je ne veux plus m'exposer à vous perdre.

Ô Dieu de mon cœur ! je vous tiens, je ne vous laisserai point échapper ; il me semble bien que désormais rien ne pourra me séparer de votre amour, et toutefois après l'expérience si triste, et si souvent répétée de ma fragilité et de mon inconstance, je n'ose plus compter sur mes dispositions présentes, ni sur mes résolutions et mes. promesses.

Ajoutez donc à la grâce que vous m'avez faite de me les inspirer celle de les conserver, de les affermir dans mon âme : que l'humilité garde en moi tous vos dons, que la charité les accroisse, que la sainteté les rende utiles à votre gloire et dignes de vos récompenses éternelles. Ainsi-soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 23 Jan 2017 - 20:56

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 23 janvier

Retour de Jésus à Nazareth


« Il alla à Nazareth, et il leur était soumis » (Luc 2)

L'enfant Jésus remis entre les mains de ses parents jusqu'à son baptême, c'est à dire jusqu'à l'âge d'environ trente ans, ne fit plus autre chose que de leur obéir, et en quoi leur obéir ? Dans les plus bas exercices, dans la pratique d'un art mécanique.
Passez en revue ce qu'une famille pauvre présente de soins et d'occupations, et ne doutez pas que Jésus n'ait toujours recherché ce qui était le plus humiliant et le plus pénible.

Ce n'est point un docte pinceau qu'il manie : il aime mieux l'exercice d'un métier plus humble et plus nécessaire à la vie. Ce n'est point une docte plume qu'il exerce par de beaux écrits : il s'occupe péniblement, il gagne sa vie, à ce spectacle un religieux effroi saisit l'âme : elle adore en tremblant un Dieu si prodigieusement abaissé. Comprenez aujourd'hui que par cet incompréhensible abaissement il veut vous apprendre 1° à servir, 2° à travailler, 3° à obéir.



A servir

La volonté du Père céleste avait été que Jésus donnât au milieu des docteurs assemblés un essai de la sagesse dont il était plein, et qu'il venait déclarer, et tout ensemble de la supériorité avec laquelle il devait regarder ses parents mortels, sans suivre la chair et le sang, leur maître de droit soumis à eux par dispensation. Après cet essai de son ministère, et cette première révélation de sa mission divine, il lui tarde ce semble de rentrer dans l'anéantissement de sa vie cachée, et d'éteindre dans l'impénétrable obscurité de la pauvre maison de Nazareth l'éclat qu'il vient de jeter dans le temple de Jérusalem.
Il a dit de lui-même qu'il était venu pour servir, et il commence par servir ses parents ; il s'emploie dans la maison aux soins du ménage : nous ne lisons pas que ses parents aient jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants sont les serviteurs ; et l'on ne voit nulle part que lui-même ait eu des serviteurs à sa suite.

Ô mon Sauveur ! quel sujet de confusion et d'épouvante pour moi ! Chacune des paroles de votre Évangile m'accuse ; chacun des traits de votre vie me condamne : vous recherchez dès votre enfance la fatigue et les humiliations ; et je ne soupire qu'après les honneurs et le repos. Vous voulez servir vos créatures, vous qui êtes le souverain Maître ; et je voudrais partout être maître, moi qui ne mérite pas d'être même au dernier rang parmi vos serviteurs ; je suis difficile en tout point, et sous l'apparence de l'exactitude et de la régularité, je cherche à me dissimuler à moi-même la rigueur d'un caractère exigeant ; si au moins j'étais aussi exact à votre service, ô mon Dieu ! que je veux qu'on le soit au mien ; mais non, je ne vous sers qu'avec négligence et avec froideur, par humeur et par caprice; et ainsi désobligeant pour mes supérieurs et mes égaux, dur avec ceux qui me sont soumis, infidèle envers vous, je me trouve tout ensemble mauvais serviteur et mauvais maître ; et vous me souffrez dans votre maison, et vous me gardez à votre service, ô incomparable maître ! ah, prenez encore pitié de ma misère : ne me rejetez pas de votre présence, et n'ôtez pas de moi votre Esprit Saint.



Pour travailler

Ô Dieu ! je suis saisi encore un coup ! Orgueil, viens mourir à ce spectacle ! Jésus fils d'un charpentier, charpentier lui-même, connu par cet exercice sans qu'on parle d'aucun autre emploi, ni d'aucune autre action.
On se souvenait dans son Eglise naissante des charrues qu'il avait faites ; et la tradition s'en est conservée dans les plus anciens auteurs : c'est pourquoi, au commencement du ministère de Jésus-Christ, lorsqu'il vint prêcher dans sa patrie, on disait : N'est-ce pas là ce charpentier fils de Marie ? comme celui, n'en rougissons pas, qu'on avait vu pour ainsi parler tenir la boutique, soutenir par son travail une mère veuve, et entretenir le petit commerce d'un métier qui les faisait subsister tous les deux. Il y en a qui ont eu honte pour le Sauveur de le voir dans cet exercice, et dès son enfance le font jouer avec des miracles.

Mais l’Évangile a renfermé toute sa vie durant trente ans dans ces paroles : Il leur était soumis. Et encore : C'est ici ce charpentier fils de Marie. Dans une vie si vulgaire, connu à la vérité, mais par un vil exercice, pouvait-il mieux cacher ce qu'il était ? Que dirons-nous donc, que ferons-nous pour le louer ? Il n'y a en vérité qu'à demeurer dans l'admiration et le silence.

Mais où en suis-je, ô mon Sauveur ! avec ce que j'appelle ma capacité, mes talents, ma condition, ma naissance ?
L'obscurité me fatigue, des emplois trop bas me déplaisent ; je veux m'en tirer et en tirer ma famille : je me sens fait pour quelque chose de plus relevé : j'ai honte de la médiocrité de mon état. C'est pour cela peut-être que je me sens comme humilié de l'abaissement du vôtre, et je ne sens pas que pour guérir l'enflure de mon cœur et cette soif d'ambition, d'honneurs et d'élévation qui me dévore, il me fallait, à l'appui de ses leçons, les exemples d'un Dieu pauvre, laborieux, gagnant son pain à la sueur de son front et bénissant la volonté divine dans son humiliation.



A obéir

Comme c'est l'orgueil de la révolte de l'homme que le Verbe fait chair vient réparer, chacun de ses pas laissera, pour ainsi dire, une empreinte d'humiliation et d'obéissance. Vous l'avez vu soumis à la loi de la circoncision dont à tant de titres il était en droit de s'affranchir, à l'avertissement de l'Ange pour quitter la Judée et pour y revenir.
Mais de peur que vous ne pensiez qu'il ne se rend à la suprême volonté que parce qu'elle est imprimée par la loi ou intimée par l'Envoyé céleste, c'est aux hommes qu'il veut obéir, c'est à ses propres créatures, c'est dans toutes les circonstances et sur tous les points : ce n'est pas un seul jour et dans quelques occasions d'éclat, c'est à tous les moments et dans toute la suite de ses actions ; et tout ce qui nous a été révélé de sa vie adorable pendant trente années, ce n'est ni la profondeur et la sublimité de sa doctrine, ni le nombre et la puissance de ses miracles, ni la perfection de sa prière et de ses œuvres divines, mais la continuité de son obéissance. Et il leur était soumis.

Cette leçon m'était donc bien nécessaire, ô mon Sauveur ! puisque vous me l'avez donnée en tant de manières et que vous l'avez comme imprimée sur toute votre personne. Oui, sans doute, puisque tout en moi est soulevé contre l'ordre et dans une opposition constante à votre volonté, puisque malgré la double autorité de vos préceptes et de vos exemples, mes sens, mon esprit et mon cœur sont si souvent armés contre la vérité, la charité et la sainteté.
Enfant, je m'élevais contre la volonté de mes parents et de mes maîtres ; plus tard c'était contre vos commandements, contre votre esprit, contre les avertissements de ma conscience, contre les lumières de la grâce, contre l'attrait et les reproches de votre amour.

Ainsi toute votre vie n'a été qu'un grand acte de soumission, et toute la mienne une continuelle révolte. Faire la volonté de votre père était votre nourriture, vos délices, votre félicité : et la combattre, m'y soustraire, m'en affranchir a été le crime de toute ma carrière. Poussière et néant, j'ai regardé comme quelque chose de grand de me soumettre à un homme, pour obéir à Dieu lorsque vous tout puissant et très haut vous vous êtes soumis à vos propres créatures pour me sauver.

O Sauveur ! obéissant depuis la crèche jusqu'à la croix, faites-moi participant de votre esprit d'obéissance, apprenez-moi a faire votre volonté, parce que c'est vous qui êtes mon Dieu.



Vertu à obtenir : L'amour de l'obscurité.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant cette journée le saint enfant Jésus retournant à Nazareth pour y mener avec Marie et Joseph une vie pauvre, laborieuse, une vie vraiment cachée en Dieu.

Comprenez la nécessité de rentrer dans l'obscurité dès que le service de Dieu, l'unité de vos frères et vos devoirs d'état ne vous retiennent plus au milieu du bruit, de l'éclat et de la dissipation du monde. Si la Providence vous a fait naître dans une condition obscure, obligé de vivre de votre travail, consolez-vous, réjouissez-vous même. Jésus-Christ a divinisé votre état et sanctifié le travail.

Si vous avez en partage l'aisance et la fortune, souvenez-vous que vous n'êtes pas dispensé de l'obligation de travailler. Elle est imposée à tous les enfants d'Adam comme peine du péché.

Exercez-vous à briser votre volonté, à faire peu d'estime de votre jugement et de votre capacité; et peu à peu vous vous accoutumerez à céder, même sans efforts, aux idées et aux opinions d'autrui pour lesquelles si souvent on perd la paix, ou l'on blesse la charité.



Prière


Sauveur Jésus, qui de maître des anges vous êtes fait l'apprenti d'un homme mortel sur la terre, qui tenant la place d'Adam n'avez voulu manger votre pain qu'à la sueur de votre visage, qui enfin étant le souverain de l'univers vous êtes soumis à vos créatures, enseignez-nous l'humilité dont vous êtes le docteur dans votre apprentissage, la pénitence que vous avez sanctifiée par votre travail et vos sueurs, et l'obéissance parfaite que vous avez consacrée en vous assujettissant à ceux de qui l'être et la vie dépendaient de vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 24 Jan 2017 - 21:37

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 24 janvier

Jésus avance en âge, en sagesse et en grâce


« Jésus avançait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ». (Luc 2)
Peut-on dire d'un Jésus, du fils de Dieu d'un Homme-Dieu, à qui la sagesse même était unie en personne, qu'il croissait en sagesse et en grâce comme en âge devant Dieu et devant les hommes ? N'avons-nous pas vu qu'en entrant au monde il se dévoua lui-même à Dieu pour accomplir sa volonté, en prenant la place des sacrifices de toutes les sortes.
N'est-il pas appelé dès sa naissance le sage, le conseil, l'auteur de la paix ? N'avait-il pas la sagesse dès le sein de sa mère? Comprenez donc que la sagesse et la grâce qui étaient en lui dans sa plénitude, par une sage dispensation se déclaraient avec le temps, et de plus en plus par des œuvres et par des paroles plus excellentes devant Dieu et devant les hommes.

Mais surtout comprenez que cet avancement du Sauveur est le modèle du vôtre, et que par conséquent vous devez sans cesse vous appliquer à parvenir à l'état d'un homme parfait, à la mesure de l'âge de la plénitude de Jésus Christ, et pour cela vous dégager peu à peu 1° des idées terrestres, 2° des affections terrestres, 3° des habitudes terrestres.



Des idées terrestres

Jésus croissait en âge, quittant peu à peu les faiblesses naturelles du corps qui accompagnent l'enfance, afin de nous apprendre à nous défaire de celles de l'esprit. Pourquoi en effet l'évangéliste remarque-t-il qu'il croissait en âge, sinon pour attirer notre attention sur le parfait ensemble de la conduite et de toute la personne du Verbe incarné, sur l'accord de l'accroissement des années avec la manifestation progressive de sa sagesse, du développement de ses forces corporelles avec celui des dons de sa grâce.
Il veut surtout nous rappeler que le dessein du fils de Dieu fait homme, en se condamnant à passer par l'état d'enfance et par des accroissements successifs, était de nous offrir une leçon et un modèle, de nous enseigner que, si comme des enfants nouvellement nés, nous devons conserver la candeur et la simplicité, nous sommes obligés de croître pour le salut, de demeurer toujours enfants par l'innocence, mais de devenir hommes faits par la prudence et la sagesse. En un mot de ne plus être comme des enfants emportés à tous les vents des opinions humaines, mais de croître de toute manière en Jésus-Christ, qui est notre chef.

Puis-je dire, ô mon Sauveur ! que je suis entré dans vos desseins miséricordieux, et que je me suis efforcé de copier et de reproduire en moi votre admirable conduite ? Ai-je commencé à me dégager de la vanité des pensées, des écarts de l'imagination, de la crainte des jugements humains, de l'inconstance et de l'instabilité de mon propre esprit ?
Ah ! disait l'apôtre saint Paul, quand j'étais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant. Mais lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfance.
Puis-je me rendre ce témoignage ? quel jugement ai-je porté des richesses, des honneurs, des plaisirs de la terre ? Si dans certains moments j'en reconnais la vanité, cette conviction est-elle assez forte pour m'en donner de l'éloignement et du mépris ? Est-ce une conviction née de la foi, et une lumière de la grâce, ou bien un aperçu de raison et un pur effet de sagesse ?

Ah ! j'ai trop sujet de craindre que vos leçons et vos exemples, ô mon Sauveur ! n'entrent que pour bien peu de chose dans cette disposition de mon esprit, puisqu'il entend si peu de chose aux mystères de vos humiliations et de vos douleurs.
Quand on me parle des consolations attachées à votre service, et des récompenses magnifiques que vous réservez à ceux qui auront persévéré jusqu'au terme, il me semble que mon âme s'ouvre à la vérité, et que je vais entrer dans la voie étroite qui mène à la vie.
Mais si vous m'appelez à votre suite à la croix et aux épreuves, je me trouve dans le même état que vos disciples, lorsque vous leur annonciez votre passion : Ils ne comprenaient rien à tout cela : c'était une chose cachée pour eux, et ils n'entendaient pas ce que vous leur disiez.



Des affections terrestres

L'Enfant Jésus croissait en âge et en sagesse. Ce don de sagesse qui lui avait été fait dès le premier moment de sa conception se déclarait au dehors dans une proportion admirable avec l'accroissement de ses années et le progrès naturel de l'âge. Ce désir de la gloire de son Père dont son cœur était tout plein, cet amour pour les hommes dont il était consumé, cette miséricordieuse impatience de les sauver qui dominait toutes ses affections, voilà les sentiments dont son âme était constamment remplie, et qu'il exprimait sans doute d'une manière plus ou moins manifeste. Et en effet, quand il disait à ses disciples au milieu de la cène eucharistique : J'ai souhaité avec ardeur de manger cette Pâque avec vous avant que de souffrir ; c'est qu'en effet ce désir avait bien souvent occupé son cœur. Et quand il ajoutait : Je suis venu pour mettre le feu sur la terre, et qu'est ce que je désire, sinon qu'il s'allume. Je dois être baptisé d'un sanglant baptême, et combien me sens-je pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse, ne donnait-il pas assez à entendre que la flamme de la divine charité avait toujours été vivante en lui, et sa passion et sa mort le constant objet d'un désir qui ne devait cesser de brûler que lorsqu'il serait accompli sur la croix ?

Si tel est mon aveuglement et ma misère que je ne puisse réellement apprécier ni les vrais biens, ni les vrais maux, comment mon cœur se dégagera-t-il des affections terrestres pour ne chercher que Dieu et n'aimer que lui ?
Ainsi, ô sujet d'humiliation et de douleur ! tantôt en moi c'est l'esprit qui est la dupe du cœur, et tantôt le désordre du cœur est causé par les ténèbres de l'esprit ! Et au lieu de croître en sagesse comme en âge, de m'attacher à vous, ô mon Sauveur, à votre doctrine, à vos exemples, de me détacher de la terre, du monde et de moi-même, je sens mes chaînes plus fortes, mes illusions changées, mais non pas détruites. J'avance en âge, mais le corps qui se corrompt appesantit de plus en plus mon âme.

Cependant, ô mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous créé, appelé à la lumière admirable de votre Évangile, comblé de tant de grâces jusqu'à ce jour ? N'est-ce pas pour m'attirer à vous, me sanctifier, et ainsi me perfectionner par la charité ? Aidez-moi donc, soutenez-moi, inspirez-moi, puisque sans vous je ne puis former même un bon désir. Heureux, avez-vous dit par votre prophète, celui qui attend son secours de vous ! Au milieu de cette vallée de larmes, il forme dans son cœur des degrés qui s'élèvent jusqu'au séjour que vous habitez.



Des habitudes terrestres

Jésus croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes, donnant extérieurement de plus grandes preuves de sa sainteté, à mesure qu'il avançait en âge ; car pour sa sainteté intérieure elle était au plus haut point de perfection dès le commencement de sa vie passible et mortelle : il n'avait pas besoin comme nous de croître en vertu, parce qu'il avait la plénitude de la grâce et de toutes les vertus ; car Dieu, qui l'a envoyé, ne lui donne pas son esprit avec mesure, ainsi que son humble précurseur le disait aux Juifs. Le père aime le Fils, ajoutait-il, et lui a mis toutes choses entre les mains. C'est parce que cet esprit de grâce était en lui surabondant qu'il s'avançait si constamment et si généreusement vers son terme, accomplissant l'œuvre qui lui avait été confiée par son Père ! Il s'est élancé comme un géant, il a pris sa course du haut des deux. S'est-il arrêté ? Non, non, il a passé en faisant du bien. Au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, il a souffert la croix en méprisant la honte et l'ignominie, et il est maintenant assis à la droite du trône de Dieu.

Élève donc tes regards, ô mon âme ! vers Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, entre généreusement dans la carrière qu'il a ouverte ; avance avec foi sur sa trace; car pour demeurer en lui il faut marcher comme il a lui-même marché, c'est à dire vivre comme il a vécu, dans la sainteté, dans l'innocence, dans la perfection.
Ce n'est pas assez de renoncer aux idées et aux affections terrestres, il faut sortir des habitudes qui enchaînent l'âme et arrêtent son essor. Est-ce la sensualité, l'orgueil, le désir de l'estime du monde, ou de l'affection des créatures, l'attachement à la vie, à la fortune, à la terre ? Ah ! il me faut trancher au vif, commencer la réforme intérieure, mais de bonne foi, avec sincérité, devant Dieu et devant les hommes.

Pourquoi, pendant ce mois, me suis-je appliqué à la contemplation des mystères de votre sainte Enfance, ô mon Sauveur ! n'est-ce pas pour en prendre l'esprit, pour former et régler ma vie sur le modèle de la vôtre ?
Je l'ai dit, ô divin Enfant ! Je veux commencer, et ce changement de ma volonté est un effet de votre grâce.
Je poursuivrai mes ennemis, mes défauts, mes mauvaises habitudes, ce vieil homme qui vit encore en moi. Je me saisirai d'eux, et ne les quitterai pas qu'ils n'aient succombé.



Vertu à obtenir : La persévérance.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus dévoilant aux yeux des hommes les merveilles de grâce et de sainteté dont son âme était remplie.

Félicitez Marie et Joseph de la joie et du bonheur dont les comblait cette ravissante contemplation.

Si vous désirez avancer dans la vie chrétienne et vous perfectionner dans la doctrine de Jésus-Christ, dans ses vertus et dans son esprit, observez et mettez en pratique ces trois choses recommandées par Saint Charles Borromée : en premier lieu, figurez-vous chaque jour que vous ne faites que commencer, et efforcez-vous de servir Dieu avec autant de ferveur que si vous étiez au premier jour de votre conversion ; en second lieu, ayez toujours Dieu présent et n'en perdez point le souvenir ; en troisième lieu, faites que toutes vos actions tendent à Dieu par une droite intention et par un désir insatiable de lui plaire.

Ne dites jamais : C'est assez ; ne soyez point satisfait de ce que vous êtes, si vous désirez parvenir à ce que vous n'êtes pas encore.



Prière


Je vous en conjure, ô Dieu de bonté, délivrez-moi des soins de cette vie, de peur qu'ils ne retardent ma course, des nécessites du corps, de peur que la volupté ne me séduise ; de tout ce qui arrête et trouble l'âme, de peur que l'affliction ne me brise et ne m'abatte.

Ô mon Dieu ! douceur ineffable ! changez pour moi en amertume toute consolation de la chair, qui me détourne des biens éternels et m'attire et me fascine par le charme funeste des biens présents.

Que je ne sois pas, mon Dieu, vaincu par la chair et le sang, trompé par le monde et sa gloire qui passe ; que je ne succombe point aux ruses du démon.

Donnez-moi la force pour résister, la patience pour souffrir, la constance pour persévérer.

Donnez-moi, au lieu de toutes les consolations du monde, la délicieuse onction de votre esprit, et au lieu de l'amour terrestre, pénétrez-moi de l'amour de votre nom. Ainsi soit-il.






AVIS.
Les personnes qui voudraient terminer demain le Mois de la sainte Enfance, liront, au lieu de l'Elévation suivante, celle qui est marquée au au 2 février.


_________________

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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 25 Jan 2017 - 23:06

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 25 janvier

L'Enfant Jésus attire Marie à l'obéissance.


Si une femme met au monde un enfant mâle, elle demeurera séparée des choses saintes pendant sept jours. L'enfant sera circoncis le huitième jour, et elle demeurera encore trente-trois jours pour être purifiée : elle ne touchera à rien qui soit saint, et elle n'entrera point dans le sanctuaire, jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accomplis. (Lévit. xu, 2, 3,4.)

« Par les termes mêmes de cette loi, il paraît que la sainte Vierge en était exempte, n'ayant contracté ni l'impureté des conceptions ordinaires, ni celle du sang et des autres suites des vulgaires enfantements. Elle obéit néanmoins; elle s'y croit obligée pour l'édification publique, comme son Fils avait obéi à la loi servile de la Circoncision. Elle ne dit pas : on me croira mère comme les autres, et le péché, comme la concupiscence, mêlé dans la conception de mon Fils comme dans celle des autres, ce qui fera tort non tant à moi qu'à la dignité et à la sainteté de ce cher Fils. Elle subit la loi, et donne un exemple admirable à tout l'univers, de mettre sa gloire dans celle de Dieu et dans l'honneur de lui obéir et d'édifier son Eglise. » (Bossuet)

Qui est-ce qui songe aujourd'hui à régler sa conduite sur celle de Marie, et à reconnaître, dans la parfaite soumission de la Mère de Dieu, le modèle de sa propre obéissance ? Sous combien de formes la violation de la loi de Dieu et des saintes ordonnances de son Eglise ne se déguise-t-elle pas ? A force de prétextes d'exemptions et de dispenses, la transgression semble être devenue la règle, et l'observation fidèle une exception. Puis donc que vous voulez sincèrement vous attacher aux exemples de l'Enfant Jésus, apprenez de l'obéissance qu'il inspire à sa glorieuse Mère, que, comme la violation de la loi divine prend communément sa source dans l'orgueil et la lâcheté, le principe d'une ponctuelle et constante obéissance, c'est 1° l'humilité, 2° le courage.



L'humilité.

Quelque illusion que nous puissions nous faire sur la disposition habituelle de notre esprit et de notre coeur, nous sommes bien forcés d'y reconnaître un secret penchant à la désobéissance et à la révolte. Nous avons beau, loin de l'occasion, protester de notre soumission à la volonté de Dieu, nous ne savons que trop que la plus légère épreuve suffit pour la mettre en défaut, et pour nous révéler notre profonde misère sur ce point comme surtout le reste. Tant que les desseins de la Providence s'ajustent à nos idées et à nos projets, tant qu'ils favorisent nos désirs et nos passions, nous paraissons pleins de confiance et de docilité, nous nous applaudissons de notre abandon filial à sa conduite ; mais pour peu qu'ils les contrarient, ils ne trouvent plus en nous qu'opposition et résistance ; la tristesse, les alarmes, et trop souvent les plaintes et les murmures succèdent à la bénédiction et à l'action de grâces. C'est qu'au fond l'amour de nous-mêmes est toujours le mobile de nos sentiments, et notre propre volonté, la règle de nos jugements et la première loi de notre coeur.

Mais c'est surtout lorsqu'il s'agit de la faire ployer sous l'autorité des préceptes divins, que se manifeste notre opposition à la dépendance. Est-il question des obligations générales auxquelles sont soumis tous les chrétiens, du pardon des injures, de l'aumône, de la mortification et de la pénitence, de l'éloignement des vains plaisirs, il semble qu'on soit hors de la règle commune, qu'on n'ait rien à craindre de l'esprit du siècle et de la contagion des mauvais exemples, en un mot, qu'on ne soit ni enfant d'Adam, ni disciple de Jésus-Christ, tant on est prompt à se retrancher dans les embarras et les difficultés, habile à faire valoir les raisonnements et les prétextes, et même à se prévaloir de la régularité de sa conduite pour éluder la loi divine et se soustraire à sa sévérité.

Ô divine Mère de Jésus ! que votre fidélité à accomplir la loi de la Purification est propre à nous confondre ! Nous n'opposons pour l'ordinaire à l'obéissance que les illusions de notre vanité : et vous, ô la plus humble des Vierges ! vous qui aviez pour vous toutes les raisons, et qui pouviez user du droit de la plus légitime dispense, vous oubliez tous vos droits, vous faites taire toutes les raisons, pour n'écouter que l'humilité et ne vous souvenir que de l'obéissance. Vous craignez que cette dispense, toute légitime qu'elle est, n'autorise le relâchement par les fausses conséquences qu'on en pourrait tirer, et que l'amour-propre ne vienne un jour à s'en prévaloir : ou plutôt, suivant la belle pensée de l'un de vos plus grands serviteurs, « la grâce vous avait élevée au-dessus de la loi, et l'humilité vous y a assujetti. » La grâce de votre innocence et de votre maternité demandait que vous fussiez libre ; et l'humilité de votre cœur vous a fait préférer d'être obéissante et dépendante.

Quel sujet de crainte et de confusion pour toi, ô mon âme ! tu n'as presque jamais rendu à la loi sainte qu'une obéissance forcée, intéressée, imparfaite : combien de fois n'as-tu pas dit : Y suis- je obligée dans la rigueur ! est-ce un commandement absolu ? y va-t-il de mon salut éternel ? Et je ne voyais pas que cette règle trompeuse m'exposait à me perdre et à me damner, puisque entre l'obligation de la loi et le conseil il n'y a souvent qu'un pas à franchir, et qu'en me conduisant de la sorte je marchais toujours sur le bord du précipice.
Ô mon Dieu ! à quel point en mille circonstances l'orgueil m'a aveuglé ! quel les illusions je me suis faites sur tant d'obligations qui me sont imposées comme chrétien et comme pécheur, et dont j'avais la folie de me croire dispensé ! Ah ! Seigneur, je l'ai dit : désormais mon partage sera de garder votre loi (Ps. 118, 57) *.



Le courage.

Il ne s'agit pas seulement ici de ce courage qui élève l'âme au-dessus de la crainte des jugements humains, des censures et des railleries, mais plus encore de cette disposition généreuse qui la fait triompher d'une certaine indolence, des alarmes de la sensualité, de toutes les répugnances de la chair et du sang, quand l'accomplissement de la loi de Dieu ou l'exécution des bons désirs que nous inspire sa grâce l'exigent de nous. Elle éclate d'une manière vraiment héroïque dans la démarche que l'Enfant Jésus inspire à Marie. Considérez tout ce qu'en effet l'accomplissement de la loi de la Purification doit coûter à son cœur, et par cette considération animez-vous à vaincre enfin cette pusillanimité qui depuis si long-temps vous empêche d'avancer dans la voie de la perfection, et de répondre à l'appel de la grâce. Mesurez, si vous le pouvez, toute l'étendue des sacrifices que l'obéissance impose à la Mère du Rédempteur, en la conduisant au temple pour s'y purifier.

Sacrifice de sa maternelle tendresse. Ce fils si cher, ce Fils en qui elle possède tous les trésors, elle l'offre devant l'autel, sans condition et sans réserve, sachant les ordres rigoureux que le Ciel a portés, et qui doivent s'accomplir dans la personne de ce divin Enfant, et consentant déjà qu'il soit la victime et le prix de la rédemption du genre humain. Est-ce à une épreuve aussi sévère qu'est mise votre obéissance ? Arracher de votre cœur une passion qui Je tyrannise, renoncer à un attachement ou criminel ou dangereux, à ce triste esclavage des sens, à cet état, habituel d'infidélité qui vous fait perdre la paix : voilà ce qui vous parait si pénible, et cependant, en réalité, ce renoncement salutaire peut-il même être appelé un sacrifice ? Parlerez-vous de ces affections qui, pour être légitimes, n'en sont pas moins nuisibles aux intérêts éternels, parce qu'elles ne se renferment pas dans les limites de la foi, et qu'elles étouffent l'amour que vous devez à Dieu ? comment, lorsque la religion vous fait un devoir d'immoler les uns et de régler les autres, pouvez-vous gémir de l'utile contrainte qu'elle vous impose ?

Sacrifice des douceurs de sa vie et de toutes les joies de son âme. Marie sait bien que ce qu'elle va faire en présentant Jésus-Christ doit être pour elle une source de douleur : elle voit déjà Siméon qui lui montre le glaive dont elle sera percée : elle entend l'oracle du ciel qui lui est annoncé parce saint vieillard, et elle n'ignore pas que la prédiction qu'il lui fait est le commencement de son martyre. Il n'importe : le zèle de la loi la presse, elle entre dans le temple, elle parait devant Siméon, elle lui met son fils entre les bras, et dans les paroles prophétiques qu'il lui adresse, elle reçoit de lui le coup mortel. Qu'est-il besoin de vous rappeler que ce n'est pas à ce prix que Dieu réclame votre obéissance à sa sainte loi ? A juger par vos gémissements et vos plaintes des sacrifices qu'elle vous coûterait, on croirait qu'elle vous condamne à fuir du milieu des villes, à aller vous ensevelir dans la solitude, à disputer à la nature les délassements les plus innocents, la nourriture même et le sommeil.

De bonne foi, est-ce là ce que l'obéissance aux divins préceptes de l’Évangile vous impose ? non sans doute. Ce qu'elle exige de vous, c'est que vous rompiez une bonne fois avec ces habitudes de mollesse et de sensualité que la raison condamne presqu'aussi hautement que la foi, avec ces sociétés ou frivoles ou ennemies de la vraie piété, où vous perdez toujours plus ou moins le sentiment du bien et le goût de vos devoirs, avec cette suite d'inutilités et de bagatelles qui composent la chaîne de vos jours, pour commencer à mener une vie sérieuse, régulière, féconde en vertus, en bonnes oeuvres et en mérites. « Si des joies aussi pures, aussi saintes que celles de Marie, ont dû être sacrifiées, dit Saint Bernard, il n'est pas juste que nous épargnions les nôtres, qui sont toutes vaines et toutes profanes, qui nous dissipent et nous font perdre l'esprit de Dieu. »

Sacrifice de son propre honneur, puisqu'en se purifiant, Marie paraît de même condition que les autres femmes. Ainsi l'éclat de sa virginité est obscurci. Elle consent à en perdre la réputation et le nom, pour ne pas manquer à la loi.
Écouterez-vous encore les vains sophismes du faux honneur et du respect humain, les misérables défaites qu'on n'a pas honte d'opposer à l'accomplissement des devoirs les plus sacrés et des pratiques les plus indispensables ? Osez enfin marcher contre ces vains fantômes qui vous ont fait peur, fouler aux pieds ces menaces du monde, ces chimériques terreurs qui ont paralysé si souvent les bons mouvements de la grâce et fait échouer tous vos projets de conversion.

Ô généreuse Mère de Jésus ! à la seule pensée de tout ce que vous avez immolé en vous présentant avec votre divin Fils dans le temple, et des faibles sacrifices que m'impose l'accomplissement de la loi sainte, la confusion a couvert mon visage, l'infidélité et la lâcheté de mon cœur me remplissent de crainte. Si la Mère de Dieu qui, entre toutes les femmes, était bienheureuse, a néanmoins consenti, en se soumettant à la loi, d'être la plus affligée, dois-je si aisément me rebuter de cette divine loi pour quelques peines que j'ai à supporter en l'observant ? Et quand la conscience me presse d'entrer dans la voie étroite par laquelle ont marché tous les saints, et de commencer enfin à me faire cette sainte violence à laquelle seule le ciel est promis, par amour de mes aises, par de funestes ménagements pour le monde, renverrai-je encore à une époque incertaine mon retour à Dieu et la fidélité à son service ? non, non, dès ce moment mon cœur est à vous, Seigneur ! comme le vôtre il veut porter au milieu de lui-même la loi de l'obéissance. Confirmez par votre miséricorde ce bon désir que votre grâce y fait naître (Ps. 67, 29).



Vertu à obtenir : Ponctuelle obéissance aux Commandements
de Dieu et de l'Eglise.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus guidant intérieurement Marie à Jérusalem, pour glorifier Dieu par son obéissance. Considérez cette tendre Mère s'avançant pleine de recueillement et de modestie, tournant fréquemment les regards vers son divin Fils, et s'unissant à toutes les dispositions de son cœur. Priez-la de vous obtenir la grâce de les partager.

Oh ! si vous étiez, lorsque vous vous rendez à l'église, vraiment humble, recueilli, disposé au sacrifice de vous-même, quelle abondance de grâces, de lumières et de bénédictions vous en rapporteriez ! Songez aujourd'hui que ce n'est pas assez d'avoir admiré la courageuse obéissance de Marie, il faut vous efforcer de l'imiter. Renoncez donc à cette sensibilité qui vous a tant de fois égaré : c'est pour vous sauver des excès et des malheurs dans lesquels elle pourrait encore vous entraîner, que la foi vous invite à la régler et à la diriger selon ses vues. Ah ! si vous connaissiez le don de Dieu (1 Jean 4, 10) ! Ecoutez, âme chrétienne, voyez, prêtez l'oreille ; soyez docile, et ne vous laissez pas effrayer par les sacrifices.



Prière


Divin Jésus, qui, pour associer votre glorieuse Mère aux mérites de votre adorable obéissance, avez répandu dans sou coeur la plus profonde humilité et le plus invincible courage, imprimez, s'il vous plaît, dans le mien, l'amour de votre loi et un attachement inviolable à votre service, afin que désormais rien ne soit capable d'y ébranler la constance et la fidélité, et que, par la plus entière soumission et par un véritable esprit de sacrifice, je mérite d'avoir part aux grâces et aux bénédictions dont vous avez couronné l'humble et généreuse obéissance de Marie. Ainsi soit-il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 26 Jan 2017 - 22:20

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 26 janvier

L'Enfant Jésus veut être présenté dans le temple et consacré à Dieu.


Ils portèrent l'Enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, suivant ce qui est écrit dans la loi : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur. (Luc, 2. 22.)

« La loi de Moïse ordonnait deux choses aux parents des enfants nouvellement nés. La première, s'ils étaient les aînés, de les présenter et les consacrer au Seigneur. La seconde regardait la purification des Mères. La première paraissait manifestement avoir été instituée en figure de Jésus-Christ, qui étant, comme dit saint Paul, le premier-né avant toutes les créatures  » (1 Coloss. 1, 15), était celui en qui tout devait être sanctifié et éternellement consacré à Dieu. Nous savons que le premier acte de Jésus entrant au monde fut de se dévouer à Dieu et de se mettre à la place de toutes les victimes, de quelque nature qu'elles fussent, pour accomplir sa volonté en toute manière. Ce qu'il fit dans le sein de sa Mère par la disposition de son cœur, il le fait aujourd'hui réellement, en se présentant au temple, et se livrant au Seigneur comme une chose qui est à lui entièrement.  Efforcez-vous d'entrer dans les sentiments de l'Enfant Jésus ; et en considérant les raisons de miséricorde qui le déterminent à se présenter au temple, pénétrez-vous des deux grandes obligations qu'elles vous imposent : 1° une véritable sainteté, 2" une continuelle immolation.



une véritable sainteté

C'est un principe fondamental de la foi, que tout nous est donné par Jésus-Christ, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre . C'est pour cela que toutes les prières que l'Eglise adresse à Dieu sont toujours terminées par ces paroles : « Nous vous en supplions par Jésus-Christ. »
C'est par la même raison qu'elle place à la fin du canon de la messe ces mots si expressifs : Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui seul honneur et gloire dans les siècles des siècles.
Toutefois ne pensez pas que ce soit seulement depuis l'Incarnation, que tout a du être demandé par Jésus-Christ. C'est dès l'origine même du monde que tous les vœux et toutes les offrandes ont tiré leur mérite et leur vertu de ses supplications et de son sacrifice. Ainsi, c'était toujours comme unis à son oblation sainte, que les premiers-nés d'Israël étaient offerts ; et comme dans ces premiers-nés tout le reste des familles était donné à Dieu pour lui appartenir en propre, ainsi ces aînés eux-mêmes devaient tous un jour être consacrés dans la personne de Jésus-Christ et sanctifiés dans la présentation. C'est pour cela qu'il vient aujourd'hui au temple : il porte pour ainsi dire avec lui tous les enfants de la loi, et en même temps il se présente comme le chef d'un nouvel ordre d'adorateurs en esprit et en vérité qui par lui offriront des sacrifices spirituels toujours agréables au Père. Ainsi nous appartenions à Dieu à titre de créatures et comme ouvrages de ses mains, mais nous sommes à lui à un nouveau titre comme membres du corps mystique du Sauveur, et par la donation que lui a faite de nous en sa personne ce divin Chef auquel nous sommes incorporés par le baptême.

L'entendez-vous, fidèle, vous avez été donné à Dieu, consacré à sa gloire, sanctifié en Jésus-Christ ? C'est-à-dire que, comme lorsqu'on consacre un édifice, un vase ou tout autre objet au culte du Seigneur, on ne peut plus le détourner de son service, ni l'employer à de profanes usages ; ainsi, donné à Dieu par Jésus-Christ, vous êtes obligé de tendre sans cesse à la sainteté par vos actions, vos pensées et vos affections ; et quand vous vous détournez de cette fin, pour servir le monde ou pour obéir à vos passions, vous devenez un profanateur et un sacrilège.
Cependant est-ce ainsi que vous avez compris l'obligation de la sainteté, le devoir imposé à tous les chrétiens de travailler sans cesse à se sanctifier, et par la constance de leurs efforts, de leurs prières et de leurs bonnes œuvres, à atteindre enfin à la perfection à laquelle tous sont appelés en Jésus-Christ ?

Non, non, mon Dieu ! je suis bien forcé de le reconnaître, non, ce n'est pas ainsi que je l'ai entendu jusqu'à ce jour. Lorsque j'ai lu cette parole si formelle de votre Apôtre : La volonté de Dieu est que vous soyez saints, je n'en ai jamais senti toute la force, je n'ai jamais songé efficacement à en tirer la conséquence. Entraîné par le charme des sens, dominé par les idées du monde, j'ai respecté, admiré même la sainteté dans les justes que l'Eglise présente à notre vénération et à nos hommages, mais je ne l'ai pas regardée comme applicable à mon état et à ma conduite, comme une nécessité pour moi.
Cependant, ô mon Dieu ! que suis-je, si je ne suis pas saint ? et que serai-je au dernier jour, si je ne le deviens pas ? Saint Paul écrivant aux fidèles, les nommait tous indistinctement les saints, à vous tous qui êtes à Rome, chéris de Dieu et appelés pour être saints, aux fidèles que Jésus-Christ a sanctifiés, et qui sont appelés pour être saints », parce que, dans le langage de la foi, le nom de chrétien et celui de saint n'expriment qu'une même idée, c'est-à-dire un homme donné, dévoué, éternellement consacré à Dieu.
Ô sublime vocation ! Ô bienheureuse destination ! Vous ai-je jamais appréciées ? ô Jésus ! éclairez mes ténèbres.



Une continuelle immolation.

Si vous vous êtes formé une idée si imparfaite de l'obligation que vous avez contractée par votre adoption spirituelle d'être saint, et même de croître toujours en sainteté, comment auriez-vous pu comprendre la nécessité, concevoir même la pensée de ce généreux sacrifice, de cette continuelle immolation de vous-même dont Jésus- Christ vous offre dans sa Présentation un modèle si accompli ? Peut-être même à cette parole vous serez-vous dit intérieurement : ce langage est bien dur ; qu'on le fasse entendre dans les cloîtres, à la bonne heure ; mais peut-il convenir à des personnes engagées dans le monde, livrées aux sollicitudes et au tumulte des affaires, absorbées par les devoirs et les embarras d'une famille ? Si vous ne l'avez pas dit, vous savez au moins que c'est ainsi que parlent les enfants du siècle, que ce sont là les récriminations et les prétextes qu'ils opposent aux vues et à l'esprit de la foi, lorsqu'on essaie de les ramener à la pratique de l’Évangile et aux règles d'une vie vraiment chrétienne.

Cependant, fidèle, regardez Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi. Pourquoi veut -il être présenté au Temple, sinon pour y préluder à son sanglant sacrifice, pour y offrir les prémices de l'immolation qu'il consommera au Calvaire ? Tout la retrace, tout y rappelle l'autel, le glaive, le feu, le prêtre ; et l'Enfant divin n'est-il pas là tel que l'avait vu le Prophète, comme un agneau qu'on porte pour en faire une victime  ? Il est vrai que tout cet appareil qui l'environne n'est que l'image et la figure de ce qui doit s'accomplir un jour sur la montagne des douleurs ; mais c'est en réalité, c'est dès ce moment que la victime du péché s'offre à Dieu, se dévoue et s'immole. Jésus-Christ offre à son Père son corps, son âme, sa vie, ses actions, ses travaux, ses persécutions, ses souffrances, son sang et sa mort avec tous les tourments qui la devaient accompagner.

Car il avait toutes ces choses présentes à la pensée ; et, sachant combien elles devaient glorifier son Père, il lui en faisait un parfait holocauste. Il s'offre avec joie, heureux de pouvoir souffrir et mourir pour réparer l'outrage que la révolte de l'homme a fait à la majesté divine, avec un sentiment profond de respect, d'amour et de zèle pour la gloire de ce divin Père. Il en est si jaloux, il est si empressé de la lui rendre, qu'il devance, par l'oblation la plus entière de tout son être, l'heure de son sacrifice, et appelle de toute l'ardeur de ses désirs son sanglant baptême.

Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme ? ou plutôt, hélas ! ces religieuses affections ne te sont-elles pas étrangères ? Que vous ai-je donne en effet, ô mon Dieu ! moi qui ai tout reçu de vous : l'être, la vie, tous les biens de la nature, tous les dons de la grâce et jusqu'aux arrhes et aux gages de la gloire ? Que vous ai-je donné jusqu'à ce jour? rien, absolument rien, pas même ce cœur si pauvre, si misérable, que vous m'avez demandé tant de fois, qui vous appartient à tant de litres, que vous seul pouvez rendre heureux. Ah ! quand même à tout instant mon âme se serait exhalée en votre présence, quand à chaque battement de mon coeur, je vous aurais offert et immolé tout ce que je suis, donné tout ce que je possède, entièrement et sans réserve, que vous aurais-je offert, donné, immolé, qui ne vous appartînt, ô souverain Maître, ô généreux et magnifique Bienfaiteur! Oh ! que l'homme connaît peu vos droits ! qu'il entend mal ses intérêts, puisque « nous ne perdons rien en donnant tout, et que, quoi que nous vous donnions, vous nous le rendez toujours meilleur que nous ne vous l'avons donné. »

« O Jésus ! quelle victime voulez-vous que je sois ? voulez-vous que je sois un holocauste consumé et anéanti devant votre Père par le martyre du saint amour ? Voulez-vous que je sois une victime pour le péché par les saintes austérités de la pénitence, ou une victime pacifique et eucharistique dont le cœur touché de vos bienfaits s'exhale en actions de grâces, et se distille en amour à vos yeux ? Voulez-vous qu'immolé à la charité, je distribue tous mes biens pour la nourriture des pauvres, ou que, frère sincère et bienfaisant, je donne ma vie pour les chrétiens, me consumant en pieux travaux dans l'instruction des ignorants et dans l'assistance des malades ? me voilà prêt à m'offrir et à me dévouer, pourvu que ce soit avec vous, puisque avec vous je puis tout, et que je serai heureux de m'offrir par vous et en vous à Dieu votre Père. »



Vertu à obtenir : L'esprit de sacrifice.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus s'offrant à son Père, à sa première entrée dans le Temple, comme victime d'expiation pour nos péchés. « Oh ! que cette offrande est précieuse ! jamais il ne s'en est fait une pareille depuis la naissance du monde. »

Comprenez que par proportion c'est ainsi que vous devez vous présenter devant l'autel. Il est écrit dans la Loi : Vous ne paraîtrez pas en ma présence les mains vides, c'est-à-dire sans oblation. C'est pour cela que David disait : J'entrerai dans votre maison, Seigneur ! avec des holocaustes : Je vous offrirai la moelle des victimes.

« Donnons donc à Dieu nos membres, qui sont sur la terre, consacrons- les tous à son service.

Soyons des holocaustes raisonnables et des victimes parfaites : donnons-nous tout entiers à Dieu, afin qu'il nous rende tout entiers à nous-mêmes ; car en réalité, c'est recevoir que de donner à Dieu et lui offrir noire salut en sacrifice. »



Prière


Seigneur Jésus, qui avez voulu dès votre Enfance être présenté à Dieu votre Père en qualité de victime, pour témoigner, dès le commencement de votre vie, que vous étiez résolu à souffrir la mort, et qui avez inspiré à votre très-sainte Mère de se purifier elle-même, pour donner à tous les chrétiens un grand exemple d'obéissance et d'humilité, accordez-nous la grâce de nous anéantir assez nous-mêmes, pour devenir une même victime avec vous et d'être assez purs pour avoir part à la sainteté de Marie. Ainsi soit-il.




_________________

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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 27 Jan 2017 - 20:25

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 27 janvier

L'Enfant Jésus veut être racheté.


Lorsque le temps où une femme qui a mis au monde son premier-né doit se purifier sera accompli, elle portera à l'entrée du tabernacle du témoignage un agneau d'un an, pour être offert en holocauste. Si elle n'a pas un agneau d'un an et qu'elle n'en ait pas le moyen, elle prendra deux tourterelles ou deux petites colombes. (Lévit.,XII. 6.)

« Dieu tempère sa loi selon les besoins : sa rigueur, quoique régulière, est accommodante, et il permet au pauvre, au lieu d'un agneau qui dans son indigence lui coûterait trop, d'offrir des oiseaux d'un vil prix, mais agréables par leur simplicité et par leur douceur. Quoi qu'il en soit, il est constant que les tourterelles et les pigeons sont la victime des pauvres. Dans l'oblation du Sauveur, l’Évangile excluant l'agneau, et ne marquant que l'alternative des colombes ou des tourterelles, a voulu expressément marquer que le sacrifice de Jésus-Christ a été celui des plus pauvres. Mais pourquoi ce premier-né est-il racheté ? Fallait-il racheter le Rédempteur ? Le Rédempteur portait en lui-même la figure des esclaves et des pécheurs. Sa sainte Mère ne pouvait le conserver en sa puissance qu'en le rachetant » (Bossuet)
Plus on contemple attentivement et en détail les mystères du Verbe incarné, plus on a de peine à concevoir l'excès de ses abaissements. Comment n'être pas confondu, anéanti à la seule pensée du Rédempteur du genre humain racheté par quelques pièces de monnaie, et le sacrifice de sa vie suppléé pour un temps par celui de quelques animaux ? « Il s'est assujetti à une loi de servitude et d'esclavage, pour en affranchir ceux qui y étaient soumis, et afin que nous devinssions des enfants adoptifs » (Gai., 4, 5).
Ô générosité divine ! ô humilité ! ô charité ! Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens que j'ai reçus de lui ? (Ps. 115, 3)  
Ô Jésus naissant ! mettez du moins la reconnaissance dans mon coeur, et faites que je commence à sentir 1° à quel prix nous avons été rachetés, 2° à quel prix vous avez voulu l'être.



A quel prix nous avons été rachetés.

Lorsqu'un prince dont la conservation intéresse le bonheur de tout un peuple est tombé au pouvoir des ennemis, rien ne coûte pour l'arracher de leurs mains. Pour obtenir sa liberté, on dépouille le diadème de ses pierreries, les sujets se dépouillent de leur or : tous veulent contribuer à sa rançon par quelque sacrifice. Et cependant que sont tous ces sacrifices comparés à celui au prix duquel nous avons été rendus à la liberté des enfants de Dieu ? Non, ce n'est pas par des choses corruptibles, comme l'or ou l'argent, que vous avez été rachetés, mais par le précieux sang de Jésus-Christ.
La conséquence que le Prince des apôtres tire pour les fidèles de cette importante réflexion, c'est la haute estime qu'ils doivent concevoir de leur âme, le mépris qu'ils doivent faire de la gloire et des plaisirs, parce que toute chair est comme l'herbe, et toute la gloire de l'homme comme la fleur de l'herbe . C'est leur attention continuelle à se conserver dans la sainteté et dans l'innocence, pour ne point dégénérer de la dignité à laquelle les a élevés leur inappréciable rachat ; c'est la constance et la générosité de leurs efforts, pour croître sans cesse en perfection, vivant étrangers à la malice et à la corruption du siècle, comme une nation sainte et un peuple conquis', et habitant déjà parleurs désirs et leurs pensées au milieu de la bienheureuse société des Prédestinés.

Sont-ce là les considérations qui ont servi de base à vos jugements ? Est-ce d'après ces vues que vous avez apprécié la valeur de votre âme et l'étendue de vos obligations ? ou plutôt perverti par l'esprit du siècle, sans cesse en contact avec des hommes esclaves des sens et dominés par les passions, n'avez-vous pas habituellement oublié la plus noble partie de vous-même, placé les intérêts spirituels bien au-dessous des frivoles avantages de la terre et du temps, traité enfin avec une sorte de mépris cette âme qu'un Dieu n'a pas jugée indigne de ses recherches et de ses sacrifices, ne vivant presque que pour ce corps que tant de misères affligent et que dévorera un jour la corruption du tombeau ?

Il est trop vrai, ô mon divin Rédempteur ! c'est là le désordre de ma conduite : c'est là mon crime, c'est là le principe de mes vaines attaches et de mes humiliantes faiblesses. Mon âme a été précieuse à vos yeux, et je l'ai traitée comme une chose vile. Vous êtes descendu des cieux pour la racheter, et par le plus inconcevable délire, je ne me suis pas mis en peine de répondre à votre miséricorde et de coopérer aux prodiges de votre immense charité ! Prenez pitié de moi, ô vous qui m'avez racheté : donnez-moi le sentiment de ce que je suis comme créature acquise par votre sang et destinée à vous posséder.



A quel prix Jésus-Christ a voulu être racheté

A parler exactement, lorsque Jésus-Christ consentait à être racheté, il était impossible de trouver une offrande équivalente à son mérite. Tous les trésors du monde ne pouvaient être le prix de celui à qui tout appartient, ni toutes les créatures offertes en holocauste racheter la vie de celui par qui tout existe. Mais du moins il semble qu'un don plus magnifique et un sacrifice plus solennel eussent plus dignement figuré l'offrande et le sacrifice de l'homme-Dieu. Vous, le croyez, mais le seul véritable appréciateur de toutes choses en a jugé autrement. Il ne venait pas pallier, mais guérir nos cupidités par l'irrésistible autorité de ses exemples; et parce que l'orgueil et l'amour des richesses sont les deux grandes plaies du cœur humain, il voulait en offrir dans toutes les circonstances de sa vie le remède efficace. C'est ainsi qu'il se plaît dans la pauvreté, qu'il aime la bassesse, qu'il en étale les marques en tout et partout. N'oublions pas un si grand mystère, et en mémoire de celui « qui, étant riche, s'est fait pauvre pour l'amour de nous, afin de nous enrichir par sa pauvreté » (1 Cor. 8, 3) aimons-en le précieux caractère.

Mais la disproportion entre cet inestimable Rédempteur et le prix offert pour lui, et la nature des victimes immolées à sa place, et par elles-mêmes étrangères à la cause comme aux effets de son sacrifice, ne nous présentent-elles pas quelque autre instruction ? Ah ! c'est nous qui devions mourir à cause de notre péché : c'était réellement à nous à subir la mort.
Dieu nous en délivre par Jésus, qui meurt pour nous : et c'est en figure de Jésus, notre véritable victime, qu'on immole des animaux. Ils meurent donc pour lui en quelque sorte, jusqu'à ce qu'il vienne ; et nous sommes exempts de la mort par son oblation. Mais le sommes-nous de la mort de la pénitence, de la mort au péché, de la mort aux mauvais désirs ? Mais pouvons-nous encore vivre à la vaine gloire, à la sensualité, à nos frivoles ou dangereuses attaches ? Mais serons-nous encore étrangers à l'abnégation, à l'esprit de sacrifice, à l'amour de la croix ? ou plutôt ne sentirons-nous pas que c'est à nous à suppléer par l'immolation continuelle de tout notre être à l'insuffisance des offrandes de la loi, et par là à mériter de participer aux mérites infinis de l'oblation de notre divin Chef ?



Vertu à obtenir : L'amour de la pénitence.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus racheté par sa pieuse Mère.

Ô bonté infinie de Dieu qui, nous ayant donné son Fils dans l'Incarnation, ne veut pas le reprendre, mais confirme dans le Temple la donation qu'il en avait faite, et nous en fait un nouveau présent pour notre salut éternel.

Recevez-le pour nous des mains du prêtre, ô Marie ! comme des mains et de la part du Père céleste lui-même : mais vous ne le garderez pas longtemps ; vous le verrez revendu pour trente deniers, et livré au supplice de la croix.

Rappelez-moi souvent à quel prix j'ai été racheté, et à combien de titres j'appartiens à Jésus-Christ.



Prière


Divin premier-né ! soit que vous soyez racheté pour être à moi dans votre enfance, soit que vous soyez vendu pour être encore plus à moi à la fin de votre vie, je veux me racheter pour vous de ce siècle malin ; je veux me vendre pour vous et me livrer pour vous à l'exercice de la pénitence et de la charité.

Je suis à vous, Seigneur, sauvez-moi de ma faiblesse et de mon inconstance, et de la cruelle persévérance des ennemis de mon salut. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 28 Jan 2017 - 21:03

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 28 janvier

L'Enfant Jésus attire Siméon dans le temple.


Il y avait dans Jérusalem un homme Juste et craignant Dieu, nommé Siméon, qui vivait dans l'attente de la consolation d'Israël ; et le Saint-Esprit était en lui, et il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point qu'auparavant il n'eût vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple par un mouvement de l'Esprit de Dieu. ( Luc, II. 25. 26. 27.)

« Voici un homme admirable, et qui fait un grand personnage dans les mystères de l'Enfance de Jésus. Premièrement c'est un saint vieillard qui n'attendait plus que la mort ; il avait passé toute sa vie dans l'attente de la céleste consolation. Son attente était une préparation à la grâce de voir Jésus ; mais celle préparation était encore éloignée. La dernière et la plus prochaine disposition, c'est qu'après avoir longtemps attendu avec foi et patience, tout à coup il sent dans son cœur une impulsion aussi vive que secrète d'aller au Temple, sans qu'il sût peut-être distinctement ce qu'il y allait trouver, Dieu se contentant de lui faire sentir que ses vœux seraient satisfaits ». (Bossuet) Et comment ne le seraient ils pas, puisque celui qui met ce sentiment dans son cœur est le Christ même qu'il désire, la consolation promise à son attente ?
Ô divin Enfant, que vous êtes fidèle dans vos promesses ! que vous êtes bon envers ceux qui ont le cœur droit ! avec quelle générosité vous les prévenez de vos plus douces bénédictions, quand ils ne mettent point d'obstacles aux desseins de votre amour, et surtout quand ils savent apprécier vos dons et se disposer à les recevoir ! Apprenez de l'exemple de Siméon qu'il y a deux sortes de préparations à la grâce : 1° la préparation éloignée ; 2° la préparation prochaine.



La préparation éloignée.

Il n'est pas nécessaire, comme plusieurs se l'imaginent, de mener un genre de vie extraordinaire pour rececevoir les grâces de Dieu : ce n'est pas uniquement par des pratiques de piété hors de la portée du commun des fidèles qu'on attire en soi l'Esprit saint, mais par une conduite régulière et solidement chrétienne. On peut dire même que l'habitude des spéculations oiseuses et des idées chimériques d'une perfection à laquelle on n'est pas appelé, non-seulement est stérile pour l'âme qui s'en nourrit, et n'est pas sans danger pour l'humilité, mais même qu elle fait perdre de vue l'accomplissement des devoirs , et la pratique journalière des vertus qui conduit à la perfection véritable. Voyez en effet par quels moyens Siméon s'était rendu digne de voir le Messie, et de publier ses grandeurs :
II était juste, c'est-à-dire, selon le langage de l'Écriture, qu'il s'acquittait parfaitement de ses devoirs envers Dieu et envers les hommes ; il était craignant Dieu, plein de respect pour sa divine majesté et pour l'observation de sa loi ; il vivait dans l'attente de la consolation d'Israël : c'était là son unique espérance, le seul désir qui occupait son cœur ; enfin l'Esprit saint était en lui. Il l'avait attiré par sa foi, conservé par la persévérance de son attente. Voilà certainement des vertus en apparence bien simples, et une conduite qui ne semble pas excéder la régularité à laquelle étaient obligés tous les enfants d'Israël. Et cependant, lorsque l’Évangéliste en retrace si exactement tous les détails, et qu'il ajoute que l'Esprit saint était dans cet homme juste, il nous donne assez à entendre que son âme lui était agréable, et qu'il se plaisait à y habiter comme dans son temple.

Ce ne sont donc ni des actions éclatantes, ni des entreprises ou des pratiques extraordinaires qui attirent les regards de Dieu et ses miséricordes sur une âme, mais un véritable esprit de foi, mais une intention droite et pure, mais une constante fidélité dans l'accomplissement de tous les devoirs.
Ô mon Dieu ! que d'illusions je me suis faites sur ce point ! que d'aperçus et de vagues idées j'ai pris pour des projets de conversion ! que de stériles désirs, pour des résolutions invariables ! Combien de fois ne me suis-je pas dit :
Que ne puis-je, comme les Hilarion et les Bernard, me cacher dans la profondeur des solitudes et y vivre uniquement occupé de Dieu, loin des périls et des agitations de ce monde ! Que ne m'a t-il été donné, comme aux martyrs, de sacrifier ma vie pour Jésus-Christ ! Qu'ils sont heureux les hommes apostoliques qui, à travers les mers, vont annoncer son nom aux nations infidèles ! que leur sort est digue d'envie! Et je ne m'apercevais pas qu'eu nourrissant perpétuellement mon imagination de sacrifices que la Providence ne m'a point imposés, je perdais de vue ceux que journellement elle exige de moi, et qu'en rêvant une perfection à laquelle je ne suis point appelé, je négligeais en réalité les plus indispensables obligations.
Divin Jésus ! donnez-moi enfin de bien sentir que c'est dans une fidèle correspondance à votre grâce, dans l'exécution généreuse des desseins qu'elle inspire, dans l'application aux soins et aux devoirs de mon état et de ma religion, que consiste pour moi la sainteté, que c'est là enfin la préparation éloignée à vos bienfaits et à vos faveurs.



La. préparation prochaine.

Comme c'était spécialement dans nos saintes églises que Dieu devait un jour exaucer les voeux des fidèles et leur accorder ses faveurs, c'est dans le Temple aussi qu'il veut contenter l'attente, et couronner la persévérance de Siméon; et de plus, parce que sa grâce, pour se communiquer aux âmes, exige d'elles non-seulement une sainteté habituelle, mais encore une disposition actuelle de foi et de piété, c'est par un mouvement de l'Esprit saint qu'il y est conduit. Il vint en esprit dans le Temple. C'est-à-dire qu'un désir plus vif accompagné d'une certaine lumière, un attrait plus fort et plus doux le pressaient de se rendre au Temple, et qu'une voix intérieure lui disait : Le moment après lequel vous avez soupiré si longtemps est arrivé. Jugez de ce que l'inattention, la dissipation, la nonchalance pouvaient lui faire perdre !
Mais non : son esprit est aussi recueilli que son cœur est docile; et, avec un redoublement de ferveur et d'amour, il se prépare à la grâce inestimable qui l'attend, et plein d'espérance, il se hâte vers le saint lieu.

Vous reconnaissez-vous à ces traits ? Votre âme est-elle habituellement assez pure pour que l'Esprit saint fasse en elle sa demeure ? Y règne-t-il un calme assez profond pour que sa voix puisse s'y faire entendre, pour que le plus léger souffle de la grâce lui donne un mouvement et la dirige ?
Ô Ciel ! que cette disposition habituelle est rare ! Mais au moins, quand vous vous rendez dans la maison de Dieu, y portez-vous cette préparation prochaine, ces dispositions actuelles que vous prescrivent si rigoureusement et sa majesté infinie et votre profonde misère ? y venez-vous en esprit? fie vous contentez-vous pas trop souvent d'y porter votre corps ? Est-ce l'Esprit de Dieu qui vous y conduit ? N'est-ce pas bien plus habituellement la coutume, la bienséance, une routine de christianisme et de dévotion ? Est-ce un esprit de foi qui vous fasse découvrir dans ces demeures bâties de la main des hommes la maison de Dieu et la porte du ciel ,, un esprit de dévotion qui vous pénètre de la plus vive et de la plus juste reconnaissance pour le Sauveur miséricordieux qui ne dédaigne pas d'y faire son séjour, de s'y offrir journellement en sacrifice, de vous inviter à l'y venir visiter ? mais lors surtout que la plus grande action comme le plus grand bonheur vous y appelle, quand vous venez pour y recevoir Jésus-Christ, non-seulement entre vos bras, mais dans votre cœur, ressentez-vous quelque chose de cette tendre émotion, de ces saintes ardeurs dont l'âme de Siméon était toute remplie, et qui achevaient de la préparer aux grâces précieuses dont il allait être comblé ?

Hélas ! ô mon Sauveur ! toutes ces questions me pénètrent de regret et d'effroi ; je n'y puis répondre que par mes gémissements et par mes larmes. Non, non : il faut bien que je le confesse, ni mon esprit n'est frappé d'une religieuse frayeur, ni mon cœur ému de tendresse à votre approche ; je ne connais ni ces pleurs d'amour que la seule vue de l'autel arrachait à vos serviteurs, ni ces transports de joie qu'excitait en eux la pompe de nos saintes solennités.
Et cependant cette consolation d'Israël qui avait si longtemps soutenu l'attente de Siméon, nos tabernacles ne la renferment-ils pas ? Que dis-je  ? c'était l'espérance qui réveillait son ardeur et précipitait ses pas vers le temple. Mais, plus favorisé que lui, n'ai-je pas l'infaillible certitude de la foi ; et, quand elle me guide vers le sanctuaire, ne m'atteste-t-elle pas invinciblement que je vous y trouverai ?
Pardonnez, ô divin Jésus ! à ma froideur et à ma dissipation : détournez votre face de mes péchés, et effacez toutes mes iniquités :
ne me rejetez pas de votre présence, et ne m'ôtez pas votre Esprit saint. Envoyez-moi votre lumière et votre vérité; ce sont elles qui me conduiront sur votre montagne sainte et dans vos tabernacles. (Ps. 50 et 42)



Vertu à obtenir : Le recueillement dans le lieu saint.




Résolutions et aspirations


Honorez souvent pendant la journée l'Esprit saint, l'Esprit de Jésus qui prend le soin de la conduite de votre âme, et qui l'excite à la pratique des bonnes oeuvres : ne faites rien aujourd'hui que par le mouvement de la grâce.

Demandez-lui souvent pour cet effet le secours de ses lumières et de ses inspirations. Oh ! si jamais vous n'aviez mis d'obstacle aux bons mouvements de l'Esprit saint, à tout ce qu'il voulait opérer en vous, quelles pures délices vous auriez goûtées ! que de mérites vous auriez accumulés ! conjurez-le de vous accorder l'humilité de l'esprit et la docilité du cœur.



Prière


Divin Jésus ! qui, dans les temples matériels et dans l'assemblée visible des fidèles, nous montrez une image de leur invisible réunion avec vous dans l'éternité, animez notre foi et affermissez notre espérance, afin que, comme Siméon, vivant dans l'attente de la consolation céleste, et guidés par votre Saint-Esprit, nous ayons aussi le bonheur de vous voir et de vous posséder à jamais dans la véritable Jérusalem. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 29 Jan 2017 - 22:35

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 29 janvier

L'Enfant Jésus en butte aux contradictions.


Cet enfant que vous voyez est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction. (Luc, XI. 34.)

Vous êtes d'en bas, et je suis d'en haut. Vous êtes du monde , et je ne suis pas du monde. La lumière est venue dans le monde ; et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises (Jean.. 4, 23).
« Voilà trois paroles du Fils de Dieu, qui contiennent toutes les raisons pour lesquelles les hommes n'ont pu le souffrir : ils sont superbes, et ils ne veulent pas s'humilier, pour recevoir les sublimités qu'il leur annonce ; ils sont charnels et sensuels, et ils ne veulent passe dépouiller de leurs sens, pour entrer dans les choses spirituelles où il les veut faire entrer ; ils sont vicieux et corrompus, et ils ne peuvent souffrir d'être repris par la vérité. » (Bossuet) Voilà la vraie cause de ce soulèvement contre la religion, de ces clameurs et de ces récriminations qui retentissent autour de vous, de cette contradiction, en un mot, à laquelle le christianisme a été constamment en butte depuis son établissement. Priez aujourd'hui l'Enfant divin qui en est l'objet, de vous faire la grâce de n'en être point ébranlé, et de vous faire comprendre qu'elle est entièrement impuissante 1° contre la foi, 2° contre le fidèle.



impuissante contre la foi.

Le christianisme a été contredit, attaqué, combattu sur tous les points, d'abord dans la personne de son divin Fondateur ; sa naissance et sa vie, sa mort et sa résurrection, sa doctrine et ses œuvres, ses miracles et ses vertus ont été contestés, décriés, niés avec une persévérance et une inexplicable fureur ; ensuite dans les apôtres et les fidèles :
ils ont été poursuivis, tourmentés, objets de la haine et de l'exécration de tous les peuples, et pendant trois siècles surtout, l'univers s'est ligué pour les anéantir. Pas une objection, pas une difficulté, pas une chicane qui n'ait été avancée, soutenue, répétée mille fois, et de siècle en siècle reproduite sous mille formes diverses. Tantôt la contradiction est venue du dehors :
c'étaient les tyrans avec leurs bûchers et tous les raffinements de la plus atroce barbarie ; c'étaient les philosophes avec leurs sophismes si flatteurs pour l'orgueil, leur morale si commode pour les passions. Tantôt c'est du dedans, et du sein même de l'Eglise qu'elle s'est élevée :
c'était l'hérésie avec sa perfidie ou son audace, le dérèglement des mœurs et de scandaleuses discordes. A certaines époques la tempête est devenue si terrible, l'obscurité si grande, que le monde a paru menacé de retomber dans les ténèbres dont l'avait retiré l’Évangile.
Cependant qu'est-il arrivé ? Ce qui arrive lorsque, après un violent orage, le soleil, chassant devant lui les vapeurs impures qui interceptaient sa lumière, brille d'un plus vif éclat, et semble rendre la vie à la nature : le sang des martyrs est devenu une semence de chrétiens; la patience des confesseurs a lassé l'opiniâtreté des persécuteurs : les apologistes de la religion ont réduit au silence l'imposture et la calomnie :
la voix de l'Eglise s'est fait entendre, et, en foudroyant l'erreur, en a extirpé la racine par la précision et la clarté de ses solennelles décisions ; et le flambeau de la foi continue de guider les fidèles vers leur terme.

Homme de peu de foi ! pourquoi donc avez-vous douté (Matthieu. 14, 21) ? Le passé ne vous répond-il pas de l'avenir ? Le vaisseau de l'Eglise a-t-il été délaissé par le divin Pilote qui l'a lancé à travers les tempêtes ? Si sa main puissante l'a constamment soutenu, garanti, dirigé pendant une traversée de dix-huit siècles, pourquoi craignez-vous qu'il en abandonne la conduite ? Ecoutez et méditez ces paroles du Psalmiste, que saint Augustin met dans la bouche de l’Épouse de Jésus-Christ (August. dans Ps. 118) :
« Mes enfants, dit la sainte Eglise, je ne m'étonne pas de tant de traverses ; j'y suis accoutumée dès ma tendre enfance :
les ennemis qui m'attaquent n'ont jamais cessé de me tourmenter dès ma première jeunesse ; et ils n'ont rien gagné contre moi, et leurs efforts ont toujours été inutiles. Je ne m'étonne pas de ces violences. Regardez, mes enfants, mon antiquité ; ces cruelles persécutions dont a été tourmentée mon enfance, m'ont-elles pu empêcher de parvenir heureusement à cette vieillesse vénérable ? Non, je ne m'étonne plus des persécutions : si c'était la première fois, j'en serais peut-être troublée ; maintenant la longue habitude fait que je ne m'en émeus point ; je laisse agir les pécheurs. Je suis bien aise de prouver ma foi à celui qui m'a appelée, et de me montrer digne de son choix par une si noble épreuve d'un amour constant et fidèle. »(Bossuet) Entrez dans ces sentiments, Enfant de l'Eglise.

Imitez la confiance de votre mère : souvenez-vous que la parole de Dieu est immuable, et dites-lui, au milieu des alarmes que vous fait concevoir le déchaînement des ennemis de la religion : Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi, parce que mon âme se confie en vous, et que j'espérerai toujours sous l'abri de vos ailes, jusqu'à ce que l'iniquité ait passé (Ps. Ps. 51, 1).



Contradiction du monde impuissante contre le fidèle.

Comme c'était spécialement dans nos saintes églises que Dieu devait un jour exaucer les vœux des fidèles et leur accorder ses faveurs, c'est dans le Temple aussi qu'il veut contenter l'attente, et couronner la persévérance de Siméon; et de plus, parce que sa grâce, pour se communiquer aux âmes, exige d'elles non-seulement une sainteté habituelle, mais encore une disposition actuelle de foi et de piété, c'est par un mouvement de l'Esprit saint qu'il y est conduit. Il vint en esprit dans le Temple. C'est-à-dire qu'un désir plus vif accompagné d'une certaine lumière, un attrait plus fort et plus doux le pressaient de se rendre au Temple, et qu'une voix intérieure lui disait : Le moment après lequel vous avez soupiré si longtemps est arrivé. Jugez de ce que l'inattention, la dissipation, la nonchalance pouvaient lui faire perdre !
Mais non : son esprit est aussi recueilli que son cœur est docile; et, avec un redoublement de ferveur et d'amour, il se prépare à la grâce inestimable qui l'attend, et plein d'espérance, il se hâte vers le saint lieu.

Que votre cœur ne se trouble pas, disait Jésus-Christ à ses disciples, la veille même de sa mort, vous aurez bien à souffrir dans le monde, mais ayez confiance ; j'ai vaincu le monde. (Jean 14, 1 16, 33)
Il l'a vaincu en effet. Vous l'avez vu, la contradiction n'a pu arrêter la publication et les progrès de l’Évangile : elle n'a servi même qu'à étendre et à affermir l'autorité invincible de la foi. Ceux qui l'ont combattue en ont été punis par l'aveuglement et l'abandon. Ceux qui s'y sont soumis avec docilité ont trouvé sous sa conduite la sagesse, la lumière et la paix. Ainsi s'est vérifiée la prédiction du saint vieillard : Cet Enfant que vous voyez est pour la perte et pour la résurrection de plusieurs en Israël ; prédiction que Jésus, sur le point de monter au ciel, expliquait lui-même quand il disait : Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira point sera condamné. (Marc 16, 16)
Ainsi a été révélé, comme Siméon l'avait encore prophétisé, le secret des cœurs. Cette contradiction à laquelle le Sauveur a été en butte en a dévoilé l'orgueil, la corruption et la profonde malice. Comme la vérité et la sainteté n'avaient jamais paru plus parfaites et plus victorieuses que dans sa doctrine et dans ses exemples, elles ne pouvaient manquer d'humilier l'esprit superbe et d'alarmer les fausses vertus des pharisiens et des docteurs de la loi ; elles leur sont devenues odieuses et insupportables, précisément parce qu'elles étaient dans sa personne, convaincantes et irrépréhensibles ; ils n'ont plus été arrêtés par rien pour s'en débarrasser, et il fallut crucifier celui qui était la vérité et la sainteté même.

Ce secret des cœurs n'est-il pas aussi clairement révélé aujourd'hui par la contradiction presque universelle dont la religion est l'objet ?
Cette fausse sagesse qui s'élève avec hauteur contre la science de Dieu (2 Cor. 10, 5) ; ces fausses vertus qui servent de voile à de honteux désordres, de prétexte à l'indifférence et d'apologie même à l'impiété, ce mépris de la vie future, ce monstrueux oubli de Dieu, ne vous révèlent-ils pas l'irrémédiable misère des cœurs qui s'obstinent à se révolter contre la foi ? Qui les pousse donc à contrarier ainsi leur nature, à démentir leur raison, à étouffer le cri de leur conscience ? Quel bien peuvent-ils espérer de leur impiété ? A quel terme fait-elle aboutir leur prospérité ? Quel soulagement leur procure-t-elle dans la souffrance, quelle consolation dans le malheur ? C'est donc à la satisfaction de leurs passions aveugles, qu'au reste rien ne contente pleinement, qu'ils sacrifient et le bonheur du temps et leur félicité éternelle. Comment l'inconséquence d'une telle conduite pourrait-elle faire chanceler la foi dans votre âme ? ou plutôt comment ne vous attacherait-elle pas plus invinciblement à cette Eglise du Dieu vivant qui est la colonne et le soutien de la vérité (1 Tim. 3, 15) ?

Ah ! Seigneur, je vous l'avoue, mes pieds ont été presque ébranlés, mes pas ont presque chancelé (Ps. 72) quand j'ai vu la multitude des déserteurs de votre loi. Et je ne réfléchissais pas que nous ne pouvons rien contre la vérité, (2 Cor. 13, 8.) que quand des milliers d'aveugles s’obstineraient à nier la clarté du soleil, sa lumière n'en éclairerait pas moins l'univers. Je ne faisais pas attention qu'unis par la haine de la vérité et par leur commune opposition à la sainteté, les ennemis de la religion sont divisés entre eux par l'erreur et par toutes les passions ; que, malgré toutes leurs recherches, ils n'ont pourtant découvert ni des règles et des principes de morale plus sûrs, ni des motifs de consolation plus puissants, ni des gages d'espérance plus solides que ceux que nous présente l’Évangile, et que cette coupable indifférence contre laquelle réclament leur esprit et leur cœur, est la contradiction la plus injuste que les hommes pouvaient susciter à leur divin Rédempteur, et sera pour eux le sujet d'une terrible condamnation.



Vertu à obtenir : Une soumission aveugle à toutes les décisions de l'Eglise.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus qui, à peine né, veut être présenté comme
un signe de contradiction.

Ah ! mon Sauveur ! je n'avais pas entendu jusqu'à ce jour cette étonnante parole que vous avez adressée aux envoyés de saint Jean-Baptiste : Heureux celui qui ne se scandalisera point à mon sujet (Matthieu 11, 6) ! Tout en vous a scandalisé les hommes, tout, jusqu'à votre miséricorde et à vos plus doux bienfaits. Ils n'ont cessé de vous contredire.

Combien de fois ne me suis-je pas rendu coupable de cette ingratitude ; Ma vie a été dans une continuelle opposition avec la vôtre, mes affections, mes pensées, mes œuvres ont constamment contrarié vos maximes, votre esprit, votre croix.

Ô mon Sauveur ! je frémis à cette parole : Cet enfant a été établi pour la perte de plusieurs. Que je ne sois pas de ce nombre, ô Jésus ! vous êtes aussi la résurrection et la vie (Jean 11, 26) : ressuscitez-moi et que je ne meure plus, mais que je vive d'une vie de charité et de bonnes oeuvres.



Prière


Ô mon Sauveur ! en voyant le petit nombre de ceux qui vous restent fidèles et l'innombrable multitude de ceux qui vous délaissent ou qui se tournent contre vous, mon âme s'est troublée.
J'oubliais, mon Dieu, que cette triste défection a été prédite, et que ceux qui vous contredisent pour leur ruine vérifient la prophétie aussi bien que ceux qui vous adorent.

Affermissez donc ma foi, et faites qu'en m'affligeant de la perte de tant d'âmes rachetées comme moi de votre sang, je m'anime d'une confiance nouvelle en voire miséricorde et d'une inviolable fidélité à votre service. Ainsi soit-il..





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 31 Jan 2017 - 0:58

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 30 janvier

L'Enfant Jésus la lumière des gentils et la gloire du peuple de Dieu.


Mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous donnez et que vous destinez pour être exposé à la vue de tous les peuples, pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire d'Israël votre peuple. (Luc, 2, 30 et suiv.)

« Siméon ne voit rien encore qu'un enfant où rien ne paraît d'extraordinaire ; et Dieu lui ouvre les yeux de l'esprit, pour voir que c'est la lumière que Dieu prépare aux gentils pour les éclairer, et le flambeau pour les recueillir de leur dispersion : en même temps la gloire d'Israël, celui où se réunissent ceux qui sont loin et ceux qui sont près : en un mot l'attente commune des deux peuples, comme Jacob Je vit en mourant, lorsqu'il vit sortir de Juda celui qui était l'espérance de tous les peuples de l'univers. » (Gen. 49, 10) (Jean.. 4, 23).

Prenez aussi l'Enfant Jésus entre vos bras, c'est-à-dire approchez-vous de lui avec une foi vive et une ardente charité : priez-le de répandre en vous quelque étincelle du feu sacré dont il embrase le cœur du saint vieillard, afin que vous découvriez comme lui dans les premiers mystères du Verbe incarné, 1° la lumière des âmes, 2° la gloire et la consolation des cœurs.



La lumière des âmes.

C'est toujours sous l'emblème de la lumière, que le Rédempteur promis au genre humain est annoncé et présenté par les prophètes : « Voici, s'écrie Isaïe, ce que dit le Seigneur à celui qu'il doit envoyer :
Je vous ai établi pour être la lumière des nations, pour ouvrir les yeux aux aveugles, et pour faire sortir de prison ceux qui étaient dans les ténèbres. Les nations marcheront à la lueur de votre lumière, et les rois à la splendeur qui se lèvera sur vous »
. (Isaïe 42 et 60) La lumière s'est levée sur le juste, dit le Psalmiste, parlant de l'avenir comme d'un événement accompli ; et le Jour de l'allégresse a lui pour les cœurs droits (Ps. 96, 11 ). C'est qu'en effet Jésus-Christ est la vraie lumière de nos âmes ; c'est que, sans la foi qui a révélé à l'homme son principe et sa fin dernière, jamais il ne pouvait percer la nuit épaisse dont les erreurs l'avaient enveloppé. Des ténèbres plus profondes que celles qui couvraient au commencement la face de l'abîme lui eussent à jamais dérobé la vérité.

C'est pour rappeler à ses enfants et pour rendre ces principes plus frappants pour eux, que l'Eglise a consacré l'usage de bénir, le jour de la Purification, et de porter à la procession des cierges allumés. Son dessein dans cette pieuse cérémonie est de représenter le feu de l'amour divin qui doit embraser leur cœurs, et en bannir tout mélange de feu étranger (Nom., 5, 1), c'est-à-dire le feu des passions, qui ne peut que les souiller et les profaner. Elle veut aussi, en honorant la lumière incréée qui a daigné se manifester à leurs yeux pour dissiper leurs ténèbres, leur faire sentir l'obligation où ils sont de préparer ses voies par les bonnes oeuvres qui doivent les rendre la lumière du monde (Matthieu 5, 14 et 16).

Mais les âmes miséricordieusement attirées à l'étude et à la connaissance des mystères de la divine Enfance n'y trouveront-elles pas de plus hautes instructions, et des obligations plus étroites ? Le Maître souverain par qui tout a été fait, l’Éternel par qui tout subsiste, inconnu de l'univers qu'il vient sauver, étranger au milieu d'un peuple qu'il a appelé son peuple, dédaigné, rebuté par ses propres créatures, et dans ce temple dont il est le vrai Dieu, n'étant reconnu que par un vieillard et une veuve !
Qu'est-ce donc, à mon Sauveur ! qu'est-ce que l'estime, l'approbation, l'admiration même des hommes ? pourquoi donc tant désirer de vivre dans leur pensée, leur affection, leur souvenir ? pourquoi m'affliger si vivement de leur oubli, de leur abandon, et même de leur ingratitude ? Comment consumer, tourmenter ma vie à désirer et à regretter ? Qu'y a-t-il donc pour moi dans le ciel, et que puis-je vouloir de vous sur la terre, hors vous seul, ô mon Dieu ? A la lumière de vos exemples, il me semble que j'entrevois ces hautes vérités ; mais que de nuages encore à dissiper ! que d'obstacles à vaincre dans mon cœur, pour y conformer ma conduite ! Je crois, ô mon Sauveur ! aidez-moi dans mon peu defoi (Marc 9, 23) . Je veux marcher à votre suite : soutenez ma faiblesse.



la gloire et la consolation des cœurs

Lorsque vous entendez l'apôtre s''écrier : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ (Gal. 6, 14) ! vous admirez ces sentiments, vous en êtes touché et édifié ! mais peut-être ne les regardez-vous que comme l'expression d'un saint enthousiasme, comme un élan de cette charité qui embrasait son cœur.
Ah ! oui, sans doute, c'était l'amour divin qui lui inspirait ce langage ; mais le souvenir des mystères que Jésus-Christ a opérés pour notre salut ne devrait-il pas nous l'inspirer comme à saint Paul ? Jésus- Christ n'est-il pas l'image de la gloire de Dieu (Héb. 1, 3) ? N'est-il pas la gloire des anges, la gloire des hommes, la gloire et l'ornement de tout l'univers ? Lorsque, par un inconcevable excès de miséricorde, il a daigné prendre notre nature, devenir notre chef, et en nous incorporant à lui, nous rendre participants de la nature divine (2 Pierre 1, 4) pourrions-nous donc nous glorifier en autre chose qu'en ce comble d'honneur ? Siméon appelle l'Enfant divin la gloire du peuple d'Israël, parce qu'il avait voulu naître de la race des Juifs, et parce que, en vue de sa naissance, ils avaient été comblés de bienfaits et favorisés d'une protection miraculeuse. Mais les chrétiens ne sont-ils pas le véritable Israël ? Mais si Jésus-Christ a choisi dans l'ancien peuple ses ancêtres selon la chair, n'a-t-il pas choisi dans le nouveau ses héritiers selon l'esprit ? Ne sommes-nous pas appelés, et ne sommes-nous pas en effet enfants de Dieu i ? Ah ! voilà la vraie gloire de l'homme, voilà la gloire incomparable du chrétien.

Mais, ô prodige d'aveuglement et de folie ! voilà la seule gloire que la plupart des hommes ne savent pas apprécier, qui ne peut ni exciter leur reconnaissance, ni aiguillonner leur courage. Us se glorifient dans les richesses que les voleurs ravissent, dont la mort les dépouille impitoyablement : ils se glorifient dans les honneurs souvent si difficiles à obtenir, si vides de consolations : ils se glorifient des frivoles avantages du corps, de l'esprit, du savoir, de l'adresse qu'ils s'exagèrent toujours plus ou moins à eux-mêmes, et dont la perte ouvre dans leur cœur une source intarissable de regrets et de douleurs. Et l'honneur sans égal d'appeler Dieu leur père, d'être les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ, ne les touche pas, et les conséquences si précieuses de cette adoption divine, la grâce de la sainteté, la connaissance de la vérité, l'espérance d'une immortelle félicité, ils n'en font nulle estime ; et tandis qu'ils s’enorgueillissent des dons les plus frivoles, ils dédaignent la vraie grandeur de l'homme, la gloire à laquelle les a élevés le christianisme.

Il me semble bien, ô mon Sauveur ! que je ne suis pas descendu à ce degré d'avilissement, d'impiété et de folie. Mais que je suis loin de sentir comme je le dois le mérite et la valeur de la dignité à laquelle vous m'avez appelé par votre grâce sur les fonts sacrés du baptême ! puis-je dire, ô divin Enfant ! que je ne me glorifie que dans votre croix, dans vos abaissements prodigieux, dans votre pauvreté, voire abandon et vos larmes ? et si, par moments, je ressens dans mon cœur quelque chose de cette disposition, où en suis-je, et qu'en reste-t-il, quand il faut en venir à l'application et aux œuvres ? Changez donc ce cœur, ô Jésus! fortifiez -moi, afin que désormais je puisse dire avec vérité que c'est en vous seul que je me glorifie.



Vertu à obtenir : Le mépris de la gloire du monde.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus comme la source du salut, la lumière de nos âmes et la gloire des vrais fidèles.

Priez-le de vous donner quelque part aux vives clartés dont il remplit l'âme de Siméon, pour que votre esprit, dégagé de toutes les illusions, ne recherche et n'aime que la vérité.

Efforcez-vous de vous pénétrer de la dignité de l’âme chrétienne, et de l'obligation où elle est de ne pas la flétrir par des affections indignes d'elle.



Prière


Aimable Sauveur ! lumière de lumière, qui éclairez tout homme venant en ce monde, ne me laissez pas dans les ténèbres, donnez-moi la lumière d'une foi vive, d'une très-ardente charité et de tous les dons de la grâce, afin qu'un jour je puisse vous voir face à face, et me rassasier sans cesse du bonheur de vous contempler dans la lumière de gloire. Ainsi soit-il,.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 31 Jan 2017 - 21:34

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 31 janvier

L'Enfant Jésus  annoncé par la prophétesse Anne


Il y avait une prophétesse nommée Anne, d'un âge fort avancé, car elle avait quatre vingt quatre ans. Elle avait vécu dans un long veuvage, n'ayant été que sept ans avec son mari. Elle ne sortait point du temple, et servait Dieu nuit et jour dans les jeûnes et dans les prières. Cette femme étant survenue à la même heure, se mit à louer le Seigneur, et à parler de cet Enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. (Luc, 2, 37 et suiv.)

« Voilà encore un digne témoin de Jésus-Christ. Elle survint au temple au même instant, louant le Seigneur, et parlant de lui à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. Ce Seigneur qu'elle louait visiblement était Jésus-Christ. Elle fut digne de le connaître et de l'annoncer, parce que, détachée de la vie des sens, et unie à Dieu par l'oraison, elle avait préparé son cœur à la plus pure lumière (Bossuet).« Voilà aussi une grande consolation pour les personnes du sexe, les enfants, les pauvres, pour tous ceux qui, animés du désir de faire connaître et glorifier Dieu, trouvent, par la situation où la Providence les a placés, un obstacle à leur zèle. Qu'ils apprennent, par l'exemple de cette sainte veuve, 1° l'obligation imposée à tous les chrétiens de glorifier Jésus-Christ, 2° par quels moyens dans toutes les situations on peut glorifier Jésus-Christ..



Obligation imposée a tous les chrétiens de glorifier Jésus-Christ.

Comprenez d'abord que glorifier Dieu, ce n'est pas seulement le bénir, chanter ses louanges dans l'assemblée des fidèles, et lui payer avec toutes les créatures intelligentes le tribut d'adoration et d'hommage qui lui est dû .
Même en vous en acquittant journellement et avec une entière fidélité, l'obligation subsistera toujours tout entière, parce que chaque moment de votre vie étant un nouveau bienfait ajoute sans cesse à la dette de la reconnaissance ; et qu'à parler exactement, la bonté de Dieu aussi bien que sa grandeur ne peuvent jamais être dignement célébrées, selon cette parole : Glorifiez le Seigneur de toute votre puissance ; célébrez sa gloire autant que vous le pourrez ; car elle est au-dessus de toute louange

Il existe de plus pour tous les chrétiens, même pour les plus petits et les plus obscurs, une obligation qui n'est pas moins indispensable, c'est de porter ceux au milieu desquels on vit à glorifier Dieu, par conséquent à le leur faire connaître, et, suivant sa Condition et ses forces, à leur inspirer sa crainte et son amour. Voilà un devoir sacré dont vous ne vous êtes pas cru chargé, un point d'une haute importance sur lequel peut-être vous n'avez jamais songé à vous examiner.

Remarquez en effet qu'indépendamment de l'édification et du bon exemple que vous devez au prochain, vous êtes obligé de contribuer et de vous employer à lui faire connaître et à lui faire aimer Jésus-Christ. Sa grandeur, la charité, la reconnaissance, vous en font un devoir.
Comment en effet être pénétré de la grandeur du Verbe incarné, des hommages qui sont dus à sa souveraine majesté, et voir tranquillement l'ignorance et l'oubli dans lequel vivent à son égard la plupart des hommes ? C'est pour eux et pour leur salut qu'il est descendu des cieux ; et ils ne le connaissent pas ! C'est pour les instruire et les éclairer qu'il a révélé dans un langage si simple et si sublime les secrets qu'il avait appris dans le sein de son Père ; et ils sont étrangers à ses enseignements divins ! C'est pour les fortifier et les consoler qu'il a voulu passer par toutes les épreuves de leur condition misérable ; et l'Évangile est un livre scellé pour eux !

Et cependant, s'ils ne le connaissent pas, comment lui rendront-ils leurs adorations ? comment  l'invoqueront-ils s'ils ne croient point en lui ? et comment croiront-ils en lui si personne ne leur prêche ? A plus forte raison, comment s'animeront-ils à le servir et à l'aimer, et, par une dernière conséquence, comment arriveront-ils à la vie éternelle ? Voilà ce que la charité doit dire à votre cœur, à la vue de tant d'âmes séparées de Dieu par le péché, mortes à la grâce, et ensevelies dans le profond assoupissement de l'indifférence et de l'insensibilité. Eh quoi, Seigneur ! par un effet de votre infinie miséricorde, je suis éclairé de la lumière de la foi, nourri de votre sainte vérité, comblé de l'abondance de vos dons, et je n'en appellerais pas l'effusion sur mes frères rachetés comme moi de votre sang !
Je les verrais frappés d'une léthargie mortelle, et je n'éprouverais pas le besoin de les y arracher ; je sentirais combien il est juste de vous servir et doux de vous aimer, quel outrage l'homme fait à votre charité, quelle condamnation il s'attire en vous refusant son cœur, et je ne mettrais pas tout en oeuvre pour vous rendre votre créature et pour la préserver de la damnation éternelle ! Ah ! Seigneur ! où serait alors mon amour pour vous ? où serait ma charité pour mes frères ? où serait ma foi ?



Par quels moyens on peut glorifier Jésus-Christ.

Le peu de mots par lesquels l'Evangéliste nous peint Anne la prophélesse nous en donne une idée : Elle ne sortait point du temple et servait Dieu nuit et Jour dans les jeûnes et dans les prières. Mais quoi donc ? L'Esprit saint veut-il nous faire entendre que nous devons passer notre vie à l'église et nous dévouer à une pénitence et à une oraison continuelles ? Non sans doute, puisque c'est à tous les chrétiens sans distinction qu'il impose l'obligation et la pratique du zèle, et qu'elles doivent se concilier avec les devoirs d'état qu'ils ont à remplir au milieu du monde.

Mais par ces paroles il nous insinue que le désir de glorifier Jésus-Christ ne s'entretient et ne se nourrit en nous que par la prière et les bonnes œuvres ; qu'on ne se rend digne de ce bonheur que par un recueillement habituel et la fidélité au service de Dieu. Et en effet, pour éprouver le désir de le faire connaître, servir et aimer, il faut avant tout le connaître soi-même, non de cette connaissance sèche et spéculative qui ne produit ni bons sentiments, ni bonnes œuvres, mais de cette connaissance qui naît de son esprit, et qui fait naître son amour. Or, ce n'est pas dans le tumulte des plaisirs ou des affaires, qu'elle est donnée à l'âme ; les affections terrestres, l'attachement à l'estime, à la réputation, à la santé, aux richesses, aux aises de la vie, l'éloignent ou l'obscurcissent.

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Dieu se réfléchit, pour ainsi parler, dans un cœur pur, qui ne cherche que lui, qui n'aime que lui, et n'aime rien qu'en lui, pour lui et selon sa volonté et son bon plaisir. Cette lumineuse image attire sans cesse les regards de l'âme, la charme et la ravit, et lui fait éprouver le besoin 'de convier les autres à la contempler. Voilà ce qui la prépare à glorifier Jésus-Christ.

Ainsi c'est par la pureté du cœur et par l'accomplissement fidèle des devoirs de la religion qu'on attire dans son âme la lumière d'en haut, et qu'on avance chaque jour dans la connaissance de Dieu. C'est par là aussi qu'on se rend digne de la communiquer et de la répandre :
saint Jean-Baptiste, parlant de lui-même, s'appelait une voix. Je suis, disait-il, la voix de celui qui crie dans le désert. Tel est le vrai chrétien ; tout parle en lui, tout en lui est une voix, sa modestie, sa douceur, sa piété, sa charité, tout jusqu'à son silence ; c'est par sa vie toute sainte qu'il loue Dieu, qu'il fait bénir son nom et inspire le désir de le connaître et de pratiquer sa loi. Parlez ainsi de Jésus-Christ aux âmes qui espèrent en lui, et encore plus à celles qui l'ont abandonné ; joignez quelquefois à cette muette exhortation un avertissement salutaire, une parole d'édification, un conseil charitable ; mais dans l'accomplissement de ce devoir, consultez la prudence ; agissez avec discrétion pour le temps, la manière, le sujet, les circonstances ; remettez à un moment plus opportun, attendez une disposition plus favorable; à l'exemple du Sauveur, qui ne révélait ses mystères à ses disciples qu'à mesure qu'il préparait leurs esprits à les entendre : J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez pas les porter présentement.



Vertu à obtenir : Le désir de faire connaître Jésus-Christ..




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus qui se plait à combler de ses dons les plus précieux les âmes fidèles, les attirant à lui, les réjouissant par le sentiment de sa présence, et les rendant les instruments de sa miséricorde.

Ô mon Sauveur ! que la louange de cette sainte Veuve était agréable à votre coeur !
Avec quelle bonté vous répandiez vos clartés dans cette âme pure, avec quelle charité vous raviviez au milieu des glaces de l'âge, ses ardeurs célestes, les transports de son espérance et de sa foi ! Ô divin Enfant ! si je ne suis pas digne de parler de vous, apprenez-moi du moins à parler avec vous, à m'entretenir de vous en moi-même, à me nourrir de la pensée de vos abaissements, de vos grandeurs et de votre amour.



Prière

O mon Sauveur ! si je vous aimais, j'éprouverais partout et en tout temps le besoin de parler de vous ; car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle '. Je parle du monde et de ses vanités, parce qu'il occupe mon âme; de mes peines ou de mes plaisirs, de mes craintes ou de mes espérances, parce que mon cœur en est tourmenté. Quand est-ce donc que je serai si étroitement uni à vous, ô mon bien véritable !

ô mon unique félicité ! que vos perfections, vos mystères, votre amour, vos bienfaits attirent toutes mes facultés et absorbent tout mon être ? A cette heure même, ô Enfant divin ! car je ne veux plus vivre que pour vous et avec vous. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 1 Fév 2017 - 22:36

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 1er février

L'Enfant Jésus entre les bras de Siméon.


Il prit l'enfant entre ses bras, et il bénit Dieu, et il dit : Vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur. (Luc, 2, 29.)

« Le saint Vieillard ne veut plus rien voir, après avoir vu Jésus-Christ. Il croyait profaner ses yeux sanctifiés par la vue de son Sauveur ; et il ne désirait plus que d'aller bientôt au sein d'Abraham, y attendre l'espérance du monde, et annoncer comme prochaine aux enfants de Dieu la consolation d'Israël. Quand Jésus-Christ devait paraître, on pouvait désirer la consolation de le voir et de lui rendre témoignage.
Maintenant, où pour le voir il faut mourir, la mort n'est-elle pas douce ? Si le saint vieillard a tant désiré de voir Jésus dans l'infirmité de sa chair, combien devons-nous désirer de le voir dans sa gloire ! ».

Si vous devez approcher demain de Jésus-Christ par la sainte communion, quel admirable modèle vous présente toute la conduite de Siméon ! s'il ne vous est permis que de communier spirituellement, elle peut encore diriger la vôtre, non-seulement pour cette journée, mais pour toutes celles où vous assisterez aux divins mystères.
Il vient au temple par un mouvement de l'Esprit saint. Que ce ne soit donc plus la coutume, la bienséance, bien moins encore la routine ou le respect humain qui vous amènent à l'église ; mais le désir d'y rendre vos hommages à Jésus-Christ, et quand vous en obtiendrez la faveur, de le recevoir dans son sacrement ; puis, lorsque vous serez à ses pieds, ou que vous le tiendrez enfermé dans votre cœur, serrez-le étroitement par la foi et par l'amour, et conjurez-le de vous inspirer, 1° le détachement de la terre ; 2° le désir du ciel.



Le détachement de la terre.

Si vous étiez sincèrement et solidement chrétien, nonseulement vous auriez en horreur cette vie des sens qui empêche de comprendre les choses de. Dieu 1 ; mais la vie présente vous paraîtrait inisupportable. Qu'est-ce en effet que cette vie, assiégée de toutes parts de tribulations et de peines, environnée de pieges et d'ennemis? Est-on délivré d'une tentation ou d'une affliction, une autre lui succède : et l'on combat même encore la première, que d'autres surviennent inopinément.

Comment peut-on aimer une vie remplie de tant d'amertumes, sujette à tant de maux et de calamités ? comment peut-on même appeler vie, ce qui engendre tant de douleurs et tant de morts ? Être sans, cesse entraîné parle poids de sa corruption vers la terre, vers l'erreur et le mensonge par les ténèbres de son esprit, vers les affections dangereuses par la faiblesse de son cœur et le dérèglement de sa volonté ! Est-ce vivre que de se voir à toute heure en danger d'offenser Dieu et de tomber dans l'abîme de la damnation ?

Et cependant on l'aime cette vie misérable ; et plusieurs y cherchent leur félicité ! Ne l'y ai -je pas cherchée, ô mon Sauveur ? et dans l'égarement de mes passions, n'ai-je pas cru l'y trouver ? Et pourquoi la pensée de la mort répand-elle dans mon âme une profonde tristesse ? pourquoi désiré-je de vivre ? Le compte qui me sera demandé des jours que j'ai passés déjà sur la terre n'est-il donc pas assez redoutable ? Le saint vieillard n'avait désiré de prolonger les siens, que pour vous voir, ô aimable Enfant ! et moi, je ne crains, ce semble, que de vous voir, puisque je n'aspire qu'à voir mon exil se prolonger !

Ô mon âme ! il faut sortir de ton assoupissement. Qu'est-il donc pour toi ce bas monde où tu te plais, sinon un lieu de captivité, de servitude et de douleurs? Et ce corps, pour qui tu redoutes l'humiliation du tombeau, n'est-il pas une prison où tu ne cesses de gémir ? Quel est le prisonnier qui craint de voir ses fers se rompre ? Quel est l'esclave qui ne soupire pas après sa liberté ? Et quel plus triste esclavage que le mien, ô mon Dieu ! Je ne jais pas le bien que je veux, et le mal que je ne veux pas, je le fais (Rom. 7,19)
Ah ! Seigneur ! si je n'ai pas encore le courage de vous dire avec votre apôtre : Je désire la dissolution démon corps et d'être avec vous (Philip. 1, 23) , que du moins je ne souhaite plus de vivre que pour faire pénitence, pour mourir à moi-même, pour vous servir et pour racheter le temps, parce que les jours sont mauvais (Eph. 5,16).



Le désir du ciel

Non-seulement Siméon ne craint pas la mort, mais il l'appelle comme le terme de son exil. Rien sur la terre n'est plus digne de fixer ses regards, depuis qu'ils ont contemplé celui dont la vue fait le ravissement et la félicité des anges.
« Ah ! Seigneur, s'écrie t-il, dans le transport de son âme, l'heurede ma délivrance est donc enfin arrivée, vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur. Ce n'est point l'impatience et la lassitude qui me font pousser ce cri de joie, mais le parfait accomplissement de mes voeux. Je n'en formais qu'un seul, je l'avais répété tous les jours de ma vie : Quand verrai-je mon Sauveur ? vous l'avez exaucé dans votre miséricorde ; mes yeux l'ont vu : qu'ils se ferment maintenant! ils ne peuvent plus s'ouvrir qu'à la splendeur du ciel. »

Voilà l'expression de la foi, de la reconnaissance et de l'amour. Est-elle bien celle de vos sentiments ? En éprouvez-vous du moins quelque chose, lorsque vous entrez dans l'église, qui est vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel '? Mais surtout lorsque vous approchez de son autel, pour y recevoir non entre vos bras, mais dans votre cœur, l'Enfant béni, qui inspirait si divinement le saint vieillard, sa présence au milieu de vous-même vous fait-elle éprouver le besoin de le voir à découvert, et comme une religieuse impatience d'arriver au séjour de sa gloire ? Oh ! non : la foi est trop languissante en vous, la charité trop peu vivante pour y produire ces mouvements salutaires, ces élans généreux. L'oeil de l'âme n'est pas assez pur, les attachements humains ne laissent pas le cœur assez libre pour qu'on soit vivement éclairé, même en recevant le pain de vie et d'intelligence (Sap. 15,3), pour qu'on s'élance par le désir vers les splendeurs des saints (Ps. 109,4) On devrait alors s'écrier avec un saint homme :
« Oh ! bienheureuse demeure de la cité céleste! jour éclatant de l'éternité que la nuit n'obscurcit jamais, et que la vérité souveraine éclaire perpétuellement de ses rayons ; jour immuable de joie et de repos, que nulle vicissitude ne trouble, quand luirez-vous enfin sur moi? quand serai-je délivré de la misérable servitude des vices ? quand me souviendrai-je, Seigneur, de vous seul ? quand goûterai-je en vous une pleine joie ? Ô mon bon Jésus ! quand me sera-t-il donné de vous voir, de contempler la gloire de votre règne ? quand me serez -vous tout en toute chose ? »

Mais non, au lieu d'allumer au dedans de soi-même ces célestes ardeurs, par une tranquille contemplation du Dieu qu'on possède, en lui parlant avec une confiance filiale, et surtout en l'écoutant avec une attention respectueuse et une religieuse avidité, on s'attachera servilement à des formules d'adoration ou d'actions de grâces, tout étrangères à la disposilion présente, et souvent, après avoir récité d'assez longues prières, on n'aura rien dit à Jésus-Christ.
Apprenez-moi donc vous-même, ô divin Enfant ! à vous tenir entre mes bras, à ne plus vous laisser échapper : apprenez-moi surtout à m'entretenir avec vous : formez ma langue à vous bénir, et mon oreille à vous entendre, afin qu'éclairé sur vos perfections adorable» et vos amabilités infinies, je m'embrase d'un désir toujours plus vif de les contempler, et d'un courage toujours croissant, pour en mériter le bonheur.



Vertu à obtenir : Le détachement de la terre et le désir du Ciel.




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus entre les bras de Siméon ; félicitez ce saint Vieillard d'avoir été jugé digne d'une telle faveur, et rendez avec lui grâces au divin Sauveur pour ce témoignage touchant de sa miséricorde.

Lorsque désormais vous verrez la sainte hostie entre les mains du prêtre, reconnaissez le même prodige de charité, et demandez pour ceux entre les mains desquels il s'opère, la foi et la piété de Siméon.

Souvenez-vous que c'est pour tous les chrétiens que Jésus-Christ descend sur l'autel : humiliez-vous de la froideur et de la dissipation par lesquelles vous avez trop souvent outragé sa présence, et demandez-lui la grâce de les réparer à l'avenir par votre recueillement et votre amour.



Prière

Ô mon Dieu ! qui ne m'avez créé que pour vous, et qui ne m'avez placé sur cette terre que pour me conduire au ciel, ayez pitié de moi ! voyez le danger continuel où je suis de vous offenser, et de perdre la fin bienheureuse que m'a destinée votre amour. Si vous me conservez la vie, ô mon Sauveur ! conservez-moi dans votre grâce ! mais que puis-je vouloir de vous sur la terre, hors vous seul, ô mon Dieu (Ps. 72, 25) ?

Qui vous possède n'est-il pas plus riche que s'il possédait mille mondes ? Soit que je vive, soit que je meure, je veux être à vous (Rom.14, 8.).

Faites donc, ô Seigneur Jésus ! que je ne vive que pour vous servir, ou que je meure pour aller à vous. Ainsi spit il.l.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 3 Fév 2017 - 0:04

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 2 février

Mystères de Jésus Enfant perpétuelle occupation de l’âme
chrétienne.


Sa mère conservait dans son cœur le souvenir de toutes ces choses. (Luc, 2, 51.)

A la naissance de Jésus, lorsque ce Verbe incarné ne s'exprimait encore que par ses pleurs, Marie recueillait avec une joie mêlée de respect les louanges et les bénédictions dont il était l'objet, et elle les méditait dans le fond de son cœur.
Mais depuis qu'il a commencé lui-même à se faire entendre, depuis surtout qu'au milieu des docteurs il a laissé entrevoir les trésors de science et de sagesse qui étaient en lui, elle l'écoute avec une sainte avidité, elle se nourrit des paroles de vie qui sortent de sa bouche, elle conserve dans son âme avec un soin religieux tout ce qu'elle a vu de ce cher Fils ; les mystères de son Enfance deviennent son plus doux entretien, et seront sa perpétuelle occupation jusqu'à ce qu'elle lui soit réunie dans le ciel.

En êtes- vous assez touché pour éprouver le besoin d'y ramener vos pensées et vos affections au delà des jours plus particulièrement consacrés à en retracer et à en célébrer la mémoire ? Ah ! pour peu que l'onction de la grâce dont ils sont tout pleins ait pénétré votre âme, ils devront être fréquemment l'objet de vos contemplations, puisque, indépendamment de la douceur qui y est attachée , 1° ils éclairent, 2° ils consolent, 3° ils attirent à l'amour de Jésus-Christ.






Ils éclairent.


Les mystères de la sainte Enfance portent dans l'âme une douce lumière qui invite à les contempler de plus près. La divine Majesté cachée sous le voile aimable de l'enfance, loin d'intimider la faiblesse, l'attire et l'encourage. Qui pourrait craindre de s'approcher d'un Enfant couché dans une crèche et versant des pleurs ?
Et comme s'approcher de lui, c'est s'approcher de la lumière et de la vérité, se tenir près de lui, l'interroger avec simplicité, l'embrasser avec une respectueuse tendresse, c'est être entré dans le dessein de ce Verbe adorable , qui ne s'est fait homme que pour nous donner accès auprès du Père, et qui ne s'est fait enfant que pour que nous eussions plus facilement accès auprès de lui.
Mais de plus, pouvait-il mieux nous faire connaître la grandeur de Dieu, le néant des grandeurs humaines, qu'en descendant lui-même à l'état de l'Enfance ?
Comment pouvait- il plus fortement et plus doucement tout ensemble nous attirer à l'humilité, à la pauvreté, à l'obéissance, à l'abnégation, à la pratique de toutes les vertus, qu'en enchaînant dans les langes et l'infirmité du premier âge sa grandeur, sa sagesse et sa souveraine indépendance.

Ô mon âme ! au spectacle d'un Dieu anéanti à ce point, les maximes de l'Évangile te semblent-elles encore trop rigoureuses ou sa morale impraticable ? Quand Jésus-Christ appelle ses disciples à la pauvreté, à l'humilité, à la pénitence et aux larmes, n'est-ce pas du sein même de l'indigence et de la plus profonde obscurité qu'il les y appelle, n'est-ce pas éprouvé lui-même dès son entrée dans la vie par l'affliction et la souffrance ? Ne s'y est-il pas volontairement condamné ? Demande-t-il quelque sacrifice auquel il ne se soit soumis le premier ?
Et lorsqu'à tous les droits qu'il a acquis sur nous il ajoute l'autorité irrécusable de ses exemples, n'est-il pas fondé à nous dire : Le disciple n'est pas plus que son maître, ni l'esclave plus que son Seigneur (Matthieu 10, 24).
Et cependant je veux trouver la bienveillance, l'estime, la considération : j'ai horreur de l'obscurité, du mépris et de l'abandon. Si j'ai passagèrement à les supporter, j'en souffre, je me plains ; j'accuse les hommes de dureté ou d'injustice ; je me dis chrétien, et je ne sais pas me contenter du nécessaire, il faut que j'y ajoute l'aisance, et je m'imagine que je manque de tout, si je ne jouis de tout ce qui rend l'existence agréable et commode.

Ô humilité d'un Dieu Enfant ! Ô pauvreté de Bethléem ! Ô sainte obscurité de Nazareth ! Instruisez-moi, corrigez -moi, éclairez mon cœur, apprenez -moi, rappelez -moi souvent de quel maître je suis le disciple et quel est le Dieu que j'adore.






Ils consolent.

Qu'est-ce qui nous rend les chagrins et les peines de cette vie si douloureux et souvent même insupportables ? C'est sans contredit le défaut de foi, qui nous empêche de les regarder comme des épreuves, et de les recevoir de la main de Dieu comme des moyens de sanctification. Puisqu'en effet tous les Saints ont passé par la voie des tribulations pour arriver à la vie bienheureuse, et qu'il a fallu que le Christ souffrit et qu'il entrât ainsi dans sa gloire (Luc 24, 26) il n'y a pas d'autre voie pour y arriver que la voie royale de la sainte croix. Mais parce que ces hautes vérités entrent toutes plus ou moins difficilement dans nos esprits, et que surtout elles trouvent une vive opposition dans les passions qui nous dominent, Jésus - Christ a voulu les rendre intelligibles à nos esprits et à nos cœurs par les mystères de sa divine Enfance, et par eux adoucir toutes les amertumes de la vie.

En effet, sont-ce les humiliations, les rebuts, la dureté des hommes qui exercent votre patience ? voyez l'Enfant Jésus à Bethléem. Est-ce la pauvreté, le dénuement et l'abandon ? contemplez l'étable où il est né. Est-ce la persécution, le danger, l'exil ? suivez -le dans sa fuite précipitée dans une terre étrangère, au milieu d'une nation idolâtre. Est-ce l'assujettissement et la dépendance ? observez avec quelle ponctuelle docilité il obéit à l'édit de César, à l'avertissement de l'ange, au précepte de la loi, à la volonté de ses parents. Est-ce l’obscurité de votre condition, les fatigues de votre état, l'obligation de pourvoir par un pénible travail à votre subsistance ou au soutien de votre famille ? allez à Nazareth, arrêtez-vous quelques moments dans cette humble et obscure retraite, qui fut pendant une si longue suite d'années celle du Créateur du ciel et de la terre.

Ô adorable Enfant ! que votre miséricorde envers nous a été immense ! A combien de titres vous méritez d'être appelé notre Libérateur et notre Sauveur, puisque non-seulement vous nous avez délivrés du péché, et sauvés de la mort à laquelle nous étions condamnés, mais que vous nous délivrez même du poids accablant de nos peines, si nous sommes fidèles à vous en demander le soulagement, et à le chercher dans la contemplation des mystères de votre divine Enfance ! Ah ! la pauvreté ne me paraît plus si triste depuis que je vous contemple sur cette paille qui vous reçut à votre naissance.

Comment pourrai-je me plaindre de l'abandon de mes amis, de l'oubli ou de l'insensibilité de mes proches, lorsque, dans la ville même de vos aïeux, vous êtes réduit à chercher un asile dans une hôtellerie, et que vous ne pouvez l'obtenir.
En vous voyant fugitif, persécuté, banni, mon cœur s'affermit contre toutes les craintes ; il me semble que je comprends ce que je n'avais pas bien compris jusqu'à ce jour, que toute la terre est au Seigneur (Ps. 41), et que partout on peut le trouver, le servir et l'aimer. En appliquant à un métier obscur ces mains qui tendent les cieux, et les roulent comme un vêtement, vous avez divinisé le travail, sanctifié, consacré et béni par vos sueurs les fatigues et les larmes du pauvre.






Ils attisent à l'amour de Jésus-Christ.

Le Psalmiste, ravi d'admiration à la pensée de la grandeur de Dieu et de la magnificence qu'il doit déployer aux yeux des Élus dans la Cité sainte, s'écrie : Le Seigneur est grand et digne de toute louange (Osée 4, 2). Mais saint Bernard, rappelé par sa tendre piété au souvenir des mystères de la sainte Enfance, s' écrie à son tour : " Il est petit le Sauveur que j'adore, il est vraiment digne de tout amour." Pourquoi en effet a-t-il voulu naître dans cet état si pauvre, si ce n'est pour nous convier à l'aimer ? Je les attirerai, avait-il dit par un prophète, je les entraînerai par les liens d'Adam, par les chaînes de l'amour (Psaume 100)
Et comment résister à une si touchante miséricorde ? comment n'être pas vaincu par une si prodigieuse charité ? Comment ne pas l'aimer ce véritable Emmanuel, ce Dieu avec nous, ce Roi immortel des siècles devenu un enfant d'un jour, daignant nous sourire et nous tendre les bras, fuyant dans une terre étrangère pour nous ramener dans notre patrie, descendant du séjour de la gloire dans la demeure des animaux, du lieu de son repos dans l'atelier du travail, pour nous élever au désir des vrais liens et nous mériter le repos dans la gloire.

Voilà, ô mon Sauveur! vos vues pleines de tendresse, les inventions prodigieuses de votre charité ! Qu'en avez-vous recueilli de la part des hommes ? Personne ne rencontre un enfant aimable sans se sentir porté à l'aimer. Vous vous êtes fait Enfant, et le plus beau des enfants des hommes. La grâce a été répandue sur vos lèvres (Psaume 44 3) Hélas ! ils vous ont repoussé, persécuté à votre naissance, méconnu et outragé pendant votre vie. Vous vous en êtes plaint par votre prophète : Au lieu de m'aimer, ils m'ont calomnié ; et moi je priais pour eux. et ils m'ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour l'amour (Psaume 108, 4 et 5)
Et dans votre Église, ô mon Sauveur ! parmi ceux que vous avez adoptés pour vos enfants, qui sont marqués de votre sceau, qui est-ce qui vous aime ? Qui est-ce qui s'occupe des mystères de votre Enfance ? Qui est-ce qui pense à vous ? Mais pourquoi m'occuper des autres ? Où suis-je moi-même ? où est mon amour ? Hélas ! jusqu'à présent je ne l'ai témoigné que par mes infidélités, ma lâcheté, mes froideurs.

Ô aimable Sauveur ! puisque vous ne vous êtes fait Enfant que pour nous attirer à votre amour, attirez-moi par les charmes de votre divine Enfance. Je veux vous aimer ; allumez dans mon cœur ce feu de la charité dont vous avez embrasé vos Saints et qui les a fait triompher du démon, de la chair et du monde.



Vertu à obtenir : Le souvenir fréquent des mystères de la sainte
Enfance.






Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus accomplissant pour votre salut tous les mystères que vous vous êtes appliqué à contempler pendant ce mois consacré particulièrement à en honorer la mémoire.

Rendez grâces à cet aimable Sauveur, par sa glorieuse Mère, de la bonté infinie qui l'a porté à passer par le premier âge pour nous attirer à lui, et à endurer dès les premiers jours de sa vie mortelle tant d'humiliations et de douleurs pour expier nos péchés.

Priez-le instamment de graver profondément dans votre cœur le souvenir de toutes les circonstances précieuses de ses premières années, et d'y renouveler souvent les sentiments de piété et de dévotion qu'elles y ont fait naître ; demandez-lui pardon des distractions auxquelles vous vous êtes laissé aller au milieu de ces considérations si propres à fixer la légèreté de votre esprit, puisqu'elles feront éternellement la joie et le bonheur des élus.

Offrez à Jésus Enfant tous les enfants qui vous sont chers, afin qu'il les bénisse ; tous ceux que vous ne connaissez pas, mais qui lui appartiennent par leur adoption, afin qu'il les préserve de la contagion de l'incrédulité, afin qu'il en fasse comme un peuple nouveau consacré à son service et servent dans les bonnes œuvres (Tite 2, 14) .






Prière

Divin Enfant ! beauté incomparable, bonté infinie, toujours adorable, parce que vous êtes mon Sauveur, je vous adore et je vous aime, je vous consacre toutes les lumières de mon esprit, toutes les tendresses de mon cœur ; et je vous rends grâces de toute mon âme de vous être fait Enfant pour mon amour.

Je vous adore dans tous les mystères de votre divine Enfance ; je vous prie de m'en donner l'esprit, et de m'accorder la grâce de les honorer dignement toute ma vie par mes adorations, par mon amour et par l'imitation fidèle des vertus que vous y avez pratiquées.

Je vous adore, ô Dieu et Enfant tout ensemble, dans ce moment si précieux où le Saint-Esprit vous forma un corps du plus pur sang d'une Vierge, et je vous demande la grâce de participer à sa pureté toute divine.

Je vous adore, ô Dieu caché pendant votre séjour dans le sein de Marie ! Je veux honorer cette vie cachée en en rapprochant la mienne autant que mes devoirs d'état pourront me le permettre. mettre dans mon âme l'attachement à votre céleste doctrine et l'horreur de tout ce qui pourrait affaiblir ou ébranler ma foi.

Je vous adore, ô Dieu obéissant ! dans les travaux de votre enfance, et dans votre soumission à Joseph et à Marie, et je vous conjure de m'accorder la grâce de travailler constamment à ma sanctification, et de régler toujours mon obéissance sur la vôtre, afin que je mérite d'entendre un jour ces consolantes paroles : Courage, bon et fidèle serviteur, parce que vous avez été fidèle dans peu de chose , je vous en donnerai de plus grandes à gouverner : entrez dans la joie de votre Seigneur

Je vous adore ! ô Enfant de grâce et d'amour, dans l'instant bienheureux de votre naissance, et je vous demande de renaître pleinement à votre grâce et à votre amour.

Je vous adore, ô Enfant de douleur ! dans le mystère de votre Circoncision, et je vous conjure, par le sang précieux que vous commençâtes alors à répandre pour mon salut, de me donner cette douceur d'agneau avec laquelle vous endurâtes cette douloureuse opération.

Je vous adore avec les bergers, ô divin Pasteur des âmes ! donnez-moi avec leur docilité la simplicité de leur foi et l'ardeur de leur amour.

Je vous adore dans votre crèche avec les Mages ô Enfant plein d'attraits ! donnez-moi, comme à ces saints Rois, une fidèle correspondance à la lumière de votre grâce.

Ô Dieu fugitif et exilé ! je vous adore dans votre fuite et votre séjour en Egypte, et je vous conjure par votre humiliation dans ce mystère de m'inspirer la fuite des plaisirs de la terre et le désir du ciel.

Je vous adore au milieu des docteurs, ô Vérité incarnée ! et je vous supplie de mettre dans mon âme l'attachement à votre céleste doctrine et l'horreur de tout ce qui pourrait affaiblir ou ébranler ma foi.

Je vous adore, ô Dieu obéissant ! dans les travaux de votre enfance, et dans votre soumission à Joseph et à Marie, et je vous conjure de m'accorder la grâce de travailler constamment à ma sanctification, et de régler toujours mon obéissance sur la vôtre, afin que je mérite d'entendre un jour ces consolantes paroles : Courage, bon et fidèle serviteur, parce que vous avez été fidèle dans peu de chose, je vous en donnerai de plus grandes à gouverner : entrez dans la joie de votre Seigneur.






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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 5 Fév 2017 - 18:54

Litanies du Divin Enfant



Seigneur, --> ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, --> ayez pitié de nous.
Seigneur, --> ayez pitié de nous.
Jésus enfant, --> écoutez nous.
Jésus enfant, --> exaucez nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur de monde, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, vrai Fils du dieu vivant, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, vrai Fils de Marie, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, Verbe fait chair, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, Sagesse du Père céleste, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, l’objet de ses éternelles complaisances, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, l’attente des justes, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, le désir des nations, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, salué de loin par les prophètes, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, le roi des anges, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, notre Sauveur, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, notre frère, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, qui avez choisi pour palais une étable, une crèche pour
berceau, et les bergers pour adorateurs, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, que les Mages ont reconnu pour la lumière
et le salut des peuples, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, trésor de grâces, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, source du pur amour, --> ayez pitié de nous.

Soyez nous propice, --> pardonnez nous Jésus Enfant.
Soyez nous propice, --> exaucez nous Jésus Enfant.

De la servitude du péché, --> délivrez nous Jésus Enfant.
De la concupiscence de la chair, --> délivrez nous Jésus Enfant.
De l’orgueil de la vie, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre très humble naissance, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre douloureuse circoncision, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre glorieuse manifestation, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre présentation au temple, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre innocence, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre obéissance, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre douceur, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre humilité, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre amour, --> délivrez nous Jésus Enfant.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> pardonnez nous, Jésus Enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> exaucez nous, Jésus Enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> ayez pitié de nous Jésus Enfant.

V. Je me réjouirai en Dieu.
R. Et je tressaillirai en Jésus mon Sauveur.

Prions : Divin Jésus, que votre amour pour moi a réduit à la petite enfance, à la pauvreté et à l’humiliation de la crèche, je vous adore dans vos abaissements, où vous me paraissez mille fois plus aimable que sur le trône de votre Gloire. Que ne puis-je vous offrir, comme les mages, l’or d’une ardente charité, l’encens d’une prière fervente, jointe à la mortification des passions et des sens ! Sanctifiez mon cœur, ô Jésus, comme autrefois vous avez sanctifié ceux des bergers ; que je sois, comme eux, vigilent sur moi-même, docile à votre voix, prompte à seconder la grâce. Arrachez de mon âme tout sentiment d’orgueil, de souffrance, tout désir de richesse et de l’estime des créatures ; faites moi participer à votre divine enfance, en me remplissant de douceur et d’humilité. Amen.






Un clic sur l'image pour télécharger le livre
sur google pour un usage personnel

Source :

Je vous prie de citer mon pseudo et le lien du forum si vous "copier" mon fil car je l'ai créé. Merci de respecter ma demande.


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Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur
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