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Lumen

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 Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur

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Lumen
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MessageSujet: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 24 Déc - 20:22



Le Mois de l'Enfant Jésus

Elévations à Dieu sur les Mystères de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ


Approbation de Mgr l'Evêque de Soissons et de Laon

La dévotion aux mystères de la sainte enfance de notre Sauveur ne peut être qu'une source abondante de grâces, et produire que des fruits salutaires. Ces méditations, destinées à en faire connaître l'objet et la fin, sont remplies des considérations les plus touchantes. La clarté et l'agrément du style s'y unissent à la solidité des pensées t et les maximes de la morale la plus sublime et la plus pure y sont justifiées et rendues aimables par les exemples d'un Dieu enfant, en qui tout est grâce et tout est bonté. Nous approuvons donc ces méditations, et nous souhaitons qu'elles rencontrent un grand nombre d'âmes capables de les goûter, et de s'en rendre propres les pratiques.

Donné à Soissons, le 10 octobre 1830
+ Jul.-Fr. Ev. de Soiss. et Laon.



Préface


« La dévotion à la divine Enfance de notre Seigneur Jésus-Christ, n'est pas une dévotion nouvelle, mais la plus ancienne de toutes celles de notre sainte religion. Elle est fondée dans les saints Evangiles; les Saints Pères l'ont insinuée dans leurs écrits et dans leurs sermons; l'Eglise en a publiquement autorisé la pratique, et les fidèles, qui l'ont embrassée solidement, en ont tiré de merveilleux fruits. » Ainsi parle le P. Avrillon, religieux Minime, dans un petit recueil de sentiments et de pratiques, divisé en douze réflexions, selon les douze mystères de la Sainte Enfance, et dont le but est de la faire honorer le vingt-cinquième jour de chaque mois.

Plus d'un siècle avant lui, le pieux cardinal de Bérulle, premier général de l'Oratoire en France, non content d'avoir voué sa congrégation à la sainte Enfance de Jésus-Christ, avait composé sur cette dévotion un traité plein d'onction, et le R. P. Amelotte son digne successeur, des pratiques, des réflexions et des prières bien propres à attirer les fidèles à l'imitation et à l'amour de l'enfant Jésus.

Cette dévotion, si féconde en consolations et en lumières, n'a jamais cessé d'être chère à la piété.
Les plus grands docteurs de l'Eglise en ont été les zélés défenseurs, et se sont efforcés de l'inspirer aux chrétiens :
Saint Jean Chrvsostome voulut qu'on célébrât dans l'Eglise de Constantinople la fête de la Nativité du Verbe Enfant. Il rencontra des contradictions: on taxait de nouveauté l'établissement de cette solennité. « Je sais bien, dit-il dans l'un de ses sermons, que les sages du siècle s'élèvent contre cette dévotion; mais n'a-t-elle donc pas été enfantée par les Patriarches, annoncée par les Prophètes, désirée par les Justes, observée depuis longtemps par l'Eglise romaine ? N'est-ce pas par elle que la connaissance nous en a été transmise? Les infidèles, ajoute-t-il, font des railleries sur un Dieu Enfant, et troublent les simples par leur impiété; mais les choses dont ils se moquent n'en sont pas moins dignes d'une  religieuse frayeur et d'une sainte admiration ».
Saint Léon, pape appelle la sainte Enfance « une déclaration authentique de la divinité du Sauveur ».
Saint Augustin dans le transport de sa joie et de sa reconnaissance s'écrie: « O bienheureuse enfance par laquelle a été réparée la vie de tous les hommes! »
C'était afin que ce mystère se renouvelât sans cesse pour elle et fût comme vivant à ses yeux que sainte Paule s'était retirée auprès des lieux sacrés où il s'est opéré, et que Saint Jérôme invitait en son nom Marcelle à venir la rejoindre. Quels discours, lui écrivait-il quelles paroles pourraient vous représenter dignement la grotte du Sauveur du monde ?
De siècle en siècle cette touchante dévotion a fait la consolation et le ravissement des saints.
Quelles larmes d'attendrissement, quels brûlants soupirs n'a-t-elle pas arrachés à Saint François, à Saint Bernard, à Saint Thomas !
Saint Antoine de Padoue et sainte Thérèse y trouvaient une source abondante de grâces et de dons spirituels : enfin le zèle de M. le cardinal de Bérulle lui donna plus d'éclat et la répandit dans toutes les parties de la France, et jusqu'à l'époque des malheurs de la religion elle était suivie avec une grande édification non seulement dans les communautés, mais encore par les personnes du monde.

Il en est encore, nous n'en doutons pas, un grand nombre qui se feraient un bonheur dé s'y attacher si on leur en faisait connaître l'importance et les avantages, et surtout si on leur en facilitait la pratique.
C'est le désir d'atteindre un but si louable qui a donné l'idée d'un Mois de la sainte Enfance du Sauveur sur le modèle du Mois de Marie, c'est à dire d'une suite de réflexions, de sentiments et de prières pour chaque jour du mois dans lequel on vénère spécialement les premiers mystères de la vie du Verbe fait chair. On possède déjà il est vrai un petit ouvrage bien digne de l'accueil que lui ont fait les amis de la religion , et qui a pour titre le Mois de Jésus.
Mais quoique l'on s'y propose de consacrer au Sauveur les prémices de l'année en l'honorant particulièrement pendant le mois de janvier, ce ne sont pas uniquement les mystères de sa divine Enfance qu'on y révère, mais tous les mystères de sa vie depuis son Incarnation jusqu'à son Ascension triomphante.

Le Mois de la sainte Enfance que nous présentons aux Fidèles n'est destiné qu'à leur retracer les premières années de la vie de Jésus-Christ et à ranimer, en leur rappelant le prodigieux abaissement auquel le Dieu de majesté a daigné se réduire pour eux, leur reconnaissance et leur foi. La dévotion à la sainte Enfance doit être celle de tous les chrétiens, puisque c'est pour eux qu'en ont été accomplis tous les mystères, et qu'ils semblent avoir été représentés par les personnages de tout âge, de tout sexe et de toute condition qui s'y sont rencontrés.

Mais ne doit-elle pas être par excellence la dévotion des pères et des mères ? quel intérêt n'ont-ils pas à placer leurs enfants sous la protection de la divine Enfance du Sauveur, et pour ainsi dire à l'ombre de sa crèche, pour les garantir des dangers d'une persécution bien plus funeste que celle d'Hérode ?
Et les enfants, quel charme ne doit-elle pas avoir pour eux ! Ne semble-t-il pas que ce soit pour les sanctifier et les instruire que le Fils unique de Dieu ait voulu passer par toutes les douleurs et les assujettissements du premier âge ?
Naturellement les enfants aiment les enfants : comment donc n'aimeraient-ils pas l'enfant Jésus ?
Naturellement ils sont portés à imiter: comment ne seraient-ils pas attirés à l'imitation de ses exemples par son aimable douceur et sa ravissante miséricorde ? Quelle dévotion plus attrayante que celle qui présente à la piété le plus digne objet de ses hommages, et pour la pratique, ses modèles les plus accomplis.

Marie et Joseph , Saint Jean, sainte Elisabeth et Saint Zacharie, Saint Syméon et sainte Anne la prophétesse, les Bergers et les Mages ont été les premiers adorateurs de la sainte Enfance.
C'est sur ces glorieuses traces qu'on invite les âmes fidèles à s'avancer vers Jésus enfant pour adorer l'incompréhensible abaissement de la majesté divine, comme s'exprime Saint Augustin.

Est-il de plus saintes pratiques que celles qui nous portent à aimer et à imiter les vertus dont un Dieu Enfant nous offre le modèle, qui nous conduisent à retracer en nous cette bienheureuse Enfance qu'il a toujours aimée, et qu'il nous fait envisager comme la marque la plus assurée de la prédestination quand il dit: « Si vous ne devenez comme de petits en
ans, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux »
.



Avertissement

Pratiques pour le Mois de la sainte Enfance


Comme c'est la première fois qu'on présente aux fidèles la dévotion à la sainte Enfance sous la forme qu'elle a dans ce petit ouvrage, il est peut-être nécessaire d'indiquer la manière d'employer utilement ce Mois, et les pratiques les plus propres à en assurer les fruits. On doit donc :

Dès la veille de Noël s'offrir à l'Enfant Jésus pour honorer profondément l'état d'enfance par lequel il a daigné passer, et tous les mystères qu'il y a accomplis pour notre amour; unir ses hommages à ceux qu'il a reçus dans cet état de sa bienheureuse mère, de Saint Joseph, des Anges, des Pasteurs, des Rois Mages et de tous les Justes qui ont eu les premiers le bonheur de l'adorer.

Se proposer d'obtenir quelque grâce particulière pour soi-même ou pour le prochain dans l'ordre du temps ou de l'éternité; mais surtout une abondante participation à l'esprit, aux dons et aux vertus que la sainte Enfance a apportés aux hommes.

Lire attentivement l'Elévation marquée pour chaque jour, et terminer chaque exercice par quelque bonne résolution relative à la vertu proposée à pratiquer.

Réciter soit les Litanies de la sainte Enfance, soit celles des saints consacrés à l'enfance du Fils de Dieu, ou qui ont souffert le martyre dans l'enfance; s'il se peut, le petit chapelet ou la couronne de l'Enfant Jésus, ou enfin quelques unes des prières qui se trouvent à la fin du volume.

Comme il est d'usage dans les communautés d'exposer pendant le mois de janvier quelque image de la crèche, c'est devant elle qu'il convient de se réunir pour les exercices du Mois de la sainte Enfance. Les personnes du monde pourront placer ou dans leur chambre ou dans leur livre même quelque petit emblème propre à réveiller leur piété.

En l'honneur des services que la sainte Vierge a rendus à l'enfant Jésus, chacun devra s'appliquer à le servir en ses membres, qui sont les pauvres, et à cette intention faire quelque aumône, visiter les hôpitaux ou les prisons, les malades ou les affligés pour les consoler et les secourir, et pour honorer le Fils de Dieu en leur personne.

On assistera tous les jours, si on en a la liberté, au saint sacrifice de la messe, ou l'on viendra dans la journée adorer le très saint Sacrement, considérant l'Eglise comme la véritable Bethléem, l'autel et le tabernacle comme la crèche où le Dieu caché repose pour notre amour.

Enfin quand même on aurait eu le bonheur de communier à Noël, il faudrait se mettre en état d'obtenir la même faveur encore une fois pendant le cours du mois en l'honneur de la sainte Enfance, puisque c'est surtout par notre union avec Jésus Christ dans son sacrement que nous pouvons entrer dans l'esprit de sa divine Enfance, et, comme des enfants nouvellement nés, conserver la simplicité, la pureté et l'innocence.




Le 24 décembre

Élévation pour la veille de Noël


« Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont point reçu ». ( Jean 1) « Il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie ». (Luc 2)
Mettez-vous aujourd'hui et pour tout le mois à la suite delà sainte Famille; entrez avec elle dans Bethléem, vous efforçant de vous bien pénétrer des sentiments dont elle est animée ; et à la vue des rebuts et des humiliations qu'elle essuie, de la douceur et de la patience qu'elle y oppose, faites un retour sur vous-même.

Puisque vous voulez pendant ce mois attirer en vous le saint Enfant Jésus, examinez soigneusement s'il n'y a pas au fond de votre cœur quelque disposition propre à affaiblir ou à rendre inutile ce désir si légitime et si avantageux pour vous. Trois choses le repoussent de l'hôtellerie où il demandait un asile : 1° la dissipation, 2° l'avarice, 3° le plaisir. Voyez donc si l'un de ces obstacles ne se rencontre pas en votre âme.



La dissipation


Quel tumulte dans ces hôtelleries ! Les repas, les amusements, les affaires, ce mouvement continuel, cette agitation des esprits et des cœurs laissent-ils à ceux qui les fréquentent la liberté de rentrer en eux-mêmes, de s'entretenir avec Dieu, de s'occuper de la grande affaire du salut ?

Oh! qu'il est vrai qu'il n'y a pas de place pour Jésus dans ces bruyantes demeures ! et que le Verbe fait chair ne saurait y prendre naissance ! O mon âme! n'est-ce pas là ton image? N'es-tu pas habituellement comme ouverte à toutes les illusions du monde, à tous les vains fantômes de la terre ? Qu'est-ce qui t'occupe pour l'ordinaire ? les craintes, les désirs, les regrets, les espérances, toujours de nouveaux projets, de nouvelles chimères. Ne sont-ce pas là les hôtes que tu accueilles et que tu nourris ?
Mais les vues de la foi, le regret de tes péchés, le désir des biens immortels, le soin de ta perfection, ah ! il n'y a pas de place pour eux. La dissipation leur ferme la porte et les met en fuite.

O Sauveur près de naître, ce n'est ni dans le trouble qu'on peut vous trouver, ni dans une âme agitée que vous voulez établir votre demeure. Qu'à votre approche les images de la vanité s'effacent, que le silence se fasse dans mon âme; donnez-moi la paix dont vous êtes l'auteur, le médiateur et le gage, pour que je puisse profiter du bienfait de votre naissance, recueillir vos inspirations, et commencer enfin à me reposer en vous.



L'avarice


La foule et les riches avaient rempli les hôtelleries. C'est surtout en ces lieux que la richesse fait le mérite, et que la cupidité assigne les égards et les préférences. Un brillant équipage, un grand train assurent un accueil favorable; et il n'y a de rebuts et d'exclusion que pour la pauvreté.

Jésus n'y sera donc pas reçu: il s'annonce trop obscurément; tout ce qui l'environne a trop peu d'éclat. Qu'est-ce que ces cœurs durs et intéressés pourraient estimer dans Marie et Joseph ? Que gagneraient-ils avec de pareils hôtes ?
O célestes époux ! que ne leur dites-vous que vous êtes les descendants des rois, que Marie porte dans son sein l'espérance et le salut du monde ? Non, non; l'humilité Vous fait une loi du silence; vous vous unissez en souffrant de ses humiliations aux dispositions du Verbe incarné.

Il faut qu'à la lettre, dès le premier moment de son entrée dans le monde, le Fils de l'homme n'ait pas oh reposer sa tête, et que la sainte famille nous offre la plus sublime leçon de patience, de douceur et d'humilité au milieu des privations les plus pénibles.
A quel point elle m'était nécessaire ! combien l'estime des richesses est profondément enracinée dans mon cœur! Désirer ce que je n'ai pas, posséder avec attache, perdre avec des regrets démesurés, n'est-ce pas là la source de toutes mes inquiétudes, le principe de mon peu de progrès dans la vertu, de ma froideur pour Dieu, de mon indifférence pour les biens invisibles !

O adorable Rédempteur! Comment pourrais-je espérer d'avoir part aux dons célestes que vous apportez aux hommes, si mon cœur est toujours aussi attaché aux biens de la terre ? Et cependant je ne puis le méconnaître, elles vivent en moi ces attaches funestes; et quoi que je puisse dire loin de l'occasion, quand elle se présente, mes murmures ou mes alarmes ne révèlent que trop clairement la profonde misère de mon âme.
Mais qui pourra donc la guérir, ô mon Dieu! faire mourir en elle la racine de toutes les cupidités ?
Ce seront vos divins exemples, ô Sauveur naissant, et les grâces que nous ont méritées les rebuts que vous avez voulu essuyer à Bethléem.


le plaisir

Rappelez-vous ce qui se passe ordinairement dans les hôtelleries : A quoi les jours y sont-ils employés ?
La bonne chère, le jeu, les conversations oiseuses et quelquefois des passe-temps encore plus coupables n'y sont-ils pas l'occupation habituelle de ceux qui les fréquentent ? Comment donc ceux-ci pourraient-ils s'accommoder du Dieu caché qui vient condamner par ses exemples les rires insensés et les amusements criminels des enfants du siècle, et marquer ses disciples du sceau de la mortification et de la pénitence ?

Ah ! il n'y a vraiment pas de place pour lui. Hélas! en trouvera-t-il une aujourd'hui dans mon âme ?
Est-elle insensible aux attraits du plaisir ? Mes yeux ne se laissent-ils pas bien facilement éblouir par le trompeur éclat du monde, par les pompes et les illusions de la vanité ? Si je rejette ce qui blesse ouvertement la conscience, ce qui serait évidemment péché, suis-je attentif à me défendre de tout ce qui peut y conduire et m'y a trop souvent entraîné ?
La sensualité, le luxe, la recherche de tout ce qui me flatte, l'éloignement de tout ce qui me gêne ou me déplaît, une vie toute naturelle, toute mondaine, toute terrestre peut-être et toute sensuelle ne forment-ils pas en moi une habitude de conduite entièrement étrangère et même opposée au crucifiement de la chair et de l'esprit prescrit par l’Évangile.

Cependant, ô Enfant-Dieu ! ne vous éloignez pas de moi ! ne dédaignez pas de naître dans mon cœur.
Il me tarde de vous en établir le maître et l'unique maître; mais pour qu'il soit moins indigne de votre sainteté purifiez-le, bannissez-en les affections coupables et les désirs déréglés : mettez-y vos vertus; qu'il n'aime que ce que vous avez aimé; qu'il ne recherche que ce qui peut le rapprocher de vos adorables exemples ! Que mon bonheur pendant tout ce mois soit de vous contempler, de vous bénir et de vous invoquer, afin que par votre infinie miséricorde, daignant vous reposer dans mon âme, la purifier et,la nourrir, elle. puisse s'établir solidement et croître dans votre amour; c'est la grâce que je vous demande par l'entremise de Marie et de Joseph. Ainsi soit-il.





A SUIVRE...

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 24 Déc - 20:23

SUITE





Litanies de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Jésus, qui avez été enfant, ayez pitié de nous.
Enfant, qui êtes fils du Dieu vivant,
Enfant qui êtes fils de la vierge Marie,
Enfant né avant l'aurore,
Enfant qui êtes le Verbe fait chair,
Enfant qui êtes la sagesse de votre Père,
Enfant qui avez consacré la virginité de votre Mère,
Enfant fils unique de votre Père,
Enfant premier né de votre Mère,
Enfant qui êtes l'image 3 de votre Père,
Enfant qui êtes le principe de votre Mère,
Enfant qui êtes la splendeur du père,
Enfant qui êtes l'honneur de votre Mère,
Enfant égal à votre Père,
Enfant soumis à votre Mère,
Enfant qui êtes les délices de votre Père,
Enfant qui êtes les richesses de votre mère,
Enfant qui êtes le don du Père,
Enfant qui êtes le présent de votre Mère,
Enfant le fruit d'une Vierge,
Enfant créateur de l'homme,
Enfant qui êtes la vertu de Dieu ,
Enfant qui êtes notre Dieu,
Enfant qui êtes notre frère,
Enfant qui êtes voyageur dans la gloire,
Enfant qui êtes glorieux dans la voie,
Enfant qui avez la maturité d'un homme parfait dés le ventre de votre Mère,
Enfant qui avez la sagesse d'un vieillard dès votre enfance,
Enfant qui êtes le père des siècles,
Enfant né depuis peu de jours,
Enfant qui étant la vie êtes nourri de lait,
Enfant qui étant le Verbe demeurez dans le silence,
Enfant qui jetez des cris enfantins dans le berceau,
Enfant qui tonnez du haut du ciel,
Enfant la terreur de l'enfer,
Enfant la joie du Paradis,
Enfant qui êtes terrible aux tyrans,
Enfant qui êtes le désir des Mages,
Enfant qui êtes exilé du milieu de votre peuple,
Enfant qui êtes roi dans votre exil,
Enfant destructeur des idoles,
Enfant jaloux de la gloire de votre Père,
Enfant qui êtes fort dans la faiblesse,
Enfant qui êtes puissant dans la petitesse,
Enfant qui êtes le trésor de la grâce,
Enfant qui êtes la source du bon amour,
Enfant qui rétablissez tout dans le ciel,
Enfant qui réparez tout sur la terre,
Enfant qui êtes le chef des anges,
Enfant qui êtes la tige des patriarches,
Enfant la parole des prophètes,
Enfant le désir des nations,
Enfant la joie des pasteurs,
Enfant la lumière des mages,
Enfant le salut des enfants,
Enfant l'attente des justes,
Enfant le maître des sages,
Enfant qui êtes les prémices de tous les saints,

Soyez-nous favorable, pardonnez-nous, Jésus enfant,
Soyez-nous favorable, exaucez-nous, Jésus enfant.

Du joug de la servitude des enfants d'Adam délivrez-nous, Jésus enfant.
De la captivité du démon,
De la malignité du siècle,
De la concupiscence de la chair,
De l'orgueil de la vie,
Du désir déréglé de savoir,
De l'aveuglement de l'esprit,
De la mauvaise volonté,
De nos péchés,
Par votre Conception très pure,
Par votre naissance très humble,
Par vos larmes,
Par votre Circoncision très douloureuse,
Par votre manifestation très glorieuse,
Par votre Présentation où vous vous êtes consacré à Dieu,
Par votre conversation très sainte,
Par votre vie toute divine,
Par votre pauvreté,
Par vos souffrances,
Par vos voyages
Par vos travaux,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, délivrez-nous, Jésus enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Jésus enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, délivrez-nous, Jésus enfant.

Esprits célestes, adorez-Le,
Sion l'a entendu et a tressailli de joie.


Prions

Jésus notre Seigneur, qui avez daigné anéantir pour l'amour de nous la grandeur de votre divinité incarnée et votre humanité toute divine jusqu'à l'état et à la condition très basse de la naissance et de l'enfance, faites, s'il vous plaît, qu'en reconnaissant votre sagesse divine dans l'enfance, votre puissance dans la faiblesse, votre majesté dans la petitesse, nous vous adorions très petit sur la terre, et que nous vous contemplions tout grand que vous êtes dans le ciel, vous qui étant Dieu, Vivez et régnez avec Dieu le père, en l'unité du Saint-Esprit , durant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.





Prières à Jésus Naissant

Acte d'adoration


Mon Sauveur Jésus, vrai Dieu et vrai homme, je vous reconnais comme le créateur du monde qui vous êtes voulu faire créature; comme le maître souverain du ciel, qui avez pris la forme de serviteur en la terre; comme engendré de Dieu le Père dans l'éternité, qui avez voulu naître d'une mère vierge dans le temps.

Quoique vous paraissiez petit à mes yeux, la foi me découvre votre infinité, et sous les voiles de votre faiblesse je contemple votre toute-puissance; j'adore en vous tout ensemble la grandeur et la petitesse, les richesses et la pauvreté, le silence et la parole infinie, l'éternité et l'enfance; et parce qu'en vos deux natures vous n'êtes que la seule personne du fils de Dieu, j'adore également votre bassesse et votre majesté, vos souffrances et votre impassibilité, votre béatitude et vos larmes.

Soit que vous commandiez aux anges, soit que vous dépendiez d'une vierge, je vous reconnais toujours pour le souverain Seigneur, comme gouvernant l'univers dans le ciel, vous êtes mon Dieu, mon créateur, mon principe et ma fin; et comme tremblant dans la crèche, vous êtes mon rédempteur, mon avocat, ma victime et mon libérateur. Je vous rends en mon cœur le plus grand de tous les respects, autant dans la captivité de vos langes que dans l'empire de votre gloire; et soit petit ou grand je vous honore de toute l'étendue de mon âme, pardessus tout honneur, je vous loue pardessus toute louange, je vous aime pardessus tout amour, et c'est à votre enfance même, parce qu'elle est l'enfance de mon Dieu, que je veux rendre toute ma vie un culte, un hommage et un service parfait et accompli.



Acte d'oblation


Mon Dieu et mon Sauveur, vrai fils de Dieu et vrai fils de l'homme, c'est à vous, comme à mon Créateur, que je dois tout mon être et tous les fruits qui en peuvent provenir; et comme à mon Rédempteur, je vous dois le nouvel être et toutes les richesses de la grâce que j'ai déjà reçues et de la gloire dont vous me donnez l'espérance ; quoique vous soyez petit enfant, c'est vous néanmoins qui m'avez formé l'âme et le corps, et qui me devez créer une seconde fois par l'effusion de votre sang et par l'infusion de votre esprit. Je ne puis jamais ni rien être, ni rien avoir, ni rien faire qui ne vous soit parfaitement acquis, en quelque état que vous soyez; et que je ne sois obligé de vous rendre comme à mon Dieu et à mon Sauveur.

J'offre mon être à votre être infini, qui en est le principe; j'offre ma vie à votre vie éternelle, d'où elle est procédée, et à votre vie temporelle, qui commence pour me la mériter, qui cessera pour me la redonner et qui se rétablira elle même pour me l'assurer à jamais.

J'offre tout ce que j'ai et aurai de pouvoir aux saintes et divines affections de votre esprit, par lesquelles vous demandez pour moi à Dieu votre père ce même pouvoir, qu'il ne m'accorde que pour l'amour de vous, et par lesquelles vous apaisez sa colère contre moi et contre l'univers. Vous offrez à la souveraine Majesté un sacrifice de parfaite louange, et lui rendez pour moi et pour tous les hommes les devoirs de reconnaissance, d'amour et de soumission que nous sommes obligés de lui rendre.

Je m'offre tout entier à cette incomparable humilité , par laquelle vous vous anéantissez jusqu'à l'indigence de toutes choses, à l'extrême faiblesse, au silence, aux langes, à la crèche ; et ce qui surpasse tout abaissement, vous vous chargez de toutes mes offenses. Qu'il n'y ait aucun jour ni aucun moment de ma vie, aucune intention, œuvre, parole, ni aucun état qui ne soient consacrés en l'honneur de cette infinie humilité. Qu'en tout temps je dépende de la vertu qui découle de cette « divine enfance » que j'en porte l'impression partout, et que pour y être attaché par un lien de perpétuelle servitude je n'agisse jamais que dans l'esprit de votre soumission, simplicité et innocence.






Acte d'union et d'amour


Divin enfant, qui n'ouvrant votre bouche adorable que pour y former des soupirs et des gémissements pour mes péchés, avez l'esprit toujours occupé dans l'entretien avec Dieu votre père; qui sous l'humble et profond silence mettez en usage tous les trésors de la science et de la sagesse de Dieu, qui sont cachés en vous, et qui plus vous êtes dans les liens et dans l'infirmité de l'enfance, plus vous donnez de liberté et d'étendue à vos vertus, j'unis mon cœur et mon esprit à tout ce que vous êtes et dans l'une et l'autre de vos natures et dans l'infinité de votre personne qui, les soutenant toutes deux également, fait qu'elles s'entre communiquent leurs propriétés sans aucune confusion.

J'ose vous dire que par votre sainte humanité je me joins à tout ce que vous êtes dans votre incompréhensible divinité, comme par la faveur de votre divine nature j'espère avoir part à tout ce qui appartient à l'humanité.
Je me donne à votre sainteté, à votre pureté, à votre vérité; je me conforme à toutes vos saintes volontés, à votre sage providence, à tous vos ordres sur ma vie, sur ma mort et sur mon éternité.

J'adhère à votre amour, à votre miséricorde, à votre justice, et en un mot à toutes vos divines perfections; et je les adore et les aime de toute l'étendue de mon cœur. Je me donne aussi à votre sainte humanité subsistante en votre divine personne, et formée par le Saint Esprit de votre très chaste et très pure Mère. Je m'unis à la pureté et à la sainteté de tous vos sens, à la justice qui les conduit et à la soumission qu'ils rendent à la divinité, qui habite en eux corporellement.

Je me joins d'esprit aux devoirs que dès votre entrée dans le monde votre âme n'a cessé de rendre à Dieu votre père, à vos adorations, à votre obéissance, à votre sacrifice, à vos actions de grâces, à votre amour, à votre contrition pour nos péchés, à tous vos désirs, à toutes vos prières, à votre joie, à vos souffrances et à toutes les richesses de votre esprit, qui surpassent ma connaissance.

Je me donne à tout par la foi, j'aime et adore tous ces trésors divins et humains, et c'est en vous qu'avec Dieu votre père je mets tout mon plaisir et toute ma joie, et avec tous les Saints mon espérance et ma félicité éternelle. Que toutes les affections de la terre soient bannies de mon cœur, je n'en veux avoir que pour vous, et s'il m'était possible de rappeler toutes mes pensées inutiles, toutes mes passions déréglées, et tous mes attachements aux créatures, je les voudrais toutes convertir en votre seul amour. Que toute ma curiosité soit de vous connaître, que tous mes désirs soient de vous plaire, que toute mon ambition soit de vous posséder, que toute ma joie soit de vous aimer et de vous obéir, et que toute ma vie ne tende qu'à imiter les exemples de votre sainteté, simplicité et innocence.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 25 Déc - 20:02

Le Mois de l'Enfant Jésus





Premier jour

Jour de Noël

Naissance de Jésus Christ


« Aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) A la pensée du Fils unique du Très Haut, de son Verbe éternel, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, conversant avec les hommes, revêtu de leur nature, se montrant sous la forme d'un enfant,
ô mon âme ! abîme-toi, livre-toi aux transports de l'admiration, de l'attendrissement et de la reconnaissance; adore, loue, bénis, chante avec les esprits célestes, et répète comme eux:
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
c 'est aujourd'hui qu'est né le Sauveur du monde, qui est le Christ, le Seigneur, et après l'avoir quelques moments contemplé en silence, élève-toi aux considérations que ce prodige d'amour te présente.
Quel est celui qui vient au monde ?
Comment y vient-il ?
Pourquoi y vient-il ?



Quel est ce petit enfant qui vient au monde ?


Celui que vous voyez couché dans une crèche, qui pleure, qui tremble de froid, qui demande du lait, qui ne paraît en rien différent des autres enfants, est néanmoins le fils du Dieu vivant, l'héritier de toutes choses, l'admirable, le fort, le tout-puissant, le réparateur du monde et le sauveur de tous les hommes.

Qui a donc pu opérer un tel prodige, et réduire la souveraine grandeur à cet incompréhensible abaissement ?
Ah! c'est l'amour que vous avez pour moi, ô mon Jésus !
oui, c'est pour moi que vous êtes descendu du ciel, pour moi que vous vous êtes fait homme, pour moi que vous vous êtes fait enfant et que vous avez voulu naître dans une étable. Et moi, qu'ai-je fait, qu'ai-je souffert pour vous ?
quel mépris, quelle incommodité, quelle peine ai-je endurés pour vous et pour mon salut ?
Hélas ! le luxe, la vanité, l'amour de mes aises, peut-être les délices et la sensualité, voilà l'objet constant de mes désirs, de mes recherches et de mes soins. Est-il donc vrai que je vous reconnaisse pour mon maître, ô enfant de douleur ! oserai-je me dire votre disciple ?



Comment Jésus vient-il au monde ?


Il y vient pauvre, il y vient petit, il y vient humble, il y vient comme un étranger qui n'est ni connu ni appuyé de personne; c'est volontairement qu'il choisit ce que le monde dédaigne, ce qui révolte la sensualité, ce que l'orgueil abhorre; il manque de tout, il souffre de tout, il est dans un dénuement et un abandon absolus, et pourtant il ne se plaint pas; il pleure, il est vrai, mais ce sont nos infidélités qui font couler ses larmes; c'est l'offense de Dieu qui cause sa douleur :
le dénuement, l'oubli, l'abjection, il s'y est dévoué pour réparer le crime de l'orgueil et l'injustice des affections du cœur humain. Par cette raison, il s'y plaît, il les aime, il s'en réjouit, il en fait ses délices.
Après cela pourrai-je encore rechercher la gloire, l'estime des hommes, leurs fausses louanges; serai je encore aussi délicat sur les préférences, l'oubli, l'abandon ?
Ah! si je n'ai pas le courage d'embrasser l'excessive pauvreté de votre naissance, ô divin enfant !
donnez-moi du moins de supporter les privations, de me soumettre aux épreuves que m'a ménagées votre miséricordieuse providence; que je commence à sentir enfin la nécessité de la mortification et de la pénitence !



Pourquoi Jésus-Christ vient-il au monde ?


Cette étable où il s'est réfugié pour naître, cette crèche dans laquelle il est étendu ne vous le disent-elles pas ? comment en le voyant couché sur cette paille, couvert de ces pauvres langes, versant des pleurs, comment ne pas reconnaître le nouvel Adam portant les caractères et subissant la peine du péché ?

c'est la victime qui vient et qui prélude à son grand sacrifice; elle s'étend sur cette crèche comme sur un autel, s'offre déjà en esprit d'immolation. Et que n'immole-t-il pas en effet dans cet état d'enfance ?
Grandeur, sagesse, prudence, tout est éclipsé, tout disparaît sous les dehors insignifiants du premier âge; car il fallait qu'il fut en tout semblable à ses frères. Il est engendré dans les splendeurs des saints avant l'aurore, et il naît dans un réduit obscur, la lumière est comme son vêtement, et il est couvert de pauvres langes; il est le Verbe de Dieu, qui soutient tout, et il faut que sa mère le porte entre ses bras.

O grandeur ainsi abaissée ! que vous êtes aimable, ô éternel ! devenu un enfant d'un jour, que vous êtes adorable ! ô toute-puissante faiblesse, soyez ma force ! ravissante obscurité, soyez ma lumière !
pauvreté de Jésus, soyez mon trésor et toute ma richesse !
Humblement prosterné au pied de votre crèche, je vous adore, ô divin enfant ! j'adore ce cœur si tendre, qui s'efforce de me donner des marques de son amour infini; j'adore cet esprit en qui sont renfermés tous les trésors de la science et de la sagesse, et qui se couvre si miséricordieusement des voiles de l'enfance; j'adore ces larmes précieuses qui coulent de vos yeux pour purifier mon âme et apaiser la colère de votre Père céleste allumée par mes péchés; j'adore ces mains puissantes, captives aujourd'hui dans les langes, comme elles le seront un jour si douloureusement, lorsque les Juifs les auront chargées de chaînes et clouées à la croix.

« Doux amour, ô mon adorable Jésus ! vous dirai-je avec Saint Bernard, faites sentir à mon cœur combien vous m'avez aimé, combien vous m'aimez encore.
Ah  je voudrais bien vous aimer, mais je ne le puis sans vous. Jésus, mon amour et ma vie,  faites-moi la grâce de mourir pour votre amour ».



Vertu à obtenir : L'Amour de Jésus.





Aspirations et résolutions


Honorez, bénissez le Père éternel, qui a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique.  
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.
Glorifiez le Fils, qui ne veut naître dans le temps que pour vous donner la naissance spirituelle.
Gloire à vous, ô Jésus ! qui êtes né d'une vierge, que tous les anges de Dieu vous adorent.
Je me prosterne, je m'abîme devant vous avec Marie et Joseph, et vous adore comme Dieu au-dessus de tous les siècles des siècles.

Proposez-vous de souffrir aujourd'hui quelque chose pour commencer à l'imiter;
pratiquez quelque acte d'humilité dont Jésus seul, s'il est possible, soit le confident et le témoin, et dites-lui avec Saint Augustin :
« Eloignez de moi l'esprit d'orgueil, ô mon Sauveur, et donnez-moi le trésor de votre humilité ! »



Prière


O Dieu! qui dans votre naissance portez l'ignominie de notre origine criminelle, et qui, l'unique Fils de Dieu, cher et précieux à votre Père, souffrez les rebuts et les peines qui sont dus aux enfants de colère; qui, sans dire un seul mot, nous instruisez par la virginité de votre très sainte mère, de la régénération pure que vous nous méritez en naissant, de notre rédemption, par le bois de la crèche, image de celui de la croix, de la céleste nourriture que vous nous destinez par la crèche même où vous reposez, faites-nous comprendre les secrets de votre admirable silence, et rendez-nous de telle sorte enfants en vous que nous puissions avec vous être les héritiers du Père éternel avec lequel vous vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 26 Déc - 21:12

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 26 décembre

Joie de la sainte Vierge à la naissance de Jésus


« Heureuses les entrailles qui ont porté le fils de Dieu! heureuses les mamelles qui l'ont allaité! » (Luc 2: 27)
Le moment heureux annoncé pendant quatre mille ans par tant d'oracles, appelé par tant de vœux et de soupirs étant arrivé, Jésus sort du sein virginal de Marie comme le rayon du soleil sort d'une nuée éclatante; brûlante d'amour, saintement impatiente de contempler le désiré des nations, sa mère l'a enfanté sans douleur comme sans souillure : qui pourrait dire avec quels sentiments de respect et de tendresse elle l'adore comme son Dieu, l'embrasse comme son fils, l'enveloppe de langes, le pose dans la crèche, ne pouvant rassasier ni ses yeux ni son cœur de la vue de ce cher et adorable objet.

O mon âme! demande à cette bienheureuse mère d'avoir part à la consolation, au respect et à la ferveur dont la remplit la naissance de son fils bien-aimé. Elle le contemple, elle l'adore, elle le sert.



Marie contemple l'enfant Jésus

C'était sans doute un bonheur ineffable de posséder pour ainsi dire à elle seule le trésor du ciel et de la terre, le Verbe divin incarné dans ses chastes entrailles, de sentir à tout moment son cœur tout embrasé de ses ardeurs, de son incomparable charité, son esprit éclairé des lumières même de la sagesse incréée; le Dieu caché remplissant de l'abondance de sa grâce toute la capacité de son âme, et en échange de l'être naturel qu'elle lui avait donné, lui rendant avec usure la participation de son être surnaturel et divin.

Mais enfin la gloire du Père, le salut des hommes, les bienheureux effets qui devaient résulter de l'incarnation du Verbe l'avaient fait soupirer plus vivement que les Patriarches après l'heure fortunée qui le montrerait à la terre.
Elle le voit enfin, pensez avec quelle joie : rassasiée de bonheur parce quelle a vu sa gloire, elle le contemple, elle le présente aux adorations des anges et des hommes avec des transports qui ne pouvaient naître que dans le cœur de la mère d'un Dieu.

O mon âme! sont-ce là tes désirs et tes sujets de joie ?
Tu ne devrais aspirer ici bas qu'à deux choses, à posséder habituellement Jésus-Christ par la grâce et fréquemment par l'eucharistie, et à le voir un jour dans sa gloire. La première est l'unique consolation et le vrai bonheur de la terre; la seconde toute la joie, toute la félicité du ciel.
Que te revient-il de tous ces désirs qui t'agitent et font ton tourment ?
Qu'as-tu trouvé jusqu'à présent dans les créatures qui t'ait pleinement contentée ; rentre enfin en toi-même, laisse aux hommes vains les choses vaines ; ferme sur toi la porte et appelle à toi Jésus, ton bien-aimé.

O Dieu naissant! je ne veux plus demander, je ne désirerai plus qu'une seule chose, c'est d'habiter en vous, de vivre avec vous tous les jours de ma vie; montrez-moi votre visage, et que je ne cesse plus de le contempler.



Elle l'adore

Heureuse de contempler l'enfant Jésus et de l'embrasser avec un« tendresse toute maternelle, avec quels sentiments de respect, dans quel anéantissement profond de tout son être ne l'adore-t-elle pas !
Elle voit le fils du Très-Haut abaissé jusqu'à devenir son fils, celui qui donne la vie à tout ce qui respire lui demandant du lait, le Roi de gloire relégué dans cette masure abandonnée, faisant entendre des gémissement plaintifs, celui dont le tonnerre n'est pas une digne vois, et dès le premier moment de son apparition sur la terre accomplissant par ses douleurs et ses humiliations prodigieuses son office de Sauveur et de Rédempteur; et comparant sa génération éternelle avec sa naissance temporelle, elle le voit dans la première nécessairement infini, tout puissant, indépendant, possédant toute sagesse et toute grandeur, et dans la seconde volontairement faible, indigent, soumis à ses créatures, sujet à toutes sortes de souffrances et même à la mort.

Elle l'adore avec toutes ses dignités divines et humaines, comme le vrai Dieu et la vie éternelle et en même temps comme le Rédempteur, le prêtre et la victime du genre Humain, et elle s'offre, se consacre et s'immole avec lui, pour lui et en lui.

Loin, loin de toi ô mon âme! les pensées des enfants du siècle. Plus ton Dieu s'est abaissé, plus il doit t'être cher; il ne pouvait appartenir qu'au Tout-Puissant de descendre par miséricorde à cet excès, et par cet excessif abaissement de te relever et de guérir l'orgueil de l'esprit et du cœur humain.

Vous êtes vraiment le Dieu caché, Dieu Sauveur d'Israël. Mais votre charité vous révèle à ma foi; cette étable est à mes yeux un palais, c'est un temple, c'est la digne demeure d'un Dieu, qui n'a pas eu horreur du sein d'une Vierge. Je veux m'y cacher avec vous, y vivre et y mourir; cachez-moi, ô mon Sauveur! dans le secret de votre face, afin que je ne me laisse plus séduire par la vanité.



Elle le sert

Ce n'est pas une parole sans effet que Marie a proférée quand elle a dit à l'Ange: « Voici la servante du Seigneur », c'est un sentiment vrai et profond qu'elle exprimait; elle veut être réellement l'humble fidèle servante de son Dieu, non seulement quand il lui demande l'obéissance du haut du trône de sa gloire, mais plus encore, s'il est possible, lorsqu'ayant pris lui-même la forme d'esclave il lui demande ses services.

Elle est heureuse de servir Jésus comme son fils et comme son Dieu : comme son fils elle lui prodigue tous les soins d'une bonne et tendre mère, comme son Dieu tous les respects, toutes les soumissions de la plus humble servante; elle lui consacre tous les moments de sa vie, tous les mouvements de son cœur sans partage et sans réserve ; elle s'offre à lui avec une sainte ferveur pour lui rendre tous les devoirs de mère, de nourrice, d'esclave, pour accomplir toutes ses volontés, s'assujettir à tout son pouvoir.

Avec quel inexprimable ravissement elle le garde, elle l'allaite, épiant ses mouvement les plus imperceptibles,  prévenant ses moindres désirs, écartant tout ce qui pourrait lui nuire ou lui déplaire ! ah ! le sommeil même n'interrompt pas cette bienheureuse occupation ; c'est bien elle qui peut dire : « Je dors, mais mon cœur veille ».

Est-ce ainsi que je vous sers, ô mon Dieu ? Non non, quelques jours de soins, d'exactitude et de fidélité suffisent pour épuiser mes forces et pousser à bout ma constance. Comme si vous n'étiez pas le plus grand, le plus indulgent et le plus généreux des maîtres, je languis à votre service, je compte avec vous, qui m'avez donné sans mesurer, et qui me réservez une récompense infinie, qu'on est trop heureux de servir, puisque vous servir, Seigneur, c'est régner.
Je veux commencer enfin par l'accomplissement de votre volonté à pouvoir dire avec vérité: « Je suis votre serviteur et le fils de votre servante ».

O Marie! offrez ce désir à votre divin fils pour qu'il le rende efficace, et qu'à l'avenir je le serve fidèlement.



Vertu à obtenir : La joie spirituelle au service de Dieu.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui la bienheureuse Vierge.

Réjouissez-vous avec moi, vous dit-elle, parce que toute petite que je suis j'ai été agréable au Très Haut, et que l'Homme-Dieu est sorti de mes entrailles ; répondez-lui : Oui, vous êtes bienheureuse, ô vierge Marie ! parce que vous avez porté dans votre sein le Seigneur et le créateur du monde; vous avez engendré celui qui vous a créée, et vous demeurez éternellement vierge.

O Marie! vierge sacrée, vous êtes bienheureuse et digne de toute louange, parce que le soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est sorti de vous.



Prière

O très sainte et très heureuse Mère de Dieu ! souffrez que je prenne part à votre joie, puisque vous êtes ma souveraine et que je vous appartiens à tant de titres ; permettez que j'adore votre divin fils avec vous, que je lui rende mes hommages, que je me donne à lui pour accomplir toutes ses volontés, que je m'humilie devant lui et que je m'engage irrévocablement à son service; offrez-lui vous-même tous mes vœux, offrez-lui tout ce que je suis, tout ce que je puis; priez-le qu'il soit mon Sauveur, et que je trouve accès auprès de lui pour jouir des fruits de sa naissance, le servir sur la terre, le contempler, l'adorer et l'aimer à jamais dans le ciel. Ainsi soit-il.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 27 Déc - 20:10

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 27 décembre

Jésus attire les neuf chœurs des Anges


« En même temps une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'Ange, et ils se mirent à louer Dieu ». (Luc 2)
Jésus-Christ est le chef de toute principauté et de toute puissance, Dieu a mis toute chose sous ses pieds. Quel fut donc l'étonnement des esprits célestes lorsqu'ils virent ce fils unique du Père abaissé jusqu'à la nature humaine, devenu un enfant d'un jour !

mais en même temps avec quels transports de joie ils saluèrent le lever de ce soleil de justice, qui venait dissiper les ténèbres du monde et redonner aux hommes la vie de la grâce et de la gloire ! Etonnés et ravis de voir un Dieu réduit à l'état d'enfant et couché dans la crèche, et cependant cet Enfant-Dieu plus glorieux, incomparablement plus ardent en amour que les Séraphins, plus éclairé que les Chérubins, plus puissant que les Dominations, plus pur, plus parfait et plus heureux que les plus sublimes intelligences, ils louent, ils bénissent Dieu.

O mon âme! unis-toi aux transports de joie et d'admiration qu'excite en eux la vue de ce mystère qui s'est opéré; recueille les leçons que te donnent 1° leur joie, 2° leur charité, 3° leur zèle.



Leur joie

Comme les mauvais anges sont animés d'une horrible haine contre Dieu et d'une envie infernale de sa gloire, les bons anges sont heureux de tout ce qui peut la procurer ou l'accroître.
Pendant quatre mille ans, ils avaient vu le vrai Dieu comme banni du milieu de ses créatures, et les vapeurs d'un encens profane s'élever des autels consacrés aux démons : efforts, inspirations, menaces, prières ils avaient tout mis en usage pour maintenir la sainteté de son culte au milieu d'Israël ou pour amener à sa connaissance les Gentils.

Mais les temps de la grâce n'étaient point encore arrivés; et ils n'avaient pu dissiper la nuit de l'idolâtrie répandue sur la terre. Quelle joie pour eux de voir la lumière s'élever de la crèche de l'enfant Jésus, de reconnaître en lui le Médiateur promis aux hommes, qui doit abolir le règne du péché, former à son Père un peuple nouveau d'adorateurs en esprit et en vérité, et marquer les justes attirés vers lui de toutes les parties de l'univers d'un caractère de sainteté dont il sera le parfait modèle et d'une charité dont il est la source intarissable; à la vue de cet incomparable adorateur ils glorifient par lui le Père miséricordieux, qui l'a donné au monde, et célèbrent sa gloire, dont la majesté remplit la terre et les cieux.

Chante avec eux, ô mon âme ! Chante le cantique du Seigneur. Cette terre n'est plus tout à fait une terre étrangère, puisque Jésus l'a visitée. Il peut en éclairer les ténèbres et en adoucir toutes les amertumes. Jamais les concerts du ciel n'y avaient été entendus; mais vous apparaissez, ô enfant divin ! et la louange que donnent à votre divin Père vos gémissements et vos pleurs, vos saints anges la répètent au plus haut des cieux, ils en descendent avec une allégresse inexprimable pour vous adorer, pour reconnaître votre infinie grandeur, votre puissance, votre sagesse cachée sous le voile d'une si prodigieuse humilité.

Souffrez que, malgré mes ténèbres et ma misère, je m'unisse à leur céleste harmonie pour vous souhaiter tout honneur, toute gloire, toute louange et toute bénédiction dans le temps et dans l'éternité.



Leur charité

Ce n'est pas seulement au Père et à son Verbe incarné que s'adressent les félicitations et les joyeux cantiques des anges, c'est aussi à nous, enfants d'Eve, à nous dont le Saint des saints a adopté et réellement pris la nature.

Ainsi quoiqu'il l'ait préférée à la leur, cette préférence ni n'excite leur envie , ni ne refroidit leur charité pour les hommes; et ils se réjouissent de la dignité sublime à laquelle le fils de Dieu nous a élevés en la prenant : ils regardent avec autant de respect que de consolation la gloire de l'union hypostatique communiquée à la nature humaine, et ils en bénissent l'auteur de tout don parfait avec autant de reconnaissance que s'il les avait élevés eux-mêmes à ce comble à honneur.

Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme! Les succès ou les avantages du prochain sont-ils pour toi un sujet de joie et d'actions de grâce, ou bien le poison mortel de l'envie ne t'a-t-il pas trop souvent pénétrée comme à ton insu ? Sonde en présence des humiliations prodigieuses de ton Sauveur la plaie honteuse que jusqu'ici tu t'es dissimulée à toi-même; examine si cette froideur, cette antipathie, ce malaise que tu éprouves à l'approche de telle personne n'ont pas leur principe dans une supériorité d'esprit, de talent, de vertus, peut-être même, hélas ! de quelque frivole avantage que tu n'oses pas l'avouer ?

O anges saints! obtenez-moi une charité vraie fondée sur l'humilité.
O mon Dieu! je prends part au bonheur de tous ceux qui vous craignent.
Je vous offre tous les talents que vous m'avez donnés et toutes les grâces que vous m'avez faites; je consens à en être dépouillé pour en revêtir un autre qui en use mieux que moi, si vous le jugez ainsi. Que si vous avez la bonté de me les conserver, je vous prie de gratifier, mes frères encore plus que moi, afin que plus de personnes vous glorifient, que votre nom soit mieux connu, et que ceux que vous honorerez de vos faveurs suppléent au mauvais usage que j'ai fait de celles dont vous m'avez prévenu.



Leur zèle

Comme la joie des anges est pure et sincère, leur charité est active et efficace, ils sont empressés de procurer à Dieu toute la gloire et aux hommes tout le bonheur qui peut dépendre de leur ministère ; à peine ils ont entendu la bonne nouvelle que l'un d'eux avait été chargé de porter aux bergers, que tout à coup cette milice céleste fait éclater ses transports. C'est comme une seule voix qui s'élève du sein de cette innombrable multitude ! parce que c'est le même feu qui l'échauffe, c'est un seul et même désir qui l'anime.

Annoncer aux hommes la naissance de Jésus Christ, les attirer à sa grâce, porter la lumière dans les esprits, éveiller la piété dans les cœurs, réparer parles hommages de la plus vive reconnaissance l'ingratitude des hommes envers ce Dieu fait homme, leurs rebuts et leurs outrages par la promptitude de leur obéissance et la profondeur de leurs adorations, voilà les ministères que se partagent ces esprits bienheureux.

Ils environnent, en les félicitant de leur bonheur, la divine Mère qu'il s'est choisie, le glorieux père qu'il a adopté ; ils vont au fond de l'Orient appeler les prémices de la gentilité ; ils descendent dans les limbes pour annoncer aux Justes de l'ancienne alliance que leur rédemption est proche, que le Désiré des nations, qu'ils ont salué de loin, dont leurs soupirs ont appelé l'avènement béni, a paru enfin, qu'ils l'ont vu et l'ont adoré plein de grâce et de vérité.

Est-ce là le besoin de votre cœur, l'occupation habituelle de votre esprit,l'emploi de votre temps dans les moments dont vous pouvez disposer ? Vous consumez tant et de si longues heures en conversations, en visites, en rapports plus ou moins inutiles que vous appelez des devoirs et des bienséances; quelle place y tiennent la gloire de Dieu, l'intérêt des âmes, les vues de la foi ?

Songez bien que les dispositions et les habitudes de ceux avec qui vous conversez ne sauraient vous servir d'excuse, parce que, comme les anges, vous devez brûler de zèle et profiter de toutes les occasions pour faire glorifier Dieu.
Mais vous-même entretenez-vous un commerce habituel avec eux ?
implorez-vous leurs lumières, leurs conseils, leur puissant appui ?
avez-vous soin d'invoquer ceux de vos amis, de vos proches, des pauvres pécheurs ?
êtes-vous docile à leurs inspirations?
n'avez-vous pas quelquefois le malheur d'étouffer leur voix, leurs invitations aimables ou leurs reproches ?



Vertu à obtenir : L'esprit de zèle.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par les anges;
remerciez-les de l'honneur qu'ils ont rendu à cet aimable Sauveur;
priez-les de vous aider à bénir le Père céleste de vous avoir donné son fils, et de vous obtenir la grâce de recueillir le fruit de sa naissance;
efforcez-vous d'imiter le zèle dont ils sont animés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Ne vous contentez pas de connaître et aimer Jésus, désirez qu'il soit connu et aimé de tous les hommes :
inspirez en toute occasion sa crainte et son amour, et que tout votre bonheur soit de le voir servi et honoré.



Prière

Je vous adore, ô très doux enfant de la bienheureuse vierge Marie !
je vous adore, parce que la plénitude de la divinité habite en vous, parce que le trésor incompréhensible de la sagesse divine est caché en vous, parce que toute la douceur de l'amour du Saint-Esprit s'est écoulée en vous.

O très doux Jésus! opérez et achevez dans mon âme ce que vous vous êtes propose de toute éternité.
Que votre toute-puissance me régisse; que votre sagesse me remplisse de ses lumières; que votre douceur m'attire, et que votre bonté infinie m'attache à vous éternellement. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 28 Déc - 22:34

Le Mois de l'Enfant Jésus






Le 28 décembre

Jésus rend gloire à son Père


« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». (Luc 2)
Le monde célèbre la gloire du monde. Les enfants de la terre chantent les joies de la terre, ce qu'ils appellent leurs plaisirs, ce qu'ils croient la félicité.

Quels chants doivent donc faire entendre les anges de Dieu, sinon les joies du ciel et la gloire de Dieu,qu'ils contemplent sans cesse et dont la vue ravissante éveille sans cesse en eux de nouveaux transports d'admiration et de reconnaissance ?

Dès que l'homme fut créé, les cieux la lui racontèrent, cette gloire de son Dieu ; mais bientôt il n'entendit plus leur voix ; le magnifique spectacle de la nature ne lui dit plus rien ; il en contempla les merveilles avec un cœur glacé : il est devenu d'une insensibilité monstrueuse pour celui qui l'a créé par amour, qui à tout moment le comble de ses biens.

Du moins sois reconnaissante, bénis le Seigneur, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi rende hommage à son saint nom !
Pour comprendre comment tu dois le glorifier considère quelle est la gloire que lui rendent 1° les anges dans le ciel, 2° l'enfant Jésus dans la crèche, 3° les fidèles dans l'église.



Les anges dans le ciel

Louer Dieu, le bénir sans cesse c'est l'occupation bienheureuse des célestes intelligences.
La majesté divine, qui se dévoile à leurs regards, les pénètre de sa lumière, les ravit par ses charmes, les enivre de ses chastes délices. Cette plénitude de contentement, ce rassasiement de bonheur a besoin de s'épancher au dehors ; et la louange est intarissable en eux comme la félicité. Le grand mystère de piété qui leur est manifesté la rend plus vive encore et plus animée au milieu de leurs chœurs.

Le Verbe divinement jaloux de la gloire du Père outragée par le péché, qui pour la venger et la rétablir se précipite dans le néant de la nature humaine, leur révèle la grandeur infinie de celui à qui il fallait une si prodigieuse réparation ; ils s'embrasent d'une nouvelle ardeur et s'excitent mutuellement à des adorations plus profondes.

Tantôt dans l'extase de l'admiration, c'est parle silence qu'ils le louent, tantôt c'est sans se reposer qu'ils répètent saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui sera. Vous êtes digne, Seigneur, de toute gloire, honneur et puissance.

Élève-toi, ô mon âme ! par la foi et la charité au milieu des anges de Dieu , aux lieux les plus hauts, à la plus grande hauteur du trône éternel ! mêle ta faible voix à leur ravissante harmonie pour célébrer le Seigneur, parce qu'il est bon de le chanter !
Ce ne sera, il est vrai, que dans ce bienheureux séjour que tu pourras dignement chanter sa gloire, parce que là seulement tu en découvriras les splendeurs. Ici bas tes louanges sont trop souvent interrompues par tes gémissements ; tes misères, tes ténèbres, tes vaines attaches, les importunes images de la vanité, ce poids de la corruption qui t'entraîne viennent bientôt troubler tes célestes entretiens.

Néanmoins élève tes regards vers cette gloire à laquelle tu dois avoir part un jour, et qui te sera clairement manifestée;
élève ta voix pour glorifier Dieu en lui-même, et n'aime ce qu'il fait en toi que par rapport à lui.



L'enfant Jésus dans sa crèche

Quelque sublimes que soient les cantiques des anges, peuvent-ils jamais louer clignement celui qui est au-dessus de toute louange ! Quelque profondes que soient leurs adorations, comment pourraient-elles jamais glorifier parfaitement celui à qui appartient toute gloire ! O terre ! ô cieux! reconnaissez votre impuissance, faites silence :
le dominateur que vous cherchez, l'ange de l'alliance qu'appellent vos vœux, l'unique, le véritable adorateur, a paru : « Voici que je viens, dit-il lui-même dès son entrée dans le monde, pour accomplir votre volonté, ô mon Dieu ! »

Le reconnaissez-vous dans l'enfant Jésus ? retrouvez-vous en lui le chantre divin dont les louanges égalent la grandeur du Tout-Puissant, l'holocauste vivant qui honore souverainement son incompréhensible majesté ?
Et quel est donc ce cantique nouveau que Dieu a mis dans sa bouche, cet hymne de louange à sa gloire ?
Ah! n'entendez-vous pas ses soupirs et ses gémissements ? Quels hommages pourraient égaler ceux du unique du Père réduit à cet abaissement ?
Cette inaction, ce silence, cette dépendance universelle, cette impuissance totale dans lesquels il se tient ne sont-ils pas une réparation solennelle de la désobéissance de l'homme, et en voilant sous les dehors insignifiants du premier âge jusqu'à l'apparence de son intelligence divine, ne venge-t-il pas pleinement son Père de cette raison superbe qui avait osé s'élever contre lui ?
Mais quoi de plus glorieux pour ce céleste père que le sacrifice que lui fait de sa propre gloire ce fils qui lui est égal en sainteté, en sagesse et en puissance ?

Quelle surabondante réparation dans les hommages de ce Verbe adorable qui, s'étant approprié la nature humaine, présente dans sa personne les satisfactions de tous les hommes, et, par l'union de son corps mystique avec lui, dans chacun de ses membres, les satisfaction d'un Dieu !  
Tu appartiens, ô mon âme! À ce divin Chef : tu peux par lui offrir au Père les plus sublimes louanges et des hommages dignes de sa grandeur, puisqu'il t'a adoptée, et par cette adoption t'a rendue participante de toutes les grâces qu'il communique aux membres de son corps mystique. Mais souvient toi qu'elle te serait un jour un sujet de condamnation si tu ne t'appliquais pas dès aujourd'hui à appartenir et à participer à son esprit, et à en suivre avec docilité l'impression et le mouvement. C'est par l'abnégation, l'humilité, le crucifiement des désirs de la chair que tu l'attireras en toi.

O Dieu humilié, souffrant, abandonné, donnez-moi vos saintes dispositions, remplissez-moi de votre esprit !



Les fidèles dans l'Eglise

Si la naissance de l'Enfant-Dieu excite au milieu des anges de si vifs transports d'admiration et de reconnaissance, si ce Verbe divin , par l'anéantissement de sa grandeur et de sa puissance, s'efforce de rendre à son Père la gloire que lui avaient t, ravie l'orgueil et la désobéissance de l'homme, que ne doit pas faire l'homme lui-même pour coopérer à une réparation si nécessaire, et pour s'unir aux expiations toutes puissantes de l'innocente victime de ses péchés.

Il est vrai qu'il était par lui-même dans l'impuissance absolue de satisfaire à Dieu : toute la postérité d'Adam se fût offerte en holocauste, la réparation n'avait nulle proportion avec l'attentat ; mais l'Incarnation du Verbe non seulement le répare pleinement, elle donne de plus aux hommes qu'elle fait enfants de Dieu par adoption le moyen de lui rendre plus de gloire que ne lui en a ravi le péché.
C'est la notre ressource, notre consolation, notre espérance. Par Jésus Christ nous pouvons tout, nous demandons à Dieu une oblation égale non seulement à ses bienfaits, mais encore a ses grandeurs en lui présentant un autre lui-même. Par nous-mêmes nous ne pouvons ni le bénir, ni le glorifier, ni rien lui offrir qui lui soit agréable, mais nous le bénissons en Jésus Christ en qui il nous a premièrement comblé de toutes sortes de bénédictions spirituelles.

Quel bonheur pour toi, ô mon âme! De pouvoir glorifier ton Dieu tout grand, tout puissant qu'il est, quoique tu ne sois qu'infirmité et misère, de préluder au milieu des douleurs de la terre aux saintes joies du ciel, et dans la captivité de la chair à la bienheureuse occupation des anges !

oh ! si je pouvais ne m'occuper que de vos louanges, ô mon Dieu ! si toute ma vie n'était qu'un cantique de glorification continuelle ! mais comment vous louer et vous glorifier, si vous détournez de moi votre visage ; éclairez mes yeux pour que je découvre ce qui vous déplaît dans mon cœur, afin de vous l'immoler, ce qui peut vous plaire, afin que je m'y attache.



Vertu à obtenir : Ne se proposer en tout que la gloire de Dieu.





Résolutions et aspirations


Honorez aujourd'hui l'enfant Jésus, par qui seul le Père céleste pouvait être dignement loué, adoré et glorifié ; unissez-vous aux dispositions de son cœur adorable, au désir ardent qu'il a de procurer la gloire de Dieu aux dépens de la sienne avant tout.

Oh! qu'il aura bien droit de dire un jour : Pour moi je ne cherche point ma propre gloire, après l'avoir ainsi enfouie dans l'abjection de sa naissance. Vous plairez-vous encore à recevoir la gloire les uns des autres ?

Ah ! s'il faut vous glorifier, que ce soit de vos misères, qui font éclater l'infinie miséricorde de Dieu à votre égard ;
ou plutôt encore dites avec le même sentiment que l'apôtre : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Jésus-Christ.



Prière

Divin enfant, qui êtes la joie des anges, quoique dans votre crèche vous ne fassiez entendre que des soupirs et des gémissements, par qui vos fidèles rendent gloire à votre père, quoique vous vous y teniez dans un humble et profond silence, je m'unis à tous les devoirs que dès votre entrée dans le monde votre âme n'a cessé de rendre à Dieu votre père, à vos adorations, à votre obéissance, à votre sacrifice, à vos actions de grâces, à votre amour, à votre contrition pour mes péchés, à votre esprit et à votre cœur :

c'est en vous que je mets tout mon espoir et toute ma joie, et avec tous les saints mon espérance et ma félicité éternelle. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 29 Déc - 21:24

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 29 décembre

Jésus donne la paix aux hommes


« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». (Luc 2)

Quelle est donc cette paix que les anges annoncent si solennellement du haut des cieux ?
Ce n'est pas la paix que le monde souhaite à ses amateurs, et qui n'est que la jouissance paisible des biens frivoles et périssables, c'est à dire le contentement des passions; non, non, ce n'est point cette paix fausse et trompeuse, c'est la paix de Dieu, qui surpasse tout sentiment, c'est la paix avec Dieu que le péché avait rompue, que Jésus-Christ a traitée avec son Père, et qui est enfin conclue par ses mérites.

Il est vrai qu'il faudra que le traité soit signé du sang même du divin médiateur et scellé du sceau de la croix.
Mais il est accepté dès sa naissance et publié par les anges.

Le père les a chargés d'annoncer cette paix à tous les hommes de bonne volonté, à ceux à qui il veut du bien et à ceux qui ont eux-mêmes une bonne volonté. Ces deux sens s'accordent parfaitement, puisque le premier effet de la bonne volonté que Dieu a pour nous est de nous inspirer une bonne volonté envers lui.

Réjouis-toi de cette heureuse nouvelle, ô mon âme! la guerre est terminée. Apprends quelle est cette paix qui est annoncée à l'univers; c'est 1° 1a paix de 1'homme avec Dieu, 2° la paix des hommes entre eux, 3° la paix de l'homme avec lui-même.



La paix de l'homme avec Dieu par la rémission des péchés

Quels malheurs n'entraîne pas après elle la guerre même la plus légitime de peuple à peuple et de souverain à souverain ! Les pleurs, le sang, le carnage, les dévastations et la ruine en sont toujours la suite inévitable.
Que sera-ce donc que la guerre la plus injuste, la plus inégale, la plus coupable, la guerre de l'homme contre Dieu ! ce n'est pas seulement la faiblesse qui ose s'attaquer à la force, c'est le néant qui veut s'égaler à l'être, se mesurer avec lui, et peut-être se flatte d'en triompher.

O folie ! ô criminelle audace ! ô révoltante ingratitude ! Que le châtiment d'un tel attentat est juste, mais qu'il est terrible !
Adam et Eve dépouillés de tous les dons que leur créateur s'était plu à leur prodiguer, chassés ignominieusement et pour toujours du paradis de délices, condamnes à mort eux et toute leur postérité, et en attendant, sans en connaître le moment, l'exécution de cet arrêt fatal, réduits à recueillir au milieu des épines un pain de larmes, en proie aux craintes, aux remords, à l'ignorance et à la concupiscence, fuyant devant la face de Dieu, n'osant élever leurs regards vers le ciel.

O Dieu! Qui pourra donc vous réconcilier avec nous ? Toute la Cour Céleste s'offrirait en holocauste, votre gloire et votre justice n'en seraient point satisfaites ; toute la terre nagerait dans le sang des victimes, votre colère ne serait point apaisée.
Le Verbe Divin a vu toute l'impuissance de ces oblations, l'inefficacité de toutes ces hosties et de tous ces sacrifices et il a dit : « Voici que je viens ». Il est venu, il a désarmé le Père, et il a apporté la paix ; il l'a annoncée à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient proche, car c'est par lui que nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même esprit.

Refuseras-tu cette paix, ô mon âme ! ou plutôt ne l'imploreras-tu pas, ne t'efforceras-tu pas d'en conserver les fruits ?
Voudras-tu la rompre par le péché ? car c'est par le péché que l'homme se met en guerre avec Dieu.
Qui est-ce qui lui a résisté et a été en paix ? Quel affreux malheur que d'être en guerre avec Dieu !
Etre armé contre son Créateur, avoir pour ennemi le Tout-Puissant, ne plus oser le prier, penser à lui, l'appeler son père ; ne voir en lui qu'un juge redoutable et un implacable vengeur !

J'ai péché ! Que ferai je pour vous apaiser, ô Créateur des hommes ! pourquoi m'avez-vous ainsi placé en butte à vos traits ! pourquoi ne pas effacer mon péché ?

O enfant Jésus ! Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donnez-nous la paix.



La paix des hommes entre eux

D'où naissent les guerres et les discordes ? demande l'apôtre Saint Jacques.
N'est-ce pas, répond-il, de vos passions qui combattent dans votre chair ? C'est en effet des passions que sortent comme d'une source intarissable les dissensions, les animosités, les haines et les vengeances.

La guerre de l'homme contre Dieu fut comme le signal de la guerre de l'homme contre son semblable.
Depuis le jour où Caïn rougit la terre du sang de son frère les hommes demeurèrent pour ainsi dire sans cesse armés les uns contre les autres, et les inimitiés se multipliant de toutes parts couvrirent la terre de crimes et de malheurs.
Il est vrai que la Loi mettait quelque frein à la violence ; mais si elle tendait à restreindre la vengeance ou à prévenir l'injuste agression , elle n'en détruisait pas le principe. Qu'il y a loin de cette maxime: « OEil pour œil et dent pour dent », à ce précepte de l'Evangile : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ». « C'est que la Loi qui donnait le précepte ne donnait pas la force de l'accomplir » ;  c'est qu'il fallait que celui par qui tout devait être pacifié au ciel et sur la terre vînt en personne réconcilier les hommes en allumant dans leur cœur le feu de la charité, leur offrît, pour le conserver, le triple secours de son exemple, de ses enseignements et de sa grâce.

Aussi comme la division avait été le premier effet du péché, l'union des cœurs devait être le premier fruit de la réconciliation opérée par Jésus-Christ. C'est là la marque à laquelle devaient être reconnus ses disciples, c'est à l'amour qu'ils auraient les uns pour les autres. C'est là le commandement nouveau qu'il leur fait ; c'est comme son testament si fidèlement exécuté, que bientôt la multitude des fidèles n'est plus qu'un cœur et qu'une âme, que les infidèles, ravis de la paix céleste qui règne au milieu d'elle, s'écrient: « Voyez comme ils s'aiment ! »

Reconnais aujourd'hui, ô mon âme ! et comprends bien que ce qui peut te donner la paix avec le prochain c'est une humilité véritable et une sincère charité. Commence par établir la paix au milieu de toi, et tu l'auras bientôt avec les autres : traite-les avec bonté, excuse-les avec indulgence, supporte leurs faiblesses avec douceur, souffre leurs défauts avec patience, et couvre-les du manteau de la charité.

Mais pour cela il faut être véritablement humble, étudier soigneusement ses misères et fermer les yeux sur celles d'autrui ; chercher à s'effacer pour laisser paraître le prochain, à l'élever et à s'abaisser soi-même ; être dans la disposition habituelle de faire céder son droit, son opinion, son jugement et de perdre même ce qui est le plus précieux, pour ne pas perdre la paix et la charité, se souvenant de cette parole : « Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés enfant de Dieu ».



La paix de l'homme avec lui-même

Est-il donc possible d'éviter cette guerre intestine dont le foyer est au milieu de nous, ce perpétuel combat de la chair contre l'esprit, de la raison contre la foi, de la nature contre la grâce, de la cupidité contre la charité, qui a fait gémir tous les saints ? Non sans doute ; mais au milieu même de cette guerre et de ces combats non seulement nous pouvons être en paix, mais nous ne pouvons même posséder la paix qu'en combattant et en faisant la guerre.

Ainsi les hommes charnels obéissent à leurs penchants, suivent les inclinations de la nature, se laissent entraîner par leurs passions ; mais ils ont beau dire : la paix, la paix ! la paix n'est pas pour eux.
Les remords, les chagrins, les revers, les craintes, les dégoûts, les désespoirs, tout les agite, les alarme et les tient dans des anxiétés insupportables. Mais lorsque le fort armé garde l'entrée de sa maison, tout ce qu'il possède est en paix.

Ainsi le chrétien qui a sans cesse les armes à la main goûte une paix profonde, au milieu même des assauts que lui livre l'ennemi du salut, et surabonde de joie au milieu de ses tribulations : il captive son esprit sous le joug de la foi ; mais il s'affranchit du doute de l'incertitude et de l'erreur : il contraint sa chair à porter la mortification du Sauveur ; mais il fait triompher son âme de ses humiliations et de ses révoltes ; il crucifie les affections déréglées ; mais la charité le dédommage de ses sacrifices par l'abondance des plus pures consolations.

Voilà pourquoi la paix annoncées à toute la terre n'est promise qu'aux hommes de bonne volonté, c'est à dire à ceux qui feront concourir tous leurs désirs à vouloir ce que Dieu veut, à ceux qui le glorifieront par leur foi, par leur amour et par leurs œuvres, qui inclineront leur cœur à croire, à obéir et à aimer.

O mon âme ! peux-tu aspirer à cette paix divine ? as-tu tenté quelques efforts, fait quelque sacrifice pour en obtenir le don ou t'en assurer les fruits ? As-tu du moins commencé à correspondre aux desseins de Dieu, à la bonne volonté qu'il a pour toi, aux vues de son infinie miséricorde ? ce n'est que par la guerre qu'on obtient la paix.
Attaque donc généreusement telle inclination mauvaise qui domine en toi, et qui s'oppose aux effets de la grâce et à l'établissement du règne de Dieu au milieu de toi.

Aidez-moi, protégez-moi, soutenez, affermissez ma volonté, ô mon Sauveur ! vous le voyez, je suis à vous, je n'ai point d'autre maître. Dominez enfin dans mon cœur au milieu des ennemis (i) qui osent vous en disputer la possession et l'empire.



Vertu à obtenir : La paix intérieure.





Résolutions et aspirations


Honorez souvent dans cette journée le Père Eternel, qui vous a donné son Fils, et par lui la paix. A sa naissance, elle a été célébrée par les anges et annoncée à la terre.

Quand il prendra une vie nouvelle dans le tombeau et qu'il apparaîtra à ses disciples, sa première parole et son premier souhait sera encore la paix. La paix soit avec vous ! c'est moi, ne craignez point. Je vous ai réconciliés par mon sang; je vous soutiendrai par ma grâce, je vous couronnerai dans ma gloire. Encore une fois la paix soit avec vous !

Ah! mon Sauveur, quand vous la souhaitez vous la donnez en effet. Mais afin que je la reçoive et que j'en recueille les fruits, donnez-moi la bonne volonté à qui elle est promise.

Toutes les fois qu'on entonne ce cantique angélique, entrez dans le concert des anges par l'accord de tous vos désirs ; souvenez-vous de la naissance du Sauveur, qui a inspiré ce chant ; et lorsque le prêtre souhaite la paix de notre Seigneur, demandez-la pour vous et pour l'Eglise.



Prière

Divin Jésus, qui en naissant nous apportez la paix, et qui au milieu des souffrances et des privations vous montrez si résigné et si tranquille, donnez-nous dans tous les événements de cette vie, et les agitations de la terre, ce calme divin dont vous nous offrez un si parfait modèle dans votre crèche ; mais surtout daignez nous accorder cette paix que le monde est incapable de nous procurer, la paix de la bonne conscience, qui est l'effet de votre grâce et le fruit de la fidélité et de la générosité à votre service, afin que m'abandonnant pleinement à la conduite de votre adorable Providence, malgré les menaces des ennemis intérieurs et extérieurs de mon salut, j'aie le bonheur de vous imiter sur la terre, et de vous posséder dans le ciel. Ainsi soit-il.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 30 Déc - 22:24

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 30 décembre

Jésus attire les bergers à sa crèche


« Ne craignez point, car je viens vous annoncer une nouvelle qui sera pour tout le peuple un grand sujet de joie, c'est qu'aujourd'hui il vous est né dans la ville de David un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2) Les anges étaient descendus du ciel pour adorer le Verbe fait chair. Le divin Enfant députe l'un d'entre eux vers des bergers qui dans les champs voisins veillaient à la garde de leurs troupeaux.

Ce n'était pas la première fois que ces Esprits célestes se montraient aux hommes sous une forme humaine. Ils avaient autrefois conversé avec Abraham, Isaac et Jacob; c'était peut-être aux mêmes lieux que cet ancien berger, père des douze Patriarches, avait aussi fait paître ses troupeaux et reçu leur visite. Quoi qu'il en soit, l'Ange du Seigneur se présente tout à coup à eux: une lumière extraordinaire les environne, ce qui leur cause une extrême frayeur.

Mais à l'instant même, il les rassure. « Ne craignez point, leur dit-il, je vous annonce une grande joie: dans la ville de David (remarquez bien ce lieu qui dès longtemps a été désigné par la prophétie), aujourd'hui vous est né le Sauveur du monde, le Christ, le Seigneur, et voici le signe que je vous donne pour le reconnaître: vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. »

Est-ce à de telles marques que les sages du siècle s'attendaient à reconnaître l'admirable, le Dieu fort, le Père de l’Éternité, le Prince de la Paix ? Non sans doute, mais c'est à ces marques qu'il veut être reconnu.

Ne perdons pas le temps en vains raisonnements; hâtons-nous ô mon âme! passons jusqu'à Bethléem, allons chercher Jésus : voyons ce qui est arrivé, et ce que le Seigneur nous a fait connaître.

Envoyez-moi votre lumière, ô enfant Dieu ! dissipez mes illusions et mes ténèbres, guidez-moi dans la contemplation de ce mystère d'humilité, de foi et de simplicité, afin que je découvre aujourd'hui :
qui sont ceux à qui vous envoyez votre ange;
quelle est la nouvelle que vous leur faites annoncer;
à quelle marque vous voulez qu'ils vous reconnaissent.





Qui sont ceux à qui l'ange est envoyé

Ce sont des bergers, des hommes simples, pauvres, petits par leur condition et leurs emplois ; ne vous étonnez pas : un Dieu humble, simple et pauvre devait avoir une prédilection marquée et réserver ses préférences pour les pauvres.

N'y avait-il donc pas dans Israël des docteurs, des sages, des hommes habiles dans la science des écritures et par là plus convenables et plus propres à cette révélation ? Oui sans doute ; mais ces docteurs étaient des hommes superbes, enflés de la science de la loi, et qui auraient rejeté les prodiges de son humilité, de son silence, de son infirmité, puisqu'ils sont scandalisés de la sainteté de sa doctrine et des merveilles de sa puissance.

Ah! Il révèle aujourd'hui sa venue à de pauvres pasteurs, et il en fait les évangélistes de sa naissance, comme il découvrira un jour à de pauvres pécheurs ses autres mystères et en fera des apôtres. Il les choisit parce qu'ils sont pauvres et que l'estime des richesses ne les soulèvera pas contre sa pauvreté, parce qu'ils sont simples, et que l'orgueil du savoir ne les armera pas contre l'humilité de l'esprit, parce qu'ils sont vigilants, et que la mollesse et la sensualité ne les révolteront pas contre la sainteté, la mortification et la pénitence.

O mon âme! que penses-tu de ce choix ? De pauvres bergers, des hommes sans lettres, sans culture, sans appui dans le monde, voilà ceux que le Fils de Dieu choisit pour ses favoris, à qui il envoie ses ambassadeurs.
Estimeras-tu encore les richesses, les grandeurs périssables, les talents qui enfantent presque toujours une secrète et dangereuse estime de soi-même ?

Je vous rends grâce, ô divin enfant! de ce que dès votre apparition en ce monde vous corrigez ainsi l'erreur de mon esprit et le dérèglement de mon cœur. Je vous bénis, mon Dieu et mon Père, roi du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux savons, et que vous les avez révélées aux petits ! oui, mon père, car il vous a plu que cela fut ainsi.

Mais quand vous m'enseignez par le choix que vous faites de ces bergers les dispositions que vous voulez trouver en nous pour nous communiquer vos mystères, donnez-moi l'esprit d'humilité, de détachement £t de vigilance afin que vous daigniez m'attirer à vous, que je reçoive avec joie vos inspirations et vos lumières, et que je réponde avec docilité et avec zèle à l'attrait de votre grâce.





Quelle est la nouvelle annoncée aux bergers

C'est la plus importante et la plus heureuse qu'ils pussent apprendre, c'est qu'il leur est né un Roi, un Roi berger, qui est le fils de David, qui a voulu honorer leur pauvreté en en portant les livrées, et leur condition en les appelant les premiers à sa crèche ; c'est qu'il est né pour eux, pour les consoler et les sanctifier ; toutefois cette joie dont les anges leur apportent les prémices a été bientôt partagée par tout le peuple.

C'est l'univers que Jésus Christ vient sauver, ce sont tous les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir ; quelle plus heureuse nouvelle ! Vous étiez tous comme des brebis égarées; mais vous allez revenir au pasteur et à l'évêque de vos âmes.
Voilà le grand sujet de joie qu'Isaïe avait publié d'avance. L'esprit du Seigneur est sur moi ; c'est pourquoi il m'a consacré par son onction : il m'a envoyé annoncer l’Évangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance ; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé ; pour annoncer aux captifs qu'ils vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue.
L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers : la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les captifs qu'il vient racheter et mettre en liberté, tous les malades qu'il vient guérir; quelle heureuse nouvelle !

Vous étiez tous comme des brebis égarées ; mais vous allez revenir du pasteur et à l'évêque de vos âmes. Voilà le grand sujet qu'Isaïe avait publié d'avance. « L'Esprit du Seigneur est sur moi; c'est pourquoi il m'avait consacré par son onction, il m'a envoyé annoncer l'évangile aux pauvres et leur porter la bonne nouvelle de leur délivrance; pour guérir ceux qui ont le cœur affligé; annoncer aux captifs qu'il vont être mis en liberté, et aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue ».
L'éclat de la lumière divine qui environnait l'envoyé céleste avait effrayé les bergers: la douceur de sa voix les rassure, fait succéder la joie à la crainte et les remplit du plus vif désir de voir ce petit enfant, ce Jésus qui leur apporte la paix.

Mais quoi donc, ô mon âme ! cette nouvelle ne doit-elle pas exciter en toi les mêmes transports que dans les bergers ; n'est-ce pas ta réconciliation, ton affranchissement et ta délivrance que l'ange a annoncés ! Peut-il y avoir pour toi un plus grand sujet de se réjouir et de remercier Dieu. Toutes les fois qu'il te pardonne, qu'il t'envoie une bonne pensée, une crainte salutaire, un sentiment d'amour, n'est-ce pas comme une apparition de son ange ? et quand tu entends publier son Évangile, lorsqu'avant de te donner son corps le prêtre dit à haute voix: « Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde », n'est-ce pas la bonne nouvelle qui t'est communiquée ? ne doit-elle pas exciter en toi une religieuse frayeur et un contentement spirituel ? Ah! pourquoi te préoccuper, te passionner pour tant de nouvelles qui te troublent, te désolent, t'irritent, te font perdre la paix et l'union avec Dieu ? demande plutôt aux anges de Dieu des nouvelles de ce bienheureux séjour qu'ils habitent et que tu dois habiter toi-même.

O très doux enfant, mettez en moi ce désir puisque tout le reste n'est que vanité, amertume et profonde misère.





A quelles marques les bergers doivent reconnaître le Sauveur

Vous trouverez, leur dit l'ange, un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche.  Considérez attentivement chacune de ces marques, elle renferme une instruction dont l'homme avait un besoin bien extrême.
L'enfance du Sauveur marque son humilité et sa petitesse : les langes marquent sa pauvreté, sa crèche marqué la mortification de son corps : c'est donc clans  l'anéantissement, dans la petitesse, dans la pauvreté et )a pénitence que consiste la vraie marque de Jésus-Christ.

Vous avez beau inventer les interprétations et les prétextes, il est toujours certain que le fils de Dieu a jugé tout ce faux éclat, toute cette gloire empruntée indignes de lui et des siens ;  ainsi en la refusant il l'a méprisée, en la méprisant il l'a proscrite, en la proscrivant il l'a rangée parmi les pompes du démon et du siècle.

Juge maintenant, ô mon âme! si Jésus Christ est né en toi : vois si tu portes ces trois marques auxquelles il veut être reconnu, l'humilité, la pauvreté, la mortification. Ce sont là les livrées du Roi Jésus ; tu connais celles du prince de ce monde, qui fait régner dans son empire la convoitise de la chair, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie.  

Ah ! tu ne les as que trop longtemps portées ces odieuses livrées de l'implacable ennemi de l'enfant Jésus ! II faut y renoncer enfin, car nul ne peut servir deux maîtres. Apporte-les aujourd'hui au pied de la crèche pour en faire le trophée de la victoire du Sauveur ; cherche dans tes affections, dans tes habitudes, dans les objets de tes attaches ce que tu dois dès ce moment même lui immoler pour l'honorer, lui plaire et commencer à devenir semblable à lui.



Vertu à obtenir : L'amour des pauvres





Résolutions et aspirations


Honorez pendant ce jour l'enfant Jésus couché dans la crèche ;
figurez-vous que les anges vous invitent à aller l'adorer dans le saint Sacrement, où il renouvelle sans cesse les fruits merveilleux de sa bienheureuse naissance ;
allez le visiter extraordinairement une fois, et dites en y allant :

Lève-toi, ô mon âme, hâte-toi d'aller au devant du Seigneur ton Dieu. Enfin celui qui a été si long-temps désiré et attendu de tous les peuples, le fils du Dieu vivant est venu; réjouis-toi, fais éclater ton allégresse, viens à ses pieds pleurer tes péchés, lui demander l'innocence, l'humilité, l'amour, et lui jurer une inviolable fidélité.



Prière

Fidèles et saints pasteurs, premiers favoris du Verbe incarné que Jésus Christ a choisis préférablement aux Rois de Juda, aux princes des prêtres et aux docteurs de la loi, pour être ses premiers adorateurs, offrez-moi à l'enfant divin, qui vous a prévenus des bénédictions de sa douceur.

Présentez aussi à Marie et à Joseph mes félicitations et mon amour ; à la voix de l'ange vous avez tout quitté pour venir adorer le Messie, votre Sauveur et le mien ; obtenez-moi donc de cet adorable enfant la même docilité, la même foi, la même simplicité, la même ardeur, afin que j'aie le bonheur de le voir, de le posséder et de l'aimer avec vous dans le ciel pendant l'éternité. Ainsi soit-il.




_________________

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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 31 Déc - 20:46

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 31 décembre

Jésus attire Marie à la contemplation de ses mystères


« Marie conservait le souvenir de toutes ces choses, et elle les méditait dans le fond de son cœur ». (Luc 2)

Vous avez vu les bergers adorer l'enfant Jésus, s'en retourner glorifiant Dieu et le faisant glorifier à tous ceux qui les écoutaient.
Mais voici quelque chose encore de plus merveilleux et de plus édifiant.
Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur ; car, qu'y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annoncé par l'ange, après ce qui s'est passé en elle-même, que d'écouter parler tout le monde et de demeurer cependant la bouche fermée ?
Elle a porté dans son sein le fils du Très Haut ; elle l'en a vu sortir comme un rayon de soleil, pour ainsi dire, d'une nuée pure et lumineuse. Que n'a-t-elle pas senti à sa présence ! quelle paix ! quelle joie divine !
Que ne pourrait-elle donc pas dire elle-même de son cher fils ! Cependant elle le laisse louer par tout le monde, et non-seulement elle garde le silence, mais elle recueille avec respect ce que chacun dit de l'enfant Jésus, tout jusqu'aux paroles des bergers, et elle en fait le sujet de ses méditations.

Sont-ce là vos dispositions quand vous entendez la parole de Dieu, quand vous sortez de l'église après un sermon ?
Quelle importante leçon vous offre ce respect et ce recueillement de Marie !
Pensez-y dans ces jours où vous célébrez le souvenir de ces touchants mystères. Hélas ! dans cette fin d'année, après tant d'instructions, de lectures de piété, de saintes inspirations, quelle terrible matière d'examen ! Pour vous y préparer considérez aujourd'hui, 1° Quel est l'objet des contemplations de Marie ; 2° quelle est la manière dont elle s'y applique ; 3° quels sont les fruits qu'elle en retire.



Quel est l'objet des contemplations de Marie ?

C'est sans doute toujours et avant tout son fils bien-aimé ; c'est tout ce qui a rapport à lui, ce qui se dit, ce qui se passe à son sujet. C'est sur ce cher objet que se concentrent toutes ses pensées, toutes ses affections, tous ses vœux. C'est pour lui, par lui et en lui qu'elle pense, qu'elle aime, qu'elle souffre, qu'elle se réjouit. Cette céleste occupation de son âme, elle voudrait la communiquer à tous ceux qu'elle voit, qui approchent de l'Enfant-Dieu.

Cette disposition n'est pas seulement chez elle l'effet de la tendresse maternelle, c'est un sentiment de foi, d'amour pour Dieu, de charité pour les hommes. Aussi toutes les paroles qui viennent de la part de Dieu, toutes les merveilles dont elle est témoin, tous les mystères qui se passent sous ses yeux, elle les remarque avec une application extrême ; elle en considère attentivement toutes les circonstances particulières. Elle n'a porté que neuf mois le Verbe divin dans ses entrailles, mais toute sa vie elle l'a porté dans son cœur, conservant en elle-même avec un respect inexprimable non-seulement toutes ses paroles et toutes ses actions, mais toutes les réflexions auxquelles elles ont donné lieu, les mouvements de foi, de piété, dont elles ont été l'occasion, les vertus et les œuvres surnaturelles dont elles sont devenues le principe. Elle médite continuellement sur tout cela ; elle le repasse dans son esprit; son cœur s'échauffe et s'embrase dans cette ravissante contemplation.

Est-ce là ton occupation, ô mon âme ?  Jésus est-il l'objet continuel de tes affections, de tes désirs, de ton espérance, de ton amour ? est-il le sujet ordinaire de tes pensées et de tes réflexions ? est-ce à lui que tu rapportes ce que tu vois, ce que tu entends ? est-ce à diriger vers lui les esprits et les cœurs que tu mets tes soins ? et les vains discours, les vains projets, les funestes illusions des enfants du siècle te ramènent-ils à lui ? te font-ils sentir quelle grâce il t'a faite en t'appelant à la lumière de son Évangile, en mettant en toi le goût de sa sainte vérité ? Au lieu de ces précieux souvenirs, de ces utiles retours sur les égarements, les folies et les malheurs qu'enfantent l'irréligion et l'indifférence, que de temps perdu en pensées ;  vagues, oiseuses, en imaginations chimériques et déraisonnables.

O mon Dieu ! quel vide dans ma vie tout entière ! quel déplorable, quel criminel usage de mon intelligence !
Est-ce pour une telle fin que vous aviez marqué sur nous la lumière de votre visage ?

O mon Dieu! pardonnez à mon ingratitude et à ma folie !



Quelle est la manière dont Marie s'occupe de ce quelle entend dire de l'enfant Jésus

Ce n'est pas un coup d'œil superficiel qu'elle jette à la bâte sur tous ces sujets qui intéressent sa foi, sa piété et son amour. C'est par une sérieuse et attentive méditation qu'elle les grave dans son cœur, de sorte que rien ne peut les en effacer, et que leur image toujours vivante réveille toujours en elle des sentiments plus vifs et plus profonds.
Ce n'est pas en elle une idée fugitive, un léger aperçu : non, non. Elle repasse fréquemment par la pensée sur ces paroles qu'elle a entendues, que l'enfant divin a mises dans la bouche des hommes simples dont il a éclairé l'âme ; elle s'en occupe dans son esprit, elle s'y complaît, elle y trouve sa joie et son bonheur, parce que la gloire de Jésus en est le sujet, et que son amour en est le fruit.

Ce n'est pas assez encore, elle compare entre elles celles que l'ange lui a adressées au moment de l'incarnation, et celles par lesquelles il a annoncé aux pasteurs le moment de la naissance du Fils de Dieu ; la pauvreté et l'humilité de ce petit enfant avec la majesté et les richesses incomparables de sa divinité ; l'étable avec le ciel, la crèche avec son trône, les animaux qui l'environnent avec les séraphins qui l'adorent. Qui pourrait dire quels ravissements, quels transports ces rapprochements faisaient naître en elle ; avec quelle tendresse son cœur s'écoulait dans le cœur de son fils ; avec quelle dévotion elle le prenait entre ses bras pour l'offrir au Père !

Ah! voilà l'exemple qu'il me faut imiter. Venez, toutes les puissances de mon âme ; venez à la source de la lumière, de la sagesse, de la charité, de la grâce, de toutes les consolations célestes ; venez apprendre de Marie à étudier le cœur de Jésus, à entrer dans l'esprit de ses mystères, à découvrir la manne cachée dans sa parole, dans ses sacrements, dans les prières et les cérémonies de l'Eglise.

Ne gémis plus, ô mon âme ! de tes ennuis, de tes dégoûts, de tes ténèbres; efface les importunes images de la vanité ; conserve le recueillement et la paix ; apporte aux pieds de l'enfant Jésus de saints désirs ; médite ses enseignements et la conduite de ses serviteurs et de ses vrais disciples, et tu te trouveras bientôt toute changée, transformée et comme animée d'une vie nouvelle.



Quels sont les fruits que retire Marie de ce saint exercice

Ah! qu'ils sont précieux , qu'ils sont abondants ! Elle anticipe sur la vie que les élus mèneront dans le ciel pendant toute l'éternité, puisqu'elle se nourrit de la vérité, qu'elle contemple la souveraine beauté, s'échauffe et s'embrase des feux de la divine charité. Par cette occupation toute spirituelle elle se dégage de plus en plus des sens et des objets sensibles, elle s'élève à chaque moment, et pour ainsi dire par le vol le plus rapide au dessus de la terre et de ce monde visible, et dans un corps mortel, elle vit réellement comme si elle était déjà ressuscitée. C'est qu'elle anime toutes ses actions extérieures de l'esprit intérieur qu'elle puise dans ses contemplations, sublimes. C'est qu'attirant à tout moment en elle par l'humilité de sa foi et la soif brûlante de sa charité, les eaux vives des fontaines du Sauveur, elle ne cesse de croître dans la connaissance et dans l'amour de Jésus-Christ.

C'est qu'enfin, introduite à toute heure dans le sanctuaire du Dieu caché, dans l’âme de son fils adorable, elle y puise les plus hautes connaissances ; tous les trésors de la science et de la sagesse, renfermés en lui, sont ouverts à sa mère bien-aimée, qui en est enrichie sans mesure.

O cœur de Marie ! arche du testament, qui conservez tout ce qu'il y a de précieux sur la terre et dans le ciel, apprenez-nous à méditer les paroles et les actions de votre fils, et à les graver si avant dans notre cœur qu'elles ne s'en échappent plus, et qu'elles y produisent des fruits abondants de grâce et de salut. Oh si, comme vous, j'avais recueilli toutes les leçons et toutes les lumières que les saintes lectures, les exhortations chrétiennes, des avis pieux et charitables devaient répandre dans mon âme, si je les avais mises à profit pour mon avancement spirituel !

O Marie ! que par votre puissante intercession je travaille dès aujourd'hui à réparer tant de pertes que tout ce que je lirai, tout ce que j'entendrai, tout ce que votre divin enfant daignera communiquer à mon esprit et à mon cœur anime toutes mes actions et me fasse croître en sainteté.



Vertu à obtenir : L'amour de l'oraison





Résolutions et aspirations


Honorez souvent aujourd'hui la bienheureuse Marie tenant son fils entre ses bras, et s'occupant des merveilles de sa naissance. Pensez à la douceur, à la patience du fils et de la mère, et comparant vos défauts avec leurs vertus, entrez dans de véritables sentiments de componction, et dites, avec une confusion sincère : O Jésus ! que je suis éloigné de vos exemples ! O mère de miséricorde ! que j'ai sujet de rougir en me voyant si dénué de vertus !

Ecoutez votre ange gardien vous reprocher la négligence dans laquelle vous avez vécu cette,année. Prenez un moment dans la journée pour passer en revue les bienfaits que vous avez reçus de Dieu, et pour l'en remercier ; mettez-vous aux pieds de votre crucifix, si vous ne pouvez aller devant le saint-sacrement ; et avec le même recueillement que vous auriez porté près de la crèche, considérez :
1° les bienfaits spirituels, les bonnes pensées, les saintes affections, l'éloignement des dangers et des occasions du péché, la force pour agir, la patience pour souffrir, le courage pour vaincre les difficultés, etc. ;
2° les biens temporels, la conservation, la santé, l'affection de vos amis et de vos proches, la jouissance des choses nécessaires à la vie, etc. ;
3° les bienfaits que Dieu a répandus sur ceux qui vous sont unis par la nature ou par l'amitié ;
4° les bienfaits qui vous sont communs avec tous les hommes, la création, la rédemption, votre adoption par le baptême, etc. ;
5° les bienfaits extraordinaires et plus signalés que vous avez reçus dans le cours de celte année, etc., etc. ;
6° enfin les bienfaits innombrables que Dieu vous a accordés et que vous ne connaissez pas.

Etonnez-vous de cette prodigieuse multitude de dons et de grâces, et pour mieux en sentir le prix rappelez-vous la grandeur de celui qui en est l'auteur, l'indignité de celui qui les reçoit, le mérite et la valeur de chacun de ces bienfaits, la manière dont ils vous sont donnés, gratuitement, sans nulle obligation, par un excès infini d'amour.

Entrez ici dans un profond sentiment de reconnaissance, et priez la bienheureuse Vierge d'en remercier son Fils, et le Fils d'en rendre grâce pour vous au Père éternel.

Considérez ensuite le mauvais usage de tous ces bienfaits, regrettez la perte que vous en avez faite ; le peu de service que vous avez rendu à votre bienfaiteur ; concevez un désir sincère d'être désormais plus fidèle, et pour cela, reconnaissez votre passion dominante, vos défauts habituels, les fautes et les péchés qui vous ont été plus nuisibles ; prenez des résolutions et des moyens efficaces pour les combattre et les éviter ; offrez ensuite ces saintes résolutions par la sainte Vierge, par Saint Joseph à Jésus-Christ dans la crèche, le priant de vous donner sa bénédiction et la grâce de les accomplir fidèlement



Prière

O bienheureuse Marie ! qu'il est vrai de dire que vous avez choisi la meilleure part, contemplant dans le recueillement du plus profond silence aux pieds de votre cher Fils les choses merveilleuses qui accompagnent sa venue dans le monde.

O ma divine mère ! faites que je demeure toujours avec vous pour le contempler, le servir et l'aimer.

O mon très doux Jésus ! donnez-moi un ardent amour pour votre tendre enfance, un amour filial pour votre bien-aimée mère.

O mère de miséricorde ! mère de Jésus, qui est mon Dieu et ma miséricorde, obtenez-moi cette grâce, que je la mette comme un cachet sur mon cœur et sur mes affections, afin que je ne l'oublie jamais ; soyez béni des biens sans nombre que vous m'avez accordés pendant le cours de cette année ; pardonnez-moi miséricordieusement mes innombrables infidélités, que je regarde celle où je vais entrer comme la veille de l'éternité ; elle est peut-être la dernière de ma vie.
Je vous demande par votre adorable enfance de l'employer tout entière pour votre gloire et pour mon salut. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 1 Jan - 21:54

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 1er janvier

Jésus est circoncis


« Huit jours s'étant écoulés depuis la naissance de Jésus, il fut circoncis ».. (Luc 2)

Lorsque Abraham fut appelé de Dieu pour être le père d'une race choisie et fidèle qui ne devait jamais finir il reçut l'ordre de faire observer par tous ses descendants la loi de la circoncision. C'était comme un signe de l'alliance que Dieu daignait contracter avec eux et de la protection qu'il leur promettait ; c'était la marque distinctive de cette nation, qu'il daignait appeler son peuple ; mais la circoncision était destinée surtout à imprimer dans la chair de l'homme le sceau du péché, et à lui rappeler par le sang qu'elle faisait couler qu'il avait mérité la mort.

L'enfant Jésus ne pouvait être obligé à cette humiliante et douloureuse cérémonie puisqu'il était le maître de la Loi et le saint des saints, et que de plus il était né d'une mère vierge. Toutefois quoiqu'il en fût manifestement dispensé il a voulu s'y soumettre, l'accomplir et selon la lettre et selon l'esprit par humilité, par obéissance et par amour. Huit jours après sa naissance il fut présenté à la circoncision.

Entre, ô mon âme! dans l'esprit qui anime l'enfant Jésus en cette démarche, et demande-lui la grâce de bien comprendre pourquoi il veut aujourd'hui porter en lui-même 1° la marque du péché, 2° la honte du péché, 3° le châtiment du péché.



La marque du péché

« Jésus souffre d'être mis au rang des pécheurs ; il va comme un vil esclave porter sur sa chair un caractère servile et la marque de notre péché d'origine. Le voilà donc en apparence fils d'Adam comme les autres ; pécheur et banni par sa naissance il fallait qu'il portât la marque du péché, comme il en devait porter la peine. Cependant, au lieu d'être impur comme nous par son origine; par son origine, il était saint, conçu du saint Esprit qui sanctifie tout, et uni en personne au Fils de Dieu, qui est le saint des saints par essence. L'esprit qui nous sanctifie clans notre régénération est celui dont Jésus-Christ est conçu, dont sa sainte chair a été formée, et qui est infus naturellement dans son âme sainte, de sorte qu'il n'a pas besoin d'être circoncis; et il ne se soumet à cette loi que pour accomplir toute justice en donnant au monde l'exemple de la plus parfaite obéissance et de l'humilité la plus profonde ».

O Sauveur naissant! faut-il donc que je trouve en moi une opposition si absolue et si constante à toutes vos affections comme à votre conduite. Rien, ne vous oblige à la loi de la circoncision, et vous vous faites un devoir de vous y soumettre ; et moi, lorsque je ne viole pas ouvertement vos commandements divins, je trouve toujours des raisons pour m'en dispenser et en adoucir la rigueur.
Vous êtes innocent, et vous voulez porter la marque des pécheurs ; et moi, qui suis pécheur,je veux paraître innocent :
je ne me contente point de ne pas me montrer tel que je suis en réalité, plein de défauts, d'imperfections et de misères, je veux qu'on m'estime tout différent de ce que je suis en effet, qu'on me croie des talents, des qualités, des vertus que je n'ai pas ; et si même une main charitable vient me présenter le miroir, m'obliger à reconnaître un travers, une faiblesse sur lesquels je m'étais trop long-temps abusé, l'humeur, ou au moins la tristesse, s'empare de moi, je récrimine, je me plains, et peut-être je paie par un injuste et amer ressentiment un service digne de toute ma reconnaissance.

O Sauveur plein de justice et d'innocence ! guérissez par ce signe d'humiliation que vous avez voulu imprimer sur votre chair virginale la plaie profonde de mon orgueil ; que je me considère enfin tel que je suis à vos yeux, et que je ne veuille pas paraître tout autre aux yeux du prochain.



La honte du péché

Le corps que le Verbe a pris dans les chastes entrailles de Marie n'est-il donc pas le chef d'œuvre de l'Esprit saint, un temple de gloire ?

Cette chair dont l'attouchement béni guérira les âmes, qui les nourrira, les fera croître, les gardera pour la vie éternelle, n'est-elle donc pas digne de tout honneur et de toute la vénération des anges et des hommes ? Oh! oui sans doute, et bien plus que nous ne le pouvons comprendre.

Sa dignité ne demande-t-elle donc pas qu'on lui épargne l'humiliation de porter l'empreinte du crime d'Adam ? n'est-ce pas assez que le Verbe ait été fait chair, sans qu'il soit fait encore chair de péché ?

O sagesse éternelle ! vos pensées ne sont pas nos pensées, et vos voies ne sont pas nos voies :
je pense en homme, et vous agissez en Dieu. Vous la voyez dans toute sa vérité cette offense de Dieu que je ne connais que par la foi, et que même malgré le secours de cette divine lumière je ne sais ni bien sentir, ni bien comprendre.
Vous en pénétrez l'étendue immense et la profonde malice, et dès les premiers jours de votre vie vous vous offrez à votre divin Père pour en porter le châtiment et en subir l'ignominie. Comme ces criminels que la justice humaine flétrit par une marque infamante avant de les frapper de mort, dès votre naissance, ô Agneau sans tache ! vous voulez recevoir dans ce corps que vous immolerez un jour sur la croix la flétrissure de nos péchés.

O mon âme! voilà ce que le péché coûte à ton Rédempteur dès son entrée dans la carrière ; il découvre à fond toute l'indignité et toute l'horreur de cette prodigieuse maladie dont tous les hommes naissent infectés ; il en prend pour ainsi dire dans sa circoncision le venin mortel, et en veut porter la marque et la plaie ; et pourquoi ?

pour effacer ta honte, ô mon âme ! pour l'anéantir dans sa propre chair. O bonté infinie de ton aimable Sauveur ! Il se dévoue à recevoir un sacrement d'ignominie, et il te prépare un sacrement de gloire. Par sa circoncision il adopte et s'approprie l'opprobre de l'homme :
par le baptême il rend l'homme participant de sa nature divine.

Renonce, ô mon âme! renonce au vieil Adam, prends aujourd'hui l'engagement de te dépouiller du vieil homme et de ses œuvres, de renoncer pour toujours au péché. Ne sois pas assez malheureuse pour faire revivre en toi, en le commettant, la honte que Jésus-Christ a subie pour le détruire.



Le châtiment du péché

La circoncision n'était pas seulement humiliante, elle était encore douloureuse ; et il en devait être ainsi puisqu'elle avait été ordonnée comme la marque des pécheurs, et comme le châtiment et une sorte d'expiation du péché.
Mais si elle était douloureuse pour tous ceux qui en subissaient l'opération, combien plus ne le fut-elle pas pour l'Enfant Jésus !
Les autres enfants en souffraient les douleurs sans les connaître ; Jésus Christ, en avait une pleine connaissance, et avec un sentiment d'autant plus vif que son corps adorable, par sa parfaite constitution, était plus sensible à la souffrance. Ainsi il connaissait parfaitement et sentait jusque dans le fond de son être tout ce qui se faisait à son égard ; et dans cette opération sanglante il voyait le prélude et comme l'essai des supplices par lesquels devait se terminer sa vie ; et en répandant quelques gouttes de son sang il savait bien qu'il s'engageait tout entier à la mort.

Ainsi sa circoncision fut le commencement de sa passion; dans cette première blessure qu'il endura il ressentit tous les déchirements du Calvaire, et comme le poids de la justice divine commençant à s'appesantir sur lui.

O mon âme! tel a été pour toi l'amour du Verbe fait chair qu'il a voulu exposer son corps tout saint, tout vénérable, tout parfait qu'il était à l'humiliation et à la douleur, à la rigueur de la justice de Dieu et à la cruauté des hommes.
Tout faible, tout délicat qu'il est aujourd'hui il se livre au couteau de la circoncision, sans plainte, sans murmure, avec un courage et une patience qui ne peuvent appartenir qu'à lui.

Jusqu'à quand traiteras-tu ton corps avec tant de délicatesse, ne lui refusant rien, cédant à ses appétits et à ses exigences !
Oublies-tu donc qu'il est ton esclave, et que pour conserver l'empire sur lui tu as besoin de le tenir sous le joug de la mortification ?
Ne sais-tu pas que celui qui nourrit délicatement son esclave ne tarde pas à essuyer ses insolences ?
Et si enfin tu veux sincèrement appartenir à Jésus-Christ ne dois-tu pas crucifier ta chair avec ses désirs déréglés, c'est à dire résister vivement à la concupiscence, la combattre sans relâche, lui refuser tout ce qui peut la réveiller ou lui servir d'aliments.
C'est là la circoncision véritable qui n'est pas faite de la main des hommes, la circoncision de Jésus Christ.






Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée le Fils de Dieu comme le premier principe et la dernière fin de votre vie ; offrez-lui souvent son précieux sang, et le priez de l'appliquer comme un divin baume aux plaies de votre âme.

Excitez-vous à bien commencer l'année, et à mener réellement une vie nouvelle. Dites à Jésus-Christ :
ô mon Sauveur ! que vous allez de bonne heure à la croix et aux souffrances ! que vous êtes prompt à donner votre sang ! c'est dès le huitième jour que vous commencez à le répandre.

Hélas! depuis tant d'années je n'ai pas encore commencé à vous aimer.
Il faut que je commence enfin avec le secours de votre grâce à porter en moi la marque de votre circoncision et de votre sang, et que je la renouvelle sans cesse, puisque la concupiscence produit sans cesse de nouveaux rejetons, et que, quoi que je fasse, je trouverai toujours en moi quelque chose à retrancher.



Prière

O divin enfant ! souverain amateur des âmes, pour rendre hommage aux souffrances et aux plaies de votre chair innocente je vous offre ma santé, mes forces, ma vie pour être consommées à votre service dans les exercices d'une sainte pénitence et d'une mortification continuelle.

Faites-moi cette grâce, qu'au lieu de flatter mon corps, comme je l'ai fait jusqu'à ce jour, j'en devienne l'ennemi; que je refuse à mes sens tout ce qui vous déplaît et tout ce que vous n'avez pas aimé ; donnez-moi cette mortification intérieure qui vivifie l'âme et y fait croître les vertus ; arrosez-moi de ce sang précieux que vous répandez aujourd'hui, afin qu'il me purifie, me fortifie, me dégoûte et me délivre de l'empire des sens, et que je trouve ma gloire et mon plaisir à vous aimer et à souffrir pour votre amour. Ainsi soit il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 2 Jan - 22:57

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 2 janvier

Jésus attire les âmes à la pénitence


« La vraie circoncision est celle du cœur, qui se fait par l'esprit ».. ((Romains 2) )

L'Enfant Jésus a été circoncis ; mais ses souffrances ne se terminent point avec l'opération qui les a occasionnées; c'était même au troisième jour que la douleur de la blessure était plus cuisante, comme nous l'apprenons au vingt-quatrième chapitre de la Genèse. Cette plaie, qui lui représentait et lui faisait sentir d'avance les cruels déchirements de celles dont il serait un jour tout couvert depuis la plante des pieds, jusqu'au sommet de sa tête, demeure donc ouverte pendant plusieurs jours, et devient pour lui un rigoureux supplice.

Ah ! qu'il est bien vrai qu'il a été blessé à cause de nos iniquités ; qu'il a été brisé pour nos crimes ; que le châtiment qui devait nous donner la paix est tombé sur lui, et que nous avons été guéris par ses meurtrissures, O Marie ! comme cette plaie saigne dans votre cœur ! avec quelle émotion de piété et de tendresse vous vous appliquez à l'adoucir et à la cicatriser ! que ne conjurez-vous ce médecin tout puissant de laisser agir sur lui-même cette vertu guérissante qu'il répandra si miséricordieusement pour soulager des maux qui ne pourront jamais être comparés avec ce qu'il endure !
mais non, il veut dès les premiers moments de sa vie nous enseigner 1° la nécessité de la pénitence, 2° la continuité de la pénitence, 3° la sévérité de la pénitence.



La nécessité de la pénitence

Le Sauveur pendant sa vie évangélique l'annonce souvent aux hommes ; il la leur rappellera au milieu des déchirements de sa passion, et même quand il sera sur le point de les quitter pour retourner à la droite de son père.
Il y a plus, parce que la pénitence devait préparer les hommes à son avènement, il la fait prêcher par son précurseur, Saint Jean-Baptiste en fait retentir les bords du Jourdain : Faites pénitence, s'écrie-t-il, car le royaume des deux approche.

Mais il faut que dès sa naissance Jésus la prêche plus haut encore par ses œuvres, et qu'il montre dans sa personne que le temps est venu où il faut se faire violence pour arriver au ciel, et que ceux-là seuls peuvent le conquérir et l'emporter qui combattent contre eux-mêmes et contre les ennemis du salut.

Regarde, ô mon âme ! contemple l'auteur et le consommateur de notre foi ; car avant de nous instruire par ses paroles il nous a donné la leçon si frappante de ses exemples. Quand même tu n'aurais pas apporté en entrant au monde le crime de ton origine, quand les tristes suites qu'elle a laissées en toi, même après que tu as été régénérée sur les fonts sacrés, ne te rappelleraient pas sans cesse la nécessité du baptême laborieux de la pénitence, ah ! L'exemple du saint des saints t'en ferait une rigoureuse obligation. Mais que de péchés n'es-tu pas à déplorer et à expier ! Que de mauvaises habitudes à vaincre et à déraciner ! Quel ascendant tes négligences et tes infidélités n'ont-elles pas donné à tes passions ! Et comment te défendre contre leur attaque et te prémunir contre les chutes dans un véritable esprit de pénitence, sans la pratique intérieure et extérieure ?

Interroge l'Evangile, parcours la vie des Saints, partout tu trouveras le précepte et la pratique de la pénitence. Pas un seul juste qui ait cru pouvoir s'en dispenser ; et on dirai que les plus grands serviteurs de Dieu se sont cru d'autant plus redevables à sa justice qu'ils étaient éminents en sainteté. C'est qu'ils avaient sans cesse devant les yeux l'exemple du juste par excellence qui a voulu faire pénitence pour nos péchés dès les premiers moments de sa vie, et qui à peine s'est volontairement chargé des iniquités des hommes qu'il se soumet à en porter le châtiment et la confusion.



La continuité de la pénitence

Comme sa constance est 1'écueil de la faiblesse humaine, et l'instabilité notre partage, lors surtout qu'il est question pour nous de combattre nos penchants corrompus et de soutenir la lutte contre nos passions.

Jésus a voulu par les premiers mystères douloureux de son enfance nous offrir l'exemple de la persévérance, et nous mériter par la durée de ses souffrances la grâce de le suivre. Hélas ! depuis le premier moment de son incarnation elle n'a pas été interrompue. Dans le sein de sa mère, captivité, dépendance, douleurs, impuissance absolue ; quelle pénitence pour ce Verbe de vie, de sagesse, de gloire et de majesté ! A peine il en est sorti, nouvelles souffrances qui se succèdent, rebuts, mépris, pauvreté, abandon, privations de toute espèce, inhumanité des hommes, rigueur de la saison, joug de l'ancienne loi dont il vient nous affranchir, mais dont il veut porter tout le poids, mortification continuelle de l'esprit, du cœur et du corps ; voilà ses premiers pas dans la carrière de la pénitence ; car il ne faut jamais perdre de vue que ce qui, pour les enfants ordinaires, est l'effet de la nécessité et de la contrainte, est dans l'enfant Jésus l'effet du choix et de la volonté.

Te contenteras-tu, ô mon âme ! d'effleurer pour ainsi dire la pénitence, d'essayer la croix et bientôt de t'en décharger, de marcher pendant quelques jours dans la voie étroite et puis de t'arrêter tout court, croyant faire beaucoup en ne retournant pas en arrière ! Mais ignores-tu donc la maxime des saints, que ne pas avancer c'est reculer ?
Mais n'as-tu donc pas lu cette effrayante parole, trop peu méditée, trop peu sentie :
Quiconque ayant mis la main à la charrue regarde derrière soi n'est point propre au royaume de Dieu.

Ainsi c'est peu de faire une fois la circoncision du cœur, il faut la faire souvent, et s'il est possible la faire toujours. Croyez-moi, dit Saint-Bernard, vous avez coupé les rejetons du péché, ils repoussent ; vous l'avez chassé, il revient ; vous l'avez éteint, il se rallume ; il n'est qu'endormi, bientôt il se réveille.

Ainsi il faut incessamment retrancher, poursuivre, combattre, éteindre, parce que la racine et le foyer du mal sont au milieu de nous, que l'ennemi de notre salut trouve un appui dans nos penchants corrompus, et qu'il a des intelligences jusque dans notre cœur.



La sévérité de la pénitence

Pour commencer à comprendre ce qu'elle est pour l'enfant Jésus dès les premiers moments de sa vie prosternez-vous en esprit au pied de sa crèche dans laquelle il est étendu comme sur un autel, puisqu'en effet dans sa circoncision commence son immolation sanglante ; et à la vue de cette blessure que lui ont faite et vos péchés et son amour adressez-lui avec un profond sentiment de reconnaissance et de repentir ces questions si propres à réveiller en vous de saints désirs de pénitence :

« Qu'avez-vous donc fait, ô très-doux enfant! peur être condamné à de telles souffrances ? quel forfait avez-vous commis, ô aimable fils de Marie ! pour être traité avec cette rigueur ? quel est votre crime ? par quel noir attentat avez-vous attiré sur vous une si terrible vengeance ?

Ah! c'est moi, c'est moi qui suis la plaie de votre douleur, la meurtrissure qui vous fait souffrir.
O mystère ineffable de charité! le coupable pèche, et le juste est puni ; ce que mérite le méchant c'est le bon qui l'endure ; les dettes des serviteurs sont payées par le maître, et le crime de l'homme est expié par un Dieu.
Que vous rendrai-je, à mou Seigneur et mon Roi ! pour tous les biens que vous m'avez faits ? Ah! le cœur de l'homme n'est pas assez riche pour acquitter la dette de sa reconnaissance.

Toutefois, ô Fils de Dieu ! si vous daignez visiter mon âme et la remplir d'une componction salutaire, elle crucifiera sa chair avec ses passions déréglées, et par là du moins s'associera à vos douleurs et à votre pénitence.
Après cela qui pourrait m'arrêter, ô mon Sauveur ! ce ne peut plus être la sécurité de l'innocence conservée ; serait-ce celle de l'innocence réparée ?

Mais elle ne peut être réparée que par la pénitence; et connais-je la mesure de celle que vous avez assignée à mes innombrables offenses ?
Mais ne m'avertissez-vous pas de n'être point sans crainte même sur les péchés pardonnés, parce que nul dans cette vie ne sait s'il est digne d'amour ou de haine ? Et quand votre apôtre châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres il ne tombe lui-même dans la réprobation, oserais-je assigner un terme à la durée ou à la rigueur de mes expiations ? Ainsi je suis certain que j'ai offensé Dieu , et je ne le suis pas de mon pardon. J'ai renoncé au péché ; mais le Seigneur ne m'a pas dit : Le mal n'approchera pas de toi.

J'ai recouvré par la grâce des sacrements la santé de l'âme ; mais la faiblesse que le péché a laissée en moi ne m'expose-t-elle pas à de continuelles rechutes, ne m'oblige-t-elle pas à de continuelles précautions ? Puis-je me tranquilliser sur le passé et me précautionner contre l'avenir autrement que par la pénitence, et par une pénitence durable et aussi rigoureuse que mon état peut me permettre et que l'exige la multitude et la grièveté de mes offenses.



Vertu à obtenir : L'esprit de pénitence.





Résolutions et aspirations

Adorez aujourd'hui l'enfant Jésus blessé pour vos iniquités et vous offrant son sang pour vous servir de rançon ; remerciez-le humblement d'une si grande miséricorde ; offrez ce sang adorable au Père, en le priant de vous pardonner ; joignez dès aujourd'hui à cette oblation quelque acte de mortification intérieure et extérieure ; examinez devant Dieu quelle vie vous avez menée depuis votre baptême, surtout à telle ou telle époque ; tenez-vous quelque temps en sa présence dans les sentiments d'humiliation, de confusion et de douleur que doit vous inspirer le souvenir de vos péchés.

Demandez au Père éternel, par la circoncision douloureuse de Jésus-Christ, quelque part à son esprit de pénitence. Prenez la résolution,
de conserver toute votre vie l'esprit de pénitence, en réitérant souvent les actes d'humilité et de contrition, surtout lorsque vous devez approcher du saint tribunal ;
de souffrir en cet esprit les afflictions, maladies, pertes de biens et autres peines qu'il plaira à Dieu de vous envoyer ;
de vous imposer de vous-même et par votre choix avec le consentement de votre confesseur quelques pénitences particulières, comme jeûnes, aumônes, visites des pauvres, des malades, et autres mortifications intérieures ou extérieures.



Prière

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui dans la tendresse de votre enfance avez souffert dans votre chair innocente les douleurs de nos crimes, et qui dans l'image de la mort du vieil homme avez fait reluire les marques de la vie de vos enfants, faites-nous la grâce de nous dépouiller en esprit de la corruption d'Adam, et d'aimer votre sainte enfance, dans laquelle de cœur et par amour vous mourez et revivez pour nous.

Donnez-nous de mourir tous les jours, par la pénitence, afin que nous puissions vivre éternellement dans la gloire où vous régnez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 3 Jan - 21:52

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 3 janvier

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ».. ((Psaume 20) )

Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire.

Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères.

Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes : aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. L'humilité ; la pauvreté ; l'abnégation.



L'humilité

Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation ! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit ; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent ?

Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde ; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets ; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde.

Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille.

Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme ! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même ; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition ! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère.
Pourquoi ne pas quitter cet atelier ? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu ? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier ? quelles sublimes révélations il pourrait faire !

Ah ! divin Jésus ! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons ; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise ; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur ! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence.

O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.



La pauvreté

Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir ! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus ! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille ! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale !

Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté ; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter.

O mon aimable Sauveur ! révélez-moi ce secret ; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre.
O ciel ! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis ! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Évangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne ; elle me fait peur ; je ne puis souffrir que rien me manque.
J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit ; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal ; je ne me contente pas du nécessaire ; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux ; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu...
Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse !

O Jésus naissant ! ô Dieu pauvre ! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.



L'abnégation

Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même ?
Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard.

O Saint Joseph ! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation ! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut ; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi ! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger.
Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère.

O Sauveur du monde ! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints ! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre ; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères ! on veut bien les admirer dans l’Évangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier.

Cependant, ô Jésus ! vous n'avez pas deux Évangiles : l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Évangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites :
Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive.

O divin enfant ! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes ! je n'ai donc pas encore été votre disciple ; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant ; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.



Vertu à obtenir : L'esprit intérieur.





Résolutions et aspirations

Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph ; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante ; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître : c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité : ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche : recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté ; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière

O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur ; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu.

Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint ! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 4 Jan - 21:33

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 4 janvier

Le Saint Nom de Jésus


« Il sera appelé Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». ((Matthieu 1))

Toutes les souveraines perfections du Sauveur sont renfermées dans son nom adorable ; la sagesse, la sainteté, la force, la miséricorde et l'amour de Dieu, car c'est par elles qu'il nous a sauvés. Ce nom divin comprend toutes les grâces, les vertus et les dons du Saint-Esprit qui servent à la sanctification des hommes, car c'est de la plénitude de Jésus-Christ, comme d'une source inépuisable que nous les devons tous recevoir.

Il signifie en effet tous les offices divers de maître, de médecin, de père, de pasteur, de juge, d'avocat, de protecteur, qui conviennent au Fils de Dieu en qualité de Sauveur. Quelle dévotion doit donc exciter en nous ce nom de Jésus que l'ange lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère, qui exprime si divinement ses titres, ses qualités, ses vertus, ses bienfaits, les abaissements et les souffrances auxquels il s'est condamné pour nous arracher au péché et à la mort éternelle; ne commande-t-il pas souverainement 1° la vénération, 2° l'amour, 3° la confiance.



La vénération

Quoi de plus vénérable que ce nom que le Père céleste a donné à son divin Fils, et qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ! Nom admirable aux anges, aimable à l'Eglise, redoutable aux démons, nom que personne ne peut prononcer dignement sans la grâce de l'Esprit-Saint, nom qui, renferme tous les biens, puisqu'il comprend Dieu dans sa bonté, et l'Homme Dieu dans sa Charité et son unité avec nous.

Ainsi le nom de Jésus est sa gloire, il lui a coûté son sang ; il exprime le plus beau de ses titres, le salut qu'il a opéré au milieu de la terre, la délivrance du genre humain, la fin du règne du péché, la rédemption des enfants de Dieu.
Aussi d'un pôle du monde à l'autre, dans tous les temps comme dans toutes les situations, les enfants de l'Eglise, lorsqu'ils l'entendent, s'inclinent et se prosternent en signe de respect ; et cet hommage extérieur n'est que l'expression de l'adoration intérieure qu'ils lui rendent.

Quel hommage plus légitime, ô mon âme ! que tu dois être empressée de le rendre à celui qui s'y est acquis des droits si sacrés; soit que tu considères ce divin nom en lui-même, soit que tu l'envisages par rapport à toi.
En lui-même c'est un nom donné par le Père céleste, porté par le Fils du Très-Haut, et qui ne peut appartenir qu'à lui, parce qu'en nous délivrant du plus grand de tous les malheurs il a été le Sauveur véritable, l'unique libérateur, le Jésus par honneur et par excellence.

Par rapport à toi, oh, que ce nom est vraiment adorable ! Indépendamment des avantages précieux qu'il a procurés aux hommes, et que tu partages avec eux, l'affranchissement du démon, la réconciliation avec Dieu, tous les obstacles au salut levés, toutes les grâces, tous les secours qui doivent y conduire assurés, toutes les dettes exigées parla divine justice acquittées, combien de bienfaits qui te sont propres et personnels ne te rappelle-t-il pas ? Toutes les fois que tu as été rétablie dans la grâce, c'est à dire rendue à la vie véritable, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ ? si tu t'éloignes du mal, si tu pratiques quelque bien, si tu conserves la lumière de la foi, le désir de voir Dieu, de l'aimer, de le posséder, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que tu es redevable de ce bonheur, puisque c'est par lui que tout est demandé et obtenu dans l'Eglise, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre, ni aucun autre nom sous le ciel donné aux hommes , par lequel nous devions être sauvés.



L'amour

Qu'il est aimable le nom de Jésus ! qu'il est vraiment un parfum répandu ! il dilate les cœurs, il réjouit l'âme, il la rassure, la console et l'attire par une inexprimable douceur.
Ce n'est pas un nom de domination et de majesté qui inspire l'effroi et fasse trembler les coupables; il ne rappelle que la puissance de secourir et le charmant empire de la bonté : il annonce un conquérant et un vainqueur, mais qui ne veut triompher que des cœurs, ne conquérir que l'amour, qui vient délivrer des captifs, affranchir des esclaves, les attacher à sa personne sacrée par les plus aimables de tous les liens, par les bienfaits.

Ce nom de Jésus, cette qualité de Sauveur, n'exclut personne, n'excepte aucun des malheureux qui veulent l'invoquer ; il exprime la grâce et la miséricorde, et promet le salut à tous ceux qui mettront en lui leur espérance.
Qu'est-ce qu'un Sauveur, sinon un père qui rend la vie, un bienfaiteur puissant et secourable ?
Mais comment appeler un Sauveur descendu du ciel, un Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes, un Jésus qui donne son sang pour les racheter de !a mort et du péché ?

Ô Nom digne de toute bénédiction et de tout amour ! soyez béni et aimé dans tous les siècles.

Commence par l'aimer et le bénir, ô mon âme ! et que tout ce qui est en moi bénisse ce saint nom ; bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses bienfaits. C'est lui qui fait grâce à toutes tes fautes et qui guérit toutes tes infirmités, lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de ses miséricordes.  

Le Père céleste n'a renfermé tant et de si précieux souvenirs dans ce nom qu'il a donné à son Fils qu'afin qu'en l'honorant et en l'invoquant souvent nous fussions comme obligés de l'aimer, de le révérer et d'exprimer dans nos sentiments et nos œuvres toutes les perfections qu'il représente.

Donnez-moi donc, ô divin Sauveur ! de m'y attacher, de le chérir, de le prononcer souvent avec amour, de sentir profondément toutes les vertus qu'il signifie, toute la sainteté à laquelle il m'oblige. Je ne puis ni le lire ni l'entendre sans me rappeler tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous voulez faire, tout ce que vous voulez être pour moi. Donnez-moi une joie toute spirituelle et une vénération profonde toutes les fois qu'il vient frapper mes oreilles ou mes yeux; et puisque je ne puis même vous nommer d'une manière utile pour moi et glorieuse pour vous, ô Seigneur Jésus ! que par la grâce de votre Saint Esprit, accordez-moi de le répéter souvent avec foi et avec piété, afin qu'il excite en moi le regret de mes péchés, la reconnaissance et la charité.



La confiance

Qu'il est puissant le nom de Jésus ! C'est dans sa circoncision que le Verbe incarné en la recevant a commencé à en remplir les obligations et à en exercer la puissance ; car c'est dès ce moment qu'il est déclaré le Sauveur de ceux qui étaient perdus, et que. par l'effusion de son sang il opère le salut des pécheurs.
Il le portera à la croix écrit au-dessus de sa tète, parce que c'est sur ce bois ensanglanté qu'il en consommera l'œuvre. C'est le nom glorieux que les apôtres porteront devant les gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël ; c'est par lui qu'ils seront victorieux du démon et du monde, et opéreront les miracles multipliés et éclatants auxquels rien ne pourra résister. C'est lui qui donnera la force aux martyrs, la constance aux confesseurs, la chasteté aux vierges, les larmes de componction et la persévérance aux pénitents. C'est par le nom de Jésus que l'Eglise priera, se défendra, se multipliera, se gardera, se conservera jusqu'à la fin des siècles, que dans tous les temps les saints et les vrais disciples de Jésus-Christ triompheront des passions, des tentations, de toutes les suggestions de la nature corrompue pour s'élever à toute la perfection des vertus chrétiennes.

Quelle confiance il doit t'inspirer, ô mon âme! avec quelle ferveur tu dois l'invoquer, puisqu'il est vraiment ta force, ta lumière! Cette tour invincible, inexpugnable dans laquelle tu dois te réfugier dans le danger! Quand le nom salutaire de Jésus se présente à mon esprit, dit Saint Bernard, et qu'il éclaire mon âme de ses rayons, aussitôt mes passions se refroidissent, et mes tentations s'évanouissent ; car en prononçant ce doux nom, je me représente un homme doux et humble de cœur, affable, sobre, chaste, miséricordieux, orné de toutes les vertus, et en même temps je me souviens que cet homme est Dieu tout puissant, gui me donne d'une part l'exemple de sa vie pour que je m'applique à l'imiter, et de l'autre sa grâce et son secours pour agir. Il me semble en un mot que toutes sortes de biens retentissent à mon cœur lorsque le nom de Jésus retentit à mes oreilles.  

Ah! je ne veux plus cesser de l'invoquer, de le célébrer, de le bénir, et de conjurer le Sauveur d'opérer en moi ce que ce nom adorable signifie, en lui disant avec Saint Augustin : Ô Jésus ! soyez-moi Jésus, c'est à dire délivrez-moi de mes péchés, sanctifiez-moi, sauvez-moi.



Vertu à obtenir : La dévotion au Saint Nom de Jésus.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée avec le psalmiste :
Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et dans tous les siècles !
Faites souvent réparation au Sauveur pour les irrévérences, les outrages et les profanations de son nom adorable. Dédommagez-le par de pieuses et fréquentes invocations de l'oubli et de la négligence de tant de chrétiens, et gémissez surtout des vôtres.
Commencez toutes vos actions en le prononçant, en le baisant avec respect, et soyez fidèle à les rapporter toutes par une intention actuelle à la gloire de Jésus-Christ.

Oh ! quelle grâce, ô mon Sauveur ! si je pouvais contribuer en quelque manière à la gloire de votre nom !
Oh ! s'il pouvait m'être donné de le faire connaître, aimer, adorer, bénir, de porter les hommes à lui rendre hommage !

Je vous le demande, ô mon Sauveur ! Par votre Miséricorde et par Votre Amour. Ainsi soit-il.



Prière

Gravez dans mon cœur en traits de flamme votre nom adorable, ô mon Sauveur ! afin que rien ne soit jamais capable de l'en effacer ; qu'il soit ma force, mon appui, mon espérance ; que dans mes tentations il me défende ; que dans les dangers il me garde ; que dans mes chagrins et les épreuves de cette vie il me soutienne et me console ; que je le prononce toujours avec l'accent du respect, de l'amour et de la confiance, et qu'il me rappelle toujours par qui j'ai été sauvé, à qui je suis consacré, pour qui je dois vivre, qui je dois posséder éternellement; que je le porte dans mon âme ici bas comme un signe de sainteté et de combat, afin de le porter sur mon front au milieu des élus comme un signe de triomphe et de gloire. Ainsi soit-il.



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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 5 Jan - 22:15

Le Mois de l'Enfant Jésus




Le 5 janvier

Les effets du Nom de Jésus


Pour profiter de la contemplation des objets de la foi il faudrait s'y arrêter à loisir avec un esprit libre et dégagé des pensées vaines, dans le parfait silence de l'âme, les considérer sous toutes leurs faces, revenir sur les impressions qu'ils ont produites, pour les rendre plus profondes et plus durables, et ne jamais s'en détacher sans avoir pris quelque résolution efficace, et commencé à pratiquer quelque acte de la vertu qui en doit être le fruit.

Autrement les bonnes pensées, les bons mouvements inspirés par l'Esprit saint demeurant sans effet, laissent les âmes qui les ont éprouvés dans les mêmes faiblesses et les mêmes ténèbres, et ne servent souvent qu'à nourrir en elles des illusions qui peuvent mettre leur salut en danger.

Commencez donc aujourd'hui à revenir sur la considération du nom de Jésus; et en remerciant cet adorable Sauveur des sentiments et des vues que vous en avez recueillis, conjurez-le de vous apprendre par quels moyens vous pouvez rendre efficace et permanent en vous le souvenir de son divin nom, de manière à ce qu'il agisse constamment 1° sur vos pensées, 2° sur vos sentiments, 3° sur vos actions.



Sur vos pensées

Il faut avant tout graver profondément dans votre esprit le nom de Jésus, afin qu'il l'éclaire de de ses lumières divines, et en faire fréquemment le sujet de vos réflexions, pour découvrir ce qu'il signifie, et vous pénétrer de ce qu'il nous révèle ; car entre tous les noms du Verbe incarné qui expriment ses miséricordes ou ses grandeurs c'est le nom de Jésus qui renferme plus parfaitement tous ses divins attributs, toutes ses qualités, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, et qui par conséquent nous donne de, plus belles, de plus douces, de plus excellentes idées du Fils de Dieu.

Jugez de là combien est sainte et utile la pensée du nom de Jésus puisqu'elle suffit pour vous représenter et vous faire admirer et chérir votre aimable Rédempteur ; mais de plus ce nom de Jésus sanctifie la mémoire ; il en efface les honteuses images du péché ; à leur place il reproduit les chastes attraits de la vertu, les joies des bienheureux, les touchants souvenirs des mystères de sa naissance, de sa vie et de sa mort, et éveille tour à tour dans l'âme qui en nourrit la pensée, la joie, la crainte, la confiance, l'espérance et l'amour.

Ainsi si votre intelligence conserve avec soin et fidélité l'empreinte du nom de Jésus, si vous rentrez de temps en temps en vous-même pour le contempler, vos vues habituelles seront plus pures, plus droites, plus élevées ?
les fantômes des plaisirs séducteurs moins attrayants, les représentations tumultueuses du monde moins importunes ; et les saintes vérités de la foi vous dégoûteront peu à peu de la vanité et du mensonge.

Mais pour que ce nom béni produise en toi ces salutaires effets, ô mon âme! il faut que tu deviennes un vase d'élection pour le porter, comme le portait Saint Paul dont il était la lumière et le guide ; que tu le portes comme les saints de la Jérusalem céleste, sur le front desquels il est un signe de gloire, c'est à dire avec courage pour n'en point rougir, et avec un saint respect pour ne pas le profaner ; que tu le portes par proportion comme Jésus-Christ lui-même, par conséquent avec un esprit de foi, de piété, de sacrifice.
Comprends bien que tu ne le peux honorer  qu'en t'unissant à toutes les saintes dispositions de l'esprit de Jésus-Christ, et en entretenant en toi le plus vif désir de ton salut, puisque ceux qui le négligent anéantissent à leur égard son titre de sauveur.

Ô nom tout puissant et tout aimable ! opérez en moi votre bienheureuse signification, sauvez-moi, brillez en moi de tout votre éclat, dissipez mes ténèbres, préservez-moi des erreurs et des illusions des enfants du siècle : que toutes mes pensées soient pour mon salut, qu'il soit toujours la fin de tous mes projets et de tous mes desseins, et que je sacrifie généreusement tous les avantages qui le mettraient en danger.



Sur vos sentiments

Il faut graver encore le nom de Jésus dans votre cœur, afin qu'il l'échauffe de ses divines flammes, car il n'est rien de plus puissant pour exciter en notre volonté toutes sortes d'affections saintes, et nous porter à glorifier toutes les perfections du Fils de Dieu, à lui rendre grâces de ses bienfaits, à imiter ses vertus, à fuir tout ce qui lui déplaît, et à faire avec amour tout ce qui peut plaire à ce tout aimable et tout désirable Sauveur.

Ce nom divin sera aussi comme un sceau apposé sur vos affections pour que rien n'en altère la sainteté et n'en soit détourné au profit du monde et des passions ; comment en effet pourriez-vous aimer ce nom, qui exprime l'abnégation, la pénitence, l'humilité, la pauvreté, la croix, l'obéissance jusqu'à la mort, et demeurer affectionné aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs, aux faux biens et aux perfides délices de la terre ?
Non, nul ne peut servir deux maîtres qui se contredisent, se combattent et se repoussent.
Le nom de Jésus et celui de Belial ne peuvent jamais s'accorder.
Vous êtes en nous, Seigneur, et votre nom a été invoqué sur nous ; ne nous abandonnez pas.

Porte le donc avec respect, conserve-le avec amour, invoque-le avec confiance, ô mon âme ! fais ton bonheur de le contempler, de le méditer, de le redire sans cesse ; c'est le nom de ton ami : il doit être plus doux pour toi que le lait et le miel :
c'est le nom de ton père, de ton frère, de ton sauveur ; il porte avec lui la paix, la joie, l'espérance et tous les biens ; il bannit toutes les craintes, il charme toutes les douleurs, il change en consolation les plus rudes épreuves, en douceur joutes les amertumes. Les apôtres battus de verges étaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus.

Ô mon Sauveur ! que je suis éloigné de cette disposition ! Ils étaient joyeux de souffrir, glorieux des opprobres, et moi je ne sais pas être patient, résigné, soumis dans l'épreuve, abandonné et confiant entre vos mains.

Ô nom adorable de mon Sauveur ! changez mon cœur en vous y imprimant en caractères d'amour! Votre nom, c'est le signe de votre puissance, de votre possession ; je suis à vous comme votre conquête.
Je veux vous appartenir par une donation libre et volontaire de tout mon être ; acceptez-moi, ô miséricordieux Sauveur ! et gardez-moi comme vôtre à tous les titres ; sauvé par vous, racheté par votre sang, marqué de votre nom, et je ne craindrai plus que personne ose m'arracher à un si bon et si puissant maître.



Sur vos œuvres

Si le nom de Jésus est profondément gravé dans votre. esprit et votre cœur, ses effets divins se manifesteront nécessairement dans vos paroles, dans vos actions, dans toute votre conduite, puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, et que les œuvres sont la preuve et comme la production de L'amour. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou en agissant, dit l'Apôtre, faites tout au nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens sanctifiaient en y obéissant toutes leurs démarches ; le travail, le repos, la prière, les repas, les visites, les voyages, les affaires les plus importantes comme les occupations les plus indifférentes, tout était consacré par ce nom divin. En sortant de leurs maisons et en y rentrant, lorsqu'ils se quittaient ou se retrouvaient, ils le prononçaient comme le signe auquel ils devaient se reconnaître, comme le symbole de leur mutuelle charité, comme le lien qui unissait tous leurs cœurs.

Les lettres des apôtres peuvent vous faire juger quelle place le nom de Jésus occupait dans leurs correspondances, dans leurs entretiens, dans leurs agapes, dans leurs réunions religieuses, et même dans les relations et les devoirs de la vie civile ; de là cette sainteté de leurs mœurs, cette angélique perfection de leur céleste société.
Comment en effet parler et agir au nom de Jésus-Christ et blesser la vérité ou la charité ? Comment lui offrir et lui consacrer en détail des discours ou des œuvres qui seraient contraires à sa morale et à son esprit ?

Ô ciel ! que les temps sont changés ! quelle prodigieuse différence entre les mœurs, les habitudes et le langage des premiers disciples de Jésus-Christ et nous, qui osons en prendre le titre et la qualité !

Qui est-ce, ô mon Sauveur ! qui met votre adorable nom à la tête de ses entreprises, qui place sous son invocation la conduite de ses affaires,  sa famille, ses desseins, ses espérances, ou ses craintes ?
Le pourrait-on d'ailleurs quand presque habituellement la terre occupe toutes les pensées, quand les sollicitudes du siècle remplissent l'âme, et que toutes les affections, tous les attachements sont pour les biens périssables ?

O mon âme! est-ce au nom de Jésus que tu agis, que tu parles, que tu t'occupes ? Ne lui appartiens-tu donc pas ? ne lui dois-tu pas tout ce que tu es, tout ce que tu possèdes ?
La terre ne doit-elle donc pas fructifier pour son maître !
Il est vrai, ô mon Sauveur ! mais comment aurais-je pu vous offrir des pensées vaines, inutiles, trop souvent coupables, des désirs et des œuvres si indignes de votre grandeur et de votre sainteté ?

Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut ! délivrez-nous pour votre gloire ; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre nom.



Vertu à obtenir : Invocation habituelle du nom de Jésus.





Résolutions et aspirations


Commencez dès aujourd'hui à invoquer avant vos principales actions le nom adorable de Jésus ; examinez-vous pendant un certain temps sur voire fidélité à cette pratique.
Pour peu que vous y mettiez de persévérance elle vous deviendra habituelle et comme naturelle, et sera pour vous la source d'une infinité de grâces. Quand vous serez sur le point de faire quelque démarche un peu importante, dites-vous : Puis-je offrir à Jésus-Christ cette visite, cet entretien, cette occupation, ce plaisir ?
puis-je faire cette action au nom de Jésus ?
Ai-je agi, parlé, travaillé d'une manière utile ou préjudiciable à mon salut ?
ai-je glorifié ou déshonoré mon Sauveur ?

Que le nom de Jésus soit comme votre pierre de touche pour juger vos pensées, vos sentiments et vos œuvres.



Prière

Ô Saint Nom de Jésus, astre lumineux, étoile favorable, c'est de vous que dépend le bonheur de ma vie, de mes desseins, de ma mort et de tout ce qui me regarde !
Quoi que je fasse, j'agirai désormais sous votre divine influence.
Si je veille Jésus sera toujours devant mes yeux ; si je repose Jésus occupera mes pensées ; si je marche ce sera dans la compagnie de Jésus ; si je suis assis Jésus sera à mes côtés ; si j'étudie Jésus sera mon maître ; si j'écris Jésus guidera ma main ; si je prie Jésus formera et animera ma prière ; si je suis fatigué Jésus sera mon délassement ; si j'ai faim Jésus me nourrira ; si j'ai soif Jésus me désaltérera ; si je suis malade Jésus sera mon médecin ; si je meurs je mourrai en Jésus, qui est ma vie.

Jésus scellera mes lèvres mourantes, Jésus fermera mes yeux, Jésus sera mon tombeau.

Ô Jésus ! que mon salut vous a coûté cher ! à quel prix et par combien de sang vous avez acheté le titre de mon Sauveur !
Sauvez-moi donc du péché et de la mort éternelle, puisque c'est pour cela que vous avez reçu le nom de Jésus, et que je puisse répéter pendant toute l'éternité :

Jésus, ma vie, mon bonheur, mon amour, mon tout ! soyez loué, aimé et adoré pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 6 Jan - 21:46

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 6 janvier

Jésus attire les Rois Mages


« Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer » (Matthieu 2)
Ce ne sont plus seulement des pauvres et des ignorants que l'enfant Jésus attire à sa crèche, ce sont des savants et des rois ; ce n'est plus seulement ceux qui sont près qu'il appelle, mais ceux qui sont loin.
Il a montré sa prédilection pour les petits en les invitant les premiers ; il manifeste sa miséricorde sur les grands par l'astre miraculeux qu'il leur fait luire, et par l'attrait puissant qu'il met dans leurs cœurs.

Ainsi annonce-t-il dès sa naissance qu'il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, Mais quelle bonté de la part de Dieu à l'égard de ces Mages, qu'il va chercher et éclairer au milieu des ténèbres du paganisme ! quelle condescendance dans le moyen choisi par la grâce pour leur révéler la naissance du Rédempteur !
La contemplation des astres était leur étude et leur occupation habituelles ; et c'est par l'apparition d'un astre inconnu qu'ils en sont instruits.

Il est vrai qu'une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable de les attirer au Roi nouveau-né ; il fallait que l'étoile de Jacob, que la lumière du Christ se fût levée dans leur cœur, qu'à la présence du signe que Dieu leur donnait au dehors il ajoutât au dedans le doux attrait et la puissance victorieuse de sa grâce.
Entrez aujourd'hui dans l'esprit de ce mystère, et pour en recueillir le fruit considérez, 1° la force et la douceur de la grâce ; 2° les obstacles à la grâce ; 3° la fidélité à la grâce.



Force et douceur de la grâce

Les Mages, soit qu'ils fussent des rois, des princes ou des sages, aperçoivent dans le ciel une étoile extraordinaire, ou par sa forme, ou par son éclat ou par sa distance. Peut-être avaient-ils quelque connaissance de cette prophétie de Balaam, qui annonçait qu'une étoile se lèverait de Jacob Quoi qu'il en soit, en même temps que cet astre inconnu frappe leurs yeux, un rayon de grâce éclaire leurs cœurs, et ils se sentent excités à le suivre. Elle est si douce cette clarté qui luit à leur âme, et leur découvre comme un nouveau ciel et de nouveaux astres, que son attrait est comme irrésistible.

Ô divin Enfant ! vous êtes aussi puissant dans l'étable que dans le ciel ! Aussi ils ne questionnent point, ils n'hésitent point, ils ne calculent point :
Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorer.
Ne l'as-tu donc pas vue aussi, ô mon âme ! cette étoile du Roi des rois ?
le même Dieu qui a commandé que la lumière sortit des ténèbres n'a-t-il pas fait luire sa clarté dans nos cœurs ?
N'a-t-elle pas lui en toi cette clarté divine ?
la foi n'est-elle pas donnée de Dieu pour éclairer et guider ses enfants, et les conduire sûrement à lui, s'ils veulent s'attacher à son infaillible lumière ?

Depuis qu'elle s'est levée sur le monde, rien n'a pu ni l'affaiblir, ni l'obscurcir, ni l'éteindre. Elle a triomphé des efforts du monde et des enfers conjurés pour l'anéantir. Tous ceux dont elle a été le flambeau sont arrivés par les sentiers de la sagesse et de la vertu au vrai bonheur ; ceux qui l'ont repoussée l'ont justifiée par leur folie, leurs désordres et leurs infortunes. Suis-la donc toujours, ô mon âme! ne la perds pas de vue un seul moment cette divine étoile !
Mais combien de fois n'as-tu pas ressenti son influence salutaire ? Quand en certains moments la vanité des plaisirs, le vide des affections périssables, le néant des biens de la terre se montraient à toi comme en plein jour, c'était l'étoile qui t'était envoyée ; quand la vertu te dévoilait ses chastes attraits, la piété ses charmes, l'amour divin ses consolations et ses délices, c'était une apparition de l'étoile ; quand enfin tu te sentais attirée à servir Dieu, à l'aimer, à désirer de le voir, de le posséder à jamais sans partage, c'était elle qui t'appelait ; oui, tu l'as eue, ton étoile, comme l'ont eue les Mages, mais tu n'as pas encore commencé à la suivre.

Ô divin Enfant ! quand est-ce donc que j'obéirai à vos célestes inspirations ? quand me laisserai-je conduire par le mouvement de votre esprit ! Aujourd'hui, ô mon Sauveur ! ô divine étoile ! conduisez-moi à Jésus ; s'il faut aller à l'étable de Bethléem ou à la croix du Calvaire, conduisez-moi partout où il vous plaira, pourvu que je le trouve.



Les obstacles à la grâce

Les Mages ont vu l'étoile et ils ont pris le parti de la suivre.
Il leur faut donc quitter leurs demeures, leurs habitudes commodes, leurs affaires, leurs plaisirs, leurs amis, leurs parents. Il leur faut donc entreprendre un long voyage, à travers un pays qu'ils ne connaissent pas et des Etats dont les dispositions ne leur seront peut-être pas favorables, s'exposer à mille fatigues et à toutes sortes de dangers.
Quelle route doivent-ils tenir ? ils l'ignorent.
Où doit aboutir leur voyage ? ils ne le savent pas.
Sont-ils donc les seuls que cette étoile ait éclairés de sa lumière ?
Pourquoi se hasarderaient-ils plutôt que les autres ?
Que dira-t-on d'une telle démarche entreprise sur la foi d'un astre incertain ?
Ne serait-il pas plus sage de s'informer, d'attendre, de différer ?

Ô mon Sauveur! voilà les raisons, la prudence, la fausse sagesse du monde.
Ô Rois prévenus de la grâce ! elle est perdue pour vous, si vous les écoutez. Ce commencement de foi qui est en vous ne se développera pas, vous ne rendrez pas gloire à Dieu, vous n'arriverez pas à Jésus-Christ.
Ah! ne balancez pas. Vous avez vu son étoile ; partez, suivez-la où elle doit vous guider.

Ô mon âme ! ne reconnais-tu pas ici les obstacles qui t'ont depuis si longtemps arrêtée, les fatales barrières qui t'ont empêchée d'entrer généreusement dans la carrière et de répondre à la grâce?
Tantôt c'était une injuste défiance de la bonté de Dieu, tantôt une trompeuse confiance en toi-même, toujours la pusillanimité, l'opposition au recueillement, à la mortification des sens, à la pénitence et à la croix.
Qu'as-tu retiré de tes ménagements pour la chair, de tes complaisances pour le monde, de la satisfaction de tes désirs ?
Et toi aussi, quand tu entendais cette voix intérieure qui t'appelait si doucement, mais d'une manière si pressante, à la prière, à la fréquentation des sacrements, aux bonnes œuvres, à la perfection, tu disais comme Saint Augustin :
Demain, demain ; et le lendemain ressemblait toujours à la veille.

Ô mon Dieu! si j'avais répondu à votre appel, si à la première, à la seconde et à la troisième fois, je vous avais dit comme Samuel :
Seigneur, me voici. Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute ; si à la lumière de votre grâce, j'avais marché dans la voie de vos commandements, la paix aurait habité dans mon âme.
Je vous aurais trouvé, ô Jésus ! mais j'ai recherché mon contentement,mes satisfactions et mes aises. Je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé, c'est-à-dire que j'ai trouvé les chagrins et les tribulations. Rendez-moi la lumière et le courage, ô mon Dieu ! envoyez-moi votre lumière et votre vérité, et fortifiez mon cœur pour qu'il s'y attache.



La fidélité à la grâce

Que Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui ont le cœur droit ! car c'est par la droiture du cœur qu'on attire sa grâce et qu'on est conduit à lui. Il ne la leur demande que pour les combler de ses biens ; et chaque fois qu'il exige un sacrifice, il récompense l'obéissance par toutes les bénédictions de son amour.
Dociles à l'impulsion de l'Esprit divin, les Mages ont fait taire toutes les vaines considérations qui pouvaient arrêter leur religieux dessein ; ils disent joyeusement adieu à ceux qui les blâment ou les plaignent, comme à ceux qui en secret se rient de leur simplicité ; ils quittent tout sans regret, parce que quelque chose dit confusément à leurs cœurs qu'ils trouveront tout : ils partent précédés de leur céleste conducteur, heureux de ce qu'ils ont fait déjà pour celui qui les appelle, portant les magnifiques présents, emblèmes de leur foi et de leur amour.

Songez avec quelle consolation ils contemplent cette étoile que jamais ils ne perdent de vue, et avec quelle sainte ardeur ils la suivent. Qui pourrait exprimer leurs pieux entretiens, la ferveur de leurs prières, leurs brûlants soupirs, les transports de leur admiration et de leur reconnaissance pour la miséricorde qui les a appelés et qui daigne encore les protéger et les conduire avec une attention et des soins si prodigieux.

Ô mon âme ! voilà tes modèles, voilà l'exemple qu'il faut suivre. Novices dans la foi, ils sont déjà tes maîtres. Ils n'ont vu que l'étoile du Messie, et ils quittent tout pour le voir et l'adorer ; que feront-ils donc quand ils l'auront vu lui-même, et quand le contemplant ils seront inondés de lumière ?

Ô quel sujet de confusion pour moi ! Après tant d'années passées à votre service, ô mon Sauveur ! après tant de merveilles dont j'ai été le témoin et souvent l'objet, porter dans mon cœur une foi si languissante, une charité si stérile ! Allons, allons, à Jésus, ô mon âme ! allons à notre centre ; et quelque difficulté qui se présente, fions-nous à sa bonté, abandonnons-nous à son amoureuse Providence. Désirs terrestres, vains discours des hommes, trompeuses joies, ne m'arrêtez plus, ne retardez plus ma course. Je vais à mon Dieu, je veux le voir, l'adorer, lui offrir tout ce que je suis, tout ce que j'ai.

Ô Sauveur Jésus ! donnez-moi la constance et la fidélité.



Vertu à obtenir : La fidélité à suivre l'attrait intérieur.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'Enfant Jésus comme le divin Roi des cœurs.

Remerciez-le souvent de la grâce qu'il a faite aux Mages, et de toutes les grâces qu'il vous a accordées pour vous attirer à lui.

Demandez-lui son Esprit afin qu'il règle vos désirs et tous les mouvements de votre volonté.

Dites avec simplicité et ferveur : Esprit de Jésus, guidez ma volonté, et faites qu'elle marche dans vos lumières.
Seigneur, augmentez ma Foi et éclairez mes ténèbres.

Père juste, le monde ne vous connaît pas.

Oh ! si les hommes vous connaissaient ! Faites-vous connaître au monde.



Prière

Glorieuses prémices de la gentilité, premiers apôtres de l'Enfant Jésus, qui nous avez frayé le chemin de la crèche en foulant pus pieds la fausse sagesse pour arriver à lui, demandez-lui qu'il daigne conserver au milieu de nous le divin flambeau de la foi, et qu'il rende nos cœurs dociles aux impressions de sa grâce, afin qu'évitant les pièges et les erreurs du monde, et guidés par sa céleste doctrine, nous courions avec la même ardeur que vous, dans la voie de ses commandements, et que nous ayons comme vous le bonheur d'arriver à lui, de l'adorer et de le bénir pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 7 Jan - 22:34

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 7 janvier

Arrivée des Mages à Jérusalem


« Voici que des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, demandant où est le roi des Juifs, qui vient de naître ». (Matthieu 2)
Les Mages, avertis par l'astre miraculeux qui leur annonçait la venue du Messie, et pour obéir à la voix intérieure qui les pressait d'aller le reconnaître et l'adorer, avaient quitté leur patrie et bravé les dangers et les fatigues d'un long et pénible voyage. Pour récompenser leur obéissance et encourager leur fidélité, Dieu avait renouvelé la merveille opérée autrefois en faveur d'Israël, lorsqu'il sortit de l'Égypte ; il s'était chargé de diriger lui-même leur marche, et leur avait donné pour guide l'astre même dont l'apparition leur avait révélé la naissance du Rédempteur. Celte miraculeuse étoile, en effet, les précédait constamment, et, le jour comme la nuit, leur montrant le chemin qu'ils devaient suivre, animait à chaque pas leur joie, leur reconnaissance et leur zèle.

Mais parce que la volonté de l'homme est sujette à l'inconstance et ne s'affermit solidement que par l'épreuve, il fallait que leur fidélité comme celle d'Abraham fût éprouvée, et qu'en triomphant de la tentation ils glorifiassent celui qui les appelait les premiers à son admirable lumière ; et voici la triple tentation qu'ils eurent à surmonter en arrivant à Jérusalem : 1° l'abandon apparent du ciel ; 2° la crainte d'Hérode ; 3° l'indifférence des Juifs.



L'abandon apparent du Ciel

En quel lieu, en effet, et en quelle circonstance la lumière céleste pouvait-elle être plus nécessaire aux Mages que dans la ville de Jérusalem, dont ils ne connaissent ni le roi, ni le peuple, ni les usages, ni la langue ? Et c'est précisément à leur arrivée en cette capitale de la Judée qu'elle les abandonne, et les livre à toutes les anxiétés et à toutes les incertitudes.

Se seraient-ils donc abusés ? auraient-ils pris pour un avertissement miraculeux un météore vulgaire, un simple jeu de la nature ? leur cœur en aurait-il imposé à leur raison, et transformé un aveugle pressentiment en une révélation divine ? Non, non, ô saints Rois ! vous ne vous êtes pas trompés. Soit que Dieu veuille faire connaître qu'il va punir les Juifs ingrats par la soustraction de ses lumières, soit que l'étoile qui conduit au Roi pauvre, et l'Ange qui la guide, ne veuillent point se montrer où parait la pompe d'une cour maligne et dépravée, il veut avant tout vous accoutumer, et par vous nous apprendre à marcher par foi et non pas par vue, à compter sur son secours et à voir son action quand il se cache comme quand il se montre.

Il veut que vous sachiez qu'il est le maître de ses grâces,et qu'il en dispose comme il lui plaît, que ce n'est qu'en persévérant qu'on trouve Jésus ; il veut enfin, par les questions et les démarches que vous serez obligés de faire, rendre plus éclatante la naissance du Sauveur du monde. Car en demandant le lieu, vous la ferez connaître. Allez donc avec confiance, accomplissez voire mission; demandez hardiment où est le roi des Juifs qui vient de naître, et bientôt vous l'apprendrez.

Te plaindras-tu encore, ô mon âme ! quand il plaira à Dieu de te laisser dans les ténèbres, ta froideur et ton aridité, de te retirer le sentiment si doux de sa présence ? Quel droit peux-tu prétendre à ses faveurs, toi qui n'as mérité que ses châtiments et sa colère ? Sa lumière, ses consolations, ses grâces ne sont-elles pas un don de son divin Esprit ? Ne pourra-t-il en disposer comme il lui plaît ? Pourquoi donc es-tu triste, ô mon âme ! et pourquoi te troubles-tu ? espère en Dieu. Il sait ce qui est le plus avantageux à ton bien et à sa gloire ; il sait tout ; il peut mieux faire et réussir que toi, car il peut tout ; il le veut plus que toi, car il t'aime plus que tu ne t'aimes toi-même. Il est vrai que souvent c'est par ta faute que tu perds la lumière céleste.
Mais ton trouble ne la ramène pas. Humilie-toi, adore, bénis, répands-toi en sa présence.

Ô Sauveur ! éclairez mes ténèbres, de peur que je ne m'endorme un jour dans la mort.
Donnez-moi, au milieu des embarras., du tumulte et de la dissipation des affaires et du monde, le recueillement, la paix, le regard éclairé du cœur, afin que je ne vous perde pas de vue, que je vous cherche et que j'aille constamment à vous.



La Crainte d'Hérode

Quand bien même ce prince n'eût pas été naturellement soupçonneux et jaloux, n'est-ce pas, de la part des Mages, une grande témérité que de s'enquérir dans sa capitale et aux portes de son palais dans quel lieu ils pourraient trouver le roi des Juifs, qui venait de naître ?

Des étrangers qui font publiquement cette question ne doivent-ils pas éveiller de graves soupçons, ne s'exposent-ils pas aux plus grands dangers pour leur liberté ou même pour leur vie ?
N'ont-ils donc pas d'autres moyens de parvenir à leur but ?
Pourquoi tant d'éclat ? Ne peuvent-ils s'informer en secret, avec plus de précautions, de ménagements et de prudence ? Ils n'allumeraient point la jalousie d'Hérode, et ne troubleraient pas Jérusalem. Voilà les vains raisonnements de la sagesse réprouvée du siècle, et les faux prétextes de la pusillanimité et du respect humain.

Si les Mages les eussent écoutés, ni le Sauveur n'eût été connu, ni sa naissance proclamée, ni la prophétie constatée, ni Dieu glorifié. Jamais ils n'eussent recouvré leur céleste guide. Jamais peut-être ils ne seraient arrivés à Jésus-Christ. Mais parce qu'ils marchent avec simplicité, ils marchent avec confiance. C'est lui qu'ils cherchent, c'est lui qu'ils demandent sans détour ; et par l'une de ces dispositions merveilleuses de la Providence, c'est à la poursuite d'Hérode que la synagogue leur apprendra le lieu de sa naissance, et leur en fera la déclaration authentique.

Quelle consolation, ô mon âme ! de trouver notre miséricordieux Sauveur si fidèle dans ses promesses, si bon pour ceux qui le cherchent dans la simplicité de leurs cœurs ! Ne te laisse donc jamais arrêter par des considérations humaines, quand il est question des intérêts de la foi, ni par la crainte des jugements du monde, quand il s'agit de la gloire de Dieu. N'écoute ni tes doutes, ni les incertitudes qui viennent t'ébranler tantôt sur un point de la religion et tantôt sur un autre. Quand l'étoile semble disparaître à tes yeux, souviens-toi que Dieu a établi dans son Église des pasteurs et des docteurs, et que, dans les temps d'obscurité surtout, il n'y a de sûreté que dans la docilité aux guides spirituels, à ceux que Dieu a placés sur le chandelier pour nous conduire. Mais aussi, quand on t'interroge sur la religion, réponds avec candeur, quelque insidieuses que soient les questions, dis hautement que Jésus-Christ est le divin Roi à qui nous appartenons ; raconte comment il t'a appelée, par quelles voies il t'a ramenée à lui ; publie ses miséricordes, la paix, la joie, le bonheur qu'on goûte à son service. Peut-être seras-tu assez heureuse pour le faire connaître à ceux qui l'ignorent ; au moins auras-tu rendu gloire à Dieu.



L'indifférence des Juifs

C'était sans doute une tentation bien délicate pour ces hommes pleins de zèle, que la foi amenait de si loin aux pieds du roi des Juifs, que l'ignorance où ils trouvaient ses propres sujets par rapport à sa naissance. Quand un signe miraculeux est venu l'annoncer à des étrangers, comment n'est-elle pas connue de son peuple ? Au lieu de s'arrêter à d'inutiles questions, ils font la seule qu'ils eussent à faire :
Dites-nous où doit naître le Christ, car nous savons qu'il est né. Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. L'émotion que cette nouvelle produit dans la ville et à la cour d'Hérode ne les déconcerte pas plus que l'insouciance et l'ignorance absolue où ils les avaient d'abord trouvées sur cet important événement.

Ils laissent à Dieu la science de ses conseils et les causes de ses jugements, et ne songent qu'à profiter de la grâce qui leur est donnée. Ils n'hésitent point, ne délibèrent point ; c'est toujours la même docilité et la même droiture : Ils ont vu et ils sont venus. L'étoile a été pour eux comme la voix de Dieu et la langue du ciel. Les saintes Écritures, interprétées par les docteurs, les remplaceront ; elles leur indiqueront Bethléem, terre de Juda ; et dès qu'ils auront entendu la réponse à leur question, ils partiront sans différer.

O mon Sauveur! quelle leçon ! quelle instruction pour moi dans cette conduite des Mages ! mes pieds ont presque été ébranlés, mes pas ont chancelé quand j'ai vu la paix des pécheurs ! Quelle effroyable défection ! quel abandon de votre loi ! Vous êtes descendu du ciel, vous vous êtes fait homme, vous êtes né pour eux ! Ils ne le savent pas, ils ne le croient pas, ils ne s'en souviennent pas ! Vous avez marqué sur eux la lumière de votre visage ; l'incrédulité l'a effacée.
Vous avez mis votre sainte joie dans leurs cœurs ; les coupables satisfactions l'y ont étouffée. Ce n'est pas seulement dans les saintes Lettres qu'ils peuvent lire votre divin nom annoncé et reconnu ; vous l'avez écrit sur leurs fronts en caractères ineffaçables dans le saint baptême, et ils s'efforcent de l'anéantir, et ils vous délaissent, et vos divins oracles les troublent, mais ne les convertissent pas ! Ne permettez pas, ô mon Sauveur ! que ce scandale ébranle ma foi.

Vous étiez hier, vous êtes aujourd'hui, vous serez dans les siècles des siècles. Il est bon pour moi de m'attacher à Dieu, de mettre toute mon espérance dans le Seigneur mon Dieu.



Vertu à obtenir : La résistance aux tentations.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses Saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour ; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur ! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle ; que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer ; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Prière

Divin Jésus qui pour éprouver la foi des Mages leur avez momentanément soustrait la lumière par laquelle vous les aviez si miséricordieusement attirés, apprenez-nous à supporter à leur exemple les privations par lesquelles il vous plaira de nous faire passer, et toutes les épreuves que vous nous avez réservées dans votre sagesse ; et puisque vous avez établi votre Eglise pour être la colonne et le soutien de la vérité, donnez-nous un attachement tout filial envers elle, et une docilité d'enfants envers les pasteurs chargés de nous enseigner et de nous conduire, afin que préservés des erreurs du siècle et de la contagion de ses exemples, nous arrivions au bienheureux séjour où nous vous posséderons sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.



_________________

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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 8 Jan - 22:14

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 8 janvier

Les Mages quittent Jérusalem


« Après avoir entendu les paroles du Roi ils partirent ». (Matthieu 2)
Au nom du Roi qui était venu, et à qui il croyait déjà voir occuper le trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, Hérode ne s'emporta ni contre les pontifes qui avaient annoncé ce Roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande : en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau Roi.
Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé faites-le-moi savoir, afin que faille aussi l'adorer. Le cruel il ne songeait qu'à lui plonger un poignard dans le sein ; mais il feint une adoration pour couvrir son crime.

Voyez. comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport. Mais Dieu souffle sur les desseins des politiques et les renverse. Les mages ont rempli leur mission dans la capitale de la Judée ; ils lui ont annoncé la naissance du roi Jésus ; ils l'ont fait constater par les princes des prêtres et les docteurs de la loi ; ils ne se sont point laissés arrêter par la crainte, ils ne se laisseront pas non plus retenir par de vains amusements et des plaisirs.
Ils partent sans délai, et Dieu récompense bientôt leur fidélité : 1° l'étoile reparaît ; 2° elle les comble de joie ; 3° elle les conduit à Jésus.



L'étoile reparaît

Dieu veut-il nous faire comprendre que dans les villes, dans les cours, dans les tumultueuses réunions d'affaires d'intérêt, de plaisir, on le perd aisément de vue, que la sainte vérité s'y affaiblit, que les lumières s'y obscurcissent, et que loin de ce vain bruit, dans le silence et la paix, lame le goûte mieux et le découvre plus clairement ?

Ce qui est certain, c'est que l'étoile disparut au milieu de cette Jérusalem qui tue les prophètes, et qui n'a pas connu le jour où Dieu vint la visiter. Ce n'est que lorsqu'ils en sont sortis que les mages recouvrent sa lumière.
Quelle consolation pour eux lorsque ce céleste flambeau qui les avait guidés si sûrement jusqu'à Jérusalem reparaît à leurs yeux, et reprend sa marche pour éclairer et diriger leurs pas ! quel bonheur de retrouver dans le retour de sa lumière un nouveau gage d'espérance et de sécurité, de reconnaître que leurs désirs ne les ont point trompés, que le ciel continue de les approuver et de protéger leur entreprise, et que jusqu'au terme de leur voyage il ne cessera pas de se déclarer pour eux !

Sors donc, ô mon âme ! pars promptement, âme chrétienne, non pas de la terre et de la prison du corps, ta journée n'est pas finie, tu n'as pas gagné ton salaire ; mais sors de cette vie des sens, de ce fracas du monde qui t'étourdit et t'empêche d'entendre la voix de Dieu !
Sors de cette société où on ne l'aime pas, où l'on s'efforce avec plus ou moins d'hypocrisie de le faire mourir dans les cœurs !
Sors de cette habitude de dissipation qui ne permet pas à la divine lumière de se réfléchir en toi, qui ne te laisse pas le loisir de la contempler, d'étudier la marche qu'elle te trace, le sentier par lequel tu dois arriver à ton terme !
Sors d'un monde où tout est piège et séduction pour toi : peut-être ne peux-tu trouver le salut que dans la solitude ! sors du moins de cette routine de pratiques, de cette langueur de foi, de ces accommodements avec l'esprit du siècle, avec ses maximes et ses usages ! la foi n'admet pas ces condescendances et ces partages !
Tu ne reverras sa lumière et ne goûteras ses consolations que lorsque tu te seras franchement séparée de tout ce qui lui est contraire.



L'étoile comble de joie les mages

Les épreuves temporelles, la perte des parents, des amis, de la santé, des richesses ne sont jamais équivoques : elles portent comme un cachet de miséricorde et de grâce auquel on peut facilement reconnaître le dessein paternel de celui qui veut nous donner quelque participation à son calice.

Il n'en est pas ainsi des épreuves spirituelles. Infidèles que nous sommes, nous avons toujours sujet de craindre qu'elles ne soient une punition et un châtiment ; et lors même que Dieu ne veut qu'éprouver une âme en lui retirant son appui sensible il la laisse dans un état plus ou moins pénible d'incertitude, de crainte et d'obscurité, afin de l'épurer par le vif sentiment de sa faiblesse et de rendre méritoire sa résignation et sa patience.
Ainsi les mages privés tout à coup de leur guide fidèle au milieu d'un peuple si étranger à un événement qui cependant le touche de si près, et de ces docteurs de la loi, qui répondent si clairement, mais avec une si scandaleuse indifférence à leurs questions, durent être comblés de joie en le voyant reparaître.

L'évangéliste en effet pour nous en donner une idée nous les représente comme remplis d'un inexprimable bonheur, c'est qu'au moment où le signe céleste réjouissait leurs yeux, ce rayon de grâce, qui avait d'abord éclairé leurs coeurs, les remplissait d'une lumière plus vive encore et les inondait des plus pures délices.
Les chrétiens ont donc aussi leurs joies. Dieu permet donc à l'âme fatiguée de ses combats, de ses agitations et de ses épreuves de se reposer à l'ombre de ses ailes.

Ô quelle douceur comparable à celle que fait goûter la fidélité, la constance à son service !
Dans cette région de ténèbres être guidé par une infaillible lumière. Au milieu des secousses qui ébranlent la terre, être en paix parce qu'on voit en tout l'action de cette miséricordieuse Providence qui gouverne tout, qui a tout préparé pour les élus, et qu'on s'appuie pour ainsi dire sur cette main puissante et souveraine, qui dirige et maîtrise tous les événements.

Réjouis toi, ô mon âme ! Dieu veut qu'on le serve avec joie, parce qu'en effet on est trop heureux de servir un si bon et un si puissant maître. Rends-lui grâce de ce qu'il t'a donné pour te conduire l'étoile par excellence, la foi. Conjure-le de ne pas permettre que sa lumière t'abandonne : Seigneur, dirigez-moi dans votre vérité, et instruisez-moi, parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur.



L'étoile conduit les rois à Jésus

Elle allait devant eux ; mais combien ils la devançaient par les vifs désirs que Saint Augustin appelle les pas du cœur. Sans doute qu'à mesure qu'ils approchaient du terme de leur saint voyage la foi, la piété, la charité remplissaient leurs âmes des sentiments les plus doux.
Mais quel bonheur pour eux d'avoir été dociles à l'impression de la grâce, d'avoir généreusement sacrifié tout ce qui pouvait arrêter leur obéissance, d'être restés fidèles dans l'épreuve !
Que sont pour eux les sacrifices, les fatigues, les privations qu'ils se sont imposés, comparés à ce contentement pur, à la paix si douce qui en seraient déjà une récompense si abondante et qui ne sont pourtant encore que le prélude et l'avant-goût des célestes consolations qui vont bientôt couronner leur zèle, leur constance et leur amour.
L'étoile en effet après les avoir constamment précédés depuis leur départ de Jérusalem s'arrêta tout à coup, et par une lumière plus abondante et plus vive sembla leur dire : Voici le lieu où est né le Roi que vous cherchez.

Arrête-toi un moment, ô mon âme! et étudie dans la conduite des mages la règle et le modèle de la tienne. Et toi aussi tu as été appelée à la foi, à la grâce, à la sainteté du christianisme.
Que de lumières ! que de bons mouvements! que de salutaires inspirations ! sous combien de formes diverses l'étoile divine ne s'est-elle pas offerte à tes regards. Tu l'as suivie,mais avec quelle lenteur, quelle inconstance ! combien de fois ne l'as-tu pas perdue de vue par ta faute, par la négligence, par la dissipation, par ces éternels délais qui sont un outrage à la grâce ! Tu l'as recouvrée par miséricorde ; tu marches aujourd'hui à sa clarté : ne la perds donc plus.
Oh! si comme les mages tu avais été obéissante, généreuse et fidèle !

Que te reste-t-il, ô mon âme ! de toutes ces vanités, ces illusions, tous ces faux plaisirs auxquels tu immolais tes vrais biens, l'innocence des désirs, le calme de la conscience, l'espérance chrétienne ?
Rends grâce à Dieu, bénis sa clémence infinie, qui daigne t'appeler et t'éclairer encore.
Approche-toi de lui par l'humilité, la ferveur, un vrai désir d'être à lui.
Dis-lui comme David : Oubliez, Seigneur mes infidélités, ne vous souvenez que de vos éternelles miséricordes : envoyez-moi votre lumière et  votre vérité, ce sont elles qui me conduiront votre montagne sainte et à vos tabernacles.



Vertu à obtenir : La fidélité à la grâce.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui Jésus-Christ comme la fin de votre vie et le centre de votre cœur.
Offrez-lui votre imagination, afin qu'il y imprime son image et qu'il en efface toutes les images de la terre.
Pressez souvent votre volonté par ces paroles : Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent.
N'éteignez pas par les péchés, par les inquiétudes de la vanité, par l'esprit du monde l'esprit de foi, de sainteté et de charité qui vous a été donné.
Souvenez-vous que quels que soient votre âge, votre rang, votre situation, vous devez édifier le prochain et devenir pour lui par vos vertus ce que l'étoile fut pour les mages, l'attirer à la piété, ou l'affermir dans ses bons desseins.
Quand vous sortez de votre maison pour aller à l'église, surtout lorsque vous y devez communier, demandez à Jésus-Christ quelque part aux saintes dispositions des mages.
Du reste hâtez-vous de vous réformer et d'entrer dans la voie de la sainteté.
Le temps est court, et le chemin qui vous reste à faire bien long : cherchez le Seigneur tandis que vous pouvez le trouver.



Prière

Divin Jésus, qui avez si miséricordieusement attiré les mages à votre crèche, qui les avez conduits si miraculeusement pendant leur voyage et les avez fait triompher par votre grâce de toutes les tentations et de tous les dangers, oubliez ma faiblesse, mon inconstance et mes infidélités.

Vous m'avez aussi attiré à vous, ô mon Dieu ! vous m'avez appelé.
Oh ! que j'ai tardé à répondre ! que je me suis aisément lassé dans la voie ! Par quelles vanités, par quelles bagatelles ne me suis-je pas laissé arrêter !

Désormais je chercherai votre présence. Mais ne détournez pas de moi votre visage ; que votre colère ne vous détourne pas de votre serviteur !
Soyez mon aide et ne me délaissez pas, ô Dieu de mon salut !
Donnez-moi de marcher avec fermeté et constance dans la voie qui conduit à vous et d'y persévérer jusqu'au terme. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 9 Jan - 18:39

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 9 janvier

Jésus adoré par les Mages


« Etant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ». (Matthieu 2)
Fut-ce à l'étable ou à la crèche que l'étoile conduisit les Mages ? Joseph et Marie y laissèrent-ils l'Enfant ? Ne songèrent-ils pas à pourvoir à un logement plus commode, ou ne le purent-ils pas ?
Contentons-nous des paroles de l'Evangile : L'étoile s'arrêta où était l'Enfant, sans doute dans le lieu de sa naissance ou auprès, puisque c'était là qu'on les avait adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l'accomplissement de la prophétie qui leur avait été enseignée.

Quoi qu'il en soit, voyez combien leur foi est admirable ! Qu'elle avait été prompte dans son obéissance, lorsque, avertis par le signe céleste de la naissance du Messie, et intérieurement pressés par la grâce d'aller le reconnaître, ils avaient sans balancer quitté leur pays ! Sa constance avait éclaté d'une manière bien héroïque, lorsque, tout à coup privés de leur astre tutélaire, sans se décourager ni se refroidir, ils avaient généreusement persévéré dans leur religieuse entreprise. Elle s'élève à toute sa perfection au terme de leur voyage, lorsque, loin d'être déconcertée par l'aspect de l'étable et d'un pauvre enfant enveloppé dé langes, elle découvre et reconnaît en lui le monarque et le Dieu de l'univers.

O divin Enfant ! daignez m'envoyer un rayon de cette admirable lumière qui éclaire aujourd'hui l'âme des Mages, afin que je vous adore comme eux, et que dans ces présents qu'ils vous offrent je reconnaisse ce que vous êtes et ce que je vous dois : 1° comme Roi, 2° comme Dieu, 3° comme Homme.



Comme Roi

C'était sans doute en cette qualité que le Sauveur du monde leur avait été annoncé, puisque c'est comme roi des Juifs qu'ils le font connaître et publient sa naissance.
Il est vrai qu'il n'est pas seulement roi du peuple juif, mais de tous les peuples, ni d'un seul royaume, mais de tous les royaumes de la terre et du ciel même. C'est l'univers entier que le Père a soumis à son sceptre.
Demandez-moi, lui dit-il par la bouche de David, et je vous donnerai les nations pour votre héritage et la terre pour votre domaine. Il est roi par nature et par conquête, par la donation que le Père céleste lui a faite et par le salut qu'il a lui-même opéré au milieu de la terre, c'est-à-dire par tous les titres que peuvent donner la puissance et les bienfaits.

C'était sans doute cet empire universel qu'ils voulaient déclarer par leurs présents ; c'était comme à leur roi que ces rois venaient faire hommage par l'or qu'ils lui offraient. Mais avec quelle ardeur et quelle générosité, en lui payant ce tribut, ils mettaient à ses pieds leurs biens, leurs possessions, leurs personnes, leur amour, tout leur être, et se donnaient sans réserve à lui pour être ses vassaux, ses serviteurs et ses sujets !

Voilà tes modèles, ô mon âme ! voilà ce que t'enseigne ce mystère, voilà les obligations qu'il t'impose.
Tu te dois tout entière à Jésus-Christ. Il t'a créée, il te conserve, il t'a rachetée par son sang précieux, il te réserve une félicité sans mesure.
Oh ! qu'il est vraiment ton Roi ! qu'il est juste qu'il règne sur toi, qu'il te possède absolument sans réserve, sans partage, puisque c'est de lui que tu tiens l'être, et qu'il te l'a donné comme une seconde fois, en t'arrachant à la mort et à la damnation éternelle !
Que lui rendras-tu donc pour reconnaître son souverain domaine ? Les rois de la terre imposent des tribut à leurs peuples ; les Mages ont offert leurs présents au roi Jésus. Il n'a pas besoin de ton or, mais il le réclame pour ses membres souffrants ; verse-le dans le sein des pauvres.
L'or qu'il te demande et qu'il se réserve, c'est ton amour c'est une charité sincère, c'est une prompte et constante obéissance non-seulement à ses commandements et aux préceptes de son Évangile, mais à ses inspirations, aux mouvements de sa grâce, à l'attrait de son divin Esprit.

Ô mon Dieu ! Ô mon Sauveur ! qu'ai-je fait jusqu'à se jour ? que je vous ai peu traité en Roi.
je n'ai été qu'un sujet ingrat, révolté, rebelle ; je n'ai mis en votre divine main qu'un roseau, et sur votre tête qu'une couronne d'épines. Ne me brisez pas dans votre colère, ne me châtiez pas comme le méritent mon ingratitude et mon audace. Triomphez de moi d'une manière qui ne peut appartenir qu'au roi Sauveur, en mettant en moi votre crainte et votre amour.



Comme Dieu

L'encens ne s'offre qu'à la divinité : il est le symbole de l'adoration ; aussi les saints docteurs ont-ils reconnu dans ce présent que les Mages font à Jésus l'emblème de leurs sentiments et un témoignage de leur foi au Verbe incarné. Ils crurent, dit l'un d'eux, que tout était divin, là où manquaient les apparences humaines. Cette pauvreté, cette humilité prodigieuses, loin d'affaiblir leur vénération, ne faisaient qu'ajouter à leur admiration et à leur reconnaissance ; et leurs yeux étaient ravis de contempler ce faible Enfant, dit saint Chrysostôme, parce que le Saint Esprit faisait éclater sa majesté souveraine au fond de leurs cœurs. Qu'ils sont heureux en effet de voir ce qu'ils voient, de jouir à leur aise de la vue de celui qui fait la joie et la félicité des anges ; d'être les premiers à proclamer non-seulement sa royauté, mais sa divinité, à lui offrir l'hommage d'une adoration pure, de cette adoration en esprit si agréable au père, et sans laquelle le culte extérieur n'est ni glorieux à Dieu ni utile aux hommes.

Ô mon âme, ne le vois-tu donc pas tous les jours sur l'autel, comme les Mages le virent dans la crèche, ce Verbe divin, couvert des voiles du Sacrement, comme il l'était alors des langes de l'enfance ! mais le vois-tu des mêmes yeux qu'ils le virent, avec une foi aussi éclairée, avec le même respect, la même humilité, le même amour ?
Sais-tu comme eux traverser par ce regard éclairé du cœur, ces ombres qui le cachent, et dans ce mystère de foi reconnaître l'abrégé de ses merveilles? Ils ouvrent leurs trésors : ouvres-tu ton cœur? c'est de là que doit monter vers lui l'encens de ta prière, de ta charité, d'une dévotion tendre, d'une piété qui à toute heure, la nuit comme le jour, s'exhale en soupirs brûlants et en aspirations affectueuses.

Mais surtout quand il daigne t'admettre à la participation de son divin corps, ô mon âme ! c'est alors que tu dois lui offrir tout ce que tu es et tout ce que tu as, le prier de prendre dans ton âme tout ce qui lui plait, et s'il n'y a rien qui lui plaise, le prier d'y prendre tout ce qui lui déplaît. Avec quelle ferveur ne dois-tu pas t'écrier comme saint Thomas :
Mon Seigneur et mon Dieu ! vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloire ; vous êtes mon Dieu, et je célébrerai votre nom.



Comme Homme

C'est en tout point que la foi des Mages se montre éclairée.
Ils ont reconnu Jésus comme Roi, et lui ont fait hommage de leur puissance ; ils l'ont reconnu comme Dieu, et ils l'ont adoré ; ils le reconnaissent comme homme passible et volontairement assujetti à la mort ; et en lui offrant de la myrrhe, ils honorent d'avance sa sépulture et sa résurrection glorieuse.
Dès lors aussi ils embrassent les douleurs et les humiliations de la pénitence, offrent à ce Dieu naissant que sa charité doit immoler un jour, leur propre vie en sacrifice.

Les grandeurs du monde, les plaisirs de la terre, les biens périssables ne peuvent plus toucher ces cœurs dont l'unique besoin est désormais de vivre pour celui qui les a assez aimés pour s'assujettir à la mort, dont la seule passion est de mourir pour le faire connaître et vivre dans tous les cœurs.

Quand est-ce donc enfin, ô mon âme ! que tu offriras à Jésus-Christ la myrrhe de la pénitence, ces gémissements et ces soupirs, que le souvenir de tes infidélités devrait l'arracher sans cesse, ces larmes que le danger continuel auquel tu es exposée de perdre ton Dieu, de te perdre pour l'éternité, suffirait pour faire couler ? N'est-il pas temps d'embrasser cette croix qui te poursuit, ce semble, à mesure que tu la fuis? Ah! tous les saints ont constamment porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, afin, disaient-ils, que sa vie se fît voir dans leur chair mortelle! Et j'oserais espérer la gloire qu'ils ont achetée au prix d'une immolation perpétuelle et par le crucifiement de tous les désirs, je me flatterais de l'obtenir par là satisfaction dés miens! Non, non, ce serait folie de le penser, impiété de le croire.

Mais, mon Dieu, l'amour de la pénitence est une grâce ; ne me le refusez pas, mettez-le dans mon coeur ; tranchez au vif dans ce cœur que je n'ai pas le courage d'immoler ; brûlez, coupez, renouvelez-le par la plus douloureuse opération, pourvu que vous l'épargniez dans l'éternité.



Vertu à obtenir : La générosité envers Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui le Fils de Dieu comme Dieu et homme tout ensemble, Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge Marie.
Offrez-lui tous les moments de votre vie, et tous les biens spirituels et temporels que vous avez reçus de lui ; priez-le qu'il vous donne la grâce de les employer à sa gloire ; souhaitez que tous les rois l'adorent, et que tous les peuples du monde le reconnaissent pour leur souverain Seigneur ; offrez aujourd'hui à ces intentions, par les mains de Marie, quelque aumône, quelque prière, quelque pénitence. Songez que quoi que vous donniez à Jésus pour sa gloire et pour son amour, vous donnerez toujours bien peu, et que pour égaler autant qu'il est cri vous la reconnaissance aux bienfaits, vous ne lui pouvez donner rien moins que tout vous-même, comme il s'est donné tout entier pour tous.



Prière

Après mes adorations profondes, je n'ai point d'autres présents à vous faire, ô divin Enfant ! que celui de mon cœur: il est à vous, puisque vous l'avez formé.

S'il s'est injustement prêté à la créature, je vous le restitue, ô mon Sauveur ! attirez-le, purifiez-le, embrasez-le, pour le rendre plus digne de vous être présenté.

Je vous offre avec ce cœur tout ce que je possède et tout ce que je suis.

Faites, ô divin Enfant ! que votre attrait soit toujours victorieux en moi des faux attraits d'un monde imposteur qui ne s'efforce de m'attirer que pour me perdre, et ne me fait des promesses que pour me tromper.

Que votre étable, votre crèche, votre amour soient désormais toute ma richesse, tout mon désir, tout mon empressement et tout mon attrait.




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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 10 Jan - 22:08

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 10 janvier

Le retour des Mages dans leur pays


« Ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin ». (Matthieu 2)
Que l’Évangile est instructif ! qu'il est consolant ! que d'inquiétudes, que de douleurs nous nous épargnerions, si nous étions attentifs à méditer les leçons qu'il nous donne ! Nous en trouverions pour toutes les circonstances, tous les événements et toutes les situations de la vie, parce qu'il est la lumière qui doit diriger nos pas.

Partout nous y apprendrions que Dieu demande le sacrifice de notre volonté et le renoncement à notre trompeuse sagesse, et qu'en échange il nous envoie protection et lumière au milieu de toutes les épreuves, tandis qu'il se plaît à aveugler les superbes et à surprendre les sages par leurs propres artifices. De quoi sert à Hérode sa politique ? à quoi plus tard aboutira sa cruauté ? A travers les flots du sang de mille enfants il poursuivra l'Enfant Jésus, et c'est le seul qui échappera à ses coups. C'est qu'il n'y a contre Dieu ni sagesse, ni prudence, ni conseil.

Apprenez donc aujourd'hui à obéir à sa voix, à vous abandonner à sa Providence, en considérant 1° l'avertissement donné aux Mages, 2° leur obéissance à suivre un autre chemin, 3° leur retour dans leur patrie.



L'avertissement qui leur est donné

Ce dut être pour les Mages une forte tentation que celle de s'établir, ou du moins de prolonger leur séjour à Bethléem, et de s'attacher irrévocablement à l'Enfant Jésus et à sa sainte Mère. Ils devaient trouver tant de douceurs dans cette céleste compagnie, de si hautes instructions dans le silence de ce Verbe incarné, de si pures consolations dans leurs entretiens avec Marie ! que peuvent-ils souhaiter de voir après avoir vu Jésus ? quels entretiens pourraient les charmer, après qu'ils ont conversé avec la Reine des anges ? Il est vrai, mais ce n'est pas pour eux seuls qu'ils ont été appelés,éclairés, instruits de la venue du Rédempteur promis au monde.

Il faut qu'ils reportent dans leur patrie une lumière plus vive que celle qui les en a tirés, qu'ils rendent témoignage à Jésus-Christ, et deviennent ses prédicateurs et ses apôtres. Le même mouvement de grâce qui les a portés vers la crèche les presse de la quitter ; ils en reçoivent l'ordre pendant leur sommeil, et avec une humble docilité ils se disposent à l'instant même à l'accomplir.

Admire, ô mon âme ! les soins attentifs et miséricordieux de la Providence sur ceux qui sont fidèles à suivre la voie qu'elle leur trace, et qui mettent en elle leur confiance et leur appui. Elle les éprouve, et par intervalles semble les délaisser; et c'est alors qu'elle est, pour ainsi dire, plus près d'eux, et les guide d'une manière plus lumineuse et plus sûre. Ainsi, parce que les Mages se sont aveuglément abandonnés à Sa conduite, elle ne les perd pas un moment de vue et veille partout à leur sûreté. Quand est-ce donc qu'enfin tu imiteras ce généreux et Si sage abandon ? Parce qu'ils ont été conduits par les désirs les plus purs et lés vues les plus saintes, ils remportent, de leur visite au Sauveur du monde, la joie, la lumière et la paix.

Ah ! si tu portais à l'oraison et à la communion, ô mon âme ! cette vivacité de foi et cette ardeur de charité, tu en sortirais éclairée, disposée au sacrifice de toi-même, et tout enflammée.
Car il est écrit : Approchez de Lui vous serez éclairés, et encore : Mon cœur s'est embrasé élans ta Méditation.
Si lorsque tu possèdes ton Jésus, ou que tu te trouves à ses pieds, tu te reposais pleinement en lui comme dans ton centre;; si tu écoutais attentivement ses leçons, ses reproches, ses instructions divines ! Mais hélas ! ô mon Dieu ! que je suis éloigné de ces dispositions ! que l'heure de là prière me dure ! que le temps de la communion me parait long, surtout à certains jours !
J'y viens avec froideur, j'y demeure sans respect, sans affection, sans profit, j'en sors avec empressement.



Leur obéissance à suivre un autre chemin pour leur retour

C'est presque toujours par la simplicité des moyens que la Sagesse éternelle se plaît à confondre les desseins les mieux concertés de la malice et de la perversité.
Si nous nous attachions à étudier sa marche, nous reconnaîtrions combien sont vains les efforts de la puissance ou de la ruse.
Pensez avec quelle tranquillité cruelle Hérode, se reposant sur sa dissimulation, attendait le retour des Mages ; considérez d'ailleurs combien il lui eût été facile d'envoyer sur leur trace quelqu'un de ces hommes toujours prêts à exécuter les ordres les plus barbares.

Mais celui qui a dit à la mer : Tu viendras jusqu'ici et tu briseras contre ce sable l'orgueil de tes flots, arrête quand il lui plaît, aveugle et enchaîne la fureur du méchant, et, au grand étonnement des enfants du siècle, il ne fait plus alors tout le mal qu'il veut et qu'il peut faire.
Ainsi, au lieu de revenir à Jérusalem, les Mages, d'après l'avertissement qu'ils reçoivent du ciel, prennent une autre roule, Hérode perd en conjectures le temps nécessaire à l'exécution de son crime, et quand il tentera de le consommer, l'Enfant Jésus sera en sûreté.

Encore une fois, ô mon âme ! docilité, confiance et abandon à la conduite paternelle et toute miséricordieuse de la Providence : voilà la sagesse, la sûreté et la paix du chrétien. Hors de là tout est faute, tout est danger, tout est alarme. Mais ce changement de chemin, qui sauve et l'Enfant divin et ses premiers adorateurs, vous offre une autre leçon qui n'est pas moins importante.
Après des égarements plus ou moins longs, une infidélité ou une résistance plus ou moins coupable, avez-vous enfin été amené à Jésus, l'avez-vous trouvé, lui avez-vous fait vos présents, le don et la consécration de tout votre être ?

Examinez attentivement quel chemin désormais vous vous proposez de suivre ; songez qu'il n'est plus question de marcher par celte voie large que vous avez suivie jusqu'à ce jour, et qui aboutit à la damnation et à la mort éternelles.
Si vous y êtes engagé encore, il faut la quitter aujourd'hui et entrer dans la voie étroite, la seule qui mène à la vie et à la félicité. Prends garde, ô mon âme ! te voilà avertie. Si tu retournes par ces routes où tu as été en danger de périr, tu périras, parce que tu auras toi-même cherché le péril, et que la grâce méprisée par toi ne fera pas un nouveau prodige en ta faveur.

O grâce de Dieu ! soyez ma lumière, mon guide, ma force et mon appui. Conduisez-moi par tel chemin qu'il vous plaira, pourvu que vous me rameniez dans ma patrie.



Leur retour dans leur Patrie

Les Mages avaient vu l'étoile du Messie dans l'Orient, et ils étaient venus pour l'adorer ; ils l'ont trouvé, et ils l'ont vu lui-même, et ils retournent dans leur patrie pour le faire connaître, pour annoncer la venue de ce Roi pasteur si longtemps promis, attendu depuis tant de siècles. Mais qu'ont-ils donc à dire d'un pauvre enfant qu'ils ont aperçu environné de tout l'appareil de la pauvreté, de la faiblesse, de la misère même ? Ah! la lumière qui les a éclairés à la crèche leur a révélé le secret de ces humbles apparences.

Dans cet Enfant d'un jour si dénué, si faible, ils ont reconnu et adoré le Roi immortel des siècles, le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, le Vainqueur du monde et du péché. Ils laissent à ses pieds leurs présents, ils déposent dans son cœur leur reconnaissance, leurs vœux et leur amour, et saintement impatients de le glorifier, ils s'arrachent généreusement à la consolation pure de le contempler, de baiser ses pieds sacrés, d'interroger ses regards, et d'entendre sa bienheureuse Mère, et ils quittent Bethléem.

Nous avons comme les Mages à retourner dans notre patrie, ô mon âme ! Notre patrie comme la leur est en Orient. C'est vers l'Orient que Dieu avait planté son paradis. Il nous faut y retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avait-il été créé ! Nous sommes malheureusement sortis du paradis par le péché, il faut y retourner par un autre chemin. Nous nous sommes égarés par les plaisirs du monde, il faut revenir par les pleurs et les regrets de la pénitence.
Rêveries, enfants d'Israël, à votre cœur, nous dit le Sauveur naissant, connaissez votre égarement, changez votre voie.

Je vous entends, ô Enfant divin ! Vous m'appelez à vous, vous qui êtes ma fin, mon centre, mon unique bien ; vous voulez me conduire à votre royaume par le sentier étroit que vous avez suivi vous-même, par la croix, les larmes, les privations volontaires, le retranchement de mes aises, des vaines Satisfactions, des attachements qui peuvent partager mon cœur.
Ah ! souverain Maître ! vous serez obéi, je reviens à vous, je m'abandonne à votre conduite. Ne me laissez pas à mes ténèbres et à ma faiblesse; et puisque vous m'avez rendu à votre joug aimable, dirigez-moi et soutenez-moi jusqu'au terme.



Vertu à obtenir : Le désir du ciel.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée Jésus-Christ comme le plus doux et le meilleur de tous les maîtres. Si jusqu'ici vous lui avez été infidèle, prenez et la résolution et les moyens de réparer vos infidélités.

Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutumez-vous peu à peu à goûter dans les maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d'incommodités, l'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu.

Offrez à l'Enfant Jésus tous vos desseins, toutes vos entreprises, toutes vos démarches, toutes vos espérances et toute la conduite de votre vie.

Dites avec David : Seigneur, conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.



Prière

Divin Jésus, qui avez daigné m'attirer à Tous du fond de mes ténèbres et du sein de la corruption et du péché, veillez sur moi, et soutenez-moi dans la voie nouvelle où je suis entré par votre grâce, car ma faiblesse est extrême ; et si vous détournez un moment de moi les regards de votre miséricorde, je retournerai à mes anciennes misères.

Tantôt c'est une imagination déréglée qui m'en représente les honteux fantômes, tantôt c'est mon cœur qui les rappelle. Tout à coup je me sens défaillir, sans goût pour le bien, sans force contre le mal.

Ayez pitié de moi parce que je suis faible, guérissez-moi parce que le trouble a pénétré mon âme, et confirmez en elle le bien que votre amour a commencé à y opérer. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 11 Jan - 21:00

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 11 janvier

L'Enfant Jésus fuit en Egypte


« Après que les Mages furent partis, l'ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil et lui dit: « Levez-vous, prenez l'Enfant et sa mère, fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir, car Hérode cherchera l'Enfant pour le faire mourir ». (Matthieu 2)
Commencez par adorer l'Enfant Jésus qui à peine né est déjà en butte à la persécution, réduit à fuir dans une terre étrangère. Peu de mystères vous offriront un ensemble aussi frappant d'instructions, de consolations et de prodiges de charité, d'humilité, d'obéissance, d'abandon à la Providence.

Si vous avez été ou si vous êtes obligé de fuir votre pays, votre famille, le monde, pour obéir à la voix de Dieu, pour mettre votre salut en assurance, pour échapper aux dangers qui menacent votre innocence, votre foi, votre vie ; si enfin vous êtes condamné à voir s'éloigner de vous un enfant, un ami, un père ou une mère, oh ! que la fuite de l'Enfant Jésus vous offrira de touchantes leçons, de puissants motifs de vous résigner, de vous calmer, d'adorer la conduite de Dieu sur vous et d'y soumettre respectueusement et affectueusement voire cœur!  Et quand même votre situation serait étrangère à toutes ces épreuves, souvenez-vous que vous êtes fugitif du ciel, et que c'est pour réparer, par une fuite innocente et méritoire, votre fuite criminelle, que Jésus-Christ se fait aujourd'hui fugitif avec vous, pour vous sauver et vous ramener à son Père.

Entre tant d'enseignements vraiment divins recueillez aujourd'hui ceux que vous donnent 1° l'humiliation de la fuite de Jésus ; 2° la précipitation de la fuite de Jésus ; 3° le dénuement de la fuite de Jésus.



L'humiliation de la fuite de Jésus

N'y avait-il donc pas d'autre moyen de le sauver que la fuite ? Qui le peut dire sans impiété ? Mais Dieu ne veut pas tout faire par miracle, et il est de sa Providence de suivre souvent le cours ordinaire qui est de lui, comme les voies extraordinaires.
Le Fils de Dieu est venu en infirmité, dit l'Apôtre. Pour se conformer à cet état il s'assujettit volontairement aux rencontres communes de la vie humaine, et par la même dispensation qui a fait que durant le temps de son ministère il s'est retiré, il s'est caché pour prévenir les secrètes embûches de ses ennemis, il a été aussi obligé de chercher un asile dan» l'Égypte.

Mais que cette disposition de la Sagesse éternelle est prodigieuse ! Il faut donc que dans toutes les circonstances de sa vie incarnée le Dieu fait homme épuise la coupe des humiliations. Le Tout-Puissant réduit à fuir, et à fuir devant sa créature pour se soustraire à sa fureur, pour sauver sa vie, lui qui est l'auteur de la vie, qui la donne et la conserve à tout ce qui respire, pour se sauver de l'injuste haine d'un homme, lui qui est le Sauveur  de tous les hommes.

Ô divin banni ! miséricordieux exilé, ayez pitié de moi. C'est pour toi en effet, ô mon âme ! C'est pour t'instruire, te consoler et te diriger dans ton exil qu'il fuit du milieu de son peuple. Tu oublies que la terre est un lien d'exil, et tu t'y plais, tu t'y attaches.
Transfuge du ciel, tu ne pourrais jamais y retourner, ni même en retrouver le chemin, si Jésus ne se fut associé à ta fuite !

Ô mon Sauveur, vous fuyez le monde, et je le cherche ; vous me cherchez par un excès de miséricorde, et je vous fuis par un excès d'ingratitude. Vous ne craignez pas de ravaler votre grandeur par une fuite honteuse, parce qu'elle doit contribuer à mon salut ; et moi je crains la confusion lorsqu'il s'agit de votre service. Une raillerie, un regard, un sourire suffisent pour ébranler ma fidélité.
Malheureux que je suis, j'ai mieux aimé vous fuir avec le monde que de fuir le monde avec vous !

Il faut changer et de sentiment et de conduite, ô mon âme ! il faut prendre une forte résolution de chercher Jésus-Christ en toutes choses, et de fuir le monde avec lui. Fuis-le quand il te flatte, quand il te tente, quand il te persécute. Garde-toi de suivre ses lois, ses exemples, ses maximes ; ils sont contraires à l'Évangile.
Combats, veille et prie, quand tu ne peux éviter l'occasion ou le danger, et Jésus te donnera d'en triompher; mais si tu t'y exposes volontairement, tu seras vaincue. Il n'y a de salut que dans la fuite.



La précipitation de la fuite de Jésus

Est-il donc nécessaire de fuir en toute hâte, au milieu des ténèbres de la nuit ; sans prendre le temps de pourvoir aux plus indispensables nécessités ? Le Tout-Puissant, qui a enlacé l'ennemi cruel de son divin Fils dans les filets de son astucieuse politique, ne peut-il le rendre encore le jouet de ses propres précautions ?
Oui sans doute ; mais comment alors s'accompliraient les prophéties ?
Comment sa vie nous donnerait-elle ces sublimes leçons que nous ne pouvions recevoir que de lui ?
C'est de lui que nous devions apprendre à obéir sans murmure, sans raisonnements, sans délai ; et la précipitation de sa fuite devait nous présenter le modèle le plus accompli de cette prompte obéissance.

Chacune des paroles de l'Ange est destinée, ce semble, à nous en faire sentir les difficultés et à en relever le mérite: c'est au milieu de la nuit qu'il s'adresse au chef de la Sainte Famille, parce qu'il faut en tout temps se tenir prêt ; dans la paix de son sommeil, parce que le cœur fidèle doit toujours veiller :
Levez-vous sur-le-champ, sans délibérer, la grâce ne connaît ni les délais ni les lenteurs.
Prenez l'Enfant et sa Mère, chargez-vous de ce fardeau si léger, veillez sur ce précieux dépôt commis à votre garde : on ne possède pas Jésus-Christ sans qu'il en coûte, il faut prendre part à ses croix, le conserver dans son cœur à travers tous les dangers.
Fuyez en Égypte; ne demandez pas pourquoi en ce pays infidèle.
Ce que je fais maintenant vous ne le comprenez pas ; mais vous le comprendrez dans la suite.

Ne commences-tu pas à le comprendre, ô mon âme ! le dessein miséricordieux du Père, dans l'ordre rigoureux qu'il donne à Joseph ?
Ne vois-tu pas qu'il veut faire éclater la profonde soumission de cet homme juste et de sa céleste épouse, qui, sans écouter ni les craintes, ni la délicatesse, ni la défiance, n'ont qu'une même pensée et un même sentiment, la volonté, le besoin, le bonheur d'obéir ? Ne lis-tu pas dans le cœur de l'Enfant-Dieu, qui leur communique ces dispositions saintes, ces paroles sublimes qu'il devait faire entendre un jour : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé.

Mais que te sert-il de le comprendre, si tu contredis par tes révoltes secrètes ou par la lenteur et l'imperfection de ton obéissance les enseignements et la conduite du Sauveur ? Lève-toi donc enfin, ô mon âme ! renonce au repos, à la mollesse, à l'amour de tes aises, ne te laisse plus assoupir par les sens, subjuguer par les désirs de la chair ; attache-toi enfin à Jésus et à Marie.
Sauve-toi, fuis avec eux aujourd'hui, à l'heure même ; demain peut-être il ne sera plus temps ; renonce à celte société, à ces amusements, à cette secrète affection, à cet attachement qui n'est connu que de Dieu et de toi. Le temps presse, l'heure est venue de nous réveiller de notre assoupissement.



Le dénuement de la fuite de Jésus

N'est-il donc pas question d'un long voyage ? L'Ange n'a-t-il pas annoncé un séjour en Egypte dont il n'a point assigné le terme ? La prudence ne demande-t-elle pas que Joseph cherche à se pourvoir de quelques ressources qui puissent, sinon suffire, du moins aider aux premiers besoins ?

Ô prudence! ô prévision! ô précautions toujours si fautives, vous révélez notre défiance de la Providence et notre attachement aux biens sensibles, beaucoup plus qu'une véritable sagesse!  Vous ne pouviez occuper un seul moment la Sainte Famille ; vous n'étiez pas capable d'arrêter un instant la promptitude de son obéissance. Elle part à l'heure même où la volonté de Dieu lui est manifestée ; elle quitte le pays  de ses pères pour aller dans une terre étrangère et idolâtre, pendant la nuit ; mais Marie et Joseph ne portent-ils pas tour à tour entre leurs bras la vraie lumière ? Ils sont sans escorte; mais n'ont-ils pas les anges pour défenseurs, puisqu'ils ont avec eux le Roi des anges ?

Ils sont dépourvus de tout ce qui est nécessaire pour un grand voyage ; mais n'ont-ils pas en Jésus la source de tous les trésors ? Songent-ils même à s'inquiéter des provisions qui leur manquent quand ils possèdent celui qui donne la nourriture aux petits oiseaux, celui qui est le pain vivant descendu du ciel, la source d'eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Voilà les vues de foi qui dirigent la Sainte Famille.

Ne doivent-elles donc pas te diriger aussi, ô mon âme ! La Providence n'a-t-elle pas pourvu à la vie et à la conservation de tous les hommes ? N'a-t-elle pas dans tous les temps fait éclater sa miséricorde sur ceux qui se confiaient en elle ? À quoi aboutissent les défiances, les précautions, les inquiétudes de la plupart des chrétiens eux-mêmes ? A les rendre aussi malheureux que coupables.
Avec toutes leurs combinaisons peuvent-ils changer la couleur d'un seul des cheveux de leur tête ? Pourquoi, dans les épreuves et les moments pénibles de cette triste vie, prendre l'alarme ? pourquoi m'inquiéter, puisque Dieu et ses anges veillent à ma garde ?

C'est au milieu de la nuit que Joseph reçoit l'avertissement céleste ; n'est-ce pas nous rappeler que Dieu veille sur nous en tout temps, et que celui qu'il garde doit dormir en assurance ?
Ô la bonne parole que celle qu'il entend ! Prenez l'Enfant et sa Mère. Qui a Jésus et Marie peut-il manquer de quelque chose ?

Ô mon Sauveur ! que puis-je désirer après vous, et qu'est-ce qui peut me suffire sans vous ? Si je puis obtenir votre grâce et votre amour, je suis riche, je n'ai plus rien à souhaiter.



Vertu à obtenir : La fuite du monde.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, l'Enfant Jésus fuyant pendant la nuit, se réduisant à cette humiliation pour expier votre fuite criminelle de la maison paternelle.

Voyez quels moyens vous avez à prendre pour fuir les occasions du péché, ce qui vous porte an relâchement, à la tiédeur, au dégoût des pratiques de la piété.

Dites avec David : Qui me donnera des ailes comme à la colombe ? et je m'envolerai, et je me reposerai.

Faites si vous le pouvez une retraite de quelques jours; si vous ne le pouvez pas, vivez pendant quelques jours plus recueilli, plus vigilant sur votre cœur.

Promettez à Dieu de ne plus résister à sa grâce ; levez-vous, commencez à marcher avec Jésus et Marie.

Dans la souffrance, dans les privations, abandonnez-vous à la Providence, confiez-vous en son secours ; et quoi qu'il vous arrive, cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, assuré que le reste vous sera donné comme par surcroît.



Prière

Dieu tout-puissant et faible tout ensemble pour mon amour, Enfant redoutable et humilié, qui faites trembler les plus grands rois de la terre sans sortir de votre crèche, j'admire votre grandeur infinie, et à travers votre faiblesse et votre enfance je révère votre force invincible, et j'adore votre souveraine majesté.

Vous fuyez un prince cruel qui veut vous donner la mort, quoique vous soyez venu pour lui donner la vie ; hélas ! combien de fois ne vous ai-je pas contraint de vous éloigner de moi !

Je vous ai exilé, je vous ai chassé honteusement de mon cœur pour mettre la créature à votre place.

Voilà, ô divin Enfant ! les outrages cruels que je vous ai faits, voilà les humiliations que je vous ai causées par mes désordres, et que j'ai ajoutées à celles que vous avez endurées pour mon amour.

Je veux désormais les haïr, les pleurer et les réparer, en vous obéissant, en vous aimant, en vous adorant, et en souffrant pour mes péchés, pour votre gloire et pour votre amour tous les mépris, toutes les humiliations, toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer dans cette vie passagère pour m'assurer la vie éternelle. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 12 Jan - 23:23

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 12 janvier

Voyage de l'Enfant Jésus en Egypte


« Joseph s'étant levé prit cette nuit- là même l'enfant et la mère, et se retira en Egypte ». (Matthieu 2)
Adam pécheur avait été banni, honteusement chassé du séjour délicieux où il avait reçu avec l'être et la vie la possession de tous les biens. Il lui avait fallu fuir le paradis avec celle qui lui avait été donnée pour aide et pour société, mais qui n'était plus que la complice de sa révolte et la compagne de son infortune.

Avec quelle douleur amère ils devaient s'éloigner de ce lieu de félicité que leur miséricordieux Créateur s'était plu à embellir ! Ils pouvaient y mener une vie si douce ! Le commandement qui leur était fait était si facile à accomplir ! Ils pouvaient si aisément rester fidèles ! Ils ont tout perdu par leur faute !

Ah! le nouvel Adam qui vient la réparer est obligé aussi de fuir sa terre natale. Mais sa fuite volontaire n'est pas un effet de la crainte, dit un père, c'est un mystère. Ce n'est pas un danger pour le Créateur, c'est sa délivrance ; ce n'est pas une marque de la faiblesse humaine, mais de la vertu divine ; il ne fuit pas pour éviter la mort, mais pour nous donner la vie.  
Aussi quelle différence dans cette fuite de la sainte famille et au milieu d'une si rigoureuse épreuve ! Considérez donc 1° la paix, 2° la consolation, 3° la puissance de cette fuite.



La paix

Voyez-vous l'enfant Jésus s'éloigner du pays qu'il a daigné choisir pour patrie ? Songez que ce n'est pas un voyage ordinaire qu'il entreprend ; non, c'est une fuite à laquelle il se condamne, c'est un bannissement, c'est un exil, c'est à dire ce qui après la mort est regardé comme la plus grande peine et la plus douloureuse épreuve.

Aussi pour l'ordinaire que de trouble ! quels déchirements! que d'angoisses pour ceux qui y sont soumis !
Les dispositions du saint enfant Jésus sont bien différentes : heureux de sacrifier son repos et sa volonté à l'obéissance, il sait que sa fuite glorifie son Père, expie le crime des hommes, les ramène à leur Créateur et leur rend, la patrie immortelle qu'ils avaient perdue. Il goûte cette paix profonde qui est le fruit d'une soumission sans réserve et d'une conformité si parfaite à tous les desseins et à toutes les vues de la souveraine sagesse que les plus grandes amertumes sont toujours mêlées d'une inexprimable consolation. Celui qui aime son pays et qui s'y plaît, dit Hugues de Saint-Victor, est encore tendre et délicat ; celui qui regarde tout le monde comme son propre pays est déjà fort et généreux : mais celui-là est parfait à qui tout le monde est un exil.

Le premier a attaché son affection au monde ; le second l'a répandue et dégagée ; le troisième l'a tout à fait éteinte.
A quel rang puis-je me placer, ô mon âme ! ne tiens-tu pas encore à la terre ? ne soupires-tu qu'après le ciel, qui est la terre des saints ? t'accoutumes-tu à trouver Dieu partout ? es-tu assez pénétrée du véritable esprit du christianisme pour que tout le monde soit ton pays ou que tout le monde te soit un lieu d'exil !

Oh! non ; je le sens, ô mon Dieu ! elle m'attache encore cette terre qui dévore ses habitants : ses innombrables misères m'arrachent souvent de profonds soupirs, et je l'appelle alors de son vrai nom, une vallée de larmes.
Mais pour peu que quelques futiles satisfactions viennent en suspendre le cours, j'oublie les joies pures, l'inaltérable félicité de cette patrie céleste où l'on n'entendra plus ni gémissements ni soupirs.

Ô Dieu ! retirez-moi de la fange afin que je n'y demeure pas enfoncé.



La consolation de la fuite de Jésus

A ne regarder la fuite du Sauveur que des yeux de la chair et avec un sentiment tout naturel, quel triste spectacle ! Deux pauvres époux qui cheminent à pied, dépourvus de tout ce qui est commode, peut-être du nécessaire, chargés d'un petit enfant qui partage leurs périls et leur détresse : voilà la croix que voient les hommes, mais ils ne voient pas l'onction qui l'adoucit.

Cet enfant si dénué et si faible c'est le Fils bien-aimé du Très-Haut, le cher objet de ses complaisances, qui bénit son Père de toutes les dispositions de sa Providence : Oui, dit-il au fond de son cœur, oui, mon Père, car il vous a plu que cela fut ainsi.
Mais avec quel contentement et quelle douceur Marie et Joseph ne contemplent-ils pas Jésus-Christ ! quelle source de joie que sa présence visible ! qu'elle supplée abondamment au défaut de tout ce qui pourrait leur manquer ! Lorsque Jésus est présent tout nous semble bon, rien ne nous paraît difficile ; dès qu'il est absent tout est dur et fâcheux.

Etre sans Jésus c'est un enfer, être avec Jésus c'est un paradis. Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme ! Hélas ! tu n'es pas dans cette sainte société des bienheureux au milieu de laquelle Jésus règne, et dont sa divine présence fait la félicité ! N'es-tu pas en danger de n'y être jamais admise ? Mais est-ce là le sujet habituel de tes soupirs et de tes alarmes ? Tu n'es pas avec Jésus, parce que infidèle à la grâce, négligente à la nourrir et à la faire valoir, tu le forces trop souvent à s'éloigner et à te priver du sentiment de sa présence et de son amour. Sens-tu toujours aussi vivement que tu le devrais ce que cette privation a de douloureux et de funeste, quand elle est un effet de notre négligence et de notre infidélité ? Cet état te paraît-il un rigoureux martyre ?

Ah! tandis que la perte ou seulement l'absence prolongée d'une personne chère te préoccupe, te bouleverse et t'empêche de goûter aucune satisfaction, l'affaiblissement de la grâce en toi, le danger continuel où tu es de perdre ici bas Jésus par le péché et d'être à jamais séparée de lui ne te causent guère qu'une frayeur passagère, mais ne te pénètre jamais profondément.

Cependant, ô Jésus ! être avec vous, être uni à vous, vous posséder par la pureté des désirs, par la sainteté des affections, par l'amour qui seul peut vous attirer et vous fixer dans mon âme, c'est là le seul bien, l'unique bonheur ; c'est le seul aussi que je vous demande.
Ô mon Sauveur ne me le refusez pas.



La puissance de cette fuite

Admirez ici un grand mystère, et accoutumez-vous à reconnaître la conduite de Dieu dans tous les événements, leur enchaînement et leurs rapports dans l'ordre de sa sagesse.
Moïse avait autrefois frappé de plaies et couvert de ténèbres la terre d'Egypte ; Jésus-Christ vient la guérir et lui rendre la lumière. Moïse avait tiré les enfants d'Israël de la servitude d'Egypte pour les conduire dans la terre sainte ; Jésus vient pour tirer ses élus de la captivité du Démon et les conduire dans le ciel.
Enfin Moïse avait noyé les Égyptiens dans la mer Rouge ; Jésus vient pour noyer leurs crimes dans son sang, et du plus superstitieux de tous les peuples faire le plus religieux, le plus fidèle et le plus saint. Un jour il sentira l'effet de la présence et du séjour du Sauveur.

Dès à présent, à son arrivée, les idoles sont ébranlées, les démons tremblent et s'enfuient.
Ô Jésus ! si vous êtes si puissant et si redoutable dans la faiblesse de votre fuite, qui pourra soutenir votre présence quand vous viendrez pour juger la terre ? Ne te scandalise donc plus, ô mon âme ! de la faiblesse à laquelle Jésus a daigné se réduire pour ton amour ; ne te trouble donc plus des épreuves de son Eglise, des triomphes passagers de l'impiété.
Tout a été prévu, tout est réglé dans les conseils éternels de la divine Providence sur les particuliers comme sur les peuples, sur les familles comme sur les empires.

Malheur à ceux qui mettent Jésus en fuite, qui le forcent à se cacher, à se bannir et à s'exiler. Prie pour eux, conjure le Sauveur de ne les pas abandonner sans retour. Mais que cet abandon te rende plus fidèle ; car il est toujours l'effet d'une suite plus ou moins longue d'infidélités, et le dernier châtiment de l'abus des grâces, puisque Dieu n'abandonne jamais une âme qu'il n'en ait été le premier abandonné.
Ah ! mon Sauveur ! ne me punissez pas de mes longues résistances, et de mes coupables négligences, en vous retirant de moi.
Que deviendrais-je loin de vous ? qui me soutiendra, si votre main me délaisse et me livre à ma faiblesse et à ma misère ?

Ô divin Enfant qui fuyez dans les ténèbres pour échapper à la mort, vous n'en êtes pas moins la force, la lumière et la vie, et partout où vous passez, vous répandez des semences de bénédictions, de salut et de grâce, qui germeront au temps marqué par votre sagesse et votre amour.



Vertu à obtenir : L'union habituelle avec Jésus.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant ce jour l'enfant Jésus quittant la Judée et entrant dans l'Egypte.

Contemplez la paix profonde qu'il conserve dans cette fuite précipitée et parmi tant de sujets d'alarmes.

Bénissez-le mille fois de ce qu'il la fait régner si pleine et si abondante dans le cœur de Marie et de Joseph.

Entendez-le vous dire en ce moment : Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

Répondez-lui : J'ai espéré en vous, Seigneur : je ne serai jamais confondu.  

Pourquoi es-tu triste, ô mon âme ! soutiens cette épreuve, la consolation viendra en son temps. Jésus est aussi puissant quand il se cache que quand il se découvre, quand il fuit en Egypte que quand il s'élève triomphant dans le ciel.

Seigneur, vous êtes mon Dieu, et mon sort est entre vos mains.



Prière

O divin Sauveur ! qui avez banni l'idolâtrie de l'Egypte, quand bannirez-vous de mon cœur toutes les affections déréglées qui y dominent et en sont comme la divinité.

Venez, Seigneur, venez briser ces faux dieux, faites-les tomber par terre, afin de rétablir en moi l'empire de votre amour.

Vierge sainte, nuée divine, qui avez porté cet Enfant dans une terre étrangère, pour qu'il la sanctifiât par sa présence, hâtez-vous de nous visiter et de le porter avec vous, afin qu'il règne dans nos cœurs, qu'il en fasse sortir tous les vices, et que toutes les vertus prennent leur place. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 13 Jan - 20:08

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 13 janvier

Demeure de l'Enfant Jésus en Egypte


« Il se retira en Egypte, où il demeura jusqu'à la mort d'Hérode ». (Matthieu 2)
L'ange avait dit à Joseph : Fuyez en Egypte, et demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous avez à faire. Cet avertissement fournissait matière à bien des questions. Comment, pouvait répondre le chef de !a sainte famille justement ému d'un ordre si soudain, et dont l'exécution présentait tant de périls , par quels chemins dois-je m'avancer ? quelles ressources trouverai-je dans les pays qu'il me faudra traverser, et ensuite au terme du voyage quelle assistance puis-je attendre d'un peuple infidèle ? quelle couleur donner à mon séjour ? combien de temps doit-il se prolonger ?

Vous l'avez reconnu déjà : Saint Joseph ne songe pas même à une seule de ces questions qui vous eussent semblé si importantes. Il ne s'informe point ; il ne demande nul éclaircissement, nulle explication ; il lui a été dit : Levez-vous, et il se lève ; fuyez en Egypte, et il se met en marche pour l'Egypte ; demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise ce que vous devez faire, et il y reste jusqu'à ce que l'ange revienne l'avertir.

Ô Jésus ! c'est vous qui lui inspiriez cette docilité si ponctuelle, si aveugle, et toutefois si sage et si sûre pour la conduite. C'est votre propre obéissance qui éclate en cette circonstance, et voilà pourquoi elle est si parfaite. Permettez-moi de vous contempler dans cette terre étrangère où elle vous conduit, et d'étudier les importantes leçons que me donnent 1° votre obscurité, 2° votre patience, 3° votre inaction.



L'obscurité de l'Enfant Jésus en Egypte

Si lorsqu'il est venu chez lui les siens ne l'ont pas reçu ; si leur dureté l'a réduit à naître dans une masure abandonnée, que peut-il attendre dans une terre d'exil et au milieu d'un peuple barbare ? Ah ! il y trouve ce qu'il vient y chercher, l'obscurité, le mépris, l'oubli des hommes. Ce n'est plus seulement le fils du charpentier, qui du moins au milieu de sa tribu peut se réclamer de ses proches, c'est l'enfant d'un pauvre étranger qui à force de travail pourvoit bien péniblement à la subsistance de sa pauvre famille. A la pitié qu'elle inspire se mêle parfois un sentiment de défiance. Elle a quitté la Judée, et pourquoi ? Si on savait qu'elle la fuit !

Oh ! qu'elle s'accomplit rigoureusement cette parole prophétique de Jérémie ! que son étonnement était raisonnable lorsque voyant les courses fugitives du Messie il s'écriait : Ô unique attente d'Israël et son Sauveur au temps de la tribulation ! comment êtes-vous dans votre terre comme un étranger, comme un homme errant et vagabondant qui n'a pas de demeure fixe, ou comme un homme fort qui ne peut sauver ceux qu'il veut ?

Ajoute avec le prophète, ô mon âme ! Ô Seigneur, vous êtes dans nous comme dans votre héritage ; nous portons votre nom comme vous appartenant ; ne nous abandonnez pas ; vous êtes tout puissant pour nous sauver.
Parce que souvent ses disciples seront obligés pour la cause de la foi de fuir, de se cacher, manquant de tout, exposés à tous les dangers, il veut dès les premiers jours de sa vie être obscur, banni, fugitif.
Cette fuite charitable, cette miséricordieuse obscurité, sanctifiaient d'avance leurs épreuves, leur méritaient les grâces nécessaires pour en profiter, en même temps qu'elles en devaient être l'adoucissement et la consolation.

Ô mon Sauveur ! c'est sous toutes les formes que vous me montrez l'humilité, que vous m'enseignez l'amour des abaissements, l'éloignement. de ce qui brille, éblouit, attire les regards !
Oh ! que j'ai de peine à vous entendre, à embrasser la petitesse, à aimer à être ignoré, à n'être compté pour rien ! oh ! que l'amour-propre est vivant en moi ! quelles profondes racines il a jetées dans mon cœur! ô vanité ! ô fatale estime de moi-même ! ô orgueil de la vie ! ne me séduisez donc plus. Ou plutôt, ô mon Jésus ! guérissez cette plaie humiliante de mon cœur, en me cachant dans le secret de votre face, et en me donnant de mourir une bonne fois à moi-même pour ne plus vivre que pour vous.



La patience de l'Enfant Jésus

Vous ne sauriez trop souvent rappeler à votre esprit deux vérités importantes et bien propres à vous pénétrer de reconnaissance pour le Sauveur ; la première, c'est que sa passion n'a pas commencé seulement au jour où les Juifs ont porté sur lui leurs mains sacrilèges, mais au premier instant de son incarnation, puisque dès lors il a embrassé par une claire vue et avec la plus entière soumission toutes les souffrances de sa vie mortelle ; la seconde c'est que son état d'enfance en l'exposant aux impressions de la douleur, ne lui en dérobait pas le sentiment, mais que par la lumière divine dont était remplie son âme il découvrait et ressentait plus profondément que nous ne pouvons le comprendre les rigueurs et les humiliations par lesquelles il commençait l'œuvre de notre rédemption, et les supplices ignominieux par lesquels il la devait consommer.

Ainsi toutes les fatigues de ce long et pénible voyage, il en avait souffert dans son corps ; toute la honte de ce bannissement et de cette fuite, il la ressentait très vivement dans son âme ; tout ce qu'a d'amer et de déchirant l'éloignement des lieux qui nous ont vus naître, la séparation de nos amis et de nos proches, il l'endurait dans son cœur ; toutes les privations auxquelles la gêne, et même l'indigence condamnait la sainte famille lui étaient très sensibles, non seulement pour lui-même, mais pour Marie et Joseph.

Ô mon âme ! quelle privation pourrait donc te coûter désormais ? quelle épreuve pourrait exciter ton impatience ou tes murmures quand Jésus s'est réduit à de telles extrémités pour t'enseigner le détachement et la résignation ? Il veut nous sauver par ses exemples, nous apprendre à souffrir en paix la gêne, la détresse, la perte des biens temporels, et nous convaincre qu'il ne nous enrichira des trésors de la grâce dont il est le maître et le dispensateur qu'à proportion que nous dégagerons notre cœur de toute affection déréglée aux richesses de la terre.

Choisis, ô mon âme ! il t'est permis de consulter ton intérêt ; prends pour toi les biens les plus précieux, les plus solides et les plus durables. Ce sont incontestablement ceux de la grâce, puisqu'ils conduisent à ceux de la gloire.



L'inaction apparente de l'Enfant Jésus

Que fait-il en effet ce Sauveur dans la terre de son exil ? A ne juger que par les dehors il ne fait rien pour l'avancement de l'œuvre prodigieuse qu'il est venu entreprendre. Il croît, il se fortifie ! mais rien d'extraordinaire n'éclate en sa personne ; et si ce Verbe de vie commence à se faire entendre, c'est pour la consolation de Marie et de Joseph ; peut-être leur révèle-t-il de sublimes secrets, mais il ne se manifeste point au monde.
Il voit ce peuple au milieu duquel il est établi courir aux idoles, leur offrir un coupable encens et des sacrifices abominables, et il se tait. Il pourrait éclairer ses ténèbres, en laissant échapper un rayon de la lumière dont il est la source, et il les laisse dans la nuit !
Ô Jésus ! n'êtes-vous pas venu pour sauver les hommes ? Le zèle de la gloire de votre céleste père ne brûle-t-il pas dans votre cœur ? comment en douter ?

Mais il attend l'heure marquée dans les décrets éternels, et en l'attendant il compatit à l'aveuglement et à la folie de ces infidèles ; il déplore leurs crimes, il s'offre à son père pour les expier ; il féconde en l'arrosant de ses larmes cette terre qui produira un jour des fruits si abondants de justice et de sainteté ; et pendant son séjour dans l'Egypte comme dans l'inaction de sa crèche, comme lorsqu'il était dans le sein de sa mère, Dieu est en lui se réconciliant le monde.
Transporte-toi, ô mon âme! dans cette terre d'Egypte qui a donné asile à Jésus, et que pour récompense de son hospitalité il a changée en un paradis de délices. Rends-lui grâce des bénédictions dont il l'a comblée.

Ô divin Enfant ! venez donc habiter dans mon cœur ; sanctifiez-le par votre adorable présence, et le rendez fertile en toutes sortes de bonnes pensées, de bons désirs et de bonnes œuvres. Au milieu de l'impuissance et de l'inaction apparentes de votre enfance, vous prépariez la sanctification de l'Egypte. N'userez-vous pas envers moi de la même miséricorde ? Il est vrai que c'est ma volonté perverse qui a privé votre bienheureuse présence en moi de ses effets et de ses fruits.
Mais je vous en conjure par les larmes, par les brûlants soupirs de votre bannissement, pardonnez-moi, changez-moi ; et dans mon cœur aussi, comme dans cette terre bénie par votre bienheureux séjour au milieu d'elle, retentira l'action de grâces et le cantique de la louange.



Vertu à obtenir : Le désir de la communion.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus résidant au milieu de nous dans nos saints tabernacles. Hélas ! n'y est-il pas comme banni et exilé, tant il y est solitaire et abandonné ?

Prenez la résolution de venir plus fréquemment l'y visiter. Commencez dès aujourd'hui à la mettre en pratique ; demandez-lui la grâce de rechercher à son exemple et d'aimer l'obscurité. Vous êtes morts au monde et à la vanité par le baptême, et votre vie a été cachée en Dieu avec Jésus-Christ.

Comment pourriez-vous vivre dans le luxe et dans l'abondance, quand Jésus a voulu manquer même du nécessaire ? Videz aujourd'hui votre cœur de l'affection aux richesses. Quand Jésus-Christ vous visitera en personne dans l'eucharistie, conjurez-le de vouloir bien faire son œuvre en vous, d'y détruire les derniers vestiges de votre ancienne idolâtrie, l'avarice, la sensualité, les profanes attaches, et à leur place d'y faire naître l'humilité, l'abnégation, la pénitence et la charité.



Prière

Je vous adore, ô Dieu enfant ! et je veux partager avec vous la disgrâce de votre exil, puisque c'est pour mon amour que vous l'endurez et pour me procurer un établissement éternel dans le ciel, ma véritable patrie.

Je trouverai dans cet heureux bannissement plus de gloire, plus de richesses et plus de charmes que dans le pays même où j'ai reçu le jour, parce que j'y trouverai mon Dieu et mon Sauveur, qui vaut mieux lui seul que tous les amis, que tous les honneurs, que tous les trésors et tous les plaisirs du monde.

Ô mon Jésus ! détachez mon cœur de la terre, faites-moi la grâce de la voir telle qu'elle est en effet, comme un véritable exil, afin que je m'attache uniquement à la recherche de cette terre des vivons où je vous verrai, je vous louerai, je vous aimerai, où je vous posséderai sans partage et sans fin. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 14 Jan - 19:36

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 14 janvier

Retour de l'Enfant Jésus en Judée


« Joseph s'étant levé prit l'enfant et sa mère, et retourna dans le pays d'Israël. » (Matthieu 2)
Jésus sort de l'Egypte par l'ordre de son Père et dans le même esprit qui l'y avait conduit : Demeurez-y jusqu'à ce que je vous dise d'en partir. Avec quelle ponctuelle exactitude ce commandement du messager céleste a été exécuté !
La sainte famille n'a pas devancé même par un désir le terme de son exil ; toutes les privations, les fatigues,les souffrances attachées à ce pénible état, elle les a endurées avec résignation et avec amour, et pendant cette suite d'années dont nous ne saurions exactement déterminer le nombre, l'enfant Jésus commençait à offrir au ciel et à la terre le prodigieux spectacle de cette soumission et de cet anéantissement auxquels il s'est condamné pendant trente ans.

C'est une terre d'exil qui en est le premier théâtre, mais c'est à Nazareth que se continuera cette vie cachée, le plus impénétrable peut-être de ses mystères. Revenez donc dans le pays d'Israël, ô Enfant divin! et puisque toutes vos démarches renferment des instructions si salutaires pour nous, accordez-nous de bien entendre celles que nous offrent 1° votre sortie de la terre d'Egypte, 2° la mort d'Hérode votre persécuteur, 3° votre retraite à Nazareth..



La sortie de la terre d'Egypte

Israël et toute sa famille était la figure du Fils de Dieu. L'Egypte, durant la famine, devait lui servir de refuge ; après, elle en devait être la persécutrice, et Dieu la devait retirer de ce lieu de captivité pour la transporter dans la terre promise à ses pères en laquelle seule elle devait trouver du repos. Tout cela leur arrivait en figure.
La terre d'Egypte qui devait être durant ce temps le refuge du peuple d'Israel devait aussi servir de refuge à Jésus-Christ, et Dieu l'en devait tirer en son temps, ce que le prophète avait annoncé par ces paroles : J'ai appelé mon Fils de l'Egypte.

Ainsi les diverses circonstances de la vie et des épreuves du Sauveur ont été annoncées par les prophéties et les figures, son départ pour l'Egypte aussi bien que son retour dans sa patrie. Quand bien même rien n'aurait été prédit à son sujet nous n'aurions aucune raison de nous scandaliser de ses humiliations. Mais lorsque tant d'années auparavant, Dieu les a annoncées en tant de manières, comment n'affermiraient-elles pas notre foi et notre espérance ?
Comprends-le donc bien, ô mon âme ! non seulement pour ne pas te scandaliser des souffrances et des humiliations du Sauveur qui ont été prédites, mais aussi pour ne point te laisser abattre par les épreuves qui te sont envoyées par la Sagesse suprême. Si elles n'ont pas été prophétisées elles ont été prévues par elle ; de toute éternité le Père céleste a préparé les grâces dont tu as besoin pour les supporter. Aie donc patience jusqu'à la fin.

Et pourquoi donc, mon Dieu, voudrais-je me soulever contre l'ordre de votre aimable Providence ? Quand même je ne serais pas coupable de tant d'offenses et par conséquent digne de toute la rigueur de vos châtiments, ne suis-je pas votre créature ? ne suis-je pas l'ouvrage de vos mains ? Un vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'avez-vous fait ainsi ?  Suis-je vraiment à vous si je ne me dépouille de ma propre volonté ? Dans cette maladie, dans ce revers de fortune, dans cette affliction si sensible vous médisiez, ô souverain Maître ! Reste là jusqu'à ce que je t'ordonne. Qu'ai-je gagné à me livrer à l'impatience, à la plainte et aux murmures.

J'ai enfoncé plus avant dans mon cœur l'épine qui le déchirait, et j'ai fait d'une matière de mérites un instrument de péché et un sujet de condamnation. O Dieu ! ayez pitié de ma misère ! Pardonnez  miséricordieusement à mon injustice et à ma folie.
Je veux désormais vous bénir en tout temps; vos louanges seront toujours dans ma bouche.



La mort d'Hérode

Retournez dans la terre d'Israël, dit l'ange à Joseph, car ceux qui voulaient faire périr l'enfant sont morts. Jésus annonçait dans sa personne tout ce qui devait un jour arriver dans son Eglise, les persécutions, les exils, la protection divine qui lui serait accordée, sa délivrance enfin. Il montrait d'avance à ses disciples que la Providence ne cesserait pas de veiller sur eux ; que lors même que la fureur de ses ennemis se déchaînerait contre l'Eglise avec plus de violence, elle s'arrêterait au point marqué par la sagesse éternelle, et que ces rois de la terre et ces princes qui se ligueraient contre le Seigneur et contre son Christ passeraient ; que leurs successeurs et leurs descendants pourraient hériter de leur haine et de leur puissance, mais que la main qui avait déjoué les barbares desseins des pères saurait bien rompre les trames ourdies par leurs descendants.

Que crains-tu donc, ô mon âme, pourquoi te laisser aller au trouble ? Parce que les nations ont frémi de courroux, parce que les peuples ont formé de vains complots. Brisons, ont-ils dit, le joug du Seigneur et de son Christ ; rejetons ce joug loin de nous. Mais celui qui habite dans les Cieux se rira d'eux, et le Seigneur se moquera de leurs pensées. Un jour il leur parlera dans sa colère, et il les détruira dans sa fureur.

Tremble, ô mon âme ! non pour cette église immortelle contre laquelle les portes de l'Enfer ne prévaudront point, mais pour toi que menacent d'un continuel danger tes infidélités encore plus que ta faiblesse.
Crains que Jésus ne veuille pas établir en toi sa demeure, parce ce que tu ne veux pas détruire ces passions secrètes ennemies de son Evangile et contraires à son esprit.

O Enfant divin ! je ne le sens que trop, lorsque je veux agir pour vous, sortir avec vous de la terre d'Egypte et entreprendre la réforme de mon cœur, quoique votre grâce ait opéré en moi un commencement de conversion, les funestes rejetons du péché, la paresse, la sensualité, l'attachement aux créatures et à moi-même renaissent de toutes parts.

Ne vous éloignez pas de moi, ô adorable Sauveur! ne me retirez pas votre secours. O Marie ! ô Joseph ! donnez moi Jésus ; obtenez de sa miséricorde qu'il daigne habiter dans mon cœur et y fixer son séjour.



La retraite de Jésus à Nazareth

Comme il pensait à s'établir dans la Judée il apprit qu' Archèlaüs, fils d'Hérode, y régnait à la place de son père ; il fut averti en songe de s'établir à Nazareth pour accomplir ce qui avait été dit de lui par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. Le mot de Nazaréen contenait un grand mystère, puisqu'il exprimait la sainteté du Sauveur. On l'appelait ordinairement Jésus Nazaréen, comme il paraît par le titre de sa croix.
Saint Pierre l'appelle encore dans sa prédication à  Corneille, Jésus de Nazareth, pour nous montrer qu'il allait du dessein de Dieu que le nom de Nazaréen, qui avait été donné à plusieurs en figure de Jésus-Christ, lui fût appliqué en témoignage de sa sainteté.
Et c'est une de ces prophéties que Dieu fait connaître par son Saint-Esprit aux évangélistes pour marquer en Jésus-Christ le Saint des Saints.

C'était en effet dans cette obscure retraite de Nazareth qu'inconnu aux hommes, mais continuel objet de l'admiration des anges, il allait ouvrir cette carrière de vertus dans laquelle ses plus chers disciples s'efforceront de le suivre, mener cette vie d'humilité, de pauvreté, de travail dans laquelle il anéantit pendant trente années sa majesté, sa sagesse et sa puissance.

Vous m'appelez, ô sainte maison de Nazareth ! je le sens, votre paix, votre douce obscurité attirent mon cœur. Mais, hélas ! la vanité, l'indolence, l'amour de mes aises combattent en moi ce bienheureux attrait. Cependant, ô mon âme ! qu'il fait bon de demeurer avec Jésus ! quelle sublime instruction dans le silence de ce Verbe fait chair ! quelle gloire dans ces ténèbres dont il se couvre ! Quelle inexprimable douceur au milieu de toutes les privations auxquelles il se condamne !
Ah! cette vie tout intérieure, toute spirituelle est l'apprentissage et comme un essai de la félicité qui m'attend, lorsque délivré des nécessités du corps et des misères du temps, converser avec Jésus, le contempler, le posséder, me perdre en lui sera mon partage. Qui m'empêche donc de la mener dès aujourd'hui cette vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ ? Ah! ce n'est pas mon état, ce ne sont point mes devoirs, mais mes passions, mais ma lâcheté.

Ô mon Sauveur ! donnez-moi d'en triompher. Allons donc à Nazareth, ô mon âme ! accoutume-toi à vivre habituellement avec la sainte famille, et la terre redeviendra pour toi un paradis.



Vertu à obtenir : L'amour de la solitude et du silence.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée Jésus de Nazareth.

Rappelez-vous que ce titre vous représentant sa sainteté incomparable vous oblige à vivre saintement.

Cherchez dans votre cœur ce qui pourrait empêcher sa grâce d'y habiter, d'y régner, de s'en rendre maîtresse ; songez que l'enfant Jésus quittant l'Egypte pour retourner dans le pays d'Israël est l'image de l'âme chrétienne s'éloignant de la vie des sens et de l'esprit du siècle pour vivre de l'esprit de Dieu et pour pratiquer l’Évangile.

Demandez que cette figure se réalise en vous ; soupirez plus ardemment après le terme de votre exil, et concevez de plus vifs désirs du ciel pour lequel vous avez été créé.



Prière


Quand viendra, ô mon Sauveur! la fin de mes misères ? quand serai-je enfin délivré de la malheureuse servitude des vices ? quand ne me souviendrai-je plus, ô mon Dieu ! que de vous seul ? quand apparaîtrai-je devant vous pour vous voir ? quand serai je dans ce royaume que vous avez préparé de toute éternité à ceux qui vous aiment ?

Hélas! je suis abandonné ici-bas comme un pauvre et un banni.

Consolez mon exil, adoucissez ma douleur puisque tous mes désirs tendent vers vous.

C'est mille fois, c'est à tout moment que je soupire après vous, ô mon Dieu!  

Quand viendrez-vous, Seigneur, pour me tirer de ma prison , pour me mettre en liberté ?
Venez, Seigneur Jésus, venez et ne tardez pas.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 15 Jan - 23:32

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 15 janvier

L'Enfant Jésus croît et se fortifie


« L'enfant croissait et se fortifiait rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui ». (Luc 2, 40)
Il y en a qui voudraient que tout se fît en Jésus-Christ par des coups extraordinaires et miraculeux.
Mais par là Dieu aurait détruit son propre ouvrage ; et, comme dit Saint Augustin, s'il faisait tout par miracle, il effacerait ce qu'il a fait par miséricorde.

Ainsi il fallait que, comme les autres enfants, Jésus sentît les progrès de l'âge, et que la sagesse dont il était plein se déclarât par degrés. Tous les trésors de science et de sagesse étaient en lui, mais cachés pour se déclarer en leur temps. Et la grâce de Dieu était en lui. Qui en doute puisqu'il était si étroitement uni à la source de sainteté et de la grâce ?

Mais le saint Evangéliste veut dire qu'à mesure que l'Enfant croissait et commençait à agir par lui-même cette grâce et cette sainteté se manifestaient d'une manière plus sensible. Commence-t-il du moins à croître et à se fortifier en vous cet Enfant divin ? et pour cela commencez-vous à croître et à vous fortifier, 1° dans la connaissance, 2° dans l'amour, 3° dans l'imitation de Jésus Christ ?





Dans la connaissance de Jésus-Christ

Il croissait et se fortifiait ce Sauveur du monde, c'est-à-dire qu'il déployait successivement aux yeux des hommes tout ce qu'une enfance si accomplie devait présenter de charmes, et qu'il laissait éclater par degrés, suivant la mesure de son âge, quelques traits de cette sagesse éternelle à laquelle sa sainte âme avait été unie dès sa conception en unité de personne. Dans les enfants ordinaires, c'est par les soins et la culture, par les leçons des parents et des maîtres que le corps et l'esprit se développent et se fortifient ; dans l'Enfant Jésus le don de sagesse éminent au-dessus de tout, qui lui avait été fait dès le sein de sa Mère, se manifestait par degrés, et le corps, chef-d'œuvre de l'Esprit saint, atteignait graduellement toute sa perfection.

Voilà l'accroissement de l'Enfant Jésus, ô mon âme ! et le tien consiste, selon le conseil de saint Pierre, à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
Commence-t-il à se faire en toi ce salutaire accroissement ?
Depuis que tu t'appliques à la contemplation des mystères de son Enfance, en as-tu ressenti la grâce ?
s'est-elle fortifiée en toi ? comprends-tu du moins que la vie éternelle est de le connaître, lui qui est le seul vrai Dieu ; que nous ne pouvons approcher de son Père que par lui, parce qu'il est la voie, la vérité et la vie ; que ce n'est que par sa doctrine, par ses exemples et par sa grâce que nous pouvons arriver au salut, puisque lui seul a les paroles de la vie éternelle, et que c'est lui seul qui par un effet de sa bonne volonté produit en nous le vouloir et l'action ? Non, mon Sauveur, non, je le confesse, je ne vous connais pas, parce que je ne suis pas encore entré par l'affection et par la pratique dans l'esprit de vos mystères ; parce que cette science divine est un don de votre miséricorde, et que je l'ai plutôt éloignée par mes infidélités qu'attirée par mes humbles gémissements. Cependant je désire ardemment de vous connaître, ô lumière ! ô sagesse ! ô beauté ! ô bonté infinie ! et je ne le puis sans votre grâce : ne me la refusez pas; je ne désire de vous connaître que pour vous aimer.





Dans l'amour de Jésus-Christ

L'entant Jésus était inséparablement uni à son Père, et rien n'était capable de le distraire de la pensée et du sentiment de son amour. C'était pour son amour qu'il embrassait toutes les humiliations, toutes les fatigues et toutes les souffrances, qu'il accomplissait péniblement l'engagement qu'il avait pris de réparer et d'expier nos crimes ; c'était aussi pour manifester aux hommes tout l'amour dont il était animé pour ce Père céleste qu'il était si fidèle observateur des commandements qu'il en avait reçus, et qu'au moment de se remettre entre les mains de ceux qui allaient le livrer à la mort, il disait à ses disciples : Afin que le monde sache que j'aime mon Père et que je fais ce que mon Père m'a ordonné, levez-vous, sortons d'ici.  

Hélas, ô mon âme ! ce n'est pas une preuve aussi terrible que Jésus te demande ; il n'exige pas que le témoignage d'un amour auquel il a tant de droits te coûte si cher. Ce qu'il réclame de ta reconnaissance et de ta fidélité c'est que le feu de la sainte charité ne s'affaiblisse pas, ne languisse pas en toi, mais que sans cesse il se renouvelle et se ranime, c'est que ton amour pour lui soit plus ardent et plus généreux aujourd'hui qu'il n'était hier, parce que ce jour qui te luit est un nouveau bienfait ; et que demain il le soit plus qu'aujourd'hui, parce que chaque grâce reçue impose une nouvelle obligation, parce que le propre de l'amour véritable est de croître sans cesse, et que sa mesure est de n'en point avoir ; mais surtout il ne veut plus trouver en toi un amour qui se démente à la plus légère épreuve, toujours prêt à changer d'objet et à le partager.
Comme il donne tout, il demande tout et ne souffre ni réserve ni partage, et comme il répand ses dons avec une générosité immense il impose aux êtres si impuissants à les reconnaître l'obligation de croître toujours en amour, et de compenser, du moins en quelque sorte, leur impuissance par la constance et l'étendue de leur charité.





Dans l'imitation de Jésus

L'amour véritable tend sans cesse à se rapprocher par l'imitation de l'objet aimé ; et parce qu'il n'y en eut jamais et qu'il n'en peut même exister de plus sincère et de plus ardent que celui de Jésus pour son Père, le désir, le besoin de conformer non seulement sa volonté, mais même son action et ses opérations à celles de ce divin Père et d'offrir dans toutes ses œuvres une fidèle imitation et comme une copie des œuvres et des opérations paternelles était tout le soin et toute l'occupation de son cœur.
En vérité, en vérité je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, et il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; car tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi comme lui, parce que le Père aime le Fils et qu'il lui montre tout ce qu'il fait lui-même.
Ainsi, une des marques de l'amour du Père éternel pour son Fils c'est de lui montrer ses opérations et le témoignage de l'amour de ce Fils unique pour son Père c'est d'imiter en tout point ce qu'il lui voit faire.

Ah, mon âme ! quel sujet de reconnaissance ! quel nouveau, quel puissant motif d'aimer Jésus-Christ !
Il en use à notre égard comme en a usé envers lui son divin Père, avec cette différence toutefois que ce Fils unique étant dans le sein du Père, et en tout égal au Père, le Père sans nul abaissement, sans aucun sacrifice de sa grandeur lui montre tout ce qu'il fait, tandis que l'homme ne pouvant s'élever jusqu'à Dieu, il a fallu que, par un incompréhensible excès de charité, le Verbe s'abaissât jusqu'à l'homme pour lui montrer dans sa personne adorable le modèle de toute perfection.

Voilà l'objet de ton imitation, ô mon âme ! c'est à le copier fidèlement que doivent tendre tous tes efforts ; c'est à reproduire, à exprimer ses pensées, ses affections et ses œuvres que doivent s'exercer toutes tes puissances, aimant ce qu'il a aimé, la pauvreté, l'obscurité, les souffrances ; fuyant ce qu'il a rejeté, méprisé, condamné, les plaisirs, les grandeurs, les richesses.
Ô mon Sauveur ! c'est bien à moi plus qu'à Saint Jean-Baptiste qu'il convient de dire : Il faut que Jésus croisse, et moi que je diminue ; qu'il croisse en moi, que son esprit s'y établisse, que son amour s'y fortifie, et que ce misérable amour de moi-même s'y affaiblisse, s'y éteigne s'il se peut, et qu'il y meure.



Vertu à obtenir : Le désir de la perfection.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus croissant et se fortifiant, réjouissant les yeux de Marie et Joseph par le spectacle ravissant de ses divins attraits, et leur communiquant les dons de la grâce qui était en lui.

Félicitez-les de leur bonheur, et priez-les de vous obtenir la connaissance pratique de Jésus-Christ.

Ô mon Sauveur ! le monde ne vous connaît pas ; et voilà pourquoi vous êtes si peu aimé. Vous ne vous êtes fait homme que pour les gagner, les attirer à cet amour divin qui seul peut les rendre heureux; et ils ne se mettent point en peine de vous connaître, et ils sont insensibles aux témoignages de votre charité immense.

Préservez-moi de cet aveuglement, de cette folie, de cette noire ingratitude.



Prière


Je veux suivre, ô Jésus ! le chemin que vous avez pris ; je veux vous imiter ; je ne le puis que par votre grâce, ô Sauveur abject et humilié !

Donnez-moi la science des véritables chrétiens, la connaissance qui surpasse toute connaissance, la connaissance de votre amour.
C'est uniquement pour vous aimer que je veux vous connaître ; et c'est pour m'attacher à faire votre volonté que je veux vous connaître et vous aimer.

C'est pour arriver à cette bienheureuse fin, ô mon cher Sauveur ! que je vous contemple dans tous les mystères de votre adorable enfance. Il me semble qu'en certains moments j'en suis touché et attendri. Soyez-en béni, ô Enfant divin ! car je me reconnais indigne de vos moindres faveurs !

Mais achevez votre ouvrage, et donnez-moi de les méditer, d'y conformer tout mon être, de devenir pour vous, s'il est possible, ce que vous êtes devenu pour moi, afin de vous être inséparablement uni dans cette vie et dans l'autre. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 16 Jan - 23:13

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 16 janvier

Jésus suit ses parents à Jérusalem


« Lorsqu'il fut âgé de douze ans, ils y allèrent, selon la coutume qui s'observait à cette fête ». (Luc 3)
Jésus-Christ, en venant au monde, sans se mettre en peine de naître dans une maison opulente, ni de se choisir des parents illustres par leurs richesses ou par leur savoir, se contente de leur piété pour nous apprendre, non à nous réjouir de l'éclat de notre famille, ni non plus à nous attrister de son obscurité, mais à nous féliciter d'y avoir trouvé l'édification et les bons exemples, d'y avoir été formé par de saintes habitudes à servir Dieu et à vivre dans sa crainte.

Joseph et Marie, selon le précepte de la loi, ne manquaient pas tous les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem; ils y menaient leur cher Fils.

Efforcez-vous aujourd'hui de pénétrer les dispositions adorables dans lesquelles il y vient, et qui doivent être le modèle des vôtres, quand vous venez dans l'église. Il y vient 1° pour obéir à la loi, 2° pour édifier le prochain, 3° pour s'offrir à son Père.



Pour obéir à la Loi

Elle prescrivait à tous les enfants d'Israël de se rendre tous les ans à Jérusalem afin d'y célébrer la Pâque. Jésus se laissa mener comme un enfant ordinaire, peut être même instruire par ses parents des motifs de cette observance et du mystère de cette fête. Ce n'était pas sans doute la première fois qu'on l'y conduisait ; mais c'était l'époque à laquelle il devait se manifester, entrer dans sa carrière évangélique, et, comme il le dira lui-même, s'employer à ce qui regarde le service de son Père. Il a passé dans le plus profond silence tout le temps de son enfance ; mais au terme de ce premier âge, quand il a atteint sa douzième année, il se révèle. Il est divinement impatient de s'employer à ce service de son Père, de le faire connaître aux hommes, et de répandre dans leurs cœurs son saint amour.
Toutefois il ne précipite rien, pour ne point paraître vouloir forcer la nature, mais plutôt en suivre le cours et le progrès ; il attend qu'il ait atteint cet âge de douze ans, où l'on commence à être capable de raisonnements et de réflexions plus solides, consacrant sa démarche par la triple obéissance qu'il y rend à son Père céleste, à la loi et à ses parents.

Quelle admirable perfection dans toute votre conduite, ô mon Sauveur ! mais surtout quelle entière, quelle ponctuelle obéissance ! Vous n'êtes pas moins admirable quand vous captivez votre science et votre zèle que quand vous les manifestez.
Vous montrez que vous agissez en toutes choses avec nombre, poids et mesure.

Hélas! ô mon âme ! est-ce avec cette ponctualité que tu obéis aux divins commandements ?
est-ce une pieuse coutume, est-ce une véritable obéissance à la loi qui te conduit dans le saint temple, ou une misérable routine ?
En t'y rendant, t'occupes-tu de ce qui regarde le service de ton Père, la gloire de ton Dieu, le salut éternel ?
est-ce dans la compagnie de Marie et de Joseph, de ton Ange gardien, des Saints tes protecteurs, que lu marches ?
est-ce l'Esprit de Jésus-Christ qui t'amène à la maison de prière, près de l'autel du sacrifice.

Ô divin Enfant ! que la comparaison de mes démarches avec les vôtres est propre à m'humilier et à me faire trembler ! que j'ai sujet de craindre même pour ce que j'appelle mes bonnes œuvres ! que dirai-je donc, ou plutôt que direz-vous, quel terrible jugement porterez-vous des inutilités et des désordres de ma vie?





Pour édifier

La première pensée de l'Enfant Jésus dans toutes ses démarches était la gloire de son Père, la seconde le salut des hommes. Il vient donc au temple pour y adorer Dieu, comme le prescrit la loi, mais aussi pour y sanctifier par ses vœux et ses hommages les prières, les oblations et les sacrifices du peuple.
Mais quelle ardeur! quelle sublimité d'oraison ! quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste !
Entrez en esprit dans ce temple de Jérusalem, qui renferme le temple vivant où le vrai Dieu réside ; formez-vous l'idée de ce divin Enfant en posture de suppliant et d'adorateur. Quelle humilité, quelle modestie ! quel respect ! quel recueillement ! Faites y attention, gravez-en le portrait dans votre cœur ; et si vous priez par Jésus-Christ parce qu'il est votre médiateur, priez comme lui parce qu'il est votre modèle.

L'est-il véritablement, ô mon âme ! Songes-tu sérieusement à l'imiter, lorsque les solennités t'appellent dans le temple saint qu'il daigne habiter ? t'appliques-tu à retracer son humilité, son recueillement,sa ferveur ?
Que d'évagations ! quels airs mondains, vaniteux, superbes aux pieds mêmes du Dieu si profondément anéanti dans le mystère de son amour !
Est-ce bien lui qui occupe tes pensées? sont-ce ses grandeurs, ses bienfaits son immense miséricorde que tu médites ? ou plutôt ne laisses-tu pas errer tes souvenirs sur mille vains objets indignes de son adorable présence ?

Ah! Seigneur ! j'ai mérité mille fois ce reproche du prophète : Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi, et au lieu d'inspirer par la vivacité de ma foi et par la profondeur de mes adorations l'amour et la crainte de votre suprême majesté, que j'ai sujet de redouter d'en avoir affaibli le sentiment par ma froideur et ma dissipation ! Je sais cependant que vous êtes présent dans nos divins tabernacles, ô Dieu des vertus ! je le crois même fermement ; mais la légèreté m'entraîne et en présence de vos autels mon extérieur dément ma foi.

Pardonnez à ma misère; convertissez-moi, ô Jésus ! mon modèle, et donnez-moi cette religieuse frayeur que vous m'ordonnez de porter aux pieds de votre sanctuaire.





Pour s'immoler

« Marie et Joseph ne manquaient pas tons les ans d'aller célébrer la Pâque dans le temple de Jérusalem. Ils y menaient leur cher Fils ; il y était avant que d'y être, il en faisait le fond, puisqu'il était le vrai Agneau qui devait être immolé et mangé en mémoire de notre passage à la vie future. »
Il veut d'avance s'offrir à son Père, s'immoler spirituellement dans le temple et préluder à l'immolation sanglante du Calvaire.
Pensez dans quel esprit de sacrifice il s'appliquait toutes les cérémonies figuratives de l'ancienne loi, avec quelle générosité il s'étendait sur l'autel de la croix, embrassait par anticipation toutes les ignominies et toutes les douleurs de cette vraie Pâque dans laquelle il devait passer du monde à son Père.
Mais pourriez-vous oublier le sacrifice non sanglant et perpétuel que préparait sa charité, son immolation mystique dans son Église et la manducation de sa chair sacrée par les fidèles ? Ah ! tous ces prodiges de sa sagesse, toutes ces admirables inventions de son amour sont présents à sa pensée, remplissent tout son cœur.

En es-tu occupée, pénétrée, transportée de reconnaissance, ô mon âme ! C'est cependant pour toi que Jésus a fait cet abrégé de ses merveilles ; c'est toi qui recueilles le fruit de tous ces mystères qu'il a accomplis pendant tout le cours de sa vie mortelle. Ah ! si ce précieux souvenir t'accompagnait du moins pendant le redoutable sacrifice ! si ta foi, à travers ces voiles obscurs dont il se couvre par miséricorde, reconnaissait l'Agneau immolé depuis le commencement du monde, et qui tous les jours veut renaître entre les mains du prêtre et mourir dans le cœur de ses fidèles, avec quelle piété, quel attendrissement, quelles larmes ne t'approcherais-tu pas du sanctuaire où s'opèrent sans interruption tant de prodiges, et avec quelle avidité ne courrais-tu pas à la table eucharistique pour manger la victime du passage du Seigneur, te couvrir de son sang et échapper aux coups de la divine colère !

O mon Dieu! donnez-moi donc ce regard éclairé du cœur sans lequel avant des yeux on ne voit pas, et ayant un cœur on ne sent rien. Apprenez-moi tout ce que vous avez fait, tout ce que vous êtes, tout ce que vous voulez être pour moi : que je vous connaisse pour vous aimer, et que je me connaisse pour me haïr évangéliquement et me mépriser pardessus tout.



Vertu à obtenir : Le respect de la maison de Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se rendant au temple de Jérusalem ; admirez la modestie, l'humilité de sa démarche, le profond recueillement de son esprit, l'occupation divine de son cœur.

Bénissez-le de la charité incomparable qui l'a porté à vous donner des leçons et à vous offrir un parfait modèle pour toute la conduite et toutes les circonstances de votre vie.

Comprenez que les motifs surnaturels qui animent l'Enfant-Dieu et les fins sublimes qu'il se propose en venant dans le saint temple doivent par proportion être les vôtres.

Dites-vous donc souvent avec le patriarche Jacob : Que ce lieu est donc terrible ! c'est vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Le Seigneur est vraiment dans ce lieu, et je ne le savais pas. C'est l'ignorer en effet que de l'oublier.



Prière


Que vos tabernacles me sont chers, ô Dieu, des vertus ! Mon âme est consumée du désir ardent de voir les parvis du Seigneur, mon coeur et ma chair ont tressailli de joie en pensant au Dieu vivant.

Le passereau trouve sa demeure, et la tourterelle se fait un nid pour y déposer ses petits. Vos autels, Dieu des vertus ! vos autels, ô mon Roi et mon Dieu ! c'est l'asile que je vous demande.

Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront dans tous les siècles.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Lun 30 Jan - 22:22, édité 2 fois
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Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur
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