À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

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 Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur

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Lumen
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 17 Jan 2017 - 19:26

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 17 janvier

L'Enfant Jésus demeure dans Jérusalem


« Les jours de la fête étant passés, l'Enfant Jésus demeura dans Jérusalem sans que son père ni sa mère s'en aperçussent » (Luc 2)
Jésus, toujours soumis à ses parents mortels durant son enfance, fit connaître un jour que sa soumission ne venait pas de l'infirmité et de l'incapacité d'un âge ignorant, mais d'un ordre plus profond. Pendant le cours de sa prédication, il s'échappa plusieurs fois des mains de ses ennemis. Son esprit va et vient, et l'on ne sait ni d'où il vient ni où il va ; il passe, quand il lui plaît, au milieu de ceux qui le cherchent sans qu'ils l'aperçoivent.

Apparemment il n'a pas besoin de cette puissance pour échapper à Marie et à Joseph. Quoi qu'il en soit, le saint Enfant disparut ; et les voilà premièrement dans l'inquiétude et ensuite dans la douleur, parce qu'ils ne le trouvèrent point parmi leurs parents et leurs amis avec lesquels ils le crurent. La soustraction de Jésus, qui échappe à sa sainte Mère et à saint Joseph, n'est pas une punition, mais une épreuve. On ne lit point qu'ils soient accusés de l'avoir perdu par négligence ou par quelque faute. C'est donc une humiliation et un exercice.

Demandez au Père céleste qu'il daigne vous découvrir quelque chose des instructions importantes cachées dans ce mystère de la perte de l'Enfant Jésus par Marie et Joseph, et considérez 1° qu'on le perd aisément, 2° qu'on peut le perdre innocemment, 3° qu'on le perd par châtiment.



On perd aisément Jésus

Les charmes de ce saint Enfant étaient merveilleux, et il est à croire que tout le monde le voulait avoir ; et ni Marie ni Joseph n'eurent peine à penser qu'il fût dans quelque troupe de voyageurs ; car les personnes d'une même contrée allant à Jérusalem dans les jours de fête faisaient des troupes pour aller de compagnie. Ainsi Jésus s'échappa facilement ; et ses parents marchèrent un jour sans s'apercevoir de leur perte.

Au lieu de vous livrer à des réflexions et à des recherches inutiles et indiscrètes peut-être sur ce qu'il a plu à l'Esprit saint de nous laisser ignorer, recueillez avec respect les premières leçons que vous présente le récit de l'Évangéliste sur la malheureuse facilité que nous avons de nous séparer de Jésus, sur l'aveuglement et la dissipation de notre esprit, qui nous empêchent de nous apercevoir de sou éloignement, sur la nécessité de nous arracher à nos amis et à nos proches, lorsque le service de Dieu et l'intérêt de notre salut nous en font une loi ; car c'est pour nous instruire que Jésus-Christ a voulu que nous connussions les particularités les plus importantes de sa vie divine, et, dans l'économie de sa sagesse adorable, la perfection de sainteté qu'il devait un jour enseigner dans ses discours, il voulait d'abord la manifester dans ses œuvres.

N'as-tu pas trop souvent, ô mon âme ! occasion de reconnaître avec quelle déplorable facilité on peut perdre Jésus ? Que faut-il pour le mettre en fuite ? une affection déréglée, une attache trop vive, trop naturelle, même pour un objet légitime, une négligence, une infidélité. Les saints, ceux qui veillent soigneusement sur leur intérieur s'en aperçoivent presque à l'instant : le sentiment de la présence de Dieu moins habituel, la ferveur moins vive, la componction presque éteinte, l'impression de la grâce plus faible et plus inefficace les ont bientôt avertis de leurs dangers ou de leurs pertes. Mais les tièdes, les imparfaits, ceux qui n'ont point leur salut à cœur ne reconnaissent qu'à leurs chutes leur triste délaissement ; et tandis que les premiers ont bientôt rappelé par leurs gémissements, leur repentir et leurs larmes le Dieu de leur salut, les autres languissent misérablement dans la froideur et les ténèbres, et finissent quelquefois par l'insensibilité et l'impénitence.

Ô mon Sauveur! ne détournez pas de moi votre visage ; que votre colère ne vous éloigne pas de votre serviteur.
Soyez mon aide et ne me délaissez pas; ne me rejetez pas, ô Dieu de mon salut !



On peut perdre Jésus innocemment

Comme le jour viendra où cet adorable Sauveur sera en quelque sorte délaissé par son Père, et réduit à s'écrier dans l'amertume de son âme : Dieu ! mon Dieu! jetez vos regards sur moi. Pourquoi m'avez-vous abandonné ! Marie, sa vivante image, Marie, destinée à participer si abondamment à l'amertume de son calice, devait ressentir quelque chose de ce délaissement dans la perte de son bien-aimé Fils.
Cet Enfant divin n'ignorait pas a quelles inquiétudes et à quelles alarmes son éloignement allait livrer Marie et Joseph ; mais il voulait par cette épreuve épurer leur amour, affermir leur foi et leur fournir l'occasion de glorifier son Père par leur humilité et leur patience ; il était éloigné d'eux, mais il était avec eux ; et par sa grâce il les soutenait dans leur douleur.

Il voulait offrir à tous ceux qui marcheraient à sa suite un puissant motif de patience et de résignation dans leurs peines, en leur montrant, dans la créature la plus sainte et la plus chère à son amour, la plus éprouvée et la plus affligée de toutes ; enfin par ces trois jours d'absence il semblait vouloir la préparer à la séparation bien autrement déchirante du Calvaire.

Ne te laisse donc point aller à la tristesse et à l'abattement, ô mon âme ! lorsqu'il plaît à Dieu d'éprouver ta constance et ta fidélité par ces peines intérieures qu'ont endurées ses serviteurs et ses amis, et qui n'ont pas été épargnées à sa sainte Mère.
Perdre la dévotion sensible et porter la privation des consolations célestes sans y avoir donné lieu par sa faute, c'est perdre Dieu comme les saints, qui souvent sont tombés dans un état de dégoût, de délaissement et de ténèbres fort pénibles, sans perdre néanmoins la paix de l'âme et la plus parfaite soumission à la volonté divine. L'Enfant Jésus disparaît, dit Saint Bernard, la joie d'Israël s'éloigne ; le Verbe s'envole, mais il n'est pas irrévocable ; il va et revient suivant son bon plaisir, nous visitant le matin et nous éprouvant bientôt après.

Donnez-moi, ô mon Sauveur ! de sentir les avantages incomparables de ces épreuves qui affermissent l'âme dans le bien et rendent la vertu plus solide, qui lui donnent l'occasion d'accroître ses mérites par la patience et la résignation, et la tiennent constamment dans l'humilité. C'est pour mon bien, Seigneur, que vous m'avez humilié ; c'est afin que j'apprenne à vous servir avec plus d'exactitude et de ferveur.



On Perd Jésus par châtiment et en punition du péché

N'oubliez pas que la soustraction de Jésus qui échappe à son père et à sa mère n'est pas une punition, mais une épreuve, et que l'affliction que l'un et l'autre ressentirent, et que Marie exprima d'une manière si vive à l'Enfant divin lui-même, quand elle l'eut retrouvé, s'explique naturellement et par la grandeur de la perte, et par la disposition où sont les Saints de se reprocher et de s'imputer même les torts dont ils sont innocents ; mais en même temps comprenez bien que la perte de Jésus est trop souvent un effet et un châtiment du péché; c'est lui-même qui nous l'apprend par ces redoutables paroles : Je m'en vais, et vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché ; vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pourrez venir où je suis. Cette menace, qu'il avait faite au peuple au milieu duquel il avait daigné naître, il l'a exécutée d'une manière terrible : il était au milieu d'eux, et ils ne le connaissaient pas ; il leur révélait ses mystères, et ils ne l'entendaient pas ; il opérait sur eux des prodiges que nul autre avant lui n'avait opérés, et ils n'ouvraient pas les yeux.
Repoussé et comme contraint par leur malice et leur perversité à s'éloigner d'eux, il se retirait à l'écart, dans le désert, sur la montagne et sur les rivages, et après sa résurrection il ne se montra pas une seule fois à leurs regards.

Quel effroyable châtiment, ô mon âme ! quel épouvantable anathème ! perdre Jésus, l'unique ami, le vrai consolateur, son rédempteur, son sauveur, son père ! perdre Jésus, c'est-à-dire perdre la voie, la vérité et la vie ! Comment ne pas s'égarer, ne pas tomber à chaque pas, ne pas aboutir aux abîmes et à la mort ?

O mon âme! voilà donc le triste et malheureux effet du péché : perdre la crainte de Dieu, les lumières de la foi, la paix de la conscience, les consolations et la douceur de l'espérance chrétienne ! perdre Jésus, ne plus l'aimer, ne plus l'invoquer, n'oser plus contempler sa croix, finir peut-être par ne plus croire en lui, par le persécuter dans son cœur et dans les autres ! perdre Jésus, être livré à tous les supplices de l'incrédulité, aux remords, aux vaines terreurs, à la honteuse servitude des passions et des vices ! mon Sauveur ! le souvenir de mes péchés me glace d'épouvante. Dites à mon âme : Je suis ton salut je ne t'abandonnerai pas, je ne te délaisserai pas.



Vertu à obtenir : Le respect de la maison de Dieu.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent, pendant la journée, le saint Enfant Jésus échappant à sa sainte Mère et à Saint Joseph pour exercer leur foi, leur humilité, leur amour, et pour offrir à nos méditations des leçons dignes de sa sagesse et de sa miséricorde infinies.

Compatissez à l'affliction de la plus tendre des mères et du fidèle gardien de l'Enfant Dieu ; promettez-vous de veiller attentivement à la garde de votre cœur, pour que la grâce ne s'en échappe pas, pour que l'esprit impur ne réussisse jamais à rentrer dans celte maison qu'il ose encore peut-être appeler la sienne.

O Sauveur! si je vous mets en fuite, si j'avais le malheur de vous perdre, où me réfugier ? quel ami pourrait me tenir lieu de mon Jésus ?

Ôtez-moi, si vous le voulez, les biens, la santé, toute consolation et même la vie, mais demeurez en moi et ne retirez pas de moi votre Esprit saint.



Prière


Divin Sauveur, qui pour des fins toujours dignes de votre infinie sagesse, tantôt communiquez aux âmes les lumières de votre grâce et le feu de votre charité, et tantôt les laissez à leurs ténèbres et à leur faiblesse, j'adore humblement toutes les dispositions de votre Providence sur moi ; je m'y soumets pleinement et de toute la force de ma volonté.

Si vous voulez que je sois dans la paix et les consolations, soyez béni ; si vous voulez que je sois dans l'obscurité et les alarmes, soyez encore béni ; j'accepte de votre main le calice qu'il vous plaira de m'envoyer.

Seulement donnez-moi la force nécessaire pour triompher de mes répugnances, pour le recevoir comme vous l'avez vous-même reçu et pour le boire jusqu'à la lie, s'il le faut, pour votre amour, mais que jamais je n'aie le malheur de vous éloigner de moi par le péché. Plutôt mourir, ô mon Sauveur ! que d'en être séparé dans le temps ou dans l'éternité!




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 18 Jan 2017 - 20:57

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 18 janvier

Jésus cherché par Marie et Joseph


« Ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance, et ne l'ayant point trouvé ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher ». (Luc 2)
Combien de fois, s'il est permis de conjecturer, combien de fois le saint vieillard se reprocha-t-il lui-même le peu de soin qu'il avait eu du dépôt céleste. Cependant il est nécessaire de le rappeler: rien dans l’Évangile ne donne lieu au plus léger soupçon sur sa vigilance, et on ne pourrait sans impiété former un doute sur celle de Marie. Néanmoins quelque irréprochable qu'ait été leur conduite, c'est à elle qu'ils imputent leur malheur.
Mais tout immense qu'il est, il ne les abat pas, il ne les décourage pas. Ils s'humilient, ils affligent leurs âmes, ils prient, ils implorent, et joignant l'action et le travail au sentiment douloureux dont ils sont pénétrés, ils se mettent à la recherche du divin Enfant avec un zèle égal à leur affliction et avec une constance qui leur mérita le bonheur de le retrouver.

Jésus en leur échappant voulait nous montrer comment on peut le perdre.
Marie et Joseph nous apprennent parleur conduite qu'on doit, quand on a eu le malheur de le perdre, le chercher 1° avec affliction, 2° avec ardeur, 3° avec persévérance.



Avec affliction

Lorsque le retard du jeune Tobie causait de si vives alarmes à ses parents, malgré les sages précautions qu'ils avaient prises pour la sûreté de son voyage : Hélas ! s'écriait sa mère, en versant un torrent de pleurs, hélas ! mon fils, pourquoi avons-nous consenti à vous laisser partir pour ce pays lointain, vous qui êtes la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, le soutien de notre vie, l'espérance de notre postérité. Vous nous teniez lieu de toutes choses : devions-nous ainsi vous éloigner de nous Imparfaite image de l'affliction de Marie et de Joseph !
Mais si la mère de Tobie, dans l'agitation de sa douleur, se portait successivement à l'entrée des divers chemins par lesquels elle présumait que son cher fils devait revenir, les parents de Jésus parcourent sans se reposer les maisons de leurs connaissances et de leurs proches, et désolés de ne l'y point trouver, ils se hâtent de retourner à Jérusalem.

La perte de Jésus est-elle ainsi le sujet de ton affliction , ô mon âme ! lorsque pour obéir à tes caprices, aux aveugles désirs de la nature corrompue, tu as étouffé les inspirations de la grâce et les reproches de son amour, et que par une longue suite de secrètes résistances, tu l'as forcé à s'éloigner ?
Hélas ! loin de t'en effrayer ne t'es-tu pas quelquefois applaudie d'avoir rompu avec toutes ces gênes et ces terreurs qui contrariaient tes penchants, et t'empêchaient de t'y livrer en liberté ? Afflige-toi du moins de tes infidélités passées ; car quand on a eu le malheur de perdre Jésus par le péché on ne peut le chercher comme il faut que par la pénitence et les larmes : larmes précieuses qui purifient le cœur de l'homme, éteignent la colère de Dieu, nourrissent la componction et rappellent Jésus-Christ.

Ô mon Sauveur! que de larmes inutiles j'ai versées sur ce que j'appelais des pertes et des malheurs !
Pardonnez-les-moi dans votre miséricorde, et donnez-m'en de salutaires pour déplorer mes innombrables offenses.



Avec zèle

Une affliction profonde ne permet pas le repos, et une véritable charité n'est point oisive.
Accablé d'un poids qu'aucune consolation humaine ne pouvait alléger Marie et Joseph vont de maison en maison chez les personnes de leur parenté et de leur connaissance demander leur trésor, leur bonheur et leur vie.
N'avez-vous point rencontré celui que chérit mon âme? s'écria la mère de douleur. La nuit ne fait qu'ajouter à son tourment ; le sommeil a fui ses paupières.

Je me lèverai, et je parcourrai la ville; je chercherai mon bien-aimé à travers les rues et les places publiques... Hélas ! je l'ai cherché, et je ne n'ai pas trouvé. Quoique épuisés de chagrin et de fatigue les deux époux reprennent la route de Jérusalem, et avec une ardeur qu'aucune expression ne saurait rendre, ils franchissent rapidement le chemin. Quel feu sacré les brûle ! quel saint transport les anime ! que ne donneraient-ils pas ? quel sacrifice leur paraîtrait pénible pour retrouver leur saint enfant Jésus ?

Ô honte ! ô douleur ! ô aveuglement fatal ! ô prodigieuse insensibilité du cœur humain ! Je vous ai perdu mille fois, ô mon adorable Sauveur ! par le péché, par mes négligences, par mes infidélités sans nombre ! Hélas ! vous ai-je retrouvé, m'avez-vous été rendu, qu'ai-je fait pour obtenir cette faveur ? quand ai-je marché par les voies laborieuses de la pénitence ? quels travaux, quelles fatigues ai-je endurés pour rappeler en moi l'esprit de ferveur et de piété, l'onction de la grâce, le sentiment de la charité ?

Aussi je ne l'éprouve que trop sensiblement, ô mon Dieu ! le regret de mes fautes, les désirs du salut, l'espérance d'une félicité sans fin, en un mot les vues et les affections de la foi languissent dans mon âme, n'y produisent jamais cette vivacité de lumière, cette générosité d'action qui détachent de la terre, qui ravissent le cœur et qui font les saints.

Ô vous qui êtes un feu consumant, mon Créateur et mon Sauveur ! dilatez mon cœur afin que je coure sans cesse après vous.



Avec persévérance

Marie et Joseph n'en ont-ils donc pas fait assez pour retrouver l'Enfant-Jésus, en le cherchant parmi leurs amis et leurs proches ? Et quand leurs démarches ont été si infructueuses dans le pays où ils ont leurs liaisons et leurs habitudes, que peuvent-ils raisonnablement espérer de nouvelles recherches ? D'ailleurs d'après la prudence et la sagesse surnaturelles de cet incomparable enfant ne leur est-il pas permis de penser que son retour en sera l'effet, comme l'a certainement été sa fuite ? Non, non, ce n'est pas ainsi que raisonne, surtout ce n'est pas ainsi qu'agit l'amour : la perte de l'objet aimé est le plus grand de tous les maux, son absence, un insupportable supplice ; le chercher sans repos, sans relâche est un besoin pour le cœur, parce que le retrouver c'est la vie.

Ô mon âme ! est-ce ainsi que tu cherches Jésus quand tu as perdu sa présence et sa faveur? Que tu te laisses aisément abattre! que ta constance est promptement à bout ! Tu abandonnes tes pieuses pratiques, tu abrèges tes prières, tu te refroidis pour la communion, tu t'éloignes du tribunal de la miséricorde, et tu te flattes qu'en attendant dans une inaction produite par le découragement et le dépit le retour de la grâce, la grâce reviendra d'elle-même à toi ?

Hélas ! cette triste illusion ne t'a-t-elle pas déjà occasionné assez de pertes ? Ah ! Que l'éloignement de Jésus soit une punition ou une épreuve, qu'il soit le fruit amer de ton infidélité ou l'effet d'une miséricorde qui veut exercer ton humilité, ta patience et ton amour, ta conduite est toujours tracée dans ces paroles du psaume : Cherchez le Seigneur et fortifiez-vous ; cherchez toujours sa présence.

Eh bien, ô Jésus! c'est celle aussi que je veux suivre désormais. Mon cœur vous le dit, mes yeux vous ont cherché ; je ne me lasserai pas de chercher et de rappeler votre présence.



Vertu à obtenir : Le désir de voir Jésus-Christ.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'enfant Jésus cherché par Marie et par Joseph ; unissez-vous à leur affliction, à leur zèle et à leur persévérance à le chercher.

Conjurez-les de lui offrir les vertus admirables qu'ils pratiquèrent dans cette circonstance, en réparation de votre insensibilité, de vos négligences et de vos découragements quand vous avez eu le malheur de perdre Jésus.

Souvenez-vous que les bienheureux dans le ciel ne peuvent plus perdre Dieu, que les réprouvés dans l'enfer ne peuvent plus le trouver, que tant que vous serez sur la terre vous êtes malheureusement exposé à le perdre, mais aussi que vous le pouvez trouver.

Cherchez-le donc dès aujourd'hui, demain peut-être il sera trop tard. Vous me chercherez, vous dit-il, et vous me trouverez lorsque vous me chercherez de tout votre cœur.



Prière


C'est de tout mon cœur, ô mon Dieu ! que dès ce moment je veux avec le secours de votre grâce commencer à vous chercher, c'est à dire avec un cœur tout embrasé d'amour, avec un cœur qui ne sera plus partagé, qui ne désirera plus que vous.

C'est vous, ô divin enfant Jésus ! qui m'inspirez cette résolution ; donnez-moi la force d'y demeurer fidèle.
Tant de fois je vous ai fui pour suivre la vanité et le mensonge que je crains d'être encore entraîné par ma faiblesse.

Attirez-moi donc à vous, ô mon Sauveur ! fixez-moi dans votre service par des liens que nulle puissance ne soit capable de briser !
Que je vous cherche partout et en toutes choses, et que je ne cesse de vous chercher que lorsque je vous aurai trouvé sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 19 Jan 2017 - 21:47

Le Mois de l'Enfant Jésus





Le 19 janvier

Jésus retrouvé dans le Temple


« Trois jours après ils le trouvèrent dans le temple ». (Luc 2)
Retournez à Jérusalem, ce n'est pas dans la parenté ni parmi les hommes que Marie et Joseph doivent trouver Jésus-Christ :
c'est dans la sainte cité, c'est dans le temple qu'on le trouvera occupé des affaires de son Père.
En effet, après trois jours de recherches laborieuses, quand il eut été assez pleuré, assez recherché, le saint Enfant se laissa enfin trouver dans le temple.

Que fîtes-vous donc, ô divin Enfant ! pendant ces trois jours et ces trois nuits que vous demeurâtes à Jérusalem ?
Est-ce avec les hommes que vous daignâtes converser ou bien avec les anges ?
Qui est-ce qui prit soin de vous nourrir ? Est-ce par un jeûne et une prière non interrompus que vous commençâtes l'oeuvre de votre Père, ou bien, pour pratiquer la pauvreté, voulûtes-vous recourir à la charité des fidèles ?

Ô mon âme ! quelle abondante matière de réflexions ! quelles considérations touchantes se présentent à toi ? Appliques-y toutes tes facultés, si un rayon de lumière t'est envoyé d'en haut. Mais avant, recueille l'importante instruction que te donne ce mystère, et apprends que pour trouver Jésus, il faut s'éloigner 1° des attachements du monde, 2° des engagements du monde, 3° des divertissements du monde.



Des attachements du monde

On cherche l'Enfant Jésus parmi ses parents et ses voisins, et on ne le trouve pas. Tout se tient, tout est parfaitement d'accord dans sa morale et dans sa conduite. Il commence par montrer dans ses œuvres ce qu'il enseignera un jour dans sa prédication. Son Évangile annoncera cette crucifiante maxime : Si quelqu'un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
Et pour mettre d'abord en action ces sévères enseignements, il s'éloigne de son père et de sa mère, il se cache à leurs amis et à leurs proches ; plus tard il semblera les méconnaître : Votre mère et vos frères sont là dehors qui vous demandent, lui dit la foule à qui il adressait ses instructions divines. Qui est ma mère et qui sont mes frères ? leur répondit-il; et regardant ceux qui étaient assis autour de lui, Voici, dit-il, ma mère et mes frères : car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

Cette parole est bien dure, es-tu tentée de t'écrier, ô mon âme ! et qui peut l'écouter ?
Il faut l'écouter pourtant, si tu veux te sauver ; car celui qui l'a proférée a les paroles de la vie éternelle, et ce n'est même pas assez de l'écouter, il faut la conserver avec respect, et dans l'occasion la mettre en pratique.
Tu n'es pas libre de faire un choix dans l’Évangile de Jésus Christ, d'adopter ce qui te plaît et de rejeter ce qui te blesse.
Tout ce qu'il renferme est saint, vénérable, divin ; c'est la Sagesse éternelle révélée aux hommes ; ainsi, quelque pénible que te paraisse ce langage, il faut commencer par l'adorer ; et quelque rigueur que tu trouves dans ce commandement, t'y soumettre ; comprends donc que haïr ses proches n'est pas leur vouloir du mal, mais détester leurs maximes et leur conduite, quand elles sont opposées à l’Évangile, mais être dans la disposition de perdre leur amitié plutôt que celle de Dieu, mais les fuir comme des ennemis qui veulent nous ôter la vie de l'âme par leurs discours séduisants et leurs pernicieux exemples.

Ô mon Sauveur! qui ne consent pas haïr ainsi ses proches n'a pas même un commencement d'amour pour vous, et ne mérite pas de vous trouver.



Des engagements du monde

C'est dans la foule que Jésus disparait et qu'on le perd de vue.
Il est aisé de comprendre qu'il s'éloignait avec soin du voisinage et de la conversation de ceux que l'usage, la bienséance et un respect tout extérieur pour la loi amenaient à Jérusalem pour la solennité de Pâques, mais qui, n'en ayant point l'esprit, y cherchaient avant tout une occasion favorable à leurs intérêts et à leurs affaires. Et si plus tard il s'armait d'une indignation si vive contre ceux qui profanaient le lieu saint par un indigne trafic, et faisaient de la maison de prière une caverne de voleurs, il est bien naturel de croire que dans la grande solennité où ces désordres devaient être plus scandaleux qu'aux jours ordinaires, il s'était dérobé à ce spectacle si déchirant pour son cœur, et avait été offrir à son divin Père, dans le lieu le plus secret du temple, ses adorations, ses expiations et ses larmes.

C'est là, ô mon âme ! c'est là qu'il faut chercher, là seulement que tu peux trouver Jésus, dans le temple et dans le lieu le plus secret, le plus retiré, le plus silencieux du temple ; et ne l'oublie pas : c'est toi-même qui es ce temple.
C'est là que Jésus veut habiter, se faire entendre, répandre ses lumières ; c'est là que tu peux le trouver.
Le règne de Dieu est au dedans de vous-même. Mais la tourmente de l'ambition, la soif des richesses, les désirs de la vanité, l'attachement à la terre ne permettent pas à cette bienheureuse domination de s'affermir dans une âme que quelqu'une de ces passions agite, et parce qu'il en est peu qui en soient exemptes, il en est aussi bien peu qui trouvent Jésus Christ.

Mais faut-il donc pour vous trouver, ô mon Sauveur ! que je m'arrache à mon état, à ma famille, que j'aille m'ensevelir dans la solitude ? Non, me dites-vous, le règne de Dieu est au dedans de vous-même.
Je vous entends, ô Maître adorable ! ce n'est pas une sage et nécessaire application aux affaires que vous condamnez, mais les soucis et les inquiétudes ; ce n'est pas l'accomplissement des devoirs, mais la satisfaction des vains désirs ; ce n'est pas la distraction inséparable du commerce des créatures qui vous éloigne d'une âme, mais la dissipation qu'y entretiennent la cupidité et les affections trompeuses.
Vous êtes un Dieu de paix, et vous ne pouvez habiter au milieu de cette foule tumultueuse de désirs, de regrets, d'espérances qui si souvent me bouleversent.

Ô mon Sauveur ! parlez ; et cette tempête, qui est presque continuelle dans mon âme, s'apaisera ; et votre règne s'établira en moi, ce règne bienheureux qui est paix et joie dans l'Esprit saint.



Des divertissements du monde

Ce n'est pas pour se soustraire à la pauvreté et à la vie sérieuse de Nazareth, que l'Enfant Jésus prolonge son séjour à Jérusalem. Ce n'est pas pour y goûter les douceurs et l'aisance de quelque maison opulente qui eût été trop heureuse de le recevoir.
Non, non : La sagesse ne se trouve pas dans la demeure de ceux qui passent leur vie dans les plaisirs et les délices.
Jérusalem est la ville sainte, voilà ce qui la lui rend chère ; le temple reçoit les vœux et les adorations des hommes, voilà ce qui l'y attire ; on y offre sans cesse des sacrifices, voilà pourquoi il s'y plaît ; il s'unit à toutes ces offrandes impuissantes, sanctifie par l'oblation de sa propre personne et l'immolation anticipée de sa vie, ces figures de son immortel sacrifice.
Les veilles, les jeûnes, la prière, les larmes, voilà son occupation et sa nourriture, ses plaisirs et ses délices.

Puis-je dire, ô mon Dieu ! que cette vie est le modèle de la mienne, et que je ne chéris les lieux que j'habite que parce qu'ils me rappellent le souvenir de vos grandeurs ou de vos miséricordes ?
Hélas ! lors même que les jours saints m'appellent au pied de vos autels, est-ce toujours la foi qui m'y accompagne et la piété qui m'y anime ? La foule qui m'environne m'est-elle étrangère ? n'occupe-t-elle pas mes pensées, mon attention et mes yeux ?
Hélas! des affections indignes de la sainteté de votre présence n'y ont-elles jamais profané mon cœur ? Je me plaignais que la vue de votre tabernacle ne lui disait rien ; j'étais presque tenté d'accuser d'illusion et de crédulité l'émotion et l'attendrissement des vrais fidèles.

Je le confesse humblement devant vous, ô mon Sauveur ! je ne puis accuser que moi-même.
Mon insensibilité pour vous est le triste mais inévitable effet de ma sensibilité pour les créatures.
Quand fatigué de l'agitation du monde, et l'âme toute troublée encore des images de la vanité, j'ose me présenter devant vous, comment votre image divine pourrait-elle s'y réfléchir ?
Et après avoir usé sur les objets périssables tout ce qui est en moi capable de sentir et d'aimer, quel goût, quel amour pouvais-je conserver pour les objets de la foi et la félicité de la vie future?

O bon Jésus! si votre Mère eut peine à vous trouver, quoiqu'elle fût abimée dans la douleur ; comment pourrais-je vous trouver au milieu des joies et des plaisirs de la terre ? Consolation, plaisirs, sécurité, repos, je vous renonce, je ne veux point de vous, si le pardon de mes péchés ne vous ramène.



Vertu à obtenir : Le désir de posséder Jésus-Christ.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée l'Enfant Jésus retrouvé enfin par Marie et Joseph.
Rendez-lui grâce pour le bonheur qu'il a procuré à sa tendre Mère en reparaissant à ses yeux.

Conjurez la enfin, en la félicitant de la joie qu'elle goûta en ce bienheureux moment, de vous obtenir la même faveur à l'heure de votre mort.

Appliquez-vous à vous pénétrer de la nécessité de conserver soigneusement Jésus-Christ, puisqu'il est si difficile de le retrouver quand on a eu le malheur de le perdre.

N'aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde ; si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui.
Laissez-le donc ce misérable monde, son esprit, ses maximes, ses œuvres, et vous trouverez Jésus-Christ et avec lui tous les biens.



Prière


Mon Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez été cherché par votre Mère pendant trois jours, et qui avez enfin été trouvé dans le temple, faites-moi la grâce de vous désirer ardemment, de vous chercher en vous désirant, de vous trouver en vous cherchant, de vous aimer en vous trouvant, de racheter mes péchés en vous aimant, et de ne les plus commettre après les avoir rachetés.

Ah ! Seigneur, qui donnez à ceux qui demandent, qui vous laissez trouver à ceux qui vous cherchent, et qui ouvrez à celui qui frappe, ne me refusez pas ce que vous promettez à tous.

Que je vous trouve, que je vous possède, que je vous sois si intimement, si indissolublement uni, que rien ne puisse m'arracher à votre amour. Ainsi soit-il.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 20 Jan 2017 - 21:04

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 20 janvier

Jésus parmi les Docteurs


« Jésus était assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'écoutaient étaient étonnés de sa prudence et de ses réponses ». (Luc 2)

Le voilà donc d'un côté assis avec les docteurs comme étant docteur lui-même, et né pour les enseigner, et de l'autre nous ne voyons pas qu'il fasse comme dans la suite des leçons expresses. Il écoutait, il interrogeait ceux qui étaient reconnus pour maîtres en Israël ; il interrogeait, si on osait le dire, en enfant, et comme s'il eût voulu être instruit. C'est pour cela qu'il est dit : Qu'il écoutait et répondait à son tour aux docteurs qui l'interrogeaient, et on admirait ses réponses, comme d'un enfant modeste, doux et bien instruit, en ressentant pourtant, comme il était juste, quelque chose de supérieur, en sorte qu'on lui laissait prendre sa place parmi les maîtres. 

Admirez comme Jésus par une sage économie sait ménager toutes choses, comme il laisse éclater quelque chose de ce qu'il était, sans vouloir perdre entièrement le caractère de l'enfance. 
Admirez aussi avec les autres la prudence de Jésus, une prudence non seulement au-dessus de son âge, mais encore tout à fait au-dessus de l'homme, et pour entrer dans l'esprit de ce mystère, considérez attentivement 1° la discrétion de son silence2° la modestie de ses questions3° la sagesse de ses réponses.



La discrétion de son silence

Jésus se met au rang des disciples, lui qui était le maître des docteurs, lui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science. Il écoute avec un respect religieux les interprètes de la loi, lui à qui Moïse et Elie viendront bientôt rendre hommage, lui qui du haut du ciel sera proclamé l'unique maître, le seul docteur qui tienne de lui-même le droit d'enseigner aux hommes la vérité, et de commander l'obéissance à ses divins enseignements avec une souveraine autorité : 
Ecoutez-le ! Que peut-il donc apprendre en écoutant ? Que diront-ils ces docteurs de la loi qu'il ne sache avant eux et bien plus parfaitement qu'eux ? 
Rien sans doute pour lui qui est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Mais son silence et son attention à les écouter nous disent beaucoup, et nous donnent une bien importante leçon. 

Maintenant donc, ô mon âme ! t'en coûtera-t-il, te trouveras-tu humiliée d'être enseignée, dirigée, redressée surtout dans ce qui a rapport à la foi et au salut ? Rougiras-tu de te placer au rang des disciples et d'écouter avec docilité ? Que sont donc tes lumières ? où est la sagesse ? Et quand même ta sagesse et tes lumières effaceraient celles des docteurs à qui ont été confiées les clefs de la science, la conduite de Jésus te rappelle à ce grand principe trop souvent méconnu, que dans l'Eglise ce n'est pas l'habileté de celui qui enseigne qui détermine la soumission, mais l'autorité dont il est revêtu. 

Et maintenant oserai-je m'élever contre les enseignements des pasteurs et les décisions de leurs saintes assemblées ? Ah! mon Sauveur ! je n'ai jamais senti aussi vivement qu'à cette heure la force de celte parole : Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, et qui vous méprise méprise celui qui m'a envoyé.



La modestie de ses questions

Ce n'est pas assez pour l'Enfant divin d'écouter dans un humble et respectueux silence, il interroge non avec autorité ni de cette manière authentique dont il usa lorsqu'il disait : De qui est cette image et cette inscription ? 
Ou : De qui était le baptême de Jean ? Ou : Si David est le père du Christ, comment s'appelle-t-il son Seigneur ? Non, ce n'est point en cette manière qu'il interroge, c'est avec l'accent de la simplicité et le ton modeste d'un enfant qui veut être instruit. 
Il demande ce qu'il n'ignore pas, afin de nous apprendre ce que nous ne saurons jamais assez, à nous humilier, à placer dans notre estime notre jugement au-dessous de celui des autres, et par l'abnégation et la charité à attirer et gagner nos frères à la vérité. 
Et en effet, cette réserve avec laquelle il faisait ses questions, relevée par la grâce qui était en lui, disposait favorablement ceux à qui il les adressait à écouter ses réponses, et par conséquent à en profiter. 

Est-ce ainsi, ô mon âme ! que l'intérêt de la gloire de Dieu ou l'utilité spirituelle du prochain te fait oublier dans l'occasion tes droits et tes propres avantages ? Sais-tu à propos sacrifier à la charité un triomphe de vanité ? 
Ecouter avec bienveillance ceux qui nous entretiennent d'objets peu intéressants pour nous, est quelquefois un moyen si facile de leur faire entendre d'utiles vérités ; adresser à un inférieur une question obligeante, fournir à une personne timide on peu appréciée l'occasion de faire tomber d'injustes préventions, pieux artifices qui peuvent préparer pour une circonstance décisive des ressources de salut et de grâce. 

Mais, mon Dieu ! que je suis éloigné, dans l'habitude de ma vie, d'une conduite si chrétienne ! Hélas ! je ne sais pas même demander ce que j'ignore ; et quoique souvent ma conscience m'avertisse des dangers d'une détermination ou d'une démarche, je n'ai pas la sagesse de consulter et d'exposer mes doutes. La présomption, une mauvaise honte m'arrêtent ; et malgré cet oracle de l'Esprit saint : 
Ne vous appuyez pas sur votre prudence je me livre entre les mains de mon conseil, et je marche sans guide. 

O mon Dieu ! donnez-moi l'humilité, la docilité, la simplicité du cœur.



La sagesse de ses réponses

La ravissante modestie du saint Enfant avait disposé les cœurs à l'entendre ; les questions importantes qu'avec une si étonnante discrétion il avait adressées aux docteurs de la loi avaient attiré l'attention et fixé sur lui tous les regards. 
Sans s'éloigner de la réserve qu'il s'est imposée, et pour ainsi dire, de ce demi-jour sous lequel il se cache et se révèle, il commence cette haute fonction de docteur de la justice, qui devait être un des caractères du Messie ; et comme dans les questions qu'il a faites, sans parler en maître, il annonçait quelque chose de plus qu'un enfant ordinaire, ses réponses sont dans la même mesure, et tellement remarquables par un mélange de candeur et de sublimité, de simplicité et de profondeur, que ses auditeurs ne peuvent se défendre de je ne sais quelle impression qu'ils ne savent pas s'expliquer : Et ils étaient étonnés de la sagesse de ses questions et de ses réponses. 

Ô adorable Enfant ! que votre conduite eu effet est digne d'admiration, soit que vous cachiez, dans le silence de l'humilité, l'excellence et la dignité de voire personne, soit que le zèle de la gloire de votre Père vous oblige à répandre au dehors votre céleste doctrine ! 
Ah! si je n'étais trop habituellement aveugle et sourd, tout m'éclairerait dans la sainte obscurité de vos mystères, tout parlerait à mon cœur dans votre divin temple, le tabernacle où vous demeurez nuit et jour en silence, la chaire de vérité où vous nous enseignez par vos ministres, les fonts sacrés où vous nous donnez la vie, les tribunaux de miséricorde où vous nous la rendez, quand nous avons eu le malheur de la perdre, et l'autel où vous vous immolez pour nos crimes, et la table où vous daignez nous nourrir du pain des anges. 

Oh ! que tous ces objets précieux ont un langage touchant pour une âme vraiment chrétienne ! qu'ils lui révèlent de douces et consolantes vérités! mais pour cela il faut écouter en silence, interroger avec humilité, prier avec persévérance. 
Ô Jésus ! éclairez mes ténèbres !



Vertu à obtenir : La docilité de l'esprit et du cœur.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus au milieu des docteurs : admirez son humilité, se modestie, sa prudence et sa sagesse. 

Priez-le de venir dans votre cœur pour y répandre sa lumière divine. Pour cela, faites régner un profond silence dans votre intérieur. J'écouterai ce que le Seigneur mon Dieu dira en moi, parce qu'il me fera entendre des paroles de paix. 

Prenez la résolution de parler peu et avec une grande circonspection au milieu du monde, et d'épancher plus fréquemment votre âme aux pieds de votre Crucifix et en présence du tabernacle. 

Dans les circonstances difficiles consultez les personnes de piété, le père de votre âme ; et si vous êtes consulté vous-même, élevez votre cœur vers Dieu, et répondez avec droiture et simplicité.



Prière


Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. 
Je suis votre serviteur. Donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages : 
inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche, afin qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. 

Seigneur mon Dieu, éternelle vérité, parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si averti seulement au dehors je ne suis point intérieurement embrasé, de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée ; parlez-moi, pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie ; parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 21 Jan 2017 - 20:19

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 21 janvier

Jésus occupé du service de son Père


« Pourquoi me cherchiez-vous ? ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé des affaires de mon Père ? » (Luc 2)
Jésus préparait la voie dans l'esprit des Juifs à la sagesse dont il devait être le docteur ; il posait de loin les fondements de ce qu'il devait prêcher ; et il accoutumait le monde à lui entendre dire qu'il avait un Père dont les ordres le réglaient, et dont les affaires étaient son emploi. Quelles étaient en particulier ces affaires ? il ne le dit pas, et il nous le faut ignorer, jusqu'à ce qu'il nous le révèle selon la dispensation dont il use, dans la distribution des vérités éternelles et des secrets du ciel.

Toutefois, en adorant humblement ce que nous ignorons, il nous est permis de penser que cette œuvre qu'il fit alors était l'œuvre du salut des hommes. N'est-ce pas aussi la vôtre ? ne faut-il pas aussi que vous travailliez à l'œuvre que Dieu votre Père vous a confiée ?
C'est donc votre salut qui doit partout et en tout temps vous occuper; mais c'est surtout dans le temple saint que vous en avancerez l'œuvre, 1° par votre assiduité, 2° par votre ferveur, 3° par votre recueillement.



Par votre assiduité

Jésus, après avoir rempli dans le temple de Jérusalem le devoir de religion qui l'y avait amené, et célébré la Pâque avec ses parents, avait satisfait au précepte de la loi, et pouvait immédiatement revenir à Nazareth, soit avec Marie et Joseph, soit avec leurs amis ou leurs proches. Mais chacune de ses actions et de ses démarches devait nous offrir une instruction profonde ; et il fallait que nous apprissions de lui que, pour avoir part aux bénédictions et aux grâces attachées à la sainte maison de Dieu, ce n'est pas assez d'y apparaître avec la foule aux grandes solennités, par bienséance, par coutume, pour satisfaire à la rigueur du précepte, mais qu'il faut s'y arrêter, s'y complaire, comme des enfants dans la maison de leur père.

C'est lui en effet qui devait nous révéler que les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité ; et son séjour prolongé dans le temple commençait par en montrer le plus parfait modèle.
Est-ce le copier fidèlement, ô mon âme ! que de te conduire à l'égard du lieu saint comme tu le fais ? Est-ce l'amour de Dieu qui t'y amène ? Est-ce le bonheur de l'y adorer qui t'y retient ? n'y trouves-tu pas habituellement les heures bien longues, bien dépourvu d'intérêt le spectacle qu'il te présente ? et n'es-tu pas bien plus disposée à abréger qu'à y prolonger tout séjour ?

Cependant, ô mon âme ! ce temple matériel, l'assemblée visible des fidèles est la figure de leur invisible réunion avec Dieu dans l'éternité. C'est là vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel,. Et si celui de Jérusalem était si cher à l'Enfant Jésus, s'il y était si puissamment attiré, parce que c'était là que son divin Père était honoré par les hommages de son peuple et par les sacrifices, que dirons-nous de nos saintes Eglises dans lesquelles Jésus-Christ réside nuit et jour en état de victime, pour glorifier son Père et le fléchir, où il renouvelle incessamment son immortel sacrifice ? Comment toutes nos pensées, toutes nos affections, tout notre être n'habitent-ils pas, ne sont-ils pas enfermés dans nos divins tabernacles ? Comment peuvent-ils s'arracher à ce lieu de délices, à ce véritable paradis de la terre ?



Par votre ferveur

Figurez-vous les ardeurs séraphiques de sainte Thérèse, de sainte Claire, de sainte Madeleine de Pazzi, au pied du saint-sacrement ; élevez-vous jusqu'au pied du trône de Dieu, et contemplez les Chérubins embrasés d'une ardeur qui ne languit jamais, célébrant à l'envi les louanges du Très-Haut, et s'excitant mutuellement à l'aimer, vous n'aurez encore qu'une idée imparfaite de ce qui se passait dans le cœur du Verbe incarné, de cet Adorateur suprême prosterné devant la Majesté divine et baignant de ses larmes brûlantes le pavé du saint temple.
Il voit dans la lumière même de ce glorieux Père tout ce qu'il mérite d'adoration, de reconnaissance et d'amour de la part des hommes, et au milieu de cette multitude qui environne l'autel, avec un cœur glacé et un esprit occupé de pensées profanes, à peine découvre-t-il quelques grâces de ce culte intérieur qui peut seul l'honorer. A cette vue, un feu dévorant s'allume dans son âme :
pressé d'un immense désir d'expier, de réparer, de satisfaire :
Ô Père ! s'écrie-t-il, les sacrifices et les offrandes ne sauraient plus vous plaire ; mais vous m'avez formé un corps ; alors j'ai dit : Voici que je viens.

Est-ce avec cette vivacité de foi, ô mon Dieu ! que j'accours à vos autels ? Qu'ai-je dit ! suis-je même capable de comprendre quelque chose à ces saints transports que réveillait dans vos saints la seule présence de vos tabernacles et dans le Saint des saints le lieu où les enfants d'Israël s'assemblaient pour vous honorer ?
Un regard jeté sur l'arche d'alliance faisait tressaillir de joie l'âme de David : il lui semblait voir le Dieu vivant ; et l'aspect des plus attendrissants mystères ne peut même légèrement émouvoir mon cœur.

Tous les objets créés me trouvent sensible; je ne suis de bronze et de marbre que pour vous, ô mon Dieu ! et la source de mes larmes si abondantes, quand la perte de quelque bien frivole les fait couler, tarit et se dessèche au souvenir de mes ingratitudes et de vos bienfaits sans nombre ! Seigneur, n'entrez pas en jugement avec votre serviteur ; car nul homme vivant ne sera justifié devant vous ; ne détournez pas de moi votre visage, ayez pitié de moi, parce que je suis faible :
guérissez-moi, parce que le trouble a pénétré mon âme.



Par votre recueillement

Est-ce donc que Marie et Joseph pouvaient être un obstacle au recueillement de l'Enfant divin, qu'il se soustrait à leur compagnie, qu'il les laisse partir et demeure seul dans Jérusalem ? S'il leur eût communiqué son pieux dessein, n'eût-il pas trouvé en eux une fidèle correspondance ? oui, sans doute. Mais il fallait qu'il s'occupât du service de son Père !
De plus, il voulait nous apprendre qu'il faut se séparer de la chair et du sang et de toute attache sensible, quelque innocente qu'elle soit, quand on veut s'unir étroitement à Dieu, se soustraire avec prudence, mais aussi sans respect humain, aux empressements de ses amis et de ses proches, et même de temps en temps aux occupations extérieures et aux affaires, quand on veut connaître, prier, adorer et goûter Dieu avec un cœur plus libre et plus pur.
Jugez de là quelle sublimité d'oraison et quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste ! Adorez humblement ces communications ineffables du Père des lumières et du Fils qu'il engendre de toute éternité dans la splendeur des saints.

Ô mon âme ! tu gémis souvent de la stérilité de tes prières, des images importunes qui viennent t'assaillir dès que tu essaies de t'appliquer à Dieu. Tu ne cesses de te plaindre de tes distractions au milieu des plus saintes pratiques, tu t'en accuses même.
Mais que fais-tu pour en tarir la source ? C'est la mortification du cœur, c'est le retranchement des affections déréglées qui établit la paix intérieure, attire l'Esprit de Dieu, nourrit et entretient la dévotion.
Mais la vanité des désirs, l'attachement aux biens de la terre, le goût du monde, en un mot, une vie toute naturelle et toute terrestre ne laissent ni l'esprit assez libre, ni le cœur assez pur pour demeurer habituellement uni au souverain bien ; et alors même qu'on s'approche du sanctuaire et du trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde on y porte nécessairement des sentiments et des souvenirs dont on est constamment préoccupé, et qui ne manquent jamais de troubler le recueillement et de refroidir la piété.

Ô mon Sauveur ! que ma misère est grande ! Quelle ressource peut donc me rester, si je ne sais pas même vous exposer mes besoins, et si j'ai lieu de craindre de vous irriter, lors même que j'ose vous invoquer ?



Vertu à obtenir : L'assiduité aux offices publics.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se dérobant à tous les regards, pour ne chercher que les regards de Dieu dans son temple.

Gémissez d'y avoir si souvent porté la froideur et la dissipation.

Ne désirez plus désormais ni d'y rien voir ni d'y être vu.

Prenez les moyens que vous indiquent vos fautes passées pour vous préserver, du moins autant qu'il pourra dépendre de vous, des distractions. Dans l'habitude de votre vie, ce sera par une grande pureté de cœur. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu.

Quand vous vous disposerez à prier, recueillez-vous, bannissez les pensées étrangères, implorez les lumières du Saint Esprit, puisque c'est lui qui aide à notre faiblesse et qui prie pour nous par des gémissements ineffables.

Quand vous venez à l'église, gardez, autant que possible, le silence à l'intérieur comme à l'extérieur :
regardez-vous comme un pauvre qui manque de tout, et qui est admis auprès d'un riche généreux et bienfaisant qui veut subvenir à toutes ses nécessités.

Ne vous occupez que de l'objet qui vous amène dans le lieu saint ; veillez attentivement sur tous vos sens pour ne point perdre le recueillement.



Prière


Je vous rendrai, Seigneur, mes actions de grâces dans toute la plénitude de mon cœur, parce que vous avez daigné entendre les paroles de ma bouche. Je vous adresserai mes cantiques en présence des anges ; je vous adorerai dans votre saint temple ; je rendrai témoignage à votre nom, à votre miséricorde, à votre vérité, parce que vous avez fait éclater au-dessus de tout la sainteté de votre nom.

Dans quelque moment que je vous invoque, exaucez-moi, Seigneur :
c'est ainsi que vous multiplierez les forces de mon âme.
Si je marche au milieu des tribulations vous me donnerez la vie.

Seigneur, votre miséricorde est éternelle, n'abandonnez pas l'ouvrage de vos mains. Ainsi soit-il.





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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 22 Jan 2017 - 18:54

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 22 janvier

Jésus part de Jérusalem avec ses parents


« Etant parti avec eux il alla à Nazareth ». (Luc 2)

Ne perdez rien de la sainte lecture. Le mot de l'évangéliste est qu'il descendit avec eux à Nazareth. Après s'être un peu échappé pour faire l'ouvrage et le service de son Père, il rentre dans sa conduite ordinaire comme dans celle de ses parents, dans l'obéissance.

C'est peut-être mystiquement que l'évangéliste dit : Il descendit. Et en effet une fois entré par son incarnation dans la carrière des humiliations, quelque démarche qu'il fît, il descendait toujours plus ou moins, d'une manière plus ou moins sensible. Ainsi en cette circonstance, après avoir un moment percé la nuée, il y rentre, et n'offre plus à l'admiration de ses parents d'autre prodige que celui de son humiliation.

Comprenez qu'après nous avoir offert à nous-mêmes le modèle de notre conduite dans le temple, il nous enseigne quelles dispositions nous en devons rapporter, 1° d'humilité, 2° de charité, 3° de sainteté.



D'humilité

Les parents de Jésus furent étonnés de le trouver parmi les docteurs, dont il faisait l'admiration ; ce qui marque qu'ils ne voyaient rien en lui d'extraordinaire dans le commun de la vie ; car tout était comme enveloppé sous le voile de l'enfance. La sagesse dont il était plein se déclarait par degrés comme dans les enfants ordinaires.
Seulement il reluisait en tout son extérieur je ne sais quoi qui faisait rentrer en soi-même et attirait les âmes à Dieu, tant tout était simple, mesuré, réglé dans ses actions et dans ses paroles. Sans doute qu'à travers les questions et les réponses qu'il avait adressées aux docteurs dans le temple ce haut caractère de sagesse et cette grâce divine qui était en lui s'étaient manifestés d'une manière plus éclatante.
C'est cet éclat et ce reflet de majesté qui avait brillé sur son front qu'il s'empresse d'effacer ; il a obéi à son Père en paraissant comme maître des docteurs ; il instruit ses disciples en paraissant au sortir du temple le plus modeste, le plus doux, le plus docile des enfants.

Est-ce dans cette heureuse disposition que je sors de votre sainte demeure, ô mon Dieu ? si vous avez daigné m'y accorder quelque grâce particulière, si votre crainte ou votre amour ont parlé comme de plus près à mon cœur, vos bienfaits et vos dons en me pénétrant de reconnaissance me laissent-ils rempli d'un véritable mépris de moi-même ?
Sais-je bien comprendre que vous les accordez à ma faiblesse et non à mes mérites, qu'ils sont bien plus l'effet de votre miséricorde que la récompense de mes vertus ?

Hélas ! et trop souvent au lieu de recueillir et de conserver dans un humble silence les impressions de vérité et de sainteté que la présence des divins mystères, la piété des fidèles, la prédication évangélique ont faites dans mon âme, la dissipation, l'esprit de critique, des observations malignes, des jugements peu charitables ne les ont-ils pas ou effacées ou affaiblies ? et comme le pharisien de l’Évangile ne suis-je pas souvent sorti du temple plus coupable que justifié ?



De charité

Malgré la rigueur apparente de la réponse de Jésus aux plaintes que la douleur arrache à sa divine mère, il est juste de croire qu'il était touché, et que témoin invisible de l'affliction que l'amour causait à son cœur maternel , il adoucissait en la sanctifiant l'amertume de cette affliction et ajoutait en le rendant plus vif à la perfection de cet amour.
Est-ce qu'en effet il pouvait blâmer Marie et Joseph de l'avoir cherché ou de s'être affligés de sa perte ?
Non sans doute. Pourquoi en effet se retirait-il, si ce n'est pour se faire chercher ?
Et pourquoi les éprouver par cet éloignement passager, si non pour leur faire mieux apprécier le bonheur de sa présence ?
Aussi rendu à leurs vœux et à leurs larmes il leur fait goûter tout ce que la possession de sa personne adorable peut avoir de plus doux ;
ses paroles pleines de bonté ont surabondamment compensé leurs alarmes ; et bien mieux que les disciples d'Emmaüs ils purent bien souvent se dire l'un à l'autre :
N'est-il pas vrai que notre cœur était tout embrasé lorsqu'il nous parlait en chemin.

Ô mon âme ! quand tu as visité le saint temple, l'amour de Dieu est-il plus vif en toi ? Éprouves-tu un besoin plus impérieux de le retrouver ? Te sens-tu portée plus habituellement à le faire connaître, à publier sa bonté, à lui gagner, s'il se pouvait, tous les cœurs ? As-tu quelquefois du moins éprouvé cette affectueuse reconnaissance dont était pénétré David quand il s'écriait :
Célébrez avec moi le Seigneur : exaltons ensemble son nom.
J'ai cherché le Seigneur et il m'a exaucé, et il m'a délivré de toutes mes tribulations.
Approchez de lui et vous serez éclairés, et la honte ne sera point sur votre visage.
Éprouvez et goûtez combien le Seigneur est doux, combien est heureux celui qui espère en lui  !
Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints, parce que rien ne manque à ceux qui le craignent.

Comme un bon pauvre qui a reçu à la porte d'un riche une abondante aumône la partage avec ses compagnons d'infortune, ainsi lorsque je sors de votre saint temple, ô mon Dieu, je dois répandre au milieu de mes frères la paix, la componction, la charité.
Que je suis éloigné pour l'ordinaire de cette louable et salutaire disposition !
Trop souvent, hélas ! n'en ai-je pas rapporté l'impatience, l'humeur et la susceptibilité ?



De sainteté

Est-ce donc que l'enfant Jésus avant sa retraite dans le temple ne manifestait pas dans sa conduite la grâce et la sagesse qui étaient en lui ? Ah! elles éclataient dans toutes ses démarches : elles étaient inséparables de sa personne.
Comment toutes les actions du Saint des saints n'auraient-elles pas été empreintes d'un ineffable caractère de sainteté ?
Ainsi, dès les premiers moments de sa naissance son sourire et ses pleurs, son silence - et ses cris enfantins, le repos et l'action, tout en lui était plein de grâce et de vérité ; et lorsque plus tard, soutenu par la main de Joseph, il essayait ses premiers pas, ou lorsque s'unissant à la prière de Marie il bégayait les louanges de Dieu, au milieu des plus simples occupations et de ses délassements innocents, tout était toujours digne du Verbe, tout était infiniment agréable au Père et méritoire pour nous.
Mais depuis que dans le temple il s'est spécialement occupé du service de ce Père céleste, ce caractère de sainteté éclata dans toutes ses œuvres d'une manière plus vive et plus sensible. La moindre parole, un seul de ses regards, sa seule vue laissaient dans les cœurs une impression ineffable de grâce, de piété, de vertu, un ardent désir d'aimer Dieu.

Ô adorable Enfant ! après avoir si souvent contemplé vos traits dans votre évangile, entendu votre voix dans la chaire de vérité, dans les livres de piété, dans la prière, au tribunal de la pénitence et surtout à la table eucharistique, comment ai-je si peu de conformité avec vous ? Tout dans votre saint temple me parle de sainteté, me rappelle l'obligation où je suis d'être saint, parce que vous êtes saint ; et j'en sors toujours aussi profane que j'y suis entré. Ou si votre grâce a réveillé en moi quelque désir de sainteté, la dissipation, l'entraînement de l'habitude, la crainte des sacrifices et des efforts qu'exige une vie sincèrement chrétienne l'ont bientôt étouffé ; et ces bons mouvements que le Saint-Esprit excite en moi n'ont presque d'autre effet que de me plonger plus avant dans une routine de pratiques et une léthargie spirituelle, qui amènera enfin la mort, si votre miséricorde ne vient m'y arracher.

Puisque mon bonheur est de me trouver au pied de vos tabernacles, ô mon Sauveur ! ne permettez pas que je m'en approche sans fruit.
Tant de fidèles en remportent des grâces abondantes ! N'avez-cous donc qu'une bénédiction ?
Je vous en conjure, daignez aussi me bénir. J'ai aimé la beauté de votre maison et la demeure ou réside votre gloire. Seigneur, ne perdez pas mon âme avec les impies.



Vertu à obtenir : L'attention à édifier le prochain.




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée le saint enfant Jésus descendant du temple de Jérusalem entre Marie et Joseph qu'il console, qu'il éclaire, qu'il remplit de sa divine charité.

Admirez la douce gravité de son visage, la modestie et la simplicité de son maintien.

Pénétrez humblement dans son cœur adorable, et priez-le de vous éclairer sur ce qui s'y passait pendant ce voyage de Jérusalem à Nazareth. Après avoir fait dans le temple l'œuvre de son père, il songe à la continuer au dehors.

Demandez-lui la grâce de faire ainsi succéder une bonne pensée à une bonne pensée, et de ne faire de toute votre vie qu'une suite d'actions saintes.

Ô mon Dieu ! que je n'aie pas le malheur de déshonorer la piété en démentant par ma conduite dans le monde celle que je m'efforce de tenir dans votre sainte maison.

Que je fasse aussi votre œuvre parmi les personnes auxquelles m'a associé l'ordre de votre providence, en répandant au milieu d'elles la bonne odeur des vertus chrétiennes.



Prière


Ô Sauveur du monde ! si heureusement retrouvé, si fidèlement conservé par Marie, puisque enfin vous m'êtes rendu, je ne veux plus m'exposer à vous perdre.

Ô Dieu de mon cœur ! je vous tiens, je ne vous laisserai point échapper ; il me semble bien que désormais rien ne pourra me séparer de votre amour, et toutefois après l'expérience si triste, et si souvent répétée de ma fragilité et de mon inconstance, je n'ose plus compter sur mes dispositions présentes, ni sur mes résolutions et mes. promesses.

Ajoutez donc à la grâce que vous m'avez faite de me les inspirer celle de les conserver, de les affermir dans mon âme : que l'humilité garde en moi tous vos dons, que la charité les accroisse, que la sainteté les rende utiles à votre gloire et dignes de vos récompenses éternelles. Ainsi-soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Lun 23 Jan 2017 - 20:56

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 23 janvier

Retour de Jésus à Nazareth


« Il alla à Nazareth, et il leur était soumis » (Luc 2)

L'enfant Jésus remis entre les mains de ses parents jusqu'à son baptême, c'est à dire jusqu'à l'âge d'environ trente ans, ne fit plus autre chose que de leur obéir, et en quoi leur obéir ? Dans les plus bas exercices, dans la pratique d'un art mécanique.
Passez en revue ce qu'une famille pauvre présente de soins et d'occupations, et ne doutez pas que Jésus n'ait toujours recherché ce qui était le plus humiliant et le plus pénible.

Ce n'est point un docte pinceau qu'il manie : il aime mieux l'exercice d'un métier plus humble et plus nécessaire à la vie. Ce n'est point une docte plume qu'il exerce par de beaux écrits : il s'occupe péniblement, il gagne sa vie, à ce spectacle un religieux effroi saisit l'âme : elle adore en tremblant un Dieu si prodigieusement abaissé. Comprenez aujourd'hui que par cet incompréhensible abaissement il veut vous apprendre 1° à servir, 2° à travailler, 3° à obéir.



A servir

La volonté du Père céleste avait été que Jésus donnât au milieu des docteurs assemblés un essai de la sagesse dont il était plein, et qu'il venait déclarer, et tout ensemble de la supériorité avec laquelle il devait regarder ses parents mortels, sans suivre la chair et le sang, leur maître de droit soumis à eux par dispensation. Après cet essai de son ministère, et cette première révélation de sa mission divine, il lui tarde ce semble de rentrer dans l'anéantissement de sa vie cachée, et d'éteindre dans l'impénétrable obscurité de la pauvre maison de Nazareth l'éclat qu'il vient de jeter dans le temple de Jérusalem.
Il a dit de lui-même qu'il était venu pour servir, et il commence par servir ses parents ; il s'emploie dans la maison aux soins du ménage : nous ne lisons pas que ses parents aient jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants sont les serviteurs ; et l'on ne voit nulle part que lui-même ait eu des serviteurs à sa suite.

Ô mon Sauveur ! quel sujet de confusion et d'épouvante pour moi ! Chacune des paroles de votre Évangile m'accuse ; chacun des traits de votre vie me condamne : vous recherchez dès votre enfance la fatigue et les humiliations ; et je ne soupire qu'après les honneurs et le repos. Vous voulez servir vos créatures, vous qui êtes le souverain Maître ; et je voudrais partout être maître, moi qui ne mérite pas d'être même au dernier rang parmi vos serviteurs ; je suis difficile en tout point, et sous l'apparence de l'exactitude et de la régularité, je cherche à me dissimuler à moi-même la rigueur d'un caractère exigeant ; si au moins j'étais aussi exact à votre service, ô mon Dieu ! que je veux qu'on le soit au mien ; mais non, je ne vous sers qu'avec négligence et avec froideur, par humeur et par caprice; et ainsi désobligeant pour mes supérieurs et mes égaux, dur avec ceux qui me sont soumis, infidèle envers vous, je me trouve tout ensemble mauvais serviteur et mauvais maître ; et vous me souffrez dans votre maison, et vous me gardez à votre service, ô incomparable maître ! ah, prenez encore pitié de ma misère : ne me rejetez pas de votre présence, et n'ôtez pas de moi votre Esprit Saint.



Pour travailler

Ô Dieu ! je suis saisi encore un coup ! Orgueil, viens mourir à ce spectacle ! Jésus fils d'un charpentier, charpentier lui-même, connu par cet exercice sans qu'on parle d'aucun autre emploi, ni d'aucune autre action.
On se souvenait dans son Eglise naissante des charrues qu'il avait faites ; et la tradition s'en est conservée dans les plus anciens auteurs : c'est pourquoi, au commencement du ministère de Jésus-Christ, lorsqu'il vint prêcher dans sa patrie, on disait : N'est-ce pas là ce charpentier fils de Marie ? comme celui, n'en rougissons pas, qu'on avait vu pour ainsi parler tenir la boutique, soutenir par son travail une mère veuve, et entretenir le petit commerce d'un métier qui les faisait subsister tous les deux. Il y en a qui ont eu honte pour le Sauveur de le voir dans cet exercice, et dès son enfance le font jouer avec des miracles.

Mais l’Évangile a renfermé toute sa vie durant trente ans dans ces paroles : Il leur était soumis. Et encore : C'est ici ce charpentier fils de Marie. Dans une vie si vulgaire, connu à la vérité, mais par un vil exercice, pouvait-il mieux cacher ce qu'il était ? Que dirons-nous donc, que ferons-nous pour le louer ? Il n'y a en vérité qu'à demeurer dans l'admiration et le silence.

Mais où en suis-je, ô mon Sauveur ! avec ce que j'appelle ma capacité, mes talents, ma condition, ma naissance ?
L'obscurité me fatigue, des emplois trop bas me déplaisent ; je veux m'en tirer et en tirer ma famille : je me sens fait pour quelque chose de plus relevé : j'ai honte de la médiocrité de mon état. C'est pour cela peut-être que je me sens comme humilié de l'abaissement du vôtre, et je ne sens pas que pour guérir l'enflure de mon cœur et cette soif d'ambition, d'honneurs et d'élévation qui me dévore, il me fallait, à l'appui de ses leçons, les exemples d'un Dieu pauvre, laborieux, gagnant son pain à la sueur de son front et bénissant la volonté divine dans son humiliation.



A obéir

Comme c'est l'orgueil de la révolte de l'homme que le Verbe fait chair vient réparer, chacun de ses pas laissera, pour ainsi dire, une empreinte d'humiliation et d'obéissance. Vous l'avez vu soumis à la loi de la circoncision dont à tant de titres il était en droit de s'affranchir, à l'avertissement de l'Ange pour quitter la Judée et pour y revenir.
Mais de peur que vous ne pensiez qu'il ne se rend à la suprême volonté que parce qu'elle est imprimée par la loi ou intimée par l'Envoyé céleste, c'est aux hommes qu'il veut obéir, c'est à ses propres créatures, c'est dans toutes les circonstances et sur tous les points : ce n'est pas un seul jour et dans quelques occasions d'éclat, c'est à tous les moments et dans toute la suite de ses actions ; et tout ce qui nous a été révélé de sa vie adorable pendant trente années, ce n'est ni la profondeur et la sublimité de sa doctrine, ni le nombre et la puissance de ses miracles, ni la perfection de sa prière et de ses œuvres divines, mais la continuité de son obéissance. Et il leur était soumis.

Cette leçon m'était donc bien nécessaire, ô mon Sauveur ! puisque vous me l'avez donnée en tant de manières et que vous l'avez comme imprimée sur toute votre personne. Oui, sans doute, puisque tout en moi est soulevé contre l'ordre et dans une opposition constante à votre volonté, puisque malgré la double autorité de vos préceptes et de vos exemples, mes sens, mon esprit et mon cœur sont si souvent armés contre la vérité, la charité et la sainteté.
Enfant, je m'élevais contre la volonté de mes parents et de mes maîtres ; plus tard c'était contre vos commandements, contre votre esprit, contre les avertissements de ma conscience, contre les lumières de la grâce, contre l'attrait et les reproches de votre amour.

Ainsi toute votre vie n'a été qu'un grand acte de soumission, et toute la mienne une continuelle révolte. Faire la volonté de votre père était votre nourriture, vos délices, votre félicité : et la combattre, m'y soustraire, m'en affranchir a été le crime de toute ma carrière. Poussière et néant, j'ai regardé comme quelque chose de grand de me soumettre à un homme, pour obéir à Dieu lorsque vous tout puissant et très haut vous vous êtes soumis à vos propres créatures pour me sauver.

O Sauveur ! obéissant depuis la crèche jusqu'à la croix, faites-moi participant de votre esprit d'obéissance, apprenez-moi a faire votre volonté, parce que c'est vous qui êtes mon Dieu.



Vertu à obtenir : L'amour de l'obscurité.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant cette journée le saint enfant Jésus retournant à Nazareth pour y mener avec Marie et Joseph une vie pauvre, laborieuse, une vie vraiment cachée en Dieu.

Comprenez la nécessité de rentrer dans l'obscurité dès que le service de Dieu, l'unité de vos frères et vos devoirs d'état ne vous retiennent plus au milieu du bruit, de l'éclat et de la dissipation du monde. Si la Providence vous a fait naître dans une condition obscure, obligé de vivre de votre travail, consolez-vous, réjouissez-vous même. Jésus-Christ a divinisé votre état et sanctifié le travail.

Si vous avez en partage l'aisance et la fortune, souvenez-vous que vous n'êtes pas dispensé de l'obligation de travailler. Elle est imposée à tous les enfants d'Adam comme peine du péché.

Exercez-vous à briser votre volonté, à faire peu d'estime de votre jugement et de votre capacité; et peu à peu vous vous accoutumerez à céder, même sans efforts, aux idées et aux opinions d'autrui pour lesquelles si souvent on perd la paix, ou l'on blesse la charité.



Prière


Sauveur Jésus, qui de maître des anges vous êtes fait l'apprenti d'un homme mortel sur la terre, qui tenant la place d'Adam n'avez voulu manger votre pain qu'à la sueur de votre visage, qui enfin étant le souverain de l'univers vous êtes soumis à vos créatures, enseignez-nous l'humilité dont vous êtes le docteur dans votre apprentissage, la pénitence que vous avez sanctifiée par votre travail et vos sueurs, et l'obéissance parfaite que vous avez consacrée en vous assujettissant à ceux de qui l'être et la vie dépendaient de vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 24 Jan 2017 - 21:37

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 24 janvier

Jésus avance en âge, en sagesse et en grâce


« Jésus avançait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ». (Luc 2)
Peut-on dire d'un Jésus, du fils de Dieu d'un Homme-Dieu, à qui la sagesse même était unie en personne, qu'il croissait en sagesse et en grâce comme en âge devant Dieu et devant les hommes ? N'avons-nous pas vu qu'en entrant au monde il se dévoua lui-même à Dieu pour accomplir sa volonté, en prenant la place des sacrifices de toutes les sortes.
N'est-il pas appelé dès sa naissance le sage, le conseil, l'auteur de la paix ? N'avait-il pas la sagesse dès le sein de sa mère? Comprenez donc que la sagesse et la grâce qui étaient en lui dans sa plénitude, par une sage dispensation se déclaraient avec le temps, et de plus en plus par des œuvres et par des paroles plus excellentes devant Dieu et devant les hommes.

Mais surtout comprenez que cet avancement du Sauveur est le modèle du vôtre, et que par conséquent vous devez sans cesse vous appliquer à parvenir à l'état d'un homme parfait, à la mesure de l'âge de la plénitude de Jésus Christ, et pour cela vous dégager peu à peu 1° des idées terrestres, 2° des affections terrestres, 3° des habitudes terrestres.



Des idées terrestres

Jésus croissait en âge, quittant peu à peu les faiblesses naturelles du corps qui accompagnent l'enfance, afin de nous apprendre à nous défaire de celles de l'esprit. Pourquoi en effet l'évangéliste remarque-t-il qu'il croissait en âge, sinon pour attirer notre attention sur le parfait ensemble de la conduite et de toute la personne du Verbe incarné, sur l'accord de l'accroissement des années avec la manifestation progressive de sa sagesse, du développement de ses forces corporelles avec celui des dons de sa grâce.
Il veut surtout nous rappeler que le dessein du fils de Dieu fait homme, en se condamnant à passer par l'état d'enfance et par des accroissements successifs, était de nous offrir une leçon et un modèle, de nous enseigner que, si comme des enfants nouvellement nés, nous devons conserver la candeur et la simplicité, nous sommes obligés de croître pour le salut, de demeurer toujours enfants par l'innocence, mais de devenir hommes faits par la prudence et la sagesse. En un mot de ne plus être comme des enfants emportés à tous les vents des opinions humaines, mais de croître de toute manière en Jésus-Christ, qui est notre chef.

Puis-je dire, ô mon Sauveur ! que je suis entré dans vos desseins miséricordieux, et que je me suis efforcé de copier et de reproduire en moi votre admirable conduite ? Ai-je commencé à me dégager de la vanité des pensées, des écarts de l'imagination, de la crainte des jugements humains, de l'inconstance et de l'instabilité de mon propre esprit ?
Ah ! disait l'apôtre saint Paul, quand j'étais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant. Mais lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfance.
Puis-je me rendre ce témoignage ? quel jugement ai-je porté des richesses, des honneurs, des plaisirs de la terre ? Si dans certains moments j'en reconnais la vanité, cette conviction est-elle assez forte pour m'en donner de l'éloignement et du mépris ? Est-ce une conviction née de la foi, et une lumière de la grâce, ou bien un aperçu de raison et un pur effet de sagesse ?

Ah ! j'ai trop sujet de craindre que vos leçons et vos exemples, ô mon Sauveur ! n'entrent que pour bien peu de chose dans cette disposition de mon esprit, puisqu'il entend si peu de chose aux mystères de vos humiliations et de vos douleurs.
Quand on me parle des consolations attachées à votre service, et des récompenses magnifiques que vous réservez à ceux qui auront persévéré jusqu'au terme, il me semble que mon âme s'ouvre à la vérité, et que je vais entrer dans la voie étroite qui mène à la vie.
Mais si vous m'appelez à votre suite à la croix et aux épreuves, je me trouve dans le même état que vos disciples, lorsque vous leur annonciez votre passion : Ils ne comprenaient rien à tout cela : c'était une chose cachée pour eux, et ils n'entendaient pas ce que vous leur disiez.



Des affections terrestres

L'Enfant Jésus croissait en âge et en sagesse. Ce don de sagesse qui lui avait été fait dès le premier moment de sa conception se déclarait au dehors dans une proportion admirable avec l'accroissement de ses années et le progrès naturel de l'âge. Ce désir de la gloire de son Père dont son cœur était tout plein, cet amour pour les hommes dont il était consumé, cette miséricordieuse impatience de les sauver qui dominait toutes ses affections, voilà les sentiments dont son âme était constamment remplie, et qu'il exprimait sans doute d'une manière plus ou moins manifeste. Et en effet, quand il disait à ses disciples au milieu de la cène eucharistique : J'ai souhaité avec ardeur de manger cette Pâque avec vous avant que de souffrir ; c'est qu'en effet ce désir avait bien souvent occupé son cœur. Et quand il ajoutait : Je suis venu pour mettre le feu sur la terre, et qu'est ce que je désire, sinon qu'il s'allume. Je dois être baptisé d'un sanglant baptême, et combien me sens-je pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse, ne donnait-il pas assez à entendre que la flamme de la divine charité avait toujours été vivante en lui, et sa passion et sa mort le constant objet d'un désir qui ne devait cesser de brûler que lorsqu'il serait accompli sur la croix ?

Si tel est mon aveuglement et ma misère que je ne puisse réellement apprécier ni les vrais biens, ni les vrais maux, comment mon cœur se dégagera-t-il des affections terrestres pour ne chercher que Dieu et n'aimer que lui ?
Ainsi, ô sujet d'humiliation et de douleur ! tantôt en moi c'est l'esprit qui est la dupe du cœur, et tantôt le désordre du cœur est causé par les ténèbres de l'esprit ! Et au lieu de croître en sagesse comme en âge, de m'attacher à vous, ô mon Sauveur, à votre doctrine, à vos exemples, de me détacher de la terre, du monde et de moi-même, je sens mes chaînes plus fortes, mes illusions changées, mais non pas détruites. J'avance en âge, mais le corps qui se corrompt appesantit de plus en plus mon âme.

Cependant, ô mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous créé, appelé à la lumière admirable de votre Évangile, comblé de tant de grâces jusqu'à ce jour ? N'est-ce pas pour m'attirer à vous, me sanctifier, et ainsi me perfectionner par la charité ? Aidez-moi donc, soutenez-moi, inspirez-moi, puisque sans vous je ne puis former même un bon désir. Heureux, avez-vous dit par votre prophète, celui qui attend son secours de vous ! Au milieu de cette vallée de larmes, il forme dans son cœur des degrés qui s'élèvent jusqu'au séjour que vous habitez.



Des habitudes terrestres

Jésus croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes, donnant extérieurement de plus grandes preuves de sa sainteté, à mesure qu'il avançait en âge ; car pour sa sainteté intérieure elle était au plus haut point de perfection dès le commencement de sa vie passible et mortelle : il n'avait pas besoin comme nous de croître en vertu, parce qu'il avait la plénitude de la grâce et de toutes les vertus ; car Dieu, qui l'a envoyé, ne lui donne pas son esprit avec mesure, ainsi que son humble précurseur le disait aux Juifs. Le père aime le Fils, ajoutait-il, et lui a mis toutes choses entre les mains. C'est parce que cet esprit de grâce était en lui surabondant qu'il s'avançait si constamment et si généreusement vers son terme, accomplissant l'œuvre qui lui avait été confiée par son Père ! Il s'est élancé comme un géant, il a pris sa course du haut des deux. S'est-il arrêté ? Non, non, il a passé en faisant du bien. Au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, il a souffert la croix en méprisant la honte et l'ignominie, et il est maintenant assis à la droite du trône de Dieu.

Élève donc tes regards, ô mon âme ! vers Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, entre généreusement dans la carrière qu'il a ouverte ; avance avec foi sur sa trace; car pour demeurer en lui il faut marcher comme il a lui-même marché, c'est à dire vivre comme il a vécu, dans la sainteté, dans l'innocence, dans la perfection.
Ce n'est pas assez de renoncer aux idées et aux affections terrestres, il faut sortir des habitudes qui enchaînent l'âme et arrêtent son essor. Est-ce la sensualité, l'orgueil, le désir de l'estime du monde, ou de l'affection des créatures, l'attachement à la vie, à la fortune, à la terre ? Ah ! il me faut trancher au vif, commencer la réforme intérieure, mais de bonne foi, avec sincérité, devant Dieu et devant les hommes.

Pourquoi, pendant ce mois, me suis-je appliqué à la contemplation des mystères de votre sainte Enfance, ô mon Sauveur ! n'est-ce pas pour en prendre l'esprit, pour former et régler ma vie sur le modèle de la vôtre ?
Je l'ai dit, ô divin Enfant ! Je veux commencer, et ce changement de ma volonté est un effet de votre grâce.
Je poursuivrai mes ennemis, mes défauts, mes mauvaises habitudes, ce vieil homme qui vit encore en moi. Je me saisirai d'eux, et ne les quitterai pas qu'ils n'aient succombé.



Vertu à obtenir : La persévérance.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus dévoilant aux yeux des hommes les merveilles de grâce et de sainteté dont son âme était remplie.

Félicitez Marie et Joseph de la joie et du bonheur dont les comblait cette ravissante contemplation.

Si vous désirez avancer dans la vie chrétienne et vous perfectionner dans la doctrine de Jésus-Christ, dans ses vertus et dans son esprit, observez et mettez en pratique ces trois choses recommandées par Saint Charles Borromée : en premier lieu, figurez-vous chaque jour que vous ne faites que commencer, et efforcez-vous de servir Dieu avec autant de ferveur que si vous étiez au premier jour de votre conversion ; en second lieu, ayez toujours Dieu présent et n'en perdez point le souvenir ; en troisième lieu, faites que toutes vos actions tendent à Dieu par une droite intention et par un désir insatiable de lui plaire.

Ne dites jamais : C'est assez ; ne soyez point satisfait de ce que vous êtes, si vous désirez parvenir à ce que vous n'êtes pas encore.



Prière


Je vous en conjure, ô Dieu de bonté, délivrez-moi des soins de cette vie, de peur qu'ils ne retardent ma course, des nécessites du corps, de peur que la volupté ne me séduise ; de tout ce qui arrête et trouble l'âme, de peur que l'affliction ne me brise et ne m'abatte.

Ô mon Dieu ! douceur ineffable ! changez pour moi en amertume toute consolation de la chair, qui me détourne des biens éternels et m'attire et me fascine par le charme funeste des biens présents.

Que je ne sois pas, mon Dieu, vaincu par la chair et le sang, trompé par le monde et sa gloire qui passe ; que je ne succombe point aux ruses du démon.

Donnez-moi la force pour résister, la patience pour souffrir, la constance pour persévérer.

Donnez-moi, au lieu de toutes les consolations du monde, la délicieuse onction de votre esprit, et au lieu de l'amour terrestre, pénétrez-moi de l'amour de votre nom. Ainsi soit-il.






AVIS.
Les personnes qui voudraient terminer demain le Mois de la sainte Enfance, liront, au lieu de l'Elévation suivante, celle qui est marquée au au 2 février.


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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 25 Jan 2017 - 23:06

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 25 janvier

L'Enfant Jésus attire Marie à l'obéissance.


Si une femme met au monde un enfant mâle, elle demeurera séparée des choses saintes pendant sept jours. L'enfant sera circoncis le huitième jour, et elle demeurera encore trente-trois jours pour être purifiée : elle ne touchera à rien qui soit saint, et elle n'entrera point dans le sanctuaire, jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accomplis. (Lévit. xu, 2, 3,4.)

« Par les termes mêmes de cette loi, il paraît que la sainte Vierge en était exempte, n'ayant contracté ni l'impureté des conceptions ordinaires, ni celle du sang et des autres suites des vulgaires enfantements. Elle obéit néanmoins; elle s'y croit obligée pour l'édification publique, comme son Fils avait obéi à la loi servile de la Circoncision. Elle ne dit pas : on me croira mère comme les autres, et le péché, comme la concupiscence, mêlé dans la conception de mon Fils comme dans celle des autres, ce qui fera tort non tant à moi qu'à la dignité et à la sainteté de ce cher Fils. Elle subit la loi, et donne un exemple admirable à tout l'univers, de mettre sa gloire dans celle de Dieu et dans l'honneur de lui obéir et d'édifier son Eglise. » (Bossuet)

Qui est-ce qui songe aujourd'hui à régler sa conduite sur celle de Marie, et à reconnaître, dans la parfaite soumission de la Mère de Dieu, le modèle de sa propre obéissance ? Sous combien de formes la violation de la loi de Dieu et des saintes ordonnances de son Eglise ne se déguise-t-elle pas ? A force de prétextes d'exemptions et de dispenses, la transgression semble être devenue la règle, et l'observation fidèle une exception. Puis donc que vous voulez sincèrement vous attacher aux exemples de l'Enfant Jésus, apprenez de l'obéissance qu'il inspire à sa glorieuse Mère, que, comme la violation de la loi divine prend communément sa source dans l'orgueil et la lâcheté, le principe d'une ponctuelle et constante obéissance, c'est 1° l'humilité, 2° le courage.



L'humilité.

Quelque illusion que nous puissions nous faire sur la disposition habituelle de notre esprit et de notre coeur, nous sommes bien forcés d'y reconnaître un secret penchant à la désobéissance et à la révolte. Nous avons beau, loin de l'occasion, protester de notre soumission à la volonté de Dieu, nous ne savons que trop que la plus légère épreuve suffit pour la mettre en défaut, et pour nous révéler notre profonde misère sur ce point comme surtout le reste. Tant que les desseins de la Providence s'ajustent à nos idées et à nos projets, tant qu'ils favorisent nos désirs et nos passions, nous paraissons pleins de confiance et de docilité, nous nous applaudissons de notre abandon filial à sa conduite ; mais pour peu qu'ils les contrarient, ils ne trouvent plus en nous qu'opposition et résistance ; la tristesse, les alarmes, et trop souvent les plaintes et les murmures succèdent à la bénédiction et à l'action de grâces. C'est qu'au fond l'amour de nous-mêmes est toujours le mobile de nos sentiments, et notre propre volonté, la règle de nos jugements et la première loi de notre coeur.

Mais c'est surtout lorsqu'il s'agit de la faire ployer sous l'autorité des préceptes divins, que se manifeste notre opposition à la dépendance. Est-il question des obligations générales auxquelles sont soumis tous les chrétiens, du pardon des injures, de l'aumône, de la mortification et de la pénitence, de l'éloignement des vains plaisirs, il semble qu'on soit hors de la règle commune, qu'on n'ait rien à craindre de l'esprit du siècle et de la contagion des mauvais exemples, en un mot, qu'on ne soit ni enfant d'Adam, ni disciple de Jésus-Christ, tant on est prompt à se retrancher dans les embarras et les difficultés, habile à faire valoir les raisonnements et les prétextes, et même à se prévaloir de la régularité de sa conduite pour éluder la loi divine et se soustraire à sa sévérité.

Ô divine Mère de Jésus ! que votre fidélité à accomplir la loi de la Purification est propre à nous confondre ! Nous n'opposons pour l'ordinaire à l'obéissance que les illusions de notre vanité : et vous, ô la plus humble des Vierges ! vous qui aviez pour vous toutes les raisons, et qui pouviez user du droit de la plus légitime dispense, vous oubliez tous vos droits, vous faites taire toutes les raisons, pour n'écouter que l'humilité et ne vous souvenir que de l'obéissance. Vous craignez que cette dispense, toute légitime qu'elle est, n'autorise le relâchement par les fausses conséquences qu'on en pourrait tirer, et que l'amour-propre ne vienne un jour à s'en prévaloir : ou plutôt, suivant la belle pensée de l'un de vos plus grands serviteurs, « la grâce vous avait élevée au-dessus de la loi, et l'humilité vous y a assujetti. » La grâce de votre innocence et de votre maternité demandait que vous fussiez libre ; et l'humilité de votre cœur vous a fait préférer d'être obéissante et dépendante.

Quel sujet de crainte et de confusion pour toi, ô mon âme ! tu n'as presque jamais rendu à la loi sainte qu'une obéissance forcée, intéressée, imparfaite : combien de fois n'as-tu pas dit : Y suis- je obligée dans la rigueur ! est-ce un commandement absolu ? y va-t-il de mon salut éternel ? Et je ne voyais pas que cette règle trompeuse m'exposait à me perdre et à me damner, puisque entre l'obligation de la loi et le conseil il n'y a souvent qu'un pas à franchir, et qu'en me conduisant de la sorte je marchais toujours sur le bord du précipice.
Ô mon Dieu ! à quel point en mille circonstances l'orgueil m'a aveuglé ! quel les illusions je me suis faites sur tant d'obligations qui me sont imposées comme chrétien et comme pécheur, et dont j'avais la folie de me croire dispensé ! Ah ! Seigneur, je l'ai dit : désormais mon partage sera de garder votre loi (Ps. 118, 57) *.



Le courage.

Il ne s'agit pas seulement ici de ce courage qui élève l'âme au-dessus de la crainte des jugements humains, des censures et des railleries, mais plus encore de cette disposition généreuse qui la fait triompher d'une certaine indolence, des alarmes de la sensualité, de toutes les répugnances de la chair et du sang, quand l'accomplissement de la loi de Dieu ou l'exécution des bons désirs que nous inspire sa grâce l'exigent de nous. Elle éclate d'une manière vraiment héroïque dans la démarche que l'Enfant Jésus inspire à Marie. Considérez tout ce qu'en effet l'accomplissement de la loi de la Purification doit coûter à son cœur, et par cette considération animez-vous à vaincre enfin cette pusillanimité qui depuis si long-temps vous empêche d'avancer dans la voie de la perfection, et de répondre à l'appel de la grâce. Mesurez, si vous le pouvez, toute l'étendue des sacrifices que l'obéissance impose à la Mère du Rédempteur, en la conduisant au temple pour s'y purifier.

Sacrifice de sa maternelle tendresse. Ce fils si cher, ce Fils en qui elle possède tous les trésors, elle l'offre devant l'autel, sans condition et sans réserve, sachant les ordres rigoureux que le Ciel a portés, et qui doivent s'accomplir dans la personne de ce divin Enfant, et consentant déjà qu'il soit la victime et le prix de la rédemption du genre humain. Est-ce à une épreuve aussi sévère qu'est mise votre obéissance ? Arracher de votre cœur une passion qui Je tyrannise, renoncer à un attachement ou criminel ou dangereux, à ce triste esclavage des sens, à cet état, habituel d'infidélité qui vous fait perdre la paix : voilà ce qui vous parait si pénible, et cependant, en réalité, ce renoncement salutaire peut-il même être appelé un sacrifice ? Parlerez-vous de ces affections qui, pour être légitimes, n'en sont pas moins nuisibles aux intérêts éternels, parce qu'elles ne se renferment pas dans les limites de la foi, et qu'elles étouffent l'amour que vous devez à Dieu ? comment, lorsque la religion vous fait un devoir d'immoler les uns et de régler les autres, pouvez-vous gémir de l'utile contrainte qu'elle vous impose ?

Sacrifice des douceurs de sa vie et de toutes les joies de son âme. Marie sait bien que ce qu'elle va faire en présentant Jésus-Christ doit être pour elle une source de douleur : elle voit déjà Siméon qui lui montre le glaive dont elle sera percée : elle entend l'oracle du ciel qui lui est annoncé parce saint vieillard, et elle n'ignore pas que la prédiction qu'il lui fait est le commencement de son martyre. Il n'importe : le zèle de la loi la presse, elle entre dans le temple, elle parait devant Siméon, elle lui met son fils entre les bras, et dans les paroles prophétiques qu'il lui adresse, elle reçoit de lui le coup mortel. Qu'est-il besoin de vous rappeler que ce n'est pas à ce prix que Dieu réclame votre obéissance à sa sainte loi ? A juger par vos gémissements et vos plaintes des sacrifices qu'elle vous coûterait, on croirait qu'elle vous condamne à fuir du milieu des villes, à aller vous ensevelir dans la solitude, à disputer à la nature les délassements les plus innocents, la nourriture même et le sommeil.

De bonne foi, est-ce là ce que l'obéissance aux divins préceptes de l’Évangile vous impose ? non sans doute. Ce qu'elle exige de vous, c'est que vous rompiez une bonne fois avec ces habitudes de mollesse et de sensualité que la raison condamne presqu'aussi hautement que la foi, avec ces sociétés ou frivoles ou ennemies de la vraie piété, où vous perdez toujours plus ou moins le sentiment du bien et le goût de vos devoirs, avec cette suite d'inutilités et de bagatelles qui composent la chaîne de vos jours, pour commencer à mener une vie sérieuse, régulière, féconde en vertus, en bonnes oeuvres et en mérites. « Si des joies aussi pures, aussi saintes que celles de Marie, ont dû être sacrifiées, dit Saint Bernard, il n'est pas juste que nous épargnions les nôtres, qui sont toutes vaines et toutes profanes, qui nous dissipent et nous font perdre l'esprit de Dieu. »

Sacrifice de son propre honneur, puisqu'en se purifiant, Marie paraît de même condition que les autres femmes. Ainsi l'éclat de sa virginité est obscurci. Elle consent à en perdre la réputation et le nom, pour ne pas manquer à la loi.
Écouterez-vous encore les vains sophismes du faux honneur et du respect humain, les misérables défaites qu'on n'a pas honte d'opposer à l'accomplissement des devoirs les plus sacrés et des pratiques les plus indispensables ? Osez enfin marcher contre ces vains fantômes qui vous ont fait peur, fouler aux pieds ces menaces du monde, ces chimériques terreurs qui ont paralysé si souvent les bons mouvements de la grâce et fait échouer tous vos projets de conversion.

Ô généreuse Mère de Jésus ! à la seule pensée de tout ce que vous avez immolé en vous présentant avec votre divin Fils dans le temple, et des faibles sacrifices que m'impose l'accomplissement de la loi sainte, la confusion a couvert mon visage, l'infidélité et la lâcheté de mon cœur me remplissent de crainte. Si la Mère de Dieu qui, entre toutes les femmes, était bienheureuse, a néanmoins consenti, en se soumettant à la loi, d'être la plus affligée, dois-je si aisément me rebuter de cette divine loi pour quelques peines que j'ai à supporter en l'observant ? Et quand la conscience me presse d'entrer dans la voie étroite par laquelle ont marché tous les saints, et de commencer enfin à me faire cette sainte violence à laquelle seule le ciel est promis, par amour de mes aises, par de funestes ménagements pour le monde, renverrai-je encore à une époque incertaine mon retour à Dieu et la fidélité à son service ? non, non, dès ce moment mon cœur est à vous, Seigneur ! comme le vôtre il veut porter au milieu de lui-même la loi de l'obéissance. Confirmez par votre miséricorde ce bon désir que votre grâce y fait naître (Ps. 67, 29).



Vertu à obtenir : Ponctuelle obéissance aux Commandements
de Dieu et de l'Eglise.





Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus guidant intérieurement Marie à Jérusalem, pour glorifier Dieu par son obéissance. Considérez cette tendre Mère s'avançant pleine de recueillement et de modestie, tournant fréquemment les regards vers son divin Fils, et s'unissant à toutes les dispositions de son cœur. Priez-la de vous obtenir la grâce de les partager.

Oh ! si vous étiez, lorsque vous vous rendez à l'église, vraiment humble, recueilli, disposé au sacrifice de vous-même, quelle abondance de grâces, de lumières et de bénédictions vous en rapporteriez ! Songez aujourd'hui que ce n'est pas assez d'avoir admiré la courageuse obéissance de Marie, il faut vous efforcer de l'imiter. Renoncez donc à cette sensibilité qui vous a tant de fois égaré : c'est pour vous sauver des excès et des malheurs dans lesquels elle pourrait encore vous entraîner, que la foi vous invite à la régler et à la diriger selon ses vues. Ah ! si vous connaissiez le don de Dieu (1 Jean 4, 10) ! Ecoutez, âme chrétienne, voyez, prêtez l'oreille ; soyez docile, et ne vous laissez pas effrayer par les sacrifices.



Prière


Divin Jésus, qui, pour associer votre glorieuse Mère aux mérites de votre adorable obéissance, avez répandu dans sou coeur la plus profonde humilité et le plus invincible courage, imprimez, s'il vous plaît, dans le mien, l'amour de votre loi et un attachement inviolable à votre service, afin que désormais rien ne soit capable d'y ébranler la constance et la fidélité, et que, par la plus entière soumission et par un véritable esprit de sacrifice, je mérite d'avoir part aux grâces et aux bénédictions dont vous avez couronné l'humble et généreuse obéissance de Marie. Ainsi soit-il.



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Jeu 26 Jan 2017 - 22:20

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 26 janvier

L'Enfant Jésus veut être présenté dans le temple et consacré à Dieu.


Ils portèrent l'Enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, suivant ce qui est écrit dans la loi : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur. (Luc, 2. 22.)

« La loi de Moïse ordonnait deux choses aux parents des enfants nouvellement nés. La première, s'ils étaient les aînés, de les présenter et les consacrer au Seigneur. La seconde regardait la purification des Mères. La première paraissait manifestement avoir été instituée en figure de Jésus-Christ, qui étant, comme dit saint Paul, le premier-né avant toutes les créatures  » (1 Coloss. 1, 15), était celui en qui tout devait être sanctifié et éternellement consacré à Dieu. Nous savons que le premier acte de Jésus entrant au monde fut de se dévouer à Dieu et de se mettre à la place de toutes les victimes, de quelque nature qu'elles fussent, pour accomplir sa volonté en toute manière. Ce qu'il fit dans le sein de sa Mère par la disposition de son cœur, il le fait aujourd'hui réellement, en se présentant au temple, et se livrant au Seigneur comme une chose qui est à lui entièrement.  Efforcez-vous d'entrer dans les sentiments de l'Enfant Jésus ; et en considérant les raisons de miséricorde qui le déterminent à se présenter au temple, pénétrez-vous des deux grandes obligations qu'elles vous imposent : 1° une véritable sainteté, 2" une continuelle immolation.



une véritable sainteté

C'est un principe fondamental de la foi, que tout nous est donné par Jésus-Christ, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre . C'est pour cela que toutes les prières que l'Eglise adresse à Dieu sont toujours terminées par ces paroles : « Nous vous en supplions par Jésus-Christ. »
C'est par la même raison qu'elle place à la fin du canon de la messe ces mots si expressifs : Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui seul honneur et gloire dans les siècles des siècles.
Toutefois ne pensez pas que ce soit seulement depuis l'Incarnation, que tout a du être demandé par Jésus-Christ. C'est dès l'origine même du monde que tous les vœux et toutes les offrandes ont tiré leur mérite et leur vertu de ses supplications et de son sacrifice. Ainsi, c'était toujours comme unis à son oblation sainte, que les premiers-nés d'Israël étaient offerts ; et comme dans ces premiers-nés tout le reste des familles était donné à Dieu pour lui appartenir en propre, ainsi ces aînés eux-mêmes devaient tous un jour être consacrés dans la personne de Jésus-Christ et sanctifiés dans la présentation. C'est pour cela qu'il vient aujourd'hui au temple : il porte pour ainsi dire avec lui tous les enfants de la loi, et en même temps il se présente comme le chef d'un nouvel ordre d'adorateurs en esprit et en vérité qui par lui offriront des sacrifices spirituels toujours agréables au Père. Ainsi nous appartenions à Dieu à titre de créatures et comme ouvrages de ses mains, mais nous sommes à lui à un nouveau titre comme membres du corps mystique du Sauveur, et par la donation que lui a faite de nous en sa personne ce divin Chef auquel nous sommes incorporés par le baptême.

L'entendez-vous, fidèle, vous avez été donné à Dieu, consacré à sa gloire, sanctifié en Jésus-Christ ? C'est-à-dire que, comme lorsqu'on consacre un édifice, un vase ou tout autre objet au culte du Seigneur, on ne peut plus le détourner de son service, ni l'employer à de profanes usages ; ainsi, donné à Dieu par Jésus-Christ, vous êtes obligé de tendre sans cesse à la sainteté par vos actions, vos pensées et vos affections ; et quand vous vous détournez de cette fin, pour servir le monde ou pour obéir à vos passions, vous devenez un profanateur et un sacrilège.
Cependant est-ce ainsi que vous avez compris l'obligation de la sainteté, le devoir imposé à tous les chrétiens de travailler sans cesse à se sanctifier, et par la constance de leurs efforts, de leurs prières et de leurs bonnes œuvres, à atteindre enfin à la perfection à laquelle tous sont appelés en Jésus-Christ ?

Non, non, mon Dieu ! je suis bien forcé de le reconnaître, non, ce n'est pas ainsi que je l'ai entendu jusqu'à ce jour. Lorsque j'ai lu cette parole si formelle de votre Apôtre : La volonté de Dieu est que vous soyez saints, je n'en ai jamais senti toute la force, je n'ai jamais songé efficacement à en tirer la conséquence. Entraîné par le charme des sens, dominé par les idées du monde, j'ai respecté, admiré même la sainteté dans les justes que l'Eglise présente à notre vénération et à nos hommages, mais je ne l'ai pas regardée comme applicable à mon état et à ma conduite, comme une nécessité pour moi.
Cependant, ô mon Dieu ! que suis-je, si je ne suis pas saint ? et que serai-je au dernier jour, si je ne le deviens pas ? Saint Paul écrivant aux fidèles, les nommait tous indistinctement les saints, à vous tous qui êtes à Rome, chéris de Dieu et appelés pour être saints, aux fidèles que Jésus-Christ a sanctifiés, et qui sont appelés pour être saints », parce que, dans le langage de la foi, le nom de chrétien et celui de saint n'expriment qu'une même idée, c'est-à-dire un homme donné, dévoué, éternellement consacré à Dieu.
Ô sublime vocation ! Ô bienheureuse destination ! Vous ai-je jamais appréciées ? ô Jésus ! éclairez mes ténèbres.



Une continuelle immolation.

Si vous vous êtes formé une idée si imparfaite de l'obligation que vous avez contractée par votre adoption spirituelle d'être saint, et même de croître toujours en sainteté, comment auriez-vous pu comprendre la nécessité, concevoir même la pensée de ce généreux sacrifice, de cette continuelle immolation de vous-même dont Jésus- Christ vous offre dans sa Présentation un modèle si accompli ? Peut-être même à cette parole vous serez-vous dit intérieurement : ce langage est bien dur ; qu'on le fasse entendre dans les cloîtres, à la bonne heure ; mais peut-il convenir à des personnes engagées dans le monde, livrées aux sollicitudes et au tumulte des affaires, absorbées par les devoirs et les embarras d'une famille ? Si vous ne l'avez pas dit, vous savez au moins que c'est ainsi que parlent les enfants du siècle, que ce sont là les récriminations et les prétextes qu'ils opposent aux vues et à l'esprit de la foi, lorsqu'on essaie de les ramener à la pratique de l’Évangile et aux règles d'une vie vraiment chrétienne.

Cependant, fidèle, regardez Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi. Pourquoi veut -il être présenté au Temple, sinon pour y préluder à son sanglant sacrifice, pour y offrir les prémices de l'immolation qu'il consommera au Calvaire ? Tout la retrace, tout y rappelle l'autel, le glaive, le feu, le prêtre ; et l'Enfant divin n'est-il pas là tel que l'avait vu le Prophète, comme un agneau qu'on porte pour en faire une victime  ? Il est vrai que tout cet appareil qui l'environne n'est que l'image et la figure de ce qui doit s'accomplir un jour sur la montagne des douleurs ; mais c'est en réalité, c'est dès ce moment que la victime du péché s'offre à Dieu, se dévoue et s'immole. Jésus-Christ offre à son Père son corps, son âme, sa vie, ses actions, ses travaux, ses persécutions, ses souffrances, son sang et sa mort avec tous les tourments qui la devaient accompagner.

Car il avait toutes ces choses présentes à la pensée ; et, sachant combien elles devaient glorifier son Père, il lui en faisait un parfait holocauste. Il s'offre avec joie, heureux de pouvoir souffrir et mourir pour réparer l'outrage que la révolte de l'homme a fait à la majesté divine, avec un sentiment profond de respect, d'amour et de zèle pour la gloire de ce divin Père. Il en est si jaloux, il est si empressé de la lui rendre, qu'il devance, par l'oblation la plus entière de tout son être, l'heure de son sacrifice, et appelle de toute l'ardeur de ses désirs son sanglant baptême.

Sont-ce là tes dispositions, ô mon âme ? ou plutôt, hélas ! ces religieuses affections ne te sont-elles pas étrangères ? Que vous ai-je donne en effet, ô mon Dieu ! moi qui ai tout reçu de vous : l'être, la vie, tous les biens de la nature, tous les dons de la grâce et jusqu'aux arrhes et aux gages de la gloire ? Que vous ai-je donné jusqu'à ce jour? rien, absolument rien, pas même ce cœur si pauvre, si misérable, que vous m'avez demandé tant de fois, qui vous appartient à tant de litres, que vous seul pouvez rendre heureux. Ah ! quand même à tout instant mon âme se serait exhalée en votre présence, quand à chaque battement de mon coeur, je vous aurais offert et immolé tout ce que je suis, donné tout ce que je possède, entièrement et sans réserve, que vous aurais-je offert, donné, immolé, qui ne vous appartînt, ô souverain Maître, ô généreux et magnifique Bienfaiteur! Oh ! que l'homme connaît peu vos droits ! qu'il entend mal ses intérêts, puisque « nous ne perdons rien en donnant tout, et que, quoi que nous vous donnions, vous nous le rendez toujours meilleur que nous ne vous l'avons donné. »

« O Jésus ! quelle victime voulez-vous que je sois ? voulez-vous que je sois un holocauste consumé et anéanti devant votre Père par le martyre du saint amour ? Voulez-vous que je sois une victime pour le péché par les saintes austérités de la pénitence, ou une victime pacifique et eucharistique dont le cœur touché de vos bienfaits s'exhale en actions de grâces, et se distille en amour à vos yeux ? Voulez-vous qu'immolé à la charité, je distribue tous mes biens pour la nourriture des pauvres, ou que, frère sincère et bienfaisant, je donne ma vie pour les chrétiens, me consumant en pieux travaux dans l'instruction des ignorants et dans l'assistance des malades ? me voilà prêt à m'offrir et à me dévouer, pourvu que ce soit avec vous, puisque avec vous je puis tout, et que je serai heureux de m'offrir par vous et en vous à Dieu votre Père. »



Vertu à obtenir : L'esprit de sacrifice.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus s'offrant à son Père, à sa première entrée dans le Temple, comme victime d'expiation pour nos péchés. « Oh ! que cette offrande est précieuse ! jamais il ne s'en est fait une pareille depuis la naissance du monde. »

Comprenez que par proportion c'est ainsi que vous devez vous présenter devant l'autel. Il est écrit dans la Loi : Vous ne paraîtrez pas en ma présence les mains vides, c'est-à-dire sans oblation. C'est pour cela que David disait : J'entrerai dans votre maison, Seigneur ! avec des holocaustes : Je vous offrirai la moelle des victimes.

« Donnons donc à Dieu nos membres, qui sont sur la terre, consacrons- les tous à son service.

Soyons des holocaustes raisonnables et des victimes parfaites : donnons-nous tout entiers à Dieu, afin qu'il nous rende tout entiers à nous-mêmes ; car en réalité, c'est recevoir que de donner à Dieu et lui offrir noire salut en sacrifice. »



Prière


Seigneur Jésus, qui avez voulu dès votre Enfance être présenté à Dieu votre Père en qualité de victime, pour témoigner, dès le commencement de votre vie, que vous étiez résolu à souffrir la mort, et qui avez inspiré à votre très-sainte Mère de se purifier elle-même, pour donner à tous les chrétiens un grand exemple d'obéissance et d'humilité, accordez-nous la grâce de nous anéantir assez nous-mêmes, pour devenir une même victime avec vous et d'être assez purs pour avoir part à la sainteté de Marie. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 27 Jan 2017 - 20:25

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 27 janvier

L'Enfant Jésus veut être racheté.


Lorsque le temps où une femme qui a mis au monde son premier-né doit se purifier sera accompli, elle portera à l'entrée du tabernacle du témoignage un agneau d'un an, pour être offert en holocauste. Si elle n'a pas un agneau d'un an et qu'elle n'en ait pas le moyen, elle prendra deux tourterelles ou deux petites colombes. (Lévit.,XII. 6.)

« Dieu tempère sa loi selon les besoins : sa rigueur, quoique régulière, est accommodante, et il permet au pauvre, au lieu d'un agneau qui dans son indigence lui coûterait trop, d'offrir des oiseaux d'un vil prix, mais agréables par leur simplicité et par leur douceur. Quoi qu'il en soit, il est constant que les tourterelles et les pigeons sont la victime des pauvres. Dans l'oblation du Sauveur, l’Évangile excluant l'agneau, et ne marquant que l'alternative des colombes ou des tourterelles, a voulu expressément marquer que le sacrifice de Jésus-Christ a été celui des plus pauvres. Mais pourquoi ce premier-né est-il racheté ? Fallait-il racheter le Rédempteur ? Le Rédempteur portait en lui-même la figure des esclaves et des pécheurs. Sa sainte Mère ne pouvait le conserver en sa puissance qu'en le rachetant » (Bossuet)
Plus on contemple attentivement et en détail les mystères du Verbe incarné, plus on a de peine à concevoir l'excès de ses abaissements. Comment n'être pas confondu, anéanti à la seule pensée du Rédempteur du genre humain racheté par quelques pièces de monnaie, et le sacrifice de sa vie suppléé pour un temps par celui de quelques animaux ? « Il s'est assujetti à une loi de servitude et d'esclavage, pour en affranchir ceux qui y étaient soumis, et afin que nous devinssions des enfants adoptifs » (Gai., 4, 5).
Ô générosité divine ! ô humilité ! ô charité ! Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens que j'ai reçus de lui ? (Ps. 115, 3)  
Ô Jésus naissant ! mettez du moins la reconnaissance dans mon coeur, et faites que je commence à sentir 1° à quel prix nous avons été rachetés, 2° à quel prix vous avez voulu l'être.



A quel prix nous avons été rachetés.

Lorsqu'un prince dont la conservation intéresse le bonheur de tout un peuple est tombé au pouvoir des ennemis, rien ne coûte pour l'arracher de leurs mains. Pour obtenir sa liberté, on dépouille le diadème de ses pierreries, les sujets se dépouillent de leur or : tous veulent contribuer à sa rançon par quelque sacrifice. Et cependant que sont tous ces sacrifices comparés à celui au prix duquel nous avons été rendus à la liberté des enfants de Dieu ? Non, ce n'est pas par des choses corruptibles, comme l'or ou l'argent, que vous avez été rachetés, mais par le précieux sang de Jésus-Christ.
La conséquence que le Prince des apôtres tire pour les fidèles de cette importante réflexion, c'est la haute estime qu'ils doivent concevoir de leur âme, le mépris qu'ils doivent faire de la gloire et des plaisirs, parce que toute chair est comme l'herbe, et toute la gloire de l'homme comme la fleur de l'herbe . C'est leur attention continuelle à se conserver dans la sainteté et dans l'innocence, pour ne point dégénérer de la dignité à laquelle les a élevés leur inappréciable rachat ; c'est la constance et la générosité de leurs efforts, pour croître sans cesse en perfection, vivant étrangers à la malice et à la corruption du siècle, comme une nation sainte et un peuple conquis', et habitant déjà parleurs désirs et leurs pensées au milieu de la bienheureuse société des Prédestinés.

Sont-ce là les considérations qui ont servi de base à vos jugements ? Est-ce d'après ces vues que vous avez apprécié la valeur de votre âme et l'étendue de vos obligations ? ou plutôt perverti par l'esprit du siècle, sans cesse en contact avec des hommes esclaves des sens et dominés par les passions, n'avez-vous pas habituellement oublié la plus noble partie de vous-même, placé les intérêts spirituels bien au-dessous des frivoles avantages de la terre et du temps, traité enfin avec une sorte de mépris cette âme qu'un Dieu n'a pas jugée indigne de ses recherches et de ses sacrifices, ne vivant presque que pour ce corps que tant de misères affligent et que dévorera un jour la corruption du tombeau ?

Il est trop vrai, ô mon divin Rédempteur ! c'est là le désordre de ma conduite : c'est là mon crime, c'est là le principe de mes vaines attaches et de mes humiliantes faiblesses. Mon âme a été précieuse à vos yeux, et je l'ai traitée comme une chose vile. Vous êtes descendu des cieux pour la racheter, et par le plus inconcevable délire, je ne me suis pas mis en peine de répondre à votre miséricorde et de coopérer aux prodiges de votre immense charité ! Prenez pitié de moi, ô vous qui m'avez racheté : donnez-moi le sentiment de ce que je suis comme créature acquise par votre sang et destinée à vous posséder.



A quel prix Jésus-Christ a voulu être racheté

A parler exactement, lorsque Jésus-Christ consentait à être racheté, il était impossible de trouver une offrande équivalente à son mérite. Tous les trésors du monde ne pouvaient être le prix de celui à qui tout appartient, ni toutes les créatures offertes en holocauste racheter la vie de celui par qui tout existe. Mais du moins il semble qu'un don plus magnifique et un sacrifice plus solennel eussent plus dignement figuré l'offrande et le sacrifice de l'homme-Dieu. Vous, le croyez, mais le seul véritable appréciateur de toutes choses en a jugé autrement. Il ne venait pas pallier, mais guérir nos cupidités par l'irrésistible autorité de ses exemples; et parce que l'orgueil et l'amour des richesses sont les deux grandes plaies du cœur humain, il voulait en offrir dans toutes les circonstances de sa vie le remède efficace. C'est ainsi qu'il se plaît dans la pauvreté, qu'il aime la bassesse, qu'il en étale les marques en tout et partout. N'oublions pas un si grand mystère, et en mémoire de celui « qui, étant riche, s'est fait pauvre pour l'amour de nous, afin de nous enrichir par sa pauvreté » (1 Cor. 8, 3) aimons-en le précieux caractère.

Mais la disproportion entre cet inestimable Rédempteur et le prix offert pour lui, et la nature des victimes immolées à sa place, et par elles-mêmes étrangères à la cause comme aux effets de son sacrifice, ne nous présentent-elles pas quelque autre instruction ? Ah ! c'est nous qui devions mourir à cause de notre péché : c'était réellement à nous à subir la mort.
Dieu nous en délivre par Jésus, qui meurt pour nous : et c'est en figure de Jésus, notre véritable victime, qu'on immole des animaux. Ils meurent donc pour lui en quelque sorte, jusqu'à ce qu'il vienne ; et nous sommes exempts de la mort par son oblation. Mais le sommes-nous de la mort de la pénitence, de la mort au péché, de la mort aux mauvais désirs ? Mais pouvons-nous encore vivre à la vaine gloire, à la sensualité, à nos frivoles ou dangereuses attaches ? Mais serons-nous encore étrangers à l'abnégation, à l'esprit de sacrifice, à l'amour de la croix ? ou plutôt ne sentirons-nous pas que c'est à nous à suppléer par l'immolation continuelle de tout notre être à l'insuffisance des offrandes de la loi, et par là à mériter de participer aux mérites infinis de l'oblation de notre divin Chef ?



Vertu à obtenir : L'amour de la pénitence.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus racheté par sa pieuse Mère.

Ô bonté infinie de Dieu qui, nous ayant donné son Fils dans l'Incarnation, ne veut pas le reprendre, mais confirme dans le Temple la donation qu'il en avait faite, et nous en fait un nouveau présent pour notre salut éternel.

Recevez-le pour nous des mains du prêtre, ô Marie ! comme des mains et de la part du Père céleste lui-même : mais vous ne le garderez pas longtemps ; vous le verrez revendu pour trente deniers, et livré au supplice de la croix.

Rappelez-moi souvent à quel prix j'ai été racheté, et à combien de titres j'appartiens à Jésus-Christ.



Prière


Divin premier-né ! soit que vous soyez racheté pour être à moi dans votre enfance, soit que vous soyez vendu pour être encore plus à moi à la fin de votre vie, je veux me racheter pour vous de ce siècle malin ; je veux me vendre pour vous et me livrer pour vous à l'exercice de la pénitence et de la charité.

Je suis à vous, Seigneur, sauvez-moi de ma faiblesse et de mon inconstance, et de la cruelle persévérance des ennemis de mon salut. Ainsi soit-il.





_________________

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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Sam 28 Jan 2017 - 21:03

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 28 janvier

L'Enfant Jésus attire Siméon dans le temple.


Il y avait dans Jérusalem un homme Juste et craignant Dieu, nommé Siméon, qui vivait dans l'attente de la consolation d'Israël ; et le Saint-Esprit était en lui, et il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point qu'auparavant il n'eût vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple par un mouvement de l'Esprit de Dieu. ( Luc, II. 25. 26. 27.)

« Voici un homme admirable, et qui fait un grand personnage dans les mystères de l'Enfance de Jésus. Premièrement c'est un saint vieillard qui n'attendait plus que la mort ; il avait passé toute sa vie dans l'attente de la céleste consolation. Son attente était une préparation à la grâce de voir Jésus ; mais celle préparation était encore éloignée. La dernière et la plus prochaine disposition, c'est qu'après avoir longtemps attendu avec foi et patience, tout à coup il sent dans son cœur une impulsion aussi vive que secrète d'aller au Temple, sans qu'il sût peut-être distinctement ce qu'il y allait trouver, Dieu se contentant de lui faire sentir que ses vœux seraient satisfaits ». (Bossuet) Et comment ne le seraient ils pas, puisque celui qui met ce sentiment dans son cœur est le Christ même qu'il désire, la consolation promise à son attente ?
Ô divin Enfant, que vous êtes fidèle dans vos promesses ! que vous êtes bon envers ceux qui ont le cœur droit ! avec quelle générosité vous les prévenez de vos plus douces bénédictions, quand ils ne mettent point d'obstacles aux desseins de votre amour, et surtout quand ils savent apprécier vos dons et se disposer à les recevoir ! Apprenez de l'exemple de Siméon qu'il y a deux sortes de préparations à la grâce : 1° la préparation éloignée ; 2° la préparation prochaine.



La préparation éloignée.

Il n'est pas nécessaire, comme plusieurs se l'imaginent, de mener un genre de vie extraordinaire pour rececevoir les grâces de Dieu : ce n'est pas uniquement par des pratiques de piété hors de la portée du commun des fidèles qu'on attire en soi l'Esprit saint, mais par une conduite régulière et solidement chrétienne. On peut dire même que l'habitude des spéculations oiseuses et des idées chimériques d'une perfection à laquelle on n'est pas appelé, non-seulement est stérile pour l'âme qui s'en nourrit, et n'est pas sans danger pour l'humilité, mais même qu elle fait perdre de vue l'accomplissement des devoirs , et la pratique journalière des vertus qui conduit à la perfection véritable. Voyez en effet par quels moyens Siméon s'était rendu digne de voir le Messie, et de publier ses grandeurs :
II était juste, c'est-à-dire, selon le langage de l'Écriture, qu'il s'acquittait parfaitement de ses devoirs envers Dieu et envers les hommes ; il était craignant Dieu, plein de respect pour sa divine majesté et pour l'observation de sa loi ; il vivait dans l'attente de la consolation d'Israël : c'était là son unique espérance, le seul désir qui occupait son cœur ; enfin l'Esprit saint était en lui. Il l'avait attiré par sa foi, conservé par la persévérance de son attente. Voilà certainement des vertus en apparence bien simples, et une conduite qui ne semble pas excéder la régularité à laquelle étaient obligés tous les enfants d'Israël. Et cependant, lorsque l’Évangéliste en retrace si exactement tous les détails, et qu'il ajoute que l'Esprit saint était dans cet homme juste, il nous donne assez à entendre que son âme lui était agréable, et qu'il se plaisait à y habiter comme dans son temple.

Ce ne sont donc ni des actions éclatantes, ni des entreprises ou des pratiques extraordinaires qui attirent les regards de Dieu et ses miséricordes sur une âme, mais un véritable esprit de foi, mais une intention droite et pure, mais une constante fidélité dans l'accomplissement de tous les devoirs.
Ô mon Dieu ! que d'illusions je me suis faites sur ce point ! que d'aperçus et de vagues idées j'ai pris pour des projets de conversion ! que de stériles désirs, pour des résolutions invariables ! Combien de fois ne me suis-je pas dit :
Que ne puis-je, comme les Hilarion et les Bernard, me cacher dans la profondeur des solitudes et y vivre uniquement occupé de Dieu, loin des périls et des agitations de ce monde ! Que ne m'a t-il été donné, comme aux martyrs, de sacrifier ma vie pour Jésus-Christ ! Qu'ils sont heureux les hommes apostoliques qui, à travers les mers, vont annoncer son nom aux nations infidèles ! que leur sort est digue d'envie! Et je ne m'apercevais pas qu'eu nourrissant perpétuellement mon imagination de sacrifices que la Providence ne m'a point imposés, je perdais de vue ceux que journellement elle exige de moi, et qu'en rêvant une perfection à laquelle je ne suis point appelé, je négligeais en réalité les plus indispensables obligations.
Divin Jésus ! donnez-moi enfin de bien sentir que c'est dans une fidèle correspondance à votre grâce, dans l'exécution généreuse des desseins qu'elle inspire, dans l'application aux soins et aux devoirs de mon état et de ma religion, que consiste pour moi la sainteté, que c'est là enfin la préparation éloignée à vos bienfaits et à vos faveurs.



La. préparation prochaine.

Comme c'était spécialement dans nos saintes églises que Dieu devait un jour exaucer les voeux des fidèles et leur accorder ses faveurs, c'est dans le Temple aussi qu'il veut contenter l'attente, et couronner la persévérance de Siméon; et de plus, parce que sa grâce, pour se communiquer aux âmes, exige d'elles non-seulement une sainteté habituelle, mais encore une disposition actuelle de foi et de piété, c'est par un mouvement de l'Esprit saint qu'il y est conduit. Il vint en esprit dans le Temple. C'est-à-dire qu'un désir plus vif accompagné d'une certaine lumière, un attrait plus fort et plus doux le pressaient de se rendre au Temple, et qu'une voix intérieure lui disait : Le moment après lequel vous avez soupiré si longtemps est arrivé. Jugez de ce que l'inattention, la dissipation, la nonchalance pouvaient lui faire perdre !
Mais non : son esprit est aussi recueilli que son cœur est docile; et, avec un redoublement de ferveur et d'amour, il se prépare à la grâce inestimable qui l'attend, et plein d'espérance, il se hâte vers le saint lieu.

Vous reconnaissez-vous à ces traits ? Votre âme est-elle habituellement assez pure pour que l'Esprit saint fasse en elle sa demeure ? Y règne-t-il un calme assez profond pour que sa voix puisse s'y faire entendre, pour que le plus léger souffle de la grâce lui donne un mouvement et la dirige ?
Ô Ciel ! que cette disposition habituelle est rare ! Mais au moins, quand vous vous rendez dans la maison de Dieu, y portez-vous cette préparation prochaine, ces dispositions actuelles que vous prescrivent si rigoureusement et sa majesté infinie et votre profonde misère ? y venez-vous en esprit? fie vous contentez-vous pas trop souvent d'y porter votre corps ? Est-ce l'Esprit de Dieu qui vous y conduit ? N'est-ce pas bien plus habituellement la coutume, la bienséance, une routine de christianisme et de dévotion ? Est-ce un esprit de foi qui vous fasse découvrir dans ces demeures bâties de la main des hommes la maison de Dieu et la porte du ciel ,, un esprit de dévotion qui vous pénètre de la plus vive et de la plus juste reconnaissance pour le Sauveur miséricordieux qui ne dédaigne pas d'y faire son séjour, de s'y offrir journellement en sacrifice, de vous inviter à l'y venir visiter ? mais lors surtout que la plus grande action comme le plus grand bonheur vous y appelle, quand vous venez pour y recevoir Jésus-Christ, non-seulement entre vos bras, mais dans votre cœur, ressentez-vous quelque chose de cette tendre émotion, de ces saintes ardeurs dont l'âme de Siméon était toute remplie, et qui achevaient de la préparer aux grâces précieuses dont il allait être comblé ?

Hélas ! ô mon Sauveur ! toutes ces questions me pénètrent de regret et d'effroi ; je n'y puis répondre que par mes gémissements et par mes larmes. Non, non : il faut bien que je le confesse, ni mon esprit n'est frappé d'une religieuse frayeur, ni mon cœur ému de tendresse à votre approche ; je ne connais ni ces pleurs d'amour que la seule vue de l'autel arrachait à vos serviteurs, ni ces transports de joie qu'excitait en eux la pompe de nos saintes solennités.
Et cependant cette consolation d'Israël qui avait si longtemps soutenu l'attente de Siméon, nos tabernacles ne la renferment-ils pas ? Que dis-je  ? c'était l'espérance qui réveillait son ardeur et précipitait ses pas vers le temple. Mais, plus favorisé que lui, n'ai-je pas l'infaillible certitude de la foi ; et, quand elle me guide vers le sanctuaire, ne m'atteste-t-elle pas invinciblement que je vous y trouverai ?
Pardonnez, ô divin Jésus ! à ma froideur et à ma dissipation : détournez votre face de mes péchés, et effacez toutes mes iniquités :
ne me rejetez pas de votre présence, et ne m'ôtez pas votre Esprit saint. Envoyez-moi votre lumière et votre vérité; ce sont elles qui me conduiront sur votre montagne sainte et dans vos tabernacles. (Ps. 50 et 42)



Vertu à obtenir : Le recueillement dans le lieu saint.




Résolutions et aspirations


Honorez souvent pendant la journée l'Esprit saint, l'Esprit de Jésus qui prend le soin de la conduite de votre âme, et qui l'excite à la pratique des bonnes oeuvres : ne faites rien aujourd'hui que par le mouvement de la grâce.

Demandez-lui souvent pour cet effet le secours de ses lumières et de ses inspirations. Oh ! si jamais vous n'aviez mis d'obstacle aux bons mouvements de l'Esprit saint, à tout ce qu'il voulait opérer en vous, quelles pures délices vous auriez goûtées ! que de mérites vous auriez accumulés ! conjurez-le de vous accorder l'humilité de l'esprit et la docilité du cœur.



Prière


Divin Jésus ! qui, dans les temples matériels et dans l'assemblée visible des fidèles, nous montrez une image de leur invisible réunion avec vous dans l'éternité, animez notre foi et affermissez notre espérance, afin que, comme Siméon, vivant dans l'attente de la consolation céleste, et guidés par votre Saint-Esprit, nous ayons aussi le bonheur de vous voir et de vous posséder à jamais dans la véritable Jérusalem. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 29 Jan 2017 - 22:35

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 29 janvier

L'Enfant Jésus en butte aux contradictions.


Cet enfant que vous voyez est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction. (Luc, XI. 34.)

Vous êtes d'en bas, et je suis d'en haut. Vous êtes du monde , et je ne suis pas du monde. La lumière est venue dans le monde ; et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises (Jean.. 4, 23).
« Voilà trois paroles du Fils de Dieu, qui contiennent toutes les raisons pour lesquelles les hommes n'ont pu le souffrir : ils sont superbes, et ils ne veulent pas s'humilier, pour recevoir les sublimités qu'il leur annonce ; ils sont charnels et sensuels, et ils ne veulent passe dépouiller de leurs sens, pour entrer dans les choses spirituelles où il les veut faire entrer ; ils sont vicieux et corrompus, et ils ne peuvent souffrir d'être repris par la vérité. » (Bossuet) Voilà la vraie cause de ce soulèvement contre la religion, de ces clameurs et de ces récriminations qui retentissent autour de vous, de cette contradiction, en un mot, à laquelle le christianisme a été constamment en butte depuis son établissement. Priez aujourd'hui l'Enfant divin qui en est l'objet, de vous faire la grâce de n'en être point ébranlé, et de vous faire comprendre qu'elle est entièrement impuissante 1° contre la foi, 2° contre le fidèle.



impuissante contre la foi.

Le christianisme a été contredit, attaqué, combattu sur tous les points, d'abord dans la personne de son divin Fondateur ; sa naissance et sa vie, sa mort et sa résurrection, sa doctrine et ses œuvres, ses miracles et ses vertus ont été contestés, décriés, niés avec une persévérance et une inexplicable fureur ; ensuite dans les apôtres et les fidèles :
ils ont été poursuivis, tourmentés, objets de la haine et de l'exécration de tous les peuples, et pendant trois siècles surtout, l'univers s'est ligué pour les anéantir. Pas une objection, pas une difficulté, pas une chicane qui n'ait été avancée, soutenue, répétée mille fois, et de siècle en siècle reproduite sous mille formes diverses. Tantôt la contradiction est venue du dehors :
c'étaient les tyrans avec leurs bûchers et tous les raffinements de la plus atroce barbarie ; c'étaient les philosophes avec leurs sophismes si flatteurs pour l'orgueil, leur morale si commode pour les passions. Tantôt c'est du dedans, et du sein même de l'Eglise qu'elle s'est élevée :
c'était l'hérésie avec sa perfidie ou son audace, le dérèglement des mœurs et de scandaleuses discordes. A certaines époques la tempête est devenue si terrible, l'obscurité si grande, que le monde a paru menacé de retomber dans les ténèbres dont l'avait retiré l’Évangile.
Cependant qu'est-il arrivé ? Ce qui arrive lorsque, après un violent orage, le soleil, chassant devant lui les vapeurs impures qui interceptaient sa lumière, brille d'un plus vif éclat, et semble rendre la vie à la nature : le sang des martyrs est devenu une semence de chrétiens; la patience des confesseurs a lassé l'opiniâtreté des persécuteurs : les apologistes de la religion ont réduit au silence l'imposture et la calomnie :
la voix de l'Eglise s'est fait entendre, et, en foudroyant l'erreur, en a extirpé la racine par la précision et la clarté de ses solennelles décisions ; et le flambeau de la foi continue de guider les fidèles vers leur terme.

Homme de peu de foi ! pourquoi donc avez-vous douté (Matthieu. 14, 21) ? Le passé ne vous répond-il pas de l'avenir ? Le vaisseau de l'Eglise a-t-il été délaissé par le divin Pilote qui l'a lancé à travers les tempêtes ? Si sa main puissante l'a constamment soutenu, garanti, dirigé pendant une traversée de dix-huit siècles, pourquoi craignez-vous qu'il en abandonne la conduite ? Ecoutez et méditez ces paroles du Psalmiste, que saint Augustin met dans la bouche de l’Épouse de Jésus-Christ (August. dans Ps. 118) :
« Mes enfants, dit la sainte Eglise, je ne m'étonne pas de tant de traverses ; j'y suis accoutumée dès ma tendre enfance :
les ennemis qui m'attaquent n'ont jamais cessé de me tourmenter dès ma première jeunesse ; et ils n'ont rien gagné contre moi, et leurs efforts ont toujours été inutiles. Je ne m'étonne pas de ces violences. Regardez, mes enfants, mon antiquité ; ces cruelles persécutions dont a été tourmentée mon enfance, m'ont-elles pu empêcher de parvenir heureusement à cette vieillesse vénérable ? Non, je ne m'étonne plus des persécutions : si c'était la première fois, j'en serais peut-être troublée ; maintenant la longue habitude fait que je ne m'en émeus point ; je laisse agir les pécheurs. Je suis bien aise de prouver ma foi à celui qui m'a appelée, et de me montrer digne de son choix par une si noble épreuve d'un amour constant et fidèle. »(Bossuet) Entrez dans ces sentiments, Enfant de l'Eglise.

Imitez la confiance de votre mère : souvenez-vous que la parole de Dieu est immuable, et dites-lui, au milieu des alarmes que vous fait concevoir le déchaînement des ennemis de la religion : Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi, parce que mon âme se confie en vous, et que j'espérerai toujours sous l'abri de vos ailes, jusqu'à ce que l'iniquité ait passé (Ps. Ps. 51, 1).



Contradiction du monde impuissante contre le fidèle.

Comme c'était spécialement dans nos saintes églises que Dieu devait un jour exaucer les vœux des fidèles et leur accorder ses faveurs, c'est dans le Temple aussi qu'il veut contenter l'attente, et couronner la persévérance de Siméon; et de plus, parce que sa grâce, pour se communiquer aux âmes, exige d'elles non-seulement une sainteté habituelle, mais encore une disposition actuelle de foi et de piété, c'est par un mouvement de l'Esprit saint qu'il y est conduit. Il vint en esprit dans le Temple. C'est-à-dire qu'un désir plus vif accompagné d'une certaine lumière, un attrait plus fort et plus doux le pressaient de se rendre au Temple, et qu'une voix intérieure lui disait : Le moment après lequel vous avez soupiré si longtemps est arrivé. Jugez de ce que l'inattention, la dissipation, la nonchalance pouvaient lui faire perdre !
Mais non : son esprit est aussi recueilli que son cœur est docile; et, avec un redoublement de ferveur et d'amour, il se prépare à la grâce inestimable qui l'attend, et plein d'espérance, il se hâte vers le saint lieu.

Que votre cœur ne se trouble pas, disait Jésus-Christ à ses disciples, la veille même de sa mort, vous aurez bien à souffrir dans le monde, mais ayez confiance ; j'ai vaincu le monde. (Jean 14, 1 16, 33)
Il l'a vaincu en effet. Vous l'avez vu, la contradiction n'a pu arrêter la publication et les progrès de l’Évangile : elle n'a servi même qu'à étendre et à affermir l'autorité invincible de la foi. Ceux qui l'ont combattue en ont été punis par l'aveuglement et l'abandon. Ceux qui s'y sont soumis avec docilité ont trouvé sous sa conduite la sagesse, la lumière et la paix. Ainsi s'est vérifiée la prédiction du saint vieillard : Cet Enfant que vous voyez est pour la perte et pour la résurrection de plusieurs en Israël ; prédiction que Jésus, sur le point de monter au ciel, expliquait lui-même quand il disait : Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira point sera condamné. (Marc 16, 16)
Ainsi a été révélé, comme Siméon l'avait encore prophétisé, le secret des cœurs. Cette contradiction à laquelle le Sauveur a été en butte en a dévoilé l'orgueil, la corruption et la profonde malice. Comme la vérité et la sainteté n'avaient jamais paru plus parfaites et plus victorieuses que dans sa doctrine et dans ses exemples, elles ne pouvaient manquer d'humilier l'esprit superbe et d'alarmer les fausses vertus des pharisiens et des docteurs de la loi ; elles leur sont devenues odieuses et insupportables, précisément parce qu'elles étaient dans sa personne, convaincantes et irrépréhensibles ; ils n'ont plus été arrêtés par rien pour s'en débarrasser, et il fallut crucifier celui qui était la vérité et la sainteté même.

Ce secret des cœurs n'est-il pas aussi clairement révélé aujourd'hui par la contradiction presque universelle dont la religion est l'objet ?
Cette fausse sagesse qui s'élève avec hauteur contre la science de Dieu (2 Cor. 10, 5) ; ces fausses vertus qui servent de voile à de honteux désordres, de prétexte à l'indifférence et d'apologie même à l'impiété, ce mépris de la vie future, ce monstrueux oubli de Dieu, ne vous révèlent-ils pas l'irrémédiable misère des cœurs qui s'obstinent à se révolter contre la foi ? Qui les pousse donc à contrarier ainsi leur nature, à démentir leur raison, à étouffer le cri de leur conscience ? Quel bien peuvent-ils espérer de leur impiété ? A quel terme fait-elle aboutir leur prospérité ? Quel soulagement leur procure-t-elle dans la souffrance, quelle consolation dans le malheur ? C'est donc à la satisfaction de leurs passions aveugles, qu'au reste rien ne contente pleinement, qu'ils sacrifient et le bonheur du temps et leur félicité éternelle. Comment l'inconséquence d'une telle conduite pourrait-elle faire chanceler la foi dans votre âme ? ou plutôt comment ne vous attacherait-elle pas plus invinciblement à cette Eglise du Dieu vivant qui est la colonne et le soutien de la vérité (1 Tim. 3, 15) ?

Ah ! Seigneur, je vous l'avoue, mes pieds ont été presque ébranlés, mes pas ont presque chancelé (Ps. 72) quand j'ai vu la multitude des déserteurs de votre loi. Et je ne réfléchissais pas que nous ne pouvons rien contre la vérité, (2 Cor. 13, 8.) que quand des milliers d'aveugles s’obstineraient à nier la clarté du soleil, sa lumière n'en éclairerait pas moins l'univers. Je ne faisais pas attention qu'unis par la haine de la vérité et par leur commune opposition à la sainteté, les ennemis de la religion sont divisés entre eux par l'erreur et par toutes les passions ; que, malgré toutes leurs recherches, ils n'ont pourtant découvert ni des règles et des principes de morale plus sûrs, ni des motifs de consolation plus puissants, ni des gages d'espérance plus solides que ceux que nous présente l’Évangile, et que cette coupable indifférence contre laquelle réclament leur esprit et leur cœur, est la contradiction la plus injuste que les hommes pouvaient susciter à leur divin Rédempteur, et sera pour eux le sujet d'une terrible condamnation.



Vertu à obtenir : Une soumission aveugle à toutes les décisions de l'Eglise.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus qui, à peine né, veut être présenté comme
un signe de contradiction.

Ah ! mon Sauveur ! je n'avais pas entendu jusqu'à ce jour cette étonnante parole que vous avez adressée aux envoyés de saint Jean-Baptiste : Heureux celui qui ne se scandalisera point à mon sujet (Matthieu 11, 6) ! Tout en vous a scandalisé les hommes, tout, jusqu'à votre miséricorde et à vos plus doux bienfaits. Ils n'ont cessé de vous contredire.

Combien de fois ne me suis-je pas rendu coupable de cette ingratitude ; Ma vie a été dans une continuelle opposition avec la vôtre, mes affections, mes pensées, mes œuvres ont constamment contrarié vos maximes, votre esprit, votre croix.

Ô mon Sauveur ! je frémis à cette parole : Cet enfant a été établi pour la perte de plusieurs. Que je ne sois pas de ce nombre, ô Jésus ! vous êtes aussi la résurrection et la vie (Jean 11, 26) : ressuscitez-moi et que je ne meure plus, mais que je vive d'une vie de charité et de bonnes oeuvres.



Prière


Ô mon Sauveur ! en voyant le petit nombre de ceux qui vous restent fidèles et l'innombrable multitude de ceux qui vous délaissent ou qui se tournent contre vous, mon âme s'est troublée.
J'oubliais, mon Dieu, que cette triste défection a été prédite, et que ceux qui vous contredisent pour leur ruine vérifient la prophétie aussi bien que ceux qui vous adorent.

Affermissez donc ma foi, et faites qu'en m'affligeant de la perte de tant d'âmes rachetées comme moi de votre sang, je m'anime d'une confiance nouvelle en voire miséricorde et d'une inviolable fidélité à votre service. Ainsi soit-il..





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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 5 Fév 2017 - 19:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 31 Jan 2017 - 0:58

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 30 janvier

L'Enfant Jésus la lumière des gentils et la gloire du peuple de Dieu.


Mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous donnez et que vous destinez pour être exposé à la vue de tous les peuples, pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire d'Israël votre peuple. (Luc, 2, 30 et suiv.)

« Siméon ne voit rien encore qu'un enfant où rien ne paraît d'extraordinaire ; et Dieu lui ouvre les yeux de l'esprit, pour voir que c'est la lumière que Dieu prépare aux gentils pour les éclairer, et le flambeau pour les recueillir de leur dispersion : en même temps la gloire d'Israël, celui où se réunissent ceux qui sont loin et ceux qui sont près : en un mot l'attente commune des deux peuples, comme Jacob Je vit en mourant, lorsqu'il vit sortir de Juda celui qui était l'espérance de tous les peuples de l'univers. » (Gen. 49, 10) (Jean.. 4, 23).

Prenez aussi l'Enfant Jésus entre vos bras, c'est-à-dire approchez-vous de lui avec une foi vive et une ardente charité : priez-le de répandre en vous quelque étincelle du feu sacré dont il embrase le cœur du saint vieillard, afin que vous découvriez comme lui dans les premiers mystères du Verbe incarné, 1° la lumière des âmes, 2° la gloire et la consolation des cœurs.



La lumière des âmes.

C'est toujours sous l'emblème de la lumière, que le Rédempteur promis au genre humain est annoncé et présenté par les prophètes : « Voici, s'écrie Isaïe, ce que dit le Seigneur à celui qu'il doit envoyer :
Je vous ai établi pour être la lumière des nations, pour ouvrir les yeux aux aveugles, et pour faire sortir de prison ceux qui étaient dans les ténèbres. Les nations marcheront à la lueur de votre lumière, et les rois à la splendeur qui se lèvera sur vous »
. (Isaïe 42 et 60) La lumière s'est levée sur le juste, dit le Psalmiste, parlant de l'avenir comme d'un événement accompli ; et le Jour de l'allégresse a lui pour les cœurs droits (Ps. 96, 11 ). C'est qu'en effet Jésus-Christ est la vraie lumière de nos âmes ; c'est que, sans la foi qui a révélé à l'homme son principe et sa fin dernière, jamais il ne pouvait percer la nuit épaisse dont les erreurs l'avaient enveloppé. Des ténèbres plus profondes que celles qui couvraient au commencement la face de l'abîme lui eussent à jamais dérobé la vérité.

C'est pour rappeler à ses enfants et pour rendre ces principes plus frappants pour eux, que l'Eglise a consacré l'usage de bénir, le jour de la Purification, et de porter à la procession des cierges allumés. Son dessein dans cette pieuse cérémonie est de représenter le feu de l'amour divin qui doit embraser leur cœurs, et en bannir tout mélange de feu étranger (Nom., 5, 1), c'est-à-dire le feu des passions, qui ne peut que les souiller et les profaner. Elle veut aussi, en honorant la lumière incréée qui a daigné se manifester à leurs yeux pour dissiper leurs ténèbres, leur faire sentir l'obligation où ils sont de préparer ses voies par les bonnes oeuvres qui doivent les rendre la lumière du monde (Matthieu 5, 14 et 16).

Mais les âmes miséricordieusement attirées à l'étude et à la connaissance des mystères de la divine Enfance n'y trouveront-elles pas de plus hautes instructions, et des obligations plus étroites ? Le Maître souverain par qui tout a été fait, l’Éternel par qui tout subsiste, inconnu de l'univers qu'il vient sauver, étranger au milieu d'un peuple qu'il a appelé son peuple, dédaigné, rebuté par ses propres créatures, et dans ce temple dont il est le vrai Dieu, n'étant reconnu que par un vieillard et une veuve !
Qu'est-ce donc, à mon Sauveur ! qu'est-ce que l'estime, l'approbation, l'admiration même des hommes ? pourquoi donc tant désirer de vivre dans leur pensée, leur affection, leur souvenir ? pourquoi m'affliger si vivement de leur oubli, de leur abandon, et même de leur ingratitude ? Comment consumer, tourmenter ma vie à désirer et à regretter ? Qu'y a-t-il donc pour moi dans le ciel, et que puis-je vouloir de vous sur la terre, hors vous seul, ô mon Dieu ? A la lumière de vos exemples, il me semble que j'entrevois ces hautes vérités ; mais que de nuages encore à dissiper ! que d'obstacles à vaincre dans mon cœur, pour y conformer ma conduite ! Je crois, ô mon Sauveur ! aidez-moi dans mon peu defoi (Marc 9, 23) . Je veux marcher à votre suite : soutenez ma faiblesse.



la gloire et la consolation des cœurs

Lorsque vous entendez l'apôtre s''écrier : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ (Gal. 6, 14) ! vous admirez ces sentiments, vous en êtes touché et édifié ! mais peut-être ne les regardez-vous que comme l'expression d'un saint enthousiasme, comme un élan de cette charité qui embrasait son cœur.
Ah ! oui, sans doute, c'était l'amour divin qui lui inspirait ce langage ; mais le souvenir des mystères que Jésus-Christ a opérés pour notre salut ne devrait-il pas nous l'inspirer comme à saint Paul ? Jésus- Christ n'est-il pas l'image de la gloire de Dieu (Héb. 1, 3) ? N'est-il pas la gloire des anges, la gloire des hommes, la gloire et l'ornement de tout l'univers ? Lorsque, par un inconcevable excès de miséricorde, il a daigné prendre notre nature, devenir notre chef, et en nous incorporant à lui, nous rendre participants de la nature divine (2 Pierre 1, 4) pourrions-nous donc nous glorifier en autre chose qu'en ce comble d'honneur ? Siméon appelle l'Enfant divin la gloire du peuple d'Israël, parce qu'il avait voulu naître de la race des Juifs, et parce que, en vue de sa naissance, ils avaient été comblés de bienfaits et favorisés d'une protection miraculeuse. Mais les chrétiens ne sont-ils pas le véritable Israël ? Mais si Jésus-Christ a choisi dans l'ancien peuple ses ancêtres selon la chair, n'a-t-il pas choisi dans le nouveau ses héritiers selon l'esprit ? Ne sommes-nous pas appelés, et ne sommes-nous pas en effet enfants de Dieu i ? Ah ! voilà la vraie gloire de l'homme, voilà la gloire incomparable du chrétien.

Mais, ô prodige d'aveuglement et de folie ! voilà la seule gloire que la plupart des hommes ne savent pas apprécier, qui ne peut ni exciter leur reconnaissance, ni aiguillonner leur courage. Us se glorifient dans les richesses que les voleurs ravissent, dont la mort les dépouille impitoyablement : ils se glorifient dans les honneurs souvent si difficiles à obtenir, si vides de consolations : ils se glorifient des frivoles avantages du corps, de l'esprit, du savoir, de l'adresse qu'ils s'exagèrent toujours plus ou moins à eux-mêmes, et dont la perte ouvre dans leur cœur une source intarissable de regrets et de douleurs. Et l'honneur sans égal d'appeler Dieu leur père, d'être les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ, ne les touche pas, et les conséquences si précieuses de cette adoption divine, la grâce de la sainteté, la connaissance de la vérité, l'espérance d'une immortelle félicité, ils n'en font nulle estime ; et tandis qu'ils s’enorgueillissent des dons les plus frivoles, ils dédaignent la vraie grandeur de l'homme, la gloire à laquelle les a élevés le christianisme.

Il me semble bien, ô mon Sauveur ! que je ne suis pas descendu à ce degré d'avilissement, d'impiété et de folie. Mais que je suis loin de sentir comme je le dois le mérite et la valeur de la dignité à laquelle vous m'avez appelé par votre grâce sur les fonts sacrés du baptême ! puis-je dire, ô divin Enfant ! que je ne me glorifie que dans votre croix, dans vos abaissements prodigieux, dans votre pauvreté, voire abandon et vos larmes ? et si, par moments, je ressens dans mon cœur quelque chose de cette disposition, où en suis-je, et qu'en reste-t-il, quand il faut en venir à l'application et aux œuvres ? Changez donc ce cœur, ô Jésus! fortifiez -moi, afin que désormais je puisse dire avec vérité que c'est en vous seul que je me glorifie.



Vertu à obtenir : Le mépris de la gloire du monde.




Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus comme la source du salut, la lumière de nos âmes et la gloire des vrais fidèles.

Priez-le de vous donner quelque part aux vives clartés dont il remplit l'âme de Siméon, pour que votre esprit, dégagé de toutes les illusions, ne recherche et n'aime que la vérité.

Efforcez-vous de vous pénétrer de la dignité de l’âme chrétienne, et de l'obligation où elle est de ne pas la flétrir par des affections indignes d'elle.



Prière


Aimable Sauveur ! lumière de lumière, qui éclairez tout homme venant en ce monde, ne me laissez pas dans les ténèbres, donnez-moi la lumière d'une foi vive, d'une très-ardente charité et de tous les dons de la grâce, afin qu'un jour je puisse vous voir face à face, et me rassasier sans cesse du bonheur de vous contempler dans la lumière de gloire. Ainsi soit-il,.



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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mar 31 Jan 2017 - 21:34

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 31 janvier

L'Enfant Jésus  annoncé par la prophétesse Anne


Il y avait une prophétesse nommée Anne, d'un âge fort avancé, car elle avait quatre vingt quatre ans. Elle avait vécu dans un long veuvage, n'ayant été que sept ans avec son mari. Elle ne sortait point du temple, et servait Dieu nuit et jour dans les jeûnes et dans les prières. Cette femme étant survenue à la même heure, se mit à louer le Seigneur, et à parler de cet Enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. (Luc, 2, 37 et suiv.)

« Voilà encore un digne témoin de Jésus-Christ. Elle survint au temple au même instant, louant le Seigneur, et parlant de lui à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël. Ce Seigneur qu'elle louait visiblement était Jésus-Christ. Elle fut digne de le connaître et de l'annoncer, parce que, détachée de la vie des sens, et unie à Dieu par l'oraison, elle avait préparé son cœur à la plus pure lumière (Bossuet).« Voilà aussi une grande consolation pour les personnes du sexe, les enfants, les pauvres, pour tous ceux qui, animés du désir de faire connaître et glorifier Dieu, trouvent, par la situation où la Providence les a placés, un obstacle à leur zèle. Qu'ils apprennent, par l'exemple de cette sainte veuve, 1° l'obligation imposée à tous les chrétiens de glorifier Jésus-Christ, 2° par quels moyens dans toutes les situations on peut glorifier Jésus-Christ..



Obligation imposée a tous les chrétiens de glorifier Jésus-Christ.

Comprenez d'abord que glorifier Dieu, ce n'est pas seulement le bénir, chanter ses louanges dans l'assemblée des fidèles, et lui payer avec toutes les créatures intelligentes le tribut d'adoration et d'hommage qui lui est dû .
Même en vous en acquittant journellement et avec une entière fidélité, l'obligation subsistera toujours tout entière, parce que chaque moment de votre vie étant un nouveau bienfait ajoute sans cesse à la dette de la reconnaissance ; et qu'à parler exactement, la bonté de Dieu aussi bien que sa grandeur ne peuvent jamais être dignement célébrées, selon cette parole : Glorifiez le Seigneur de toute votre puissance ; célébrez sa gloire autant que vous le pourrez ; car elle est au-dessus de toute louange

Il existe de plus pour tous les chrétiens, même pour les plus petits et les plus obscurs, une obligation qui n'est pas moins indispensable, c'est de porter ceux au milieu desquels on vit à glorifier Dieu, par conséquent à le leur faire connaître, et, suivant sa Condition et ses forces, à leur inspirer sa crainte et son amour. Voilà un devoir sacré dont vous ne vous êtes pas cru chargé, un point d'une haute importance sur lequel peut-être vous n'avez jamais songé à vous examiner.

Remarquez en effet qu'indépendamment de l'édification et du bon exemple que vous devez au prochain, vous êtes obligé de contribuer et de vous employer à lui faire connaître et à lui faire aimer Jésus-Christ. Sa grandeur, la charité, la reconnaissance, vous en font un devoir.
Comment en effet être pénétré de la grandeur du Verbe incarné, des hommages qui sont dus à sa souveraine majesté, et voir tranquillement l'ignorance et l'oubli dans lequel vivent à son égard la plupart des hommes ? C'est pour eux et pour leur salut qu'il est descendu des cieux ; et ils ne le connaissent pas ! C'est pour les instruire et les éclairer qu'il a révélé dans un langage si simple et si sublime les secrets qu'il avait appris dans le sein de son Père ; et ils sont étrangers à ses enseignements divins ! C'est pour les fortifier et les consoler qu'il a voulu passer par toutes les épreuves de leur condition misérable ; et l'Évangile est un livre scellé pour eux !

Et cependant, s'ils ne le connaissent pas, comment lui rendront-ils leurs adorations ? comment  l'invoqueront-ils s'ils ne croient point en lui ? et comment croiront-ils en lui si personne ne leur prêche ? A plus forte raison, comment s'animeront-ils à le servir et à l'aimer, et, par une dernière conséquence, comment arriveront-ils à la vie éternelle ? Voilà ce que la charité doit dire à votre cœur, à la vue de tant d'âmes séparées de Dieu par le péché, mortes à la grâce, et ensevelies dans le profond assoupissement de l'indifférence et de l'insensibilité. Eh quoi, Seigneur ! par un effet de votre infinie miséricorde, je suis éclairé de la lumière de la foi, nourri de votre sainte vérité, comblé de l'abondance de vos dons, et je n'en appellerais pas l'effusion sur mes frères rachetés comme moi de votre sang !
Je les verrais frappés d'une léthargie mortelle, et je n'éprouverais pas le besoin de les y arracher ; je sentirais combien il est juste de vous servir et doux de vous aimer, quel outrage l'homme fait à votre charité, quelle condamnation il s'attire en vous refusant son cœur, et je ne mettrais pas tout en oeuvre pour vous rendre votre créature et pour la préserver de la damnation éternelle ! Ah ! Seigneur ! où serait alors mon amour pour vous ? où serait ma charité pour mes frères ? où serait ma foi ?



Par quels moyens on peut glorifier Jésus-Christ.

Le peu de mots par lesquels l'Evangéliste nous peint Anne la prophélesse nous en donne une idée : Elle ne sortait point du temple et servait Dieu nuit et Jour dans les jeûnes et dans les prières. Mais quoi donc ? L'Esprit saint veut-il nous faire entendre que nous devons passer notre vie à l'église et nous dévouer à une pénitence et à une oraison continuelles ? Non sans doute, puisque c'est à tous les chrétiens sans distinction qu'il impose l'obligation et la pratique du zèle, et qu'elles doivent se concilier avec les devoirs d'état qu'ils ont à remplir au milieu du monde.

Mais par ces paroles il nous insinue que le désir de glorifier Jésus-Christ ne s'entretient et ne se nourrit en nous que par la prière et les bonnes œuvres ; qu'on ne se rend digne de ce bonheur que par un recueillement habituel et la fidélité au service de Dieu. Et en effet, pour éprouver le désir de le faire connaître, servir et aimer, il faut avant tout le connaître soi-même, non de cette connaissance sèche et spéculative qui ne produit ni bons sentiments, ni bonnes œuvres, mais de cette connaissance qui naît de son esprit, et qui fait naître son amour. Or, ce n'est pas dans le tumulte des plaisirs ou des affaires, qu'elle est donnée à l'âme ; les affections terrestres, l'attachement à l'estime, à la réputation, à la santé, aux richesses, aux aises de la vie, l'éloignent ou l'obscurcissent.

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Dieu se réfléchit, pour ainsi parler, dans un cœur pur, qui ne cherche que lui, qui n'aime que lui, et n'aime rien qu'en lui, pour lui et selon sa volonté et son bon plaisir. Cette lumineuse image attire sans cesse les regards de l'âme, la charme et la ravit, et lui fait éprouver le besoin 'de convier les autres à la contempler. Voilà ce qui la prépare à glorifier Jésus-Christ.

Ainsi c'est par la pureté du cœur et par l'accomplissement fidèle des devoirs de la religion qu'on attire dans son âme la lumière d'en haut, et qu'on avance chaque jour dans la connaissance de Dieu. C'est par là aussi qu'on se rend digne de la communiquer et de la répandre :
saint Jean-Baptiste, parlant de lui-même, s'appelait une voix. Je suis, disait-il, la voix de celui qui crie dans le désert. Tel est le vrai chrétien ; tout parle en lui, tout en lui est une voix, sa modestie, sa douceur, sa piété, sa charité, tout jusqu'à son silence ; c'est par sa vie toute sainte qu'il loue Dieu, qu'il fait bénir son nom et inspire le désir de le connaître et de pratiquer sa loi. Parlez ainsi de Jésus-Christ aux âmes qui espèrent en lui, et encore plus à celles qui l'ont abandonné ; joignez quelquefois à cette muette exhortation un avertissement salutaire, une parole d'édification, un conseil charitable ; mais dans l'accomplissement de ce devoir, consultez la prudence ; agissez avec discrétion pour le temps, la manière, le sujet, les circonstances ; remettez à un moment plus opportun, attendez une disposition plus favorable; à l'exemple du Sauveur, qui ne révélait ses mystères à ses disciples qu'à mesure qu'il préparait leurs esprits à les entendre : J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez pas les porter présentement.



Vertu à obtenir : Le désir de faire connaître Jésus-Christ..




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus qui se plait à combler de ses dons les plus précieux les âmes fidèles, les attirant à lui, les réjouissant par le sentiment de sa présence, et les rendant les instruments de sa miséricorde.

Ô mon Sauveur ! que la louange de cette sainte Veuve était agréable à votre coeur !
Avec quelle bonté vous répandiez vos clartés dans cette âme pure, avec quelle charité vous raviviez au milieu des glaces de l'âge, ses ardeurs célestes, les transports de son espérance et de sa foi ! Ô divin Enfant ! si je ne suis pas digne de parler de vous, apprenez-moi du moins à parler avec vous, à m'entretenir de vous en moi-même, à me nourrir de la pensée de vos abaissements, de vos grandeurs et de votre amour.



Prière

O mon Sauveur ! si je vous aimais, j'éprouverais partout et en tout temps le besoin de parler de vous ; car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle '. Je parle du monde et de ses vanités, parce qu'il occupe mon âme; de mes peines ou de mes plaisirs, de mes craintes ou de mes espérances, parce que mon cœur en est tourmenté. Quand est-ce donc que je serai si étroitement uni à vous, ô mon bien véritable !

ô mon unique félicité ! que vos perfections, vos mystères, votre amour, vos bienfaits attirent toutes mes facultés et absorbent tout mon être ? A cette heure même, ô Enfant divin ! car je ne veux plus vivre que pour vous et avec vous. Ainsi soit-il.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Mer 1 Fév 2017 - 22:36

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 1er février

L'Enfant Jésus entre les bras de Siméon.


Il prit l'enfant entre ses bras, et il bénit Dieu, et il dit : Vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur. (Luc, 2, 29.)

« Le saint Vieillard ne veut plus rien voir, après avoir vu Jésus-Christ. Il croyait profaner ses yeux sanctifiés par la vue de son Sauveur ; et il ne désirait plus que d'aller bientôt au sein d'Abraham, y attendre l'espérance du monde, et annoncer comme prochaine aux enfants de Dieu la consolation d'Israël. Quand Jésus-Christ devait paraître, on pouvait désirer la consolation de le voir et de lui rendre témoignage.
Maintenant, où pour le voir il faut mourir, la mort n'est-elle pas douce ? Si le saint vieillard a tant désiré de voir Jésus dans l'infirmité de sa chair, combien devons-nous désirer de le voir dans sa gloire ! ».

Si vous devez approcher demain de Jésus-Christ par la sainte communion, quel admirable modèle vous présente toute la conduite de Siméon ! s'il ne vous est permis que de communier spirituellement, elle peut encore diriger la vôtre, non-seulement pour cette journée, mais pour toutes celles où vous assisterez aux divins mystères.
Il vient au temple par un mouvement de l'Esprit saint. Que ce ne soit donc plus la coutume, la bienséance, bien moins encore la routine ou le respect humain qui vous amènent à l'église ; mais le désir d'y rendre vos hommages à Jésus-Christ, et quand vous en obtiendrez la faveur, de le recevoir dans son sacrement ; puis, lorsque vous serez à ses pieds, ou que vous le tiendrez enfermé dans votre cœur, serrez-le étroitement par la foi et par l'amour, et conjurez-le de vous inspirer, 1° le détachement de la terre ; 2° le désir du ciel.



Le détachement de la terre.

Si vous étiez sincèrement et solidement chrétien, nonseulement vous auriez en horreur cette vie des sens qui empêche de comprendre les choses de. Dieu 1 ; mais la vie présente vous paraîtrait inisupportable. Qu'est-ce en effet que cette vie, assiégée de toutes parts de tribulations et de peines, environnée de pieges et d'ennemis? Est-on délivré d'une tentation ou d'une affliction, une autre lui succède : et l'on combat même encore la première, que d'autres surviennent inopinément.

Comment peut-on aimer une vie remplie de tant d'amertumes, sujette à tant de maux et de calamités ? comment peut-on même appeler vie, ce qui engendre tant de douleurs et tant de morts ? Être sans, cesse entraîné parle poids de sa corruption vers la terre, vers l'erreur et le mensonge par les ténèbres de son esprit, vers les affections dangereuses par la faiblesse de son cœur et le dérèglement de sa volonté ! Est-ce vivre que de se voir à toute heure en danger d'offenser Dieu et de tomber dans l'abîme de la damnation ?

Et cependant on l'aime cette vie misérable ; et plusieurs y cherchent leur félicité ! Ne l'y ai -je pas cherchée, ô mon Sauveur ? et dans l'égarement de mes passions, n'ai-je pas cru l'y trouver ? Et pourquoi la pensée de la mort répand-elle dans mon âme une profonde tristesse ? pourquoi désiré-je de vivre ? Le compte qui me sera demandé des jours que j'ai passés déjà sur la terre n'est-il donc pas assez redoutable ? Le saint vieillard n'avait désiré de prolonger les siens, que pour vous voir, ô aimable Enfant ! et moi, je ne crains, ce semble, que de vous voir, puisque je n'aspire qu'à voir mon exil se prolonger !

Ô mon âme ! il faut sortir de ton assoupissement. Qu'est-il donc pour toi ce bas monde où tu te plais, sinon un lieu de captivité, de servitude et de douleurs? Et ce corps, pour qui tu redoutes l'humiliation du tombeau, n'est-il pas une prison où tu ne cesses de gémir ? Quel est le prisonnier qui craint de voir ses fers se rompre ? Quel est l'esclave qui ne soupire pas après sa liberté ? Et quel plus triste esclavage que le mien, ô mon Dieu ! Je ne jais pas le bien que je veux, et le mal que je ne veux pas, je le fais (Rom. 7,19)
Ah ! Seigneur ! si je n'ai pas encore le courage de vous dire avec votre apôtre : Je désire la dissolution démon corps et d'être avec vous (Philip. 1, 23) , que du moins je ne souhaite plus de vivre que pour faire pénitence, pour mourir à moi-même, pour vous servir et pour racheter le temps, parce que les jours sont mauvais (Eph. 5,16).



Le désir du ciel

Non-seulement Siméon ne craint pas la mort, mais il l'appelle comme le terme de son exil. Rien sur la terre n'est plus digne de fixer ses regards, depuis qu'ils ont contemplé celui dont la vue fait le ravissement et la félicité des anges.
« Ah ! Seigneur, s'écrie t-il, dans le transport de son âme, l'heurede ma délivrance est donc enfin arrivée, vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur. Ce n'est point l'impatience et la lassitude qui me font pousser ce cri de joie, mais le parfait accomplissement de mes voeux. Je n'en formais qu'un seul, je l'avais répété tous les jours de ma vie : Quand verrai-je mon Sauveur ? vous l'avez exaucé dans votre miséricorde ; mes yeux l'ont vu : qu'ils se ferment maintenant! ils ne peuvent plus s'ouvrir qu'à la splendeur du ciel. »

Voilà l'expression de la foi, de la reconnaissance et de l'amour. Est-elle bien celle de vos sentiments ? En éprouvez-vous du moins quelque chose, lorsque vous entrez dans l'église, qui est vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel '? Mais surtout lorsque vous approchez de son autel, pour y recevoir non entre vos bras, mais dans votre cœur, l'Enfant béni, qui inspirait si divinement le saint vieillard, sa présence au milieu de vous-même vous fait-elle éprouver le besoin de le voir à découvert, et comme une religieuse impatience d'arriver au séjour de sa gloire ? Oh ! non : la foi est trop languissante en vous, la charité trop peu vivante pour y produire ces mouvements salutaires, ces élans généreux. L'oeil de l'âme n'est pas assez pur, les attachements humains ne laissent pas le cœur assez libre pour qu'on soit vivement éclairé, même en recevant le pain de vie et d'intelligence (Sap. 15,3), pour qu'on s'élance par le désir vers les splendeurs des saints (Ps. 109,4) On devrait alors s'écrier avec un saint homme :
« Oh ! bienheureuse demeure de la cité céleste! jour éclatant de l'éternité que la nuit n'obscurcit jamais, et que la vérité souveraine éclaire perpétuellement de ses rayons ; jour immuable de joie et de repos, que nulle vicissitude ne trouble, quand luirez-vous enfin sur moi? quand serai-je délivré de la misérable servitude des vices ? quand me souviendrai-je, Seigneur, de vous seul ? quand goûterai-je en vous une pleine joie ? Ô mon bon Jésus ! quand me sera-t-il donné de vous voir, de contempler la gloire de votre règne ? quand me serez -vous tout en toute chose ? »

Mais non, au lieu d'allumer au dedans de soi-même ces célestes ardeurs, par une tranquille contemplation du Dieu qu'on possède, en lui parlant avec une confiance filiale, et surtout en l'écoutant avec une attention respectueuse et une religieuse avidité, on s'attachera servilement à des formules d'adoration ou d'actions de grâces, tout étrangères à la disposilion présente, et souvent, après avoir récité d'assez longues prières, on n'aura rien dit à Jésus-Christ.
Apprenez-moi donc vous-même, ô divin Enfant ! à vous tenir entre mes bras, à ne plus vous laisser échapper : apprenez-moi surtout à m'entretenir avec vous : formez ma langue à vous bénir, et mon oreille à vous entendre, afin qu'éclairé sur vos perfections adorable» et vos amabilités infinies, je m'embrase d'un désir toujours plus vif de les contempler, et d'un courage toujours croissant, pour en mériter le bonheur.



Vertu à obtenir : Le détachement de la terre et le désir du Ciel.




Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus entre les bras de Siméon ; félicitez ce saint Vieillard d'avoir été jugé digne d'une telle faveur, et rendez avec lui grâces au divin Sauveur pour ce témoignage touchant de sa miséricorde.

Lorsque désormais vous verrez la sainte hostie entre les mains du prêtre, reconnaissez le même prodige de charité, et demandez pour ceux entre les mains desquels il s'opère, la foi et la piété de Siméon.

Souvenez-vous que c'est pour tous les chrétiens que Jésus-Christ descend sur l'autel : humiliez-vous de la froideur et de la dissipation par lesquelles vous avez trop souvent outragé sa présence, et demandez-lui la grâce de les réparer à l'avenir par votre recueillement et votre amour.



Prière

Ô mon Dieu ! qui ne m'avez créé que pour vous, et qui ne m'avez placé sur cette terre que pour me conduire au ciel, ayez pitié de moi ! voyez le danger continuel où je suis de vous offenser, et de perdre la fin bienheureuse que m'a destinée votre amour. Si vous me conservez la vie, ô mon Sauveur ! conservez-moi dans votre grâce ! mais que puis-je vouloir de vous sur la terre, hors vous seul, ô mon Dieu (Ps. 72, 25) ?

Qui vous possède n'est-il pas plus riche que s'il possédait mille mondes ? Soit que je vive, soit que je meure, je veux être à vous (Rom.14, 8.).

Faites donc, ô Seigneur Jésus ! que je ne vive que pour vous servir, ou que je meure pour aller à vous. Ainsi spit il.l.





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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Ven 3 Fév 2017 - 0:04

Le Mois de l'Enfant Jésus





Élévation pour le 2 février

Mystères de Jésus Enfant perpétuelle occupation de l’âme
chrétienne.


Sa mère conservait dans son cœur le souvenir de toutes ces choses. (Luc, 2, 51.)

A la naissance de Jésus, lorsque ce Verbe incarné ne s'exprimait encore que par ses pleurs, Marie recueillait avec une joie mêlée de respect les louanges et les bénédictions dont il était l'objet, et elle les méditait dans le fond de son cœur.
Mais depuis qu'il a commencé lui-même à se faire entendre, depuis surtout qu'au milieu des docteurs il a laissé entrevoir les trésors de science et de sagesse qui étaient en lui, elle l'écoute avec une sainte avidité, elle se nourrit des paroles de vie qui sortent de sa bouche, elle conserve dans son âme avec un soin religieux tout ce qu'elle a vu de ce cher Fils ; les mystères de son Enfance deviennent son plus doux entretien, et seront sa perpétuelle occupation jusqu'à ce qu'elle lui soit réunie dans le ciel.

En êtes- vous assez touché pour éprouver le besoin d'y ramener vos pensées et vos affections au delà des jours plus particulièrement consacrés à en retracer et à en célébrer la mémoire ? Ah ! pour peu que l'onction de la grâce dont ils sont tout pleins ait pénétré votre âme, ils devront être fréquemment l'objet de vos contemplations, puisque, indépendamment de la douceur qui y est attachée , 1° ils éclairent, 2° ils consolent, 3° ils attirent à l'amour de Jésus-Christ.






Ils éclairent.


Les mystères de la sainte Enfance portent dans l'âme une douce lumière qui invite à les contempler de plus près. La divine Majesté cachée sous le voile aimable de l'enfance, loin d'intimider la faiblesse, l'attire et l'encourage. Qui pourrait craindre de s'approcher d'un Enfant couché dans une crèche et versant des pleurs ?
Et comme s'approcher de lui, c'est s'approcher de la lumière et de la vérité, se tenir près de lui, l'interroger avec simplicité, l'embrasser avec une respectueuse tendresse, c'est être entré dans le dessein de ce Verbe adorable , qui ne s'est fait homme que pour nous donner accès auprès du Père, et qui ne s'est fait enfant que pour que nous eussions plus facilement accès auprès de lui.
Mais de plus, pouvait-il mieux nous faire connaître la grandeur de Dieu, le néant des grandeurs humaines, qu'en descendant lui-même à l'état de l'Enfance ?
Comment pouvait- il plus fortement et plus doucement tout ensemble nous attirer à l'humilité, à la pauvreté, à l'obéissance, à l'abnégation, à la pratique de toutes les vertus, qu'en enchaînant dans les langes et l'infirmité du premier âge sa grandeur, sa sagesse et sa souveraine indépendance.

Ô mon âme ! au spectacle d'un Dieu anéanti à ce point, les maximes de l'Évangile te semblent-elles encore trop rigoureuses ou sa morale impraticable ? Quand Jésus-Christ appelle ses disciples à la pauvreté, à l'humilité, à la pénitence et aux larmes, n'est-ce pas du sein même de l'indigence et de la plus profonde obscurité qu'il les y appelle, n'est-ce pas éprouvé lui-même dès son entrée dans la vie par l'affliction et la souffrance ? Ne s'y est-il pas volontairement condamné ? Demande-t-il quelque sacrifice auquel il ne se soit soumis le premier ?
Et lorsqu'à tous les droits qu'il a acquis sur nous il ajoute l'autorité irrécusable de ses exemples, n'est-il pas fondé à nous dire : Le disciple n'est pas plus que son maître, ni l'esclave plus que son Seigneur (Matthieu 10, 24).
Et cependant je veux trouver la bienveillance, l'estime, la considération : j'ai horreur de l'obscurité, du mépris et de l'abandon. Si j'ai passagèrement à les supporter, j'en souffre, je me plains ; j'accuse les hommes de dureté ou d'injustice ; je me dis chrétien, et je ne sais pas me contenter du nécessaire, il faut que j'y ajoute l'aisance, et je m'imagine que je manque de tout, si je ne jouis de tout ce qui rend l'existence agréable et commode.

Ô humilité d'un Dieu Enfant ! Ô pauvreté de Bethléem ! Ô sainte obscurité de Nazareth ! Instruisez-moi, corrigez -moi, éclairez mon cœur, apprenez -moi, rappelez -moi souvent de quel maître je suis le disciple et quel est le Dieu que j'adore.






Ils consolent.

Qu'est-ce qui nous rend les chagrins et les peines de cette vie si douloureux et souvent même insupportables ? C'est sans contredit le défaut de foi, qui nous empêche de les regarder comme des épreuves, et de les recevoir de la main de Dieu comme des moyens de sanctification. Puisqu'en effet tous les Saints ont passé par la voie des tribulations pour arriver à la vie bienheureuse, et qu'il a fallu que le Christ souffrit et qu'il entrât ainsi dans sa gloire (Luc 24, 26) il n'y a pas d'autre voie pour y arriver que la voie royale de la sainte croix. Mais parce que ces hautes vérités entrent toutes plus ou moins difficilement dans nos esprits, et que surtout elles trouvent une vive opposition dans les passions qui nous dominent, Jésus - Christ a voulu les rendre intelligibles à nos esprits et à nos cœurs par les mystères de sa divine Enfance, et par eux adoucir toutes les amertumes de la vie.

En effet, sont-ce les humiliations, les rebuts, la dureté des hommes qui exercent votre patience ? voyez l'Enfant Jésus à Bethléem. Est-ce la pauvreté, le dénuement et l'abandon ? contemplez l'étable où il est né. Est-ce la persécution, le danger, l'exil ? suivez -le dans sa fuite précipitée dans une terre étrangère, au milieu d'une nation idolâtre. Est-ce l'assujettissement et la dépendance ? observez avec quelle ponctuelle docilité il obéit à l'édit de César, à l'avertissement de l'ange, au précepte de la loi, à la volonté de ses parents. Est-ce l’obscurité de votre condition, les fatigues de votre état, l'obligation de pourvoir par un pénible travail à votre subsistance ou au soutien de votre famille ? allez à Nazareth, arrêtez-vous quelques moments dans cette humble et obscure retraite, qui fut pendant une si longue suite d'années celle du Créateur du ciel et de la terre.

Ô adorable Enfant ! que votre miséricorde envers nous a été immense ! A combien de titres vous méritez d'être appelé notre Libérateur et notre Sauveur, puisque non-seulement vous nous avez délivrés du péché, et sauvés de la mort à laquelle nous étions condamnés, mais que vous nous délivrez même du poids accablant de nos peines, si nous sommes fidèles à vous en demander le soulagement, et à le chercher dans la contemplation des mystères de votre divine Enfance ! Ah ! la pauvreté ne me paraît plus si triste depuis que je vous contemple sur cette paille qui vous reçut à votre naissance.

Comment pourrai-je me plaindre de l'abandon de mes amis, de l'oubli ou de l'insensibilité de mes proches, lorsque, dans la ville même de vos aïeux, vous êtes réduit à chercher un asile dans une hôtellerie, et que vous ne pouvez l'obtenir.
En vous voyant fugitif, persécuté, banni, mon cœur s'affermit contre toutes les craintes ; il me semble que je comprends ce que je n'avais pas bien compris jusqu'à ce jour, que toute la terre est au Seigneur (Ps. 41), et que partout on peut le trouver, le servir et l'aimer. En appliquant à un métier obscur ces mains qui tendent les cieux, et les roulent comme un vêtement, vous avez divinisé le travail, sanctifié, consacré et béni par vos sueurs les fatigues et les larmes du pauvre.






Ils attisent à l'amour de Jésus-Christ.

Le Psalmiste, ravi d'admiration à la pensée de la grandeur de Dieu et de la magnificence qu'il doit déployer aux yeux des Élus dans la Cité sainte, s'écrie : Le Seigneur est grand et digne de toute louange (Osée 4, 2). Mais saint Bernard, rappelé par sa tendre piété au souvenir des mystères de la sainte Enfance, s' écrie à son tour : " Il est petit le Sauveur que j'adore, il est vraiment digne de tout amour." Pourquoi en effet a-t-il voulu naître dans cet état si pauvre, si ce n'est pour nous convier à l'aimer ? Je les attirerai, avait-il dit par un prophète, je les entraînerai par les liens d'Adam, par les chaînes de l'amour (Psaume 100)
Et comment résister à une si touchante miséricorde ? comment n'être pas vaincu par une si prodigieuse charité ? Comment ne pas l'aimer ce véritable Emmanuel, ce Dieu avec nous, ce Roi immortel des siècles devenu un enfant d'un jour, daignant nous sourire et nous tendre les bras, fuyant dans une terre étrangère pour nous ramener dans notre patrie, descendant du séjour de la gloire dans la demeure des animaux, du lieu de son repos dans l'atelier du travail, pour nous élever au désir des vrais liens et nous mériter le repos dans la gloire.

Voilà, ô mon Sauveur! vos vues pleines de tendresse, les inventions prodigieuses de votre charité ! Qu'en avez-vous recueilli de la part des hommes ? Personne ne rencontre un enfant aimable sans se sentir porté à l'aimer. Vous vous êtes fait Enfant, et le plus beau des enfants des hommes. La grâce a été répandue sur vos lèvres (Psaume 44 3) Hélas ! ils vous ont repoussé, persécuté à votre naissance, méconnu et outragé pendant votre vie. Vous vous en êtes plaint par votre prophète : Au lieu de m'aimer, ils m'ont calomnié ; et moi je priais pour eux. et ils m'ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour l'amour (Psaume 108, 4 et 5)
Et dans votre Église, ô mon Sauveur ! parmi ceux que vous avez adoptés pour vos enfants, qui sont marqués de votre sceau, qui est-ce qui vous aime ? Qui est-ce qui s'occupe des mystères de votre Enfance ? Qui est-ce qui pense à vous ? Mais pourquoi m'occuper des autres ? Où suis-je moi-même ? où est mon amour ? Hélas ! jusqu'à présent je ne l'ai témoigné que par mes infidélités, ma lâcheté, mes froideurs.

Ô aimable Sauveur ! puisque vous ne vous êtes fait Enfant que pour nous attirer à votre amour, attirez-moi par les charmes de votre divine Enfance. Je veux vous aimer ; allumez dans mon cœur ce feu de la charité dont vous avez embrasé vos Saints et qui les a fait triompher du démon, de la chair et du monde.



Vertu à obtenir : Le souvenir fréquent des mystères de la sainte
Enfance.






Résolutions et aspirations

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus accomplissant pour votre salut tous les mystères que vous vous êtes appliqué à contempler pendant ce mois consacré particulièrement à en honorer la mémoire.

Rendez grâces à cet aimable Sauveur, par sa glorieuse Mère, de la bonté infinie qui l'a porté à passer par le premier âge pour nous attirer à lui, et à endurer dès les premiers jours de sa vie mortelle tant d'humiliations et de douleurs pour expier nos péchés.

Priez-le instamment de graver profondément dans votre cœur le souvenir de toutes les circonstances précieuses de ses premières années, et d'y renouveler souvent les sentiments de piété et de dévotion qu'elles y ont fait naître ; demandez-lui pardon des distractions auxquelles vous vous êtes laissé aller au milieu de ces considérations si propres à fixer la légèreté de votre esprit, puisqu'elles feront éternellement la joie et le bonheur des élus.

Offrez à Jésus Enfant tous les enfants qui vous sont chers, afin qu'il les bénisse ; tous ceux que vous ne connaissez pas, mais qui lui appartiennent par leur adoption, afin qu'il les préserve de la contagion de l'incrédulité, afin qu'il en fasse comme un peuple nouveau consacré à son service et servent dans les bonnes œuvres (Tite 2, 14) .






Prière

Divin Enfant ! beauté incomparable, bonté infinie, toujours adorable, parce que vous êtes mon Sauveur, je vous adore et je vous aime, je vous consacre toutes les lumières de mon esprit, toutes les tendresses de mon cœur ; et je vous rends grâces de toute mon âme de vous être fait Enfant pour mon amour.

Je vous adore dans tous les mystères de votre divine Enfance ; je vous prie de m'en donner l'esprit, et de m'accorder la grâce de les honorer dignement toute ma vie par mes adorations, par mon amour et par l'imitation fidèle des vertus que vous y avez pratiquées.

Je vous adore, ô Dieu et Enfant tout ensemble, dans ce moment si précieux où le Saint-Esprit vous forma un corps du plus pur sang d'une Vierge, et je vous demande la grâce de participer à sa pureté toute divine.

Je vous adore, ô Dieu caché pendant votre séjour dans le sein de Marie ! Je veux honorer cette vie cachée en en rapprochant la mienne autant que mes devoirs d'état pourront me le permettre. mettre dans mon âme l'attachement à votre céleste doctrine et l'horreur de tout ce qui pourrait affaiblir ou ébranler ma foi.

Je vous adore, ô Dieu obéissant ! dans les travaux de votre enfance, et dans votre soumission à Joseph et à Marie, et je vous conjure de m'accorder la grâce de travailler constamment à ma sanctification, et de régler toujours mon obéissance sur la vôtre, afin que je mérite d'entendre un jour ces consolantes paroles : Courage, bon et fidèle serviteur, parce que vous avez été fidèle dans peu de chose , je vous en donnerai de plus grandes à gouverner : entrez dans la joie de votre Seigneur

Je vous adore ! ô Enfant de grâce et d'amour, dans l'instant bienheureux de votre naissance, et je vous demande de renaître pleinement à votre grâce et à votre amour.

Je vous adore, ô Enfant de douleur ! dans le mystère de votre Circoncision, et je vous conjure, par le sang précieux que vous commençâtes alors à répandre pour mon salut, de me donner cette douceur d'agneau avec laquelle vous endurâtes cette douloureuse opération.

Je vous adore avec les bergers, ô divin Pasteur des âmes ! donnez-moi avec leur docilité la simplicité de leur foi et l'ardeur de leur amour.

Je vous adore dans votre crèche avec les Mages ô Enfant plein d'attraits ! donnez-moi, comme à ces saints Rois, une fidèle correspondance à la lumière de votre grâce.

Ô Dieu fugitif et exilé ! je vous adore dans votre fuite et votre séjour en Egypte, et je vous conjure par votre humiliation dans ce mystère de m'inspirer la fuite des plaisirs de la terre et le désir du ciel.

Je vous adore au milieu des docteurs, ô Vérité incarnée ! et je vous supplie de mettre dans mon âme l'attachement à votre céleste doctrine et l'horreur de tout ce qui pourrait affaiblir ou ébranler ma foi.

Je vous adore, ô Dieu obéissant ! dans les travaux de votre enfance, et dans votre soumission à Joseph et à Marie, et je vous conjure de m'accorder la grâce de travailler constamment à ma sanctification, et de régler toujours mon obéissance sur la vôtre, afin que je mérite d'entendre un jour ces consolantes paroles : Courage, bon et fidèle serviteur, parce que vous avez été fidèle dans peu de chose, je vous en donnerai de plus grandes à gouverner : entrez dans la joie de votre Seigneur.






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MessageSujet: Re: Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur   Dim 5 Fév 2017 - 18:54

Litanies du Divin Enfant



Seigneur, --> ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, --> ayez pitié de nous.
Seigneur, --> ayez pitié de nous.
Jésus enfant, --> écoutez nous.
Jésus enfant, --> exaucez nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur de monde, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, vrai Fils du dieu vivant, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, vrai Fils de Marie, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, Verbe fait chair, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, Sagesse du Père céleste, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, l’objet de ses éternelles complaisances, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, l’attente des justes, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, le désir des nations, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, salué de loin par les prophètes, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, le roi des anges, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, notre Sauveur, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, notre frère, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, qui avez choisi pour palais une étable, une crèche pour
berceau, et les bergers pour adorateurs, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, que les Mages ont reconnu pour la lumière
et le salut des peuples, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, trésor de grâces, --> ayez pitié de nous.
Divin Enfant, source du pur amour, --> ayez pitié de nous.

Soyez nous propice, --> pardonnez nous Jésus Enfant.
Soyez nous propice, --> exaucez nous Jésus Enfant.

De la servitude du péché, --> délivrez nous Jésus Enfant.
De la concupiscence de la chair, --> délivrez nous Jésus Enfant.
De l’orgueil de la vie, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre très humble naissance, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre douloureuse circoncision, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre glorieuse manifestation, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre présentation au temple, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre innocence, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre obéissance, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre douceur, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre humilité, --> délivrez nous Jésus Enfant.
Par votre amour, --> délivrez nous Jésus Enfant.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> pardonnez nous, Jésus Enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> exaucez nous, Jésus Enfant.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> ayez pitié de nous Jésus Enfant.

V. Je me réjouirai en Dieu.
R. Et je tressaillirai en Jésus mon Sauveur.

Prions : Divin Jésus, que votre amour pour moi a réduit à la petite enfance, à la pauvreté et à l’humiliation de la crèche, je vous adore dans vos abaissements, où vous me paraissez mille fois plus aimable que sur le trône de votre Gloire. Que ne puis-je vous offrir, comme les mages, l’or d’une ardente charité, l’encens d’une prière fervente, jointe à la mortification des passions et des sens ! Sanctifiez mon cœur, ô Jésus, comme autrefois vous avez sanctifié ceux des bergers ; que je sois, comme eux, vigilent sur moi-même, docile à votre voix, prompte à seconder la grâce. Arrachez de mon âme tout sentiment d’orgueil, de souffrance, tout désir de richesse et de l’estime des créatures ; faites moi participer à votre divine enfance, en me remplissant de douceur et d’humilité. Amen.






Un clic sur l'image pour télécharger le livre
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Source :

Je vous prie de citer mon pseudo et le lien du forum si vous "copier" mon fil car je l'ai créé. Merci de respecter ma demande.


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Le Mois de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ - Abbé Le Tourneur
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