À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Prières
par Lumen Hier à 21:05

» ROSAIRE PERPÉTUEL
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 20:59

» Santé : le pape invite le personnel soignant à vivre la « compassion »
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 20:54

» Journée mondiale des pauvres : passeports pour le paradis
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 20:44

» Pensée du jour: Mon enfant, demande-Moi de venir couper tes attaches au monde...
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 20:17

» Chapelet du mardi 21 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 20:06

» Prions le chapelet avec les témoins de la foi
par Lumen Hier à 20:00

» Prions pour et avec les malades
par Lumen Hier à 19:14

» Prier le "nouveau" Notre-Père
par Lumen Hier à 18:36

» Fraternels dans la ville
par Lumen Hier à 18:10

» Pour l'Avent: "Avec S. Augustin, désirer la venue du Seigneur"
par Lumen Hier à 17:45

» Les OUI offerts en ce jour, les nôtres et les vôtres, ont une dimension trinitaire
par Lumen Hier à 17:33

» Avec les doigts du coeur
par Lumen Hier à 17:03

» Donne-nous notre Pain de ce jour (Vie) : Parole de DIEU*
par Lumen Hier à 16:23

» Neuvaine de la Présentation de Marie au Temple
par Lumen Hier à 13:29

» Neuvaine au Christ Roi de l'Univers : Du 16 au 26 novembre
par Lumen Hier à 13:03

» !!! INFORMATIONS TRÈS IMPORTANTES PAR RAPPORT AU FORUM!!!
par Lumen Hier à 12:54

» Jésus disait...qu'il faut toujours prier
par Lumen Lun 20 Nov 2017 - 20:44

» La « sincère admiration » du pape pour le défunt cardinal Montezemolo
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 20:31

» Police routière et ferroviaire : une « mission » de grande valeur
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 20:18

» « Dans la tempête, je dors très bien. »
par Lumen Lun 20 Nov 2017 - 20:13

» Culture : tout ce qui est techniquement faisable n’est pas éthiquement acceptable
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 20:10

» Chapelet du lundi 20 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 19:56

» Prier le Notre Père avec saint Thomas d'Aquin
par Lumen Lun 20 Nov 2017 - 19:35

» Retraite de l'Avent du 2 au 25 décembre 2017 : Jésus, Lumière des nations
par Lumen Lun 20 Nov 2017 - 14:48

» Le vent souffle où il veut
par Lumen Lun 20 Nov 2017 - 13:37

» Ce miracle impensable a bel et bien eu lieu !
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 9:46

» Pensée du jour: Mon enfant, tu es sur le chemin de la grande transformation qui te conduit à la sainteté...
par Raphaël de l'Enfant Jésus Lun 20 Nov 2017 - 9:25

» Angélus : Dieu n’est pas un maître intolérant, mais un père plein d’amour
par Raphaël de l'Enfant Jésus Dim 19 Nov 2017 - 17:35

» Le chapelet, la prière que Notre Dame a le plus recommandée
par Raphaël de l'Enfant Jésus Dim 19 Nov 2017 - 17:22

» Notre Dieu est Dieu de Vie, et Il nous veut féconds.
par Lumen Dim 19 Nov 2017 - 16:29

» Une seule chandelle suffit
par Lumen Dim 19 Nov 2017 - 16:15

» Pensée du jour: Mon enfant, l'Amour que J'ai pour toi dépasse de beaucoup tes imperfections...
par Raphaël de l'Enfant Jésus Dim 19 Nov 2017 - 9:31

» Chapelet du samedi 18 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 18 Nov 2017 - 18:51

» Prions aux intentions du Pape, défis de l'humanité
par Lumen Sam 18 Nov 2017 - 15:55

» Je bénirai le Seigneur ...
par Lumen Sam 18 Nov 2017 - 15:12

» Jésus nous livre un grand secret : prier sans se décourager...
par Lumen Sam 18 Nov 2017 - 14:50

» La vision du Ciel de Saint André le fol en Christ
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 18 Nov 2017 - 11:54

» 56 apparitions de Marie pour demander d’une manière nouvelle l’Esprit Saint (II)
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 18 Nov 2017 - 10:24

» Pensée du jour: En acceptant Mon Amour, le mal et la souffrance sont vaincus.
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 18 Nov 2017 - 10:03

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 19 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 19 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 264 le Jeu 27 Mar 2014 - 20:02

Partagez | 
 

  • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 30 Jan 2017 - 12:25

Le thème de notre Carême


En s'ouvrant chaque jour du Carême à la Parole de Dieu, nous laissons Dieu se faire une place dans notre vie quotidienne, au milieu de nos soucis, de nos joies, de nos peurs et de nos espérances. Nous laissons Jésus vivre en nous sa Pâque, pour nous entraîner à passer de la mort à la Vie.


• " Ceci est mon corps " •  Carême dans la ville


Le corps. Auparavant mortifié, méprisé ou ignoré, il est maintenant soigné, adulé et librement exposé au risque d'être réduit à un simple objet et de susciter convoitise et violence. Notre corps, un domaine particulier, réservé, à partir duquel nous voyons et ressentons le monde qui nous entoure, à partir duquel aussi nous entrons en relation avec l'autre. Animé de désir, déformé par la souffrance ou apaisé par la tendresse, il fait peur. Que nous l'aimions ou que nous le détestions, il nous faut apprendre à l'apprivoiser.

« Ceci est mon corps. » (Mt 26,26). Son corps de douleur et de gloire, le Seigneur nous l'offre en nourriture et il fait ainsi de notre corps comme un sacrement, le lieu d'une rencontre, d'une conversion, un temple. « Ceci est mon corps. » est le thème du prochain Carême dans la Ville. Il servira de filigrane à vos prédications et assurera l'unité de la retraite.


Les prédicateurs


"Ils- elles" viennent de Lyon, Lille, de Yaoundé au Cameroun, de Suisse du monastère d'Estavayer ou Genève, d'Ottawa au Canada ou de Paris ... "Ils" ou "elles" sont dominicains. "Ils" ou "elles" sont les membres de l'équipe de Carême dans la Ville 2017 !



Frère Jean-Baptiste Rendu
Il est entré chez les Dominicains en 2014. Il est actuellement étudiant au couvent du Saint-Nom de Lyon, aumônier de Lycée et anime la Cave des Dominicains, projet d'évangélisation des frères.



Frère Jean-Pierre Brice Olivier
Il est entré chez les Dominicains en 1978, vit au couvent de Lille. Il exerce son métier de prédicateur auprès des Équipes du Rosaire, et prêche beaucoup de retraites, à des religieuses, religieux, groupes laïques. Il a notamment publié le livre Oser la chair.



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac
Les moniales d'Estavayer fêtent cette année leur 700 ans de présence continue et priante dans leur monastère. Aujourd'hui, la communauté est composée de 12 soeurs qui vivent de l'accueil et de l'artisanat (fabrication de confitures, etc.)



Frère Maxime Allard
Il est Entré chez les dominicains en 1985 au Canada, le frère Maxime vit au couvent d'Ottawa. Il est président du Collège universitaire dominicain où il enseigne la philosophie et la théologie. Pour son ministère il a séjourné en Afrique du Sud, au Rwanda, au Burundi, en France et en Lituanie.



Les frères dominicains de Yaoundé
Le couvent Saint Dominique de Yaoundé est le couvent de formation pour l'Afrique équatoriale érigé en 2015. Il compte XX frères étudiants, des frères professeurs à l'université ainsi que des frères investis dans la radio, aumônerie étudiante, etc.



Frère Michel Fontaine
Il est entré à 49 ans chez les Dominicains de Suisse après un parcours dans le monde de la santé et des sciences sociales. Engagé dans la pastorale de la santé, il est actuellement prieur du couvent de Genève.



Frère Thierry-Marie Courau
Le frère Thierry-Marie est entré chez les dominicains en 1990. Spécialisé dans le bouddhisme et le dialogue des cultures, il est doyen de l'université de théologie de Paris. L'été, le frère Thierry-Marie est engagé dans l'animation du hameau de Kergallic à Belle-Île-en-Mer.



• " Ceci est mon corps " •

Carême dans la Ville 2017


Deux mains, deux jambes, deux poumons, mais un visage, un coeur et cinq sens. Notre corps est étrange. Quand le nouveau-né s'éveille, ses yeux s'ouvrent à la lumière, ses oreilles perçoivent le bruit du monde et sa peau caresse celle de sa mère. Avec son corps, il entre dans le mystère de la vie, pour le meilleur et pour le pire. Nous avons tellement l'habitude de vivre que nous oublions combien notre corps reste une merveille et une énigme. D'où vient-il ? Qui est-il ?

« Ceci est mon corps » dit Jésus à ses disciples « Prenez et mangez en tous ». Et si notre corps n'était pas seulement NOTRE corps, mais aussi celui d'un autre, celui d'un Dieu tout proche ?

« Ceci est mon corps » insiste Jésus à chaque Eucharistie, comme pour ouvrir nos yeux sur la vérité de notre corps, son corps, douloureux et glorieux, donné pour la vie du monde.

Le boxeur de notre film de présentation se bat contre un ennemi invisible. Sa peur ? Ses traumatismes ? Ses fantasmes ? Il se bat pour vivre, mais ce combat le dépasse. Étendu sur le ring en forme de croix, son corps immobile est appelé à se relever, par la grâce.

Le carême nous offre 40 jours pour méditer la Parole de Dieu et réveiller nos corps endormis. Du 1er mars au 16 avril, marchons vers Pâques avec les frères de Suisse, d'Afrique, du Canada et de France, avec les soeurs d'Estavayer-le-Lac. Ensemble, nous formerons un seul corps, le corps du Ressuscité.



Frère Benoît Ente




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Mar 28 Fév 2017 - 19:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 20 Fév 2017 - 23:58

Nous sommes heureux de partager avec vous cette vidéo
qui marque l’entrée dans le carême 2017 avec Carême dans la ville.










N'hésiter pas à aller sur le site pour vous y inscrire



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 28 Fév 2017 - 19:14

• Votre soutien dans la prière pendant le Carême •


Pendant notre nouvelle retraite de Carême, dont le thème est « Ceci est mon corps » (Matthieu 26, 26) du 1er mars au 16 avril 2017, je posterez 3 intentions trois fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi) l'après-midi ou le soir. Nous formerons ainsi une chaîne de prière avec tous les retraitants de Carême dans la Ville, nous soutenant les uns les autres par notre intercession.


Je vous invite à revisionner la vidéo de lancement ci-dessus pour entrer dans notre retraite !




Invitez vos amis à découvrir Carême dans la Ville  en s'inscrivant sur le site,
Vous pourrez le faire aussi en cliquant sur l'image qui suit :









frère Benoit Ente nous présente Carême dans la Ville 2017







_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 1 Mar 2017 - 16:02

• Remplis ta besace •


La parole de Dieu

« Jésus, ayant pris du pain… le rompit
et le donna aux disciples »


Évangile selon st Matthieu ch. 26, v. 26-29


Pour aller plus loin avec la Parole

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. »


La méditation

Ami pèlerin, tu entames en ce jour ta marche du carême par un jour de jeûne. Si tu ne veux pas dépérir en chemin, remplis ta besace. Ton corps aura besoin de pain pour la route. Tu rompras jour après jour ce pain, pour toi, avec d’autres, pour d’autres. Ce geste Jésus l’a accompli pour ses disciples plusieurs fois au cours de sa vie. Ce geste de la fraction du pain, nous le reprenons à chacune de nos eucharisties.

Autrefois, on rompait le pain en trois parcelles. L’une était mise dans la coupe, l’autre servait pour la communion du prêtre et des fidèles et la dernière était conservée pour la communion des malades et des agonisants. Un pain unique, rompu et partagé en trois pour signifier trois réalités.

La première de ces parts, celle mise dans la coupe, manifeste le corps de Jésus formé dans le corps d’une jeune femme de Nazareth ; un corps comme le tien, comme le mien. Notre corps capable de toucher, de sentir, de voir, de goûter et d’entendre. Corps sensible, corps vulnérable. Corps en mouvement. Un corps qui a besoin d’être nourri, vêtu, reconnu. Un corps qui permet la rencontre. Un corps qui peut être exclu, tué. Un corps qui peut ressusciter. La deuxième est le Corps du Christ reçu en nourriture. Un pain qui nous rassasie déjà de vie éternelle.

Un pain qui nous rassemble autour d’une même table, comme un seul corps. Et enfin, la dernière part, celle que nous conservons dans nos églises, renvoie au corps souffrant du Christ, au corps de ces hommes et femmes malades, blessés, mourants, parfois exclus de nos communautés et auxquels nous prêtons trop peu d’attention. Ces corps, Jésus, lui, prend le temps de les rencontrer, de les regarder et de les aimer. Trois parts qui, ensemble, sont l’unique corps du Christ. Trois parts à mettre dans ta besace. Trois parts qui te font vivre.



Frère Jean-Baptiste Rendu



Méditation enregistrée dans les studios de Radio RCF Lyon






Pour écouter un clic sur le logo





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 12 Mar 2017 - 15:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 2 Mar 2017 - 11:03

• La charnière du salut •


La parole de Dieu

« Prenez et mangez... »

Évangile selon st Matthieu ch. 26, v. 26-29


Pour aller plus loin avec la Parole

Aussi, mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles. Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.

1 Corinthiens 10, 14-17


La méditation

Ami pèlerin, tu le sais bien et les grands marcheurs peuvent en témoigner, une marche est toujours une épreuve pour le corps qui a besoin de nourriture. On t’en offrira, prends-la avec reconnaissance. Tu en offriras. Gratuitement, tu pourras dire « prenez et mangez ». De cet échange, vous ressortirez fortifiés. Vous aurez fait corps le temps de ce partage, et peut-être continuerez-vous la route ensemble.  

Lorsque tu raconteras ta marche, tu t’en rappeleras. Lorsque l’Église célèbre l’Eucharistie, elle dit « prenez et mangez ». Elle fait alors mémoire du jour où Jésus dit à ses disciples : « Prenez et mangez ». Il s’agit là aussi d’un pain partagé, du partage d’une vie. Ce pain offert, rompu et partagé lors de ce dernier repas annonce le corps livré, brisé de Jésus fixé sur une croix. Son corps, Jésus le donnait à manger.

L’Eucharistie, c’est un corps à corps : le corps glorieux du Christ fait corps avec ton corps, avec mon corps. Il fait de nous son corps. Tu le vois, pas de salut sans partage. Pas de salut sans corps. Le corps est la charnière du salut*. Des corps qui se rencontrent dans l’amitié ou s’enlacent, c’est la vie, la vie de Jésus, ta vie, ma vie. Le carême nous invite à vivre la rencontre. Reçois le corps de l’autre, offre le tien et rends grâce à Dieu.


* Tertullien, père de l’Église, IIIe s.


Frère Jean-Baptiste Rendu



Méditation enregistrée dans les studios de Radio RCF Lyon







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 3 Mar 2017 - 12:37

• Ce corps ouvert •


La parole de Dieu

« Faites ceci en mémoire de moi »

Évangile selon saint Luc, chapitre 22, verset 19


Pour aller plus loin avec la Parole

Mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

* Évangile selon st Jean, ch.19, v.34-37


La méditation

L’automne dernier, le cinéma s’est emparé du roman de Maylis de Kerangal : Réparer les vivants. Ce film raconte l’histoire des parents d’un jeune adolescent décédé brutalement suite à un accident de voiture. En état de mort cérébrale, le corps jeune et sain de Simon devient l’otage de la mort. Il est pourtant un donneur potentiel d’organes fort intéressant, à condition bien sûr que les parents consentent à ce don. Accepter, ou pas, de donner le cœur de leur fils pour sauver une autre vie, tel est le drame rapporté par ce film.   

Le dénouement : des images d’un corps ouvert d’où l’on prélève l’organe de la vie. À la mort qui voudrait tout anéantir, répond un geste qui ouvre sur un chemin de vie inespérée. La femme qui recevra le cœur de Simon vivra.Les parents choisissent de faire « don de leur fils » pour que la vie continue en cette femme. Elle vit désormais de la vie d’un autre. Elle fait mémoire de ce don. Leurs corps et leurs destins ne font plus qu’un.

Toutes ces scènes sont chargées d’émotions, on les oublie difficilement. Tu le sens bien, ami pèlerin, il pourrait s’agir de ton corps ou du mien. Ces émotions, Jésus les a vécues. Sur la croix, il a choisi de donner son corps, pour que vive la multitude. Sur la croix, son corps a été frappé au côté et transpercé*. Déjà au cours de sa vie, au fil des rencontres, il offrait la vie et l’espérance aux otages de la mort. Rappelle-toi que tu tiens la vie de ce corps donné et ouvert.


* Évangile selon st Jean, ch.19, v.34-37


Frère Jean-Baptiste Rendu



Méditation enregistrée dans les studios de Radio RCF Lyon







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 4 Mar 2017 - 11:04

• Le corps en jeûne • 


La parole de Dieu

« Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 18








Si Jésus a jeûné, alors ça ne doit pas être mauvais pour nous. Autant il est bon pour l'homme de manger, autant il est bon aussi parfois de jeûner pour se nourrir autrement. Alain, Stéphanie, Jean-Christophe nous racontent leur expérience.
Et puisque l'Église nous y invite, si pendant ce carême vous souhaitez jeûner, voici quelques conseils :


Il existe une multitude de jeûnes possibles : jeux vidéos, télévision, tabac. Tous ont leur fécondité. Ici, nous nous limiterons au jeûne de nourriture. Tout d’abord, jeûner doit toujours être libre et volontaire, il ne s’impose pas. Jésus n’a jamais même demandé à ses disciples de jeûner. Ensuite, le jeûne n’est pas indiqué pour tout le monde. Ayez du bon sens, vérifiez si jeûner est compatible avec vos capacités physiques, votre santé, votre âge et vos activités. Il n’est pas judicieux de jeûner la veille d’un match de foot !




Jeûner en groupe

Il est toujours plus facile et plus riche de jeûner à plusieurs. Regardez autour de vous peut-être y a-t-il des groupes organisés qui jeûnent ou qui proposent des repas « pain pomme », « bol de riz ». Certaines rencontres de carême proposent des partages de ce type.




Se nourrir autrement

Nous jeûnons pour nous nourrir autrement. Si vous décidez de ne pas manger lors d’un repas, donnez du sens au temps libéré : partagez avec ceux qui ont besoin, méditez la Parole de Dieu ou un autre texte spirituel, priez en silence ou avec des psaumes, participez à une eucharistie si c’est possible pour vous. Ne perdez pas de vue l’objectif du jeûne : grandir en charité, s’approcher de Dieu, des autres et de vous-même cliquez ici pour approfondir).


En pratique

Vous pouvez pratiquer l’abstinence c’est-à-dire vous abstenir de manger un type de nourriture : viande, alcool, boissons sucrées, ou pratiquer le jeûne c’est-à-dire manger peu ou pas pendant la durée de votre choix. Les jeûnes de 12-14h sont possibles soit de l’après-midi 16h jusqu’au lendemain matin, soit du soir jusqu’au lendemain midi.


Les jeûnes de longue durée

Faites vous aider pour ce type de jeûne plus délicat. L’idéal est de vous joindre à un groupe qui a de l’expérience (voir ci-dessous). Sinon, il existe des livres pratiques sur ce sujet (voir ci-dessous) ou  téléchargez cette fiche conseil écrite par Jean-Christophe Normand.


Informations utiles

Conférence sur la Tradition chrétienne du jeûne le samedi 18 mars à 16h30 en la paroisse St Maurice de Bécon (Nanterre) par Jean-Christophe Normand;
Retraite jeûne et prière à Landévennec du 2 au 9 avril avec Jean-Christophe Normand (2 places disponibles).
Liens vers la 
fédération francophone de jeûne et randonnée..
Site internet : Une petite voie.
Bölling Gisbert, Le jeûne, La plage, 2004. (bibliographie plus complète sur ce site)


Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 5 Mar 2017 - 16:05

• Corps inconnu •


La parole de Dieu

« Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit
pour être tenté par le diable. »


Évangile selon saint Matthieu chapitre 4, verset 1


Pour aller plus loin avec la Parole

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Évangile selon st Matthieu ch. 4, v. 1-4


La méditation

Les moines se retirent au désert pour y rencontrer les démons et que les démons les conduisent à Dieu. L’Esprit convoque Jésus pour un tête-à-tête avec le diable — le père du mensonge, le diviseur — dans le désert. Dieu, par son incarnation, veut tout connaître de la réalité humaine, jusqu’à la tentation. Quand Dieu donne sa chair à l’homme, tout est bon, Il ne met en lui rien de mauvais. Quand Dieu s’incarne, Il occupe tout, il n’y a pas de morceaux honteux.  

Quand Dieu veut faire sa demeure en nous, Il veut habiter notre chair entière, surtout peut-être celle que nous avons le plus de mal à vivre. Dieu nous invite à habiter toute notre chair dans le monde, dans le temps, réellement. Pourquoi chercher à nous évader de nous-mêmes ? Notre réalité nous paraît bien souvent insuffisante, douloureuse ou trop lourde. Pourquoi avons-nous peur de ce qui, en nous, semble nous déborder ? Ne craignons pas l’inconnu en nous.
À son baptême au Jourdain, Jésus a entendu la voix du ciel lui déclarer : « Tu es mon fils bien-aimé. »* Tout de suite après, au désert, le satan l’interpelle en déformant cette parole : « Si tu es Fils de Dieu. »** Tu es… Si tu es… Le désert est le lieu de soi en face de soi, l’épreuve fondamentale et fondatrice de « qui suis-je ? »

Le débat intérieur devient un combat existentiel. Comme nous, Jésus fait l’épreuve de son corps, Il éprouve son être pour faire la preuve de son existence. Jésus est tenté de douter de lui-même, « Si tu es fils de Dieu » ; puis de douter de la parole de Dieu et des Écritures, « Il est écrit » ; et enfin de douter de sa propre chair et de Dieu pour sa vie : les idoles que sont le pouvoir, le monde et la gloire, doit-Il y renoncer ?

Trouvera-t-Il en lui seul et en Dieu seul les ressources de son propre accomplissement d’homme ? Qui suis-je ? Il n’y a pas d’autres tentations que celles-ci : douter de soi et douter de Dieu, désespérer ou se méfier de soi et de Dieu. Mais peut-être est-ce une seule et même tentation ? Notre corps est le lieu de notre connaissance.



* Évangile selon st Matthieu ch. 3, v. 17
** Évangile selon Matthieu ch. 4, v. 3 et 6



Frère Jean-Pierre Brice Olivier







Pour écouter un clic sur le logo






_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 6 Mar 2017 - 13:45

• Corps parlé •


La parole de Dieu

« C’est par le Verbe que tout est venu à l’existence, et rien de
ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. »


Évangile selon saint Jean chapitre 1, verset 3


Pour aller plus loin avec la Parole

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Évangile selon st. Jean ch. 1, v. 1-5


La méditation

Depuis la genèse, tout est créé par le Verbe de Dieu. Ainsi, tout notre être est appelé à la vie par la Parole. Nous sommes parole faite corps. Notre chair, commune à toute l’humanité, nous rend semblables à nos semblables, elle nous permet la connaissance d’un autre. Notre corps est au service de la rencontre. L’œil, l’oreille, le nez, la langue, le toucher, nos sens peuvent être aussi des instruments de rejet et de fermeture, de mutisme et de pouvoir.   

Mais la parole demeure l’essentiel de la relation, elle peut être féconde ou meurtrière. Elle est vivifiante dans le don entier de nous-mêmes, quand elle est l’expression du plus authentique de nous-mêmes. Que notre oui soit oui, que notre non soit non*. C’est la parole — adressée et reçue — qui nous crée dans notre chemin d’incarnation.  

Notre parole doit prendre le risque d’engager tout notre être, sinon, elle reste du baratin, un discours qui masque la vraie parole, contrefait notre réalité et défait celle des autres. « Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition**. » Recevoir et percevoir son corps et celui de l’autre permet de naître à soi-même. La connaissance de soi est toujours établie dans une rencontre et en relation avec un autre. La rencontre vraie, dans la tendresse ou le heurt, dans l’affrontement ou la caresse, nous fait advenir. Notre corps est le lieu du don de nous-mêmes.



* Évangile selon st Matthieu ch. 5, v. 37
** Montaigne, Essais, livre III, ch. 2



Frère Jean-Pierre Brice Olivier







Rencontres de Carême


un clic sur l'image pour accéder à la page



Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 7 Mar 2017 - 13:31

• Corps exposé •


La parole de Dieu

« Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus. »

Livre de la Genèse chapitre 3, verset 7


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus dit : « Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Évangile selon st. Jean ch. 3, v. 12-17


La méditation

Notre corps, c’est tout nous mis à nu devant l’autre, dans un grand désir et une parfaite pudeur, dans la vérité de notre être entier. Nous savons notre corps infiniment fragile et pourtant résolu à vouloir vivre, tellement vulnérable et souverainement résistant. Jésus est exposé dès la mangeoire et jusqu’à la croix : offert aux autres pour être mangé ou dévoré, corps pendu et sang répandu. Il est livré entre les mains des hommes, mais surtout, il se donne.    

Nous sommes engagés à ne rien retenir, à ne pas nous agripper, à ne rien saisir. Nous ne sommes pas du monde, notre chair vient de Dieu, et elle y retournera. Nous sommes issus du vouloir de Dieu dès notre conception, et pour ceux qui le reçoivent, pour ceux qui acceptent d’être nés de Dieu, le chemin ressemble à celui du Christ. Nous le choisissons. Chacun se dévoile en tremblant, s’expose totalement dans le risque toujours d’être mis en croix, chemin de « dénudement » pour se laisser connaître et trouver dans la vérité de sa chair, sans artifice, sans oripeaux. Nous naissons nus, mais la vie nous fait encore passer du nu à la véritable nudité.   

Il ne s’agit pas de perdre quelque chose, mais de se trouver, de gagner la vie par le dépouillement progressif de tout ce qui n’est pas « soi » : les encombrantes protections et carapaces dont nous croyons longtemps avoir besoin. Nous allons vers notre « dénudement », qui s’accomplira — peut-être malgré nous, mais autant y consentir — par la mort. Notre corps est le lieu de notre vulnérabilité.



Frère Jean-Pierre Brice Olivier








Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Ven 10 Mar 2017 - 18:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 8 Mar 2017 - 15:37

• Corps habité •


La parole de Dieu

« Heureux ton familier, ton élu, il habite ta demeure. »

Psaume 64, verset 5


Pour aller plus loin avec la Parole

Des Juifs interpellèrent Jésus : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Évangile selon st. Jean, ch. 2, v. 18-22


La méditation

Pour être vivant, notre corps doit être habité par nous-mêmes. Cela n’est pas aisé, nous sommes confrontés à des peurs, des pulsions, des désirs, plus forts que nous. Heureusement, nous ne sommes pas seuls, notre corps est aussi la demeure de Dieu.

  Devenir un être humain est un chemin que nous choisissons, dans un lent et long travail avec le Saint-Esprit. Nous disons de Jésus que par l’Esprit saint Il a pris chair de la Vierge Marie. Pour nous, c’est la même chose, c’est bien par l’Esprit  saint que nous prenons chair. Seul l’Esprit peut unir notre chair dans une humanité accomplie. 

Si nous sommes faits d’une chair — dans laquelle Jésus est entré — commune à tous ; nous le sommes surtout d’une chair singulière qui vient de ce que nous en faisons, de ce que nous décidons. Nous sommes face à la responsabilité de la vérité de notre chair, quelle que soit son histoire. Cette habitation en nous-mêmes, c’est encore offrir à l’autre une place en soi, à chaque autre, mendiant, souffrant, prisonnier, mourant…    

La sainteté n’est pas dans la vertu, mais bien dans notre humanité personnelle accomplie, dans ce qui constitue notre chair particulière et unique. Les saints sont les plus humains des hommes, tant dans la réalisation de leur humanité propre que dans la réception de celles des autres, quelles qu’elles soient. « Aimer celui qui est perdu et l’aimer dans sa perdition même. »* Pour que l’exclu devienne l’élu. Notre corps est le lieu de notre être.



* Prière de saint Benoît Labre


Frère Jean-Pierre Brice Olivier




]




Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 9 Mar 2017 - 15:11

• Corps libre •


La parole de Dieu

La vérité vous fera libres.

Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 32


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus dit aux pharisiens : « Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Évangile selon st. Jean ch. 10, v. 14-18


La méditation

Dieu désire l’homme libre, à son image, totalement unique. Notre créateur nous veut déliés de tout : du monde, des autres, de la religion, de nos origines, de nos héritages multiples, de notre histoire même… Libre de Dieu aussi. Rien ni personne n’a le droit de mettre la main sur un autre. Jésus prend chair — de notre chair — pour lui redonner sa liberté primordiale, l’extirper de ses esclavages.

Chaque personne a le choix fondamental entre survivre et vivre : survivre en se nourrissant de la vie des autres, ou bien au contraire vivre en servant la vie des autres, en donnant sa propre vie. Le tout de nous-mêmes, notre corps, peut être libre même quand il souffre, même s’il est limité. Il est des êtres libres, même si leur corps est dépendant et porteur de handicap, il est des personnes profondément libres même en prison, il est bien des visages lumineux au sein de leurs bosses, leurs rides et leur âge.     

Rien ne sera perdu, pas un cheveu de notre tête*, nous affirme Jésus. Tout de notre histoire compte, tout est essentiel, dès ici-bas, nous bâtissons notre corps de vie éternelle. Nous sommes libres parce qu’habités par l’Esprit, libres parce que déjà sortis de la mort, qui ne sera plus que l’instant ultime d’une libération totale et définitive. C’est par le don du Christ dans sa chair que le monde est sauvé, extrait du mal, soustrait à la mort. « Tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : voici, je viens. »** Notre corps est le lieu de notre vérité.



* Évangile selon st. Luc ch. 21, v. 18
** Psaume 39, 7-8



Frère Jean-Pierre Brice Olivier








Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 10 Mar 2017 - 18:31

• Corps glorieux •


La parole de Dieu

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme,
alors vous comprendrez que moi, je suis. »


Évangile selon saint Jean chapitre 8, verset 28


Pour aller plus loin avec la Parole

« Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort. »

2° lettre aux Corinthiens, ch. 4, v. 7-11


La méditation

Nous ne pouvons pas être en dehors de notre corps, c’est pourquoi nous croyons à la résurrection des corps, dès maintenant et par-delà la mort. Il s’agit d’accueillir dès maintenant l’éternité dans notre temps. Apprendre à vivre chaque instant comme l’avènement même de l’éternité : une plénitude de la présence. Dès à présent, soyons présents aux présents. Le corps glorieux n’est pas celui — narcissique — que nous vante la publicité des salles de sport, mais bien celui qui déjà s’annonce humblement dans notre existence, dans la traversée des petits bonheurs et des grandes douleurs, marquée par l’amour et la trahison, la prière et le doute, la guerre et le repos, la générosité et le pardon.
  
Le corps glorieux n’est pas celui d’une plastique idéalisée, mais celui qui s’annonce dans sa vérité la plus authentique, qui porte les stigmates de ses labeurs solitaires pour sa vie et les cicatrices de ses combats pour la vie des autres ; semblable au corps du Christ ressuscité qui honore les plaies de sa Passion. Dans l’attente de son accomplissement total, le corps glorieux se laisse déjà découvrir sur cette terre : malgré l’embonpoint, qu’il claudique ou qu’il soit amputé, un corps habité, vivant, libre, rayonne d’une vie qui vient d’ailleurs. Déjà, notre corps glorieux nous est à portée de corps. Du corps inconnu au corps habité, du corps méprisé au corps exposé, du corps celé au corps parlé, du corps honteux au corps glorieux, nous sommes en chemin pour arriver à : je suis. Notre corps est le lieu de notre résurrection.



Frère Jean-Pierre Brice Olivier








Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 11 Mar 2017 - 17:43

• Corps glorieux •


La parole de Dieu

Louez Dieu par les cordes et les flûtes, louez-le par la danse et le tambour !

Psaume 150





Pour aller plus loin avec la Parole

Alléluia ! Louez Dieu dans son temple saint, louez-le au ciel de sa puissance ;
louez-le pour ses actions éclatantes, louez-le selon sa grandeur !
Louez-le en sonnant du cor, louez-le sur la harpe et la cithare ;
louez-le par les cordes et les flûtes, louez-le par la danse et le tambour !
Louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes !
Et que tout être vivant chante louange au Seigneur ! Alléluia !

Rendons gloire au Père tout puissant, à son fils Jésus-Christ le Seigneur,
à l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen.


Psaume 150 - "Doxologie finale"






La danse est la louange du corps. Pour le psalmiste, la danse manifeste la vitalité, l'abondance de la vie. Pas étonnant que les pères de l'Église décrivent la communion trinitaire comme une danse. Qui mieux que le peuple d'Afrique peut nous introduire dans cette exaltation ?



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille



Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 25 Mar 2017 - 14:02, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 12 Mar 2017 - 15:44

• Splendeur de Dieu •


La parole de Dieu

« Son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière. »


Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

« Le Seigneur me cache au plus secret de sa tente, il m'élève sur le roc. Mon cœur m'a redit ta parole : « Cherchez ma face. » C'est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. N'écarte pas ton serviteur avec colère : Mais j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. »

Psaume 26, v. 5, 8, 9, 13


La méditation

Chez moi, en Afrique, un proverbe nous dit : « Aussi profonde que soit la force et l’épaisseur de la nuit, elle n’empêche pas au jour de se lever ni au soleil de paraître. » Oui, à longueur de journée, il brille avec parfois comme conséquence désastreuse la sécheresse. Mais de plus en plus, le soleil est devenu un facteur de développement. Il nous éclaire et nous réchauffe en journée et est une source d’électricité pour la nuit. Il dissipe ainsi les ténèbres pour faire place à la lumière.  

Jésus se trouve sur la montagne, lieu de la révélation. Il est transfiguré devant trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean. Comme Moïse, dont le visage reflète la gloire de Dieu, la gloire de Jésus est dévoilée avec éclat, blancheur et lumière. Placée à un tournant décisif de sa vie, la transfiguration de Jésus est l’anticipation de sa gloire, celle qui est annoncée pour les justes : ils « resplendiront comme le soleil*. »

Toi mon frère, toi ma sœur, toi cher ami de Dieu qui médite avec moi, redécouvrons la splendeur de Dieu.

Dans l’Ancien Testament, tel le soleil de midi, on ne peut voir Dieu face à face sans se brûler les yeux et même mourir. Pourtant, le psalmiste désire voir Dieu : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face**.  »

Sur la montagne, les disciples peuvent regarder le visage de Jésus. Il n’est pas ce soleil qui crée des dommages, mais Il est un soleil qui donne la vie. Jésus est la vie, Il ne peut que la communiquer et jamais la détruire.

C’est pourquoi Il est saint. Là se cache sa splendeur. Jésus est la lumière du monde, de l’homme et de chaque homme de façon personnelle et unique. Il vient briller dans nos ténèbres pour nous transformer de l’intérieur afin que nous devenions des enfants de lumière. Il chasse nos peurs, éclaire notre chemin et révèle ce qui nous encombre. Notre Dieu est aussi la chaleur bienfaisante du soleil, celle qui rassure, l’antidote contre la froide morsure de la mort. Alors, debout, mon ami, ta gloire, c’est de contempler le visage de ton Dieu***.



* Évangile selon st Matthieu, ch. 12, v. 43.
** Psaume 26, v. 9.
*** D'après Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies.



Frère Lucas Onana



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun






Pour écouter un clic sur le logo



Interview des frères de Yaoundé







Notre retraite se déplace pour cette deuxième semaine de carême en Afrique, au Cameroun, une terre riche de culture et de peuples traversée parfois de graves conflits. Les frères du couvent de Yaoundé nous partagent leur espérance et leur joie de contempler Jésus transfiguré.  

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 14 Mar 2017 - 15:24

• La capitale spirituelle du monde •


La parole de Dieu

« Jésus s’approcha, les toucha et leur dit  :
"Relevez-vous et n’ayez pas peur !" »


Évangile selon saint Matthieu chapitre 17, verset 7


Pour aller plus loin avec la Parole

"Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »"

Évangile selon st Jean ch. 20, v. 19-21


La méditation

Mon frère, ma sœur, je suis Centrafricain. Je vis dans un pays marqué par une succession de coups d’État et qui aujourd’hui est plongé dans un conflit prétendu interreligieux entre chrétiens et musulmans. On assiste à des tueries, à la destruction de lieux de culte et à la partition de certains quartiers de la capitale en zones « musulmanes » ou « chrétiennes ». Quel gâchis et quel drame !  

Le 29 novembre 2015, le pape François atterrit à Bangui, accueilli par l’archevêque Dieudonné et l’imam Oumar. Des milliers de personnes ont pris d’assaut les rues de la ville. À la cathédrale dans l’après-midi, le Saint-Père ouvre la porte de la miséricorde avant celle de Rome. Selon son expression, « Bangui devient ainsi la capitale spirituelle du monde ». Sa présence, un simple corps, a inspiré toutes les couches sociales, politiques et religieuses. Son message était simple : « Travaillez, priez, faites tout votre possible pour la paix, mais souvenez-vous que la paix n’est rien sans amour, sans amitié, sans tolérance. » Ce fut pour mon peuple un souffle d’espérance. Il nous a permis de croire en la paix.  

C’est cette folle espérance que Jésus a insufflée à ses disciples le jour de sa transfiguration. L’aspect glorieux, lumineux de Jésus est une promesse de sa victoire ; victoire sur la division, victoire sur la haine, victoire sur la mort. De ce fait, nous pouvons espérer renaître avec lui dans nos moments d’angoisse et de détresse. Ô mon peuple, espère et prends courage, espère en ton Seigneur, car son corps transfiguré est un signe de ta résurrection.



Frère Lionel Lessoua



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun







Pour écouter un clic sur le logo

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 14 Mar 2017 - 15:25

• Vitamines de joie •


La parole de Dieu

« Seigneur, il est heureux que nous soyons ici. »

Évangile selon saint Matthieu chapitre 17, verset 4


Pour aller plus loin avec la Parole

Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

* Évangile selon st Matthieu, ch. 17, v. 4-9


La méditation

Mon frère, ma sœur, bien-aimés de Dieu, nous sommes invités à la joie. Nous les envions, ces trois témoins de la transfiguration ! Prenons le risque de dire avec eux : « Seigneur, dressons ici trois tentes*. » Comme Pierre, nous souhaitons que s’éternise ce moment merveilleux. Quitter Jésus transfiguré, descendre de la montagne devient lourd. Ils ne veulent pas sortir de cet événement qui vient de leur donner des « vitamines de joie ». 

De pareils moments sont multiples dans notre vie où quitter un être cher, un groupe d’amis ou un pays qui nous a marqués devient difficile ; quelquefois même, les larmes sont au rendez-vous. Mais, enfin, nous finissons par partir. Partir pour transmettre l’expérience vécue, partager la joie d’une rencontre amoureuse avec Dieu à ses frères et sœurs, ses enfants, son épouse, son époux.  

C’est ce qui arrive à ces trois disciples qui n’ont pas vocation à s’installer définitivement sur la montagne. Ils redescendent avec le Transfiguré dans leur cœur, pour reprendre leur vie ordinaire : une vie de joies et de souffrances vécue dans la foi et l’espérance. Jésus lui-même a quitté la montagne. Il avait rendez-vous avec les hommes et les femmes, perdus, sans repères. Dans l’ordinaire de leur vie, Il vient à leur rencontre et donne à eux aussi des vitamines de joie. Sauras-tu, toi aussi, prendre rendez-vous avec Dieu et avec l’homme ? Alors, sors ton agenda !



* Évangile selon st Matthieu, ch. 17, v. 4


Frère Stanislas Nzitoukoulou



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 15 Mar 2017 - 11:53

• Chefferie divine •


La parole de Dieu

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. »

Évangile selon saint Matthieu chapitre 17, verset 5


Pour aller plus loin avec la Parole

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. On le lui fit savoir : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

Évangile selon st Luc ch. 8, v. 19-21


La méditation

Mon frère, ma sœur, dans les chefferies de l’Ouest Cameroun, un chef a toujours parmi ses fils un bien-aimé en qui il place toute sa confiance et qui lui succédera sur le trône royal. S’il en est ainsi chez nous, qu’en est-il pour Dieu ?

Jésus est le Fils bien-aimé de Dieu, le Fils de son cœur, le Fils de son amour. L’Épiphanie du mont Thabor, la Transfiguration, nous le révèle une fois de plus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Le Père ne nous dévoile pas que Jésus est son Fils pour le simple plaisir de le révéler, mais pour que nous l’écoutions.

S’Il ne désirait pas et s’Il n’espérait pas cette écoute, Il se tairait. Écouter ici n’est pas seulement une ouverture des oreilles, mais avant tout du cœur : une ouverture à la foi, à l’espérance et à l’amour. « Écoutez-le. » Pourquoi ? Jésus est la voix, la parole, l’appel du Père pour l’humanité. Il est sa bouche, ses mots, tout ce qu’Il a à nous dire depuis le commencement du monde  

Cette parole nous sauve, nous indique le chemin, nous sort de l’isolement. En nous parlant, Il nous invite à la palabre, à faire corps et vie avec lui, à devenir ses amis pour partager avec lui l’héritage de son Père. Projet de partage donc, d’intégration et de communion universelle. Quelle merveille pour nous ! En l’écoutant et en recevant le baptême en son nom, nous devenons aussi, par lui, enfants bien-aimés du Père dans la chefferie divine. Alors, qu’attendons-nous ? Écoutons-le.



Frère Jean-Paul Tagheu



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 19 Mar 2017 - 17:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 16 Mar 2017 - 12:08

• Accomplissement •


La parole de Dieu

« Les disciples levèrent les yeux,
et ne virent que Jésus seul. »


Évangile selon saint Matthieu chapitre 17, verset 8


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus dit : « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. La foule lui répliqua : « Nous, nous avons appris dans la Loi que le Christ demeure pour toujours. Alors toi, comment peux-tu dire : “Il faut que le Fils de l’homme soit élevé” ? Qui est donc ce Fils de l’homme ? » Jésus leur déclara : « Pour peu de temps encore, la lumière est parmi vous ; marchez, tant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous arrêtent pas ; celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière : vous serez alors des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus. Puis il les quitta et se cacha loin d’eux.

Évangile selon st Luc ch. 8, v. 19-21


La méditation

Mon frère, ma sœur, si l’histoire de l’humanité avec Dieu, l’histoire du salut, évolue vers un accomplissement, l’histoire de notre vie participe aussi à cet accomplissement. La transfiguration met en présence avec Jésus deux personnages de l’Ancien Testament : Élie et Moïse. Leur présence indique que Jésus est venu accomplir la Loi de Moïse et les écrits des prophètes figurés par Élie. Il leur donne leur véritable sens.

De même, c’est en Jésus-Christ que ceux qui appartiennent à son corps retrouvent le sens de leur existence. La voix qui sort de la nuée nous y invite en révélant l’identité de Jésus, le Fils de Dieu que nous devons écouter. Cela est de nature à affermir la foi des disciples et à les préparer à surmonter le scandale de la croix : celui qu’ils avaient décidé de suivre allait mourir sur la croix, mais cela n’a en rien été un obstacle au projet de Dieu pour l’humanité.

Mon frère, ma sœur, nos vulnérabilités, nos faiblesses, nos chutes, nos désillusions et même certaines de nos souffrances ne peuvent pas empêcher le projet de Dieu sur nous de devenir réalité. À toi aussi le Christ demande de te relever et de ne pas avoir peur. Pour cela, Il vient à toi en ce jour. Laisse-toi être touché par lui et puisses-tu écouter son appel en vue de ton accomplissement !



Frère Jean-Paul Kamaheu



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 17 Mar 2017 - 12:43

• Défiguration •


La parole de Dieu

« Ne parlez de cette vision à personne. »

Évangile selon saint Matthieu chapitre 17, verset 9


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus, sur le chemin d'Emmaüs, dit alors aux deux disciples : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Évangile selon st. Luc ch. 24, v. 25-27


La méditation

Depuis le génocide vécu par mon pays, le Rwanda, nous nous demandons où était Dieu à ce moment-là. Les Tutsis ont cherché refuge dans les églises. Cela ne fut d’aucun secours et des lieux de culte furent le théâtre d’importants massacres. Mon frère, ma sœur, pourquoi la foi n’a-t-elle pas servi de rempart ? Actuellement, des gens sont accusés, les uns justement, les autres injustement, d’avoir participé au génocide ou d’avoir une idéologie génocidaire.

Pourquoi des personnes accusées injustement, pourquoi des tortures de toutes sortes ?  

Apparemment, le mal triomphe, Dieu se tait et semble absent ! Lors de la Transfiguration, Jésus ordonne : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

En effet, Jésus ressuscité dit à ses disciples désespérés : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire* ? »

Avec Jésus, nous sommes sur un chemin de glorification qui contient l’épreuve du mal. Nous ne pouvons pas parler en vérité du mystère du Christ sans vivre ensemble la Transfiguration du Thabor et la défiguration du Calvaire.

La Transfiguration donne l’assurance que la défiguration n’aura pas le dernier mot. À travers nos vies éprouvées, nous peinons à discerner le chemin qui nous conduit au Thabor. Appelés à être transfigurés et transformés, nous sommes engagés à faire advenir justice et réconciliation dans nos familles, nos communautés, nos sociétés, nos collines. Comme Jésus et avec lui, traversant l’épreuve, nous espérons la gloire de la résurrection.



Frère Olivier Kwihanganak



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Maria Cameroun







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 18 Mar 2017 - 13:06

• Le corps en marche •


La parole de Dieu

« Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. »

Évangile selon saint Luc chapitre 8, verset 1


Pour aller plus loin avec la Parole

Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.
Comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole :
« Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
[/b]


Évangile selon saint Luc chapitre 8, v. 1-8






Marcher, une expérience si simple et si riche. Admirer les paysages, tisser des liens dans l'effort partagé. Jésus a marché pour proclamer la Bonne Nouvelle. Une famille a marché sur le chemin de Saint Jacques et ils ont vécu ensemble les rires et la joie de la Bonne Nouvelle. Ils nous communiquent leur bonheur en image.



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille






Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 19 Mar 2017 - 17:54

• Deux fatigues •


La parole de Dieu

« Jésus, fatigué par la route, s’était assis »

Évangile selon saint Jean chapitre 4, verset 6


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

Évangile selon st. Jean, ch. 4, v. 5-7


La méditation

Paradoxe.
Jésus, nous dit l’Évangile, est le Verbe de Dieu, celui par qui tout a été créé. Et le voici maintenant assis au bord d’un puits, seul, submergé par la fatigue sous le soleil de midi, démuni et fragile comme n’importe quel homme ayant marché longuement de la Judée à Sychar en Samarie. Il attend ses disciples partis chercher à manger.

Arrive une femme, seule, à l’heure où on ne vient pas habituellement puiser de l’eau. Elle aussi est fatiguée. Fatiguée de sa vie qu’elle considère comme ratée, de ses cinq maris passés et de ce sixième homme dont elle pressent que lui non plus ne la comblera pas. Elle en a marre de toujours venir chercher de l’eau à ce puits comme ceux qui en ont marre de traîner leur corps au long d’une vie sans but, marre d’être en proie aux cancans, aux jugements des gens bien-pensants. « Donne-moi à boire. » Jésus ose la rencontre.

Lui, le Juif, s’adresse à cette Samaritaine infréquentable. Au lieu de venir à elle avec arrogance, Il se présente, voyageur assoiffé et accablé par la chaleur. En fait, Il poursuit son chemin d’humanité. Lui, le Verbe, lui, l’eau vive, a pris corps dans l’humilité et mendie maintenant un peu d’eau auprès d’une femme étrangère. Mais est-ce bien d’eau qu’il s’agit ?

Certes, l’eau de ce puits peut redonner vie au corps fatigué de Jésus, mais l’eau dont Il parle peut redonner corps à la vie fatiguée de cette femme. Jésus puise en lui-même la joie et la force de se donner pour la sauver, l’arracher à la tristesse et à l’usure du quotidien. Lui qui a soif veut la désaltérer, afin qu’elle réintègre sa propre histoire, sa propre ville, qu’elle retrouve sa dignité, sa force, sa vitalité. Et si Jésus venait aujourd’hui vers moi dans la pauvreté et la fatigue, saurais-je le rencontrer ? Et s’Il accueillait mon cri, ma fatigue, mes peurs ; et s’Il mendiait seulement ma foi et mon amour dans mon quotidien ?



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo



Interview des sœurs dominicaines d’Estavayer-le-Lac









_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 20 Mar 2017 - 11:52

• Deux appels •


La parole de Dieu

« Si tu savais le don de Dieu. »

Évangile selon saint Jean chapitre 4, verset 10


Pour aller plus loin avec la Parole

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint.

Évangile selon st. Matthieu, ch. 1, v. 18-20


La méditation

L’ange du Seigneur dit à Joseph : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. »* Jésus dit à la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » Quel point commun entre Joseph, l’homme juste et religieux que l’Église fête aujourd’hui, et la femme de Samarie à la vie tourmentée ?

Un jour, Dieu fait irruption dans leur vie et bouscule leurs projets. Il les entraîne vers de nouveaux horizons. Joseph et la Samaritaine sont plongés dans le dessein de salut pour le monde, Dieu les appelle et ils se laissent rejoindre par son amour.

En réponse à l’ange, Joseph revient sur sa décision de répudier Marie en secret et l’accueille comme épouse. Il reçoit la mission d’accompagner le Fils de Dieu dans sa croissance d’homme, dans les moments sereins comme dans les moments difficiles. Il lui offre et partage avec lui l’héritage d’Israël. La Samaritaine, quant à elle, malgré toutes ses préventions à l’égard des Juifs, se laisse interpeller par Jésus.

Leur dialogue en vérité est pour elle source de vie et lui permet d’aller de l’avant ; elle le reconnaît comme Messie et court l’annoncer. Elle devient l’apôtre de son village ! Ils sont sortis d’eux-mêmes, l’un et l’autre, pour entrer dans une histoire nouvelle. De même, la Parole de Dieu s’adresse à toi, ami de Joseph et de la Samaritaine. Toi aussi, tu es convoqué par Dieu à risquer l’inconnu, à inviter Dieu dans tes histoires d’amour. Si tu savais le don de Dieu. Ah, si tu le savais...



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 21 Mar 2017 - 12:22

• Deux nourritures •


La parole de Dieu

Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.

Évangile selon saint Jean chapitre 4, verset 34


Pour aller plus loin avec la Parole

Entre-temps, les disciples appelaient Jésus : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. »

Évangile selon st. Jean, ch. 4, v. 31-34


La méditation

La volonté de Dieu ? Ah non alors, j’ai bien trop peur qu’il m’arrive encore des tuiles ! Nous avons tous en tête la représentation d’un Dieu qui au fond ne veut pas vraiment notre bien. Jésus, lui, se situe autrement : la volonté de Dieu est sa nourriture.

Qu’est-ce à dire ? Manger est un besoin vital auquel s’allient le plaisir, la joie, la communion avec ceux qui partagent notre table. Eh bien, tout cela, Jésus le trouve en faisant la volonté de son Père. « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Sa « nourriture-volonté » du Père, c’est que cette femme à la vie blessée, ces disciples qui n’y comprennent souvent pas grand-chose, ces Samaritains « hérétiques », eux, vous, moi, soyons des vivants de la vie même que Jésus partage avec son Père. Lorsque la fatigue pousse Jésus à s’asseoir au bord du puits et qu’arrive cette femme samaritaine, Il dépasse toute lassitude pour la rejoindre là où elle en est de sa vie cabossée.

Alors, le désir profond de cette femme peut enfin surgir. Il se révèle correspondre au désir de Dieu pour elle. Jésus a finalement nourri la femme de ce qui le nourrit lui-même. Il ne cesse de nous rassasier à notre tour depuis ce soir où, avant de mourir, Il a fait du don de son corps un pain à partager, pour que tous « aient la vie et la vie en abondance »*. Et toi, de quoi te nourris-tu ? Vers quoi, vers qui, te poussent ton appétit, ta soif ?



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 22 Mar 2017 - 10:16

• Deux montagnes •


La parole de Dieu

« Ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »

Évangile selon saint Jean chapitre 4, verset 21


Pour aller plus loin avec la Parole

Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

1° lettre aux Corinthiens, ch. 6, v. 19-20


La méditation

Où adorer ? Est-ce sur le mont Sion ou sur le mont Garizim ? demande la Samaritaine à Jésus. Est-ce à Compostelle, à Lourdes, dans l’église du quartier, retiré dans sa chambre, près d’un monastère ? pouvons-nous nous demander à notre tour.

Les croyants de la Bible ont cherché des lieux pour rencontrer le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. La montagne du Sinaï, la tente dans le désert, le Temple de Jérusalem, l’ont été. Pour autant, le Seigneur est le Dieu que ni le ciel ni la terre ne peuvent contenir.

En Jésus le Christ, nous découvrons que Dieu est venu habiter parmi nous comme l’un de nous, que Dieu a pris un corps d’homme. Jésus lui-même parle de son propre corps comme d’un sanctuaire, lieu où Dieu réside*. La chair humaine est élevée au rang de montagne, de tente, de temple. Pour Jésus, le lieu devient l’heure. L’espace devient le temps : celui « où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité »**. Chacun est appelé à reconnaître qu’il est maintenant, aujourd’hui même, le temple où l’Esprit du Christ rend présent le Père au monde.

Au contact de Jésus, en dialogue avec lui, la Samaritaine découvre en elle « une source qui jaillit en vie éternelle », l’Esprit qui l’habite et la projette vers ses frères. Nous aussi, notre quête de Dieu, notre pèlerinage, nous conduit d’abord vers des lieux « spirituels » pour rencontrer Dieu ; avant de découvrir qu’il nous attend dans l’autre, le plus fragile, le malade, le prisonnier : mon prochain.



* Cf. Évangile selon st. Jean, ch. 2, v. 19-21
** Évangile selon st. Jean, ch. 4, v. 23



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 23 Mar 2017 - 11:03

• Deux soifs •


La parole de Dieu

Que l’homme assoiffé s’approche,
que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie,
gratuitement


Livre de l'Apocalypse chapitre 22, verset 17


Pour aller plus loin avec la Parole

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Psaume 84, v. 11-14


La méditation

Cinq maris. Cinq histoires dans ta vie. Que viens-tu faire à l’heure la plus chaude au bord du puits ? Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari et reviens. » « Je n’ai pas de mari », dit la Samaritaine à Jésus, révélant une pauvreté, une quête, une humiliation, peut-être. « Tu dis vrai », lui répond Jésus, « des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ».  

Jésus ne sait presque rien de l’histoire de cette femme, mais Il la connaît de façon intime, en vérité, comme Dieu la connaît. Il ne l’accable pas, car loin de s’exclure mutuellement « amour et vérité se rencontrent » ; non pas une vérité comme le projecteur d’un interrogatoire policier qui écrase, mais comme la vérité d’un amour qui relève.

Alors, les yeux de la femme s’ouvrent : « Seigneur, je vois que tu es un prophète. » Un prophète ? Oui, un homme qui sait voir le dessein de Dieu dans les histoires les plus tourmentées, un homme qui sait faire sourdre la vie et ouvrir à l’avenir. La Samaritaine est reconnue dans son désir et aimée. La source d’eau vive promise peut jaillir et se communiquer.

Animée d’un mouvement irrépressible, la femme court vers ceux de sa ville, ceux contre lesquels elle se heurtait quotidiennement, parmi lesquels peut-être de ses anciens maris. Elle leur annonce ce qu’elle a vécu avec Jésus et leur laisse une question : « Ne serait-Il pas le Messie ? » Samaritains, sortons et allons voir.



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 26 Mar 2017 - 12:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 24 Mar 2017 - 9:22

• Deux désirs •


La parole de Dieu

« La femme alors abandonnant sa cruche revint à la ville. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 28


Pour aller plus loin avec la Parole

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. […] L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

Évangile selon st. Matthieu, ch. 28, v. 1.5-8


La méditation

Une femme de Samarie vient au puits avec sa cruche à l’heure de midi. Ne serait-ce pas l’expression de son désir de rencontrer quelqu’un, enfin ? Dans l’Évangile de Luc, une autre femme entre dans la maison d’un pharisien avec un flacon d’albâtre rempli de parfum, elle se place aux pieds de Jésus. Ne serait-ce pas l’expression de son désir de rencontrer un homme, enfin ?* La Samaritaine et la « pécheresse » portent en elles le même désir d’être connues et reconnues, la même soif d’être aimées et d’aimer.  

La cruche et le flacon contiennent l’attente de ces deux femmes, leur désir, cet élan qui motive et permet la rencontre, qui transforme leur vie. Pour chacune d’elles, Jésus perçoit et accueille sans aucune arrière-pensée, sa quête amoureuse, pour la combler au-delà de toute espérance.

Comme Marie de Magdala, une troisième femme, touchée au cœur par la miséricorde, a couru vers les apôtres après la résurrection pour leur annoncer « Jésus vous précède en Galilée »** ; de même, la Samaritaine, à la suite de sa rencontre avec Jésus, va à la ville et proclame aux habitants : « Venez donc voir cet homme. » Pour les apôtres comme pour les habitants de Sykar, comme pour nous : un pèlerinage s’annonce.

Découvrir et répondre à notre désir le plus profond : être aimé et aimer en vérité. Cet homme que la Samaritaine a rencontré nous précède. Il nous attend dans notre propre Galilée pour enfin combler le vide qui nous taraude. Le salut, donné à la hauteur de notre désir, nous met à notre tour en mouvement. Rencontrant nos frères et sœurs, nous le proclamons très fort ou tout bas, à qui s’asphyxie par manque de pardon et d’amour, à qui doute et pleure. À la Samaritaine et à la Magdaléenne, nous disons : Merci !



* Évangile selon st. Luc ch. 7, v. 37
** Évangile selon st. Matthieu ch. 28, v. 10



Les sœurs dominicaines d'Estavayer-le-Lac







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 25 Mar 2017 - 14:21

• Le corps naissant •


La parole de Dieu

« J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ;
j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé
mon nom. »


Prophète Isaïe, ch. 49, v. 1





Pour aller plus loin avec la Parole

Iles, entendez-moi peuples lointains, soyez attentifs! Yahweh m'a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a proclamé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante; il m'a abrité sous l'ombre de sa main; il a fait de moi une flèche aiguë, Il m'a caché dans son carquois.
Et il m'a dit: "Tu es mon serviteur, Israël, en qui je me glorifierai."
Et moi j'ai dit: "En vain je me suis fatigué; inutilement, pour rien, j'ai consumé ma force; mais mon droit est auprès de Yahweh, et ma récompense auprès de mon Dieu."
Et maintenant Yahweh parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour être son Serviteur. pour ramener à lui Jacob, et pour qu'Israël lui soit réuni. -- Et je suis honoré aux yeux de Yahweh, et mon Dieu est ma force. --
Il a dit: "C'est peu que tu sois mon Serviteur; pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d'Israël; je t'établirai lumière des nations, pour que mon salut arrive jusqu'aux extrémités de la terre."


Le livre d'Isaïe, ch. 49, 1-6






Nous sommes des êtres de relation. Avant même notre naissance, déjà nous sommes attirés par l'autre. L'haptonomie propose par exemple aux parents de poser leur main sur le ventre de la maman pour entrer en relation avec leur enfant. Une expérience forte de don de soi, de communion qui met en contact avec la vie dans ses origines. Un émerveillement.



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille



Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 8 Avr 2017 - 9:22, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 26 Mar 2017 - 12:47

• Dieu ne punit pas ! •


La parole de Dieu

« Rabbi, qui a péché, cet homme aveugle ou ses parents ? »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Évangile selon st Jean, ch. 9, v. 1-7


La méditation

Pourquoi cette maladie ? Pourquoi ce handicap ? Qu’ai-je fait de mal ? « Seigneur, pourquoi me prendre pour cible ? »* crie Job rongé par les épreuves et la maladie. Notre humanité vulnérable veut chercher la cause et le pourquoi de ses fragilités. Et en même temps elle perçoit des signes d’espérance. Notre foi ne s’inscrit-elle pas d’ailleurs dans cette tension ?

Dans l’Évangile de ce dimanche, voyant au bord du chemin un aveugle-né, les disciples interrogent Jésus : « Rabbi, qui a péché, cet homme aveugle ou ses parents ? » La réponse de Jésus est claire : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » Il n’y a pas de lien entre la cécité de cet homme et son péché supposé ou celui de sa famille. Jésus nie ce lien causal et nous invite, au contraire, à regarder ce que nous vivons dans une espérance et un avenir. La réponse au « pourquoi ? » ne se trouve pas dans ce qui cause la maladie, la souffrance.

La réponse se trouve dans ce qui se vit et annule la question. Ainsi, Jésus nous libère de l’enfermement du passé. Il ouvre vers demain, Il transfigure le tragique de la situation. L’inattendu de Dieu est là. Au cœur de nos fragilités, se découvre avec lui un itinéraire, un chemin d’humanisation et de foi. Allons encore plus loin. Pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Jésus prolonge sa réponse par cette parole difficile à comprendre : « Pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Dieu instrumentaliserait-il la souffrance pour manifester ses œuvres ? Bien sûr que non.

Et pourtant, parfois nous pouvons constater que quelque chose est en germe dans un quotidien éprouvé. Là, nous aurons à reconnaître une fécondité insoupçonnée, une lumière au cœur de nos ténèbres. Dieu est un semeur patient sur notre terre souffrante. Il œuvre mystérieusement depuis notre naissance jusqu’à notre dernier souffle. Laissons l’aveugle-né nous conduire chaque jour de cette semaine pour à notre tour voir et confesser Jésus.



* Livre de Job, ch. 7, v. 20.


Frère Michel Fontaine







Pour écouter un clic sur le logo



Interview du frère Michel Fontaine





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 27 Mar 2017 - 17:25

• Sans mérite •


La parole de Dieu

« Ni lui, ni ses parents. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 3


Pour aller plus loin avec la Parole

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.
Mon Dieu, j'appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;
même la nuit, je n'ai pas de repos.

Je suis comme l'eau qui se répand, tous mes membres se disloquent.
Mon coeur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles.
Ma vigueur a séché comme l'argile, ma langue colle à mon palais.
Tu me mènes à la poussière de la mort.

Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles. Tu m'as répondu !

Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « A vous, toujours, la vie et la joie ! »


Évangile selon st Jean, ch. 9, v. 1-7


La méditation

Lorsque je travaillais comme soignant dans le service des maladies infectieuses du CHU de Lausanne, un jeune homme hospitalisé, atteint par le SIDA, me disait comme beaucoup d’autres : « Dieu me punit pour la vie que je mène depuis des années… » Comment accompagner une personne qui pense être frappée par Dieu en lui envoyant une maladie qui allait détruire progressivement son corps ?

Quelle représentation avait-il de Dieu ? Et quelle responsabilité avons-nous lorsque nous essayons de trouver des paroles justes pour balayer cette vision d’un dieu pervers ? Quand l’Évangéliste Luc nous rapporte l’effondrement d’une tour provoquant la mort de 18 personnes, Jésus dit : « Croyez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ? »* Comme pour l’aveugle-né, la réponse de Jésus est sans équivoque.

Dieu n’est jamais l’auteur du mal qui m’atteint, mais Il me rejoint au cœur de ce mal pour qu’ensemble, nous le traversions. Le chemin de la foi n’est pas une poursuite du mérite ou de la récompense liée au déroulement de notre vie. L’amour de Dieu sans condition, patient, dépasse notre entendement. Reconnaître cet amour est une quête qui prend la vie et qui exige un travail de vérité sur soi-même. C’est sur la croix que l’un des deux malfaiteurs a reconnu le Christ**. Ne sommes-nous pas là au cœur de la conversion ?

Quelques jours plus tard, le jeune homme hospitalisé demandait à voir l’aumônier pour vivre la grâce du sacrement de la réconciliation. Il découvrait et accueillait ainsi la gratuité du pardon de Dieu. Un chemin de vérité.



* Évangile selon saint Luc, ch. 13, v. 4.
** Évangile selon saint Luc, ch. 23, v. 43.



Frère Michel Fontaine







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 2 Avr 2017 - 15:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 28 Mar 2017 - 15:20

• Ni voir ni savoir •


La parole de Dieu

« L’homme qu’on appelle Jésus. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 11


Pour aller plus loin avec la Parole

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »

Évangile selon st Jean, ch. 9, v. 8-12


La méditation

Les uns disaient : "C’est lui." Les autres disaient : "Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble." Mais lui disait : "C’est bien moi."  Jésus guérit l’aveugle-né. Ses voisins, qui passaient chaque jour devant lui, ne le reconnaissent plus. L’ont-ils seulement déjà connu ? Difficile d’accueillir l’impensable. Il était aveugle, je ne le voyais plus et voilà qu’il me regarde. Debout, face à face avec son entourage, le monde se révèle à lui, par ses couleurs, sa beauté, mais aussi sa dureté et ses incompréhensions.

Où est celui-là qui est à l’origine de cette transformation ? La question se précise. Qui est-Il ? « Je ne sais pas. »* L’aveugle-né parle juste d’un certain Jésus sans vraiment pouvoir l’identifier. Cet homme est vrai et sincère. Son intérêt pour « l’homme qu’on appelle Jésus » commence. Il pose un premier pas dans la foi.

Alors que Dieu agit et nous change, l’Évangile nous invite à ne pas avoir peur de dire que nous ne savons pas où est Jésus dans notre vie. Alors que l’on s’impose d’avoir réponse à tout, l’aveugle-né nous autorise à dire je ne vois pas, je ne sais pas. Acceptons-nous de nous reconnaître aveugles, de ne pas toujours voir Jésus à l’œuvre dans notre vie et celle de nos proches ? Il y a là quelque chose d’essentiel pour notre foi. Je veux parler de l’authenticité de notre propre aventure humaine. La réalité est complexe. Les clés ne nous sont pas tout de suite données pour comprendre ce qui se passe. « Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière. »**



* Évangile selon saint Jean, ch. 9, v. 12.
** Évangile selon saint Jean, ch. 3, v. 21.



Frère Michel Fontaine







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 29 Mar 2017 - 10:30

• Retour à la case départ ? •


La parole de Dieu

« Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 33


Pour aller plus loin avec la Parole

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Évangile selon st Jean, ch. 9, v. 24-34


La méditation

Dans la tradition de l’Église, le parcours de l’aveugle-né est celui du catéchumène qui désire devenir disciple de Jésus. Jusqu’à son baptême, il avance étape par étape avec parfois des embuscades — incompréhensions, doutes, peurs — qui risquent de le renvoyer à la case départ. L’aveugle-né entre maintenant dans une connaissance plus intime de son bienfaiteur. « "Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ?" Il dit : "C’est un prophète." »  

Alors les flèches des pharisiens, transformés cette fois en inquisiteurs, s’abattent sans cesse sur lui. Repoussé dans ses retranchements, l’homme guéri recule pour mieux avancer : « Si lui n’était pas de Dieu, Il ne pourrait rien faire. » Cette nouvelle confession de foi est inaudible pour ses accusateurs qui fulminent de colère. « Et ils le jetèrent dehors.»

Retour à la case départ ? Pour ceux qui l’excluent, oui. Mais pour lui, mystérieusement, non. C’est là qu’apparaît paradoxalement la fécondité de ce qu’on appellerait aujourd’hui un harcèlement.

Est-il possible de se tenir debout quand on est encore et toujours rejeté ? Oui, cet homme en témoigne. Avant lui, Jésus a déjà été rejeté puisqu’on a cherché à le lapider*. Ce que ne peuvent tolérer les pharisiens, ce n’est pas la guérison le jour du sabbat, mais Jésus lui-même. « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »** L’aveugle-né a témoigné de celui qui l’a guéri au risque d’être rejeté lui-même. Les martyrs s’exposent pour défendre la vérité et en sortent grandis. « Ceci est leurs corps livrés. »



* Évangile selon saint Jean, ch. 8, v. 59.
** Évangile selon saint Jean, ch. 9, v. 16.



Frère Michel Fontaine







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 30 Mar 2017 - 8:54

• Au plus près •


La parole de Dieu

« Tu le vois, c’est celui qui te parle. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 37


Pour aller plus loin avec la Parole

Ô Seigneur, notre Dieu,
qu'il est grand ton nom par toute la terre !
Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits :
rempart que tu opposes à l'adversaire,
où l'ennemi se brise en sa révolte.

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur ;
tu l'établis sur les oeuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds :

les troupeaux de boeufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.

Ô Seigneur, notre Dieu,
qu'il est grand ton nom par toute la terre !


Psaume 8


La méditation

Face à ses contradicteurs, l’aveugle de naissance avance, seul, pas à pas, dans la foi. Dans ces dialogues serrés avec les pharisiens, Jésus est absent. Nulle intervention de sa part. Mais voilà qu’Il revient, pour rencontrer de nouveau celui qu’il a guéri. L’aveugle voit enfin Jésus. Cette rencontre est de celles qui restent gravées en nous et qui changent la vie. On s’attendrait à une confession de foi claire.  

Mais le clair-obscur demeure : « Crois-tu, toi, au Fils de l’homme ? » En voilà une curieuse expression « Fils de l’homme » plutôt que Fils de Dieu ! Serait-ce le personnage divin attendu par le peuple juif à la fin des temps pour rétablir toute justice* ? Oui, mais le Fils de l’homme est d’abord le petit homme, fragile, vulnérable. « Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, le fils d’homme pour que tu en aies souci ? »** « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus se révèle maintenant à lui dans son regard et s’offre par la parole : « Tu l’as vu, c’est celui qui te parle. »

Dans un étrange retournement, Jésus, lui le guérisseur, se laisse reconnaître par l’aveugle à la vue recouvrée comme l’un des siens. Pas plus haut, pas plus fort. Un fils d’homme, un frère au plus près de celui qu’on accusait d’être « péché depuis sa naissance ». De quoi être bouleversé par la puissance de la parole. L’aveugle n’est plus seul. « Celui qui vient de Dieu » désormais l’accompagne. Ne laissons pas passer dans notre vie notre prochaine rencontre avec Jésus.



* Évangile selon saint Jean, ch. 8, v. 59.
** Évangile selon saint Jean, ch. 9, v. 16.



Frère Michel Fontaine






Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 31 Mar 2017 - 10:49

• Remise en question •


La parole de Dieu

« C’est pour un jugement que je suis venu dans le monde, pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 39


Pour aller plus loin avec la Parole

Ainsi, la Loi, comme un guide, nous a menés jusqu’au Christ pour que nous obtenions de la foi la justification. Et maintenant que la foi est venue, nous ne sommes plus soumis à ce guide. Car tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.

Lettre de st. Paul aux Galates, ch. 3, v. 24-28


La méditation

Ultime paradoxe dans l’aventure de la guérison de l’aveugle-né. Voilà que Jésus nous déclare en fin d’épisode qu’Il est venu pour que « ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles ». On croit savoir, comprendre et finalement on n’y voit pas très clair. Le face-à-face de Jésus avec cet homme qui a recouvré la vue est frappé ici d’un mot qui fait peur. D’ailleurs, je ne le trouve pas très compatible avec l’Évangile. Il s’agit du jugement : « C’est pour un jugement que je suis venu dans le monde. »*   

Qu’est-ce à dire ? Jésus ne parle pas d’un jugement final. Derrière le mot grec traduit par jugement, il y a comme premier sens la contestation, la remise en question. Jésus déplace les lignes et inverse les situations acquises et confortables : l’aveugle voit, le voyant qui s’imagine savoir est aveuglé. Le dernier est premier, le premier est dernier. Croire, c’est adhérer à cette logique qui renverse toutes les barrières, qu’elles soient physiques, sociales ou même culturelles.  

Dans les premiers siècles de l’Église, le baptême choquait le monde romain, car esclaves et hommes libres, juifs et païens, tous, indépendamment de leur classe, se retrouvaient plongés nus dans l’eau du baptême. Tous devenaient membres de l’Église, corps du Christ ressuscité. Il en est de même pour nous aujourd’hui. Devenir disciple de Jésus, c’est accepter de remettre en question ce qui nous semblait acquis. Ouvre mes yeux, Seigneur. Je suis l’aveugle sur le chemin. Guéris-moi, je veux te voir.



* Évangile selon saint Jean, ch. 9, v. 39a.


Frère Michel Fontaine






Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 1 Avr 2017 - 9:50

• Prendre soin du corps •


La parole de Dieu

« Brisant le flacon, elle lui versa le parfum sur la tête. »

Évangile selon saint Marc chapitre 14, verset 3





Pour aller plus loin avec la Parole

La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.
Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter des troubles dans le peuple. »
Jésus se trouvait à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux. Pendant qu’il était à table, une femme entra, avec un flacon d’albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle lui versa le parfum sur la tête.
Or, de leur côté, quelques-uns s’indignaient : « À quoi bon gaspiller ce parfum ?
On aurait pu, en effet, le vendre pour plus de trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
Amen, je vous le dis : partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »


Évangile selon saint Marc chapitre 14, v. 1-9




Prendre soin de son corps ou du corps de l'autre. Un geste élémentaire, quotidien, qui commence au début de la vie et qui s'achève au-delà de la mort. Un geste adressé au corps autant qu'à l'âme. Un geste posé par Jésus pour ses disciples lors de son dernier repas. Sabine prend soin du corps de l'autre dans un centre hospitalier, une expérience humaine et spirituelle.



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille



Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 2 Avr 2017 - 15:35

• Sentir la mort •


La parole de Dieu

Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié.


Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 4


Pour aller plus loin avec la Parole

Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Évangile selon st. Jean ch. 11, v. 21-27


La méditation

Lazare, malade, meurt. Des amis se déplacent. Ils entourent les sœurs de Lazare. Rassemblés, ils veulent sentir la vie, pressentir l’avenir. Ils déplacent le corps mort de Lazare au tombeau. La mort menace la vie. Son odeur redouble la douleur.

Comment croire à la vie quand tant de personnes vivent des deuils sans soutien amical et fraternel ? Pourquoi est-ce si difficile de s’approcher d’une personne endeuillée, si difficile de trouver les mots pour les respecter ? Lazare mort, Jésus paraît. Marthe lui déclare son espérance déçue, la foi encore vive. Marie, en pleurs, dit son assurance à peine ébranlée : si tu avais été là ! Des amis de Lazare font écho à la foi et l’espérance de Marthe et de Marie : ne pouvait-Il pas empêcher Lazare de mourir ?

Ces questions, je les entends, je les fais miennes comme autant de cris adressés à Dieu. Jésus succombe, Il pleure. Frémissant d’émotion, Il ordonne à Lazare de sortir de son tombeau et aux amis de le délier et de le laisser aller. Étranges impératifs auxquels le corps qui répond au nom de Lazare s’est dressé.

La Parole du Christ le relève, le meut, l’émeut jusqu’à revivre. Comme si le cadavre avait attendu la parole de son ami qui avait tardé. À sa voix, il le reconnaît et vient à sa rencontre. Mais avant tous ces ordres et mouvements, Jésus avait prié. Le Père a entendu sa prière : « Pour ta gloire, n’abandonne pas Lazare à la mort. Fais que la mort n’ait pas le dernier mot. Fais que la chair soit glorifiée plutôt que corrompue, qu’elle sente la vie débordante plutôt que la mort débilitante ! »

Jésus : « Je suis la vie éternelle. » Ce corps revivifié a déjà quelque chose du « ceci est mon corps » eucharistique du Jeudi saint. La vue de Lazare, le délié, suscite la foi. Sa vie, par contre, provoque chez d’autres un désir encore plus vif de le supprimer et de tuer Jésus. La mort rôde, jamais loin.



Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 3 Avr 2017 - 8:22

• Celle-ci est mon corps •


La parole de Dieu

Alors, personne ne t’a condamnée ?

Évangile selon saint Jean, chapitre 8, verset 10


Pour aller plus loin avec la Parole

« Suzanne dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de quoi me parfumer et me laver, puis fermez les portes du jardin, pour que je puisse prendre mon bain. » Ainsi firent-elles : fermant la porte du jardin, elles entrèrent dans la maison par la porte de service pour y chercher ce que Suzanne leur avait demandé. Elles ne virent pas les anciens, qui étaient cachés. Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux anciens surgirent, coururent vers Suzanne et lui dirent : « Les portes du jardin sont fermées, on ne nous voit pas ; nous te désirons, sois consentante et viens avec nous. Autrement nous porterons contre toi ce témoignage : il y avait un jeune homme avec toi, et c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. » Suzanne dit en gémissant : « De tous côtés, je suis prise au piège : si je vous cède, c’est la mort pour moi ; et si je refuse de céder, je n’échapperai pas à vos mains. Mieux vaut pour moi tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur. » Alors Suzanne poussa un grand cri, et les deux anciens se mirent à crier contre elle. » »

Évangile selon st. Jean ch. 11, v. 21-27


La méditation


Pas de corps malades ou morts à l’horizon ? Ne nous réjouissons pas trop vite. L’odeur de la mort ne disparaît pas pour autant. Elle imprègne les lectures de la messe de ce jour. Le corps de la chaste Suzanne fait face à celui des vieillards lubriques qui l’accusent*. Le corps empoussiéré d’une autre femme fait face aux corps vociférants qui l’incriminent d’adultère dans l’Évangile de Jean**.

Combien de femmes sont attaquées de nos jours ? L’odeur du vice n’est guère plus agréable que celle du cadavre. Comment ne pas se laisser entraîner dans ces jeux mortels qui condamnent l’innocent ?

Pour Suzanne et pour la femme anonyme de l’Évangile, pour leurs consœurs actuelles, la mort semble certaine. Tout concourt à les ensevelir. Et de nouveau, les regards vicieux continuent de désirer de manière cupide ; les viols peuvent se poursuivre sans qu’on incrimine les auteurs et leurs complices parce que les victimes et leurs proches ont peur de porter plainte ou sont réduits au silence par leurs agresseurs sur les lieux de travail..

Ici, les corps de Daniel et de Jésus s’interposent et suspendent cette spirale infernale. Ils font la différence entre un corps bafoué et un corps justifié, entre un corps cloué au sol et un corps redressé, entre une injuste peine et un chemin de justice. Leurs paroles arrêtent mensonges et aveuglements. Daniel et Jésus disent : « Ceci est mon corps. » Ils identifient leur propre corps à ces corps attaqués et bafoués. Il n’y a pas souvent un Daniel ou un Jésus. Au nom de la foi, oserai-je m’interposer ?



* Livre de Daniel ch. 13.
** Évangile selon saint Jean, ch. 8.



Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 4 Avr 2017 - 8:38

• La piqûre de la mort •


La parole de Dieu

Ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, et ils vivront

Livre des Nombres, chapitre 21, verset 8


Pour aller plus loin avec la Parole

« Ce jour-là, le Seigneur protégera les habitants de Jérusalem ; le plus chancelant d’entre eux, ce jour-là, sera comme David, et la maison de David sera comme Dieu, comme l’ange du Seigneur qui se tient devant eux. Il arrivera, en ce jour-là, que je m’appliquerai à détruire toutes les nations qui viendront contre Jérusalem. Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né. »

Livre de Zacharie ch. 12, v. 8-10


La méditation


La mort rôde. Abattus par la faim dans le désert, les Israélites risquent surtout de mourir piqués par des serpents. Lorsqu’elle ne se fait pas maladie ou injustice, la mort peut se faire morsure venimeuse qui paralyse et tue. C’est l’expérience d’Israël selon le Livre des Nombres*. Là, la mort peut frapper des corps à peine libérés de l’esclavage.

Manière réaliste de nous dire que la liberté n’est pas assurée une fois pour toutes. Mais, s’offre à nous une possibilité de vivre : Dieu incite Moïse à élever un serpent de bronze. Lorsqu’on est mordu, on dirige son regard vers lui pour être guéri.

Cela n’empêche pas d’être infecté, mais pour celui qui regarde, la vie est plus forte. On trouve un écho de ce serpent exposé dans l’Évangile de Jean, Jésus crucifié, élevé de terre, peut alors nous dire : « Ceci est mon corps. Regardez-le. » Voir la croix peut désormais être envisagé comme une invitation à espérer un passage vers la vie, car dans la vie comme dans la mort, pour nous comme pour le Christ Jésus, la présence discrète du Père peut être espérée.

La mort insidieuse, j’en ai plus peur que de la maladie ou de l’injustice qui se laissent repérer si on y regarde bien. La piqûre qui empoisonne la vie, l’âme, les relations, peut ne pas être sentie sur le coup. Sans bruit, elle m’affaiblit, désorganise mes relations, paralyse ma vie. J’en meurs ! Vers qui regarder ? Vers le corps du Christ en croix, éclairé par la lumière de Pâques, nouveau serpent de bronze qui me donne de vivre.



* Livre des Nombres, ch. 21, v. 4-9..


Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 5 Avr 2017 - 7:47

• Résistances •


La parole de Dieu

« Ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »

Livre de Daniel, chapitre 3, verset 95


Pour aller plus loin avec la Parole

Alors, le roi Nabucodonosor fut stupéfait. Il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent : « Assurément, ô roi. » Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. »

Alors Nabucodonosor s’approcha de l’ouverture de la fournaise de feu ardent. Il appela : « Sidrac, Misac et Abdénago, serviteurs du Dieu Très-Haut, sortez et venez ici ! » Alors Sidrac, Misac et Abdénago sortirent du milieu du feu. Les satrapes, les préfets, les gouverneurs et les conseillers du roi, s’étant rassemblés, regardèrent ces hommes : le feu n’avait pas eu de pouvoir sur leurs corps, leurs cheveux n’avaient pas été brûlés, leurs manteaux n’avaient pas été abîmés et l’odeur de feu ne les avait pas imprégnés.

Et Nabucodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l’ordre du roi ; ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »


Livre de Daniel ch. 3, v. 91-95


La méditation


Ils sont trois, Sidrac, Misac et Abdénago. Leurs corps sont ligotés, jetés au feu, seule la confiance en Dieu les préserve de la mort. Combattre l’injustice, résister à l’idéologie lorsqu’elle vire au fantasme violent et jusqu’à la mise à mort, voilà ce qu’illustre le Livre de Daniel*. Les trois garçons chantent tout à la fois : « Ceci est notre corps ligoté, ceci est notre esprit libéré qui résiste. »

Ce chant nous prépare à entendre : « Ceci est mon corps ressuscité. » La mort en effet peut provenir de pouvoirs tyranniques et d’identités opprimées qui vont jusqu’à brûler des corps. Pourtant, l’espoir continue à s’inscrire, discret, aux confins de la mort et de la vie.

Il se nomme ici : liberté d’esprit, résistance, vie offerte par Dieu. Ténu, l’espoir est tenace. Têtue, la charité innove. La fin du carême en vibre, cela tient en allant, comme on dit ici au Québec. Les humains inventent des machines pour réduire en esclavage corps et esprits. Nos insécurités finissent par nous faire croire que seule la mort stabilise les pouvoirs et calme les angoisses de la vie.

Relisez l’histoire. Scrutez le présent. Vous sentirez les fournaises qui brûlent les corps. Regardez de plus près : des corps résistent, des hommes et des femmes inscrivent leur foi dans leur chair, jusque dans les lieux régis par la mort. La vie, issue de Dieu, pourra-t-elle resurgir de la mort ? La foi en sortira-t-elle blessée ? Enfumé des volutes de la mort, je sens ma foi toujours vive.



*Livre de Daniel ch. 3


Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 6 Avr 2017 - 9:23

• Tressaillir •


La parole de Dieu

« Avant qu’Abraham ait existé, moi, je suis… [et il] a tressailli d’allégresse dans l’espoir de voir mon jour. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 8, verset 58


Pour aller plus loin avec la Parole

« Les Juifs dirent à Jésus : Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort. » Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »

Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : « Il est notre Dieu », alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »

Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »

Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »

Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple. »


Évangile selon st. Jean ch. 8, v. 52-59


La méditation


La mort de Jésus est imminente. Son corps devient une cible. On entend : « Ceci est son corps : visez juste ! » Et lui, à cette heure, se dérobe pour leur échapper. Il invite pourtant à entrer dans une joie qui décuple la vie. Combien ces sauts passionnés des prophètes d’hier et d’aujourd’hui, débordant les limites du permis, du normal, effraient les bien-pensants ! « Jésus est un possédé. »  

Voilà une affirmation fondée sur l’évidence : Abraham et les prophètes sont morts ; les humains meurent et leurs corps finissent par ne plus sentir. Et lui, Jésus, ne mourrait pas ? À cette logique, Jésus oppose la vérité inaudible : « Avant qu’Abraham fût, je suis ». Jésus est possédé de Dieu. Certains jours, je rêve d’être ainsi possédé. Alors, ses interlocuteurs révisent leur conclusion. Jésus est bien pire qu’un possédé. Il prétend être Dieu, s’attribue le nom de Dieu, « je suis* ». On quitte la sphère des propos insensés pour passer aux énoncés scandaleux qui donnent la chair de poule. Un possédé, ça peut circuler, mais à distance des corps raisonnables. Un homme qui se prétend Dieu, ça s’élimine. Désormais, ses adversaires tentent d’arrêter Jésus et de le tuer pour blasphème. Pour se protéger, pour ne pas trembler devant les conséquences de ses paroles irrecevables, ils préfèrent l’enfermer dans la mort.  

Les choses n’ont pas beaucoup changé, elles me semblent même empirer. On accuse allègrement, on enferme pour bien moins. La mort n’est décidément jamais loin. Comment oser avec Abraham tressaillir d’allégresse ? Dans l’espoir, à réinventer sans cesse, de voir le jour du Ressuscité.



* Nom de Dieu en grec révélé au buisson ardent, Ex 3,14.


Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 9 Avr 2017 - 17:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 7 Avr 2017 - 9:30

• Revêtir l’agneau •


La parole de Dieu

« Les liens de la mort m’entouraient… J’étais pris aux pièges de la mort. »

Psaume 17, verset 6


Pour aller plus loin avec la Parole

Je t’aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis. Les liens de la mort m’entouraient, le torrent fatal m’épouvantait ; des liens infernaux m’étreignaient : j’étais pris aux pièges de la mort.

Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ; vers mon Dieu, je lançai un cri ; de son temple il entend ma voix : mon cri parvient à ses oreilles. La terre titube et tremble, les assises des montagnes frémissent, secouées par l’explosion de sa colère. Une fumée sort de ses narines, de sa bouche, un feu qui dévore, une gerbe de charbons embrasés. Il incline les cieux et descend, une sombre nuée sous ses pieds : d’un kéroub, il fait sa monture, il vole sur les ailes du vent. »



Psaume 17, 2-11


La méditation


La mort s’invite encore. Jérémie est ouvertement menacé. La mort violente de Jésus est à la porte : les tentatives d’arrestation et de lapidation se multiplient. Les liens de la mort enserrent Jésus et Jérémie. Pourtant, des possibilités d’y surseoir surgissent : Jérémie chante son espérance ; Jésus quitte Jérusalem pour la Transjordanie où beaucoup croient en lui*.

Les prophètes ont la vie dure. On ne peut les empêcher de débusquer mensonges et erreurs. On ne peut les arrêter de faire surgir la vie, de vivifier les espoirs, de rendre Dieu solidaire des pauvres et des opprimés. On ne peut les faire taire qu’en les tuant… et encore.

Cependant, Jérémie, angoissé, ne sait plus où il en est. Il compte sur la vengeance de Dieu. Tout bouillonne et se bagarre en lui : « Tu me fais mal, tu lacères mon corps ; je ne te ferai peut-être rien, par faiblesse, par peur, par amour ; j’espère que tu vas goûter à ce que j’ai souffert, alors je vais me sentir mieux ! » La logique de la vengeance est étrangère à Jésus. Il désire que l’on reconnaisse les œuvres du Père, sa discrète présence lovée dans ses gestes : « Qui me voit, voit le Père. »

Jésus préfère paraître comme l’agneau de Dieu dont le corps ressuscité conservera les traces de l’immolation. Je peine à revêtir le rôle de l’agneau. Parfois, devant l’injustice, mon indignation s’harmonise avec celle de Jérémie. Comment évangéliser ma passion vive et ma protestation ivre devant les morts injustifiables ? Vivement la Pâque, que la vie triomphe de la mort.



* Évangile selon saint Jean, ch. 10, v. 40.


Frère Maxime Allard







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 8 Avr 2017 - 9:38

• L'étreinte des corps. •


La parole de Dieu

« Qu’il me donne les baisers de sa bouche :
meilleures que le vin sont tes amours !  »


Cantique des cantiques, chapitre 1, verset 2





Pour aller plus loin avec la Parole

Cantique des Cantiques, de Salomon.

Qu'il me baise des baisers de sa bouche! Car ton amour est meilleur que le vin;
tes parfums ont une odeur suave, ton nom est une huile épandue; c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment.
Entraîne-moi après toi; courons! Le roi m'a fait entrer dans ses appartements; nous tressaillirons, nous nous réjouirons en toi : nous célébrerons ton amour plus que le vin. Qu'on a raison de t'aimer !

L'Epouse.

Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem , comme les tentes de Cédar, comme les pavillons de Salomon.
Ne prenez pas garde à mon teint noir, c'est le soleil qui m'a brûlée; les fils de ma mère se sont irrités contre moi; ils m'ont mise à garder des vignes; ma vigne, à moi, je ne l'ai pas gardée ?
Dis-moi, ô toi que mon coeur aime, où tu mènes paître tes brebis, où tu les fais reposer à midi, pour que je ne sois pas comme une égarée, autour des troupeaux de tes compagnons.


Cantique des cantiques, chapitre 1, V. 1-7






Qui n’est jamais tombé amoureux ? Qui n’a jamais senti son cœur battre pour un être aimé ? L’amour réveille en nous des forces insoupçonnées, il illumine nos coins obscurs. Nous pressentons en sa présence que Dieu n’est pas loin. Amour de Dieu, amour de l’autre, loin de s’opposer, se rejoignent, même et peut-être surtout dans l’étreinte des corps.



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille



Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 15 Avr 2017 - 9:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 9 Avr 2017 - 17:43

• Le corps brisé •


La parole de Dieu

« Le Verbe est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset 11


Pour aller plus loin avec la Parole

Seigneur, au secours ! Il n’y a plus de fidèle !
La loyauté a disparu chez les hommes.
Entre eux la parole est mensonge,
cœur double, lèvres menteuses.

Que le Seigneur supprime ces lèvres menteuses,
cette langue qui parle insolemment,
ceux-là qui disent : « Armons notre langue !
A nous la parole ! Qui sera notre maître ? »

– « Pour le pauvre qui gémit,
le malheureux que l’on dépouille,
maintenant je me lève, dit le Seigneur ;
à celui qu’on méprise, je porte secours. »

Les paroles du Seigneur sont des paroles pures,
argent passé au feu, affiné sept fois.
Toi, Seigneur, tu tiens parole,
tu nous gardes pour toujours de cette engeance.

De tous côtés, s’agitent les impies :
la corruption gagne chez les hommes.


Psaume 11


La méditation


À Noël, nous fêtions l’accueil du Verbe de Dieu fait chair, la naissance de Jésus. En ce jour des Rameaux, nous faisons mémoire du rejet de la chair du Verbe, la Passion de Jésus. Comment passe-t-on de l’accueil au rejet de la Parole ? Notre histoire, racontée par la Bible, montre que l’homme est souvent un prédateur qui cherche à s’approprier les choses pour les posséder et en jouir de façon exclusive dans son groupe.  

Parfois, il donne de ce qu’il a pris, pour « se racheter » de ses appropriations, voire pour à nouveau mettre la main sur autrui, en faisant de lui un débiteur qu’il pourra ainsi dominer. Ce mouvement de saisie, d’accaparement pour soi n’est-il pas au cœur de tout péché ? Dans le drame de la Passion, le péché se dévoile. Tout commence par la réception festive de Jésus par le peuple en attente de son salut. À la joie simple succède la manipulation sordide du peuple par les puissants : la liberté de Barabbas plutôt que celle de Jésus*. Leur discours séducteur et trompeur veut briser la Parole venue se livrer sans aucune retenue pour communiquer la Vie. Comme Jésus met en danger le pouvoir qu’ils accaparent, Il doit disparaître. En le mettant en croix, ils assouvissent leur soif d’exhiber leur puissance. Ils ne comprennent pas pourtant qu’ils n’exercent qu’un pouvoir illusoire, temporaire. Regardez comment le peintre Grünewald montre le corps de Jésus sur la croix, tordu et déformé par la douleur, après avoir été humilié, battu, violenté, ridiculisé. La meute des prédateurs de toutes sortes s’est jetée sur le corps.  

En brisant le corps, les prédateurs ont pu croire briser tout verbe, maîtriser toute parole. Mais mauvaise nouvelle pour eux, et bonne nouvelle pour le monde : la parole des hommes se libère alors même qu’on essaie de faire taire la Parole de Dieu et de la faire disparaître. C’est le centurion qui, devant ce spectacle, exprime ce que dit le corps en croix : « Vraiment, celui-ci est le Fils de Dieu. »** C’est Jean le Baptiste qui, dans ce tableau, désigne l’Agneau de Dieu.



* Évangile selon saint Matthieu, ch. 27, v. 20.
** Évangile selon saint Matthieu, ch. 27, v. 54.



Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Lun 10 Avr 2017 - 12:43

• Recevoir la Parole •


La parole de Dieu

Qu’il m’advienne selon ta Parole

Évangile selon saint Luc, chapitre 1, verset 38


Pour aller plus loin avec la Parole

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit.

1ère lettre de st. Jean, ch. 4, v. 7-13


La méditation


Regardez comment Grünewald peint Marie adhérant à la Parole que l’ange lui adresse, presque bousculée par elle ! En effet, le Verbe, c’est-à-dire Dieu lui-même dans sa Parole, ne cesse de se jeter en avant dans l’humanité, par amour. Dieu lui communique sa propre vie, l’Amour. Ce terme traduit le grec agapè du Nouveau Testament, et le latin caritas. Il cherche à exprimer la vie intime en Dieu que Jésus qualifie de Père-Fils-et-Saint-Esprit.   

L’amour en Dieu n’est pas une passion désordonnée, mais il est un vouloir, orienté par et vers le bien d’autrui. Ce vouloir part du Père qui se donne lui-même totalement. Il se jette en avant, Il se projette. Mais Il ne peut le faire que si quelqu’un le reçoit totalement. Ce que réalise le Fils. Le Fils est l’Amour au terme, c’est-à-dire dans l’action de recevoir.

En se consacrant à recueillir la totalité du Père qui se donne, le Fils se donne à lui. C’est ce que l’on appelle la Parole. Pour nous aussi, notre parole, si elle n’est pas qu’un discours, recueille la totalité de ce que nous sommes pour le dire à ceux que nous rencontrons. Quant à l’Esprit saint, Il est l’Amour comme étreinte commune du Père et du Fils, leur dynamisme, leur puissance vitale. Dans cette peinture, c’est bien cette vitalité qui vient comme un souffle bousculer Marie.   

Nous avons, nous aussi, à être comme le Fils, c’est-à-dire comme une mère se mobilisant totalement pour son enfant qui crie dans la nuit et qui se donne à lui en l’accueillant dans ses bras avec toute sa détresse. Nous participons à l’Amour quand nous nous laissons disposer à recevoir sans condition la personne qui vient à nous, qui nous appelle, sans lui mettre la main dessus. Comme Marie de Nazareth qui adhère sans retenue à la Parole adressée par l’Ange.



Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo



Interview du frère Thierry-Marie Courau






_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mar 11 Avr 2017 - 9:30

• Devenir un corps parlant •


La parole de Dieu

« Marie oignit les pieds de Jésus… et la maison fut remplie de ce parfum. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 3


Pour aller plus loin avec la Parole

On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

Évangile selon st. Jean, ch. 12, v. 2-8


La méditation


Regardez comment le corps de Marie de Magdala, au pied de la croix, est représenté par le peintre comme une vibration, tel un parfum qui s’exhale de son flacon. Il dit tout son amour pour Jésus..   

Le corps n’est pas un outil commode que nous aurions à disposition selon notre bon vouloir et pour notre plaisir.

Nous sommes appelés à être « en-corporé », à ne faire qu’un avec notre chair. C’est-à-dire à réaliser notre capacité relationnelle, notre disponibilité à la rencontre, au dialogue. Ceci demande de recevoir autrui sans chercher à le réduire à soi. Comme Jésus ressuscité et Marie Madeleine lorsqu’ils se rencontrent dans le jardin au matin de la résurrection*. La parole réalise la distance et la proximité avec un autre corps. Corps et parole vont ensemble, de façon indissociable.  

Souvent, nous masquons notre corps par un discours qui dissimule la parole et enchaîne des expressions séductrices et dominatrices. Ce verbiage nie la séparation avec autrui et entretient la confusion. Il est alors un outil pour vouloir s’emparer d’autrui, en faire son jouet, son objet de plaisir ou de valorisation. Il n’a que l’apparence de la parole. Le corps sans parole n’est en fait qu’un spectre, un emballage sans vie, replié sur sa seule survie.

Le séducteur, que nous sommes pour une part, a besoin de rencontrer un corps parlant, c’est-à-dire une personne l’aimant en vérité, qui lui donne la chance de s’éprouver reçu. Il apprend alors peu à peu à vivre, c’est-à-dire à s’animer en se libérant de ce qu’il ne peut plus être : un discours, un spectre discourant. Devenu corps grâce à la parole d’un autre, le doux parfum de l’amour, qui signe son union avec la parole, peut alors se dégager de lui.



* Évangile selon saint Jean, ch. 20, v. 14.


Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 16 Avr 2017 - 20:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Mer 12 Avr 2017 - 8:39

• Voir le corps •


La parole de Dieu

« Voici l’agneau de Dieu. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset 29


Pour aller plus loin avec la Parole

Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

Évangile selon st. Jean, ch. 1, v. 35-39


La méditation


Sur ce détail du tableau, Jean le Baptiste survient dans le désert des vies et désigne le corps brisé, tordu sur la croix, l’Agneau de Dieu, pour qu’en le voyant, la Parole qu’Il est soit reçue.
Nous aussi, aujourd’hui, nous cherchons le sens de la vie, le sens dans le chaos de notre vie, dans sa complexité et sa dispersion. Il vient à nous dans la Parole. Entre le travail et le divertissement, quel temps nous reste-t-il pour la voir, l’entendre et l’écouter ? Pour lui donner sa chance de venir nous toucher, voire nous blesser, et nous conduire au sens ? Mais où se donne-t-elle ? Comment la trouver ? Comment la chercher ? Comment se laisser trouver par elle et en faire l’expérience vive ?  

En l’Amour, corps et Parole ne font qu’un. Rencontrer la Parole de Dieu demande de voir le corps qui lui donne sa forme : « Ceci est mon corps » . Le corps de la Parole vient à nous de multiples manières. Le Triduum pascal, qui s’ouvre à partir de demain, jeudi, est un temps privilégié pour voir et « re-ce-voir » le corps ainsi désigné.

C’est le moment de prendre le temps de lire et de relire ne serait-ce qu’un Évangile du début à la fin.

C’est le moment de se mettre à l’écoute des oubliés que nous croisons sur nos routes.
C’est le moment de reconnaître dans un croyant d’une autre manière un signe du Royaume qui ne cesse de venir à nous par lui.  

C’est le moment de s’engager dans un travail de réconciliation en le confiant au Christ.
La « Parole en corps » est là, à proximité. Rendons-nous disponibles au désir qui grandit en nous, qui nous envoie au désert où, sans nul doute, un Jean-Baptiste nous la fera voir. Il ne tiendra qu’à nous de recevoir ce corps en son Eucharistie.



Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Jeu 13 Avr 2017 - 10:33

• Former le corps •


La parole de Dieu

«  Jésus commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer… »

Évangile selon saint Jean, chapitre 13, verset 5


Pour aller plus loin avec la Parole

Quand Jésus eut lavé les pieds de ses disciples, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.


Évangile selon st. Jean, ch. 13, v. 12-17


La méditation


Dans cette partie du retable, Grünewald a voulu montrer deux ermites dans une écoute réciproque. Traversé par la parole de l’autre, leur corps a pris sa forme singulière. Ils reçoivent le pain en parfaite symbiose. Le Christ, représenté par le cerf au milieu d’eux, fait leur unité.

« Ceci est mon corps ». En ce Jeudi saint, les actes de Jésus nous parlent tout particulièrement. Ils donnent son identité : Il est le serviteur. Lorsqu’Il lave les pieds de ses disciples, son geste les traverse en profondeur. Il interroge. La Parole qui vient du Père ouvre le cœur de ceux qui se sont disposés à la recevoir. Elle les travaille.

Être traversé par la Parole nous fait être et nous rend à nous-mêmes. Par elle, nous nous connaissons mieux. Loin de se dissoudre, notre identité se dévoile plus clairement. Nous existons davantage. Le début de l’Évangile de Jean nous dit que tout a été fait par le Verbe. La Parole nous fait être vraiment.  

Aimer sans limites, c’est disparaître, comme une éponge absorbe un liquide. Pour aimer, il faut un corps qui crée une limite dans l’espace. Comme nous avons besoin d’une oreille pour recevoir une parole, nous avons besoin d’un corps pour recevoir une personne.

Voilà bien le travail auquel nous invite Jésus en ce Jeudi saint : le laisser former notre corps comme une oreille attentive et une main secourable. C’est-à-dire apprendre à voir l’autre qui nous appelle à le recevoir et à le servir avec tout ce que nous sommes — notre histoire, nos émotions, nos beautés et nos médiocrités —, sans en avoir peur, dans notre limite. Nous laisser travailler par la parole des autres.



Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Ven 14 Avr 2017 - 14:31

• Étreindre le corps •


La parole de Dieu

« Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans une pièce neuve de lin. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 27, verset 59


Pour aller plus loin avec la Parole

Quand les soldats arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Évangile selon st. Jean, ch. 19, v. 33-37


La méditation


Regardez comment Grünewald peint la mise au tombeau. La Parole mise à mort n’est pas maîtrisable. La « Parole en corps » déborde de toutes parts la cavité. Les personnages semblent lilliputiens. Qui pourrait contrôler la Parole, l’enfermer ?

Celui qui ne veut pas être mis à nu cherche à faire taire le corps qui parle et le dévoile, le « corps en parole ». Cherchant à maîtriser la Parole qui est vérité, il menace le corps, l’opprime par les liens de l’esclavage, le torture, voire le tue.

Mais il ne peut rien contre la Parole. Le corps de Jésus sur la croix en est le signe le plus manifeste. Le côté est ouvert, les pieds et les bras sont cloués sur le bois, le sang s’écoule et crée dans le cimetière des discours le jardin de la Parole. En Jésus, limité par son corps fixé sur la croix, se crée une ouverture sans limites qui se révèle dans la résurrection. Le « corps de Jésus » est une parole insoumise qui ne cesse de se donner pour communiquer la Vie.  

Une fois déposé, le corps blessé par la lance du discours est étreint par la mère qui a donné forme à la Parole. Le ventre à ventre de la mère à Noël avec le nouveau-né s’achève ici dans le ventre à ventre avec l’assassiné. Ils ne font qu’un. La mère ne relâche son embrassement qu’en confiant aux bras de Joseph d’Arimathie le corps de son fils. Enveloppé de lin nouveau, il est remis à la terre qui l’étreint à son tour.

Ensemencée par l’Esprit, étreinte du Père et du Fils, la terre annonce l’amour de Dieu pour nous ; y compris pour ceux qui ont voulu détruire la Parole, elle qui ne cesse de dire : « Tu as du prix à mes yeux. » *



* Livre d’Isaïe, ch. 43, v. 4.


Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Sam 15 Avr 2017 - 10:08

• Le corps dénoué.. •


La parole de Dieu

« Alors, prenant l’infirme par la main droite, Pierre le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. »

Livre des Actes des Apôtres, chapitre 3, verset 7





Pour aller plus loin avec la Parole

Or Pierre et Jean montaient au temple à l'heure de la prière, la neuvième.
Et il y avait un homme, boiteux de naissance, qu'on apportait et posait chaque jour près de la porte du temple appelée la Belle, pour demander l'aumône à ceux qui entraient dans le temple.
Lui, voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, leur demanda l'aumône.
Mais Pierre, le fixant, avec Jean, (lui) dit: " Regarde-nous. "
Et il tenait (les yeux) sur eux, s'attendant à recevoir d'eux quelque chose.
Mais Pierre (lui) dit: " Je n'ai ni argent ni or; mais ce que j'ai, je te le donne: au nom de Jésus-Christ de Nazareth, marche ! "
Et le prenant par la main droite, il le souleva. A l'instant les plantes de ses pieds et ses chevilles devinrent fermes; d'un bond il fut debout, et il marchait, et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.
Tout le peuple le vit qui marchait et qui louait Dieu.
Ils le reconnaissaient comme étant celui-là qui s'asseyait près de la Belle Porte du temple pour (demander) l'aumône, et ils furent remplis d'étonnement et de stupeur pour ce qui lui était arrivé.


Livre des Actes des Apôtres, chapitre 3, V. 1-10[/center]






Proposer dans un quartier populaire un atelier d’improvisation ? Prendre le risque d’exposer son corps souvent usé, déformé, abîmé par les épreuves, les manques, les violences ? Oui, c’est le pari fou de la troupe des Z’impros. En ce samedi saint, les habitants du quartier de Moulins à Lille nous laissent entrevoir la puissance de la Parole et des gestes qui relèvent et redressent le corps. Ce dernier film clôt notre série. Un grand merci à Anne de Noray, la réalisatrice.



Frère Benoît Ente, Couvent de Lille



Pour aller sur le site : un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4268
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   Dim 16 Avr 2017 - 20:38

• Lâcher le corps •


La parole de Dieu

« Dis-moi où tu l’as mis et j’irai le prendre. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 20, verset 15


Pour aller plus loin avec la Parole

Les vingt-quatre Anciens et les quatre Vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu qui siège sur le trône ; ils proclamaient : « Amen ! Alléluia ! » Et du Trône sortit une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous qui le servez, vous tous qui le craignez, les petits et les grands. » Alors j’entendis comme la voix d’une foule immense, comme la voix des grandes eaux, ou celle de violents coups de tonnerre. Elle proclamait : « Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l’univers. Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure. Un vêtement de lin fin lui a été donné, splendide et pur. » Car le lin, ce sont les actions justes des saints. Puis l’ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! » Il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu. »[/i]

Livre de l’Apocalypse, ch. 19, v. 4-9


La méditation


Grünewald a peint ce mouvement inouï, où la terre lâche le corps de Jésus crucifié, pour nous faire comprendre comment la puissance de Vie du Christ ressuscité nous libère. Au matin de Pâques, Marie appelle le jardinier pour retrouver la trace du corps qui lui a donné la vie ; Marie, appelée par son nom, se laisse saisir par la Parole qui lui redonne vie.    

La Parole ne saurait être tenue ou retenue. C’est elle qui saisit. Vivante, elle se donne sans pouvoir être possédée. Elle échappe. Ce qui est attrapé n’est pas la Parole, mais, peut-être et seulement, sa trace. Elle touche et transforme. Son empreinte fait mémoire comme un parfum diffuse une odeur subtile, comme une vapeur signale la présence d’une source chaude tellurique. Grande serait la tentation de vouloir mettre la main sur le corps.  

Dans ce cas, la main saisirait un leurre. Le tombeau est vide de tout cadavre. La Parole en corps vit. Telle est la découverte des femmes portant les aromates au matin du jour de Pâques. Nous aussi, nous devons dénouer les lanières que nous mettons à l’autre si nous voulons le rencontrer. C’est la condition pour qu’il soit une parole pour nous, pour qu’en nous vive l’Esprit que nul ne peut saisir. C’est notre seule chance de pouvoir être vivant. Ayant lâché l’autre ou ayant été lâchés par lui, nous restons sans prise.   

C’est notre libération qui vient. Nous devenons corps en parole quand nous nous laissons être écoute, disponibles à recevoir toute parole qui vient à nous, prêts à nous laisser étreindre par elle sans lui mettre la main dessus, mobilisés pour servir le corps qui nous la donne. Nous pouvons alors reconnaître sur la croix le Verbe venu chez les siens et proclamer avec le centurion : « Vraiment, celui-ci est le Fils de Dieu. »*

Nos corps, dans une envolée spontanée, peuvent à leur tour vibrer à l’unisson sans être confondus. Dans l’étreinte qui les réunit, le souffle de l’Esprit les sépare tout en les rendant proches. C’est le Christ Jésus ressuscité qui réalise notre communion ; celle-là même qui s’appelle Trinité ou encore Amour. Alléluia !



* Évangile selon saint Matthieu, ch. 27, v. 54.


Frère Thierry-Marie Courau







Pour écouter un clic sur le logo



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017   

Revenir en haut Aller en bas
 
• " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH.. :: LA SAINTE BIBLE, LES SAINTES ECRITURES :: Retraite dans la Ville-
Sauter vers: