À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

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 Notre Histoire Avec Marie en France

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Lumen
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MessageSujet: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:38


 1879 


BIENHEUREUX ANTOINE CHEVRIER, « L’AMI DES PAUVRES »





Créateur de l’institut séculier du Prado à Lyon, le Père Antoine Chevrier (1826-1879) a vécu toute sa vie au service des pauvres, puisant dans l’Évangile la force d’écouter, de suivre et de faire aimer Jésus-Christ.


Aux côtés des plus pauvres. Octobre 1879. Dans « la Guillotière », quartier alors le plus misérable de Lyon, plus de 10 000 personnes suivent la dépouille d’un prêtre, le Père Antoine Chevrier, né le 17 avril 1826 dans la même ville. Sur le trottoir, quelqu’un s’étonne d’une telle foule : « Mais c’est le père Chevrier, un ami des pauvres ! »
Toute sa vie de prêtre (il est ordonné à 24 ans en 1850), il l’a passée dans la Guillotière au côté des petits et des humbles, des hommes déracinés venus du Dauphiné, de la Creuse ou d’ailleurs. Ils travaillent depuis l’aube jusqu’à la nuit tombée ; ils dorment dans des « garnis » et des taudis ; ils cherchent à se distraire dans des cafés malfamés.
Lyon entre dans l’ère industrielle et s’étend. La conscience ouvrière s’éveille en ce nouveau monde en gestation et sans boussole. Parfois la révolte gronde.
Antoine Chevrier, lui, va son chemin, cherchant passionnément quelques petites lumières dans les cœurs au-delà de la misère ou du péché. Il veut que l’Espérance se lève dans le monde des déshérités et surtout que, parmi eux, des jeunes puissent consacrer leur vie à faire connaître le Christ au milieu des pauvres.


Une expérience fondatrice. Quelle était donc la source où Antoine Chevrier puisait la force d’aller de l’avant pour faire connaître le message de l’Espérance ? Ce fut une expérience mystique, la nuit de Noël 1856 ; celle-ci fut le véritable pivot de sa vie. Antoine Chevrier se recueille devant la crèche, dans le silence de l’église Saint-André dont il était le desservant. Soudain, la pauvreté de l’Envoyé de Dieu le saisit, l’enveloppe, le remplit d’une lumière si bouleversante que, pour lui, se confondent la crèche de Bethléem et la pauvreté des enfants des rues de la « Guille » :
Dieu vient nous parler ! Et de quelle manière étrange, par un enfant à la paille ! Quelle merveille ! Il vient donc pour les pauvres de la « Guille », jusque dans la profondeur de leur misère.
Une décision s’impose en son cœur de prêtre, de messager de la Parole de Dieu : « J’irai au milieu d’eux, je vivrai leur vie et ils verront ce que c’est qu’un prêtre. » Dès lors sa vie fut fixée et libre, de la liberté de l’Évangile !


Une œuvre. Le voici par les rues, avec les enfants. Il devient en 1857 compagnon d’un chrétien engagé dans ce milieu populaire, Camille Rambaud (1822-1902) qui est en train de bâtir « la Cité de l’Enfant-Jésus ». Il y est heureux. Mais bientôt insatisfait :
« Je n’ai pas assez de temps pour parler de Jésus », se plaint-il. Il cherche ailleurs. Il entend parler d’un bal mal famé qui est à vendre, lieu de débauche appelé « Le Prado ». Il tremble, mais a l’audace de l’acheter grâce au soutien financier d’amis.
Bientôt avec des moyens dérisoires et toujours précaires, il accueille des enfants des rues, ou qui travaillent dans des « fabriques ».
Durant six mois, avec quelques jeunes femmes qui deviendront plus tard des consacrées, il leur enseigne à lire, à écrire, et à écouter l’Évangile. Il nourrit même, au secret de son âme, l’espoir de trouver de futurs prêtres familiers des pauvres, capables de les comprendre, de les aimer et de leur parler au cœur.





Ah, l’Évangile !Sa boussole à lui c’est l’Évangile, cet Évangile qui a fait de lui un homme libre : 18 000 pages écrites de méditations sur la vie de Jésus, bien qu’il n’ait jamais écrit de traité systématique. Il est passionné. « Connaître Jésus-Christ c’est tout, le reste n’est rien. » Sa vie est brûlante.
Chaque jour, il prie Dieu pour recevoir son Esprit : « Celui qui a l’Esprit de Dieu a un grand trésor. C’est dans l’oraison qu’on apprend tout. Qu’on laisse faire Dieu. »
La Vierge Marie tient une grande place ; chaque jour il médite et commente en public les mystères du Rosaire afin de contempler la vie de Jésus. Pour Antoine Chevrier, le Christ est au centre et il écarte toute incantation moralisante qui pourrait désespérer les pauvres gens accablés de misère ou de fatigue. Attaché à la personne de Jésus, séduit par lui comme le fut saint Paul, il le prend pour seul maître. « Aimer comme Jésus l’a fait », deviendra la devise qu’il affichera dans l’ancienne salle de bal devenue chapelle :
« Aimez-vous comme je vous ai aimés ». En lui brûle le feu de l’Évangile.
De temps en temps, il se rend dans une petite grange à Saint-Fons, à quelques kilomètres de Lyon.
Devant la crèche pour les animaux, il médite la vie de Jésus.
Il voudrait que l’Évangile devienne pour tous une maison accueillante que l’on aime visiter et où l’on goûte le bonheur de « demeurer longuement ».
À son exemple, quelques jeunes s’attachent à l’Évangile au point de désirer être prêtres. Là, dans cette grange, il les réunit. Ils sont 12 ; nous sommes en 1866, il y a 150 ans.





Une image sur un mur. Notre temps demande des images. Lui vient à l’idée de fixer sur les murs de la grange de Saint-Fons « le tableau » de sa pensée :
à l’image du Christ, le prêtre est un homme animé de charité, pauvre et crucifié.
C’est dans l’amour que la pauvreté et la croix prennent sens et donnent vie.
Le langage de ces inscriptions sur les murs est abrupt, saisissant, mais tout est illuminé de la charité présente au manifesté au tabernacle, « aboutissement de l’incarnation ».
Un « tableau » comme une icône qui vous dévisage, vous interroge, vous appelle à suivre Jésus.
 

Une fécondité.  Quelques mois avant sa mort le 2 octobre 1879, le Père Chevrier traverse une épreuve crucifiante. Plusieurs des quelques prêtres qu’il a formés le quittent pour la mission lointaine ou le monastère.
Dans une lettre, il signe « un pauvre délaissé sur la croix ».
Ce n’était pas encore l’heure de la fécondité. Les fruits vont tarder, mais ils sont venus, non sans de multiples épreuves.
Aujourd’hui, les 1 200 prêtres du Prado sont présents dans une quarantaine de pays du monde et la famille du Prado connaît des diacres, des sœurs, un Institut féminin du Prado, des laïcs consacrés, et des laïcs familiers de la grâce du Père Chevrier.
 

Un charisme pour notre temps. Le charisme du Prado, c’est suivre Jésus au plus près de son Évangile et de la vie des pauvres. C’est vivre du mystère de l’incarnation, c’est laisser le Christ « passer en nous » pour lui permettre de naître dans la vie des pauvres. Ainsi, jusque sur des visages défigurés de misère, peuvent se révéler à nos yeux des lumières et des reflets de l’Évangile.
« Notre cœur et notre prière seront comme un creuset où l’Évangile et la vie des hommes longuement médités se rencontrent et s’éclairent mutuellement. » Au contact de l’Évangile et de la vie des pauvres, les Pradosiens et Pradosiennes en leurs fraternités acquièrent un « tour de main », un savoir vivre qui peut, au gré de la grâce, ouvrir le chemin vers Dieu.
    




Marie, pour aller à Jésus Dans son désir de toujours mieux connaitre Jésus-Christ, chemin vers le Père, et afin de le faire connaître et aimer par tous, le Père Chevrier priait et faisait prier Marie à l’aide du chapelet :
« Le chapelet, c’est le livre de tout le monde : c’est le livre du prêtre et du peuple ; c’est le livre de l’aveugle ; c’est le livre du vieillard dont l’œil se ferme aux choses de ce monde ; c’est le livre du savant et de l’ignorant ; c’est le livre de celui qui souffre… ».
Il disait aussi : « Le Rosaire a été établi pour nous rappeler la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ. »
C’est ainsi que chaque soir, dans la chapelle du Prado, entouré d’une foule de gens très humbles, il commentait à voix haute les mystères du Rosaire pour faire découvrir qui était vraiment Jésus-Christ.



Vers une canonisation.. Enterré dans la chapelle du siège du Prado, le Père Chevrier a été béatifié par saint Jean-Paul II lors de sa visite à Lyon le 4 octobre 1986 en présence d’une foule de 350 000 personnes.
Un procès de canonisation est en cours.





Gilles Gracineau
Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le
Plateau de Millevaches (Limousin)


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine de :
Gilles Gracineau, Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le Plateau de Millevaches (Limousin) :



Proposition d'engagement





« L’étude » de Jésus-Christ dans l’Évangile


Chaque jour ou chaque semaine, je me mets à l’écoute devant quelques versets de l’Évangile, avec la certitude que Dieu cherche à me parler. Je demande donc d’abord que la lumière de l’Esprit Saint me rende gratuit, disponible et réceptif devant cette Parole qui m’est adressée aujourd’hui.

Je lis lentement le texte choisi pour comprendre, j’imagine concrètement la scène, puis je goûte chaque mot, chaque détail. Enfin, crayon en main, je « recueille » ce que je découvre. Je suis surtout réceptif à ce qui m’est révélé de la personne de Jésus-Christ : ses actions, ses paroles, ses attitudes. Qu’est-ce que Jésus vient ici me dire sur Dieu, sur notre vie, sur le monde ?

Je me reconnais, moi et mon entourage, dans les réactions des autres personnages autour de Jésus. En quoi me parlent-elles de nos relations avec Jésus-Christ aujourd’hui ? J’écoute ses appels. Je cherche comment répondre pour que cette Parole prenne chair en moi dans les circonstances actuelles. Je termine par une prière personnelle toute simple : un merci surtout.

Bien sûr, je peux faire cette lecture avec d’autres : le groupe s’enrichit des lumières que chacun a perçues.



Proposition de formation sur la foi





Y-a-t-il des contradictions entre les Évangiles ?


Non, et les différences qui existent dans les récits des quatre Évangiles ne remettent pas en cause leur véracité historique : elles sont au contraire un élément de crédibilité, elles invitent à creuser la Parole de Dieu et à découvrir combien elle est riche et vivante.

Découvrez la réponse complète de Régis Burnet.





Proposition de prière




Pour mieux écouter, comprendre et méditer la Parole du Christ, je prie avec le Bienheureux Antoine Chevrier.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Ven 22 Juin 2018 - 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:46


 1546 


PIERRE FAVRE, UN SAINT PORTEUR D’ESPÉRANCE





« Le grand Pierre Favre… », c’est ainsi que François de Sales présentait son compatriote dans L’introduction à la vie dévote (édition 1619). Tous deux étaient Savoyards (faut-il rappeler que c’est en 1860 seulement que le Duché de Savoie fut rattaché à la France ?)


Une enfance proche du Seigneur. Pierre Favre (1506-1546) est né en Haute-Savoie, au hameau du Villaret, entre Saint-Jean-de-Sixt et le Grand-Bornand. Il grandit dans la ferme de ses parents. Petit berger, enfant très sensible et impressionnable, il est dévoré par la passion d’apprendre et d’étudier. En Europe, la Renaissance bat son plein : un bouillonnement un peu pareil au nôtre…* Le petit pâtre, avec l’appui de son oncle prieur à la Chartreuse du Reposoir (actuel Carmel, classée Monument Historique), part pour Paris en 1525. Il y poursuit de brillantes études au Collège Sainte-Barbe où il se lie d’amitié avec un Navarrais de son âge, François Xavier, et bientôt avec un « vieil » étudiant de 36 ans, Ignace de Loyola qui vient compléter des études et dont Pierre Favre accepte d’être le répétiteur. Ils partagent « la même chambrée, la même table et la même bourse », écrit Pierre Favre dans son Mémorial. De ce groupe d’« amis dans le Seigneur », comme ils s’appelaient, il est le premier à être ordonné prêtre. Et c’est à Pierre Favre qu’Ignace, en son absence, confie ce petit groupe, noyau de la future Compagnie de Jésus…

Éternel pèlerin. Pierre Favre parcourt l’Europe gagnée par les idées de Luther pour tenter d’instaurer un dialogue. Le Pape l’envoie en Germanie… Mais Ignace prend le relais quand il lui demande de fonder la Compagnie de Jésus en Espagne et au Portugal. De retour d’une mission en Espagne, en chemin vers Trente où se tenait le Concile, il meurt d’épuisement à 40 ans. Il venait de faire cette confidence à l’un de ses frères, Simon Rodriguez : « Je suis de nouveau rappelé d’Espagne pour aller au Concile de Trente. S’il n’y avait cet appel du Pape, on pourrait à bon droit me trouver bien inconstant dans mes travaux après tant de pérégrinations diverses en pays étrangers. Pour ma part, si je ne voyais en tout cela l’obéissance, je ne pourrais me consoler : toujours partir au moment où j’aurais plus de raison de rester sur place ! »





Pierre Favre et le Pape actuel. Le pape François déclare Pierre Favre « saint » le jour de son propre anniversaire : le 17 décembre 2013, près de quatre siècles après Ignace de Loyola et François Xavier. Pourquoi cet intérêt du nouveau Pape ? La proximité de Pierre Favre avec des gens des plus divers et notamment les plus pauvres en fait, pour le Souverain pontife, un modèle privilégié : « Le dialogue avec tous, même les plus lointains ; un discernement intérieur toujours en éveil, le fait d’être homme de grandes et fortes décisions, capable d’être si doux… », c’est ainsi que le décrit le Pape.

L’espérance en exemple. En quoi Pierre Favre peut-il nous aider à vivre en chrétiens heureux et ouverts aux défis de notre siècle ? Lui suffirait-il d’avoir vécu dans une Renaissance effervescente comme notre époque pour être donné en exemple ? Non, car le fréquenter peut nous apprendre comment trouver cette stabilité et ce repos du cœur qui nous manquent tant de nos jours. Nous le voyons en effet passer d’une inquiétude anxieuse, celle d’un homme pour qui la liberté ne paraît qu’une source de catastrophes, à l’audace radieuse de celui qui a entendu l’appel de la vie et y répond de tout son être. Cette sensibilité extrême en voie de guérison, qui fut la sienne, cet émoi incertain mais joyeux, est-ce encore de l’angoisse ? Peut-être lui préférerons-nous le terme d’espérance qui se fit jour peu à peu dans toutes les démarches apostoliques de cet éternel pèlerin ? Ou le terme de « repos du cœur » ? Effectivement Favre découvrit que le repos promis par Jésus dans l’Évangile (Matthieu 11, 28-29) est moins une interruption dans la « peine » qu’une stabilisation, un arrêt de l’agitation et du trouble, une sorte de certitude que l’on est là où l’on doit être et où on est le mieux : parce que c’est là qu’il est, lui, pour nous.

Écoutons-le plutôt :
« Un tourment ne me quitte pas depuis mes premiers contacts avec l’Allemagne : la crainte de sa totale défection, cet esprit de doute qui, de tant de manières jusqu’ici, m’a persécuté, tâchant par tous les moyens de m’amener à désespérer de faire du fruit et à abandonner le poste qui m’a été confié en Rhénanie… » (M. 329)
 

Citation :
« Efforce-toi plutôt de devenir l’instrument du bon esprit »

« Ne te fie pas à ces mauvais esprits d’après lesquels tout se terminera mal, tout se présente mal, ou qui soulignent ce qui va mal. Esprits mauvais, ils dépeignent à l’image de ce qu’ils sont la situation qu’ils veulent et souhaitent aggraver encore. Efforce-toi plutôt de devenir l’instrument du bon esprit : il te montre la situation et la conjoncture telles qu’il les souhaite et comme il est prêt à les faire évoluer avec ton aide… » (M. 158)

Qui ne voit qu’il est urgent de se laisser gagner par cette attitude de Pierre Favre dans cet enchevêtrement de conflits répercutés aujourd’hui en Europe ? Si nous n’y prenons garde, nous nous laissons déporter du côté obscur et écraser par des forces du mal dont il n’est pas aisé de s’émanciper. En témoigne un tic médiatique récent : le retour du mot glaçant : « sidération ».

*La Renaissance, autour de 1500, c’était l’invention de l’imprimerie, la découverte de l’Amérique, la révolution cosmologique de Copernic… et par-dessus tout cela, ou par en-dessous, l’émergence du projet radical de la liberté individuelle. Cela s’étendit sur près de 300 ans.

Et, de nos jours, l’internet, la mondialisation… Plus qu’une Renaissance, c’est une mutation anthropologique que nous vivons. L’espérance de vie d’une Française est de 84 ans : quel changement par rapport au mariage, à l’enfantement, à l’héritage. Nous ne sommes plus les mêmes par rapport à la douleur, grâce aux anesthésies qui chamboulent la morale. Les nouvelles technologies métamorphosent notre identité spatiotemporelle, donc notre rapport à la loi… Avec cette différence flagrante : la vitesse des changements. Ainsi il a fallu 10 ans pour que notre planète soit interconnectée !








Pierre Ferrière s.j.
Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le
Plateau de Millevaches (Limousin)


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine de :
Pierre Ferrière s.j., Auteur de Prier 15 jours avec Pierre Favre :



Proposition d'engagement



http://www.freepik.com/free-photo/old-paper-texture_945837.html , portrait de Pierre Favre By Grentidez ,
logo jésuite By Moranski (Own work) [Public domain or Public domain], via Wikimedia Commons.

Je pars à la rencontre de Pierre Favre


Un article de la revue Christus (04/1998) évoquait naguère nos fragilités sociétales : un processus sans cesse croissant d’individualisation avec l’émergence progressive d’un « je sans nous » qui en est le corollaire ; une horloge sociale -indiquant ce que chacun doit faire à tel ou tel âge- détraquée : quand de nos jours se termine l’adolescence ? Une vie familiale en recomposition périodique ; un effondrement des systèmes de croyance qui encadraient l’existence…

Et voici qu’en aval nous en payons le prix : une grande précarité psychologique : les enveloppes qui protégeaient l’individu traditionnel ayant disparu, nous nous retrouvons plongés dans cette « société dépressive » que ponctuent des soupirs : « Ce n’est pas une vie ! » On a bien tenté de « médicaliser l’existentiel » par un recours aux somnifères, tranquillisants, antidépresseurs… Un recours aussi à ces liens de secte ou de drogue donnant cette identité forte qui nous décharge de la responsabilité d’être. En vain. Le « burn-out » guette, cette « maladie du siècle » !

C’est ici que Pierre Favre peut nous remettre les pieds à l’étrier et nous assurer une bonne assiette, en évitant tous ces emballements qui risquent de nous désarçonner. N’est-il pas, lui aussi, et par tempérament, en constante effervescence ?
Cette semaine nous vous proposons de vous plonger dans la vie de ce saint afin de comprendre son chemin et de trouver un nouvel élan d’espérance.



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la théologie de la libération ?


La théologie de la libération est née en Amérique Latine en 1968, pour promouvoir l’engagement au côté des pauvres. L’Église a réagi contre ses dérives marxistes, mais insiste aujourd’hui sur ses aspects positifs et rappelle que la compassion pour les pauvres est la mesure de notre foi au Dieu incarné.

Découvrez la réponse complète du cardinal Gerhard Müller.





Proposition de prière




Pour grandir en courage au travail, récitons cette semaine la prière suivante, d’après le Mémorial de Pierre Favre N° 154 et 158.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:50


 IXe siècle 


ROCAMADOUR, UN ESCALIER VERS LE CIEL





Il y a quelques jours le 31 octobre, bien loin de sa base habituelle, la statue de Notre Dame de Rocamadour faisait une entrée triomphale dans le port des Sables d’Olonne. En cette veille de la fête de toussaint et alors que dans quelques jours allait s’élancer la course du Vendée Globe, la Vierge Marie sous les traits de Notre Dame de Rocamadour, étoile de la mer, venait montrer a tous ceux qui le cherchent, le chemin, celui qui conduit au travers de ce monde jusqu’en la demeure de son Fils.


Un site exceptionnel. La première surprise de Rocamadour (Lot), c’est le site lui-même. Un endroit improbable, un entassement minéral toujours à deux doigts de perdre l'équilibre. Un vieux dicton qualifie notamment cet amoncellement : « Des églises sur les maisons, du château sur les églises. » Ici, c'est la falaise qui a la préséance sur toute construction humaine. Bienveillante ou menaçante, danger ou protection, le site lui doit sans doute son nom : la « rocca majour », la « roche majeure ». Contre toute logique, les bâtiments principaux, ceux  des sanctuaires, n’ont pas été déposés au sommet de cette énorme muraille naturelle mais sur une étroite terrasse située à mi-hauteur. La cité religieuse s’agrippe littéralement à la paroi du canyon de l’Alzou, à la verticale absolue d'un village qui, lui, a la particularité de s'être organisé autour d'une seule rue !
   
Les origines de Rocamadour. Elles sont assez mystérieuses car très anciennes et ne sont plus documentées par aucune archive subsistante à cause des guerres dites « de religion » du XVIe siècle. Rien ne nous permet plus de connaître les raisons qui poussèrent des pèlerins, au moins à partir du IXe siècle, à venir, parfois de fort loin, pour prier dans ce paysage solitaire et difficile d'accès. Outre les lieux, seule nous reste la légende, habituellement le moyen de rapporter une réalité qu’on ne comprend plus. Le site ne s’est pas organisé en un jour, il est le produit d’une histoire. Qui est arrivé le premier ? Sans doute un ermite, puis d'autres à sa suite, ou simultanément. L’endroit, appelé « Val ténébreux » était tout ce qu'ils pouvaient désirer pour mener leur vie de prière et de solitude : un espace immense à l'abri des regards, une rivière et des grottes creusées dans une falaise bien exposée à la lumière. Une cloche du VIe siècle nous donne un premier repère historique. L’érémitisme a été la première forme de vie consacrée ; et des disciples s’étant regroupés autour des ermites, elle a évoluée en monachisme (du grec : « monos », seul, solitaire). Les premiers monastères ont ainsi été des regroupements d'ermitages, ce qui est encore la caractéristique des abbayes de Chartreux.


Une attractivité croissante. Les Bénédictins, qui prirent la suite des ermites, entreprennent les premières grandes campagnes de construction, et organisent le paysage autant qu'ils le peuvent dans le but d’accueillir des pèlerins de plus en plus nombreux. Ces derniers affluent de plus belle à partir de 1166, suite à la découverte d’un corps « miraculeusement » intact, qu'on a alors supposé être celui d'un ermite nommé Amadour (du latin « Amator »). Robert de Thorigny, abbé du Mont Saint-Michel à partir de 1154, en rapporte les circonstances à l'occasion du pèlerinage d’Henri II Plantagenet (1133-1189), roi d’Angleterre et seigneur d’Aquitaine depuis son mariage avec la duchesse Aliénor :  « L’an de l’Incarnation 1166, un habitant du pays, étant à ses derniers moments, commanda aux siens, sans doute par une inspiration de Dieu, d’ensevelir son cadavre à l’entrée de l’oratoire. En creusant la terre, on trouva le corps d’Amadour, bien entier ; on le plaça dans l’église, près de l’autel, et on le montra ainsi, dans son entier, aux pèlerins. Là, se font par la bienheureuse Marie, des miracles sans nombre. »





La construction du site. La réputation de Rocamadour se répand alors fort loin et le pèlerinage commence à prendre rang parmi les grands lieux spirituels du Moyen Âge. Une campagne de construction ambitieuse lui donne dans les grandes lignes l’aspect qu’on lui voit aujourd’hui. Le grand escalier, véritable lieu d’ascension spirituelle et de mortification (jusqu’à une époque récente, tous les pèlerins le gravissaient à genoux), conduit les pèlerins de la ville basse au parvis. Ils découvrent alors un vaste espace dégagé entouré de sept églises ou chapelles, la plus grande étant la basilique Saint-Sauveur, l'ancienne église abbatiale, et la plus importante, la chapelle où est conservée depuis huit siècles la statue de la Vierge de Rocamadour. La plupart des bâtiments ont été construits aux XIe et XIIe siècle, sous l’abbatiat de Géraud d’Escorailles, abbé de Saint-Martin de Tulle (1152-1188). Ils ont été plus ou moins restaurés lors de la campagne de sauvetage du milieu du XIXe siècle.  

La Vierge Marie et Rocamadour. Dès son origine, ce site est dédié au culte marial. Il y eut d'abord un petit oratoire : une humble grotte qui, après avoir été le refuge probable d'un ermite, est devenue le cœur de la cité religieuse. Écrasé par des éboulements de la falaise dans laquelle il s’insère et qui le surplombe, cet oratoire a été plusieurs fois reconstruit (notamment après un incendie en 1476) et agrandi, jusqu'à devenir la chapelle Notre-Dame, ou « chapelle miraculeuse », de style gothique flamboyant. La statue qu'elle contient est une vierge noire du XIIe siècle, constituée de deux pièces de bois de noyer: Marie elle-même, aux mains tendues et au léger sourire, et l'Enfant-Jésus, assis sur son genou gauche. Elle est particulièrement vénérée le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. Le Livre des miracles (1172), récit de 126 grâces obtenues par l'intercession de Notre Dame de Rocamadour, est un éclairage saisissant sur la foi de ce « beau XIIe siècle » qu'on a coutume de considérer comme l'âge d'or de la chrétienté. C'est en quelque sorte une œuvre publicitaire, dont le but est d'attirer vers le sanctuaire un nombre grandissant de pèlerins, mais par un souci d'objectivité et de discernement assez exceptionnel pour l'époque, il ne retient que des cas dûment exposés devant notaire.


Un lieu spirituel pour les plus grands. Rocamadour situé aux confins du comté de Toulouse (puis des territoires directs du roi de France) et du duché d’Aquitaine devient un enjeu spirituel entre les monarchies française et anglaise. Vinrent à Rocamadour tous les rois de France du XIIe siècle jusqu'à Louis XI (en particulier saint Louis, ses frères, sa mère, Blanche de Castille en 1244), Henri II d'Angleterre (1159 -1170) qui vint remercier de sa guérison d’une maladie grave, Aliénor d’Aquitaine, Alphonse III de Portugal, des saints comme saint Dominique (1219) et saint Antoine de Padoue (vers 1224), Christophe de Romagne, compagnon de saint François d’Assise, Raymond Lulle, le navigateur Jacques Cartier…
Notre Dame de Rocamadour a été présente aussi dans tout le mouvement de « reconquête » de l’Espagne sur les Maures. Ainsi en 1212, son étendard était déployé à la célèbre bataille de Las Navas de Tolosa. Mieux, c’est la vue de cet étendard qui aurait redonné le courage aux troupes chrétiennes inférieures en nombre de repartir à l’assaut et d’obtenir la victoire.  

Le déclin du sanctuaire. Le sanctuaire a aussi  traversé des moments difficiles. Au XIIe siècle, il est pillé par le fils d’Henri II Plantagenêt, Henri au Court-Mantel, qui cherche des richesses pour poursuivre la guerre qu’il mène à son père. Rocamadour, qui entre-temps s'est fortifié, traverse la Guerre de Cent ans (XIVe et XVe siècles) à peu près sans encombre. Mais comme le Limousin et le Quercy sont devenus des champs de bataille, les pèlerins, découragés de venir, se font rares. Le pèlerinage connaît alors un certain déclin.  

Les « Grands pardons » de Rocamadour. En 1317, le pape quercynois Jean XXII érige l’abbaye de Tulle en évêché. Les moines sont remplacés par des chanoines qui assurent le service du pèlerinage jusqu’à la Révolution. En 1428, Charles VII, encore petit « roi de Bourges », en grand danger de perdre son royaume, demande au pape Martin V d’accorder des indulgences particulières aux pèlerins de Rocamadour et prie pour être sacré à Reims. Quelques mois plus tard, démarrait le temps de l’épopée de Jeanne d’Arc. Ainsi, naît la tradition des « Grands pardons » de Rocamadour. À cette époque, se répand la légende sans fondement historique identifiant  saint Amadour au collecteur d’impôts Zachée de l’évangile. En 1562, Rocamadour est pillé par un chef de bande nommé Bessonies, au service du chef protestant le prince de Condé.





La renaissance de Rocamadour. Le pèlerinage n’est pas à proprement parler une étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, mais, pour les marcheurs de Dieu, il a toujours représenté un détour de prière et de repos dont l'attractivité ne se dément pas. Ici, comme au XIIe siècle, la Vierge Marie assise en majesté attend les visiteurs et offre son Fils au monde (plus d’un touriste se transforme alors, ne serait-ce que pour quelques instants, en pèlerin. N’est-ce pas un miracle sans cesse renouvelé ?). Elle est à la fois la Reine de la paix, et celle qui délivre les prisonniers repentis ou injustement enchainés. La renaissance de Rocamadour s’est accomplie au XIXe siècle. C’est d’abord un prêtre diocésain de Paris, l’abbé Caillau, qui fait bâtir l’édifice appelé « château », pour servir de résidence aux missionnaires diocésains, parmi lesquels le bienheureux Pierre Bonhomme (1803-1861), natif de Gramat près de Rocamadour, fondateur de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Calvaire qui assurent toujours l’accueil. L’abbé Caillau s’attache surtout à la rénovation spirituelle du pèlerinage, qui se poursuit sans faiblir sous les évêques Mgr d’Hautpoul, Mgr Bardou et Mgr Grimardias. Le maître-d’œuvre et concepteur principal des restaurations fut un prêtre de Montauban formé à l’École du célèbre Viollet-le-Duc, l’abbé Chevalt (1817-1876).  

Et aujourd’hui ? L’afflux des visiteurs n'a pas cessé, bien au contraire. Aux pèlerins, se mêlent des touristes : actuellement plus d’un million et demi de visiteurs chaque année. Plusieurs personnalités de premier plan sont liées à l'histoire récente de Rocamadour : Edmond Michelet, résistant, ministre du Général De Gaulle, qui venait chaque année en pèlerinage à pied depuis Brive avec sa famille. Autre exemple, le compositeur Francis Poulenc, auteur de la célèbre litanie de la Vierge noire de Rocamadour, qui doit au site lotois presque toute l'inspiration de sa musique religieuse. Ainsi depuis toujours, les pèlerins, puissants ou misérables, célèbres ou anonymes, gravissent les escaliers reliant le bas de la ville aux sanctuaires de Rocamadour, en une démarche de pénitence que certains parfois accomplissent encore à genoux, gardant « l’espérance ferme comme le roc ».





Abbé Michel CAMBON
Recteur du sanctuaire de Rocamadour


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'Abbé Michel Cambon a faites le samedi 19 novembre 2016.


Proposition d'engagement




Je pars en pèlerinage à Rocamadour


Pour ceux qui le peuvent, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Rocamadour afin de sentir la grâce de la Vierge Marie. Et pour ceux qui ne le peuvent pas, nous vous invitons à vous unir par la prière dans la communion des saints à la foule des pèlerins de Rocamadour passés et présents.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi faut-il des sacrements entre le Christ et nous ?


Le Christ nous a sauvés une fois pour toutes par sa mort et sa résurrection. Les sacrements de l’Église ne rajoutent rien à ce qu’il a fait pour nous, mais ils font parvenir le salut jusqu’à nous. Ils font pénétrer la vie toute neuve de la grâce dans notre histoire personnelle en vue de notre guérison.

Découvrez la réponse complète du Père Michel Gitton.





Proposition de prière




Pour ceux qui souffrent en ce monde et pour tous ceux qui nous sont chers, récitons cette semaine la prière suivante à Notre Dame de Rocamadour.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:53


 720 


VERS LE 13E CENTENAIRE DE LA MORT D’ODILE : UNE FEMME GÉNIALE AUX COULEURS DU CIEL ET DE LA TERRE !





Au VIIe siècle, dans sa fureur condamnant à mort Odile, sa fille née aveugle, cependant sauvée par l’amour maternel de Bereswinda, Adalric, duc d’Alsace, était loin de se douter qu’un jour le destin exceptionnel de sa fille traverserait l’histoire et deviendrait un message de foi, d’espérance et de charité pour le XXIe siècle.


Odile, sentinelle d’avenir et expression du génie féminin. Née vers 660 au château de Hohenbourg (Altodunum en celte, sur la commune d’Ottrott, Bas-Rhin) dans la montagne vosgienne, rejetée par son père et éloignée au monastère de Palma (sans doute aujourd’hui Baume-les-Dames, dans le Doubs), Odile reçoit le baptême des mains de l’évêque Erhard de Ratisbonne, à l’âge de 12 ans. Elle ouvre alors les yeux et voit pour la première fois depuis sa naissance la splendeur de la vie. Elle reçoit donc le nom d’Odile, « fille de Lumière ». Plus tard réconciliée avec son père, elle devient plus tard abbesse d’un monastère fondé à Hohenbourg, en lieu et place du château, où elle meurt en 720.

Aujourd’hui, le Mont Saint-Odile poursuit inexorablement sa vocation de « fille de Lumière » en cette terre foulée chaque jour par des pèlerins et des touristes.
 
L’eau de la source reconnue miraculeuse, abreuvant l’assoiffé et purifiant le regard de celui qui s’y lave le visage, cette eau venant des profondeurs ou de la nuée, porte en elle le mystère de la terre et du ciel, le mystère de la vie qui, par le baptême, s’ouvre sur l’Éternité.
Pour les êtres de cœur, la montagne de Sainte-Odile est l’objet d’une découverte bouleversante, le ferment d’une conversion à la vie de l’esprit, à la signification du monde. Goethe y percevait les pulsations de la terre alsacienne, cette terre burinée par des drames terribles mais nourrie par l’espérance chrétienne et par cette foi stimulante qui affirme la présence de Dieu. Elle est manifeste dans l’adoration perpétuelle qui s’y déroule depuis huit décennies.





Mais qu’est-ce que le Mont Sainte-Odile ? Mille choses diverses, mais une seule est capable de les rassembler toutes : le message de vie toujours actuel délivré par l’abbesse des lieux, une prophétie d’amour et de lumière.

Par sa naissance, alors qu’elle est aveugle, Odile rappelle que toute vie humaine, même la plus handicapée, a du prix aux yeux de Dieu et vaut la peine d’être vécue.
Par l’abandon qu’elle subit, sa mère la confie à une nourrice pour qu’elle échappe à la mort, elle dénonce l’injustice faite à tous ces innocents, victimes des conflits entre parents et qui se voient ballottés d’un lieu à un autre.
 
Par son baptême, alors qu’elle grandit au milieu de religieuses à Palma, elle annonce la vie donnée par Dieu. Cette vie plus forte que la mort qui offre la perspective de revoir dans la clarté du Ciel le visage de ceux que nous aimons.
Par sa vie à Palma, elle invite à mépriser les vanités du monde et à se consacrer librement au Christ.

Par sa lettre à son frère Hugues qu’elle aimait sans l’avoir vu, elle chante le prix des liens du sang qui ne peuvent être détruits ni par le ressentiment, ni par la haine.
Par son retour risqué dans la maison d’Adalric, son père, elle invite à faire le premier pas vers ceux qui nous offensent.

Par sa vie de servante à Hohenbourg, elle trace le chemin de la joie qui consiste à se satisfaire de sa situation et de se réjouir de ce que la vie offre.
Par son souci des pauvres, elle annonce cette terre nouvelle où sera rendu au centuple tout le bien que nous leur faisons ici-bas et l’amour de prédilection de Dieu pour les exclus de la vie Par sa pénitence et son jeûne à la mort d’Adalric, son père, elle affirme sa foi en la miséricorde de Dieu qui seul sauve de la mort ceux qui s’y sont endormis.

Par sa vie fraternelle au milieu des Sœurs de sa communauté, elle donne un signe fort de ce monde nouveau où l’amour est vainqueur de la mort.
Par sa charité, elle enseigne la joie véritable qui naît du don.
Par sa confiance en la toute-puissance de Dieu, elle plante le signe de la victoire du Bien sur le Mal.
Par le choix de la règle canoniale et non monastique, elle offre la douceur de Dieu à sa communauté servante de sa gloire.  
Par sa vénération de Jean-Baptiste qui lui était apparu et qui lui indiqua l’endroit où devait s’élever une chapelle, elle chante sa foi en la communion des saints.
Par la construction d’une église, elle atteste de la présence du règne de Dieu en ce lieu qui lui appartient.
Par la consécration du couvent de Hohenbourg (Bas-Rhin) à la Mère de Dieu, elle s’en remet à la prière de Notre-Dame, à sa protection et prend la Mère de Dieu comme modèle de vie.

Par son souci des animaux, elle prend soin de l’œuvre de la création voulue par Dieu qui sauve l’homme et les bêtes.
Par son témoignage de vie qui valut à ses nièces d’être séduites par son idéal de vie puis de la rejoindre au couvent, elle rend gloire à son Maître et Seigneur.

Par sa prière qui obtint de Dieu la multiplication d’une mesure de vin qui venait à manquer, elle manifeste sa confiance en la providence.
Par son amour pour le Christ présent dans l’eucharistie, elle invite à l’adorer et à l’aimer plus que tout, maintenant et à l’heure de la mort.
Par sa mort confiante, elle embrasse le Ressuscité qui rendra nos pauvres corps mortels semblables à son corps glorieux. Oui, l’Évangile proclamé par Odile est crédible, elle l’a vécu en plénitude ! Une inscription gravée sur le fronton d’entrée du sanctuaire, au-dessus d’une statue de la sainte, résume : « Ici fleurit jadis la sainte abbesse Odile et toujours elle règne en Mère de l’Alsace. »





Le Mont Sainte-Odile, le miracle de la foi. Aujourd’hui encore, l’Évangile est annoncé au Mont Sainte-Odile et les personnes emportent cette bonne nouvelle dans le pèlerinage de leur vie. Depuis des siècles, la messe est célébrée quotidiennement en ce lieu et depuis 1931, l’adoration eucharistique vécue nuit et jour y est pratiquée. Les pèlerins sont confiants, conscients que l’union au Christ dans le pain eucharistique transforme leur vie et la façonne. Ici on se réjouit et on pleure ; il y a des larmes d’espoir, de désir ardent, d’accablement… Chacun peut prendre conscience qu’il est au Mont Sainte-Odile tout proche de Jésus Christ, du Père tout-puissant et miséricordieux. Sous le regard de la Vierge Marie, chacun se sent accepté sans condition. Là aussi réside le miracle d’un lieu de grâces : les personnes sont ouvertes à la transcendance de Dieu et ressentent au plus profond d’elles-mêmes que Terre et Ciel se rejoignent.

Cette expérience ne peut être ni achetée, ni arrangée. Le plus souvent, elle est le fruit d’un long cheminement intérieur, d’un temps de préparation, d’une concentration sur l’essentiel, d’un abandon des petits soucis du quotidien et d’une ouverture de soi à Dieu. Voilà ce qui se produit quand des personnes vont en pèlerinage et, en quelque sorte, « prient avec les pieds ». À chaque pas, ils abandonnent progressivement « la normalité » pour basculer dans le rythme de la prière. Beaucoup de ces pèlerins viennent au Mont Sainte-Odile, en raison de son isolement dans les collines vosgiennes et de la beauté de la nature environnante, pour se plonger dans la paix de Dieu.



   


Ici, les murs portent en eux l’atmosphère si particulière à ce « haut lieu de la prière et de la charité, site prestigieux de l’Alsace, qui a vu arriver au long des siècles tant de visiteurs et de pèlerins, saisis par la beauté unique de son panorama grandiose, et intérieurement régénérés par son atmosphère spirituelle tonifiante » (saint Jean-Paul II, lors de sa visite le 11 octobre 1988). Le pèlerin revient toujours en ces lieux. C’est en vain qu’on s’attend ici à un évènement miraculeux spectaculaire ; cependant, il se produit dans le secret, le véritable miracle de la foi quand Odile nous accueille. Son exemple rappelle à la mémoire humaine que tout homme est une histoire sacrée. Sa vie ne peut pas seulement être définie par l’activité, les capacités, les aptitudes, le sens de l’organisation et le mérite. La vie de tout homme a été voulue par Dieu ; elle doit s’ordonner et se réaliser en vue de Dieu.  
La véritable histoire du Mont Sainte-Odile est celle d’une relation capitale, celle de Dieu avec l’homme à travers la splendeur du cœur d’une femme, sentinelle d’avenir, toujours prête à secourir son peuple. Oui, montons à la « Maison Odilienne de Dieu », nous y serons accueillis par… Odile. Et, comme jadis elle frappa de son bâton le roc pour en faire jaillir la source d’eau vive, ainsi elle cognera de sa crosse d’abbesse nos cœurs, pour y faire sourdre le filet de charité qui réconfortera le cœur.





Père Patrick Koehler
Recteur du sanctuaire du Mont Sainte-Odile


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Patrick Koehler a faites le samedi 26 novembre 2016.


Proposition d'engagement




Je découvre l’action de Dieu dans l’actualité du jour


Cette semaine nous vous proposons de prendre l'engagement suivant :
J’ouvre mes yeux aux merveilles de l’amour de Dieu et je découvre son action dans l’actualité du jour.



Proposition de formation sur la foi





La souffrance contredit-elle la tendresse de Dieu ?


On ne voit pas toujours spontanément comment les deux peuvent se concilier mais si Dieu avait voulu délibérément le mal et sa souffrance, on ne pourrait pas croire à sa tendresse.

Découvrez la réponse complète du Père Michel Gitton.





Proposition de prière




Récitons ensemble une prière à sainte Odile.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:02


 1098 


CÎTEAUX : NOUVELLE PENTECÔTE SUR L’EUROPE





Créée à la fin du XIe siècle par saint Robert de Molesmes pour mieux faire vivre la Règle de saint Benoît, l’abbaye de Cîteaux a participé à l’essor de la famille cistercienne dans le monde. Elle rassemble aujourd’hui 25 moines sur place.


Une (r)évolution monastique Dieu a créé un homme qui a rêvé, préparé, organisé un nouveau monastère : saint Robert de Molesmes (1028-1111).
Son projet : redonner à la Règle de saint Benoît ses couleurs d’origine, après son affadissement chez les Clunisiens.
En 1098, Cîteaux (Côte-d’Or) est ainsi son troisième essai, après les abbayes de Saint-Michel de Tonnerre (Yonne) et de Molesmes (Côte-d’Or). L’habit noir des Clunisiens est remplacé par un vêtement blanc à scapulaire noir. C’est la naissance des Cisterciens.


Une question de Salut. À Cîteaux, il s’agit de vivre dans la fidélité aux promesses de la Règle. Saint Robert va quitter son abbaye florissante, installer la communauté à Cîteaux, puis laisser à ses deux successeurs le soin d’incarner durablement son intuition lorsque le Pape le renvoie reprendre la direction de Molesmes :

- Saint Albéric, deuxième abbé, 1099-1108. Il déplace Cîteaux à l’emplacement actuel au croisement de deux routes médiévales majeures, 25 km au sud de Dijon. Il lui donne les traits distinctifs dont la reconnaissance par Rome ainsi que l’exemption (indépendance par rapport à l’évêque local).

- Saint Étienne Harding, troisième abbé, 1109-1134. Il est le responsable de la première « industrie » de Cîteaux : le scriptorium (atelier de copie de manuscrits), réputé pour la qualité du texte biblique, objet de recherches critiques innovantes et de ses illustrations. Il accueille Bernard de Fontaines et ses compagnons, les forme au noviciat de Cîteaux, puis il envoie Bernard fonder Clairvaux (Aube). Ce dernier deviendra ainsi le saint Docteur de l’Église, Bernard de Clairvaux, qui assure encore aujourd’hui aux Cisterciens un rayonnement dans toute l’Europe.  





Voici l’Œuvre de nos trois saints fondateurs :


1. Rééquilibrer la vie monastique par le retour à la Règle dans sa pureté originelle.

Cela passe par :
 
- Une prière commune à l’église de ceux qui cherchent Dieu : « On ne préfèrera rien à l’œuvre de Dieu » (Règle de saint Benoît (RB) 43, 3).
- Une prière personnelle autour de la Lectio Divina pour goûter la Parole de Dieu au quotidien : « On réservera certaines (heures) à la lecture » (RB 48, 1).
- Vivre du travail de ses mains pour être « vraiment moines » (RB 48, 1.Cool et donc prophétiques. Les moines cisterciens sont à l’origine de grandes transformations du travail agricole et industriel au Moyen-Âge (granges, viticulture, moulins hydrauliques, foulons, forges, engrais).
- Une vie communautaire (RB 1, 2) pour une joyeuse ascèse qui libère pour aimer Dieu.  

2. Un retour au désert dans un monachisme simplifié (1099-1113)
 
Le désert médiéval c’est… la forêt, qui représente plus de la moitié de la superficie de la France. Son but est d’être assez à l’écart pour préserver un seul à seul avec Dieu.
Le désert permet d’écouter le silence. Comme on peut voir les étoiles en plein jour, en descendant dans un puits, on peut « voir » Dieu en faisant silence dans son cœur.
Le désert permet de renforcer le besoin d’entraide mutuelle pour vivre dans des conditions difficiles.
Le désert permet de nouer des relations fraternelles forgées dans les épreuves, de susciter un corps solidaire : celui du Christ.
Le désert permet d’être tout à Dieu, libre des obligations sociales, des droits et devoirs de la vassalité, du souci de paraître…  


Leurs choix sont une réaction à de nouvelles réalités :

- Travail manuel, surtout agricole et/ou de transformation (versus noblesse / écoles / villes)
- Équilibre de vie : travail, prière liturgique et personnelle (versus priants exclusifs – 1er Ordre)
- Retrait du Temps (versus activité paroissiale)
- Retrait / silence / contemplation (versus prédication / Parole / action)
- Vie cachée au creux des vallons perdus (versus collines)
- Austérité - simplicité - « pauvreté apostolique » (versus moines rentiers)
- Moines de chœur et frères lais, non clercs ni oblats (versus moines et ouvriers)
- Confédération d’abbayes autonomes (versus abbaye + filiales)  


3. Une fraternité dans l’amour   (1113-1153). Comment vivre l’expansion ?  
 
Saint Bernard (1090-1153) : la merveilleuse surprise (1112-1153). Bernard de Fontaines entre à Cîteaux en 1112. Trois ans plus tard, il est envoyé à Clairvaux près des sources de l’Aube pour y fonder la troisième communauté cistercienne. Les chrétiens y affluent, y compris le père et les cinq frères de Bernard par lui convertis. Bernard fonde 72 monastères, répandus dans toute l'Europe. En 1151, 500 abbayes cisterciennes existent déjà. À elle seule, Clairvaux compte 700 moines ; de l’abbaye sortiront un pape (Eugène III), 15 cardinaux et de nombreux évêques. Bernard, mort en 1153 à l’âge de 63 ans, est canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III. Son succès est tel qu’on nomme parfois les Cisterciens les Bernardins. Saint Bernard est également à l’origine d’un renouveau de la piété mariale. Il a été déclaré Docteur de l'Église par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.





La Charte de Charité Essentiellement œuvre de saint Étienne Harding, elle exprime la volonté de s’aimer entre Frères partout dans le monde (1119-1154). Il s’agit d’assurer la fraternité entre les communautés malgré leur dispersion géographique, grâce à l’exemple la Règle de saint Benoît, reconnu de tous. Les moyens pour mettre en œuvre cet amour sont les suivants :

- La rencontre annuelle des abbés de chaque communauté pour définir la législation de l’Ordre.
- L’entraide des abbés pour leur vie spirituelle par la prière et l’entraide.
- La capacité à se reprendre mutuellement, corriger, sanctionner des comportements déplacés.
- La visite annuelle des monastères par leur maison fondatrice pour encourager, aider, corriger l’évolution des « Maisons Filles ».
- L’entraide en personnel et en moyens matériels en cas de besoin.  


En à peine plus de 50 ans, l’idée devient projet ; puis comme un feu de ronces, 500 maisons de prière apparaissent, de la Lituanie au Portugal et de la Norvège à la Sicile.





Un moine
de l’abbaye de Cîteaux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine d'un moine de l’abbaye de Cîteaux
:



Proposition d'engagement





Je découvre l'abbaye de Cîteaux


Cîteaux, c’est un site internet; une abbaye historique à visiter , avec   une communauté  bien vivante ; une hôtellerie pour vos retraites.  
Cîteaux, c’est aussi des propositions spécifiques dont  Les Aventuriers du Bonheur : stages d’une semaine pour les hommes et les femmes de 18 à 35 ans qui souhaitent apprendre à vivre au rythme des moines.
Cette semaine, nous vous proposons ainsi, selon vos capacités et vos disponibilités, de vous renseigner plus en détail sur cette abbaye et si possible de la visiter.



Proposition de formation sur la foi





Un Dieu Trinité, qu'est-ce que ça change pour nous ici-bas ?


Reconnaître en Dieu la Trinité, ce n’est pas jeter un regard indiscret sur le secret de Dieu, c’est découvrir son vrai Visage et comprendre comment nous pouvons nous insérer dans sa vie. La Trinité illumine jusqu’à notre amour humain ici-bas, qui se doit d’être ouvert au tiers.

Découvrez la réponse complète du Père Nathanaël Pujos.





Proposition de prière





Ensemble, prions le Salve Regina. Cette prière est une véritable hymne nationale des Cisterciens, à la suite de l’école de saint Bernard.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:05


 1091 


À FONTGOMBAULT : NOTRE-DAME DU BIEN-MOURIR





N’est-il pas curieux d’invoquer Notre-Dame sous le vocable de Notre-Dame du Bien-Mourir ? Tel est pourtant, depuis plus de deux siècles, le titre dont elle a voulu être honorée à Fontgombault (Indre), en ce monastère du Bas-Berry fondé par Pierre de l’Étoile en 1091.


La fondation de l’abbaye. L’histoire de Fontgombault est étroitement liée au monachisme : le nom même du village vient de l’ermite Gombaud, mort en 1023, qui se retira pendant des décennies au bord de la Creuse, utilisant une source d’eau potable (font, source en vieux français). Son successeur Pierre de l’Étoile est à la fin du XIe siècle le maître d’une petite colonie d’ermites installée sur la rive gauche de la Creuse, dont on voit encore aujourd’hui les grottes ; mais il décide en 1091 de fonder une abbaye sur la rive droite, sous la Règle de saint Benoît. L’église abbatiale de ce nouveau monastère, en croix latine et de style roman, longue de 80 mètres, fut placée sous le double patronage de Notre-Dame dans le mystère de son Assomption, et de saint Julien, premier évêque du Mans, qui était déjà cher aux ermites, puisqu’ils lui avaient dédié leur première chapelle, Notre-Dame des Grottes.




La Vierge Marie et Fontgombault. Peut-être la Vierge était-elle représentée sur les vitraux de l’abbatiale ; mais il est peu probable que les moines, qui se rattachaient à un courant assez austère du monachisme, illustré par les cisterciens en particulier, aient voulu orner leur grande église de fresques.
La seule représentation de la Mère de Dieu qui nous soit parvenue de ce temps est une Vierge de pierre calcaire du XIIe siècle, d’un bon mètre de haut, représentée en majesté et tenant l’Enfant divin sur ses genoux, comme les sculpteurs romans aimaient à la figurer.
À la fois Reine des fidèles et trône de la Sagesse, elle est entourée de deux anges qui rappellent sa dignité ; l’un d’eux tient une banderole sur laquelle figurait sans doute quelque parole de l’Écriture qui se référait à elle, mais que le temps a effacée ; l’autre un livre ouvert.
De sa main droite, la Vierge soutient la main de son Fils levée pour bénir, comme pour l’encourager à répandre ses bienfaits de grâce.



Notre-Dame de la Porte. Longtemps, elle a été Notre-Dame de la Porte : Vierge murale, elle se trouvait à l’extérieur de l’abbatiale, encastrée au-dessus du portail Nord, qui donne sur l’enclos monastique, et au-delà sur le village et les champs. À ses pieds sont passées les processions, elle a entendu les longues litanies, et aussi sans doute l’in paradisum, la merveilleuse antienne grégorienne que l’on chante pour accompagner les défunts jusqu’à leur dernière demeure terrestre. L’âge roman aimait ainsi à confier à la protection de Marie les portes de ses églises, symboles du passage vers l’au-delà. Dans l’abbatiale toute proche de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), c’est sur le mur intérieur, au revers du grand porche, que le peintre l’a représentée, entourée aussi de deux anges. À Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), autre célèbre sanctuaire monastique de la région ligérienne, on a retrouvé récemment une Vierge de même type, trônant parmi les Apôtres au centre d’un portail resté mystérieusement inachevé.  

Le fruit et la Vierge. À Fontgombault, une autre particularité attire l’attention : la Mère tient dans sa main un fruit, qui renvoie symboliquement au fruit du paradis : mais désormais, la Vierge, nouvelle Eve, nous le tend pour notre Salut, et non pour notre condamnation. En toute vérité, c’est l’Enfant qu’elle nous présente qui est ce fruit, « le fruit de ses entrailles » qui nous donne la vraie connaissance du bien et du mal. Un distique latin l’a bien exprimé :  

« Laeva gerit natum, gestat tua dextera malum Mali per natum tollitur omne malum. »  
« Votre main gauche tient le Nouveau-né, votre droite présente la pomme ; Par le Nouveau-né, tout le mal de la pomme a été retiré. »
 

Ces vers accompagnent la Vierge de Benoîte-Vaux (Meuse), en Lorraine ; il suffit, pour l’adapter à la Vierge de Fontgombault, d’inverser les côtés droit et gauche. Dans un de ses sermons saint Bernard s’adressa ainsi à Adam : « Que disais-tu, Adam ? “La femme que vous m’avez donnée m’a donné du fruit de l’arbre, et j’ai mangé”. Ce sont là de mauvaises paroles. Mais la Sagesse vainc le mal. […] Change-donc ces mots d’excuse pervers en paroles d’action de grâces, et dis : “Seigneur, la femme que vous m’avez donnée m’a donné du Fruit de l’arbre de vie, et j’ai mangé ; et c’est devenu plus doux que miel à ma bouche, parce qu’en lui, vous m’avez donné la vie” ».
 


Citation :
Toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère

Mais on remarque aussi que l’Enfant lui-même tient dans sa main gauche un fruit, comme sa Mère : c’est un symbole traditionnel de la médiation universelle de la Mère de Dieu. Cela signifie que toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère. Avant les précisions des théologiens, et en particulier de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, décédé il y a trois cents ans, nos pères du XIIe siècle avaient déjà compris cette doctrine si féconde.  

Un passé tourmenté. Bien des heurs et malheurs de la chrétienté ont trouvé écho dans l’antique abbatiale de Pierre de l’Étoile. La Vierge en a été le témoin, compatissante et toujours miséricordieuse. Ainsi au XIVe siècle, lors de la guerre de Cent Ans, l’abbatiale est transformée en fort, et subit un premier incendie. En 1372, Du Guesclin et ses Bretons la libèrent de l’occupation anglaise. Plus tragiquement, en 1569, l’abbaye est pillée par les troupes protestantes, qui brûlent presque tous les bâtiments. La statue de Notre-Dame échappe pourtant à leurs mains, malgré la ruine de la grande nef.  

Il fallut encore d’autres heures sombres avant qu’elle retrouvât sa place dans la vénération des fidèles. Déjà au milieu du XVIIIe siècle, les moines avaient disparu, victimes de la commende et de l’esprit des « Lumières ». L’abbaye avait en effet été sécularisée au profit des Prêtres de la Mission, fils de saint Vincent de Paul. Vendue à la Révolution comme Bien national, l’église fut vouée à servir de carrière de pierre. Bientôt, une main sacrilège viendra inscrire ses graffiti impies sur les colonnes de son sanctuaire : Numquam Deo ! (« Qu’il ne soit plus jamais à Dieu ! »).





La naissance de Notre-Dame du Bien-Mourir. Au temps de la Révolution, un malheureux osa s’attaquer à la vénérable statue pour la mettre à bas. Mal lui en prit : il fit une grave chute, dont il mourut peu après. Justice de Dieu ? Certes, mais justice qui, sans supprimer la souffrance, sait la transformer en amour : Notre-Dame obtint son repentir et sa conversion. Aussi, fut-elle désormais invoquée sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir.
Bien souvent, on vint des paroisses voisines lui recommander des agonisants, et par son intercession, de nombreuses grâces de mort chrétienne ont été obtenues, ainsi que des guérisons réputées miraculeuses.
 

Le renouveau de l’abbaye. La communauté de Trappistes qui s’installa en 1849 dans l’antique abbaye entreprit de restaurer l’église, en commençant par le sanctuaire, puis dans la dernière décennie du XIXe siècle, la nef elle-même. Les fidèles de la contrée témoignèrent une grande dévotion envers la Vierge du Bien-Mourir, des pèlerinages fréquents vinrent lui rendre hommage, et en 1869, le curé de Fontgombault demanda à l’archevêque de Bourges d’ériger dans sa paroisse une Confrérie de la Bonne-Mort, sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir.
En 1874, il en obtint l’affiliation à l’Association de la Bonne-Mort, établie à Rome dans la maison des Pères Jésuites, ce qui la fit bénéficier de nombreuses grâces (indulgences pour les confrères ou applicables aux défunts). Cette confrérie connut un grand succès, comptant jusqu’à 20 000 associés. Les Trappistes, qui avaient fait classer l’église au titre des monuments historiques dès 1862 et créé une distillerie de kirsch en 1899, sont cependant expulsés par les lois anti-congrégations de 1904 ; les bâtiments sont heureusement sauvés par l’avocat Louis Bonjean (mort de blessures de guerre en 1914), qui s’en sert pour des œuvres sociales.
L’abbaye devient ensuite hôpital militaire, puis le séminaire diocésain pendant quelques décennies.  




Fontgombault aujourd’hui La vie monastique a repris à Fontgombault en 1948, grâce à un essaim monastique venu de Solesmes ; signe de son dynamisme, l’abbaye a ensuite fondé quatre abbayes filles à la fin du XXe siècle.
La statue de Notre-Dame du Bien-Mourir, restaurée, a alors été installée dans le bas-côté Sud, où elle reçoit les hommages des fidèles et des moines, spécialement le 15 août, jour de la fête patronale de l’église. Le petit autel construit dans la nef au niveau de la statue a été consacré en 1954 sous le titre de Marie-Médiatrice.
En 1991, pour le neuvième centenaire de la fondation du monastère, la statue a été solennellement couronnée par Monseigneur Nowak, évêque de Czestochowa en Pologne.





Un moine
de l'abbaye de Fontgombault


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un moine de l'abbaye de Fontgombault a faites le samedi 17 décembre 2016.:


Proposition d'engagement





Je (re)lis le « Traité de la vraie dévotion » de saint Louis-Marie Grignion de Montfort


Cette semaine, nous vous proposons de lire ou relire le « Traité de la vraie dévotion » de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dont nous célébrons cette année le troisième centenaire de la mort. Au terme d’une préparation sérieuse, se consacrer à la Vierge, dans son esprit, pour « faire toutes ses actions par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie, afin de les faire plus parfaitement par Jésus Christ, avec Jésus Christ, en Jésus et pour Jésus ».




Proposition de formation sur la foi





Quelle importance reconnaître aux apparitions de Marie à l'Ile Bouchard ?


En 1947, à l’ÎIe Bouchard, la Vierge Marie est intervenue à un moment dont on a oublié à quel point il était critique en France. N’oublions pas que la Mère de Dieu demeure attentive et disponible.

Découvrez la réponse complète du Père Bernard Peyrous.





Proposition de prière





Les fidèles sont invités à adresser la prière suivante à la Vierge de Fontgombault..



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:09


 1680 


LA VIE CHRÉTIENNE À L’ÉCOLE DE LA VIERGE MARIE SELON SAINT JEAN EUDES





Premier prêtre à célébrer une messe en l’honneur du Cœur de Marie, Jean Eudes (1601-1680) défend la place de la Vierge Marie dans la vie et la dévotion chrétiennes, sans rien occulter à celle de Jésus-Christ.


« Nous ne devons pas séparer ce que Dieu a uni si parfaitement. Qui voit Jésus voit Marie, qui aime Jésus aime Marie. Celui-là n’est pas vraiment chrétien qui n’a pas de dévotion à la Mère de Jésus-Christ et de tous les chrétiens » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

« Il nous faut regarder et adorer son Fils en elle, et n’y regarder et adorer que lui. Car c’est ainsi qu’elle veut être honorée, parce que d’elle-même et par elle-même, elle n’est rien : son Fils est tout en elle » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 338, Lecture 50).

Dans la tension de ces deux citations, nous pouvons saisir le souci de saint Jean Eudes (SJE) (prêtre normand, 1601-1680) : donner une place à la Vierge Marie dans la vie et la dévotion chrétiennes, n’occulter en rien la place de Jésus-Christ.

Voilà la clé de la dévotion mariale chez Jean Eudes. Oui, Marie a une place importante, mais c’est à cause de son union à son Fils. « Elle n’est rien sans son Fils qui est tout en elle. » Cette considération doit nous interpeler dans notre pratique. Quand nous méditons le chapelet, nous ne contemplons pas la vie de Marie, mais les étapes et les mystères de la vie du Christ, dont Marie a été témoin et auxquels elle a été unie. Pour saint Jean Eudes, la dévotion mariale est contemplation de l’union indissociable du Christ et de Marie. « Son Fils Jésus est tout en elle : il est son être, il est sa vie, sa sainteté, sa gloire.  Il faut le remercier et nous offrir à lui pour qu’il nous fasse participants de l’amour qu’elle lui a porté » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

Nous avons donc à contempler et respecter cette union : être de Marie – être de Jésus, vie de Marie – vie de Jésus, sainteté de Marie – sainteté de Jésus, gloire de Marie – gloire de Jésus.



1. Sources scripturaires

Avec Luc, nous découvrons une femme banale, une jeune fille promise. Ce qui retient notre attention, c’est son « OUI » (Luc 1,38). À partir de ce « OUI », elle est unie au Christ. Elle le porte. Comme toute mère elle le portera toujours, jusqu’à avoir son cœur transpercé d’un glaive de douleur quand ce Fils mourra. À la Visitation, qu’est-ce que reconnaît Elisabeth ? « Comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi » (Luc 1,43). Sous l’action de l’Esprit, Elisabeth authentifie l’union de Marie qui porte Jésus.



Citation :
Marie favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ


À la crèche, la mère et l’enfant sont très proches. Mais Marie n’est pas propriétaire du don de Dieu. Aux bergers, aux mages, elle donne son fils à contempler, à reconnaître comme signe de l’œuvre de Salut de notre Dieu. Au Temple, elle laisse Syméon, cet inconnu, prendre l’enfant et lui-même en devenir porteur. Dès la naissance de Jésus, Marie découvre qu’elle doit communier à son offrande. Marie partage son union ; elle favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ. Cette part sacrificielle de sa vie en union au sacrifice du Christ, Marie l’expérimente peu à peu. C’est la leçon que nous pouvons retenir du pèlerinage au Temple quand Jésus eut douze ans (Luc 2,41-50). Elle doit apprendre que c’est au Temple, au lieu même du sacrifice, que son Fils doit être, dans l’accomplissement de la mission donnée par son Père. Et Marie doit y être aussi.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre aussi l’épisode qui nous est rapporté de la rencontre de Jésus et de sa Mère alors qu’il est sur les routes (Matthieu XII, 46-50 ; Marc III, 31-35 ; Luc VIII, 19-21). Souvent, ces passages sont interprétés comme sévères vis-à-vis de Marie quand Jésus interroge : « Qui est ma mère ? » Mais la réponse du Seigneur est bien un éloge : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est ma mère. » Il n’y a pas de plus beau compliment fait à la Vierge Marie dans tout l’Évangile ! C’est bien elle qui fait la volonté de Dieu. Marie est bien celle par excellence qui communie à la volonté de Dieu, comme son Fils. Dans cette union totale avec le Fils, elle a souvent dit les paroles de Gethsémani : « Non pas ma volonté Seigneur, mais la tienne » (Luc 22,42).

Et c’est à partir de ces méditations de l’union du Christ et de Marie, que saint Jean Eudes a été conduit à contempler leur intimité. Et tout naturellement, il la situe dans le Cœur.





2. Saint Jean Eudes nous donne la fête du Cœur de Marie
L’image du Cœur pour dire l’union entre deux êtres nous paraît naturelle et banale. Mais au temps de Jean Eudes, cela demeure inédit. Le saint est bien le premier à célébrer une messe en l’honneur du Cœur de Marie. Il y contemple l’union parfaite de Jésus et de Marie. Ils n’ont qu’un Cœur. « C’est le Cœur de la Fille unique et bien-aimée du Père éternel ; c’est le cœur de la Mère de Dieu ; c’est le cœur de l’Épouse du Saint-Esprit ; c’est le cœur de la Mère très bonne de tous les fidèles. C’est un cœur tout embrasé de l’amour de Dieu, tout enflammé de charité envers nous » (OC VII p.461, Lect 53).

Dès que saint Jean Eudes contemple l’unité du Cœur de Jésus et Marie, nous basculons dans l’élan de l’amour de Dieu. Quand il décrit l’amour qui unit Jésus et Marie, il le situe dans le cœur de chacun d’eux. Et ce qu’il y découvre, c’est que ce cœur n’aime pas que Jésus, ou qu’il n’aime pas que Marie, il est « tout enflammé de charité envers nous ».

Dans l’Évangile de Jean, au chapitre 2, nous voici à Cana. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. Regardons Marie. Elle se préoccupe de la situation, elle est charité pour les mariés. Et se faisant, elle ne met pas le projecteur sur elle, mais sur son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2,5). Saint Jean Eudes décrit ce mouvement : un amour qui unit Jésus et Marie, qui est ouvert sur l’amour pour tous les hommes et permet qu’ils rencontrent le Christ.

Cette dynamique culmine à la Croix. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. « Jésus dit à sa Mère : « Femme voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » »  (Jean 19, 26-27). Tout est dit. Tout est vécu. L’amour culmine dans ce don. Jésus est donné. Marie aussi. De Mère du Christ, elle devient Mère des hommes. Son amour pour son Fils devient amour pour nous. Le Cœur de Marie, c’est le cœur de la Mère du Christ qui aime tous les hommes, avec un cœur de Mère. « Le Cœur de Marie est tout amour pour Dieu, car il n’a jamais rien aimé que Dieu seul […]. Il est tout amour, parce que la Vierge Marie  a toujours aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. Il est tout amour parce qu’il a toujours voulu ce que Dieu voulait. […] Le Cœur de Marie est tout amour pour nous. Elle nous aime du même amour dont elle aime Dieu, car c’est Dieu qu’elle regarde et aime en nous. Et elle nous aime du même amour dont elle aime son Fils. Car elle sait qu’il est notre chef et que nous sommes ses membres » (Œuvres complètes, vol. VIII, p. 114, Lecture 53).

Voilà qui donne le vertige. Car si nous contemplons ce que Dieu a fait en Marie, nous sommes conduits à prendre conscience de ce qu’il a fait pour nous et, dans le même mouvement, à reconnaître combien nous lui en sommes redevables ! Nous pourrions fuir, nous estimer indignes de tels bienfaits. C’est à cause de ce risque qu’il y a le Carême. Il nous prépare à vivre la grandeur du don que Dieu nous fait et que nous célébrons à Pâques. Et c’est pour que nous ne fuyions pas que SJE lance cet appel : « Vous tous qui avez soif, venez boire à cette source. Hâtez-vous ! Pourquoi différez-vous d’un seul moment ? Vous craignez de faire du tort à votre Sauveur si vous vous adressez au Cœur de sa Mère ? Mais ne savez-vous pas que Marie n’est rien, n’a rien, ne peut rien que de Jésus, par Jésus et en Jésus ? Que c’est Jésus qui est tout, peut tout, et fait tout en elle ? Ne savez-vous pas que non seulement Jésus est résidant et demeurant continuellement dans le Cœur de Marie, mais qu’il est lui-même le Cœur de son Cœur, et qu’ainsi venir au Cœur de Marie, c’est venir à Jésus » (Œuvres Complètes, vol. VI, p. 148, Lecture 52).

Alors n’ayons pas peur. Comme Jean y a été invité au pied de la Croix, prenons Marie chez nous (Jean 19,27). C’est aussi l’expérience de Joseph : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, car l’enfant qu’elle porte, vient de l’Esprit Saint » (Matthieu 1,20). Nous voici dans notre troisième moment auquel nous invite saint Jean Eudes : vivre avec Marie.  



3.   La vie chrétienne à l’école de la Vierge Marie

Le Cœur de Marie nous est donné pour devenir le nôtre, le siège du même amour, la force du même accueil de la volonté de Dieu, la capacité de la même offrande de notre vie. Mettons-nous à l’école de l’amour débordant de ce Cœur. « Ce Cœur admirable est l’exemplaire et le modèle de nos cœurs, et la perfection consiste à faire en sorte qu’ils soient autant d’images vives du saint Cœur de Marie » (Œuvres Complètes, vol. VIII, p. 431, Lecture 52). Saint Jean Eudes parle de Marie comme le prototype du chrétien puisque le Cœur de Marie est le modèle de notre cœur. Si nous nous référions au Cœur de Jésus seul, il paraîtrait normal qu’il soit la perfection de l’amour. Il est Dieu. Mais dans le Cœur de Marie, nous puisons le grand encouragement qu’un cœur humain puisse aimer de la sorte. Nous croisons ici toute la dynamique de la vie chrétienne prêchée par Saint Jean Eudes. Il s’agit de « former Jésus en nous », de nous laisser configurer au Christ pour aller jusqu’à « continuer la vie de Jésus ». Voilà le programme. Impossible à remplir sans suivre l’exemple encourageant de Marie, sans être habité de l’amour de Dieu.





Pour le dire autrement, c’est en considérant l’œuvre de Dieu en Marie que nous pouvons comprendre notre vocation. C’est en contemplant son expérience que nous pouvons découvrir comment nous aussi, comme Marie, nous pouvons être accueil de la Parole qui nous est dite de la part du Seigneur et faire la Volonté de Dieu. « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ce sont ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique » (Luc 8,21). C’est bien en ce sens de notre vocation baptismale que nous devons laisser Marie être notre Mère, celle qui nous éduque, nous conduit sur le chemin de sa vie de communion à son Fils. Marie, peu à peu, fait que, comme elle, nous portions le Christ au monde.

Notre cœur doit avoir une double orientation : aimer Dieu comme Marie à Cana qui va trouver son Fils, comme Marie du pèlerinage au Temple qui n’a de cesse de retrouver son Fils ; et aimer tous les hommes comme Marie de Cana qui se préoccupe de la situation, comme Marie de la Croix qui devient la mère de Jean, de nous tous.

À nous d’aller de l’avant dans cette lancée. Nous devons être à l’école du Cœur de Marie dont saint Jean Eudes décrit l’activité débordante :

« Ô très douce et très pieuse Vierge Marie, vous qui regardez des yeux de votre bonté tant de misère et tant de misérables, dont toute la terre est remplie ; tant de pauvres, tant de veuves, tant d’orphelins, tant de malades en toutes manières, tant de captifs et de prisonniers, tant d’hommes qui sont traversés et persécutés par la malice des hommes, tant d’indéfendus qui sont opprimés par la violence de ceux qui sont au-dessus d’eux, tant de voyageurs et de pèlerins qui sont au milieu des périls, sur mer et sur terre, tant d’ouvriers évangéliques qui sont exposés à mille dangers pour sauver des âmes qui se perdent, tant d’esprits affligés, tant de cœurs angoissés, tant d’âmes travaillées de diverses tentations … »
(Œuvres Complètes, vol. VII, p. 32, Lecture 57).

À l’école de la Vierge Marie, c’est bien vers eux tous que nous devons orienter notre regard pour apporter, comme elle, la guérison par l’amour de son Fils.

Entendons pour nous-mêmes la réponse de Jésus : « Heureuse celle qui t’a nourri de son lait. – Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Luc 11, 27-28). Vivons de cette béatitude vécue par Marie.





Père Laurent Tournier
Eudiste


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Laurent Tournier a faites le samedi 24 décembre 2016.:


Proposition d'engagement





Je prends des moments de halte pour me tourner avec Jésus vers le Père


À l’école de Jean Eudes, nous pouvons chercher à mettre plus encore notre vie chrétienne en conformité avec celle du Christ. Dans nos journées, nous pouvons prendre des moments de halte pour nous tourner avec Jésus vers le Père. Nous pouvons aussi choisir une pause plus longue d’un week-end ou d’une semaine, seul en couple ou en famille (par exemple au centre spirituel eudiste :




Proposition de formation sur la foi





Jésus a-t-il vraiment existé ?


La certitude historique de l’existence de Jésus n’a jamais été sérieusement mise en question depuis 2000 ans et elle est attestée par des faits et de multiples sources antiques, chrétiennes, juives ou profanes.

La réponse complète de Jean-Christian Petitfils, historien et écrivain.





Proposition de prière





Je prie avec saint Jean Eudes pour apprendre à recevoir le Christ.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:12


 1622 


SAINT FRANÇOIS DE SALES, UN ÉVÊQUE ÉVANGÉLISATEUR ET CHARITABLE AU SERVICE DES PAUVRES





François est né le 21 août 1567 au château de Sales, à Thorens-Glières, près d'Annecy. Pendant sa grossesse, sa mère le consacre au Seigneur lors du passage du Saint-Suaire dans sa paroisse. Sa naissance a lieu prématurément le septième mois, mettant en danger sa vie et celle de sa mère. Aîné de six enfants, il refusera le métier de sénateur que lui choisit son père pour se consacrer aux plus pauvres en devenant prêtre puis évêque.

Son père, François de Boisy et sa mère, Françoise de Sionnaz mènent une vie chrétienne exemplaire et offrent une atmosphère humaine épanouissante pour la croissance de leurs enfants. François de Boisy est homme d’un jugement résolu, ferme dans ses décisions, bienveillant avec ses sujets et ennemi déclaré du protestantisme qui prend alors son essor dans la région. Sa femme est d’une piété profonde, généreuse, noble d’esprit, modeste, aimable et très proche de son fils François.

La date exacte de son baptême est contestée. Il est en effet probable que sa naissance prématurée ait précipité les choses, mais les solennités rituelles ont lieu le 28 août 1567 en l’église de Thorens. La jeunesse de François se déroule dans un village appelé Brens, endroit d'une beauté exquise. Entre trois et cinq ans, il reçoit sa première formation chrétienne de sa mère et de Françoise Duret, son premier professeur.


De 1573 à 1575, François est instruit à La Roche, à une courte distance de Thorens. Il poursuit ensuite sa formation à Annecy jusqu’en 1578. Il reçoit la communion et la confirmation des mains de Mgr Ange Giustiniani à l’âge de huit ans. Dès ses premières années, il se révèle être un garçon attentif, calme, réfléchi et peu intéressé par les jeux. Les années passant, il montre une curiosité étonnante pour les mystères de la foi et consacre de plus en plus de temps aux prières quotidiennes, à la lecture des livres de piété et la visite des églises. L’Eucharistie devient le centre de sa vie. Sa vocation à la prêtrise se dessine en douceur. Il reçoit la tonsure le 20 septembre 1578 par Mgr Gallois Regard (1512-1582), évêque de Bagnorea dans le Latium, revenu en Savoie.

À partir de 1582, François de Sales part poursuivre ses études au collège à Paris, avant de suivre quatre ans d'études classiques au collège des jésuites de Clermont. Il y devient un homme de la Renaissance sur le plan intellectuel et obtient un baccalauréat en arts. Par obéissance à la volonté de son père qui voudrait le voir devenir magistrat, il acquiert les compétences attendues de la noblesse. Il commence ses études de philosophie en octobre 1585. Au cours de ces années, il trouve plaisir à explorer la théologie dogmatique, positive, et morale ; l'Écriture Sainte, la patrologie et la politique. D’un tempérament colérique, il essaie de changer cette nature et acquiert de la douceur après de longs efforts sur lui-même depuis ses vingt ans.


Citation :
Un jour, il entre dans une église, prie devant une statue de Marie et retrouve soudainement la paix


À l'âge de dix-neuf ans, François de Sales traverse une grande crise, qui s’étend sur six longues semaines de décembre 1586 à janvier 1587. Il est tenté par le désespoir en raison de l'influence des luthériens et du pessimisme pré-janséniste. Il craint d’être prédestiné à l'enfer par un jugement infaillible de Dieu. Mais un jour, il entre dans une église, prie devant une statue de Marie en récitant le memorare et retrouve soudainement la paix.

Son père souhaite que son aîné suive une carrière dans le service d’État. Ainsi, après son retour à Annecy en 1588, il est envoyé à l'université de Padoue pour étudier le droit. Là aussi, il trouve le temps d'étudier la théologie. François est un fin observateur de la vie et des gens. À Milan, il visite le tombeau de saint Charles Borromée et cela confirme son désir d'être saint. Se plaçant sous la direction spirituelle d’Anthony Possevin, jésuite, il rédige une règle pour sa vie, renouvelle sa promesse de chasteté, et récite l'office divin. Le 5 septembre 1591, il reçoit son doctorat en droit civil et droit canon.

À son retour de Padoue, son père pense faire de lui un sénateur et suggère qu'il contracte un mariage avec une femme riche et belle appelée Françoise Suchet. Mais le jeune homme reste ferme dans sa décision de devenir prêtre. Il est ordonné le 18 décembre 1593 à l’âge de 26 ans. Il entreprend alors une mission difficile : partir à la rencontre des calvinistes dans le Chablais (ancienne possession du comté de Savoie) pour essayer de les ramener à la foi catholique. Le 14 septembre 1594, il part avec son cousin Louis de Sales. Là, il va connaître beaucoup d’épreuves : des oppositions de toutes sortes, y compris des tentatives d’attenter à sa vie. Il va y répondre par la prière, la pénitence, la prédication, l'écriture, le débat public avec les ministres calvinistes. Sa persévérance est victorieuse, il ramène tout le quartier à la foi catholique !

Dans le Chablais, il introduit une méthode novatrice : présenter d'une manière simple et directe la doctrine de la foi et une critique de l'enseignement des réformateurs par des brochures distribuées à la population pendant deux ans. Il contribue à la création d'un collège sous la direction des jésuites, un groupe de prêtres séculiers suivant la règle de l’Oratoire et une auberge de jeunesse à Thonon. Le 15 mars 1599, le pape Clément VIII le confirme coadjuteur de l’évêque de Genève, Mgr de Granier.

Après la mort de Claude de Granier, François est consacré évêque de Genève à Thorens le 8 décembre 1602 par Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque émérite de Vienne et métropolitain de Genève. La cathédrale Saint-Pierre de Genève étant occupée par les protestants calvinistes depuis 1535, c’est à Annecy que siège François : il ne mettra jamais les pieds dans sa cathédrale. L’évêque est un bon berger. Il se soucie autant des riches que des pauvres, mais avec une préférence particulière pour ces derniers. Il porte en lui l'esprit de l'humanisme chrétien et prend des initiatives pour la formation du clergé et pour la formation spirituelle des jeunes. Une confrérie des laïcs est créée dans le but d'enseigner la doctrine chrétienne. Pendant sa vie, il prêche plus de 4000 sermons. C’est un prédicateur au verbe puissant et plein de charme, qui parle à la fois comme un père et un enseignant. Il accompagne en tant que directeur spirituel un certain nombre de personnes.




Les livres les plus connus de François de Sales sont : Introduction à la vie dévote et le Traité sur l'Amour de Dieu. Les deux sont considérés comme des classiques spirituels. Il a fondé l'ordre contemplatif de la Visitation avec sainte Jeanne de Chantal (1572-1641) le 6 juin 1610 qui met en valeur les vertus illustrées lors la visite de Marie à sa cousine Élisabeth : l’humilité, la piété et la charité mutuelle (environ 150 monastères). La Vierge Marie est en effet un modèle important pour lui.

Proche des rois Henri IV et Louis XIII, saint François de Sales meurt à l'âge de 55 ans d'une hémorragie cérébrale à Lyon le 28 décembre 1622. Il a été béatifié en 1662 puis canonisé le 19 avril 1665 par le pape Alexandre VII. Il a été déclaré docteur de l'Église le 16 novembre 1877 par le pape Pie IX. Pie XI l’a quant à lui proclamé le patron céleste de tous les journalistes et écrivains le 26 janvier 1923. En plus de ces deux titres, Saint François de Sales est l'apôtre du Chablais et le saint « Gentleman ». Diverses congrégations religieuses ont été fondées sous son patronage.




Père Viju MATHEW
Curé de la paroisse Saint-François de Sales, Thorens-Glières


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le père Viju Mathew a fait le samedi 14 mai 2016.:


Proposition d'engagement




Comme saint François de Sales, nous vous proposons cette semaine de faire œuvre de charité envers plus pauvre que vous. Par la prière, l’écoute ou le service, mettez votre cœur en union avec celui qui en a particulièrement besoin et répondez par la charité et la bonté qui caractérisaient celui que l’on a surnommé le « docteur de l’amour ». « Rien par force, tout par amour », telle était la devise qui a guidé toute sa vie saint François de Sales.


Proposition de formation sur la foi





Que dit la Doctrine sociale de l'Église ?


La Doctrine sociale de l’Église (DSE) est un trésor bien trop méconnu, qui propose une vision réfléchie de la société ainsi que des objectifs, des principes, des valeurs et des réflexions indispensables pour la mettre réellement au service de la personne humaine.

Découvrez la réponse complète de Joël Thoraval, président national du Secours Catholique de 1998 à 2004.






Proposition de prière




Cette semaine, nous vous proposons aussi de réciter et de méditer avec nous la prière à saint Joseph de saint François de Sales que nous fêtons aujourd'hui.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:24


 2013 


FRÈRE PIERRE-MARIE : CREUSER UNE OASIS DE PRIÈRE DANS LE DÉSERT DES VILLES





Au milieu des années 1970, le Frère Pierre-Marie (1934-2013) a fondé une Fraternité monastique pour creuser une oasis de prière dans le désert des villes.


Les sources d’une vocation. Pierre Delfieux naît le 4 décembre 1934, à Campuac (Aveyron), dans une famille de six enfants. La maison familiale se trouve face à l’église où il fait sa première communion à six ans. Chaque matin, il va servir la messe avant d’aller à l’école communale.

Le maître lui remet un jour, en guise de prix, un livre racontant « la vie d’un officier qui est devenu curé ». Le jeune Pierre est fasciné par le visage de l’homme imprimé sur la couverture et le cœur rouge brodé sur sa poitrine. C’est le début d’une longue amitié spirituelle avec Charles de Foucauld.

À 17 ans, une retraite dans un centre marial s’avère décisive : il prend conscience de l’amour dont il est aimé, et choisit de répondre à l’appel qu’il a entendu lors de sa première communion. Après son baccalauréat, il entre au grand séminaire de Rodez (Aveyron). Il est envoyé pour finir sa théologie à l’Institut Catholique de Toulouse, puis pour des études de philosophie et de sciences sociales, à Paris, à la Sorbonne. Il est ordonné prêtre dans la cathédrale de Rodez, le 29 juin 1961, et nommé vicaire de la cathédrale.



Sur les pas du Christ. En 1965, il intègre à la demande du futur Cardinal Lustiger qui la dirige, l’équipe d’aumôniers d’étudiants du Centre Richelieu. La vie de l’aumônerie est intense et les initiatives nombreuses. Mgr Guy Gaucher se souvient d’un week-end d’étudiants, organisé par le P. Delfieux pour les anglicistes, qui, avec 600 étudiants, battit tous les records de participation !

Des pèlerinages sont organisés, à Chartres bien sûr, mais aussi en Italie, en Espagne, en Terre Sainte…
Le P. Delfieux y découvre l’importance que peut avoir pour la vie de foi un pèlerinage sur les pas de Jésus ; très attaché à cette terre, il continuera d’y guider régulièrement des pèlerinages pour les Frères et Sœurs de Jérusalem et les laïcs proches des Fraternités.
En ces années 1960, il découvre aussi le désert et devient, au Centre Richelieu, le spécialiste des méharées (randonnées organisées dans le désert à dos de dromadaire) au Sahara, vers Tamanrasset (Algérie) et les lieux habités par le P. de Foucauld.



Un ermite dans le désert  Aussi, quand au bout de sept ans de cet apostolat marqué par les bouleversements introduits par Mai 68, il lui est proposé de prendre une année sabbatique, il ne résiste pas à l’appel du désert et part d’abord à Béni-Abbès (Algérie), dans la communauté des Petits frères de Jésus, puis à l’Assekrem, dans le massif du Hoggar.
Le P. Delfieux y construit de ses mains un ermitage, auquel il donne le nom de Bethléem et où il passe une première année, puis une seconde, avec la seule compagnie des pierres et des étoiles. Avec, dit-il, ce qui suffit : « La Bible et le Saint-Sacrement. »



Un moine dans la ville.  Peu à peu, s’organise en lui ce qui n’était encore que des aspirations : mener une vie fraternelle, dans le partage de la liturgie, pour l’annonce de l’Évangile.

Une conviction s’impose : le vrai désert aujourd’hui se trouve dans les villes. C’est là qu’il faut aller creuser des oasis de prière. Sa décision est prise : en juin 1974, il quitte l’Assekrem et va confier au Cardinal Marty, rouergat d’origine comme lui et, à ce moment-là, archevêque de Paris, son désir : devenir moine dans la ville.



La fondation de la première Fraternité. Ce désir rencontrant l’intuition du Cardinal, la fondation peut naître. Une église lui est confiée dans le centre de Paris, pour y établir la future Fraternité : ce sera Saint-Gervais, proche de l’Hôtel de Ville et du quartier des Halles.

Pendant une année, le P. Delfieux précise son projet et rassemble ses premiers compagnons. D’emblée, l’essentiel est posé : une vie fidèle aux grandes exigences monastiques et professant les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance ; mais adaptée en sa forme concrète, aux réalités de l’Église postconciliaire et du monde contemporain. L’accent est mis sur la prière personnelle et communautaire, avec d’amples liturgies chantées dans une église ouverte à tous.

La vie fraternelle est fondamentale, mais elle se vit en ville, dans des appartements ou des maisons loués, sans que la Fraternité puisse acquérir de propriétés. Le travail, nécessaire pour gagner son pain, se veut aussi solidaire des contraintes vécues par les citadins : il se vit de préférence à mi-temps comme salarié. Les Frères veulent ainsi se situer en solidarité avec les citadins qui les entourent, mais aussi en contestation pour affirmer le primat de l’amour et de la prière.



La naissance du Frère Pierre-Marie.. La première liturgie est chantée par une douzaine de Frères dans l’église Saint-Gervais, le 1er novembre 1975, fête de Toussaint. La feuille expliquant le projet justifie le choix de cette date : « Notre aventure sera celle de la sainteté, ou elle ne sera pas. »

Le Père Delfieux devient Frère Pierre-Marie, pour marquer son attachement filial à la Vierge. Sa vie se confond désormais avec celle de la Fraternité qu’il guide et anime inlassablement.



L’expansion des Fraternités.  Une Fraternité de moniales naît à son tour le 8 décembre 1976. Même si Frères et Sœurs chantent ensemble toutes les liturgies, dès le départ les logements et les gouvernements des deux Fraternités sont bien distincts. Une étape décisive est franchie en 1978-1979, où les Fraternités reçoivent le nom de « Jérusalem », la ville sainte. Frère Pierre-Marie met alors par écrit le tracé spirituel des Fraternités, fondé sur sa méditation de la Bible et sur l’expérience déjà accumulée. Son livre est intitulé Livre de Vie de Jérusalem (Éditions du Cerf, 7e édition, 2014), et rapidement traduit en plus de 20 langues.

Après le temps des découvertes et des tâtonnements, vient à partir des années 1990 le temps de la création de nouvelles fondations ; alors que les Fraternités comptent déjà une centaine de Frères et Sœurs. Ces fondations sont toujours réalisées à la demande de l’évêque du diocèse dont les Fraternités dépendent, selon l’ecclésiologie née de Vatican II ; et il y a toujours une Fraternité de Frères et une de Sœurs qui sont envoyées en même temps. Il y a eu Vézelay en 1993, Strasbourg en 1995, Florence en 1998. Puis Le Mont-Saint-Michel et Bruxelles en 2001, Montréal en 2004, Rome en 2006, Cologne en 2009, et Varsovie en 2010. Frère Pierre-Marie impulse et suit de près ces diverses implantations. Il est très attentif en particulier à l’aménagement des églises où vont se dérouler les liturgies et au cadre qu’il désire sobre, mais toujours empreint de beauté.



Une reconnaissance canonique.  Un autre édifice, juridique celui-là, retient aussi son attention. Au terme d’un long processus de rédaction et d’approbation par les Congrégations de la Vie consacrée et de la Doctrine de la Foi, les Constitutions des Fraternités Monastiques de Jérusalem sont définitivement approuvées par le Cardinal Jean-Marie Lustiger le 31 mai 1996 ; et érigées en Instituts de Vie consacrée d’inspiration monastique.
Aux élections qui suivent cette reconnaissance canonique, Frère Pierre-Marie est élu prieur général ; il est réélu pour un second mandat en 2003.  



Un homme passionné. Le Frère Pierre-Marie poursuit une activité intense : prédication plusieurs fois par semaine et permanences au bureau d’accueil de l’église ; visites aux diverses Fraternités ; conférences à l’extérieur, et enseignements à l’intérieur pour les Frères et Sœurs, mais aussi pour les nombreux groupes de laïcs qui se rassemblent autour d’eux…

Il dirige « Sources Vives », la revue des Fraternités, où il rédige de nombreux articles. Il publie plusieurs recueils d’homélies rassemblées sous le titre d’« Évangéliques », et un essai synthétisant l’expérience des Fraternités : Moine dans la ville (Bayard, 2003).

À la fin de son second mandat, conformément aux Constitutions, un nouveau prieur général des Frères de Jérusalem est élu : Frère Jean-Christophe Calmon (Sœur Violaine étant élue en 2010 prieure générale des Sœurs de Jérusalem).
Bien que malade depuis la fin de 2011, Frère Pierre-Marie continue à soutenir et encourager les différentes Fraternités, en les visitant, à prêcher et à enseigner.  

Il est décédé dans la maison de Magdala, en Sologne (La Ferté-Imbault, Loir-et-Cher), lieu de retraite des Fraternités, le 21 février 2013.





Sœur Marie-Laure
Membre des Fraternités Monastiques
de Jérusalem



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que Sœur Marie-Laure a faites le samedi 31 décembre 2016.


Proposition d'engagement





Je suis une retraite en ligne


Cette semaine, nous vous proposons de :
- suivre  de nombreuses propositions de retraites en ligne ou d’ateliers bibliques parmi lesquels :
- « Onze journées avec saint Luc » : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/mediter-la-parole/parcours-bibliques
- ou « Sur les traces de la foi » (lecture de Gn 12-50 en 10 épisodes) : http://retraites-avec-jerusalem.cef.fr/archives-retraites-en-ligne/atelier-biblique

- ou de découvrir la liturgie sur notre site :
- Les richesses des temps liturgiques (articles) : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/vivre-la-liturgie/temps-liturgique
- ou Vivre et comprendre la liturgie (20 fiches) : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/vivre-la-liturgie/vivre-et-comprendre-la-liturgie



Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que la vocation ?


Penser et vivre sa vie en termes de vocation est une manière de voir la vie comme un bien reçu à redonner, un don à offrir. C’est répondre personnellement et librement à l’appel de Dieu par le don de soi. C’est en marchant avec Lui, à l’écoute de sa Parole et des besoins et cris du monde, et de la Parole de Dieu que nous discernons notre vocation.

La réponse complète de Sœur Nathalie Becquart.






Proposition de prière




Cette semaine, nous vous proposons de réciter avec nous la prière de Frère Charles de Jésus.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:28


 1905 


PHILIBERT VRAU : UN MODÈLE DE DIRIGEANT CHRÉTIEN





Né à Lille en 1829, mort dans cette même ville en 1905, ce patron d’une entreprise textile a passé la première partie de sa vie à transformer la manufacture héritée de son père non seulement en une société de réputation nationale (le fil à coudre de la marque « Au Chinois »), mais en « usine chrétienne » (avec chapelle, religieuses dans les ateliers, aumônier, etc.), où le personnel était, en pleine révolution industrielle, considéré davantage comme membres d’une même famille (« frères et sœurs dans le Christ ») que comme de simples salariés.


Le « commis-voyageur de Dieu » La seconde partie de sa vie, il l’utilisa, vrai « commis-voyageur de Dieu », à sillonner tout le pays, ses tournées commerciales se changeant de plus en plus en pérégrinations de militant catholique, et à prendre conseil au Vatican. Le but de sa vie, « la gloire de Dieu et le service du prochain », consista à développer l’organisation pratique d’innombrables actions caritatives et éducatives, à les financer de ses deniers, à recruter des propagandistes pour des œuvres d’apostolat conformes aux vues de la papauté. Tout cela à une époque où l’Église de France était à la fois majoritairement gallicane et de plus en plus attaquée par la République anticléricale.




Un jeune Lillois hors du commun. Issu de la petite bourgeoisie du Nord, Philibert Vrau connaît, enfant, une triste expérience au collège municipal de Lille. Adolescent, il délaisse la foi chrétienne au profit du spiritualisme rationaliste que le philosophe Victor Cousin avait mis en vogue sous le Second Empire. Après un essai malheureux dans le monde bancaire, Philibert Vrau, personnalité ardente, insatisfaite de « l’esprit du temps » (voyant tant de riches « abrutis par l’opulence » et de pauvres « abrutis par l’indigence »), se convertit en 1854, notamment après la découverte du spiritisme alors très à la mode (cf. les « tables tournantes » de Victor Hugo). L’année suivante, il demande à son père la permission de quitter la filterie familiale (entreprise qui achète et conditionne des fils de lin) pour entrer en religion. Mais sa famille lui rappelle que l’affaire, très fragile, a besoin de lui, fils unique, pour prendre la relève. Ayant alors pris la résolution de rester « célibataire pour Dieu », secondant son père jusqu’au décès de celui-ci en 1870, il décuple le chiffre d’affaires et donc les bénéfices de l’entreprise (plus de 1000 employés vers 1875, 70 millions de pelotes vendues chaque année).

Il prend l’habitude de vivre de peu, dans sa famille, de redistribuer la quasi totalité de ses revenus et de se dépouiller au maximum. Il rêve secrètement de faire de Lille une « ville sainte ». Lille, cité en plein essor industriel et démographique où sévit la misère ouvrière, mais aussi antique cité mariale où un groupe de catholiques dont il fait partie construit, à partir du Second Empire, l’immense église Notre-Dame de la Treille devenue depuis lors la cathédrale du diocèse de Lille.

Il lance sur sa région les « œuvres eucharistiques », en développant par exemple l’« Adoration nocturne du Saint Sacrement » en 1857, et surtout en mettant sur pied le premier « Congrès eucharistique international » en 1881 dans les locaux de l’Université catholique de Lille, dont il est l’un des fondateurs.



Un patron exemplaire.  Personnage au caractère profondément oblatif, honnête (son comptable souligne qu’il n’a « jamais volé un millième de centime » ; il a même remboursé la douane après avoir découvert une erreur), humble, discret sinon effacé, austère, combatif, opiniâtre, n’ayant ni les dons d’un orateur ni ceux d’un théoricien, il excelle dans les contacts individuels et se lance dans ce que l’on appellera plus tard « l’action catholique ».

Il devient ce qu’on nommait alors un « homme d’œuvres », touchant le cœur de ceux qu’il rencontre. Il s’adjoint les qualités de son meilleur ami d’enfance, Camille Féron, qui devient son beau-frère en 1861 et qui abandonne en 1866 l’exercice de la médecine pour prendre en main la direction interne de la Maison Vrau.

Dès 1867, Philibert Vrau développe dans le Nord les « patronages chrétiens » pour donner un cadre moral et récréatif aux enfants démunis (par exemple il crée à Lille le « Patronage Saint Léonard » qui subsistera jusqu’en 1970). Mais il sera bien davantage que le riche philanthrope qui propage la bienfaisance dans l’anonymat et davantage que le monarchiste de cœur devenu « catholique social » qui va suivre à la lettre les Encycliques papales de Léon XIII « Rerum novarum » (fondement de la Doctrine sociale de l’Église en 1891) et « Au milieu des sollicitudes » (prônant le ralliement des catholiques français à la République en 1892).



Un fervent apôtre de la charité.  En effet, après la mort de sa mère en 1888, menant la vie d’un « religieux dans le monde », il confie pratiquement les rênes de l’entreprise à Camille Féron et accepte la charge de président de la Confrérie de la « Sainte Famille » (une « pieuse union » de prière et de charité d’origine espagnole), et surtout celle de président du Conseil régional des « Conférences de Saint Vincent de Paul ». Il se mue en une sorte de pieux nomade, voyageant six mois de l’année en chemins de fer (au milieu des tempêtes de la « guerre religieuse ») pour aller resserrer les rangs des « Comités catholiques », distribuer à pleines mains des aides, développer les subventions à la presse, ou encore construire des lieux de culte et des dispensaires catholiques.

Ses dépenses personnelles étaient très réduites ; on a calculé qu’il donnait (avec grande discrétion) jusqu’à 92 % de ses revenus ; à sa mort, le montant de sa succession sera si faible que le fisc s’en émouvra ! En 1934, son prénom a ainsi été donné à un établissement médical, actuellement « Hôpital Saint Philibert », à Lomme (station de métro de Lille).





Un précurseur de l’enseignement secondaire. Son action dans l’enseignement catholique sera sans doute la plus connue, d’abord du côté des écoles primaires. En 1890 (avant la grande offensive des ministres radicaux-socialistes anticléricaux de 1900), sous son impulsion, c’est 32 écoles de garçons et 34 écoles de filles qui sont ouvertes dans les 12 paroisses de Lille (50% des effectifs totaux).

Dès avant la loi de juillet 1875 (qui, brisant le monopole d’État napoléonien, autorisait la création d’universités libres en France), Philibert Vrau s’est employé à créer les conditions favorables à la fondation d’une université catholique pontificale (sous la protection du Vatican) à Lille plutôt qu’à Douai. Il achète avec ses amis 40 000 m2 de terrain sur le boulevard Vauban et, dès 1877, la ville de Lille, sans passé universitaire, aura une Université libre avant une Université d’État. Dans le même périmètre de ce « Quartier latin catholique lillois », une école d’ingénieurs sera créée grâce à lui en 1898, et confiée aux pères jésuites : l’Institut catholique des arts et métiers.



Vers la canonisation ? Dès 1911, est inaugurée l’église Saint-Philibert dans un quartier populaire du sud de Lille, qu’il avait financée avec son beau-frère, parmi bien d’autres lieux de culte. L’aspect architectural et moral de la capitale de la Flandre française serait bien différent si Philibert Vrau et Camille Féron n’avaient pas eu une telle vocation de bâtisseurs et d’évangélisateurs.

Bien des personnes appelaient à l’époque Philibert Vrau « le saint de Lille ». Un procès de béatification de ces deux entrepreneurs chrétiens hors normes fut ouvert, en 1912, sous la houlette du coadjuteur de l’archevêque de Cambrai (il n’y a pas d’évêque à Lille avant 1913), après la parution du récit hagiographique de la vie de Philibert Vrau et de Camille Féron, par Monseigneur Baunard, recteur de l’UCL (Université Catholique de Lille). De nombreux témoignages, notamment d’ouvriers, furent recueillis, tous favorables. Le procès se poursuivit à Rome dans les années 1930. Il fut interrompu dans les années 1950 par le cardinal Liénart, sensible au contexte sociopolitique de l’époque où les syndicats, même chrétiens, semblaient hostiles par principe au patronat, souvent dénoncé comme « paternaliste ».

De nos jours, une association (“Les Amis de Philibert Vrau”) a repris le flambeau pour rouvrir le dossier de ce « serviteur de Dieu » dont les bienfaits gagnent à être (re)connus et continuent de porter de beaux fruits.





Jean-Louis Pelon
Guide-conférencier, chroniqueur (La Croix du Nord, RCF-Nord de France), membre de l’Association des “Amis de Philibert Vrau”



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que Jean-Louis Pelon a faites le samedi 7 janvier 2017.


Proposition d'engagement





J'utilise mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu


À l’exemple de Philibert Vrau, je veux utiliser mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu. Je peux pour cela creuser la vie de Philibert Vrau ici.




Proposition de formation sur la foi





Est-il vraiment plus difficile aux riches d’entrer dans le Royaume de Dieu ?


L’Évangile souligne le danger que peut constituer la richesse pour notre salut, si c’est elle qui nous définit. Et il nous donne l’antidote : suivre la volonté de Dieu dans l’usage de cette richesse, nous en détacher intérieurement pour en faire un usage tourné vers le bien commun.

La réponse complète de Pierre de Lauzun.






Proposition de prière




Je prie en demandant l’intercession de Philibert Vrau.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:32


 2008 


SŒUR EMMANUELLE, RELIGIEUSE DE NOTRE-DAME DE SION





Qui était Sœur Emmanuelle, célèbre pour son activité auprès des chiffonniers du Caire (Égypte) ? Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 1908 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sœur Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian (Var).


Le mystère de l’amour de Dieu. « En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la Contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant lui pour l’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction. » (Constitutions de la Congrégation Notre-Dame de Sion,  n° 53)


À la congrégation de Notre-Dame de Sion. Née dans une famille aisée, Madeleine est traumatisée à l’âge de six ans par la mort accidentelle de son père sur la plage d’Ostende (Belgique).
Elle a souvent expliqué que sa vocation de religieuse venait de cet événement. Le 6 mai 1929, elle est reçue comme postulante, sous le nom de Sœur Emmanuelle, dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, créée en 1843 par les Frères Ratisbonne, Juifs convertis au catholicisme (rappel des origines juives d’une partie de sa famille).
Après avoir prononcé des vœux définitifs le 10 mai 1931, elle mène une carrière de professeur de lettres et de philosophie dans les établissements scolaires de la congrégation à l’étranger : en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Elle y fréquente la haute société locale, mais reste insatisfaite du manque de sensibilité de beaucoup de gens pour la condition des pauvres qui les entourent.
Aussi, à l’âge de la retraite en 1971, Sœur Emmanuelle décide de s’installer auprès des chiffonniers du Caire, dans le bidonville d’Ezbet-El-Nakhl, avec l’autorisation de la congrégation.





Aux côtés des chiffonniers.  « Chiffonnière parmi les chiffonniers », comme elle se nomme dans le titre de son premier livre en 1977, elle met un peu de temps à découvrir les lieux, à s’adapter à la vie rude de l’immense bidonville et à se faire accepter par les populations pauvres, sans éducation, qui passent leur existence dans de terribles conditions de saleté à trier et à récupérer les déchets de la capitale égyptienne.
Elle consacre toute son énergie à tenter d’améliorer la situation globale de la population, en construisant des écoles, des jardins d’enfants et des dispensaires, grâce aux dons qu’elle obtient par sa connaissance de la bourgeoisie égyptienne.
Elle utilise bientôt sa notoriété croissante pour voyager autour du monde dans le but de sensibiliser les gouvernants à sa cause et de collecter des fonds, avant de revenir en France en 1993 pour une retraite bien méritée.
Elle n’oublie pas non plus l’éducation religieuse de ces populations délaissées, en majorité des chrétiens coptes. Le projet de Sœur Emmanuelle n’est en effet pas seulement social, mais profondément spirituel. En particulier, elle développe une relation privilégiée avec Marie. « Cette spiritualité de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide – du bonheur de ma vie », dira-t-elle un jour.



Marie, le secret du bonheur de sa vie. Dans son testament spirituel, Sœur Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez-la avec moi ! Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant ! »

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l'âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m'a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J'ai relaté comment dans les moments de crise, je m'accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré. Elle croit, elle, à la Résurrection ! »

« Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m'apaise. Ne respirant qu'amour, elle m'entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur. »

« Le Rosaire, chaque jour médité, m'emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J'offre cette prière comme un cantique d'amour d'un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n'a pas hésité à partager jusqu'à la mort les douleurs de l'humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. »





Le chapelet : son arme. Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans sa maison de retraite à Callian (Var) où elle est décédée : « À quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? ». Elle répondit : « À la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire... Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu... »

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d'elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. »

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu'il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s'éteindre la flamme. »



Prier avec Sœur Emmanuelle. Avec la « petite Sœur des chiffonniers », nous pouvons prier « Notre Dame de tous les jours » :
« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé... Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame... Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils... Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »






Conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion a faites le samedi 14 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage dans une association caritative


Cette semaine, nous vous proposons de prendre exemple sur Sœur Emmanuelle, la « petite Sœur des chiffonniers », et de vous engager dans une association caritative pour servir votre prochain.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi Dieu permet-il tant de souffrances ?


Il est difficile de parler de la souffrance, impossible de la comprendre et parfois très dur de la vivre mais la lumière de la Révélation nous éclaire sur son lien avec le péché, sur la solidarité qui nous unit et sur le dépassement de tout mal qui est possible - et souvent vécu - par la grâce du Christ.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière de Sœur Emmanuelle des chiffonniers du Caire. Révoltée par la misère, elle se mobilisa avec eux pour améliorer leurs conditions de vie et deviendra ainsi la « petite Sœur des chiffonniers ».





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Avr 2017 - 16:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:35


 1871 


À PONTMAIN, LA VIERGE MARIE FAIT PRIER DES ENFANTS EN PLEINE GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE





Le 17 janvier 1871, en pleine guerre franco-prussienne, la Vierge Marie apparaît à quatre enfants dans le village de Pontmain (Mayenne) en leur délivrant un message : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là se replient finalement. L’armistice est signé le 26 janvier 1871.


Une journée qui commence comme les autres.Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme chaque jour.
Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ».
Vers midi et demi, la terre a tremblé, ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée.
C’est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l’on est sans nouvelles d’eux. Alors, on vit dans l’angoisse et dans la peur. Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre.



Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours.


Ce soir du 17 janvier 1871, deux enfants, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père dans la grange.Ils pilent les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 17h30.
Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte « voir le temps ».
Et voilà que, tout à coup, en plein ciel, au-dessus de la maison d’en face, il voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil. Elle lui sourit. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église de Pontmain peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle est au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles.





L’enfant sourit à la Belle Dame. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot. Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la « Belle Dame », tandis que les grandes personnes ne voient rien sinon les trois étoiles.


Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, bien qu’elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et revient avec une autre sœur, Marie-Édouard, et trois petites pensionnaires. À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (9 ans) s’écrient : « Oh ! La Belle Dame ! Qu’elle est belle ! », et la décrivent à leur tour.


Sœur Marie-Édouard s’en va prévenir M. le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Édouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Et le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! », et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit.


Lorsque le père arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (« Voilà quelque chose qui se fait ») et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame.
À l’intérieur, quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.



Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter et la Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité », dit Eugène. « Prions », ajoute M. le curé. Sœur Marie-Édouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle.




« C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! » Après le chapelet, on chante le Magnificat.
Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (« Voilà encore quelque chose qui se fait »). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or.« C’est un M » - « Un A » - « Un I » - « Un S ». Le mot « MAIS » qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot « PRIEZ » vient alors s’écrire après « MAIS ». Le message continue de s’écrire lettres après lettres. À la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS



•Au début de l’Inviolata qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne :« MON ». Au moment où l’on chante O Mater alma Christi carissima, le mot « FILS » vient s’écrire à la suite. « MON FILS », lisent les enfants. Alors c’est un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termine l’Inviolata et que l’on chante le Salve Regina, le message continue et se termine

MON FILS SE LAISSE TOUCHER


Il n’y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d’or comme les lettres.




« Chantons notre cantique à Marie », dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message.

Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». Les enfants, joyeux jusque-là, deviennent subitement tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. « Jamais on n’a vu une pareille tristesse sur un visage humain », disent les enfants.

C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : « JÉSUS CHRIST ». La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au-dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent.

Puis sœur Marie-Édouard chante l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. « Un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 20h30.

« Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

« Voyez-vous encore ? », demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! ». Il est près de 21h. Chacun rentre chez soi, le cœur en paix. Toute crainte, toute peur s’en est allée.



Citation :
Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres


Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 26 et publié le 28 janvier 1871. Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres, la plus jeune fille sera religieuse et l’autre gouvernante d’un curé.

Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique en bonne et due forme, Mgr Wicart, évêque de Laval, qui s’est lui-même déplacé pour interroger les jeunes voyants, publie un mandement dans lequel il déclare : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »





Père Henri-Michel LEDAUPHIN
Ancien chapelain de Pontmain



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le Père Henri-Michel Ledauphin a faites le samedi 16 avril 2016 dernier.


Proposition d'engagement




L’association Notre-Dame de la prière a pris naissance dès les origines du pèlerinage, en 1872. Elle fut reconnue par Rome en 1877, sous le vocable « Notre-Dame d’Espérance », devenu un peu plus tard « Notre-Dame de la Prière ».
Pourquoi ? Une question est souvent posée : « Comment rester en lien avec le sanctuaire, avec ceux qui aiment Notre Dame de Pontmain et lui confient leurs intentions ? »
L’entrée dans la grande famille de l’association est une manière d’y répondre. Dans la prière, une communion s’établit entre les Membres, autour de Jésus lui-même : « Quand deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Entrer dans l’association permet aussi :

- de vivre l’appel de Notre Dame à une prière confiante et persévérante,
- de persévérer dans l’Espérance le regard fixé sur Jésus Christ qui se laisse toucher,
- de porter dans la prière les intentions de l’Église et du sanctuaire.
Pour plus d’information, consultez la page :


www.sanctuaire-pontmain.com/Association-N-D-de-la-priere.html


Proposition de formation sur la foi





Prier, en quoi ça consiste pour un chrétien ?


La prière est un dialogue avec Dieu. Jésus appelle ses disciples à prier sans cesse, comme des enfants bien-aimés, qui doivent trouver, avec la Bible et l’exemple des saints, leur manière personnelle de cheminer vers le Père.

Découvrez la réponse du Père Pierre Descouvemont, prêtre du diocèse de Cambrai et docteur en théologie.







Proposition de prière




Comme la « Belle Dame » l’a conseillé à Pontmain, nous devons prier pour que Dieu nous exauce. Nous vous proposons donc de réciter avec nous la prière à Notre Dame de Pontmain.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:39


 1303 


SAINT YVES, ARTISAN DE LA CONCILIATION ET DÉVOT DE NOTRE DAME





Né en Bretagne vers 1250-1253 et mort en 1303, saint Yves s’est illustré par son souci de justice et sa grande miséricorde acquise au contact de la Vierge Marie. Il est patron des étudiants bretons, des prêtres de Bretagne, des avocats et hommes de loi.


Enfance et adolescence.Yves Hélori de Kermartin, de petite noblesse, naît au manoir paternel du Minihy de Tréguier (« minihi », « lieu de refuge »), dans les actuelles Côtes-d’Armor, vers 1250-1253, alors que saint Louis règne en France.
Enfant à la foi vive et brillant élève, ses parents l'envoient à 15 ans, avec son précepteur Jean de Kerhoz, à l'Université de Paris où il suit des cours de lettres et théologie. Il y entend saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure. Il étudie ensuite le droit pendant cinq ans au réputé studium d’Orléans, où il côtoie les grandes figures du siècle, sans que jamais l’étude ne prenne le pas sur la prière et le souci des pauvres.





Un homme bon et charitable. Doublement diplômé en droit civil et canonique, chose alors rare, Yves est appelé en 1278 par l’Archidiacre de Rennes comme « official », juge ecclésiastique compétent dans les affaires de l’Église, des clercs, des veuves et orphelins. Seule lui importe la justesse de la cause, selon les témoins à son procès de canonisation, « il rendait à tous une justice rapide sans faire acception des personnes ».
Il se donne avec ardeur à sa nouvelle tâche et aide de ses deniers deux jeunes compatriotes qui témoignent qu’aux jours de fêtes, Yves ouvre sa table aux pauvres du quartier, annonçant joyeusement : « Je vais chercher mes gens ! »
À Rennes, il fréquente le couvent des Franciscains et y vit une « expérience spirituelle forte ».
Le témoignage de Frère Guidomar Maurel, Franciscain de Guingamp, éclaire le rôle de la Parole de Dieu dans la conversion d’Yves à « Dame Pauvreté ».



Franciscain dans l’âme. Sa réputation étant faite, l’évêque de Tréguier, Alain le Bruc, l’appelle en 1281 à son officialité alors vacante. Il l'ordonne prêtre vers 1283 et lui confie la paroisse de Trédrez (Côtes-d'Armor).
Mais après un combat intérieur de dix années, en 1290, il adopte à 40 ans la robe de bure, signe de dépouillement et du rôle de la spiritualité franciscaine dans sa vie. Il devient en 1294 recteur de Louannec (Côtes-d'Armor) jusqu’à sa mort.
Le voilà des heures durant sur les chemins du Trégor, toujours à pied, pour rejoindre ses chers paroissiens tout en restant l’official renommé de Tréguier.



Citation :
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe


Une figure de la Miséricorde. Saint à genoux devant l’homme, Yves est enraciné dans la pâte humaine, attentif à chacun : aux bûcherons, meuniers, laboureurs et moissonneurs, prêt à secourir des charpentiers découragés, des pèlerins de passage en route vers les Sept Saints (le Tro Breiz) ou des accidentés auxquels il donne le Corps du Christ qu’il porte toujours sur lui. Sa table reste ouverte, et il fait construire au Minihy une maison pour les pauvres.
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe, par sa « très grande dévotion », sa « très grande ferveur » dans la prière.
L’official porte un soin attentif aux malades, les visite, fréquente l’Hôtel-Dieu de Tréguier, s’occupe des plus repoussants, nourrit l’un, lave l’autre, accompagne avec amour les mourants et coud leurs suaires.



Un homme en quête de justice.En vrai disciple du Christ, Yves va à contre-courant de l’esprit du monde. Des témoins rapportent les « multiples railleries » subies.
Mais il n’a rien d’un timoré, Darien de Trégroin raconte : « Une fois, en ma présence, des gens du roi de France (agents du fisc de Philippe le Bel, en 1297) voulaient s'emparer de force d'un cheval de l'évêque de Tréguier. Dom Yves accourut et le leur arracha : « Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l'Église. » » C’est à Trédrez, confronté aux misères humaines, que son sens d’une justice calibrée avec la précision de l’arpenteur évolue.
La patience exemplaire d’Yves crée un climat de paix. À la froideur du jugement rendu, même en toute justice, se substitue la recherche de la conciliation pour éviter le procès. Le pasteur grandit et l’homme de loi s’efface.
Yves perçoit désormais l’acte judiciaire comme rencontre des personnes ; il peut être le lieu de la conversion, de la réponse au divin « Suis-Moi », au divin « descends de ton arbre » que Jésus adressait au publicain Zachée, l’arbre de tes certitudes, de ton bon droit, qui te sépare de l’autre. Ce qui lui importe n’est plus de gagner promptement un procès, c’est d’établir paix, concorde et réconciliation, c’est le Salut des âmes.
La paix émane de sa personne, Derrien de Bouaysalio témoigne : « C'est avec simplicité et douceur que dom Yves entrait en relation avec tout le monde, gens de rang élevé aussi bien que petites gens, qu'il les écoutait, qu'il leur parlait, prononçant toujours ses paroles avec gaîté et gentillesse. »
Quand en 1300, trois avant sa mort, sous le poids de la fatigue et des veilles, Yves renonce à une part de ses charges, c’est la fonction d’official qu’il abandonne. Il reste recteur de Louannec jusqu’à sa mort. L’homme de justice cède la place au pasteur attentionné des âmes.





À l’école de la Vierge Marie. Yves reçoit de sa mère, Dame Azo du Quenquis, l’appel à la sainteté. Suite à une prémonition, elle lui apprend à vivre de façon à devenir un saint. Jean de Kerhoz, précepteur d’Yves, témoigne : « Sa mère m'a dit un jour qu’il serait saint, car la chose lui avait été révélée à elle, sa mère. Elle me l'a dit dans la maison des parents de dom Yves… Il y avait là sa mère et son père, dom Yves et moi, personne d'autre. »
Azo l’initie à la prière à l’école de la Vierge Marie et de sainte Pompée, mère de saint Tugdual, moine fondateur de Tréguier. Un vitrail de l’église de Minihy-Tréguier le montre sur les genoux d’Azo, tourné vers l’ange Gabriel.
N’est-ce pas par les mères que Dieu forge les âmes et cisèle ses chefs-d’œuvre ? Signe de son respect pour Marie, Yves a le souci du Salut des femmes qui croisent sa route. Il accueille pendant onze ans à Kermartin la « pauvresse »  Panthonada, femme de « Rivallon le Jongleur » et leur fille Amicia.
Il enseigne les paysannes rencontrées au hasard des chemins creux, confesse les nobles dames à Kermartin sans compter son temps jusqu’à la veille de sa mort. Toutes le lui rendent bien, lavant son linge infesté de poux, faisant des offrandes pour « ses gens ».  
Après sa mort, beaucoup de femmes enceintes en souffrance témoignent de leur guérison par l’intercession de saint Yves.





Les miracles d’Yves.L’homme meurt épuisé le 19 mai 1303. La foule accourt de tout le Trégor pour accompagner sa dépouille : c’est la première procession de la Saint-Yves, le premier « Pardon de Saint-Yves ». Son testament est son seul écrit connu, sa sainteté y brille, humble, sans fard. Il écrira ainsi : « Moi, Yves, prêtre indigne et très méprisable serviteur du Christ. »
Les malades affluent à son tombeau et les guérisons fleurissent. Loin de l’ambiance feutrée de nos églises, les foules médiévales sont bruyantes, enthousiastes, enflammées. Fous, boiteux, paralysés, tous se pressent. Dès qu’une guérison a lieu, les cloches se mettent à sonner à toute volée. Charles de Blois et le duc de Bretagne Jean III obtiennent une enquête de canonisation du pape Jean XXII d’Avignon.
Menée par les évêques d’Angoulême et Limoges, elle a lieu à Tréguier du 23 juin au 4 août 1330 et permet l’audition de 213 témoins (500 se sont présentés).
Ces derniers déposent sous la foi du serment sur la Croix, engagent leur âme. Aussi, l’acte est-il méticuleux : chaque détail est noté : noms des témoins, juges, interprètes, notaires. Ceux qui ironisent sur la crédulité du Moyen Âge n’ont pas étudié de telles pièces. Les actes originaux ont disparu, comme beaucoup d’archives d’Avignon, mais l’historien Arthur de La Borderie découvrit à la bibliothèque de Saint-Brieuc un manuscrit du XIVe siècle, avec copie de l’intégralité du procès-verbal de l’enquête. La maison Prud’homme l’édita en 1887 en 275 exemplaires. M. Jean-Paul Le Guillou traduisit le texte latin en 1989.



La naissance d’un saint. Le 19 mai 1347, 44 ans après sa mort, le pape Clément VI déclare la sainteté d’Yves. Il est fêté le 19 mai. Depuis 700 ans, les cantiques bretons, traces vivantes du procès, transmettent l’histoire et la dévotion à dom Yves. Le duc Jean V érigea un superbe tombeau, visité par toute la Bretagne.
Aussi, le bataillon d’Étampes (Essonne) s’appliqua-t-il à le détruire en 1794.
C’est en 1890 que fut relevé le cénotaphe actuel, fleuri avec amour à chaque Grand Pardon. (Voir les ex-voto sur l’oratoire Saint-Yves :
http://fonds-saintyves.fr/Voir-les-ex-votos-174 ).





Daniel Giacobi
Agrégé d’histoire, administrateur du Fonds Saint-Yves et
vice-président des Amis de Zant Erwan


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Daniel Giacobi a faites le samedi 21 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au « Grand Pardon de Saint-Yves »


Cette semaine, nous vous proposons de participer au « Grand Pardon de Saint-Yves » qui a lieu à Tréguier en général le 3ème dimanche du mois de mai ; en 2017, ce sera le 21 mai :
http://fonds-saintyves.fr/-Grand-Pardon-de-saint-Yves-2016  

Si je ne peux pas participer au Grand Pardon, il m’est proposé de faire œuvre de paix et de réconciliation avec mes proches, mes voisins, mes relations, dans ma paroisse. Lors de la « relecture de ma journée » ou ma « révision de vie du soir », je note dans un carnet ces efforts et je les offre dans la prière ou l’Adoration eucharistique pour la paix dans l’Église et dans le monde.

Pour devenir « Témoin de saint Yves », visitez les liens suivants :


http://fonds-saintyves.fr/Pourquoi-vouloir-etre-Temoin-de
http://fonds-saintyves.fr/Etre-temoin-de-saint-Yves-aujourd


Proposition de formation sur la foi





Comment les bienheureux et les saints sont-ils reconnus et proclamés ?


La procédure est aujourd’hui très codifiée : l’enquête sur la « cause » doit déterminer si le « Serviteur de Dieu » a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque ; il faut aussi la reconnaissance d’un miracle obtenu par son intercession.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière





Prier pour vivre dans notre monde à l’exemple et par l’intercession de saint Yves.


Je prie

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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:44


 XIIe s. 


NOTRE DAME DE LA TREILLE, LA CHANCELIÈRE DE LILLE





La vénération de la petite statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille débute au Moyen Âge, avant d’être suivie pendant des siècles par de simples pèlerins comme par des rois de France et des grands saints. Même si la patronne de Lille (Nord) a été victime des excès révolutionnaires, le sanctuaire restauré demeure aujourd’hui encore un haut lieu marial.


Le Moyen Âge et la dévotion mariale. À Lille, le culte de la Vierge Marie est fondamentalement lié à la construction de la ville et à son instigateur Baudouin V de Flandre (vers 1012 - 1067), dit « de Lille ». Le 2 août 1066, celui-ci y fait construire le plus grand édifice religieux de Lille : la collégiale Saint-Pierre. Il y fait installer un chapitre de 40 chanoines et lui octroie une Charte de donation, qui précise les conditions de son fonctionnement. La collégiale Saint-Pierre restera le plus important édifice religieux de Lille jusqu’à la Révolution française. Baudouin V porte une dévotion toute particulière à Marie dans sa chapelle privée au palais comtal, son père Baudouin IV ayant été miraculeusement guéri par l’intercession de la Vierge.
Quelques temps après la fondation officielle de la ville, il décide ainsi d’offrir à la collégiale Saint-Pierre une statue de la Sainte Vierge en pierre calcaire. La ferveur des fidèles lillois à Marie grandit de jour en jour.





Une statue miraculeuse.  Au XIIe siècle, la dévotion du peuple lillois prend un nouvel essor lorsque Marie fait don d’une nuée de miracles.
Les chanoines décident alors de protéger la statue miraculeuse par une grille en fer forgé, qui deviendra le support de nombreuses offrandes de pèlerins, et la Sainte Vierge prend alors le vocable de Notre Dame de la Treille.
Innombrables sont en effet les grâces de conversions, de guérisons et les miracles obtenus par les pèlerins venant de toute l’Europe en ce sanctuaire. Ainsi, en l’octave de la Fête-Dieu 1254, de nombreux malades se trouvent guéris.
En 1269, la comtesse Marguerite de Constantinople et de Flandre instaure même une procession annuelle et les fêtes de Notre Dame de la Treille en juin pour remercier la Sainte Vierge.



Une protection de la Sainte Vierge historique qui remonte au VIIe siècle. En réalité, le culte marial à Lille est beaucoup plus ancien.
Les chroniqueurs racontent que vers 640, Ermengarde ou Hermengarde, mère de Lydéric, second forestier du territoire entre les deux bras que formait la Deûle, eut une apparition de la Vierge dans la clairière de la Fontaine del Saulx, non loin du lieu où les premiers habitants s’étaient installés pour gérer la forêt qui recouvrait à l’époque le territoire de Lille.
L’histoire de Lydéric, devenu comte de Flandre, a ensuite été reprise et romancée par Alexandre Dumas père au XIXe siècle.
 


La « Sainte Escorte » de Notre Dame de la Treille. Quatre grands pèlerins médiévaux restent associés à Notre Dame de la Treille et forment ainsi la « Sainte Escorte » de la patronne de Lille.
Il s’agit de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), saint Thomas Beckett (1120-1170), le roi saint Louis (1214-1270) en 1255 et le dominicain saint Vincent Ferrier (1350-1419).






Une nuée de miracles. Du XVIe au XVIIe siècle, de nouveaux épisodes miraculeux se produisent. Notre Dame de la Treille est particulièrement efficace dans les cas de possession, contre les épidémies de peste ou encore contre la cécité, la paralysie.
Elle est même à l’origine de la guérison d’un enfant mort-né, fils de Jeanne Duforest, qu’on peut alors baptiser avant qu’il ne succombe de nouveau.
En 1634, après une nouvelle série de miracles, le Mayeur de Lille, Jean Le Vasseur, prend la décision de dédier la ville à Notre Dame de la Treille. « Insula civitas Virginis », « Lille cité de la Vierge ».
Les autorités municipales déposent symboliquement les clés de la ville sur l’autel à l’offertoire de la messe de consécration, le 28 octobre 1634. C’est l’époque de l’apogée de la confrérie de Notre-Dame de la Treille, érigée par le pape Alexandre IV au milieu du XIIIe siècle ; les grandes familles de la région se font un honneur d’en faire partie.
L’empereur d’Autriche Ferdinand II s’y fait même inscrire en 1635, avant de gagner une bataille décisive de la guerre de Trente Ans.
En 1667, Louis XIV qui assiège victorieusement Lille, jure à la chapelle de Notre-Dame de la Treille de maintenir les privilèges et de respecter les coutumes de la ville.



Les ténèbres s’abattent sur la patronne de Lille. Un siècle plus tard, la Révolution française précipite malheureusement Notre-Dame de la Treille dans les ténèbres, au propre comme au figuré.
En 1793, la collégiale Saint-Pierre est démolie avant de servir de carrière de pierre.
Le chapelain Alain Gambier récupère la statue et la cache dans un égout. Le calme revenu, il la sort de l’obscurité et la confie à la paroisse Sainte-Catherine du Vieux-Lille. La statue de Notre-Dame de la Treille est oubliée dans un coin de l’église. Après un demi-millénaire de dévotion, dix années ont suffi pour effacer le souvenir de la sainte patronne.
 


La résurrection d’une dévotion millénaire. Il faut attendre les années 1840 et le père Charles Bernard, curé de Sainte-Catherine, pour que soit restaurée la dévotion à Notre Dame de la Treille.
À une époque où la ferveur mariale est en plein renouveau, le culte à la sainte patronne de Lille retrouve rapidement une grande importance. Le prêtre institue le mois de Marie en mai 1842 et demande au pape Grégoire XVI la confirmation des indulgences du passé. Les fêtes patronales de la Treille sont relancées.
Avec la bénédiction du bienheureux pape Pie IX, on projette de construire une nouvelle église pour accueillir Notre-Dame de la Treille et ses pèlerins, en remplacement de l’auguste collégiale Saint-Pierre. Le député légitimiste Charles Kolb-Bernard, chef spirituel du catholicisme lillois, est le fer de lance du projet.
Notre-Dame de la Treille devient également la patronne de la toute nouvelle université catholique de Lille (fondée en 1875 par Philibert Vrau).
 


L’érection d’une église qui deviendra cathédrale-basilique. L’ancienne motte castrale, à l’endroit même où fut fondé Lille, est choisie pour construire l’église.
Le 1er juillet 1854, lors des fêtes du sixième centenaire des premiers miracles, ont lieu la pose et la bénédiction de la première pierre par Mgr René-François Régnier, archevêque de Cambrai, d’un édifice qui n’a pas encore de plan.
Un concours architectural est lancé avec pour mot d’ordre de construire une église monumentale dans le style gothique.
C’est l’architecte lillois Charles Leroy qui est retenu, deux architectes anglicans ayant été écartés.
Son projet pharaonique prend pour modèle les cathédrales de Reims et de Chartres, et doit s’allonger au cœur même du Vieux-Lille, sur 123 mètres, ainsi que lancer vers les cieux deux clochers de plus de 115 mètres.
 

   


Les travaux commencent en 1856, les soubresauts de l’histoire font qu’ils ne seront réellement achevés qu’un siècle et demi plus tard. La statue de Notre-Dame de la Treille y est transportée en septembre 1872, avant d’être couronnée l’année suivante. Le 7 octobre 1904, alors que l’église n’en est qu’à l’état embryonnaire, elle reçoit le titre de « basilique mineure ».
Le 25 octobre 1913, avec la création du diocèse de Lille, l’édifice qui n’est toujours pas achevé reçoit le titre de « Cathédrale-basilique Notre-Dame de la Treille – Saint-Pierre ».
Cette promotion était l’objet de tractations depuis des décennies. Notre-Dame de la Treille devient l’église-mère d’un important diocèse, le lieu où siège l’évêque, successeur des apôtres. C’est le troisième évêque de Lille, le cardinal Achille Liénart, qui mène à bien la plus grande partie des travaux.
Cependant, c’est un autre évêque qui contribue fortement à son achèvement, avec un projet de façade contemporaine.
Comme Notre-Dame de la Treille a été influencée par le néo-gothique du XIXe siècle, elle s’ancre dans une nouvelle contemporanéité à l’aube du XXIe siècle. En 1999, la façade de la cathédrale est achevée par la pose d’un voile de marbre transparent percé d’une rosace représentant la résurrection du Christ, dessinée par l’artiste Ladislas Kijno, et un portail en bronze de l’artiste Georges Jenclos.
En 2008, avec la réforme de la carte des diocèses de France, Lille devient archevêché et Notre-Dame de la Treille cathédrale métropolitaine.
Le 2 mars 2009, l’édifice est inscrit comme monument historique.  

Œuvre composite, haut lieu de pèlerinage demeuré fidèle à sa vocation, la cathédrale Notre-Dame de la Treille se veut aussi un des phares culturels de la métropole lilloise et de la région Nord, avec le Centre d’Art Sacré de Lille, situé dans la partie moderne de sa crypte.






Thomas Sanchez
Responsable culture et communication de la cathédrale Notre-Dame de la Treille


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Thomas Sanchez a faites le samedi 4 février 2017.


Proposition d'engagement




Je chante à la gloire de Notre Dame de la Treille

Cette semaine, nous vous proposons, entre amis, en famille, dans un groupe de prière ou pour vous-même, de chanter à la gloire de la Vierge Marie le chant suivant à Notre Dame de la Treille.  

Notre Dame de la Treille,
Notre Mère, notre joie,
Dieu pour toi a fait merveille :
Vers ton Fils, guide-nos pas
 

Les chrétiens venus de Lille tournent leur regard vers toi.
Et te présentant leur ville : la remettent entre tes bras.  

En te nommant chancelière, nous gardons la tradition
que nous ont léguée nos pères, implorant ta protection.  

Sois surtout la bienfaitrice de nos frères qui ont faim.
Quand le pauvre crie justice, ouvre nos cœurs et nos mains.  

Fais régner dans notre ville, paix justice et liberté.
Chasse les forces hostiles qui pourraient la menacer.  

Des chrétiens vivant à Lille, chaque jour soutiens l’élan.
Qu’ils y portent l’évangile en tout lieu et à tous vents.  

Dans tes bras tu nous présentes le Sauveur, ton Fils béni.
Aide-nous, ô Mère aimante, à tourner nos cœurs vers lui.




Texte : Père Jean Lebon
Musique : Père Henri Dumas



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la dévotion à Marie qui défait les nœuds ?


« Marie qui défait les nœuds » est priée avec ferveur dans le monde entier et le pape François y fait référence : il ne s'agit pas d’un sanctuaire ou d'une apparition mais d’un simple tableau et d’une neuvaine qui parlent au cœur de beaucoup.

Découvrez la réponse complète de Dominique Chollet.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière des pèlerins à Notre Dame de la Treille.




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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:47

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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 16:43


 1828 


ADÈLE DE BATZ DE TRENQUELLÉON, « LA FONDATRICE »





Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) est la fondatrice de l’Institut des Filles de Marie à Agen (Sœurs marianistes) dont le but est la mission, à commencer par l’accompagnement des Congréganistes, mais aussi la préparation aux sacrements, et le service aux plus pauvres.


La naissance d’une vocation sur les chemins de l’exil. Adèle de Batz naît le 10 juin 1789 au château de Trenquelléon, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Son père, le baron Charles de Batz, commande les Gardes françaises.
Sa mère, elle, descend de saint Louis. Femme de foi, généreuse en aumônes, elle fait le catéchisme aux enfants, visite les malades, les vieillards isolés, subvient aux besoins des pauvres. Sa famille la surnomme « la femme forte », son mari dit d’elle : « C’est une sainte. »
Le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), qui ramène les Jacobins au pouvoir sous le Directoire, pousse la famille à l’exil dans la péninsule ibérique. La mère d’Adèle, qui avait appris que son nom figurait sur des listes de proscription, devait sauver sa vie.
Le 6 janvier 1801, jour de l’Épiphanie, Adèle fait sa première communion à Saint-Sébastien en Espagne. Naît alors en elle le désir de devenir carmélite. Mais en novembre 1801, la famille peut rentrer en France après quatre ans d’exil. Sa mère promet à Adèle de la laisser revenir en Espagne, lorsqu’elle aura l’âge, si le Carmel n’est pas rétabli en France.
Le 14 novembre, la famille réintègre le château ; mais sur le chemin, que de ruines, que de désolations après la Révolution ! Adèle en restera marquée.



La confirmation.  En 1802, Monsieur Ducourneau, ancien séminariste, arrive comme précepteur de Charles, âgé de 10 ans. Il encourage Adèle dans sa vocation au Carmel. Avec l’accord de la baronne, il lui rédige un règlement de vie spirituelle.
Pour se préparer au sacrement de Confirmation, Adèle demande à passer six semaines avec d’anciennes carmélites. Son désir d’être toute à « l’Époux » en ressort approfondi. Le 6 février 1803, Mgr Jean Jacoupy, évêque d’Agen, convie les confirmands à sa table ; Adèle sympathise avec Jeanne Diché, de quatre ans son aînée. Naît alors une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destinée à se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.



Naissance de la « Petite Société ». Durant l’été 1804, Jeanne Diché est au château de Trenquelléon avec Adèle. Elles parlent à M. Ducourneau de leur désir de rechristianiser les campagnes ; il leur propose de créer une association de prières. Naît alors la « Petite Société », alors qu’Adèle n’a que 15 ans et demi.
Chaque semaine, des lettres circulent. Jeanne et Adèle sont les deux animatrices privilégiées.
Agathe, une des sœurs de Jeanne, se joint bientôt à la « Petite Société ».
En avril 1805, Jeanne épouse Monsieur Belloc,
Adèle devient la tête et le cœur de la Société qui continue à trouver des recrues.
Alors qu’elles ne sont que sept en 1805, les voici 24 au début de l’année 1807, puis 60 fin 1808.
La « Petite Société » a la Vierge Immaculée pour protectrice.
L’animation se fait par l’exhortation mutuelle, à laquelle s’ajoutent quelques pratiques très simples :
                 
- un rendez-vous quotidien au Calvaire, à 15 heures                  
- le vendredi, un moment de méditation sur la Passion                  
- la mise en commun des mérites                  
- un mot d’ordre : « Mon Dieu ».

Adèle parle de l’amour de Dieu, du détachement, de la mise à profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, de la préparation aux sacrements, de la mission, de l’humilité et de la pureté de Marie…
Sans se lasser, elle encourage, interpelle, invite à la confiance. Parmi les associés, se trouvent des prêtres dont Monsieur Larribeau, curé de Lompian (Lot-et-Garonne). Bientôt, il accompagne la « Petite Société ». De temps à autre, il vient au château, occasion de récollections pour Adèle et les associées qui peuvent venir.
Tous les ans, Adèle se rend elle-même à Lompian pour sa retraite. Durant l’été 1808, Madame de Trenquelléon rencontre à Figeac (Lot) l’abbé Lafon. Saisi par la similitude entre la « Petite Société » d’Adèle et la Congrégation de Bordeaux fondée par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, l’abbé Lafon parle d’Adèle au Père Chaminade qui lui envoie le Manuel du Serviteur de Marie.
 




L’association avec la Congrégation de l'Immaculée de Bordeaux.  Le 20 novembre 1808, après des semaines de combat spirituel, Adèle dit « positivement non » à un projet de mariage.
Le cœur tout à Dieu, elle  entre en relation avec la Congrégation de Bordeaux : échanges de conseils, demandes de prières…
Elle s’enthousiasme quand elle découvre la consécration à Marie, les prières et les cantiques proposés par le Manuel du Serviteur de Marie.
Bientôt la « Petite Société » s’associe à la Congrégation.
Dès le début, Marie était  à l’honneur dans la « Petite Société ».
Le 16 juillet 1807, Adèle avait écrit à Agathe : « Ayons souvent recours à la protectrice de la Société, la Très Sainte Vierge. Oh, qu’elle est puissante auprès de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particulières, soit par notre Société, soit par l’habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d’être revêtues. »
L’Esprit Saint préparait déjà les contacts avec le Père Chaminade ; et Adèle était prête à accueillir la consécration à Marie que propose le Manuel du Serviteur de Marie.



Au service des autres. En 1809, Adèle tombe gravement malade. Le sentiment de la précarité de la vie se fait plus vif en elle. L’idée du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et se donne sans compter au service des pauvres.
Ils deviennent ses enfants. Elle les reçoit au château, tient à les servir. Elle travaille, fait de la broderie, de l’élevage, et grâce au produit de ces travaux, elle subvient à leurs besoins. Adèle visite également les malades, fait la classe, le catéchisme. Et quand son père est paralysé en 1812, elle devient son infirmière jusqu’à sa mort en juin 1815.  
 




Le « cher projet ».  Peu à peu, l’idée d’un « cher projet » se fait jour dans le cœur d’Adèle. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un projet de communauté qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la prière et la pratique des trois vœux, ainsi que les œuvres susceptibles de remédier aux misères des campagnes.
Les 13 et 14 juin 1814, Adèle, Madame Belloc, et quelques unes de leurs amies se retrouvent à Lompian. Moment décisif.
Avec l’abbé Larribeau, elles parlent longuement du « cher projet » ; les associées reçoivent des noms de religion. Adèle devient Sœur Marie de la Conception. Pour la Conception de Marie, le P. Chaminade autorise Adèle et ses amies à émettre en privé le vœu de chasteté. Adèle propose de porter un anneau d’argent comme symbole de leur don total au Christ.
Qui va rédiger les constitutions ? Comme l’abbé Larribeau ne s’en sent pas capable, c’est l’abbé Laumont, curé de Sainte Radegonde (Aveyron), qui accepte d’élaborer un projet, mais le P. Chaminade le trouve trop imparfait. En 1815, il y travaille à son tour et précise le but du futur Institut :
« Vous serez réellement religieuses. Marie, l’auguste Mère de Jésus, doit être votre modèle comme elle est votre patronne… Votre communauté sera toute composée de religieuses missionnaires. »


Le développement de l’Institut. Le 25 mai 1816, avec trois amies, Adèle quitte le château pour le Refuge de la rue Joseph Bara à Agen, où les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses, avant de s’installer en 1820 dans l’ancien couvent des Augustins, racheté en mauvais état la même année. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Miséricorde à Bordeaux, envoyée par le Père Chaminade, vient initier ces jeunes femmes à leur nouvelle vie. C’est la naissance de l’Institut des Filles de Marie (dit aussi des Religieuses marianistes) qui concrétise le « cher projet » d’Adèle. 

Le 8 juin, le Père Chaminade apporte les Constitutions qu’il explique longuement aux jeunes femmes.
Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Adèle supérieure du couvent. Le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Adèle et ses huit premières compagnes font profession perpétuelle. Peu à peu, la vie s’organise au couvent de l’Immaculée Conception.
Les activités se multiplient : la Congrégation, l’école gratuite pour les enfants pauvres, les catéchismes, la préparation à la communion, les retraites, l’ouvroir et l’œuvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes qu’une Sœur prépare à la première communion et  à la confirmation). La vie de la communauté est stimulée par la récollection mensuelle et la retraite annuelle, habituellement prêchée par le Père Chaminade.
Les fondations se succèdent : Tonneins (Lot-et-Garonne, 1820), Condom (Gers) et Bordeaux (Gironde, 1824), Arbois (Jura, 1826). En 1824, Mgr Jacoupy approuve par écrit l’Institut des Filles de Marie.   

L’année 1827 voit la santé de Mère Adèle se dégrader de plus en plus. Le 10 janvier 1828, après s’être écriée : « Hosanna Filio David ! » (« Hosanna au Fils de David ! »), elle passe vers le Bien-Aimé, alors qu’elle n’a pas 39 ans.
Dans sa jeunesse, son père lui disait souvent : « Adèle, tu seras fondatrice ! »
  

Vers la béatification ? Après une longue enquête canonique, Adèle de Batz est proclamée vénérable pour l’héroïcité de ses vertus le 5 juin 1986 par le pape Jean-Paul II. En 2016, 200 ans après la fondation de la congrégation marianiste, le Vatican analyse un miracle attribué à l’intercession d’Adèle de Batz, préparant la voie à une éventuelle béatification.




Marie Joëlle Bec
Sœur Marianiste, F.M.I.


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Marie Joëlle Bec a faites le samedi 18 février 2017


Proposition d'engagement





Je confie à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur

Adèle apporte à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.  

Avec Adèle, nous vous proposons cette semaine de confier à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur.
 


Proposition de formation sur la foi





Quelle est la place de la femme dans l’Église ?


Au fil des siècles, bien des femmes, religieuses et laïques, ont tenu des places décisives dans l'Église. Que l’ordination soit réservée aux hommes n’exclut pas les femmes des postes de responsabilité. Les derniers papes ont insisté sur leur charisme propre dans la vie de l’Église.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, récitez avec nous la prière de Trois-Heures, pratique de dévotion traditionnelle des membres de la Famille Marianiste, religieux et laïcs.

La prière de Trois-Heures constitue une véritable icône de notre rédemption : elle reflète la dimension visuelle (picturale) de l’art, le message théologique, ainsi que l’incitation à un engagement spirituel actif.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Fév 2017 - 14:55


 1180 


NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX





Perdu dans la forêt entre Verdun et Bar-le-Duc, non loin de la Voie sacrée, Benoîte-Vaux (Meuse) est un haut-lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge depuis plus de huit siècles et l’un des grands sanctuaires de la Lorraine.


Les origines. La légende veut qu’en ce lieu appelé autrefois « Martin-Han » (« la maison de Martin »), des bûcherons furent attirés par les chants célestes de l’Ave Maria… Ils découvrirent sur place une statue de la Vierge Mère, au pied d’un chêne déraciné. Émerveillés, ils décidèrent de lui élever un oratoire, dont un ermite eut la garde. Avec l’affluence des pèlerins, un lieu de culte plus important fut nécessaire. Une église fut construite sous le vocable de « l'Annonciation de la Vierge », et confiée aux Prémontrés vers 1140. Le nom de Benoîte-Vaux (« la Vallée Bénie ») apparaît ainsi pour la première fois en 1180 sur une bulle pontificale. Ce document confirme la donation en terres et en bois par l’évêque de Verdun (Meuse), Albéron de Chiny, à la jeune communauté de Prémontrés (ordre canonial catholique fondé par saint Norbert de Xanten au début du XIIe siècle), issue de l’Abbaye de l’Étanche


Les images de Notre-Dame. La statue primitive des premiers moines dut disparaître dans l’incendie qui dévasta le sanctuaire en 1331. La plus ancienne madone que possède encore Benoîte-Vaux date en effet du XIVe ou du XVe siècle, elle est exposée dans la chapelle des retraitants. Dans l’église elle-même, on lui préféra au XVIe siècle une statue majestueuse portant une couronne ducale (cercle d’or monté de huit fleurons). Cette statue fut sauvée par Madame de Saint-Baslemont, célèbre héroïne lorraine, en 1638 lors de la guerre de Trente Ans, mais fut frappée puis détruite par les révolutionnaires en 1793 ; seule en reste une main recueillie par Marguerite Lardenois. La madone actuelle exposée dans l’église date du XVIIe siècle. Celle-ci était primitivement au-dessus de la fontaine, et fut sauvée par les habitants de Woimbey (Meuse) lors du saccage de Benoîte-Vaux durant la Révolution. La statue fut solennellement couronnée le 8 septembre 1875 par Mgr Hacquart, en présence des évêques des deux diocèses voisins, de 400 prêtres et de 15 000 fidèles.




Débuts du pèlerinage. C’est la présence des Prémontrés qui va assurer l’essor de Benoîte-Vaux au Moyen Âge, et surtout à l’aube des temps modernes. Ils sont aidés par la sollicitude des évêques de Verdun, mais aussi par les largesses des princes, qui viennent en pèlerinage avec leur suite (par exemple René II, roi de Sicile). Toutefois, ces personnages célèbres ne doivent pas faire oublier la ferveur populaire. La guerre de Cent Ans et les épreuves conduisent notamment la population à se réfugier à Benoîte-Vaux et à confier leurs misères à la Reine du Ciel. Des miracles ont lieu. C’est à cette époque que remontent les vocables de « Reine de la Paix » et « Consolatrice des Affligés ».  


Une histoire dans l’Histoire. Au XVIIe siècle, la région est ravagée par les guerres et les bandes de brigands… Arlette Barbe d’Ernécourt, comtesse de Saint-Baslemont depuis des années, accorde refuge aux malheureux et aux victimes de la guerre en son château de Neuville-en-Verdunois (Meuse). Elle lève une troupe d’élite et, chevauchant à sa tête, entreprend avec succès de chasser des brigands. Une paix relative s’installe alors, avec l’aide d’une « sauvegarde » (garde que l’on détachait dans un lieu afin de préserver celui-ci du pillage), décrétée par Louis XIII et Anne d’Autriche. Benoîte-Vaux est alors restauré, le 25 mars 1641, une foule de pèlerins accourt des trois évêchés lorrains (Metz, Toul, Verdun), mais aussi de Thionville (actuelle Moselle), de Luxembourg, Trèves (Allemagne), Nancy (actuelle Lorraine), Neufchâteau (Vosges) et Reims (Marne). En six mois, 189 paroisses vinrent en procession à l’oratoire et plusieurs reproduisent chez elles un lieu de dévotion à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, comme on le fit plus tard pour la Salette ou pour Lourdes.
 




Le temps des miracles.  La restauration du sanctuaire et l’enthousiasme populaire qui l’a accompagnée sont l’occasion de nombreux miracles. En 1659, 43 sont canoniquement reconnus (guérisons de sourds, d’aveugles, d’enfants mort-nés…). La chapelle est reconstruite en 1698 et échappe de peu aux horreurs de la guerre de Succession d’Espagne, la statue étant cachée dans le monastère voisin de Notre-Dame de l’Étanche (Meuse). En 1730, Marguerite Herbillon, native de Rosnes (actuelle commune de Raival, à une quinzaine de kilomètres au sud de Benoîte-Vaux), se rend en pèlerinage à pied jusqu’à la chapelle, avec une amie, en portant sa fille de sept ans paralysée d’un bras et des deux jambes, n’ayant pas l’usage de la parole. Dans la forêt, elle s’arrête fatiguée au pied d’un arbre. Une Dame vêtue de blanc lui apparaît alors et lui demande ce qu’elle fait. Elle incite la mère à déposer l’enfant pour qu’elle marche seule. Alors, la fillette se met à courir en appelant : « Maman ! Maman ! » La mère émue perd connaissance. En remerciement de ce fait, resté dans toutes les mémoires à Rosnes, le père fit peindre un ex-voto placé dans la chapelle de Benoîte-Vaux.

Animation du lieu.Le pèlerinage fut animé par la communauté des Prémontrés jusqu’en 1789, par les prêtres du diocèse jusqu’en 1852, puis par les clercs réguliers de la congrégation de Notre-Sauveur jusqu’en 1919. Pendant la Grande Guerre, miraculeusement préservé par la retraite des troupes allemandes, le lieu servi d’hôpital de campagne. Ensuite, de 1922 à 1928, Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, racheta le lieu au département pour y installer le grand séminaire, en attendant la reconstruction de sa ville. Trente-trois prêtres y furent ordonnés. Jusqu’en 1972, Benoîte-Vaux fut ensuite confié aux Oblats de Marie Immaculée, avant l’installation d’un prêtre diocésain cette même année. Depuis 1995, la pastorale du sanctuaire est confiée à une communauté religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Saint-Marc. Un prêtre du diocèse de Verdun assure une présence sacerdotale sur le sanctuaire et dans les villages environnants.

L’église. De l’oratoire des débuts du pèlerinage, il ne reste rien ; pas plus que de l’église du Moyen Âge, détruite par l’incendie de 1331. Reconstruite en 1333, et agrandie au XVe siècle, l’église est à nouveau restaurée en 1651, puis en 1698 grâce aux libéralités d’Antoine Lescale, seigneur de Longchamps et de Marguerite de Condé, son épouse. Ces deux bienfaiteurs reposent aujourd’hui sous une dalle à la croisée du transept. En reconnaissance, les deux petits autels du jubé portent leurs armes et la statue de leurs saints patrons : sainte Marguerite et saint Antoine. À l’intérieur de l’édifice, la vue se porte sur le jubé, destiné à isoler le chœur des moines. La décoration de l’abside du transept est de style baroque, à la fois simple et équilibré. Au fond, dans une niche à coquille, est exposée la statue de la Vierge vénérée en ce lieu. À ses côtés, se trouvent saint Norbert avec un ostensoir, fondateur des Prémontrés, et saint Augustin. À l’extérieur, on trouve sur la façade de la tour du clocher une statue monumentale de saint Pierre Fourrier, seul souvenir du séjour des clercs réguliers qui se réclamaient de lui. Le 27 juin 1983, le sanctuaire est classé monument historique.

Le chemin de croix en pierres sculptées. Situé sur une colline en face de la chapelle, il s’agit d’un projet du sculpteur Henri Chapu en 1889 qui consiste en un alignement de 14 monolithes extraits des carrières d'Euville près de Commercy. L’œuvre est réalisée après la mort de Chapu par Désiré Fosse (originaire de Nantillois dans la Meuse), et terminée en 1895. Cette même année, Mgr Jean-Pierre Pagis en fit la bénédiction solennelle, en présence de 12 000 fidèles. La croix monumentale fut apportée de Jérusalem par Léon Tardif de Moidrey, un pèlerin de la Pénitence, le 14 septembre 1888, au cours d’une autre fête solennelle. En dessous du Christ en bronze, un médaillon contient une parcelle de relique de la Vraie croix.





La fontaine.La source primitive de la fontaine était située au chevet de l’église, mais les nécessités de la clôture monastique l’ont déplacée à l’endroit actuel, dans le parc, vers 1644. Le gracieux monument néogothique existant fut offert par un domestique du châtelain de Thillombois (Meuse), Joseph Sauce. Il fut le fruit de ses économies et privations. Inauguré le 8 septembre 1846, il est surmonté d’une statue offerte par Claude Rollet, archiprêtre de Bar-le-Duc.  

Aujourd’hui, le site de Benoîte-Vaux est géré par une association : Benoîte-Vaux Accueil. Le pèlerinage, qui attire encore de nombreux fidèles, a lieu chaque année la première semaine de septembre, avec, le 9 septembre, la fête de Benoîte-Vaux.





Sœur Sheeba Keenanchery
Responsable de l'animation pastorale


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Sheeba Keenanchery a faites le samedi 25 février 2017.


Proposition d'engagement





Je me rends en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, pour être vous-mêmes les témoins de l’amour de la Vierge Marie qui règne en ce lieu.  

Pour plus de renseignements : Sanctuaire Notre-Dame de Benoîte-Vaux 55220 RAMBLUZIN et BENOÎTE-VAUX Tél : 03.29.80.59.02 Recteur : Sœur Sheeba KEENANCHERY (responsable de l’animation pastorale)  
 


Proposition de formation sur la foi





Comment expliquer la violence dans la Bible ?


L’histoire d’Israël est l’histoire d’une éducation. Par étapes, Dieu fait sortir son peuple de la violence au nom de Dieu, jusqu’au jour où Jésus a dit : « Heureux les doux ! »

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de Benoîte-Vaux.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 4 Mar 2017 - 15:26


 1846 


NOTRE-DAME DE LA SALETTE : LES LARMES D’UNE MÈRE





Le 19 septembre 1846, une « Belle Dame » apparaît à deux enfants sur la montagne de La Salette (Isère) pour demander aux pécheurs de se convertir. Après une enquête rigoureuse, l’apparition est officiellement reconnue le 19 septembre 1851 par Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble. Aujourd’hui, le sanctuaire de La Salette est l’un des plus hauts lieux chrétiens de France.  


Les protagonistes. Deux enfants, Mélanie et Maximin, pauvres parmi les pauvres, ignorants parmi les ignorants, mais deux enfants au cœur pur, furent les témoins d’une apparition de Marie sur la montagne de La Salette (Isère). Maximin Giraud a 11 ans et Mélanie Calvat 14 ans. Lui est né à Corps (Isère) le 26 août 1835. Sa mère, Anne-Marie Templier, meurt alors qu’il n’a que 17 mois. Son père Germain Giraud, charron, se remarie peu de temps après. Malmené par sa belle-mère, le petit Maximin passe alors beaucoup de temps à l’extérieur, s’amusant avec son chien et gardant sa chèvre. Mélanie Calvat, quatrième des dix enfants d’un tailleur de pierres de Corps, est née le 7 novembre 1831. Très jeune, elle est sollicitée par ses parents sans le sou pour garder le bétail dans les fermes environnantes, voire pour mendier dans la rue. Tous deux sont sans culture et sans éducation religieuse.




Les trois phases de l’apparition.Samedi 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, les deux enfants gardent un troupeau de vaches dans la montagne alpine à 1 800 mètres d’altitude, au lieu-dit La Salette.

1. La Vierge en pleurs. Après un repas près de la fontaine des Hommes puis une courte sieste, ils se réveillent et s’inquiètent du sort des bêtes. C’est alors qu’ils aperçoivent, dans le petit ravin de la Sézia, un globe de feu d’un mètre de diamètre environ. Soudain, l’insolite lumière tourbillonne, puis s’entrouvre. Stupéfaits, les deux enfants remarquent une forme humaine, une « Belle Dame », assise, les coudes appuyés sur les genoux et qui pleure.

2. La conversation. Mélanie et Maximin ignorent qui est cette « Belle Dame ». Celle-ci se lève, s’avance légèrement et leur dit : « Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle » (Cf. récit complet dans les « compléments »).

3. L’Assomption. Traversant la Sézia, la « Belle Dame » gravit la pente du ravin, au lieu de monter tout droit, elle décrit une sorte de « S » très allongé. Arrivée sur le plateau, la « Belle Dame » s’élève, elle reste un moment suspendue en l’air, puis disparaît peu à peu. L’apparition est finie. Elle a duré, suppose-t-on, environ une demi-heure, mais elle sembla aux enfants aussi brève qu’un éclair.





Le message de Marie. D’abord assise et toute en larmes, la « Belle Dame » se lève et leur parle longuement, en français et en patois, de « son Fils » tout en citant des exemples tirés du concret de leur vie. « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. (…) » Toute la clarté dont elle est formée et qui les enveloppe tous les trois, vient d’un grand crucifix qu’elle porte sur sa poitrine, entouré d’un marteau et de tenailles. Elle porte sur ses épaules une lourde chaîne et, à côté, des roses. Sa tête, sa taille et ses pieds sont entourés de roses. Elle poursuit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. (…) S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres. (…) » Son message achevé, la « Belle Dame » gravit un raidillon et disparaît dans la lumière. Une consigne est laissée aux enfants : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! »  


L’engouement de tout un peuple. De retour au village, les deux enfants commencent à raconter cette histoire invraisemblable, à Madame Pra puis au curé du village : une « Belle Dame », toute de lumière, leur serait apparue dans les alpages et leur aurait parlé longuement. Pouvait-on croire ces jeunes bergers racontant un fait n’ayant eu d’autres témoins qu’eux-mêmes ? Difficile, et pourtant, la population est troublée.
 



Les suites de l’apparition.  Fin 1847, un premier rapport au chanoine Rousselot est positif. Malgré les nombreuses interrogations (Mgr de Bonald, le futur Mgr Dupanloup…) voire la menace des gendarmes, leur témoignage ne varie pas. Le 19 septembre 1851, après une enquête longue et rigoureuse, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, déclare dans un mandement : « L’apparition de la Sainte Vierge à deux bergers sur la montagne de La Salette [...] porte en elle-même tous les caractères de la vérité et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine. » Le 25 mai 1852, l’évêque pose devant 15 000 pèlerins la première pierre d’un grand sanctuaire comportant une église de style néo-roman et une hôtellerie attenante, et annonce à ses diocésains la constitution d’un corps spécial de prêtres pour être au service de ces pèlerins. Ils seront les « Missionnaires de Notre-Dame de La Salette ». En 1855, Mgr Jacques Ginoulhiac, nouvel évêque de la ville, confirma la décision de son prédécesseur et ajouta : « La mission des bergers est finie, celle de l’Église commence. » À la suite de pèlerinages et de guérisons, plus de 900 chapelles en France et à l’étranger reproduisent cette apparition de Notre-Dame. Achevée en 1861, agrandie en 1897, la basilique (dont le statut fut établi le 21 août 1879) est classée monument historique depuis 1945.  

Depuis plus d’un siècle et demi, les foules ne cessent d’affluer à Notre-Dame de La Salette (deuxième plus grand pèlerinage de France après Lourdes), poussées par leur curiosité ou en quête d’une élévation spirituelle, malgré la difficulté du chemin. Ils sont accueillis depuis 1962 par l’Association des Pèlerins de La Salette (A.P.S.).





Père Dominique Dusang
Religieux de St Vincent de Paul, curé de la paroisse
Notre-Dame de La Salette, Paris 15ème


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Dominique Dusang a faites le samedi 4 mars 2017.


Proposition d'engagement





JJe viens vénérer la relique du Cœur de saint Vincent de Paul

Grande grâce pour notre communauté paroissiale : jusqu’au 5 mars, nous aurons le privilège d’accueillir la relique du Cœur de saint Vincent de Paul. C’est à l’occasion du 400ème anniversaire du charisme vincentien que cette insigne relique a entamé un grand pèlerinage pour permettre au plus grand nombre d’approcher du Cœur de ce géant de la charité. C’est aussi un beau cadeau pour notre communauté religieuse, puisqu’hier 3 mars – jour anniversaire de la fondation de la Congrégation des religieux de St Vincent de Paul – nous avons rendu grâce devant le Cœur de notre saint Patron.      

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons donc de venir ce week-end vénérer la relique.  

Informations et renseignements :
paroisse Notre-Dame de La Salette 27, rue de Dantzig / 38, rue de Cronstadt, 75015 Paris.
Nous envoyer un message : paroisse@nd-la-salette.org.
Nous téléphoner : 01 45 31 12 16 / 07 86 09 84 17.
Site Internet : www.nd-la-salette.org.
 


Proposition de formation sur la foi





L'enfer existe-t-il ?


L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. La profondeur du mal dans le monde laisse parfois entrevoir cet abîme où fait plonger le refus de Dieu. Jésus lui-même nous met en garde à de nombreuses reprises dans les Évangiles.

Découvrez la réponse complète de Mgr Dominique Le Tourneau.






Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de La Salette.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 11 Mar 2017 - 19:01


 1906 


SAINTE ÉLISABETH PLONGE AU CŒUR DE LA TRINITÉ ET NOUS ENTRAÎNE À SA SUITE





Canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François, Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon (Côte-d’Or) à l’âge de 21 ans. Le 21 novembre 1904, fête de la Présentation de Marie, elle écrit sa célèbre prière, comme une offrande totale d’elle-même à la Trinité. Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt le 9 novembre 1906.


Enfance. Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 à Farges-en-Septaine (Cher), peu avant le déménagement de ses parents pour Dijon. Orpheline de père à l’âge de sept ans, elle grandit dans un foyer chaleureux auprès de sa sœur Guite (Marguerite) de deux ans plus jeune qu’elle, et de sa mère. Le trio est profondément uni et très ouvert : réceptions mondaines, visites, et chaque année, de grandes vacances dans le Sud, le Jura ou en Lorraine. Le 19 avril 1891, elle fait sa première communion à l’église Saint-Michel, et reçoit la grâce de se sentir habitée par le Christ.




Une célèbre prière.En ce soir du 21 novembre 1904 au Carmel de Dijon, Sœur Élisabeth de la Trinité termine sa retraite, toute prise par une grâce qu’elle ne révèlera à personne. Seule dans sa cellule, elle prend un petit carnet et déchire une page. Poussée par l’expérience très forte et toute intérieure qu’elle vient de vivre, elle se met à écrire : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore… ». Aujourd’hui, celui qui lit cette prière se trouve devant une évidence : Élisabeth vit de la présence de Dieu en elle, une présence vivante, agissante, aimante. Une présence qui déborde sur cette page trop petite pour contenir tout ce qui se passe dans l’âme de la jeune moniale qui n’a plus que deux ans à vivre, et qui, sans le vouloir, va laisser ce soir-là au monde le secret qui a fait de sa vie « un ciel anticipé ».


La victoire de Dieu.Les premières années de la future sainte avaient pourtant donné quelques soucis. Fille d’officier, tempérament impérieux, colérique, la petite Sabeth était alors un vrai volcan, « très diable » diront sa mère et tous ceux qui l’approchaient ! Longuement, elle a lutté sans grand succès pour vaincre son « terrible caractère ». Il faudra attendre ses 11 ans pour que l’amour de Dieu remporte la pleine victoire : au jour de sa première communion, tant désirée, la présence de Jésus, son amour et sa paix ont envahi son cœur. La sous-prieure du Carmel, qu’elle rencontre en ce jour, lui révèle le sens de son prénom : « Élisabeth, maison de Dieu. » Dès lors, sa vie est transformée : la violence qui l’habite n’a pas disparu mais elle est canalisée, orientée et elle n’a plus qu’un désir : rendre heureux son Dieu en rendant heureux tous ceux qui l’entourent.




La mélodie de la vie. Premier prix de piano au conservatoire à 13 ans, Élisabeth aurait pu devenir une pianiste renommée. L’interprète virtuose de Liszt et de Chopin ne se laisse pourtant pas griser par les louanges dont elle est l’objet, de la part de ses amies bien sûr, mais aussi des journaux et des grands noms du piano de l’époque. Une autre musique, une autre voix résonne plus fort dans son cœur, celle de Jésus à qui elle se consacre sans réserve et à qui elle brûle de se donner en entrant au Carmel. L’opposition farouche de sa mère à ce projet la fera grandir dans l’obéissance, la confiance et l’abandon. En attendant de pouvoir réaliser son rêve, elle poursuit sa route en vivant la vie des jeunes filles de son milieu : sorties mondaines, mais aussi vie paroissiale fervente, chorale, service des pauvres, retraites… Elle aime passionnément ses amis et les grands voyages qu’elle entreprend chaque année à travers toute la France. La musique silencieuse qui l’habite de cesse pas pour autant et rayonne sur tous ceux qui l’entourent et pressentent qu’Élisabeth n’est pas « comme les autres » et même, diront certains, qu’elle « voit Dieu »  




Le silence du Carmel. Entrée au Carmel à 21 ans, Élisabeth reçoit un nom nouveau qui l’enchante : Élisabeth de la Trinité. Une Carmélite réputée de Beaune (Côte-d’Or) avait déjà porté ce nom au XVIIe siècle. La Trinité ! C’est ce Mystère d’amour qui déjà l’habite, la brûle. C’est, écrira-t-elle plus tard : « La maison paternelle dont nous ne devons jamais sortir. » Plus que tout, c’est « le trop grand Amour » de Dieu pour nous auquel nous devons croire à travers tout. C’est Dieu Père, Fils et Esprit, présent à chaque instant de nos vies pour nous faire vivre de sa vie. Élisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la vie de la communauté. Et dans ses lettres, elle partage à ses amis, laïcs pour la plupart, la merveilleuse découverte : nous sommes tous appelés, tous aimés, tous habités par la Présence au fond de nous-mêmes. Nous devons régulièrement nous recueillir en présence de Dieu, pour devenir « louange de gloire » selon les mots de saint Paul (Ephésiens I, 11), et faire de notre corps le trône de la Très Sainte Trinité où celle-ci daigne venir habiter.

La jeune fille a renoncé au piano pour entrer dans le silence, la solitude du Carmel. Un silence qui n’est pas vide et néant, mais écho de la Parole de Dieu. Et en ce 21 novembre 1904, Élisabeth laisse jaillir de son cœur les notes qu’elle couche sur cette feuille, cette partition que la musicienne qu’elle reste va jouer silencieusement mais avec toute son âme. Elle compose alors sa célèbre prière : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », où elle se livre entièrement... (cf. compléments). Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt à Dijon le 9 novembre 1906, âgée de 26 ans, en murmurant : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ! »



La béatification. Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17 février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Âgé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Dom Jean Chanut souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de Sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine, le malade sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus, à partir de cette date, les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984 par le pape saint Jean Paul II qui la présente comme un guide sûr et une lumière pour tous.


Citation :
Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François


Vers la canonisation. Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle-même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence, car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se lève soudain : « Je n’ai plus mal ! » Les symptômes ont disparu… Quelques mois plus tard, elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce décret du 3 mars 2016, puis le consistoire du 20 juin 2016. Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.




Une Sœur
du Carmel de Dijon


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'une Sœur du Carmel de Dijon a faites le samedi 11 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je vis le carême en ligne avec sainte Élisabeth de la Trinité

Pour le carême 2017, les carmes de la Province de Paris proposent leur 12e retraite en ligne. Cette retraite a été préparée par le frère Didier-Marie Golay (couvent de Lisieux) et une équipe carmélitaine : le Carmel de Dijon à Flavignerot, Dominique, Marie-Noëlle, Kevin et frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon).

Vous pouvez aussi, avec Élisabeth, entrer chaque jour dans le cœur à cœur de l’oraison. En prenant sa prière ou une de ses paroles fournies dans les « compléments », ou en visitant notre site pour trouver une parole qui aide à entrer dans la prière. http://elisabeth-dijon.org



 


Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que l’acédie ?


Nos sociétés, marquées par l’instabilité, l’incapacité de tenir des engagements, la perte de sens et la désespérance, souffrent en réalité de ce que la tradition monastique appelle l’acédie. Elles sont invitées, pour en guérir, à redécouvrir la saveur de Dieu, l’élan du désir, la persévérance et la fidélité qui conduisent à la vraie joie.

Découvrez la réponse complète de Dom Jean-Charles Nault.






Proposition de prière




Je prie pour le rayonnement de sainte Élisabeth de la Trinité.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Mar 2017 - 18:09


 1859 


LE SAINT CURÉ D’ARS : UNE « VIEILLE AFFECTION » POUR LA VIERGE MARIE





Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars (1786-1859), a toujours vécu sous le regard de la Vierge Marie qu’il affirmait « bien connaître ». Patron des prêtres de France et des curés du monde, il fut le curé d’Ars (aujourd’hui Ars-sur-Formans, dans l’Ain)  pendant 41 ans.


La place de Marie dans l'histoire du Salut. Toute l'Écriture et la Tradition nous disent la volonté de Dieu d'associer Marie à la réalisation de l'histoire du Salut. Cela s'accomplit au moment de la vie terrestre de Jésus, mais aussi tout au long de l'histoire de l'Église qui, à l'image de Marie, Vierge et Mère, continue d'enfanter le Corps du Christ.

Le Curé d'Ars a la foi « catholique ». Il reçoit tout ce qui est cru. Cela oriente son action et détermine ses choix. Puisqu'il est dans la volonté de Dieu que Marie ait une place parmi les hommes qui cheminent vers le Ciel, Jean-Marie Vianney lui donne « toute » sa place. Puisqu'elle a encore une œuvre à accomplir, il compte sur elle. Autrement dit, son rapport avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la dévotion privée, facultative. Elle fait partie intégrante des éléments qu'il faut tenir ensemble pour l'accomplissement de l'œuvre du Salut. Sans opposer la vie affective à l'intelligence de la foi, le Curé d'Ars prend tout : « La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître ! »



Une dévotion qui remonte à l’enfance. La maman de Jean-Marie Vianney, Marie Belluse, a aidé, guidé, conduit cette âme naturellement bien disposée, à un bel épanouissement de sa vie spirituelle où la Vierge Marie trouve tout naturellement sa place. Cette dévotion n'est pas plaquée sur sa vie. Elle y est parfaitement intégrée. Sa vie spirituelle imprègne sa vie humaine, marque sa vie quotidienne. On sait qu'il lui a coûté de donner son chapelet à sa sœur Gothon « pour l'amour de Dieu ». Sa mère l'a remplacé par une statue de Notre-Dame à laquelle il va être très attaché. « Il ne la quittait ni le jour ni la nuit », dira Catherine Lassagne. C'est devant elle qu'il prie lorsque sa mère le retrouve à quatre ans, dans l'étable de Dardilly (Rhône-Alpes). C'est cette même statuette qu'il lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage... Comme sa mère le lui a appris, quand il entendait sonner l'heure à l'horloge de la paroisse, il se découvrait et récitait un Ave Maria. Il gardera cette habitude avec ses paroissiens. Marie l'accompagne tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce.




Une particulière dévotion envers l'Immaculée-Conception. Nous savons aussi que Jean-Marie Vianney a une dévotion particulière envers l'Immaculée-Conception de la Vierge Marie, une confiance d'enfant vis-à-vis de sa mère. « Lui-même, pour obtenir une parfaite pureté de cœur, s'était lié par un vœu inspiré par sa piété mariale. Une fois par jour le Regina Cœli et six fois par jour la prière : Bénie soit la Très Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. À jamais. Ainsi soit-il » (Abbé Alexis Tailhades, P. O 1517). Dès son arrivée à Écully (Rhône), comme vicaire de l'Abbé Balley, et bien avant la proclamation du dogme, il se fait l'ardent défenseur de son Immaculée-Conception. « Il copiait des prières en l'honneur de l'Immaculée Conception et les répandait dans la paroisse. » « Il composa, avec Mr Balley, le chapelet de l'Immaculée Conception, que l'on récite encore à Ars tous les soirs », précise Jeanne-Marie Chanay, une paroissienne. C'est un amour qu'il veut partager avec les autres. « J'ai si souvent puisé à cette source (le cœur de la Très Sainte Vierge) qu'il n'y resterait plus rien depuis longtemps, si elle n'était pas inépuisable... » (MONNIN II 589) C'est une confiance qu'il voudrait rendre contagieuse.




À Ars, une pastorale concrète marquée par de grands événements. C'est surtout à Ars-sur-Formans (Ain) que le nouveau prêtre donnera la mesure de sa dévotion à la Vierge. Cette dévotion est, avec son culte envers l'Eucharistie, le grand ressort de sa sainteté. Il fonde d'abord la confrérie du Saint Rosaire pour les jeunes filles de la paroisse. En 1820, il restaure la chapelle de la Vierge, bien trop modeste à son goût. La statue dorée qu'on y voit encore sera achetée en 1834 après les apparitions de Notre-Dame à sainte Catherine Labouré. Le Curé d'Ars en a entendu parler et y fera allusion dans ses catéchismes. En 1823, Mr Vianney organise un pèlerinage paroissial d'action de grâces à Notre-Dame de Fourvière. Le 1er mai 1836 a lieu la consécration de la paroisse à l'Immaculée-Conception (18 ans avant la proclamation du dogme !) Les noms de ses paroissiens sont placés dans un cœur de vermeil suspendu au cou de la Vierge Marie. En 1844, il installe une statue de Marie au-dessus de la porte principale de l'église car « Marie est la portière du ciel ». Le 8 décembre 1854, il fête avec beaucoup de solennité la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. « J'ai toujours pensé qu'il manquait un rayon à l'éclat des vérités catholiques. C'est une lacune qui ne pouvait demeurer dans la Religion. »  




Des événements quotidiens sous le regard de Marie. Le Curé d'Ars célèbre la messe tous les samedis en l'honneur de la Vierge Marie, dans sa chapelle, et assure une prédication à chaque fête mariale. Ces jours-là, les communions sont toujours nombreuses et l'église ne désemplit pas. C'est une pastorale qui veut rejoindre chacun et faire grandir une dévotion personnelle envers Marie. Pour cela, il distribue des images et des médailles. Il en fait frapper une spécialement lors d'une épidémie de choléra pour se mettre sous la protection de Marie conçue sans péché. Sur beaucoup de maisons dans le village, on peut voir une statue de la Vierge veillant sur les foyers. Et dans les vieilles familles, on est fier aujourd'hui encore de montrer les images offertes par le saint Curé et signées par lui.  


Les apparitions de Marie au saint Curé. Comment terminer cette brève évocation de la place de Marie dans la vie spirituelle de saint Jean-Marie Vianney sans évoquer la question des apparitions dont une au moins bénéficie d'un témoin direct ? Question délicate car le saint a toujours refusé de s'étendre sur le sujet, laissant seulement entendre que : « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien. » Le 8 mai 1840, à une heure de l'après-midi, Étiennette Durié apportait au saint Curé une somme considérable pour des fondations de messes. Elle est alors témoin d'une conversation entre le saint et une dame vêtue de blanc, le front couronné d'étoiles. Elle participe elle-même à la conversation, demandant d'être emportée au ciel (elle est atteinte d'un cancer). Après la vision, elle déclare : « J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. »

- « Vous ne vous êtes pas trompée... J'étais trop content de voir ma Mère. »
C'est peut-être de cet événement dont il parlera à un visiteur de marque qu'il recevait des années plus tard dans sa chambre : « On n'oserait pas mettre le pied sur tel carreau si l'on savait ce qui s'y est passé. »





Une vie parmi les siens. D'une manière générale, on peut dire que la dévotion mariale de saint Jean-Marie Vianney a constitué, avec sa piété eucharistique et la conscience très vive de sa mission de confesseur, la force d'attraction qui le ramènera sans cesse à son poste dès qu'il aura la tentation de le fuir, accablé par son « indignité » et la responsabilité des âmes confiées à son ministère de curé. C'est de Marie, au sanctuaire de Beaumont, lors de sa fuite à Dardilly en 1843, qu'il reconnaîtra avoir reçu la force de renoncer à sa volonté propre. L'abbé Raymond raconte : « Après un moment de repos et de prière, le Curé d'Ars dit la messe du Saint Esprit... Il implora aussi la protection de Marie et le secours de ses suffrages, afin de connaître si Dieu le destinait à mener dans ce sanctuaire sa mission extraordinaire. » À peine revenu à la sacristie, le Curé d’Ars lui dit : « Le Bon Dieu ne me veut pas ici... Retournons à Ars. » Et le lendemain de son retour, quelqu'un pouvait écrire : « Monsieur le Curé est content de la Sainte Vierge qui lui a inspiré de revenir parmi les siens. »

Grâce à Marie, la paroisse d’Ars gardera son curé jusqu'à sa mort, 16 ans plus tard, le 4 août 1859.  





Père Frédéric Vollaud
Chapelain du sanctuaire d'Ars/size]


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Frédéric Vollaud a faites le samedi 18 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je prie pour les vocations et la conversion des pécheurs

Comme le recommandait le saint Curé d'Ars, je dis cette semaine un Je vous salue Marie à chaque heure qui sonne pour les vocations et la conversion des pécheurs.

Je peux aussi répéter plusieurs fois par jour l'invocation :

« Bénie soit la très sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu !
Que toutes les nations glorifient, que toute la terre invoque et bénisse votre Cœur Immaculé ! »



Proposition de formation sur la foi





Comment transmettre ?


Les parents et spécialement les pères ne peuvent se décharger sur l’école ou les tiers : ce sont eux qui ont la responsabilité première de la transmission et de l’éducation de leurs enfants, qui doivent être formés dans la tradition de la Bible et de l'Eglise pour affronter un monde difficile, éloigné de Dieu.

Découvrez la réponse complète de Jean-Marie Elie Setbon.







Proposition de prière





Je prie avec l'Acte d'Amour (prière très aimée du Curé d'Ars), ci-après commenté en fonction de la vie du saint Curé.










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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Mar 2017 - 19:20


 1931 


ELLE EST LÀ ! LE PÈRE LAMY : MARIE EN TOUTE SIMPLICITÉ




Ordonné prêtre en 1886, le Père Jean-Édouard Lamy (1853-1931) est chargé par la Sainte Vierge avec qui il a une relation intime de fonder un pèlerinage à Notre-Dame-des-Bois (Haute-Marne) ainsi qu’une congrégation religieuse. Après un essai de fondation infructueux et de courte durée, il meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.


« Un second curé d’Ars » On connaît bien cette exclamation du saint Curé d’Ars : « Il est là ! », balbutiement d’un homme saisi, interdit, devant le mystère de la présence de Jésus au Saint-Sacrement. Trois mots devenus emblématiques de la spiritualité du saint Curé. On pourrait résumer la personne et la spiritualité du Père Lamy (1853-1931), « un second curé d’Ars » comme le qualifiait le cardinal Léon Amette (1850-1920), archevêque de Paris, par une exclamation analogue : « Elle est là ! » Conséquence cette fois de la prise de conscience émerveillée de la présence de Marie.




Marie se dit, en simplicité. Ce qui frappe chez le Père Lamy, c’est son intimité avec Marie, depuis son enfance (on l’appelait « l’enfant au chapelet ») jusque dans sa vie religieuse (oblat de saint François de Sales) et sacerdotale (curé de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis). Elle donne et façonne une postérité spirituelle qui se traduit notamment dans la fondation d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Notre-Dame des Bois, près du village de Violot (Haute-Marne), à 15 km au sud-est de Langres, et de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Si, bien d’autres saints ont été avant lui « au moule de Marie » (selon l’expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort), le Père Lamy en vit et en parle de manière toute simple, parfois familière, ce qui fait son originalité. Que n’a-t-on écrit sur « les gloires de Marie », insistant sur ses privilèges, ses titres ; montrant souvent la sainte Vierge presque « inabordable », comme s’en plaignait sainte Thérèse de Lisieux. Avec le Père Lamy, Marie est présentée comme « en son ménage », selon un mode de présence familière et d’une proximité s’exprimant jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Lors d’une de ses apparitions au Père Lamy, Marie commente la qualité des ornements du prêtre : « C’est du faux ! »




Une relation unique. Jusque dans son expérience mystique, le Père Lamy parle de Marie en des termes dont la familiarité peut surprendre, voire choquer et qui nous montrent la Mère de Dieu comme abolissant toute distance avec nous, y compris celle du respect humain. « Elle était de taille médiocre », dira d’elle le Père Lamy après son apparition à la Courneuve. Voilà une description assez inhabituelle de la Mère de Dieu ! L’homme n’hésite pas à dire de la sainte Vierge qu’elle est une « habile chiffonnière », ayant devant les yeux ses chers chiffonniers de la Courneuve dont les activités, souvent répréhensibles, lui offrent pourtant un bon exemple pour parler de la mission de Marie. Comme eux, elle sait enjoliver les choses les plus laides pour en présenter le brin de mérite à son Fils. Derrière la rugosité du vocabulaire, c’est de la bonne théologie ! Et la Vierge Marie prend le Père Lamy pour ainsi dire « sur son terrain », en lui apparaissant au moment le moins opportun, en toute simplicité, alors qu’il nettoie son église, à genoux par terre, en tablier. Le Père Lamy, occupé à son travail, n’en sait rien et doit en être averti par l’archange Gabriel : « La Reine des Cieux est là ! » (on retrouve notre exclamation emblématique). Le Père Lamy est alors tout confus de se trouver en pareille posture, ce qui fait rire la Vierge ! « J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. (…) « Tenez, le voilà tout rouge ! », a-t-elle dit aux saints en voyant que je me démenais. »




Marie se vit, en simplicité. Cette simplicité s’exprime également dans le choix d’un lieu de pèlerinage et d’une statue assortie. Le 9 septembre 1909, le Père Lamy est comme chaque année en pèlerinage à Gray (Haute-Saône) pour y prier Notre Dame en sa basilique. Il y célèbre la messe quand la Vierge descend doucement vers l’autel et lui sourit. Elle lui annonce la guerre de 1914, lui demande la fondation d’une Congrégation (ce sera les Serviteurs de Jésus et de Marie qu’il fondera en 1930, juste avant sa mort) et d’un pèlerinage (celui de Notre-Dame des Bois). Pour ce dernier, le Père Lamy doit se procurer une statue. Il l’achète à contre cœur chez un brocanteur, sur les indications de Marie, déçu qu’il est par son manque de goût ! Quant au lieu du pèlerinage, c’est une masure perdue qui sert de refuge aux bûcherons et aux chasseurs au milieu d’un bois… On y devine qu’il ne s’y dit pas que des prières. Mais si, en fait de statue et de pèlerinage, on aurait pu rêver mieux de la part de Celle qu’il appelait avec son époque « la Très sainte Vierge », on ne discute pas car « c’est le choix de la Mère de Dieu ». Marie priée et vénérée dans un lieu et à travers une représentation sans fards : les choix du Père Lamy expriment Marie comme il en a l’expérience, en toute simplicité, plutôt que dans ses gloires.  




Un homme humble, « comme un rien » C’est bien le mot de simplicité qui illustre la qualité maîtresse du Père Lamy, comme la conséquence de son intimité avec Marie. On pourrait dire que, tout au long de sa vie, Marie a simplifié le Père Lamy, au sens noble que la Tradition donne à ce mot (la simplicité de la colombe chère à saint François de Sales). Les témoins ont relevé que le Père Lamy passait inaperçu, comme du reste la Mère de Dieu et son divin Fils : « Le Père Lamy n’était-il pas comme un rien ? », dira de lui son confident et ami Jacques Maritain. Dans l’action, l’union à Marie donnait au Père Lamy de voir simple, d’aller tranquillement de l’avant, malgré une impressionnante pauvreté de moyens. En effet, seul, sans vicaire, presque aveugle pendant plusieurs années, le Père Lamy dirige une Œuvre de jeunesse et lui donne un rayonnement considérable (à Troyes comme oblat de saint François de Sales) ; il relève la paroisse de la Courneuve.

Invité lors d’une réunion du fameux Cercle Maritain, alors qu’on y brassait des concepts et discutait théologie mariale, on interroge le Père Lamy, sans doute un peu dépassé par le tour que prennent les débats. Sa réponse : « Elle est bonne, elle est très bonne ! », qui arrache des larmes à ce pieux et grave auditoire ; car vivre avec Marie donne une qualité d’être qui touche et transforme les cœurs. Le Père Lamy meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.





Un Frère
serviteur de Jésus et de Marie


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un Frère serviteur de Jésus et de Marie a faites le samedi 25 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois

Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois du samedi 3 juin au lundi 5 juin 2017.

Au programme :
Une marche de jour de 4 km

Une procession de nuit aux flambeaux
Des temps de célébrations

Messe, chemin de croix et veille

Des temps libres en famille au bord du lac
Deux nuits en chalet

Repas festifs  

Inscription et renseignements auprès de :
Frère Charles de Jésus – 1, rue de la Wanne 68100 Mulhouse / 06 45 54 65 23 / frere.charles@serviteurs.org.  
Prix indicatif : pour une famille parents + quatre enfants : environ 200 euros.
Date limite d’inscription : 1er mai 2017.  






Proposition de formation sur la foi





L’embryon est-il une personne humaine ?


L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain, mais elle a toujours invité à respecter la vie dès sa conception. La distinction parfois suggérée dans certains textes juridiques internationaux entre être humain et personne humaine est artificielle et sans fondement scientifique, ni philosophique.

Découvrez la réponse complète de Pierre Olivier Arduin.






Proposition de prière




Je récite la neuvaine pour la béatification du Père Lamy.

Nous croyons que, depuis son retour à Dieu, le 1er décembre 1931, notre fondateur œuvre au bien des âmes qui se confient à lui. Par cette neuvaine, vous pouvez avoir recours à son intercession et, peut-être, permettre qu’il soit un jour déclaré bienheureux.









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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 1 Avr 2017 - 18:14


 1704 


JACQUES-BÉNIGNE BOSSUET, LUMIÈRE DU ROI-SOLEIL





« L’Aigle de Meaux », Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), fut célèbre dans toute l’Europe pour sa hauteur d’esprit qui lui a permis, en une période de grands questionnements, de rester fidèle à l’Église, d’abord à la Cour de Louis XIV, puis comme évêque de Meaux (Seine-et-Marne).


Introduction. Osons la question : Jacques-Bénigne Bossuet mérite-il de sortir du tombeau ? Le plus célèbre des évêques de Meaux s’est doucement retiré de notre paysage culturel et semble promis à rester figé dans l’attitude grandiose et surhumaine de son portait le plus connu peint par Hyacinthe Rigaud. Là, tout le dépeint victorieux et dominateur, drapé dans des habits de Cour et posant dans une stabilité que rien ne saurait troubler. Il en fut bien autrement. Bossuet n’a pas été le bâtisseur paisible d’une somptueuse cathédrale, mais bien l’ouvrier affairé et pressé tentant de réparer les fissures et les brèches qui menaçaient partout l’édifice en cette seconde moitié du XVIIe siècle. Courageusement, il a hérité des grands doutes exprimés à la Renaissance, auxquels on n’avait pu vraiment répondre à cause des guerres de Religion. Il a su bien connaître son époque où l’individualisme et le rationalisme choisis par les sceptiques « libertins » remettaient en cause certaines vérités jugées par lui essentielles. Dans l’histoire intellectuelle et spirituelle de l’Europe, il a posé les grandes questions, relevé les contradictions et exposé les impasses avec perspicacité. Ses combats concernent encore l'homme d'aujourd'hui car ils ont été menés avec clarté sur les questions essentielles de l’inquiétude humaine.




Les années de formation. Jacques-Bénigne Bossuet naît le 27 septembre 1627 à Dijon (Côte-d’Or) dans une famille de magistrats. Il apprend son latin chez les Jésuites qui lui font découvrir aussi les auteurs antiques. C’est à l’âge de 14 ans qu’il découvre la Bible, empruntée dans le cabinet de son père, objet de ravissement dont il se rappellera toute sa vie. Le jeune homme poursuit ses études à Paris en philosophie puis en théologie, au collège de Navarre. Coiffé du bonnet de docteur, le jeune homme voit une carrière de professeur se présenter à lui, mais il ne choisit pas cette voie. Car déjà, il médite gravement sur la mort : « J’ai peu de temps, j’ai beaucoup de chemin à faire, peut-être en ai-je encore moins que je ne pense. »  À Paris il rencontre Vincent de Paul et se prépare à être ordonné prêtre à son école : résolument il orientera sa théologie vers l’action. Dans la vie de cet homme, en matière de foi, pas d’accident ni de brutale conversion, mais une foi solide qui se construit lentement. De tous les Pères de l’Église, c’est saint Augustin qu’il préfère. En son œuvre, ô prodige ! Il trouve tout. Bossuet ménage aussi une place aux Pères grecs, et notamment à saint Jean Chrysostome, plus simple et charnel, de qui il puisera le goût d’une parole imaginative et éclatante. Penché sur l’Écriture, écoutant attentivement l’écho de la Tradition, le regard sur l’Église, il a, sur des bases solides, profondément établi sa croyance. Ordonné prêtre en 1652, il s’installe à Metz où il a obtenu une prébende de chanoine. Dans cette ville de garnison où se côtoient militaires, catholiques, juifs et protestants, le jeune prêtre fait de nombreuses rencontres qui lui serviront. Son père est l’ami du ministre protestant Paul Ferri, ils vont faire connaissance et Bossuet entame son œuvre de controversiste en publiant une Réfutation du catéchisme du sieur Paul Ferry en 1655. Le public ne se trompe pas en reconnaissant la grande qualité de l’ouvrage qui lui fait même gagner l’amitié du pasteur.




À l’école de saint Vincent de Paul. En 1659, il retourne à Paris où il va prêcher pendant dix ans. On retrouve l’influence de Vincent de Paul dans son puissant sermon Sur l’éminente dignité des pauvres où il rappelle que les pauvres sont premiers dans l’Église et que les riches n’y sont que pour les servir. Grâce à Monsieur Vincent, il apprend à prêcher sans jargonner, en maniant les mots simples pour toucher les cœurs. En ces années, le royaume de France retourne à la paix après des décennies de guerre et la Cour cherche le divertissement. À 35 ans, Bossuet sait que l’ennemi véritable est le catholicisme mondain, nivelant les exigences chrétiennes à l’aune des avancements de sa petite carrière. Devenu le porte-voix des libertins de la Cour, Molière sera en esprit son principal adversaire dans cette lutte. Une grande espérance se porte sur le jeune Louis XIV, dont on espère qu’il soulagera les maux de son peuple, mais celui-ci bientôt affiche son goût du faste et ne cache plus sa maîtresse Louise de La Vallière. En 1662, Bossuet est choisi pour prêcher le carême devant le roi et sa Cour, au palais du Louvre, et dans son premier sermon sur la prédication évangélique, il n’hésite pas à proclamer : « Jésus-Christ n’est plus écouté. » La semaine suivante, il expose courageusement la misère du royaume où les rois « rendront compte à Dieu de ce qu’ils peuvent. » Sans doute frappée par la force de l’orateur, Louise de Vallière s’est enfuie de la Cour et Louis XIV a dû lui courir après ! Furieux, il n’assistera pas au magnifique sermon sur la mort. Bossuet aurait-il échoué ? Il est félicité, mais non rappelé.




Au service du roi pour l’unité du royaume. Cependant, l’amertume du roi Soleil ne dura qu’un temps. Très vite, il reconnaît en lui l’homme de valeur capable de devenir le précepteur du dauphin. Nommé en 1669 évêque de Condom (Gers), Bossuet y renonce rapidement pour s’occuper à temps plein de cette nouvelle charge qu’il exercera dix ans. Le prédicateur se fait philosophe et historien. Pour le bien du royaume, le dauphin doit comprendre que les princes ne sont que les instruments d’une volonté divine qui les dépasse. Le discernement spirituel, pour les princes comme pour les paysans, c’est d’apprécier l’action providentielle de Dieu dans l’ordinaire des choses. Bossuet fait venir également des scientifiques et ne cache pas son admiration pour cette science qui oblige « les venins mêmes à se tourner en remède. »  


Pour la conversion des protestants. C’est dans un même esprit d’unité qu’il poursuit son travail en direction des protestants. Convaincu que les controverses doctrinales n’aboutissaient à rien, il décide de porter ses efforts sur les conversions individuelles. En 1671, Bossuet publie une Exposition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverse, où il innove en évitant un vocabulaire de combat pour rappeler l’essentiel. Cependant, le roi estime qu’il est temps d’accélérer la lutte contre la « religion prétendue réformée » et révoque l’édit de Nantes en 1685. Bossuet le soutient. En Europe, on s’étonne de voir l’homme de l’Exposition sur la doctrine, soucieux de réconciliation, soutenir ce brutal interdit. En 1688, il publie son Histoire des variations des Églises protestantes, où il démontre que la vérité est immuable tandis que le principe du protestantisme est de toujours varier. La force de ce livre est telle que nombreux sont les protestants à reconnaître le vrai de sa thèse mais, loin de revenir dans le giron de l’Église, certains assument bientôt cette variation comme un principe de valeur ! Bossuet n’avait pas prévu qu’en voulant confondre ses adversaires, il les pousserait encore plus loin de Rome...




Évêque de Meaux. En 1680, le dauphin se marie et Bossuet a fini sa tâche. Le roi le remercie en le faisant l’année suivante évêque de Meaux, où il se montre très attentif, résidant en son diocèse, prêchant souvent et visitant ses paroisses. Énergique, il compose un catéchisme, soutient les conférences ecclésiastiques et publie des commentaires bibliques pour la bonne formation de son clergé. À la belle saison, il réside dans son agréable propriété de Germigny, en bord de Marne, où il profite du spectacle de la nature. Ce charmant tableau du bon évêque du XVIIe siècle aurait pu suffire à en faire déjà un homme admirable. Mais loin d’être une retraite pour son esprit et son cœur, son épiscopat meldois sera une période active de lutte intellectuelle et religieuse pour celui qui est considéré comme la voix de l’Église de France. (Voir « compléments »)


Une voix qui tombe. La paix civile obtenue, on comptait sur l’évêque de Meaux pour construire la paix morale et religieuse et celui-ci pensait avoir trouvé la formule victorieuse. Mais au soir de sa vie, Bossuet voyait les nuages s’accumuler à l’horizon. D’Angleterre et de Hollande, arrivaient de nouvelles philosophies promises à un grand avenir. Le pouvoir politique l’abandonnait dans sa lutte contre Richard Simon. La Cour l’avait dupé quand il avait rédigé pour l’Église de France quatre articles définissant ses droits pour délimiter le pouvoir pontifical (la Déclaration des Quatre articles en 1682) et que le roi avait abandonnés. Amertume et tristesse chez Bossuet, que de voir certaines intelligences se détourner radicalement de la Bible et de la Tradition. Avec perspicacité, il prévoit les conséquences lointaines des principes excessifs qu’il a combattus. Sentant le péril, il devient plus violent et, pour la première fois, oublie toute mesure. En 1694, dans son Traité de la concupiscence, il condamne le libre exercice de l’esprit, la science, le divertissement et le rire. Bossuet rejoint Blaise Pascal et le dépasse : il impose la sécession aux chrétiens. Dans ses Maximes et réflexions sur la Comédie, il s’emporte contre le père Caffaro qui défend le théâtre, dans lequel Bossuet ne voit qu’instrument excitant les passions. Il pressent qu’« un grand combat se prépare contre l’Église sous le nom de la philosophie cartésienne et, désabusé de n’avoir pu insérer le christianisme dans le monde, il s’autorise une grande colère. Les dernières notes de la vie de Bossuet furent-elles donc dissonantes ? Heureusement pas, car l’évêque de Meaux se replonge dans les délices de la méditation et partage avec les religieuses de son diocèse ses pensées les plus élevées et les plus profondes. Dans ses Méditations sur l’Évangile et ses Élévation sur les Mystères, on le sent écrire avec le cœur au bout de la plume : « Relis mon âme ce doux commandement d’aimer. » Souffrant, il apprend qu’il est atteint de la maladie de la pierre. Il se fait alors relire l’Évangile de saint Jean mais ne peut, faute de temps, achever sa Défense de la Tradition et des Saints Pères. En août 1702, il prêche une dernière fois à la cathédrale de Meaux. Installé à Paris pour se soigner, il meurt paisiblement le 12 avril 1704 dans son domicile rue Sainte-Anne. Selon ses volontés, il sera enterré dans la cathédrale de Meaux, au cœur de son cher diocèse auquel il avait consacré tant de soins.


Citation :
Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était


Conclusion. Avouons-le, la vie et l’œuvre de Bossuet nous impressionnent par leur cohérence. Tout entier possédé par le désir de faire connaître Dieu, il veut aussi éclairer l’homme sur l’impact de ses choix individuels sur le destin collectif. Fidèle à une révélation intérieure et doué d’une intelligence qui lui permettait d’examiner les questions difficiles et, dans la confusion des esprits, de porter une sentence claire, Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était. Orateur superbe et écrivain puissant, doué d’une force de travail sortant de l’ordinaire, et riche de qualités humaines qui font les grands cœurs, nous aurions finalement pu lui reprocher de ne pas avoir assumé le rôle de docteur de l’Église de France, s’il l’avait seulement rejeté. Mais courageusement, il a embrassé cette grave responsabilité et ne s’est pas contenté d’être un simple analyste en œuvrant par différents moyens pour éviter les ruptures, empêcher les folies et enseigner les simples comme les grands esprits. Quand on relit aujourd’hui ses lignes sur notre condition humaine, ses avis sur les excès de notre cœur et de notre raison, ou sur les pénibles questions de nos capacités, on est saisi par le regard perçant qu’il a jeté sur notre propre vie. C’est que l’ « Aigle de Meaux » a voulu que tous cherchent et trouvent, en prenant la hauteur qui le caractérise. Sa perspicacité à voir l’aboutissement de certains principes nous encourage à faire ce même effort mais c’est peut-être dans son appel à ne pas être esclave de nos propres opinons individuelles que Bossuet demeure pour nous le sage qu’il serait bien imprudent d’oublier.




Matthieu-Alexandre Durand
Conservateur de la bibliothèque diocésaine de Meaux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Matthieu-Alexandre Durand a faites le samedi 1er avril 2017.


Proposition d'engagement




Je parle de ma foi catholique


À la manière de Bossuet, j’essaie cette semaine d’évoquer ma foi catholique avec une ou plusieurs personnes protestantes.


Proposition de formation sur la foi




Pourquoi est-il si difficile d’accepter la vérité ?


La vérité dévoile nos limites, nos mensonges et notre ignorance, et cela peut constituer une épreuve d'autant plus redoutable qu'on est éloigné de cette vérité et que le contexte n'est pas amical ou bienveillant.





Proposition de prière


Je prie la prière de Bossuet devant le Saint-Sacrement.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Avr 2017 - 16:14


 1897 


LA VIERGE MARIE DANS LA VIE DE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS DE LA SAINTE FACE





Saint Jean-Paul II reconnaissait en proclamant Thérèse « docteur de l’Église », le 19 octobre 1997, que la théologie mariale de Thérèse annonce celle de Vatican II et ce qu’il a lui-même proposé dans son encyclique sur « la Mère du Rédempteur ». Parcourons ensemble les rencontres avec Marie de celle qui se demanda un jour d’août 1897 : « Qui est-ce qui aurait pu inventer la Sainte Vierge ? »


À Alençon de 1873 à 1877. Les « années ensoleillées » de la petite enfance ont laissé en l’âme de Thérèse une « douce empreinte ». La prière familiale quotidienne se fait au pied d’une reproduction de la Vierge de Bouchardon, statue qui va jouer un rôle considérable dans la vie de Thérèse. Née le 2 janvier 1873 à Alençon (Orne), Marie-Françoise Thérèse Martin est baptisée en l’église Notre-Dame le 4 janvier. La famille de Louis et Zélie Martin est une famille mariale : le premier prénom de leurs neuf enfants est Marie. La prière est à la première place de la vie du couple, qui, chaque matin à 5h30 se rend ensemble à la « messe des ouvriers » à l’église Notre-Dame. La famille a également une grande dévotion à Notre-Dame des Victoires de Paris, « qui est comme un petit paradis terrestre » (lettre de Louis Martin du 10 octobre 1863). Après avoir effectué avec ses trois aînées Marie, Pauline et Léonie un pèlerinage à Lourdes, Zélie, atteinte d’un cancer du sein, meurt le 28 août 1877.




Dans la maison des Buissonnets à Lisieux de 1877 à 1888. Après le déménagement à Lisieux (Calvados) dans la maison des Buissonnets, Thérèse raconte comment elle vivait le mois de Marie : « Étant trop petite pour aller au mois de Marie, je restais avec Victoire (la servante de la famille à Lisieux) et faisais avec elle mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon. » Après que sa « deuxième maman », sa sœur Pauline, est entrée au carmel sous le nom de Sœur Agnès de Jésus, Thérèse tombe gravement malade à Pâques 1883. « Cependant, elle avait un Soleil auprès d’elle, ce Soleil était la statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman, et souvent, bien souvent, la petite fleur tournait sa corolle vers cet Astre béni... Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j’étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d’or avec une expression de grande tristesse et lui dit d’écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille. » Le dimanche de Pentecôte, le 13 mai, Thérèse se sent miraculeusement guérie. « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le ravissant sourire de la Sainte Vierge. Alors toutes mes peines s’évanouirent…  Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse. » Le 8 mai 1884, Thérèse fait sa première communion et prononce la consécration à la Vierge Marie : « Il était bien juste que je parle au nom de mes compagnes à la Mère du Ciel, moi qui avais été privée si jeune de ma Mère de la terre. »  En octobre 1886, sa sœur et marraine Marie entre au carmel de Lisieux sous le nom de sœur Marie du Sacré-Cœur. Secouée par tous ces événements, hypersensible, Thérèse est transformée à Noël 1886. Elle nommera cet événement : « La grâce de ma complète conversion. » La grâce de Noël lui donne ce qu’elle désirait depuis longtemps : être délivrée de sa trop grande sensibilité et de « ce cercle étroit où je tournais ne sachant comment en sortir ».


Citation :
« C’était au carmel qu’il me serait possible de trouver le manteau de la Sainte Vierge »


Des difficultés d’entrer au carmel. Maintenant, elle se sent assez forte et libre de réaliser sa vocation. Le jour de la Pentecôte, le 29 mai 1887, elle reçoit de son père l’autorisation d’entrer au carmel et le 31 mai elle est reçue comme enfant de Marie à l’école de l’Abbaye. Mais à cette jeune fille de 14 ans s’interposent l’opposition de son oncle, celle du supérieur du carmel, l’abbé Delatroëtte, et la réponse évasive de l’évêque, Mgr Hugonin. Décidée, elle entreprend alors en novembre un voyage à Rome pour demander au Pape la permission d’être carmélite. À Notre-Dame des Victoires, elle reçoit une grâce de libération des scrupules dont elle souffrait depuis sa guérison : « La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de "Maman" car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère... Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal !... Ah ! C’était là un de mes premiers désirs d’enfant... En grandissant j’avais compris que c’était au carmel qu’il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c’était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs. » À la fin de l’année 1887, elle obtient les permissions nécessaires, et le 9 avril 1888, où l’on fêtait l’Annonciation, elle devient postulante au carmel de Lisieux.  




Thérèse carmélite. Tout le carmel est marial : il est « l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel ». Thérèse prend l’habit le 10 janvier 1889, la dernière fête à laquelle son père peut participer avant les années douloureuses de sa maladie et de son internement au Bon Sauveur de Caen. Après le noviciat qu’elle effectue « entièrement cachée sous le voile de la Sainte Vierge », Thérèse s’engage définitivement par les vœux de la profession perpétuelle le 8 septembre 1890. « Quelle belle fête que la nativité de Marie pour devenir l’épouse de Jésus ! C’était la petite Sainte Vierge d’un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... ce jour-là tout était petit excepté les grâces et la paix que j’ai reçues, excepté la joie paisible que j’ai ressentie le soir en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s’ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourrais m’unir à mon Époux au sein d’une allégresse éternelle. » « Lancée à pleines voiles sur les flots de la confiance et de l’amour », par le prédicateur de la retraite communautaire, le père Alexis Prou, en octobre 1891, la conviction de se confier sans réserve à l’amour de Dieu se développe toujours plus en elle.    



L’écriture pour grandir dans la foi. Après la mort de leur père le 29 juillet 1894, Céline entre au carmel sous le nom de sœur Geneviève de Sainte Thérèse. À cette époque, sous le priorat de mère Agnès, Thérèse commence à écrire : poésies, pièces de théâtre, prières et surtout en 1895 le début de son autobiographie (aujourd’hui célèbre sous le titre Histoire d’une âme), le Manuscrit A, qu’elle compose sous le regard de la statue de la Vierge du sourire placée dans l’antichambre de sa cellule monastique. Dans une clarté croissante, se trace peu à peu la « petite voie » de confiance et d’amour. Le 9 juin 1895, en la fête de la Trinité, elle fait son « offrande à l’amour miséricordieux ». C’est à la « Sainte Vierge, ma Mère chérie que j’abandonne mon offrande, la priant de vous la présenter ». La découverte capitale de l’Amour miséricordieux donne à Thérèse une clé d’interprétation pour toute son existence. « Je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement ʺLes Miséricordes du Seigneur !!!ʺ...  » L’apostolat de la prière pour deux jeunes missionnaires, l’abbé Maurice Bellière et l’abbé Adolphe Roulland, l’initie à la mission pour le monde entier. « Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles... » Pour la fête de mère Agnès, elle écrit une pièce de théâtre racontant la « fuite en Égypte ». Elle met sur les lèvres de saint Joseph ces paroles comme une confidence et une invitation : « Regardez bien ce que fait Marie. Imitez-la. »


Citation :
« La Sainte Vierge ne manque jamais de me protéger aussitôt que je l’invoque »


Une fin douloureuse. L’hémoptysie (rejet de sang par la bouche) de la nuit du Vendredi Saint 1896 ouvre le temps de la lutte avec la mort. De Pâques 1896 jusqu’à son décès, Thérèse vit une nuit de la foi à travers laquelle elle se sent séparée de la certitude du Ciel, de la Patrie céleste comme par « un mur qui s’élève jusqu’aux cieux » ; mais elle reconnaît en Marie « plongée dans l’angoisse du cœur » l’exemple de l’âme qui cherche le Seigneur « dans la nuit de la foi ». « Non, la Sainte Vierge ne sera jamais cachée pour moi. » Pendant la retraite de septembre 1896, elle comprend de manière nouvelle son appel à l’amour infini : « Ma vocation, c’est l’amour... Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église... dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour... ainsi je serai tout. » La dernière poésie qu’elle écrit en mai 1897 s’intitule Pourquoi je t’aime ô Marie. Dans cette poésie, « j’ai dit tout ce que je prêcherais sur elle », affirmera-t-elle au mois d’août, dans les grandes souffrances de sa maladie. On retrouve dans cette poésie le fruit des méditations de Thérèse, qui lisait « par-dessus tout l’Évangile » pour y découvrir Marie « dans sa vie réelle ». En juin 1897, elle poursuit l’écriture de l’histoire de sa vie, le Manuscrit C, dédié à la Mère prieure Marie de Gonzague. Elle y montre la manière de vivre dans la nuit « quand il ne reste que l’amour », la joie d’aimer comme Jésus aime, la puissance de la prière « qui dilate le cœur et unit à Jésus ». Elle reconnaît qu’elle a eu « toute sa vie tant de mal à dire (s)on chapelet ». « J’ai beau m’efforcer de méditer les mystères du rosaire, je n’arrive pas à fixer mon esprit... Longtemps je me suis désolée de ce manque de dévotion qui m’étonnait, car j’aime tant la Sainte Vierge qu’il devrait m’être facile de faire en son honneur des prières qui lui sont agréables. Maintenant je me désole moins, je pense que la Reine des Cieux étant ma Mère, elle doit voir ma bonne volonté et qu’elle s’en contente… La Sainte Vierge me montre qu’elle n’est pas fâchée contre moi, jamais elle ne manque de me protéger aussitôt que je l’invoque. »  




Après des mois de délabrement physique, de grandes souffrances et d’épreuves intérieures, Thérèse meurt dans son carmel de Lisieux, le 30 septembre 1897 à l’âge de 24 ans. Le 8 septembre, d’une main tremblante, elle avait écrit au crayon cette ultime prière adressée à Marie : « Ô Marie, si j’étais la Reine du Ciel et que vous soyez Thérèse, je voudrais être Thérèse afin que vous soyez la Reine du Ciel !!!.... » Origine d’une grande ferveur populaire (le carmel de Lisieux reçoit 500 lettres par jour en 1914), Thérèse est béatifiée le 29 avril 1923, puis canonisée le 17 mai 1925 par le pape Pie XI, pour qui elle constitue « l’étoile de son pontificat ». Elle devient patronne des missions en 1927, puis patronne secondaire de la France le 3 mai 1944, quelques semaines avant la Libération.




Frère Philippe de Jésus
OCD, prieur du couvent de Lisieux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Philippe de Jésus a faites le samedi 22 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au Chantier de la foi au Couvent des Carmes d’Avon (77)


Cette semaine, nous vous proposons de participer au Chantier de la foi (18-30 ans) du 20 au 25 août 2017 au Couvent des Carmes d’Avon (Seine-et-Marne) sur le thème : Fonder sa vie sur la confiance en Dieu car « c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ! » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus).

Renseignements et inscription : Centre spirituel - Chantier de la foi – 1, rue Père Jacques 77210 Avon (Tél. : 01 60 72 28 45). Fraternité du Scapulaire de Notre-Dame du mont Carmel. Responsable : Frère Cyril frerecyril@carmes-paris.org

Pour ceux qui ne peuvent pas participer au chantier de la foi, nous vous proposons d’étudier Thérèse en participant à une session d’études thérésiennes du 16 juillet 2017 au 29 juillet 2017 à l’Institut d’Études Thérésiennes des Frères Carmes à Lisieux.  

Ce troisième cours d’approfondissement sur Thérèse de Lisieux se centre sur l’étude du Manuscrit C. En première semaine, nous étudierons la place du Manuscrit C dans la vie de Thérèse et sa doctrine : la petite voie, l’épreuve de la foi, les missions, le noviciat, la charité fraternelle. En deuxième semaine, le Père François-Marie Léthel donnera une lecture théologique de l’œuvre et le Père Loys de Saint-Chamas approfondira la relation à la Bible.  

Information et inscription : etudes-theresienne@carmes-paris.org ou
http://www.therese-de-lisieux.catholique.fr/Session-d-Etudes-Theresiennes,1083.html



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres dans l’Église catholique ?


Ce n’est pas une question de discipline ou de droit. S’il en était ainsi, la règle pourrait être révisée. Le prêtre représente le Christ, Époux de l’Église. Il en va de la nature même du sacrement qu’il a reçu.

Découvrez la réponse complète de Mgr Perrier.





Proposition de prière




Cette semaine nous vous proposons de (re)lire quelques strophes de la poésie Pourquoi je t’aime ô Marie rédigée par la petite Thérèse.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Dim 30 Avr 2017 - 21:05


 1494 


NOTRE-DAME DU CHÊNE, REINE DU SILENCE ET DE LA COMPASSION





À Notre-Dame du Chêne, la Vierge Marie n'a pas parlé... elle est restée silencieuse. Voilà la richesse du lieu ! Faisant écho au silence de Marie à la basilique, il y a le silence de Jésus au Saint-Sépulcre. La basilique et la réplique du Saint-Sépulcre se répondent à Notre-Dame du Chêne, explicitant le mystère le plus caché de Marie, son silence et sa compassion. Une riche histoire glorieuse, mais aussi un lieu prophétique pour aujourd'hui et demain...


Les origines. Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d’Anjou, à la frontière du Maine, à un peu moins de cinq kilomètres du village de Vion (Sud de l’actuel département de la Sarthe), sur les terres des comtes de Sablé. Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l’attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime. Le jour, l’arbre est animé par le joyeux manège de colombes qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s’en éloigner. Malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser. Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants.




Miracles et guérisons. L'abbé James Buret, curé de Vion, interroge les uns et les autres ; puis, poussé par l’Esprit-Saint, il décide de placer dans un creux du chêne une petite statuette en terre cuite de la Vierge Marie. Dès lors, celle-ci se manifeste. Un jeune homme, qui déroba un bouquet déposé près de la statuette, est pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents, il avoue son forfait. Le bouquet volé remis en place, son mal disparaît. Marie multiplie les guérisons et les conversions... L’oratoire primitif construit autour de l’arbre devient vite trop petit pour accueillir tous les pèlerins, et une première chapelle est construite en 1515. La même année, un infirme du village de Juigné (Sarthe) qui marche difficilement vers l’image de la Vierge Marie avec trois cierges à la main recouvre la santé. En 1595, une femme qui ramasse du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle. Elle est là ! Elle ne dit rien… Vingt-six ans plus tard, une nourrice obtient la guérison d’un enfant difforme dont elle avait la garde après avoir prié chaque jour Notre-Dame pendant six semaines. En dépit des difficultés des guerres de religion puis de la Révolution, le pèlerinage à Notre-Dame du Chêne prend de plus en plus d’ampleur ; au milieu du XIXe siècle, il attire environ 60 000 pèlerins par an. Don Guéranger, abbé de la célèbre abbaye voisine de Solesmes, y préside en 1857 une réunion de Conférences de Saint-Vincent de Paul. La Vierge Marie y est honorée, aimée et, par elle, l'adoration et un culte sont rendus à Dieu. En 1869, Mgr Charles Fillion, évêque du Mans, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle est terminée en 1872 et devient basilique en 1894.  




Lumière des vocations. L'une des peintures murales de la basilique raconte l'histoire d'Élisabeth de Quatrebarbes. Jeune fille, elle se sent appelée à entrer au carmel. Mais face au refus de sa famille, elle vient supplier Dieu à Notre-Dame du Chêne en 1617 pour comprendre ce qu'elle doit faire. Se sentant confirmée dans son désir, elle devient religieuse sous le nom de Mère Élisabeth de la Trinité, et même prieure en 1626, au carmel de Beaune (Côte d’Or). Les litanies invoquent ainsi : « Notre-Dame du Chêne, Lumière des vocations. » Beaucoup de petits clercs, accueillis par les missionnaires diocésains au petit séminaire de Notre-Dame du Chêne, sont en effet devenus prêtres sur cette terre riche pour l'éclosion des vocations.


 La basilique. Au détour de la route, le visiteur est aujourd’hui surpris par l'irruption devant ses yeux de la flèche de la basilique haute de 50 mètres. Non, pas une petite chapelle... mais un bel édifice de 44 mètres de long surmonté d'une grande couronne. Remontant la nef, large de 6,50 mètres, il trouvera dans le haut de l'abside la statuette miraculeuse. Autour d'elle, la belle histoire de Notre-Dame du Chêne est inscrite sur les murs du chœur sous la forme de peintures murales. Au-dessus, des vitraux réalisés par les ateliers du carmel du Mans retracent l'histoire du Salut à travers le mystère de Marie.


Les offices à la basilique. Les six Frères de Saint-Jean, installés en 2010 à Notre-Dame du Chêne par Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, y assurent la Liturgie des Heures et les deux messes quotidiennes. Les grandes fêtes de la Vierge Marie y sont célébrées avec une ferveur particulière. Le sanctuaire s'est offert de célébrer chaque samedi, et à perpétuité, la messe pour la France promise par vœu par la ville du Mans en 1870, en gage de toute sa confiance en Marie.




Le Saint-Sépulcre de Notre-Dame du Chêne. En 1896, pour célébrer le 800e anniversaire de la première croisade prêchée dans cette région par le pape français Urbain II, des pèlerins de la région décident de partir en pèlerinage à Jérusalem. Dans un chêne, ils taillent une grande croix qui fera le trajet par mer jusqu’à la Ville Sainte et qu’ils porteront sur la Via Dolorosa (« Chemin de la souffrance » : rue de la vieille ville de Jérusalem emprunté par Jésus avant sa crucifixion) le long des ruelles qui montent au Golgotha (ou « Mont Calvaire », lieu de la crucifixion de Jésus). Sur place, ils sont impressionnés par les lieux saints qu’ils traversent, tout particulièrement par le Saint-Sépulcre et la basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé. C’est ainsi que naît l’idée de reproduire ce monument à Notre-Dame du Chêne. La première pierre est posée alors que la croix se trouve encore à Jérusalem. À son retour des lieux saints, la croix est implantée près de l'édicule, et un calvaire, constitué de statues « grandeur nature », l’entoure bientôt. Un parc paysagé de buis, représentant le plan de la basilique de la Résurrection, est planté tout autour. En vue de célébrer pour la première fois l'office de la Mise au Tombeau du Christ, pendant la Semaine Sainte 2017, une « pierre d'onction », copie de celle de Jérusalem, est venue compléter cette représentation des lieux saints. Le site de Notre-Dame du Chêne appelle ainsi à suivre la Vierge Marie dans son mystère de compassion. Comment a-t-elle vécu au pied de la croix, comment a-t-elle vécu le Samedi Saint ? En quoi ce mystère est-il important pour l'Église et le monde en 2017 ?  


Le Centre Spirituel. Vers 1850, Mgr Bouvier, évêque du Mans, conçoit le projet d’installer des missionnaires diocésains à Notre-Dame du Chêne. Son successeur construit en 1860 une grande maison qui deviendra de nos jours le Centre Spirituel. Cette maison, tenue par quatre missionnaires et un chapelain, permet d'héberger et de restaurer les pèlerins et retraitants de passage. Avec la Bellangerie, une maison plus petite et située sur la place de la basilique, la capacité d'accueil du Centre Spirituel est de 90 personnes. La Bellangerie est tout particulièrement adaptée à l'accueil des familles. La « Grande Maison », complétée par les salles Saint-Jean, Sainte-Hildegarde et Saint-Joseph, toutes renouvelées, est le lieu des sessions, retraites et autres enseignements principalement prêchés par les six Frères de Saint-Jean. Il y a les retraites spirituelles et bientôt un programme pour une écologie intégrale.


Le jardin. Le sanctuaire baigne paisible au cœur de dix hectares de nature verdoyante et offre aux visiteurs, soucieux de se ressourcer, un silence profond qui n'est pas étranger aux mystères de Marie et de Jésus. Tout dispose en effet à une profonde intériorité et permet aux visiteurs de se recentrer en Dieu et, par Lui, en soi. Le jardin redevient dès 2017 un lieu important du sanctuaire ; pour son silence mais aussi par sa beauté où les Frères, les amis du Sanctuaire mais aussi les pèlerins sont invités à découvrir toute la richesse de l'encyclique Loué sois-Tu. Sur la sauvegarde de la Maison Commune du pape François.




Un lieu prophétique ? Si l'histoire du lieu commence en 1494 sans message explicite, la main maternelle de Marie ne l'a jamais quitté. Encore aujourd'hui, elle est là, dans sa compassion. Elle accueille et porte la nature blessée de l'homme et de la terre. Elle nous invite avec saint Jean, saint François et le pape François à écouter le cri du pauvre ; de ce Dieu qui s'est fait pauvre en Jésus, de ce Frère et de cette Sœur en humanité qui portent ce cri. Elle invite chacun à écouter le cri de son propre cœur ; elle invite à entendre le cri de la terre et de la nature. Encore aujourd'hui, la Vierge Marie bénit ses enfants à travers la brise légère qui soutenait autrefois le vol des colombes et le feu de l'Esprit. Notre-Dame du Chêne est devenu le lieu de pèlerinage le plus important du  diocèse du Mans, avec environ 70 000 visiteurs par an.




Frère Alain-Dominique
Recteur du sanctuaire Notre-Dame du Chêne


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Alain-Dominique a faites le samedi 29 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je visite le Saint-Sépulcre pour me renouveler


Pour ceux qui habitent proche : nous vous proposons une visite au Saint-Sépulcre pour y déposer le vieil homme, la vieille femme... et ressortir comme un homme ou femme nouveau.

Nous vous invitons aussi à prier avec nous pour la France : à Notre-Dame du Chêne, chaque premier samedi du mois, le Rosaire est prié pour la France. De 10h30 à 15h30. Avec un temps de messe, de confession, de repas fraternel.





Proposition de formation sur la foi




L’homme est-il le fruit de l’évolution ou a-t-il été créé par Dieu ?


Sur l’origine de l’homme, le discours scientifique et le discours de foi sont dans des registres différents. Il ne faut pas se méprendre sur chacune de ces approches, qui ne doivent pas s’ignorer totalement. La difficulté vient du voile jeté sur ces questions du fait que l’origine de l’homme est marquée par le péché originel.

Découvrez la réponse complète de Rémi Sentis.





Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble la collecte de Notre-Dame du Chêne.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Lun 8 Mai 2017 - 22:09


 1357 


LE LINCEUL DU CHRIST ARRACHÉ AUX BYZANTINS SE RETROUVE FINALEMENT À LIREY, EN CHAMPAGNE





Le très célèbre Suaire aujourd’hui appelé « Linceul de Turin », est apparu en France à partir de 1357, dans la petite ville de Lirey, à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Troyes en Champagne, selon la première mention historique documentée non contestée à ce jour.


Comment ce tissu a-t-il pu arriver là et d’où pouvait-il venir ? Le Linceul de Turin est selon toute probabilité le « linge d’Édesse », très connu dans l'Antiquité, appelé souvent à tort Mandylion. On s'en convainc en suivant son itinéraire : Eusèbe de Césarée (écrivain de Palestine, 264 - environ 340) évoque dans son « Histoire Ecclésiastique » la légende du roi Abgar qui aurait reçu une image miraculeuse du Christ. Il est question ensuite à Édesse (aujourd’hui Urfa, dans l’extrême sud-est de la Turquie) d’une image mystérieuse, « non faite de main d’homme » (acheiropoïète selon le terme grec), qui repousse, paraît-il, les Perses en 544.




À partir de cette date, on constate un changement radical dans la représentation du Christ.  Après les premières représentations symboliques (pain, ancre, poisson) le Christ avait été représenté comme un jeune pasteur grec imberbe (notamment dans les catacombes et dans toutes les églises antiques MilanRavenne, etc.). Puis, très curieusement, à partir du VIe siècle, toutes les représentations du Christ vont changer relativement brutalement dans le monde chrétien oriental. On va lui substituer une image de face, des cheveux longs avec une raie centrale, une barbe bifide, un visage ovale et un nez allongé, avec bien souvent une double mèche au sommet du front, à l’endroit où il y a une double tache de sang sur le Linceul. On le constate par exemple sur la monnaie de l’Empereur Justinien, frappée en 565, ainsi que sur la magnifique image du Christ du monastère Sainte Catherine en 550, sur les icônes de la Basilique Sainte Sophie à Constantinople, à Ohrid en Macédoine, à Palerme, au Mont Athos, etc. Partout la ressemblance de ce nouveau « canon » avec le visage du Christ sur le Linceul est frappante. On en est donc venu naturellement à imaginer que le « linge d'Édesse », probablement à l'origine de cette nouvelle iconographie, pouvait être le Linceul de Turin. En effet, les représentations du linge d'Édesse en notre possession, se rapprochent du visage du Linceul en imaginant le Linceul replié huit fois sur lui-même. 


En 650, Édesse est conquise par le califat islamique mais le « linge d'Édesse » reste vénéré malgré la présence musulmane, ce qui lui permettra providentiellement d’échapper aux destructions liées à la crise iconoclaste entre 730 à 787. Le second concile de Nicée (787) rétablit la légitimité des images, en utilisant comme argument essentiel « l'image d'Édesse », pour légitimer l'usage des images sacrées : « En tant qu'homme parfait, le Christ non seulement peut, mais doit être représenté et vénéré en image. » Léon, lecteur de l'église de Constantinople, est cité comme témoin principal et atteste avoir vu à Édesse l'image d'un linceul.  




En 943, l’Empire byzantin lance une expédition ponctuelle et assiège Édesse dans le but d’acquérir la précieuse relique. Pour éviter une dégradation de ce linge, les chrétiens préfèrent négocier et acquérir ce célèbre trésor, par le versement de 12 000 pièces d'or. Ils la ramènent à l’Empereur de Byzance, dans une procession triomphale le 15 août 944. Cette réception grandiose sera illustrée ultérieurement (au XIIe siècle) dans le manuscrit de Jean Skylitzes. À cette occasion, Grégoire le Référendaire évoque dans une homélie « cette empreinte qui nous donne ici le visage du Christ », qui « est embellie par les gouttes de sang jaillies de son côté ». Cette relique sera conservée dans la chapelle du Palais du Boucoléon (Constantinople), puis dans l’église Sainte-Marie des Blachernes.




 En 1190, le Linceul est précisément dessiné dans le Codex de Pray. Un pèlerin hongrois de passage à Constantinople livre un témoignage saisissant dans ce premier texte hongrois conservé à la Bibliothèque de Budapest (découvert au XVIIIe siècle par le jésuite Georgius Pray qui laisse son nom au manuscrit),  sur lequel on peut reconnaître le Christ dans l’état et la position exacte du Linceul de Turin : nudité, croisement des bras dans la même position que le Linceul, pouces cachés, traces de sang, tentative d'imitation des chevrons, trous, etc… Suite à toutes ces constatations et indices convergents, la probabilité pour que le Linceul de Turin soit ainsi passé par Constantinople est très grande.


En 1203, le chevalier picard Robert de Clari, auteur d’une chronique sur la quatrième Croisade, décrit le Linceul à Constantinople : « Il y a un monastère appelé Sainte-Marie des Blachernes », où il aperçut « le Linceul où Notre Sire fut enveloppé, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu'on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur ».




En 1204, la quatrième Croisade détournée de son but dévaste Constantinople. 33 000 croisés français et 17 000 Vénitiens, lancés par le pape Innocent III, partent délivrer Jérusalem conquis par Saladin en 1187. Suite à des querelles confuses et à l'âpreté relative au gain des Vénitiens, ils vont attaquer et piller Constantinople pendant plusieurs jours à partir du 14 avril 1204. Au cours de cette dévastation, les soldats de Venise et de France vont se déshonorer par un pillage généralisé, en s'appropriant tous les trésors d’or, d’argent et d’ivoire de tous les édifices possibles. Robert de Clary témoigne de la disparition du linceul au cours du pillage : « Plus jamais personne, ni Grec, ni Français, ne sut ce que ce Linceul devint quand la ville fut prise. » Cette disparition suscita un grand émoi, car les Byzantins considéraient vraiment leur linceul comme une relique insigne. Dans sa lettre au pape Innocent III, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, réclame la restitution de « la relique la plus sacrée, le linteum, dans lequel le Christ avait été enveloppé ». « Nous savons que le sacré Linceul est à Athènes. »  


À partir de cette date et jusqu'en 1357, les indices disparaissent et une foison d'hypothèses a été émise, toutes fragiles (*).


En 1357, le Linceul se retrouve à Lirey, en Champagne. Ce linge y réapparait dans la famille d’un certain Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey tué en 1356 en défendant le roi Jean II, à la bataille de Maupertuis dite « de Poitiers ». Sans être un grand du royaume, ce proche du roi joua un rôle important. Il laissa une veuve dans le besoin, Jeanne de Vergy. Celle-ci organisa en 1357 à Lirey, les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey. L'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, prit ombrage du succès de ces ostensions et les fit interdire jusqu'en 1388. Elles reprirent à cette date et le nouvel évêque Pierre d'Arcis envoya au pape Clément VII, un célèbre mémorandum repris aujourd'hui par tous les opposants au Linceul. En réponse, le Pape émet deux bulles en 1390 pour autoriser les ostensions. Veuve et sans enfant, Jeanne de Vergy « fait don » le 22 mars 1453, de la précieuse relique au duc Louis de Savoie qui lui donnera gracieusement les revenus de la seigneurie de Varembon…




De 1453 à 1983, le « Saint Suaire » reste donc la propriété de la Maison de Savoie. D’abord dans son château de Chambéry, puis à partir de 1502 dans la « Sainte chapelle » où il subira, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un incendie qui y fera des brûlures et de nombreux trous. Par une chance incroyable, due au pliage, une partie importante de l'empreinte ne fut pas altérée. Puis, le Linceul fut transféré à Turin en 1578. Il restera la propriété de la Maison de Savoie jusqu’à la mort, en 1983, du grand-duc Umberto II de Savoie qui en fit don au Vatican par testament.


En conclusion, l’ensemble de ces témoignages semble très cohérent et ce parcours pourrait tout à fait être celui du Linceul du Christ, qui semble être passé par Jérusalem et par le désert de Judée si l’on en croit l’analyse des pollens de Max Frei, Avinoam Danin, Uri Baruch, les époux Whanger et Marzia Boi. Ces études sur les pollens retrouvés sur le Linceul restent cependant contestées par manque de preuves.




Enfin, au-delà de cette analyse historique, l’analyse scientifique de ce drap si mystérieux conclut aussi à l’authenticité (cf proposition de formation en bas de cette page). Ce linge en lin pur, sans mélange de laine animale selon les traditions juives antiques, tissé en chevrons, a commencé à étonner la science après la photographie de l’avocat italien Secundo Pia le 28 mai 1898. Lors de la révélation du négatif, l’image corporelle de couleur sépia et peu visible, devint une image beaucoup plus nette. Le Suaire se comporte en fait comme un négatif photographique : une notion tout à fait inconnue avant l’invention de la photographie au XIXe siècle. Cette découverte qui fit l’effet d’une bombe et qui engendra immédiatement de très intenses polémiques, intervint un an seulement après la mort en 1897 de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui avait dédié sa vie à la Sainte Face du Christ...  

À partir de ces différentes analyses, il n’est pas inutile d’approcher la question à partir d’un arbre logique :

1. Le Linceul a été réalisé par une personne : cette hypothèse, la plus courante, d'un faussaire du Moyen Âge n’est pas valide pour plusieurs raisons.
-      Toutes les analyses scientifiques de spectrographies prouvent l’absence des composants d'une peinture (pigments et liant).
-      D'autre part, on observe sur la vue négative une vingtaine de détails, présents sur le Linceul et absolument inconnus au Moyen Âge : image en négatif, intensité liée au relief, tuméfactions diverses (visage et dos), position des clous dans le carpe, position dissymétrique du corps, sang rouge sous l’action de la bilirubine, présence d’aragonite invisible à l'œil et identique à celle de Jérusalem (sur le genou, sous les pieds et sur le nez), présence de quatre muscles fessiers tétanisés ne touchant pas le sol, anomalies de proportion, etc. Il est frappant que l’image que ce corps a transmise, soit si conforme, et sans aucune erreur, à l’intégralité des textes évangéliques de la Passion du Christ, avec tous les détails de la flagellation, du port du patibulum, de la crucifixion, du couronnement d’épines, du coup de lance post mortem, du transport au tombeau, etc. De plus, cette image nous a même révélé des détails sur le crucifiement que nous ne connaissions pas jusqu’alors, comme par exemple la position dissymétrique des condamnés sur la croix. Ces détails inconnus au XIVe siècle, ne pouvaient pas non plus être imaginés donc a fortiori réalisés par un faussaire. Cette hypothèse est donc vraiment impossible.
   
2. Si elle n'a pas été réalisée par une personne, l'empreinte s’est donc faite soit par contact, soit à distance, par un rayonnement. L’hypothèse d’une image produite par contact est exclue, car il devrait y avoir dans ce cas une déformation de l’empreinte sur les côtés de la tête et du corps, ce qui élargirait l'image.

3. Il reste une production par rayonnement. Il faudrait d'abord que ce rayonnement génère une oxydation déshydratante, identique à celle observée sur l'empreinte du Linceul. Le biophysicien français J-B Rinaudo a montré, par l'irradiation de lin à partir d'un accélérateur de particules, qu'un jet de protons répondait à la question, ainsi qu'à la possibilité de donner le relief 3D. Avec des réglages adéquats, l'empreinte obtenue a la même épaisseur que sur le Linceul. Il a imaginé alors que l'éclatement de particules de deutérium sur la peau devrait générer un double flux de protons et de neutrons. Après avoir expérimenté le jet de protons, il s'est attaqué à une irradiation de neutrons. Le Père Rinaudo a pu prouver expérimentalement que l'irradiation de neutrons « rajeunissait » la cible de tissu. Ainsi, son hypothèse d'éclatement de deutérium utilise des phénomènes naturels connus et pourrait expliquer aussi bien la nature de l'empreinte que le rajeunissement du tissu, ce qui rendrait le résultat de l'analyse au carbone 14 sans signification. Le premier vrai problème réellement impénétrable est donc l'origine de cet éclatement du deutérium. D'où viendrait l'énergie nécessaire à cet éclatement ? Le deuxième problème, particulièrement insoluble, est de savoir pourquoi ce rayonnement se serait produit de manière directionnelle, perpendiculairement au tissu, de façon à dessiner une image parfaite, alors que tous les rayonnements connus sont d’habitude omnidirectionnels ? En résumé, le rayonnement dont on parle est actuellement doublement incompréhensible…





Finalement, l'explication de l'origine de l'image semble devoir rester cachée aux hommes. Après plus de 500 000 heures d’étude par des chercheurs de haut niveau (le Linceul est de très loin, aujourd’hui, l’objet matériel le plus étudié au monde), la science doit s’avouer vaincue, n’ayant aucune explication valable à fournir à ce jour. La seule explication cohérente se situe au-delà de la science : car pour interpréter l'image du Linceul, les chrétiens pensent naturellement à quelque chose semblable à un « flash » de la résurrection. Comme pour la démonstration de l’existence de Dieu, il s’agit bien évidemment de la conclusion d’un raisonnement indirect, car il n’y a aucun élément scientifique pour prouver cela positivement et directement, mais il n’y a aujourd’hui aucune autre explication disponible qui soit cohérente. En toute logique, un effet absolument singulier ne peut être effectivement produit que par une cause absolument singulière...  

Ce linge qui ne pouvait ni être conçu ni être réalisé au Moyen Âge est donc bien réellement « une provocation à l’intelligence » comme disait Jean-Paul II. Au total, les conclusions auxquelles toutes ces études et raisonnements nous conduisent aujourd’hui semblent nous obliger à considérer le Linceul de Turin comme un signe clair, fort et finalement assez incontestable que Dieu donne à notre époque pour qu'elle reconnaisse la réalité des mystères de l'Incarnation, de la souffrance, de la mort et de la Résurrection de son Fils !





Jean Dartigues
Ingénieur en retraite, conférencier, secrétaire de l'association Montre nous ton Visage -
Études sur le Linceul depuis 1950


***************************************************

(*) Note de l’Association Marie de Nazareth : Jean Dartigues considère qu’il y a beaucoup d’hypothèses et trop peu de certitudes pour évoquer sérieusement ces 150 années qui séparent la disparition du Linceul du Christ en 1204 lors du sac de Constantinople de sa réapparition à Lirey en Champagne en 1357, mais Jean-Michel Mahenc a proposé le 28 avril 2017 avec l’Association Marie de Nazareth une projection en la Basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge (91) où il évoquait la concordance d’un certain nombre de faits :
-      on sait qu’en 1204, le chevalier champenois Othon de la Roche avait son campement à côté de l’église des Blachernes, lors du sac de Constantinople ;
-      on sait également qu’en 1205, il devint Duc d’Athènes et que ses successeurs y gouverneront durant plus d’un siècle, jusqu’en 1451 ;
-      dans sa lettre au Pape déjà citée, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, écrira aussi « Le vol de si nombreuses choses sacrées va contre le droit des hommes et les lois de Dieu. Nous savons que ces choses sacrées sont conservées à Venise, en France et autres pays des pillards, le sacré Linceul étant à Athènes (!) » ;
-      à partir de 1354, le Linceul volé aux Byzantins se retrouve comme par hasard en Champagne, dans l’héritage de Geoffroy de Charny, qui fut tué - comme l’explique Jean Dartigues - en 1356, laissant une veuve, Jeanne de Vergy, qui organisa en 1357 en France les premières ostensions du Linceul du Christ ;
-      Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, veut faire alors interdire ces ostensions, mais le pape Clément VII intervient de manière surprenante pour les autoriser, en mettant comme seule condition qu’elles se fassent avec discrétion, ce qui est somme toute une attitude assez logique si l‘on considère que le Pape savait bien qu’il s’agissait d’une relique arrachée aux byzantins dans des conditions qui allaient effectivement « contre le droit des hommes et les lois de Dieu »…
Même si on manque de preuves, la présence de Champenois du début à la fin de l’épisode 1204-1357 est quand même une coïncidence frappante que chacun pourra apprécier comme il le souhaite…  

Compléments NDLR : L’analyse du groupe sanguin (AB) et de la position des plaies est aussi très cohérente avec ce qu’on trouve sur les autres reliques que sont le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil, comme semblent l’indiquer les études de Jean-Maurice Clercq.



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean Dartigues a faites le samedi 6 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je visionne le film du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin


Pour compléter la lecture de ce texte, nous vous proposons cette semaine de visionner le film réalisé par la Communauté du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin.  




Proposition de formation sur la foi




Le Linceul de Turin est-il un signe de la Résurrection du Christ ?


Le Linceul n’est pas une preuve objective contraignante obligeant à croire mais il est incontestablement authentique et il fait signe de bien des manières, touchant ceux qui l’étudient ou le contemplent, et devenant pour beaucoup un chemin qui conduit au Christ et à la foi en la Résurrection.

Découvrez la réponse complète de Jean Dartigues.





Proposition de prière




Cette semaine, je récite la prière Ô Christ, ton regard ne cherche pas nos yeux mais notre cœur de notre Saint-Père, le pape François, lors de l’ostension du Saint Suaire de Turin le 30 mars 2013.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 20 Mai 2017 - 15:07


 1951 


LE PÈRE JACQUES SEVIN, ÂME ET PÈRE DU SCOUTISME CATHOLIQUE DE FRANCE





En juillet 1920, 13 ans après la naissance du scoutisme, le Père Jacques Sevin (1882-1951) cofonde les Scouts de France, mouvement qui se développe d’une manière remarquable. Comptant 200 membres l’année de sa création, il en rassemble 75 000 en 1939. L’action du Père Sevin, tant par sa connaissance de la méthode de Baden-Powell (1857-1941) que par l’adaptation qu’il en réalise pour le monde catholique, explique cet immense succès. Les idées qu’il développe dans son livre Le scoutisme vont être reprises dans le monde entier.


Les débuts du scoutisme catholique en France. C’est en 1911 que le scoutisme apparaît en France, quatre ans après sa fondation par Baden-Powell le 29 juillet 1907 sur l’île de Brownsea, dans le Dorsetshire (Angleterre). Les deux premiers mouvements scouts créés dans notre pays sont les Éclaireurs unionistes, mouvement protestant, et les Éclaireurs de France, mouvement neutre sur le plan religieux. En dehors de quelques individualités, tel Marc Sangnier (1873-1950, journaliste et homme politique français), le monde catholique reste à l’écart de la dynamique du scoutisme qui touche au total 15 000 jeunes en France en 1914. Dans une société française très marquée par la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les catholiques sont méfiants envers cette nouveauté. Elle vient de Grande-Bretagne, ennemie héréditaire. Elle est promue par un général anglican. Celui-ci développe de surprenantes conceptions éducatives, fondées sur le  jeu, la nature, la vie en équipes, une loi et une promesse, sous-tendues par une conception optimiste de l’existence et des relations humaines, le tout dans une perspective interreligieuse. En effet, pour Baden-Powell, si le scout doit absolument avoir une religion, peu importe laquelle. Le Révérend-Père (R.P.) Jacques Sevin va faire comprendre au monde catholique français, puis international, l’importance et l’intérêt que présente la méthode éducative de Baden-Powell. À l’été 1920, il est, avec quelques autres précurseurs – le chanoine Antoine Cornette, Paul Coze et Édouard de Macédo – à l‘origine de la création d’une association de scouts catholiques : les Scouts de France.  




Le R.P. Sevin en quelques mots.  Né le 7 décembre 1882 à Lille (Nord), Jacques Sevin, est l’aîné d’une famille de sept enfants. Baptisé le lendemain en l’église Notre-Dame de Consolation, il est consacré à la Vierge Marie dont enfant il portera les couleurs bleu et blanc. Après des études à Amiens (Somme), il devient novice jésuite. Passionné de  poésie, il écrit des vers qui révèlent son grand amour de la Vierge Marie et son attachement au Cœur de Jésus. En 1901, il doit quitter la France en raison des lois contre les congrégations et poursuit ses études en Belgique. Il y est ordonné prêtre le 2 août 1914 et reste dans ce pays jusqu’en 1919, le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêchant de revenir en France. Le R.P. Sevin va jouer un rôle essentiel dans l’organisation du scoutisme catholique en France jusqu’à sa mise à l’écart de la direction des Scouts de France en mars 1933 en raison de divergences de vues. Il se retire alors avec dignité de ce qui a été la première œuvre de sa vie. Malgré la meurtrissure, il lui restera d’une fidélité absolue sans jamais la critiquer. En 1944, il crée la seconde œuvre de sa vie, une congrégation religieuse féminine très inspirée du scoutisme et dévolue à l’éducation : la Sainte Croix de Jérusalem, installée à Boran-sur-Oise (Oise). C’est là qu’il meurt le 19 juillet 1951 et qu’il est enterré.  


Le R.P. Sevin, un fondateur. Le R.P. Sevin est l’un des principaux organisateurs des Scouts de France qui se développent rapidement à travers toute la France à partir de juillet 1920. Il organise leur structuration en publiant divers manuels, mais surtout en mettant au point leurs textes fondateurs. C’est ainsi qu’il adapte le texte de la loi scoute de Baden-Powell en dix articles, résumé des valeurs morales du scoutisme sur lequel le scout s’engage lors de sa promesse : « Le scout met son honneur à mériter confiance, le scout est loyal… » Le Père Sevin introduit la référence à Dieu dans la loi scoute et complète le texte initial de la promesse scoute par la référence à l’Église. Il y ajoute trois principes : « Le scout est fier de sa foi, le scout est fils de France, le devoir du scout commence à la maison. » Il « sacralise » en quelque sorte le scoutisme de Baden-Powell en lui donnant une forte identité catholique.  


De nouveaux symboles. Le R.P. Sevin contribue également à créer l’imaginaire des Scouts de France. Il dessine leur insigne : une  croix de Jérusalem chargée d’une fleur de lys. Elle renvoie à la fois à la chevalerie – le scout des années 1920 et 1930 est vu comme un chevalier contemporain – mais aussi à l’universalité du Salut du genre humain, aux quatre coins du monde, symbolisés par les quatre branches de la croix. Les nombreux chants qu’il écrit contribuent aussi à structurer l’imaginaire du scoutisme catholique. Les plus connus sont le Chant de Promesse et le Chant des Adieux. Bien d’autres, tels le Cantique des patrouilles, la Légende du feu ou Chamarande marqueront profondément les esprits.




Un livre de référence. En 1922, le R.P. Sevin publie son principal ouvrage : Le scoutisme. Celui-ci démontre d’abord son excellente connaissance du scoutisme de Baden-Powell. Le Père Sevin qui parle anglais est allé le rencontrer en Grande-Bretagne dès 1913. Les notes de bas de page de son livre comprennent de multiples références aux ouvrages de Baden-Powell. Ce dernier dira d’ailleurs, pendant un congrès, que « la meilleure réalisation de sa propre pensée venait d’un religieux français ». Le R.P. Sevin explique longuement comment le scoutisme peut parfaitement s’intégrer dans le monde catholique. Il contredit habilement les multiples critiques nées en son sein depuis 1911, telles les accusations de naturalisme, de lien avec la franc-maçonnerie, de pratique de la religion de l’honneur ou de panthéisme. Il affirme que la loi scoute est « l’âme du scoutisme », que le système des patrouilles est son pivot et que la vie en plein air est une nécessité absolue. Le R.P. Sevin ne se contente pas d’écrire sur le scoutisme, il l’a mis en pratique dès 1917, alors qu’il était en Belgique, en organisant une troupe de scouts catholiques à Mouscron avec Léon Maes. Ses écrits sont donc aussi le fruit de sa pratique personnelle.


Le R.P. Sevin, un formateur. Le Père Sevin insiste sur l’importance de la formation des cadres du scoutisme. Dès 1923, il installe au château de Chamarande (Essonne), un camp de formation pour les chefs scouts, à l’image de celui installé par Baden-Powell dès 1919 en Grande-Bretagne à Gilwell. Le Père a compris que la formation des cheftaines et des chefs, sous forme de « camp-école » d’une semaine, était l’une des principales clés de la réussite. Cheftaines et chefs vivent en camp, sous la tente, pratiquent des activités de scoutisme et réfléchissent à leur rôle d’éducateur. C’est dans ce « camp-école » de Chamarande, dirigé par le R.P. Sevin lui-même jusqu’à sa mise à l’écart en 1933, que des milliers de jeunes se formeront pour assurer le succès des Scouts de France. Ce système qui continua après le départ du jésuite fonctionne encore aujourd’hui. Les Scouts et Guides de France utilisent ainsi le terme de « Cham » pour désigner l’une de leurs plus importantes formations de cadres. Ce modèle de formation sera d’ailleurs repris par de nombreuses associations scoutes catholiques dans le monde.




 Le R.P. Sevin, un précurseur. Si le Père Sevin a été l’un précurseur par son action chez les Scouts de  France, il l’a été aussi dans d’autres domaines. Dès 1927, il est ainsi l’un des premiers en France à envisager la création de troupes scoutes pour les handicapés physiques. Celles-ci démarrent à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoriums accueillant de jeunes paralysés. En 1928, il est l’un des pionniers du dialogue interreligieux en encourageant vivement l’action de Robert Gamzon (1905-1961) dans la création des Éclaireurs Israélites de France (EIF), le mouvement de scoutisme juif. De même dès 1948, le R.P. Sevin envisage, bien avant le concile de Vatican II, l’ordination de diacres permanents. L’ensemble des qualités du R.P. Sevin a conduit le pape Benoit XVI à le proclamer Vénérable le 10 mai 2012, un premier pas dans le processus de béatification.


 Le R.P. Sevin, un pont entre les mouvements de scoutisme catholique. Dans les années 1960-1970, le scoutisme catholique connaît plusieurs ruptures liées à l‘évolution générale de la société française et aux réformes pédagogiques engagées par les Scouts de France et les Guides de France, mouvement catholique de scoutisme féminin créé en 1923. De ces ruptures, naîtront les Guides et Scouts d’Europe (AGSE) qui concernent aujourd’hui 30 000 jeunes en France et les Scouts Unitaires de France (SUF) qui en touchent 28 000. Les Scouts et Guides de France (SGdF), nés en 2004 de la fusion des Scouts de France et des Guides de France, touchent de nos jours 77 000 jeunes. Ils illustrent l’existence de sensibilités différentes au sein de l’Église catholique qui reconnaît aujourd’hui ces trois mouvements. On compte également d’autres associations scoutes catholiques plus petites, comme les Scouts de Riaumont (fondés en 1966) ou les Europa Scouts (créés en 1986).




Si les relations entre ces trois grands mouvements ont été conflictuelles et tendues dans le passé, celles-ci se sont sensiblement améliorées surtout depuis le centenaire du scoutisme célébré en 2007, aux cotés des associations scoutes laïque (Éclaireuses et Éclaireurs de France), protestante (Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France), musulmane (Scouts Musulmans de France) et juive (Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France.)  

Aujourd’hui, le R.P. Sevin reste un pont incontournable entre ces trois grands mouvements du scoutisme catholique français qui se réfèrent toujours à lui et à Baden-Powell.





Jean-Jacques Gauthé
Historien du scoutisme, membre du conseil d’administration des Scouts et Guides de France


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Jacques Gauthé a faites le samedi 20 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage auprès des scouts


La question du recrutement des cheftaines et des chefs est une difficulté permanente pour les différents mouvements de scoutisme. La prise d’une responsabilité en leur sein est un engagement fort pour des jeunes. D’autre part, les adultes y ont aussi leur place.

Les mouvements de scoutisme sont animés par des bénévoles, garçons et filles de 18-25 ans qui sont chefs et cheftaines d’unités. Il s’agit d’un engagement exigeant en termes de temps et de responsabilité. Ces jeunes ont en charge l’animation des différents aspects de leur unité scoute ou guide, qu’il s’agisse des dimensions d’animation, de la pédagogie ou de la dimension spirituelle. Une unité scoute compte en général 20 à 30 enfants ou adolescents. Ces jeunes acceptent de consacrer gratuitement une large partie de leur temps libre pour ces activités scoutes, pour l’organisation des camps d’été et pour la participation aux stages de formation de leur association.    

Les adultes occupent des fonctions de soutien dans les groupes locaux ou les structures territoriales : chef de groupe, commissaires de district ou de province, délégués territoriaux. Dans certaines associations (Scouts et Guides de France, Scouts Unitaires de France), cet engagement peut être  pris en couple. Il s’agit à la fois d’être à l’écoute et de soutenir les jeunes responsables et aussi d’impulser une politique de développement de l’association dans une zone géographique.  

Jeunes et adultes sont appelés à prendre leur part d’engagement dans le scoutisme. Les sites Internet des différents mouvements scouts :


- https://www.sgdf.fr pour les Scouts et Guides de France,
- http://www.scouts-unitaires.org pour les Scouts Unitaires de France,
- http://www.scouts-europe.org pour les Guides et Scouts d’Europe
vous permettront de découvrir les propositions d’engagement qu’ils formulent.



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi es-tu chrétien ?


Parce qu’il y a des raisons de croire en Jésus (intelligence), parce que c’est sur le socle de cet amour que j’ai choisi de fonder ma vie (liberté) et parce que j’ai rencontré le Christ dans ma vie (expérience).

Découvrez la réponse complète de Pierre Durieux.






Proposition de prière




Je récite la prière scoute


Souvent attribuée de façon inexacte à saint Ignace de Loyola, cette prière est issue de la spiritualité jésuite. On trouve trace de son texte dès 1897 dans le livre de Xavier de Franciosi, sj, La dévotion à saint Ignace, Méditations, Prières et Pratiques en honneur du Fondateur de la Compagnie de Jésus. Le R.P. Jacques Sevin reprend et enrichit ce texte vers 1917 en lui donnant un souffle nouveau. Une dernière modification du texte est introduite en octobre 1939.

Le R.P. de Paillerets, assistant de l’aumônier général des Scouts de France note alors en ce début de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sentons le désir de prier les uns pour les autres avec une intensité inconnue jusqu’alors. » Au lieu de « Apprenez-moi à être généreux », le texte devient alors « Apprenez-nous à être généreux, (…) À nous dépenser, sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté , lui donnant une dimension plus communautaire. »





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 27 Mai 2017 - 15:48


 1916 


CHARLES DE FOUCAULD, « UN SAINT POUR AUJOURD’HUI »





Converti au catholicisme de son enfance à l’âge de 28 ans, Frère Charles de Foucauld (1858-1916) développe au cours de sa vie un grand amour pour les plus pauvres et pour le Dieu de Jésus-Christ, « modèle unique ». Aujourd’hui, son charisme inspire une large famille spirituelle qui rassemble 13 000 personnes.


Une curiosité précoce. Charles de Foucauld est né le 15 septembre 1858 à Strasbourg. Dès son plus jeune âge, il subit des deuils successifs : perte de ses parents avant six ans, perte de sa grand-mère paternelle devant ses yeux d’enfant, perte de son grand-père maternel alors qu’il a 20 ans. Vicomte appartenant à une ancienne famille aristocratique française, il manifeste très tôt la volonté d’aller connaître les « autres » : les pauvres, les petits, les besogneux, les mal-aimés, ceux que la vie ne favorise pas. Durant son temps de garnison, lorsqu’il est militaire de carrière, il s’adonne notamment à d’étranges escapades dans la campagne environnante, déguisé en mendiant et demandant l’aumône. En 1883-84, Charles se lance dans un voyage d’exploration du Maroc, se faisant passer pour un rabbin. Une aventure pleine de périls qui lui vaut la notoriété et lui fait vivre l’ivresse de la rencontre.




Une conversion prodigieuse.  Frère Charles fait partie des « recommençants », selon l’expression employée de nos jours. Éduqué dans un milieu catholique, il abandonne à 15 ans toute pratique religieuse et vit une jeunesse pleine de mondanités et de plaisirs. « Je suis allé loin de vous, loin de votre maison, dans le pays de l’incrédulité, de l’indifférence », dira-t-il. Tenté un moment par l’Islam (problématique bien actuelle !), admirant la simplicité du dogme et la ferveur des croyants, c’est grâce à sa cousine Marie de Bondy qu’il revient à la foi chrétienne. Dans l’intimité des églises, il répète cette étrange prière : « Mon Dieu si vous existez, faites que je vous connaisse. » Et peu à peu, le Seigneur le saisit jusqu’à sa conversion en l’église Saint-Augustin à Paris fin octobre 1886. Il vit alors avec intensité cette rencontre avec un Dieu riche en miséricorde qui l’accueille tel qu’il est dans le confessionnal du Père Henri Huvelin (1830-1910), son futur directeur spirituel. Un changement radical se produit en lui, une prise de conscience que la compassion divine est plus forte que le péché. Dès lors, Dieu devient le socle de sa vie. « Ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi. » Il n’y a plus de demi-mesure, il va jusqu’au bout de l’amour et du don. Le jour même de sa mort, il écrira à son ami Louis Massignon : « Comme chrétiens, nous devons donner l’exemple du sacrifice », puis fera cette autre déclaration, véritable testament spirituel : « On n’aimera jamais assez. » « Dieu nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant », écrit-il, toujours le jour de sa mort, à sa cousine Marie. Se savoir aimé, c’est commencer une nouvelle vie. Il se remémore alors sa vie avant sa conversion : « Vous me faisiez sentir une tristesse profonde, un vide douloureux… pendant ce qu’on appelle les fêtes » ; et porte sur lui-même ce jugement impitoyable : « J’étais moins un homme qu’un porc. » À 28 ans, Charles peut « revêtir la tunique d’innocence » du Fils Prodigue, et commencer une nouvelle vie.  


Ses débuts en tant que moine. En janvier 1890, à 32 ans, Charles devient moine trappiste en Ardèche, à Notre-Dame des Neiges ; puis dans un monastère plus pauvre en Syrie, à Akbès. Rapidement, il demande à poursuivre sa quête spirituelle ailleurs, loin de la sécurité qu’offre une maison religieuse. Il sort de la Trappe pour marcher sur les pas de Jésus en Terre Sainte et devient domestique dans un couvent de clarisses à Nazareth. Il tente de discerner la volonté de Dieu jour après jour, dans une vie qui semble instable, car hors des sentiers habituels. Mais, malgré les apparences, Charles se laisse modeler par l’Esprit qui le conduit sur des chemins inédits. Un peu marginal dans ses choix, il a le souci d’obéir à l’Église, en respectant scrupuleusement les lois et les règlements en vigueur.  




Un prêtre atypique. Ordonné prêtre à Viviers (Ardèche) en 1901 (non pour le prestige social attaché à la fonction mais pour offrir « le banquet divin » aux plus pauvres), Frère Charles décide de s'installer dans le Sahara algérien à Béni-Abbès. Il exerce un ministère plutôt classique d’aumônier militaire, dispensant sacrements et catéchèse avec un zèle exemplaire. Quand il devient le seul chrétien en terre d’Islam, il se prive pendant des mois de la présence du Saint-Sacrement afin de respecter les normes ecclésiastiques en vigueur, qui n’acceptaient pas qu’un prêtre seul puisse dire la messe. Atypique, ermite-missionnaire comme il lui arrive de se présenter, brûlant du désir d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu d’amour, il est arrêté dans ses élans quand il réalise que la manière d’évangéliser doit être différente. Lui aspire à vivre avant l’heure ce que préconisera le chapitre 1 de la constitution Gaudium et Spes du 7 décembre 1965 : « Les chrétiens doivent partager les joies et les peines, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent et qui sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » Pour Charles, il faudrait davantage respecter la liberté de conscience, construire d’abord une relation d’amitié avec les Touaregs, valoriser la religion naturelle et partager leur mode de vie. Or nous « les ignorons à un degré effrayant », s’indigne Frère Charles parlant de la relation des Européens avec les indigènes. Ce dernier pense qu’il faudrait se lancer dans une pré-mission pour apprendre à connaître le milieu à évangéliser, idée nouvelle à une époque où la plupart des missionnaires n’ont guère ces préoccupations. Il faut souligner ici l’immense travail linguistique de Frère Charles pour connaître la langue et la culture touarègue (il rédige des dictionnaires, une grammaire, un recueil de poèmes et de chansons, etc.).


Une vie au milieu des pauvres. Sa vie fut aussi atypique dans sa conception de la vie religieuse. Il refuse les grandes structures où les religieux sont coupés du monde et se protègent de lui. Il rêve de mettre en place « de petits foyers d’amour », de petites structures insérées au milieu du peuple pauvre s’exposant au coude à coude avec lui. Il accepte par avance d’être vulnérable, avec une seule règle de conduite : donner à l’amour la première place pour se réserver la dernière. Sur son réveil, il a fait marquer cette devise significative « Jésus Caritas. Il est l’heure d’aimer Dieu ». Tout un programme ! Fasciné par le mystère de l’incarnation, il veut avant tout imiter le Dieu de Jésus-Christ, le « modèle unique ». Un Dieu agenouillé devant sa créature indigne (Philippiens II, 6), un Dieu humble ouvrier pendant 30 ans à Nazareth. Il veut « descendre » comme son maître et s’approcher en priorité de ceux « qui souffrent, des pauvres, des malades ». C’est donner mais aussi savoir recevoir d’eux, car comme on le dit beaucoup de nos jours : « Les pauvres nous évangélisent. » « Le jour on ne cesse de frapper à ma porte, écrit-il, et la nuit qui serait le temps propice pour la prière, je m’endors misérablement » (confidence éplorée au Père Huvelin le 15 décembre 1902). Difficile équilibre à trouver entre deux exigences : une vie de relation à Dieu, son « Bien-Aimé Frère et Seigneur Jésus », et sa vie de relation aux frères. Au cours de sa vie, Frère Charles a envoyé des milliers de lettres (plus de 4 400 répertoriées) à des parents et amis, dans le souci d’aider, de réconforter, de conseiller et  d’accompagner. Il veut aimer chacun dans le cœur de Dieu. « Habituer tous les habitants chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres à me regarder comme leur frère. » Sa vie religieuse n’est pas un écran mais un creuset pour aimer davantage. Il veut aimer comme Dieu aime. Devenir « compagnon des pauvres comme Jésus » et « aller aux hommes en frère malgré leur indignité, leurs défauts, leurs vices et leurs crimes ». « Vouloir aimer, c’est aimer », écrit-il. « Plus nous aimons Dieu, plus nous aimons les hommes. ». Ces deux amours ne sont pas en concurrence mais se confortent mutuellement. Le Père Huvelin disait de son protégé qu’il avait fait « de la religion un amour ». Cela ne l’a pas empêché, pour défendre la population pauvre contre d’éventuels assaillants (le désert étant en proie aux bandes armées sur fond de Première Guerre mondiale), de conserver dans le fortin de Tamanrasset où il habite, vivres et munitions (ce qui suscitera finalement des convoitises, et provoquera indirectement sa mort).




 Des instincts novateurs. Bien avant Vatican II, Frère Charles a l’intuition qu’il faut donner aux laïcs la place qu’ils méritent dans la Sainte Église et notamment dans la mission d’évangélisation. Selon lui, ils peuvent aller là où n’entre pas le prêtre à la manière de Priscille et Aquila dans les Actes des Apôtres (chapitre XVIII), et témoigner de ce que doit être un véritable disciple de Jésus dans le monde. Il est urgent, dit-il, « d’envoyer dans les colonies d’authentiques commerçants, des cultivateurs, des artisans et non des marchands d’alcool », « des bons chrétiens des deux sexes et les conversions viendront d’elles-mêmes ». D’ailleurs, Jésus n’était-il pas un laïc ? Il met en place, peu avant sa mort, une sorte de confrérie pour évangéliser les colonies : le « Directoire ». Il se rend alors en 1913 en France pour solliciter des autorités ecclésiastiques un appui. Mais il n’y rencontre qu’un accueil mitigé, tant est novatrice son association où les adhérents sont « sans distinction de sexe, d’état, célibataires ou mariés, prêtres ou laïcs ». Une association qui comptera 45 membres affiliés, lui Charles sera le numéro 9 du groupe.


 Autre preuve de son esprit pionnier, Charles sait que l’évangélisation ne peut se dissocier d’un travail de pastorale sociale, de promotion humaine car chacun doit être respecté dans sa dignité. Il dénonce à la manière du pape François, les oublis des priorités évangéliques : « Oublier les brebis galeuses pour s’occuper des brebis grasses et dociles »… un disciple du Christ ne peut le tolérer. Écœuré par les injustices, il dénonce aussi l’esclavage qui sévit encore en Afrique du Nord avec la complicité du pouvoir français en place. Il remue ciel et terre auprès des autorités religieuses laxistes et prudentes pour arriver à l’éradication de cette « monstruosité », refusant d’être « un chien muet » par peur ou par lâcheté. Avant l’aggiornamento de Vatican II, il donne une grande importance à la Parole de Dieu qui doit nourrir la foi au risque de la voir s’étioler. Une Parole vivante qui travaille le croyant comme « la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place ».




Un « phare » au XXe siècle. Charles est tragiquement assassiné le 1er décembre 1916 aux portes de son ermitage à Tamanrasset, en Algérie. Bien que sa vie fut courte (à peine 58 ans), elle fut ô combien riche et mouvementée ! Une vie travaillée par l’Esprit souvent imprévisible, atypique par bien des aspects, mais une vie qui peut être qualifiée de résolument moderne dans son parcours spirituel. Très vite, il est considéré comme un martyr aimé de tous. Le voilà Frère universel « post mortem » qui a donné naissance à une famille spirituelle répandue dans le monde entier. Une vingtaine de groupes s’efforcent aujourd’hui de refléter au mieux certains aspects de sa personnalité riche et complexe, mais aucun, à lui seul, n’épuise la totalité de son message. Le Père Yves Congar (religieux dominicain, 1904-1995), artisan du concile Vatican II, l’a présenté, à l’instar de Thérèse de Lisieux, comme « un phare mystique pour le XXe siècle ». Quant au grand théologien Ur Von Balthasar (1905-1988), il a qualifié Charles de Foucauld comme « le signal d’une contemplation gratuite, sans égards pour les résultats immédiats mais d’une fécondité en profondeur pour l’Église ». Son procès en béatification commence dès 1927. Interrompu durant la guerre d'Algérie, il reprend ultérieurement et Charles de Foucauld est déclaré vénérable le 24 avril 2001 par Jean-Paul II. Le 13 novembre 2005 à Rome, le pape Benoit XVI le déclare bienheureux, offrant à l’Église Universelle une nouvelle icône de sainteté dans un monde en mal de repères.

La foi de nos jours n’est pas comme un acquis scellé, mais une recherche à poursuivre inlassablement. « Mon Dieu, donnez-moi la foi ! Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi » (méditations à Nazareth). Cette recherche rend Frère Charles proche des catholiques, des non-croyants, et aussi des croyants des autres religions. Il a témoigné d’une ouverture d’esprit œcuménique avant l’heure. Se trouve en lui un charisme à découvrir, une lumière, comme celle d’un « phare » qui souhaite nous aider à secouer nos torpeurs et vivre mieux d’espérance, de charité et de foi.





Marie-Christine Lacroix
Petite Sœur de l’Évangile du Père de Foucauld


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Petite Sœur Marie-Christine Lacroix a faites le samedi 27 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu


Comme Frère Charles, je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu, ce Pain qui doit nourrir ma foi, me faire découvrir le véritable visage de notre Dieu et corriger les fausses images que l’on peut véhiculer. Je m’engage à lire et à connaître cette Parole, jour après jour, à la méditer, à la prier inlassablement, à la découvrir comme la pierre précieuse qui nous est proposée.
Je peux notamment lire ce que de grands spirituels me disent sur le pain de la Parole :
-       « La Parole doit devenir chair en nous et seulement quand elle nous habite, nous devenons aptes à être missionnaires. » Madeleine Delbrêl

-       « Chercher à comprendre Dieu, c’est chercher à comprendre la manière spécifique, le mode original par lequel l’infini entre en contact avec le fini, par lequel le divin a voulu se révéler aux hommes. Dieu est alors incarné dans le livre comme une princesse prisonnière dans la tour d’un château. Le lecteur est le chevalier qui doit venir la délivrer. » Rabbin Marc Alain Ouaknin

-       « C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons. En lui, je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms A, 83)

-       « Dans l’Évangile, je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms C, 36)

-       « Ouvrir l’Écriture et la lire, c’est tendre les voiles à l’Esprit Saint sans savoir quel rivage nous aborderons. » Saint Jérôme

-       « Ce que nous en comprenons (de la Parole) est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s’abreuvent à une source. Les perspectives de la Parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime… Sa Parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle… Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce que la richesse de la Parole te dépasse… Ce que tu as pris et emporté est ta part, mais ce qui reste est aussi ton héritage. » Saint Ephrem

-       « Si tu attaches les yeux sur le Christ, tu trouveras tout en lui. Il est toute ma Parole, toute ma réponse ; il est toute vision et toute révélation. Je vous ai tout répondu, tout dit, tout manifesté, tout révélé en vous le donnant pour frère, pour compagnon, pour maître, pour héritage et pour récompense. » Saint Jean de la Croix (La montée au Carmel)

-        « D’aucuns pensent et disent : je ne suis pas moine, j’ai une femme, des enfants et les affaires de mon foyer dont j’ai la charge. Mais c’est là ce qui détruit tout : tu estimes la lecture des divines Écritures réservée aux seuls moines alors qu’elles vous seraient encore bien plus nécessaires qu’à eux. Qui vit au milieu du monde et y reçoit chaque jour des blessures, a bien plus grand besoin de remèdes. » Saint Jean Chrysostome



Proposition de formation sur la foi




Comment rencontrer les croyants des autres religions ?


Des solidarités se créent dans les épreuves. L’estime mutuelle se développe à travers les soutiens donnés et reçus. Elle rejaillit dans les relations quotidiennes où chacun garde son identité. Ces rencontres peuvent transformer durablement les mentalités. Des liens se tissent ainsi jusqu’en profondeur.

Découvrez la réponse complète de Mgr Michel Santier..






Proposition de prière




Je prie Marie avec Frère Charles


Frère Charles a été un amoureux de Marie de Nazareth, Mère du Perpétuel Secours toujours présente à nos côtés. C’est aussi la Vierge de la visitation, vocable sous laquelle nous la prions, nous, Petites Sœurs de l’Évangile du Père de Foucauld. C’est enfin la Vierge de la Sainte Famille où règne la paix.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 10 Juin 2017 - 19:18


 202 


IRÉNÉE DE LYON, UN THÉOLOGIEN PASTORAL





Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église. Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.


Repères biographiques.  La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres. Irénée nait en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple. Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère. La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation. Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année. À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison. Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église. Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire. Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ». On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse. La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr. Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397. Grégoire de Tours reprend cette tradition.  





Un théologien pastoral.  Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles. Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur. On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur. Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants. L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ. Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu. Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé. La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon). 


La mise en valeur de la tradition apostolique. Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. » Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain. La succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires. Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.




Un des premiers théologiens marials. Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »


Culte. La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée. Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône. Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide. Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.  




 Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine. Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II. L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entrainé l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.




Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Bernard Berthod a faites le samedi 10 juin 2017.


Proposition d'engagement




J'imite Marie dans son obéissance à Dieu


L’obéissance de Marie est le modèle de notre obéissance à la volonté divine. Au centre de toute obéissance, les mots de Jésus dans sa prière : « Que ta volonté soit faite. » S’engager sur ce chemin d’obéissance passe par des renoncements pour parvenir à la vraie liberté des enfants de Dieu qui, comme Marie, répondent OUI à ses appels. La foi est un trésor à préserver et à faire fructifier.

Elle implique le service de Dieu : « Suivre le Sauveur, c’est avoir part au Salut, comme suivre la lumière, c’est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu : à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle (…) La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu » (saint Irénée).




Proposition de formation sur la foi






Comment un évêque est-il nommé ?


Les procédures ont varié au cours du temps et elles varient en fonction des lieux. Seuls des évêques peuvent ordonner des évêques, en les inscrivant dans la succession des apôtres. Un évêque est « catholique », s'il est en communion avec le successeur de Pierre.

La réponse complète de Mgr Jacques Perrier.





Proposition de prière




Je récite la prière rédigée par saint Irénée afin de me trouver affermi dans ma foi.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 24 Juin 2017 - 17:21


 1274 


THOMAS D’AQUIN, UN SAVANT ET UN SAINT





Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) est un théologien catholique italien, doué pour la philosophie, grand contemplatif de la Vérité, le Verbe de Dieu. Une réelle symphonie se manifeste entre sa vie mystique et son esprit scientifique. La devise dominicaine « Contemplata aliis tradere » (« Transmettre aux autres les réalités contemplées ») découle de cette vie évangélique.


Un enfant précoce.  Alors que les demoiselles du Château de Roccasecca (région du Latium, Italie centrale) n’y arrivent pas, sa mère, Théodora, force le petit Thomas âgé de trois ans tout au plus à ouvrir sa main droite serrée : elle y trouve un papier replié. Intriguée, elle le déplie : elle y lit la salutation angélique en latin ! « Ave Maria gratia plena… » (« Salut Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni le fruit de ton ventre Jésus »). Nous sommes vers l’an de grâce 1229, à la frontière entre les États pontificaux et le Royaume des Deux-Siciles dont le roi est aussi l’empereur du Saint-Empire romain germanique, le terrible Frédéric II qui sera deux fois excommunié par l’Église pour ses mauvaises actions. Selon un usage médiéval, cet enfant précoce est donné à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin (Cassino, Italie centrale) où saint Benoît a terminé sa vie au Ve siècle, un lieu prestigieux dont la famille d’Aquin espère un jour hériter des bénéfices. Ce petit prodige, Thomas, de famille noble, ne pourrait-il pas devenir un jour abbé du Mont-Cassin ?  




La découverte des « Frères Prêcheurs »  Thomas posera une question embarrassante aux moines : « Qu’est-ce que Dieu ? » (« Quid est Deum ? ») Il mettra toute sa vie à y répondre lui-même, en élaborant une théologie pleinement chrétienne à partir de la sagesse acquise de la philosophie réaliste et de celle reçue par la révélation biblique. Mais les événements bousculent ce havre de prière et de travail : à partir de 1239, Frédéric II menace le Mont-Cassin. Après neuf ans passés comme oblat dans cette abbaye bénédictine, Thomas est envoyé par ses parents en un lieu qui leur semble sûr pour poursuivre ses études, plus au Sud, au Studium regni (qui n'est pas encore une université, mais une académie locale), à Naples. C’est un double éblouissement qui y attend le jeune homme : la philosophie d’Aristote dispensée par de vrais maîtres et la découverte d’un mode de vie tout nouveau, celui de cet ordre religieux que l’on nommera plus tard les Dominicains. Thomas est doublement conquis par leur enseignement et par leur vie régulière. Il ne voudra plus séparer deux quêtes : vérité et mendicité, et décide de prendre l’habit des « Frères Prêcheurs », ainsi qu’ils sont aussi appelés. 


Un attachement fort à l’habit blanc.  La famille d’Aquin, qui voit toujours Thomas à la tête du Mont-Cassin, s’y oppose vertement, bien qu’il dépasse les 18 ans. Le Maître de l’Ordre des Prêcheurs préfère éviter le conflit et envoie le novice Thomas vers Paris. Mais le convoi est intercepté et ce dernier est mis en résidence forcée à Roccasecca, la demeure familiale. Fort de stature, il a résisté aux soldats de l’empereur qui voulaient lui arracher son bel habit blanc dominicain. Le blanc est un signe de pauvreté par rapport au noir qui nécessite de l’encre très coûteuse à l’époque. Tout est tenté pour faire changer d’avis le jeune Thomas, même les ruses les plus grossières, charnelles. Rien n’y fait. Il ne veut pas revenir à sa robe noire bénédictine, car il a été saisi par un bien qu’il voit supérieur, l’appartenance à ce qui lui semblera « le plus semblable à l’Ordre angélique ». Un an de solitude à Roccasecca lui permet de méditer et d’assimiler intégralement la Bible et le Livre des Sentences de celui qui sera l’évêque de Paris, un théologien de renom, Pierre Lombard. Il écrira plus tard que « le bien consiste en perfection et en acte » (« bonum in perfectione et actu consistit ») (II Sentent., 35, 1, 1). Quand il retrouve sa liberté, il reprend la même direction où l’obéissance le conduisait : Paris.   


Conflits entre séculiers et réguliers.  Dans la capitale du Royaume de France, où règne alors saint Louis, les lieux universitaires pour étudier sont multiples. L’université de Paris, fondée en 1215, est rapidement dominée par les ordres religieux mendiants (surtout franciscains et dominicains). Parallèlement, le chanoine Robert de Sorbon développe un collège pour les étudiants pauvres qui portera plus tard son nom : la Sorbonne (1253). Les prêtres séculiers, liés directement aux évêques, acceptent mal de perdre des places d’enseignants universitaires devant la montée en puissance des ordres mendiants, que les jeunes vocations choisissent de préférence. Ainsi les conflits prévisibles entre séculiers et réguliers ne manqueront pas d’éclater.   


Disciple de Frère Albert le Grand.  Thomas suit les cours d’un grand savant, un saint également, Frère Albert le Grand (vers 1200-1280), lui aussi Dominicain. Celui-ci donnera son nom à la place Mauber (= Maître-Albert), à Paris. L’ordre dominicain se développe et souhaite s’implanter à Cologne : Frère Albert et Frère Thomas sont ainsi envoyés outre-Rhin.

Ils rentreront à Paris quatre ans plus tard, avant que Frère Albert ne soit choisi comme évêque de Cologne, où il retournera, mais cette fois sans Thomas. Saint Albert prendra toujours la défense de son disciple, studieux et très intériorisé, depuis le jour où des étudiants, jaloux sans doute, nommeront ce dernier « le bœuf muet de Sicile », jusqu’après sa mort où certaines de ses thèses réalistes (ou parfois leurs interprétations fautives) seront provisoirement contestées à Paris par des maîtres fatigués (1277-1325).

Au reste, ce sont les disciples de ces maîtres parisiens qui condamneront Jeanne d’Arc et favoriseront le conciliarisme, hérésie qui défend la supériorité d’un concile œcuménique (réunion des évêques en assemblée plénière, universelle) sur la primauté du Pape.
   




Un grand théologien. Blond, le teint hâlé, fort, d’une certaine corpulence, assez taciturne au début de sa vie, il a le front élevé et dégarni, le regard perçant. Thomas ne perd rien de ce qu’il apprend et accumule les succès intellectuels : il devient bachelier, puis Maître en sacrée théologie.

Il enseigne à l’université et au couvent Saint-Jacques à Paris, lieu d’études des Dominicains. Sa parole attire des foules d’étudiants avides de contemplation, de vérité. Il contribuera amplement à la réputation scientifique de la théologie enseignée à Paris. La future Sorbonne lui doit beaucoup. Son originalité est d’adapter Aristote, philosophe et grand logicien antique, fin observateur de la nature (qu’il a connu par des traductions latines des originaux grecs), à la pensée chrétienne. Le pape Jean-Paul II s’appuiera notamment sur saint Thomas dans son encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), montrant qu’il n’y a pas du tout incompatibilité entre la foi et la raison.

Dans la Somme de théologie, son ouvrage majeur, saint Thomas d’Aquin développe une méthode très rigoureuse qui expose, pour chacun des multiples aspects de la doctrine catholique, diverses objections, une réponse argumentée et les solutions aux objections précitées, prenant en compte les références bibliques, mais aussi les données de la nature. Cependant, les tensions continuent entre enseignants séculiers et réguliers et Thomas, qui a pris le parti de ces derniers, est envoyé en Italie. Son renom le précède à la cour du Pape, elle-même réfugiée à Orvieto (au nord de Viterbe), suite à des mouvements populistes à Rome.

Les papes successifs seront en admiration devant la clarté de la doctrine de Thomas. Urbain IV lui confie de rédiger les prières de la liturgie de la Fête-Dieu, créée depuis peu en l’honneur du Saint-Sacrement. Saint Thomas est ainsi l’auteur des célèbres hymnes latines Sacris solemniis (d’où est extrait le Panis angelicus), Verbum supernum (d’où vient O salutaris hostia), Pange lingua (dont plusieurs couplets forment le Tantum ergo) et de la séquence Lauda Sion, dont les textes sont tous considérés comme des modèles pour leur clarté doctrinale. La paternité de l’Adoro te devote, qui lui est attribuée, reste discutée.



Un écrivain zélé.  Il retourne ensuite à Naples, puis est envoyé pour un deuxième séjour à Paris, avant de revenir à Naples. Tout ce temps est employé à l’enseignement et à la rédaction de beaucoup d’ouvrages. Au total, il écrit, avec la même concentration, huit millions de mots, aidé désormais par des secrétaires à qui il dicte ses ouvrages.

Face à cette application, des frères lui feront croire qu’un bœuf ailé vole dans les airs. Thomas, en se penchant au dehors, sous l’œil espiègle de ceux-ci, avertit : « J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir. » Après sa messe quotidienne célébrée avec ferveur, il assiste à une seconde par dévotion, puis s’attelle à enseigner ou écrire.

Sa seule récréation : marcher seul dans le cloître, la tête haute, tout en méditant. Il ne manque jamais la prière de complies, l’ultime prière communautaire avant le coucher des religieux.

Ses œuvres recouvrent des sujets variés dont les principaux sont des commentaires de l’Écriture Sainte qui inspirent toute sa théologie, des sommes de théologie, des commentaires des Pères et d’Aristote. L’aide de Dieu ne lui manque pas pour venir à bout d’un tel travail. Il prie souvent avant de répondre à chaque question.
 




Rien que le Seigneur. Un jour son secrétaire le supplie à genoux de dire avec qui il s’entretenait, la nuit précédente, sur un texte du prophète Isaïe. Thomas aurait préféré garder le secret, mais l’appel à la charité finit par le faire céder. Il avoue en pleurant à son Frère Réginald que ce sont les saints Pierre et Paul eux-mêmes qui l’ont instruit.

Le sacristain de Naples témoignera avoir vu, un matin avant Matines, saint Thomas soulevé de terre, et avoir entendu le crucifix déclarer au Docteur angélique : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. Quelle récompense veux-tu de moi en échange ? » Qu’aurions-nous répondu à une telle demande…? Le saint répond sans hésitation : « Rien d’autre que toi, Seigneur. » Ces extases finissent par l’épuiser. Il déclare dans ses écrits n’être que de la paille en comparaison de ce qu’il a contemplé.

Ce qu’il a aperçu mystiquement est à sa théologie scientifique ce que grain est à la paille. Les grains de l’épi, qui prolongent la paille si nécessaire à ceux-ci, valent tout simplement plus que le chaume. La perfection de l’homme s’avère surtout surnaturelle : elle ne se développe que sur la croix.



Un saint parmi les savants. Il cesse d’écrire sauf lorsque la charité l’y contraint. Dette à l’égard de son origine bénédictine, il offre une dernière expertise théologique à l’abbé du Mont-Cassin, alors qu’il passe tout prêt, en se rendant au concile de Lyon (7 mai-17 juillet 1274) où il est convoqué, mais qu’il n’atteindra pas. Heurté par une branche sur la route alors qu’il monte un âne, il doit s’aliter chez sa sœur qui lui fait offrir providentiellement, à sa demande, des harengs frais qui ne sont pas de saison.

Il demande pourtant d’achever ses jours dans une maison religieuse : l’abbaye cistercienne Sainte-Marie de Fossanova n’est pas loin. La Vierge Marie lui procure son dernier havre. Il y médite encore le Cantique des Cantiques et puis rend son âme à Dieu en recevant une dernière fois le viatique (la communion eucharistique reçue pour le grand passage d’ici-bas vers l’au-delà) dans une admirable fidélité à la sainte Église : « J’ai beaucoup écrit et enseigné au sujet de ce très saint corps et des autres sacrements dans la foi du Christ et de la Sainte Église romaine, à la correction de laquelle j’expose et je soumets tout. » (6 mars 1274)





 Il meurt le 7 mars 1274, à 49 ans, l’âge de saint Basile le Grand (†379), le moine dont saint Benoît se déclare tributaire (cf. Règle 73, 5). Canonisé le 18 juillet 1323, il est proclamé docteur de l’Église par le pape saint Pie V en 1567, peu après la fin du concile du Trente.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris, remet au goût du jour les études thomistes et déclare que les écrits de Thomas d'Aquin expriment adéquatement la doctrine de l'Église. Le pape fait de lui le patron des universités et des écoles catholiques. « Le plus saint parmi les savants et le plus savant parmi les saints » (Bienheureux Paul VI), débutait ainsi une renommée ininterrompue qui fera de lui le « Docteur commun » de la théologie, le plus recommandé, entre tous, par l’Église catholique aujourd’hui (cf. concile Vatican II, Optatam Totius, 16 ; Gravissimum Educationis, 10).

Saint Thomas d’Aquin est fêté le 28 janvier, jour anniversaire de la translation de son corps dans l’église des Jacobins à Toulouse en 1369. Trop peu de gens savent que le Docteur angélique est enterré en France !





Frère Édouard Divry, o.p.
Docteur en théologie, Dominicain de la Province de Toulouse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Édouard Divry a faites le samedi 24 juin 2017.


Proposition d'engagement




Je prie Marie et les Apôtres pour les théologiens

Prier aux fêtes de la Vierge Marie et aux grandes fêtes des Apôtres (Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Thomas, Matthieu, Philippe et Jacques le Mineur, Barthélémy, Simon le Zélote et Jude, Matthias) pour les théologiens, qu’ils soient fidèles au Saint-Esprit et qu’ils aident l’Église à proclamer la Vérité et à mieux la comprendre.

Prier aussi saint Michel Archange pour qu’existe un enseignement réaliste qui prépare l’intelligence à mieux expliciter l’expression de la foi.

Pour découvrir un jour plus profondément saint Thomas d’Aquin et l’imiter, la province de Toulouse et celle de Saint-Joseph (Washington D. C., États-Unis) ouvrent leurs portes aux vocations masculines pour être Frères Dominicains. De nombreuses communautés dominicaines féminines existent aussi, contemplatives ou actives.



Proposition de formation sur la foi



Comment la philosophie sert-elle la théologie ?

Saint Thomas d’Aquin montre que la doctrine sacrée a besoin de la philosophie pour consolider les préambules de la foi, pour expliciter ses réalités par le langage analogique et pour contredire les arguments avancés contre elle.

Découvrez la réponse complète du Père Édouard Divry, op.





Proposition de prière



Je prie et médite la prière au Saint-Sacrement dans sa forme primitive (on tutoyait Dieu en latin), l’un des cinq hymnes eucharistiques attribués à saint Thomas : Adoro Te Devote.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 8 Juil 2017 - 15:47


 1907 


SŒUR MARIE-MARTHE CHAMBON, APÔTRE DES SAINTES PLAIES





De ses nombreuses rencontres avec Jésus-Christ, Sœur Marie-Marthe Chambon (1841-1907), religieuse savoyarde, a reçu la mission de faire connaître à tous la dévotion au chapelet des Cinq Plaies.


Une enfant modeste et pieuse.  Le 6 mars 1841, Françoise Chambon naît à la Croix Rouge, petit hameau en bordure de Chambéry (Savoie), dans une famille très pauvre (on dirait aujourd’hui « en dessous du seuil de pauvreté »).

Elle est baptisée le même jour. La maison où elle voit le jour, c’est-à-dire une misérable cahute au toit de chaume et au sol de terre battue, existe toujours. Une plaque commémorative a été posée le 15 septembre 2012 à l’initiative des Sœurs de la Visitation de Marclaz (Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Françoise est l’aînée d’une sœur et de six frères (dont un mort au berceau). Bien que très pauvres des biens de ce monde, ses parents sont riches des valeurs du cœur humain et de la foi chrétienne qu’ils savent transmettre à leurs enfants : droiture, bonté, honnêteté, sens du travail, piété solide.



Première rencontre avec Jésus.  Régulièrement, Françoise participe à la prière du chapelet chez sa tante ou au chemin de Croix de la paroisse (actuelle église Saint-Pierre de Lémenc, à Chambéry). C’est là que Jésus vient la rejoindre et l’appeler déjà à vivre dans son mystère d’abaissement et de pauvreté.

C’est au cours d’un chemin de Croix le Vendredi-Saint (elle a 8 ou 9 ans), qu’elle voit pour la première fois Jésus attaché à la Croix, tout couvert de sang, tout déchiré « selon ses propres dires ». Aucune parole dans cette vision, mais elle ressent un ardent désir de le suivre.

Jésus grandit dans son cœur. Pour lui prouver son amour, rien ne lui semble trop difficile : elle demande à sa mère comme une faveur de prendre sa soupe sans beurre, elle se lève aussi la nuit pour prier jusqu’à ce qu’on l’oblige à se recoucher. C’est une façon à elle de se préparer à recevoir pour la première fois Jésus dans la communion eucharistique – une préparation que vont parfaire sa tante et le curé de la paroisse. Ces éléments de catéchisme seront les seuls qu’elle possédera jusqu’à son entrée au monastère ; durant son enfance pauvre et laborieuse, elle n’aura jamais le loisir d’apprendre à lire et à écrire.



Une relation intime avec le Christ.  Le 8 septembre 1850, arrive le grand jour de sa première communion. Ici, une nouvelle faveur sera déterminante pour toute sa vie : elle voit l’Enfant Jésus qui lui promet de lui tenir compagnie et de la visiter ainsi à chaque communion.

Pour qualifier les bienfaits de la communion eucharistique, elle se contente de dire : « On a le paradis dans le cœur ! » Un paradis qui ne la quitte pas lorsqu’elle travaille aux champs pour aider ses parents : « Nous étions toujours ensemble », dira t-elle, en parlant de l’Enfant Jésus.

Déjà, on voit se dessiner les grands attraits de sa vie. Pauvreté de Jésus dans la crèche, dans sa vie cachée à Nazareth. Pauvreté de Jésus dans l’hostie. Pauvreté de Jésus sur la Croix : richesse infinie contenue dans sa Passion, dans ses Saintes Plaies qui sont comme des paroles silencieuses de son Amour rédempteur pour chaque âme. Les entendre et les transmettre, voilà le trésor de la petite Françoise que Jésus va lui dévoiler tout au long de sa vie. Un trésor qu’elle veut nous faire partager encore aujourd’hui.





Une mission liée aux Saintes Plaies.  Peu après la réunion de la Savoie à la France (1860), Françoise est admise au Tiers-Ordre de Saint-François-d’Assise (1861), puis choisit finalement en février 1862 d’entrer à la Visitation de Chambéry, à proximité immédiate de l’église de son enfance, où la supérieure l’admet comme aspirante au rang des Sœurs converses (c’est-à-dire parmi les Sœurs chargées des travaux domestiques et du pensionnat du monastère).

« Je voulais n’être occupée que de Lui, ne penser qu’à Lui », dira-t-elle. Le 29 avril 1863, après neuf mois de postulat, Françoise Chambon reçoit avec le voile blanc le nom de Marie-Marthe, si bien approprié à celle qui devait unir au labeur quotidien incessant, une « rare intensité de vie intérieure », selon l’expression de ses premières biographes.

Sa vie laborieuse et cachée est le terreau de cette vie intime particulièrement développée. Unie très profondément à Jésus dans le mystère de sa Sainte Enfance et celui de sa Passion, elle déclare avoir reçu de lui une « mission » : « celle d’invoquer sans cesse personnellement les Saintes Plaies et celle de raviver dans le monde cette dévotion ». Le 2 août 1864, en la fête de Notre-Dame des Anges, Sœur Marie-Marthe se lie irrévocablement à Jésus par la profession religieuse. Elle a 23 ans.




L’épreuve d’une voie peu commune.  À partir de mai 1866, Dieu se manifeste à Sœur Marie-Marthe de façon extraordinaire, accompagné par la Vierge Marie, les Anges et de nombreux Saints. « Monsieur le Curé me permettait souvent de communier. Quelquefois, c'était la Sainte Vierge qui me donnait son petit Jésus. Un jour de la Nativité, le Saint-Sacrement était exposé ; après la grand'messe, je suis restée et j'ai vu la Sainte Vierge. Elle avait son petit Jésus et elle me l'a donné. »

Pendant 25 ans environ, ce sont des visions, des paroles intérieures qu’elle transmet fidèlement à ses deux Supérieures successives : Mère Marie-Alexis Blanc et Mère Thérèse Eugénie Revel. Épreuve pour Sœur Marie-Marthe et son humilité, cette voie peu commune est aussi une épreuve pour le discernement de celles qui la dirigent. S’appuyant sur les conseils de sages guides spirituels, Mère Eugénie Revel et Mère Marie-Alexis Blanc acceptent par obéissance de recueillir fidèlement par écrit ce que leur transmet Sœur Marie-Marthe de la part du Seigneur.

Les autres Sœurs de la communauté n’en sauront jamais rien… mais elles remarquent la piété profonde de Sœur Marie-Marthe, son activité étonnamment débordante au pensionnat, à l’entretien des pièces du monastère et au jardin. « Elle fait le travail de deux Sœurs », disent-elles en parlant de Marie-Marthe.

Ses défauts naturels dont elle ne se défait pas cachent ses dons exceptionnels, ainsi que toutes les grâces qu’elle obtient pour le monastère, les âmes du Purgatoire, les malades, et tous ceux pour qui elle invoque Notre Seigneur. Au début du premier cahier (il y en aura quatre), Mère Eugénie Revel écrit ceci : « Dieu semble avoir choisi cette humble fille pour renouveler la Dévotion aux Saintes Plaies de Notre Seigneur, les faire valoir en les offrant continuellement pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du Purgatoire. Les Saintes Plaies lui sont montrées de manière sensible, aux yeux de son âme tous les jours, plusieurs fois. »
 




La Passion.  Jésus semble vouloir l’associer plus étroitement à sa Passion. En septembre 1866, Sœur Marie-Marthe, à sa demande, obtient de sa supérieure la permission de passer ses nuits en prière, auprès du Tabernacle ou dans sa cellule, allongée sur le plancher avec un cilice (ceinture parfois à clous à porter serrée sur la cuisse) et une couronne d’épines. Cela lui est accordé après beaucoup d’épreuves et de signes qui confirment la volonté expresse de Jésus.

Le 18 avril 1867, Jésus demande à Soeur Marie-Marthe la communion journalière. En septembre de la même année, lorsque sévit en Savoie une nouvelle épidémie de choléra, la prière des Saintes Plaies demandée par Jésus est mise sous la forme de « Rosaire des Saintes Plaies » par les supérieures (1868). C’est aussi à cette époque que Jésus demande l’Heure Sainte du vendredi pour honorer ses Cinq Plaies.

Les 25, 26 et 27 septembre 1867, Sœur Marie-Marthe reçoit des révélations sur le mystère de la Trinité, la Crèche et la Croix (triduum de grâces). Le 17 octobre, Soeur Marie-Marthe scelle son offrande aux Saintes Plaies pour le monde entier et le bien de sa communauté entre les mains de sa supérieure Thérèse-Eugénie Revel :
« Je, Soeur Marie-Marthe Chambon, promets à Notre-Seigneur Jésus-Christ de m’offrir tous les matins à Dieu le Père, en union avec les Divines Plaies de Jésus Crucifié, pour le salut du monde entier et pour le bien et la perfection de ma Communauté. Je l’adorerai dans tous les coeurs qui le reçoivent dans la Sainte Eucharistie…

Je le remercierai de ce qu’Il veut bien venir dans tant de cœurs qui sont si peu préparés. Je promets à Notre-Seigneur d’offrir toutes les 10 minutes – avec le secours de sa grâce et en esprit d’obéissance – les Divines Plaies de son Sacré Corps au Père Éternel… d’unir toutes mes actions à ses Saintes Plaies, selon les intentions de son Cœur adorable, pour le triomphe de la Sainte Église, pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire, pour tous les besoins de ma communauté, ceux du noviciat, du pensionnat et en expiation de toutes les fautes qui s’y commettent. Tout ceci par amour, sans obligation de péché (en cas d’oubli). "Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes." Telle est la formule de cette offrande. »


Les 22 et 23 octobre 1867, la confirmation de la dévotion des Saintes Plaies au sein de l’Ordre de la Visitation est donnée à Soeur Marie-Marthe en plusieurs visions.
   




Une fin douloureuse. À partir du 25 janvier 1869 jusqu’au mois de septembre 1873, Sœur Marie-Marthe ne vit que de l’Eucharistie, son seul aliment pendant quatre ans.

Le 12 juin 1874, les stigmates extérieurs lui sont donnés. Les dernières années de sa vie (1893-1907), Sœur Marie-Marthe connaît l’épreuve de la nuit, le silence de Dieu ; ce qui ne ralentit pas sa ferveur ni son activité. C’est le temps du silence des semailles, de l’enfouissement…

Le 13 février 1907, elle reçoit l’Extrême onction et vit l’offrande de cinq semaines d’une maladie très douloureuse. Le 21 mars 1907, Jésus vient la chercher aux premières vêpres de la Compassion de la Vierge Marie. Après ses funérailles le 23 mars, l’inhumation a lieu au cimetière de la ville puis, quelques années plus tard, dans la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs à Lémenc. Aujourd’hui, les restes de Sœur Marie-Marthe reposent à la Visitation de Thonon-les-Bains.



Vers la béatification ?  En même temps que se répand la dévotion aux Saintes Plaies (autorisée par le pape saint Pie X en 1908), s’étend le renom de son humble apôtre, ainsi que la confiance en son crédit auprès de Dieu. Procurer la gloire de Dieu, le Salut des âmes, telle était son unique ambition : « Mon Jésus, j’ai soif des âmes pour votre gloire », disait-elle. Un procès pour la béatification de Sœur Marie-Marthe avait été ouvert de 1934 à 1936.  




Les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains ont faites le samedi 8 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je prie le chapelet des Saintes Plaies

Nous vous proposons cette semaine de prier le chapelet des Saintes Plaies.

Pour commencer le chapelet (1 fois)

I/. Ô Jésus, divin Rédempteur, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier.
R/. Amen.
I/. Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous et du monde entier.
R/. Amen.
I/. Ô Père Eternel, traite-nous avec miséricorde par le Sang de Jésus, ton Fils unique ; traite-nous avec miséricorde, nous t’en conjurons.
R/.
Amen.


Sur le gros grain : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ pour guérir celles de nos âmes.

Entre chaque dizaine, on peut contempler une des cinq Plaies de Jésus et nommer une intention particulière.

Sur les petits grains : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de tes Saintes Plaies.

À la fin du chapelet, on répète trois fois : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes.

(Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Rome, le 23 mars 1999).



Proposition de formation sur la foi



Comment vivre aujourd'hui l'ecclésiologie de communion ?

La véritable communion n’est pas affaire de sentiment ou de signes seulement, mais elle passe essentiellement par un juste rapport à la vérité divine, au mystère sacramentel, et au droit.

Découvrez la réponse complète du Père Louis-Marie de Blignières.





Proposition de prière




Je prie la prière de béatification pour Sœur Marie-Marthe Chambon.




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Dernière édition par Lumen le Sam 19 Aoû 2017 - 13:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Juil 2017 - 20:56


 1841 


SAINT PIERRE CHANEL, PREMIER MARTYR D’OCÉANIE





Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire. Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.


Un enfant pieux devenu curé de paroisse.  Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain). Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe.

L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans. Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane. Plus tard, il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. » À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron.

Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain). Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain). Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté. Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.





Missionnaire de Marie.  Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875).

Il y entre en 1831. Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire. Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.



Martyr à Futuna. Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis. Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée. Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants. À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux. Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation.

Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ». En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix. Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage. Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir.

Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement. C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire : « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! » Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure. La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême.

Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert. Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli. » Il aimait dire : « Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».

En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle. Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie).





La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel. La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont « Jésus » et « Marie ». Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire. Sa devise était : « Aimer Marie et la faire aimer. » N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre. Il y a comme une véritable respiration chrétienne. En inspirant, j’apprends à aimer Marie : je reçois ! En expirant, j’apprends à faire aimer Marie : je donne ! Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ. « Aimer Marie » : afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ ! « Faire aimer Marie » : c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon ! Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras. Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. »


Cuet, un sanctuaire à vocation universelle. L’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré. Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.

Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié : « Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. » La Potière est un hameau de Cuet. Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux. C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet. Pourquoi rappeler cela ? Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même.

C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel. Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle. En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel. Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.
 




Retourner en Galilée. À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte. Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon. De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel. On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus : « L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »

Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :

-        L’accueil des racines de notre vie.
-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.

Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous. Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.



Des missionnaires de la Miséricorde. Posons-nous quelques questions… Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ? Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus. Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ? Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde. D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi. Que deviendrons-nous ? Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères. Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père. 




Abbé Pierre Le Bourgeois
Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'abbé Pierre Le Bourgeois a faites le samedi 22 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je demande à saint Pierre Chanel de m'aider à être un disciple missionnaire

Demander à saint Pierre Chanel de nous aider à être des disciples missionnaires là où nous vivons. Pour cela, il nous faut nous enraciner dans la prière et nous mettre au service de nos frères à la suite du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous (Galates II, 20).


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi l’œcuménisme des martyrs est-il le plus convaincant ?

Les chrétiens sont capables de mourir ensemble pour le même Christ : ne pourraient-ils pas vivre ensemble ?
Cet œcuménisme des martyrs doit inciter les communautés chrétiennes à la réconciliation, comme l’a fait Jean-Paul II.

Découvrez la réponse complète de Didier Rance.





Proposition de prière


Invoquons le Seigneur afin que nous devenions les témoins d’une vie nouvelle.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 29 Juil 2017 - 21:21


 1641 


SAINTE JEANNE DE CHANTAL, AU SERVICE DES PAUVRES




Après la mort de son mari à la suite d’un accident de chasse, Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) s’oriente vers la vie religieuse guidée par saint François de Sales et fonde avec lui l’ordre de la Visitation (1610) à Annecy (Haute-Savoie), devenant ainsi la première Sœur visitandine.


La tendresse d’un père.  Née à Dijon le 23 janvier 1572, au temps des Guerres de religion, Jeanne-Françoise Frémyot n’a pas connu sa mère, décédée lorsqu’elle avait 15 mois. Elle reçoit de son père, Bénigne Frémyot, président du Parlement de Dijon, une excellente éducation à la foi. Il lui fait prendre conscience du commandement d’amour du prochain : « Si je n’aimais pas les pauvres, il me semble que je n’aimerais pas Dieu. »

Dieu le Père, Jeanne le rencontre tout au long de sa vie. Elle en a la révélation dans le comportement de son père, qui sait l’accueillir dans les nombreuses épreuves qui ne l’ont pas épargnée. « La tendresse de son père était le signe de la tendresse de Dieu… », a pu dire le père François Mercier, recteur et aumônier du monastère de la Visitation à Annecy à la fin du XXe siècle.  



Une foi intense.  Nous sommes à Dijon à la fin du XVIe siècle. Jeanne s’élance dans la pièce où se trouvent en conversation des invités catholiques et réformés auxquels le président du Parlement ouvre ses portes en dépit de cette période d’affrontement. « Voici des amandes glacées pour vous, Jeanne », propose l’un des invités appartenant à la Réforme. Les adultes engagent une discussion au sujet de l’Eucharistie. « Moi je ne peux pas croire que Jésus soit réellement présent dans le Saint-Sacrement », annonce l’ami de son père. Soudain Jeanne, âgée seulement de cinq ans et qui a attentivement écouté cette discussion, jette les bonbons dans la cheminée en lui déclarant : « Je ne veux pas de vos sucreries, parce que vous ne dites pas la vérité ! Si vous ne le croyez pas, vous faites de Jésus un menteur ! » Puis elle entreprend de faire changer sa position. Cette scène illustre de façon plaisante son sens des petits sacrifices et sa maturité précoce. « Il faut croire, Monsieur, que Jésus est au Saint-Sacrement de l’autel, puisqu’il l’a dit ! » Cette exclamation montre la profondeur de l’enseignement paternel et la foi intense qui anime Jeanne. Elle est pleine de confiance, d’espérance, d’abandon à Dieu ! Elle exprime ici la vivacité du désir de témoignage qui l’habite et que d’autres hommes ont vécu avant elle. Commentant le texte de saint Luc (XXII, 19) : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous », saint Cyrille (IVe siècle) déclarait ainsi : « Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que Lui, qui est la Vérité, ne ment pas » (in Catéchisme de l’Église Catholique). Saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) assurait quant à lui : « La présence réelle du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, on ne l’apprend point par les sens mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité de Dieu. »




Une âme charitable. Jeanne de Chantal, épouse du Baron Christophe de Chantal et mère de famille de six enfants (dont le père de Madame de Sévigné, célèbre femme de lettres), souhaite être reliée autant sur le plan spirituel que sur le plan matériel aux paroissiens de toutes conditions de Bourbilly (Côte-d’Or), insistant auprès des membres de sa famille pour qu’ils se rendent à la messe du village le dimanche...

Position de principe assez singulière pour les élites de ce temps, comme le soulignent les historiens, et qui démontre chez la sainte un souci très moderne d'unité de tous dans la foi en Jésus-Christ. Jeanne de Chantal, comme laïque, évangélise ceux qui la côtoient en aidant les pauvres, en priant chaque jour, en allant à la messe quotidiennement. « Nous ne pouvons pas toujours offrir à Dieu de grandes choses, mais nous pouvons à tout instant lui en offrir de petites, avec un grand amour. » L'amour de Dieu doit se vivre dans la situation concrète qui est la nôtre chaque jour. Comme sainte Jeanne nous y incite : « Cheminons par ces basses vallées des humbles et petites vertus. Nous y verrons des roses entre les épines, les lis de pureté et les violettes de la mortification... Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. » « L’œuvre de piété où elle parut la plus attentive durant le temps de son mariage, fut la miséricorde envers les pauvres », dira Mère de Chaugy, petite nièce de Jeanne de Chantal, visitandine comme elle et sa première biographe.





La rencontre avec saint François de Sales. Dès 1604, apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés. Veuve depuis 1601, la baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme.

François de Sales, devenu son directeur de conscience à la suite de saint Vincent de Paul, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière. La vocation de Jeanne est un chemin tout intérieur fait en pleine liberté. Ce chemin n’est pas exempt de nombreuses difficultés et hésitations ; il lui prend plusieurs années. François lui recommande trois vertus : la patience, la persévérance et l’humilité. « Le sage loue de cela la femme forte, lui écrit François le 6 août 1606, ses doigts ont manié le fuseau ! Filez tous les jours un peu, mais gardez-vous de vous empresser car vous entortilleriez votre fil à nœud et embarrasseriez votre fuseau. »

Face à certaines hésitations de Jeanne, François affirme : « Vos impuissances vous nuisent beaucoup car, dites-vous, elles vous gardent de rentrer en votre vie intérieure et de vous approcher de Dieu. C’est mal parler sans doute. Dieu veut que notre misère soit le trône de sa miséricorde et nos impuissances le siège de sa toute-puissance. » Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants (les deux premiers n’ont pas survécu), à découvrir et à choisir le plan de Dieu. Après quelques années, il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé. ]
 




La fondation de l’ordre de la Visitation. Le 6 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une Sœur tourière (chargée des relations avec le monde extérieur), Anne-Jacqueline Coste.

François se contenta de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régissait, et du Saint Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les Sœurs oblates de la Sainte Vierge ». Saint François prend rapidement référence sur la Visitation, mystère joyeux de la vie de la Vierge Marie, qui se met au service de sa vieille cousine Élisabeth enceinte de Jean Baptiste (Luc I, 39-56). Pour lui, « l’esprit de la Visitation est un esprit de profonde humilité envers Dieu et d’une grande douceur envers le prochain ».

Au bout d’un an, les quatre novices s’engagent définitivement. Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616, l’archevêque de Lyon expose le souhait que les Sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux. Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy. À la mort de François de Sales le 28 décembre 1622, l’ordre compte treize monastères.





Sainte Jeanne de Chantal est rappelée à Dieu le 13 décembre 1641 à Moulins (Alllier), au retour d’un voyage fatigant. À sa mort, l’ordre comprend déjà 87 monastères dans l’Europe entière. Elle fut béatifiée le 21 novembre 1751 par Benoît XIV et canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767. Elle est la patronne et protectrice des personnes oubliées, des repris de justice, des mères de famille, et des veuves. Ses restes sont conservés avec ceux de saint François de Sales dans la basilique de la Visitation à Annecy. Longtemps fêtée le 12 décembre, sa fête liturgique est fixée au 12 août depuis 2003. 





Père Arnaud Bancon
Prêtre de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris 16e


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Arnaud Bancon a faites le samedi 29 juillet 2017.


Proposition d'engagement




J'essaie de répondre à l'appel de sainte Jeanne de Chantal

Cette semaine, j’essaie de répondre à l’appel de sainte Jeanne de Chantal qui propose avec ferveur et confiance en Dieu amour : « Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. »

Voici quelques liens pour vous aider dans cet engagement :

http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-malades_r46.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-sans-abris_r48.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-demunis_r47.html


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi et à qui donner de son argent ?

Donner est un devoir essentiel du chrétien, car nos biens nous sont confiés en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilité de déterminer combien et à qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.

Découvrez la réponse complète de Pierre de Lauzun.





Proposition de prière


Prions ensemble sainte Jeanne de Chantal pour que les plus démunis reçoivent l’aide de généreuses âmes.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 5 Aoû 2017 - 14:20


 1221 


SAINT DOMINIQUE CONFIE SON ORDRE À LA VIERGE MARIE




Dès sa naissance au XIIIe siècle, la famille religieuse fondée en France par saint Dominique (après 1170-1221), ou Ordre des Prêcheurs, témoigne d’un lien particulier avec la Mère de Dieu. À partir du XVe siècle, la prédication du Rosaire donne un nouvel élan marial au monde chrétien.


Contre les hérésies. En 1203, l’évêque castillan Diègue d’Osma et son chanoine Dominique découvrent l’ampleur et la gravité des dissidences religieuses qui ont pris racine sur les terres du comte de Toulouse et de ses voisins, dans tout le Sud-Ouest de la France actuelle. À partir de 1206, les deux hommes parcourent la région délimitée par les Pyrénées, au Sud, et les villes d’Albi, de Toulouse et de Montpellier, à l’Ouest et au Nord. L’unité de l’Église est mise à mal dans ces contrées par l’hérésie des « parfaits », appelés ultérieurement et de manière inadéquate « cathares », remettant en cause toutes les grandes croyances de la chrétienté médiévale (unicité de Dieu, hiérarchie de l’Église, sacrements). Les deux Espagnols investissent toutes leurs forces dans une campagne de prédication humble et itinérante. La tâche est rude. En 1208, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau sur les rives du Rhône a entraîné la « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques. Au cœur de ces terres ravagées par l’hérésie et la guerre, sans prendre part à la croisade, Dominique regroupe pourtant à Prouilhe (actuelle commune de Fanjeaux, Aude) des femmes, naguère « parfaites », revenues dans la pleine communion ecclésiale pour y mener une vie de type monastique.




Des Frères itinérants. En 1217, Dominique de Caleruega décide de disperser la quinzaine de Frères qui l’ont rejoint à Prouilhe (puis à Toulouse) afin d’y mener une vie de prêcheurs itinérants. Après avoir obtenu l’approbation de l’évêque de Toulouse, Foulque, puis les encouragements des papes Innocent III et Honorius III, Dominique offre ainsi à l’Église et à ses pasteurs l’aide de prédicateurs bien formés intellectuellement, assoiffés du Salut des hommes et désireux pour cela de porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, comme de conforter dans leur foi ceux qui faiblissent ou fatiguent. Dominique sait que « les semences dispersées portent du fruit et qu’entassées elles pourrissent », précise la légende de Pierre Ferrand.

Pauvres et mendiants, ses fils sont disponibles pour aller là où on les appelle. L’Ordre des Prêcheurs naissant (on parlera ultérieurement de Dominicains) prend donc une dimension internationale en envoyant des Frères à Paris, à Rome puis à Bologne (nord de l’Italie), en Espagne et bientôt jusqu’aux confins du monde habité. La Vierge Marie accompagne les compagnons de Dominique sur les routes et dans leurs prédications. C’est sous le patronage de Notre Dame qu’est placé le monastère de Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux. Lors du procès de canonisation, un témoin affirme que sur les routes d’Italie, Dominique « toujours joyeux dans les tribulations, louait et bénissait le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».



Une protectrice spéciale. C’est grâce à une intervention miraculeuse de la Vierge Marie qu’un ecclésiastique de haut-rang, Réginald d’Orléans (o.p., † 1220), guérit de la maladie qui l’avait frappé alors qu’il hésitait à délaisser sa carrière universitaire pour embrasser une vie de prédication et de pauvreté. L’épisode est rapporté par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, dans un Petit livre sur le commencement de l’Ordre. Comme un bon médecin, la Mère du Seigneur vint lui faire des onctions salvatrices de la tête aux pieds en disant : « J’oins tes pieds avec l’huile sainte, pour qu’ils soient prêts à annoncer l’Évangile de paix. » C’est l’invitation de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Éphésiens (VI, 15).

Remis debout, vêtu de l’habit blanc des Prêcheurs, Réginald est envoyé par Dominique à Bologne où il prêche avec grand succès. En 1221, à quelques mois de sa mort, Dominique se voit confier une nouvelle mission par le pape Honorius III. Il doit convaincre les moniales de plusieurs monastères romains de se rassembler dans un couvent jouxtant la basilique Saint-Sixte de Rome (Italie), le long de la via Appia, pour y vivre en suivant la règle établie à Prouilhe. La communauté de Sainte-Marie in Tempulo résiste. Les Sœurs refusent de s’établir ailleurs si elles ne peuvent emporter avec elle l’image de la bienheureuse Vierge qu’elles vénèrent. Dominique y consent : il comprend et partage cet attachement des Sœurs. Celles-ci déménagent le 28 février 1221 et l’image de la Vierge est apportée à Saint-Sixte la nuit qui suit leur entrée dans leur nouvelle clôture. On craint en effet les réactions de Romains réticents devant cette translation. Mais la discrétion du transfert n’exclut pas la ferveur et la confiance en Marie.

Une moniale, témoin de l’épisode, raconte que « le bienheureux Dominique, accompagné de deux cardinaux : le seigneur Nicolas et le seigneur Étienne, dont il avait ressuscité le neveu, et d’une foule considérable, tous pieds nus, escortés de nombreux porteurs de torches, la portait sur ses épaules à l’église de Saint-Sixte. Les sœurs, pieds nus, l’attendaient en prière ».





Marie, avocate. Sœur Cécile, moniale romaine de Saint-Sixte et contemporaine de Dominique, relate encore une vision de l’homme de Dieu qui confirme la protection spéciale de la Vierge Marie sur l’Ordre des Prêcheurs. Une nuit, après avoir prié longuement dans l’église déserte, il se rend à l’extrémité du dortoir des Frères pour continuer son oraison. Trois dames s’approchent. La plus belle et la plus digne porte un vase de prix. Une de ses compagnes lui tend un aspersoir avec lequel elle bénit chacun des Frères endormis en traçant sur lui le signe de la croix. Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom : « Je suis celle que chaque soir vous invoquez, et lorsque vous dites : Eia ergo, advocata nostra (NDLR : « Ô vous, notre Avocate », paroles du Salve Regina), je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre », répond la Vierge. Très tôt, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.  




La Mère des Prêcheurs. Revenu à sa prière, poursuit sœur Cécile, Dominique est ravi en esprit devant Dieu. La Vierge Marie est assise à sa droite, vêtue d’une chape de couleur saphir. Des religieux de tous les ordres contemplent le Seigneur et sa Mère mais on n’y voit pas de Prêcheurs.

Dominique pleure amèrement. Marie et son Fils l’appellent et lui demandent les raisons de sa tristesse. « Veux-tu voir ton ordre ? », lui demande Jésus. « Oui, Seigneur », répond Dominique en tremblant. Et, raconte la moniale, « le Seigneur mettant la main sur l’épaule de la bienheureuse Vierge, dit au bienheureux Dominique : j’ai confié ton ordre à ma mère. » La Vierge ouvre alors la chape qui la couvrait, si vaste « qu’elle semblait couvrir toute la patrie céleste » et, abritée dans les plis de ce manteau, Dominique voit une grande multitude de Frères. « La bienheureuse Vierge Marie fut l’aide principale dans la fondation de l’Ordre, et l’on espère qu’elle le conduira à bon port », écrit Humbert de Romans, quatrième successeur de saint Dominique. La Mère du Verbe est aussi la Mère des Prêcheurs.





Et la prière du Rosaire ? Le mot rappelle une guirlande de roses dont on couronne la Vierge Marie. Ces fleurs sont en réalité chacune des prières que le croyant récite pour méditer les mystères de la vie du Christ en unissant sa prière à celle de sa Mère. Depuis l’époque moderne jusqu’à nos jours, d’innombrables images représentent la Vierge donnant un chapelet à saint Dominique avec mission pour lui de le répandre à profusion.

Déjà au XIIIe siècle, des Frères répétaient des Je Vous Salue Marie, généralement par multiple de dix, en accompagnant cette salutation d’inclinations, de génuflexions, de prostrations. Le bienheureux Romée de Livia (o.p., † 1261), qui avait connu personnellement saint Dominique, fut enterré, d’après le témoignage de Bernard Gui (o.p., 1261-1331), tenant à la main la cordelette à nœuds qui lui servait à compter les 1000 Ave Maria dont il saluait chaque jour la Vierge.

Au XVe siècle, un Dominicain enthousiaste et inventif, Alain de la Roche (vers 1428-1475), met définitivement en forme le Rosaire. Il a l’idée de faire de la récitation du psautier de la Vierge, composé de 150 Ave entrecoupés de Pater, l’obligation principale de la Confrérie de la Vierge et de saint Dominique qu’il fonde à Douai (actuel département du Nord) en 1470.

Le succès est immédiat et, depuis lors, rosaire, chapelet, dizainier accompagnent la vie des chrétiens. La méditation des mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Seigneur et de sa Mère permet de lire l’Évangile avec les yeux de Marie. En 1571, c’est à l’intercession de Notre Dame du Rosaire que le pape dominicain saint Pie V attribue la victoire remportée le 7 octobre à Lépante (Grèce) par les princes chrétiens opposés aux Turcs ottomans. Le 16 octobre 2002, par sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II enrichit le cycle des mystères en instituant des mystères lumineux.  
 






Père Augustin Laffay O.P.
Dominicain - historien


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Augustin Laffay O.P. a faites le samedi 5 août 2017.


Proposition d'engagement




Je visite les « lieux saints » dominicains de Toulouse et du Lauragais

- Monastère de Prouilhe F-11270 Fanjeaux http://www.prouilhe.com/accueil.htm  
- Maison Seilhan 7 place du Parlement F-31000 Toulouse  
- Couvent des Jacobins Rue Lakanal F-31000 Toulouse http://www.jacobins.toulouse.fr/  

Autre engagement possible : offrir un rosaire, un chapelet ou un dizainier à une personne de son entourage.



Proposition de formation sur la foi




Quelle est la vocation des Dominicains ?

À la lumière de la vie de saint Dominique, la vocation dominicaine apparaît comme un appel à annoncer l’Évangile à un monde qui l’ignore, voire le refuse, à travers une vie vraiment évangélique qui se nourrit de pauvreté, de prière et de contemplation.


Découvrez la réponse complète du Père Jean-Miguel Garrigues.





Proposition de prière


Se rendre dans une église, y chercher une représentation de Notre-Dame du Rosaire, et réciter une dizaine de chapelet. On peut aussi prier la prière de l’Ave maris stella, comme le faisait Dominique en chemin.



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Dernière édition par Lumen le Sam 7 Avr 2018 - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 12 Aoû 2017 - 15:42


 1879 


JEANNE JUGAN, FONDATRICE DES PETITES SŒURS DES PAUVRES




Béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1982, puis canonisée par le pape Benoît XVI en 2009, Jeanne Jugan (1792-1879), ou Sœur Marie de la Croix, refusa de se marier pour répondre à la volonté de Dieu. Elle deviendra la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres en 1839.


L’actualité du message spirituel de sainte Jeanne Jugan. « Demeurez dans l’admiration et l’action de grâce, à cause de la bienheureuse Jeanne, à cause de sa vie si humble et si féconde, véritablement devenue un des nombreux signes de la présence de Dieu dans l’histoire. » Ainsi s’exprimait le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1982, au lendemain de la béatification de Jeanne Jugan, devant une assemblée constituée surtout de Petites Sœurs des Pauvres, héritières de leur fondatrice, et de personnes du troisième âge, indissociables de leur vocation ! Le 11 octobre 2009, le Pape Benoît XVI la proclamait sainte, soulignant aussi les deux dimensions et l’actualité de son message spirituel et apostolique : sa « douceur et humilité de cœur » et son « regard de compassion ».




Force dans les épreuves. La Cancalaise (habitante de Cancale, petit port de pêche de l’Ille-et-Vilaine) de l’époque de Jeanne est réputée pour avoir un tempérament fier et déterminé, forgé par les circonstances difficiles qu’elle doit affronter, souvent sans le soutien d’un époux, parti en mer une bonne partie de l’année. C’est le cas dans la famille de Jeanne. Lorsqu’elle naît le 25 octobre 1792, son père est sur les bancs de Terre-Neuve (Canada) à pêcher la morue (il disparaîtra dans l’océan quatre ans plus tard).

Sa maman fait vivre le foyer en travaillant dans une ferme voisine. Jeanne, sixième d’une fratrie de huit, est baptisée le jour de sa naissance par le Curé Godefroy, guère aimé des Cancalais car il a prêté serment à la Constitution civile du clergé, texte voté par le gouvernement révolutionnaire. Le recteur et les autres prêtres fuient la Terreur en se cachant ou en émigrant à Jersey (île anglo-normande). Toute manifestation religieuse est interdite, l’église est devenue un magasin à fourrage, l’école une caserne…

Années noires et pourtant éclairées par la foi inébranlable de ce petit peuple breton tenace. Car la fierté des Cancalais n’est pas de même nature que l’orgueil, cette fierté est une force pour défendre leurs valeurs et allumer la lampe de l’amour de Dieu dans tous leurs foyers. Jeanne héritera de cette force et s’en servira pour s’attacher de plus en plus à son Seigneur Jésus, doux et humble de cœur (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », Matthieu XI, 9). Lorsqu’elle est demandée en mariage, vers 20 ans, par un jeune marin, elle prend le temps de discerner, de prier ; sa réponse est aussi mystérieuse qu’irrévocable : « Je ne me marierai pas. Dieu me veut pour Lui. Il me garde pour une œuvre qui n’existe pas encore, qui n’est pas encore fondée. » L’Esprit souffle où il veut…



Patience dans le discernement. Partie à Saint-Servan (commune rattachée depuis 1967 à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine), Jeanne devient membre d’un Tiers-Ordre fondé par saint Jean Eudes (la Société du Cœur de la Mère admirable). Elle travaille pour gagner son pain et développe sa foi chrétienne dans une vie de prière intense comme en divers engagements de charité, paroissiaux ou personnels. De saint Jean Eudes, elle apprend à « n’avoir qu’une vie, qu’un cœur, qu’une âme, qu’une volonté avec Jésus ». De l’« œuvre qui n’existe pas encore », rien n’apparaît. Jeanne ne cherche pas à provoquer l’éclosion d’une initiative nouvelle. Elle ne devance pas Dieu, non, elle se donne à Lui et au prochain chaque jour, au fil des mois et des années qui passent. Elle arrive ainsi à 47 ans : c’est l’hiver 1839.




Porte et cœur ouverts Jeanne vit alors tout près de l’église paroissiale de Saint-Servan, dans un modeste logement : deux petites pièces au premier étage et un grenier. Elle partage cet espace avec deux autres femmes : Françoise Aubert, dite Fanchon, une amie de 73 ans, et Virginie Trédaniel, une jeune fille de 18 ans qui lui a été confiée par son tuteur. Ces trois générations vivent en belle harmonie de cœur, de travail et de foi. L’hiver 1839 est rude, les mendiants sont quasiment aussi nombreux que ceux qui ne le sont pas. Dans les rues, enfants, jeunes filles et vieillards sont les plus fragiles. Jeanne entend dire qu’une vieille femme, Anne Chauvin, aveugle et infirme, est à l’abandon. Avec l’accord de ses deux compagnes, elle va la chercher et l’installe dans son propre lit, lui déclarant qu’elle est maintenant chez elle. Ce soir-là, Jeanne est allée dormir au grenier. L’« œuvre » pour laquelle Dieu la gardait était née. Elle va grandir très rapidement, devenant association de charité puis communauté religieuse qui prendra quelques années plus tard la forme et le nom définitif de « Petites Sœurs des Pauvres ». Après Anne Chauvin, c’est Isabelle Cœuru qui est accueillie. Virginie lui donne son lit et rejoint Jeanne au grenier. Jeanne a ouvert sans réserve son cœur à la détresse des personnes âgées et entraîne les autres à faire de même. Le mouvement ne s’arrêtera pas : bientôt, on déménage pour accueillir un plus grand nombre d’indigentes.  


Pauvre avec les pauvres.  Ces « bonnes femmes », comme on les nomme avec affection, étaient mendiantes. Maintenant, elles sont au chaud et ne vont plus tendre la main. Jeanne et ses compagnes partagent leurs revenus avec elles. Mais une autre inspiration de l’Esprit Saint fait franchir à Jeanne un pas supplémentaire : laissant tout travail rémunéré, elle devient pauvre avec les pauvres, mendiante à la place des mendiantes qu’elle a sauvées de la rue. En mai 1842, sont adoptés les statuts des « Servantes des Pauvres », devenues en 1849 les « Petites Sœurs des Pauvres », avec un vœu d’hospitalité en plus des trois vœux religieux habituels. Dans sa démarche, Jeanne est encouragée par un Frère de Saint-Jean de Dieu, quêteur, qui la comprend en profondeur. Une décision qui n’est pourtant pas facile. Elle dira plus tard : « J’allais avec mon panier chercher pour nos pauvres… Cela me coûtait, mais je le faisais pour le bon Dieu et pour nos chers pauvres. » Cette identification d’elle-même aux pauvres et du pauvre à Jésus est toute évangélique. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus en Matthieu XXV, 40. La confiance en la Providence, l’une des caractéristiques de sa Congrégation, ne fera que grandir. Liant le temporel et le spirituel, elle est sûre que Dieu, Père, pourvoira au pain quotidien et fera aussi grandir son image en ceux qui s’abandonnent à Lui. Jeanne dira un jour : « C’est si beau d’être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu ! » C’est une sentence qu’il ne faut pas tronquer. Tout est lié.




Sœur Marie de la Croix. Le nom de religion de sainte Jeanne Jugan, Sœur Marie de la Croix, récapitule sa spiritualité. « Sœur », « Petite Sœur » des aînés, elle a dû pourtant s’en éloigner, s’en arracher, par obéissance. Quatre ans après la naissance de l’œuvre, à la fin 1843, Jeanne est injustement déposée de sa charge de supérieure. Elle reste quêteuse et donc proche de la vie des maisons qui se fondent, en Bretagne et de plus en plus loin. Mais soudain, on lui retire la quête, elle est envoyée à la Maison-Mère, sans aucune charge précise. À La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) à partir de 1856, elle passera 23 années de vie cachée au milieu des novices et postulantes. Une descente dans l’anonymat, en dépit de la célébrité dont elle avait joui un moment dans les médias de l’époque (elle reçut un prix de l’Académie française) : les nouvelles Petites Sœurs ne savent plus qu’elle est leur fondatrice. À sa mort, le 29 août 1879, il est écrit sur sa tombe « Troisième Petite Sœur ». Il faudra attendre 1902 pour que son rôle effectif soit enfin reconnu par une étude biographique. La colère peut saisir devant tant d’injustice, mais il faut continuer à regarder comment Jeanne, elle, a vécu cette dernière période de sa vie. Les témoignages la disent de plus en plus joyeuse. Pas de récrimination, pas de murmures… Au contraire, malgré une grande lucidité sur sa situation, elle vit dans une louange grandissante : « Il est si bon, le bon Dieu ! Il faut toujours dire Gloire à Dieu ! Merci mon Dieu ! » C’est une joie toute spirituelle, car la souffrance est certainement présente. « Marie de la Croix » est là aussi. Depuis sa tendre enfance, Jeanne est liée d’affection, de confiance, de piété, à la Vierge Marie. Son chapelet ne la quitte pas. Sa formation eudiste lui a fait découvrir comment rester plongée en Dieu en suivant le chemin du Cœur unique de Jésus et de Marie. Aux jeunes filles qui arrivent au noviciat, encore douloureuses des séparations familiales, elle dit : « Mes petites, vous aimez la Sainte Vierge ? Elle sera votre Mère. » Suivant Marie et Jésus jusqu’au dépouillement de la Croix, elle communie de plus en plus profondément aux sentiments du Christ sur la terre. Aux jeunes Sœurs, la Petite Sœur Marie de la Croix partage souvent son attrait particulier pour l’humilité du Sauveur. Ses filles, les Petites Sœurs, portent sur leur croix de profession (qui est cachée sous l’habit) l’inscription « Je suis doux et humble ».     




« Petites, bien petites ». « Soyez petites, bien petites ! Gardez l’esprit d’humilité, de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, la Congrégation ne ferait plus bénir le bon Dieu, nous tomberions ». Jeanne est la première à mettre en pratique son conseil. Quêteuse, elle se présente toujours petitement, accueillant avec égalité d’âme les dons comme les refus. Un jour, elle reçoit une gifle : « Merci mon bon monsieur, répond-elle, ceci est pour moi… Mais vous me donnerez bien quelque chose pour mes pauvres ? » Une telle réaction amollirait le cœur le plus endurci : son agresseur lui remet une offrande ! Saint Joseph, qui a subvenu aux besoins de la Sainte Famille, est choisi dès le début de l’œuvre comme protecteur et intermédiaire de la Providence, manifestation de la bonté de Dieu envers la « petite famille ». La sainteté de Joseph, à l’âme juste, humble et silencieuse, correspond à celle de Jeanne Jugan. À La Tour Saint-Joseph, quand d’anciens amis lui rappellent tout ce qu’elle a réalisé, elle répond : « C’est le bon Dieu qui a tout fait. Je suis seulement son humble servante » : un accent du Magnificat de la Sainte Vierge… Amour et humilité, tout est dit de sainte Jeanne Jugan et de ce qu’elle attend de ses héritières spirituelles. « Pour faire une bonne Petite Sœur des Pauvres, il faut beaucoup aimer le bon Dieu, les pauvres, et s’oublier soi-même. »

L’esprit de famille. Dans sa pratique de l’hospitalité, Jeanne a eu comme une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées : le désir d’être respectées, estimées, aimées ; l’appréhension de la solitude en même temps que le souhait d’un espace de liberté et d’intimité ; la nostalgie de se sentir encore utiles ; et très souvent une volonté d’approfondir sa foi. Dès l’accueil d’Anne Chauvin, Jeanne a imprimé le style qui allait lui survivre et se retrouve encore aujourd’hui dans toutes les « Ma Maison » de par le monde : l’esprit de famille. Vivant sous le même toit, Petites Sœurs et résidents forment de petites cellules de « la grande famille humaine où tous les hommes se traitent comme des frères et partagent les biens de la création selon la règle de la justice, inséparable de la charité » comme le dit la constitution pastorale Gaudium et Spes (8 décembre 1965) du concile Vatican II. Les communautés sont, dans la plupart des pays, très internationales, porteuses d’un encouragement à la fraternité universelle.  

Le respect de la vie. Sainte Jeanne Jugan a laissé le Seigneur transformer son regard de sorte qu’elle pouvait le reconnaître en toute chose et toute personne. Consciente de la valeur de la vie et de la dignité suprême de l’être humain, quel que soit l’état de son âme ou de son corps, elle a fait de l’accompagnement des mourants le sommet de la vocation des Petites Sœurs des Pauvres. Dans le respect de la liberté et de la religion ou des croyances de chacun, elles donnent toujours le témoignage du respect de la vie.




Amour envers les personnes âgées. Le pape François rappelle souvent que « l’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime. Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société. Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple » (audience du 15 octobre 2016 aux associations italiennes de personnes âgées). C’est le message de Jeanne Jugan : il est tellement actuel ! Que Sainte Jeanne Jugan nous aide à grandir dans l’amour de Dieu et de nos aînés !




Petites Sœurs des Pauvres
de Saint-Pern


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Petites Sœurs des Pauvres de Saint-Pern ont faites le samedi 12 août 2017.


Proposition d'engagement




Je fais un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée

Cette semaine, je vais faire un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée : un sourire, un petit mot, un bras pour traverser la rue, un panier de commissions porté en haut des marches, une carte de vacances dans la boîte aux lettres, une petite visite… Je peux aussi entrer en contact avec une maison des Petites Sœurs des Pauvres et demander à y faire du bénévolat.




Proposition de formation sur la foi




Quelle est l’originalité de la vision chrétienne sur la communication ?

Le christianisme est une tradition de la communication : il développe une vision de la communication juste et pleinement efficace, c’est-à-dire qui ne se réalise pas au sens superficiel et caricatural de la « com’ », mais dans le sens d’une communication vraie qui touche les profondeurs de l’être.

Découvrez la réponse complète du Père Christophe Levalois.





Proposition de prière


Je prie pour demander l’humilité, chère à sainte Jeanne Jugan, avec les « Litanies de l’Humilité » du Cardinal Merry del Val*.

*Ces litanies étaient récitées chaque jour après sa messe par le Cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930), évêque à 34 ans, cardinal à 38 ans et indéfectible secrétaire d’État du pape Saint Pie X de 1903 à 1914.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 26 Aoû 2017 - 20:30


 1194 


CHARTRES : UNE NOUVELLE CATHÉDRALE, « MAISON DE MARIE SUR TERRE »




La ferveur qui règne à Chartres à la fin du XIIe siècle est profonde. La cathédrale possède une relique remarquable, la « sainte Chemise » de Marie. Quand en 1194, la cathédrale disparaît et que le voile est sauvé du sinistre, c’est une ville entière, et au-delà l’ensemble de l’Occident chrétien, qui s’assure de l’élévation du nouveau sanctuaire. Jusqu’à aujourd’hui, on y vit avec une intensité particulière la prière de l’incarnation : Marie mère de Dieu offre son fils au monde.


L’évêché de Chartres. Au Moyen Âge, Chartres est l’un des plus vastes diocèses de France, assis sur la riche région céréalière de la Beauce, et bénéficie d’un « décollage » économique, qui favorise aussi les échanges et l’éclosion des villes. L’immense édifice construit à l’époque de Fulbert (à partir de 1020) – aux murs lourds et austères – a ses portes ouvertes aux pèlerins, qui déjà y viennent nombreux.

Il accueille des liturgies grandioses. La construction de la nouvelle façade entre 1134 et 1155, à l’orée de l’ère gothique, a frappé les imaginations. Le portail à trois baies, entièrement sculpté, tisse ensemble génie artistique et élévation spirituelle : un véritable Credo, où sont déclinés en trois temps les différents visages du Christ. L’incarnation y est évoquée par les figures de l’Annonciation, de la Visitation et de la naissance du Christ ; Marie, trône de sagesse, y offre son fils au monde. L’Ascension le laisse voir traversant les nuages pour rejoindre son Père. Au centre, le Christ en majesté, celui qui existe « de toujours à toujours », bénit l’humanité.

Les trois vitraux de la façade, qui sont parmi les plus anciens connus de grande dimension, nous racontent la vie du Christ : ses ancêtres ; sa vie publique ; sa passion et sa résurrection. Chaque panneau, illuminé du magnifique bleu de Chartres qui lui sert de fond, décrit une scène de l’Évangile, à la façon d’une bande dessinée où le symbole est toujours présent. Ainsi, la croix verte liserée de rouge : l’espérance du printemps ; la souffrance du sang. Encore aujourd’hui, de nombreux écrivains spirituels, prêtres et paroissiens viennent se ré-inspirer de cette Bible de pierre et de Verre. La flèche de la tour sud est un nouveau record : plus de 105 mètres dans une civilisation où les gens vivent « à l’horizontale ». C’est une façon de rejoindre le Ciel.  





Un incendie qui ouvre sur l’avenir. C’est dans ce contexte que survient, une nuit de juin 1194, un terrible incendie. La cathédrale est détruite, à l’exception d’une façade qui était déjà une formidable initiation à la foi chrétienne. La panique puis l’abattement saisissent la population de Chartres, qui découvre que la « Sainte Chemise », le vêtement que Marie aurait porté sur elle lors de l’Annonciation et de la naissance du Christ, a disparu au cours du sinistre. Coup de théâtre : trois clercs, que l’on croit morts, étaient descendus dans un caveau profond situé sous le chœur. Trois jours plus tard, ils en ressortent, au milieu des ruines calcinées et des braises, montrant à tous la châsse du voile, celle de l’orfèvre Teudon, couverte de feuille d’or et d’innombrables pierres précieuses. C’est peu dire que l’enthousiasme est immense. L’évêque galvanise la foule. Les premières donations sont effectuées le jour même.




La construction d’une cathédrale gothique. Le nouvel édifice, bientôt doté de neuf portes monumentales et de neuf portails sculptés (un record en Europe), est la « maison de Notre Dame sur Terre », la « chambre spéciale de la Vierge Marie », comme le disent les miracles de Notre-Dame, rédigés quelques décennies plus tard par Jehan le Marchant. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, personne n’y a été enterré : seule grande cathédrale à n’abriter aucun tombeau, elle est pure de tout corps mortel.

Quand le soir vient et que la rumeur des hommes s’éloigne, au moment de fermer le sanctuaire : Marie y est chez elle. C’est un immense reliquaire que conçoivent les bâtisseurs. Leur Foi a le mérite de la sincérité et de l’audace. Marie a voulu garder au milieu des Chartrains son vêtement et veut donc y conserver son « vestiaire ». Sa maison a-t-elle disparu ? C’est qu’elle en veut une autre, plus belle et plus haute. La cathédrale gothique est achevée en moins de 30 ans ! Elle est une invitation spectaculaire à envisager la sphère divine, puisque son plan et son élévation (37 mètres) sont une visualisation de la « Jérusalem céleste ».

L’utilisation systématique des arcs-boutants, de la croisée d’ogives, l’ouverture des fenêtres hautes font entrer la lumière dans l’édifice. La cathédrale dispose d’un ensemble exceptionnel de vitraux du XIIIe siècle – le plus vaste au monde conservé, sur 2 500 mètres carrés. Le chatoiement des couleurs révèle le génie des artisans verriers. Plus de 5 000 personnages nous introduisent à l’histoire sainte : ils racontent la Bible et la vie des saints, bandes dessinées vivantes qui témoignent aussi de l’excellence de la réflexion théologique et philosophique. Enfin, trois grands portails sculptés complètent cette « pensée du Moyen-Âge devenue visible », selon l’expression du célèbre historien d’art du XXe siècle Émile Mâle.
 


Des fidèles originaires d’ici et d’ailleurs.  Parmi les pèlerins d’hier, on compte de nombreux rois et saints : Vincent de Paul, Louis-Marie Grignion de Montfort, François de Sales… Henri IV y a été sacré roi le 27 février 1594, après les guerres de Religion.

Les pèlerins d’aujourd’hui sont plus variés qu’on ne saurait l’imaginer. Chaque année, la cathédrale reçoit : les jeunes de 18 à 30 ans des diocèses d’Île-de-France, les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté attachés au rite tridentin, l’aumônerie des tamouls du Sri Lanka, les scouts d’Europe et de très nombreuses paroisses. Les fidèles viennent de plus de 65 pays – si l’on s’en tient aux nationalités des prêtres qui y ont célébré au cours des cinq dernières années. Eux, savent que cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 (la cathédrale fut l’un des premiers monuments inscrits sur cette prestigieuse liste), a son enracinement dans une prière que l’on peut vivre intensément auprès du vêtement de Marie.

Aujourd’hui, la véracité des reliques n’est plus l’objet de controverses scientifiques. Reste une chance infinie qui nous est laissée : un objet à part, qui, dans sa translucidité, nous appelle à méditer sur l’immense mystère de l’Incarnation. Au-delà du tissu, que voyons-nous ? Du très concret et du très inexprimable : une maison en terre crue, le ventre rond d’une jeune femme de 15 ans ; l’Amour éternel de Dieu présent dans l’aventure humaine, le Fils plein de gloire parlant à nos cœurs et devenu semblable à nous.





L’esprit du pèlerinage. « On voit le clocher à dix-sept kilomètres sur la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l’ai vu, ça été l’extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un coup. J’étais un autre homme. » Ces mots de Charles Péguy transmettent la pensée de milliers d’anonymes…

Le pèlerinage de Chartres est de ces aventures hors du commun, de celles qui parlent à toutes les époques et touchent au plus profond de ce que nous sommes : qui transforment. Chartres, c’est le plateau de la Beauce, qui impressionne par sa plate immensité. Ce sont ses deux flèches, signe indélébile sur la ligne d’horizon et vers lequel on avance imperceptiblement. Ce sont des retournements, des moments précieux où l’on ressent une présence aimante, des pardons décisifs, des abandons silencieux à la parole de Dieu, des choix de vie, des vocations encore à la prêtrise ou au mariage ; des millions de démarches personnelles. Des millions d’actes de foi. Toutes ces expériences sont enracinées dans le même abandon chaleureux à la Vierge Marie. Elles sont pourtant teintées par les personnalités et spiritualités des pèlerins. Une extrême diversité d’ambiance qui est la richesse de Chartres.
 



Dans les pas de Péguy. La spiritualité du pèlerinage de Chartres fut admirablement interprétée par les Cinq Prières dans la cathédrale de Charles Péguy (1913) : spiritualité faite de la vénération offerte à Marie Mère de Dieu, mais aussi redécouverte d’un espace intérieur, d’une disposition d’âme qui se déploie au fur et à mesure de l’approche de la cathédrale.

L’histoire est étonnante. Elle commence le 14 juin 1912, lorsque Charles Péguy entreprend le pèlerinage de Chartres à la suite d'un vœu fait l'été précédent au chevet de son fils malade. « Mon vieux, écrit-il à son ami Lotte, j'ai senti que c'était grave. Il a fallu que je fasse un vœu… J'ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale. J'ai fait 144 kilomètres en trois jours. (…) J'ai prié comme je n'avais jamais prié, j'ai pu prier pour mes ennemis... Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout... Mes petits ne sont pas baptisés. À la Sainte Vierge de s'en occuper. »



Où prier à Chartres ? Parmi les 176 représentations de la Vierge Marie dans la cathédrale de Chartres, il en est quelques-unes qui attirent spécialement les pèlerins.

- Devant le voile de la Vierge Marie (dans le déambulatoire), pour méditer, au travers de sa transparence, le mystère de l’Incarnation : Marie de Nazareth disant oui à l’ange du Seigneur, Dieu se faisant homme – prenant chair – dans le sein d’une jeune femme de Palestine.

Offert à Chartres en 876 par le roi de France, le voile de la Vierge vient de Constantinople. Considéré comme une des reliques majeures du Christ, puisqu’il l’aurait touché le jour de sa naissance, l’un des objets les plus précieux d’Occident est durant des siècles enfermé à l’intérieur d’une châsse couverte d’or et de joyaux.

On découvre ainsi tardivement qu’il s’agit d’un long habit de tête et non d’une « chemise », ainsi qu’elle figurait dans sur le sceau du chapitre de la cathédrale. S’il est déchiré sous la Terreur révolutionnaire (1793), plusieurs fragments (dont un particulièrement important) sont redonnés à la cathédrale dans les décennies suivantes. Son reliquaire monstrance (ancêtre de l'ostensoir), réalisé par l’orfèvre Poussielgue-Rusand, date de 1876.





- Devant la statue de Notre-Dame du pilier : Marie qui accueille les prières des hommes et femmes. On vient du monde entier lui confier joies et souffrances pour qu’elle les remette à son fils : les proches confrontés à la maladie, la douleur face à la mort, les personnes que l’on aime passionnément, les moments de dépression, la joie d’avoir un enfant… Datant des années 1500-1507, cette belle statue en bois de poirier, avec rehauts de dorure, a été installée pour répondre aux besoins des fidèles, qui s’avançaient trop avant dans le chœur où étaient célébrés les offices. Son donateur est le chanoine Wastin des Feugerets. D’abord placée à la croisée du transept, sur un jubé (construction séparant le chœur du reste d’une église), elle n’a rejoint son actuel emplacement, dans le déambulatoire nord, qu’en 1806. Le pape Pie IX décida son couronnement, le 31 mai 1855 ; ce qui donna lieu à un regain de dévotion mariale à l’échelle de la France.  

- Devant la statue de Notre-Dame de Sous-Terre. Dans la crypte du XIe siècle (la plus grande crypte de France), elle est la statue immémoriale des pèlerinages. La chapelle de Notre-Dame de Sous-Terre, d’une extrême sobriété, conduit irrésistiblement vers cette petite figuration de Marie, qui garde les yeux fermés. Dans l’intimité qui plaisait tant à l’écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907), on peut s’arrêter et écouter son cœur. Une messe est célébrée chaque jour à 11h45. L’actuelle statue a été réalisée en 1975 par l’artiste Marthe Flandrin. Elle copie l’ancienne Vierge d’époque romane, de chêne sombre, disparue au cours de la Révolution. De nombreuses légendes, notamment popularisées par Jean Gerson autour de 1420, étaient attachées à la « Vierge devant enfanter », que les prêtres celtes auraient priée avant la naissance du Sauveur. Cette mythologie, dont on sait aujourd’hui qu’elle n’a aucun fondement historique, a profondément marqué l’imaginaire chartrain, attirant rois de France (Louis XIV), spirituels (Vincent de Paul, François de Sales) et contribuant à faire de cette petite chapelle souterraine, à partir de la réinstallation du culte en 1857, l’un des plus importants sanctuaires mariaux.  

- Devant Notre-Dame de la Belle-Verrière (aussi dite la Vierge bleue). C’est la plus célèbre des 172 baies de vitraux de la cathédrale, située à l’extrémité du déambulatoire sud. L’une des plus belles œuvres de l’art universel est aussi un lieu de prière fervente. Le bleu diaphane du cobalt inoxydé, dit « bleu de Chartres », qui a rendu la baie fameuse depuis sa réalisation vers 1180, ne manque pas de fasciner. Sur le livre que porte Jésus assis sur les genoux de sa mère : « Toute vallée sera comblée » (Isaïe XL, 4 et Luc III, 5). Autour, une vertigineuse construction théologique : tabernacle, au sein duquel s’exprime la présence divine, image de l’Église, femme de l’Apocalypse, sujet de louange de la cour céleste. Aux pieds de la Vierge Marie, les scènes du banquet de Cana, où elle s’adresse à l’Humanité : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean II, 5).

Ces panneaux du XIIe siècle, représentant la Vierge en majesté, sont une véritable mystique du vitrail : « versant la clarté du soleil – Dieu – dans le cœur des fidèles tout en les illuminant » (Durand de Mende, vers 1260). Ils proviennent peut-être de la fenêtre axiale de la cathédrale, préservée durant l’incendie de 1194. Les panneaux du XIIIe siècle utilisent en contraste un bleu plus soutenu et opaque. Notre-Dame de la Belle-Verrière, par sa capacité à évoquer la transcendance, est présente dans l’œuvre de nombreux écrivains : Proust, Malraux, Claudel, Gide, Zweig, Hugo, Rilke.[/b]





Gilles Fresson
Historien et intendant de la cathédrale de Chartres


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Gilles Fresson a faites le samedi 26 août 2017.


Proposition d'engagement



Je visite Chartres et je m'abandonne à Marie

On ne saurait dire plus simplement que l’aventurier Guy de Larigaudie (1908-1940) : « Lorsque tu seras seul à Paris, avec deux jours libres devant toi, va à Chartres, on en revient meilleur. » Revenez visiter Chartres et vous abandonner à la Vierge Marie !




Proposition de formation sur la foi



Peut-on dire que Dieu crée par l’évolution ?

L’évolution exprime beaucoup mieux la conception biblique de création que la théorie de la création séparée des espèces.

Découvrez la réponse complète de Fabien Revol.





Proposition de prière


Confions-nous à Notre Dame de Chartres afin qu’elle nous accueille et nous indique son chemin de sainteté.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 2 Sep 2017 - 18:55


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SAINTE GENEVIÈVE, PATRONNE DE PARIS QU’ELLE SAUVA D’ATTILA





Repérée dès son plus jeune âge par le grand saint Germain d’Auxerre qui la consacra à Dieu, Geneviève impressionne par sa prière, ses miracles et ses prophéties. Lorsque Paris est assiégé par les Huns d’Attila, elle affirme que la ville ne sera pas prise et redonne courage à tous. En ce Ve siècle très agité par de multiples courants et partis, elle exerce de fait son autorité sur la politique de la ville et se révèle une éducatrice, une architecte et une administratrice hors pair.


Née vers 420, Geneviève est la fille de Severus, un Franc romanisé, militaire puis magistrat municipal parisien après son retour à la vie civile, et d’une Franque nommée Gérontia. Elle se fait remarquer en 429 par un évêque en mission apostolique d’évangélisation : le prestigieux Germain d’Auxerre, qui, partant pour la Grande-Bretagne combattre l’hérésie pélagienne, rencontra sur sa route à Nanterre cette petite fille âgée de moins de 10 ans et l’invita à se consacrer à Dieu, celle-ci lui ayant confirmé que c’était son vœu le plus cher. Le saint évêque lui donna alors comme souvenir de cet engagement solennel une piécette de monnaie ornée d’une croix, l’invitant à la porter comme unique bijou, toute sa vie durant. Peu après, on signala le premier miracle de sainte Geneviève : sa mère devenue aveugle recouvrit la vue par l’intercession de sa fille.


Sainte Geneviève vient habiter Paris à la mort de ses parents vers 440.
Elle loge chez sa marraine spirituelle et quitte le conseil municipal de Nanterre pour celui de la capitale (charge dont elle avait hérité de son père), mais ses origines franques la mettent en opposition avec les Parisiens. Il faut alors une deuxième visite de l’évêque Germain d’Auxerre, à nouveau de passage à Paris, pour lui rendre un nouvel hommage public éclatant. Se rendant en effet chez la jeune fille qu’il avait distinguée onze ou douze ans auparavant, il vit que le sol était tout humide. Le saint évêque y reconnut l’effet d’un précieux don spirituel très respecté et même recherché à l’époque (puisqu’il était d’usage de le demander dans des oraisons) : le don des larmes. Le plus illustre évêque de la Gaule témoigne alors sa confiance à la jeune fille à qui il parle avec déférence et un profond respect. Dès lors la foule des curieux traite sa jeune compatriote avec la plus grande considération. Sainte Geneviève s’impose aussi comme une femme d’affaires, propriétaire de riches terres dont elle fait bénéficier les Parisiens les plus pauvres, et comme une femme réfléchie qui prend peu à peu les commandes de la vie politique parisienne.


Sainte Geneviève survit à une grave maladie.
Peu de temps après s’être installée à Paris, Geneviève tombe gravement malade, au point de sembler morte pendant trois jours. Une fois sortie de son coma, elle révèle qu’un ange la prenant par la main, lui a fait visiter le Ciel et l’Enfer ! Nourrie de cette expérience extraordinaire, son cœur embrasé d’amour pour Dieu et ses frères ne la porte pas à abuser de sa connaissance surnaturelle de l’au-delà pour terroriser les mécréants ou les tièdes par des récits horrifiants, mais à parler surtout du bonheur, absolument inimaginable à l’esprit humain, qui attend les bons au Paradis.





Sainte Geneviève face aux rois francs.  Mérovée, qui succède à Clodion à la tête des Francs, réside à Tournai quand lui parvint en 451 la nouvelle que les Huns (qui jusqu’alors avaient fourni des mercenaires à l’Empire romain agonisant) se ruent en envahisseurs sous le commandement d’Attila. La renommée de ce dernier fait craindre le pire : il vient de prendre la ville de Metz totalement pillée et incendiée. Devant la panique, chacun envisage l’exode, mais Geneviève pense que Paris sera épargné : elle affirme qu’Attila contournera la ville. Elle réunit quelques femmes au baptistère Saint-Martin sur l’île de la Cité (à l’emplacement de l’actuel Hôtel-Dieu) pour les mettre en prière. « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications », dit-elle. En effet, apprenant que Paris était défendu, les Huns optèrent pour attaquer directement Orléans en passant par la Loire. C’est à Orléans, le 24 juin 451, qu’ils seront vaincus par Aetius « le dernier des Romains » arrivé d’Italie. Grâce à sa foi et par ce coup d’éclat, Geneviève devient quasiment la seule autorité et le seul espoir des populations du centre du bassin Parisien.   


Sainte Geneviève et le culte de saint Denis. Grâce à sa position devenue éminente dans la capitale, Geneviève promeut le culte de saint Denis, enterré sur la route de Senlis, au nord de Paris, dans un cimetière public. Recevant chez elle les prêtres parisiens, elle parvient à les convaincre d’ériger une basilique à l’emplacement du tombeau du premier évêque de Paris, martyr, décapité vers 250. C’est elle qui fait lever un impôt, qui surveille et dirige l’édification de ce prestigieux bâtiment.


Citation :
Quand elle arrive devant l’une des portes, cette dernière s’ouvre toute seule.


Geneviève et Childéric.
En 465, Childéric, successeur de Mérovée et père de Clovis, entreprend le siège de Paris. Il fait de nombreux prisonniers condamnés à mort, détenus en dehors de Paris et fait fermer les portes de la ville. Avertie, Geneviève tente de sortir. Quand elle arrive devant l’une des portes, cette dernière s’ouvre toute seule. Elle parvient ainsi à rejoindre Childéric et négocie la libération des prisonniers.



Geneviève et Clovis.
Suite à sa victoire sur Syagrius à Soissons en 486, dernière enclave « romaine » en Gaule, le jeune Clovis (roi des Francs depuis 481) entreprend le pillage de l’Île-de-France entre l’Oise et la Loire. Il assiège Paris pendant près de dix ans afin d’assurer à ses armées le passage des ponts. Pour Geneviève, il est hors de question de laisser entrer en maître dans sa ville un roi païen. Aussi, en attendant le miracle que sera la conversion de Clovis et son baptême à Reims, s’armant de patience, de courage et de foi, elle prépare à ses frais un convoi fluvial de ravitaillement en direction de ses terres personnelles d’Arcis-sur-Aube (10). À Paris, elle organise la distribution des céréales qui ont pu franchir sans dommage le blocus franc : vendant aux riches, donnant aux pauvres. En 496, la nouvelle de la conversion de Clovis, de ses officiers et soldats à Reims est reçue à Paris et par Geneviève avec enthousiasme. Désormais, plus rien ne s’oppose à ce que le roi des Francs entre solennellement dans la capitale.


Mort de Geneviève.
Geneviève est décédée en 502 à l'âge de 79 ans. Elle fut enterrée à Paris dans un cimetière situé dans le quartier de la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier latin. Clovis fit édifier, avec Clotilde, la basilique des Saints-Apôtres (à l’emplacement actuel de la rue Clovis et du lycée Henri-IV) sur la tombe même de sainte Geneviève. Aujourd’hui, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, une châsse abrite quelques uns des restes de la sainte, perpétuant le souvenir de celle qui, par son calme et sa foi, sauva Paris du péril d’Attila.





La très riche personnalité de sainte Geneviève. Sainte Geneviève a montré plusieurs visages étonnants au cours de sa vie terrestre.
- Celui, bien-sûr, de la vierge consacrée, exemple de vie ascétique et mystique, fidèle au Christ et témoignage public d’une vie admirable de simplicité. L’auteur de sa « Vita » (biographie hagiographique) nous montre combien sa vie rappelle les récits bibliques.
- Celui de la femme éducatrice, lorsqu’ayant fondé un groupe de vierges consacrées, elle s’occupe du baptistère et de l'éducation des enfants.

Celui de la femme architecte, qui construisit de nombreux édifices :
- la nouvelle basilique de Saint-Denis au bourg de Catuliacus pour contenir les reliques du saint éponyme envers qui elle avait une grande dévotion.
- la chapelle Saint-Denis devenue plus tard chapelle Sainte-Geneviève, puis encore l‘actuelle église Sainte-Jeanne-d’Arc. C’est de là que vient le nom de « Porte de la Chapelle » sur le boulevard des maréchaux. Ce site, à l’embranchement des deux routes du Nord, Senlis et Rouen, devint également un hôpital-pensionnat où s’arrêtaient les voyageurs et pèlerins (voir J.Monin, Saint Denys de la Chapelle, Imp. J. de Rudder, Montrouge, 1952).
- le baptistère qu’elle dédia à saint Martin.
- le groupe immobilier des vierges consacrées installé à peu de distance de l’actuelle église Saint-Gervais et de l’Hôtel de Ville.

- Celui de la femme politique qui a négocié avec Childéric, Clovis et parlé avec saint Rémi et saint Germain d’Auxerre. 
- Celui de la femme administrateur puisqu’elle semble avoir administré Paris à la suite de sa marraine.
- Celui de la femme voyageuse : vers Laon, Beauvais, Reims, Arcis-sur-Aube et Troyes, Orléans et Tours et même peut-être jusqu’à Eindhoven et la région de Clèves.
- Celui de la femme d’Église, qui promu les cultes de saint Denis, saint Martin à Tours, saint Aignan à Orléans.
- Celui de la femme qui avait le don des larmes, de la vision intérieure de ses interlocuteurs, de guérisons miraculeuses et le pouvoir de commander aux éléments. On lui attribue, de son vivant, plus de
trente miracles et bien plus encore de miracles posthumes.

Elle fut déclarée sainte par acclamation populaire dès son décès et son inhumation.  




Jean-Louis Rémouit
spécialiste de sainte Geneviève - auteur du site
sainte-genevieve.net


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Louis Rémouit a faites le samedi 27 février 2016.


Proposition d'engagement



Lorsque vous passerez à Paris, nous vous proposons de vous rendre à l’église Saint-Étienne-du-Mont (5ème arrondissement) pour prier sainte Geneviève pour Paris et la France. Bien que les anciennes reliques de Sainte-Geneviève-des-Bois restent à Notre-Dame de Paris, les principaux souvenirs de sainte Geneviève se trouvent à l'église Saint-Étienne-du-Mont, en compagnie des cénotaphes de Jean Racine, Blaise Pascal et René Descartes. L'église Saint-Étienne-du-Mont contient plusieurs reliques de Sainte-Geneviève.
Pour plus d'informations, visitez le site www.sainte-genevieve.net



Proposition de formation sur la foi



L’Église a-t-elle méprisé les femmes ?

Pleinement consciente de la dignité intrinsèque des femmes, qu’elle reconnaît comme égales des hommes aux yeux de Dieu, l'Église leur a apporté une protection que la société n’était pas toujours en mesure de leur fournir, et elle s'est appuyée sur elles pour diffuser la foi, dès les origines du christianisme.

Découvrez la réponse d'Aubrée David-Chapy.





Proposition de prière



Prions ensemble sainte Genevieve, patronne de Paris, à qui nous devons plus que jamais recommander notre pays. Priez pour nous, sainte Geneviève, afin que nous soyons rendus dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 3 Sep 2017 - 20:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Dim 3 Sep 2017 - 16:54


 1542 


LA BÉNITE FONTAINE, PRÉCURSEUR DE LOURDES




La source qui est à l’origine du sanctuaire marial de la « Bénite Fontaine » a surgi dans un vallon boisé situé à 1,5 km de la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), entre Genève et Annecy. Quand on arrive à la Bénite Fontaine, on voit d’abord l’actuelle chapelle. Il faut descendre un petit sentier pour trouver dans la clairière, en contrebas, la fontaine miraculeuse et les nombreux ex-voto en remerciement des grâces reçues.


Les débuts de la dévotion. Une hypothèse vraisemblable fournie dans une histoire locale de la Roche fait état de deux vagues successives de peste noire, l’une en 1542, l’autre en 1586.

On sait combien la peste était redoutée car elle décimait la population impuissante à lutter contre le fléau. La prière et la dévotion à Marie, mère secourable, étaient une manière de chercher protection et Salut. La fuite des lieux d’habitation était un autre réflexe naturel, et la population de la Roche chercha refuge au creux d’un vallon.

Elle découvrit une source d’eau pure, non contaminée, qui lui permit de survivre en attendant de pouvoir rejoindre sa demeure. Il est probable qu’un oratoire fut alors construit près de la source. En 1586, un autre épisode de peste noire renvoie les habitants dans le vallon. Ils retrouvent la source et l’oratoire dédié à la Vierge Marie.

Il semble que c’est peu après la fondation des Capucins à La Roche en 1617, que devint célèbre le petit oratoire situé à la « Bonne Fontaine », ainsi appelée à l’époque. Mais on peut penser que ce lieu bénéficiait depuis bien plus longtemps de la dévotion des habitants des alentours, venus chercher protection, remercier ou confier leurs peines à la Mère de Notre Seigneur et Sauveur.



Les premières guérisons officielles. Lors d’une visite de saint François de Sales pour la Saint-Jean-Baptiste (patron de la paroisse de la Roche), le révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de la collégiale, parla à l’évêque d’Annecy de la dévotion populaire pour la « bonne fontaine » et fit état de guérisons individuelles obtenues en ce lieu.

L’évêque demanda alors qu’on lui fasse un rapport écrit. On lui fit une liste de nombreuses guérisons, il en retint 14 qui furent soumises à l’examen du conseil de Genevois (cette liste figure dans un manuscrit de Turin).

L’eau de la fontaine fut analysée par le P. Baranzano, professeur de sciences au collège d’Annecy. Elle fut reconnue comme naturelle, sans aucune propriété curative, on était alors en 1619. (Une étude plus récente faite sur place en 1961 précise que cette source, ainsi que deux autres dans les environs, provient de ruissellements de terrains et dépôts de graviers reposant sur une moraine de fond argileux du glacier Wurmien, du début de l’ère quaternaire.)
 




La construction d’une chapelle. Les guérisons ayant été attestées, François de Sales demanda au curé de la Roche de faire construire une chapelle, près de la source, et de la placer sous le patronage de Marie de la Visitation.

Rappelons que c’est en juin 1610 que la baronne Jeanne de Chantal, amie de François de Sales, avait fondé l’ordre de la Visitation pour la visite et le soin des malades. Une petite chapelle au toit de chaume fut alors édifiée avec l’argent des pèlerins. Elle mesurait 8,30m de long sur 6,30m de large. Elle fut prolongée ensuite par un parvis de 5,30m. L’eau de la source fut recueillie dans une vasque de pierre, un nouvel oratoire en maçonnerie remplaça le premier, et une statue de la Vierge fut installée.

François de Sales vint bénir la chapelle, la source et la statue en 1620 et, par un acte du 24 octobre de cette même année, déclara cette chapelle dépendante de la paroisse de la Roche et placée sous l’autorité de son clergé. Les pèlerins pouvaient dès lors assister tous les dimanches à la messe et y recevoir les sacrements. Lors des fêtes mariales et de la Visitation ils venaient plus nombreux et en procession. L’histoire locale fait aussi état d’un ermite André Foras, qui aurait desservi la chapelle pendant longtemps, mais on n’a pas d’autres renseignements sur lui.



L’époque révolutionnaire. À partir de 1791, le clergé dut prêter serment à la Constitution Civile du Clergé. Ce fut bientôt en France l’époque de la Terreur. Les prêtres « réfractaires » durent se cacher ou s’exiler. La paroisse et le sanctuaire ne furent plus desservis. Des habitants du village cachèrent alors la statue de la Vierge non loin de là, à Bröys. La chapelle fut pillée, aussi quelques jeunes gens de Saint-Sixt vinrent desceller l’autel de molasse pour le cacher dans le cimetière de leur village.

Le chanoine Chevalier, historien local, rapporte que durant cette période de tourmente, il ne se passa pas un jour sans que quelques personnes du village ne viennent demander force et consolation à Notre Dame de la Bonne Fontaine. La ferveur populaire ne cessa pas et des miracles furent encore accomplis en ce lieu.

Le Concordat de 1801 rétablit la paix religieuse. La statue de la Vierge fut remise en place dans l’oratoire, mais la chapelle était en ruine. L’ampleur des dégâts de la Révolution, tant au sanctuaire qu’à la Roche, demanda des années de reconstruction. C’est un paroissien, François Thabuis, qui consacra tous ses efforts à l’entretien de la Source, de l’oratoire et de l’accès au sanctuaire. Il mourut le 29 septembre 1859.





La nouvelle construction. En 1861, Monseigneur Magnin devint évêque d’Annecy. Lorsqu’il était enfant, ses parents l’avaient porté à la source alors qu’il était malade pour demander sa guérison. Aussi, eut-il à cœur de restaurer le sanctuaire de la Bénite Fontaine. Comme le curé de la paroisse était trop occupé aux réparations de l’église paroissiale, la tâche fut confiée à l’un de ses vicaires, l’abbé Georges Revillard. Ce dernier pensa que la nouvelle chapelle devrait être construite sur le plateau. Il fallut donc acquérir les terrains. Les frères Passaquay de Saint-Sixt concédèrent la libre disposition des pentes et du vallon. On fit appel aux bonnes volontés, tant pour les travaux que pour le financement. Elles ne manquèrent pas tant la dévotion à la Vierge Marie était grande.

Le 3 novembre 1861, on assista à la pose et à la bénédiction de la première pierre par le curé Gindre. En souvenir pour saint François de Sales, on conserva les murs et le parvis de l’ancienne bâtisse. Le 29 juin 1862, 8000 pèlerins venus en cortège depuis la Roche apportèrent une statue de la Vierge en bronze doré, réplique de Notre-Dame de Fourvière. Elle fut hissée et fixée au faîte du clocher.

Une inscription est visible sur le socle : « Ils m’ont établie gardienne de leur vallée » (parole inspirée du Cantique des Cantiques I, 5, où la narratrice est établie gardienne des vignes). La nouvelle chapelle de style gothique a les mêmes dimensions que celle qui était dans le vallon. La canalisation de la source fut refaite. L’autel caché dans le cimetière fut ramené et forme aujourd’hui la base de l’oratoire actuel. Des prêtres originaires de la Roche offrirent un nouvel autel ; et les maisons religieuses du Collège, des Capucins et des Sœurs de la charité des vitraux. Pour couronner le tout, les 14 stations du chemin de croix furent édifiées le long du sentier qui descend de l’esplanade de la chapelle vers la source. Le 3 mai 1863, Mgr Magnin vint bénir solennellement ce nouveau sanctuaire, accompagné de plus de 5 000 personnes.  

Ce nouveau sanctuaire fut l’oeuvre de tous, et la meilleure expression qui soit de l’attachement et de la générosité de la population à ce lieu béni. Au début des travaux, l’abbé Revillard n’avait que cinq francs en poche, mais il récolta les 50 000 nécessaires pour assumer toutes les dépenses, et trouva nombre de bénévoles pour participer aux travaux. La statue de la Vierge qui avait été cachée pendant la Révolution trouva place dans une toute petite chapelle de style gothique édifiée sur l’emplacement de la source. Quand l’abbé Revillard fut nommé curé d’Étaux (commune voisine de la Roche) en 1865, il fit alors construire un presbytère à quelques dizaines de mètres de la chapelle principale, sur le plateau, afin que puisse y résider un chapelain pour desservir le sanctuaire et organiser des pèlerinages. Il fut le premier « recteur » du lieu de 1875 à sa mort en 1878. Son corps repose d’ailleurs dans la chapelle.
 




Vie actuelle du sanctuaire. Il ne se passe pas un jour sans que des habitants du lieu ne viennent remplir des bidons d’eau, fassent quelques dévotions, visitent la boutique, demandent à rencontrer le recteur. Chaque jour la messe est célébrée dans la chapelle et le chapelet récité. Le dimanche où l’assistance est trop nombreuse pour la chapelle, la messe est dite dans l’abri du pèlerin. Une communauté très vivante, où toutes les générations se côtoient, est fidèle au sanctuaire. En cours d’année, il y a quelques pèlerinages extérieurs, des journées de prière ou d’adoration, et le premier dimanche de septembre, le grand rassemblement diocésain.  

Certains parlent d’un « Lourdes savoyard », mais il s’en faut de beaucoup pour que l’affluence y soit aussi grande. Si un hébergement était proposé, le sanctuaire pourrait avoir un plus grand rayonnement, mais l’« abri du pèlerin » n’est qu’une vaste salle utilisée tour à tour pour des célébrations, des grandes réunions ou un pique-nique en cas de pluie ! On ne peut donc qu’y faire halte. En revanche, la dévotion y est intense, sincère et discrète, à l’image peut-être de Marie, dont l’humilité et la présence auprès de son Fils et de ses disciples est rapportée par les Évangiles.
 





Père Christian-Marie Giraud
Recteur du sanctuaire de la Bénite Fontaine


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Christian-Marie Giraud a faites le samedi 2 septembre 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au pèlerinage diocésain du sanctuaire marial de la Bénite Fontaine

Le traditionnel pèlerinage diocésain de rentrée au sanctuaire marial de la Bénite Fontaine aura lieu demain, dimanche 3 septembre. Seul, en famille, entre amis ou en paroisse, vous êtes invités à rejoindre la Bénite Fontaine, au cœur du département de la Haute-Savoie, pour une journée en présence de Monseigneur Yves Boivineau, de très nombreux prêtres, mouvements et services. Un temps fort pour bien reprendre les rennes du quotidien !





Proposition de formation sur la foi




Peut-on douter de Lourdes ?

Bernadette ne nous a pas trompés (et ne s’est pas trompée) : le dossier historique des apparitions est complet, limpide, aucune objection ne tient, et c’est un signe de plus car si Lourdes est vrai, tout est vrai (Dieu, Jésus, l’Église). Lourdes est une sorte de poignée à saisir quand le doute sur la vérité du Credo nous guette.

Découvrez la réponse complète de Vittorio Messori.





Proposition de prière


Pour que la Vierge Marie répande sur chacun de ses fils les faveurs qu’il sollicite, prions Notre Dame de la Bénite Fontaine.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 7 Avr 2018 - 12:52


 431 


NOTRE DAME DE BÉHUARD, VEILLEZ SUR LA TERRE




Le sanctuaire de Notre-Dame de Béhuard (Maine-et-Loire) est l’un des plus anciens de France, et, pour en raconter l’histoire, nous retiendrons cinq grandes périodes, en portant notre attention à chaque fois sur la spiritualité qui s’en dégage.


Introduction. Le sanctuaire est situé sur une île, la seule de tout le cours de la Loire où se trouve un bourg de 120 habitants, et qui constitue une commune. L’île de Béhuard (Maine-et-Loire) serait née d’une poussée de lave il y a près de 400 millions d’années dont il subsiste le rocher sur lequel se trouve la chapelle Notre-Dame. Il est remarquable de connaître cette origine, ce surgissement venant des profondeurs magmatiques de la terre en feu qui, en s’élevant, s’est durci pour devenir un rocher sur lequel on peut s’appuyer et trouver refuge. Car en effet, la Bible a souvent repris ces thèmes apparemment antithétiques pour désigner Dieu lui-même qui apparaît à la fois comme un feu dévorant (Genèse XIX, 24 ; Deutéronome IV, 11 ; 29,23 ; 1 Rois XVIII, 38…) et comme un rocher rassurant (Deutéronome XXXII, 4.31 ; 2 Samuel XXIII, 3 ; Isaïe XXVI, 4 ; XXX, 29 ; XL, 8 ; Habacuc I, 12 ; Psaume 18, 3.32 ; 31, 4 ; 92, 16 ; Matthieu VII, 25-25 ; XVI, 18…).




Saint Maurille et la fête de la nativité de Marie (Ve siècle) La dévotion à Notre Dame de Béhuard remonte à saint Maurille, disciple de saint Martin de Tours et devenu évêque d’Angers, qui a érigé en 431 – l’année du concile d’Éphèse (en Turquie actuelle) qui a déclaré Marie « mère de Dieu » (Theotokos en grec) – une statue de la Vierge sur le rocher volcanique, pour honorer sa nativité. En effet, un an auparavant, en 430, il avait eu près du monastère du Mont-Glonne (Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire), au lieu-dit « la Croix Pichon » (aujourd’hui le sanctuaire du « Marillais ») une apparition de la Vierge Marie dans un peuplier lui demandant d’établir dans le diocèse d’Angers une fête solennelle du jour de sa sainte naissance, le 8 septembre. La tradition rapporte que cette statue aurait remplacé des idoles païennes, marquant ainsi Béhuard comme l’un des lieux les plus anciens de la christianisation de l’Anjou (A. Fauvel, p. 175, retient l’année 431 pour l’apparition de Notre-Dame à saint Maurille, et 432 pour l’installation de la statue sur le rocher de Béhuard).


Le chevalier Buhard et les sauvetages miraculeux (XIe siècle et suivants). Au cours du XIe siècle, Geoffroy Martel (Geoffroy II), comte d’Anjou, donna en fief à un pieux chevalier appelé Buhardus ou Buhard deux îles de la Loire dont la réunion forma plus tard l’île de Béhuard. L’une s’appelait l’île Marie et l’autre la Vacherie. Le comte voulait ainsi récompenser les loyaux services de Buhard. Geoffroy mourut en 1060 et Buhard, affligé par la mort de son bienfaiteur, donna les deux îles à l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers. À partir de cette époque, des chroniques rapportent plusieurs sauvetages miraculeux qui se sont produits sur le cours de la Loire en relation avec Notre-Dame de Béhuard. C’est le cas notamment d’un pécheur dont voici l’histoire. Le vénérable Sigon, abbé du monastère Saint-Florent au Mont-Glonne, redescendant la Loire, fut surpris par la nuit non loin de l’embouchure de la Maine. Il s’arrêta avec ses moines dans une île proche de Béhuard, en face de la chapelle de l’écluse Saint-Nicolas, comme on appelait à l’époque Notre-Dame de Béhuard. Manquant de provisions, ils appelèrent le pêcheur qui demeurait sur l’autre rive et lui achetèrent quelques poissons, et à l’invitation de l’abbé, il prit part au repas. Puis dans la nuit noire, il reprit son bateau pour retourner chez lui, mais un vent violent agita les eaux et il fut submergé par les vagues. Il n’eut que le temps de lancer des cris avant de couler. Les moines l’ayant entendu, se mirent à prier et apprirent le lendemain que le pécheur avait été sauvé grâce à l’intervention de la Vierge. Alors qu’il était sous l’eau, il avait vu l’abbé écarter avec son manteau les flots qui l’enveloppaient, puis avec son bâton, le soulever au-dessus des vagues. La Sainte Vierge voulait sans doute lui faire savoir aux prières de qui il devait la vie. La Vierge de Béhuard avait sauvé le malheureux qui, sans en avoir conscience, s’était cramponné à un des poteaux de l’écluse (cf. M. Dubreil, p. 14 et A. Fauvel, p. 50-51).

Au début du XVe siècle, la renommée des miracles opérés par l’intercession de Notre-Dame de Béhuard avait franchi les limites de l’Anjou. « Nous lisons, dit l’auteur de Notre-Dame Angevine, dans de très vieux registres de ladite chapelle et surtout au bas de certains tableaux qui s’y trouvent comme gages de vœux accomplis, que, dès l’année 1418, il s’y faisait des miracles, et que la Sainte Vierge avait voulu présider en cet endroit à toute la rivière de la Loire comme une étoile de mer, pour servir de guide et de port assuré à ceux qui se trouveraient en danger de naufrage. Le même auteur, trouvant le narré de ces miracles écrit en termes simples et au-dessus de tout soupçon de fausseté ou de supposition en rapporte quatre principaux. » (Dubreil, p. 15). Plusieurs témoignages attestent qu’au début du XVe siècle, se trouva déjà sur le rocher de l’île un oratoire où l’on venait « faire oblation » (cf. A. Fauvel, p. 53-56).





Louis XI et la construction de la chapelle (XVe siècle). C’est entre 1469 et 1480 que le roi Louis XI, neveu du roi René d’Anjou, fit construire la chapelle actuelle, accomplissant le vœu qu’il fit dans sa jeunesse, en 1443, après avoir échappé de la noyade alors qu’il traversait la Charente pour aller guerroyer contre le comte d’Armagnac. Dans cet événement, son futur règne est comme condensé, à la fois combattant et plein de dévotion pour la Vierge Marie (il a aussi fait bâtir Notre-Dame de Cléry dans le Loiret, où il est inhumé). Est-ce en 1472 ou plutôt en 1474, alors qu’il venait de rattacher la province d’Anjou à la couronne de France que sa construction fut entreprise ? Toujours est-il qu’il est souvent revenu à Béhuard et qu’il eut ensuite l’idée d’y créer un chapitre royal, comme l’explique cet acte donné à Thouars le 20 décembre 1481 : « Pour la grande et singulière dévotion que le roi Louis onzième a eue à Dieu créateur et à la très glorieuse vierge Marie sa mère révérée et honorée dans l’église ou chapelle de Notre-Dame située et assise en l’île de Béhuard près d’Angers, laquelle est membre dépendant de la cure de Denée, il a depuis fondé et doté à perpétuité en ladite chapelle, un curé doyen, six chanoines, six vicaires perpétuels et trois enfants de chœur, pour y dire, célébrer (chaque jour) certains services qu’il avait ordonné être dits en l’honneur de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie, sa mère, pour la conservation de sa personne et la prospérité de son règne et de ses enfants » (cité par Dubreil, p. 25). Afin d’assurer à cette collégiale un revenu convenable et de pourvoir à son installation, il acheta aux moines de Saint-Nicolas, représentés par le Frère Pierre Cornilleau, cellérier de l’abbaye, la propriété entière de l’île. Mais ce projet s’acheva avec la mort de Louis XI le 29 août 1483.

Charles VIII, son fils, fut dissuadé de mettre en place le chapitre et le transforma en un simple bénéfice pour le curé de Denée moyennant certaines observances et prières, dont le détail se lit encore sur une inscription gravée sur le mur de la chapelle. Il faut ajouter que la cloche que l’on voit dans le chœur de la chapelle a été installée par Louis XI afin que l’on prie pour la paix, ajoutant ainsi une mission supplémentaire à celle de la délivrance que souligne la chaîne des galériens qui serait un vestige de la libération par l’ordre de Malte de prisonniers du temps de la Révolution française. La « maison du Roy », à côté de la chapelle, qui abrite aujourd’hui le magasin des objets et livres de piété, rappelle les nombreux séjours qqu’y fit le roi Louis XI entre 1472 et 1480 (15 fois, selon A. Fauvel, p. 70).



À partir du XIXe siècle, les grands pèlerinages à « Notre-Dame l’Angevine ». Au XIXe siècle, à la faveur des apparitions de la Vierge Marie à La Salette (19 septembre 1846), à Lourdes (18 apparitions de février à juillet 1858), et à Pontmain (17 janvier 1871), un mouvement général s’est produit en France d’un renouveau de la dévotion mariale dont Notre-Dame de Béhuard a profité. Quand en 1872, on parla du pèlerinage national de Lourdes, plusieurs paroisses se rendirent à la roche de Béhuard pour faire écho à cette grande manifestation de piété. Mais c’est surtout Mgr Charles-Émile Freppel, célèbre évêque d’Angers, qui a relancé le pèlerinage de Notre-Dame de Béhuard avec le premier grand rassemblement du 8 septembre 1873 (où affluent 20 000 pèlerins), qui fut suivi par bien d’autres. Un autre événement marquant fut l’édification du grand calvaire près de la Loire à la mémoire des soldats morts lors de la guerre de 1914-1918, et qui, depuis, sert de chœur pour le sanctuaire en plein air. On perçoit ainsi que l’intuition du roi Louis XI de prier pour la paix était prémonitoire.  




Et aujourd’hui, quel message ? Le sanctuaire, ainsi que le village et toute l’île de Béhuard, connaissent ces dernières décennies un regain d’intérêt, notamment depuis l’inscription d’une partie du Val-de-Loire (de Sully-sur-Loire, Loiret, à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire) au patrimoine mondial de l’UNESCO (30 novembre 2000), qui a entraîné le développement du tourisme, avec de nombreux cyclistes et randonneurs qui s’ajoutent aux pèlerins traditionnels. Dans ce contexte, il faut souligner aussi l’intérêt croissant pour l’écologie de la part de nos contemporains, que l’Église, par la voix du pape François avec son encyclique Laudato sì sur la sauvegarde de la maison commune (24 mai 2015), encourage vivement : « J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons et ses racines humaines nous concernent et nous touchent tous » (n° 14). À la fin de son encyclique, le Pape associe la Vierge Marie à cette mission : « Marie, la Mère qui a pris soin de Jésus, prend soin désormais de ce monde blessé, avec affection et douleur maternelles. Comme, le cœur transpercé, elle a pleuré la mort de Jésus, maintenant, elle compatit à la souffrance des pauvres crucifiés et des créatures de ce monde saccagées par le pouvoir humain. […] Non seulement elle garde dans son cœur toute la vie de Jésus qu’elle conservait fidèlement (cf. Luc II, 19.51), mais elle comprend aussi maintenant le sens de toutes choses. C’est pourquoi, nous pouvons lui demander de nous aider à regarder ce monde avec des yeux plus avisés » (n° 241).


Conclusion. Il faut ajouter que la cloche que l’on voit dans le chœur de la chapelle a été installée par Louis XI afin que l’on prie pour la paix, ajoutant ainsi une mission supplémentaire à celle de la délivrance que souligne la chaîne des galériens qui serait un vestige de la libération par l’ordre de Malte de prisonniers du temps de la Révolution française. La « maison du Roy », à côté de la chapelle, qui abrite aujourd’hui le magasin des objets et livres de piété, rappelle les nombreux séjours qqu’y fit le roi Louis XI entre 1472 et 1480 (15 fois, selon A. Fauvel, p. 70).






Père Philippe Loiseau
Prêtre au service du sanctuaire



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Philippe Loiseau a faites le samedi 7 avril 2018.


Proposition d'engagement




Je rends visite à Notre Dame de Béhuard


À Béhuard, la Vierge Marie veille sur ses enfants depuis de nombreux siècles. Cette année, j’essaie moi aussi de rendre visite à Notre Dame de Béhuard pour lui confier la terre et mes frères et sœurs en Christ.

Je peux aussi décider de prendre un engagement concret qui contribue à la protection de la Création (recyclage de mes déchets, participation à une journée de nettoyage de la nature organisée près de chez moi, économies d’énergie…).






Proposition de formation sur la foi




A-t-on résolu l'énigme de l'apparition de la vie ?

Non, et c’est même une énigme qui grandit. Il a fallu que soit inventé tout un système ultrasophistiqué constitué de deux langages et un traducteur avant l’apparition du tout premier être vivant : les biologistes cherchent qui a inventé cela, mais nous avons moins d’explication que jamais.

Découvrez la réponse complète de Brunor.





Proposition de prière



Cette semaine, prions Notre Dame de Béhuard avec la prière de Mgr Henri Alexandre Chappoulie (évêque d’Angers de 1950 à 1959).



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 14 Avr 2018 - 17:48


 1830 


140, RUE DU BAC : EN PLEIN CŒUR DE LA VILLE, LUIT UNE LUMIÈRE !




Entrons au cœur de la Chapelle du 140, rue du Bac à Paris (VIIe) pour entendre une parole que Dieu veut nous adresser à travers l’expérience spirituelle privilégiée de Sainte Catherine Labouré. De juillet à décembre 1830, Sœur Catherine, en formation pour devenir Fille de la Charité, reçoit l’immense faveur de s’entretenir trois fois avec la Vierge Marie.


Catherine rencontre la Sainte Vierge. Le 18 juillet 1830, en la veille de la fête de saint Vincent à 23h30, Sœur Catherine s’entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l’invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend. » Catherine s’habille et suit l’enfant. Arrivée dans la chapelle, son petit guide lui dit : « Voici la Sainte Vierge. » Elle hésite à croire. Mais l’enfant répète d’une voix plus forte : « Voici la Sainte Vierge. » « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. » La Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. » Catherine reçoit l’annonce d’une mission difficile et la demande de fondation d’une Confrérie d’Enfants de Marie, ce qui se fera le 2 février 1840.




La deuxième apparition. Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Sœur Catherine dans la chapelle. Cette fois, c’est à 17h30, pendant l’oraison, sous le tableau de saint Joseph. D’abord elle voit comme deux tableaux vivants et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. Dans le 1er tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » Dans le 2e tableau, des mains ouvertes de la Sainte Vierge sortent des rayons d’un éclat ravissant. Une voix explique : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » Certains rayons cependant restent sombres : ce sont les grâces que personne ne demande. Puis un ovale se forme autour de l’apparition et cette invocation s’inscrit en demi-cercle en lettres d’or : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces. » Enfin le tableau se retourne et Sœur Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive. En décembre 1830, pendant l’oraison, la Sainte Vierge se présente une troisième fois auprès du tabernacle, un peu en arrière et lui confirme sa mission. Elle ajoute : « Vous ne me verrez plus. » C’est la fin des apparitions.




La mission. Sœur Catherine confie tout cela à son confesseur, le Père Aladel, lazariste, qui lui demande de ne plus penser à toutes ces « imaginations ». Il finit cependant par parler du projet de médaille à Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui accepte. Sa formation terminée, Catherine va quitter la rue du Bac. Le 5 février 1831, elle arrive à l’hospice d’Enghien, à Reuilly, un quartier pauvre de Paris. Celle qui a vu la Sainte Vierge va pendant quarante-six ans servir Jésus-Christ dans la plus grande discrétion à travers les pauvres : vieillards de l’hospice, miséreux du quartier, blessés des révolutions et de la guerre. En février 1832, éclate à Paris une terrible épidémie de choléra, qui va faire plus de 20 000 morts ! Les Filles de la Charité commencent à distribuer, en juin, les 2 000 premières médailles frappées à la demande du Père Aladel. De manière stupéfiante, les protections et les conversions se multiplient, comme les guérisons… C’est un raz-de-marée ! Le peuple de Paris appelle la médaille « miraculeuse ». Accompagnée d’une notice explicative écrite en août 1834 par le Père Aladel, elle se répand aux Etats-Unis (1836) en Pologne (1837), en Chine, en Russie (1838). Dix ans après les apparitions, elle est diffusée à plus de dix millions d’exemplaires. À la mort de sœur Catherine, en 1876, on compte plus d’un milliard de médailles !


Le bon choix. La médaille est un appel à la conscience de chacun, pour qu’il choisisse, comme le Christ et Marie, la voie de l’amour jusqu’au don total de soi. Porter une médaille n’est donc pas de la superstition ni de la magie ; c’est un rappel de la foi qui nous stimule à montrer notre reconnaissance pour ce don gratuit de Dieu par une conduite digne de ce que nous sommes : des enfants de Dieu ! Dieu seul fait les miracles mais il les fait, quelquefois, au moyen d’objets de piété bien matériels, par l’intercession de Marie et des saints. Le message de la médaille est un appel à la confiance en l’intercession de la Sainte Vierge. Acceptons humblement de demander des grâces par ses mains ! En 1894, le pape Léon XIII a reconnu les apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré. Depuis lors, le 27 novembre est célébrée la fête liturgique de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Le 26 juillet 1897, la statue de la Vierge aux rayons, représentant la vision de Catherine, réalisée en 1856 dans un bloc de marbre offert par le gouvernement, trônant au-dessus du maître-autel de la chapelle, est couronnée avec l’autorisation de Léon XIII.


Les témoins. Parmi ceux qui, les premiers, éprouvèrent l’efficacité de la foi à travers la médaille donnée par la Vierge Marie, on peut citer Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui, après une minutieuse enquête sur les faits affirmés, en devient un propagateur convaincu. Il obtient personnellement des guérisons inespérées. Le Pape Grégoire XVI a la médaille à la tête de son lit. En 1833, le P. Perboyre, lazariste, relate la guérison miraculeuse, attribuée à la médaille, d’un confrère. Une fois arrivé en Chine, où il mourra martyr en 1839, il distribue beaucoup de médailles et rapporte de nombreux miracles dans ses lettres. En 1833, Frédéric Ozanam, apôtre du catholicisme social, porte la médaille lorsqu’il fonde à Paris les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul. Le plus enthousiaste encore fut peut-être le Curé d’Ars. Dès 1834, il fait l’acquisition d’une statue de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse et la place sur un tabernacle dont la porte reproduit le revers de la médaille. Le 1er mai 1836, il consacre sa paroisse à « Marie conçue sans péché ». Il devient un apôtre zélé de la Médaille, et distribue avec elle des centaines d’images sur lesquelles il marque de sa main la date et le nom de ceux qui se consacrent à l’Immaculée. En 1842, Alphonse Ratisbonne se convertit à Rome après avoir reçu une médaille et vu la Sainte Vierge dans une église. En 1843, M. Etienne, Supérieur des Lazaristes et des Filles de la Charité, évoque les apparitions comme source du renouveau des vocations et de la ferveur nouvelle qui anime les deux familles. En 1845, John Newman, un pasteur anglican qui portait la médaille depuis le 22 août, se convertit le 9 octobre. Il devient prêtre et cardinal. Le succès de la médaille, où il est écrit que Marie a été « conçue sans péché », a contribué à la reconnaissance officielle du dogme de l’Immaculée Conception, longtemps discuté au sein de l’Église avant d’être proclamé le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus. 




Les apôtres de la médaille. Sainte Bernadette, à Lourdes, portait la médaille avant même les apparitions de la Vierge en 1858. La jeune fille précise un peu plus tard : « J’ai vu la Sainte Vierge comme elle est sur la Médaille Miraculeuse ». Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus portait elle aussi la Médaille Miraculeuse au Carmel. En 1915, naît aux États-Unis, à Philadelphie, à l’initiative du Père Joseph Skelly, l’Apostolat marial avec la Neuvaine perpétuelle de la Médaille Miraculeuse. Une nouvelle impulsion est donnée à la diffusion de la Médaille Miraculeuse grâce au Père Maximilien-Marie Kolbe. Ce religieux franciscain, né en Pologne, est ordonné prêtre à Rome en 1919. Il veut célébrer sa première messe à San Andrea delle Fratte où l’Immaculée a converti Ratisbonne. En 1917, il fonde la Milice de l’Immaculée, placée sous le patronage de la Vierge de la Médaille Miraculeuse, développe un journal marial, Le Chevalier de l’Immaculée, qui connaît un succès foudroyant. En partance pour le Japon en 1930, il traverse la France et se rend rue du Bac (100 ans après les apparitions), à Lourdes et à Lisieux. Il distribue généreusement des médailles : « Ce sont mes munitions », dit-il. Fait prisonnier au camp d’Auschwitz, il meurt martyr le 14 août 1941 en donnant sa vie en échange de celle d’un père de famille.

Aujourd’hui, deux millions de pèlerins passent à la rue du Bac chaque année, ce qui en fait un des dix lieux les plus visités de la capitale. La multitude anonyme des apôtres de la Médaille Miraculeuse, un des objets de piété les plus connus et les plus diffusés, est répandue à travers le monde.





Équipe pastorale
De la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'Équipe pastorale de la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse a faites le samedi 14 avril 2018.


Proposition d'engagement




Dans la chapelle de la rue du Bac, j'apprends
à écouter, méditer, vivre l’Évangile


Pendant sa première rencontre, la Sainte Vierge est en dialogue avec Catherine Labouré comme une mère avec son enfant. Elle l’invite dans la nuit, dans le silence et l’intimité profonde. Catherine l’écoute. Dans la chapelle de la rue du Bac, apprenons à écouter, à méditer, à vivre l’Évangile tous les jours.

« Nous sommes submergés par tant de paroles. Nous sommes peu habitués à écouter, surtout à nous mettre dans la disposition intérieure et extérieure du silence, pour être attentifs à ce que Dieu veut nous dire. » (Benoît XVI, L’Âme de la prière, p. 329)

Catherine nous partage : « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. » Restez trois minutes en silence, en vous concentrant sur la fresque au-dessus de l’autel qui représente la rencontre avec la Vierge Marie. « Écoutez-moi, vous qui tendez vers la justice, vous qui recherchez le Seigneur ; […] Écoutez-moi, vous qui connaissez la justice, peuple de ceux qui ont ma loi dans le cœur ! » (Isaïe, XLI, 1, 7)

Qu’est-ce Dieu veut me dire par cette Parole ? Est-ce que je trouve pendant ma journée, un moment de silence pour écouter la Parole de Dieu ?



Proposition de formation sur la foi




L’esprit est-il assimilable à un mécanisme ?

Non ! parce que, d’une part, l’esprit n’est pas réductible au cerveau et que, d’autre part, le cerveau lui-même n’est pas réductible à un mécanisme.




Proposition de prière



Je prie la prière de Jean-Paul II à la Chapelle de la rue du Bac.




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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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