À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Notre Histoire Avec Marie en France

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Lumen
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017, 14:28


 1905 


PHILIBERT VRAU : UN MODÈLE DE DIRIGEANT CHRÉTIEN





Né à Lille en 1829, mort dans cette même ville en 1905, ce patron d’une entreprise textile a passé la première partie de sa vie à transformer la manufacture héritée de son père non seulement en une société de réputation nationale (le fil à coudre de la marque « Au Chinois »), mais en « usine chrétienne » (avec chapelle, religieuses dans les ateliers, aumônier, etc.), où le personnel était, en pleine révolution industrielle, considéré davantage comme membres d’une même famille (« frères et sœurs dans le Christ ») que comme de simples salariés.


Le « commis-voyageur de Dieu » La seconde partie de sa vie, il l’utilisa, vrai « commis-voyageur de Dieu », à sillonner tout le pays, ses tournées commerciales se changeant de plus en plus en pérégrinations de militant catholique, et à prendre conseil au Vatican. Le but de sa vie, « la gloire de Dieu et le service du prochain », consista à développer l’organisation pratique d’innombrables actions caritatives et éducatives, à les financer de ses deniers, à recruter des propagandistes pour des œuvres d’apostolat conformes aux vues de la papauté. Tout cela à une époque où l’Église de France était à la fois majoritairement gallicane et de plus en plus attaquée par la République anticléricale.




Un jeune Lillois hors du commun. Issu de la petite bourgeoisie du Nord, Philibert Vrau connaît, enfant, une triste expérience au collège municipal de Lille. Adolescent, il délaisse la foi chrétienne au profit du spiritualisme rationaliste que le philosophe Victor Cousin avait mis en vogue sous le Second Empire. Après un essai malheureux dans le monde bancaire, Philibert Vrau, personnalité ardente, insatisfaite de « l’esprit du temps » (voyant tant de riches « abrutis par l’opulence » et de pauvres « abrutis par l’indigence »), se convertit en 1854, notamment après la découverte du spiritisme alors très à la mode (cf. les « tables tournantes » de Victor Hugo). L’année suivante, il demande à son père la permission de quitter la filterie familiale (entreprise qui achète et conditionne des fils de lin) pour entrer en religion. Mais sa famille lui rappelle que l’affaire, très fragile, a besoin de lui, fils unique, pour prendre la relève. Ayant alors pris la résolution de rester « célibataire pour Dieu », secondant son père jusqu’au décès de celui-ci en 1870, il décuple le chiffre d’affaires et donc les bénéfices de l’entreprise (plus de 1000 employés vers 1875, 70 millions de pelotes vendues chaque année).

Il prend l’habitude de vivre de peu, dans sa famille, de redistribuer la quasi totalité de ses revenus et de se dépouiller au maximum. Il rêve secrètement de faire de Lille une « ville sainte ». Lille, cité en plein essor industriel et démographique où sévit la misère ouvrière, mais aussi antique cité mariale où un groupe de catholiques dont il fait partie construit, à partir du Second Empire, l’immense église Notre-Dame de la Treille devenue depuis lors la cathédrale du diocèse de Lille.

Il lance sur sa région les « œuvres eucharistiques », en développant par exemple l’« Adoration nocturne du Saint Sacrement » en 1857, et surtout en mettant sur pied le premier « Congrès eucharistique international » en 1881 dans les locaux de l’Université catholique de Lille, dont il est l’un des fondateurs.



Un patron exemplaire.  Personnage au caractère profondément oblatif, honnête (son comptable souligne qu’il n’a « jamais volé un millième de centime » ; il a même remboursé la douane après avoir découvert une erreur), humble, discret sinon effacé, austère, combatif, opiniâtre, n’ayant ni les dons d’un orateur ni ceux d’un théoricien, il excelle dans les contacts individuels et se lance dans ce que l’on appellera plus tard « l’action catholique ».

Il devient ce qu’on nommait alors un « homme d’œuvres », touchant le cœur de ceux qu’il rencontre. Il s’adjoint les qualités de son meilleur ami d’enfance, Camille Féron, qui devient son beau-frère en 1861 et qui abandonne en 1866 l’exercice de la médecine pour prendre en main la direction interne de la Maison Vrau.

Dès 1867, Philibert Vrau développe dans le Nord les « patronages chrétiens » pour donner un cadre moral et récréatif aux enfants démunis (par exemple il crée à Lille le « Patronage Saint Léonard » qui subsistera jusqu’en 1970). Mais il sera bien davantage que le riche philanthrope qui propage la bienfaisance dans l’anonymat et davantage que le monarchiste de cœur devenu « catholique social » qui va suivre à la lettre les Encycliques papales de Léon XIII « Rerum novarum » (fondement de la Doctrine sociale de l’Église en 1891) et « Au milieu des sollicitudes » (prônant le ralliement des catholiques français à la République en 1892).



Un fervent apôtre de la charité.  En effet, après la mort de sa mère en 1888, menant la vie d’un « religieux dans le monde », il confie pratiquement les rênes de l’entreprise à Camille Féron et accepte la charge de président de la Confrérie de la « Sainte Famille » (une « pieuse union » de prière et de charité d’origine espagnole), et surtout celle de président du Conseil régional des « Conférences de Saint Vincent de Paul ». Il se mue en une sorte de pieux nomade, voyageant six mois de l’année en chemins de fer (au milieu des tempêtes de la « guerre religieuse ») pour aller resserrer les rangs des « Comités catholiques », distribuer à pleines mains des aides, développer les subventions à la presse, ou encore construire des lieux de culte et des dispensaires catholiques.

Ses dépenses personnelles étaient très réduites ; on a calculé qu’il donnait (avec grande discrétion) jusqu’à 92 % de ses revenus ; à sa mort, le montant de sa succession sera si faible que le fisc s’en émouvra ! En 1934, son prénom a ainsi été donné à un établissement médical, actuellement « Hôpital Saint Philibert », à Lomme (station de métro de Lille).





Un précurseur de l’enseignement secondaire. Son action dans l’enseignement catholique sera sans doute la plus connue, d’abord du côté des écoles primaires. En 1890 (avant la grande offensive des ministres radicaux-socialistes anticléricaux de 1900), sous son impulsion, c’est 32 écoles de garçons et 34 écoles de filles qui sont ouvertes dans les 12 paroisses de Lille (50% des effectifs totaux).

Dès avant la loi de juillet 1875 (qui, brisant le monopole d’État napoléonien, autorisait la création d’universités libres en France), Philibert Vrau s’est employé à créer les conditions favorables à la fondation d’une université catholique pontificale (sous la protection du Vatican) à Lille plutôt qu’à Douai. Il achète avec ses amis 40 000 m2 de terrain sur le boulevard Vauban et, dès 1877, la ville de Lille, sans passé universitaire, aura une Université libre avant une Université d’État. Dans le même périmètre de ce « Quartier latin catholique lillois », une école d’ingénieurs sera créée grâce à lui en 1898, et confiée aux pères jésuites : l’Institut catholique des arts et métiers.



Vers la canonisation ? Dès 1911, est inaugurée l’église Saint-Philibert dans un quartier populaire du sud de Lille, qu’il avait financée avec son beau-frère, parmi bien d’autres lieux de culte. L’aspect architectural et moral de la capitale de la Flandre française serait bien différent si Philibert Vrau et Camille Féron n’avaient pas eu une telle vocation de bâtisseurs et d’évangélisateurs.

Bien des personnes appelaient à l’époque Philibert Vrau « le saint de Lille ». Un procès de béatification de ces deux entrepreneurs chrétiens hors normes fut ouvert, en 1912, sous la houlette du coadjuteur de l’archevêque de Cambrai (il n’y a pas d’évêque à Lille avant 1913), après la parution du récit hagiographique de la vie de Philibert Vrau et de Camille Féron, par Monseigneur Baunard, recteur de l’UCL (Université Catholique de Lille). De nombreux témoignages, notamment d’ouvriers, furent recueillis, tous favorables. Le procès se poursuivit à Rome dans les années 1930. Il fut interrompu dans les années 1950 par le cardinal Liénart, sensible au contexte sociopolitique de l’époque où les syndicats, même chrétiens, semblaient hostiles par principe au patronat, souvent dénoncé comme « paternaliste ».

De nos jours, une association (“Les Amis de Philibert Vrau”) a repris le flambeau pour rouvrir le dossier de ce « serviteur de Dieu » dont les bienfaits gagnent à être (re)connus et continuent de porter de beaux fruits.





Jean-Louis Pelon
Guide-conférencier, chroniqueur (La Croix du Nord, RCF-Nord de France), membre de l’Association des “Amis de Philibert Vrau”



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que Jean-Louis Pelon a faites le samedi 7 janvier 2017.


Proposition d'engagement





J'utilise mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu


À l’exemple de Philibert Vrau, je veux utiliser mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu. Je peux pour cela creuser la vie de Philibert Vrau ici.




Proposition de formation sur la foi





Est-il vraiment plus difficile aux riches d’entrer dans le Royaume de Dieu ?


L’Évangile souligne le danger que peut constituer la richesse pour notre salut, si c’est elle qui nous définit. Et il nous donne l’antidote : suivre la volonté de Dieu dans l’usage de cette richesse, nous en détacher intérieurement pour en faire un usage tourné vers le bien commun.

La réponse complète de Pierre de Lauzun.






Proposition de prière




Je prie en demandant l’intercession de Philibert Vrau.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017, 16:43


 1828 


ADÈLE DE BATZ DE TRENQUELLÉON, « LA FONDATRICE »





Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) est la fondatrice de l’Institut des Filles de Marie à Agen (Sœurs marianistes) dont le but est la mission, à commencer par l’accompagnement des Congréganistes, mais aussi la préparation aux sacrements, et le service aux plus pauvres.


La naissance d’une vocation sur les chemins de l’exil. Adèle de Batz naît le 10 juin 1789 au château de Trenquelléon, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Son père, le baron Charles de Batz, commande les Gardes françaises.
Sa mère, elle, descend de saint Louis. Femme de foi, généreuse en aumônes, elle fait le catéchisme aux enfants, visite les malades, les vieillards isolés, subvient aux besoins des pauvres. Sa famille la surnomme « la femme forte », son mari dit d’elle : « C’est une sainte. »
Le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), qui ramène les Jacobins au pouvoir sous le Directoire, pousse la famille à l’exil dans la péninsule ibérique. La mère d’Adèle, qui avait appris que son nom figurait sur des listes de proscription, devait sauver sa vie.
Le 6 janvier 1801, jour de l’Épiphanie, Adèle fait sa première communion à Saint-Sébastien en Espagne. Naît alors en elle le désir de devenir carmélite. Mais en novembre 1801, la famille peut rentrer en France après quatre ans d’exil. Sa mère promet à Adèle de la laisser revenir en Espagne, lorsqu’elle aura l’âge, si le Carmel n’est pas rétabli en France.
Le 14 novembre, la famille réintègre le château ; mais sur le chemin, que de ruines, que de désolations après la Révolution ! Adèle en restera marquée.



La confirmation.  En 1802, Monsieur Ducourneau, ancien séminariste, arrive comme précepteur de Charles, âgé de 10 ans. Il encourage Adèle dans sa vocation au Carmel. Avec l’accord de la baronne, il lui rédige un règlement de vie spirituelle.
Pour se préparer au sacrement de Confirmation, Adèle demande à passer six semaines avec d’anciennes carmélites. Son désir d’être toute à « l’Époux » en ressort approfondi. Le 6 février 1803, Mgr Jean Jacoupy, évêque d’Agen, convie les confirmands à sa table ; Adèle sympathise avec Jeanne Diché, de quatre ans son aînée. Naît alors une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destinée à se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.



Naissance de la « Petite Société ». Durant l’été 1804, Jeanne Diché est au château de Trenquelléon avec Adèle. Elles parlent à M. Ducourneau de leur désir de rechristianiser les campagnes ; il leur propose de créer une association de prières. Naît alors la « Petite Société », alors qu’Adèle n’a que 15 ans et demi.
Chaque semaine, des lettres circulent. Jeanne et Adèle sont les deux animatrices privilégiées.
Agathe, une des sœurs de Jeanne, se joint bientôt à la « Petite Société ».
En avril 1805, Jeanne épouse Monsieur Belloc,
Adèle devient la tête et le cœur de la Société qui continue à trouver des recrues.
Alors qu’elles ne sont que sept en 1805, les voici 24 au début de l’année 1807, puis 60 fin 1808.
La « Petite Société » a la Vierge Immaculée pour protectrice.
L’animation se fait par l’exhortation mutuelle, à laquelle s’ajoutent quelques pratiques très simples :
                 
- un rendez-vous quotidien au Calvaire, à 15 heures                  
- le vendredi, un moment de méditation sur la Passion                  
- la mise en commun des mérites                  
- un mot d’ordre : « Mon Dieu ».

Adèle parle de l’amour de Dieu, du détachement, de la mise à profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, de la préparation aux sacrements, de la mission, de l’humilité et de la pureté de Marie…
Sans se lasser, elle encourage, interpelle, invite à la confiance. Parmi les associés, se trouvent des prêtres dont Monsieur Larribeau, curé de Lompian (Lot-et-Garonne). Bientôt, il accompagne la « Petite Société ». De temps à autre, il vient au château, occasion de récollections pour Adèle et les associées qui peuvent venir.
Tous les ans, Adèle se rend elle-même à Lompian pour sa retraite. Durant l’été 1808, Madame de Trenquelléon rencontre à Figeac (Lot) l’abbé Lafon. Saisi par la similitude entre la « Petite Société » d’Adèle et la Congrégation de Bordeaux fondée par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, l’abbé Lafon parle d’Adèle au Père Chaminade qui lui envoie le Manuel du Serviteur de Marie.
 




L’association avec la Congrégation de l'Immaculée de Bordeaux.  Le 20 novembre 1808, après des semaines de combat spirituel, Adèle dit « positivement non » à un projet de mariage.
Le cœur tout à Dieu, elle  entre en relation avec la Congrégation de Bordeaux : échanges de conseils, demandes de prières…
Elle s’enthousiasme quand elle découvre la consécration à Marie, les prières et les cantiques proposés par le Manuel du Serviteur de Marie.
Bientôt la « Petite Société » s’associe à la Congrégation.
Dès le début, Marie était  à l’honneur dans la « Petite Société ».
Le 16 juillet 1807, Adèle avait écrit à Agathe : « Ayons souvent recours à la protectrice de la Société, la Très Sainte Vierge. Oh, qu’elle est puissante auprès de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particulières, soit par notre Société, soit par l’habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d’être revêtues. »
L’Esprit Saint préparait déjà les contacts avec le Père Chaminade ; et Adèle était prête à accueillir la consécration à Marie que propose le Manuel du Serviteur de Marie.



Au service des autres. En 1809, Adèle tombe gravement malade. Le sentiment de la précarité de la vie se fait plus vif en elle. L’idée du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et se donne sans compter au service des pauvres.
Ils deviennent ses enfants. Elle les reçoit au château, tient à les servir. Elle travaille, fait de la broderie, de l’élevage, et grâce au produit de ces travaux, elle subvient à leurs besoins. Adèle visite également les malades, fait la classe, le catéchisme. Et quand son père est paralysé en 1812, elle devient son infirmière jusqu’à sa mort en juin 1815.  
 




Le « cher projet ».  Peu à peu, l’idée d’un « cher projet » se fait jour dans le cœur d’Adèle. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un projet de communauté qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la prière et la pratique des trois vœux, ainsi que les œuvres susceptibles de remédier aux misères des campagnes.
Les 13 et 14 juin 1814, Adèle, Madame Belloc, et quelques unes de leurs amies se retrouvent à Lompian. Moment décisif.
Avec l’abbé Larribeau, elles parlent longuement du « cher projet » ; les associées reçoivent des noms de religion. Adèle devient Sœur Marie de la Conception. Pour la Conception de Marie, le P. Chaminade autorise Adèle et ses amies à émettre en privé le vœu de chasteté. Adèle propose de porter un anneau d’argent comme symbole de leur don total au Christ.
Qui va rédiger les constitutions ? Comme l’abbé Larribeau ne s’en sent pas capable, c’est l’abbé Laumont, curé de Sainte Radegonde (Aveyron), qui accepte d’élaborer un projet, mais le P. Chaminade le trouve trop imparfait. En 1815, il y travaille à son tour et précise le but du futur Institut :
« Vous serez réellement religieuses. Marie, l’auguste Mère de Jésus, doit être votre modèle comme elle est votre patronne… Votre communauté sera toute composée de religieuses missionnaires. »


Le développement de l’Institut. Le 25 mai 1816, avec trois amies, Adèle quitte le château pour le Refuge de la rue Joseph Bara à Agen, où les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses, avant de s’installer en 1820 dans l’ancien couvent des Augustins, racheté en mauvais état la même année. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Miséricorde à Bordeaux, envoyée par le Père Chaminade, vient initier ces jeunes femmes à leur nouvelle vie. C’est la naissance de l’Institut des Filles de Marie (dit aussi des Religieuses marianistes) qui concrétise le « cher projet » d’Adèle. 

Le 8 juin, le Père Chaminade apporte les Constitutions qu’il explique longuement aux jeunes femmes.
Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Adèle supérieure du couvent. Le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Adèle et ses huit premières compagnes font profession perpétuelle. Peu à peu, la vie s’organise au couvent de l’Immaculée Conception.
Les activités se multiplient : la Congrégation, l’école gratuite pour les enfants pauvres, les catéchismes, la préparation à la communion, les retraites, l’ouvroir et l’œuvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes qu’une Sœur prépare à la première communion et  à la confirmation). La vie de la communauté est stimulée par la récollection mensuelle et la retraite annuelle, habituellement prêchée par le Père Chaminade.
Les fondations se succèdent : Tonneins (Lot-et-Garonne, 1820), Condom (Gers) et Bordeaux (Gironde, 1824), Arbois (Jura, 1826). En 1824, Mgr Jacoupy approuve par écrit l’Institut des Filles de Marie.   

L’année 1827 voit la santé de Mère Adèle se dégrader de plus en plus. Le 10 janvier 1828, après s’être écriée : « Hosanna Filio David ! » (« Hosanna au Fils de David ! »), elle passe vers le Bien-Aimé, alors qu’elle n’a pas 39 ans.
Dans sa jeunesse, son père lui disait souvent : « Adèle, tu seras fondatrice ! »
  

Vers la béatification ? Après une longue enquête canonique, Adèle de Batz est proclamée vénérable pour l’héroïcité de ses vertus le 5 juin 1986 par le pape Jean-Paul II. En 2016, 200 ans après la fondation de la congrégation marianiste, le Vatican analyse un miracle attribué à l’intercession d’Adèle de Batz, préparant la voie à une éventuelle béatification.




Marie Joëlle Bec
Sœur Marianiste, F.M.I.


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Marie Joëlle Bec a faites le samedi 18 février 2017


Proposition d'engagement





Je confie à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur

Adèle apporte à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.  

Avec Adèle, nous vous proposons cette semaine de confier à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur.
 


Proposition de formation sur la foi





Quelle est la place de la femme dans l’Église ?


Au fil des siècles, bien des femmes, religieuses et laïques, ont tenu des places décisives dans l'Église. Que l’ordination soit réservée aux hommes n’exclut pas les femmes des postes de responsabilité. Les derniers papes ont insisté sur leur charisme propre dans la vie de l’Église.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, récitez avec nous la prière de Trois-Heures, pratique de dévotion traditionnelle des membres de la Famille Marianiste, religieux et laïcs.

La prière de Trois-Heures constitue une véritable icône de notre rédemption : elle reflète la dimension visuelle (picturale) de l’art, le message théologique, ainsi que l’incitation à un engagement spirituel actif.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Mar 2017, 19:20


 1931 


ELLE EST LÀ ! LE PÈRE LAMY : MARIE EN TOUTE SIMPLICITÉ




Ordonné prêtre en 1886, le Père Jean-Édouard Lamy (1853-1931) est chargé par la Sainte Vierge avec qui il a une relation intime de fonder un pèlerinage à Notre-Dame-des-Bois (Haute-Marne) ainsi qu’une congrégation religieuse. Après un essai de fondation infructueux et de courte durée, il meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.


« Un second curé d’Ars » On connaît bien cette exclamation du saint Curé d’Ars : « Il est là ! », balbutiement d’un homme saisi, interdit, devant le mystère de la présence de Jésus au Saint-Sacrement. Trois mots devenus emblématiques de la spiritualité du saint Curé. On pourrait résumer la personne et la spiritualité du Père Lamy (1853-1931), « un second curé d’Ars » comme le qualifiait le cardinal Léon Amette (1850-1920), archevêque de Paris, par une exclamation analogue : « Elle est là ! » Conséquence cette fois de la prise de conscience émerveillée de la présence de Marie.




Marie se dit, en simplicité. Ce qui frappe chez le Père Lamy, c’est son intimité avec Marie, depuis son enfance (on l’appelait « l’enfant au chapelet ») jusque dans sa vie religieuse (oblat de saint François de Sales) et sacerdotale (curé de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis). Elle donne et façonne une postérité spirituelle qui se traduit notamment dans la fondation d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Notre-Dame des Bois, près du village de Violot (Haute-Marne), à 15 km au sud-est de Langres, et de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Si, bien d’autres saints ont été avant lui « au moule de Marie » (selon l’expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort), le Père Lamy en vit et en parle de manière toute simple, parfois familière, ce qui fait son originalité. Que n’a-t-on écrit sur « les gloires de Marie », insistant sur ses privilèges, ses titres ; montrant souvent la sainte Vierge presque « inabordable », comme s’en plaignait sainte Thérèse de Lisieux. Avec le Père Lamy, Marie est présentée comme « en son ménage », selon un mode de présence familière et d’une proximité s’exprimant jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Lors d’une de ses apparitions au Père Lamy, Marie commente la qualité des ornements du prêtre : « C’est du faux ! »




Une relation unique. Jusque dans son expérience mystique, le Père Lamy parle de Marie en des termes dont la familiarité peut surprendre, voire choquer et qui nous montrent la Mère de Dieu comme abolissant toute distance avec nous, y compris celle du respect humain. « Elle était de taille médiocre », dira d’elle le Père Lamy après son apparition à la Courneuve. Voilà une description assez inhabituelle de la Mère de Dieu ! L’homme n’hésite pas à dire de la sainte Vierge qu’elle est une « habile chiffonnière », ayant devant les yeux ses chers chiffonniers de la Courneuve dont les activités, souvent répréhensibles, lui offrent pourtant un bon exemple pour parler de la mission de Marie. Comme eux, elle sait enjoliver les choses les plus laides pour en présenter le brin de mérite à son Fils. Derrière la rugosité du vocabulaire, c’est de la bonne théologie ! Et la Vierge Marie prend le Père Lamy pour ainsi dire « sur son terrain », en lui apparaissant au moment le moins opportun, en toute simplicité, alors qu’il nettoie son église, à genoux par terre, en tablier. Le Père Lamy, occupé à son travail, n’en sait rien et doit en être averti par l’archange Gabriel : « La Reine des Cieux est là ! » (on retrouve notre exclamation emblématique). Le Père Lamy est alors tout confus de se trouver en pareille posture, ce qui fait rire la Vierge ! « J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. (…) « Tenez, le voilà tout rouge ! », a-t-elle dit aux saints en voyant que je me démenais. »




Marie se vit, en simplicité. Cette simplicité s’exprime également dans le choix d’un lieu de pèlerinage et d’une statue assortie. Le 9 septembre 1909, le Père Lamy est comme chaque année en pèlerinage à Gray (Haute-Saône) pour y prier Notre Dame en sa basilique. Il y célèbre la messe quand la Vierge descend doucement vers l’autel et lui sourit. Elle lui annonce la guerre de 1914, lui demande la fondation d’une Congrégation (ce sera les Serviteurs de Jésus et de Marie qu’il fondera en 1930, juste avant sa mort) et d’un pèlerinage (celui de Notre-Dame des Bois). Pour ce dernier, le Père Lamy doit se procurer une statue. Il l’achète à contre cœur chez un brocanteur, sur les indications de Marie, déçu qu’il est par son manque de goût ! Quant au lieu du pèlerinage, c’est une masure perdue qui sert de refuge aux bûcherons et aux chasseurs au milieu d’un bois… On y devine qu’il ne s’y dit pas que des prières. Mais si, en fait de statue et de pèlerinage, on aurait pu rêver mieux de la part de Celle qu’il appelait avec son époque « la Très sainte Vierge », on ne discute pas car « c’est le choix de la Mère de Dieu ». Marie priée et vénérée dans un lieu et à travers une représentation sans fards : les choix du Père Lamy expriment Marie comme il en a l’expérience, en toute simplicité, plutôt que dans ses gloires.  




Un homme humble, « comme un rien » C’est bien le mot de simplicité qui illustre la qualité maîtresse du Père Lamy, comme la conséquence de son intimité avec Marie. On pourrait dire que, tout au long de sa vie, Marie a simplifié le Père Lamy, au sens noble que la Tradition donne à ce mot (la simplicité de la colombe chère à saint François de Sales). Les témoins ont relevé que le Père Lamy passait inaperçu, comme du reste la Mère de Dieu et son divin Fils : « Le Père Lamy n’était-il pas comme un rien ? », dira de lui son confident et ami Jacques Maritain. Dans l’action, l’union à Marie donnait au Père Lamy de voir simple, d’aller tranquillement de l’avant, malgré une impressionnante pauvreté de moyens. En effet, seul, sans vicaire, presque aveugle pendant plusieurs années, le Père Lamy dirige une Œuvre de jeunesse et lui donne un rayonnement considérable (à Troyes comme oblat de saint François de Sales) ; il relève la paroisse de la Courneuve.

Invité lors d’une réunion du fameux Cercle Maritain, alors qu’on y brassait des concepts et discutait théologie mariale, on interroge le Père Lamy, sans doute un peu dépassé par le tour que prennent les débats. Sa réponse : « Elle est bonne, elle est très bonne ! », qui arrache des larmes à ce pieux et grave auditoire ; car vivre avec Marie donne une qualité d’être qui touche et transforme les cœurs. Le Père Lamy meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.





Un Frère
serviteur de Jésus et de Marie


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un Frère serviteur de Jésus et de Marie a faites le samedi 25 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois

Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois du samedi 3 juin au lundi 5 juin 2017.

Au programme :
Une marche de jour de 4 km

Une procession de nuit aux flambeaux
Des temps de célébrations

Messe, chemin de croix et veille

Des temps libres en famille au bord du lac
Deux nuits en chalet

Repas festifs  

Inscription et renseignements auprès de :
Frère Charles de Jésus – 1, rue de la Wanne 68100 Mulhouse / 06 45 54 65 23 / frere.charles@serviteurs.org.  
Prix indicatif : pour une famille parents + quatre enfants : environ 200 euros.
Date limite d’inscription : 1er mai 2017.  






Proposition de formation sur la foi





L’embryon est-il une personne humaine ?


L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain, mais elle a toujours invité à respecter la vie dès sa conception. La distinction parfois suggérée dans certains textes juridiques internationaux entre être humain et personne humaine est artificielle et sans fondement scientifique, ni philosophique.

Découvrez la réponse complète de Pierre Olivier Arduin.






Proposition de prière




Je récite la neuvaine pour la béatification du Père Lamy.

Nous croyons que, depuis son retour à Dieu, le 1er décembre 1931, notre fondateur œuvre au bien des âmes qui se confient à lui. Par cette neuvaine, vous pouvez avoir recours à son intercession et, peut-être, permettre qu’il soit un jour déclaré bienheureux.









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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Lun 08 Mai 2017, 22:09


 1357 


LE LINCEUL DU CHRIST ARRACHÉ AUX BYZANTINS SE RETROUVE FINALEMENT À LIREY, EN CHAMPAGNE





Le très célèbre Suaire aujourd’hui appelé « Linceul de Turin », est apparu en France à partir de 1357, dans la petite ville de Lirey, à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Troyes en Champagne, selon la première mention historique documentée non contestée à ce jour.


Comment ce tissu a-t-il pu arriver là et d’où pouvait-il venir ? Le Linceul de Turin est selon toute probabilité le « linge d’Édesse », très connu dans l'Antiquité, appelé souvent à tort Mandylion. On s'en convainc en suivant son itinéraire : Eusèbe de Césarée (écrivain de Palestine, 264 - environ 340) évoque dans son « Histoire Ecclésiastique » la légende du roi Abgar qui aurait reçu une image miraculeuse du Christ. Il est question ensuite à Édesse (aujourd’hui Urfa, dans l’extrême sud-est de la Turquie) d’une image mystérieuse, « non faite de main d’homme » (acheiropoïète selon le terme grec), qui repousse, paraît-il, les Perses en 544.




À partir de cette date, on constate un changement radical dans la représentation du Christ.  Après les premières représentations symboliques (pain, ancre, poisson) le Christ avait été représenté comme un jeune pasteur grec imberbe (notamment dans les catacombes et dans toutes les églises antiques MilanRavenne, etc.). Puis, très curieusement, à partir du VIe siècle, toutes les représentations du Christ vont changer relativement brutalement dans le monde chrétien oriental. On va lui substituer une image de face, des cheveux longs avec une raie centrale, une barbe bifide, un visage ovale et un nez allongé, avec bien souvent une double mèche au sommet du front, à l’endroit où il y a une double tache de sang sur le Linceul. On le constate par exemple sur la monnaie de l’Empereur Justinien, frappée en 565, ainsi que sur la magnifique image du Christ du monastère Sainte Catherine en 550, sur les icônes de la Basilique Sainte Sophie à Constantinople, à Ohrid en Macédoine, à Palerme, au Mont Athos, etc. Partout la ressemblance de ce nouveau « canon » avec le visage du Christ sur le Linceul est frappante. On en est donc venu naturellement à imaginer que le « linge d'Édesse », probablement à l'origine de cette nouvelle iconographie, pouvait être le Linceul de Turin. En effet, les représentations du linge d'Édesse en notre possession, se rapprochent du visage du Linceul en imaginant le Linceul replié huit fois sur lui-même. 


En 650, Édesse est conquise par le califat islamique mais le « linge d'Édesse » reste vénéré malgré la présence musulmane, ce qui lui permettra providentiellement d’échapper aux destructions liées à la crise iconoclaste entre 730 à 787. Le second concile de Nicée (787) rétablit la légitimité des images, en utilisant comme argument essentiel « l'image d'Édesse », pour légitimer l'usage des images sacrées : « En tant qu'homme parfait, le Christ non seulement peut, mais doit être représenté et vénéré en image. » Léon, lecteur de l'église de Constantinople, est cité comme témoin principal et atteste avoir vu à Édesse l'image d'un linceul.  




En 943, l’Empire byzantin lance une expédition ponctuelle et assiège Édesse dans le but d’acquérir la précieuse relique. Pour éviter une dégradation de ce linge, les chrétiens préfèrent négocier et acquérir ce célèbre trésor, par le versement de 12 000 pièces d'or. Ils la ramènent à l’Empereur de Byzance, dans une procession triomphale le 15 août 944. Cette réception grandiose sera illustrée ultérieurement (au XIIe siècle) dans le manuscrit de Jean Skylitzes. À cette occasion, Grégoire le Référendaire évoque dans une homélie « cette empreinte qui nous donne ici le visage du Christ », qui « est embellie par les gouttes de sang jaillies de son côté ». Cette relique sera conservée dans la chapelle du Palais du Boucoléon (Constantinople), puis dans l’église Sainte-Marie des Blachernes.




 En 1190, le Linceul est précisément dessiné dans le Codex de Pray. Un pèlerin hongrois de passage à Constantinople livre un témoignage saisissant dans ce premier texte hongrois conservé à la Bibliothèque de Budapest (découvert au XVIIIe siècle par le jésuite Georgius Pray qui laisse son nom au manuscrit),  sur lequel on peut reconnaître le Christ dans l’état et la position exacte du Linceul de Turin : nudité, croisement des bras dans la même position que le Linceul, pouces cachés, traces de sang, tentative d'imitation des chevrons, trous, etc… Suite à toutes ces constatations et indices convergents, la probabilité pour que le Linceul de Turin soit ainsi passé par Constantinople est très grande.


En 1203, le chevalier picard Robert de Clari, auteur d’une chronique sur la quatrième Croisade, décrit le Linceul à Constantinople : « Il y a un monastère appelé Sainte-Marie des Blachernes », où il aperçut « le Linceul où Notre Sire fut enveloppé, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu'on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur ».




En 1204, la quatrième Croisade détournée de son but dévaste Constantinople. 33 000 croisés français et 17 000 Vénitiens, lancés par le pape Innocent III, partent délivrer Jérusalem conquis par Saladin en 1187. Suite à des querelles confuses et à l'âpreté relative au gain des Vénitiens, ils vont attaquer et piller Constantinople pendant plusieurs jours à partir du 14 avril 1204. Au cours de cette dévastation, les soldats de Venise et de France vont se déshonorer par un pillage généralisé, en s'appropriant tous les trésors d’or, d’argent et d’ivoire de tous les édifices possibles. Robert de Clary témoigne de la disparition du linceul au cours du pillage : « Plus jamais personne, ni Grec, ni Français, ne sut ce que ce Linceul devint quand la ville fut prise. » Cette disparition suscita un grand émoi, car les Byzantins considéraient vraiment leur linceul comme une relique insigne. Dans sa lettre au pape Innocent III, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, réclame la restitution de « la relique la plus sacrée, le linteum, dans lequel le Christ avait été enveloppé ». « Nous savons que le sacré Linceul est à Athènes. »  


À partir de cette date et jusqu'en 1357, les indices disparaissent et une foison d'hypothèses a été émise, toutes fragiles (*).


En 1357, le Linceul se retrouve à Lirey, en Champagne. Ce linge y réapparait dans la famille d’un certain Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey tué en 1356 en défendant le roi Jean II, à la bataille de Maupertuis dite « de Poitiers ». Sans être un grand du royaume, ce proche du roi joua un rôle important. Il laissa une veuve dans le besoin, Jeanne de Vergy. Celle-ci organisa en 1357 à Lirey, les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey. L'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, prit ombrage du succès de ces ostensions et les fit interdire jusqu'en 1388. Elles reprirent à cette date et le nouvel évêque Pierre d'Arcis envoya au pape Clément VII, un célèbre mémorandum repris aujourd'hui par tous les opposants au Linceul. En réponse, le Pape émet deux bulles en 1390 pour autoriser les ostensions. Veuve et sans enfant, Jeanne de Vergy « fait don » le 22 mars 1453, de la précieuse relique au duc Louis de Savoie qui lui donnera gracieusement les revenus de la seigneurie de Varembon…




De 1453 à 1983, le « Saint Suaire » reste donc la propriété de la Maison de Savoie. D’abord dans son château de Chambéry, puis à partir de 1502 dans la « Sainte chapelle » où il subira, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un incendie qui y fera des brûlures et de nombreux trous. Par une chance incroyable, due au pliage, une partie importante de l'empreinte ne fut pas altérée. Puis, le Linceul fut transféré à Turin en 1578. Il restera la propriété de la Maison de Savoie jusqu’à la mort, en 1983, du grand-duc Umberto II de Savoie qui en fit don au Vatican par testament.


En conclusion, l’ensemble de ces témoignages semble très cohérent et ce parcours pourrait tout à fait être celui du Linceul du Christ, qui semble être passé par Jérusalem et par le désert de Judée si l’on en croit l’analyse des pollens de Max Frei, Avinoam Danin, Uri Baruch, les époux Whanger et Marzia Boi. Ces études sur les pollens retrouvés sur le Linceul restent cependant contestées par manque de preuves.




Enfin, au-delà de cette analyse historique, l’analyse scientifique de ce drap si mystérieux conclut aussi à l’authenticité (cf proposition de formation en bas de cette page). Ce linge en lin pur, sans mélange de laine animale selon les traditions juives antiques, tissé en chevrons, a commencé à étonner la science après la photographie de l’avocat italien Secundo Pia le 28 mai 1898. Lors de la révélation du négatif, l’image corporelle de couleur sépia et peu visible, devint une image beaucoup plus nette. Le Suaire se comporte en fait comme un négatif photographique : une notion tout à fait inconnue avant l’invention de la photographie au XIXe siècle. Cette découverte qui fit l’effet d’une bombe et qui engendra immédiatement de très intenses polémiques, intervint un an seulement après la mort en 1897 de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui avait dédié sa vie à la Sainte Face du Christ...  

À partir de ces différentes analyses, il n’est pas inutile d’approcher la question à partir d’un arbre logique :

1. Le Linceul a été réalisé par une personne : cette hypothèse, la plus courante, d'un faussaire du Moyen Âge n’est pas valide pour plusieurs raisons.
-      Toutes les analyses scientifiques de spectrographies prouvent l’absence des composants d'une peinture (pigments et liant).
-      D'autre part, on observe sur la vue négative une vingtaine de détails, présents sur le Linceul et absolument inconnus au Moyen Âge : image en négatif, intensité liée au relief, tuméfactions diverses (visage et dos), position des clous dans le carpe, position dissymétrique du corps, sang rouge sous l’action de la bilirubine, présence d’aragonite invisible à l'œil et identique à celle de Jérusalem (sur le genou, sous les pieds et sur le nez), présence de quatre muscles fessiers tétanisés ne touchant pas le sol, anomalies de proportion, etc. Il est frappant que l’image que ce corps a transmise, soit si conforme, et sans aucune erreur, à l’intégralité des textes évangéliques de la Passion du Christ, avec tous les détails de la flagellation, du port du patibulum, de la crucifixion, du couronnement d’épines, du coup de lance post mortem, du transport au tombeau, etc. De plus, cette image nous a même révélé des détails sur le crucifiement que nous ne connaissions pas jusqu’alors, comme par exemple la position dissymétrique des condamnés sur la croix. Ces détails inconnus au XIVe siècle, ne pouvaient pas non plus être imaginés donc a fortiori réalisés par un faussaire. Cette hypothèse est donc vraiment impossible.
   
2. Si elle n'a pas été réalisée par une personne, l'empreinte s’est donc faite soit par contact, soit à distance, par un rayonnement. L’hypothèse d’une image produite par contact est exclue, car il devrait y avoir dans ce cas une déformation de l’empreinte sur les côtés de la tête et du corps, ce qui élargirait l'image.

3. Il reste une production par rayonnement. Il faudrait d'abord que ce rayonnement génère une oxydation déshydratante, identique à celle observée sur l'empreinte du Linceul. Le biophysicien français J-B Rinaudo a montré, par l'irradiation de lin à partir d'un accélérateur de particules, qu'un jet de protons répondait à la question, ainsi qu'à la possibilité de donner le relief 3D. Avec des réglages adéquats, l'empreinte obtenue a la même épaisseur que sur le Linceul. Il a imaginé alors que l'éclatement de particules de deutérium sur la peau devrait générer un double flux de protons et de neutrons. Après avoir expérimenté le jet de protons, il s'est attaqué à une irradiation de neutrons. Le Père Rinaudo a pu prouver expérimentalement que l'irradiation de neutrons « rajeunissait » la cible de tissu. Ainsi, son hypothèse d'éclatement de deutérium utilise des phénomènes naturels connus et pourrait expliquer aussi bien la nature de l'empreinte que le rajeunissement du tissu, ce qui rendrait le résultat de l'analyse au carbone 14 sans signification. Le premier vrai problème réellement impénétrable est donc l'origine de cet éclatement du deutérium. D'où viendrait l'énergie nécessaire à cet éclatement ? Le deuxième problème, particulièrement insoluble, est de savoir pourquoi ce rayonnement se serait produit de manière directionnelle, perpendiculairement au tissu, de façon à dessiner une image parfaite, alors que tous les rayonnements connus sont d’habitude omnidirectionnels ? En résumé, le rayonnement dont on parle est actuellement doublement incompréhensible…





Finalement, l'explication de l'origine de l'image semble devoir rester cachée aux hommes. Après plus de 500 000 heures d’étude par des chercheurs de haut niveau (le Linceul est de très loin, aujourd’hui, l’objet matériel le plus étudié au monde), la science doit s’avouer vaincue, n’ayant aucune explication valable à fournir à ce jour. La seule explication cohérente se situe au-delà de la science : car pour interpréter l'image du Linceul, les chrétiens pensent naturellement à quelque chose semblable à un « flash » de la résurrection. Comme pour la démonstration de l’existence de Dieu, il s’agit bien évidemment de la conclusion d’un raisonnement indirect, car il n’y a aucun élément scientifique pour prouver cela positivement et directement, mais il n’y a aujourd’hui aucune autre explication disponible qui soit cohérente. En toute logique, un effet absolument singulier ne peut être effectivement produit que par une cause absolument singulière...  

Ce linge qui ne pouvait ni être conçu ni être réalisé au Moyen Âge est donc bien réellement « une provocation à l’intelligence » comme disait Jean-Paul II. Au total, les conclusions auxquelles toutes ces études et raisonnements nous conduisent aujourd’hui semblent nous obliger à considérer le Linceul de Turin comme un signe clair, fort et finalement assez incontestable que Dieu donne à notre époque pour qu'elle reconnaisse la réalité des mystères de l'Incarnation, de la souffrance, de la mort et de la Résurrection de son Fils !





Jean Dartigues
Ingénieur en retraite, conférencier, secrétaire de l'association Montre nous ton Visage -
Études sur le Linceul depuis 1950


***************************************************

(*) Note de l’Association Marie de Nazareth : Jean Dartigues considère qu’il y a beaucoup d’hypothèses et trop peu de certitudes pour évoquer sérieusement ces 150 années qui séparent la disparition du Linceul du Christ en 1204 lors du sac de Constantinople de sa réapparition à Lirey en Champagne en 1357, mais Jean-Michel Mahenc a proposé le 28 avril 2017 avec l’Association Marie de Nazareth une projection en la Basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge (91) où il évoquait la concordance d’un certain nombre de faits :
-      on sait qu’en 1204, le chevalier champenois Othon de la Roche avait son campement à côté de l’église des Blachernes, lors du sac de Constantinople ;
-      on sait également qu’en 1205, il devint Duc d’Athènes et que ses successeurs y gouverneront durant plus d’un siècle, jusqu’en 1451 ;
-      dans sa lettre au Pape déjà citée, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, écrira aussi « Le vol de si nombreuses choses sacrées va contre le droit des hommes et les lois de Dieu. Nous savons que ces choses sacrées sont conservées à Venise, en France et autres pays des pillards, le sacré Linceul étant à Athènes (!) » ;
-      à partir de 1354, le Linceul volé aux Byzantins se retrouve comme par hasard en Champagne, dans l’héritage de Geoffroy de Charny, qui fut tué - comme l’explique Jean Dartigues - en 1356, laissant une veuve, Jeanne de Vergy, qui organisa en 1357 en France les premières ostensions du Linceul du Christ ;
-      Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, veut faire alors interdire ces ostensions, mais le pape Clément VII intervient de manière surprenante pour les autoriser, en mettant comme seule condition qu’elles se fassent avec discrétion, ce qui est somme toute une attitude assez logique si l‘on considère que le Pape savait bien qu’il s’agissait d’une relique arrachée aux byzantins dans des conditions qui allaient effectivement « contre le droit des hommes et les lois de Dieu »…
Même si on manque de preuves, la présence de Champenois du début à la fin de l’épisode 1204-1357 est quand même une coïncidence frappante que chacun pourra apprécier comme il le souhaite…  

Compléments NDLR : L’analyse du groupe sanguin (AB) et de la position des plaies est aussi très cohérente avec ce qu’on trouve sur les autres reliques que sont le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil, comme semblent l’indiquer les études de Jean-Maurice Clercq.



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean Dartigues a faites le samedi 6 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je visionne le film du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin


Pour compléter la lecture de ce texte, nous vous proposons cette semaine de visionner le film réalisé par la Communauté du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin.  




Proposition de formation sur la foi




Le Linceul de Turin est-il un signe de la Résurrection du Christ ?


Le Linceul n’est pas une preuve objective contraignante obligeant à croire mais il est incontestablement authentique et il fait signe de bien des manières, touchant ceux qui l’étudient ou le contemplent, et devenant pour beaucoup un chemin qui conduit au Christ et à la foi en la Résurrection.

Découvrez la réponse complète de Jean Dartigues.





Proposition de prière




Cette semaine, je récite la prière Ô Christ, ton regard ne cherche pas nos yeux mais notre cœur de notre Saint-Père, le pape François, lors de l’ostension du Saint Suaire de Turin le 30 mars 2013.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 20 Mai 2017, 15:07


 1951 


LE PÈRE JACQUES SEVIN, ÂME ET PÈRE DU SCOUTISME CATHOLIQUE DE FRANCE





En juillet 1920, 13 ans après la naissance du scoutisme, le Père Jacques Sevin (1882-1951) cofonde les Scouts de France, mouvement qui se développe d’une manière remarquable. Comptant 200 membres l’année de sa création, il en rassemble 75 000 en 1939. L’action du Père Sevin, tant par sa connaissance de la méthode de Baden-Powell (1857-1941) que par l’adaptation qu’il en réalise pour le monde catholique, explique cet immense succès. Les idées qu’il développe dans son livre Le scoutisme vont être reprises dans le monde entier.


Les débuts du scoutisme catholique en France. C’est en 1911 que le scoutisme apparaît en France, quatre ans après sa fondation par Baden-Powell le 29 juillet 1907 sur l’île de Brownsea, dans le Dorsetshire (Angleterre). Les deux premiers mouvements scouts créés dans notre pays sont les Éclaireurs unionistes, mouvement protestant, et les Éclaireurs de France, mouvement neutre sur le plan religieux. En dehors de quelques individualités, tel Marc Sangnier (1873-1950, journaliste et homme politique français), le monde catholique reste à l’écart de la dynamique du scoutisme qui touche au total 15 000 jeunes en France en 1914. Dans une société française très marquée par la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les catholiques sont méfiants envers cette nouveauté. Elle vient de Grande-Bretagne, ennemie héréditaire. Elle est promue par un général anglican. Celui-ci développe de surprenantes conceptions éducatives, fondées sur le  jeu, la nature, la vie en équipes, une loi et une promesse, sous-tendues par une conception optimiste de l’existence et des relations humaines, le tout dans une perspective interreligieuse. En effet, pour Baden-Powell, si le scout doit absolument avoir une religion, peu importe laquelle. Le Révérend-Père (R.P.) Jacques Sevin va faire comprendre au monde catholique français, puis international, l’importance et l’intérêt que présente la méthode éducative de Baden-Powell. À l’été 1920, il est, avec quelques autres précurseurs – le chanoine Antoine Cornette, Paul Coze et Édouard de Macédo – à l‘origine de la création d’une association de scouts catholiques : les Scouts de France.  




Le R.P. Sevin en quelques mots.  Né le 7 décembre 1882 à Lille (Nord), Jacques Sevin, est l’aîné d’une famille de sept enfants. Baptisé le lendemain en l’église Notre-Dame de Consolation, il est consacré à la Vierge Marie dont enfant il portera les couleurs bleu et blanc. Après des études à Amiens (Somme), il devient novice jésuite. Passionné de  poésie, il écrit des vers qui révèlent son grand amour de la Vierge Marie et son attachement au Cœur de Jésus. En 1901, il doit quitter la France en raison des lois contre les congrégations et poursuit ses études en Belgique. Il y est ordonné prêtre le 2 août 1914 et reste dans ce pays jusqu’en 1919, le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêchant de revenir en France. Le R.P. Sevin va jouer un rôle essentiel dans l’organisation du scoutisme catholique en France jusqu’à sa mise à l’écart de la direction des Scouts de France en mars 1933 en raison de divergences de vues. Il se retire alors avec dignité de ce qui a été la première œuvre de sa vie. Malgré la meurtrissure, il lui restera d’une fidélité absolue sans jamais la critiquer. En 1944, il crée la seconde œuvre de sa vie, une congrégation religieuse féminine très inspirée du scoutisme et dévolue à l’éducation : la Sainte Croix de Jérusalem, installée à Boran-sur-Oise (Oise). C’est là qu’il meurt le 19 juillet 1951 et qu’il est enterré.  


Le R.P. Sevin, un fondateur. Le R.P. Sevin est l’un des principaux organisateurs des Scouts de France qui se développent rapidement à travers toute la France à partir de juillet 1920. Il organise leur structuration en publiant divers manuels, mais surtout en mettant au point leurs textes fondateurs. C’est ainsi qu’il adapte le texte de la loi scoute de Baden-Powell en dix articles, résumé des valeurs morales du scoutisme sur lequel le scout s’engage lors de sa promesse : « Le scout met son honneur à mériter confiance, le scout est loyal… » Le Père Sevin introduit la référence à Dieu dans la loi scoute et complète le texte initial de la promesse scoute par la référence à l’Église. Il y ajoute trois principes : « Le scout est fier de sa foi, le scout est fils de France, le devoir du scout commence à la maison. » Il « sacralise » en quelque sorte le scoutisme de Baden-Powell en lui donnant une forte identité catholique.  


De nouveaux symboles. Le R.P. Sevin contribue également à créer l’imaginaire des Scouts de France. Il dessine leur insigne : une  croix de Jérusalem chargée d’une fleur de lys. Elle renvoie à la fois à la chevalerie – le scout des années 1920 et 1930 est vu comme un chevalier contemporain – mais aussi à l’universalité du Salut du genre humain, aux quatre coins du monde, symbolisés par les quatre branches de la croix. Les nombreux chants qu’il écrit contribuent aussi à structurer l’imaginaire du scoutisme catholique. Les plus connus sont le Chant de Promesse et le Chant des Adieux. Bien d’autres, tels le Cantique des patrouilles, la Légende du feu ou Chamarande marqueront profondément les esprits.




Un livre de référence. En 1922, le R.P. Sevin publie son principal ouvrage : Le scoutisme. Celui-ci démontre d’abord son excellente connaissance du scoutisme de Baden-Powell. Le Père Sevin qui parle anglais est allé le rencontrer en Grande-Bretagne dès 1913. Les notes de bas de page de son livre comprennent de multiples références aux ouvrages de Baden-Powell. Ce dernier dira d’ailleurs, pendant un congrès, que « la meilleure réalisation de sa propre pensée venait d’un religieux français ». Le R.P. Sevin explique longuement comment le scoutisme peut parfaitement s’intégrer dans le monde catholique. Il contredit habilement les multiples critiques nées en son sein depuis 1911, telles les accusations de naturalisme, de lien avec la franc-maçonnerie, de pratique de la religion de l’honneur ou de panthéisme. Il affirme que la loi scoute est « l’âme du scoutisme », que le système des patrouilles est son pivot et que la vie en plein air est une nécessité absolue. Le R.P. Sevin ne se contente pas d’écrire sur le scoutisme, il l’a mis en pratique dès 1917, alors qu’il était en Belgique, en organisant une troupe de scouts catholiques à Mouscron avec Léon Maes. Ses écrits sont donc aussi le fruit de sa pratique personnelle.


Le R.P. Sevin, un formateur. Le Père Sevin insiste sur l’importance de la formation des cadres du scoutisme. Dès 1923, il installe au château de Chamarande (Essonne), un camp de formation pour les chefs scouts, à l’image de celui installé par Baden-Powell dès 1919 en Grande-Bretagne à Gilwell. Le Père a compris que la formation des cheftaines et des chefs, sous forme de « camp-école » d’une semaine, était l’une des principales clés de la réussite. Cheftaines et chefs vivent en camp, sous la tente, pratiquent des activités de scoutisme et réfléchissent à leur rôle d’éducateur. C’est dans ce « camp-école » de Chamarande, dirigé par le R.P. Sevin lui-même jusqu’à sa mise à l’écart en 1933, que des milliers de jeunes se formeront pour assurer le succès des Scouts de France. Ce système qui continua après le départ du jésuite fonctionne encore aujourd’hui. Les Scouts et Guides de France utilisent ainsi le terme de « Cham » pour désigner l’une de leurs plus importantes formations de cadres. Ce modèle de formation sera d’ailleurs repris par de nombreuses associations scoutes catholiques dans le monde.




 Le R.P. Sevin, un précurseur. Si le Père Sevin a été l’un précurseur par son action chez les Scouts de  France, il l’a été aussi dans d’autres domaines. Dès 1927, il est ainsi l’un des premiers en France à envisager la création de troupes scoutes pour les handicapés physiques. Celles-ci démarrent à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoriums accueillant de jeunes paralysés. En 1928, il est l’un des pionniers du dialogue interreligieux en encourageant vivement l’action de Robert Gamzon (1905-1961) dans la création des Éclaireurs Israélites de France (EIF), le mouvement de scoutisme juif. De même dès 1948, le R.P. Sevin envisage, bien avant le concile de Vatican II, l’ordination de diacres permanents. L’ensemble des qualités du R.P. Sevin a conduit le pape Benoit XVI à le proclamer Vénérable le 10 mai 2012, un premier pas dans le processus de béatification.


 Le R.P. Sevin, un pont entre les mouvements de scoutisme catholique. Dans les années 1960-1970, le scoutisme catholique connaît plusieurs ruptures liées à l‘évolution générale de la société française et aux réformes pédagogiques engagées par les Scouts de France et les Guides de France, mouvement catholique de scoutisme féminin créé en 1923. De ces ruptures, naîtront les Guides et Scouts d’Europe (AGSE) qui concernent aujourd’hui 30 000 jeunes en France et les Scouts Unitaires de France (SUF) qui en touchent 28 000. Les Scouts et Guides de France (SGdF), nés en 2004 de la fusion des Scouts de France et des Guides de France, touchent de nos jours 77 000 jeunes. Ils illustrent l’existence de sensibilités différentes au sein de l’Église catholique qui reconnaît aujourd’hui ces trois mouvements. On compte également d’autres associations scoutes catholiques plus petites, comme les Scouts de Riaumont (fondés en 1966) ou les Europa Scouts (créés en 1986).




Si les relations entre ces trois grands mouvements ont été conflictuelles et tendues dans le passé, celles-ci se sont sensiblement améliorées surtout depuis le centenaire du scoutisme célébré en 2007, aux cotés des associations scoutes laïque (Éclaireuses et Éclaireurs de France), protestante (Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France), musulmane (Scouts Musulmans de France) et juive (Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France.)  

Aujourd’hui, le R.P. Sevin reste un pont incontournable entre ces trois grands mouvements du scoutisme catholique français qui se réfèrent toujours à lui et à Baden-Powell.





Jean-Jacques Gauthé
Historien du scoutisme, membre du conseil d’administration des Scouts et Guides de France


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Jacques Gauthé a faites le samedi 20 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage auprès des scouts


La question du recrutement des cheftaines et des chefs est une difficulté permanente pour les différents mouvements de scoutisme. La prise d’une responsabilité en leur sein est un engagement fort pour des jeunes. D’autre part, les adultes y ont aussi leur place.

Les mouvements de scoutisme sont animés par des bénévoles, garçons et filles de 18-25 ans qui sont chefs et cheftaines d’unités. Il s’agit d’un engagement exigeant en termes de temps et de responsabilité. Ces jeunes ont en charge l’animation des différents aspects de leur unité scoute ou guide, qu’il s’agisse des dimensions d’animation, de la pédagogie ou de la dimension spirituelle. Une unité scoute compte en général 20 à 30 enfants ou adolescents. Ces jeunes acceptent de consacrer gratuitement une large partie de leur temps libre pour ces activités scoutes, pour l’organisation des camps d’été et pour la participation aux stages de formation de leur association.    

Les adultes occupent des fonctions de soutien dans les groupes locaux ou les structures territoriales : chef de groupe, commissaires de district ou de province, délégués territoriaux. Dans certaines associations (Scouts et Guides de France, Scouts Unitaires de France), cet engagement peut être  pris en couple. Il s’agit à la fois d’être à l’écoute et de soutenir les jeunes responsables et aussi d’impulser une politique de développement de l’association dans une zone géographique.  

Jeunes et adultes sont appelés à prendre leur part d’engagement dans le scoutisme. Les sites Internet des différents mouvements scouts :


- https://www.sgdf.fr pour les Scouts et Guides de France,
- http://www.scouts-unitaires.org pour les Scouts Unitaires de France,
- http://www.scouts-europe.org pour les Guides et Scouts d’Europe
vous permettront de découvrir les propositions d’engagement qu’ils formulent.



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi es-tu chrétien ?


Parce qu’il y a des raisons de croire en Jésus (intelligence), parce que c’est sur le socle de cet amour que j’ai choisi de fonder ma vie (liberté) et parce que j’ai rencontré le Christ dans ma vie (expérience).

Découvrez la réponse complète de Pierre Durieux.






Proposition de prière




Je récite la prière scoute


Souvent attribuée de façon inexacte à saint Ignace de Loyola, cette prière est issue de la spiritualité jésuite. On trouve trace de son texte dès 1897 dans le livre de Xavier de Franciosi, sj, La dévotion à saint Ignace, Méditations, Prières et Pratiques en honneur du Fondateur de la Compagnie de Jésus. Le R.P. Jacques Sevin reprend et enrichit ce texte vers 1917 en lui donnant un souffle nouveau. Une dernière modification du texte est introduite en octobre 1939.

Le R.P. de Paillerets, assistant de l’aumônier général des Scouts de France note alors en ce début de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sentons le désir de prier les uns pour les autres avec une intensité inconnue jusqu’alors. » Au lieu de « Apprenez-moi à être généreux », le texte devient alors « Apprenez-nous à être généreux, (…) À nous dépenser, sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté , lui donnant une dimension plus communautaire. »





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 10 Juin 2017, 19:18


 202 


IRÉNÉE DE LYON, UN THÉOLOGIEN PASTORAL





Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église. Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.


Repères biographiques.  La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres. Irénée nait en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple. Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère. La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation. Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année. À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison. Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église. Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire. Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ». On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse. La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr. Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397. Grégoire de Tours reprend cette tradition.  





Un théologien pastoral.  Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles. Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur. On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur. Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants. L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ. Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu. Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé. La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon). 


La mise en valeur de la tradition apostolique. Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. » Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain. La succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires. Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.




Un des premiers théologiens marials. Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »


Culte. La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée. Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône. Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide. Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.  




 Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine. Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II. L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entrainé l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.




Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Bernard Berthod a faites le samedi 10 juin 2017.


Proposition d'engagement




J'imite Marie dans son obéissance à Dieu


L’obéissance de Marie est le modèle de notre obéissance à la volonté divine. Au centre de toute obéissance, les mots de Jésus dans sa prière : « Que ta volonté soit faite. » S’engager sur ce chemin d’obéissance passe par des renoncements pour parvenir à la vraie liberté des enfants de Dieu qui, comme Marie, répondent OUI à ses appels. La foi est un trésor à préserver et à faire fructifier.

Elle implique le service de Dieu : « Suivre le Sauveur, c’est avoir part au Salut, comme suivre la lumière, c’est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu : à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle (…) La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu » (saint Irénée).




Proposition de formation sur la foi






Comment un évêque est-il nommé ?


Les procédures ont varié au cours du temps et elles varient en fonction des lieux. Seuls des évêques peuvent ordonner des évêques, en les inscrivant dans la succession des apôtres. Un évêque est « catholique », s'il est en communion avec le successeur de Pierre.

La réponse complète de Mgr Jacques Perrier.





Proposition de prière




Je récite la prière rédigée par saint Irénée afin de me trouver affermi dans ma foi.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 24 Juin 2017, 17:21


 1274 


THOMAS D’AQUIN, UN SAVANT ET UN SAINT





Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) est un théologien catholique italien, doué pour la philosophie, grand contemplatif de la Vérité, le Verbe de Dieu. Une réelle symphonie se manifeste entre sa vie mystique et son esprit scientifique. La devise dominicaine « Contemplata aliis tradere » (« Transmettre aux autres les réalités contemplées ») découle de cette vie évangélique.


Un enfant précoce.  Alors que les demoiselles du Château de Roccasecca (région du Latium, Italie centrale) n’y arrivent pas, sa mère, Théodora, force le petit Thomas âgé de trois ans tout au plus à ouvrir sa main droite serrée : elle y trouve un papier replié. Intriguée, elle le déplie : elle y lit la salutation angélique en latin ! « Ave Maria gratia plena… » (« Salut Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni le fruit de ton ventre Jésus »). Nous sommes vers l’an de grâce 1229, à la frontière entre les États pontificaux et le Royaume des Deux-Siciles dont le roi est aussi l’empereur du Saint-Empire romain germanique, le terrible Frédéric II qui sera deux fois excommunié par l’Église pour ses mauvaises actions. Selon un usage médiéval, cet enfant précoce est donné à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin (Cassino, Italie centrale) où saint Benoît a terminé sa vie au Ve siècle, un lieu prestigieux dont la famille d’Aquin espère un jour hériter des bénéfices. Ce petit prodige, Thomas, de famille noble, ne pourrait-il pas devenir un jour abbé du Mont-Cassin ?  




La découverte des « Frères Prêcheurs »  Thomas posera une question embarrassante aux moines : « Qu’est-ce que Dieu ? » (« Quid est Deum ? ») Il mettra toute sa vie à y répondre lui-même, en élaborant une théologie pleinement chrétienne à partir de la sagesse acquise de la philosophie réaliste et de celle reçue par la révélation biblique. Mais les événements bousculent ce havre de prière et de travail : à partir de 1239, Frédéric II menace le Mont-Cassin. Après neuf ans passés comme oblat dans cette abbaye bénédictine, Thomas est envoyé par ses parents en un lieu qui leur semble sûr pour poursuivre ses études, plus au Sud, au Studium regni (qui n'est pas encore une université, mais une académie locale), à Naples. C’est un double éblouissement qui y attend le jeune homme : la philosophie d’Aristote dispensée par de vrais maîtres et la découverte d’un mode de vie tout nouveau, celui de cet ordre religieux que l’on nommera plus tard les Dominicains. Thomas est doublement conquis par leur enseignement et par leur vie régulière. Il ne voudra plus séparer deux quêtes : vérité et mendicité, et décide de prendre l’habit des « Frères Prêcheurs », ainsi qu’ils sont aussi appelés. 


Un attachement fort à l’habit blanc.  La famille d’Aquin, qui voit toujours Thomas à la tête du Mont-Cassin, s’y oppose vertement, bien qu’il dépasse les 18 ans. Le Maître de l’Ordre des Prêcheurs préfère éviter le conflit et envoie le novice Thomas vers Paris. Mais le convoi est intercepté et ce dernier est mis en résidence forcée à Roccasecca, la demeure familiale. Fort de stature, il a résisté aux soldats de l’empereur qui voulaient lui arracher son bel habit blanc dominicain. Le blanc est un signe de pauvreté par rapport au noir qui nécessite de l’encre très coûteuse à l’époque. Tout est tenté pour faire changer d’avis le jeune Thomas, même les ruses les plus grossières, charnelles. Rien n’y fait. Il ne veut pas revenir à sa robe noire bénédictine, car il a été saisi par un bien qu’il voit supérieur, l’appartenance à ce qui lui semblera « le plus semblable à l’Ordre angélique ». Un an de solitude à Roccasecca lui permet de méditer et d’assimiler intégralement la Bible et le Livre des Sentences de celui qui sera l’évêque de Paris, un théologien de renom, Pierre Lombard. Il écrira plus tard que « le bien consiste en perfection et en acte » (« bonum in perfectione et actu consistit ») (II Sentent., 35, 1, 1). Quand il retrouve sa liberté, il reprend la même direction où l’obéissance le conduisait : Paris.   


Conflits entre séculiers et réguliers.  Dans la capitale du Royaume de France, où règne alors saint Louis, les lieux universitaires pour étudier sont multiples. L’université de Paris, fondée en 1215, est rapidement dominée par les ordres religieux mendiants (surtout franciscains et dominicains). Parallèlement, le chanoine Robert de Sorbon développe un collège pour les étudiants pauvres qui portera plus tard son nom : la Sorbonne (1253). Les prêtres séculiers, liés directement aux évêques, acceptent mal de perdre des places d’enseignants universitaires devant la montée en puissance des ordres mendiants, que les jeunes vocations choisissent de préférence. Ainsi les conflits prévisibles entre séculiers et réguliers ne manqueront pas d’éclater.   


Disciple de Frère Albert le Grand.  Thomas suit les cours d’un grand savant, un saint également, Frère Albert le Grand (vers 1200-1280), lui aussi Dominicain. Celui-ci donnera son nom à la place Mauber (= Maître-Albert), à Paris. L’ordre dominicain se développe et souhaite s’implanter à Cologne : Frère Albert et Frère Thomas sont ainsi envoyés outre-Rhin.

Ils rentreront à Paris quatre ans plus tard, avant que Frère Albert ne soit choisi comme évêque de Cologne, où il retournera, mais cette fois sans Thomas. Saint Albert prendra toujours la défense de son disciple, studieux et très intériorisé, depuis le jour où des étudiants, jaloux sans doute, nommeront ce dernier « le bœuf muet de Sicile », jusqu’après sa mort où certaines de ses thèses réalistes (ou parfois leurs interprétations fautives) seront provisoirement contestées à Paris par des maîtres fatigués (1277-1325).

Au reste, ce sont les disciples de ces maîtres parisiens qui condamneront Jeanne d’Arc et favoriseront le conciliarisme, hérésie qui défend la supériorité d’un concile œcuménique (réunion des évêques en assemblée plénière, universelle) sur la primauté du Pape.
   




Un grand théologien. Blond, le teint hâlé, fort, d’une certaine corpulence, assez taciturne au début de sa vie, il a le front élevé et dégarni, le regard perçant. Thomas ne perd rien de ce qu’il apprend et accumule les succès intellectuels : il devient bachelier, puis Maître en sacrée théologie.

Il enseigne à l’université et au couvent Saint-Jacques à Paris, lieu d’études des Dominicains. Sa parole attire des foules d’étudiants avides de contemplation, de vérité. Il contribuera amplement à la réputation scientifique de la théologie enseignée à Paris. La future Sorbonne lui doit beaucoup. Son originalité est d’adapter Aristote, philosophe et grand logicien antique, fin observateur de la nature (qu’il a connu par des traductions latines des originaux grecs), à la pensée chrétienne. Le pape Jean-Paul II s’appuiera notamment sur saint Thomas dans son encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), montrant qu’il n’y a pas du tout incompatibilité entre la foi et la raison.

Dans la Somme de théologie, son ouvrage majeur, saint Thomas d’Aquin développe une méthode très rigoureuse qui expose, pour chacun des multiples aspects de la doctrine catholique, diverses objections, une réponse argumentée et les solutions aux objections précitées, prenant en compte les références bibliques, mais aussi les données de la nature. Cependant, les tensions continuent entre enseignants séculiers et réguliers et Thomas, qui a pris le parti de ces derniers, est envoyé en Italie. Son renom le précède à la cour du Pape, elle-même réfugiée à Orvieto (au nord de Viterbe), suite à des mouvements populistes à Rome.

Les papes successifs seront en admiration devant la clarté de la doctrine de Thomas. Urbain IV lui confie de rédiger les prières de la liturgie de la Fête-Dieu, créée depuis peu en l’honneur du Saint-Sacrement. Saint Thomas est ainsi l’auteur des célèbres hymnes latines Sacris solemniis (d’où est extrait le Panis angelicus), Verbum supernum (d’où vient O salutaris hostia), Pange lingua (dont plusieurs couplets forment le Tantum ergo) et de la séquence Lauda Sion, dont les textes sont tous considérés comme des modèles pour leur clarté doctrinale. La paternité de l’Adoro te devote, qui lui est attribuée, reste discutée.



Un écrivain zélé.  Il retourne ensuite à Naples, puis est envoyé pour un deuxième séjour à Paris, avant de revenir à Naples. Tout ce temps est employé à l’enseignement et à la rédaction de beaucoup d’ouvrages. Au total, il écrit, avec la même concentration, huit millions de mots, aidé désormais par des secrétaires à qui il dicte ses ouvrages.

Face à cette application, des frères lui feront croire qu’un bœuf ailé vole dans les airs. Thomas, en se penchant au dehors, sous l’œil espiègle de ceux-ci, avertit : « J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir. » Après sa messe quotidienne célébrée avec ferveur, il assiste à une seconde par dévotion, puis s’attelle à enseigner ou écrire.

Sa seule récréation : marcher seul dans le cloître, la tête haute, tout en méditant. Il ne manque jamais la prière de complies, l’ultime prière communautaire avant le coucher des religieux.

Ses œuvres recouvrent des sujets variés dont les principaux sont des commentaires de l’Écriture Sainte qui inspirent toute sa théologie, des sommes de théologie, des commentaires des Pères et d’Aristote. L’aide de Dieu ne lui manque pas pour venir à bout d’un tel travail. Il prie souvent avant de répondre à chaque question.
 




Rien que le Seigneur. Un jour son secrétaire le supplie à genoux de dire avec qui il s’entretenait, la nuit précédente, sur un texte du prophète Isaïe. Thomas aurait préféré garder le secret, mais l’appel à la charité finit par le faire céder. Il avoue en pleurant à son Frère Réginald que ce sont les saints Pierre et Paul eux-mêmes qui l’ont instruit.

Le sacristain de Naples témoignera avoir vu, un matin avant Matines, saint Thomas soulevé de terre, et avoir entendu le crucifix déclarer au Docteur angélique : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. Quelle récompense veux-tu de moi en échange ? » Qu’aurions-nous répondu à une telle demande…? Le saint répond sans hésitation : « Rien d’autre que toi, Seigneur. » Ces extases finissent par l’épuiser. Il déclare dans ses écrits n’être que de la paille en comparaison de ce qu’il a contemplé.

Ce qu’il a aperçu mystiquement est à sa théologie scientifique ce que grain est à la paille. Les grains de l’épi, qui prolongent la paille si nécessaire à ceux-ci, valent tout simplement plus que le chaume. La perfection de l’homme s’avère surtout surnaturelle : elle ne se développe que sur la croix.



Un saint parmi les savants. Il cesse d’écrire sauf lorsque la charité l’y contraint. Dette à l’égard de son origine bénédictine, il offre une dernière expertise théologique à l’abbé du Mont-Cassin, alors qu’il passe tout prêt, en se rendant au concile de Lyon (7 mai-17 juillet 1274) où il est convoqué, mais qu’il n’atteindra pas. Heurté par une branche sur la route alors qu’il monte un âne, il doit s’aliter chez sa sœur qui lui fait offrir providentiellement, à sa demande, des harengs frais qui ne sont pas de saison.

Il demande pourtant d’achever ses jours dans une maison religieuse : l’abbaye cistercienne Sainte-Marie de Fossanova n’est pas loin. La Vierge Marie lui procure son dernier havre. Il y médite encore le Cantique des Cantiques et puis rend son âme à Dieu en recevant une dernière fois le viatique (la communion eucharistique reçue pour le grand passage d’ici-bas vers l’au-delà) dans une admirable fidélité à la sainte Église : « J’ai beaucoup écrit et enseigné au sujet de ce très saint corps et des autres sacrements dans la foi du Christ et de la Sainte Église romaine, à la correction de laquelle j’expose et je soumets tout. » (6 mars 1274)





 Il meurt le 7 mars 1274, à 49 ans, l’âge de saint Basile le Grand (†379), le moine dont saint Benoît se déclare tributaire (cf. Règle 73, 5). Canonisé le 18 juillet 1323, il est proclamé docteur de l’Église par le pape saint Pie V en 1567, peu après la fin du concile du Trente.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris, remet au goût du jour les études thomistes et déclare que les écrits de Thomas d'Aquin expriment adéquatement la doctrine de l'Église. Le pape fait de lui le patron des universités et des écoles catholiques. « Le plus saint parmi les savants et le plus savant parmi les saints » (Bienheureux Paul VI), débutait ainsi une renommée ininterrompue qui fera de lui le « Docteur commun » de la théologie, le plus recommandé, entre tous, par l’Église catholique aujourd’hui (cf. concile Vatican II, Optatam Totius, 16 ; Gravissimum Educationis, 10).

Saint Thomas d’Aquin est fêté le 28 janvier, jour anniversaire de la translation de son corps dans l’église des Jacobins à Toulouse en 1369. Trop peu de gens savent que le Docteur angélique est enterré en France !





Frère Édouard Divry, o.p.
Docteur en théologie, Dominicain de la Province de Toulouse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Édouard Divry a faites le samedi 24 juin 2017.


Proposition d'engagement




Je prie Marie et les Apôtres pour les théologiens

Prier aux fêtes de la Vierge Marie et aux grandes fêtes des Apôtres (Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Thomas, Matthieu, Philippe et Jacques le Mineur, Barthélémy, Simon le Zélote et Jude, Matthias) pour les théologiens, qu’ils soient fidèles au Saint-Esprit et qu’ils aident l’Église à proclamer la Vérité et à mieux la comprendre.

Prier aussi saint Michel Archange pour qu’existe un enseignement réaliste qui prépare l’intelligence à mieux expliciter l’expression de la foi.

Pour découvrir un jour plus profondément saint Thomas d’Aquin et l’imiter, la province de Toulouse et celle de Saint-Joseph (Washington D. C., États-Unis) ouvrent leurs portes aux vocations masculines pour être Frères Dominicains. De nombreuses communautés dominicaines féminines existent aussi, contemplatives ou actives.



Proposition de formation sur la foi



Comment la philosophie sert-elle la théologie ?

Saint Thomas d’Aquin montre que la doctrine sacrée a besoin de la philosophie pour consolider les préambules de la foi, pour expliciter ses réalités par le langage analogique et pour contredire les arguments avancés contre elle.

Découvrez la réponse complète du Père Édouard Divry, op.





Proposition de prière



Je prie et médite la prière au Saint-Sacrement dans sa forme primitive (on tutoyait Dieu en latin), l’un des cinq hymnes eucharistiques attribués à saint Thomas : Adoro Te Devote.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 08 Juil 2017, 15:47


 1907 


SŒUR MARIE-MARTHE CHAMBON, APÔTRE DES SAINTES PLAIES





De ses nombreuses rencontres avec Jésus-Christ, Sœur Marie-Marthe Chambon (1841-1907), religieuse savoyarde, a reçu la mission de faire connaître à tous la dévotion au chapelet des Cinq Plaies.


Une enfant modeste et pieuse.  Le 6 mars 1841, Françoise Chambon naît à la Croix Rouge, petit hameau en bordure de Chambéry (Savoie), dans une famille très pauvre (on dirait aujourd’hui « en dessous du seuil de pauvreté »).

Elle est baptisée le même jour. La maison où elle voit le jour, c’est-à-dire une misérable cahute au toit de chaume et au sol de terre battue, existe toujours. Une plaque commémorative a été posée le 15 septembre 2012 à l’initiative des Sœurs de la Visitation de Marclaz (Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Françoise est l’aînée d’une sœur et de six frères (dont un mort au berceau). Bien que très pauvres des biens de ce monde, ses parents sont riches des valeurs du cœur humain et de la foi chrétienne qu’ils savent transmettre à leurs enfants : droiture, bonté, honnêteté, sens du travail, piété solide.



Première rencontre avec Jésus.  Régulièrement, Françoise participe à la prière du chapelet chez sa tante ou au chemin de Croix de la paroisse (actuelle église Saint-Pierre de Lémenc, à Chambéry). C’est là que Jésus vient la rejoindre et l’appeler déjà à vivre dans son mystère d’abaissement et de pauvreté.

C’est au cours d’un chemin de Croix le Vendredi-Saint (elle a 8 ou 9 ans), qu’elle voit pour la première fois Jésus attaché à la Croix, tout couvert de sang, tout déchiré « selon ses propres dires ». Aucune parole dans cette vision, mais elle ressent un ardent désir de le suivre.

Jésus grandit dans son cœur. Pour lui prouver son amour, rien ne lui semble trop difficile : elle demande à sa mère comme une faveur de prendre sa soupe sans beurre, elle se lève aussi la nuit pour prier jusqu’à ce qu’on l’oblige à se recoucher. C’est une façon à elle de se préparer à recevoir pour la première fois Jésus dans la communion eucharistique – une préparation que vont parfaire sa tante et le curé de la paroisse. Ces éléments de catéchisme seront les seuls qu’elle possédera jusqu’à son entrée au monastère ; durant son enfance pauvre et laborieuse, elle n’aura jamais le loisir d’apprendre à lire et à écrire.



Une relation intime avec le Christ.  Le 8 septembre 1850, arrive le grand jour de sa première communion. Ici, une nouvelle faveur sera déterminante pour toute sa vie : elle voit l’Enfant Jésus qui lui promet de lui tenir compagnie et de la visiter ainsi à chaque communion.

Pour qualifier les bienfaits de la communion eucharistique, elle se contente de dire : « On a le paradis dans le cœur ! » Un paradis qui ne la quitte pas lorsqu’elle travaille aux champs pour aider ses parents : « Nous étions toujours ensemble », dira t-elle, en parlant de l’Enfant Jésus.

Déjà, on voit se dessiner les grands attraits de sa vie. Pauvreté de Jésus dans la crèche, dans sa vie cachée à Nazareth. Pauvreté de Jésus dans l’hostie. Pauvreté de Jésus sur la Croix : richesse infinie contenue dans sa Passion, dans ses Saintes Plaies qui sont comme des paroles silencieuses de son Amour rédempteur pour chaque âme. Les entendre et les transmettre, voilà le trésor de la petite Françoise que Jésus va lui dévoiler tout au long de sa vie. Un trésor qu’elle veut nous faire partager encore aujourd’hui.





Une mission liée aux Saintes Plaies.  Peu après la réunion de la Savoie à la France (1860), Françoise est admise au Tiers-Ordre de Saint-François-d’Assise (1861), puis choisit finalement en février 1862 d’entrer à la Visitation de Chambéry, à proximité immédiate de l’église de son enfance, où la supérieure l’admet comme aspirante au rang des Sœurs converses (c’est-à-dire parmi les Sœurs chargées des travaux domestiques et du pensionnat du monastère).

« Je voulais n’être occupée que de Lui, ne penser qu’à Lui », dira-t-elle. Le 29 avril 1863, après neuf mois de postulat, Françoise Chambon reçoit avec le voile blanc le nom de Marie-Marthe, si bien approprié à celle qui devait unir au labeur quotidien incessant, une « rare intensité de vie intérieure », selon l’expression de ses premières biographes.

Sa vie laborieuse et cachée est le terreau de cette vie intime particulièrement développée. Unie très profondément à Jésus dans le mystère de sa Sainte Enfance et celui de sa Passion, elle déclare avoir reçu de lui une « mission » : « celle d’invoquer sans cesse personnellement les Saintes Plaies et celle de raviver dans le monde cette dévotion ». Le 2 août 1864, en la fête de Notre-Dame des Anges, Sœur Marie-Marthe se lie irrévocablement à Jésus par la profession religieuse. Elle a 23 ans.




L’épreuve d’une voie peu commune.  À partir de mai 1866, Dieu se manifeste à Sœur Marie-Marthe de façon extraordinaire, accompagné par la Vierge Marie, les Anges et de nombreux Saints. « Monsieur le Curé me permettait souvent de communier. Quelquefois, c'était la Sainte Vierge qui me donnait son petit Jésus. Un jour de la Nativité, le Saint-Sacrement était exposé ; après la grand'messe, je suis restée et j'ai vu la Sainte Vierge. Elle avait son petit Jésus et elle me l'a donné. »

Pendant 25 ans environ, ce sont des visions, des paroles intérieures qu’elle transmet fidèlement à ses deux Supérieures successives : Mère Marie-Alexis Blanc et Mère Thérèse Eugénie Revel. Épreuve pour Sœur Marie-Marthe et son humilité, cette voie peu commune est aussi une épreuve pour le discernement de celles qui la dirigent. S’appuyant sur les conseils de sages guides spirituels, Mère Eugénie Revel et Mère Marie-Alexis Blanc acceptent par obéissance de recueillir fidèlement par écrit ce que leur transmet Sœur Marie-Marthe de la part du Seigneur.

Les autres Sœurs de la communauté n’en sauront jamais rien… mais elles remarquent la piété profonde de Sœur Marie-Marthe, son activité étonnamment débordante au pensionnat, à l’entretien des pièces du monastère et au jardin. « Elle fait le travail de deux Sœurs », disent-elles en parlant de Marie-Marthe.

Ses défauts naturels dont elle ne se défait pas cachent ses dons exceptionnels, ainsi que toutes les grâces qu’elle obtient pour le monastère, les âmes du Purgatoire, les malades, et tous ceux pour qui elle invoque Notre Seigneur. Au début du premier cahier (il y en aura quatre), Mère Eugénie Revel écrit ceci : « Dieu semble avoir choisi cette humble fille pour renouveler la Dévotion aux Saintes Plaies de Notre Seigneur, les faire valoir en les offrant continuellement pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du Purgatoire. Les Saintes Plaies lui sont montrées de manière sensible, aux yeux de son âme tous les jours, plusieurs fois. »
 




La Passion.  Jésus semble vouloir l’associer plus étroitement à sa Passion. En septembre 1866, Sœur Marie-Marthe, à sa demande, obtient de sa supérieure la permission de passer ses nuits en prière, auprès du Tabernacle ou dans sa cellule, allongée sur le plancher avec un cilice (ceinture parfois à clous à porter serrée sur la cuisse) et une couronne d’épines. Cela lui est accordé après beaucoup d’épreuves et de signes qui confirment la volonté expresse de Jésus.

Le 18 avril 1867, Jésus demande à Soeur Marie-Marthe la communion journalière. En septembre de la même année, lorsque sévit en Savoie une nouvelle épidémie de choléra, la prière des Saintes Plaies demandée par Jésus est mise sous la forme de « Rosaire des Saintes Plaies » par les supérieures (1868). C’est aussi à cette époque que Jésus demande l’Heure Sainte du vendredi pour honorer ses Cinq Plaies.

Les 25, 26 et 27 septembre 1867, Sœur Marie-Marthe reçoit des révélations sur le mystère de la Trinité, la Crèche et la Croix (triduum de grâces). Le 17 octobre, Soeur Marie-Marthe scelle son offrande aux Saintes Plaies pour le monde entier et le bien de sa communauté entre les mains de sa supérieure Thérèse-Eugénie Revel :
« Je, Soeur Marie-Marthe Chambon, promets à Notre-Seigneur Jésus-Christ de m’offrir tous les matins à Dieu le Père, en union avec les Divines Plaies de Jésus Crucifié, pour le salut du monde entier et pour le bien et la perfection de ma Communauté. Je l’adorerai dans tous les coeurs qui le reçoivent dans la Sainte Eucharistie…

Je le remercierai de ce qu’Il veut bien venir dans tant de cœurs qui sont si peu préparés. Je promets à Notre-Seigneur d’offrir toutes les 10 minutes – avec le secours de sa grâce et en esprit d’obéissance – les Divines Plaies de son Sacré Corps au Père Éternel… d’unir toutes mes actions à ses Saintes Plaies, selon les intentions de son Cœur adorable, pour le triomphe de la Sainte Église, pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire, pour tous les besoins de ma communauté, ceux du noviciat, du pensionnat et en expiation de toutes les fautes qui s’y commettent. Tout ceci par amour, sans obligation de péché (en cas d’oubli). "Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes." Telle est la formule de cette offrande. »


Les 22 et 23 octobre 1867, la confirmation de la dévotion des Saintes Plaies au sein de l’Ordre de la Visitation est donnée à Soeur Marie-Marthe en plusieurs visions.
   




Une fin douloureuse. À partir du 25 janvier 1869 jusqu’au mois de septembre 1873, Sœur Marie-Marthe ne vit que de l’Eucharistie, son seul aliment pendant quatre ans.

Le 12 juin 1874, les stigmates extérieurs lui sont donnés. Les dernières années de sa vie (1893-1907), Sœur Marie-Marthe connaît l’épreuve de la nuit, le silence de Dieu ; ce qui ne ralentit pas sa ferveur ni son activité. C’est le temps du silence des semailles, de l’enfouissement…

Le 13 février 1907, elle reçoit l’Extrême onction et vit l’offrande de cinq semaines d’une maladie très douloureuse. Le 21 mars 1907, Jésus vient la chercher aux premières vêpres de la Compassion de la Vierge Marie. Après ses funérailles le 23 mars, l’inhumation a lieu au cimetière de la ville puis, quelques années plus tard, dans la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs à Lémenc. Aujourd’hui, les restes de Sœur Marie-Marthe reposent à la Visitation de Thonon-les-Bains.



Vers la béatification ?  En même temps que se répand la dévotion aux Saintes Plaies (autorisée par le pape saint Pie X en 1908), s’étend le renom de son humble apôtre, ainsi que la confiance en son crédit auprès de Dieu. Procurer la gloire de Dieu, le Salut des âmes, telle était son unique ambition : « Mon Jésus, j’ai soif des âmes pour votre gloire », disait-elle. Un procès pour la béatification de Sœur Marie-Marthe avait été ouvert de 1934 à 1936.  




Les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains ont faites le samedi 8 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je prie le chapelet des Saintes Plaies

Nous vous proposons cette semaine de prier le chapelet des Saintes Plaies.

Pour commencer le chapelet (1 fois)

I/. Ô Jésus, divin Rédempteur, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier.
R/. Amen.
I/. Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous et du monde entier.
R/. Amen.
I/. Ô Père Eternel, traite-nous avec miséricorde par le Sang de Jésus, ton Fils unique ; traite-nous avec miséricorde, nous t’en conjurons.
R/.
Amen.


Sur le gros grain : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ pour guérir celles de nos âmes.

Entre chaque dizaine, on peut contempler une des cinq Plaies de Jésus et nommer une intention particulière.

Sur les petits grains : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de tes Saintes Plaies.

À la fin du chapelet, on répète trois fois : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes.

(Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Rome, le 23 mars 1999).



Proposition de formation sur la foi



Comment vivre aujourd'hui l'ecclésiologie de communion ?

La véritable communion n’est pas affaire de sentiment ou de signes seulement, mais elle passe essentiellement par un juste rapport à la vérité divine, au mystère sacramentel, et au droit.

Découvrez la réponse complète du Père Louis-Marie de Blignières.





Proposition de prière




Je prie la prière de béatification pour Sœur Marie-Marthe Chambon.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Juil 2017, 20:56


 1841 


SAINT PIERRE CHANEL, PREMIER MARTYR D’OCÉANIE





Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire. Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.


Un enfant pieux devenu curé de paroisse.  Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain). Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe.

L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans. Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane. Plus tard, il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. » À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron.

Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain). Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain). Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté. Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.





Missionnaire de Marie.  Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875).

Il y entre en 1831. Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire. Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.



Martyr à Futuna. Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis. Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée. Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants. À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux. Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation.

Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ». En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix. Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage. Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir.

Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement. C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire : « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! » Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure. La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême.

Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert. Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli. » Il aimait dire : « Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».

En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle. Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie).





La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel. La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont « Jésus » et « Marie ». Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire. Sa devise était : « Aimer Marie et la faire aimer. » N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre. Il y a comme une véritable respiration chrétienne. En inspirant, j’apprends à aimer Marie : je reçois ! En expirant, j’apprends à faire aimer Marie : je donne ! Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ. « Aimer Marie » : afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ ! « Faire aimer Marie » : c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon ! Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras. Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. »


Cuet, un sanctuaire à vocation universelle. L’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré. Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.

Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié : « Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. » La Potière est un hameau de Cuet. Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux. C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet. Pourquoi rappeler cela ? Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même.

C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel. Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle. En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel. Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.
 




Retourner en Galilée. À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte. Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon. De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel. On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus : « L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »

Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :

-        L’accueil des racines de notre vie.
-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.

Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous. Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.



Des missionnaires de la Miséricorde. Posons-nous quelques questions… Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ? Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus. Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ? Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde. D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi. Que deviendrons-nous ? Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères. Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père. 




Abbé Pierre Le Bourgeois
Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'abbé Pierre Le Bourgeois a faites le samedi 22 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je demande à saint Pierre Chanel de m'aider à être un disciple missionnaire

Demander à saint Pierre Chanel de nous aider à être des disciples missionnaires là où nous vivons. Pour cela, il nous faut nous enraciner dans la prière et nous mettre au service de nos frères à la suite du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous (Galates II, 20).


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi l’œcuménisme des martyrs est-il le plus convaincant ?

Les chrétiens sont capables de mourir ensemble pour le même Christ : ne pourraient-ils pas vivre ensemble ?
Cet œcuménisme des martyrs doit inciter les communautés chrétiennes à la réconciliation, comme l’a fait Jean-Paul II.

Découvrez la réponse complète de Didier Rance.





Proposition de prière


Invoquons le Seigneur afin que nous devenions les témoins d’une vie nouvelle.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 29 Juil 2017, 21:21


 1641 


SAINTE JEANNE DE CHANTAL, AU SERVICE DES PAUVRES




Après la mort de son mari à la suite d’un accident de chasse, Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) s’oriente vers la vie religieuse guidée par saint François de Sales et fonde avec lui l’ordre de la Visitation (1610) à Annecy (Haute-Savoie), devenant ainsi la première Sœur visitandine.


La tendresse d’un père.  Née à Dijon le 23 janvier 1572, au temps des Guerres de religion, Jeanne-Françoise Frémyot n’a pas connu sa mère, décédée lorsqu’elle avait 15 mois. Elle reçoit de son père, Bénigne Frémyot, président du Parlement de Dijon, une excellente éducation à la foi. Il lui fait prendre conscience du commandement d’amour du prochain : « Si je n’aimais pas les pauvres, il me semble que je n’aimerais pas Dieu. »

Dieu le Père, Jeanne le rencontre tout au long de sa vie. Elle en a la révélation dans le comportement de son père, qui sait l’accueillir dans les nombreuses épreuves qui ne l’ont pas épargnée. « La tendresse de son père était le signe de la tendresse de Dieu… », a pu dire le père François Mercier, recteur et aumônier du monastère de la Visitation à Annecy à la fin du XXe siècle.  



Une foi intense.  Nous sommes à Dijon à la fin du XVIe siècle. Jeanne s’élance dans la pièce où se trouvent en conversation des invités catholiques et réformés auxquels le président du Parlement ouvre ses portes en dépit de cette période d’affrontement. « Voici des amandes glacées pour vous, Jeanne », propose l’un des invités appartenant à la Réforme. Les adultes engagent une discussion au sujet de l’Eucharistie. « Moi je ne peux pas croire que Jésus soit réellement présent dans le Saint-Sacrement », annonce l’ami de son père. Soudain Jeanne, âgée seulement de cinq ans et qui a attentivement écouté cette discussion, jette les bonbons dans la cheminée en lui déclarant : « Je ne veux pas de vos sucreries, parce que vous ne dites pas la vérité ! Si vous ne le croyez pas, vous faites de Jésus un menteur ! » Puis elle entreprend de faire changer sa position. Cette scène illustre de façon plaisante son sens des petits sacrifices et sa maturité précoce. « Il faut croire, Monsieur, que Jésus est au Saint-Sacrement de l’autel, puisqu’il l’a dit ! » Cette exclamation montre la profondeur de l’enseignement paternel et la foi intense qui anime Jeanne. Elle est pleine de confiance, d’espérance, d’abandon à Dieu ! Elle exprime ici la vivacité du désir de témoignage qui l’habite et que d’autres hommes ont vécu avant elle. Commentant le texte de saint Luc (XXII, 19) : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous », saint Cyrille (IVe siècle) déclarait ainsi : « Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que Lui, qui est la Vérité, ne ment pas » (in Catéchisme de l’Église Catholique). Saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) assurait quant à lui : « La présence réelle du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, on ne l’apprend point par les sens mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité de Dieu. »




Une âme charitable. Jeanne de Chantal, épouse du Baron Christophe de Chantal et mère de famille de six enfants (dont le père de Madame de Sévigné, célèbre femme de lettres), souhaite être reliée autant sur le plan spirituel que sur le plan matériel aux paroissiens de toutes conditions de Bourbilly (Côte-d’Or), insistant auprès des membres de sa famille pour qu’ils se rendent à la messe du village le dimanche...

Position de principe assez singulière pour les élites de ce temps, comme le soulignent les historiens, et qui démontre chez la sainte un souci très moderne d'unité de tous dans la foi en Jésus-Christ. Jeanne de Chantal, comme laïque, évangélise ceux qui la côtoient en aidant les pauvres, en priant chaque jour, en allant à la messe quotidiennement. « Nous ne pouvons pas toujours offrir à Dieu de grandes choses, mais nous pouvons à tout instant lui en offrir de petites, avec un grand amour. » L'amour de Dieu doit se vivre dans la situation concrète qui est la nôtre chaque jour. Comme sainte Jeanne nous y incite : « Cheminons par ces basses vallées des humbles et petites vertus. Nous y verrons des roses entre les épines, les lis de pureté et les violettes de la mortification... Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. » « L’œuvre de piété où elle parut la plus attentive durant le temps de son mariage, fut la miséricorde envers les pauvres », dira Mère de Chaugy, petite nièce de Jeanne de Chantal, visitandine comme elle et sa première biographe.





La rencontre avec saint François de Sales. Dès 1604, apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés. Veuve depuis 1601, la baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme.

François de Sales, devenu son directeur de conscience à la suite de saint Vincent de Paul, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière. La vocation de Jeanne est un chemin tout intérieur fait en pleine liberté. Ce chemin n’est pas exempt de nombreuses difficultés et hésitations ; il lui prend plusieurs années. François lui recommande trois vertus : la patience, la persévérance et l’humilité. « Le sage loue de cela la femme forte, lui écrit François le 6 août 1606, ses doigts ont manié le fuseau ! Filez tous les jours un peu, mais gardez-vous de vous empresser car vous entortilleriez votre fil à nœud et embarrasseriez votre fuseau. »

Face à certaines hésitations de Jeanne, François affirme : « Vos impuissances vous nuisent beaucoup car, dites-vous, elles vous gardent de rentrer en votre vie intérieure et de vous approcher de Dieu. C’est mal parler sans doute. Dieu veut que notre misère soit le trône de sa miséricorde et nos impuissances le siège de sa toute-puissance. » Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants (les deux premiers n’ont pas survécu), à découvrir et à choisir le plan de Dieu. Après quelques années, il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé. ]
 




La fondation de l’ordre de la Visitation. Le 6 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une Sœur tourière (chargée des relations avec le monde extérieur), Anne-Jacqueline Coste.

François se contenta de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régissait, et du Saint Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les Sœurs oblates de la Sainte Vierge ». Saint François prend rapidement référence sur la Visitation, mystère joyeux de la vie de la Vierge Marie, qui se met au service de sa vieille cousine Élisabeth enceinte de Jean Baptiste (Luc I, 39-56). Pour lui, « l’esprit de la Visitation est un esprit de profonde humilité envers Dieu et d’une grande douceur envers le prochain ».

Au bout d’un an, les quatre novices s’engagent définitivement. Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616, l’archevêque de Lyon expose le souhait que les Sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux. Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy. À la mort de François de Sales le 28 décembre 1622, l’ordre compte treize monastères.





Sainte Jeanne de Chantal est rappelée à Dieu le 13 décembre 1641 à Moulins (Alllier), au retour d’un voyage fatigant. À sa mort, l’ordre comprend déjà 87 monastères dans l’Europe entière. Elle fut béatifiée le 21 novembre 1751 par Benoît XIV et canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767. Elle est la patronne et protectrice des personnes oubliées, des repris de justice, des mères de famille, et des veuves. Ses restes sont conservés avec ceux de saint François de Sales dans la basilique de la Visitation à Annecy. Longtemps fêtée le 12 décembre, sa fête liturgique est fixée au 12 août depuis 2003. 





Père Arnaud Bancon
Prêtre de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris 16e


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Arnaud Bancon a faites le samedi 29 juillet 2017.


Proposition d'engagement




J'essaie de répondre à l'appel de sainte Jeanne de Chantal

Cette semaine, j’essaie de répondre à l’appel de sainte Jeanne de Chantal qui propose avec ferveur et confiance en Dieu amour : « Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. »

Voici quelques liens pour vous aider dans cet engagement :

http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-malades_r46.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-sans-abris_r48.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-demunis_r47.html


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi et à qui donner de son argent ?

Donner est un devoir essentiel du chrétien, car nos biens nous sont confiés en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilité de déterminer combien et à qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.

Découvrez la réponse complète de Pierre de Lauzun.





Proposition de prière


Prions ensemble sainte Jeanne de Chantal pour que les plus démunis reçoivent l’aide de généreuses âmes.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 12 Aoû 2017, 15:42


 1879 


JEANNE JUGAN, FONDATRICE DES PETITES SŒURS DES PAUVRES




Béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1982, puis canonisée par le pape Benoît XVI en 2009, Jeanne Jugan (1792-1879), ou Sœur Marie de la Croix, refusa de se marier pour répondre à la volonté de Dieu. Elle deviendra la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres en 1839.


L’actualité du message spirituel de sainte Jeanne Jugan. « Demeurez dans l’admiration et l’action de grâce, à cause de la bienheureuse Jeanne, à cause de sa vie si humble et si féconde, véritablement devenue un des nombreux signes de la présence de Dieu dans l’histoire. » Ainsi s’exprimait le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1982, au lendemain de la béatification de Jeanne Jugan, devant une assemblée constituée surtout de Petites Sœurs des Pauvres, héritières de leur fondatrice, et de personnes du troisième âge, indissociables de leur vocation ! Le 11 octobre 2009, le Pape Benoît XVI la proclamait sainte, soulignant aussi les deux dimensions et l’actualité de son message spirituel et apostolique : sa « douceur et humilité de cœur » et son « regard de compassion ».




Force dans les épreuves. La Cancalaise (habitante de Cancale, petit port de pêche de l’Ille-et-Vilaine) de l’époque de Jeanne est réputée pour avoir un tempérament fier et déterminé, forgé par les circonstances difficiles qu’elle doit affronter, souvent sans le soutien d’un époux, parti en mer une bonne partie de l’année. C’est le cas dans la famille de Jeanne. Lorsqu’elle naît le 25 octobre 1792, son père est sur les bancs de Terre-Neuve (Canada) à pêcher la morue (il disparaîtra dans l’océan quatre ans plus tard).

Sa maman fait vivre le foyer en travaillant dans une ferme voisine. Jeanne, sixième d’une fratrie de huit, est baptisée le jour de sa naissance par le Curé Godefroy, guère aimé des Cancalais car il a prêté serment à la Constitution civile du clergé, texte voté par le gouvernement révolutionnaire. Le recteur et les autres prêtres fuient la Terreur en se cachant ou en émigrant à Jersey (île anglo-normande). Toute manifestation religieuse est interdite, l’église est devenue un magasin à fourrage, l’école une caserne…

Années noires et pourtant éclairées par la foi inébranlable de ce petit peuple breton tenace. Car la fierté des Cancalais n’est pas de même nature que l’orgueil, cette fierté est une force pour défendre leurs valeurs et allumer la lampe de l’amour de Dieu dans tous leurs foyers. Jeanne héritera de cette force et s’en servira pour s’attacher de plus en plus à son Seigneur Jésus, doux et humble de cœur (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », Matthieu XI, 9). Lorsqu’elle est demandée en mariage, vers 20 ans, par un jeune marin, elle prend le temps de discerner, de prier ; sa réponse est aussi mystérieuse qu’irrévocable : « Je ne me marierai pas. Dieu me veut pour Lui. Il me garde pour une œuvre qui n’existe pas encore, qui n’est pas encore fondée. » L’Esprit souffle où il veut…



Patience dans le discernement. Partie à Saint-Servan (commune rattachée depuis 1967 à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine), Jeanne devient membre d’un Tiers-Ordre fondé par saint Jean Eudes (la Société du Cœur de la Mère admirable). Elle travaille pour gagner son pain et développe sa foi chrétienne dans une vie de prière intense comme en divers engagements de charité, paroissiaux ou personnels. De saint Jean Eudes, elle apprend à « n’avoir qu’une vie, qu’un cœur, qu’une âme, qu’une volonté avec Jésus ». De l’« œuvre qui n’existe pas encore », rien n’apparaît. Jeanne ne cherche pas à provoquer l’éclosion d’une initiative nouvelle. Elle ne devance pas Dieu, non, elle se donne à Lui et au prochain chaque jour, au fil des mois et des années qui passent. Elle arrive ainsi à 47 ans : c’est l’hiver 1839.




Porte et cœur ouverts Jeanne vit alors tout près de l’église paroissiale de Saint-Servan, dans un modeste logement : deux petites pièces au premier étage et un grenier. Elle partage cet espace avec deux autres femmes : Françoise Aubert, dite Fanchon, une amie de 73 ans, et Virginie Trédaniel, une jeune fille de 18 ans qui lui a été confiée par son tuteur. Ces trois générations vivent en belle harmonie de cœur, de travail et de foi. L’hiver 1839 est rude, les mendiants sont quasiment aussi nombreux que ceux qui ne le sont pas. Dans les rues, enfants, jeunes filles et vieillards sont les plus fragiles. Jeanne entend dire qu’une vieille femme, Anne Chauvin, aveugle et infirme, est à l’abandon. Avec l’accord de ses deux compagnes, elle va la chercher et l’installe dans son propre lit, lui déclarant qu’elle est maintenant chez elle. Ce soir-là, Jeanne est allée dormir au grenier. L’« œuvre » pour laquelle Dieu la gardait était née. Elle va grandir très rapidement, devenant association de charité puis communauté religieuse qui prendra quelques années plus tard la forme et le nom définitif de « Petites Sœurs des Pauvres ». Après Anne Chauvin, c’est Isabelle Cœuru qui est accueillie. Virginie lui donne son lit et rejoint Jeanne au grenier. Jeanne a ouvert sans réserve son cœur à la détresse des personnes âgées et entraîne les autres à faire de même. Le mouvement ne s’arrêtera pas : bientôt, on déménage pour accueillir un plus grand nombre d’indigentes.  


Pauvre avec les pauvres.  Ces « bonnes femmes », comme on les nomme avec affection, étaient mendiantes. Maintenant, elles sont au chaud et ne vont plus tendre la main. Jeanne et ses compagnes partagent leurs revenus avec elles. Mais une autre inspiration de l’Esprit Saint fait franchir à Jeanne un pas supplémentaire : laissant tout travail rémunéré, elle devient pauvre avec les pauvres, mendiante à la place des mendiantes qu’elle a sauvées de la rue. En mai 1842, sont adoptés les statuts des « Servantes des Pauvres », devenues en 1849 les « Petites Sœurs des Pauvres », avec un vœu d’hospitalité en plus des trois vœux religieux habituels. Dans sa démarche, Jeanne est encouragée par un Frère de Saint-Jean de Dieu, quêteur, qui la comprend en profondeur. Une décision qui n’est pourtant pas facile. Elle dira plus tard : « J’allais avec mon panier chercher pour nos pauvres… Cela me coûtait, mais je le faisais pour le bon Dieu et pour nos chers pauvres. » Cette identification d’elle-même aux pauvres et du pauvre à Jésus est toute évangélique. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus en Matthieu XXV, 40. La confiance en la Providence, l’une des caractéristiques de sa Congrégation, ne fera que grandir. Liant le temporel et le spirituel, elle est sûre que Dieu, Père, pourvoira au pain quotidien et fera aussi grandir son image en ceux qui s’abandonnent à Lui. Jeanne dira un jour : « C’est si beau d’être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu ! » C’est une sentence qu’il ne faut pas tronquer. Tout est lié.




Sœur Marie de la Croix. Le nom de religion de sainte Jeanne Jugan, Sœur Marie de la Croix, récapitule sa spiritualité. « Sœur », « Petite Sœur » des aînés, elle a dû pourtant s’en éloigner, s’en arracher, par obéissance. Quatre ans après la naissance de l’œuvre, à la fin 1843, Jeanne est injustement déposée de sa charge de supérieure. Elle reste quêteuse et donc proche de la vie des maisons qui se fondent, en Bretagne et de plus en plus loin. Mais soudain, on lui retire la quête, elle est envoyée à la Maison-Mère, sans aucune charge précise. À La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) à partir de 1856, elle passera 23 années de vie cachée au milieu des novices et postulantes. Une descente dans l’anonymat, en dépit de la célébrité dont elle avait joui un moment dans les médias de l’époque (elle reçut un prix de l’Académie française) : les nouvelles Petites Sœurs ne savent plus qu’elle est leur fondatrice. À sa mort, le 29 août 1879, il est écrit sur sa tombe « Troisième Petite Sœur ». Il faudra attendre 1902 pour que son rôle effectif soit enfin reconnu par une étude biographique. La colère peut saisir devant tant d’injustice, mais il faut continuer à regarder comment Jeanne, elle, a vécu cette dernière période de sa vie. Les témoignages la disent de plus en plus joyeuse. Pas de récrimination, pas de murmures… Au contraire, malgré une grande lucidité sur sa situation, elle vit dans une louange grandissante : « Il est si bon, le bon Dieu ! Il faut toujours dire Gloire à Dieu ! Merci mon Dieu ! » C’est une joie toute spirituelle, car la souffrance est certainement présente. « Marie de la Croix » est là aussi. Depuis sa tendre enfance, Jeanne est liée d’affection, de confiance, de piété, à la Vierge Marie. Son chapelet ne la quitte pas. Sa formation eudiste lui a fait découvrir comment rester plongée en Dieu en suivant le chemin du Cœur unique de Jésus et de Marie. Aux jeunes filles qui arrivent au noviciat, encore douloureuses des séparations familiales, elle dit : « Mes petites, vous aimez la Sainte Vierge ? Elle sera votre Mère. » Suivant Marie et Jésus jusqu’au dépouillement de la Croix, elle communie de plus en plus profondément aux sentiments du Christ sur la terre. Aux jeunes Sœurs, la Petite Sœur Marie de la Croix partage souvent son attrait particulier pour l’humilité du Sauveur. Ses filles, les Petites Sœurs, portent sur leur croix de profession (qui est cachée sous l’habit) l’inscription « Je suis doux et humble ».     




« Petites, bien petites ». « Soyez petites, bien petites ! Gardez l’esprit d’humilité, de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, la Congrégation ne ferait plus bénir le bon Dieu, nous tomberions ». Jeanne est la première à mettre en pratique son conseil. Quêteuse, elle se présente toujours petitement, accueillant avec égalité d’âme les dons comme les refus. Un jour, elle reçoit une gifle : « Merci mon bon monsieur, répond-elle, ceci est pour moi… Mais vous me donnerez bien quelque chose pour mes pauvres ? » Une telle réaction amollirait le cœur le plus endurci : son agresseur lui remet une offrande ! Saint Joseph, qui a subvenu aux besoins de la Sainte Famille, est choisi dès le début de l’œuvre comme protecteur et intermédiaire de la Providence, manifestation de la bonté de Dieu envers la « petite famille ». La sainteté de Joseph, à l’âme juste, humble et silencieuse, correspond à celle de Jeanne Jugan. À La Tour Saint-Joseph, quand d’anciens amis lui rappellent tout ce qu’elle a réalisé, elle répond : « C’est le bon Dieu qui a tout fait. Je suis seulement son humble servante » : un accent du Magnificat de la Sainte Vierge… Amour et humilité, tout est dit de sainte Jeanne Jugan et de ce qu’elle attend de ses héritières spirituelles. « Pour faire une bonne Petite Sœur des Pauvres, il faut beaucoup aimer le bon Dieu, les pauvres, et s’oublier soi-même. »

L’esprit de famille. Dans sa pratique de l’hospitalité, Jeanne a eu comme une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées : le désir d’être respectées, estimées, aimées ; l’appréhension de la solitude en même temps que le souhait d’un espace de liberté et d’intimité ; la nostalgie de se sentir encore utiles ; et très souvent une volonté d’approfondir sa foi. Dès l’accueil d’Anne Chauvin, Jeanne a imprimé le style qui allait lui survivre et se retrouve encore aujourd’hui dans toutes les « Ma Maison » de par le monde : l’esprit de famille. Vivant sous le même toit, Petites Sœurs et résidents forment de petites cellules de « la grande famille humaine où tous les hommes se traitent comme des frères et partagent les biens de la création selon la règle de la justice, inséparable de la charité » comme le dit la constitution pastorale Gaudium et Spes (8 décembre 1965) du concile Vatican II. Les communautés sont, dans la plupart des pays, très internationales, porteuses d’un encouragement à la fraternité universelle.  

Le respect de la vie. Sainte Jeanne Jugan a laissé le Seigneur transformer son regard de sorte qu’elle pouvait le reconnaître en toute chose et toute personne. Consciente de la valeur de la vie et de la dignité suprême de l’être humain, quel que soit l’état de son âme ou de son corps, elle a fait de l’accompagnement des mourants le sommet de la vocation des Petites Sœurs des Pauvres. Dans le respect de la liberté et de la religion ou des croyances de chacun, elles donnent toujours le témoignage du respect de la vie.




Amour envers les personnes âgées. Le pape François rappelle souvent que « l’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime. Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société. Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple » (audience du 15 octobre 2016 aux associations italiennes de personnes âgées). C’est le message de Jeanne Jugan : il est tellement actuel ! Que Sainte Jeanne Jugan nous aide à grandir dans l’amour de Dieu et de nos aînés !




Petites Sœurs des Pauvres
de Saint-Pern


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Petites Sœurs des Pauvres de Saint-Pern ont faites le samedi 12 août 2017.


Proposition d'engagement




Je fais un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée

Cette semaine, je vais faire un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée : un sourire, un petit mot, un bras pour traverser la rue, un panier de commissions porté en haut des marches, une carte de vacances dans la boîte aux lettres, une petite visite… Je peux aussi entrer en contact avec une maison des Petites Sœurs des Pauvres et demander à y faire du bénévolat.




Proposition de formation sur la foi




Quelle est l’originalité de la vision chrétienne sur la communication ?

Le christianisme est une tradition de la communication : il développe une vision de la communication juste et pleinement efficace, c’est-à-dire qui ne se réalise pas au sens superficiel et caricatural de la « com’ », mais dans le sens d’une communication vraie qui touche les profondeurs de l’être.

Découvrez la réponse complète du Père Christophe Levalois.





Proposition de prière


Je prie pour demander l’humilité, chère à sainte Jeanne Jugan, avec les « Litanies de l’Humilité » du Cardinal Merry del Val*.

*Ces litanies étaient récitées chaque jour après sa messe par le Cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930), évêque à 34 ans, cardinal à 38 ans et indéfectible secrétaire d’État du pape Saint Pie X de 1903 à 1914.



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