À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Pensée du jour: Mon enfant, l'Amour que J'ai pour toi dépasse de beaucoup tes imperfections...
par Raphaël de l'Enfant Jésus Aujourd'hui à 9:31

» Chapelet du samedi 18 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 18:51

» ROSAIRE PERPÉTUEL
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 18:35

» Prions aux intentions du Pape, défis de l'humanité
par Lumen Hier à 15:55

» Je bénirai le Seigneur ...
par Lumen Hier à 15:12

» Jésus nous livre un grand secret : prier sans se décourager...
par Lumen Hier à 14:50

» Neuvaine au Christ Roi de l'Univers : Du 16 au 26 novembre
par Lumen Hier à 14:29

» Donne-nous notre Pain de ce jour (Vie) : Parole de DIEU*
par Lumen Hier à 14:13

» La vision du Ciel de Saint André le fol en Christ
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 11:54

» 56 apparitions de Marie pour demander d’une manière nouvelle l’Esprit Saint (II)
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 10:24

» Pensée du jour: En acceptant Mon Amour, le mal et la souffrance sont vaincus.
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 10:03

» Le Point Culminant
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 20:45

» Prières
par Raphaël de l'Enfant Jésus Ven 17 Nov 2017 - 20:23

» Une Crise Annoncée ?
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 20:20

» Chapelet du vendredi 17 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Ven 17 Nov 2017 - 20:14

» Catéchèse du pape Benoît XVI : Psaume 119 (118) "unique dans son genre", qui indique la voie du bonheur
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 19:51

» Vers la paix avec la spiritualité franciscaine
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 18:44

» Prions pour et avec les malades
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 18:12

» Chaque instant est un nouveau départ
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 18:01

» Dans la Divine Trinité, la communication est parfaite
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 17:47

» Neuvaine de la Présentation de Marie au Temple
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 13:07

» Consécration aux Cœurs de Jésus et Marie pour Notre Dame de Fatima
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 12:41

» Marie retrouve Jésus au temple
par Lumen Ven 17 Nov 2017 - 12:20

» 56 apparitions de Marie pour demander d’une manière nouvelle l’Esprit Saint (I)
par Raphaël de l'Enfant Jésus Ven 17 Nov 2017 - 10:15

» Pensée du jour: Apprends à te laisser guider par l'Amour. Je t'aime.
par Raphaël de l'Enfant Jésus Ven 17 Nov 2017 - 9:59

» Un grain de sel
par Lumen Jeu 16 Nov 2017 - 21:49

» Où est le Règne de Dieu ?
par Lumen Jeu 16 Nov 2017 - 20:53

» Chapelet du jeudi 16 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Jeu 16 Nov 2017 - 20:17

» Prier avec le Frère Charles de Foucauld
par Lumen Jeu 16 Nov 2017 - 15:24

» « Les religieux de saint Joseph nous ont appris à aimer Notre Dame »
par Raphaël de l'Enfant Jésus Jeu 16 Nov 2017 - 9:49

» Pensée du jour: Mon enfant, Je t'aime! Je t'aime! Je t'aime! Ces mots doivent se graver dans ton âme...
par Raphaël de l'Enfant Jésus Jeu 16 Nov 2017 - 9:16

» La messe n’est pas un spectacle, on a besoin de se préparer en silence
par Raphaël de l'Enfant Jésus Mer 15 Nov 2017 - 19:57

» Prier le "nouveau" Notre-Père
par Lumen Mer 15 Nov 2017 - 19:26

» Refusons la misère
par Lumen Mer 15 Nov 2017 - 18:46

» Clergé: ce qu’est un serviteur inutile, par le cardinal Stella
par Raphaël de l'Enfant Jésus Mer 15 Nov 2017 - 18:35

» Chapelet du mercredi 15 novembre 2017 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Mer 15 Nov 2017 - 18:21

» Migrants : « merci pour ce que vous faites »
par Raphaël de l'Enfant Jésus Mer 15 Nov 2017 - 17:58

» Audience générale: la messe, rencontre d’amour
par Raphaël de l'Enfant Jésus Mer 15 Nov 2017 - 17:46

» La visite des mages
par Lumen Mer 15 Nov 2017 - 17:32

» Prier chaque jour
par Lumen Mer 15 Nov 2017 - 13:12

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 23 utilisateurs en ligne :: 1 Enregistré, 0 Invisible et 22 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Raphaël de l'Enfant Jésus

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 264 le Jeu 27 Mar 2014 - 20:02

Partagez | 
 

 Notre Histoire Avec Marie en France

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 11:55




Le Mont-Saint-Michel, signe de Dieu pour les hommes.

Le Mont-Saint-Michel, signe de Dieu pour les hommes, fait retentir depuis 1300 ans
question que pose le nom même de Michel : « Qui est comme Dieu » ? Personne,
bien-sûr. Pourtant, par notre baptême nous sommes configurés au Christ. Qui est
comme Dieu ? Chaque baptisé qui prend au sérieux son baptême doit aspirer à le
devenir. C'est ce que nous rappelle cette pyramide improbable, fruit de la création
et du travail (de la foi) des bâtisseurs.






Depuis des temps immémoriaux trois rochers émergent de cette échancrure située à la frontière de la Normandie et de la Bretagne. Le mont Tombe, le rocher de Tombelaine et le mont Dol. Trois pyramides, pas très hautes, mais totalement incongrues dans ce paysage plat où la mer, répondant à l'appel de la lune, vient deux fois par jour recouvrir les immensités sableuses et plates de la grande baie. Cela pourrait être triste, et parfois c'est le cas, mais le plus souvent c'est surprenant de vie et de couleurs pastel. Le spectacle est permanent. La beauté à couper le souffle. La nature nous aide à comprendre intuitivement la puissance et la grandeur du créateur.

Mais Dieu ne s'est pas contenté de créer le ciel, la mer et la terre. Il a voulu y introduire la Vie. La vie sous toutes ses formes : minérale, aquatique, végétale, animale. Et, au cœur de cette création, il nous forma Homme et Femme à son image : libres et dotés d'intelligence. Et pour que l'humanité se souvienne de lui, il privilégia quelques lieux où l'on pourrait le reconnaître, le retrouver. Le Mont-Saint-Michel et sa baie sont un de ces espaces où Dieu donne rendez-vous à l'homme.

Pour réaliser cela il fallut le rêve d'un évêque : Aubert, d'Avranches (né en 660, mort vers 725). Saint homme qu'un archange vint déranger trois fois dans son sommeil en 708 pour lui intimer l'ordre de construire une maison de Dieu sur le mont Tombe. C’est Michel, prince de la milice céleste, premier des anges, qui s'est chargé de ce travail. « Qui est comme Dieu ? » Cette traduction de l'hébreu Mi-Ka-El, hante depuis près de mille trois cents ans le rocher où s'est édifié l'un des sites les plus extraordinaires qu'on puisse voir en Europe : le Mont-Saint-Michel. La question peut être ressentie comme une menace. C'est l'archange guerrier qui pousse son cri d'indignation devant l'orgueil et la folie des hommes qui ont, de tout temps, cherché à conquérir le pouvoir d'intimider et de dominer leurs semblables. De ce point de vue, l'abbaye du Mont-Saint-Michel pourrait être l'expression de cette propension. D'où vient qu'elle ne provoque pas cette impression ? Cela tient sans doute à une conjonction de facteurs extrêmement subtils et tout à fait particuliers à cet ensemble qui comprend la baie, le village et l'abbaye. Ce mélange rare de terre, de mer, de vent, de pierres, cette conjonction étonnante et positive du travail de la nature (les croyants disent de Dieu) et du génie humain empêchent le dérapage des sentiments et permettent d’équilibrer mesure et démesure, grandeur et humilité, gloire et déchéance, spirituel et matériel, univers de création et univers d'achèvement, Dieu et Démon, Michel et Satan.

La magnificence du lieu (classé monument historique en 1862 et patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, l’un des sites les plus visités de France), la réputation de l'archange, la beauté des constructions ont vite mis en marche de nombreux pèlerins. Conscients dans leur foi d'avancer vers la « Jérusalem céleste » ; reproduisant au long de leur pérégrination la marche des hébreux dans le désert ; imitant le peuple élu traversant à pied (presque) secs la mer des roseaux. Passer à travers la mer, n'est-ce pas passer à travers la mort ?

Tout pèlerin revit pour lui-même l'aventure d'Israël. Il doit s'arracher au quotidien, accepter d'abandonner ses certitudes, ses appuis, ses sécurités. Il doit faire confiance : la baie est dangereuse, le sable mouvant, la marée rapide. Et quand il a pris pied sur le rocher, il n'est pas encore au bout de ses peines. La montée du village est aussi un chemin symbolique. Le visiteur, sans s'en apercevoir, quitte peu à peu le monde du commerce humain pour celui du « commerce » divin, des nourritures terrestres (symbolisées par la célèbre omelette proposée à l'entrée de la ville), il monte jusqu'aux nourritures célestes. De la table de l'auberge à la table de l'autel où le pain et le vin deviennent pour les chrétiens corps et sang du Christ. Le passage d'une table à l'autre n'est pas facile. Il faut monter sans cesse. D'abord la rue très en pente ; puis les 360 marches du « Grand Degré ». Pas d'ascenseur, pas d'escalier mécanique, mais quelle récompense que d'entrer dans cette grande forteresse construite pour assumer une triple fonction : être imprenable par quelque force ennemie que ce soit ; être accueillante au pèlerin épuisé qui arrive au terme de sa route ; être resplendissante pour dire la gloire de Dieu et permettre à l'âme de s'élever dans une prière fervente, sous l’œil bienveillant de la statue de saint Michel, qui trône à 170 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La baie, le village, l'abbaye du Mont-Saint-Michel témoignent de cette unité créatrice de Dieu et de l'Homme. Ils signent, par leur histoire, la vocation spirituelle, économique et politique de ce lieu. Ils invitent le croyant, comme le non-croyant, à se laisser gagner par l'admiration, la contemplation et la jubilation.

Depuis 1300 ans, l'Église catholique, fidèle à sa vocation et à la mission donnée par l'archange, s'efforce de proclamer la Parole de Dieu, accueille les pèlerins et leur offre les sacrements de l'Eucharistie, du pardon, des malades si nécessaire. Elle est également attentive à la vie spirituelle de la population qui, de tout temps, habite sur le rocher, au pied des murailles de la puissante abbaye-forteresse. Peuple de pécheurs, peuple de commerçants, peuple d'aubergistes et d'hôteliers… Le petit cimetière qui jouxte l'église Saint-Pierre est le témoin séculaire de la permanence de cette vie laborieuse et austère. Aujourd'hui, les pèlerins sont souvent submergés par les touristes. C'est donc un double accueil qui nous incombe, mais c'est une même et seule mission : comprendre et partager l'héritage de tous ceux qui ont « fait » le Mont-Saint-Michel afin d'être, pour notre temps et les temps futurs, des bâtisseurs de beau, de bon et de bien.




André Fournier,
recteur du Sanctuaire Le Mont-Saint-Michel


Les premières mentions du culte à saint Michel, de l'Orient à l'Occident.
C'est en Orient que le culte à saint Michel est attesté le plus tôt, dès le IVe siècle. Les coptes (chrétiens d'Égypte) ne célèbrent pas moins de sept fêtes annuelles en son honneur. Ce culte est passé de l'Orient à l'Occident vers le VIe siècle. Il connut un fort développement, en particulier en Italie, au mont Gargano, en Italie dans les Pouilles. Saint Michel est fêté aujourd'hui en Occident, avec les archanges Gabriel et Raphaël, le 29 septembre. Il semblerait d'après le martyrologe romain que la date corresponde à la dédicace d'une basilique à saint Michel sur la voie Salaria, à dix kilomètres au nord de Rome. Il sera gardé comme patron secondaire de la France, patron de l'Allemagne, de la ville de Bruxelles, des parachutistes et de la police.



Trois apparitions de l'archange saint Michel (parmi bien d'autres).


Au mont Gargano en 492.



En 492, l'Italie n'était pas encore unifiée : l'empire romain était en phase de dissolution. Le plus beau taureau de la région du Gargano disparut. On le retrouva au sommet du mont Gargano, agenouillé à l'entrée d'une caverne, les cornes liées dans les broussailles, et dans une forte colère. Le bouvier tira une flèche afin de l'affaiblir, mais la flèche, par un détour extraordinaire revint vers le tireur. Les habitants du lieu allèrent voir l'évêque du lieu, qui ne fit aucune démarche pour autant. Tous se mirent en prière pendant trois jours. Au troisième jour, l'ange Michel apparut et dit : « Je suis l'archange Michel, l'un de ceux qui se tiennent sans cesse devant le Seigneur. J'ai choisi ce lieu pour être vénéré sur terre, et j'en serai le protecteur. » Les paysans revinrent vénérer l'archange. Il semblait qu'un combat faisait rage puisque des éclairs en jaillissaient. L'évêque décida alors d'édifier un sanctuaire à saint Michel sur ce lieu. Ce sanctuaire fut le premier connu en Europe, d'autant plus vénéré qu'il se situe au Moyen-Âge sur le chemin maritime des croisades et constitue une étape quasi obligatoire vers la Terre sainte.


À Rome en 590, où apparaît la date du 29 septembre.



Depuis 589, Rome était inondée par le Tibre. La pluie faisait beaucoup de victimes, parmi lesquelles le pape Gélase le 7 février 590. Grégoire, le nouveau Pape élu le 3 septembre 590, eut pour première réaction de faire prier la ville. Un triduum de prières publiques eut lieu, le Pape prenant la tête des cérémonies. Un pèlerinage partit de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, passant par la basilique Sainte-Marie-Majeure, pour traverser le Tibre et finir à Saint-Pierre. Le Pape était vêtu d'un sac et brandissait une icône de la Vierge. Le troisième jour, quand on arriva au pont qui relie la ville au Vatican, on constata encore la mort de 80 personnes lors de la procession. Mais la foule entendit alors des chants célestes, très beaux, comme le Regina caeli. Le Pape, levant les yeux au-dessus du Mausolée de l’empereur Hadrien, en rive droite du Tibre, vit l'archange étincelant rengainer son glaive. C'était un 29 septembre. Les crues et l'épidémie qui en résulta cessèrent et tout rentra dans l'ordre. Le Pape suivant, Boniface III, fit dresser au sommet du Mausolée une statue de saint Michel en marbre, l'édifice prenant alors l'appel¬lation de « Château Saint-Ange ».


En France, au mont Tombe en 708



Dans la nuit du 16 octobre 708, saint Aubert, évêque d'Avranches, eut un songe pendant son sommeil. L'ange lui disait : « Je suis Michel, l'archange qui veille en présence de Dieu et je veux habiter en ce pays. Je le prends sous ma protection et j'en prends soin. » Trois fois, il le visita pendant son sommeil. La troisième fois, il posa son doigt sur le front de l'évêque et y laissa un trou. L'évêque consacra alors l'îlot du mont Tombe à saint Michel. Un oratoire fut fondé et douze chanoines vinrent l'habiter avant que les bénédictins en prennent possession en 966 (cette année 2016 est le 1050ème anniversaire de cette installation).


Marie et le Mont-Saint-Michel.
Saint Michel est inséparable de la Vierge Marie car tous deux jouent un rôle important dans la lutte contre les forces du démon. Ils apparaissent ensemble dans le chapitre 12 de l’Apocalypse, dernier livre du Nouveau Testament qui décrit les révélations symboliques de l’apôtre Jean sur la fin des temps. Tandis que la femme qui « crie dans les douleurs de l’enfantement » et met au monde « celui qui doit mener toutes les nations » (allusion à Marie et à son fils Jésus) est en lutte contre un terrible dragon, une grande bataille survient dans le ciel lors de laquelle saint Michel et ses anges parviennent à terrasser le dragon (Apocalypse XII, 7-8.). Ce récit est la base de l’espérance chrétienne au sujet de la victoire finale sur le Mal. C’est donc tout naturellement que Marie est présente au Mont-Saint-Michel : la statue d’une Vierge noire, dite Notre-Dame du Mont-Tombe, témoignage de nombreux pèlerinages avant la Révolution, est présente dans la crypte de Notre-Dame-sous-Terre.

La présence chrétienne au Mont-Saint-Michel.
Quasi-continue depuis 1300 ans, celle-ci n’est pas que spirituelle, mais aussi matérielle. Prêtres, religieux et religieuses représentent plus d’un tiers de la population de la commune (qui est de 41 habitants en 2013), tandis que plusieurs monuments catholiques figurent parmi les 61 édifices protégés au titre des monuments historiques (abbaye, chapelle Saint-Aubert, église Saint-Pierre, presbytère…). L’abbaye est également à l’origine de nombreuses manifestations culturelles ouvertes aux croyants comme aux non-croyants.




Une construction progressive.
Selon la tradition, la dédicace de l’église de « Saint-Michel-au-péril-de-la-mer » a lieu le 16 octobre 709 et l’évêque Aubert installe une communauté de chanoines. Il faudra cependant plusieurs siècles pour que l’abbaye prenne l’aspect qu’on lui connaît de nos jours. Le premier sanctuaire, où est enterré Aubert, est devenu la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, en-dessous de la nef romane actuelle, bâtie au XIe siècle. Malgré l’intrusion des Vikings en 847, le lieu se transforme en abbaye bénédictine en 966 et accueille une grande bibliothèque abritant de nombreux manuscrits venus de toute la chrétienté. Les Bénédictins partent en 1791, sous la Révolution, et le Mont-Saint-Michel devient une prison, mais sa vocation religieuse est restaurée en 1922. Depuis 2001, les offices sont assurés par les Fraternités monastiques de Jérusalem.





***************************************************************************************************************************


Sources documentaires :

- Méry David-Nicolas et Saint-James François,Le tour du Mont en 1300 ans, Éditions Ouest-France, 2011.
- Lefeuvre Jean-Claude et Mouton Jean-Pierre, Histoire de la Baie du Mont-Saint-Michel, Éditions Ouest-France, 2009.
- Guillier Gérard, L'Abbaye du Mont-Saint-Michel, bâtir pour un Archange, Éditions Équinoxe, 2011.
- Bely Lucien, Aimer le Mont-Saint-Michel, Éditions Ouest-France, 2015.
- Decaëns Henry, Le Mont-Saint-Michel, Éditions du Chêne. 2010.
- Maigre François-Xavier, Sur les traces de l'Archange, Éditions Bayard, 2012.
- Destination Mont-Saint-Michel, in Revue Magasine, Éditions Milan, Numéro 29, avril 2016.
- Legros Jean-Luc, Le Mont-Saint-Michel : Architecture et civilisation, CRDP Basse-Normandie, 2005.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 19 Aoû 2017 - 15:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:03




SAINTE JEANNE D’ARC, DES ACCUSATIONS D’HÉRÉSIE À LA CANONISATION TRIOMPHALE


Née au XVe siècle dans une famille catholique du village de Domremy (Vosges), le destin de Jeanne d’Arc,
guidée par « ses voix » pour sauver la France des Anglais, est absolument exceptionnel.
Qualifiée d’hérétique par ses ennemis, condamnée injustement et brûlée vive sur le bûcher, la jeune femme
sera finalement reconnue comme une grande sainte, qui est aujourd’hui patronne secondaire de la France.





Jeannette, comme on l’appelait au village de Domremy, est née le 6 janvier 1412 dans le foyer d’Isabelle Romée et Jacques d’Arc, au cœur d’une France dévastée par la guerre de Cent Ans. Depuis Azincourt et le traité de Troyes (1420), il y a en effet « grande pitié au Royaume de France » qui subit une double monarchie au profit de l’Angleterre. La date de la naissance de Jeanne reste approximative. Elle-même ne la connaissait pas exactement : lors de son procès elle déclarera avoir 18 ou 19 ans mais être née lors d’une nuit d’Épiphanie. Elle est l’aînée et voit la naissance de trois frères et d’une sœur.

Son père, Jacques, est laboureur ce qui laisse penser que sa famille est « aisée » pour l’époque. Elle possède aussi quelques bêtes. Sa mère, Isabelle, vient du village voisin de Vouthon dans la Meuse. Son patronyme, Romée, donne à penser que des membres de sa famille ont fait pèlerinage vers Rome à une certaine époque.

Jeannette vit dans la petite maison familiale près de l’église du village, celle où elle a été baptisée dès sa naissance. Elle passe beaucoup de temps dans l’édifice religieux où elle aime entendre sonner les cloches qui lui indiquent les heures lorsqu’elle n’est pas à la maison. Dès sa plus tendre enfance, elle apprend de la bouche de sa maman les prières et affirmera plus tard qu’elle tient de sa mère tout ce qu’elle sait sur la religion.

Très pieuse, elle aime assister aux offices et se rendre en pèlerinage à la chapelle de Bermont dans le village voisin de Greux où elle prie Notre Dame de Bermont en compagnie de ses amies ou de toute personne qui veut bien l’accompagner. Tout naturellement, elle fait sa première communion en l’église de son baptême, se confessera de bonne grâce et communiera selon son gré.

Jeannette partage la vie quotidienne de la famille. Elle passe le plus clair de son temps avec sa maman qui, outre les prières, lui apprend ce qu’elle doit savoir pour tenir un ménage lorsqu’elle en aura l’âge : préparer les repas, laver le linge, coudre, filer, etc… Mais quand il le faut, elle va à la pâture communale garder le bétail pour remplacer ses frères occupés à d’autres tâches. Elle a une vie normale de jeune fille de campagne.

Jeannette a aussi un grand cœur. Elle n’hésite pas à partager son quignon de pain avec le mendiant ou à laisser sa couche au vagabond, préférant dormir dans la paille devant l’âtre. L’histoire la surnomme « la bergère de Domremy », mais Jeannette était d’abord une bergère des cœurs.





En 1425, Jeanne a 13 ans lorsqu’elle entend « ses voix » pour la première fois. Il est midi, elle se trouve dans le jardin familial, tout près de l’église. Surprise, étonnée, elle garde pour elle ce qui lui arrive et continue à vivre normalement, mais ce qu’elle entend régulièrement fait son chemin en elle. Ses voix reviennent en effet à plusieurs reprises, et pas seulement dans ce jardin : elle les entend aussi lorsqu’elle va au Bois-Chenu danser et chanter avec les jeunes gens du village sous « l’arbre de mai » ou lorsqu’elle garde le bétail.

En 1428, cela fait maintenant trois ans que Jeannette entend saint Michel, sainte Marguerite et sainte Catherine lui dire que la France, au plus mal, a besoin d’elle pour la sauver. Trois ans qu’elle se demande comment, elle, petite paysanne, va réussir. Un beau matin, suivant ses conseils, elle part sans ne rien dire à personne, sachant que son père se serait formellement opposé à son départ. Elle se rend à quelques lieues de là, au village de Burey-le-Petit, sur la route de Vaucouleurs (Meuse). Un de ses cousins y habite. Elle compte sur lui pour l’emmener à la rencontre du Sire Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, comme ses voix l'y invitent depuis quelques semaines. Ce dernier doit lui fournir un cheval et des hommes mais quand il voit arriver Jeanne, Baudricourt la prend pour une folle et la renvoie dans son village.

L’année suivante, Jeanne n’y tient plus. Il faut à tout prix qu’elle parte et lève une armée pour « bouter les Anglais hors de France ». Elle prétexte une naissance prochaine chez une de ses cousines pour partir de la maison familiale et se rapprocher de Vaucouleurs. De nouveau, elle va à la rencontre de Baudricourt qui, cette fois, l’entend, la croit et lui donne finalement un cheval et des hommes pour l’accompagner. Nous sommes en février et l’épopée de Jeanne d’Arc commence.

En mars 1429, elle arrive à Chinon et rencontre le « gentil dauphin » Charles. Elle ne l’a jamais vu et il se cache dans la foule des courtisans, après avoir placé un autre sur le trône, mais Jeanne ne se laisse pas prendre et elle vient s’agenouiller aux pieds de Charles, qui en est très surpris. Elle lui fait part du dessein annoncé par ses voix. Charles la croit et il lui confie le rôle de « chef des armées ». Mais Jeanne n’est ni guerrière ni soldat. Son épée marquée de cinq croix, que ses voix lui ont fait trouver en creusant derrière l’autel de l’église Sainte Catherine de Fierbois et que la tradition attribue à Charles Martel, reste le plus souvent au fourreau : elle préfère brandir sa bannière, brodée aux noms de Jésus et Marie, pour galvaniser les troupes plutôt que d’attaquer elle-même les adversaires.





Le 8 mai de la même année, Jeanne délivre Orléans du joug des Anglais. Ses voix l’aident et la conseillent en cette bataille décisive qui est finalement gagnée rapidement, contre toute attente. Dès lors, délaissant Paris et les objectifs militaires naturels, Jeanne ne pense plus qu’au sacre du roi, car c’est « le plaisir de Dieu ».

Charles VII sera couronné à Reims dès le 17 juillet. Jeanne réussit ainsi la première et la plus fondamentale partie de sa mission, car cette onction du Ciel change tout, même s’il faudra encore de longues années pour clore la guerre de Cent Ans. Le jour du couronnement, elle revoit enfin son père, invité à la cérémonie. Cela fait maintenant cinq mois qu’elle a quitté le domicile familial, mais ses parents très émus lui ont bien-sûr pardonné d’être partie sans ne rien dire.





À Compiègne, Jeanne est faite prisonnière par les Bourguignons le 23 mai 1430 qui la vendent ensuite aux Anglais. De février à mai de l’année suivante, c’est la période de son procès à Rouen devant un tribunal ecclésiastique de 40 membres présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais. Jeanne est malmenée par ses accusateurs, et on lui reproche de porter des habits d’homme. Accusée finalement d’être relapse, hérétique, apostat et subissant 70 chefs d’accusation, Jeanne est condamnée au bûcher. Durant sa détention, elle ne peut ni assister à la messe, ni communier mais le matin de son exécution, elle y est enfin autorisée : elle se confesse, assiste à la messe et communie une dernière fois.




Sur la place du vieux marché de Rouen, le matin du 30 mai 1431, est dressé son bûcher. Jeanne vit ici ses derniers instants en clamant le nom de « Jésus » à plusieurs reprises.

Durant ces 27 mois où elle a sillonné une grande partie de la France, Jeanne a toujours été un exemple lumineux de foi et de vie chrétienne. Accompagnée par un religieux, elle assiste aussi souvent qu’elle le peut à la messe, se confesse et communie. Elle entraîne ses hommes à en faire autant et à vivre en chrétiens, comme des soldats de Dieu.





En 1456, Jeanne est réhabilitée suite au procès lancé par sa mère. En 1869, la cause est introduite par Mgr Dupanloud, évêque d’Orléans. En 1894, la jeune femme est déclarée Vénérable le 27 janvier. Le 18 avril 1909, après 12 ans de procédure, Jeanne est déclarée Bienheureuse. Onze ans plus tard, en 1920, elle accède à la sainteté, près de 500 ans après sa mort. Sa fête est fixée à la date de son martyre, le 30 mai. En 1922, enfin, la France décide de faire solennellement de Jeanne d’Arc, « la sainte de la Patrie », sa patronne secondaire.




Sainte Jeanne d’Arc et le surnaturel : une interrogation.
Jeanne d’Arc a-t-elle vraiment été douée de communications avec Dieu et ses saints ? Cette question demeure d’actualité. Elle fut celle de ses contemporains. D’abord, les psychiatres ayant ouvert le dossier du « miraculeux » chez la sainte n’ont pu établir un diagnostic sérieux car les sources ne permettent pas de dresser un tableau clinique plusieurs siècles après.  

Pour une partie de l’opinion du XVe siècle, Jeanne est une âme privilégiée, pas tant pour ses « charismes » (don de guérison, de prophétie, etc.) que par sa virginité, gage, à cette époque, de l’assistance surnaturelle dont elle bénéficie au milieu d’une armée masculine. Avant sa défaite devant Paris (le 28 septembre 1429), ses succès militaires sont interprétés comme des miracles, notamment la fin du siège d’Orléans (le 8 mai 1429). Les gens lui attribuent des pouvoirs divers dont la plupart tiennent plus de la rumeur que de la réalité. En 1429, elle se rend en Lorraine où le duc Charles II, âgé et souffrant, lui demande s’il recouvrera la santé, voyant en elle une sorte de guérisseuse. Elle l’invite simplement à prier. On lui prête visions, prophéties, pouvoir de ressusciter les morts…  Contrairement à ce que l’on a prétendu, aucun document (y compris parmi les pièces du procès) ne montre une quelconque apparition de la Vierge chez Jeanne. Ses « voix » et ses « visions » ne seront connues d’un public élargi qu’après 1850, suite à la publication des actes du procès.

Comment percevait-elle ces charismes réels ou supposés ? Dès le début, elle fait preuve d’une solide discrétion. Elle garde en elle ce qu’elle entend, n’en parle jamais, ni à ses parents ni à son curé. Elle aborde ces questions pour la première fois en 1428, à Baudricourt ou à un membre de son entourage. Pendant sa courte vie, Jeanne ne montre que très peu d’intérêt pour l’extraordinaire. Elle ne revendique aucun charisme de guérison et ne laisse aucun témoignage sur sa vie spirituelle. Elle ne parle ni du « démon » ni de sorcellerie. Ses juges, pourtant méfiants à l’encontre du surnaturel, comme Pierre Cauchon, futur évêque de Lisieux, ne mesurent pas ce désintérêt de Jeanne pour l’irrationnel. Sa relation à Dieu est autre. Jeanne n’est pas une intellectuelle, mais une fille « simple » ; son langage, clair, direct, reste étranger à l’abstraction. Ses dialogues, avec le Christ comme avec les hommes, sont d’une belle limpidité. On ne trouve pas chez elle de spéculation théologique. Elle est proche de la spiritualité franciscaine, alors en plein essor : prière, pauvreté du cœur, confiance en la Providence, humilité, obéissance à l’Église, respect des sacrements…

Toutefois, nous gardons trace de faits surprenants. Le premier remonte au début de 1429, avant son départ pour Chinon. Un jour, elle évoque en public la défaite subie par les troupes françaises contre les Anglais lors de la « détrousse des harengs » (fait mentionné dans le Journal du siège d’Orléans, 12 février 1429) ; les personnes présentes sont impressionnées. Parmi elles, Baudricourt, témoin oculaire, écrit au roi pour l’informer. Personne n’explique cette prédiction. Nous savons que Jeanne ne dispose alors d’aucune information sur les faits. Le second phénomène se déroule pendant son procès. Elle avoue à ses juges, avec humilité, que l’archange saint Michel l’a conduite jusqu’au Dauphin à Chinon le 6 mars 1429. Elle-même désarmée devant cette faveur céleste, elle ne fournit aucune explication. Livrée aux Anglais contre une somme de 1000 livres, Jeanne se retrouve face à un tribunal dont les catégories religieuses diffèrent des siennes. Elle n’entend rien aux subtilités de la scolastique. Elle n’a jamais mis les pieds à l’université. Jésus est son « ami », mais non une idée philosophique. On lui parle de Satan (devenu un sujet théologique à part entière depuis le XIVe siècle pour les universitaires), mais elle ne connaît qu’une chose : la miséricorde divine.

Née au début du XVe siècle en zone rurale, Jeanne ne sait argumenter face à ses juges. Ceux-ci sont stupéfaits par cette fille aux faibles capacités naturelles mais devenue en quelques mois un soldat redoutable. Ne serait-ce pas la preuve d’un sortilège ? Certaines expressions de Jeanne soulèvent doute et colère : « l’arbre aux fées », les « fleurs offertes à la Vierge », etc. Ce que Jeanne ignore, c’est qu’elle est auditionnée par des lettrés, proches des cercles du pouvoir, hostiles au prophétisme féminin. Dès 1456, le pape Calixte III casse son procès. Mais depuis son échec devant Paris (1430), la majorité ne voit en elle qu’une sorcière. Ne dit-on pas qu’à cette date elle perdit sa virginité ?



Toute l’équipe de l’Association Marie de Nazareth remercie l'abbé Michel Lambert, ancien recteur de la basilique de Domremy (texte adapté et publié à titre posthume) et Claire Fauvet-Muller, pour leur participation à cet email.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:13


 1876-1936 



Le Père Brottier, disciple de sainte Thérèse


Missionnaire spiritain (membre de la congrégation du Saint-Esprit), le Père Brottier, excellent éducateur
et bon gestionnaire, s’illustra notamment pour servir les enfants défavorisés en tant que directeur
des Orphelins Apprentis d’Auteuil au début du XXe siècle.





C’est près de Blois, à la Ferté-Saint-Cyr (actuel département du Loir-et-Cher), que naît le jeune Daniel, le 7 septembre 1876 (trois ans après Thérèse). Tout petit, il manifeste une grande dévotion à la Vierge Marie. Garçon décidé et volontaire, il déclare à sa maman, à cinq ans, le grand dessein qui l’habite : « Je serai Pape ! » Sur la remarque qu’il lui faut d’abord devenir prêtre, il répond sans hésiter : « Eh bien, je serai prêtre. » Il suivra cette idée jusqu’à sa pleine réalisation. Rien ne l’arrêtera, pas même les maux de tête qui l’assaillent à partir de l’âge de 14 ans, et qui ne le quitteront plus jusqu’à son dernier souffle.  

Il fait sa première communion en octobre 1887 puis devient élève du petit séminaire de Blois. Ordonné prêtre du diocèse en 1899, Daniel est nommé professeur au collège de Pontlevoy. « Vous êtes un éducateur né, votre place est parmi les enfants », lui annonce son évêque. Bientôt, il lui faut un champ d’activité plus large. Il demande alors à rentrer dans la congrégation du Saint-Esprit (fondée en 1703 par Claude Poullart des Places), consacrée principalement à la mission auprès du monde africain.  

Après une année de noviciat à Orly (1902-1903), il prononce ses vœux et est envoyé à Saint-Louis du Sénégal en 1903. Vicaire, il y déploie tous ses talents près des œuvres de jeunesses de la ville. En 1904, après les lois Combes sur la laïcité, les religieux de Saint-Louis sont contraints de laisser leur place à des laïcs. Lui redouble d’activité. Il fonde un cercle militaire, un patronage, une fanfare, une chorale… et n’oublie pas les adultes. Pour eux, il prépare des conférences, bien vite très suivies. Dans son désir de communiquer, il crée un bulletin paroissial, premier d’une belle série. Sa foi est contagieuse, sa parole entraîne l’adhésion de ceux qui l’entendent. Dans une communauté chrétienne jusqu’alors divisée par les appartenances diverses, il fait l’unité.  

En 1911, suite à un accident, il doit revenir définitivement en France. Son évêque de Dakar, Mgr Jalabert lui confie la construction d’une cathédrale dite du « Souvenir africain » pour cette ville en pleine croissance. Elle sera érigée en souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie sur les terres d’Afrique. Dès la fin 1911, il quête pour la réalisation de ce grand édifice. La pose de la première pierre aura lieu le 11 novembre 1923.  

Quand éclate la Première Guerre mondiale le 2 août 1914, le Père Brottier, est réformé en raison de ses maux de tête. Avec un de ses confrères, il décide de s’engager comme aumônier. Un corps d’aumôniers volontaires est créé sur ses instances. Il rejoint la 26ème division d’infanterie dès le 26 août et ne la quittera plus durant ces années de guerre. Il sera présent sur tous les champs de bataille : les Flandres, la Somme, Verdun… Toujours en première ligne sur le front, il montre héroïsme, sang-froid et surtout une présence, une disponibilité à tous. Par son dévouement sans faille il apporte le meilleur réconfort moral dans ces lieux d’extrême violence. Toujours en première ligne, il n’est jamais blessé. Il attribuera ce miracle à sainte Thérèse de Lisieux. Dès 1917, il pense à l’après-guerre et convainc le président du Conseil Georges Clémenceau de fonder l’UNC (l'Union Nationale des Combattants) pour reconstruire la France. Pour programme, il lui donne une devise : « Tous unis comme au front. » Il est promu officier de la Légion d’honneur et se voit attribuer la Croix de guerre.    

Démobilisé en 1919, il comprend près de Mgr Jalabert qu’il a bénéficié d’une protection spéciale alors qu’il était, durant toute tout le conflit, exposé aux violences et à la mort. Thérèse a veillé sur lui ! Il saura lui exprimer sa reconnaissance. C’est maintenant le moment de reprendre le travail entrepris en 1911. Il se remet à l’œuvre pour la construction de la cathédrale du souvenir africain et, désormais, les tirailleurs sénégalais associés à nos combats sont inclus dans ce mémorial.

Le 21 novembre 1923, sept mois après la béatification de Thérèse, le Père Brottier arrive rue La Fontaine à Paris. Il vient d’être nommé directeur des Orphelins Apprentis d’Auteuil, fondation créée en 1866 par l’abbé Louis Roussel pour s’occuper de l’éducation des enfants orphelins. Le dernier responsable, ne sachant plus comment faire face aux dettes qui se sont accumulées, a donné sa démission à l’archevêque de Paris, le cardinal Louis Dubois. Celui-ci s’est tourné vers la congrégation du Saint Esprit, car dans ses statuts figure cette note : « Elle accepte volontiers des tâches pour lesquelles l’Église trouve difficilement des ouvriers. » Le Père Brottier est l’homme de la situation. Excellent éducateur, bon gestionnaire, il a aussi un talent indéniable pour encourager la générosité des bienfaiteurs.  

Le Père Brottier, secondé ou précédé par Thérèse, commence ses folles entreprises. À peine débarqué, son premier courrier sera pour le carmel de Lisieux : « Voulez-vous commencer une neuvaine auprès de votre petite Bienheureuse, pour savoir si elle accepte qu’on lui construise un sanctuaire ? » Thérèse s’associe à ce projet et le « oui » de l’Église embarque tout le monde dans l’aventure. Début décembre, une première souscription est lancée, l’argent arrive en abondance. Les travaux commencés en juillet 1924 seront entièrement achevés pour la consécration du sanctuaire d’Auteuil par le cardinal de Paris Jean Verdier le 5 octobre en 1930. Entre-temps, Thérèse a été canonisée le 17 mai 1925. Installée au cœur de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil, la jeune sainte veillera sur les enfants comme elle l’a si bien fait pour leur père durant la guerre. Avec elle ils pourront, en toute confiance, avancer dans le grand combat de la vie.  

Lorsque le Père Brottier arrive à Auteuil, il ne reste plus que 170 jeunes. Ému par toutes les misères d’enfants qui frappent à sa porte, il ne cesse d’élargir ses murs et de créer de nouveaux sites. En 1936, il accueille 1400 jeunes et a de nombreux projets pour en aider plus encore. Surtout, il a un grand projet pour chacun, redonner dignité à ces enfants en souffrance et une chance pour trouver leur place dans la société. Pour eux, il cherche le meilleur, sait s’entourer de collaborateurs compétents, ne craint pas d’innover en matière pédagogique, crée les Foyers à la campagne, ouvre de nouvelles maisons… Autour de lui, se crée un vaste réseau de bienfaiteurs auquel il sait faire appel. Ils sauront répondre généreusement à toutes ses sollicitations (incitations aux dons, concerts, etc.) ; il offrira lui-même son temps pour répondre à chacun, ne serait-ce qu’un « merci ». Que d’heures dans la nuit pour écrire son courrier !  

Le 2 février 1936, le temps est venu de consacrer sa chère cathédrale de Dakar, mais le Père Brottier est un homme épuisé, trop fatigué pour accompagner le cardinal de Paris. Il vivra ce jour sa dernière célébration avec ses orphelins. Le lendemain, il se couche pour ne plus se relever. Le Seigneur vient chercher son bon serviteur, le 28 février, à l’hôpital Saint-Joseph. L’œuvre qu’il a consolidée peut continuer sans lui car il lui a donné des assises solides. En arrivant à Auteuil, il avait confié à son compagnon, le

Père Pichon : « Si nous voulons réussir à Auteuil, il nous faut nous consacrer à ces enfants entièrement et sans arrière-pensée. Je me suis offert à Dieu pour les servir jusqu’à la mort. Je ne désire pas d’autre poste : je veux mourir là, à leur service. » Il recevra la palme des bienheureux le 25 novembre 1984. Associé à Thérèse, il continue son œuvre. En 2016, les Apprentis d’Auteuil, qui fêtent leur 150e anniversaire, sont présents dans 50 pays, au sein de 200 établissements qui accueillent plus de 30 000 jeunes et famillles.





Père Louis Cesbron
Spiritain et chapelain du sanctuaire Sainte-Thérèse

"Ceux qui franchissent les portes du sanctuaire sainte Thérèse sont assurés d’y trouver un havre de paix.
Ils pourront lui parler cœur à cœur, elle les attend comme une amie fidèle."




Avec le P. Brottier : une spiritualité pour l’évangélisation.

Au commencement, l’Amour
Aimé de Dieu, au cœur d’une famille aimante. Très jeune, il donne place dans sa vie à la Vierge Marie. Avec elle, il avance sur le chemin d’une foi toute simple : « Ne compliquez pas la vie spirituelle. C’est une chose toute simple. La vie spirituelle est faite de petits détails, l’accomplissement de notre devoir d’état pour plaire à Dieu. De cette façon, nous lui sommes constamment unis et nous nous perfectionnons avec sa grâce. »  

Dans la docilité à l’Esprit Saint
« Il ne faut pas brusquer la Providence. Souvent, on ne comprend pas ce qui arrive. Et, un jour, on voit combien la providence a conduit les événements pour le bien… Quand une affaire ne s’arrange pas, il faut gagner du temps et laisser la Providence agir à son heure. »    

Sage avec l’audace de Dieu
Il se montre prudent, non pas en se rassurant par une multiplicité de précautions mais en mesurant les risques. « On me traite parfois de téméraire : ma témérité, voyez-vous, a été plutôt de la timidité, lorsque je savais pertinemment que je serai soutenu, encouragé, aidé au-delà même de ce que j’avais demandé. » Devant un projet audacieux : « Je réfléchirai, je prierai, j’attendrai un signe. »  

Une charité douce et humble
Ferme dans ses décisions, il n’a jamais cédé à des entêtements qui auraient fait passer sa renommée avant l’œuvre de Dieu. « Le cœur d’une œuvre, c’est la vie intérieure. Quand il n’y a pas cette vie intérieure, l’œuvre décline. »  

L’union à Dieu
Pour lui, une communion habituelle à Dieu. Cette union, « c’est l’habitude de demeurer uni à Dieu au milieu des plus diverses activités et d’être tellement soumis à l’Esprit-Saint, que, plus les activités s’accroissent, plus l’union s’affermit par la nécessité plus grande de se posséder dans la paix pour se laisser conduire par lui. » « Penser à Dieu, c’est ne l’éloigner d’aucun détail de notre vie. »  

Don total de soi
Au moment où il arrive à Auteuil, il confie à son confrère le P. Pichon : « Je viens de me consacrer, durant la messe, à cette œuvre et aux enfants qui me sont confiés, vous devriez en faire autant ! » Dès sa jeunesse, un ami disait de lui : « Tout ce qu’il faisait, il le faisait à fond. »

En confiance
S’il avait œuvré pour lui-même, il aurait bien pu s’inquiéter. Serviteur du Seigneur, il savait pouvoir compter sur son Maître. Auprès des enfants qui lui sont confiés, il avance sûr que le Père ne peut abandonner ces petits qui lui sont si chers. Pourtant quand on lui demande son secret, il répond : « Mon secret, 12 années de travail quotidien, de jour et de nuit, de travail acharné et persévérant, et aussi 12 années de prière acharnées et persévérantes de tous les instants… »  

Offrande rédemptrice
Avant de recevoir sa première affectation, il écrivait à son supérieur général son désir de se sacrifier et de s’immoler pour le salut des âmes. S’offrant pour les postes les plus difficiles. Le martyre, il le vivra au quotidien avec ses « chers maux de têtes ». Il pourra dire : « Je ne sais pas ce que c’est d’écrire sans avoir mal à la tête », et certains jours, il répondait à plus de 200 lettres.
 




Extraits de lettres et citations du Bienheureux Daniel.

Un cœur de Père
« Du pain pour les orphelins ! C’est le cri d’angoisse du père de famille qui ne peut plus tenir parce que la vie trop chère (le pain à 1,40 F) ne lui permet plus de faire face », écrit-il dans Le Courrier de janvier-février 1925.  « Mères de famille, vous connaissez votre budget pour trois, quatre, six bouches à nourrir chaque jour : consultez votre livre de dépenses courantes pour la famille où vous ne comptez que quelques membres. Et dites à quel chiffre arriveriez-vous, en multipliant par 300. Comprenez-vous le cri de détresse que nous devons pousser ? »      
           
Servir
«  Plus on fait de grandes choses, plus on se sent petit. Ceux qui ne font rien se trouvent toujours très grands.  »
« Servir, c’est n’être plus soi. C’est n’être plus à soi. C’est n’avoir presque pas de droits, c’est n’avoir que des devoirs. C’est ne point connaître son intérêt propre. C’est, en tout cas, le sacrifier toujours à l’intérêt général. C’est penser, vouloir, agir en fonction des autres. C’est vivre et parfois mourir pour le bonheur de tous, dans l’amour de Dieu. »

Réussir  

« Voyez-vous, nous nous imaginons quelquefois que nous réussissons : mais ce n’est pas nous, c’est le Bon Dieu qui agit. »
« Pour réussir, il faut toujours être gêné par quelque chose. »
« Les causes qui avancent sont celles pour lesquelles on meurt. La cause du Bon Dieu est de celles-là ! »
« Les choses qui ont l’air de réussir toutes seules, sont celles au contraire sur lesquelles on a   longuement médité. »  

La Providence
« Il ne faut pas douter de la Providence, mais prier et agir. Avec cela, on aplani les montagnes. »        
« On ne doit jamais brusquer la Providence. Souvent, on ne comprend pas et un jour, on voit combien la Providence a conduit les événements pour le bien. »
« On ne doit jamais brusquer la Providence. Souvent, on ne comprend pas et un jour, on voit combien la Providence a conduit les événements pour le bien. »
« Ce qu’il ne faut pas, à aucun prix, c’est garder une inquiétude contraire à la confiance que nous devons toujours garder en la Providence. »  
La prière ·      
« Penser à Dieu, c’est ne l’éloigner d’aucun détail de notre vie. »
« Tant que nous aurons un souffle de vie, il nous faut bénir le bon Dieu et nous chanterons éternellement les miséricordes du Seigneur. »
« Tant que nous aurons un souffle de vie, il nous faut bénir le bon Dieu et nous chanterons éternellement les miséricordes du Seigneur. »
« L’ingratitude est une forme de l’égoïsme et aussi de l’orgueil. On ne craint pas de demander, mais on oublie trop souvent de remercier. »  
Le Ciel
« Croyez-moi, ce sont les morts qui mènent les vivants : nous croyons nous conduire seuls, et en réalité, nous sommes menés par toute une foule d’intercesseurs et d’amis que nous avons au Ciel. »







*************************************************************************


Sources documentaires

- P. Pichon Yves, Le Père Brottier, Éd. J. de Gigord, 1938.
- Christine Garnier, Ce Père avait deux âmes, Éd. OAA, 1985.
- Alphonse Gilbert, En Confiance, Daniel Brottier, Éd. OAA, 1990.
- Antoine Grach, Le Bienheureux Père Daniel Brottier, Éd. Karthala, 2006.
- Cristiani Léon, Le Serviteur de Dieu, Daniel Brottier, Paris, France-Empire, 1963.
- Gosselin Jean, Daniel Brottier : visages et reflets, Fondation des orphelins apprentis d’Auteuil, 1989.
- Marchal Claude, « 14-18 : le Père Brottier, aumônier légendaire du 121e RI de Montluçon », La Montagne, 26 avril 2015.
- Vast Jean, Père Daniel Brottier : missionnaire à Saint-Louis du Sénégal, Unir, Saint-Louis, 1984.
 

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:36


 1629 

NOTRE-DAME DES VICTOIRES, UN LIEU DE MISÉRICORDE ET
DE CONVERSION POUR LES PÉCHEURS





À propos de Notre-Dame des Victoires (2e arrondissement de Paris), saint Jean Bosco reçut la révélation qu’elle était « la maison des grâces et des bénédictions » ; sainte Thérèse de Lisieux disait que c’était la seule merveille de Paris qui la ravissait. Qu’a donc cette église de si particulier ?


Les religieux qui vivaient ici au XVIIe siècle sous la règle de saint Augustin, appelés « Petits Pères », demandèrent au roi des subventions en vue de la construction de la chapelle de leur couvent. Louis XIII finit par consentir à une condition : qu’elle s’appelle Notre-Dame des Victoires, en action de grâce pour le siège de La Rochelle qu’il venait de remporter à l’automne 1628, sauvegardant ainsi l'unité du royaume. Le roi désirait placer toutes les victoires militaires à venir entre les mains de Marie.  

Le samedi 8 décembre 1629, l’archevêque de Paris, Monseigneur de Gondi, bénit les fondations de l'édifice. Le lendemain, le roi posa solennellement la première pierre.  

En octobre 1637, c’est ici que Frère Fiacre de Sainte-Marguerite (Denis Antheaume, 1609-1684) reçoit la révélation d’une demande de récitation de neuvaines pour la naissance de l’héritier du trône, le futur Louis XIV (lire l'article ici).  

Plus tard, rentrant d’une mission en Italie, où il découvrit Notre-Dame de Savone, vénérée comme le « refuge des pécheurs », Frère Fiacre lui érige une chapelle dans l’église parisienne de Notre-Dame des Victoires, ornée d’une statue de la Vierge. Elle est bénie le 2 avril 1674. La construction de l’église quant à elle dure 110 ans. La dédicace a lieu le 13 novembre 1740. L’histoire de ce lieu exceptionnel passe toutefois par plusieurs soubresauts.  

Pendant la Révolution française, les religieux sont dispersés et l'église fermée, dépouillée de ses œuvres d’art, et transformée en siège de la Loterie nationale puis en Bourse. Le culte y renaît en 1809, date où elle devient église paroissiale.

Charles Dufriche-Desgenettes, né à Alençon en 1778, ordonné prêtre en 1807, est nommé curé de Notre-Dame des Victoires en 1832. Suivent quatre années d’apostolat sans fruit apparent. Alors qu'il est en proie au découragement, prêt à renoncer à son ministère, tandis qu’il célèbre la messe, il entend l’ordre suivant à deux reprises : « Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie. » Nous sommes le 3 décembre 1836.

Dans un grand acte de foi, l’abbé remet à la Vierge la réussite pastorale de sa paroisse, et crée en quelques jours une association de prières en l’honneur du Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge. « Le but de l’association, écrit-il, est d’obtenir de la divine miséricorde, par la protection et les prières de Marie, la conversion de tous les pécheurs. »

Dès lors, les associés vont prier, et les fidèles se multiplier. Par faveur du pape Grégoire XVI, l’association devient archiconfrérie le 24 avril 1838. Celle-ci renoue ainsi avec la vocation première de cette église, depuis le Frère Fiacre, celle d’être un lieu de miséricorde et de conversion pour les pécheurs. L’écrivain Colette écrira dans le Petit Parisien du 26 juin 1942 : « Le chemin le plus foulé du Palais-Royal mène à Notre-Dame des Victoires. C’est une église où, comme à la fontaine du village, toutes les soifs vont boire. […] L’église est chaude de suppliques, de cierges et de gratitude. Entre les offices, le silence y est grand, mais chaque pierre est gravée, et parle. »

L’église porte bien son nom car Marie remporte effectivement beaucoup de victoires, dans les cœurs surtout. Les 37 000 ex-voto en témoignent, attestant combien l’intercession de Marie est un secours puissant pour mener le combat spirituel. Ainsi se réalise cette parole de Dieu au serpent : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » (Genèse 3, 15)

De nouveaux ex-voto continuent à être posés encore aujourd’hui, attestant que Marie est bien la Mère du Ressuscité, Celui qui a remporté la Victoire



Mozart, saint Jean Bosco et sainte Thérèse à Notre-Dame des Victoires.

Mozart (1756-1791) habita une année rue du Sentier, à deux pas de l’église. Il est souvent venu réciter son chapelet dans les périodes d’épreuves personnelles et familiales comme sa correspondance en témoigne : « Quand je viens à Paris, je ne manque jamais pour dire mon chapelet de me rendre à Notre-Dame des Victoires. »

Saint Jean Bosco viendra y célébrer la messe le 28 avril 1883. Pendant la célébration, il aura une vision du jeune défunt Louis Colle lui affirmant : « C’est ici la maison des grâces et des bénédictions. »





Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte Face (1873-1897) aurait-elle fait de sa vie un seul acte d’amour et d’intercession pour les pécheurs sans Notre-Dame des Victoires ? À 10 ans, atteinte pendant de longues semaines par une maladie au point de décourager le médecin de famille, la petite Thérèse Martin recouvre cependant la santé. C’était le 13 mai 1883, au terme d’une neuvaine célébrée pour elle à Notre-Dame des Victoires. Elle écrira : « Il fallait un miracle pour me guérir et c’est Notre-Dame des Victoires qui le fit. » Quatre ans plus tard, le 4 novembre 1887, alors qu’elle s'apprête à partir pour Rome avec son père, la future carmélite vient prier à Notre-Dame des Victoires où elle ressent avec intensité l'amour et la protection de la Sainte Vierge. « Ah! Ce que j’ai senti à ses pieds, je ne pourrais le dire... » Elle a alors 15 ans.
Le pape Pie XI, voulant signifier l’importance de ce haut-lieu spirituel, donna à cette église le titre de « basilique mineure » en 1927, deux ans après la canonisation de celle que l’on appelle désormais « la plus grande sainte des temps modernes ».


Les dons à Notre-Dame des Victoires.

À partir de 1843, des décorations et des objets militaires sont notamment régulièrement offerts à Notre-Dame des Victoires. Un registre tenu de 1913 à 1930 relève fidèlement la liste des dons. Ceux-ci, très fréquemment anonymes, témoignent le plus souvent de la reconnaissance pour une vie préservée, de la réalisation d’une promesse, des décorations d’un fils ou d’un mari mort au combat. Ils évoquent tous les conflits, depuis les guerres de Crimée, du Mexique, du Tonkin... Mais ils concernent plus particulièrement la Première Guerre mondiale. Une plaque de bronze émaillée rappelle cette période. Elle a été offerte par des associations militaires et bénie par l’évêque du diocèse aux armées le 31 mai 2006

L’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, œuvre spirituelle et sociale.

Depuis le Moyen Âge, une confrérie est un groupement de baptisés, clercs et/ou laïcs, reconnue par l’Église, placée sous le patronage de la Vierge ou d’un saint, au sein d’une paroisse, cathédrale, sanctuaire… Elle constitue une aide spirituelle et matérielle pour ses membres : temps de prière, messes, pèlerinages, funérailles, scolarisation, aide alimentaire, etc. Lorsqu’une confrérie possède une influence importante, on parle d’archiconfrérie. Le 30 août 1832, l’archevêque de Paris, Mgr De Quelen, nomme l’abbé Charles Desgenettes curé de la paroisse de Notre-Dame des Victoires, pour aider les victimes du choléra frappant alors Paris. Âgé de 54 ans, hostile à la Révolution française, cet ancien curé des Missions étrangères (1819), n’imagine pas que son zèle apostolique porterait des fruits exceptionnels.
Au début, légèrement désabusé, il célèbre sa première messe devant une quarantaine de fidèles. Le mois suivant, une seule paroissienne assiste à la messe dite en mémoire de son prédécesseur !
Le découragement le submerge peu à peu. Il demande sa nomination ailleurs. L’archevêque refuse.
Le 3 décembre 1836, Dieu intervient. Ce jour-là, le curé célèbre l’Eucharistie devant une poignée de fidèles. Il se sent envahi par le doute. Soudain, il entend ces mots : « Consacre ta paroisse au très saint et immaculé Cœur de Marie. » Après la célébration, de retour dans la sacristie, il perçoit les mêmes paroles une seconde fois.  
Surpris de la lumière envahissant son cœur, il se met à rédiger les statuts d’une association en l’honneur du Cœur de Marie. Il en fixe le but : « Obtenir de la divine miséricorde, par la protection et les prières de Marie, la conversion de tous les pécheurs. »
C’est mot-à-mot la formule lumineuse de saint Louis Grignion de Montfort : « À Jésus par Marie. »
Le 10 décembre suivant, à son étonnement, Mgr De Quelen approuve le projet d’association. Le jour suivant, le Père est stupéfait : 400 personnes assistent à la prière organisée pour la réalisation de son projet : une affluence inconnue en ce lieu depuis des années.  
Au terme de cette cérémonie, l’abbé demande un « signe » qui attesterait l’origine surnaturelle de la confrérie :
la conversion d’un paroissien, Étienne Joly de Fleury, ancien ministre de Louis XVI, athée notoire.
e jour suivant, le prêtre lui rend visite. Contre toute attente, Joly demande une bénédiction à l’abbé et avoue qu’il se sent désormais en paix ! Son interlocuteur n’en revient pas.

La confrérie est fondée le 12 janvier 1837. Une semaine plus tard, elle compte déjà 96 adhérents.
En mars, Dom Prosper Guéranger, le Provincial des Franciscains, et d’autres célébrités l’ont déjà rejointe.
En mai 1839, elle regroupe 7 942 adhérents, dont des Suisses, des Anglais, des Belges…
En 1843, Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, y adhère discrètement…
Suivront notamment la bienheureuse Anne-Marie Javouhey (+ 1851), le Vénérable Emmanuel d’Alzon (+ 1880), fondateur du journal La Croix, saint Jean Bosco (+ 1888), Louis et Zélie Martin, leur fille, sainte Thérèse de Lisieux, venue dans les lieux en 1887.
Le 24 avril 1838, un Bref de Grégoire XVI érige cette confrérie du « Cœur de Marie » en archiconfrérie à perpétuité.
Les mois suivants, l’abbé Desgenettes rédige le Manuel de l’archiconfrérie puis les Annales de Notre-Dame des Victoires.
Ces deux textes assurent une large diffusion de l’archiconfrérie dans l’Église de France. En 1854, le Manuel en est déjà à sa 15e édition !
L’abbé Desgenettes reçoit des personnalités diverses, comme le missionnaire François Libermann (Juif converti, fondateur de la Congrégation de la Société du Saint-Cœur de Marie), Théodore Ratisbonne (autre Juif converti, fondateur de la congrégation de Notre-Dame de Sion) en 1843, Lacordaire, le célèbre prédicateur dominicain, en 1844.  
Le 9 juillet 1853, la statue de Notre-Dame des Victoires est couronnée par les soins de Mgr Paca, nonce apostolique, en présence de représentants des autorités françaises civiles et religieuses, françaises et romaines. L’abbé Desgenettes meurt le 5 avril 1860, à 82 ans. À cette date, 825 000 fidèles ont rejoint l’archiconfrérie et 13 265 associations catholiques sont affiliées à la paroisse de Notre-Dame des Victoires.
Le 8 mai 1860, l’abbé Chanal, ancien curé aux Invalides, succède à l’abbé Desgenettes. La popularité de l’archiconfrérie est alors exceptionnelle. Selon un rapport établi en 1866 pour l’impératrice Eugénie, 9 000 à 10 000 personnes fréquentent chaque jour l’église du faubourg Saint-Honoré ! Cette année-là, l’abbé Dumax, sous-directeur de l’archiconfrérie, comptabilise 4 500 messes célébrées en ce lieu !
La défaite française face à la Prusse (septembre 1870) et la Commune de Paris (mars-mai 1871) manquent de porter un coup fatal à Notre-Dame des Victoires.
Le 17 mai 1871, des soldats révolutionnaires encerclent l’église, considérée comme propriété de la Commune. La paroisse est envahie ; on évacue les fidèles présents et on emporte ornements et mobilier liturgiques.
On défonce les caveaux à coups de pioche. On met la main sur le « trésor » de l’archiconfrérie : 250 000 francs, composé de monnaie, titres de rente, ciboires, calices et divers bijoux.
Le lendemain, un autre bataillon, composés d’adolescents défavorisés, retire les ossements des cryptes que l’on entasse au-dehors jusqu’à former une pyramide. On joue aux boules avec les crânes. La châsse de sainte Aurélie est ouverte ; son chef en cire est planté sur une baïonnette.
Le lendemain, le 125e bataillon extirpe la dépouille de l’abbé Desgenettes de son cercueil, arrache sa tête puis plante celle-ci aussi au sommet d’une baïonnette aussitôt exhibée place des Petits-Pères. Le 20 mai, le 152e bataillon achève le « travail ».
L’édifice échappe de peu à un incendie volontaire. Les Versaillais libèrent les lieux le 24 mai 1871. Le culte y est à nouveau célébré le 3 juin, mais l’abbé Chanal, très affecté, démissionne. Pendant plusieurs mois, la paroisse reste sans pasteur ; puis en mai 1872, le Père Louis Chevojon s’y installe. Il sera un animateur remarquable de l’archiconfrérie et le fer de lance de la restauration de l’église. Il cède sa place à son tour au Père Rataud, en fonction jusqu’en 1908, dont l’apostolat auprès des familles démunies fait de l’archiconfrérie un centre social important de la capitale. En 1909, 1 700 repas sont distribués chaque semaine.  
Dès 1872, l’abbé Chevojon chiffre à plus de 30 millions le nombre d’associés de l’archiconfrérie sur les cinq continents. En 1914, ce chiffre atteint les 40 millions. Le 12 mars 1927, Pie XI érige Notre-Dame des Victoires en basilique mineure. La cérémonie est présidée par le cardinal-archevêque de Paris, Mgr Dubois.
Au début de 1932, l’abbé Jourdain (+ 1961) est nommé curé. Il reste presque 30 ans ; il y ouvre deux écoles, des patronages, et même un club de gymnastique. Le succès mondial de l’archiconfrérie ne se dément pas.
Du 6 au 13 décembre 1936, les fêtes célébrant son centenaire sont présidées par le nonce apostolique et le cardinal Verdier. En août 1939, le quotidien Paris-Midi évoque les lieux comme « le sanctuaire de notre espérance ». En cette année tragique pour l’Europe, 5 826 messes y sont dites.
À la Libération (le 1er septembre 1944), le général de Gaulle assiste à la messe célébrée en la mémoire des parisiens tués pour la libération de la capitale. Les bouleversements et les évolutions de l’après-guerre, le concile Vatican II, la sécularisation de la société occidentale n’épargnent pas l’archiconfrérie, du moins au plan national. Le nombre de ses adhérents ne progresse plus. Mais au plan international, elle jouit toujours d’une grande ferveur. En 1987, on compte quelque 36 000 ex-voto dans l’église.
En 1983, les Servites de Marie, fondées au XIIIe siècle, s’y installent. Elles sont remplacées en 1993 par les Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, fondées en 1898. Le nouveau curé, le Père Bernard Mollat du Jourdin, fait réaliser un autel sur lequel sont représentés l’abbé Desgenettes, sainte Thérèse, les frères Théodore et Alphonse Ratisbonne, etc.
En 1986, pour le 150e anniversaire de l’archiconfrérie, des personnalités de premier plan marquent les lieux de leur présence (Jean Vanier, le cardinal Suenens, le cardinal Lustiger, etc.).
En 1998, l’abbé Pierre choisit l’endroit pour célébrer ses 60 ans de sacerdoce. Sensible à la pastorale des familles, l’abbé Hervé Soubias, curé paroissial, inaugure le 16 janvier 2012 une chapelle bâtie en l’honneur de Louis et Zélie Martin, béatifiés par Jean-Paul II en 2008 et canonisés en 2015.






*****************************************************************************************



Sources documentaires

- Collectif, La Basilique Notre-Dame des Victoires, sanctuaire marial au cœur de Paris, Histoire et message, 2010.
- Bouflet Joachim et Boutry Philippe, Un Signe dans le ciel, Grasset, 1997, p. 29-31.
- Chiron Yves, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin/Mame, 1995, p. 140-141.
- Clapier Jean, Quand la Vierge Marie sourit aux pécheurs. Notre-Dame des Victoires. Histoire, charisme, actualité, Salvator, 2013.
- Abbé des Genettes, Manuel de l’archiconfrérie, 1939.
- Laurentin René, Le Vœu de Louis XIII, passé ou avenir de la France. 1638-1988 : 350e anniversaire, ŒIL, 1988.
- J. Lothe et A. Virole, Images de confréries parisiennes. Exposition du 18 décembre 1991 au 7 mars 1992, BHVP, 1992, p. 203. - Sbalchiero Patrick, « Paris VIII », dans Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge, Fayard, 2007, p. 708-709.

Site internet :


www.notredamedesvictoires.com

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:37


 1981 


MARTHE ROBIN, UNE FONDATION POUR LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION


Née en 1902 et repartie vers Dieu 79 ans plus tard, Marthe Robin était une femme exceptionnelle.
Paralysée pendant plus de 50 ans, elle a reçu dans sa petite chambre de Châteauneuf-de-Galaure,
d’où elle n’est plus jamais sortie, des dizaines de milliers de personnes venues rencontrer et écouter
celle qui était unie au Christ par la Vierge Marie.




Crédit photo : Ludovic Margot - www.lumieredumonde.com ; Crédit peinture : Gabriel Médawar.


Une vie

Le 6 février 1981 décède dans le petit village de Châteauneuf-de-Galaure, dans la Drôme, une grande handicapée, Marthe Robin. Elle était née le 13 mars 1902 dans la même ferme où elle a passé toute sa vie. Celle-ci se divise en deux phases : son enfance et son adolescence jusqu’à l’âge de 16 ans. Puis la maladie, à partir de 1918, la rend grabataire durant plus de 50 ans. Mais pendant toute cette période, plus de 100 000 personnes la visitent dans sa chambre. Des milliers d’entre elles en reviendront transformées, si bien qu’aujourd’hui encore son influence est perceptible partout, non seulement en France mais aussi à l’étranger. 

Marthe Robin est une simple paysanne. Elle naît dans un petit hameau à deux kilomètres du village, dans un beau paysage de collines. Elle a les qualités du monde rural : le sens du travail, la persévérance, le réalisme. Sa famille est chrétienne, relativement pratiquante, mais pas très fervente. Le village de Châteauneuf, travaillé par un anticléricalisme agressif est alors, comme toute la vallée de la Galaure, en voie de déchristianisation. Cet éloignement des hommes vis-à-vis du Christ marquera douloureusement Marthe pour la vie. C’est une enfant pieuse, sa première communion en 1912 a constitué un premier tournant dans son existence.   

Peu à peu, elle conçoit un projet de vie religieuse, mais la loi contre les congrégations (1901) ne facilite pas le discernement. Cependant, en 1918 Marthe est une atteinte d’une maladie, d’autant plus grave et redoutable que l’on en ignore l’origine. Les douleurs sont multiples et extrêmes ; rien ne la soulage. Elle passe par des périodes très dures : on croit qu’elle va mourir. Ses membres se paralysent peu à peu. Au village, on songe à la grippe espagnole qui a tué des centaines de milliers de personnes à la même époque. Marthe est alors considérée comme contagieuse. On ne vient plus la voir. Elle vit en recluse pendant des années. En fait, elle a très probablement une encéphalite, qui ne la lâchera pas de toute sa vie.  




Une vocation 

Dans ce contexte extrêmement difficile, Marthe, comme beaucoup de grands handicapés, cherche des raisons de survivre. Elle se tourne vers Dieu, seul à pouvoir donner un sens à cette somme de souffrances. En 1925, elle rédige un acte d’abandon à la volonté divine. Trois ans plus tard, au cours d’une mission de Capucins (branche de la famille franciscaine), elle reçoit l’« effusion de l’Esprit » : elle comprend que la souffrance peut être féconde si elle est unie à la Croix du Christ. Même un être paralysé par la maladie peut contribuer à sauver le monde. Dès lors, elle « choisit » sa vie et ne se contente plus de la subir.



Dans les mois et les années qui suivent, cette union avec le Christ crucifié ne cesse de s’approfondir. Marthe fait nombre d’expériences qui la rangent au rang des grands mystiques. En particulier, toutes les semaines, elle revit la Passion du Christ. Elle reçoit les stigmates et a un contact privilégié avec la Vierge Marie, qui semble lui être apparue souvent. Déconcertée par ces phénomènes, elle a la chance d’être aidée par quelques prêtres, et par des lectures qui l’aideront à se situer.   

Dans le même temps, son univers humain s’élargit considérablement. On commence à parler d’elle. On vient la voir. On se recommande à ses prières, on lui demande des conseils. On s’aperçoit qu’elle a un charisme de discernement. Aidée par un bon sens évident et une mémoire phénoménale, elle aide les personnes les plus diverses dans les situations les plus complexes alors qu’elle-même ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas et ne vit que de l’Eucharistie. Dans la région de la Drôme et de Lyon, sa réputation perce peu à peu. 
    


Une influence 

Le 10 février 1936, elle reçoit la visite d’un prêtre lyonnais : l’abbé Georges Finet (1898-1990). Elle comprend qu’il est l’homme envoyé par Dieu pour l’aider à réaliser une œuvre que la Providence lui suggérait depuis quelques temps : la fondation des Foyers de Charité. Le Père Finet est un remarquable prédicateur, il a un caractère plein d’allant, il n’a peur de rien ni de personne. Éclairé et inspiré par Marthe, il commence à prêcher des retraites à Châteauneuf qui, peu à peu, obtiennent un grand succès. Des laïcs se mettent à sa disposition, d’abord pour s’occuper d’une petite école, ensuite pour accueillir les retraitants. Le premier Foyer de Charité est fondé. À la mort de Marthe, il existe une cinquantaine de Foyers répandus dans le monde entier, regroupant environ 600 membres. C’est une institution très dynamique dans l’Église en un temps de grande crise. Les Foyers de Charité, reconnus en 1986 comme association privée internationale de laïcs, sont à l’origine de quantité de vocations et ont favorisé maintes conversions.   

Marthe Robin est au centre de toute cette œuvre. Elle accompagne les Pères et les membres des Foyers, elle aide au discernement des fondations. Mais son influence va plus loin. Elle reçoit dans sa chambre jusqu’à soixante personnes par jour au cours des retraites. La vie de beaucoup d’entre elles en est modifiée. Parmi elles, il y a des dizaines d’évêques, des centaines de prêtres. Marthe aide les fondateurs et fondatrices des ordres religieux nés en France juste après la Seconde Guerre mondiale, puis celles et ceux des communautés nouvelles. Dans la période difficile que traverse l’Église après le Concile Vatican II, particulièrement en France, elle reste ferme et calme. Elle est un point de ralliement pour beaucoup. À sa mort en 1981, des milliers de personnes (dont quatre évêques et plus de 200 prêtres) participent à ses obsèques.
   



Le procès de canonisation

Le procès de canonisation de Marthe Robin est ouvert dans le délai normal de cinq ans, dès 1986. La phase diocésaine est menée auprès de l’évêché de Valence de 1986 à 1996. Des centaines de témoignages affluent. Sur avis favorable du tribunal diocésain, la phase romaine est entamée en 1996. Un énorme dossier est transmis à Rome où tout est revérifié. En 2010 la Positio, c’est-à-dire le résumé du procès, est approuvée par les instances romaines. Le 7 novembre 2014, Marthe est déclarée Vénérable. De très nombreux témoignages de grâces, de faveurs et même de miracles affluent à Châteauneuf ; la ferme de Marthe Robin est devenue un lieu de visites et de prières très fréquenté. Marthe Robin apparaît ainsi, dans la conscience des chrétiens, comme un des grands personnages de l’Église de France dans le monde de ce temps et, en raison de son influence, une fondatrice pour l’évangélisation des temps à venir.


Marthe Robin et le renouveau de l’Église.          

Marthe Robin vient d’un monde chrétien traditionnel, mais elle a perçu très vite la nécessité de renouveler le catholicisme de son temps. Elle a été l’apôtre d’une « nouvelle Pentecôte d’amour », terme qu’utiliseront Pie XII et Jean XXIII. En effet, elle a compris que l’Église ne pouvait plus fonctionner uniquement comme un système hiérarchique où seuls clergé et religieux reçoivent la mission d’évangéliser. Dans un monde en voie de déchristianisation, ce sont tous les laïcs qui doivent témoigner du Christ. C’est pourquoi elle a fondé les Foyers de Charité où des prêtres, vivant ensemble avec des laïcs, hommes et femmes, témoignent de la beauté de la vie chrétienne et, chacun à sa manière, portent l’Évangile aux personnes accueillies. 
Cette perspective explique pourquoi Marthe a accueilli avec joie le concile de Vatican II dont elle a été, à sa manière, comme un des précurseurs. Elle a soutenu les personnes désemparées, mais elle a aussi posé les bases de l’Église qui naîtrait au-delà de la crise. Elle est ainsi un modèle et une protectrice de pour la nouvelle évangélisation.



Marthe Robin vue par le philosophe Jean Guitton (Portrait de Marthe Robin, 1985, Préface et Chapitre 1). 

Qui était la femme inconnue dont je fais le portrait ? – Une paysanne de France quirecevait dans sa maison ; qui pendant trente années n’a pris aucune nourriture, aucune boisson ; qui était stigmatisée, souffrant chaque vendredi les douleurs de la Passion ; qui fonda sur toute la terre soixante « foyers de charité » ; qui fut sans doute l’être le plus étrange, le plus extraordinaire, le plus déconcertant de notre époque ; qui, en ce siècle de télévision, demeura inconnue du public (sauf le jour de sa mort), ensevelie dans un profond silence. […] 
Marthe fut une mystique, une mystique de première grandeur. Les mystiques diffèrent par la grandeur comme les étoiles. […] Marthe avait connu tous ces états mystiques. Elle les avait même dépassés. […] 
J’ajoute que, parmi tous les êtres que j’ai fréquentés dans une longue vie, Marthe est celui qui m’a le plus donné cette impression si rare, faite de curiosité, d’envie et de surprise, que tout esprit ressent devant le « génie ».


L’inédie de Marthe Robin. 

On appelle « inédie » l’abstention totale et durable de nourriture et de boissons, hormis la communion eucharistique. Depuis une quarantaine d’années, une question revient souvent : ce phénomène est-il d’origine surnaturelle ou constitue-t-il une difficulté pathologique ? Un être humain peut-il vivre sans manger et sans boire ? La médecine répond par la négative. Passé un délai de 24 heures, l’organisme ne résiste pas à une privation d’eau. En quelques jours, l’absence d’alimentation conduit à la mort.  
Or, nous possédons de nombreux témoignages sur des cas d’inédie depuis la fin du IIIe siècle de notre ère. Ermites, Pères du désert, moines, contemplatives vivent parfois plusieurs années sans jamais s’alimenter. Le Moyen Âge regorge d’exemples. En 1433, Lydwine de Schiedman rend son âme à Dieu après 28 ans d’inédie ! À la même époque, le saint helvétique Nicolas de Flüe vit sans s’alimenter. Plus proche de nous, des mystiques du XIXe et du XXe siècle font une expérience similaire : Thérèse Neumann (1898-1962) et bien-sûr Marthe Robin. 
Sur le plan médical, des contrôles extrêmement rigoureux ont pu être mis en place, notamment au sein de structures hospitalières. Marthe Robin n’a pu être contrôlée de cette façon, vivant allongée en permanence dans sa chambre. 


Deux éléments importants méritent d’être cités : 

1. Marthe portait elle-même un regard de prudence et de sagesse sur les phénomènes qu’elle vivait, dont l’inédie. Pour elle, l’essentiel n’est pas dans ces manifestations prodigieuses mais dans l’union intérieure au Christ ; 
2. Comme dans les cas véridiques - car il existe des fraudes dans ce domaine - l’inédie de Marthe n’est pas un fait isolé mais est accompagné d’autres manifestations « extraordinaires » : visions, prophéties, lectures des âmes, extases, stigmates… Son inédie commence à la fin des années 1920, quand Marthe n’a pas encore atteint la trentaine. À la même époque, elle perd le sommeil et l’usage de ses quatre membres. L’hostie devient son unique nourriture, une à deux fois par semaine. 
Dans de telles conditions, il est pour le moins très surprenant que Marthe ait trouvé la force de recevoir des milliers de personnes jusqu’à sa disparition, du plus humble travailleur aux plus importants pontifes de la philosophie ou des sciences. Même si les médecins n’ont pu isoler la mystique hors de son cadre habituelle de vie, l’inédie de Marthe, longue de plus d’un demi-siècle, écarte toute hypothèse de supercherie en la matière.  


De son vivant, Marthe embarrassa les scientifiques. En 1942, Mgr Camille Pic, évêque de Valence, envoya près d’elle deux médecins lyonnais pour observer les phénomènes auxquels elle était sujette. Un premier compte-rendu avança l’hypothèse d’une encéphalite. En fait cette piste fut rapidement abandonnée, les praticiens n’ayant établi aucun protocole rigoureux et l’encéphalite n’étant pas une pathologie assez grave pour expliquer les phénomènes de Marthe. Puis les deux médecins changèrent d’avis et notèrent que ces manifestations incroyables étaient« d’ordre surnaturel », ce qui, notons-le, constituaient une appréciation dépassant leur domaine de compétence.            
Cette question de l’origine inconnue de l’inédie réapparut en 1987, avec l’ouverture du procès en béatification. Les médecins s’interrogèrent selon leurs orientations philosophiques : Marthe fut-elle une mystique authentique ou une simulatrice hors pair ? Était-elle le jouet du diable ou une personne sensible à la parapsychologie ? 


Marthe Robin a rendu son âme à Dieu voici 35 ans. Depuis cette date, personne - scientifique, théologien ou simple enquêteur - n’a jamais décelé le moindre début de fraude chez elle. Plus que son inédie, les fruits spirituels qu’elle a laissés (création des Foyers de charité et accompagnement spirituel de milliers de fidèles) donnent la mesure de son union à Dieu.


****************************************************************************************************


Sources documentaires

- Collectif, Actes du colloque Marthe Robin, si petite, si grande, lumières sur un itinéraire spirituel, Châteauneuf-de-Galaure, Éd. Foyer de Charité, 2003.
- Antier Jean-Jacques, Marthe Robin, le Voyage immobile, Perrin, 2006.
- Docteur Assailly Alain, Marthe Robin. Témoignage d’un psychiatre, Paris, 1996.
- Bouflet Joachim, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires de la foi dans la vie mystique, t. 2, Paris, Le Jardin des Livres, 2002.
- Gosset Thierry, « Robin (Marthe) », dans Audrey Fella (sous la dir. de), Les Femmes mystiques. Histoire et dictionnaire, Robert Laffont, 2013, p. 836-840.
- Guitton Jean, Portrait de Marthe Robin, Grasset, 1985.
- Id. et Jean-Jacques Antier, Les Pouvoirs mystérieux de la foi, Perrin, 1993, p. 69-92.
- Peyret R., « Robin (Marthe) », dans Dictionnaire de Spiritualité et de Mystique, t. 13, Beauchesne, 1988, col. 835-836.
- Père Bernard Peyrous, « Robin (Marthe) », dans Patrick Sbalchiero (sous la dir. de), Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens, Fayard, 2002, p. 687.
- Père Peyrous Bernard, La Vie de Marthe Robin, Éd. de l’Emmanuel/Foyer de la Charité, 2006. - Renard Hélène, Des Prodiges et des hommes, Pocket, 1999, p. 15-45.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:42


 1625 


SAINTE-ANNE D'AURAY, CŒUR SPIRITUEL DU DIOCÈSE ET DE LA BRETAGNE




Sainte-Anne d'Auray (actuel Morbihan) est un lieu particulier et unique : il s'agit du seul lieu au monde où sainte Anne, Mère de la Vierge Marie, soit apparue dans l'histoire de l'Église. C'était au XVIIe siècle, à un paysan breton : l'événement a marqué toute la région et le sanctuaire est maintenant devenu le lieu de pèlerinage le plus important de tout l'Ouest de la France...


C’est sous le règne de Louis XIII que commence l’histoire du pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray. Début août 1623, au soir d'une journée de travail, et alors qu'il pensait spécialement à sainte Anne « sa bonne patronne », une lumière très vive éclaira la chambre d’Yvon Nicolazic, jeune paysan breton, et une main apparaît dans la nuit en tenant un mystérieux flambeau. À plusieurs reprises ensuite, Nicolazic se verra conduit la nuit, au long des chemins creux, par un flambeau qui le précède. Un soir avec son beau-frère, ils verront une dame blanche avec un cierge à la main dans le fameux champ du Bocenno. Une autre fois, c’est une pluie d'étoiles qui tombe dans le champ. Tous ces événements se déroulent paisiblement, lentement. Nicolazic qui s'interroge sur leur signification ne change rien à sa vie, si ce n’est qu’il prie encore plus.



Le 25 juillet 1624, veille de la sainte Anne, sainte Anne apparaît une nouvelle fois et recommande également à Yvon de prendre ses voisins avec lui : « Menez-les avec vous au lieu où ce flambeau vous conduira, vous trouverez l'image (la statue) qui vous mettra à couvert du monde, lequel connaîtra enfin la vérité de ce que je vous ai promis. »Peu après, les paysans déterrent au pied du flambeau une vieille statue de bois rongée, avec des traces de blanc et d'azur. Dès lors, les choses s’accélèrent : trois jours plus tard, les pèlerins commencent à arriver en foule pour prier sainte Anne devant la statue. C'était en réalité la réalisation de cette prophétie à Nicolazic de la « multitude en marche », multitude qui ne s'est pas arrêtée jusqu'à nos jours.



Après une enquête rapide mais très intense 


Citation :
Auray : seul lieu au monde où saint Anne soit apparue

Le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray n’est pas en soi un pèlerinage « marial », car c’est bien sainte Anne qui est apparue et non pas sa fille, la bienheureuse Mère de Dieu. Cet évènement fait ainsi de ce sanctuaire un endroit particulier, car il est le seul lieu au monde où saint Anne soit apparue. 

Aujourd’hui, le sanctuaire est le cœur spirituel du diocèse et de la Bretagne.  Entre 600 000 et 800 000 pèlerins et visiteurs viennent sur ces lieux chaque année, ce qui en fait le sanctuaire le plus important de l’Ouest de la France. À elle seule, la fête de sainte Anne les 25 et 26 Juillet rassemble environ 30 000 personnes lors de diverses célébrations ; et le Pardon qui s'y déroule chaque année est le plus important de Bretagne.




Père André Guillevic
Recteur du sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray


La confrérie de Sainte-Anne

Fondée en 1641 avec l’aide du clergé et des fidèles, c’est une association d’entraide et de secours aux pèlerins et aux plus démunis. Au cours des siècles, elle a pris une solide importance en portant un secours matériel à des personnes démunies, en accueillant nombre de pèlerins venus de toute la France et assurant un soutien spirituel. Le 14 mai 1870, le pape Pie IX l’érige en archiconfrérie et accorde le même jour une indulgence aux pèlerins franchissant la Scala Santa (construite par les Carmes en 1662). L’archiconfrérie compte aujourd’hui plusieurs milliers d’adhérents répartis sur les cinq continents.

Les reliques du sanctuaire

Parmi les nombreuses reliques conservées à Sainte-Anne d’Auray, il convient d’en citer au moins deux :
- Depuis 1890, un reliquaire-ostensoir, placé dans la chapelle de Sainte-Anne contient un présumé morceau d’un bras de sainte Anne, offert aux Bretons en 1639 par le roi Louis XIII en reconnaissance de la naissance de son fils Louis, futur Louis XIV. Cette relique de sainte Anne a été rapportée de Constantinople en 1223.
- En 2014, à l’occasion de la canonisation de Jean-Paul II, une relique du nouveau saint a été donnée au sanctuaire breton : quelques cheveux.


La statue de la tour

Une statue de sainte Anne d’un poids de 12,5 tonnes a été hissée au sommet de la tour octogonale de la basilique (75 mètres de hauteur) en 1976.

Les pèlerins célèbres

- Le 15 août 1858 : pèlerinage de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.
- En 1874 : pèlerinage du président de la République, Mac-Mahon.
- En 1947 : pèlerinage du Général de Gaulle.
- En 1949 : Mgr Roncalli, nonce apostolique, futur Jean XXIII, préside la fête de Sainte-Anne.
- Le 20 septembre 1996 : Jean-Paul II célèbre une messe à Sainte-Anne d’Auray devant près de 150 000 personnes.


Un mot sur sainte Anne

Nous ne disposons pas de détails historiques sur sainte Anne, mère de Marie et grand-mère de Jésus. Le Nouveau Testament ne la mentionne pas. La première source l’évoquant date de la seconde moitié du IIe siècle de notre ère : c’est le Protévangile de Jacques. Il mentionne qu’Anne était mariée à Joachim. Bien que souffrant de stérilité, un jour, tandis qu’elle priait, un ange lui annonça qu’elle allait enfanter. Anne jura de consacrer sa fille à Dieu.

Anne, c’est la « grâce » (Hannah en hébreu). Comme dans l’Ancien Testament, beaucoup de mères de prophètes sont stériles avant une intervention de Dieu en leur faveur : Isaac (Gn 11, 30), Jacob et Esaü (Gn 25, 31), Samson ((Jg 13, 2-3) Samuel, dernier juge d’Israël (1 S 1, 5 et 1 S 2, 11).
Le Protévangile de Jacques décrit l’enfance de Marie avec ses parents. À l’âge de trois ans, Anne et Joachim la menèrent au Temple de Jérusalem où elle fut bénie par le grand prêtre, Zacharie.
Une seconde tradition évoque un nomade nommé Akar, ou Isachar dans le Pseudo-Matthieu (rédigé entre 600 et 625), qui aurait été le vrai père d’Anne, née à Nazareth. C’est à l’âge de 20 ans qu’elle aurait épousé Joachim avant de donner naissance à Marie à 40 ans. Joachim serait mort peu après la naissance de Jésus.
Le culte de sainte Anne est répandu dès le VIe siècle, en particulier en Orient. L’empereur Justinien lui dédie une église à Constantinople. Des théologiens l’évoquent (saint Jean Damascène, saint Epiphane, etc.).
En Occident, saint Jérôme contribue à sa popularité. Peu à peu, les fidèles lui rendent un culte, la fêtent, la prient, de la péninsule italienne à l’Angleterre. Au Xe siècle, Naples célèbre une fête en l’honneur de sa conception. Vers 1100, les fidèles de Cantorbéry font de même. Sainte Anne est patronne des guildes religieuses anglaises au Moyen Âge. En 1382, le pape Urbain VI rend sa fête obligatoire sur le sol britannique et en 1584, cette fête (chaque 26 juillet) est étendue à l’Église universelle.
En accord avec la volonté de Marie et de Jésus, le corps de sainte Anne a été confié aux Saintes Maries lors de leur départ de Palestine pour être conduit en France. À son arrivée, saint Auspice en devint le gardien et emmena la relique à Apt où il la cacha dans un souterrain, découvert par Charlemagne à Pâque 792. Le Christ et Marie ont ainsi souhaité que le corps de sainte Anne repose en France, témoignant à notre pays une immense confiance. Sainte Anne est aujourd’hui la protectrice des marins.

« Anne enfanta la Souveraine » (Saint Jean Damascène)
Joachim se choisit pour épouse Anne, cette femme d’élite digne des plus grands éloges. En effet, comme la première Anne, aux temps anciens, affligée par la stérilité mais qui avait obtenu par la prière et par un vœu de donner naissance à Samuel, celle-ci à son tour et par les mêmes supplications, obtint de Dieu la Mère de Dieu. Sur ce point, elle ne le cède donc en rien à aucune des femmes illustres. Ainsi la grâce, car telle est la signification du nom « Anne », enfanta la souveraine (signification du nom « Marie »). Marie, en effet, a vraiment été établie la souveraine de toutes les créatures, elle qui fut la Mère du Créateur. Elle voit le jour dans la maison de Joachim, près de la porte probatique (porte de Jérusalem proche de la piscine probatique où l'on purifiait les animaux qui devaient être offerts en sacrifice), et est conduite au Temple. Ensuite, « plantée dans la maison de Dieu », et nourrie par l’Esprit, semblable à un olivier fertile, elle devient la demeure de toutes les vertus. Détachant son cœur de toutes les convoitises de cette vie et de la chair, elle conserve son âme vierge autant que son corps, comme il convient à celle qui allait concevoir Dieu dans son sein.



******************************************************************************


Sources documentaires

- Jansen-Paigne S., « Les miracles de sainte Anne d’Auray », dans Jean Delumeau (sous la dir. de), Un Chemin d’histoire. Chrétienté et christianisation, Paris, 1981, p. 188-208.
- Lebrun François, Se soigner autrefois. Médecins, saints et sorciers aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Hachette, coll. Pluriel, 1995.
- Provost Georges, La Fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Cerf, 1998.
- Sbalchiero Patrick, « Nicolazic (Yvon) », dans Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens, Paris, Fayard, 2002, p. 575-576.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:48

 660 


Saint Benoît, un Père pour les moines, un Père pour l’Europe





Notre pays a été parcouru en tout sens par une foule de saints. Mais il en est d’autres que la providence n’y a conduit qu’après leur mort, tel saint Benoît dont les reliques, rapportées d’Italie, furent déposées au monastère de Fleury, aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), le 11 juillet 660. C’est ici l’occasion de redécouvrir le sens de la vénération des reliques et l’héritage du patriarche des moines d’Occident et du patron de l’Europe.


Un « pieux larcin ».

« Claris coniubila Gallia laudibus, læteris Benedicti patris ossibus » : « Éclate en louanges, Gaule, mets ta joie dans les ossements de notre père Benoît », chantons-nous aux vêpres de la solennité de saint Benoît, le 11 juillet. C’est donc la liturgie elle-même qui invite la France à se réjouir de la présence sur son sol des reliques du patriarche des moines d’Occident, fondateur de l’ordre des bénédictins. Mais comment saint Benoît (v. 480-v. 547), demeuré sa vie durant dans la péninsule italienne, était-il parvenu, après sa mort, sur les rives de la Loire ?   

Saint Benoît, organisateur et législateur pour l’Occident de la vie monastique héritée des moines d’Orient, s’est éteint vers 547 dans le monastère qu’il a édifié au Mont-Cassin (région du Latium en Italie). Quelques décennies plus tard, un monastère était fondé par un seigneur mérovingien sur les bords de la Loire, au bourg de Fleury, dans le diocèse d’Orléans. La communauté, qui suit alors la règle du saint irlandais Colomban, ressent le besoin d’un protecteur céleste plus puissant qu’un faible et inconstant seigneur terrestre. Chez les hommes de ce temps, la conviction est ancrée que la présence d’ossements d’un saint attire en quelque sorte, par un lien mystérieux, sa présence spirituelle d’assistance, de secours, de protection.
 

Citation :
Une lumière leur indique l’emplacement du tombeau dont les moines s’empressent de recueillir les restes

Vers 650, lisant les Dialogues de saint Grégoire le Grand, seule source permettant de connaître la vie de saint Benoît, l’abbé de l’époque, Mommole, apprend que le monastère du Mont-Cassin a été dévasté par les Lombards et que le tombeau de saint Benoît est désormais à l’abandon. Par un acte de piété filiale autant que par souci de doter son abbaye d’un puissant patron céleste, Mommole envoie une délégation de moines, conduite par Aigulphe, pour sauver les précieuses reliques. À leur arrivée dans l’abbaye du Mont-Cassin déserte, une lumière leur indique l’emplacement du tombeau dont les moines s’empressent de recueillir les restes dans une corbeille. À leur contact, tout au long du chemin du retour, les miracles se multiplient.   

Un 11 juillet, autour de 660, les reliques de saint Benoît sont solennellement déposées dans l’église du monastère de Fleury, village qui sera connu désormais sous le nom de Saint-Benoît-sur-Loire. Si l’arrivée des reliques est un jour de fête et de joie pour les moines de Fleury, elle témoigne cependant d’une époque troublée pour l’Europe.




Le rayonnement d’un monastère au cœur de la France. 

Comme l’atteste le texte des Miraculi sancti Benedicti, les foules de pèlerins se pressent tout au long du Moyen Âge pour vénérer les reliques du saint dont la puissance est louée autant pour la conception d’un enfant, l’abondance des pluies ou la mise en fuite des envahisseurs vikings. Le monastère connaît son heure de gloire du Xe au XIIe siècle, avec le grand abbé saint Abbon (mort en 1004), un des plus éminents théologiens de son temps. Fleury devient même, de la même manière que Cluny, le centre d’une réforme monastique pour toute la Gaule. Point de référence pour le monde monastique, l’abbaye se trouve aussi au cœur du domaine capétien, et c’est ainsi que le roi de France Philippe Ier (1053-1108), qui avait sans doute participé au financement des travaux de construction de l’abbatiale, demande à y être enterré pour bénéficier, après une vie peu exemplaire, de l’intercession du saint et de la prière des moines.   

Malgré un lent déclin, l’histoire de Saint-Benoît-sur-Loire reste intimement liée à celle de la France : Jeanne d’Arc vient y prier après la victoire d’Orléans en 1429, le cardinal de Richelieu embellit l’église par ses dons au XVIIe siècle, l’érudit Dom Mabillon y consulte la riche bibliothèque de manuscrits. La Révolution française met un terme à plus de mille ans de présence monastique ininterrompue en abolissant, dès le 13 février 1790, les vœux monastiques, considérés comme inutiles et contraires à la « liberté chérie ». Suppression juridique mais aussi matérielle avec la destruction, pierre après pierre, d’un superbe monastère classique, rebâti vers 1720 : le lieu devient en effet une carrière. 




Pour renouer le fil de cette histoire millénaire, il faut attendre l’arrivée de quelques moines pour tenir la paroisse en 1865, puis d’une véritable refondation le 11 octobre 1944, avec un essaim envoyé de la Pierre-qui-Vire (Yonne). Ces frères s’inscrivent dans la filiation du Père Jean-Baptiste Muard (1809-1854). Frappé par la déchristianisation de son diocèse d’Auxerre dès les années 1840, il se sent appelé, en plaçant toute sa confiance dans le Sacré Cœur de Jésus, à évangéliser cette France qui a perdu la foi. Après avoir fondé une congrégation de missionnaires diocésains, il se retire dans la forêt du Morvan, à la Pierre-qui-Vire, comprenant que le plus puissant des apostolats est la prière et le sacrifice. Soixante-dix-ans après sa refondation, la communauté de Saint-Benoît-sur-Loire compte une trentaine de frères, réunis sous une règle et un abbé, pour prier, travailler et vivre la charité fraternelle.     

La Règle de saint Benoît, chemin de vie et de sainteté 

Le plus grand des miracles de saint Benoît ne serait-il pas précisément celui de la fidélité de tant de générations de moines, assidus au service de l’Église par le ministère de la prière, méditant en secret les saintes Écritures, écoutant, accueillant et réconfortant tant de pauvres venus frapper à la porte du monastère et demander l’intercession de saint Benoît ? Sans se résigner aux périodes de déclin et de relâchement, inévitables depuis le péché originel, ils ne cessent de puiser dans l’Esprit la force du renouveau. Car la présence des reliques d’un saint – et quel saint ! – n’est un honneur et un privilège que dans la mesure d’une fidélité, toujours en croissance, à son exemple et à son enseignement.   

Dans une France et une Europe qui ont perdu l’accès à la source de la vraie vie, la Règle de saint Benoît trace un chemin « pour débutants » (chap. 73) pour« retourner par le labeur de l’obéissance à Celui dont nous avait éloigné la lâcheté de la désobéissance » (prologue) pour apprendre à vivre en frères sous le regard bienveillant du Père, à aimer les jeunes et à vénérer les anciens, à se réjouir d’une vie humble, sobre et simple. Un chemin qui n’est, comme le disait Bossuet, que le résumé de tout l’Évangile. Voilà un don sans doute encore plus précieux que de vénérables ossements.   

« Ô Saint Père Benoît, établi maintenant au ciel, pénètre tes serviteurs de ta sainte règle ; fais-les monter par la voie étroite, donne-leur le royaume éternel. » (Hymne des vêpres du 11 juillet)


Un moine bénédictin du monastère de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire



La question de l’authenticité des reliques. 

Les premiers témoins de la translation des reliques de saint Benoît à Fleury sont des livres liturgiques « gaulois » du VIIIe siècle, attestant une fête de la déposition des reliques le 11 juillet, différente de celle de la mort du saint le 21 mars. Ces deux fêtes seront un siècle plus tard célébrées dans tout l’Empire carolingien. Les plus anciennes sources narratives datent du IXe siècle et proviennent de Gaule, de Germanie et même d’Italie. Pour les moines du Moyen Âge, la vérité de cette translation ne faisait donc aucun doute.
Un autre fait remarquable est la connaissance très précise que nous avons de la « vie » mouvementée de ces reliques. L’archéologie a permis de situer les divers emplacements prévus pour les accueillir dans l’abbatiale. Lors des guerres de religion, elles furent mises à l’abri dans le logis abbatial et évitèrent par miracle d’être détruites. Pendant la Révolution française, un courageux paroissien, Simon Gaudry, les cacha chez lui ; une fois achevée la période de troubles, elles trouvèrent place dans la basilique sous la garde de la paroisse et connurent un dernier exil pendant la Seconde Guerre mondiale au carmel du Dorat, près de Limoges. 
La jeune communauté jugea opportun de procéder en 1952-1953 à un examen scientifique des ossements conservés depuis treize siècles. Pour permettre des comparaisons, on fit venir diverses reliques attribuées à saint Benoît en France ou à l’étranger, notamment celles issues du lot conservé à Fleury. L’étude anatomique confirma qu’on était bien en présence du squelette, incomplet, d’un homme âgé de soixante-quinze ans environ, ayant eu une alimentation principalement végétarienne (fait établi grâce à l’examen de la dentition). Dans la mesure où la méthode de datation au carbone 14 exigeait la destruction de certains ossements et se montrait trop peu fiable pour une durée de moins de deux millénaires, on renonça à l’utiliser. Toutefois, une ancienneté d’environ 1400 ans fut jugée « parfaitement admissible » par les experts. Dernière remarque positive : la présence d’un ossement féminin à Fleury, correspondant exactement aux reliques de sa sœur sainte Scholastique, enterrée dans la même tombe que son frère, reliques rapportées lors du même voyage et conservées d’abord au Mans puis à Juvigny (Meuse). Inversement, un élément masculin parmi les reliques de sainte Scholastique à Juvigny rejoint exactement le squelette masculin de Fleury. C’est donc une tradition historique solide, reposant sur des témoignages fondés et confirmés par la recherche scientifique, qui affirme la présence des reliques de saint Benoît de Nursie à Saint-Benoît-sur-Loire depuis le VIIe siècle.


Saint-Benoît-sur-Loire et la Vierge Marie. 

De nombreux commentateurs ont remarqué que saint Benoît ne dit pas un mot dans sa Règle sur la Vierge Marie ; cependant, il incite les moines à réciter tous les jours le Magnificat, le cantique de la Vierge (chapitre 17). L’attitude qu’il recommande au jeune novice, qui doit être attentif aux paroles du maître, rappelle également celle de la mère du Sauveur, qui écoutait la parole de l’ange et méditait tous les événements dans son cœur. Le culte marial n’est donc pas absent de la spiritualité bénédictine, ni de la structure même de l’abbaye de Fleury. Ainsi, les reliques de saint Benoît ont été placées au VIIe siècle dans l’église dédiée à Marie, tandis que la vie de la Sainte Vierge figure sur plusieurs chapiteaux de la célèbre tour-porche du XIe siècle.   

Les commentaires de la Règle de saint Benoît à travers les siècles. 

La Règle de saint Benoît est écrite au VIe siècle. C’est un texte court : 73 chapitres concis. Au fil des siècles, ni les invasions déferlant sur l’Occident médiéval, ni les rivalités internes de l’Église n’ont eu raison de son immense spiritualité. Aucune idéologie ni aucune crise ne réussit à l’ébranler dans l’Église : ni le rationalisme du XVIIIe siècle, ni l’indifférence religieuse du monde actuel.  
Dès le IXe siècle, la Règle connaît un succès européen. Parmi les signes de cet engouement, figurent les multiples « commentaires » dont elle est l’objet (mot tiré du latin commentarius en 1485). Ces « commentaires » forment un genre littéraire pratiqué dès le VIIe siècle parmi les moines. 
Il s’agit d’un procédé pédagogique sous forme d’une explication argumentée de la Règle. Destinés aux jeunes moines pour les inciter à respecter les devoirs de la vie monastique selon les exigences de leur fondateur, les commentaires sont souvent rédigés par les maîtres des novices, prieurs ou abbés. Ils font figure de miroir dans lequel les lecteurs contemplent le modèle « parfait » du moine : saint Benoît. Il serait fastidieux d’en dresser la liste dans laquelle prennent place auteurs anonymes et théologiens prestigieux.
L’œuvre du pape saint Grégoire le Grand (vers 540-604) ouvre la voie à maints ouvrages ultérieurs. Ses Dialogues forment une explication magistrale de laRègle. À cette époque, à l’exception de l’Espagne wisigothique et du monde celtique, les bénédictins servent de modèle à tous les contemplatifs. 
Parfois, des traditions extérieures à celle de saint Benoît se mêlent aux commentaires, comme, par exemple, vers 620, la Règle du Père pour les Vierges, rédigée pour l’abbaye de Faremoutiers, sorte de compromis entre l’idéal monastique selon saint Benoît et celui de saint Colomban, plus souple.
Plus tard, Benoît d’Aniane, grand intellectuel de l’Europe carolingienne, contribue au plein succès de la Règle. Dans les années 820/830, les commentaires se multiplient avec des auteurs illustres comme Smaragde, abbé de Saint-Mihiel (Meuse). 
Ces travaux continuent jusqu’au XVe siècle. Rupert, le chancelier de l’université Jean Gerson, Pierre Bohier, Bernard Ayglier, tous écrivent à propos de la Règle de saint Benoît, qu’ils soient eux-mêmes bénédictins ou non. Après 1450, cette forme littéraire s’étend au-delà des milieux ecclésiastiques grâce à l’invention de l’imprimerie. 
L’apport des moines célestins de Paris mérite d’être souligné pendant la Renaissance. Un commentaire précieux de dom Pierre Bard, confesseur du roi de France Louis XII, date d’avant 1535. Vers 1580-1585, ces dissertations deviennent savantes. Elles balayent sur un mode synchronique les domaines de la théologie.
La majorité des commentaires sont construits non sur un plan thématique ou chronologique, mais sur la structure de la Règle elle-même. Pourtant, ce genre littéraire subit des évolutions à partir de 1480/1500. C’est dans les vingt premières années du XVIe siècle que les commentaires de facture médiévale évoluent et au-delà de 1510, un effort est accompli vers une compréhension synthétique (théologique et biblique) de la Règle. Les commentateurs choisissent une perspective délaissée jusque-là : l’histoire. Sur quelle tradition spirituelle saint Benoît s’appuie-t-il ? L’Église a-t-elle toujours assumé la voie bénédictine ? 
Désormais les auteurs accomplissent un labeur archéologique, exhumant « l’authentique réalité » de saint Benoît, supposé recouverte, au cours des siècles, par des scories vaines et dangereuses couvrant le projet originel du bienheureux moine. Cette inflexion savante devient prégnante à partir de 1660, avec les commentaires érudits de la Règle, en particulier parmi les savants de la congrégation de Saint-Maur.
 

Citation :
Le nombre de commentaires français entre le XVIe et le XVIIe siècle a décuplé 

Le nombre de commentaires français entre le XVIe et le XVIIe siècle a décuplé. De 1480 à 1790, 105 commentaires de la Règle de saint Benoît voient le jour en France et dans les Pays-Bas espagnols, dont 46 % sont demeurés des manuscrits. À l’échelle européenne, le nombre d’éditions imprimées de la Règleet de ses commentaires, rédigés entre 1600 et 1790, s’élève à 433, textes conservés aujourd’hui dans 265 bibliothèques (France non comprise). 
Les auteurs sont des bénédictins, des moines issus des branches de l’arbre bénédictin (feuillants, cisterciens, trappistes, etc.) mais aussi des prêtres séculiers ou des évêques, comme Bossuet.   
Un commentaire daté de l’année 1789, intitulé Dissertation sur la pratique exacte et littérale de la Règle de Saint Benoist et sur les usages primitifs de l’Ordre de Citeaux, est un gros in-folio de 647 pages, conservé dans la bibliothèque de la Trappe de Sept-Fons. 
La Révolution met à mal l’édifice monastique français, déjà ébranlé depuis le milieu du XVIIIe siècle. La suppression des vœux fait disparaître ordres et congrégations de la scène religieuse pendant plusieurs décennies. Il faut attendre le XIXe siècle et le renouveau de l’abbaye de Solesmes, dirigé par dom Prosper Guéranger, pour que les fils de saint Benoît retrouvent un statut officiel. Au final, ces commentaires de la Règle valorisent les outils de sanctification voulus par saint Benoît (humilité, pauvreté, silence), expliquent la mystique comme voie d’union au Christ, avec l’oraison et la contemplation chère aux moines, précisent le droit canon, avec ses dispositions légales règlementant les aspects de la vie quotidienne d’une communauté monastique, comme, par exemple, la réception des novices, l’élection (démocratique) de l’abbé, les relations avec le clergé séculier et, enfin, déterminent les liens entre les bénédictins, l’Église et l’histoire chrétienne, montrant le bien-fondé des bénédictins et la bienveillance permanente des papes et des évêques à son égard. Enfin, les commentateurs affirment que la « philosophie monastique » a contribué à asseoir une forme de suprématie spirituelle des bénédictins. Selon eux, la monarchie française apporta rapidement son soutien à ce « prodigieux monument ». L’histoire a noué un lien harmonieux entre moines et royauté. 
Certains commentaires du XXe siècle jouissent d’une belle renommée, comme celui de dom Paul Delatte, largement traduit et diffusé sur les cinq continents. Plus récemment, des hommes d’Église, comme Mgr Robert Le Gall, actuel archevêque de Toulouse, et ancien abbé bénédictin, ont proposé une explication nettement spirituelle de la Règle de saint Benoît en étroite correspondance avec les attentes de nos contemporains avides d’absolu.



******************************************************************************

Sources documentaires


- « Les reliques de saint Benoît et de sainte Scholastique », Renaissance de Fleury (revue des moines de Saint-Benoît-sur-Loire) n° 235 (septembre 2010).
- « L’abbaye de Fleury, mille ans d’histoire », Renaissance de Fleury (revue des moines de Saint-Benoît-sur-Loire) n° 170 (juin 1994).
- Le culte et les reliques de saint Benoît et de sainte Scholastique, Publicacions de l’abadia de Montserrat, 1980.
- Dom Adam Antoine, Théologie de la vie monastique d’après quelques grands moines des époques modernes et contemporaines, Ligugé et Paris, 1961.
- Dom Albaréda Anselme, Bibliografia de la Regla Benedictina, Montserrat, 1933.
- Bouyer Louis, La Spiritualité de Cîteaux, Flammarion, 1955.
- Dom Broekaert Jean, Bibliographie de la Règle de Saint-Benoît. Editions latines et traductions imprimées de 1489 à 1929, 1980, 2 t.
- Dom Butler Cuthlert, Le Monachisme bénédictin. Études sur la vie et la Règle bénédictines, J. de Gigord, trad. française par Charles Grolleau, 1924.
- Dom Cottineau Louis-Henri, Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, 1939, 3 t.
- Dom Dubois Jacques, Les Ordres monastiques, PUF, coll. Que sais-je ?, 1985.
- Hontoir Camille, « Le texte de la Règle de saint Benoît et sa place dans la littérature cistercienne », dans C.C., 1947, n° 1, p. 199-205.
- Hurel Daniel-Odon, « Les Mauristes, éditeurs des Pères de l’Église au XVIIe siècle », dans Les Pères de l’Église au XVIIe siècle, sous la dir. d’Emmanuel Buy et de Bernard Meunier, Le Cerf, 1993, p. 124 et suivantes.
- Dom Jaspert B., Bibliographie der Regula Benedicti, Hidesheim, 1983.
- Dom Laporte Jean « L’Abbaye de Fleury » dans Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, Letouzey & Ané, 1969, t. 17, col. 441-476.
- Dom Le Bail Anselme, « La Règle de saint Benoît dans l’Ordre de Cîteaux », dans Revue liturgique et monastique, 1930, p. 413-437.
- Dom Leclercq Jean, « Évangile et culture dans la tradition bénédictine », dans Nouvelle Revue théologique, 1972, p. 171-182.
- Id., « Saint Bernard et la Règle de saint Benoît », dans Collection cistercienne, 1973, n° 1, p. 173-185.
- Le Gall Jean-Marie Les Moines au temps des réformes (France, 1480-1560), préface de Nicole Lemaitre, Champ Vallon, 2001.
- Le Goff Jacques, sous la dir. de, Dictionnaire des Ordres religieux, Fayard, 1998.
- Dom Lignerolles Philippe, Petite histoire de la vie monastique des origines à nos jours, Dourgne, Éd. Siloé, 1990.
- Dom Oury Guy-Marie, L’Héritage de saint Benoît. Initiation aux auteurs spirituels de l’Ordre, Solesmes, 1988.
- Id., Les Moines blancs, Paris, Fayard, 1993. - Pêcheur Anne-Marie, Clartés de Saint-Benoît-sur-Loire, Éditions Zodiaque, 1997.
- Benedicti Studia. Annuarium Internationale, St- Ottilien, 1988, p. 145-163.
- Dom Philibert Schmitz, « Benoît (saint). La Règle », dans Dictionnaire de Spiritualité, t. 1, Beauchesne, 1937, col. 1371-1388.
- Id., Histoire de l’Ordre de saint Benoît, Maredsous, 1942-1956.
- Sbalchiero Patrick, « À l’image des anges : liturgie et spiritualité dans la littérature monastique », dans Cahiers du Centre Interdisciplinaire de Recherches en Histoire, Lettres et Langues, n° 17, 1995, p. 131-145.
- Id., « La Règle de saint Benoît au XVIIe siècle », dans Mélanges offerts à Marcel Launay, 2008.
- Id., Histoire de la vie monastique, Desclée de Brouwer, 2008. - Dom Vogüe et Neuville Jean, Saint Benoît. La Règle. Texte et commentaire, Cerf, 1972-1977, SC 181-187, 7 vol.  

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 12:55


 1270 


Saint Louis et le printemps de la France


Cinquième enfant de Louis VIII (+ 1226) et de Blanche de Castille (+ 1252), Louis IX naît le 25 avril 1214. Baptisé à Poissy (actuel département des Yvelines), il devient à douze ans le 44e roi de France. Patron du diocèse aux armées et de sa cathédrale, il est également invoqué comme patron de la France, notamment le 25 août, jour où l’on célèbre l’anniversaire de sa mort. Louis, dit le « Prudhomme », meurt au cours de la dernière croisade à Tunis en 1270, après 43 ans de règne. Il est canonisé par le pape Boniface VIII dès 1297.




Une fois que nous sommes accordés sur les faits de l’histoire, sur leur interprétation, sur le besoin d’en faire mémoire pour disposer du présent, pour préparer le futur, pourquoi s’attarder à cet homme du passé ? Qu’il s’agisse de saint Louis ou d’autres, sur quoi repose notre attachement ? C’est une loi générale : les saints ne sont jamais réductibles à leur époque. Un saint ne se laisse pas figer dans son siècle. S’il est décalé par rapport à notre temps, c’est un décalage vers l’avenir : il nous attend au tournant suivant. Aimable, il nous tend la main, mendiant notre cœur.   

Donnons à nouveau notre affection à saint Louis, roi de France. Essayons de lui ouvrir notre cœur ainsi que nous le faisons pour un ami, lui confiant nos peines, nos joies, l’associant à notre mission, cherchant à le connaître avec bienveillance. À cette condition, il nous livrera quelques secrets de sa sainteté. Car connaître le secret d’un ami, c’est autre chose que de scruter les détails de son existence, à la façon d’un historien. Le secret partagé crée une intimité profonde entre deux êtres. Avec eux, quelque chose de la gravitation du Christ nous entraîne vers Dieu.  
 Dans son ouvrage Saints de France (paru chez Boivin, 1ère édition 1951), Henri Pourrat touche à ce secret avec une rare virtuosité. Il plante le décor :« Avec lui, le royaume entre dans son printemps », et d’ajouter : « En cette aurore du XIIIe siècle, toute la pensée grandit. » Louis IX naît avec Bouvines (27 juillet 1214), l’éclatante victoire de son grand-père Philippe Auguste (+ 1223). Mais la redistribution politique ne vaut pas tant que la floraison printanière d’idées nouvelles. Louis reçoit à sa table deux Docteurs de l’Église, saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin (+ 1274). Cette vitalité de l’esprit, bientôt écrite dans la politique et les mœurs, cette sève neuve, cette fièvre du cœur, cette vague de la pensée coïncident avec le roi saint Louis et lui avec elle. Un pareil printemps soulève l’enthousiasme, le goût de l’aventure et des folles équipées. Quand les feuilles voltigent et que notre mental erre, sous l’ombre nostalgique sécrétée par l’automne, une telle incarnation de la (re)naissance nous gonfle d’espérances nouvelles. Je ne parle pas tant de la saison que de notre société, où la chute des valeurs produit l’odeur des cimetières. Notre époque accueille des esprits émoussés, fades, gavés de politiquement correct. Pouvons-nous connaître, à notre génération, une telle pulsation de l’esprit ? Quelle nouveauté, quelle poussée, quelle grandeur nouvelles tendent nos énergies ? Une fin de race n’attire pas. Un point de croissance ne fascine pas. Les projets qu’on nous présente ne portent même plus de promesses. Il nous reste l’épaisseur maigrichonne du train-train quotidien. Heureusement, l’Évangile reste un prodigieux défi…
  




« Le plus fier chrétien que les païens eussent jamais connu », confie le sire de Joinville, conseiller du roi, à ses Mémoires. Parmi les regards sur saint Louis, on en trouve un qui fait le lien par-dessus les autres, c’est celui sur son christianisme. Au fond et à la cime de ses actions, il y a le chrétien. Son baptême aboutit à la sainteté. Mais il lui fournit d’abord l’unité de sa vie. Ce fameux dénominateur commun qui manque à notre vie sectorisée, Louis le trouve dans son baptême. De l’extérieur, les païens sentent et admirent la cohérence du roi. Ils ne jugent pas d’abord sa sainteté : pour l’estimer, il faut cette aimable confrontation entre les actes et l’Évangile que l’Église seule est habilitée à mettre en place. Mais les incroyants goûtent l’unité de l’homme.« Fier », indique la densité aimable, le rayon noble au parcours tranquille. La fierté éveille l’admiration sans la rechercher. Cette reconnaissance par les païens importe autant que la canonisation par l’Église. Elle chante le regard du païen sur l’homme juste. Elle dit ce à quoi il est sensible. Elle peut le déterminer à chercher « l’Unique ». En ce sens, saint Louis n’est pas seulement un exemple de piété mais un prototype du témoin.   

« Tant qu’il put il choisit de faire la paix » (Henri Pourrat dans Saints de France). Formé aux armes, faiseur de croisade, combattant de première ligne, il n’idéalise pas la guerre. Elle n’est jamais un but en soi. Bien qu’à l’époque il faille gagner sa valeur à coups d’épée, le cœur de Louis IX voit plus loin que le bout de son arme. La guerre fait peut-être la valeur d’un chevalier, mais seule la paix fait le bonheur d’un pays. Il est difficile de trancher au sujet du saint roi : de la paix ou de la justice, on ne sait laquelle il préfère. « Par son amour de la justice, il se fait tant aimer, que, sans être ses sujets » (Henri Pourrat dans Saints de France), des Lorrains et Bourguignons lui demandent de leur faire droit. La postérité lui a fait un trône sous un chêne pour y rendre la justice. Certainement, l’histoire ne se trompe pas, à ceci près que saint Louis s’assoit à même le sol. C’est moins gracieux pour les images, mais cela correspond mieux à son style, absolument royal. Il est vrai aussi que la paix le hante, avec le roi d’Angleterre, avec ses grands barons, avec le sultan d’Égypte. Les deux vertus nous parlent : nous les posons l’une sur l’autre car la justice forme le socle de la paix.



Citation :
La compétence donne des droits que la filiation n’impose pas


À ceux qui croient plus volontiers à la valeur de la naissance qu’à celle des mérites, il réplique comme à son fils Philippe : « Biau fils, vraiment j’aimerais mieux qu’un Écossais vint d’Écosse qui gouvernât bien et loyalement, que tu gouvernasses mal en point et en reproches. » Toujours la même recherche de la justice. La compétence donne des droits que la filiation n’impose pas. On imagine, derrière ces mots de paix, justice et compétence, l’immense liberté du souverain. Quand on a le pouvoir de faire et de défaire pour un peuple tout entier, on s’acharne à faire le bien et à défaire le mal. Et tant pis pour les courtisans payant en flatterie ce qu’ils doivent en bonne monnaie. Seulement voilà : au XIIIe siècle, on fait la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, entre ce qui unit et ce qui divise, entre le bien personnel et le bien commun. C’est peut-être en cela que l’époque du saint roi élève et dynamise. 

De sa liberté, il est encore question dans ses rapports avec les gens d’Église. Il ne cesse de surprendre. Tandis que la croix et la bannière voguent ensemble, liées comme elles peuvent l’être dans le monde chrétien, on s’attend de la part de saint Louis à une obéissance méticuleuse, servile à force d’être respectueuse. Il n’en est rien. Sa vénération pour le mystère du prêtre ou de l’Église ne lui ôte aucune part de son discernement. Prenons un exemple. Louis fait vœu de conduire une croisade lors d’une grave maladie (presque à sa mort). Guéri, il veut tenir sa promesse ; mais sa mère, Blanche de Castille, ne l’entend pas ainsi. Elle fait intervenir l’évêque de Paris pour s’opposer à son départ. Ce dernier montre que son vœu, fait dans le délire, ne l’oblige pas. « Bon, dit le roi, je ferai donc à votre volonté. » Il rend sa croix à l’évêque. Mais aussitôt : « Et maintenant, suis-je en délire ? Eh bien, c’est maintenant que je vous demande de me donner la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! » Ces libres chevaliers de France n’abdiquent pas leur liberté. La rectitude de leur foi ne la ronge pas. Elle l’amplifie. Est-il meilleur témoin de la liberté évangélique, au croisement du respect et de la responsabilité ?





Sa façon d’être roi le rattache au saint roi David bien mieux qu’une généalogie hasardeuse. Le roi dans la Bible règne en pasteur et père. Il ne suffit pas au pasteur de conduire le peuple. Il s’assimile à lui, il ne fait qu’un avec lui. En Égypte, alors que la famine et la peste poussent à la retraite, on veut obliger le roi épuisé à s’embarquer avec les autres malades. Mais il entend rester le dernier. Un de ses frères, le comte d’Anjou, lui reproche de retarder le mouvement : « Comte d’Anjou, si je vous suis à charge, débarrassez-vous de moi. Mais je n’abandonnerai jamais mon peuple. » Un peu plus tard, fait prisonnier des Sarrazins, il apprend que les riches négocient séparément leur rançon. Aussitôt, il leur interdit ces marchés pour que les pauvres ne restent pas seuls en captivité : « Je prends tout sur moi et veux être chargé de payer du mien propre le rachat de tous. » C’est le roi-pasteur selon le cœur de Dieu. Devant Mansourah, alité mais entendant le feu grégeois déchirer les airs pour tomber sur son armée, il soupirait : « Beau sire Dieu, gardez-moi mes gens ! » Henri Pourrat ajoute : « Le suzerain se doit même de former les cœurs de ses gens. » Le sire de Joinville en est un témoin remarquable. Au roi qui lui demande s’il est préférable d’attraper la lèpre que de commettre un péché mortel, Joinville répond avec sa franchise habituelle qui lui semble préférable d’avoir commis trente péchés mortels que d’être attaqué par la lèpre. C’est qu’il connaît ce qu’est la lèpre. Elle tue mais d’abord elle rogne, elle ronge, elle grignote. Saint Louis le reprend avec douceur mais précision. Il le traite de « hâtif musard ». Charles Péguy ne manque pas de commenter cette scène exemplaire. Il vaut mieux attraper trente fois la lèpre que de commettre un péché mortel. En d’autres circonstances, il éduque le même Joinville à l’humilité, le pressant de laver les pieds des pauvres.   

Tant de traits parlent de son secret qu’il nous faut conclure ici : « Le héros, ni le grand roi n’y eussent pas suffi. Il y fallait le saint. Mais cette leçon, le roi Louis la tient du Christ » (Henri Pourrat dans Saints de France).





Mgr Luc Ravel
Évêques aux armées


Saint Louis, un homme de paix et un réformateur. 
Sacré à Reims le 29 novembre 1226 par l’évêque diocésain Jacques de Bozaches, saint Louis est un homme de paix et un réformateur : il introduit baillis et prévôts (représentants du pouvoir et officiers de justice), conçoit ce qui va devenir le Parlement de Paris et la Cour des comptes, introduit une monnaie unique dans le royaume, crée la présomption d’innocence, interdit l’ordalie et la vendetta, combat l’usage de la torture, lutte contre les guerres privées, etc. En matière profane, Louis agrandit le domaine royal en y agrégeant les comtés de Blois, Chartres, Sancerre et Châteaudun. Il mène des édifications visant à assurer la paix de ses sujets. Dès les années 1220, il fait ériger la forteresse d’Angers, rempart important face à la Bretagne encore indépendante. Vers 1240, il fonde Aigues-Mortes (actuel département du Gard), comme point de départq et d’arrivée de la « route de Jérusalem ». En 1251/52, il fait reconstruire les remparts de Jaffa (Israël) où il ordonne l’érection d’un couvent et d’une église. Peu après, il restaure les fortifications voisines d’Ascalon.   

Saint Louis, un homme charitable et pour la promotion de la culture. 
L’œuvre de Louis est plus importante dans le domaine de la charité et de la culture. En 1248, il demande à l’architecte Eudes de Montreuil de restaurer l’Hôtel-Dieu de Paris. Peu après, il fait édifier l’Hôtel des Audriettes pour l’accueil des veuves. En 1259, il fonde l’Hôtel-Dieu de Pontoise où 13 religieuses augustines prennent en charge les démunis. Il offre 30 000 livres pour la construction de l’Hôtel-Dieu de Vernon (Eure) ; 25 sœurs y assurent accueil et prière. En juin 1260, les travaux d’édification de l’hospice parisien des Quinze-Vingts prennent fin, près de la porte Saint-Honoré. Le roi lui attribue une rente annuelle élevée servant à la prise en charge des aveugles de la cité qui, en contrepartie, prient pour le roi et sa famille. C’est la première fois dans l’histoire de France que les pouvoirs publics assument matériellement un tel handicap. En 1253, il cofonde à Paris avec Robert de Sorbon, son chapelain et confesseur, le collège de Sorbonne, qui allait devenir une prestigieuse université. À l’époque, cette structure modeste est destinée aux maîtres ès arts : quelques dizaines d’étudiants en théologie.  

L’œuvre de saint Louis dans le domaine religieux. 
C’est dans le domaine religieux que saint Louis réalise ses œuvres plus belles. De son vivant, l’art gothique nourrit la terre de France. Il assiste aux chantiers des cathédrales d’Amiens, d’Auxerre, de Beauvais, de Chartres, de Reims, de Rouen et de Paris, qu’il ne cesse d’encourager. Parmi ses fondations monastiques, l’abbaye de Royaumont (« mont royal »), dans l’actuel Val-d’Oise, reste la plus célèbre. Son père, Louis VIII, laisse en héritage une forte somme d’argent pour édifier un monastère non loin de Paris. Saint Louis confie les lieux aux moines cisterciens ; il fera d’ailleurs plusieurs longs séjours à l’abbaye pour partager la vie simple des moines. Dès 1233, il choisit Royaumont pour y faire inhumer les enfants de la famille royale décédés en bas-âge. Trois de ses quatre enfants morts avant lui y reposent. En 1235, après sept années de labeur, le monastère est achevé. Sa renommée s’étend progressivement à tout le royaume et au-delà. Tous les rois capétiens directs, jusqu’à Charles IV le Bel (+ 1328), honorent le lieu de leur présence et de leurs largesses. Un autre lieu tient particulièrement Louis à cœur : la collégiale Notre-Dame de Poissy (Yvelines), où il a été baptisé. Il aime signer certaines lettres par la formule : « Louis de Poissy », ou « Louis, seigneur de Poissy ». Il y séjourne souvent. Fondée par le roi Robert le Pieux vers 1016, cette collégiale est reconstruite entre 1130 et 1160. Elle est aux mains de chanoines. En 1238, saint Louis fonde une messe anniversaire pour ses parents qui y sera célébrée pendant des décennies. En 1250, il y fait édifier une chapelle. Aujourd’hui, les fonds baptismaux de Louis restaurés en 1630 y sont encore visibles, protégés par une grille installée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc.   

Saint Louis et la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité. 
Le véritable chef-d’œuvre de saint Louis, c’est la construction de l’Île de la Cité, dont l’histoire débute avec son intérêt pour l’Orient. Le roi participe en effet en personne à la septième (Égypte, accompagné de ses trois frères) et à la huitième croisade (Tunisie). Il est persuadé jusqu’à la fin qu’il parviendra à sauvegarder la Terre Sainte et à évangéliser Juifs et Musulmans avec l’aide de Dieu. Aussi lorsque Baudouin II de Courtenay (+ 1273), cousin de saint Louis et dernier empereur latin de Constantinople, lui demande son aide contre les Grecs en 1237, Louis, défenseur de l’Église latine, est très intéressé. Il l’est davantage encore lorsqu’il apprend que des nobles de Jérusalem veulent vendre la couronne de la Passion du Christ à des étrangers. Baudouin le supplie de ne pas laisser filer cette précieuse relique entre des mains impies. En réponse, Louis envoie deux émissaires en Terre Sainte, porteurs d’une lettre ordonnant que la relique leur soit remise. Après un crochet par la cathédrale Saint-Marc de Venise où elle est exposée, la Sainte Couronne est convoyée par voie de terre jusqu’en France, avec un sauf-conduit de l’empereur germanique Frédéric II (+ 1250). Exposée à Vincennes, elle est ensuite portée jusqu’à la cathédrale Notre-Dame de Paris par Louis et son frère Robert, tous deux pieds nus. De là, elle est transportée dans la chapelle Saint-Nicolas du palais de la Cité. En 1241, Louis achète pour une somme importante d’autres reliques de la Passion : une partie de la Vraie Croix, de la Sainte Éponge et de la Sainte Lance. La chapelle Saint Nicolas est alors jugée trop petite pour contenir de tels joyaux. Louis et ses architectes imaginent alors un nouveau lieu sacré, plus vaste, plus beau. Dans leur esprit, il ne s’agit pas seulement d’architecture, mais aussi de spiritualité car, au XIIIe siècle, les reliques ont une grande importance. On leur reconnaît un pouvoir de guérison et elles font la renommée des lieux de pèlerinage à travers toute l’Europe. Seigneurs et vassaux prêtent par exemple serment sur les reliques de la Passion du Christ. C’est ainsi qu’est construite dès 1242 la Sainte Chapelle, conçue comme un vaste reliquaire non pas destinée aux foules de pèlerins, mais à la famille royale et au clergé. Ses modèles architecturaux sont les chapelles épiscopales de Paris, de Laon et de Noyon et, avant tout, l’archevêché de Reims, lieu du sacre des rois. En 1243, le pape Innocent IV accorde des privilèges à ce lieu, et trois ans plus tard, saint Louis fonde un collège de chanoines pour la garde des reliques et la célébration du culte. Il inaugure lui-même le nouvel édifice le 26 avril 1248, dont le coût total des travaux s’élève à plus de 40 000 livres tournois : une somme énorme à l’époque. La chapelle basse, située au niveau inférieur, est dédiée à la Vierge Marie.     

Éléments biographiques. 
Né le 25 avril 1214, sous le règne de son grand-père Philippe Auguste (+ 1223), Louis devient l’héritier du Trône à l’âge de 4 ans, après la mort de son frère aîné, Philippe. Son père, Louis VIII le Lion (+ 1226), et sa mère Blanche de Castille (+ 1252), lui assurent une éducation princière qui le prépare à ses futurs devoirs publics. Philippe Auguste, premier monarque français à connaître son petit-fils, exerce une influence positive et durable sur le jeune Louis. De la mort de son père (1226) jusqu’à sa majorité (1234), sa mère exerce la régence. Fille d’Alphonse VIII de Castille et d’Aliénor d’Aquitaine, nièce du roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion (+ 1199), Blanche est parfois jugée étrangère aux affaires françaises. Elle donne 12 enfants à son époux, dont le futur saint Louis et la bienheureuse Isabelle de France (+ 1270), fondatrice des Clarisses de Longchamp. Louis est sacré à Reims le 29 novembre 1226. Rapidement, son pouvoir est contesté et sa mère est déconsidérée aux yeux d’une partie de la noblesse. Il va s’imposer comme un souverain déterminé. En 1227, plusieurs barons influents – dont Pierre Mauclerc, duc de Bretagne – se réunissent à Corbeil, près de Paris, et décident de kidnapper le jeune roi pour gouverner en son nom. Ils parviennent à l’encercler à Montlhéry. Mais les Parisiens, alertés de la situation, accourent à son secours et le libèrent. En 1230, Louis (16 ans) prend la tête d’une armée contre le duc de Bretagne qui, quelques mois auparavant, avait prêté hommage à Henri III, roi d’Angleterre. Louis reprend Angers. Puis il repart en campagne en mai 1230 et au printemps 1231 contre les seigneurs insoumis. Il reprend Ancenis et Clisson. Les barons abdiquent à l’exception de Pierre Mauclerc, jusqu’en 1234 ! L’union de Louis et de Marguerite de Provence est célébrée le 27 mai 1234 en la cathédrale de Sens par Mgr Gauthier le Cornu. Le lendemain, la nouvelle épouse est couronnée reine de France. Pourtant, un nouveau soulèvement aristocratique devait soucier Louis IX. Cette fois, les seigneurs du Poitou s’opposent au Trône, avec, à leur tête, Hugues X de Lusignan (+ 1249) dont la femme, Isabelle d’Angoulême (+ 1246), reine consort d’Angleterre (elle a été l’épouse de Jean sans Terre, + 1216), est aussi la mère d’Henri III Plantagenêt, adversaire de Louis à cette époque. En décembre 1241, Hugues de Lusignan s’oppose publiquement au monarque. Une ligue est constituée contre le roi à laquelle Henri III  va adhérer.



***********************************************************************************************


Sources documentaires

- Hélary Xavier, La Dernière croisade, Perrin, 2016.
- Le Goff Jacques, Saint Louis, Gallimard, 1996.
- Monfrin Jacques, Vie de saint Louis, Le Livre de Poche, 2002, Lettres gothiques.
- O’Connell David, Les Propos de saint Louis, Gallimard/Julliard, 1974.
- Richard Jean, Saint Louis : roi de France féodale, soutien de la Terre Sainte, Fayard, 1983.
- Sivéry Gérard, Saint Louis : le roi Louis IX, Tallandier, 2007.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:01


 1850 


Le Père Chaminade et la rechristianisation de la France


Au début du XIXe siècle, le Père Chaminade, désireux de rechristianiser la France, fonde la Famille Marianiste. Il donne pour mot d'ordre missionnaire à ses disciples les paroles mêmes de Marie aux serviteurs de Cana : « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jean 2, 5). De mai 2016 à janvier 2018, les religieux et religieuses fêtent leur bicentenaire. La Famille Marianiste comprend désormais entre 7 000 et 8 000 personnes établies sur les cinq continents dans plus de 30 pays.




Guillaume-Joseph Chaminade est né le 8 avril 1761 à Périgueux (Dordogne). Dernier enfant d’un marchand drapier habitant tout près de la cathédrale, il suit ses études au Collège-Séminaire de Mussidan, avant de faire ses vœux dans la congrégation des prêtres de Saint-Charles de Mussidan, qui prend pour modèle l’évêque italien saint Charles Borromée. Il est ordonné prêtre en 1785.

En 1791, en pleine Révolution, il refuse de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Il s’installe alors à Bordeaux, pour assurer un ministère clandestin de plusieurs années, au risque de sa vie. En 1797, il doit s’exiler vers l’Espagne où il arrive (à Saragosse en Aragon) le 11 octobre 1797, veille de la fête grandiose de Notre-Dame del Pilar (Notre-Dame du Pilier), le plus grand pèlerinage marial d’Espagne.

Dans son exil, il réfléchit à l’avenir de la foi en France. Il élabore avec d’autres un plan de rechristianisation adapté aux temps nouveaux. Il sait qu’il ne suffira pas de rebâtir des structures, aussi cherche-t-il d’autres moyens et se laisse guider par les « signes des temps ». Convaincu qu’un chrétien isolé est un chrétien en danger, il s’interroge sur le bien-fondé d’une « congrégation » de chrétiens, « un mouvement », à l’instar des congrégations mariales de Jésuites, pour les aider à être plus forts dans la foi et plus éloquents dans le témoignage. Le dévouement extraordinaire de certains laïcs qui l’ont aidé à poursuivre son ministère pendant les années révolutionnaires, en dépit de tous les risques, lui a aussi permis de comprendre que chaque baptisé peut jouer un rôle dans la mission.
 




Déjà, il songe à demander au Pape l’autorisation d’évangéliser au-delà des structures traditionnelles des paroisses. Ce qu’il appellera plus tard son « inspiration » germe progressivement en lui. On dit qu’un jour, alors qu’il est en prière, il lui est même donné une sorte de « vision » : il voit se rassembler autour du pilier de Marie des jeunes gens de toutes origines venus se mettre à sa disposition pour l’assister dans sa mission.

Dès son retour en France en 1800 à Bordeaux, il rassemble des groupes de jeunes, d’hommes, de femmes, qu’il forme, qu’il guide dans la vie spirituelle pour qu’ils deviennent missionnaires dans leur milieu. C’est la naissance de la « Congrégation » (de son nom complet la Congrégation de l’Immaculée), placée sous la protection de la Vierge Marie. Le Père Chaminade s’installe à la Chapelle de la Madeleine à Bordeaux. Comme certains souhaitent aller plus loin dans leur engagement, il propose en 1808 une forme de vie consacrée dans le monde, qu’il appelle « l'État ».

Ce même été 1808, il entre en relation avec Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) qui, près d’Agen (Lot-et-Garonne), a fondé une Association de prière et d’encouragement à la vie chrétienne par correspondance, très proche de l’œuvre de Bordeaux. Cette jeune femme de famille noble souhaite ardemment devenir religieuse.

Toujours à l’écoute de l’Esprit, le Père Chaminade fonde avec elle en 1816 à Agen l’Institut des Filles de Marie : un Institut religieux au service de la congrégation de laïcs. Il rédige les premières constitutions et confie à Marie-Thérèse de Lamourous, son adjointe pour la congrégation et fondatrice des sœurs de la Miséricorde de Bordeaux, le soin de guider les premiers pas du petit groupe d’Agen. Celui-ci se compose de six jeunes filles qui s’installent au « Refuge » le 25 mai 1816. Quinze jours plus tard, les nouvelles sœurs font la connaissance du Père Chaminade.

Un an plus tard, Monsieur Lalanne, congréganiste, fait part au Père Chaminade de son désir de consécration à Dieu. C’est ainsi que naît à Bordeaux le 2 octobre 1817 une nouvelle communauté de religieux : la Société de Marie, qu’on appellera bientôt les Marianistes. Sa première mission est d’être « l’homme qui ne meurt pas », afin d’accompagner les groupes de laïcs qui restent par leur baptême les premiers évangélisateurs. La Règle de vie est la même que celle des sœurs d’Agen, avec les aménagements nécessaires, en particulier à cause de la présence de prêtres. D’autres lieux de mission, notamment dans l’enseignement chrétien, naîtront très vite dans ce monde où tout est à reconstruire.

Dès la fondation, le Père Chaminade donne comme mot d'ordre missionnaire à ses disciples, les paroles mêmes de Marie aux serviteurs de Cana : « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2,5). Il a l’idée d’une certaine universalité des œuvres, et également celle de l’adaptabilité des moyens utilisés dans la mission aux besoins des temps et des lieux. Il désire pouvoir s’adresser à « toutes les classes, tous les sexes et tous les âges, mais au jeune âge et aux pauvres surtout » (Lettre du 24 août 1839).
 




Le 16 septembre 1839, le Père s’adresse au pape Grégoire XVI pour demander l’approbation des constitutions des deux Instituts, perçus comme les deux versants d’une même entité. Il conclut sa lettre ainsi : « Ces deux ordres ont pris pour nom distinctif celui de l’auguste Marie : puissent-ils la faire connaître, louer et chérir par toute la terre ! Car je suis intimement convaincu que Notre Seigneur a réservé à sa Sainte Mère la gloire d’être particulièrement le soutien de l’Église dans ces derniers temps. » 

Suite à de graves problèmes financiers engendrés par l’imprudence d’un de ses disciples, et à des comportements qu’il jugeait dénaturant la Société de Marie, le Père Chaminade subit de lourdes épreuves durant les quatre dernières années de sa vie. Son Conseil va même jusqu’à l’exclure. Mais il a la joie, avant de mourir le 22 janvier 1850 à Bordeaux, de voir son successeur et ses assistants l’entourer et se réconcilier avec lui. Sa tombe au cimetière de la Chartreuse est surmontée d’une statue de la Vierge et comporte plusieurs ex-voto de fidèles.

Le 18 octobre 1973, après une étude minutieuse des écrits et des activités du Père Chaminade, le Pape Paul VI le déclare vénérable. Le 3 septembre 2000, il est béatifié sur la place Saint-Pierre de Rome par le pape Jean-Paul II. La Famille marianiste peut ainsi le célébrer dans sa liturgie officielle sur tous les continents, partout où elle est implantée. Sa fête est le 22 janvier, jour de sa mort.




Sœur Marie Laurence Cosnard
Supérieure provinciale des religieuses marianistes


Le Père Chaminade et la Vierge Marie.


**********************************************************************************

Sources documentaires :

- Gizard Vincent, Petite Vie de Guillaume-Joseph Chaminade, fondateur de la famille Marianiste (1761-1850), Desclée de Brouwer, 1995.
- Goyau Georges, Chaminade, fondateur des Marianistes. Son action religieuse et scolaire, Bloud et Gay, 1914.
- Madueño Manuel, Suivre Jésus, fils de Marie, un parcours de spiritualité marianiste, Éd. Saint-Augustin, 2009.
- Vasey Vincent (s.m.), Guillaume-Joseph Chaminade, un nouveau portrait, Tequi, 2006.

Site internet :
http://www.marianist.org

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:07


 498 


LE BAPTÊME DE CLOVIS À REIMS MARQUE UNE ÉTAPE DÉCISIVE DE L’HISTOIRE DE FRANCE





Après des années de recherche et d’hésitations au contact de grands croyants de l’époque que furent Clotilde, Rémi, Vaast et Geneviève, c’est au sanctuaire de Saint-Martin de Tours que s’opère la conversion personnelle de Clovis au catholicisme, avant son baptême décisif par saint Rémi à Reims le 25 décembre 498. Il ne s’agit certes pas du baptême de la France à proprement parler mais ces événements marquent une étape majeure de notre histoire, un tournant qui a vite conduit, dans la logique romaine, à l’union de l’Église et de l’État.


En 481, Clovis (vers 466-511) devient à 14 ans le roi des Francs saliens, tribu païenne installée par l'empereur Constantin (272-337) et ses successeurs en Belgique seconde, l’actuelle Belgique occidentale. Clovis représente le pouvoir politique romain dans cette Province, c’est-à-dire à Reims et dans les 12 cités qui en dépendent. Tous les combats qu’il mène contre les autres peuples germaniques (les Francs rhénans ou les Alamans par exemple) attestent d’une position politique personnelle originale, puisqu’il se comporte en général romain, au service de Rome, alors que cet Empire s’est disloqué et qu’il n’y a plus d’Empereur d’Occident depuis l’an 476.

Au début de son règne, il épouse Clotilde (sainte, vers 475-vers 545, canonisée vers 560, fêtée le 4 juin), une jeune princesse burgonde d’origine estonienne et de religion catholique. Croyante convaincue, Clotilde cherche dès le début de son mariage à convertir son mari alors que d’autres de ses proches veulent qu’il choisisse l’arianisme (courant de pensée hérétique du nom d'Arius, prêtre d'Alexandrie au début du IVe siècle, visant à approfondir le dogme chrétien de la Trinité). Clovis qui s’interroge sur la religion ne s’oppose pas à ce que les deux premiers enfants que Clotilde lui donne soient baptisés dans le catholicisme ; mais ils meurent l’un après l’autre dans leur jeune âge, ce qui peut s’interpréter alors comme une punition pour avoir délaissé les dieux de sa tribu.



Citation :
Voyant que ses guerriers allaient être battus, il promet d’adopter le Dieu de Clotilde s’il sort vainqueur


Quelques années plus tard, Clovis reçoit un signe au cours de la bataille de Tolbiac (496).  Voyant que ses guerriers allaient être battus, il promet d’adopter le Dieu de Clotilde s’il sort vainqueur (cf compléments). Le cours de la bataille s’inverse : les troupes de Clovis l’emportent ! Mais après cela, il n’y a aucun signe tangible de l’engagement de Clovis dans le catholicisme. Et Clotilde, constatant que les choses n’avancent pas, s’adresse à l’évêque de Reims.

Le grand saint Rémi (vers 437-533, évêque de Reims) échange à son tour avec Clovis et lui donne une série d’arguments théologiques sur la puissance de Jésus-Christ, sans pour autant convaincre son interlocuteur toujours en recherche. C’est encore l’hésitation qui domine quand le roi prend dans son entourage un ermite d’origine germanique, Vedastus Vaast, qui deviendra saint Vaast (+ 540, évêque franc, patron d’Arras, fêté le 6 février). Ils échangent aussi sur les questions religieuses, mais les arguments de saint Vaast ne parviennent pas non plus à séduire assez Clovis pour le conduire à la conversion, pas plus que les quelques échanges qu’il eut avec sainte Geneviève (423-502 ou 512, patronne de Paris et des gendarmes).

Tout change le 11 novembre 498... Après toutes ces rencontres et ces recherches qui se soldaient par des échecs, Clovis se rend dans le sanctuaire de Saint-Martin (316 ou 317-397, évêque de Tours) à Tours. Nous apprenons grâce à un texte inspiré par sainte Geneviève, qu’en ce sanctuaire Clovis est touché par le spectacle des miracles de guérisons de maladies psychosomatiques qu’il peut voir, et qui sont décrites avec beaucoup de soin par les recueils de miracles du sanctuaire (que l’on peut retrouver dans les Monumenta Germaniae Historica). C’est probablement à la vue des guérisons constatées dans la population des mendiants et des malades rassemblés autour du tombeau de saint Martin de Tours, qu’il est définitivement convaincu de la vérité religieuse du catholicisme. Cette foi qui se traduisait par des actes, était capable de convaincre non seulement les individus mais aussi le peuple. Cela a sans doute été un argument capital car nous savons grâce à un autre texte qu’à partir de ce jour-là, Clovis promet de se convertir « sans délai ».





Dès lors, il n’y a plus d’obstacle : Clovis reçoit finalement le baptême catholique de saint Rémi, dans la cathédrale de Reims, le 25 décembre 498 (ou peut-être éventuellement en 499 : la date n’est pas absolument sûre). Clovis a mis six à huit ans à se décider : ce qui montre qu’il s’agit d’une conversion personnelle d’autant plus solide qu’elle a été longuement réfléchie. Pour Clovis, la foi catholique est une foi choisie volontairement en toute connaissance de cause, loin d’être un acte motivé par des considérations politiques.

Ce baptême était attendu depuis très longtemps.  La lettre de saint Avit nous prouve que devant Clovis se tenaient saint Rémi, mais aussi une grande série d’évêques catholiques de Gaule qui avaient pu se déplacer pour assister au baptême. Bien que nombreux, tous les évêques de cette Gaule déjà catholique n’étaient pas présents, ceux des territoires ariens, burgondes et wisigoths étant interdits de déplacement par les rois de ces provinces.

Ce baptême est celui d’une personne, le roi des Francs, accompagné de sa première sœur qui était païenne et de son autre sœur qui était arienne.  Il s’agit ici d’un événement capital qui marque la renonciation au paganisme et la renonciation à l’hérésie arienne. Nous sommes ainsi devant un acte d’une importance majeure qui a des conséquences sur le reste de la population de Gaule. Même si plusieurs territoires sont encore sous contrôle des Burgondes et des Wisigoths, comme le dit Grégoire de Tours, à partir de cet acte, tout le monde en Gaule souhaitait avec ardeur l’arrivée des Francs.

Clovis a été accompagné dans le baptême par sa garde personnelle : 3000 soldats ont ainsi été baptisés avec lui.  Ce baptême personnel dans la cathédrale de Reims (la cathédrale actuelle a été construite à partir du début du XIIIe siècle) était un choix dangereux. Comme il risquait d’être assassiné par son peuple, l’engagement de sa garde personnelle était capital ! Le reste du peuple franc n’a pas été baptisé à Reims. Les Francs se sont convertis au catholicisme de manière progressive, on retrouve la trace de certains de leurs baptêmes au VIe, VIIe et même encore au VIIIesiècle. Le roi est devenu officiellement catholique, attendant que le reste du peuple fasse de même. Il ne s’agit donc pas historiquement du baptême de la France, ce qui serait un anachronisme grossier, et lors de la célébration du 14e centenaire en 1896, une mauvaise analyse de ces questions a d’ailleurs été faite.

Il s’agit bien d’un acte de conversion personnelle et d’un acte de liberté d’un homme, comme en témoignent par des correspondances saint Avit ou saint Rémi de Reims, etc. Un acte profondément original par lequel le roi s’est opposé à son entourage pendant des années, ce qui constitue une preuve de la solidité de sa conversion. Il ne s’agissait pas d’un acte politique comme l'abjuration d'Henri IV (1553-1610) qui aurait dit : « Paris vaut bien une messe » (phrase qui aurait été dite lors des états généraux de 1593 lorsque le roi abjura le protestantisme).





Ce baptême a été un tournant, un cran définitif dans l’évolution du peuple franc : dans la logique romaine et dans l’application du droit romain, le baptême du roi impliquait que l’État devienne lui aussi chrétien, dans la perspective de l’union de l’Église et de l’État, proclamée par Théodose 1er (347-395), empereur romain, par la loi du 8 novembre 392. Clovis baptisé comme roi, déclencha dans cette logique la proclamation d’un État catholique, qui sera finalement appelé « fille aînée de l’Église », lorsque le Pape reçut Louis XII (1462-1515) au XVIe siècle. Derrière ce baptême singulier, les événements s’enchaînent et impliquent des conséquences capitales pour la France et pour l’Europe, avec la romanisation et la christianisation programmées d’un peuple d’origine germanique.




Michel Rouche
Professeur émérite d’histoire médiévale,
spécialiste du Haut Moyen Âge et de l'Antiquité


Compléments

Sources documentaires


Proposition d'engagement




Si vous êtes déjà baptisé, nous vous proposons cette semaine de prendre l’engagement de renouveler les promesses de votre baptême, que ce soit en public devant votre communauté ou en secret dans votre chambre. Nous vous proposons ainsi de dire la prière suivante ou de vous en inspirer :

« Mon Dieu, mon Créateur, mon Sauveur et mon Juge, je ratifie de bon cœur les promesses que je vous ai faîtes à mon baptême, je vous demande sincèrement pardon de les avoir si souvent violées. Je renonce de nouveau à Satan, à ses œuvres et à ses pompes, je promets de m'attacher à Jésus-Christ pour toujours, de vivre et de mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine, en professant toutes les vérités qu'elle enseigne, et en pratiquant toutes les obligations qu'elle impose. »

Si vous n’êtes pas encore baptisé, nous vous invitons à prendre des renseignements sur ce sacrement accessible à tout âge.





Proposition de formation sur la foi




La foi est l’accueil du Dieu qui se révèle en Jésus Christ, et la totale adhésion à ce qu’il nous révèle. Croire est une grâce, mais c’est aussi un acte pleinement humain, raisonnable, libre, qui apporte une lumière surabondante à l’homme en quête du sens ultime de sa vie.
Découvrez la réponse complète de Mgr Denis Biju-Duval.





Proposition de prière




Cette semaine, nous vous proposons de lire et de méditer la prière de saint Jean Eudes sur le baptême « Ô saint et sacré Contrat de Dieu avec l'homme et de l'homme avec Dieu ! », afin de mieux connaître le Christ et de vivre plus fidèles à la lumière de l'Évangile.


Prière de saint Jean Eudes sur le Baptême proposée par Cotignac 500 :


« Ô saint et sacré Contrat de Dieu avec l'homme et de l'homme avec Dieu ! »


« Le Fils de Dieu, par un excès inconcevable d'amour, a voulu nous faire entrer dans une société merveilleuse avec Lui et avec son Père, selon ces Paroles de deux grands Apôtres, saint Paul et saint Jean : « Vous avez été appelés en l'alliance du Fils de Dieu » (1Co 1,9), et « Nous sommes en société avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1Jn 1, 3). Or, c'est par le contrat que nous avons fait avec Dieu en notre baptême, que nous sommes entrés dans cette sainte Alliance. Alliance la plus noble, la plus étroite et la plus avantageuse qui puisse être. Alliance non pas seulement d'un ami avec son ami, d'un frère avec son frère, d'une épouse avec son époux ; mais d'un membre avec son Chef, qui est la plus intime de toutes les alliances. Alliance et union si excellentes, que l'union des sarments avec le cep de la vigne, de la greffe avec l'arbre sur lequel elle est entrée, et des membres d'un corps humain avec leur tête, n'est que l'ombre et la figure.
Ô alliance admirable !
Ô grandeur très sublime de la religion chrétienne !
Ô sainteté, ô dignité inexplicable du baptême !
Ô saint et sacré Contrat de Dieu avec l'homme et de l'homme avec Dieu !
Ô incompréhensible bonté de Dieu !
Ô inconcevable bonheur de l'homme !
Oh ! Combien l'homme est-il relevé et glorifié par cette Alliance ! Amen. »


Prions : Dieu qui a choisi le prêtre saint Jean Eudes pour qu'il annonce l'incomparable richesse du Christ, accorde-nous de suivre son exemple et ses enseignements, afin de mieux le connaître et de vivre plus fidèles à la lumière de l'Évangile. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:11


 397 


SAINT MARTIN, UN HOMME DE FEU AU SERVICE DE L’ÉVANGÉLISATION





Tout le monde connaît saint Martin de Tours (vers 316-397), ce soldat de l’Empire romain qui a donné la moitié de son manteau à un pauvre et qui est devenu l’un des patrons de la France. En 2016, la coïncidence du jubilé de la miséricorde et du 1700e anniversaire de la naissance présumée de saint Martin sur le territoire de l’actuelle Hongrie nous invite à redécouvrir cette grande figure de sainteté et sa postérité spirituelle dans la lumière de la miséricorde divine. Un tel rapprochement n’est pas artificiel, puisqu’en Orient saint Martin est désigné comme « le Miséricordieux ».


Une année anniversaire. Cette année est aussi l’occasion de célébrer le 40e anniversaire de la communauté Saint-Martin. Fondée en 1976 par Mgr Jean-François Guérin, il s’agit d’une association cléricale de droit Pontifical, au service des évêques et de leurs diocèses pour exercer le ministère en communauté. Cette association de prêtres et de diacres séculiers s’efforce de vivre l’idéal de saint Martin pour le service pastoral des diocèses.

Sens du Jubilé. La démarche jubilaire ne relève pas d’une nostalgie du passé ou d’une vaine curiosité historique, mais d’un intérêt spirituel et apostolique. La mémoire chrétienne n’entend pas reconstruire l’histoire. Elle s’actualise donc sans cesse, puisant dans l’exemple de la vie des saints la conviction que tout baptisé est appelé à la sainteté selon sa grâce propre.





Un homme de caractère.  Faire mémoire de la naissance de saint Martin, c’est évoquer une destinée humaine, d’un soldat intrépide acceptant de déposer les armes de l’Empire pour endosser les armes de la lumière : le glaive de la Parole s’est substitué au sabre militaire. Sulpice Sévère, son disciple et biographe, écrit : « Tout en lui, son caractère, ses propos et sa conduite, sa religion même sont d’un soldat. Avec une fermeté parfaite, il restait semblable à celui qu’il avait été auparavant. » Martin est un homme au caractère trempé assumant avec courage et persévérance ses responsabilités. Sa formation militaire le prépare à mener toutes sortes de combats spirituels : contre Satan, contre les cultes idolâtriques et contre les hérésies insidieuses. Une lettre à Bassula (belle-mère de Sulpice Sévère) rapporte cette prière : « C’est un lourd combat que nous menons, Seigneur… En voilà assez des batailles que j’ai livrées jusqu’à ce jour. Mais si tu m’enjoins de rester en faction devant ton camp pour continuer, je ne me dérobe pas… Tant que tu m’en donneras l’ordre, je servirai sous tes enseignes. Mon courage demeure victorieux des années et ne sait point céder à la vieillesse. » Je ne me dérobe pas ! Telle est la vérité et la virilité de Martin tout au long de sa vie terrestre, jusqu’à son trépas où dans une ultime prière il s’adresse à Dieu en ces termes : « Je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite. »

Un moine missionnaire saisi par l’amour du Christ. En évoquant la vie de saint Martin, nous nous approchons aussi d’un chrétien irrésistiblement attiré par le feu d’amour qui habite le Cœur du Christ. Le secret de Martin se trouve dans ce « buisson ardent » qui illumine son existence sans la consumer, qui la marque au fer rouge, la conquiert et la conforme à celle de Jésus-Christ, vérité définitive de sa vie. C’est son rapport au Seigneur qui le garde et le préserve, le rendant étranger aux gloires humaines. L’amitié avec le Seigneur le pousse à embrasser la vie avec la confiance du croyant sachant que ce qui est impossible à l’homme l’est pour Dieu. Martin est un homme brûlé intérieurement par le feu de l’Esprit.





Un évangélisateur au service des pauvres. Cette flamme d’amour l’anime intérieurement pendant ces temps de solitude à Ligugé ou à Marmoutier où il est habité par un immense désir de Dieu. « Les yeux et les mains toujours tendus vers le ciel, l’âme invincible, il priait sans relâche » (Lettre à Bassula). Cette vive flamme rayonne de son ermitage et éclaire les chrétiens et les païens auxquels il annonce l’Evangile, comme un débordement de son cœur. Il évangélise par contagion d’amour. Sa solitude avec Dieu, telle une terre fertile, ne l’isole pas, mais engendre en lui une profonde communion avec tous et une réelle compassion envers les pauvres. Cette vive flamme réchauffe les pauvres tant à Amiens qu’à Tours par sa tendre charité : « Il n’y avait que le Christ sur ses lèvres, que la bonté, la paix, la miséricorde en son cœur. Qui donc fut affligé sans qu’il fût affligé aussi ? Qui a péri qu’il n’en ait gémi ? » (Lettre à Bassula).

La charité sacerdotale de Martin reste un très beau symbole. « Ce jour-là, raconte Sulpice Sévère dans sa Vita Martini, fut troublée la solitude du Bienheureux Martin. » Avant même son arrivée à la sacristie, Martin rencontre un pauvre. Il demande à son archidiacre de faire le nécessaire, mais « le pauvre en question, voyant que l’archidiacre tardait à lui donner une tunique, fit irruption dans la sacristie ». Martin va donc donner son vêtement. En réalité, le trouble n’atteint guère le saint évêque. À la différence de l’archidiacre, c’est « sans nullement s’émouvoir » que Martin perçoit cet événement. Il rencontre Dieu dans la personne du pauvre. Ayant donné son propre vêtement, c’est en pauvre que Martin s’avance dans l’église pour offrir le sacrifice à Dieu. À la différence de l’acte de charité accompli à la porte d’Amiens (le demi-manteau offert au pauvre), Martin n’aide plus seulement le démuni ; il le rejoint dans son dénuement. Il ne se contente pas de vêtir le Christ de son manteau, il l’imite et le suit dans le dépouillement de la Croix. Sulpice Sévère rapporte l’apparition d’un globe de feu jaillissant alors de la tête du saint « avec un rayonnement lumineux, comme une très longue chevelure de flammes », signe de sa grande charité pastorale.

Le manteau partagé d’Amiens le poursuit tout au long de sa vie, devenant le manteau de foi et de charité dont l’évêque de Tours recouvre son pays.

Un apôtre visionnaire.  Apôtre des campagnes gallo-romaines, saint Martin exhale un parfum nouveau. Moine, évêque et missionnaire itinérant dans une société en transition, Martin est animé d’un tel zèle qu’il devient un modèle pastoral. Dans une ère de grands changements, il est inventif. Tandis que l’Empire romain sombre, l’Occident naissant est progressivement pris en charge par une Église qui, aujourd’hui encore, doit affronter une mutation socio-culturelle majeure.



Citation :
Il vit, comme saint Paul, l’Apôtre des nations, un ministère itinérant au service du Christ


Le partage de la vie contemplative et évangélisatrice.  L’inventivité pastorale de Martin repose sur un socle simple mais pertinent : une vie évangélique des clercs servant d’animation villageoise, future modèle des paroisses actuelles. Martin a une intuition : l’Évangile est à la croisée de tous les chemins. Rien ne lui est plus étranger que l’esprit de clocher. Il vit, comme saint Paul, l’Apôtre des nations, un ministère itinérant au service du Christ. Chacune de ses expéditions évoque un « raid apostolique ». Sa force d’action rapide, pour employer la terminologie militaire, c’est une troupe de moines avec qui il partage la vie contemplative. La force du témoignage en est certainement hier comme aujourd’hui la clef de voûte : « L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins » (Paul VI, encyclique Evangelii Nuntiandi, 41). Martin, devenu évêque, garde l’âme contemplative et missionnaire. Il est convaincu que tout ministre ordonné doit être un « spécialiste de la promotion de la rencontre de l'homme avec Dieu... expert dans la vie spirituelle » (Benoit XVI, Homélie à la cathédrale Saint-Jean de Varsovie, 25 mai 2006). Ce monachisme apostolique, substitut du martyr lorsque cessent les persécutions, rappelle au chrétien qu’il doit attester son attachement à la vérité par toute sa personne et le don de sa vie.

La charité jusqu’au bout. Enfin, la flamme de l’Esprit habitant le cœur de saint Martin irradie avec tendresse et fermeté ses frères de communauté. On le constate à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire), lorsque déjà très âgé, il réconcilie ses frères divisés au prix de sa propre vie. Pour lui, la charité est sans prix. Martin connaît sa pauvreté. Il sait qu’il ne peut rien sans l’Esprit, qu’il n’est rien sans l’élan d’amour du Père et du Fils. Il est conscient qu’il reçoit tout de Dieu et que sa fécondité apostolique consiste à se laisser guider par l’Esprit, feu divin. Il sait que l’amour est tout. Il ne cherche pas d’assurances terrestres ou de titres honorifiques poussant à placer l’homme avant Dieu ; dans sa vie « humble et pauvre », il ne demande pour lui-même rien hormis ses besoins réels, et ne recherche jamais l’attachement des personnes qui lui sont confiées. Son style de vie, simple et essentiel, toujours disponible, le rend crédible aux yeux de tous et proche des humbles, dans une charité pastorale rendant libre et attentif aux autres. Serviteur de la vie, il marche au pas des pauvres ; il s’enrichit de leur fréquentation. C’est un homme de paix et de réconciliation, un signe et un instrument de la miséricorde de Dieu, attentif à diffuser le bien avec passion et compassion. Cet « homme de Dieu » – comme l’appelle Sulpice Sévère – n’est-il pas d’une brûlante actualité ?





Don Paul Préaux
Modérateur général de la communauté
Saint-Martin


Compléments

Sources documentaires


Proposition d'engagement





Je participe à la réconciliation de mes frères


En cette année de la miséricorde et à l’image de saint Martin qui a participé à la réconciliation de ses frères, je récite une neuvaine pour la réconciliation de…




Proposition de formation sur la foi





Que dit la Doctrine sociale de l'Église ?


La Doctrine sociale de l’Église (DSE) est un trésor bien trop méconnu, qui propose une vision réfléchie de la société ainsi que des objectifs, des principes, des valeurs et des réflexions indispensables pour la mettre réellement au service de la personne humaine.

Découvrez la réponse complète de Joel Thoraval.





Proposition de prière




Ensemble, récitons la prière du pèlerin pour « l’Année Saint Martin 2016 ».
« Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. »




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:15


 1652 


NOTRE-DAME DE LAGHET : « CŒUR SPIRITUEL » DE L'ÉGLISE DE NICE





Dans un vallon calme, proche du littoral, entre Nice et Monaco, se dresse un éperon rocheux : « Laghet »  (« le lieu aigu », ou plus probablement « le petit point d’eau ») : c'est là que Marie a fait sentir la puissance de son intercession auprès de son Fils au XVIIe siècle.


La résurrection d’un lieu. Depuis au moins le XVe siècle, une petite chapelle existait déjà dans le village de Laghet, mais elle était tombée en ruine. Un prêtre de la paroisse d'Èze (Alpes-Maritimes) qui desservait le village de la Trinité (à 6,5km de Laghet), Don Jacques Fighiera, la fait réparer à ses frais vers 1629.
Les gens du voisinage viennent y prier. La famille Fighiera possède alors une belle statue en bois polychrome de la Vierge Marie avec l'Enfant Jésus tenant le livre des évangiles, sculptée dans un tronc de sorbier par un artiste parisien : Pierre Moïse. Un peintre local, Jean Rocca, la décore d'une robe couleur pourpre et d'un manteau bleu ciel semé d'étoiles.
Don Jacques Fighiera la fait porter en procession à Laghet par les pénitents blancs d'Èze le 24 juin 1652.
Aujourd'hui encore, les paroissiens d'Èze viennent en pèlerinage à Laghet, à pied ou en voiture, le dimanche le plus proche du 24 juin.  


Les « prodiges » de Laghet. En 1652, plusieurs « prodiges » ont lieu : Hyacinthe Casanova, habitant de Monaco atteint de la lèpre, il est guéri en invoquant Notre-Dame de Laghet ; Gian Gôme, monégasque elle aussi, effectue une neuvaine de visites à Laghet les jours de fête pour obtenir la libération de son fils enlevé par les pirates barbaresques et réduit en esclavage en Afrique du Nord : son fils revient ! Marie Aicard, une habitante de la Turbie (Alpes-Maritimes), est très perturbée, épileptique, possédée du démon. Quand Don Fighiera prie pour elle à Laghet, la voilà délivrée.




La reconnaissance officielle du culte à Notre-Dame de Laghet. Le bruit de ces « prodiges » s'étant répandu, les pèlerins affluent de toute la région niçoise, de la principauté de Monaco, de la Ligurie (république de Gênes) et de la Provence.
La duchesse de Savoie, Christine de France (fille du roi Henri IV et sœur de Louis XIII), régente pour son fils mineur Charles-Emmanuel II, est informée et décide de faire des dons au sanctuaire.
L'évêque de Nice, Mgr Didier de Palletis, appliquant les décisions du concile de Trente, ordonne une enquête sur les événements de Laghet. Une commission composée du vicaire général, de religieux théologiens, d'un médecin et d'un notaire examine les récits des témoins et les attestations des guérisons.
Vingt-deux miracles sont reconnus ; l'évêque approuve officiellement le culte à Notre-Dame de Laghet le 26 décembre 1653.


Les Niçois et Laghet. À l’époque, la ville de Nice décide de placer une statue de Notre-Dame de Laghet sur chaque porte de la cité et s'associe avec enthousiasme au premier pèlerinage officiel présidé par l'évêque (avril 1654).
Tous : évêque, clergé, autorités, confréries de pénitents et peuple chrétien, montent à pied à Laghet parcourant ensemble les 15 km qui les séparent du sanctuaire.
Les consuls offrent 100 écus d'or pour apporter l'eau d'une source à la fontaine installée sur la place du sanctuaire, comme en témoigne une belle inscription latine.
Le sanctuaire est ainsi le témoin de l'histoire du comté de Nice, qui a fait partie des États de Savoie de 1388 à 1860, mais qui a souvent été envahi par les Français, les Espagnols ou les Autrichiens lors des guerres entre la France et la maison d'Autriche, pendant lesquelles les États de Savoie étaient alliés à l'une ou à l'autre...
Les inscriptions mentionnant les indulgences accordées par les évêques de Nice dans le cloître sont écrites en italien avant 1860 (langue officielle, alors que les habitants parlaient niçois), en français depuis.
 




L’aménagement de l’église. Au milieu du XVIIe siècle, l'évêque décide la construction d'une église plus grande pour accueillir des fidèles toujours plus nombreux. Grâce aux dons qui affluent, le bâtiment est construit en peu de temps et inauguré le 21 novembre 1656. Il est bâti dans le même style baroque « nisso-ligure » que les églises niçoises contemporaines : l'église du Gesù, la cathédrale Sainte-Réparate, l'église de l'Escarène…
Dans le contexte de la Contre-Réforme, nos yeux sont guidés vers le retable du chœur, lieu où l'univers céleste (évoqué par les anges qui peuplent les voûtes et les arcs) rejoint le monde terrestre. Au centre du retable, Notre-Dame nous présente Jésus qui tient le livre des évangiles, avec l'inscription (en latin) : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (allusion à la parole du Christ au sujet de la loi divine, selon Matthieu V, 17).
Surtout, elle nous invite à regarder vers le tabernacle, au centre, lieu de la Présence réelle du Christ ressuscité.
L'Esprit-Saint en gloire a été disposé en 1964 au-dessus de la statue de Notre-Dame, en lieu et place d'une figure du Père céleste, peu conforme à la tradition iconographique chrétienne.





La présence des Pères Carmes.  Pour desservir le nouveau sanctuaire, Mgr Provana de Leyni, évêque de Nice et ancien provincial des Carmes, fait venir de Turin des Carmes déchaux (carmes réformés par sainte Thèrèse d'Avila et saint Jean de la Croix) en 1674. Pendant plus de deux siècles (jusqu'en 1903), les Pères Carmes vont animer ce lieu.
L'église est dédiée à Notre Dame du Mont Carmel (dont la fête patronale est le 16 juillet), un autel latéral est dédié à sainte Thérèse d'Avila et l'autre à saint Joseph pour qui le Carmel a une grande dévotion.
Le 15 octobre, a lieu le grand pèlerinage d'automne. L'emblème du Carmel (une montagne stylisée surmontée d'une croix avec trois étoiles, représentant les trois vertus théologales : foi, espérance et charité, ou les trois vœux monastiques : chasteté, pauvreté, obéissance) se retrouve sur l'autel majeur, dans le cloître et dans l'ancienne salle capitulaire (devenue salle de réfectoire).
Le vitrail au-dessus du chœur représente saint Simon Stock recevant le scapulaire des mains de la Vierge Marie le 16 juillet 1251.
 

L’histoire de France conditionne l’histoire de Laghet. La Révolution française a causé de grands dommages au sanctuaire. Comme les Pères Carmes avaient fui avant l'arrivée des soldats en 1792, c'est un employé du sanctuaire, Denis Lanteri, fils d'un berger de Tende et marié avec une fille de la Turbie, qui sauve la statue de la Vierge du pillage en la cachant dans sa maison pendant les années de la Terreur. En 1796 ou 1797, la statue est ramenée triomphalement à Laghet et le culte peut reprendre au sanctuaire avec des prêtres diocésains. En 1814, le congrès de Vienne rend le comté de Nice à la maison de Savoie (royaume de Piémont-Sardaigne) et les Pères Carmes reviennent deux ans plus tard.  
En 1855, le Piémont gouverné par le ministre Cavour adopte une politique anticléricale. La « loi d'incamération », qui retirait la personnalité juridique aux congrégations ne présentant pas d’utilité sociale, confisque les biens des ordres religieux au profit de l'État piémontais. Les Carmes peuvent rester sur place à titre précaire, mais le sanctuaire devient propriété de l'État piémontais.      
       
En 1860, le comté de Nice est réuni à la France, en récompense de son rôle dans l’unité italienne,  après un vote largement positif de la population. Mgr Sola, évêque de Nice, avait conseillé de voter « oui », ce qui lui vaudra la Légion d'honneur remise par Napoléon III lors de sa visite à Nice. Le sanctuaire devient propriété de l'État français. Des manœuvres visent à faire partir les Pères Carmes piémontais qui sont alors remplacés par des Carmes français... Il faudra l'intervention de Rome pour obliger un chanoine niçois qui avait racheté les bâtiments à l'État dans une vente aux enchères à les restituer aux Pères Carmes. Mais l'interdiction des congrégations religieuses « non reconnues » par le gouvernement anticlérical d’Émile Combes conduit à l'expulsion des Pères Carmes et à la fermeture du sanctuaire en 1903. Peu de temps auparavant, la statue de Notre-Dame de Laghet, dite aussi Notre-Dame des Prodiges, était cependant couronnée le 19 avril 1900 par Mgr Lecot, cardinal archevêque de Bordeaux.  
Le chanoine Dalbera, originaire de Cantaron (Alpes-Maritimes), organise une souscription pour racheter à l'État le monastère confisqué. Mgr Chapon, évêque de Nice, érige Laghet en paroisse et obtient  la réouverture de l'église pour le culte en 1907. Il installe un petit séminaire. Plusieurs anciens élèves, mobilisés en 1914, meurent au « champ d'honneur » : leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts dans le cloître, à côté de ceux des habitants de Laghet. Mgr Rémond transfère le petit séminaire à Cannes en 1930, le sanctuaire devient un lieu de retraites spirituelles et continue d'accueillir les pèlerins. Après les fêtes du tricentenaire en 1952, l’église est restaurée à partir de 1964 par son recteur, le Père Pierre Silvy.


Le fonctionnement du sanctuaire aujourd’hui. En 1978, le diocèse appelle les Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre.
À Laghet, elles chantent les offices de la Liturgie des Heures et se relaient pour l'adoration eucharistique et le chapelet de l'après-midi.
Elles assurent aussi l'accueil des pèlerins, l'hôtellerie et la restauration, en collaboration avec les prêtres et sous l'autorité du recteur nommé par l'évêque. Le sanctuaire organise également des rassemblements diocésains, des rencontres des prêtres avec l'évêque, des recollections et des sessions ; il accueille des groupes de jeunes (retraites de communion ou de confirmation) ou des scouts qui peuvent camper dans le vallon, etc.
Il y a toujours un prêtre au bureau d'accueil pour confesser, bénir médailles et chapelets, recevoir les confidences, répondre aux questions...
Les croyants continuent à apporter des ex-voto, témoigner des grâces reçues et certains demandent à se préparer au baptême ou à la confirmation.
Le séminaire diocésain, rouvert par Mgr Bonfils, y a fonctionné de 2002 à 2013 avec le Père Gautheron puis le Père Ruiz comme supérieurs.
Une vingtaine de prêtres de Nice et de Monaco y ont été formés (ainsi qu'un de Vintimille).
Depuis 2013, les séminaristes sont à Aix-en-Provence.  
Aujourd’hui, l'État est toujours propriétaire de l'église et du cloître, classés monuments historiques.
Dans les années 1980, les bâtiments sont restaurés grâce à l'action des Pères Silvy et Lanza, recteurs, avec l'aide de la ville de Nice, de la principauté de Monaco et des collectivités locales.
L'esplanade est couverte par une tente métallique (architecte : Bernard Camous).
Les chandeliers et les pupitres de la chapelle ont été réalisés par Jean-Pierre Augier, artiste établi à Levens.
La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a restauré récemment le cloître. Les bâtiments qui entourent l'église et le domaine sont propriété de l'association diocésaine de Nice.





Qui sont les pèlerins à Laghet ? Ils sont plus de 100 000 par an, et viennent de la région niçoise, de la principauté de Monaco, de l'Italie voisine (diocèses de Vintimille San Remo et d'Albenga - Imperia) et même de Gênes. Saint François-Marie de Camporosso (1804-1866), Frère capucin très populaire à Gênes, avait été guéri enfant grâce à Notre-Dame de Laghet et portait toujours sur lui une image de Notre-Dame de Laghet qu'il faisait embrasser lorsqu'il parcourait les rues de Gênes et les quais du port, comme Frère quêteur. En 1866, le choléra s'étant déclaré à Gênes, il offrit sa vie. Après sa mort le 17 septembre, l'épidémie cessa aussitôt. Notons aussi que le pape saint Jean XXIII, alors nonce apostolique en France, présida les célébrations des 300 ans de Laghet en 1952.

Le sanctuaire est ainsi un lieu de rencontres entre Français, Italiens et Monégasques, mais accueille aussi des pèlerins venus de partout... Notre Dame continue à y faire sentir la tendresse de Dieu pour tous ceux qui s'adressent à elle, et qu'elle adresse à son divin Fils.




Père Jean-Marie Tschann
Recteur du sanctuaire de
Notre-Dame de Laghet


Compléments

Sources documentaires


Proposition d'engagement pour la semaine du Père Jean-Marie Tschann :





Priez au moins une dizaine de chapelet tous les jours


Cette semaine, nous vous proposons de prier au moins une dizaine de chapelet tous les jours : pour les vocations sacerdotales et religieuses, pour les chrétiens d'Orient, pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde, pour les victimes du terrorisme et tous ceux qui souffrent. Prions aussi pour la France et l'avenir de la planète : que les États mettent en pratique les décisions de la Conférence de Paris pour limiter le réchauffement climatique...


Proposition de formation sur la foi





Quelles sont les étapes de la vie mystique selon sainte Thérèse d’Avila ?


Pour que nous nous ouvrions à sa présence qui nous habite et veut nous révéler notre vrai désir – aimer – Dieu nous conduit à travers l’expérience de sept traversées successives où il nous rend progressivement plus libres pour aimer et communier à son désir de sauver tous les hommes.

Découvrez la réponse complète du Père Denis Marie Ghesquières.





Proposition de prière




Voici une prière mariale à Notre Dame de Laghet, récitée par ceux qui ont l’espoir d’obtenir la guérison ou le réconfort après une maladie ou un accident de la vie.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:19


 1884 


MONTLIGEON : LIEU D’ESPÉRANCE CHRÉTIENNE EN LA VIE ÉTERNELLE





Né vers la fin du XIXe siècle grâce à la détermination d’un jeune curé de paroisse, le sanctuaire marial de Montligeon (Normandie) a aujourd’hui encore la vocation d’accueillir les pèlerins qui souhaitent prier pour les défunts et pour tous ceux qui souffrent dans leur travail.


La naissance de l’œuvre de Montligeon. Le sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon a une histoire qui s’ancre dans le double désir d’un jeune curé de paroisse de la fin du XIXe siècle.
En pleine Révolution industrielle, sévit l’exode rural : beaucoup de villageois choisissent de quitter leur petit village de la Chapelle-Montligeon (Orne) pour chercher du travail en ville.
L’Abbé Paul Buguet (1843-1918) cherche alors à les « retenir », en créant tour à tour plusieurs manufactures, mais sans succès. Jusqu’au jour où il fonde une imprimerie, au service d’un deuxième désir qui le presse depuis si longtemps : prier et faire prier pour les défunts, en particulier les âmes du Purgatoire les plus abandonnées.
L’abbé a une grande dévotion à la Vierge Marie, et une grande confiance en son intercession puissante pour les agonisants et les âmes du Purgatoire. Selon lui, c’est du « donnant-donnant » : en faisant prier pour ces âmes, leur intercession reconnaissante aidera à favoriser l’emploi local. Nous sommes ainsi au cœur de la communion des saints, où les liens invisibles entre l’Église de la Terre et celle du Ciel interagissent.
Le 4 octobre 1884, Mgr François-Marie Trégaro, évêque de Séez, donne son approbation à la fondation d'une association : l’œuvre de Montligeon est née !





La création de « l’Œuvre Expiatoire pour la délivrance des âmes délaissées du Purgatoire ».  Appelée aujourd’hui « Fraternité Notre-Dame de Montligeon », cette œuvre donne la possibilité d’inscrire un vivant ou un défunt à la « messe perpétuelle », célébrée quotidiennement au sanctuaire et dans d’autres endroits du monde entier.
Rapidement, elle prend un essor considérable. Grâce aux nombreux voyages à l’étranger de l’abbé Buguet, le sanctuaire devient en effet le centre de pèlerinages mondiaux en faveur de la prière pour les défunts. Pour ne pas perdre le contact avec ses fidèles, l’abbé a aussi l’idée de faire imprimer des tracts et des images dans l’imprimerie qu’il a fondée pour l’occasion.
En 1893, le Pape Léon XIII l’érige en archiconfrérie et, en 1895, il lui accorde le titre-privilège d’« Archiconfrérie Prima-Primaria », ce qui fait d’elle l’œuvre Mère de toutes les associations dédiées aux âmes du Purgatoire.
Dès 1892, l’afflux de pèlerins, que ne peut plus contenir l’église paroissiale Saint-Pierre datant de la Renaissance, est à l’origine de la construction d’un édifice plus grand, Notre-Dame de Montligeon, consacrée le 28 août 1928 et érigée en basilique mineure par le pape Pie XI le lendemain.
 




L’accueil des pèlerins. Aujourd’hui, la dimension d’accueil a été largement développée au sanctuaire de Montligeon par les recteurs successifs. Plusieurs groupes rejoignent fréquemment le sanctuaire, afin de confier leurs défunts à la miséricorde de Dieu, par l’intercession de Notre-Dame Libératrice, vocable sous lequel la Vierge Marie est invoquée.
Les pèlerinages sont particulièrement importants en novembre, mois traditionnellement consacré au souvenir des défunts.
Parmi les groupes à venir, nombreux sont les jeunes en vue de leur préparation à la profession de foi ou à la confirmation, des « équipes-deuil » de diocèses différents, ou des pèlerins venant parfois de très loin.
Le sanctuaire a alors une mission de rappel de l’espérance chrétienne en la vie éternelle.
Sont aussi accueillies des personnes individuelles, qui, pour plusieurs d’entre elles, traversent un deuil. Il leur est possible de se joindre à la liturgie du sanctuaire (offices, messes, chapelets, adoration, confessions) et de rencontrer un prêtre (membre de la communauté Saint-Martin) ou une sœur (membre de la Nouvelle-Alliance).  





Un lieu d’espérance en la vie éternelle.  Ce sanctuaire spécialement consacré à la prière pour les défunts est bien un lieu de grâce et de réconfort. Notre monde d’aujourd’hui renie hélas bien souvent les réalités de l’Au-Delà, alors que le cœur de notre foi est bien cette résurrection du Christ, gage de la nôtre : « Si le Christ n’est pas Ressuscité, vaine est notre foi ! » (1 Corinthiens XV, 14). Telle est notre espérance, telle est notre joie ! N’oublions jamais de prier pour tous nos défunts, ils ont besoin de notre aide !    

La vocation sociale du sanctuaire.  Pour terminer, mentionnons la dimension sociale concernant le travail que le sanctuaire essaie de poursuivre, en s’inscrivant dans le souci que l’Abbé Buguet avait en cherchant à donner du travail à ses villageois.
L’imprimerie fondée par l’Abbé n’existe plus, mais les locaux demeurent au sein du sanctuaire.
Ils servent aujourd’hui pour une partie à accueillir des artisans qui s’engagent à travailler avec un esprit de charité, en s’aidant les uns les autres. Ces travailleurs sont accompagnés par un chapelain du sanctuaire qui leur rappelle l’éclairage de la foi chrétienne sur la valeur et le sens du travail, vu comme une participation à l’œuvre de Dieu.
En parallèle, le sanctuaire de Montligeon propose des formations de doctrine sociale de l’Église, ainsi que l’accompagnement de mères de famille dans la valorisation de leur travail souvent peu reconnu.  
Ainsi, prier pour les défunts, et pour tous ceux qui souffrent dans leur travail, telle est la mission de ce sanctuaire normand de Montligeon. Belle mission, vaste mission !




Don Alban Dyèvre
Chapelain du sanctuaire de Montligeon


Compléments

Sources documentaires


Proposition d'engagement pour la semaine de Don Alban Dyèvre :





Je passe une Porte Sainte pour une âme du Purgatoire


L’Église nous donne la possibilité, pendant cette année jubilaire de la Miséricorde, de franchir une Porte Sainte pour un vivant (soi-même) ou pour un défunt. Cette semaine, nous vous proposons de passer une Porte Sainte afin d’implorer la Miséricorde du Seigneur pour une âme du Purgatoire en particulier, afin qu’elle soit complètement purifiée de tous les péchés qui auraient pu se trouver en elle au moment de la mort.


Proposition de formation sur la foi





Jésus est-il vraiment ressuscité ?


Sans la Résurrection du Christ, la naissance de l’Église est inexplicable pour l’historien. Aucune hypothèse ne parvient à justifier le changement radical qui s’opère chez les disciples désespérés après la mort de leur maître ni la constance du témoignage qu’ils donneront jusqu’à la mort.

Découvrez la réponse complète de Bernard Legras.





Proposition de prière




Pour tous nos frères et sœurs qui se sont endormis dans l’espérance de la vie éternelle, nous vous proposons cette semaine de réciter avec nous la prière suivante à Notre-Dame Libératrice.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:34


 1008 


Notre Dame du Saint-Cordon, plus de 1000 ans de grâces





Depuis plus de 1000 ans, Notre Dame du Saint-Cordon est vénérée à Valenciennes (Hauts-de-France) comme protectrice de la ville qu’elle a sauvée à plusieurs reprises de terribles épidémies.


Le temps des épreuves.En l'an 1008, une terrible peste vient éprouver Valenciennes (département du Nord).
La ville perd en quelques jours 7 000 à 8 000 de ses habitants.
Aucune famille n’est épargnée. L'effroi se répand dans la cité.
Nuit et jour, la chapelle de Neufbourg que Charlemagne venu à Valenciennes avait dédiée à Marie ainsi que d’autres églises se remplissent de priants. Ils supplient la mère de Dieu de se souvenir que la miséricorde est le plus beau fleuron de sa couronne.


L’ermite Bertholin. Un peu à l’extérieur, au sud de la ville, vit un saint ermite à qui la tradition donne le nom de Bertholin. Il habite une pauvre cabane bâtie près d’une fontaine qui a depuis pris le nom de Notre-Dame de Fontenelle.
Cet ermite voue sa vie à la méditation et passe de longues heures au pied de la statue de Marie, pour laquelle il a une dévotion toute filiale. Sa sainteté attire souvent à lui de nombreux visiteurs venus de la ville. Devant les malheurs des Valenciennois, il redouble de prières, ouvrant plus grand encore son cœur à la Vierge Marie. Celle-ci lui apparaît alors et lui dit : « Va trouver mon peuple de Valenciennes. La nuit qui précédera la fête de ma nativité, mon peuple saura que ses vœux seront exaucés. Que les habitants se rendent alors sur les murailles de la ville, là ils y verront des merveilles. »
Nous sommes le dernier jour du mois d’août de l’an 1008. Le saint ermite s’adresse alors au comte Herman, Haute Autorité de la cité, et lui fait part de la promesse de Marie. Quand les habitants apprennent cette nouvelle, ils prient plus encore.


L’apparition de la Vierge Marie. Le 7 septembre 1008, à la tombée de la nuit, le comte, le magistrat et une foule considérable se pressent ainsi sur les remparts de la ville, les yeux fixés vers le ciel.
Soudain, les ténèbres font place à la lumière ; et au milieu de celle-ci, devant plus de 15 000 témoins, apparaît, immobile au-dessus de la chapelle bâtie par Charlemagne, une Reine entourée d’une auréole aussi étincelante que douce, accompagnée d’anges.
Elle tient à la main un immense cordon écarlate. Un ange en prend une extrémité et fait le tour de la ville dans la circonférence de deux lieues, en laissant tomber sur son passage le précieux cordon qui bientôt environne la cité comme une ceinture protectrice.
Le circuit terminé, la vision s’évanouit. À cet instant même, la contagion cesse et ceux qui étaient atteints par la peste furent guéris.





Le Saint-Cordon. En reconnaissance pour l’immense bienfait reçu, au nom et avec la population de Valenciennes, les autorités de la cité s’engagent par vœu à suivre chaque année le tracé du Saint-Cordon en une procession le 8 septembre ou le deuxième dimanche de septembre.
Et depuis maintenant plus de dix siècles, les Valenciennois n’ont jamais manqué à cet engagement de « faire le Tour du Saint-Cordon » (aujourd’hui 17 km), suivi d’une neuvaine de prières.
En 1292, la municipalité offre même un cierge de 600 livres pour remercier Marie de ses grâces renouvelées. La continuité d’un pèlerinage sur une telle période est unique dans l’histoire de la chrétienté.


1000 ans de fierté locale. Dès cette époque et de génération en génération depuis 1 000 ans, une confrérie dite des « Royés de Notre-Dame du Saint-Cordon » est la gardienne de cette « fierté de Valenciennes ». Elle continue d’assurer et d’entourer toujours d'une grande solennité cette manifestation, même dans les circonstances les plus critiques qui ont jalonné l’histoire de la ville nordique.  

Les grâces répétées de la Vierge Marie. Sensible aux témoignages de confiance et de piété du peuple de Valenciennes, la Vierge du Saint-Cordon ne cessa d’y répondre, continuant d’intercéder pour les fidèles qui l’invoquent isolément ou pour la population entière. Vingt-cinq fois, relatent les chroniqueurs, Marie sembla jeter encore autour de la cité valenciennoise « comme un Cordon protecteur devant lequel tout mal contagieux s’éloignait à vue d’œil » ; notamment en 1291, 1515, 1555, 1665, quand les épidémies sévirent avec violence. Une invasion est également évitée en 1477. Ces dates mémorables demeurent inscrites dans les annales, mais sont aussi gravées dans les cœurs reconnaissants des Valenciennois.  

La tourmente révolutionnaire. Malheureusement, la Révolution est très agitée à Valenciennes. En 1794, de nombreux prêtres et religieux sont arrêtés, tandis que douze religieuses du couvent des Ursulines sont guillotinées en octobre (elles seront béatifiées le 13 juin 1920 par le pape Benoît XV, leur fête est le 23 octobre) ; les églises de la ville sont pillées.
Qu’advint-il du Saint-Cordon ? Aucun des Valenciennois survivant à la tourmente de 1793 n’a jamais affirmé l’avoir vu détruire, ni même savoir ce qu’il est devenu.
On présume qu’un religieux l’aurait soigneusement caché afin de le soustraire à une profanation, et qu’il serait mort en gardant le secret. D’aucuns pensent qu’il est toujours dans le sous-sol valenciennois…



Citation :
Leur confiance s’est montrée digne de la foi de leurs ancêtres, et Marie les a de nouveau comblés de sa bonté 


La statue de Notre-Dame du Saint-Cordon. En 1804, le premier curé de la paroisse Notre-Dame après le Concordat, Maître Guillaume Lallemand, natif de Valenciennes, n’a rien de plus cher que de raviver au cœur de ses ouailles la dévotion envers la Sainte Vierge.
La châsse renfermant le Saint-Cordon ayant disparu pendant la Révolution, le pasteur fait sculpter une belle statue de la Vierge dans l’attitude qui était la sienne quand elle vint délivrer Valenciennes de la contagion. Cette statue fut réalisée par Pierre-Joseph Gillet et décorée par un élève de Louis Watteau, le peintre Macarez. Elle repose sur un socle, dont les quatre faces sont ornées de médaillons retraçant le miracle de l’an 1008. Un sourire maternel illumine le visage de Marie, et ses bras ouverts nous invitent à l’amour filial. Elle tient une tresse (cordon) écarlate que les anges reçoivent de ses mains. À ses pieds, est agenouillé l’ermite Bertholin.
Cette statue devint « miraculeuse », quand au cours du XIXe siècle, des maladies épidémiques affligèrent de nouveau les Valenciennois. Pour être délivrés, ils eurent recours au moyen employé par leurs pères : processions, neuvaines et pèlerinages en l’honneur de Notre Dame du Saint-Cordon. Leur confiance s’est montrée digne de la foi de leurs ancêtres, et Marie les a de nouveau comblés de sa bonté.
Pour abriter la statue miraculeuse dans un sanctuaire digne de leur Patronne bien aimée, les habitants de Valenciennes construisent en 1864 une église qui fut élevée au rang de Basilique Mineure, en remplacement de Notre-Dame la Grande, détruite pendant la Révolution.
En 1892, Notre Dame du Saint-Cordon devient officiellement la patronne de la ville.
Le 7 juin 1897, au nom du Pape Léon XIII, l’archevêque de Cambrai couronne la statue miraculeuse d’un diadème d’or, don des fidèles valenciennois. Elle fut alors revêtue d’un riche manteau et on lui mit en mains l’insigne de la dignité royale : un sceptre de vermeil.
 

Notre Dame du Saint-Cordon au XXe siècle. Notre Dame protégea également les Valenciennois au cours du XXe siècle. À partir du 31 juillet 1944, lors du « Grand retour », la statue est portée triomphalement de paroisse en paroisse dans tout l’arrondissement de Valenciennes. Elle est ensuite ramenée en ville le 2 septembre 1944, au moment précis où commencent à défiler les premiers chars alliés de la Libération.
Notre Dame du Saint-Cordon fut ainsi présente à la délivrance de la cité.
 




Depuis l’an 2000, le miracle du Saint-Cordon à Valenciennes continue. En 2008, le millénaire des apparitions et 1 000 ans de fidélité entre le cœur de Notre Dame du Saint-Cordon et le cœur de son peuple de Valenciennes et d’ailleurs ont été fêtés avec une immense ferveur (la statue a même été portée jusqu’à Lourdes).
Car elle est celle qui guérit de toutes les pestes d’aujourd’hui ! Elle est celle qui parle à chacun : aux croyants et aux non croyants, à ceux qui sont touchés par la tradition, à ceux qui ont la foi du charbonnier, à ceux qui participent à des  groupes de prière comme à ceux qui prient dans le secret, aux jeunes, aux moins jeunes, aux plus âgés, à ceux qui sont malades et handicapés, aux actifs, aux représentants de l’autorité dans la cité comme aux plus démunis.
Le Tour et la Neuvaine, où se vivent des rencontres et des temps d’Église très forts, sont aussi pour les enfants et pour leurs aînés l’occasion d’un nouveau « départ spirituel » : c’est le miracle continu du Saint-Cordon.
Chaque année, début septembre, comme leurs aïeux, ce sont près de 3 000 personnes qui participent à la messe précédant le Tour du Saint-Cordon ; d’autres pèlerins, ceux du « Pélé des Enfants », du « Pélé Jeunes », du « Pélé Adultes » s’y joignent pour l’un des plus anciens pèlerinages de France. Et quand Marie « visite » en procession les quartiers intérieurs et périphériques de Valenciennes, elle y est vénérée parce qu’elle apporte à chacun consolation et bénédiction, elle qui est aimée par toutes les générations !





Édith Godin
Coordinatrice du conseil du sanctuaire de Notre-Dame du Saint-Cordon,
d’après les écrits du chanoine Giraud


Compléments

Sources documentaires


Proposition d'engagement pour la semaine d'Édith Godin :




Je visite une personne âgée, malade ou seule


Nous vous proposons cette semaine de visiter une personne âgée, malade ou seule, à l’exemple de la Vierge Marie qui est venue visiter les Valenciennois à plusieurs reprises pour les réconforter et les soulager dans leurs difficultés.


Proposition de formation sur la foi




Dieu amour, que fais-tu contre la souffrance des hommes ?


Dieu n’a aucune complicité avec la souffrance et le mal. Il nous appelle à les combattre ou, face à l’inéluctable, à trouver, avec son aide et à l’exemple du Christ, le chemin d’un dépassement fécond.

Découvrez la réponse complète du Père Stan Rougier.





Proposition de prière



Pour obtenir protection et se préserver de tous fléaux, nous vous proposons cette semaine de réciter avec nous la prière dite « des Royés ».



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:38


 1879 


BIENHEUREUX ANTOINE CHEVRIER, « L’AMI DES PAUVRES »





Créateur de l’institut séculier du Prado à Lyon, le Père Antoine Chevrier (1826-1879) a vécu toute sa vie au service des pauvres, puisant dans l’Évangile la force d’écouter, de suivre et de faire aimer Jésus-Christ.


Aux côtés des plus pauvres. Octobre 1879. Dans « la Guillotière », quartier alors le plus misérable de Lyon, plus de 10 000 personnes suivent la dépouille d’un prêtre, le Père Antoine Chevrier, né le 17 avril 1826 dans la même ville. Sur le trottoir, quelqu’un s’étonne d’une telle foule : « Mais c’est le père Chevrier, un ami des pauvres ! »
Toute sa vie de prêtre (il est ordonné à 24 ans en 1850), il l’a passée dans la Guillotière au côté des petits et des humbles, des hommes déracinés venus du Dauphiné, de la Creuse ou d’ailleurs. Ils travaillent depuis l’aube jusqu’à la nuit tombée ; ils dorment dans des « garnis » et des taudis ; ils cherchent à se distraire dans des cafés malfamés.
Lyon entre dans l’ère industrielle et s’étend. La conscience ouvrière s’éveille en ce nouveau monde en gestation et sans boussole. Parfois la révolte gronde.
Antoine Chevrier, lui, va son chemin, cherchant passionnément quelques petites lumières dans les cœurs au-delà de la misère ou du péché. Il veut que l’Espérance se lève dans le monde des déshérités et surtout que, parmi eux, des jeunes puissent consacrer leur vie à faire connaître le Christ au milieu des pauvres.


Une expérience fondatrice. Quelle était donc la source où Antoine Chevrier puisait la force d’aller de l’avant pour faire connaître le message de l’Espérance ? Ce fut une expérience mystique, la nuit de Noël 1856 ; celle-ci fut le véritable pivot de sa vie. Antoine Chevrier se recueille devant la crèche, dans le silence de l’église Saint-André dont il était le desservant. Soudain, la pauvreté de l’Envoyé de Dieu le saisit, l’enveloppe, le remplit d’une lumière si bouleversante que, pour lui, se confondent la crèche de Bethléem et la pauvreté des enfants des rues de la « Guille » :
Dieu vient nous parler ! Et de quelle manière étrange, par un enfant à la paille ! Quelle merveille ! Il vient donc pour les pauvres de la « Guille », jusque dans la profondeur de leur misère.
Une décision s’impose en son cœur de prêtre, de messager de la Parole de Dieu : « J’irai au milieu d’eux, je vivrai leur vie et ils verront ce que c’est qu’un prêtre. » Dès lors sa vie fut fixée et libre, de la liberté de l’Évangile !


Une œuvre. Le voici par les rues, avec les enfants. Il devient en 1857 compagnon d’un chrétien engagé dans ce milieu populaire, Camille Rambaud (1822-1902) qui est en train de bâtir « la Cité de l’Enfant-Jésus ». Il y est heureux. Mais bientôt insatisfait :
« Je n’ai pas assez de temps pour parler de Jésus », se plaint-il. Il cherche ailleurs. Il entend parler d’un bal mal famé qui est à vendre, lieu de débauche appelé « Le Prado ». Il tremble, mais a l’audace de l’acheter grâce au soutien financier d’amis.
Bientôt avec des moyens dérisoires et toujours précaires, il accueille des enfants des rues, ou qui travaillent dans des « fabriques ».
Durant six mois, avec quelques jeunes femmes qui deviendront plus tard des consacrées, il leur enseigne à lire, à écrire, et à écouter l’Évangile. Il nourrit même, au secret de son âme, l’espoir de trouver de futurs prêtres familiers des pauvres, capables de les comprendre, de les aimer et de leur parler au cœur.





Ah, l’Évangile !Sa boussole à lui c’est l’Évangile, cet Évangile qui a fait de lui un homme libre : 18 000 pages écrites de méditations sur la vie de Jésus, bien qu’il n’ait jamais écrit de traité systématique. Il est passionné. « Connaître Jésus-Christ c’est tout, le reste n’est rien. » Sa vie est brûlante.
Chaque jour, il prie Dieu pour recevoir son Esprit : « Celui qui a l’Esprit de Dieu a un grand trésor. C’est dans l’oraison qu’on apprend tout. Qu’on laisse faire Dieu. »
La Vierge Marie tient une grande place ; chaque jour il médite et commente en public les mystères du Rosaire afin de contempler la vie de Jésus. Pour Antoine Chevrier, le Christ est au centre et il écarte toute incantation moralisante qui pourrait désespérer les pauvres gens accablés de misère ou de fatigue. Attaché à la personne de Jésus, séduit par lui comme le fut saint Paul, il le prend pour seul maître. « Aimer comme Jésus l’a fait », deviendra la devise qu’il affichera dans l’ancienne salle de bal devenue chapelle :
« Aimez-vous comme je vous ai aimés ». En lui brûle le feu de l’Évangile.
De temps en temps, il se rend dans une petite grange à Saint-Fons, à quelques kilomètres de Lyon.
Devant la crèche pour les animaux, il médite la vie de Jésus.
Il voudrait que l’Évangile devienne pour tous une maison accueillante que l’on aime visiter et où l’on goûte le bonheur de « demeurer longuement ».
À son exemple, quelques jeunes s’attachent à l’Évangile au point de désirer être prêtres. Là, dans cette grange, il les réunit. Ils sont 12 ; nous sommes en 1866, il y a 150 ans.





Une image sur un mur. Notre temps demande des images. Lui vient à l’idée de fixer sur les murs de la grange de Saint-Fons « le tableau » de sa pensée :
à l’image du Christ, le prêtre est un homme animé de charité, pauvre et crucifié.
C’est dans l’amour que la pauvreté et la croix prennent sens et donnent vie.
Le langage de ces inscriptions sur les murs est abrupt, saisissant, mais tout est illuminé de la charité présente au manifesté au tabernacle, « aboutissement de l’incarnation ».
Un « tableau » comme une icône qui vous dévisage, vous interroge, vous appelle à suivre Jésus.
 

Une fécondité.  Quelques mois avant sa mort le 2 octobre 1879, le Père Chevrier traverse une épreuve crucifiante. Plusieurs des quelques prêtres qu’il a formés le quittent pour la mission lointaine ou le monastère.
Dans une lettre, il signe « un pauvre délaissé sur la croix ».
Ce n’était pas encore l’heure de la fécondité. Les fruits vont tarder, mais ils sont venus, non sans de multiples épreuves.
Aujourd’hui, les 1 200 prêtres du Prado sont présents dans une quarantaine de pays du monde et la famille du Prado connaît des diacres, des sœurs, un Institut féminin du Prado, des laïcs consacrés, et des laïcs familiers de la grâce du Père Chevrier.
 

Un charisme pour notre temps. Le charisme du Prado, c’est suivre Jésus au plus près de son Évangile et de la vie des pauvres. C’est vivre du mystère de l’incarnation, c’est laisser le Christ « passer en nous » pour lui permettre de naître dans la vie des pauvres. Ainsi, jusque sur des visages défigurés de misère, peuvent se révéler à nos yeux des lumières et des reflets de l’Évangile.
« Notre cœur et notre prière seront comme un creuset où l’Évangile et la vie des hommes longuement médités se rencontrent et s’éclairent mutuellement. » Au contact de l’Évangile et de la vie des pauvres, les Pradosiens et Pradosiennes en leurs fraternités acquièrent un « tour de main », un savoir vivre qui peut, au gré de la grâce, ouvrir le chemin vers Dieu.
    




Marie, pour aller à Jésus Dans son désir de toujours mieux connaitre Jésus-Christ, chemin vers le Père, et afin de le faire connaître et aimer par tous, le Père Chevrier priait et faisait prier Marie à l’aide du chapelet :
« Le chapelet, c’est le livre de tout le monde : c’est le livre du prêtre et du peuple ; c’est le livre de l’aveugle ; c’est le livre du vieillard dont l’œil se ferme aux choses de ce monde ; c’est le livre du savant et de l’ignorant ; c’est le livre de celui qui souffre… ».
Il disait aussi : « Le Rosaire a été établi pour nous rappeler la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ. »
C’est ainsi que chaque soir, dans la chapelle du Prado, entouré d’une foule de gens très humbles, il commentait à voix haute les mystères du Rosaire pour faire découvrir qui était vraiment Jésus-Christ.



Vers une canonisation.. Enterré dans la chapelle du siège du Prado, le Père Chevrier a été béatifié par saint Jean-Paul II lors de sa visite à Lyon le 4 octobre 1986 en présence d’une foule de 350 000 personnes.
Un procès de canonisation est en cours.





Gilles Gracineau
Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le
Plateau de Millevaches (Limousin)


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine de :
Gilles Gracineau, Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le Plateau de Millevaches (Limousin) :



Proposition d'engagement





« L’étude » de Jésus-Christ dans l’Évangile


Chaque jour ou chaque semaine, je me mets à l’écoute devant quelques versets de l’Évangile, avec la certitude que Dieu cherche à me parler. Je demande donc d’abord que la lumière de l’Esprit Saint me rende gratuit, disponible et réceptif devant cette Parole qui m’est adressée aujourd’hui.

Je lis lentement le texte choisi pour comprendre, j’imagine concrètement la scène, puis je goûte chaque mot, chaque détail. Enfin, crayon en main, je « recueille » ce que je découvre. Je suis surtout réceptif à ce qui m’est révélé de la personne de Jésus-Christ : ses actions, ses paroles, ses attitudes. Qu’est-ce que Jésus vient ici me dire sur Dieu, sur notre vie, sur le monde ?

Je me reconnais, moi et mon entourage, dans les réactions des autres personnages autour de Jésus. En quoi me parlent-elles de nos relations avec Jésus-Christ aujourd’hui ? J’écoute ses appels. Je cherche comment répondre pour que cette Parole prenne chair en moi dans les circonstances actuelles. Je termine par une prière personnelle toute simple : un merci surtout.

Bien sûr, je peux faire cette lecture avec d’autres : le groupe s’enrichit des lumières que chacun a perçues.



Proposition de formation sur la foi





Y-a-t-il des contradictions entre les Évangiles ?


Non, et les différences qui existent dans les récits des quatre Évangiles ne remettent pas en cause leur véracité historique : elles sont au contraire un élément de crédibilité, elles invitent à creuser la Parole de Dieu et à découvrir combien elle est riche et vivante.

Découvrez la réponse complète de Régis Burnet.





Proposition de prière




Pour mieux écouter, comprendre et méditer la Parole du Christ, je prie avec le Bienheureux Antoine Chevrier.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:46


 1546 


PIERRE FAVRE, UN SAINT PORTEUR D’ESPÉRANCE





« Le grand Pierre Favre… », c’est ainsi que François de Sales présentait son compatriote dans L’introduction à la vie dévote (édition 1619). Tous deux étaient Savoyards (faut-il rappeler que c’est en 1860 seulement que le Duché de Savoie fut rattaché à la France ?)


Une enfance proche du Seigneur. Pierre Favre (1506-1546) est né en Haute-Savoie, au hameau du Villaret, entre Saint-Jean-de-Sixt et le Grand-Bornand. Il grandit dans la ferme de ses parents. Petit berger, enfant très sensible et impressionnable, il est dévoré par la passion d’apprendre et d’étudier. En Europe, la Renaissance bat son plein : un bouillonnement un peu pareil au nôtre…* Le petit pâtre, avec l’appui de son oncle prieur à la Chartreuse du Reposoir (actuel Carmel, classée Monument Historique), part pour Paris en 1525. Il y poursuit de brillantes études au Collège Sainte-Barbe où il se lie d’amitié avec un Navarrais de son âge, François Xavier, et bientôt avec un « vieil » étudiant de 36 ans, Ignace de Loyola qui vient compléter des études et dont Pierre Favre accepte d’être le répétiteur. Ils partagent « la même chambrée, la même table et la même bourse », écrit Pierre Favre dans son Mémorial. De ce groupe d’« amis dans le Seigneur », comme ils s’appelaient, il est le premier à être ordonné prêtre. Et c’est à Pierre Favre qu’Ignace, en son absence, confie ce petit groupe, noyau de la future Compagnie de Jésus…

Éternel pèlerin. Pierre Favre parcourt l’Europe gagnée par les idées de Luther pour tenter d’instaurer un dialogue. Le Pape l’envoie en Germanie… Mais Ignace prend le relais quand il lui demande de fonder la Compagnie de Jésus en Espagne et au Portugal. De retour d’une mission en Espagne, en chemin vers Trente où se tenait le Concile, il meurt d’épuisement à 40 ans. Il venait de faire cette confidence à l’un de ses frères, Simon Rodriguez : « Je suis de nouveau rappelé d’Espagne pour aller au Concile de Trente. S’il n’y avait cet appel du Pape, on pourrait à bon droit me trouver bien inconstant dans mes travaux après tant de pérégrinations diverses en pays étrangers. Pour ma part, si je ne voyais en tout cela l’obéissance, je ne pourrais me consoler : toujours partir au moment où j’aurais plus de raison de rester sur place ! »





Pierre Favre et le Pape actuel. Le pape François déclare Pierre Favre « saint » le jour de son propre anniversaire : le 17 décembre 2013, près de quatre siècles après Ignace de Loyola et François Xavier. Pourquoi cet intérêt du nouveau Pape ? La proximité de Pierre Favre avec des gens des plus divers et notamment les plus pauvres en fait, pour le Souverain pontife, un modèle privilégié : « Le dialogue avec tous, même les plus lointains ; un discernement intérieur toujours en éveil, le fait d’être homme de grandes et fortes décisions, capable d’être si doux… », c’est ainsi que le décrit le Pape.

L’espérance en exemple. En quoi Pierre Favre peut-il nous aider à vivre en chrétiens heureux et ouverts aux défis de notre siècle ? Lui suffirait-il d’avoir vécu dans une Renaissance effervescente comme notre époque pour être donné en exemple ? Non, car le fréquenter peut nous apprendre comment trouver cette stabilité et ce repos du cœur qui nous manquent tant de nos jours. Nous le voyons en effet passer d’une inquiétude anxieuse, celle d’un homme pour qui la liberté ne paraît qu’une source de catastrophes, à l’audace radieuse de celui qui a entendu l’appel de la vie et y répond de tout son être. Cette sensibilité extrême en voie de guérison, qui fut la sienne, cet émoi incertain mais joyeux, est-ce encore de l’angoisse ? Peut-être lui préférerons-nous le terme d’espérance qui se fit jour peu à peu dans toutes les démarches apostoliques de cet éternel pèlerin ? Ou le terme de « repos du cœur » ? Effectivement Favre découvrit que le repos promis par Jésus dans l’Évangile (Matthieu 11, 28-29) est moins une interruption dans la « peine » qu’une stabilisation, un arrêt de l’agitation et du trouble, une sorte de certitude que l’on est là où l’on doit être et où on est le mieux : parce que c’est là qu’il est, lui, pour nous.

Écoutons-le plutôt :
« Un tourment ne me quitte pas depuis mes premiers contacts avec l’Allemagne : la crainte de sa totale défection, cet esprit de doute qui, de tant de manières jusqu’ici, m’a persécuté, tâchant par tous les moyens de m’amener à désespérer de faire du fruit et à abandonner le poste qui m’a été confié en Rhénanie… » (M. 329)
 

Citation :
« Efforce-toi plutôt de devenir l’instrument du bon esprit »

« Ne te fie pas à ces mauvais esprits d’après lesquels tout se terminera mal, tout se présente mal, ou qui soulignent ce qui va mal. Esprits mauvais, ils dépeignent à l’image de ce qu’ils sont la situation qu’ils veulent et souhaitent aggraver encore. Efforce-toi plutôt de devenir l’instrument du bon esprit : il te montre la situation et la conjoncture telles qu’il les souhaite et comme il est prêt à les faire évoluer avec ton aide… » (M. 158)

Qui ne voit qu’il est urgent de se laisser gagner par cette attitude de Pierre Favre dans cet enchevêtrement de conflits répercutés aujourd’hui en Europe ? Si nous n’y prenons garde, nous nous laissons déporter du côté obscur et écraser par des forces du mal dont il n’est pas aisé de s’émanciper. En témoigne un tic médiatique récent : le retour du mot glaçant : « sidération ».

*La Renaissance, autour de 1500, c’était l’invention de l’imprimerie, la découverte de l’Amérique, la révolution cosmologique de Copernic… et par-dessus tout cela, ou par en-dessous, l’émergence du projet radical de la liberté individuelle. Cela s’étendit sur près de 300 ans.

Et, de nos jours, l’internet, la mondialisation… Plus qu’une Renaissance, c’est une mutation anthropologique que nous vivons. L’espérance de vie d’une Française est de 84 ans : quel changement par rapport au mariage, à l’enfantement, à l’héritage. Nous ne sommes plus les mêmes par rapport à la douleur, grâce aux anesthésies qui chamboulent la morale. Les nouvelles technologies métamorphosent notre identité spatiotemporelle, donc notre rapport à la loi… Avec cette différence flagrante : la vitesse des changements. Ainsi il a fallu 10 ans pour que notre planète soit interconnectée !








Pierre Ferrière s.j.
Prêtre du Prado, curé de paroisse sur le
Plateau de Millevaches (Limousin)


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine de :
Pierre Ferrière s.j., Auteur de Prier 15 jours avec Pierre Favre :



Proposition d'engagement



http://www.freepik.com/free-photo/old-paper-texture_945837.html , portrait de Pierre Favre By Grentidez ,
logo jésuite By Moranski (Own work) [Public domain or Public domain], via Wikimedia Commons.

Je pars à la rencontre de Pierre Favre


Un article de la revue Christus (04/1998) évoquait naguère nos fragilités sociétales : un processus sans cesse croissant d’individualisation avec l’émergence progressive d’un « je sans nous » qui en est le corollaire ; une horloge sociale -indiquant ce que chacun doit faire à tel ou tel âge- détraquée : quand de nos jours se termine l’adolescence ? Une vie familiale en recomposition périodique ; un effondrement des systèmes de croyance qui encadraient l’existence…

Et voici qu’en aval nous en payons le prix : une grande précarité psychologique : les enveloppes qui protégeaient l’individu traditionnel ayant disparu, nous nous retrouvons plongés dans cette « société dépressive » que ponctuent des soupirs : « Ce n’est pas une vie ! » On a bien tenté de « médicaliser l’existentiel » par un recours aux somnifères, tranquillisants, antidépresseurs… Un recours aussi à ces liens de secte ou de drogue donnant cette identité forte qui nous décharge de la responsabilité d’être. En vain. Le « burn-out » guette, cette « maladie du siècle » !

C’est ici que Pierre Favre peut nous remettre les pieds à l’étrier et nous assurer une bonne assiette, en évitant tous ces emballements qui risquent de nous désarçonner. N’est-il pas, lui aussi, et par tempérament, en constante effervescence ?
Cette semaine nous vous proposons de vous plonger dans la vie de ce saint afin de comprendre son chemin et de trouver un nouvel élan d’espérance.



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la théologie de la libération ?


La théologie de la libération est née en Amérique Latine en 1968, pour promouvoir l’engagement au côté des pauvres. L’Église a réagi contre ses dérives marxistes, mais insiste aujourd’hui sur ses aspects positifs et rappelle que la compassion pour les pauvres est la mesure de notre foi au Dieu incarné.

Découvrez la réponse complète du cardinal Gerhard Müller.





Proposition de prière




Pour grandir en courage au travail, récitons cette semaine la prière suivante, d’après le Mémorial de Pierre Favre N° 154 et 158.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:50


 IXe siècle 


ROCAMADOUR, UN ESCALIER VERS LE CIEL





Il y a quelques jours le 31 octobre, bien loin de sa base habituelle, la statue de Notre Dame de Rocamadour faisait une entrée triomphale dans le port des Sables d’Olonne. En cette veille de la fête de toussaint et alors que dans quelques jours allait s’élancer la course du Vendée Globe, la Vierge Marie sous les traits de Notre Dame de Rocamadour, étoile de la mer, venait montrer a tous ceux qui le cherchent, le chemin, celui qui conduit au travers de ce monde jusqu’en la demeure de son Fils.


Un site exceptionnel. La première surprise de Rocamadour (Lot), c’est le site lui-même. Un endroit improbable, un entassement minéral toujours à deux doigts de perdre l'équilibre. Un vieux dicton qualifie notamment cet amoncellement : « Des églises sur les maisons, du château sur les églises. » Ici, c'est la falaise qui a la préséance sur toute construction humaine. Bienveillante ou menaçante, danger ou protection, le site lui doit sans doute son nom : la « rocca majour », la « roche majeure ». Contre toute logique, les bâtiments principaux, ceux  des sanctuaires, n’ont pas été déposés au sommet de cette énorme muraille naturelle mais sur une étroite terrasse située à mi-hauteur. La cité religieuse s’agrippe littéralement à la paroi du canyon de l’Alzou, à la verticale absolue d'un village qui, lui, a la particularité de s'être organisé autour d'une seule rue !
   
Les origines de Rocamadour. Elles sont assez mystérieuses car très anciennes et ne sont plus documentées par aucune archive subsistante à cause des guerres dites « de religion » du XVIe siècle. Rien ne nous permet plus de connaître les raisons qui poussèrent des pèlerins, au moins à partir du IXe siècle, à venir, parfois de fort loin, pour prier dans ce paysage solitaire et difficile d'accès. Outre les lieux, seule nous reste la légende, habituellement le moyen de rapporter une réalité qu’on ne comprend plus. Le site ne s’est pas organisé en un jour, il est le produit d’une histoire. Qui est arrivé le premier ? Sans doute un ermite, puis d'autres à sa suite, ou simultanément. L’endroit, appelé « Val ténébreux » était tout ce qu'ils pouvaient désirer pour mener leur vie de prière et de solitude : un espace immense à l'abri des regards, une rivière et des grottes creusées dans une falaise bien exposée à la lumière. Une cloche du VIe siècle nous donne un premier repère historique. L’érémitisme a été la première forme de vie consacrée ; et des disciples s’étant regroupés autour des ermites, elle a évoluée en monachisme (du grec : « monos », seul, solitaire). Les premiers monastères ont ainsi été des regroupements d'ermitages, ce qui est encore la caractéristique des abbayes de Chartreux.


Une attractivité croissante. Les Bénédictins, qui prirent la suite des ermites, entreprennent les premières grandes campagnes de construction, et organisent le paysage autant qu'ils le peuvent dans le but d’accueillir des pèlerins de plus en plus nombreux. Ces derniers affluent de plus belle à partir de 1166, suite à la découverte d’un corps « miraculeusement » intact, qu'on a alors supposé être celui d'un ermite nommé Amadour (du latin « Amator »). Robert de Thorigny, abbé du Mont Saint-Michel à partir de 1154, en rapporte les circonstances à l'occasion du pèlerinage d’Henri II Plantagenet (1133-1189), roi d’Angleterre et seigneur d’Aquitaine depuis son mariage avec la duchesse Aliénor :  « L’an de l’Incarnation 1166, un habitant du pays, étant à ses derniers moments, commanda aux siens, sans doute par une inspiration de Dieu, d’ensevelir son cadavre à l’entrée de l’oratoire. En creusant la terre, on trouva le corps d’Amadour, bien entier ; on le plaça dans l’église, près de l’autel, et on le montra ainsi, dans son entier, aux pèlerins. Là, se font par la bienheureuse Marie, des miracles sans nombre. »





La construction du site. La réputation de Rocamadour se répand alors fort loin et le pèlerinage commence à prendre rang parmi les grands lieux spirituels du Moyen Âge. Une campagne de construction ambitieuse lui donne dans les grandes lignes l’aspect qu’on lui voit aujourd’hui. Le grand escalier, véritable lieu d’ascension spirituelle et de mortification (jusqu’à une époque récente, tous les pèlerins le gravissaient à genoux), conduit les pèlerins de la ville basse au parvis. Ils découvrent alors un vaste espace dégagé entouré de sept églises ou chapelles, la plus grande étant la basilique Saint-Sauveur, l'ancienne église abbatiale, et la plus importante, la chapelle où est conservée depuis huit siècles la statue de la Vierge de Rocamadour. La plupart des bâtiments ont été construits aux XIe et XIIe siècle, sous l’abbatiat de Géraud d’Escorailles, abbé de Saint-Martin de Tulle (1152-1188). Ils ont été plus ou moins restaurés lors de la campagne de sauvetage du milieu du XIXe siècle.  

La Vierge Marie et Rocamadour. Dès son origine, ce site est dédié au culte marial. Il y eut d'abord un petit oratoire : une humble grotte qui, après avoir été le refuge probable d'un ermite, est devenue le cœur de la cité religieuse. Écrasé par des éboulements de la falaise dans laquelle il s’insère et qui le surplombe, cet oratoire a été plusieurs fois reconstruit (notamment après un incendie en 1476) et agrandi, jusqu'à devenir la chapelle Notre-Dame, ou « chapelle miraculeuse », de style gothique flamboyant. La statue qu'elle contient est une vierge noire du XIIe siècle, constituée de deux pièces de bois de noyer: Marie elle-même, aux mains tendues et au léger sourire, et l'Enfant-Jésus, assis sur son genou gauche. Elle est particulièrement vénérée le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. Le Livre des miracles (1172), récit de 126 grâces obtenues par l'intercession de Notre Dame de Rocamadour, est un éclairage saisissant sur la foi de ce « beau XIIe siècle » qu'on a coutume de considérer comme l'âge d'or de la chrétienté. C'est en quelque sorte une œuvre publicitaire, dont le but est d'attirer vers le sanctuaire un nombre grandissant de pèlerins, mais par un souci d'objectivité et de discernement assez exceptionnel pour l'époque, il ne retient que des cas dûment exposés devant notaire.


Un lieu spirituel pour les plus grands. Rocamadour situé aux confins du comté de Toulouse (puis des territoires directs du roi de France) et du duché d’Aquitaine devient un enjeu spirituel entre les monarchies française et anglaise. Vinrent à Rocamadour tous les rois de France du XIIe siècle jusqu'à Louis XI (en particulier saint Louis, ses frères, sa mère, Blanche de Castille en 1244), Henri II d'Angleterre (1159 -1170) qui vint remercier de sa guérison d’une maladie grave, Aliénor d’Aquitaine, Alphonse III de Portugal, des saints comme saint Dominique (1219) et saint Antoine de Padoue (vers 1224), Christophe de Romagne, compagnon de saint François d’Assise, Raymond Lulle, le navigateur Jacques Cartier…
Notre Dame de Rocamadour a été présente aussi dans tout le mouvement de « reconquête » de l’Espagne sur les Maures. Ainsi en 1212, son étendard était déployé à la célèbre bataille de Las Navas de Tolosa. Mieux, c’est la vue de cet étendard qui aurait redonné le courage aux troupes chrétiennes inférieures en nombre de repartir à l’assaut et d’obtenir la victoire.  

Le déclin du sanctuaire. Le sanctuaire a aussi  traversé des moments difficiles. Au XIIe siècle, il est pillé par le fils d’Henri II Plantagenêt, Henri au Court-Mantel, qui cherche des richesses pour poursuivre la guerre qu’il mène à son père. Rocamadour, qui entre-temps s'est fortifié, traverse la Guerre de Cent ans (XIVe et XVe siècles) à peu près sans encombre. Mais comme le Limousin et le Quercy sont devenus des champs de bataille, les pèlerins, découragés de venir, se font rares. Le pèlerinage connaît alors un certain déclin.  

Les « Grands pardons » de Rocamadour. En 1317, le pape quercynois Jean XXII érige l’abbaye de Tulle en évêché. Les moines sont remplacés par des chanoines qui assurent le service du pèlerinage jusqu’à la Révolution. En 1428, Charles VII, encore petit « roi de Bourges », en grand danger de perdre son royaume, demande au pape Martin V d’accorder des indulgences particulières aux pèlerins de Rocamadour et prie pour être sacré à Reims. Quelques mois plus tard, démarrait le temps de l’épopée de Jeanne d’Arc. Ainsi, naît la tradition des « Grands pardons » de Rocamadour. À cette époque, se répand la légende sans fondement historique identifiant  saint Amadour au collecteur d’impôts Zachée de l’évangile. En 1562, Rocamadour est pillé par un chef de bande nommé Bessonies, au service du chef protestant le prince de Condé.





La renaissance de Rocamadour. Le pèlerinage n’est pas à proprement parler une étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, mais, pour les marcheurs de Dieu, il a toujours représenté un détour de prière et de repos dont l'attractivité ne se dément pas. Ici, comme au XIIe siècle, la Vierge Marie assise en majesté attend les visiteurs et offre son Fils au monde (plus d’un touriste se transforme alors, ne serait-ce que pour quelques instants, en pèlerin. N’est-ce pas un miracle sans cesse renouvelé ?). Elle est à la fois la Reine de la paix, et celle qui délivre les prisonniers repentis ou injustement enchainés. La renaissance de Rocamadour s’est accomplie au XIXe siècle. C’est d’abord un prêtre diocésain de Paris, l’abbé Caillau, qui fait bâtir l’édifice appelé « château », pour servir de résidence aux missionnaires diocésains, parmi lesquels le bienheureux Pierre Bonhomme (1803-1861), natif de Gramat près de Rocamadour, fondateur de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Calvaire qui assurent toujours l’accueil. L’abbé Caillau s’attache surtout à la rénovation spirituelle du pèlerinage, qui se poursuit sans faiblir sous les évêques Mgr d’Hautpoul, Mgr Bardou et Mgr Grimardias. Le maître-d’œuvre et concepteur principal des restaurations fut un prêtre de Montauban formé à l’École du célèbre Viollet-le-Duc, l’abbé Chevalt (1817-1876).  

Et aujourd’hui ? L’afflux des visiteurs n'a pas cessé, bien au contraire. Aux pèlerins, se mêlent des touristes : actuellement plus d’un million et demi de visiteurs chaque année. Plusieurs personnalités de premier plan sont liées à l'histoire récente de Rocamadour : Edmond Michelet, résistant, ministre du Général De Gaulle, qui venait chaque année en pèlerinage à pied depuis Brive avec sa famille. Autre exemple, le compositeur Francis Poulenc, auteur de la célèbre litanie de la Vierge noire de Rocamadour, qui doit au site lotois presque toute l'inspiration de sa musique religieuse. Ainsi depuis toujours, les pèlerins, puissants ou misérables, célèbres ou anonymes, gravissent les escaliers reliant le bas de la ville aux sanctuaires de Rocamadour, en une démarche de pénitence que certains parfois accomplissent encore à genoux, gardant « l’espérance ferme comme le roc ».





Abbé Michel CAMBON
Recteur du sanctuaire de Rocamadour


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'Abbé Michel Cambon a faites le samedi 19 novembre 2016.


Proposition d'engagement




Je pars en pèlerinage à Rocamadour


Pour ceux qui le peuvent, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Rocamadour afin de sentir la grâce de la Vierge Marie. Et pour ceux qui ne le peuvent pas, nous vous invitons à vous unir par la prière dans la communion des saints à la foule des pèlerins de Rocamadour passés et présents.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi faut-il des sacrements entre le Christ et nous ?


Le Christ nous a sauvés une fois pour toutes par sa mort et sa résurrection. Les sacrements de l’Église ne rajoutent rien à ce qu’il a fait pour nous, mais ils font parvenir le salut jusqu’à nous. Ils font pénétrer la vie toute neuve de la grâce dans notre histoire personnelle en vue de notre guérison.

Découvrez la réponse complète du Père Michel Gitton.





Proposition de prière




Pour ceux qui souffrent en ce monde et pour tous ceux qui nous sont chers, récitons cette semaine la prière suivante à Notre Dame de Rocamadour.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:53


 720 


VERS LE 13E CENTENAIRE DE LA MORT D’ODILE : UNE FEMME GÉNIALE AUX COULEURS DU CIEL ET DE LA TERRE !





Au VIIe siècle, dans sa fureur condamnant à mort Odile, sa fille née aveugle, cependant sauvée par l’amour maternel de Bereswinda, Adalric, duc d’Alsace, était loin de se douter qu’un jour le destin exceptionnel de sa fille traverserait l’histoire et deviendrait un message de foi, d’espérance et de charité pour le XXIe siècle.


Odile, sentinelle d’avenir et expression du génie féminin. Née vers 660 au château de Hohenbourg (Altodunum en celte, sur la commune d’Ottrott, Bas-Rhin) dans la montagne vosgienne, rejetée par son père et éloignée au monastère de Palma (sans doute aujourd’hui Baume-les-Dames, dans le Doubs), Odile reçoit le baptême des mains de l’évêque Erhard de Ratisbonne, à l’âge de 12 ans. Elle ouvre alors les yeux et voit pour la première fois depuis sa naissance la splendeur de la vie. Elle reçoit donc le nom d’Odile, « fille de Lumière ». Plus tard réconciliée avec son père, elle devient plus tard abbesse d’un monastère fondé à Hohenbourg, en lieu et place du château, où elle meurt en 720.

Aujourd’hui, le Mont Saint-Odile poursuit inexorablement sa vocation de « fille de Lumière » en cette terre foulée chaque jour par des pèlerins et des touristes.
 
L’eau de la source reconnue miraculeuse, abreuvant l’assoiffé et purifiant le regard de celui qui s’y lave le visage, cette eau venant des profondeurs ou de la nuée, porte en elle le mystère de la terre et du ciel, le mystère de la vie qui, par le baptême, s’ouvre sur l’Éternité.
Pour les êtres de cœur, la montagne de Sainte-Odile est l’objet d’une découverte bouleversante, le ferment d’une conversion à la vie de l’esprit, à la signification du monde. Goethe y percevait les pulsations de la terre alsacienne, cette terre burinée par des drames terribles mais nourrie par l’espérance chrétienne et par cette foi stimulante qui affirme la présence de Dieu. Elle est manifeste dans l’adoration perpétuelle qui s’y déroule depuis huit décennies.





Mais qu’est-ce que le Mont Sainte-Odile ? Mille choses diverses, mais une seule est capable de les rassembler toutes : le message de vie toujours actuel délivré par l’abbesse des lieux, une prophétie d’amour et de lumière.

Par sa naissance, alors qu’elle est aveugle, Odile rappelle que toute vie humaine, même la plus handicapée, a du prix aux yeux de Dieu et vaut la peine d’être vécue.
Par l’abandon qu’elle subit, sa mère la confie à une nourrice pour qu’elle échappe à la mort, elle dénonce l’injustice faite à tous ces innocents, victimes des conflits entre parents et qui se voient ballottés d’un lieu à un autre.
 
Par son baptême, alors qu’elle grandit au milieu de religieuses à Palma, elle annonce la vie donnée par Dieu. Cette vie plus forte que la mort qui offre la perspective de revoir dans la clarté du Ciel le visage de ceux que nous aimons.
Par sa vie à Palma, elle invite à mépriser les vanités du monde et à se consacrer librement au Christ.

Par sa lettre à son frère Hugues qu’elle aimait sans l’avoir vu, elle chante le prix des liens du sang qui ne peuvent être détruits ni par le ressentiment, ni par la haine.
Par son retour risqué dans la maison d’Adalric, son père, elle invite à faire le premier pas vers ceux qui nous offensent.

Par sa vie de servante à Hohenbourg, elle trace le chemin de la joie qui consiste à se satisfaire de sa situation et de se réjouir de ce que la vie offre.
Par son souci des pauvres, elle annonce cette terre nouvelle où sera rendu au centuple tout le bien que nous leur faisons ici-bas et l’amour de prédilection de Dieu pour les exclus de la vie Par sa pénitence et son jeûne à la mort d’Adalric, son père, elle affirme sa foi en la miséricorde de Dieu qui seul sauve de la mort ceux qui s’y sont endormis.

Par sa vie fraternelle au milieu des Sœurs de sa communauté, elle donne un signe fort de ce monde nouveau où l’amour est vainqueur de la mort.
Par sa charité, elle enseigne la joie véritable qui naît du don.
Par sa confiance en la toute-puissance de Dieu, elle plante le signe de la victoire du Bien sur le Mal.
Par le choix de la règle canoniale et non monastique, elle offre la douceur de Dieu à sa communauté servante de sa gloire.  
Par sa vénération de Jean-Baptiste qui lui était apparu et qui lui indiqua l’endroit où devait s’élever une chapelle, elle chante sa foi en la communion des saints.
Par la construction d’une église, elle atteste de la présence du règne de Dieu en ce lieu qui lui appartient.
Par la consécration du couvent de Hohenbourg (Bas-Rhin) à la Mère de Dieu, elle s’en remet à la prière de Notre-Dame, à sa protection et prend la Mère de Dieu comme modèle de vie.

Par son souci des animaux, elle prend soin de l’œuvre de la création voulue par Dieu qui sauve l’homme et les bêtes.
Par son témoignage de vie qui valut à ses nièces d’être séduites par son idéal de vie puis de la rejoindre au couvent, elle rend gloire à son Maître et Seigneur.

Par sa prière qui obtint de Dieu la multiplication d’une mesure de vin qui venait à manquer, elle manifeste sa confiance en la providence.
Par son amour pour le Christ présent dans l’eucharistie, elle invite à l’adorer et à l’aimer plus que tout, maintenant et à l’heure de la mort.
Par sa mort confiante, elle embrasse le Ressuscité qui rendra nos pauvres corps mortels semblables à son corps glorieux. Oui, l’Évangile proclamé par Odile est crédible, elle l’a vécu en plénitude ! Une inscription gravée sur le fronton d’entrée du sanctuaire, au-dessus d’une statue de la sainte, résume : « Ici fleurit jadis la sainte abbesse Odile et toujours elle règne en Mère de l’Alsace. »





Le Mont Sainte-Odile, le miracle de la foi. Aujourd’hui encore, l’Évangile est annoncé au Mont Sainte-Odile et les personnes emportent cette bonne nouvelle dans le pèlerinage de leur vie. Depuis des siècles, la messe est célébrée quotidiennement en ce lieu et depuis 1931, l’adoration eucharistique vécue nuit et jour y est pratiquée. Les pèlerins sont confiants, conscients que l’union au Christ dans le pain eucharistique transforme leur vie et la façonne. Ici on se réjouit et on pleure ; il y a des larmes d’espoir, de désir ardent, d’accablement… Chacun peut prendre conscience qu’il est au Mont Sainte-Odile tout proche de Jésus Christ, du Père tout-puissant et miséricordieux. Sous le regard de la Vierge Marie, chacun se sent accepté sans condition. Là aussi réside le miracle d’un lieu de grâces : les personnes sont ouvertes à la transcendance de Dieu et ressentent au plus profond d’elles-mêmes que Terre et Ciel se rejoignent.

Cette expérience ne peut être ni achetée, ni arrangée. Le plus souvent, elle est le fruit d’un long cheminement intérieur, d’un temps de préparation, d’une concentration sur l’essentiel, d’un abandon des petits soucis du quotidien et d’une ouverture de soi à Dieu. Voilà ce qui se produit quand des personnes vont en pèlerinage et, en quelque sorte, « prient avec les pieds ». À chaque pas, ils abandonnent progressivement « la normalité » pour basculer dans le rythme de la prière. Beaucoup de ces pèlerins viennent au Mont Sainte-Odile, en raison de son isolement dans les collines vosgiennes et de la beauté de la nature environnante, pour se plonger dans la paix de Dieu.



   


Ici, les murs portent en eux l’atmosphère si particulière à ce « haut lieu de la prière et de la charité, site prestigieux de l’Alsace, qui a vu arriver au long des siècles tant de visiteurs et de pèlerins, saisis par la beauté unique de son panorama grandiose, et intérieurement régénérés par son atmosphère spirituelle tonifiante » (saint Jean-Paul II, lors de sa visite le 11 octobre 1988). Le pèlerin revient toujours en ces lieux. C’est en vain qu’on s’attend ici à un évènement miraculeux spectaculaire ; cependant, il se produit dans le secret, le véritable miracle de la foi quand Odile nous accueille. Son exemple rappelle à la mémoire humaine que tout homme est une histoire sacrée. Sa vie ne peut pas seulement être définie par l’activité, les capacités, les aptitudes, le sens de l’organisation et le mérite. La vie de tout homme a été voulue par Dieu ; elle doit s’ordonner et se réaliser en vue de Dieu.  
La véritable histoire du Mont Sainte-Odile est celle d’une relation capitale, celle de Dieu avec l’homme à travers la splendeur du cœur d’une femme, sentinelle d’avenir, toujours prête à secourir son peuple. Oui, montons à la « Maison Odilienne de Dieu », nous y serons accueillis par… Odile. Et, comme jadis elle frappa de son bâton le roc pour en faire jaillir la source d’eau vive, ainsi elle cognera de sa crosse d’abbesse nos cœurs, pour y faire sourdre le filet de charité qui réconfortera le cœur.





Père Patrick Koehler
Recteur du sanctuaire du Mont Sainte-Odile


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Patrick Koehler a faites le samedi 26 novembre 2016.


Proposition d'engagement




Je découvre l’action de Dieu dans l’actualité du jour


Cette semaine nous vous proposons de prendre l'engagement suivant :
J’ouvre mes yeux aux merveilles de l’amour de Dieu et je découvre son action dans l’actualité du jour.



Proposition de formation sur la foi





La souffrance contredit-elle la tendresse de Dieu ?


On ne voit pas toujours spontanément comment les deux peuvent se concilier mais si Dieu avait voulu délibérément le mal et sa souffrance, on ne pourrait pas croire à sa tendresse.

Découvrez la réponse complète du Père Michel Gitton.





Proposition de prière




Récitons ensemble une prière à sainte Odile.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 13:58


 1995 


EDMOND FRICOTEAUX ET LE MOUVEMENT DE PRIÈRE DES « VIERGES PÈLERINES »





Notaire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) converti à la suite d’un voyage à Rome, Edmond Fricoteaux lance en 1995 le mouvement de prière des Vierges pèlerines. 108 statues et icônes de la Vierge Marie parcourent alors la France entière pour proposer 40 000 veillées de prière pendant un an.


Le fondateur. Notaire à Saint-Denis, Edmond Fricoteaux (1937-2007) est le président fondateur de la Confrérie Notre-Dame de France, à l’origine du mouvement de prière des Vierges pèlerines.

Ce dernier s’est développé dans 120 pays du monde, du Puy-en-Velay (8 septembre 1995), à la nuit de prière du 2000e Noël de Bethléem (24 décembre 1999), et a ensuite suscité la naissance du projet « Marie de Nazareth ».

Maître Fricoteaux était rempli d’un grand amour de Dieu et d’un zèle contagieux pour la Vierge Marie depuis sa conversion radicale, un matin d’avril 1984 à Rome, au milieu de dizaines de milliers de jeunes invités par le pape Jean Paul II pour lancer les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ).



La conversion d’Edmond Fricoteaux.  Alors qu’il n’était à Rome que pour accompagner son épouse, assez indifférent à l’événement, quelques mots d’une homélie du Cardinal Bernardin Gantin entendus dans la basilique Sainte-Marie-Majeure lui transpercent le cœur. Il se précipite en confession, d’où il ressort « assoiffé de Dieu ».

De retour chez lui, il dévore plusieurs vies de saints, puis deux livres qui auront raison de ses dernières hésitations : Le père Lamy, apôtre et mystique (Comte Paul Biver - Éditions du Serviteur - 1988) et Le secret de Marie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qu'il trouve d’abord « inconsommable » et « incompréhensible ». Mais il va prier souvent sur la tombe du Père Lamy à La Courneuve (Seine-Saint-Denis, où sa profession le conduit), et lui demande avec ferveur de faire naître en son cœur « un amour immodéré » pour la sainte Vierge.

Vite exaucé, il se trouve subitement « inondé d'amour » pour l'Immaculée, et Le Secret de Marie lui paraît alors une lecture merveilleuse. Entrant profondément dans la spiritualité de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, il est dès lors un infatigable évangélisateur qui n’hésite pas à parler de Dieu avec tous les visiteurs de son étude. Il en touche alors plusieurs centaines, qui acceptent de le suivre dans les nombreux pèlerinages qu’il organise pour visiter la Vierge Marie.





La statue de Notre-Dame de France. Après sa conversion, Edmond Fricoteaux a l’idée de remercier en faisant à son tour un cadeau à la Vierge. Il lui semble qu’un projet de Dieu revient sans cesse dans sa prière : édifier sur le bord d'un grand axe routier une statue monumentale à la gloire de sa Mère.

Un jour, la Providence le place dans un avion à côté du Père René Laurentin, qui l'encourage : « Il vous faut l'accord de l'évêque du lieu, le soutien d'une congrégation religieuse et - très important - la Vierge devra présenter l'Enfant. » L'évêque sera celui du diocèse de Pontoise, Mgr André Rousset. La congrégation sera celle des Serviteurs de Jésus et de Marie, créée par le Père Lamy à Ourscamps, dans l'Oise.

Reste la statue ! Edmond l’imagine avec 12 étoiles comme à la Rue du Bac et de sept mètres de haut pour qu’elle soit bien visible. Il contacte des sculpteurs, fait faire des devis, quand Antoine Legrand (spécialiste du Linceul de Turin), contacté par erreur, le surprend : « La statue existe déjà ! Elle s'appelle Notre-Dame de France. » Edmond incrédule apprend qu’elle couronnait le pavillon pontifical de l'Exposition universelle de Paris en 1937, qu’elle a été conservée (dans le pavillon des girafes du zoo d’Amiens !) un an pour le 300e anniversaire du vœu de Louis XIII, qu’elle fait exactement sept mètres, et qu’elle porte l’Enfant haut dans ses bras, entourée par une couronne de 12 étoiles !  



La restauration de la statue. Le journal La Croix du 2 novembre 1938 rapporte le vœu du Cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris : « Que la statue lumineuse, que « Notre-Dame de France », qui a si magnifiquement couronné le Pavillon Pontifical devenu Pavillon Marial ne disparaisse pas, mais qu'elle soit érigée sur une colline proche de Paris... pour faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre ! »

Une souscription fut immédiatement lancée, arrêtée par la guerre en 1939, puis oubliée à la mort du Cardinal en 1945. Edmond partit alors à la recherche de la statue, qu’il parvint à retrouver et à arracher, après bien des péripéties, des sous-sols de la mairie communiste d’Amiens (Somme).

Grâce à 2 000 heures de travail d'un maître serrurier, monsieur Roland Quesnel de Corbie, elle fut réparée et enfin installée, au terme d’une aventure non moins étonnante que providentielle, à Baillet-en France (Val-d’Oise), à 18 km au nord de Paris, non loin du siège de l’association ATD-Quart Monde. Quelques mois plus tard, grâce à 25 000 souscripteurs, le cardinal Jean-Marie Lustiger bénissait la statue devant 52 000 personnes, sept évêques, ainsi que le nonce apostolique, le 15 octobre 1988, 50 ans presque jour pour jour après le vœu du Cardinal Verdier. Au pied de la statue, un oratoire accueille pèlerins et gens de passage.



La naissance des Vierges pèlerines. Une fois Notre-Dame de France installée à Baillet-en-France, Edmond Fricoteaux pensait pouvoir reprendre ses activités habituelles : « Mission accomplie ! », pensait-il. Mais un jeune homme de Douai lui écrivit pour lui conter l’un de ses rêves, où il voyait Notre-Dame de France et à ses pieds une foule immense ainsi que des statues venues de toute la France. Quelques mois plus tard, M. Flichy et trois personnes qui priaient le matin avec lui à la messe du Carmel de Lisieux, vinrent voir Edmond pour lui faire part de leur intuition : de nombreuses statues pourraient être pèlerines, de village en village, pour proposer partout en France des veillées autour de Jésus et Marie.

C'est ainsi que le notaire conçut, peu à peu, le projet des Vierges pèlerines. Il se concrétisa quand le Saint-Père Jean-Paul II demanda que le Jubilé de l’an 2 000 soit préparé dans la prière, avec Marie, comme dans un « nouvel Avent ». Tous les évêques de France furent sollicités et 30 acceptèrent de donner leurs conseils. Le président de la Conférence des évêques définit ce projet comme une initiative de laïcs, encouragée par sept évêques responsables de grands sanctuaires marials.





Le développement du projet. Edmond me confia alors le soin de mettre en place des équipes de responsables qui se mobilisèrent dans tous les départements français. Le 8 septembre 1995, Mgr Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay (Haute-Loire), bénit les 108 statues et icônes de la Vierge Marie qui partirent pour proposer 40 000 veillées de prière pendant un an dans toute la France. Puis Edmond organisa un pèlerinage mémorable pour la venue du Saint-Père Jean-Paul II à Reims en septembre 1996. Les Vierges pèlerines furent ensuite bénies à Rome le 8 décembre 1996 puis à Constantinople (Istanbul) le 14 décembre 1996. Le mouvement se développa ainsi pendant quatre ans dans 120 pays du monde, jusqu’à la grande nuit de prière de Bethléem le 24 décembre 1999, dont Edmond Fricoteaux rêvait depuis longtemps, pour marquer le 2 000e Noël, dans le champ des bergers.

Il avait le don de rassembler très facilement autour de lui grâce à sa joie, son enthousiasme, son énergie, et sa foi à déplacer des montagnes ; mais aussi et surtout parce que c’était un homme de cœur. C'était « un homme de Dieu », comme dit un jour le Père Marie-Dominique Philippe (1912-2006), fondateur en 1975 de la Communauté Saint-Jean.  

Au total, plus de 10 000 statues et icônes ont été envoyées dans le monde. Le projet Marie de Nazareth, visant à construire à Nazareth un centre spirituel dédié à la dévotion mariale, est né après la messe de Noël de Bethléem comme un fruit des Vierges pèlerines et se développe encore aujourd’hui activement.  

Edmond Fricoteaux est mort subitement le 5 novembre 2007, au cours de vacances familiales en Guadeloupe, alors qu’il projetait de prendre sa retraite. Ses obsèques ont été célébrées le 9 novembre en la basilique de Saint-Denis, devant une foule très émue.





Olivier Bonnassies
Vice-président de la Confrérie Notre-Dame de France


Compléments

Sources documentaires


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Dim 3 Sep 2017 - 15:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:02


 1098 


CÎTEAUX : NOUVELLE PENTECÔTE SUR L’EUROPE





Créée à la fin du XIe siècle par saint Robert de Molesmes pour mieux faire vivre la Règle de saint Benoît, l’abbaye de Cîteaux a participé à l’essor de la famille cistercienne dans le monde. Elle rassemble aujourd’hui 25 moines sur place.


Une (r)évolution monastique Dieu a créé un homme qui a rêvé, préparé, organisé un nouveau monastère : saint Robert de Molesmes (1028-1111).
Son projet : redonner à la Règle de saint Benoît ses couleurs d’origine, après son affadissement chez les Clunisiens.
En 1098, Cîteaux (Côte-d’Or) est ainsi son troisième essai, après les abbayes de Saint-Michel de Tonnerre (Yonne) et de Molesmes (Côte-d’Or). L’habit noir des Clunisiens est remplacé par un vêtement blanc à scapulaire noir. C’est la naissance des Cisterciens.


Une question de Salut. À Cîteaux, il s’agit de vivre dans la fidélité aux promesses de la Règle. Saint Robert va quitter son abbaye florissante, installer la communauté à Cîteaux, puis laisser à ses deux successeurs le soin d’incarner durablement son intuition lorsque le Pape le renvoie reprendre la direction de Molesmes :

- Saint Albéric, deuxième abbé, 1099-1108. Il déplace Cîteaux à l’emplacement actuel au croisement de deux routes médiévales majeures, 25 km au sud de Dijon. Il lui donne les traits distinctifs dont la reconnaissance par Rome ainsi que l’exemption (indépendance par rapport à l’évêque local).

- Saint Étienne Harding, troisième abbé, 1109-1134. Il est le responsable de la première « industrie » de Cîteaux : le scriptorium (atelier de copie de manuscrits), réputé pour la qualité du texte biblique, objet de recherches critiques innovantes et de ses illustrations. Il accueille Bernard de Fontaines et ses compagnons, les forme au noviciat de Cîteaux, puis il envoie Bernard fonder Clairvaux (Aube). Ce dernier deviendra ainsi le saint Docteur de l’Église, Bernard de Clairvaux, qui assure encore aujourd’hui aux Cisterciens un rayonnement dans toute l’Europe.  





Voici l’Œuvre de nos trois saints fondateurs :


1. Rééquilibrer la vie monastique par le retour à la Règle dans sa pureté originelle.

Cela passe par :
 
- Une prière commune à l’église de ceux qui cherchent Dieu : « On ne préfèrera rien à l’œuvre de Dieu » (Règle de saint Benoît (RB) 43, 3).
- Une prière personnelle autour de la Lectio Divina pour goûter la Parole de Dieu au quotidien : « On réservera certaines (heures) à la lecture » (RB 48, 1).
- Vivre du travail de ses mains pour être « vraiment moines » (RB 48, 1.Cool et donc prophétiques. Les moines cisterciens sont à l’origine de grandes transformations du travail agricole et industriel au Moyen-Âge (granges, viticulture, moulins hydrauliques, foulons, forges, engrais).
- Une vie communautaire (RB 1, 2) pour une joyeuse ascèse qui libère pour aimer Dieu.  

2. Un retour au désert dans un monachisme simplifié (1099-1113)
 
Le désert médiéval c’est… la forêt, qui représente plus de la moitié de la superficie de la France. Son but est d’être assez à l’écart pour préserver un seul à seul avec Dieu.
Le désert permet d’écouter le silence. Comme on peut voir les étoiles en plein jour, en descendant dans un puits, on peut « voir » Dieu en faisant silence dans son cœur.
Le désert permet de renforcer le besoin d’entraide mutuelle pour vivre dans des conditions difficiles.
Le désert permet de nouer des relations fraternelles forgées dans les épreuves, de susciter un corps solidaire : celui du Christ.
Le désert permet d’être tout à Dieu, libre des obligations sociales, des droits et devoirs de la vassalité, du souci de paraître…  


Leurs choix sont une réaction à de nouvelles réalités :

- Travail manuel, surtout agricole et/ou de transformation (versus noblesse / écoles / villes)
- Équilibre de vie : travail, prière liturgique et personnelle (versus priants exclusifs – 1er Ordre)
- Retrait du Temps (versus activité paroissiale)
- Retrait / silence / contemplation (versus prédication / Parole / action)
- Vie cachée au creux des vallons perdus (versus collines)
- Austérité - simplicité - « pauvreté apostolique » (versus moines rentiers)
- Moines de chœur et frères lais, non clercs ni oblats (versus moines et ouvriers)
- Confédération d’abbayes autonomes (versus abbaye + filiales)  


3. Une fraternité dans l’amour   (1113-1153). Comment vivre l’expansion ?  
 
Saint Bernard (1090-1153) : la merveilleuse surprise (1112-1153). Bernard de Fontaines entre à Cîteaux en 1112. Trois ans plus tard, il est envoyé à Clairvaux près des sources de l’Aube pour y fonder la troisième communauté cistercienne. Les chrétiens y affluent, y compris le père et les cinq frères de Bernard par lui convertis. Bernard fonde 72 monastères, répandus dans toute l'Europe. En 1151, 500 abbayes cisterciennes existent déjà. À elle seule, Clairvaux compte 700 moines ; de l’abbaye sortiront un pape (Eugène III), 15 cardinaux et de nombreux évêques. Bernard, mort en 1153 à l’âge de 63 ans, est canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III. Son succès est tel qu’on nomme parfois les Cisterciens les Bernardins. Saint Bernard est également à l’origine d’un renouveau de la piété mariale. Il a été déclaré Docteur de l'Église par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.





La Charte de Charité Essentiellement œuvre de saint Étienne Harding, elle exprime la volonté de s’aimer entre Frères partout dans le monde (1119-1154). Il s’agit d’assurer la fraternité entre les communautés malgré leur dispersion géographique, grâce à l’exemple la Règle de saint Benoît, reconnu de tous. Les moyens pour mettre en œuvre cet amour sont les suivants :

- La rencontre annuelle des abbés de chaque communauté pour définir la législation de l’Ordre.
- L’entraide des abbés pour leur vie spirituelle par la prière et l’entraide.
- La capacité à se reprendre mutuellement, corriger, sanctionner des comportements déplacés.
- La visite annuelle des monastères par leur maison fondatrice pour encourager, aider, corriger l’évolution des « Maisons Filles ».
- L’entraide en personnel et en moyens matériels en cas de besoin.  


En à peine plus de 50 ans, l’idée devient projet ; puis comme un feu de ronces, 500 maisons de prière apparaissent, de la Lituanie au Portugal et de la Norvège à la Sicile.





Un moine
de l’abbaye de Cîteaux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions pour la semaine d'un moine de l’abbaye de Cîteaux
:



Proposition d'engagement





Je découvre l'abbaye de Cîteaux


Cîteaux, c’est un site internet; une abbaye historique à visiter , avec   une communauté  bien vivante ; une hôtellerie pour vos retraites.  
Cîteaux, c’est aussi des propositions spécifiques dont  Les Aventuriers du Bonheur : stages d’une semaine pour les hommes et les femmes de 18 à 35 ans qui souhaitent apprendre à vivre au rythme des moines.
Cette semaine, nous vous proposons ainsi, selon vos capacités et vos disponibilités, de vous renseigner plus en détail sur cette abbaye et si possible de la visiter.



Proposition de formation sur la foi





Un Dieu Trinité, qu'est-ce que ça change pour nous ici-bas ?


Reconnaître en Dieu la Trinité, ce n’est pas jeter un regard indiscret sur le secret de Dieu, c’est découvrir son vrai Visage et comprendre comment nous pouvons nous insérer dans sa vie. La Trinité illumine jusqu’à notre amour humain ici-bas, qui se doit d’être ouvert au tiers.

Découvrez la réponse complète du Père Nathanaël Pujos.





Proposition de prière





Ensemble, prions le Salve Regina. Cette prière est une véritable hymne nationale des Cisterciens, à la suite de l’école de saint Bernard.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:05


 1091 


À FONTGOMBAULT : NOTRE-DAME DU BIEN-MOURIR





N’est-il pas curieux d’invoquer Notre-Dame sous le vocable de Notre-Dame du Bien-Mourir ? Tel est pourtant, depuis plus de deux siècles, le titre dont elle a voulu être honorée à Fontgombault (Indre), en ce monastère du Bas-Berry fondé par Pierre de l’Étoile en 1091.


La fondation de l’abbaye. L’histoire de Fontgombault est étroitement liée au monachisme : le nom même du village vient de l’ermite Gombaud, mort en 1023, qui se retira pendant des décennies au bord de la Creuse, utilisant une source d’eau potable (font, source en vieux français). Son successeur Pierre de l’Étoile est à la fin du XIe siècle le maître d’une petite colonie d’ermites installée sur la rive gauche de la Creuse, dont on voit encore aujourd’hui les grottes ; mais il décide en 1091 de fonder une abbaye sur la rive droite, sous la Règle de saint Benoît. L’église abbatiale de ce nouveau monastère, en croix latine et de style roman, longue de 80 mètres, fut placée sous le double patronage de Notre-Dame dans le mystère de son Assomption, et de saint Julien, premier évêque du Mans, qui était déjà cher aux ermites, puisqu’ils lui avaient dédié leur première chapelle, Notre-Dame des Grottes.




La Vierge Marie et Fontgombault. Peut-être la Vierge était-elle représentée sur les vitraux de l’abbatiale ; mais il est peu probable que les moines, qui se rattachaient à un courant assez austère du monachisme, illustré par les cisterciens en particulier, aient voulu orner leur grande église de fresques.
La seule représentation de la Mère de Dieu qui nous soit parvenue de ce temps est une Vierge de pierre calcaire du XIIe siècle, d’un bon mètre de haut, représentée en majesté et tenant l’Enfant divin sur ses genoux, comme les sculpteurs romans aimaient à la figurer.
À la fois Reine des fidèles et trône de la Sagesse, elle est entourée de deux anges qui rappellent sa dignité ; l’un d’eux tient une banderole sur laquelle figurait sans doute quelque parole de l’Écriture qui se référait à elle, mais que le temps a effacée ; l’autre un livre ouvert.
De sa main droite, la Vierge soutient la main de son Fils levée pour bénir, comme pour l’encourager à répandre ses bienfaits de grâce.



Notre-Dame de la Porte. Longtemps, elle a été Notre-Dame de la Porte : Vierge murale, elle se trouvait à l’extérieur de l’abbatiale, encastrée au-dessus du portail Nord, qui donne sur l’enclos monastique, et au-delà sur le village et les champs. À ses pieds sont passées les processions, elle a entendu les longues litanies, et aussi sans doute l’in paradisum, la merveilleuse antienne grégorienne que l’on chante pour accompagner les défunts jusqu’à leur dernière demeure terrestre. L’âge roman aimait ainsi à confier à la protection de Marie les portes de ses églises, symboles du passage vers l’au-delà. Dans l’abbatiale toute proche de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), c’est sur le mur intérieur, au revers du grand porche, que le peintre l’a représentée, entourée aussi de deux anges. À Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), autre célèbre sanctuaire monastique de la région ligérienne, on a retrouvé récemment une Vierge de même type, trônant parmi les Apôtres au centre d’un portail resté mystérieusement inachevé.  

Le fruit et la Vierge. À Fontgombault, une autre particularité attire l’attention : la Mère tient dans sa main un fruit, qui renvoie symboliquement au fruit du paradis : mais désormais, la Vierge, nouvelle Eve, nous le tend pour notre Salut, et non pour notre condamnation. En toute vérité, c’est l’Enfant qu’elle nous présente qui est ce fruit, « le fruit de ses entrailles » qui nous donne la vraie connaissance du bien et du mal. Un distique latin l’a bien exprimé :  

« Laeva gerit natum, gestat tua dextera malum Mali per natum tollitur omne malum. »  
« Votre main gauche tient le Nouveau-né, votre droite présente la pomme ; Par le Nouveau-né, tout le mal de la pomme a été retiré. »
 

Ces vers accompagnent la Vierge de Benoîte-Vaux (Meuse), en Lorraine ; il suffit, pour l’adapter à la Vierge de Fontgombault, d’inverser les côtés droit et gauche. Dans un de ses sermons saint Bernard s’adressa ainsi à Adam : « Que disais-tu, Adam ? “La femme que vous m’avez donnée m’a donné du fruit de l’arbre, et j’ai mangé”. Ce sont là de mauvaises paroles. Mais la Sagesse vainc le mal. […] Change-donc ces mots d’excuse pervers en paroles d’action de grâces, et dis : “Seigneur, la femme que vous m’avez donnée m’a donné du Fruit de l’arbre de vie, et j’ai mangé ; et c’est devenu plus doux que miel à ma bouche, parce qu’en lui, vous m’avez donné la vie” ».
 


Citation :
Toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère

Mais on remarque aussi que l’Enfant lui-même tient dans sa main gauche un fruit, comme sa Mère : c’est un symbole traditionnel de la médiation universelle de la Mère de Dieu. Cela signifie que toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère. Avant les précisions des théologiens, et en particulier de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, décédé il y a trois cents ans, nos pères du XIIe siècle avaient déjà compris cette doctrine si féconde.  

Un passé tourmenté. Bien des heurs et malheurs de la chrétienté ont trouvé écho dans l’antique abbatiale de Pierre de l’Étoile. La Vierge en a été le témoin, compatissante et toujours miséricordieuse. Ainsi au XIVe siècle, lors de la guerre de Cent Ans, l’abbatiale est transformée en fort, et subit un premier incendie. En 1372, Du Guesclin et ses Bretons la libèrent de l’occupation anglaise. Plus tragiquement, en 1569, l’abbaye est pillée par les troupes protestantes, qui brûlent presque tous les bâtiments. La statue de Notre-Dame échappe pourtant à leurs mains, malgré la ruine de la grande nef.  

Il fallut encore d’autres heures sombres avant qu’elle retrouvât sa place dans la vénération des fidèles. Déjà au milieu du XVIIIe siècle, les moines avaient disparu, victimes de la commende et de l’esprit des « Lumières ». L’abbaye avait en effet été sécularisée au profit des Prêtres de la Mission, fils de saint Vincent de Paul. Vendue à la Révolution comme Bien national, l’église fut vouée à servir de carrière de pierre. Bientôt, une main sacrilège viendra inscrire ses graffiti impies sur les colonnes de son sanctuaire : Numquam Deo ! (« Qu’il ne soit plus jamais à Dieu ! »).





La naissance de Notre-Dame du Bien-Mourir. Au temps de la Révolution, un malheureux osa s’attaquer à la vénérable statue pour la mettre à bas. Mal lui en prit : il fit une grave chute, dont il mourut peu après. Justice de Dieu ? Certes, mais justice qui, sans supprimer la souffrance, sait la transformer en amour : Notre-Dame obtint son repentir et sa conversion. Aussi, fut-elle désormais invoquée sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir.
Bien souvent, on vint des paroisses voisines lui recommander des agonisants, et par son intercession, de nombreuses grâces de mort chrétienne ont été obtenues, ainsi que des guérisons réputées miraculeuses.
 

Le renouveau de l’abbaye. La communauté de Trappistes qui s’installa en 1849 dans l’antique abbaye entreprit de restaurer l’église, en commençant par le sanctuaire, puis dans la dernière décennie du XIXe siècle, la nef elle-même. Les fidèles de la contrée témoignèrent une grande dévotion envers la Vierge du Bien-Mourir, des pèlerinages fréquents vinrent lui rendre hommage, et en 1869, le curé de Fontgombault demanda à l’archevêque de Bourges d’ériger dans sa paroisse une Confrérie de la Bonne-Mort, sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir.
En 1874, il en obtint l’affiliation à l’Association de la Bonne-Mort, établie à Rome dans la maison des Pères Jésuites, ce qui la fit bénéficier de nombreuses grâces (indulgences pour les confrères ou applicables aux défunts). Cette confrérie connut un grand succès, comptant jusqu’à 20 000 associés. Les Trappistes, qui avaient fait classer l’église au titre des monuments historiques dès 1862 et créé une distillerie de kirsch en 1899, sont cependant expulsés par les lois anti-congrégations de 1904 ; les bâtiments sont heureusement sauvés par l’avocat Louis Bonjean (mort de blessures de guerre en 1914), qui s’en sert pour des œuvres sociales.
L’abbaye devient ensuite hôpital militaire, puis le séminaire diocésain pendant quelques décennies.  




Fontgombault aujourd’hui La vie monastique a repris à Fontgombault en 1948, grâce à un essaim monastique venu de Solesmes ; signe de son dynamisme, l’abbaye a ensuite fondé quatre abbayes filles à la fin du XXe siècle.
La statue de Notre-Dame du Bien-Mourir, restaurée, a alors été installée dans le bas-côté Sud, où elle reçoit les hommages des fidèles et des moines, spécialement le 15 août, jour de la fête patronale de l’église. Le petit autel construit dans la nef au niveau de la statue a été consacré en 1954 sous le titre de Marie-Médiatrice.
En 1991, pour le neuvième centenaire de la fondation du monastère, la statue a été solennellement couronnée par Monseigneur Nowak, évêque de Czestochowa en Pologne.





Un moine
de l'abbaye de Fontgombault


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un moine de l'abbaye de Fontgombault a faites le samedi 17 décembre 2016.:


Proposition d'engagement





Je (re)lis le « Traité de la vraie dévotion » de saint Louis-Marie Grignion de Montfort


Cette semaine, nous vous proposons de lire ou relire le « Traité de la vraie dévotion » de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dont nous célébrons cette année le troisième centenaire de la mort. Au terme d’une préparation sérieuse, se consacrer à la Vierge, dans son esprit, pour « faire toutes ses actions par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie, afin de les faire plus parfaitement par Jésus Christ, avec Jésus Christ, en Jésus et pour Jésus ».




Proposition de formation sur la foi





Quelle importance reconnaître aux apparitions de Marie à l'Ile Bouchard ?


En 1947, à l’ÎIe Bouchard, la Vierge Marie est intervenue à un moment dont on a oublié à quel point il était critique en France. N’oublions pas que la Mère de Dieu demeure attentive et disponible.

Découvrez la réponse complète du Père Bernard Peyrous.





Proposition de prière





Les fidèles sont invités à adresser la prière suivante à la Vierge de Fontgombault..



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:09


 1680 


LA VIE CHRÉTIENNE À L’ÉCOLE DE LA VIERGE MARIE SELON SAINT JEAN EUDES





Premier prêtre à célébrer une messe en l’honneur du Cœur de Marie, Jean Eudes (1601-1680) défend la place de la Vierge Marie dans la vie et la dévotion chrétiennes, sans rien occulter à celle de Jésus-Christ.


« Nous ne devons pas séparer ce que Dieu a uni si parfaitement. Qui voit Jésus voit Marie, qui aime Jésus aime Marie. Celui-là n’est pas vraiment chrétien qui n’a pas de dévotion à la Mère de Jésus-Christ et de tous les chrétiens » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

« Il nous faut regarder et adorer son Fils en elle, et n’y regarder et adorer que lui. Car c’est ainsi qu’elle veut être honorée, parce que d’elle-même et par elle-même, elle n’est rien : son Fils est tout en elle » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 338, Lecture 50).

Dans la tension de ces deux citations, nous pouvons saisir le souci de saint Jean Eudes (SJE) (prêtre normand, 1601-1680) : donner une place à la Vierge Marie dans la vie et la dévotion chrétiennes, n’occulter en rien la place de Jésus-Christ.

Voilà la clé de la dévotion mariale chez Jean Eudes. Oui, Marie a une place importante, mais c’est à cause de son union à son Fils. « Elle n’est rien sans son Fils qui est tout en elle. » Cette considération doit nous interpeler dans notre pratique. Quand nous méditons le chapelet, nous ne contemplons pas la vie de Marie, mais les étapes et les mystères de la vie du Christ, dont Marie a été témoin et auxquels elle a été unie. Pour saint Jean Eudes, la dévotion mariale est contemplation de l’union indissociable du Christ et de Marie. « Son Fils Jésus est tout en elle : il est son être, il est sa vie, sa sainteté, sa gloire.  Il faut le remercier et nous offrir à lui pour qu’il nous fasse participants de l’amour qu’elle lui a porté » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

Nous avons donc à contempler et respecter cette union : être de Marie – être de Jésus, vie de Marie – vie de Jésus, sainteté de Marie – sainteté de Jésus, gloire de Marie – gloire de Jésus.



1. Sources scripturaires

Avec Luc, nous découvrons une femme banale, une jeune fille promise. Ce qui retient notre attention, c’est son « OUI » (Luc 1,38). À partir de ce « OUI », elle est unie au Christ. Elle le porte. Comme toute mère elle le portera toujours, jusqu’à avoir son cœur transpercé d’un glaive de douleur quand ce Fils mourra. À la Visitation, qu’est-ce que reconnaît Elisabeth ? « Comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi » (Luc 1,43). Sous l’action de l’Esprit, Elisabeth authentifie l’union de Marie qui porte Jésus.



Citation :
Marie favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ


À la crèche, la mère et l’enfant sont très proches. Mais Marie n’est pas propriétaire du don de Dieu. Aux bergers, aux mages, elle donne son fils à contempler, à reconnaître comme signe de l’œuvre de Salut de notre Dieu. Au Temple, elle laisse Syméon, cet inconnu, prendre l’enfant et lui-même en devenir porteur. Dès la naissance de Jésus, Marie découvre qu’elle doit communier à son offrande. Marie partage son union ; elle favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ. Cette part sacrificielle de sa vie en union au sacrifice du Christ, Marie l’expérimente peu à peu. C’est la leçon que nous pouvons retenir du pèlerinage au Temple quand Jésus eut douze ans (Luc 2,41-50). Elle doit apprendre que c’est au Temple, au lieu même du sacrifice, que son Fils doit être, dans l’accomplissement de la mission donnée par son Père. Et Marie doit y être aussi.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre aussi l’épisode qui nous est rapporté de la rencontre de Jésus et de sa Mère alors qu’il est sur les routes (Matthieu XII, 46-50 ; Marc III, 31-35 ; Luc VIII, 19-21). Souvent, ces passages sont interprétés comme sévères vis-à-vis de Marie quand Jésus interroge : « Qui est ma mère ? » Mais la réponse du Seigneur est bien un éloge : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est ma mère. » Il n’y a pas de plus beau compliment fait à la Vierge Marie dans tout l’Évangile ! C’est bien elle qui fait la volonté de Dieu. Marie est bien celle par excellence qui communie à la volonté de Dieu, comme son Fils. Dans cette union totale avec le Fils, elle a souvent dit les paroles de Gethsémani : « Non pas ma volonté Seigneur, mais la tienne » (Luc 22,42).

Et c’est à partir de ces méditations de l’union du Christ et de Marie, que saint Jean Eudes a été conduit à contempler leur intimité. Et tout naturellement, il la situe dans le Cœur.





2. Saint Jean Eudes nous donne la fête du Cœur de Marie
L’image du Cœur pour dire l’union entre deux êtres nous paraît naturelle et banale. Mais au temps de Jean Eudes, cela demeure inédit. Le saint est bien le premier à célébrer une messe en l’honneur du Cœur de Marie. Il y contemple l’union parfaite de Jésus et de Marie. Ils n’ont qu’un Cœur. « C’est le Cœur de la Fille unique et bien-aimée du Père éternel ; c’est le cœur de la Mère de Dieu ; c’est le cœur de l’Épouse du Saint-Esprit ; c’est le cœur de la Mère très bonne de tous les fidèles. C’est un cœur tout embrasé de l’amour de Dieu, tout enflammé de charité envers nous » (OC VII p.461, Lect 53).

Dès que saint Jean Eudes contemple l’unité du Cœur de Jésus et Marie, nous basculons dans l’élan de l’amour de Dieu. Quand il décrit l’amour qui unit Jésus et Marie, il le situe dans le cœur de chacun d’eux. Et ce qu’il y découvre, c’est que ce cœur n’aime pas que Jésus, ou qu’il n’aime pas que Marie, il est « tout enflammé de charité envers nous ».

Dans l’Évangile de Jean, au chapitre 2, nous voici à Cana. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. Regardons Marie. Elle se préoccupe de la situation, elle est charité pour les mariés. Et se faisant, elle ne met pas le projecteur sur elle, mais sur son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2,5). Saint Jean Eudes décrit ce mouvement : un amour qui unit Jésus et Marie, qui est ouvert sur l’amour pour tous les hommes et permet qu’ils rencontrent le Christ.

Cette dynamique culmine à la Croix. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. « Jésus dit à sa Mère : « Femme voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » »  (Jean 19, 26-27). Tout est dit. Tout est vécu. L’amour culmine dans ce don. Jésus est donné. Marie aussi. De Mère du Christ, elle devient Mère des hommes. Son amour pour son Fils devient amour pour nous. Le Cœur de Marie, c’est le cœur de la Mère du Christ qui aime tous les hommes, avec un cœur de Mère. « Le Cœur de Marie est tout amour pour Dieu, car il n’a jamais rien aimé que Dieu seul […]. Il est tout amour, parce que la Vierge Marie  a toujours aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. Il est tout amour parce qu’il a toujours voulu ce que Dieu voulait. […] Le Cœur de Marie est tout amour pour nous. Elle nous aime du même amour dont elle aime Dieu, car c’est Dieu qu’elle regarde et aime en nous. Et elle nous aime du même amour dont elle aime son Fils. Car elle sait qu’il est notre chef et que nous sommes ses membres » (Œuvres complètes, vol. VIII, p. 114, Lecture 53).

Voilà qui donne le vertige. Car si nous contemplons ce que Dieu a fait en Marie, nous sommes conduits à prendre conscience de ce qu’il a fait pour nous et, dans le même mouvement, à reconnaître combien nous lui en sommes redevables ! Nous pourrions fuir, nous estimer indignes de tels bienfaits. C’est à cause de ce risque qu’il y a le Carême. Il nous prépare à vivre la grandeur du don que Dieu nous fait et que nous célébrons à Pâques. Et c’est pour que nous ne fuyions pas que SJE lance cet appel : « Vous tous qui avez soif, venez boire à cette source. Hâtez-vous ! Pourquoi différez-vous d’un seul moment ? Vous craignez de faire du tort à votre Sauveur si vous vous adressez au Cœur de sa Mère ? Mais ne savez-vous pas que Marie n’est rien, n’a rien, ne peut rien que de Jésus, par Jésus et en Jésus ? Que c’est Jésus qui est tout, peut tout, et fait tout en elle ? Ne savez-vous pas que non seulement Jésus est résidant et demeurant continuellement dans le Cœur de Marie, mais qu’il est lui-même le Cœur de son Cœur, et qu’ainsi venir au Cœur de Marie, c’est venir à Jésus » (Œuvres Complètes, vol. VI, p. 148, Lecture 52).

Alors n’ayons pas peur. Comme Jean y a été invité au pied de la Croix, prenons Marie chez nous (Jean 19,27). C’est aussi l’expérience de Joseph : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, car l’enfant qu’elle porte, vient de l’Esprit Saint » (Matthieu 1,20). Nous voici dans notre troisième moment auquel nous invite saint Jean Eudes : vivre avec Marie.  



3.   La vie chrétienne à l’école de la Vierge Marie

Le Cœur de Marie nous est donné pour devenir le nôtre, le siège du même amour, la force du même accueil de la volonté de Dieu, la capacité de la même offrande de notre vie. Mettons-nous à l’école de l’amour débordant de ce Cœur. « Ce Cœur admirable est l’exemplaire et le modèle de nos cœurs, et la perfection consiste à faire en sorte qu’ils soient autant d’images vives du saint Cœur de Marie » (Œuvres Complètes, vol. VIII, p. 431, Lecture 52). Saint Jean Eudes parle de Marie comme le prototype du chrétien puisque le Cœur de Marie est le modèle de notre cœur. Si nous nous référions au Cœur de Jésus seul, il paraîtrait normal qu’il soit la perfection de l’amour. Il est Dieu. Mais dans le Cœur de Marie, nous puisons le grand encouragement qu’un cœur humain puisse aimer de la sorte. Nous croisons ici toute la dynamique de la vie chrétienne prêchée par Saint Jean Eudes. Il s’agit de « former Jésus en nous », de nous laisser configurer au Christ pour aller jusqu’à « continuer la vie de Jésus ». Voilà le programme. Impossible à remplir sans suivre l’exemple encourageant de Marie, sans être habité de l’amour de Dieu.





Pour le dire autrement, c’est en considérant l’œuvre de Dieu en Marie que nous pouvons comprendre notre vocation. C’est en contemplant son expérience que nous pouvons découvrir comment nous aussi, comme Marie, nous pouvons être accueil de la Parole qui nous est dite de la part du Seigneur et faire la Volonté de Dieu. « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ce sont ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique » (Luc 8,21). C’est bien en ce sens de notre vocation baptismale que nous devons laisser Marie être notre Mère, celle qui nous éduque, nous conduit sur le chemin de sa vie de communion à son Fils. Marie, peu à peu, fait que, comme elle, nous portions le Christ au monde.

Notre cœur doit avoir une double orientation : aimer Dieu comme Marie à Cana qui va trouver son Fils, comme Marie du pèlerinage au Temple qui n’a de cesse de retrouver son Fils ; et aimer tous les hommes comme Marie de Cana qui se préoccupe de la situation, comme Marie de la Croix qui devient la mère de Jean, de nous tous.

À nous d’aller de l’avant dans cette lancée. Nous devons être à l’école du Cœur de Marie dont saint Jean Eudes décrit l’activité débordante :

« Ô très douce et très pieuse Vierge Marie, vous qui regardez des yeux de votre bonté tant de misère et tant de misérables, dont toute la terre est remplie ; tant de pauvres, tant de veuves, tant d’orphelins, tant de malades en toutes manières, tant de captifs et de prisonniers, tant d’hommes qui sont traversés et persécutés par la malice des hommes, tant d’indéfendus qui sont opprimés par la violence de ceux qui sont au-dessus d’eux, tant de voyageurs et de pèlerins qui sont au milieu des périls, sur mer et sur terre, tant d’ouvriers évangéliques qui sont exposés à mille dangers pour sauver des âmes qui se perdent, tant d’esprits affligés, tant de cœurs angoissés, tant d’âmes travaillées de diverses tentations … »
(Œuvres Complètes, vol. VII, p. 32, Lecture 57).

À l’école de la Vierge Marie, c’est bien vers eux tous que nous devons orienter notre regard pour apporter, comme elle, la guérison par l’amour de son Fils.

Entendons pour nous-mêmes la réponse de Jésus : « Heureuse celle qui t’a nourri de son lait. – Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Luc 11, 27-28). Vivons de cette béatitude vécue par Marie.





Père Laurent Tournier
Eudiste


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Laurent Tournier a faites le samedi 24 décembre 2016.:


Proposition d'engagement





Je prends des moments de halte pour me tourner avec Jésus vers le Père


À l’école de Jean Eudes, nous pouvons chercher à mettre plus encore notre vie chrétienne en conformité avec celle du Christ. Dans nos journées, nous pouvons prendre des moments de halte pour nous tourner avec Jésus vers le Père. Nous pouvons aussi choisir une pause plus longue d’un week-end ou d’une semaine, seul en couple ou en famille (par exemple au centre spirituel eudiste :




Proposition de formation sur la foi





Jésus a-t-il vraiment existé ?


La certitude historique de l’existence de Jésus n’a jamais été sérieusement mise en question depuis 2000 ans et elle est attestée par des faits et de multiples sources antiques, chrétiennes, juives ou profanes.

La réponse complète de Jean-Christian Petitfils, historien et écrivain.





Proposition de prière





Je prie avec saint Jean Eudes pour apprendre à recevoir le Christ.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:12


 1622 


SAINT FRANÇOIS DE SALES, UN ÉVÊQUE ÉVANGÉLISATEUR ET CHARITABLE AU SERVICE DES PAUVRES





François est né le 21 août 1567 au château de Sales, à Thorens-Glières, près d'Annecy. Pendant sa grossesse, sa mère le consacre au Seigneur lors du passage du Saint-Suaire dans sa paroisse. Sa naissance a lieu prématurément le septième mois, mettant en danger sa vie et celle de sa mère. Aîné de six enfants, il refusera le métier de sénateur que lui choisit son père pour se consacrer aux plus pauvres en devenant prêtre puis évêque.

Son père, François de Boisy et sa mère, Françoise de Sionnaz mènent une vie chrétienne exemplaire et offrent une atmosphère humaine épanouissante pour la croissance de leurs enfants. François de Boisy est homme d’un jugement résolu, ferme dans ses décisions, bienveillant avec ses sujets et ennemi déclaré du protestantisme qui prend alors son essor dans la région. Sa femme est d’une piété profonde, généreuse, noble d’esprit, modeste, aimable et très proche de son fils François.

La date exacte de son baptême est contestée. Il est en effet probable que sa naissance prématurée ait précipité les choses, mais les solennités rituelles ont lieu le 28 août 1567 en l’église de Thorens. La jeunesse de François se déroule dans un village appelé Brens, endroit d'une beauté exquise. Entre trois et cinq ans, il reçoit sa première formation chrétienne de sa mère et de Françoise Duret, son premier professeur.


De 1573 à 1575, François est instruit à La Roche, à une courte distance de Thorens. Il poursuit ensuite sa formation à Annecy jusqu’en 1578. Il reçoit la communion et la confirmation des mains de Mgr Ange Giustiniani à l’âge de huit ans. Dès ses premières années, il se révèle être un garçon attentif, calme, réfléchi et peu intéressé par les jeux. Les années passant, il montre une curiosité étonnante pour les mystères de la foi et consacre de plus en plus de temps aux prières quotidiennes, à la lecture des livres de piété et la visite des églises. L’Eucharistie devient le centre de sa vie. Sa vocation à la prêtrise se dessine en douceur. Il reçoit la tonsure le 20 septembre 1578 par Mgr Gallois Regard (1512-1582), évêque de Bagnorea dans le Latium, revenu en Savoie.

À partir de 1582, François de Sales part poursuivre ses études au collège à Paris, avant de suivre quatre ans d'études classiques au collège des jésuites de Clermont. Il y devient un homme de la Renaissance sur le plan intellectuel et obtient un baccalauréat en arts. Par obéissance à la volonté de son père qui voudrait le voir devenir magistrat, il acquiert les compétences attendues de la noblesse. Il commence ses études de philosophie en octobre 1585. Au cours de ces années, il trouve plaisir à explorer la théologie dogmatique, positive, et morale ; l'Écriture Sainte, la patrologie et la politique. D’un tempérament colérique, il essaie de changer cette nature et acquiert de la douceur après de longs efforts sur lui-même depuis ses vingt ans.


Citation :
Un jour, il entre dans une église, prie devant une statue de Marie et retrouve soudainement la paix


À l'âge de dix-neuf ans, François de Sales traverse une grande crise, qui s’étend sur six longues semaines de décembre 1586 à janvier 1587. Il est tenté par le désespoir en raison de l'influence des luthériens et du pessimisme pré-janséniste. Il craint d’être prédestiné à l'enfer par un jugement infaillible de Dieu. Mais un jour, il entre dans une église, prie devant une statue de Marie en récitant le memorare et retrouve soudainement la paix.

Son père souhaite que son aîné suive une carrière dans le service d’État. Ainsi, après son retour à Annecy en 1588, il est envoyé à l'université de Padoue pour étudier le droit. Là aussi, il trouve le temps d'étudier la théologie. François est un fin observateur de la vie et des gens. À Milan, il visite le tombeau de saint Charles Borromée et cela confirme son désir d'être saint. Se plaçant sous la direction spirituelle d’Anthony Possevin, jésuite, il rédige une règle pour sa vie, renouvelle sa promesse de chasteté, et récite l'office divin. Le 5 septembre 1591, il reçoit son doctorat en droit civil et droit canon.

À son retour de Padoue, son père pense faire de lui un sénateur et suggère qu'il contracte un mariage avec une femme riche et belle appelée Françoise Suchet. Mais le jeune homme reste ferme dans sa décision de devenir prêtre. Il est ordonné le 18 décembre 1593 à l’âge de 26 ans. Il entreprend alors une mission difficile : partir à la rencontre des calvinistes dans le Chablais (ancienne possession du comté de Savoie) pour essayer de les ramener à la foi catholique. Le 14 septembre 1594, il part avec son cousin Louis de Sales. Là, il va connaître beaucoup d’épreuves : des oppositions de toutes sortes, y compris des tentatives d’attenter à sa vie. Il va y répondre par la prière, la pénitence, la prédication, l'écriture, le débat public avec les ministres calvinistes. Sa persévérance est victorieuse, il ramène tout le quartier à la foi catholique !

Dans le Chablais, il introduit une méthode novatrice : présenter d'une manière simple et directe la doctrine de la foi et une critique de l'enseignement des réformateurs par des brochures distribuées à la population pendant deux ans. Il contribue à la création d'un collège sous la direction des jésuites, un groupe de prêtres séculiers suivant la règle de l’Oratoire et une auberge de jeunesse à Thonon. Le 15 mars 1599, le pape Clément VIII le confirme coadjuteur de l’évêque de Genève, Mgr de Granier.

Après la mort de Claude de Granier, François est consacré évêque de Genève à Thorens le 8 décembre 1602 par Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque émérite de Vienne et métropolitain de Genève. La cathédrale Saint-Pierre de Genève étant occupée par les protestants calvinistes depuis 1535, c’est à Annecy que siège François : il ne mettra jamais les pieds dans sa cathédrale. L’évêque est un bon berger. Il se soucie autant des riches que des pauvres, mais avec une préférence particulière pour ces derniers. Il porte en lui l'esprit de l'humanisme chrétien et prend des initiatives pour la formation du clergé et pour la formation spirituelle des jeunes. Une confrérie des laïcs est créée dans le but d'enseigner la doctrine chrétienne. Pendant sa vie, il prêche plus de 4000 sermons. C’est un prédicateur au verbe puissant et plein de charme, qui parle à la fois comme un père et un enseignant. Il accompagne en tant que directeur spirituel un certain nombre de personnes.




Les livres les plus connus de François de Sales sont : Introduction à la vie dévote et le Traité sur l'Amour de Dieu. Les deux sont considérés comme des classiques spirituels. Il a fondé l'ordre contemplatif de la Visitation avec sainte Jeanne de Chantal (1572-1641) le 6 juin 1610 qui met en valeur les vertus illustrées lors la visite de Marie à sa cousine Élisabeth : l’humilité, la piété et la charité mutuelle (environ 150 monastères). La Vierge Marie est en effet un modèle important pour lui.

Proche des rois Henri IV et Louis XIII, saint François de Sales meurt à l'âge de 55 ans d'une hémorragie cérébrale à Lyon le 28 décembre 1622. Il a été béatifié en 1662 puis canonisé le 19 avril 1665 par le pape Alexandre VII. Il a été déclaré docteur de l'Église le 16 novembre 1877 par le pape Pie IX. Pie XI l’a quant à lui proclamé le patron céleste de tous les journalistes et écrivains le 26 janvier 1923. En plus de ces deux titres, Saint François de Sales est l'apôtre du Chablais et le saint « Gentleman ». Diverses congrégations religieuses ont été fondées sous son patronage.




Père Viju MATHEW
Curé de la paroisse Saint-François de Sales, Thorens-Glières


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le père Viju Mathew a fait le samedi 14 mai 2016.:


Proposition d'engagement




Comme saint François de Sales, nous vous proposons cette semaine de faire œuvre de charité envers plus pauvre que vous. Par la prière, l’écoute ou le service, mettez votre cœur en union avec celui qui en a particulièrement besoin et répondez par la charité et la bonté qui caractérisaient celui que l’on a surnommé le « docteur de l’amour ». « Rien par force, tout par amour », telle était la devise qui a guidé toute sa vie saint François de Sales.


Proposition de formation sur la foi





Que dit la Doctrine sociale de l'Église ?


La Doctrine sociale de l’Église (DSE) est un trésor bien trop méconnu, qui propose une vision réfléchie de la société ainsi que des objectifs, des principes, des valeurs et des réflexions indispensables pour la mettre réellement au service de la personne humaine.

Découvrez la réponse complète de Joël Thoraval, président national du Secours Catholique de 1998 à 2004.






Proposition de prière




Cette semaine, nous vous proposons aussi de réciter et de méditer avec nous la prière à saint Joseph de saint François de Sales que nous fêtons aujourd'hui.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:24


 2013 


FRÈRE PIERRE-MARIE : CREUSER UNE OASIS DE PRIÈRE DANS LE DÉSERT DES VILLES





Au milieu des années 1970, le Frère Pierre-Marie (1934-2013) a fondé une Fraternité monastique pour creuser une oasis de prière dans le désert des villes.


Les sources d’une vocation. Pierre Delfieux naît le 4 décembre 1934, à Campuac (Aveyron), dans une famille de six enfants. La maison familiale se trouve face à l’église où il fait sa première communion à six ans. Chaque matin, il va servir la messe avant d’aller à l’école communale.

Le maître lui remet un jour, en guise de prix, un livre racontant « la vie d’un officier qui est devenu curé ». Le jeune Pierre est fasciné par le visage de l’homme imprimé sur la couverture et le cœur rouge brodé sur sa poitrine. C’est le début d’une longue amitié spirituelle avec Charles de Foucauld.

À 17 ans, une retraite dans un centre marial s’avère décisive : il prend conscience de l’amour dont il est aimé, et choisit de répondre à l’appel qu’il a entendu lors de sa première communion. Après son baccalauréat, il entre au grand séminaire de Rodez (Aveyron). Il est envoyé pour finir sa théologie à l’Institut Catholique de Toulouse, puis pour des études de philosophie et de sciences sociales, à Paris, à la Sorbonne. Il est ordonné prêtre dans la cathédrale de Rodez, le 29 juin 1961, et nommé vicaire de la cathédrale.



Sur les pas du Christ. En 1965, il intègre à la demande du futur Cardinal Lustiger qui la dirige, l’équipe d’aumôniers d’étudiants du Centre Richelieu. La vie de l’aumônerie est intense et les initiatives nombreuses. Mgr Guy Gaucher se souvient d’un week-end d’étudiants, organisé par le P. Delfieux pour les anglicistes, qui, avec 600 étudiants, battit tous les records de participation !

Des pèlerinages sont organisés, à Chartres bien sûr, mais aussi en Italie, en Espagne, en Terre Sainte…
Le P. Delfieux y découvre l’importance que peut avoir pour la vie de foi un pèlerinage sur les pas de Jésus ; très attaché à cette terre, il continuera d’y guider régulièrement des pèlerinages pour les Frères et Sœurs de Jérusalem et les laïcs proches des Fraternités.
En ces années 1960, il découvre aussi le désert et devient, au Centre Richelieu, le spécialiste des méharées (randonnées organisées dans le désert à dos de dromadaire) au Sahara, vers Tamanrasset (Algérie) et les lieux habités par le P. de Foucauld.



Un ermite dans le désert  Aussi, quand au bout de sept ans de cet apostolat marqué par les bouleversements introduits par Mai 68, il lui est proposé de prendre une année sabbatique, il ne résiste pas à l’appel du désert et part d’abord à Béni-Abbès (Algérie), dans la communauté des Petits frères de Jésus, puis à l’Assekrem, dans le massif du Hoggar.
Le P. Delfieux y construit de ses mains un ermitage, auquel il donne le nom de Bethléem et où il passe une première année, puis une seconde, avec la seule compagnie des pierres et des étoiles. Avec, dit-il, ce qui suffit : « La Bible et le Saint-Sacrement. »



Un moine dans la ville.  Peu à peu, s’organise en lui ce qui n’était encore que des aspirations : mener une vie fraternelle, dans le partage de la liturgie, pour l’annonce de l’Évangile.

Une conviction s’impose : le vrai désert aujourd’hui se trouve dans les villes. C’est là qu’il faut aller creuser des oasis de prière. Sa décision est prise : en juin 1974, il quitte l’Assekrem et va confier au Cardinal Marty, rouergat d’origine comme lui et, à ce moment-là, archevêque de Paris, son désir : devenir moine dans la ville.



La fondation de la première Fraternité. Ce désir rencontrant l’intuition du Cardinal, la fondation peut naître. Une église lui est confiée dans le centre de Paris, pour y établir la future Fraternité : ce sera Saint-Gervais, proche de l’Hôtel de Ville et du quartier des Halles.

Pendant une année, le P. Delfieux précise son projet et rassemble ses premiers compagnons. D’emblée, l’essentiel est posé : une vie fidèle aux grandes exigences monastiques et professant les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance ; mais adaptée en sa forme concrète, aux réalités de l’Église postconciliaire et du monde contemporain. L’accent est mis sur la prière personnelle et communautaire, avec d’amples liturgies chantées dans une église ouverte à tous.

La vie fraternelle est fondamentale, mais elle se vit en ville, dans des appartements ou des maisons loués, sans que la Fraternité puisse acquérir de propriétés. Le travail, nécessaire pour gagner son pain, se veut aussi solidaire des contraintes vécues par les citadins : il se vit de préférence à mi-temps comme salarié. Les Frères veulent ainsi se situer en solidarité avec les citadins qui les entourent, mais aussi en contestation pour affirmer le primat de l’amour et de la prière.



La naissance du Frère Pierre-Marie.. La première liturgie est chantée par une douzaine de Frères dans l’église Saint-Gervais, le 1er novembre 1975, fête de Toussaint. La feuille expliquant le projet justifie le choix de cette date : « Notre aventure sera celle de la sainteté, ou elle ne sera pas. »

Le Père Delfieux devient Frère Pierre-Marie, pour marquer son attachement filial à la Vierge. Sa vie se confond désormais avec celle de la Fraternité qu’il guide et anime inlassablement.



L’expansion des Fraternités.  Une Fraternité de moniales naît à son tour le 8 décembre 1976. Même si Frères et Sœurs chantent ensemble toutes les liturgies, dès le départ les logements et les gouvernements des deux Fraternités sont bien distincts. Une étape décisive est franchie en 1978-1979, où les Fraternités reçoivent le nom de « Jérusalem », la ville sainte. Frère Pierre-Marie met alors par écrit le tracé spirituel des Fraternités, fondé sur sa méditation de la Bible et sur l’expérience déjà accumulée. Son livre est intitulé Livre de Vie de Jérusalem (Éditions du Cerf, 7e édition, 2014), et rapidement traduit en plus de 20 langues.

Après le temps des découvertes et des tâtonnements, vient à partir des années 1990 le temps de la création de nouvelles fondations ; alors que les Fraternités comptent déjà une centaine de Frères et Sœurs. Ces fondations sont toujours réalisées à la demande de l’évêque du diocèse dont les Fraternités dépendent, selon l’ecclésiologie née de Vatican II ; et il y a toujours une Fraternité de Frères et une de Sœurs qui sont envoyées en même temps. Il y a eu Vézelay en 1993, Strasbourg en 1995, Florence en 1998. Puis Le Mont-Saint-Michel et Bruxelles en 2001, Montréal en 2004, Rome en 2006, Cologne en 2009, et Varsovie en 2010. Frère Pierre-Marie impulse et suit de près ces diverses implantations. Il est très attentif en particulier à l’aménagement des églises où vont se dérouler les liturgies et au cadre qu’il désire sobre, mais toujours empreint de beauté.



Une reconnaissance canonique.  Un autre édifice, juridique celui-là, retient aussi son attention. Au terme d’un long processus de rédaction et d’approbation par les Congrégations de la Vie consacrée et de la Doctrine de la Foi, les Constitutions des Fraternités Monastiques de Jérusalem sont définitivement approuvées par le Cardinal Jean-Marie Lustiger le 31 mai 1996 ; et érigées en Instituts de Vie consacrée d’inspiration monastique.
Aux élections qui suivent cette reconnaissance canonique, Frère Pierre-Marie est élu prieur général ; il est réélu pour un second mandat en 2003.  



Un homme passionné. Le Frère Pierre-Marie poursuit une activité intense : prédication plusieurs fois par semaine et permanences au bureau d’accueil de l’église ; visites aux diverses Fraternités ; conférences à l’extérieur, et enseignements à l’intérieur pour les Frères et Sœurs, mais aussi pour les nombreux groupes de laïcs qui se rassemblent autour d’eux…

Il dirige « Sources Vives », la revue des Fraternités, où il rédige de nombreux articles. Il publie plusieurs recueils d’homélies rassemblées sous le titre d’« Évangéliques », et un essai synthétisant l’expérience des Fraternités : Moine dans la ville (Bayard, 2003).

À la fin de son second mandat, conformément aux Constitutions, un nouveau prieur général des Frères de Jérusalem est élu : Frère Jean-Christophe Calmon (Sœur Violaine étant élue en 2010 prieure générale des Sœurs de Jérusalem).
Bien que malade depuis la fin de 2011, Frère Pierre-Marie continue à soutenir et encourager les différentes Fraternités, en les visitant, à prêcher et à enseigner.  

Il est décédé dans la maison de Magdala, en Sologne (La Ferté-Imbault, Loir-et-Cher), lieu de retraite des Fraternités, le 21 février 2013.





Sœur Marie-Laure
Membre des Fraternités Monastiques
de Jérusalem



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que Sœur Marie-Laure a faites le samedi 31 décembre 2016.


Proposition d'engagement





Je suis une retraite en ligne


Cette semaine, nous vous proposons de :
- suivre  de nombreuses propositions de retraites en ligne ou d’ateliers bibliques parmi lesquels :
- « Onze journées avec saint Luc » : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/mediter-la-parole/parcours-bibliques
- ou « Sur les traces de la foi » (lecture de Gn 12-50 en 10 épisodes) : http://retraites-avec-jerusalem.cef.fr/archives-retraites-en-ligne/atelier-biblique

- ou de découvrir la liturgie sur notre site :
- Les richesses des temps liturgiques (articles) : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/vivre-la-liturgie/temps-liturgique
- ou Vivre et comprendre la liturgie (20 fiches) : http://jerusalem.cef.fr/fraternites/vivre-la-liturgie/vivre-et-comprendre-la-liturgie



Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que la vocation ?


Penser et vivre sa vie en termes de vocation est une manière de voir la vie comme un bien reçu à redonner, un don à offrir. C’est répondre personnellement et librement à l’appel de Dieu par le don de soi. C’est en marchant avec Lui, à l’écoute de sa Parole et des besoins et cris du monde, et de la Parole de Dieu que nous discernons notre vocation.

La réponse complète de Sœur Nathalie Becquart.






Proposition de prière




Cette semaine, nous vous proposons de réciter avec nous la prière de Frère Charles de Jésus.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:28


 1905 


PHILIBERT VRAU : UN MODÈLE DE DIRIGEANT CHRÉTIEN





Né à Lille en 1829, mort dans cette même ville en 1905, ce patron d’une entreprise textile a passé la première partie de sa vie à transformer la manufacture héritée de son père non seulement en une société de réputation nationale (le fil à coudre de la marque « Au Chinois »), mais en « usine chrétienne » (avec chapelle, religieuses dans les ateliers, aumônier, etc.), où le personnel était, en pleine révolution industrielle, considéré davantage comme membres d’une même famille (« frères et sœurs dans le Christ ») que comme de simples salariés.


Le « commis-voyageur de Dieu » La seconde partie de sa vie, il l’utilisa, vrai « commis-voyageur de Dieu », à sillonner tout le pays, ses tournées commerciales se changeant de plus en plus en pérégrinations de militant catholique, et à prendre conseil au Vatican. Le but de sa vie, « la gloire de Dieu et le service du prochain », consista à développer l’organisation pratique d’innombrables actions caritatives et éducatives, à les financer de ses deniers, à recruter des propagandistes pour des œuvres d’apostolat conformes aux vues de la papauté. Tout cela à une époque où l’Église de France était à la fois majoritairement gallicane et de plus en plus attaquée par la République anticléricale.




Un jeune Lillois hors du commun. Issu de la petite bourgeoisie du Nord, Philibert Vrau connaît, enfant, une triste expérience au collège municipal de Lille. Adolescent, il délaisse la foi chrétienne au profit du spiritualisme rationaliste que le philosophe Victor Cousin avait mis en vogue sous le Second Empire. Après un essai malheureux dans le monde bancaire, Philibert Vrau, personnalité ardente, insatisfaite de « l’esprit du temps » (voyant tant de riches « abrutis par l’opulence » et de pauvres « abrutis par l’indigence »), se convertit en 1854, notamment après la découverte du spiritisme alors très à la mode (cf. les « tables tournantes » de Victor Hugo). L’année suivante, il demande à son père la permission de quitter la filterie familiale (entreprise qui achète et conditionne des fils de lin) pour entrer en religion. Mais sa famille lui rappelle que l’affaire, très fragile, a besoin de lui, fils unique, pour prendre la relève. Ayant alors pris la résolution de rester « célibataire pour Dieu », secondant son père jusqu’au décès de celui-ci en 1870, il décuple le chiffre d’affaires et donc les bénéfices de l’entreprise (plus de 1000 employés vers 1875, 70 millions de pelotes vendues chaque année).

Il prend l’habitude de vivre de peu, dans sa famille, de redistribuer la quasi totalité de ses revenus et de se dépouiller au maximum. Il rêve secrètement de faire de Lille une « ville sainte ». Lille, cité en plein essor industriel et démographique où sévit la misère ouvrière, mais aussi antique cité mariale où un groupe de catholiques dont il fait partie construit, à partir du Second Empire, l’immense église Notre-Dame de la Treille devenue depuis lors la cathédrale du diocèse de Lille.

Il lance sur sa région les « œuvres eucharistiques », en développant par exemple l’« Adoration nocturne du Saint Sacrement » en 1857, et surtout en mettant sur pied le premier « Congrès eucharistique international » en 1881 dans les locaux de l’Université catholique de Lille, dont il est l’un des fondateurs.



Un patron exemplaire.  Personnage au caractère profondément oblatif, honnête (son comptable souligne qu’il n’a « jamais volé un millième de centime » ; il a même remboursé la douane après avoir découvert une erreur), humble, discret sinon effacé, austère, combatif, opiniâtre, n’ayant ni les dons d’un orateur ni ceux d’un théoricien, il excelle dans les contacts individuels et se lance dans ce que l’on appellera plus tard « l’action catholique ».

Il devient ce qu’on nommait alors un « homme d’œuvres », touchant le cœur de ceux qu’il rencontre. Il s’adjoint les qualités de son meilleur ami d’enfance, Camille Féron, qui devient son beau-frère en 1861 et qui abandonne en 1866 l’exercice de la médecine pour prendre en main la direction interne de la Maison Vrau.

Dès 1867, Philibert Vrau développe dans le Nord les « patronages chrétiens » pour donner un cadre moral et récréatif aux enfants démunis (par exemple il crée à Lille le « Patronage Saint Léonard » qui subsistera jusqu’en 1970). Mais il sera bien davantage que le riche philanthrope qui propage la bienfaisance dans l’anonymat et davantage que le monarchiste de cœur devenu « catholique social » qui va suivre à la lettre les Encycliques papales de Léon XIII « Rerum novarum » (fondement de la Doctrine sociale de l’Église en 1891) et « Au milieu des sollicitudes » (prônant le ralliement des catholiques français à la République en 1892).



Un fervent apôtre de la charité.  En effet, après la mort de sa mère en 1888, menant la vie d’un « religieux dans le monde », il confie pratiquement les rênes de l’entreprise à Camille Féron et accepte la charge de président de la Confrérie de la « Sainte Famille » (une « pieuse union » de prière et de charité d’origine espagnole), et surtout celle de président du Conseil régional des « Conférences de Saint Vincent de Paul ». Il se mue en une sorte de pieux nomade, voyageant six mois de l’année en chemins de fer (au milieu des tempêtes de la « guerre religieuse ») pour aller resserrer les rangs des « Comités catholiques », distribuer à pleines mains des aides, développer les subventions à la presse, ou encore construire des lieux de culte et des dispensaires catholiques.

Ses dépenses personnelles étaient très réduites ; on a calculé qu’il donnait (avec grande discrétion) jusqu’à 92 % de ses revenus ; à sa mort, le montant de sa succession sera si faible que le fisc s’en émouvra ! En 1934, son prénom a ainsi été donné à un établissement médical, actuellement « Hôpital Saint Philibert », à Lomme (station de métro de Lille).





Un précurseur de l’enseignement secondaire. Son action dans l’enseignement catholique sera sans doute la plus connue, d’abord du côté des écoles primaires. En 1890 (avant la grande offensive des ministres radicaux-socialistes anticléricaux de 1900), sous son impulsion, c’est 32 écoles de garçons et 34 écoles de filles qui sont ouvertes dans les 12 paroisses de Lille (50% des effectifs totaux).

Dès avant la loi de juillet 1875 (qui, brisant le monopole d’État napoléonien, autorisait la création d’universités libres en France), Philibert Vrau s’est employé à créer les conditions favorables à la fondation d’une université catholique pontificale (sous la protection du Vatican) à Lille plutôt qu’à Douai. Il achète avec ses amis 40 000 m2 de terrain sur le boulevard Vauban et, dès 1877, la ville de Lille, sans passé universitaire, aura une Université libre avant une Université d’État. Dans le même périmètre de ce « Quartier latin catholique lillois », une école d’ingénieurs sera créée grâce à lui en 1898, et confiée aux pères jésuites : l’Institut catholique des arts et métiers.



Vers la canonisation ? Dès 1911, est inaugurée l’église Saint-Philibert dans un quartier populaire du sud de Lille, qu’il avait financée avec son beau-frère, parmi bien d’autres lieux de culte. L’aspect architectural et moral de la capitale de la Flandre française serait bien différent si Philibert Vrau et Camille Féron n’avaient pas eu une telle vocation de bâtisseurs et d’évangélisateurs.

Bien des personnes appelaient à l’époque Philibert Vrau « le saint de Lille ». Un procès de béatification de ces deux entrepreneurs chrétiens hors normes fut ouvert, en 1912, sous la houlette du coadjuteur de l’archevêque de Cambrai (il n’y a pas d’évêque à Lille avant 1913), après la parution du récit hagiographique de la vie de Philibert Vrau et de Camille Féron, par Monseigneur Baunard, recteur de l’UCL (Université Catholique de Lille). De nombreux témoignages, notamment d’ouvriers, furent recueillis, tous favorables. Le procès se poursuivit à Rome dans les années 1930. Il fut interrompu dans les années 1950 par le cardinal Liénart, sensible au contexte sociopolitique de l’époque où les syndicats, même chrétiens, semblaient hostiles par principe au patronat, souvent dénoncé comme « paternaliste ».

De nos jours, une association (“Les Amis de Philibert Vrau”) a repris le flambeau pour rouvrir le dossier de ce « serviteur de Dieu » dont les bienfaits gagnent à être (re)connus et continuent de porter de beaux fruits.





Jean-Louis Pelon
Guide-conférencier, chroniqueur (La Croix du Nord, RCF-Nord de France), membre de l’Association des “Amis de Philibert Vrau”



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que Jean-Louis Pelon a faites le samedi 7 janvier 2017.


Proposition d'engagement





J'utilise mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu


À l’exemple de Philibert Vrau, je veux utiliser mon argent pour l’avènement du Royaume de Dieu. Je peux pour cela creuser la vie de Philibert Vrau ici.




Proposition de formation sur la foi





Est-il vraiment plus difficile aux riches d’entrer dans le Royaume de Dieu ?


L’Évangile souligne le danger que peut constituer la richesse pour notre salut, si c’est elle qui nous définit. Et il nous donne l’antidote : suivre la volonté de Dieu dans l’usage de cette richesse, nous en détacher intérieurement pour en faire un usage tourné vers le bien commun.

La réponse complète de Pierre de Lauzun.






Proposition de prière




Je prie en demandant l’intercession de Philibert Vrau.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:32


 2008 


SŒUR EMMANUELLE, RELIGIEUSE DE NOTRE-DAME DE SION





Qui était Sœur Emmanuelle, célèbre pour son activité auprès des chiffonniers du Caire (Égypte) ? Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 1908 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sœur Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian (Var).


Le mystère de l’amour de Dieu. « En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la Contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant lui pour l’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction. » (Constitutions de la Congrégation Notre-Dame de Sion,  n° 53)


À la congrégation de Notre-Dame de Sion. Née dans une famille aisée, Madeleine est traumatisée à l’âge de six ans par la mort accidentelle de son père sur la plage d’Ostende (Belgique).
Elle a souvent expliqué que sa vocation de religieuse venait de cet événement. Le 6 mai 1929, elle est reçue comme postulante, sous le nom de Sœur Emmanuelle, dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, créée en 1843 par les Frères Ratisbonne, Juifs convertis au catholicisme (rappel des origines juives d’une partie de sa famille).
Après avoir prononcé des vœux définitifs le 10 mai 1931, elle mène une carrière de professeur de lettres et de philosophie dans les établissements scolaires de la congrégation à l’étranger : en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Elle y fréquente la haute société locale, mais reste insatisfaite du manque de sensibilité de beaucoup de gens pour la condition des pauvres qui les entourent.
Aussi, à l’âge de la retraite en 1971, Sœur Emmanuelle décide de s’installer auprès des chiffonniers du Caire, dans le bidonville d’Ezbet-El-Nakhl, avec l’autorisation de la congrégation.





Aux côtés des chiffonniers.  « Chiffonnière parmi les chiffonniers », comme elle se nomme dans le titre de son premier livre en 1977, elle met un peu de temps à découvrir les lieux, à s’adapter à la vie rude de l’immense bidonville et à se faire accepter par les populations pauvres, sans éducation, qui passent leur existence dans de terribles conditions de saleté à trier et à récupérer les déchets de la capitale égyptienne.
Elle consacre toute son énergie à tenter d’améliorer la situation globale de la population, en construisant des écoles, des jardins d’enfants et des dispensaires, grâce aux dons qu’elle obtient par sa connaissance de la bourgeoisie égyptienne.
Elle utilise bientôt sa notoriété croissante pour voyager autour du monde dans le but de sensibiliser les gouvernants à sa cause et de collecter des fonds, avant de revenir en France en 1993 pour une retraite bien méritée.
Elle n’oublie pas non plus l’éducation religieuse de ces populations délaissées, en majorité des chrétiens coptes. Le projet de Sœur Emmanuelle n’est en effet pas seulement social, mais profondément spirituel. En particulier, elle développe une relation privilégiée avec Marie. « Cette spiritualité de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide – du bonheur de ma vie », dira-t-elle un jour.



Marie, le secret du bonheur de sa vie. Dans son testament spirituel, Sœur Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez-la avec moi ! Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant ! »

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l'âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m'a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J'ai relaté comment dans les moments de crise, je m'accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré. Elle croit, elle, à la Résurrection ! »

« Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m'apaise. Ne respirant qu'amour, elle m'entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur. »

« Le Rosaire, chaque jour médité, m'emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J'offre cette prière comme un cantique d'amour d'un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n'a pas hésité à partager jusqu'à la mort les douleurs de l'humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. »





Le chapelet : son arme. Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans sa maison de retraite à Callian (Var) où elle est décédée : « À quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? ». Elle répondit : « À la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire... Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu... »

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d'elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. »

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu'il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s'éteindre la flamme. »



Prier avec Sœur Emmanuelle. Avec la « petite Sœur des chiffonniers », nous pouvons prier « Notre Dame de tous les jours » :
« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé... Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame... Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils... Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »






Conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion a faites le samedi 14 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage dans une association caritative


Cette semaine, nous vous proposons de prendre exemple sur Sœur Emmanuelle, la « petite Sœur des chiffonniers », et de vous engager dans une association caritative pour servir votre prochain.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi Dieu permet-il tant de souffrances ?


Il est difficile de parler de la souffrance, impossible de la comprendre et parfois très dur de la vivre mais la lumière de la Révélation nous éclaire sur son lien avec le péché, sur la solidarité qui nous unit et sur le dépassement de tout mal qui est possible - et souvent vécu - par la grâce du Christ.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière de Sœur Emmanuelle des chiffonniers du Caire. Révoltée par la misère, elle se mobilisa avec eux pour améliorer leurs conditions de vie et deviendra ainsi la « petite Sœur des chiffonniers ».





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Avr 2017 - 16:20, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:35


 1871 


À PONTMAIN, LA VIERGE MARIE FAIT PRIER DES ENFANTS EN PLEINE GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE





Le 17 janvier 1871, en pleine guerre franco-prussienne, la Vierge Marie apparaît à quatre enfants dans le village de Pontmain (Mayenne) en leur délivrant un message : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là se replient finalement. L’armistice est signé le 26 janvier 1871.


Une journée qui commence comme les autres.Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme chaque jour.
Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ».
Vers midi et demi, la terre a tremblé, ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée.
C’est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l’on est sans nouvelles d’eux. Alors, on vit dans l’angoisse et dans la peur. Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre.



Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours.


Ce soir du 17 janvier 1871, deux enfants, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père dans la grange.Ils pilent les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 17h30.
Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte « voir le temps ».
Et voilà que, tout à coup, en plein ciel, au-dessus de la maison d’en face, il voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil. Elle lui sourit. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église de Pontmain peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle est au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles.





L’enfant sourit à la Belle Dame. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot. Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la « Belle Dame », tandis que les grandes personnes ne voient rien sinon les trois étoiles.


Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, bien qu’elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et revient avec une autre sœur, Marie-Édouard, et trois petites pensionnaires. À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (9 ans) s’écrient : « Oh ! La Belle Dame ! Qu’elle est belle ! », et la décrivent à leur tour.


Sœur Marie-Édouard s’en va prévenir M. le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Édouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Et le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! », et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit.


Lorsque le père arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (« Voilà quelque chose qui se fait ») et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame.
À l’intérieur, quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.



Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter et la Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité », dit Eugène. « Prions », ajoute M. le curé. Sœur Marie-Édouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle.




« C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! » Après le chapelet, on chante le Magnificat.
Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (« Voilà encore quelque chose qui se fait »). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or.« C’est un M » - « Un A » - « Un I » - « Un S ». Le mot « MAIS » qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot « PRIEZ » vient alors s’écrire après « MAIS ». Le message continue de s’écrire lettres après lettres. À la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS



•Au début de l’Inviolata qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne :« MON ». Au moment où l’on chante O Mater alma Christi carissima, le mot « FILS » vient s’écrire à la suite. « MON FILS », lisent les enfants. Alors c’est un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termine l’Inviolata et que l’on chante le Salve Regina, le message continue et se termine

MON FILS SE LAISSE TOUCHER


Il n’y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d’or comme les lettres.




« Chantons notre cantique à Marie », dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message.

Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». Les enfants, joyeux jusque-là, deviennent subitement tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. « Jamais on n’a vu une pareille tristesse sur un visage humain », disent les enfants.

C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : « JÉSUS CHRIST ». La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au-dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent.

Puis sœur Marie-Édouard chante l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. « Un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 20h30.

« Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

« Voyez-vous encore ? », demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! ». Il est près de 21h. Chacun rentre chez soi, le cœur en paix. Toute crainte, toute peur s’en est allée.



Citation :
Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres


Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 26 et publié le 28 janvier 1871. Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres, la plus jeune fille sera religieuse et l’autre gouvernante d’un curé.

Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique en bonne et due forme, Mgr Wicart, évêque de Laval, qui s’est lui-même déplacé pour interroger les jeunes voyants, publie un mandement dans lequel il déclare : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »





Père Henri-Michel LEDAUPHIN
Ancien chapelain de Pontmain



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le Père Henri-Michel Ledauphin a faites le samedi 16 avril 2016 dernier.


Proposition d'engagement




L’association Notre-Dame de la prière a pris naissance dès les origines du pèlerinage, en 1872. Elle fut reconnue par Rome en 1877, sous le vocable « Notre-Dame d’Espérance », devenu un peu plus tard « Notre-Dame de la Prière ».
Pourquoi ? Une question est souvent posée : « Comment rester en lien avec le sanctuaire, avec ceux qui aiment Notre Dame de Pontmain et lui confient leurs intentions ? »
L’entrée dans la grande famille de l’association est une manière d’y répondre. Dans la prière, une communion s’établit entre les Membres, autour de Jésus lui-même : « Quand deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Entrer dans l’association permet aussi :

- de vivre l’appel de Notre Dame à une prière confiante et persévérante,
- de persévérer dans l’Espérance le regard fixé sur Jésus Christ qui se laisse toucher,
- de porter dans la prière les intentions de l’Église et du sanctuaire.
Pour plus d’information, consultez la page :


www.sanctuaire-pontmain.com/Association-N-D-de-la-priere.html


Proposition de formation sur la foi





Prier, en quoi ça consiste pour un chrétien ?


La prière est un dialogue avec Dieu. Jésus appelle ses disciples à prier sans cesse, comme des enfants bien-aimés, qui doivent trouver, avec la Bible et l’exemple des saints, leur manière personnelle de cheminer vers le Père.

Découvrez la réponse du Père Pierre Descouvemont, prêtre du diocèse de Cambrai et docteur en théologie.







Proposition de prière




Comme la « Belle Dame » l’a conseillé à Pontmain, nous devons prier pour que Dieu nous exauce. Nous vous proposons donc de réciter avec nous la prière à Notre Dame de Pontmain.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:39


 1303 


SAINT YVES, ARTISAN DE LA CONCILIATION ET DÉVOT DE NOTRE DAME





Né en Bretagne vers 1250-1253 et mort en 1303, saint Yves s’est illustré par son souci de justice et sa grande miséricorde acquise au contact de la Vierge Marie. Il est patron des étudiants bretons, des prêtres de Bretagne, des avocats et hommes de loi.


Enfance et adolescence.Yves Hélori de Kermartin, de petite noblesse, naît au manoir paternel du Minihy de Tréguier (« minihi », « lieu de refuge »), dans les actuelles Côtes-d’Armor, vers 1250-1253, alors que saint Louis règne en France.
Enfant à la foi vive et brillant élève, ses parents l'envoient à 15 ans, avec son précepteur Jean de Kerhoz, à l'Université de Paris où il suit des cours de lettres et théologie. Il y entend saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure. Il étudie ensuite le droit pendant cinq ans au réputé studium d’Orléans, où il côtoie les grandes figures du siècle, sans que jamais l’étude ne prenne le pas sur la prière et le souci des pauvres.





Un homme bon et charitable. Doublement diplômé en droit civil et canonique, chose alors rare, Yves est appelé en 1278 par l’Archidiacre de Rennes comme « official », juge ecclésiastique compétent dans les affaires de l’Église, des clercs, des veuves et orphelins. Seule lui importe la justesse de la cause, selon les témoins à son procès de canonisation, « il rendait à tous une justice rapide sans faire acception des personnes ».
Il se donne avec ardeur à sa nouvelle tâche et aide de ses deniers deux jeunes compatriotes qui témoignent qu’aux jours de fêtes, Yves ouvre sa table aux pauvres du quartier, annonçant joyeusement : « Je vais chercher mes gens ! »
À Rennes, il fréquente le couvent des Franciscains et y vit une « expérience spirituelle forte ».
Le témoignage de Frère Guidomar Maurel, Franciscain de Guingamp, éclaire le rôle de la Parole de Dieu dans la conversion d’Yves à « Dame Pauvreté ».



Franciscain dans l’âme. Sa réputation étant faite, l’évêque de Tréguier, Alain le Bruc, l’appelle en 1281 à son officialité alors vacante. Il l'ordonne prêtre vers 1283 et lui confie la paroisse de Trédrez (Côtes-d'Armor).
Mais après un combat intérieur de dix années, en 1290, il adopte à 40 ans la robe de bure, signe de dépouillement et du rôle de la spiritualité franciscaine dans sa vie. Il devient en 1294 recteur de Louannec (Côtes-d'Armor) jusqu’à sa mort.
Le voilà des heures durant sur les chemins du Trégor, toujours à pied, pour rejoindre ses chers paroissiens tout en restant l’official renommé de Tréguier.



Citation :
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe


Une figure de la Miséricorde. Saint à genoux devant l’homme, Yves est enraciné dans la pâte humaine, attentif à chacun : aux bûcherons, meuniers, laboureurs et moissonneurs, prêt à secourir des charpentiers découragés, des pèlerins de passage en route vers les Sept Saints (le Tro Breiz) ou des accidentés auxquels il donne le Corps du Christ qu’il porte toujours sur lui. Sa table reste ouverte, et il fait construire au Minihy une maison pour les pauvres.
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe, par sa « très grande dévotion », sa « très grande ferveur » dans la prière.
L’official porte un soin attentif aux malades, les visite, fréquente l’Hôtel-Dieu de Tréguier, s’occupe des plus repoussants, nourrit l’un, lave l’autre, accompagne avec amour les mourants et coud leurs suaires.



Un homme en quête de justice.En vrai disciple du Christ, Yves va à contre-courant de l’esprit du monde. Des témoins rapportent les « multiples railleries » subies.
Mais il n’a rien d’un timoré, Darien de Trégroin raconte : « Une fois, en ma présence, des gens du roi de France (agents du fisc de Philippe le Bel, en 1297) voulaient s'emparer de force d'un cheval de l'évêque de Tréguier. Dom Yves accourut et le leur arracha : « Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l'Église. » » C’est à Trédrez, confronté aux misères humaines, que son sens d’une justice calibrée avec la précision de l’arpenteur évolue.
La patience exemplaire d’Yves crée un climat de paix. À la froideur du jugement rendu, même en toute justice, se substitue la recherche de la conciliation pour éviter le procès. Le pasteur grandit et l’homme de loi s’efface.
Yves perçoit désormais l’acte judiciaire comme rencontre des personnes ; il peut être le lieu de la conversion, de la réponse au divin « Suis-Moi », au divin « descends de ton arbre » que Jésus adressait au publicain Zachée, l’arbre de tes certitudes, de ton bon droit, qui te sépare de l’autre. Ce qui lui importe n’est plus de gagner promptement un procès, c’est d’établir paix, concorde et réconciliation, c’est le Salut des âmes.
La paix émane de sa personne, Derrien de Bouaysalio témoigne : « C'est avec simplicité et douceur que dom Yves entrait en relation avec tout le monde, gens de rang élevé aussi bien que petites gens, qu'il les écoutait, qu'il leur parlait, prononçant toujours ses paroles avec gaîté et gentillesse. »
Quand en 1300, trois avant sa mort, sous le poids de la fatigue et des veilles, Yves renonce à une part de ses charges, c’est la fonction d’official qu’il abandonne. Il reste recteur de Louannec jusqu’à sa mort. L’homme de justice cède la place au pasteur attentionné des âmes.





À l’école de la Vierge Marie. Yves reçoit de sa mère, Dame Azo du Quenquis, l’appel à la sainteté. Suite à une prémonition, elle lui apprend à vivre de façon à devenir un saint. Jean de Kerhoz, précepteur d’Yves, témoigne : « Sa mère m'a dit un jour qu’il serait saint, car la chose lui avait été révélée à elle, sa mère. Elle me l'a dit dans la maison des parents de dom Yves… Il y avait là sa mère et son père, dom Yves et moi, personne d'autre. »
Azo l’initie à la prière à l’école de la Vierge Marie et de sainte Pompée, mère de saint Tugdual, moine fondateur de Tréguier. Un vitrail de l’église de Minihy-Tréguier le montre sur les genoux d’Azo, tourné vers l’ange Gabriel.
N’est-ce pas par les mères que Dieu forge les âmes et cisèle ses chefs-d’œuvre ? Signe de son respect pour Marie, Yves a le souci du Salut des femmes qui croisent sa route. Il accueille pendant onze ans à Kermartin la « pauvresse »  Panthonada, femme de « Rivallon le Jongleur » et leur fille Amicia.
Il enseigne les paysannes rencontrées au hasard des chemins creux, confesse les nobles dames à Kermartin sans compter son temps jusqu’à la veille de sa mort. Toutes le lui rendent bien, lavant son linge infesté de poux, faisant des offrandes pour « ses gens ».  
Après sa mort, beaucoup de femmes enceintes en souffrance témoignent de leur guérison par l’intercession de saint Yves.





Les miracles d’Yves.L’homme meurt épuisé le 19 mai 1303. La foule accourt de tout le Trégor pour accompagner sa dépouille : c’est la première procession de la Saint-Yves, le premier « Pardon de Saint-Yves ». Son testament est son seul écrit connu, sa sainteté y brille, humble, sans fard. Il écrira ainsi : « Moi, Yves, prêtre indigne et très méprisable serviteur du Christ. »
Les malades affluent à son tombeau et les guérisons fleurissent. Loin de l’ambiance feutrée de nos églises, les foules médiévales sont bruyantes, enthousiastes, enflammées. Fous, boiteux, paralysés, tous se pressent. Dès qu’une guérison a lieu, les cloches se mettent à sonner à toute volée. Charles de Blois et le duc de Bretagne Jean III obtiennent une enquête de canonisation du pape Jean XXII d’Avignon.
Menée par les évêques d’Angoulême et Limoges, elle a lieu à Tréguier du 23 juin au 4 août 1330 et permet l’audition de 213 témoins (500 se sont présentés).
Ces derniers déposent sous la foi du serment sur la Croix, engagent leur âme. Aussi, l’acte est-il méticuleux : chaque détail est noté : noms des témoins, juges, interprètes, notaires. Ceux qui ironisent sur la crédulité du Moyen Âge n’ont pas étudié de telles pièces. Les actes originaux ont disparu, comme beaucoup d’archives d’Avignon, mais l’historien Arthur de La Borderie découvrit à la bibliothèque de Saint-Brieuc un manuscrit du XIVe siècle, avec copie de l’intégralité du procès-verbal de l’enquête. La maison Prud’homme l’édita en 1887 en 275 exemplaires. M. Jean-Paul Le Guillou traduisit le texte latin en 1989.



La naissance d’un saint. Le 19 mai 1347, 44 ans après sa mort, le pape Clément VI déclare la sainteté d’Yves. Il est fêté le 19 mai. Depuis 700 ans, les cantiques bretons, traces vivantes du procès, transmettent l’histoire et la dévotion à dom Yves. Le duc Jean V érigea un superbe tombeau, visité par toute la Bretagne.
Aussi, le bataillon d’Étampes (Essonne) s’appliqua-t-il à le détruire en 1794.
C’est en 1890 que fut relevé le cénotaphe actuel, fleuri avec amour à chaque Grand Pardon. (Voir les ex-voto sur l’oratoire Saint-Yves :
http://fonds-saintyves.fr/Voir-les-ex-votos-174 ).





Daniel Giacobi
Agrégé d’histoire, administrateur du Fonds Saint-Yves et
vice-président des Amis de Zant Erwan


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Daniel Giacobi a faites le samedi 21 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au « Grand Pardon de Saint-Yves »


Cette semaine, nous vous proposons de participer au « Grand Pardon de Saint-Yves » qui a lieu à Tréguier en général le 3ème dimanche du mois de mai ; en 2017, ce sera le 21 mai :
http://fonds-saintyves.fr/-Grand-Pardon-de-saint-Yves-2016  

Si je ne peux pas participer au Grand Pardon, il m’est proposé de faire œuvre de paix et de réconciliation avec mes proches, mes voisins, mes relations, dans ma paroisse. Lors de la « relecture de ma journée » ou ma « révision de vie du soir », je note dans un carnet ces efforts et je les offre dans la prière ou l’Adoration eucharistique pour la paix dans l’Église et dans le monde.

Pour devenir « Témoin de saint Yves », visitez les liens suivants :


http://fonds-saintyves.fr/Pourquoi-vouloir-etre-Temoin-de
http://fonds-saintyves.fr/Etre-temoin-de-saint-Yves-aujourd


Proposition de formation sur la foi





Comment les bienheureux et les saints sont-ils reconnus et proclamés ?


La procédure est aujourd’hui très codifiée : l’enquête sur la « cause » doit déterminer si le « Serviteur de Dieu » a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque ; il faut aussi la reconnaissance d’un miracle obtenu par son intercession.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière





Prier pour vivre dans notre monde à l’exemple et par l’intercession de saint Yves.


Je prie

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:44


 XIIe s. 


NOTRE DAME DE LA TREILLE, LA CHANCELIÈRE DE LILLE





La vénération de la petite statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille débute au Moyen Âge, avant d’être suivie pendant des siècles par de simples pèlerins comme par des rois de France et des grands saints. Même si la patronne de Lille (Nord) a été victime des excès révolutionnaires, le sanctuaire restauré demeure aujourd’hui encore un haut lieu marial.


Le Moyen Âge et la dévotion mariale. À Lille, le culte de la Vierge Marie est fondamentalement lié à la construction de la ville et à son instigateur Baudouin V de Flandre (vers 1012 - 1067), dit « de Lille ». Le 2 août 1066, celui-ci y fait construire le plus grand édifice religieux de Lille : la collégiale Saint-Pierre. Il y fait installer un chapitre de 40 chanoines et lui octroie une Charte de donation, qui précise les conditions de son fonctionnement. La collégiale Saint-Pierre restera le plus important édifice religieux de Lille jusqu’à la Révolution française. Baudouin V porte une dévotion toute particulière à Marie dans sa chapelle privée au palais comtal, son père Baudouin IV ayant été miraculeusement guéri par l’intercession de la Vierge.
Quelques temps après la fondation officielle de la ville, il décide ainsi d’offrir à la collégiale Saint-Pierre une statue de la Sainte Vierge en pierre calcaire. La ferveur des fidèles lillois à Marie grandit de jour en jour.





Une statue miraculeuse.  Au XIIe siècle, la dévotion du peuple lillois prend un nouvel essor lorsque Marie fait don d’une nuée de miracles.
Les chanoines décident alors de protéger la statue miraculeuse par une grille en fer forgé, qui deviendra le support de nombreuses offrandes de pèlerins, et la Sainte Vierge prend alors le vocable de Notre Dame de la Treille.
Innombrables sont en effet les grâces de conversions, de guérisons et les miracles obtenus par les pèlerins venant de toute l’Europe en ce sanctuaire. Ainsi, en l’octave de la Fête-Dieu 1254, de nombreux malades se trouvent guéris.
En 1269, la comtesse Marguerite de Constantinople et de Flandre instaure même une procession annuelle et les fêtes de Notre Dame de la Treille en juin pour remercier la Sainte Vierge.



Une protection de la Sainte Vierge historique qui remonte au VIIe siècle. En réalité, le culte marial à Lille est beaucoup plus ancien.
Les chroniqueurs racontent que vers 640, Ermengarde ou Hermengarde, mère de Lydéric, second forestier du territoire entre les deux bras que formait la Deûle, eut une apparition de la Vierge dans la clairière de la Fontaine del Saulx, non loin du lieu où les premiers habitants s’étaient installés pour gérer la forêt qui recouvrait à l’époque le territoire de Lille.
L’histoire de Lydéric, devenu comte de Flandre, a ensuite été reprise et romancée par Alexandre Dumas père au XIXe siècle.
 


La « Sainte Escorte » de Notre Dame de la Treille. Quatre grands pèlerins médiévaux restent associés à Notre Dame de la Treille et forment ainsi la « Sainte Escorte » de la patronne de Lille.
Il s’agit de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), saint Thomas Beckett (1120-1170), le roi saint Louis (1214-1270) en 1255 et le dominicain saint Vincent Ferrier (1350-1419).






Une nuée de miracles. Du XVIe au XVIIe siècle, de nouveaux épisodes miraculeux se produisent. Notre Dame de la Treille est particulièrement efficace dans les cas de possession, contre les épidémies de peste ou encore contre la cécité, la paralysie.
Elle est même à l’origine de la guérison d’un enfant mort-né, fils de Jeanne Duforest, qu’on peut alors baptiser avant qu’il ne succombe de nouveau.
En 1634, après une nouvelle série de miracles, le Mayeur de Lille, Jean Le Vasseur, prend la décision de dédier la ville à Notre Dame de la Treille. « Insula civitas Virginis », « Lille cité de la Vierge ».
Les autorités municipales déposent symboliquement les clés de la ville sur l’autel à l’offertoire de la messe de consécration, le 28 octobre 1634. C’est l’époque de l’apogée de la confrérie de Notre-Dame de la Treille, érigée par le pape Alexandre IV au milieu du XIIIe siècle ; les grandes familles de la région se font un honneur d’en faire partie.
L’empereur d’Autriche Ferdinand II s’y fait même inscrire en 1635, avant de gagner une bataille décisive de la guerre de Trente Ans.
En 1667, Louis XIV qui assiège victorieusement Lille, jure à la chapelle de Notre-Dame de la Treille de maintenir les privilèges et de respecter les coutumes de la ville.



Les ténèbres s’abattent sur la patronne de Lille. Un siècle plus tard, la Révolution française précipite malheureusement Notre-Dame de la Treille dans les ténèbres, au propre comme au figuré.
En 1793, la collégiale Saint-Pierre est démolie avant de servir de carrière de pierre.
Le chapelain Alain Gambier récupère la statue et la cache dans un égout. Le calme revenu, il la sort de l’obscurité et la confie à la paroisse Sainte-Catherine du Vieux-Lille. La statue de Notre-Dame de la Treille est oubliée dans un coin de l’église. Après un demi-millénaire de dévotion, dix années ont suffi pour effacer le souvenir de la sainte patronne.
 


La résurrection d’une dévotion millénaire. Il faut attendre les années 1840 et le père Charles Bernard, curé de Sainte-Catherine, pour que soit restaurée la dévotion à Notre Dame de la Treille.
À une époque où la ferveur mariale est en plein renouveau, le culte à la sainte patronne de Lille retrouve rapidement une grande importance. Le prêtre institue le mois de Marie en mai 1842 et demande au pape Grégoire XVI la confirmation des indulgences du passé. Les fêtes patronales de la Treille sont relancées.
Avec la bénédiction du bienheureux pape Pie IX, on projette de construire une nouvelle église pour accueillir Notre-Dame de la Treille et ses pèlerins, en remplacement de l’auguste collégiale Saint-Pierre. Le député légitimiste Charles Kolb-Bernard, chef spirituel du catholicisme lillois, est le fer de lance du projet.
Notre-Dame de la Treille devient également la patronne de la toute nouvelle université catholique de Lille (fondée en 1875 par Philibert Vrau).
 


L’érection d’une église qui deviendra cathédrale-basilique. L’ancienne motte castrale, à l’endroit même où fut fondé Lille, est choisie pour construire l’église.
Le 1er juillet 1854, lors des fêtes du sixième centenaire des premiers miracles, ont lieu la pose et la bénédiction de la première pierre par Mgr René-François Régnier, archevêque de Cambrai, d’un édifice qui n’a pas encore de plan.
Un concours architectural est lancé avec pour mot d’ordre de construire une église monumentale dans le style gothique.
C’est l’architecte lillois Charles Leroy qui est retenu, deux architectes anglicans ayant été écartés.
Son projet pharaonique prend pour modèle les cathédrales de Reims et de Chartres, et doit s’allonger au cœur même du Vieux-Lille, sur 123 mètres, ainsi que lancer vers les cieux deux clochers de plus de 115 mètres.
 

   


Les travaux commencent en 1856, les soubresauts de l’histoire font qu’ils ne seront réellement achevés qu’un siècle et demi plus tard. La statue de Notre-Dame de la Treille y est transportée en septembre 1872, avant d’être couronnée l’année suivante. Le 7 octobre 1904, alors que l’église n’en est qu’à l’état embryonnaire, elle reçoit le titre de « basilique mineure ».
Le 25 octobre 1913, avec la création du diocèse de Lille, l’édifice qui n’est toujours pas achevé reçoit le titre de « Cathédrale-basilique Notre-Dame de la Treille – Saint-Pierre ».
Cette promotion était l’objet de tractations depuis des décennies. Notre-Dame de la Treille devient l’église-mère d’un important diocèse, le lieu où siège l’évêque, successeur des apôtres. C’est le troisième évêque de Lille, le cardinal Achille Liénart, qui mène à bien la plus grande partie des travaux.
Cependant, c’est un autre évêque qui contribue fortement à son achèvement, avec un projet de façade contemporaine.
Comme Notre-Dame de la Treille a été influencée par le néo-gothique du XIXe siècle, elle s’ancre dans une nouvelle contemporanéité à l’aube du XXIe siècle. En 1999, la façade de la cathédrale est achevée par la pose d’un voile de marbre transparent percé d’une rosace représentant la résurrection du Christ, dessinée par l’artiste Ladislas Kijno, et un portail en bronze de l’artiste Georges Jenclos.
En 2008, avec la réforme de la carte des diocèses de France, Lille devient archevêché et Notre-Dame de la Treille cathédrale métropolitaine.
Le 2 mars 2009, l’édifice est inscrit comme monument historique.  

Œuvre composite, haut lieu de pèlerinage demeuré fidèle à sa vocation, la cathédrale Notre-Dame de la Treille se veut aussi un des phares culturels de la métropole lilloise et de la région Nord, avec le Centre d’Art Sacré de Lille, situé dans la partie moderne de sa crypte.






Thomas Sanchez
Responsable culture et communication de la cathédrale Notre-Dame de la Treille


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Thomas Sanchez a faites le samedi 4 février 2017.


Proposition d'engagement




Je chante à la gloire de Notre Dame de la Treille

Cette semaine, nous vous proposons, entre amis, en famille, dans un groupe de prière ou pour vous-même, de chanter à la gloire de la Vierge Marie le chant suivant à Notre Dame de la Treille.  

Notre Dame de la Treille,
Notre Mère, notre joie,
Dieu pour toi a fait merveille :
Vers ton Fils, guide-nos pas
 

Les chrétiens venus de Lille tournent leur regard vers toi.
Et te présentant leur ville : la remettent entre tes bras.  

En te nommant chancelière, nous gardons la tradition
que nous ont léguée nos pères, implorant ta protection.  

Sois surtout la bienfaitrice de nos frères qui ont faim.
Quand le pauvre crie justice, ouvre nos cœurs et nos mains.  

Fais régner dans notre ville, paix justice et liberté.
Chasse les forces hostiles qui pourraient la menacer.  

Des chrétiens vivant à Lille, chaque jour soutiens l’élan.
Qu’ils y portent l’évangile en tout lieu et à tous vents.  

Dans tes bras tu nous présentes le Sauveur, ton Fils béni.
Aide-nous, ô Mère aimante, à tourner nos cœurs vers lui.




Texte : Père Jean Lebon
Musique : Père Henri Dumas



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la dévotion à Marie qui défait les nœuds ?


« Marie qui défait les nœuds » est priée avec ferveur dans le monde entier et le pape François y fait référence : il ne s'agit pas d’un sanctuaire ou d'une apparition mais d’un simple tableau et d’une neuvaine qui parlent au cœur de beaucoup.

Découvrez la réponse complète de Dominique Chollet.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière des pèlerins à Notre Dame de la Treille.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:47

-

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 19 Aoû 2017 - 15:25, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 16:43


 1828 


ADÈLE DE BATZ DE TRENQUELLÉON, « LA FONDATRICE »





Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) est la fondatrice de l’Institut des Filles de Marie à Agen (Sœurs marianistes) dont le but est la mission, à commencer par l’accompagnement des Congréganistes, mais aussi la préparation aux sacrements, et le service aux plus pauvres.


La naissance d’une vocation sur les chemins de l’exil. Adèle de Batz naît le 10 juin 1789 au château de Trenquelléon, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Son père, le baron Charles de Batz, commande les Gardes françaises.
Sa mère, elle, descend de saint Louis. Femme de foi, généreuse en aumônes, elle fait le catéchisme aux enfants, visite les malades, les vieillards isolés, subvient aux besoins des pauvres. Sa famille la surnomme « la femme forte », son mari dit d’elle : « C’est une sainte. »
Le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), qui ramène les Jacobins au pouvoir sous le Directoire, pousse la famille à l’exil dans la péninsule ibérique. La mère d’Adèle, qui avait appris que son nom figurait sur des listes de proscription, devait sauver sa vie.
Le 6 janvier 1801, jour de l’Épiphanie, Adèle fait sa première communion à Saint-Sébastien en Espagne. Naît alors en elle le désir de devenir carmélite. Mais en novembre 1801, la famille peut rentrer en France après quatre ans d’exil. Sa mère promet à Adèle de la laisser revenir en Espagne, lorsqu’elle aura l’âge, si le Carmel n’est pas rétabli en France.
Le 14 novembre, la famille réintègre le château ; mais sur le chemin, que de ruines, que de désolations après la Révolution ! Adèle en restera marquée.



La confirmation.  En 1802, Monsieur Ducourneau, ancien séminariste, arrive comme précepteur de Charles, âgé de 10 ans. Il encourage Adèle dans sa vocation au Carmel. Avec l’accord de la baronne, il lui rédige un règlement de vie spirituelle.
Pour se préparer au sacrement de Confirmation, Adèle demande à passer six semaines avec d’anciennes carmélites. Son désir d’être toute à « l’Époux » en ressort approfondi. Le 6 février 1803, Mgr Jean Jacoupy, évêque d’Agen, convie les confirmands à sa table ; Adèle sympathise avec Jeanne Diché, de quatre ans son aînée. Naît alors une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destinée à se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.



Naissance de la « Petite Société ». Durant l’été 1804, Jeanne Diché est au château de Trenquelléon avec Adèle. Elles parlent à M. Ducourneau de leur désir de rechristianiser les campagnes ; il leur propose de créer une association de prières. Naît alors la « Petite Société », alors qu’Adèle n’a que 15 ans et demi.
Chaque semaine, des lettres circulent. Jeanne et Adèle sont les deux animatrices privilégiées.
Agathe, une des sœurs de Jeanne, se joint bientôt à la « Petite Société ».
En avril 1805, Jeanne épouse Monsieur Belloc,
Adèle devient la tête et le cœur de la Société qui continue à trouver des recrues.
Alors qu’elles ne sont que sept en 1805, les voici 24 au début de l’année 1807, puis 60 fin 1808.
La « Petite Société » a la Vierge Immaculée pour protectrice.
L’animation se fait par l’exhortation mutuelle, à laquelle s’ajoutent quelques pratiques très simples :
                 
- un rendez-vous quotidien au Calvaire, à 15 heures                  
- le vendredi, un moment de méditation sur la Passion                  
- la mise en commun des mérites                  
- un mot d’ordre : « Mon Dieu ».

Adèle parle de l’amour de Dieu, du détachement, de la mise à profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, de la préparation aux sacrements, de la mission, de l’humilité et de la pureté de Marie…
Sans se lasser, elle encourage, interpelle, invite à la confiance. Parmi les associés, se trouvent des prêtres dont Monsieur Larribeau, curé de Lompian (Lot-et-Garonne). Bientôt, il accompagne la « Petite Société ». De temps à autre, il vient au château, occasion de récollections pour Adèle et les associées qui peuvent venir.
Tous les ans, Adèle se rend elle-même à Lompian pour sa retraite. Durant l’été 1808, Madame de Trenquelléon rencontre à Figeac (Lot) l’abbé Lafon. Saisi par la similitude entre la « Petite Société » d’Adèle et la Congrégation de Bordeaux fondée par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, l’abbé Lafon parle d’Adèle au Père Chaminade qui lui envoie le Manuel du Serviteur de Marie.
 




L’association avec la Congrégation de l'Immaculée de Bordeaux.  Le 20 novembre 1808, après des semaines de combat spirituel, Adèle dit « positivement non » à un projet de mariage.
Le cœur tout à Dieu, elle  entre en relation avec la Congrégation de Bordeaux : échanges de conseils, demandes de prières…
Elle s’enthousiasme quand elle découvre la consécration à Marie, les prières et les cantiques proposés par le Manuel du Serviteur de Marie.
Bientôt la « Petite Société » s’associe à la Congrégation.
Dès le début, Marie était  à l’honneur dans la « Petite Société ».
Le 16 juillet 1807, Adèle avait écrit à Agathe : « Ayons souvent recours à la protectrice de la Société, la Très Sainte Vierge. Oh, qu’elle est puissante auprès de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particulières, soit par notre Société, soit par l’habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d’être revêtues. »
L’Esprit Saint préparait déjà les contacts avec le Père Chaminade ; et Adèle était prête à accueillir la consécration à Marie que propose le Manuel du Serviteur de Marie.



Au service des autres. En 1809, Adèle tombe gravement malade. Le sentiment de la précarité de la vie se fait plus vif en elle. L’idée du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et se donne sans compter au service des pauvres.
Ils deviennent ses enfants. Elle les reçoit au château, tient à les servir. Elle travaille, fait de la broderie, de l’élevage, et grâce au produit de ces travaux, elle subvient à leurs besoins. Adèle visite également les malades, fait la classe, le catéchisme. Et quand son père est paralysé en 1812, elle devient son infirmière jusqu’à sa mort en juin 1815.  
 




Le « cher projet ».  Peu à peu, l’idée d’un « cher projet » se fait jour dans le cœur d’Adèle. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un projet de communauté qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la prière et la pratique des trois vœux, ainsi que les œuvres susceptibles de remédier aux misères des campagnes.
Les 13 et 14 juin 1814, Adèle, Madame Belloc, et quelques unes de leurs amies se retrouvent à Lompian. Moment décisif.
Avec l’abbé Larribeau, elles parlent longuement du « cher projet » ; les associées reçoivent des noms de religion. Adèle devient Sœur Marie de la Conception. Pour la Conception de Marie, le P. Chaminade autorise Adèle et ses amies à émettre en privé le vœu de chasteté. Adèle propose de porter un anneau d’argent comme symbole de leur don total au Christ.
Qui va rédiger les constitutions ? Comme l’abbé Larribeau ne s’en sent pas capable, c’est l’abbé Laumont, curé de Sainte Radegonde (Aveyron), qui accepte d’élaborer un projet, mais le P. Chaminade le trouve trop imparfait. En 1815, il y travaille à son tour et précise le but du futur Institut :
« Vous serez réellement religieuses. Marie, l’auguste Mère de Jésus, doit être votre modèle comme elle est votre patronne… Votre communauté sera toute composée de religieuses missionnaires. »


Le développement de l’Institut. Le 25 mai 1816, avec trois amies, Adèle quitte le château pour le Refuge de la rue Joseph Bara à Agen, où les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses, avant de s’installer en 1820 dans l’ancien couvent des Augustins, racheté en mauvais état la même année. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Miséricorde à Bordeaux, envoyée par le Père Chaminade, vient initier ces jeunes femmes à leur nouvelle vie. C’est la naissance de l’Institut des Filles de Marie (dit aussi des Religieuses marianistes) qui concrétise le « cher projet » d’Adèle. 

Le 8 juin, le Père Chaminade apporte les Constitutions qu’il explique longuement aux jeunes femmes.
Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Adèle supérieure du couvent. Le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Adèle et ses huit premières compagnes font profession perpétuelle. Peu à peu, la vie s’organise au couvent de l’Immaculée Conception.
Les activités se multiplient : la Congrégation, l’école gratuite pour les enfants pauvres, les catéchismes, la préparation à la communion, les retraites, l’ouvroir et l’œuvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes qu’une Sœur prépare à la première communion et  à la confirmation). La vie de la communauté est stimulée par la récollection mensuelle et la retraite annuelle, habituellement prêchée par le Père Chaminade.
Les fondations se succèdent : Tonneins (Lot-et-Garonne, 1820), Condom (Gers) et Bordeaux (Gironde, 1824), Arbois (Jura, 1826). En 1824, Mgr Jacoupy approuve par écrit l’Institut des Filles de Marie.   

L’année 1827 voit la santé de Mère Adèle se dégrader de plus en plus. Le 10 janvier 1828, après s’être écriée : « Hosanna Filio David ! » (« Hosanna au Fils de David ! »), elle passe vers le Bien-Aimé, alors qu’elle n’a pas 39 ans.
Dans sa jeunesse, son père lui disait souvent : « Adèle, tu seras fondatrice ! »
  

Vers la béatification ? Après une longue enquête canonique, Adèle de Batz est proclamée vénérable pour l’héroïcité de ses vertus le 5 juin 1986 par le pape Jean-Paul II. En 2016, 200 ans après la fondation de la congrégation marianiste, le Vatican analyse un miracle attribué à l’intercession d’Adèle de Batz, préparant la voie à une éventuelle béatification.




Marie Joëlle Bec
Sœur Marianiste, F.M.I.


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Marie Joëlle Bec a faites le samedi 18 février 2017


Proposition d'engagement





Je confie à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur

Adèle apporte à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.  

Avec Adèle, nous vous proposons cette semaine de confier à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur.
 


Proposition de formation sur la foi





Quelle est la place de la femme dans l’Église ?


Au fil des siècles, bien des femmes, religieuses et laïques, ont tenu des places décisives dans l'Église. Que l’ordination soit réservée aux hommes n’exclut pas les femmes des postes de responsabilité. Les derniers papes ont insisté sur leur charisme propre dans la vie de l’Église.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, récitez avec nous la prière de Trois-Heures, pratique de dévotion traditionnelle des membres de la Famille Marianiste, religieux et laïcs.

La prière de Trois-Heures constitue une véritable icône de notre rédemption : elle reflète la dimension visuelle (picturale) de l’art, le message théologique, ainsi que l’incitation à un engagement spirituel actif.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Fév 2017 - 14:55


 1180 


NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX





Perdu dans la forêt entre Verdun et Bar-le-Duc, non loin de la Voie sacrée, Benoîte-Vaux (Meuse) est un haut-lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge depuis plus de huit siècles et l’un des grands sanctuaires de la Lorraine.


Les origines. La légende veut qu’en ce lieu appelé autrefois « Martin-Han » (« la maison de Martin »), des bûcherons furent attirés par les chants célestes de l’Ave Maria… Ils découvrirent sur place une statue de la Vierge Mère, au pied d’un chêne déraciné. Émerveillés, ils décidèrent de lui élever un oratoire, dont un ermite eut la garde. Avec l’affluence des pèlerins, un lieu de culte plus important fut nécessaire. Une église fut construite sous le vocable de « l'Annonciation de la Vierge », et confiée aux Prémontrés vers 1140. Le nom de Benoîte-Vaux (« la Vallée Bénie ») apparaît ainsi pour la première fois en 1180 sur une bulle pontificale. Ce document confirme la donation en terres et en bois par l’évêque de Verdun (Meuse), Albéron de Chiny, à la jeune communauté de Prémontrés (ordre canonial catholique fondé par saint Norbert de Xanten au début du XIIe siècle), issue de l’Abbaye de l’Étanche


Les images de Notre-Dame. La statue primitive des premiers moines dut disparaître dans l’incendie qui dévasta le sanctuaire en 1331. La plus ancienne madone que possède encore Benoîte-Vaux date en effet du XIVe ou du XVe siècle, elle est exposée dans la chapelle des retraitants. Dans l’église elle-même, on lui préféra au XVIe siècle une statue majestueuse portant une couronne ducale (cercle d’or monté de huit fleurons). Cette statue fut sauvée par Madame de Saint-Baslemont, célèbre héroïne lorraine, en 1638 lors de la guerre de Trente Ans, mais fut frappée puis détruite par les révolutionnaires en 1793 ; seule en reste une main recueillie par Marguerite Lardenois. La madone actuelle exposée dans l’église date du XVIIe siècle. Celle-ci était primitivement au-dessus de la fontaine, et fut sauvée par les habitants de Woimbey (Meuse) lors du saccage de Benoîte-Vaux durant la Révolution. La statue fut solennellement couronnée le 8 septembre 1875 par Mgr Hacquart, en présence des évêques des deux diocèses voisins, de 400 prêtres et de 15 000 fidèles.




Débuts du pèlerinage. C’est la présence des Prémontrés qui va assurer l’essor de Benoîte-Vaux au Moyen Âge, et surtout à l’aube des temps modernes. Ils sont aidés par la sollicitude des évêques de Verdun, mais aussi par les largesses des princes, qui viennent en pèlerinage avec leur suite (par exemple René II, roi de Sicile). Toutefois, ces personnages célèbres ne doivent pas faire oublier la ferveur populaire. La guerre de Cent Ans et les épreuves conduisent notamment la population à se réfugier à Benoîte-Vaux et à confier leurs misères à la Reine du Ciel. Des miracles ont lieu. C’est à cette époque que remontent les vocables de « Reine de la Paix » et « Consolatrice des Affligés ».  


Une histoire dans l’Histoire. Au XVIIe siècle, la région est ravagée par les guerres et les bandes de brigands… Arlette Barbe d’Ernécourt, comtesse de Saint-Baslemont depuis des années, accorde refuge aux malheureux et aux victimes de la guerre en son château de Neuville-en-Verdunois (Meuse). Elle lève une troupe d’élite et, chevauchant à sa tête, entreprend avec succès de chasser des brigands. Une paix relative s’installe alors, avec l’aide d’une « sauvegarde » (garde que l’on détachait dans un lieu afin de préserver celui-ci du pillage), décrétée par Louis XIII et Anne d’Autriche. Benoîte-Vaux est alors restauré, le 25 mars 1641, une foule de pèlerins accourt des trois évêchés lorrains (Metz, Toul, Verdun), mais aussi de Thionville (actuelle Moselle), de Luxembourg, Trèves (Allemagne), Nancy (actuelle Lorraine), Neufchâteau (Vosges) et Reims (Marne). En six mois, 189 paroisses vinrent en procession à l’oratoire et plusieurs reproduisent chez elles un lieu de dévotion à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, comme on le fit plus tard pour la Salette ou pour Lourdes.
 




Le temps des miracles.  La restauration du sanctuaire et l’enthousiasme populaire qui l’a accompagnée sont l’occasion de nombreux miracles. En 1659, 43 sont canoniquement reconnus (guérisons de sourds, d’aveugles, d’enfants mort-nés…). La chapelle est reconstruite en 1698 et échappe de peu aux horreurs de la guerre de Succession d’Espagne, la statue étant cachée dans le monastère voisin de Notre-Dame de l’Étanche (Meuse). En 1730, Marguerite Herbillon, native de Rosnes (actuelle commune de Raival, à une quinzaine de kilomètres au sud de Benoîte-Vaux), se rend en pèlerinage à pied jusqu’à la chapelle, avec une amie, en portant sa fille de sept ans paralysée d’un bras et des deux jambes, n’ayant pas l’usage de la parole. Dans la forêt, elle s’arrête fatiguée au pied d’un arbre. Une Dame vêtue de blanc lui apparaît alors et lui demande ce qu’elle fait. Elle incite la mère à déposer l’enfant pour qu’elle marche seule. Alors, la fillette se met à courir en appelant : « Maman ! Maman ! » La mère émue perd connaissance. En remerciement de ce fait, resté dans toutes les mémoires à Rosnes, le père fit peindre un ex-voto placé dans la chapelle de Benoîte-Vaux.

Animation du lieu.Le pèlerinage fut animé par la communauté des Prémontrés jusqu’en 1789, par les prêtres du diocèse jusqu’en 1852, puis par les clercs réguliers de la congrégation de Notre-Sauveur jusqu’en 1919. Pendant la Grande Guerre, miraculeusement préservé par la retraite des troupes allemandes, le lieu servi d’hôpital de campagne. Ensuite, de 1922 à 1928, Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, racheta le lieu au département pour y installer le grand séminaire, en attendant la reconstruction de sa ville. Trente-trois prêtres y furent ordonnés. Jusqu’en 1972, Benoîte-Vaux fut ensuite confié aux Oblats de Marie Immaculée, avant l’installation d’un prêtre diocésain cette même année. Depuis 1995, la pastorale du sanctuaire est confiée à une communauté religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Saint-Marc. Un prêtre du diocèse de Verdun assure une présence sacerdotale sur le sanctuaire et dans les villages environnants.

L’église. De l’oratoire des débuts du pèlerinage, il ne reste rien ; pas plus que de l’église du Moyen Âge, détruite par l’incendie de 1331. Reconstruite en 1333, et agrandie au XVe siècle, l’église est à nouveau restaurée en 1651, puis en 1698 grâce aux libéralités d’Antoine Lescale, seigneur de Longchamps et de Marguerite de Condé, son épouse. Ces deux bienfaiteurs reposent aujourd’hui sous une dalle à la croisée du transept. En reconnaissance, les deux petits autels du jubé portent leurs armes et la statue de leurs saints patrons : sainte Marguerite et saint Antoine. À l’intérieur de l’édifice, la vue se porte sur le jubé, destiné à isoler le chœur des moines. La décoration de l’abside du transept est de style baroque, à la fois simple et équilibré. Au fond, dans une niche à coquille, est exposée la statue de la Vierge vénérée en ce lieu. À ses côtés, se trouvent saint Norbert avec un ostensoir, fondateur des Prémontrés, et saint Augustin. À l’extérieur, on trouve sur la façade de la tour du clocher une statue monumentale de saint Pierre Fourrier, seul souvenir du séjour des clercs réguliers qui se réclamaient de lui. Le 27 juin 1983, le sanctuaire est classé monument historique.

Le chemin de croix en pierres sculptées. Situé sur une colline en face de la chapelle, il s’agit d’un projet du sculpteur Henri Chapu en 1889 qui consiste en un alignement de 14 monolithes extraits des carrières d'Euville près de Commercy. L’œuvre est réalisée après la mort de Chapu par Désiré Fosse (originaire de Nantillois dans la Meuse), et terminée en 1895. Cette même année, Mgr Jean-Pierre Pagis en fit la bénédiction solennelle, en présence de 12 000 fidèles. La croix monumentale fut apportée de Jérusalem par Léon Tardif de Moidrey, un pèlerin de la Pénitence, le 14 septembre 1888, au cours d’une autre fête solennelle. En dessous du Christ en bronze, un médaillon contient une parcelle de relique de la Vraie croix.





La fontaine.La source primitive de la fontaine était située au chevet de l’église, mais les nécessités de la clôture monastique l’ont déplacée à l’endroit actuel, dans le parc, vers 1644. Le gracieux monument néogothique existant fut offert par un domestique du châtelain de Thillombois (Meuse), Joseph Sauce. Il fut le fruit de ses économies et privations. Inauguré le 8 septembre 1846, il est surmonté d’une statue offerte par Claude Rollet, archiprêtre de Bar-le-Duc.  

Aujourd’hui, le site de Benoîte-Vaux est géré par une association : Benoîte-Vaux Accueil. Le pèlerinage, qui attire encore de nombreux fidèles, a lieu chaque année la première semaine de septembre, avec, le 9 septembre, la fête de Benoîte-Vaux.





Sœur Sheeba Keenanchery
Responsable de l'animation pastorale


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Sheeba Keenanchery a faites le samedi 25 février 2017.


Proposition d'engagement





Je me rends en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, pour être vous-mêmes les témoins de l’amour de la Vierge Marie qui règne en ce lieu.  

Pour plus de renseignements : Sanctuaire Notre-Dame de Benoîte-Vaux 55220 RAMBLUZIN et BENOÎTE-VAUX Tél : 03.29.80.59.02 Recteur : Sœur Sheeba KEENANCHERY (responsable de l’animation pastorale)  
 


Proposition de formation sur la foi





Comment expliquer la violence dans la Bible ?


L’histoire d’Israël est l’histoire d’une éducation. Par étapes, Dieu fait sortir son peuple de la violence au nom de Dieu, jusqu’au jour où Jésus a dit : « Heureux les doux ! »

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de Benoîte-Vaux.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 4 Mar 2017 - 15:26


 1846 


NOTRE-DAME DE LA SALETTE : LES LARMES D’UNE MÈRE





Le 19 septembre 1846, une « Belle Dame » apparaît à deux enfants sur la montagne de La Salette (Isère) pour demander aux pécheurs de se convertir. Après une enquête rigoureuse, l’apparition est officiellement reconnue le 19 septembre 1851 par Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble. Aujourd’hui, le sanctuaire de La Salette est l’un des plus hauts lieux chrétiens de France.  


Les protagonistes. Deux enfants, Mélanie et Maximin, pauvres parmi les pauvres, ignorants parmi les ignorants, mais deux enfants au cœur pur, furent les témoins d’une apparition de Marie sur la montagne de La Salette (Isère). Maximin Giraud a 11 ans et Mélanie Calvat 14 ans. Lui est né à Corps (Isère) le 26 août 1835. Sa mère, Anne-Marie Templier, meurt alors qu’il n’a que 17 mois. Son père Germain Giraud, charron, se remarie peu de temps après. Malmené par sa belle-mère, le petit Maximin passe alors beaucoup de temps à l’extérieur, s’amusant avec son chien et gardant sa chèvre. Mélanie Calvat, quatrième des dix enfants d’un tailleur de pierres de Corps, est née le 7 novembre 1831. Très jeune, elle est sollicitée par ses parents sans le sou pour garder le bétail dans les fermes environnantes, voire pour mendier dans la rue. Tous deux sont sans culture et sans éducation religieuse.




Les trois phases de l’apparition.Samedi 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, les deux enfants gardent un troupeau de vaches dans la montagne alpine à 1 800 mètres d’altitude, au lieu-dit La Salette.

1. La Vierge en pleurs. Après un repas près de la fontaine des Hommes puis une courte sieste, ils se réveillent et s’inquiètent du sort des bêtes. C’est alors qu’ils aperçoivent, dans le petit ravin de la Sézia, un globe de feu d’un mètre de diamètre environ. Soudain, l’insolite lumière tourbillonne, puis s’entrouvre. Stupéfaits, les deux enfants remarquent une forme humaine, une « Belle Dame », assise, les coudes appuyés sur les genoux et qui pleure.

2. La conversation. Mélanie et Maximin ignorent qui est cette « Belle Dame ». Celle-ci se lève, s’avance légèrement et leur dit : « Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle » (Cf. récit complet dans les « compléments »).

3. L’Assomption. Traversant la Sézia, la « Belle Dame » gravit la pente du ravin, au lieu de monter tout droit, elle décrit une sorte de « S » très allongé. Arrivée sur le plateau, la « Belle Dame » s’élève, elle reste un moment suspendue en l’air, puis disparaît peu à peu. L’apparition est finie. Elle a duré, suppose-t-on, environ une demi-heure, mais elle sembla aux enfants aussi brève qu’un éclair.





Le message de Marie. D’abord assise et toute en larmes, la « Belle Dame » se lève et leur parle longuement, en français et en patois, de « son Fils » tout en citant des exemples tirés du concret de leur vie. « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. (…) » Toute la clarté dont elle est formée et qui les enveloppe tous les trois, vient d’un grand crucifix qu’elle porte sur sa poitrine, entouré d’un marteau et de tenailles. Elle porte sur ses épaules une lourde chaîne et, à côté, des roses. Sa tête, sa taille et ses pieds sont entourés de roses. Elle poursuit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. (…) S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres. (…) » Son message achevé, la « Belle Dame » gravit un raidillon et disparaît dans la lumière. Une consigne est laissée aux enfants : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! »  


L’engouement de tout un peuple. De retour au village, les deux enfants commencent à raconter cette histoire invraisemblable, à Madame Pra puis au curé du village : une « Belle Dame », toute de lumière, leur serait apparue dans les alpages et leur aurait parlé longuement. Pouvait-on croire ces jeunes bergers racontant un fait n’ayant eu d’autres témoins qu’eux-mêmes ? Difficile, et pourtant, la population est troublée.
 



Les suites de l’apparition.  Fin 1847, un premier rapport au chanoine Rousselot est positif. Malgré les nombreuses interrogations (Mgr de Bonald, le futur Mgr Dupanloup…) voire la menace des gendarmes, leur témoignage ne varie pas. Le 19 septembre 1851, après une enquête longue et rigoureuse, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, déclare dans un mandement : « L’apparition de la Sainte Vierge à deux bergers sur la montagne de La Salette [...] porte en elle-même tous les caractères de la vérité et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine. » Le 25 mai 1852, l’évêque pose devant 15 000 pèlerins la première pierre d’un grand sanctuaire comportant une église de style néo-roman et une hôtellerie attenante, et annonce à ses diocésains la constitution d’un corps spécial de prêtres pour être au service de ces pèlerins. Ils seront les « Missionnaires de Notre-Dame de La Salette ». En 1855, Mgr Jacques Ginoulhiac, nouvel évêque de la ville, confirma la décision de son prédécesseur et ajouta : « La mission des bergers est finie, celle de l’Église commence. » À la suite de pèlerinages et de guérisons, plus de 900 chapelles en France et à l’étranger reproduisent cette apparition de Notre-Dame. Achevée en 1861, agrandie en 1897, la basilique (dont le statut fut établi le 21 août 1879) est classée monument historique depuis 1945.  

Depuis plus d’un siècle et demi, les foules ne cessent d’affluer à Notre-Dame de La Salette (deuxième plus grand pèlerinage de France après Lourdes), poussées par leur curiosité ou en quête d’une élévation spirituelle, malgré la difficulté du chemin. Ils sont accueillis depuis 1962 par l’Association des Pèlerins de La Salette (A.P.S.).





Père Dominique Dusang
Religieux de St Vincent de Paul, curé de la paroisse
Notre-Dame de La Salette, Paris 15ème


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Dominique Dusang a faites le samedi 4 mars 2017.


Proposition d'engagement





JJe viens vénérer la relique du Cœur de saint Vincent de Paul

Grande grâce pour notre communauté paroissiale : jusqu’au 5 mars, nous aurons le privilège d’accueillir la relique du Cœur de saint Vincent de Paul. C’est à l’occasion du 400ème anniversaire du charisme vincentien que cette insigne relique a entamé un grand pèlerinage pour permettre au plus grand nombre d’approcher du Cœur de ce géant de la charité. C’est aussi un beau cadeau pour notre communauté religieuse, puisqu’hier 3 mars – jour anniversaire de la fondation de la Congrégation des religieux de St Vincent de Paul – nous avons rendu grâce devant le Cœur de notre saint Patron.      

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons donc de venir ce week-end vénérer la relique.  

Informations et renseignements :
paroisse Notre-Dame de La Salette 27, rue de Dantzig / 38, rue de Cronstadt, 75015 Paris.
Nous envoyer un message : paroisse@nd-la-salette.org.
Nous téléphoner : 01 45 31 12 16 / 07 86 09 84 17.
Site Internet : www.nd-la-salette.org.
 


Proposition de formation sur la foi





L'enfer existe-t-il ?


L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. La profondeur du mal dans le monde laisse parfois entrevoir cet abîme où fait plonger le refus de Dieu. Jésus lui-même nous met en garde à de nombreuses reprises dans les Évangiles.

Découvrez la réponse complète de Mgr Dominique Le Tourneau.






Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de La Salette.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 11 Mar 2017 - 19:01


 1906 


SAINTE ÉLISABETH PLONGE AU CŒUR DE LA TRINITÉ ET NOUS ENTRAÎNE À SA SUITE





Canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François, Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon (Côte-d’Or) à l’âge de 21 ans. Le 21 novembre 1904, fête de la Présentation de Marie, elle écrit sa célèbre prière, comme une offrande totale d’elle-même à la Trinité. Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt le 9 novembre 1906.


Enfance. Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 à Farges-en-Septaine (Cher), peu avant le déménagement de ses parents pour Dijon. Orpheline de père à l’âge de sept ans, elle grandit dans un foyer chaleureux auprès de sa sœur Guite (Marguerite) de deux ans plus jeune qu’elle, et de sa mère. Le trio est profondément uni et très ouvert : réceptions mondaines, visites, et chaque année, de grandes vacances dans le Sud, le Jura ou en Lorraine. Le 19 avril 1891, elle fait sa première communion à l’église Saint-Michel, et reçoit la grâce de se sentir habitée par le Christ.




Une célèbre prière.En ce soir du 21 novembre 1904 au Carmel de Dijon, Sœur Élisabeth de la Trinité termine sa retraite, toute prise par une grâce qu’elle ne révèlera à personne. Seule dans sa cellule, elle prend un petit carnet et déchire une page. Poussée par l’expérience très forte et toute intérieure qu’elle vient de vivre, elle se met à écrire : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore… ». Aujourd’hui, celui qui lit cette prière se trouve devant une évidence : Élisabeth vit de la présence de Dieu en elle, une présence vivante, agissante, aimante. Une présence qui déborde sur cette page trop petite pour contenir tout ce qui se passe dans l’âme de la jeune moniale qui n’a plus que deux ans à vivre, et qui, sans le vouloir, va laisser ce soir-là au monde le secret qui a fait de sa vie « un ciel anticipé ».


La victoire de Dieu.Les premières années de la future sainte avaient pourtant donné quelques soucis. Fille d’officier, tempérament impérieux, colérique, la petite Sabeth était alors un vrai volcan, « très diable » diront sa mère et tous ceux qui l’approchaient ! Longuement, elle a lutté sans grand succès pour vaincre son « terrible caractère ». Il faudra attendre ses 11 ans pour que l’amour de Dieu remporte la pleine victoire : au jour de sa première communion, tant désirée, la présence de Jésus, son amour et sa paix ont envahi son cœur. La sous-prieure du Carmel, qu’elle rencontre en ce jour, lui révèle le sens de son prénom : « Élisabeth, maison de Dieu. » Dès lors, sa vie est transformée : la violence qui l’habite n’a pas disparu mais elle est canalisée, orientée et elle n’a plus qu’un désir : rendre heureux son Dieu en rendant heureux tous ceux qui l’entourent.




La mélodie de la vie. Premier prix de piano au conservatoire à 13 ans, Élisabeth aurait pu devenir une pianiste renommée. L’interprète virtuose de Liszt et de Chopin ne se laisse pourtant pas griser par les louanges dont elle est l’objet, de la part de ses amies bien sûr, mais aussi des journaux et des grands noms du piano de l’époque. Une autre musique, une autre voix résonne plus fort dans son cœur, celle de Jésus à qui elle se consacre sans réserve et à qui elle brûle de se donner en entrant au Carmel. L’opposition farouche de sa mère à ce projet la fera grandir dans l’obéissance, la confiance et l’abandon. En attendant de pouvoir réaliser son rêve, elle poursuit sa route en vivant la vie des jeunes filles de son milieu : sorties mondaines, mais aussi vie paroissiale fervente, chorale, service des pauvres, retraites… Elle aime passionnément ses amis et les grands voyages qu’elle entreprend chaque année à travers toute la France. La musique silencieuse qui l’habite de cesse pas pour autant et rayonne sur tous ceux qui l’entourent et pressentent qu’Élisabeth n’est pas « comme les autres » et même, diront certains, qu’elle « voit Dieu »  




Le silence du Carmel. Entrée au Carmel à 21 ans, Élisabeth reçoit un nom nouveau qui l’enchante : Élisabeth de la Trinité. Une Carmélite réputée de Beaune (Côte-d’Or) avait déjà porté ce nom au XVIIe siècle. La Trinité ! C’est ce Mystère d’amour qui déjà l’habite, la brûle. C’est, écrira-t-elle plus tard : « La maison paternelle dont nous ne devons jamais sortir. » Plus que tout, c’est « le trop grand Amour » de Dieu pour nous auquel nous devons croire à travers tout. C’est Dieu Père, Fils et Esprit, présent à chaque instant de nos vies pour nous faire vivre de sa vie. Élisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la vie de la communauté. Et dans ses lettres, elle partage à ses amis, laïcs pour la plupart, la merveilleuse découverte : nous sommes tous appelés, tous aimés, tous habités par la Présence au fond de nous-mêmes. Nous devons régulièrement nous recueillir en présence de Dieu, pour devenir « louange de gloire » selon les mots de saint Paul (Ephésiens I, 11), et faire de notre corps le trône de la Très Sainte Trinité où celle-ci daigne venir habiter.

La jeune fille a renoncé au piano pour entrer dans le silence, la solitude du Carmel. Un silence qui n’est pas vide et néant, mais écho de la Parole de Dieu. Et en ce 21 novembre 1904, Élisabeth laisse jaillir de son cœur les notes qu’elle couche sur cette feuille, cette partition que la musicienne qu’elle reste va jouer silencieusement mais avec toute son âme. Elle compose alors sa célèbre prière : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », où elle se livre entièrement... (cf. compléments). Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt à Dijon le 9 novembre 1906, âgée de 26 ans, en murmurant : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ! »



La béatification. Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17 février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Âgé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Dom Jean Chanut souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de Sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine, le malade sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus, à partir de cette date, les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984 par le pape saint Jean Paul II qui la présente comme un guide sûr et une lumière pour tous.


Citation :
Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François


Vers la canonisation. Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle-même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence, car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se lève soudain : « Je n’ai plus mal ! » Les symptômes ont disparu… Quelques mois plus tard, elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce décret du 3 mars 2016, puis le consistoire du 20 juin 2016. Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.




Une Sœur
du Carmel de Dijon


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'une Sœur du Carmel de Dijon a faites le samedi 11 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je vis le carême en ligne avec sainte Élisabeth de la Trinité

Pour le carême 2017, les carmes de la Province de Paris proposent leur 12e retraite en ligne. Cette retraite a été préparée par le frère Didier-Marie Golay (couvent de Lisieux) et une équipe carmélitaine : le Carmel de Dijon à Flavignerot, Dominique, Marie-Noëlle, Kevin et frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon).

Vous pouvez aussi, avec Élisabeth, entrer chaque jour dans le cœur à cœur de l’oraison. En prenant sa prière ou une de ses paroles fournies dans les « compléments », ou en visitant notre site pour trouver une parole qui aide à entrer dans la prière. http://elisabeth-dijon.org



 


Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que l’acédie ?


Nos sociétés, marquées par l’instabilité, l’incapacité de tenir des engagements, la perte de sens et la désespérance, souffrent en réalité de ce que la tradition monastique appelle l’acédie. Elles sont invitées, pour en guérir, à redécouvrir la saveur de Dieu, l’élan du désir, la persévérance et la fidélité qui conduisent à la vraie joie.

Découvrez la réponse complète de Dom Jean-Charles Nault.






Proposition de prière




Je prie pour le rayonnement de sainte Élisabeth de la Trinité.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Mar 2017 - 18:09


 1859 


LE SAINT CURÉ D’ARS : UNE « VIEILLE AFFECTION » POUR LA VIERGE MARIE





Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars (1786-1859), a toujours vécu sous le regard de la Vierge Marie qu’il affirmait « bien connaître ». Patron des prêtres de France et des curés du monde, il fut le curé d’Ars (aujourd’hui Ars-sur-Formans, dans l’Ain)  pendant 41 ans.


La place de Marie dans l'histoire du Salut. Toute l'Écriture et la Tradition nous disent la volonté de Dieu d'associer Marie à la réalisation de l'histoire du Salut. Cela s'accomplit au moment de la vie terrestre de Jésus, mais aussi tout au long de l'histoire de l'Église qui, à l'image de Marie, Vierge et Mère, continue d'enfanter le Corps du Christ.

Le Curé d'Ars a la foi « catholique ». Il reçoit tout ce qui est cru. Cela oriente son action et détermine ses choix. Puisqu'il est dans la volonté de Dieu que Marie ait une place parmi les hommes qui cheminent vers le Ciel, Jean-Marie Vianney lui donne « toute » sa place. Puisqu'elle a encore une œuvre à accomplir, il compte sur elle. Autrement dit, son rapport avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la dévotion privée, facultative. Elle fait partie intégrante des éléments qu'il faut tenir ensemble pour l'accomplissement de l'œuvre du Salut. Sans opposer la vie affective à l'intelligence de la foi, le Curé d'Ars prend tout : « La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître ! »



Une dévotion qui remonte à l’enfance. La maman de Jean-Marie Vianney, Marie Belluse, a aidé, guidé, conduit cette âme naturellement bien disposée, à un bel épanouissement de sa vie spirituelle où la Vierge Marie trouve tout naturellement sa place. Cette dévotion n'est pas plaquée sur sa vie. Elle y est parfaitement intégrée. Sa vie spirituelle imprègne sa vie humaine, marque sa vie quotidienne. On sait qu'il lui a coûté de donner son chapelet à sa sœur Gothon « pour l'amour de Dieu ». Sa mère l'a remplacé par une statue de Notre-Dame à laquelle il va être très attaché. « Il ne la quittait ni le jour ni la nuit », dira Catherine Lassagne. C'est devant elle qu'il prie lorsque sa mère le retrouve à quatre ans, dans l'étable de Dardilly (Rhône-Alpes). C'est cette même statuette qu'il lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage... Comme sa mère le lui a appris, quand il entendait sonner l'heure à l'horloge de la paroisse, il se découvrait et récitait un Ave Maria. Il gardera cette habitude avec ses paroissiens. Marie l'accompagne tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce.




Une particulière dévotion envers l'Immaculée-Conception. Nous savons aussi que Jean-Marie Vianney a une dévotion particulière envers l'Immaculée-Conception de la Vierge Marie, une confiance d'enfant vis-à-vis de sa mère. « Lui-même, pour obtenir une parfaite pureté de cœur, s'était lié par un vœu inspiré par sa piété mariale. Une fois par jour le Regina Cœli et six fois par jour la prière : Bénie soit la Très Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. À jamais. Ainsi soit-il » (Abbé Alexis Tailhades, P. O 1517). Dès son arrivée à Écully (Rhône), comme vicaire de l'Abbé Balley, et bien avant la proclamation du dogme, il se fait l'ardent défenseur de son Immaculée-Conception. « Il copiait des prières en l'honneur de l'Immaculée Conception et les répandait dans la paroisse. » « Il composa, avec Mr Balley, le chapelet de l'Immaculée Conception, que l'on récite encore à Ars tous les soirs », précise Jeanne-Marie Chanay, une paroissienne. C'est un amour qu'il veut partager avec les autres. « J'ai si souvent puisé à cette source (le cœur de la Très Sainte Vierge) qu'il n'y resterait plus rien depuis longtemps, si elle n'était pas inépuisable... » (MONNIN II 589) C'est une confiance qu'il voudrait rendre contagieuse.




À Ars, une pastorale concrète marquée par de grands événements. C'est surtout à Ars-sur-Formans (Ain) que le nouveau prêtre donnera la mesure de sa dévotion à la Vierge. Cette dévotion est, avec son culte envers l'Eucharistie, le grand ressort de sa sainteté. Il fonde d'abord la confrérie du Saint Rosaire pour les jeunes filles de la paroisse. En 1820, il restaure la chapelle de la Vierge, bien trop modeste à son goût. La statue dorée qu'on y voit encore sera achetée en 1834 après les apparitions de Notre-Dame à sainte Catherine Labouré. Le Curé d'Ars en a entendu parler et y fera allusion dans ses catéchismes. En 1823, Mr Vianney organise un pèlerinage paroissial d'action de grâces à Notre-Dame de Fourvière. Le 1er mai 1836 a lieu la consécration de la paroisse à l'Immaculée-Conception (18 ans avant la proclamation du dogme !) Les noms de ses paroissiens sont placés dans un cœur de vermeil suspendu au cou de la Vierge Marie. En 1844, il installe une statue de Marie au-dessus de la porte principale de l'église car « Marie est la portière du ciel ». Le 8 décembre 1854, il fête avec beaucoup de solennité la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. « J'ai toujours pensé qu'il manquait un rayon à l'éclat des vérités catholiques. C'est une lacune qui ne pouvait demeurer dans la Religion. »  




Des événements quotidiens sous le regard de Marie. Le Curé d'Ars célèbre la messe tous les samedis en l'honneur de la Vierge Marie, dans sa chapelle, et assure une prédication à chaque fête mariale. Ces jours-là, les communions sont toujours nombreuses et l'église ne désemplit pas. C'est une pastorale qui veut rejoindre chacun et faire grandir une dévotion personnelle envers Marie. Pour cela, il distribue des images et des médailles. Il en fait frapper une spécialement lors d'une épidémie de choléra pour se mettre sous la protection de Marie conçue sans péché. Sur beaucoup de maisons dans le village, on peut voir une statue de la Vierge veillant sur les foyers. Et dans les vieilles familles, on est fier aujourd'hui encore de montrer les images offertes par le saint Curé et signées par lui.  


Les apparitions de Marie au saint Curé. Comment terminer cette brève évocation de la place de Marie dans la vie spirituelle de saint Jean-Marie Vianney sans évoquer la question des apparitions dont une au moins bénéficie d'un témoin direct ? Question délicate car le saint a toujours refusé de s'étendre sur le sujet, laissant seulement entendre que : « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien. » Le 8 mai 1840, à une heure de l'après-midi, Étiennette Durié apportait au saint Curé une somme considérable pour des fondations de messes. Elle est alors témoin d'une conversation entre le saint et une dame vêtue de blanc, le front couronné d'étoiles. Elle participe elle-même à la conversation, demandant d'être emportée au ciel (elle est atteinte d'un cancer). Après la vision, elle déclare : « J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. »

- « Vous ne vous êtes pas trompée... J'étais trop content de voir ma Mère. »
C'est peut-être de cet événement dont il parlera à un visiteur de marque qu'il recevait des années plus tard dans sa chambre : « On n'oserait pas mettre le pied sur tel carreau si l'on savait ce qui s'y est passé. »





Une vie parmi les siens. D'une manière générale, on peut dire que la dévotion mariale de saint Jean-Marie Vianney a constitué, avec sa piété eucharistique et la conscience très vive de sa mission de confesseur, la force d'attraction qui le ramènera sans cesse à son poste dès qu'il aura la tentation de le fuir, accablé par son « indignité » et la responsabilité des âmes confiées à son ministère de curé. C'est de Marie, au sanctuaire de Beaumont, lors de sa fuite à Dardilly en 1843, qu'il reconnaîtra avoir reçu la force de renoncer à sa volonté propre. L'abbé Raymond raconte : « Après un moment de repos et de prière, le Curé d'Ars dit la messe du Saint Esprit... Il implora aussi la protection de Marie et le secours de ses suffrages, afin de connaître si Dieu le destinait à mener dans ce sanctuaire sa mission extraordinaire. » À peine revenu à la sacristie, le Curé d’Ars lui dit : « Le Bon Dieu ne me veut pas ici... Retournons à Ars. » Et le lendemain de son retour, quelqu'un pouvait écrire : « Monsieur le Curé est content de la Sainte Vierge qui lui a inspiré de revenir parmi les siens. »

Grâce à Marie, la paroisse d’Ars gardera son curé jusqu'à sa mort, 16 ans plus tard, le 4 août 1859.  





Père Frédéric Vollaud
Chapelain du sanctuaire d'Ars/size]


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Frédéric Vollaud a faites le samedi 18 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je prie pour les vocations et la conversion des pécheurs

Comme le recommandait le saint Curé d'Ars, je dis cette semaine un Je vous salue Marie à chaque heure qui sonne pour les vocations et la conversion des pécheurs.

Je peux aussi répéter plusieurs fois par jour l'invocation :

« Bénie soit la très sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu !
Que toutes les nations glorifient, que toute la terre invoque et bénisse votre Cœur Immaculé ! »



Proposition de formation sur la foi





Comment transmettre ?


Les parents et spécialement les pères ne peuvent se décharger sur l’école ou les tiers : ce sont eux qui ont la responsabilité première de la transmission et de l’éducation de leurs enfants, qui doivent être formés dans la tradition de la Bible et de l'Eglise pour affronter un monde difficile, éloigné de Dieu.

Découvrez la réponse complète de Jean-Marie Elie Setbon.







Proposition de prière





Je prie avec l'Acte d'Amour (prière très aimée du Curé d'Ars), ci-après commenté en fonction de la vie du saint Curé.










_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Mar 2017 - 19:20


 1931 


ELLE EST LÀ ! LE PÈRE LAMY : MARIE EN TOUTE SIMPLICITÉ




Ordonné prêtre en 1886, le Père Jean-Édouard Lamy (1853-1931) est chargé par la Sainte Vierge avec qui il a une relation intime de fonder un pèlerinage à Notre-Dame-des-Bois (Haute-Marne) ainsi qu’une congrégation religieuse. Après un essai de fondation infructueux et de courte durée, il meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.


« Un second curé d’Ars » On connaît bien cette exclamation du saint Curé d’Ars : « Il est là ! », balbutiement d’un homme saisi, interdit, devant le mystère de la présence de Jésus au Saint-Sacrement. Trois mots devenus emblématiques de la spiritualité du saint Curé. On pourrait résumer la personne et la spiritualité du Père Lamy (1853-1931), « un second curé d’Ars » comme le qualifiait le cardinal Léon Amette (1850-1920), archevêque de Paris, par une exclamation analogue : « Elle est là ! » Conséquence cette fois de la prise de conscience émerveillée de la présence de Marie.




Marie se dit, en simplicité. Ce qui frappe chez le Père Lamy, c’est son intimité avec Marie, depuis son enfance (on l’appelait « l’enfant au chapelet ») jusque dans sa vie religieuse (oblat de saint François de Sales) et sacerdotale (curé de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis). Elle donne et façonne une postérité spirituelle qui se traduit notamment dans la fondation d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Notre-Dame des Bois, près du village de Violot (Haute-Marne), à 15 km au sud-est de Langres, et de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Si, bien d’autres saints ont été avant lui « au moule de Marie » (selon l’expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort), le Père Lamy en vit et en parle de manière toute simple, parfois familière, ce qui fait son originalité. Que n’a-t-on écrit sur « les gloires de Marie », insistant sur ses privilèges, ses titres ; montrant souvent la sainte Vierge presque « inabordable », comme s’en plaignait sainte Thérèse de Lisieux. Avec le Père Lamy, Marie est présentée comme « en son ménage », selon un mode de présence familière et d’une proximité s’exprimant jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Lors d’une de ses apparitions au Père Lamy, Marie commente la qualité des ornements du prêtre : « C’est du faux ! »




Une relation unique. Jusque dans son expérience mystique, le Père Lamy parle de Marie en des termes dont la familiarité peut surprendre, voire choquer et qui nous montrent la Mère de Dieu comme abolissant toute distance avec nous, y compris celle du respect humain. « Elle était de taille médiocre », dira d’elle le Père Lamy après son apparition à la Courneuve. Voilà une description assez inhabituelle de la Mère de Dieu ! L’homme n’hésite pas à dire de la sainte Vierge qu’elle est une « habile chiffonnière », ayant devant les yeux ses chers chiffonniers de la Courneuve dont les activités, souvent répréhensibles, lui offrent pourtant un bon exemple pour parler de la mission de Marie. Comme eux, elle sait enjoliver les choses les plus laides pour en présenter le brin de mérite à son Fils. Derrière la rugosité du vocabulaire, c’est de la bonne théologie ! Et la Vierge Marie prend le Père Lamy pour ainsi dire « sur son terrain », en lui apparaissant au moment le moins opportun, en toute simplicité, alors qu’il nettoie son église, à genoux par terre, en tablier. Le Père Lamy, occupé à son travail, n’en sait rien et doit en être averti par l’archange Gabriel : « La Reine des Cieux est là ! » (on retrouve notre exclamation emblématique). Le Père Lamy est alors tout confus de se trouver en pareille posture, ce qui fait rire la Vierge ! « J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. (…) « Tenez, le voilà tout rouge ! », a-t-elle dit aux saints en voyant que je me démenais. »




Marie se vit, en simplicité. Cette simplicité s’exprime également dans le choix d’un lieu de pèlerinage et d’une statue assortie. Le 9 septembre 1909, le Père Lamy est comme chaque année en pèlerinage à Gray (Haute-Saône) pour y prier Notre Dame en sa basilique. Il y célèbre la messe quand la Vierge descend doucement vers l’autel et lui sourit. Elle lui annonce la guerre de 1914, lui demande la fondation d’une Congrégation (ce sera les Serviteurs de Jésus et de Marie qu’il fondera en 1930, juste avant sa mort) et d’un pèlerinage (celui de Notre-Dame des Bois). Pour ce dernier, le Père Lamy doit se procurer une statue. Il l’achète à contre cœur chez un brocanteur, sur les indications de Marie, déçu qu’il est par son manque de goût ! Quant au lieu du pèlerinage, c’est une masure perdue qui sert de refuge aux bûcherons et aux chasseurs au milieu d’un bois… On y devine qu’il ne s’y dit pas que des prières. Mais si, en fait de statue et de pèlerinage, on aurait pu rêver mieux de la part de Celle qu’il appelait avec son époque « la Très sainte Vierge », on ne discute pas car « c’est le choix de la Mère de Dieu ». Marie priée et vénérée dans un lieu et à travers une représentation sans fards : les choix du Père Lamy expriment Marie comme il en a l’expérience, en toute simplicité, plutôt que dans ses gloires.  




Un homme humble, « comme un rien » C’est bien le mot de simplicité qui illustre la qualité maîtresse du Père Lamy, comme la conséquence de son intimité avec Marie. On pourrait dire que, tout au long de sa vie, Marie a simplifié le Père Lamy, au sens noble que la Tradition donne à ce mot (la simplicité de la colombe chère à saint François de Sales). Les témoins ont relevé que le Père Lamy passait inaperçu, comme du reste la Mère de Dieu et son divin Fils : « Le Père Lamy n’était-il pas comme un rien ? », dira de lui son confident et ami Jacques Maritain. Dans l’action, l’union à Marie donnait au Père Lamy de voir simple, d’aller tranquillement de l’avant, malgré une impressionnante pauvreté de moyens. En effet, seul, sans vicaire, presque aveugle pendant plusieurs années, le Père Lamy dirige une Œuvre de jeunesse et lui donne un rayonnement considérable (à Troyes comme oblat de saint François de Sales) ; il relève la paroisse de la Courneuve.

Invité lors d’une réunion du fameux Cercle Maritain, alors qu’on y brassait des concepts et discutait théologie mariale, on interroge le Père Lamy, sans doute un peu dépassé par le tour que prennent les débats. Sa réponse : « Elle est bonne, elle est très bonne ! », qui arrache des larmes à ce pieux et grave auditoire ; car vivre avec Marie donne une qualité d’être qui touche et transforme les cœurs. Le Père Lamy meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.





Un Frère
serviteur de Jésus et de Marie


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un Frère serviteur de Jésus et de Marie a faites le samedi 25 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois

Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois du samedi 3 juin au lundi 5 juin 2017.

Au programme :
Une marche de jour de 4 km

Une procession de nuit aux flambeaux
Des temps de célébrations

Messe, chemin de croix et veille

Des temps libres en famille au bord du lac
Deux nuits en chalet

Repas festifs  

Inscription et renseignements auprès de :
Frère Charles de Jésus – 1, rue de la Wanne 68100 Mulhouse / 06 45 54 65 23 / frere.charles@serviteurs.org.  
Prix indicatif : pour une famille parents + quatre enfants : environ 200 euros.
Date limite d’inscription : 1er mai 2017.  






Proposition de formation sur la foi





L’embryon est-il une personne humaine ?


L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain, mais elle a toujours invité à respecter la vie dès sa conception. La distinction parfois suggérée dans certains textes juridiques internationaux entre être humain et personne humaine est artificielle et sans fondement scientifique, ni philosophique.

Découvrez la réponse complète de Pierre Olivier Arduin.






Proposition de prière




Je récite la neuvaine pour la béatification du Père Lamy.

Nous croyons que, depuis son retour à Dieu, le 1er décembre 1931, notre fondateur œuvre au bien des âmes qui se confient à lui. Par cette neuvaine, vous pouvez avoir recours à son intercession et, peut-être, permettre qu’il soit un jour déclaré bienheureux.









_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 1 Avr 2017 - 18:14


 1704 


JACQUES-BÉNIGNE BOSSUET, LUMIÈRE DU ROI-SOLEIL





« L’Aigle de Meaux », Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), fut célèbre dans toute l’Europe pour sa hauteur d’esprit qui lui a permis, en une période de grands questionnements, de rester fidèle à l’Église, d’abord à la Cour de Louis XIV, puis comme évêque de Meaux (Seine-et-Marne).


Introduction. Osons la question : Jacques-Bénigne Bossuet mérite-il de sortir du tombeau ? Le plus célèbre des évêques de Meaux s’est doucement retiré de notre paysage culturel et semble promis à rester figé dans l’attitude grandiose et surhumaine de son portait le plus connu peint par Hyacinthe Rigaud. Là, tout le dépeint victorieux et dominateur, drapé dans des habits de Cour et posant dans une stabilité que rien ne saurait troubler. Il en fut bien autrement. Bossuet n’a pas été le bâtisseur paisible d’une somptueuse cathédrale, mais bien l’ouvrier affairé et pressé tentant de réparer les fissures et les brèches qui menaçaient partout l’édifice en cette seconde moitié du XVIIe siècle. Courageusement, il a hérité des grands doutes exprimés à la Renaissance, auxquels on n’avait pu vraiment répondre à cause des guerres de Religion. Il a su bien connaître son époque où l’individualisme et le rationalisme choisis par les sceptiques « libertins » remettaient en cause certaines vérités jugées par lui essentielles. Dans l’histoire intellectuelle et spirituelle de l’Europe, il a posé les grandes questions, relevé les contradictions et exposé les impasses avec perspicacité. Ses combats concernent encore l'homme d'aujourd'hui car ils ont été menés avec clarté sur les questions essentielles de l’inquiétude humaine.




Les années de formation. Jacques-Bénigne Bossuet naît le 27 septembre 1627 à Dijon (Côte-d’Or) dans une famille de magistrats. Il apprend son latin chez les Jésuites qui lui font découvrir aussi les auteurs antiques. C’est à l’âge de 14 ans qu’il découvre la Bible, empruntée dans le cabinet de son père, objet de ravissement dont il se rappellera toute sa vie. Le jeune homme poursuit ses études à Paris en philosophie puis en théologie, au collège de Navarre. Coiffé du bonnet de docteur, le jeune homme voit une carrière de professeur se présenter à lui, mais il ne choisit pas cette voie. Car déjà, il médite gravement sur la mort : « J’ai peu de temps, j’ai beaucoup de chemin à faire, peut-être en ai-je encore moins que je ne pense. »  À Paris il rencontre Vincent de Paul et se prépare à être ordonné prêtre à son école : résolument il orientera sa théologie vers l’action. Dans la vie de cet homme, en matière de foi, pas d’accident ni de brutale conversion, mais une foi solide qui se construit lentement. De tous les Pères de l’Église, c’est saint Augustin qu’il préfère. En son œuvre, ô prodige ! Il trouve tout. Bossuet ménage aussi une place aux Pères grecs, et notamment à saint Jean Chrysostome, plus simple et charnel, de qui il puisera le goût d’une parole imaginative et éclatante. Penché sur l’Écriture, écoutant attentivement l’écho de la Tradition, le regard sur l’Église, il a, sur des bases solides, profondément établi sa croyance. Ordonné prêtre en 1652, il s’installe à Metz où il a obtenu une prébende de chanoine. Dans cette ville de garnison où se côtoient militaires, catholiques, juifs et protestants, le jeune prêtre fait de nombreuses rencontres qui lui serviront. Son père est l’ami du ministre protestant Paul Ferri, ils vont faire connaissance et Bossuet entame son œuvre de controversiste en publiant une Réfutation du catéchisme du sieur Paul Ferry en 1655. Le public ne se trompe pas en reconnaissant la grande qualité de l’ouvrage qui lui fait même gagner l’amitié du pasteur.




À l’école de saint Vincent de Paul. En 1659, il retourne à Paris où il va prêcher pendant dix ans. On retrouve l’influence de Vincent de Paul dans son puissant sermon Sur l’éminente dignité des pauvres où il rappelle que les pauvres sont premiers dans l’Église et que les riches n’y sont que pour les servir. Grâce à Monsieur Vincent, il apprend à prêcher sans jargonner, en maniant les mots simples pour toucher les cœurs. En ces années, le royaume de France retourne à la paix après des décennies de guerre et la Cour cherche le divertissement. À 35 ans, Bossuet sait que l’ennemi véritable est le catholicisme mondain, nivelant les exigences chrétiennes à l’aune des avancements de sa petite carrière. Devenu le porte-voix des libertins de la Cour, Molière sera en esprit son principal adversaire dans cette lutte. Une grande espérance se porte sur le jeune Louis XIV, dont on espère qu’il soulagera les maux de son peuple, mais celui-ci bientôt affiche son goût du faste et ne cache plus sa maîtresse Louise de La Vallière. En 1662, Bossuet est choisi pour prêcher le carême devant le roi et sa Cour, au palais du Louvre, et dans son premier sermon sur la prédication évangélique, il n’hésite pas à proclamer : « Jésus-Christ n’est plus écouté. » La semaine suivante, il expose courageusement la misère du royaume où les rois « rendront compte à Dieu de ce qu’ils peuvent. » Sans doute frappée par la force de l’orateur, Louise de Vallière s’est enfuie de la Cour et Louis XIV a dû lui courir après ! Furieux, il n’assistera pas au magnifique sermon sur la mort. Bossuet aurait-il échoué ? Il est félicité, mais non rappelé.




Au service du roi pour l’unité du royaume. Cependant, l’amertume du roi Soleil ne dura qu’un temps. Très vite, il reconnaît en lui l’homme de valeur capable de devenir le précepteur du dauphin. Nommé en 1669 évêque de Condom (Gers), Bossuet y renonce rapidement pour s’occuper à temps plein de cette nouvelle charge qu’il exercera dix ans. Le prédicateur se fait philosophe et historien. Pour le bien du royaume, le dauphin doit comprendre que les princes ne sont que les instruments d’une volonté divine qui les dépasse. Le discernement spirituel, pour les princes comme pour les paysans, c’est d’apprécier l’action providentielle de Dieu dans l’ordinaire des choses. Bossuet fait venir également des scientifiques et ne cache pas son admiration pour cette science qui oblige « les venins mêmes à se tourner en remède. »  


Pour la conversion des protestants. C’est dans un même esprit d’unité qu’il poursuit son travail en direction des protestants. Convaincu que les controverses doctrinales n’aboutissaient à rien, il décide de porter ses efforts sur les conversions individuelles. En 1671, Bossuet publie une Exposition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverse, où il innove en évitant un vocabulaire de combat pour rappeler l’essentiel. Cependant, le roi estime qu’il est temps d’accélérer la lutte contre la « religion prétendue réformée » et révoque l’édit de Nantes en 1685. Bossuet le soutient. En Europe, on s’étonne de voir l’homme de l’Exposition sur la doctrine, soucieux de réconciliation, soutenir ce brutal interdit. En 1688, il publie son Histoire des variations des Églises protestantes, où il démontre que la vérité est immuable tandis que le principe du protestantisme est de toujours varier. La force de ce livre est telle que nombreux sont les protestants à reconnaître le vrai de sa thèse mais, loin de revenir dans le giron de l’Église, certains assument bientôt cette variation comme un principe de valeur ! Bossuet n’avait pas prévu qu’en voulant confondre ses adversaires, il les pousserait encore plus loin de Rome...




Évêque de Meaux. En 1680, le dauphin se marie et Bossuet a fini sa tâche. Le roi le remercie en le faisant l’année suivante évêque de Meaux, où il se montre très attentif, résidant en son diocèse, prêchant souvent et visitant ses paroisses. Énergique, il compose un catéchisme, soutient les conférences ecclésiastiques et publie des commentaires bibliques pour la bonne formation de son clergé. À la belle saison, il réside dans son agréable propriété de Germigny, en bord de Marne, où il profite du spectacle de la nature. Ce charmant tableau du bon évêque du XVIIe siècle aurait pu suffire à en faire déjà un homme admirable. Mais loin d’être une retraite pour son esprit et son cœur, son épiscopat meldois sera une période active de lutte intellectuelle et religieuse pour celui qui est considéré comme la voix de l’Église de France. (Voir « compléments »)


Une voix qui tombe. La paix civile obtenue, on comptait sur l’évêque de Meaux pour construire la paix morale et religieuse et celui-ci pensait avoir trouvé la formule victorieuse. Mais au soir de sa vie, Bossuet voyait les nuages s’accumuler à l’horizon. D’Angleterre et de Hollande, arrivaient de nouvelles philosophies promises à un grand avenir. Le pouvoir politique l’abandonnait dans sa lutte contre Richard Simon. La Cour l’avait dupé quand il avait rédigé pour l’Église de France quatre articles définissant ses droits pour délimiter le pouvoir pontifical (la Déclaration des Quatre articles en 1682) et que le roi avait abandonnés. Amertume et tristesse chez Bossuet, que de voir certaines intelligences se détourner radicalement de la Bible et de la Tradition. Avec perspicacité, il prévoit les conséquences lointaines des principes excessifs qu’il a combattus. Sentant le péril, il devient plus violent et, pour la première fois, oublie toute mesure. En 1694, dans son Traité de la concupiscence, il condamne le libre exercice de l’esprit, la science, le divertissement et le rire. Bossuet rejoint Blaise Pascal et le dépasse : il impose la sécession aux chrétiens. Dans ses Maximes et réflexions sur la Comédie, il s’emporte contre le père Caffaro qui défend le théâtre, dans lequel Bossuet ne voit qu’instrument excitant les passions. Il pressent qu’« un grand combat se prépare contre l’Église sous le nom de la philosophie cartésienne et, désabusé de n’avoir pu insérer le christianisme dans le monde, il s’autorise une grande colère. Les dernières notes de la vie de Bossuet furent-elles donc dissonantes ? Heureusement pas, car l’évêque de Meaux se replonge dans les délices de la méditation et partage avec les religieuses de son diocèse ses pensées les plus élevées et les plus profondes. Dans ses Méditations sur l’Évangile et ses Élévation sur les Mystères, on le sent écrire avec le cœur au bout de la plume : « Relis mon âme ce doux commandement d’aimer. » Souffrant, il apprend qu’il est atteint de la maladie de la pierre. Il se fait alors relire l’Évangile de saint Jean mais ne peut, faute de temps, achever sa Défense de la Tradition et des Saints Pères. En août 1702, il prêche une dernière fois à la cathédrale de Meaux. Installé à Paris pour se soigner, il meurt paisiblement le 12 avril 1704 dans son domicile rue Sainte-Anne. Selon ses volontés, il sera enterré dans la cathédrale de Meaux, au cœur de son cher diocèse auquel il avait consacré tant de soins.


Citation :
Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était


Conclusion. Avouons-le, la vie et l’œuvre de Bossuet nous impressionnent par leur cohérence. Tout entier possédé par le désir de faire connaître Dieu, il veut aussi éclairer l’homme sur l’impact de ses choix individuels sur le destin collectif. Fidèle à une révélation intérieure et doué d’une intelligence qui lui permettait d’examiner les questions difficiles et, dans la confusion des esprits, de porter une sentence claire, Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était. Orateur superbe et écrivain puissant, doué d’une force de travail sortant de l’ordinaire, et riche de qualités humaines qui font les grands cœurs, nous aurions finalement pu lui reprocher de ne pas avoir assumé le rôle de docteur de l’Église de France, s’il l’avait seulement rejeté. Mais courageusement, il a embrassé cette grave responsabilité et ne s’est pas contenté d’être un simple analyste en œuvrant par différents moyens pour éviter les ruptures, empêcher les folies et enseigner les simples comme les grands esprits. Quand on relit aujourd’hui ses lignes sur notre condition humaine, ses avis sur les excès de notre cœur et de notre raison, ou sur les pénibles questions de nos capacités, on est saisi par le regard perçant qu’il a jeté sur notre propre vie. C’est que l’ « Aigle de Meaux » a voulu que tous cherchent et trouvent, en prenant la hauteur qui le caractérise. Sa perspicacité à voir l’aboutissement de certains principes nous encourage à faire ce même effort mais c’est peut-être dans son appel à ne pas être esclave de nos propres opinons individuelles que Bossuet demeure pour nous le sage qu’il serait bien imprudent d’oublier.




Matthieu-Alexandre Durand
Conservateur de la bibliothèque diocésaine de Meaux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Matthieu-Alexandre Durand a faites le samedi 1er avril 2017.


Proposition d'engagement




Je parle de ma foi catholique


À la manière de Bossuet, j’essaie cette semaine d’évoquer ma foi catholique avec une ou plusieurs personnes protestantes.


Proposition de formation sur la foi




Pourquoi est-il si difficile d’accepter la vérité ?


La vérité dévoile nos limites, nos mensonges et notre ignorance, et cela peut constituer une épreuve d'autant plus redoutable qu'on est éloigné de cette vérité et que le contexte n'est pas amical ou bienveillant.





Proposition de prière


Je prie la prière de Bossuet devant le Saint-Sacrement.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 8 Avr 2017 - 15:34


 1922 


PIE XI PROCLAME NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION PATRONNE PRINCIPALE DE FRANCE





Tous les royaumes de la terre, et d’abord tous les royaumes chrétiens, qu’ils le sachent ou l’ignorent, quelles que soient les formes de leurs États, sont confiés à la garde de la Mère de Dieu, dont le Fils, Jésus-Christ, est le Roi, puisqu’il est le Roi de l’Univers. Il suffit de penser pour s’en convaincre au Mexique de Notre Dame de Guadalupe, à la Pologne de Notre Dame de Czestochowa, au Portugal de Notre Dame de Fatima. De l’Afrique à la Chine, de l’Argentine à la Russie, tous les pays, tous les continents de la terre sont l’apanage de la Reine des Cieux. « Royaume de France, Royaume de Marie » (Regnum Galliae, Regnum Mariae). En ces quelques mots, tout est dit. La France, fille aînée de l’Église, est l’un des pays, sinon le pays, privilégiés par Notre Dame. En 1922, le pape Pie XI proclame d’ailleurs Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France.


Le Liban se confie à la Vierge Marie. Certains lieux du monde ont de cet apanage une idée claire et s’en réclament. Ainsi, en 2010, le Liban a fait récemment du 25 mars, solennité de l’Annonciation, un jour de Fête Nationale, où se rencontrent toutes les composantes de son peuple, chrétiennes et musulmanes, dans l’amour que porte à la Vierge-Mère le pays tout entier. C’est à la Reine de la Paix que cette terre, déchirée par tant de rivalités et de haines, a eu l’audace unanime de se confier. Comme si la « Porte du Ciel », l’un des titres que lui donnent ses litanies, était celle par où peuvent entrer dans le Sanctuaire divin, pour y contempler la beauté du Seigneur des mondes et communier en lui, tant de fils que tout oppose, parfois jusqu’au sang, y compris leurs conceptions si différentes de l’Adoration. Par le seuil du sanctuaire de l’Adoration, dont Marie est la porte grande ouverte, passent, pour tous les Libanais, l’Espérance, la Grâce de la Paix de Dieu.


Une France immortelle ? Non, la France n’est pas le seul Royaume de Notre Dame. Cependant, la France est le pays qui, plus qu’aucun autre, a pris envers Notre Dame un engagement solennel de fidélité, qui durera aussi longtemps que durera ce pays, c’est-à-dire, je l’espère bien, autant que durera le monde. Écrivant cela, je n’oublie pas les mots prophétiques de Paul Valéry peu après la Première Guerre mondiale : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » La France mourra-t-elle avant que ne meure le monde ? J’entends, la France de notre amour, la « France, Mère des arts, des armes et des lois », de l’harmonie des paysages naturels et spirituels, de l’équilibre entre la modestie et la grandeur, qui enfanta le dicton allemand : « Heureux comme Dieu en France », ou le dicton polonais : « Le ciel est trop haut et la France est trop loin ». Qui peut affirmer que cette France-là durera aussi longtemps que le monde ? Qui peut même affirmer qu’elle ne relève pas déjà de temps révolus ? Je me refuse à le croire. Je m’y refuse de toute la force de mon amour pour « notre mère la France », comme le disaient naguère encore les Libanais (trop souvent abandonnés par cette mère comme les autres chrétiens du Proche-Orient), car elle a pour toujours la gravité de Notre Dame du Puy et l’ineffable douceur de Notre Dame de Chartres. Gravité de la Mère des douleurs. Douceur de la Mère de compassion et de tendresse.


Citation :
Nul pays ne fut l’objet d’une consécration à Notre Dame aussi absolue et solennelle


La consécration solennelle de la France à la Vierge Marie. Si parfois, à nos yeux recrus de larmes, peut paraître révolu le temps de la France, que s’éclaire et se purifie notre regard ! Qu’il voie, au-delà des apparences, que ne peut-être révolu le temps de Notre Dame, le temps de Notre Dame de France ! À travers les pires vicissitudes, ne peut être révolu l’engagement de la France envers la Mère de Dieu, aussi ancien qu’elle, car son amour pour cette Mère lui fut toujours consubstantiel, mais engagement solennellement pris « à perpétuité » le 10 février 1638 par le Roi Louis XIII (voir texte dans la partie « Compléments »). Nul pays, je crois, ne fut l’objet d’une consécration à Notre Dame aussi absolue et solennelle, s’étendant à tout son avenir. Cette consécration, à la réalisation de laquelle prit grande part le successeur de Louis XIII, le Dauphin espéré, Louis-Dieudonné qui devint Louis XIV, s’étendit à la France toute entière, qui, au jour prévu pour en faire mémoire, le 15 août, solennité de l’Assomption, organisa, d’abord dans chaque église, puis dans les rues des villes et villages, la fameuse procession, dont la tradition a été si heureusement reprise à Paris par le Cardinal Lustiger et son successeur le Cardinal Vingt-Trois.  


Notre Dame de France en difficulté. Cette consécration pourtant ne suivit pas toujours un cours paisible. La Révolution la rejeta, installant au lieu et place de Notre-Dame, dans le chœur de la cathédrale de Paris désaffectée, une actrice affublée du titre de « Déesse Raison », qui reçut les hommages des nouveaux princes, ennemis de la « superstition ». Quand vint le Concordat, la cathédrale est rendue au culte catholique et celui-ci n’y fut plus aboli. Cependant, Napoléon, né un 15 août, s’inventa un saint patron, d’existence et de nom approximatifs, qui fut opportunément célébré ce jour-là, si bien que, sous son règne, on ne sut plus exactement si, lors de la commémoration du vœu de Louis XIII, on honorait l’Assomption de Notre Dame ou l’anniversaire et la fête de l’Empereur… Quant à la République, tant que dura le Concordat, elle célébra l’Assomption de la Vierge le 15 août, et, quand intervint la fameuse loi de 1905, d’inspiration hostile au catholicisme, mais qui, à l’instar des autres religions, le respecta, elle s’abstint de célébrer cette Solennité mais ne la remit pas en cause.  



Notre Dame de l’Assomption, patronne principale de la France. En 1922, première année de son pontificat, le pape Pie XI proclame Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France. Dans sa lettre apostolique « Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam », il affirme : « …Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité… » (voir texte complet dans la partie « Compléments »).


Notre Dame de la paix. Un signe éclatant de la persistance, dans l’esprit public (et, fût-ce officieusement, dans celui des Autorités de la Nation), du lien d’amour indissoluble entre la France et la Vierge Marie, fut donné à la fin août 1944, lors de la Libération, quand le Général De Gaulle signifia avec grandeur et émotion (au battement sublime du gros bourdon) que la Reine de France, de la France républicaine, demeurait Notre-Dame en sa demeure de Paris, dont le Magnificat ébranlait d’allégresse les voûtes multiséculaires. Moments inoubliables pour la France et pour Paris, que ne font nullement pâlir, mais au contraire resplendir, des actes comme le Serment de Koufra, prêté en pleine guerre, le 2 mars 1941, par le Général Leclerc et ses hommes, de ne pas cesser le combat avant que les couleurs de la France ne flottent de nouveau sur la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Citons aussi le choix de la cathédrale Notre-Dame de Reims par le Général De Gaulle et le Chancelier Adenauer pour y faire célébrer en leur présence le 8 juillet 1962, une messe solennelle de réconciliation entre l’Allemagne et la France et d’invocation à la Paix. Acte que commémorèrent en 2012, en ce même lieu, mais cette fois sans la messe, Madame Merkel et Monsieur Hollande.


Des protestations récentes. Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame de Reims, quels symboles ! La cathédrale du vœu, la cathédrale des luttes fratricides transcendées, la cathédrale du sacre… Toutes les trois, comme des milliers d’églises de France, placées sous les auspices de la Vierge Marie ! Qui oserait y redire ? Quelques-uns, de nos jours, s’y risquent pourtant, peut-être tant est épaisse et vaste leur ignorance. Ils vinrent troubler récemment la liturgie dominicale à Notre-Dame de Paris, ou s’allongèrent sur son parvis, quand le maire de notre capitale, Monsieur Delanoë, inaugura le nouveau nom de celui-ci : « Parvis de Notre-Dame, Place Jean-Paul II ». La plus virulente des protestataires, une adjointe au maire, indiqua outrée la cause principale de son indignation : on avait osé « associer le nom de Jean-Paul II à celui de Notre Dame ! » Elle ignorait sans doute que la devise de ce saint Pape, si épris de la France, était « Totus Tuus », « Je suis tout entier à toi », devise empruntée à saint Louis-Marie Grignon de Montfort, l’un des plus grands saints français, théologien par excellence de Notre Dame, qui fut le saint de prédilection de Jean-Paul II. « Totus tuus », « Je suis tout entier à toi, Notre Dame » !




La sainte humilité de la France. La sainteté française est fraternelle à toutes les saintetés, d’où qu’elles viennent, en quelque lieu de la terre, en quelque période du temps où elles se soient épanouies. Il serait très difficile, peut-être impossible, de la qualifier. Pourtant, il me semble qu’elle a un visage qui lui est propre, le visage de l’humilité. On ne saurait imaginer un saint ou une sainte de France qui ne soit humble, au sens du Magnificat de Marie : « Il renverse les puissants de leurs trônes ; Il élève les humbles. » Oh, bien sûr, les saints et les saintes de France ont leur grandeur, leur noblesse ; ils ont leur fierté ! Il n’y a pas plus noble, ni plus fier que sainte Jeanne d’Arc, que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, que sainte Élisabeth de la Trinité, qui, pour le Seigneur, voulait être une « louange de gloire ». Toutes les trois eurent d’ailleurs à purifier, chacune à sa manière, leur tempérament fougueux. Je les aime toutes les trois ardemment, avec une préférence pour Jeanne peut-être, brûlée à 19 ans à l’issue d’un procès parmi les plus iniques de l’histoire avec celui de Jésus, mené en présence de l’occupant par des autorités ecclésiastiques de sa propre nation, décidées d’avance à la condamner plutôt qu’à la juger (voir article sur le procès de Jeanne d’Arc). Oui, Jeanne, patronne secondaire de la France, est la fierté même, la hardiesse, le courage, à un degré insurpassé, et peut-être inégalé. Mais elle est aussi une jeune fille, presque une enfant, très pure, et pas seulement sur le registre des examens indiscrets qu’elle dut subir à Poitiers puis à Rouen, elle est pure comme une fontaine de cristal. Elle prie sans cesse, elle prie ses Voix, bien sûr, saint Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite, mais la sainte Vierge plus que tout autre. Enfant, elle disait très souvent son chapelet ; en prison, elle récite l’Ave Maria. Elle aime la sainte Vierge. Elle l’aime pour elle-même, mais plus encore parce qu’elle est la Mère de Jésus, son grand amour. L’ignorante a une théologie très saine, très sûre, la théologie d’une âme droite. C’est elle qu’il faut lire sur son oriflamme où elle a fait peindre, entre deux anges, de part et d’autre d’une épée : « Jhesus, Maria ». Mais Jeanne, la fière fille de France, est l’humilité même. « Êtes-vous en état de grâce ? » « Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre. Si j’y suis, Dieu veuille m’y garder. »




Les manifestations de la Vierge. En France, il y a Jeanne ; mais il y a Thérèse, sa grande amie ; il y a Catherine Labouré, qu’un ange conduit de nuit dans la chapelle de la rue du Bac où Marie l’attend ; il y a Bernadette, à qui, si courtoisement, la Vierge s’adresse et lui révèle le mystère de son « Immaculée Conception »… Il y a aussi les enfants de Pontmain, petits villageois pauvres de Mayenne, qui, seuls dans la nuit enneigée sous la menace de l’envahisseur, voient la Vierge sans autres paroles que celles s’écrivant en lettres d’or sous ses pieds ; il y a l’impressionnante apparition, toujours à des enfants, de « celle qui pleure » à la Salette sur les terribles malheurs présents et futurs de la France et du monde si l’on ne se convertit pas. Il y a encore la tendre présence de Marie à l’île Bouchard, en faveur des familles de France… Il y a, il y a…. Je ne crois ni exagérer, ni pécher par orgueil nationaliste en disant que nul pays n’a été au même degré que la France favorisé des marques d’amour de Notre Dame qui choisit des enfants pour en témoigner. Elle trouve en eux ses humbles messagers pour, leur dit-elle, « le faire passer à mon peuple ». Mais qu’en fait donc aujourd’hui son peuple ?

Notre Dame à tous. Partout en France, quand la Vierge se manifeste, joyeuse ou douloureuse, c’est dans la beauté sereine et si harmonieuse de nos contrées. Et presque toujours à des enfants. Non que nous manquions de grandes et belles villes, ni de géants de la sainteté. À leurs manières si différentes, saint Louis Grignon de Montfort et saint Bernard sont des géants. Saint Bernard, dans son amour de Marie, atteint les plus hauts sommets de la beauté, saint Louis-Marie ceux de la tendresse. Mais il existe, même chez ces géants, une humble clarté mariale dont ils resplendissent. Quand ils évoquent leur Dame, tels des chevaliers courtois, ils redeviennent des enfants devant leur Mère. Et cette grâce de l’enfance habite les plus sublimes chefs d’œuvre enfantés par le génie français, se mettant de tout cœur au service de leur Dame, de Notre Dame. Notre-Dame d’Amiens, Notre-Dame de Bourges, Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame de Cléry, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame du Puy, Notre-Dame de Reims, Notre-Dame de Sens, Notre-Dame de Strasbourg, chacune de ces « Notre-Dame » est la Dame de chacun de nous.




Nos artistes, nos poètes, l’ont tous compris (ce sont, avec les saints et les enfants, ses plus chers enfants). Villon, Corneille, Bloy, Péguy… Tant et tant d’autres…
Écoutons l’un d’eux, Bernanos :  « Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et sur notre malheur. Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir ce regard qui n’est pas tout-à-fait celui de l’indulgence - car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère - mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain. »  

« La cadette du genre humain », voilà ce qu’est Notre Dame de France.





Dominique Ponnau
Historien de l'art, conservateur général honoraire du patrimoine


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Dominique Ponnau a faites le samedi 8 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je compose une invocation pour rendre hommage à ma Mère bien-aimée


Chers lecteurs, voici une prière qui m’est chère. Je serais heureux si cette semaine vous priiez ou composiez vous-mêmes une invocation pour rendre hommage à notre Mère bien-aimée.  


« Je m’en remets entièrement à toi, Immaculée,
de ce que je dois demander au Père, dans l’Esprit d’amour de ton Fils ;
et je le demande avec ferveur.
Utilise-moi selon l’Esprit du Christ comme tu le désires. Dans son Église, parmi tous mes frères, croyants ou incroyants, amis ou ennemis,
où Il veut, comme Il veut, quand Il veut, fais de moi un ami de l’Époux.
Donne-moi un cœur simple, pur, un cœur de pauvre.
Conduis-moi à sa suite là où l’on aime vraiment. »



Proposition de formation sur la foi





Comment imaginer le Paradis, la résurrection de la chair et la vie éternelle ?


Le Jugement particulier conduit l’âme au Paradis, au Purgatoire ou en Enfer. Le Jugement dernier confirme pour l’éternité le refus de Dieu ou sa vision dans une plénitude et une temporalité que nous ne pouvons tenter de concevoir qu’en corrigeant nos fausses représentations...

Découvrez la réponse complète du  Père Jean-Robert Armogathe.






Proposition de prière




Je récite la prière de Léon Bloy à la Sainte Vierge.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 15 Avr 2017 - 22:47


 1783 


SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE : LE VAGABOND DE DIEU





Patron des sans-abri encore méconnu du grand public, saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783), natif du Nord de la France, passa de nombreuses années de sa vie à parcourir, comme un mendiant, les églises et sanctuaires de France et d’ailleurs pour prier Dieu.


Extrait de l’Homélie du Pape Benoît XVI pour la messe de son 85e anniversaire (Rome, 16 avril 2012) : « Le jour de mon anniversaire et de mon baptême, le 16 avril, la liturgie de l’Église a placé trois signes qui m’indiquent où conduit la route et qui m’aident à la trouver. En premier lieu, il y a la mémoire de sainte Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes ; puis il y a l’un des saints les plus particuliers de l’histoire de l’Église, Benoît-Joseph Labre. (…) Benoît-Joseph Labre, le pieux pèlerin mendiant du XVIIIe siècle qui, après plusieurs tentatives inutiles, trouve finalement sa vocation de partir en pèlerinage comme mendiant - sans rien, sans aucun soutien et en ne gardant rien pour lui de ce qu’il recevait, si ce n’est ce dont il avait strictement besoin -, partir en pèlerinage à travers toute l’Europe, dans tous les sanctuaires de l’Europe, de l’Espagne jusqu’à la Pologne, et de l’Allemagne jusqu’à la Sicile : un saint vraiment européen ! Nous pouvons également dire : un saint un peu particulier qui, en mendiant, vagabonde d’un sanctuaire à l’autre et ne veut rien faire d’autre que prier et, avec cela, rendre témoignage à ce qui compte dans cette vie : Dieu. (…) Ainsi, c’est un saint de la paix, précisément dans la mesure où c’est un saint sans aucune exigence, qui meurt pauvre de tout et qui est pourtant béni par chaque chose. »

Nous découvrons donc en ce 15 avril, veille de sa fête, l’importance pour Benoît XVI (et pour nous tous) de ce saint méconnu mort pauvre et « SDF », à Rome le 16 avril 1783. Il avait 35 ans. On meurt jeune quand on est sans-abri ! En France, aujourd’hui, la moyenne d’âge des 501 morts de la rue de l’année 2016 est de 49 ans. Benoît-Joseph eut cependant la consolation de rendre le dernier soupir dans une maison, celle du boucher Zaccarelli qui le recueillit après l’avoir trouvé évanoui sur les marches de Notre-Dame-des-Monts, son église romaine préférée.





Un « saint est mort » Le jour de sa mort, le Mercredi Saint, les enfants – qui avaient de son vivant accablé Benoît de détritus et des pires injures – s’élancèrent soudain dans les rues de Rome avec tous les gosses du quartier en criant : « Le saint est mort ! Le saint est mort ! » La foule accourut attirée par la rumeur et réclama son transfert à sa chère église de Notre-Dame-des-Monts. Le curé s’y opposa - pour enterrer un pauvre, il n’était pas besoin de grande cérémonie - mais il y eut dans le quartier une sorte de révolte populaire à laquelle on dut céder. Il fallut même faire appel aux soldats pour frayer un chemin au travers de la multitude au convoi qui l’emmenait à Notre-Dame-des-Monts au milieu des cris des enfants : « Le saint est mort ! »


Les premiers miracles. Certains pensaient que cette excitation populaire s’apaiserait vite. Mais le Vendredi Saint, une foule si grande se pressa devant Notre-Dame-des-Monts qu’on dut surseoir à la sépulture et porter le corps de Benoît dans la nef. Le peuple célébrait un des siens à la face de Rome. Quelques grands seigneurs ou dignitaires se présentèrent le soir et demandèrent la faveur d’entrer dans l’église par l’arrière. Le Samedi Saint, la foule fut encore plus nombreuse et une première femme souffrant d’ulcères à la gorge depuis trois ans fut guérie. On cria au miracle. Les carrosses arrivèrent par les ruelles, la foule se grossit de bourgeois, d’artisans, de grands seigneurs, de prélats. Le jour de Pâques, les soldats furent débordés : on venait maintenant des alentours de Rome. Quand on ensevelit Benoît, ses membres restèrent souples et de son corps s’exhala seulement l’odeur des fleurs. L’église resta fermée plusieurs jours, ce qui n’arrêta pas l’affluence qui empêchait désormais les offices. Le Saint-Sacrement dut être transféré dans une autre église. Et ce fut seulement vers la fin du mois de juin, plus de deux mois après sa mort, que l’on put congédier les soldats. L’ouverture officielle du procès informatif débuta quelques semaines avant, le 13 mai, moins d’un mois après sa mort.  




Un passionné de Dieu. Arrêtons-nous un instant sur la vie de Benoît. Né le 26 mars 1748 à Amettes (Pas-de-Calais), au diocèse de Boulogne, dans le Nord de la France, il est l'aîné d'une famille de 15 enfants. Alors qu’il rêve de devenir moine pour être au plus proche de Dieu, il passe son enfance dans les champs avec son père cultivateur et ses frères. Mais dès l’âge de 19 ans, il tente sa chance auprès de différents monastères pour accomplir ce qu’il pense être sa destinée. Sans succès. Ici, on ne prend pas de novices, là on le trouve trop jeune, ailleurs, sa santé est trop fragile. Il finira par entendre de la bouche du Père Abbé de la Grande Trappe de Sept-Fons (Allier) : « Dieu vous veut ailleurs. » Qu’à cela ne tienne. Le jeune homme ira ailleurs, sur la route, sur les routes, prier Dieu sans cesse et toujours.  




Sur le chemin du Seigneur. Pendant sept ans, de 1770 à 1777, Benoît n’a de cesse de visiter tous les sanctuaires célèbres ; il sillonne sans trêve ni repos tous les chemins, cherchant de préférence les chemins de traverse, où il peut s'entretenir plus commodément avec Dieu. Il connaît toutes les églises entre le Rhône et les Alpes. La marche a cette vertu : le silence et les pas deviennent une prière. Il a cet art merveilleux d’arrêter les sots discours, en mettant un frein à tout ce qui peut blesser la bonté et la modestie. En sept ans, il parcourt près de 30 000 kilomètres dans le plus grand dénuement, vivant uniquement de la charité des personnes rencontrées. Vers la fin de sa vie, Rome devient l’élue de son cœur. Il y passe des journées entières en prière dans les églises, suivant notamment la dévotion des Quarante-Heures devant le Saint-Sacrement (d’où son surnom de « saint des Quarante-Heures »), logeant avec d'autres pauvres dans les ruines du Colisée, distribuant ce qu'on lui donne. C’est dans cette ville qu’il est retrouvé mourant le 16 avril 1783..


Un amour particulier pour Marie. Benoît portait le rosaire autour du cou et le priait chaque jour. Une dévotion spéciale l’unissait au culte marial : devant l’image de la Sainte Vierge, dans les différentes abbayes ou églises de France, d’Allemagne de Belgique ou d’Italie (il aimait en particulier la basilique de Lorette, sur la côte adriatique), à chaque fois émanait de lui un ravissement, un silence, des jeûnes, une longue assistance aux offices… et surtout des heures passées dans la contemplation du « Fiat voluntas tua ! » (« Que votre volonté soit faite ! »).




Une question demeure… En revenant de Saint-Jacques-de-Compostelle l’année 1773, il s’arrêta à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), à Rians (Var), puis à Artigues (Var) où il logea au hameau des Bellons entre décembre 1773 et février 1774. Pour un bon marcheur comme lui, le sanctuaire de Cotignac se trouvait donc à moins d’une journée de marche, mais chose très étonnante, on ne trouve aucune trace de son passage dans ce lieu ; ni chez les historiens ni même dans les nombreuses légendes. J’ai personnellement rencontré Labre lors de mon propre chemin vers Compostelle en 2008, dans un petit livret du pèlerin, où j’ai pu longuement méditer ses mots en marchant, qui devraient percuter chacun de nous, hommes et femmes du XXIe siècle : « Ce que vous possédez vous possède. » Le poète français Paul Verlaine dira de lui : « Saint Benoît-Joseph Labre, la seule gloire française du XVIIIe siècle, mais quelle gloire ! »

Benoît fut déclaré vénérable le 31 mars 1792 puis élevé au rang de bienheureux par le pape Pie IX le 2 juin 1859. Il fut canonisé à Rome par Léon XIII le 8 décembre 1881, jour de la fête de l’Immaculée Conception. Saint Benoît-Joseph Labre est le saint patron des sans-abri. Sa devise est la suivante : « Quaere super nos » : « Cherche au-dessus de nous », empruntée au livre X des Confessions de saint Augustin (lorsque le saint se rend compte que Dieu n’est pas dans la nature autour de nous, mais se trouve bien au-dessus).





Jean-Marc Potdevin
Co-fondateur du réseau social Entourage


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Marc Potdevin a faites le samedi 15 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je télécharge l’application pour mobile « Entourage - Réseau Civique »


Saint Benoît-Joseph Labre a passé une grande partie de sa vie à côtoyer les plus pauvres, à leur offrir le peu qu’il possédait. Pour rendre hommage à ce grand saint et vivre du même esprit de charité et d’humilité qui l’habitait, nous vous proposons cette semaine de faire connaissance avec l’application pour mobile (« Entourage - Réseau Civique ») ou le site Internet Entourage : http://www.entourage.social.

Vous trouverez, nous l’espérons, des actions de solidarité à dédier aux plus démunis.





Proposition de formation sur la foi





L’argent empêche-t-il d’être sauvé ?


L’argent est présenté par l’Évangile comme un piège et il est condamné lorsqu’il devient Mammon, le rival de Dieu ; mais c’est à l’homme que revient la responsabilité de définir son rapport à l’argent. L’Église rappelle aux riches leur devoir de responsabilité et de charité dans la gestion des richesses.

La réponse complète de Dom Pascal-André Dumont.





Proposition de prière




Prions la prière mariale de Saint Benoît-Joseph Labre.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Avr 2017 - 16:14


 1897 


LA VIERGE MARIE DANS LA VIE DE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS DE LA SAINTE FACE





Saint Jean-Paul II reconnaissait en proclamant Thérèse « docteur de l’Église », le 19 octobre 1997, que la théologie mariale de Thérèse annonce celle de Vatican II et ce qu’il a lui-même proposé dans son encyclique sur « la Mère du Rédempteur ». Parcourons ensemble les rencontres avec Marie de celle qui se demanda un jour d’août 1897 : « Qui est-ce qui aurait pu inventer la Sainte Vierge ? »


À Alençon de 1873 à 1877. Les « années ensoleillées » de la petite enfance ont laissé en l’âme de Thérèse une « douce empreinte ». La prière familiale quotidienne se fait au pied d’une reproduction de la Vierge de Bouchardon, statue qui va jouer un rôle considérable dans la vie de Thérèse. Née le 2 janvier 1873 à Alençon (Orne), Marie-Françoise Thérèse Martin est baptisée en l’église Notre-Dame le 4 janvier. La famille de Louis et Zélie Martin est une famille mariale : le premier prénom de leurs neuf enfants est Marie. La prière est à la première place de la vie du couple, qui, chaque matin à 5h30 se rend ensemble à la « messe des ouvriers » à l’église Notre-Dame. La famille a également une grande dévotion à Notre-Dame des Victoires de Paris, « qui est comme un petit paradis terrestre » (lettre de Louis Martin du 10 octobre 1863). Après avoir effectué avec ses trois aînées Marie, Pauline et Léonie un pèlerinage à Lourdes, Zélie, atteinte d’un cancer du sein, meurt le 28 août 1877.




Dans la maison des Buissonnets à Lisieux de 1877 à 1888. Après le déménagement à Lisieux (Calvados) dans la maison des Buissonnets, Thérèse raconte comment elle vivait le mois de Marie : « Étant trop petite pour aller au mois de Marie, je restais avec Victoire (la servante de la famille à Lisieux) et faisais avec elle mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon. » Après que sa « deuxième maman », sa sœur Pauline, est entrée au carmel sous le nom de Sœur Agnès de Jésus, Thérèse tombe gravement malade à Pâques 1883. « Cependant, elle avait un Soleil auprès d’elle, ce Soleil était la statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman, et souvent, bien souvent, la petite fleur tournait sa corolle vers cet Astre béni... Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j’étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d’or avec une expression de grande tristesse et lui dit d’écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille. » Le dimanche de Pentecôte, le 13 mai, Thérèse se sent miraculeusement guérie. « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le ravissant sourire de la Sainte Vierge. Alors toutes mes peines s’évanouirent…  Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse. » Le 8 mai 1884, Thérèse fait sa première communion et prononce la consécration à la Vierge Marie : « Il était bien juste que je parle au nom de mes compagnes à la Mère du Ciel, moi qui avais été privée si jeune de ma Mère de la terre. »  En octobre 1886, sa sœur et marraine Marie entre au carmel de Lisieux sous le nom de sœur Marie du Sacré-Cœur. Secouée par tous ces événements, hypersensible, Thérèse est transformée à Noël 1886. Elle nommera cet événement : « La grâce de ma complète conversion. » La grâce de Noël lui donne ce qu’elle désirait depuis longtemps : être délivrée de sa trop grande sensibilité et de « ce cercle étroit où je tournais ne sachant comment en sortir ».


Citation :
« C’était au carmel qu’il me serait possible de trouver le manteau de la Sainte Vierge »


Des difficultés d’entrer au carmel. Maintenant, elle se sent assez forte et libre de réaliser sa vocation. Le jour de la Pentecôte, le 29 mai 1887, elle reçoit de son père l’autorisation d’entrer au carmel et le 31 mai elle est reçue comme enfant de Marie à l’école de l’Abbaye. Mais à cette jeune fille de 14 ans s’interposent l’opposition de son oncle, celle du supérieur du carmel, l’abbé Delatroëtte, et la réponse évasive de l’évêque, Mgr Hugonin. Décidée, elle entreprend alors en novembre un voyage à Rome pour demander au Pape la permission d’être carmélite. À Notre-Dame des Victoires, elle reçoit une grâce de libération des scrupules dont elle souffrait depuis sa guérison : « La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de "Maman" car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère... Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal !... Ah ! C’était là un de mes premiers désirs d’enfant... En grandissant j’avais compris que c’était au carmel qu’il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c’était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs. » À la fin de l’année 1887, elle obtient les permissions nécessaires, et le 9 avril 1888, où l’on fêtait l’Annonciation, elle devient postulante au carmel de Lisieux.  




Thérèse carmélite. Tout le carmel est marial : il est « l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel ». Thérèse prend l’habit le 10 janvier 1889, la dernière fête à laquelle son père peut participer avant les années douloureuses de sa maladie et de son internement au Bon Sauveur de Caen. Après le noviciat qu’elle effectue « entièrement cachée sous le voile de la Sainte Vierge », Thérèse s’engage définitivement par les vœux de la profession perpétuelle le 8 septembre 1890. « Quelle belle fête que la nativité de Marie pour devenir l’épouse de Jésus ! C’était la petite Sainte Vierge d’un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... ce jour-là tout était petit excepté les grâces et la paix que j’ai reçues, excepté la joie paisible que j’ai ressentie le soir en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s’ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourrais m’unir à mon Époux au sein d’une allégresse éternelle. » « Lancée à pleines voiles sur les flots de la confiance et de l’amour », par le prédicateur de la retraite communautaire, le père Alexis Prou, en octobre 1891, la conviction de se confier sans réserve à l’amour de Dieu se développe toujours plus en elle.    



L’écriture pour grandir dans la foi. Après la mort de leur père le 29 juillet 1894, Céline entre au carmel sous le nom de sœur Geneviève de Sainte Thérèse. À cette époque, sous le priorat de mère Agnès, Thérèse commence à écrire : poésies, pièces de théâtre, prières et surtout en 1895 le début de son autobiographie (aujourd’hui célèbre sous le titre Histoire d’une âme), le Manuscrit A, qu’elle compose sous le regard de la statue de la Vierge du sourire placée dans l’antichambre de sa cellule monastique. Dans une clarté croissante, se trace peu à peu la « petite voie » de confiance et d’amour. Le 9 juin 1895, en la fête de la Trinité, elle fait son « offrande à l’amour miséricordieux ». C’est à la « Sainte Vierge, ma Mère chérie que j’abandonne mon offrande, la priant de vous la présenter ». La découverte capitale de l’Amour miséricordieux donne à Thérèse une clé d’interprétation pour toute son existence. « Je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement ʺLes Miséricordes du Seigneur !!!ʺ...  » L’apostolat de la prière pour deux jeunes missionnaires, l’abbé Maurice Bellière et l’abbé Adolphe Roulland, l’initie à la mission pour le monde entier. « Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles... » Pour la fête de mère Agnès, elle écrit une pièce de théâtre racontant la « fuite en Égypte ». Elle met sur les lèvres de saint Joseph ces paroles comme une confidence et une invitation : « Regardez bien ce que fait Marie. Imitez-la. »


Citation :
« La Sainte Vierge ne manque jamais de me protéger aussitôt que je l’invoque »


Une fin douloureuse. L’hémoptysie (rejet de sang par la bouche) de la nuit du Vendredi Saint 1896 ouvre le temps de la lutte avec la mort. De Pâques 1896 jusqu’à son décès, Thérèse vit une nuit de la foi à travers laquelle elle se sent séparée de la certitude du Ciel, de la Patrie céleste comme par « un mur qui s’élève jusqu’aux cieux » ; mais elle reconnaît en Marie « plongée dans l’angoisse du cœur » l’exemple de l’âme qui cherche le Seigneur « dans la nuit de la foi ». « Non, la Sainte Vierge ne sera jamais cachée pour moi. » Pendant la retraite de septembre 1896, elle comprend de manière nouvelle son appel à l’amour infini : « Ma vocation, c’est l’amour... Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église... dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour... ainsi je serai tout. » La dernière poésie qu’elle écrit en mai 1897 s’intitule Pourquoi je t’aime ô Marie. Dans cette poésie, « j’ai dit tout ce que je prêcherais sur elle », affirmera-t-elle au mois d’août, dans les grandes souffrances de sa maladie. On retrouve dans cette poésie le fruit des méditations de Thérèse, qui lisait « par-dessus tout l’Évangile » pour y découvrir Marie « dans sa vie réelle ». En juin 1897, elle poursuit l’écriture de l’histoire de sa vie, le Manuscrit C, dédié à la Mère prieure Marie de Gonzague. Elle y montre la manière de vivre dans la nuit « quand il ne reste que l’amour », la joie d’aimer comme Jésus aime, la puissance de la prière « qui dilate le cœur et unit à Jésus ». Elle reconnaît qu’elle a eu « toute sa vie tant de mal à dire (s)on chapelet ». « J’ai beau m’efforcer de méditer les mystères du rosaire, je n’arrive pas à fixer mon esprit... Longtemps je me suis désolée de ce manque de dévotion qui m’étonnait, car j’aime tant la Sainte Vierge qu’il devrait m’être facile de faire en son honneur des prières qui lui sont agréables. Maintenant je me désole moins, je pense que la Reine des Cieux étant ma Mère, elle doit voir ma bonne volonté et qu’elle s’en contente… La Sainte Vierge me montre qu’elle n’est pas fâchée contre moi, jamais elle ne manque de me protéger aussitôt que je l’invoque. »  




Après des mois de délabrement physique, de grandes souffrances et d’épreuves intérieures, Thérèse meurt dans son carmel de Lisieux, le 30 septembre 1897 à l’âge de 24 ans. Le 8 septembre, d’une main tremblante, elle avait écrit au crayon cette ultime prière adressée à Marie : « Ô Marie, si j’étais la Reine du Ciel et que vous soyez Thérèse, je voudrais être Thérèse afin que vous soyez la Reine du Ciel !!!.... » Origine d’une grande ferveur populaire (le carmel de Lisieux reçoit 500 lettres par jour en 1914), Thérèse est béatifiée le 29 avril 1923, puis canonisée le 17 mai 1925 par le pape Pie XI, pour qui elle constitue « l’étoile de son pontificat ». Elle devient patronne des missions en 1927, puis patronne secondaire de la France le 3 mai 1944, quelques semaines avant la Libération.




Frère Philippe de Jésus
OCD, prieur du couvent de Lisieux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Philippe de Jésus a faites le samedi 22 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au Chantier de la foi au Couvent des Carmes d’Avon (77)


Cette semaine, nous vous proposons de participer au Chantier de la foi (18-30 ans) du 20 au 25 août 2017 au Couvent des Carmes d’Avon (Seine-et-Marne) sur le thème : Fonder sa vie sur la confiance en Dieu car « c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ! » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus).

Renseignements et inscription : Centre spirituel - Chantier de la foi – 1, rue Père Jacques 77210 Avon (Tél. : 01 60 72 28 45). Fraternité du Scapulaire de Notre-Dame du mont Carmel. Responsable : Frère Cyril frerecyril@carmes-paris.org

Pour ceux qui ne peuvent pas participer au chantier de la foi, nous vous proposons d’étudier Thérèse en participant à une session d’études thérésiennes du 16 juillet 2017 au 29 juillet 2017 à l’Institut d’Études Thérésiennes des Frères Carmes à Lisieux.  

Ce troisième cours d’approfondissement sur Thérèse de Lisieux se centre sur l’étude du Manuscrit C. En première semaine, nous étudierons la place du Manuscrit C dans la vie de Thérèse et sa doctrine : la petite voie, l’épreuve de la foi, les missions, le noviciat, la charité fraternelle. En deuxième semaine, le Père François-Marie Léthel donnera une lecture théologique de l’œuvre et le Père Loys de Saint-Chamas approfondira la relation à la Bible.  

Information et inscription : etudes-theresienne@carmes-paris.org ou
http://www.therese-de-lisieux.catholique.fr/Session-d-Etudes-Theresiennes,1083.html



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres dans l’Église catholique ?


Ce n’est pas une question de discipline ou de droit. S’il en était ainsi, la règle pourrait être révisée. Le prêtre représente le Christ, Époux de l’Église. Il en va de la nature même du sacrement qu’il a reçu.

Découvrez la réponse complète de Mgr Perrier.





Proposition de prière




Cette semaine nous vous proposons de (re)lire quelques strophes de la poésie Pourquoi je t’aime ô Marie rédigée par la petite Thérèse.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Dim 30 Avr 2017 - 21:05


 1494 


NOTRE-DAME DU CHÊNE, REINE DU SILENCE ET DE LA COMPASSION





À Notre-Dame du Chêne, la Vierge Marie n'a pas parlé... elle est restée silencieuse. Voilà la richesse du lieu ! Faisant écho au silence de Marie à la basilique, il y a le silence de Jésus au Saint-Sépulcre. La basilique et la réplique du Saint-Sépulcre se répondent à Notre-Dame du Chêne, explicitant le mystère le plus caché de Marie, son silence et sa compassion. Une riche histoire glorieuse, mais aussi un lieu prophétique pour aujourd'hui et demain...


Les origines. Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d’Anjou, à la frontière du Maine, à un peu moins de cinq kilomètres du village de Vion (Sud de l’actuel département de la Sarthe), sur les terres des comtes de Sablé. Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l’attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime. Le jour, l’arbre est animé par le joyeux manège de colombes qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s’en éloigner. Malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser. Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants.




Miracles et guérisons. L'abbé James Buret, curé de Vion, interroge les uns et les autres ; puis, poussé par l’Esprit-Saint, il décide de placer dans un creux du chêne une petite statuette en terre cuite de la Vierge Marie. Dès lors, celle-ci se manifeste. Un jeune homme, qui déroba un bouquet déposé près de la statuette, est pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents, il avoue son forfait. Le bouquet volé remis en place, son mal disparaît. Marie multiplie les guérisons et les conversions... L’oratoire primitif construit autour de l’arbre devient vite trop petit pour accueillir tous les pèlerins, et une première chapelle est construite en 1515. La même année, un infirme du village de Juigné (Sarthe) qui marche difficilement vers l’image de la Vierge Marie avec trois cierges à la main recouvre la santé. En 1595, une femme qui ramasse du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle. Elle est là ! Elle ne dit rien… Vingt-six ans plus tard, une nourrice obtient la guérison d’un enfant difforme dont elle avait la garde après avoir prié chaque jour Notre-Dame pendant six semaines. En dépit des difficultés des guerres de religion puis de la Révolution, le pèlerinage à Notre-Dame du Chêne prend de plus en plus d’ampleur ; au milieu du XIXe siècle, il attire environ 60 000 pèlerins par an. Don Guéranger, abbé de la célèbre abbaye voisine de Solesmes, y préside en 1857 une réunion de Conférences de Saint-Vincent de Paul. La Vierge Marie y est honorée, aimée et, par elle, l'adoration et un culte sont rendus à Dieu. En 1869, Mgr Charles Fillion, évêque du Mans, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle est terminée en 1872 et devient basilique en 1894.  




Lumière des vocations. L'une des peintures murales de la basilique raconte l'histoire d'Élisabeth de Quatrebarbes. Jeune fille, elle se sent appelée à entrer au carmel. Mais face au refus de sa famille, elle vient supplier Dieu à Notre-Dame du Chêne en 1617 pour comprendre ce qu'elle doit faire. Se sentant confirmée dans son désir, elle devient religieuse sous le nom de Mère Élisabeth de la Trinité, et même prieure en 1626, au carmel de Beaune (Côte d’Or). Les litanies invoquent ainsi : « Notre-Dame du Chêne, Lumière des vocations. » Beaucoup de petits clercs, accueillis par les missionnaires diocésains au petit séminaire de Notre-Dame du Chêne, sont en effet devenus prêtres sur cette terre riche pour l'éclosion des vocations.


 La basilique. Au détour de la route, le visiteur est aujourd’hui surpris par l'irruption devant ses yeux de la flèche de la basilique haute de 50 mètres. Non, pas une petite chapelle... mais un bel édifice de 44 mètres de long surmonté d'une grande couronne. Remontant la nef, large de 6,50 mètres, il trouvera dans le haut de l'abside la statuette miraculeuse. Autour d'elle, la belle histoire de Notre-Dame du Chêne est inscrite sur les murs du chœur sous la forme de peintures murales. Au-dessus, des vitraux réalisés par les ateliers du carmel du Mans retracent l'histoire du Salut à travers le mystère de Marie.


Les offices à la basilique. Les six Frères de Saint-Jean, installés en 2010 à Notre-Dame du Chêne par Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, y assurent la Liturgie des Heures et les deux messes quotidiennes. Les grandes fêtes de la Vierge Marie y sont célébrées avec une ferveur particulière. Le sanctuaire s'est offert de célébrer chaque samedi, et à perpétuité, la messe pour la France promise par vœu par la ville du Mans en 1870, en gage de toute sa confiance en Marie.




Le Saint-Sépulcre de Notre-Dame du Chêne. En 1896, pour célébrer le 800e anniversaire de la première croisade prêchée dans cette région par le pape français Urbain II, des pèlerins de la région décident de partir en pèlerinage à Jérusalem. Dans un chêne, ils taillent une grande croix qui fera le trajet par mer jusqu’à la Ville Sainte et qu’ils porteront sur la Via Dolorosa (« Chemin de la souffrance » : rue de la vieille ville de Jérusalem emprunté par Jésus avant sa crucifixion) le long des ruelles qui montent au Golgotha (ou « Mont Calvaire », lieu de la crucifixion de Jésus). Sur place, ils sont impressionnés par les lieux saints qu’ils traversent, tout particulièrement par le Saint-Sépulcre et la basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé. C’est ainsi que naît l’idée de reproduire ce monument à Notre-Dame du Chêne. La première pierre est posée alors que la croix se trouve encore à Jérusalem. À son retour des lieux saints, la croix est implantée près de l'édicule, et un calvaire, constitué de statues « grandeur nature », l’entoure bientôt. Un parc paysagé de buis, représentant le plan de la basilique de la Résurrection, est planté tout autour. En vue de célébrer pour la première fois l'office de la Mise au Tombeau du Christ, pendant la Semaine Sainte 2017, une « pierre d'onction », copie de celle de Jérusalem, est venue compléter cette représentation des lieux saints. Le site de Notre-Dame du Chêne appelle ainsi à suivre la Vierge Marie dans son mystère de compassion. Comment a-t-elle vécu au pied de la croix, comment a-t-elle vécu le Samedi Saint ? En quoi ce mystère est-il important pour l'Église et le monde en 2017 ?  


Le Centre Spirituel. Vers 1850, Mgr Bouvier, évêque du Mans, conçoit le projet d’installer des missionnaires diocésains à Notre-Dame du Chêne. Son successeur construit en 1860 une grande maison qui deviendra de nos jours le Centre Spirituel. Cette maison, tenue par quatre missionnaires et un chapelain, permet d'héberger et de restaurer les pèlerins et retraitants de passage. Avec la Bellangerie, une maison plus petite et située sur la place de la basilique, la capacité d'accueil du Centre Spirituel est de 90 personnes. La Bellangerie est tout particulièrement adaptée à l'accueil des familles. La « Grande Maison », complétée par les salles Saint-Jean, Sainte-Hildegarde et Saint-Joseph, toutes renouvelées, est le lieu des sessions, retraites et autres enseignements principalement prêchés par les six Frères de Saint-Jean. Il y a les retraites spirituelles et bientôt un programme pour une écologie intégrale.


Le jardin. Le sanctuaire baigne paisible au cœur de dix hectares de nature verdoyante et offre aux visiteurs, soucieux de se ressourcer, un silence profond qui n'est pas étranger aux mystères de Marie et de Jésus. Tout dispose en effet à une profonde intériorité et permet aux visiteurs de se recentrer en Dieu et, par Lui, en soi. Le jardin redevient dès 2017 un lieu important du sanctuaire ; pour son silence mais aussi par sa beauté où les Frères, les amis du Sanctuaire mais aussi les pèlerins sont invités à découvrir toute la richesse de l'encyclique Loué sois-Tu. Sur la sauvegarde de la Maison Commune du pape François.




Un lieu prophétique ? Si l'histoire du lieu commence en 1494 sans message explicite, la main maternelle de Marie ne l'a jamais quitté. Encore aujourd'hui, elle est là, dans sa compassion. Elle accueille et porte la nature blessée de l'homme et de la terre. Elle nous invite avec saint Jean, saint François et le pape François à écouter le cri du pauvre ; de ce Dieu qui s'est fait pauvre en Jésus, de ce Frère et de cette Sœur en humanité qui portent ce cri. Elle invite chacun à écouter le cri de son propre cœur ; elle invite à entendre le cri de la terre et de la nature. Encore aujourd'hui, la Vierge Marie bénit ses enfants à travers la brise légère qui soutenait autrefois le vol des colombes et le feu de l'Esprit. Notre-Dame du Chêne est devenu le lieu de pèlerinage le plus important du  diocèse du Mans, avec environ 70 000 visiteurs par an.




Frère Alain-Dominique
Recteur du sanctuaire Notre-Dame du Chêne


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Alain-Dominique a faites le samedi 29 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je visite le Saint-Sépulcre pour me renouveler


Pour ceux qui habitent proche : nous vous proposons une visite au Saint-Sépulcre pour y déposer le vieil homme, la vieille femme... et ressortir comme un homme ou femme nouveau.

Nous vous invitons aussi à prier avec nous pour la France : à Notre-Dame du Chêne, chaque premier samedi du mois, le Rosaire est prié pour la France. De 10h30 à 15h30. Avec un temps de messe, de confession, de repas fraternel.





Proposition de formation sur la foi




L’homme est-il le fruit de l’évolution ou a-t-il été créé par Dieu ?


Sur l’origine de l’homme, le discours scientifique et le discours de foi sont dans des registres différents. Il ne faut pas se méprendre sur chacune de ces approches, qui ne doivent pas s’ignorer totalement. La difficulté vient du voile jeté sur ces questions du fait que l’origine de l’homme est marquée par le péché originel.

Découvrez la réponse complète de Rémi Sentis.





Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble la collecte de Notre-Dame du Chêne.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Lun 8 Mai 2017 - 22:09


 1357 


LE LINCEUL DU CHRIST ARRACHÉ AUX BYZANTINS SE RETROUVE FINALEMENT À LIREY, EN CHAMPAGNE





Le très célèbre Suaire aujourd’hui appelé « Linceul de Turin », est apparu en France à partir de 1357, dans la petite ville de Lirey, à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Troyes en Champagne, selon la première mention historique documentée non contestée à ce jour.


Comment ce tissu a-t-il pu arriver là et d’où pouvait-il venir ? Le Linceul de Turin est selon toute probabilité le « linge d’Édesse », très connu dans l'Antiquité, appelé souvent à tort Mandylion. On s'en convainc en suivant son itinéraire : Eusèbe de Césarée (écrivain de Palestine, 264 - environ 340) évoque dans son « Histoire Ecclésiastique » la légende du roi Abgar qui aurait reçu une image miraculeuse du Christ. Il est question ensuite à Édesse (aujourd’hui Urfa, dans l’extrême sud-est de la Turquie) d’une image mystérieuse, « non faite de main d’homme » (acheiropoïète selon le terme grec), qui repousse, paraît-il, les Perses en 544.




À partir de cette date, on constate un changement radical dans la représentation du Christ.  Après les premières représentations symboliques (pain, ancre, poisson) le Christ avait été représenté comme un jeune pasteur grec imberbe (notamment dans les catacombes et dans toutes les églises antiques MilanRavenne, etc.). Puis, très curieusement, à partir du VIe siècle, toutes les représentations du Christ vont changer relativement brutalement dans le monde chrétien oriental. On va lui substituer une image de face, des cheveux longs avec une raie centrale, une barbe bifide, un visage ovale et un nez allongé, avec bien souvent une double mèche au sommet du front, à l’endroit où il y a une double tache de sang sur le Linceul. On le constate par exemple sur la monnaie de l’Empereur Justinien, frappée en 565, ainsi que sur la magnifique image du Christ du monastère Sainte Catherine en 550, sur les icônes de la Basilique Sainte Sophie à Constantinople, à Ohrid en Macédoine, à Palerme, au Mont Athos, etc. Partout la ressemblance de ce nouveau « canon » avec le visage du Christ sur le Linceul est frappante. On en est donc venu naturellement à imaginer que le « linge d'Édesse », probablement à l'origine de cette nouvelle iconographie, pouvait être le Linceul de Turin. En effet, les représentations du linge d'Édesse en notre possession, se rapprochent du visage du Linceul en imaginant le Linceul replié huit fois sur lui-même. 


En 650, Édesse est conquise par le califat islamique mais le « linge d'Édesse » reste vénéré malgré la présence musulmane, ce qui lui permettra providentiellement d’échapper aux destructions liées à la crise iconoclaste entre 730 à 787. Le second concile de Nicée (787) rétablit la légitimité des images, en utilisant comme argument essentiel « l'image d'Édesse », pour légitimer l'usage des images sacrées : « En tant qu'homme parfait, le Christ non seulement peut, mais doit être représenté et vénéré en image. » Léon, lecteur de l'église de Constantinople, est cité comme témoin principal et atteste avoir vu à Édesse l'image d'un linceul.  




En 943, l’Empire byzantin lance une expédition ponctuelle et assiège Édesse dans le but d’acquérir la précieuse relique. Pour éviter une dégradation de ce linge, les chrétiens préfèrent négocier et acquérir ce célèbre trésor, par le versement de 12 000 pièces d'or. Ils la ramènent à l’Empereur de Byzance, dans une procession triomphale le 15 août 944. Cette réception grandiose sera illustrée ultérieurement (au XIIe siècle) dans le manuscrit de Jean Skylitzes. À cette occasion, Grégoire le Référendaire évoque dans une homélie « cette empreinte qui nous donne ici le visage du Christ », qui « est embellie par les gouttes de sang jaillies de son côté ». Cette relique sera conservée dans la chapelle du Palais du Boucoléon (Constantinople), puis dans l’église Sainte-Marie des Blachernes.




 En 1190, le Linceul est précisément dessiné dans le Codex de Pray. Un pèlerin hongrois de passage à Constantinople livre un témoignage saisissant dans ce premier texte hongrois conservé à la Bibliothèque de Budapest (découvert au XVIIIe siècle par le jésuite Georgius Pray qui laisse son nom au manuscrit),  sur lequel on peut reconnaître le Christ dans l’état et la position exacte du Linceul de Turin : nudité, croisement des bras dans la même position que le Linceul, pouces cachés, traces de sang, tentative d'imitation des chevrons, trous, etc… Suite à toutes ces constatations et indices convergents, la probabilité pour que le Linceul de Turin soit ainsi passé par Constantinople est très grande.


En 1203, le chevalier picard Robert de Clari, auteur d’une chronique sur la quatrième Croisade, décrit le Linceul à Constantinople : « Il y a un monastère appelé Sainte-Marie des Blachernes », où il aperçut « le Linceul où Notre Sire fut enveloppé, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu'on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur ».




En 1204, la quatrième Croisade détournée de son but dévaste Constantinople. 33 000 croisés français et 17 000 Vénitiens, lancés par le pape Innocent III, partent délivrer Jérusalem conquis par Saladin en 1187. Suite à des querelles confuses et à l'âpreté relative au gain des Vénitiens, ils vont attaquer et piller Constantinople pendant plusieurs jours à partir du 14 avril 1204. Au cours de cette dévastation, les soldats de Venise et de France vont se déshonorer par un pillage généralisé, en s'appropriant tous les trésors d’or, d’argent et d’ivoire de tous les édifices possibles. Robert de Clary témoigne de la disparition du linceul au cours du pillage : « Plus jamais personne, ni Grec, ni Français, ne sut ce que ce Linceul devint quand la ville fut prise. » Cette disparition suscita un grand émoi, car les Byzantins considéraient vraiment leur linceul comme une relique insigne. Dans sa lettre au pape Innocent III, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, réclame la restitution de « la relique la plus sacrée, le linteum, dans lequel le Christ avait été enveloppé ». « Nous savons que le sacré Linceul est à Athènes. »  


À partir de cette date et jusqu'en 1357, les indices disparaissent et une foison d'hypothèses a été émise, toutes fragiles (*).


En 1357, le Linceul se retrouve à Lirey, en Champagne. Ce linge y réapparait dans la famille d’un certain Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey tué en 1356 en défendant le roi Jean II, à la bataille de Maupertuis dite « de Poitiers ». Sans être un grand du royaume, ce proche du roi joua un rôle important. Il laissa une veuve dans le besoin, Jeanne de Vergy. Celle-ci organisa en 1357 à Lirey, les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey. L'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, prit ombrage du succès de ces ostensions et les fit interdire jusqu'en 1388. Elles reprirent à cette date et le nouvel évêque Pierre d'Arcis envoya au pape Clément VII, un célèbre mémorandum repris aujourd'hui par tous les opposants au Linceul. En réponse, le Pape émet deux bulles en 1390 pour autoriser les ostensions. Veuve et sans enfant, Jeanne de Vergy « fait don » le 22 mars 1453, de la précieuse relique au duc Louis de Savoie qui lui donnera gracieusement les revenus de la seigneurie de Varembon…




De 1453 à 1983, le « Saint Suaire » reste donc la propriété de la Maison de Savoie. D’abord dans son château de Chambéry, puis à partir de 1502 dans la « Sainte chapelle » où il subira, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un incendie qui y fera des brûlures et de nombreux trous. Par une chance incroyable, due au pliage, une partie importante de l'empreinte ne fut pas altérée. Puis, le Linceul fut transféré à Turin en 1578. Il restera la propriété de la Maison de Savoie jusqu’à la mort, en 1983, du grand-duc Umberto II de Savoie qui en fit don au Vatican par testament.


En conclusion, l’ensemble de ces témoignages semble très cohérent et ce parcours pourrait tout à fait être celui du Linceul du Christ, qui semble être passé par Jérusalem et par le désert de Judée si l’on en croit l’analyse des pollens de Max Frei, Avinoam Danin, Uri Baruch, les époux Whanger et Marzia Boi. Ces études sur les pollens retrouvés sur le Linceul restent cependant contestées par manque de preuves.




Enfin, au-delà de cette analyse historique, l’analyse scientifique de ce drap si mystérieux conclut aussi à l’authenticité (cf proposition de formation en bas de cette page). Ce linge en lin pur, sans mélange de laine animale selon les traditions juives antiques, tissé en chevrons, a commencé à étonner la science après la photographie de l’avocat italien Secundo Pia le 28 mai 1898. Lors de la révélation du négatif, l’image corporelle de couleur sépia et peu visible, devint une image beaucoup plus nette. Le Suaire se comporte en fait comme un négatif photographique : une notion tout à fait inconnue avant l’invention de la photographie au XIXe siècle. Cette découverte qui fit l’effet d’une bombe et qui engendra immédiatement de très intenses polémiques, intervint un an seulement après la mort en 1897 de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui avait dédié sa vie à la Sainte Face du Christ...  

À partir de ces différentes analyses, il n’est pas inutile d’approcher la question à partir d’un arbre logique :

1. Le Linceul a été réalisé par une personne : cette hypothèse, la plus courante, d'un faussaire du Moyen Âge n’est pas valide pour plusieurs raisons.
-      Toutes les analyses scientifiques de spectrographies prouvent l’absence des composants d'une peinture (pigments et liant).
-      D'autre part, on observe sur la vue négative une vingtaine de détails, présents sur le Linceul et absolument inconnus au Moyen Âge : image en négatif, intensité liée au relief, tuméfactions diverses (visage et dos), position des clous dans le carpe, position dissymétrique du corps, sang rouge sous l’action de la bilirubine, présence d’aragonite invisible à l'œil et identique à celle de Jérusalem (sur le genou, sous les pieds et sur le nez), présence de quatre muscles fessiers tétanisés ne touchant pas le sol, anomalies de proportion, etc. Il est frappant que l’image que ce corps a transmise, soit si conforme, et sans aucune erreur, à l’intégralité des textes évangéliques de la Passion du Christ, avec tous les détails de la flagellation, du port du patibulum, de la crucifixion, du couronnement d’épines, du coup de lance post mortem, du transport au tombeau, etc. De plus, cette image nous a même révélé des détails sur le crucifiement que nous ne connaissions pas jusqu’alors, comme par exemple la position dissymétrique des condamnés sur la croix. Ces détails inconnus au XIVe siècle, ne pouvaient pas non plus être imaginés donc a fortiori réalisés par un faussaire. Cette hypothèse est donc vraiment impossible.
   
2. Si elle n'a pas été réalisée par une personne, l'empreinte s’est donc faite soit par contact, soit à distance, par un rayonnement. L’hypothèse d’une image produite par contact est exclue, car il devrait y avoir dans ce cas une déformation de l’empreinte sur les côtés de la tête et du corps, ce qui élargirait l'image.

3. Il reste une production par rayonnement. Il faudrait d'abord que ce rayonnement génère une oxydation déshydratante, identique à celle observée sur l'empreinte du Linceul. Le biophysicien français J-B Rinaudo a montré, par l'irradiation de lin à partir d'un accélérateur de particules, qu'un jet de protons répondait à la question, ainsi qu'à la possibilité de donner le relief 3D. Avec des réglages adéquats, l'empreinte obtenue a la même épaisseur que sur le Linceul. Il a imaginé alors que l'éclatement de particules de deutérium sur la peau devrait générer un double flux de protons et de neutrons. Après avoir expérimenté le jet de protons, il s'est attaqué à une irradiation de neutrons. Le Père Rinaudo a pu prouver expérimentalement que l'irradiation de neutrons « rajeunissait » la cible de tissu. Ainsi, son hypothèse d'éclatement de deutérium utilise des phénomènes naturels connus et pourrait expliquer aussi bien la nature de l'empreinte que le rajeunissement du tissu, ce qui rendrait le résultat de l'analyse au carbone 14 sans signification. Le premier vrai problème réellement impénétrable est donc l'origine de cet éclatement du deutérium. D'où viendrait l'énergie nécessaire à cet éclatement ? Le deuxième problème, particulièrement insoluble, est de savoir pourquoi ce rayonnement se serait produit de manière directionnelle, perpendiculairement au tissu, de façon à dessiner une image parfaite, alors que tous les rayonnements connus sont d’habitude omnidirectionnels ? En résumé, le rayonnement dont on parle est actuellement doublement incompréhensible…





Finalement, l'explication de l'origine de l'image semble devoir rester cachée aux hommes. Après plus de 500 000 heures d’étude par des chercheurs de haut niveau (le Linceul est de très loin, aujourd’hui, l’objet matériel le plus étudié au monde), la science doit s’avouer vaincue, n’ayant aucune explication valable à fournir à ce jour. La seule explication cohérente se situe au-delà de la science : car pour interpréter l'image du Linceul, les chrétiens pensent naturellement à quelque chose semblable à un « flash » de la résurrection. Comme pour la démonstration de l’existence de Dieu, il s’agit bien évidemment de la conclusion d’un raisonnement indirect, car il n’y a aucun élément scientifique pour prouver cela positivement et directement, mais il n’y a aujourd’hui aucune autre explication disponible qui soit cohérente. En toute logique, un effet absolument singulier ne peut être effectivement produit que par une cause absolument singulière...  

Ce linge qui ne pouvait ni être conçu ni être réalisé au Moyen Âge est donc bien réellement « une provocation à l’intelligence » comme disait Jean-Paul II. Au total, les conclusions auxquelles toutes ces études et raisonnements nous conduisent aujourd’hui semblent nous obliger à considérer le Linceul de Turin comme un signe clair, fort et finalement assez incontestable que Dieu donne à notre époque pour qu'elle reconnaisse la réalité des mystères de l'Incarnation, de la souffrance, de la mort et de la Résurrection de son Fils !





Jean Dartigues
Ingénieur en retraite, conférencier, secrétaire de l'association Montre nous ton Visage -
Études sur le Linceul depuis 1950


***************************************************

(*) Note de l’Association Marie de Nazareth : Jean Dartigues considère qu’il y a beaucoup d’hypothèses et trop peu de certitudes pour évoquer sérieusement ces 150 années qui séparent la disparition du Linceul du Christ en 1204 lors du sac de Constantinople de sa réapparition à Lirey en Champagne en 1357, mais Jean-Michel Mahenc a proposé le 28 avril 2017 avec l’Association Marie de Nazareth une projection en la Basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge (91) où il évoquait la concordance d’un certain nombre de faits :
-      on sait qu’en 1204, le chevalier champenois Othon de la Roche avait son campement à côté de l’église des Blachernes, lors du sac de Constantinople ;
-      on sait également qu’en 1205, il devint Duc d’Athènes et que ses successeurs y gouverneront durant plus d’un siècle, jusqu’en 1451 ;
-      dans sa lettre au Pape déjà citée, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, écrira aussi « Le vol de si nombreuses choses sacrées va contre le droit des hommes et les lois de Dieu. Nous savons que ces choses sacrées sont conservées à Venise, en France et autres pays des pillards, le sacré Linceul étant à Athènes (!) » ;
-      à partir de 1354, le Linceul volé aux Byzantins se retrouve comme par hasard en Champagne, dans l’héritage de Geoffroy de Charny, qui fut tué - comme l’explique Jean Dartigues - en 1356, laissant une veuve, Jeanne de Vergy, qui organisa en 1357 en France les premières ostensions du Linceul du Christ ;
-      Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, veut faire alors interdire ces ostensions, mais le pape Clément VII intervient de manière surprenante pour les autoriser, en mettant comme seule condition qu’elles se fassent avec discrétion, ce qui est somme toute une attitude assez logique si l‘on considère que le Pape savait bien qu’il s’agissait d’une relique arrachée aux byzantins dans des conditions qui allaient effectivement « contre le droit des hommes et les lois de Dieu »…
Même si on manque de preuves, la présence de Champenois du début à la fin de l’épisode 1204-1357 est quand même une coïncidence frappante que chacun pourra apprécier comme il le souhaite…  

Compléments NDLR : L’analyse du groupe sanguin (AB) et de la position des plaies est aussi très cohérente avec ce qu’on trouve sur les autres reliques que sont le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil, comme semblent l’indiquer les études de Jean-Maurice Clercq.



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean Dartigues a faites le samedi 6 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je visionne le film du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin


Pour compléter la lecture de ce texte, nous vous proposons cette semaine de visionner le film réalisé par la Communauté du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin.  




Proposition de formation sur la foi




Le Linceul de Turin est-il un signe de la Résurrection du Christ ?


Le Linceul n’est pas une preuve objective contraignante obligeant à croire mais il est incontestablement authentique et il fait signe de bien des manières, touchant ceux qui l’étudient ou le contemplent, et devenant pour beaucoup un chemin qui conduit au Christ et à la foi en la Résurrection.

Découvrez la réponse complète de Jean Dartigues.





Proposition de prière




Cette semaine, je récite la prière Ô Christ, ton regard ne cherche pas nos yeux mais notre cœur de notre Saint-Père, le pape François, lors de l’ostension du Saint Suaire de Turin le 30 mars 2013.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 20 Mai 2017 - 15:07


 1951 


LE PÈRE JACQUES SEVIN, ÂME ET PÈRE DU SCOUTISME CATHOLIQUE DE FRANCE





En juillet 1920, 13 ans après la naissance du scoutisme, le Père Jacques Sevin (1882-1951) cofonde les Scouts de France, mouvement qui se développe d’une manière remarquable. Comptant 200 membres l’année de sa création, il en rassemble 75 000 en 1939. L’action du Père Sevin, tant par sa connaissance de la méthode de Baden-Powell (1857-1941) que par l’adaptation qu’il en réalise pour le monde catholique, explique cet immense succès. Les idées qu’il développe dans son livre Le scoutisme vont être reprises dans le monde entier.


Les débuts du scoutisme catholique en France. C’est en 1911 que le scoutisme apparaît en France, quatre ans après sa fondation par Baden-Powell le 29 juillet 1907 sur l’île de Brownsea, dans le Dorsetshire (Angleterre). Les deux premiers mouvements scouts créés dans notre pays sont les Éclaireurs unionistes, mouvement protestant, et les Éclaireurs de France, mouvement neutre sur le plan religieux. En dehors de quelques individualités, tel Marc Sangnier (1873-1950, journaliste et homme politique français), le monde catholique reste à l’écart de la dynamique du scoutisme qui touche au total 15 000 jeunes en France en 1914. Dans une société française très marquée par la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les catholiques sont méfiants envers cette nouveauté. Elle vient de Grande-Bretagne, ennemie héréditaire. Elle est promue par un général anglican. Celui-ci développe de surprenantes conceptions éducatives, fondées sur le  jeu, la nature, la vie en équipes, une loi et une promesse, sous-tendues par une conception optimiste de l’existence et des relations humaines, le tout dans une perspective interreligieuse. En effet, pour Baden-Powell, si le scout doit absolument avoir une religion, peu importe laquelle. Le Révérend-Père (R.P.) Jacques Sevin va faire comprendre au monde catholique français, puis international, l’importance et l’intérêt que présente la méthode éducative de Baden-Powell. À l’été 1920, il est, avec quelques autres précurseurs – le chanoine Antoine Cornette, Paul Coze et Édouard de Macédo – à l‘origine de la création d’une association de scouts catholiques : les Scouts de France.  




Le R.P. Sevin en quelques mots.  Né le 7 décembre 1882 à Lille (Nord), Jacques Sevin, est l’aîné d’une famille de sept enfants. Baptisé le lendemain en l’église Notre-Dame de Consolation, il est consacré à la Vierge Marie dont enfant il portera les couleurs bleu et blanc. Après des études à Amiens (Somme), il devient novice jésuite. Passionné de  poésie, il écrit des vers qui révèlent son grand amour de la Vierge Marie et son attachement au Cœur de Jésus. En 1901, il doit quitter la France en raison des lois contre les congrégations et poursuit ses études en Belgique. Il y est ordonné prêtre le 2 août 1914 et reste dans ce pays jusqu’en 1919, le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêchant de revenir en France. Le R.P. Sevin va jouer un rôle essentiel dans l’organisation du scoutisme catholique en France jusqu’à sa mise à l’écart de la direction des Scouts de France en mars 1933 en raison de divergences de vues. Il se retire alors avec dignité de ce qui a été la première œuvre de sa vie. Malgré la meurtrissure, il lui restera d’une fidélité absolue sans jamais la critiquer. En 1944, il crée la seconde œuvre de sa vie, une congrégation religieuse féminine très inspirée du scoutisme et dévolue à l’éducation : la Sainte Croix de Jérusalem, installée à Boran-sur-Oise (Oise). C’est là qu’il meurt le 19 juillet 1951 et qu’il est enterré.  


Le R.P. Sevin, un fondateur. Le R.P. Sevin est l’un des principaux organisateurs des Scouts de France qui se développent rapidement à travers toute la France à partir de juillet 1920. Il organise leur structuration en publiant divers manuels, mais surtout en mettant au point leurs textes fondateurs. C’est ainsi qu’il adapte le texte de la loi scoute de Baden-Powell en dix articles, résumé des valeurs morales du scoutisme sur lequel le scout s’engage lors de sa promesse : « Le scout met son honneur à mériter confiance, le scout est loyal… » Le Père Sevin introduit la référence à Dieu dans la loi scoute et complète le texte initial de la promesse scoute par la référence à l’Église. Il y ajoute trois principes : « Le scout est fier de sa foi, le scout est fils de France, le devoir du scout commence à la maison. » Il « sacralise » en quelque sorte le scoutisme de Baden-Powell en lui donnant une forte identité catholique.  


De nouveaux symboles. Le R.P. Sevin contribue également à créer l’imaginaire des Scouts de France. Il dessine leur insigne : une  croix de Jérusalem chargée d’une fleur de lys. Elle renvoie à la fois à la chevalerie – le scout des années 1920 et 1930 est vu comme un chevalier contemporain – mais aussi à l’universalité du Salut du genre humain, aux quatre coins du monde, symbolisés par les quatre branches de la croix. Les nombreux chants qu’il écrit contribuent aussi à structurer l’imaginaire du scoutisme catholique. Les plus connus sont le Chant de Promesse et le Chant des Adieux. Bien d’autres, tels le Cantique des patrouilles, la Légende du feu ou Chamarande marqueront profondément les esprits.




Un livre de référence. En 1922, le R.P. Sevin publie son principal ouvrage : Le scoutisme. Celui-ci démontre d’abord son excellente connaissance du scoutisme de Baden-Powell. Le Père Sevin qui parle anglais est allé le rencontrer en Grande-Bretagne dès 1913. Les notes de bas de page de son livre comprennent de multiples références aux ouvrages de Baden-Powell. Ce dernier dira d’ailleurs, pendant un congrès, que « la meilleure réalisation de sa propre pensée venait d’un religieux français ». Le R.P. Sevin explique longuement comment le scoutisme peut parfaitement s’intégrer dans le monde catholique. Il contredit habilement les multiples critiques nées en son sein depuis 1911, telles les accusations de naturalisme, de lien avec la franc-maçonnerie, de pratique de la religion de l’honneur ou de panthéisme. Il affirme que la loi scoute est « l’âme du scoutisme », que le système des patrouilles est son pivot et que la vie en plein air est une nécessité absolue. Le R.P. Sevin ne se contente pas d’écrire sur le scoutisme, il l’a mis en pratique dès 1917, alors qu’il était en Belgique, en organisant une troupe de scouts catholiques à Mouscron avec Léon Maes. Ses écrits sont donc aussi le fruit de sa pratique personnelle.


Le R.P. Sevin, un formateur. Le Père Sevin insiste sur l’importance de la formation des cadres du scoutisme. Dès 1923, il installe au château de Chamarande (Essonne), un camp de formation pour les chefs scouts, à l’image de celui installé par Baden-Powell dès 1919 en Grande-Bretagne à Gilwell. Le Père a compris que la formation des cheftaines et des chefs, sous forme de « camp-école » d’une semaine, était l’une des principales clés de la réussite. Cheftaines et chefs vivent en camp, sous la tente, pratiquent des activités de scoutisme et réfléchissent à leur rôle d’éducateur. C’est dans ce « camp-école » de Chamarande, dirigé par le R.P. Sevin lui-même jusqu’à sa mise à l’écart en 1933, que des milliers de jeunes se formeront pour assurer le succès des Scouts de France. Ce système qui continua après le départ du jésuite fonctionne encore aujourd’hui. Les Scouts et Guides de France utilisent ainsi le terme de « Cham » pour désigner l’une de leurs plus importantes formations de cadres. Ce modèle de formation sera d’ailleurs repris par de nombreuses associations scoutes catholiques dans le monde.




 Le R.P. Sevin, un précurseur. Si le Père Sevin a été l’un précurseur par son action chez les Scouts de  France, il l’a été aussi dans d’autres domaines. Dès 1927, il est ainsi l’un des premiers en France à envisager la création de troupes scoutes pour les handicapés physiques. Celles-ci démarrent à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoriums accueillant de jeunes paralysés. En 1928, il est l’un des pionniers du dialogue interreligieux en encourageant vivement l’action de Robert Gamzon (1905-1961) dans la création des Éclaireurs Israélites de France (EIF), le mouvement de scoutisme juif. De même dès 1948, le R.P. Sevin envisage, bien avant le concile de Vatican II, l’ordination de diacres permanents. L’ensemble des qualités du R.P. Sevin a conduit le pape Benoit XVI à le proclamer Vénérable le 10 mai 2012, un premier pas dans le processus de béatification.


 Le R.P. Sevin, un pont entre les mouvements de scoutisme catholique. Dans les années 1960-1970, le scoutisme catholique connaît plusieurs ruptures liées à l‘évolution générale de la société française et aux réformes pédagogiques engagées par les Scouts de France et les Guides de France, mouvement catholique de scoutisme féminin créé en 1923. De ces ruptures, naîtront les Guides et Scouts d’Europe (AGSE) qui concernent aujourd’hui 30 000 jeunes en France et les Scouts Unitaires de France (SUF) qui en touchent 28 000. Les Scouts et Guides de France (SGdF), nés en 2004 de la fusion des Scouts de France et des Guides de France, touchent de nos jours 77 000 jeunes. Ils illustrent l’existence de sensibilités différentes au sein de l’Église catholique qui reconnaît aujourd’hui ces trois mouvements. On compte également d’autres associations scoutes catholiques plus petites, comme les Scouts de Riaumont (fondés en 1966) ou les Europa Scouts (créés en 1986).




Si les relations entre ces trois grands mouvements ont été conflictuelles et tendues dans le passé, celles-ci se sont sensiblement améliorées surtout depuis le centenaire du scoutisme célébré en 2007, aux cotés des associations scoutes laïque (Éclaireuses et Éclaireurs de France), protestante (Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France), musulmane (Scouts Musulmans de France) et juive (Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France.)  

Aujourd’hui, le R.P. Sevin reste un pont incontournable entre ces trois grands mouvements du scoutisme catholique français qui se réfèrent toujours à lui et à Baden-Powell.





Jean-Jacques Gauthé
Historien du scoutisme, membre du conseil d’administration des Scouts et Guides de France


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Jacques Gauthé a faites le samedi 20 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage auprès des scouts


La question du recrutement des cheftaines et des chefs est une difficulté permanente pour les différents mouvements de scoutisme. La prise d’une responsabilité en leur sein est un engagement fort pour des jeunes. D’autre part, les adultes y ont aussi leur place.

Les mouvements de scoutisme sont animés par des bénévoles, garçons et filles de 18-25 ans qui sont chefs et cheftaines d’unités. Il s’agit d’un engagement exigeant en termes de temps et de responsabilité. Ces jeunes ont en charge l’animation des différents aspects de leur unité scoute ou guide, qu’il s’agisse des dimensions d’animation, de la pédagogie ou de la dimension spirituelle. Une unité scoute compte en général 20 à 30 enfants ou adolescents. Ces jeunes acceptent de consacrer gratuitement une large partie de leur temps libre pour ces activités scoutes, pour l’organisation des camps d’été et pour la participation aux stages de formation de leur association.    

Les adultes occupent des fonctions de soutien dans les groupes locaux ou les structures territoriales : chef de groupe, commissaires de district ou de province, délégués territoriaux. Dans certaines associations (Scouts et Guides de France, Scouts Unitaires de France), cet engagement peut être  pris en couple. Il s’agit à la fois d’être à l’écoute et de soutenir les jeunes responsables et aussi d’impulser une politique de développement de l’association dans une zone géographique.  

Jeunes et adultes sont appelés à prendre leur part d’engagement dans le scoutisme. Les sites Internet des différents mouvements scouts :


- https://www.sgdf.fr pour les Scouts et Guides de France,
- http://www.scouts-unitaires.org pour les Scouts Unitaires de France,
- http://www.scouts-europe.org pour les Guides et Scouts d’Europe
vous permettront de découvrir les propositions d’engagement qu’ils formulent.



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi es-tu chrétien ?


Parce qu’il y a des raisons de croire en Jésus (intelligence), parce que c’est sur le socle de cet amour que j’ai choisi de fonder ma vie (liberté) et parce que j’ai rencontré le Christ dans ma vie (expérience).

Découvrez la réponse complète de Pierre Durieux.






Proposition de prière




Je récite la prière scoute


Souvent attribuée de façon inexacte à saint Ignace de Loyola, cette prière est issue de la spiritualité jésuite. On trouve trace de son texte dès 1897 dans le livre de Xavier de Franciosi, sj, La dévotion à saint Ignace, Méditations, Prières et Pratiques en honneur du Fondateur de la Compagnie de Jésus. Le R.P. Jacques Sevin reprend et enrichit ce texte vers 1917 en lui donnant un souffle nouveau. Une dernière modification du texte est introduite en octobre 1939.

Le R.P. de Paillerets, assistant de l’aumônier général des Scouts de France note alors en ce début de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sentons le désir de prier les uns pour les autres avec une intensité inconnue jusqu’alors. » Au lieu de « Apprenez-moi à être généreux », le texte devient alors « Apprenez-nous à être généreux, (…) À nous dépenser, sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté , lui donnant une dimension plus communautaire. »





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 27 Mai 2017 - 15:48


 1916 


CHARLES DE FOUCAULD, « UN SAINT POUR AUJOURD’HUI »





Converti au catholicisme de son enfance à l’âge de 28 ans, Frère Charles de Foucauld (1858-1916) développe au cours de sa vie un grand amour pour les plus pauvres et pour le Dieu de Jésus-Christ, « modèle unique ». Aujourd’hui, son charisme inspire une large famille spirituelle qui rassemble 13 000 personnes.


Une curiosité précoce. Charles de Foucauld est né le 15 septembre 1858 à Strasbourg. Dès son plus jeune âge, il subit des deuils successifs : perte de ses parents avant six ans, perte de sa grand-mère paternelle devant ses yeux d’enfant, perte de son grand-père maternel alors qu’il a 20 ans. Vicomte appartenant à une ancienne famille aristocratique française, il manifeste très tôt la volonté d’aller connaître les « autres » : les pauvres, les petits, les besogneux, les mal-aimés, ceux que la vie ne favorise pas. Durant son temps de garnison, lorsqu’il est militaire de carrière, il s’adonne notamment à d’étranges escapades dans la campagne environnante, déguisé en mendiant et demandant l’aumône. En 1883-84, Charles se lance dans un voyage d’exploration du Maroc, se faisant passer pour un rabbin. Une aventure pleine de périls qui lui vaut la notoriété et lui fait vivre l’ivresse de la rencontre.




Une conversion prodigieuse.  Frère Charles fait partie des « recommençants », selon l’expression employée de nos jours. Éduqué dans un milieu catholique, il abandonne à 15 ans toute pratique religieuse et vit une jeunesse pleine de mondanités et de plaisirs. « Je suis allé loin de vous, loin de votre maison, dans le pays de l’incrédulité, de l’indifférence », dira-t-il. Tenté un moment par l’Islam (problématique bien actuelle !), admirant la simplicité du dogme et la ferveur des croyants, c’est grâce à sa cousine Marie de Bondy qu’il revient à la foi chrétienne. Dans l’intimité des églises, il répète cette étrange prière : « Mon Dieu si vous existez, faites que je vous connaisse. » Et peu à peu, le Seigneur le saisit jusqu’à sa conversion en l’église Saint-Augustin à Paris fin octobre 1886. Il vit alors avec intensité cette rencontre avec un Dieu riche en miséricorde qui l’accueille tel qu’il est dans le confessionnal du Père Henri Huvelin (1830-1910), son futur directeur spirituel. Un changement radical se produit en lui, une prise de conscience que la compassion divine est plus forte que le péché. Dès lors, Dieu devient le socle de sa vie. « Ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi. » Il n’y a plus de demi-mesure, il va jusqu’au bout de l’amour et du don. Le jour même de sa mort, il écrira à son ami Louis Massignon : « Comme chrétiens, nous devons donner l’exemple du sacrifice », puis fera cette autre déclaration, véritable testament spirituel : « On n’aimera jamais assez. » « Dieu nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant », écrit-il, toujours le jour de sa mort, à sa cousine Marie. Se savoir aimé, c’est commencer une nouvelle vie. Il se remémore alors sa vie avant sa conversion : « Vous me faisiez sentir une tristesse profonde, un vide douloureux… pendant ce qu’on appelle les fêtes » ; et porte sur lui-même ce jugement impitoyable : « J’étais moins un homme qu’un porc. » À 28 ans, Charles peut « revêtir la tunique d’innocence » du Fils Prodigue, et commencer une nouvelle vie.  


Ses débuts en tant que moine. En janvier 1890, à 32 ans, Charles devient moine trappiste en Ardèche, à Notre-Dame des Neiges ; puis dans un monastère plus pauvre en Syrie, à Akbès. Rapidement, il demande à poursuivre sa quête spirituelle ailleurs, loin de la sécurité qu’offre une maison religieuse. Il sort de la Trappe pour marcher sur les pas de Jésus en Terre Sainte et devient domestique dans un couvent de clarisses à Nazareth. Il tente de discerner la volonté de Dieu jour après jour, dans une vie qui semble instable, car hors des sentiers habituels. Mais, malgré les apparences, Charles se laisse modeler par l’Esprit qui le conduit sur des chemins inédits. Un peu marginal dans ses choix, il a le souci d’obéir à l’Église, en respectant scrupuleusement les lois et les règlements en vigueur.  




Un prêtre atypique. Ordonné prêtre à Viviers (Ardèche) en 1901 (non pour le prestige social attaché à la fonction mais pour offrir « le banquet divin » aux plus pauvres), Frère Charles décide de s'installer dans le Sahara algérien à Béni-Abbès. Il exerce un ministère plutôt classique d’aumônier militaire, dispensant sacrements et catéchèse avec un zèle exemplaire. Quand il devient le seul chrétien en terre d’Islam, il se prive pendant des mois de la présence du Saint-Sacrement afin de respecter les normes ecclésiastiques en vigueur, qui n’acceptaient pas qu’un prêtre seul puisse dire la messe. Atypique, ermite-missionnaire comme il lui arrive de se présenter, brûlant du désir d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu d’amour, il est arrêté dans ses élans quand il réalise que la manière d’évangéliser doit être différente. Lui aspire à vivre avant l’heure ce que préconisera le chapitre 1 de la constitution Gaudium et Spes du 7 décembre 1965 : « Les chrétiens doivent partager les joies et les peines, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent et qui sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » Pour Charles, il faudrait davantage respecter la liberté de conscience, construire d’abord une relation d’amitié avec les Touaregs, valoriser la religion naturelle et partager leur mode de vie. Or nous « les ignorons à un degré effrayant », s’indigne Frère Charles parlant de la relation des Européens avec les indigènes. Ce dernier pense qu’il faudrait se lancer dans une pré-mission pour apprendre à connaître le milieu à évangéliser, idée nouvelle à une époque où la plupart des missionnaires n’ont guère ces préoccupations. Il faut souligner ici l’immense travail linguistique de Frère Charles pour connaître la langue et la culture touarègue (il rédige des dictionnaires, une grammaire, un recueil de poèmes et de chansons, etc.).


Une vie au milieu des pauvres. Sa vie fut aussi atypique dans sa conception de la vie religieuse. Il refuse les grandes structures où les religieux sont coupés du monde et se protègent de lui. Il rêve de mettre en place « de petits foyers d’amour », de petites structures insérées au milieu du peuple pauvre s’exposant au coude à coude avec lui. Il accepte par avance d’être vulnérable, avec une seule règle de conduite : donner à l’amour la première place pour se réserver la dernière. Sur son réveil, il a fait marquer cette devise significative « Jésus Caritas. Il est l’heure d’aimer Dieu ». Tout un programme ! Fasciné par le mystère de l’incarnation, il veut avant tout imiter le Dieu de Jésus-Christ, le « modèle unique ». Un Dieu agenouillé devant sa créature indigne (Philippiens II, 6), un Dieu humble ouvrier pendant 30 ans à Nazareth. Il veut « descendre » comme son maître et s’approcher en priorité de ceux « qui souffrent, des pauvres, des malades ». C’est donner mais aussi savoir recevoir d’eux, car comme on le dit beaucoup de nos jours : « Les pauvres nous évangélisent. » « Le jour on ne cesse de frapper à ma porte, écrit-il, et la nuit qui serait le temps propice pour la prière, je m’endors misérablement » (confidence éplorée au Père Huvelin le 15 décembre 1902). Difficile équilibre à trouver entre deux exigences : une vie de relation à Dieu, son « Bien-Aimé Frère et Seigneur Jésus », et sa vie de relation aux frères. Au cours de sa vie, Frère Charles a envoyé des milliers de lettres (plus de 4 400 répertoriées) à des parents et amis, dans le souci d’aider, de réconforter, de conseiller et  d’accompagner. Il veut aimer chacun dans le cœur de Dieu. « Habituer tous les habitants chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres à me regarder comme leur frère. » Sa vie religieuse n’est pas un écran mais un creuset pour aimer davantage. Il veut aimer comme Dieu aime. Devenir « compagnon des pauvres comme Jésus » et « aller aux hommes en frère malgré leur indignité, leurs défauts, leurs vices et leurs crimes ». « Vouloir aimer, c’est aimer », écrit-il. « Plus nous aimons Dieu, plus nous aimons les hommes. ». Ces deux amours ne sont pas en concurrence mais se confortent mutuellement. Le Père Huvelin disait de son protégé qu’il avait fait « de la religion un amour ». Cela ne l’a pas empêché, pour défendre la population pauvre contre d’éventuels assaillants (le désert étant en proie aux bandes armées sur fond de Première Guerre mondiale), de conserver dans le fortin de Tamanrasset où il habite, vivres et munitions (ce qui suscitera finalement des convoitises, et provoquera indirectement sa mort).




 Des instincts novateurs. Bien avant Vatican II, Frère Charles a l’intuition qu’il faut donner aux laïcs la place qu’ils méritent dans la Sainte Église et notamment dans la mission d’évangélisation. Selon lui, ils peuvent aller là où n’entre pas le prêtre à la manière de Priscille et Aquila dans les Actes des Apôtres (chapitre XVIII), et témoigner de ce que doit être un véritable disciple de Jésus dans le monde. Il est urgent, dit-il, « d’envoyer dans les colonies d’authentiques commerçants, des cultivateurs, des artisans et non des marchands d’alcool », « des bons chrétiens des deux sexes et les conversions viendront d’elles-mêmes ». D’ailleurs, Jésus n’était-il pas un laïc ? Il met en place, peu avant sa mort, une sorte de confrérie pour évangéliser les colonies : le « Directoire ». Il se rend alors en 1913 en France pour solliciter des autorités ecclésiastiques un appui. Mais il n’y rencontre qu’un accueil mitigé, tant est novatrice son association où les adhérents sont « sans distinction de sexe, d’état, célibataires ou mariés, prêtres ou laïcs ». Une association qui comptera 45 membres affiliés, lui Charles sera le numéro 9 du groupe.


 Autre preuve de son esprit pionnier, Charles sait que l’évangélisation ne peut se dissocier d’un travail de pastorale sociale, de promotion humaine car chacun doit être respecté dans sa dignité. Il dénonce à la manière du pape François, les oublis des priorités évangéliques : « Oublier les brebis galeuses pour s’occuper des brebis grasses et dociles »… un disciple du Christ ne peut le tolérer. Écœuré par les injustices, il dénonce aussi l’esclavage qui sévit encore en Afrique du Nord avec la complicité du pouvoir français en place. Il remue ciel et terre auprès des autorités religieuses laxistes et prudentes pour arriver à l’éradication de cette « monstruosité », refusant d’être « un chien muet » par peur ou par lâcheté. Avant l’aggiornamento de Vatican II, il donne une grande importance à la Parole de Dieu qui doit nourrir la foi au risque de la voir s’étioler. Une Parole vivante qui travaille le croyant comme « la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place ».




Un « phare » au XXe siècle. Charles est tragiquement assassiné le 1er décembre 1916 aux portes de son ermitage à Tamanrasset, en Algérie. Bien que sa vie fut courte (à peine 58 ans), elle fut ô combien riche et mouvementée ! Une vie travaillée par l’Esprit souvent imprévisible, atypique par bien des aspects, mais une vie qui peut être qualifiée de résolument moderne dans son parcours spirituel. Très vite, il est considéré comme un martyr aimé de tous. Le voilà Frère universel « post mortem » qui a donné naissance à une famille spirituelle répandue dans le monde entier. Une vingtaine de groupes s’efforcent aujourd’hui de refléter au mieux certains aspects de sa personnalité riche et complexe, mais aucun, à lui seul, n’épuise la totalité de son message. Le Père Yves Congar (religieux dominicain, 1904-1995), artisan du concile Vatican II, l’a présenté, à l’instar de Thérèse de Lisieux, comme « un phare mystique pour le XXe siècle ». Quant au grand théologien Ur Von Balthasar (1905-1988), il a qualifié Charles de Foucauld comme « le signal d’une contemplation gratuite, sans égards pour les résultats immédiats mais d’une fécondité en profondeur pour l’Église ». Son procès en béatification commence dès 1927. Interrompu durant la guerre d'Algérie, il reprend ultérieurement et Charles de Foucauld est déclaré vénérable le 24 avril 2001 par Jean-Paul II. Le 13 novembre 2005 à Rome, le pape Benoit XVI le déclare bienheureux, offrant à l’Église Universelle une nouvelle icône de sainteté dans un monde en mal de repères.

La foi de nos jours n’est pas comme un acquis scellé, mais une recherche à poursuivre inlassablement. « Mon Dieu, donnez-moi la foi ! Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi » (méditations à Nazareth). Cette recherche rend Frère Charles proche des catholiques, des non-croyants, et aussi des croyants des autres religions. Il a témoigné d’une ouverture d’esprit œcuménique avant l’heure. Se trouve en lui un charisme à découvrir, une lumière, comme celle d’un « phare » qui souhaite nous aider à secouer nos torpeurs et vivre mieux d’espérance, de charité et de foi.





Marie-Christine Lacroix
Petite Sœur de l’Évangile du Père de Foucauld


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Petite Sœur Marie-Christine Lacroix a faites le samedi 27 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu


Comme Frère Charles, je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu, ce Pain qui doit nourrir ma foi, me faire découvrir le véritable visage de notre Dieu et corriger les fausses images que l’on peut véhiculer. Je m’engage à lire et à connaître cette Parole, jour après jour, à la méditer, à la prier inlassablement, à la découvrir comme la pierre précieuse qui nous est proposée.
Je peux notamment lire ce que de grands spirituels me disent sur le pain de la Parole :
-       « La Parole doit devenir chair en nous et seulement quand elle nous habite, nous devenons aptes à être missionnaires. » Madeleine Delbrêl

-       « Chercher à comprendre Dieu, c’est chercher à comprendre la manière spécifique, le mode original par lequel l’infini entre en contact avec le fini, par lequel le divin a voulu se révéler aux hommes. Dieu est alors incarné dans le livre comme une princesse prisonnière dans la tour d’un château. Le lecteur est le chevalier qui doit venir la délivrer. » Rabbin Marc Alain Ouaknin

-       « C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons. En lui, je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms A, 83)

-       « Dans l’Évangile, je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms C, 36)

-       « Ouvrir l’Écriture et la lire, c’est tendre les voiles à l’Esprit Saint sans savoir quel rivage nous aborderons. » Saint Jérôme

-       « Ce que nous en comprenons (de la Parole) est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s’abreuvent à une source. Les perspectives de la Parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime… Sa Parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle… Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce que la richesse de la Parole te dépasse… Ce que tu as pris et emporté est ta part, mais ce qui reste est aussi ton héritage. » Saint Ephrem

-       « Si tu attaches les yeux sur le Christ, tu trouveras tout en lui. Il est toute ma Parole, toute ma réponse ; il est toute vision et toute révélation. Je vous ai tout répondu, tout dit, tout manifesté, tout révélé en vous le donnant pour frère, pour compagnon, pour maître, pour héritage et pour récompense. » Saint Jean de la Croix (La montée au Carmel)

-        « D’aucuns pensent et disent : je ne suis pas moine, j’ai une femme, des enfants et les affaires de mon foyer dont j’ai la charge. Mais c’est là ce qui détruit tout : tu estimes la lecture des divines Écritures réservée aux seuls moines alors qu’elles vous seraient encore bien plus nécessaires qu’à eux. Qui vit au milieu du monde et y reçoit chaque jour des blessures, a bien plus grand besoin de remèdes. » Saint Jean Chrysostome



Proposition de formation sur la foi




Comment rencontrer les croyants des autres religions ?


Des solidarités se créent dans les épreuves. L’estime mutuelle se développe à travers les soutiens donnés et reçus. Elle rejaillit dans les relations quotidiennes où chacun garde son identité. Ces rencontres peuvent transformer durablement les mentalités. Des liens se tissent ainsi jusqu’en profondeur.

Découvrez la réponse complète de Mgr Michel Santier..






Proposition de prière




Je prie Marie avec Frère Charles


Frère Charles a été un amoureux de Marie de Nazareth, Mère du Perpétuel Secours toujours présente à nos côtés. C’est aussi la Vierge de la visitation, vocable sous laquelle nous la prions, nous, Petites Sœurs de l’Évangile du Père de Foucauld. C’est enfin la Vierge de la Sainte Famille où règne la paix.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 10 Juin 2017 - 19:18


 202 


IRÉNÉE DE LYON, UN THÉOLOGIEN PASTORAL





Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église. Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.


Repères biographiques.  La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres. Irénée nait en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple. Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère. La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation. Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année. À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison. Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église. Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire. Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ». On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse. La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr. Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397. Grégoire de Tours reprend cette tradition.  





Un théologien pastoral.  Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles. Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur. On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur. Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants. L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ. Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu. Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé. La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon). 


La mise en valeur de la tradition apostolique. Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. » Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain. La succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires. Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.




Un des premiers théologiens marials. Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »


Culte. La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée. Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône. Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide. Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.  




 Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine. Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II. L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entrainé l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.




Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Bernard Berthod a faites le samedi 10 juin 2017.


Proposition d'engagement




J'imite Marie dans son obéissance à Dieu


L’obéissance de Marie est le modèle de notre obéissance à la volonté divine. Au centre de toute obéissance, les mots de Jésus dans sa prière : « Que ta volonté soit faite. » S’engager sur ce chemin d’obéissance passe par des renoncements pour parvenir à la vraie liberté des enfants de Dieu qui, comme Marie, répondent OUI à ses appels. La foi est un trésor à préserver et à faire fructifier.

Elle implique le service de Dieu : « Suivre le Sauveur, c’est avoir part au Salut, comme suivre la lumière, c’est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu : à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle (…) La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu » (saint Irénée).




Proposition de formation sur la foi






Comment un évêque est-il nommé ?


Les procédures ont varié au cours du temps et elles varient en fonction des lieux. Seuls des évêques peuvent ordonner des évêques, en les inscrivant dans la succession des apôtres. Un évêque est « catholique », s'il est en communion avec le successeur de Pierre.

La réponse complète de Mgr Jacques Perrier.





Proposition de prière




Je récite la prière rédigée par saint Irénée afin de me trouver affermi dans ma foi.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 24 Juin 2017 - 17:21


 1274 


THOMAS D’AQUIN, UN SAVANT ET UN SAINT





Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) est un théologien catholique italien, doué pour la philosophie, grand contemplatif de la Vérité, le Verbe de Dieu. Une réelle symphonie se manifeste entre sa vie mystique et son esprit scientifique. La devise dominicaine « Contemplata aliis tradere » (« Transmettre aux autres les réalités contemplées ») découle de cette vie évangélique.


Un enfant précoce.  Alors que les demoiselles du Château de Roccasecca (région du Latium, Italie centrale) n’y arrivent pas, sa mère, Théodora, force le petit Thomas âgé de trois ans tout au plus à ouvrir sa main droite serrée : elle y trouve un papier replié. Intriguée, elle le déplie : elle y lit la salutation angélique en latin ! « Ave Maria gratia plena… » (« Salut Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni le fruit de ton ventre Jésus »). Nous sommes vers l’an de grâce 1229, à la frontière entre les États pontificaux et le Royaume des Deux-Siciles dont le roi est aussi l’empereur du Saint-Empire romain germanique, le terrible Frédéric II qui sera deux fois excommunié par l’Église pour ses mauvaises actions. Selon un usage médiéval, cet enfant précoce est donné à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin (Cassino, Italie centrale) où saint Benoît a terminé sa vie au Ve siècle, un lieu prestigieux dont la famille d’Aquin espère un jour hériter des bénéfices. Ce petit prodige, Thomas, de famille noble, ne pourrait-il pas devenir un jour abbé du Mont-Cassin ?  




La découverte des « Frères Prêcheurs »  Thomas posera une question embarrassante aux moines : « Qu’est-ce que Dieu ? » (« Quid est Deum ? ») Il mettra toute sa vie à y répondre lui-même, en élaborant une théologie pleinement chrétienne à partir de la sagesse acquise de la philosophie réaliste et de celle reçue par la révélation biblique. Mais les événements bousculent ce havre de prière et de travail : à partir de 1239, Frédéric II menace le Mont-Cassin. Après neuf ans passés comme oblat dans cette abbaye bénédictine, Thomas est envoyé par ses parents en un lieu qui leur semble sûr pour poursuivre ses études, plus au Sud, au Studium regni (qui n'est pas encore une université, mais une académie locale), à Naples. C’est un double éblouissement qui y attend le jeune homme : la philosophie d’Aristote dispensée par de vrais maîtres et la découverte d’un mode de vie tout nouveau, celui de cet ordre religieux que l’on nommera plus tard les Dominicains. Thomas est doublement conquis par leur enseignement et par leur vie régulière. Il ne voudra plus séparer deux quêtes : vérité et mendicité, et décide de prendre l’habit des « Frères Prêcheurs », ainsi qu’ils sont aussi appelés. 


Un attachement fort à l’habit blanc.  La famille d’Aquin, qui voit toujours Thomas à la tête du Mont-Cassin, s’y oppose vertement, bien qu’il dépasse les 18 ans. Le Maître de l’Ordre des Prêcheurs préfère éviter le conflit et envoie le novice Thomas vers Paris. Mais le convoi est intercepté et ce dernier est mis en résidence forcée à Roccasecca, la demeure familiale. Fort de stature, il a résisté aux soldats de l’empereur qui voulaient lui arracher son bel habit blanc dominicain. Le blanc est un signe de pauvreté par rapport au noir qui nécessite de l’encre très coûteuse à l’époque. Tout est tenté pour faire changer d’avis le jeune Thomas, même les ruses les plus grossières, charnelles. Rien n’y fait. Il ne veut pas revenir à sa robe noire bénédictine, car il a été saisi par un bien qu’il voit supérieur, l’appartenance à ce qui lui semblera « le plus semblable à l’Ordre angélique ». Un an de solitude à Roccasecca lui permet de méditer et d’assimiler intégralement la Bible et le Livre des Sentences de celui qui sera l’évêque de Paris, un théologien de renom, Pierre Lombard. Il écrira plus tard que « le bien consiste en perfection et en acte » (« bonum in perfectione et actu consistit ») (II Sentent., 35, 1, 1). Quand il retrouve sa liberté, il reprend la même direction où l’obéissance le conduisait : Paris.   


Conflits entre séculiers et réguliers.  Dans la capitale du Royaume de France, où règne alors saint Louis, les lieux universitaires pour étudier sont multiples. L’université de Paris, fondée en 1215, est rapidement dominée par les ordres religieux mendiants (surtout franciscains et dominicains). Parallèlement, le chanoine Robert de Sorbon développe un collège pour les étudiants pauvres qui portera plus tard son nom : la Sorbonne (1253). Les prêtres séculiers, liés directement aux évêques, acceptent mal de perdre des places d’enseignants universitaires devant la montée en puissance des ordres mendiants, que les jeunes vocations choisissent de préférence. Ainsi les conflits prévisibles entre séculiers et réguliers ne manqueront pas d’éclater.   


Disciple de Frère Albert le Grand.  Thomas suit les cours d’un grand savant, un saint également, Frère Albert le Grand (vers 1200-1280), lui aussi Dominicain. Celui-ci donnera son nom à la place Mauber (= Maître-Albert), à Paris. L’ordre dominicain se développe et souhaite s’implanter à Cologne : Frère Albert et Frère Thomas sont ainsi envoyés outre-Rhin.

Ils rentreront à Paris quatre ans plus tard, avant que Frère Albert ne soit choisi comme évêque de Cologne, où il retournera, mais cette fois sans Thomas. Saint Albert prendra toujours la défense de son disciple, studieux et très intériorisé, depuis le jour où des étudiants, jaloux sans doute, nommeront ce dernier « le bœuf muet de Sicile », jusqu’après sa mort où certaines de ses thèses réalistes (ou parfois leurs interprétations fautives) seront provisoirement contestées à Paris par des maîtres fatigués (1277-1325).

Au reste, ce sont les disciples de ces maîtres parisiens qui condamneront Jeanne d’Arc et favoriseront le conciliarisme, hérésie qui défend la supériorité d’un concile œcuménique (réunion des évêques en assemblée plénière, universelle) sur la primauté du Pape.
   




Un grand théologien. Blond, le teint hâlé, fort, d’une certaine corpulence, assez taciturne au début de sa vie, il a le front élevé et dégarni, le regard perçant. Thomas ne perd rien de ce qu’il apprend et accumule les succès intellectuels : il devient bachelier, puis Maître en sacrée théologie.

Il enseigne à l’université et au couvent Saint-Jacques à Paris, lieu d’études des Dominicains. Sa parole attire des foules d’étudiants avides de contemplation, de vérité. Il contribuera amplement à la réputation scientifique de la théologie enseignée à Paris. La future Sorbonne lui doit beaucoup. Son originalité est d’adapter Aristote, philosophe et grand logicien antique, fin observateur de la nature (qu’il a connu par des traductions latines des originaux grecs), à la pensée chrétienne. Le pape Jean-Paul II s’appuiera notamment sur saint Thomas dans son encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), montrant qu’il n’y a pas du tout incompatibilité entre la foi et la raison.

Dans la Somme de théologie, son ouvrage majeur, saint Thomas d’Aquin développe une méthode très rigoureuse qui expose, pour chacun des multiples aspects de la doctrine catholique, diverses objections, une réponse argumentée et les solutions aux objections précitées, prenant en compte les références bibliques, mais aussi les données de la nature. Cependant, les tensions continuent entre enseignants séculiers et réguliers et Thomas, qui a pris le parti de ces derniers, est envoyé en Italie. Son renom le précède à la cour du Pape, elle-même réfugiée à Orvieto (au nord de Viterbe), suite à des mouvements populistes à Rome.

Les papes successifs seront en admiration devant la clarté de la doctrine de Thomas. Urbain IV lui confie de rédiger les prières de la liturgie de la Fête-Dieu, créée depuis peu en l’honneur du Saint-Sacrement. Saint Thomas est ainsi l’auteur des célèbres hymnes latines Sacris solemniis (d’où est extrait le Panis angelicus), Verbum supernum (d’où vient O salutaris hostia), Pange lingua (dont plusieurs couplets forment le Tantum ergo) et de la séquence Lauda Sion, dont les textes sont tous considérés comme des modèles pour leur clarté doctrinale. La paternité de l’Adoro te devote, qui lui est attribuée, reste discutée.



Un écrivain zélé.  Il retourne ensuite à Naples, puis est envoyé pour un deuxième séjour à Paris, avant de revenir à Naples. Tout ce temps est employé à l’enseignement et à la rédaction de beaucoup d’ouvrages. Au total, il écrit, avec la même concentration, huit millions de mots, aidé désormais par des secrétaires à qui il dicte ses ouvrages.

Face à cette application, des frères lui feront croire qu’un bœuf ailé vole dans les airs. Thomas, en se penchant au dehors, sous l’œil espiègle de ceux-ci, avertit : « J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir. » Après sa messe quotidienne célébrée avec ferveur, il assiste à une seconde par dévotion, puis s’attelle à enseigner ou écrire.

Sa seule récréation : marcher seul dans le cloître, la tête haute, tout en méditant. Il ne manque jamais la prière de complies, l’ultime prière communautaire avant le coucher des religieux.

Ses œuvres recouvrent des sujets variés dont les principaux sont des commentaires de l’Écriture Sainte qui inspirent toute sa théologie, des sommes de théologie, des commentaires des Pères et d’Aristote. L’aide de Dieu ne lui manque pas pour venir à bout d’un tel travail. Il prie souvent avant de répondre à chaque question.
 




Rien que le Seigneur. Un jour son secrétaire le supplie à genoux de dire avec qui il s’entretenait, la nuit précédente, sur un texte du prophète Isaïe. Thomas aurait préféré garder le secret, mais l’appel à la charité finit par le faire céder. Il avoue en pleurant à son Frère Réginald que ce sont les saints Pierre et Paul eux-mêmes qui l’ont instruit.

Le sacristain de Naples témoignera avoir vu, un matin avant Matines, saint Thomas soulevé de terre, et avoir entendu le crucifix déclarer au Docteur angélique : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. Quelle récompense veux-tu de moi en échange ? » Qu’aurions-nous répondu à une telle demande…? Le saint répond sans hésitation : « Rien d’autre que toi, Seigneur. » Ces extases finissent par l’épuiser. Il déclare dans ses écrits n’être que de la paille en comparaison de ce qu’il a contemplé.

Ce qu’il a aperçu mystiquement est à sa théologie scientifique ce que grain est à la paille. Les grains de l’épi, qui prolongent la paille si nécessaire à ceux-ci, valent tout simplement plus que le chaume. La perfection de l’homme s’avère surtout surnaturelle : elle ne se développe que sur la croix.



Un saint parmi les savants. Il cesse d’écrire sauf lorsque la charité l’y contraint. Dette à l’égard de son origine bénédictine, il offre une dernière expertise théologique à l’abbé du Mont-Cassin, alors qu’il passe tout prêt, en se rendant au concile de Lyon (7 mai-17 juillet 1274) où il est convoqué, mais qu’il n’atteindra pas. Heurté par une branche sur la route alors qu’il monte un âne, il doit s’aliter chez sa sœur qui lui fait offrir providentiellement, à sa demande, des harengs frais qui ne sont pas de saison.

Il demande pourtant d’achever ses jours dans une maison religieuse : l’abbaye cistercienne Sainte-Marie de Fossanova n’est pas loin. La Vierge Marie lui procure son dernier havre. Il y médite encore le Cantique des Cantiques et puis rend son âme à Dieu en recevant une dernière fois le viatique (la communion eucharistique reçue pour le grand passage d’ici-bas vers l’au-delà) dans une admirable fidélité à la sainte Église : « J’ai beaucoup écrit et enseigné au sujet de ce très saint corps et des autres sacrements dans la foi du Christ et de la Sainte Église romaine, à la correction de laquelle j’expose et je soumets tout. » (6 mars 1274)





 Il meurt le 7 mars 1274, à 49 ans, l’âge de saint Basile le Grand (†379), le moine dont saint Benoît se déclare tributaire (cf. Règle 73, 5). Canonisé le 18 juillet 1323, il est proclamé docteur de l’Église par le pape saint Pie V en 1567, peu après la fin du concile du Trente.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris, remet au goût du jour les études thomistes et déclare que les écrits de Thomas d'Aquin expriment adéquatement la doctrine de l'Église. Le pape fait de lui le patron des universités et des écoles catholiques. « Le plus saint parmi les savants et le plus savant parmi les saints » (Bienheureux Paul VI), débutait ainsi une renommée ininterrompue qui fera de lui le « Docteur commun » de la théologie, le plus recommandé, entre tous, par l’Église catholique aujourd’hui (cf. concile Vatican II, Optatam Totius, 16 ; Gravissimum Educationis, 10).

Saint Thomas d’Aquin est fêté le 28 janvier, jour anniversaire de la translation de son corps dans l’église des Jacobins à Toulouse en 1369. Trop peu de gens savent que le Docteur angélique est enterré en France !





Frère Édouard Divry, o.p.
Docteur en théologie, Dominicain de la Province de Toulouse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Édouard Divry a faites le samedi 24 juin 2017.


Proposition d'engagement




Je prie Marie et les Apôtres pour les théologiens

Prier aux fêtes de la Vierge Marie et aux grandes fêtes des Apôtres (Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Thomas, Matthieu, Philippe et Jacques le Mineur, Barthélémy, Simon le Zélote et Jude, Matthias) pour les théologiens, qu’ils soient fidèles au Saint-Esprit et qu’ils aident l’Église à proclamer la Vérité et à mieux la comprendre.

Prier aussi saint Michel Archange pour qu’existe un enseignement réaliste qui prépare l’intelligence à mieux expliciter l’expression de la foi.

Pour découvrir un jour plus profondément saint Thomas d’Aquin et l’imiter, la province de Toulouse et celle de Saint-Joseph (Washington D. C., États-Unis) ouvrent leurs portes aux vocations masculines pour être Frères Dominicains. De nombreuses communautés dominicaines féminines existent aussi, contemplatives ou actives.



Proposition de formation sur la foi



Comment la philosophie sert-elle la théologie ?

Saint Thomas d’Aquin montre que la doctrine sacrée a besoin de la philosophie pour consolider les préambules de la foi, pour expliciter ses réalités par le langage analogique et pour contredire les arguments avancés contre elle.

Découvrez la réponse complète du Père Édouard Divry, op.





Proposition de prière



Je prie et médite la prière au Saint-Sacrement dans sa forme primitive (on tutoyait Dieu en latin), l’un des cinq hymnes eucharistiques attribués à saint Thomas : Adoro Te Devote.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 8 Juil 2017 - 15:47


 1907 


SŒUR MARIE-MARTHE CHAMBON, APÔTRE DES SAINTES PLAIES





De ses nombreuses rencontres avec Jésus-Christ, Sœur Marie-Marthe Chambon (1841-1907), religieuse savoyarde, a reçu la mission de faire connaître à tous la dévotion au chapelet des Cinq Plaies.


Une enfant modeste et pieuse.  Le 6 mars 1841, Françoise Chambon naît à la Croix Rouge, petit hameau en bordure de Chambéry (Savoie), dans une famille très pauvre (on dirait aujourd’hui « en dessous du seuil de pauvreté »).

Elle est baptisée le même jour. La maison où elle voit le jour, c’est-à-dire une misérable cahute au toit de chaume et au sol de terre battue, existe toujours. Une plaque commémorative a été posée le 15 septembre 2012 à l’initiative des Sœurs de la Visitation de Marclaz (Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Françoise est l’aînée d’une sœur et de six frères (dont un mort au berceau). Bien que très pauvres des biens de ce monde, ses parents sont riches des valeurs du cœur humain et de la foi chrétienne qu’ils savent transmettre à leurs enfants : droiture, bonté, honnêteté, sens du travail, piété solide.



Première rencontre avec Jésus.  Régulièrement, Françoise participe à la prière du chapelet chez sa tante ou au chemin de Croix de la paroisse (actuelle église Saint-Pierre de Lémenc, à Chambéry). C’est là que Jésus vient la rejoindre et l’appeler déjà à vivre dans son mystère d’abaissement et de pauvreté.

C’est au cours d’un chemin de Croix le Vendredi-Saint (elle a 8 ou 9 ans), qu’elle voit pour la première fois Jésus attaché à la Croix, tout couvert de sang, tout déchiré « selon ses propres dires ». Aucune parole dans cette vision, mais elle ressent un ardent désir de le suivre.

Jésus grandit dans son cœur. Pour lui prouver son amour, rien ne lui semble trop difficile : elle demande à sa mère comme une faveur de prendre sa soupe sans beurre, elle se lève aussi la nuit pour prier jusqu’à ce qu’on l’oblige à se recoucher. C’est une façon à elle de se préparer à recevoir pour la première fois Jésus dans la communion eucharistique – une préparation que vont parfaire sa tante et le curé de la paroisse. Ces éléments de catéchisme seront les seuls qu’elle possédera jusqu’à son entrée au monastère ; durant son enfance pauvre et laborieuse, elle n’aura jamais le loisir d’apprendre à lire et à écrire.



Une relation intime avec le Christ.  Le 8 septembre 1850, arrive le grand jour de sa première communion. Ici, une nouvelle faveur sera déterminante pour toute sa vie : elle voit l’Enfant Jésus qui lui promet de lui tenir compagnie et de la visiter ainsi à chaque communion.

Pour qualifier les bienfaits de la communion eucharistique, elle se contente de dire : « On a le paradis dans le cœur ! » Un paradis qui ne la quitte pas lorsqu’elle travaille aux champs pour aider ses parents : « Nous étions toujours ensemble », dira t-elle, en parlant de l’Enfant Jésus.

Déjà, on voit se dessiner les grands attraits de sa vie. Pauvreté de Jésus dans la crèche, dans sa vie cachée à Nazareth. Pauvreté de Jésus dans l’hostie. Pauvreté de Jésus sur la Croix : richesse infinie contenue dans sa Passion, dans ses Saintes Plaies qui sont comme des paroles silencieuses de son Amour rédempteur pour chaque âme. Les entendre et les transmettre, voilà le trésor de la petite Françoise que Jésus va lui dévoiler tout au long de sa vie. Un trésor qu’elle veut nous faire partager encore aujourd’hui.





Une mission liée aux Saintes Plaies.  Peu après la réunion de la Savoie à la France (1860), Françoise est admise au Tiers-Ordre de Saint-François-d’Assise (1861), puis choisit finalement en février 1862 d’entrer à la Visitation de Chambéry, à proximité immédiate de l’église de son enfance, où la supérieure l’admet comme aspirante au rang des Sœurs converses (c’est-à-dire parmi les Sœurs chargées des travaux domestiques et du pensionnat du monastère).

« Je voulais n’être occupée que de Lui, ne penser qu’à Lui », dira-t-elle. Le 29 avril 1863, après neuf mois de postulat, Françoise Chambon reçoit avec le voile blanc le nom de Marie-Marthe, si bien approprié à celle qui devait unir au labeur quotidien incessant, une « rare intensité de vie intérieure », selon l’expression de ses premières biographes.

Sa vie laborieuse et cachée est le terreau de cette vie intime particulièrement développée. Unie très profondément à Jésus dans le mystère de sa Sainte Enfance et celui de sa Passion, elle déclare avoir reçu de lui une « mission » : « celle d’invoquer sans cesse personnellement les Saintes Plaies et celle de raviver dans le monde cette dévotion ». Le 2 août 1864, en la fête de Notre-Dame des Anges, Sœur Marie-Marthe se lie irrévocablement à Jésus par la profession religieuse. Elle a 23 ans.




L’épreuve d’une voie peu commune.  À partir de mai 1866, Dieu se manifeste à Sœur Marie-Marthe de façon extraordinaire, accompagné par la Vierge Marie, les Anges et de nombreux Saints. « Monsieur le Curé me permettait souvent de communier. Quelquefois, c'était la Sainte Vierge qui me donnait son petit Jésus. Un jour de la Nativité, le Saint-Sacrement était exposé ; après la grand'messe, je suis restée et j'ai vu la Sainte Vierge. Elle avait son petit Jésus et elle me l'a donné. »

Pendant 25 ans environ, ce sont des visions, des paroles intérieures qu’elle transmet fidèlement à ses deux Supérieures successives : Mère Marie-Alexis Blanc et Mère Thérèse Eugénie Revel. Épreuve pour Sœur Marie-Marthe et son humilité, cette voie peu commune est aussi une épreuve pour le discernement de celles qui la dirigent. S’appuyant sur les conseils de sages guides spirituels, Mère Eugénie Revel et Mère Marie-Alexis Blanc acceptent par obéissance de recueillir fidèlement par écrit ce que leur transmet Sœur Marie-Marthe de la part du Seigneur.

Les autres Sœurs de la communauté n’en sauront jamais rien… mais elles remarquent la piété profonde de Sœur Marie-Marthe, son activité étonnamment débordante au pensionnat, à l’entretien des pièces du monastère et au jardin. « Elle fait le travail de deux Sœurs », disent-elles en parlant de Marie-Marthe.

Ses défauts naturels dont elle ne se défait pas cachent ses dons exceptionnels, ainsi que toutes les grâces qu’elle obtient pour le monastère, les âmes du Purgatoire, les malades, et tous ceux pour qui elle invoque Notre Seigneur. Au début du premier cahier (il y en aura quatre), Mère Eugénie Revel écrit ceci : « Dieu semble avoir choisi cette humble fille pour renouveler la Dévotion aux Saintes Plaies de Notre Seigneur, les faire valoir en les offrant continuellement pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du Purgatoire. Les Saintes Plaies lui sont montrées de manière sensible, aux yeux de son âme tous les jours, plusieurs fois. »
 




La Passion.  Jésus semble vouloir l’associer plus étroitement à sa Passion. En septembre 1866, Sœur Marie-Marthe, à sa demande, obtient de sa supérieure la permission de passer ses nuits en prière, auprès du Tabernacle ou dans sa cellule, allongée sur le plancher avec un cilice (ceinture parfois à clous à porter serrée sur la cuisse) et une couronne d’épines. Cela lui est accordé après beaucoup d’épreuves et de signes qui confirment la volonté expresse de Jésus.

Le 18 avril 1867, Jésus demande à Soeur Marie-Marthe la communion journalière. En septembre de la même année, lorsque sévit en Savoie une nouvelle épidémie de choléra, la prière des Saintes Plaies demandée par Jésus est mise sous la forme de « Rosaire des Saintes Plaies » par les supérieures (1868). C’est aussi à cette époque que Jésus demande l’Heure Sainte du vendredi pour honorer ses Cinq Plaies.

Les 25, 26 et 27 septembre 1867, Sœur Marie-Marthe reçoit des révélations sur le mystère de la Trinité, la Crèche et la Croix (triduum de grâces). Le 17 octobre, Soeur Marie-Marthe scelle son offrande aux Saintes Plaies pour le monde entier et le bien de sa communauté entre les mains de sa supérieure Thérèse-Eugénie Revel :
« Je, Soeur Marie-Marthe Chambon, promets à Notre-Seigneur Jésus-Christ de m’offrir tous les matins à Dieu le Père, en union avec les Divines Plaies de Jésus Crucifié, pour le salut du monde entier et pour le bien et la perfection de ma Communauté. Je l’adorerai dans tous les coeurs qui le reçoivent dans la Sainte Eucharistie…

Je le remercierai de ce qu’Il veut bien venir dans tant de cœurs qui sont si peu préparés. Je promets à Notre-Seigneur d’offrir toutes les 10 minutes – avec le secours de sa grâce et en esprit d’obéissance – les Divines Plaies de son Sacré Corps au Père Éternel… d’unir toutes mes actions à ses Saintes Plaies, selon les intentions de son Cœur adorable, pour le triomphe de la Sainte Église, pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire, pour tous les besoins de ma communauté, ceux du noviciat, du pensionnat et en expiation de toutes les fautes qui s’y commettent. Tout ceci par amour, sans obligation de péché (en cas d’oubli). "Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes." Telle est la formule de cette offrande. »


Les 22 et 23 octobre 1867, la confirmation de la dévotion des Saintes Plaies au sein de l’Ordre de la Visitation est donnée à Soeur Marie-Marthe en plusieurs visions.
   




Une fin douloureuse. À partir du 25 janvier 1869 jusqu’au mois de septembre 1873, Sœur Marie-Marthe ne vit que de l’Eucharistie, son seul aliment pendant quatre ans.

Le 12 juin 1874, les stigmates extérieurs lui sont donnés. Les dernières années de sa vie (1893-1907), Sœur Marie-Marthe connaît l’épreuve de la nuit, le silence de Dieu ; ce qui ne ralentit pas sa ferveur ni son activité. C’est le temps du silence des semailles, de l’enfouissement…

Le 13 février 1907, elle reçoit l’Extrême onction et vit l’offrande de cinq semaines d’une maladie très douloureuse. Le 21 mars 1907, Jésus vient la chercher aux premières vêpres de la Compassion de la Vierge Marie. Après ses funérailles le 23 mars, l’inhumation a lieu au cimetière de la ville puis, quelques années plus tard, dans la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs à Lémenc. Aujourd’hui, les restes de Sœur Marie-Marthe reposent à la Visitation de Thonon-les-Bains.



Vers la béatification ?  En même temps que se répand la dévotion aux Saintes Plaies (autorisée par le pape saint Pie X en 1908), s’étend le renom de son humble apôtre, ainsi que la confiance en son crédit auprès de Dieu. Procurer la gloire de Dieu, le Salut des âmes, telle était son unique ambition : « Mon Jésus, j’ai soif des âmes pour votre gloire », disait-elle. Un procès pour la béatification de Sœur Marie-Marthe avait été ouvert de 1934 à 1936.  




Les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains ont faites le samedi 8 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je prie le chapelet des Saintes Plaies

Nous vous proposons cette semaine de prier le chapelet des Saintes Plaies.

Pour commencer le chapelet (1 fois)

I/. Ô Jésus, divin Rédempteur, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier.
R/. Amen.
I/. Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous et du monde entier.
R/. Amen.
I/. Ô Père Eternel, traite-nous avec miséricorde par le Sang de Jésus, ton Fils unique ; traite-nous avec miséricorde, nous t’en conjurons.
R/.
Amen.


Sur le gros grain : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ pour guérir celles de nos âmes.

Entre chaque dizaine, on peut contempler une des cinq Plaies de Jésus et nommer une intention particulière.

Sur les petits grains : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de tes Saintes Plaies.

À la fin du chapelet, on répète trois fois : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes.

(Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Rome, le 23 mars 1999).



Proposition de formation sur la foi



Comment vivre aujourd'hui l'ecclésiologie de communion ?

La véritable communion n’est pas affaire de sentiment ou de signes seulement, mais elle passe essentiellement par un juste rapport à la vérité divine, au mystère sacramentel, et au droit.

Découvrez la réponse complète du Père Louis-Marie de Blignières.





Proposition de prière




Je prie la prière de béatification pour Sœur Marie-Marthe Chambon.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 19 Aoû 2017 - 13:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Juil 2017 - 20:56


 1841 


SAINT PIERRE CHANEL, PREMIER MARTYR D’OCÉANIE





Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire. Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.


Un enfant pieux devenu curé de paroisse.  Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain). Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe.

L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans. Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane. Plus tard, il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. » À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron.

Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain). Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain). Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté. Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.





Missionnaire de Marie.  Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875).

Il y entre en 1831. Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire. Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.



Martyr à Futuna. Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis. Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée. Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants. À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux. Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation.

Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ». En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix. Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage. Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir.

Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement. C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire : « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! » Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure. La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême.

Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert. Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli. » Il aimait dire : « Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».

En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle. Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie).





La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel. La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont « Jésus » et « Marie ». Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire. Sa devise était : « Aimer Marie et la faire aimer. » N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre. Il y a comme une véritable respiration chrétienne. En inspirant, j’apprends à aimer Marie : je reçois ! En expirant, j’apprends à faire aimer Marie : je donne ! Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ. « Aimer Marie » : afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ ! « Faire aimer Marie » : c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon ! Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras. Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. »


Cuet, un sanctuaire à vocation universelle. L’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré. Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.

Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié : « Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. » La Potière est un hameau de Cuet. Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux. C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet. Pourquoi rappeler cela ? Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même.

C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel. Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle. En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel. Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.
 




Retourner en Galilée. À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte. Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon. De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel. On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus : « L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »

Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :

-        L’accueil des racines de notre vie.
-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.

Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous. Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.



Des missionnaires de la Miséricorde. Posons-nous quelques questions… Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ? Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus. Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ? Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde. D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi. Que deviendrons-nous ? Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères. Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père. 




Abbé Pierre Le Bourgeois
Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'abbé Pierre Le Bourgeois a faites le samedi 22 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je demande à saint Pierre Chanel de m'aider à être un disciple missionnaire

Demander à saint Pierre Chanel de nous aider à être des disciples missionnaires là où nous vivons. Pour cela, il nous faut nous enraciner dans la prière et nous mettre au service de nos frères à la suite du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous (Galates II, 20).


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi l’œcuménisme des martyrs est-il le plus convaincant ?

Les chrétiens sont capables de mourir ensemble pour le même Christ : ne pourraient-ils pas vivre ensemble ?
Cet œcuménisme des martyrs doit inciter les communautés chrétiennes à la réconciliation, comme l’a fait Jean-Paul II.

Découvrez la réponse complète de Didier Rance.





Proposition de prière


Invoquons le Seigneur afin que nous devenions les témoins d’une vie nouvelle.



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 4231
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 29 Juil 2017 - 21:21


 1641 


SAINTE JEANNE DE CHANTAL, AU SERVICE DES PAUVRES




Après la mort de son mari à la suite d’un accident de chasse, Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) s’oriente vers la vie religieuse guidée par saint François de Sales et fonde avec lui l’ordre de la Visitation (1610) à Annecy (Haute-Savoie), devenant ainsi la première Sœur visitandine.


La tendresse d’un père.  Née à Dijon le 23 janvier 1572, au temps des Guerres de religion, Jeanne-Françoise Frémyot n’a pas connu sa mère, décédée lorsqu’elle avait 15 mois. Elle reçoit de son père, Bénigne Frémyot, président du Parlement de Dijon, une excellente éducation à la foi. Il lui fait prendre conscience du commandement d’amour du prochain : « Si je n’aimais pas les pauvres, il me semble que je n’aimerais pas Dieu. »

Dieu le Père, Jeanne le rencontre tout au long de sa vie. Elle en a la révélation dans le comportement de son père, qui sait l’accueillir dans les nombreuses épreuves qui ne l’ont pas épargnée. « La tendresse de son père était le signe de la tendresse de Dieu… », a pu dire le père François Mercier, recteur et aumônier du monastère de la Visitation à Annecy à la fin du XXe siècle.  



Une foi intense.  Nous sommes à Dijon à la fin du XVIe siècle. Jeanne s’élance dans la pièce où se trouvent en conversation des invités catholiques et réformés auxquels le président du Parlement ouvre ses portes en dépit de cette période d’affrontement. « Voici des amandes glacées pour vous, Jeanne », propose l’un des invités appartenant à la Réforme. Les adultes engagent une discussion au sujet de l’Eucharistie. « Moi je ne peux pas croire que Jésus soit réellement présent dans le Saint-Sacrement », annonce l’ami de son père. Soudain Jeanne, âgée seulement de cinq ans et qui a attentivement écouté cette discussion, jette les bonbons dans la cheminée en lui déclarant : « Je ne veux pas de vos sucreries, parce que vous ne dites pas la vérité ! Si vous ne le croyez pas, vous faites de Jésus un menteur ! » Puis elle entreprend de faire changer sa position. Cette scène illustre de façon plaisante son sens des petits sacrifices et sa maturité précoce. « Il faut croire, Monsieur, que Jésus est au Saint-Sacrement de l’autel, puisqu’il l’a dit ! » Cette exclamation montre la profondeur de l’enseignement paternel et la foi intense qui anime Jeanne. Elle est pleine de confiance, d’espérance, d’abandon à Dieu ! Elle exprime ici la vivacité du désir de témoignage qui l’habite et que d’autres hommes ont vécu avant elle. Commentant le texte de saint Luc (XXII, 19) : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous », saint Cyrille (IVe siècle) déclarait ainsi : « Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que Lui, qui est la Vérité, ne ment pas » (in Catéchisme de l’Église Catholique). Saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) assurait quant à lui : « La présence réelle du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, on ne l’apprend point par les sens mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité de Dieu. »




Une âme charitable. Jeanne de Chantal, épouse du Baron Christophe de Chantal et mère de famille de six enfants (dont le père de Madame de Sévigné, célèbre femme de lettres), souhaite être reliée autant sur le plan spirituel que sur le plan matériel aux paroissiens de toutes conditions de Bourbilly (Côte-d’Or), insistant auprès des membres de sa famille pour qu’ils se rendent à la messe du village le dimanche...

Position de principe assez singulière pour les élites de ce temps, comme le soulignent les historiens, et qui démontre chez la sainte un souci très moderne d'unité de tous dans la foi en Jésus-Christ. Jeanne de Chantal, comme laïque, évangélise ceux qui la côtoient en aidant les pauvres, en priant chaque jour, en allant à la messe quotidiennement. « Nous ne pouvons pas toujours offrir à Dieu de grandes choses, mais nous pouvons à tout instant lui en offrir de petites, avec un grand amour. » L'amour de Dieu doit se vivre dans la situation concrète qui est la nôtre chaque jour. Comme sainte Jeanne nous y incite : « Cheminons par ces basses vallées des humbles et petites vertus. Nous y verrons des roses entre les épines, les lis de pureté et les violettes de la mortification... Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. » « L’œuvre de piété où elle parut la plus attentive durant le temps de son mariage, fut la miséricorde envers les pauvres », dira Mère de Chaugy, petite nièce de Jeanne de Chantal, visitandine comme elle et sa première biographe.





La rencontre avec saint François de Sales. Dès 1604, apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés. Veuve depuis 1601, la baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme.

François de Sales, devenu son directeur de conscience à la suite de saint Vincent de Paul, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière. La vocation de Jeanne est un chemin tout intérieur fait en pleine liberté. Ce chemin n’est pas exempt de nombreuses difficultés et hésitations ; il lui prend plusieurs années. François lui recommande trois vertus : la patience, la persévérance et l’humilité. « Le sage loue de cela la femme forte, lui écrit François le 6 août 1606, ses doigts ont manié le fuseau ! Filez tous les jours un peu, mais gardez-vous de vous empresser car vous entortilleriez votre fil à nœud et embarrasseriez votre fuseau. »

Face à certaines hésitations de Jeanne, François affirme : « Vos impuissances vous nuisent beaucoup car, dites-vous, elles vous gardent de rentrer en votre vie intérieure et de vous approcher de Dieu. C’est mal parler sans doute. Dieu veut que notre misère soit le trône de sa miséricorde et nos impuissances le siège de sa toute-puissance. » Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants (les deux premiers n’ont pas survécu), à découvrir et à choisir le plan de Dieu. Après quelques années, il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé. ]
 




La fondation de l’ordre de la Visitation. Le 6 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une Sœur tourière (chargée des relations avec le monde extérieur), Anne-Jacqueline Coste.

François se contenta de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régissait, et du Saint Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les Sœurs oblates de la Sainte Vierge ». Saint François prend rapidement référence sur la Visitation, mystère joyeux de la vie de la Vierge Marie, qui se met au service de sa vieille cousine Élisabeth enceinte de Jean Baptiste (Luc I, 39-56). Pour lui, « l’esprit de la Visitation est un esprit de profonde humilité envers Dieu et d’une grande douceur envers le prochain ».

Au bout d’un an, les quatre novices s’engagent définitivement. Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616, l’archevêque de Lyon expose le souhait que les Sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux. Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy. À la mort de François de Sales le 28 décembre 1622, l’ordre compte treize monastères.





Sainte Jeanne de Chantal est rappelée à Dieu le 13 décembre 1641 à Moulins (Alllier), au retour d’un voyage fatigant. À sa mort, l’ordre comprend déjà 87 monastères dans l’Europe entière. Elle fut béatifiée le 21 novembre 1751 par Benoît XIV et canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767. Elle est la patronne et protectrice des personnes oubliées, des repris de justice, des mères de famille, et des veuves. Ses restes sont conservés avec ceux de saint François de Sales dans la basilique de la Visitation à Annecy. Longtemps fêtée le 12 décembre, sa fête liturgique est fixée au 12 août depuis 2003. 





Père Arnaud Bancon
Prêtre de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris 16e


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Arnaud Bancon a faites le samedi 29 juillet 2017.


Proposition d'engagement




J'essaie de répondre à l'appel de sainte Jeanne de Chantal

Cette semaine, j’essaie de répondre à l’appel de sainte Jeanne de Chantal qui propose avec ferveur et confiance en Dieu amour : « Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. »

Voici quelques liens pour vous aider dans cet engagement :

http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-malades_r46.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-sans-abris_r48.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-demunis_r47.html


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi et à qui donner de son argent ?

Donner est un devoir essentiel du chrétien, car nos biens nous sont confiés en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilité de déterminer combien et à qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.

Découvrez la réponse complète de Pierre de Lauzun.





Proposition de prière


Prions ensemble sainte Jeanne de Chantal pour que les plus démunis reçoivent l’aide de généreuses âmes.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin