Forum de prières

Prières, forum religion catholique, Jésus et Marie, informer des dangers du Nouvel Ordre Mondial, Illuminatis, l'antechrist, etc...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Donne-nous notre Pain de ce jour (Vie) : Parole de DIEU
Aujourd'hui à 23:27 par Lumen

» « A la Sainte Vierge de s'en occuper »
Aujourd'hui à 23:13 par Robert

» « Est-ce que tu veux retrouver la santé ? »
Aujourd'hui à 23:10 par Robert

» Les vidéos sur Facebook de M. Léandre Lachance sont maintenant sur Youtube
Aujourd'hui à 22:26 par dvdenise

» Message-Lumière de la Famille Myriam
Aujourd'hui à 20:41 par Lumen

» Mois de Saint Joseph selon St Alphonse de Liguori - Abbé A. Ricard
Aujourd'hui à 20:16 par Lumen

» Pensées Salésiennes : A Tous Les Amis De Saint François De Sales Et Don Bosco
Aujourd'hui à 19:15 par Lumen

»  • " Ceci est mon corps " • Carême dans la ville 2017
Aujourd'hui à 18:25 par Lumen

» ROSAIRE PERPÉTUEL
Aujourd'hui à 13:43 par laurent49

» À ta demande, J'agirai!
Aujourd'hui à 11:18 par Robert

» Prières
Aujourd'hui à 6:59 par Mea culpa

» Prions les 40 jours de carême avec les saints
Aujourd'hui à 2:07 par Lumen

» La Vierge fait jaillir la grâce du sein de Dieu
Aujourd'hui à 0:50 par Robert

» « Vous ne pourrez donc croire à moins d'avoir vu des signes et des prodiges ? »
Aujourd'hui à 0:48 par Robert

» Le 31 octobre 1997, José Munoz à qui appartenait l'Icône, a été assassiné à Athènes.
Hier à 19:21 par dvdenise

»  Une minute avec Marie
Hier à 17:03 par Lumen

» Tourne ton regard vers Moi.
Hier à 12:36 par Robert

» Quelques paroles du Sacré-Cœur à sœur Josefa Menendez
Hier à 8:00 par dvdenise

» « Es-tu disposée à cela ? », Marie répondit : « Oui »
Hier à 0:24 par Robert

» « Il est l'image du Dieu invisible...; c'est en lui que tout a été créé...; tout a été créé par lui et pour lui
Hier à 0:21 par Robert

» Notre Histoire Avec Marie
Sam 25 Mar - 21:20 par Lumen

»  Prier pour la France - avant les élections
Sam 25 Mar - 17:45 par Lumen

» Neuvaine de l'Annonciation - Du 17 au 25 mars - Fête de l’Annonciation
Sam 25 Mar - 17:02 par Lumen

» Mirat le Musulman prit alors le nom de Lorda…
Sam 25 Mar - 13:12 par Robert

» Tournez-vous vers Moi, votre Dieu.
Sam 25 Mar - 13:09 par Robert

» Demeure de Dieu
Sam 25 Mar - 0:22 par Robert

» Mon enfant, en devenant 'Amour', tu deviens une arme très puissante
Ven 24 Mar - 11:39 par Robert

» Ce n’est pas un lot de second choix
Ven 24 Mar - 0:10 par Robert

» Amour de Dieu, amour du prochain
Ven 24 Mar - 0:08 par Robert

» Stop Discriminating Down
Jeu 23 Mar - 18:21 par Lumen

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 18 utilisateurs en ligne :: 1 Enregistré, 1 Invisible et 16 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Robert

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 264 le Jeu 27 Mar - 22:02

Partagez | 
 

 Notre Histoire Avec Marie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 16:32


 2008 


SŒUR EMMANUELLE, RELIGIEUSE DE NOTRE-DAME DE SION





Qui était Sœur Emmanuelle, célèbre pour son activité auprès des chiffonniers du Caire (Égypte) ? Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 1908 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sœur Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian (Var).


Le mystère de l’amour de Dieu. « En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la Contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant lui pour l’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction. » (Constitutions de la Congrégation Notre-Dame de Sion,  n° 53)


À la congrégation de Notre-Dame de Sion. Née dans une famille aisée, Madeleine est traumatisée à l’âge de six ans par la mort accidentelle de son père sur la plage d’Ostende (Belgique).
Elle a souvent expliqué que sa vocation de religieuse venait de cet événement. Le 6 mai 1929, elle est reçue comme postulante, sous le nom de Sœur Emmanuelle, dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, créée en 1843 par les Frères Ratisbonne, Juifs convertis au catholicisme (rappel des origines juives d’une partie de sa famille).
Après avoir prononcé des vœux définitifs le 10 mai 1931, elle mène une carrière de professeur de lettres et de philosophie dans les établissements scolaires de la congrégation à l’étranger : en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Elle y fréquente la haute société locale, mais reste insatisfaite du manque de sensibilité de beaucoup de gens pour la condition des pauvres qui les entourent.
Aussi, à l’âge de la retraite en 1971, Sœur Emmanuelle décide de s’installer auprès des chiffonniers du Caire, dans le bidonville d’Ezbet-El-Nakhl, avec l’autorisation de la congrégation.





Aux côtés des chiffonniers.  « Chiffonnière parmi les chiffonniers », comme elle se nomme dans le titre de son premier livre en 1977, elle met un peu de temps à découvrir les lieux, à s’adapter à la vie rude de l’immense bidonville et à se faire accepter par les populations pauvres, sans éducation, qui passent leur existence dans de terribles conditions de saleté à trier et à récupérer les déchets de la capitale égyptienne.
Elle consacre toute son énergie à tenter d’améliorer la situation globale de la population, en construisant des écoles, des jardins d’enfants et des dispensaires, grâce aux dons qu’elle obtient par sa connaissance de la bourgeoisie égyptienne.
Elle utilise bientôt sa notoriété croissante pour voyager autour du monde dans le but de sensibiliser les gouvernants à sa cause et de collecter des fonds, avant de revenir en France en 1993 pour une retraite bien méritée.
Elle n’oublie pas non plus l’éducation religieuse de ces populations délaissées, en majorité des chrétiens coptes. Le projet de Sœur Emmanuelle n’est en effet pas seulement social, mais profondément spirituel. En particulier, elle développe une relation privilégiée avec Marie. « Cette spiritualité de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide – du bonheur de ma vie », dira-t-elle un jour.



Marie, le secret du bonheur de sa vie. Dans son testament spirituel, Sœur Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez-la avec moi ! Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant ! »

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l'âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m'a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J'ai relaté comment dans les moments de crise, je m'accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré. Elle croit, elle, à la Résurrection ! »

« Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m'apaise. Ne respirant qu'amour, elle m'entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur. »

« Le Rosaire, chaque jour médité, m'emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J'offre cette prière comme un cantique d'amour d'un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n'a pas hésité à partager jusqu'à la mort les douleurs de l'humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. »





Le chapelet : son arme. Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans sa maison de retraite à Callian (Var) où elle est décédée : « À quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? ». Elle répondit : « À la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire... Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu... »

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d'elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. »

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu'il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s'éteindre la flamme. »



Prier avec Sœur Emmanuelle. Avec la « petite Sœur des chiffonniers », nous pouvons prier « Notre Dame de tous les jours » :
« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé... Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame... Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils... Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »






Conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion a faites le samedi 14 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage dans une association caritative


Cette semaine, nous vous proposons de prendre exemple sur Sœur Emmanuelle, la « petite Sœur des chiffonniers », et de vous engager dans une association caritative pour servir votre prochain.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi Dieu permet-il tant de souffrances ?


Il est difficile de parler de la souffrance, impossible de la comprendre et parfois très dur de la vivre mais la lumière de la Révélation nous éclaire sur son lien avec le péché, sur la solidarité qui nous unit et sur le dépassement de tout mal qui est possible - et souvent vécu - par la grâce du Christ.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière de Sœur Emmanuelle des chiffonniers du Caire. Révoltée par la misère, elle se mobilisa avec eux pour améliorer leurs conditions de vie et deviendra ainsi la « petite Sœur des chiffonniers ».




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 16:35


 1871 


À PONTMAIN, LA VIERGE MARIE FAIT PRIER DES ENFANTS EN PLEINE GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE





Le 17 janvier 1871, en pleine guerre franco-prussienne, la Vierge Marie apparaît à quatre enfants dans le village de Pontmain (Mayenne) en leur délivrant un message : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là se replient finalement. L’armistice est signé le 26 janvier 1871.


Une journée qui commence comme les autres.Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme chaque jour.
Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ».
Vers midi et demi, la terre a tremblé, ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée.
C’est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l’on est sans nouvelles d’eux. Alors, on vit dans l’angoisse et dans la peur. Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre.



Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours.


Ce soir du 17 janvier 1871, deux enfants, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père dans la grange.Ils pilent les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 17h30.
Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte « voir le temps ».
Et voilà que, tout à coup, en plein ciel, au-dessus de la maison d’en face, il voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil. Elle lui sourit. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église de Pontmain peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle est au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles.





L’enfant sourit à la Belle Dame. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot. Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la « Belle Dame », tandis que les grandes personnes ne voient rien sinon les trois étoiles.


Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, bien qu’elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et revient avec une autre sœur, Marie-Édouard, et trois petites pensionnaires. À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (9 ans) s’écrient : « Oh ! La Belle Dame ! Qu’elle est belle ! », et la décrivent à leur tour.


Sœur Marie-Édouard s’en va prévenir M. le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Édouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Et le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! », et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit.


Lorsque le père arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (« Voilà quelque chose qui se fait ») et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame.
À l’intérieur, quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.



Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter et la Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité », dit Eugène. « Prions », ajoute M. le curé. Sœur Marie-Édouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle.




« C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! » Après le chapelet, on chante le Magnificat.
Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (« Voilà encore quelque chose qui se fait »). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or.« C’est un M » - « Un A » - « Un I » - « Un S ». Le mot « MAIS » qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot « PRIEZ » vient alors s’écrire après « MAIS ». Le message continue de s’écrire lettres après lettres. À la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS



•Au début de l’Inviolata qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne :« MON ». Au moment où l’on chante O Mater alma Christi carissima, le mot « FILS » vient s’écrire à la suite. « MON FILS », lisent les enfants. Alors c’est un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termine l’Inviolata et que l’on chante le Salve Regina, le message continue et se termine

MON FILS SE LAISSE TOUCHER


Il n’y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d’or comme les lettres.




« Chantons notre cantique à Marie », dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message.

Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». Les enfants, joyeux jusque-là, deviennent subitement tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. « Jamais on n’a vu une pareille tristesse sur un visage humain », disent les enfants.

C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : « JÉSUS CHRIST ». La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au-dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent.

Puis sœur Marie-Édouard chante l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. « Un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 20h30.

« Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

« Voyez-vous encore ? », demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! ». Il est près de 21h. Chacun rentre chez soi, le cœur en paix. Toute crainte, toute peur s’en est allée.



Citation :
Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres


Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 26 et publié le 28 janvier 1871. Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres, la plus jeune fille sera religieuse et l’autre gouvernante d’un curé.

Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique en bonne et due forme, Mgr Wicart, évêque de Laval, qui s’est lui-même déplacé pour interroger les jeunes voyants, publie un mandement dans lequel il déclare : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »





Père Henri-Michel LEDAUPHIN
Ancien chapelain de Pontmain



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le Père Henri-Michel Ledauphin a faites le samedi 16 avril 2016 dernier.


Proposition d'engagement




L’association Notre-Dame de la prière a pris naissance dès les origines du pèlerinage, en 1872. Elle fut reconnue par Rome en 1877, sous le vocable « Notre-Dame d’Espérance », devenu un peu plus tard « Notre-Dame de la Prière ».
Pourquoi ? Une question est souvent posée : « Comment rester en lien avec le sanctuaire, avec ceux qui aiment Notre Dame de Pontmain et lui confient leurs intentions ? »
L’entrée dans la grande famille de l’association est une manière d’y répondre. Dans la prière, une communion s’établit entre les Membres, autour de Jésus lui-même : « Quand deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Entrer dans l’association permet aussi :

- de vivre l’appel de Notre Dame à une prière confiante et persévérante,
- de persévérer dans l’Espérance le regard fixé sur Jésus Christ qui se laisse toucher,
- de porter dans la prière les intentions de l’Église et du sanctuaire.
Pour plus d’information, consultez la page :


www.sanctuaire-pontmain.com/Association-N-D-de-la-priere.html


Proposition de formation sur la foi





Prier, en quoi ça consiste pour un chrétien ?


La prière est un dialogue avec Dieu. Jésus appelle ses disciples à prier sans cesse, comme des enfants bien-aimés, qui doivent trouver, avec la Bible et l’exemple des saints, leur manière personnelle de cheminer vers le Père.

Découvrez la réponse du Père Pierre Descouvemont, prêtre du diocèse de Cambrai et docteur en théologie.







Proposition de prière




Comme la « Belle Dame » l’a conseillé à Pontmain, nous devons prier pour que Dieu nous exauce. Nous vous proposons donc de réciter avec nous la prière à Notre Dame de Pontmain.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 16:39


 1303 


SAINT YVES, ARTISAN DE LA CONCILIATION ET DÉVOT DE NOTRE DAME





Né en Bretagne vers 1250-1253 et mort en 1303, saint Yves s’est illustré par son souci de justice et sa grande miséricorde acquise au contact de la Vierge Marie. Il est patron des étudiants bretons, des prêtres de Bretagne, des avocats et hommes de loi.


Enfance et adolescence.Yves Hélori de Kermartin, de petite noblesse, naît au manoir paternel du Minihy de Tréguier (« minihi », « lieu de refuge »), dans les actuelles Côtes-d’Armor, vers 1250-1253, alors que saint Louis règne en France.
Enfant à la foi vive et brillant élève, ses parents l'envoient à 15 ans, avec son précepteur Jean de Kerhoz, à l'Université de Paris où il suit des cours de lettres et théologie. Il y entend saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure. Il étudie ensuite le droit pendant cinq ans au réputé studium d’Orléans, où il côtoie les grandes figures du siècle, sans que jamais l’étude ne prenne le pas sur la prière et le souci des pauvres.





Un homme bon et charitable. Doublement diplômé en droit civil et canonique, chose alors rare, Yves est appelé en 1278 par l’Archidiacre de Rennes comme « official », juge ecclésiastique compétent dans les affaires de l’Église, des clercs, des veuves et orphelins. Seule lui importe la justesse de la cause, selon les témoins à son procès de canonisation, « il rendait à tous une justice rapide sans faire acception des personnes ».
Il se donne avec ardeur à sa nouvelle tâche et aide de ses deniers deux jeunes compatriotes qui témoignent qu’aux jours de fêtes, Yves ouvre sa table aux pauvres du quartier, annonçant joyeusement : « Je vais chercher mes gens ! »
À Rennes, il fréquente le couvent des Franciscains et y vit une « expérience spirituelle forte ».
Le témoignage de Frère Guidomar Maurel, Franciscain de Guingamp, éclaire le rôle de la Parole de Dieu dans la conversion d’Yves à « Dame Pauvreté ».



Franciscain dans l’âme. Sa réputation étant faite, l’évêque de Tréguier, Alain le Bruc, l’appelle en 1281 à son officialité alors vacante. Il l'ordonne prêtre vers 1283 et lui confie la paroisse de Trédrez (Côtes-d'Armor).
Mais après un combat intérieur de dix années, en 1290, il adopte à 40 ans la robe de bure, signe de dépouillement et du rôle de la spiritualité franciscaine dans sa vie. Il devient en 1294 recteur de Louannec (Côtes-d'Armor) jusqu’à sa mort.
Le voilà des heures durant sur les chemins du Trégor, toujours à pied, pour rejoindre ses chers paroissiens tout en restant l’official renommé de Tréguier.



Citation :
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe


Une figure de la Miséricorde. Saint à genoux devant l’homme, Yves est enraciné dans la pâte humaine, attentif à chacun : aux bûcherons, meuniers, laboureurs et moissonneurs, prêt à secourir des charpentiers découragés, des pèlerins de passage en route vers les Sept Saints (le Tro Breiz) ou des accidentés auxquels il donne le Corps du Christ qu’il porte toujours sur lui. Sa table reste ouverte, et il fait construire au Minihy une maison pour les pauvres.
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe, par sa « très grande dévotion », sa « très grande ferveur » dans la prière.
L’official porte un soin attentif aux malades, les visite, fréquente l’Hôtel-Dieu de Tréguier, s’occupe des plus repoussants, nourrit l’un, lave l’autre, accompagne avec amour les mourants et coud leurs suaires.



Un homme en quête de justice.En vrai disciple du Christ, Yves va à contre-courant de l’esprit du monde. Des témoins rapportent les « multiples railleries » subies.
Mais il n’a rien d’un timoré, Darien de Trégroin raconte : « Une fois, en ma présence, des gens du roi de France (agents du fisc de Philippe le Bel, en 1297) voulaient s'emparer de force d'un cheval de l'évêque de Tréguier. Dom Yves accourut et le leur arracha : « Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l'Église. » » C’est à Trédrez, confronté aux misères humaines, que son sens d’une justice calibrée avec la précision de l’arpenteur évolue.
La patience exemplaire d’Yves crée un climat de paix. À la froideur du jugement rendu, même en toute justice, se substitue la recherche de la conciliation pour éviter le procès. Le pasteur grandit et l’homme de loi s’efface.
Yves perçoit désormais l’acte judiciaire comme rencontre des personnes ; il peut être le lieu de la conversion, de la réponse au divin « Suis-Moi », au divin « descends de ton arbre » que Jésus adressait au publicain Zachée, l’arbre de tes certitudes, de ton bon droit, qui te sépare de l’autre. Ce qui lui importe n’est plus de gagner promptement un procès, c’est d’établir paix, concorde et réconciliation, c’est le Salut des âmes.
La paix émane de sa personne, Derrien de Bouaysalio témoigne : « C'est avec simplicité et douceur que dom Yves entrait en relation avec tout le monde, gens de rang élevé aussi bien que petites gens, qu'il les écoutait, qu'il leur parlait, prononçant toujours ses paroles avec gaîté et gentillesse. »
Quand en 1300, trois avant sa mort, sous le poids de la fatigue et des veilles, Yves renonce à une part de ses charges, c’est la fonction d’official qu’il abandonne. Il reste recteur de Louannec jusqu’à sa mort. L’homme de justice cède la place au pasteur attentionné des âmes.





À l’école de la Vierge Marie. Yves reçoit de sa mère, Dame Azo du Quenquis, l’appel à la sainteté. Suite à une prémonition, elle lui apprend à vivre de façon à devenir un saint. Jean de Kerhoz, précepteur d’Yves, témoigne : « Sa mère m'a dit un jour qu’il serait saint, car la chose lui avait été révélée à elle, sa mère. Elle me l'a dit dans la maison des parents de dom Yves… Il y avait là sa mère et son père, dom Yves et moi, personne d'autre. »
Azo l’initie à la prière à l’école de la Vierge Marie et de sainte Pompée, mère de saint Tugdual, moine fondateur de Tréguier. Un vitrail de l’église de Minihy-Tréguier le montre sur les genoux d’Azo, tourné vers l’ange Gabriel.
N’est-ce pas par les mères que Dieu forge les âmes et cisèle ses chefs-d’œuvre ? Signe de son respect pour Marie, Yves a le souci du Salut des femmes qui croisent sa route. Il accueille pendant onze ans à Kermartin la « pauvresse »  Panthonada, femme de « Rivallon le Jongleur » et leur fille Amicia.
Il enseigne les paysannes rencontrées au hasard des chemins creux, confesse les nobles dames à Kermartin sans compter son temps jusqu’à la veille de sa mort. Toutes le lui rendent bien, lavant son linge infesté de poux, faisant des offrandes pour « ses gens ».  
Après sa mort, beaucoup de femmes enceintes en souffrance témoignent de leur guérison par l’intercession de saint Yves.





Les miracles d’Yves.L’homme meurt épuisé le 19 mai 1303. La foule accourt de tout le Trégor pour accompagner sa dépouille : c’est la première procession de la Saint-Yves, le premier « Pardon de Saint-Yves ». Son testament est son seul écrit connu, sa sainteté y brille, humble, sans fard. Il écrira ainsi : « Moi, Yves, prêtre indigne et très méprisable serviteur du Christ. »
Les malades affluent à son tombeau et les guérisons fleurissent. Loin de l’ambiance feutrée de nos églises, les foules médiévales sont bruyantes, enthousiastes, enflammées. Fous, boiteux, paralysés, tous se pressent. Dès qu’une guérison a lieu, les cloches se mettent à sonner à toute volée. Charles de Blois et le duc de Bretagne Jean III obtiennent une enquête de canonisation du pape Jean XXII d’Avignon.
Menée par les évêques d’Angoulême et Limoges, elle a lieu à Tréguier du 23 juin au 4 août 1330 et permet l’audition de 213 témoins (500 se sont présentés).
Ces derniers déposent sous la foi du serment sur la Croix, engagent leur âme. Aussi, l’acte est-il méticuleux : chaque détail est noté : noms des témoins, juges, interprètes, notaires. Ceux qui ironisent sur la crédulité du Moyen Âge n’ont pas étudié de telles pièces. Les actes originaux ont disparu, comme beaucoup d’archives d’Avignon, mais l’historien Arthur de La Borderie découvrit à la bibliothèque de Saint-Brieuc un manuscrit du XIVe siècle, avec copie de l’intégralité du procès-verbal de l’enquête. La maison Prud’homme l’édita en 1887 en 275 exemplaires. M. Jean-Paul Le Guillou traduisit le texte latin en 1989.



La naissance d’un saint. Le 19 mai 1347, 44 ans après sa mort, le pape Clément VI déclare la sainteté d’Yves. Il est fêté le 19 mai. Depuis 700 ans, les cantiques bretons, traces vivantes du procès, transmettent l’histoire et la dévotion à dom Yves. Le duc Jean V érigea un superbe tombeau, visité par toute la Bretagne.
Aussi, le bataillon d’Étampes (Essonne) s’appliqua-t-il à le détruire en 1794.
C’est en 1890 que fut relevé le cénotaphe actuel, fleuri avec amour à chaque Grand Pardon. (Voir les ex-voto sur l’oratoire Saint-Yves :
http://fonds-saintyves.fr/Voir-les-ex-votos-174 ).





Daniel Giacobi
Agrégé d’histoire, administrateur du Fonds Saint-Yves et
vice-président des Amis de Zant Erwan


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Daniel Giacobi a faites le samedi 21 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au « Grand Pardon de Saint-Yves »


Cette semaine, nous vous proposons de participer au « Grand Pardon de Saint-Yves » qui a lieu à Tréguier en général le 3ème dimanche du mois de mai ; en 2017, ce sera le 21 mai :
http://fonds-saintyves.fr/-Grand-Pardon-de-saint-Yves-2016  

Si je ne peux pas participer au Grand Pardon, il m’est proposé de faire œuvre de paix et de réconciliation avec mes proches, mes voisins, mes relations, dans ma paroisse. Lors de la « relecture de ma journée » ou ma « révision de vie du soir », je note dans un carnet ces efforts et je les offre dans la prière ou l’Adoration eucharistique pour la paix dans l’Église et dans le monde.

Pour devenir « Témoin de saint Yves », visitez les liens suivants :


http://fonds-saintyves.fr/Pourquoi-vouloir-etre-Temoin-de
http://fonds-saintyves.fr/Etre-temoin-de-saint-Yves-aujourd


Proposition de formation sur la foi





Comment les bienheureux et les saints sont-ils reconnus et proclamés ?


La procédure est aujourd’hui très codifiée : l’enquête sur la « cause » doit déterminer si le « Serviteur de Dieu » a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque ; il faut aussi la reconnaissance d’un miracle obtenu par son intercession.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière





Prier pour vivre dans notre monde à l’exemple et par l’intercession de saint Yves.


Je prie

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 16:44


 XIIe s. 


NOTRE DAME DE LA TREILLE, LA CHANCELIÈRE DE LILLE





La vénération de la petite statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille débute au Moyen Âge, avant d’être suivie pendant des siècles par de simples pèlerins comme par des rois de France et des grands saints. Même si la patronne de Lille (Nord) a été victime des excès révolutionnaires, le sanctuaire restauré demeure aujourd’hui encore un haut lieu marial.


Le Moyen Âge et la dévotion mariale. À Lille, le culte de la Vierge Marie est fondamentalement lié à la construction de la ville et à son instigateur Baudouin V de Flandre (vers 1012 - 1067), dit « de Lille ». Le 2 août 1066, celui-ci y fait construire le plus grand édifice religieux de Lille : la collégiale Saint-Pierre. Il y fait installer un chapitre de 40 chanoines et lui octroie une Charte de donation, qui précise les conditions de son fonctionnement. La collégiale Saint-Pierre restera le plus important édifice religieux de Lille jusqu’à la Révolution française. Baudouin V porte une dévotion toute particulière à Marie dans sa chapelle privée au palais comtal, son père Baudouin IV ayant été miraculeusement guéri par l’intercession de la Vierge.
Quelques temps après la fondation officielle de la ville, il décide ainsi d’offrir à la collégiale Saint-Pierre une statue de la Sainte Vierge en pierre calcaire. La ferveur des fidèles lillois à Marie grandit de jour en jour.





Une statue miraculeuse.  Au XIIe siècle, la dévotion du peuple lillois prend un nouvel essor lorsque Marie fait don d’une nuée de miracles.
Les chanoines décident alors de protéger la statue miraculeuse par une grille en fer forgé, qui deviendra le support de nombreuses offrandes de pèlerins, et la Sainte Vierge prend alors le vocable de Notre Dame de la Treille.
Innombrables sont en effet les grâces de conversions, de guérisons et les miracles obtenus par les pèlerins venant de toute l’Europe en ce sanctuaire. Ainsi, en l’octave de la Fête-Dieu 1254, de nombreux malades se trouvent guéris.
En 1269, la comtesse Marguerite de Constantinople et de Flandre instaure même une procession annuelle et les fêtes de Notre Dame de la Treille en juin pour remercier la Sainte Vierge.



Une protection de la Sainte Vierge historique qui remonte au VIIe siècle. En réalité, le culte marial à Lille est beaucoup plus ancien.
Les chroniqueurs racontent que vers 640, Ermengarde ou Hermengarde, mère de Lydéric, second forestier du territoire entre les deux bras que formait la Deûle, eut une apparition de la Vierge dans la clairière de la Fontaine del Saulx, non loin du lieu où les premiers habitants s’étaient installés pour gérer la forêt qui recouvrait à l’époque le territoire de Lille.
L’histoire de Lydéric, devenu comte de Flandre, a ensuite été reprise et romancée par Alexandre Dumas père au XIXe siècle.
 


La « Sainte Escorte » de Notre Dame de la Treille. Quatre grands pèlerins médiévaux restent associés à Notre Dame de la Treille et forment ainsi la « Sainte Escorte » de la patronne de Lille.
Il s’agit de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), saint Thomas Beckett (1120-1170), le roi saint Louis (1214-1270) en 1255 et le dominicain saint Vincent Ferrier (1350-1419).






Une nuée de miracles. Du XVIe au XVIIe siècle, de nouveaux épisodes miraculeux se produisent. Notre Dame de la Treille est particulièrement efficace dans les cas de possession, contre les épidémies de peste ou encore contre la cécité, la paralysie.
Elle est même à l’origine de la guérison d’un enfant mort-né, fils de Jeanne Duforest, qu’on peut alors baptiser avant qu’il ne succombe de nouveau.
En 1634, après une nouvelle série de miracles, le Mayeur de Lille, Jean Le Vasseur, prend la décision de dédier la ville à Notre Dame de la Treille. « Insula civitas Virginis », « Lille cité de la Vierge ».
Les autorités municipales déposent symboliquement les clés de la ville sur l’autel à l’offertoire de la messe de consécration, le 28 octobre 1634. C’est l’époque de l’apogée de la confrérie de Notre-Dame de la Treille, érigée par le pape Alexandre IV au milieu du XIIIe siècle ; les grandes familles de la région se font un honneur d’en faire partie.
L’empereur d’Autriche Ferdinand II s’y fait même inscrire en 1635, avant de gagner une bataille décisive de la guerre de Trente Ans.
En 1667, Louis XIV qui assiège victorieusement Lille, jure à la chapelle de Notre-Dame de la Treille de maintenir les privilèges et de respecter les coutumes de la ville.



Les ténèbres s’abattent sur la patronne de Lille. Un siècle plus tard, la Révolution française précipite malheureusement Notre-Dame de la Treille dans les ténèbres, au propre comme au figuré.
En 1793, la collégiale Saint-Pierre est démolie avant de servir de carrière de pierre.
Le chapelain Alain Gambier récupère la statue et la cache dans un égout. Le calme revenu, il la sort de l’obscurité et la confie à la paroisse Sainte-Catherine du Vieux-Lille. La statue de Notre-Dame de la Treille est oubliée dans un coin de l’église. Après un demi-millénaire de dévotion, dix années ont suffi pour effacer le souvenir de la sainte patronne.
 


La résurrection d’une dévotion millénaire. Il faut attendre les années 1840 et le père Charles Bernard, curé de Sainte-Catherine, pour que soit restaurée la dévotion à Notre Dame de la Treille.
À une époque où la ferveur mariale est en plein renouveau, le culte à la sainte patronne de Lille retrouve rapidement une grande importance. Le prêtre institue le mois de Marie en mai 1842 et demande au pape Grégoire XVI la confirmation des indulgences du passé. Les fêtes patronales de la Treille sont relancées.
Avec la bénédiction du bienheureux pape Pie IX, on projette de construire une nouvelle église pour accueillir Notre-Dame de la Treille et ses pèlerins, en remplacement de l’auguste collégiale Saint-Pierre. Le député légitimiste Charles Kolb-Bernard, chef spirituel du catholicisme lillois, est le fer de lance du projet.
Notre-Dame de la Treille devient également la patronne de la toute nouvelle université catholique de Lille (fondée en 1875 par Philibert Vrau).
 


L’érection d’une église qui deviendra cathédrale-basilique. L’ancienne motte castrale, à l’endroit même où fut fondé Lille, est choisie pour construire l’église.
Le 1er juillet 1854, lors des fêtes du sixième centenaire des premiers miracles, ont lieu la pose et la bénédiction de la première pierre par Mgr René-François Régnier, archevêque de Cambrai, d’un édifice qui n’a pas encore de plan.
Un concours architectural est lancé avec pour mot d’ordre de construire une église monumentale dans le style gothique.
C’est l’architecte lillois Charles Leroy qui est retenu, deux architectes anglicans ayant été écartés.
Son projet pharaonique prend pour modèle les cathédrales de Reims et de Chartres, et doit s’allonger au cœur même du Vieux-Lille, sur 123 mètres, ainsi que lancer vers les cieux deux clochers de plus de 115 mètres.
 

   


Les travaux commencent en 1856, les soubresauts de l’histoire font qu’ils ne seront réellement achevés qu’un siècle et demi plus tard. La statue de Notre-Dame de la Treille y est transportée en septembre 1872, avant d’être couronnée l’année suivante. Le 7 octobre 1904, alors que l’église n’en est qu’à l’état embryonnaire, elle reçoit le titre de « basilique mineure ».
Le 25 octobre 1913, avec la création du diocèse de Lille, l’édifice qui n’est toujours pas achevé reçoit le titre de « Cathédrale-basilique Notre-Dame de la Treille – Saint-Pierre ».
Cette promotion était l’objet de tractations depuis des décennies. Notre-Dame de la Treille devient l’église-mère d’un important diocèse, le lieu où siège l’évêque, successeur des apôtres. C’est le troisième évêque de Lille, le cardinal Achille Liénart, qui mène à bien la plus grande partie des travaux.
Cependant, c’est un autre évêque qui contribue fortement à son achèvement, avec un projet de façade contemporaine.
Comme Notre-Dame de la Treille a été influencée par le néo-gothique du XIXe siècle, elle s’ancre dans une nouvelle contemporanéité à l’aube du XXIe siècle. En 1999, la façade de la cathédrale est achevée par la pose d’un voile de marbre transparent percé d’une rosace représentant la résurrection du Christ, dessinée par l’artiste Ladislas Kijno, et un portail en bronze de l’artiste Georges Jenclos.
En 2008, avec la réforme de la carte des diocèses de France, Lille devient archevêché et Notre-Dame de la Treille cathédrale métropolitaine.
Le 2 mars 2009, l’édifice est inscrit comme monument historique.  

Œuvre composite, haut lieu de pèlerinage demeuré fidèle à sa vocation, la cathédrale Notre-Dame de la Treille se veut aussi un des phares culturels de la métropole lilloise et de la région Nord, avec le Centre d’Art Sacré de Lille, situé dans la partie moderne de sa crypte.






Thomas Sanchez
Responsable culture et communication de la cathédrale Notre-Dame de la Treille


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Thomas Sanchez a faites le samedi 4 février 2017.


Proposition d'engagement




Je chante à la gloire de Notre Dame de la Treille

Cette semaine, nous vous proposons, entre amis, en famille, dans un groupe de prière ou pour vous-même, de chanter à la gloire de la Vierge Marie le chant suivant à Notre Dame de la Treille.  

Notre Dame de la Treille,
Notre Mère, notre joie,
Dieu pour toi a fait merveille :
Vers ton Fils, guide-nos pas
 

Les chrétiens venus de Lille tournent leur regard vers toi.
Et te présentant leur ville : la remettent entre tes bras.  

En te nommant chancelière, nous gardons la tradition
que nous ont léguée nos pères, implorant ta protection.  

Sois surtout la bienfaitrice de nos frères qui ont faim.
Quand le pauvre crie justice, ouvre nos cœurs et nos mains.  

Fais régner dans notre ville, paix justice et liberté.
Chasse les forces hostiles qui pourraient la menacer.  

Des chrétiens vivant à Lille, chaque jour soutiens l’élan.
Qu’ils y portent l’évangile en tout lieu et à tous vents.  

Dans tes bras tu nous présentes le Sauveur, ton Fils béni.
Aide-nous, ô Mère aimante, à tourner nos cœurs vers lui.




Texte : Père Jean Lebon
Musique : Père Henri Dumas



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la dévotion à Marie qui défait les nœuds ?


« Marie qui défait les nœuds » est priée avec ferveur dans le monde entier et le pape François y fait référence : il ne s'agit pas d’un sanctuaire ou d'une apparition mais d’un simple tableau et d’une neuvaine qui parlent au cœur de beaucoup.

Découvrez la réponse complète de Dominique Chollet.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière des pèlerins à Notre Dame de la Treille.




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 16:47


 1457 


SAINTE RITA DE CASCIA, LA SAINTE DES CAS IMPOSSIBLES ET DÉSESPÉRÉS





Sainte Rita fût épouse et mère. Après la mort de son mari et de ses deux enfants, elle resta forte et confiante en Dieu. Devenue religieuse, elle vécut en union à la Passion du Christ (stigmate au front) et engagée au service des pauvres. Sa persévérance dans les épreuves et sa confiance en Dieu en ont fait la « sainte des cas impossibles et désespérés ». Si elle a passé toute sa vie en Italie, elle est très connue en France, notamment dans la moitié Sud où sa dévotion populaire est particulièrement forte.


Aperçu de la vie de Sainte Rita.Sainte Rita vécut en Italie de 1381 à 1457. Cinq siècles plus tard, sa vie continue d’inspirer des millions de personnes à travers le monde. Une vie où se côtoient phénomènes mystiques et simplicité du quotidien, une vie chargée de grandes souffrances mais vécue dans la joie « d’aimer sans compter ». Jeune fille, elle est déjà toute tournée vers Dieu. Mariée par obligation familiale à un homme rude, elle surmonte par sa douceur et sa patience les difficultés initiales de son mariage. Elle vit 18 années de bonheur avec l’homme dont elle aura deux enfants.
Elle a 36 ans lorsqu’il est traîtreusement assassiné par un clan rival. Quelques temps plus tard, elle perd ses deux enfants.
Entrée au monastère, elle s’immerge dans une intense vie de prière.
Son union intime au Christ crucifié se manifeste par le stigmate de l’épine.
Elle accueille tous ceux qui viennent demander son aide et sa prière.
Toute la vie de sainte Rita respire l’amour de Dieu et la confiance totale en sa Providence.
Mourante, elle demande à sa cousine d’aller lui cueillir une rose.
Bien qu’en « plein hiver » la parente trouve la rose.
Cet épisode est à l’origine de l’image où l’on voit sainte Rita répandre des roses, symbole des grâces obtenues pour celles et ceux qui font confiance en l’intercession de « la sainte des causes désespérées et des cas impossibles ».





Enfance à Roccaporena.  Le père et la mère de Rita, Antonio Lotti et Aimée Ferri, vivent à Roccaporena à trois kilomètres de Cascia en Ombrie (Italie centrale). Dans la République de Cascia, ils jouent le rôle de « pacificateurs », c’est-à-dire de médiateurs entre les familles entrées dans la spirale des conflits et de la « vendetta ».
Chrétiens convaincus, ils vivent ainsi la béatitude des « artisans de paix ».
Ils sont déjà âgés, lorsque naît Rita en 1381. Un jour, Antonio et Aimée vont travailler aux champs et portent avec eux le bébé dans une corbeille d’osier. Ils le posent à l’ombre des arbres. Et voilà qu’un essaim d’abeilles entoure l’enfant, quelques unes se posent même sur ses lèvres mais sans la piquer. Un tableau datant de 1480 commémore ce fait. On y lit l’inscription « La Bienheureuse Rita était dans son berceau : cinq abeilles entrèrent dans sa bouche et en sortirent en présence de ses parents. »
Un épisode qui dit de manière poétique et symbolique la bienveillante protection de Dieu pour la petite Rita.
Éduquée chrétiennement, Rita répond très tôt et avec grande ferveur à l’amour de Dieu. Elle aime le recueillement et la solitude. Elle obtient de ses parents une petite chambre isolée qu’elle transforme en oratoire.
Souvent, elle se rend au sommet du haut rocher de Roccaporena pour aller s’y recueillir et prier. Elle n’a que douze ans lorsqu’elle forme le projet d’entrer au monastère des Augustines de Cascia, projet qui ne se réalisera qu’après de longs et douloureux détours…



Une épouse et une mère. Le désir de Rita d’entrer au monastère ne convainc pas ses parents qui veulent la marier. Paolo Mancini, un homme sérieux mais impulsif et dur de caractère, se présente à eux pour demander la main de Rita. Les parents acceptent et dès l’âge de 14 ans, les fiançailles sont célébrées. Son avenir est décidé…
Au début de leur mariage, Rita souffre beaucoup du caractère de Paolo. Toutefois, par sa douceur, sa patience, et davantage encore par sa prière, elle réussit à changer l’attitude de son mari. Son premier biographe écrit : « Rita sut si bien l’adoucir qu’à la grande stupeur de tous elle le rendit admirablement doux et attaché au service de Dieu… » Et il ajoute : « Elle vécut dans la plus grande paix les 18 années entières qu’elle eut à passer avec lui. »
C’est donc avec raison que beaucoup de gens confient à l’intercession de sainte Rita les situations matrimoniales difficiles qu’ils vivent ou dont ils sont témoins. Elle donnera naissance à deux enfants : Jean-Jacques et Paul-Marie, dont nous savons peu de choses, si ce n’est que Rita les emmenait souvent avec elle au « Lazaret » pour aider les pauvres et les malades qui y sont soignés.
 


Deuils cruels. Paolo Mancini fait très probablement partie de la Garde civique de Cascia. Son caractère désormais adouci et pacifique ne le met pas à l’abri de la violence ambiante. Nous savons que les représailles à l’époque étaient cruelles. Comme un patrimoine intangible, les familles se transmettaient leur haine, de génération en génération.
Un soir qu’il revient de Cascia, ses ennemis lui tendent une embuscade près de la Tour de Collegiacone et l’assassinent traîtreusement. Douleur immense pour Rita, qui cependant ne veut pas entrer dans la logique de la vengeance. Avec la force de sa foi et de sa charité, elle veut au contraire rompre cette spirale. « Elle demandait, dit son premier biographe, le pardon pour les assassins de son mari. »
Ses enfants, alors adolescents, ne l’entendent pas ainsi. Ils parlent souvent de venger leur père. Rita les exhorte au pardon et prie pour eux. Elle va même jusqu’à demander à Dieu de les prendre plutôt que de les laisser se perdre dans cette violence meurtrière.
On rapporte que quelques temps plus tard, « ses fils furent appelés à une vie meilleure ». C’est uniquement par son immense confiance en la Providence que Rita put voir dans un deuil si douloureux pour son cœur de mère, un signe que le Seigneur les avait sauvés de la mort éternelle.





Entrée au monastère.  La perte de son mari et de ses fils, en cette année 1417, laisse Rita dans une profonde douleur, mais non dans l’abattement. Elle est une femme de foi qui sait trouver dans l’espérance chrétienne la force de continuer à vivre et à aimer. Elle sait que Dieu ne l’abandonnera pas. Comme elle est maintenant seule, son désir de vie consacrée renaît et elle demande à entrer au monastère des Augustines de Cascia.
Mais l’abbesse refuse de la recevoir car, parmi les moniales, plusieurs appartiennent au clan opposé à celui de sa famille : son entrée apporterait la division. Tant que les deux partis ne seront pas réconciliés, Rita ne pourra être admise au monastère.
Loin de se décourager devant cette tâche « impossible », Rita se fait messagère de la paix. Avec humilité et courage, elle passe de maison en maison, exhortant toutes les familles ennemies à se réconcilier. Et elle prie. Elle prie intensément le Seigneur de changer les cœurs. En particulier, elle invoque ses saints de prédilection : saint Jean-Baptiste, saint Augustin et saint Nicolas de Tolentino.
Et Dieu lui accorde ce miracle de pacification ! Elle obtient que la réconciliation soit officiellement reconnue devant notaire, selon l’usage de l’époque. Rita mériterait aussi d’être appelée « la sainte de la Réconciliation » !
À l’âge de quarante ans, elle peut enfin répondre à sa vocation religieuse et, dans une immense joie spirituelle, entrer au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia.



Le stigmate de l’amour. Sainte Rita est favorisée d’un phénomène mystique en relation à son amour du Christ crucifié. Le Vendredi Saint de l’an 1442, elle se rend à la paroisse pour l’office de la Passion de Notre Seigneur. La parole vibrante du prêtre qui prêche sur la Passion du Christ frappe vivement Rita. De retour au couvent, encore toute bouleversée, elle se met en prière devant la fresque du Christ crucifié située dans l’oratoire attenant à la chapelle.
Voici comment son biographe Cavallucci raconte la scène : « Alors elle se mit à demander avec la plus extrême ardeur que le Christ lui fasse au moins sentir une de ces épines… dont son front avait été percé… Elle l’obtint. Elle sentit non seulement la blessure désirée, mais son front fut désormais affecté d’une plaie incurable qui devait lui rester jusqu’à la mort. Il s’agissait d’une plaie ouverte et profonde qui la faisait atrocement souffrir. La blessure résista à tous les soins ; elle ne se ferma jamais durant les quinze années que Rita vécut encore, excepté durant son pèlerinage à Rome. » Rita s’immerge de plus en plus dans la prière et la contemplation, retirée dans sa cellule. Des gens accourent de toutes parts pour lui recommander des intentions de prière. Le monastère devient, déjà du vivant de Rita, un centre de pèlerinage. Et encore aujourd’hui, les pèlerins qui se rendent à Cascia sont toujours très émus en visitant « l’ermitage de l’Épine » où se trouve le Christ devant lequel Rita reçut le stigmate.
 


La rose de la confiance. En 1453, Rita tombe malade. Pendant quatre ans, elle souffre énormément, mais jamais ne perd sa patience et sa douceur. Toutes les sœurs du couvent en sont édifiées. Le dernier hiver est particulièrement dur. Une cousine de Roccaporena vient visiter Rita. Avant de repartir, la parente lui demande si elle peut faire quelque chose pour elle. Rita lui répond : « Je voudrais une rose de mon petit jardin. » La cousine pense que Rita délire. « Une rose en plein hiver !... »
Rentrée à Roccaporena, elle a déjà oublié cette demande quand, passant par hasard près de l’ancien jardin de Rita, elle voit une superbe rose rouge qui s’épanouit sur l’un des rosiers ! Elle la cueille avec émotion et retourne à Cascia la porter à Rita. C’est en souvenir de cet épisode de la vie de Rita, que chaque année, au jour de la fête de sainte Rita, les fidèles font bénir les roses pour les porter à leur parents ou amis malades.
 




Une mort rayonnante. Le 22 mai 1457 Rita entre dans la gloire du Ciel. Certains biographes racontent que, trois jours plus tôt, Notre Seigneur lui est apparu en compagnie de la Vierge Marie.
- « Quand donc, Jésus, pourrais-je venir en ta présence ? »
- « Bientôt, mais pas encore. »
- « Et quand donc ? »
- « Dans trois jours tu seras avec moi. »
Cette promesse réconforte Rita. Le troisième jour, elle demande à communier et à recevoir le sacrement des malades.
Toutes les religieuses de sa communauté sont présentes. Elle demande la bénédiction de l’abbesse, puis expire doucement.
Aussitôt, des prodiges sensibles viennent comme acclamer la sainteté de Rita. La cloche du monastère se met à frapper trois coups sans que personne ne la touche. La cellule de Rita s’illumine d’une resplendissante lumière, et la blessure malodorante de son front se cicatrise subitement en même temps qu’un parfum exquis remplit la cellule. Selon certains témoignages figurant au procès de canonisation, plusieurs personnes auraient vu son âme monter dans la gloire…
Une religieuse du monastère qui avait un bras paralysé cherche à passer son bras autour du cou de Rita… Elle y réussit. Elle est guérie ! C’est le premier miracle posthume de Rita. Tout le peuple de Cascia accourt pour voir celle que l’on appelle déjà « la sainte ». On transporte sa dépouille dans une chapelle intérieure et, pour que tous puissent la voir, on ne ferme pas le cercueil.
Quelques années plus tard, ce cercueil sera détérioré par le feu, mais le corps restera intact jusqu’à… aujourd’hui où il repose dans la basilique sanctuaire de Cascia.
 

« La sainte de l’impossible. » C’est en 1710 qu’un religieux augustin espagnol a qualifié pour la première fois sainte Rita d’« avocate des causes impossibles ». Tant d’épisodes de la vie de la sainte manifestent comment elle réussit à surmonter, dans la foi et la confiance, des situations qui semblaient désespérées : la violence de son mari, les complications pour entrer au monastère, l’impossibilité de réconcilier des clans en conflits, et tant d’autres, jusqu’à celle, qui révèle la confiance de Rita et la poésie de Dieu, d’obtenir une rose en hiver… Mais si Rita est appelée la « sainte de l’impossible », c’est aussi à cause des nombreux miracles obtenus par son intercession. Au moment du procès de béatification, plus de 300 ex-voto témoignant de grâces obtenues ont été comptabilisés dans l’église du monastère. Les plus anciens datent de 1467, dix ans après sa mort. À tel point que les autorités communales elles-mêmes ont demandé à un notaire d’enregistrer soigneusement les guérisons miraculeuses qui survenaient auprès de la tombe de Rita. Pour la seule année 1457, onze miracles ont été jugés suffisamment incontestables pour être mis par écrit. Le plus grand est survenu le 25 mai de cette année-là : un aveugle, Battista d’Angelo, a retrouvé la vue après avoir prié devant le tombeau de la sainte. Encore aujourd’hui, d’innombrables témoins attribuent à l’intercession de Rita d’avoir été secourus dans des situations extrêmement difficiles ou humainement désespérées.    

Une sainte aimée de tous. À l’époque de Rita, les canonisations officielles n’avaient pas encore été instituées. C’était en quelque sorte la voix du peuple qui proclamait la sainteté de ceux et celles qui avaient témoigné de façon extraordinaire de leur amour de Dieu. On peut donc dire que Rita fut d’abord béatifiée par le peuple ; l’évêque de Spoleto simplement autorisa son culte. La béatification officielle fut proclamée par le Pape Urbain VIII en 1628, et ce n’est qu’en mai 1900 que Léon XIII canonisa sainte Rita.
Dès lors, son culte s’est développé de façon extraordinaire d’abord en Italie et puis dans le monde entier. Ici en France, c’est à partir de 1935 que le Père Bianco, Oblat de la Vierge Marie, introduisit la dévotion à Rita. La création de la Revue Sainte Rita en 1955 contribua à la faire connaître et aimer dans toute la France, et en particulier dans la moitié Sud. Tant de gens se retrouvent en cette femme dont la vie est à la fois simple, proche de la leur, et en même temps remplie de signes prodigieux de la présence de Dieu. Ils admirent l’épouse et la religieuse qui, à travers son acceptation « amoureuse » des épreuves, montre à tous un chemin de foi, d’espérance et d’amour de Dieu. Ils montrent une confiance immense en cette sainte qui intercède si efficacement auprès de Dieu pour obtenir des grâces aussi bien temporelles et spirituelles.
 

   


La mission universelle de sainte Rita, « la sainte des cas impossibles », est de nous aider, par l’exemple de la vie et par la puissance de sa prière, à ne jamais désespérer et à mettre toute notre confiance en Dieu, même dans les situations les plus difficiles et « impossibles ».





Père Patrice Véraquin
omv, recteur de l’église Sainte-Rita à Nice


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Patrice Véraquin a faites le samedi 11 février 2017.


Proposition d'engagement





Chaque jeudi, pendant 15 semaines, je médite un épisode de la vie de sainte Rita

Chaque jeudi pendant les 15 semaines qui nous séparent de la fête de sainte Rita (le 22 mai), vous êtes invités à méditer un épisode de la vie de cette femme extraordinaire.

Un jour, sainte Rita, après avoir entendu une prédication sur la Passion du Christ, reçut au front une épine de la couronne du Christ. Elle porta ce stigmate pendant les 15 dernières années de sa vie dans la souffrance, mais aussi dans une grande consolation spirituelle. Souffrance et joie. Les « 15 Jeudis » nous conduiront à suivre sainte Rita pour illuminer notre propre vie à la lumière du Mystère de la Croix et de la Résurrection.

Cet itinéraire de prière peut aussi être l’occasion pour vous de confier à « la sainte des cas impossibles et désespérés » une intention qui vous tient particulièrement à cœur. Sainte Rita ne pourra que se laisser toucher par la persévérance de votre prière. Vous pourrez suivre sur notre site internet, jeudi après jeudi, les différents épisodes de sa vie ainsi qu’une prière qui y correspond.
 




Proposition de formation sur la foi





Faut-il pardonner ?


Oui, car au-delà des considérations humaines, c’est le pardon est la manière par laquelle le Dieu Touttout- Puissant puissant triomphe du mal, et i. Il n’y a pas d’autre voie pour construire avec les pécheurs que nous sommes le Royaume où nous pourrons vivre tous ensemble une éternité de bonheur.

Découvrez la réponse complète du Père Michel Gitton.






Proposition de prière





Je prie sainte Rita




_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Fév - 18:43


 1828 


ADÈLE DE BATZ DE TRENQUELLÉON, « LA FONDATRICE »





Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) est la fondatrice de l’Institut des Filles de Marie à Agen (Sœurs marianistes) dont le but est la mission, à commencer par l’accompagnement des Congréganistes, mais aussi la préparation aux sacrements, et le service aux plus pauvres.


La naissance d’une vocation sur les chemins de l’exil. Adèle de Batz naît le 10 juin 1789 au château de Trenquelléon, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Son père, le baron Charles de Batz, commande les Gardes françaises.
Sa mère, elle, descend de saint Louis. Femme de foi, généreuse en aumônes, elle fait le catéchisme aux enfants, visite les malades, les vieillards isolés, subvient aux besoins des pauvres. Sa famille la surnomme « la femme forte », son mari dit d’elle : « C’est une sainte. »
Le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), qui ramène les Jacobins au pouvoir sous le Directoire, pousse la famille à l’exil dans la péninsule ibérique. La mère d’Adèle, qui avait appris que son nom figurait sur des listes de proscription, devait sauver sa vie.
Le 6 janvier 1801, jour de l’Épiphanie, Adèle fait sa première communion à Saint-Sébastien en Espagne. Naît alors en elle le désir de devenir carmélite. Mais en novembre 1801, la famille peut rentrer en France après quatre ans d’exil. Sa mère promet à Adèle de la laisser revenir en Espagne, lorsqu’elle aura l’âge, si le Carmel n’est pas rétabli en France.
Le 14 novembre, la famille réintègre le château ; mais sur le chemin, que de ruines, que de désolations après la Révolution ! Adèle en restera marquée.



La confirmation.  En 1802, Monsieur Ducourneau, ancien séminariste, arrive comme précepteur de Charles, âgé de 10 ans. Il encourage Adèle dans sa vocation au Carmel. Avec l’accord de la baronne, il lui rédige un règlement de vie spirituelle.
Pour se préparer au sacrement de Confirmation, Adèle demande à passer six semaines avec d’anciennes carmélites. Son désir d’être toute à « l’Époux » en ressort approfondi. Le 6 février 1803, Mgr Jean Jacoupy, évêque d’Agen, convie les confirmands à sa table ; Adèle sympathise avec Jeanne Diché, de quatre ans son aînée. Naît alors une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destinée à se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.



Naissance de la « Petite Société ». Durant l’été 1804, Jeanne Diché est au château de Trenquelléon avec Adèle. Elles parlent à M. Ducourneau de leur désir de rechristianiser les campagnes ; il leur propose de créer une association de prières. Naît alors la « Petite Société », alors qu’Adèle n’a que 15 ans et demi.
Chaque semaine, des lettres circulent. Jeanne et Adèle sont les deux animatrices privilégiées.
Agathe, une des sœurs de Jeanne, se joint bientôt à la « Petite Société ».
En avril 1805, Jeanne épouse Monsieur Belloc,
Adèle devient la tête et le cœur de la Société qui continue à trouver des recrues.
Alors qu’elles ne sont que sept en 1805, les voici 24 au début de l’année 1807, puis 60 fin 1808.
La « Petite Société » a la Vierge Immaculée pour protectrice.
L’animation se fait par l’exhortation mutuelle, à laquelle s’ajoutent quelques pratiques très simples :
                 
- un rendez-vous quotidien au Calvaire, à 15 heures                  
- le vendredi, un moment de méditation sur la Passion                  
- la mise en commun des mérites                  
- un mot d’ordre : « Mon Dieu ».

Adèle parle de l’amour de Dieu, du détachement, de la mise à profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, de la préparation aux sacrements, de la mission, de l’humilité et de la pureté de Marie…
Sans se lasser, elle encourage, interpelle, invite à la confiance. Parmi les associés, se trouvent des prêtres dont Monsieur Larribeau, curé de Lompian (Lot-et-Garonne). Bientôt, il accompagne la « Petite Société ». De temps à autre, il vient au château, occasion de récollections pour Adèle et les associées qui peuvent venir.
Tous les ans, Adèle se rend elle-même à Lompian pour sa retraite. Durant l’été 1808, Madame de Trenquelléon rencontre à Figeac (Lot) l’abbé Lafon. Saisi par la similitude entre la « Petite Société » d’Adèle et la Congrégation de Bordeaux fondée par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, l’abbé Lafon parle d’Adèle au Père Chaminade qui lui envoie le Manuel du Serviteur de Marie.
 




L’association avec la Congrégation de l'Immaculée de Bordeaux.  Le 20 novembre 1808, après des semaines de combat spirituel, Adèle dit « positivement non » à un projet de mariage.
Le cœur tout à Dieu, elle  entre en relation avec la Congrégation de Bordeaux : échanges de conseils, demandes de prières…
Elle s’enthousiasme quand elle découvre la consécration à Marie, les prières et les cantiques proposés par le Manuel du Serviteur de Marie.
Bientôt la « Petite Société » s’associe à la Congrégation.
Dès le début, Marie était  à l’honneur dans la « Petite Société ».
Le 16 juillet 1807, Adèle avait écrit à Agathe : « Ayons souvent recours à la protectrice de la Société, la Très Sainte Vierge. Oh, qu’elle est puissante auprès de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particulières, soit par notre Société, soit par l’habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d’être revêtues. »
L’Esprit Saint préparait déjà les contacts avec le Père Chaminade ; et Adèle était prête à accueillir la consécration à Marie que propose le Manuel du Serviteur de Marie.



Au service des autres. En 1809, Adèle tombe gravement malade. Le sentiment de la précarité de la vie se fait plus vif en elle. L’idée du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et se donne sans compter au service des pauvres.
Ils deviennent ses enfants. Elle les reçoit au château, tient à les servir. Elle travaille, fait de la broderie, de l’élevage, et grâce au produit de ces travaux, elle subvient à leurs besoins. Adèle visite également les malades, fait la classe, le catéchisme. Et quand son père est paralysé en 1812, elle devient son infirmière jusqu’à sa mort en juin 1815.  
 




Le « cher projet ».  Peu à peu, l’idée d’un « cher projet » se fait jour dans le cœur d’Adèle. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un projet de communauté qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la prière et la pratique des trois vœux, ainsi que les œuvres susceptibles de remédier aux misères des campagnes.
Les 13 et 14 juin 1814, Adèle, Madame Belloc, et quelques unes de leurs amies se retrouvent à Lompian. Moment décisif.
Avec l’abbé Larribeau, elles parlent longuement du « cher projet » ; les associées reçoivent des noms de religion. Adèle devient Sœur Marie de la Conception. Pour la Conception de Marie, le P. Chaminade autorise Adèle et ses amies à émettre en privé le vœu de chasteté. Adèle propose de porter un anneau d’argent comme symbole de leur don total au Christ.
Qui va rédiger les constitutions ? Comme l’abbé Larribeau ne s’en sent pas capable, c’est l’abbé Laumont, curé de Sainte Radegonde (Aveyron), qui accepte d’élaborer un projet, mais le P. Chaminade le trouve trop imparfait. En 1815, il y travaille à son tour et précise le but du futur Institut :
« Vous serez réellement religieuses. Marie, l’auguste Mère de Jésus, doit être votre modèle comme elle est votre patronne… Votre communauté sera toute composée de religieuses missionnaires. »


Le développement de l’Institut. Le 25 mai 1816, avec trois amies, Adèle quitte le château pour le Refuge de la rue Joseph Bara à Agen, où les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses, avant de s’installer en 1820 dans l’ancien couvent des Augustins, racheté en mauvais état la même année. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Miséricorde à Bordeaux, envoyée par le Père Chaminade, vient initier ces jeunes femmes à leur nouvelle vie. C’est la naissance de l’Institut des Filles de Marie (dit aussi des Religieuses marianistes) qui concrétise le « cher projet » d’Adèle. 

Le 8 juin, le Père Chaminade apporte les Constitutions qu’il explique longuement aux jeunes femmes.
Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Adèle supérieure du couvent. Le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Adèle et ses huit premières compagnes font profession perpétuelle. Peu à peu, la vie s’organise au couvent de l’Immaculée Conception.
Les activités se multiplient : la Congrégation, l’école gratuite pour les enfants pauvres, les catéchismes, la préparation à la communion, les retraites, l’ouvroir et l’œuvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes qu’une Sœur prépare à la première communion et  à la confirmation). La vie de la communauté est stimulée par la récollection mensuelle et la retraite annuelle, habituellement prêchée par le Père Chaminade.
Les fondations se succèdent : Tonneins (Lot-et-Garonne, 1820), Condom (Gers) et Bordeaux (Gironde, 1824), Arbois (Jura, 1826). En 1824, Mgr Jacoupy approuve par écrit l’Institut des Filles de Marie.   

L’année 1827 voit la santé de Mère Adèle se dégrader de plus en plus. Le 10 janvier 1828, après s’être écriée : « Hosanna Filio David ! » (« Hosanna au Fils de David ! »), elle passe vers le Bien-Aimé, alors qu’elle n’a pas 39 ans.
Dans sa jeunesse, son père lui disait souvent : « Adèle, tu seras fondatrice ! »
  

Vers la béatification ? Après une longue enquête canonique, Adèle de Batz est proclamée vénérable pour l’héroïcité de ses vertus le 5 juin 1986 par le pape Jean-Paul II. En 2016, 200 ans après la fondation de la congrégation marianiste, le Vatican analyse un miracle attribué à l’intercession d’Adèle de Batz, préparant la voie à une éventuelle béatification.




Marie Joëlle Bec
Sœur Marianiste, F.M.I.


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Marie Joëlle Bec a faites le samedi 18 février 2017


Proposition d'engagement





Je confie à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur

Adèle apporte à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.  

Avec Adèle, nous vous proposons cette semaine de confier à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur.
 


Proposition de formation sur la foi





Quelle est la place de la femme dans l’Église ?


Au fil des siècles, bien des femmes, religieuses et laïques, ont tenu des places décisives dans l'Église. Que l’ordination soit réservée aux hommes n’exclut pas les femmes des postes de responsabilité. Les derniers papes ont insisté sur leur charisme propre dans la vie de l’Église.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, récitez avec nous la prière de Trois-Heures, pratique de dévotion traditionnelle des membres de la Famille Marianiste, religieux et laïcs.

La prière de Trois-Heures constitue une véritable icône de notre rédemption : elle reflète la dimension visuelle (picturale) de l’art, le message théologique, ainsi que l’incitation à un engagement spirituel actif.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 25 Fév - 16:55


 1180 


NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX





Perdu dans la forêt entre Verdun et Bar-le-Duc, non loin de la Voie sacrée, Benoîte-Vaux (Meuse) est un haut-lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge depuis plus de huit siècles et l’un des grands sanctuaires de la Lorraine.


Les origines. La légende veut qu’en ce lieu appelé autrefois « Martin-Han » (« la maison de Martin »), des bûcherons furent attirés par les chants célestes de l’Ave Maria… Ils découvrirent sur place une statue de la Vierge Mère, au pied d’un chêne déraciné. Émerveillés, ils décidèrent de lui élever un oratoire, dont un ermite eut la garde. Avec l’affluence des pèlerins, un lieu de culte plus important fut nécessaire. Une église fut construite sous le vocable de « l'Annonciation de la Vierge », et confiée aux Prémontrés vers 1140. Le nom de Benoîte-Vaux (« la Vallée Bénie ») apparaît ainsi pour la première fois en 1180 sur une bulle pontificale. Ce document confirme la donation en terres et en bois par l’évêque de Verdun (Meuse), Albéron de Chiny, à la jeune communauté de Prémontrés (ordre canonial catholique fondé par saint Norbert de Xanten au début du XIIe siècle), issue de l’Abbaye de l’Étanche


Les images de Notre-Dame. La statue primitive des premiers moines dut disparaître dans l’incendie qui dévasta le sanctuaire en 1331. La plus ancienne madone que possède encore Benoîte-Vaux date en effet du XIVe ou du XVe siècle, elle est exposée dans la chapelle des retraitants. Dans l’église elle-même, on lui préféra au XVIe siècle une statue majestueuse portant une couronne ducale (cercle d’or monté de huit fleurons). Cette statue fut sauvée par Madame de Saint-Baslemont, célèbre héroïne lorraine, en 1638 lors de la guerre de Trente Ans, mais fut frappée puis détruite par les révolutionnaires en 1793 ; seule en reste une main recueillie par Marguerite Lardenois. La madone actuelle exposée dans l’église date du XVIIe siècle. Celle-ci était primitivement au-dessus de la fontaine, et fut sauvée par les habitants de Woimbey (Meuse) lors du saccage de Benoîte-Vaux durant la Révolution. La statue fut solennellement couronnée le 8 septembre 1875 par Mgr Hacquart, en présence des évêques des deux diocèses voisins, de 400 prêtres et de 15 000 fidèles.




Débuts du pèlerinage. C’est la présence des Prémontrés qui va assurer l’essor de Benoîte-Vaux au Moyen Âge, et surtout à l’aube des temps modernes. Ils sont aidés par la sollicitude des évêques de Verdun, mais aussi par les largesses des princes, qui viennent en pèlerinage avec leur suite (par exemple René II, roi de Sicile). Toutefois, ces personnages célèbres ne doivent pas faire oublier la ferveur populaire. La guerre de Cent Ans et les épreuves conduisent notamment la population à se réfugier à Benoîte-Vaux et à confier leurs misères à la Reine du Ciel. Des miracles ont lieu. C’est à cette époque que remontent les vocables de « Reine de la Paix » et « Consolatrice des Affligés ».  


Une histoire dans l’Histoire. Au XVIIe siècle, la région est ravagée par les guerres et les bandes de brigands… Arlette Barbe d’Ernécourt, comtesse de Saint-Baslemont depuis des années, accorde refuge aux malheureux et aux victimes de la guerre en son château de Neuville-en-Verdunois (Meuse). Elle lève une troupe d’élite et, chevauchant à sa tête, entreprend avec succès de chasser des brigands. Une paix relative s’installe alors, avec l’aide d’une « sauvegarde » (garde que l’on détachait dans un lieu afin de préserver celui-ci du pillage), décrétée par Louis XIII et Anne d’Autriche. Benoîte-Vaux est alors restauré, le 25 mars 1641, une foule de pèlerins accourt des trois évêchés lorrains (Metz, Toul, Verdun), mais aussi de Thionville (actuelle Moselle), de Luxembourg, Trèves (Allemagne), Nancy (actuelle Lorraine), Neufchâteau (Vosges) et Reims (Marne). En six mois, 189 paroisses vinrent en procession à l’oratoire et plusieurs reproduisent chez elles un lieu de dévotion à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, comme on le fit plus tard pour la Salette ou pour Lourdes.
 




Le temps des miracles.  La restauration du sanctuaire et l’enthousiasme populaire qui l’a accompagnée sont l’occasion de nombreux miracles. En 1659, 43 sont canoniquement reconnus (guérisons de sourds, d’aveugles, d’enfants mort-nés…). La chapelle est reconstruite en 1698 et échappe de peu aux horreurs de la guerre de Succession d’Espagne, la statue étant cachée dans le monastère voisin de Notre-Dame de l’Étanche (Meuse). En 1730, Marguerite Herbillon, native de Rosnes (actuelle commune de Raival, à une quinzaine de kilomètres au sud de Benoîte-Vaux), se rend en pèlerinage à pied jusqu’à la chapelle, avec une amie, en portant sa fille de sept ans paralysée d’un bras et des deux jambes, n’ayant pas l’usage de la parole. Dans la forêt, elle s’arrête fatiguée au pied d’un arbre. Une Dame vêtue de blanc lui apparaît alors et lui demande ce qu’elle fait. Elle incite la mère à déposer l’enfant pour qu’elle marche seule. Alors, la fillette se met à courir en appelant : « Maman ! Maman ! » La mère émue perd connaissance. En remerciement de ce fait, resté dans toutes les mémoires à Rosnes, le père fit peindre un ex-voto placé dans la chapelle de Benoîte-Vaux.

Animation du lieu.Le pèlerinage fut animé par la communauté des Prémontrés jusqu’en 1789, par les prêtres du diocèse jusqu’en 1852, puis par les clercs réguliers de la congrégation de Notre-Sauveur jusqu’en 1919. Pendant la Grande Guerre, miraculeusement préservé par la retraite des troupes allemandes, le lieu servi d’hôpital de campagne. Ensuite, de 1922 à 1928, Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, racheta le lieu au département pour y installer le grand séminaire, en attendant la reconstruction de sa ville. Trente-trois prêtres y furent ordonnés. Jusqu’en 1972, Benoîte-Vaux fut ensuite confié aux Oblats de Marie Immaculée, avant l’installation d’un prêtre diocésain cette même année. Depuis 1995, la pastorale du sanctuaire est confiée à une communauté religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Saint-Marc. Un prêtre du diocèse de Verdun assure une présence sacerdotale sur le sanctuaire et dans les villages environnants.

L’église. De l’oratoire des débuts du pèlerinage, il ne reste rien ; pas plus que de l’église du Moyen Âge, détruite par l’incendie de 1331. Reconstruite en 1333, et agrandie au XVe siècle, l’église est à nouveau restaurée en 1651, puis en 1698 grâce aux libéralités d’Antoine Lescale, seigneur de Longchamps et de Marguerite de Condé, son épouse. Ces deux bienfaiteurs reposent aujourd’hui sous une dalle à la croisée du transept. En reconnaissance, les deux petits autels du jubé portent leurs armes et la statue de leurs saints patrons : sainte Marguerite et saint Antoine. À l’intérieur de l’édifice, la vue se porte sur le jubé, destiné à isoler le chœur des moines. La décoration de l’abside du transept est de style baroque, à la fois simple et équilibré. Au fond, dans une niche à coquille, est exposée la statue de la Vierge vénérée en ce lieu. À ses côtés, se trouvent saint Norbert avec un ostensoir, fondateur des Prémontrés, et saint Augustin. À l’extérieur, on trouve sur la façade de la tour du clocher une statue monumentale de saint Pierre Fourrier, seul souvenir du séjour des clercs réguliers qui se réclamaient de lui. Le 27 juin 1983, le sanctuaire est classé monument historique.

Le chemin de croix en pierres sculptées. Situé sur une colline en face de la chapelle, il s’agit d’un projet du sculpteur Henri Chapu en 1889 qui consiste en un alignement de 14 monolithes extraits des carrières d'Euville près de Commercy. L’œuvre est réalisée après la mort de Chapu par Désiré Fosse (originaire de Nantillois dans la Meuse), et terminée en 1895. Cette même année, Mgr Jean-Pierre Pagis en fit la bénédiction solennelle, en présence de 12 000 fidèles. La croix monumentale fut apportée de Jérusalem par Léon Tardif de Moidrey, un pèlerin de la Pénitence, le 14 septembre 1888, au cours d’une autre fête solennelle. En dessous du Christ en bronze, un médaillon contient une parcelle de relique de la Vraie croix.





La fontaine.La source primitive de la fontaine était située au chevet de l’église, mais les nécessités de la clôture monastique l’ont déplacée à l’endroit actuel, dans le parc, vers 1644. Le gracieux monument néogothique existant fut offert par un domestique du châtelain de Thillombois (Meuse), Joseph Sauce. Il fut le fruit de ses économies et privations. Inauguré le 8 septembre 1846, il est surmonté d’une statue offerte par Claude Rollet, archiprêtre de Bar-le-Duc.  

Aujourd’hui, le site de Benoîte-Vaux est géré par une association : Benoîte-Vaux Accueil. Le pèlerinage, qui attire encore de nombreux fidèles, a lieu chaque année la première semaine de septembre, avec, le 9 septembre, la fête de Benoîte-Vaux.





Sœur Sheeba Keenanchery
Responsable de l'animation pastorale


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Sheeba Keenanchery a faites le samedi 25 février 2017.


Proposition d'engagement





Je me rends en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, pour être vous-mêmes les témoins de l’amour de la Vierge Marie qui règne en ce lieu.  

Pour plus de renseignements : Sanctuaire Notre-Dame de Benoîte-Vaux 55220 RAMBLUZIN et BENOÎTE-VAUX Tél : 03.29.80.59.02 Recteur : Sœur Sheeba KEENANCHERY (responsable de l’animation pastorale)  
 


Proposition de formation sur la foi





Comment expliquer la violence dans la Bible ?


L’histoire d’Israël est l’histoire d’une éducation. Par étapes, Dieu fait sortir son peuple de la violence au nom de Dieu, jusqu’au jour où Jésus a dit : « Heureux les doux ! »

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de Benoîte-Vaux.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 4 Mar - 17:26


 1846 


NOTRE-DAME DE LA SALETTE : LES LARMES D’UNE MÈRE





Le 19 septembre 1846, une « Belle Dame » apparaît à deux enfants sur la montagne de La Salette (Isère) pour demander aux pécheurs de se convertir. Après une enquête rigoureuse, l’apparition est officiellement reconnue le 19 septembre 1851 par Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble. Aujourd’hui, le sanctuaire de La Salette est l’un des plus hauts lieux chrétiens de France.  


Les protagonistes. Deux enfants, Mélanie et Maximin, pauvres parmi les pauvres, ignorants parmi les ignorants, mais deux enfants au cœur pur, furent les témoins d’une apparition de Marie sur la montagne de La Salette (Isère). Maximin Giraud a 11 ans et Mélanie Calvat 14 ans. Lui est né à Corps (Isère) le 26 août 1835. Sa mère, Anne-Marie Templier, meurt alors qu’il n’a que 17 mois. Son père Germain Giraud, charron, se remarie peu de temps après. Malmené par sa belle-mère, le petit Maximin passe alors beaucoup de temps à l’extérieur, s’amusant avec son chien et gardant sa chèvre. Mélanie Calvat, quatrième des dix enfants d’un tailleur de pierres de Corps, est née le 7 novembre 1831. Très jeune, elle est sollicitée par ses parents sans le sou pour garder le bétail dans les fermes environnantes, voire pour mendier dans la rue. Tous deux sont sans culture et sans éducation religieuse.




Les trois phases de l’apparition.Samedi 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, les deux enfants gardent un troupeau de vaches dans la montagne alpine à 1 800 mètres d’altitude, au lieu-dit La Salette.

1. La Vierge en pleurs. Après un repas près de la fontaine des Hommes puis une courte sieste, ils se réveillent et s’inquiètent du sort des bêtes. C’est alors qu’ils aperçoivent, dans le petit ravin de la Sézia, un globe de feu d’un mètre de diamètre environ. Soudain, l’insolite lumière tourbillonne, puis s’entrouvre. Stupéfaits, les deux enfants remarquent une forme humaine, une « Belle Dame », assise, les coudes appuyés sur les genoux et qui pleure.

2. La conversation. Mélanie et Maximin ignorent qui est cette « Belle Dame ». Celle-ci se lève, s’avance légèrement et leur dit : « Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle » (Cf. récit complet dans les « compléments »).

3. L’Assomption. Traversant la Sézia, la « Belle Dame » gravit la pente du ravin, au lieu de monter tout droit, elle décrit une sorte de « S » très allongé. Arrivée sur le plateau, la « Belle Dame » s’élève, elle reste un moment suspendue en l’air, puis disparaît peu à peu. L’apparition est finie. Elle a duré, suppose-t-on, environ une demi-heure, mais elle sembla aux enfants aussi brève qu’un éclair.





Le message de Marie. D’abord assise et toute en larmes, la « Belle Dame » se lève et leur parle longuement, en français et en patois, de « son Fils » tout en citant des exemples tirés du concret de leur vie. « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. (…) » Toute la clarté dont elle est formée et qui les enveloppe tous les trois, vient d’un grand crucifix qu’elle porte sur sa poitrine, entouré d’un marteau et de tenailles. Elle porte sur ses épaules une lourde chaîne et, à côté, des roses. Sa tête, sa taille et ses pieds sont entourés de roses. Elle poursuit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. (…) S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres. (…) » Son message achevé, la « Belle Dame » gravit un raidillon et disparaît dans la lumière. Une consigne est laissée aux enfants : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! »  


L’engouement de tout un peuple. De retour au village, les deux enfants commencent à raconter cette histoire invraisemblable, à Madame Pra puis au curé du village : une « Belle Dame », toute de lumière, leur serait apparue dans les alpages et leur aurait parlé longuement. Pouvait-on croire ces jeunes bergers racontant un fait n’ayant eu d’autres témoins qu’eux-mêmes ? Difficile, et pourtant, la population est troublée.
 



Les suites de l’apparition.  Fin 1847, un premier rapport au chanoine Rousselot est positif. Malgré les nombreuses interrogations (Mgr de Bonald, le futur Mgr Dupanloup…) voire la menace des gendarmes, leur témoignage ne varie pas. Le 19 septembre 1851, après une enquête longue et rigoureuse, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, déclare dans un mandement : « L’apparition de la Sainte Vierge à deux bergers sur la montagne de La Salette [...] porte en elle-même tous les caractères de la vérité et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine. » Le 25 mai 1852, l’évêque pose devant 15 000 pèlerins la première pierre d’un grand sanctuaire comportant une église de style néo-roman et une hôtellerie attenante, et annonce à ses diocésains la constitution d’un corps spécial de prêtres pour être au service de ces pèlerins. Ils seront les « Missionnaires de Notre-Dame de La Salette ». En 1855, Mgr Jacques Ginoulhiac, nouvel évêque de la ville, confirma la décision de son prédécesseur et ajouta : « La mission des bergers est finie, celle de l’Église commence. » À la suite de pèlerinages et de guérisons, plus de 900 chapelles en France et à l’étranger reproduisent cette apparition de Notre-Dame. Achevée en 1861, agrandie en 1897, la basilique (dont le statut fut établi le 21 août 1879) est classée monument historique depuis 1945.  

Depuis plus d’un siècle et demi, les foules ne cessent d’affluer à Notre-Dame de La Salette (deuxième plus grand pèlerinage de France après Lourdes), poussées par leur curiosité ou en quête d’une élévation spirituelle, malgré la difficulté du chemin. Ils sont accueillis depuis 1962 par l’Association des Pèlerins de La Salette (A.P.S.).





Père Dominique Dusang
Religieux de St Vincent de Paul, curé de la paroisse
Notre-Dame de La Salette, Paris 15ème


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Dominique Dusang a faites le samedi 4 mars 2017.


Proposition d'engagement





JJe viens vénérer la relique du Cœur de saint Vincent de Paul

Grande grâce pour notre communauté paroissiale : jusqu’au 5 mars, nous aurons le privilège d’accueillir la relique du Cœur de saint Vincent de Paul. C’est à l’occasion du 400ème anniversaire du charisme vincentien que cette insigne relique a entamé un grand pèlerinage pour permettre au plus grand nombre d’approcher du Cœur de ce géant de la charité. C’est aussi un beau cadeau pour notre communauté religieuse, puisqu’hier 3 mars – jour anniversaire de la fondation de la Congrégation des religieux de St Vincent de Paul – nous avons rendu grâce devant le Cœur de notre saint Patron.      

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons donc de venir ce week-end vénérer la relique.  

Informations et renseignements :
paroisse Notre-Dame de La Salette 27, rue de Dantzig / 38, rue de Cronstadt, 75015 Paris.
Nous envoyer un message : paroisse@nd-la-salette.org.
Nous téléphoner : 01 45 31 12 16 / 07 86 09 84 17.
Site Internet : www.nd-la-salette.org.
 


Proposition de formation sur la foi





L'enfer existe-t-il ?


L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. La profondeur du mal dans le monde laisse parfois entrevoir cet abîme où fait plonger le refus de Dieu. Jésus lui-même nous met en garde à de nombreuses reprises dans les Évangiles.

Découvrez la réponse complète de Mgr Dominique Le Tourneau.






Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de La Salette.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 11 Mar - 21:01


 1906 


SAINTE ÉLISABETH PLONGE AU CŒUR DE LA TRINITÉ ET NOUS ENTRAÎNE À SA SUITE





Canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François, Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon (Côte-d’Or) à l’âge de 21 ans. Le 21 novembre 1904, fête de la Présentation de Marie, elle écrit sa célèbre prière, comme une offrande totale d’elle-même à la Trinité. Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt le 9 novembre 1906.


Enfance. Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 à Farges-en-Septaine (Cher), peu avant le déménagement de ses parents pour Dijon. Orpheline de père à l’âge de sept ans, elle grandit dans un foyer chaleureux auprès de sa sœur Guite (Marguerite) de deux ans plus jeune qu’elle, et de sa mère. Le trio est profondément uni et très ouvert : réceptions mondaines, visites, et chaque année, de grandes vacances dans le Sud, le Jura ou en Lorraine. Le 19 avril 1891, elle fait sa première communion à l’église Saint-Michel, et reçoit la grâce de se sentir habitée par le Christ.




Une célèbre prière.En ce soir du 21 novembre 1904 au Carmel de Dijon, Sœur Élisabeth de la Trinité termine sa retraite, toute prise par une grâce qu’elle ne révèlera à personne. Seule dans sa cellule, elle prend un petit carnet et déchire une page. Poussée par l’expérience très forte et toute intérieure qu’elle vient de vivre, elle se met à écrire : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore… ». Aujourd’hui, celui qui lit cette prière se trouve devant une évidence : Élisabeth vit de la présence de Dieu en elle, une présence vivante, agissante, aimante. Une présence qui déborde sur cette page trop petite pour contenir tout ce qui se passe dans l’âme de la jeune moniale qui n’a plus que deux ans à vivre, et qui, sans le vouloir, va laisser ce soir-là au monde le secret qui a fait de sa vie « un ciel anticipé ».


La victoire de Dieu.Les premières années de la future sainte avaient pourtant donné quelques soucis. Fille d’officier, tempérament impérieux, colérique, la petite Sabeth était alors un vrai volcan, « très diable » diront sa mère et tous ceux qui l’approchaient ! Longuement, elle a lutté sans grand succès pour vaincre son « terrible caractère ». Il faudra attendre ses 11 ans pour que l’amour de Dieu remporte la pleine victoire : au jour de sa première communion, tant désirée, la présence de Jésus, son amour et sa paix ont envahi son cœur. La sous-prieure du Carmel, qu’elle rencontre en ce jour, lui révèle le sens de son prénom : « Élisabeth, maison de Dieu. » Dès lors, sa vie est transformée : la violence qui l’habite n’a pas disparu mais elle est canalisée, orientée et elle n’a plus qu’un désir : rendre heureux son Dieu en rendant heureux tous ceux qui l’entourent.




La mélodie de la vie. Premier prix de piano au conservatoire à 13 ans, Élisabeth aurait pu devenir une pianiste renommée. L’interprète virtuose de Liszt et de Chopin ne se laisse pourtant pas griser par les louanges dont elle est l’objet, de la part de ses amies bien sûr, mais aussi des journaux et des grands noms du piano de l’époque. Une autre musique, une autre voix résonne plus fort dans son cœur, celle de Jésus à qui elle se consacre sans réserve et à qui elle brûle de se donner en entrant au Carmel. L’opposition farouche de sa mère à ce projet la fera grandir dans l’obéissance, la confiance et l’abandon. En attendant de pouvoir réaliser son rêve, elle poursuit sa route en vivant la vie des jeunes filles de son milieu : sorties mondaines, mais aussi vie paroissiale fervente, chorale, service des pauvres, retraites… Elle aime passionnément ses amis et les grands voyages qu’elle entreprend chaque année à travers toute la France. La musique silencieuse qui l’habite de cesse pas pour autant et rayonne sur tous ceux qui l’entourent et pressentent qu’Élisabeth n’est pas « comme les autres » et même, diront certains, qu’elle « voit Dieu »  




Le silence du Carmel. Entrée au Carmel à 21 ans, Élisabeth reçoit un nom nouveau qui l’enchante : Élisabeth de la Trinité. Une Carmélite réputée de Beaune (Côte-d’Or) avait déjà porté ce nom au XVIIe siècle. La Trinité ! C’est ce Mystère d’amour qui déjà l’habite, la brûle. C’est, écrira-t-elle plus tard : « La maison paternelle dont nous ne devons jamais sortir. » Plus que tout, c’est « le trop grand Amour » de Dieu pour nous auquel nous devons croire à travers tout. C’est Dieu Père, Fils et Esprit, présent à chaque instant de nos vies pour nous faire vivre de sa vie. Élisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la vie de la communauté. Et dans ses lettres, elle partage à ses amis, laïcs pour la plupart, la merveilleuse découverte : nous sommes tous appelés, tous aimés, tous habités par la Présence au fond de nous-mêmes. Nous devons régulièrement nous recueillir en présence de Dieu, pour devenir « louange de gloire » selon les mots de saint Paul (Ephésiens I, 11), et faire de notre corps le trône de la Très Sainte Trinité où celle-ci daigne venir habiter.

La jeune fille a renoncé au piano pour entrer dans le silence, la solitude du Carmel. Un silence qui n’est pas vide et néant, mais écho de la Parole de Dieu. Et en ce 21 novembre 1904, Élisabeth laisse jaillir de son cœur les notes qu’elle couche sur cette feuille, cette partition que la musicienne qu’elle reste va jouer silencieusement mais avec toute son âme. Elle compose alors sa célèbre prière : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », où elle se livre entièrement... (cf. compléments). Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt à Dijon le 9 novembre 1906, âgée de 26 ans, en murmurant : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ! »



La béatification. Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17 février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Âgé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Dom Jean Chanut souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de Sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine, le malade sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus, à partir de cette date, les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984 par le pape saint Jean Paul II qui la présente comme un guide sûr et une lumière pour tous.


Citation :
Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François


Vers la canonisation. Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle-même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence, car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se lève soudain : « Je n’ai plus mal ! » Les symptômes ont disparu… Quelques mois plus tard, elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce décret du 3 mars 2016, puis le consistoire du 20 juin 2016. Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.




Une Sœur
du Carmel de Dijon


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'une Sœur du Carmel de Dijon a faites le samedi 11 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je vis le carême en ligne avec sainte Élisabeth de la Trinité

Pour le carême 2017, les carmes de la Province de Paris proposent leur 12e retraite en ligne. Cette retraite a été préparée par le frère Didier-Marie Golay (couvent de Lisieux) et une équipe carmélitaine : le Carmel de Dijon à Flavignerot, Dominique, Marie-Noëlle, Kevin et frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon).

Vous pouvez aussi, avec Élisabeth, entrer chaque jour dans le cœur à cœur de l’oraison. En prenant sa prière ou une de ses paroles fournies dans les « compléments », ou en visitant notre site pour trouver une parole qui aide à entrer dans la prière. http://elisabeth-dijon.org



 


Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que l’acédie ?


Nos sociétés, marquées par l’instabilité, l’incapacité de tenir des engagements, la perte de sens et la désespérance, souffrent en réalité de ce que la tradition monastique appelle l’acédie. Elles sont invitées, pour en guérir, à redécouvrir la saveur de Dieu, l’élan du désir, la persévérance et la fidélité qui conduisent à la vraie joie.

Découvrez la réponse complète de Dom Jean-Charles Nault.






Proposition de prière




Je prie pour le rayonnement de sainte Élisabeth de la Trinité.





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 18 Mar - 20:09


 1859 


LE SAINT CURÉ D’ARS : UNE « VIEILLE AFFECTION » POUR LA VIERGE MARIE





Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars (1786-1859), a toujours vécu sous le regard de la Vierge Marie qu’il affirmait « bien connaître ». Patron des prêtres de France et des curés du monde, il fut le curé d’Ars (aujourd’hui Ars-sur-Formans, dans l’Ain)  pendant 41 ans.


La place de Marie dans l'histoire du Salut. Toute l'Écriture et la Tradition nous disent la volonté de Dieu d'associer Marie à la réalisation de l'histoire du Salut. Cela s'accomplit au moment de la vie terrestre de Jésus, mais aussi tout au long de l'histoire de l'Église qui, à l'image de Marie, Vierge et Mère, continue d'enfanter le Corps du Christ.

Le Curé d'Ars a la foi « catholique ». Il reçoit tout ce qui est cru. Cela oriente son action et détermine ses choix. Puisqu'il est dans la volonté de Dieu que Marie ait une place parmi les hommes qui cheminent vers le Ciel, Jean-Marie Vianney lui donne « toute » sa place. Puisqu'elle a encore une œuvre à accomplir, il compte sur elle. Autrement dit, son rapport avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la dévotion privée, facultative. Elle fait partie intégrante des éléments qu'il faut tenir ensemble pour l'accomplissement de l'œuvre du Salut. Sans opposer la vie affective à l'intelligence de la foi, le Curé d'Ars prend tout : « La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître ! »



Une dévotion qui remonte à l’enfance. La maman de Jean-Marie Vianney, Marie Belluse, a aidé, guidé, conduit cette âme naturellement bien disposée, à un bel épanouissement de sa vie spirituelle où la Vierge Marie trouve tout naturellement sa place. Cette dévotion n'est pas plaquée sur sa vie. Elle y est parfaitement intégrée. Sa vie spirituelle imprègne sa vie humaine, marque sa vie quotidienne. On sait qu'il lui a coûté de donner son chapelet à sa sœur Gothon « pour l'amour de Dieu ». Sa mère l'a remplacé par une statue de Notre-Dame à laquelle il va être très attaché. « Il ne la quittait ni le jour ni la nuit », dira Catherine Lassagne. C'est devant elle qu'il prie lorsque sa mère le retrouve à quatre ans, dans l'étable de Dardilly (Rhône-Alpes). C'est cette même statuette qu'il lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage... Comme sa mère le lui a appris, quand il entendait sonner l'heure à l'horloge de la paroisse, il se découvrait et récitait un Ave Maria. Il gardera cette habitude avec ses paroissiens. Marie l'accompagne tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce.




Une particulière dévotion envers l'Immaculée-Conception. Nous savons aussi que Jean-Marie Vianney a une dévotion particulière envers l'Immaculée-Conception de la Vierge Marie, une confiance d'enfant vis-à-vis de sa mère. « Lui-même, pour obtenir une parfaite pureté de cœur, s'était lié par un vœu inspiré par sa piété mariale. Une fois par jour le Regina Cœli et six fois par jour la prière : Bénie soit la Très Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. À jamais. Ainsi soit-il » (Abbé Alexis Tailhades, P. O 1517). Dès son arrivée à Écully (Rhône), comme vicaire de l'Abbé Balley, et bien avant la proclamation du dogme, il se fait l'ardent défenseur de son Immaculée-Conception. « Il copiait des prières en l'honneur de l'Immaculée Conception et les répandait dans la paroisse. » « Il composa, avec Mr Balley, le chapelet de l'Immaculée Conception, que l'on récite encore à Ars tous les soirs », précise Jeanne-Marie Chanay, une paroissienne. C'est un amour qu'il veut partager avec les autres. « J'ai si souvent puisé à cette source (le cœur de la Très Sainte Vierge) qu'il n'y resterait plus rien depuis longtemps, si elle n'était pas inépuisable... » (MONNIN II 589) C'est une confiance qu'il voudrait rendre contagieuse.




À Ars, une pastorale concrète marquée par de grands événements. C'est surtout à Ars-sur-Formans (Ain) que le nouveau prêtre donnera la mesure de sa dévotion à la Vierge. Cette dévotion est, avec son culte envers l'Eucharistie, le grand ressort de sa sainteté. Il fonde d'abord la confrérie du Saint Rosaire pour les jeunes filles de la paroisse. En 1820, il restaure la chapelle de la Vierge, bien trop modeste à son goût. La statue dorée qu'on y voit encore sera achetée en 1834 après les apparitions de Notre-Dame à sainte Catherine Labouré. Le Curé d'Ars en a entendu parler et y fera allusion dans ses catéchismes. En 1823, Mr Vianney organise un pèlerinage paroissial d'action de grâces à Notre-Dame de Fourvière. Le 1er mai 1836 a lieu la consécration de la paroisse à l'Immaculée-Conception (18 ans avant la proclamation du dogme !) Les noms de ses paroissiens sont placés dans un cœur de vermeil suspendu au cou de la Vierge Marie. En 1844, il installe une statue de Marie au-dessus de la porte principale de l'église car « Marie est la portière du ciel ». Le 8 décembre 1854, il fête avec beaucoup de solennité la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. « J'ai toujours pensé qu'il manquait un rayon à l'éclat des vérités catholiques. C'est une lacune qui ne pouvait demeurer dans la Religion. »  




Des événements quotidiens sous le regard de Marie. Le Curé d'Ars célèbre la messe tous les samedis en l'honneur de la Vierge Marie, dans sa chapelle, et assure une prédication à chaque fête mariale. Ces jours-là, les communions sont toujours nombreuses et l'église ne désemplit pas. C'est une pastorale qui veut rejoindre chacun et faire grandir une dévotion personnelle envers Marie. Pour cela, il distribue des images et des médailles. Il en fait frapper une spécialement lors d'une épidémie de choléra pour se mettre sous la protection de Marie conçue sans péché. Sur beaucoup de maisons dans le village, on peut voir une statue de la Vierge veillant sur les foyers. Et dans les vieilles familles, on est fier aujourd'hui encore de montrer les images offertes par le saint Curé et signées par lui.  


Les apparitions de Marie au saint Curé. Comment terminer cette brève évocation de la place de Marie dans la vie spirituelle de saint Jean-Marie Vianney sans évoquer la question des apparitions dont une au moins bénéficie d'un témoin direct ? Question délicate car le saint a toujours refusé de s'étendre sur le sujet, laissant seulement entendre que : « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien. » Le 8 mai 1840, à une heure de l'après-midi, Étiennette Durié apportait au saint Curé une somme considérable pour des fondations de messes. Elle est alors témoin d'une conversation entre le saint et une dame vêtue de blanc, le front couronné d'étoiles. Elle participe elle-même à la conversation, demandant d'être emportée au ciel (elle est atteinte d'un cancer). Après la vision, elle déclare : « J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. »

- « Vous ne vous êtes pas trompée... J'étais trop content de voir ma Mère. »
C'est peut-être de cet événement dont il parlera à un visiteur de marque qu'il recevait des années plus tard dans sa chambre : « On n'oserait pas mettre le pied sur tel carreau si l'on savait ce qui s'y est passé. »





Une vie parmi les siens. D'une manière générale, on peut dire que la dévotion mariale de saint Jean-Marie Vianney a constitué, avec sa piété eucharistique et la conscience très vive de sa mission de confesseur, la force d'attraction qui le ramènera sans cesse à son poste dès qu'il aura la tentation de le fuir, accablé par son « indignité » et la responsabilité des âmes confiées à son ministère de curé. C'est de Marie, au sanctuaire de Beaumont, lors de sa fuite à Dardilly en 1843, qu'il reconnaîtra avoir reçu la force de renoncer à sa volonté propre. L'abbé Raymond raconte : « Après un moment de repos et de prière, le Curé d'Ars dit la messe du Saint Esprit... Il implora aussi la protection de Marie et le secours de ses suffrages, afin de connaître si Dieu le destinait à mener dans ce sanctuaire sa mission extraordinaire. » À peine revenu à la sacristie, le Curé d’Ars lui dit : « Le Bon Dieu ne me veut pas ici... Retournons à Ars. » Et le lendemain de son retour, quelqu'un pouvait écrire : « Monsieur le Curé est content de la Sainte Vierge qui lui a inspiré de revenir parmi les siens. »

Grâce à Marie, la paroisse d’Ars gardera son curé jusqu'à sa mort, 16 ans plus tard, le 4 août 1859.  





Père Frédéric Vollaud
Chapelain du sanctuaire d'Ars/size]


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Frédéric Vollaud a faites le samedi 18 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je prie pour les vocations et la conversion des pécheurs

Comme le recommandait le saint Curé d'Ars, je dis cette semaine un Je vous salue Marie à chaque heure qui sonne pour les vocations et la conversion des pécheurs.

Je peux aussi répéter plusieurs fois par jour l'invocation :

« Bénie soit la très sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu !
Que toutes les nations glorifient, que toute la terre invoque et bénisse votre Cœur Immaculé ! »



Proposition de formation sur la foi





Comment transmettre ?


Les parents et spécialement les pères ne peuvent se décharger sur l’école ou les tiers : ce sont eux qui ont la responsabilité première de la transmission et de l’éducation de leurs enfants, qui doivent être formés dans la tradition de la Bible et de l'Eglise pour affronter un monde difficile, éloigné de Dieu.

Découvrez la réponse complète de Jean-Marie Elie Setbon.







Proposition de prière





Je prie avec l'Acte d'Amour (prière très aimée du Curé d'Ars), ci-après commenté en fonction de la vie du saint Curé.










_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire
avatar

Messages : 2314
Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   Sam 25 Mar - 21:20


 1931 


ELLE EST LÀ ! LE PÈRE LAMY : MARIE EN TOUTE SIMPLICITÉ




Ordonné prêtre en 1886, le Père Jean-Édouard Lamy (1853-1931) est chargé par la Sainte Vierge avec qui il a une relation intime de fonder un pèlerinage à Notre-Dame-des-Bois (Haute-Marne) ainsi qu’une congrégation religieuse. Après un essai de fondation infructueux et de courte durée, il meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.


« Un second curé d’Ars » On connaît bien cette exclamation du saint Curé d’Ars : « Il est là ! », balbutiement d’un homme saisi, interdit, devant le mystère de la présence de Jésus au Saint-Sacrement. Trois mots devenus emblématiques de la spiritualité du saint Curé. On pourrait résumer la personne et la spiritualité du Père Lamy (1853-1931), « un second curé d’Ars » comme le qualifiait le cardinal Léon Amette (1850-1920), archevêque de Paris, par une exclamation analogue : « Elle est là ! » Conséquence cette fois de la prise de conscience émerveillée de la présence de Marie.




Marie se dit, en simplicité. Ce qui frappe chez le Père Lamy, c’est son intimité avec Marie, depuis son enfance (on l’appelait « l’enfant au chapelet ») jusque dans sa vie religieuse (oblat de saint François de Sales) et sacerdotale (curé de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis). Elle donne et façonne une postérité spirituelle qui se traduit notamment dans la fondation d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Notre-Dame des Bois, près du village de Violot (Haute-Marne), à 15 km au sud-est de Langres, et de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Si, bien d’autres saints ont été avant lui « au moule de Marie » (selon l’expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort), le Père Lamy en vit et en parle de manière toute simple, parfois familière, ce qui fait son originalité. Que n’a-t-on écrit sur « les gloires de Marie », insistant sur ses privilèges, ses titres ; montrant souvent la sainte Vierge presque « inabordable », comme s’en plaignait sainte Thérèse de Lisieux. Avec le Père Lamy, Marie est présentée comme « en son ménage », selon un mode de présence familière et d’une proximité s’exprimant jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Lors d’une de ses apparitions au Père Lamy, Marie commente la qualité des ornements du prêtre : « C’est du faux ! »




Une relation unique. Jusque dans son expérience mystique, le Père Lamy parle de Marie en des termes dont la familiarité peut surprendre, voire choquer et qui nous montrent la Mère de Dieu comme abolissant toute distance avec nous, y compris celle du respect humain. « Elle était de taille médiocre », dira d’elle le Père Lamy après son apparition à la Courneuve. Voilà une description assez inhabituelle de la Mère de Dieu ! L’homme n’hésite pas à dire de la sainte Vierge qu’elle est une « habile chiffonnière », ayant devant les yeux ses chers chiffonniers de la Courneuve dont les activités, souvent répréhensibles, lui offrent pourtant un bon exemple pour parler de la mission de Marie. Comme eux, elle sait enjoliver les choses les plus laides pour en présenter le brin de mérite à son Fils. Derrière la rugosité du vocabulaire, c’est de la bonne théologie ! Et la Vierge Marie prend le Père Lamy pour ainsi dire « sur son terrain », en lui apparaissant au moment le moins opportun, en toute simplicité, alors qu’il nettoie son église, à genoux par terre, en tablier. Le Père Lamy, occupé à son travail, n’en sait rien et doit en être averti par l’archange Gabriel : « La Reine des Cieux est là ! » (on retrouve notre exclamation emblématique). Le Père Lamy est alors tout confus de se trouver en pareille posture, ce qui fait rire la Vierge ! « J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. (…) « Tenez, le voilà tout rouge ! », a-t-elle dit aux saints en voyant que je me démenais. »




Marie se vit, en simplicité. Cette simplicité s’exprime également dans le choix d’un lieu de pèlerinage et d’une statue assortie. Le 9 septembre 1909, le Père Lamy est comme chaque année en pèlerinage à Gray (Haute-Saône) pour y prier Notre Dame en sa basilique. Il y célèbre la messe quand la Vierge descend doucement vers l’autel et lui sourit. Elle lui annonce la guerre de 1914, lui demande la fondation d’une Congrégation (ce sera les Serviteurs de Jésus et de Marie qu’il fondera en 1930, juste avant sa mort) et d’un pèlerinage (celui de Notre-Dame des Bois). Pour ce dernier, le Père Lamy doit se procurer une statue. Il l’achète à contre cœur chez un brocanteur, sur les indications de Marie, déçu qu’il est par son manque de goût ! Quant au lieu du pèlerinage, c’est une masure perdue qui sert de refuge aux bûcherons et aux chasseurs au milieu d’un bois… On y devine qu’il ne s’y dit pas que des prières. Mais si, en fait de statue et de pèlerinage, on aurait pu rêver mieux de la part de Celle qu’il appelait avec son époque « la Très sainte Vierge », on ne discute pas car « c’est le choix de la Mère de Dieu ». Marie priée et vénérée dans un lieu et à travers une représentation sans fards : les choix du Père Lamy expriment Marie comme il en a l’expérience, en toute simplicité, plutôt que dans ses gloires.  




Un homme humble, « comme un rien » C’est bien le mot de simplicité qui illustre la qualité maîtresse du Père Lamy, comme la conséquence de son intimité avec Marie. On pourrait dire que, tout au long de sa vie, Marie a simplifié le Père Lamy, au sens noble que la Tradition donne à ce mot (la simplicité de la colombe chère à saint François de Sales). Les témoins ont relevé que le Père Lamy passait inaperçu, comme du reste la Mère de Dieu et son divin Fils : « Le Père Lamy n’était-il pas comme un rien ? », dira de lui son confident et ami Jacques Maritain. Dans l’action, l’union à Marie donnait au Père Lamy de voir simple, d’aller tranquillement de l’avant, malgré une impressionnante pauvreté de moyens. En effet, seul, sans vicaire, presque aveugle pendant plusieurs années, le Père Lamy dirige une Œuvre de jeunesse et lui donne un rayonnement considérable (à Troyes comme oblat de saint François de Sales) ; il relève la paroisse de la Courneuve.

Invité lors d’une réunion du fameux Cercle Maritain, alors qu’on y brassait des concepts et discutait théologie mariale, on interroge le Père Lamy, sans doute un peu dépassé par le tour que prennent les débats. Sa réponse : « Elle est bonne, elle est très bonne ! », qui arrache des larmes à ce pieux et grave auditoire ; car vivre avec Marie donne une qualité d’être qui touche et transforme les cœurs. Le Père Lamy meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.





Un Frère
serviteur de Jésus et de Marie


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un Frère serviteur de Jésus et de Marie a faites le samedi 25 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois

Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois du samedi 3 juin au lundi 5 juin 2017.

Au programme :
Une marche de jour de 4 km

Une procession de nuit aux flambeaux
Des temps de célébrations

Messe, chemin de croix et veille

Des temps libres en famille au bord du lac
Deux nuits en chalet

Repas festifs  

Inscription et renseignements auprès de :
Frère Charles de Jésus – 1, rue de la Wanne 68100 Mulhouse / 06 45 54 65 23 / frere.charles@serviteurs.org.  
Prix indicatif : pour une famille parents + quatre enfants : environ 200 euros.
Date limite d’inscription : 1er mai 2017.  






Proposition de formation sur la foi





L’embryon est-il une personne humaine ?


L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain, mais elle a toujours invité à respecter la vie dès sa conception. La distinction parfois suggérée dans certains textes juridiques internationaux entre être humain et personne humaine est artificielle et sans fondement scientifique, ni philosophique.

Découvrez la réponse complète de Pierre Olivier Arduin.






Proposition de prière




Je récite la neuvaine pour la béatification du Père Lamy.

Nous croyons que, depuis son retour à Dieu, le 1er décembre 1931, notre fondateur œuvre au bien des âmes qui se confient à lui. Par cette neuvaine, vous pouvez avoir recours à son intercession et, peut-être, permettre qu’il soit un jour déclaré bienheureux.









_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie   

Revenir en haut Aller en bas
 
Notre Histoire Avec Marie
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum de prières :: MARIE-
Sauter vers: