À Toi PÈRE ÉTERNEL par les Saints Cœurs de JÉSUS , MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Notre Histoire Avec Marie en France

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Lumen
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:32


 2008 


SŒUR EMMANUELLE, RELIGIEUSE DE NOTRE-DAME DE SION





Qui était Sœur Emmanuelle, célèbre pour son activité auprès des chiffonniers du Caire (Égypte) ? Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 1908 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sœur Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian (Var).


Le mystère de l’amour de Dieu. « En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la Contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant lui pour l’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction. » (Constitutions de la Congrégation Notre-Dame de Sion,  n° 53)


À la congrégation de Notre-Dame de Sion. Née dans une famille aisée, Madeleine est traumatisée à l’âge de six ans par la mort accidentelle de son père sur la plage d’Ostende (Belgique).
Elle a souvent expliqué que sa vocation de religieuse venait de cet événement. Le 6 mai 1929, elle est reçue comme postulante, sous le nom de Sœur Emmanuelle, dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, créée en 1843 par les Frères Ratisbonne, Juifs convertis au catholicisme (rappel des origines juives d’une partie de sa famille).
Après avoir prononcé des vœux définitifs le 10 mai 1931, elle mène une carrière de professeur de lettres et de philosophie dans les établissements scolaires de la congrégation à l’étranger : en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Elle y fréquente la haute société locale, mais reste insatisfaite du manque de sensibilité de beaucoup de gens pour la condition des pauvres qui les entourent.
Aussi, à l’âge de la retraite en 1971, Sœur Emmanuelle décide de s’installer auprès des chiffonniers du Caire, dans le bidonville d’Ezbet-El-Nakhl, avec l’autorisation de la congrégation.





Aux côtés des chiffonniers.  « Chiffonnière parmi les chiffonniers », comme elle se nomme dans le titre de son premier livre en 1977, elle met un peu de temps à découvrir les lieux, à s’adapter à la vie rude de l’immense bidonville et à se faire accepter par les populations pauvres, sans éducation, qui passent leur existence dans de terribles conditions de saleté à trier et à récupérer les déchets de la capitale égyptienne.
Elle consacre toute son énergie à tenter d’améliorer la situation globale de la population, en construisant des écoles, des jardins d’enfants et des dispensaires, grâce aux dons qu’elle obtient par sa connaissance de la bourgeoisie égyptienne.
Elle utilise bientôt sa notoriété croissante pour voyager autour du monde dans le but de sensibiliser les gouvernants à sa cause et de collecter des fonds, avant de revenir en France en 1993 pour une retraite bien méritée.
Elle n’oublie pas non plus l’éducation religieuse de ces populations délaissées, en majorité des chrétiens coptes. Le projet de Sœur Emmanuelle n’est en effet pas seulement social, mais profondément spirituel. En particulier, elle développe une relation privilégiée avec Marie. « Cette spiritualité de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide – du bonheur de ma vie », dira-t-elle un jour.



Marie, le secret du bonheur de sa vie. Dans son testament spirituel, Sœur Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez-la avec moi ! Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant ! »

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l'âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m'a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J'ai relaté comment dans les moments de crise, je m'accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré. Elle croit, elle, à la Résurrection ! »

« Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m'apaise. Ne respirant qu'amour, elle m'entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur. »

« Le Rosaire, chaque jour médité, m'emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J'offre cette prière comme un cantique d'amour d'un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n'a pas hésité à partager jusqu'à la mort les douleurs de l'humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. »





Le chapelet : son arme. Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans sa maison de retraite à Callian (Var) où elle est décédée : « À quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? ». Elle répondit : « À la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire... Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu... »

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d'elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. »

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu'il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s'éteindre la flamme. »



Prier avec Sœur Emmanuelle. Avec la « petite Sœur des chiffonniers », nous pouvons prier « Notre Dame de tous les jours » :
« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé... Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame... Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils... Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »






Conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le conseil général de la congrégation Notre-Dame de Sion a faites le samedi 14 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage dans une association caritative


Cette semaine, nous vous proposons de prendre exemple sur Sœur Emmanuelle, la « petite Sœur des chiffonniers », et de vous engager dans une association caritative pour servir votre prochain.


Proposition de formation sur la foi





Pourquoi Dieu permet-il tant de souffrances ?


Il est difficile de parler de la souffrance, impossible de la comprendre et parfois très dur de la vivre mais la lumière de la Révélation nous éclaire sur son lien avec le péché, sur la solidarité qui nous unit et sur le dépassement de tout mal qui est possible - et souvent vécu - par la grâce du Christ.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière de Sœur Emmanuelle des chiffonniers du Caire. Révoltée par la misère, elle se mobilisa avec eux pour améliorer leurs conditions de vie et deviendra ainsi la « petite Sœur des chiffonniers ».





_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !


Dernière édition par Lumen le Sam 22 Avr 2017 - 16:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:35


 1871 


À PONTMAIN, LA VIERGE MARIE FAIT PRIER DES ENFANTS EN PLEINE GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE





Le 17 janvier 1871, en pleine guerre franco-prussienne, la Vierge Marie apparaît à quatre enfants dans le village de Pontmain (Mayenne) en leur délivrant un message : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. » Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là se replient finalement. L’armistice est signé le 26 janvier 1871.


Une journée qui commence comme les autres.Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme chaque jour.
Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ».
Vers midi et demi, la terre a tremblé, ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée.
C’est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l’on est sans nouvelles d’eux. Alors, on vit dans l’angoisse et dans la peur. Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre.



Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours.


Ce soir du 17 janvier 1871, deux enfants, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père dans la grange.Ils pilent les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 17h30.
Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte « voir le temps ».
Et voilà que, tout à coup, en plein ciel, au-dessus de la maison d’en face, il voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil. Elle lui sourit. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église de Pontmain peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle est au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles.





L’enfant sourit à la Belle Dame. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot. Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la « Belle Dame », tandis que les grandes personnes ne voient rien sinon les trois étoiles.


Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, bien qu’elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et revient avec une autre sœur, Marie-Édouard, et trois petites pensionnaires. À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer (11 ans) et Jeanne-Marie Lebossé (9 ans) s’écrient : « Oh ! La Belle Dame ! Qu’elle est belle ! », et la décrivent à leur tour.


Sœur Marie-Édouard s’en va prévenir M. le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Édouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Et le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! », et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit.


Lorsque le père arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (« Voilà quelque chose qui se fait ») et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame.
À l’intérieur, quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.



Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter et la Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité », dit Eugène. « Prions », ajoute M. le curé. Sœur Marie-Édouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle.




« C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! » Après le chapelet, on chante le Magnificat.
Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (« Voilà encore quelque chose qui se fait »). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or.« C’est un M » - « Un A » - « Un I » - « Un S ». Le mot « MAIS » qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot « PRIEZ » vient alors s’écrire après « MAIS ». Le message continue de s’écrire lettres après lettres. À la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS



•Au début de l’Inviolata qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne :« MON ». Au moment où l’on chante O Mater alma Christi carissima, le mot « FILS » vient s’écrire à la suite. « MON FILS », lisent les enfants. Alors c’est un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termine l’Inviolata et que l’on chante le Salve Regina, le message continue et se termine

MON FILS SE LAISSE TOUCHER


Il n’y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d’or comme les lettres.




« Chantons notre cantique à Marie », dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message.

Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». Les enfants, joyeux jusque-là, deviennent subitement tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. « Jamais on n’a vu une pareille tristesse sur un visage humain », disent les enfants.

C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : « JÉSUS CHRIST ». La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au-dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent.

Puis sœur Marie-Édouard chante l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. « Un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 20h30.

« Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

« Voyez-vous encore ? », demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! ». Il est près de 21h. Chacun rentre chez soi, le cœur en paix. Toute crainte, toute peur s’en est allée.



Citation :
Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres


Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 26 et publié le 28 janvier 1871. Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. Parmi les quatre jeunes gens qui ont vu la Sainte Vierge, les deux garçons deviendront prêtres, la plus jeune fille sera religieuse et l’autre gouvernante d’un curé.

Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique en bonne et due forme, Mgr Wicart, évêque de Laval, qui s’est lui-même déplacé pour interroger les jeunes voyants, publie un mandement dans lequel il déclare : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »





Père Henri-Michel LEDAUPHIN
Ancien chapelain de Pontmain



Compléments

Sources documentaires



Les 3 propositions que le Père Henri-Michel Ledauphin a faites le samedi 16 avril 2016 dernier.


Proposition d'engagement




L’association Notre-Dame de la prière a pris naissance dès les origines du pèlerinage, en 1872. Elle fut reconnue par Rome en 1877, sous le vocable « Notre-Dame d’Espérance », devenu un peu plus tard « Notre-Dame de la Prière ».
Pourquoi ? Une question est souvent posée : « Comment rester en lien avec le sanctuaire, avec ceux qui aiment Notre Dame de Pontmain et lui confient leurs intentions ? »
L’entrée dans la grande famille de l’association est une manière d’y répondre. Dans la prière, une communion s’établit entre les Membres, autour de Jésus lui-même : « Quand deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Entrer dans l’association permet aussi :

- de vivre l’appel de Notre Dame à une prière confiante et persévérante,
- de persévérer dans l’Espérance le regard fixé sur Jésus Christ qui se laisse toucher,
- de porter dans la prière les intentions de l’Église et du sanctuaire.
Pour plus d’information, consultez la page :


www.sanctuaire-pontmain.com/Association-N-D-de-la-priere.html


Proposition de formation sur la foi





Prier, en quoi ça consiste pour un chrétien ?


La prière est un dialogue avec Dieu. Jésus appelle ses disciples à prier sans cesse, comme des enfants bien-aimés, qui doivent trouver, avec la Bible et l’exemple des saints, leur manière personnelle de cheminer vers le Père.

Découvrez la réponse du Père Pierre Descouvemont, prêtre du diocèse de Cambrai et docteur en théologie.







Proposition de prière




Comme la « Belle Dame » l’a conseillé à Pontmain, nous devons prier pour que Dieu nous exauce. Nous vous proposons donc de réciter avec nous la prière à Notre Dame de Pontmain.




_________________

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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:39


 1303 


SAINT YVES, ARTISAN DE LA CONCILIATION ET DÉVOT DE NOTRE DAME





Né en Bretagne vers 1250-1253 et mort en 1303, saint Yves s’est illustré par son souci de justice et sa grande miséricorde acquise au contact de la Vierge Marie. Il est patron des étudiants bretons, des prêtres de Bretagne, des avocats et hommes de loi.


Enfance et adolescence.Yves Hélori de Kermartin, de petite noblesse, naît au manoir paternel du Minihy de Tréguier (« minihi », « lieu de refuge »), dans les actuelles Côtes-d’Armor, vers 1250-1253, alors que saint Louis règne en France.
Enfant à la foi vive et brillant élève, ses parents l'envoient à 15 ans, avec son précepteur Jean de Kerhoz, à l'Université de Paris où il suit des cours de lettres et théologie. Il y entend saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure. Il étudie ensuite le droit pendant cinq ans au réputé studium d’Orléans, où il côtoie les grandes figures du siècle, sans que jamais l’étude ne prenne le pas sur la prière et le souci des pauvres.





Un homme bon et charitable. Doublement diplômé en droit civil et canonique, chose alors rare, Yves est appelé en 1278 par l’Archidiacre de Rennes comme « official », juge ecclésiastique compétent dans les affaires de l’Église, des clercs, des veuves et orphelins. Seule lui importe la justesse de la cause, selon les témoins à son procès de canonisation, « il rendait à tous une justice rapide sans faire acception des personnes ».
Il se donne avec ardeur à sa nouvelle tâche et aide de ses deniers deux jeunes compatriotes qui témoignent qu’aux jours de fêtes, Yves ouvre sa table aux pauvres du quartier, annonçant joyeusement : « Je vais chercher mes gens ! »
À Rennes, il fréquente le couvent des Franciscains et y vit une « expérience spirituelle forte ».
Le témoignage de Frère Guidomar Maurel, Franciscain de Guingamp, éclaire le rôle de la Parole de Dieu dans la conversion d’Yves à « Dame Pauvreté ».



Franciscain dans l’âme. Sa réputation étant faite, l’évêque de Tréguier, Alain le Bruc, l’appelle en 1281 à son officialité alors vacante. Il l'ordonne prêtre vers 1283 et lui confie la paroisse de Trédrez (Côtes-d'Armor).
Mais après un combat intérieur de dix années, en 1290, il adopte à 40 ans la robe de bure, signe de dépouillement et du rôle de la spiritualité franciscaine dans sa vie. Il devient en 1294 recteur de Louannec (Côtes-d'Armor) jusqu’à sa mort.
Le voilà des heures durant sur les chemins du Trégor, toujours à pied, pour rejoindre ses chers paroissiens tout en restant l’official renommé de Tréguier.



Citation :
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe


Une figure de la Miséricorde. Saint à genoux devant l’homme, Yves est enraciné dans la pâte humaine, attentif à chacun : aux bûcherons, meuniers, laboureurs et moissonneurs, prêt à secourir des charpentiers découragés, des pèlerins de passage en route vers les Sept Saints (le Tro Breiz) ou des accidentés auxquels il donne le Corps du Christ qu’il porte toujours sur lui. Sa table reste ouverte, et il fait construire au Minihy une maison pour les pauvres.
Les témoins sont impressionnés par la foi avec laquelle il célèbre la messe, par sa « très grande dévotion », sa « très grande ferveur » dans la prière.
L’official porte un soin attentif aux malades, les visite, fréquente l’Hôtel-Dieu de Tréguier, s’occupe des plus repoussants, nourrit l’un, lave l’autre, accompagne avec amour les mourants et coud leurs suaires.



Un homme en quête de justice.En vrai disciple du Christ, Yves va à contre-courant de l’esprit du monde. Des témoins rapportent les « multiples railleries » subies.
Mais il n’a rien d’un timoré, Darien de Trégroin raconte : « Une fois, en ma présence, des gens du roi de France (agents du fisc de Philippe le Bel, en 1297) voulaient s'emparer de force d'un cheval de l'évêque de Tréguier. Dom Yves accourut et le leur arracha : « Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l'Église. » » C’est à Trédrez, confronté aux misères humaines, que son sens d’une justice calibrée avec la précision de l’arpenteur évolue.
La patience exemplaire d’Yves crée un climat de paix. À la froideur du jugement rendu, même en toute justice, se substitue la recherche de la conciliation pour éviter le procès. Le pasteur grandit et l’homme de loi s’efface.
Yves perçoit désormais l’acte judiciaire comme rencontre des personnes ; il peut être le lieu de la conversion, de la réponse au divin « Suis-Moi », au divin « descends de ton arbre » que Jésus adressait au publicain Zachée, l’arbre de tes certitudes, de ton bon droit, qui te sépare de l’autre. Ce qui lui importe n’est plus de gagner promptement un procès, c’est d’établir paix, concorde et réconciliation, c’est le Salut des âmes.
La paix émane de sa personne, Derrien de Bouaysalio témoigne : « C'est avec simplicité et douceur que dom Yves entrait en relation avec tout le monde, gens de rang élevé aussi bien que petites gens, qu'il les écoutait, qu'il leur parlait, prononçant toujours ses paroles avec gaîté et gentillesse. »
Quand en 1300, trois avant sa mort, sous le poids de la fatigue et des veilles, Yves renonce à une part de ses charges, c’est la fonction d’official qu’il abandonne. Il reste recteur de Louannec jusqu’à sa mort. L’homme de justice cède la place au pasteur attentionné des âmes.





À l’école de la Vierge Marie. Yves reçoit de sa mère, Dame Azo du Quenquis, l’appel à la sainteté. Suite à une prémonition, elle lui apprend à vivre de façon à devenir un saint. Jean de Kerhoz, précepteur d’Yves, témoigne : « Sa mère m'a dit un jour qu’il serait saint, car la chose lui avait été révélée à elle, sa mère. Elle me l'a dit dans la maison des parents de dom Yves… Il y avait là sa mère et son père, dom Yves et moi, personne d'autre. »
Azo l’initie à la prière à l’école de la Vierge Marie et de sainte Pompée, mère de saint Tugdual, moine fondateur de Tréguier. Un vitrail de l’église de Minihy-Tréguier le montre sur les genoux d’Azo, tourné vers l’ange Gabriel.
N’est-ce pas par les mères que Dieu forge les âmes et cisèle ses chefs-d’œuvre ? Signe de son respect pour Marie, Yves a le souci du Salut des femmes qui croisent sa route. Il accueille pendant onze ans à Kermartin la « pauvresse »  Panthonada, femme de « Rivallon le Jongleur » et leur fille Amicia.
Il enseigne les paysannes rencontrées au hasard des chemins creux, confesse les nobles dames à Kermartin sans compter son temps jusqu’à la veille de sa mort. Toutes le lui rendent bien, lavant son linge infesté de poux, faisant des offrandes pour « ses gens ».  
Après sa mort, beaucoup de femmes enceintes en souffrance témoignent de leur guérison par l’intercession de saint Yves.





Les miracles d’Yves.L’homme meurt épuisé le 19 mai 1303. La foule accourt de tout le Trégor pour accompagner sa dépouille : c’est la première procession de la Saint-Yves, le premier « Pardon de Saint-Yves ». Son testament est son seul écrit connu, sa sainteté y brille, humble, sans fard. Il écrira ainsi : « Moi, Yves, prêtre indigne et très méprisable serviteur du Christ. »
Les malades affluent à son tombeau et les guérisons fleurissent. Loin de l’ambiance feutrée de nos églises, les foules médiévales sont bruyantes, enthousiastes, enflammées. Fous, boiteux, paralysés, tous se pressent. Dès qu’une guérison a lieu, les cloches se mettent à sonner à toute volée. Charles de Blois et le duc de Bretagne Jean III obtiennent une enquête de canonisation du pape Jean XXII d’Avignon.
Menée par les évêques d’Angoulême et Limoges, elle a lieu à Tréguier du 23 juin au 4 août 1330 et permet l’audition de 213 témoins (500 se sont présentés).
Ces derniers déposent sous la foi du serment sur la Croix, engagent leur âme. Aussi, l’acte est-il méticuleux : chaque détail est noté : noms des témoins, juges, interprètes, notaires. Ceux qui ironisent sur la crédulité du Moyen Âge n’ont pas étudié de telles pièces. Les actes originaux ont disparu, comme beaucoup d’archives d’Avignon, mais l’historien Arthur de La Borderie découvrit à la bibliothèque de Saint-Brieuc un manuscrit du XIVe siècle, avec copie de l’intégralité du procès-verbal de l’enquête. La maison Prud’homme l’édita en 1887 en 275 exemplaires. M. Jean-Paul Le Guillou traduisit le texte latin en 1989.



La naissance d’un saint. Le 19 mai 1347, 44 ans après sa mort, le pape Clément VI déclare la sainteté d’Yves. Il est fêté le 19 mai. Depuis 700 ans, les cantiques bretons, traces vivantes du procès, transmettent l’histoire et la dévotion à dom Yves. Le duc Jean V érigea un superbe tombeau, visité par toute la Bretagne.
Aussi, le bataillon d’Étampes (Essonne) s’appliqua-t-il à le détruire en 1794.
C’est en 1890 que fut relevé le cénotaphe actuel, fleuri avec amour à chaque Grand Pardon. (Voir les ex-voto sur l’oratoire Saint-Yves :
http://fonds-saintyves.fr/Voir-les-ex-votos-174 ).





Daniel Giacobi
Agrégé d’histoire, administrateur du Fonds Saint-Yves et
vice-président des Amis de Zant Erwan


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Daniel Giacobi a faites le samedi 21 janvier 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au « Grand Pardon de Saint-Yves »


Cette semaine, nous vous proposons de participer au « Grand Pardon de Saint-Yves » qui a lieu à Tréguier en général le 3ème dimanche du mois de mai ; en 2017, ce sera le 21 mai :
http://fonds-saintyves.fr/-Grand-Pardon-de-saint-Yves-2016  

Si je ne peux pas participer au Grand Pardon, il m’est proposé de faire œuvre de paix et de réconciliation avec mes proches, mes voisins, mes relations, dans ma paroisse. Lors de la « relecture de ma journée » ou ma « révision de vie du soir », je note dans un carnet ces efforts et je les offre dans la prière ou l’Adoration eucharistique pour la paix dans l’Église et dans le monde.

Pour devenir « Témoin de saint Yves », visitez les liens suivants :


http://fonds-saintyves.fr/Pourquoi-vouloir-etre-Temoin-de
http://fonds-saintyves.fr/Etre-temoin-de-saint-Yves-aujourd


Proposition de formation sur la foi





Comment les bienheureux et les saints sont-ils reconnus et proclamés ?


La procédure est aujourd’hui très codifiée : l’enquête sur la « cause » doit déterminer si le « Serviteur de Dieu » a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque ; il faut aussi la reconnaissance d’un miracle obtenu par son intercession.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière





Prier pour vivre dans notre monde à l’exemple et par l’intercession de saint Yves.


Je prie

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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:44


 XIIe s. 


NOTRE DAME DE LA TREILLE, LA CHANCELIÈRE DE LILLE





La vénération de la petite statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille débute au Moyen Âge, avant d’être suivie pendant des siècles par de simples pèlerins comme par des rois de France et des grands saints. Même si la patronne de Lille (Nord) a été victime des excès révolutionnaires, le sanctuaire restauré demeure aujourd’hui encore un haut lieu marial.


Le Moyen Âge et la dévotion mariale. À Lille, le culte de la Vierge Marie est fondamentalement lié à la construction de la ville et à son instigateur Baudouin V de Flandre (vers 1012 - 1067), dit « de Lille ». Le 2 août 1066, celui-ci y fait construire le plus grand édifice religieux de Lille : la collégiale Saint-Pierre. Il y fait installer un chapitre de 40 chanoines et lui octroie une Charte de donation, qui précise les conditions de son fonctionnement. La collégiale Saint-Pierre restera le plus important édifice religieux de Lille jusqu’à la Révolution française. Baudouin V porte une dévotion toute particulière à Marie dans sa chapelle privée au palais comtal, son père Baudouin IV ayant été miraculeusement guéri par l’intercession de la Vierge.
Quelques temps après la fondation officielle de la ville, il décide ainsi d’offrir à la collégiale Saint-Pierre une statue de la Sainte Vierge en pierre calcaire. La ferveur des fidèles lillois à Marie grandit de jour en jour.





Une statue miraculeuse.  Au XIIe siècle, la dévotion du peuple lillois prend un nouvel essor lorsque Marie fait don d’une nuée de miracles.
Les chanoines décident alors de protéger la statue miraculeuse par une grille en fer forgé, qui deviendra le support de nombreuses offrandes de pèlerins, et la Sainte Vierge prend alors le vocable de Notre Dame de la Treille.
Innombrables sont en effet les grâces de conversions, de guérisons et les miracles obtenus par les pèlerins venant de toute l’Europe en ce sanctuaire. Ainsi, en l’octave de la Fête-Dieu 1254, de nombreux malades se trouvent guéris.
En 1269, la comtesse Marguerite de Constantinople et de Flandre instaure même une procession annuelle et les fêtes de Notre Dame de la Treille en juin pour remercier la Sainte Vierge.



Une protection de la Sainte Vierge historique qui remonte au VIIe siècle. En réalité, le culte marial à Lille est beaucoup plus ancien.
Les chroniqueurs racontent que vers 640, Ermengarde ou Hermengarde, mère de Lydéric, second forestier du territoire entre les deux bras que formait la Deûle, eut une apparition de la Vierge dans la clairière de la Fontaine del Saulx, non loin du lieu où les premiers habitants s’étaient installés pour gérer la forêt qui recouvrait à l’époque le territoire de Lille.
L’histoire de Lydéric, devenu comte de Flandre, a ensuite été reprise et romancée par Alexandre Dumas père au XIXe siècle.
 


La « Sainte Escorte » de Notre Dame de la Treille. Quatre grands pèlerins médiévaux restent associés à Notre Dame de la Treille et forment ainsi la « Sainte Escorte » de la patronne de Lille.
Il s’agit de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), saint Thomas Beckett (1120-1170), le roi saint Louis (1214-1270) en 1255 et le dominicain saint Vincent Ferrier (1350-1419).






Une nuée de miracles. Du XVIe au XVIIe siècle, de nouveaux épisodes miraculeux se produisent. Notre Dame de la Treille est particulièrement efficace dans les cas de possession, contre les épidémies de peste ou encore contre la cécité, la paralysie.
Elle est même à l’origine de la guérison d’un enfant mort-né, fils de Jeanne Duforest, qu’on peut alors baptiser avant qu’il ne succombe de nouveau.
En 1634, après une nouvelle série de miracles, le Mayeur de Lille, Jean Le Vasseur, prend la décision de dédier la ville à Notre Dame de la Treille. « Insula civitas Virginis », « Lille cité de la Vierge ».
Les autorités municipales déposent symboliquement les clés de la ville sur l’autel à l’offertoire de la messe de consécration, le 28 octobre 1634. C’est l’époque de l’apogée de la confrérie de Notre-Dame de la Treille, érigée par le pape Alexandre IV au milieu du XIIIe siècle ; les grandes familles de la région se font un honneur d’en faire partie.
L’empereur d’Autriche Ferdinand II s’y fait même inscrire en 1635, avant de gagner une bataille décisive de la guerre de Trente Ans.
En 1667, Louis XIV qui assiège victorieusement Lille, jure à la chapelle de Notre-Dame de la Treille de maintenir les privilèges et de respecter les coutumes de la ville.



Les ténèbres s’abattent sur la patronne de Lille. Un siècle plus tard, la Révolution française précipite malheureusement Notre-Dame de la Treille dans les ténèbres, au propre comme au figuré.
En 1793, la collégiale Saint-Pierre est démolie avant de servir de carrière de pierre.
Le chapelain Alain Gambier récupère la statue et la cache dans un égout. Le calme revenu, il la sort de l’obscurité et la confie à la paroisse Sainte-Catherine du Vieux-Lille. La statue de Notre-Dame de la Treille est oubliée dans un coin de l’église. Après un demi-millénaire de dévotion, dix années ont suffi pour effacer le souvenir de la sainte patronne.
 


La résurrection d’une dévotion millénaire. Il faut attendre les années 1840 et le père Charles Bernard, curé de Sainte-Catherine, pour que soit restaurée la dévotion à Notre Dame de la Treille.
À une époque où la ferveur mariale est en plein renouveau, le culte à la sainte patronne de Lille retrouve rapidement une grande importance. Le prêtre institue le mois de Marie en mai 1842 et demande au pape Grégoire XVI la confirmation des indulgences du passé. Les fêtes patronales de la Treille sont relancées.
Avec la bénédiction du bienheureux pape Pie IX, on projette de construire une nouvelle église pour accueillir Notre-Dame de la Treille et ses pèlerins, en remplacement de l’auguste collégiale Saint-Pierre. Le député légitimiste Charles Kolb-Bernard, chef spirituel du catholicisme lillois, est le fer de lance du projet.
Notre-Dame de la Treille devient également la patronne de la toute nouvelle université catholique de Lille (fondée en 1875 par Philibert Vrau).
 


L’érection d’une église qui deviendra cathédrale-basilique. L’ancienne motte castrale, à l’endroit même où fut fondé Lille, est choisie pour construire l’église.
Le 1er juillet 1854, lors des fêtes du sixième centenaire des premiers miracles, ont lieu la pose et la bénédiction de la première pierre par Mgr René-François Régnier, archevêque de Cambrai, d’un édifice qui n’a pas encore de plan.
Un concours architectural est lancé avec pour mot d’ordre de construire une église monumentale dans le style gothique.
C’est l’architecte lillois Charles Leroy qui est retenu, deux architectes anglicans ayant été écartés.
Son projet pharaonique prend pour modèle les cathédrales de Reims et de Chartres, et doit s’allonger au cœur même du Vieux-Lille, sur 123 mètres, ainsi que lancer vers les cieux deux clochers de plus de 115 mètres.
 

   


Les travaux commencent en 1856, les soubresauts de l’histoire font qu’ils ne seront réellement achevés qu’un siècle et demi plus tard. La statue de Notre-Dame de la Treille y est transportée en septembre 1872, avant d’être couronnée l’année suivante. Le 7 octobre 1904, alors que l’église n’en est qu’à l’état embryonnaire, elle reçoit le titre de « basilique mineure ».
Le 25 octobre 1913, avec la création du diocèse de Lille, l’édifice qui n’est toujours pas achevé reçoit le titre de « Cathédrale-basilique Notre-Dame de la Treille – Saint-Pierre ».
Cette promotion était l’objet de tractations depuis des décennies. Notre-Dame de la Treille devient l’église-mère d’un important diocèse, le lieu où siège l’évêque, successeur des apôtres. C’est le troisième évêque de Lille, le cardinal Achille Liénart, qui mène à bien la plus grande partie des travaux.
Cependant, c’est un autre évêque qui contribue fortement à son achèvement, avec un projet de façade contemporaine.
Comme Notre-Dame de la Treille a été influencée par le néo-gothique du XIXe siècle, elle s’ancre dans une nouvelle contemporanéité à l’aube du XXIe siècle. En 1999, la façade de la cathédrale est achevée par la pose d’un voile de marbre transparent percé d’une rosace représentant la résurrection du Christ, dessinée par l’artiste Ladislas Kijno, et un portail en bronze de l’artiste Georges Jenclos.
En 2008, avec la réforme de la carte des diocèses de France, Lille devient archevêché et Notre-Dame de la Treille cathédrale métropolitaine.
Le 2 mars 2009, l’édifice est inscrit comme monument historique.  

Œuvre composite, haut lieu de pèlerinage demeuré fidèle à sa vocation, la cathédrale Notre-Dame de la Treille se veut aussi un des phares culturels de la métropole lilloise et de la région Nord, avec le Centre d’Art Sacré de Lille, situé dans la partie moderne de sa crypte.






Thomas Sanchez
Responsable culture et communication de la cathédrale Notre-Dame de la Treille


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Thomas Sanchez a faites le samedi 4 février 2017.


Proposition d'engagement




Je chante à la gloire de Notre Dame de la Treille

Cette semaine, nous vous proposons, entre amis, en famille, dans un groupe de prière ou pour vous-même, de chanter à la gloire de la Vierge Marie le chant suivant à Notre Dame de la Treille.  

Notre Dame de la Treille,
Notre Mère, notre joie,
Dieu pour toi a fait merveille :
Vers ton Fils, guide-nos pas
 

Les chrétiens venus de Lille tournent leur regard vers toi.
Et te présentant leur ville : la remettent entre tes bras.  

En te nommant chancelière, nous gardons la tradition
que nous ont léguée nos pères, implorant ta protection.  

Sois surtout la bienfaitrice de nos frères qui ont faim.
Quand le pauvre crie justice, ouvre nos cœurs et nos mains.  

Fais régner dans notre ville, paix justice et liberté.
Chasse les forces hostiles qui pourraient la menacer.  

Des chrétiens vivant à Lille, chaque jour soutiens l’élan.
Qu’ils y portent l’évangile en tout lieu et à tous vents.  

Dans tes bras tu nous présentes le Sauveur, ton Fils béni.
Aide-nous, ô Mère aimante, à tourner nos cœurs vers lui.




Texte : Père Jean Lebon
Musique : Père Henri Dumas



Proposition de formation sur la foi





Qu'est ce que la dévotion à Marie qui défait les nœuds ?


« Marie qui défait les nœuds » est priée avec ferveur dans le monde entier et le pape François y fait référence : il ne s'agit pas d’un sanctuaire ou d'une apparition mais d’un simple tableau et d’une neuvaine qui parlent au cœur de beaucoup.

Découvrez la réponse complète de Dominique Chollet.






Proposition de prière





Récitez avec nous la prière des pèlerins à Notre Dame de la Treille.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 14:47

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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Fév 2017 - 16:43


 1828 


ADÈLE DE BATZ DE TRENQUELLÉON, « LA FONDATRICE »





Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) est la fondatrice de l’Institut des Filles de Marie à Agen (Sœurs marianistes) dont le but est la mission, à commencer par l’accompagnement des Congréganistes, mais aussi la préparation aux sacrements, et le service aux plus pauvres.


La naissance d’une vocation sur les chemins de l’exil. Adèle de Batz naît le 10 juin 1789 au château de Trenquelléon, près d’Agen (Lot-et-Garonne). Son père, le baron Charles de Batz, commande les Gardes françaises.
Sa mère, elle, descend de saint Louis. Femme de foi, généreuse en aumônes, elle fait le catéchisme aux enfants, visite les malades, les vieillards isolés, subvient aux besoins des pauvres. Sa famille la surnomme « la femme forte », son mari dit d’elle : « C’est une sainte. »
Le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), qui ramène les Jacobins au pouvoir sous le Directoire, pousse la famille à l’exil dans la péninsule ibérique. La mère d’Adèle, qui avait appris que son nom figurait sur des listes de proscription, devait sauver sa vie.
Le 6 janvier 1801, jour de l’Épiphanie, Adèle fait sa première communion à Saint-Sébastien en Espagne. Naît alors en elle le désir de devenir carmélite. Mais en novembre 1801, la famille peut rentrer en France après quatre ans d’exil. Sa mère promet à Adèle de la laisser revenir en Espagne, lorsqu’elle aura l’âge, si le Carmel n’est pas rétabli en France.
Le 14 novembre, la famille réintègre le château ; mais sur le chemin, que de ruines, que de désolations après la Révolution ! Adèle en restera marquée.



La confirmation.  En 1802, Monsieur Ducourneau, ancien séminariste, arrive comme précepteur de Charles, âgé de 10 ans. Il encourage Adèle dans sa vocation au Carmel. Avec l’accord de la baronne, il lui rédige un règlement de vie spirituelle.
Pour se préparer au sacrement de Confirmation, Adèle demande à passer six semaines avec d’anciennes carmélites. Son désir d’être toute à « l’Époux » en ressort approfondi. Le 6 février 1803, Mgr Jean Jacoupy, évêque d’Agen, convie les confirmands à sa table ; Adèle sympathise avec Jeanne Diché, de quatre ans son aînée. Naît alors une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destinée à se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.



Naissance de la « Petite Société ». Durant l’été 1804, Jeanne Diché est au château de Trenquelléon avec Adèle. Elles parlent à M. Ducourneau de leur désir de rechristianiser les campagnes ; il leur propose de créer une association de prières. Naît alors la « Petite Société », alors qu’Adèle n’a que 15 ans et demi.
Chaque semaine, des lettres circulent. Jeanne et Adèle sont les deux animatrices privilégiées.
Agathe, une des sœurs de Jeanne, se joint bientôt à la « Petite Société ».
En avril 1805, Jeanne épouse Monsieur Belloc,
Adèle devient la tête et le cœur de la Société qui continue à trouver des recrues.
Alors qu’elles ne sont que sept en 1805, les voici 24 au début de l’année 1807, puis 60 fin 1808.
La « Petite Société » a la Vierge Immaculée pour protectrice.
L’animation se fait par l’exhortation mutuelle, à laquelle s’ajoutent quelques pratiques très simples :
                 
- un rendez-vous quotidien au Calvaire, à 15 heures                  
- le vendredi, un moment de méditation sur la Passion                  
- la mise en commun des mérites                  
- un mot d’ordre : « Mon Dieu ».

Adèle parle de l’amour de Dieu, du détachement, de la mise à profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, de la préparation aux sacrements, de la mission, de l’humilité et de la pureté de Marie…
Sans se lasser, elle encourage, interpelle, invite à la confiance. Parmi les associés, se trouvent des prêtres dont Monsieur Larribeau, curé de Lompian (Lot-et-Garonne). Bientôt, il accompagne la « Petite Société ». De temps à autre, il vient au château, occasion de récollections pour Adèle et les associées qui peuvent venir.
Tous les ans, Adèle se rend elle-même à Lompian pour sa retraite. Durant l’été 1808, Madame de Trenquelléon rencontre à Figeac (Lot) l’abbé Lafon. Saisi par la similitude entre la « Petite Société » d’Adèle et la Congrégation de Bordeaux fondée par le Père Guillaume-Joseph Chaminade, l’abbé Lafon parle d’Adèle au Père Chaminade qui lui envoie le Manuel du Serviteur de Marie.
 




L’association avec la Congrégation de l'Immaculée de Bordeaux.  Le 20 novembre 1808, après des semaines de combat spirituel, Adèle dit « positivement non » à un projet de mariage.
Le cœur tout à Dieu, elle  entre en relation avec la Congrégation de Bordeaux : échanges de conseils, demandes de prières…
Elle s’enthousiasme quand elle découvre la consécration à Marie, les prières et les cantiques proposés par le Manuel du Serviteur de Marie.
Bientôt la « Petite Société » s’associe à la Congrégation.
Dès le début, Marie était  à l’honneur dans la « Petite Société ».
Le 16 juillet 1807, Adèle avait écrit à Agathe : « Ayons souvent recours à la protectrice de la Société, la Très Sainte Vierge. Oh, qu’elle est puissante auprès de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particulières, soit par notre Société, soit par l’habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d’être revêtues. »
L’Esprit Saint préparait déjà les contacts avec le Père Chaminade ; et Adèle était prête à accueillir la consécration à Marie que propose le Manuel du Serviteur de Marie.



Au service des autres. En 1809, Adèle tombe gravement malade. Le sentiment de la précarité de la vie se fait plus vif en elle. L’idée du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et se donne sans compter au service des pauvres.
Ils deviennent ses enfants. Elle les reçoit au château, tient à les servir. Elle travaille, fait de la broderie, de l’élevage, et grâce au produit de ces travaux, elle subvient à leurs besoins. Adèle visite également les malades, fait la classe, le catéchisme. Et quand son père est paralysé en 1812, elle devient son infirmière jusqu’à sa mort en juin 1815.  
 




Le « cher projet ».  Peu à peu, l’idée d’un « cher projet » se fait jour dans le cœur d’Adèle. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un projet de communauté qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la prière et la pratique des trois vœux, ainsi que les œuvres susceptibles de remédier aux misères des campagnes.
Les 13 et 14 juin 1814, Adèle, Madame Belloc, et quelques unes de leurs amies se retrouvent à Lompian. Moment décisif.
Avec l’abbé Larribeau, elles parlent longuement du « cher projet » ; les associées reçoivent des noms de religion. Adèle devient Sœur Marie de la Conception. Pour la Conception de Marie, le P. Chaminade autorise Adèle et ses amies à émettre en privé le vœu de chasteté. Adèle propose de porter un anneau d’argent comme symbole de leur don total au Christ.
Qui va rédiger les constitutions ? Comme l’abbé Larribeau ne s’en sent pas capable, c’est l’abbé Laumont, curé de Sainte Radegonde (Aveyron), qui accepte d’élaborer un projet, mais le P. Chaminade le trouve trop imparfait. En 1815, il y travaille à son tour et précise le but du futur Institut :
« Vous serez réellement religieuses. Marie, l’auguste Mère de Jésus, doit être votre modèle comme elle est votre patronne… Votre communauté sera toute composée de religieuses missionnaires. »


Le développement de l’Institut. Le 25 mai 1816, avec trois amies, Adèle quitte le château pour le Refuge de la rue Joseph Bara à Agen, où les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses, avant de s’installer en 1820 dans l’ancien couvent des Augustins, racheté en mauvais état la même année. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Miséricorde à Bordeaux, envoyée par le Père Chaminade, vient initier ces jeunes femmes à leur nouvelle vie. C’est la naissance de l’Institut des Filles de Marie (dit aussi des Religieuses marianistes) qui concrétise le « cher projet » d’Adèle. 

Le 8 juin, le Père Chaminade apporte les Constitutions qu’il explique longuement aux jeunes femmes.
Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Adèle supérieure du couvent. Le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Adèle et ses huit premières compagnes font profession perpétuelle. Peu à peu, la vie s’organise au couvent de l’Immaculée Conception.
Les activités se multiplient : la Congrégation, l’école gratuite pour les enfants pauvres, les catéchismes, la préparation à la communion, les retraites, l’ouvroir et l’œuvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes qu’une Sœur prépare à la première communion et  à la confirmation). La vie de la communauté est stimulée par la récollection mensuelle et la retraite annuelle, habituellement prêchée par le Père Chaminade.
Les fondations se succèdent : Tonneins (Lot-et-Garonne, 1820), Condom (Gers) et Bordeaux (Gironde, 1824), Arbois (Jura, 1826). En 1824, Mgr Jacoupy approuve par écrit l’Institut des Filles de Marie.   

L’année 1827 voit la santé de Mère Adèle se dégrader de plus en plus. Le 10 janvier 1828, après s’être écriée : « Hosanna Filio David ! » (« Hosanna au Fils de David ! »), elle passe vers le Bien-Aimé, alors qu’elle n’a pas 39 ans.
Dans sa jeunesse, son père lui disait souvent : « Adèle, tu seras fondatrice ! »
  

Vers la béatification ? Après une longue enquête canonique, Adèle de Batz est proclamée vénérable pour l’héroïcité de ses vertus le 5 juin 1986 par le pape Jean-Paul II. En 2016, 200 ans après la fondation de la congrégation marianiste, le Vatican analyse un miracle attribué à l’intercession d’Adèle de Batz, préparant la voie à une éventuelle béatification.




Marie Joëlle Bec
Sœur Marianiste, F.M.I.


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Marie Joëlle Bec a faites le samedi 18 février 2017


Proposition d'engagement





Je confie à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur

Adèle apporte à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.  

Avec Adèle, nous vous proposons cette semaine de confier à la Très Sainte Vierge Marie tous les jeunes qui ont soif de découvrir l’amour du Seigneur.
 


Proposition de formation sur la foi





Quelle est la place de la femme dans l’Église ?


Au fil des siècles, bien des femmes, religieuses et laïques, ont tenu des places décisives dans l'Église. Que l’ordination soit réservée aux hommes n’exclut pas les femmes des postes de responsabilité. Les derniers papes ont insisté sur leur charisme propre dans la vie de l’Église.

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, récitez avec nous la prière de Trois-Heures, pratique de dévotion traditionnelle des membres de la Famille Marianiste, religieux et laïcs.

La prière de Trois-Heures constitue une véritable icône de notre rédemption : elle reflète la dimension visuelle (picturale) de l’art, le message théologique, ainsi que l’incitation à un engagement spirituel actif.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Fév 2017 - 14:55


 1180 


NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX





Perdu dans la forêt entre Verdun et Bar-le-Duc, non loin de la Voie sacrée, Benoîte-Vaux (Meuse) est un haut-lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge depuis plus de huit siècles et l’un des grands sanctuaires de la Lorraine.


Les origines. La légende veut qu’en ce lieu appelé autrefois « Martin-Han » (« la maison de Martin »), des bûcherons furent attirés par les chants célestes de l’Ave Maria… Ils découvrirent sur place une statue de la Vierge Mère, au pied d’un chêne déraciné. Émerveillés, ils décidèrent de lui élever un oratoire, dont un ermite eut la garde. Avec l’affluence des pèlerins, un lieu de culte plus important fut nécessaire. Une église fut construite sous le vocable de « l'Annonciation de la Vierge », et confiée aux Prémontrés vers 1140. Le nom de Benoîte-Vaux (« la Vallée Bénie ») apparaît ainsi pour la première fois en 1180 sur une bulle pontificale. Ce document confirme la donation en terres et en bois par l’évêque de Verdun (Meuse), Albéron de Chiny, à la jeune communauté de Prémontrés (ordre canonial catholique fondé par saint Norbert de Xanten au début du XIIe siècle), issue de l’Abbaye de l’Étanche


Les images de Notre-Dame. La statue primitive des premiers moines dut disparaître dans l’incendie qui dévasta le sanctuaire en 1331. La plus ancienne madone que possède encore Benoîte-Vaux date en effet du XIVe ou du XVe siècle, elle est exposée dans la chapelle des retraitants. Dans l’église elle-même, on lui préféra au XVIe siècle une statue majestueuse portant une couronne ducale (cercle d’or monté de huit fleurons). Cette statue fut sauvée par Madame de Saint-Baslemont, célèbre héroïne lorraine, en 1638 lors de la guerre de Trente Ans, mais fut frappée puis détruite par les révolutionnaires en 1793 ; seule en reste une main recueillie par Marguerite Lardenois. La madone actuelle exposée dans l’église date du XVIIe siècle. Celle-ci était primitivement au-dessus de la fontaine, et fut sauvée par les habitants de Woimbey (Meuse) lors du saccage de Benoîte-Vaux durant la Révolution. La statue fut solennellement couronnée le 8 septembre 1875 par Mgr Hacquart, en présence des évêques des deux diocèses voisins, de 400 prêtres et de 15 000 fidèles.




Débuts du pèlerinage. C’est la présence des Prémontrés qui va assurer l’essor de Benoîte-Vaux au Moyen Âge, et surtout à l’aube des temps modernes. Ils sont aidés par la sollicitude des évêques de Verdun, mais aussi par les largesses des princes, qui viennent en pèlerinage avec leur suite (par exemple René II, roi de Sicile). Toutefois, ces personnages célèbres ne doivent pas faire oublier la ferveur populaire. La guerre de Cent Ans et les épreuves conduisent notamment la population à se réfugier à Benoîte-Vaux et à confier leurs misères à la Reine du Ciel. Des miracles ont lieu. C’est à cette époque que remontent les vocables de « Reine de la Paix » et « Consolatrice des Affligés ».  


Une histoire dans l’Histoire. Au XVIIe siècle, la région est ravagée par les guerres et les bandes de brigands… Arlette Barbe d’Ernécourt, comtesse de Saint-Baslemont depuis des années, accorde refuge aux malheureux et aux victimes de la guerre en son château de Neuville-en-Verdunois (Meuse). Elle lève une troupe d’élite et, chevauchant à sa tête, entreprend avec succès de chasser des brigands. Une paix relative s’installe alors, avec l’aide d’une « sauvegarde » (garde que l’on détachait dans un lieu afin de préserver celui-ci du pillage), décrétée par Louis XIII et Anne d’Autriche. Benoîte-Vaux est alors restauré, le 25 mars 1641, une foule de pèlerins accourt des trois évêchés lorrains (Metz, Toul, Verdun), mais aussi de Thionville (actuelle Moselle), de Luxembourg, Trèves (Allemagne), Nancy (actuelle Lorraine), Neufchâteau (Vosges) et Reims (Marne). En six mois, 189 paroisses vinrent en procession à l’oratoire et plusieurs reproduisent chez elles un lieu de dévotion à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, comme on le fit plus tard pour la Salette ou pour Lourdes.
 




Le temps des miracles.  La restauration du sanctuaire et l’enthousiasme populaire qui l’a accompagnée sont l’occasion de nombreux miracles. En 1659, 43 sont canoniquement reconnus (guérisons de sourds, d’aveugles, d’enfants mort-nés…). La chapelle est reconstruite en 1698 et échappe de peu aux horreurs de la guerre de Succession d’Espagne, la statue étant cachée dans le monastère voisin de Notre-Dame de l’Étanche (Meuse). En 1730, Marguerite Herbillon, native de Rosnes (actuelle commune de Raival, à une quinzaine de kilomètres au sud de Benoîte-Vaux), se rend en pèlerinage à pied jusqu’à la chapelle, avec une amie, en portant sa fille de sept ans paralysée d’un bras et des deux jambes, n’ayant pas l’usage de la parole. Dans la forêt, elle s’arrête fatiguée au pied d’un arbre. Une Dame vêtue de blanc lui apparaît alors et lui demande ce qu’elle fait. Elle incite la mère à déposer l’enfant pour qu’elle marche seule. Alors, la fillette se met à courir en appelant : « Maman ! Maman ! » La mère émue perd connaissance. En remerciement de ce fait, resté dans toutes les mémoires à Rosnes, le père fit peindre un ex-voto placé dans la chapelle de Benoîte-Vaux.

Animation du lieu.Le pèlerinage fut animé par la communauté des Prémontrés jusqu’en 1789, par les prêtres du diocèse jusqu’en 1852, puis par les clercs réguliers de la congrégation de Notre-Sauveur jusqu’en 1919. Pendant la Grande Guerre, miraculeusement préservé par la retraite des troupes allemandes, le lieu servi d’hôpital de campagne. Ensuite, de 1922 à 1928, Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, racheta le lieu au département pour y installer le grand séminaire, en attendant la reconstruction de sa ville. Trente-trois prêtres y furent ordonnés. Jusqu’en 1972, Benoîte-Vaux fut ensuite confié aux Oblats de Marie Immaculée, avant l’installation d’un prêtre diocésain cette même année. Depuis 1995, la pastorale du sanctuaire est confiée à une communauté religieuse de la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Saint-Marc. Un prêtre du diocèse de Verdun assure une présence sacerdotale sur le sanctuaire et dans les villages environnants.

L’église. De l’oratoire des débuts du pèlerinage, il ne reste rien ; pas plus que de l’église du Moyen Âge, détruite par l’incendie de 1331. Reconstruite en 1333, et agrandie au XVe siècle, l’église est à nouveau restaurée en 1651, puis en 1698 grâce aux libéralités d’Antoine Lescale, seigneur de Longchamps et de Marguerite de Condé, son épouse. Ces deux bienfaiteurs reposent aujourd’hui sous une dalle à la croisée du transept. En reconnaissance, les deux petits autels du jubé portent leurs armes et la statue de leurs saints patrons : sainte Marguerite et saint Antoine. À l’intérieur de l’édifice, la vue se porte sur le jubé, destiné à isoler le chœur des moines. La décoration de l’abside du transept est de style baroque, à la fois simple et équilibré. Au fond, dans une niche à coquille, est exposée la statue de la Vierge vénérée en ce lieu. À ses côtés, se trouvent saint Norbert avec un ostensoir, fondateur des Prémontrés, et saint Augustin. À l’extérieur, on trouve sur la façade de la tour du clocher une statue monumentale de saint Pierre Fourrier, seul souvenir du séjour des clercs réguliers qui se réclamaient de lui. Le 27 juin 1983, le sanctuaire est classé monument historique.

Le chemin de croix en pierres sculptées. Situé sur une colline en face de la chapelle, il s’agit d’un projet du sculpteur Henri Chapu en 1889 qui consiste en un alignement de 14 monolithes extraits des carrières d'Euville près de Commercy. L’œuvre est réalisée après la mort de Chapu par Désiré Fosse (originaire de Nantillois dans la Meuse), et terminée en 1895. Cette même année, Mgr Jean-Pierre Pagis en fit la bénédiction solennelle, en présence de 12 000 fidèles. La croix monumentale fut apportée de Jérusalem par Léon Tardif de Moidrey, un pèlerin de la Pénitence, le 14 septembre 1888, au cours d’une autre fête solennelle. En dessous du Christ en bronze, un médaillon contient une parcelle de relique de la Vraie croix.





La fontaine.La source primitive de la fontaine était située au chevet de l’église, mais les nécessités de la clôture monastique l’ont déplacée à l’endroit actuel, dans le parc, vers 1644. Le gracieux monument néogothique existant fut offert par un domestique du châtelain de Thillombois (Meuse), Joseph Sauce. Il fut le fruit de ses économies et privations. Inauguré le 8 septembre 1846, il est surmonté d’une statue offerte par Claude Rollet, archiprêtre de Bar-le-Duc.  

Aujourd’hui, le site de Benoîte-Vaux est géré par une association : Benoîte-Vaux Accueil. Le pèlerinage, qui attire encore de nombreux fidèles, a lieu chaque année la première semaine de septembre, avec, le 9 septembre, la fête de Benoîte-Vaux.





Sœur Sheeba Keenanchery
Responsable de l'animation pastorale


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Sœur Sheeba Keenanchery a faites le samedi 25 février 2017.


Proposition d'engagement





Je me rends en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons de venir en pèlerinage à Notre-Dame de Benoîte-Vaux, pour être vous-mêmes les témoins de l’amour de la Vierge Marie qui règne en ce lieu.  

Pour plus de renseignements : Sanctuaire Notre-Dame de Benoîte-Vaux 55220 RAMBLUZIN et BENOÎTE-VAUX Tél : 03.29.80.59.02 Recteur : Sœur Sheeba KEENANCHERY (responsable de l’animation pastorale)  
 


Proposition de formation sur la foi





Comment expliquer la violence dans la Bible ?


L’histoire d’Israël est l’histoire d’une éducation. Par étapes, Dieu fait sortir son peuple de la violence au nom de Dieu, jusqu’au jour où Jésus a dit : « Heureux les doux ! »

Découvrez la réponse complète de Mgr Jacques Perrier.






Proposition de prière




Je récite la prière de Trois-Heures

Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de Benoîte-Vaux.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 4 Mar 2017 - 15:26


 1846 


NOTRE-DAME DE LA SALETTE : LES LARMES D’UNE MÈRE





Le 19 septembre 1846, une « Belle Dame » apparaît à deux enfants sur la montagne de La Salette (Isère) pour demander aux pécheurs de se convertir. Après une enquête rigoureuse, l’apparition est officiellement reconnue le 19 septembre 1851 par Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble. Aujourd’hui, le sanctuaire de La Salette est l’un des plus hauts lieux chrétiens de France.  


Les protagonistes. Deux enfants, Mélanie et Maximin, pauvres parmi les pauvres, ignorants parmi les ignorants, mais deux enfants au cœur pur, furent les témoins d’une apparition de Marie sur la montagne de La Salette (Isère). Maximin Giraud a 11 ans et Mélanie Calvat 14 ans. Lui est né à Corps (Isère) le 26 août 1835. Sa mère, Anne-Marie Templier, meurt alors qu’il n’a que 17 mois. Son père Germain Giraud, charron, se remarie peu de temps après. Malmené par sa belle-mère, le petit Maximin passe alors beaucoup de temps à l’extérieur, s’amusant avec son chien et gardant sa chèvre. Mélanie Calvat, quatrième des dix enfants d’un tailleur de pierres de Corps, est née le 7 novembre 1831. Très jeune, elle est sollicitée par ses parents sans le sou pour garder le bétail dans les fermes environnantes, voire pour mendier dans la rue. Tous deux sont sans culture et sans éducation religieuse.




Les trois phases de l’apparition.Samedi 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, les deux enfants gardent un troupeau de vaches dans la montagne alpine à 1 800 mètres d’altitude, au lieu-dit La Salette.

1. La Vierge en pleurs. Après un repas près de la fontaine des Hommes puis une courte sieste, ils se réveillent et s’inquiètent du sort des bêtes. C’est alors qu’ils aperçoivent, dans le petit ravin de la Sézia, un globe de feu d’un mètre de diamètre environ. Soudain, l’insolite lumière tourbillonne, puis s’entrouvre. Stupéfaits, les deux enfants remarquent une forme humaine, une « Belle Dame », assise, les coudes appuyés sur les genoux et qui pleure.

2. La conversation. Mélanie et Maximin ignorent qui est cette « Belle Dame ». Celle-ci se lève, s’avance légèrement et leur dit : « Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle » (Cf. récit complet dans les « compléments »).

3. L’Assomption. Traversant la Sézia, la « Belle Dame » gravit la pente du ravin, au lieu de monter tout droit, elle décrit une sorte de « S » très allongé. Arrivée sur le plateau, la « Belle Dame » s’élève, elle reste un moment suspendue en l’air, puis disparaît peu à peu. L’apparition est finie. Elle a duré, suppose-t-on, environ une demi-heure, mais elle sembla aux enfants aussi brève qu’un éclair.





Le message de Marie. D’abord assise et toute en larmes, la « Belle Dame » se lève et leur parle longuement, en français et en patois, de « son Fils » tout en citant des exemples tirés du concret de leur vie. « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. (…) » Toute la clarté dont elle est formée et qui les enveloppe tous les trois, vient d’un grand crucifix qu’elle porte sur sa poitrine, entouré d’un marteau et de tenailles. Elle porte sur ses épaules une lourde chaîne et, à côté, des roses. Sa tête, sa taille et ses pieds sont entourés de roses. Elle poursuit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. (…) S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres. (…) » Son message achevé, la « Belle Dame » gravit un raidillon et disparaît dans la lumière. Une consigne est laissée aux enfants : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! »  


L’engouement de tout un peuple. De retour au village, les deux enfants commencent à raconter cette histoire invraisemblable, à Madame Pra puis au curé du village : une « Belle Dame », toute de lumière, leur serait apparue dans les alpages et leur aurait parlé longuement. Pouvait-on croire ces jeunes bergers racontant un fait n’ayant eu d’autres témoins qu’eux-mêmes ? Difficile, et pourtant, la population est troublée.
 



Les suites de l’apparition.  Fin 1847, un premier rapport au chanoine Rousselot est positif. Malgré les nombreuses interrogations (Mgr de Bonald, le futur Mgr Dupanloup…) voire la menace des gendarmes, leur témoignage ne varie pas. Le 19 septembre 1851, après une enquête longue et rigoureuse, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, déclare dans un mandement : « L’apparition de la Sainte Vierge à deux bergers sur la montagne de La Salette [...] porte en elle-même tous les caractères de la vérité et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine. » Le 25 mai 1852, l’évêque pose devant 15 000 pèlerins la première pierre d’un grand sanctuaire comportant une église de style néo-roman et une hôtellerie attenante, et annonce à ses diocésains la constitution d’un corps spécial de prêtres pour être au service de ces pèlerins. Ils seront les « Missionnaires de Notre-Dame de La Salette ». En 1855, Mgr Jacques Ginoulhiac, nouvel évêque de la ville, confirma la décision de son prédécesseur et ajouta : « La mission des bergers est finie, celle de l’Église commence. » À la suite de pèlerinages et de guérisons, plus de 900 chapelles en France et à l’étranger reproduisent cette apparition de Notre-Dame. Achevée en 1861, agrandie en 1897, la basilique (dont le statut fut établi le 21 août 1879) est classée monument historique depuis 1945.  

Depuis plus d’un siècle et demi, les foules ne cessent d’affluer à Notre-Dame de La Salette (deuxième plus grand pèlerinage de France après Lourdes), poussées par leur curiosité ou en quête d’une élévation spirituelle, malgré la difficulté du chemin. Ils sont accueillis depuis 1962 par l’Association des Pèlerins de La Salette (A.P.S.).





Père Dominique Dusang
Religieux de St Vincent de Paul, curé de la paroisse
Notre-Dame de La Salette, Paris 15ème


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Dominique Dusang a faites le samedi 4 mars 2017.


Proposition d'engagement





JJe viens vénérer la relique du Cœur de saint Vincent de Paul

Grande grâce pour notre communauté paroissiale : jusqu’au 5 mars, nous aurons le privilège d’accueillir la relique du Cœur de saint Vincent de Paul. C’est à l’occasion du 400ème anniversaire du charisme vincentien que cette insigne relique a entamé un grand pèlerinage pour permettre au plus grand nombre d’approcher du Cœur de ce géant de la charité. C’est aussi un beau cadeau pour notre communauté religieuse, puisqu’hier 3 mars – jour anniversaire de la fondation de la Congrégation des religieux de St Vincent de Paul – nous avons rendu grâce devant le Cœur de notre saint Patron.      

Si vous en avez la possibilité, nous vous proposons donc de venir ce week-end vénérer la relique.  

Informations et renseignements :
paroisse Notre-Dame de La Salette 27, rue de Dantzig / 38, rue de Cronstadt, 75015 Paris.
Nous envoyer un message : paroisse@nd-la-salette.org.
Nous téléphoner : 01 45 31 12 16 / 07 86 09 84 17.
Site Internet : www.nd-la-salette.org.
 


Proposition de formation sur la foi





L'enfer existe-t-il ?


L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. La profondeur du mal dans le monde laisse parfois entrevoir cet abîme où fait plonger le refus de Dieu. Jésus lui-même nous met en garde à de nombreuses reprises dans les Évangiles.

Découvrez la réponse complète de Mgr Dominique Le Tourneau.






Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble Notre Dame de La Salette.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 11 Mar 2017 - 19:01


 1906 


SAINTE ÉLISABETH PLONGE AU CŒUR DE LA TRINITÉ ET NOUS ENTRAÎNE À SA SUITE





Canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François, Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon (Côte-d’Or) à l’âge de 21 ans. Le 21 novembre 1904, fête de la Présentation de Marie, elle écrit sa célèbre prière, comme une offrande totale d’elle-même à la Trinité. Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt le 9 novembre 1906.


Enfance. Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 à Farges-en-Septaine (Cher), peu avant le déménagement de ses parents pour Dijon. Orpheline de père à l’âge de sept ans, elle grandit dans un foyer chaleureux auprès de sa sœur Guite (Marguerite) de deux ans plus jeune qu’elle, et de sa mère. Le trio est profondément uni et très ouvert : réceptions mondaines, visites, et chaque année, de grandes vacances dans le Sud, le Jura ou en Lorraine. Le 19 avril 1891, elle fait sa première communion à l’église Saint-Michel, et reçoit la grâce de se sentir habitée par le Christ.




Une célèbre prière.En ce soir du 21 novembre 1904 au Carmel de Dijon, Sœur Élisabeth de la Trinité termine sa retraite, toute prise par une grâce qu’elle ne révèlera à personne. Seule dans sa cellule, elle prend un petit carnet et déchire une page. Poussée par l’expérience très forte et toute intérieure qu’elle vient de vivre, elle se met à écrire : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore… ». Aujourd’hui, celui qui lit cette prière se trouve devant une évidence : Élisabeth vit de la présence de Dieu en elle, une présence vivante, agissante, aimante. Une présence qui déborde sur cette page trop petite pour contenir tout ce qui se passe dans l’âme de la jeune moniale qui n’a plus que deux ans à vivre, et qui, sans le vouloir, va laisser ce soir-là au monde le secret qui a fait de sa vie « un ciel anticipé ».


La victoire de Dieu.Les premières années de la future sainte avaient pourtant donné quelques soucis. Fille d’officier, tempérament impérieux, colérique, la petite Sabeth était alors un vrai volcan, « très diable » diront sa mère et tous ceux qui l’approchaient ! Longuement, elle a lutté sans grand succès pour vaincre son « terrible caractère ». Il faudra attendre ses 11 ans pour que l’amour de Dieu remporte la pleine victoire : au jour de sa première communion, tant désirée, la présence de Jésus, son amour et sa paix ont envahi son cœur. La sous-prieure du Carmel, qu’elle rencontre en ce jour, lui révèle le sens de son prénom : « Élisabeth, maison de Dieu. » Dès lors, sa vie est transformée : la violence qui l’habite n’a pas disparu mais elle est canalisée, orientée et elle n’a plus qu’un désir : rendre heureux son Dieu en rendant heureux tous ceux qui l’entourent.




La mélodie de la vie. Premier prix de piano au conservatoire à 13 ans, Élisabeth aurait pu devenir une pianiste renommée. L’interprète virtuose de Liszt et de Chopin ne se laisse pourtant pas griser par les louanges dont elle est l’objet, de la part de ses amies bien sûr, mais aussi des journaux et des grands noms du piano de l’époque. Une autre musique, une autre voix résonne plus fort dans son cœur, celle de Jésus à qui elle se consacre sans réserve et à qui elle brûle de se donner en entrant au Carmel. L’opposition farouche de sa mère à ce projet la fera grandir dans l’obéissance, la confiance et l’abandon. En attendant de pouvoir réaliser son rêve, elle poursuit sa route en vivant la vie des jeunes filles de son milieu : sorties mondaines, mais aussi vie paroissiale fervente, chorale, service des pauvres, retraites… Elle aime passionnément ses amis et les grands voyages qu’elle entreprend chaque année à travers toute la France. La musique silencieuse qui l’habite de cesse pas pour autant et rayonne sur tous ceux qui l’entourent et pressentent qu’Élisabeth n’est pas « comme les autres » et même, diront certains, qu’elle « voit Dieu »  




Le silence du Carmel. Entrée au Carmel à 21 ans, Élisabeth reçoit un nom nouveau qui l’enchante : Élisabeth de la Trinité. Une Carmélite réputée de Beaune (Côte-d’Or) avait déjà porté ce nom au XVIIe siècle. La Trinité ! C’est ce Mystère d’amour qui déjà l’habite, la brûle. C’est, écrira-t-elle plus tard : « La maison paternelle dont nous ne devons jamais sortir. » Plus que tout, c’est « le trop grand Amour » de Dieu pour nous auquel nous devons croire à travers tout. C’est Dieu Père, Fils et Esprit, présent à chaque instant de nos vies pour nous faire vivre de sa vie. Élisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la vie de la communauté. Et dans ses lettres, elle partage à ses amis, laïcs pour la plupart, la merveilleuse découverte : nous sommes tous appelés, tous aimés, tous habités par la Présence au fond de nous-mêmes. Nous devons régulièrement nous recueillir en présence de Dieu, pour devenir « louange de gloire » selon les mots de saint Paul (Ephésiens I, 11), et faire de notre corps le trône de la Très Sainte Trinité où celle-ci daigne venir habiter.

La jeune fille a renoncé au piano pour entrer dans le silence, la solitude du Carmel. Un silence qui n’est pas vide et néant, mais écho de la Parole de Dieu. Et en ce 21 novembre 1904, Élisabeth laisse jaillir de son cœur les notes qu’elle couche sur cette feuille, cette partition que la musicienne qu’elle reste va jouer silencieusement mais avec toute son âme. Elle compose alors sa célèbre prière : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », où elle se livre entièrement... (cf. compléments). Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt à Dijon le 9 novembre 1906, âgée de 26 ans, en murmurant : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ! »



La béatification. Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17 février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Âgé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Dom Jean Chanut souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de Sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine, le malade sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus, à partir de cette date, les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984 par le pape saint Jean Paul II qui la présente comme un guide sûr et une lumière pour tous.


Citation :
Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François


Vers la canonisation. Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle-même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence, car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se lève soudain : « Je n’ai plus mal ! » Les symptômes ont disparu… Quelques mois plus tard, elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce décret du 3 mars 2016, puis le consistoire du 20 juin 2016. Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.




Une Sœur
du Carmel de Dijon


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'une Sœur du Carmel de Dijon a faites le samedi 11 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je vis le carême en ligne avec sainte Élisabeth de la Trinité

Pour le carême 2017, les carmes de la Province de Paris proposent leur 12e retraite en ligne. Cette retraite a été préparée par le frère Didier-Marie Golay (couvent de Lisieux) et une équipe carmélitaine : le Carmel de Dijon à Flavignerot, Dominique, Marie-Noëlle, Kevin et frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon).

Vous pouvez aussi, avec Élisabeth, entrer chaque jour dans le cœur à cœur de l’oraison. En prenant sa prière ou une de ses paroles fournies dans les « compléments », ou en visitant notre site pour trouver une parole qui aide à entrer dans la prière. http://elisabeth-dijon.org



 


Proposition de formation sur la foi





Qu’est-ce que l’acédie ?


Nos sociétés, marquées par l’instabilité, l’incapacité de tenir des engagements, la perte de sens et la désespérance, souffrent en réalité de ce que la tradition monastique appelle l’acédie. Elles sont invitées, pour en guérir, à redécouvrir la saveur de Dieu, l’élan du désir, la persévérance et la fidélité qui conduisent à la vraie joie.

Découvrez la réponse complète de Dom Jean-Charles Nault.






Proposition de prière




Je prie pour le rayonnement de sainte Élisabeth de la Trinité.





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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 18 Mar 2017 - 18:09


 1859 


LE SAINT CURÉ D’ARS : UNE « VIEILLE AFFECTION » POUR LA VIERGE MARIE





Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars (1786-1859), a toujours vécu sous le regard de la Vierge Marie qu’il affirmait « bien connaître ». Patron des prêtres de France et des curés du monde, il fut le curé d’Ars (aujourd’hui Ars-sur-Formans, dans l’Ain)  pendant 41 ans.


La place de Marie dans l'histoire du Salut. Toute l'Écriture et la Tradition nous disent la volonté de Dieu d'associer Marie à la réalisation de l'histoire du Salut. Cela s'accomplit au moment de la vie terrestre de Jésus, mais aussi tout au long de l'histoire de l'Église qui, à l'image de Marie, Vierge et Mère, continue d'enfanter le Corps du Christ.

Le Curé d'Ars a la foi « catholique ». Il reçoit tout ce qui est cru. Cela oriente son action et détermine ses choix. Puisqu'il est dans la volonté de Dieu que Marie ait une place parmi les hommes qui cheminent vers le Ciel, Jean-Marie Vianney lui donne « toute » sa place. Puisqu'elle a encore une œuvre à accomplir, il compte sur elle. Autrement dit, son rapport avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la dévotion privée, facultative. Elle fait partie intégrante des éléments qu'il faut tenir ensemble pour l'accomplissement de l'œuvre du Salut. Sans opposer la vie affective à l'intelligence de la foi, le Curé d'Ars prend tout : « La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître ! »



Une dévotion qui remonte à l’enfance. La maman de Jean-Marie Vianney, Marie Belluse, a aidé, guidé, conduit cette âme naturellement bien disposée, à un bel épanouissement de sa vie spirituelle où la Vierge Marie trouve tout naturellement sa place. Cette dévotion n'est pas plaquée sur sa vie. Elle y est parfaitement intégrée. Sa vie spirituelle imprègne sa vie humaine, marque sa vie quotidienne. On sait qu'il lui a coûté de donner son chapelet à sa sœur Gothon « pour l'amour de Dieu ». Sa mère l'a remplacé par une statue de Notre-Dame à laquelle il va être très attaché. « Il ne la quittait ni le jour ni la nuit », dira Catherine Lassagne. C'est devant elle qu'il prie lorsque sa mère le retrouve à quatre ans, dans l'étable de Dardilly (Rhône-Alpes). C'est cette même statuette qu'il lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage... Comme sa mère le lui a appris, quand il entendait sonner l'heure à l'horloge de la paroisse, il se découvrait et récitait un Ave Maria. Il gardera cette habitude avec ses paroissiens. Marie l'accompagne tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce.




Une particulière dévotion envers l'Immaculée-Conception. Nous savons aussi que Jean-Marie Vianney a une dévotion particulière envers l'Immaculée-Conception de la Vierge Marie, une confiance d'enfant vis-à-vis de sa mère. « Lui-même, pour obtenir une parfaite pureté de cœur, s'était lié par un vœu inspiré par sa piété mariale. Une fois par jour le Regina Cœli et six fois par jour la prière : Bénie soit la Très Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. À jamais. Ainsi soit-il » (Abbé Alexis Tailhades, P. O 1517). Dès son arrivée à Écully (Rhône), comme vicaire de l'Abbé Balley, et bien avant la proclamation du dogme, il se fait l'ardent défenseur de son Immaculée-Conception. « Il copiait des prières en l'honneur de l'Immaculée Conception et les répandait dans la paroisse. » « Il composa, avec Mr Balley, le chapelet de l'Immaculée Conception, que l'on récite encore à Ars tous les soirs », précise Jeanne-Marie Chanay, une paroissienne. C'est un amour qu'il veut partager avec les autres. « J'ai si souvent puisé à cette source (le cœur de la Très Sainte Vierge) qu'il n'y resterait plus rien depuis longtemps, si elle n'était pas inépuisable... » (MONNIN II 589) C'est une confiance qu'il voudrait rendre contagieuse.




À Ars, une pastorale concrète marquée par de grands événements. C'est surtout à Ars-sur-Formans (Ain) que le nouveau prêtre donnera la mesure de sa dévotion à la Vierge. Cette dévotion est, avec son culte envers l'Eucharistie, le grand ressort de sa sainteté. Il fonde d'abord la confrérie du Saint Rosaire pour les jeunes filles de la paroisse. En 1820, il restaure la chapelle de la Vierge, bien trop modeste à son goût. La statue dorée qu'on y voit encore sera achetée en 1834 après les apparitions de Notre-Dame à sainte Catherine Labouré. Le Curé d'Ars en a entendu parler et y fera allusion dans ses catéchismes. En 1823, Mr Vianney organise un pèlerinage paroissial d'action de grâces à Notre-Dame de Fourvière. Le 1er mai 1836 a lieu la consécration de la paroisse à l'Immaculée-Conception (18 ans avant la proclamation du dogme !) Les noms de ses paroissiens sont placés dans un cœur de vermeil suspendu au cou de la Vierge Marie. En 1844, il installe une statue de Marie au-dessus de la porte principale de l'église car « Marie est la portière du ciel ». Le 8 décembre 1854, il fête avec beaucoup de solennité la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. « J'ai toujours pensé qu'il manquait un rayon à l'éclat des vérités catholiques. C'est une lacune qui ne pouvait demeurer dans la Religion. »  




Des événements quotidiens sous le regard de Marie. Le Curé d'Ars célèbre la messe tous les samedis en l'honneur de la Vierge Marie, dans sa chapelle, et assure une prédication à chaque fête mariale. Ces jours-là, les communions sont toujours nombreuses et l'église ne désemplit pas. C'est une pastorale qui veut rejoindre chacun et faire grandir une dévotion personnelle envers Marie. Pour cela, il distribue des images et des médailles. Il en fait frapper une spécialement lors d'une épidémie de choléra pour se mettre sous la protection de Marie conçue sans péché. Sur beaucoup de maisons dans le village, on peut voir une statue de la Vierge veillant sur les foyers. Et dans les vieilles familles, on est fier aujourd'hui encore de montrer les images offertes par le saint Curé et signées par lui.  


Les apparitions de Marie au saint Curé. Comment terminer cette brève évocation de la place de Marie dans la vie spirituelle de saint Jean-Marie Vianney sans évoquer la question des apparitions dont une au moins bénéficie d'un témoin direct ? Question délicate car le saint a toujours refusé de s'étendre sur le sujet, laissant seulement entendre que : « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien. » Le 8 mai 1840, à une heure de l'après-midi, Étiennette Durié apportait au saint Curé une somme considérable pour des fondations de messes. Elle est alors témoin d'une conversation entre le saint et une dame vêtue de blanc, le front couronné d'étoiles. Elle participe elle-même à la conversation, demandant d'être emportée au ciel (elle est atteinte d'un cancer). Après la vision, elle déclare : « J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. »

- « Vous ne vous êtes pas trompée... J'étais trop content de voir ma Mère. »
C'est peut-être de cet événement dont il parlera à un visiteur de marque qu'il recevait des années plus tard dans sa chambre : « On n'oserait pas mettre le pied sur tel carreau si l'on savait ce qui s'y est passé. »





Une vie parmi les siens. D'une manière générale, on peut dire que la dévotion mariale de saint Jean-Marie Vianney a constitué, avec sa piété eucharistique et la conscience très vive de sa mission de confesseur, la force d'attraction qui le ramènera sans cesse à son poste dès qu'il aura la tentation de le fuir, accablé par son « indignité » et la responsabilité des âmes confiées à son ministère de curé. C'est de Marie, au sanctuaire de Beaumont, lors de sa fuite à Dardilly en 1843, qu'il reconnaîtra avoir reçu la force de renoncer à sa volonté propre. L'abbé Raymond raconte : « Après un moment de repos et de prière, le Curé d'Ars dit la messe du Saint Esprit... Il implora aussi la protection de Marie et le secours de ses suffrages, afin de connaître si Dieu le destinait à mener dans ce sanctuaire sa mission extraordinaire. » À peine revenu à la sacristie, le Curé d’Ars lui dit : « Le Bon Dieu ne me veut pas ici... Retournons à Ars. » Et le lendemain de son retour, quelqu'un pouvait écrire : « Monsieur le Curé est content de la Sainte Vierge qui lui a inspiré de revenir parmi les siens. »

Grâce à Marie, la paroisse d’Ars gardera son curé jusqu'à sa mort, 16 ans plus tard, le 4 août 1859.  





Père Frédéric Vollaud
Chapelain du sanctuaire d'Ars/size]


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Frédéric Vollaud a faites le samedi 18 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je prie pour les vocations et la conversion des pécheurs

Comme le recommandait le saint Curé d'Ars, je dis cette semaine un Je vous salue Marie à chaque heure qui sonne pour les vocations et la conversion des pécheurs.

Je peux aussi répéter plusieurs fois par jour l'invocation :

« Bénie soit la très sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu !
Que toutes les nations glorifient, que toute la terre invoque et bénisse votre Cœur Immaculé ! »



Proposition de formation sur la foi





Comment transmettre ?


Les parents et spécialement les pères ne peuvent se décharger sur l’école ou les tiers : ce sont eux qui ont la responsabilité première de la transmission et de l’éducation de leurs enfants, qui doivent être formés dans la tradition de la Bible et de l'Eglise pour affronter un monde difficile, éloigné de Dieu.

Découvrez la réponse complète de Jean-Marie Elie Setbon.







Proposition de prière





Je prie avec l'Acte d'Amour (prière très aimée du Curé d'Ars), ci-après commenté en fonction de la vie du saint Curé.










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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 25 Mar 2017 - 19:20


 1931 


ELLE EST LÀ ! LE PÈRE LAMY : MARIE EN TOUTE SIMPLICITÉ




Ordonné prêtre en 1886, le Père Jean-Édouard Lamy (1853-1931) est chargé par la Sainte Vierge avec qui il a une relation intime de fonder un pèlerinage à Notre-Dame-des-Bois (Haute-Marne) ainsi qu’une congrégation religieuse. Après un essai de fondation infructueux et de courte durée, il meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.


« Un second curé d’Ars » On connaît bien cette exclamation du saint Curé d’Ars : « Il est là ! », balbutiement d’un homme saisi, interdit, devant le mystère de la présence de Jésus au Saint-Sacrement. Trois mots devenus emblématiques de la spiritualité du saint Curé. On pourrait résumer la personne et la spiritualité du Père Lamy (1853-1931), « un second curé d’Ars » comme le qualifiait le cardinal Léon Amette (1850-1920), archevêque de Paris, par une exclamation analogue : « Elle est là ! » Conséquence cette fois de la prise de conscience émerveillée de la présence de Marie.




Marie se dit, en simplicité. Ce qui frappe chez le Père Lamy, c’est son intimité avec Marie, depuis son enfance (on l’appelait « l’enfant au chapelet ») jusque dans sa vie religieuse (oblat de saint François de Sales) et sacerdotale (curé de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis). Elle donne et façonne une postérité spirituelle qui se traduit notamment dans la fondation d’un pèlerinage marial au sanctuaire de Notre-Dame des Bois, près du village de Violot (Haute-Marne), à 15 km au sud-est de Langres, et de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Si, bien d’autres saints ont été avant lui « au moule de Marie » (selon l’expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort), le Père Lamy en vit et en parle de manière toute simple, parfois familière, ce qui fait son originalité. Que n’a-t-on écrit sur « les gloires de Marie », insistant sur ses privilèges, ses titres ; montrant souvent la sainte Vierge presque « inabordable », comme s’en plaignait sainte Thérèse de Lisieux. Avec le Père Lamy, Marie est présentée comme « en son ménage », selon un mode de présence familière et d’une proximité s’exprimant jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Lors d’une de ses apparitions au Père Lamy, Marie commente la qualité des ornements du prêtre : « C’est du faux ! »




Une relation unique. Jusque dans son expérience mystique, le Père Lamy parle de Marie en des termes dont la familiarité peut surprendre, voire choquer et qui nous montrent la Mère de Dieu comme abolissant toute distance avec nous, y compris celle du respect humain. « Elle était de taille médiocre », dira d’elle le Père Lamy après son apparition à la Courneuve. Voilà une description assez inhabituelle de la Mère de Dieu ! L’homme n’hésite pas à dire de la sainte Vierge qu’elle est une « habile chiffonnière », ayant devant les yeux ses chers chiffonniers de la Courneuve dont les activités, souvent répréhensibles, lui offrent pourtant un bon exemple pour parler de la mission de Marie. Comme eux, elle sait enjoliver les choses les plus laides pour en présenter le brin de mérite à son Fils. Derrière la rugosité du vocabulaire, c’est de la bonne théologie ! Et la Vierge Marie prend le Père Lamy pour ainsi dire « sur son terrain », en lui apparaissant au moment le moins opportun, en toute simplicité, alors qu’il nettoie son église, à genoux par terre, en tablier. Le Père Lamy, occupé à son travail, n’en sait rien et doit en être averti par l’archange Gabriel : « La Reine des Cieux est là ! » (on retrouve notre exclamation emblématique). Le Père Lamy est alors tout confus de se trouver en pareille posture, ce qui fait rire la Vierge ! « J'ai piqué un fard. Je ne savais où me mettre ; j'aurais voulu rentrer sous terre. J'ai enlevé ma barrette ; mais, pour le tablier (gesticulant), je tirais sur les cordons, et plus je tirais, plus je serrais. (…) « Tenez, le voilà tout rouge ! », a-t-elle dit aux saints en voyant que je me démenais. »




Marie se vit, en simplicité. Cette simplicité s’exprime également dans le choix d’un lieu de pèlerinage et d’une statue assortie. Le 9 septembre 1909, le Père Lamy est comme chaque année en pèlerinage à Gray (Haute-Saône) pour y prier Notre Dame en sa basilique. Il y célèbre la messe quand la Vierge descend doucement vers l’autel et lui sourit. Elle lui annonce la guerre de 1914, lui demande la fondation d’une Congrégation (ce sera les Serviteurs de Jésus et de Marie qu’il fondera en 1930, juste avant sa mort) et d’un pèlerinage (celui de Notre-Dame des Bois). Pour ce dernier, le Père Lamy doit se procurer une statue. Il l’achète à contre cœur chez un brocanteur, sur les indications de Marie, déçu qu’il est par son manque de goût ! Quant au lieu du pèlerinage, c’est une masure perdue qui sert de refuge aux bûcherons et aux chasseurs au milieu d’un bois… On y devine qu’il ne s’y dit pas que des prières. Mais si, en fait de statue et de pèlerinage, on aurait pu rêver mieux de la part de Celle qu’il appelait avec son époque « la Très sainte Vierge », on ne discute pas car « c’est le choix de la Mère de Dieu ». Marie priée et vénérée dans un lieu et à travers une représentation sans fards : les choix du Père Lamy expriment Marie comme il en a l’expérience, en toute simplicité, plutôt que dans ses gloires.  




Un homme humble, « comme un rien » C’est bien le mot de simplicité qui illustre la qualité maîtresse du Père Lamy, comme la conséquence de son intimité avec Marie. On pourrait dire que, tout au long de sa vie, Marie a simplifié le Père Lamy, au sens noble que la Tradition donne à ce mot (la simplicité de la colombe chère à saint François de Sales). Les témoins ont relevé que le Père Lamy passait inaperçu, comme du reste la Mère de Dieu et son divin Fils : « Le Père Lamy n’était-il pas comme un rien ? », dira de lui son confident et ami Jacques Maritain. Dans l’action, l’union à Marie donnait au Père Lamy de voir simple, d’aller tranquillement de l’avant, malgré une impressionnante pauvreté de moyens. En effet, seul, sans vicaire, presque aveugle pendant plusieurs années, le Père Lamy dirige une Œuvre de jeunesse et lui donne un rayonnement considérable (à Troyes comme oblat de saint François de Sales) ; il relève la paroisse de la Courneuve.

Invité lors d’une réunion du fameux Cercle Maritain, alors qu’on y brassait des concepts et discutait théologie mariale, on interroge le Père Lamy, sans doute un peu dépassé par le tour que prennent les débats. Sa réponse : « Elle est bonne, elle est très bonne ! », qui arrache des larmes à ce pieux et grave auditoire ; car vivre avec Marie donne une qualité d’être qui touche et transforme les cœurs. Le Père Lamy meurt le 1er décembre 1931 chez son ami le comte Paul Biver qui continuera son œuvre.





Un Frère
serviteur de Jésus et de Marie


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions qu'un Frère serviteur de Jésus et de Marie a faites le samedi 25 mars 2017.


Proposition d'engagement





Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois

Je participe au pèlerinage de Pentecôte 2017 à Notre-Dame des Bois du samedi 3 juin au lundi 5 juin 2017.

Au programme :
Une marche de jour de 4 km

Une procession de nuit aux flambeaux
Des temps de célébrations

Messe, chemin de croix et veille

Des temps libres en famille au bord du lac
Deux nuits en chalet

Repas festifs  

Inscription et renseignements auprès de :
Frère Charles de Jésus – 1, rue de la Wanne 68100 Mulhouse / 06 45 54 65 23 / frere.charles@serviteurs.org.  
Prix indicatif : pour une famille parents + quatre enfants : environ 200 euros.
Date limite d’inscription : 1er mai 2017.  






Proposition de formation sur la foi





L’embryon est-il une personne humaine ?


L’Église ne s’est pas formellement prononcée sur le moment précis de l’animation de l’être humain, mais elle a toujours invité à respecter la vie dès sa conception. La distinction parfois suggérée dans certains textes juridiques internationaux entre être humain et personne humaine est artificielle et sans fondement scientifique, ni philosophique.

Découvrez la réponse complète de Pierre Olivier Arduin.






Proposition de prière




Je récite la neuvaine pour la béatification du Père Lamy.

Nous croyons que, depuis son retour à Dieu, le 1er décembre 1931, notre fondateur œuvre au bien des âmes qui se confient à lui. Par cette neuvaine, vous pouvez avoir recours à son intercession et, peut-être, permettre qu’il soit un jour déclaré bienheureux.









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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 1 Avr 2017 - 18:14


 1704 


JACQUES-BÉNIGNE BOSSUET, LUMIÈRE DU ROI-SOLEIL





« L’Aigle de Meaux », Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), fut célèbre dans toute l’Europe pour sa hauteur d’esprit qui lui a permis, en une période de grands questionnements, de rester fidèle à l’Église, d’abord à la Cour de Louis XIV, puis comme évêque de Meaux (Seine-et-Marne).


Introduction. Osons la question : Jacques-Bénigne Bossuet mérite-il de sortir du tombeau ? Le plus célèbre des évêques de Meaux s’est doucement retiré de notre paysage culturel et semble promis à rester figé dans l’attitude grandiose et surhumaine de son portait le plus connu peint par Hyacinthe Rigaud. Là, tout le dépeint victorieux et dominateur, drapé dans des habits de Cour et posant dans une stabilité que rien ne saurait troubler. Il en fut bien autrement. Bossuet n’a pas été le bâtisseur paisible d’une somptueuse cathédrale, mais bien l’ouvrier affairé et pressé tentant de réparer les fissures et les brèches qui menaçaient partout l’édifice en cette seconde moitié du XVIIe siècle. Courageusement, il a hérité des grands doutes exprimés à la Renaissance, auxquels on n’avait pu vraiment répondre à cause des guerres de Religion. Il a su bien connaître son époque où l’individualisme et le rationalisme choisis par les sceptiques « libertins » remettaient en cause certaines vérités jugées par lui essentielles. Dans l’histoire intellectuelle et spirituelle de l’Europe, il a posé les grandes questions, relevé les contradictions et exposé les impasses avec perspicacité. Ses combats concernent encore l'homme d'aujourd'hui car ils ont été menés avec clarté sur les questions essentielles de l’inquiétude humaine.




Les années de formation. Jacques-Bénigne Bossuet naît le 27 septembre 1627 à Dijon (Côte-d’Or) dans une famille de magistrats. Il apprend son latin chez les Jésuites qui lui font découvrir aussi les auteurs antiques. C’est à l’âge de 14 ans qu’il découvre la Bible, empruntée dans le cabinet de son père, objet de ravissement dont il se rappellera toute sa vie. Le jeune homme poursuit ses études à Paris en philosophie puis en théologie, au collège de Navarre. Coiffé du bonnet de docteur, le jeune homme voit une carrière de professeur se présenter à lui, mais il ne choisit pas cette voie. Car déjà, il médite gravement sur la mort : « J’ai peu de temps, j’ai beaucoup de chemin à faire, peut-être en ai-je encore moins que je ne pense. »  À Paris il rencontre Vincent de Paul et se prépare à être ordonné prêtre à son école : résolument il orientera sa théologie vers l’action. Dans la vie de cet homme, en matière de foi, pas d’accident ni de brutale conversion, mais une foi solide qui se construit lentement. De tous les Pères de l’Église, c’est saint Augustin qu’il préfère. En son œuvre, ô prodige ! Il trouve tout. Bossuet ménage aussi une place aux Pères grecs, et notamment à saint Jean Chrysostome, plus simple et charnel, de qui il puisera le goût d’une parole imaginative et éclatante. Penché sur l’Écriture, écoutant attentivement l’écho de la Tradition, le regard sur l’Église, il a, sur des bases solides, profondément établi sa croyance. Ordonné prêtre en 1652, il s’installe à Metz où il a obtenu une prébende de chanoine. Dans cette ville de garnison où se côtoient militaires, catholiques, juifs et protestants, le jeune prêtre fait de nombreuses rencontres qui lui serviront. Son père est l’ami du ministre protestant Paul Ferri, ils vont faire connaissance et Bossuet entame son œuvre de controversiste en publiant une Réfutation du catéchisme du sieur Paul Ferry en 1655. Le public ne se trompe pas en reconnaissant la grande qualité de l’ouvrage qui lui fait même gagner l’amitié du pasteur.




À l’école de saint Vincent de Paul. En 1659, il retourne à Paris où il va prêcher pendant dix ans. On retrouve l’influence de Vincent de Paul dans son puissant sermon Sur l’éminente dignité des pauvres où il rappelle que les pauvres sont premiers dans l’Église et que les riches n’y sont que pour les servir. Grâce à Monsieur Vincent, il apprend à prêcher sans jargonner, en maniant les mots simples pour toucher les cœurs. En ces années, le royaume de France retourne à la paix après des décennies de guerre et la Cour cherche le divertissement. À 35 ans, Bossuet sait que l’ennemi véritable est le catholicisme mondain, nivelant les exigences chrétiennes à l’aune des avancements de sa petite carrière. Devenu le porte-voix des libertins de la Cour, Molière sera en esprit son principal adversaire dans cette lutte. Une grande espérance se porte sur le jeune Louis XIV, dont on espère qu’il soulagera les maux de son peuple, mais celui-ci bientôt affiche son goût du faste et ne cache plus sa maîtresse Louise de La Vallière. En 1662, Bossuet est choisi pour prêcher le carême devant le roi et sa Cour, au palais du Louvre, et dans son premier sermon sur la prédication évangélique, il n’hésite pas à proclamer : « Jésus-Christ n’est plus écouté. » La semaine suivante, il expose courageusement la misère du royaume où les rois « rendront compte à Dieu de ce qu’ils peuvent. » Sans doute frappée par la force de l’orateur, Louise de Vallière s’est enfuie de la Cour et Louis XIV a dû lui courir après ! Furieux, il n’assistera pas au magnifique sermon sur la mort. Bossuet aurait-il échoué ? Il est félicité, mais non rappelé.




Au service du roi pour l’unité du royaume. Cependant, l’amertume du roi Soleil ne dura qu’un temps. Très vite, il reconnaît en lui l’homme de valeur capable de devenir le précepteur du dauphin. Nommé en 1669 évêque de Condom (Gers), Bossuet y renonce rapidement pour s’occuper à temps plein de cette nouvelle charge qu’il exercera dix ans. Le prédicateur se fait philosophe et historien. Pour le bien du royaume, le dauphin doit comprendre que les princes ne sont que les instruments d’une volonté divine qui les dépasse. Le discernement spirituel, pour les princes comme pour les paysans, c’est d’apprécier l’action providentielle de Dieu dans l’ordinaire des choses. Bossuet fait venir également des scientifiques et ne cache pas son admiration pour cette science qui oblige « les venins mêmes à se tourner en remède. »  


Pour la conversion des protestants. C’est dans un même esprit d’unité qu’il poursuit son travail en direction des protestants. Convaincu que les controverses doctrinales n’aboutissaient à rien, il décide de porter ses efforts sur les conversions individuelles. En 1671, Bossuet publie une Exposition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverse, où il innove en évitant un vocabulaire de combat pour rappeler l’essentiel. Cependant, le roi estime qu’il est temps d’accélérer la lutte contre la « religion prétendue réformée » et révoque l’édit de Nantes en 1685. Bossuet le soutient. En Europe, on s’étonne de voir l’homme de l’Exposition sur la doctrine, soucieux de réconciliation, soutenir ce brutal interdit. En 1688, il publie son Histoire des variations des Églises protestantes, où il démontre que la vérité est immuable tandis que le principe du protestantisme est de toujours varier. La force de ce livre est telle que nombreux sont les protestants à reconnaître le vrai de sa thèse mais, loin de revenir dans le giron de l’Église, certains assument bientôt cette variation comme un principe de valeur ! Bossuet n’avait pas prévu qu’en voulant confondre ses adversaires, il les pousserait encore plus loin de Rome...




Évêque de Meaux. En 1680, le dauphin se marie et Bossuet a fini sa tâche. Le roi le remercie en le faisant l’année suivante évêque de Meaux, où il se montre très attentif, résidant en son diocèse, prêchant souvent et visitant ses paroisses. Énergique, il compose un catéchisme, soutient les conférences ecclésiastiques et publie des commentaires bibliques pour la bonne formation de son clergé. À la belle saison, il réside dans son agréable propriété de Germigny, en bord de Marne, où il profite du spectacle de la nature. Ce charmant tableau du bon évêque du XVIIe siècle aurait pu suffire à en faire déjà un homme admirable. Mais loin d’être une retraite pour son esprit et son cœur, son épiscopat meldois sera une période active de lutte intellectuelle et religieuse pour celui qui est considéré comme la voix de l’Église de France. (Voir « compléments »)


Une voix qui tombe. La paix civile obtenue, on comptait sur l’évêque de Meaux pour construire la paix morale et religieuse et celui-ci pensait avoir trouvé la formule victorieuse. Mais au soir de sa vie, Bossuet voyait les nuages s’accumuler à l’horizon. D’Angleterre et de Hollande, arrivaient de nouvelles philosophies promises à un grand avenir. Le pouvoir politique l’abandonnait dans sa lutte contre Richard Simon. La Cour l’avait dupé quand il avait rédigé pour l’Église de France quatre articles définissant ses droits pour délimiter le pouvoir pontifical (la Déclaration des Quatre articles en 1682) et que le roi avait abandonnés. Amertume et tristesse chez Bossuet, que de voir certaines intelligences se détourner radicalement de la Bible et de la Tradition. Avec perspicacité, il prévoit les conséquences lointaines des principes excessifs qu’il a combattus. Sentant le péril, il devient plus violent et, pour la première fois, oublie toute mesure. En 1694, dans son Traité de la concupiscence, il condamne le libre exercice de l’esprit, la science, le divertissement et le rire. Bossuet rejoint Blaise Pascal et le dépasse : il impose la sécession aux chrétiens. Dans ses Maximes et réflexions sur la Comédie, il s’emporte contre le père Caffaro qui défend le théâtre, dans lequel Bossuet ne voit qu’instrument excitant les passions. Il pressent qu’« un grand combat se prépare contre l’Église sous le nom de la philosophie cartésienne et, désabusé de n’avoir pu insérer le christianisme dans le monde, il s’autorise une grande colère. Les dernières notes de la vie de Bossuet furent-elles donc dissonantes ? Heureusement pas, car l’évêque de Meaux se replonge dans les délices de la méditation et partage avec les religieuses de son diocèse ses pensées les plus élevées et les plus profondes. Dans ses Méditations sur l’Évangile et ses Élévation sur les Mystères, on le sent écrire avec le cœur au bout de la plume : « Relis mon âme ce doux commandement d’aimer. » Souffrant, il apprend qu’il est atteint de la maladie de la pierre. Il se fait alors relire l’Évangile de saint Jean mais ne peut, faute de temps, achever sa Défense de la Tradition et des Saints Pères. En août 1702, il prêche une dernière fois à la cathédrale de Meaux. Installé à Paris pour se soigner, il meurt paisiblement le 12 avril 1704 dans son domicile rue Sainte-Anne. Selon ses volontés, il sera enterré dans la cathédrale de Meaux, au cœur de son cher diocèse auquel il avait consacré tant de soins.


Citation :
Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était


Conclusion. Avouons-le, la vie et l’œuvre de Bossuet nous impressionnent par leur cohérence. Tout entier possédé par le désir de faire connaître Dieu, il veut aussi éclairer l’homme sur l’impact de ses choix individuels sur le destin collectif. Fidèle à une révélation intérieure et doué d’une intelligence qui lui permettait d’examiner les questions difficiles et, dans la confusion des esprits, de porter une sentence claire, Bossuet a su observer son temps tel qu’il l’était. Orateur superbe et écrivain puissant, doué d’une force de travail sortant de l’ordinaire, et riche de qualités humaines qui font les grands cœurs, nous aurions finalement pu lui reprocher de ne pas avoir assumé le rôle de docteur de l’Église de France, s’il l’avait seulement rejeté. Mais courageusement, il a embrassé cette grave responsabilité et ne s’est pas contenté d’être un simple analyste en œuvrant par différents moyens pour éviter les ruptures, empêcher les folies et enseigner les simples comme les grands esprits. Quand on relit aujourd’hui ses lignes sur notre condition humaine, ses avis sur les excès de notre cœur et de notre raison, ou sur les pénibles questions de nos capacités, on est saisi par le regard perçant qu’il a jeté sur notre propre vie. C’est que l’ « Aigle de Meaux » a voulu que tous cherchent et trouvent, en prenant la hauteur qui le caractérise. Sa perspicacité à voir l’aboutissement de certains principes nous encourage à faire ce même effort mais c’est peut-être dans son appel à ne pas être esclave de nos propres opinons individuelles que Bossuet demeure pour nous le sage qu’il serait bien imprudent d’oublier.




Matthieu-Alexandre Durand
Conservateur de la bibliothèque diocésaine de Meaux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Matthieu-Alexandre Durand a faites le samedi 1er avril 2017.


Proposition d'engagement




Je parle de ma foi catholique


À la manière de Bossuet, j’essaie cette semaine d’évoquer ma foi catholique avec une ou plusieurs personnes protestantes.


Proposition de formation sur la foi




Pourquoi est-il si difficile d’accepter la vérité ?


La vérité dévoile nos limites, nos mensonges et notre ignorance, et cela peut constituer une épreuve d'autant plus redoutable qu'on est éloigné de cette vérité et que le contexte n'est pas amical ou bienveillant.





Proposition de prière


Je prie la prière de Bossuet devant le Saint-Sacrement.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 8 Avr 2017 - 15:34


 1922 


PIE XI PROCLAME NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION PATRONNE PRINCIPALE DE FRANCE





Tous les royaumes de la terre, et d’abord tous les royaumes chrétiens, qu’ils le sachent ou l’ignorent, quelles que soient les formes de leurs États, sont confiés à la garde de la Mère de Dieu, dont le Fils, Jésus-Christ, est le Roi, puisqu’il est le Roi de l’Univers. Il suffit de penser pour s’en convaincre au Mexique de Notre Dame de Guadalupe, à la Pologne de Notre Dame de Czestochowa, au Portugal de Notre Dame de Fatima. De l’Afrique à la Chine, de l’Argentine à la Russie, tous les pays, tous les continents de la terre sont l’apanage de la Reine des Cieux. « Royaume de France, Royaume de Marie » (Regnum Galliae, Regnum Mariae). En ces quelques mots, tout est dit. La France, fille aînée de l’Église, est l’un des pays, sinon le pays, privilégiés par Notre Dame. En 1922, le pape Pie XI proclame d’ailleurs Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France.


Le Liban se confie à la Vierge Marie. Certains lieux du monde ont de cet apanage une idée claire et s’en réclament. Ainsi, en 2010, le Liban a fait récemment du 25 mars, solennité de l’Annonciation, un jour de Fête Nationale, où se rencontrent toutes les composantes de son peuple, chrétiennes et musulmanes, dans l’amour que porte à la Vierge-Mère le pays tout entier. C’est à la Reine de la Paix que cette terre, déchirée par tant de rivalités et de haines, a eu l’audace unanime de se confier. Comme si la « Porte du Ciel », l’un des titres que lui donnent ses litanies, était celle par où peuvent entrer dans le Sanctuaire divin, pour y contempler la beauté du Seigneur des mondes et communier en lui, tant de fils que tout oppose, parfois jusqu’au sang, y compris leurs conceptions si différentes de l’Adoration. Par le seuil du sanctuaire de l’Adoration, dont Marie est la porte grande ouverte, passent, pour tous les Libanais, l’Espérance, la Grâce de la Paix de Dieu.


Une France immortelle ? Non, la France n’est pas le seul Royaume de Notre Dame. Cependant, la France est le pays qui, plus qu’aucun autre, a pris envers Notre Dame un engagement solennel de fidélité, qui durera aussi longtemps que durera ce pays, c’est-à-dire, je l’espère bien, autant que durera le monde. Écrivant cela, je n’oublie pas les mots prophétiques de Paul Valéry peu après la Première Guerre mondiale : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » La France mourra-t-elle avant que ne meure le monde ? J’entends, la France de notre amour, la « France, Mère des arts, des armes et des lois », de l’harmonie des paysages naturels et spirituels, de l’équilibre entre la modestie et la grandeur, qui enfanta le dicton allemand : « Heureux comme Dieu en France », ou le dicton polonais : « Le ciel est trop haut et la France est trop loin ». Qui peut affirmer que cette France-là durera aussi longtemps que le monde ? Qui peut même affirmer qu’elle ne relève pas déjà de temps révolus ? Je me refuse à le croire. Je m’y refuse de toute la force de mon amour pour « notre mère la France », comme le disaient naguère encore les Libanais (trop souvent abandonnés par cette mère comme les autres chrétiens du Proche-Orient), car elle a pour toujours la gravité de Notre Dame du Puy et l’ineffable douceur de Notre Dame de Chartres. Gravité de la Mère des douleurs. Douceur de la Mère de compassion et de tendresse.


Citation :
Nul pays ne fut l’objet d’une consécration à Notre Dame aussi absolue et solennelle


La consécration solennelle de la France à la Vierge Marie. Si parfois, à nos yeux recrus de larmes, peut paraître révolu le temps de la France, que s’éclaire et se purifie notre regard ! Qu’il voie, au-delà des apparences, que ne peut-être révolu le temps de Notre Dame, le temps de Notre Dame de France ! À travers les pires vicissitudes, ne peut être révolu l’engagement de la France envers la Mère de Dieu, aussi ancien qu’elle, car son amour pour cette Mère lui fut toujours consubstantiel, mais engagement solennellement pris « à perpétuité » le 10 février 1638 par le Roi Louis XIII (voir texte dans la partie « Compléments »). Nul pays, je crois, ne fut l’objet d’une consécration à Notre Dame aussi absolue et solennelle, s’étendant à tout son avenir. Cette consécration, à la réalisation de laquelle prit grande part le successeur de Louis XIII, le Dauphin espéré, Louis-Dieudonné qui devint Louis XIV, s’étendit à la France toute entière, qui, au jour prévu pour en faire mémoire, le 15 août, solennité de l’Assomption, organisa, d’abord dans chaque église, puis dans les rues des villes et villages, la fameuse procession, dont la tradition a été si heureusement reprise à Paris par le Cardinal Lustiger et son successeur le Cardinal Vingt-Trois.  


Notre Dame de France en difficulté. Cette consécration pourtant ne suivit pas toujours un cours paisible. La Révolution la rejeta, installant au lieu et place de Notre-Dame, dans le chœur de la cathédrale de Paris désaffectée, une actrice affublée du titre de « Déesse Raison », qui reçut les hommages des nouveaux princes, ennemis de la « superstition ». Quand vint le Concordat, la cathédrale est rendue au culte catholique et celui-ci n’y fut plus aboli. Cependant, Napoléon, né un 15 août, s’inventa un saint patron, d’existence et de nom approximatifs, qui fut opportunément célébré ce jour-là, si bien que, sous son règne, on ne sut plus exactement si, lors de la commémoration du vœu de Louis XIII, on honorait l’Assomption de Notre Dame ou l’anniversaire et la fête de l’Empereur… Quant à la République, tant que dura le Concordat, elle célébra l’Assomption de la Vierge le 15 août, et, quand intervint la fameuse loi de 1905, d’inspiration hostile au catholicisme, mais qui, à l’instar des autres religions, le respecta, elle s’abstint de célébrer cette Solennité mais ne la remit pas en cause.  



Notre Dame de l’Assomption, patronne principale de la France. En 1922, première année de son pontificat, le pape Pie XI proclame Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France. Dans sa lettre apostolique « Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam », il affirme : « …Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité… » (voir texte complet dans la partie « Compléments »).


Notre Dame de la paix. Un signe éclatant de la persistance, dans l’esprit public (et, fût-ce officieusement, dans celui des Autorités de la Nation), du lien d’amour indissoluble entre la France et la Vierge Marie, fut donné à la fin août 1944, lors de la Libération, quand le Général De Gaulle signifia avec grandeur et émotion (au battement sublime du gros bourdon) que la Reine de France, de la France républicaine, demeurait Notre-Dame en sa demeure de Paris, dont le Magnificat ébranlait d’allégresse les voûtes multiséculaires. Moments inoubliables pour la France et pour Paris, que ne font nullement pâlir, mais au contraire resplendir, des actes comme le Serment de Koufra, prêté en pleine guerre, le 2 mars 1941, par le Général Leclerc et ses hommes, de ne pas cesser le combat avant que les couleurs de la France ne flottent de nouveau sur la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Citons aussi le choix de la cathédrale Notre-Dame de Reims par le Général De Gaulle et le Chancelier Adenauer pour y faire célébrer en leur présence le 8 juillet 1962, une messe solennelle de réconciliation entre l’Allemagne et la France et d’invocation à la Paix. Acte que commémorèrent en 2012, en ce même lieu, mais cette fois sans la messe, Madame Merkel et Monsieur Hollande.


Des protestations récentes. Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame de Reims, quels symboles ! La cathédrale du vœu, la cathédrale des luttes fratricides transcendées, la cathédrale du sacre… Toutes les trois, comme des milliers d’églises de France, placées sous les auspices de la Vierge Marie ! Qui oserait y redire ? Quelques-uns, de nos jours, s’y risquent pourtant, peut-être tant est épaisse et vaste leur ignorance. Ils vinrent troubler récemment la liturgie dominicale à Notre-Dame de Paris, ou s’allongèrent sur son parvis, quand le maire de notre capitale, Monsieur Delanoë, inaugura le nouveau nom de celui-ci : « Parvis de Notre-Dame, Place Jean-Paul II ». La plus virulente des protestataires, une adjointe au maire, indiqua outrée la cause principale de son indignation : on avait osé « associer le nom de Jean-Paul II à celui de Notre Dame ! » Elle ignorait sans doute que la devise de ce saint Pape, si épris de la France, était « Totus Tuus », « Je suis tout entier à toi », devise empruntée à saint Louis-Marie Grignon de Montfort, l’un des plus grands saints français, théologien par excellence de Notre Dame, qui fut le saint de prédilection de Jean-Paul II. « Totus tuus », « Je suis tout entier à toi, Notre Dame » !




La sainte humilité de la France. La sainteté française est fraternelle à toutes les saintetés, d’où qu’elles viennent, en quelque lieu de la terre, en quelque période du temps où elles se soient épanouies. Il serait très difficile, peut-être impossible, de la qualifier. Pourtant, il me semble qu’elle a un visage qui lui est propre, le visage de l’humilité. On ne saurait imaginer un saint ou une sainte de France qui ne soit humble, au sens du Magnificat de Marie : « Il renverse les puissants de leurs trônes ; Il élève les humbles. » Oh, bien sûr, les saints et les saintes de France ont leur grandeur, leur noblesse ; ils ont leur fierté ! Il n’y a pas plus noble, ni plus fier que sainte Jeanne d’Arc, que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, que sainte Élisabeth de la Trinité, qui, pour le Seigneur, voulait être une « louange de gloire ». Toutes les trois eurent d’ailleurs à purifier, chacune à sa manière, leur tempérament fougueux. Je les aime toutes les trois ardemment, avec une préférence pour Jeanne peut-être, brûlée à 19 ans à l’issue d’un procès parmi les plus iniques de l’histoire avec celui de Jésus, mené en présence de l’occupant par des autorités ecclésiastiques de sa propre nation, décidées d’avance à la condamner plutôt qu’à la juger (voir article sur le procès de Jeanne d’Arc). Oui, Jeanne, patronne secondaire de la France, est la fierté même, la hardiesse, le courage, à un degré insurpassé, et peut-être inégalé. Mais elle est aussi une jeune fille, presque une enfant, très pure, et pas seulement sur le registre des examens indiscrets qu’elle dut subir à Poitiers puis à Rouen, elle est pure comme une fontaine de cristal. Elle prie sans cesse, elle prie ses Voix, bien sûr, saint Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite, mais la sainte Vierge plus que tout autre. Enfant, elle disait très souvent son chapelet ; en prison, elle récite l’Ave Maria. Elle aime la sainte Vierge. Elle l’aime pour elle-même, mais plus encore parce qu’elle est la Mère de Jésus, son grand amour. L’ignorante a une théologie très saine, très sûre, la théologie d’une âme droite. C’est elle qu’il faut lire sur son oriflamme où elle a fait peindre, entre deux anges, de part et d’autre d’une épée : « Jhesus, Maria ». Mais Jeanne, la fière fille de France, est l’humilité même. « Êtes-vous en état de grâce ? » « Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre. Si j’y suis, Dieu veuille m’y garder. »




Les manifestations de la Vierge. En France, il y a Jeanne ; mais il y a Thérèse, sa grande amie ; il y a Catherine Labouré, qu’un ange conduit de nuit dans la chapelle de la rue du Bac où Marie l’attend ; il y a Bernadette, à qui, si courtoisement, la Vierge s’adresse et lui révèle le mystère de son « Immaculée Conception »… Il y a aussi les enfants de Pontmain, petits villageois pauvres de Mayenne, qui, seuls dans la nuit enneigée sous la menace de l’envahisseur, voient la Vierge sans autres paroles que celles s’écrivant en lettres d’or sous ses pieds ; il y a l’impressionnante apparition, toujours à des enfants, de « celle qui pleure » à la Salette sur les terribles malheurs présents et futurs de la France et du monde si l’on ne se convertit pas. Il y a encore la tendre présence de Marie à l’île Bouchard, en faveur des familles de France… Il y a, il y a…. Je ne crois ni exagérer, ni pécher par orgueil nationaliste en disant que nul pays n’a été au même degré que la France favorisé des marques d’amour de Notre Dame qui choisit des enfants pour en témoigner. Elle trouve en eux ses humbles messagers pour, leur dit-elle, « le faire passer à mon peuple ». Mais qu’en fait donc aujourd’hui son peuple ?

Notre Dame à tous. Partout en France, quand la Vierge se manifeste, joyeuse ou douloureuse, c’est dans la beauté sereine et si harmonieuse de nos contrées. Et presque toujours à des enfants. Non que nous manquions de grandes et belles villes, ni de géants de la sainteté. À leurs manières si différentes, saint Louis Grignon de Montfort et saint Bernard sont des géants. Saint Bernard, dans son amour de Marie, atteint les plus hauts sommets de la beauté, saint Louis-Marie ceux de la tendresse. Mais il existe, même chez ces géants, une humble clarté mariale dont ils resplendissent. Quand ils évoquent leur Dame, tels des chevaliers courtois, ils redeviennent des enfants devant leur Mère. Et cette grâce de l’enfance habite les plus sublimes chefs d’œuvre enfantés par le génie français, se mettant de tout cœur au service de leur Dame, de Notre Dame. Notre-Dame d’Amiens, Notre-Dame de Bourges, Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame de Cléry, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame du Puy, Notre-Dame de Reims, Notre-Dame de Sens, Notre-Dame de Strasbourg, chacune de ces « Notre-Dame » est la Dame de chacun de nous.




Nos artistes, nos poètes, l’ont tous compris (ce sont, avec les saints et les enfants, ses plus chers enfants). Villon, Corneille, Bloy, Péguy… Tant et tant d’autres…
Écoutons l’un d’eux, Bernanos :  « Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et sur notre malheur. Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir ce regard qui n’est pas tout-à-fait celui de l’indulgence - car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère - mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain. »  

« La cadette du genre humain », voilà ce qu’est Notre Dame de France.





Dominique Ponnau
Historien de l'art, conservateur général honoraire du patrimoine


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Dominique Ponnau a faites le samedi 8 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je compose une invocation pour rendre hommage à ma Mère bien-aimée


Chers lecteurs, voici une prière qui m’est chère. Je serais heureux si cette semaine vous priiez ou composiez vous-mêmes une invocation pour rendre hommage à notre Mère bien-aimée.  


« Je m’en remets entièrement à toi, Immaculée,
de ce que je dois demander au Père, dans l’Esprit d’amour de ton Fils ;
et je le demande avec ferveur.
Utilise-moi selon l’Esprit du Christ comme tu le désires. Dans son Église, parmi tous mes frères, croyants ou incroyants, amis ou ennemis,
où Il veut, comme Il veut, quand Il veut, fais de moi un ami de l’Époux.
Donne-moi un cœur simple, pur, un cœur de pauvre.
Conduis-moi à sa suite là où l’on aime vraiment. »



Proposition de formation sur la foi





Comment imaginer le Paradis, la résurrection de la chair et la vie éternelle ?


Le Jugement particulier conduit l’âme au Paradis, au Purgatoire ou en Enfer. Le Jugement dernier confirme pour l’éternité le refus de Dieu ou sa vision dans une plénitude et une temporalité que nous ne pouvons tenter de concevoir qu’en corrigeant nos fausses représentations...

Découvrez la réponse complète du  Père Jean-Robert Armogathe.






Proposition de prière




Je récite la prière de Léon Bloy à la Sainte Vierge.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 15 Avr 2017 - 22:47


 1783 


SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE : LE VAGABOND DE DIEU





Patron des sans-abri encore méconnu du grand public, saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783), natif du Nord de la France, passa de nombreuses années de sa vie à parcourir, comme un mendiant, les églises et sanctuaires de France et d’ailleurs pour prier Dieu.


Extrait de l’Homélie du Pape Benoît XVI pour la messe de son 85e anniversaire (Rome, 16 avril 2012) : « Le jour de mon anniversaire et de mon baptême, le 16 avril, la liturgie de l’Église a placé trois signes qui m’indiquent où conduit la route et qui m’aident à la trouver. En premier lieu, il y a la mémoire de sainte Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes ; puis il y a l’un des saints les plus particuliers de l’histoire de l’Église, Benoît-Joseph Labre. (…) Benoît-Joseph Labre, le pieux pèlerin mendiant du XVIIIe siècle qui, après plusieurs tentatives inutiles, trouve finalement sa vocation de partir en pèlerinage comme mendiant - sans rien, sans aucun soutien et en ne gardant rien pour lui de ce qu’il recevait, si ce n’est ce dont il avait strictement besoin -, partir en pèlerinage à travers toute l’Europe, dans tous les sanctuaires de l’Europe, de l’Espagne jusqu’à la Pologne, et de l’Allemagne jusqu’à la Sicile : un saint vraiment européen ! Nous pouvons également dire : un saint un peu particulier qui, en mendiant, vagabonde d’un sanctuaire à l’autre et ne veut rien faire d’autre que prier et, avec cela, rendre témoignage à ce qui compte dans cette vie : Dieu. (…) Ainsi, c’est un saint de la paix, précisément dans la mesure où c’est un saint sans aucune exigence, qui meurt pauvre de tout et qui est pourtant béni par chaque chose. »

Nous découvrons donc en ce 15 avril, veille de sa fête, l’importance pour Benoît XVI (et pour nous tous) de ce saint méconnu mort pauvre et « SDF », à Rome le 16 avril 1783. Il avait 35 ans. On meurt jeune quand on est sans-abri ! En France, aujourd’hui, la moyenne d’âge des 501 morts de la rue de l’année 2016 est de 49 ans. Benoît-Joseph eut cependant la consolation de rendre le dernier soupir dans une maison, celle du boucher Zaccarelli qui le recueillit après l’avoir trouvé évanoui sur les marches de Notre-Dame-des-Monts, son église romaine préférée.





Un « saint est mort » Le jour de sa mort, le Mercredi Saint, les enfants – qui avaient de son vivant accablé Benoît de détritus et des pires injures – s’élancèrent soudain dans les rues de Rome avec tous les gosses du quartier en criant : « Le saint est mort ! Le saint est mort ! » La foule accourut attirée par la rumeur et réclama son transfert à sa chère église de Notre-Dame-des-Monts. Le curé s’y opposa - pour enterrer un pauvre, il n’était pas besoin de grande cérémonie - mais il y eut dans le quartier une sorte de révolte populaire à laquelle on dut céder. Il fallut même faire appel aux soldats pour frayer un chemin au travers de la multitude au convoi qui l’emmenait à Notre-Dame-des-Monts au milieu des cris des enfants : « Le saint est mort ! »


Les premiers miracles. Certains pensaient que cette excitation populaire s’apaiserait vite. Mais le Vendredi Saint, une foule si grande se pressa devant Notre-Dame-des-Monts qu’on dut surseoir à la sépulture et porter le corps de Benoît dans la nef. Le peuple célébrait un des siens à la face de Rome. Quelques grands seigneurs ou dignitaires se présentèrent le soir et demandèrent la faveur d’entrer dans l’église par l’arrière. Le Samedi Saint, la foule fut encore plus nombreuse et une première femme souffrant d’ulcères à la gorge depuis trois ans fut guérie. On cria au miracle. Les carrosses arrivèrent par les ruelles, la foule se grossit de bourgeois, d’artisans, de grands seigneurs, de prélats. Le jour de Pâques, les soldats furent débordés : on venait maintenant des alentours de Rome. Quand on ensevelit Benoît, ses membres restèrent souples et de son corps s’exhala seulement l’odeur des fleurs. L’église resta fermée plusieurs jours, ce qui n’arrêta pas l’affluence qui empêchait désormais les offices. Le Saint-Sacrement dut être transféré dans une autre église. Et ce fut seulement vers la fin du mois de juin, plus de deux mois après sa mort, que l’on put congédier les soldats. L’ouverture officielle du procès informatif débuta quelques semaines avant, le 13 mai, moins d’un mois après sa mort.  




Un passionné de Dieu. Arrêtons-nous un instant sur la vie de Benoît. Né le 26 mars 1748 à Amettes (Pas-de-Calais), au diocèse de Boulogne, dans le Nord de la France, il est l'aîné d'une famille de 15 enfants. Alors qu’il rêve de devenir moine pour être au plus proche de Dieu, il passe son enfance dans les champs avec son père cultivateur et ses frères. Mais dès l’âge de 19 ans, il tente sa chance auprès de différents monastères pour accomplir ce qu’il pense être sa destinée. Sans succès. Ici, on ne prend pas de novices, là on le trouve trop jeune, ailleurs, sa santé est trop fragile. Il finira par entendre de la bouche du Père Abbé de la Grande Trappe de Sept-Fons (Allier) : « Dieu vous veut ailleurs. » Qu’à cela ne tienne. Le jeune homme ira ailleurs, sur la route, sur les routes, prier Dieu sans cesse et toujours.  




Sur le chemin du Seigneur. Pendant sept ans, de 1770 à 1777, Benoît n’a de cesse de visiter tous les sanctuaires célèbres ; il sillonne sans trêve ni repos tous les chemins, cherchant de préférence les chemins de traverse, où il peut s'entretenir plus commodément avec Dieu. Il connaît toutes les églises entre le Rhône et les Alpes. La marche a cette vertu : le silence et les pas deviennent une prière. Il a cet art merveilleux d’arrêter les sots discours, en mettant un frein à tout ce qui peut blesser la bonté et la modestie. En sept ans, il parcourt près de 30 000 kilomètres dans le plus grand dénuement, vivant uniquement de la charité des personnes rencontrées. Vers la fin de sa vie, Rome devient l’élue de son cœur. Il y passe des journées entières en prière dans les églises, suivant notamment la dévotion des Quarante-Heures devant le Saint-Sacrement (d’où son surnom de « saint des Quarante-Heures »), logeant avec d'autres pauvres dans les ruines du Colisée, distribuant ce qu'on lui donne. C’est dans cette ville qu’il est retrouvé mourant le 16 avril 1783..


Un amour particulier pour Marie. Benoît portait le rosaire autour du cou et le priait chaque jour. Une dévotion spéciale l’unissait au culte marial : devant l’image de la Sainte Vierge, dans les différentes abbayes ou églises de France, d’Allemagne de Belgique ou d’Italie (il aimait en particulier la basilique de Lorette, sur la côte adriatique), à chaque fois émanait de lui un ravissement, un silence, des jeûnes, une longue assistance aux offices… et surtout des heures passées dans la contemplation du « Fiat voluntas tua ! » (« Que votre volonté soit faite ! »).




Une question demeure… En revenant de Saint-Jacques-de-Compostelle l’année 1773, il s’arrêta à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), à Rians (Var), puis à Artigues (Var) où il logea au hameau des Bellons entre décembre 1773 et février 1774. Pour un bon marcheur comme lui, le sanctuaire de Cotignac se trouvait donc à moins d’une journée de marche, mais chose très étonnante, on ne trouve aucune trace de son passage dans ce lieu ; ni chez les historiens ni même dans les nombreuses légendes. J’ai personnellement rencontré Labre lors de mon propre chemin vers Compostelle en 2008, dans un petit livret du pèlerin, où j’ai pu longuement méditer ses mots en marchant, qui devraient percuter chacun de nous, hommes et femmes du XXIe siècle : « Ce que vous possédez vous possède. » Le poète français Paul Verlaine dira de lui : « Saint Benoît-Joseph Labre, la seule gloire française du XVIIIe siècle, mais quelle gloire ! »

Benoît fut déclaré vénérable le 31 mars 1792 puis élevé au rang de bienheureux par le pape Pie IX le 2 juin 1859. Il fut canonisé à Rome par Léon XIII le 8 décembre 1881, jour de la fête de l’Immaculée Conception. Saint Benoît-Joseph Labre est le saint patron des sans-abri. Sa devise est la suivante : « Quaere super nos » : « Cherche au-dessus de nous », empruntée au livre X des Confessions de saint Augustin (lorsque le saint se rend compte que Dieu n’est pas dans la nature autour de nous, mais se trouve bien au-dessus).





Jean-Marc Potdevin
Co-fondateur du réseau social Entourage


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Marc Potdevin a faites le samedi 15 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je télécharge l’application pour mobile « Entourage - Réseau Civique »


Saint Benoît-Joseph Labre a passé une grande partie de sa vie à côtoyer les plus pauvres, à leur offrir le peu qu’il possédait. Pour rendre hommage à ce grand saint et vivre du même esprit de charité et d’humilité qui l’habitait, nous vous proposons cette semaine de faire connaissance avec l’application pour mobile (« Entourage - Réseau Civique ») ou le site Internet Entourage : http://www.entourage.social.

Vous trouverez, nous l’espérons, des actions de solidarité à dédier aux plus démunis.





Proposition de formation sur la foi





L’argent empêche-t-il d’être sauvé ?


L’argent est présenté par l’Évangile comme un piège et il est condamné lorsqu’il devient Mammon, le rival de Dieu ; mais c’est à l’homme que revient la responsabilité de définir son rapport à l’argent. L’Église rappelle aux riches leur devoir de responsabilité et de charité dans la gestion des richesses.

La réponse complète de Dom Pascal-André Dumont.





Proposition de prière




Prions la prière mariale de Saint Benoît-Joseph Labre.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Avr 2017 - 16:14


 1897 


LA VIERGE MARIE DANS LA VIE DE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS DE LA SAINTE FACE





Saint Jean-Paul II reconnaissait en proclamant Thérèse « docteur de l’Église », le 19 octobre 1997, que la théologie mariale de Thérèse annonce celle de Vatican II et ce qu’il a lui-même proposé dans son encyclique sur « la Mère du Rédempteur ». Parcourons ensemble les rencontres avec Marie de celle qui se demanda un jour d’août 1897 : « Qui est-ce qui aurait pu inventer la Sainte Vierge ? »


À Alençon de 1873 à 1877. Les « années ensoleillées » de la petite enfance ont laissé en l’âme de Thérèse une « douce empreinte ». La prière familiale quotidienne se fait au pied d’une reproduction de la Vierge de Bouchardon, statue qui va jouer un rôle considérable dans la vie de Thérèse. Née le 2 janvier 1873 à Alençon (Orne), Marie-Françoise Thérèse Martin est baptisée en l’église Notre-Dame le 4 janvier. La famille de Louis et Zélie Martin est une famille mariale : le premier prénom de leurs neuf enfants est Marie. La prière est à la première place de la vie du couple, qui, chaque matin à 5h30 se rend ensemble à la « messe des ouvriers » à l’église Notre-Dame. La famille a également une grande dévotion à Notre-Dame des Victoires de Paris, « qui est comme un petit paradis terrestre » (lettre de Louis Martin du 10 octobre 1863). Après avoir effectué avec ses trois aînées Marie, Pauline et Léonie un pèlerinage à Lourdes, Zélie, atteinte d’un cancer du sein, meurt le 28 août 1877.




Dans la maison des Buissonnets à Lisieux de 1877 à 1888. Après le déménagement à Lisieux (Calvados) dans la maison des Buissonnets, Thérèse raconte comment elle vivait le mois de Marie : « Étant trop petite pour aller au mois de Marie, je restais avec Victoire (la servante de la famille à Lisieux) et faisais avec elle mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon. » Après que sa « deuxième maman », sa sœur Pauline, est entrée au carmel sous le nom de Sœur Agnès de Jésus, Thérèse tombe gravement malade à Pâques 1883. « Cependant, elle avait un Soleil auprès d’elle, ce Soleil était la statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman, et souvent, bien souvent, la petite fleur tournait sa corolle vers cet Astre béni... Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j’étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d’or avec une expression de grande tristesse et lui dit d’écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille. » Le dimanche de Pentecôte, le 13 mai, Thérèse se sent miraculeusement guérie. « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le ravissant sourire de la Sainte Vierge. Alors toutes mes peines s’évanouirent…  Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse. » Le 8 mai 1884, Thérèse fait sa première communion et prononce la consécration à la Vierge Marie : « Il était bien juste que je parle au nom de mes compagnes à la Mère du Ciel, moi qui avais été privée si jeune de ma Mère de la terre. »  En octobre 1886, sa sœur et marraine Marie entre au carmel de Lisieux sous le nom de sœur Marie du Sacré-Cœur. Secouée par tous ces événements, hypersensible, Thérèse est transformée à Noël 1886. Elle nommera cet événement : « La grâce de ma complète conversion. » La grâce de Noël lui donne ce qu’elle désirait depuis longtemps : être délivrée de sa trop grande sensibilité et de « ce cercle étroit où je tournais ne sachant comment en sortir ».


Citation :
« C’était au carmel qu’il me serait possible de trouver le manteau de la Sainte Vierge »


Des difficultés d’entrer au carmel. Maintenant, elle se sent assez forte et libre de réaliser sa vocation. Le jour de la Pentecôte, le 29 mai 1887, elle reçoit de son père l’autorisation d’entrer au carmel et le 31 mai elle est reçue comme enfant de Marie à l’école de l’Abbaye. Mais à cette jeune fille de 14 ans s’interposent l’opposition de son oncle, celle du supérieur du carmel, l’abbé Delatroëtte, et la réponse évasive de l’évêque, Mgr Hugonin. Décidée, elle entreprend alors en novembre un voyage à Rome pour demander au Pape la permission d’être carmélite. À Notre-Dame des Victoires, elle reçoit une grâce de libération des scrupules dont elle souffrait depuis sa guérison : « La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de "Maman" car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère... Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal !... Ah ! C’était là un de mes premiers désirs d’enfant... En grandissant j’avais compris que c’était au carmel qu’il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c’était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs. » À la fin de l’année 1887, elle obtient les permissions nécessaires, et le 9 avril 1888, où l’on fêtait l’Annonciation, elle devient postulante au carmel de Lisieux.  




Thérèse carmélite. Tout le carmel est marial : il est « l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel ». Thérèse prend l’habit le 10 janvier 1889, la dernière fête à laquelle son père peut participer avant les années douloureuses de sa maladie et de son internement au Bon Sauveur de Caen. Après le noviciat qu’elle effectue « entièrement cachée sous le voile de la Sainte Vierge », Thérèse s’engage définitivement par les vœux de la profession perpétuelle le 8 septembre 1890. « Quelle belle fête que la nativité de Marie pour devenir l’épouse de Jésus ! C’était la petite Sainte Vierge d’un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... ce jour-là tout était petit excepté les grâces et la paix que j’ai reçues, excepté la joie paisible que j’ai ressentie le soir en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s’ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourrais m’unir à mon Époux au sein d’une allégresse éternelle. » « Lancée à pleines voiles sur les flots de la confiance et de l’amour », par le prédicateur de la retraite communautaire, le père Alexis Prou, en octobre 1891, la conviction de se confier sans réserve à l’amour de Dieu se développe toujours plus en elle.    



L’écriture pour grandir dans la foi. Après la mort de leur père le 29 juillet 1894, Céline entre au carmel sous le nom de sœur Geneviève de Sainte Thérèse. À cette époque, sous le priorat de mère Agnès, Thérèse commence à écrire : poésies, pièces de théâtre, prières et surtout en 1895 le début de son autobiographie (aujourd’hui célèbre sous le titre Histoire d’une âme), le Manuscrit A, qu’elle compose sous le regard de la statue de la Vierge du sourire placée dans l’antichambre de sa cellule monastique. Dans une clarté croissante, se trace peu à peu la « petite voie » de confiance et d’amour. Le 9 juin 1895, en la fête de la Trinité, elle fait son « offrande à l’amour miséricordieux ». C’est à la « Sainte Vierge, ma Mère chérie que j’abandonne mon offrande, la priant de vous la présenter ». La découverte capitale de l’Amour miséricordieux donne à Thérèse une clé d’interprétation pour toute son existence. « Je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement ʺLes Miséricordes du Seigneur !!!ʺ...  » L’apostolat de la prière pour deux jeunes missionnaires, l’abbé Maurice Bellière et l’abbé Adolphe Roulland, l’initie à la mission pour le monde entier. « Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles... » Pour la fête de mère Agnès, elle écrit une pièce de théâtre racontant la « fuite en Égypte ». Elle met sur les lèvres de saint Joseph ces paroles comme une confidence et une invitation : « Regardez bien ce que fait Marie. Imitez-la. »


Citation :
« La Sainte Vierge ne manque jamais de me protéger aussitôt que je l’invoque »


Une fin douloureuse. L’hémoptysie (rejet de sang par la bouche) de la nuit du Vendredi Saint 1896 ouvre le temps de la lutte avec la mort. De Pâques 1896 jusqu’à son décès, Thérèse vit une nuit de la foi à travers laquelle elle se sent séparée de la certitude du Ciel, de la Patrie céleste comme par « un mur qui s’élève jusqu’aux cieux » ; mais elle reconnaît en Marie « plongée dans l’angoisse du cœur » l’exemple de l’âme qui cherche le Seigneur « dans la nuit de la foi ». « Non, la Sainte Vierge ne sera jamais cachée pour moi. » Pendant la retraite de septembre 1896, elle comprend de manière nouvelle son appel à l’amour infini : « Ma vocation, c’est l’amour... Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église... dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour... ainsi je serai tout. » La dernière poésie qu’elle écrit en mai 1897 s’intitule Pourquoi je t’aime ô Marie. Dans cette poésie, « j’ai dit tout ce que je prêcherais sur elle », affirmera-t-elle au mois d’août, dans les grandes souffrances de sa maladie. On retrouve dans cette poésie le fruit des méditations de Thérèse, qui lisait « par-dessus tout l’Évangile » pour y découvrir Marie « dans sa vie réelle ». En juin 1897, elle poursuit l’écriture de l’histoire de sa vie, le Manuscrit C, dédié à la Mère prieure Marie de Gonzague. Elle y montre la manière de vivre dans la nuit « quand il ne reste que l’amour », la joie d’aimer comme Jésus aime, la puissance de la prière « qui dilate le cœur et unit à Jésus ». Elle reconnaît qu’elle a eu « toute sa vie tant de mal à dire (s)on chapelet ». « J’ai beau m’efforcer de méditer les mystères du rosaire, je n’arrive pas à fixer mon esprit... Longtemps je me suis désolée de ce manque de dévotion qui m’étonnait, car j’aime tant la Sainte Vierge qu’il devrait m’être facile de faire en son honneur des prières qui lui sont agréables. Maintenant je me désole moins, je pense que la Reine des Cieux étant ma Mère, elle doit voir ma bonne volonté et qu’elle s’en contente… La Sainte Vierge me montre qu’elle n’est pas fâchée contre moi, jamais elle ne manque de me protéger aussitôt que je l’invoque. »  




Après des mois de délabrement physique, de grandes souffrances et d’épreuves intérieures, Thérèse meurt dans son carmel de Lisieux, le 30 septembre 1897 à l’âge de 24 ans. Le 8 septembre, d’une main tremblante, elle avait écrit au crayon cette ultime prière adressée à Marie : « Ô Marie, si j’étais la Reine du Ciel et que vous soyez Thérèse, je voudrais être Thérèse afin que vous soyez la Reine du Ciel !!!.... » Origine d’une grande ferveur populaire (le carmel de Lisieux reçoit 500 lettres par jour en 1914), Thérèse est béatifiée le 29 avril 1923, puis canonisée le 17 mai 1925 par le pape Pie XI, pour qui elle constitue « l’étoile de son pontificat ». Elle devient patronne des missions en 1927, puis patronne secondaire de la France le 3 mai 1944, quelques semaines avant la Libération.




Frère Philippe de Jésus
OCD, prieur du couvent de Lisieux


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Philippe de Jésus a faites le samedi 22 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au Chantier de la foi au Couvent des Carmes d’Avon (77)


Cette semaine, nous vous proposons de participer au Chantier de la foi (18-30 ans) du 20 au 25 août 2017 au Couvent des Carmes d’Avon (Seine-et-Marne) sur le thème : Fonder sa vie sur la confiance en Dieu car « c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ! » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus).

Renseignements et inscription : Centre spirituel - Chantier de la foi – 1, rue Père Jacques 77210 Avon (Tél. : 01 60 72 28 45). Fraternité du Scapulaire de Notre-Dame du mont Carmel. Responsable : Frère Cyril frerecyril@carmes-paris.org

Pour ceux qui ne peuvent pas participer au chantier de la foi, nous vous proposons d’étudier Thérèse en participant à une session d’études thérésiennes du 16 juillet 2017 au 29 juillet 2017 à l’Institut d’Études Thérésiennes des Frères Carmes à Lisieux.  

Ce troisième cours d’approfondissement sur Thérèse de Lisieux se centre sur l’étude du Manuscrit C. En première semaine, nous étudierons la place du Manuscrit C dans la vie de Thérèse et sa doctrine : la petite voie, l’épreuve de la foi, les missions, le noviciat, la charité fraternelle. En deuxième semaine, le Père François-Marie Léthel donnera une lecture théologique de l’œuvre et le Père Loys de Saint-Chamas approfondira la relation à la Bible.  

Information et inscription : etudes-theresienne@carmes-paris.org ou
http://www.therese-de-lisieux.catholique.fr/Session-d-Etudes-Theresiennes,1083.html



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes prêtres dans l’Église catholique ?


Ce n’est pas une question de discipline ou de droit. S’il en était ainsi, la règle pourrait être révisée. Le prêtre représente le Christ, Époux de l’Église. Il en va de la nature même du sacrement qu’il a reçu.

Découvrez la réponse complète de Mgr Perrier.





Proposition de prière




Cette semaine nous vous proposons de (re)lire quelques strophes de la poésie Pourquoi je t’aime ô Marie rédigée par la petite Thérèse.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Dim 30 Avr 2017 - 21:05


 1494 


NOTRE-DAME DU CHÊNE, REINE DU SILENCE ET DE LA COMPASSION





À Notre-Dame du Chêne, la Vierge Marie n'a pas parlé... elle est restée silencieuse. Voilà la richesse du lieu ! Faisant écho au silence de Marie à la basilique, il y a le silence de Jésus au Saint-Sépulcre. La basilique et la réplique du Saint-Sépulcre se répondent à Notre-Dame du Chêne, explicitant le mystère le plus caché de Marie, son silence et sa compassion. Une riche histoire glorieuse, mais aussi un lieu prophétique pour aujourd'hui et demain...


Les origines. Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d’Anjou, à la frontière du Maine, à un peu moins de cinq kilomètres du village de Vion (Sud de l’actuel département de la Sarthe), sur les terres des comtes de Sablé. Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l’attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime. Le jour, l’arbre est animé par le joyeux manège de colombes qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s’en éloigner. Malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser. Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants.




Miracles et guérisons. L'abbé James Buret, curé de Vion, interroge les uns et les autres ; puis, poussé par l’Esprit-Saint, il décide de placer dans un creux du chêne une petite statuette en terre cuite de la Vierge Marie. Dès lors, celle-ci se manifeste. Un jeune homme, qui déroba un bouquet déposé près de la statuette, est pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents, il avoue son forfait. Le bouquet volé remis en place, son mal disparaît. Marie multiplie les guérisons et les conversions... L’oratoire primitif construit autour de l’arbre devient vite trop petit pour accueillir tous les pèlerins, et une première chapelle est construite en 1515. La même année, un infirme du village de Juigné (Sarthe) qui marche difficilement vers l’image de la Vierge Marie avec trois cierges à la main recouvre la santé. En 1595, une femme qui ramasse du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle. Elle est là ! Elle ne dit rien… Vingt-six ans plus tard, une nourrice obtient la guérison d’un enfant difforme dont elle avait la garde après avoir prié chaque jour Notre-Dame pendant six semaines. En dépit des difficultés des guerres de religion puis de la Révolution, le pèlerinage à Notre-Dame du Chêne prend de plus en plus d’ampleur ; au milieu du XIXe siècle, il attire environ 60 000 pèlerins par an. Don Guéranger, abbé de la célèbre abbaye voisine de Solesmes, y préside en 1857 une réunion de Conférences de Saint-Vincent de Paul. La Vierge Marie y est honorée, aimée et, par elle, l'adoration et un culte sont rendus à Dieu. En 1869, Mgr Charles Fillion, évêque du Mans, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle est terminée en 1872 et devient basilique en 1894.  




Lumière des vocations. L'une des peintures murales de la basilique raconte l'histoire d'Élisabeth de Quatrebarbes. Jeune fille, elle se sent appelée à entrer au carmel. Mais face au refus de sa famille, elle vient supplier Dieu à Notre-Dame du Chêne en 1617 pour comprendre ce qu'elle doit faire. Se sentant confirmée dans son désir, elle devient religieuse sous le nom de Mère Élisabeth de la Trinité, et même prieure en 1626, au carmel de Beaune (Côte d’Or). Les litanies invoquent ainsi : « Notre-Dame du Chêne, Lumière des vocations. » Beaucoup de petits clercs, accueillis par les missionnaires diocésains au petit séminaire de Notre-Dame du Chêne, sont en effet devenus prêtres sur cette terre riche pour l'éclosion des vocations.


 La basilique. Au détour de la route, le visiteur est aujourd’hui surpris par l'irruption devant ses yeux de la flèche de la basilique haute de 50 mètres. Non, pas une petite chapelle... mais un bel édifice de 44 mètres de long surmonté d'une grande couronne. Remontant la nef, large de 6,50 mètres, il trouvera dans le haut de l'abside la statuette miraculeuse. Autour d'elle, la belle histoire de Notre-Dame du Chêne est inscrite sur les murs du chœur sous la forme de peintures murales. Au-dessus, des vitraux réalisés par les ateliers du carmel du Mans retracent l'histoire du Salut à travers le mystère de Marie.


Les offices à la basilique. Les six Frères de Saint-Jean, installés en 2010 à Notre-Dame du Chêne par Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, y assurent la Liturgie des Heures et les deux messes quotidiennes. Les grandes fêtes de la Vierge Marie y sont célébrées avec une ferveur particulière. Le sanctuaire s'est offert de célébrer chaque samedi, et à perpétuité, la messe pour la France promise par vœu par la ville du Mans en 1870, en gage de toute sa confiance en Marie.




Le Saint-Sépulcre de Notre-Dame du Chêne. En 1896, pour célébrer le 800e anniversaire de la première croisade prêchée dans cette région par le pape français Urbain II, des pèlerins de la région décident de partir en pèlerinage à Jérusalem. Dans un chêne, ils taillent une grande croix qui fera le trajet par mer jusqu’à la Ville Sainte et qu’ils porteront sur la Via Dolorosa (« Chemin de la souffrance » : rue de la vieille ville de Jérusalem emprunté par Jésus avant sa crucifixion) le long des ruelles qui montent au Golgotha (ou « Mont Calvaire », lieu de la crucifixion de Jésus). Sur place, ils sont impressionnés par les lieux saints qu’ils traversent, tout particulièrement par le Saint-Sépulcre et la basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé. C’est ainsi que naît l’idée de reproduire ce monument à Notre-Dame du Chêne. La première pierre est posée alors que la croix se trouve encore à Jérusalem. À son retour des lieux saints, la croix est implantée près de l'édicule, et un calvaire, constitué de statues « grandeur nature », l’entoure bientôt. Un parc paysagé de buis, représentant le plan de la basilique de la Résurrection, est planté tout autour. En vue de célébrer pour la première fois l'office de la Mise au Tombeau du Christ, pendant la Semaine Sainte 2017, une « pierre d'onction », copie de celle de Jérusalem, est venue compléter cette représentation des lieux saints. Le site de Notre-Dame du Chêne appelle ainsi à suivre la Vierge Marie dans son mystère de compassion. Comment a-t-elle vécu au pied de la croix, comment a-t-elle vécu le Samedi Saint ? En quoi ce mystère est-il important pour l'Église et le monde en 2017 ?  


Le Centre Spirituel. Vers 1850, Mgr Bouvier, évêque du Mans, conçoit le projet d’installer des missionnaires diocésains à Notre-Dame du Chêne. Son successeur construit en 1860 une grande maison qui deviendra de nos jours le Centre Spirituel. Cette maison, tenue par quatre missionnaires et un chapelain, permet d'héberger et de restaurer les pèlerins et retraitants de passage. Avec la Bellangerie, une maison plus petite et située sur la place de la basilique, la capacité d'accueil du Centre Spirituel est de 90 personnes. La Bellangerie est tout particulièrement adaptée à l'accueil des familles. La « Grande Maison », complétée par les salles Saint-Jean, Sainte-Hildegarde et Saint-Joseph, toutes renouvelées, est le lieu des sessions, retraites et autres enseignements principalement prêchés par les six Frères de Saint-Jean. Il y a les retraites spirituelles et bientôt un programme pour une écologie intégrale.


Le jardin. Le sanctuaire baigne paisible au cœur de dix hectares de nature verdoyante et offre aux visiteurs, soucieux de se ressourcer, un silence profond qui n'est pas étranger aux mystères de Marie et de Jésus. Tout dispose en effet à une profonde intériorité et permet aux visiteurs de se recentrer en Dieu et, par Lui, en soi. Le jardin redevient dès 2017 un lieu important du sanctuaire ; pour son silence mais aussi par sa beauté où les Frères, les amis du Sanctuaire mais aussi les pèlerins sont invités à découvrir toute la richesse de l'encyclique Loué sois-Tu. Sur la sauvegarde de la Maison Commune du pape François.




Un lieu prophétique ? Si l'histoire du lieu commence en 1494 sans message explicite, la main maternelle de Marie ne l'a jamais quitté. Encore aujourd'hui, elle est là, dans sa compassion. Elle accueille et porte la nature blessée de l'homme et de la terre. Elle nous invite avec saint Jean, saint François et le pape François à écouter le cri du pauvre ; de ce Dieu qui s'est fait pauvre en Jésus, de ce Frère et de cette Sœur en humanité qui portent ce cri. Elle invite chacun à écouter le cri de son propre cœur ; elle invite à entendre le cri de la terre et de la nature. Encore aujourd'hui, la Vierge Marie bénit ses enfants à travers la brise légère qui soutenait autrefois le vol des colombes et le feu de l'Esprit. Notre-Dame du Chêne est devenu le lieu de pèlerinage le plus important du  diocèse du Mans, avec environ 70 000 visiteurs par an.




Frère Alain-Dominique
Recteur du sanctuaire Notre-Dame du Chêne


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Frère Alain-Dominique a faites le samedi 29 avril 2017.


Proposition d'engagement




Je visite le Saint-Sépulcre pour me renouveler


Pour ceux qui habitent proche : nous vous proposons une visite au Saint-Sépulcre pour y déposer le vieil homme, la vieille femme... et ressortir comme un homme ou femme nouveau.

Nous vous invitons aussi à prier avec nous pour la France : à Notre-Dame du Chêne, chaque premier samedi du mois, le Rosaire est prié pour la France. De 10h30 à 15h30. Avec un temps de messe, de confession, de repas fraternel.





Proposition de formation sur la foi




L’homme est-il le fruit de l’évolution ou a-t-il été créé par Dieu ?


Sur l’origine de l’homme, le discours scientifique et le discours de foi sont dans des registres différents. Il ne faut pas se méprendre sur chacune de ces approches, qui ne doivent pas s’ignorer totalement. La difficulté vient du voile jeté sur ces questions du fait que l’origine de l’homme est marquée par le péché originel.

Découvrez la réponse complète de Rémi Sentis.





Proposition de prière




Cette semaine, prions ensemble la collecte de Notre-Dame du Chêne.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Lun 8 Mai 2017 - 22:09


 1357 


LE LINCEUL DU CHRIST ARRACHÉ AUX BYZANTINS SE RETROUVE FINALEMENT À LIREY, EN CHAMPAGNE





Le très célèbre Suaire aujourd’hui appelé « Linceul de Turin », est apparu en France à partir de 1357, dans la petite ville de Lirey, à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Troyes en Champagne, selon la première mention historique documentée non contestée à ce jour.


Comment ce tissu a-t-il pu arriver là et d’où pouvait-il venir ? Le Linceul de Turin est selon toute probabilité le « linge d’Édesse », très connu dans l'Antiquité, appelé souvent à tort Mandylion. On s'en convainc en suivant son itinéraire : Eusèbe de Césarée (écrivain de Palestine, 264 - environ 340) évoque dans son « Histoire Ecclésiastique » la légende du roi Abgar qui aurait reçu une image miraculeuse du Christ. Il est question ensuite à Édesse (aujourd’hui Urfa, dans l’extrême sud-est de la Turquie) d’une image mystérieuse, « non faite de main d’homme » (acheiropoïète selon le terme grec), qui repousse, paraît-il, les Perses en 544.




À partir de cette date, on constate un changement radical dans la représentation du Christ.  Après les premières représentations symboliques (pain, ancre, poisson) le Christ avait été représenté comme un jeune pasteur grec imberbe (notamment dans les catacombes et dans toutes les églises antiques MilanRavenne, etc.). Puis, très curieusement, à partir du VIe siècle, toutes les représentations du Christ vont changer relativement brutalement dans le monde chrétien oriental. On va lui substituer une image de face, des cheveux longs avec une raie centrale, une barbe bifide, un visage ovale et un nez allongé, avec bien souvent une double mèche au sommet du front, à l’endroit où il y a une double tache de sang sur le Linceul. On le constate par exemple sur la monnaie de l’Empereur Justinien, frappée en 565, ainsi que sur la magnifique image du Christ du monastère Sainte Catherine en 550, sur les icônes de la Basilique Sainte Sophie à Constantinople, à Ohrid en Macédoine, à Palerme, au Mont Athos, etc. Partout la ressemblance de ce nouveau « canon » avec le visage du Christ sur le Linceul est frappante. On en est donc venu naturellement à imaginer que le « linge d'Édesse », probablement à l'origine de cette nouvelle iconographie, pouvait être le Linceul de Turin. En effet, les représentations du linge d'Édesse en notre possession, se rapprochent du visage du Linceul en imaginant le Linceul replié huit fois sur lui-même. 


En 650, Édesse est conquise par le califat islamique mais le « linge d'Édesse » reste vénéré malgré la présence musulmane, ce qui lui permettra providentiellement d’échapper aux destructions liées à la crise iconoclaste entre 730 à 787. Le second concile de Nicée (787) rétablit la légitimité des images, en utilisant comme argument essentiel « l'image d'Édesse », pour légitimer l'usage des images sacrées : « En tant qu'homme parfait, le Christ non seulement peut, mais doit être représenté et vénéré en image. » Léon, lecteur de l'église de Constantinople, est cité comme témoin principal et atteste avoir vu à Édesse l'image d'un linceul.  




En 943, l’Empire byzantin lance une expédition ponctuelle et assiège Édesse dans le but d’acquérir la précieuse relique. Pour éviter une dégradation de ce linge, les chrétiens préfèrent négocier et acquérir ce célèbre trésor, par le versement de 12 000 pièces d'or. Ils la ramènent à l’Empereur de Byzance, dans une procession triomphale le 15 août 944. Cette réception grandiose sera illustrée ultérieurement (au XIIe siècle) dans le manuscrit de Jean Skylitzes. À cette occasion, Grégoire le Référendaire évoque dans une homélie « cette empreinte qui nous donne ici le visage du Christ », qui « est embellie par les gouttes de sang jaillies de son côté ». Cette relique sera conservée dans la chapelle du Palais du Boucoléon (Constantinople), puis dans l’église Sainte-Marie des Blachernes.




 En 1190, le Linceul est précisément dessiné dans le Codex de Pray. Un pèlerin hongrois de passage à Constantinople livre un témoignage saisissant dans ce premier texte hongrois conservé à la Bibliothèque de Budapest (découvert au XVIIIe siècle par le jésuite Georgius Pray qui laisse son nom au manuscrit),  sur lequel on peut reconnaître le Christ dans l’état et la position exacte du Linceul de Turin : nudité, croisement des bras dans la même position que le Linceul, pouces cachés, traces de sang, tentative d'imitation des chevrons, trous, etc… Suite à toutes ces constatations et indices convergents, la probabilité pour que le Linceul de Turin soit ainsi passé par Constantinople est très grande.


En 1203, le chevalier picard Robert de Clari, auteur d’une chronique sur la quatrième Croisade, décrit le Linceul à Constantinople : « Il y a un monastère appelé Sainte-Marie des Blachernes », où il aperçut « le Linceul où Notre Sire fut enveloppé, qui chaque vendredi se dressait tout droit, si bien qu'on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur ».




En 1204, la quatrième Croisade détournée de son but dévaste Constantinople. 33 000 croisés français et 17 000 Vénitiens, lancés par le pape Innocent III, partent délivrer Jérusalem conquis par Saladin en 1187. Suite à des querelles confuses et à l'âpreté relative au gain des Vénitiens, ils vont attaquer et piller Constantinople pendant plusieurs jours à partir du 14 avril 1204. Au cours de cette dévastation, les soldats de Venise et de France vont se déshonorer par un pillage généralisé, en s'appropriant tous les trésors d’or, d’argent et d’ivoire de tous les édifices possibles. Robert de Clary témoigne de la disparition du linceul au cours du pillage : « Plus jamais personne, ni Grec, ni Français, ne sut ce que ce Linceul devint quand la ville fut prise. » Cette disparition suscita un grand émoi, car les Byzantins considéraient vraiment leur linceul comme une relique insigne. Dans sa lettre au pape Innocent III, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, réclame la restitution de « la relique la plus sacrée, le linteum, dans lequel le Christ avait été enveloppé ». « Nous savons que le sacré Linceul est à Athènes. »  


À partir de cette date et jusqu'en 1357, les indices disparaissent et une foison d'hypothèses a été émise, toutes fragiles (*).


En 1357, le Linceul se retrouve à Lirey, en Champagne. Ce linge y réapparait dans la famille d’un certain Geoffroy de Charny, seigneur de Lirey tué en 1356 en défendant le roi Jean II, à la bataille de Maupertuis dite « de Poitiers ». Sans être un grand du royaume, ce proche du roi joua un rôle important. Il laissa une veuve dans le besoin, Jeanne de Vergy. Celle-ci organisa en 1357 à Lirey, les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey. L'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, prit ombrage du succès de ces ostensions et les fit interdire jusqu'en 1388. Elles reprirent à cette date et le nouvel évêque Pierre d'Arcis envoya au pape Clément VII, un célèbre mémorandum repris aujourd'hui par tous les opposants au Linceul. En réponse, le Pape émet deux bulles en 1390 pour autoriser les ostensions. Veuve et sans enfant, Jeanne de Vergy « fait don » le 22 mars 1453, de la précieuse relique au duc Louis de Savoie qui lui donnera gracieusement les revenus de la seigneurie de Varembon…




De 1453 à 1983, le « Saint Suaire » reste donc la propriété de la Maison de Savoie. D’abord dans son château de Chambéry, puis à partir de 1502 dans la « Sainte chapelle » où il subira, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, un incendie qui y fera des brûlures et de nombreux trous. Par une chance incroyable, due au pliage, une partie importante de l'empreinte ne fut pas altérée. Puis, le Linceul fut transféré à Turin en 1578. Il restera la propriété de la Maison de Savoie jusqu’à la mort, en 1983, du grand-duc Umberto II de Savoie qui en fit don au Vatican par testament.


En conclusion, l’ensemble de ces témoignages semble très cohérent et ce parcours pourrait tout à fait être celui du Linceul du Christ, qui semble être passé par Jérusalem et par le désert de Judée si l’on en croit l’analyse des pollens de Max Frei, Avinoam Danin, Uri Baruch, les époux Whanger et Marzia Boi. Ces études sur les pollens retrouvés sur le Linceul restent cependant contestées par manque de preuves.




Enfin, au-delà de cette analyse historique, l’analyse scientifique de ce drap si mystérieux conclut aussi à l’authenticité (cf proposition de formation en bas de cette page). Ce linge en lin pur, sans mélange de laine animale selon les traditions juives antiques, tissé en chevrons, a commencé à étonner la science après la photographie de l’avocat italien Secundo Pia le 28 mai 1898. Lors de la révélation du négatif, l’image corporelle de couleur sépia et peu visible, devint une image beaucoup plus nette. Le Suaire se comporte en fait comme un négatif photographique : une notion tout à fait inconnue avant l’invention de la photographie au XIXe siècle. Cette découverte qui fit l’effet d’une bombe et qui engendra immédiatement de très intenses polémiques, intervint un an seulement après la mort en 1897 de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, qui avait dédié sa vie à la Sainte Face du Christ...  

À partir de ces différentes analyses, il n’est pas inutile d’approcher la question à partir d’un arbre logique :

1. Le Linceul a été réalisé par une personne : cette hypothèse, la plus courante, d'un faussaire du Moyen Âge n’est pas valide pour plusieurs raisons.
-      Toutes les analyses scientifiques de spectrographies prouvent l’absence des composants d'une peinture (pigments et liant).
-      D'autre part, on observe sur la vue négative une vingtaine de détails, présents sur le Linceul et absolument inconnus au Moyen Âge : image en négatif, intensité liée au relief, tuméfactions diverses (visage et dos), position des clous dans le carpe, position dissymétrique du corps, sang rouge sous l’action de la bilirubine, présence d’aragonite invisible à l'œil et identique à celle de Jérusalem (sur le genou, sous les pieds et sur le nez), présence de quatre muscles fessiers tétanisés ne touchant pas le sol, anomalies de proportion, etc. Il est frappant que l’image que ce corps a transmise, soit si conforme, et sans aucune erreur, à l’intégralité des textes évangéliques de la Passion du Christ, avec tous les détails de la flagellation, du port du patibulum, de la crucifixion, du couronnement d’épines, du coup de lance post mortem, du transport au tombeau, etc. De plus, cette image nous a même révélé des détails sur le crucifiement que nous ne connaissions pas jusqu’alors, comme par exemple la position dissymétrique des condamnés sur la croix. Ces détails inconnus au XIVe siècle, ne pouvaient pas non plus être imaginés donc a fortiori réalisés par un faussaire. Cette hypothèse est donc vraiment impossible.
   
2. Si elle n'a pas été réalisée par une personne, l'empreinte s’est donc faite soit par contact, soit à distance, par un rayonnement. L’hypothèse d’une image produite par contact est exclue, car il devrait y avoir dans ce cas une déformation de l’empreinte sur les côtés de la tête et du corps, ce qui élargirait l'image.

3. Il reste une production par rayonnement. Il faudrait d'abord que ce rayonnement génère une oxydation déshydratante, identique à celle observée sur l'empreinte du Linceul. Le biophysicien français J-B Rinaudo a montré, par l'irradiation de lin à partir d'un accélérateur de particules, qu'un jet de protons répondait à la question, ainsi qu'à la possibilité de donner le relief 3D. Avec des réglages adéquats, l'empreinte obtenue a la même épaisseur que sur le Linceul. Il a imaginé alors que l'éclatement de particules de deutérium sur la peau devrait générer un double flux de protons et de neutrons. Après avoir expérimenté le jet de protons, il s'est attaqué à une irradiation de neutrons. Le Père Rinaudo a pu prouver expérimentalement que l'irradiation de neutrons « rajeunissait » la cible de tissu. Ainsi, son hypothèse d'éclatement de deutérium utilise des phénomènes naturels connus et pourrait expliquer aussi bien la nature de l'empreinte que le rajeunissement du tissu, ce qui rendrait le résultat de l'analyse au carbone 14 sans signification. Le premier vrai problème réellement impénétrable est donc l'origine de cet éclatement du deutérium. D'où viendrait l'énergie nécessaire à cet éclatement ? Le deuxième problème, particulièrement insoluble, est de savoir pourquoi ce rayonnement se serait produit de manière directionnelle, perpendiculairement au tissu, de façon à dessiner une image parfaite, alors que tous les rayonnements connus sont d’habitude omnidirectionnels ? En résumé, le rayonnement dont on parle est actuellement doublement incompréhensible…





Finalement, l'explication de l'origine de l'image semble devoir rester cachée aux hommes. Après plus de 500 000 heures d’étude par des chercheurs de haut niveau (le Linceul est de très loin, aujourd’hui, l’objet matériel le plus étudié au monde), la science doit s’avouer vaincue, n’ayant aucune explication valable à fournir à ce jour. La seule explication cohérente se situe au-delà de la science : car pour interpréter l'image du Linceul, les chrétiens pensent naturellement à quelque chose semblable à un « flash » de la résurrection. Comme pour la démonstration de l’existence de Dieu, il s’agit bien évidemment de la conclusion d’un raisonnement indirect, car il n’y a aucun élément scientifique pour prouver cela positivement et directement, mais il n’y a aujourd’hui aucune autre explication disponible qui soit cohérente. En toute logique, un effet absolument singulier ne peut être effectivement produit que par une cause absolument singulière...  

Ce linge qui ne pouvait ni être conçu ni être réalisé au Moyen Âge est donc bien réellement « une provocation à l’intelligence » comme disait Jean-Paul II. Au total, les conclusions auxquelles toutes ces études et raisonnements nous conduisent aujourd’hui semblent nous obliger à considérer le Linceul de Turin comme un signe clair, fort et finalement assez incontestable que Dieu donne à notre époque pour qu'elle reconnaisse la réalité des mystères de l'Incarnation, de la souffrance, de la mort et de la Résurrection de son Fils !





Jean Dartigues
Ingénieur en retraite, conférencier, secrétaire de l'association Montre nous ton Visage -
Études sur le Linceul depuis 1950


***************************************************

(*) Note de l’Association Marie de Nazareth : Jean Dartigues considère qu’il y a beaucoup d’hypothèses et trop peu de certitudes pour évoquer sérieusement ces 150 années qui séparent la disparition du Linceul du Christ en 1204 lors du sac de Constantinople de sa réapparition à Lirey en Champagne en 1357, mais Jean-Michel Mahenc a proposé le 28 avril 2017 avec l’Association Marie de Nazareth une projection en la Basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge (91) où il évoquait la concordance d’un certain nombre de faits :
-      on sait qu’en 1204, le chevalier champenois Othon de la Roche avait son campement à côté de l’église des Blachernes, lors du sac de Constantinople ;
-      on sait également qu’en 1205, il devint Duc d’Athènes et que ses successeurs y gouverneront durant plus d’un siècle, jusqu’en 1451 ;
-      dans sa lettre au Pape déjà citée, Théodore Ange Comnène, neveu du dernier empereur, écrira aussi « Le vol de si nombreuses choses sacrées va contre le droit des hommes et les lois de Dieu. Nous savons que ces choses sacrées sont conservées à Venise, en France et autres pays des pillards, le sacré Linceul étant à Athènes (!) » ;
-      à partir de 1354, le Linceul volé aux Byzantins se retrouve comme par hasard en Champagne, dans l’héritage de Geoffroy de Charny, qui fut tué - comme l’explique Jean Dartigues - en 1356, laissant une veuve, Jeanne de Vergy, qui organisa en 1357 en France les premières ostensions du Linceul du Christ ;
-      Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, veut faire alors interdire ces ostensions, mais le pape Clément VII intervient de manière surprenante pour les autoriser, en mettant comme seule condition qu’elles se fassent avec discrétion, ce qui est somme toute une attitude assez logique si l‘on considère que le Pape savait bien qu’il s’agissait d’une relique arrachée aux byzantins dans des conditions qui allaient effectivement « contre le droit des hommes et les lois de Dieu »…
Même si on manque de preuves, la présence de Champenois du début à la fin de l’épisode 1204-1357 est quand même une coïncidence frappante que chacun pourra apprécier comme il le souhaite…  

Compléments NDLR : L’analyse du groupe sanguin (AB) et de la position des plaies est aussi très cohérente avec ce qu’on trouve sur les autres reliques que sont le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil, comme semblent l’indiquer les études de Jean-Maurice Clercq.



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean Dartigues a faites le samedi 6 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je visionne le film du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin


Pour compléter la lecture de ce texte, nous vous proposons cette semaine de visionner le film réalisé par la Communauté du Chemin Neuf sur le Linceul de Turin.  




Proposition de formation sur la foi




Le Linceul de Turin est-il un signe de la Résurrection du Christ ?


Le Linceul n’est pas une preuve objective contraignante obligeant à croire mais il est incontestablement authentique et il fait signe de bien des manières, touchant ceux qui l’étudient ou le contemplent, et devenant pour beaucoup un chemin qui conduit au Christ et à la foi en la Résurrection.

Découvrez la réponse complète de Jean Dartigues.





Proposition de prière




Cette semaine, je récite la prière Ô Christ, ton regard ne cherche pas nos yeux mais notre cœur de notre Saint-Père, le pape François, lors de l’ostension du Saint Suaire de Turin le 30 mars 2013.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 20 Mai 2017 - 15:07


 1951 


LE PÈRE JACQUES SEVIN, ÂME ET PÈRE DU SCOUTISME CATHOLIQUE DE FRANCE





En juillet 1920, 13 ans après la naissance du scoutisme, le Père Jacques Sevin (1882-1951) cofonde les Scouts de France, mouvement qui se développe d’une manière remarquable. Comptant 200 membres l’année de sa création, il en rassemble 75 000 en 1939. L’action du Père Sevin, tant par sa connaissance de la méthode de Baden-Powell (1857-1941) que par l’adaptation qu’il en réalise pour le monde catholique, explique cet immense succès. Les idées qu’il développe dans son livre Le scoutisme vont être reprises dans le monde entier.


Les débuts du scoutisme catholique en France. C’est en 1911 que le scoutisme apparaît en France, quatre ans après sa fondation par Baden-Powell le 29 juillet 1907 sur l’île de Brownsea, dans le Dorsetshire (Angleterre). Les deux premiers mouvements scouts créés dans notre pays sont les Éclaireurs unionistes, mouvement protestant, et les Éclaireurs de France, mouvement neutre sur le plan religieux. En dehors de quelques individualités, tel Marc Sangnier (1873-1950, journaliste et homme politique français), le monde catholique reste à l’écart de la dynamique du scoutisme qui touche au total 15 000 jeunes en France en 1914. Dans une société française très marquée par la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les catholiques sont méfiants envers cette nouveauté. Elle vient de Grande-Bretagne, ennemie héréditaire. Elle est promue par un général anglican. Celui-ci développe de surprenantes conceptions éducatives, fondées sur le  jeu, la nature, la vie en équipes, une loi et une promesse, sous-tendues par une conception optimiste de l’existence et des relations humaines, le tout dans une perspective interreligieuse. En effet, pour Baden-Powell, si le scout doit absolument avoir une religion, peu importe laquelle. Le Révérend-Père (R.P.) Jacques Sevin va faire comprendre au monde catholique français, puis international, l’importance et l’intérêt que présente la méthode éducative de Baden-Powell. À l’été 1920, il est, avec quelques autres précurseurs – le chanoine Antoine Cornette, Paul Coze et Édouard de Macédo – à l‘origine de la création d’une association de scouts catholiques : les Scouts de France.  




Le R.P. Sevin en quelques mots.  Né le 7 décembre 1882 à Lille (Nord), Jacques Sevin, est l’aîné d’une famille de sept enfants. Baptisé le lendemain en l’église Notre-Dame de Consolation, il est consacré à la Vierge Marie dont enfant il portera les couleurs bleu et blanc. Après des études à Amiens (Somme), il devient novice jésuite. Passionné de  poésie, il écrit des vers qui révèlent son grand amour de la Vierge Marie et son attachement au Cœur de Jésus. En 1901, il doit quitter la France en raison des lois contre les congrégations et poursuit ses études en Belgique. Il y est ordonné prêtre le 2 août 1914 et reste dans ce pays jusqu’en 1919, le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêchant de revenir en France. Le R.P. Sevin va jouer un rôle essentiel dans l’organisation du scoutisme catholique en France jusqu’à sa mise à l’écart de la direction des Scouts de France en mars 1933 en raison de divergences de vues. Il se retire alors avec dignité de ce qui a été la première œuvre de sa vie. Malgré la meurtrissure, il lui restera d’une fidélité absolue sans jamais la critiquer. En 1944, il crée la seconde œuvre de sa vie, une congrégation religieuse féminine très inspirée du scoutisme et dévolue à l’éducation : la Sainte Croix de Jérusalem, installée à Boran-sur-Oise (Oise). C’est là qu’il meurt le 19 juillet 1951 et qu’il est enterré.  


Le R.P. Sevin, un fondateur. Le R.P. Sevin est l’un des principaux organisateurs des Scouts de France qui se développent rapidement à travers toute la France à partir de juillet 1920. Il organise leur structuration en publiant divers manuels, mais surtout en mettant au point leurs textes fondateurs. C’est ainsi qu’il adapte le texte de la loi scoute de Baden-Powell en dix articles, résumé des valeurs morales du scoutisme sur lequel le scout s’engage lors de sa promesse : « Le scout met son honneur à mériter confiance, le scout est loyal… » Le Père Sevin introduit la référence à Dieu dans la loi scoute et complète le texte initial de la promesse scoute par la référence à l’Église. Il y ajoute trois principes : « Le scout est fier de sa foi, le scout est fils de France, le devoir du scout commence à la maison. » Il « sacralise » en quelque sorte le scoutisme de Baden-Powell en lui donnant une forte identité catholique.  


De nouveaux symboles. Le R.P. Sevin contribue également à créer l’imaginaire des Scouts de France. Il dessine leur insigne : une  croix de Jérusalem chargée d’une fleur de lys. Elle renvoie à la fois à la chevalerie – le scout des années 1920 et 1930 est vu comme un chevalier contemporain – mais aussi à l’universalité du Salut du genre humain, aux quatre coins du monde, symbolisés par les quatre branches de la croix. Les nombreux chants qu’il écrit contribuent aussi à structurer l’imaginaire du scoutisme catholique. Les plus connus sont le Chant de Promesse et le Chant des Adieux. Bien d’autres, tels le Cantique des patrouilles, la Légende du feu ou Chamarande marqueront profondément les esprits.




Un livre de référence. En 1922, le R.P. Sevin publie son principal ouvrage : Le scoutisme. Celui-ci démontre d’abord son excellente connaissance du scoutisme de Baden-Powell. Le Père Sevin qui parle anglais est allé le rencontrer en Grande-Bretagne dès 1913. Les notes de bas de page de son livre comprennent de multiples références aux ouvrages de Baden-Powell. Ce dernier dira d’ailleurs, pendant un congrès, que « la meilleure réalisation de sa propre pensée venait d’un religieux français ». Le R.P. Sevin explique longuement comment le scoutisme peut parfaitement s’intégrer dans le monde catholique. Il contredit habilement les multiples critiques nées en son sein depuis 1911, telles les accusations de naturalisme, de lien avec la franc-maçonnerie, de pratique de la religion de l’honneur ou de panthéisme. Il affirme que la loi scoute est « l’âme du scoutisme », que le système des patrouilles est son pivot et que la vie en plein air est une nécessité absolue. Le R.P. Sevin ne se contente pas d’écrire sur le scoutisme, il l’a mis en pratique dès 1917, alors qu’il était en Belgique, en organisant une troupe de scouts catholiques à Mouscron avec Léon Maes. Ses écrits sont donc aussi le fruit de sa pratique personnelle.


Le R.P. Sevin, un formateur. Le Père Sevin insiste sur l’importance de la formation des cadres du scoutisme. Dès 1923, il installe au château de Chamarande (Essonne), un camp de formation pour les chefs scouts, à l’image de celui installé par Baden-Powell dès 1919 en Grande-Bretagne à Gilwell. Le Père a compris que la formation des cheftaines et des chefs, sous forme de « camp-école » d’une semaine, était l’une des principales clés de la réussite. Cheftaines et chefs vivent en camp, sous la tente, pratiquent des activités de scoutisme et réfléchissent à leur rôle d’éducateur. C’est dans ce « camp-école » de Chamarande, dirigé par le R.P. Sevin lui-même jusqu’à sa mise à l’écart en 1933, que des milliers de jeunes se formeront pour assurer le succès des Scouts de France. Ce système qui continua après le départ du jésuite fonctionne encore aujourd’hui. Les Scouts et Guides de France utilisent ainsi le terme de « Cham » pour désigner l’une de leurs plus importantes formations de cadres. Ce modèle de formation sera d’ailleurs repris par de nombreuses associations scoutes catholiques dans le monde.




 Le R.P. Sevin, un précurseur. Si le Père Sevin a été l’un précurseur par son action chez les Scouts de  France, il l’a été aussi dans d’autres domaines. Dès 1927, il est ainsi l’un des premiers en France à envisager la création de troupes scoutes pour les handicapés physiques. Celles-ci démarrent à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoriums accueillant de jeunes paralysés. En 1928, il est l’un des pionniers du dialogue interreligieux en encourageant vivement l’action de Robert Gamzon (1905-1961) dans la création des Éclaireurs Israélites de France (EIF), le mouvement de scoutisme juif. De même dès 1948, le R.P. Sevin envisage, bien avant le concile de Vatican II, l’ordination de diacres permanents. L’ensemble des qualités du R.P. Sevin a conduit le pape Benoit XVI à le proclamer Vénérable le 10 mai 2012, un premier pas dans le processus de béatification.


 Le R.P. Sevin, un pont entre les mouvements de scoutisme catholique. Dans les années 1960-1970, le scoutisme catholique connaît plusieurs ruptures liées à l‘évolution générale de la société française et aux réformes pédagogiques engagées par les Scouts de France et les Guides de France, mouvement catholique de scoutisme féminin créé en 1923. De ces ruptures, naîtront les Guides et Scouts d’Europe (AGSE) qui concernent aujourd’hui 30 000 jeunes en France et les Scouts Unitaires de France (SUF) qui en touchent 28 000. Les Scouts et Guides de France (SGdF), nés en 2004 de la fusion des Scouts de France et des Guides de France, touchent de nos jours 77 000 jeunes. Ils illustrent l’existence de sensibilités différentes au sein de l’Église catholique qui reconnaît aujourd’hui ces trois mouvements. On compte également d’autres associations scoutes catholiques plus petites, comme les Scouts de Riaumont (fondés en 1966) ou les Europa Scouts (créés en 1986).




Si les relations entre ces trois grands mouvements ont été conflictuelles et tendues dans le passé, celles-ci se sont sensiblement améliorées surtout depuis le centenaire du scoutisme célébré en 2007, aux cotés des associations scoutes laïque (Éclaireuses et Éclaireurs de France), protestante (Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France), musulmane (Scouts Musulmans de France) et juive (Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France.)  

Aujourd’hui, le R.P. Sevin reste un pont incontournable entre ces trois grands mouvements du scoutisme catholique français qui se réfèrent toujours à lui et à Baden-Powell.





Jean-Jacques Gauthé
Historien du scoutisme, membre du conseil d’administration des Scouts et Guides de France


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Jacques Gauthé a faites le samedi 20 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je m'engage auprès des scouts


La question du recrutement des cheftaines et des chefs est une difficulté permanente pour les différents mouvements de scoutisme. La prise d’une responsabilité en leur sein est un engagement fort pour des jeunes. D’autre part, les adultes y ont aussi leur place.

Les mouvements de scoutisme sont animés par des bénévoles, garçons et filles de 18-25 ans qui sont chefs et cheftaines d’unités. Il s’agit d’un engagement exigeant en termes de temps et de responsabilité. Ces jeunes ont en charge l’animation des différents aspects de leur unité scoute ou guide, qu’il s’agisse des dimensions d’animation, de la pédagogie ou de la dimension spirituelle. Une unité scoute compte en général 20 à 30 enfants ou adolescents. Ces jeunes acceptent de consacrer gratuitement une large partie de leur temps libre pour ces activités scoutes, pour l’organisation des camps d’été et pour la participation aux stages de formation de leur association.    

Les adultes occupent des fonctions de soutien dans les groupes locaux ou les structures territoriales : chef de groupe, commissaires de district ou de province, délégués territoriaux. Dans certaines associations (Scouts et Guides de France, Scouts Unitaires de France), cet engagement peut être  pris en couple. Il s’agit à la fois d’être à l’écoute et de soutenir les jeunes responsables et aussi d’impulser une politique de développement de l’association dans une zone géographique.  

Jeunes et adultes sont appelés à prendre leur part d’engagement dans le scoutisme. Les sites Internet des différents mouvements scouts :


- https://www.sgdf.fr pour les Scouts et Guides de France,
- http://www.scouts-unitaires.org pour les Scouts Unitaires de France,
- http://www.scouts-europe.org pour les Guides et Scouts d’Europe
vous permettront de découvrir les propositions d’engagement qu’ils formulent.



Proposition de formation sur la foi




Pourquoi es-tu chrétien ?


Parce qu’il y a des raisons de croire en Jésus (intelligence), parce que c’est sur le socle de cet amour que j’ai choisi de fonder ma vie (liberté) et parce que j’ai rencontré le Christ dans ma vie (expérience).

Découvrez la réponse complète de Pierre Durieux.






Proposition de prière




Je récite la prière scoute


Souvent attribuée de façon inexacte à saint Ignace de Loyola, cette prière est issue de la spiritualité jésuite. On trouve trace de son texte dès 1897 dans le livre de Xavier de Franciosi, sj, La dévotion à saint Ignace, Méditations, Prières et Pratiques en honneur du Fondateur de la Compagnie de Jésus. Le R.P. Jacques Sevin reprend et enrichit ce texte vers 1917 en lui donnant un souffle nouveau. Une dernière modification du texte est introduite en octobre 1939.

Le R.P. de Paillerets, assistant de l’aumônier général des Scouts de France note alors en ce début de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sentons le désir de prier les uns pour les autres avec une intensité inconnue jusqu’alors. » Au lieu de « Apprenez-moi à être généreux », le texte devient alors « Apprenez-nous à être généreux, (…) À nous dépenser, sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté , lui donnant une dimension plus communautaire. »





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 27 Mai 2017 - 15:48


 1916 


CHARLES DE FOUCAULD, « UN SAINT POUR AUJOURD’HUI »





Converti au catholicisme de son enfance à l’âge de 28 ans, Frère Charles de Foucauld (1858-1916) développe au cours de sa vie un grand amour pour les plus pauvres et pour le Dieu de Jésus-Christ, « modèle unique ». Aujourd’hui, son charisme inspire une large famille spirituelle qui rassemble 13 000 personnes.


Une curiosité précoce. Charles de Foucauld est né le 15 septembre 1858 à Strasbourg. Dès son plus jeune âge, il subit des deuils successifs : perte de ses parents avant six ans, perte de sa grand-mère paternelle devant ses yeux d’enfant, perte de son grand-père maternel alors qu’il a 20 ans. Vicomte appartenant à une ancienne famille aristocratique française, il manifeste très tôt la volonté d’aller connaître les « autres » : les pauvres, les petits, les besogneux, les mal-aimés, ceux que la vie ne favorise pas. Durant son temps de garnison, lorsqu’il est militaire de carrière, il s’adonne notamment à d’étranges escapades dans la campagne environnante, déguisé en mendiant et demandant l’aumône. En 1883-84, Charles se lance dans un voyage d’exploration du Maroc, se faisant passer pour un rabbin. Une aventure pleine de périls qui lui vaut la notoriété et lui fait vivre l’ivresse de la rencontre.




Une conversion prodigieuse.  Frère Charles fait partie des « recommençants », selon l’expression employée de nos jours. Éduqué dans un milieu catholique, il abandonne à 15 ans toute pratique religieuse et vit une jeunesse pleine de mondanités et de plaisirs. « Je suis allé loin de vous, loin de votre maison, dans le pays de l’incrédulité, de l’indifférence », dira-t-il. Tenté un moment par l’Islam (problématique bien actuelle !), admirant la simplicité du dogme et la ferveur des croyants, c’est grâce à sa cousine Marie de Bondy qu’il revient à la foi chrétienne. Dans l’intimité des églises, il répète cette étrange prière : « Mon Dieu si vous existez, faites que je vous connaisse. » Et peu à peu, le Seigneur le saisit jusqu’à sa conversion en l’église Saint-Augustin à Paris fin octobre 1886. Il vit alors avec intensité cette rencontre avec un Dieu riche en miséricorde qui l’accueille tel qu’il est dans le confessionnal du Père Henri Huvelin (1830-1910), son futur directeur spirituel. Un changement radical se produit en lui, une prise de conscience que la compassion divine est plus forte que le péché. Dès lors, Dieu devient le socle de sa vie. « Ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi. » Il n’y a plus de demi-mesure, il va jusqu’au bout de l’amour et du don. Le jour même de sa mort, il écrira à son ami Louis Massignon : « Comme chrétiens, nous devons donner l’exemple du sacrifice », puis fera cette autre déclaration, véritable testament spirituel : « On n’aimera jamais assez. » « Dieu nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant », écrit-il, toujours le jour de sa mort, à sa cousine Marie. Se savoir aimé, c’est commencer une nouvelle vie. Il se remémore alors sa vie avant sa conversion : « Vous me faisiez sentir une tristesse profonde, un vide douloureux… pendant ce qu’on appelle les fêtes » ; et porte sur lui-même ce jugement impitoyable : « J’étais moins un homme qu’un porc. » À 28 ans, Charles peut « revêtir la tunique d’innocence » du Fils Prodigue, et commencer une nouvelle vie.  


Ses débuts en tant que moine. En janvier 1890, à 32 ans, Charles devient moine trappiste en Ardèche, à Notre-Dame des Neiges ; puis dans un monastère plus pauvre en Syrie, à Akbès. Rapidement, il demande à poursuivre sa quête spirituelle ailleurs, loin de la sécurité qu’offre une maison religieuse. Il sort de la Trappe pour marcher sur les pas de Jésus en Terre Sainte et devient domestique dans un couvent de clarisses à Nazareth. Il tente de discerner la volonté de Dieu jour après jour, dans une vie qui semble instable, car hors des sentiers habituels. Mais, malgré les apparences, Charles se laisse modeler par l’Esprit qui le conduit sur des chemins inédits. Un peu marginal dans ses choix, il a le souci d’obéir à l’Église, en respectant scrupuleusement les lois et les règlements en vigueur.  




Un prêtre atypique. Ordonné prêtre à Viviers (Ardèche) en 1901 (non pour le prestige social attaché à la fonction mais pour offrir « le banquet divin » aux plus pauvres), Frère Charles décide de s'installer dans le Sahara algérien à Béni-Abbès. Il exerce un ministère plutôt classique d’aumônier militaire, dispensant sacrements et catéchèse avec un zèle exemplaire. Quand il devient le seul chrétien en terre d’Islam, il se prive pendant des mois de la présence du Saint-Sacrement afin de respecter les normes ecclésiastiques en vigueur, qui n’acceptaient pas qu’un prêtre seul puisse dire la messe. Atypique, ermite-missionnaire comme il lui arrive de se présenter, brûlant du désir d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu d’amour, il est arrêté dans ses élans quand il réalise que la manière d’évangéliser doit être différente. Lui aspire à vivre avant l’heure ce que préconisera le chapitre 1 de la constitution Gaudium et Spes du 7 décembre 1965 : « Les chrétiens doivent partager les joies et les peines, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent et qui sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » Pour Charles, il faudrait davantage respecter la liberté de conscience, construire d’abord une relation d’amitié avec les Touaregs, valoriser la religion naturelle et partager leur mode de vie. Or nous « les ignorons à un degré effrayant », s’indigne Frère Charles parlant de la relation des Européens avec les indigènes. Ce dernier pense qu’il faudrait se lancer dans une pré-mission pour apprendre à connaître le milieu à évangéliser, idée nouvelle à une époque où la plupart des missionnaires n’ont guère ces préoccupations. Il faut souligner ici l’immense travail linguistique de Frère Charles pour connaître la langue et la culture touarègue (il rédige des dictionnaires, une grammaire, un recueil de poèmes et de chansons, etc.).


Une vie au milieu des pauvres. Sa vie fut aussi atypique dans sa conception de la vie religieuse. Il refuse les grandes structures où les religieux sont coupés du monde et se protègent de lui. Il rêve de mettre en place « de petits foyers d’amour », de petites structures insérées au milieu du peuple pauvre s’exposant au coude à coude avec lui. Il accepte par avance d’être vulnérable, avec une seule règle de conduite : donner à l’amour la première place pour se réserver la dernière. Sur son réveil, il a fait marquer cette devise significative « Jésus Caritas. Il est l’heure d’aimer Dieu ». Tout un programme ! Fasciné par le mystère de l’incarnation, il veut avant tout imiter le Dieu de Jésus-Christ, le « modèle unique ». Un Dieu agenouillé devant sa créature indigne (Philippiens II, 6), un Dieu humble ouvrier pendant 30 ans à Nazareth. Il veut « descendre » comme son maître et s’approcher en priorité de ceux « qui souffrent, des pauvres, des malades ». C’est donner mais aussi savoir recevoir d’eux, car comme on le dit beaucoup de nos jours : « Les pauvres nous évangélisent. » « Le jour on ne cesse de frapper à ma porte, écrit-il, et la nuit qui serait le temps propice pour la prière, je m’endors misérablement » (confidence éplorée au Père Huvelin le 15 décembre 1902). Difficile équilibre à trouver entre deux exigences : une vie de relation à Dieu, son « Bien-Aimé Frère et Seigneur Jésus », et sa vie de relation aux frères. Au cours de sa vie, Frère Charles a envoyé des milliers de lettres (plus de 4 400 répertoriées) à des parents et amis, dans le souci d’aider, de réconforter, de conseiller et  d’accompagner. Il veut aimer chacun dans le cœur de Dieu. « Habituer tous les habitants chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres à me regarder comme leur frère. » Sa vie religieuse n’est pas un écran mais un creuset pour aimer davantage. Il veut aimer comme Dieu aime. Devenir « compagnon des pauvres comme Jésus » et « aller aux hommes en frère malgré leur indignité, leurs défauts, leurs vices et leurs crimes ». « Vouloir aimer, c’est aimer », écrit-il. « Plus nous aimons Dieu, plus nous aimons les hommes. ». Ces deux amours ne sont pas en concurrence mais se confortent mutuellement. Le Père Huvelin disait de son protégé qu’il avait fait « de la religion un amour ». Cela ne l’a pas empêché, pour défendre la population pauvre contre d’éventuels assaillants (le désert étant en proie aux bandes armées sur fond de Première Guerre mondiale), de conserver dans le fortin de Tamanrasset où il habite, vivres et munitions (ce qui suscitera finalement des convoitises, et provoquera indirectement sa mort).




 Des instincts novateurs. Bien avant Vatican II, Frère Charles a l’intuition qu’il faut donner aux laïcs la place qu’ils méritent dans la Sainte Église et notamment dans la mission d’évangélisation. Selon lui, ils peuvent aller là où n’entre pas le prêtre à la manière de Priscille et Aquila dans les Actes des Apôtres (chapitre XVIII), et témoigner de ce que doit être un véritable disciple de Jésus dans le monde. Il est urgent, dit-il, « d’envoyer dans les colonies d’authentiques commerçants, des cultivateurs, des artisans et non des marchands d’alcool », « des bons chrétiens des deux sexes et les conversions viendront d’elles-mêmes ». D’ailleurs, Jésus n’était-il pas un laïc ? Il met en place, peu avant sa mort, une sorte de confrérie pour évangéliser les colonies : le « Directoire ». Il se rend alors en 1913 en France pour solliciter des autorités ecclésiastiques un appui. Mais il n’y rencontre qu’un accueil mitigé, tant est novatrice son association où les adhérents sont « sans distinction de sexe, d’état, célibataires ou mariés, prêtres ou laïcs ». Une association qui comptera 45 membres affiliés, lui Charles sera le numéro 9 du groupe.


 Autre preuve de son esprit pionnier, Charles sait que l’évangélisation ne peut se dissocier d’un travail de pastorale sociale, de promotion humaine car chacun doit être respecté dans sa dignité. Il dénonce à la manière du pape François, les oublis des priorités évangéliques : « Oublier les brebis galeuses pour s’occuper des brebis grasses et dociles »… un disciple du Christ ne peut le tolérer. Écœuré par les injustices, il dénonce aussi l’esclavage qui sévit encore en Afrique du Nord avec la complicité du pouvoir français en place. Il remue ciel et terre auprès des autorités religieuses laxistes et prudentes pour arriver à l’éradication de cette « monstruosité », refusant d’être « un chien muet » par peur ou par lâcheté. Avant l’aggiornamento de Vatican II, il donne une grande importance à la Parole de Dieu qui doit nourrir la foi au risque de la voir s’étioler. Une Parole vivante qui travaille le croyant comme « la goutte d’eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place ».




Un « phare » au XXe siècle. Charles est tragiquement assassiné le 1er décembre 1916 aux portes de son ermitage à Tamanrasset, en Algérie. Bien que sa vie fut courte (à peine 58 ans), elle fut ô combien riche et mouvementée ! Une vie travaillée par l’Esprit souvent imprévisible, atypique par bien des aspects, mais une vie qui peut être qualifiée de résolument moderne dans son parcours spirituel. Très vite, il est considéré comme un martyr aimé de tous. Le voilà Frère universel « post mortem » qui a donné naissance à une famille spirituelle répandue dans le monde entier. Une vingtaine de groupes s’efforcent aujourd’hui de refléter au mieux certains aspects de sa personnalité riche et complexe, mais aucun, à lui seul, n’épuise la totalité de son message. Le Père Yves Congar (religieux dominicain, 1904-1995), artisan du concile Vatican II, l’a présenté, à l’instar de Thérèse de Lisieux, comme « un phare mystique pour le XXe siècle ». Quant au grand théologien Ur Von Balthasar (1905-1988), il a qualifié Charles de Foucauld comme « le signal d’une contemplation gratuite, sans égards pour les résultats immédiats mais d’une fécondité en profondeur pour l’Église ». Son procès en béatification commence dès 1927. Interrompu durant la guerre d'Algérie, il reprend ultérieurement et Charles de Foucauld est déclaré vénérable le 24 avril 2001 par Jean-Paul II. Le 13 novembre 2005 à Rome, le pape Benoit XVI le déclare bienheureux, offrant à l’Église Universelle une nouvelle icône de sainteté dans un monde en mal de repères.

La foi de nos jours n’est pas comme un acquis scellé, mais une recherche à poursuivre inlassablement. « Mon Dieu, donnez-moi la foi ! Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi » (méditations à Nazareth). Cette recherche rend Frère Charles proche des catholiques, des non-croyants, et aussi des croyants des autres religions. Il a témoigné d’une ouverture d’esprit œcuménique avant l’heure. Se trouve en lui un charisme à découvrir, une lumière, comme celle d’un « phare » qui souhaite nous aider à secouer nos torpeurs et vivre mieux d’espérance, de charité et de foi.





Marie-Christine Lacroix
Petite Sœur de l’Évangile du Père de Foucauld


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Petite Sœur Marie-Christine Lacroix a faites le samedi 27 mai 2017.


Proposition d'engagement




Je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu


Comme Frère Charles, je découvre les richesses du trésor que constitue la Parole de Dieu, ce Pain qui doit nourrir ma foi, me faire découvrir le véritable visage de notre Dieu et corriger les fausses images que l’on peut véhiculer. Je m’engage à lire et à connaître cette Parole, jour après jour, à la méditer, à la prier inlassablement, à la découvrir comme la pierre précieuse qui nous est proposée.
Je peux notamment lire ce que de grands spirituels me disent sur le pain de la Parole :
-       « La Parole doit devenir chair en nous et seulement quand elle nous habite, nous devenons aptes à être missionnaires. » Madeleine Delbrêl

-       « Chercher à comprendre Dieu, c’est chercher à comprendre la manière spécifique, le mode original par lequel l’infini entre en contact avec le fini, par lequel le divin a voulu se révéler aux hommes. Dieu est alors incarné dans le livre comme une princesse prisonnière dans la tour d’un château. Le lecteur est le chevalier qui doit venir la délivrer. » Rabbin Marc Alain Ouaknin

-       « C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons. En lui, je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms A, 83)

-       « Dans l’Évangile, je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir. » Sainte Thérèse de Lisieux (Ms C, 36)

-       « Ouvrir l’Écriture et la lire, c’est tendre les voiles à l’Esprit Saint sans savoir quel rivage nous aborderons. » Saint Jérôme

-       « Ce que nous en comprenons (de la Parole) est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s’abreuvent à une source. Les perspectives de la Parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime… Sa Parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle… Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce que la richesse de la Parole te dépasse… Ce que tu as pris et emporté est ta part, mais ce qui reste est aussi ton héritage. » Saint Ephrem

-       « Si tu attaches les yeux sur le Christ, tu trouveras tout en lui. Il est toute ma Parole, toute ma réponse ; il est toute vision et toute révélation. Je vous ai tout répondu, tout dit, tout manifesté, tout révélé en vous le donnant pour frère, pour compagnon, pour maître, pour héritage et pour récompense. » Saint Jean de la Croix (La montée au Carmel)

-        « D’aucuns pensent et disent : je ne suis pas moine, j’ai une femme, des enfants et les affaires de mon foyer dont j’ai la charge. Mais c’est là ce qui détruit tout : tu estimes la lecture des divines Écritures réservée aux seuls moines alors qu’elles vous seraient encore bien plus nécessaires qu’à eux. Qui vit au milieu du monde et y reçoit chaque jour des blessures, a bien plus grand besoin de remèdes. » Saint Jean Chrysostome



Proposition de formation sur la foi




Comment rencontrer les croyants des autres religions ?


Des solidarités se créent dans les épreuves. L’estime mutuelle se développe à travers les soutiens donnés et reçus. Elle rejaillit dans les relations quotidiennes où chacun garde son identité. Ces rencontres peuvent transformer durablement les mentalités. Des liens se tissent ainsi jusqu’en profondeur.

Découvrez la réponse complète de Mgr Michel Santier..






Proposition de prière




Je prie Marie avec Frère Charles


Frère Charles a été un amoureux de Marie de Nazareth, Mère du Perpétuel Secours toujours présente à nos côtés. C’est aussi la Vierge de la visitation, vocable sous laquelle nous la prions, nous, Petites Sœurs de l’Évangile du Père de Foucauld. C’est enfin la Vierge de la Sainte Famille où règne la paix.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 10 Juin 2017 - 19:18


 202 


IRÉNÉE DE LYON, UN THÉOLOGIEN PASTORAL





Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église. Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.


Repères biographiques.  La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres. Irénée nait en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple. Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère. La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation. Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année. À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison. Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église. Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire. Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ». On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse. La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr. Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397. Grégoire de Tours reprend cette tradition.  





Un théologien pastoral.  Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles. Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur. On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur. Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants. L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ. Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu. Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé. La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon). 


La mise en valeur de la tradition apostolique. Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. » Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain. La succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires. Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.




Un des premiers théologiens marials. Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »


Culte. La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée. Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône. Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide. Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.  




 Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine. Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II. L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entrainé l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.




Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Bernard Berthod a faites le samedi 10 juin 2017.


Proposition d'engagement




J'imite Marie dans son obéissance à Dieu


L’obéissance de Marie est le modèle de notre obéissance à la volonté divine. Au centre de toute obéissance, les mots de Jésus dans sa prière : « Que ta volonté soit faite. » S’engager sur ce chemin d’obéissance passe par des renoncements pour parvenir à la vraie liberté des enfants de Dieu qui, comme Marie, répondent OUI à ses appels. La foi est un trésor à préserver et à faire fructifier.

Elle implique le service de Dieu : « Suivre le Sauveur, c’est avoir part au Salut, comme suivre la lumière, c’est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu : à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle (…) La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu » (saint Irénée).




Proposition de formation sur la foi






Comment un évêque est-il nommé ?


Les procédures ont varié au cours du temps et elles varient en fonction des lieux. Seuls des évêques peuvent ordonner des évêques, en les inscrivant dans la succession des apôtres. Un évêque est « catholique », s'il est en communion avec le successeur de Pierre.

La réponse complète de Mgr Jacques Perrier.





Proposition de prière




Je récite la prière rédigée par saint Irénée afin de me trouver affermi dans ma foi.





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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 24 Juin 2017 - 17:21


 1274 


THOMAS D’AQUIN, UN SAVANT ET UN SAINT





Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) est un théologien catholique italien, doué pour la philosophie, grand contemplatif de la Vérité, le Verbe de Dieu. Une réelle symphonie se manifeste entre sa vie mystique et son esprit scientifique. La devise dominicaine « Contemplata aliis tradere » (« Transmettre aux autres les réalités contemplées ») découle de cette vie évangélique.


Un enfant précoce.  Alors que les demoiselles du Château de Roccasecca (région du Latium, Italie centrale) n’y arrivent pas, sa mère, Théodora, force le petit Thomas âgé de trois ans tout au plus à ouvrir sa main droite serrée : elle y trouve un papier replié. Intriguée, elle le déplie : elle y lit la salutation angélique en latin ! « Ave Maria gratia plena… » (« Salut Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni le fruit de ton ventre Jésus »). Nous sommes vers l’an de grâce 1229, à la frontière entre les États pontificaux et le Royaume des Deux-Siciles dont le roi est aussi l’empereur du Saint-Empire romain germanique, le terrible Frédéric II qui sera deux fois excommunié par l’Église pour ses mauvaises actions. Selon un usage médiéval, cet enfant précoce est donné à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin (Cassino, Italie centrale) où saint Benoît a terminé sa vie au Ve siècle, un lieu prestigieux dont la famille d’Aquin espère un jour hériter des bénéfices. Ce petit prodige, Thomas, de famille noble, ne pourrait-il pas devenir un jour abbé du Mont-Cassin ?  




La découverte des « Frères Prêcheurs »  Thomas posera une question embarrassante aux moines : « Qu’est-ce que Dieu ? » (« Quid est Deum ? ») Il mettra toute sa vie à y répondre lui-même, en élaborant une théologie pleinement chrétienne à partir de la sagesse acquise de la philosophie réaliste et de celle reçue par la révélation biblique. Mais les événements bousculent ce havre de prière et de travail : à partir de 1239, Frédéric II menace le Mont-Cassin. Après neuf ans passés comme oblat dans cette abbaye bénédictine, Thomas est envoyé par ses parents en un lieu qui leur semble sûr pour poursuivre ses études, plus au Sud, au Studium regni (qui n'est pas encore une université, mais une académie locale), à Naples. C’est un double éblouissement qui y attend le jeune homme : la philosophie d’Aristote dispensée par de vrais maîtres et la découverte d’un mode de vie tout nouveau, celui de cet ordre religieux que l’on nommera plus tard les Dominicains. Thomas est doublement conquis par leur enseignement et par leur vie régulière. Il ne voudra plus séparer deux quêtes : vérité et mendicité, et décide de prendre l’habit des « Frères Prêcheurs », ainsi qu’ils sont aussi appelés. 


Un attachement fort à l’habit blanc.  La famille d’Aquin, qui voit toujours Thomas à la tête du Mont-Cassin, s’y oppose vertement, bien qu’il dépasse les 18 ans. Le Maître de l’Ordre des Prêcheurs préfère éviter le conflit et envoie le novice Thomas vers Paris. Mais le convoi est intercepté et ce dernier est mis en résidence forcée à Roccasecca, la demeure familiale. Fort de stature, il a résisté aux soldats de l’empereur qui voulaient lui arracher son bel habit blanc dominicain. Le blanc est un signe de pauvreté par rapport au noir qui nécessite de l’encre très coûteuse à l’époque. Tout est tenté pour faire changer d’avis le jeune Thomas, même les ruses les plus grossières, charnelles. Rien n’y fait. Il ne veut pas revenir à sa robe noire bénédictine, car il a été saisi par un bien qu’il voit supérieur, l’appartenance à ce qui lui semblera « le plus semblable à l’Ordre angélique ». Un an de solitude à Roccasecca lui permet de méditer et d’assimiler intégralement la Bible et le Livre des Sentences de celui qui sera l’évêque de Paris, un théologien de renom, Pierre Lombard. Il écrira plus tard que « le bien consiste en perfection et en acte » (« bonum in perfectione et actu consistit ») (II Sentent., 35, 1, 1). Quand il retrouve sa liberté, il reprend la même direction où l’obéissance le conduisait : Paris.   


Conflits entre séculiers et réguliers.  Dans la capitale du Royaume de France, où règne alors saint Louis, les lieux universitaires pour étudier sont multiples. L’université de Paris, fondée en 1215, est rapidement dominée par les ordres religieux mendiants (surtout franciscains et dominicains). Parallèlement, le chanoine Robert de Sorbon développe un collège pour les étudiants pauvres qui portera plus tard son nom : la Sorbonne (1253). Les prêtres séculiers, liés directement aux évêques, acceptent mal de perdre des places d’enseignants universitaires devant la montée en puissance des ordres mendiants, que les jeunes vocations choisissent de préférence. Ainsi les conflits prévisibles entre séculiers et réguliers ne manqueront pas d’éclater.   


Disciple de Frère Albert le Grand.  Thomas suit les cours d’un grand savant, un saint également, Frère Albert le Grand (vers 1200-1280), lui aussi Dominicain. Celui-ci donnera son nom à la place Mauber (= Maître-Albert), à Paris. L’ordre dominicain se développe et souhaite s’implanter à Cologne : Frère Albert et Frère Thomas sont ainsi envoyés outre-Rhin.

Ils rentreront à Paris quatre ans plus tard, avant que Frère Albert ne soit choisi comme évêque de Cologne, où il retournera, mais cette fois sans Thomas. Saint Albert prendra toujours la défense de son disciple, studieux et très intériorisé, depuis le jour où des étudiants, jaloux sans doute, nommeront ce dernier « le bœuf muet de Sicile », jusqu’après sa mort où certaines de ses thèses réalistes (ou parfois leurs interprétations fautives) seront provisoirement contestées à Paris par des maîtres fatigués (1277-1325).

Au reste, ce sont les disciples de ces maîtres parisiens qui condamneront Jeanne d’Arc et favoriseront le conciliarisme, hérésie qui défend la supériorité d’un concile œcuménique (réunion des évêques en assemblée plénière, universelle) sur la primauté du Pape.
   




Un grand théologien. Blond, le teint hâlé, fort, d’une certaine corpulence, assez taciturne au début de sa vie, il a le front élevé et dégarni, le regard perçant. Thomas ne perd rien de ce qu’il apprend et accumule les succès intellectuels : il devient bachelier, puis Maître en sacrée théologie.

Il enseigne à l’université et au couvent Saint-Jacques à Paris, lieu d’études des Dominicains. Sa parole attire des foules d’étudiants avides de contemplation, de vérité. Il contribuera amplement à la réputation scientifique de la théologie enseignée à Paris. La future Sorbonne lui doit beaucoup. Son originalité est d’adapter Aristote, philosophe et grand logicien antique, fin observateur de la nature (qu’il a connu par des traductions latines des originaux grecs), à la pensée chrétienne. Le pape Jean-Paul II s’appuiera notamment sur saint Thomas dans son encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), montrant qu’il n’y a pas du tout incompatibilité entre la foi et la raison.

Dans la Somme de théologie, son ouvrage majeur, saint Thomas d’Aquin développe une méthode très rigoureuse qui expose, pour chacun des multiples aspects de la doctrine catholique, diverses objections, une réponse argumentée et les solutions aux objections précitées, prenant en compte les références bibliques, mais aussi les données de la nature. Cependant, les tensions continuent entre enseignants séculiers et réguliers et Thomas, qui a pris le parti de ces derniers, est envoyé en Italie. Son renom le précède à la cour du Pape, elle-même réfugiée à Orvieto (au nord de Viterbe), suite à des mouvements populistes à Rome.

Les papes successifs seront en admiration devant la clarté de la doctrine de Thomas. Urbain IV lui confie de rédiger les prières de la liturgie de la Fête-Dieu, créée depuis peu en l’honneur du Saint-Sacrement. Saint Thomas est ainsi l’auteur des célèbres hymnes latines Sacris solemniis (d’où est extrait le Panis angelicus), Verbum supernum (d’où vient O salutaris hostia), Pange lingua (dont plusieurs couplets forment le Tantum ergo) et de la séquence Lauda Sion, dont les textes sont tous considérés comme des modèles pour leur clarté doctrinale. La paternité de l’Adoro te devote, qui lui est attribuée, reste discutée.



Un écrivain zélé.  Il retourne ensuite à Naples, puis est envoyé pour un deuxième séjour à Paris, avant de revenir à Naples. Tout ce temps est employé à l’enseignement et à la rédaction de beaucoup d’ouvrages. Au total, il écrit, avec la même concentration, huit millions de mots, aidé désormais par des secrétaires à qui il dicte ses ouvrages.

Face à cette application, des frères lui feront croire qu’un bœuf ailé vole dans les airs. Thomas, en se penchant au dehors, sous l’œil espiègle de ceux-ci, avertit : « J’aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu’un religieux mentir. » Après sa messe quotidienne célébrée avec ferveur, il assiste à une seconde par dévotion, puis s’attelle à enseigner ou écrire.

Sa seule récréation : marcher seul dans le cloître, la tête haute, tout en méditant. Il ne manque jamais la prière de complies, l’ultime prière communautaire avant le coucher des religieux.

Ses œuvres recouvrent des sujets variés dont les principaux sont des commentaires de l’Écriture Sainte qui inspirent toute sa théologie, des sommes de théologie, des commentaires des Pères et d’Aristote. L’aide de Dieu ne lui manque pas pour venir à bout d’un tel travail. Il prie souvent avant de répondre à chaque question.
 




Rien que le Seigneur. Un jour son secrétaire le supplie à genoux de dire avec qui il s’entretenait, la nuit précédente, sur un texte du prophète Isaïe. Thomas aurait préféré garder le secret, mais l’appel à la charité finit par le faire céder. Il avoue en pleurant à son Frère Réginald que ce sont les saints Pierre et Paul eux-mêmes qui l’ont instruit.

Le sacristain de Naples témoignera avoir vu, un matin avant Matines, saint Thomas soulevé de terre, et avoir entendu le crucifix déclarer au Docteur angélique : « Tu as bien écrit de moi, Thomas. Quelle récompense veux-tu de moi en échange ? » Qu’aurions-nous répondu à une telle demande…? Le saint répond sans hésitation : « Rien d’autre que toi, Seigneur. » Ces extases finissent par l’épuiser. Il déclare dans ses écrits n’être que de la paille en comparaison de ce qu’il a contemplé.

Ce qu’il a aperçu mystiquement est à sa théologie scientifique ce que grain est à la paille. Les grains de l’épi, qui prolongent la paille si nécessaire à ceux-ci, valent tout simplement plus que le chaume. La perfection de l’homme s’avère surtout surnaturelle : elle ne se développe que sur la croix.



Un saint parmi les savants. Il cesse d’écrire sauf lorsque la charité l’y contraint. Dette à l’égard de son origine bénédictine, il offre une dernière expertise théologique à l’abbé du Mont-Cassin, alors qu’il passe tout prêt, en se rendant au concile de Lyon (7 mai-17 juillet 1274) où il est convoqué, mais qu’il n’atteindra pas. Heurté par une branche sur la route alors qu’il monte un âne, il doit s’aliter chez sa sœur qui lui fait offrir providentiellement, à sa demande, des harengs frais qui ne sont pas de saison.

Il demande pourtant d’achever ses jours dans une maison religieuse : l’abbaye cistercienne Sainte-Marie de Fossanova n’est pas loin. La Vierge Marie lui procure son dernier havre. Il y médite encore le Cantique des Cantiques et puis rend son âme à Dieu en recevant une dernière fois le viatique (la communion eucharistique reçue pour le grand passage d’ici-bas vers l’au-delà) dans une admirable fidélité à la sainte Église : « J’ai beaucoup écrit et enseigné au sujet de ce très saint corps et des autres sacrements dans la foi du Christ et de la Sainte Église romaine, à la correction de laquelle j’expose et je soumets tout. » (6 mars 1274)





 Il meurt le 7 mars 1274, à 49 ans, l’âge de saint Basile le Grand (†379), le moine dont saint Benoît se déclare tributaire (cf. Règle 73, 5). Canonisé le 18 juillet 1323, il est proclamé docteur de l’Église par le pape saint Pie V en 1567, peu après la fin du concile du Trente.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son encyclique Aeterni Patris, remet au goût du jour les études thomistes et déclare que les écrits de Thomas d'Aquin expriment adéquatement la doctrine de l'Église. Le pape fait de lui le patron des universités et des écoles catholiques. « Le plus saint parmi les savants et le plus savant parmi les saints » (Bienheureux Paul VI), débutait ainsi une renommée ininterrompue qui fera de lui le « Docteur commun » de la théologie, le plus recommandé, entre tous, par l’Église catholique aujourd’hui (cf. concile Vatican II, Optatam Totius, 16 ; Gravissimum Educationis, 10).

Saint Thomas d’Aquin est fêté le 28 janvier, jour anniversaire de la translation de son corps dans l’église des Jacobins à Toulouse en 1369. Trop peu de gens savent que le Docteur angélique est enterré en France !





Frère Édouard Divry, o.p.
Docteur en théologie, Dominicain de la Province de Toulouse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Édouard Divry a faites le samedi 24 juin 2017.


Proposition d'engagement




Je prie Marie et les Apôtres pour les théologiens

Prier aux fêtes de la Vierge Marie et aux grandes fêtes des Apôtres (Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Thomas, Matthieu, Philippe et Jacques le Mineur, Barthélémy, Simon le Zélote et Jude, Matthias) pour les théologiens, qu’ils soient fidèles au Saint-Esprit et qu’ils aident l’Église à proclamer la Vérité et à mieux la comprendre.

Prier aussi saint Michel Archange pour qu’existe un enseignement réaliste qui prépare l’intelligence à mieux expliciter l’expression de la foi.

Pour découvrir un jour plus profondément saint Thomas d’Aquin et l’imiter, la province de Toulouse et celle de Saint-Joseph (Washington D. C., États-Unis) ouvrent leurs portes aux vocations masculines pour être Frères Dominicains. De nombreuses communautés dominicaines féminines existent aussi, contemplatives ou actives.



Proposition de formation sur la foi



Comment la philosophie sert-elle la théologie ?

Saint Thomas d’Aquin montre que la doctrine sacrée a besoin de la philosophie pour consolider les préambules de la foi, pour expliciter ses réalités par le langage analogique et pour contredire les arguments avancés contre elle.

Découvrez la réponse complète du Père Édouard Divry, op.





Proposition de prière



Je prie et médite la prière au Saint-Sacrement dans sa forme primitive (on tutoyait Dieu en latin), l’un des cinq hymnes eucharistiques attribués à saint Thomas : Adoro Te Devote.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 8 Juil 2017 - 15:47


 1907 


SŒUR MARIE-MARTHE CHAMBON, APÔTRE DES SAINTES PLAIES





De ses nombreuses rencontres avec Jésus-Christ, Sœur Marie-Marthe Chambon (1841-1907), religieuse savoyarde, a reçu la mission de faire connaître à tous la dévotion au chapelet des Cinq Plaies.


Une enfant modeste et pieuse.  Le 6 mars 1841, Françoise Chambon naît à la Croix Rouge, petit hameau en bordure de Chambéry (Savoie), dans une famille très pauvre (on dirait aujourd’hui « en dessous du seuil de pauvreté »).

Elle est baptisée le même jour. La maison où elle voit le jour, c’est-à-dire une misérable cahute au toit de chaume et au sol de terre battue, existe toujours. Une plaque commémorative a été posée le 15 septembre 2012 à l’initiative des Sœurs de la Visitation de Marclaz (Thonon-les-Bains, Haute-Savoie).

Françoise est l’aînée d’une sœur et de six frères (dont un mort au berceau). Bien que très pauvres des biens de ce monde, ses parents sont riches des valeurs du cœur humain et de la foi chrétienne qu’ils savent transmettre à leurs enfants : droiture, bonté, honnêteté, sens du travail, piété solide.



Première rencontre avec Jésus.  Régulièrement, Françoise participe à la prière du chapelet chez sa tante ou au chemin de Croix de la paroisse (actuelle église Saint-Pierre de Lémenc, à Chambéry). C’est là que Jésus vient la rejoindre et l’appeler déjà à vivre dans son mystère d’abaissement et de pauvreté.

C’est au cours d’un chemin de Croix le Vendredi-Saint (elle a 8 ou 9 ans), qu’elle voit pour la première fois Jésus attaché à la Croix, tout couvert de sang, tout déchiré « selon ses propres dires ». Aucune parole dans cette vision, mais elle ressent un ardent désir de le suivre.

Jésus grandit dans son cœur. Pour lui prouver son amour, rien ne lui semble trop difficile : elle demande à sa mère comme une faveur de prendre sa soupe sans beurre, elle se lève aussi la nuit pour prier jusqu’à ce qu’on l’oblige à se recoucher. C’est une façon à elle de se préparer à recevoir pour la première fois Jésus dans la communion eucharistique – une préparation que vont parfaire sa tante et le curé de la paroisse. Ces éléments de catéchisme seront les seuls qu’elle possédera jusqu’à son entrée au monastère ; durant son enfance pauvre et laborieuse, elle n’aura jamais le loisir d’apprendre à lire et à écrire.



Une relation intime avec le Christ.  Le 8 septembre 1850, arrive le grand jour de sa première communion. Ici, une nouvelle faveur sera déterminante pour toute sa vie : elle voit l’Enfant Jésus qui lui promet de lui tenir compagnie et de la visiter ainsi à chaque communion.

Pour qualifier les bienfaits de la communion eucharistique, elle se contente de dire : « On a le paradis dans le cœur ! » Un paradis qui ne la quitte pas lorsqu’elle travaille aux champs pour aider ses parents : « Nous étions toujours ensemble », dira t-elle, en parlant de l’Enfant Jésus.

Déjà, on voit se dessiner les grands attraits de sa vie. Pauvreté de Jésus dans la crèche, dans sa vie cachée à Nazareth. Pauvreté de Jésus dans l’hostie. Pauvreté de Jésus sur la Croix : richesse infinie contenue dans sa Passion, dans ses Saintes Plaies qui sont comme des paroles silencieuses de son Amour rédempteur pour chaque âme. Les entendre et les transmettre, voilà le trésor de la petite Françoise que Jésus va lui dévoiler tout au long de sa vie. Un trésor qu’elle veut nous faire partager encore aujourd’hui.





Une mission liée aux Saintes Plaies.  Peu après la réunion de la Savoie à la France (1860), Françoise est admise au Tiers-Ordre de Saint-François-d’Assise (1861), puis choisit finalement en février 1862 d’entrer à la Visitation de Chambéry, à proximité immédiate de l’église de son enfance, où la supérieure l’admet comme aspirante au rang des Sœurs converses (c’est-à-dire parmi les Sœurs chargées des travaux domestiques et du pensionnat du monastère).

« Je voulais n’être occupée que de Lui, ne penser qu’à Lui », dira-t-elle. Le 29 avril 1863, après neuf mois de postulat, Françoise Chambon reçoit avec le voile blanc le nom de Marie-Marthe, si bien approprié à celle qui devait unir au labeur quotidien incessant, une « rare intensité de vie intérieure », selon l’expression de ses premières biographes.

Sa vie laborieuse et cachée est le terreau de cette vie intime particulièrement développée. Unie très profondément à Jésus dans le mystère de sa Sainte Enfance et celui de sa Passion, elle déclare avoir reçu de lui une « mission » : « celle d’invoquer sans cesse personnellement les Saintes Plaies et celle de raviver dans le monde cette dévotion ». Le 2 août 1864, en la fête de Notre-Dame des Anges, Sœur Marie-Marthe se lie irrévocablement à Jésus par la profession religieuse. Elle a 23 ans.




L’épreuve d’une voie peu commune.  À partir de mai 1866, Dieu se manifeste à Sœur Marie-Marthe de façon extraordinaire, accompagné par la Vierge Marie, les Anges et de nombreux Saints. « Monsieur le Curé me permettait souvent de communier. Quelquefois, c'était la Sainte Vierge qui me donnait son petit Jésus. Un jour de la Nativité, le Saint-Sacrement était exposé ; après la grand'messe, je suis restée et j'ai vu la Sainte Vierge. Elle avait son petit Jésus et elle me l'a donné. »

Pendant 25 ans environ, ce sont des visions, des paroles intérieures qu’elle transmet fidèlement à ses deux Supérieures successives : Mère Marie-Alexis Blanc et Mère Thérèse Eugénie Revel. Épreuve pour Sœur Marie-Marthe et son humilité, cette voie peu commune est aussi une épreuve pour le discernement de celles qui la dirigent. S’appuyant sur les conseils de sages guides spirituels, Mère Eugénie Revel et Mère Marie-Alexis Blanc acceptent par obéissance de recueillir fidèlement par écrit ce que leur transmet Sœur Marie-Marthe de la part du Seigneur.

Les autres Sœurs de la communauté n’en sauront jamais rien… mais elles remarquent la piété profonde de Sœur Marie-Marthe, son activité étonnamment débordante au pensionnat, à l’entretien des pièces du monastère et au jardin. « Elle fait le travail de deux Sœurs », disent-elles en parlant de Marie-Marthe.

Ses défauts naturels dont elle ne se défait pas cachent ses dons exceptionnels, ainsi que toutes les grâces qu’elle obtient pour le monastère, les âmes du Purgatoire, les malades, et tous ceux pour qui elle invoque Notre Seigneur. Au début du premier cahier (il y en aura quatre), Mère Eugénie Revel écrit ceci : « Dieu semble avoir choisi cette humble fille pour renouveler la Dévotion aux Saintes Plaies de Notre Seigneur, les faire valoir en les offrant continuellement pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du Purgatoire. Les Saintes Plaies lui sont montrées de manière sensible, aux yeux de son âme tous les jours, plusieurs fois. »
 




La Passion.  Jésus semble vouloir l’associer plus étroitement à sa Passion. En septembre 1866, Sœur Marie-Marthe, à sa demande, obtient de sa supérieure la permission de passer ses nuits en prière, auprès du Tabernacle ou dans sa cellule, allongée sur le plancher avec un cilice (ceinture parfois à clous à porter serrée sur la cuisse) et une couronne d’épines. Cela lui est accordé après beaucoup d’épreuves et de signes qui confirment la volonté expresse de Jésus.

Le 18 avril 1867, Jésus demande à Soeur Marie-Marthe la communion journalière. En septembre de la même année, lorsque sévit en Savoie une nouvelle épidémie de choléra, la prière des Saintes Plaies demandée par Jésus est mise sous la forme de « Rosaire des Saintes Plaies » par les supérieures (1868). C’est aussi à cette époque que Jésus demande l’Heure Sainte du vendredi pour honorer ses Cinq Plaies.

Les 25, 26 et 27 septembre 1867, Sœur Marie-Marthe reçoit des révélations sur le mystère de la Trinité, la Crèche et la Croix (triduum de grâces). Le 17 octobre, Soeur Marie-Marthe scelle son offrande aux Saintes Plaies pour le monde entier et le bien de sa communauté entre les mains de sa supérieure Thérèse-Eugénie Revel :
« Je, Soeur Marie-Marthe Chambon, promets à Notre-Seigneur Jésus-Christ de m’offrir tous les matins à Dieu le Père, en union avec les Divines Plaies de Jésus Crucifié, pour le salut du monde entier et pour le bien et la perfection de ma Communauté. Je l’adorerai dans tous les coeurs qui le reçoivent dans la Sainte Eucharistie…

Je le remercierai de ce qu’Il veut bien venir dans tant de cœurs qui sont si peu préparés. Je promets à Notre-Seigneur d’offrir toutes les 10 minutes – avec le secours de sa grâce et en esprit d’obéissance – les Divines Plaies de son Sacré Corps au Père Éternel… d’unir toutes mes actions à ses Saintes Plaies, selon les intentions de son Cœur adorable, pour le triomphe de la Sainte Église, pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire, pour tous les besoins de ma communauté, ceux du noviciat, du pensionnat et en expiation de toutes les fautes qui s’y commettent. Tout ceci par amour, sans obligation de péché (en cas d’oubli). "Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes." Telle est la formule de cette offrande. »


Les 22 et 23 octobre 1867, la confirmation de la dévotion des Saintes Plaies au sein de l’Ordre de la Visitation est donnée à Soeur Marie-Marthe en plusieurs visions.
   




Une fin douloureuse. À partir du 25 janvier 1869 jusqu’au mois de septembre 1873, Sœur Marie-Marthe ne vit que de l’Eucharistie, son seul aliment pendant quatre ans.

Le 12 juin 1874, les stigmates extérieurs lui sont donnés. Les dernières années de sa vie (1893-1907), Sœur Marie-Marthe connaît l’épreuve de la nuit, le silence de Dieu ; ce qui ne ralentit pas sa ferveur ni son activité. C’est le temps du silence des semailles, de l’enfouissement…

Le 13 février 1907, elle reçoit l’Extrême onction et vit l’offrande de cinq semaines d’une maladie très douloureuse. Le 21 mars 1907, Jésus vient la chercher aux premières vêpres de la Compassion de la Vierge Marie. Après ses funérailles le 23 mars, l’inhumation a lieu au cimetière de la ville puis, quelques années plus tard, dans la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs à Lémenc. Aujourd’hui, les restes de Sœur Marie-Marthe reposent à la Visitation de Thonon-les-Bains.



Vers la béatification ?  En même temps que se répand la dévotion aux Saintes Plaies (autorisée par le pape saint Pie X en 1908), s’étend le renom de son humble apôtre, ainsi que la confiance en son crédit auprès de Dieu. Procurer la gloire de Dieu, le Salut des âmes, telle était son unique ambition : « Mon Jésus, j’ai soif des âmes pour votre gloire », disait-elle. Un procès pour la béatification de Sœur Marie-Marthe avait été ouvert de 1934 à 1936.  




Les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Sœurs de la Visitation de Thonon-les-Bains ont faites le samedi 8 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je prie le chapelet des Saintes Plaies

Nous vous proposons cette semaine de prier le chapelet des Saintes Plaies.

Pour commencer le chapelet (1 fois)

I/. Ô Jésus, divin Rédempteur, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier.
R/. Amen.
I/. Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous et du monde entier.
R/. Amen.
I/. Ô Père Eternel, traite-nous avec miséricorde par le Sang de Jésus, ton Fils unique ; traite-nous avec miséricorde, nous t’en conjurons.
R/.
Amen.


Sur le gros grain : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ pour guérir celles de nos âmes.

Entre chaque dizaine, on peut contempler une des cinq Plaies de Jésus et nommer une intention particulière.

Sur les petits grains : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de tes Saintes Plaies.

À la fin du chapelet, on répète trois fois : Père Eternel, je t’offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes.

(Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Rome, le 23 mars 1999).



Proposition de formation sur la foi



Comment vivre aujourd'hui l'ecclésiologie de communion ?

La véritable communion n’est pas affaire de sentiment ou de signes seulement, mais elle passe essentiellement par un juste rapport à la vérité divine, au mystère sacramentel, et au droit.

Découvrez la réponse complète du Père Louis-Marie de Blignières.





Proposition de prière




Je prie la prière de béatification pour Sœur Marie-Marthe Chambon.




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Dernière édition par Lumen le Sam 19 Aoû 2017 - 13:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 22 Juil 2017 - 20:56


 1841 


SAINT PIERRE CHANEL, PREMIER MARTYR D’OCÉANIE





Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire. Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.


Un enfant pieux devenu curé de paroisse.  Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain). Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe.

L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans. Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane. Plus tard, il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. » À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron.

Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain). Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain). Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté. Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.





Missionnaire de Marie.  Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875).

Il y entre en 1831. Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui.

Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire. Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.



Martyr à Futuna. Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis. Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée. Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants. À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux. Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation.

Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ». En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix. Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage. Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir.

Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement. C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire : « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! » Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure. La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême.

Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert. Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli. » Il aimait dire : « Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».

En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle. Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie).





La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel. La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont « Jésus » et « Marie ». Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire. Sa devise était : « Aimer Marie et la faire aimer. » N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre. Il y a comme une véritable respiration chrétienne. En inspirant, j’apprends à aimer Marie : je reçois ! En expirant, j’apprends à faire aimer Marie : je donne ! Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ. « Aimer Marie » : afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ ! « Faire aimer Marie » : c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon ! Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras. Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. »


Cuet, un sanctuaire à vocation universelle. L’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré. Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.

Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié : « Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. » La Potière est un hameau de Cuet. Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux. C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet. Pourquoi rappeler cela ? Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même.

C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel. Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle. En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel. Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.
 




Retourner en Galilée. À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte. Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon. De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel. On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus : « L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »

Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :

-        L’accueil des racines de notre vie.
-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.

Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous. Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.



Des missionnaires de la Miséricorde. Posons-nous quelques questions… Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ? Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus. Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ? Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde. D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi. Que deviendrons-nous ? Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères. Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père. 




Abbé Pierre Le Bourgeois
Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'abbé Pierre Le Bourgeois a faites le samedi 22 juillet 2017.


Proposition d'engagement




Je demande à saint Pierre Chanel de m'aider à être un disciple missionnaire

Demander à saint Pierre Chanel de nous aider à être des disciples missionnaires là où nous vivons. Pour cela, il nous faut nous enraciner dans la prière et nous mettre au service de nos frères à la suite du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous (Galates II, 20).


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi l’œcuménisme des martyrs est-il le plus convaincant ?

Les chrétiens sont capables de mourir ensemble pour le même Christ : ne pourraient-ils pas vivre ensemble ?
Cet œcuménisme des martyrs doit inciter les communautés chrétiennes à la réconciliation, comme l’a fait Jean-Paul II.

Découvrez la réponse complète de Didier Rance.





Proposition de prière


Invoquons le Seigneur afin que nous devenions les témoins d’une vie nouvelle.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 29 Juil 2017 - 21:21


 1641 


SAINTE JEANNE DE CHANTAL, AU SERVICE DES PAUVRES




Après la mort de son mari à la suite d’un accident de chasse, Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) s’oriente vers la vie religieuse guidée par saint François de Sales et fonde avec lui l’ordre de la Visitation (1610) à Annecy (Haute-Savoie), devenant ainsi la première Sœur visitandine.


La tendresse d’un père.  Née à Dijon le 23 janvier 1572, au temps des Guerres de religion, Jeanne-Françoise Frémyot n’a pas connu sa mère, décédée lorsqu’elle avait 15 mois. Elle reçoit de son père, Bénigne Frémyot, président du Parlement de Dijon, une excellente éducation à la foi. Il lui fait prendre conscience du commandement d’amour du prochain : « Si je n’aimais pas les pauvres, il me semble que je n’aimerais pas Dieu. »

Dieu le Père, Jeanne le rencontre tout au long de sa vie. Elle en a la révélation dans le comportement de son père, qui sait l’accueillir dans les nombreuses épreuves qui ne l’ont pas épargnée. « La tendresse de son père était le signe de la tendresse de Dieu… », a pu dire le père François Mercier, recteur et aumônier du monastère de la Visitation à Annecy à la fin du XXe siècle.  



Une foi intense.  Nous sommes à Dijon à la fin du XVIe siècle. Jeanne s’élance dans la pièce où se trouvent en conversation des invités catholiques et réformés auxquels le président du Parlement ouvre ses portes en dépit de cette période d’affrontement. « Voici des amandes glacées pour vous, Jeanne », propose l’un des invités appartenant à la Réforme. Les adultes engagent une discussion au sujet de l’Eucharistie. « Moi je ne peux pas croire que Jésus soit réellement présent dans le Saint-Sacrement », annonce l’ami de son père. Soudain Jeanne, âgée seulement de cinq ans et qui a attentivement écouté cette discussion, jette les bonbons dans la cheminée en lui déclarant : « Je ne veux pas de vos sucreries, parce que vous ne dites pas la vérité ! Si vous ne le croyez pas, vous faites de Jésus un menteur ! » Puis elle entreprend de faire changer sa position. Cette scène illustre de façon plaisante son sens des petits sacrifices et sa maturité précoce. « Il faut croire, Monsieur, que Jésus est au Saint-Sacrement de l’autel, puisqu’il l’a dit ! » Cette exclamation montre la profondeur de l’enseignement paternel et la foi intense qui anime Jeanne. Elle est pleine de confiance, d’espérance, d’abandon à Dieu ! Elle exprime ici la vivacité du désir de témoignage qui l’habite et que d’autres hommes ont vécu avant elle. Commentant le texte de saint Luc (XXII, 19) : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous », saint Cyrille (IVe siècle) déclarait ainsi : « Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que Lui, qui est la Vérité, ne ment pas » (in Catéchisme de l’Église Catholique). Saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) assurait quant à lui : « La présence réelle du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, on ne l’apprend point par les sens mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité de Dieu. »




Une âme charitable. Jeanne de Chantal, épouse du Baron Christophe de Chantal et mère de famille de six enfants (dont le père de Madame de Sévigné, célèbre femme de lettres), souhaite être reliée autant sur le plan spirituel que sur le plan matériel aux paroissiens de toutes conditions de Bourbilly (Côte-d’Or), insistant auprès des membres de sa famille pour qu’ils se rendent à la messe du village le dimanche...

Position de principe assez singulière pour les élites de ce temps, comme le soulignent les historiens, et qui démontre chez la sainte un souci très moderne d'unité de tous dans la foi en Jésus-Christ. Jeanne de Chantal, comme laïque, évangélise ceux qui la côtoient en aidant les pauvres, en priant chaque jour, en allant à la messe quotidiennement. « Nous ne pouvons pas toujours offrir à Dieu de grandes choses, mais nous pouvons à tout instant lui en offrir de petites, avec un grand amour. » L'amour de Dieu doit se vivre dans la situation concrète qui est la nôtre chaque jour. Comme sainte Jeanne nous y incite : « Cheminons par ces basses vallées des humbles et petites vertus. Nous y verrons des roses entre les épines, les lis de pureté et les violettes de la mortification... Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. » « L’œuvre de piété où elle parut la plus attentive durant le temps de son mariage, fut la miséricorde envers les pauvres », dira Mère de Chaugy, petite nièce de Jeanne de Chantal, visitandine comme elle et sa première biographe.





La rencontre avec saint François de Sales. Dès 1604, apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés. Veuve depuis 1601, la baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme.

François de Sales, devenu son directeur de conscience à la suite de saint Vincent de Paul, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière. La vocation de Jeanne est un chemin tout intérieur fait en pleine liberté. Ce chemin n’est pas exempt de nombreuses difficultés et hésitations ; il lui prend plusieurs années. François lui recommande trois vertus : la patience, la persévérance et l’humilité. « Le sage loue de cela la femme forte, lui écrit François le 6 août 1606, ses doigts ont manié le fuseau ! Filez tous les jours un peu, mais gardez-vous de vous empresser car vous entortilleriez votre fil à nœud et embarrasseriez votre fuseau. »

Face à certaines hésitations de Jeanne, François affirme : « Vos impuissances vous nuisent beaucoup car, dites-vous, elles vous gardent de rentrer en votre vie intérieure et de vous approcher de Dieu. C’est mal parler sans doute. Dieu veut que notre misère soit le trône de sa miséricorde et nos impuissances le siège de sa toute-puissance. » Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants (les deux premiers n’ont pas survécu), à découvrir et à choisir le plan de Dieu. Après quelques années, il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé. ]
 




La fondation de l’ordre de la Visitation. Le 6 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une Sœur tourière (chargée des relations avec le monde extérieur), Anne-Jacqueline Coste.

François se contenta de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attirait, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régissait, et du Saint Esprit qui les animait de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les Sœurs oblates de la Sainte Vierge ». Saint François prend rapidement référence sur la Visitation, mystère joyeux de la vie de la Vierge Marie, qui se met au service de sa vieille cousine Élisabeth enceinte de Jean Baptiste (Luc I, 39-56). Pour lui, « l’esprit de la Visitation est un esprit de profonde humilité envers Dieu et d’une grande douceur envers le prochain ».

Au bout d’un an, les quatre novices s’engagent définitivement. Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616, l’archevêque de Lyon expose le souhait que les Sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux. Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy. À la mort de François de Sales le 28 décembre 1622, l’ordre compte treize monastères.





Sainte Jeanne de Chantal est rappelée à Dieu le 13 décembre 1641 à Moulins (Alllier), au retour d’un voyage fatigant. À sa mort, l’ordre comprend déjà 87 monastères dans l’Europe entière. Elle fut béatifiée le 21 novembre 1751 par Benoît XIV et canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767. Elle est la patronne et protectrice des personnes oubliées, des repris de justice, des mères de famille, et des veuves. Ses restes sont conservés avec ceux de saint François de Sales dans la basilique de la Visitation à Annecy. Longtemps fêtée le 12 décembre, sa fête liturgique est fixée au 12 août depuis 2003. 





Père Arnaud Bancon
Prêtre de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal à Paris 16e


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Arnaud Bancon a faites le samedi 29 juillet 2017.


Proposition d'engagement




J'essaie de répondre à l'appel de sainte Jeanne de Chantal

Cette semaine, j’essaie de répondre à l’appel de sainte Jeanne de Chantal qui propose avec ferveur et confiance en Dieu amour : « Visitons les malades, servons les pauvres, conseillons les affligés, le tout sans empressement, avec une vraie liberté. »

Voici quelques liens pour vous aider dans cet engagement :

http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-malades_r46.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-sans-abris_r48.html
http://www.saintejeannedechantal.com/Les-personnes-demunis_r47.html


Proposition de formation sur la foi



Pourquoi et à qui donner de son argent ?

Donner est un devoir essentiel du chrétien, car nos biens nous sont confiés en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilité de déterminer combien et à qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.

Découvrez la réponse complète de Pierre de Lauzun.





Proposition de prière


Prions ensemble sainte Jeanne de Chantal pour que les plus démunis reçoivent l’aide de généreuses âmes.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 5 Aoû 2017 - 14:20


 1221 


SAINT DOMINIQUE CONFIE SON ORDRE À LA VIERGE MARIE




Dès sa naissance au XIIIe siècle, la famille religieuse fondée en France par saint Dominique (après 1170-1221), ou Ordre des Prêcheurs, témoigne d’un lien particulier avec la Mère de Dieu. À partir du XVe siècle, la prédication du Rosaire donne un nouvel élan marial au monde chrétien.


Contre les hérésies. En 1203, l’évêque castillan Diègue d’Osma et son chanoine Dominique découvrent l’ampleur et la gravité des dissidences religieuses qui ont pris racine sur les terres du comte de Toulouse et de ses voisins, dans tout le Sud-Ouest de la France actuelle. À partir de 1206, les deux hommes parcourent la région délimitée par les Pyrénées, au Sud, et les villes d’Albi, de Toulouse et de Montpellier, à l’Ouest et au Nord. L’unité de l’Église est mise à mal dans ces contrées par l’hérésie des « parfaits », appelés ultérieurement et de manière inadéquate « cathares », remettant en cause toutes les grandes croyances de la chrétienté médiévale (unicité de Dieu, hiérarchie de l’Église, sacrements). Les deux Espagnols investissent toutes leurs forces dans une campagne de prédication humble et itinérante. La tâche est rude. En 1208, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau sur les rives du Rhône a entraîné la « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques. Au cœur de ces terres ravagées par l’hérésie et la guerre, sans prendre part à la croisade, Dominique regroupe pourtant à Prouilhe (actuelle commune de Fanjeaux, Aude) des femmes, naguère « parfaites », revenues dans la pleine communion ecclésiale pour y mener une vie de type monastique.




Des Frères itinérants. En 1217, Dominique de Caleruega décide de disperser la quinzaine de Frères qui l’ont rejoint à Prouilhe (puis à Toulouse) afin d’y mener une vie de prêcheurs itinérants. Après avoir obtenu l’approbation de l’évêque de Toulouse, Foulque, puis les encouragements des papes Innocent III et Honorius III, Dominique offre ainsi à l’Église et à ses pasteurs l’aide de prédicateurs bien formés intellectuellement, assoiffés du Salut des hommes et désireux pour cela de porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, comme de conforter dans leur foi ceux qui faiblissent ou fatiguent. Dominique sait que « les semences dispersées portent du fruit et qu’entassées elles pourrissent », précise la légende de Pierre Ferrand.

Pauvres et mendiants, ses fils sont disponibles pour aller là où on les appelle. L’Ordre des Prêcheurs naissant (on parlera ultérieurement de Dominicains) prend donc une dimension internationale en envoyant des Frères à Paris, à Rome puis à Bologne (nord de l’Italie), en Espagne et bientôt jusqu’aux confins du monde habité. La Vierge Marie accompagne les compagnons de Dominique sur les routes et dans leurs prédications. C’est sous le patronage de Notre Dame qu’est placé le monastère de Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux. Lors du procès de canonisation, un témoin affirme que sur les routes d’Italie, Dominique « toujours joyeux dans les tribulations, louait et bénissait le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».



Une protectrice spéciale. C’est grâce à une intervention miraculeuse de la Vierge Marie qu’un ecclésiastique de haut-rang, Réginald d’Orléans (o.p., † 1220), guérit de la maladie qui l’avait frappé alors qu’il hésitait à délaisser sa carrière universitaire pour embrasser une vie de prédication et de pauvreté. L’épisode est rapporté par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, dans un Petit livre sur le commencement de l’Ordre. Comme un bon médecin, la Mère du Seigneur vint lui faire des onctions salvatrices de la tête aux pieds en disant : « J’oins tes pieds avec l’huile sainte, pour qu’ils soient prêts à annoncer l’Évangile de paix. » C’est l’invitation de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Éphésiens (VI, 15).

Remis debout, vêtu de l’habit blanc des Prêcheurs, Réginald est envoyé par Dominique à Bologne où il prêche avec grand succès. En 1221, à quelques mois de sa mort, Dominique se voit confier une nouvelle mission par le pape Honorius III. Il doit convaincre les moniales de plusieurs monastères romains de se rassembler dans un couvent jouxtant la basilique Saint-Sixte de Rome (Italie), le long de la via Appia, pour y vivre en suivant la règle établie à Prouilhe. La communauté de Sainte-Marie in Tempulo résiste. Les Sœurs refusent de s’établir ailleurs si elles ne peuvent emporter avec elle l’image de la bienheureuse Vierge qu’elles vénèrent. Dominique y consent : il comprend et partage cet attachement des Sœurs. Celles-ci déménagent le 28 février 1221 et l’image de la Vierge est apportée à Saint-Sixte la nuit qui suit leur entrée dans leur nouvelle clôture. On craint en effet les réactions de Romains réticents devant cette translation. Mais la discrétion du transfert n’exclut pas la ferveur et la confiance en Marie.

Une moniale, témoin de l’épisode, raconte que « le bienheureux Dominique, accompagné de deux cardinaux : le seigneur Nicolas et le seigneur Étienne, dont il avait ressuscité le neveu, et d’une foule considérable, tous pieds nus, escortés de nombreux porteurs de torches, la portait sur ses épaules à l’église de Saint-Sixte. Les sœurs, pieds nus, l’attendaient en prière ».





Marie, avocate. Sœur Cécile, moniale romaine de Saint-Sixte et contemporaine de Dominique, relate encore une vision de l’homme de Dieu qui confirme la protection spéciale de la Vierge Marie sur l’Ordre des Prêcheurs. Une nuit, après avoir prié longuement dans l’église déserte, il se rend à l’extrémité du dortoir des Frères pour continuer son oraison. Trois dames s’approchent. La plus belle et la plus digne porte un vase de prix. Une de ses compagnes lui tend un aspersoir avec lequel elle bénit chacun des Frères endormis en traçant sur lui le signe de la croix. Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom : « Je suis celle que chaque soir vous invoquez, et lorsque vous dites : Eia ergo, advocata nostra (NDLR : « Ô vous, notre Avocate », paroles du Salve Regina), je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre », répond la Vierge. Très tôt, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.  




La Mère des Prêcheurs. Revenu à sa prière, poursuit sœur Cécile, Dominique est ravi en esprit devant Dieu. La Vierge Marie est assise à sa droite, vêtue d’une chape de couleur saphir. Des religieux de tous les ordres contemplent le Seigneur et sa Mère mais on n’y voit pas de Prêcheurs.

Dominique pleure amèrement. Marie et son Fils l’appellent et lui demandent les raisons de sa tristesse. « Veux-tu voir ton ordre ? », lui demande Jésus. « Oui, Seigneur », répond Dominique en tremblant. Et, raconte la moniale, « le Seigneur mettant la main sur l’épaule de la bienheureuse Vierge, dit au bienheureux Dominique : j’ai confié ton ordre à ma mère. » La Vierge ouvre alors la chape qui la couvrait, si vaste « qu’elle semblait couvrir toute la patrie céleste » et, abritée dans les plis de ce manteau, Dominique voit une grande multitude de Frères. « La bienheureuse Vierge Marie fut l’aide principale dans la fondation de l’Ordre, et l’on espère qu’elle le conduira à bon port », écrit Humbert de Romans, quatrième successeur de saint Dominique. La Mère du Verbe est aussi la Mère des Prêcheurs.





Et la prière du Rosaire ? Le mot rappelle une guirlande de roses dont on couronne la Vierge Marie. Ces fleurs sont en réalité chacune des prières que le croyant récite pour méditer les mystères de la vie du Christ en unissant sa prière à celle de sa Mère. Depuis l’époque moderne jusqu’à nos jours, d’innombrables images représentent la Vierge donnant un chapelet à saint Dominique avec mission pour lui de le répandre à profusion.

Déjà au XIIIe siècle, des Frères répétaient des Je Vous Salue Marie, généralement par multiple de dix, en accompagnant cette salutation d’inclinations, de génuflexions, de prostrations. Le bienheureux Romée de Livia (o.p., † 1261), qui avait connu personnellement saint Dominique, fut enterré, d’après le témoignage de Bernard Gui (o.p., 1261-1331), tenant à la main la cordelette à nœuds qui lui servait à compter les 1000 Ave Maria dont il saluait chaque jour la Vierge.

Au XVe siècle, un Dominicain enthousiaste et inventif, Alain de la Roche (vers 1428-1475), met définitivement en forme le Rosaire. Il a l’idée de faire de la récitation du psautier de la Vierge, composé de 150 Ave entrecoupés de Pater, l’obligation principale de la Confrérie de la Vierge et de saint Dominique qu’il fonde à Douai (actuel département du Nord) en 1470.

Le succès est immédiat et, depuis lors, rosaire, chapelet, dizainier accompagnent la vie des chrétiens. La méditation des mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Seigneur et de sa Mère permet de lire l’Évangile avec les yeux de Marie. En 1571, c’est à l’intercession de Notre Dame du Rosaire que le pape dominicain saint Pie V attribue la victoire remportée le 7 octobre à Lépante (Grèce) par les princes chrétiens opposés aux Turcs ottomans. Le 16 octobre 2002, par sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II enrichit le cycle des mystères en instituant des mystères lumineux.  
 






Père Augustin Laffay O.P.
Dominicain - historien


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Augustin Laffay O.P. a faites le samedi 5 août 2017.


Proposition d'engagement




Je visite les « lieux saints » dominicains de Toulouse et du Lauragais

- Monastère de Prouilhe F-11270 Fanjeaux http://www.prouilhe.com/accueil.htm  
- Maison Seilhan 7 place du Parlement F-31000 Toulouse  
- Couvent des Jacobins Rue Lakanal F-31000 Toulouse http://www.jacobins.toulouse.fr/  

Autre engagement possible : offrir un rosaire, un chapelet ou un dizainier à une personne de son entourage.



Proposition de formation sur la foi




Quelle est la vocation des Dominicains ?

À la lumière de la vie de saint Dominique, la vocation dominicaine apparaît comme un appel à annoncer l’Évangile à un monde qui l’ignore, voire le refuse, à travers une vie vraiment évangélique qui se nourrit de pauvreté, de prière et de contemplation.


Découvrez la réponse complète du Père Jean-Miguel Garrigues.





Proposition de prière


Se rendre dans une église, y chercher une représentation de Notre-Dame du Rosaire, et réciter une dizaine de chapelet. On peut aussi prier la prière de l’Ave maris stella, comme le faisait Dominique en chemin.




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