À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Notre Histoire Avec Marie en France

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Lumen
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 12 Aoû 2017 - 15:42


 1879 


JEANNE JUGAN, FONDATRICE DES PETITES SŒURS DES PAUVRES




Béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1982, puis canonisée par le pape Benoît XVI en 2009, Jeanne Jugan (1792-1879), ou Sœur Marie de la Croix, refusa de se marier pour répondre à la volonté de Dieu. Elle deviendra la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres en 1839.


L’actualité du message spirituel de sainte Jeanne Jugan. « Demeurez dans l’admiration et l’action de grâce, à cause de la bienheureuse Jeanne, à cause de sa vie si humble et si féconde, véritablement devenue un des nombreux signes de la présence de Dieu dans l’histoire. » Ainsi s’exprimait le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1982, au lendemain de la béatification de Jeanne Jugan, devant une assemblée constituée surtout de Petites Sœurs des Pauvres, héritières de leur fondatrice, et de personnes du troisième âge, indissociables de leur vocation ! Le 11 octobre 2009, le Pape Benoît XVI la proclamait sainte, soulignant aussi les deux dimensions et l’actualité de son message spirituel et apostolique : sa « douceur et humilité de cœur » et son « regard de compassion ».




Force dans les épreuves. La Cancalaise (habitante de Cancale, petit port de pêche de l’Ille-et-Vilaine) de l’époque de Jeanne est réputée pour avoir un tempérament fier et déterminé, forgé par les circonstances difficiles qu’elle doit affronter, souvent sans le soutien d’un époux, parti en mer une bonne partie de l’année. C’est le cas dans la famille de Jeanne. Lorsqu’elle naît le 25 octobre 1792, son père est sur les bancs de Terre-Neuve (Canada) à pêcher la morue (il disparaîtra dans l’océan quatre ans plus tard).

Sa maman fait vivre le foyer en travaillant dans une ferme voisine. Jeanne, sixième d’une fratrie de huit, est baptisée le jour de sa naissance par le Curé Godefroy, guère aimé des Cancalais car il a prêté serment à la Constitution civile du clergé, texte voté par le gouvernement révolutionnaire. Le recteur et les autres prêtres fuient la Terreur en se cachant ou en émigrant à Jersey (île anglo-normande). Toute manifestation religieuse est interdite, l’église est devenue un magasin à fourrage, l’école une caserne…

Années noires et pourtant éclairées par la foi inébranlable de ce petit peuple breton tenace. Car la fierté des Cancalais n’est pas de même nature que l’orgueil, cette fierté est une force pour défendre leurs valeurs et allumer la lampe de l’amour de Dieu dans tous leurs foyers. Jeanne héritera de cette force et s’en servira pour s’attacher de plus en plus à son Seigneur Jésus, doux et humble de cœur (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », Matthieu XI, 9). Lorsqu’elle est demandée en mariage, vers 20 ans, par un jeune marin, elle prend le temps de discerner, de prier ; sa réponse est aussi mystérieuse qu’irrévocable : « Je ne me marierai pas. Dieu me veut pour Lui. Il me garde pour une œuvre qui n’existe pas encore, qui n’est pas encore fondée. » L’Esprit souffle où il veut…



Patience dans le discernement. Partie à Saint-Servan (commune rattachée depuis 1967 à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine), Jeanne devient membre d’un Tiers-Ordre fondé par saint Jean Eudes (la Société du Cœur de la Mère admirable). Elle travaille pour gagner son pain et développe sa foi chrétienne dans une vie de prière intense comme en divers engagements de charité, paroissiaux ou personnels. De saint Jean Eudes, elle apprend à « n’avoir qu’une vie, qu’un cœur, qu’une âme, qu’une volonté avec Jésus ». De l’« œuvre qui n’existe pas encore », rien n’apparaît. Jeanne ne cherche pas à provoquer l’éclosion d’une initiative nouvelle. Elle ne devance pas Dieu, non, elle se donne à Lui et au prochain chaque jour, au fil des mois et des années qui passent. Elle arrive ainsi à 47 ans : c’est l’hiver 1839.




Porte et cœur ouverts Jeanne vit alors tout près de l’église paroissiale de Saint-Servan, dans un modeste logement : deux petites pièces au premier étage et un grenier. Elle partage cet espace avec deux autres femmes : Françoise Aubert, dite Fanchon, une amie de 73 ans, et Virginie Trédaniel, une jeune fille de 18 ans qui lui a été confiée par son tuteur. Ces trois générations vivent en belle harmonie de cœur, de travail et de foi. L’hiver 1839 est rude, les mendiants sont quasiment aussi nombreux que ceux qui ne le sont pas. Dans les rues, enfants, jeunes filles et vieillards sont les plus fragiles. Jeanne entend dire qu’une vieille femme, Anne Chauvin, aveugle et infirme, est à l’abandon. Avec l’accord de ses deux compagnes, elle va la chercher et l’installe dans son propre lit, lui déclarant qu’elle est maintenant chez elle. Ce soir-là, Jeanne est allée dormir au grenier. L’« œuvre » pour laquelle Dieu la gardait était née. Elle va grandir très rapidement, devenant association de charité puis communauté religieuse qui prendra quelques années plus tard la forme et le nom définitif de « Petites Sœurs des Pauvres ». Après Anne Chauvin, c’est Isabelle Cœuru qui est accueillie. Virginie lui donne son lit et rejoint Jeanne au grenier. Jeanne a ouvert sans réserve son cœur à la détresse des personnes âgées et entraîne les autres à faire de même. Le mouvement ne s’arrêtera pas : bientôt, on déménage pour accueillir un plus grand nombre d’indigentes.  


Pauvre avec les pauvres.  Ces « bonnes femmes », comme on les nomme avec affection, étaient mendiantes. Maintenant, elles sont au chaud et ne vont plus tendre la main. Jeanne et ses compagnes partagent leurs revenus avec elles. Mais une autre inspiration de l’Esprit Saint fait franchir à Jeanne un pas supplémentaire : laissant tout travail rémunéré, elle devient pauvre avec les pauvres, mendiante à la place des mendiantes qu’elle a sauvées de la rue. En mai 1842, sont adoptés les statuts des « Servantes des Pauvres », devenues en 1849 les « Petites Sœurs des Pauvres », avec un vœu d’hospitalité en plus des trois vœux religieux habituels. Dans sa démarche, Jeanne est encouragée par un Frère de Saint-Jean de Dieu, quêteur, qui la comprend en profondeur. Une décision qui n’est pourtant pas facile. Elle dira plus tard : « J’allais avec mon panier chercher pour nos pauvres… Cela me coûtait, mais je le faisais pour le bon Dieu et pour nos chers pauvres. » Cette identification d’elle-même aux pauvres et du pauvre à Jésus est toute évangélique. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus en Matthieu XXV, 40. La confiance en la Providence, l’une des caractéristiques de sa Congrégation, ne fera que grandir. Liant le temporel et le spirituel, elle est sûre que Dieu, Père, pourvoira au pain quotidien et fera aussi grandir son image en ceux qui s’abandonnent à Lui. Jeanne dira un jour : « C’est si beau d’être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu ! » C’est une sentence qu’il ne faut pas tronquer. Tout est lié.




Sœur Marie de la Croix. Le nom de religion de sainte Jeanne Jugan, Sœur Marie de la Croix, récapitule sa spiritualité. « Sœur », « Petite Sœur » des aînés, elle a dû pourtant s’en éloigner, s’en arracher, par obéissance. Quatre ans après la naissance de l’œuvre, à la fin 1843, Jeanne est injustement déposée de sa charge de supérieure. Elle reste quêteuse et donc proche de la vie des maisons qui se fondent, en Bretagne et de plus en plus loin. Mais soudain, on lui retire la quête, elle est envoyée à la Maison-Mère, sans aucune charge précise. À La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) à partir de 1856, elle passera 23 années de vie cachée au milieu des novices et postulantes. Une descente dans l’anonymat, en dépit de la célébrité dont elle avait joui un moment dans les médias de l’époque (elle reçut un prix de l’Académie française) : les nouvelles Petites Sœurs ne savent plus qu’elle est leur fondatrice. À sa mort, le 29 août 1879, il est écrit sur sa tombe « Troisième Petite Sœur ». Il faudra attendre 1902 pour que son rôle effectif soit enfin reconnu par une étude biographique. La colère peut saisir devant tant d’injustice, mais il faut continuer à regarder comment Jeanne, elle, a vécu cette dernière période de sa vie. Les témoignages la disent de plus en plus joyeuse. Pas de récrimination, pas de murmures… Au contraire, malgré une grande lucidité sur sa situation, elle vit dans une louange grandissante : « Il est si bon, le bon Dieu ! Il faut toujours dire Gloire à Dieu ! Merci mon Dieu ! » C’est une joie toute spirituelle, car la souffrance est certainement présente. « Marie de la Croix » est là aussi. Depuis sa tendre enfance, Jeanne est liée d’affection, de confiance, de piété, à la Vierge Marie. Son chapelet ne la quitte pas. Sa formation eudiste lui a fait découvrir comment rester plongée en Dieu en suivant le chemin du Cœur unique de Jésus et de Marie. Aux jeunes filles qui arrivent au noviciat, encore douloureuses des séparations familiales, elle dit : « Mes petites, vous aimez la Sainte Vierge ? Elle sera votre Mère. » Suivant Marie et Jésus jusqu’au dépouillement de la Croix, elle communie de plus en plus profondément aux sentiments du Christ sur la terre. Aux jeunes Sœurs, la Petite Sœur Marie de la Croix partage souvent son attrait particulier pour l’humilité du Sauveur. Ses filles, les Petites Sœurs, portent sur leur croix de profession (qui est cachée sous l’habit) l’inscription « Je suis doux et humble ».     




« Petites, bien petites ». « Soyez petites, bien petites ! Gardez l’esprit d’humilité, de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, la Congrégation ne ferait plus bénir le bon Dieu, nous tomberions ». Jeanne est la première à mettre en pratique son conseil. Quêteuse, elle se présente toujours petitement, accueillant avec égalité d’âme les dons comme les refus. Un jour, elle reçoit une gifle : « Merci mon bon monsieur, répond-elle, ceci est pour moi… Mais vous me donnerez bien quelque chose pour mes pauvres ? » Une telle réaction amollirait le cœur le plus endurci : son agresseur lui remet une offrande ! Saint Joseph, qui a subvenu aux besoins de la Sainte Famille, est choisi dès le début de l’œuvre comme protecteur et intermédiaire de la Providence, manifestation de la bonté de Dieu envers la « petite famille ». La sainteté de Joseph, à l’âme juste, humble et silencieuse, correspond à celle de Jeanne Jugan. À La Tour Saint-Joseph, quand d’anciens amis lui rappellent tout ce qu’elle a réalisé, elle répond : « C’est le bon Dieu qui a tout fait. Je suis seulement son humble servante » : un accent du Magnificat de la Sainte Vierge… Amour et humilité, tout est dit de sainte Jeanne Jugan et de ce qu’elle attend de ses héritières spirituelles. « Pour faire une bonne Petite Sœur des Pauvres, il faut beaucoup aimer le bon Dieu, les pauvres, et s’oublier soi-même. »

L’esprit de famille. Dans sa pratique de l’hospitalité, Jeanne a eu comme une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées : le désir d’être respectées, estimées, aimées ; l’appréhension de la solitude en même temps que le souhait d’un espace de liberté et d’intimité ; la nostalgie de se sentir encore utiles ; et très souvent une volonté d’approfondir sa foi. Dès l’accueil d’Anne Chauvin, Jeanne a imprimé le style qui allait lui survivre et se retrouve encore aujourd’hui dans toutes les « Ma Maison » de par le monde : l’esprit de famille. Vivant sous le même toit, Petites Sœurs et résidents forment de petites cellules de « la grande famille humaine où tous les hommes se traitent comme des frères et partagent les biens de la création selon la règle de la justice, inséparable de la charité » comme le dit la constitution pastorale Gaudium et Spes (8 décembre 1965) du concile Vatican II. Les communautés sont, dans la plupart des pays, très internationales, porteuses d’un encouragement à la fraternité universelle.  

Le respect de la vie. Sainte Jeanne Jugan a laissé le Seigneur transformer son regard de sorte qu’elle pouvait le reconnaître en toute chose et toute personne. Consciente de la valeur de la vie et de la dignité suprême de l’être humain, quel que soit l’état de son âme ou de son corps, elle a fait de l’accompagnement des mourants le sommet de la vocation des Petites Sœurs des Pauvres. Dans le respect de la liberté et de la religion ou des croyances de chacun, elles donnent toujours le témoignage du respect de la vie.




Amour envers les personnes âgées. Le pape François rappelle souvent que « l’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime. Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société. Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple » (audience du 15 octobre 2016 aux associations italiennes de personnes âgées). C’est le message de Jeanne Jugan : il est tellement actuel ! Que Sainte Jeanne Jugan nous aide à grandir dans l’amour de Dieu et de nos aînés !




Petites Sœurs des Pauvres
de Saint-Pern


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Petites Sœurs des Pauvres de Saint-Pern ont faites le samedi 12 août 2017.


Proposition d'engagement




Je fais un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée

Cette semaine, je vais faire un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée : un sourire, un petit mot, un bras pour traverser la rue, un panier de commissions porté en haut des marches, une carte de vacances dans la boîte aux lettres, une petite visite… Je peux aussi entrer en contact avec une maison des Petites Sœurs des Pauvres et demander à y faire du bénévolat.




Proposition de formation sur la foi




Quelle est l’originalité de la vision chrétienne sur la communication ?

Le christianisme est une tradition de la communication : il développe une vision de la communication juste et pleinement efficace, c’est-à-dire qui ne se réalise pas au sens superficiel et caricatural de la « com’ », mais dans le sens d’une communication vraie qui touche les profondeurs de l’être.

Découvrez la réponse complète du Père Christophe Levalois.





Proposition de prière


Je prie pour demander l’humilité, chère à sainte Jeanne Jugan, avec les « Litanies de l’Humilité » du Cardinal Merry del Val*.

*Ces litanies étaient récitées chaque jour après sa messe par le Cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930), évêque à 34 ans, cardinal à 38 ans et indéfectible secrétaire d’État du pape Saint Pie X de 1903 à 1914.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 26 Aoû 2017 - 20:30


 1194 


CHARTRES : UNE NOUVELLE CATHÉDRALE, « MAISON DE MARIE SUR TERRE »




La ferveur qui règne à Chartres à la fin du XIIe siècle est profonde. La cathédrale possède une relique remarquable, la « sainte Chemise » de Marie. Quand en 1194, la cathédrale disparaît et que le voile est sauvé du sinistre, c’est une ville entière, et au-delà l’ensemble de l’Occident chrétien, qui s’assure de l’élévation du nouveau sanctuaire. Jusqu’à aujourd’hui, on y vit avec une intensité particulière la prière de l’incarnation : Marie mère de Dieu offre son fils au monde.


L’évêché de Chartres. Au Moyen Âge, Chartres est l’un des plus vastes diocèses de France, assis sur la riche région céréalière de la Beauce, et bénéficie d’un « décollage » économique, qui favorise aussi les échanges et l’éclosion des villes. L’immense édifice construit à l’époque de Fulbert (à partir de 1020) – aux murs lourds et austères – a ses portes ouvertes aux pèlerins, qui déjà y viennent nombreux.

Il accueille des liturgies grandioses. La construction de la nouvelle façade entre 1134 et 1155, à l’orée de l’ère gothique, a frappé les imaginations. Le portail à trois baies, entièrement sculpté, tisse ensemble génie artistique et élévation spirituelle : un véritable Credo, où sont déclinés en trois temps les différents visages du Christ. L’incarnation y est évoquée par les figures de l’Annonciation, de la Visitation et de la naissance du Christ ; Marie, trône de sagesse, y offre son fils au monde. L’Ascension le laisse voir traversant les nuages pour rejoindre son Père. Au centre, le Christ en majesté, celui qui existe « de toujours à toujours », bénit l’humanité.

Les trois vitraux de la façade, qui sont parmi les plus anciens connus de grande dimension, nous racontent la vie du Christ : ses ancêtres ; sa vie publique ; sa passion et sa résurrection. Chaque panneau, illuminé du magnifique bleu de Chartres qui lui sert de fond, décrit une scène de l’Évangile, à la façon d’une bande dessinée où le symbole est toujours présent. Ainsi, la croix verte liserée de rouge : l’espérance du printemps ; la souffrance du sang. Encore aujourd’hui, de nombreux écrivains spirituels, prêtres et paroissiens viennent se ré-inspirer de cette Bible de pierre et de Verre. La flèche de la tour sud est un nouveau record : plus de 105 mètres dans une civilisation où les gens vivent « à l’horizontale ». C’est une façon de rejoindre le Ciel.  





Un incendie qui ouvre sur l’avenir. C’est dans ce contexte que survient, une nuit de juin 1194, un terrible incendie. La cathédrale est détruite, à l’exception d’une façade qui était déjà une formidable initiation à la foi chrétienne. La panique puis l’abattement saisissent la population de Chartres, qui découvre que la « Sainte Chemise », le vêtement que Marie aurait porté sur elle lors de l’Annonciation et de la naissance du Christ, a disparu au cours du sinistre. Coup de théâtre : trois clercs, que l’on croit morts, étaient descendus dans un caveau profond situé sous le chœur. Trois jours plus tard, ils en ressortent, au milieu des ruines calcinées et des braises, montrant à tous la châsse du voile, celle de l’orfèvre Teudon, couverte de feuille d’or et d’innombrables pierres précieuses. C’est peu dire que l’enthousiasme est immense. L’évêque galvanise la foule. Les premières donations sont effectuées le jour même.




La construction d’une cathédrale gothique. Le nouvel édifice, bientôt doté de neuf portes monumentales et de neuf portails sculptés (un record en Europe), est la « maison de Notre Dame sur Terre », la « chambre spéciale de la Vierge Marie », comme le disent les miracles de Notre-Dame, rédigés quelques décennies plus tard par Jehan le Marchant. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, personne n’y a été enterré : seule grande cathédrale à n’abriter aucun tombeau, elle est pure de tout corps mortel.

Quand le soir vient et que la rumeur des hommes s’éloigne, au moment de fermer le sanctuaire : Marie y est chez elle. C’est un immense reliquaire que conçoivent les bâtisseurs. Leur Foi a le mérite de la sincérité et de l’audace. Marie a voulu garder au milieu des Chartrains son vêtement et veut donc y conserver son « vestiaire ». Sa maison a-t-elle disparu ? C’est qu’elle en veut une autre, plus belle et plus haute. La cathédrale gothique est achevée en moins de 30 ans ! Elle est une invitation spectaculaire à envisager la sphère divine, puisque son plan et son élévation (37 mètres) sont une visualisation de la « Jérusalem céleste ».

L’utilisation systématique des arcs-boutants, de la croisée d’ogives, l’ouverture des fenêtres hautes font entrer la lumière dans l’édifice. La cathédrale dispose d’un ensemble exceptionnel de vitraux du XIIIe siècle – le plus vaste au monde conservé, sur 2 500 mètres carrés. Le chatoiement des couleurs révèle le génie des artisans verriers. Plus de 5 000 personnages nous introduisent à l’histoire sainte : ils racontent la Bible et la vie des saints, bandes dessinées vivantes qui témoignent aussi de l’excellence de la réflexion théologique et philosophique. Enfin, trois grands portails sculptés complètent cette « pensée du Moyen-Âge devenue visible », selon l’expression du célèbre historien d’art du XXe siècle Émile Mâle.
 


Des fidèles originaires d’ici et d’ailleurs.  Parmi les pèlerins d’hier, on compte de nombreux rois et saints : Vincent de Paul, Louis-Marie Grignion de Montfort, François de Sales… Henri IV y a été sacré roi le 27 février 1594, après les guerres de Religion.

Les pèlerins d’aujourd’hui sont plus variés qu’on ne saurait l’imaginer. Chaque année, la cathédrale reçoit : les jeunes de 18 à 30 ans des diocèses d’Île-de-France, les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté attachés au rite tridentin, l’aumônerie des tamouls du Sri Lanka, les scouts d’Europe et de très nombreuses paroisses. Les fidèles viennent de plus de 65 pays – si l’on s’en tient aux nationalités des prêtres qui y ont célébré au cours des cinq dernières années. Eux, savent que cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 (la cathédrale fut l’un des premiers monuments inscrits sur cette prestigieuse liste), a son enracinement dans une prière que l’on peut vivre intensément auprès du vêtement de Marie.

Aujourd’hui, la véracité des reliques n’est plus l’objet de controverses scientifiques. Reste une chance infinie qui nous est laissée : un objet à part, qui, dans sa translucidité, nous appelle à méditer sur l’immense mystère de l’Incarnation. Au-delà du tissu, que voyons-nous ? Du très concret et du très inexprimable : une maison en terre crue, le ventre rond d’une jeune femme de 15 ans ; l’Amour éternel de Dieu présent dans l’aventure humaine, le Fils plein de gloire parlant à nos cœurs et devenu semblable à nous.





L’esprit du pèlerinage. « On voit le clocher à dix-sept kilomètres sur la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l’ai vu, ça été l’extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un coup. J’étais un autre homme. » Ces mots de Charles Péguy transmettent la pensée de milliers d’anonymes…

Le pèlerinage de Chartres est de ces aventures hors du commun, de celles qui parlent à toutes les époques et touchent au plus profond de ce que nous sommes : qui transforment. Chartres, c’est le plateau de la Beauce, qui impressionne par sa plate immensité. Ce sont ses deux flèches, signe indélébile sur la ligne d’horizon et vers lequel on avance imperceptiblement. Ce sont des retournements, des moments précieux où l’on ressent une présence aimante, des pardons décisifs, des abandons silencieux à la parole de Dieu, des choix de vie, des vocations encore à la prêtrise ou au mariage ; des millions de démarches personnelles. Des millions d’actes de foi. Toutes ces expériences sont enracinées dans le même abandon chaleureux à la Vierge Marie. Elles sont pourtant teintées par les personnalités et spiritualités des pèlerins. Une extrême diversité d’ambiance qui est la richesse de Chartres.
 



Dans les pas de Péguy. La spiritualité du pèlerinage de Chartres fut admirablement interprétée par les Cinq Prières dans la cathédrale de Charles Péguy (1913) : spiritualité faite de la vénération offerte à Marie Mère de Dieu, mais aussi redécouverte d’un espace intérieur, d’une disposition d’âme qui se déploie au fur et à mesure de l’approche de la cathédrale.

L’histoire est étonnante. Elle commence le 14 juin 1912, lorsque Charles Péguy entreprend le pèlerinage de Chartres à la suite d'un vœu fait l'été précédent au chevet de son fils malade. « Mon vieux, écrit-il à son ami Lotte, j'ai senti que c'était grave. Il a fallu que je fasse un vœu… J'ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale. J'ai fait 144 kilomètres en trois jours. (…) J'ai prié comme je n'avais jamais prié, j'ai pu prier pour mes ennemis... Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout... Mes petits ne sont pas baptisés. À la Sainte Vierge de s'en occuper. »



Où prier à Chartres ? Parmi les 176 représentations de la Vierge Marie dans la cathédrale de Chartres, il en est quelques-unes qui attirent spécialement les pèlerins.

- Devant le voile de la Vierge Marie (dans le déambulatoire), pour méditer, au travers de sa transparence, le mystère de l’Incarnation : Marie de Nazareth disant oui à l’ange du Seigneur, Dieu se faisant homme – prenant chair – dans le sein d’une jeune femme de Palestine.

Offert à Chartres en 876 par le roi de France, le voile de la Vierge vient de Constantinople. Considéré comme une des reliques majeures du Christ, puisqu’il l’aurait touché le jour de sa naissance, l’un des objets les plus précieux d’Occident est durant des siècles enfermé à l’intérieur d’une châsse couverte d’or et de joyaux.

On découvre ainsi tardivement qu’il s’agit d’un long habit de tête et non d’une « chemise », ainsi qu’elle figurait dans sur le sceau du chapitre de la cathédrale. S’il est déchiré sous la Terreur révolutionnaire (1793), plusieurs fragments (dont un particulièrement important) sont redonnés à la cathédrale dans les décennies suivantes. Son reliquaire monstrance (ancêtre de l'ostensoir), réalisé par l’orfèvre Poussielgue-Rusand, date de 1876.





- Devant la statue de Notre-Dame du pilier : Marie qui accueille les prières des hommes et femmes. On vient du monde entier lui confier joies et souffrances pour qu’elle les remette à son fils : les proches confrontés à la maladie, la douleur face à la mort, les personnes que l’on aime passionnément, les moments de dépression, la joie d’avoir un enfant… Datant des années 1500-1507, cette belle statue en bois de poirier, avec rehauts de dorure, a été installée pour répondre aux besoins des fidèles, qui s’avançaient trop avant dans le chœur où étaient célébrés les offices. Son donateur est le chanoine Wastin des Feugerets. D’abord placée à la croisée du transept, sur un jubé (construction séparant le chœur du reste d’une église), elle n’a rejoint son actuel emplacement, dans le déambulatoire nord, qu’en 1806. Le pape Pie IX décida son couronnement, le 31 mai 1855 ; ce qui donna lieu à un regain de dévotion mariale à l’échelle de la France.  

- Devant la statue de Notre-Dame de Sous-Terre. Dans la crypte du XIe siècle (la plus grande crypte de France), elle est la statue immémoriale des pèlerinages. La chapelle de Notre-Dame de Sous-Terre, d’une extrême sobriété, conduit irrésistiblement vers cette petite figuration de Marie, qui garde les yeux fermés. Dans l’intimité qui plaisait tant à l’écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907), on peut s’arrêter et écouter son cœur. Une messe est célébrée chaque jour à 11h45. L’actuelle statue a été réalisée en 1975 par l’artiste Marthe Flandrin. Elle copie l’ancienne Vierge d’époque romane, de chêne sombre, disparue au cours de la Révolution. De nombreuses légendes, notamment popularisées par Jean Gerson autour de 1420, étaient attachées à la « Vierge devant enfanter », que les prêtres celtes auraient priée avant la naissance du Sauveur. Cette mythologie, dont on sait aujourd’hui qu’elle n’a aucun fondement historique, a profondément marqué l’imaginaire chartrain, attirant rois de France (Louis XIV), spirituels (Vincent de Paul, François de Sales) et contribuant à faire de cette petite chapelle souterraine, à partir de la réinstallation du culte en 1857, l’un des plus importants sanctuaires mariaux.  

- Devant Notre-Dame de la Belle-Verrière (aussi dite la Vierge bleue). C’est la plus célèbre des 172 baies de vitraux de la cathédrale, située à l’extrémité du déambulatoire sud. L’une des plus belles œuvres de l’art universel est aussi un lieu de prière fervente. Le bleu diaphane du cobalt inoxydé, dit « bleu de Chartres », qui a rendu la baie fameuse depuis sa réalisation vers 1180, ne manque pas de fasciner. Sur le livre que porte Jésus assis sur les genoux de sa mère : « Toute vallée sera comblée » (Isaïe XL, 4 et Luc III, 5). Autour, une vertigineuse construction théologique : tabernacle, au sein duquel s’exprime la présence divine, image de l’Église, femme de l’Apocalypse, sujet de louange de la cour céleste. Aux pieds de la Vierge Marie, les scènes du banquet de Cana, où elle s’adresse à l’Humanité : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean II, 5).

Ces panneaux du XIIe siècle, représentant la Vierge en majesté, sont une véritable mystique du vitrail : « versant la clarté du soleil – Dieu – dans le cœur des fidèles tout en les illuminant » (Durand de Mende, vers 1260). Ils proviennent peut-être de la fenêtre axiale de la cathédrale, préservée durant l’incendie de 1194. Les panneaux du XIIIe siècle utilisent en contraste un bleu plus soutenu et opaque. Notre-Dame de la Belle-Verrière, par sa capacité à évoquer la transcendance, est présente dans l’œuvre de nombreux écrivains : Proust, Malraux, Claudel, Gide, Zweig, Hugo, Rilke.[/b]





Gilles Fresson
Historien et intendant de la cathédrale de Chartres


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Gilles Fresson a faites le samedi 26 août 2017.


Proposition d'engagement



Je visite Chartres et je m'abandonne à Marie

On ne saurait dire plus simplement que l’aventurier Guy de Larigaudie (1908-1940) : « Lorsque tu seras seul à Paris, avec deux jours libres devant toi, va à Chartres, on en revient meilleur. » Revenez visiter Chartres et vous abandonner à la Vierge Marie !




Proposition de formation sur la foi



Peut-on dire que Dieu crée par l’évolution ?

L’évolution exprime beaucoup mieux la conception biblique de création que la théorie de la création séparée des espèces.

Découvrez la réponse complète de Fabien Revol.





Proposition de prière


Confions-nous à Notre Dame de Chartres afin qu’elle nous accueille et nous indique son chemin de sainteté.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 2 Sep 2017 - 18:55


 502 


SAINTE GENEVIÈVE, PATRONNE DE PARIS QU’ELLE SAUVA D’ATTILA





Repérée dès son plus jeune âge par le grand saint Germain d’Auxerre qui la consacra à Dieu, Geneviève impressionne par sa prière, ses miracles et ses prophéties. Lorsque Paris est assiégé par les Huns d’Attila, elle affirme que la ville ne sera pas prise et redonne courage à tous. En ce Ve siècle très agité par de multiples courants et partis, elle exerce de fait son autorité sur la politique de la ville et se révèle une éducatrice, une architecte et une administratrice hors pair.


Née vers 420, Geneviève est la fille de Severus, un Franc romanisé, militaire puis magistrat municipal parisien après son retour à la vie civile, et d’une Franque nommée Gérontia. Elle se fait remarquer en 429 par un évêque en mission apostolique d’évangélisation : le prestigieux Germain d’Auxerre, qui, partant pour la Grande-Bretagne combattre l’hérésie pélagienne, rencontra sur sa route à Nanterre cette petite fille âgée de moins de 10 ans et l’invita à se consacrer à Dieu, celle-ci lui ayant confirmé que c’était son vœu le plus cher. Le saint évêque lui donna alors comme souvenir de cet engagement solennel une piécette de monnaie ornée d’une croix, l’invitant à la porter comme unique bijou, toute sa vie durant. Peu après, on signala le premier miracle de sainte Geneviève : sa mère devenue aveugle recouvrit la vue par l’intercession de sa fille.


Sainte Geneviève vient habiter Paris à la mort de ses parents vers 440.
Elle loge chez sa marraine spirituelle et quitte le conseil municipal de Nanterre pour celui de la capitale (charge dont elle avait hérité de son père), mais ses origines franques la mettent en opposition avec les Parisiens. Il faut alors une deuxième visite de l’évêque Germain d’Auxerre, à nouveau de passage à Paris, pour lui rendre un nouvel hommage public éclatant. Se rendant en effet chez la jeune fille qu’il avait distinguée onze ou douze ans auparavant, il vit que le sol était tout humide. Le saint évêque y reconnut l’effet d’un précieux don spirituel très respecté et même recherché à l’époque (puisqu’il était d’usage de le demander dans des oraisons) : le don des larmes. Le plus illustre évêque de la Gaule témoigne alors sa confiance à la jeune fille à qui il parle avec déférence et un profond respect. Dès lors la foule des curieux traite sa jeune compatriote avec la plus grande considération. Sainte Geneviève s’impose aussi comme une femme d’affaires, propriétaire de riches terres dont elle fait bénéficier les Parisiens les plus pauvres, et comme une femme réfléchie qui prend peu à peu les commandes de la vie politique parisienne.


Sainte Geneviève survit à une grave maladie.
Peu de temps après s’être installée à Paris, Geneviève tombe gravement malade, au point de sembler morte pendant trois jours. Une fois sortie de son coma, elle révèle qu’un ange la prenant par la main, lui a fait visiter le Ciel et l’Enfer ! Nourrie de cette expérience extraordinaire, son cœur embrasé d’amour pour Dieu et ses frères ne la porte pas à abuser de sa connaissance surnaturelle de l’au-delà pour terroriser les mécréants ou les tièdes par des récits horrifiants, mais à parler surtout du bonheur, absolument inimaginable à l’esprit humain, qui attend les bons au Paradis.





Sainte Geneviève face aux rois francs.  Mérovée, qui succède à Clodion à la tête des Francs, réside à Tournai quand lui parvint en 451 la nouvelle que les Huns (qui jusqu’alors avaient fourni des mercenaires à l’Empire romain agonisant) se ruent en envahisseurs sous le commandement d’Attila. La renommée de ce dernier fait craindre le pire : il vient de prendre la ville de Metz totalement pillée et incendiée. Devant la panique, chacun envisage l’exode, mais Geneviève pense que Paris sera épargné : elle affirme qu’Attila contournera la ville. Elle réunit quelques femmes au baptistère Saint-Martin sur l’île de la Cité (à l’emplacement de l’actuel Hôtel-Dieu) pour les mettre en prière. « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications », dit-elle. En effet, apprenant que Paris était défendu, les Huns optèrent pour attaquer directement Orléans en passant par la Loire. C’est à Orléans, le 24 juin 451, qu’ils seront vaincus par Aetius « le dernier des Romains » arrivé d’Italie. Grâce à sa foi et par ce coup d’éclat, Geneviève devient quasiment la seule autorité et le seul espoir des populations du centre du bassin Parisien.   


Sainte Geneviève et le culte de saint Denis. Grâce à sa position devenue éminente dans la capitale, Geneviève promeut le culte de saint Denis, enterré sur la route de Senlis, au nord de Paris, dans un cimetière public. Recevant chez elle les prêtres parisiens, elle parvient à les convaincre d’ériger une basilique à l’emplacement du tombeau du premier évêque de Paris, martyr, décapité vers 250. C’est elle qui fait lever un impôt, qui surveille et dirige l’édification de ce prestigieux bâtiment.


Citation :
Quand elle arrive devant l’une des portes, cette dernière s’ouvre toute seule.


Geneviève et Childéric.
En 465, Childéric, successeur de Mérovée et père de Clovis, entreprend le siège de Paris. Il fait de nombreux prisonniers condamnés à mort, détenus en dehors de Paris et fait fermer les portes de la ville. Avertie, Geneviève tente de sortir. Quand elle arrive devant l’une des portes, cette dernière s’ouvre toute seule. Elle parvient ainsi à rejoindre Childéric et négocie la libération des prisonniers.



Geneviève et Clovis.
Suite à sa victoire sur Syagrius à Soissons en 486, dernière enclave « romaine » en Gaule, le jeune Clovis (roi des Francs depuis 481) entreprend le pillage de l’Île-de-France entre l’Oise et la Loire. Il assiège Paris pendant près de dix ans afin d’assurer à ses armées le passage des ponts. Pour Geneviève, il est hors de question de laisser entrer en maître dans sa ville un roi païen. Aussi, en attendant le miracle que sera la conversion de Clovis et son baptême à Reims, s’armant de patience, de courage et de foi, elle prépare à ses frais un convoi fluvial de ravitaillement en direction de ses terres personnelles d’Arcis-sur-Aube (10). À Paris, elle organise la distribution des céréales qui ont pu franchir sans dommage le blocus franc : vendant aux riches, donnant aux pauvres. En 496, la nouvelle de la conversion de Clovis, de ses officiers et soldats à Reims est reçue à Paris et par Geneviève avec enthousiasme. Désormais, plus rien ne s’oppose à ce que le roi des Francs entre solennellement dans la capitale.


Mort de Geneviève.
Geneviève est décédée en 502 à l'âge de 79 ans. Elle fut enterrée à Paris dans un cimetière situé dans le quartier de la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier latin. Clovis fit édifier, avec Clotilde, la basilique des Saints-Apôtres (à l’emplacement actuel de la rue Clovis et du lycée Henri-IV) sur la tombe même de sainte Geneviève. Aujourd’hui, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, une châsse abrite quelques uns des restes de la sainte, perpétuant le souvenir de celle qui, par son calme et sa foi, sauva Paris du péril d’Attila.





La très riche personnalité de sainte Geneviève. Sainte Geneviève a montré plusieurs visages étonnants au cours de sa vie terrestre.
- Celui, bien-sûr, de la vierge consacrée, exemple de vie ascétique et mystique, fidèle au Christ et témoignage public d’une vie admirable de simplicité. L’auteur de sa « Vita » (biographie hagiographique) nous montre combien sa vie rappelle les récits bibliques.
- Celui de la femme éducatrice, lorsqu’ayant fondé un groupe de vierges consacrées, elle s’occupe du baptistère et de l'éducation des enfants.

Celui de la femme architecte, qui construisit de nombreux édifices :
- la nouvelle basilique de Saint-Denis au bourg de Catuliacus pour contenir les reliques du saint éponyme envers qui elle avait une grande dévotion.
- la chapelle Saint-Denis devenue plus tard chapelle Sainte-Geneviève, puis encore l‘actuelle église Sainte-Jeanne-d’Arc. C’est de là que vient le nom de « Porte de la Chapelle » sur le boulevard des maréchaux. Ce site, à l’embranchement des deux routes du Nord, Senlis et Rouen, devint également un hôpital-pensionnat où s’arrêtaient les voyageurs et pèlerins (voir J.Monin, Saint Denys de la Chapelle, Imp. J. de Rudder, Montrouge, 1952).
- le baptistère qu’elle dédia à saint Martin.
- le groupe immobilier des vierges consacrées installé à peu de distance de l’actuelle église Saint-Gervais et de l’Hôtel de Ville.

- Celui de la femme politique qui a négocié avec Childéric, Clovis et parlé avec saint Rémi et saint Germain d’Auxerre. 
- Celui de la femme administrateur puisqu’elle semble avoir administré Paris à la suite de sa marraine.
- Celui de la femme voyageuse : vers Laon, Beauvais, Reims, Arcis-sur-Aube et Troyes, Orléans et Tours et même peut-être jusqu’à Eindhoven et la région de Clèves.
- Celui de la femme d’Église, qui promu les cultes de saint Denis, saint Martin à Tours, saint Aignan à Orléans.
- Celui de la femme qui avait le don des larmes, de la vision intérieure de ses interlocuteurs, de guérisons miraculeuses et le pouvoir de commander aux éléments. On lui attribue, de son vivant, plus de
trente miracles et bien plus encore de miracles posthumes.

Elle fut déclarée sainte par acclamation populaire dès son décès et son inhumation.  




Jean-Louis Rémouit
spécialiste de sainte Geneviève - auteur du site
sainte-genevieve.net


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que Jean-Louis Rémouit a faites le samedi 27 février 2016.


Proposition d'engagement



Lorsque vous passerez à Paris, nous vous proposons de vous rendre à l’église Saint-Étienne-du-Mont (5ème arrondissement) pour prier sainte Geneviève pour Paris et la France. Bien que les anciennes reliques de Sainte-Geneviève-des-Bois restent à Notre-Dame de Paris, les principaux souvenirs de sainte Geneviève se trouvent à l'église Saint-Étienne-du-Mont, en compagnie des cénotaphes de Jean Racine, Blaise Pascal et René Descartes. L'église Saint-Étienne-du-Mont contient plusieurs reliques de Sainte-Geneviève.
Pour plus d'informations, visitez le site www.sainte-genevieve.net



Proposition de formation sur la foi



L’Église a-t-elle méprisé les femmes ?

Pleinement consciente de la dignité intrinsèque des femmes, qu’elle reconnaît comme égales des hommes aux yeux de Dieu, l'Église leur a apporté une protection que la société n’était pas toujours en mesure de leur fournir, et elle s'est appuyée sur elles pour diffuser la foi, dès les origines du christianisme.

Découvrez la réponse d'Aubrée David-Chapy.





Proposition de prière



Prions ensemble sainte Genevieve, patronne de Paris, à qui nous devons plus que jamais recommander notre pays. Priez pour nous, sainte Geneviève, afin que nous soyons rendus dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.



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Dernière édition par Lumen le Dim 3 Sep 2017 - 20:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Dim 3 Sep 2017 - 16:54


 1542 


LA BÉNITE FONTAINE, PRÉCURSEUR DE LOURDES




La source qui est à l’origine du sanctuaire marial de la « Bénite Fontaine » a surgi dans un vallon boisé situé à 1,5 km de la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), entre Genève et Annecy. Quand on arrive à la Bénite Fontaine, on voit d’abord l’actuelle chapelle. Il faut descendre un petit sentier pour trouver dans la clairière, en contrebas, la fontaine miraculeuse et les nombreux ex-voto en remerciement des grâces reçues.


Les débuts de la dévotion. Une hypothèse vraisemblable fournie dans une histoire locale de la Roche fait état de deux vagues successives de peste noire, l’une en 1542, l’autre en 1586.

On sait combien la peste était redoutée car elle décimait la population impuissante à lutter contre le fléau. La prière et la dévotion à Marie, mère secourable, étaient une manière de chercher protection et Salut. La fuite des lieux d’habitation était un autre réflexe naturel, et la population de la Roche chercha refuge au creux d’un vallon.

Elle découvrit une source d’eau pure, non contaminée, qui lui permit de survivre en attendant de pouvoir rejoindre sa demeure. Il est probable qu’un oratoire fut alors construit près de la source. En 1586, un autre épisode de peste noire renvoie les habitants dans le vallon. Ils retrouvent la source et l’oratoire dédié à la Vierge Marie.

Il semble que c’est peu après la fondation des Capucins à La Roche en 1617, que devint célèbre le petit oratoire situé à la « Bonne Fontaine », ainsi appelée à l’époque. Mais on peut penser que ce lieu bénéficiait depuis bien plus longtemps de la dévotion des habitants des alentours, venus chercher protection, remercier ou confier leurs peines à la Mère de Notre Seigneur et Sauveur.



Les premières guérisons officielles. Lors d’une visite de saint François de Sales pour la Saint-Jean-Baptiste (patron de la paroisse de la Roche), le révérend François de Saint-Sixt, archidiacre de la collégiale, parla à l’évêque d’Annecy de la dévotion populaire pour la « bonne fontaine » et fit état de guérisons individuelles obtenues en ce lieu.

L’évêque demanda alors qu’on lui fasse un rapport écrit. On lui fit une liste de nombreuses guérisons, il en retint 14 qui furent soumises à l’examen du conseil de Genevois (cette liste figure dans un manuscrit de Turin).

L’eau de la fontaine fut analysée par le P. Baranzano, professeur de sciences au collège d’Annecy. Elle fut reconnue comme naturelle, sans aucune propriété curative, on était alors en 1619. (Une étude plus récente faite sur place en 1961 précise que cette source, ainsi que deux autres dans les environs, provient de ruissellements de terrains et dépôts de graviers reposant sur une moraine de fond argileux du glacier Wurmien, du début de l’ère quaternaire.)
 




La construction d’une chapelle. Les guérisons ayant été attestées, François de Sales demanda au curé de la Roche de faire construire une chapelle, près de la source, et de la placer sous le patronage de Marie de la Visitation.

Rappelons que c’est en juin 1610 que la baronne Jeanne de Chantal, amie de François de Sales, avait fondé l’ordre de la Visitation pour la visite et le soin des malades. Une petite chapelle au toit de chaume fut alors édifiée avec l’argent des pèlerins. Elle mesurait 8,30m de long sur 6,30m de large. Elle fut prolongée ensuite par un parvis de 5,30m. L’eau de la source fut recueillie dans une vasque de pierre, un nouvel oratoire en maçonnerie remplaça le premier, et une statue de la Vierge fut installée.

François de Sales vint bénir la chapelle, la source et la statue en 1620 et, par un acte du 24 octobre de cette même année, déclara cette chapelle dépendante de la paroisse de la Roche et placée sous l’autorité de son clergé. Les pèlerins pouvaient dès lors assister tous les dimanches à la messe et y recevoir les sacrements. Lors des fêtes mariales et de la Visitation ils venaient plus nombreux et en procession. L’histoire locale fait aussi état d’un ermite André Foras, qui aurait desservi la chapelle pendant longtemps, mais on n’a pas d’autres renseignements sur lui.



L’époque révolutionnaire. À partir de 1791, le clergé dut prêter serment à la Constitution Civile du Clergé. Ce fut bientôt en France l’époque de la Terreur. Les prêtres « réfractaires » durent se cacher ou s’exiler. La paroisse et le sanctuaire ne furent plus desservis. Des habitants du village cachèrent alors la statue de la Vierge non loin de là, à Bröys. La chapelle fut pillée, aussi quelques jeunes gens de Saint-Sixt vinrent desceller l’autel de molasse pour le cacher dans le cimetière de leur village.

Le chanoine Chevalier, historien local, rapporte que durant cette période de tourmente, il ne se passa pas un jour sans que quelques personnes du village ne viennent demander force et consolation à Notre Dame de la Bonne Fontaine. La ferveur populaire ne cessa pas et des miracles furent encore accomplis en ce lieu.

Le Concordat de 1801 rétablit la paix religieuse. La statue de la Vierge fut remise en place dans l’oratoire, mais la chapelle était en ruine. L’ampleur des dégâts de la Révolution, tant au sanctuaire qu’à la Roche, demanda des années de reconstruction. C’est un paroissien, François Thabuis, qui consacra tous ses efforts à l’entretien de la Source, de l’oratoire et de l’accès au sanctuaire. Il mourut le 29 septembre 1859.





La nouvelle construction. En 1861, Monseigneur Magnin devint évêque d’Annecy. Lorsqu’il était enfant, ses parents l’avaient porté à la source alors qu’il était malade pour demander sa guérison. Aussi, eut-il à cœur de restaurer le sanctuaire de la Bénite Fontaine. Comme le curé de la paroisse était trop occupé aux réparations de l’église paroissiale, la tâche fut confiée à l’un de ses vicaires, l’abbé Georges Revillard. Ce dernier pensa que la nouvelle chapelle devrait être construite sur le plateau. Il fallut donc acquérir les terrains. Les frères Passaquay de Saint-Sixt concédèrent la libre disposition des pentes et du vallon. On fit appel aux bonnes volontés, tant pour les travaux que pour le financement. Elles ne manquèrent pas tant la dévotion à la Vierge Marie était grande.

Le 3 novembre 1861, on assista à la pose et à la bénédiction de la première pierre par le curé Gindre. En souvenir pour saint François de Sales, on conserva les murs et le parvis de l’ancienne bâtisse. Le 29 juin 1862, 8000 pèlerins venus en cortège depuis la Roche apportèrent une statue de la Vierge en bronze doré, réplique de Notre-Dame de Fourvière. Elle fut hissée et fixée au faîte du clocher.

Une inscription est visible sur le socle : « Ils m’ont établie gardienne de leur vallée » (parole inspirée du Cantique des Cantiques I, 5, où la narratrice est établie gardienne des vignes). La nouvelle chapelle de style gothique a les mêmes dimensions que celle qui était dans le vallon. La canalisation de la source fut refaite. L’autel caché dans le cimetière fut ramené et forme aujourd’hui la base de l’oratoire actuel. Des prêtres originaires de la Roche offrirent un nouvel autel ; et les maisons religieuses du Collège, des Capucins et des Sœurs de la charité des vitraux. Pour couronner le tout, les 14 stations du chemin de croix furent édifiées le long du sentier qui descend de l’esplanade de la chapelle vers la source. Le 3 mai 1863, Mgr Magnin vint bénir solennellement ce nouveau sanctuaire, accompagné de plus de 5 000 personnes.  

Ce nouveau sanctuaire fut l’oeuvre de tous, et la meilleure expression qui soit de l’attachement et de la générosité de la population à ce lieu béni. Au début des travaux, l’abbé Revillard n’avait que cinq francs en poche, mais il récolta les 50 000 nécessaires pour assumer toutes les dépenses, et trouva nombre de bénévoles pour participer aux travaux. La statue de la Vierge qui avait été cachée pendant la Révolution trouva place dans une toute petite chapelle de style gothique édifiée sur l’emplacement de la source. Quand l’abbé Revillard fut nommé curé d’Étaux (commune voisine de la Roche) en 1865, il fit alors construire un presbytère à quelques dizaines de mètres de la chapelle principale, sur le plateau, afin que puisse y résider un chapelain pour desservir le sanctuaire et organiser des pèlerinages. Il fut le premier « recteur » du lieu de 1875 à sa mort en 1878. Son corps repose d’ailleurs dans la chapelle.
 




Vie actuelle du sanctuaire. Il ne se passe pas un jour sans que des habitants du lieu ne viennent remplir des bidons d’eau, fassent quelques dévotions, visitent la boutique, demandent à rencontrer le recteur. Chaque jour la messe est célébrée dans la chapelle et le chapelet récité. Le dimanche où l’assistance est trop nombreuse pour la chapelle, la messe est dite dans l’abri du pèlerin. Une communauté très vivante, où toutes les générations se côtoient, est fidèle au sanctuaire. En cours d’année, il y a quelques pèlerinages extérieurs, des journées de prière ou d’adoration, et le premier dimanche de septembre, le grand rassemblement diocésain.  

Certains parlent d’un « Lourdes savoyard », mais il s’en faut de beaucoup pour que l’affluence y soit aussi grande. Si un hébergement était proposé, le sanctuaire pourrait avoir un plus grand rayonnement, mais l’« abri du pèlerin » n’est qu’une vaste salle utilisée tour à tour pour des célébrations, des grandes réunions ou un pique-nique en cas de pluie ! On ne peut donc qu’y faire halte. En revanche, la dévotion y est intense, sincère et discrète, à l’image peut-être de Marie, dont l’humilité et la présence auprès de son Fils et de ses disciples est rapportée par les Évangiles.
 





Père Christian-Marie Giraud
Recteur du sanctuaire de la Bénite Fontaine


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Christian-Marie Giraud a faites le samedi 2 septembre 2017.


Proposition d'engagement




Je participe au pèlerinage diocésain du sanctuaire marial de la Bénite Fontaine

Le traditionnel pèlerinage diocésain de rentrée au sanctuaire marial de la Bénite Fontaine aura lieu demain, dimanche 3 septembre. Seul, en famille, entre amis ou en paroisse, vous êtes invités à rejoindre la Bénite Fontaine, au cœur du département de la Haute-Savoie, pour une journée en présence de Monseigneur Yves Boivineau, de très nombreux prêtres, mouvements et services. Un temps fort pour bien reprendre les rennes du quotidien !





Proposition de formation sur la foi




Peut-on douter de Lourdes ?

Bernadette ne nous a pas trompés (et ne s’est pas trompée) : le dossier historique des apparitions est complet, limpide, aucune objection ne tient, et c’est un signe de plus car si Lourdes est vrai, tout est vrai (Dieu, Jésus, l’Église). Lourdes est une sorte de poignée à saisir quand le doute sur la vérité du Credo nous guette.

Découvrez la réponse complète de Vittorio Messori.





Proposition de prière


Pour que la Vierge Marie répande sur chacun de ses fils les faveurs qu’il sollicite, prions Notre Dame de la Bénite Fontaine.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 7 Avr 2018 - 12:52


 431 


NOTRE DAME DE BÉHUARD, VEILLEZ SUR LA TERRE




Le sanctuaire de Notre-Dame de Béhuard (Maine-et-Loire) est l’un des plus anciens de France, et, pour en raconter l’histoire, nous retiendrons cinq grandes périodes, en portant notre attention à chaque fois sur la spiritualité qui s’en dégage.


Introduction. Le sanctuaire est situé sur une île, la seule de tout le cours de la Loire où se trouve un bourg de 120 habitants, et qui constitue une commune. L’île de Béhuard (Maine-et-Loire) serait née d’une poussée de lave il y a près de 400 millions d’années dont il subsiste le rocher sur lequel se trouve la chapelle Notre-Dame. Il est remarquable de connaître cette origine, ce surgissement venant des profondeurs magmatiques de la terre en feu qui, en s’élevant, s’est durci pour devenir un rocher sur lequel on peut s’appuyer et trouver refuge. Car en effet, la Bible a souvent repris ces thèmes apparemment antithétiques pour désigner Dieu lui-même qui apparaît à la fois comme un feu dévorant (Genèse XIX, 24 ; Deutéronome IV, 11 ; 29,23 ; 1 Rois XVIII, 38…) et comme un rocher rassurant (Deutéronome XXXII, 4.31 ; 2 Samuel XXIII, 3 ; Isaïe XXVI, 4 ; XXX, 29 ; XL, 8 ; Habacuc I, 12 ; Psaume 18, 3.32 ; 31, 4 ; 92, 16 ; Matthieu VII, 25-25 ; XVI, 18…).




Saint Maurille et la fête de la nativité de Marie (Ve siècle) La dévotion à Notre Dame de Béhuard remonte à saint Maurille, disciple de saint Martin de Tours et devenu évêque d’Angers, qui a érigé en 431 – l’année du concile d’Éphèse (en Turquie actuelle) qui a déclaré Marie « mère de Dieu » (Theotokos en grec) – une statue de la Vierge sur le rocher volcanique, pour honorer sa nativité. En effet, un an auparavant, en 430, il avait eu près du monastère du Mont-Glonne (Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire), au lieu-dit « la Croix Pichon » (aujourd’hui le sanctuaire du « Marillais ») une apparition de la Vierge Marie dans un peuplier lui demandant d’établir dans le diocèse d’Angers une fête solennelle du jour de sa sainte naissance, le 8 septembre. La tradition rapporte que cette statue aurait remplacé des idoles païennes, marquant ainsi Béhuard comme l’un des lieux les plus anciens de la christianisation de l’Anjou (A. Fauvel, p. 175, retient l’année 431 pour l’apparition de Notre-Dame à saint Maurille, et 432 pour l’installation de la statue sur le rocher de Béhuard).


Le chevalier Buhard et les sauvetages miraculeux (XIe siècle et suivants). Au cours du XIe siècle, Geoffroy Martel (Geoffroy II), comte d’Anjou, donna en fief à un pieux chevalier appelé Buhardus ou Buhard deux îles de la Loire dont la réunion forma plus tard l’île de Béhuard. L’une s’appelait l’île Marie et l’autre la Vacherie. Le comte voulait ainsi récompenser les loyaux services de Buhard. Geoffroy mourut en 1060 et Buhard, affligé par la mort de son bienfaiteur, donna les deux îles à l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers. À partir de cette époque, des chroniques rapportent plusieurs sauvetages miraculeux qui se sont produits sur le cours de la Loire en relation avec Notre-Dame de Béhuard. C’est le cas notamment d’un pécheur dont voici l’histoire. Le vénérable Sigon, abbé du monastère Saint-Florent au Mont-Glonne, redescendant la Loire, fut surpris par la nuit non loin de l’embouchure de la Maine. Il s’arrêta avec ses moines dans une île proche de Béhuard, en face de la chapelle de l’écluse Saint-Nicolas, comme on appelait à l’époque Notre-Dame de Béhuard. Manquant de provisions, ils appelèrent le pêcheur qui demeurait sur l’autre rive et lui achetèrent quelques poissons, et à l’invitation de l’abbé, il prit part au repas. Puis dans la nuit noire, il reprit son bateau pour retourner chez lui, mais un vent violent agita les eaux et il fut submergé par les vagues. Il n’eut que le temps de lancer des cris avant de couler. Les moines l’ayant entendu, se mirent à prier et apprirent le lendemain que le pécheur avait été sauvé grâce à l’intervention de la Vierge. Alors qu’il était sous l’eau, il avait vu l’abbé écarter avec son manteau les flots qui l’enveloppaient, puis avec son bâton, le soulever au-dessus des vagues. La Sainte Vierge voulait sans doute lui faire savoir aux prières de qui il devait la vie. La Vierge de Béhuard avait sauvé le malheureux qui, sans en avoir conscience, s’était cramponné à un des poteaux de l’écluse (cf. M. Dubreil, p. 14 et A. Fauvel, p. 50-51).

Au début du XVe siècle, la renommée des miracles opérés par l’intercession de Notre-Dame de Béhuard avait franchi les limites de l’Anjou. « Nous lisons, dit l’auteur de Notre-Dame Angevine, dans de très vieux registres de ladite chapelle et surtout au bas de certains tableaux qui s’y trouvent comme gages de vœux accomplis, que, dès l’année 1418, il s’y faisait des miracles, et que la Sainte Vierge avait voulu présider en cet endroit à toute la rivière de la Loire comme une étoile de mer, pour servir de guide et de port assuré à ceux qui se trouveraient en danger de naufrage. Le même auteur, trouvant le narré de ces miracles écrit en termes simples et au-dessus de tout soupçon de fausseté ou de supposition en rapporte quatre principaux. » (Dubreil, p. 15). Plusieurs témoignages attestent qu’au début du XVe siècle, se trouva déjà sur le rocher de l’île un oratoire où l’on venait « faire oblation » (cf. A. Fauvel, p. 53-56).





Louis XI et la construction de la chapelle (XVe siècle). C’est entre 1469 et 1480 que le roi Louis XI, neveu du roi René d’Anjou, fit construire la chapelle actuelle, accomplissant le vœu qu’il fit dans sa jeunesse, en 1443, après avoir échappé de la noyade alors qu’il traversait la Charente pour aller guerroyer contre le comte d’Armagnac. Dans cet événement, son futur règne est comme condensé, à la fois combattant et plein de dévotion pour la Vierge Marie (il a aussi fait bâtir Notre-Dame de Cléry dans le Loiret, où il est inhumé). Est-ce en 1472 ou plutôt en 1474, alors qu’il venait de rattacher la province d’Anjou à la couronne de France que sa construction fut entreprise ? Toujours est-il qu’il est souvent revenu à Béhuard et qu’il eut ensuite l’idée d’y créer un chapitre royal, comme l’explique cet acte donné à Thouars le 20 décembre 1481 : « Pour la grande et singulière dévotion que le roi Louis onzième a eue à Dieu créateur et à la très glorieuse vierge Marie sa mère révérée et honorée dans l’église ou chapelle de Notre-Dame située et assise en l’île de Béhuard près d’Angers, laquelle est membre dépendant de la cure de Denée, il a depuis fondé et doté à perpétuité en ladite chapelle, un curé doyen, six chanoines, six vicaires perpétuels et trois enfants de chœur, pour y dire, célébrer (chaque jour) certains services qu’il avait ordonné être dits en l’honneur de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie, sa mère, pour la conservation de sa personne et la prospérité de son règne et de ses enfants » (cité par Dubreil, p. 25). Afin d’assurer à cette collégiale un revenu convenable et de pourvoir à son installation, il acheta aux moines de Saint-Nicolas, représentés par le Frère Pierre Cornilleau, cellérier de l’abbaye, la propriété entière de l’île. Mais ce projet s’acheva avec la mort de Louis XI le 29 août 1483.

Charles VIII, son fils, fut dissuadé de mettre en place le chapitre et le transforma en un simple bénéfice pour le curé de Denée moyennant certaines observances et prières, dont le détail se lit encore sur une inscription gravée sur le mur de la chapelle. Il faut ajouter que la cloche que l’on voit dans le chœur de la chapelle a été installée par Louis XI afin que l’on prie pour la paix, ajoutant ainsi une mission supplémentaire à celle de la délivrance que souligne la chaîne des galériens qui serait un vestige de la libération par l’ordre de Malte de prisonniers du temps de la Révolution française. La « maison du Roy », à côté de la chapelle, qui abrite aujourd’hui le magasin des objets et livres de piété, rappelle les nombreux séjours qqu’y fit le roi Louis XI entre 1472 et 1480 (15 fois, selon A. Fauvel, p. 70).



À partir du XIXe siècle, les grands pèlerinages à « Notre-Dame l’Angevine ». Au XIXe siècle, à la faveur des apparitions de la Vierge Marie à La Salette (19 septembre 1846), à Lourdes (18 apparitions de février à juillet 1858), et à Pontmain (17 janvier 1871), un mouvement général s’est produit en France d’un renouveau de la dévotion mariale dont Notre-Dame de Béhuard a profité. Quand en 1872, on parla du pèlerinage national de Lourdes, plusieurs paroisses se rendirent à la roche de Béhuard pour faire écho à cette grande manifestation de piété. Mais c’est surtout Mgr Charles-Émile Freppel, célèbre évêque d’Angers, qui a relancé le pèlerinage de Notre-Dame de Béhuard avec le premier grand rassemblement du 8 septembre 1873 (où affluent 20 000 pèlerins), qui fut suivi par bien d’autres. Un autre événement marquant fut l’édification du grand calvaire près de la Loire à la mémoire des soldats morts lors de la guerre de 1914-1918, et qui, depuis, sert de chœur pour le sanctuaire en plein air. On perçoit ainsi que l’intuition du roi Louis XI de prier pour la paix était prémonitoire.  




Et aujourd’hui, quel message ? Le sanctuaire, ainsi que le village et toute l’île de Béhuard, connaissent ces dernières décennies un regain d’intérêt, notamment depuis l’inscription d’une partie du Val-de-Loire (de Sully-sur-Loire, Loiret, à Chalonnes-sur-Loire, Maine-et-Loire) au patrimoine mondial de l’UNESCO (30 novembre 2000), qui a entraîné le développement du tourisme, avec de nombreux cyclistes et randonneurs qui s’ajoutent aux pèlerins traditionnels. Dans ce contexte, il faut souligner aussi l’intérêt croissant pour l’écologie de la part de nos contemporains, que l’Église, par la voix du pape François avec son encyclique Laudato sì sur la sauvegarde de la maison commune (24 mai 2015), encourage vivement : « J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons et ses racines humaines nous concernent et nous touchent tous » (n° 14). À la fin de son encyclique, le Pape associe la Vierge Marie à cette mission : « Marie, la Mère qui a pris soin de Jésus, prend soin désormais de ce monde blessé, avec affection et douleur maternelles. Comme, le cœur transpercé, elle a pleuré la mort de Jésus, maintenant, elle compatit à la souffrance des pauvres crucifiés et des créatures de ce monde saccagées par le pouvoir humain. […] Non seulement elle garde dans son cœur toute la vie de Jésus qu’elle conservait fidèlement (cf. Luc II, 19.51), mais elle comprend aussi maintenant le sens de toutes choses. C’est pourquoi, nous pouvons lui demander de nous aider à regarder ce monde avec des yeux plus avisés » (n° 241).


Conclusion. Il faut ajouter que la cloche que l’on voit dans le chœur de la chapelle a été installée par Louis XI afin que l’on prie pour la paix, ajoutant ainsi une mission supplémentaire à celle de la délivrance que souligne la chaîne des galériens qui serait un vestige de la libération par l’ordre de Malte de prisonniers du temps de la Révolution française. La « maison du Roy », à côté de la chapelle, qui abrite aujourd’hui le magasin des objets et livres de piété, rappelle les nombreux séjours qqu’y fit le roi Louis XI entre 1472 et 1480 (15 fois, selon A. Fauvel, p. 70).






Père Philippe Loiseau
Prêtre au service du sanctuaire



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Philippe Loiseau a faites le samedi 7 avril 2018.


Proposition d'engagement




Je rends visite à Notre Dame de Béhuard


À Béhuard, la Vierge Marie veille sur ses enfants depuis de nombreux siècles. Cette année, j’essaie moi aussi de rendre visite à Notre Dame de Béhuard pour lui confier la terre et mes frères et sœurs en Christ.

Je peux aussi décider de prendre un engagement concret qui contribue à la protection de la Création (recyclage de mes déchets, participation à une journée de nettoyage de la nature organisée près de chez moi, économies d’énergie…).






Proposition de formation sur la foi




A-t-on résolu l'énigme de l'apparition de la vie ?

Non, et c’est même une énigme qui grandit. Il a fallu que soit inventé tout un système ultrasophistiqué constitué de deux langages et un traducteur avant l’apparition du tout premier être vivant : les biologistes cherchent qui a inventé cela, mais nous avons moins d’explication que jamais.

Découvrez la réponse complète de Brunor.





Proposition de prière



Cette semaine, prions Notre Dame de Béhuard avec la prière de Mgr Henri Alexandre Chappoulie (évêque d’Angers de 1950 à 1959).



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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Lun 9 Avr 2018 - 16:56


 1147 


NOTRE DAME DE BEAUTÉ, PATRONNE DE TOUS LES ARTISTES




Enracinée depuis le XIIe siècle au sommet de la butte Montmartre et voisine de la célèbre basilique du Sacré-Cœur (Paris), l’église Saint-Pierre de Montmartre témoigne avec grâce de la foi vivante qui animait ses bâtisseurs. L’année 2017 a marqué les 870 ans de sa dédicace et… de celle de l’abbaye royale bénédictine de Montmartre dont elle est l’unique vestige. L’église avait en effet une double vocation paroissiale et abbatiale. Redécouvrons la présence lumineuse d’un des plus anciens lieux de vénération mariale de la région parisienne.


Un repère spirituel millénaire.  Montmartre, étymologiquement le « mont des Martyrs », nous rappelle le témoignage des chrétiens qui ont donné leurs vies pour le Christ. Parmi eux, saint Denis, premier évêque de Paris, martyrisé vers 250 avec ses compagnons Éleuthère et Rustique. Pendant presque 650 ans, au sommet de la butte sacrée, les Parisiens pouvaient contempler l’abbaye royale bénédictine Notre-Dame de Montmartre fondée en 1133 par le roi Louis VI le Gros et son épouse Adélaïde de Savoie. À la fin de son règne, pour le repos de son âme et celle de ses prédécesseurs, et sur les conseils de la reine, Louis VI échange avec les moines de Saint-Martin des Champs l’église parisienne de Saint-Denis-de-la-Châtre, située sur l’île de la Cité, contre les terres de Montmartre. Celles-ci comprennent l’église mérovingienne primitive en haut de la colline ainsi que la chapelle du Martyrium, située en bas de la butte, considérée par la tradition comme le lieu du martyre de saint Denis, pour qui Louis VI avait une grande dévotion.


Saint-Pierre de Montmartre : église paroissiale et abbatiale.  Le 21 avril 1147, la partie paroissiale de l’église est consacrée à saint Pierre par le bienheureux pape Eugène III, moine de Clairvaux, disciple et ami de saint Bernard qui servit lui-même la messe comme diacre, avec Pierre le Vénérable, l’abbé de Cluny, qui officia comme sous-diacre. La partie abbatiale de l’église Saint-Pierre, réservée aux religieuses bénédictines et fermée par un mur au niveau de la troisième travée de la nef jusqu’en 1686, est dédiée à la Vierge Marie et à saint Denis. Louis VI étant mort en 1137, c’est son fils Louis VII le Jeune qui assiste à la cérémonie avec sa mère Adélaïde. La reine prendra l’habit à l’abbaye de Montmartre en 1153 et y mourra l’année suivante, entourée par les premières bénédictines venues du monastère de Saint-Pierre de Reims.


L’abbaye Notre-Dame de Montmartre. En 1175, face au nombre grandissant des vocations, Louis VII limite à 60 le nombre de religieuses qui pourront s’installer « au monastère de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie » du mont des Martyrs. C’est le plus ancien texte qui se réfère à la vocation mariale de l’abbaye. Au XVIe siècle, Pierre Favre, l’un des six compagnons de saint Ignace de Loyola présents lors du « vœu de Montmartre », le 15 août 1534, en fait également état dans sa biographie : « Le jour de sainte Marie d’août, […] nous allâmes à Notre-Dame de Montmartre, près de Paris, y faire chacun le vœu de partir pour Jérusalem […] et de nous placer au retour sous l’autorité du Pontife romain. »


Les saintes filles de Notre-Dame de Montmartre.  Un autre témoignage précieux nous a été transmis par saint Jean Eudes qui fut directeur spirituel et confesseur des bénédictines en 1660-1662 puis entre 1670 et 1673. Il aimait beaucoup se rendre à l’abbaye qui célébrait avec une grande dévotion la fête du Cœur de la Vierge Marie dont il était l’apôtre fervent. Saint Jean Eudes avait l’habitude de surnommer affectueusement ces religieuses « les saintes filles de Notre-Dame de Montmartre ». Dans son ouvrage Le cœur admirable de la très Sacrée Mère de Dieu (1680), il se réjouit de l’union étroite qui existe entre la Vierge Marie et l’abbaye : « Cette Sainte et illustre Abbaye a une appartenance particulière au très saint Cœur de la Mère de Dieu. […] Premièrement, parce qu’elle est consacrée spécialement à la Reine des cœurs, dont elle porte le nom, puisqu’elle s’appelle Notre-Dame de Montmartre. Secondement, parce qu’étant la montagne des Martyrs, […] elle est par conséquent la montagne de la Reine des Martyrs. Troisièmement, parce que l’amour incomparable du Cœur toujours bienfaisant de la Mère de bonté a versé des grâces et des faveurs innombrables sur les saintes Religieuses qui demeurent en cette Abbaye. »




La Révolution française et ses conséquences. L’histoire de l’abbaye Notre-Dame de Montmartre s’arrête brutalement à la Révolution française. Ses biens (livres, reliques, mobiliers) sont pillés, dispersés ou détruits, comme la statue de Notre-Dame de Montmartre. Les murs sont utilisés comme matériaux de construction. En 1850, rien ne subsiste des bâtiments, excepté « le chœur des dames » : le chœur et l’abside de l’église Saint-Pierre qui étaient réservés aux bénédictines. Pendant presque 150 ans, la vénération de la Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame de Montmartre tombe dans l’oubli. L’état de l’église Saint-Pierre se dégrade au fil des années. Elle est sur le point de disparaître à la fin du XIXe siècle. Mais Dieu veille. L’église est définitivement sauvée en 1899 et sa restauration menée par l’architecte Sauvageot entre 1900 et 1905.


L’appel d’un peintre Montmartrois en 1935. Gazi Igna Ghirei (env. 1900-1975), disciple et fils spirituel de la célèbre peintre Suzanne Valadon, était destiné à devenir le promoteur humble et dévoué du renouveau de la vénération de Notre-Dame de Montmartre. Lors d’une discussion animée sur la foi et la Vierge Marie, un souvenir d’enfance relaté par « sa mère d’adoption » bouleversa complètement la vie de Gazi. En 1881, alors qu’elle avait environ 14 ans, Suzanne Valadon eut la grâce de voir chez une vieille Montmartroise un morceau de la statue de Notre-Dame de Montmartre détruite par les révolutionnaires. Cet humble vestige, un modeste caillou, était conservé avec déférence sous un globe de verre. Presque cent ans après la disparition de l’abbaye, sa présence témoignait de la vénération profonde pour la Vierge Marie qui subsistait encore dans le cœur des habitants du village. Profondément ému par ce récit, Gazi ressentit un appel qu’il décrira comme « indicible » : faire revivre le culte millénaire de Notre-Dame de Montmartre sur la butte sacrée et « ramener ici Son divin sourire ».


Renouveau marial sur la butte Montmartre. Gazi entreprend avec zèle des recherches sur l’histoire de Notre-Dame de Montmartre dans les bibliothèques et les archives. Soutenu par l’abbé Victor Seret, curé de Saint-Pierre, il transmet un dossier au diocèse de Paris. Le 20 novembre 1942, le Cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, restaure officiellement la vénération de Notre-Dame de Montmartre. Elle redevient la patronne et la protectrice des lieux. Dans une lettre du 1er février 1945, le cardinal Suhard encourage chaleureusement Gazi, en soulignant la vocation particulière de l’église Saint-Pierre de Montmartre : « les premiers fruits se sont manifestés […] Mais il faut que l’influence de ce culte se fasse sentir encore plus profondément encore, et c’est avec le temps que cette accentuation se fera sentir. Nul doute que la Très Sainte Vierge qui a élu ce sanctuaire comme sa demeure propre, n’y attende ses fidèles pour répandre sur eux ses bénédictions. »




La nouvelle statue de Notre-Dame de Montmartre. La statue offerte à la vénération dans le bas-côté sud de l’église Saint-Pierre a probablement été mise en place entre 1942 et 1944. Gazi la considère comme un don de la providence : « Cette statue est la seule Image de Marie qui se trouvait dans le Sanctuaire au moment où l’antique église, à la fin du siècle dernier, fut abandonnée, en vue de sa démolition. […] À la fin des grands travaux de réparation, la chère Image fut retrouvée dans les gravats ; […] et c’est cette Image anonyme et mystérieuse, que la Providence m’a fait choisir. » La tendresse et la paix qui émanent du visage de cette très belle Vierge de l’Annonciation ont sûrement ému Gazi, comme elles émeuvent les pèlerins et les touristes qui la dévisagent parfois longuement. En la contemplant, les mains croisées sur la poitrine, le visage légèrement baissé, profondément recueilli en une prière silencieuse d’adoration, on devine qu’elle vient de répondre à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur ! » Un léger sourire flotte sur ses lèvres et témoigne mystérieusement de la présence de Jésus en son sein.


Notre-Dame de Beauté, patronne de tous les artistes. C’est certainement en priant auprès de sa « divine patronne » que le peintre Gazi a eu l’intuition d’associer à Notre-Dame de Montmartre un second vocable : Notre-Dame de Beauté, reine de la Paix (devise des abbayes bénédictines, « Pax »). À l’été 1946, le cardinal Emmanuel Suhard l’encourage à nouveau en approuvant ce deuxième vocable profondément inscrit dans la tradition de l’Église qui associe depuis toujours la Vierge Marie à la beauté. Une très belle prière anonyme inspirée par le Cantique des Cantiques : ‘Tota Pulchra es, Maria’ (tu es toute belle, Marie) en témoigne déjà au IVe siècle. L’intuition de Gazi apparaît profondément universelle : Notre-Dame de Beauté est destinée à rassembler tous les artistes autour d’elle, au-delà de Montmartre. Son intuition semble également prophétique en 1946 : les enseignements de l’Église qui développeront plus spécifiquement la profondeur théologique du lien entre la Vierge Marie et « la Voie de la Beauté » apparaîtront… 30 ans plus tard.


Marie et la Voie de la Beauté. En priant dès 1948 pour que Notre-Dame de Beauté daigne « guider les artistes dans leur recherche de la beauté » et en décrivant Marie comme le « Chef-d’œuvre de Dieu » (1952), Gazi rejoint profondément l’enseignement original de Paul VI sur la Voie de la Beauté. On en découvre les prémices en 1963, dans une homélie du Pape lors du IVe Centenaire des congrégations mariales : « Qu’est-ce que les hommes […] recherchent dans la vie ? Ils recherchent la beauté ; or, Marie est le sommet de la beauté. Les chefs-d’œuvre ne sont jamais des beautés partielles, mais une synthèse du beau : Marie est la créature la plus transparente de la présence trinitaire. » En 1975, lors du Congrès Mariologique et Marial, Paul VI approfondit le lien intrinsèque entre Marie et la Beauté : « Il existe une voie accessible à tous, même aux âmes les plus simples : la voie de la beauté. » Suivre cette voie, c’est se mettre à l’école de Marie, « créature toute belle » et « miroir sans tache ». Elle est « la femme vêtue de soleil (Actes des Apôtres XII, 1), en elle les rayons très purs de la beauté humaine se rencontrent avec les rayons suprêmes, mais accessibles, de la beauté surnaturelle. […] Pourquoi ? Parce que Marie est pleine de grâce […] remplie de l’Esprit Saint qui brille en elle avec une splendeur incomparable ».






Notre-Dame de Beauté : icône de l’infinie beauté de Dieu. En 2006, le document final de l’Assemblée plénière du Conseil Pontifical de la Culture parle de La Voie de la beauté comme d’un nouveau chemin d’évangélisation pour conduire les hommes au Christ. Il rappelle aussi l’importance spécifique de la Vierge Marie dans cet itinéraire pour notre temps : « Par son fiat, la Nouvelle Ève ouvre sans réserve la totalité de sa vie à l’action de l’Esprit divin, et par là elle permet à son humanité créée de donner chair au Dieu infini, d’une beauté indicible. » Un message du pape François, à l’occasion de la XIXe séance publique des Académies Pontificales en 2014, nous encourage à suivre cette voie : « Ne nous lassons pas d’apprendre de Marie, d’admirer et de contempler sa beauté, de nous laisser guider par Elle qui nous conduit toujours à la source originelle et à la plénitude […] de l’infinie beauté, celle de Dieu, qui nous a été révélée en Christ, Fils du Père et Fils de Marie. »  

La présence de Notre-Dame de Beauté à Saint-Pierre de Montmartre est un signe de rassemblement et d’unité pour tous les artistes qui sont appelés à « la vocation de la beauté » à travers l’art, en vivant une consécration de leur vie au service de Dieu et de la nouvelle évangélisation, dont Marie est l’étoile.





Nastia Korbon
Bénévole au service de Notre-Dame de Beauté


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Père Patrice Sonnier, M,Id. a faites le samedi 10 mars 2018.


Proposition d'engagement




Je participe à la transmission de la foi chrétienne à travers l’art

La transmission de la foi à travers l’art et la beauté est au cœur d’une pédagogie originale proposée aux enfants de la catéchèse à la paroisse Saint-Pierre de Montmartre. Grâce aux « Ateliers de la foi », les jeunes de tous âges partent à la découverte du Christ et de l’Évangile en développant leurs talents artistiques dans des domaines aussi divers que la peinture, la poésie, le théâtre ou la musique. Sous la protection de Notre-Dame de Beauté, ils grandissent dans la vie spirituelle et l’union personnelle avec Dieu.  

Je vous propose de participer à la transmission du message évangélique et de la foi chrétienne à travers l’art, au sein de votre famille ou de votre paroisse, par l’intercession de Notre Dame de Beauté, patronne de tous les artistes.  





Proposition de formation sur la foi




Quel est le message de la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre ?

Le Sacré-Cœur renvoie au cœur sacré de Jésus : l’immense Basilique blanche qui domine Paris est dédiée à Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, tel qu’il est connu en son cœur. Ce que l’Église veut ainsi spécialement rappeler, c’est la relation d’amour et d’amitié que Dieu propose à chacun à travers elle.

Découvrez la réponse complète du Père Jacques Benoist.





Proposition de prière


Prions Notre Dame de Beauté pour les artistes du monde entier

Le Seigneur a confié les artistes de Montmartre et du monde entier à Notre Dame de Beauté. À la suite du peintre Gazi, nous pouvons prier leur sainte patronne pour qu’elle daigne les guider dans leur recherche de la beauté à travers l’art et qu’elle les soutienne dans leur mission d’artiste évangélisateur. Qu’elle les aide à se laisser conduire par l’Esprit-Saint pour annoncer le message du Salut dans une fécondité artistique renouvelée par le service et l’humilité.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 14 Avr 2018 - 17:48


 1830 


140, RUE DU BAC : EN PLEIN CŒUR DE LA VILLE, LUIT UNE LUMIÈRE !




Entrons au cœur de la Chapelle du 140, rue du Bac à Paris (VIIe) pour entendre une parole que Dieu veut nous adresser à travers l’expérience spirituelle privilégiée de Sainte Catherine Labouré. De juillet à décembre 1830, Sœur Catherine, en formation pour devenir Fille de la Charité, reçoit l’immense faveur de s’entretenir trois fois avec la Vierge Marie.


Catherine rencontre la Sainte Vierge. Le 18 juillet 1830, en la veille de la fête de saint Vincent à 23h30, Sœur Catherine s’entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l’invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend. » Catherine s’habille et suit l’enfant. Arrivée dans la chapelle, son petit guide lui dit : « Voici la Sainte Vierge. » Elle hésite à croire. Mais l’enfant répète d’une voix plus forte : « Voici la Sainte Vierge. » « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. » La Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. » Catherine reçoit l’annonce d’une mission difficile et la demande de fondation d’une Confrérie d’Enfants de Marie, ce qui se fera le 2 février 1840.




La deuxième apparition. Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Sœur Catherine dans la chapelle. Cette fois, c’est à 17h30, pendant l’oraison, sous le tableau de saint Joseph. D’abord elle voit comme deux tableaux vivants et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. Dans le 1er tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » Dans le 2e tableau, des mains ouvertes de la Sainte Vierge sortent des rayons d’un éclat ravissant. Une voix explique : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » Certains rayons cependant restent sombres : ce sont les grâces que personne ne demande. Puis un ovale se forme autour de l’apparition et cette invocation s’inscrit en demi-cercle en lettres d’or : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces. » Enfin le tableau se retourne et Sœur Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive. En décembre 1830, pendant l’oraison, la Sainte Vierge se présente une troisième fois auprès du tabernacle, un peu en arrière et lui confirme sa mission. Elle ajoute : « Vous ne me verrez plus. » C’est la fin des apparitions.




La mission. Sœur Catherine confie tout cela à son confesseur, le Père Aladel, lazariste, qui lui demande de ne plus penser à toutes ces « imaginations ». Il finit cependant par parler du projet de médaille à Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui accepte. Sa formation terminée, Catherine va quitter la rue du Bac. Le 5 février 1831, elle arrive à l’hospice d’Enghien, à Reuilly, un quartier pauvre de Paris. Celle qui a vu la Sainte Vierge va pendant quarante-six ans servir Jésus-Christ dans la plus grande discrétion à travers les pauvres : vieillards de l’hospice, miséreux du quartier, blessés des révolutions et de la guerre. En février 1832, éclate à Paris une terrible épidémie de choléra, qui va faire plus de 20 000 morts ! Les Filles de la Charité commencent à distribuer, en juin, les 2 000 premières médailles frappées à la demande du Père Aladel. De manière stupéfiante, les protections et les conversions se multiplient, comme les guérisons… C’est un raz-de-marée ! Le peuple de Paris appelle la médaille « miraculeuse ». Accompagnée d’une notice explicative écrite en août 1834 par le Père Aladel, elle se répand aux Etats-Unis (1836) en Pologne (1837), en Chine, en Russie (1838). Dix ans après les apparitions, elle est diffusée à plus de dix millions d’exemplaires. À la mort de sœur Catherine, en 1876, on compte plus d’un milliard de médailles !


Le bon choix. La médaille est un appel à la conscience de chacun, pour qu’il choisisse, comme le Christ et Marie, la voie de l’amour jusqu’au don total de soi. Porter une médaille n’est donc pas de la superstition ni de la magie ; c’est un rappel de la foi qui nous stimule à montrer notre reconnaissance pour ce don gratuit de Dieu par une conduite digne de ce que nous sommes : des enfants de Dieu ! Dieu seul fait les miracles mais il les fait, quelquefois, au moyen d’objets de piété bien matériels, par l’intercession de Marie et des saints. Le message de la médaille est un appel à la confiance en l’intercession de la Sainte Vierge. Acceptons humblement de demander des grâces par ses mains ! En 1894, le pape Léon XIII a reconnu les apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré. Depuis lors, le 27 novembre est célébrée la fête liturgique de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. Le 26 juillet 1897, la statue de la Vierge aux rayons, représentant la vision de Catherine, réalisée en 1856 dans un bloc de marbre offert par le gouvernement, trônant au-dessus du maître-autel de la chapelle, est couronnée avec l’autorisation de Léon XIII.


Les témoins. Parmi ceux qui, les premiers, éprouvèrent l’efficacité de la foi à travers la médaille donnée par la Vierge Marie, on peut citer Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui, après une minutieuse enquête sur les faits affirmés, en devient un propagateur convaincu. Il obtient personnellement des guérisons inespérées. Le Pape Grégoire XVI a la médaille à la tête de son lit. En 1833, le P. Perboyre, lazariste, relate la guérison miraculeuse, attribuée à la médaille, d’un confrère. Une fois arrivé en Chine, où il mourra martyr en 1839, il distribue beaucoup de médailles et rapporte de nombreux miracles dans ses lettres. En 1833, Frédéric Ozanam, apôtre du catholicisme social, porte la médaille lorsqu’il fonde à Paris les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul. Le plus enthousiaste encore fut peut-être le Curé d’Ars. Dès 1834, il fait l’acquisition d’une statue de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse et la place sur un tabernacle dont la porte reproduit le revers de la médaille. Le 1er mai 1836, il consacre sa paroisse à « Marie conçue sans péché ». Il devient un apôtre zélé de la Médaille, et distribue avec elle des centaines d’images sur lesquelles il marque de sa main la date et le nom de ceux qui se consacrent à l’Immaculée. En 1842, Alphonse Ratisbonne se convertit à Rome après avoir reçu une médaille et vu la Sainte Vierge dans une église. En 1843, M. Etienne, Supérieur des Lazaristes et des Filles de la Charité, évoque les apparitions comme source du renouveau des vocations et de la ferveur nouvelle qui anime les deux familles. En 1845, John Newman, un pasteur anglican qui portait la médaille depuis le 22 août, se convertit le 9 octobre. Il devient prêtre et cardinal. Le succès de la médaille, où il est écrit que Marie a été « conçue sans péché », a contribué à la reconnaissance officielle du dogme de l’Immaculée Conception, longtemps discuté au sein de l’Église avant d’être proclamé le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus. 




Les apôtres de la médaille. Sainte Bernadette, à Lourdes, portait la médaille avant même les apparitions de la Vierge en 1858. La jeune fille précise un peu plus tard : « J’ai vu la Sainte Vierge comme elle est sur la Médaille Miraculeuse ». Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus portait elle aussi la Médaille Miraculeuse au Carmel. En 1915, naît aux États-Unis, à Philadelphie, à l’initiative du Père Joseph Skelly, l’Apostolat marial avec la Neuvaine perpétuelle de la Médaille Miraculeuse. Une nouvelle impulsion est donnée à la diffusion de la Médaille Miraculeuse grâce au Père Maximilien-Marie Kolbe. Ce religieux franciscain, né en Pologne, est ordonné prêtre à Rome en 1919. Il veut célébrer sa première messe à San Andrea delle Fratte où l’Immaculée a converti Ratisbonne. En 1917, il fonde la Milice de l’Immaculée, placée sous le patronage de la Vierge de la Médaille Miraculeuse, développe un journal marial, Le Chevalier de l’Immaculée, qui connaît un succès foudroyant. En partance pour le Japon en 1930, il traverse la France et se rend rue du Bac (100 ans après les apparitions), à Lourdes et à Lisieux. Il distribue généreusement des médailles : « Ce sont mes munitions », dit-il. Fait prisonnier au camp d’Auschwitz, il meurt martyr le 14 août 1941 en donnant sa vie en échange de celle d’un père de famille.

Aujourd’hui, deux millions de pèlerins passent à la rue du Bac chaque année, ce qui en fait un des dix lieux les plus visités de la capitale. La multitude anonyme des apôtres de la Médaille Miraculeuse, un des objets de piété les plus connus et les plus diffusés, est répandue à travers le monde.





Équipe pastorale
De la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse



Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que l'Équipe pastorale de la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse a faites le samedi 14 avril 2018.


Proposition d'engagement




Dans la chapelle de la rue du Bac, j'apprends
à écouter, méditer, vivre l’Évangile


Pendant sa première rencontre, la Sainte Vierge est en dialogue avec Catherine Labouré comme une mère avec son enfant. Elle l’invite dans la nuit, dans le silence et l’intimité profonde. Catherine l’écoute. Dans la chapelle de la rue du Bac, apprenons à écouter, à méditer, à vivre l’Évangile tous les jours.

« Nous sommes submergés par tant de paroles. Nous sommes peu habitués à écouter, surtout à nous mettre dans la disposition intérieure et extérieure du silence, pour être attentifs à ce que Dieu veut nous dire. » (Benoît XVI, L’Âme de la prière, p. 329)

Catherine nous partage : « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. » Restez trois minutes en silence, en vous concentrant sur la fresque au-dessus de l’autel qui représente la rencontre avec la Vierge Marie. « Écoutez-moi, vous qui tendez vers la justice, vous qui recherchez le Seigneur ; […] Écoutez-moi, vous qui connaissez la justice, peuple de ceux qui ont ma loi dans le cœur ! » (Isaïe, XLI, 1, 7)

Qu’est-ce Dieu veut me dire par cette Parole ? Est-ce que je trouve pendant ma journée, un moment de silence pour écouter la Parole de Dieu ?



Proposition de formation sur la foi




L’esprit est-il assimilable à un mécanisme ?

Non ! parce que, d’une part, l’esprit n’est pas réductible au cerveau et que, d’autre part, le cerveau lui-même n’est pas réductible à un mécanisme.




Proposition de prière



Je prie la prière de Jean-Paul II à la Chapelle de la rue du Bac.



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Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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