À Toi PÈRE ÉTERNEL par les Saints Cœurs de JÉSUS , MARIE et JOSEPH..

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 Notre Histoire Avec Marie en France

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Lumen
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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 5 Aoû 2017 - 14:20


 1221 


SAINT DOMINIQUE CONFIE SON ORDRE À LA VIERGE MARIE




Dès sa naissance au XIIIe siècle, la famille religieuse fondée en France par saint Dominique (après 1170-1221), ou Ordre des Prêcheurs, témoigne d’un lien particulier avec la Mère de Dieu. À partir du XVe siècle, la prédication du Rosaire donne un nouvel élan marial au monde chrétien.


Contre les hérésies. En 1203, l’évêque castillan Diègue d’Osma et son chanoine Dominique découvrent l’ampleur et la gravité des dissidences religieuses qui ont pris racine sur les terres du comte de Toulouse et de ses voisins, dans tout le Sud-Ouest de la France actuelle. À partir de 1206, les deux hommes parcourent la région délimitée par les Pyrénées, au Sud, et les villes d’Albi, de Toulouse et de Montpellier, à l’Ouest et au Nord. L’unité de l’Église est mise à mal dans ces contrées par l’hérésie des « parfaits », appelés ultérieurement et de manière inadéquate « cathares », remettant en cause toutes les grandes croyances de la chrétienté médiévale (unicité de Dieu, hiérarchie de l’Église, sacrements). Les deux Espagnols investissent toutes leurs forces dans une campagne de prédication humble et itinérante. La tâche est rude. En 1208, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau sur les rives du Rhône a entraîné la « croisade des Albigeois », conduite par le roi de France et les grands seigneurs, non sans arrière-pensées politiques. Au cœur de ces terres ravagées par l’hérésie et la guerre, sans prendre part à la croisade, Dominique regroupe pourtant à Prouilhe (actuelle commune de Fanjeaux, Aude) des femmes, naguère « parfaites », revenues dans la pleine communion ecclésiale pour y mener une vie de type monastique.




Des Frères itinérants. En 1217, Dominique de Caleruega décide de disperser la quinzaine de Frères qui l’ont rejoint à Prouilhe (puis à Toulouse) afin d’y mener une vie de prêcheurs itinérants. Après avoir obtenu l’approbation de l’évêque de Toulouse, Foulque, puis les encouragements des papes Innocent III et Honorius III, Dominique offre ainsi à l’Église et à ses pasteurs l’aide de prédicateurs bien formés intellectuellement, assoiffés du Salut des hommes et désireux pour cela de porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, comme de conforter dans leur foi ceux qui faiblissent ou fatiguent. Dominique sait que « les semences dispersées portent du fruit et qu’entassées elles pourrissent », précise la légende de Pierre Ferrand.

Pauvres et mendiants, ses fils sont disponibles pour aller là où on les appelle. L’Ordre des Prêcheurs naissant (on parlera ultérieurement de Dominicains) prend donc une dimension internationale en envoyant des Frères à Paris, à Rome puis à Bologne (nord de l’Italie), en Espagne et bientôt jusqu’aux confins du monde habité. La Vierge Marie accompagne les compagnons de Dominique sur les routes et dans leurs prédications. C’est sous le patronage de Notre Dame qu’est placé le monastère de Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux. Lors du procès de canonisation, un témoin affirme que sur les routes d’Italie, Dominique « toujours joyeux dans les tribulations, louait et bénissait le Seigneur en chantant à haute voix l’Ave maris stella ».



Une protectrice spéciale. C’est grâce à une intervention miraculeuse de la Vierge Marie qu’un ecclésiastique de haut-rang, Réginald d’Orléans (o.p., † 1220), guérit de la maladie qui l’avait frappé alors qu’il hésitait à délaisser sa carrière universitaire pour embrasser une vie de prédication et de pauvreté. L’épisode est rapporté par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, dans un Petit livre sur le commencement de l’Ordre. Comme un bon médecin, la Mère du Seigneur vint lui faire des onctions salvatrices de la tête aux pieds en disant : « J’oins tes pieds avec l’huile sainte, pour qu’ils soient prêts à annoncer l’Évangile de paix. » C’est l’invitation de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Éphésiens (VI, 15).

Remis debout, vêtu de l’habit blanc des Prêcheurs, Réginald est envoyé par Dominique à Bologne où il prêche avec grand succès. En 1221, à quelques mois de sa mort, Dominique se voit confier une nouvelle mission par le pape Honorius III. Il doit convaincre les moniales de plusieurs monastères romains de se rassembler dans un couvent jouxtant la basilique Saint-Sixte de Rome (Italie), le long de la via Appia, pour y vivre en suivant la règle établie à Prouilhe. La communauté de Sainte-Marie in Tempulo résiste. Les Sœurs refusent de s’établir ailleurs si elles ne peuvent emporter avec elle l’image de la bienheureuse Vierge qu’elles vénèrent. Dominique y consent : il comprend et partage cet attachement des Sœurs. Celles-ci déménagent le 28 février 1221 et l’image de la Vierge est apportée à Saint-Sixte la nuit qui suit leur entrée dans leur nouvelle clôture. On craint en effet les réactions de Romains réticents devant cette translation. Mais la discrétion du transfert n’exclut pas la ferveur et la confiance en Marie.

Une moniale, témoin de l’épisode, raconte que « le bienheureux Dominique, accompagné de deux cardinaux : le seigneur Nicolas et le seigneur Étienne, dont il avait ressuscité le neveu, et d’une foule considérable, tous pieds nus, escortés de nombreux porteurs de torches, la portait sur ses épaules à l’église de Saint-Sixte. Les sœurs, pieds nus, l’attendaient en prière ».





Marie, avocate. Sœur Cécile, moniale romaine de Saint-Sixte et contemporaine de Dominique, relate encore une vision de l’homme de Dieu qui confirme la protection spéciale de la Vierge Marie sur l’Ordre des Prêcheurs. Une nuit, après avoir prié longuement dans l’église déserte, il se rend à l’extrémité du dortoir des Frères pour continuer son oraison. Trois dames s’approchent. La plus belle et la plus digne porte un vase de prix. Une de ses compagnes lui tend un aspersoir avec lequel elle bénit chacun des Frères endormis en traçant sur lui le signe de la croix. Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom : « Je suis celle que chaque soir vous invoquez, et lorsque vous dites : Eia ergo, advocata nostra (NDLR : « Ô vous, notre Avocate », paroles du Salve Regina), je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre », répond la Vierge. Très tôt, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.  




La Mère des Prêcheurs. Revenu à sa prière, poursuit sœur Cécile, Dominique est ravi en esprit devant Dieu. La Vierge Marie est assise à sa droite, vêtue d’une chape de couleur saphir. Des religieux de tous les ordres contemplent le Seigneur et sa Mère mais on n’y voit pas de Prêcheurs.

Dominique pleure amèrement. Marie et son Fils l’appellent et lui demandent les raisons de sa tristesse. « Veux-tu voir ton ordre ? », lui demande Jésus. « Oui, Seigneur », répond Dominique en tremblant. Et, raconte la moniale, « le Seigneur mettant la main sur l’épaule de la bienheureuse Vierge, dit au bienheureux Dominique : j’ai confié ton ordre à ma mère. » La Vierge ouvre alors la chape qui la couvrait, si vaste « qu’elle semblait couvrir toute la patrie céleste » et, abritée dans les plis de ce manteau, Dominique voit une grande multitude de Frères. « La bienheureuse Vierge Marie fut l’aide principale dans la fondation de l’Ordre, et l’on espère qu’elle le conduira à bon port », écrit Humbert de Romans, quatrième successeur de saint Dominique. La Mère du Verbe est aussi la Mère des Prêcheurs.





Et la prière du Rosaire ? Le mot rappelle une guirlande de roses dont on couronne la Vierge Marie. Ces fleurs sont en réalité chacune des prières que le croyant récite pour méditer les mystères de la vie du Christ en unissant sa prière à celle de sa Mère. Depuis l’époque moderne jusqu’à nos jours, d’innombrables images représentent la Vierge donnant un chapelet à saint Dominique avec mission pour lui de le répandre à profusion.

Déjà au XIIIe siècle, des Frères répétaient des Je Vous Salue Marie, généralement par multiple de dix, en accompagnant cette salutation d’inclinations, de génuflexions, de prostrations. Le bienheureux Romée de Livia (o.p., † 1261), qui avait connu personnellement saint Dominique, fut enterré, d’après le témoignage de Bernard Gui (o.p., 1261-1331), tenant à la main la cordelette à nœuds qui lui servait à compter les 1000 Ave Maria dont il saluait chaque jour la Vierge.

Au XVe siècle, un Dominicain enthousiaste et inventif, Alain de la Roche (vers 1428-1475), met définitivement en forme le Rosaire. Il a l’idée de faire de la récitation du psautier de la Vierge, composé de 150 Ave entrecoupés de Pater, l’obligation principale de la Confrérie de la Vierge et de saint Dominique qu’il fonde à Douai (actuel département du Nord) en 1470.

Le succès est immédiat et, depuis lors, rosaire, chapelet, dizainier accompagnent la vie des chrétiens. La méditation des mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie du Seigneur et de sa Mère permet de lire l’Évangile avec les yeux de Marie. En 1571, c’est à l’intercession de Notre Dame du Rosaire que le pape dominicain saint Pie V attribue la victoire remportée le 7 octobre à Lépante (Grèce) par les princes chrétiens opposés aux Turcs ottomans. Le 16 octobre 2002, par sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II enrichit le cycle des mystères en instituant des mystères lumineux.  
 






Père Augustin Laffay O.P.
Dominicain - historien


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que le Frère Augustin Laffay O.P. a faites le samedi 5 août 2017.


Proposition d'engagement




Je visite les « lieux saints » dominicains de Toulouse et du Lauragais

- Monastère de Prouilhe F-11270 Fanjeaux http://www.prouilhe.com/accueil.htm  
- Maison Seilhan 7 place du Parlement F-31000 Toulouse  
- Couvent des Jacobins Rue Lakanal F-31000 Toulouse http://www.jacobins.toulouse.fr/  

Autre engagement possible : offrir un rosaire, un chapelet ou un dizainier à une personne de son entourage.



Proposition de formation sur la foi




Quelle est la vocation des Dominicains ?

À la lumière de la vie de saint Dominique, la vocation dominicaine apparaît comme un appel à annoncer l’Évangile à un monde qui l’ignore, voire le refuse, à travers une vie vraiment évangélique qui se nourrit de pauvreté, de prière et de contemplation.


Découvrez la réponse complète du Père Jean-Miguel Garrigues.





Proposition de prière


Se rendre dans une église, y chercher une représentation de Notre-Dame du Rosaire, et réciter une dizaine de chapelet. On peut aussi prier la prière de l’Ave maris stella, comme le faisait Dominique en chemin.




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MessageSujet: Re: Notre Histoire Avec Marie en France   Sam 12 Aoû 2017 - 15:42


 1879 


JEANNE JUGAN, FONDATRICE DES PETITES SŒURS DES PAUVRES




Béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1982, puis canonisée par le pape Benoît XVI en 2009, Jeanne Jugan (1792-1879), ou Sœur Marie de la Croix, refusa de se marier pour répondre à la volonté de Dieu. Elle deviendra la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres en 1839.


L’actualité du message spirituel de sainte Jeanne Jugan. « Demeurez dans l’admiration et l’action de grâce, à cause de la bienheureuse Jeanne, à cause de sa vie si humble et si féconde, véritablement devenue un des nombreux signes de la présence de Dieu dans l’histoire. » Ainsi s’exprimait le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1982, au lendemain de la béatification de Jeanne Jugan, devant une assemblée constituée surtout de Petites Sœurs des Pauvres, héritières de leur fondatrice, et de personnes du troisième âge, indissociables de leur vocation ! Le 11 octobre 2009, le Pape Benoît XVI la proclamait sainte, soulignant aussi les deux dimensions et l’actualité de son message spirituel et apostolique : sa « douceur et humilité de cœur » et son « regard de compassion ».




Force dans les épreuves. La Cancalaise (habitante de Cancale, petit port de pêche de l’Ille-et-Vilaine) de l’époque de Jeanne est réputée pour avoir un tempérament fier et déterminé, forgé par les circonstances difficiles qu’elle doit affronter, souvent sans le soutien d’un époux, parti en mer une bonne partie de l’année. C’est le cas dans la famille de Jeanne. Lorsqu’elle naît le 25 octobre 1792, son père est sur les bancs de Terre-Neuve (Canada) à pêcher la morue (il disparaîtra dans l’océan quatre ans plus tard).

Sa maman fait vivre le foyer en travaillant dans une ferme voisine. Jeanne, sixième d’une fratrie de huit, est baptisée le jour de sa naissance par le Curé Godefroy, guère aimé des Cancalais car il a prêté serment à la Constitution civile du clergé, texte voté par le gouvernement révolutionnaire. Le recteur et les autres prêtres fuient la Terreur en se cachant ou en émigrant à Jersey (île anglo-normande). Toute manifestation religieuse est interdite, l’église est devenue un magasin à fourrage, l’école une caserne…

Années noires et pourtant éclairées par la foi inébranlable de ce petit peuple breton tenace. Car la fierté des Cancalais n’est pas de même nature que l’orgueil, cette fierté est une force pour défendre leurs valeurs et allumer la lampe de l’amour de Dieu dans tous leurs foyers. Jeanne héritera de cette force et s’en servira pour s’attacher de plus en plus à son Seigneur Jésus, doux et humble de cœur (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », Matthieu XI, 9). Lorsqu’elle est demandée en mariage, vers 20 ans, par un jeune marin, elle prend le temps de discerner, de prier ; sa réponse est aussi mystérieuse qu’irrévocable : « Je ne me marierai pas. Dieu me veut pour Lui. Il me garde pour une œuvre qui n’existe pas encore, qui n’est pas encore fondée. » L’Esprit souffle où il veut…



Patience dans le discernement. Partie à Saint-Servan (commune rattachée depuis 1967 à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine), Jeanne devient membre d’un Tiers-Ordre fondé par saint Jean Eudes (la Société du Cœur de la Mère admirable). Elle travaille pour gagner son pain et développe sa foi chrétienne dans une vie de prière intense comme en divers engagements de charité, paroissiaux ou personnels. De saint Jean Eudes, elle apprend à « n’avoir qu’une vie, qu’un cœur, qu’une âme, qu’une volonté avec Jésus ». De l’« œuvre qui n’existe pas encore », rien n’apparaît. Jeanne ne cherche pas à provoquer l’éclosion d’une initiative nouvelle. Elle ne devance pas Dieu, non, elle se donne à Lui et au prochain chaque jour, au fil des mois et des années qui passent. Elle arrive ainsi à 47 ans : c’est l’hiver 1839.




Porte et cœur ouverts Jeanne vit alors tout près de l’église paroissiale de Saint-Servan, dans un modeste logement : deux petites pièces au premier étage et un grenier. Elle partage cet espace avec deux autres femmes : Françoise Aubert, dite Fanchon, une amie de 73 ans, et Virginie Trédaniel, une jeune fille de 18 ans qui lui a été confiée par son tuteur. Ces trois générations vivent en belle harmonie de cœur, de travail et de foi. L’hiver 1839 est rude, les mendiants sont quasiment aussi nombreux que ceux qui ne le sont pas. Dans les rues, enfants, jeunes filles et vieillards sont les plus fragiles. Jeanne entend dire qu’une vieille femme, Anne Chauvin, aveugle et infirme, est à l’abandon. Avec l’accord de ses deux compagnes, elle va la chercher et l’installe dans son propre lit, lui déclarant qu’elle est maintenant chez elle. Ce soir-là, Jeanne est allée dormir au grenier. L’« œuvre » pour laquelle Dieu la gardait était née. Elle va grandir très rapidement, devenant association de charité puis communauté religieuse qui prendra quelques années plus tard la forme et le nom définitif de « Petites Sœurs des Pauvres ». Après Anne Chauvin, c’est Isabelle Cœuru qui est accueillie. Virginie lui donne son lit et rejoint Jeanne au grenier. Jeanne a ouvert sans réserve son cœur à la détresse des personnes âgées et entraîne les autres à faire de même. Le mouvement ne s’arrêtera pas : bientôt, on déménage pour accueillir un plus grand nombre d’indigentes.  


Pauvre avec les pauvres.  Ces « bonnes femmes », comme on les nomme avec affection, étaient mendiantes. Maintenant, elles sont au chaud et ne vont plus tendre la main. Jeanne et ses compagnes partagent leurs revenus avec elles. Mais une autre inspiration de l’Esprit Saint fait franchir à Jeanne un pas supplémentaire : laissant tout travail rémunéré, elle devient pauvre avec les pauvres, mendiante à la place des mendiantes qu’elle a sauvées de la rue. En mai 1842, sont adoptés les statuts des « Servantes des Pauvres », devenues en 1849 les « Petites Sœurs des Pauvres », avec un vœu d’hospitalité en plus des trois vœux religieux habituels. Dans sa démarche, Jeanne est encouragée par un Frère de Saint-Jean de Dieu, quêteur, qui la comprend en profondeur. Une décision qui n’est pourtant pas facile. Elle dira plus tard : « J’allais avec mon panier chercher pour nos pauvres… Cela me coûtait, mais je le faisais pour le bon Dieu et pour nos chers pauvres. » Cette identification d’elle-même aux pauvres et du pauvre à Jésus est toute évangélique. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus en Matthieu XXV, 40. La confiance en la Providence, l’une des caractéristiques de sa Congrégation, ne fera que grandir. Liant le temporel et le spirituel, elle est sûre que Dieu, Père, pourvoira au pain quotidien et fera aussi grandir son image en ceux qui s’abandonnent à Lui. Jeanne dira un jour : « C’est si beau d’être pauvre, de ne rien avoir, de tout attendre du bon Dieu ! » C’est une sentence qu’il ne faut pas tronquer. Tout est lié.




Sœur Marie de la Croix. Le nom de religion de sainte Jeanne Jugan, Sœur Marie de la Croix, récapitule sa spiritualité. « Sœur », « Petite Sœur » des aînés, elle a dû pourtant s’en éloigner, s’en arracher, par obéissance. Quatre ans après la naissance de l’œuvre, à la fin 1843, Jeanne est injustement déposée de sa charge de supérieure. Elle reste quêteuse et donc proche de la vie des maisons qui se fondent, en Bretagne et de plus en plus loin. Mais soudain, on lui retire la quête, elle est envoyée à la Maison-Mère, sans aucune charge précise. À La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern, Ille-et-Vilaine) à partir de 1856, elle passera 23 années de vie cachée au milieu des novices et postulantes. Une descente dans l’anonymat, en dépit de la célébrité dont elle avait joui un moment dans les médias de l’époque (elle reçut un prix de l’Académie française) : les nouvelles Petites Sœurs ne savent plus qu’elle est leur fondatrice. À sa mort, le 29 août 1879, il est écrit sur sa tombe « Troisième Petite Sœur ». Il faudra attendre 1902 pour que son rôle effectif soit enfin reconnu par une étude biographique. La colère peut saisir devant tant d’injustice, mais il faut continuer à regarder comment Jeanne, elle, a vécu cette dernière période de sa vie. Les témoignages la disent de plus en plus joyeuse. Pas de récrimination, pas de murmures… Au contraire, malgré une grande lucidité sur sa situation, elle vit dans une louange grandissante : « Il est si bon, le bon Dieu ! Il faut toujours dire Gloire à Dieu ! Merci mon Dieu ! » C’est une joie toute spirituelle, car la souffrance est certainement présente. « Marie de la Croix » est là aussi. Depuis sa tendre enfance, Jeanne est liée d’affection, de confiance, de piété, à la Vierge Marie. Son chapelet ne la quitte pas. Sa formation eudiste lui a fait découvrir comment rester plongée en Dieu en suivant le chemin du Cœur unique de Jésus et de Marie. Aux jeunes filles qui arrivent au noviciat, encore douloureuses des séparations familiales, elle dit : « Mes petites, vous aimez la Sainte Vierge ? Elle sera votre Mère. » Suivant Marie et Jésus jusqu’au dépouillement de la Croix, elle communie de plus en plus profondément aux sentiments du Christ sur la terre. Aux jeunes Sœurs, la Petite Sœur Marie de la Croix partage souvent son attrait particulier pour l’humilité du Sauveur. Ses filles, les Petites Sœurs, portent sur leur croix de profession (qui est cachée sous l’habit) l’inscription « Je suis doux et humble ».     




« Petites, bien petites ». « Soyez petites, bien petites ! Gardez l’esprit d’humilité, de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, la Congrégation ne ferait plus bénir le bon Dieu, nous tomberions ». Jeanne est la première à mettre en pratique son conseil. Quêteuse, elle se présente toujours petitement, accueillant avec égalité d’âme les dons comme les refus. Un jour, elle reçoit une gifle : « Merci mon bon monsieur, répond-elle, ceci est pour moi… Mais vous me donnerez bien quelque chose pour mes pauvres ? » Une telle réaction amollirait le cœur le plus endurci : son agresseur lui remet une offrande ! Saint Joseph, qui a subvenu aux besoins de la Sainte Famille, est choisi dès le début de l’œuvre comme protecteur et intermédiaire de la Providence, manifestation de la bonté de Dieu envers la « petite famille ». La sainteté de Joseph, à l’âme juste, humble et silencieuse, correspond à celle de Jeanne Jugan. À La Tour Saint-Joseph, quand d’anciens amis lui rappellent tout ce qu’elle a réalisé, elle répond : « C’est le bon Dieu qui a tout fait. Je suis seulement son humble servante » : un accent du Magnificat de la Sainte Vierge… Amour et humilité, tout est dit de sainte Jeanne Jugan et de ce qu’elle attend de ses héritières spirituelles. « Pour faire une bonne Petite Sœur des Pauvres, il faut beaucoup aimer le bon Dieu, les pauvres, et s’oublier soi-même. »

L’esprit de famille. Dans sa pratique de l’hospitalité, Jeanne a eu comme une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées : le désir d’être respectées, estimées, aimées ; l’appréhension de la solitude en même temps que le souhait d’un espace de liberté et d’intimité ; la nostalgie de se sentir encore utiles ; et très souvent une volonté d’approfondir sa foi. Dès l’accueil d’Anne Chauvin, Jeanne a imprimé le style qui allait lui survivre et se retrouve encore aujourd’hui dans toutes les « Ma Maison » de par le monde : l’esprit de famille. Vivant sous le même toit, Petites Sœurs et résidents forment de petites cellules de « la grande famille humaine où tous les hommes se traitent comme des frères et partagent les biens de la création selon la règle de la justice, inséparable de la charité » comme le dit la constitution pastorale Gaudium et Spes (8 décembre 1965) du concile Vatican II. Les communautés sont, dans la plupart des pays, très internationales, porteuses d’un encouragement à la fraternité universelle.  

Le respect de la vie. Sainte Jeanne Jugan a laissé le Seigneur transformer son regard de sorte qu’elle pouvait le reconnaître en toute chose et toute personne. Consciente de la valeur de la vie et de la dignité suprême de l’être humain, quel que soit l’état de son âme ou de son corps, elle a fait de l’accompagnement des mourants le sommet de la vocation des Petites Sœurs des Pauvres. Dans le respect de la liberté et de la religion ou des croyances de chacun, elles donnent toujours le témoignage du respect de la vie.




Amour envers les personnes âgées. Le pape François rappelle souvent que « l’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime. Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société. Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple » (audience du 15 octobre 2016 aux associations italiennes de personnes âgées). C’est le message de Jeanne Jugan : il est tellement actuel ! Que Sainte Jeanne Jugan nous aide à grandir dans l’amour de Dieu et de nos aînés !




Petites Sœurs des Pauvres
de Saint-Pern


Compléments

Sources documentaires


Les 3 propositions que les Petites Sœurs des Pauvres de Saint-Pern ont faites le samedi 12 août 2017.


Proposition d'engagement




Je fais un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée

Cette semaine, je vais faire un petit geste qui peut avoir une grande portée pour une personne âgée : un sourire, un petit mot, un bras pour traverser la rue, un panier de commissions porté en haut des marches, une carte de vacances dans la boîte aux lettres, une petite visite… Je peux aussi entrer en contact avec une maison des Petites Sœurs des Pauvres et demander à y faire du bénévolat.




Proposition de formation sur la foi




Quelle est l’originalité de la vision chrétienne sur la communication ?

Le christianisme est une tradition de la communication : il développe une vision de la communication juste et pleinement efficace, c’est-à-dire qui ne se réalise pas au sens superficiel et caricatural de la « com’ », mais dans le sens d’une communication vraie qui touche les profondeurs de l’être.

Découvrez la réponse complète du Père Christophe Levalois.





Proposition de prière


Je prie pour demander l’humilité, chère à sainte Jeanne Jugan, avec les « Litanies de l’Humilité » du Cardinal Merry del Val*.

*Ces litanies étaient récitées chaque jour après sa messe par le Cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930), évêque à 34 ans, cardinal à 38 ans et indéfectible secrétaire d’État du pape Saint Pie X de 1903 à 1914.



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