À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

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 L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2

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Lumen
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MessageSujet: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Mar 2 Mai 2017 - 19:41

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Cette version française de L’Imitation de Jésus-Christ a été traduite du latin par Lamennais en 1824.

Le texte original date du quinzième siècle et est attribué à Thomas a Kempis (1380-1471), moine au Mont-
Sainte-Agnès à Zwolle.

Traduction de l’Abbé Félicité de Lamennais avec des réflexions à la fin de chaque chapitre



Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


1. De la conversation intérieure

1. Le royaume de Dieu est au dedans de vous, dit le Seigneur. Revenez à Dieu de tout votre cœur, laissez là ce misérable monde, et votre âme trouvera le repos. Apprenez à mépriser les choses extérieures et à vous donner aux intérieures, et vous verrez le royaume de Dieu venir en vous. Car le royaume de Dieu est paix et joie dans l'Esprit Saint, ce qui n'est pas donné aux impies. Jésus-Christ viendra à vous et il vous remplira de ses consolations, si vous lui préparez au-dedans de vous une demeure digne de lui. Toute sa gloire et toute sa beauté est intérieure ; c'est dans le secret du cœur qu'il se plaît. Il visite souvent l'homme intérieur et ses entretiens sont doux, ses consolations ravissantes ; sa paix est inépuisable, et sa familiarité incompréhensible.

2. Ame fidèle, hâtez-vous donc de préparer votre coeur pour l'époux, afin qu'il daigne venir et habiter en vous. Car il a dit : si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. Laissez donc entrer Jésus en vous, et n'y laissez entrer que lui. Lorsque vous posséderez Jésus, vous serez riche et lui seul vous suffit. Il veillera sur vous, il prendra de vous un soin fidèle en toutes choses, de sorte que vous n'aurez plus besoin de rien attendre des hommes. Car les hommes changent vite et vous manquent tout d'un coup ; mais Jésus-Christ demeure éternellement : inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin.

3. 3. On ne doit guère compter sur un homme fragile et mortel, encore bien qu'il vous soit utile et que vous soyez chers l'un à l'autre, et il n'y a pas lieu de s'attrister beaucoup si quelquefois il vous traverse et s'élève contre vous. Ceux qui sont aujourd'hui pour vous pourront être demain contre vous et réciproquement : les hommes changent comme le vent. Mettez en Dieu toute votre confiance : qu'il soit votre crainte et votre amour ; il répondra pour vous et il fera ce qui est le meilleur. Vous n'avez point ici de demeure stable ; en quelque lieu que vous soyez vous êtes étranger et voyageur, et vous n'aurez jamais de repos que vous ne soyez uni intimement à Jésus-Christ.

4. Que cherchez-vous autour de vous ? Ce n'est pas ici le lieu de votre repos. Votre demeure doit être dans le ciel et vous ne devez regarder toutes les choses de la terre que comme en passant. Tout passe, et vous passez avec tout le reste. Prenez garde de vous attacher à quoi que ce soit de peur d'en devenir l'esclave et de vous perdre. Que sans cesse votre pensée monte vers le Très-Haut, et votre prière vers Jésus-Christ. Si vous ne savez pas encore vous élever aux contemplations célestes, reposez-vous dans la passion du Sauveur, et aimez à demeurer dans ses plaies sacrées. Car, si vous vous réfugiez avec amour dans ces plaies et ces précieux stigmates, vous sentirez une grande force au temps de la tribulation ; vous vous inquiéterez peu du mépris des hommes et vous supporterez aisément les paroles médisantes.

5. Jésus-Christ aussi a été méprisé des hommes en ce monde, et dans les plus extrêmes angoisses, abandonné des siens, de ses amis, de ses proches, au milieu des opprobres. Jésus-Christ a voulu souffrir et être méprisé ; et vous osez vous plaindre de quelque chose ! Jésus-Christ a eu des ennemis et des détracteurs, et vous voudriez n'avoir que des amis et des bienfaiteurs ! Comment votre patience méritera-t'elle d'être couronnée s'il ne vous arrive rien de pénible ? Si vous ne voulez rien souffrir, comment serez-vous ami de Jésus-Christ ? Souffrez avec Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, si vous voulez régner avec Jésus-Christ.

6. Si une seule fois vous étiez entré bien avant dans le coeur de Jésus, et que vous eussiez ressenti quelque mouvement de son amour, que vous auriez peu de souci de ce qui peut vous contrarier ou vous plaire ! Vous vous réjouiriez d'un outrage reçu parce que l'amour de Jésus apprend à l'homme à se mépriser lui-même. Celui qui aime Jésus et la vérité, un homme vraiment intérieur et dégagé de toute affection déréglée, peut librement s'approcher de Dieu et, s'élevant en esprit au-dessus de soi-même, se reposer en lui par une jouissance anticipée.

7. Celui qui estime les choses suivant ce qu'elles sont et non d'après les discours et l'opinion des hommes, est vraiment sage ; et c'est Dieu qui l'instruit plus que les hommes. Celui qui vit au-dedans de lui-même et qui s'inquiète peu des choses du dehors, tous les lieux lui sont bons et tous les temps pour remplir ses pieux exercices. Un homme intérieur se recueille bien vite parce qu'il ne se répand jamais tout entier au-dehors. Les travaux extérieurs, les occupations nécessaires en certain temps, ne le troublent point ; mais il se prête aux choses selon qu'elles arrivent. Celui qui a établi l'ordre au-dedans de soi ne se tourmente guère de ce qu'il y a de bien ou de mal dans les autres. L'on n'a de distractions et d'obstacles qu'autant que l'on s'en crée soi-même.

8. Si vous étiez ce que vous devez être, entièrement libre et détaché, tout contribuerait à votre bien et à votre progrès. Mais beaucoup de choses vous déplaisent et souvent vous troublent, parce que vous n'êtes pas encore tout à fait mort à vous-même et séparé des choses de la terre. Rien n'embarrasse et ne souille tant le coeur de l'homme que l'amour impur des créatures. Si vous rejetez les consolations du dehors, vous pourrez contempler les choses du ciel et goûter souvent les joies intérieures.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 1

L'âme chrétienne, détachée du monde, n'a qu'un désir pour le temps comme pour l'éternité : d'être unie à Jésus de cette union ineffable dont la divine peinture nous ravit dans le cantique mystérieux de l'amour : Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il repose entre les lis, jusqu'à ce que l'aurore se lève et que les ombres déclinent.

Hélas ! Que cherchez-vous au dehors ? Rentrez, rentrez en vous-même, préparez au céleste époux une demeure digne de lui, et il viendra, et il s'y reposera, car ses délices sont d'habiter dans le coeur qui l'appelle. Alors, seul avec Jésus, loin des bruits de la terre, dans le silence des créatures, il vous parlera comme un ami parle à son ami, et, transporté de l'entendre, vous ne voudrez plus, à jamais, écouter que lui.






Source :

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Dernière édition par Lumen le Mer 5 Juil 2017 - 19:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Mer 3 Mai 2017 - 14:00

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


2. Qu'il faut s'abandonner à Dieu en esprit d'humilité

2. Inquiétez-vous peu qui est pour vous ou contre vous ; mais prenez soin que Dieu soit avec vous en tout ce que vous faites. Ayez la conscience pure et Dieu prendra votre défense. Toute la malice des hommes ne saurait nuire à celui que Dieu veut protéger. Si vous savez vous taire et souffrir, Dieu sans doute vous assistera. Il sait le temps et la manière de vous délivrer : abandonnez-vous donc à lui. C'est de Dieu que vient le secours, c'est lui qui délivre de la confusion. Il est souvent très utile, pour nous retenir dans une plus grande humilité, que les autres soient instruits de nos défauts et qu'ils nous les reprochent.

2. Quand un homme s'humilie de ses défauts, il apaise aisément les autres et se concilie sans peine ceux qui sont irrités contre lui. Dieu protège l'humble et le délivre, il aime l'humble et le console, il s'incline vers l'humble et lui prodigue ses grâces, et après l'abaissement, il l'élève dans la gloire. Il révèle à l'humble ses secrets, il l'invite et l'attire doucement à lui. Quelque affront qu'il reçoive, l'humble vit encore en paix, parce qu'il s'appuie sur Dieu et non sur le monde. Ne pensez pas avoir fait de progrès si vous ne vous croyez au-dessous de tous les autres.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 2

Que vous importent les discours et les pensées des hommes ! Ce ne seront point eux qui vous jugeront. S'ils vous accusent à tort, Celui qui voit le fond des consciences vous a déjà justifié. S'ils vous reprochent des fautes réelles, n'êtes-vous pas heureux d'être averti, heureux de souffrir une humiliation salutaire ? Ce qui vous trouble, c'est l'orgueil qui ne saurait supporter d'être repris.

L'humble ne s'irrite point, ne s'émeut point, lors même que la passion le condamne injustement. Plein du sentiment de sa misère, on ne saurait jamais tant l'abaisser, qu'il ne s'abaisse dans son cœur encore davantage. Voulez-vous que rien n'altère le calme de votre âme, abandonnez-vous à Dieu en toutes choses. Et dans les peines, les contrariétés, les traverses, dites avec Jésus-Christ : Oui, mon Père, parce qu'il vous a plu ainsi !






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Ven 5 Mai 2017 - 17:45

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


3. De l'homme pacifique

1. Conservez-vous premièrement dans la paix : et alors vous pourrez la donner aux autres. Le pacifique est plus utile que le savant. Un homme passionné change le bien en mal, et croit le mal aisément. L'homme paisible et bon ramène tout au bien. Celui qui est affermi dans la paix ne pense mal de personne ; mais l'homme inquiet et mécontent est agité de divers soupçons : il n'a jamais de repos, et n'en laisse point aux autres. Il dit souvent ce qu'il ne faudrait pas dire, et ne fait pas ce qu'il faudrait faire. Attentif aux devoirs des autres, il néglige ses propres devoirs. Ayez donc premièrement du zèle pour vous-même, et vous pourrez ensuite avec justice l'étendre sur le prochain.

2. Vous savez bien colorer et excuser vos fautes, et vous ne voulez pas recevoir les excuses des autres. Il serait plus juste de vous accuser vous-même et d'excuser votre frère. Si vous voulez qu'on vous supporte, supportez aussi les autres. Voyez combien vous êtes loin encore de la vraie charité et de l'humilité, qui jamais ne s'irrite et ne s'indigne que contre elle-même. Ce n'est pas une grande chose de bien vivre avec les hommes doux et bons, car cela plaît naturellement à tous ; chacun aime son repos, et s'affectionne à ceux qui partagent ses sentiments. Mais vivre en paix avec des hommes durs, pervers, sans règle, ou qui nous contrarient, c'est une grande grâce, une vertu courageuse digne d'être louée.

3. Il y en a qui sont en paix avec eux-mêmes et avec les autres. Et il y en a qui n'ont point la paix, et qui troublent celle d'autrui : ils sont à charge aux autres, et plus à charge à eux-mêmes. Il y en a, enfin, qui se maintiennent dans la paix et qui s'efforcent de la rendre aux autres. Au reste toute notre paix dans cette misérable vie, consiste plus dans une souffrance humble que dans l'exemption de la souffrance. Qui sait le mieux souffrir possédera la plus grande paix. Celui-là est vainqueur de soi et maître du monde, ami de Jésus-Christ et héritier du ciel.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 3

Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu.

Comprenez la grandeur de ce nom et l'instruction profonde qu'il renferme. La paix, c'est l'ordre parfait : et le trouble, les dissensions, les discordes, la guerre, ne sont entrés dans le monde que par la violation de l'ordre ou par le péché. Ainsi, point de paix où règne le péché ; point de paix dans l'homme dont les pensées, les affections, les volontés ne sont pas en tout conformes à l'ordre ou à la vérité et à la volonté de Dieu : point de paix dans la société dont les doctrines et les lois s'écartent de la loi et des doctrines révélées de Dieu.

Et quiconque, homme ou peuple, méprise cette loi, nie ces doctrines, ne fût-ce qu'en un seul point, cet homme, ce peuple rebelle à Dieu, subit à l'instant le châtiment de son crime. Un malaise inconnu s'empare de lui : je ne sais quelle force désordonnée le pousse et le repousse en tous sens, et nulle part il ne trouve de repos. Comme Caïn, après son meurtre, il a peur.

Non, la paix n'est, en effet que pour les enfants de Dieu. Ils la goûtent en eux-mêmes, et la répandent sur les autres. Elle coule, pour ainsi dire de leur coeur, comme ces fleuves qui arrosaient l'heureux séjour de notre premier père, au temps de son innocence. Et quand viendra la dernière heure, ce sera encore la paix, car le royaume de Dieu est justice et paix. Enfants de Dieu, entrez dans le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Lun 8 Mai 2017 - 19:25

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


4. De la pureté d'esprit et de la droiture d'intention

1. L'homme s'élève au-dessus de la terre sur deux ailes, la simplicité et la pureté. La simplicité doit être dans l'intention, et la pureté dans l'affection. La simplicité cherche Dieu, la pureté le trouve et le goûte. Nulle bonne oeuvre ne vous sera difficile si vous êtes libre au-dedans de toute affection déréglée. Si vous ne voulez que ce que Dieu veut et ce qui est utile au prochain, vous jouirez de la liberté intérieure. Si votre coeur était droit, alors toute créature vous serait un miroir de vie et un livre rempli de saintes instructions. Il n'est point de créature si petite et si vile qui ne présente quelque image de la bonté de Dieu.

2. Si vous aviez en vous assez d'innocence et de pureté, vous verriez tout sans obstacle. Un cœur pur pénètre le ciel et l'enfer. Chacun juge des choses du dehors selon ce qu'il est au-dedans de lui-même. S'il est quelque joie dans le monde, le cœur pur la possède. Et s'il y a des angoisses et des tribulations, avant tout elles sont connues de la mauvaise conscience. Comme le fer mis au feu perd sa rouille et devient tout étincelant, ainsi celui qui se donne sans réserve à Dieu se dépouille de sa langueur et se change en un homme nouveau.

3. Quand l'homme commence à tomber dans la tiédeur, alors il craint le moindre travail et reçoit avidement les consolations du dehors. Mais quand il commence à se vaincre parfaitement et à marcher avec courage dans la voie de Dieu, alors il compte pour rien ce qui lui était le plus pénible.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 4

Quand Jésus-Christ voulut proposer un modèle à ses disciples, le choisit-il parmi les hommes distingués par la science ou par la supériorité de leur esprit ? Non ; il appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez et ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.

Or, que voyons nous dans l'enfance ? La simplicité, la pureté. Elle croit, elle aime, elle agit, sans retour sur elle-même, par un premier mouvement du coeur ; et voilà ce qui plaît à Dieu. Il ne demande ni de longues prières, ni d'éloquents discours, ni des méditations profondes, mais une volonté droite et un amour plein de candeur. N'avoir en tout de désirs que les siens, s'oublier entièrement soi-même, se soumettre aux volontés de l'adorable Providence, sans chercher à les scruter.

Quoi de plus pur que cet abandon, que cette simple obéissance ? Aussi la récompense en sera-t-elle grande : Heureux, est-il dit, ceux qui ont le cœur pur parce qu'ils verront Dieu.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Mar 9 Mai 2017 - 18:51

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


5. De la considération de soi-même

1. Nous ne devons pas trop compter sur nous-mêmes, parce que souvent la grâce et le jugement nous manquent. Nous n'avons en nous que peu de lumière, et ce peu, il est aisé de le perdre par négligence. Souvent nous ne nous apercevons pas combien nous sommes aveugles au-dedans de nous. A de mauvaises actions souvent nous donnons de pires excuses. Quelquefois nous sommes mus par la passion et nous croyons que c'est par le zèle. Nous relevons de petites fautes dans les autres et nous nous en permettons de plus grandes. Nous sentons bien vite et nous pesons ce que nous souffrons des autres ; mais tout ce qu'ils ont à souffrir de nous, nous n'y songeons point. Qui se jugerait équitablement soi-même, sentirait qu'il n'a droit de juger personne sévèrement.

2. L'homme intérieur préfère le soin de soi-même à tout autre soin : et lorsqu'on est attentif à soi, on se tait aisément sur les autres. Vous ne serez jamais un homme intérieur et vraiment pieux, si vous ne gardez le silence sur ce qui vous est étranger, et si vous ne vous occupez principalement de vous-même. Si vous n'avez que Dieu et vous-même en vue, vous serez peu touché de ce que vous apercevrez au-dehors. Où êtes-vous quand vous n'êtes pas présent à vous-même ? Et que vous revient-il d'avoir tout parcouru, et de vous être oublié ? Si vous voulez posséder la paix et être véritablement uni à Dieu, il faut laisser là tout le reste, et ne penser qu'à vous seul.

3. Vous ferez de grands progrès si vous vous dégagez de tous les soins du temps. Vous serez, au contraire, fatigué bien vite, si vous comptez pour quelque chose ce qui n'est que de ce monde. Qu'il n'y ait rien de grand à vos yeux, d'élevé, de doux, d'aimable, que Dieu seul, ou ce qui vient de Dieu. Regardez comme une pure vanité toute consolation qui repose sur la créature. L'âme qui aime Dieu méprise tout ce qui est au-dessous de Dieu. Dieu seul, éternel, immense et remplissant tout, est la consolation de l'âme et la vraie joie du coeur.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 5

Quand vous sauriez ce qu'il y a de bon et de mauvais dans chaque homme, sans en excepter un seul, à quoi cela vous servirait-il, si vous vous ignorez vous-même ? On ne vous interrogera point, au dernier jour, sur la conscience d'autrui. Laissez donc là une sollicitude dont presque toujours l'orgueil et la malignité sont le principe. Et occupez-vous d'un soin plus agréable à Dieu et plus utile pour vous.

La grande, la vraie science est de se connaître soi-même. Ce doit être notre étude de tous les instants. Alors on apprend à se mépriser, à gémir sur la plaie de son coeur, sur l'amour-propre effréné qui nous domine, sur les secrètes convoitises qui nous tourmentent, et l'on s'écrie comme l'Apôtre : Qui me délivrera de ce corps de mort ? Heureuse, heureuse délivrance !

Mais que trouverons-nous après, si nous avons été fidèles ? Dieu, uniquement Dieu, et en lui toutes choses, toute consolation, tout bien. O mon âme, puisqu'il en est ainsi, commence dès ce moment même à te dégager du poids qui t'affaisse, de la terre et des créatures, pour ne t'attacher qu'à Dieu seul.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Jeu 11 Mai 2017 - 15:08

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


6. De la joie d'une bonne conscience

1. La gloire de l'homme de bien est le témoignage de sa conscience. Ayez la conscience pure et vous posséderez toujours la joie. La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses et elle est pleine de joie dans les adversités. La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée. Vous jouirez d'un repos ravissant si votre cœur ne vous reproche rien. Ne vous réjouissez que d'avoir fait le bien. Les méchants n'ont jamais de véritable joie, ils ne possèdent point la paix intérieure, parce qu'il n'y a point de paix pour l'impie, dit le Seigneur. Et s'ils disent : Nous sommes dans la paix, les maux ne viendront point sur nous; et qui oserait nous nuire ? ne les croyez pas car la colère de Dieu se lèvera soudain, et leurs œuvres seront réduites à rien, et leurs pensées périront.

2. Se faire un sujet de gloire de la tribulation n'est pas difficile à celui qui aime : car se glorifier ainsi, c'est se glorifier dans la Croix de Jésus-Christ. La gloire que les hommes donnent et reçoivent est courte. La tristesse accompagne toujours la gloire du monde. La gloire des bons est dans leur conscience et non dans la bouche des hommes. L'allégresse des justes est de Dieu et en Dieu, et leur joie vient de la vérité. Celui qui désire la gloire véritable et éternelle dédaigne la gloire du temps. Et celui qui recherche la gloire du temps et ne la méprise pas de toute son âme montre qu'il aime peu la gloire éternelle. Il jouit d'une grande tranquillité de coeur, celui que n'émeut ni la louange ni le blâme.

3. Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure. Vous n'êtes pas plus saint parce qu'on vous loue, ni plus imparfait parce qu'on vous blâme. Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu'on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l'êtes aux yeux de Dieu. Si vous considérez bien ce que vous êtes en vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous. L'homme voit le visage et Dieu voit le coeur. L'homme regarde les actions ; mais Dieu pèse l'intention. Faire toujours bien et s'estimer peu, c'est le signe d'une âme humble. Ne vouloir de consolation d'aucune créature, c'est la marque d'une grande pureté et d'une grande confiance intérieure.

Quand on ne cherche au-dehors aucun témoignage en sa faveur, il est manifeste qu'on s'est entièrement remis à Dieu. Car ce n'est pas celui qui se recommande lui-même qui es approuvé dit Saint Paul, mais celui que Dieu recommande. Avoir toujours Dieu présent au-dedans de soi et ne tenir à rien au-dehors, c'est l'état de l'homme intérieur.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 6

Nul repos pour celui qui ne le trouve pas en soi. Le coeur inquiet, qui cherche au dehors dans les créatures la paix dont il est privé intérieurement, se fait une grande illusion ; elle n'est pas là.

Pourquoi vous tromper vous-même ? La mer soulevée par les tempêtes n'est pas plus agitée que le monde et vous lui dites : Apaise mon trouble ! Il n'y a de calme que dans le sein de Dieu. Il n'y a de joie que dans la conscience pure. Les plaisirs distraient, les passions enivrent un moment. Mais ce moment passé, que reste-t-il ? Et encore que d'ennui souvent et que d'amertume pendant sa durée !

Vous représentez-vous, au contraire, une félicité comparable à celle qui accompagne l'innocence, quelque chose qui, dès ici-bas, ressemble plus au ciel que l'état d'une âme détachée de la terre et tranquille sous la main de Dieu qu'elle possède déjà par l'espérance et l'amour ? Eh bien donc, que cet état devienne le vôtre : venez et goûtez combien le Seigneur est doux. Faites un effort, veuillez seulement. Celui qui donne le bon vouloir vous donnera aussi de l'accomplir.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Lun 15 Mai 2017 - 18:11

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


7. De la joie d'une bonne conscience

1.Heureux celui qui comprend ce que c'est que d'aimer Jésus, et de se mépriser soi-même à cause de Jésus. Il faut que notre amour pour lui nous détache de tout autre amour, parce que Jésus veut être aimé seul par-dessus toutes choses. L'amour de la créature est trompeur et passe bientôt ; l'amour de Jésus est stable et fidèle. Celui qui s'attache à la créature tombera avec elle ; celui qui s'attache à Jésus sera pour jamais affermi. Aimez et conservez pour ami Celui qui ne vous quittera point alors que tous vous abandonneront, et qui, quand viendra votre fin, ne vous laissera point périr. Que vous le vouliez ou non, il vous faudra un jour être séparé de tout.

2. Vivant et mourant, tenez-vous donc près de Jésus et confiez-vous à la fidélité de celui qui seul peut vous secourir lorsque tout vous manquera. Tel est votre bien-aimé, qu'il ne veut point de partage ; il veut posséder seul votre coeur et y régner comme un roi sur le trône qui est à lui. Si vous saviez bannir de votre âme toutes les créatures, Jésus se plairait à demeurer en vous. Vous trouverez avoir perdu presque tout ce que vous aurez établi sur les hommes et non sur Jésus ! Ne vous appuyez point sur un roseau qu'agite le vent et n'y mettez pas votre confiance, car toute chair est comme l'herbe, et sa gloire passe, comme la fleur des champs.

3. Vous serez trompé souvent si vous jugez des hommes d'après ce qui paraît au-dehors ; au lieu des avantages et du soulagement que vous cherchez en eux, vous n'éprouverez presque toujours que du préjudice. Cherchez Jésus en tout, et en tout vous trouverez Jésus. Si vous vous cherchez vous-même, vous vous trouverez aussi, mais pour votre perte. Car l'homme qui ne cherche pas Jésus se nuit plus à lui-même que tous ses ennemis et que le monde entier.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 7

Entraînés par le charme de sentir, ainsi que parle Bossuet, nous cherchons notre bien dans les créatures, qui nous échappent et s'évanouissent comme des ombres. Nous voulons aimer et être aimés, et nous nous éloignons de la source du véritable amour, de l'amour infini.

Comprenons enfin combien il est insensé d'attacher notre coeur à ce qui passe, et combien sont vaines ces amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts. Aimons Jésus sans partage, aimons-le comme il nous aime et comme il veut être aimé. La mesure de notre amour pour lui, dit saint Bernard, est de l'aimer sans mesure. Malheur à qui lui préfère quelque chose ! Ses désirs sont sur la route du néant.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Sam 20 Mai 2017 - 17:06

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


8. De la familiarité que l'amour établit entre Jésus et l'âme fidèle.

1. Quand Jésus est présent, tout est doux et rien ne semble difficile ; mais quand Jésus se retire, tout fatigue. Quand Jésus ne parle pas au-dedans, nulle consolation n'a de prix ; mais si Jésus dit une seule parole, on est merveilleusement consolé. Marie-Madeleine ne se leva-t'elle pas aussitôt du lit où elle pleurait, lorsque Marthe lui dit : Le Maître est là, et vous appelle ? Heureux moment où Jésus appelle des larmes à la joie de l'esprit ! Combien, sans Jésus, n'êtes-vous pas aride et insensible ! Et quelle vanité, quelle folie, si vous désirez autre chose que Jésus-Christ ! Ne serait-ce pas une plus grande perte que si vous aviez perdu le monde entier ?

2. Que peut vous donner le monde sans Jésus ? Etre sans Jésus, c'est un insupportable enfer ; être avec Jésus, c'est un paradis de délices. Si Jésus est avec vous, nul ennemi ne pourra vous nuire. Qui trouve Jésus trouve un trésor immense, ou plutôt un bien au-dessus de tout bien. Qui perd Jésus perd plus et beaucoup plus que s'il perdait le monde entier. Vivre sans Jésus, c'est le comble de l'indigence ; être uni à Jésus, c'est posséder des richesses infinies.

3. C'est un grand art que de savoir converser avec Jésus, et une grande prudence que de savoir le retenir près de soi. Soyez humble et pacifique, et Jésus sera avec vous. Que votre vie soit pieuse et calme, et Jésus demeurera près de vous. Vous éloignerez bientôt Jésus et vous perdrez sa grâce, si vous voulez vous répandre au-dehors. Et si vous l'éloignez et le perdez, qui sera votre refuge et quel autre ami chercherez-vous ? Vous ne sauriez vivre heureux sans ami ; et si Jésus n'est pas pour vous un ami au-dessus de tous les autres, n'attendez que tristesse et désolation. Qu'insensé vous êtes, si vous mettez en quelque autre votre confiance ou votre joie ! Il vaudrait mieux avoir le monde entier contre vous, que d'être dans la disgrâce de Jésus. Qu'il vous soit donc plus cher que tout ce qui vous est cher.

4. Aimez tous les autres pour Jésus, et Jésus pour lui-même. Lui seul doit être aimé uniquement, parce qu'il est le seul ami bon, fidèle, entre tous les amis. Aimez en lui et à cause de lui vos amis et vos ennemis, et priez-le pour tous afin que tous le connaissent et l'aiment. Ne souhaitez jamais d'obtenir aucune préférence dans l'estime ou l'amour des hommes ; car cela n'appartient qu'à Dieu, qui n'a point d'égal. Ne désirez point que quelqu'un s'occupe de vous dans son coeur, et ne soyez vous-même préoccupé de l'amour de personne ; mais que Jésus soit en vous et en tout homme de bien.

5. Soyez pur et libre au-dedans, sans aucune attache à la créature. Il vous faut être dépouillé de tout, et offrir à Dieu un coeur pur, si vous voulez être libre et goûter comme le Seigneur est doux. Et certes, jamais vous n'y parviendrez si sa grâce ne vous prévient et ne vous attire : de sorte qu'ayant exclu et banni tout le reste, vous soyez seul uni à lui seul. Car lorsque la grâce de Dieu visite l'homme, alors il peut tout ; et quand elle se retire, alors il est pauvre et infirme, et ne semble réservé qu'aux châtiments. En cet état même, il ne doit ni se laisser abattre ni désespérer, mais il doit se soumettre avec calme à la volonté de Dieu et souffrir pour l'amour de Jésus-Christ tout ce qui lui arrive : car l'été succède à l'hiver, après la nuit revient le jour, et après la tempête une grande sérénité.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 8

L'amour a fait descendre le Fils de Dieu sur la terre. L'amour nous élève jusqu'à lui. Alors s'établit entre notre âme et Jésus comme une union ravissante, alors s'accomplit cette promesse : Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.

Venez donc, ô mon Jésus, venez briser les derniers liens qui m'attachent aux créatures et retardent l'heureux moment où je ne vivrai plus que pour vous. Faites que, m'oubliant moi-même, je ne voie, je ne désire que vous seul, et me repose sur votre sein comme le disciple bien-aimé, dans cette paix délicieuse que le monde ne donne pas, qu'il ne peut même comprendre, mais aussi que ses orages ne sauraient troubler.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Ven 26 Mai 2017 - 19:02

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


9. De la privation de toute consolation

1. Il n'est pas difficile de mépriser les consolations humaines quand on jouit des consolations divines. Mais il est grand et très grand de consentir à être privé tout à la fois des consolations des hommes et de celles de Dieu, de supporter volontairement pour sa gloire cet exil du coeur, de ne se rechercher en rien, et de ne faire aucun retour sur ses propres mérites. Qu'y a-t'il d'étonnant si vous êtes rempli d'allégresse et de ferveur lorsque la grâce descend en vous ? C'est pour tous l'heure désirable. Il avance aisément et avec joie, celui que la grâce soulève. Comment sentirait-il son fardeau, quand il est porté par le Tout-Puissant et conduit par le guide suprême ?

2. Toujours nous cherchons quelque soulagement, et difficilement l'homme se dépouille de lui-même. Fidèle à son évêque, le saint martyr Laurent vainquit le siècle parce qu'il méprisa tout ce que le monde offre de séduisant, et qu'il souffrit en paix, pour l'amour de Jésus-Christ, d'être séparé du souverain prêtre de Dieu, de Sixte, qu'il aimait avec une vive tendresse. Pour l'amour du Créateur surmontant l'amour de l'homme, aux consolations humaines il préféra le bon plaisir divin. Et vous aussi, apprenez donc à quitter, pour l'amour de Dieu, l'ami le plus cher et le plus intime. Et ne murmurez point s'il arrive que votre ami vous abandonne, sachant qu'après tout il faudra bien un jour se séparer tous.

3. Ce n'est pas sans combattre beaucoup et longtemps en lui-même, que l'homme apprend à se vaincre pleinement et à reporter en Dieu toutes ses affections. Lorsqu'il s'appuie sur lui-même, il se laisse aisément aller aux consolations humaines. Mais celui qui a vraiment l'amour de Jésus-Christ et le zèle de la vertu ne cède point à l'attrait des consolations, et ne cherche point les douceurs sensibles ; il désire plutôt de fortes épreuves, et de souffrir de durs travaux pour Jésus-Christ.

4. Quand donc Dieu vous accorde quelque consolation spirituelle, recevez-la avec actions de grâces ; mais reconnaissez-y le don de Dieu et non votre propre mérite. Ne vous en élevez pas, n'en ayez point trop de joie, n'en concevez pas une vaine présomption. Que cette grâce, au contraire, vous rende plus humble, plus vigilant, plus timide dans toutes vos actions ; car ce moment passera et sera suivi de la tentation. Quand la consolation vous est ôtée, ne vous découragez pas aussitôt ; mais attendez avec humilité et avec patience que Dieu vous visite de nouveau : car il est tout-puissant pour vous consoler encore plus. Cela n'est ni nouveau ni étrange pour ceux qui ont l'expérience des voies de Dieu : les grands saints et les anciens prophètes ont souvent éprouvé ces vicissitudes.

5. Un d'eux, sentant la présence de la grâce, s'écriait : j'ai dit dans mon abondance : je ne serai jamais ébranlé ! Mais la grâce s'étant retirée, il ajoutait : Vous avez détourné de moi votre face, et j'ai été rempli de trouble. Dans ce trouble cependant, il ne désespère point ; mais il prie le Seigneur avec plus d'insistance, disant : Seigneur  je crierai vers vous, et j'implorerai mon Dieu.
Enfin il recueille le fruit de sa prière et il témoigne qu'il a été exaucé : Le Seigneur m'a écouté, il a eu pitié de moi, le Seigneur s'est fait mon appui. Mais comment ? Vous avez, dit-il, changé mes gémissement en chants d'allégresse, et vous m'avez environné de joie. Or, puisque Dieu en use ainsi avec les plus grands saints, nous ne devons pas perdre courage, pauvres infirmes que nous sommes, si quelquefois nous éprouvons de la ferveur et quelquefois du refroidissement : car l'esprit de Dieu vient et se retire comme il lui plaît. Ce qui faisait dire au bienheureux Job : Vous visitez l'homme dès le matin, et aussitôt vous l'éprouvez.

6. En quoi donc espérer, et en quoi mettre ma confiance, si ce n'est uniquement dans la grande miséricorde de mon Dieu et dans l'attente de la grâce céleste ? Car, soit que j'aie près de moi des hommes vertueux, des religieux fervents, des amis fidèles ; soit que je lise de saints livres et d'éloquents traités, soit que j'entende le doux chant des hymnes, tout cela aide peu et ne touche guère quand la grâce se retire, et que je suis délaissé dans ma propre indigence. Alors il n'est point de meilleur remède qu'une humble patience et l'abandon de soi-même à la volonté de Dieu.

7. Je n'ai jamais rencontré d'homme si pieux et si parfait qui n'ait éprouvé quelquefois cette privation de la grâce et une diminution de ferveur. Nul saint n'a été ravi si haut ni si rempli de lumière qu'il n'ait été tenté avant ou après. Car il n'est pas digne d'être élevé jusqu'à la contemplation de Dieu, celui qui n'a pas souffert pour Dieu quelque tribulation. La tentation annonce d'ordinaire la consolation qui doit suivre. Car la consolation céleste est promise à ceux qu'a éprouvés la tentation. Celui qui vaincra, dit le Seigneur, je lui donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie.

8. La consolation divine est donnée afin que l'homme ait plus de force pour soutenir l'adversité. La tentation vient après, afin qu'il ne s'enorgueillisse pas du bien. Car Satan ne dort point, et la chair n'est pas encore morte : c'est pourquoi ne cessez de vous préparer au combat, parce qu'à droite et à gauche sont des ennemis qui ne se reposent jamais.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 9

Bien que l'humanité sainte du Sauveur ne cessât de jouir, par son union intime avec le Verbe divin, d'une paix et d'une joie inaltérable, il ne laissait pas de ressentir souvent, dans la partie inférieure de l'âme, les afflictions et les douleurs devenues l'apanage de notre nature depuis le péché.

Qui n'a présentes à l'esprit ces grandes paroles : Mon âme est triste jusqu'à la mort. Mon Père ! Mon Père ! Pourquoi m'avez-vous délaissé ? Ainsi l'âme chrétienne, sans perdre sa paix, est éprouvée aussi par la tristesse et les tribulations intérieures. Si elle goûtait toujours la consolation, il serait à craindre qu'elle ne tombât peu à peu dans le relâchement, et qu'aurait-elle d'ailleurs à offrir à son bien-aimé ? La vertu se perfectionne dans l'infirmité. C'est l'Apôtre qui nous l'apprend : et il ajoute aussitôt : Je me glorifierai donc dans mes infirmités, afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi.

Cette espèce d'abandon, cet exil du coeur, nous rappelle vivement notre misère, que nous oublions trop facilement, exerce notre foi, notre amour, et nous maintient dans l'humilité. Gardez-vous donc, en ces moments où Jésus paraît se retirer de vous, de fléchir sous le poids de l'épreuve, et de vous laisser aller au découragement. "Un des grands secours, dit un pieux auteur, pour bien porter sa Croix, est d'en ôter l'inquiétude et de rendre cette peine tranquille par une totale conformité à la divine volonté."

Au lieu de gémir et de vous troubler, réjouissez-vous plutôt, car il est écrit : Ceux qui sèment dans les larmes, moissonnent dans l'allégresse. Ils allaient et pleuraient en répandant des semences. Ils reviendront pleins de joie, portant des gerbes dans leurs mains.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Mer 5 Juil 2017 - 19:29

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


10. De la reconnaissance pour la grâce de Dieu

1. Pourquoi cherchez-vous le repos lorsque vous êtes né pour le travail ? Disposez-vous à la patience plutôt qu'aux consolations, et à porter la croix plutôt qu'à goûter la joie. Quel est l'homme du siècle qui ne reçut volontiers les joies et les consolations spirituelles, s'il pouvait en jouir toujours ? Car les consolations spirituelles surpassent toutes les délices du monde et toutes les voluptés de la chair. Toutes les délices du monde sont ou honteuses ou vaines ; les délices spirituelles sont seules douces et chastes, nées des vertus et répandues par Dieu dans les coeurs purs. Mais nul ne peut jouir toujours à son gré des consolations divines, parce que la tentation ne cesse jamais longtemps.

2. Une fausse liberté d'esprit et une grande confiance en soi-même forment un grand obstacle aux visites d'en-haut. Dieu accorde à l'homme un grand bien en lui donnant la grâce de la consolation ; mais l'homme fait un grand mal quand il ne remercie pas Dieu de ce don et ne le lui rapporte pas tout entier. Si la grâce ne coule point abondamment sur nous, c'est que nous sommes ingrats envers son auteur, et que nous ne remontons point à sa source première. Car la grâce n'est jamais refusée à celui qui la reçoit avec gratitude, et Dieu ordinairement donne à l'humble ce qu'il ôte au superbe.

3. Je ne veux point de la consolation qui m'ôte la componction ; je n'aspire point à la contemplation qui conduit à l'orgueil. Car tout ce qui est élevé n'est pas saint ; tout ce qui est doux n'est pas bon ; tout désir n'est pas pur ; tout ce qui est cher à l'homme n'est pas agréable à Dieu. J'aime une grâce qui me rend plus humble, plus vigilant, plus prêt à me renoncer moi-même. L'homme instruit par le don de la grâce et par sa privation n'osera s'attribuer aucun bien, mais plutôt il confessera son indigence et sa nudité. Donnez à Dieu ce qui est à Dieu ; et ce qui est de vous, ne l'imputez qu'à vous. Rendez gloire à Dieu de ses grâces ; et reconnaissez que n'ayant rien à vous que le péché, rien ne vous est dû que la peine du péché.

4. Mettez-vous toujours à la dernière place et la première vous sera donnée ; car ce qui est le plus élevé s'appuie sur ce qui est le plus bas. Les plus grands saints aux yeux de Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux ; et plus leur vocation est sublime, plus ils sont humbles dans leur coeur. Pleins de la vérité et de la gloire céleste, ils ne sont pas avides d'une gloire vaine. Fondés et affermis en Dieu, ils ne sauraient s'élever en eux-mêmes. Rapportant à Dieu tout ce qu'ils ont reçu de bien, ils ne recherchent point la gloire que donnent les hommes et ne veulent que celle qui vient de Dieu seul ; leur unique but, leur unique désir, est qu'il soit glorifié en lui-même et dans tous les saints, par-dessus toutes choses.

5. Soyez donc reconnaissants des moindres grâces et vous mériterez d'en recevoir de plus grandes. Que le plus léger don, la plus petite faveur aient pour vous autant de prix que le don le plus excellent et la faveur la plus singulière. Si vous considérez la grandeur de celui qui donne, rien de ce qu'il donne ne vous paraîtra petit ni méprisable ; car peut-il être quelque chose de tel dans ce qui vient d'un Dieu infini ? Vous envoie-t'il des peines et des châtiments, recevez-les encore avec joie, car c'est toujours pour notre salut qu'il fait ou qu'il permet tout ce qui nous arrive. Voulez-vous conserver la grâce de Dieu, soyez reconnaissant lorsqu'il vous la donne, patient lorsqu'il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et soyez humble et vigilant pour ne pas la perdre.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 10

L'homme est si pauvre, qu'il n'a pas même une bonne pensée, un bon désir qui ne lui vienne d'en haut. De lui-même il ne peut rien, pas même souhaiter d'être affranchi de sa misère, qu'il ne connaît que par une lumière surnaturelle.

Si la divine miséricorde ne le prévenait, il languirait dans une éternelle impuissance de tout bien. Plus la grâce donc lui est donnée avec abondance, plus il a raison de s'humilier, en voyant ce qu'il serait sans elle, ce qu'il est par son propre fonds. Créature insensée qui t'enorgueillis des dons de Dieu, qu'as-tu que tu n'aies reçu, et si tu l'as reçu pourquoi te glorifier, comme si tu ne l'avais pas reçu ?

Il faut que l'orgueil plie sous cette parole, et que l'homme tout entier s'anéantisse en présence de Celui qui seul le retire de l'abîme où le péché l'avait précipité. Il ne se relève qu'en s'abaissant : ce qui faisait dire à saint Paul : Quand je me sens faible, c'est alors que je suis fort. Je vous comprends, ô grand Apôtre ! Ce sentiment qui vous humilie, appelle la grâce promise aux humbles, et par elle, vous êtes revêtu de la force de Dieu même.

Que ne devons-nous point à ce Dieu de bonté, et que lui rendrons-nous pour tant de bienfaits ? Hélas ! Dans notre indigence, nous n'avons à lui offrir que notre cœur, et c'est aussi ce qu'il demande de sa pauvre créature. Que ce cœur au moins lui appartienne sans réserve, que rien ne le partage. Qu'il ne veuille, qu'il ne goûte que Dieu, ne vive que de son amour, et qu'ainsi commence sur la terre cette union ravissante qui sera plus tard notre éternelle félicité.






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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2   Ven 7 Juil 2017 - 15:03

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 2




Livre deuxième – Instruction pour avancer dans la vie intérieure


11. Du petit nombre de ceux qui aiment la Croix de Jésus-Christ

1. Il y en a beaucoup qui désirent le céleste royaume de Jésus, mais peu consentent à porter sa Croix. Beaucoup souhaitent ses consolations, mais peu aiment ses souffrances. Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence. Tous veulent partager sa joie ; mais peu veulent souffrir quelque chose pour lui. Plusieurs suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de sa passion. Plusieurs admirent ses miracles ; mais peu goûtent l'ignominie de sa Croix. Plusieurs aiment Jésus pendant qu'il ne leur arrive aucune adversité. Plusieurs le louent et le bénissent, tandis qu'ils reçoivent ses consolations. Mais si Jésus se cache et les délaisse un moment, ils tombent dans le murmure ou dans un excessif abattement.

2. Mais ceux qui aiment Jésus pour Jésus et non pour eux-mêmes, le bénissent dans toutes les tribulations et dans l'angoisse du coeur comme dans les consolations les plus douces. Et quand il ne voudrait jamais les consoler, toujours cependant ils le loueraient, toujours ils lui rendraient grâces.

3. Oh ! que ne peut l'amour de Jésus, quand il est pur et sans mélange d'amour ni d'intérêt propre ! Ne sont-ce pas des mercenaires ceux qui cherchent toujours des consolations ? Ne prouvent-ils pas qu'ils s'aiment eux-mêmes plus que Jésus-Christ, ceux qui pensent toujours à leurs gains et à leurs avantages ? Où trouvera-t'on quelqu'un qui veuille servir Dieu pour Dieu seul ?

4. Rarement on rencontre un homme assez avancé dans les voies spirituelles pour être dépouillé de tout. Car le véritable pauvre d'esprit, détaché de toute créature, qui le trouvera ? Il faut le chercher bien loin, jusqu'aux extrémités de la terre. Si l'homme donne tout ce qu'il possède, ce n'est encore rien. S'il fait une grande pénitence, c'est peu encore. Et s'il embrasse toutes les sciences, il est encore loin. Et s'il a une grande vertu et une piété fervente, il lui manque encore beaucoup, il lui manque une chose souverainement nécessaire. Qu'est-ce encore ? C'est qu'après avoir tout quitté, il se quitte aussi lui-même et se dépouille entièrement de l'amour de soi. C'est enfin qu'après avoir fait tout ce qu'il sait devoir faire, il pense encore n'avoir rien fait.

5. Qu'il estime peu ce qu'on pourrait regarder comme quelque chose de grand, et qu'en toute sincérité il confesse qu'il est un serviteur inutile, selon la parole de la Vérité :
Quand vous aurez fait tout ce qu'il vous est commandé, dites : nous sommes des serviteurs inutiles. Alors il sera vraiment pauvre et séparé de tout en esprit, et il pourra dire avec le prophète : Oui je suis pauvre et seul dans le monde. Nul cependant n'est plus riche, plus puissant, plus libre, que celui qui sait quitter tout et soi-même, et se mettre au dernier rang.



Réflexion de Lamennais - Livre 2, chapitre 11

Il faut aimer Dieu pour Dieu même, et non pas à cause de la joie que l'on goûte à le servir. Car s'il nous retirait ses consolations, que deviendrait cet amour mercenaire ?

Celui qui se cherche encore en quelque chose ne sait point aimer. Regardez votre modèle, contemplez Jésus : il ne s'est recherché en rien : Christus non sibi placuit. Il a tout sacrifié pour vous, son repos, sa vie, sa volonté même : Non pas ce que je veux, disait-il, mais ce que vous voulez. Il a tout souffert, jusqu'à la croix, jusqu'au délaissement de son Père : Mon Père ! Pourquoi m'avez-vous abandonné ?

Entrons, à son exemple, dans cet esprit de sacrifice, et, détachés désormais de tout intérêt propre, acceptons avec une égale sérénité les biens et les maux, les peines et les joies, en sorte que, n'ayant de pensées, de désirs que ceux de Jésus, nous soyons consommés avec lui dans cette unité parfaite que, près de quitter ce monde, il demandait pour nous à son Père, comme le dernier et le plus grand de ses dons.





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