À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Prier le "nouveau" Notre-Père

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Lumen
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MessageSujet: Prier le "nouveau" Notre-Père   Mer 15 Nov 2017 - 19:26

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


En 12 étapes, comprendre et apprendre à dire la prière de Jésus. Cette prière est devenue celle de tous ceux qui veulent vivre en frères à la suite du Christ. Une formation facile réalisée par le P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste et bibliste pour Croire.com.

Notre Père, qui es aux cieux...

C'est la grande prière des chrétiens, celle que nous a laissée Jésus et que l'on découvre dans les évangiles de Luc et de Mathieu. Depuis 1966, l'ensemble des chrétiens peuvent la dire ensemble, d'une seule voix, grâce à la traduction œcuménique. En 2017, elle change...

En 12 étapes, le P. Jacques Nieuviarts, bibliste, fait de tour du Notre Père: d'où vient cette prière? En quoi est-elle à la fois très proche des prières juives traditionnelles  et très particulière? Pourquoi le Note Père de Luc est-il différent de celui de Matthieu? Quelle est la signification profonde de cette prière qui devrait  à elle seule nous suffire, "résumé de tout l’Évangile" comme le disait déjà Tertullien , au II siècle après Jésus-Christ?

Chaque étape de cette formation vous permettra d'entrer plus avant dans la connaissance de la foi chrétienne.



Des questions sur la prière de Jésus ? Cliquez vite : http://croire.la-croix.com/Definitions/Priere/Notre-Pere






____________________________________________________




Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen



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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Mar 21 Nov 2017 - 18:36

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


La prière de Jésus


L'histoire du Notre Père : quand sa rédaction définitive a-t-elle été arrêtée ?

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.

Amen !



La prière de Jésus

Depuis 1966, l'ensemble des chrétiens peut dire d'une seule voix la prière de Jésus dans ces mots de la traduction œcuménique. La version liturgique correspond pour l'essentiel à la formulation qu'en donne l'évangile selon Matthieu (Matthieu 6, 9-13). Luc présente une formulation un peu différente. Il existe une troisième version très ancienne du Notre Père, qui remonte elle aussi, comme les deux premières, au 1er siècle, mais juste un peu plus tardive, celle transmise par la Didachè ou Doctrine des douze apôtres, un écrit à la fois catéchétique et pratique de la première Église, probablement en Syrie.

Les évangiles de Marc et Jean ne rapportent pas le Notre Père, mais ils montrent eux aussi Jésus en prière face à celui qu'il appelle Père, et même Abba (appellation très familière du père, en araméen) lors de la passion à Gethsémani (Marc 14, 36). Paul dans ses lettres ne rapporte pas non plus la prière donnée par Jésus à ses disciples. Mais il revient à plusieurs reprises sur l'Esprit qui nous fait dire Abba, dans la même familiarité que Jésus (Romains 8, 14-17 ; Galates 3, 26 ; 4, 5-7 ; Éphésiens 1, 5 ; 5, 1 ; Philippiens 2, 15).

La prière de Jésus nous est parvenue dans la langue des évangiles, le grec, mais les spécialistes s'accordent à penser que Jésus la confia à ses apôtres dans la langue qui était la leur et la sienne, l'araméen. Le Notre Père est la seule prière que l’Église primitive attribue à Jésus lui-même. Très proche de plusieurs prières juives du temps de Jésus, elle est aussi très proche de sa prédication et frappe par sa brièveté et l'audace de la proximité qu'elle manifeste à l'égard de Dieu, appelé Abba, c'est-à-dire Père.



L'audace des tutoyeurs de Dieu

Il est saisissant que l'introduction liturgique du Notre Père nous rappelle sans cesse : "Comme nous l'avons appris du Sauveur et selon son commandement, nous osons dire : Notre Père". Gérard Bessière, théologien et poète, commente ainsi : "Il faut mesurer l'ampleur de notre audace. D'abord parler à Dieu et lui dire : Notre Père, comme cela, tout simplement, avec cette assurance que seul pouvait avoir Jésus []. Et parler à Dieu ensemble, comme si nous étions des frères, alors que si souvent on prie comme si l'on était installé à son compte ! Dire du fond de nous mêmes Notre Père, vous imaginez [] ? Le Notre Père est une prière de grand large parce qu'il pressent, annonce, attend et cherche une autre rive."

Tertullien, Père de l’Église du 2e siècle déjà le disait : cette prière est "le résumé de tout l’Évangile" (La Prière, 1, 6). Il fut l'un des tout premiers à commenter le Notre Père suivi, très vite par Cyprien de Carthage dans son Oraison dominicale (ce qui signifie prière du Seigneur) vers 252. Ils ont profondément marqué la compréhension du Notre Père jusqu'au moyen-âge et même jusqu'à nos jours.



La prière des baptisés

Les Pères de l’Église rappellent à la fois l'audace de cette prière et comment elle est liée au baptême, comment elle trouve aussi une place toute spéciale au cœur de l'Eucharistie.

Avec le Credo, rappellent-ils, le Pater est confié par l'évêque au catéchumène comme un dépôt précieux (traditio) qu'il devra restituer (redditio) en présence de la communauté chrétienne au jour de son baptême. Cette récitation atteste qu'il connaît cette prière, dont il fera désormais sa prière quotidienne. "Dans huit jours, ce sera une récitation non une prière ; commente Augustin ; après le baptême, vous en ferez votre prière : comment en effet celui qui n'est pas encore né pourrait-il dire Notre Père ?" (Sermon 59, 1).

En redisant la prière du Seigneur, celui qui devient disciple de Jésus accueille son identité de croyant, tout en apprenant celle de Dieu. Et Ambroise de Milan poursuit : "Lève-donc les yeux vers le Père qui t'a engendré par le bain, vers le Père qui t'a racheté par son Fils, et dis : Notre Père. C'est une juste prétention, mais elle est modérée. Comme un fils, tu l'appelles Père. Mais ne revendique pas un privilège. Il n'est le Père d'une manière spéciale que du Christ seul ; pour nous tous, il est le Père commun, parce qu'il a engendré celui-là seul, tandis que nous il nous a créés. Dis donc toi aussi par grâce : Notre Père, pour mériter d'être son fils. Recommande-toi toi-même de la faveur et de la considération de l’Église." (Des sacrements, 5, 19). Si nous pouvons appeler Dieu Père, c'est que le Fils par son incarnation s'est fait notre frère et que nous avons reçu l'Esprit du Fils unique qui crie en nous Abba, Père (Galates 4, 6).

C'est pourquoi dans la liturgie orientale le prêtre "supplie Dieu de daigner accepter que nous disions avec confiance la prière où nous osons lui donner le nom de Père" (Nicolas Cabasilas, Explication de la divine liturgie, 35).

Au moyen-âge, Chrétien de Stavelot commente dans le même sens : "Notre Père. Aucun mortel n'aurait l'audace de dire cela, si Dieu ne l'avait lui-même ordonné dans sa miséricorde". Il poursuit quelques lignes plus loin : "En affirmant que nous avons un Père qui est dans les cieux, nous devons être frères par notre amour : quiconque ne veut pas reconnaître pour ses frères tous les chrétiens, refuse d'avoir Dieu pour père en même temps qu'eux" (Commentaire de Matthieu 6, 9).



Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.


la suite en cliquant ici http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/1re-etape-Dire-Notre-Pere.




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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen



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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Jeu 23 Nov 2017 - 16:59

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Le Notre Père à deux voix


Entendre à travers les textes les mots de Jésus

Le Notre Père nous parvient à travers plusieurs témoignages du 1er siècle (Matthieu, Luc, Didachè) qui ne coïncident pas exactement dans leur formulation. Les exégètes travaillent ces textes, les rapprochent d'autres textes des évangiles, de l'ancien Testament ou des écrits juifs du 1er siècle, pour mieux reconnaître leur langue, leurs mots. Plusieurs indices leur permettent de confirmer, au-delà des différences qu'il faut bien remarquer et lire entre Matthieu et Luc, que cette prière vient de Jésus.

Trois critères importants amènent à penser que les mots rapportés par Matthieu et Luc sont ceux que Jésus confia à ses disciples. En effet, la prière qu'ils rapportent s'inscrit tout à fait dans la culture juive du 1er siècle. Elle ne comporte aucune trace de la théologie des premiers chrétiens (aucune mention par exemple de l'Esprit Saint ou de l’Église). Elle est en parfaite harmonie avec ce que nous savons de la prédication de Jésus.



Matthieu et Luc : la prière de Jésus à deux voix

La prière de Jésus nous parvient de façon un peu différente sous la plume de Matthieu et de Luc. On admet généralement que le texte de Luc, parce qu'il est plus bref, correspond davantage à la forme originale du texte. On imagine mal en effet que l'on ait pu abréger la prière du Seigneur, supprimant des paroles qu'il donna à ses disciples. Matthieu pour sa part a probablement mieux conservé le vocabulaire primitif. Il faudrait en quelque sorte ne retenir que les demandes contenues dans le texte de Luc, mais les lire dans la formulation retenue par Matthieu.

Matthieu, chapitre 6, versets 9 à 13

Notre Père (qui es) dans les cieux
Que ton nom soit sanctifié !
Que ton règne vienne !

Que ta volonté soit faite!
Comme au ciel (ainsi) aussi sur (la) terre.

Notre pain aujourd'hui
Donne-(le) nous aujourd'hui.
Et remets-nous nos dettes.
comme aussi nous avons remis
à nos débiteurs.
Et ne nous conduis pas en tentation

Mais délivre-nous du Mauvais !



Luc chapitre 11, versets 2 à 4

Père
Que ton nom soit sanctifié !
Que ton règne vienne !
Notre pain aujourd'hui


Donne-(le) nous chaque jour.
Et remets-nous nos péchés,
et en effet nous-mêmes remettons
à tout (homme qui) nous doit.

Et ne nous conduis pas en tentation.


Les mots en caractères gras sont strictement semblables, tandis que ceux en italiques sont de même racine. Les termes entre parenthèses sont ajoutés pour la facilité de lecture en français (présentation inspirée de J.-F. Baudoz).

Les spécialistes, au terme d'un long travail sur ces textes, parviennent au texte source suivant, qui montre bien la structure, très éclairante, de cette prière.


Les demandes en "TU"

1ère demande : que soit sanctifié ton Nom

2e demande : que vienne ton règne,

Les demandes en "nous"...



Structure mise en évidence sous cette forme par John P. Meier, exégète catholique américain auteur d'un impressionnant ouvrage en 4 volumes sur Jésus, qui fait aujourd'hui autorité dans la recherche.

Telles pourraient être dans leur simplicité les paroles de Jésus, que dans des communautés différentes, l'une très juive, celle de Matthieu, l'autre constituée de païens (étrangers au peuple d'Israël) et de pauvres, celle de Luc, les deux évangélistes conservèrent un peu différemment.



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



Pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/2e-etape-Le-Notre-Pere-a-deux-voix



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Jeu 23 Nov 2017 - 20:51

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Comme au ciel, de même sur la terre !


La structure du Notre Père est très parlante. La reconnaître, c'est déjà entrer lumineusement dans cette prière.


Une parole au Père, qui touche le ciel et la terre

La prière s'adresse au Père, premier mot essentiel, qui déjà dit tout. Les deux séries de demandes qui suivent tracent l'espace de cette prière.

Les premières demandes concernent Dieu, la sanctification ou le rayonnement de son Nom, la venue de son Règne. Ces trois demandes (trois dans la version de Matthieu, deux en Luc) sont juxtaposées, tandis que les trois dernières sont reliées en grec par kai (= et). Elles expriment de trois manières différentes une unique prière, elles sont peut-être, selon le mot de J. Dupont et P. Bonnard,
une seule demande en trois termes: la demande à Dieu de faire venir son Règne, sur le monde et sur les hommes.

Elles pourraient se résumer de quelques mots: «Notre Père, fais la terre comme le ciel !». Le Comme au ciel aussi sur terre! qui clôt en Matthieu la troisième demande, doit en effet probablement se lire comme se rapportant à l'ensemble des trois demandes. Mais on pourrait tout autant le lire comme une formule charnière entre les deux parties du Notre Père. Les demandes de la seconde partie de cette prière ne demandent-elles pas cela pour l'aujourd'hui du disciple, l'aujourd'hui de celui qui prie : qu'il en soit sur terre comme au ciel ? ne sont donc pas exprimées pour lui, ou du moins, elle le sont pour nous aussi: c'est en nous que le Nom de Dieu doit être sanctifié, en nous qu'il faut faire advenir son règne, en nous que doit s'accomplir sa volonté. "Lorsque nous disons : Que ton Nom soit sanctifié, c'est en nous que nous demandons qu'il soit sanctifié, commente Tertullien. […] C'est en tous les hommes que nous demandons que sa volonté soit faite. […] Que (son) règne vienne en nous, bien évidemment ! Car Dieu, quand ne règne-t-il pas,  (cf. Pr 21, 1)" (Tertullien, La Prière, 3,2.4 ; 4,1 ; 5,1). Le Notre Père apprend à vivre, dès maintenant, en fils du Père céleste, de notre Père du ciel, en raison même de l'adoption filiale reçue dans le baptême.



La terre à goût de ciel

Les trois dernières demandes, déjà Saint Augustin le notait, n’ont pas la même portée puisqu’elles ne concernent que la vie présente. Celui qui prie y demande le pain, le pardon, et la délivrance ou la libération de la tentation, de l’épreuve. Elles touchent l’existence concrète des disciples, affrontés à des difficultés qui peuvent faire obstacle à leur vie de disciples, à une vie chrétienne authentique. Elles sont, comme les trois précédentes, la prière d’une communauté. Aucune des demandes faites dans le Notre Père n’est une prière de solitaire.

C’est la prière d’une communauté, d’un peuple qui s’exprime dans le nous de cette prière, qui ici s’ouvre dans la confiance à l’amour de ce Dieu qui vient. Telle est la prière que Jésus enseigne à ses disciples.
Le mouvement du Notre Père rejoint ainsi le cœur même de la prédication de Jésus. Celui qui prie demande à Dieu qu’advienne le royaume que Jésus annonçait. La venue du Royaume est ainsi l’événement décisif à partir duquel naît en quelque sorte cette prière. Celui qui la prononce s’inscrit dans la mouvance du Règne qui vient, pour confier avec confiance au Père auquel il s’adresse les demandes essentielles.



Naissance de Dieu en l'homme

La prière du Seigneur nous permet ainsi, tout en nous adressant au Père, de mieux savoir qui il est. Dans le même mouvement, elle dit aussi quelque chose de l'homme selon Dieu. "Il est, selon le mot de J.-F. Baudoz, celui pour qui le Nom du Père est premier, celui qui désire ardemment la venue du Règne, celui qui, dans cette espérance, demande l'essentiel pour aujourd'hui : le don du pain, la remise des péchés, la force dans la tentation."

Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.

pour aller plus loin cliquez ici :
http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/3e-etape-Comme-au-ciel-de-meme-sur-la-terre



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
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comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Ven 24 Nov 2017 - 15:30

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Le disciple prie comme Jésus


Pour comprendre la prière de Jésus, il faut lire les évangiles et être attentif aux moments auxquels Jésus prie, à la façon aussi dont il le fait. Dès lors, le contexte dans lequel les évangélistes livrent la prière de Jésus nous ouvre un nouveau chemin très clair par lequel entrer dans la prière qu'il nous donne.


Une intimité indicible

Jésus prie dans tous les moments importants de son ministère et de sa vie. C'est Luc dans son évangile qui le montre avec le plus de clarté. Il suffit de relire. Il est en prière après le baptême, ou souvent encore la nuit, bien avant l'aube. Il l'est avant le choix de ses disciples. Il l'est bien-sûr à Gethsémani. Il est comme le funambule tenant sur cette prière, cette relation infinie à Dieu qui lui donne une indicible liberté, visage du Père ! Et c'est cette prière qu'il va enseigner à ses disciples, parce que le voyant en prière ils sont comme subjugués, éblouis, pressentant cette intimité et la désirant eux-mêmes. Telle est la prière du disciple : aimantée par celle du Maître.


Luc : dans le souffle de l'Esprit

Chez Luc, l’enseignement de la prière de Jésus trouve place naturellement dans une séquence sur la prière (Luc 11, 1-13). Jésus y insiste sur la persévérance et même la ténacité dans la prière (11, 9). Mais cette prière a chez lui pour enjeu essentiel le don de l’Esprit Saint, il le dit avec force: Si vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui l’en prient (Luc 11, 13). Au point même que plusieurs manuscrits de l’évangile de Luc remplacent la demande concernant le Règne ou celle à propos du Nom par: Que ton Esprit saint vienne sur nous et qu’il nous purifie !

Cet ensemble sur la prière intervient au début de la montée de Jésus vers Jérusalem pour la Passion et l’exode qu’il doit y vivre, de ce monde au Père (c’est-à-dire l’ensemble de l’événement passion-résurrection-ascension ; (Luc 9, 31).

Luc semble bien refléter le contexte naturel dans lequel Jésus apprend à ses disciples à prier, en leur donnant les mots de cette prière. C’est en le voyant prier qu’ils lui demandent de leur apprendre à eux aussi.



Matthieu : le cœur de l’enseignement de Jésus

Matthieu insère le Notre Père dans le Sermon sur la montagne, de façon très construite. Vous donc, dit-il, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matthieu 5, 48). Et le Père est à nouveau mentionné à 8 reprises dans les versets qui suivent (6, 1-18). La question centrale posée dans ces versets est celle-ci : comment pratiquer la justice? C’est-à-dire quelle est l’attitude juste à l’égard de Dieu ?

Jésus répond dans les termes chers au judaïsme, appelant à la juste pratique de l’aumône (miséricorde envers les autres), de la prière (relation à Dieu) et du jeûne (qui redresse l’attitude envers soi-même). L’ensemble sur la prière est particulièrement développé (6, 7-15), en trois mouvements intéressants à noter: ne rabâchez pas comme les païens… (7-8.) ; vous donc, priez ainsi : Notre Père… (9-13) ; si donc vous pardonnez… (14-15). Observer ce contexte, c’est déjà entrer largement dans la compréhension de la prière de Jésus.

Ainsi le Sermon sur la montagne (5,1 – 7,29) a pour centre le discours sur la manière de pratiquer la justice (6, 1-18), c’est-à-dire de faire la volonté de Dieu, et l’invitation à chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice (6, 19-34). Le discours a lui-même pour centre l’enseignement sur la prière (6, 5-15), et au cœur de l’enseignement sur la prière figure le Notre Père. Il est au cœur du Sermon sur la montagne, qui est lui-même un élément essentiel de l’évangile de Matthieu.



Une prière si brève

De nombreux commentateurs, dès les premiers siècles, se sont étonnés de la brièveté de la prière que Jésus enseigne à ses disciples. C'est là un trait qui la différencie de nombreuses prières juives du temps de Jésus, une marque originale.

On ne résiste pas à relire ici un commentaire d'un auteur du moyen-âge. Avec la distance, on pourra sourire d'un tel plaidoyer, mais il est très clair : "Il faut observer que cette prière est remarquable à trois points de vue. Par sa dignité, puisqu'elle a été composée par le Christ. Par sa brièveté, et cela pour plusieurs raisons :

1° pour qu'elle soit apprise plus rapidement ;
2° pour qu'elle soit retenue plus facilement ;
3° pour qu'elle soit redite plus fréquemment ;
4° pour que celui qui la dit n'en éprouve pas de lassitude ;
5° pour que nul ne s'excuse de l'ignorer ;
6° pour indiquer que ce qui est dit sera exaucé plus vite ;
7° pour que l'on prie plus avec le cœur qu'avec la voix. []

Elle est aussi remarquable par sa fécondité, puisqu'elle inclut toutes les demandes, de sorte qu'elle suffit à apprendre à la foi simple ce qui convient à son salut et qu'elle stupéfie par la profondeur de ses mystères l'intelligence des savants"
(Jean de La Rochelle - 1245 -, Commentaire de Matthieu).



Parler à Dieu sans détour

Ruppert de Deutz, à la même époque, ajoute : "Aucune perte de temps, pour que celui qui prie, s'adressant à Dieu, sache bien qu'il n'a pas besoin de le fatiguer par un discours long et bien composé" (Commentaire de Matthieu 6, 9-13)


Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/3e-etape-Comme-au-ciel-de-meme-sur-la-terre



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Sam 25 Nov 2017 - 18:09

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Notre Père qui es aux cieux !


"La prière chrétienne fait expérimenter qui est Dieu pour les hommes, qui sont les hommes pour Dieu, qui sont les hommes les uns pour les autres", dit Gérard Bessière.

Ainsi Jésus nous apprend-il à dire Notre Père ou même peut-être simplement Abba. C’est l’appellation familière du père par le tout petit, en araméen, le cri du cœur, celui de l’audace de l’intimité, de celui qui se sait aimé face à celui qui aime et dont il tient la vie.



L’Esprit nous fait crier Abba, Père

Jésus seul peut nous apprendre à prier ainsi. Il nous apprend les mots qui sont les siens, d’une intimité qui perce le ciel. C’est dans ces mots que Jésus lui-même prie. Marc montre en effet Jésus au moment essentiel, à Gethsémani, au moment où tout semble si loin de Dieu (Marc 14, 36 ). Lui dit Abba, Père, comme il dira sur la croix Mon Dieu, Mon Dieu, au moment le plus sombre, dans une intimité et une confiance inimaginables.

Abba est un terme araméen qui ne se lit qu’en Marc 14, 36. Paul l’utilise pour nous dire que nous avons reçu de lui le même Esprit, qui nous donne la même audace. Mais aussi bien Paul que Marc traduisent immédiatement le mot abba, ce qui laisse entendre qu’il est étonnant même pour eux, qu’ils ne l’utilisent que parce qu’ils le tiennent de Jésus (Romains 8, 15 ; Galates 4, 6). Ainsi prions-nous dans des mots que Jésus seul inventa pour Dieu, car justement il était fils, et nous apprend à l’être. Et nous prions comme Jésus, pour apprendre chaque jour cette intimité inouïe.



Pour mieux prier, suivre Luc et écouter Matthieu

Luc est bon témoin dans la sobriété de son adresse à Dieu, par le seul mot Père. Mais Matthieu a raison quand il le déploie doublement. D’abord il l’adapte à la manière juive de s’adresser à Dieu ou de parler de lui: Notre Père qui es aux cieux. Matthieu utilise 13 fois dans son évangile cette expression: qui est dans les cieux. C’est ainsi, de manière très juive, qu’il parle de Dieu. Mais en outre il dit Notre Père, comme le fait Jésus ressuscité parlant à Marie-Madeleine (Jean 20, 17). Matthieu dans son évangile a conscience de confier ces paroles à une Eglise, une communauté de disciples. C’est ainsi que Jésus la donna à ses disciples. Les demandes de la deuxième partie du Notre Père le montrent bien.

Cyprien de Carthage commente magnifiquement ce nous: "Notre prière est publique et communautaire, et quand nous prions, nous ne faisons pas nos demandes pour un seul, mais pour le peuple tout entier, car avec le peuple tout entier nous sommes un. Le Dieu de la paix et le maître de la concorde, qui nous a enseigné l’unité, a voulu qu’un prie pour tous comme lui-même a porté tous en un" (L’Oraison dominicale, 8.).



Une prière encore jamais entendue

Cette prière est remarquable, puisque les Juifs n’adressent jamais une telle parole – Abba – à Dieu: elle n’est utilisée que dans le cadre des relations familiales. Jésus l’utilise pour invoquer son Père. Il dit par là la relation unique qu’il entretient avec lui. Il précise souvent "mon père" (Matthieu 11, 27 ; 26, 53). Jamais dans l’ancien Testament ou dans le Judaïsme au temps de Jésus, on ne s’adresse à Dieu en ces termes !

Dans plusieurs textes de l’ancien Testament, il est vrai, Dieu est appelé Père. Cette appellation est toujours métaphorique – une approche, une audace du langage qui suit un pressentiment – et renvoie toujours en ce cas à l’alliance, c’est-à-dire à la compréhension d’une appartenance réciproque, impliquant de la part de Dieu amour et protection, et du peuple, obéissance et fidélité à son Seigneur. Il est ainsi présenté comme père du roi, mais aussi des pauvres et des opprimés. Dès lors, parler de Dieu père, c’est s’engager dans une attitude miséricordieuse envers le prochain dans la détresse (Psaume 68, 6 ; Siracide 4, 10).



L'ancien Testament ou le pressentiment de Dieu père… et mère

Quelques textes utilisent le mot Père pour parler de Dieu. Il est intéressant de lire ces textes, que l’on pourrait rassembler autour de trois thèmes :

-    Dieu se nomme Père : 2 Samuel 7, 14 ; Jérémie 31, 9 ; Malachie 1, 6.

-    Les hommes nomment Dieu Père : Deutéronome 32, 6 ; Malachie 2, 10 ; Ps 68, 6 ; Tobie 13, 4 ; Siracide 51, 10.

-    Les hommes invoquent Dieu "Père !", dans quelques textes déjà tardifs et dans un sens qui n’est pas encore celui du nouveau Testament, mais le prépare : Isaïe 63, 16 ; 64, 7 ; Jérémie 3, 4.19 ; Psaume 89, 27 ; Sagesse 14, 3 ; Siracide 23, 1.4.

Dans d’autres textes, Dieu est comparé à un père : Exode 4, 22 ; Deutéronome 1, 31 ; 8, 5 ; 32, 18 ; Malachie 3, 17 ; Psaume 22, 11 ; 103, 13 ; Job 31, 18 ; Proverbes 3, 12 ; Sagesse 11, 10.

Certains textes même comparent Dieu à une mère (Isaïe 49, 15 ; 66, 13 ; Siracide 4, 10) ou l’évoquent comme mère, utilisant des images maternelles, et en appelant en particulier aux entrailles de Dieu.

Osée en son magnifique chapitre 11, utilise des expressions relevant des deux registres. Une façon de dire que Dieu est au-delà de toutes les représentations humaines, et pourtant ressenti comme proche de l’homme, presque parent de l’homme. Ainsi, pour reprendre l’un des passages les plus beaux, au livre de Jérémie : "Ephraïm est-il pour moi un fils chéri , un enfant qui fait mes délices ? Chaque fois que j’en parle, je dois encore et encore prononcer son nom, et en mon cœur, quel émoi pour lui ! Je l’aime, oui, je l’aime, oracle du Seigneur !" (Jérémie 31, 20).



Une incroyable audace

C'est sur cette toile de fond que l'on peut entendre la prière de Jésus, et la façon dont elle s'ouvre, dans une extrême simplicité, une intimité infinie. La prière de Jésus nous parvient en grec et utilise le mot père, mais les évangiles nous montrent à plusieurs reprises Jésus en prière. Lui utilise, nous l'avons vu, le mot araméen abba (Mc 14, 36).

Ainsi, "le cri du petit enfant déchire ici le Nom divin : il le dévoile ; il le fait apparaître dans la plénitude de son mystère. […] Et en même temps, il dit la vérité du Règne : "si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux" (Matthieu 18, 3) (Gérard Bessière).



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/5e-etape-Notre-Pere-qui-es-aux-cieux-!-La-priere-des-bras-ouverts



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comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Dim 26 Nov 2017 - 19:22

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Que ton nom soit sanctifié


"Que la réalité de Dieu telle que nous la connaissons à travers l’histoire de Jésus prenne toute sa place dans l’histoire humaine", commente Jean Zumstein.


Parce que Dieu donne son nom

Dans l’ancien Testament et plus largement dans toute la Bible, le Nom représente la personne. Ainsi, donnant son nom à Moïse dans le buisson ardent, Dieu entre en histoire avec lui. Désormais il porte un nom, il peut être nommé par son peuple. Moïse pourra dire à Pharaon qui est celui qui l’envoie. Dieu est en histoire avec son peuple.

On comprend que la Loi de Moïse ait fait un interdit fondamental d’invoquer à tort le Nom de Dieu (Exode 20, 7), parce qu’il est saint (Isaïe 57, 15 ; cf. Isaïe 6, 3). Saint est son nom dit Marie dans son cantique (le Magnificat, Luc 1, 49).



Vous-mêmes vous serez saints !

Et de même Dieu invite son peuple à être saint: Vous serez saints parce que moi je suis saint (Lévitique 11, 45). Et le peuple est appelé à sanctifier le nom de Dieu (Isaïe 29, 23). A le sanctifier activement, c’est-à-dire par une vie conforme à Dieu au cœur de l’histoire des hommes.

A l’inverse, deux textes essentiels permettent de cerner le sens de cette demande du Notre Père: Ézéchiel 36, 16-38 et plus encore Ézéchiel 38, 18-23. Il faut relire ces deux textes. On saisit alors clairement que la sanctification du Nom de Dieu est le contraire de sa profanation blasphématoire par les hommes (Exode 22, 27 ; Lévitique 22, 32 ; Nombres 24, 11), l’inverse de la souillure du péché (Ézéchiel 36, 23), l’inverse de l’abandon de l’alliance. C’est en ce sens qu’en Ézéchiel 20, 41, Dieu dit Je serai sanctifié par vous au milieu des nations.



Vivre comme Lui…

Ainsi Dieu seul peut sanctifier son nom ou manifester sa sainteté, la faire (re)connaître. Mais c'est une vie conforme à lui qui au milieu des hommes en rend compte. Et priant pour que le Nom de Dieu soit sanctifié sur la terre comme il l'est au ciel, nous exprimons notre désir de coopérer à cette glorification de Dieu par une vie conforme à lui (cf. Lévitique 19, 2). Nous appelons aussi le jour de sa manifestation décisive qui inaugurera le monde nouveau. La sanctification du Nom de Dieu ne sera accomplie que lorsque tous les hommes le connaîtront ou le reconnaîtront.


Tout autre que l'homme

La TOB (Traduction œcuménique de la Bible) avait d'abord traduit: Fais-toi reconnaître comme Dieu, puis Fais connaître à tous qui tu es, des traductions éloignées du texte grec, mais fidèles à son esprit.

Que la réalité de Dieu soit accueillie et respectée pour ce qu'elle est, voilà le souhait exprimé dans cette demande du Notre Père. Toute autre que l'homme, cette réalité de Dieu façonne l'homme. Mais c'est dans une humanité marquée de conflits, de violences, que le Nom de Dieu doit faire sa place. La deuxième partie du Notre Père en fera une prière, touchant la vie de l'homme dans ce qu'elle a d'essentiel.



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/6e-etape-Que-ton-nom-soit-sanctifie



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen




Prier le "nouveau" Notre-Père sur Hozana


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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Lun 27 Nov 2017 - 18:36

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Que ton Règne vienne! Que ta volonté soit faite


"Nous ajoutons encore et nous disons: Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Non pas que Dieu fasse ce qu'il veut, mais que nous puissions faire ce qu'il veut" (Cyprien, L'Oraison dominicale, 14).

Cette invocation du Notre Père est presque synonyme de la précédente sur la sanctification du Nom. Celle-ci advient en effet dans la mesure où le Royaume de Dieu s'établit parmi les hommes.



Une prière juive

Deux prières ont joué un rôle important dans le judaïsme du 1er siècle: le Qaddish (prononcé après l’homélie dans l’office synagogal) et les Dix-huit bénédictions. Jésus est enraciné dans la tradition juive, sa prière l’est aussi et offre des parentés avec ces deux prières. Le Qaddish en effet, en appelle à la sanctification du Nom et à la venue du Règne. Le Notre Père a aussi de nombreux éléments communs avec les Dix-huit bénédictions. Mais il est plus bref, plus sobre, plus simple. Il n’en appelle pas à l’histoire du peuple élu, mais se présente de façon plus universelle. S’adressant au Père de qui vient toute vie, c’est une prière ouverte à toute la création. A ce titre, quiconque pourrait la dire.

La tradition juive insiste sur la transcendance de Dieu, Jésus sur sa proximité et sur le Règne qui vient. Celui qui prie s’inscrit dans cette perspective du Règne de Dieu qui s’approche. Il s’inscrit au cœur de la prédication et du message de Jésus..



Les paroles et les gestes de Jésus

L’annonce de la venue du Règne et de sa proximité est au cœur de la prédication et du message de Jésus (Matthieu 4, 17.23). Toutes ses paroles, ses gestes, le disent. Sa prière elle aussi porte ce désir majeur et le communique au disciple. Dans tout l’ancien Testament, la notion de royaume ou de règne est liée à l’idée d’une paix universelle, qui touche tous les hommes, qui touche le pauvre. Le roi selon le cœur de Dieu travaille à cette paix et à ce bonheur. Il en a reçu mission et Dieu veille sur lui, ce qui donne un sens profond déjà aux béatitudes (Matthieu 5, 1 et suiv.).

Lorsque Jésus parle de royaume, il en trace les contours dans des paraboles étonnantes et vives. Dans ses gestes de pardon et de proximité de tous aussi, dans des gestes d’une miséricorde infinie envers ceux qui souffrent, dans leur cœur, dans leur corps. C’est ainsi que les disciples entrent peu à peu dans le désir du royaume. Et Jésus les y établit, leur donne mission. Dans la prière qu’il leur apprend, il leur enseigne à cultiver ce désir au plus fort, à hauteur de Dieu. Ainsi le disciple prie-t-il, demandant à Dieu sa venue.



Que le Règne de Dieu vienne !

L’association dans une prière de l’expression royaume (ou règne) de Dieu et du verbe venir est inconnue dans l’ancien Testament, dans le judaïsme ancien antérieur à Jésus aussi bien que dans le reste du nouveau Testament, en dehors des paroles de Jésus dans les Évangiles. Et cela s’accorde parfaitement avec ce que les évangiles et la recherche historique sur Jésus attestent de lui : le Royaume est au cœur de sa prédication. Cette demande concernant le Règne est au cœur de sa prière et de celle qu’il apprend à ses disciples. C’est la demande centrale du Notre Père. Elle est au cœur de la prière chrétienne. Les premiers chrétiens en feront une invocation en disant Marana tha ! Viens Seigneur Jésus ! (1 Corinthiens 16, 22 ; Apocalypse 22, 20).


Que ta volonté soit faite

Cette demande propre à Matthieu, s'inscrit tout à fait dans la ligne des demandes précédentes. Elle en est toue proche, elle la développe dans une pensée juive. Elle est en effet tout à fait dans le style de Matthieu (cf. Matthieu 7, 21 ; 12, 50 ; 18, 14 ; 21, 31 et surtout 26, 42) et il est peu probable que Luc l'ait supprimée.

Dans cette demande, c'est toujours Dieu et son projet qui sont au centre de la perspective. Il faudrait relire tout le sermon sur la montagne et ses antithèses (on vous a dit… moi je vous dis…) qui le scandent, pour comprendre cette révolution intérieure qu'ouvre ou appelle Jésus. Il s'inscrit là en premier de cordée, visage d'homme aux traits de Dieu et ouvre les manières de Dieu en y invitant les hommes. Il parle de pardon, de regard et de cœur purs, de vie donnée, de béatitudes surprenantes, comme un lever de Dieu au pays des hommes. Telle est le sens de cette demande.

Sa prière à Gethsémani place ainsi avant tout la volonté du Père. Et il invite le disciple à le faire lui aussi (Matthieu 26, 42). Au cœur de cette volonté, comme un cristal : la vie de Dieu donnée pour tous. Cette volonté reconfigure l'humain jusqu'au plus profond. Elle ajuste le monde au rythme créateur de Dieu.



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/7e-etape-Que-ton-Regne-vienne!Que-ta-volonte-soit-faite



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Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
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comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Mar 28 Nov 2017 - 18:07

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Donne-nous le pain de ce jour


"Celui qui a créé le jour a créé sa subsistance. Celui qui a de quoi manger aujourd’hui et qui dit : que mangerai-je demain, manque de foi" (Cyprien, L'Oraison dominicale, 14).

Ainsi, après avoir souhaité ou demandé que le Nom de Dieu soit sanctifié, que son Règne vienne, que sa volonté soit faite, poursuivons-nous la prière pour vivre le temps du pain, celui du pardon et de la tentation au rythme de Dieu, sur la terre comme au ciel.



Pour vivre au rythme du Dieu qui vient

En une première demande, nous implorons humblementle pain de ce jour. Dieudonne la nourriture à ceux qui ont faim, chante le psaume (Psaume 146, 7). Et c’est sur cette conviction que repose la demande qui est faite ici. En effet, la venue du Règne de Dieu dont le croyant vient de faire la demande à Dieu ne vise pas un futur lointain. Elle est en quelque sorte ce qui domine le présent et lui donne sens. Le Règne de Dieu vient et gagne le présent ! C’est du moins ce que demande le disciple.


Le pain pour vivre

Le mot grec traduit par de ce jour est un terme difficile: epiousios. On ne le trouve qu’ici dans le nouveau Testament. Dérive-t-il de épi-ienai(venir vers)? Il désignerait alors le pain pour le jour qui vient, le pain de demain, ou encore le pain pour aller jusqu’à demain (proposition de J. Carmignac). Mais il peut aussi venir de épi-einai? Il désignerait alors le pain pour l’existence, le pain nécessaire, essentiel (la Vulgate, en latin a traduit supersubstantialis).

La difficulté de traduction a amené à des commentaires infinis, depuis les Pères de l’Eglise dans les premiers siècles jusqu’aujourd’hui. L’étymologie est finalement d’un faible secours. Deux versets de Matthieu proches de celui que nous lisons aident ainsi à choisir le second sens. Ils vont dans le sens de l’ensemble de l’Evangile : Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ; tout le reste vous sera donné par surcroît (Matthieu 6, 33). Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ! Demain s’inquiètera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine (Matthieu 6, 34). Toute la tradition biblique va dans ce sens et confirme le sens du pain nécessaire à la vie.



Vivre du pain et de la Parole…

Les Pères de l’Eglise à juste titre ont compris que cet essentiel est aussi bien le pain qui nourrit le corps, que la Parole de Dieu et le pain que le Christ donne à ses disciples, son Corps. Cette lecture ouvre la nôtre. La prière de Jésus nous invite à demander l’essentiel : la venue du Royaume, et à demander humblement ce qui est nécessaire à la vie et qui est donné par surcroît.

Le demandant en disant nous, il en fait une prière solidaire et qui crée des hommes solidaires. Selon le mot de Jean Zumstein, "la demande du pain implique une éthique du partage". Celui qui prie le Notre Père s’engage au partage, dans le souci du pain pour tous. Mais le croyant ne demande-t-il pas aussi au plus profond ce qui nourrit sa vie et peut-être toute vie: la Parole et le pain.
.



Pour vivre d’essentiel

Matthieu utilise en grec un impératif aoriste, qui comporte l’idée d’un moment précis, ponctuel: notre pain d’aujourd’hui, donne-(le) nous aujourd'hui. Chez Luc, qui donne beaucoup d’importance à la pauvreté dans son évangile, c’est un impératif présent, qui marque la continuité: le pain chaque jour.

Dans les deux cas, la demande repose sur la conviction que Dieu pourvoit et entend les cris des petits, comme l’atteste toute la bible. Matthieu l’exprime avec clarté: Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, tout le reste vous sera donné par surcroît (Matthieu 6, 33). Rechercher ce qui est essentiel à la vie, désirer la venue de Dieu, et vivre ainsi, à ce rythme, le présent.
Le croyant confesse ainsi que c’est de Dieu qu’il attend tout, que c’est de Dieu qu’il reçoit tout ce dont il a besoin pour vivre.



Le pain à la couleur de Dieu

L’ancien Testament connaît ce pain. Les Hébreux en mangèrent au désert: la manne. Le nom même: la manne, signifie: "qu’est-ce que c’est?" Les Hébreux ont traversé le désert, recevant de Dieu ce pain qui les étonnait, qu’ils ne connaissaient pas, et qui pourtant les nourrit tout au long de cette traversée. Il faut relire Exode 16, 1-20. Chaque jour les Hébreux trouvaient de cette manne, à récolter le matin, pour le jour qui s’ouvrait. Et mystérieusement, la veille du sabbat, ils pouvaient en récolter le double. Quelques petits malins – ou rebelles ! – tentèrent d’en récolter ainsi double mesure ou plus chaque jour. La vermine s’y mettait. Dieu invite à ne pas faire de réserve. Et c’est ce pain du jour que Jésus invite à demander.

Comme le chantent parfois les enfants ou avec un peu de malice les adultes: "Le pain d’hier est rassi. Le pain de demain n’est pas cuit. Merci Seigneur pour le pain d’aujourd’hui!", "Voyez les lys des champs, ils ne sèment ni ne moissonnent…" dit Jésus Matthieu 6, 25-34.



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que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Mer 29 Nov 2017 - 14:54

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Pardonne-nous nos offenses


Accorder soi-même le pardon. Quoi de plus difficile? La prière de Jésus nous montre le chemin..

Redire la prière de Jésus est vain, rappelle St Augustin, si cette prière ne s’accompagne d’un véritable pardon des offenses de la part de celui qui la prononce : "Puisque chaque jour vous direz cette prière, je vous avertis, mes frères […] : quelqu’un vous offense, commet une faute contre vous, vient, s’accuse et vous demande de lui pardonner, tout de suite, du fond du cœur, remettez-lui, pour ne pas vous exclure du pardon qui vient de Dieu" (Sermon 59, 7).

Et pour St Jean Chrysostome, cette demande commande même toute la prière du Notre Père : sans le pardon des offenses, les autres demandes sont vaines. Le contexte même de la prière de Jésus en Matthieu, l’indique: Vous, soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait, dit Jésus (Matthieu 5, 48), qui invite à l’amour des ennemis (Matthieu 5, 44-45). Amour des ennemis et filiation divine sont liés, la filiation divine exige le pardon des offenses à tous, mais elle en est aussi la source. Immédiatement après le don du Notre Père, Jésus insiste dans l’évangile de Matthieu sur le pardon (6, 14-15). Un car réunit les deux ensembles. Ce lien est essentiel.



Remettre la dette

Dans la version de Matthieu, il est demandé que Dieu remette la dette. Pour comprendre l’expression, il faut relire Mt 18, 23-35. Dans une parabole Jésus met en scène un roi qui remet une dette gigantesque à l’un de ses serviteurs. Celui-ci, l’instant d’après, étrangle celui qui a envers lui une dette infime. Le roi éclate de colère et livre cet homme sans miséricorde – et peut-être sans mémoire! –, au bourreau. Le pardon donné à autrui trouve sa source dans le pardon de Dieu, que demande le Notre Père.

Luc lit ce mot, selon la tradition biblique elle-même, en termes plus théologiques et parle du pardon des péchés. Remettre les dettes, c’est aussi pardonner (cf. Matthieu 6, 14-15 ; 9, 2 ; 18, 35). Pardonner comme Dieu lui-même (Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! Mt 5, 48). Jésus presse le disciple à pardonner sans cesse, sans limite (soixante dix fois sept fois !).



Le pardon est donné, il est grâce

Le péché vu comme une dette serait un manquement par rapport aux obligations envers Dieu, manquement qui nécessiterait une réparation, dans une théologie dite de la rétribution. L’homme n’est-il pas alors un débiteur insolvable devant Dieu ?

Le Dieu qui remet la dette sans conditions est le Dieu que Jésus annonce, le Dieu de l’Évangile. Sa croix elle-même est le signe et le gage, elle est le geste ultime et absolu du pardon. Et ce pardon gracie, il est grâce, il ouvre l’avenir. Il est un autre nom de la résurrection quand elle touche l’homme dans sa vie marquée de pauvretés.



La prière qui ouvre au pardon

Pour les Pères de l’Eglise, ils le rappellent à plusieurs reprises, il est trois moyens d’obtenir la rémission de nos dettes, le pardon des péchés. Le premier est bien entendu le baptême : "dans le baptême, toutes vos dettes, c’est-à-dire vos péchés, vous seront remises, absolument toutes", commente Saint Augustin (Sermon 59, 7). Le second est l’aveu des fautes et la pénitence. Et enfin, à condition qu’il ne s’agisse pas de fautes graves, la prière quotidienne du Pater, qui elle aussi a le pouvoir de nous laver de nos péchés : "c’est dans la prière que nous recevons ce qui nous lave chaque jour, afin que chaque jour nos péchés nous soient remis. Mais à la condition suivante, précise Augustin : comme nous remettons à nos débiteurs." (Sermon 59, 7).


Pardonner comme…

Que Dieu pardonne comme nous pardonnons aussi semble surprenant. Serions tout à coup, et sur un sujet aussi essentiel, la mesure de Dieu ?

Il nous faut relire plusieurs passages en particulier de l’évangile de Matthieu : "Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, dit Jésus, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Matthieu 6, 14-15). De même Jésus invite à pardonner avant de présenter son offrande (Matthieu 5, 23-24), à pardonner large, sans mesure(Mt 18, 35), et même à renoncer à toute vengeance (Matthieu 5, 39-40). Jean ne disait-il pas en termes très proches: "Si quelqu’un dit : ‘j’aime Dieu’ et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur»" (1 Jean 4, 20).

Ainsi, "ce n’est pas le pardon de Dieu qui est conditionné par le nôtre, écrivait J. Carmignac, qui travailla beaucoup sur le Notre Père, c’est la valeur de notre supplication qui est conditionnée par notre pardon préalable. Dieu ne dépend pas de l’homme, mais notre prière dépend de notre sincérité effective".



Surprendre Dieu

Certains Pères de l’Eglise (Grégoire de Nysse, puis Jean Cassien et Maxime le Confesseur) sont allés plus loin, suggérant avec audace que l’initiative de la miséricorde de Dieu pouvait peut-être revenir à l’homme! Pardonnant à autrui, il peut offrir à Dieu, disent-ils, un exemple de la miséricorde dont il espère à son tour bénéficier de la part de Dieu..


Le pardon qui tisse la paix entre Dieu et les hommes

Matthieu compare: comme aussi nous avons remis, et utilise le terme débiteurs (de même racine que le mot dettes). Luc motive : et en effet, nous mêmes remettons. Le passé, chez Matthieu, montre cette nécessité du pardon donné pour accueillir soi-même plus large et plus vrai le pardon de Dieu. Luc, dans le même sens, est audacieux dans la formulation, de même qu’il universalise : à tout (homme qui) nous doit et insiste sur nous-mêmes. Pas de faux fuyant face au pardon !

Ainsi Matthieu est probablement plus proche d’un état ancien du texte. Luc on le voit, a travaillé ce texte pour l’actualiser, le comprendre.

Dans le Règne qui vient, le Christ nous précède. Il a le visage surprenant du serviteur donnant sa vie pour tous, pour que tous aient part au pardon et puissent un jour à leur tour le donner.



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/9e-etape-Pardonne-nous-nos-offenses



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen

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du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Jeu 30 Nov 2017 - 14:00

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal


"Dieu tente, l’homme tente, le diable tente. Dieu tente pour éprouver, l’homme tente pour savoir, le diable tente pour perdre". Ainsi parle, de façon limpide, au moyen-âge, Lothaire de Segni (Innocent III) (Le saint mystère de l’autel V, 21).

Ainsi aussi, en cette dernière demande du Notre Père, nous supplions Dieu, non pas de nous épargner la tentation, mais de nous aider à ne pas y consentir et aussi à en sortir.



Plus que la tentation, la grande épreuve

Cette dernière demande est composée en Mt de deux parties qui, en réalité, expriment la même requête, d’abord sous forme négative, puis sous forme positive. Luc l’exprime de façon simple. Ici encore, Matthieu développe, de façon très juive. Mais que demandons-nous quand nous supplions ainsi que la tentation nous soit épargnée ?

Le terme utilisé en grec: peirasmos, signifie à la fois tentation et épreuve. Il est à comprendre dans le monde juif du 1er siècle, dans lequel l’homme est perçu comme partagé entre le bien et le mal, mais également situé dans un monde lui-même disputé entre Dieu et Satan (cf. Jean 17, 15). Ainsi le mot peirasmos désigne, non pas l’attrait intérieur que l’on éprouve pour quelque chose de mauvais ou de défendu, mais l’épreuve dans laquelle Satan cherche à perdre celui qu’elle atteint. Il vise ainsi la grande épreuve que l’on redoute : le choix pour ou contre Dieu. Le mot renvoie dès lors éventuellement à l’apostasie.



L’épreuve de la foi plus que la morale

La tentation dont parle le Notre Père touche ainsi la foi beaucoup plus que la morale. Elle touche les moments où l’homme est tenté de se détourner de son Dieu, de se passer de lui (Matthieu 14, 30-31 ; 26, 41 ; Luc 8, 13).

Elle concerne ainsi la tentation quotidienne, le risque de défection qui nous menace chaque jour, toutes les circonstances où les chrétiens risquent d’abandonner le chemin de Jésus, la tentation de l’abandon de Dieu. Toute tentation en effet, quel qu’en soit le contenu, oblige même indirectement, à prendre position par rapport à Dieu.



Dieu laisse-t-il entrer en tentation ?

L'Évangile montre que Jésus affronte la tentation (tentations au désert en Matthieu 4, 1-11 exprimées sous une autre forme en Jean 6 ; à Gethsémani, en Matthieu 26, 36-46 ; et même sur la croix : sauve-toi toi-même… Matthieu 27, 40).

L'Évangile montre Jésus soumis par Satan ou par ses adversaires à cette tentation: celle de vivre sans Dieu, de nous passer de Dieu, de nous prendre parfois pour Dieu ! N’est-ce pas là une tentation permanente ? Jésus prend et indique, face à elle, le chemin du fils, que nous désirons nous-mêmes choisir et prendre quand nous adressons cette demande du Notre Père.

Jésus invite aussi les disciples à prier pour ne pas entrer en tentation à Gethsémani. Il prie également pour Pierre, pour que dans l’épreuve sa foi ne défaille pas et que une fois revenu, il affermisse ses frères (Luc 22, 31-32).
.



Présent auprès de nous dans l’épreuve

Dès lors, le visage du Dieu qui apparaît dans cette requête n’est pas le visage du Dieu tentateur, mais celui du Dieu qui, au sein même de la tentation, n’abandonne pas les siens et reste présent. Les traductions que l’on a pu proposer de ce verbe ont été multiples : ne nous fais pas entrer dans la tentation ; ne nous introduis pas dans la tentation ; fais que nous n’entrions pas dans la tentation ; ne nous laisse pas entrer dans la tentation. Lequel choisir qui soit au plus près de l’évangile ? Peut-être faudrait-il entendre le mot soumettre dans son sens étymologique : ne nous mets pas sous la tentation, fais que la tentation ne soit pas plus forte que nous. Il faut ici relire le texte très clair de l’épître de Jacques (Jc 1, 13). Il dissipe tout doute sur la question.

Ainsi, comme le dit St Augustin, "tu es tenté, mais tu es aussi éprouvé ; si tu ne donnes pas ton consentement, tu seras trouvé pur. […] Ferme la porte à la tentation et tire le verrou : l’amour de Dieu. Qui le peut, sans l’aide de celui que nous prions ?" (Sermon 59, 8.). Dans le Notre Père, nous demandons à Dieu de ne pas être abandonnés à nos seules forces dans la tentation.



Mais délivre-nous du mal

Le "mais" qui ouvre cette expression invite à lire cette dernière supplication – propre à Matthieu – comme le versant positif de la demande précédente concernant la tentation. Le mot qui désigne le mal peut être en grec aussi bien un masculin : le Malin, qu’un neutre : le mal. Le récit des tentations dans les évangiles (Matthieu 4, 1-11, mais voir encore 13, 19 et 39) pousse à préférer le masculin, qui désigne celui que Matthieu, imprégné de culture juive, appelle aussi Satan, le grand opposant au projet de Dieu.


Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/10e-etape-Ne-nous-laisse-pas-entrer-en-tentation-mais-delivre-nous-du-mal



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Ven 1 Déc 2017 - 17:08

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Car c'est à Toi qu'appartiennent le Règne,
la puissance et la gloire


Cette formule liturgique qui conclut le Notre Père est une doxologie ou expression de louange.


Une doxologie

Elle est basée dans sa formulation sur un texte du livre des Chroniques (1 Ch 29, 13). On ne la trouve pas dans l’Evangile, mais dans la Didachè et dans quelques manuscrits de Matthieu des 2ème et 3ème siècles. La Didachè, ou Doctrine des douze apôtres, est un des écrits importants des premiers siècles de l’Eglise : un manuel catéchétique, liturgique et disciplinaire, qui a vu le jour probablement en Syrie vers la fin du premier siècle. Il rapporte le Notre Père en des termes très proches de ceux de Matthieu, mais clos par cette doxologie qu’aujourd’hui nous connaissons bien : "Car c’est à toi qu’appartiennent la puissance et la gloire dans les siècles" (Didachè 8, 1-3).


Car le Règne de Dieu est proche

La formulation de la Didachè mentionne la puissance et la gloire. La formule liturgique que nous connaissons est à trois termes. Elle ajoute à la puissance et la gloire la mention du règne. C’est cette formulation à trois termes qu’a adoptée la liturgie depuis Vatican II.

La formule est dans l’esprit de nombreuses prières juives qui s’achèvent souvent par une ouverture laissée à la liberté de celui qui prie. Elle va de soi en conclusion d’une prière telle que le Notre Père, dans son enracinement juif, qui ne peut s’achever par délivre-nous du Mal ! Ainsi la prière de Jésus ne s’achève-t-elle pas pour le disciple par la demande d’être délivré du mal, mais par cette louange à celui dont vient la vie et que le Notre Père a à la fois invoqué et prié.

La tradition de l’Eglise ancienne a bien compris que le Dieu généreux et libérateur qui était au centre du Notre Père méritait d’être glorifié et reconnu. C’est l’objet de cette doxologie qui conclut la prière. Reliée à cette prière et à sa dernière demande par un car, elle atteste que c’est Dieu qui règne et non le mal. La prière est fondée sur ce Roc. A lui la gloire pour toujours ! Le mot Amen fonde toute prière sur le roc de la fidélité de Dieu. C’est bien ce que fait cette doxologie



À vous donc, grâce et paix !

Pour Tertullien d’ailleurs (2ème siècle), le sceau de l’oraison dominicale (signaculum orationis) n’est pas l’Amen, mais le baiser de paix.


Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/11e-etape-Car-c-est-a-Toi-qu-appartiennent-le-Regne-la-puissance-et-la-gloire-aux-siecles-des-siecles



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Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
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que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
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comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

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MessageSujet: Re: Prier le "nouveau" Notre-Père   Sam 2 Déc 2017 - 15:57

Prier le "nouveau" Notre-Père



LE RÉSUMÉ - Le 3 décembre 2017, nos assemblées vivront un changement liturgique important. La nouvelle traduction du Notre-Père sera priée partout. Occasion de méditer sur 12 jours la prière de Jésus.


Dès lors, vivez comme des fils


Une prière qui façonne le disciple et le pétrit de ciel.

"On peut vivre quelques jours sans manger, disait Gandhi, mais pas sans prier. La prière est la clé du matin et le verrou du soir. La prière, c’est une alliance sacrée entre Dieu et les hommes".

Jésus a enseigné à ses disciples comment prier. Il leur a enseigné la prière des fils, une prière qui tourne vers Dieu et change la vie, une prière qui les façonne. C’est cette prière que nous venons de lire. Elle révèle au disciple comment il est appelé à comprendre et à vivre son existence croyante.

Elle révèle en lui la source, et le guide vers l’essentiel pour lui. Jésus le lui apprend : cet essentiel est le désir du Règne de Dieu que toute sa prédication, ses gestes et ses paroles annoncent. Cette prière le rapproche ainsi de Jésus, lui apprend aussi à aimer et découvrir sa parole, puisque cette prière en est l’écho le plus intime, prière au Dieu qui vient.



Tout est dit en quelques mots brefs

"La prière-modèle, indéfiniment reprise au long des siècles, contient toute l’originalité de la prière chrétienne, commente Gérard Bessière. Nous prions ensemble, en fils qui se tiennent debout devant leur Père, en citoyens d’un Royaume qui change toute la vie".

D’un bout à l’autre de cette prière si sobre, c’est en effet toujours le Royaume de Dieu qui est appelé, le Royaume du Père où les hommes, en Jésus, sont fils et frères, où le pain sera reçu comme un don et partagé, où le pardon accueilli de Dieu sera vécu entre tous, où l’on sera libéré du mal.



Pour le temps de la traversée

Oser dire cette prière, c’est entrer dans le mouvement d’une vie donnée comme celle de Jésus, une vie qui se reçoit du Père et ne craint ni pour aujourd’hui, ni pour demain, car Dieu ne peut manquer à l’homme en chemin. Une vie où le pardon sera donnée, puisque Dieu sans trêve pardonne et apprend à aimer.

"Le nom du Père est un événement à accueillir, non une théorie à maîtriser. C’est dans la foi qu’il nous advient, et pour le découvrir, ou le redécouvrir, chacun doit accepter de se livrer à la route, sans savoir à l’avance jusqu’où celle-ci mènera. Nul ne peut faire l’économie de la traversée" (Joseph Caillot, Croire en Dieu notre Père, cité par J.-F. Baudoz).



Et s’il fallait relire le Notre Père

En très peu de mots, Maître Eckhart, mystique du moyen-âge, résume peut-être toutes les explications du Notre Père. Voici en quels termes il le fait :

"Père. 1° Observe après Jean Chrysostome, que Dieu veut être plutôt aimé que craint ; c’est pourquoi il est dit Notre Père et non Notre Seigneur.

2° Pour que nous sachions qu’il nous a donné le pouvoir d’être des fils de Dieu.

3° En conséquence, si nous sommes ses fils, nous sommes ses héritiers.

4° Qui a dit Père, par cette seule désignation, affirme le pardon des péchés, l’adoption comme fils, l’héritage, la fraternité avec le Fils unique, le don de l’Esprit.

5° Pour que, comme le font des enfants à l’égard de leur père, nous nous réjouissions de l’honneur de Dieu et pleurions le contraire, s’il se produit.

6° Pour que nous ayons confiance dans notre demande : les pères écoutent généralement leurs enfants, selon ces versets : Demandez et vous recevrez, et Tout ce que vous demandez dans vos prières, croyez que vous l’avez reçu"
(Traité sur l’Oraison dominicale).



Mon Père, je m’abandonne à Toi

On pourrait, au terme de cette relecture du Notre Père, relire la prière du Père Charles de Foucauld. Elle en est si proche :

Mon Père, je m’abandonne à Toi.
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoique tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi
et en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.


Petite bibliographie


* - Gérard Bessière: Prier comme Jésus, Carnet de Fêtes et Saisons n° 9, 1994.

* - Jean Zumstein: Notre Père. La prière de Jésus au cœur de notre vie, éd. Du Moulin, Eaubonne, 2001.

* - Jean Pouilly : Dieu Notre Père, Cahier Evangile n° 68, Service biblique Evangile & Vie et Cerf, 1989.

* - Jean-François Baudoz & alii : La prière du Seigneur, Supplt au Cahier Evangile n° 132, Service biblique Evangile & Vie et Cerf, 2005.

* - Mgr Jacques Perrier, L’art de la prière. Notre Père, Mame-Edifa, 2005.


La plupart des citations faites dans cette e-formation proviennent de ces ouvrages. Les noms d’auteurs y renvoient.



Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.



pour aller plus loin cliquez ici : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/12e-etape-Des-lors-vivez-comme-des-fils



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Notre Père

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que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen

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