À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •

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Lumen
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MessageSujet: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 2 Fév 2018 - 18:16



Frère Benoît Ente présente Carême dans la Ville 2018





Bonjour  ,

Vous nous avez suivi, depuis quelques mois, dans une des propositions de Retraite dans la Ville. Aujourd'hui, nous sommes heureux de vous retrouver pour notre nouvelle retraite de Carême.


Pour ce Carême 2018, nous avons choisi comme thème le cri du Psalmiste : « Tu m’as relevé » (psaume 29).

Cet homme s’enfonçait dans l’abîme, il a crié vers le ciel et il a été entendu. Il a fait l’expérience d’être relevé par un autre.


Pendant 40 jours nous allons méditer cette expérience de résurrection qui est à l’oeuvre dans toute vie. Je vous invite à nous suivre jusqu’à Pâques à l’écoute de la Parole de Dieu éclairée par des frères, des soeurs et des témoins. Je vous invite à découvrir la force des sacrements avec une série de 7 vidéos. Je vous invite du 14 février au 1er avril 2018 à vous laisser relever par Jésus pour crier, chanter avec le psalmiste : « Je t’exalte mon Dieu, tu m’as relevé » !





Découvrez vite la vidéo de lancement et partagez-là autour de vous :






"Je n'en peux plus, je ne m'en sors plus !"

Parfois les eaux de notre vie se soulèvent au vent violent des événements. Notre course jusque là tranquille devient alors traversée de la tempête. Mais toujours la tempête s'arrête. Sauf qu'un jour, elle se fait plus forte, plus longue. Les forces s'épuisent, l'eau pénètre, le bateau coule. Le monde vacille, il n'y a plus d'issue. Reste un cri.

"Seigneur, viens à mon aide !"*

C'est là, au plus profond du gouffre qu'une main se tend, une parole brise le silence, un regard se tourne vers nous, une présence, une simple présence bienveillante, gratuite. "Tu m'as fait revivre quand je descendais à la fosse" chante le psalmiste.

"Tu m'as relevé"*

N'est-ce pas l'expérience fondamentale du Christ ? Le cœur de la Bonne Nouvelle, le noyau de la première prédication des apôtres : "Cet homme, vous l’avez supprimé, Dieu l'a relevé"**

Pendant ces 40 jours de carême, avec les sœurs d'Orbey, les frères Matthieu, Adrien, Gabriel, Alain, Sylvain et d'autres témoins, nous allons nous préparer à recevoir une immense Bonne Nouvelle. Celle du relèvement du Christ, celle de notre relèvement par l'amitié, par la vie, par les sacrements par Dieu. Alors, debout, nous pourrons avec le psalmiste illuminer le monde en chantant : "Tu as changé mon deuil en une danse, que mon coeur ne se taise pas, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !"*


* Ps 29
** Ac 2,23-24



Du mercredi des cendres 14 février, au dimanche de Pâques 1er avril 2018, vous recevrez la méditation quotidienne de la Parole de Dieu, par des soeurs et frères dominicains, ou des témoins laïcs :



fr. Matthieu Palayret


fr. Adrien Candiard


fr. Gabriel Nissim


fr. Alain Riou


fr. Sylvain Detoc


soeurs d'Orbey


Semaine témoignages


Découvrez des témoins des merveilles de Dieu qui vous raconteront comment, par la grâce des 7 sacrements, ils ont été relevés. Ces vidéos-témoignages seront diffusées chaque samedi.
Vidéos témoignages

Carême dans la Ville, c'est aussi une communauté de prière avec la possibilité de prier les vêpres, de confier ou de recevoir des intentions de prière en lien avec des monastères et couvents.
Vêpres

Nous vous invitons à rencontrer d'autres retraitants, lors des rencontres de carême qui se dérouleront près de chez vous, pour partager avec eux vos réflexions sur une méditation.
Rencontres de Carême

Cette année nous avons également voulu vous donner davantage la parole. Vous aurez toujours la possibilité de déposer vos commentaires, de poser une question à une sœur ou un frère dominicain, mais en plus, nous vous donnons rendez-vous chaque lundi à 18h sur facebook pour un direct interactif et décontracté sur l'un des sacrements.

Pour vous inscrire à Carême dans la Ville, cliquez sur « OUI » ou sur le bouton ci-dessous. Attention, si vous ne cliquez pas, vous ne serez pas inscrit.







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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 14 Fév 2018 - 13:47




• Faire l’autruche ? •


" Qu’as-tu à dormir ? Lève-toi, crie vers ton Dieu ! "

Livre de Jonas, chapitre 1, verset 6


La tempête se déchaîne, les éclairs fusent, les vagues ébranlent la coque… et Jonas, au fond de la soute, dort. Insouciance ? Confiance ? Non, Jonas fuit dans un sommeil assourdissant la réalité catastrophique qui l’entoure. Se voiler la face. Faire l’autruche.
Loin de la mer en furie, il existe d’autres tempêtes, plus terribles encore. Ballotté par les flots des passants anonymes, Joe*, dans sa belle barbe blanche de vieux loup de mer, souffre d’un cancer avancé. Plus que deux mois à vivre, m’a-t-il dit. Joe vit dans la rue. Sa peau, tannée par le froid, en porte le sceau.

Il n’a que Hans* à qui se confier, mais il parle si mal français. Alors, il prétend que tout va bien. Pour fuir. Et il boit, pour oublier qu’il prétend.
Faire l’autruche lui va si mal. Et moi ?

Aujourd’hui, premier jour du carême, quarante jours me sont donnés pour arrêter la fuite en avant dans la tempête du quotidien. S’arrêter un instant. Où en suis-je dans ma vie ?
Bas les masques, cela reste entre moi et Dieu. À quoi bon se mentir, à quoi bon fuir ? Ces zones d’ombre inavouées (désespoirs, peurs, hontes, faiblesses), qui pourrissent au fond de moi, qui me rendent la vie amère, l’heure est venue de les regarder en face. D’essayer en tout cas.

Mais pas question de me laisser engloutir par ces ombres morbides. Je les jetterai en Dieu. C’est lui qui me relèvera. « Quand j’ai crié vers toi, Seigneur, mon Dieu, tu m’as guéri ; Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse. »**



* Les prénoms ont été modifiés
** Psaume 29, v. 3-4




Frère Matthieu Palayret
Frère Matthieu était ingénieur quand il est entré chez les dominicains. Il a fait profession simple en 2016 et poursuit sa formation au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon.





Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon















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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 15 Fév 2018 - 14:33




• Retourné comme une chaussette •


Mais de la fosse tu as fait remonter ma vie

Livre de Jonas, chapitre 2, verset 7


Pour aller plus loin avec la Parole

Depuis les entrailles du poisson, il pria le Seigneur son Dieu. Il disait : Dans ma détresse, je crie vers le Seigneur, et lui me répond ; du ventre des enfers j’appelle : tu écoutes ma voix. Tu m’as jeté au plus profond du cœur des mers, et le flot m’a cerné ; tes ondes et tes vagues ensemble ont passé sur moi. Et je dis : me voici rejeté de devant tes yeux ; pourrai-je revoir encore ton temple saint ? Les eaux m’ont assailli jusqu’à l’âme, l’abîme m’a cerné ; les algues m’enveloppent la tête, à la racine des montagnes. Je descendis aux pays dont les verrous m’enfermaient pour toujours ; mais tu retires ma vie de la fosse, Seigneur mon Dieu.

Quand mon âme en moi défaillait, je me souvins du Seigneur ; et ma prière parvint jusqu’à toi dans ton temple saint. Les servants de vaines idoles perdront leur faveur. Mais moi, au son de l’action de grâce, je t’offrirai des sacrifices ; j’accomplirai les vœux que j’ai faits : au Seigneur appartient le salut. Alors le Seigneur parla au poisson, et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme.



Livre de Jonas ch 2, v. 2-11


Méditation

Il y a des jours où le moral tombe tout au fond des chaussettes. Situation économique morose, climat qui se dérègle, maladie d’un proche… et sans parler de moi : aujourd’hui, je ne suis que lassitude, souffrance et échec. Tout mon être se plaint.

Et pourtant, j’aspire au bonheur, tout mon être y tend. Que dois-je donc faire pour être heureux ? La vie en mode selfie, finalement, à quoi ça mène ? – Allons, Jonas, secoue-toi ! Des entrailles du poisson tu as été libéré,
Ninive est sauvée et tu ne penses encore qu’à toi ! « As-tu vraiment raison de te mettre en colère ? »* Ce n’est pas des profondeurs du monstre qu’il faut t’arracher, mais de tes profondeurs à toi. Ces profondeurs, Dieu les voit et il ne les méprise pas.

Il sait bien que tu ne te réduis pas à ça. Alors ne reste pas focalisé sur tes soucis, ta détresse. Détourne-toi de ton nombril et lève les yeux : Dieu est là. Mais il ne peut te sauver malgré toi. Sa main est tendue, saisis-la ! Dès cet instant, la perspective s’inverse. Je suis projeté hors de moi : la vie, ce n’est pas un trésor à jalouser, c’est un don de Dieu à partager. Mes yeux s’ouvrent : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »** Ah Jonas, si tu savais ! Ce n’est pas en ton ego que se trouve le bonheur ; ni en quelque chose que tu pourrais acquérir. Seul Dieu est à la mesure de notre cœur et peut nous combler.

Seigneur, tu n’attends qu’un geste de ma part pour changer « mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie »***... et me retourner, comme une chaussette.



* Livre de Jonas, ch. 4, v. 4
** Livre de la Genèse, ch. 28, v. 16
*** Psaume 29, v. 12




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 16 Fév 2018 - 13:54




• Une chute de dominos, à rebours •


Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai.

Livre de Jonas, chapitre 3, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

Dieu dit à Jonas : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? »

Il répondit : « Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère jusqu’à souhaiter la mort. »

Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu. Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? »



Livre de Jonas ch. 4, v. 9-11


Méditation

Jonas, si tu es sorti vivant des entrailles du poisson, si tu as été relevé, ce n’est pas pour retomber à l’eau ou te rendormir au fond de la cale. C’est pour que tu témoignes de ton retour à la vie auprès des habitants de Ninive. Si tu es debout, c’est pour que tu puisses relever à ton tour tes contemporains.

C’est précisément le mouvement inverse d’une chute de dominos. Un domino entraîne dans sa chute le suivant ; un homme debout relève son prochain.

Là éclate la logique de Dieu. Par Adam, le péché d’un seul homme a entraîné la chute de tous ; par Jésus, la résurrection d’un seul homme provoque le relèvement de tous*. À nous désormais, selon notre mesure, de choisir d’entrer dans ce mouvement.

Vais-je m’endurcir, comme un caillou sur lequel mes proches risquent de trébucher ? Ou me laisser toucher, comme le bon Samaritain, et tendre la main à ceux qui attendent d’être relevés ? Entre les hommes, tantôt assoupis, tantôt éveillés, cette logique établit une communauté de destin. Dans la longue chaîne humaine qui remonte au premier relevé – Jésus – chacun reçoit d’un autre la parole qui relève. Un élan à transmettre à l’humanité tout entière.

C’est à cela qu’on s’attelle dans l’entreprise du Père (& Co). Le relèvement en tout genre, c’est sa spécialité. Là, le travail ne manque pas : nourrir l’affamé, accueillir l’étranger, vêtir les malheureux, soigner les malades, visiter les prisonniers…** Alors, Jonas, on t’embauche ?



*Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, ch. 5, v. 15
** Voir l’Évangile selon saint Matthieu, ch. 25, v. 34-36




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 17 Fév 2018 - 19:57




• Plonger pour être relevé : le baptême •


En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ.

Lettre de Saint Paul aux Galates, chapitre 3, verset 27





Lorsqu'ils étaient baptisés, les premiers chrétiens étaient entièrement plongés dans l'eau. Cette tradition continue dans la cathédrale d'Evry où Louise et Hélène ont reçu le baptême. Dans ce premier volet de notre série sur les 7 sacrements, elles témoignent avec Laurence de la grâce du premier des sacrements.[/color]



Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.





• CARÊME 2018 : Du désert à Jérusalem •




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 18 Fév 2018 - 18:44




• En pays de dissemblance •


Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. »

Livre de la Genèse, chapitre 1, verset 26


Pour aller plus loin avec la Parole

Le Seigneur a créé l’homme en le tirant de la terre, et il l’a fait retourner à la terre. Il a donné aux humains des jours comptés, un temps déterminé, il a remis en leur pouvoir ce qui est sur la terre. Il les a revêtus d’une force pareille à la sienne, il les a faits à son image.

Il a mis en tout vivant la crainte de l’être humain, pour que celui-ci commande en maître aux bêtes sauvages et aux oiseaux.

Les humains ont reçu du Seigneur l’usage des cinq sens ; il leur a donné en partage un sixième sens, l’intelligence, et un septième, la parole, qui permet d’interpréter ses œuvres. Aux humains il a donné du jugement, une langue, des yeux, des oreilles, et un cœur pour réfléchir. Il les a remplis de savoir et d’intelligence, il leur a fait connaître le bien et le mal.



Livre de Ben Sira le Sage ch. 17, v. 1-7


Méditation

Dieu a créé l’homme à son image, c’est la Bible qui le dit. En un peu moins beau tout de même, ai-je souvent envie d’ajouter en écoutant les informations. À travers ses guerres, sa violence, son égoïsme, l’homme ne donne pas toujours à voir en lui la face resplendissante de Dieu.

En nettement moins beau, décidément, me dis-je en secouant la tête devant mon miroir. Car si je me sens loin, Dieu merci, des criminels ou des bourreaux qui peuplent les journaux, je ne suis pas bien sûr de refléter beaucoup mieux son visage.

Il y a mon péché, qui m’humilie à force de répétition ; il y a mes petites mesquineries, mon horizon trop étroit, que je ne sais pas élargir ; il y a ma résignation, surtout, à n’être pas un saint, mon manque d’envie, parfois mon découragement. Rien de bien dramatique, sans doute. Mais je suppose que Dieu est autrement plus présentable. « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance », avait-il dit ; pourtant, si je sens bien qu’il y a en moi quelque chose de plus grand que moi, quelque chose de divin, je constate également que bien souvent, je ne suis pas à la hauteur.

Cette dissonance en moi, des théologiens anciens l’ont expliquée ainsi : dans notre chute, nous avons conservé en nous l’image de Dieu, mais nous avons perdu la ressemblance. Nous laisser relever, cela consiste justement à retrouver cette ressemblance. Car en la perdant, je me suis perdu moi-même. « Cela ne me ressemble pas », c’est ce que je dis quand j’ai fait quelque chose dont j’ai honte.

Et parfois, j’ai l’impression de ne plus tellement me ressembler.

C’est pour cela que le Christ, en ce début de carême, nous invite à le suivre au désert. Pas pour fuir les hommes, encore moins pour me fuir moi-même, mais pour retrouver les chemins de l’intimité avec Dieu, le temps passé à écouter sa parole ou simplement à être avec lui dans tout ce qui occupe mon quotidien.

Car c’est cette intimité qui me rendra cette ressemblance, comme deux vieux amis qui n’ont pas du tout les mêmes traits, mais qui finissent par partager, après des années de familiarité, le même inimitable sourire.




Frère Adrien est entré chez les dominicains en 2007. Il a publié plusieurs ouvrages et vit depuis 5 ans au couvent du Caire où il est membre de l'Institut dominicain d'études orientales (Idéo). > En savoir plus



















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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 19 Fév 2018 - 19:09




• À mon image •


Petits enfants, gardez-vous des idoles.

Première lettre de saint Jean, chapitre 5, verset 21


Pour aller plus loin avec la Parole

Alors, le Seigneur vous a parlé du milieu du feu ; le son de ses paroles, vous l’entendiez, mais vous n’avez vu aucune forme ; rien qu’une voix ! Il vous a révélé son Alliance, les Dix Paroles qu’il vous a ordonné de mettre en pratique. Et il les a écrites sur deux tables de pierre. Et à moi, en ce temps-là, le Seigneur ordonna de vous enseigner les décrets et les ordonnances, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez passer pour en prendre possession.

Prenez bien garde à vous-mêmes : vous n’avez vu aucune forme le jour où le Seigneur vous a parlé à l’Horeb du milieu du feu. N’allez pas vous corrompre en vous fabriquant une idole, une statue de quelque forme que ce soit, représentant homme ou femme, bête qui marche sur la terre, oiseau qui vole dans le ciel, bestiole qui rampe sur le sol, poisson qui vit dans les eaux sous la terre.

Prends garde lorsque tu lèves les yeux vers le ciel et que tu vois le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des cieux ! Ne te laisse pas égarer, ne te prosterne pas devant eux pour les servir.

Ceux-là, le Seigneur les a donnés en partage à tous les peuples qui sont sous le ciel. Tandis que vous, le Seigneur vous a pris et fait sortir de l’Égypte, cette fournaise à fondre le fer. Il vous a pris pour que vous deveniez son peuple, son héritage, comme vous l’êtes encore aujourd’hui.



Deutéronome ch. 4, v. 12-20


Méditation

J’avais seize ans lorsque je décidai de faire ma première retraite, seul, dans une abbaye où je ne connaissais personne. J’avais seize ans, et des idées tranchées – sur la politique, la beauté, le sens de la vie – comme on peut n’en avoir qu’à cet âge ; Dieu était, me semblait-il, la clef de voûte de ces convictions. Ce que ces jours de silence me firent voir, c’est que Dieu n’acceptait pas de jouer le rôle que je lui réservais.

Il refusait de n’être qu’un concept, une idée ou le garant de mes certitudes. Non que ces convictions fussent fausses (il y en a beaucoup auxquelles, vingt ans plus tard, je n’ai pas renoncé), mais Dieu m’invitait à une aventure autrement plus exaltante que la clôture de mon système : commencer à connaître le Dieu Vivant.

Et la première étape, dont je ne suis jamais tout à fait sorti, c’était d’abandonner le Dieu que j’avais fabriqué à mon image.

Car il est tentant, si je peine à ressembler à Dieu, de faire en sorte que lui me ressemble. La Bible appelle cela l’idolâtrie. Il ne s’agit pas seulement des cultes des sociétés anciennes qui adoraient des statues, ni même du risque d’idolâtrer l’argent ou le dernier smartphone.

Il s’agit bien plus souvent de la tentation d’avoir un Dieu qui me ressemble, de droite, de gauche, amateur de football ou de chant grégorien, qui vient simplement rehausser de son prestige divin mes opinions...

Retrouver la ressemblance avec le Dieu Vivant, c’est d’abord accepter de faire silence, d’abandonner mes tentatives de m’approprier Dieu pour me mettre à son écoute, et accepter de me laisser surprendre.





Frère Adrien est entré chez les dominicains en 2007. Il a publié plusieurs ouvrages et vit depuis 5 ans au couvent du Caire où il est membre de l'Institut dominicain d'études orientales (Idéo). > En savoir plus







Tableau de René Magritte-Clairvoyance-1936







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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 20 Fév 2018 - 12:42




• Gardien de la porte ouverte •


Alors Dieu prononça toutes les paroles que voici : “Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.“

Livre de l’Exode, chapitre 20, versets 1 et 2


Pour aller plus loin avec la Parole

Il a voulu nous engendrer par sa parole de vérité, pour faire de nous comme les prémices de toutes ses créatures. Sachez-le, mes frères bien-aimés : chacun doit être prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère, car la colère de l’homme ne réalise pas ce qui est juste selon Dieu.

C’est pourquoi, ayant rejeté tout ce qui est sordide et tout débordement de méchanceté, accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion.

Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était. Au contraire, celui qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s’y tient, lui qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi.



Lettre de Saint Jacques Apôtre ch.1,v.18-25


Méditation

« Il se prend pour Dieu le Père, celui-là ! » En général, quelqu’un qui se comporte comme s’il était Dieu n’est pas très agréable à fréquenter : il abuse de son autorité et donne des ordres à tout le monde. Il est vrai que Dieu aussi nous a donné des commandements – comme les fameux « Dix commandements ».

Est-ce en cela que nous devrions lui ressembler ?
Il est utile de remarquer que, dans cette page célèbre, Dieu commence par se présenter : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » Avant d’être le Dieu qui commande, il est le Dieu qui libère.

Il ne lance pas ses commandements à la cantonade, à n’importe qui : il s’adresse au peuple qu’il vient de faire sortir de l’esclavage. Cela donne le sens de ces commandements :

nous maintenir dans cette liberté et nous éviter une servitude bien plus impitoyable que l’esclavage de Pharaon – celle du péché. Tous les pécheurs voient de quoi je parle : trop souvent, l’habitude, la colère, mon envie du moment, me font agir autrement que je le voudrais. Personne ne me contraint, et pourtant je ne fais pas ce que je veux profondément. Il n’est pas si facile d’être libre.

Dieu refuse aussi bien de s’en laver les mains, sous prétexte de respecter notre liberté, que de vouloir à notre place. Il choisit de nous aider à être nous-mêmes, à le vouloir vraiment. Retrouver la ressemblance avec le Dieu du Sinaï, c’est, dans mon couple, ma famille, mes amitiés, ma communauté, dans la société, me faire le gardien de la liberté de l’autre, du mystère de l’autre, du mystère qu’est l’autre.





Frère Adrien est entré chez les dominicains en 2007. Il a publié plusieurs ouvrages et vit depuis 5 ans au couvent du Caire où il est membre de l'Institut dominicain d'études orientales (Idéo). > En savoir plus













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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 21 Fév 2018 - 16:57




• En pause •


Le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour.

Livre de l’Exode, chapitre 20, versets 1 et 2


Pour aller plus loin avec la Parole

« Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »

Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »



Marc 2, 9-12


Méditation

La première fois, dans la Bible, que Dieu nous demande d’agir comme lui, c’est pour nous dire de l’imiter dans ce qu’il a pourtant de plus inimitable : sa fonction de Créateur ! Heureusement, il ne nous demande pas de créer à notre tour le ciel et la terre, le soleil et les étoiles, les musaraignes et les ornithorynques. Pour nous, ressembler au Créateur, c’est accepter de nous reposer, comme il s’est reposé au septième jour d’après le livre de la Genèse.

Bonne nouvelle pour les paresseux du monde entier !

Et pourtant, les chrétiens ne se sentent en général guère concernés par ce commandement, qui nous dit cependant quelque chose d’essentiel : créer, ce n’est pas produire. Produire, nous savons bien ce que c’est : on ne cesse de nous demander de produire, et quand nous n’en sommes plus capables, quand nous ne participons plus à la chaîne, on nous considère bien vite comme inutiles.

On sait combien ce processus peut devenir déshumanisant, quand il prend toute la place. On moquait jadis la routine citadine « métro – boulot – dodo », mais on est plutôt heureux aujourd’hui quand on a un emploi, que le métro fonctionne et que les inquiétudes ne font pas fuir le sommeil. Créer implique bien autre chose : non pas nier les nécessités économiques qui nous font vivre, mais savoir leur poser une limite, qui permet de ne pas en être esclave, qui permet d’en rester le maître et d’y trouver un sens.

Retrouver la ressemblance avec le Dieu Créateur, c’est, comme lui, savoir cesser de faire pour commencer à être.




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




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Les temps modernes de Charlie Chaplin - 1936







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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 22 Fév 2018 - 18:11




• Inimitable •


Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 12


Pour aller plus loin avec la Parole

Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. »

En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.



Évangile selon saint Jean ch. 7, v. 37-39


Méditation

Ce commandement de Jésus n’est pas seulement le plus célèbre ou le plus important ; il peut être aussi le plus décourageant. L’amour est une excellente chose, tout le monde est bien d’accord là-dessus, jusqu’aux chansons qui passent à la radio et aux unes des derniers magazines. Il n’est pourtant pas certain qu’on puisse en faire l’objet d’un commandement. Et surtout, il y a ce petit ajout de Jésus : « Comme je vous ai aimés. » Faut-il donc, pour être chrétien, imiter Dieu jusqu’à ce point ? Car comment nous a-t-il aimés ?

À moins de comprendre que « comme je vous ai aimés » a un sens bien plus fort que celui d’un modèle ; c’est l’indication de la source où aller puiser un amour toujours nouveau. « Comme je vous ai aimés », c’est-à-dire avec l’amour que je vous donne, avec l’amour dont je vous aime. Si vous ne savez pas comment aimer les autres avec les ressources de votre cœur trop étroit, venez vous servir dans mon cœur à moi, venez vous servir dans mon amour. Aimez, parce que vous êtes aimés. Jésus ne nous donne pas ce commandement sans nous donner, en même temps, le moyen de l’accomplir : cet amour dont il nous aime, cet amour qui est la présence même de Dieu en nous.

Retrouver la ressemblance avec le Dieu d’amour, c’est commencer par accepter de me laisser aimer.




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 23 Fév 2018 - 17:54




• En trois dimensions •


Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.

Livre du Lévitique, chapitre 19, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.

En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.

Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.



Lettre aux Hébreux ch. 4, v. 12-16


Méditation

« Sainteté ! Que de saints sont ratés en ton nom ! »*, se désolait Madeleine Delbrêl, grande figure spirituelle du XXe siècle. C’est que cette sainteté peut être le lieu d’un grand malentendu. Pour beaucoup, l’objectif semble trop ambitieux, parce qu’il suppose qu’il faut pour cela réaliser d’inaccessibles miracles. Mais il peut aussi sembler un peu inquiétant : s’il s’agit d’être parfait, sans défaut, n’allons-nous pas finir comme des saints de vitrail qui n’existent qu’en deux dimensions, des visages impersonnels, des personnalités bien lisses et un peu transparentes ?  

C’est qu’on fait de la sainteté une forme de perfection, un idéal de pureté qui n’a plus grand-chose à voir avec la réalité de notre vie. Et qui n’a pas grand-chose à voir non plus avec la véritable sainteté.

Car la sainteté chrétienne n’est rien d’autre que la vie avec Dieu, c’est-à-dire l’entrée de Dieu dans ma vie concrète, avec ses chagrins d’amour et ses allergies au poil de chat, ses espoirs de promotion et ses tartes aux pommes réussies, ses cris d’enfants et sa solitude.

C’est la joie de la présence de Dieu que rien ne peut nous ravir. Partager la sainteté de Dieu, ce n’est rien d’autre que partager sa joie. Il n’y a pas de raison pour que cette joie m’empêche d’être moi-même : au contraire, si ma vie n’est pas ma vie mais une espèce de rêverie éthérée, elle ne peut plus exister. La ressemblance avec le Dieu crucifié ne se fait pas au prix de l’effacement de mes propres traits, car retrouver la ressemblance, à la suite des saints, c’est laisser le sourire de Dieu illuminer mon visage.



* Alcide



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 24 Fév 2018 - 16:58




• Confirmé dans l'Esprit •


Jésus souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

Évangile selon saint Jean chapitre 20, verset 22





Florian Boucansaud était au sommet de la gloire quand l'Esprit Saint a frappé à sa porte. Et quand l'Esprit de Dieu nous saisit, notre vie en est bouleversée. C'est ce qui est arrivé à Florian. Il témoigne pour nous dans ce film sur la confirmation.[/color]




Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.






• Semaine témoignage •


Après le frère Adrien Candiard, six personnes ont accepté de donner un témoignage personnel. Ce qui les relie : le Christ. Ces hommes et ces femmes ont été relevés, chacun à leur manière, par la présence en leur vie du Ressuscité. Présence dont il leur faut témoigner.


Audrey est une fidèle de Retraite dans la Ville. “La Parole m’a rendu la parole,” dit-elle, et l’écriture est le moyen d’essayer de la partager.



Florence est membre de l’Association pour l’Amitié (APA). Elle vit ainsi en colocation solidaire, avec des personnes qui étaient sans domicile fixe. Au coeur de son action : la lutte contre l’exclusion par la rencontre et la vie partagée.



Soeur Hubert-Dominique  appartient à la Congrégation Romaine de Saint Dominique, petite communauté de trois religieuses établies à Saint-Leu – Saint-Gilles, église ouverte en plein coeur de Paris, rue Saint-Denis.


François a connu la prison. Libéré, il témoigne aujourd’hui de la rencontre qui a retourné sa vie.



Le Cenacolo est une communauté, véritable école de vie, qui accueille des jeunes en situation d’addiction et souvent marginalisés. C’est là que Killian a retrouvé le sens de la sienne.



Camille appartient à la fraternité Lazare de Béthanie, inspirée par la vie du père Lataste, dominicain. Ses membres se veulent preuve vivante que le pardon, l’espérance et la vie fraternelle sont toujours possibles quel que soit le passé.








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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 25 Fév 2018 - 18:19




• Le monde est stone •


Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Évangile selon saint Marc, chapitre 9, verset 8


Pour aller plus loin avec la Parole

Tu as vu la misère de nos pères en Égypte, tu as entendu leurs cris près de la mer des Roseaux.

Tu as fait des signes et des prodiges contre Pharaon, contre tous ses serviteurs et tout le peuple de son pays, car tu connaissais leur arrogance envers nos pères.

Tu t’es fait un nom qui est toujours le tien. Devant eux tu as ouvert la mer, ils sont passés à pied sec au milieu de la mer.

Tu as repoussé leurs poursuivants dans les flots comme on jette une pierre dans les eaux impétueuses.

Tu les guidais le jour par une colonne de nuée, la nuit par une colonne de feu pour éclairer le chemin qu’ils devaient prendre.

Tu es descendu sur le mont Sinaï et, des cieux, tu leur as parlé ; tu leur as donné des ordonnances justes, des lois sûres, de bons décrets et commandements ; tu leur as fait connaître le sabbat, que tu as consacré, tu leur as prescrit des commandements, des décrets et une Loi par ton serviteur Moïse.

Quand ils ont eu faim, tu leur as donné le pain venu du ciel ; quand ils ont eu soif, tu as fait jaillir l’eau du rocher.

Tu leur as dit d’aller prendre possession du pays que tu avais fait serment de leur donner.



Livre de Néhémie ch.9, v.9-15


Méditation

Le monde est stone, pierre qui parfois broie la vie des enfants. Emmurée dans ce silence où j’avais trop crié, j’étais écrasée par ce poids de honte de n’avoir jamais pu, jamais su me défendre. M’étendre sur le sol et mourir, il ne restait que cela. Sans plainte, sans révolte. Simplement m’éteindre, reposer, enfin. J’avais treize ans.  

« Tandis qu’en moi mon âme défaillait, je me suis souvenu du Seigneur. »* Mon regard, qui se lève du sol, se pose sur la crèche de Noël, et cette certitude alors : je n’ai pas le droit. Pas le droit de céder à la mort où tout menait, m’enserrant comme un filet. Dieu, là. Son regard dans le mien, présence qui échappe à tout mot, désarme la mort, repousse le néant. Je ne comprends pas, mais c’est assez pour reprendre le chemin.

Les années passent. Les murs du silence confinent la vie, à la fois protègent et emprisonnent. Et ces chaînes aux pieds, que mon regard ne veut, ne peut pas voir. « Mais tu veux au fond de moi la vérité. »** Tu le veux par amour pour moi, Seigneur. Cette vérité, c’est toi.

Rencontre vivante, intime fulgurance dans le temps arrêté. « Il a fendu le rocher : les eaux ont ruisselé ! »*** Et soudain, la chair sait en cette faim de Dieu qui la prend au corps, ce qu’elle a toujours confusément cherché. Instant de grâce où tout est donné.

Et une vie pour le déployer. Rouvrir la blessure, présenter à Dieu cette douleur nue, intacte, plaie béante qu’effleure son infinie tendresse. Et la grâce de la confiance donnée, le silence brisé, la honte enlevée d’être dite. Les murs tombent, pierres roulées, et la vie qui inonde, les larmes et la joie. S’engager avec Dieu sur les chemins du passé, du pardon libérateur, comme en Terre promise.

Et puis un jour, regarder en arrière en toute douleur et voir le Christ là, seul, à mes côtés. Expérience de transfiguration, bouleversante, qui saisit l’être tout entier, où l’on sait que seul, on ne l’a jamais été. Ma vie à sa lumière. Elle abolit les comment, les pourquoi. Présence qui seule fait sens. Dieu, mon rocher.



*Livre de Jonas ch.2, v. 8
** Psaume 50 v. 8
***Livre d'Isaïe ch. 48, v. 21








Audrey
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 26 Fév 2018 - 16:36




• Manucure, un langage d’amour •


Jésus étendit la main et le toucha.

Évangile de saint Luc chapitre 5, verset 13


Pour aller plus loin avec la Parole

Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »

Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »

Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.



Évangile de saint Marc ch.5, v.38-43


Méditation

Matin d’hiver, Romane* arrive toute fragile dans notre colocation solidaire. Elle a connu la grande précarité, le rejet. Ses souffrances physiques – elle marche avec des béquilles – et psychiques sont abyssales. C’est une battante. Elle force mon admiration tant elle met de joie dans notre maison. Le temps passe, mais difficile d’approcher cet être si blessé. Souvent, elle m’interpelle, me renvoie à mes yeux scotchés à mon téléphone, sa manière de me dire : « J’ai besoin de toi. »  

Un jour, elle souhaite que je lui mette du vernis à ongles ! Surprenante demande – anodine, voire futile ? – je m’exécute. Elle me tend ses mains toutes frêles. Je peux enfin les toucher. Moment de grâce. C’est moi qui suis touchée. Elle m’a permis de l’approcher.

Notre relation bascule vers une amitié profonde. Je mesure l’immensité de ce cadeau… Peu après, son état de santé dégringole. Dure décision à prendre, pas d’alternative : je demande une hospitalisation en psychiatrie. Durant deux années, je vais la voir dans ce lieu éprouvant. Avais-je pris la bonne décision ? Romane sort enfin. Relevée. Des pardons réciproques sont donnés. Elle me dit : « Merci d’avoir fait ça pour moi. » Je réalise alors à quel point Romane m’a fait grandir : la charité n’est pas tiède, mièvre ; elle est parfois radicale.

Cinq ans plus tard, notre amitié continue. Romane m’apprend à saisir les petites bulles de joie du quotidien, à vivre dans une relation ajustée, à poser des actes de foi. Et puis simplement être là.




* Le prénom a été modifié.



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




Florence Guéry
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 27 Fév 2018 - 17:04




• Porte ouverte •


Venez et discutons – dit le Seigneur

Livre d'Isaïe chapitre 1, verset 18


Pour aller plus loin avec la Parole

On m'a poussé, bousculé pour m'abattre ; mais le Seigneur m'a défendu. Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; il est pour moi le salut. Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes : « Le bras du Seigneur est fort, le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! »

Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur : il m'a frappé, le Seigneur, il m'a frappé, mais sans me livrer à la mort. Ouvrez-moi les portes de justice : j'entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. « C'est ici la porte du Seigneur : qu'ils entrent, les justes ! »

Je te rends grâce car tu m'as exaucé : tu es pour moi le salut. La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle : c'est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.

Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne, Seigneur, donne la victoire !



Psaume 117, v.13-25


Méditation

Paris. Une porte vitrée pas tout à fait comme les autres dans cette rue aux commerces si divers, aux nombreux passants. Porte ouverte. Ici, rien à vendre, rien à acheter. Pourquoi entrer ? À l’intérieur, un espace paisible qui contraste avec le bruit de la ville ; un homme couché sur une banquette, un autre prostré au fond, une femme semble goûter la paix de ce lieu. Une église dans la rue des sex-shops. Pourquoi entrer ? Quelqu’un t’attend et dit : « Venez et discutons. » Oui, viens, faisons un brin de causette. Dépose ce fardeau trop lourd que tu traînes comme un boulet. Parle-moi de toi.  

Un jour, Larshen passe la porte, son sac sur le dos. Ce sac, c’est toute sa maison. Il a une petite bible. Sans doute certains textes l’ont-ils marqué plus que d’autres. Maintenant, il veut aller plus loin dans la foi.

Le curé me confie sa préparation au baptême. Drôle d’aventure ! Les premières séances sont houleuses. Mais peu à peu l’amitié se creuse. Au fil des semaines, je me laisse enseigner par Larshen. L’Évangile n’est pas affaire de théorie, mais de rencontre ; quand Jésus ouvre la porte, nul ne peut la refermer*.

Qu’il est important de trouver quelqu’un qui accueille sans a priori. De découvrir que je suis attendu, non pas jugé, mais aimé, sauvé. De pouvoir alors commencer un chemin de confiance. Tant d’histoires uniques, comme celle de Larshen, où l’on vérifie la parole de Jésus : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, la vie en surabondance. »**

Saurons-nous rester signe de celui qui dit : « je suis la porte » et qui nous invite à entrer ?




* Livre d'Isaïe ch.22, v.22 et Actes des apôtres ch. 3, v.7
** Évangile selon st Jean ch. 10, v10.




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




Soeur Hubert Dominique
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 28 Fév 2018 - 12:30




• C’était le destin •


Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.

Évangile selon saint Matthieu chapitre 6, verset 24


Pour aller plus loin avec la Parole

Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.

Je suis le Seigneur, tel est mon Nom ; et je ne céderai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux idoles. Les événements passés, voici qu’ils sont arrivés.

Les nouveaux, c’est moi qui les annonce ; avant qu’ils ne germent, je vous les fais connaître.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, louez-le des extrémités de la terre, gens de la mer et tout ce qu’elle contient, les îles avec leurs habitants.

Qu’ils poussent des cris, les déserts et leurs villes, les campements où réside Qédar !

Qu’ils jubilent, les habitants de Séla, qu’ils acclament du sommet des montagnes !

Qu’ils rendent gloire au Seigneur, qu’ils publient dans les îles sa louange !



Livre d'Isaïe ch.42, v.6-12


Méditation


J’avais confié 40 000 euros que j’avais gagnés avec du trafic de stupéfiants à un ami pour qu’il les garde pendant ma détention préventive, mais il m’a balancé et a gardé l’argent. Pour ma part, j’ai pris six ans fermes. Une fois ma colère apaisée, ces événements m’ont permis de réfléchir. Jusque-là, ma vie était totalement axée sur l’argent. Mais j’étais au fond d’un gouffre, fait de trafic, de manipulations, de tricheries et d’argent sale. Je me suis rendu compte qu’en fait l’argent ne mène à rien. 

Un soir que je priais vraiment dans ma cellule, la grâce est comme tombée sur moi. Pendant deux à trois jours, je sentais même physiquement que quelque chose se passait en moi. C’était trop beau, le mal en moi semblait disparaître pour être transformé en amour. Depuis, c’est une évidence pour moi. Dieu est là et il veille sur moi.

Encore maintenant, plusieurs années après, je peux repenser à ce moment précis quand ça va moins bien. Je ne pouvais pas garder ce relèvement pour moi, j’ai essayé de faire profiter au mieux mes codétenus de ce cadeau reçu.

Dans mon entourage, quand quelqu’un se retrouvait en prison, on disait que c’était le destin. Mais je sais aujourd’hui que cela est faux. J’ai pu comprendre que chacun a de vrais choix à faire dans sa vie et des responsabilités à prendre. « Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie. »* Notre destin n’est pas préétabli. C’est nous qui le forgeons. Avec l’aide de Dieu, si nous le voulons.




* Livre du deutéronome ch. 30, v. 19



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




François
Il a connu la prison. Libéré, il témoigne aujourd’hui de la rencontre qui a retourné sa vie. > En savoir plus







Tableau de Marius van Reymerswale "Echevin et sa femme" 1538






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Lumen
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 1 Mar 2018 - 12:20




• Médicament de l’autre •


Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé.

Lecture de saint Paul Apôtre aux Romains chapitre 5, verset 20


Pour aller plus loin avec la Parole

Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.

Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.



Livre des Actes des Apôtres, ch. 2, v. 42-47


Méditation


Une enfance compliquée entre parents séparés, dialogues inexistants, et questions sans réponses qui mène à un sentiment d’abandon et de solitude. Situation banale dans le monde actuel. Mais au milieu de tout cela, un enfant en quête de bonheur. 

En grandissant, forgé par les mauvaises décisions et les erreurs de parcours, me voilà lancé sur l’autoroute du faux bonheur. Illusion qui semble remplir un vide. Petit à petit, l’autoroute se transforme en impasse. La drogue, souvent. Descente dans l’obscurité. Est-ce la fin ?

Dans la nuit, une main se tend. Je n’avais presque plus de volonté. Poussé par mes proches, j’arrive au Cenacolo. J’y rencontre des gens qui ont les mêmes problèmes que moi et qui ont trouvé la force de changer.

On y travaille dur – potager, foins, maçonnerie – mais jamais seul. On s’entraide gratuitement. Des amitiés vraies se nouent ; on se découvre médicament de l’autre. On prie souvent. Peu à peu, je m’engage dans la prière par une réponse personnelle.

Dans le regard de mes proches, je découvre que je change : caractère, rapports avec ma famille, manière de m’exprimer, de me comporter. Ma volonté s’affermit. « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. »

Au milieu de rien, l’espoir est né. Quelle est cette main qui m’a relevé ? On peut l’appeler foi, prière, ou encore providence. Moi, je préfère l’appeler Dieu. Il a entendu mon cri de désespoir, et y a répondu. Un passage difficile, des épreuves, des doutes, des luttes... pour au final atteindre le but initial : le bonheur, le bonheur vrai.




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




Killian
Il vit dans une communauté du Cenacolo, qui accueille des jeunes en situation d’addiction et souvent marginalisés. > En savoir plus












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Raphaël de l'Enfant Jésus
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 3 Mar 2018 - 1:20





• Miséricorde dans ma chair •


Pose-moi comme un sceau sur ton cœur.

Cantique des cantiques chapitre 8, verset 6


Pour aller plus loin avec la Parole

Sur mon lit, la nuit, j’ai cherché celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville, par les rues et les places : je chercherai celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé.

Ils m’ont trouvée, les gardes, eux qui tournent dans la ville : « Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? »

À peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon âme désire : je l’ai saisi et ne le lâcherai pas que je l’aie fait entrer dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m’a conçue. Lui : Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles, par les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour, avant qu’il le veuille.



Cantique des cantiques ch. 3, v. 1-5


Méditation


Il m’a relevée, il m’a fait renaître. Le Vivant est descendu aux racines de mon être. Là où personne ne pouvait aller, en ce lieu profond il m’a rencontrée. J’avais perdu les clefs de ma vie, comment user de ma liberté ? J’étais née, j’avais grandi, marché sous le soleil, puis l’orage et la pluie. Nuit. Un silence sur ma vie. Sortir, questionner le monde, rassembler les âges et les années, interroger la science, les mages et les sorciers… « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » « Je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. »* Être brûlée du désir de la vérité, et parfois mourir de ne pas trouver… J’ai soif et je crie : « Qui pourra abreuver celle que le monde entier ne saurait combler ? »

Silence… Puis là, derrière mon mur, une présence. Un prêtre prononce sur moi le nom inconnu de Jésus.

Les cieux se déchirent, ma tête se relève, la grâce m’enivre, je me retrouve à terre. Mes larmes dans la poussière. Jésus me libérant de l’enfer. L’abîme de ma soif rencontre l’abîme de sa passion. Miséricorde dans ma chair.

Fille de la nuit et de ses adeptes, je deviens épouse du Christ et de ses préceptes. Pécheresse devenue princesse. Ma vie un soir dans les poubelles, le lendemain déposée sur l’autel, Jésus est passé. Il m’a relevée.

À 18 ans je reçois le baptême. Résurrection. Feu sur ma vie. Confirmation. Dieu vivant en moi. Vivre en lui. Toujours. Chanter pour mes frères. Ceux qui sont dans les épines, les fers, les rues, la glace. Solidaire du péché et de la grâce. Dans l’abîme comme dans la gloire, le louer, ne jamais perdre espoir. Dieu plus fort que la mort. Sa miséricorde régnera pour l’éternité !**



* Cantique des cantiques, ch. 3, v. 2-3
** chant : Saint est le Seigneur de Henri





Camille
Elle appartient à la Fraternité de la résurrection de Lazare de Béthanie. Une communauté inspirée par la vie du père Lataste, dominicain. > En savoir plus











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Raphaël de l'Enfant Jésus
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 3 Mar 2018 - 18:39




• Le repas du Seigneur •


Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi.

Évangile selon saint Luc, chapitre 22, verset 19





Parce que Jésus l'a demandé, depuis près de 2000 ans, des hommes et des femmes célèbrent le dernier repas de Jésus. Dans le quartier de Moulins à Lille, Pierre et Lydie vivent de ce mystère de l'Eucharistie et nous partagent leur expérience.




Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.



Dès demain retrouver : Frère Gabriel Nissim




Pour cette troisième semaine de carême, le frère Gabriel NISSIM du couvent du Saint-Jacques à Paris nous invite à nous regarder autrement, nous-même autant que les autres : comme un temple saint de Dieu.

Frère Gabriel, dans tes méditations, tu parles d’une humanité en ruine. Qu’est-ce qui te donne de l’espérance en une humanité reconstruite ?


Je suis émerveillé par tant de gens qui ouvrent les yeux sur les autres et se mobilisent, comme ces parents d’une école lyonnaise qui ont refusé que des camarades d’école de leurs enfants soient contraints de vivre dans la rue. Il y a, ici et ailleurs, une générosité formidable, toute simple et quotidienne. L’Esprit saint est là !

Tu es engagé au sein de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Qu’est-ce qui te marque le plus dans l’action de cette association ?

La fraternité et la fidélité ! Une fraternité palpable quand nous nous retrouvons qui en fait une vraie communauté chrétienne – un « temple saint de Dieu ». Une fraternité avec les victimes que nous défendons, que nous accueillons. La fidélité de tant de nos membres qui, depuis vingt ou quarante ans parfois, se battent pour ces victimes de la cruauté déshumanisante et de la peine de mort – et prient aussi pour les bourreaux.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

Ce sont la lumière et la beauté qui me rendent courage quand je ne tiens plus le coup. L’amitié plus encore. J’ai besoin du témoignage concret que, malgré tout ce que souffre l’humanité, le soleil est là, que la lumière est déjà parfois plus forte que les ténèbres : « la lumière s’est levée dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pu l’arrêter ».









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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 4 Mar 2018 - 18:43




• Le temple de mon corps •


« Détruisez ce sanctuaire, en trois jours je le relèverai »
Jésus parlait du temple de son corps.


Évangile selon saint Jean, chapitre 2, versets 19-21


Pour aller plus loin avec la Parole

Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches.

Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père. Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.

En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens ch. 2, v. 17-22


Méditation


En voyant une petite église en ruine dans la campagne près d’Assise, François se sentit appelé à la relever. Puis, allant bien plus loin, avec tous les compagnons, frères et sœurs qui se joignirent à lui, il voulut relever l’Église. Une vision nous le montre avec Dominique, en train de soutenir les murs croulants de l’Église de son temps.

Notre humanité en ruines : il n’y a pas d’autre mot quand nous voyons ce que souffrent tant de nos contemporains, tant d’enfants en particulier. Une humanité, sanctuaire de Dieu, en ruines. Notre humanité faite pour la fraternité. Notre humanité faite pour l’amour, mais qui adore l’idole du chacun-pour-soi, qui se vend à l’argent-roi. Le sanctuaire de Dieu est détruit.

Comment le relever ? Comme le Christ a relevé le sanctuaire de son corps. Son corps humain était un sanctuaire, parce qu’il était rempli d’amour, jusque dans la mort. Aussi, Dieu l’a relevé du tombeau, et c’est cela que nous fêterons bientôt à Pâques. De la même manière, il veut relever notre humanité tout entière comme sanctuaire de Dieu à partir de notre corps à chacun, de notre être intime, s’il se laisse habiter par l’amour.

C’est en toi, en moi, que Dieu veut faire son sanctuaire par l’Esprit de sainteté, l’Inspiration de l’amour.

Nos églises sont des sanctuaires, la sainteté de Dieu y est réellement présente en ce que nous y partageons fraternellement une seule et même nourriture : le repas du Seigneur. Un vrai repas, où chacun a sa place, où chacun est nourri du corps du Christ ressuscité, relevé. Nous partageons un seul pain, son corps : c’est le partage qui est le lieu de l’amour. Pas d’autre moyen de relever le sanctuaire que nous sommes chacun : nous partager nous-mêmes fraternellement les uns aux autres. C’est bien ce que nous essayons de réapprendre durant le carême.

Telle est la force avec laquelle Dieu nous relève : la force de l’amour réel, vrai. Un amour qui partage sa sainteté. Pour que nous soyons saints comme lui est saint. Pour que peu à peu l’humanité devienne son sanctuaire – rien de moins !




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




Frère Gabriel Nissim
Frère Gabriel est entré dans l'Ordre des Prêcheurs en 1955. Il a vécu longtemps en Afrique et est actuellement engagé à l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture). > En savoir plus












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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 5 Mar 2018 - 12:26




• Chez le cardiologue •


Il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.

Psaume 146, verset 3


Pour aller plus loin avec la Parole

Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux.

Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »

Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »



Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens ch. 2, v. 17-22


Méditation


Quand on est sérieusement malade, il faut d’abord accepter d’aller voir un médecin. C’est son travail de trouver le traitement adapté. Il nous faudra peut-être beaucoup de temps pour retrouver nos forces, pour nous tenir debout, mais la condition c’est de se faire soigner. Telles sont toutes les maladies de cœur, physiques comme spirituelles. Or, le Christ est bon cardiologue. Il n’est pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades et les pécheurs.

Malades : notre être peut souffrir de maladie grave, par exemple quand la vie nous a blessés de violences qui ont laissé en nous leurs traces. Ou tout simplement parce nous n’arrivons pas à maîtriser nos défauts naturels. Pécheurs aussi : quand, délibérément (c’est la différence entre faute et péché), nous choisissons de faire du mal à quelqu’un, ou, plus grave, quand nous refusons de faire le bien dont nous serions tout à fait capables, quand nous refusons de mettre en œuvre notre réel talent à aimer.

Ce talent-là, Dieu l’a confié à chacune, à chacun, sans exception.

Mais que nous soyons malades ou pécheurs – tous nous le sommes à des degrés divers – c’est justement pour nous guérir que le Christ est venu.

Car aucun de nous n’a le cœur en bonne santé – en bonne sainteté. La santé du cœur humain, c’est la sainteté. Or, même les « saints » étaient et sont restés toute leur existence des pécheurs. Nous, c’est pareil. Il nous faut donc aller régulièrement chez notre cardiologue. Lui, le Christ, saura quel traitement nous donner. Un traitement permanent, pour que notre cœur batte au rythme de la sainteté.




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 6 Mar 2018 - 14:11




• Justice restaurative •


Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Évangile selon saint Luc, chapitre 23, verset 34


Pour aller plus loin avec la Parole

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.

S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.

Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.

En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »


Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »



Évangile selon st. Matthieu, ch. 18, v. 15-22


Méditation


Notre Père ne rejette jamais un cœur brisé et broyé. Il ne le pourrait même pas, tant il est « ému jusqu’aux entrailles », comme ce maître devant son serviteur écrasé par sa dette dans l’Évangile d’aujourd’hui*. Bien au contraire, il le relève et le laisse aller, libéré de ce fardeau. À ce serviteur alors de comprendre – prendre avec et en lui-même – cet appel à remettre les dettes à son tour.

Pardonner, ce n’est pas oublier : les cicatrices restent longtemps ouvertes et douloureuses. Pardonner, c’est reconstruire. D’abord soi-même, en ne se laissant pas détruire par le mal qui nous est fait – à l’exemple du Christ sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. ». Pardonner, aussi, afin que les autres ne restent pas écrasés par le poids de leurs fautes. Qu’ils se redressent, se relèvent. Qu’ils vivent.

Utopie ? Cela s’est passé en Afrique du Sud dans les commissions « Vérité et Réconciliation » après l’apartheid. De même dans la « justice restaurative », quand se rencontrent et arrivent à s’écouter des victimes et des coupables : admirable chemin de libération tant pour les uns que pour les autres qui leur permet de se « restaurer », de se relever.

Et quand nous pardonnons, en nous relevant les uns les autres, c’est le sanctuaire de Dieu qui est relevé, reconstruit en nous et entre nous. La sainteté nous habite et nous anime, faisant de nous le temple vivant où Dieu rayonne sa présence de vérité et de réconciliation. De nous, de chacun de nous.



*Évangile selon saint Matthieu, ch. 18, v. 27.



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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 7 Mar 2018 - 7:39




• La maison du bon Dieu •


Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.


Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, verset 17


Pour aller plus loin avec la Parole

« Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.



Évangile selon st. Matthieu, ch. 18, v. 15-22


Méditation


Quand on veut bâtir une maison, il est indispensable d’établir des plans qui traduisent notre projet et de bien connaître les lois qui régissent toute construction : lois de la pesanteur, de la résistance des matériaux, etc., sans quoi la maison ne tiendra pas.

Pour reconstruire en nous le sanctuaire que nous sommes, à la fois chacun et comme humanité, il y a des lois à observer. Les lois que Dieu nous donne n’ont pas pour but de tester notre obéissance, mais de faire tenir debout notre maison. Il ne s’agit pas tant d’obéir que d’accomplir. De faire aussi que notre maison personnelle puisse être la sienne : une demeure de Dieu parmi les hommes. De sorte que, petit à petit, l’humanité tout entière devienne une maison que Dieu habite.

Notre humanité en est bien loin. Ne m’arrive-t-il pas à moi aussi de contribuer à sa destruction au lieu de chercher à en relever les ruines ?

Mais le Christ, lui, ne se décourage pas : « Détruisez ce sanctuaire, je le relèverai ! »* Le Christ est venu « accomplir » la Loi. Cette Loi qui permet de construire notre vie et même façonner notre planète comme une maison où nous soyons heureux de vivre ensemble avec lui. La maison du bon Dieu ! Le Christ, lui, a bâti sa propre vie, son être, selon toutes les règles de l’art – de l’art de Dieu. Il est désormais la « pierre angulaire » : laissons-le-nous relever sur le fondement de cette pierre. Afin que « toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur »**.



* Évangile selon saint Jean ch. 2, v. 19
**Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch. 2, v. 20-21




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 8 Mar 2018 - 11:08




• Relever la parole •


Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler

Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 14


Pour aller plus loin avec la Parole

Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.

En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche.

Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Autrefois vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu ; vous n’aviez pas obtenu miséricorde, mais maintenant vous avez obtenu miséricorde.



Première lettre de saint Pierre Apôtre ch. 2, v. 4-10


Méditation


Il y a ceux qui ont droit à la parole, et tant d’autres qui n’ont qu’à suivre. Tant de « sans-voix » dans notre monde. Et nous-mêmes, tant de façons de dire : « Tais-toi ! » – plus ou moins poliment.

En Afrique, on a cette belle coutume de la « palabre ». Devant une décision à prendre, tous ceux qui sont concernés vont prendre la parole, et être écoutés silencieusement. Même si, à la fin, c’est un avis qui l’emporte sur les autres, la parole de chacun aura été prise en considération, personne ne sera resté sans voix.

Quand Jésus délivre le muet, il lui rend quelque chose qui est constitutif de son humanité. En même temps qu’il relève en lui la parole, il le relève dans sa dignité.

Dans notre société surmédiatisée, où ce sont toujours les mêmes qu’on nous fait écouter, qui relèvera la parole de ceux qui sont réduits au silence, surtout les plus petits ?

Et attention, ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’exprimer avec des mots le feront souvent par l’agression. On ne le sait que trop dans les prisons…

Relever la parole chez l’autre, chacun de nous en est capable : il suffit de savoir écouter. Notre société a multiplié les « écoutants » : c’est un beau service. Mais ce ne doit pas être réservé à des professionnels. Tout un chacun peut apprendre à relever la parole chez les muets, chez les « sans-voix » de nos sociétés. Écouter, rendre ainsi à l’autre la parole perdue, c’est là une double façon de rendre présente la sainteté de Dieu. Car alors c’est en celui qui écoute autant qu’en celui qui retrouve la parole que Dieu relève son sanctuaire.




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 9 Mar 2018 - 12:10




• Désiré •


L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence,
de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même.


Évangile selon saint Marc, chapitre 12, verset 33


Pour aller plus loin avec la Parole

Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre.

Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau.

J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair.

Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles.

Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.



Livre d'Ezéchiel ch. 36, v.24-28


Méditation


C’est toi, moi, chaque être humain venu à l’existence que Dieu désire, de toute éternité. Chacun de nous devrait ajouter à son nom « Désiré ».

Aux jours de la Création, Dieu a façonné l’homme à partir de la terre et lui a insufflé son propre Souffle de Vie. Alors, au jour de notre entrée dans la lumière, c’est notre cœur que Dieu prendra dans ses mains. Comme on purifie l’or au feu, il en fera tomber toutes les scories. Il le façonnera nouvellement, à partir de ce qu’il y aura eu d’amour vrai dans notre vie – pour lui, pour notre prochain : cœur nouveau, animé d’un souffle nouveau.

Pourtant, quelle distance entre cette destinée bienheureuse et notre condition présente, toutes les souffrances des innocents, tout le mal dont nous sommes capables !

Eh bien, le Christ vient pour cela : au sein de notre condition humaine, ouvrir la porte de l’avenir. Et, dès à présent, en semer le germe. Être lui-même ce germe, semence jetée en notre chair, qui va mourir pour porter du fruit, un fruit immense

À toi, à moi d’accueillir à notre tour en nous-mêmes cette semence – de l’accueillir en plein cœur et de plein cœur. Pas d’autre voie que de passer par mon cœur, pas d’autre moyen que d’aimer de tout mon être pour accomplir le désir que Dieu a de me voir debout – non plus à genoux – relevé, ressuscité, « devant lui, saint, immaculé, dans l’amour »*.

Il n’est pas d’autre chemin pour, ce jour-là, nous tenir debout, comme c’est un bonheur de se tenir à la cime d’une montagne, au soleil levant, après une longue ascension dans la nuit.



* Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch.1, v. 4



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




Frère Gabriel Nissim
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Dernière édition par Lumen le Dim 11 Mar 2018 - 8:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 10 Mar 2018 - 11:29




• Guérisseur d'humanité •


Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font

Évangile selon saint Luc, chapitre 23, verset 34





Il y a des hommes et des femmes qui aiment comme Jésus aime, qui pardonnent comme Jésus a pardonné. P. Guy Lescanne est de ceux là. Avec Zacharie, il a pris la route du pardon. Son histoire nous fait entrevoir la force immense du sacrement de la réconciliation.




Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.



Dès demain retrouver : Frère Alain Riou




En lecteur attentif de la Bible, le frère Alain Riou du couvent St Thomas d’Aquin à Lille nous propose cette semaine de méditer le récit du serpent de bronze du Livre des Nombres dans l’Ancien Testament.

Frère Alain, dans l’Ancien Testament, Dieu interdit les idoles c’est-à-dire les statues. D’ailleurs, Moïse, lorsqu’il descend du Sinaï se met en colère contre le peuple qui s’est fabriqué un veau d’or. Alors pourquoi ici un serpent de bronze ?


Oui, mais là, pour le serpent de bronze, c’est Dieu qui le demande ! Dieu est toujours surprenant, il doit avoir une idée derrière la tête… Vous allez la découvrir à travers les méditations.

Tu es un lecteur assidu de la Bible. Qu’est-ce qui te passionne dans cet ensemble de livres ?

Je répéterai ce que j’ai entendu d’une théologienne anglaise, Janet Martin-Soskice, qui enseigne à Cambridge : « La Bible, ce n’est pas un recueil d’histoires morales et pieuses qu’on raconte aux enfants pour les aider à s’endormir, c’est parfois plein d’horreurs, choquantes, mais en même temps s’y trouvent les perspectives les plus profondes que j’ai jamais entrevues sur l’être humain et sur la vie. » Dans la lecture de la Parole de Dieu, je m’attache moins aux « idées » – car nous risquons toujours d’y projeter nos vues, nos attentes –, mais d’abord au texte, à la manière dont il dit, aux mots mêmes. Il ne s’agit pas de fétichiser un texte, mais d’y entendre des consonances avec d’autres passages, et avec la vie. La Bible me donne des mots pour lire et dire ma vie, notre vie.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était en 1968, à l’automne, donc peu après le fameux mai et ses tribulations. Je devais faire profession solennelle à la Toussaint, mais certains frères avaient émis un avis défavorable, et du coup le provincial a décidé de retarder la profession d’un an. Cette décision a choqué certains autres frères, qui la trouvaient inacceptable et m’ont conseillé de faire appel à Rome. J’ai refusé, parce que quelque chose d’aussi massif ne pouvait pas ne pas porter une parole de Dieu. J’ai cherché à comprendre, mais plus je cherchais, moins j’y voyais clair. Est venu un moment où j’ai pu me dire : « Si lors du prochain entretien, le provincial m’accepte à la profession pour Noël, je ferai profession ; sinon, je ne la renouvellerai pas, et je partirai. » Je n’avais aucune idée de ce que j’allais devenir, et ne m’en préoccuperais qu’en son temps. Puisque je suis ici, tu peux deviner quelle fut la réponse du provincial. Mais je peux dire que pendant les deux semaines qui ont suivi, dans l’attente de cette réponse, je ne me suis jamais senti aussi libre dans ma vie, aussi en paix : tout pouvait arriver, tout. Et finalement, cette secousse, je l’ai reçue comme un cadeau inouï, sur le seuil de cette profession définitive.










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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 11 Mar 2018 - 9:04




• Signe intrigant, un serpent •


Quand un homme était mordu par un serpent et
qu’il regardait le serpent de bronze, il restait en vie.


Livre des Nombres, chapitre 21, verset 9


Pour aller plus loin avec la Parole

Ils quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »

Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. »

Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! »

Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !



Livre des Nombres, ch. 21, v. 4- 9


Méditation


Tu m’as relevé. Relevé ? Serais-je tombé ? Tombé en quoi ? Tombé dans quoi ? Dans mon péché, penserai-je en ce temps de carême. Mais c’est quoi, le péché ? Avant d’être un manquement à des règles, c’est d’abord mon enfermement sur moi-même. Sur mes intérêts sans doute, mes avantages matériels à court terme. Mais aussi sur la défense de mes idées. Sur ce que je crois être mon identité. Me boucler dans mes obsessions, mes angoisses, mes peurs. Tout cela, j’ai fini par en faire mes idoles.

Mes idoles, j’y tiens. Entre elles et moi s’est tissé un étrange rapport. Au départ, elles me sont venues d’ailleurs, puis j’en suis venu à me les fabriquer. Elles sont à moi, elles me rassurent. Et finalement, ce sont elles qui me possèdent. J’en suis devenu tributaire, j’ai du mal à m’en passer. Étrange rapport d’interdépendance, dont je ne vois plus comment sortir. Ai-je même entrevu le besoin d’en sortir ?

Je me retrouve comme le peuple de Dieu au désert. Comme lui, j’ai l’impression de tourner en rond. L’horizon à la fois est immense et semble ne déboucher sur rien : il recule au fur et à mesure que j’avance vers lui.

Redoutant l’avenir, j’idéalise le passé, en oubliant la servitude. Je me raccroche à ce que je connais, ou crois connaître. Je me berce d’illusions comme les Hébreux rêvaient des oignons d’Égypte. L’amertume me gagne. Quel besoin avait-on de m’entraîner dans cette voie à mes yeux sans issue ? Où est la liberté promise ?

Et voilà que dans cette gorge qui se rétrécit, des serpents surgissent. Leur morsure brûlante m’ébranle. Si je persiste dans la nostalgie, je ne vois que le danger, le désespoir, la mort. Mais, sous la forme même que l’épreuve a prise, la forme du serpent, une chance s’offre à moi : un signe intrigant, un serpent de bronze. Signe de ralliement, étendard paradoxal, puisqu’un serpent inspire la répulsion plus qu’il n’attire. N’en est-il pas ainsi de toute épreuve ? Si je parviens à surmonter la réaction instinctive de recul, ce signe intrigant me tire de l’abîme où je suis tombé. Il me relève et m’appelle à la vie.




Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 12 Mar 2018 - 7:41




• Serpent trompeur vs serpent sauveur •


Le serpent était le plus rusé de tous les animaux.

Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 1


Pour aller plus loin avec la Parole

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits.

Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »

La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” »

Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »

La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes.



Livre de la Genèse ch. 3, v. 1-7


Méditation


Tu me relèves, en vue de quoi ? En vue d’un ailleurs. Non un ailleurs mythique, que je me construirais, où je chercherais à fuir, mais un extérieur d’où se dégage une autre vue sur la situation, un regard neuf sur moi et sur le monde.

Au livre de la Genèse, le péché des origines — origine de tous les péchés et de tous les enfermements — avait été susurré par le serpent, le rusé. Il ne mentait pas complètement, il ne disait qu’un aspect de la réalité : il invitait à connaître le bien et le mal, à se prendre pour Dieu ! Vu comme ça, n’est-ce pas désirable, utile, savoureux ? Oui. Mais comment pouvons-nous connaître ce qui est bien, ce qui est mal, absolument, comme Dieu ?

Dans la Bible, le verbe hébreu connaître ne se limite pas à une opération intellectuelle. Il désigne une expérience profonde, intime, de quelque chose ou de quelqu’un ; il désigne même les relations sexuelles*. Or, l’homme n’a qu’un moyen de connaître en ce sens le bien et le mal : c’est bon ou c’est mauvais pour moi. Ce faisant, je me mets au centre du monde ! Or, je ne suis pas le centre du monde. Ce centre fictif, fascinant, devient ma prison.

Comment en sortir ? En décentrant le regard de mon nombril. Comme les Hébreux. Au désert, ils sont appelés à lever les yeux vers le serpent de bronze dressé sur son mât. Ce serpent dressé que je vais fixer, c’est le Christ. Lui va me sortir de mon trou, me relever, pour me donner de vivre enfin, au grand air, au vent du large.



* « Adam connut Ève, sa femme ; elle devint enceinte. » Livre de la Genèse ch. 4, v. 1



Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 13 Mar 2018 - 10:55




• Lové sur ma peur •


J’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché.

Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 10


Pour aller plus loin avec la Parole

Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? »

Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »

Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? »

L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. »

Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? »

La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. »

Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »



Livre de la Genèse ch.3, v.9-15


Méditation


Pourquoi toute cette histoire de serpents, le rusé des origines et le signe dressé dans le désert ? Était-ce vraiment nécessaire ? Au départ, ça ne l’était pas. Il y avait comme un jardin. Non pas la nature sauvage, brute, mais une nature aménagée, organisée pour l’homme. L’humain pouvait s’y épanouir et la gérer avec sagesse, pour son plaisir et le bien de tous. Mais de gérant, il a tenté de se faire propriétaire, de l’accaparer à son profit. Tout était pour lui, mais non pour lui tout seul. Par cette clôture myope sur lui-même, il a brisé l’harmonie et la paix qui lui étaient confiées.

Du coup, il découvre sa vulnérabilité : si je peux utiliser les autres pour mon profit, les autres aussi peuvent mettre la main sur moi. Prenant conscience que je suis nu, je prends peur.

Je cherche à cacher ma nudité, je me cache à moi-même et m’enferme dans cette cachette en m’y croyant à l’abri. Or, l’abri le plus sûr n’est pas derrière des murs ni sous une armure. Si fort soit-il, ce genre d’abri finit par se fendre, par s’écrouler, de par l’usure, la pression des éléments, ou l’intrusion des autres.

La seule sécurité, c’est d’apprendre à regarder ma peur en face, et ne plus être dominé par elle. Je peux alors sortir de mon trou et me tenir debout dehors. Non par ma propre force, mais grâce à quelqu’un d’autre qui m’attire et me soutient.

Par sa ruse, un serpent m’a lové, enroulé sur moi-même, sur ma peur et sa brûlure. Je vais me décentrer vers un autre. Celui qu’on a dressé sur un mât. Vers lui, je relève la tête. Il me redresse, et me donne l’énergie de le suivre.




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 14 Mar 2018 - 6:56




• Le serpent crucifié •


Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé.

Livre de Zacharie, chapitre 12, verset 10


Pour aller plus loin avec la Parole

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.

Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu.



Évangile selon saint Jean ch. 3, v. 14-21


Méditation


Mais qui es-tu, serpent de bronze ? Qui es-tu qui m’attires et me soutiens ?

Il paraît que, du temps de Jésus, des rabbis juifs discutaient de savoir comment Moïse avait bien pu dresser un serpent sur un mât sans qu’il glisse. Un des rabbis propose une solution : pour retenir le serpent, Moïse a dû fixer une autre barre en travers, dessinant — vous l’avez compris — la forme d’une croix.
Nicodème devait être au courant de cette discussion. Quand il entend Jésus se comparer au serpent, sur le moment il n’a pas dû comprendre. Mais devant la croix, lorsqu’il regarde le transpercé, les paroles de Jésus dans la nuit sont remontées à sa mémoire : « De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »*

Alors, avec Nicodème, nous pouvons mieux saisir la portée de ce qui se passe sur la croix. Un homme, Jésus, est condamné à pendre, cloué nu, devant sa mère et ses disciples, mort honteuse réservée aux bandits et aux rebelles. Il aime jusqu’au bout, même au tréfonds de la dégradation physique et sociale la plus abjecte, totalement injuste. Là se révèle un Dieu qui aime tellement le monde qu’il donne son Fils unique quand il voit les hommes mordus par le mal. Comme dit Paul**, nous accepterions sans doute de donner notre vie pour des proches, peut-être pour des gens bien, mais le ferions-nous pour des salauds ? Pour nous, le Fils fait jaillir — et transmet — le souffle, le feu d’une vie nouvelle, inédite. N’est-ce pas cette vie que je veux ?



* Évangile selon saint Jean ch.3, v.14
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains ch. 5, v. 7




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 15 Mar 2018 - 6:46




• Tu m’as voulu •


Tu m’as sauvé parce que tu m’as voulu.

Psaume 17, verset 20


Pour aller plus loin avec la Parole

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.



Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens ch. 1, v. 3-10


Méditation


Jésus, serpent cloué sur le mât de la croix, d’où t’es venue cette force d’aimer ? De continuer à aimer dans la pire des souffrances qui te fait crier « À quoi m’as-tu abandonné ? »* La mort nous effraie, la souffrance plus encore peut-être. Comment accepter ce non-sens qui nous révolte et nous fait douter de Dieu, tout du moins de son amour ? Ne pouvait-il pas faire quelque chose pour tirer son Fils de cette horreur ? Pour nous épargner les atrocités que nous vivons ? À quoi bon venir au monde pour en arriver là ? Si la vie est un don, trop souvent elle n’est pas un cadeau !

Le seul appui qui fait tenir Jésus devant sa mort, c’est se remettre entre les mains du Père. « Non ma volonté, mais ta volonté » : notre Père nous veut vivants. Car Jésus sait, et nous révèle, que le Père le veut, lui, et il nous veut, nous, avant même la fondation du monde**, avant même le péché.

Pour que, comme le Fils bien-aimé, nous soyons ses enfants. Cette volonté est là, elle demeure à travers toutes les vicissitudes et les absurdités de nos existences ; elle ne change pas, elle ne fait que se creuser, toujours neuve, plus profonde et plus forte.

Cette volonté est l’assurance de cette vie qu’aucune restriction ne viendra éteindre. Jésus nous y ancre quand il dit que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants***. Dans son psaume de victoire, David le chantait déjà ; en français on a traduit : « Tu m’as sauvé parce que tu m’aimes. » Mais en latin, en grec et en hébreu, c’est tellement plus moderne : « tu m’as sauvé, parce que tu m’as voulu » !



* Évangile selon saint Marc ch. 15, v. 34 (traduction de l’auteur)
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch. 1, v. 4
*** Évangile selon saint Marc  ch. 12, v. 27




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 16 Mar 2018 - 9:04




• L’énergie transmise •


Reposant la tête, il transmit l’Esprit.

Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 30


Pour aller plus loin avec la Parole

Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit.

Je ne vous l’ai pas dit dès le commencement, parce que j’étais avec vous. Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?" Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.



Évangile selon saint Jean ch. 16, v. 1-7


Méditation


Jésus, serpent cloué sur la croix, tu me relèves, en vue de quoi, en vue de qui ? En vue de la vie, de cette vie qu’aucune restriction ne viendra plus éteindre, cette vie que Jean appelle éternelle. Cet éternel n’est pas l’extension à perte de vue, interminable, d’on ne sait quoi. En grec, le mot éternel vient du mot toujours, et ce toujours peut s’entendre comme « ce qui n’est pas soumis à des “si” ». C’est l’inconditionnel, l’inconditionné, ce que rien ne vient ni ne peut enclore. D’où la liberté. Mais comment peut-il être libre, le serpent cloué ? En ce que rien, ni la haine des hommes, ni la souffrance absurde, ni la mort, n’ont pu l’empêcher d’aimer.

À la mort de Jésus, dans l’Évangile de Jean, on traduit souvent : « Inclinant la tête, il rendit l’esprit. » Mais ce n’est pas que sa tête tombe quand les muscles du cou ne la tiennent plus, et qu’il « rend l’âme ».

Mot à mot, Jésus repose la tête, c’est un verbe à l’actif. Dans tout le Nouveau Testament, reposer la tête ne se retrouve que dans le passage où Jésus dit « le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête »*. Sur la croix, Jésus entre dans son repos. Il ne rend pas l’âme, mais il transmet l’Esprit. C’est la première des Pentecôtes.

L’Esprit de liberté du Fils, Jésus le transmet à l’Église, présente là, debout, au pied de la croix, en Marie, Jean, Marie-Madeleine et les autres femmes, Nicodème, Joseph d’Arimathie, et à travers eux à nous tous. Et désormais, baptisés en cet Esprit, nous pouvons transmettre cette énergie comme un feu, comme un buisson qui brûle sans jamais tourner en cendres.



* Évangile selon st Matthieu ch. 8, v. 20 ; Évangile selon st Luc ch. 9, v. 58.



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Tableau de Georges Rouault - Le Christ en croix






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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 17 Mar 2018 - 7:06




• L'onction qui donne la vie •


L’un de vous est malade ? Les Anciens prieront sur lui
après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur.
Le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés,
il recevra le pardon.


Lettre de saint Jacques, chapitre 5, versets 14-15





Quand un enfant est malade, ses parents redoublent d'attention et d'amour pour le soutenir et lui donner la force de se relever. C'est ainsi qu'agit avec nous notre Père du ciel dans le sacrement de l'onction. Anne et Janinka nous racontent leurs expériences.




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Dès dimanche, écoutez les méditations des soeurs du couvent d'Orbey



Cette semaine, les moniales dominicaines d’Orbey près de Colmar prennent la plume (ou le clavier) pour nous partager les fruits de leur contemplation. La sœur Jean-Thérèse, prieure de la communauté répond à nos questions.

Sœur Jean-Thérèse, dans votre méditation, vous dites que vous êtes entrée au monastère pour aimer. Comment votre vie de moniale répond à cette attente ?


J’ai vite compris que le commandement de Jésus de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés dépasse complètement mon amour humain et qu’il s’agit de demander au Seigneur, au jour le jour, son amour, qu’Il vienne aimer en moi.



Vous accueillez de nombreux hôtes au cours de l’année, que viennent-ils chercher ?

Je pense qu’au fond d’eux mêmes il y a une quête de Dieu qu’ils ignorent souvent (parce que le Seigneur les cherche aussi de son côté) ; ils disent qu’ils viennent pour se ressourcer « spirituellement » ou pour voir plus clair dans leur vie sur certaines questions.



Pouvez-vous nous partager un moment dans votre vie où vous avez fait l’expérience d’être relevée ?

A chaque fois que je me confesse et reçoit le pardon du Seigneur.










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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 18 Mar 2018 - 5:59




• Jésus, attire-moi, nous courrons •


Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi
tous les hommes.


Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 32


Pour aller plus loin avec la Parole

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.

Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé.

Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.



Livre d'Isaïe ch. 53, v. 1-5


Méditation


Ce cinquième dimanche marque un tournant dans le cheminement du carême. L’heure est venue de suivre Jésus qui va vers sa passion volontaire et de nous oublier nous-mêmes avec nos efforts de pénitence et de conversion. Voulons-nous voir Jésus ? Voulons-nous l’accompagner jusqu’au Golgotha ?

Vouloir voir Jésus, c’est vouloir le suivre, le servir, vouloir être avec lui. Mais où est-il, Jésus, aujourd’hui ? Relevé d’entre les morts, Jésus est monté là d’où il était venu, il est au sein du Père. Jésus nous attire à lui parce qu’il est l’unique chemin qui conduit au Père. Ce Père riche en miséricorde qui veut que tous les hommes soient sauvés et connaissent son amour.

Et comment un homme torturé, crucifié peut-il nous attirer ? Notre volonté n’est attirée que par ce qui nous paraît bon et aimable. À cette question il y a sans doute autant de réponses que de croyants. Voici la mienne. Depuis toute petite j’ai une relation personnelle avec Jésus dans la prière.

Jeune adulte, je passais souvent devant un crucifix fixé sur le mur d’un temple, avec cette phrase : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » Cette phrase exprime ce que je vis avec Jésus. La foi m’a fait comprendre l’immensité de l’amour de Dieu. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est l’amour infini de Dieu, manifesté sur la croix, qui m’a attirée vers Jésus. Être aimé suscite le désir d’aimer en retour ; je suis entrée au monastère pour aimer.

L’amour de Jésus fait de nous non seulement ses serviteurs, mais ses amis et, au matin de Pâques, ses frères et ses sœurs. Il nous a laissé son exemple et son commandement d’amour. Et nous ? Notre amour est faible et défaillant, mais gardons confiance : « Les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or, la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. »*



*Première lettre de saint Jean, chapitre 5, verset 3c-4




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 19 Mar 2018 - 11:28




• Jésus, l’Emmanuel •


Il l’appela du nom de Jésus.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 1,verset 25


Pour aller plus loin avec la Parole

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.



Évangile selon saint Matthieu ch. 1, v. 18-25


Méditation


À peine sommes-nous entrés hier dans le temps de la passion que nous avons la joie de fêter saint Joseph ! Déjà une pause ? Disons plutôt une invitation à méditer l’unité du mystère de la vie du Christ.

Dans les évangiles, Joseph n’apparaît que dans les récits de l’enfance de Jésus. Cette coïncidence du calendrier nous permet de rapprocher deux moments de l’histoire du salut, deux moments de la vie de Jésus : son enfance et sa passion. Tout comme sa mort et sa résurrection, les événements de la vie de Jésus enfant laissent transparaître l’amour de Dieu pour chacun de nous. Joseph, avec Marie, en est un des premiers témoins.

L’Emmanuel, « Dieu avec nous », dont nous célébrons la naissance le jour de Noël, est le même qui prie ainsi son Père, juste avant sa passion dans l’Évangile selon saint Jean :

« Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi. »* C’est là que le nom donné par Joseph – Jésus – prend pour moi tout son sens : « Dieu sauve. » Il est avec moi, toujours. Et il me sauve, toujours.

Personnellement, s’il ne m’est pas très difficile d’accueillir dans ma vie l’enfant de la crèche, ma présence au pied de la croix reste objet de combat ! Est-ce que je veux vraiment que celui qui est avec moi me pardonne ? Qu’il me guérisse ? Qu’il m’aide à me réconcilier avec telle ou telle sœur de ma communauté ? Revenir vers lui demande certes du courage, mais surtout une confiance qui ne souffre aucune limite. C’est alors que sa présence emplit notre cœur de joie.[/color]



*Évangile selon saint Jean, ch.17,v. 24




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 20 Mar 2018 - 8:25




• Avec Jésus, qui perd gagne •


Il s’est abaissé […] c’est pourquoi Dieu l’a exalté.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Phillipiens, chapitre 2, versets 8-9


Pour aller plus loin avec la Parole

Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ? Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile.

Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.



Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, ch.1, v.20-25


Méditation


Suivre Jésus, d’accord, mais où va-t-il ? Il se compare au grain de blé tombé en terre qui disparaît et qui meurt. Image étrange. Jusqu’où Jésus voudrait-il s’abaisser ? Jusqu’à la mort ? Mais le grain, s’il meurt, c’est pour porter beaucoup de fruit. Mort et fécondité seraient-elles donc liées ? Ce n’est pas le seul paradoxe dans la bouche de Jésus. « Qui veut sauver sa vie la perdra » ; « qui s’abaisse sera élevé » ; « les premiers seront derniers »*. La logique divine, décidément, n’est pas la nôtre. Pour la saisir y a-t-il une appli ?

Une appli, je ne sais pas. Mais un guide, oui, j’en ai fait l’expérience. Je suis entrée au monastère pour le suivre. Alors que depuis vingt et un ans je vis toujours au même endroit, quels chemins intérieurs n’ai-je pas parcourus !

Alors que j’avais quitté mes dix frères et sœurs, j’ai reçu quantité de sœurs et de frères. Alors que je tenais à mon autonomie, j’ai découvert la fécondité de l’obéissance. Mon guide, c’est Jésus, mon oxygène c’est l’Esprit Saint.

À travers ces expériences, Jésus m’a fait connaître sa logique paradoxale. Pour monter, il faut descendre. Pour porter du fruit, il faut mourir comme la semence. Pour repêcher tous ceux qui gisent dans les eaux profondes et les remonter vers la lumière de la vie, Jésus aime jusqu’à mourir. Cet amour remplit notre vie. C’est pourquoi, au monastère, nous pouvons de tout cœur chanter pour vous, pour moi, pour le monde : « Je t’exalte, Seigneur, tu m’as relevé. »**



* Évangile selon saint Marc, ch. 8, v.35] ;
Évangile selon saint Luc ch. 14, v.11 ; Évangile selon saint Matthieu ch. 20, v. 16

** Psaume 29, 2





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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 21 Mar 2018 - 7:42




• Jésus, servi ou serviteur ? •


Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir.


Évangile selon saint Marc, chapitre 10, verset 45


Pour aller plus loin avec la Parole

Quand il eut lavé les pieds de ses disciples, Jésus reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.



Évangile selon saint Jean ch. 13, v. 12-17


Méditation


Avant d’entrer au monastère, je travaillais à l’hôpital dans un service ultraspécialisé. J’ai eu en charge un bébé très malade. Jeune médecin, j’avais souvent besoin de l’avis de mon chef, ce qui retardait la mise en place des traitements. Les parents de cette petite fille auraient sans doute préféré que ma collègue plus expérimentée s’occupe d’elle, mais jamais ils ne me l’ont dit ni même fait sentir. J’étais à leur service, comme je pouvais, dans une situation dramatique et ils m’ont fait confiance. Leur bienveillance à mon égard m’a profondément touchée.

La plupart du temps, nous comprenons le service comme le don de nous-mêmes : donner de son temps, de son énergie, de sa compétence à quelqu’un qui en a besoin. Mais le service n’est pas seulement cela. N’as-tu jamais perçu, peut-être subtilement, combien tu recevais toi-même en servant ton prochain ?

Dans notre vie monastique, cette subtilité du service est tout à fait concrète. Quand une sœur me donne un coup de main, qui reçoit le plus ? Moi de son aide ou elle de ma reconnaissance ?

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera »*, dit Jésus. Quand il nous demande de le servir, c’est d’abord lui qui nous sert. Il s’incline devant chacun de nous pour nous laver les pieds, comme à ses disciples le soir du Jeudi saint. Car pour lui, c’est la réciprocité qui distingue le service de l’esclavage. Et même si dans le service, nous sommes faibles ou si nous en faisons trop, il nous offre sa bienveillance. Si nous désespérons de nous-mêmes, il continue à nous faire confiance. Si nous tombons, il nous relève.



*Évangile selon saint Jean, ch. 12, v. 26




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Détail du tableau du lavement des pieds - Arcabas






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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 22 Mar 2018 - 10:21




• Jésus sans frontières •


Voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé
l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “Abba !”,
c’est-à-dire : Père !


Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates, chapitre 4,verset 6


Pour aller plus loin avec la Parole

En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.

J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.



Évangile selon saint Jean ch. 13, v. 12-17


Méditation


Un groupe de pèlerins grecs veut voir Jésus. Ils ont sans doute été frappés par son entrée triomphale à Jérusalem*. Jésus superstar ? Philippe, qu’ils interrogent, n’est pas à l’aise. La veille, Jésus a laissé entendre à ses proches qu’il allait mourir. Philippe lui transmet leur requête. Et voilà que cette demande, venant d’étrangers, suscite une réponse étonnante de Jésus : sa mort aura une fécondité sans frontières. Tel le grain de blé qui meurt en terre et, seulement alors, peut porter beaucoup de fruit.

Cette fécondité, Jésus invite ses disciples à la partager, nous invite à la partager. Ici, au monastère, nombreux sont ceux qui nous confient leurs peines, leur désarroi. En particulier à la suite du décès d’un proche.

Nous recevons leurs questions pour les aider à trouver en eux-mêmes leurs réponses. Beaucoup comptent sur notre prière et peuvent s’appuyer sur la foi de notre communauté. Une foi qui, chaque jour, dans la prière, nous fait chanter la gloire de Jésus, sa vraie gloire. Cette prière quotidienne ne vient pas d’abord de nous, « car nous ne savons pas prier comme il faut »**. Nous la recevons de l’Esprit saint. Il nous apprend à connaître Jésus, à entrer dans la relation qui l’unit à son Père. C’est dans l’Esprit que nous appelons Dieu Abba, « papa ». Jésus ne nous propose pas une vie tranquille. Cet homme broyé par la souffrance, mais profondément libre, nous invite nous aussi à une fécondité sans frontières, sans mesure : une vie qui se révèle passionnante, animée par l’amour et le service du prochain.



* Évangile de saint Jean, ch. 12, v.12-19.
** Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, ch. 8, v. 26.





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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 23 Mar 2018 - 10:45




• Nous voulons voir Jésus •


Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

Évangile selon saint Jean chapitre 20, verset 29


Pour aller plus loin avec la Parole

Moïse dit au Seigneur : « À quoi donc reconnaître que moi j’ai trouvé grâce à tes yeux – et ton peuple également ? N’est-ce pas au fait que tu marcheras avec nous ? Ainsi, moi et ton peuple, nous serons différents de tous les peuples de la terre. »

Le Seigneur dit à Moïse : « Même ce que tu viens de dire, je le ferai, car tu as trouvé grâce à mes yeux et je te connais par ton nom. »

Moïse dit : « Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire. »

Le Seigneur dit : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je proclamerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. » Le Seigneur dit enfin : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. »



Livre de l'Exode ch. 33, v. 16-23


Méditation


Dans la méditation d’hier, les Grecs demandaient à Philippe : « Nous voulons voir Jésus. » Qui souhaitent-ils voir ? Celui qui a ressuscité Lazare ? Celui qui tient tête aux scribes ? Ou peut-être leur recherche est-elle plus profonde. Combien comme eux sont en recherche, sans même savoir que leur quête rejoint celle qui traverse toute la Bible ? Jusqu’au désir enfoui de connaître Dieu. Moïse déjà voulait voir Dieu. Mais à cette requête Dieu avait répondu : « L’homme ne peut me voir et vivre. »* Étonnante réponse à celui qui parlait avec Dieu « face à face comme un homme parle à son ami »*.

La réponse de Jésus n’est guère plus encourageante. Celui-là même qui dira à Philippe « qui m’a vu a vu le Père »** annonce sa mort.

Ceux qui le verront suspendu au bois de la croix, reconnaîtront-ils alors celui qu’ils voulaient voir ? Et vous ? Et moi ? Est-ce bien là celui que je veux voir ?

N’hésitons pas à le contempler sur la croix, donnant sa vie pour nous, pour nous entraîner à sa suite. Bientôt, il n’y aura plus rien à voir, un tombeau vide… Alors une autre parole se fera entendre. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il ne s’agira plus de voir ni d’entendre mais, avec Jésus, de donner sa vie, avec lui, de marcher sur un chemin d’abandon qui conduit à tout recevoir. Lui fera aboutir notre quête.

Qui que nous soyons, quelle que soit notre recherche, du moment que nous sommes en quête, il veut nous attirer pour que nous demeurions avec lui, dans sa gloire !



* Livre de l'Exode ch. 33, v. 23 et v.11
** Évangile selon saint Jean, ch. 14, v. 9





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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 24 Mar 2018 - 10:13




• De la rue à l'autel •


Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.

Évangile selon saint Jean chapitre 21, verset 17





Aujourd'hui encore, le Seigneur appelle des hommes à devenir les pasteurs de son peuple. Une folie ? Oui. Un signe pour le monde ? Également. Mais aussi une aventure vertigineuse, féconde, pour ceux qui consacrent leur vie à l'Evangile. Le Père René-Luc témoigne.




Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.
> En savoir plus


Dès dimanche, écoutez les méditations du Frère Sylvain Detoc



Pendant cette semaine sainte, le frère Sylvain Detoc nous accompagne. Chaque jour, il décline la vocation des enfants de Dieu relevés ou qui se relèvent par la grâce.

Frère Sylvain, plutôt que « d’être relevé » tu parles de « processus de relèvement ». N’y a-t-il pas des moments où nous pouvons être pleinement relevé ?


Il y a en effet des personnes qui ont fait un jour l’expérience d’être relevées par le Christ. Cet événement est un repère pour elles, il garde un goût de plénitude. Mais il faut être réaliste. Ce relèvement n’est pas un point final. C’est un point de départ. Notre vie chrétienne consiste à aller de « relèvement en relèvement », pas à faire du surplace. Sinon, gare aux désillusions…

Avec un autre frère, vous venez de relancer une aumônerie dans une école à Lyon, comment se sont déroulés les débuts ?

Nous avons été comme précédés. Nous pensions repartir de zéro, car l’aumônerie avait cessé de fonctionner depuis quelques années. Mais il y avait des pierres d’attente chez ces jeunes. Quelques-uns avaient participé aux JMJ avec des frères dominicains l’été d’avant. Le contact en a été plus facile. Ils ont formé un noyau amical et ont entraîné d’autres jeunes. Nous n’avons fait qu’aider le mouvement !

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était il y a presque dix ans, quand j’ai reçu l’habit dominicain. Le supérieur m’a posé cette question : « Que demandez-vous ? » ; j’ai répondu, comme chaque frère : « La miséricorde de Dieu et la vôtre ». Je suis rentré dans l’Ordre de saint Dominique parce qu’il m’a été donné de rencontrer des frères en qui j’ai pressenti l’amitié de Dieu. Je me suis dit que ça valait la peine de me lancer dans cette aventure, vieille maintenant de 800 ans !










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Dernière édition par Lumen le Sam 31 Mar 2018 - 10:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 25 Mar 2018 - 12:48




• Le grand écart •


Ils se tiennent debout devant le Trône, avec des palmes à la main.

Livre de l’Apocalypse, chapitre 7, verset 9


Pour aller plus loin avec la Parole

Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »

Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs.

Là, il y aura une chaussée, une voie qu’on appellera « la Voie sacrée ».

L’homme impur n’y passera pas – il suit sa propre voie – et les insensés ne viendront pas s’y égarer. Là, il n’y aura pas de lion, aucune bête féroce ne surgira, il ne s’en trouvera pas ; mais les rachetés y marcheront. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.



Livre d'Isaïe chapitre 35, verset 3-10


Méditation


Âme vaillante, te voilà donc relevée. Depuis plus d’un mois, la Parole de Dieu alimente ta messagerie. Elle t’a tirée, jour après jour, de ta torpeur. Elle t’a mise debout et t’a fait avancer. Jeûner, prier, partager : par ces moyens qu’elle t’a rappelés, elle a libéré en toi des ressources insoupçonnées de générosité. Résultat, en ce dimanche des Rameaux, te voici délestée du superflu, libérée de tes entraves, revigorée. Félicitations !

Et après ?

En fait, tu ne te reconnais pas vraiment dans cette description de joggeur branché. Pas d’inquiétude, moi non plus. Si le carême était un programme de remise en forme, ça se saurait. On peine quand on marche à la suite du Christ. Un peu comme lorsqu’on fait de l’exercice : tôt ou tard, « ça tire » !

Et c’est normal. Le contraire serait inquiétant. Cela voudrait dire que le travail de l’Esprit n’a pas encore commencé. Si nous sentons que ça tire, c’est justement parce que Dieu accomplit en nous le relèvement annoncé.

Quand nous serons complètement remis d’aplomb, relevés, nous nous tiendrons « debout devant son trône, avec des palmes à la main », comme dit la fin de la Bible. D’ici-là, il nous reste du chemin à faire, car entre les rameaux qu’on agite aujourd’hui dans les églises et ceux des saints, il y a du jeu.

Pour certains d’entre nous, c’est même le grand écart. C’était déjà le cas à l’époque de Jésus. Quand il arrive à Jérusalem, les foules l’acclament en brandissant des palmes ; bientôt, elles brandiront le poing pour réclamer sa mort. Les foules ? Toi et moi, en fait, nous tous, solidaires de cette humanité courbée qui ne consent pas si aisément à se redresser. Dans cette faille entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes vraiment se contractent les chutes et les relèvements du monde entier. Les déceptions et les lâchetés de ceux qui se croyaient déjà arrivés.

Relevés, nous ne le sommes donc pas tout à fait. Pas encore. Mais le processus est en cours. Et c’est son dynamisme qui va nous permettre d’avancer.



* Livre de l'Exode ch. 33, v. 23 et v.11
** Évangile selon saint Jean, ch. 14, v. 9




Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon



Frère Sylvain Detoc
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Lun 26 Mar 2018 - 8:04




• Résiste ! •


Eux, ils plient et s’effondrent ; nous,
debout, nous résistons.


Psaume 19, verset 9


Pour aller plus loin avec la Parole

Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »

Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.

Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.



Livre d'Isaïe chapitre 35, verset 3-10


Méditation


Tu te demandes peut-être : « Avoir la foi, qu’est-ce que ça change ? »

Au point de vue biologique, absolument rien. Les croyants sont comme tout le monde : ils avancent sur deux pieds. Mais il y a chez eux un je ne sais quoi qui les aide à tenir debout, même dans l’adversité.

Dieu, effectivement, est un Dieu qui relève. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter la Bible. On n’en finit pas de compter les passages où ce verbe est employé. Relever le peuple, sa ville, ses murailles. Relever le temple, relever les malades, relever les morts. À maintes reprises, cette promesse est répétée : courage, tu seras relevé !
Lorsque le Christ s’est relevé du tombeau, cette promesse s’est réalisée d’une manière irréversible.

À celui qui lui donne sa foi, Jésus peut communiquer la force de ne pas s’effondrer, quand bien même la vie tomberait en ruines. C’est spectaculaire dans le cas des martyrs. Je pense à Étienne, le tout premier d’entre eux. Les yeux levés au ciel, il a fait face à ses bourreaux en contemplant Jésus « debout à la droite de Dieu »*. Sa confiance et son courage n’ont pas été vains : Paul, qui faisait partie des persécuteurs, a eu ensuite la même vision** ; dès lors, il s’est mis à parler de Jésus, avant de faire face, à son tour, à ceux qui voulaient le faire taire.

Pour certains d’entre nous, c’est même le grand écart. C’était déjà le cas à l’époque de Jésus. Quand il arrive à Jérusalem, les foules l’acclament en brandissant des palmes ; bientôt, elles brandiront le poing pour réclamer sa mort. Les foules ? Toi et moi, en fait, nous tous, solidaires de cette humanité courbée qui ne consent pas si aisément à se redresser. Dans cette faille entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes vraiment se contractent les chutes et les relèvements du monde entier. Les déceptions et les lâchetés de ceux qui se croyaient déjà arrivés.

Jésus, Étienne, Paul… et tant d’autres que l’épreuve n’a pas épargnés. Se lever pour résister à tout ce qui plie l’humanité, c’est audacieux, c’est coûteux, mais ce n’est pas impossible. Rien n’est impossible aux amis de Dieu.



* Livre des Actes des Apôtres, chapitre 7, verset 55
** Livre des Actes des Apôtres, chapitre 9, versets 3 à 7




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mar 27 Mar 2018 - 10:44




• Work in progress* •


Je dors, mais mon cœur veille… C’est la voix de mon
bien-aimé ! Il frappe à la porte


Cantique des cantiques, chapitre 5, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

Alors, le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.

Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.

Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”

Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.



Évangile selon saint Matthieu ch. 25, v. 1-13


Méditation


La vie chrétienne n’a pas grand-chose d’un conte de fées. Jésus est bon conteur, pas marchand de sable. Même quand il donne dans le genre mille et une nuits, il ne raconte pas d’histoires. Les fables qu’il invente, c’est pour nous aider à tenir bon dans la réalité. Comme dans la parabole des dix jeunes filles appelées à surveiller leurs réserves d’huile**. Ici, pas de lampe magique, mais une flamme à entretenir toute la nuit pour guetter la venue de l’époux.

À l’horizon de notre vie, en effet, il y a des noces. Ne pas passer à côté, voilà le grand enjeu de notre existence. Tous, nous sommes faits pour aimer et être aimés. C’est ce que la Bible raconte à longueur de pages. Une immense fresque où Dieu fait alliance avec nous au point d’épouser notre humanité.

En Jésus, cette union du divin et de l’humain est parfaitement réalisée.

En nous, c’est un work in progress* – pas toujours linéaire ! Comme la fiancée du Cantique, nous pressentons que Dieu va s’inviter chez nous. Nous essayons de persévérer dans la prière, afin d’être trouvés debout quand il viendra nous visiter. Même si le plus souvent, avouons-le, il faut recommencer.

Rien de tel, donc, pour ne pas flancher : se rappeler que Dieu ne nous a pas façonnés pour nous laisser tomber. La tombe n’est pas notre vocation. Ce que les meilleurs conteurs n’ont jamais osé imaginer, le Ressuscité nous le révèle. Notre destinée, ce ne sont pas des noces princières, comme à la fin des contes ; ce sont des noces divines ! C’est inouï, ça dépasse nos rêves d’enfant, et pourtant, ce n’est pas une histoire à dormir debout.



* « Travail en cours de réalisation », « en chantier ».
** Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, versets 1 à 13.




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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Mer 28 Mar 2018 - 10:40




• Debout pour embrasser •


Il se jeta alors au cou de son fils et lui dit en pleurant :
“Je te revois, mon enfant, toi, la lumière de mes yeux !


Livre de Tobie, chapitre 11, verset 13


Pour aller plus loin avec la Parole

Le fils cadet rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père.

Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.



Évangile selon saint Luc, ch. 15, v. 17-24


Méditation


As-tu déjà essayé d’embrasser quelqu’un en restant assis ? Pas commode, n’est-ce pas ? Pour une vague poignée de main ou une bise machinale, passe encore. Mais pour embrasser – je veux dire pour « prendre dans ses bras » – une personne à laquelle tu veux montrer toute ton affection, pas de doute, il vaut mieux être debout.

C’est justement ce à quoi ressemble le Dieu dont nous parle Jésus. Quelqu’un qui se lève et qui tend les bras. Dans la parabole du « fils prodigue », par exemple, le père « court se jeter au cou de son fils et le couvre de baisers »*. Cet accueil inconditionnel, nous avons du mal à le concevoir, parce que nous faisons rarement l’expérience d’une telle générosité. De l’amour, au fond, nous ne connaissons qu’une réalisation très imparfaite, entravée par bien des obstacles.

Mais ce langage amoureux que nous balbutions maladroitement, c’est la langue même de Dieu. Touché par tous les contresens que nous faisons, son Verbe – sa Parole – s’est fait chair pour traduire cette langue dans l’épaisseur de notre humanité. En mots, bien sûr, mais aussi en actes. Et cela, Jésus l’a fait au plus haut point lorsque, du sommet du calvaire, il a ouvert les bras au monde entier.

On ne fait plus le signe de croix machinalement quand on découvre que par ce simple geste, on se jette dans des bras ouverts sans réserve. Ni quand on comprend que ce signe engage à être soi-même cette paire de bras démesurée. Pour étreindre ses enfants aujourd’hui, Dieu n’a pas d’autres mains que les tiennes.



* Évangile selon saint Luc, chapitre 15, verset 20



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Détail de l'Icône écrite par Alain Chenal- Le fils prodigue






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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Jeu 29 Mar 2018 - 11:57




• Tant que t’es debout •


Heureux les serviteurs vigilants… Le Seigneur se ceindra,
les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre,
il les servira.


Évangile selon saint Luc, chapitre 12, verset 37


Pour aller plus loin avec la Parole

Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.



Évangile selon saint Luc, ch. 15, v. 17-24


Méditation


« Tiens, tant que t’es debout… » Cette phrase, on l’a tous entendue. En couple, en famille, entre amis. C’est le coup classique quand tu es à table et que quelqu’un d’autre s’est levé. S’il y a un service à rendre, évidemment, ça va tomber sur lui. Dans ce genre de situation, je l’avoue, j’aime autant être assis. Pas Jésus. Au cours de son dernier repas, il se lève ; il enfile un tablier et passe parmi ses disciples. Eux sont étendus, selon la coutume orientale de l’époque. « Seigneur, tant que t’es debout… » Mais Jésus ne subit rien du tout. Debout, il l’est de son plein gré, pour se donner et pour servir. Pourquoi agit-il ainsi ? Afin de nous apprendre, sans doute, que Dieu n’a pas besoin d’être servi. Il n’a pas besoin, non plus, qu’on lui donne à manger.

Spontanément, les hommes imaginent des dieux « ogres », avides d’adoration et de sacrifices. Par ces gestes, au contraire, Jésus révèle un Dieu qui s’offre en nourriture et fait lui-même le service. Il l’avait déjà annoncé en racontant l’histoire des serviteurs vigilants : dans son Royaume, c’est Dieu qui sert ses amis. Cette parabole, ce soir-là, Jésus la réalise. Depuis lors, elle s’accomplit en chacune de nos eucharisties.

Suivre le Christ a quelque chose de déroutant. Parfois, néanmoins, c’est jubilatoire. Dans ma vie de prêtre, il m’arrive de ressentir cela. L’allégresse de servir ! C’est peut-être même l’une des plus grandes joies de ceux que Dieu a relevés. Alors, tant que t’es debout…




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Tableau "La Cène" de Cranach à la Marienkirche de Wittenberg






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Dernière édition par Lumen le Ven 30 Mar 2018 - 12:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Ven 30 Mar 2018 - 12:31




• Poids d’éternité •


Portez les fardeaux les uns des autres.

Épître de saint Paul aux Galates, chapitre 6, verset 2


Pour aller plus loin avec la Parole

Mais les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux. Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.

Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.

Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille. Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme l’étincelle qui court sur la paille, ils avancent.

Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles.

Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus.



Livre de la sagesse ch 3, v 1-9


Méditation


Dans les films, il y a souvent un moment où le héros risque sa vie pour porter quelqu’un : une femme évanouie, un enfant choqué, un soldat blessé… Je sais : c’est un cliché. Eh bien ! Ce cliché, je ne suis pas sûr qu’il aurait du succès s’il ne trouvait en nous aucune prise. Dans la « vraie » vie, en effet, nous avons tous été portés. Ça a d’ailleurs commencé très tôt. Au berceau, et même avant. Portés pendant neuf mois. Portés dans les bras, sur les genoux, sur les épaules. Portés, jusqu’au jour où nous avons pu tenir debout et avancer tout seuls. De cette époque lointaine, qui sait si nous n’avons pas gardé une certaine nostalgie ? Parce qu’en étant portés, au fond, nous faisions l’expérience d’être aimés...

La Bible, elle aussi, raconte l’histoire d’un peuple porté. Porté par Dieu – et souvent à bout de bras. Tu te souviens sans doute de la brebis perdue, ramenée au bercail sur les épaules du berger… En Jésus portant sa croix, Dieu donne chair à cette attitude. Notre misère, il se penche sur elle et il la prend à bras-le-corps. « En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. »*

Soyons francs. Suivre Jésus dans sa passion ne te dispense pas de porter tes propres fardeaux ni ceux des autres. Mais tu n’es pas seul. Sa présence t’assure que rien n’est un poids mort, tout a un poids d’éternité. Voilà pourquoi je te porte, tu me portes, il nous porte – avec tout ce que nous portons. Ce n’est pas un film ; c’est la réalité.[/color][/i]



* Livre d'Isaïe ch. 53, v. 4



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Peinture à l'huile sur bois de Raphaël- Le portement de croix - 1516-1517






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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Sam 31 Mar 2018 - 10:38




• Je te reçois et me donne à toi •


Moi, je te reçois comme épouse, et je promets de te rester fidèle,
dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie,
pour t'aimer tous les jours de ma vie.


Échange des consentements





S'engager avec un autre pour toute sa vie, sans savoir ce qui arrivera, sans savoir ce qu'il deviendra dans 20 ou 30 ans ? Voie sans issue ou au contraire chemin de vie où un amour humain et divin se construit jour après jour ? Anne-Charlotte et Guillaume nous partagent leur expérience.




Frère Benoît Ente
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.
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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    Dim 1 Avr 2018 - 11:03




• Flagrant délit de résurrection •


Les justes resplendiront, ils courront comme
des étincelles à travers le chaume.


Livre de la Sagesse, chapitre 3, verset 7


Pour aller plus loin avec la Parole

Tu m'as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craignez, louez le Seigneur, glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob, vous tous, redoutez-le, descendants d'Israël. Car il n'a pas rejeté, il n'a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s'est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses. Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « A vous, toujours, la vie et la joie ! » La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui : « Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! »

Tous ceux qui festoyaient s'inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence. Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre !



Psaume ch. 21, v. 22-32


Méditation


Jezikri leve byen vivan !*
Voilà comment les Haïtiens proclament la résurrection. Ils ne tournent pas indéfiniment autour des concepts. Et ils ont raison. Le Christ ressuscité n’est pas d’abord un symbole, une valeur, une idée ; c’est quelqu’un. Quelqu’un de réel, que tu peux rencontrer, qui peut changer ta vie, parce qu’il se dresse depuis le matin de Pâques à l’aplomb de l’histoire et du temps.

Le créole, ici, rejoint savoureusement la langue des Évangiles. Dans le grec biblique, c’est tout simple, il y a deux manières principales de dire « ressuscité » : « réveillé » et « relevé ». Suivant cette gamme d’images, les morts « dorment » et sont « couchés ». Dès lors, à chaque fois qu’une personne se lève – un malade, un paralytique, un pécheur – quelque chose de la résurrection se manifeste. Quand Marie proclame les merveilles de Dieu pour son peuple, elle dit : « Il relève Israël son serviteur. »**

L’enfant qu’elle porte n’est pas plus visible que le levain mêlé à la farine. Pourtant, au creux de son corps, elle discerne déjà la puissance de vie qui commence à faire lever toute la pâte humaine !

C’est bien à la manière d’un ferment qu’agit cette force de relèvement. On ne la voit pas, mais on en voit les effets. Ainsi, en quiconque se met debout pour avancer, veiller, résister, embrasser, servir, porter, etc., l’énergie de Pâques est prise en flagrant délit d’éclosion. La résurrection ne se paie pas de mots. Ou bien on la reçoit et elle agit, ou bien elle risque de refluer dans le tombeau dont elle a jailli. C’est à nous, en partie, qu’il appartient de faire que notre monde, et pas seulement nos cimetières, reverdisse de sa sève. Combien, autour de nous, attendent un sourire, un geste, un mot qui relève ? Il n’en faut pas plus, parfois, pour que continue à courir le cri qui nous a rejoints à travers des océans d’espace et de temps : Jezikri leve byen vivan, alleluia ! [/color][/i]



* Jésus-Christ levé bien vivant !



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MessageSujet: Re: Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •    

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Carême dans la ville 2018 : • « Tu m’as relevé » •
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