À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Février : Mois de l'Esprit Saint ... Neuvaine à l'Esprit Saint

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Lumen
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MessageSujet: Février : Mois de l'Esprit Saint ... Neuvaine à l'Esprit Saint   Mar 13 Fév 2018 - 18:42

NEUVAINE AU SAINT-ESPRIT




Les prières de la Neuvaine sont laissées au choix de chacun, pourvu qu’elles soient approuvées par l’Autorité Ecclésiastique.

Les Associés des Fraternités sont invités à faire souvent cette Neuvaine.

On pourra à cette fin, réciter chaque jour :


soit le « Viens, Esprit Créateur »,

soit la Prose « Viens, Esprit-Saint »,

soit le Chapelet du Saint-Esprit,

ou bien se servir de la formule qui suit.



LE MOIS DU SAINT-ESPRIT

Les Membres des Fraternités du Saint-Esprit ont adopté l’usage de consacrer spécialement le mois de février à honorer la troisième personne de la Sainte Trinité.

Pour célébrer ce mois, chacun d’eux choisit les pratiques qui lui conviennent le mieux. Il leur est conseillé cependant :


- 1° De faire une lecture dans un livre traitant de la dévotion au Saint-Esprit ;

- De suivre la méthode ci-après :



Partager le mois en trois neuvaines,

la première sera une neuvaine d’action de grâces,

la seconde une neuvaine de réparation,

et la troisième une neuvaine de demande.



Neuvaine d’action de grâces du 1er au 9 février.

Pour remercier le Saint-Esprit de tous les dons et de toutes les faveurs qu’il a répandus durant l’année écoulée sur l’Eglise en général et sur la Fraternité en particulier. Prières conseillées : l’hymne « Viens, Esprit-Saint », le chapelet du Saint-Esprit.


Neuvaine de réparation, du 10 au 18 février.

Pour réparer tous les oublis, toutes les ingratitudes, et toutes les résistances qui ont offensé l’Esprit-Saint, pendant cette année.


Prières conseillées :

- l’hymne « Viens, Esprit Créateur »,

- l’Acte de Consécration au Saint-Esprit ;



Neuvaine de demande, du 19 au 27 février.

Pour solliciter une effusion toujours plus abondante des dons de l’Esprit-Saint sur toute l’humanité, spécialement sur ceux qui ont charge pastorale ; on priera tout particulièrement pour les Missions, pour l’unité de tous les chrétiens et pour la paix entre les peuples.

Prières conseillées :

—    Prières pour demander les Dons du Saint-Esprit,

—    Les Litanies du Saint-Esprit.



Le 28 (et 29 si année bissextile), dernier jour du mois, sera spécialement sanctifié par des appels à l’Esprit-Saint et par quelques bonnes actions faites en son honneur : mortifications, partage, visites de malades, prière prolongée, etc.


L’ESSENTIEL

Durant le mois de février consacré au Saint-Esprit, c’est chaque membre des Fraternités qui doit penser, dans la journée, à suivre les inspirations de l’Esprit-Saint. Le mois du Saint-Esprit n’est pas d’abord le mois de la multiplication des rencontres pour « réciter des prières », mais le mois durant lequel chacun s’efforce de vivre plus chrétiennement, selon sa vocation.




Neuvaine au Saint-Esprit

de Saint Alphonse de Liguori


PREMIER JOUR

Prière pour demander le don de Crainte de Dieu — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils.

Je t’offre mon cœur et te rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que tu as répandus et que tu répands sans cesse dans le monde.

Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta grâce et de m’accorder le don de Crainte, afin qu’elle me serve de frein pour ne jamais retomber dans mes fautes passées, dont je demande pardon.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


DEUXIÈME JOUR

Le don de Piété — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils.

Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don de Piété, afin que je puisse, à l’avenir, te servir avec plus de ferveur, suivre avec plus de promptitude tes inspirations, et observer plus exactement tes divins préceptes.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


TROISIÈME JOUR

Le don de Science — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je te bénis, en m’unissant aux bénédictions que tu reçois des Anges et des Séraphins. Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don de Science, afin que je puisse bien connaître les choses de Dieu, et qu’éclairé par ton enseignement, je marche, sans jamais dévier, dans la voie du salut éternel.  Amen !


1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


QUATRIÈME JOUR

Le don de Force — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don de Force, afin que je puisse surmonter courageusement toutes les attaques du démon et tous les dangers du monde, qui s’opposent au salut de mon âme.  Amen !


1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


CINQUIÈME JOUR

Le don de Conseil — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je te bénis en m’unissant aux bénédictions que tu reçois des Anges et des Séraphins.

Je te rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que tu as répandus et que tu répands sans cesse dans le monde. Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don de Conseil, afin que je puisse bien choisir tout ce qui est le plus convenable à mon avancement spirituel et découvrir tous les pièges et toutes les ruses de l’esprit tentateur.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


SIXIÈME JOUR

Le don d’intelligence — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je te bénis, en m’unissant aux bénédictions que tu reçois des Anges et des Séraphins.

Je t’offre tout mon cœur. Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don d’Intelligence, afin que je puisse bien entendre les divins mystères, et, par la contemplation des choses célestes, détacher mes pensées et mes affections de toutes les vanités du monde.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


SEPTIÈME JOUR

Le don de Sagesse — Esprit-Saint, divin Consolateur ! je t’adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je te rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que tu as répandus et que tu répands sans cesse dans le monde.

Toi qui es l’Auteur de tous les dons surnaturels, et qui as comblé d’immenses faveurs la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je te prie de me visiter par ta Grâce et ton Amour, et de m’accorder le don de Sagesse, afin que je puisse bien diriger toutes mes actions, en les rapportant à Dieu comme à ma fin dernière, de sorte qu’en l’aimant et en le servant comme je le dois en cette vie, j’aie le bonheur de le posséder éternellement en l’autre.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


HUITIÈME JOUR

Humble supplication — Esprit-Saint, divin Paraclet, Père des pauvres, Consolateur des affligés, Lumière des cœurs, Sanctificateur des âmes, me voici prosterné en ta présence ; je t’adore avec la plus profonde soumission et je répète mille fois, avec les Séraphins qui se tiennent devant ton trône : « Saint ! Saint ! Saint ! ».

Je crois fermement que tu es éternel, procédant du Père et du Fils. J’espère que, par ta bonté, tu sanctifieras et sauveras mon âme. Je t’aime, ô Dieu d’Amour ! Je t’aime plus que tout ; je t’aime de toutes mes affections, parce que tu es une Bonté infinie qui mérite seule tout Amour ; et puisque, insensible à tes inspirations, j’ai eu l’ingratitude de t’offenser par tant de péchés je t’en demande pardon et je regrette souverainement de t’avoir attristé, ô Amour infini.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria


NEUVIÈME JOUR

Offrande et invocations — Je t’offre mon cœur et je te supplie d’y faire entrer un rayon de ta Lumière et une étincelle de ton Feu, pour fondre la glace de mon manque d’Amour.

Toi qui as rempli d’immenses grâces l’âme de Marie, et enflammé d’ardeur apostolique les cœurs des Apôtres, daignes aussi embraser mon cœur. Que Marie, qui a obtenu le vin des Noces de Cana, nous obtienne le vin de l’Amour infini qui enivra les Apôtres le jour de la Pentecôte. Que le Saint-Esprit, par Marie, suscite de nouveaux apôtres enflammés de l’Amour de Jésus-Christ.

Tu es un Esprit divin, fortifie-moi contre les mauvais esprits ; tu es un Feu, allume en moi le Feu de ton Amour ; tu es une Lumière, fais-moi connaître les choses éternelles ; tu es une Colombe, donne-moi des mœurs pures ; tu es un Souffle plein de douceur, dissipe les orages que soulèvent en moi mes passions ; tu es une Langue, enseigne-moi la manière de te louer sans cesse ; tu es une Nuée, couvre-moi de l’ombre de ta protection.

Auteur de tous les dons célestes, je t’en prie, vivifie-moi par ta Grâce, sanctifie-moi par ta Charité, gouverne-moi par ta Sagesse, adopte-moi pour ton enfant et sauve-moi par ton infinie Miséricorde, afin que je ne cesse jamais de te bénir, de te louer et de t’aimer, sur la terre et durant toute l’éternité.  Amen !



1 Pater, 1 Ave, 3 Gloria



( à suivre)

_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
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MessageSujet: Re: Février : Mois de l'Esprit Saint ... Neuvaine à l'Esprit Saint   Jeu 15 Fév 2018 - 16:33

Le Mois du Saint Esprit



Premier jour


Qu'est-ce que le Saint esprit ?


Jésus-christ a parlé du Saint-Esprit comme il a parlé de Dieu le Père et de Dieu le Fils, c'est-à-dire, comme d'une personne divine. Le nom d'Esprit Saint est le nom propre de la troisième personne de la Sainte Trinité, par conséquent d'une personne divine, ayant la même nature que le Père et le Fils.

Saint Augustin nous,enseigne que ce nom de Saint Esprit, employé pour désigner la troisième des personnes divines, est légitime, par la raison que le Saint-Esprit étant commun aux deux autres personnes, puisqu'il procède du Père et du Fils, il peut prendre pour son nom propre ce qu'elles ont toutes deux de commun : car le Père est esprit, et le Fils est esprit; de même, le Père est saint, et le Fils est saint.

On donne une antre raison pour justifier l'usage d'appeler du nom d'Esprit Saint, la troisième personne divine. C'est que, dans le monde matériel, le mot Esprit parait signifier un certain moteur qui donne l'impulsion: ainsi nous donnons ce nom au souffle et an vent. Or, le Saint-Esprit est l'amour du Père et du Fils. Mais le propre de l'amour est de mouvoir, et de pousser la volonté de celui qui aime, vers l'objet aimé. D'un autre côté, nous attribuons la sainteté à tout ce qui se rapporte à Dieu comme à sa fin. Or, le Saint-Esprit est la personne divine qui procède de l'amour par lequel Dieu s'aime lui-même; il était donc convenable de l'appeler Saint, en même temps qu'il était appelé Esprit.

Le Saint-Esprit est véritablement une personne divine, distincte des deux autres, qui sont le Père et le Fils; il procède de l'une et de l'autre. Le Saint-Esprit n'a pas été créé, n'a pas été fait, n'a pas été engendré, mais il est produit de toute éternité par l'amour du Père et du Fils. Le Saint-Esprit a un autre nom: il s'appelle Amour. Le nom d'amour, dit saint Thomas, pris dans une acception personnelle, est le nom propre de l'Esprit Saint, comme le mot Verbe est le nom propre du Fils. Il y a dans la Trinité deux processions, ou plutôt deux modes par lesquels une personne divine tire son origine de l'autre; la première est la procession qui vient de l'intelligence, c'est la procession du Fils, du Verbe; l'autre qui vient de la volonté, est la procession de l'Amour, de la troisième personne divine, du Saint Esprit. On désigne encore le Saint-Esprit sous le nom de Don.

Une personne divine peut se communiquer à une créature raisonnable, elle peut se donner ; mais comme aucune créature ne peut mériter cette faveur, si elle la reçoit, ce sera un Don gratuit. Or, un Don gratuit ne peut être fait que par amour, et la première chose qui est donnée, c'est évidemment l'amour par lequel on veut du bien. D'où il est certain, conclut saint Thomas, que l'amour est le principe du premier Don duquel découlent tous les autres dons gratuits. Mais puisque le Saint-Esprit procède par l'amour, comme nous l'avons vu, il procède donc comme étant le premier Don. C'est ce qui fait dire à saint Augustin: « Par le Don, qui est l'Esprit Saint, viennent tous les autres dons que Dieu distribue aux membres de Jésus-christ ». Ah! comme je goûterai désormais cette belle parole : « Venez, ô Saint-Esprit, vous êtes par excellence le Don du Très-Haut ».


Le Saint-Esprit est appelé par Jésus-christ, le Paraclet, c'est-à-dire Consolateur. Saint Athanase remarque que l'Ancien Testament n'a jamais donné ce nom au Saint-Esprit. La raison se trouve exprimée dans ces paroles du Sauveur: « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra point à vous, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai ». La présence corporelle de Jésus-christ au milieu des siens était pour eux une consolation, sans doute, mais la consolation intérieure par laquelle le Saint-Esprit soutient les âmes, est bien supérieure à ce bonheur sensible que goûtaient les Apôtres. C'est la raison pour laquelle le Sauveur disait: « Il est avantageux pour vous que je m'en aille ».

Je commence à comprendre que de très-grandes choses et des vérités importantes doivent m'être enseignées, comme étant un écoulement et une conséquence de ces premiers principes. Et déjà je me réjouis de ce que beaucoup de paroles de l’Évangile répandront, par le moyen d'une instruction sérieuse sur le Saint-Esprit, de vives lumières dans ma pauvre intelligence. Oui, je vois clairement pourquoi Jésus-christ a dit : Baptisez toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je comprends pourquoi le Saint-Esprit est appelé l'Esprit de Jésus-christ, et ailleurs l'Esprit qui procède du Père. Le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils, est leur amour mutuel, l'amour consubstantiel, l'amour divin, l'amour Dieu, Deus charitas est; il est le don commun et réciproque du Père et du Fils, leur lien, leur nœud, leur mutuelle union, en qui se terminent la fécondité, et toutes les opérations essentielles de la Trinité.

Ah! comme je désire apprendre tout ce que le Saint Esprit veut bien être pour moi, tout ce qu'il vent opérer dans moi ou par moi ! Vous me le direz vous-même, ô divin Esprit, vous serez mon maître et mon Docteur, et vous me découvrirez les richesses ineffables que renferme la doctrine de l'Eglise touchant les opérations de l'Esprit de grâce, de sainteté et d'amour. C'est avec bonheur que je fais en ce moment la profession de foi que m'enseigne l'Eglise: « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils, avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes ».





Le Saint-Esprit dans la Création


Les écrivains sacrés nous montrent continuellement l'action du Saint-Esprit, dans les œuvres de Dieu créateur. Et il est certain que Dieu agissant toujours avec sagesse et avec amour, c'est l'Esprit de sagesse et d'amour qui est le principe de toutes les opérations divines, qui préside à tous les plans que forme la divinité, aussi bien qu'à leur admirable exécution. Le Saint-Esprit est le principe de la beauté des créatures corporelles. Job s'écrie: « L'Esprit de Dieu a orné les cieux »; et David exprime la même pensée, quand il dit: « C'est par la parole du Seigneur que les cieux ont été affermis, et c'est le souffle de sa bouche qui a produit toute leur beauté ».

Ainsi nous voyons d'un côté que Dieu a tout fait par sa parole, son Verbe; de l'autre, qu'il a tout créé par son Esprit. Ce sont là, s'écrie Tertullien, comme les deux mains de la Divinité. Mais que faut-il penser des opérations du Saint-Esprit et de son action propre dans le monde des intelligences ? Sans doute, comme me l'apprend le Sage, Dieu a créé les intelligences des anges et des hommes, afin qu'elles lui soient unies par la connaissance et par l'amour; et c'est par le Saint-Esprit que Dieu habitait dans ces intelligences, et qu'il leur communiquait, avec les lumières de la vérité, les sentiments de toutes les vertus. Ainsi, unies à l'Esprit Saint, ces intelligences étaient saintes, suivant la pensée de saint Jean; et saint Grégoire ajoute : d'une beauté parfaite.

Or, il arriva que Dieu retira son Esprit des intelligences révoltées contre la majesté souveraine. Les Anges mauvais, en se séparant, par l'orgueil, de l'Esprit. sanctificateur, perdirent la sainteté qu'ils ne devaient plus recouvrer. Adam, par son péché, l'avait aussi perdue, pour lui et pour sa postérité.

Dieu voulant, en quelque sorte, opérer le prodige d'une nouvelle création, dans l'ordre spirituel, annonça par ses prophètes, pendant quatre mille ans, qu'il enverrait au monde l'Esprit sanctificateur.


Jésus-christ, pendant sa vie mortelle, a renouvelé cette promesse; il l'a accomplie après son Ascension. Le Saint Esprit est venu, et un nouveau monde a été créé. Ainsi s'est, vérifiée cette admirable parole du Roi Prophète: « Vous leur ôtez l'esprit qui les anime, et ils cessent de vivre, et ils rentrent dans leur poussière. Vous envoyez votre Esprit, et ils sont créés de nouveau, et la face de la terre se renouvelle ».

Dieu continue cette œuvre admirable d'une nouvelle création dans l'ordre spirituel, et il l'opère à chaque instant par le ministère sacerdotal. C'est ainsi qu'il consomme l'alliance qu'il avait juré de faire avec les hommes. Ô précieuse et admirable création ! j'en suis tous les jours l'heureux témoin, et je n'y pense pas; que dis-je ? j'en ai été l'objet, peut-être plusieurs fois, car il est dans la puissance de l'homme d'anéantir ce que le Saint-Esprit crée plusieurs fois dans une âme. Et je m'en occupe, si peu, qu'on pourrait me croire tout à fait étranger à ces merveilles du monde des intelligences auquel j'ai le bonheur d'appartenir.

Mais comment s'opère cette création ? Saint Augustin me dit : « Ce n'est pas sans raison que le Prophète parle d'abord de l'extinction de notre esprit, et ensuite de la communication de l'Esprit de Dieu ». « Vous leur ôterez leur Esprit, et vous leur donnerez le vôtre »; vous les dépouillerez de leur orgueil, ils s'humilieront, ils rentreront dans la poussière de leur néant, ils ne s'estimeront rien en votre présence; alors vous leur ferez part de votre Esprit, et vous les renouvellerez entièrement. C'est la pensée de l'Eglise. Elle conjure le Saint Esprit de nous créer de nouveau, de renouveler cette terre souillée par le péché; elle demande que le feu de l'amour divin prenne la place des ardeurs coupables de nos convoitises. Ceux-là donc vont devenir aussi de nouvelles créatures, parfaitement renouvelées par le baptême dans le Saint-Esprit, qui consentent à renoncer sincèrement à leur propre esprit.

Hélas! malheureusement l'esprit de l'homme prend, dans un grand nombre d'âmes, la place de l'Esprit de Dieu ! Consentirai-je à un dépouillement total de mon esprit, pour recevoir l'Esprit de Dieu, et ne plus vivre que par lui ? Non, on ne veut pas le comprendre, on ferme l'oreille à la vérité; voilà ce qui perd les âmes. Elles sont pleines de leur propre esprit, elles vivent de la vie de leur esprit, et comme l'esprit de l'homme livré au mal, est l'ennemi de l'esprit de Dieu, ces pauvres âmes, en refusant de se dépouiller de leur esprit, repoussent, éloignent l'Esprit de Dieu, et l'empêchent de créer l'homme nouveau revêtu de justice et de sainteté.

Ô mon Dieu, que je ne sois pas un de ces malheureux ! non, je vous le dis dans toute la sincérité de mon âme; Je ne veux plus opposer au Saint-Esprit la moindre résistance.

Venez, venez, ô Saint-Esprit, revenez à ce cœur qui est fait pour vous, et que vous avez possédé autrefois; visitez-le de nouveau, et ne vous éloignez jamais de lui !...





Le Saint-Esprit dans la Rédemption


Dieu a voulu préparer l'avènement de son Fils dans le monde, pendant quatre mille ans. Tout, dans l'histoire des siècles qui ont précédé l'Incarnation du Verbe, se rapporte à ce grand mystère. Saint Paul nous l'assure. Ce fut alors que les Prophètes parurent au milieu d'Israël, pour annoncer les étonnantes merveilles qui devaient manifester, au temps marqué par un décret divin, la miséricorde infinie présidant aux destinées de l'homme.

Mais qui a parlé, dans les temps anciens, du Messie, de sa vie et de sa mort, de ses triomphes et de ses victoires ? qui l'a fait connaître par des traits si frappants de vérité, qu'on est tenté d'appeler Isaïe et David les Évangélistes du premier testament ? c'est le Saint Esprit. L'Église l'a déclaré hautement; elle a mis cette vérité parmi les principaux articles de sa foi: « Il a parlé par les prophètes ». Le Saint-Esprit m'a envoyé, s'écrie le fils d'Amos; et déjà David avait écrit ces paroles: « L'Esprit du Seigneur a parlé par mon organe, et sa parole a passé par ma bouche ». Ah ! sans doute, lorsque le Patriarche Abraham tressaillait d'allégresse et saluait de loin le Jour de l'Incarnation, le Saint-Esprit remplissait son âme, et découvrait au Père des croyants les innombrables richesses que le Désiré des nations devait apporter au monde.

Mais le moment arrive; Dieu va paraître, un monde nouveau saluera bientôt un nouveau monarque. Le Verbe va se revêtir de la nature de l'homme. Alors le Saint-Esprit est, en quelque sorte, chargé de l'accomplissement de cet ineffable mystère. Une vierge est conçue sans tache, et le Saint-Esprit prépare son âme et son corps, pour en faire le digne tabernacle dû Fils de Dieu. C'est encore le Saint-Esprit qui découvre à Marie l'excellence de la virginité, et qui lui inspire la volonté de se consacrer à son Dieu, dès l'âge le plus tendre; consécration nécessaire, suivant saint Ambroise, pour qu'un Dieu naquît d'une femme.


Maintenant je n'ai qu'à ouvrir l'Évangile, et je vois clairement cette vérité : c'est que le Saint Esprit est l'auteur immédiat de la sainte humanité de Jésus Christ. « Le Saint Esprit, dit Gabriel, surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ». Cet Esprit de grâce, de sanctification et d'amour, qui a préparé l'âme, le cœur et le corps de Marie, est ce même Esprit qui crée l'âme du Sauveur Jésus, et qui forme sa chair adorable du sang le plus pur de la Reine des vierges.

L'Église, pendant tous les siècles, s'écriera, en nommant Jésus Christ : « Il a été conçu par l'opération du Saint-Esprit ». Toujours le mystère auguste et profond de l'Incarnation du Verbe a été nommé l'œuvre par excellence du Saint-Esprit. Si jamais on a pu dire: le doigt de Dieu est là, c'est bien lorsqu'on contemple un Dieu devenu homme. Eh bien ! le Saint-Esprit est le doigt de Dieu. Un si étonnant prodige ne pouvait venir que de lui. L'Incarnation, c'est le grand mystère d'amour, de l'amour infini d'un Dieu envers sa pauvre créature. L'Incarnation, c'est la grâce parfaite, le don par excellence. Or, le Saint-Esprit est l'auteur immédiat de cet amour, il est le grand donateur; par lui, Dieu se communique à l'homme. Le Saint-Esprit est donc l'auteur de l'Incarnation.

Mais ici je dois m'en rapporter au témoignage de Jésus-christ lui-même. Je l'entends qui s'écrie : « L'Esprit du Seigneur est descendu sur moi, c'est pourquoi il m'a consacré par son onction ». Oui, c'est le Saint Esprit qui a fait l'onction et la consécration sacerdotale de Jésus Christ, lorsque, dans le moment de l'Incarnation, la nature humaine unie personnellement au Verbe, fut ointe de la Divinité même, et, par elle, consacrée pour le sacerdoce éternel. Donc toutes les fonctions de Jésus Christ, toutes ses prédications, tous ses miracles, son sacrifice, sa mort, sa résurrection, son ascension au ciel, ont pour principe l'Esprit-Saint répandu sur lui. Voilà pourquoi, au jour de son baptême, lorsqu'il ouvrait la carrière de son ministère apostolique, le Saint-Esprit descendit du ciel visiblement, et vint se reposer sur lui. Il le fallait ainsi, afin que tous les hommes comprissent que c'était le Saint-Esprit qui parlerait par la bouche de Jésus Christ.

Je savais déjà, ô mon Dieu, que beaucoup de grâces et de bénédictions répandues sur moi devaient me remplir de reconnaissance et d'amour envers le Saint Esprit. Mais, je l'avoue, je n'avais jamais bien réfléchi sur cette grande vérité : je dois Jésus-christ au Saint Esprit, la foi me l'enseigne. Jésus-christ est le don que m'a fait le Saint-Esprit !... Oh! qui dira tout ce qui est renfermé de lumière, de science, d'amour, dans ces courtes paroles: « qui a été conçu du Saint Esprit » ?... On les articule souvent, on les chante; qui les comprend ? qui les médite ? qui les goûte ? Celui-là seul à qui le Saint-Esprit les explique.

Je désire et je demande cette faveur pour moi, ô divin Esprit ! ne me la refusez pas; faites-moi comprendre ce que je vous dois, après avoir reçu de vous Jésus Christ; alors je vous aimerai ardemment, et mon âme n'aura qu'une ambition, celle de se perdre entièrement et pour toujours dans l'océan de votre amour.





Le Saint-Esprit dans la sanctification des âmes


Le Saint-Esprit est l'âme de toute l'Église. C'est lui qui unit tous les fidèles entre eux, et ceux-ci aux pasteurs légitimes, pour en faire les membres d'un même corps. Il est le principe, la source de toutes les grâces et de tous les dons qui servent au gouvernement, à la conservation et à la prospérité de l'Église. Saint Paul lui attribue la sagesse, la science, la foi, la puissance de faire des miracles, le don de prophétie, le discernement des esprits, le don de parler diverses langues, la grâce des guérisons, l'interprétation des langues. Tout a été donné à l'Église pour la sanctification des élus de Dieu, et c'est le Saint Esprit qui est l'auteur de tous les biens que l'Église possède. C'est lui qui les conserve, qui les rend utiles aux âmes, qui les fait fructifier.

Le Saint Esprit ouvre la porte par laquelle nous entrons dans l'Église en qualité de ses enfants. C'est par lui que nous sommes baptisés. Le Saint-Esprit parle, instruit, touche les cœurs par le ministère de la parole confié aux prêtres. Il est le souverain docteur des âmes. Le Saint Esprit préside les assemblées de l'Église, et dicte, ses décisions sur la foi, la morale, la discipline. C'est lui, nous dit saint Jean, qui atteste que Jésus Christ est la vérité. Aussi, quand l'Eglise parle, elle a soin de dire: « Il a paru bon au Saint Esprit et à nous ».


Donc tout ce que possède l'Église, de lumière, de sainteté, pour l'édification du corps mystique de Jésus Christ, doit être attribué au Saint Esprit. Si maintenant je considère, avec le flambeau de l'Écriture à la main, les dons merveilleux que reçoivent toutes les âmes par le Saint-Esprit, je trouve ces vérités aussi consolantes qu'elles sont glorieuses pour moi.

Le Saint-Esprit régénère l'homme, le justifie, et lui communique une justice et une sainteté qui lui deviennent inhérentes. Il délivre l'âme de l'esclavage des sens. Il rend l'homme enfant de Dieu, héritier de Dieu, membre vivant de Jésus-christ. Il habite dans l'homme comme dans son temple. Il devient son guide, et le fait agir par son impulsion. Il lui inspire le goût des biens spirituels et éternels. Il le remplit de courage pour confesser Jésus Christ devant les hommes. Il le console dans ses tribulations; il le fait triompher de la mort. Le Saint Esprit rétablit dans l'homme l'image de Dieu, et le fait participer aux perfections divines.

Le Saint Esprit agit sur tout notre être et sur toutes nos facultés. Sur notre entendement qu'il remplit de lumière, en lui communiquant la connaissance de la vérité; en l'élevant à la contemplation des perfections divines et des plus hauts mystères. Le Saint Esprit agit sur notre mémoire, en lui rappelant toutes les vérités de la foi. Il exerce son action puissante sur la volonté, en lui faisant produire ces actes que le grand Apôtre appelle les fruits de l'Esprit, à cause de la facilité avec laquelle on les fait.

Il crée les sentiments religieux, purs et durables, qui sont la prière, la joie et la paix.

Enfin il fait pratiquer les vertus chrétiennes d'une manière si parfaite qu'on les appelle Béatitudes, parce qu'elles nous rendent très-heureux, même dans cette vie. Notre corps lui-même est sanctifié par l'Esprit divin, puisque c'est lui qui affaiblit la concupiscence et nous dispose à l'immortalité.

Les moyens pour obtenir la participation à tous ces biens, nous sont offerts dans l'Église. Par le Baptême, le Saint-Esprit nous sanctifie, en répandant la grâce dans nos âmes, en faisant de nos cœurs un temple saint qu'il consent à habiter lui-même. Par la Confirmation, le Saint Esprit nous fortifie contre les ennemis de notre salut, et nous fait remporter la victoire. A la table sacrée, le Saint Esprit nous donne du goût pour ce pain descendu du ciel, et qui est destiné à nous rendre purs comme des Anges.


Dans le tribunal de la pénitence, il nous touche, nous pénètre d'un repentir salutaire, et crée dans nous ce cœur contrit et humilié auquel Dieu ne résiste jamais.

Les époux chrétiens reçoivent au pied de l'autel, avec le sacrement du mariage, cet esprit d'union qui vient du ciel et dont le Saint Esprit est l'auteur.

Sur son lit de mort, le fidèle est détaché de la terre, purifié des moindres souillures, fortifié contre les horreurs de la tombe, par le Saint Esprit qui se communique dans le sacrement de l'Extrême Onction.

Enfin, quand Dieu le Père a choisi les ministres de l'Église, quand Dieu le Fils les consacre et leur donne une mission semblable, à celle qu'il a reçue lui-même, le Saint Esprit embrase les cœurs des prêtres et promet de parler par leur bouche.

Ajoutons que la vierge fidèle à la grâce la plus signalée, quand elle vient à l'autel, en union avec Marie, pour donner sans partage à l'époux céleste tout ce qu'elle possède, le Saint-Esprit la prend par la main, et consomme son union avec Jésus !...

Eh bien ! est-il juste que je m'occupe souvent du Saint-Esprit ? ou plutôt, n'est-ce pas une chose déplorable de voir un grand nombre d'âmes qui ne parlent jamais au Saint-Esprit, qui ne le connaissent pas ? Ah ! Seigneur, je suis couvert moi-même de confusion. Eh quoi! j'ai pu oublier si souvent mes devoirs envers le Saint-Esprit ? j'ai pu négliger, pendant si longtemps, de lui offrir le tribut de ma reconnaissance et de mon amour !...

Ce désordre cessera aujourd'hui; non, je ne négligerai plus le Saint-Esprit; je veux le connaître et l'aimer, je veux l'invoquer, l'appeler sans cesse, l'attirer dans moi par tous les moyens qu'il daignera me suggérer lui-même: je l'ai dit, et je commence dès ce moment.




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MessageSujet: Re: Février : Mois de l'Esprit Saint ... Neuvaine à l'Esprit Saint   Ven 16 Fév 2018 - 15:58

Le Mois du Saint Esprit



Deuxième jour


La mission du Saint Esprit


Dieu avait promis au monde de lui envoyer l'Esprit Saint, comme il avait promis d'envoyer le Messie. On ne remarque pas assez la liaison de ces deux promesses qui existent cependant chez tous les Prophètes de la loi ancienne. Tantôt c'est Isaïe qui parle au nom de Dieu et qui nous dit : « Je répandrai mon Esprit sur ta postérité »; tantôt nous entendons Ezéchiel qui s'écrie : « Je placerai mon Esprit jusqu'au plus intime de leur être ». Ailleurs Joël nous dit: « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ». Enfin le précurseur du Messie annonce à tout le peuple que « Celui qui doit venir, baptisera dans le Saint Esprit ». Jésus Christ a promis solennellement le Saint Esprit à son Eglise; il suffit, pour s'en convaincre, de lire, dans l’Évangile selon saint Jean, l'admirable discours que le Sauveur adresse à ses Apôtres, avant de quitter le monde pour retourner à son Père. Mais quelle était la fin de cette mission ? pourquoi le Saint-Esprit devait-il être donné, communiqué aux hommes ? Il est facile de le savoir; il ne faut pour cela que rappeler les paroles mêmes du divin Sauveur. Jésus Christ appelle le Saint-Esprit un Esprit de vérité. C'est en qualité de docteur que le Saint Esprit viendra dans le monde. Sans doute le Sauveur était la vérité même, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant eu ce monde. Mais cette lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.


Le péché ayant rendu l'homme aveugle, il ne pouvait pas, par lui-même, voir la lumière divine. Ses yeux étaient fermés, il fallait un prodige de l'infinie miséricorde pour les ouvrir. Ce prodige fut réservé au Saint-Esprit.  « L'Esprit que mon Père vous enverra est l'Esprit de vérité; il vous enseignera toutes choses, il vous expliquera tout ce que je vous ai dit ». Ainsi Jésus Christ a parlé aux hommes, et le Saint-Esprit qui est le docteur des âmes leur explique intérieurement cette parole de la vie éternelle tombée de la bouche d'un Dieu. Sans le Saint-Esprit, l’Évangile est un livre fermé, les paroles de Jésus-christ sont inintelligibles. « Le Saint Esprit, ajoute le Sauveur, rendra témoignage en ma faveur; par là même, il convaincra le monde de péché, il le convaincra touchant la justice et le jugement ». En découvrant aux hommes la vérité incontestable de la divinité de Jésus-christ, le Saint-Esprit convainc le monde du péché que les Juifs ont commis en rejetant le Messie; du péché que les incrédules et les impies de tous les siècles n'ont cessé de commettre, en s'élevant contre les preuves si admirables et si frappantes de la Divinité de Jésus Christ.

Le Saint Esprit, en éclairant les hommes, convaincra le monde de la fausseté de ses doctrines et de sa morale; il le convaincra de l'injustice de son obstination à repousser l’Évangile, de l'injustice des jugements qu'il porte sur le bien ou sur le mal; de l'injustice de sa conduite à l'égard des saints et des amis de Dieu. Il le convaincra de la justice, de la pureté, de la sublimité de l’Évangile; et tandis que Jésus Christ monté au ciel, ne sera plus visible sur la terre, le Saint-Esprit dirigera les hommes et leur apprendra d'une manière infaillible à discerner toujours le juste et l'injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal.

Le Saint-Esprit convaincra les hommes touchant le jugement solennel qui a été prononcé et que le monde n'a pas entendu, la condamnation du démon, prince de ce monde, par l'immolation de Jésus Christ. Alors l'homme appréciera sa délivrance; la doctrine de Jésus Christ fera la conquête du monde; les Gentils la recevront avec action de grâces; les temples des idoles seront renversés, les martyrs, abjurant d'anciennes erreurs, donneront leur sang et leur vie pour Jésus Christ, et tous les peuples reconnaîtront le jugement prononcé contre le prince de ce monde.


Dieu envoie le Saint Esprit aux hommes comme Consolateur. C'est la promesse que fait le divin Maître à ses disciples, en les voyant profondément tristes, à cause de son prochain départ, « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure toujours avec vous ». Le Saint Esprit console les âmes fidèles; il leur inspire ce sentiment si doux de la confiance et de l'amour filial qui porte l'homme à appeler Dieu : Mon Père !... Le Saint-Esprit console les justes, en leur découvrant la vanité des biens et des plaisirs dont ils sont privés, et la solidité des biens à venir. Il les console, en répandant dans leur âme, cette douceur céleste de l'amour divin qui n'apprécie plus que les ineffables consolations du service de Dieu. Enfin, le Saint-Esprit est envoyé au monde comme un feu surnaturel destiné à embraser les cœurs. Jésus Christ avait dit: « Je suis venu apporter du feu sur la terre, et mon plus violent désir c'est de le voir se propager ».

Eh bien ! saint Paul nous apprend, que ce feu divin est répandu dans les cœurs par le Saint Esprit. C'est donc le Saint-Esprit qui sera envoyé pour embraser l'Église, et enflammer les cœurs de ses enfants d'un amour immense pour Jésus-christ. Qui comprendra parfaitement aujourd'hui tous les biens qu'il peut attendre du Saint Esprit ? Je veux, Seigneur, que ce soit moi; oui, je le veux, je le désire et je vous demande, avec un sentiment profond de mon indignité , la grâce d'apprécier, par-dessus tout, les richesses spirituelles que le Saint-Esprit a promis de répandre dans mon âme.





Le Saint Esprit principe de vie


Il y a dans l'homme deux sortes de vie : l'une qui lui est commune avec les animaux privés de raison, et l'autre qui est surnaturelle, et qui lui est commune avec les Anges, avec toutes les intelligences unies à Dieu qui est leur centre et comme le lieu où elles résident, suivant cette pensée d'un philosophe chrétien: « Dieu est le lieu des esprits ». Cette vie surnaturelle, vie de la grâce, qui est comme une participation à la vie de Dieu, l'homme l'a perdue par le péché; astre errant sorti de son orbite, il s'agite loin de la voie que la volonté de son Créateur lui avait tracée. Qui fera rentrer l'homme dans cette voie ? qui le fera vivre de la vie qui lui convient, de la seule vie qui mérite ce nom, puisque toute autre vie est justement appelée une mort ?

Saint Paul, dans son admirable épître aux Romains, nous montre le Saint-Esprit, l'Esprit de Dieu, comme étant seul le principe de cette vie que Jésus Christ nous a méritée par l'effusion de son sang. L'homme est ressuscité, il passe de la mort à la vie, au moment où plongé dans les eaux du baptême, le Saint Esprit, comme autrefois au baptême de Jésus Christ, descend du ciel, et vient établir au milieu de lui sa demeure.

De même que le péché et la concupiscence sont en nous l'origine et le principe de la mort, le Saint Esprit devient l'origine et le principe de la vie; il est la source de cette vie surnaturelle, spirituelle, divine, qui nous rend les enfants de Dieu  c'est lui qui la donne, qui la communique, qui l'entretient, la conserve et l'augmente. Celui qui éteint le Saint Esprit dans son âme, éteint par là-même le souffle, l'esprit de vie; il est réduit à un état de mort. D'où il faut conclure que le fidèle doit appeler le Saint Esprit, sa vie, la vie de son cœur, la vie de son âme.


Quand Jésus Christ disait aux Juifs, en parlant des siens: « Je suis venu afin qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient abondamment », il est bien certain qu'il voulait élever leur esprit au-dessus de cette vie matérielle, dont malheureusement un grand nombre d'hommes se contentent. Mais en recevant la vie, on devient nécessairement Fils de celui qui donne la vie; on est engendré, on a un père. Si donc je reçois la vie par le Saint Esprit, par l'Esprit de Dieu, je dois recevoir en même temps un titre, un caractère, une qualité qui me distingue de ceux qui n'ont pas cette vie.

Cette conséquence a été indiquée par saint Paul. Quand le grand Apôtre s'écriait, en désignant ceux qui par le baptême vivent d'une vie nouvelle : « Vous êtes marqués du sceau du Saint-Esprit », il voulait dire : « Dieu, en répandant le Saint-Esprit dans vous, vous a comme imprimés de son caractère et de son sceau, pour vous distinguer, pour vous donner une marque intérieure, et, par cette marque authentique et solennelle, la certitude que vous êtes son héritage, sa famille. C'est la marque de cette adoption divine qui met Dieu en possession de la créature régénérée, et qui donne en même temps à cette créature un droit incontestable sur Dieu, dans le temps et dans l'éternité ». Quelle dignité accordée à l'homme ! quel titre de gloire ! quel admirable privilège ! Et ce titre, cette gloire, ce privilège de l'adoption divine dont le sceau est imprimé sur mon cœur, à qui en suis-je redevable ? qui m'a ainsi transformé ? qui m'a retiré de la mort pour me faire passer, par une résurrection miraculeuse, dans la vie surnaturelle et divine des enfants de Dieu ? Le grand Apôtre me l'apprend : « C'est le Saint Esprit qui est venu habiter en moi ». Mais il est impossible qu'un si prodigieux bienfait ne m'impose pas des obligations formidables.


Lorsque saint Jean énumère les grâces que les fidèles ont reçues de la divine miséricorde, il nomme en particulier cette onction par laquelle le Saint Esprit les a marqués du sceau divin; et aussitôt il ajoute : « Ah ! mes enfants, Que l'onction que vous avez reçue, demeure en vous ! » Or, cette onction n'a-t-elle pas été effacée chez un grand nombre de chrétiens ? Ce malheur ne m'est-il pas arrivé à moi-même ? la vie surnaturelle, divine, qui était en moi, n'a-t-elle pas disparu ? n'est-elle pas au moins bien affaiblie ? Saint Paul recommandait aux premiers fidèles de ne pas l'éteindre. « Prenez garde, écrivait-il aux chrétiens de Thessalonique; n'éteignez pas le Saint-Esprit ».

On éteint le Saint Esprit par une longue suite d'infidélités, par la négligence dans les rapports avec Dieu, par les occupations multipliées et une attention trop soutenue à l'égard des choses de la terre, par les désirs immodérés des créatures. Heureux le fidèle qui apprécie le don de Dieu ! Ce don n'est autre chose que cette vie toute surnaturelle et toute divine qui nous unit à Dieu, et nous rend par là même ses enfants d'adoption. Est-ce bien là ma vie ? est-ce mon état ? suis-je marqué de ce sceau divin que le Saint Esprit imprime sur les âmes qui sont à Dieu ? Le jour de la Pentecôte, lorsque j'entends à la messe le célébrant qui chante ces paroles : « L'Esprit Saint fut répandu à pareil jour sur les enfants de l'adoption », ai-je le droit de me réjouir et de m'écrier : « Je suis, moi, un vrai enfant d'adoption ? » Sans doute, la reconnaissance et l'amour vont aujourd'hui s'emparer de mon cœur, si je pense à tout ce que je dois au Saint Esprit. Mais, en même temps, il faut que j'examine sérieusement ma vie, pour voir si le Saint Esprit est le principe et la source de tous mes jugements, et de toutes les opérations de ma volonté.





Le Saint-Esprit principe d'action


L'action suppose la vie; celui qui est mort n'agit plus : donc, l'action surnaturelle, l'action dans l'ordre du salut, dans l'ordre de Dieu, suppose la vie surnaturelle, la vie divine. Or, sans le Saint Esprit, il n'y a plus de vie surnaturelle, il n'y a plus de vie divine, puisque le principe de cette vie est éteint au dedans de nous. Mais en quoi consiste cette action dont le Saint Esprit est l'auteur, ce mouvement surnaturel et divin qu'il imprime à l'âme fidèle ? Cette action, ce mouvement, ont Dieu pour objet; il en est le terme, la fin; c'est donc la prière, l'adoration, l'action de grâces, et tous les actes par lesquels la volonté humaine cherche Dieu, possède et conserve Dieu.

De nous-mêmes et avec notre propre esprit, nous sommes tellement pauvres et misérables, tellement faibles et bornés, qu'il nous est impossible de sortir du domaine des objets créés, et de nous élever jusqu'à Dieu. La pensée de la prière, le premier et le plus faible désir de prier, est déjà une grâce, une inspiration de Dieu; sans ce secours nous n'aurions jamais le premier degré de volonté pour prier. Eh ! mon Dieu, c'est là une vérité humiliante pour nous, mais une vérité dont l'évidence n'a besoin d'aucune preuve; c'est une vérité de foi. Triste état, épouvantable situation d'une âme laissée a elle-même, laissée seule; cette âme est sans vie, elle est morte. Mais voici le grand Apôtre qui me console, en me disant que cette misère extrême, cette faiblesse humiliante, trouve un secours puissant, efficace, dans le Saint Esprit: « Tandis que nous ne savons pas même ce que nous devons demander à Dieu pour le prier comme il faut, le Saint Esprit nous est donné, et c'est lui qui aide notre faiblesse ».


Le Saint Esprit nous inspire la pensée et le désir de la prière; il nous apprend ce que nous devons dire à Dieu, comment nous devons lui parler. Il nous rend éloquents devant le tribunal de la divine miséricorde; il nous rend capables d'attirer Dieu en nous par notre langage. O divine et admirable éloquence! Or, ce n'est pas aux savants et aux hommes d'esprit qu'elle a été promise; mais aux petits, aux humbles, à tous ceux qui confessent leur impuissance et leur misère.

Le Saint Esprit ne se contente pas de nous apprendre à prier, comme un maître et un docteur qui nous est étranger, et dont les préceptes et les conseils seraient à peine entendus. Non certes; le Saint Esprit, vivant dans notre cœur comme dans son temple, dans son sanctuaire, prend notre âme, et l'incline vers Dieu; ce n'est pas assez : il s'unit à elle de telle sorte qu'il se charge de prier, d'adorer Dieu, de le bénir en union avec elle, ou plutôt il fait que notre âme prie par lui et avec lui; d'où il résulte une vérité des plus consolantes pour nous, c'est que tous les actes que nous produisons dans l'ordre surnaturel, en même temps qu'ils sont nos propres actes, sont encore les actes du Saint Esprit. Telle est l'admirable doctrine que le grand Apôtre enseignait aux premiers fidèles, quand il leur disait: « Dieu a mis dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, et c'est cet Esprit qui crie : « Mon Père ! mon Père ! »


Ainsi la même prière que Jésus Christ, du sommet du Calvaire, adressait à Dieu en faveur de la grande famille humaine, le Saint Esprit par notre cœur dont il s'empare, continue de l'adresser au Père céleste. Oh! non, sans le Saint-Esprit, jamais l'homme n'aurait pu dire à Dieu, avec ce doux sentiment de la confiance et de l'amour: « Mon Père ! Mon Père ! » Il faut donc le reconnaître, il n'y a point d'action surnaturelle et divine dans l'homme, si ce n'est par le Saint Esprit.

Le Saint Esprit éclaire l'âme sur son état, sur ses besoins; il l'éclaire sur la grandeur, la puissance et la bonté de Dieu. Le Saint Esprit remue l'âme, l'excite, l'élève vers le souverain bien qui est Dieu. Le Saint Esprit échauffe le cœur par l'ardeur divine des saints désirs. Or, c'est par cette action immédiate et toute intérieure sur nous,que le Saint-Esprit nous rend capables d'agir, et nous fait réellement agir, dans l'ordre surnaturel et divin. Il suit de là que toute action bonne, méritoire, digne de Dieu et d'une récompense surnaturelle, vient du Saint Esprit, et doit lui être attribuée.

Donc, sans le Saint Esprit, je ne fais rien et je ne puis rien faire pour le Ciel. Donc, plus je serai l'ami du Saint Esprit, plus je vivrai uni à lui, plus aussi je travaillerai activement, efficacement, pour la gloire de Dieu et le salut de mon âme. Ah ! venez, venez donc en moi, divin Esprit, Esprit de lumière, de sainteté, de force, d'amour! venez, et attachez-vous tellement à mon cœur que jamais il ne batte sans vous, que vous seul soyez l'unique principe de ses mouvements, afin que Dieu en soit toujours l'objet et la fin ! Amen !





Le Saint Esprit gage de la vie éternelle


Saint Paul appelle le Saint Esprit le gage, c'est-à-dire, suivant le mot grec, les arrhes de notre héritage. On emploie cette expression pour désigner une partie du prix que l'on promet de donner pour l'acquisition d'un objet. Cette portion du prix est le gage, l'assurance, qu'on donnera plus tard la totalité. On l'emploie encore pour désigner une valeur que l'on donne à quelqu'un comme assurance d'un contrat verbal, que l'on promet, par là même, de ratifier d'une manière définitive. Ce nom est donné par l'Apôtre au Saint Esprit, parce que les dons intérieurs que nous communique l'Esprit de Dieu, de même que les dons extérieurs qu'il fait à l'Église, sont une partie et un avant-goût de la félicité éternelle que Dieu promet à ses élus. Voilà pourquoi saint Paul ajoute que ces arrhes précieuses et divines nous sont données pour que nous les conservions, jusqu'à la parfaite délivrance du peuple qui est l'héritage de Jésus Christ, pour sa louange et pour sa gloire. L'acquisition faite par Jésus Christ d'un peuple destiné à le louer éternellement,commence par la délivrance de ce peuple, lorsqu'il passe de l'esclavage du diable à la liberté des enfants de Dieu. Cette acquisition ainsi commencée sera complète, lorsque, dans le ciel, ce même peuple, délivré de tous les genres de maux, sera mis en possession d'une éternelle gloire.


Dans le baptême, nous avons reçu la grâce; cette grâce nous donne un droit incontestable à la vie éternelle qui est l'héritage de Dieu notre Père; mais, en même temps, le Saint Esprit nous a été donné comme le gage de cette promesse, comme une portion de cette magnifique récompense qui sera le prix total de notre fidélité. Ô bonté ineffable de Dieu ! Il ne s'est pas contenté de m'adopter pour son enfant, de me marquer d'un sceau divin qui me distingue et me sépare des infidèles, des païens, de tous les enfants de colère; d'un sceau tout céleste qui me fait reconnaître comme sa propriété, son héritage; comme une brebis de son troupeau, un enfant de sa famille, un membre de la société dont il est le chef; mais après m'avoir ainsi consacré, sanctifié, il a voulu encore, pour fortifier mon espérance, pour rendre mon salut certain, en quelque sorte, à mes propres yeux, me donner le Saint Esprit comme un gage de ses promesses, comme Les Arrhes de ma gloire future.

Et le Saint Esprit, venu en moi, consent à faire son temple dans mon propre cœur; il y réside, il y fait son séjour habituel, jusqu'à ce que Dieu ait effectué sa promesse, en couronnant ma fidélité d'un honneur infini, et d'une gloire qui est au-dessus de tout ce que l'esprit humain peut concevoir de plus admirable. Mais il est important que je sache quelle est la fin que Dieu s'est proposée, en m'accordant un si grand bien. Saint Paul m'assure que cette fin, digne de Dieu, c'est la gloire et la louange de Jésus Christ, pendant l'éternité.


Ah ! si Jésus Christ s'est donné à l'homme, afin que l'homme connût Dieu et l'aimât d'une manière digne de lui, le Saint Esprit se donnera aussi aux enfants de Dieu, dans l'intérêt et pour la gloire de Jésus Christ.  Malheur à l'homme qui ne veut pas de cette gloire ! Jésus Christ est la récompense magnifique qui nous attend dans le ciel. Le voir et le contempler éternellement; le louer et le bénir de ce que par lui nous avons connu Dieu, et nous sommes devenus ses enfants, voilà notre destinée, si nous avons le bonheur d'être comptés parmi les élus. C'est pour nous conduire à cette fin si désirable que le Saint Esprit nous est donné. Il vient en nous, afin de nous séparer de la masse corrompue, afin de nous rendre saints, consacrés à Dieu; il vient pour demeurer en nous, comme un gage infaillible de la fidélité avec laquelle Dieu nous donnera un jour la gloire qu'il nous a promise.

Oh ! comme j'aime le Saint Esprit, quand je le considère dans moi comme étant un avant-goût du ciel, un gage divin des promesses de Dieu et de la béatitude éternelle! Je le sens, ma dévotion au Saint Esprit va devenir bien grande; je l'appellerai sans cesse, je l'invoquerai avec une grande vivacité de sentiments, je conserverai ses dons, je m'efforcerai de les augmenter dans moi par la plus scrupuleuse fidélité aux moindres inspirations de la grâce.




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Février : Mois de l'Esprit Saint ... Neuvaine à l'Esprit Saint
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