À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3

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Lumen
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MessageSujet: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mer 9 Mai 2018 - 18:21

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


1.  Des entretiens intérieurs de Jésus-Christ avec l'âme fidèle

1. J'écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi. Heureuse l'âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement, et qui reçoit de sa bouche la parole de consolation ! Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce souffle divin, et sourdes au bruit du monde ! Heureuses, encore une fois, les oreilles qui écoutent non la voix qui retentit au-dehors, mais la vérité qui enseigne au-dedans ! Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne contemplent que les intérieures ! Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le cœur recèle, et qui, par des exercices de chaque jour, tâchent de se préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel ! Heureux ceux dont la joie est de s'occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les embarras du siècle ! Considère ces choses, ô mon âme, et ferme la porte de tes sens, afin que tu puisses entendre ce que le Seigneur ton Dieu dit en toi.

2. Voici ce que dit ton bien-aimé : Je suis votre salut, votre paix et votre vie. Demeurez près de moi et vous trouverez la paix. Laissez là tout ce qui passe ; ne cherchez que ce qui est éternel. Que sont toutes les choses du temps, que des séductions vaines ? Et de quoi vous serviront toutes les créatures si vous êtes abandonné du Créateur ? Renoncez donc à tout et occupez-vous de plaire à votre Créateur et de lui être fidèle, afin de parvenir à la vraie béatitude.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 1

Écoutons la sagesse incréée : Mes délices, dit-elle, sont d'être avec les enfants des hommes. Mais la plupart des hommes ne comprennent pas son langage, ou, craignant de l'entendre, s'éloignent d'elle pour s'entretenir avec les créatures.

Elle est venue dans le monde, et le monde ne l'a point connue. C'est pourquoi l'Apôtre nous défend d'aimer le monde, ni rien de ce qui est dans le monde, parce qu'il appartient tout entier à l'esprit de malice. Si donc nous voulons attirer en nous l'esprit de Dieu, cet Esprit dont l'onction enseigne toutes choses, séparons-nous du monde. Renonçons à ses maximes, à ses plaisirs, à ses sociétés tumultueuses. Jésus ne se trouve qu'au désert, sa voix ne retentit pas dans les lieux publics, au milieu des assemblées du siècle : mais, lorsqu'il a résolu de répandre des faveurs sur l'âme fidèle, il la conduit dans la solitude, et là, il parle à son cœur.
Comment peindre les délices de ce céleste entretien ! Qui les a goûtées une fois ne peut plus supporter les entretiens des hommes. Ô Jésus ! Parlez à mon cœur ! Je veux désormais n'écouter que votre voix, dans le silence de toutes les créatures.




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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Jeu 10 Mai 2018 - 17:29

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


2.  La vérité parle au dedans de nous sans aucun bruit de paroles

1.  Parlez Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Je suis votre serviteur : donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages. Inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche : qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. Les enfants d'Israël disaient autrefois à Moïse : Parlez-nous et nous vous écouterons ; mais que le Seigneur ne nous parle point, de peur que nous ne mourions. Ce n'est pas là, Seigneur, ce n'est pas là ma prière : mais au contraire, je vous implore comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant : Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Que Moïse ne me parle point, ni aucun des prophètes, mais vous plutôt, parlez, Seigneur mon Dieu, vous la lumière de tous les prophètes et l'esprit qui les inspirait. Sans eux, vous pouvez seul pénétrer toute mon âme de votre vérité ; et sans vous ils ne pourraient rien.

2. Ils peuvent prononcer des paroles, mais non les rendre efficaces. Leur langage est sublime ; mais si vous vous taisez, il n'échauffe point le coeur. Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens. Ils proposent les mystères, mais vous rompez le sceau qui en dérobait l'intelligence. Ils publient vos commandements, mais vous aidez à les accomplir. Ils montrent la voie, mais vous donnez des forces pour marcher. Ils n'agissent qu'au-dehors, mais vous éclairez et instruisez les coeurs Ils arrosent extérieurement, mais vous donnez la fécondité. Leurs paroles frappent l'oreille, mais vous ouvrez l'intelligence.

3. Que Moïse donc ne me parle point ; mais vous, Seigneur, mon Dieu, éternelle vérité ! parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si, averti seulement au-dehors, je ne suis point intérieurement embrasé ; de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole, entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée. Parlez-moi donc, Seigneur, parce que votre serviteur écoute, vous avez les paroles de la vie éternelle. Parlez-moi pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie, parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 2

Il y a une voix qui nous parle intérieurement et comme dans le fond de l'âme, lorsque, fermant l'oreille au bruit des créatures, nous ne voulons plus écouter que Dieu seul, et que nous l'appelons en nous de toute l'ardeur de nos désirs.

C'est cette voix qui, loin des hommes, ravissait au désert les Paul, les Antoine, les Pacôme, et leur révélait sans obscurité les secrets de la science divine. C'est cette voix qui instruit les Saints, les enflamme, les console et les enivre, pour ainsi dire, de sa céleste douceur. Moïse et les prophètes étaient voilés pour les disciples d'Emmaüs : Jésus vient, et, à sa voix, les ombres qui offusquaient leur intelligence, se dissipent. Quelque chose d'inconnu se remue en eux, de sorte qu'ils se disaient l'un à l'autre : Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin et nous ouvrait les Écritures ?

Et nous, pauvres infortunés, que le tumulte du monde distrait encore, que ferons-nous ? Ne voulons-nous point aussi entendre Jésus ? Comme les deux disciples, nous sommes en voyage. Nous nous en allons vers l'éternité. Jésus, dans son amour, s'approche de nous ; il se fait en quelque sorte le compagnon de notre route. Mais, nous trouvant si peu attentifs, il se retire et nous marchons seuls. Effrayante solitude ! Ah ! Prenons garde que la nuit ne nous surprenne près du terme ! Hâtons-nous de rappeler le divin guide, et disons-lui de toute notre âme : Seigneur, demeurez avec nous, car le soir se fait, et le jour baisse !




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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Ven 11 Mai 2018 - 12:22

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


3.  Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité, et
que plusieurs ne la reçoivent pas comme ils le devraient


1. Jésus-Christ : Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde. Mes paroles sont esprit et vie, et l'on n'en doit pas juger par le sens humain. Il ne faut pas en tirer une vaine complaisance, mais les écouter en silence et les recevoir avec une humilité profonde et un ardent amour.

2. Le fidèle : Et j'ai dit : Heureux celui que vous instruisez, Seigneur, et à qui vous enseignez votre loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre.

3. Jésus-Christ : C'est moi qui ai, dès le commencement, instruit les prophètes, dit le Seigneur, et jusqu'à présent même je ne cesse point de parler à tous ; mais plusieurs sont endurcis et sourds à ma voix. Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu ; ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine. Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur ; je promets des biens immenses, éternels, et le coeur des hommes reste froid. Qui me sert et m'obéit en toute chose, avec autant de soin qu'on sert le monde et les maîtres du monde ? Rougis, Sidon, dit la mer, et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi : Pour un petit avantage, on entreprend une longue route ; et pour la vie éternelle, à peine en trouve-t'on qui veuillent faire un pas. On recherche le plus vil gain : on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de monnaie ; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se fatiguer le jour et la nuit.

4. Mais, ô honte ! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un bonheur suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue. Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu'il y ait des hommes plus ardents à leur perte que tu ne l'es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d'attrait que n'en a pour toi la vérité. Et cependant ils sont souvent abusés par leurs espérances ; tandis que ma promesse ne trompe point, et que jamais je ne me refuse à celui qui se confie en moi. Ce que j'ai promis, je le donnerai ; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin. C'est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement les justes.

5. Gravez mes paroles dans votre coeur et méditez-les profondément : car à l'heure de la tentation, elles vous seront très nécessaires. Ce que vous n'entendez pas en le lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite. J'ai coutume de visiter mes élus de deux manières : par la tentation et la consolation. Et tous les jours, je leur donne deux leçons : l'une en les reprenant de leurs défauts, l'autre en les exhortant à avancer dans la vertu. Celui qui reçoit ma parole, et qui la méprise, sera jugé par elle au dernier jour.

6. Prière pour demander la grâce de la dévotion. Le fidèle : Seigneur mon Dieu, vous êtes tout mon bien : et que suis-je pour oser vous parler ? Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre, beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose dire. Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n'ai rien, que je ne puis rien. Vous êtes seul bon, juste et saint ; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, hors le pécheur que vous laissez vide. Souvenez-vous de vos miséricordes, et remplissez mon cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure vide.

7. Comment puis-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi-même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient ? Ne détournez pas de moi votre visage ; ne différez pas à me visiter : ne me retirez point votre consolation, de peur que, privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre sans eau. Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté : apprenez-moi à vivre d'une vie humble et digne de vous. Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fût.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 3

Rien de plus rare qu'un désir sincère de salut. Et c'est ce qui doit nous faire trembler, car notre sort à chacun sera ce que nous l'aurons fait : Dieu nous aide, il vient par sa grâce au secours du libre arbitre, mais il ne le contraint pas.

Or, que voyons-nous ? Quel spectacle nous offre le monde ? Nous ne parlons point ici de l'impie résolu à se perdre, et déjà marqué du sceau de la réprobation : nous parlons de ceux qui se disent, qui se croient les disciples de Jésus-Christ. Dans la spéculation, des chrétiens veulent se sauver. Mais ils veulent en même temps, ils veulent surtout posséder les biens et goûter les jouissances de la terre. Ils donneront à Dieu, en passant, quelques prières obligées, ils s'informeront de sa loi pour connaître ce qu'elle commande strictement, puis, tranquilles de ce côté, ils se jetteront à la poursuite des honneurs, qu'ils nommeront légitimes, ou ils s'endormiront dans une vie de mollesse, permise à leurs yeux, parce qu'elle ne viole en apparence aucun précepte formel.




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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Lun 14 Mai 2018 - 19:27

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


4.  Qu'il faut marcher en présence de Dieu dans la vérité et l'humilité

1. Jésus-Christ : Mon fils, marchez devant moi dans la vérité, et cherchez-moi toujours dans la simplicité de votre coeur. Celui qui marche devant moi dans la vérité ne craindra nulle attaque, la vérité le délivrera des calomnies et des séductions des méchants. Si la vérité vous délivre, vous serez vraiment libre, et peu vous importeront les vains discours des hommes.

2. Le fidèle : Seigneur, il est vrai : qu'il me soit fait, de grâce, selon votre parole. Que votre vérité m'instruise, qu'elle me défende, qu'elle me conserve jusqu'à la fin dans la voie du salut. Qu'elle me délivre de tout désir mauvais, de toute affection déréglée, et je marcherai devant vous dans une grande liberté de coeur.

3. Jésus-Christ : La vérité, c'est moi ; je vous enseignerai ce qui est bon, ce qui m'est agréable. Rappelez-vous vos péchés avec une grande douleur et un profond regret, et ne pensez jamais être quelque chose à cause du bien que vous faites. Car, sans la vérité, vous n'êtes qu'un pécheur, sujet à beaucoup de passions et engagé dans leurs liens. De vous-même vous tendez toujours au néant ; un rien vous ébranle, un rien vous abat, un rien vous trouble et vous décourage. Qu'avez-vous donc dont vous puissiez vous glorifier ? et que de motifs, au contraire, pour vous mépriser vous-même ! car vous êtes beaucoup plus infirme que vous ne sauriez le comprendre.

4. Que rien de ce que vous faites ne vous paraisse donc quelque chose de grand. Mais plutôt qu'à vos yeux rien ne soit grand, précieux, admirable, élevé, digne d'être estimé, loué, recherché, que ce qui est éternel. Aimez par-dessus toutes choses l'éternelle vérité, et n'ayez jamais que du mépris pour votre extrême bassesse. N'appréhendez rien tant, ne blâmez et ne fuyez rien tant que vos péchés et vos vices. Ils doivent vous affliger plus que toutes les pertes du monde. Il y en a qui ne marchent pas devant moi avec un coeur sincère ; mais guidés par une certaine curiosité présomptueuse, ils veulent découvrir mes secrets et pénétrer les profondeurs de Dieu, tandis qu'ils négligent de s'occuper d'eux-mêmes et de leur salut. Ceux-là tombent souvent, à cause de leur orgueil et de leur curiosité, en de grandes fautes, parce que je m'oppose à eux.

5. Craignez les jugements de Dieu : redoutez la colère du Tout-Puissant ; ne scrutez point les oeuvres du Très-Haut ; mais sondez vos iniquités, le mal que tant de fois vous avez commis, le bien que vous avez négligé. Plusieurs mettent toute leur dévotion en des livres, d'autres en des images, d'autres en des signes et des marques extérieures. Quelques-uns m'ont souvent dans la bouche, mais peu dans le coeur. Il en est d'autres qui, éclairés et purifiés intérieurement, ne cessent d'aspirer aux biens éternels, ont à dégoût les entretiens de la terre, et ne s'assujettissent qu'à regret aux nécessités de la nature. Ceux-là entendent ce que l'esprit de vérité dit en eux. Car il leur apprend à mépriser ce qui passe, à aimer ce qui dure éternellement, à oublier le monde, et à désirer le ciel, le jour et la nuit.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 4

Je suis le Dieu tout-puissant : marchez en ma présence et soyez parfait. Ainsi parlait le Seigneur au père des croyants, et ce commandement s'adresse avec encore plus de force aux chrétiens qui ont contemplé dans le Fils de l'Homme le modèle de toute perfection.

Aussi leur est-il dit : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. Étonnant précepte qui, relevant notre incompréhensible bassesse, nous apprend ce qu'est l'homme racheté, ce qu'est le chrétien aux yeux de Dieu. Mais comment, faibles créatures, courbées sous le poids de la chair, approcherons-nous de cette perfection souveraine, à laquelle il nous est ordonné de tendre sans cesse ? Ecoutez Jésus-Christ : Je suis la voie, la vérité et la vie. Il est la voie qui conduit à Dieu, la vérité qui est Dieu même. Il est la vie promise à ceux qui marchent dans la vérité, qui font la vérité, selon le mot profond de l'Apôtre.

Donc, tout en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Unies aux siennes, nos pensées, nos affections, nos œuvres se divinisent ; et comme la perfection du Fils est la perfection même du Père, par notre union avec le Fils, qui commence sur la terre et se consommera dans le ciel, nous devenons parfaits comme le Père est parfait. Ainsi s'accomplit la prière du Christ : Père saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'il soient un comme nous sommes un. Sanctifiez-les dans la vérité. Je me sanctifie pour eux moi-même, afin qu'ils soient sanctifiés dans la vérité.

Mais cette grande union qui nous élève jusqu'à participer aux mérites infinis du Rédempteur ne s'effectue, ne l'oublions pas, qu'en proportion du sacrifice que nous faisons de nous-mêmes. Notre humilité en est la mesure, elle est le fruit du renoncement propre, du détachement, de l'abaissement qui nous anéantit devant Dieu. Là où l'amour corrompu de soi, là où la nature vit encore, l'union avec Jésus-Christ n'est pas complète. Il faut mourir à soi-même, à ses désirs, à ses goûts, à sa volonté, à sa raison aveugle, pour être un avec le Fils, comme il est un avec son Père, pour être sanctifié dans la vérité. Heureuse mort, qui nous met en possession de la véritable vie, de Dieu même et de sa sainteté, de la vérité éternelle !




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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mer 16 Mai 2018 - 12:59

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


5.  Des merveilleux effets de l'amour divin

1. Le fidèle : Je vous bénis, Père céleste, Père de Jésus-Christ, mon Seigneur, parce que vous avez daigné vous souvenir de moi, pauvre créature. Ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, je vous rends grâce de ce que, tout indigne que j'en suis, vous voulez bien cependant quelquefois me consoler. Je vous bénis à jamais, et je vous glorifie avec votre Fils unique et l'Esprit consolateur, dans les siècles des siècles. Ô Seigneur mon Dieu, saint objet de mon amour ! quand vous descendrez dans mon cœur, toutes mes entrailles tressailliront de joie. Vous êtes la gloire et la joie de mon cœur. Vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation.

2. Mais parce que mon amour est encore faible, et ma vertu chancelante, j'ai besoin d'être fortifié et consolé par vous ; visitez-moi donc souvent, et dirigez-moi par vos divines instructions. Délivrez-moi des passions mauvaises, et retranchez de mon coeur toutes ces affections déréglées, afin que, guéri et purifié intérieurement, je devienne propre à vous aimer, fort pour souffrir, ferme pour persévérer.

3. C'est quelque chose de grand que l'amour et un bien au-dessus de tous les biens. Seul il rend léger ce qui est pesant et fait qu'on peut supporter avec une âme égale toutes les vicissitudes de la vie. Il porte son fardeau sans en sentir le poids et rend doux ce qu'il y a de plus amer. L'amour de Jésus-Christ est généreux ; il fait entreprendre de grandes choses et il excite toujours à ce qu'il y a de plus parfait. L'amour aspire à s'élever et ne se laisse arrêter par rien de terrestre. L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que ses regards pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni retardé par les biens, ni abattu par les maux du temps. Rien n'est plus doux que l'amour ; rien n'est plus fort, plus élevé, plus étendu, plus délicieux ; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce que l'amour est né de Dieu, au-dessus de toutes les créatures.

4. Celui qui aime, court, vole ; il est dans la joie, il est libre, et rien ne l'arrête. Il donne tout pour posséder tout, et il possède tout en toutes choses, parce qu'au-dessus de toutes choses il se repose dans le seul Être souverain, de qui tout bien procède et découle. Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens, jusqu'à Celui qui donne. L'amour souvent ne connaît point de mesure, mais, comme l'eau qui bouillonne, il déborde de toutes parts. Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte, il tente plus qu'il ne peut, jamais il ne prétexte l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et tout permis. Et à cause de cela il peut tout, et il accomplit beaucoup de choses qui fatiguent et qui épuisent vainement celui qui n'aime point.

5. L'amour veille sans cesse ; dans le sommeil même il ne dort point. Aucune fatigue ne le lasse, aucuns liens ne l'appesantissent, aucunes frayeurs ne le troublent ; mais tel qu'une flamme vive et pénétrante, il s'élance vers le ciel et s'ouvre un sûr passage à travers tous les obstacles. Si quelqu'un aime, il entend ce que dit cette voix. L'ardeur même d'une âme embrasée s'élève jusqu'à Dieu comme un grand cri : Mon Dieu ! mon amour ! vous êtes tout à moi, et je suis tout à vous.

6. Dilatez-moi dans l'amour afin que j'apprenne à goûter au fond de mon coeur combien il est doux d'aimer, et de se fondre et de se perdre dans l'amour. Que l'amour me ravisse et m'élève au-dessus de moi-même, par la vivacité de ses transports. Que je chante le cantique de l'amour, que je vous suive, ô mon bien-aimé, jusque dans les hauteurs de votre gloire, que toutes les forces de mon âme s'épuisent à vous louer, et qu'elle défaille de joie et d'amour. Que je vous aime plus que moi, que je ne m'aime moi-même que pour vous, et que j'aime en vous tous ceux qui vous aiment véritablement, ainsi que l'ordonne la loi de l'amour, que nous découvrons dans votre lumière.

7. L'amour est prompt, sincère, pieux, doux, prudent, fort, patient, fidèle, constant, magnanime, et il ne se recherche jamais ; car dès qu'on commence à se rechercher soi-même, à l'instant on cesse d'aimer. L'amour est circonspect, humble et droit, sans mollesse, sans légèreté, il ne s'occupe point de choses vaines, il est sobre, chaste, ferme, tranquille, et toujours attentif à veiller sur les sens. L'amour est obéissant et soumis aux supérieurs ; il est vil et méprisable à ses yeux. Dévoué à Dieu sans réserve, et toujours plein de reconnaissance, il ne cesse point de se confier en lui, d'espérer en lui, lors même qu'il semble en être délaissé, parce qu'on ne vit point sans douleur dans l'amour.

8. Qui n'est pas prêt à tout souffrir et à s'abandonner entièrement à la volonté de son bien-aimé, ne sait pas ce que c'est que d'aimer. Il faut que celui qui aime embrasse avec joie tout ce qu'il y a de plus dur et de plus amer, pour son bien-aimé, et qu'aucune traverse ne le détache de lui.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 5

Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui. Mais l'amour a ses temps d'épreuve, comme ses temps de jouissance. Et cette vie toute entière ne doit être qu'un continuel exercice d'amour, ou la consommation d'un grand sacrifice, dont une vie éternelle ou un amour immuable sera le prix.

Tous les caractères de la charité, détaillés par saint Paul, nous rappellent l'idée de sacrifice, et l'amour infini lui-même n'a pu se manifester pleinement à nous que par un sacrifice infini. Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique. Et notre amour pour Dieu ne peut non plus se manifester que par un sacrifice, non pas égal, il est impossible, mais semblable par le don de tout notre être ou une parfaite obéissance de notre esprit, de notre coeur et de nos sens à la volonté de Celui qui nous a tant aimés. C'est alors que s'accomplit cette union ineffable que Jésus-Christ, à sa dernière heure, conjurait son Père d'opérer entre lui et la créature rachetée.

Pendant que la nature vit encore en nous, quelque chose nous sépare de Dieu et de Jésus. Et l'amour de Jésus nous presse d'achever le sacrifice et de prononcer cette parole dernière, que le monde ne comprend pas, mais qui réjouit le ciel : Tout est consommé.




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MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Ven 18 Mai 2018 - 15:09

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


6.  De l'épreuve du véritable amour

1. Jésus-Christ : Mon fils, votre amour n'est encore ni assez fort ni assez éclairé. Le fidèle : Pourquoi, Seigneur ? Jésus-Christ : Parce qu'à la moindre contrariété, vous laissez là l’oeuvre commencée, et que vous recherchez trop avidement les consolations. Celui qui aime fortement demeure ferme dans la tentation, et ne cède point aux suggestions artificieuses de l'ennemi. Dans le mauvais comme dans le bon succès, son cœur est également à moi.

2. Celui dont l'amour est éclairé considère moins le don de celui qui aime que l'amour de celui qui donne. L'affection le touche plus que le bienfait et il préfère son bien-aimé à tout ce qu'il reçoit de lui. Celui qui m'aime d'un amour généreux ne se repose pas dans mes dons, mais en moi par-dessus tous mes dons. Ne croyez pas tout perdu cependant s'il vous arrive de sentir pour moi ou pour mes saints moins d'amour que vous ne voudriez. Cet amour tendre et doux que vous éprouvez quelquefois est l'effet de la présence de la grâce et une sorte d'avant-goût de la patrie céleste ; il n'y faut pas chercher trop d'appui parce qu'il passe comme il est venu. Mais combattre les mouvements déréglés de l'âme et mépriser les sollicitations du démon, c'est un grand sujet de mérite et la marque d'une solide vertu.

3. Ne vous troublez donc point des fantômes, quels qu'ils soient, qui obsèdent votre imagination. Conservez une résolution ferme et une intention droite devant Dieu. Ce n'est point une illusion si quelquefois vous êtes soudain ravi en extase et qu'aussitôt vous retombiez dans les pensées misérables qui occupent d'ordinaire votre coeur. Car vous souffrez alors plus que vous n'agissez ; et tant qu'elles vous déplaisent et que vous y résistez, c'est un mérite et non pas une chute.

4. Sachez que l'antique ennemi s'efforce d'étouffer vos bons désirs et de vous éloigner de tout pieux exercice, du culte des saints, de la méditation de mes douleurs et de ma mort, du souvenir si utile de vos péchés, de l'attention de veiller sur votre coeur, et du ferme propos d'avancer dans la vertu. Il vous suggère mille pensées mauvaises pour vous causer du trouble et de l'ennui, pour vous détourner de la prière et des lectures saintes. Une humble confession lui déplaît et, s'il pouvait, il vous éloignerait tout à fait de la communion. Ne le craignez point et n'ayez de lui aucune appréhension, quoiqu'il vous tende souvent des pièges pour vous surprendre. Rejetez sur lui seul les pensées criminelles et honteuses qu'il vous inspire. Dites-lui : Va, esprit immonde ; rougis, malheureux ; il faut que tu sois étrangement pervers pour me tenir un pareil langage. Retire-toi de moi, détestable séducteur, tu n'auras jamais en moi aucune part ; mais Jésus sera près de moi comme un guerrier formidable, et tu demeureras confondu. J'aime mieux mourir et souffrir tous les tourments, que de consentir à ce que tu me proposes. Tais-toi donc, ne me parle plus ; je ne t'écouterai pas davantage, quoi que tu fasses pour m'inquiéter. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, que craindrais-je ? Quand une armée se rangerait en bataille contre moi, mon cœur ne craindrait pas. Le Seigneur est mon aide et mon Rédempteur.

5. Combattez comme un généreux soldat, et si quelquefois vous succombez par fragilité, reprenez un courage plus grand dans l'espérance d'être soutenu par une grâce plus forte ; et gardez-vous surtout de la vaine complaisance et de l'orgueil. C'est ainsi que plusieurs s'égarent et tombent dans un aveuglement presque incurable. Que la chute de ces superbes qui présumaient follement d'eux-mêmes vous soit une leçon continuelle de vigilance et d'humilité.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 6

Tous ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, n'entreront pas dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est au ciel, celui-là entrera dans le royaume des cieux.. C'est par les œuvres que se connaît le véritable amour. Toujours prompt à obéir, jamais il ne se relâche, il ne se décourage jamais.

Dans l'amertume et dans la joie, dans la consolation et dans la souffrance, il loue, il bénit également Celui qui frappe et qui guérit, selon ses divins conseils, impénétrables à la créature. La tentation vient-elle l'éprouver, il combat, il résiste avec paix, parce qu'il ne compte point sur ses propres forces, et n'attend la victoire que du secours d'en haut. S'il succombe quelquefois, il se relève aussitôt sans trouble, humilié mais non abattu. Son repentir, quoique profond, est calme, parce qu'il est exempt de l'irritation de l'orgueil. Ses fautes l'affligent et ne l'étonnent point. Il connaît sa fragilité, et il en gémit, plein de confiance en la grâce qui le soutiendra, s'il lui est fidèle. Détaché de la terre et de ses vanités qu'on appelle des biens, que veut-il ? Ce que Dieu veut : il n'a point d'autre volonté ni d'autre désir. Quand le bien-aimé se retire et se dérobe à ses transports, loin de murmurer et loin de se plaindre, il s'avoue indigne de le posséder, et la privation qui le purifie, enflamme encore son ardeur.

Ô Jésus, qu'elles sont merveilleuses les voies par où vous conduisez les âmes qui vous aiment, qui ont soif de vous ! Tantôt vous les inondez de votre joie, tantôt vous les délaissez dans les larmes : maintenant vous les prévenez, et puis elles semblent vous appeler en vain, comme l'épouse du divin Cantique. Épreuves de tendresse et de miséricorde ! Ainsi épurées, ces âmes élues peu à peu se dégagent de leurs liens, elles s'élancent vers vous, et un dernier effort d'amour les porte au pied du trône où vous vous montrez sans voile. Alors la jouissance, alors l'allégresse et l'éternel rassasiement : Satiabor cum apparuerit !





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L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3
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