À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Prières
par Mea culpa Aujourd'hui à 6:15

» Messe internationale du dimanche 22 juillet 2018 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 21:22

» Procession eucharistique du dimanche 22 juillet 2018 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 21:17

» *LE SAINT ROSAIRE PERPÉTUEL*
par Lumen Hier à 21:17

» 2008 /Sœur Emmanuelle, religieuse de Notre-Dame de Sion
par Lumen Hier à 20:54

» XIIe s. /Notre-Dame de Fourvière, Gardienne de Lyon
par Lumen Hier à 20:31

» Le Dogme du Purgatoire illustré par des Faits et des Révélations Particulières: Chapitre 20
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 19:35

» Bible PDF : La Sanctification !
par Lumen Hier à 19:34

» Chapelet du dimanche 22 juillet 2018 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 19:11

» Angélus : la vérité du Christ, pour « trouver la juste orientation de la vie »
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 19:06

» Pensée du jour: Mon enfant, chaque fois que tu trouves ta souffrance lourde et difficile à porter, viens te jeter dans Mes bras.
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 18:53

» Un mot spirituel quotidien
par Lumen Hier à 16:21

» Jésus, trouve son repos dans l'Amour des âmes; Il se repose en aimant.
par Lumen Hier à 16:13

» Apprendre à prier : 14e jour : Les distractions
par Lumen Hier à 16:03

» Texte de Saint Josémaria : “Les enfants sont ce qu'il y a de plus important”
par Lumen Hier à 15:49

» Jésus aujourd'hui : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu »
par Lumen Hier à 15:43

» Parole de DIEU* : Donne-nous aujourd'hui notre Pain de ce jour (Vie), Amen !
par Lumen Hier à 15:07

» Tout enfant, elle récitait le Rosaire !
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 15:05

» Dieu, qui es-tu ?
par Raphaël de l'Enfant Jésus Hier à 14:55

» Procession des cyclistes avant le départ du Tour de France
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 20:12

» Procession eucharistique du samedi 21 juillet 2018 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 20:09

» Louez Dieu tous les jours en musique
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 20:01

» La dévotion au Cœur Immaculé de Marie : Le troisième point du secret
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 19:52

» Bible PDF : Le Royaume De Dieu Est Au-Dedans De Vous !
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 19:25

» Prier pour la conversion des pécheurs
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 19:03

» Chapelet du samedi 21 juillet 2018 à Lourdes
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 18:46

» Le Dogme du Purgatoire illustré par des Faits et des Révélations Particulières: Chapitre 19
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 18:36

» Un enfant de Dieu, chaque matin dit : je vais aimer, c'est ma mission.
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 18:28

» Apprendre à prier : 13e jour : Vivre en conformité avec sa prière
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 18:18

» Texte de Saint Josémaria : “Introduire le Christ parmi les pauvres”
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 18:02

» Jésus aujourd'hui : « Les nations mettront en son nom leur espérance »
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 17:52

» Pensée du jour: Mon enfant, heureux es-tu d'avoir trouvé grâce à Mes yeux et d'accueillir autant d'Amour!
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 8:56

» Contre Satan, réfugions-nous dans les bras de la Mère
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 8:48

» Des songes heureux
par Raphaël de l'Enfant Jésus Sam 21 Juil 2018 - 8:39

» Comment adorer Jésus dans l'Eucharistie ?
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 0:40

» Priéres pour les vocations !
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 0:19

» Prions avec les chrétiens d'Orient
par Lumen Sam 21 Juil 2018 - 0:04

» 1871 /À Pontmain, la Vierge Marie fait prier des enfants en pleine guerre franco-prussienne
par Lumen Ven 20 Juil 2018 - 23:36

» 1846 /Notre-Dame de La Salette : les larmes d’une Mère
par Lumen Ven 20 Juil 2018 - 22:09

» Bible PDF : Compter Sur La Présence De Dieu !
par Lumen Ven 20 Juil 2018 - 21:13

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 11 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 11 Invités :: 1 Moteur de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 264 le Jeu 27 Mar 2014 - 20:02

Partagez | 
 

 L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3

Aller en bas 
AuteurMessage
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mer 9 Mai 2018 - 18:21

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


1.  Des entretiens intérieurs de Jésus-Christ avec l'âme fidèle

1. J'écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi. Heureuse l'âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement, et qui reçoit de sa bouche la parole de consolation ! Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce souffle divin, et sourdes au bruit du monde ! Heureuses, encore une fois, les oreilles qui écoutent non la voix qui retentit au-dehors, mais la vérité qui enseigne au-dedans ! Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne contemplent que les intérieures ! Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le cœur recèle, et qui, par des exercices de chaque jour, tâchent de se préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel ! Heureux ceux dont la joie est de s'occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les embarras du siècle ! Considère ces choses, ô mon âme, et ferme la porte de tes sens, afin que tu puisses entendre ce que le Seigneur ton Dieu dit en toi.

2. Voici ce que dit ton bien-aimé : Je suis votre salut, votre paix et votre vie. Demeurez près de moi et vous trouverez la paix. Laissez là tout ce qui passe ; ne cherchez que ce qui est éternel. Que sont toutes les choses du temps, que des séductions vaines ? Et de quoi vous serviront toutes les créatures si vous êtes abandonné du Créateur ? Renoncez donc à tout et occupez-vous de plaire à votre Créateur et de lui être fidèle, afin de parvenir à la vraie béatitude.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 1

Écoutons la sagesse incréée : Mes délices, dit-elle, sont d'être avec les enfants des hommes. Mais la plupart des hommes ne comprennent pas son langage, ou, craignant de l'entendre, s'éloignent d'elle pour s'entretenir avec les créatures.

Elle est venue dans le monde, et le monde ne l'a point connue. C'est pourquoi l'Apôtre nous défend d'aimer le monde, ni rien de ce qui est dans le monde, parce qu'il appartient tout entier à l'esprit de malice. Si donc nous voulons attirer en nous l'esprit de Dieu, cet Esprit dont l'onction enseigne toutes choses, séparons-nous du monde. Renonçons à ses maximes, à ses plaisirs, à ses sociétés tumultueuses. Jésus ne se trouve qu'au désert, sa voix ne retentit pas dans les lieux publics, au milieu des assemblées du siècle : mais, lorsqu'il a résolu de répandre des faveurs sur l'âme fidèle, il la conduit dans la solitude, et là, il parle à son cœur.
Comment peindre les délices de ce céleste entretien ! Qui les a goûtées une fois ne peut plus supporter les entretiens des hommes. Ô Jésus ! Parlez à mon cœur ! Je veux désormais n'écouter que votre voix, dans le silence de toutes les créatures.




Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Jeu 10 Mai 2018 - 17:29

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


2.  La vérité parle au dedans de nous sans aucun bruit de paroles

1.  Parlez Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Je suis votre serviteur : donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages. Inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche : qu'elles tombent sur moi comme une douce rosée. Les enfants d'Israël disaient autrefois à Moïse : Parlez-nous et nous vous écouterons ; mais que le Seigneur ne nous parle point, de peur que nous ne mourions. Ce n'est pas là, Seigneur, ce n'est pas là ma prière : mais au contraire, je vous implore comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant : Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. Que Moïse ne me parle point, ni aucun des prophètes, mais vous plutôt, parlez, Seigneur mon Dieu, vous la lumière de tous les prophètes et l'esprit qui les inspirait. Sans eux, vous pouvez seul pénétrer toute mon âme de votre vérité ; et sans vous ils ne pourraient rien.

2. Ils peuvent prononcer des paroles, mais non les rendre efficaces. Leur langage est sublime ; mais si vous vous taisez, il n'échauffe point le coeur. Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens. Ils proposent les mystères, mais vous rompez le sceau qui en dérobait l'intelligence. Ils publient vos commandements, mais vous aidez à les accomplir. Ils montrent la voie, mais vous donnez des forces pour marcher. Ils n'agissent qu'au-dehors, mais vous éclairez et instruisez les coeurs Ils arrosent extérieurement, mais vous donnez la fécondité. Leurs paroles frappent l'oreille, mais vous ouvrez l'intelligence.

3. Que Moïse donc ne me parle point ; mais vous, Seigneur, mon Dieu, éternelle vérité ! parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si, averti seulement au-dehors, je ne suis point intérieurement embrasé ; de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole, entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée. Parlez-moi donc, Seigneur, parce que votre serviteur écoute, vous avez les paroles de la vie éternelle. Parlez-moi pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie, parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 2

Il y a une voix qui nous parle intérieurement et comme dans le fond de l'âme, lorsque, fermant l'oreille au bruit des créatures, nous ne voulons plus écouter que Dieu seul, et que nous l'appelons en nous de toute l'ardeur de nos désirs.

C'est cette voix qui, loin des hommes, ravissait au désert les Paul, les Antoine, les Pacôme, et leur révélait sans obscurité les secrets de la science divine. C'est cette voix qui instruit les Saints, les enflamme, les console et les enivre, pour ainsi dire, de sa céleste douceur. Moïse et les prophètes étaient voilés pour les disciples d'Emmaüs : Jésus vient, et, à sa voix, les ombres qui offusquaient leur intelligence, se dissipent. Quelque chose d'inconnu se remue en eux, de sorte qu'ils se disaient l'un à l'autre : Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin et nous ouvrait les Écritures ?

Et nous, pauvres infortunés, que le tumulte du monde distrait encore, que ferons-nous ? Ne voulons-nous point aussi entendre Jésus ? Comme les deux disciples, nous sommes en voyage. Nous nous en allons vers l'éternité. Jésus, dans son amour, s'approche de nous ; il se fait en quelque sorte le compagnon de notre route. Mais, nous trouvant si peu attentifs, il se retire et nous marchons seuls. Effrayante solitude ! Ah ! Prenons garde que la nuit ne nous surprenne près du terme ! Hâtons-nous de rappeler le divin guide, et disons-lui de toute notre âme : Seigneur, demeurez avec nous, car le soir se fait, et le jour baisse !




Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Ven 11 Mai 2018 - 12:22

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


3.  Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité, et
que plusieurs ne la reçoivent pas comme ils le devraient


1. Jésus-Christ : Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde. Mes paroles sont esprit et vie, et l'on n'en doit pas juger par le sens humain. Il ne faut pas en tirer une vaine complaisance, mais les écouter en silence et les recevoir avec une humilité profonde et un ardent amour.

2. Le fidèle : Et j'ai dit : Heureux celui que vous instruisez, Seigneur, et à qui vous enseignez votre loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre.

3. Jésus-Christ : C'est moi qui ai, dès le commencement, instruit les prophètes, dit le Seigneur, et jusqu'à présent même je ne cesse point de parler à tous ; mais plusieurs sont endurcis et sourds à ma voix. Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu ; ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine. Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur ; je promets des biens immenses, éternels, et le coeur des hommes reste froid. Qui me sert et m'obéit en toute chose, avec autant de soin qu'on sert le monde et les maîtres du monde ? Rougis, Sidon, dit la mer, et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi : Pour un petit avantage, on entreprend une longue route ; et pour la vie éternelle, à peine en trouve-t'on qui veuillent faire un pas. On recherche le plus vil gain : on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de monnaie ; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se fatiguer le jour et la nuit.

4. Mais, ô honte ! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un bonheur suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue. Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu'il y ait des hommes plus ardents à leur perte que tu ne l'es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d'attrait que n'en a pour toi la vérité. Et cependant ils sont souvent abusés par leurs espérances ; tandis que ma promesse ne trompe point, et que jamais je ne me refuse à celui qui se confie en moi. Ce que j'ai promis, je le donnerai ; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin. C'est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement les justes.

5. Gravez mes paroles dans votre coeur et méditez-les profondément : car à l'heure de la tentation, elles vous seront très nécessaires. Ce que vous n'entendez pas en le lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite. J'ai coutume de visiter mes élus de deux manières : par la tentation et la consolation. Et tous les jours, je leur donne deux leçons : l'une en les reprenant de leurs défauts, l'autre en les exhortant à avancer dans la vertu. Celui qui reçoit ma parole, et qui la méprise, sera jugé par elle au dernier jour.

6. Prière pour demander la grâce de la dévotion. Le fidèle : Seigneur mon Dieu, vous êtes tout mon bien : et que suis-je pour oser vous parler ? Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre, beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose dire. Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n'ai rien, que je ne puis rien. Vous êtes seul bon, juste et saint ; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, hors le pécheur que vous laissez vide. Souvenez-vous de vos miséricordes, et remplissez mon cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure vide.

7. Comment puis-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi-même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient ? Ne détournez pas de moi votre visage ; ne différez pas à me visiter : ne me retirez point votre consolation, de peur que, privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre sans eau. Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté : apprenez-moi à vivre d'une vie humble et digne de vous. Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fût.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 3

Rien de plus rare qu'un désir sincère de salut. Et c'est ce qui doit nous faire trembler, car notre sort à chacun sera ce que nous l'aurons fait : Dieu nous aide, il vient par sa grâce au secours du libre arbitre, mais il ne le contraint pas.

Or, que voyons-nous ? Quel spectacle nous offre le monde ? Nous ne parlons point ici de l'impie résolu à se perdre, et déjà marqué du sceau de la réprobation : nous parlons de ceux qui se disent, qui se croient les disciples de Jésus-Christ. Dans la spéculation, des chrétiens veulent se sauver. Mais ils veulent en même temps, ils veulent surtout posséder les biens et goûter les jouissances de la terre. Ils donneront à Dieu, en passant, quelques prières obligées, ils s'informeront de sa loi pour connaître ce qu'elle commande strictement, puis, tranquilles de ce côté, ils se jetteront à la poursuite des honneurs, qu'ils nommeront légitimes, ou ils s'endormiront dans une vie de mollesse, permise à leurs yeux, parce qu'elle ne viole en apparence aucun précepte formel.




Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Lun 14 Mai 2018 - 19:27

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


4.  Qu'il faut marcher en présence de Dieu dans la vérité et l'humilité

1. Jésus-Christ : Mon fils, marchez devant moi dans la vérité, et cherchez-moi toujours dans la simplicité de votre coeur. Celui qui marche devant moi dans la vérité ne craindra nulle attaque, la vérité le délivrera des calomnies et des séductions des méchants. Si la vérité vous délivre, vous serez vraiment libre, et peu vous importeront les vains discours des hommes.

2. Le fidèle : Seigneur, il est vrai : qu'il me soit fait, de grâce, selon votre parole. Que votre vérité m'instruise, qu'elle me défende, qu'elle me conserve jusqu'à la fin dans la voie du salut. Qu'elle me délivre de tout désir mauvais, de toute affection déréglée, et je marcherai devant vous dans une grande liberté de coeur.

3. Jésus-Christ : La vérité, c'est moi ; je vous enseignerai ce qui est bon, ce qui m'est agréable. Rappelez-vous vos péchés avec une grande douleur et un profond regret, et ne pensez jamais être quelque chose à cause du bien que vous faites. Car, sans la vérité, vous n'êtes qu'un pécheur, sujet à beaucoup de passions et engagé dans leurs liens. De vous-même vous tendez toujours au néant ; un rien vous ébranle, un rien vous abat, un rien vous trouble et vous décourage. Qu'avez-vous donc dont vous puissiez vous glorifier ? et que de motifs, au contraire, pour vous mépriser vous-même ! car vous êtes beaucoup plus infirme que vous ne sauriez le comprendre.

4. Que rien de ce que vous faites ne vous paraisse donc quelque chose de grand. Mais plutôt qu'à vos yeux rien ne soit grand, précieux, admirable, élevé, digne d'être estimé, loué, recherché, que ce qui est éternel. Aimez par-dessus toutes choses l'éternelle vérité, et n'ayez jamais que du mépris pour votre extrême bassesse. N'appréhendez rien tant, ne blâmez et ne fuyez rien tant que vos péchés et vos vices. Ils doivent vous affliger plus que toutes les pertes du monde. Il y en a qui ne marchent pas devant moi avec un coeur sincère ; mais guidés par une certaine curiosité présomptueuse, ils veulent découvrir mes secrets et pénétrer les profondeurs de Dieu, tandis qu'ils négligent de s'occuper d'eux-mêmes et de leur salut. Ceux-là tombent souvent, à cause de leur orgueil et de leur curiosité, en de grandes fautes, parce que je m'oppose à eux.

5. Craignez les jugements de Dieu : redoutez la colère du Tout-Puissant ; ne scrutez point les oeuvres du Très-Haut ; mais sondez vos iniquités, le mal que tant de fois vous avez commis, le bien que vous avez négligé. Plusieurs mettent toute leur dévotion en des livres, d'autres en des images, d'autres en des signes et des marques extérieures. Quelques-uns m'ont souvent dans la bouche, mais peu dans le coeur. Il en est d'autres qui, éclairés et purifiés intérieurement, ne cessent d'aspirer aux biens éternels, ont à dégoût les entretiens de la terre, et ne s'assujettissent qu'à regret aux nécessités de la nature. Ceux-là entendent ce que l'esprit de vérité dit en eux. Car il leur apprend à mépriser ce qui passe, à aimer ce qui dure éternellement, à oublier le monde, et à désirer le ciel, le jour et la nuit.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 4

Je suis le Dieu tout-puissant : marchez en ma présence et soyez parfait. Ainsi parlait le Seigneur au père des croyants, et ce commandement s'adresse avec encore plus de force aux chrétiens qui ont contemplé dans le Fils de l'Homme le modèle de toute perfection.

Aussi leur est-il dit : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. Étonnant précepte qui, relevant notre incompréhensible bassesse, nous apprend ce qu'est l'homme racheté, ce qu'est le chrétien aux yeux de Dieu. Mais comment, faibles créatures, courbées sous le poids de la chair, approcherons-nous de cette perfection souveraine, à laquelle il nous est ordonné de tendre sans cesse ? Ecoutez Jésus-Christ : Je suis la voie, la vérité et la vie. Il est la voie qui conduit à Dieu, la vérité qui est Dieu même. Il est la vie promise à ceux qui marchent dans la vérité, qui font la vérité, selon le mot profond de l'Apôtre.

Donc, tout en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Unies aux siennes, nos pensées, nos affections, nos œuvres se divinisent ; et comme la perfection du Fils est la perfection même du Père, par notre union avec le Fils, qui commence sur la terre et se consommera dans le ciel, nous devenons parfaits comme le Père est parfait. Ainsi s'accomplit la prière du Christ : Père saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'il soient un comme nous sommes un. Sanctifiez-les dans la vérité. Je me sanctifie pour eux moi-même, afin qu'ils soient sanctifiés dans la vérité.

Mais cette grande union qui nous élève jusqu'à participer aux mérites infinis du Rédempteur ne s'effectue, ne l'oublions pas, qu'en proportion du sacrifice que nous faisons de nous-mêmes. Notre humilité en est la mesure, elle est le fruit du renoncement propre, du détachement, de l'abaissement qui nous anéantit devant Dieu. Là où l'amour corrompu de soi, là où la nature vit encore, l'union avec Jésus-Christ n'est pas complète. Il faut mourir à soi-même, à ses désirs, à ses goûts, à sa volonté, à sa raison aveugle, pour être un avec le Fils, comme il est un avec son Père, pour être sanctifié dans la vérité. Heureuse mort, qui nous met en possession de la véritable vie, de Dieu même et de sa sainteté, de la vérité éternelle !




Source : 



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mer 16 Mai 2018 - 12:59

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


5.  Des merveilleux effets de l'amour divin

1. Le fidèle : Je vous bénis, Père céleste, Père de Jésus-Christ, mon Seigneur, parce que vous avez daigné vous souvenir de moi, pauvre créature. Ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, je vous rends grâce de ce que, tout indigne que j'en suis, vous voulez bien cependant quelquefois me consoler. Je vous bénis à jamais, et je vous glorifie avec votre Fils unique et l'Esprit consolateur, dans les siècles des siècles. Ô Seigneur mon Dieu, saint objet de mon amour ! quand vous descendrez dans mon cœur, toutes mes entrailles tressailliront de joie. Vous êtes la gloire et la joie de mon cœur. Vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation.

2. Mais parce que mon amour est encore faible, et ma vertu chancelante, j'ai besoin d'être fortifié et consolé par vous ; visitez-moi donc souvent, et dirigez-moi par vos divines instructions. Délivrez-moi des passions mauvaises, et retranchez de mon coeur toutes ces affections déréglées, afin que, guéri et purifié intérieurement, je devienne propre à vous aimer, fort pour souffrir, ferme pour persévérer.

3. C'est quelque chose de grand que l'amour et un bien au-dessus de tous les biens. Seul il rend léger ce qui est pesant et fait qu'on peut supporter avec une âme égale toutes les vicissitudes de la vie. Il porte son fardeau sans en sentir le poids et rend doux ce qu'il y a de plus amer. L'amour de Jésus-Christ est généreux ; il fait entreprendre de grandes choses et il excite toujours à ce qu'il y a de plus parfait. L'amour aspire à s'élever et ne se laisse arrêter par rien de terrestre. L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que ses regards pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni retardé par les biens, ni abattu par les maux du temps. Rien n'est plus doux que l'amour ; rien n'est plus fort, plus élevé, plus étendu, plus délicieux ; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce que l'amour est né de Dieu, au-dessus de toutes les créatures.

4. Celui qui aime, court, vole ; il est dans la joie, il est libre, et rien ne l'arrête. Il donne tout pour posséder tout, et il possède tout en toutes choses, parce qu'au-dessus de toutes choses il se repose dans le seul Être souverain, de qui tout bien procède et découle. Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens, jusqu'à Celui qui donne. L'amour souvent ne connaît point de mesure, mais, comme l'eau qui bouillonne, il déborde de toutes parts. Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte, il tente plus qu'il ne peut, jamais il ne prétexte l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et tout permis. Et à cause de cela il peut tout, et il accomplit beaucoup de choses qui fatiguent et qui épuisent vainement celui qui n'aime point.

5. L'amour veille sans cesse ; dans le sommeil même il ne dort point. Aucune fatigue ne le lasse, aucuns liens ne l'appesantissent, aucunes frayeurs ne le troublent ; mais tel qu'une flamme vive et pénétrante, il s'élance vers le ciel et s'ouvre un sûr passage à travers tous les obstacles. Si quelqu'un aime, il entend ce que dit cette voix. L'ardeur même d'une âme embrasée s'élève jusqu'à Dieu comme un grand cri : Mon Dieu ! mon amour ! vous êtes tout à moi, et je suis tout à vous.

6. Dilatez-moi dans l'amour afin que j'apprenne à goûter au fond de mon coeur combien il est doux d'aimer, et de se fondre et de se perdre dans l'amour. Que l'amour me ravisse et m'élève au-dessus de moi-même, par la vivacité de ses transports. Que je chante le cantique de l'amour, que je vous suive, ô mon bien-aimé, jusque dans les hauteurs de votre gloire, que toutes les forces de mon âme s'épuisent à vous louer, et qu'elle défaille de joie et d'amour. Que je vous aime plus que moi, que je ne m'aime moi-même que pour vous, et que j'aime en vous tous ceux qui vous aiment véritablement, ainsi que l'ordonne la loi de l'amour, que nous découvrons dans votre lumière.

7. L'amour est prompt, sincère, pieux, doux, prudent, fort, patient, fidèle, constant, magnanime, et il ne se recherche jamais ; car dès qu'on commence à se rechercher soi-même, à l'instant on cesse d'aimer. L'amour est circonspect, humble et droit, sans mollesse, sans légèreté, il ne s'occupe point de choses vaines, il est sobre, chaste, ferme, tranquille, et toujours attentif à veiller sur les sens. L'amour est obéissant et soumis aux supérieurs ; il est vil et méprisable à ses yeux. Dévoué à Dieu sans réserve, et toujours plein de reconnaissance, il ne cesse point de se confier en lui, d'espérer en lui, lors même qu'il semble en être délaissé, parce qu'on ne vit point sans douleur dans l'amour.

8. Qui n'est pas prêt à tout souffrir et à s'abandonner entièrement à la volonté de son bien-aimé, ne sait pas ce que c'est que d'aimer. Il faut que celui qui aime embrasse avec joie tout ce qu'il y a de plus dur et de plus amer, pour son bien-aimé, et qu'aucune traverse ne le détache de lui.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 5

Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui. Mais l'amour a ses temps d'épreuve, comme ses temps de jouissance. Et cette vie toute entière ne doit être qu'un continuel exercice d'amour, ou la consommation d'un grand sacrifice, dont une vie éternelle ou un amour immuable sera le prix.

Tous les caractères de la charité, détaillés par saint Paul, nous rappellent l'idée de sacrifice, et l'amour infini lui-même n'a pu se manifester pleinement à nous que par un sacrifice infini. Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique. Et notre amour pour Dieu ne peut non plus se manifester que par un sacrifice, non pas égal, il est impossible, mais semblable par le don de tout notre être ou une parfaite obéissance de notre esprit, de notre coeur et de nos sens à la volonté de Celui qui nous a tant aimés. C'est alors que s'accomplit cette union ineffable que Jésus-Christ, à sa dernière heure, conjurait son Père d'opérer entre lui et la créature rachetée.

Pendant que la nature vit encore en nous, quelque chose nous sépare de Dieu et de Jésus. Et l'amour de Jésus nous presse d'achever le sacrifice et de prononcer cette parole dernière, que le monde ne comprend pas, mais qui réjouit le ciel : Tout est consommé.




Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Ven 18 Mai 2018 - 15:09

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


6.  De l'épreuve du véritable amour

1. Jésus-Christ : Mon fils, votre amour n'est encore ni assez fort ni assez éclairé. Le fidèle : Pourquoi, Seigneur ? Jésus-Christ : Parce qu'à la moindre contrariété, vous laissez là l’oeuvre commencée, et que vous recherchez trop avidement les consolations. Celui qui aime fortement demeure ferme dans la tentation, et ne cède point aux suggestions artificieuses de l'ennemi. Dans le mauvais comme dans le bon succès, son cœur est également à moi.

2. Celui dont l'amour est éclairé considère moins le don de celui qui aime que l'amour de celui qui donne. L'affection le touche plus que le bienfait et il préfère son bien-aimé à tout ce qu'il reçoit de lui. Celui qui m'aime d'un amour généreux ne se repose pas dans mes dons, mais en moi par-dessus tous mes dons. Ne croyez pas tout perdu cependant s'il vous arrive de sentir pour moi ou pour mes saints moins d'amour que vous ne voudriez. Cet amour tendre et doux que vous éprouvez quelquefois est l'effet de la présence de la grâce et une sorte d'avant-goût de la patrie céleste ; il n'y faut pas chercher trop d'appui parce qu'il passe comme il est venu. Mais combattre les mouvements déréglés de l'âme et mépriser les sollicitations du démon, c'est un grand sujet de mérite et la marque d'une solide vertu.

3. Ne vous troublez donc point des fantômes, quels qu'ils soient, qui obsèdent votre imagination. Conservez une résolution ferme et une intention droite devant Dieu. Ce n'est point une illusion si quelquefois vous êtes soudain ravi en extase et qu'aussitôt vous retombiez dans les pensées misérables qui occupent d'ordinaire votre coeur. Car vous souffrez alors plus que vous n'agissez ; et tant qu'elles vous déplaisent et que vous y résistez, c'est un mérite et non pas une chute.

4. Sachez que l'antique ennemi s'efforce d'étouffer vos bons désirs et de vous éloigner de tout pieux exercice, du culte des saints, de la méditation de mes douleurs et de ma mort, du souvenir si utile de vos péchés, de l'attention de veiller sur votre coeur, et du ferme propos d'avancer dans la vertu. Il vous suggère mille pensées mauvaises pour vous causer du trouble et de l'ennui, pour vous détourner de la prière et des lectures saintes. Une humble confession lui déplaît et, s'il pouvait, il vous éloignerait tout à fait de la communion. Ne le craignez point et n'ayez de lui aucune appréhension, quoiqu'il vous tende souvent des pièges pour vous surprendre. Rejetez sur lui seul les pensées criminelles et honteuses qu'il vous inspire. Dites-lui : Va, esprit immonde ; rougis, malheureux ; il faut que tu sois étrangement pervers pour me tenir un pareil langage. Retire-toi de moi, détestable séducteur, tu n'auras jamais en moi aucune part ; mais Jésus sera près de moi comme un guerrier formidable, et tu demeureras confondu. J'aime mieux mourir et souffrir tous les tourments, que de consentir à ce que tu me proposes. Tais-toi donc, ne me parle plus ; je ne t'écouterai pas davantage, quoi que tu fasses pour m'inquiéter. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, que craindrais-je ? Quand une armée se rangerait en bataille contre moi, mon cœur ne craindrait pas. Le Seigneur est mon aide et mon Rédempteur.

5. Combattez comme un généreux soldat, et si quelquefois vous succombez par fragilité, reprenez un courage plus grand dans l'espérance d'être soutenu par une grâce plus forte ; et gardez-vous surtout de la vaine complaisance et de l'orgueil. C'est ainsi que plusieurs s'égarent et tombent dans un aveuglement presque incurable. Que la chute de ces superbes qui présumaient follement d'eux-mêmes vous soit une leçon continuelle de vigilance et d'humilité.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 6

Tous ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, n'entreront pas dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est au ciel, celui-là entrera dans le royaume des cieux.. C'est par les œuvres que se connaît le véritable amour. Toujours prompt à obéir, jamais il ne se relâche, il ne se décourage jamais.

Dans l'amertume et dans la joie, dans la consolation et dans la souffrance, il loue, il bénit également Celui qui frappe et qui guérit, selon ses divins conseils, impénétrables à la créature. La tentation vient-elle l'éprouver, il combat, il résiste avec paix, parce qu'il ne compte point sur ses propres forces, et n'attend la victoire que du secours d'en haut. S'il succombe quelquefois, il se relève aussitôt sans trouble, humilié mais non abattu. Son repentir, quoique profond, est calme, parce qu'il est exempt de l'irritation de l'orgueil. Ses fautes l'affligent et ne l'étonnent point. Il connaît sa fragilité, et il en gémit, plein de confiance en la grâce qui le soutiendra, s'il lui est fidèle. Détaché de la terre et de ses vanités qu'on appelle des biens, que veut-il ? Ce que Dieu veut : il n'a point d'autre volonté ni d'autre désir. Quand le bien-aimé se retire et se dérobe à ses transports, loin de murmurer et loin de se plaindre, il s'avoue indigne de le posséder, et la privation qui le purifie, enflamme encore son ardeur.

Ô Jésus, qu'elles sont merveilleuses les voies par où vous conduisez les âmes qui vous aiment, qui ont soif de vous ! Tantôt vous les inondez de votre joie, tantôt vous les délaissez dans les larmes : maintenant vous les prévenez, et puis elles semblent vous appeler en vain, comme l'épouse du divin Cantique. Épreuves de tendresse et de miséricorde ! Ainsi épurées, ces âmes élues peu à peu se dégagent de leurs liens, elles s'élancent vers vous, et un dernier effort d'amour les porte au pied du trône où vous vous montrez sans voile. Alors la jouissance, alors l'allégresse et l'éternel rassasiement : Satiabor cum apparuerit !





Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Jeu 24 Mai 2018 - 10:41

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


7. Qu'il faut cacher humblement les grâces que Dieu nous fait

1. Jésus-Christ : Mon fils, lorsque la grâce vous inspire des mouvements de piété, il est meilleur pour vous et plus sûr de tenir cette grâce cachée, de ne vous en point élever, d'en parler peu et de ne pas vous exagérer sa grandeur ; mais plutôt de vous mépriser vous-même et de craindre une faveur dont vous êtes indigne. Il ne faut pas s'attacher trop à un sentiment qui bientôt peut se changer en un sentiment contraire. Quand la grâce vous est donnée, songez combien vous êtes pauvre et misérable sans la grâce. Le progrès de la vie spirituelle ne consiste pas seulement à jouir des consolations de la grâce, mais à en supporter la privation avec humilité, avec abnégation, avec patience, de sorte qu'alors on ne se relâche point dans l'exercice de la prière, et qu'on n'abandonne aucune de ses pratiques accoutumées. Faites, au contraire, tout ce qui est en vous le mieux que vous pourrez, selon vos lumières, et ne vous négligez pas entièrement vous-même à cause de la sécheresse et de l'angoisse que vous sentez en votre âme.

2. Car il y en a beaucoup qui, au temps de l'épreuve, tombent aussitôt dans l'impatience et le découragement. Cependant la voie de l'homme n'est pas toujours en son pouvoir. C'est à Dieu de consoler et de donner quand il veut, autant qu'il veut, et à qui il veut, comme il lui plaît, et non davantage. Des indiscrets se sont perdus par la grâce même de la dévotion, parce qu'ils ont voulu faire plus qu'ils ne pouvaient, ne mesurant point leur faiblesse, mais suivant plutôt l'impétuosité de leur coeur que le jugement de la raison. Et parce qu'ils ont aspiré, dans leur présomption, à un état plus élevé que celui où Dieu les voulait, ils ont promptement perdu la grâce. Ils avaient placé leur demeure dans le ciel, et tout à coup on les a vus pauvres et délaissés dans leur misère, afin que par l'humiliation et le dénuement ils apprissent à ne plus tenter de s'élever sur leurs propres ailes, mais à se réfugier sous les miennes. Ceux qui sont encore nouveaux et sans expérience dans les voies de Dieu peuvent aisément s'égarer et se briser sur les écueils, s'ils ne se laissent conduire par des personnes prudentes.

3. Que s'ils veulent suivre leur sentiment plutôt que de croire à l'expérience des autres, le résultat leur en sera funeste, si toutefois ils s'obstinent dans leur propre sens. Rarement ceux qui sont sages à leurs yeux se laissent humblement conduire par les autres. Il vaut mieux être humble, avec un esprit et des lumières bornés, que de posséder des trésors de science et de se complaire en soi-même. Il vaut mieux pour vous avoir peu, que beaucoup dont vous pourriez vous enorgueillir. Celui-là manque de prudence qui se livre tout entier à la joie, oubliant son indigence passée, et cette chaste crainte du Seigneur qui appréhende de perdre la grâce reçue. C'est aussi manquer de vertu que de se laisser aller à un découragement excessif au temps de l'adversité et de l'épreuve, et d'avoir des pensées et des sentiments indignes de la confiance qu'on me doit.

4. Celui qui, durant la paix, a trop de sécurité, se trouve souvent pendant la guerre le plus timide et le plus lâche. Si ne présumant jamais de vous-même, vous saviez demeurer toujours humble, modérer et régler les mouvements de votre esprit, vous ne tomberiez pas si vite dans le péril et le péché. C'est une pratique sage que de penser, durant la ferveur, à ce qu'on sera dans la privation de la lumière. Et quand vous en êtes en effet privé, songez qu'elle peut revenir et que je ne vous l'ai retirée pour un temps qu'en vue de ma gloire et pour exciter votre vigilance. Souvent une telle épreuve vous est plus utile que si tout vous succédait constamment selon vos désirs. Car pour juger du mérite, on ne doit pas regarder si quelqu'un a beaucoup de visions ou de consolations, ou s'il est habile dans l'Ecriture sainte, ou s'il occupe un rang élevé, mais s'il est affermi dans la véritable humilité et rempli de la charité divine ; s'il cherche en tout et toujours uniquement la gloire de Dieu ; s'il est bien convaincu de son néant ; s'il a pour lui-même un mépris sincère, et s'il se réjouit plus d'être méprisé des autres et humilié par eux, que d'en être honoré.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 7

Reconnaître sa misère et ne la jamais perdre de vue ; s'abandonner sans réserve entre les mains de Dieu, avec une foi vive et un obéissant amour : voilà toute la vie spirituelle, dont l'humilité est le premier fondement.

Celui qui se dit au fond de son âme : Je ne suis rien que la faiblesse et l'indigence même, ne cherche point d'appui en soi, et met en Jésus sa seule espérance. Il suit avec simplicité les mouvements de la grâce, ne s'élève point dans la ferveur, et ne s'abat point dans la sécheresse, toujours satisfait, pourvu que la volonté divine s'accomplisse en lui. L'orgueil, qui souvent se cache sous le voile de ce qu'il y a de plus saint, ne le séduit pas par le vain désir d'un état en apparence plus parfait, auquel il n'est point appelé. Fidèle et tranquille dans sa voie, il dit à Dieu : Donnez-moi la sagesse qui assiste près de votre trône, et ne me rejetez pas du nombre de vos enfants ; car je suis votre serviteur et le fils de votre servante, un homme infirme, de peu de durée, et qui n'a point l'intelligence de votre jugement et de vos lois.

Qu'il aille en paix, celui dont le cœur prie ainsi : Dieu le regarde avec complaisance, et sa bénédiction reposera sur lui.





Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Lun 28 Mai 2018 - 12:45

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


8. Qu'il faut s'anéantir soi-même devant Dieu

1. Le fidèle : Je parlerai au Seigneur mon Dieu, bien que je ne
sois que cendre et poussière
. Si je me crois quelque chose de plus, voilà que vous vous élevez contre moi, et mes iniquités rendent un témoignage vrai et que je ne puis contredire. Mais si je m'abaisse, si je m'anéantis, et si je me dépouille de toute estime pour moi-même, et que je rentre dans la poussière dont j'ai été formé, votre grâce s'approchera de moi et votre lumière sera près de mon cœur ; alors tout sentiment d'estime, même le plus léger, que je pourrais concevoir de moi disparaîtra pour jamais dans l'abîme de mon néant. Là vous me montrez à moi-même, vous me faites voir ce que je suis, ce que j'ai été, jusqu'où je suis descendu : car je ne suis rien, et je ne le savais pas. Si vous me laissez à moi-même, que suis-je ? Rien qu'infirmité ; mais dès que vous jetez un regard sur moi, à l'instant je deviens fort et je suis rempli d'une joie nouvelle. Et certes cela me confond d'étonnement que vous me releviez ainsi tout d'un coup et me preniez avec tant de bonté entre vos bras, moi toujours entraîné par mon propre poids vers la terre.

2. C'est votre amour qui opère cette merveille, qui me prévient gratuitement, qui ne se lasse point de me secourir dans les nécessités, qui me préserve des plus grands périls et, à vrai dire, me délivre de maux innombrables. Car je me suis perdu en m'aimant d'un amour déréglé ; mais en ne cherchant que vous, en n'aimant que vous, je vous ai trouvé et je me suis retrouvé moi-même, et l'amour m'a fait rentrer plus avant dans mon néant. Ô Dieu plein de tendresse ! vous faites pour moi beaucoup plus que je ne mérite, ou plus que je n'oserais espérer ou demander.

3. Soyez béni, mon Dieu, de ce que tout indigne que je suis de recevoir de vous aucune grâce, cependant votre bonté généreuse et infinie ne cesse de faire du bien même aux ingrats et à ceux qui sont le plus éloignés de vous. Ramenez-nous à vous, afin que nous soyons reconnaissants, humbles, fervents, parce que vous êtes notre salut, notre vertu et notre force.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 8

Dieu se montre, dans l'Ecriture, plein d'une immense compassion pour les fautes, si on peut dire, purement humaines. Mais il est sans pitié pour l'orgueil, principe de tout mal, pour l'orgueil qui est le crime propre de l'Ange rebelle, et qui s'attaque directement au souverain Etre.

Il a dit : Je suis Jéhovah, c'est mon nom, je ne donnerai point ma gloire à un autre. Or tout orgueil tend, par essence, à s'égaler à Dieu, à se faire Dieu. Désordre tel, que non seulement on n'en conçoit pas de plus grand, mais qu'on hésiterait à le croire possible, s'il n'était sans cesse présent sous nos yeux, et si l'on n'en sentait pas le germe en soi-même. Ainsi voyez comme Dieu le foudroie : et d'abord cette ironie qui glace l'âme d'un effroi surnaturel : Voici qu'Adam est devenu comme l'un de nous ; Adam, jeté nu, avec son péché, sur une terre maudite ! Adam qui venait d'entendre cette parole : Tu mourras de mort : Ses enfants imitent son crime, leur orgueil s'élève sans mesure.

Alors l'Esprit divin : Comment es-tu tombé, toi qui te levais comme l'astre du matin, qui disais en ton cœur : Je monterai dans les cieux, je poserai mon trône au dessus des étoiles, et je serai semblable au Très-Haut ? Voilà que tu seras traîné aux enfers, dans la profondeur du lac : on se baissera pour te voir. Lisez dans l'Évangile les effroyables malédictions prononcées contre les Pharisiens superbes, tandis que celui qui s'abaisse est à l'instant justifié. Une femme pleure aux pieds de Jésus, elle s'humilie de ses fautes, elle n'ose presque en solliciter le pardon, son silence seul supplie. Le Sauveur, ému, la console : Beaucoup de péchés lui seront remis, parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais l'orgueil n'aime point : c'est encore là un de ses caractères et comme le type infernal. Il est le père de la haine, de l'envie, de la violence, de la fausse sécurité et de l'endurcissement. Sorti de l'abîme, il s'y replonge : le reste est le mystère de l'éternelle justice.

Ô Dieu, ayez pitié de votre pauvre créature ! Le front dans la poussière, je m'anéantis devant vous. Je sens, je confesse ma misère, ma corruption profonde, ma désolante impuissance et tout ce qui à jamais me séparerait de vous, si votre grande miséricorde ne venait à mon secours par le don gratuit de la grâce. Daignez, daignez la répandre en mon âme. Ne m'abandonnez pas, Seigneur : sauvez-moi, ou je vais périr. Ô Dieu, ayez pitié de votre pauvre créature.





Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mar 29 Mai 2018 - 12:39

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


9. Qu'il faut rapporter tout à Dieu comme à notre dernière fin

1. Jésus-Christ : Mon fils, je dois être votre fin suprême et dernière, si véritablement vous désirez être heureux. Cette vue purifiera vos affections, qui s'abaissent trop souvent jusqu'à vous et aux créatures. Car si vous vous recherchez en quelque chose, aussitôt vous tombez dans la langueur et la sécheresse. Rapportez donc principalement tout à moi, parce que c'est moi qui vous ai tout donné. Considérez chaque bien comme découlant du souverain bien, et songez que dès lors ils doivent tous remonter à moi comme à leur origine.

2. En moi comme dans une source intarissable, le petit et le grand, le pauvre et le riche puisent l'eau vive, et ceux qui me servent volontairement et de coeur recevront grâce sur grâce. Mais celui qui cherchera sa gloire hors de moi, ou sa jouissance dans un autre bien que moi, sa joie ne sera ni vraie ni solide, et son coeur, toujours à la gêne, toujours à l'étroit, ne trouvera que des angoisses. Ne vous attribuez donc aucun bien, et n'attribuez à nul homme sa vertu ; mais rendez tout à Dieu, sans qui l'homme n'a rien. C'est moi qui vous ai tout donné et je veux que vous vous donniez à moi tout entier, j'exige avec une extrême rigueur les actions de grâce qui me sont dues.

3. Ceci est la vérité qui dissipe la vanité de la gloire. Là où pénètrent la grâce céleste et la vraie charité, il n'y a plus de place pour l'amour-propre ni pour l'envie, qui torturent le cœur. Car l'amour divin subjugue tout et agrandit toutes les forces de l'âme. Si vous écoutez la sagesse, vous ne vous réjouirez qu'en moi, vous n'espérerez qu'en moi, parce que nul n'est bon que Dieu seul, à qui, en tout et par-dessus tout, est due à jamais la louange et la bénédiction.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 9

Tout bien découle de Dieu, qui est le bien suprême, et tout ce qu'il fait est bon, parce qu'il le tire de lui. Il n'y a pas dans le monde d'autre mal que le péché : car la peine du péché n'est pas un mal, puisque, supportée patiemment, elle l'expie, et que toujours elle rétablit l'ordre que le péché avait troublé.

Ainsi nous tenons de Dieu la vie, l'intelligence, l'amour, qui doit remonter perpétuellement vers sa source, et de nous-mêmes nous ne pouvons rien, pas même dire : Mon Père ! Car nous ne savons pas prier, et c'est l'Esprit qui demande en nous avec des gémissements ineffables. L'unique chose qui nous appartienne, c'est le péché, il est le fruit de notre volonté libre, et son salaire est la mort.

Élevons-nous tant que nous voudrons dans notre pensée ; voilà ce que nous sommes. Nous n'avons rien de plus que ce que Dieu nous donne dans sa bonté et sa miséricorde toute gratuite. Donc, à nous le mépris, la confusion, la honte, en nous trouvant si misérables, et à Dieu la bénédiction, l'honneur, la gloire, la puissance, comme les saints le chantent dans le ciel, auprès du trône de l'Agneau.





Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Mer 30 Mai 2018 - 9:31

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


10. Qu'il est doux de servir Dieu et de mépriser le monde

1. Le fidèle : Je vous parlerai encore, Seigneur, et je ne me tairai point. Je dirai à mon Dieu, mon Seigneur et mon Roi, assis dans les hauteurs des cieux :  Oh ! quelle abondance de douceur vous avez réservée pour ceux qui vous craignent. Et qu'est-ce donc pour ceux qui vous aiment, pour ceux qui vous servent de tout leur coeur ? Elles sont vraiment ineffables, les délices dont vous inondez ceux qui vous aiment, quand leur âme vous contemple. Vous m'avez montré principalement en ceci toute la tendresse de votre amour ; je n'étais pas, et vous m'avez créé ; j'errais loin de vous, vous m'avez ramené pour vous servir, et vous m'avez commandé de vous aimer.

2. Ô source d'amour éternel, que dirai-je de vous ? Comment pourrai-je vous oublier, vous qui avez daigné vous souvenir de moi lorsque, déjà épuisé, consumé, je penchais vers la mort ? Votre miséricorde envers votre serviteur a passé toute espérance, et vous avez répandu sur lui votre grâce et votre amour bien au-delà de tout ce qu'il pouvait mériter. Que vous rendrai-je pour une telle faveur ? car il n'est pas donné à tous de tout quitter, de renoncer au siècle pour embrasser la vie religieuse. Est-ce faire beaucoup que de vous servir, vous que doivent servir toutes les créatures ? Cela doit me sembler peu de chose ; mais ce qui me paraît grand et merveilleux, c'est que vous daigniez agréer le service d'une créature si pauvre et si misérable, et l'admettre parmi les serviteurs que vous aimez.

3. Tout ce que j'ai, tout ce que je puis consacrer à votre service est à vous. Et néanmoins, prenant pour ainsi dire ma place, vous me servez plus que moi-même je ne vous sers. Voilà que le ciel et la terre, que vous avez créés pour le service de l'homme, sont devant vous, et chaque jour ils exécutent tout ce que vous leur avez commandé. C'est peu encore ; vous avez préparé pour l'homme le ministère même des anges. Mais ce qui surpasse tout, vous avez daigné le servir vous-même, et vous avez promis de vous donner à lui.

4. Que vous rendrai-je pour tant de biens ? Ah ! si je pouvais vous servir tous les jours de ma vie ! si je pouvais même un seul jour vous servir dignement ! Il est bien vrai que vous êtes digne d'être servi universellement, digne de tout honneur et d'une louange éternelle. Vous êtes vraiment mon Seigneur et je suis votre pauvre serviteur, qui doit vous servir de toutes mes forces et ne me lasser jamais de vous louer. Je le veux ainsi, je le désire ainsi ; daignez suppléer vous-même à tout ce qui me manque.

5. C'est un grand honneur, une grande gloire de vous servir, et de mépriser tout à cause de vous. Car ils recevront des grâces abondantes, ceux qui se courbent sous votre joug très saint. Ils seront abreuvés de la délectable consolation de l'Esprit-Saint, ceux qui pour votre amour auront rejeté tous les plaisirs des sens. Ils jouiront d'une grande liberté d'esprit, ceux qui pour la gloire de votre nom seront entrés dans la voie étroite et auront renoncé à toutes les sollicitudes du monde.

6. Ô aimable et douce servitude de Dieu, dans laquelle l'homme retrouve la vraie liberté et la sainteté ! Ô saint assujettissement de la vie religieuse qui rend l'homme agréable à Dieu, égal aux anges, terrible aux démons, respectable à tous les fidèles ! Ô esclavage digne à jamais d'être désiré, embrassé, puisqu'il nous mérite le souverain bien et nous assure une joie éternelle.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 10

Le monde est tellement fasciné par les passions, qu'il ne peut rien comprendre à la félicité des enfants de Dieu.

Quelquefois il les plaint, comme le monde sait plaindre, en jetant sur eux un regard de mépris ; quelquefois il les contemple avec une sorte d'étonnement stupide. Il n'a nulle idée de ce qui se passe dans l'âme unie à son Créateur, nulle idée des consolations et du calme délicieux dont elle jouit. Saint Paul s'écriant : Je surabonde de joie au milieu de mes tribulations, lui est un mystère inexplicable ; jamais il ne concevra cette joie pure, qui est justice et paix devant le Saint-Esprit. Quel est donc le partage du serviteur du monde ? Un immense ennui parsemé de quelques rares plaisirs, et, quand Dieu ne l'abandonne pas entièrement, le remords. Creusez dans son cœur, vous n'y trouverez que cela. Le remords est sa justice, et l'ennui sa paix.

Âmes chrétiennes, âmes détachées, qui avez renoncé au monde et à tout ce qui est du monde, plaignez à votre tour les infortunés chargés encore de ses pesantes chaînes ; mais plaignez-les en vous humiliant aux pieds de Celui qui vous a délivrées, et dont la grâce, qui ne vous était pas due, vous met en possession des seuls biens véritables. Gardez avec soin ce bon trésor que vous a confié le Père des lumières, de qui découle tout don parfait, et demandez-lui avec amour qu'après avoir commencé votre joie sur la terre, il la consomme un jour dans les cieux.





Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Jeu 31 Mai 2018 - 10:27

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


11. Qu'il faut examiner et modérer les désirs du cœur

1. Jésus-Christ : Mon fils, il faut que vous appreniez beaucoup de choses que vous ne savez pas encore assez.

2. Le fidèle : Et quoi, Seigneur ?

3. Jésus-Christ : Vous devez soumettre entièrement vos désirs à ma volonté, ne point vous aimer vous-même, et ne rechercher en tout que ce qui me plaît. Souvent vos désirs s'enflamment et vous emportent impétueusement, mais considérez si cette ardeur a ma gloire pour motif ou votre intérêt propre. Si c'est moi que vous avez en vue, vous serez content, quoi que j'ordonne ; mais si quelque secrète recherche de vous-même se cache au fond de votre cœur, voilà ce qui vous abat et vous trouble.

4. Prenez donc garde de vous trop attacher à des désirs sur lesquels vous ne m'avez point consulté, de peur qu'ensuite vous ne veniez à vous repentir, ou que vous n'éprouviez du dégoût pour ce qui vous avait plu d'abord, et que vous aviez cru le meilleur. Car tout mouvement qui paraît bon ne doit pas être aussitôt suivi ; de même qu'on ne doit pas non plus céder sur-le-champ à ses répugnances. Quelquefois il est à propos de modérer le zèle le plus saint et les meilleurs désirs, de peur qu'ils ne préoccupent et ne distraient votre esprit, ou qu'en les suivant indiscrètement vous ne causiez du scandale aux autres ; ou qu'enfin l'opposition que vous y trouverez ne vous jette vous-même dans le trouble et dans l'abattement.

5. Il faut aussi quelquefois user de violence et résister aux convoitises des sens avec une grande force, sans prendre garde à ce que veut la chair et à ce qu'elle ne veut pas ; et travailler surtout à la soumettre à l'esprit malgré elle. Il faut la châtier et l'asservir jusqu'à ce que, prête à tout, elle ait appris à se contenter de peu, à aimer les choses simples et à ne jamais se plaindre de rien.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 11

Nous avons un grand combat à soutenir : Contre notre esprit, qui nous égare, séduit par de fausses lueurs et par une funeste curiosité. Contre nos désirs, qui nous troublent. Contre nos sens dont les convoitises souillent l'âme et la courbent vers la terre.

Lamentable condition de l'homme déchu ! Mais Dieu ne l'a point abandonné : il peut vaincre s'il veut. La foi réprime l'inquiétude maladive de l'esprit, et le fixe dans la vérité. Une entière soumission à la volonté divine produit la paix du coeur, en étouffant les vains désirs et ceux même qui trompent la piété par une apparence de bien.

Enfin, nous triomphons des sens par la prière, l'humilité, la pénitence, en châtiant le corps rebelle, et le réduisant en servitude.

C'est dans cette guerre de chaque moment que le chrétien se perfectionne, et c'est, en combattant avec fidélité qu'on peut dire comme l'Apôtre : Je ne pense point être encore arrivé où j'aspire : mais oubliant ce qui est en arrière, et m'étendant à ce qui est devant, je cours au terme de la carrière pour saisir le prix que Dieu nous a destiné, la félicité céleste à laquelle il nous a appelés par Jésus-Christ.





Source : 



_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Lumen
Admin
avatar

Messages : 7227
Date d'inscription : 18/10/2014
Localisation : France

MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   Ven 1 Juin 2018 - 12:27

L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3




Livre troisième – De la vie intérieure


12. Qu'il faut s'exercer à la patience, et lutter contre ses passions

1. Le fidèle : Seigneur mon Dieu, je vois combien la patience m'est nécessaire ; car cette vie est pleine de contradictions. Elle ne peut jamais être exempte de douleur et de guerre, quoi que je fasse pour avoir la paix.

2. Jésus-Christ : Oui, mon fils ; mais je ne veux pas que vous cherchiez une paix telle que vous n'ayez ni tentations à vaincre, ni contrariétés à souffrir. Croyez au contraire avoir trouvé la paix lorsque vous serez exercé par beaucoup de tribulations et éprouvé par beaucoup de traverses. Si vous dites que vous ne pouvez supporter tant de souffrances, comment supporterez-vous le feu du purgatoire ? De deux maux il faut choisir le moindre ; afin donc d'éviter des supplices éternels, efforcez-vous d'endurer pour Dieu, avec patience, les maux présents. Pensez-vous que les hommes du siècle n'aient rien ou que peu de choses à souffrir ? C'est ce que vous ne trouverez pas, même en ceux qui semblent environnés de plus de délices.

3. Mais ils ont, dites-vous, des plaisirs en abondance ; ils suivent toutes leurs volontés et ainsi ils sentent peu le poids de leurs maux. Soit, je veux qu'ils aient tout ce qu'ils désirent ; combien cela durera-t'il ? Voilà que les riches du siècle s'évanouiront comme la fumée, et il ne restera pas même un souvenir de leurs joies passées. Et durant leur vie même, ils ne s'y reposent pas sans amertume, sans ennui et sans crainte. Car souvent, là même où ils se promettaient la joie, ils rencontrent le châtiment et la douleur, et avec justice, puisqu'il est juste que l'amertume et l'ignominie accompagnent les plaisirs qu'ils cherchent dans le désordre.

4. Oh ! que tous ces plaisirs sont courts, qu'ils sont faux, criminels, honteux ! Et cependant des malheureux, enivrés et aveuglés, ne le comprennent point ; mais semblables à des animaux sans raison, ils exposent leur âme à la mort pour quelques jouissances misérables dans une vie qui va finir. Pour vous, mon fils, ne suivez pas vos convoitises, et détachez-vous de votre volonté. Mettez vos délices dans le Seigneur, et il vous accordera ce que votre cœur demande.

5. Si vous voulez goûter une véritable joie et des consolations plus abondantes, méprisez toutes les choses du monde, repoussez toutes les joies terrestres ; et je vous bénirai, je verserai sur vous mes inépuisables consolations. Plus vous renoncerez à celles que donnent les créatures, plus les miennes seront douces et puissantes. Mais vous ne les goûterez point sans avoir auparavant ressenti quelque tristesse, sans avoir travaillé, combattu. Une mauvaise habitude vous arrêtera ; mais vous la vaincrez par une meilleure. La chair murmurera ; mais elle sera contenue par la ferveur de l'esprit. L'antique serpent vous sollicitera, vous exercera ; mais vous le mettrez en fuite par la prière ; et en vous occupant surtout d'un travail utile, vous lui fermerez l'entrée de votre âme.



Réflexion de Lamennais - Livre 3, chapitre 12

Toute chair a péché. Toute chair doit souffrir. C'est la loi présente de l'humanité, loi de justice, car Dieu ne serait pas Dieu si le désordre restait impuni ; loi d'amour, car la souffrance acceptée et unie aux souffrances du Sauveur guérit l'âme et la rétablit dans l'état primitif d'innocence.

De quoi donc vous plaignez-vous quand cette loi divine s'accomplit à votre égard ? Est-ce de ce que la miséricorde prend soin de vous régénérer ? Est-ce d'être semblable à Jésus-Christ, qui a voulu, qui a , selon les paroles de l'Évangéliste, souffrir pour vous racheter ? Et il commença à leur enseigner comment il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup de douleurs, qu'il fût réprouvé par les anciens, les souverains pontifes et les scribes, et mis à mort. Voilà la grande expiation ; mais, pour qu'elle nous soit appliquée, il est nécessaire que nous nous la rendions propre en y joignant la nôtre. Le mystère du salut se consomme en chacun de nous sur la Croix. Et la Croix est l'unique félicité de la terre. Car il n'y en a point d'autre, que la parfaite soumission à l'ordre, d'où naissent le calme de la conscience et la paix du cœur.

Le monde vous éblouit par ses joies apparentes, mais pensez-vous donc que ses sectateurs, même les plus favorables, n'aient rien à souffrir ? Tourmentés par leurs convoitises, qui s'accroissent avec la jouissance, en vîtes-vous jamais un seul content ? De nouveaux désirs les dévorent sans cesse. Et n'ont-ils pas, d'ailleurs, autant que les autres, et plus que les autres, à supporter les maux de la vie, les soucis, les peines, les inquiétudes, et la foule innombrable des maladies, filles des vices et des troubles secrets de l'âme ? Après cela arrive la fin : la justice exige sa dette ; ce riche de la terre est jeté nu dans la prison : En vérité, je vous le dis, il n'en sortira pas qu'il n'ait payé jusqu'à la dernière obole.

Réjouissez-vous donc, vous que le Seigneur purifie, délivre dès ici-bas : accomplissez avec amour le sacrifice de justice. Plusieurs disent : Qui nous montrera les biens ? Seigneur, la lumière de votre face a été marquée sur nous ? Vous avez donné la paix à mon coeur. C'est pourquoi je m'endormirai dans la paix, et je reposerai, parce que vous m'avez, ô mon Dieu, affermi dans l'espérance.






Source : 


_________________

Quand je dis Dieu c'est un poème, c'est une étoile dans ma vie, 
du feu qui coule dans mes veines, un grand soleil pour aujourd'hui !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3   

Revenir en haut Aller en bas
 
L’ Imitation de Jésus-Christ - Livre 3
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH.. :: CATHOLICISME :: Tout sur le Catholicisme-
Sauter vers: