À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Saint Bernard

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MessageSujet: Saint Bernard   Dim 28 Fév 2010 - 16:05

Bernard
(Saint). - Premier abbé
de Clairvaux,
docteur de l'Église,
né en 1091 à Fontaine en Bourgogne,
mort en 1153. Il était fils d'un chevalier, du nom de Tescelin,
vassal des seigneurs de Châtillon; sa mère, fille du comte
Bernard de Montbard, s'appelait Aleth. Ils eurent sept enfants, dont Bernard
fut le troisième. Lorsque sa mère le portait en son sein,
dit son hagiographie, elle eut un songe
dans lequel elle se voyait accoucher d'un petit chien
blanc sur tout le corps, à l'exception du dos qui tirait sur le
roux; il aboyait déjà très clairement. Un bon religieux,
à qui elle avait demandé l'interprétation de ce songe,
lui révéla que celui à qui elle donnerait naissance
serait un excellent chien de garde, aboyant puissamment contre les ennemis
de la maison de Dieu.
D'autres interprètes découvrirent plus tard que la blancheur
de tout son corps figurait la pureté et la fidélité
de son zèle pour l'Église et pour ses défenseurs;
mais le roux : les hérissements, les aboiements et les morsures
pour les adversaires. Quelle que soit la valeur de cette légende,
il est certain qu'Aleth éleva son fils sous les inspirations d'une
piété dont l'idéal était l'amour de l'Église
et de la vie monastique.
Bernard fut envoyé à Châtillon
pour apprendre ce qui constituait la science de ce temps-là; il
se distingua par son ardeur au travail, par son intelligence, par les pratiques
d'une fervente dévotion et par les prédispositions d'une
nature que nous appellerons sérieuse, recueillie, méditative,
pensive ou rêveuse; ne sachant pas exactement ce que Bernard entend
lorsqu'il dit de lui-même qu'il était en cette jeunesse mire
cogitativus. Dès l'âge de dix-neuf ans, il résolut
de se faire moine, pour réaliser le voeu maternel et pour
contenir un tempérament tellement ardent qu'il dut un jour se mettre
et se tenir à l'eau jusqu'au cou pour éteindre les feux que
la vue d'une femme avait allumés en lui, ainsi qu'un de ses hagiographes
le rapporte avec édification. Il voulut aussi convertir à
ce dessein le reste de sa famille; il y réussit après trois
années d'exhortations. En 1113, il entra à l'abbaye
de Cîteaux
avec plusieurs amis et tous ses frères, à l'exception d'un
seul, qui le suivit plus tard. Vers 1124, sa soeur ayant obtenu de son
mari, après deux années de résistance, la permission
de l'abandonner, se fit aussi religieuse.
Bernard n'était âgé
que de vingt-deux ans, lorsqu'il entra à Cîteaux. Cette abbaye
avait été fondée quinze ans auparavant, en réaction
contre le relâchement des maisons de la congrégation de Cluny;
mais elle n'avait eu jusqu'alors qu'une existence précaire : en
1109, lorsque Étienne Harding en reçut la direction, elle
n'avait pas encore de novices, et elle semblait menacée d'une ruine
précoce. Harding comprit que la principale condition du succès
pour une entreprise réformatrice, c'est de poursuivre la réforme
à outrance : il la poussa, en la rigueur ascétique,
plus loin encore que ses prédécesseurs. Cette austérité
valut à Cîteaux la réputation qui attira Bernard et
ses compagnons. Harding trouva en eux les hommes qu'il lui fallait. Dans
les deux années qui suivirent leur arrivée (1113-1115), Cîteaux
put établir quatre colonies ou maisons-filles, dont l'une était
celle de Clairvaux.
Bernard en fut le fondateur et le premier abbé. En 1151, deux ans
avant sa mort, il y avait 500 abbayes cisterciennes;
l'abbaye de Clairvaux contenait 700 religieux; 72 couvents s'étaient
constitués dans les divers pays de l'Europe, adoptant les observances
de Clairvaux, plus sévères encore que celles de Cîteaux
: 35 en France, 14 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre,
4 en Italie, 2 en Allemagne, 2 en Suède, 4 au Danemark, 1 en Hongrie.
Dès 1145, Clairvaux avait donné un pape à l'Église
(Eugène III).
Pendant plus de douze ans, Bernard s'occupa
presque uniquement de propager ses conceptions monastiques et d'en assurer
le développement. Comme toute heure donnée au repos lui semblait
dérobée au service de Dieu, il sut, malgré les observances
quotidiennes que lui imposait la règle, malgré la surveillance
et la correspondance réclamées de lui par ses devoirs de
supérieur d'abbaye et par ses activités de réformateur
et d'organisateur du monachisme, trouver le temps de poursuivre ses études
sur l'Écriture Sainte
et sur les Pères
de l'Église; il les reprit avec une prédilection presque
exclusive pour le Cantique
de Salomon
et pour saint Augustin, l'auteur et le livre
qui répondaient le mieux, non seulement à ses dispositions
personnelles, mais aux tendances de la plupart des esprits religieux en
cette génération. Le succès qu'il obtint lui valut,
d'une part, l'immense clientèle des couvents, qui le reconnaissaient,
les uns comme leur chef spirituel, les autres comme le modèle de
tous les religieux, tous comme la lumière et la gloire du monachisme;
d'autre part, l'adhésion de tous les théologiens et de tous
les clercs enclins à la dévotion imaginative et à
la science mysticisée
: milices omnipotentes alors et qui se vouèrent à l'admiration
de celui qu'on appelait déjà Bernard le Saint, et
à la réalisation de ses desseins.
Or, en ce siècle dont le caractère
distinctif est l'exaltation religieuse, et où la vie monastique
apparaissait comme le sommet de la religion, les laïques se trouvaient
prédisposés à exagérer pour leur part, plutôt
qu'à amoindrir la vénération et la dévotion
que l'abbé de Clairvaux
inspirait aux moines et aux clercs. Dans ces conditions, les miracles devaient
foisonner sous ses pas. De là, des moyens d'action que Bernard s'empressa
toujours d'employer, avec la sincérité, l'énergie
et les audaces, mais parfois aussi avec les violences et la passion d'un
esprit que son fanatisme
égocentrique avait persuadé qu'il s'est dépouillé
de tout intérêt personnel et que sa cause était identifiée
avec celle de Dieu. Il exerça ainsi un prestige et une autorité
qui, par une série de coïncidences unique en l'histoire, firent
d'un simple moine le conseiller et le censeur des prélats et des
princes, l'arbitre des conciles,
le gardien de la doctrine, l'agitateur et le conducteur des peuples, une
sorte de faiseur de papes et l'oracle
de toute l'Église.
Bernard soutint l'archevêque de Sens
et l'évêque de Paris
dans leur appel commun contre le roi; pour soumettre celui-ci, il usa de
la menace de l'interdit; mais il osait aussi reprocher hautement aux évêques
leur ambition, leur faste et leur incurie, et à la papauté
elle-même les périls auxquels elle exposait les âmes
par son attachement aux intérêts terrestres : en l'un de ses
derniers écrits (De Consideratione sui), il proposa au pape
de réduire la papauté à un régime composé
en substance de spiritualité monastique.
Hugues de Payns
trouva en lui un très enthousiaste partisan de la confrérie
du Temple
qu'il venait de fonder (1119), et, quand il voulut la développer,
un tout puissant protecteur : en 1128, au concile de Troyes présidé
par un légat d'Honoré Il, Bernard fit reconnaître cette
confrérie comme ordre; chargé d'en rédiger la constitution,
il adapta la règle de Cîteaux au caractère militaire
de l'institution de ces moines-chevaliers qu'il rêvait armés
de foi au dedans et de fer au dehors. En 1129, au concile de Châlons,
il prit une part active à la déposition de l'évêque
de Verdun
et il réprima l'orgueil des légats.
Lorsque Honoré Il mourut (1130),
deux papes furent élus : le premier (Innocent
II
) par surprise et au mépris d'un pacte formel précédemment
conclu entre les cardinaux;
aussitôt après, une élection plus régulière
faite en faveur de Pietro Pierleone, qui prit le nom d'Anaclet II. Innocent,
chassé de Rome, se réfugia en France. Malgré le vice
qui entachait son élection, Bernard se prononça pour lui
au concile d'Étampes; l'année suivante, il l'accompagna au
concile de Reims (1131) et fit condamner Anaclet, puis, menant contre celui-ci
une très opiniâtre campagne, il réussit à détacher
de son parti tous les pays catholiques,
à l'exception de l'Italie. En 1134 au concile de Pise, il fit prévaloir
les prétentions de Rome contre les titres séculaires du siège
de Milan,
et tel fut son succès, que le peuple se prononça pour lui,
contre ses pasteurs déposés, et il dut s'enfuir pour
éviter cette élévation.
Abélard,
dont les doctrines avaient été réprouvées une
première fois par le concile de Soissons (1121), mais qui s'était
alors soumis, sur les instances de Bernard, reprit son enseignement en
1136. Bernard, que cet enseignement alarmait, l'attaqua directement et
il obtint du concile de Sens (1140) la condamnation des propositions qu'il
avait arguées d'hérésie; et ce, sans que son adversaire
osât soutenir le débat devant le concile, que pourtant il
avait lui-même réclamé comme juge.
La part si décisive que Bernard
prit en France et en Allemagne à la prédication de la deuxième
croisade
(1145-1147) appartient à l'histoire politique plutôt qu'à
l'histoire ecclésiastique. L'insuccès de cette entreprise
lui fut amèrement reproché : comme il avait annoncé
des victoires certaines, on l'accusa d'avoir été un faux
prophète, il se défendit en attribuant les échecs
des croisés à leurs péchés; mais dès
les premières déceptions, son prestige avait été
sérieusement atteint. Ce résultat apparut dans le concile
de Reims (1148), où Bernard avait porté une accusation d'hérésie
contre Gilbert de la Porrée, évêque
de Poitiers. Auparavant, une pareille accusation de la part du saint abbé
de Clairvaux
entraînait infailliblement une condamnation. Cette fois, il n'obtint
qu'un très mince avantage, de nature purement scolastique;
malgré ses attaques, son adversaire conserva son évêché
et toute sa considération.
Bernard a pris une part décisive
à toutes les controverses de son temps, mais il était un
homme d'Église, presque un homme d'appareil qui fait l'histoire
à coup d'invectives, plutôt qu'un théologien,
quoiqu'on lui ait donné le titre de docteur de l'Église.
Sa doctrine, comme ses actes, reflète les inspirations d'une nature
mystique et contemplative, mais prompte à s'irriter contre tout
ce qui peut alarmer ou distraire la piété et l'adhésion
servile au dogme;
non seulement contre toutes les hérésies, mais contre toutes
les témérités. On peut se faire une idée sommaire,
mais très juste, de cette tendance, en la comparant à celle
d'Abélard. Tandis qu'Abélard, qui
se prétendait également orthodoxe, convie tous les humains
à l'examen et à l'intelligence des objets de la foi,
Bernard déplore que les secrets de Dieu
soient ainsi mis à jour et les plus hautes questions jetées
au vent (Lettre 88). II veut que la raison
reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible
dans ces choses. C'est par la foi seule que l'humain peut s'approprier
la doctrine divine, quoiqu'il puisse chercher à en concevoir les
objets de trois manières: par la foi,
par l'intelligence et par l'opinion.
La foi présente la vérité-certaine,
mais encore close et voilée; l'intelligence (intellectus)
doit la produire, nue et évidente; mais
elle est réservée à une sphère et à
une existence plus élevées que les nôtres; quant à
l'opinion (opinio) elle ne donne rien de certain et d'assuré.
Or, quand l'humain prétend pénétrer dès ici-bas
avec son intelligence les objets de la foi, il s'expose à prendre
son opinion, ses suppositions, pour la pure lumière et à
rendre sa foi incertaine.
L'histoire atteste les effets extraordinaires
que Bernard produisit sur ses contemporains; mais il est difficile d'en
retrouver le reflet dans les écrits qu'il a laissés. A l'exception
de certaines parties empreintes d'un caractère mystique et quelque
peu féminin, mais vraiment belles, et de certaines formules énergiquement
expressives, ces écrits ne contiennent guère que des déclamations
violentes, voire haineuses, transformant en invectives contre les opinions
et la personne des adversaires les images et le vocabulaire de la Bible,
ou bien des conceptions généralement médiocres, traduites
en un style où la recherche habituelle de l'antithèse et
du jeu de mots forme un assemblage bizarre avec les barbarismes de la latinité.
En les lisant, on se demande comment un personnage qui écrivait
ainsi, même dans sa correspondance courante, a pu parler de manière
à exercer une action si puissante sur le peuple. Il est vraisemblable
que le principal effet des discours qu'il prononça devant des laïques
résultait de l'emploi de certains moyens sommaires, plus ou moins
matériels et inconsciemment artificiels, mais surtout du prestige,
de l'auréole de sainteté dont sa personne était entourée,
et des prédispositions de ses auditeurs; des courants impétueux
qui, à certaines époques, précipitent les masses vers
certains humains. Cela semble d'autant plus probable que, parmi les plus
grands succès de sa prédication, il faut compter ceux qu'il
obtint dans les pays dont il ignorait le langage :
<blockquote>Épuisé
par les jeûnes et les privations du désert, pâle et
respirant à peine, il persuadait par sa personne autant que par
ses discours. (Épîtres de l'abbé Vibald, collection
de Mascovius, liv. IV).</blockquote>
Bernard a été enterré
à Clairvaux.
En 1165, douze ans après sa mort, il fut inscrit sur le calendrier
de l'Église; mais il ne fut canonisé officiellement qu'en
1174, sous Alexandre III. Le recueil des écrits qui lui sont attribués
comprend 340 sermons : 86 sur le Cantique de Salomon, 86 sur les
événements solennisés dans l'année ecclésiastique,
43 sur les saints et la Vierge,
125 sur des sujets divers; 480 lettres; des traités ascétiques
ou polémiques dont les plus intéressants sont : De Contemtu
Dei, De diligendo Deo, Adversus Aboelardum, Apologia, de conversione ad
monachos, De consideratione sui; des poésies religieuses : la
prose de la Nativité, des Salve, parmi lesquels le
célèbre Salve Input cruentum; le Jubilus rhythmicus
de Nomine Dei, le Jesu dulcis memoria. Soumise à une
critique sérieuse, cette liste subirait peut- être une réduction
considérable. (E.-H. Vollet).
On attribue encore à saint Bernard
divers opuscules concernant le plain-chant;
une lettre au sujet de la réforme de l'Antiphonaire; un petit traité
de plain-chant intitulé Préface de l'Antiphonaire cistercien,
insérés dans l'édition des oeuvres de saint Bernard
publiée par Mabillon (1719); enfin le Tonale, traité
sur la constitution des huit tons dont on conteste l'authenticité.
Ces opuscules ont été traduits en français par le
P. Lambillote. Mais le nom de saint Bernard a sa place dans l'histoire
de la musique
plus encore par l'influence qu'il eut sur l'art de son temps que par ses
ouvrages. En effet, la révolution cistercienne, ramenant à
des principes sévères la règle monacale, s'étendit
jusque sur la musique. Les chants religieux, depuis le pape Grégoire,
s'étaient sinon altérés, du moins surchargés
de traits et d'agréments presque mondains qui, aux yeux du réformateur,
paraissaient peu dignes de l'Église. Une révision stricte
des mélodies liturgiques fut faite sous l'influence et même
sous la direction de saint Bernard, et le chant
réduit à sa plus simple expression mélodique. On trouve
encore aujourd'hui des livres corrigés à l'usage des cisterciens,
et qui portent des traces de nombreuses corrections; les traits et fioritures
effacés pour la plus grande dignité du chant se voient encore
sur les manuscrits. (R. Bonheur).
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