ancillia Adore Jésus


Messages: 921 Date d'inscription: 11/05/2008 Age: 66 Localisation: banlieu Lausannoise
 | Sujet: La croix notre force, notre trésor Mar 17 Juin - 0:51 | |
| Nous voici donc, aujourd'hui, devant la croix du Seigneur Ce qui nous rend silencieux et adorant c'est, pour parler comme saint Paul, le trop grand amour qu'il nous a porté en décidant de mourir ainsi pour nous. Nicolas CABASILAS, un Oriental du XVe siècle, écrit : « De même que chez les hommes, quand la tendresse devient trop grande pour le cœur qui la contient, elle fait sortir d'eux-mêmes ceux qui aiment, de même son amour pour les hommes a vidé Dieu. Car il ne demeure pas chez lui en appelant à lui l'esclave qu'il a aimé mais il descend lui-même le chercher. » Ces quelques lignes sont inspirées par l'hymne de l'épître aux Philippiens que nous avons entendu. Saint Paul y décrit l'humiliation de Jésus, l'abaissement divin, le « vide » pour reprendre le mot de l'Apôtre : le Fils de Dieu n'a pas fait comme Adam ; il n'a pas revendiqué son droit, il n' a rien cherché à ravir : il s'est abaissé, humilié à l'extrême. Voilà la croix. Mais CABASILAS souligne, à juste titre, le motif de cet abaissement de Jésus : l'amour fou de Dieu pour sa créature. On ose à peine dire cela tant c'est inouï ! L'amour fou de Dieu pour chacun de nous fait sortir Dieu, en quelque sorte de lui-même, pour venir nous chercher ! CABASILAS continue : « Pour ne pas laisser caché un si violent amour, pour nous faire goûter cette charité extrême […] Dieu imagine cet abaissement et le réalise […]. Ayant ainsi convaincu de son amour, il retourne vers lui-même l'homme qui fuyait le Très Bon parce qu'il s'en croyait haï. » Mais on aurait pu penser que l'événement de la croix et de la Passion devait s'estomper après la résurrection. Ce fut un moment douloureux, terrible que la résurrection effaçait. Or il n'en est rien ! Quand le Christ rejoint les siens victorieux, au matin de Pâques, il porte les marques des plaies que CABASILAS appelle de ce beau nom : « des cicatrices d'amour, qui ornent ses mains, ses pieds et son côté comme de pierres précieuses. » Le crucifié est glorieux et la gloire est crucifiée ; la croix est glorieuse car l'amour qui en était le motif secret, éclate dans sa victoire. C'est pourquoi les marques des plaies du Seigneur - marques de son amour infini - demeurent dans le corps du Ressuscité : « Il porte les cicatrices sur son corps, note CABASILAS, […] son corps est spirituel, il ne connaît plus ni pesanteur, ni épaisseur, ni aucune autre affection corporelle […] mais il n'a pas du tout effacé ses plaies ; au contraire, il a tenu à les garder, à cause de son amour pour l'homme, parce que c'est par elles qu'il a retrouvé l'homme qui était perdu et c'est en étant blessé qu'il a conquis celui qu'il aimait. » Sommes-nous conquis ? Allons-nous rendre amour pour amour ? C'est impossible, me direz-vous. C'est vrai, nous ne pourrons jamais égaler l'amour que Dieu a pour nous. Dieu nous a aimés totalement, « jusqu'au bout », dit saint Jean. Aimons-le à notre tour jusqu'au bout ! Notre amour restera petit, humain mais puisqu'il sera « jusqu'au bout », il sera semblable à celui de Dieu. Ce sera amour pour amour. Notre seule fierté doit être la croix du Seigneur Jésus Mais pour aimer ainsi, il faut un cœur humble, « doux et humble » comme celui de Jésus. Le cœur orgueilleux ne peut aimer ! Un épisode survenu dans cette basilique de la résurrection de Jérusalem le montre éloquemment, événement survenu en 629, soit quelques siècles après la dédicace de 335. Ce jour-là, l'empereur Héraclius rapportait à Jérusalem la relique de la vraie croix, découverte par sainte Hélène, et que les Perses avaient emportée lors de leur prise de Jérusalem. Héraclius, vainqueur des Perses, rapportait la croix. L'empereur tout chargé d'or et de pierreries, portait la croix sur ses épaules et allait entrer au Saint-Sépulcre. Mais il dut s'arrêter à la porte : impossible de faire un pas de plus ; plus il faisait d'efforts, plus il semblait retenu. Devant la stupéfaction générale, l'évêque de Jérusalem lui dit : « Prends garde, ô empereur, que cet apparat triomphal dans le port de la croix n'imite pas assez la pauvreté et l'humilité de Jésus-Christ. » Aussitôt Héraclius se dépouille de ses splendides vêtements, enlève ses chaussures et se couvre d'un vulgaire manteau. Aussitôt il peut achever son chemin et replacer la croix sur le mont Calvaire d'où les Perses l'avaient prise. Cet événement me paraît bien symbolique du nécessaire dépouillement de toute vie chrétienne. Notre seule fierté doit être la croix du Seigneur Jésus, comme dit saint Paul. Pour lui, pour Jésus, il nous faut perdre toutes nos assurances, toute notre confiance en nos vertus, en nos qualités, en nos capacités… Il faut que le manteau qui couvre notre nudité soit si ordinaire que seule la croix du Seigneur puisse briller, elle qui est notre force, notre trésor, notre vertu ! Héraclius avec son manteau précieux n'avait rien fait de mal : il avait seulement pensé qu'on pouvait tenir son rang d'empereur devant le Christ et que sa victoire sur les Perses l'honorait. Le signe du ciel interprété par l'évêque lui a fait comprendre qu'il fallait être humble pour recevoir les richesses de l'humilité de Jésus. Admirons la promptitude de son dépouillement ! Cet événement me paraît aussi décrire le chemin de notre vie chrétienne : accepter d'être dépouillé du manteau riche de notre culture, de notre science, de notre rang, de notre vertu, de nos rêves et même de nos limites où parfois nous nous réfugions trop glorieusement… en un mot de notre personnage, pour rencontrer l'humble Christ, d'une manière nouvelle et profonde, pour l'accueillir dans la simplicité du cœur. Ainsi seul brillera en nous et par nous l'éclat du Christ crucifié, Sagesse de Dieu, Puissance de Dieu. C'est en Jésus seul que se trouve la perfection de tout homme, donc de la nôtre ; en lui seul se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 2, 3). Ce dépouillement du manteau glorieux et vain de notre personnage a pour but de nous combler du Christ et de nous faire déjà connaître la douce allégresse de sa présence. Cette humble communion à Jésus et en Jésus nous fera goûter déjà la plénitude de la communion des saints et nous fera aspirer davantage au moment où Dieu sera tout en tous. Amen. texte trouver sur internet Ancillia   |
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Sylvie Admin

Messages: 3654 Date d'inscription: 21/04/2008
 | Sujet: Re: La croix notre force, notre trésor Mer 18 Juin - 18:52 | |
| Merci Ancillia pour ce très beau texte. Demandons la grâce au Seigneur de nous dépouiller de tout ce qui nous encombre et qui est superflu pour l'aimer davantage.
Fraternellement, Aimée. |
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