Forum de prières

Prières, forum religion catholique, Jésus et Marie, informer des dangers du Nouvel Ordre Mondial, Illuminatis, l'antechrist, etc...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion
Derniers sujets
» Prières au Père
Aujourd'hui à 4:52 par Mea culpa

» Pour un jeune homme de 17 ans qui a pris l'autobus du ciel le 16 mai 2012
Aujourd'hui à 4:45 par Mea culpa

» ROSAIRE PERPÉTUEL
Aujourd'hui à 4:40 par Mea culpa

»  L'icône de Vladimir protège la Russie
Aujourd'hui à 3:17 par Robert

» « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde »
Aujourd'hui à 3:14 par Robert

» LE CHAPELET DE LA MISERICORDE DIVINE
Hier à 13:49 par david

» Regina Caeli avec notre Pape Benoît XVI (vidéo)
Hier à 13:08 par Nicolas

» 02 Textes du jour (Evangiles etc....)
Hier à 11:46 par Nicolas

» C'est en avançant dans la foi pure que tu découvres ce que le Père accomplit à travers toi,
Hier à 10:57 par Robert

» Un Bon Dimanche
Hier à 10:55 par Robert

»  Votre protection elle aussi est au-dessus de la pensée
Hier à 1:37 par Robert

» « Garde mes disciples dans la fidélité à ton nom..., pour qu'ils soient un »
Hier à 1:35 par Robert

» 2 - Commentaire de l'Evangile (vidéo)
Sam 19 Mai - 8:43 par Nicolas

» Plus rapidement ils sont accueillis, vécus et offerts au Père,
Sam 19 Mai - 8:20 par Robert

» « En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom »
Sam 19 Mai - 0:11 par Robert

»  Je pleure pour les pécheurs (II)
Sam 19 Mai - 0:08 par Robert

» Souviens-toi que tu n'es jamais seul: Je suis toujours avec toi.
Ven 18 Mai - 9:25 par Robert

»  Je pleure pour les pécheurs (I)
Jeu 17 Mai - 23:13 par Robert

» « Votre joie, personne ne vous l'enlèvera »
Jeu 17 Mai - 23:09 par Robert

» Je veux te glorifier (chant, audio )
Jeu 17 Mai - 12:30 par Nicolas

» La prière rend libre ! (Catéchèse de Benoît XVI)
Jeu 17 Mai - 10:04 par Robert

» C'est l'égarement de Mon peuple qui crée cette obligation.
Jeu 17 Mai - 9:56 par Robert

» « Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin »
Jeu 17 Mai - 0:53 par Robert

»  Le Fiat de l'Ascension
Jeu 17 Mai - 0:51 par Robert

»  À ta demande, J'agirai!
Mer 16 Mai - 9:39 par Robert

» « Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »
Mer 16 Mai - 2:25 par Robert

»  Le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel
Mer 16 Mai - 2:22 par Robert

» Si Ma mission a dû être fécondée par Ma souffrance
Mar 15 Mai - 12:13 par Robert

» « C'est votre intérêt que je m'en aille »
Mar 15 Mai - 0:22 par Robert

»  La vénération des Saintes Icônes
Mar 15 Mai - 0:19 par Robert

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 13 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 13 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 226 le Dim 18 Sep - 16:34

Partager | 
 

 Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
laurent49
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire


Messages: 2806
Date d'inscription: 12/02/2009
Age: 45
Localisation: France

MessageSujet: Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR    Sam 17 Juil - 21:19

avec AFP | 17.07.10 | 19h42
Des musulmans ont attaqué, samedi 17 juillet, un village chrétien du centre du
Nigeria, y tuant huit personnes dans un nouvel épisode de violences
interconfessionnelles qui ont déjà fait des centaines de morts depuis le début
de l'année. Sept maisons et une église ont aussi été incendiées, a précisé un
porte-parole de l'armée.
L'attaque a eu lieu à proximité de la ville de Jos, une région où des
affrontements meurtriers ont opposé les deux communautés à plusieurs reprises au
cours des derniers mois. Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique avec 150
millions d'habitants, est partagé de façon quasi égale entre les deux
confessions chrétienne et musulmane. L'Etat du Plateau, qui se trouve à la
jonction des deux communautés et dont la capitale est Jos, a été le théâtre à
plusieurs reprises de violents affrontements communautaires. Lors de deux crises
cette année, en janvier et mars, jusqu'à 1 500 personnes y auraient été tuées,
selon les décomptes d'ONG.
Ces violences surviennent alors que des élections – présidentielle et des
gouverneurs des 26 Etats de la fédération – sont prévues au premier semestre
2011. Un officier de l'armée a précisé que des musulmans de l'ethnie fulani sont
restés dans le village de Mazzah entre 1 h 30 et 5 heures du matin, tirant
sporadiquement en l'air pour attirer des habitants hors de chez eux et les tuer.
"Sept personnes ont été tuées instantanément à la machette tandis que trois
autres ont été grièvement blessées. L'une d'entre elles est morte sur le chemin
de l'hopital"
, a-t-il dit.
Revenir en haut Aller en bas
GODwithus
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire


Messages: 9778
Date d'inscription: 09/01/2010

MessageSujet: Re: Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR    Dim 18 Juil - 3:01

oui, le Nigeria est un pays hyper peuple, ou les risques pour les Europeens, et pour les Chretiens sont grands !!

Le Nigeria est un pays construit de maniere tres compliquee, ce qui est valable egalement sur le plan religieux :
[size=12]Un syndrome géopolitique à dominante « religieuse »
[/size][size=12]Aux divers champs géopolitiques enchevêtrés que nous venons de distinguer
s’en superpose un cinquième, fondé sur une polarité identitaire « religieuse » qui
tend à se positionner aujourd’hui en pôle dominant d’un syndrome au sein duquel
il satellise et capte les autres structures identitaires, présidant à des amalgames
propices aux confusions courantes dans la presse locale et internationale entre
régionalisme, ethnicité ou religion. L’éventail cultuel du Nigeria, étendu et
complexe, s’organise sur trois ensembles confessionnels : « traditionnel », musulman
et chrétien. Tout recensement religieux est interdit, du fait de la portée politique
de ce domaine. Le dernier en date, au demeurant contesté et contestable,
surtout en ce qui concerne les cultes prémonothéistes, comptait en 1963, pour
l’ensemble du pays, 47,2% de musulmans, 34,5% de chrétiens et 12,3% d’adeptes
de ces cultes prémonothéistes. Chacune des deux premières obédiences se proclame
aujourd’hui majoritaire, tandis que la conversion des « païens » à l’une ou à
l’autre progresse, sachant que les pratiques syncrétiques ou mixtes sont très générales,
fait qui réduit la portée de toute évaluation confessionnelle. D’ailleurs, loin
de constituer des blocs homogènes, ces trois ensembles se divisent en de multiples
composantes, souvent en conflit.
[/size]
[size=12]La mouvance « traditionnelle »
[/size][size=12]Héritière d’un passé où elle concernait toutes les populations autochtones,
cette mouvance se divise d’emblée en un très grand nombre de cultes locaux fondés
sur des croyances et des rites très divers. Le concept d’« animisme », auquel
ces cultes se trouvent généralement réduits par des commentateurs ignorants, est
inconvenant, péjoratif et réducteur : non seulement il s’agit de constructions multiples,
et non d’une unique « religion », mais encore les mythes et rituels qu’elles
supportent couvrent un large éventail de croyances et de pratiques associant polythéisme,
culte des ancêtres et de masques, « possession », rituels sacrificiels,
respect d’interdits innombrables, divination, ordalies, magie noire ou blanche,
[/size]
[size=7]HÉRODOTE
[/size]
[size=12]92
sorcellerie, en des composés soumis à des dynamiques historiques diverses et à
des dérives syncrétiques incontrôlées. Ces cultes, toujours associés à des ethnies
ou à des communautés historico-communautaires spécifiques, sont avant tout des
pans de traditions locales liées à des territoires précis. Parties intégrantes de
« visions du monde » excluant toute dissociation entre domaines « religieux »,
politique, économique ou social, ces constructions millénaires ont subi – du fait de
l’irruption de l’islam, du christianisme et de la colonisation occidentale – un processus
de « réduction religieuse » (dissociation d’un domaine voué à des « techniques
du sacré » de l’ensemble des autres faits sociaux, importée par le
colonisateur) qui a fortement contribué à les dénaturer. Victimes des agressions
des prosélytes monothéistes et d’une conquête coloniale vouée à la « civilisation »
des « païens », confinées dans un étroit secteur rituel, coupées de leurs supports
politiques, soumises à des interdits multiples concernant certaines pratiques fondamentales,
elles se sont repliées sur quelques dérives « légales » ou occultes, parfois
confortées par le maintien d’une justice « coutumière », quand leurs adeptes
ne se sont pas convertis, de gré ou de force – et plus ou moins totalement –, aux
nouveaux cultes « importés ».
Toutefois, parce qu’elles sont restées associées à des processus identitaires
locaux et bénéficient aujourd’hui d’un courant de « retour aux traditions » général
en Afrique et dans le monde, appuyé par la majorité du mouvement « afroaméricain
», ces « coutumes » bénéficient aujourd’hui d’un intérêt renouvelé,
associant chefs ou prêtres traditionnels, « gourous » amalgamant traditions et
modernité, intellectuels, enseignants d’universités nord et sud-américaines,
comme l’a montré, en juillet 1986, le troisième congrès international sur les Orishas
qui a rassemblé à l’université d’Ifé, haut lieu de cette tendance, des représentants
des cultes brésiliens et nigérians des Orishas (divinités du panthéon yorouba). Ce
courant de revivitalisme religieux bénéficie de la position oecuménique moderne de
certaines Églises chrétiennes, revenues de leurs anathèmes initiaux, et des initiatives
d’« entrepreneurs identitaires » nouveaux, membres de la Conférence mondiale
sur la religion et la paix, qui se réunit périodiquement sur le continent africain,
et fondateurs d’Églises telles que la Godian Religion, l’Ogboni Aborigenes, les
Adorateurs d’Orunmila, l’Indigeneous Faith of Africa, qui se proposent de faire
revivre les « religions africaines ».
[/size]
[size=12]La composante musulmane
[/size][size=12]À l’encontre des formations cultuelles « traditionnelles », la communauté
musulmane nigériane se conçoit comme une fraction locale d’un ensemble planétaire
obéissant à un même culte fondamental, reposant sur la révélation coranique
[/size]
[size=7]GÉOPOLITIQUE ET RELIGIONS AU NIGERIA
[/size]
[size=12]93
[/size]
[size=7]HÉRODOTE
[/size]
[size=12]94
N
[/size]
[size=7]IGERIA [/size][size=12]: [/size][size=7]RÉPARTITION DES MUSULMANS PAR [/size][size=12]É[/size][size=7]TAT
[/size]
[size=7]75 % à 100 %
50 % à 75 %
25 % à 50 %
0 % à 25 %
250 km
[/size]
[size=7][size=7]Sokoto
[/size][/size]
[size=7]Kaduna
[/size]
[size=7][size=7]Kano Borno
Bauchi
[/size][/size]
[size=7]Plateau
Kwara Niger
Ogun
Lagos
Ondo
Bendel
Rivers
Imo
Benue
Gongola
Oyo
Anambra
Cross
River
[/size][size=12]et la « loi islamique » [/size][size=12](charia)[/size][size=12]. Croyances et rites se veulent orthodoxes, dans le
cadre du courant sunnite. Les fidèles observent les cinq prières quotidiennes,
le jeûne annuel de Ramadan, l’immolation du mouton, les grandes fêtes musulmanes,
la pratique du pèlerinage à La Mecque, qui déplace chaque année des
dizaines de milliers de Nigérians vers ce haut lieu de l’
[/size]
[size=12]umma [/size][size=12](« communauté »)
islamique.
Ils reçoivent pour beaucoup une éducation coranique, conférée dans d’innombrables
écoles où l’on apprend le Coran par coeur, et certains, dans des madrasas
ou des universités, locales ou étrangères, observent les interdits islamiques usuels
(de consommation d’alcool ou de porc), se signalent par une pratique vestimentaire
spécifique, de plus en plus conforme à la mode « arabo-islamique » ou iranienne.
Dans le nord de la fédération, ils relèvent de tribunaux islamiques
appliquant la
[/size]
[size=12]charia[/size][size=12], en contradiction avec le fondement laïque de la Constitution
fédérale. La jurisprudence de ces tribunaux mêle des traditions malékites shafé-
fites et hanafites inspirées, depuis l’indépendance, des usages pakistanais et soudanais,
mais se trouve de plus en plus submergée par une influence « intégriste »
d’inspiration hambalite et wahhabite. En outre, chaque communauté musulmane
impose le même paysage de mosquées et de constructions spécifique aux zones
qu’elle investit ou contrôle.
Loin de constituer un tout cohérent, cet ensemble se divise en fractions souvent
antagonistes : un premier clivage oppose les adeptes de deux confréries soufies
: la Qadiriyya et la Tijaniyya, dont une branche particulièrement active se
rattache au courant nyassène, dont le foyer se situe à Kaolack (Sénégal). Ces
confréries se sont longtemps affrontées, chacune soutenant un parti politique
différent sous la première République. Elles sont fortement contestées aujourd’hui
par le mouvement réformiste d’inspiration wahhabite Izala.
D’autres fractions ont un caractère plus réformiste, voire « révolutionnaire »,
tel le réseau fondé par l’agitateur Zak Zaki, qui s’inspire de la doctrine de l’ayatollah
Khomeyni, avec le support de la fraction chiite d’une importante colonie libanaise.
Cette organisation est, avec la Société étudiante musulmane (MSS), à
l’origine de nombreux troubles interconfessionnels. On compte également des
sectes, telles l’Ahmadiyya, importée par des missionnaires venus du Pakistan, ou,
sur un plan local, la secte messianique populiste hétérodoxe fondée par le « marabout
» camerounais Muhammadu Marwa, dit Maitatsine, dont le
[/size]
[size=12]djihad [/size][size=12]mit Kano
et plusieurs villes du Nord à feu et à sang au début des années quatre-vingt.
L’encadrement de la société musulmane nigériane est complexe : il comprend,
en premier lieu, au Nord, une aristocratie musulmane qui s’est vu confier
par l’administration coloniale une partie de la gestion de la Northern Region, puis
est parvenue à en conserver le contrôle et, sur cette base, à accéder à celui de l’État
fédéral après l’indépendance par le truchement du parti hégémonique NPC jusqu’au
coup d’État de janvier 1966, lequel a débuté par l’assassinat des principaux
dirigeants de ce parti. S’ils ont perdu aujourd’hui leurs privilèges politicoadministratifs
et judiciaires d’antan, le calife de Sokoto, le sultan du Bornu, leurs
nombreux émirs, héritiers de leurs titres, conservent une certaine autorité religieuse.
Le premier est encore considéré comme le leader religieux de l’ensemble
musulman du pays, à titre honorifique. Toujours au Nord, une structure parallèle
d’encadrement est constituée des juges
[/size]
[size=12](alkalai) [/size][size=12]des tribunaux de la [/size][size=12]charia [/size][size=12]maintenus
dans cette région. Les plus anciens magistrats coraniques, souvent peu
compétents, subissent la concurrence de jeunes juges issus des universités et
d’instituts islamiques de haut niveau, lesquels revendiquent une extension de la
législation islamique des emplois, y compris au Sud, et se posent en rivaux des
magistrats laïques officiels. On trouve encore des imams placés à la tête des mosquées
ou plus ou moins autoproclamés, se posant en docteurs et guides populaires,
auxquels s’ajoutent des coopérants étrangers jouissant d’une haute considération.
[/size]
[size=7]GÉOPOLITIQUE ET RELIGIONS AU NIGERIA
[/size]
[size=12]95
Dans le Sud, certains
[/size]
[size=12]big men [/size][size=12]musulmans se posant en bienfaiteurs et propagandistes
de l’islam jouissent pour leur part d’une certaine autorité religieuse,
assortie de titres « islamiques » prestigieux. Cette autorité est partagée avec les
imams et alfas contrôlant les mosquées locales. On trouve également partout d’innombrables
maîtres d’écoles coraniques entourés chacun de quelques dizaines
d’écoliers
[/size]
[size=12](almajirai)[/size][size=12], ainsi que des activistes populistes. Tous ces cadres subissent
l’influence d’organisations islamiques internationales et de foyers islamiques
extérieurs, dont ils perçoivent une assistance financière souvent conséquente. Les
musulmans nigérians trouvent également une représentation plus ou moins officielle
au sein d’organisations nationales – telles la Jama’atul Nasril Islam (JNI) ou
le Conseil suprême des affaires islamiques (SCIA) – censées les représenter dans
les instances interconfessionnelles. Une des grandes affaires de la mouvance
musulmane est l’organisation annuelle du pèlerinage à La Mecque, qui draine
chaque année vers l’Arabie Saoudite des dizaines de milliers d’
[/size]
[size=12]alhajis[/size][size=12]. L’organisation
de ce transfert, les bénéfices qu’il rapporte ou les mésaventures rencontrées
par les pèlerins sont une affaire d’État.
[/size]
[size=12]La composante chrétienne
[/size][size=12]À la différence de la situation qui prévaut dans les pays francophones voisins,
la chrétienté nigériane se divise depuis l’arrivée des premiers missionnaires occidentaux
en de très nombreuses Églises et sectes : Églises internationales, euro ou
américano-centrées, d’obédience protestante (Églises anglicane, méthodiste, presbytérienne,
baptiste, adventiste...), Église catholique romaine, Témoins de Jéhovah,
« Églises africaines » (African Churches : Bethel Church of Christ, Salem), la
vaste mouvance Aladuras (Cherubim and Seraphim Society, Eternal Sacred Order
of Cherubim and Seraphim, Christ Apostolic Church, etc.), nées d’une rupture
avec les hiérarchies « étrangères », sur une base de fondamentalisme chrétien. Ces
diverses communautés sont souvent en compétition entre elles sur le terrain.
Depuis quelques décennies, un certain nombre d’Églises nouvelles relevant du
mouvement pentecôtiste, ou
[/size]
[size=12]born again [/size][size=12](Faith Evangelical Mission, Gospel
Church of Christ, Message of Thruth Mission, Evangelical Fellowship, Church of
God Mission, New Life Evangelical Mission, Healing Sabbath Church, Redeemed
Church of God, etc), se sont développées, sous l’impulsion de télévangélistes
américains notamment, et sous le chapeau d’une Pentecostal Congregation. Elles
organisent des séances de guérison miraculeuse qui attirent de grandes foules, et
leurs « croisades » de conversion constituent le pendant provocateur des
[/size]
[size=12]djihad
[/size][size=12]islamistes, notamment au sein des campus.
On rencontre enfin une multitude d’autres Églises : Zionist Church, World
Soul Winning, Evangelical Church of Yahweh, Deeper Life Ministry, Church of
[/size]
[size=7]HÉRODOTE
[/size]
[size=12]96
God Mission, et surtout Celestial Church of Christ (CCC), en pleine expansion,
fleurissant à la marge de la chrétienté autour de personnages inspirés et autres
« prophètes » : du fait de cette prolifération, qui affaiblit l’ensemble chrétien face
aux tentatives hégémonistes qui se font jour au sein du bloc musulman, les efforts
se sont multipliés pour unir ces Églises : instauration d’un Christian Council of
Nigeria (CCN), rassemblant la plupart des Églises réformées, et surtout Christian
Association of Nigeria (CAN), qui associe celles-ci et l’Église catholique
– laquelle y joue un rôle moteur – et qui se pose en partenaire du SCIA musulman
au niveau national.
L’encadrement chrétien est constitué par les clergés des différentes Églises,
plus ou moins adossés à des hiérarchies internationales, des « missionnaires »
expatriés ou les « apôtres » des différentes sectes. Il comprend aussi des leaders
laïcs se posant en défenseurs des valeurs chrétiennes. Comme les autres ensembles
religieux, chaque communauté chrétienne marque son paysage en y implantant
des églises, des croix, des statues, en y pratiquant un mode de vie réprouvé par les
musulmans : consommation d’alcool, de viande de porc, liberté de la femme,
monogamie, mode vestimentaire de facture occidentale, processions... On y
célèbre des fêtes chrétiennes. Depuis quelques dizaines d’années, un pèlerinage
chrétien a été créé en direction de foyers de culte extérieurs, comme Israël,
Lourdes ou Fatima, dans le dessein proclamé d’assurer une égalité de traitement
entre chrétiens et musulmans.
Les rapports entre ces diverses composantes du pôle religieux gouvernent des
stratégies d’ordre géopolitique qui influent sur les champs identitaires divers de la
constellation nigériane globale évoqués ci dessus.
[/size]
[size=12]Polarisation religieuse du syndrome géopolitique régional
[/size][size=12]L’imaginaire politico-religieux nigérian gravite autour de l’événement historique
princeps que fut, au
[/size]
[size=7]XIX[/size][size=7]e [/size][size=12]siècle, la conquête d’un vaste espace sahélien, et
surtout des cités-États haoussas du Soudan central, par des pasteurs immigrés
peuls ou foulbés (Fulanis), sous les étendards d’un islam conquérant et intégriste.
Cet événement, qualifié de
[/size]
[size=12]djihad[/size][size=12], a débouché sur la constitution d’un empire islamique
s’étendant du Niger au Cameroun nord et échouant de peu à accéder à la
mer, au sud-ouest du pays : le « califat » de Sokoto, flanqué au nord-est par le sultanat
millénaire du Bornu, demeuré indépendant. Sur cette base, le colonisateur
britannique a construit, nous l’avons vu, un ensemble colonial dissociant une aire
septentrionale, correspondant à la zone d’influence de ce bloc musulman, d’une
frange méridionale plus réduite, ouverte sur l’Océan, constituant une région du
Sud. Ce dispositif visait à instaurer un pôle septentrional dominant et conservateur
[/size]
[size=7]GÉOPOLITIQUE ET RELIGION AU NIGERIA
[/size]
[size=12]97
permettant à la fois de limiter le risque d’un mouvement de mobilisation islamique
couvrant tout le Sahel et de rentabiliser le Nord grâce aux ressources du
Sud tout en bloquant les revendications anticolonialistes des nouvelles élites méridionales
issues des écoles chrétiennes. Il soumettait ainsi l’ensemble du «Nigeria
du Nord » au contrôle de l’aristocratie musulmane héritière du
[/size]
[size=12]djihad [/size][size=12]du
[/size]
[size=7]XIX[/size][size=7]e [/size][size=12]siècle, sous le contrôle bienveillant d’une administration conservatrice distincte
de celle du Sud. Protégé par un « cordon sanitaire » tenant à distance les élites
méridionales, l’ensemble du « Nord » était voué à constituer un espace islamique
cohérent, sous l’autorité des calife, sultan et émirs. Les enclaves « païennes », qui
n’avaient cessé jusque-là de résister à l’hégémonisme « djihadiste » et aux raids
esclavagistes du « califat », étaient administrées à part, en attendant leur soumission
à des chefferies musulmanes.
L’administration y confinait cependant les missions chrétiennes, écartées des
[/size]
[size=12]islamic areas[/size][size=12]. De ce fait, ces bastions de résistance à l’hégémonie musulmane se
sont progressivement ouverts au christianisme, engendrant une élite hostile au
pouvoir nordiste. À l’indépendance, le système fédéral imposé par le colonisateur
a maintenu le dispositif géopolitique régional permettant à l’aristocratie islamique
septentrionale de contrôler le Nord, et par là le pouvoir central.
Aujourd’hui encore, en dépit du démembrement de l’ancienne région du Nord,
des multiples dispositions constitutionnelles visant à en réduire les vestiges politiques
et de l’obligation faite aux partis politiques de se fonder sur des bases non
« communautaires », l’essentiel de la dynamique politique du pays est centré sur la
confrontation d’un foyer « nordiste » musulman, cherchant à mobiliser l’électorat
septentrional en vue de s’assurer une majorité électorale, et de partis « laïques »
contrôlés par des chrétiens. Toutefois, les populations des enclaves septentrionales
réfractaires à la stratégie nordiste, qui disposent depuis 1967 d’États fédérés
propres, sont électoralement proches des méridionaux. Des affrontements souvent
violents les opposent régulièrement aux immigrés musulmans. Réciproquement,
les foules musulmanes des cités septentrionales se livrent périodiquement à des
pogroms à l’encontre des non-musulmans habitant les faubourgs où sont cantonnés
les immigrés d’autres régions (
[/size]
[size=12]sabon garis[/size][size=12]). Ce contexte supporte le modèle courant
opposant un « Nord musulman » à un « Sud chrétien et animiste », modèle
erroné dans la mesure où une partie des populations septentrionales n’est pas
musulmane alors qu’une partie importante des populations méridionales l’est,
surtout dans l’Ouest, et où la réalité correspondant au concept caricatural d’« animisme
» est éloignée d’un tel partage.
Mais ce schéma continue à inspirer les promoteurs de formations politiques à
visée « nordiste » ou « sudiste » luttant pour le contrôle de l’État fédéral, sous l’impulsion
de divers « entrepreneurs identitaires » islamiques : aristocratie du Nord,
« Kaduna mafia », intellectuels, historiens anglo-saxons d’inspiration « lugar-
[/size]
[size=7]HÉRODOTE
[/size]
[size=12]98
dienne », enseignants expatriés de pays musulmans extérieurs, membres de la
judicature islamique demeurée en vigueur dans le Nord, renforcée aujourd’hui par
l’extension du domaine de la
[/size]
[size=12]charia [/size][size=12]au domaine « criminel », associations islamiques,
réseaux maraboutiques et surtout « révolutionnaires » islamiques.
Dans cette perspective, l’imaginaire politique continue à se nourrir des modèles
du
[/size]
[size=12]djihad [/size][size=12]du [/size][size=7]XIX[/size][size=7]e [/size][size=12]siècle, dont les héritiers déclarent encore vouloir « tremper le
Coran dans l’Océan », selon une formule constamment répétée. Les adversaires du
pouvoir nordiste, qu’ils qualifient de « djihadiste », se perçoivent comme la cible
d’une visée hégémoniste islamique venue du Nord. Les musulmans méridionaux
s’opposent en général eux aussi au même hégémonisme nordiste sur la base de
leurs attaches locales aussi bien qu’en raison de la condescendance discriminante
manifestée à leur encontre par leurs coreligionnaires septentrionaux. De leur côté,
ces derniers, dont une partie envisage son investissement dans l’islam et la
[/size]
[size=12]charia
[/size][size=12]comme un simple « retour » identitaire au passé précolonial, dénoncent un hégémonisme
sudiste et chrétien visant au contrôle du Nord, d’immigration en
entrisme professionnel et en complots politiques, dont l’assassinat des leaders du
NPC par les putschistes de janvier 1966 demeure le symbole. Cette « invasion »,
symétrique de celle que redoutent les chrétiens du Sud et ceux de la Middle Belt
de leur part, est assimilée par une grande partie d’entre eux à une « croisade » des
adeptes d’un christianisme adverse, conviction renforcée aujourd’hui par les provocations
pentecôtistes. Le mépris manifesté par de nombreux non-musulmans à
l’égard des moeurs jugées rétrogrades des tenants de l’islam maintient également
une barrière entre un Far North crispé sur ses convictions et le reste du pays. D’où
la violence des émeutes de foules musulmanes « en colère » à l’encontre des immigrés
chrétiens, qui provoquent l’exode des survivants et des représailles collectives
tout aussi ambiguës envers les musulmans septentrionaux au Sud.
Par ailleurs, les adversaires de la politique panconfessionnelle des musulmans
septentrionaux dénoncent la multiplication de l’instauration par ceux-ci de zones
islamiques
[/size]
[size=12](islamic areas) [/size][size=12]dont les autres citoyens sont exclus ou soumis à la
rigueur de normes « islamiques ». Les tensions interconfessionnelles ainsi mêlées
de régionalisme peuvent déboucher sur des tentatives de coups d’État – tels ceux de
janvier 1966 et de janvier 1984 – ou des tentatives de sécession fondées, à la pakistanaise,
sur un partage entre une aire musulmane nordiste et une aire « chrétienne »,
comme l’ont proclamé certains auteurs ou partisans de la sécession « biafraise » en
1967, ou le major putschiste Gideon Orkar en avril 1990. Rappelons toutefois
qu’une grande partie des musulmans septentrionaux et surtout méridionaux
n’adhère pas à ces visions antagonistes et que l’
[/size]
[size=12]establishment [/size][size=12]nordiste, au demeurant
menacé par les islamistes, manipule avant tout les thèmes religieux et séparatistes
dans le but de conserver un électorat propice à sa propre stratégie de
contrôle du pouvoir central et de la rente pétrolière à son propre profit.
[/size]
[size=7]
GÉOPOLITIQUE ET RELIGIONS AU NIGERIA
[/size]

_________________
Le Salut du Monde :

Consecration au Coeur Sacre de JESUS, et au Coeur Immacule de la TRES SAINTE VIERGE MARIE.
Revenir en haut Aller en bas
GODwithus
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire


Messages: 9778
Date d'inscription: 09/01/2010

MessageSujet: Re: Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR    Dim 18 Juil - 3:10

[size=12]
Polarisation religieuse des syndromes géopolitiques ethnique et historico-communautaire

[/size][size=12]
Le patchwork ethnique nigérian, sous ses incidences mobilisatrices et conflictuelles, liées à un socle territorial propice à des replis identitaires locaux comme à des regroupements de diasporas en terre « étrangère », est non seulement une base de confrontations géopolitiques, mais encore le support d’affrontements plus subtils entre adeptes de cultes différents. Si, par le passé, chaque formation ethnique pouvait s’identifier à une culture ancestrale incluant des croyances et des rites distincts de ceux des autres, chacune partageant sa terre avec ses dieux ou autres puissances autochtones, l’expansion des religions monothéistes à vocation universelle a profondément modifié cette situation, déviée vers la rivalité opposant ces deux blocs cultuels ou des fractions distinctes des mêmes cultes. Une telle rivalité offre un aspect inter ou intracommunautaire selon qu’une formation donnée se soit convertie en totalité ou en majorité à l’un d’eux, qu’elle se soit scindée sur la base de conversions contraires ou que des communautés ethniques voisines aient adhéré à des cultes distincts.


Dans tous ces cas, il est impossible de déterminer si les confrontations interethniques résultent d’une différence de culte ou d’une opposition de groupe à laquelle chaque repère religieux donne un sens.


Parmi les formations ethniques qui s’identifient à une religion « importée », la plus importante et la plus dynamique est l’ensemble haoussa, ou «fulanihaoussa». Du fait de son passé islamique et «djihadiste» ainsi que de l’autorité du « califat » de Sokoto, le « Haoussaland », qui couvre le centre et l’ouest du Far North – et dont le reste du « Nord » est perçu par ses membres comme une dépendance naturelle –, constitue un sanctuaire « islamo-ethnique » à préserver de toute corruption et, pour certains, un tremplin pour la reprise du [/size][size=12]djihad [/size][size=12]interrompu par la colonisation « chrétienne ». C’est pourquoi l’immigration de sujets non musulmans en provenance d’autres parties de la fédération, notamment du Sud, cantonnés dans les [/size][size=12]sabon garis[/size][size=12], est considérée comme une agression, voire une « croisade » provocatrice, justifiant des violences périodiques à leur encontre.


Comme ces sujets appartiennent à d’autres ethnies que la formation locale, ces violences peuvent être interprétées à la fois comme ayant un fondement interethnique,xénophobe ou interconfessionnel, au gré des interprètes, sachant que les symboles religieux y jouent un rôle décisif.


En revanche, la diaspora marchande haoussa dans le sud de la fédération se montre peu agressive, tout en usant de pratiques discriminatoires voilées à l’encontre des musulmans des ethnies d’accueil.

Vivant au sein des [/size][size=12]zongos[/size][size=12], isolats musulmans coupés des foyers islamiques autochtones, elle a vécu jusqu’ici repliée sur son identité. Les Kanuris, ou Béribéris, de l’ancien sultanat du Bornu, bien antérieur à l’irruption des « djihadistes" [/size]fulanis, auxquels ils refusèrent de se soumettre, partagent l’identité islamique des Haoussas mais non leur prétention hégémoniste.


Ils tiennent toujours à se distinguer de leurs voisins de l’Ouest, quitte à voter pour des partis opposés et à réclamer des États propres.


De leur côté, la plupart des « minorités » ethniques de la Middle Belt, hostiles à l’hégémonisme « fulani-haoussa », se sont toujours opposées à leur inclusion dans la Northern Region, en se retranchant derrière leurs identités religieuses mixtes, « traditionnelles » et chrétiennes, pour mieux affirmer leur spécificité. Elles vivent repliées aujourd’hui au sein des États nés du démembrement du « Saint Nord » à leur profit. Au sein de ces États, des confrontations violentes opposent leurs ressortissants à des immigrants « fulanis-haoussas », au nom d’une résistance aux provocations ou agressions « religieuses », réelles ou supposées, de ces derniers.


Il arrive également que des heurts intra-ethniques s’y produisent entre adeptes de cultes différents, notamment chrétiens, divisions qui débouchent généralement sur l’exigence de nouvelles partitions.


Les ethnies du sud-est de la fédération, les premières à avoir été en contact avec le christianisme et converties à cette religion, tout en conservant des traditions religieuses ancestrales, s’affirment de leur côté résolument réfractaires à l’hégémonisme islamo-haoussa, d’autant plus que la diaspora locale au Haoussaland, particulièrement importante, y est périodiquement victime de violences mêlant xénophobie ethnique et persécution religieuse.


Ces violences appellent, nous l’avons vu, des rétorsions locales envers les immigrés affectant le même caractère « religieux ». La sécession biafraise fut d’ailleurs interprétée à tort par certains milieux chrétiens comme un combat entre les deux cultes monothéistes, alors que l’administration et l’armée fédérales comptaient un grand nombre d’adeptes de l’Évangile.


En revanche, l’« Iboland » – majoritaire mais continental et dépourvu – et la zone littorale – riche en pétrole et peuplée de « minorités » locales – sont le lieu d’une confrontation parfois tendue entre chrétiens et adeptes des cultes traditionnels, d’une part, protestants et catholiques, de l’autre, les seconds, plus scolarisés du fait du prosélytisme de missionnaires irlandais actifs, accusant les premiers de monopoliser le pouvoir local.



Depuis peu, toutefois, on y constate un début d’infiltration de l’islam, conforté par la politique de conversion menée par des organisations islamiques venues du Nord

et financées par divers organismes ou États islamiques extérieurs. Certains

convertis sont des Ibos désireux de se rendre dans le Nord sans subir les effets des

pogroms antichrétiens qui s’y produisent.

Le cas du «Yoroubaland » est plus complexe. La formation yorouba se caractérise

en effet par un attachement profond à ses traditions, et en particulier à un culte

polythéiste très vivant, associé à un système monarchique dont les titulaires, les

obas[size=12], se proclament les descendants de divinités [/size][size=12](orishas) [/size][size=12]originelles. Mythes et

rites traditionnels sont associés aux divers événements concernant la vie des

royaumes locaux, exaltés et parfois promus par des universitaires, des artistes,

des écrivains modernes. C’est en référence à cette tradition que les promoteurs

d’une mobilisation ethnique vouée à surmonter les anciennes divisions fratricides

qui ont ensanglanté cette formation depuis des siècles ont constitué, à la veille des

premières élections démocratiques nigérianes, l’organisation à visée « tribaliste »

qualifiée d’Assemblée des fils d’Oduduwa (Egbe omo Oduduwa), Oduduwa étant

une des divinités majeures du panthéon yorouba. Sur cette base, ses promoteurs

ont oeuvré pour s’assurer le contrôle de la « région de l’Ouest » et l’accès au pouvoir

fédéral. Le fait que ces leaders aient été en général d’obédience chrétienne a

rarement été perçu comme une contradiction notoire, compte tenu du syncrétisme

ambiant et du poids de la mythologie locale. Car la société yorouba est particulièrement

tolérante et ouverte à tous les cultes, chrétien et musulman inclus.

D’une manière générale, elle est réputée placer son identité culturelle au-dessus de

ses différences cultuelles. Le recensement de 1963 donnait pour le Yoroubaland,

excepté la zone d’Ilorin, alors incluse dans la Northern Region, les pourcentages

de 43,4% de musulmans, de 48,7% de chrétiens et de 7,9% d’adeptes du culte

des Orishas. Mais ces chiffres ignoraient les interférences syncrétiques, très générales

ici. Les musulmans yoroubas, coupés de leurs coreligionnaires haoussas du

Nord ou immigrés, sont pour la plupart partagés entre leur désir d’insertion au sein

de l’[/size][size=12]umma [/size][size=12]musulmane nationale, leur attache ethnique et leur refus de tout hégémonisme

de la part de l’encadrement islamique « fulani-haoussa ». La mémoire

yorouba conserve en effet du passé le souvenir de l’offensive « djihadiste » de

Sokoto en direction de l’Océan par Ilorin et Oyo, bloquée par Ibadan à Oshogbo

en 1840, et continue à soupçonner les héritiers de cette invasion de chercher à tout

prix à « tremper le Coran dans l’Océan ».

Toutefois, une partie des habitants de l’ancien empire d’Oyo, situé au nord

du Yoroubaland, s’oppose à l’hégémonisme des tenants du communautarisme

ethnique précité, animé par des membres des anciens royaumes côtiers qui bloquèrent

jadis son accès à la mer. L’empereur [/size][size=12](alafin) [/size][size=12]d’Oyo s’oppose toujours à

l’[/size][size=12]ooni[/size][size=12], roi-prêtre d’Ifé – principal sanctuaire yorouba – et « patron » de l’Egbe

omo Oduduwa. Cette résistance intra-ethnique s’y renforce d’une adhésion à un

islam majoritaire qui s’est parfois traduite par un rapprochement avec le « califat »

au prix de confrontations fratricides avec ses voisins. Sous la première République,

les partis politiques se réclamant de l’islam ont été écartés par l’Action

Group au profit de sa politique de cohésion ethnique. Mais l’islam yorouba

s’affirme aujourd’hui de plus en plus, autour de [/size][size=12]big men [/size][size=12]parés de titres prestigieux

à caractère religieux et d’une « Ligue des imams et alfas » locale, militant pour

l’extension de la [/size][size=12]charia [/size][size=12]au Sud. Cette élite nouvelle s’efforce, d’une part, de pénétrer

le cercle islamique dominant contrôlé jusqu’ici par les « Fulanis-Haoussas »

[/size]
[size=7]
HÉRODOTE

[/size]
[size=12]
102

dans le but d’accéder par là aux centres de pouvoirs fédéraux et, d’autre part, de

façon ambiguë, de s’organiser sur une base locale afin d’effacer la barrière discriminatoire

dressée par les mêmes « Fulanis-Haoussas » sur la voie de leur pleine

reconnaissance, sans se noyer au sein d’une islamité standard. Ces stratégies intraconfessionnelles

se manifestent sur le plan interreligieux par une agitation croissante

à l’encontre de la suprématie chrétienne locale, accusée de monopoliser le

pouvoir, l’éducation et diverses institutions, et de s’opposer à l’imposition d’un

« paysage islamique » en pays yorouba. Il s’ensuit des confrontations souvent

violentes, traduites en termes de [/size][size=12]djihad[/size][size=12], de « croisade » et de persécution, formant

le pendant des plaintes chrétiennes au nord.

Les ambiguïtés de la stratégie d’une élite musulmane yorouba cherchant à

accéder au centre fédéral du pouvoir par le truchement de l’islam ont été exemplairement

illustrées par le cas du milliardaire Moshood Abiola, élu à l’élection

présidentielle du 12 juin 1993 et d’emblée évincé par le pouvoir militaire sous la

pression, dit-on, de coreligionnaires nordistes. Ce courant est de plus en plus

menacé par la montée en puissance d’un mouvement islamiste promu par des

immigrés du Nord ou d’autres pays récusant tout repli sur une identité ethnique

tolérant le multiconfessionnalisme.

En marge de ce conflit, divers cultes « traditionnels » liés à la maintenance

d’identités locales et à l’institution de la monarchie des « rois divins » locaux,

même si la plupart de ces [/size][size=12]obas [/size][size=12]se proclament chrétiens ou musulmans et demeurent

pratiqués sans subir désormais de persécutions, comme il en fut au début de

l’irruption des cultes « importés ». Le troisième congrès international des Orishas,

divinités yoroubas intégrées au culte brésilien du candomblé et au vaudou haïtien,

qui s’est déroulé à Ife, haut lieu de la religion yorouba, en juillet 1986, avec la participation

de nombreux intellectuels et prêtres sud-américains, a montré la vitalité

d’un culte revendiquant le statut de religion internationale. Il n’en est pas de

même au sein de tous les territoires ethniques.

La chrétienté yorouba, sur la défensive par rapport au nouvel activisme islamique,

se fragmente quant à elle en d’innombrables Églises, dont les « Églises

africaines » déjà évoquées, et semble subir l’influence croissante des courants

« charismatiques » militant pour un retour à l’élan prosélyte du [/size][size=7]XIX[/size][size=7]e [/size][size=12]siècle.

À une dimension plus modeste, le maintien de territoires revendiqués par des

communautés se rattachant à une même origine et à une histoire politique propre

peut se traduire par la permanence de champs clos de confrontation entre fractions

internes et collectivités voisines, sur la base de rivalités dont l’origine remonte

souvent loin dans le temps, ou entre « fils du sol » et « étrangers », fussent-ils du

même pays, des mêmes ethnie ou État, ou de la même confession. Il en est ainsi

parfois dans le Far North, entre les « sultanats » de Sokoto et du Bornu, sur la base

d’une légitimité islamique contestée, ou entre émirats divers et « califat ». Tel fut

[/size]
[size=7]
GÉOPOLITIQUE ET RELIGIONS AU NIGERIA

[/size]
[size=12]
103

en particulier le cas de Kano de 1960 à 1966, cette métropole exigeant un État

propre, séparé de la Northern Region. Cette exigence s’est étayée sur une adhésion

massive à la branche nyassène de la Tijaniyya, opposée à la Qadiriyya, socle

du « califat », et sur un parti « progressiste » (NEPU) fondé par le malam Aminu

Kano, militant progressiste et prédicateur éminent. Après 1979, ayant obtenu en

1963 un État propre, les électeurs de celui-ci ont voté majoritairement pour le

parti progressiste PRP, issu du NEPU et se réclamant, comme lui, d’une version

du modèle du [/size][size=12]djihad [/size][size=12]du [/size][size=7]XIX[/size][size=7]e [/size][size=12]siècle opposée à celle de l’aristocratie régionale,

interprétant cet événement comme un mouvement « révolutionnaire » en rupture

avec une aristocratie habe corrompue mais trahi par la suite par les héritiers du

[/size]
[size=12]
djihad[/size][size=12], contre lesquels il convenait de reprendre le flambeau de la révolte. Ce glissement

d’un modèle politico-religieux à un autre a permis l’élection d’équipes

d’inspiration marxiste à la tête du nouvel État de Kano ainsi que de celui de

[/size]
[size=7]
HÉRODOTE

[/size]
[size=12]
104

L[/size][size=7]IEUX DES PRINCIPALES CONFRONTATIONS INTERCONFESSIONNELLES

[/size]
[size=12]
(1979-2002)

[/size]
[size=7]
250 km

[/size]
[size=7][size=7]
Jigawa

Gombe

[/size][/size]
[size=7]
Y[/size][size=7][size=7]obe

Adamawa

[/size][/size][size=7][size=7]
Sokoto

[/size][/size]
[size=7]
05/81

06/89

12/95

[/size]
[size=7][size=7]
Gusau 01/00

Birninkebbi

[/size][/size]
[size=7]
08/88, 03/90,

03/91, 01/92

[/size]
[size=7][size=7]
03/82,

03/90, 04/91

Dutse

Gombe

[/size][/size]
[size=7]
04/85

[/size]
[size=7][size=7]
Damaturu

Bauchi

Kaduna [/size][/size][size=7]03/82, 11/82,

03/90, 09/90,

03/91, 02/00 Lafia

[/size]
[size=7][size=7]
Kafanchan 03/87

[/size][/size]
[size=7]
W[/size][size=7][size=7]ukari

[/size]
[/size]
[size=7]
07/80

[/size]
[size=7][size=7]
Zanlo Kataf Jos

[/size][/size]
[size=7]
05/92

Ilorin 03/86

[/size]
[size=7][size=7]
Maiduguri

03/79, 11/82,

02/84

02/91

03/91

Jalinco

[/size][/size]
[size=7]
11/79, 03/80

[/size]
[size=7][size=7]
Calabar

Uruakia 02/00

Lokoja

Ibadan 07/86

Kishi 12/86

Osnogbo

Ado-Ekiti

Benin

Akure

Aseokuta

Asaba

Nagoa

Aba 02/00

[/size][/size]
[size=7]
02/00

[/size]
[size=7][size=7]
Kavranaroda

0,3/91, 10/91,

[/size][/size]
[size=7]
Sokoto

Katsina

Kebbi

Kaduna

Zamfara Kano

Borno

Bauchi

Capitale Plateau

Fédérale

Niger

Nasarawa

Kwara

Ogun

Osun

Ekiti

Kogi

Edo

Ondo

Delta

Lagos

Imo

Bayelsa Rivers

Wabon

Cross River

Ebonyi

Enugu

Benue

Oyo Taraba

Anambra

[/size][size=7]
03/87

Yola

03/92

Abuja

Makurdi

11/80

Katsina 05/80, 12/80, 11/82,

03/87, 03/91, 10/91,

12/95, 01/97

Kano

05/95

Zaria 02/81

[/size]

_________________
Le Salut du Monde :

Consecration au Coeur Sacre de JESUS, et au Coeur Immacule de la TRES SAINTE VIERGE MARIE.
Revenir en haut Aller en bas
GODwithus
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire


Messages: 9778
Date d'inscription: 09/01/2010

MessageSujet: Re: Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR    Dim 18 Juil - 3:12

c'est long et tres complique, mais tres interessant aussi, suite ici :

Géopolitique et religions au Nigeria - [ Translate this page ] by G Nicolas - 2002 - Cited by 4 - Related articles
NIGERIA : RÉPARTITION DES MUSULMANS PAR ÉTAT. 75 % à 100 %. 50 % à 75 % ..... avec le christianisme et converties à cette religion, tout en conservant des ...
www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=HER_106_0081 - www.cairn.info/load_pdf.php%3FID_ARTICLE%3DHER_106_0081+repartition+des+religions+au+Nigeria&tbo=1&sa=X&ei=2F5CTKWgAsKinQft1uinDw&ved=0CDoQHzAC" class="postlink" target="_blank" rel="nofollow">Similar

_________________
Le Salut du Monde :

Consecration au Coeur Sacre de JESUS, et au Coeur Immacule de la TRES SAINTE VIERGE MARIE.
Revenir en haut Aller en bas
 

Huit morts dans l'attaque d'un village chrétien du Nigeria LEMONDE.FR

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum de prières :: DISCUSSION GÉNÉRALE-