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 LE PARDON Compilation de textes

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AuteurMessage
GODwithus
Adore Dieu Trinitaire
Adore Dieu Trinitaire


Messages: 9777
Date d'inscription: 09/01/2010

MessageSujet: LE PARDON Compilation de textes   Ven 13 Aoû - 3:26

ne pardonnant pas, c’est a nous que nous faisons du mal.

(compilation de textes)

Oser affronter ses conflits pour vivre en paix ! prendre conscience que le mal-être peut venir d'un problème de conflit avec soi-même ou un proche ».

" Le Seigneur Jésus-Christ est le médecin de nos âmes et de nos corps. II a pardonné ses péchés au paralytique et il lui a rendu la santé du corps (Marc 2, 1-12). Il a voulu que son Église continue son œuvre de guérison et de salut, par la force de l'Esprit Saint.

Nous devons demander cette grâce pour nous-mêmes comme pour les autres.
Apprendre le pardon en se laissant pardonner par Dieu
Père Laurent Roudil, curé de la paroisse de Modane
6 novembre 2008 ,
Une vie spirituelle authentique se vérifie par le pardon de Dieu reçu dans le sacrement de réconciliation qui alimentera le pardon donné à nos frères, comme nous le demande Jésus. Voyons l’importance d’accueillir le pardon du Seigneur pour le donner à nos proches et témoigner ainsi de Sa Miséricorde ?

Jésus sur la montagne nous a laissé une série de discours évangéliques. Arrêtons-nous sur la cinquième demande du Notre Père : "Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient" (Matthieu 6,12).
Puis l’explication de Jésus :
Car , si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais, si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. _Matthieu 6,15
Si nous avons besoin d’être pardonnés par Dieu et si nous sommes appelés à donner le pardon, cela présuppose que nous vivons dans un monde marqué par les offenses faites à Dieu et au prochain.
La Sainte Ecriture nous enseigne que Dieu est vérité et amour. Jésus dit : "Je suis le chemin , la vérité et la vie" (Jean 14,6). Ou encore : "Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour." 1 Jean 4,8
Dieu nous appelle à être miséricordieux. Cela signifie que chaque fois qu’un homme manque à l’amour et à la vérité, il s’oppose à Dieu Lui-même dans son être le plus profond. Depuis la faute originelle en Adam et Eve, l’homme est atteint dans son être intérieur et extérieur ; il est poussé à s’opposer à Dieu. Depuis les origines, les hommes ont essayé d’établir une justice dans les relations humaines, et de trouver une issue à la faute. Les différentes religions ont recherché des solutions. Nous savons qu’un être offensé va chercher à se venger. Ainsi, il se développe une escalade du mal, dont l’homme ne trouve parfois que la destruction pour s’en sortir. Or, Jésus nous donne un autre rapport au mal. La faute ne peut être dépassée que par le pardon, et non par la vengeance. Saint- Paul, dans sa lettre aux Romains, nous dit :
Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien.
Romains 12,21.
Ainsi, Jésus nous révèle un Père miséricordieux envers tous les hommes , car Il aime ses créatures. Cependant, le pardon de Dieu ne peut entrer et agir dans le cœur de l’homme que si lui-même pardonne à son prochain.
La cinquième demande du Notre Père correspond au cinquième commandement divin : Tu ne tueras pas.
(Exode 20,13)
Ce commandement touche la vie de l’homme, mais aussi toute blessure infligée à sa dignité. Dans son sermon sur la montagne, Jésus donne de nouveau l’interprétation juste pour vivre ce commandement. Il ne s’agit plus de le vivre dans la loi du talion : "œil pour œil, dent pour dent", mais dans l’optique de la réconciliation.
Donc lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande." Matthieu 5,23-24.
Celui qui n’est pas réconcilié avec son prochain ne peut se présenter devant Dieu.
Un orateur chrétien a dit: «Le défi n'est pas de pardonner et d'oublier. Le vrai honneur vient dans la capacité de pardonner tout en continuant à se rappeler.»

Le pardon, comme plusieurs autres domaines dans notre vie chrétienne, est un processus. Plus la blessure est profonde plus le processus du pardon est long. Ceci ne veut pas dire que vous avez le droit de rester amer ou en colère. Cela veut dire que plus la blessure infligée est sérieuse, plus il faudra peut-être passer à travers les émotions vers le but final du pardon.
Le pardon est un processus en 4 étapes.
1° Je dois reconnaître la douleur.
2° Je dois délaisser mon droit de m'accrocher à l'amertume, la colère et le ressentiment.
3° Je dois désirer la réconciliation.
4° Je dois lancer à l'offenseur une invitation à rebâtir la relation à travers l'expression de l'amour inconditionnel et de l'acceptation.

«Les fictions que nous créons parfois pour nous-mêmes inhibent souvent notre croissance.»
«Plus on essaie de garder en dehors de notre conscience les mauvais souvenirs, plus ils deviennent puissants. Puisqu'on ne leur permet pas d'entrer par la porte de nos pensées directement, ils viennent dans notre personnalité de manières déguisées et destructives. Dans plusieurs cas, il ne peut y avoir de vraie guérison et de vraie croissance spirituelle tant que nous n'avons pas libéré les souvenirs douloureux et les patrons malsains qui interfèrent présentement avec nos attitudes et notre comportement.» En niant notre douleur nous donnons une opportunité à l'ennemi.
Le pardon est donc un cadeau que l'on se fait surtout à soi-même, car bien souvent, l'offenseur n'est pas du tout dérangé par notre manque de pardon, mais nous le sommes.
«Pardonner, c'est retrouver une plus grande paix intérieure.»
«La réconciliation ne signifie pas que nous éliminons les conséquences du péché dans la vie des gens. Elle signifie que nous les aidons à travers les conséquences afin qu'ils puissent être totalement guéris.»
Pendant les semaines ou les mois qui suivent, considérez les étapes suivantes:
a) Prenez possession: identifiez ces sentiments comme étant les vôtres, et évaluez leur impact dans votre vie à travers les souffrances qu'ils ont causé.
b) Laissez aller vos droits : regardez les éléments qui vous encombrent, sachant l'intensité de ce que vous avez ressenti, pouvez-vous maintenant demander au Seigneur de vous aider à délaisser votre colère, votre amertume ou votre ressentiment qui persiste dans les profondeurs de votre coeur?
c) Pardon: Imaginez le sang de Jésus répandu en votre faveur et appliquez ce sang sur le péché de votre offenseur.
d) «Il est plus facile de s'en tenir à sa résolution de pardonner si on en fait un acte officiel. Écrivez une lettre de pardon à votre offenseur, même si vous ne l'envoyez jamais».
e) Reconstruire les relations: Choisissez un acte de bonté qui vous pouvez manifester à votre offenseur avec sincérité. Choisissez quelque chose qui lui démontrera authentiquement votre amour pour lui.
f) Si l'abuseur se repent et le démontre par son attitude, ses paroles et ses actions, soyez prêtes à lui pardonner et à vous réconcilier avec lui en lui permettant prudemment à nouveau de renouer une relation personnelle avec vous, ce qui est un signe que vous lui avez vraiment pardonné.

2° Lisez Mt.18:21-35. Confessez tout manque de pardon qui reste et demandez au Saint-Esprit de vous inonder de Son amour et de Son acceptation de l'offenseur. Demandez de pouvoir voir l'offenseur à travers les yeux de Jésus.
3° Mémorisez Col.3:13.
1. C’est ton pardon qui portera le monde des ténèbres à la lumière. 2 C’est ton pardon qui te laisse reconnaître la lumière dans laquelle tu vois. 3 Le pardon démontre que tu es la lumière du monde. 4 C’est par ton pardon que la vérité à ton sujet te revient en mémoire. 5 Par conséquent, dans ton pardon réside ton salut.
2. Les illusions sur toi-même et sur le monde ne font qu’un. 2 C’est pourquoi tout pardon est un don fait à toi-même. 3 Ton but est de découvrir qui tu es, ayant nié ton Identité en attaquant la création et son Créateur. 4 Maintenant tu apprends comment te souvenir de la vérité. 5 Car cette attaque doit être remplacée par le pardon, afin que les pensées de vie puissent remplacer les pensées de mort.
3. Souviens-toi que dans chaque attaque, tu fais appel à ta propre faiblesse; alors que chaque fois que tu pardonnes, tu fais appel à la force du Christ en toi. 2 Alors ne commences-tu pas à comprendre ce que le pardon fera pour toi ? 3 Il ôtera de ton esprit tout sentiment de faiblesse, de tension et de fatigue. 4 Il enlèvera toute peur, toute culpabilité et toute douleur. 5 Il rendra à ta conscience l’invulnérabilité et la puissance que Dieu a données à Son Fils.
4. Réjouissons-nous de commencer et de terminer cette journée en répétant l’idée d’aujourd’hui, et de l’utiliser aussi fréquemment que possible tout le long de la journée. 2 Elle aidera à rendre la journée aussi heureuse pour toi que Dieu veut que tu sois. 3 Et elle aidera ceux qui t’entourent, aussi bien que ceux qui semblent être très loin dans l’espace et le temps, à partager ce bonheur avec toi.
5. Dis-toi aujourd’hui, aussi souvent que tu le peux, les yeux fermés si possible :
2 Le pardon est ma fonction en tant que lumière du monde.
3 Je voudrais remplir ma fonction afin d’être heureux.
4 Puis consacre une minute ou deux à considérer ta fonction ainsi que le bonheur et la délivrance qu’elle t’apportera. 5 Laisse venir librement les pensées qui s’y rapportent, car ton coeur reconnaîtra ces paroles et dans ton esprit est la conscience qu’elles sont vraies. 6 Si ton attention s’égare, répète l’idée et ajoute :
7 Je voudrais m’en souvenir parce que je veux être heureux.
Video…………………. Emouvant !!

Comment Le Secret Fonctionne-t-il? La Réponse Pourrait Vous Choquer!
CroyezEtManifestez.com/gue
http://images.google.com/imgres?imgurl=http://ucemexperience.files.wordpress.com/2009/03/3marsguerison7.jpg&imgrefurl=http://ucemexperience.wordpress.com/2009/03/03/ucemleon-62-le-pardon-est-ma-fonction-en-tant-que-lumire-du-monde/&usg=__DGnZk0jtvERGo_6zwbpDOfbvUuQ=&h=480&w=361&sz=52&hl=en&start=14&um=1&tbnid=Z0NWxjKJbcRvyM:&tbnh=129&tbnw=97&prev=/images%3Fq%3Dle%2Bpardon%2B..%26hl%3Den%26sa%3DX%26um%3D1

PEUT-ON TOUT SE PARDONNER EN FAMILLE ?


Des victimes pardonnent à leur bourreau, des parents pardonnent à l'assassin de leur enfant... A côté de ces pardons exceptionnels, il y a les pardons " ordinaires " avec le plus proche des prochains : le conjoint, le frère, la soeur, les enfants, les parents, les beaux-parents...

Ce pardon-là n'est pas le plus facile. La famille est le lieu des plus grandes amours... et des haines les plus vives. usceptibilités écorchées, jalousies, querelles d'héritage, trahisons, mais aussi " peccadilles " répétées au fil des jours, peuvent empoisonner la vie de famille.

Comment retrouver l'unité et la paix ? S'il n'y a pas de famille sans amour, il n'y a pas d'amour sans pardon.

Par Luc Adrian

" Non, je ne pardonnerai jamais ! " La phrase d'Aimé Jacquet, l'entraîneur de l'équipe de France de football, a fait le tour du monde. Elle trouve un écho dans chaque famille. Dans chaque coeur. Nous nous heurtons tous, un jour ou l'autre, à ce mur intérieur : l'impossibilité de pardonner. Et nous connaissons tous un membre de notre famille qui tonne ou qui murmure : " Je te pardonnerai jamais ".

C'est l'oncle Robert qui vieillit, amer et solitaire, depuis qu'il s'estime spolié dans le partage d'un terrain familial. Ou Hubert, le cousin germain, abandonné par sa femme, qui doit reconstruire sa vie, seul, à 40 ans. Ou encore Elisabeth, la soeur, qui refuse de voir sa belle-mère depuis que celle-ci a tenté de la séparer de son mari.

Le ressentiment se mitonne à l'étouffée, à la sauce aigre-doue. Eric, 32 ans, l'aîné de cinq enfants, supporte mal que ses parents aident davantage son cadet qu'il estime " assisté ". Isabelle, 35 ans, mariée depuis six ans, reproche à son mari d'avoir plus de délicatesse pour sa voiture que pour elle.

Pas de panique. Les " spécialistes " du coeur humain sont unanimes. " Ce sont nos proches - ceux que nous aimons le plus comme nos parents, notre conjoint, nos amis - qui nous blessent le plus intimement ", note le Dr Bernard Dubois, animateur de séminaires sur le pardon à la communauté des Béatitudes.

" Plus on s'aime, plus on est vulnérable, plus les " petits riens " font mal, souligne Christine Ponsard(1). Si la boulangère ne vous sourit pas en vous rendant la monnaie, cela vous chagrine un peu mais cela ne vous blesse pas en profondeur. En revanche, si votre époux ou votre fils vous fait la tête, cela vous fait du mal. " " On se blesse énormément quand on s'aime, et quand on vit ensemble ", confirme Paulette Boudet, qui anime des récollections sur le pardon. Nous voilà prévenus. Là où il y a de l'amour il y a de la blessure, il faut du pardon.

Contrairement à ce qu'écrit Eric Segal dans son best-seller " Love Story " - " Aimer, c'est ne jamais avoir à dire : " je suis désolé " -, aimer, c'est avoir sans cesse quelque chose à pardonner et à se faire pardonner.

" En famille, on a tout ce qu'il faut pour se taper dessus, note Jean-Pierre, 53 ans père de cinq enfants : des choix de vie différents, des caractères affirmés, des susceptibilités vives...Les non-dits s'accumulent ; les jalousies pointent. L'imagination s'en mêle et fait des ravages à partir simples absences de communication. " Pas de famille sans amour ; pas d'amour sans pardon.

Il ne suffit pas de le savoir... C.S. Lewis écrivait : " Tout le monde dit que le pardon est une belle idée jusqu'au jour le pardon est une belle idée jusqu'au jour où il doit pardonner ". Le pardon en famille paraît spécialement ardu. " D'abord, on ne peut pas tricher, dit Christine Ponsard. On ne peut pas faire semblant. On sait immédiatement si le pardon est vrai : cela se ressent tout de suite dans la vie de famille. "

Reconnaître qu'on blesse autrui n'est pas évident. " C'est surtout en famille et entre époux qu'on ne se rend pas compte des blessures que l'on inflige, souligne Paulette Boudet. Or une parole, un geste, un refus, suffisent à faire très mal. "

Le déni offre une protection rapprochée : " Comment, moi je l'ai blessé ? Il est bien susceptible, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ". Ou bien : " Je ne sais pas où il a été cherché ça ! " Donc, il n'y a pas de tort ? Si. " La personne est blessée, c'est un fait, même si nous estimons qu'elle fait une montagne d'un rien, insiste Paulette Boudet. Il faut accepter la réalité du tort causé et la légitimité de cette blessure. Cela va très loin, jusqu'à accepter l'autre tel qu'il est, et non comme nous voudrions qu'il soit. "

Au menu du pardon en famille, on trouve les " gros morceaux ", les incontournables : la femme trompe son mari, le père qui frappe son enfant, la méchanceté d'un adolescent pour ses parents... A côté de ces " plats de résistance ", la plaisanterie énervante du papa, la moquerie horripilante du mari, ou les acrimonies conjugales, paraissent des broutilles sur lesquelles on peut passer d'un coup de volonté. Et pourtant...

" Ne réservons pas le pardon aux choses importantes, prévient Christine Ponsard. Il faut apprendre à se pardonner les fétus de paille quotidiens, si l'on ne veut pas se retrouver un jour avec une botte de foin sur la tête ! L'amour grandit à travers ces " petits " pardons. Plus on prend l'habitude de pardonner les petites choses, plus on pardonnera aisément les grandes’

" La plupart des pardons quotidiens sont faciles à donner, ajoute Paulette Boudet ; il suffit d'un mot, d'un geste, d'un sourire. Plus on le fait vite, mieux c'est. Comme dit saint Paul au sujet de la colère, il ne faut pas laisser le soleil se coucher sur un refus de pardonner. Mais il faut être vigilant aux " petits " pardon non donnés qui s'entassent comme des briques. Peu à peu, se construit un mur entre les personnes, et l'amour est atteint. "

Le tube de dentifrice jamais refermé est désormais célèbre. On trouve aussi en vrac, dans le rayon des " fétus " têtus, les chaussettes à l'envers dans le coffre à linge, l'épouse mal coiffée du matin, l'homme qui râle, les vitesses passées sans débrayer, le désordre permanent de " Môssieur ", la soupe chaque soir, la maniaquerie excessive...

" A blessure légère, pardon plus ou moins facile, plus ou moins immédiat, dit Paulette Boudet. Mais les blessures profondes demandent tout un travail de guérison avant qu'il puisse être question de pardon. On ne peut poser un pardon sur une blessure purulente. "

Cette mère et grand-mère insiste beaucoup sur " les états de reproche, d'accusation, qui peuvent pourrir le vie conjugale et familiale. A la base, il y a en général la volonté, ou tout au moins le désir, que l'autre soit ce qu'on veut qu'il soit : " Tu es toujours en retard (et moi je voudrais que tu sois à l'heure) ", " tu te fâches toujours (j'avais espéré un conjoint paisible) ", " Tu parles toujours trop ", " Pourquoi ne peux-tu pas être aussi attentive..., aussi bien habillée..., aussi énergique que untel ou une telle...? ", " Lui au moins a réussi ".

" Il faut se méfier des phrases qui commencent par " Tu es toujours...", " Tu fais toujours..." ! Les accusations tuent. Le diable est l'accusateur...

" Se méfier aussi des justifications, poursuit Paulette Boudet. Elles sont une forme d'accusation : si je suis justifié, l'autre est forcément coupable. La justification veut toujours avoir le dernier mot. Il y a une volonté de triompher de m'autre, de sortir vainqueur d'une discussion, d'une situation.

" Blessent aussi les comparaisons, les retours sur des maux antérieurs, les rancunes qu'on ressasse, les jalousies : " Je fais des choses pour les autres, personne ne le remarque " ; " Je voudrais parler, personne ne m'écoute "... On se sent négligé, humilié, mal apprécié, pas reconnu, critiqué, minimisé, parfois calomnié... Voilà autant d'occasions de blessures, autant de lieux où il est urgent de porter la guérison ".

" Le pardon, c'est le pain quotidien des familles, car on y attend beaucoup les uns des autres ", explique à son tour le Père Jean Monbourquette, prêtre et psychologue québécois. Il insiste, au cours des stages de pardon qu'il anime, sur la nécessité de pardonner la déception.

" Parents, enfants, conjoints, chacun voudrait que l'autre soit parfait. Il y a des espoirs, des frustrations. On attend de ceux que nous aimons des demandes réelles, mais non réalistes. L'amour passionnel est fécond en rêves. Au bout de quelques mois, on atterrit. La déception crée une blessure qu'il faut guérir. "

" Pardon bien ordonné commence par soi-même. C'est bien le plus difficile ", souligne Jean Monbourquette. Or, ce pardon conditionne les autres.

" Elever un enfant, c'est d'abord l'élever à ses propres yeux ", disait le philosophe Simone Weil. Pardonner à un enfant, c'est lui faire comprendre qu'il est plus grand que sa faute, et que notre amour est plus grand que l'offense, quoi qu'il fasse. " Pas une incitation à faire n'importe quoi, mais une invitation à croire toujours le renouveau possible, précise Christine Ponsard. Combien d'enfants continuent à dérailler, car ils croient que ce qu'ils ont fait est impardonnable. "

Les enfants ont à pardonner à leurs parents leurs limites : ceux-ci ne sont ni tout-puissants ni parfaits. Et demander pardon à ses enfants, lorsqu'on a été injuste ou emporté , est un acte d'autorité véritable.

Le pardon entre frères et soeurs n'est pas facile non plus. Il ne se limite pas à la petite enfance, aux voitures cassées, aux poupées volées..." Nous avons tous des raisons d'en vouloir à nos frères et soeurs ", note Christine Ponsard. Les heurts de succession divisent particulièrement les fratries. C'est le " syndrome de la petite cuillère ", décrit par ce notaire du Nord : " Les gens se déchirent pour des riens. On en veut à mort à son frère parce qu'il a pris une cuillère en argent de plus que vous, ou dix mètres carrés dans le garage du jardin ! Cela paraît ridicule, mais c'est fréquent ".

Paulette Boudet témoigne : " De nombreuses personnes me disent : " Moi, je n'ai aucun problème de pardon, mais vous comprenez, je ne parle plus à untel, parce que, à la succession de Papa..." A tel point que je lance souvent durant les récollections : " Trouvez-moi dans l'Evangile un passage où Jésus dit : " Vous pardonnerez soixante-dix-sept fois sept fois... sauf en cas de litiges d'héritage ! "

" L'appât du gain divise bien sûr, mais ces questions touchent en fait des blessures d'amour : en croyant moins recevoir, certaines personnes se sentent moins aimées : d'autres essaient de prendre une revanche : " Maintenant je peux enfin avoir autant que toi qui as toujours été privilégié ! " Certains qui tirent le diable par la queue réagissent par rapport à d'autres plus aisés : " C'est injuste, ils n'en ont pas besoin, alors que nous..."

Epouser quelqu'un, c'est épouser ses parents, ses grands-parents, sa lignée... et ses blessures de famille. Le pardon demeure le seul moyen de briser le cercle vicieux de ces blessures qu'on se transmet de génération en génération.

" Il y a un aspect de mon mari que je supportais difficilement, c'était son manque de confiance en lui, confie Catherine, sage-femme, mère de trois enfants. J'ai compris un jour que cela provenait de son père qui l'avait toujours écrasé de son autorité toute-puissante. Je n'ai pu lui pardonner ce manque tant que je n'ai pas pardonné à mon beau-père. "

Dans le pardon à donner aux beau-parents, le plus difficile, bien souvent, n'est pas le pardon des vexations ou des ingérences dont on souffre parfois de leur part, mais du mal qu'ils ont pu faire - aucun parent n'est à l'abri - à leur enfant.

Ce qu'exprimait Catherine dans son témoignage...

De façon générale , les offenses les difficiles à pardonner sont souvent les trahisons. Elles blessent au plus profond de l'être. " Ma femme est partie après treize ans de mariage. La blessure est tellement violente que j'ai perdu confiance en moi-même, témoig ne Eric, 38 ans. J'ai donné ma confiance, elle m'a trahi. Je ne peux même pas envisager de lui pardonner. Je crois seulement que Dieu a le coeur plus grand que moi. Je ne peux que participer au pardon de Dieu en lui disant : Apporte-moi ce que je n'ose même pas Te demander. Quand on souffre trop, on ne songe pas à pardonner, mais seulement à éviter l'autre... Je vis un combat pour l'espérance du pardon. "

Que faire ? " Ne pas se reprocher d'avoir mal et d'en vouloir à l'autre , répond Paulette Boudet. C'est légitime. Ne pas nier la blessure, mais l'accepter, et la remettre à sa place. Trouver le temps opportun pour éclaircir, sans accusation, la situation. Ne pas dire : " Tu as fait ceci ou cela !, mais : " Quand tu as fait ceci ou cela, voilà ce que j'ai ressenti . "

Refuser de réduire l'offenseur à son acte ; ne pas l'enfermer dans son comportement. " Ne pas juger l'autre signifie que nous n'allons pas chercher à évaluer son degré de culpabilité, le mal qui pourrait l'habiter, ni décortiquer ses mobiles, ses intentions ", note Simone Pacot, auteur de l'Evangélisation des profondeurs (Cerf), Dieu seul sait se qui se vit dans le coeur d'un être humain. "

Lytta basset, dans son ouvrage Le pardon originel (Labor et Fides), écrit : " Au coeur du Pardon comme au coeur du jardin d'Eden, [...] il y a le renoncement à " connaître " ce mal à la manière dont Dieu connaît toute les choses [...]. Le pardon s'enracine dans l'arbre de vie et non l'arbre de la connaissance du Bien ou du Mal ".

" Il faut essayer de faire un pas, un petit pas vers l'autre, dit Jean-Pierre. Se voir, se rencontrer si c'est possible. C'est le premier pas qui coûte, car c'est le premier pas qui compte. Un jour, j'ai appris que l'un de mes frères m'accusait d'avoir volé un service de vaisselle dans l'héritage maternel. J'ai laissé ma colère passer, je l'ai invité à dîner avec sa femme. Après le repas, je lui ai dit simplement : " Je crois que tu m'accuses d'avoir pris tel service , tu te trompes, voici pourquoi... Je te pardonne parce que tu m'as fait mal ". On s'est embrassé... comme des frères. "

" On cherche trop souvent à s'expliquer, à savoir qui a tort, qui a raison, à trouver le vainqueur et le vaincu, poursuit-il. Or la question à se poser est : " Voulons-nous faire toutes choses nouvelles ? "

Le Père Monbourquette conseille, dans toute vie communautaire, de s'ouvrir au plus vite de ce qui blesse. Et de dire sans que la personne se sente attaquée ni humiliée. " Attention ! Rien ne ressemble plus au pardon que son contraire, prévient Christine Ponsard. Certains pardons " orgueilleux " peuvent être utilisés pour blesser l'autre, l'humilier, le manipuler. Comme celui de ces femmes admirables et méritantes qui consentent à pardonner à leur " pauvre pécheur " de mari, et les écrasent de toute la hauteur de leur vertu. "

Pardonner implique de renoncer à la vengeance et d'essayer, autant que possible, de faire cesser l'offense. " Si je suis en situation de perpétuelle frustration avec une personne, il me sera plus difficile de pardonner, dit le Père Monbourquette. Par exemple, ce père qui taquine jusqu'à exaspérer son fils et le pousse à la révolte, l'indifférence, ou l'insulte. Il vaut mieux ne pas attendre de craquer et dire : " papa, je te demande d'arrêter tes sarcasmes sut tel point de la ma vie, mes échecs scolaires, mes déboires amoureux... Cela me blesse "

" De même pour le conjoint qui blesse, ou le collègue qui calomnie. S'ouvrir de sa blessure avec la personne pour qu'elle réalise qu'elle fait mal, cela demande du courage, car il est très pénible de se confronter avec ceux qu'on aime. On craint la réaction de l'autre, on n'ose pas... Alors, parfois, on fuit dans un faux pardon : " Allez, je l'excuse, il ne se rend pas compte ". Et les offenses se perpétuent, créant des blocages graves. "

" C'est si dur, parfois, de pardonner, qu'on peut avoir besoin d'un médiateur ", estime Christophe, photographe. Cet homme de 50 ans, au caractère entier, se fâche ave c l'une de ses soeurs lors du partage familial. Le ton monte, les mots dépassent la pensée, des piques s'échangent, puis c'est l'estocade portée pour faire mal.
Résultat : la brouille complète, le silence total.

" J'étais bloqué, j'ai refusé plusieurs rabibochages. Une autre de mes soeurs ne s'est pas découragée : elle m'a convié à un mariage en me prévenant que ma petite soeur serait présente. J'y suis allé, pour elle, à reculons. En fait, ma soeur n'a pas pu venir. J'ai poussé un ouf de soulagement, mais quelques jours plus tard, elle m'a téléphoné. Pour me souhaiter un bon anniversaire. Ca m'a mis à genoux. On s'est revu, elle et mon aînée. On a tiré un trait sur le passé. Quel soulagement... mais quel chemin de Croix ! "

" Le pardon fait grandir l'amour, cela m'émerveille chaque jour, s'exclame le Père Monbourquette. Ma conviction est qu'il n'y a pas d'amour qui soit mûr sans qu'il y ait eu souffrance, et pardon de la personne aimée. "

Jean-Pierre raconte l'histoire de Timothée, son fils, âgée de 17 ans, " Nous avons appris qu'il volait dans les magasins. On ne savait pas comment lui en parler pour qu'il ne se sente pas jugé. Après quelques semaines de réflexion, je lui ai écrit une longue lettre . je lui ai dit que je savais ce qu'il avait fait. J'ai conclu : Je veux te dire à quel point je t'aime et je te pardonne. Quarante-huit heures plus tard, j'ai reçu une réponse d'amour inoubliable, une magnifique demande de pardon. "

" Ce garçon a été libéré de son mauvais penchant, et notre relation a été renouvelée. Le pardon est souvent humiliant, et crucifiant, car le pardonneur prend le mal de l'autre que lui, mais un pardon donné peut débloquer des situations de façon... miraculeuse. "

" Aucune offense n'est impardonnable, à moins de décider qu'elle l'est. A nous de choisir ", affirme Jean-Pierre.

" Parmi les différentes formes que revêt le don, le " par-don " est sans doute la plus sublime, rappelle le Père Jean-Louis Brugués, dominicain. Elle exige de la part de celui qui y consent un deuil terrible : il renonce à son droit, à son honneur, à sa vie même, c'est à dire à tout ce qui lui tient le plus à coeur. "

Cette Année de la réconciliation n'est-elle pas l'occasion de faire ce grand saut... ou ce petit pas vers le " frère " ennemi ? Dieu fera le reste du chemin.


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MessageSujet: Re: LE PARDON Compilation de textes   Ven 13 Aoû - 3:27

« Osez demander pardon à vos enfants »


Comment un enfant peut-il se jeter dans les bras de ses parents s’il n’a jamais vu son père ou sa mère venir lui demander pardon ? Réflexion du Dr Fernand Sanchez, modérateur de la Communauté des Béatitudes et auteur de plusieurs travaux sur le pardon.

" Ce n'est pas toujours le plus faible qui demande pardon au plus fort. Ce n'est pas toujours à l'enfant de demander pardon aux parents.

Osez demander pardon à vos enfants quand vous êtes en tort parce que vous avez manqué de patience ou donné une correction disproportionnée. Ne croyez pas que vous y perdiez votre autorité. Au contraire, vous devenez pour lui beaucoup plus accessible. Il prend conscience qu'il peut lui aussi demander pardon quand il a manqué à votre parole.

L'enfant ne peut pas découvrir le rôle libérant du pardon s'il ne voit pas son père ou sa mère lui demander pardon. En reconnaissant simplement qu'il a offensé son enfant par un abus d'autorité, un père signifie silencieusement qu'il a besoin de son pardon pour le laisser exister.

Une telle attitude d'humilité est la plus belle preuve d'amour : elle rend l'enfant à sa liberté et le délie de la fausse culpabilité, avec son cotège d'angoisse et d'agressivité. La prise de conscience que ses parents peuvent se tromper dans leurs attitudes et venir lui demander pardon, l'aide à accepter ses propres erreurs et à demander pardon à son tour.

L'enfant ne peut pas pardonner ou demander pardon avant que ne se dessine sa propre identité, c'est-à-dire vers l'âge de 3 ans. Il faut d'abord qu'il traverse la phase d'opposition ou de contre-dépendance, qu'il expérimente sa liberté en face de la volonté parentale, qu'il puisse dire " oui " ou " non ", et découvrir le " je ".

Ayant accédé à l'altérité, à la reconnaissance de l'autre dans sa différence, il prendra progressivement conscience qu'il console ou blesse autrui en fonction de ses actes.

L'expérience de la transgression et de ses conséquences a un rôle éducatif puisqu'elle ouvre au pardon. L'acte commis est mauvais, mais il est la traduction inadéquate d'une attente d'amour sou-jacente qui, elle, n'est pas condamnable. La faute manque son but, tandis que la demande de pardon permet à l'enfant d'atteindre ce que sous-tend le désir, en rétablissant la confiance dans la relation. "

Dr Fernand Sanchez



« On se blesse chaque jour quand on s’aime »


L'écrivain Paulette Boudet a une riche expérience de la vie de famille et de l'accompagnement spirituel. Elle conseille trois chemins de prière pour pardonner.

Pour pardonner, il faut d'abord vouloir pardonner. Ce n'est pas facile ?
Non, il y a des obstacles. Cela peut être la peur de se montre faible, " poire ", et d'être humilié ; la volonté que l'autre souffre au moins autant que soi : " Eh bien qu'il paye ! " ; ou le sentiment qu'il est important de donner à l'offenseur une leçon : " Ca lui apprendra..."

Ou bien l'on pose comme condition au pardon que l'autre reconnaisse ses torts et, nous demande d'abord pardon. Or le Seigneur nous appelle à pardonner sans condition.
Ce qui peut aider à vouloir pardonner, c'est se souvenir de ses propres torts ; essayer de regarder la personne et ses blessures, au-delà de l'offense. Cela se demande dans la prière : " Aide-moi à vouloir pardonner, car moi je ne peux pas" Ou bien : " Aide-moi au moins à vouloir pardonner ". Et le demander jusqu'à ce que l'on obtienne.

La route qui mène au pardon n'est pas celle d'une lutte obstinée : " Non par puissance ni par force, mais par mon Esprit, dit le Seigneur " (Za 4, 6). Le pardon " du fond du coeur " passe par trois chemins : la prière, la prière, la prière...

Mais encore ?

Il s'agit de trois chemins de prière : la prière de contemplation, la prière de louange, et la prière de bénédiction.

Dans la prière de contemplation, on demande au Seigneur de créer en soi ce pardon profond. On contemple avec Lui, avec son regard, ce qui est arrivé, nous-même, l'autre, la blessure, ce qui nous retient de pardonner, ce que l'on est en train de vivre...

La louange, elle aide non seulement à entrer dans le pardon mais, en amont, elle peut même éviter d'être blessé.

La louange dilate le coeur. Elle l'ouvre à Dieu et aux autres, elle établit la présence de Dieu en nous. Notre regard se tourne vers le Seigneur et se détourne du mal subi. Dans toute blessure, il y a un regard sur soi. Et plus le regard est sur soi et sur la blessure, plus celle-ci grandit. La louange reconnaît que tout a un sens caché, connu de Dieu ; elle est libération.

Enfin, la troisième forme de prière se compose de deux volets : le premier est la prière pour que le Seigneur fasse en nous le pardon : nous ne pouvons rien sans Lui. L'autre est la prière de bénédiction. Elle nous fait entrer dans la vision de Dieu sur l'autre. On demande au Seigneur de bénir la personne qui nous a blessés, sa vie privée, ses affections, sa situation, ses distractions, ses enfants, son conjoint...
La bénir dans tout ce qui fait sa vie.

Il se passe alors une alchimie merveilleuse : cette prière commence sur les lèvres, parfois sur le bout des lèvres, mais elle finit par descendre dans le coeur. Cela peut prendre des mois, mais c'est une libération extraordinaire.



Vous l’avez expérimentée ?

Plusieurs fois. J'ai été baptisée à l'âge de 15 ans, et j'ai bien entendu les paroles du Notre Père : " Pardonne-nous nos offenses..." Mais j'avais une enfance heureuse, et personne à qui pardonner. D'ailleurs, j'éliminais soigneusement de mon entourage les personnes qui pouvaient m'offenser...

La question du pardon s'est posée pour moi avec acuité vers l'âge de 35 ans, lorsqu'une amie me vola de l'argent. Ce fut un choc très violent. Un mur s'éleva soudain entre elle et moi, et entre moi et la prière. Je ne pouvais plus prier comme d'habitude. Face à cette impossibilité, il ne me fallut pas bien longtemps pour désirer lui pardonner. Mais ma décision étant prise, je n'y arrivais pas... J'étais impuissante à pardonner par ma seule décision.

C'est dans cette situation que j'ai découvert la prière de bénédiction. J'ai prié Dieu de la bénir. Il m'a fallu cinq ou six semaines de prière pour arriver au pardon du fond du coeur. J'avais commencé à prier avec un point de vue qui était le mien, j'en suis venu au sien.

Vous racontez dans Ce combat n'est pas le tien... que votre mari vous a trompé durant plusieurs années. Lui avez-vous pardonné ?

Curieusement, cette question ne s'est pas posée en terme de pardon à l'égard de mon mari. Je ne le comprends pas moi-même... En revanche, j'ai mis des années à pardonner à sa maîtresse. Je croyais l'avoir fait, mais je me mentais.
En effet, j'évitais de la rencontrer, et de la regarder si je ne pouvais l'éviter ; je sentais une boule de colère monter en moi quand je pensais à elle. Des signes qui ne trompent pas !

Chaque fois que je croyais avoir pardonné, je rencontrais d'autres radicules de rancune, enfouies plus profondément. Je découvrais mon incapacité radicale à extirper totalement ces ressentiments. Je me mis enfin à prier pour elle en bénédiction. Au bout de neuf mois de prière quotidienne, je n'avais pas pris son parti contre moi, mais j'avais cessé d'être contre elle ! J'avais de la compassion pour sa souffrance, je pouvais la regarder en face, et lui sourire.

" Ce que vous délierez sur la terre sera délié... dès cette terre ! " Le pardon délie l'offenseur de son mal. Il le libère. S'il est refusé, il emprisonne l'autre dans son offense - un pardon non donné peut être une horrible vengeance. De plus, mon pardon rend l'autre capable de recevoir le pardon de Dieu.

Le Père Doncoeur insistait beaucoup sur cette vérité : " Le pardon est un pouvoir sacramentaire remis à chaque baptisé ", disait-il.



Un pouvoir sacramentaire...?


Notre-Seigneur remet à Pierre le pouvoir de lier et délier du péché. Ce pouvoir sacramentel est conféré au prêtre pour transmettre le pardon de Dieu à ceux qui, dans le repentir, " reviennent " à Dieu confesser leurs fautes et Lui demander son Pardon. Or, si ce pouvoir est conféré au seul Pierre (Mt 16, 19), c'est à tous les disciples que Jésus donne de lier et délier (Jn 20, 23 et Mt 18, 18). A tous les disciples et donc à tout baptisé.

En pardonnant à quelqu'un le mal qu'il lui a fait, tout baptisé, mystérieusement, donne à son offenseur la possibilité d'accueillir et de recevoir le pardon de Dieu. Il ne transmet pas l'absolution de Dieu, mais la capacité de s'ouvrir au pardon de Dieu.

" La louange reconnaît que tout a un sens caché, connu de Dieu. La bénédiction nous fait entrer dans la vision de Dieu sur la personne. "

Vous dites souvent dans vos conférences qu' " on peut en vouloir à Dieu ". Que voulez-vous dire ?

C'est beaucoup plus courant qu'on ne le croit pas, et d'autant plus dangereux que c'est souvent enfoui très loin dans le subconscient ou l'inconscient.

A la base de la blessure, il peut y avoir des raisons plus ou moins égocentriques : pourquoi ne suis-je pas aussi intelligent qu'untel ? Aussi belle qu'une telle ? Pourquoi suis-je encore célibataire alors qu'elle est mariée ? Pourquoi suis-je si petit ?... Il peut y avoir aussi des causes profondes et très douloureuses : une situation familiale difficile, sa propre souffrance, celle d'un autre ou celle des autres, mon enfant infirme, trisomique, autiste, le mal à l'oeuvre dans le monde, la mort d'un être cher, ou cet accident qui rend mon mari handicapé...

Chacune de ces formes de blessure peut susciter cet état, conscient ou non, d' " en vouloir à Dieu ", qui se traduit souvent par ces mots : " Pourquoi cela m'arrive-t-il à moi ? " Elles peuvent aussi conduire jusqu'à la négation de Dieu : " Si Dieu existait, cela n'arriverait pas ".


Pardonner, c'est facile pour Dieu puisqu'il est Amour, mais pour un homme ?

C'est ce que me disent les femmes blessées par la trahison de leur mari. Je leur réponds par Marie. Cette femme a pardonné l'impardonnable. Marie est devenue notre mère au pied de la Croix. C'est dans la souffrance, en voyant son fils torturé, qu'elle a reçu sa maternité.

Personnellement, je ne parviens à contempler la Passion du Christ que par celle de Marie. Je la vis en tant que mère, et en tant que mère souffrante puisque, j'ai perdu un fils dans la force de l'âge.

Marie est notre avocate auprès de son Fils. Et Jésus est le Pardon fait homme. Sa première phrase est : " Tes péchés te sont remis ", et sa dernière : " Père, pardonne-leur ". Celui-ci demande à son Père de pardonner en nous pour celui à qui nous ne pouvons pardonner : " Père pardonne-lui..."



La réconciliation est-elle indispensable au pardon ?


" Non, le pardon peut être complet sans réconciliation, répond le Père Jean Monbourquette, prêtre et psychologue. Nous confondons trop souvent l'un et l'autre. Des chrétiens même conditionnent l'un à l'autre : " Pas de pardon sans réconciliation. Le Christ nous a réconciliés avec Lui, nous devons impérativement nous réconcilier avec nos offenseurs ". Je crois que c'est une erreur.

La réconciliation devrait être la conséquence normale du pardon - c'est fort souhaitable pour des personnes unies par des liens étroits -, mais les deux termes ne sont ni synonymes ni concomitants. Nous pouvons pardonner à une personne absente, morte ou même inconnue, sans pouvoir nous réconcilier avec elle.
Il existe des situations où la réconciliation s'avère impossible. Par exemple, une femme battue peut pardonner à son mari alcoolique, mais faut-il qu'elle reprenne la vie commune si lui ne veut pas changer ? Au nom de la prudence, non.

Il est également faux de penser qu'une fois le pardon accordé, il est possible de se retrouver comme avant son offenseur. Se réconcilier ne veut pas dire " revenir comme avant ". Car on essaie de se faire croire que rien ne s'est passé, et on rétablit alors la relation dans le mensonge.

Il faut profiter du conflit pour réviser la qualité de la relation, et la relancer sur de nouvelles bases plus solides. "


Propos recueillis
par Luc Adrian


Famille Chrétienne n° 1107 du 1er avril 1999.

L'écrivain Paulette Boudet (1) a une riche expérience de la vie de famille
et de l'accompagnement spirituel.

Elle conseille trois chemins de prière pour pardonner.

Pour pardonner, il faut d'abord vouloir pardonner. Ce n'est pas facile ?

Non, il y a des obstacles. Cela peut être la peur de se montrer faible, «poire», et d'être humilié ; la volonté ue l'autre souffre au moins autant que soi : «Eh bien qu'il paye !» ; ou le sentiment qu'il est important de onner à l'offenseur une leçon : «Ça lui apprendra...»

Ou bien l'on pose comme condition au pardon que l'autre reconnaisse ses torts, et nous demande d'abordpardon. Or le Seigneur nous appelle à pardonner sans condition.

Ce qui peut aider à vouloir pardonner, c'est se souvenir de ses propres torts, essayer de regarder la personne et ses blessures, au-delà de l'offense. Cela se demande dans la prière : «Aide-moi à vouloir ardonner, car moi je ne peux pas». Ou bien : «Aide-moi au moins à vouloir vouloir pardonner»... Et le demander jusqu'à ce que l'on obtienne.

La route qui mène au pardon n'est pas celle d'une lutte obstinée : «Non par puissance ni par force, mais par mon Esprit, dit le Seigneur» (Za 4, 6). Le pardon «du fond du coeur» passe par trois chemins : la prière, la prière, la prière...
Mais encore ?

LA PRIERE !


Pour pardonner, donner ! ".. pardonnons à ceux qui nous ont offensés..."

Pardonner, c'est mon affaire !

Le pardon est nécessaire à la vie en communauté, ou en couple.
Mais j'ai longtemps vécu avec une erreur dans ma tête: je pensais que c'était à l'autre, qui m'avait offensé, de venir me demander pardon: que c'était cela, vivre le pardon entre chrétiens !
Donc j'attendais !
Mais, d'abord, l'autre n'a pas forcément conscience qu'il m'a offensé ! Et puis, surtout, ce n'est pas cela que dit le Notre Père; il ne dit pas: allez demander pardon à ceux à qui vous avez fait du tort. Il dit: pardonnez !
Pardonner, ce n'est pas forcément parler !

Une autre difficulté que j'avais, c'est que je n'avais pas envie d'aller trouver l'autre en lui disant: "Tu sais, tu m'as offensé, je te pardonne!"
Et j'avais raison !
Car d'abord l'autre peut être fort surpris, voire offensé à son tour, que l'on vienne lui raconter cela; cela demande infiniment de délicatesse, et l'on ne connaît pas toujours assez l'autre pour éviter d'augmenter les malentendus.
Et aussi, cela demande beaucoup de temps, en tout cas pour moi: cela suppose d'avoir digéré l'offense, la souffrance ressentie, d'avoir pris du recul; de pouvoir en parler de façon un peu détachée.
Et en attendant, on traîne son insatisfaction intérieure, et aussi une gêne par rapport à celui ou celle à qui, de fait, on en veut, même si on voudrait ne pas en vouloir.
Pour pardonner, donne !

Face aux agressions que l'on subit, aux torts que l'on vous fait, face, en somme, à tous ceux à qui l'on en veut, il est normal de ressentir des sentiments - parfois violents - de rejet, de mécontentement, voire de fureur. Et il n'est pas vraiment possible de les refouler, c'est à dire d'essayer de les oublier, de se lancer dans je ne sais quelle lutte intérieure pour en refuser la présence en soi.
Mais si, parce que l'on aime Jésus et qu'on veut le suivre, on cherche comment changer son coeur, et se tourner vers l'autre "autrement" (cf. l'interprétation par Marie Balmary de "tendre l'autre joue"), on peut découvrir par exemple ceci: que la louange, d'abord (se réjouir de ce qui arrive - voir "Puissance de la louange" de Merlin Carothers), puis l'action, vont nous nettoyer de tous nos sentiments mauvais.
Quelle action? Une action paradoxale, évangélique:
Chercher ce que l'on peut faire de bien pour l'autre. Lui faire un cadeau !
Pour cesser d'en vouloir, donne ! Fais quelque chose pour celui ou celle à qui tu en veux !
Donc, ne pas se contenter de penser à lui positivement, mais agir en sa faveur d'une façon ou d'une autre; l'image que l'on a de lui change alors totalement, tant il est vrai que nos actes renforcent nos pensées (cf. George Weinberg "Self Creation").
On pense ici à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, face à la religieuse si difficile à supporter. Son sourire était une action, et cette action changeait le coeur et la vie de Thérèse: quittant les brouillards des rancoeurs ou des conflits, elle entrait dans le royaume du Père, qui donne son soleil aux bons comme aux méchants.
Fais des cadeaux à ceux à qui tu en veux,
Sois reconnaissant à ceux qui te font du mal;
ainsi seras-tu le fils (la fille) de ton Père des cieux:
tu auras en toi, rapidement, la paix du coeur et le bonheur.

29 Juillet 1998
15 avril 2002
J'ajoute à ce texte deux remarques, à ne pas dissocier l'une de l'autre:
- Au niveau psychologique, il sera intéressant de se reporter au texte de Jacques Salomé "Réflexions sur le pardon" (http://www.j-salome.com/02-methode/0206-themes-application/themes.php et cliquer sur "maladie" puis sur "réflexion sur le pardon"), qu'il convient de comparer au texte ci-dessus...
- L'articulation entre ces deux textes se fera plus aisément si l'on garde en tête la remarque sur les relations entre psychologie et spiritualité figurant sur ce site dans les "Notes et matériaux" (http://plestang.free.fr/notes.htm#12): qui veut faire l'ange fait la bête; il faut d'abord comprendre, et éventuellement appliquer ce que dit Jacques Salomé, avant d'aller éventuellement plus loin.
- Voir dans le "Journal de Philippe Lestang" des notes annexes à cette page.
- Voir aussi sur ce site: "Malentendus de la réconciliation", et certains paragraphes du texte "Que mes désirs rejoignent tes désirs", ainsi que les notes 36, 42 , 45 et 62.
25 novembre 2002
- Venant de lire le livre de Paulette Boudet "Ce combat n'est pas le tien" (voir présentation dans ma "bibliothèque"), je constate qu'elle propose, dans un chapitre détaillé fort utile, une approche voisine, centrée sur la prière pour l'autre: pour que l'autre soit béni en toutes choses.

Après son baptême dans l’Esprit Saint, voici une vingtaine d’années, l’auteur a redécouvert le sens profond du pardon. Elle a perçu de manière nouvelle l’appel de l’Évangile à la réconciliation en vérité : « Si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi... ». Son expérience de l’accompagnement spirituel lui a montré à quel point les blocages de foi ou de croissance spirituelle peuvent résulter d’une difficulté à pardonner... Elle livre dans cet ouvrage ce qui fut pour elle un chemin de conversion : la mise en acte du pardon et sa puissance libératrice.





Puisse cette compilation aider ceux qui en ont besoin



Seigneur, Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Pardonner aux autres, c’est les AIMER !!


Pardonner, c'est S'AIMER soi-meme !!
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GODwithus
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MessageSujet: Re: LE PARDON Compilation de textes   Ven 13 Aoû - 3:28

ces textes avaient ete edites sur un autre forum, mais issus principalement de la revue Famille Chretienne, qui - pour moi - et de tous temps, est la meilleure revue catholique.
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Sylvie
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MessageSujet: Re: LE PARDON Compilation de textes   Ven 13 Aoû - 4:36

Merci Godwithus pour ces textes sur le pardon, je viens de finir de les lire, ils sont très intéressants et peuvent nous aider lorsque nous avons de la difficulté à pardonner.


Pour ma part, lorsqu'une personne me blesse profondément et que j'ai du mal à lui pardonner, je demande la grâce à Jésus de me venir en aide, car je sais bien que sans sa grâce je n'y arriverai pas, ensuite je prie pour la personne jusqu'à ce que j'ai réellement pardonner. Parfois le pardon est rapide, parfois un peu plus long, mais je ne désespère pas lorsque c'est plus long, car je sais bien que la nature humaine a beaucoup de faiblesses et pauvretés, et que je ne fais pas exception à cette règle. Lorsqu'enfin je retrouve la paix intérieure en pensant à la personne qui m'a offensée, cela veut dire que mon pardon est complet et sincère.
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LE PARDON Compilation de textes

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