À Toi NOTRE PÈRE par les Saints Cœurs de JÉSUS, MARIE et JOSEPH..

Forum Catholique sous la protection de Saint Michel, faisant mémoire de Sylvie la fondatrice, Prières, Dévotions au Sacré Coeur, au Coeur Immaculé de Marie, au Coeur Chaste de Joseph et autres, Fidélité aux 3 Blancheurs et au Magistère de l'Eglise...
 
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 Sainte Rose de Lima

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MessageSujet: Sainte Rose de Lima   Mar 24 Aoû 2010 - 2:51

SAINTE ROSE de LIMA
Vierge
(1586-1617)




Rose naquit à Lima, au Pérou, le 20 avril 1586, et reçut au Baptême le nom d´Isabelle. Sa mère, penchée sur son berceau, ayant cru apercevoir une rose épanouie sur son visage, s´écria : "Désormais, tu seras ma "Rose", changement de nom qui fut confirmé par la Sainte Vierge dans une vision qu´eut plus tard la jeune fille.

La vie de cette petite Sainte a été une suite ininterrompue de souffrances volontairement acceptées et héroïquement supportées. Dès son bas âge, Rose comprit que la vraie sainteté consiste avant tout à accomplir ses devoirs d´état. Une source de difficultés lui vint de concilier l´obéissance à ses parents avec la fidélité aux appels intérieurs dont le Ciel la favorisait. Elle s'ingénia à trouver le moyen d'obéir à la fois à Dieu et à sa mère. Décidée à ne chercher à plaire à personne qu'à Dieu, elle portait néanmoins une couronne de fleurs imposée par sa mère ; mais elle sut y cacher à l'intérieure une aiguille qui faisait de cet ornement un instrument de supplice.

À l´exemple de sainte Catherine de Sienne, Rose se voua à une vie de pénitence. Dès son enfance, elle s´exerça au jeûne et put le pratiquer à un degré héroïque. Elle ne mangeait jamais de fruits. À six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi. À quinze ans, elle fit voeu de ne jamais manger de viande. Plus tard, elle ne mangea qu´une soupe faite de pain et d´eau, sans sel ni autre assaisonnement. Toutes les nuits, elle se frappait cruellement avec des chaînettes de fer, s´offrant à Dieu comme une victime sanglante pour l'Église, l'État, les âmes du purgatoire et les pécheurs. Non contente du lit de planches sur lequel elle reposa longtemps, elle se fit un lit avec des morceaux de bois liés avec des cordes ; elle remplit les intervalles avec des fragments de tuiles et de vaisselle, les acuités tournées vers le haut. Rose coucha sur ce lit pendant les seize dernières années de sa vie.

La vraie sainteté ne réside pas dans la pénitence du corps, mais dans celle du coeur, qui est impossible sans l´humilité et l´obéissance. Toutes les austérités de Rose étaient soumises à l´obéissance ; et elle était toujours prête à tout abandonner. On s´étonnera que ses directeurs aient pu approuver dans une si frêle enfant d´aussi cruelles macérations ; mais il faut savoir que chaque fois que des confesseurs voulurent s´y opposer, ils en furent empêchés par une lumière intérieure.

Toute la personne de Rose, défigurée par la pénitence, attirait l'attention du public et la faisait vénérer comme une Sainte. Désolée, elle eut recours à Dieu, afin que ses jeûnes n'altérassent pas les traits de son visage. Chose admirable ! Elle reprit son embonpoint et ses vives couleurs ; ses yeux se ranimèrent. Aussi arriva-t-il qu'après avoir jeûné tout un Carême au pain et à l´eau, elle rencontra des jeunes gens qui se moquèrent d´elle en disant : "Voyez cette religieuse si célèbre par sa pénitence ! Elle revient sans doute d'un festin. C'est édifiant, vraiment, en ce saint temps !" Rose en remercia Dieu.

La charité de Rose pour le salut des âmes était en proportion de son amour pour Jésus-Christ. Elle ressentait une poignante douleur en pensant aux âmes qui se perdent après avoir été si chèrement achetées. Elle pleurait sur le sort des Chinois, des Turcs, et des nombreuses sectes hérétiques qui désolaient l´Europe.

Rose mourut le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans.



J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 345
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MessageSujet: Re: Sainte Rose de Lima   Mar 24 Aoû 2010 - 22:49

Youpee!!! ma Sainte preferee...


et quand je suis descendue au Texas, il y a avait une union de Prieres le 8 decembre, donc je suis allee dans une Eglise au hasard.. et par hasard (!!!).... Sainte Rose de Lima etait presente.. sur le mur.. je La trouve si belle dans sa grande humilite
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MessageSujet: Re: Sainte Rose de Lima   Mar 24 Aoû 2010 - 22:52

LETTRE DE STE ROSE DE LIMA AU MEDECIN CASTILLO SUR LA SOUFFRANCE


Voici un extrait d'une très belle lettre de Sainte Rose de Lima (1586-1617) sur la souffrance (il s'agit ici du récit d'une vision) :


Le Seigneur notre Sauveur éleva la voix et dit, avec une incomparable majesté : "Tous doivent savoir qu'après l'épreuve vient la grâce; tous doivent connaître que, sans le poids des afflictions, on ne peut parvenir au sommet de la grâce; tous doivent comprendre que la mesure des charismes augmente avec l'accroissement des peines. Les hommes doivent se garder d'errer ou de se tromper. C'est la seule véritable échelle du Paradis, et hors de la croix on ne trouve pas de chemin pour monter au ciel".

Lorsque j'entendis ces paroles, un élan très fort m'emporta, comme pour me faire venir au milieu de la rue, afin que je dise, avec de grands cris, à tous les gens de tout âge, sexe et condition : "Ecoutez, peuples; écoutez, tout le monde. Sur l'ordre du Christ, en employant les paroles sorties de sa bouche, je vous en avertis : nous ne pouvons acquérir la grâce si nous ne souffrons pas d'afflictions; ils faut que les peines s'accumulent les unes sur les autres pour obtenir de participer intimement à la nature divine, à la gloire des fils de Dieu, à la parfaite félicité de l'âme".
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MessageSujet: Re: Sainte Rose de Lima   Mer 25 Aoû 2010 - 3:46


j'Aime tellement Sainte Rose de Lima, que je ne peux m'empecher de vous partager ce texte plus complet.

Titre de la série : La-vie et les Oeuvres des quelques grands Saints Tome 2
Titre de la page: Sainte-Rose-de-Lima (1586-1631)

Nom de l'auteur: Marcelle-Mourey


Sainte-Rose-de-Lima

Sainte Rose de Lima est la première fleur de sainteté du Nouveau Monde, éclose un demi-siècle après la découverte et la conquête de l'Amérique du Sud par les Espagnols, sur une terre encore sanglante de massacres. Elle est née et elle a vécu au Pérou, dans ce lointain pays dont le nom évoque en nous l'immense et sauvage Cordillère, la nature tropicale, les mines d'or et les mystérieux palais des Incas.

En 1533 une petite troupe d'aventuriers commandée par deux espagnols, Pizarre et Almagro, détruisait en quelques mois l'empire des Incas fondé au Xie siècle, qui faisait régner sur toute la partie ouest de l'Amérique correspondant au Pérou, au Chili et à la Bolivie, une civilisation vraiment remarquable. Deux ans après, en 1535, le jour de l'Epiphanie, Pizarre fondait à quelques kilomètres de la mer sur un fleuve appelé le Rimac, une ville nouvelle, Lima . Le site était bien choisi, et fort beau : au nord et au nord-est des collines dominent la ville et dans le lointain l'arc de la Cordillère se dessine sur un ciel bleu pâle. Mais le climat est déjà tropical, chaud, régulier, très insalubre et très anémiant; en automne des brumes apportent la fièvre. Lima, comme une ville neuve, fut bâtie avec régularité, en forme de triangle; des églises dans le fâcheux style espagnol du xVIe siècle, chargées d'ornements, d'objets d'or et d'argent, s'élevèrent bientôt. Les maisons furent bâties légèrement à cause des tremblements de terre fréquents. L'aspect de la nouvelle capitale ne fut jamais grandiose ni de fort bon goût, mais elle devint assez vite avec l'université que l'on y fonda, les nombreux couvents qui s'y établirent, la ville la plus civilisée de l'Amérique du Sud, au milieu d'un immense pays que les Espagnols achevaient lentement de conquérir, pillant, massacrant et réduisant en esclavage les pacifiques et paresseuses populations d'Indiens, tout en essayant de les convertir au christianisme. Pendant que des aventuriers, des « hommes d'affaires » cherchaient à arracher au Pérou tout son or et décimaient les Indiens par le travail forcé des mines, des religieux, les Dominicains en particulier, allaient prêcher l'Évangile dans les vallées les plus reculées de la Cordillère. L'archevêque de Lima , Turribe, un saint, parcourait sans cesse son diocèse pour convertir et baptiser les Indiens.

Ste Rose apparaît dans cet étrange milieu comme un signe de grâce et de paix. Née d'un père espagnol et d'une mère, semble- t-il, métisse, elle réunira autour de son tombeau la race conquérante et la race soumise qui l'imploreront, la vénéreront comme leur fille et leur mère à toutes deux.

Elle est née le 20 avril 1586, jour de la fête de Ste Agnès de Montepulciano la grande contemplative dominicaine. Son père nous est peu connu : il s'appelait Gaspard de Florès, était gentil­homme et pauvre. Rose devra travailler de ses mains pour aider sa famille souvent dans la gêne. Sa mère, Marie d'Oliva, se révèle à tout instant pendant la vie de sa fille qui ne la quitta guère — jusqu'au jour où trois ans avant sa mort elle s'installa chez des amis — comme une personne peu intelligente, fort acâriatre et même violente, en somme plutôt vulgaire. Elle nous fait beaucoup penser à Lapa, la mère de Ste Catherine de Sienne, dont elle a le même gros bon sens perpétuellement étonné et exaspéré par la vie « originale » de sa fille. Elle ne comprend rien aux goûts de retraite et de solitude de Rose qu'elle se laisse aller à frapper plusieurs fois, non par méchanceté sans doute, mais par incapacité à se dominer.

Rose fut baptisée le jour de la Pentecôte, appelé au pays espagnol Pâques des Roses, sous le nom d'Isabelle, car la soeur de sa mère, Isabelle de Herrera, fut sa marraine. Comment donc porte-t-elle le nom sous lequel nous la connaissons ? Ses premiers biographes rapportent qu'on vit un jour, quand elle avait trois mois, une rose sur son visage et qu'on l'appela Rose à cause de ce prodige. S'agit-il d'un fait miraculeux et symbolique, ou a-t-on simplement donné i l'enfant le nom de fleur que méritait son frais visage ? Il est bien difficile de répondre. Toujours est-il que la tante marraine se montra fort irritée de ce changement de nom qui lui parut un mépris du sien. Ce fut pendant des années un motif de paroles aigres-douces. Plus tard à la confirmation, l'archevêque de Lima qui se trouvait être Turribe donna à l'enfant le nom de Rose et le conflit cessa. Mais Rose plus âgée eut scrupule de porter un nom qui n'était pas celui de son baptême, et elle craignit qu'il ne lui ait été donné comme une louange de sa beauté. Elle alla à l'Eglise des Frères Prêcheurs et dans la chapelle du Rosaire prit Notre- Dame pour confidente de son souci. La Vierge la consola et l'appela elle-même Rose de Ste Marie. Depuis ce jour elle ne voulut jamais être nommée autrement.

Sa première enfance fut marquée d'accidents, de maladies, de souffrances que les rudes soins de l'époque aggravèrent. A trois mois elle a le pouce écrasé par le couvercle d'un coffre et l'on doit lui arracher l'ongle ; elle subit une opération à l'oreille. Puis elle est prise d'une maladie de peau qui attaque la tête, sa mère la soigne avec une pommade qui la brûle si profondément que pendant des semaines le chirurgien doit aviver les chairs pour qu'elles repoussent. Toutes ces misères supportées par cette enfant de moins de quatre ans avec un calme étonnant, un silence parfait révèlent un caractère d'une rare énergie qui fait prévoir les héroïques mortifications qu'elle s'imposera.

L'enfant grandit : elle devenait extrêmement jolie, avec de beaux cheveux, des mains fines elle paraît avoir eu quelque temps cette pure et naïve coquetterie des petites filles même pieuses. Elle aimait la parfaite propreté et prenait grand soin de sa chevelure. Un épisode insignifiant en lui-même va marquer cependant qu'elle n'était pas seulement une petite fille pieuse mais qu'en elle le sens des réalités spirituelles se développait avec force. Son frère en jouant lui lança de la boue et ses cheveux en furent souillés. Rose se fâcha, mais le frère se souvenant probablement de quelque sermon, s'amusa à prendre un ton de prédicateur et lui dit avec solennité : « Prends garde, la vanité pourra te perdre ; les cheveux frisés des filles sont des cordes d'enfer qui lient le cœur des hommes et les entraînent dans les flammes éternelles ! » Rose ne répondit rien mais fut troublée. Les paroles ironiques éveillèrent en elle tout un monde de pensées ; elle commença à comprendre des enseignements entendus à l'église ou autour d'elle, et sous un afflux de grâce, la petitesse, l'inutilité de nos soucis de vanité lui apparut. Le don de Science lui fit voir dans un simple regard le néant des choses créées : elle se tourna alors avec une ardente soif vers la source de tout être. Elle se mit, paraît-il, à prier presque constamment à partir de ce moment-là. Elle fit vœu de virginité et s'offrit tout entière au Seigneur dans son innocence de petite fille, forte déjà de cette immense grâce d'élection qui l'avait marquée, et prête à tous les sacrifices.

Elle se trouva bientôt rudement tentée et de façon particulièrement dangereuse pour une âme de cette qualité. Sa mère voulut la mener dans le monde : il fallait qu'elle mït dans ses cheveux des fleurs, soignât ses mains. Très peu de filles arrivées à cet âge étrange et inquiétant de l'adolescence savent échapper à ce péril. Dans l'ivresse d'être un étre nouveau, elles se jettent sur la vie avec une avidité farouche : elles n'en saisissent d'abord que le côté factice et la jouissance purement sensible. La fraîcheur exquise de l'enfant disparaît et il est douloureux souvent de la voir remplacée par la sécheresse du cœur plongé désormais dans l'amour de lui-même. Comment échapper à cette duperie et à cet égarement quand. tout le poids du milieu familial et de l'autorité maternelle s'ajoute à celui du coeur ? Marie d'Oliva fit tout pour, forcer l'âme de sa fille. Douloureux conflit : pour Rose sa mère représente l'autorité divine et il lui est dû toute obéissance. Mais les exigences secrètes de Celui qu'elle aime la poussent impérieusement, c'est à Lui qu'il faut céder. Rose triomphe du débat par un instinct spirituel très sûr et, disons le aussi, par une finesse, toute féminine. Là où un garçon eût résisté peut-être ouvertement, fort du principe qui veut qu'on n'obéisse pas aux ordres contraires à la loi divine, Rose trouve une solution élégante et parfaite qui concilie tout. Elle met bien la couronne de fleurs sur sa tête, mais elle y cache une longue aiguille qui lui perce le front. Elle peut aller, souriante, recevoir les amies dé sa mère ou prendre part à quelque réunion mondaine, la lancinante douleur l'unit sans cesse à son Maître couronné d'épines.

La pensée de la vie religieuse devait venir naturellement à une telle enfant. La protection de la clôture, le silence, l'offrande totale de soi-même par les trois voeux, devait l'attirer. Elle était demandée eu mariage par plusieurs jeunes hommes riches et possédant de belles situations; ses parents pauvres et chargés de onze enfants la pressaient très vivement de se marier. Elle refusa et manifesta sa volonté d'être à Dieu seul. Les colères éclatèrent cette fille ingrate refusait de décharger ses parents de leur lourd fardeau en acceptant les excellents partis qu'on lui proposait; il était impossible de lui donner une dot pour entrer au couvent — et puis, une fillette de son âge n'avait pas à discuter les ordres de sa famille :choisir, et vite...

— Rose montra un doux et patient entêtement. Cette fille humble et docile qui faisait un jour une broderie à l'envers pour obéir à sa mère qui n'y connaissait rien, refusait ici l'obéissance. Le contraste de sa fermeté dans ce cas avec sa docilité habituelle déconcertait tout le monde. La violente Marie d'Oliva se mit en fureur et frappa sa fille; rien n'y fit, et elle se montra aussi obstinée à ne pas prendre de mari que d'autres le sont à prendre celui qu'il ne faut pas.

Sa résistance fut connue dans Lima, ainsi que sa volonté d'être religieuse. Sa réputation de vertu était déjà établie; elle serait une bonne acquisition pour le couvent où elle entrerait. On lui offrit d'entrer même sans dot dans un monastère de Clarisses fondé récemment par la nièce de l'archevêque Turribe. Marie d'Oliva naturellement s'y opposa ; elle déclara qu'elle était trop pauvre et trop chargée d'enfants pour pouvoir se priver de l'aide de sa fille — aide dont elle se serait fort bien passée d'ailleurs si Rose s'était mariée Il y eut un second projet pour un couvent de religieuses Augustines. Cette fois les difficultés tombèrent et son entrée fut décidée. Au jour fixé, elle partit accompagnée d'un de ses frères. En chemin elle passa devant l'église des Frères Prêcheurs proche de sa maison; elle s'y arrêta quelques instants pour prier. Mais quand elle voulut repartir, il lui fut impossible de se lever, elle était clouée au sol par une force surnaturelle son frère tenta de la soulever, ses efforts furent inutiles. Elle comprit, abandonna sa résolution d'entrer chez les Augustines et put se lever et rentrer chez elle.

C'est peu après qu'elle entra dans le Tiers-Ordre de St Dominique. Elle connaissait fort bien ces religieux blancs et noirs qui avaient évangélisé le Pérou; elle allait à la Messe chez eux, elle entendait souvent leur prédication et se confessait à l'un d'eux. Elle avait dû être très particulièrement frappée par quelque sermon sur Ste Catherine de Sienne, car elle s'était prise pour la lumineuse et forte siennoise d'un vif amour. Il est peu de saintes en effet qui puissent davantage enthousiasmer une jeune fille libérée des niaiseries de son âge et de son sexe et passionnée pour un Dieu de vérité et d'amour. La force virile et la tendresse de la sainte dominicaine, sa ferme raison et ses ardeurs brûlantes composent une âme d'une ampleur unique. Il est facile de comprendre comment Rose conçut le dessein de l'imiter et d'entrer comme elle dans la branche séculière de l'Ordre de St Dominique qui laisse à ses membres la faculté de vivre chez eux et de concilier ainsi une vie religieuse profonde et des devoirs de famille quelquefois impérieux. Elle reçut la robe de laine blanche, le manteau noir et le voile de lin le I0 août 1606 des mains du Père Alfonso Velasquez. Elle avait vingt ans. Son humilité s'effraya du symbole de pureté qu'est ce vêtement blanc. Elle traversa une crise de scrupules, se croyant indigne de porter un habit qui exigeait dans son esprit une absolue pureté d'âme, inquiétude qui ne vient précisément qu'aux âmes assez lumineuses pour ne plus se voir elles- mêmes. La Vierge la consola dans cette chapelle du Rosaire qu'elle fréquentait assidûment et où elle reçut un grand nombre de grâces.

Rose se considéra désormais comme une religieuse, séparée du monde au moins quant à l'esprit — puisqu'elle demeurait dans sa famille — vouée à la recherche de la perfection. Elle voulut changer son genre de vie et se livrer tout entière à la prière et à la pénitence. Il s'agit pour elle tout d'abord de trouver la solitude, cette solitude indispensable à toute grande œuvre, à toute vie de l'esprit, et qui est un besoin impérieux pour une âme contemplative. Elle obtint qu'on construisît pour elle au fond du jardin une sorte de cabane extrêmement étroite où elle serait à l'abri du bruit et du mouvement de la maison. Elle y passa la journée entière, ne rentrant à la maison que pour la nuit; encore semble-t-il qu'elle y coucha quelque temps.

Elle était là tranquille, tout le jour, dans le silence du jardin, occupée à un travail de couture ou de broderie où elle était fort habile, paraît-il, écoutant le chant des oiseaux qu'elle aimait et faire moins on invitait fidèlement parfois à louer Dieu avec elle, s'humiliant de le faire moins fidèlement. Elle était entourée de cette nature tropicale dont la richesse alourdit et captive les sens de l'homme charnel, mais qui pour une âme entièrement pacifiée et maîtresse d'elle-même n'est plus un danger. Rose avait cet amour des choses créées absolument rectifié et pur qui nous frappe chez presque tous les saints. Le monde était pour elle la création, c'est à dire un reflet de la splendeur divine. Elle était sans le savoir poète comme l'ont été St François d'Assise et dans son Ordre Henri Suzo, avec cette absolue sincérité, cette absence de littérature qui caractérise la poésie des saints. On a conservé certains traits charmants. Elle avait fait alliance avec les moustiques qui en ce pays chaud et humide envahissaient sa cabane : ils ne la piquaient pas et elle ne les tuait point. Mais ils étaient moins pacifiques avec les gens qui venaient voir Rose. Une soeur du Tiers-Ordre harcelée et piquée se défendit, ce qui attrista Rose qui lui promit de lui obtenir la paix si elle s'abstenait de tuer ses amis. Pendant tout le carême de la dernière année de sa vie un rossignol vint le matin près de sa chambre chanter avec elle et louer leur commun Maître. On vit un jour, au moment où Rose se rendait à sa petite cellule, les arbres et les buissons s'incliner sur son passage. Nous ne sommes malheureusement pas certains de l'authenticité de certains chants de louange et de joie que vous avons d'elle. Si l'Amour divin ne l'avait pas prise et absorbée tout entière, avec la vivacité, l'âme ardente, la grâce que nous lui connaissons, quels poèmes aurait-elle pu nous laisser ? Certains esprits qui ont pu trouver de bonne heure la source vive de l'Être et qui ont bu à même l'ineffable et divine réalité sont parvenus d'emblée au coeur du silence : ils n'ont plus rien eu à dire. Toutes leurs forces concentrées pour avancer sans cesse dans les demeures de l'Amour, ils n'ont pas eu le temps ni le désir de parler et leur âme était trop au-dessus des mots pour le pouvoir. Ne pourrait-on leur appliquer la parole du psaume : «Quonien non cognovi litteraturam introibo in potentias Domini.»

Dans sa petite cabane du jardin Rose se livra à l'oraison et à la mortification avec une ardeur, une violence même qui montrent en elle dès cette époque une âme entrée tout entière dans l'ordre surnaturel et mue constamment par l'action divine. Elle priait dix ou douze heures par jour, alternant la prière vocale qu'elle paraît avoir beaucoup aimée et pratiquée, et la contemplation où par moments elle se trouvait arrachée à la vie des sens : elle sentait son âme comme emportée hors du corps, plongée dans les mystères de la foi, dans l'Océan divin qui la vivifiait. Ce que pouvait être la vie profonde de Ste Rose nous ne le savons pas, car elle n'a pas laissé comme tant d'autres saints d'autobiographie ou de notes sur les états de son âme. Elle parlait peu d'elle-même, gardant jalousement à tout le monde sauf à son confesseur le secret des intimités divines. D'ailleurs eût-elle agi autrement, le plus profond et le meilleur d'elle-même qui n'était plus elle-même mais Dieu vivant en elle, nous échapperait encore. Les confidences des saints ne sont malgré tout que de pauvres mots humains, et la réalité qu'ils essaient de traduire est d'un domaine plus haut que celui de l'intelligence. Tant que nous ne cherchons à comprendre qu'avec notre esprit nous échouons complètement. Il nous faut nous humilier et aborder le monde divin avec le coeur d'un enfant pour commencer à entrevoir quelque chose des splendeurs d'amour et de lumière où vivent les saints.

Il est beaucoup plus facile pour nous de parler de leurs souffrances et de leurs épreuves que de leurs joies — quoique l'acuité de certaines peines, le tourment de certains délaissements, et toute la subtile torture de la Nuit Obscure soient absolument indicibles. Il reste cependant que lorsqu'il s'agit de souffrance nous sommes pour ainsi dire de plain-pied, c'est le domaine familier de notre pauvre humanité.

La souffrance étant le signe et comme la marque en creux de l'Amour, pour essayer de deviner ce que pouvait être l'Amour de Dieu chez Rose, essayons de voir comment elle a souffert. Il n'y a pas de saint, osons dire qu'il n'y a pas de vie de chrétien, sans souffrance : ce n'est pas en vain que nous sommes entourés du signe de la croix Rose a souffert dans son âme et dans son corps toutes les tortures que l'Amour prépare à ceux qu'Il choisit.

Elle apporta à martyriser sa chair une ingéniosité qui fait frémir. Ses biographes rapportent — et les faits paraissent bien certains — qu'elle s'imposa de ne dormir que deux heures à peine par nuit, ce qui est de l'avis des ascètes une des plus dures mortifications. Quand elle sentait le sommeil la gagner elle se suspendait à une grande croix dressée dans sa chambre ou attachait ses cheveux à un clou. Elle prenait son court repos sur un lit de bois couvert de tessons de vaisselle et de cailloux pour oreiller une pierre ou une bûche. Avant de se fabriquer un tel lit, elle avait pendant des années lutté contre sa mère qui voulait qu'elle couchât dans son lit , sa mère endormie, elle se levait sans bruit et s'allongeait sur le plancher Elle observa dès qu'elle fut tertiaire dominicaine le grand jeûne monastique du 14 septembre à Pâques, et peu à peu, de restriction en restriction, elle arriva à ne plus vivre que de pain et de quelques salades bouillies. Depuis longtemps elle ne pouvait plus supporter la viande. Le vendredi elle ne prenait que quelques pépins d'orange. On raconte qu'elle ne mangea qu'un pain de grosseur moyenne et ne but qu'un pot d'eau pendant cinquante jours. Elle demeura parfois huit jours sans rien prendre. Un jeûne semblable ne peut évidemment être supporté que par un miracle, que l'on trouve d'ailleurs plusieurs fois dans la vie des saints. Ste Catherine de Sienne était arrivée à ne plus vivre que de l'Eucharistie. La même grâce extraordinaire fut ainsi accordée à Ste Rose. Lorsqu'elle prenait cependant des aliments, elle avait des raffinements étonnants pour les rendre répugnants. Elle avait inventé de verser sur le potage qu'elle mangeait certains jours, le suc d'une herbe très amère qu'elle faisait pousser dans son jardin pour être sûre de n'en manquer jamais, ou bien elle y mêlait de la cendre ou du fiel. Elle se rinçait la bcuche certains jours avec du fiel et du vinaigre et quand elle buvait, elle faisait tiédir l'eau pour ne pas risquer de jouir de sa fraîcheur.

Il y avait dans la maison une servante indienne Marianne, qu'elle prit comme confidente de ses mortifications et qui consentit à lui faire son invraisemblable cuisine. Rose s'humiliait devant elle, la servait comme si elle eût été son esclave, lui demandait de la frapper. Toute jeune encore elle se fit mettre sur les épaules par Marianne une lourde charge de bois et demeura ainsi accablée pour ressembler à Jésus sous le poids de sa croix. Cette mortification qui l'identifiait plus particulièrement à un des supplices de son Maître lui était chère. Elle se fabriqua comme elle put une croix grossière avec des branches d'arbre et se promena le soir dans le jardin en la traînant péniblement. Souvent les peintres l'ont représentée ainsi. Cet amour de la croix, ce désir passionné de ressembler au Christ et de continuer ce qui manque à sa Passion c'est bien un trait caractéristique de notre sainte. Elle se donnait la discipline presque tous les jours, ne faisant en cela que suivre une coutume que des générations de chrétiens fervents ont pratiquée, mais elle se frappait avec une violence telle que le sang coulait sur le plancher de sa chambre et trempait ses vêtements ; ses épaules étaient une plaie où les nœuds des cordes traçaient de nouveaux sillons dès que les cicatrices se fermaient. Elle se servait des instruments de pénitence classiques : chaîne de fer autour des reins cilice, cordes liées autour des bras. Mais elle en inventa un particulièrement terrible : elle prit une lame d'argent qu'elle garnit de trente-trois clous, qu'elle courba et attacha sur son front, sous le bandeau de toile que recouvrait son voile. Au moindre mouvement cette couronne lui perçait la tête et la faisait jouir des mêmes souffrances que le Christ crucifié. Son entourage ignorait le volontaire et continuel tourment ; un jour son père heurta par mégarde sa tête: un ruisseau de sang coula sur son visage. Effrayés, ses parents avertirent son confesseur qui exigea qu'on lui montrât la terrible couronne. Comprenant le sentiment de l'héroïque fille, il se contenta d'émousser un peu les pointes et rendit à Rose sa couronne.

Elle supplicia ainsi son pauvre corps toute sa vie. Au début ces mortifications l'épuisèrent; elle pâlit et s'affaiblit visiblement Marie d'Oliva s'inquiéta, se fâcha et essaya de s'opposer à cette conduite déraisonnable. En même temps l'on fit partout à Rose une réputation de sainteté. L'opposition de sa mère, les louanges des gens ne convenaient point du tout à Rose et à Celui qu'elle servait; aussi se mit-elle à prier pour qu'il lui fût permis de continuer ses austérités sans qu'il y parût extérieurement Elle fut exaucée et put désormais conserver ses forces et paraître fraîche et vigoureuse en continuant sa vie de pénitence, ce qui lui valut alors certaines humiliations qui la réjouirent fort On la traita d'hypocrite en la voyant sortir de l'église un Vendredi-Saint avec un frais visage : or elle avait jeûné tout le Carême avec du pain et de l'eau, et venait de passer trente heures en larmes et en prières dans l'église de St. Dominique sans boire ni manger.

Ces souffrances du corps, souffrances qu'elle s'infligeait elle-même, n'étaient qu'une partie de son martyre. Elle s'unissait à la Passion du Christ, le Christ devait aussi l'unir Lui-même à ses souffrances. Il ne se contente pas pour les âmes qu'Il aime des souffrances qu'elles s'imposent et qu'elles lui offrent, Il veut leur donner de sa main quelques-unes des épines de sa couronne et les blesser Lui-même.

Rose connut cette terrible tendresse. Chaque jour pendant quinze ans elle fut réduite, pendant une ou deux heures, à une sorte d'agonie spirituelle plongée dans les ténèbres, perdant d'une façon étrange le souvenir des miséricordes dont elle avait été tant de fois comblée, elle se voyait dépouillée de toute vertu, de toute grâce, dans son indigence de créature, livrée tremblante et nue aux brûlants rayons du Soleil de justice. La souffrance d'une âme déjà très pure dont le clair regard pénètre à la fois l'absolue sainteté divine et sa propre abjection en tant que créature, est vraiment indicible. Quand Dieu révèle à une âme ce qu'Il est, elle eit immédiatement qu' « elle n'est pas », et de cette simple vision de l'Être et du non être sort une épouvantable souffrance. Rose avait en outre l'impression horrible d'être délaissée par Celui qui était toute sa vie. Elle ne sentait plus sa radieuse et invisible présence ; elle était toute seule, perdue dans le noir, et la pensée qu'Il ne reviendrait peut-être pas la remplissait de désespoir. Peu à peu elle glissait en effet jusqu'à la tentation du désespoir, mais sa volonté unie à Dieu profondément, quoique de façon insensible, l'arrêtait au bord de l'abîme où toute la puissance de Satan ne peut nous faire rouler malgré nous. Écrasée de souffrance, aveuglée, elle murmurait les paroles du Christ qui émeuvent toujours les plus durs d'entre nous, « Mon Dieu, mon Dieu, pour­quoi m'avez-vous abandonnée ? »

Mais du fond de cette agonie, de ce délaissement qui faisait d'elle comme un autre Christ, montait peu à peu un chant d'amour, le plus beau de tous ceux que Rose pouvait jamais chanter. Complètement unie à Jésus et continuant cette agonie qui dure jusqu'à la fin du monde, elle offrait comme Lui au Père un coeur soumis. Ses ascensions spirituelles continues, son don généreux et absolu d'elle-même amenèrent Rose à ce stade de la vie mystique que l'on appelle mariage spirituel : l'âme dégagée entièrement de tout amour des créatures est enfin assez pure et assez simple pour être introduite dans l'intimité du Christ et devenir son épouse. Elle ne vit plus pour elle-même, elle est toute à Celui qui l'a choisie et qu'elle a servi fidèlement. Il s'accomplit entre eux une union mystérieuse et très haute où l'âme revêtue de la splendeur divine devient dans toute sa volonté déiforme.

Un dimanche des Rameaux, Rose qui assistait à la Messe dans l'église des Frères Pêcheurs se vit oublier dans la distribution des rameaux bénits, que l'on fait aux fidèles. Elle pensa avoir été distraite au moment où son tour était venu et se retira toute triste dans la chapelle du Rosaire quand la Messe fut terminée. Avec son extrême humilité elle demandait pardon de sa faute quand la Vierge et le Christ lui apparurent. Le regard très tendre de la Vierge fit jaillir en elle une immense joie. Elle vit alors Jésus qui la regardait aussi avec des yeux d'infinie miséricorde et elle entendit ces paroles : « Rosa cordis mei, tu mihi sponsa esto « Rose de mon coeur, sois mon épouse ». Écrasée sous le poids de cet amour qui venait à elle, elle s'humilia profondément, acceptant l'admirable privilège comme elle avait accepté les épreuves. Elle comprit bien qu'il s'agissait d'un lien définitif entre elle et le Christ, et, pour en avoir sans cesse sous les yeux un signe sensible, elle demanda à l'un de ses frères — peut-être était-ce celui qui avait autrefois contribué à la sauver d'elle-même — de lui faire un anneau. Quand l'anneau fut fini, Rose y vit, gravées par son frère les paroles mêmes de Jésus qu'elle était seule à connaître: « Rose de mon coeur, sois mon épouse Rose soumettait humblement à son confesseur, le Père Jean Laurenzana, tout ce qui se passait en elle II connaissait ses extases et ses pénitences héroïques qu'avec un grand sens surnaturel il approuvait en essayant de les modérer, car il avait bien jugé la valeur de cette âme extraordinaire. Mais, soit par défiance de son propre jugement, soit pour en obtenir simplement confirmation, il voulut que l'esprit et la voie spirituelle de Rose fussent examinés par un groupe de théologiens.

Le docteur Jean de Castillo, médecin célèbre à Lima pour sa profonde culture théologique, dirigea en fait l'examen auquel prirent part plusieurs dominicains et jésuites. Rose fut longuement interrogée sur les débuts de sa vie spirituelle, sur les luttes qu'elle avait dû soutenir pour parvenir à son état actuel d'union à Dieu. Et l'on vit alors toute la beauté d'une âme simple et vraiment humble qui, sans crainte et sans hardiesse, raconta devant ces dignes personnages, impressionnants pour une fille de son âge, ce que Dieu avait fait en elle depuis son enfance. Jusqu'à douze ans, avouait-elle, elle avait eu quelque difficulté à se recueillir dans l'oraison, mais depuis, son esprit s'était trouvé appliqué à la contemplation des vérités divines de telle sorte que jamais elle n'avait pu trouver aucune jouissance dans les choses créées. Elle n'avait jamais eu à lutter vraiment contre les passions et tout mouvement de nature avait été aussitôt dompté par l'esprit. Elle raconta ses visions, les témoignages de l'immense tendresse de Dieu; elle décrivit aussi ses terribles épreuves intérieures, les impressions d'abandon et les souffrances semblables à celles des damnés qu'elle ressentait chaque jour. On l'interrogea à fond sur certains mystères et elle révéla une connaissance étonnante de la théologie qui ne pouvait être qu'infuse. La conclusion de l'examen fut très nette. Le docteur de Castillo déclara que Rose marchait dans la droite voie de la sainteté et ne devait pas craindre l'illusion. Elle était arrivée au degré le plus haut de la vie dite unitive, en n'ayant fait que passer par les degrés inférieurs où demeurent si longtemps la plupart des âmes.

Mais ne nous représentons pas Ste Rose toujours solitaire et toujours en oraison : voyons la aussi comme ses biographes nous la montrent, active, experte en humbles travaux, empressée au service du prochain. Comme les contemplatifs elle avait le sens du réel, du concret. Elle ignorait probablement la parole bien connue : « Si vous êtes en oraison et qu'un malade ait besoin d'un bouillon, laissez là votre oraison et allez préparer le bouillon », mais elle la vivait. Comme elle dormait fort peu , elle priait surtout la nuit ; le jour, elle travaillait dans la maison avec la servante, cousait ou brodait, et cultivait dans le jardin des fleurs qu'elle vendait pour aider ses parents gênés. Ces travaux sans gloire étaient faits avec le soin et l'amour que peut y mettre un coeur pour qui rien n'est bas, parce que tout est ordonné à une dernière fin très haute : « Paire les petites choses comme grandes à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous et qui vit notre vie, et les grandes comme petites et aisées à cause de sa toute- puissance »(1). C'est la simple-vie chrétienne de tous les jours, baignée de divin.

Rose avait pour les pauvres, pour les malades, une vive et efficace tendresse ; elle se privait du strict nécessaire pour donner Elle ne possédait pas grand chose et ses parents étaient peu fortunés, mais elle savait mendier pour les pauvres quand elle n'avait plus rien. Sa mère lui fit cadeau d'une pièce de toile pour se faire du linge, dont elle avait grand besoin, mais elle trouva naturellement aussitôt des gens qui, à ses yeux, en avaient plus besoin qu'elle.

On rapporte que plusieurs fois une multiplication miraculeuse des aliments vint compenser des aumônes de Rose trop lourdes pour ses parents Son père s'étant trouvé dans une situation très difficile, Rose se mit en prière et quelqu'un vint le jour même donner à son père les cinquante livres qui étaient nécessaires

Rose savait bien où se trouvaient dans Lima les malades abandonnés : elle allait les soigner chez eux. Elle s'arrangea même pour recevoir chez ses parents de pauvres femmes, trop malades pour être laissées seules. Au début Marie d'Oliva se fâcha, mais elle dut ici encore se résigner et Rose put soigner et guérir plusieurs femmes atteintes de plaies horribles qu'elle pansait sans dégoût et sans lassitude.

Trois ans avant sa mort, elle quitta sa famille pour aller vivre chez des amis, le questeur Gonzalve de la Massa et sa femme Marie Uzategui. Elle continua chez le questeur Gonzalve la même vie d'oraison et de charité active et elle se considéra encore comme soumise à tous les habitants de la maison, jusqu'aux derniers domestiques.

Sa sainteté rayonnait dans Lima . On venait lui demander conseil car on lui connaissait le don de prophétie. Elle apaisa — ce qui paraît presque un miracle — l'humeur emportée d'une femme, avec qui toute vie était impossible et la rendit douce et particulièrement aimable. Sa visite apporta une guérison subite à un de ses amis gravement malade qui avait désiré sa présence. Elle prédit avec une précision étonnante la fondation à Lima d'un couvent de Dominicaines contemplatives; elle désigna le lieu où il serait élevé, son plan, le nom de la prieure et des premières religieuses. Il n'était cependant nullement question de cette fondation qui paraissait même à peu près impossible et son insistance à en parler parut à certains témoigner d'une imagination trop vive. Marie d'Oliva ne cachait pas son impatience en entendant sa fille répéter ses continuelles prédictions. Imaginons la colère qui la saisit quand elle entendit Rose lui dire qu'elle serait, elle, mère de famille, et bien engagée dans la vie du monde, une des premières religieuses de ce monastère. Elle crut bien alors que sa fille avait perdu la raison. Mais il fallut qu'elle se soumit un jour à la volonté divine révélée à Rose : en 1629, douze ans après la mort de la sainte, Marie d'Oliva entra au couvent de Ste Catherine de Sienne, fondé malgré toutes les probabilités, quelques années auparavant.

Rose prédit aussi sa propre mort ; longtemps avant il lui fut annoncé qu'elle mourrait le jour de la St Barthélemy , le 24 août, et elle se mit à célébrer cette fête avec ferveur. Elle savait qu'elle souffrirait beaucoup et elle avait demandé à Marie Uzategui d'avoir alors pitié d'elle et de ne pas lui refuser l'eau qu'elle lui demanderait dans la soif de son agonie. Quelques jours avant de tomber malade, elle alla dans cette chapelle du Rosaire, où elle avait tant prié, implorer le secours de la Vierge pour avoir le courage nécessaire de se soumettre à la volonté divine. Puis elle se rendit une dernière fois chez elle pour dire adieu à sa petite cabane du jardin où elle avait passé des années de pénitence et de contemplation. Elle improvisa alors un cantique de joie et chanta sa mort prochaine comme la délivrance et l'entrée dans le royaume de lumière. Mais elle sentait proches les épouvantables souffrances qui devaient la conduire à son Maître et elle frémissait comme Il a frémi au jardin devant le calice de sa Passion. Le ler août dans la nuit on l'entendit gémir et on la trouva étendue par terre, inanimée. On la releva et on la soigna : il semble qu'elle ait été atteinte de méningite : elle souffrait de la tête terriblement, brûlait de fièvre, et elle fut bientôt en partie paralysée. Ce pauvre corps usé par les pénitences offrait cependant encore une résistance à la maladie, mais pour accroitre les souffrances d'un système nerveux délicat, et affiné par l'intense vie de l'âme Les témoins de sa mort paraissent avoir été terrifiés par la violence de ses souffrances ; les médecins naturellement n'y comprirent rien Elle sentit à un certain moment qu'elle était sur le point de perdre la raison elle supplia Dieu de la préserver de ce malheur, et elle obtint en effet de garder une parfaite maîtrise d'elle-même jusqu'au bout Elle priait sans cesse, non seulement acceptant ses souffrances, mais demandant qu'elles soient augmentées Elle s'humilia une dernière fois devant ses parents, ses hôtes, les serviteurs Un peu avant sa mort elle se trouva presque continuellement en extase, son âme se soulevant déjà hors du corps à la rencontre de son Époux et achevant de briser le corps fragile et consumé qui la retenait encore. Le 24 août, elle vit arriver avec joie l'heure de l'envol elle pria son frère d'ôter son oreiller pour que sa tête reposât sur le bois de son lit comme celle de Jésus sur la croix. Elle dit par deux fois « Jésus soyez avec moi, Jésus soyez avec moi » et mourut dans la paix.

En quelques heures toute la ville fut en rumeur, tout le monde savait qu'une sainte était morte. Ce fut un mouvement formidable, à la fois de tristesse et de joie. Non seulement le peuple prompt à s'enthousiasmer mais aussi les autorités d'ordinaire plus calmes, les ordres religieux, le chapitre métropolitain, les sénateurs, les troupes, allèrent chercher le corps de Rose chez le questeur Gonzalve pour le porter à l'église de St Dominique où il devait être enterré. Il n'y a guère de saints qui aient été si promptement et si unanime­ment vénérés. On ne voulait pas que Rose fût enterrée . il fallut le faire en cachette. Des miracles nombreux et de caractère très net, s'accomplirent sur son tombeau augmentant, encore s'il était pos­sible, la vénération de la foule qui rendait à Rose, sans attendre les décisions de Rome, le culte dû à une sainte.

Deux ans après sa mort eut lieu une translation solenelle de son corps qui fut trouvé intact et exhalant une odeur exquise ; il fut placé dans la chapelle de Ste Catherine de Sienne En 163o on commença l'examen canonique de la vie de Rose et de ses miracles. Elle fut béatifiée en 1668 et canonisée en 1671.

Une telle vie de continuelles souffrances, un tel goût du martyre qui touche par moment à la cruauté, a de quoi troubler quelque peu la sensibilité de païens modernes, se réclamant volontiers de la sagesse grecque. Il faut l'avouer franchement : il y a là un certain excès qui déconcerte même des esprits chrétiens. Ste Rose de Lima dépasse certainement la plupart des saints, Catherine de Sienne son modèle tant aimé, par exemple, dans son énergie à se torturer. Peut-être y a-t-il une question de race : Catherine, italienne, possède un équilibre, une claire raison même dans l'ivresse de l'Amour que l'on ne trouve évidemment pas au même degré chez Rose, espagnole et indienne. Mais il y a bien autre chose.

Au lieu de tout expliquer par des causes fort secondaires de race ou de tempérament, ou de prononcer comme certains le mot de folie, comprenons que le principe de tous ces excès de souffrance est simplement un très grand amour. Rose a su trouver le véritable Amour et elle a su aller jusqu'au bout de ses exigences, au lieu d'errer lamentablement comme nous qui ne savons pas aimer. Sa vie ne s'explique que lorsqu'on regarde un crucifix en essayant de se faire un regard pur et droit et de croire humblement que Dieu nous a aimés jusqu'à prendre un corps comme le nôtre et mourir pour nous. L'amour de Rose pour le Christ crucifié n'a pas d'autre source que l'amour du Christ pour Rose et pour chacun de nous. Il a passé dans son coeur quelque chose de cette brûlante tendresse que le Coeur ouvert par la lance a fait couler sur le monde. Elle veut à son tour se donner tout entière à Celui qui lui a donné sa vie divine, et c'est la folle tentative d'une âme qui va essayer de lutter avec l'Infini, de rendre sang pour sang, amour pour amour. Elle brûle de ce feu dont parle le Cantique des Cantiques : « ... Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Dieu «. Elle jette tout dans cette flamme qui monte sans cesse plus haut : elle y jette toutes ses forces vives, la beauté de sa jeunesse, son corps fragile qui se consume en quelques années.

Elle ne peut aimer ainsi que parce qu'elle a été particulièrement choisie et aimée, parce qu'une grâce immense est tombée sur elle. Mais quand Dieu aime ainsi une âme, Il la rend conforme à son Fils. Sous l'action alternée de la Justice qui la brise et de la Misé­ricorde qui la console, elle devient peu à peu comme un autre jésus. Elle continue et reproduit dans sa vie plus particulièrement tel trait, telle vertu du Christ Parfois elle a le terrible privilège de reproduire sa Passion Rose paraît avoir été marquée ainsi du signe sanglant de Jésus. La raison de ce choix reste toujours pour nous mystérieuse, car elle naît du bon plaisir divin, mais nous pouvons peut-être entrevoir pourquoi Ste Rose a ainsi souffert le Christ l'a associée à sa douloureuse Passion pour la conversion de l'Amérique, pour l'expiation des crimes abominables commis par les Espagnols pendant leur conquête. Elle a donné volontairement son sang, le sang de son corps et le sang de son âme pour le salut de ses frères. Elle a réalisé ainsi pleinement sa vocation dominicaine ; du fond de son petit ermitage du jardin, par sa prière solitaire, ses disciplines et ses jeûnes, sa lourde croix et sa couronne de clous, elle a mérité pour d'innombrables âmes qu'elle ne connut jamais. Par le sacrifice silencieux et caché de cette simple fille, des incroyants, des pécheurs ont reçu le pardon, la lumière, la vie. Ce ne sont pas des mots : il y a là dans ce mystère de la souffrance du chrétien uni au Christ, dans cette réversibilité des mérites, une réalité qui dépasse le niveau habituel de nos étroits soucis, mais dans laquelle, que nous le voulions ou non, nous sommes plongés. Qui sait à quelle prière, à quel sacrifice d'une âme inconnue nous devons la lumière qui nous éclaire en ce moment, le mouve­ment de joie ou d'amour qui ébranle notre cœur ? Ne pouvons-nous pas dire que la sainteté de Rose a valu au Nouveau Monde la conversion, à l'Amérique du Sud sa fidélité au catholicisme ?
Références.

(1) Pascal. Pensées; éd. Brunschvicg, Sect VII (Mystère de Jésus)



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MessageSujet: Re: Sainte Rose de Lima   Mer 25 Aoû 2010 - 16:41

Merci Godwithus pour ce texte plus complet sur Sainte Rose de Lima, plus je le lisais, plus je me sentais transportée dans l'Amour Divin. Sainte Rose priait dix à douze heures par jour, cela peut paraitre folie pour les gens de ce monde, et pourtant tout ce qui est folie pour ce monde, ne l'est pas pour le Royaume du Père Tout Puissant. Sainte Rose n'a pas vécu pour ce monde, mais pour l' Éternité, cette petite épouse du Christ est une très grande Sainte.

Demandons la grâce à Sainte Rose de Lima d'intercéder en notre faveur afin que Jésus nous donne le don de piété, et la grâce de LE glorifier éternellement.

Union de prières en Jésus par Marie.
Citation :
Elle priait dix ou douze heures par jour, alternant la prière vocale qu'elle paraît avoir beaucoup aimée et pratiquée, et la contemplation où par moments elle se trouvait arrachée à la vie des sens : elle sentait son âme comme emportée hors du corps, plongée dans les mystères de la foi, dans l'Océan divin qui la vivifiait.
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Sainte Rose de Lima
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