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 çà laisse pensif

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laurent49
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MessageSujet: çà laisse pensif   Sam 20 Nov - 18:22

Pour la première fois, le pape admet l'utilisation du préservatif
LE MONDE.FR Mis à jour le 20.11.10 | 18h01

Le pape Benoît XVI a admis l'utilité du préservatif pour réduire les risques de contamination au virus du sida.

Pour la première fois, un pape admet l'utilisation du préservatif que le Vatican conspuait jusque-là. Dans un livre d'entretiens à paraître mardi 23 novembre, Benoît XVI reconnait l'utilité du prédservatif, "dans certains cas" afin de "réduire les risques de contamination" du virus du sida. "Cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement", poursuit le pape.

Dans cet ouvrage réalisé avec un journaliste allemand, intitulé Lumière du monde, et qui aborde une multitude de sujets – pédophilie, célibat des prêtres, ordination des femmes, relation à l'Islam, etc.– Benoît XVI cite un seul exemple pour illustrer son propos, celui d'un "homme prostitué". "Il peut y avoir des cas individuels, comme quand un homme prostitué utilise un préservatif, où cela peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut", explique-t-il. "Mais ce n'est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l'infection du VIH. Cela doit réellement se produire dans l'humanisation de la sexualité", prévient-il toutefois.

"BANALISATION DU SEXE"

"Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c'est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu'ils se fournissent eux-mêmes", dit-il.

Jusqu'ici, le Vatican, opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence, réprouvait l'usage du préservatif, même pour prévenir la transmission de maladies sexuellement transmissibles ou du sida. En mars 2009, le pape Benoît XVI avait soulevé une immense polémique lorsque, dans l'avion qui l'amenait au Cameroun et en Angola, il avait déclaré que l'utilisation du préservatifs "aggravait" le problème du Sida, pandémie dévastatrice en Afrique.

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GODwithus
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MessageSujet: Re: çà laisse pensif   Dim 21 Nov - 4:05

Citation:
"dans certains cas" afin de "réduire les risques de contamination"

"Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c'est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu'ils se fournissent eux-mêmes",


pour connaitre l'Afrique, je suis d'avis oui que dans 'certains cas' cela vaut mieux...

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MessageSujet: Re: çà laisse pensif   Lun 22 Nov - 1:28

Les propos du Pape : communiqué de Rome


Note du P. Lombardi sur les paroles du Pape sur la question du préservatif :


"À la fin du chapitre 10 du livre "Lumière du monde», le Pape répond à deux questions au sujet de la lutte contre le sida et l'utilisation des préservatifs, questions qui se rapportent à la discussion ayant suivi quelques mots prononcés par le Pape sur ce sujet au cours de son voyage en Afrique en 2009.

Le Pape confirme clairement qu'alors, il n'avait pas voulu prendre position sur la question du préservatif en général, mais qu'il voulait affirmer avec force que le problème du sida ne peut pas être résolu seulement avec la distribution de préservatifs, parce qu'il faut faire beaucoup plus: prévenir, éduquer, aider, conseiller, rester proche des gens, soit afin qu'ils ne tombent pas malades, soit quand ils sont malades.

Le Pape rappelle que même dans les milieux non ecclésiaux, il s'est développé une conscience analogue, tel qu'il ressort de la théorie dite ABC (Abstinence - Be Faithful - Condom), dans lequel les deux premiers éléments (l'abstinence et la fidélité) sont beaucoup plus cruciaux et fondamentaux pour le sida, tandis que le préservatif est en dernière place comme une échappatoire, quand les deux autres font défaut. Il doit donc être clair que le préservatif n'est pas la solution au problème.

Le Pape élargit ensuite le regard et insiste sur le fait que se concentrer uniquement sur le préservatif revient à banaliser la sexualité, qui perd son sens comme une expression de l'amour entre les individus et devient comme une «drogue». La lutte contre la banalisation de la sexualité fait partie du "grand effort pour que la sexualité soit perçue de façon positive et puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité."

À la lumière de cette vision ample et profonde de la sexualité humaine et de sa problématique aujourd'hui, le Pape réaffirme que "bien sûr l'Eglise ne considère pas le préservatif comme la solution authentique et morale" du problème du sida. De cette façon, le pape ne réforme ni ne change l'enseignement de l'Eglise, mais il le réaffirme, se mettant dans la perspective de la valeur et la dignité de la sexualité humaine comme expression d'amour et de responsabilité.

Dans le même temps, le pape considére une situation exceptionnelle dans laquelle l'exercice de la sexualité représente un vrai risque pour la vie de l'autre. Dans ce cas, le Pape ne justifie pas moralement l'exercice désordonné de la sexualité, mais estime que l'utilisation du préservatif pour réduire le risque d'infection est un "premier acte de responsabilité", un "premier pas sur la voie d'une sexualité plus humaine" plutôt que de ne pas l'utiliser en exposant l'autre au risque de sa vie.
En cela, le raisonnement du pape ne peut certes pas être défini comme une volte-face révolutionnaire.
Beaucoup de théologiens moraux et de personnalités ecclésiastiques faisant autorité ont soutenu et soutiennent des positions similaires; il est vrai, cependant, que nous ne les avions pas encore entendues aussi clairement de la bouche d'un pape, même sur un ton familier, et non pas magistral.
Benoît XVI nous donne donc avec courage une contribution importante de clarification et d'approfondissement d'une question débattue depuis longtemps. C'est une contribution originale, parce que d'un côté, elle tient à la fidélité, aux principes moraux et témoigne de lucidité en refusant un chemin aussi illusoire que "la confiance dans le préservatif"; de l'autre, cependant, elle manifeste une vision compréhensive et clairvoyante, attentive à découvrir les petits pas - même s'ils n'en sont qu'à leurs débuts, et encore confus - d'une humanité souvent très pauvre spirituellement et culturellement, vers un exercice plus humain et responsable de la sexualité."


Et le (vrai) journaliste Vittorio Messori explique :


"Ce dont parle le Pape est un acte de charité. Il n'en découle pas de conséquences destructrices sur la doctrine. Rien n'est rayé dans la structure éthique du magistère. Benoît XVI se réfère à l'utilisation du préservatif non pas à des fins contraceptives, mais de charité. C'est-à-dire qu'il s'agit d'une prostituée qui demande à son client de mettre un préservatif pour éviter la contamination".
Michel Janva Le Salon Beige

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Sylvie
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MessageSujet: Re: çà laisse pensif   Lun 22 Nov - 12:06

Le pape justifie le préservatif dans certains cas mais confirme le magistère


Communiqué du Vatican sur sa déclaration dans le livre-entretien de Peter Seewald

ROME, Dimanche 21 novembre 2010 (ZENIT.org) - Dans le livre-entretien de Peter Seewald avec Benoît XVI, qui va être publié prochainement, le pape reconnaît l'utilisation du préservatif dans des « cas individuels justifiés » mais le « raisonnement du pape ne peut être défini comme un tournant révolutionnaire ». « Le pape ne réforme pas ou ne change pas l'enseignement de l'Eglise », a expliqué le Saint-Siège.
Le père Federico Lombardi, s.j., directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a publié ce dimanche un communiqué réagissant aux nombreux articles publiés après l'anticipation, ce samedi, par L'Osservatore Romano des paroles que Benoît XVI consacre à la sexualité dans le livre-entretien « Lumière du monde ».
A la fin du chapitre 10 de ce livre-entretien réalisé par le journaliste et écrivain allemand Peter Seewald, qui sort le 23 novembre en différentes langues, le pape répond à deux questions sur la lutte contre le sida et l'utilisation du préservatif, qui remontent au débat suscité par ses paroles dans l'avion qui le conduisait au Cameroun et en Angola le 17 mars 2009.
Avec les paroles publiées dans ce livre, « le pape ne réforme pas ou ne change pas l'enseignement de l'Eglise mais le réaffirme en se mettant dans la perspective de la valeur et de la dignité de la sexualité humaine comme expression d'amour et de responsabilité », affirme le P. Lombardi.« En même temps, le pape considère une situation exceptionnelle où l'exercice de la sexualité représente un véritable risque pour la vie de l'autre. Dans ce cas, le pape ne justifie pas moralement l'exercice désordonné de la sexualité, mais retient que l'utilisation du préservatif pour diminuer le danger de contagion est 'un premier acte de responsabilité', 'un premier pas sur le chemin vers une sexualité plus humaine', plutôt que de ne pas en faire usage, exposant l'autre au péril de sa vie ».

« En cela, le raisonnement du pape ne peut être défini de tournant révolutionnaire », a poursuivi le P. Lombardi. En effet « nombres de théologiens moraux et de personnalités ecclésiastiques importantes ont soutenu et soutiennent des positions analogues ».Le P. Lombardi ne cite pas de noms mais parmi eux figure le cardinal George Cottier qui fut théologien de la Maison pontificale à l'époque de Jean-Paul II et au début du pontificat de Benoît XVI et qui affirma dans un entretien à l'Agence Apcom le 31 janvier 2005 : « Dans des situations particulières - et je pense à des milieux où circule la drogue ou à des milieux où règnent une grande promiscuité humaine et une grande misère, comme dans certaines zones d'Afrique et d'Asie - dans ces cas-là, l'utilisation du préservatif peut être considérée comme légitime ».
Le cardinal Javier Lozano Barragán, président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, annonça lors d'une conférence de presse le 21 novembre 2006, la remise d'une étude sur ces mêmes sujets, à la Congrégation pour la doctrine de la foi, en réponse à l'intérêt du pape.
« Humanae vitae » aujourd'hui
Les anticipations de « L'Osservatore Romano » présentent aussi un commentaire du pape sur « Humanae vitae », l'encyclique publiée sur ces sujets par Paul VI le 25 juillet 1968.
« Les perspectives de 'Humanae vitae' restent valides mais c'est autre chose de trouver des chemins humainement praticables - explique le pape dans le livre. Je crois qu'il y a aura toujours des minorités profondément convaincues de l'exactitude de ces perspectives et qu'en les vivant elles seront pleinement satisfaites et pourront ainsi être pour d'autres un modèle fascinant à suivre. Nous sommes pécheurs. Mais nous ne devons pas assumer ce fait comme un exemple contre la vérité quand cette haute morale n'est pas vécue. Nous devons faire tout le bien possible et nous soutenir et nous supporter mutuellement. Exprimer tout cela aussi du point de vue pastoral, théologique et conceptuel dans le contexte de la sexologie actuelle et de la recherche anthropologique est une grande tâche à laquelle il faut se consacrer davantage et mieux ».

La première fois

Après avoir expliqué le raisonnement du pape sur le préservatif et rappelé qu'il ne s'agit pas d'un « tournant révolutionnaire », le P. Lombardi reconnaît que nous n'avions pas encore entendu ces positions « avec autant de clarté dans la bouche d'un pape, même s'il s'agit d'un entretien et non pas d'une intervention magistérielle ».
Avec ces déclarations, « Benoît XVI nous donne donc avec courage une contribution importante de clarification et d'approfondissement sur une question longuement débattue, a expliqué le P. Lombardi. C'est une contribution originale, parce que, d'une part, elle tient à la fidélité aux principes moraux et fait preuve de lucidité en refusant un chemin illusoire comme la 'confiance dans le préservatif' ; mais elle manifeste d'autre part une vision compréhensive et prévoyante, attentive à découvrir les petits pas - même si ce sont les premiers et qu'ils sont encore confus - d'une humanité souvent spirituellement et culturellement très pauvre, vers un exercice plus humain et responsable de la sexualité ».
Evoquant les paroles du pape dans l'avion qui le conduisait au Cameroun, en mars 2009, le directeur du Bureau du Saint-Siège a expliqué qu'avec cette nouvelle intervention, Benoît XVI « rappelle clairement qu'il n'avait pas voulu alors prendre position sur le problème du préservatif en général », mais qu'il avait voulu « affirmer avec force que le problème du Sida ne peut se résoudre par la seule distribution de préservatifs, parce qu'il faut faire beaucoup plus : prévenir, éduquer, aider, conseiller, être proches des personnes, afin qu'elles ne tombent pas malades ou dans le cas où elles sont malades ».
Selon le P. Lombardi le pape observe « que le milieu non ecclésial a aussi pris conscience de cela, comme le révèle la théorie appelée ABC (Abstinence - Be Faithful - Condom), où les deux premiers éléments (l'abstinence et la fidélité) sont beaucoup plus déterminants et fondamentaux pour la lutte contre le Sida, alors que le préservatif apparaît en dernier lieu comme une échappatoire quand les deux autres font défaut. Il doit donc être clair que le préservatif n'est pas la solution au problème ».

Selon lui, dans cet entretien, le pape « élargit ensuite son regard et insiste sur le fait que se concentrer uniquement sur le préservatif équivaut à banaliser la sexualité, qui perd sa signification d'expression d'amour entre personnes et devient comme une 'drogue'. Lutter contre la banalisation de la sexualité fait 'partie d'un grand effort pour que la sexualité soit évaluée positivement et qu'elle puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité' ».
Jesús Colina
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MessageSujet: Re: çà laisse pensif   Mer 24 Nov - 3:29

Americatho Le 22/11/10


Benoît XVI et le préservatif : une très bonne mise au point américaine

Dans une excellente et très réactive mise au point publiée hier sur le site du National Catholic Register, le journaliste et apologiste catholique Jimmy Akin, se livre à un décorticage des propos du pape, tirés de l’ouvrage à paraître Light of the World, qui ont de nouveau suscité un déferlement médiatique, et à une salubre séance de fustigation des irresponsables de L’Osservatore Romano. L’article est un peu long mais il est à savourer sans modération.

« La controverse qui a éclaté samedi matin lorsque L’Osservatore Romano a, de manière unilatérale, violé l’embargo sur le livre, en publiant des extraits en italien de différents propos du pape, au grand dépit des éditeurs internationaux qui avaient œuvré à un lancement soigneusement orchestré du livre pour ce mardi [24 novembre]. Parmi les extraits, il en est un qui traite de l’utilisation des préservatifs afin d’empêcher la dissémination du SIDA, et la presse s’en est immédiatement saisie (voyez Reuters, Associated Press, BBC online). Et voici à quoi ressemblent les unes : . Le pape dit que les préservatifs sont parfois autorisés pour arrêter le SIDA. . Le pape : l’usage des préservatifs peut être justifié dans certains cas. . Le pape dit que les préservatifs peuvent être utilisés pour lutter contre le SIDA. Cette déclaration de William Crawley sur la BBC est particulièrement patente :



  • “Le pape Benoît XBI semble avoir changé la position officielle du Vatican quant à l’usage des préservatifs, vers une position morale que de nombreux théologiens catholiques ont recommandée depuis un certain temps.”

Super ! Bon, avant tout il s’agit d’un livre d’entretiens. Le pape est interrogé. Il n’engage pas sa fonction enseignante officielle. Ce livre n’est ni une encyclique ni une constitution apostolique ni une bulle papale, ou quoi que ce soit de cette sorte. Il n’est pas publié par l’Église. C’est un entretien mené par un journaliste de langue allemande. Par conséquent, le livre n’est pas un acte du Magistère de l’Église et n’a pas le pouvoir “de changer (…) la position officielle du Vatican” sur quoi que ce soit. Il ne recèle aucun pouvoir dogmatique ou canonique. Ce livre (qui est fascinant et sans précédent, mais ce sera l’objet d’un autre article) exprime des opinions personnelles du pape sur les questions qui lui sont posées par le journaliste Peter Seewald. Et comme le remarque Benoît XVI lui-même dans le livre :



  • “Il va sans dire que le pape peut avoir des opinions personnelles qui sont erronées”.

Je ne fais pas remarquer cela pour dire que ce que Benoît XVI dit sur les préservatifs est faux (on va y revenir dans un instant), mais c’est pour remarquer le statut d’opinions personnelles du pape. Ce ne sont que cela : des opinions personnelles. Non pas l’enseignement officiel de l’Église. Disons-le tout de suite. Parmi les mauvais services que L’Osservatore Romano a rendus en violant l’embargo sur le livre de la manière dont il l’a fait, figure le fait qu’il n’a publié qu’une petite partie de la partie dans laquelle le pape Benoît XVI traite des préservatifs. Ce qui a pour conséquence que le lecteur ne peut pas voir le contexte de ses remarques, ce qui n’en permet en aucune manière au lecteur de considérer le contexte et de se prémunir contre une presse laïque prenant les remarques du pape hors de contexte (elle l’aurait fait de toute manière, mais peut-être pas autant). C’est particulièrement flagrant dans le fait que L’Osservatore Romano omet la partie dans laquelle Benoît XVI clarifie sa déclaration sur les préservatifs à l’occasion d’une question suivante. Ainsi, L’Osservatore Romano a rendu un très grand mauvais service à la communauté catholique comme au non catholiques. (…) Jetons un coup d’œil sur les remarques du pape pour voir ce qu’elles disent vraiment.



  • “Seewald : (…) En Afrique, avez-vous déclaré, l’enseignement traditionnel de l’Église a prouvé être le seul sûr moyen d’arrêter la dissémination du SIDA. Des critiques, y compris dans les rangs de l’Église, ont objecté que c’était une folie d’interdire à une population à haut risque d’utiliser des préservatifs.

  • Benoît XVI (…) Dans mes remarques, je ne faisais pas une déclaration générale sur la question du préservatifs, mais j’ai simplement dit, et c’est ce qui a créé une si grande attaque, qu’on ne peut pas résoudre le problème en distribuant des préservatifs [souligné par nous]. Il faut faire beaucoup plus. Nous devons rester aux côtés des gens, nous devons les guider et les aider ; et nous devons faire cela avant et après qu’ils ont contracté la maladie.

  • En vérité, et vous le savez, les gens peuvent obtenir des préservatifs quand ils le veulent et partout. Mais cela ne fait que démontrer que les préservatifs seuls ne peuvent pas résoudre la question. Il faut que d’autres choses arrivent. Entre-temps, le monde séculier lui-même a développé ce qu’on appelle la Théorie ABC : Abstinence-Be Faithful [restez fidèle]-Condom [préservatif], dans laquelle le préservatif est compris comme le dernier ressort quand les deux autres n’ont pas fonctionné. Cela veut dire que la pure fixation sur le préservatif implique une banalisation de la sexualité qui, tout bien considéré, est précisément la source dangereuse de l’attitude à ne plus considérer la sexualité comme l’expression de l’amour, mais seulement une sorte de drogue que les gens s’administrent. C’est pourquoi la lutte contre la banalisation de la sexualité fait partie aussi de la lutte pour s’assurer que la sexualité est traitée en tant que valeur positive et pour lui permettre d’avoir un effet positif sur tout l’être humain”.

Notez que l’argument gobal du pape c’est que les préservatifs ne résoudront pas le problème du SIDA. À l’appui de cela, il apporte plusieurs arguments : 1. Les gens peuvent déjà se procurer des préservatifs, et pourtant il est évident que cela n’a pas résolu le problème. 2. Le monde séculier a proposé le programme ABC dans lequel le préservatif n’est utilisé que si les deux premières procédures et vraiment efficaces (abstinence et fidélité) ont été abandonnées. Par conséquent, même la proposition du monde séculier reconnaît que le préservatif ne soit pas le seule solution. Il ne fonctionne pas aussi bien que l’abstinence et la fidélité. Les deux premières sont meilleures. 3. L’obnubilation sur le préservatif représente une banalisation (une trivialisation) de la sexualité qui transforme un acte d’amour en un acte égoïste. Car pour que le sexe ait le rôle positif qu’il est sensé jouer, cette trivialisation du sexe – et par conséquent cette obnubilation sur le préservatif – doit être combattue. Voilà donc l’arrière plan de la déclaration dont la presse s’est saisie :



  • “Il peut [souligné par nous] y avoir un fondement, dans le cas de certaines personnes, comme dans le cas de prostitués masculins qui usent du préservatif quand celui-ci peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité, sur le chemin de la reprise de conscience que tout n’est pas autorisé et qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut. Mais ce n’est pas vraiment la façon d’affronter le mal de l’infection du SIDA. Cela ne peut être fondé que sur une humanisation de la sexualité [souligné par nous]”.

Il y a plusieurs choses à noter ici. D’abord, notons que le pape dit “Il peut y avoir un fondement, dans le cas de certaines personnes”, non pas qu’il y a un fondement. C’est un langage de spéculation. Mais sur quoi le pape spécule-t-il ? Sur le fait que l’utilisation du préservatif est moralement justifié ? Non, ce n’est pas ce qu’il dit. Ce qu’il dit c’est qu’il peut y avoir des cas “où [cette utilisation du préservatif] peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité, sur le chemin de la reprise de conscience que tout n’est pas autorisé”. En d’autres mots, comme le dit Janet Smith [1] :



  • “Le Saint Père remarque simplement que pour des prostitués homosexuels l’utilisation d’un préservatif peut indiquer un éveil du sens moral, un éveil au sens que le plaisir sexuel n’est pas la valeur suprême, mais que nous devons faire attention à ne faire de mal à personne du fait de nos choix. Il ne parle pas de la moralité de l’utilisation du préservatif, mais de quelque chose qui peut être vrai sur l’état psychologique de ceux qui l’utilisent. Si de telles personnes utilisent des préservatifs pour ne pas faire de mal à quelqu’un, elles peuvent finir par se rendre compte que des actes sexuels entre personnes de même sexe constituent des actes intrinsèquement néfastes puisqu’ils ne sont pas en accord avec la nature humaine.”

Au minimum, c’est ce qu’on peut tirer de plus raisonnable des remarques du pape , qui auraient pu être rédigées de façon plus claire (et j’attends du Vatican qu’il publie dès que possible une clarification). Ensuite, notons que le pape fait immédiatement suivre son commentaire concernant les prostitués homosexuels utilisant des préservatifs, de ce commentaire : “Mais ce n’est pas vraiment la façon d’affronter le mal de l’infection du SIDA. Cela ne peut être fondé que sur une humanisation de la sexualité.” Par “une humanisation de la sexualité”, le pape signifie reconnaître la vérité sur la sexualité humaine, laquelle doit être exercée de manière amoureuse et fidèle entre un homme et une femme unis dans le mariage. C’est cela la vraie solution et non pas de mettre un préservatif pour se livrer à une sexualité débridée avec ceux qui sont infectés par un virus mortel. À ce moment de l’entretien, Seewald pose une question subséquente, et il est vraiment criminel que L’Osservatore Romano n’ait pas reproduit cette partie :



  • “Seewald : Voulez-vous dire alors que l’Église catholique n’est pas totalement opposée en principe à l’utilisation des préservatifs?

  • Benoît XVI : Évidemment l’Église ne le considère pas comme une solution vraie ou morale, mais, dans tel ou tel cas, il pourrait néanmoins être, dans l’intention de réduire le risque d’infection, un premier pas d’un mouvement vers une manière différente, une manière plus humaine de vivre la sexualité.”

Ainsi, Benoît XVI redit que ce n’est pas une vraie solution, une solution pratique à la crise du SIDA, et que ce n’est pas davantage une solution morale. Néanmoins, et dans certains cas, l’utilisation du préservatif manifeste “l’intention de réduire le risque d’infection” ce qui est “un premier pas d’un mouvement vers (…) une manière plus humaine de vivre la sexualité.” Par conséquent, il ne dit pas que l’utilisation des préservatifs est justifiée, mais qu’elle peut manifester une intention particulière et que cette intention est un pas dans la bonne direction. Janet Smith nous fournit une analogie de grand secours :



  • “Si quelqu’un s’apprêtait à dévaliser une banque et était décidé à utiliser un revolver, cela vaudrait mieux pour cette personne qu’il ne soit pas chargé. Cela réduirait la possibilité de blessures mortelles. Mais ce n’est pas la tâche de l’Église d’instruire d’éventuels dévaliseurs de banque sur la manière la plus sûre de dévaliser des banques, et ce n’est assurément pas la tâche de l’Église de soutenir des programmes qui fourniraient aux détrousseurs potentiels de banques des revolvers n’utilisant pas de balles. Toutefois, l’intention d’un détrousseur de banque de voler une banque d’une manière qui soit sans danger pour les employés et les clients de la banque, peut indiquer un élément de responsabilité morale qui peut être un pas vers une éventuelle compréhension de l’immoralité de voler une banque”.

On pourrait en dire davantage sur tout cela, mais ce que nous avons déjà vu rend patent le fait que les remarques du pape doivent être lues attentivement et qu’elles ne constituent pas cette sorte d’autorisation à utiliser le préservatif que souhaiteraient les médias. »

1. Titulaire de la chaire d’Éthique de la Vie au grand séminaire Sacred Heart de Detroit, auteur de nombreux ouvrages défendant l’enseignement de l’Église sur les questions de vie, et consultante auprès de l’Académie pontificale pour la vie. Akin fait référence à son excellente contribution sur cette controverse publiée sur le site de The Catholic World Report (ici en anglais).


http://www.americatho.org/evangile-de-la-vie/benoit-xvi-et-le-preservatif-une-tres-bonne-mise-au-point-americaine?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+americatho-org+%28AmeriCatho%29

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